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1 Juin 2010 aperçu Les groupes d épargne: que sont-ils? Le Réseau SEEP Groupe de travail sur les services financiers axés sur l épargne Hugh Allen et David Panetta

2 Copyright (c) 2010 The SEEP Network Des parties de cette publication peuvent être copiées ou adaptées afin de répondre aux besoins locaux, sans la permission du Réseau SEEP, à condition qu elles soient distribuées gratuitement ou à prix coûtant, mais sans but lucratif. Veuillez citer le Réseau SEEP et «Les groupes d épargne que sont-ils?» pour ces citations ou extraits. Pour toute reproduction commercial, veuillez demander la permission à The SEEP Network 1875 Connecticut Avenue, NW, Suite 414 Washington, DC Tél.: Fax: La publication du présent document est possible grâce à l appui généreux de The MasterCard Foundation.

3 Remerciements Nous, au Réseau SEEP, nous aimerions remercier, tout d abord, The MasterCard Foundation pour l appui qu elle a apporté à ce projet. Nous avions une vision commune, celle d un document qui offrirait une introduction succincte, mais complète, aux groupes d épargne à un large éventail de professionnels et de bailleurs de fonds. MasterCard Foundation connaît suffisamment bien ce domaine naissant pour comprendre la nécessité de pareille publication aujourd hui et le Groupe de travail sur les services financiers axés sur l épargne (SLWG) de SEEP a la chance de recevoir son appui. SEEP exprime également ses remerciements à la Fondation Aga Khan, l un des ses membres, pour son appui à ce projet qui a permis de réaliser davantage de recherche sur le fond. Les auteurs, Hugh Allen et David Panetta, ont tous les deux une longue expérience et de riches connaissances des groupes d épargne, associées à une attention particulière aux détails. Peu de praticiens ont contribué davantage à la création et à la diffusion des groupes d épargne qu Hugh Allen. Sa passion de cette approche et l expérience concrète qu il a acquise en aidant la plupart des agences présentées ici sont à l origine de ce modèle simple qui a été rendu plus développé par sa popularité croissante, les adaptations fréquentes et sa rapide expansion. Tout produit SEEP est le fruit du travail d une ou deux personnes. Le présent document a été inspiré par les membres du Groupe de travail sur les services financiers axés sur l épargne, il a fait l objet d un examen minutieux par beaucoup d entre eux, et d autres ont fourni des commentaires détaillés sur ses versions successives. Pour ceci, nous exprimons notre gratitude à Joanna Ledgerwood, Paul Rippey, Jeff Ashe, Vinod Parmeshwar, Janina Matuszeski, Eloisa Devietti, Guy Vanmeenan, Marc Bavois, John Schiller et Kristin Eckert. Un autre groupe de membres a passé un après-midi entière à lire le document page par page pour ce qui peut être appelé un processus très fructueux, bien que pénible. Nos remerciements les plus sincères à Melita Sawyer, Abbey Laugtug, Wendy Wellman, Molly Ornati, Marc Bavois et Eloisa Devietti. Candace Nelson Editrice et co-facilitatrice de SLWG Juin 2010 iii

4 iv

5 Table des matières Remerciements Acronymes Termes utilisés dans ce document Introduction 1 En quoi les groupes d épargne complètent la microfinance 1 Origines et croissance des groupes d épargne 3 Pourquoi rédiger le présent document? 5 1. Description du modèle de base Les agences facilitatrices et leurs partenaires En quoi le modèle des groupes d épargne diffère des autres formes de microfinance Ou est-ce que cela fonctionne Viabilité des groupes Variations dans les méthodologies fondamentales des groupes d épargne Tenue des comptes Distribution et partage des fonds Fonds social Sécurité Prestation de services durable Les agents de village Réplication par le biais des agents de village: les stratégies des agences facilitatrices Initiatives réussies à reproduire Plates-formes et liens Les groupes d épargne et les services non-financiers Liens avec les sources extérieures d épargne et de crédit Liens avec les prestataires d assurance Résumé Mesure de la performance Les ratios de SEEP Publication de l information financière en ligne Conclusion 39 iii vii viii v

6 Annexes Annexe 1: Pourquoi les programmes des groupes d autoassistance ne sont pas inclus dans cette étude 40 Annexe 2: Groupes d épargne de proximité: principales agences d appui 42 Annexe 3: Différentes méthodes pour la tenue des registres comptables 44 Annexe 4: Agent de village et comment les agences d appui utilisent le modèle 46 Annexe 5: Lier les groupes d épargne aux sources extérieures de financement 49 Annexe 6: Ratios de la performance 50 Annexe 7: Études en cours sur les groupes d épargne 52 Bibliographie 56 Liste des tableaux Tableau 1: Accès aux services financiers en Tanzanie, Ouganda et Zambie 2 Tableau 2: Programmes des GE par agence facilitatrice (en février 2010) 4 Tableau 3: Incidences financières 13 Tableau 4: Relation hypothétique entre clients et prestataires de services financiers 13 Tableau 5: Comparaison entre système comptable, niveaux d alphabétisation et contexte 18 Liste des figures Figure 1: Echantillons de pages d un livret (épargne et emprunts) 17 vi

