La crise des banques AMBROISE LAURENT

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "La crise des banques AMBROISE LAURENT"

Transcription

1 09_LAURENT_art127:ARTICLE_gabarit 26/08/09 10:36 Page 675 La crise des banques Résultats déficitaires des banques, dégradation des notes des agences de rating, plans massifs de soutien des pouvoirs publics, vagues de licenciements tous ces événements ont contribué à répandre le sentiment que l ensemble du secteur bancaire était plongé dans une crise historique. Les pertes des banques, depuis la mi-2007, atteignent la somme astronomique de plus de 850 milliards d euros (1 200 milliards de dollars). Les actionnaires privés ont été sollicités pour reconstituer les fonds propres des établissements à hauteur de 450 milliards d euros, mais les États ont dû intervenir pour le solde, afin de combler ces pertes. Le sentiment général est que les banques dans leur ensemble sont à la fois responsables par leurs excès et victimes, en raison des pertes qu elles subissent, de la crise qu elles traversent. À la vérité, cette crise a été déclenchée par le retournement de la conjoncture immobilière aux États-Unis, retournement d autant plus sévère que la politique économique et monétaire avait été jusqu alors laxiste, alimentant à l envi une bulle qui ne pouvait qu éclater. Et parler des banques en général n a pas grand sens : il convient d analyser comment les établissements ont géré la prise de risque qui est leur fonction première. Certains d entre eux, portés par l euphorie ambiante, en ont oublié les fondamentaux de leur métier, mais nombre d autres ont été plus rigoureux. A. L. LA crise financière actuelle que nous avons analysée dans ces colonnes ( 1 ) n a pas cessé de faire la une de l actualité depuis l été Les banques y ont joué un rôle central sur lequel il faut revenir en détail pour bien comprendre ce qui s est passé. À partir des seules informations publiques ( 2 ), notre objectif sera ici de fournir quelques éléments d analyse pour bien mesurer que la situation des banques de par le monde n est pas homogène. Toutes n ont pas failli dans leur mission, toutes ne sont pas (1) Voir Ambroise Laurent, «Le vrai défi», Commentaire, n 125, printemps 2009, p (2) Pour cet article achevé le 15 juillet, l auteur s est appuyé sur les données rassemblées par Maxime Gusdorf et Arne Bakker Arkema et a surtout bénéficié du point de vue de Michel Pébereau qu il tient ici à remercier. COMMENTAIRE, N 127, AUTOMNE

2 09_LAURENT_art127:ARTICLE_gabarit 26/08/09 10:36 Page 676 en piteux état. Le caractère systémique de la crise financière les a certes toutes affectées, mais à des degrés très divers. Une situation contrastée En cet été 2009, deux ans après le déclenchement de la crise, comprendre cette diversité de situation et présenter une typologie du secteur bancaire nous semble nécessaire. Nécessaire d abord pour ne pas verser dans le pessimisme excessif que le dernier rapport mondial sur la stabilité financière publié en avril dernier par le FMI reflète et alimente en évoquant de manière indistincte la fragilité «des banques». Nécessaire ensuite pour bien comprendre quels sont les facteurs qui expliquent que certaines d entre elles ont succombé à la crise alors que d autres n en ont subi que les effets collatéraux. Nécessaire également pour mesurer à quel point la structure et le centre de gravité de l industrie bancaire mondiale ont été modifiés. Nécessaire enfin pour éviter d intervenir de manière inadaptée à la diversité des situations et donc potentiellement inefficace voire contreproductive. Car il s agit moins pour l avenir de «reconstruire le système financier» que de prévenir la répétition des errements constatés non pas dans tout le secteur bancaire, mais chez certains acteurs et ce pour des motifs bien spécifiques. Du 1 er janvier 2007 au 30 juin 2009, la capitalisation boursière mondiale du secteur bancaire a diminué de 61 % ( 3 ). Mais ce recul, qui a atteint 77 % début mars avant le rebond du marché au printemps, n a pas été homogène. S il a atteint ou dépassé 85 % au Benelux ou en Irlande et 70 % aux États-Unis, en Allemagne et en Russie, il a été moindre en Angleterre, France, Espagne, Italie, Suisse et au Japon. Le recul a été même inférieur à 35 % en Australie et au Canada et à 20 % en Chine, en Inde et au Brésil. Le panorama mondial des établissements de crédit a en fait connu de profonds bouleversements avec la disparition ou le sauvetage in extremis de quinze des cinquante premières banques mondiales et l émergence dans ce classement d une dizaine d acteurs puissants, (3) Alors que les marchés actions reculaient globalement de 39 % (indices MSCI). pour la plupart asiatiques. La hiérarchie mondiale des établissements de crédit n avait jamais connu sur une aussi courte période une telle révolution. Il convient tout d abord de mesurer que les banques n étaient pas toutes exposées de la même manière et au même niveau au marché immobilier américain, épicentre de la première phase de la crise, de la mi-2007 à la mi Les banques américaines ellesmêmes se sont retrouvées en première ligne, mais elles n ont pas été affectées à l identique. Toute une série d établissements de crédit européens se sont avérés aussi très impactés par ce séisme. Il conviendra d analyser les motifs à l origine d une telle situation. À partir de septembre 2008, dans un second stade de développement de la crise financière, ce sont d autres institutions qui se sont retrouvées mises à mal. L asséchement de la liquidité interbancaire et les difficultés de fonctionnement voire la paralysie de nombreux marchés financiers ont frappé de plein fouet tout le secteur bancaire mais plus particulièrement les établissements dont le mode de financement et le modèle économique étaient les plus fragiles. Depuis le début du printemps 2009, nous sommes entrés dans une troisième phase : les tensions sur l accès à la liquidité se sont réduites et les marchés de capitaux ont retrouvé un fonctionnement en partie normal ( 4 ), mais la crise économique s est aggravée ; c est elle qui va peser maintenant fortement sur la santé des banques via l augmentation du coût du risque. Bien que la crise financière ne soit pas terminée, il est possible, d ores et déjà, d esquisser une segmentation entre les banques qui sont profondément fragilisées et celles qui sont moins affectées, voire qui traversent ces événements pratiquement indemnes. Ces différences de sort ont peu à avoir avec la chance ou l environnement. L origine de telles disparités est plutôt à rechercher du côté de la qualité et de la clairvoyance de la stratégie et de la gestion de ces institutions. La manière dont les banques gèrent leur politique de prise de risque est en effet déterminante. La raison d être des établissements de crédit est en effet de transformer de (4) Les marchés primaires (actions et obligations) fonctionnent de nouveau mais d autres tels que ceux de la titrisation n ont pas du tout retrouvé leur régime d activité antérieur. 676

3 09_LAURENT_art127:ARTICLE_gabarit 26/08/09 10:36 Page 677 LA CRISE DES BANQUES l épargne collectée en crédits à l économie. Ce faisant, toute banque doit réussir à financer jour après jour tous ses engagements et à limiter les pertes qu elle supporte sur ses prêts et investissements afin de ne pas mettre en danger et de rentabiliser ses fonds propres. En permanence, elle doit maîtriser sa liquidité et sa solvabilité. Les événements récents ont montré que nombre de banquiers et de régulateurs ont perdu de vue la discipline qu impose le respect de ce principe cardinal. Ceci avait déjà été le cas lors des crises bancaires précédentes ; mais cette mémoire s est perdue et le laxisme s est de nouveau développé, hélas sur une bien plus grande échelle. L origine de la crise Nul ne peut maintenant ignorer que la crise est née du retournement brutal du marché immobilier américain dont les premiers signes sont apparus dès la mi-2006 avec la stabilisation puis le début du déclin des prix. Ce marché avait connu un développement très rapide dans les années 2000, à la faveur d une politique de taux d intérêt maintenus par Alan Greenspan à des niveaux trop bas et du développement des techniques de titrisation de tous les types de prêts hypothécaires, y compris ceux de qualité inférieure aux standards d analyse du risque (crédits subprime). Les organismes de prêts hypothécaires qui distribuaient (directement ou par courtiers) ces crédits aux particuliers étaient pour la plupart adossés à de grandes banques américaines qui les refinançaient puis transféraient ces engagements sous forme titrisée à des investisseurs finaux extérieurs au système, attirés par un risque en apparence maîtrisé et un rendement attractif. Sur les vingt-cinq premiers organismes hypothécaires américains (responsables de plus de 70 % des prêts de qualité inférieure accordés sur la période ), vingt ont fait faillite, ont dû arrêter leur activité ou être adossés. Toutes les grandes banques universelles américaines étaient ici représentées, soit qu elles aient été actives dès l origine sur ce segment très rentable de l activité de crédit immobilier (Citigroup, Wells Fargo), soit qu elles aient saisi l occasion des premières difficultés de certains organismes pour les reprendre (reprise de Golden West par Wachovia, de Countrywide par Bank of America). Mais les plus actives ont été les banques d investissement (Merrill Lynch, JP Morgan, Goldman Sachs, Bear Stearns, Morgan Stanley, Lehman Brothers) qui tiraient à la fois parti de la capacité d origination de ces établissements et de leurs propres compétences de structuration et de distribution pour gérer de manière intégrée et très rentable toute la chaîne du crédit, de l établissement prêteur jusqu à l investisseur final dans les actifs titrisés représentatifs de ces crédits ( 5 ). Certaines banques étrangères étaient aussi très actives sur ce marché : HSBC, RBS, UBS, Barclays, Deutsche Bank, Natixis avaient établi des liens avec ces établissements hypothécaires et ont joué un rôle important dans le refinancement par titrisation de ces actifs immobiliers risqués. Nombreux sont donc les opérateurs qui ont cherché à tirer parti de ce contexte d euphorie immobilière entretenu par une politique de taux d intérêt plus qu accommodante. Avec la soudaine perte de confiance dans leur valeur liée à l été 2007 à la prise de conscience de la montée rapide des taux de défaut sur ces crédits, toutes les banques américaines se sont retrouvées détenir (ou devoir reprendre) des stocks importants de tels actifs devenus invendables et dont la valeur n a cessé de se réduire depuis lors, entraînant la constatation de pertes pouvant aller jusqu à 70 % à 90 % du nominal. Telle a été la première source de difficultés de toutes les banques précitées. Mais un autre phénomène a alourdi l addition : plusieurs de ces établissements étaient aussi massivement exposés comme investisseurs dans ces actifs via la propriété de filiales spécifiques mises en place avec une mise minimale en fonds propres et un financement à court terme sur les marchés de capitaux. Ces «véhicules d investissement structuré» (SIV) avaient été créés pour investir dans ces actifs à rendement attractif en pratiquant un effet levier très important et en tirant parti des taux d intérêt faibles pour maximiser la rentabilité de l opération. Victimes de la défiance vis-àvis de leurs actifs, ces véhicules ont vu disparaître au second semestre 2007 toute possibilité de refinancement. Ces SIV ont alors été (5) Les banques d investissement suivaient un modèle qui consistait à «originer et distribuer». 677

