Oue nous disen nos éas d'âme? Nous avons ous des éas d'âme, enre risesse e sérénié, rancæur e_loie de vivre. Différens des émoions. ces éas de nore conscience e de nore affec reflèen les races d'un passé loinain. Apprendre à les connaîre e à les comprendres une des voies vers la paix inérieure l'accepaion de soi. Chrisophe André (( e m'aoercois_que. sans le vouloir. ie me '' f suis mis à réfléchir sur ma vie. Je ne m'en suis pas aperçu, mais c'es ainsi. 'ai cru que je ne faisais que voir e enendre, que Y je n'éais rien d'aure, duran ou ce parcours oisii qu'un réfleceur d'images reçues, un écran blanc oir la réalié projeai couleurs e lumières au lieu d'ombres. Mais j'éais bien plus, sans le savoir. J'éais aussi l'âme qui se dérobe e se refuse, e cee acion même d'observer... > Dans ce bref passage de son magnifique Livre de l'inranquillié, Fernando Pessoa nous inrodui au monde des éas d'âme. Mais le concep d'éas d'âme a--il une uilié en dehors de la liéraure? La quesion vau d'êre éudiée. Freud lui-même ne disai-il pas : < Parou oir je suis allé, un poèe éai allé avan moi. > Les éas d'âme son ou ce don nous prenons conscience lorsque nous nous exrayons de nos auomaismes du quoidien, lorsque nous sorons de 'n agir ) e nous laissons aller à observer ce qui se pass en nous. Les éas d'âme son l'écho en nous @ Cerveau & Psycho - N" 32
;. de ce que nous sommes en rain de vivre. C'es aussi ou ce qui coninue de ourner dans nore êe après que nous nous sommes di : < C'es bon, sop, arrêe, n'y pense plus. > Le concep d'éa d'âme n'apparien pas au monde de la psychologie scienifique, il s'enracine pluô dans la poésie e le sens commun. Dans la liéraure scienifique, le erme le plus approchan es celui qu'uilise le neurologue Anonio Damasio, qui parle de < senimens d'arrière-plan >, appellaion qui a le mérie de rappeler leur discréion. Mais le erme d'éas d'âme es plus parlan pour le commun des morels... Clima changean sur la psyché On pourrai définir les éas d'âme en disan qu'ils son des conenus menaux, consciens ou inconsciens, mêlan éas du corps, émoions subiles e pensées auomaiques, e qui von influencer la plupar de nos aiudes. Exemples d'éas d'âme : le spleen, ce abaemen floan, peu inense, mais enace ; la sérénié, qui es plus qu'un simple calme, car elle conien aussi une dimension de confiancen l'avenir... Nos éas d'âme son e résula d'un mélange d'émoions e de pensées, de corps e d'espri, de dehors e de dedans, de présen e de passé. Ce mélange es évidemmen aussi riche que compliqué. Les éas d'âme ne son pas seulemen un empilemen d'idées, d'émoions ou de sensaions, mais aussi une consrucion originale, fusion e synlhèse que nous eflecuons auomaiquemen, enre 'inérieur (éa du corps e vision du monde) e 'exérieur (réacivié à ce qui nous arrive : nous sommes ouchés par les événemens). Les éas d'àme consiuen en oure un phénomène psychique agrégaeur : ils relien passé, présen e fuur dans un senimen de cohérence e de desinée. E de fai, ils s'invien dans chacune de nos aciviés. En remplissan un formulaire adminisraif, vous pensez que vous ne faies que le remplir. Mais non, il y a aussi des éas d'âme plus ou moins floans qui son sans doue en rain de naîre en vous : agacemen de perdre du emps. En Bref. Les éos d'ôme r représenen enre 175 a 05 nnrrr ranl de nore < orrière-plon offecif,.. lls son en porie déerminés por nore posse er nos expériences offecives onlérieures. i. Pour en prendre i conscience, puis les décryper, un bon moyen : ienir un journol inime. ( Comrne une mééo psychique, nos éas d'âme son un cfima menal. l Chrisophe André es psychioke à l'hôpiol Soine-Anne. à Poris. avec ces paperasseries, inquiéude à 'idée de faire des erreurs, envie d'êre ailleurs, peu-êre même quelques souvenirs d'enfance de pénibles devoirs sur able... Comme une mééo psychique, nos éas d'âme son un clima menal, beau ou morose, parfois sable sur plusieurs jours, parfois changean plusieurs fois dans la journée. Enfin, ils son caracérisés par la mixié, car conrairemen aux émoions franches, ils peuven conenir à ia fois des élémens affecifs agréables e d'aures désagréables (par