7 Acronymes AF Agence facilitatrice ASCA Association d accumulation d épargne et de crédit AT Agent de terrain AV Agent de village CARE Cooperative for Assistance and Relief Everywhere CRS Catholic Relief Services FAK Fondation Aga Khan FFH Freedom from Hunger FSA Associations de services financiers GE Groupe d épargne IMF Institution de microfinance ONG Organisation non gouvernementale Oxfam Oxford Committee for Famine Relief Pact Private Agencies Cooperating Together Plan Plan International (UK) PSP Prestataire de services prives ROSCA Associations d épargne et de crédit renouvelables SEEP The Small Enterprise Education and Promotion Network SfC Saving for Change (Oxfam) SHG Groupe d autoassistance SIG Système informatique de gestion SILC Communautés internationales d épargne et de crédit interne (Catholic Relief Services) UWESO Uganda Women s Effort to Save Orphans VSLA Associations de villages d épargne et de crédit (CARE) WEP Programme de capacitation des femmes (Pact-WORTH) vii

8 Termes utilisés dans ce document Agence facilitatrice La plupart des programmes relatifs aux groupes d épargne (GE) sont mis en œuvre par des organisations non gouvernementales (ONG). Ils font la promotion des groupes d épargne et tirent le plus souvent leurs revenus des programmes financés par des bailleurs de fonds. Il n y a pas de recouvrement des coûts dans un programme de GE, donc nous employons le terme «agence facilitatrice» (AF) tout au long de ce document lorsque nous parlons d agences chargées de créer des groupes d épargne, soit directement ou par le biais d autres partenaires. 1 Projets Les agences facilitatrices mettent en œuvre directement les projets de promotion des GE, ou alors elles passent par des partenaires locaux. Nous appelons cela des «projets» dans ce document. Agent de terrain Chaque agence emploie un terme différent pour désigner les agents de terrain rémunérés. 2 Oxfam/FFH parlent d «animateurs», CARE les appelle des «agents de terrain» et CRS «agents locaux». 3 Afin d éviter toute confusion, nous utilisons le terme «agent de terrain» (AT) dans ce document, sauf dans les tableaux de comparaison où nous avons gardé la nomenclature originale. Agent de village Les formateurs en milieu communautaire sont appelés «agents de village» par CARE, Plan et FAK, ils sont des «prestataires de services privés chez CRS et des «agents réplicateurs» chez Oxfam et FFH. Dans ce document (en-dehors des tableaux), nous employons le terme «agent de village» (AG). 1. Ceci les distingue des «prestataires» qui arrivent à générer des revenus de la prestation de services financiers directe. 2. Presque toutes les activités de formation des GE sont entreprises par des salariés ou des formateurs communautaires qui ne sont pas employés par le projet, mais peuvent recevoir, ou non, des paiements des groupes d épargne qu ils forment ou supervisent. 3. Les agents locaux de CRS ne sont pas des salariés, mais des facilitateurs communautaires. Ils reçoivent une allocation lors de leur formation et supervision, mais génèrent des revenus privés à partir des cotisations que versent les groupes d épargne lorsqu ils sont certifiés par CRS. Dès lors, ils sont appelés des prestataires de services privés (PSP). Voir le Chapitre 3 pour plus d informations sur les agents de village. viii

9 Introduction Ces 30 dernières années, le secteur de la microfinance a été à l origine d une croissance massive des services financiers en faveur des pauvres, et il est estimé qu il touche plus de 150 millions de personnes de par le monde. Toutefois, les produits, méthodologies et modes de prestation sont de plus en plus influencés par une meilleure connaissance de la segmentation du marché. Un plus grand nombre d organisations sont aussi impliquées. Beaucoup de ces organisations ne se spécialisent pas dans la microfinance, mais se focalisent sur les services aux populations pauvres, en général celles qui vivent dans des zones reculées et des situations économiques particulièrement difficiles. En quoi les groupes d épargne complètent la microfinance Les Institutions de microfinance (IMF) et les banques se sont montrées très efficaces pour ce qui est d atteindre les populations défavorisées, surtout dans les zones urbaines, et sont les plus performantes pour ce qui est des crédits aux petites entreprises dont les propriétaires travaillent pratiquement à temps plein dans ces entreprises et souhaitent les voir croître. Il n en reste pas moins que ceux qui sont le moins bien servis sont ceux qui vivent dans des zones reculées (et ont tendance à investir dans des activités saisonnières génératrices de revenus) ou dans des bidonvilles urbains. Ces deux groupes cibles, dont le plus grand besoin est l accès à des sommes forfaitaires pour les aider dans la gestion des liquidités de leurs foyers, ne disposent le plus souvent pas de prestataires officiels qui puissent ou souhaitent leur fournir des services financiers en bas de l échelle. Les formes de microfinance institutionnelle peinent à satisfaire ce besoin pour plusieurs raisons: Il revient cher d atteindre les pauvres car ils vivent souvent dans des zones coûteuses à atteindre; La capacité d endettement des pauvres est fortement limitée (et très saisonnière) et ne permet pas les grands prêts qui sont la moyenne; Ces segments du marché semblent préférer l épargne au crédit, une préférence que la plupart des IMF ne peuvent satisfaire parce-que leurs modèles de fonctionnement requièrent des lignes de recettes fortes et les produits de crédits sont plus adaptés à cela. Plusieurs études de FinScope 4 en Afrique montrent que la moitié de la population a accès à une forme de services financiers, formels ou informels. Parmi la deuxième moitié, ceux qui ont accès à des banques et de IMF se trouvent surtout en zones urbaines et péri-urbaines, ou dans des zones rurales à forte densité qui sont généralement desservies par des infrastructures routières 4. Les études FinScope ont été commanditées par DFID et réalisées au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie par FinMark (Afrique du Sud) et le Steadman Group. Voir DFID Financial Sector Deepening Trust, 2007, FinScope E-Book (Dar-es-Salaam, Tanzanie: FSDT) Carol Nkatha, 2006, Understanding Kenya s Financial Landscape: The FinAccess Survey Results (Nairobi, Kenya: Steadman Group); et Steadman Group Ltd. 2007, Results of a National Survey on Access to Financial Services in Uganda (Kampala, Ouganda: Financial Sector Deepening Project Uganda,), 1

