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1 L ADO ET SA SANTÉ

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3 Si l adolescence pubertaire peutêtre riche en névroses, il faut souligner tout d abord, rappelle Michel Fize (1) que «cet âge de la vie n a l exclusivité d aucun de ces syndromes, ensuite que ces états sont souvent déjà installés dans l enfance et qu ils se poursuivront quelquefois audelà de l adolescence.» L adolescence, précise Marcel Rufo (2) est une période douloureuse en soi car elle «représente une perte de la pensée magique de l enfance, des illusions sur soi, et sur le monde. Il faut apprendre à accepter ses propres limites et se résoudre à être toujours un peu moins glorieux que ce que l on avait imaginé. On comprend alors pourquoi l adolescence constitue un terrain favorable à l apparition de troubles psychiques. ( ). Mais un grand nombre de ces troubles, parfois spectaculaires se révéleront transitoires». C est avec le même esprit que David Le Breton développe son article sur les conduites à risques des jeunes et donne une analyse pointue du film Thirteen. Un entretien de Parole donnée, Conduites à risques à l adolescence : acte de passage est aussi consacré au sociologue, sur ce thème. La question du lien avec sa propre histoire et ses parents est discutée dans Enjeux de la séparation à l adolescence, collection parole. Ce chapitre s ouvre, comme tous les autres, par un reportage de la collection Parole d ados : J voulais pas mourir, juste me tuer. (1) «Les adolescents». Collection Idées reçues Michel Fize, Le cavalier bleu, (2) La vie en désordre. Voyage en adolescence». Marcel Rufo, Éditions Anne Carrière, La marque jeune 107

4 Le sujet en est le suicide ou ses tentatives, comme forme d expression radicale qui malheureusement peut être fatale. Témoignages de jeunes en cure, d un côté, dans un centre de soins à Bordeaux dirigé par le psychiatre Xavier Pommereau qui rend compte, ensuite, de sa pratique dans Mourir pour exister, collection Parole donnée. Tabou amènera une dimension réflexive sur le suicide prémédité en images par un jeune adulte. Une construction documentaire sans voyeurisme de la jeune réalisatrice qui nous fera toucher le narcissisme pathologique conduisant à sa perte. Tandis que La dernière tentation recadre le propos par des interventions pluridisciplinaires éclairant sur les causes possibles d un tel acte. Philippe Van Meerbeeck (3), psychiatre, le constate aussi «le suicide est la cause principale de mort chez les jeunes entre 15 et 25 ans, après les accidents de la route ( )» La fiction offre aussi un regard sur ce thème avec Le jeune Werther ou Virgin suicides et le suicide collectif. Et encore Elephant qui, comme le dit P. Van Meerbeeck, «est très impressionnant, il n y a ni histoire, ni explication psychologique. C est comme un symptôme, la cruauté à l état brut. Il faut faire l effort de le voir pour s ouvrir à la question du suicide des adolescents.» Jeux interdits dévoile des jeux pratiqués par des jeunes qui mettent en danger leur propre vie, en recherchant une forme de plaisir extrême. La violence sur soi encore avec Dans ma peau, ou vis-à-vis de l autre dans Enfant et l adolescent violents, Collection Parole donnée est discutée. Les questions d estime de soi, de confiance en soi se font particulièrement cruciales mais peuvent aussi s exprimer de façon pathologique par des troubles alimentaires (Alice ou la vie en (3) «Ainsi soient-ils! À l école de l adolescence». Philippe Van Meerbeeck. Éditions De Boeck, La marque jeune

5 noir et blanc, Duel en 2 voix, Quand l adolescence fait mal, L obésité : nous risquons gros, Precious). Les dépendances (alcool, tabac) sans qu elles en soient l apanage, se mettent souvent en place à l adolescence (Alcool : le tabou français, Arme de destruction massive, La cigarette, faut qu on en parle!, Rencontre de l adolescent avec le cannabis, Réponses d adultes aux comportements addictifs des jeunes, Collection Parole donnée) Le handicap qu il atteigne l adolescent lui-même dans Foutue adolescence ou un membre de la fratrie dans Le regard des autres & Parle avec moi, collection Parole d ados, influence son rapport à soi et au monde. L identité sexuelle se cherche ou s affirme dans Comment le dire à sa mère?, Collection Parole d ados. L univers familial peut être anxiogène voire pathogène, un sujet traité légèrement dans La tête de maman, où une adolescente va tenter de guérir sa mère d une dépression. Les adolescents d aujourd hui sont nés avec le sida et donc avec son corollaire : l impératif de prévention. Dans Face au sida, nous écoutons des témoignages sur les 30 dernières années par des médecins et des personnes atteintes. La marque jeune 109