exemple, douceur e douleur dans la nosalgie). ls présenen aussi une rémanence, c'es-à-dire qu'ils persisen plus ou moins longemps après la dispariion de leur cause) : par essence, les éas d'âme duren audelà des siuaions qui les on jusifiés ou déclenchés, ils son ou ce qui rese en nous après que le rain de la vie es passé (voir a figure 2)... Enre émoion e pensée Les émoions son oujours au cenre des éas d'âme, mais le plus souven, elles ne poussen pas à 'acion, comme le fon les vécus émoionnels plus violens : par exemple, lorsqu'on es en colère (émoion fore), on crie e 'on se rapproche de l'aure (sans forcémen s'en rendre compe, e c'es cee aiude involonaire oue recouvre le erme u endance à l'acion >). Mais lorsqu'on es simplemen irrié ou agacé (éa d'âme), on a pluô envie de s'écarer de qui nous irrie (parce qu'on sen que cela vau mieux pour ne pas envenimer le confli). La colère nous me o hors de nous ), alors que nous pouvons conrôler e masquer nore agacemen. Les éas d'âme son ainsi habiés par des émoions < resées en dedans o, sans la visibilié corporelle e comporemenale des émoions fores : une profonde risesse nous plonge dans la prosraion @ Cerveau & Psycho - No 32 29
bour afler mieux La médiaion de pleine conscience u, anidoe des éas d'âme parasies. Lo médioion n'es plus réservée ou domoine de lo spiriuolié ou de lo philo sophie. Son inroducion dons le chomp de lo psychologie scienifiques une peie révoluion, noommen por le biois des echniques dies u de pleine conscience > : il s'ogi d'opprendre oux poliens à risques dépressifs ou onxieux élevés d'évier les ruminoions en moinenon leur espri dons l'inson présen (sensoions corporelles, respiroion, sons environnons). Peu à peu, ce opprenissoge perme d'observer ses propres pensées négoives ovec dovonoge de recu., de moins se foire < piéger, por elles e de pouvoir les < coneser n, comme dons lo psychohéropie cogniive, à loquelle lo médioion de pleine conscience es souvenf ossociée. e 'immobilié, andis que le spleen ne nous empêche pas forcémen de coninuer d'agir. Nos éas d'âme son ainsi des sores de cousins évolués e civilisés de nos émoions, resées, elles, plus aniques e plus rusiques : ils son pour ainsi dire des émoions subiles, par opposiion aux grandes émoions élémenaires, dies < primaires >. Or oues les éudes monren que nore vie émoionnelle se déroule à un niveau émoionnel plus souven discre qu'inense : sous forme d'éas d'âme plus que d'émoions fores. Les ravaux sur ( Nous passons peu de emps sous l'emprise de fores cofères, mais beaucoup sous cefle de 'agacemen. D nos journées consise en un clima émoionnel assez empéré, pluô complexe e mélangé. Nous passons peu de emps, finalemen, sous 'emprise de fores colères, e beaucoup plus sous celle de nos agacemens. Plus de emps avec du vague-àl'âme que du vrai désespoir. Plus de emps avec des peis racas que de grosses crises d'angoisse... l exise une acivié auomaique de nore cerveau, lorsque nous ne nous en ( servons ) pas volonairemen, lorsque nous sommes o dans la lune >. Cee acivié cérébrale < par défau >, probablemen associée à nos éas d'âme. semble mobiliser préféreniellemen ceraines régions cérébrales, elles que le corex cingulaire posérieur (une des régions coricales les plus anciennes e la plus connecée au < cerveau émoionnel > limbique) e le corex préfronal médian (une zone associée, enre aures, à la conscience de soi). Les éas d'âme son une forme d'expression de la conscience de soi. E c'es sans doue pour cela qu'ils enreiennen un lien éroi avec nore senimen d'idenié : à ravers eux, nous ne réagissons pas seulemen à l'événemen qui les a déclenchés, mais à ce que ce événemen signifie au regard de nore vie. l y a ainsi une mise en perspecive, une inscripion dans nore idenié, dans nore biographie : mes éas d'âme me rappellen, parfois vigoureusemen, ce que el événemen signifie pour moi, en foncion des événemens qui m'on consrui. D'où 'imporance de la mémoire dans les éas d'âme. l y a dans nore passé des empreines prêes à resurgir : les souvenirs personnels (c'es la mémoire die auobiographique) son des < objes menaux > complexes, sockés dans