La sécurité nationale égyptienne et les situations dans la région du Sahel et du Sahara

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1 EDITORIAL La sécurité nationale égyptienne et les situations dans la région du Sahel et du Sahara Par: L Ambassadeur Dr.Mohamed Badr El Dine Zayed Président de l Organisme général de l Information La politique extérieure égyptienne est caractérisée par sa mouvance régionale et internationale diversifiée, et se base sur des constantes historiques égyptiennes et sur le rôle égyptien, clairement dévoilé par le grand nombre de ses cercles et leur interaction stratégique, géographique et culturelle y compris tout ce qui concerne les situations sécuritaires témoignées dans la région du Sahel et du Sahara en particulier et dans la région de l Afrique occidentale en général et les cercles de façonnement de la résolution égyptienne en partant de l importance stratégique, économique et démocratique de la région, la propagation du foyer des tensions dans la région du Sahel et du Sahara, surtout la guerre au Mali et la croissance du phénomène terroriste, tout cela constituait des mobiles géostratégiques suffisants pour pousser à l accélération du rythme de la mouvance égyptienne visant à affronter les problèmes de cette région. Ces dernières évolutions vécues par la région du Sahel et du Sahara, surtout après les révolutions du printemps arabe, ont relancé le développement du phénomène terroriste qui se caractérise toujours par sa propagation à travers les frontières régionales et internationales dans une région qui souffre de la fragilité des frontières interétatiques; par conséquent, l appel égyptien en marge des réunions extraordinaires du Sommet des Etats du groupe du Sahel et du Sahara dans la capitale tchadienne N gamina fut lancé pour affronter le déploiement des groupes armés, la fraude des armes et des stupéfiants via les frontières. L Egypte avait présenté au Sommet trois initiatives: 1-La création d un centre en Egypte pour lutter contre le terrorisme. 2- La réalisation de la sécurité alimentaire. 3- La lutte contre la désertification qui sévit dans les Etats du groupe. Dans le même contexte, l Egypte a demandé, au cours du Sommet du G/ 20, à l Union africaine, d adopter une stratégie préventive dans le but de traiter les causes des conflits africains et empêcher leur aggravation par: Le renforcement des piliers du pouvoir rationnel, l activation de la Charte africaine des droits de l homme et des peuples, l éradication de la pauvreté et de la marginalisation, la lutte contre le racisme et l accord d un plus grand intérêt aux valeurs de la coopération, de la justice, de la paix et de la protection des droits des peuples à une vie digne. Les défis sécuritaires dans la région du Sahel et du Sahara exigent de 3

2 ces Etats la formulation rapide d un régime régional qui permet de lutter contre ces défis, et conformément à des stratégies globales et exécutives susceptibles de développer les Etats de la région d une part, échanger les informations de renseignement, coordonner les efforts aux fins de la sécurité frontalière, lutter contre la fraude et contre le crime organisé y compris les stupéfiants, le trafic humains, et la fraude des armes, d autre part. Vu l importance stratégique de cette région, l édition 39 du périodique: Perspectives africaines a consacré un dossier spécial aux situations sécuritaires dans la région du Sahel et du Sahara, à la lumière de la crise du Mali et a discuté l intervention militaire dans ce pays sachant l impact de l influence des groupes armés en Afrique sur la sécurité régionale et internationale. Le dossier s est également consacré à l étude des organisations terroristes qui se trouvent dans la région du Sahel et du Sahara, présentant les discussions en cours à l égard de ces problèmes dans les milieux académiques internationaux et dans les centres mondiaux de recherches par des experts du Mali, du Soudan et des Etats-Unis d Amérique. Dans le cadre de la consécration de l identité africaine de l Egypte, le périodique expose dans sa nouvelle édition les efficacités de la 3 ème session du festival de Luxor pour le cinéma africain, assuré par la participation de centaines d artistes représentant 35 Etats africains qui ont veillé à réaliser l interaction culturelle et artistique entre l Egypte et les Etats africains, si bien qu il est possible de dire, que le festival verse dans la direction de la force douce de l Egypte dans le continent africain en activant le rôle des instruments culturels et artistiques susceptibles de renforcer les relations égyptiennes avec les Etats du continent. Pour conclure, et dans le cadre du rôle de l Organisme général de l Information, sur le plan africain, l Organisme a commencé à créer des centres de coordination et de coopération médiatique avec les Etats du Continent en insistant sur le resserrement des relations informatiques et médiatiques avec les pays d Afrique de sorte à renforcer l interaction égyptienne avec notre continent noir; l Organisme a également participé à la cérémonie de l Université du Caire tenue pour célébrer Abdel Malek Oda, professeur des sciences politiques et pionnier des études africaines en Egypte, ainsi qu une élite de savants en sciences politiques, d Ambassadeurs africains, d experts diplomatiques et médiatiques et d un grand nombre d étudiants d Egypte et du Continent africain faisant des études africaines. 4 OGI