10 opérationnelles. En conséquence de quoi, les pauvres des zones rurales se voient refuser l accès de manière disproportionnée. Le Tableau 1, ci-dessous, montre les conclusions d études réalisées en Tanzanie, en Ouganda et en Zambie. Tableau 1 Accès aux services financiers en Tanzanie, Ouganda et Zambie Pays Banque Services financiers semi-officiels Services financiers formels uniquement Exclus Tanzanie 11,0% 3,0% 35,0% 54,0% Ouganda 18,0% 3,0% 17,0% 62,0% Zambie 14,0% 7,6% 11,0% 66,0% Moyenne 14,3% 4,5% 21,0% 60,7% Source: Finscope, Finmark Trust. En réponse à ce tableau d exclusion financière répandue, une approche alternative à la microfinance, fortement décentralisée, centrée sur l épargne non-institutionnalisée semble prometteuse. C est un mouvement émergeant dans lequel les membres de groupes d épargne épargnent ensemble, se prêtent leur épargne entre eux avec des intérêts et partagent les bénéfices. De toutes petites mutuelles de crédit, les groupes d épargne (GE) ont évolué dans divers domaines, comme lorsque les membres proposent leurs propres systèmes d épargne et de crédit à des coûts négligeables, tout en obtenant des gains et capitaux dans leurs propres communautés. Ils sont simples, transparents et autonomes. Dans certains endroits, les groupes d épargne complètent les services des institutions financières formelles et réglementées. Dans d autres, ils atteignent des personnes ayant totalement été exclues de l accès à tout service financier, formel ou informel. Les groupes d épargne sont non seulement des alternatives viables pour un grand nombre de personnes qui n ont que peu de chances d être servies par des institutions financières classiques, mais ils sont aussi des catalyseurs pour le renforcement du capital social, l amélioration des relations entre hommes et femmes, le leadership des femmes et le développement communautaire économique et social. Ces 20 dernières années, ces projets pionniers ont prouvé le pouvoir de l épargne, encore et encore. Ils connaissent à présent une croissance très rapide, en chiffres et en ampleur. Le présent document vise à étudier et expliquer la nature des groupes d épargne et les diverses approches adoptées par les agences facilitatrices (AF) et projets les plus expérimentés qui opèrent en Afrique essentiellement. 2