4 09_LAURENT_art127:ARTICLE_gabarit 26/08/09 10:36 Page 678 réintégrés dans les bilans bancaires de leurs actionnaires qui ont donc dû enregistrer directement les pertes sur les actifs ainsi reconsolidés. Tous ces établissements ont donc comptabilisé en 2007 et 2008 des pertes qui ont crû avec la détérioration de la valeur de ces actifs. Celles-ci ont dépassé 50 milliards d euros pour Wachovia, Citigroup et les deux agences Freddie Mac et Fannie Mae et plus de 30 milliards d euros pour Bank of America, Merrill Lynch, UBS et Washington Mutual ( 6 ). Seule Goldman Sachs fait figure d exception qui avait adopté au printemps 2007 une position spéculative inverse, tablant sur un retournement de ce marché ; cela lui a permis d afficher les pertes de loin les plus faibles. Plus généralement, cette crise des subprimes a touché tous ceux qui s étaient portés acquéreurs des actifs titrisés représentatifs de ces crédits. Plusieurs banques européennes ( 7 ) se sont ainsi retrouvées en difficulté en 2008 en raison de l ampleur des pertes qu elles ont dû constater sur leurs investissements massifs (directs ou indirects via des SIV) dans ces actifs «toxiques». Parmi les établissements concernés figurent notamment, en Allemagne, IKB, HRE, West LB et Bayern LB et au Benelux Fortis, Dexia, KBC et ING. Mais on ne trouve pas ici de banques françaises, italiennes, espagnoles, scandinaves, ni de banques asiatiques, japonaises, australiennes, sud-américaines ou canadiennes ( 8 ). Quatre facteurs nous semblent expliquer que le problème n ait concerné que certaines banques européennes. Un facteur culturel : l influence de la finance anglo-saxonne est plus prégnante dans les pays proches de la City. Un facteur économique : tous les établissements affectés faisaient face à un défi quant à leurs possibilités de développement. Taille limitée du tissu économique domestique dans (6) Les dépôts de bilan de Lehman Brothers et de Washington Mutual en septembre 2008 sont les deux plus importants de l histoire économique américaine par la taille des actifs concernés (respectivement 690 milliards de dollars et 330 milliards de dollars). (7) Nombre d autres institutions financières, gestionnaires d actifs, fonds de pension, compagnies d assurance ou de réassurance figurent au premier rang des investisseurs dans ces actifs toxiques. Mais ceux-ci n ont représenté pour eux qu une partie de leur portefeuille de placements et ne les ont pas mis en danger sauf exception (Aegon, Ethias). À l inverse, les banques auxquelles nous nous intéressons ici avaient développé pour compte propre des portefeuilles très concentrés sur ces actifs toxiques et se sont trouvées d autant plus exposées à leur dépréciation massive. (8) À l exception au Canada de CIBC et en France de Natixis. le cas du Benelux (ainsi que de l Irlande et a fortiori de l Islande) ( 9 ) ; absence de fonds de commerce suffisant en taille et en rentabilité pour les banques hypothécaires anglaises ou régionales allemandes. Un facteur institutionnel : dans les pays où l activité bancaire a pris une importance relative très marquée par rapport aux autres secteurs économiques (Benelux, Suisse, Royaume-Uni, Irlande), les organismes de régulation n ont pas exercé un contrôle suffisant. Un facteur politique : un pouvoir actionnarial faible a laissé les équipes de direction pratiquer une politique de développement fondée sur la transformation (refinancement à court terme et coût faible sur les marchés, investissement dans des actifs titrisés à échéance longue et rendement élevé) et l effet levier (fort endettement à partir d une base restreinte de capitaux propres) pour satisfaire rapidement les objectifs de croissance de la taille et de la rentabilité. Par contraste, les banques davantage contrôlées par des actionnaires attentifs à la stratégie déployée et des organismes de régulation volontaires et efficaces, disposant d un fonds de commerce dynamique et diversifié ou d espaces de développement liés à la croissance de leur zone économique d intervention, moins démarchées par les équipes de banques d investissement chargées de vendre ces actifs titrisés, se sont tenues à l écart de ces politiques d investissement dans des actifs présentés à tort comme sécurisés, liquides et à haut rendement. La diffusion de la crise Mais c est tout le secteur bancaire qui va ensuite se trouver affecté par la diffusion de la crise. À l origine cantonnée aux actifs subprimes américains, la double mécanique de dépréciation et de quasi-disparition de toute demande a gagné rapidement d autres titres ( 10 ). La liquidité s est tarie sur les différents compar- (9) La taille des actifs du secteur bancaire était en 2007 plus de quatre fois supérieure au produit national brut en Belgique et près de onze fois supérieure au produit national brut en Islande dont les trois banques, de taille modeste mais hypertrophiée par rapport à leur base économique, se sont effondrées en octobre (10) Ensemble des RMBS américains puis britanniques et européens, CMBS, autres ABS, CDOs et CLOs, obligations subordonnées, high yield puis corporates, etc. 678

5 09_LAURENT_art127:ARTICLE_gabarit 26/08/09 10:36 Page 679 LA CRISE DES BANQUES timents de marché. Les investisseurs se sont alors réfugiés sur les valeurs du Trésor et obligations d État et la disproportion entre offre et demande a accentué la chute de la valeur de marché de très nombreuses valeurs mobilières, bien au-delà de celles à l origine des difficultés. De ce point de vue, la crise a d abord mis en relief les limites des marchés qui n ont plus assuré la liquidité et la valorisation des actifs censés pouvoir toujours s y échanger. Une réelle dislocation de ces marchés s est d ailleurs produite au deuxième semestre Celle-ci a été caractérisée par la disparition des opérations primaires (émissions), la forte réduction du volume des transactions secondaires marquées par une amplitude, une volatilité et une corrélation extrêmes, et des comportements sur les marchés dérivés témoignant de la paralysie des arbitragistes garants jusqu alors de la cohérence des prix sur les différents compartiments. Dès lors, toutes les stratégies utilisées par les banques pour contrôler et couvrir leurs risques se sont trouvées invalidées, entraînant la nécessité fin 2008, pour tous les établissements disposant d activités significatives de marché ou de gestion pour compte propre, de passer d importantes provisions ou de réduire en urgence leurs positions, générant ce faisant de fortes pertes. Après douze mois de difficultés financières croissantes, toutes les perspectives économiques se sont renversées après l été 2008 et les pays développés se sont vus plonger dans la récession en La situation des entreprises et des ménages s est rapidement détériorée, entraînant une montée des défauts de paiement. Ceux-ci ont été dans un premier temps localisés dans les secteurs et pays les plus affectés par le retournement de conjoncture : secteurs immobilier et automobile, crédit à la consommation aux États-Unis et en Grande-Bretagne, financement des particuliers et des entreprises dans plusieurs pays de l Europe de l Est. À partir de la faillite de Lehman Brothers (septembre 2008), ce développement multiforme de la crise s est accompagné d une vague de défiance quant à la solidité financière du secteur dont nous ne sommes pas encore totalement sortis. Et cette défiance s est traduite par une paralysie des circuits du financement interbancaire qui a dû être en grande partie réintermédié par les banques centrales pour éviter la répétition de crises de liquidités telles que celle qui avait condamné le prêteur hypothécaire anglais Northern Rock fin 2007, puis la banque d investissement Ben Stearns début La situation des banques particulièrement affectées par l un ou l autre de ces facteurs s en est trouvée fragilisée. a) Les établissements disposant de portefeuilles pour compte propre importants ont constaté fin 2008 des dépréciations importantes qui l auraient été encore plus si les règles comptables n avaient pas été modifiées préventivement, en particulier aux États-Unis. Mais cette flexibilité largement utilisée n a pas été sans renforcer le sentiment de manque de transparence et la défiance vis-à-vis de l ensemble du secteur. b) Les banques les plus importantes pratiquent toutes une gestion actif-passif et une gestion sophistiquée de leurs portefeuilles et positions à l aide d instruments de couverture variés. Toutes ont été affectées par la dislocation des marchés et conduites à constater les impacts négatifs des divergences entre leurs expositions et leurs couvertures. Cela a pris une acuité particulière pour les établissements qui s étaient couverts auprès d assureurs spécialisés, les assureurs «monolines». Dépassés par l ampleur des engagements qu ils avaient acceptés de prendre pour protéger les investisseurs contre la dégradation du crédit ou de la notation d actifs financiers, ces assureurs n ont été maintenus en vie que grâce à l intervention du Trésor américain mais moyennant la «commutation» de leurs engagements vis-à-vis des banques qui ont dû accepter une forte réduction voire un abandon de leurs créances sur ces organismes. c) Les établissements surexposés aux secteurs touchés en premier par le retournement ont été affectés. Ainsi les banques anglaises, irlandaises et les caisses d épargne espagnoles ont souffert du retournement brutal de la conjoncture immobilière dans leurs pays. De même, les banques autrichiennes et scandinaves très actives en Europe de l Est et dans les pays baltes ont vu leur santé financière mise en cause et leur valorisation mise à mal. d) Enfin, les établissements qui, comme Hypo Real Estate ou Dexia, géraient à grande 679