3 ARTICLE & ETUDE Cinquante années de l action africaine unioniste Par: Dr.Nadia Abdel Fattah Professeur des sciences politiques Institut des recherches et des études africaines Université du Caire Histoire de l action africaine unioniste Dès le premier instant de l indépendance des Etats africains, l Union a cherché à faire exploser les tentatives de l Union entre l Egypte et le Soudan; les Etats de l Afrique occidentale et les Etats de l Afrique orientale ont essayé de s unir; suivie de la tentative de l Union des Républiques de l Afrique centrale; mais toutes ces tentatives ont été vouées à l échec. Les Etats de Côte d Ivoire, de Bénin, de Burkina-Faso et du Niger ont réussi à créer un Conseil d entente alors que l Union des Etats africains fut créée entre Ghana, la Guinée et le Mali; au moment où le Congrès de Casablanca prenait naissance en 1961 entre la République arabe unie, le Ghana, la Guinée, le Mali, la Libye, le Maroc et l Algérie. Le groupe de Monrovia émergea en 1961 et regroupa 21 Etats africains indépendants à l époque et au cours de la même année se composa l Union africaine et malagashe qui renferma 12 Etats africains francophones; mais ces unions ont vite disparu après la fondation de l organisation de l Unité africaine. Tous les Etats africains, ressentaient un désir ardent, d entrer dans l Unité africaine, depuis sa naissance et les 30 Chefs des Etats africains sont parvenus à se réunir quelques années après l indépendance au cours de la Conférence tenue à Addis-Abeba du 22 au 25 mai 1963 et ont annoncé la naissance de l Organisation de l Unité africaine sur laquelle les Africains attachaient de grands espoits pour sortir de leurs divisions et de leurs conflits qui les étouffaient avant l achèvement de la naissance de l OUA. En dépit du grand nombre d objectifs mentionnés dans la Charte de l Organisation, composée d une préface et 30 articles, deux objectifs essentiels accaparaient l activité de l Organisation dont le premier fut celui de la liquidation de l impérialisme et cet objectif s est totalement réalisé grâce aux ef- 5

4 forts des peuples du continent et aux mouvements de libération individuels ou à travers les mécanismes de l Organisation dont le plus important fut [le comité de coordination pour la libération de l Afrique] ; le second objectif portait sur la lutte contre le racisme et contre le pouvoir de la minorité blanche en Afrique du sud ; ce but a été réalisé après la transformation politique survenue en Rhodésie du sud [Zimbabwe en 1980] et en Afrique du sud, par la transformation du régime apartheid en régime démocratique, gouverné par une majorité africaine depuis L Organisation a également posé les bases de règlement des conflits entre ses membres et surtout les conflits frontaliers en reconnaissant le principe de respect des frontières héritées du colonialisme au moment de l indépendance ainsi que le principe de reconnaissance des mouvements séparatistes au cours des guerres civiles. A dater de 1993, l Organisation a cherché à créer un mécanisme de prévention, de gestion et de règlement des crises, en se basant sur ses modestes efforts dans le domaine de la diplomatie préventive plus que sur le traitement même des crises. En dépit de la performance dans ces deux domaines, l organisation s est trouvée incapable de régler des problèmes aggravés qui menaçaient de devenir plus graves et plus dangereux, sachant que ces problèmes concernaient les conflits ethniques, la pauvreté, les maladies. En Ethiopie, par exemple, le mouvement «Al OROMO» a revendiqué la création d un Etat islamique, et au Nord du Mali, les Touaregs ont demandé l indépendance alors que dans les Iles Comores le mouvement rebelle demandait la séparation de l Ile Anjouan quant au Cameroun les Anglophones qui représentent 25% des habitants ont demandé la création d une entité politique indépendante dans la partie autrefois gouvernée par les Britanniques ; en Angola les séparatistes n ont rien fait pour séparer la province de «Kapida» et au Sénégal, la rébellion existante voulait séparer la province de Kazamenste, à cela s ajoutent plusieurs problèmes compliqués, à l exemple celui des grands lacs, objet de conflit entre plus de six Etats africains et quelques puissances occidentales, les problèmes de la Corne africaine en Somalie, le problème entre l Erythrée et l Ethiopie et également celui du sud du Soudan. Tous ces conflits et ces guerres ont attisé 42 Etats des 53 dont se compose le Continent africain. Pour réaliser l Union indispensable à la sortie de cette impasse, un projet qui vise à substituer l Organisation de l Unité africaine par la fondation d une nouvelle Union a été 6 OGI

