Démocratie Française La lettre de D&DF

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1 Dialogue Démocratie Française La lettre de D&DF Publication mensuelle distribuée par N 20 - Octobre 2007 Notre Invité de Novembre : M. Jean-Louis Borloo Mardi 13 Novembre 2007 à 19 heures 30 Dîner Débat au Cercle Républicain ATTENTION Nombre limité à 250 places Prix : 40 /par personne Jean-Louis Borloo Ministre d Etat - Ministre de l Ecologie du Développement et de l Aménagement Durables RESERVATIONS Auprès de mireille.deltour (cliquez sur le lien) Les Présidents de Commissions et de Clubs Régionaux Jean-Jacques Pin Président Commission Economie Michel Hannoun Président Commission Santé Jacques Bonnaud Président Commission Education Christian Huglo Président Commission Institutions Marc Fraysse Président du Club de Lyon Jacques Cholet Président du Club de Versailles Dominique Charpentier Président Commission Culture et du Club de Nice Guy de Bourboulon Président Commission Agriculture et du Club de Normandie Charley Muscat Président Commission Environnement et du Club d Aix-Marseille Jacques Cavanna Frédéric Ollivier Denis Blanchard-Dignac Président du Club de Montpellier Président du Club de Nantes Président du Club de Bordeaux Pour vous inscrire aux Commissions et Clubs, cliquez sur les Photos concernées 1

2 Comment recevoir La Lettre de D&DF? La Lettre de D&DF est GRATUITE. Pour la recevoir faites Ctrl+clic sur le lien : Abonnement puis mentionnez vos Nom, Prénom et Adresse et si vous le désirez complétez en indiquant votre profession, vos centres d intérêts, vos domaines d expertise, votre engagement politique ou associatif éventuel etc. Aidez-nous à la diffuser Un simple click sur «TRANSFEREZ» suffit pour envoyer La Lettre de D&DF à tous ceux qui figurent sur votre Carnet d Adresses. Pensez à ajouter un petit mot amical. Le fait de Transférer reste totalement confidentiel. Vos destinataires devront s abonner directement à leur tour s ils veulent continuer à la recevoir. Pour vous désabonner (n en faites surtout rien!) Ctrl + clic sur le lien : / Désabonnement Comment publier des Articles? Adressez-nous par mail exclusivement vos articles de fond, vos prises de position. Le Comité Editorial fera tout son possible pour éditer votre texte rapidement. Directeur de la Publication : Pierre Chastanier Président de D&DF Association régie par la Loi de 1901 Siège Social : D&DF 5, avenue de Messine Paris Tél : Fax : Comité Editorial : Michel Dixmier, Henri Capdeville, Jean Louis Guignard, Jean Gilles Sicre, Jean Touchard, Vincent Emmanuel Mathon, Sébastien Girard, Gilbert Caron Le FORUM de l Espace public du Site est à votre disposition Ecrivez-nous à : Visitez le Site D&DF : Calendrier des réunions au Cercle Républicain 5, avenue de l Opéra Paris Mardi 9 Octobre à 20 heures - Réunion de Rentrée Mardi 13 Novembre à 19 heures 30 - Réception de Jean-Louis Borloo Mardi 11 Décembre à 19 heures 30 - Réception de Valérie Pécresse Mardi 8 Janvier à 20 heures Mardi 12 Février à 20 heures Mardi 11 Mars à 20 heures Mardi 8 Avril à 20 heures Mardi 6 Mai à 20 heures Personnalités dont nous attendons la réponse ou la date choisie : Michèle Alliot-Marie, Roselyne Bachelot, Rachida Dati, Bertrand Delanoë, Françoise de Panafieu, Christine Lagarde, Hervé Morin, Daniel Cohn-Bendit A noter d ores et déjà sur vos tablettes! 2

3 Au sommaire des numéros précédents N 1 Qu est ce que D&DF, ses objectifs, son organisation, sa Charte, ses Commissions Pierre Chastanier, Christian Huglo, Jean Jacques Pin, Jacques Bonnaud, Dominique Gazielly N 2 Le Traité constitutionnel Européen Corinne Lepage, Didier Linotte, Paul Violet, SAR Jean de Luxembourg N 3 La France s enfonce. Peut-on en sortir? Pierre Chastanier N 4 Quelle politique de Santé pour la France? Alain Coulomb, Dominique Gazielly, François de Closets, Claude Lambré, Dominique Belpomme N 5 L Industrie Française en Europe à l heure de la mondialisation. Nicole Fontaine, Thierry Marneffe, André Cler Renaud, Jean Louis Guignard, Caroline Combe N 6 Peut-on réformer l école? Claude Allègre, Jacques Bonnaud, Jacques Cholet, Pierre Chastanier N 7 Des Institutions pour décider. Corinne Lepage, Nicolas Tenzer, Georges Aimé, Pierre Chastanier, Christian Huglo N 8 Premier Congrès D&DF et Soirée de Gala au Sénat au profit de nos œuvres N 9 Livre Blanc des Travaux de D&DF et «Lettre aux Fils et Filles de l Alouette» par Pierre Chastanier N 10 D&DF : Pourquoi faire? Un débat avec Pierre Chastanier et programme des Colloques et Auditions N 11 L Ethique dans les soins. Colloque de la Commission Santé Emmanuel Hirsch, Michel Hannoun N 12 La République, une idée d avenir. Nicolas Dupont-Aignan, Député, Président de «Debout la République», G. Aimé, J-L Guignard N 13 Conseil National de D&DF Pierre Chastanier, Présidents de Commissions, Présidents de Clubs et autres intervenants N 14 D&DF reçoit Nicolas Sarkozy Nicolas Sarkozy, Ministre d Etat, Ministre de l Intérieur, Président de l UMP, Pierre Chastanier, Michel Hannoun N 15 D&DF reçoit François Bayrou François Bayrou, Député, Ancien Ministre, Président de l UDF, Didier Bariani, Ancien Ministre, Président de Convergences, Pierre Chastanier N 16 Le 22 Avril : Pour qui voter? Pierre Chastanier, Michel Hannoun, Patrick Moulin, Emmanuel Empert, Georges Aimé, Marc Dugois N 17 Présidentielles : Reflet de notre société? Jean Paul Delevoye Médiateur de la République N 18 2 ème Congrès National D&DF Soirée de Gala au profit de l Association «Un Avenir Ensemble» N 19 D&DF en Pierre Chastanier Téléchargez gratuitement sur le Site Internet les anciens numéros et diffusez-les 3