6 09_LAURENT_art127:ARTICLE_gabarit 26/08/09 10:36 Page 680 Tableau 1 Classement des banques ayant reçu un soutien des pouvoirs publics d au moins 2 milliards d euros Établissements les plus atteints, recapitalisés par apport de fonds publics (montant en milliards d euros) et allégés de la charge de leurs actifs toxiques ( * ) États-Unis Allemagne Benelux Citigroup (43) ( * ) BOA (32) Freddie Mac (36) Fannie Mae (24) Royaume-Uni RBS (23) ( * ) Lloyds (19) ( * ) France BPCE-Natixis (7) Commerzbank (18) Hypo Real Estate (3) Bayern LB (10) ( * ) West LB (2) ( * ) Suisse UBS (4) ( * ) Dexia (6) ( * ) ING (10) ( * ) Fortis (11) ( * ) KBC (7) ( * ) Irlande BOI (3,5) AIB (3,5) Banques bénéficiant d un soutien en capital mais pouvant à terme s en émanciper États-Unis Wells Fargo (18) PNC (5,5) Sun Trust (4) Regions (2,5) Fifth Third Bancorp (2,5) Autriche Erste (2) France BNP Paribas (5) Société générale (3,5) Crédit agricole (3) Scandinavie Danske Bank (4,5) Italie (annoncé) Intesa (4) MPS (2) Banques ayant remboursé le soutien en capital reçu USA JP Morgan Chase (18) Morgan Stanley (7) Goldman Sachs (7) US Bancorp (5) Bony Mellon (2,5) Capital One (3) BBT (2) (*) Création d un fonds de défaisance ou apport d une garantie sur ces actifs. échelle une activité de transformation avec un refinancement massif à court terme ont frôlé à l automne le dépôt de bilan quand les circuits interbancaires se sont arrêtés de fonctionner. L intervention des pouvoirs publics Le caractère exceptionnel de cette situation de double crise de liquidité et de solvabilité a entraîné une intervention rapide et concertée des pouvoirs publics au niveau mondial. Les banques centrales se sont substituées aux marchés interbancaires pour financer à court terme tous les établissements qui en avaient besoin en acceptant pour ce faire de prendre en pension de très nombreux actifs et en assouplissant radicalement leurs exigences en matière de qualité de ces actifs. En la matière, la Federal Reserve est d ailleurs allée bien plus loin que la Banque centrale européenne. Les États quant à eux sont intervenus sur plusieurs plans : ils ont garanti (voire organisé) les émissions à moyen-long terme du secteur bancaire afin de lui permettre de retrouver un accès à des ressources longues en complément des dépôts reçus de la clientèle, insuffisants la plupart du temps pour couvrir les emplois des établissements ; ils ont nationalisé en urgence les banques qui avaient perdu tout crédit et pris des mesures de reca- 680

7 09_LAURENT_art127:ARTICLE_gabarit 26/08/09 10:36 Page 681 LA CRISE DES BANQUES pitalisation des banques perçues comme manquant de capitaux propres ; enfin, ils ont couvert les pertes sur les portefeuilles d actifs toxiques des établissements les plus atteints soit en apportant leur garantie au-delà d un premier seuil, soit en mettant en place une structure de défaisance (bad bank). L ampleur du dispositif a diffusé le sentiment que l ensemble du secteur était dans une situation des plus précaires. Mais il faut y regarder de plus près selon les établissements. Nombreux sont ceux qui n ont pas eu besoin de recourir à ces dispositifs de soutien ; à l inverse, certains en sont devenus totalement dépendants ; et plusieurs qui se sont vus apporter des concours limités commencent à s en libérer pour retrouver leur pleine autonomie. Cela apparaît clairement à l analyse des programmes de renforcement de la solidité des banques mis en place par les États (voir tableau 1). Contrastes La situation des établissements de crédit face à la crise est donc contrastée. Elle demeure aussi parfois incertaine. Il reste en effet difficile de juger de l état de santé réel de certaines banques. a) Les normes comptables ont été assouplies au second semestre 2008 afin de ne plus contraindre les banques à valoriser comme avant leurs actifs à des prix de marché ayant perdu toute signification ( 11 ). La manière dont les banques ont utilisé ces degrés de liberté dans leurs arrêtés comptables de fin 2008 et du premier semestre 2009 varie considérablement d un établissement à l autre ( 12 ). Ces mesures ont permis au secteur bancaire de différer la constatation de toute une partie de ces pertes de valeur en tablant sur un retour à la normale sur les marchés et à meilleure fortune pour les actifs concernés. Mais cela n est pas assuré. (11) Les banques ont été autorisées à maintenir la dernière valeur comptable de ces actifs ou à les valoriser en fonction de modèles. (12) Certaines banques (comme Bank of America) ont également constaté des profits comptables significatifs en raison de la dégradation de leur solidité financière, en prenant en compte la réduction de la valeur de leurs propres dettes. L application des règles de comptabilité en valeur de marché aboutit ici à créer des profits théoriques qui masquent la réalité de pertes bien plus réelles. Celles-ci finiront par apparaître dans les résultats annuels de 2009 ou b) À l inverse, les normes réglementaires n ont pas été modifiées ; leur caractère procyclique renforce les exigences de fonds propres en période de crise. Le secteur bancaire reste donc soumis à une forte pression des agences de notation des marchés et des pouvoirs publics pour consolider sa situation. Un bon exemple en a été fourni par les stress tests que la Federal Reserve a fait passer en avril 2009 aux dix-neuf plus grandes banques américaines pour en apprécier la solidité. Sept institutions dont de nouveau Bank of America et Citigroup mais aussi Wells Fargo et Morgan Stanley se sont vues classées parmi celles qui restaient en situation d insuffisance de fonds propres et ce malgré l apport massif de fonds publics réalisé juste cinq mois auparavant. c) Enfin, la vulnérabilité des banques à l impact de la récession économique en cours ne peut s apprécier qu établissement par établissement au travers de l analyse de leurs engagements, quand l information est disponible et fiable et compte tenu de scénarios économiques qui peuvent toujours être contestés. Ceux retenus dans les stress tests américains ont été ainsi jugés par certains comme définis à dessein de manière trop optimiste. À l inverse, les hypothèses fixées par la Banque centrale européenne pour les stress tests européens en cours sont jugées trop sévères. En cet été 2009, l incertitude demeure donc quant à la situation réelle du système bancaire mondial face à la crise. Dans son rapport d avril, le FMI a porté son estimation des pertes finales des banques de milliards de dollars un an auparavant à milliards de dollars, voire milliards de dollars, les deux tiers à la charge des banques ; selon le FMI, celles des pays occidentaux nécessiteraient d être de nouveau recapitalisées à hauteur d un minimum de 900 milliards de dollars supplémentaires. Cette étude alarmiste a été néanmoins très critiquée pour son caractère général injustifié, sa méthodologie contestable et son pessimisme excessif. En effet, seuls les régulateurs bancaires nationaux disposent des moyens de réaliser un diagnostic précis. Et, dès lors que celui-ci est rendu public, il met en jeu la responsabilité de l organisme de supervision qui se porte de facto garant de la solidité des établissements placés sous son contrôle (dans la limite bien entendu de ses observations). Sur ce plan, les régulateurs 681

8 09_LAURENT_art127:ARTICLE_gabarit 26/08/09 10:36 Page 682 États-Unis Tableau 2 Situation à l été 2009 des cinquante premières banques mondiales (par la taille de leur bilan 2007) Sous assistance (ou disparues) Citigroup Fannie Mae Freddie Mac (Bear Stearns) (Merrill Lynch) (Wachovia) (Lehman Brothers) Avenir incertain Bank of America Impactées mais plutôt préservées JP Morgan Chase Goldman Sachs Morgan Stanley Wells Fargo Royaume-Uni RBS (HBOS) Lloyds Barclays HSBC Allemagne Bayern LB Hypo Real Estate Commerzbank Deutsche Bank LBBW DZ Bank Suisse UBS Crédit Suisse Benelux ING Dexia (Fortis) KBC Rabobank Impactées mais plutôt préservées France BNP Paribas Crédit agricole Société générale BPCE-Natixis Japon MUFG Mizuho SMBC Norinchukin Chine ICBC Agricultural Bank China Construction Bank of China Italie Unicredit Intesa Espagne Santander BBVA Australie NAB Scandinavie Nordea Danske Bank Canada Royal Bank of Canada ont pour la plupart diffusé ces derniers mois des messages rassurants qui les engagent. Une typologie éclairante Une chose est sûre : il ne convient pas de raisonner de manière indifférenciée. En dépit des difficultés d analyse et du caractère peu comparable et fragmentaire des données disponibles, il nous semble possible de présenter une première typologie robuste du paysage bancaire (voir tableau 2). Celle-ci fait apparaître clairement trois catégories : des établissements en faillite ou sous perfusion publique, des institutions impactées mais plutôt préservées et parfois même renforcées, enfin, entre ces deux grandes catégories, quelques banques ébranlées à l avenir incertain. La crise a éliminé ou ébranlé une quinzaine de banques majeures, principalement aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suisse et au Benelux. Parmi les banques de premier plan qui ne continuent de fonctionner que grâce au soutien public figurent quatre des dix premières mondiales : Citigroup, RBS, UBS et ING. À l occasion de leur restructuration, elles devraient disparaître des premières places 682