5 annoncé, pour regrouper les Etats africains, et lui assurer une nouvelle charte. Bien vite un différent fut soulevé quant à la forme de cette union : «Serait-elle une union africaine, des Etats africains unis, ou bien une union confédérale ou fédérale? A la lumière de quelques solutions médianes, un organisme supérieur de l Union africaine a été ratifié avec pour siège Addie Abeba, le même siège du Secrétariat général de l Organisation de l Unité africaine avec la possibilité de créer d autres bureaux qui seront déterminés par la suite; et l on peut abréger les principes ratifiés par l Union dans sa charte comme suit: Les principes de l Union seront fondés sur l égalité, la souveraineté, la coopération entre les Etats, le respect des frontières et la non-intervention dans les affaires des autres. La Charte interdit également l usage de la force ou la menace d un autre Etat ; elle rejette le changement non constitutionnel des régimes et cherche à réaliser l unité et la solidarité entre les pays des peuples arabes et à défendre la souveraineté des Etats membres, l unité de leurs territoires, leur indépendance, la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité du continent, et la promotion et la protection des droits de l homme et des peuples conformément à la Charte africaine des droits de l homme et des peuples et des chartes qui se rapportent aux droits de l homme et des peuples. Elle cherche également à édifier un partenariat entre le gouvernement et toutes les catégories de la société civile et surtout avec les femmes, la jeunesse et le secteur privé afin de promouvoir la solidarité et résoudre les problèmes du continent africain. A la lumière de la marche du projet de l Union africaine depuis sa signature lors du sommet de «Wagadougou» et jusqu à présent, il est possible d enregistrer ces quelques remarques: 1- Le projet de l Union africaine actuelle n est pas parti du vide ; l idée de l Unité africaine datait de 1900, puis des conférences de Bruxelles, de Lisbonne, de Manchester et de New-York, dans les années, 1919, 1921, 1923, 1927, et 1945 et cette idée s est ensuite effondrée tel que cela fut mentionné au cours de la conférence de l Université africaine en Ouganda en Et pendant cent ans des prédicateurs africains ont paru et leur nom fut rattaché à l action unioniste africaine, les plus célèbres d entre eux avaient été William Dubois et Marcus Garvy. 2- Il est important et nécessaire que les différentes parties du système africain participent avec l Union 7