4 Reproduction du Carton d Invitation Centre Républicain DIALOGUE DÉMOCRATIE YÜtÇ t áx Dîner Républicain Invité d Honneur Jean-Louis Borloo Ministre d Etat Ministre de l Ecologie, du Développement et de l Aménagement durables Parking : Face au 15, rue des Pyramides PARIS Accès par l'avenue de l Opéra et la rue des Pyramides Métro : Pyramides, Palais-Royal R.E.R. : Auber par la ligne A. Taxis : Place André Malraux et Rue de L'Echelle Bus : Lignes 21, 27, 48, 68, 81, 95, 93 Cercle Républicain 5, avenue de l Opéra Paris M Participera au Dîner Républicain du Mardi 13 Novembre 2007 avec Jean-Louis Borloo et sera accompagné de : personnes Ci- joint un Chèque à l Ordre de D&DF de 40 /personne x personnes = Dialogue & Démocratie Française Association régie par la loi de , avenue de Messine Paris Tél : Fax : Une Carte d accès nominative vous sera remise à votre arrivée. Le Président et les Membres du Bureau de Dialogue & Démocratie Française & Le Bureau et les Membres de l Association Ecologie, Valeurs, Humanisme seraient très honorés de votre présence lors d un Dîner Républicain qui se déroulera le Mardi 13 Novembre 2007 A partir de 19 heures 30 précises Au Cercle Républicain Invité d Honneur Jean-Louis Borloo Ministre d Etat Ministre de l Ecologie, du Développement et de l Aménagement durables RSVP avant le Vendredi 9 Novembre à : Mireille Deltour Résidence Etoile 1, rue Vernet Le Chesnay Mob :

5 Pierre Chastanier Président de D&DF TT CC FF et SS Mes chers Amis, Je suis heureux de vous retrouver si nombreux ce soir à l'occasion de notre réunion de rentrée et ce, malgré l'absence d'invité de marque, puisque j'ai souhaité que cette première rencontre se déroule entre nous et permette de faire le point sur le développement de D&DF et sur le rôle, qu'à travers elle, les Maç, FF et SS de toutes ob, pourront jouer dans la cité. Ce sera d'ailleurs un des thèmes de notre soirée. Mais auparavant, après une année de forte croissance pour notre association, en raison de la campagne présidentielle et notamment des deux moments forts que furent l'invitation de Nicolas Sarkozy et de François Bayrou, je voudrais avec vous évoquer le fonctionnement de D&DF et ses perspectives d'avenir. Il y a un an, nous avions réuni 271 membres dont 105 adhérents et 166 visiteurs et ouvert 2 clubs de province. Aujourd'hui, nous atteignons 1123 membres dont 253 adhérents et 770 Visiteurs et sommes présents, en plus de Paris, dans neuf capitales régionales. Que tous les artisans de cette remarquable progression en soient chaleureusement remerciés et notamment, Michel Hannoun et Didier Bariani à Paris, Marc Fraysse à Lyon, Dominique Charpentier à Nice, Guy de Bourboulon en Normandie, Frédéric Ollivier à Nantes, Jacques Cholet à Versailles, Jacques Cavanna à Montpellier, Charley Muscat à Aix-Marseille, Denis Blanchart-Dignac à Bordeaux et demain Thierry Simon à Boulogne. L'importance des colloques organisés dans le cadre de la campagne présidentielle a freiné l'an dernier le travail des commissions (à l'exception de la commission économie qui s'est réunie régulièrement) et je voudrais, cette année, demander à Michel Hannoun, président de la commission santé, à Jacques Bonnaud, président de la commission éducation, à Jean Jacques Pin, président de la commission économie, à Christian Huglo, président de la commission institutions, à Guy de Bourboulon, président de la commission agriculture, à Dominique Charpentier, président de la commission culture ainsi qu'à tous ceux qui voudront s'investir dans cet important travail de réflexion, de formation des FF et SS, de préparation des colloques, de rédaction des propositions, de donner un nouvel élan au travail des groupes. 5

6 Vous êtes tous les bienvenus pour siéger au sein de ces commissions nationales et rappelez-vous que les titres, chez nous, ne sont que la reconnaissance d'un travail accompli, quant aux décors, il n'y en a pas! Nous avons cherché à développer le plus possible la communication écrite grâce à notre site Internet mis en place par Jean Touchard, grâce à la publication de 10 nouveaux numéros de notre lettre mensuelle diffusée directement auprès de 700 FF et SS et, indirectement j'espère, à travers vous, à beaucoup d'autres, à un Livre Blanc de 370 pages dont la télécopie gratuite est téléchargeable depuis juin sur le site, et à un second tome de 170 pages de la " Lettre aux fils et filles de l'alouette" dont j'avais publié le premier tome l'an dernier. Nous irons plus loin cette année, grâce à une Web lettre, que nous devons à notre F Patrice Hernu. Ce nouveau site, j'en suis sûr, facilitera la diffusion de nos idées et vous donnera envie, par sa facilité de mise en œuvre, de participer aux forums, d'écrire des articles de fond et de jouer un rôle déterminant dans la diffusion de notre lettre à tous les FF et SS que vous pouvez connaître dans vos ateliers respectifs et partout ailleurs, car, seul cet effort constant de diffusion nous permettra, petit à petit, de faire dialoguer sur les questions politiques et sociétales une majorité des FF et SS de toutes ob qui constituent la communauté maç française sans parler d'un nombre au moins aussi important d'init qui nous ont quittés, provisoirement j'espère, mais qui peuvent trouver là l'occasion de se rapprocher de notre frat. Faudra-il rappeler ici, que, n'étant pas un parti politique, mais une fraternité maç mixte et inter ob, nous ne cherchons pas dans l'uniformité d'un contenant - notre association D&DF - l'homogénéité d'un contenu, puisque nous reconnaissons comme une richesse la diversité des opinions politiques de nos FF et SS, souhaitant que par le dialogue, dans l'esprit de tolérance et de fraternité qui doit caractériser nos institutions, nous essayons, non de chercher à nous convaincre mais à mieux nous comprendre afin que de notre débat argumentatif, respectueux, ici plus qu'ailleurs, d'un esprit d'écoute, jaillissent des idées nouvelles utiles au pays. Cette Frat n est pas toujours évidente. Caïn et Abel n étaient-ils pas Frères! C est un combat qui exige une grande maîtrise de soi. Ne dit-t-on pas qu il n y a pas d amour, qu il n y a que des preuves d amour. Eh bien l écoute en est une et des plus belles. L unanimisme n existant pas (ce qui est une chance) il convient que chacun apporte sa pierre à l édifice selon ses talents, loin des polémiques qui ne peuvent être que dégradantes. Qui peut être si sûr d avoir raison! Ce n est qu en écoutant d autres avis, en dialoguant dans le respect des opinions d autrui, de préférence au sein des Commissions où, grâce au plus petit nombre de participants, ce dialogue est plus aisé, en se respectant les uns les autres, que l on doit marquer sur le fond mais aussi dans la forme cet esprit de tolérance et de fraternité en proscrivant toute forme d agressivité inutile et déplacée. Ce n est qu ainsi que l on peut espérer progresser. D&DF accueille dans la plus stricte égalité les membres de toutes les institutions maç françaises et ne veut, à aucun titre, interférer dans la vie des ob qu'elle respecte et dont les dignit seront toujours les bienvenus. Que tous les FF et SS qui, au-delà des querelles historiques, se reconnaissent pour tels quelle que soit l'institution à laquelle ils appartiennent, sachent qu'au sein de notre association, fervente adepte de la FM universelle, aucune discrimination de sexe, d'ob, de grade, d'appartenance politique, de religion ou de statut social ne saurait exister et que bien au contraire, nous appelons tous nos FF et SS, quand ils le peuvent, et dans l'honneur, à une solidarité active conforme à nos serments. 6