9 09_LAURENT_art127:ARTICLE_gabarit 26/08/09 10:36 Page 683 LA CRISE DES BANQUES Tableau 3 Classement des résultats bancaires 2008 ( * ) (en milliards d euros) ICBC (Chine) CCB (Chine) Santander (Espagne) Bank of China (Chine) Barclays (Royaume-Uni) ABC (Chine) BBVA (Espagne) Unicredit (Italie) HSBC (Royaume-Uni) JP Morgan Chase (US) Banco do Brasil (Brésil) BNP Paribas (France) Royal Bank of Canada Itau (Brésil) CBA (Australie) Bradesco (Brésil) BoC (Chine) Bank of America (US) NAB (Australie) Sberbank (Russie) Intesa (Italie) + 10,9 + 9,1 + 8,9 + 6,3 + 5,4 + 5,5 + 5,0 + 4,0 + 3,9 + 3,8 + 3,3 + 3,0 + 3,0 + 2,9 + 2,9 + 2,9 + 2,8 + 2,7 + 2,7 + 2,7 + 2,5 Fannie Mae (US) Freddie Mac (US) RBS (Royaume-Uni) Fortis (Benelux) Citigroup (US) Merrill Lynch (US) UBS (Suisse) HBOS (Royaume-Uni) Dresdner (Allemagne) Hypo Real Estate (Al.) Crédit Suisse (Suisse) Bayern LB (US) Nomura (Japon) Norinchukin (Japon) Mizuho (Japon) Regions (US) Deutsche Bank (Al.) Dexia (Benelux) SMBC (Japon) KBC (Benelux) BPCE-Natixis (France) 40,1 34,2 29,6 28,0 18,9 18,9 13,2 9,4 6,2 5,5 5,2 5,2 5,0 4,3 4,2 3,8 3,8 3,3 2,6 2,5 2,5 (*) Les pertes des mégabanques japonaises s expliquent surtout par les provisions massives passées sur leurs portefeuilles d actions et de crédits domestiques. Leur solidité n a pas été pour autant remise en cause. Les pertes de Deutsche Bank et de Crédit suisse dues à leurs activités de banque d investissement n ont pas néanmoins conduit ces deux banques à faire appel aux capitaux publics. Dresdner a été repris par Commerzbank dont les résultats 2008 étaient juste à l équilibre. À l inverse, le profit affiché par Bank of America ne traduit pas réellement sa situation de fragilité (voir note 11). du classement ( 13 ). Une réduction sensible de leur activité apparaît nécessaire pour restaurer les conditions d une juste et saine concurrence et éviter que l absence de sanction renforce le sentiment d impunité (too big to fail) et voie se reproduire les dérives que celui-ci produit. La situation reste incertaine pour quelques établissements parmi lesquels figurent des leaders tels que Bank of America, Lloyds et Commerzbank. Il est probable que ces banques verront néanmoins leur autonomie préservée. À l inverse, plus de la moitié des cinquante banques les plus importantes fin 2007 ont réussi jusqu à présent à traverser cette crise sans dommage excessif. Quatre des vingt-cinq (13) Plus d une trentaine de banques de moindre importance au plan mondial mais figurant parmi les premières dans leurs pays respectifs ont été aussi fortement ébranlées : c est ainsi que l Irlande et l Islande ont dû nationaliser leurs principaux établissements de crédit, que l Allemagne a vu presque sombrer toutes ses Landesbanken publiques, que l Angleterre a vu disparaître ses banques hypothécaires spécialisées. premières ont même réussi à renforcer leur situation : JP Morgan Chase (en reprenant Bear Stearns), Barclays (en reprenant une partie de Lehman), BNP Paribas (en reprenant Fortis), BSCH (en se renforçant au Royaume-Uni et aux États-Unis). Quatre établissements ont été sensiblement affectés mais apparaissent en mesure de surmonter leurs difficultés : Deutsche Bank, HSBC, Crédit suisse et de nouveau JP Morgan. Et les autres banques de l Europe du Sud, du Japon et de la Chine présentes parmi les cinquante premières mondiales sortent plutôt indemnes de la crise même si leurs résultats et leur valorisation ont été affectés par le recul historique des marchés financiers. Le vrai changement réside dans la montée en puissance de nouveaux établissements non occidentaux : parmi les cinquante premières banques par la valeur boursière à la mi-2009 figurent près de vingt établissements qui ne se 683

10 09_LAURENT_art127:ARTICLE_gabarit 26/08/09 10:36 Page 684 trouvaient pas parmi les cinquante banques les plus importantes fin 2007 dont six banques chinoises, quatre australiennes, trois brésiliennes, deux canadiennes. Certes, nombre de ces banques n ont ni la capacité, ni la volonté de se déployer globalement. Et la qualité des crédits que certaines ont accordés ne résistera peut-être pas à la récession. Mais le centre du monde bancaire s est néanmoins déplacé. Les principaux bénéfices et pertes affichés en 2008 donnent une idée, malgré les réserves qu il faut attacher à ces données comptables, de la mutation intervenue dans l industrie bancaire mondiale. (Voir tableau 3.) Nous pouvons compléter cette typologie des quelques remarques suivantes : a) Les institutions financières non bancaires ont été aussi plongées dans la tourmente. Il faut bien entendu mentionner ici AIG, premier assureur mondial nationalisé en septembre-octobre 2008 au plus fort de la crise et massivement soutenu en capital (plus de 66 milliards de dollars) et en liquidité depuis lors. Cet effondrement qui reste isolé n est pas dû aux activités d assurance classique mais au développement par cet opérateur d une activité d assurance financière non contrôlée, qui plus est sur une échelle déraisonnable. Comme les assureurs monolines spécialisés auparavant dans le rehaussement de crédit pour les seules collectivités locales, AIG est sorti des limites de son métier en se portant garant de la valeur d actifs financiers notamment titrisés et a été amené à constater à ce jour plus de 100 milliards de dollars de pertes, un record aux États-Unis. Par ailleurs, comme l ensemble des investisseurs institutionnels tels les fonds souverains ou les fonds de pension, tous les assureurs et réassureurs mondiaux ont aussi subi le contrecoup de la crise. Mais les situations où les pouvoirs publics ont dû intervenir sont restées à ce jour exceptionnelles (Ethias en Belgique, Aegon aux Pays-Bas, Hartford aux États-Unis). b) Vue au travers du prisme des établissements les plus concernés, la crise n a jusqu à présent bouleversé le paysage bancaire que dans sept grands pays (États-Unis, Royaume- Uni, Suisse, Allemagne, Belgique, Irlande et Pays-Bas). Mais les banques d autres nations sont aussi vulnérables en raison de leur exposition excessive à des situations économiques dégradées : établissements surexposés au secteur immobilier en Espagne, banques autrichiennes essentiellement investies en Europe de l Est, banques scandinaves exposées à la situation dans les pays baltes, banques russes et chinoises massivement dépendantes de la santé des grandes entreprises nationales et du soutien public. La récession peut mettre à mal des établissements jusqu à présent préservés. c) Le remboursement à la mi-juin 2009 par dix grandes banques américaines dont JP Morgan, Goldman Sachs et Morgan Stanley des capitaux propres investis à l automne 2008 par le gouvernement fédéral ne signale pas encore une véritable sortie de crise. Cela ne concerne que 20 % des fonds apportés par le Troubled Asset Relief Program (TARP) et seules les banques les plus solides ont été en mesure de lever des capitaux sur le marché pour rembourser l État. Les résultats bénéficiaires du premier semestre 2009 sont chez certains solides, mais pour d autres (Citigroup, Bank of America) uniquement dus à des profits exceptionnels et ponctuels qui masquent des pertes importantes sur leur activité récurrente. L annonce concomitante de nouveaux plans de soutien du secteur bancaire en Allemagne, Espagne et Russie montre bien que les difficultés persistent. d) La responsabilité des équipes dirigeantes est toujours engagée. Les responsables en place ont d ailleurs été tous remerciés et remplacés. Les échecs recensés ci-dessus ont toujours eu pour cause des erreurs stratégiques et une gestion défaillante des risques. Les développements de RBS, Citigroup, Fortis, les risques pris par Lehman, UBS, HBOS n ont pas été contrôlés. Et certains dirigeants se sont fourvoyés jusqu en septembre-octobre 2008, comme ceux de Bank of America avec la reprise de Countrywide puis de Merrill Lynch, ceux de Lloyds avec celle d HBOS ou ceux de Commerzbank avec le rachat de Dresdner. À leur décharge, ils ont alors agi sous forte pression : les pouvoirs publics, qui ont cherché à adosser des établissements en difficulté à plus solides qu eux, ont fragilisé ces derniers. Les conséquences Comme dans toutes les crises, l accumulation de mauvais crédits consentis à un pan de l économie à la faveur d un engouement euphorique a engendré des pertes massives. 684

11 09_LAURENT_art127:ARTICLE_gabarit 26/08/09 10:36 Page 685 LA CRISE DES BANQUES Les banques qui ont participé au mouvement ressortes exsangues de l aventure. Le financement de l économie souffre de la paralysie de ces établissements englués dans la résorption lente et difficile de ces engagements massifs et dépréciés qui pèsent, tel un excès de poids, sur leur capacité d action. Mais la spécificité de la crise présente réside dans l ampleur du phénomène et le nombre d établissements concernés. La propagation de la défiance a été telle qu elle a failli provoquer, via une crise de liquidité de l ensemble du système, une paralysie générale. Seule l intervention des banques centrales et des États a permis de restaurer la confiance et un début de retour à un fonctionnement normal. Comme à chaque crise de crédit majeure, les critiques se multiplient à l endroit des banquiers irresponsables. Nombre d entre eux ont en effet failli en ne contrôlant pas leurs risques mais il ne faut pas oublier la responsabilité des politiques qui ont favorisé le développement de ces crédits et celle des régulateurs qui ont laissé faire. L attention se concentre maintenant sur la nécessité de rétablir puis d augmenter le niveau des fonds propres pour absorber les pertes encore à constater, restaurer les capacités de crédit à l économie et disposer de réserves pour supporter un niveau de stress plus important à l avenir. Le mot d ordre est à la réduction de l effet levier du système bancaire, maintenant considéré comme excessif, afin de le rendre moins vulnérable aux tensions et crises à venir. Le renforcement de la solvabilité du système est perçu comme une assurance contre toute nouvelle menace sur sa liquidité et toute défaillance du contrôle exercé par les régulateurs. Sur ce dernier point, les pouvoirs publics affichent leur volonté de durcir les réglementations pour éviter de nouvelles crises ; hedge funds, paradis fiscaux, systèmes de rémunération, ventes à découvert, instruments dérivés figurent parmi les sujets qui pourraient faire l objet de dispositifs plus contraignants. Ces éléments n ont pourtant pas joué de rôle direct dans la crise que nous traversons. Les restrictions nouvelles imposées aux banques en la matière témoignent surtout de la volonté politique de pouvoir afficher une meilleure maîtrise du système financier. Les insuffisances des organes de contrôle, à commencer aux États-Unis où leur défaillance a conduit la première compagnie d assurance et le premier établissement de crédit américains au bord du dépôt de bilan, ont été pourtant patentes. Leur nécessaire réforme ne doit pas être oubliée et remplacée par une multiplicité de réglementations nouvelles. Certaines de celles-ci sont certes plus que bienvenues pour lutter contre la fraude et les détournements. Mais les procédures qui visent à se méfier et à brider l innovation ne sauraient pallier les faiblesses des contrôleurs. La multiplication des interdits menacerait le fonctionnement et l efficacité même de ces acteurs centraux de financement et de gestion des risques de l économie que sont les banques. Il convient enfin de s inquiéter de la manière dont la sortie de crise va être pilotée : les banques centrales ne vont pas pouvoir interrompre aux échéances prévues le soutien qu elles apportent en liquidité aux banques les plus fragiles ; et les États vont devoir conduire des restructurations indispensables pour restaurer la viabilité de ces établissements. L objectif de préserver et si possible de valoriser l argent public investi va entrer en conflit avec l impératif de soutenir l économie nationale. Le risque de voir les gouvernements utiliser ces établissements comme bras armés de leurs interventions en faveur des acteurs économiques mis à mal par la récession est réel. La rigueur de gestion et le respect des conditions d une concurrence loyale entre banques risquent d en souffrir. L existence d un important secteur bancaire nationalisé ou d établissements en apparence privés mais totalement dépendants des décisions des pouvoirs publics n est pas une formule qui a démontré son efficacité par le passé. Enfin la politique monétaire accommodante et les fermes injonctions de prêter à l «économie réelle» sont autant de menaces sur une saine gestion des risques. Mais la nécessité de lutter contre la récession et le risque de déflation fait pour l instant loi. La qualité des dirigeants Le temps des analyses approfondies et des travaux scientifiques n est pas encore venu : même si les premiers signes d un retour des marchés à un fonctionnement normal apparaissent, la crise financière est loin d être derrière nous et son impact réel sur les comptes 685