11 Une longue tradition d épargne Les associations d épargne et de crédit renouvelables (ROSCA) prennent différents noms en Afrique: tontines, susus, merry go rounds, xitiques, etc. Les ROSCA sont des petits groupes composés de membres qui versent tous une somme fixe à des intervalles convenus. La somme recueillie à chaque intervalle est versée à chaque membre à son tour, jusqu à ce que tout le mode ait reçu la cagnotte. Très répandues en Afrique, ces associations sont populaires du fait de leur simplicité, transparence, facilité de gestion, accessibilité et parce-qu elles sont adaptées aux réalités financières de leurs membres. Hors, elles ont aussi leurs limites. Souvent, l argent n est pas disponible quand le besoin se fait sentir, ou en quantité suffisante. Et elles ne sont pas pour tout le monde. Dans nombre de pays, les ROSCA ont tendance à attirer des personnes qui disposent d une source de revenus régulière. Le modèle des GE bâtit sur les forces essentielles des ROSCA, en introduisant une souplesse accrue et plus d accès pour les populations les plus vulnérables. Origines et croissance des groupes d épargne Au début des années 1990, CARE Niger a accepté le défi de fournir des services financiers à des zones rurales reculées dans la Préfecture de Maradi. Par une appréciation intelligente des tontines traditionnelles 5, un modèle d association d accumulation d épargne et de crédit (ASCA) a évolué jusqu à utiliser l épargne de ses membres comme source de capital pour octroyer des prêts sur un mois. Les caractéristiques qui lui sont spécifiques: Le modèle était associé à des délais: les gens récupéraient leur épargne à la fin d un cycle d un an, y compris les intérêts générés par les prêts. Le système de formation mettait l accent sur la gouvernance démocratique et les procédures transparentes, tout se passait devant les membres. Le système était géré par ses propres membres/patrons, qui gardaient les bénéfices. Au bout d un certain temps, la composante épargne est devenue la plus demandée. 6 Peut-être est-ce que la découverte la plus pertinente a été de comprendre qu en gardant les systèmes aussi simples que possible et en s en tenant à l approche associée à des délais, les groupes pouvaient devenir pleinement autonomes aux environs d un an, et le taux de survie pouvait atteindre, sur le long terme, plus de 90 pour cent. Cette autonomie, en plus de la facilité d accès, la sécurité, la souplesse des montants à épargner et à rembourser, et l examen mutuel, semblent être des éléments essentiels de la réussite à long terme de ces groupes d épargne. 5. Moira Eknes de CARE Niger mérite une mention spéciale. Elle a fait évoluer cette méthodologie sans connaissance formelle de la microfinance et face à beaucoup de scepticisme de la part des experts. 6. Les données trouvées ici (accès restreint) indiquent que le ratio épargne / prêts est en moyenne de 1,28:1. Ces données sont tirées de 70 projets en Afrique et trois au Cambodge. 3

12 Bien que l élaboration du modèle ait pris du temps, il se répand de manière stable. Aujourd hui, au Niger, environ femmes appartiennent à ces groupes. Des variantes ont été adoptées par d autres grandes organisations non gouvernementales internationales, dont OXFAM/Freedom from Hunger (FFH), Plan, Catholic Relief Services (CRS) et Pact-WORTH. L actuel programme de la Fondation Aga Khan (FAK) est modeste mais fondé sur des stratégies prometteuses de croissance à grande échelle des projets. Au total, ces agences atteignent à l heure actuelle près de 2,3 millions de personnes, dont l essentiel en Afrique. Le Tableau 2 montre à quelle échelle les plus grands programmes des GE opèrent aujourd hui. Tableau 2 Programmes des GE par agence facilitatrice (en février 2010) Continent Aga Khan CARE CRS Oxfam PACT Plan Total Asie Amérique latine Afrique Total Nb. de membres Nb. de pays Moyenne par pays Note: Voir l Annexe 2 pour plus d informations sur l ampleur et la portée des plus grands programmes de GE dans le monde. CARE emploie le terme «associations de villages d épargne et de crédit» (VSLA) pour le modèle qu ils ont introduit et reproduit dans 26 pays dans le monde (dont 22 en Afrique), depuis Au départ, les projets de GE de CARE se sont étendus de façon informelle, essentiellement par le biais de prises de contact personnelles entre praticiens, et le modèle VSLA a évolué grâce à l apprentissage par l erreur. À présent, après avoir normalisé son approche technique, CARE s est lancé dans une grande expansion de son programme «Access Africa» qui vise à fournir un plus grand nombre de services financiers à 30 millions de personnes en Afrique d ici 10 ans. La plupart des autres agences facilitatrices on démarré leurs programmes de GE en 2004, à l exception de PACT WORTH qui a commencé à travailler au Népal en 1999: Catholic Relief Services appelle son programme de GE «communautés internationales d épargne et de crédit interne» (SILC) et étend cette approche technique par le biais d une croissance dans plusieurs pays. Plan appliqué la méthodologie VSLA de CARE, mais s est montré très dynamique dans son étude du potentiel de l expansion par l utilisation d agents de village. Cette organisation est en cours d élargissement de son programme à plusieurs pays. Oxfam/FFH a mis en œuvre son programme Saving for Change (SfC/ L épargne pour le changement) dans moins de pays (Mali, Sénégal, Cambodge, El Salvador), mais ils opè- 7. Au Mali, Oxfam a mis en place le programme Saving for Change (L épargne pour le changement) en partenariat avec Freedom from Hunger. 4