7 L'année , première année du quinquennat de Nicolas Sarkozy et année des municipales sera une année chargée. Nous avons prévu d'organiser à Paris un colloque mensuel, en principe le deuxième mardi de chaque mois, et, comme je vous l'ai déjà indiqué, nous nous sommes assurés de la participation d'un certain nombre d'invités d'honneur : Jean-Louis Boorlo, ministre d'état chargé du développement durable qui viendra le 13 novembre Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche qui viendra le 11 décembre Puis, à partir du 1er janvier : Michel Alliot-Marie, ministre de l'intérieur et Rosine Bachelot, ministre de la santé et de la jeunesse et des sports qui ont déjà confirmé leur participation Christine Lagarde ministre de l'économie et des finances et Hervé Morin ministre de la défense qui ont pour l instant conditionné leur accord à des dates compatibles avec leur emploi du temps chargé. Nous attendons également les réponses de Bertrand Delanoë, maire de Paris et de Françoise de Panafieu député maire du 17ème que nous souhaitons inviter dans le cadre de la campagne municipale ainsi que de Rachida Dati, ministre de la justice et garde des sceaux et de Daniel Cohn-Bendit, député européen. Nous terminerons l'année par notre congrès annuel début juin qui sera suivi d'une soirée de gala, au profit de nos œuvres, que nous essaierons d'organiser dans un des cadres prestigieux de la république (Je rappelle que nous avons choisi de poursuivre notre effort envers l'association " un avenir ensemble" créée par la Légion d'honneur en faveur des jeunes méritants issus de milieux modestes ou défavorisés). Je ne voudrais pas terminer cette brève introduction, avant le débat de ce soir, sans dire que rien n'aurait été possible sans l'aide courageuse de celles et ceux qui ont bien voulu m'assister dans la gestion quotidienne de notre association. Mireille Deltour m'a aidé sans relâche pour les invitations et les réservations, Martine Hillion pour les fiches et le secrétariat, Alain Renault pour les comptes. Qu'ils soient chaleureusement remerciés pour l'endurance qu'ils ont manifestée dans ces tâches indispensables. Je voudrais enfin vous faire part des excuses de Christian Huglo, Jean-Jacques Pin, Dominique Charpentier, Marc Fraysse, Thierry Simon et René Bailly, ainsi que plusieurs autres membres de DDF retenus par ailleurs et saluer les nouveaux venus, ils sont nombreux ce soir, et notamment l équipe d Aix-Marseille qui va bientôt démarrer représentée par notre F Charley Muscat accompagné d une importante délégation. Je vais maintenant donner successivement la parole : aux présidents de commission pour qu'ils vous indiquent comment ils entendent redonner corps aux groupes de travail nationaux aux présidents des clubs régionaux qui ont pu se déplacer ce soir pour qu'ils vous présentent rapidement les travaux qu'ils préparent pour à l'équipe administrative enfin, pour qu'elle vous donne quelques conseils concernant les cotisations, les réservations et les fiches de l'annuaire Puis, nous aborderons ensemble quelques sujets d actualité avec, j espère, la spécificité du regard que nous portons sur les questions politiques et sociétales. 7

8 Je vous souhaite à tous et à toutes une excellente soirée de retrouvailles et une bonne année Intervention des Présidents de Commissions présents ou représentés Michel Hannoun Jacques Bonnaud Jean-Jacques Pin (remplacé par François Gérard Guyot) Intervention des Présidents de Clubs Régionaux présents Guy de Bourboulon Frédéric Ollivier Jacques Cholet Charley Muscat Denis Blanchard-Dignac Interventions de l Equipe administrative Alain Renault Mireille Deltour Les Interventions des différents Présidents et Responsables seront réunies dans un prochain numéro «Spécial Commissions» 8

9 Exposé sur quelques sujets d actualité par Pierre Chastanier Mes chers Amis, Il y a des maç de droite, il y a des maç de gauche, et même si nous sommes tous conscients du fait que les bonnes idées ne sont l'apanage d'aucune fraction, les pesanteurs sociologiques sont telles qu'un parti maç est loin d être pour demain. Ce ne serait d'ailleurs pas une bonne chose car la démocratie se nourrissant de la confrontation des idées, toute majorité doit avoir face à elle une opposition, un pouvoir total risquant vite de devenir totalitaire. Il n'est donc pas dans mon propos de chercher dans la singularité du regard que nous pouvons poser sur les questions sociétales et politiques, une uniformité de pensée qui n'existe pas. Ce qui existe en revanche, pour tous ceux qui croient sincèrement aux valeurs humanistes véhiculées par notre tradition, c'est l'esprit de tolérance et de frat que nos institutions, sous les différents régimes où elles se sont épanouies, les monarchies européennes, la jeune république américaine, la révolution française, l'empire, la république, doivent apporter aux peuples qui trop souvent, comme disent les écritures «soulèvent la poussière et se plaignent de ne pas voir» pour les éclairer de ses lumières. Or, que ce soit dans les campagnes électorales, sur les bancs de l'assemblée ou dans le plus petit des conseils municipaux, le débat démocratique est rarement argumentatif et pédagogique. À la télévision, les petites phrases assassines font monter l'audimat, personne n'écoute personne, et les hommes politiques, même s'ils le voulaient, pressés par des journalistes pour qui :" il faut que ça bouge", seraient bien empêchés d'élever le débat. Sans être un adepte de la théorie du complot, il faut bien remarquer que le goût immodéré de nos grands capitalistes pour la possession des médias favorise plus l'abêtissement du peuple par des émissions infantilisantes (12 millions de Français regardent l'île de la tentation) que l'élévation de son niveau de conscience par des débats pédagogiques au-dessus des propos de café du commerce. Nous avons donc le devoir, partout où nous sommes présents, de contribuer à la formation des hommes pour achever au-dehors " l'œuvre commencée dans le T ". Pour lancer le débat, auquel vous pourrez répondre par des articles sur le Forum, je vous propose 9 Fiches sur des sujets différents sur lesquelles je vous invite à réagir sous l influence bienveillante du Ternaire! A vos plumes! 9