12 09_LAURENT_art127:ARTICLE_gabarit 26/08/09 10:36 Page 686 des banques n est pas encore mesurable de manière définitive et objective. Nombre d établissements ne restent maintenus en état de fonctionnement que grâce aux soutiens publics et les délais et conditions dans lesquels ces interventions vont prendre fin sont totalement inconnus. L impact de la crise économique sur les banques ne fait que commencer à se matérialiser et il ne faut pas trop se fier aux chiffres comptables à ce stade. Nous devons nous attendre à de nouveaux bouleversements avec des difficultés supplémentaires pour certains acteurs y compris majeurs et peut-être à l inverse quelques retours à meilleure fortune. Nous avons voulu néanmoins présenter un premier panorama de la situation des principaux établissements. Au travers de la grille de lecture proposée, nous avons pu faire apparaître que la crise des banques ne les avait pas toutes affectées de la même manière et que la hiérarchie et la solidité relative des principaux établissements mondiaux avaient été en profondeur modifiées. La tourmente a été très sévère puisque près de la moitié des cinquante premières banques mondiales ont été profondément ébranlées. Le modèle anglo-saxon des activités de banque d investissement fondé sur la désintermédiation, pratiquant l effet levier et transférant totalement ses risques a été très profondément affaibli par les événements de ces dix-huit derniers mois. Les établissements qui ont cru pouvoir compenser l absence d avantage compétitif, de fonds de commerce et de stratégie maîtrisée en investissant dans ces actifs distribués par ces banques d investissement ont également subi des sanctions très sévères. Les banques aux activités et aux sources de financement diversifiées, attentives à leurs engagements et à leurs risques, ont en général pu mieux supporter le choc de la crise et même saisir pour certaines des opportunités stratégiques pour se développer. Mais les deux plus grandes ambitions de banques universelles, Citibank et Royal Bank of Scotland, se sont soldées par des échecs. Et Goldman Sachs et Morgan Stanley sont en passe de démontrer que la pure banque d investissement américaine a encore un avenir. La crise n a donc pas condamné des types de banques mais des stratégies et directions d entreprise. Il n y a donc pas eu de fatalité ni d aveuglement collectif. À l heure où le mot d ordre est au renforcement de la réglementation des banques, il conviendrait d être davantage conscient que rien ne remplace la qualité des dirigeants, la rigueur avec laquelle ils conduisent leur politique de prise de risque et l efficacité du contrôle interne et externe des établissements de crédit. Le 15 juillet

Comment caractériser la crise financière internationale de 2007-2008? La double origine de la crise financière internationale

Comment caractériser la crise financière internationale de 2007-2008? La double origine de la crise financière internationale JOURNEES DE L ECONOMIE DE LYON UNE CRISE À FACETTES MULTIPLES Session Histoire des crises financières 21 novembre 28 Comment caractériser la crise financière internationale de 27-28?! Crise immobilière

Plus en détail

Ce chapitre est une synthèse de Documents et débats n 2 : la crise financière

Ce chapitre est une synthèse de Documents et débats n 2 : la crise financière Les grandes étapes de la crise financière Ce chapitre est une synthèse de Documents et débats n 2 : la crise financière (Banque de France, février 2009), qui a pour objet d expliquer le passage d une crise

Plus en détail

Les banques dans la crise

Les banques dans la crise DOSSIER II Les banques dans la crise Mathieu Plane OFCE, Centre de recherche en économie de Sciences Po Georges Pujals OFCE, Centre de recherche en économie de Sciences Po Bureau Van Dijk (France) Cet

Plus en détail

En pleine tempête financière : faisons le point

En pleine tempête financière : faisons le point En pleine tempête financière : faisons le point () Il est évident que, face à cette crise financière, nous ne sommes pas encore tirés d'affaires. Néanmoins, nous pouvons essayer d'en retracer les principaux

Plus en détail

Le système bancaire dans la crise de la zone euro. par Michel Fried* (Synthèse de l exposé fait au CA de Lasaire du 21/06/2012)

Le système bancaire dans la crise de la zone euro. par Michel Fried* (Synthèse de l exposé fait au CA de Lasaire du 21/06/2012) Le système bancaire dans la crise de la zone euro par Michel Fried* (Synthèse de l exposé fait au CA de Lasaire du 21/06/2012) La crise de la zone euro a mis en évidence les liens étroits qui relient la

Plus en détail

Les résultats des grandes banques internationales depuis le début de 2006

Les résultats des grandes banques internationales depuis le début de 2006 Les résultats des grandes banques internationales depuis le début de 2006 Alain TOURNIER, Catherine GOUTEROUX Secrétariat général de la Commission bancaire Direction de la Surveillance générale du Système

Plus en détail

Changement de moteur

Changement de moteur (CEPII) Présentation de l économie mondiale 2008 On l attendait depuis longtemps! Le déséquilibre de la croissance et les global imbalances Chaque année, commentaire du creusement continu du déficit courant

Plus en détail

MARCHÉS FINANCIERS ET INVESTISSEMENTS INDUSTRIELS SEPTEMBRE 2015

MARCHÉS FINANCIERS ET INVESTISSEMENTS INDUSTRIELS SEPTEMBRE 2015 MARCHÉS FINANCIERS ET INVESTISSEMENTS INDUSTRIELS SEPTEMBRE 2015 DES TAUX D INTÉRÊT TRÈS BAS DEPUIS LONGTEMPS SANS REDÉCOLLAGE SENSIBLE DE LA CROISSANCE MONDIALE Les taux d intérêt réels à court et moyen

Plus en détail

Les caractéristiques du secteur bancaire français

Les caractéristiques du secteur bancaire français Les caractéristiques du secteur bancaire français Fiche 1 Objectifs Découvrir le poids du secteur bancaire en France et ses intervenants Prérequis Aucun Mots-clefs Produit intérieur brut (PIB), organismes

Plus en détail

Comprendre la crise économique Les Origines de la Crise

Comprendre la crise économique Les Origines de la Crise Comprendre la crise économique Les Origines de la Crise Patrick Bolton Columbia University Un tour d horizon des crises récentes Les Années 1980 Le Crack de 1987 Les Années 1990 La crise Japonaise La crise

Plus en détail

Eco-Fiche BILAN DE L ANNEE 2012 QUELLES PERSPECTIVES POUR 2013? 1

Eco-Fiche BILAN DE L ANNEE 2012 QUELLES PERSPECTIVES POUR 2013? 1 Eco-Fiche Janvier 2013 BILAN DE L ANNEE 2012 QUELLES PERSPECTIVES POUR 2013? 1 Retour sur l année 2012 : l atonie En 2012, le Produit Intérieur Brut (PIB) s est élevé à 1 802,1 milliards d euros, soit

Plus en détail

Exposé sous le thème: L instabilité des taux de change

Exposé sous le thème: L instabilité des taux de change Exposé sous le thème: L instabilité des taux de change I- Introduction générale: 1 -La montée de l instabilité des taux de change. 2- L'instabilité du SMI au cours du 20 ème siècle. 1 - Illustration sur

Plus en détail

Le secteur bancaire suisse: une histoire à succès, mais aussi à risque

Le secteur bancaire suisse: une histoire à succès, mais aussi à risque Le secteur bancaire suisse: une histoire à succès, mais aussi à risque Le secteur bancaire génère presque 1% du produit intérieur brut (PIB) de la Suisse; il représente ainsi une branche essentielle de

Plus en détail

Guerre des devises : implications pour l investisseur canadien

Guerre des devises : implications pour l investisseur canadien Guerre des devises : implications pour l investisseur canadien 9 septembre 2014 Équipe de répartition de l actif et des devises Vincent Lépine Vice-président, Répartition de l'actif et gestion des devises

Plus en détail

mai COMMENTAIRE DE MARCHÉ

mai COMMENTAIRE DE MARCHÉ mai 2014 COMMENTAIRE DE MARCHÉ SOMMAIRE Introduction 2 En bref 3 INTRODUCTION L heure semble au découplage entre les Etats-Unis et l Europe. Alors que de l autre côté de l Atlantique, certains plaident

Plus en détail

Risques Financiers Réforme de Bâle II Crise du Subprime Séminaire Master FAB N. Roucoux P. Bizet

Risques Financiers Réforme de Bâle II Crise du Subprime Séminaire Master FAB N. Roucoux P. Bizet Risques Financiers Réforme de Bâle II Crise du Subprime Séminaire Master FAB N. Roucoux P. Bizet 1 Jeudi 25 Octobre 2007 Crises financières et Risques Bancaires Réforme de Bâle II I. Définitions des risques

Plus en détail

Communiqué de presse Paris, le 14 décembre 2011 * * *

Communiqué de presse Paris, le 14 décembre 2011 * * * Communiqué de presse Paris, le 14 décembre 2011 Le Crédit Agricole relève les défis Il s appuie sur le leadership de ses banques de proximité et des métiers qui leur sont associés Il renforce sa solidité

Plus en détail

Asset Quality Review

Asset Quality Review Asset Quality Review Eclairage, par Harwell Management 1 Table des Matières En quelques mots... 3 Contexte : une confiance sur la santé des bilans des banques européennes fragile... 3 Objectifs et Enjeux...