6 africaine à la réalisation des objectifs pour lesquels elle a été fondée à l exemple des unions économiques de développement en tête desquelles: le COMESA ; l IGAD, la CEDEAO etc aussi bien que la participation des différentes unions africaines professionnelles, l académie des savants, des penseurs, des personnes cultivées et des experts du continent, sachant qu elles forment une force intellectuelle pratique dont le rôle ne doit pas être négligé dans l activation et la suppression des défis affrontés par l Union. Problèmes et défis affrontés par l Union africaine: Problèmes de la construction régulatrice et des causes financières: Il est nécessaire de rationaliser la structure régulatrice de l Union; le budget de l Union souffre de l existence d un grand nombre d appareils qui émanent d elle- Il est à noter que ce problème est le même enduré par l organisation de l unité africaine Il parait nécessaire de mettre une stratégie pour régler les conflits de façon crédible, telle l application du droit d intervenir dans les affaires d un Etat membre à partir d une résolution du Conseil africain au cas où la situation s avère dangereuse, s il s agit de crimes de 8 guerre ou de crimes contre l humanité, ou pour répondre au droit de l Etat membre de demander l intervention de l Union pour restaurer la paix et la sécurité. Les défis économiques: Le continent africain a surtout besoin de résoudre ses problèmes économiques ; en dépit de la tentative des Etats du continent d aménager les circonstances qui lui permettent de participer à l économie mondiale, de promouvoir le développement, de réaliser la complémentarité des économies africaines, d accélérer le développement du continent, en s appuyant sur un plan économique résultant de l intégration de deux plans: le plan d «Amiga» présenté par le Sénégal et le plan de «la renaissance africaine durant le millénaire»présenté par l Afrique du sud ; les deux plans ont été unifiés mais leur avenir est influencé par les problèmes qui environnent l Union à l exemple de l assurance indispensable du financement nécessaire au sauvetage du plan unifié, et les volontés politiques pour le réaliser. D autre part, la continuité de la corruption, l absence de sécurité judiciaire et juridique menacent le climat de l investissement et représentent un danger à l avenir du développement dans le Continent Les défis politiques: L Union affronte de grandes difficultés dont OGI

7 celui de la situation politique qui règne dans nombre d Etats africains depuis l indépendance et caractérisée par l emploi de la force et par les coups d états pour accéder au pouvoir. Les défis de règlement: La faiblesse des capacités de quelques appareils et leur grand nombre, chargés d accomplir une seule mission, constitue l un des principaux défis affrontés et qu affrontent toujours l action collective au niveau du continent. L un des principaux objectifs des leaders africains qui ont fondé l Union est de regrouper ensemble un grand nombre d institutions continentales et sous- régionales créées dans le Continent dans les 50 dernières années pour les intégrer ensemble dans le but de la coopération et de la coordination Evaluation de la marche de l action africaine collective: L Union africaine célèbre cette année la fondation de l Union par l évolution de ses travaux militaires et non pas de développement; en fait la Commissaire a présenté des propositions unilatérales, les plus dangereuses relativement à «la force militaire durable» de l Union pour participer à la réalisation de la sécurité du Continent et pour que l Union soit le promoteur du projet de fondation d une force de maintien accéléré de la paix au Mali et pour que l Union africaine participe pour la première fois à une action militaire régionale moyennant 50 millions de dollars, poussant ainsi le Secrétaire général des Nations Unies à signaler à son tour que le Conseil de sécurité étudie la possibilité de former une force militaire de sécurité durable en Afrique dans ce cadre. A la lumière de cette situation, le besoin s avère urgent aux Etats africains de réaliser une vision ambitieuse, pour supprimer les défis qui se dressent contre l exécution et l achèvement de la complémentarité africaine ; l Union dans sa tentative de réaliser cet objectif, s est mis un plan qui passe par trois étapes et qui dure jusqu en 2030 dont la 1 ère étape vise à renforcer ses institutions et cette étape durera jusqu en 2007 alors que la 2 ème étape durera jusqu en 2015 et sera consacrée à la coordination entre les Etats du Continent afin de réaliser les requis de la complémentarité économique puis au début de l an 2030, l intégration désirée deviendrait une réalité. 9