10 Question N 1 Nicolas Sarkozy est au pouvoir depuis cinq mois. Il est omniprésent et dirige tout. Le premier ministre n'existe plus, ce n'est qu'un simple collaborateur. Ne serait-il pas souhaitable de réformer les institutions pour les mettre en adéquation, si le peuple le désire avec la pratique actuelle? Comment choisir entre régime présidentiel et régime parlementaire? Que faut-il penser de l'ouverture et est-ce ce qu'ont voulu les Français? C'est vrai que Nicolas Sarkozy a inauguré un nouveau mode de gouvernement puisque le général De Gaulle lui-même, pour qui le premier ministre n'était que le premier des ministres et de qui, incontestablement, émanait le pouvoir n'allait pas «au charbon» comme le fait le nouveau président, à tout propos et sur tous les sujets, estimant sans doute que la grandeur et la majesté de la fonction imposait un certain éloignement. Mais nous sommes dans l'ère devenue incontournable des médias et le modèle américain qui s'est déjà imposé au cinéma est en train de le faire en politique. La question n'est donc pas seulement de la forme mais du fonds. Faut-il abandonner un régime parlementaire de plus en plus dévalué avec une majorité aux ordres et, dans les faits, un abandon de l'article 20 de la constitution pour aller résolument vers un régime présidentiel? Il y a évidemment des arguments pour ces deux formes de gouvernance. Le régime présidentiel, dans un pays qui a choisi d'élire son président au suffrage universel et au scrutin uninominal à deux tours qui, par principe, organise la bipolarisation de la vie politique, paraît en effet plus démocratique que le système actuel dans lequel le premier ministre est nommé, et non élu, pour n assurer que des fonctions de directeur de cabinet si tout va bien ou de fusible, si tout va mal. Par rapport au régime primo ministériel qui est celui le plus pratiqué en Europe où le pouvoir est exercé par le chef de la majorité parlementaire, le chef de l'état ne jouant plus qu'un rôle d'arbitre, le régime présidentiel dans un pays qui n'a pas la culture du consensus qu'ont les anglo-saxons pose le délicat problème du risque de conflit entre président et assemblée et plus encore de conflit entre le président et la rue. Faut-il rappeler que le général De Gaulle a toujours souhaité, à l'occasion de consultations successives (référendums, scrutins législatifs, scrutin présidentiel) re-légitimer en permanence sa présence à la tête de l'état, en tirant les conséquences que l'on sait lors du référendum d'avril Face à l'instabilité de la IVe république dont on a conservé le souvenir, l'existence d'une majorité à l'assemblée nationale, conséquence du scrutin majoritaire lors des élections législatives, a sauvegardé la république qui a pu être gouvernée même aux heures difficiles de la cohabitation. Le quinquennat amenant le président élu, par la simultanéité des élections, à bénéficier, ipso facto, d'une majorité qualifiée à l'assemblée nationale, il y a donc lieu de craindre que le team président-majorité présidentielle, en place pour cinq ans, sans réelles possibilités d'expression de l'opposition, rendant caduques, sauf crise interne grave, le pouvoir de dissolution et le pouvoir de censure, pourra se trouver un jour en butte à une opposition populaire dans l'impossibilité de se manifester légalement. C'est la raison pour laquelle l'adoption d'un tel régime qui semble voulue par les Français devrait s'accompagner d'une dose partielle de proportionnelle à l'assemblée nationale, maintenant une majorité de gouvernement mais permettant à tous les partis ayant obtenu plus de 5 % au second tour des élections législatives d'être représentés au Palais-Bourbon. Cette représentation proportionnelle pourrait être plus largement étendue au Sénat. Elle imposerait un scrutin de liste mais, les électeurs attachés au scrutin de circonscription pour leurs 10

11 députés, ne votant pas lors des élections sénatoriales, n'y verrait pas d'inconvénient puisqu'ils y trouveraient même un supplément de souveraineté. Cinq ans c'est bien long, mais envisager comme aux États-Unis des élections à mi-mandat risquerait, dans un pays comme la France où les divergences politiques entre droite et gauche sont fortes de nous amener une fois sur 2 un gouvernement de cohabitation. Reste donc la question de l'ouverture. Pour ma part j y suis favorable car il y a bien longtemps que je ne crois plus que les bonnes idées ne se trouvent que dans un seul temps. Mais la forme d'ouverture qui nous est proposée aujourd'hui s'apparente plus, me semble-t-il, à du débauchage et il aurait été plus clair d'annoncer la couleur avant l'élection. Il me semble préférable de donner un vrai statut à l'opposition, d'examiner systématiquement ses propositions de loi, de renoncer au 49-3, de consulter régulièrement loin des médias ses principaux dirigeants pour que cette ouverture soit dans les coeurs et n'apparaisse pas comme une manière habile de désarmer, pour ne pas dire d'acheter, les opposants. 11