Plus en détail

Le marché de l assurance de protection juridique en Europe. Octobre 2013

Le marché de l assurance de protection juridique en Europe. Octobre 2013 Le marché de l assurance de protection juridique en Europe Octobre 2013 Le marché de l assurance de protection juridique en Europe Octobre 2013 Dans sa dernière publication, RIAD, l Association internationale

Plus en détail

Subprime : topographie

Subprime : topographie Une retombée de la crise des subprimes aux États-Unis : la ruée sur la banque Northern Rock au Royaume-Uni. Subprime : topographie d une crise Randall Dodd COMMENT une hausse modeste des impayés au titre

Plus en détail

CONSOLIDER LES DETTES PUBLIQUES ET RÉGÉNÉRER LA CROISSANCE. Michel Aglietta Université Paris Nanterre et Cepii

CONSOLIDER LES DETTES PUBLIQUES ET RÉGÉNÉRER LA CROISSANCE. Michel Aglietta Université Paris Nanterre et Cepii CONSOLIDER LES DETTES PUBLIQUES ET RÉGÉNÉRER LA CROISSANCE Michel Aglietta Université Paris Nanterre et Cepii Consolider les dettes publiques: un processus au long cours Les dysfonctionnements européens

Plus en détail

Comparaison des marchés des prêts hypothécaires à risque et de rechange du Canada et des États-Unis

Comparaison des marchés des prêts hypothécaires à risque et de rechange du Canada et des États-Unis Comparaison des marchés des prêts hypothécaires à risque et de rechange du Canada et des États-Unis Pourquoi le fléchissement des prêts hypothécaires à risque aux États-Unis est un phénomène américain

Plus en détail

à la Consommation dans le monde à fin 2012

à la Consommation dans le monde à fin 2012 Le Crédit à la Consommation dans le monde à fin 2012 Introduction Pour la 5 ème année consécutive, le Panorama du Crédit Conso de Crédit Agricole Consumer Finance publie son étude annuelle sur l état du

Plus en détail

PUZZLE DES SUBPRIMES BONNE ANIMATION!

PUZZLE DES SUBPRIMES BONNE ANIMATION! PUZZLE DES SUBPRIMES Guide d animation Objectif : reconstituer et expliquer les différentes étapes de la crise financière de 2007 depuis son origine démontrer le rôle particulier des crédits subprimes

Plus en détail

Les portefeuilles sélect RBC

Les portefeuilles sélect RBC Les portefeuilles sélect RBC À la suite des difficultés qui agitent le système financier mondial, les marchés boursiers mondiaux ont chuté de façon spectaculaire au cours des dernières semaines. Le Canada

Plus en détail

Crises financières et de la dette

Crises financières et de la dette Institut pour le Développement des Capacités / AFRITAC de l Ouest / COFEB Cours régional sur la Gestion macroéconomique et les questions de dette Dakar, Sénégal du 4 au 15 novembre 2013 S-2 Crises financières

Plus en détail

Soirée d'information sur la crise financière

Soirée d'information sur la crise financière Soirée d'information sur la crise financière 6 ème Sciences Economiques 18 novembre 2008 Questions abordées I. Quelle est l'origine de la crise? II.Comment les subprimes se sont retrouvées dans nos banques

Plus en détail

NOTES DE CONJONCTURE - MARS 2014

NOTES DE CONJONCTURE - MARS 2014 CONTRAT SOCIAL 28/03/2014 J.Blanchard NOTES DE CONJONCTURE - MARS 2014 ----ooo---- ECONOMIE MONDIALE : sans changement notable sauf crises graves Les dernières prévisions pour 2014 et 2015 confirment les

Plus en détail

Policy Paper n 2 - Labex Réfi

Policy Paper n 2 - Labex Réfi Policy Paper n 2 - Labex Réfi Taxe sur les transactions financières : une taxe Pigou, pas une taxe Tobin Marius Frunza, Didier Marteau Janvier 2013 Taxe sur les transactions financières : une taxe Pigou,

Plus en détail

Choc financier et prix des matières premières

Choc financier et prix des matières premières Choc financier et prix des matières premières Olivier BIZIMANA Direction des Études Économiques http://kiosque-eco.credit-agricole.fr 15 décembre 2008 1 Olivier Bizimana 33 (0)1.43.23.67.55 olivier.bizimana@credit-agricole-sa.fr

Plus en détail

1 les mécanismes de la crise financière

1 les mécanismes de la crise financière De la crise financière à la crise économique Michel Husson, 2009 1. Les mécanismes de la crise financière 2. les canaux de transmission à l économie réelle 3. les deux racines de la crise 4. les perspectives

Plus en détail

C O M M U N I Q U É D E P R E S S E

C O M M U N I Q U É D E P R E S S E C O M M U N I Q U É D E P R E S S E DEXIA ANNONCE LES RÉSULTATS DE LA REVUE STRATÉGIQUE DE FSA FSA QUITTE LE SECTEUR DES ABS ET SE CONCENTRE SUR LE MARCHÉ DES SERVICES FINANCIERS AU SECTEUR PUBLIC RENFORCEMENT

Plus en détail

DORVAL FLEXIBLE MONDE

DORVAL FLEXIBLE MONDE DORVAL FLEXIBLE MONDE Rapport de gestion 2014 Catégorie : Diversifié International/Gestion flexible Objectif de gestion : L objectif de gestion consiste à participer à la hausse des marchés de taux et

Plus en détail

Chapitre CHAPITRE 1 Aux origines de la crise

Chapitre CHAPITRE 1 Aux origines de la crise Chapitre CHAPITRE 1 Aux origines de la crise L économie mondiale et particulièrement les économies des pays développés ont connu depuis quelques années un important mouvement de financiarisation. Ce mouvement

Plus en détail

Placements IA Clarington inc. Dan Bastasic Gestionnaire de portefeuille des Fonds IA Clarington stratégiques

Placements IA Clarington inc. Dan Bastasic Gestionnaire de portefeuille des Fonds IA Clarington stratégiques Placements IA Clarington inc. Dan Bastasic Gestionnaire de portefeuille des Fonds IA Clarington stratégiques Je ne caractériserais pas la récente correction du marché comme «une dégringolade». Il semble

Plus en détail

Quatrième Réunion du Conseil National du Crédit et de l Epargne 06 juillet 2010 Rabat

Quatrième Réunion du Conseil National du Crédit et de l Epargne 06 juillet 2010 Rabat Quatrième Réunion du Conseil National du Crédit et de l Epargne 06 juillet 2010 Rabat Allocution de Monsieur Abdellatif JOUAHRI Gouverneur de Bank Al-Maghrib Messieurs les Secrétaires Généraux, Messieurs

Plus en détail

Monnaie, banques, assurances

Monnaie, banques, assurances Monnaie, banques, assurances Panorama La politique monétaire de la Banque nationale suisse en 2013 En 2013, la croissance de l économie mondiale est demeurée faible et fragile. En Europe, les signes d

Plus en détail

Novembre 2012 Assurance et Réassurance du Crédit Inter-Entreprises

Novembre 2012 Assurance et Réassurance du Crédit Inter-Entreprises Novembre 2012 Assurance et Réassurance du Crédit Inter-Entreprises 1 Sommaire : Situation Assurance et Réassurance Crédit Evolution de l Assurance Crédit Evolution de la Réassurance Crédit Evolution des

Plus en détail

Expansion des dépôts en devises à Taiwan: facteurs explicatifs

Expansion des dépôts en devises à Taiwan: facteurs explicatifs Ben S. C. Fung (+852) 2878 718 ben.fung@bis.org Robert N. McCauley (+852) 2878 71 robert.mccauley@bis.org Expansion des dépôts en devises à Taiwan: facteurs explicatifs La demande de comptes bancaires

Plus en détail

Les évolutions de la régulation et de la supervision bancaires. Rappel historique et problématiques post crise

Les évolutions de la régulation et de la supervision bancaires. Rappel historique et problématiques post crise Les évolutions de la régulation et de la supervision bancaires Rappel historique et problématiques post crise 1/ Rappel historique a) Étape 1 Régulation issue du Comité de Bâle Bâle 1 «ratio Cooke» 1988-8%

Plus en détail

Les perspectives économiques

Les perspectives économiques Les perspectives économiques Les petits-déjeuners du maire Chambre de commerce d Ottawa / Ottawa Business Journal Ottawa (Ontario) Le 27 avril 2012 Mark Carney Mark Carney Gouverneur Ordre du jour Trois

Plus en détail

Présentation Macro-économique. Mai 2013

Présentation Macro-économique. Mai 2013 Présentation Macro-économique Mai 2013 1 Rendement réel des grandes catégories d actifs Janvier 2013 : le «sans risque» n était pas une option, il l est moins que jamais Rendement réel instantané 2,68%

Plus en détail

Cela a notamment conduit à l accroissement de la rentabilité du capital au détriment du travail dans toutes les économies occidentales.

Cela a notamment conduit à l accroissement de la rentabilité du capital au détriment du travail dans toutes les économies occidentales. 1 Contribution de Jean Pierre BRARD, député apparenté communiste de Seine Saint Denis, et de Bernard VERA, sénateur communiste de l Essonne, membres du groupe de travail Assemblée nationale Sénat sur la

Plus en détail

Les limites du ratio Bâle II

Les limites du ratio Bâle II Les limites du ratio Bâle II Table des matières I. Introduction... 3 II. De Bâle I à Bâle II... 4 A. Présentation du ratio Bâle I... 4 B. Les limites du ratio Bâle I... 5 C. Le ratio Bâle II... 5 1. Pilier

Plus en détail

Principes anti-blanchiment de Wolfsberg pour les banques correspondantes

Principes anti-blanchiment de Wolfsberg pour les banques correspondantes Principes anti-blanchiment de Wolfsberg pour les banques correspondantes 1 Préambule Le groupe de Wolfsberg d établissements financiers internationaux 1 s est accordé sur ces Principes qui constituent

Plus en détail

L assurance, un secteur singulier : En quoi les assurances diffèrent-elles des banques? Synthèse Juin 2010

L assurance, un secteur singulier : En quoi les assurances diffèrent-elles des banques? Synthèse Juin 2010 L assurance, un secteur singulier : En quoi les assurances diffèrent-elles des banques? Synthèse Juin 2010 L impact de la crise financière récente sur le secteur financier et les économies a été extrêmement

Plus en détail

Flash Stratégie n 2 Octobre 2014

Flash Stratégie n 2 Octobre 2014 Flash Stratégie n 2 Octobre 2014 Vers un retour de l or comme garantie du système financier international. Jean Borjeix Aurélien Blandin Paris, le 7 octobre 2014 Faisant suite aux opérations de règlement

Plus en détail

UFF PRESENTE UFF OBLICONTEXT 2021, NOUVEAU FONDS A ECHEANCE D OBLIGATIONS INTERNATIONALES, en partenariat avec La Française AM

UFF PRESENTE UFF OBLICONTEXT 2021, NOUVEAU FONDS A ECHEANCE D OBLIGATIONS INTERNATIONALES, en partenariat avec La Française AM COMMUNIQUE de Presse PARIS, LE 13 JANVIER 2015 UFF PRESENTE UFF OBLICONTEXT 2021, NOUVEAU FONDS A ECHEANCE D OBLIGATIONS INTERNATIONALES, en partenariat avec La Française AM UFF Oblicontext 2021 est un

Plus en détail

Info Finance. et Prévoyance. En 2013 aussi, les clients profitent d une rémunération globale attractive!