13 rent sur une grande échelle au Mali. Saving for Change a été créé conjointement par Oxfam America, Freedom from Hunger, et la Fondation Strømme. Le modèle de PACT s appelle WORTH et trouve ses racines au Népal, où le Programme pour la capacitation des femmes a été lancé en Deux ans plus tard, on estime que le projet aurait atteint membres féminins. PACT reproduit l approche WORTH à moindre échelle dans 10 pays d Afrique. Fondation Aga Khan (FAK) est relativement un nouveau venu dans la promotion des GE. Ses groupes d épargne communautaires (CBSG) sont inspirés par les VSLA de CARE. FAK a entrepris des projets à grande échelle au Pakistan, Tadjikistan, en Afghanistan, en Inde, au Kenya, au Mali, au Mozambique, à Madagascar et en Tanzanie. Si les six organisations qui apparaissent dans le présent document ont mis en place les plus grands programmes de groupes d épargne, beaucoup d autres ont adopté le modèle et utilisent les mêmes outils élaborés par les ONG internationales plus importantes. Les organisations non-spécialisées ont pu standardiser les techniques de formation et de supervision qui ont fait leurs preuves. Parmi les autres membres de SEEP qui mettent en œuvre des programmes de GE, on compte World Vision (plus de membres dans cinq pays d Afrique), World Relief (358 groupes d épargne avec membres au Burundi, au Rwanda et au Kenya), et Trickle Up (1 725 groupes au Mali, au Guatemala et en Inde). Les organisations non gouvernementales du Sud adoptent de plus en plus ce modèle, et le Peace Corps a créé un programme de grande échelle en Équateur qui couvre personnes dans plus de groupes. Bien que l on ne dispose pas des chiffres exacts pour ces organisations, il est estimé qu elles touchent quelques centaines de milliers de personnes. Les groupes d autoassistance (SHG) en Inde se sont développés en même temps que les groupes d épargne et partagent avec eux beaucoup de caractéristiques, mais ils évoluent indépendamment (Voir l Annexe 1 pour une discussion sur la différence entre groupes d épargne et groupes d autoassistance). Pourquoi rédiger le présent document? Les groupes d épargne se sont avérés être populaires et durables. Ils rapportent des rendements extraordinaires sur les investissements de leurs membres, ont des taux de rétention et de survie élevés et ils sont accessibles dans les communautés qu ils servent et peuvent croître jusqu à une grande échelle financière. Il n est pas rare qu au bout de quelques années seulement, les groupes d épargne ruraux mobilisent et gèrent entre deux et Dollars. Or, les bilans financiers ne donnent qu une partie de l information. Les modes de subsistance des ménages et de communautés entières ont été transformés par le fait que les membres savaient qu à tout moment ils pouvaient avoir recours aux prestations d épargne, de crédit et d assurance de manière souple, adaptée à leur situation et dans une culture administrative et sociale où ils se sentent compris et importants. Les anecdotes que l on retrouve dans le présent document ne donnent qu une indication de cet effet transformationnel, mais il est au cœur-même de cette méthodo- 5

14 logie et constitue la principale raison pour laquelle les agences facilitatrices et organisations d appui sont attirées par ces groupes. Au vu de tout l intérêt que suscite ce modèle et de l expérimentation dont il fait l objet, le Groupe de travail sur les services financiers axés sur l épargne a commandité ce document pour: Décrire la démarche fondamentale; Étudier les variations de méthodologie et leur évolution; Présenter les méthodes adoptées pour assurer la viabilité de la mobilisation, de la formation et de l appui requis pour démarrer un groupe d épargne; Présenter les initiatives émergeantes qui visent à créer le lien entre les groupes d épargne à d autres interventions de développement et à les intégrer davantage aux marchés financiers; Discuter de la façon de mesurer les performances et promouvoir la coopération en cours afin de comparer les approches en termes d efficience, en vue de mettre en place des normes de performance; Contribuer à davantage de croissance des projets de GE; et Faciliter la diffusion de l information sur les groupes d épargne. Nous avons rédigé ce document afin de satisfaire une variété de personnes qui luttent pour le développement, car ils revoient tous leur perception de la place et du potentiel des groupes d épargne dans la mission d apporter les services financiers aux pauvres du monde entier. Les praticiens veulent connaitre plus en détails les activités des autres agences. Les agences veulent savoir si les groupes d épargne correspondent à leurs programmes et intérêts. Le secteur de la microfinance prend de plus en plus en compte les groupes d épargne et saisit bien qu il lui faut mieux les comprendre d un point de vue pratique mais aussi théorique. Les agences donatrices souhaitent approfondir leurs secteurs financiers et atteindre les populations rurales à un coût abordable. Avec un peu plus de deux millions de personnes qui utilisent le modèle de GE dans le monde, il ne fait plus vraiment de doute que ce modèle est là pour rester. Toutefois, il n est pas sans susciter la polémique. Un débat théorique est en cours pour savoir dans quels cas et pour combien de temps les groupes d épargne seront requis. On débat de la légitimité économique d un modèle financier qui met l accent sur la gestion des finances des ménages plutôt que sur la croissance des entreprises. Le fait que les groupes d épargne ne fassent pas encore l objet d une réglementation et opèrent en isolement des marchés financiers nationaux sont des causes de préoccupation pour certains. Or, tant que l on n aura pas trouvé le moyen de proposer des produits plus appropriés et au bon prix, placés à proximité des membres, il est clair que les groupes d épargne à faible coût, fort rendement et autogérés recevront l appui des communautés où il n existe pas, ou peu, d autre choix. 6