12 Question N 2 On a beaucoup parlé ces derniers temps des régimes spéciaux de retraite et du maintien de disparités importantes entre les salariés protégés et privilégiés de la fonction publique et des régimes spéciaux et l'immense majorité des salariés du régime général. N'est-il pas temps, à l'heure où le vieillissement de la population risque de faire basculer l'équilibre fragile des caisses de retraite, d'en finir avec une situation aujourd'hui injustifiée? En effet, malgré la réforme Fillon de 2005, 124 régimes spéciaux subsistent encore aujourd'hui, preuves de notre incapacité à nettoyer à intervalles réguliers nos textes législatifs. Ces régimes qui vont des plus connus, SNCF, EDF, GDF, RATP, Parlementaires, aux moins connus, mineurs, marins, clercs de notaires, prêtres d'alsace-lorraine, etc. représentent à eux tous retraités pour actifs. Les justifications de leur existence, salaires autrefois bien inférieurs à ceux du secteur privé, pénibilité du travail, ont aujourd'hui disparu grâce au progrès technique et aux succès remportés par les luttes syndicales. Restent vis-à-vis du régime général des disparités choquantes, 37 années et demie de cotisations au lieu de 40 aujourd'hui et sans doute 41 ou 42 demain, prise en compte des six derniers mois de salaire au lieu des 25 meilleures années, inversion, par rapport au secteur privé, de la pénibilité du travail entraînant chez les bénéficiaires des régimes spéciaux une durée statistique moyenne de perception des pensions, supérieures de plus de 30% à celle des salariés du régime général. Et pourtant, devant l'incurie des organismes concernés, l'état doit abonder pour les régimes spéciaux pour un montant qui en 2008 dépassera les 5 milliards d'euros (soit près de en moyenne par retraité et plus de 10% de notre déficit budgétaire). Comble de l ironie, ces 5 milliards, provenant de nos impôts, seront donc principalement payés par les revenus du secteur privé! Il est intéressant à cet égard de rappeler que les prestations versées en moyenne par la fonction publique et les régimes spéciaux, toutes catégories confondues, sont supérieures de plus de 20 % à celles, toutes catégories confondues également, du régime général. L harmonisation est donc nécessaire. C'est une question d'équité. Encore qu'on voit mal, au moment où l'on veut préparer les salariés du régime général à cotiser 41 puis 42 ans, pour quelle raison on alignerait les régimes spéciaux sur la fonction publique et non sur le régime général lui-même alors que l égalité républicaine prévue par la constitution devrait inciter le gouvernement, et c'est le vœu des Français, à proposer un régime de retraite unique par répartition, complété par des régimes complémentaires par capitalisation, avant que ces fragiles équilibres soient rompus forçant les gouvernants de demain à niveler par le bas en diminuant le rendement des points, en augmentant les cotisations ou en prolongeant considérablement la durée du travail. Avec nos 14 millions de retraités prélevant aujourd'hui 13 % de notre PIB, pourcentage qui risque encore d'augmenter sous la double pression démographique et médicale, nous ne pourrons durablement conserver inchangé notre système de retraite solidaire, si nous ne jugulons pas le chômage, et si nous ne stimulons pas fiscalement une épargne complémentaire orientée vers l'investissement productif sur le territoire national. Mais, sans sous-estimer la valeur du symbole, compte tenu du fait qu'il sera impossible de reconsidérer la situation des retraités des régimes spéciaux, le problème ne se pose dans l'immédiat que pour salariés. La remise en cause de ces régimes pour les salariés actuellement bénéficiaires (change-t-on la règle du jeu en cours de partie), même si elle est légitime, risque de déclencher, si la concertation n'est pas suffisante, une guerre syndicale aux conséquences disproportionnées. Il faut donc que la concertation préalable réussisse, ce qui impose de ne pas donner le sentiment que tout est déjà décidé. Peut-être faudrait-il considérer comme une échappatoire acceptable le maintien du statut des personnels actuellement en place soit intégralement, soit au «prorata temporis» pour n'appliquer le nouveau statut qu aux futurs embauchés. 12

13 Question N 3 Nos comptes sont en déficit. Est-ce bien le moment de ramener à 50% le bouclier fiscal qui favorise les plus riches? Qu en est-il des réformes de l ISF et de la TVA sociale? Faisons attention au fait qu'en matière de fiscalité certaines dispositions qui paraissent équitables peuvent produire des effets diamétralement opposés à ceux recherchés. La question de l ISF par exemple a encore été soulevée, récemment, à l occasion de faits divers sans valeur économique vraiment déterminante mais de grande valeur symbolique. Sur le papier, voilà un bel impôt républicain, chacun contribue en fonction de sa richesse à la vie de la Nation. Les riches paient pour les pauvres! Qu un chanteur populaire célèbre se réfugie à Gstaad pour échapper à l impôt, qu un des plus puissants magnat de la grande distribution veuille mettre les héritiers de sa fortune, constituée en France, à l abri des droits de succession, en s installant en Belgique, qu un des plus grands constructeurs automobile français soit, depuis des lustres, devenu citoyen helvète, tout cela reste encore anecdotique. Nous avons compris que la fermeture des frontières, le contrôle des changes, l inquisition fiscale, la pression sur les trésoreries des entreprises, les droits de succession confiscatoires, les prélèvements extravagants gérés avec laxisme, n étaient pas compatibles avec un système de liberté, une économie responsable et innovante et ce climat de confiance indispensable au développement des affaires. Il faut donc faire admettre à nos concitoyens que notre monde ouvert met en compétition les habiletés et les talents de tous les Pays qui, l un par son secret bancaire, l autre par ses lois favorables au patrimoine, le troisième par sa pression fiscale faible, cherchent à attirer sous leurs cieux, les fortunes les mieux établies, les entreprises les plus talentueuses, les rémunérations les plus discrètes. L éthique n y trouve pas toujours son compte mais, en attendant une indispensable harmonisation fiscale, au moins au niveau européen, les dures réalités économiques doivent faire réfléchir. C est Dominique Strauss Kahn qui, parlant de l ISF, disait qu il est un «impôt qui taxe les millionnaires et exonère les milliardaires». Et c est vrai que le petit ingénieur parisien qui, ayant acheté à crédit sa résidence principale, il y a trente ans, part aujourd hui à la retraite, en possédant un bien immobilier qui dépasse parfois la barre des (pour les revenus de 2006) se voit imposer à l ISF alors que sa pension est souvent relativement modeste. C est le cas aussi du paysan de l Ile de Ré et de bien d autres encore. Ne pourrait-on à cet égard distinguer ISF et impôt sur le patrimoine (puisque ce dernier contribue déjà largement par les taxes foncières bâties et non bâties à la fiscalité des collectivités locales) et sortir de l'assiette la résidence principale? Dans le même temps, des Chefs d Entreprise (le capital investi dans l outil de travail n est pas taxé), des grands Collectionneurs ou d autres bénéficiaires d insondables niches fiscales, infiniment plus riches, sont exonérés, ce que, pour le moins, la morale réprouve. Quand on change d échelle, le contraste est encore plus saisissant. Au sommet, on expatrie des sociétés, on investit à l étranger au nom d entreprises ou de fiduciaires totalement opaques, on négocie avec le fisc (en Suisse par exemple) pour un forfait global annuel particulièrement avantageux. L argent est apatride alors que la taxation est territoriale! Faut-il revenir en arrière et contrôler tous les flux financiers (au risque de les voir s éloigner à jamais) ou annuler la plupart des taxes et faire de la France un véritable «Paradis fiscal» aussi compétitif que ses célèbres voisins, Suisse, Luxembourg, Angleterre, Irlande, Andorre, Monaco (au risque de voir s effondrer l assiette de nos impôts)? 13