les réseaux cérébraux sous forme d'éas d'âme. Les fulgurances du souvenir immoralisées par Prous en son ypiques : quelque chose de confus émerge, e peu à peu se révèle êre un mélange de conenus complexes (sensoriels, émoionnels, psycholo- le recueil de nos éas inérieurs suggèren aussi giques...). Les éas d'âme fon que 'on se souvien de momens discres, anonymes dans nos - bonne nouvelle - que les éas d'âme posiifs son plus fréquens que les négaifs (alors que la biographies, à 'ombre des grands souvenirs, des gamme des émoions négaives es plus large) : grands momens mémorables. Ces insans son environ 75 pour cen des éas d'âme son pluô ou aussi révélaeurs e esseniels pour isser la posiifs e 25 pour cen pluô négaifs (sur un rame de ce qu'a éé nore exisence. oal de 17000 ( prélèvemens > d'éas d'âme insananés), si 'on se fie aux éudes du psychologue À la renconre de ses éas d'âme américain David Wason. Ce dernier a demandé à des volonaires de vaquer à leurs aciviés quoidiennes en se conenan de noer leurs éas d'âme en vous-même... Je suis renré en moi-même plu- < Je sais ce que vous allez me dire. l fau renrer de l'insan quand une peie alarme reenissai sieurs fois. Seulemen, voilà, il n'y avai personne. dans leur poche. l a consaé, en collecan ces Alors, au bou d'un momen, j'ai eu peur e je suis milliers de rappors d'éas d'âme, que la rame de ressori faire du brui dehors pour me rassurer... ) (Jean Anouilh, La Valse des oréadors). Pas facile de prendre conscience de ce qui se passe en soi! Pire : a plupar d'enre nous fuien leurs éas d'âme désagréables (dans 'acion, la disracion ou la consommaion de diverses subsances). Ainsi, que faisons-nous lorsque nous venons de nous dispuer avec quelqu'un? Nous nous précipions sur le éléphone pour nous épancher auprès d'une oreille compaissane qui, n'ayan pas assisé à a scène, abondera dans nore sens. Puis nous nous remeons à nore âche en ruminan. Que faisonsnous si nous bloquons à un momen dans nore ravail? Nous nous agaçons, puis nous nous levons l. Les romaniques oimoienl sonder leurs éos d'ôme, culivonl méloncolie, nosolgie, rêveries e oures longueurs. Ce obleou de Cospor Dovid Friedrich, Le voyogeur conemplon une mer de nuoges ( 1818) hoduil'éernel voyoge inérieur des poèes, peinkes e musiciens de cee époque. 30 @ Cerveau & Psycho - N" 32
Bibliographie C. An<lré, les éos d'ôme. Un opprenissoge de lo sérénié, Odile Jocob, 2009. D. M. Sloan ef a/., Expressive wriing buffers ogoins nolodopive ruminoion, Enoion, vol. 8, pp. 302-306, 2008. R. Miranda e al., Brooding ond reflecion : ruminoion predics suicidol ideoion o l-yeor follow-up in o communiy sonple, in Behoviour Reseorch ondtheropy, vol. 45, pp. 3088-95, 2007. M. E Mason ef a/.. Wondering minds : he defoul nework ond sinulus-independen hough, in Science, vol.3l5, pp.393-395, 2007. D. wason. Mood and emperomen, Guilford Press,2000. A. Damasio, Le senimen même de soi, Odile Jocob, 1999. pour nous changer les idées, nous regardons nos raion de la sané physique à la diminuion des éas messages élecroniques ou nous sorons prendre d'âme négaifs. Aure avanage de l'écriure de soi: un café ou pire, fumer une cigaree. elle limie les ruminaions, la principale < maladie, En agissan ainsi, nous ne faisons que fuir nos éas des éas d'âme... d'âme au lieu de les accueillir e de les examiner. Ruminer, c'es < se focaliser, de façon répéée, circulaire, sérile, sur es causes, les significaions e les Pourquoi, dans de els insans, ne prenons-nous pas le emps de respirer profondémen, de nous éirer e conséquences de ses problèmes, de sa siuaion, de de nous dire : < Que se passe--il en moi? Qu es-ce son éa >, c'es s'enliser dans des < pourquoi > flous qui ne va pas? Pourquoi ce inconfor? Que dois-je e sans fin... Les Anglais uilisen aussi le erme brooding, du verbe brood, qui signifie ( couver ). acceper e que puis-je changer? > Puis nous passerions à aure chose e nous verrions si les éas d'âme Effecivemen, dans la ruminaion, on rese inacif, désagréables reviennen, car peu-êre le ravail d'inrospecion e de pacificaion rese--il à approfondir. chaud, sous soi, en les laissan se