Info Finance. et Prévoyance. En 2013 aussi, les clients profitent d une rémunération globale attractive! Allianz Suisse Case postale 8010 Zurich www.allianz-suisse.ch Info Finance 01 YDPPR267F et Prévoyance Édition 01, mars 2013 EXCÉDENTS LPP En 2013 aussi, les clients profitent d une rémunération globale

Plus en détail

Le poids des banques étrangères en Belgique: questions/réponses

Le poids des banques étrangères en Belgique: questions/réponses Visitez notre site web: http://www.pechesbancaires.eu Le poids des banques étrangères en Belgique: questions/réponses Philippe Lamberts, Député européen Ecolo - Date: 22.04.2013 1. Comment le paysage bancaire

Plus en détail

Etats-Unis : le pays qui a le plus besoin de la mondialisation prêt à céder à la tentation protectionniste

Etats-Unis : le pays qui a le plus besoin de la mondialisation prêt à céder à la tentation protectionniste 1 avril 9 - N 17 Etats-Unis : le pays qui a le plus besoin de la mondialisation prêt à céder à la tentation protectionniste Des indices multiples montrent que la tentation protectionniste est de plus en

Plus en détail

La réforme de la structure du secteur bancaire de l Union européenne

La réforme de la structure du secteur bancaire de l Union européenne La réforme de la structure du secteur bancaire de l Union européenne Synthèse et analyse des propositions du rapport Liikanen octobre 2012 Sommaire 1 Une réponse pragmatique à la nécessaire réforme structurelle

Plus en détail

Compte d exploitation 2013. Prévoyance professionnelle Swiss Life Suisse

Compte d exploitation 2013. Prévoyance professionnelle Swiss Life Suisse Compte d exploitation 2013 Prévoyance professionnelle Swiss Life Suisse Editorial Chère lectrice, cher lecteur, En 2013, Swiss Life a une nouvelle fois fait la preuve éclatante de sa stabilité financière,

Plus en détail

RÉSULTATS 2008 - PERSPECTIVES 2009 DE LA BANQUE POSTALE

RÉSULTATS 2008 - PERSPECTIVES 2009 DE LA BANQUE POSTALE COMMUNIQUÉ DE PRESSE Paris, le 24 mars 2008 RÉSULTATS 2008 - PERSPECTIVES 2009 DE LA BANQUE POSTALE En 2008, La Banque Postale a confirmé sa place unique et singulière sur le marché de la banque de détail

Plus en détail

Les acteurs français du crédit à la consommation : maturité ou nouvel élan? Étude - Janvier 2005. Banque et Finances

Les acteurs français du crédit à la consommation : maturité ou nouvel élan? Étude - Janvier 2005. Banque et Finances Les acteurs français du crédit à la consommation : maturité ou nouvel élan? Étude - Janvier 2005 Banque et Finances 1 SOMMAIRE PANORAMA DU MARCHÉ FRANÇAIS CLÉS D'ÉVOLUTION LE MARCHÉ AMÉRICAIN COMME REPÈRE

Plus en détail

Un fonds d obligations mondiales «pour tous les temps», capable de tirer son épingle du jeu dans toutes les conditions de marché

Un fonds d obligations mondiales «pour tous les temps», capable de tirer son épingle du jeu dans toutes les conditions de marché un méthode différente pour contrer la volatilité des marchés Fonds à revenu stratégique Manuvie* *Aussi offert : Catégorie de revenu stratégique Manuvie Un fonds d obligations mondiales «pour tous les

Plus en détail

Croissance plus lente dans les pays émergents, accélération progressive dans les pays avancés

Croissance plus lente dans les pays émergents, accélération progressive dans les pays avancés POUR DIFFUSION : À Washington : 9h00, le 9 juillet 2015 STRICTEMENT CONFIDENTIEL JUSQU À DIFFUSION Croissance plus lente dans les pays émergents, accélération progressive dans les pays avancés La croissance

Plus en détail

QU EST-CE QU UNE BANQUE? 2 E PARTIE Les banques et la crise financière

QU EST-CE QU UNE BANQUE? 2 E PARTIE Les banques et la crise financière Les crises bancaires Les risques de l activité bancaire L activité principale des banques s accompagne inévitablement de risques: si un débiteur ne rembourse pas son crédit, la banque doit pouvoir absorber

Plus en détail

La guerre des devises, une source d opportunités Mars 2015

La guerre des devises, une source d opportunités Mars 2015 PERSPECTIVES La guerre des devises, une source d opportunités Mars 2015 Depuis le début de l année 2015, de nombreuses banques centrales à travers le monde ont abaissé leur taux d intérêt ou pris d autres

Plus en détail

Le secteur financier fragilisé revoit ses modèles économiques

Le secteur financier fragilisé revoit ses modèles économiques Le secteur financier fragilisé revoit ses modèles économiques 1 LA SITUATION DES BANQUES INTERNATIONALES S AMÉLIORE 1 1 Un retour à la rentabilité Après être tombée à 3,9 % en 2008, la rentabilité moyenne

Plus en détail

[ les éco_fiches ] Guerre des changes. Octobre. Mécanismes de la politique monétaire

[ les éco_fiches ] Guerre des changes. Octobre. Mécanismes de la politique monétaire Des fiches pour mieux comprendre l'actualité économique Guerre des changes A l heure actuelle, les Banques Centrales dessinent leurs stratégies de sortie de crise. Deux grands groupes émergent : La Banque

Plus en détail

STRATEGIE ET CHIFFRES CLES

STRATEGIE ET CHIFFRES CLES GROUPE SOCIETE GENERALE STRATEGIE ET CHIFFRES CLES Frédéric OUDEA Directeur Financier du Groupe 2 Avertissement Cette présentation peut comporter des éléments de projection et des commentaires relatifs

Plus en détail

RESULTATS ET ACTIVITE 2011 DE LA BANQUE POSTALE

RESULTATS ET ACTIVITE 2011 DE LA BANQUE POSTALE COMMUNIQUÉ DE PRESSE Paris, le 13 mars 2012 RESULTATS ET ACTIVITE 2011 DE LA BANQUE POSTALE Bonne résistance du PNB et du RBE en 2011, solidité financière confirmée, poursuite de la dynamique de développement

Plus en détail

L économie mondiale en 2008 : du ralentissement àlarécession

L économie mondiale en 2008 : du ralentissement àlarécession L économie mondiale en 2008 : du ralentissement àlarécession Olivier Redoulès* En 2008, l économie mondiale a basculé dans la récession. La crise financière a débuté en 2007 aux États-Unis sur le marché

Plus en détail

Eco-Fiche POINT D ETAPE SUR LA CRISE DES DETTES SOUVERAINES. Conjoncture économique au sortir de la crise des subprimes

Eco-Fiche POINT D ETAPE SUR LA CRISE DES DETTES SOUVERAINES. Conjoncture économique au sortir de la crise des subprimes Eco-Fiche Octobre 2012 POINT D ETAPE SUR LA CRISE DES DETTES SOUVERAINES Conjoncture économique au sortir de la crise des subprimes La France est "techniquement" sortie de crise à partir du deuxième trimestre

Plus en détail

Approches macroéconomique et fiscale. Introduction à la première partie... 14

Approches macroéconomique et fiscale. Introduction à la première partie... 14 TABLE DES MATIERES Préface... 5 Avant- propos... 9 Partie 1 Approches macroéconomique et fiscale Introduction à la première partie... 14 CHAPITRE 1 La politique budgétaire est- elle encore efficace pour

Plus en détail

C O M M U N I Q U É D E P R E S S E

C O M M U N I Q U É D E P R E S S E C O M M U N I Q U É D E P R E S S E Information réglementée* Bruxelles, Paris, 13 mai 2009 7h00 Résultat net de EUR 251 millions au 1 er trimestre 2009 Ratio Tier 1 de 10,7 % et core Tier 1 de 9,8 % Faits

Plus en détail

Crise des subprimes mortgages : quel impact?

Crise des subprimes mortgages : quel impact? 1 Paris, août 2007 Crise des subprimes mortgages : quel impact? L histoire financière des deux dernières décennies semble obéir à une précision de métronome. Le jeudi noir de Wall Street (1987), la crise

Plus en détail

Résumé analytique La prise de risques économiques avance mais de manière inégale

Résumé analytique La prise de risques économiques avance mais de manière inégale Rapport sur la stabilité financière dans le monde Prise de risques, liquidité et banque parallèle : maîtriser les excès et promouvoir la croissance Octobre 2014 Résumé analytique Six ans après le début

Plus en détail

L actualité du Secteur bancaire 2013

L actualité du Secteur bancaire 2013 L actualité du Secteur bancaire 2013 Expertise Conseil Formation Le point de vue de notre Expert Michel LE BRET SECAFI Une société du Groupe Alpha 20 24, rue Martin Bernard 75647 Paris Cedex 13 01 53 62

Plus en détail

1 Gouvernance 6. 2 Politiques de rémunération 12. 3 Taille des bilans 20. 4 Capital 28. 5 Dépréciations au titre du risque de crédit 36

1 Gouvernance 6. 2 Politiques de rémunération 12. 3 Taille des bilans 20. 4 Capital 28. 5 Dépréciations au titre du risque de crédit 36 Sommaire Page 1 Gouvernance 6 2 Politiques de rémunération 12 3 Taille des bilans 20 4 Capital 28 5 Dépréciations au titre du risque de crédit 36 6 Résultats des banques et impacts de la juste valeur 44

Plus en détail

Responsabilité sociale et pratiques des banques face à l'optimisation et l'évasion fiscales

Responsabilité sociale et pratiques des banques face à l'optimisation et l'évasion fiscales Responsabilité sociale et pratiques des banques face à l'optimisation et l'évasion fiscales Constats tirés de l analyse sectorielle de Vigeo Fouad Benseddik, 2 juin 2014 Risque d évasion fiscale: un changement