14 Quand Johnny Hallyday s en va à Gstaad on perd l ISF et les Impôts sur le revenu qu il aurait versé en France. Mais on perd aussi la TVA (19,6%) sur le montant total de ce qu il aurait consommé 6 mois par an dans notre Pays (le temps minimum légal devant être passé à l étranger pour pouvoir bénéficier du statut d expatrié est de 183 jours ). On perd enfin le bénéfice pour notre économie nationale de la domiciliation en France de ses avoirs financiers. Ce n est qu en rapprochant ces différents éléments que l on peut déterminer ce qui aurait été vraiment préférable pour le Trésor Public! Et là, on découvre qu il aurait peut-être mieux valu qu il fût gracié de l ISF et qu il continue à consommer en France! Mais, bien sûr, cela aurait été techniquement impossible et politiquement incorrect! Le plafonnement des impôts à 50% des revenus (qui d ailleurs sera loin d en être un s il n intègre pas CSG, CRDS et bien sûr, TVA et TIPP), mal expliqué, est apparu comme une mesure en faveur des nantis. Alors que les vrais nantis ont depuis longtemps trouvé la parade, ailleurs et le plus légalement du monde. Il faut en finir avec un système archaïque de niches dérogatoires liées aux strates accumulées du clientélisme électoral. Celles qu on doit garder sont celles qui permettront à terme de produire de la croissance (investissement, recherche et développement), de diminuer les dépenses sociales (dons bien ciblés) ou de desserrer l étau de notre dette extérieure (emprunts d Etat à faible taux d intérêt contractés auprès de nationaux) Notre fiscalité doit être claire (un barème compréhensible), moderne (retenues à la source), efficace (productivité et faible coût de recouvrement). Elle ne doit encourager ni la fraude ni l exil. Regardons chez nos voisins. Le Luxembourg, par exemple, petit Pays de habitants guère différent de la Meuse, jouit d une santé financière insolente et d un taux de croissance annuel estimé en 2006 à 5,5%. Il est devenu, après Londres, la deuxième place financière d Europe et progresse avec une aisance déconcertante. Et pourtant il n est pas particulièrement favorisé par la géographie. Seul son système fiscal peut expliquer une si incroyable réussite. Il est nécessaire que chacun puisse participer en fonction de ses capacités et de ses talents aux dépenses du Pays. C est même l un des principaux fondements de notre «vivre ensemble». Mais pour que cet effort soit accepté par les plus gros cotisants, il convient qu ils aient le sentiment que le système est performant (sans dépenses publiques inconsidérées), bien géré (en nationalisant les services pour lesquels la gestion collective est la plus adaptée mais aussi en privatisant sans état d âme ceux qui seront plus efficacement «managés» par le secteur privé). Il faut aussi que l écart entre Pays concurrents soit suffisamment faible pour que la langue, la culture, la proximité familiale restent des atouts déterminants. De la même façon, si les droits de successions frappant la transmission d un patrimoine qui, lors de sa constitution, a déjà payé l impôt, sont abolis au dessous d un seuil raisonnable, on évitera que des familles riches s enfuient en Belgique (où cet impôt n existe pas). On perdra des droits sur la part assujettie, certes, mais on récupèrera de l IS (impôt sur les sociétés), de l IR, de la TIPP (taxes d importation sur les produits pétroliers) et de la TVA (6 mois par an au moins) et on pourra imposer les taxes sur les revenus et les plus-values de cession des valeurs mobilières ainsi hérités qui, dans l autre cas, seraient constatées (et perçues) à l étranger! 14

15 Question N 4 La crise des subprimes vient une fois de plus, cet été de montrer la fragilité de nos économies. La mondialisation entraîne petit à petit la disparition de tous nos emplois industriels. Comment se prémunir devant une situation qui laisse l Europe impuissante? Jusqu au choc pétrolier de 1973, le tiers-monde représentait surtout, pour l Occident, un réservoir inépuisable de matières premières et un débouché captif pour nos industries. L accession de nos anciennes colonies à l indépendance, les revendications financières - légitimes, il faut bien le reconnaître - des pays producteurs de pétrole et de gaz, l arrivée progressive sur les marchés européens des produits usinés en Asie du Sud-est ont perturbé un état de fait trop unilatéral pour perdurer. Il s en est suivi, notamment pour la France, un profond déséquilibre de notre commerce extérieur où, malgré la politique pro-nucléaire heureusement initiée par le Général de Gaulle, nous restons profondément dépendants de nos importations énergétiques, alors que nos exportations de biens et de services progressent moins rapidement en raison de la vive concurrence étrangère régnant désormais sur nos marchés traditionnels. Les dérégulations du marché international en matière de coûts salariaux, de prestations sociales et de droit du travail, que nous avons servilement acceptées jusqu alors, nous amènent, de surcroit, à renoncer, dans de nombreux domaines, à fabriquer en France des produits et denrées devenus nonconcurrentiels par rapport à ceux manufacturés chez les nouveaux «dragons asiatiques»! Face à de tels changements qu il aurait pourtant été facile de prévenir, les plus aptes, les mieux formés, les plus privilégiés osent (et peuvent) prendre des risques et affronter avec lucidité et audace les défis d un monde cynique, d autres, endormis dans un conservatisme inconscient espèrent que cela durera bien «le temps d une élection», d autres, tétanisés par une crise dont ils ne voient pas l issue, cherchent dans la fonction publique une sécurité pourtant de plus en plus compromise, d autres enfin, «baissent les bras» s abandonnant à un régime d assistance complété souvent par du travail au noir! Ils sont d ailleurs, sans le dire, largement encouragés par une société qui n a plus besoin d eux comme force de travail (on trouve des asiatiques pour beaucoup moins cher!) et qui n a (pas encore) su (ou voulu) inventer un nouvel ordre humaniste où chacun gagnera, avec son «pain quotidien», sa «dignité quotidienne» dans une activité utile à tous. Il nous faut réagir, et vite : - Mieux préparer notre jeunesse aux défis du futur par une formation exigeante et adaptée des élites (s ils ne sont pas les meilleurs, que feront, chaque année, nos nouveaux ingénieurs Français face aux nouveaux diplômés asiatiques?) mais aussi par une prise en compte plus judicieuse de nos besoins dans le choix des disciplines enseignées afin qu au pays des 2 millions de chômeurs on ne puisse plus recenser des centaines de milliers d emplois non pourvus, faute de personnels qualifiés! - Favoriser la création entreprise et le financement mutualisé de l innovation pour que ceux qui veulent prendre des risques puissent trouver plus facilement les partenaires nécessaires à leur développement, en n oubliant pas que la plupart des métiers de demain n existent pas encore aujourd hui! - Mettre en place, dans le cadre de l OMC, une réglementation internationale beaucoup plus sévère (conditions de travail, taux de change, normes de pollution, équilibres bilatéraux des échanges, TVA sociale) visant à interdire la vente sur les marchés européens de produits fabriqués dans des pays contrevenant aux règles communes ou ne faisant pas d efforts suffisants pour s en rapprocher (travail des enfants, bas salaires, absence de protection sociale, inexistence du droit du travail, atteinte à l environnement) tout en supprimant progressivement, dans un souci d équité, ces barrières protectionnistes qui, à l opposé, détruisent l agriculture du tiers monde en subventionnant à outrance quelques poignées d agriculteurs transformés en «subsidophages» (en France, les fameux BBM : Blé, Betteraves, Megève!). 15