développer. assis sur ses problèmes que 'on garde bien au Prendre le emps d'y réfléchir waimen, mainenan Les éas d'âme de la ruminaion ne coniennen ou plus ard, avec 'espri clair. que des longues chaînes de demi-pensées, pensées inachevées, bribes de pensées, qui ne s'accomplissen pas, ne von pas jusqu'à leur erme, car elles [a ruminaion: s'arrêen à la pore de oue décision évenuelle : les éas d âmes circulaires un vériable cogiaus inerrupus! Qui n'a jamais Les hérapeues recommanden d'ailleurs de connu ces ruminaions, quand on se répèe qu'on prendre 'habiude de se poser ces quesions plusieurs fois dans la journée, de prendre la empérau- ieu de prendre des décisions pour changer le cours n'aurai pas dr agir comme ceci ou comme cela, au re de ses propres éas d'âme aussi régulièremen que de son desin? Ou encore, quand on doue de soi possible. Sans cee < gymnasique douce de 'espri >, nous risquons de naviguer en permanence pelle oues les fois où 'on a échoué pour des rai- au momen de passer à 'acion, e que 'on se rap- enre deux écueils : nous noyer dans nos éas d'âme sons mal idenifiées, mais qui empêchen de pousser 'acion e la réflexion présenes à leur erme? (la ruminaion) ou refuser de nous y pencher (la fuie, qui es ici une fuie de soi). Alors que, comme La ruminaion es sans objecif précis: elle n'a oujours, la voie à suivre es celle du milieu: une donc pas de fin. Les éas d'âme y son perpéuellemen reryclés, n'évoluen pas e reviennen sans inrospecion ranquille, mais consciene de ses limies. C'es pourquoi de nombreux hérapeues arrê au même poin de dépar. Un des élémens qui encouragen leurs paiens à noer leurs éas d'âme : expliquen la difficulé à mere fin aux ruminaions, il en résule de muliples bénéfices hérapeuiques, c'es qu'en 'absence de bu précis e conscien démonrés par diverses éudes, qui von de 'amélio- (< rouver une soluion, mais ne pas rop m'épuiser ni me faire de mal avec ce problème >), elles on endance à prendre 'éa émoionnel comme un indice Éa d'âme ou émoion? /^\ uelles son les principales différences enre éas d'âme e émoions prl lr.-l maires? Les éas d'âme son plus durables e moins inenses, mais influens : ils on la force de ce qui es faible e discre, mais aussi la énacié (elle une peie culpabilié qui peu nous gâcher une journée...1. E surou, ils on un impac plus global, car ils n'exisen pas seulemen en réponse à une siuaion donnée lcelle qui déclenche une émoion fore), mais ils son en rappor avec ou nore lien au monde. Les émoions son en général une ( réponse r à quelque chose qui nous ( arrive D ; les éas d?me pas oujours, comme l'a monré le psychologue Nico Frijda, de l'universié damserdam ; ils peuven êre auoproduis. Les émoions radicalisen e simplifien nore percepion des événemens, les éas d'âme la compliquen, mais, en conreparie, la renden plus subile. Les émoions son des ( agiaeurs sociaux r, qui modifien nore relaion aux aures e au monde. Au conraire, les éas d'âme son pluô des ( agiaeurs inernes r, qui modifien nore raè por à nous-même e nore vision du monde (ce qui peu, aussi, nous pousser à changef mais plus lenemenl. Les émoions nous poussen pluô vers l'acion exérieure e les éas d'âme d'abord vers la réflexion inérieure. Les éas d'âme peuven persévérer dans le sillage des émoions fores, comme une raîne (l'éa dans lequel nous sommes après une grande joie ou une grande décepion). E ils peuven aussi représener le errain qui les facilie : la morosié facilian les coups de cafard e de risesse, le ressenimen préparan les flambées de colère, la panique explosan sur fond d'anxiéé. Nuées avan 'orage, puis ciels de raîne... fiable de 'exisence d'un problème: < Si j'ai peua c'es qu il y a un danger ; si je suis rise, c'es qu il y a un malheur; si je suis inquie, c'es qu'il y a des ennuis qui arriven... > Or, dans la ruminaion, les éas d'âme négaifs deviennen chroniques, e leur dimension émoionnelle persise longemps après la dispariion des évenuels problèmes (si an es qu'ils aien jamais exisé). Si nous n'y prenons garde, nous serons piégés e prisonniers de nos ruminaions jusqu à ce que l'épuisemen, un événemen inrusif ou l'usure du emps nous en arrache... Ouand l'éa d'âme empê he l?cion l a éé éabli que, dans les cas de ruminaion, la personne se focalise sur un problème e ses conséquences, mais pas sur les soluions possibles à imaginer ou à mere en æuvre : erreur de ciblage, erreur d'aiguillage. On perd un emps infini à ruminer sur les causes évenuelles de la maladie au lieu de chercher des remèdes. D'où 'aggravaion des évenuels ennuis, qui pourra jusifier que 'on se dise ensuie: < )e senais bien que j'avais raison de me faire du souci! > Ainsi. lors d'une éude condui- 32 @ Cerveau & Psycho - No 32