Plus en détail

Fiche info financière Assurance-vie Top Protect Financials 08/2018 1

Fiche info financière Assurance-vie Top Protect Financials 08/2018 1 Fortis AG - Vos assurances chez votre courtier Fiche info financière Assurance-vie Top Protect Financials 08/2018 1 1 Cette fiche d information financière décrit les modalités du produit qui sont d application

Plus en détail

Perspectives sur des politiques extraordinaires mises de l avant par les banques centrales

Perspectives sur des politiques extraordinaires mises de l avant par les banques centrales Perspectives sur des politiques extraordinaires mises de l avant par les banques centrales Ron Hanson Chef des placements L un des principaux points à surveiller au cours des prochains mois sera la réaction

Plus en détail

Le nouvel indice de taux de change effectif du dollar canadien

Le nouvel indice de taux de change effectif du dollar canadien Le nouvel indice de taux de change effectif du dollar canadien Janone Ong, département des Marchés financiers La Banque du Canada a créé un nouvel indice de taux de change effectif du dollar canadien,

Plus en détail

WS32 Institutions du secteur financier

WS32 Institutions du secteur financier WS32 Institutions du secteur financier Session 1 La vision chinoise Modernisation du système financier chinois : fusion de différentes activités bancaires et financières, accès des ménages au marché des

Plus en détail

La BNS capitule: Fin du taux plancher. Alain Freymond (BBGI Group SA)

La BNS capitule: Fin du taux plancher. Alain Freymond (BBGI Group SA) La BNS capitule: Fin du taux plancher Alain Freymond (BBGI Group SA) Changement radical de politique monétaire le 15/1/2015 Les taux d intérêt négatifs remplacent le taux plancher 1. Abandon du taux plancher

Plus en détail

LA COLLECTE DE DÉPÔTS, UNE ACTIVITÉ STRATÉGIQUE POUR RCI BANQUE. 2012 : 893 MILLIONS D ENCOURS A FIN DÉCEMBRE POUR LE LIVRET ZESTO

LA COLLECTE DE DÉPÔTS, UNE ACTIVITÉ STRATÉGIQUE POUR RCI BANQUE. 2012 : 893 MILLIONS D ENCOURS A FIN DÉCEMBRE POUR LE LIVRET ZESTO 1 LA COLLECTE DE DÉPÔTS, UNE ACTIVITÉ STRATÉGIQUE POUR RCI BANQUE. 2012 : 893 MILLIONS D ENCOURS A FIN DÉCEMBRE POUR LE LIVRET ZESTO Le 16 février 2012, RCI Banque a lancé en France le livret d épargne

Plus en détail

CAMPAGNE ANNUELLE DES EPARGNES ACQUISES

CAMPAGNE ANNUELLE DES EPARGNES ACQUISES Direction Épargne et Clientèle Patrimoniale Date de diffusion : 26 janvier 2015 N 422 CAMPAGNE ANNUELLE DES EPARGNES ACQUISES Dans une démarche d accompagnement auprès de vos clients, plusieurs communications

Plus en détail

Réforme du Code des assurances :

Réforme du Code des assurances : Réforme du Code des assurances : orienter l épargne des Français vers les entreprises Pierre Moscovici, ministre de l économie et des finances «Une des priorités de mon action est de réconcilier l épargne

Plus en détail

Les objectifs de l Autorité de Contrôle prudentiel

Les objectifs de l Autorité de Contrôle prudentiel Les objectifs de l Autorité de Contrôle prudentiel Le 8 mars 2010, la Ministre de l Economie de l Industrie et de l Emploi Christine Lagarde a installé la nouvelle Autorité de Contrôle Prudentiel (ACP).

Plus en détail

Note d orientation : La simulation de crise Établissements de catégorie 2. Novembre 2013. This document is also available in English.

Note d orientation : La simulation de crise Établissements de catégorie 2. Novembre 2013. This document is also available in English. Note d orientation : La simulation de crise Établissements de catégorie 2 This document is also available in English. La présente Note d orientation s adresse à toutes les caisses populaires de catégorie

Plus en détail

La France et le Royaume-Uni face à la crise (2008-2014) Deux approches de la gestion de la crise et leurs conséquences sur la croissance et l emploi

La France et le Royaume-Uni face à la crise (2008-2014) Deux approches de la gestion de la crise et leurs conséquences sur la croissance et l emploi La France et le Royaume-Uni face à la crise (2008-2014) Deux approches de la gestion de la crise et leurs conséquences sur la croissance et l emploi RĖSUMĖ Septembre 2014 www.cercledoutremanche.com SOMMAIRE

Plus en détail

Performance des grands groupes bancaires français au 31 mars 2012

Performance des grands groupes bancaires français au 31 mars 2012 Performance des grands groupes bancaires français au 31 mars 2012 Mercredi 16 mai 2012 Sommaire : Introduction > Un premier trimestre 2012 impacté par des éléments exceptionnels > Une dynamique commerciale

Plus en détail

Assurer la stabilité financière à l ère du «trop grand pour faire faillite»

Assurer la stabilité financière à l ère du «trop grand pour faire faillite» Page 1 Assurer la stabilité financière à l ère du «trop grand pour faire faillite» Notes d allocution Michèle Bourque, présidente et première dirigeante ECONOMIC CLUB OF CANADA 23 OCTOBRE, OTTAWA Introduction

Plus en détail

Options en matière de réforme des systèmes financiers

Options en matière de réforme des systèmes financiers Options en matière de réforme des systèmes financiers Hansjörg Herr et Rainer Stachuletz Le projet de mondialisation néolibérale est monté en puissance à la fin des années 1970 grâce aux politiques de

Plus en détail

Les stratégies de sortie de crise. Isabelle Job-Bazille Directeur des Etudes Economiques Septembre 2013

Les stratégies de sortie de crise. Isabelle Job-Bazille Directeur des Etudes Economiques Septembre 2013 Les stratégies de sortie de crise Isabelle Job-Bazille Directeur des Etudes Economiques Septembre 213 S endetter est facile se désendetter devient un jour, obligatoire et risqué Page 2-22/7/211 ECO/EIS

Plus en détail

Origine et traitement des crises bancaires : généralités

Origine et traitement des crises bancaires : généralités bancaires : généralités Le risque individuel et le risque systémique Les crises bancaires ont deux dimensions crise individuelle La crise peut être circonscrite à la défaillance d une seule banque avec

Plus en détail

QUELLES SERAIENT LES CONSEQUENCES D UNE SORTIE DE LA GRECE DE LA ZONE EURO?

QUELLES SERAIENT LES CONSEQUENCES D UNE SORTIE DE LA GRECE DE LA ZONE EURO? QUELLES SERAIENT LES CONSEQUENCES D UNE SORTIE DE LA GRECE DE LA ZONE EURO? Tous les documents sont tirées de «La Grèce peut-elle se sauver en sortant de la zone euro?», Flash éco Natixis, 08 novembre

Plus en détail

Crise des «subprimes»: des leçons pour l UBS

Crise des «subprimes»: des leçons pour l UBS Crise des «subprimes»: des leçons pour l UBS L UBS a mené de nombreuses enquêtes internes visant à analyser les adaptations nécessaires et à tirer des leçons de la crise. Elle a pris de vastes mesures

Plus en détail

C O M M U N I Q U É D E P R E S S E

C O M M U N I Q U É D E P R E S S E C O M M U N I Q U É D E P R E S S E Information réglementée* Bruxelles, Paris, 30 janvier 2009 8h55 Dexia met en œuvre son plan de transformation pour consolider son redressement et devrait enregistrer

Plus en détail

AUGMENTATION DE CAPITAL NATIXIS

AUGMENTATION DE CAPITAL NATIXIS AUGMENTATION DE CAPITAL NATIXIS QUESTIONS / REPONSES 1. Pourquoi faire cette augmentation de capital maintenant alors que les marchés financiers sont en crise et le cours de Natixis au plus bas? A quoi

Plus en détail

LE REFINANCEMENT PAR LE MARCHE HYPOTHECAIRE

LE REFINANCEMENT PAR LE MARCHE HYPOTHECAIRE LE REFINANCEMENT PAR LE MARCHE HYPOTHECAIRE J O U R N É E S A J B E F N I A M E Y M A I 2 0 1 2 P R É S E N T É P A R M R D A O B A B A ( F G H M. S A / M A L I ) Préambule L objectif de la présente communication

Plus en détail

B - La lecture du bilan

B - La lecture du bilan 8.2 La lecture des comptes annuels B - La lecture du bilan Référence Internet Saisissez la «Référence Internet» dans le moteur de recherche du site www.editions-tissot.fr pour accéder à ce chapitre actualisé

Plus en détail

Taux de change : Le dollar canadien au-dessus de la parité?

Taux de change : Le dollar canadien au-dessus de la parité? Taux de change : Le dollar canadien au-dessus de la parité? Introduction On se souvient que le dollar canadien avait dépassé le seuil de la parité en 2008 avant la crise financière sous l impulsion de

Plus en détail

INSTRUMENTS FINANCIERS ET RISQUES ENCOURUS

INSTRUMENTS FINANCIERS ET RISQUES ENCOURUS INSTRUMENTS FINANCIERS ET RISQUES ENCOURUS L objet de ce document est de vous présenter un panorama des principaux instruments financiers utilisés par CPR AM dans le cadre de la fourniture d un service

Plus en détail

Les perspectives mondiales, les déséquilibres internationaux et le Canada : un point de vue du FMI

Les perspectives mondiales, les déséquilibres internationaux et le Canada : un point de vue du FMI Présentation à l Association des économistes québécois Le 19 mai 25 Les perspectives mondiales, les déséquilibres internationaux et le Canada : un point de vue du FMI Kevin G. Lynch Administrateur Fonds

Plus en détail

dans le cadre de son introduction en bourse

dans le cadre de son introduction en bourse C O M M U N I Q U É D E P R E S S E Elior place avec succès environ 847 millions d euros dans le cadre de son introduction en bourse Paris, le 11 juin 2014 Offre souscrite pour un montant global de 847

Plus en détail

STRICTEMENT CONFIDENTIEL

STRICTEMENT CONFIDENTIEL STRICTEMENT CONFIDENTIEL Tableau de bord de l Epargne en Europe Janvier 2008 Toute représentation ou reproduction, intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droits,

Plus en détail

Point de vue sur le Prime Brokerage

Point de vue sur le Prime Brokerage Point de vue sur le Prime Brokerage Quels sont les nouveaux drivers et quel est le nouvel environnement concurrentiel des Prime Brokers après la crise des subprimes? Romuald HAJERI Vice - President Michel

Plus en détail