16 L offensive doit être également menée au niveau international, par une politique industrielle, commerciale et financière audacieuse favorisant une meilleure pénétration des marchés étrangers (le vaste monde ne tenterait-il plus ceux dont les pères ont bâti autrefois, depuis Rome, un des plus vastes empires coloniaux de la planète?), par l apprentissage des langues étrangères, le développement de la francophonie et une coopération active et équitable avec tous les pays émergents. Elle doit être également menée au niveau européen car la France, seule, (1% de la population mondiale pour l instant) ne sera pas en mesure d imposer à l immense «ventre affamé de l Asie du Sud-est» (40% des habitants de la planète), aiguillonné par les multinationales, des pratiques économiques bilatéralement équilibrées (faut-il rappeler que le déficit du commerce extérieur entre la France et la Chine s aggrave régulièrement chaque année depuis 1995) alors que, sous la pression conjointe des consommateurs qui recherchent des prix de plus en plus bas et des Fonds de pension avides, toujours prêts à délocaliser, des forces occultes aussi puissantes qu irresponsables vont aveuglément dans le sens de la pente. 16

17 Question N 5 On veut diminuer le nombre de fonctionnaires en ne remplaçant qu un départ à la retraite sur deux. Est-ce d ailleurs suffisant? Que faire dans des secteurs tels que la justice ou la santé où la fonction publique est plutôt défaillante? La situation financière de l'état est, chacun le sait, particulièrement critique. Cela a même fait dire au premier ministre que la France était en faillite. Sans la protection de l'euro, on peut imaginer quelles conséquences une telle déclaration aurait eu sur notre monnaie. La France n'est pas en faillite, loin de là, mais la dette de l'état avec 1173 milliards d'euros devient abyssale. Le déficit budgétaire est permanent. Il faut donc marquer un coup d arrêt brutal à 25 ans de désastreuses pratiques et décréter comme règle d or l interdiction d un déficit de fonctionnement. Faut-il pour cela, en dehors de la lutte contre le gaspillage diminuer aussi le nombre de fonctionnaires? Si certains ministères comme la justice souffrent cruellement d'un manque d agents ou si d'autres, comme la santé, pléthoriques quant aux gestionnaires manquent d'infirmières et même de médecins, dans les autres départements, la fonction publique emploie un nombre d'agents particulièrement élevés par rapport aux autres pays européens. La suppression des frontières n'a pas diminué d'un seul le nombre des douaniers. La création de la banque centrale européenne a été sans effet sur le nombre de fonctionnaires de la Banque de France, l'éducation nationale compte gestionnaires pour moins d'un million de professeurs, la société sociale gestionnaires pour médecins! Or, nous nous préparons dans la fonction publique à un formidable mouvement de départ à la retraite (la génération du baby boom). C est l occasion ou jamais de restructurer nos administrations pour les rendre plus productives, moins coûteuses, plus proches du public en essayant de réduire à tous les niveaux de décision (Etat, Régions, Départements, Communes) les redondances, quitte, bien sûr, à augmenter l effectif dans les services où ils sont insuffisamment nombreux. Une refonte totale des filières administratives s impose, de sorte que le budget de fonctionnement de chaque département ministériel soit à l équilibre, quitte, si temporairement il faut donner à quelques uns le temps de s adapter et de corriger les mauvaises habitudes, pour compenser partiellement et momentanément certains départs à la retraite non remplacés, soit par des RMIstes ou des Chômeurs dans le cadre de l indispensable réforme qu il conviendra d apporter tôt ou tard à «l Assistanat», soit par l incorporation d un volant de jeunes du Service National lorsqu on sera enfin revenu sur cette calamiteuse décision qui a consisté à supprimer le Service Militaire, creuset de la conscription où la Nation aurait pu forger à nouveau les bases de son indispensable solidarité. L autonomie de gestion des entités administratives plutôt que nos concentrations hyper centralisées totalement démotivantes pourrait être utile pour responsabiliser les décideurs locaux (qui devront être récompensés en cas de bonne gestion et lourdement sanctionnés en cas de malversation). Une nouvelle «Nuit du 4 août» permettrait d en finir avec des situations choquantes, qu il s agisse aussi bien des fastes d un autre temps que le Protocole continue d étaler sous nos yeux ou des régimes spéciaux de retraites aujourd hui difficilement justifiables dont nous parlions tout à l heure. 17

18 Question N 6 L Assurance maladie comme chaque année présente un énorme déficit de plus de 12 Milliards d Euros. Comment conjuguer équilibre financier et solidarité républicaine? C'est effectivement le plus gros contributeur de notre déficit public. Depuis 1990, les dépenses de santé en francs constants ont crû de plus de 80 % alors que dans le même temps le PIB n'avait augmenté que de 37 %. La généralisation de la carte vitale et du tiers payant rend invisible une grande partie des dépenses et ce n'est ni le 1 d'une consultation ni même la franchise annuelle de 50 pour ceux qui y seront assujettis qui incitera aux économies. Le coût de la médecine est la rançon de ses progrès et si l'on ne veut comprimer ni les salaires des personnels, ni les honoraires des médecins, ni la consommation parfois peu responsable des malades, si l'on ne veut pas revenir sur le caractère libéral de la médecine praticienne (notons tout de même que les radiologues perçoivent en moyenne par an alors que généralistes, dermatologues ou pédiatres tournent autour de ) alors il faudra soit contraindre comme c'est déjà le cas en cancérologie en imposant des protocoles qui ne tiennent pas compte, pour des raisons financières, des récents progrès de la médecine, soit faire payer les patients, seule véritable façon de les responsabiliser qu'ils payent directement ou à travers des mutuelles qui, pour les retraités, coûtent déjà de plus en plus cher. On en viendra tôt ou tard à cette conclusion inexorable : la santé n'a pas de prix mais elle a un coût. La solidarité devra se limiter aux affections graves incompatibles avec le niveau de revenus de la plupart des Français et pour le reste, par tranches, aux soins dispensés aux moins favorisés. 18