15 1 Description du modèle de base Le modèle de base des groupes d épargne est apparu au Niger et il était simple: des groupes composés de femmes pauvres se réunissaient chaque semaine, chacune épargnait une somme uniforme, des prêts sur un mois étaient approuvés par les membres, et tout l argent du groupe était partagé équitablement au bout d un cycle convenu (six à 12 mois après le démarrage). Le partage était en général organisé pour coïncider avec un moment de l année où elles auraient besoin de liquidités. Les comptes étaient tenus de mémoire, toutes les transactions réalisées devant les membres et l excédent de liquidités du groupe et registres écrits (le cas échéant) étaient enfermés dans un coffre. Les membres du comité de gestion étaient élus une fois par an et tous les groupes disposaient de statuts, en général écrits et gardés dans le coffre. Aujourd hui, il existe de nombreuses variantes. Certains groupes tiennent des livres, d autres fonctionnent avec la mémoire, d autres utilisent des livrets. Certains permettent à leurs membres d épargner des montants différents, et d autres les autorisent à retirer leur épargne à la demande. Certains des prêts sont accordés à plus longue échéance, et les remboursements sont souples. Toutes ces variantes sont venues de l expérience, en général parce-que les conditions dans lesquels les groupes opèrent dictent ou permettent différentes approches. Globalement, la tendance a été à la simplicité de la gestion et des systèmes de tenue des comptes, associée à une plus grande souplesse des produits proposés. Pourtant, les GE partagent encore aujourd hui ces principes communs: 8 Les groupes sont composes d individus qui se sélectionnent entre eux, et varient de 5 à 30 membres, avec une moyenne d environ 22 membres. 9 Les membres décident qui peut rejoindre le groupe. 8. Cette liste couvre la plupart des programmes appuyés par FAK, CARE, CRS, Oxfam/FFH, Pact- WORTH et Plan (essentiellement en Afrique) et présente les normes et variations les plus importantes. Cela ne diminue en rien le rôle d un nombre croissant d organisations plus modestes (nord et sud) qui deviennent des acteurs de plus en plus importants; cela montre simplement notre incapacité à étudier le secteur en profondeur. 9. C est la moyenne de tous les projets CARE, CRS et Oxfam/FFH en Afrique, finances par la Fondation Bill & Melinda Gates parmi groupes. Consulter (site Internet restreint). 7

16 Les groupes élisent leur propre comité de gestion et leurs compteurs d argent. Personne d autre ne touche à l argent. Les groupes utilisent des coffres à verrous pour garder l argent et les livres. Cette caisse est en général munie de plusieurs verrous, et différents membres détiennent les clefs. Ceux qui reçoivent les clefs sont le plus souvent choisis parmi les membres. Les groupes ont élaboré des règles, basées sur un modèle:»»»»»» Des élections régulières, au moins annuelles. Le rôle et le pouvoir du comité de gestion sont définis. Les services que le groupe propose à ses membres sont transparents, y compris les termes et conditions de l épargne, des prêts et des assurances. Les membres épargnent régulièrement, à une fréquence déterminée par le groupe, parfois la même somme pour tout le monde, parfois des sommes différentes. Les sommes épargnées varient de 0,10 à 5 Dollars. Dans certains groupes d épargne, on détermine une «part» et on permet aux membres d épargner plus d une part à chaque réunion, une limite étant aussi fixée (par exemple, cinq parts). Si les règles du groupe permettent aux membres de retirer leur épargne, le retrait se fait en général à valeur nominale, les intérêts sont retenus par le groupe d épargne. L épargne est utilisée pour capitaliser un fonds de prêts, les membres peuvent emprunter à ce fonds. Les conditions de prêts sont définies par le groupe, avec des échéances qui ne dépassent pas en général trois mois. Les taux d intérêt mensuels tournent autour de cinq à 10 pour cent, mais peuvent varier d un à 20 pour cent. Les conditions des prêts sont définies par les membres, l échéance ne dépassant généralement pas trois mois. Les taux d intérêt mensuels se situent entre cinq et 10 pour cent, mais varient d un à 20 pour cent. Le fonds de prêts offre le plus souvent des prêts à des membres, mais peut aussi financer des investissements par le groupe, tels que pour le commerce des semences ou l élevage, à condition que tous les membres se mettent d accord. La plupart des groupes partagent tout l argent entre les membres, selon la part épargnée, à des intervalles fixées parle groupe, en général entre six à 12 mois. Certains groupes décident de porter une partie de leurs fonds en avant, au prochain cycle. Presque tous les intérêts versés au titre des prêts (à l exception des petits montants), sont remis aux membres lors du partage. Le rendement de l épargne ou des actifs (souvent la même chose) se trouvent dans la fourchette pour cent. 10 Les groupes peuvent décider de contribuer à un fonds social qui est une forme simple d assurance pour couvrir les frais en cas d urgences minimes. 10. Voir (site Internet restreint). 8