8 ARTICLE & ETUDE Les alliances partisanes et les élections au Kenya Par: Ahmed Amal Répétiteur à l institut des recherches et des études africaines- Université du Caire Le régime Kynéen partisan est l un des moins stables dans le Continent africain; en fait depuis l indépendance du Kenya en 1963 le pays a souffert des dissensions et des divisions continues sans tenir compte de la nature du régime partisan existant que ce soit le régime du parti unique ou le régime multipartiste. Sans tenir compte de la position du parti exposé à la dissolution qu il soit au pouvoir ou dans l opposition. Ce changement continu dans la structure même du régime partisan a poussé les partis avant toute élection à former des alliances partisanes élargies qui leur garantissent davantage de propagation et rehausse leur chance de gagner les voix des électeurs. Vu que les élections kynéenes du 4 mars dernier les 3èmes consécutives, sont témoins du phénomène des alliances partisanes, il est devenu important d étudier ces alliances à travers les principales caractéristiques de leur évolution et connaître leurs particularités distinctives puis recenser les effets de ces particularités sur le résultat des élections qui ont favorisé le triomphe de l Alliance du jubilé par l obtention de la majorité des sièges dans les deux chambres parlementaires le Conseil National et le Sénat en plus du triomphe du candidat de l Alliance «Uhuro Kenyatta» aux élections présidentielles. Premièrement: Evolution des alliances partisanes au Kenya Il est possible de distinguer entre les quatre étapes des alliances partisanes au Kenya dont la première s est passée dans les années qui ont suivi l indépendance directement et qui a duré avec la continuité du parti unique; la deuxième étape a commencé au début des années 90 du 20 ème siècle à travers la demande du retour au multipartisme puis cette étape a connu un revers lors de sa 3 ème évolution qui s est étendue pendant toute une décennie à la suite de laquelle les alliances existantes se sont démantelées avant que ne 10 OGI

9 commence la 4 ème étape avec les élections de 2002 qui ont été témoin d une dépendance croissante des partis politiques à la formation d alliances avant toute élection Deuxièmement : Les alliances partisanes aux élections de 2013 Les élections de 2013 représentent la continuité des coutumes des partis kynéens dans la dernière étape quant à la tendance des partis politiques à former des alliances pour se préparer aux élections; ce phénomène a toutefois représenté une nouvelle évolution marquée par l augmentation du nombre d alliances à quatre incluant tous les partis qui se trouvent sur la scène politique sachant que chacun de ces partis n a pas voulu se présenter seul. Cela explique la grande efficacité de l alliance des partis au Kenya avec le temps. Nous allons maintenant vous exposer en détails la naissance de deux principales alliances, leur nature, leur structure intérieure et les relations interétatiques des partis coalisés L Alliance du Jubilé: Cette alliance s est formée au début, de trois partis à savoir: Le parti de l Alliance nationale présidé par Uhuro Kenyatta [TNA]; le Forum démocrate uni [UDF] présidé par Mozalia Modafay; le parti républicain Uni [URP] présidé par William Roto. Mais à l approche de la date des élections, le Forum démocrate uni s est retiré, alors que deux autres partis se sont joints à savoir: Le parti de [NARC] présidé par Charity Ngilu et le Congrès républicain [RC] présidé par Naguib Balala. A l approche des élections les chefs de l Alliance nationale [TNA] ont exprimé leur désir de se dégager de leurs obligations relativement à la distribution des circonscriptions selon ce qui est stipulé dans l assure signé par eux et par le parti [URP] croyant que cet accord accorde à leur partenaire une part qui dépasse leur capacité et leur poids réel dans la compétition politique, alors que la part de l alliance nationale [TNA] est la moitié des sièges au moment où l alliance a dépassé ce taux d une différence notable. La première démarche pour se débarrasser de l accord survint le 7 janvier quand Onyango Oloo le secrétaire général de l alliance nationale [TNA] déclara qu il n est pas besoin au régime du siège proposé au choix d un candidat à l alliance du jubilé, aux élections législatives préférant le recours au complexe électoral commun appliqué dans le choix des candidats aux élections présidentielles, conformément à Oloo, l alliance nationale [TNA] dispose d un privilège bien clair dans les circonscriptions de la région de Gabal Kenya situé au centre du pays alors que le parti 11