19 Question N 7 Après les déclarations fracassantes de Bernard Kouchner qui voulait la guerre en Iran, l appel au New Deal de Nicolas Sarkozy à la tribune de l ONU est-il crédible? Va-t-on enfin s orienter vers une gouvernance mondiale où les nations prendraient collectivement en compte la paix dans le monde? C'est vrai que les déclarations tonitruantes de notre nouveau ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, auxquelles le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad répondit quelques jours plus tard par une violente diatribe aux Nations Unies, ne présument guère d'un dialogue sincère sur cette question délicate. Le traité de non-prolifération de 1968 avait pourtant été signé par 189 pays (à l'exception de l'inde, du Pakistan et d'israël auxquels il faut rajouter la Corée du Nord qui s'en est retirée en 2003). C'était une incontestable réussite pour les Nations Unies qui, écartant le nucléaire militaire, prévoyait un programme de coopération technique pour le développement du nucléaire civil, sous la surveillance de l'aiea. L'Iran, qui est une grande Nation, nous a certes habitués, depuis Khomeiny, à des attitudes fantasques. Ce pays est loin, c'est le moins qu'on puisse dire, d'être un modèle de démocratie. Raison de plus pour être vigilants et exiger que les contrôles de l'aiea soient particulièrement stricts, mais toute provocation ne pourra être qu'inutile et dangereuse. (L'article 35 de la constitution ne réserve-t-il pas d ailleurs au Parlement le débat sur la décision de déclaration de guerre?). Sans tomber dans un optimisme béat, va-t-on, une fois de plus, inventer de prétendues armes de destruction massive pour «fêter» dans une apothéose sanglante la fin d'un deuxième mandat calamiteux du président Bush en bombardant un pays, grand producteur de pétrole dont la seule parade, outre le terrorisme chiite toujours à craindre (Hezbollah et Syriens viendraient vite à la rescousse), sera de mettre le feu, et il le peut, au Golfe persique? Va-t-on au contraire, calmer le jeu, sans faiblesse, en coopérant au développement économique de l'iran, y compris à l aide de centrales nucléaires civiles que l on aidera l Iran à construire, meilleure façon de les contrôler? Va-t-on également, placer sous étroite surveillance, les pays non signataires du traité et ceux dont la situation économique dégradée peut favoriser, pour les scientifiques ou les mafias qui les contrôlent, des trafics de matières fissiles inacceptables par la communauté internationale? Rien ne sera possible sans un renforcement des pouvoirs de l'onu en vue de la construction progressive d'une gouvernance mondiale, qui s avèrera chaque jour plus nécessaire! Dans l'immédiat, les efforts des Nations doivent porter sur la recherche impérative d une solution pacifique aux nombreux problèmes de la région, Israël - Palestine, Liban-Syrie, Iran-Irak, Turcs- Kurdes, Inde-Pakistan etc. Faudra-t-il attendre 2048 pour annoncer la fin de la deuxième guerre de 100 ans (ou le début de la première guerre de 200 ans)! L'appel au «New Deal» du président Sarkozy sera-t-il entendu ou s'envolera-t-il aux vents de la colère d'un monde déboussolé? Oui, la France, sans arrogance, peut encore, non pas donner des leçons au monde mais contribuer à l éclairer sur les graves dangers qui le guettent si les Nations ne trouvent pas ensemble un juste terme à tous les conflits et à toutes les oppressions. Mais pour cela, des discussions de couloir à New-York ne suffisent pas. Si le nouveau Président veut graver son empreinte dans l histoire il faudra plus qu un discours vite oublié, il faudra, qu en pèlerin de la Paix, il contribue à convaincre les belligérants de chercher sans relâche des terrains d entente pour que «son New Deal écologique et économique» soit aussi politique, pacifique et humaniste. 19

20 Question N 8 Pour mieux préparer la jeunesse aux défis du monde moderne on a prévu de donner une autonomie aux Universités. Les Syndicats d enseignants laisseront-ils faire ou torpilleront-ils une fois de plus le projet? L Etat doit être le garant d une bonne politique de l éducation, respectant les principes fondamentaux de la République : liberté de choix des parents, véritable égalité des chances, respect de la laïcité dans les établissements publics, détection précoce des élèves méritants et des élèves en difficulté, solidarité nationale en faveur des plus démunis, répartition des moyens en fonction des besoins au lieu d une illusoire discrimination positive, affirmation des valeurs républicaines, goût du travail, respect des professeurs, respect des métiers, adéquation des formations dispensées et du nombre de diplômés formés aux besoins réels du pays, octroi d une deuxième chance aux «ratés» du système éducatif, autonomie de gestion des établissements administrés au plus près des usagers, généralisation du contrôle «a posteriori», forte mobilisation sur l enseignement supérieur et technique, développement vigoureux de la recherche, rapprochement recherche fondamentale-recherche appliquée, développement des relations école-entreprise et université-entreprise, création du chèque éducation, obligations de service aux diplômés de l enseignement supérieur ou rachat de formation etc. C'est dès le départ, dès la maternelle (au Collège il est déjà trop tard) que doivent porter tous les efforts pour l'acquisition des savoirs fondamentaux, ces bases sans lesquelles rien n est ensuite possible. Assez de ces expériences ratées (méthode de lecture globale, utilisation dès le primaire de la calculatrice, suppression de la dictée, abandon jusqu'à la troisième de l'étude des grands auteurs, verbiage incompréhensible de certains professeurs de français, absence de travaux pratiques dignes de ce nom) dont les échecs sont avérés et que personne n'ose remettre en cause. L'ouverture d'esprit, grâce à des activités artistiques et culturelles (musique, chant, danse, dessins, visites de musées, théâtres), la pratique des sports (en coopération avec les fédérations et en utilisant au mieux les équipements publics, scolaires et extérieurs), l'apprentissage de la vie collective (mouvements de jeunesse, mouvements caritatifs, vie associative), la découverte des métiers, la pratique dès la maternelle d'une langue étrangère, l'organisation de séjours de vacances pour les plus démunis, tout cela doit contribuer, à coté de sa mission traditionnelle (l'acquisition des savoirs fondamentaux, l apprentissage du comportement, l'expérience de l'effort, la préparation à l'exercice d'une profession), à un renouveau de l'école, creuset républicain unificateur par excellence. Le premier mot d'ordre c'est l'égalité des chances. Cette égalité ne doit pas être que formelle mais pleinement réalisée par l'adaptation des moyens nécessaires aux besoins des publics concernés. Un effort tout particulier devra être consenti pour le soutien scolaire qui est la meilleure façon de prévenir les échecs. Il doit être généralisé, personnalisé et obligatoire, organisé au choix des conseils d établissements, soit dans le cadre de l école elle-même, soit délégué à des organismes extérieurs associatifs ou privés dûment contrôlés. Il restera pour ceux qui le désirent sous la responsabilité des parents. Il sera gratuit pour les enfants issus de milieux défavorisés et partiellement subventionné, sous conditions de ressources, pour les autres. Le deuxième mot d'ordre, c'est l'autonomie. Assez de cette gestion jacobine de l'école qui paralyse toutes les initiatives et déresponsabilise les meilleures bonnes volontés. Dans le respect d'un programme national minimum qui n'interdit pas les initiatives locales, une liberté de gestion et une liberté pédagogique doit être accordée aux établissements sous l autorité du Conseil d école dans le respect d un cadre national minimum d acquits fondamentaux (lire, écrire, compter, s exprimer, être autonome, apprendre à vivre ensemble, se préparer à l exercice d un métier, connaître son pays, s ouvrir au monde, respecter la nature). Elle doit permettre une certaine émulation et faire naître des expériences innovantes en débarrassant les enseignants de la chape de plomb de la Rue de Grenelle et de la pression syndicale. 20

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