17 Les membres sont libres de quitter le groupe à tout moment, selon des conditions déterminées par le groupe. Les comptes sont tenus suivant trois approches de base:»» La mémorisation (qui fonctionne mieux parmi les groupes à faibles niveaux d alphabétisation)»» Livrets et enregistrement du dernier solde uniquement»» Les livres de compte centraux pour le suivi de l activité financière par le biais du/ de la secrétaire du groupe. Une variation du modèle de base Il existe des différences chez les groupes d épargne de Pact-WORTH: L argent est géré par le trésorier. Le comité de gestion détient les clés. Les membres peuvent emprunter pour une période allant jusqu à six mois. Il n y a pas de partage entre membres: ils reçoivent plutôt des dividendes. La gestion financière est une responsabilité partagée du comité 1.1 Les agences facilitatrices et leurs partenaires Dans ce modèle de base, le rôle des agences facilitatrices (ou de leurs partenaires locaux) est de former les groupes d épargne pour qu ils puissent réaliser leurs transactions de manière autonome. La formation couvre tous les aspects des activités du groupe, de puis l élaboration des statuts du groupe à l élection du bureau, en passant par les procédures de réunion et les règles régissant l épargne, les prêts et la tenue des livres. La formation de départ prend entre une semaine et deux mois et ensuite les agences facilitatrices supervisent les opérations de routine sur une période de neuf à 12 mois. Lorsqu on offre d autres formations (en particulier l alphabétisation), la durée peut alors aller jusqu à deux ans. Les agences facilitatrices estiment que les groupes d épargne sont indépendants lorsqu ils sont capables de gérer une réunion organisée, disciplinée, tenir leurs comptes et gérer le partage des parts ou des dividendes. Les agences facilitatrices utilisent toute une variété de modèles pour former et superviser les groupes d épargne. La troisième partie présente ces différents modèles. Les agences facilitatrices ne tirent pas de revenus des groupes. Les fonds que remettent les bailleurs sont utilisés pour financer l organisation et la formation des groupes de travail, comme les subventions requises pour développer les capacités des IMF créées par les agences facilitatrices. Devenus indépendants, les groupes d épargne opèrent de façon viable. 9

18 1.2 En quoi le modèle des groupes d épargne diffère des autres formes de microfinance Les pauvres ont besoin de services financiers pour les mêmes raisons que tout le monde: pour gérer le risque (par exemple, une urgence médicale ou une mauvaise récolte), pour se créer un actif, investir dans des activités productives, gérer la trésorerie et pour des revenus sûrs. L épargne, le crédit, les assurances et les transferts de fonds peuvent aider les pauvres à faire tout cela, mais jusqu ici ce type de services est resté globalement inaccessible pour les pauvres. Ils ont besoin qu on leur fournisse un moyen d épargne sûr, pratique, souple et disponible dans leurs villages. La microfinance traditionnelle n a pas, en général, pu fournir ce type de services parce-que cela revient trop cher de se rendre dans les zones rurales (bien que la technologie cellulaire soit porteuse de promesses dans ce sens). Crédit local pour besoins locaux Si les institutions financières ne se trouvent qu en-dehors d un village donné, les femmes dans les villages qui disposent de groupes Saving for Change (SfC ou l épargne pour le changement) ne risquent pas d y avoir recours. Les femmes ont aussi tendance à éviter les institutions qui demandent le versement de cotisations à l inscription et des garanties pour les prêts. Les femmes craignent particulièrement que des huissiers viennent saisir leurs biens en cas de non-remboursement. On considère que beaucoup des institutions utilisées par les hommes sont hors de la portée économique des femmes, prêtent des sommes plus fortes et demandent aussi un niveau d épargne minimum supérieur à ce que les femmes peuvent se permettre. La capacité de recevoir des prêts pour générer des revenus ou pour la consommation dans les foyers est l une des prestations principales des GE. Les prêts à la consommation les plus prisés sont ceux qui sont employés pour couvrir les frais médicaux, surtout face aux maladies communes telles que le paludisme, les infections respiratoires et les maladies diarrhéiques, ainsi que les prêts pour s acheter à manger lors de la période de soudure.* Les femmes citent aussi parmi les avantages des groupes de Saving for Change l éducation de leurs enfants, et l accès à des biens matériels nécessaires pour célébrer comme il se doit les festivals annuels et autres cérémonies importantes pour leurs foyers. Beaucoup de femmes dans ces mêmes groupes parlent de leur capacité à acquérir du bétail ou enrichir celui qu elles possèdent déjà pour montrer l impact financier de SfC sur leur vie. * Soudure ou période de soudure ; c est la période entre deux récoltes lorsque l argent et la nourriture se font rares dans les foyers. Source: BARA (Bureau of Applied Research in Anthropology), 2010, Baseline Study of Saving for Change in Mali: Results from the Segou Expansion Zone and Existing SfC Sites, University of Arizona, Tucson, mars Ces dix dernières années, néanmoins, l expérimentation et la recherche ont démontré qu il y a assez d épargne dans les villages pour faire face aux petits besoins en crédits (prêts allant de 10