10 inclus 4 partis alors que l Alliance pour les réformes et la démocratie a inclus 14 partis puis ce nombre s est réduit à 9 partis avec le temps et sur le plan de la relation avec les partis, de grandes différences ont apparu entre les membres de la coalition [CORD] pour les réformes et la démocratie vu que le parti du mouvement démocratique Orange [ODM] est le parti chef de l Alliance qui s est entouré de partis politiques et de son leader Ralla Odinga qui n a pas recourv à un affrontement réel pour obtenir la candidature de l Alliance au poste de président de la République au moment où l Alliance du Jubilé endure une grande compétition intérieure entre Uhuro Kenyatta et Mozalia Modafay sur la candidature à la présidence et qui s est achevée par la dissidence de ce dernier. Parmi les multiples alliés d Odinga le nom de Kaluzo Mozaiko et celui de Moses Wetangula, l un des premiers fondateurs du mouvement démocratique Orange [ODM] en 2007 et le premier dissident quand il fonda le mouvement démocratique orange-kenya ODM et s est engagé aux élections présidentielles et législatives de façon indépendante avant qu il ne soit nommé vice-président de Moyé Kibaki dans le cadre de l accord de partage du pouvoir signé par les partis kynéens à la fin du mois de février 2008 et lors des préde la République [URP] dispose du privilège dans la vallée, c est pourquoi, il est prévu au cas du recours à des élections communes, que chacun des deux remporte une carte de candidature aux circonscriptions où l Alliance de jubilé jouit d une grande popularité, quant autres circonscriptions, la compétitivité sera ouverte aux représentants des deux partis pour le choix du meilleur candidat sans tenir compte de l affiliation partisane. Les Chefs de l Alliance se sont orientés vers l annulation de la coordination par rapport à la candidature aux élections législatives se limitant aux élections présidentielles à travers l ouverture de la porte aux membres de tous les partis qui se sont joint à l Alliance du Jubilé pour participer aux élections législatives sans coordination anticipée pour que les membres de l Alliance concourent dans les différentes circonscriptions à condition que la coordination soit reprise après l annonce des résultats des élections à travers la représentation de l Alliance du Jubilé par un organisme parlementaire unique présidé par Sharetti N gilo. 2- L Alliance pour les réformes et la démocratie [CORD] Bien que l accord de création des deux Alliances ait été signé le 4 décembre 2012, l Alliance pour la réforme et la démocratie [CORD] a grandement différé de l Alliance du Jubilé ; en fait l Alliance du Jubilé a 12 OGI

11 paratifs des nouvelles élections Mozioka prit la résolution surprenante de retourner à l Alliance avec Rayla Odinga pour accepter sa candidature au poste de vice-président. Quant à Moses Wetangula il préside le Forum pour la reprise de la démocratie Kenya FORD et occupe le poste de ministre du commerce au gouvernement de l Alliance présidé par Odinga depuis Troisièmement: Particularités des Alliances partisanes au Kenya Alliance instable La principale caractéristique des Alliances partisanes kynéennes depuis leur création est l instabilité à l exception de l expérience concernant l adhérence de l union kynéennes à l union africaine démocrate KADU après l indépendance et qui est devenu la plus grande expérience dans l histoire de l exercice partisan au Kenya caractérisé par l absence de multipartisme et par conséquent l absence de compétitivité Les Alliances s appuient sur l ethnie Les partis politiques au Kenya se caractérisent depuis leur création par leur appui sur des piliers ethniques si bien que chaque parti s exprime au nom de la collectivité ethnique et dans le cadre de cette situation les Alliances ont pris naissance en tant que moyen aux différents partis de sortir du cadre étroit de la collectivité ethnique et l obtention d une chance d acquérir le soutien des régions d influence des autres partis par l engagement aux partis composant l Alliance aux règles ethniques par l échange, le soutien et l appui et c est ainsi que les Alliances ont pris la forme de rassemblement des règles ethniques des partis qui les composent Alliances personnelles non programmées Depuis la création de la première Alliance au Kenya, la grande importance de son fondateur émergea sachant que des facteurs personnels ont joué un rôle essentiel pour le rapprochement ou la séparation entre les chefs des différents partis. La personnalité de Mowaye Kibaki a pris du relief par son succès à investir son expérience en tant que politicien national honnête qui comptait parmi les commandements de l union nationale africaine nationale KANU au cours du pouvoir de Jomo Kenyatta, suivi de Daniel Arab Moyé dont la sortie du parti au début des années 90, fut un indice de la nécessité de transformation au multipartisme et à dater de ce moment, Kibaki a réussi à créer des Alliances dont la première en 1992, quand il fonda le parti démocrate DP en s appuyant sur une base formée du groupe Kikouyou qui s était scindé de l union nationale africaine de Kenya KANU, et dans la tentative de réaliser davantage de propa- 13