_q o d p e auprès de femmes ayan un cancer du sein, les < ruminarices > éaien venues consuler en moyenne deux mois après les < non-ruminarices >. Elles pensaien ou le emps à la boule qu'elles avaien seni dans le sein, mais n'allaien pas pour auan consuler, e coninuaien juse à se faire du souci. Le rôle psychooxique des ruminaions commence à êre largemen mis en évidence dans de nombreuses pahologies psychiques, elles la dépression, 'anxiéé, la boulimie, les addicions. C'es pourquoi les réflexions sur les éas d'âme inéressen les psychohérapeues, dans la mesure où les capaciés de régulaion de ces flucuaions psychologiques discrèes pourraien bien êre impliquées dans la prévenion des rechues dépressives e anxieuses. Cerains ravaux enden à monrer que 'amorçage répéé d'éas d'âme négaifs é, en se privan de ce qu'elle nous appore peuêre de meilleur : l'inériorié. Là encore, les poèes, écrivains e philosophes nous on monré la voie. Tou au long de ses célèbres Leres à un jeune poèe, Rainer-Maria Rilke aborde magnifiquemen le rôle précieux, vial même à ses yeux, que nos éas d'âme peuven jouer dans nos exisences. Dans la Huiième Lere, il parle à son jeune correspondan de la risesse: < Si nore regard porai au-delà des limies de la connaissance, e même plus loin que le halo de nos pressenimens, peu-êre recueillerions-nous avec plus de confiance encore nos risesses que nos joies. [...] De grâce, demandez-vous si ces grandes risesses n'on pas raversé le profond de vous-même, si elles n'on pas changé beaucoup de choses en vous, si quelque poin de vore êre ne s'y es pas profondémen ransformé. > (e leur ruminaion) à parir d'événemens de vie anodins pourrai êre annonciaeur de rechues dans le cadre de la dépression. E d'aures suggèren qu'une meilleure percepion e une régulaion plus efficace de ces éas d'âme par des echniques de psychohérapie, par exemple la hérapie cogniive associée à la médiaion de pleine conscience, diminueraien le risque de ces récurrences. Cee echnique perme noammen d'apprendre au paien à évier les ruminaions (voir 'encadré page 20). [a moisson des insans heureux Nos effors vers davanage d'équilibre inérieur nécessien donc accepaion e discernemen envers nos éas d'âme négaifs. Mais aussi aenion e effors envers les posiifs : les éudes sur e senimen d'avoir une vie heureuse monren que ce senimen es lié à une fiéquence e à une répéiion de peis éas d'âme agréables, à des bouffées de Le bu de ces approches psychohérapeuiques < peis bonheurs >, pluô qu'à de grands mouvemens n'es pas de supprimer les éas d'âme, mais d'en limier les dérapages. Ne pas avoir d'éas d'âme reviendrai à mere son humanié enre parenhèses. Méfions-nous de ceux qui déclaren ( ne pas avoir d'éas d'âme >! D'ailleurs, c'es impossible. Tou juse peu-on les réprimer, les dissimuler, émoionnels, de fors momens de succès ou d'accomplissemen. C'es le issu de nos insans de bonne humeur qui compose la rame de nore bonheur: momen passé avec un proche, balade dans un bel endroi, lecure simulane, musique qui nous ouche... Japprenissage de la sérénié passe les refuser. Mais on dénie alors sa propre humani- ainsi par 'accueil de ous nos éas d'âme! 2. Les éas d'âme s'orgonisenl ouour de cinq émoions vives : lo peur, le dégoû, lo colère, lo hisesse e lo joie. lls puisen leur énergie de l'émoion cenlrole. mois s'éienden e se propogen comme des ronds dons l'eou. lls on un ospec diffus. Au confluenl des orondes émoions opporoissen des senimenls mixes, elles l'envie, l'oversion ou lo nosolgie. @ Cerveau & Psycho - N" 32 33