19 cinq à 500 Dollars) sans recourir aux financements extérieurs, mais aussi pour servir d assurance en cas d enterrement ou d urgence médicale. Les groupes d épargne se sont centrés sur la mobilisation de ce capital local pour faire face aux besoins locaux et élaborer des techniques qui permettent l autogestion à moindre coût. Coûts Les groupes d épargne appliquent un modèle à coût extrêmement réduit qui permet de créer des institutions qui sont pleinement viables dès le départ. Afin de «désinstitutionnaliser»la prestation des services financiers, les agences facilitatrices et leurs partenaires doivent consentir des efforts conscients et utiliser des techniques bien précises. Les coûts créent des barrières pour les IMF, pour des raisons qui s expliquent simplement: Les IMF sont souvent obligées d apporter les services aux clients. Les pauvres ne peuvent en général pas se permettre le coût et le temps que nécessitent les longs déplacements vers les services, dans des zones qui leur sont inconnues. Les frais de fonctionnement des IMF et des banques au titre du personnel, des opérations de terrain et de l acquisition des immobilisations, doivent être recouvrés par le biais des recettes générées par les intérêts. La capacité d endettement limitée des populations les plus pauvres fait que les portefeuilles de crédit sont plus modestes. Par-conséquent, les IMF doivent rechercher les clients qui coutent le moins cher et qui offrent le maximum de recettes, d où la tendance à se focaliser sur le crédit, à encourager les prêts plus conséquents et à cibler les clients qui, pour la plupart, ont une activité économique à temps plein. Pour ces mêmes raisons, les IMF sont sensible au cout de la mobilisation de l épargne. Le défi que représente la fourniture de services financiers aux populations rurales pauvres ne peut être relevé avec un modèle institutionnel conventionnel. Le secteur de la microfinance a trouvé comme solution les technologies, comme la téléphonie mobile et les systèmes collégiaux, afin de réduire les coûts. Toutefois, il n a pas vraiment pris en compte la possibilité que la désinstitutionalisation pourrait être le moyen le plus simple. Pourtant, c est la raison pour laquelle les groupes d épargne fonctionnent: une volonté accrue d accepter les ambigüités de l informalité est essentielle pour approfondir vraiment le secteur financier dans les pays pauvres. 11

20 Au-delà du rendement financier Une évaluation réalisée en 2007 dans la communauté de l épargne et du crédit du Kenya et de l Ouganda a conclu que «la formation des SILC a introduit des principes spirituels dans le comportement des membres entre eux. Par exemple, l humilité, la confiance, la loyauté, l aide aux vulnérables, l appui aux autres en cas de besoin et une foi renouvelée dans les activités de groupe parmi les membres». L appartenance à des SILC a mené à la création de nouveaux liens et amitiés entre les membres d une communauté. Cette cohésion sociale renforcée aide dans la lutte contre les injustices sociales, telles que la discrimination à l égard des femmes et les conflits communs dans une communauté. Source: G. Odera and G. Muruka, Savings and Internal Lending Communities (SILC) in Kenya (Nairobi, Kenya: MicroSave), 15. Les différentes méthodologies des GE comprennent des opérations à couts réduits au niveau des groupes et des agences facilitatrices. L agence de facilitation ne fournit pas d emprunts et n investit pas dans d autres actifs, mais elle couvre les frais liés à l identification des groupes, à la formation et à la supervision. Toutefois, au bout d un certain temps, les groupes d épargne absorbent ces coûts, lorsque la formation des agents de terrain (AT) rémunérés est remplacée par celle d agents de village (AV) basés dans les communautés et qui sont payés par les groupes. Les agences facilitatrices ont trouvé des manières créatives de réduire les coûts de la création des GE et d introduire des modèles s autofinançant qui peuvent être reproduits avec succès. À ce jour, l expérience en Afrique montre que certaines de meilleures agences locales peuvent mettre en place des groupes d épargne de qualité à un coût de 11 à 12 Dollars par tête. Les agences facilitatrices, qui forment et supervisent les partenaires locaux, encourent des frais qui tournent autour de 18 à 48 Dollars. 11 Le groupe d épargne compte sur les bénévoles pour s acquitter des tâches administratives, de gestion et de mise en exécution. La simplicité des systèmes est conçue pour tenir compte des limitations des gestionnaires, en termes de leur disponibilité et de leurs compétences. La taille réduite du groupe et la nature périodique des réunions courtes (une à une heure et demie par semaine) lui permettent de fonctionner sans locaux fixes ou besoin de transport, et sans salaires. Avec ce modèle, la communauté devient un prestataire de services parce-que les groupes sont réduits, les réunions périodiques et les fonctions administratives occupées par des bénévoles. Résumé des avantages et des inconvénients Le Tableau 3 présente les incidences financières de l utilisation de cette approche. Il résume les avantages et inconvénients financiers du GE, mais il convient de noter que son principal avantage non financier est le capital social que retirent de ce système les membres et les dirigeants du groupe. 11. Voir (site Internet restreint). 12

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