12 gation, il a ajouté Agnès N detei et Sharetti Ngilo qui relèvent du groupe de Kamaba. Avant les élections de 2002, Kibaki avait été le principal catalyseur de l Alliance avec Rayla Odinga et la fondation de l Alliance Nationale NARC, avant qu il ne fonde la nouvelle Alliance avec Uhuro Kenyatta sous le cadre du parti national unique PNU qui s était engagé aux élections de Dans les trois cas, Kibaki était le président de l Alliance et le candidat aux présidentielles. Alliances partielles flexibles Les Alliances se sont distinguées par beaucoup de flexibilité, vu qu elles ne posaient pas de conditions aux partis qu elles ont inclus; l indice le plus notable qui prouve cette caractéristique, c est que toutes les alliances partisanes créées au Kenya depuis la transformation au multipartisme en 1992 s étaient limitées aux élections présidentielles sans les législatives vu que les candidats aux élections législatives ne s engageaient pas sous le drapeau de la grande Alliance à laquelle ils adhèrent. Quatrièmement: Retombées des Alliances partisanes sur les résultats des élections kynéennes en 2013 Les élections présidentielles au Kenya se sont terminées au premier round par des résultats imprévus et il a fallu recourir à une nouvelle tournée entre les deux candidats Uhuro Kenyatta et Rayla Odinga vu qu Uhuro n avait obtenu que 50,7% des voix des électeurs et l examen de ces résultats, nous permet de faire trois remarques essentielles à savoir: Première remarque: Les élections kynéennes de 2013 ont connu une grande hausse du nombre d électeurs qui se sont chiffrés entre 12,3 millions et 14,3 millions électeurs jouissant du droit de vote, moyennant un taux de 86% du total des électeurs. Deuxième remarque : Les résultats signalent que chacune des deux grandes Alliances ont adopté une stratégie différente, reflétant leur propre structure et l équilibre existant entre les partis qui les composent. Le parti pour les réformes et la démocratie [CORD] a surpassé sa rivale quant au nombre des partis la composant; en fait [CORD] comprenait 9 petits partis et ce grand nombre a assuré à l alliance, un grand déploiement dans les différents cantons, mais étant petits ces partis ne pouvaient pas maitriser une région concernée et garantir son obtention de la grande majorité des voix de tous les cantons du Sahel, de Sharkieh, de la capitale Nairobi, de Nianzi et de Garbieh, mais cela ne signifiait pas sa suprématie sur son rival par une grande différence de voix. L Alliance du Jubilé a compensé 14 OGI

13 son petit nombre de partis la composant qui n ont pas dépassé le chiffre 4 par la récolte d un grand taux de voix des électeurs et les résultats des élections ont confirmé le succès de l Alliance du Jubilé par 94% des voix des électeurs. Troisième remarque: L Alliance du Jubilé est parvenue à déterminer les élections présidentielles en sa faveur au cours de la première tournée par un faible taux ne dépassant pas le 1% de plus que son rival. Mais à la seconde tournée entre elle et sa rivale, elle sortit gagnante moyennant un taux de 86% du nombre des électeurs. Les élections législatives: Les résultats des élections législatives ont été presque similaire aux élections présidentielles soit au niveau du Conseil national ou du Sénat en dépit de la grande différence dans la nature des Alliances partisa- nes lors des élections présidentielles, en comparaison aux législatives, vu que cette dernière rivalise les partis de l Alliance unique dans les mêmes circonscriptions. En ce qui concerne les élections du Conseil national, les sièges ont été répartis en trois catégories; dans la première catégorie, les occupants sont déterminés par l élection directe et le nombre de sièges s est chiffré à 290 répartis sur 47 circonscriptions électorales conformément au nombre d habitants ; alors que la 2 ème catégorie comprend 47 sièges consacrés à la femme moyennant un seul siège dans chaque circonscription et la 3 ème catégorie comprend 12 sièges consacrés à la nomination des personnalités, conformément au poids relatif du nombre de sièges remportés par chaque parti parmi les sièges remportés par chaque parti ;le nombre total de sièges s est chiffré à

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