6 Conduites à risque et mal de vivre des jeunes générations David Le Breton (1) Les conduites à risque ou la mise en danger de sa vie Le terme de conduites à risque est un mot valise englobant une série de comportements disparates mettant symboliquement ou réellement l existence en danger. Leur trait commun consiste dans l exposition délibérée du jeune au risque de se blesser ou de mourir, d altérer son avenir personnel, ou de mettre sa santé en péril : défis, tentatives de suicide, fugues, errances, alcoolisations, toxicomanies, troubles alimentaires, vitesse sur les routes, violences, relations sexuelles non protégées, refus de poursuivre un traitement médical vital, etc. Les conduites à risque ne se réduisent pas à un jeu symbolique avec l éventualité de mourir ou de se heurter violemment au monde, elles s accomplissent aussi parfois dans la discrétion mais elles mettent en danger les potentialités du jeune, elles altèrent ses possibilités d intégration sociale, et elles aboutissent parfois, comme dans l errance, la «défonce» ou l adhésion à une secte, à la démission identitaire. Certaines, inscrites dans la durée, deviennent un mode de vie (toxicomanie, troubles alimentaires ), d autres marquent un passage à l acte ou une tentative unique liée aux circonstances (tentatives de suicide, fugues, etc.) La propension à l agir qui caractérise cet âge est liée à l inachève- (1) «David Le Breton est Professeur de sociologie à l université Marc Bloch de Strasbourg. Membre de l Institut Universitaire de France. Membre du laboratoire URA-CNRS «Cultures et sociétés en Europe». Auteur notamment de En souffrance. Adolescence et entrée dans la vie (Métailié), La peau et la trace. Sur les blessures de soi (Métailié), La saveur du monde. Une anthropologie des sens (Métailié), Anthropologie du corps et modernité (PUF, Quadrige). 110 La marque jeune

7 ment des processus identitaires, à la difficulté de mobiliser en soi des ressources de sens permettant d affronter les écueils sur un autre mode. L agir est une tentative d échapper à l impuissance, à la difficulté de se penser, même s il est parfois lourd de conséquences. Le corps prend le relais de la parole informulable. Chez les filles les conduites à risque prennent des formes discrètes, silencieuses, corporalisées (troubles alimentaires, tentatives de suicide, scarifications, plaintes somatiques ), là où chez les garçons elles relèvent de l agir et impliquent une confrontation au monde souvent sous le regard des pairs (délinquance, violence, vitesse sur les routes, toxicomanies, alcoolisation ). Elles touchent des jeunes de tous les milieux, même si leur comportement dépend aussi de leur condition sociale. Un jeune de milieu populaire mal dans sa peau sera plus enclin à la petite délinquance ou à une démonstration de virilité sur la route ou avec les filles qu un jeune de milieu privilégié qui aura par exemple un accès plus facile aux drogues. La souffrance d un adolescent est un abîme, elle est sans commune mesure avec celle d un adulte qui dispose d une expérience suffisante pour relativiser les épreuves traversées en sachant que le temps en désamorce l acuité. Il est souvent à fleur de peau, et ses réactions sans demi-mesure, sans recul. Un conflit avec ses parents ou ses amis, une rupture amoureuse, une déception, ont pour lui les allures d un drame sans recours. On sait à ce propos la «futilité», souvent évoquée par les adultes, des «motifs» qui amènent à une tentative de suicide par exemple. Forme d adulto-centrisme qui échoue à comprendre la subjectivité du jeune. Les conduites à risque sont d abord des tentatives douloureuses de ritualiser le passage à l âge d homme. Recherches de limites jamais données ou insuffisamment étayées, ce sont des formes de résistance contre la violence issue d une famille (manque d amour, rejet, indifférence, indisponibilité, conflits, maltraitance, abus sexuels, violences physiques, ou au contraire : surprotec- La marque jeune 111

8 tion, indifférenciation) et/ou de la société (compétition généralisée, précarité, exclusion, etc.). Interrogation douloureuse sur le sens de l existence, ce sont des manières de forcer le passage en brisant le mur d impuissance. Les conduites à risque témoignent d une pathologie du temps, de l impossibilité de franchir le passage, elles le manifestent de manière évidente dans les addictions ou simplement les répétitions de mise en danger de soi, l emprisonnement dans un temps circulaire. Mais simultanément elles témoignent de la tentative de s en extraire, de gagner du temps pour ne pas mourir, pour continuer encore à vivre. Et le temps est le premier remède des souffrances adolescentes. Quatre chemins de compréhension Quatre figures anthropologiques se croisent, selon nous, dans les conduites à risque des jeunes, elles ne s excluent pas les unes des autres, mais s enchevêtrent : ordalie, sacrifice, blancheur, dépendance (2) et affrontement. L ordalie est une manière de jouer le tout pour le tout et de se livrer à une épreuve personnelle pour tester une légitimité à vivre que le jeune n éprouve pas encore car le lien social a été impuissant à lui donner. Il interroge symboliquement la mort pour garantir son existence par le fait de survivre. Toutes les conduites à risque des jeunes ont une tonalité ordalique. L exposition au danger vise à expulser l intolérable pour trouver l apaisement. Échapper à la mort peut induire le retour à une vie plus heureuse. Survivre redéfinit radicalement le sens de l existence. Si l enracinement dans l existence n est pas étayé sur un goût de vivre suffisant, il reste à braconner le sens en se mettant en danger ou en (2) Nous les avons longuement décrites notamment dans l ouvrage En souffrance. Adolescence et entrée dans la vie (Le Breton, 2007). 112 La marque jeune

9 situation difficile pour trouver enfin les limites qui manquent et surtout tester sa légitimité personnelle. Le film de Nicholas Ray, Rebel without a cause (La fureur de vivre) (1955) montre un jeu ordalique à travers un défi en voiture qui consiste à s arrêter au plus proche d une falaise. Le sacrifice joue la partie pour le tout. Le jeune sacrifie une part de soi pour sauver l essentiel. Ainsi par exemple des scarifications ou de diverses formes d addiction comme la toxicomanie, l anorexie. Le film de Marina de Van, Dans ma peau (2002) montre ainsi la plongée d une jeune femme qui s entaille et glisse peu à peu dans la psychose. Plus loin nous analysons un autre film, Thirteen, où les scarifications sont mises en scène sur un mode plus ordinaire chez des adolescentes en détresse (3). La blancheur est l effacement Dans ma peau - VD0803 de soi dans la disparition des contraintes d identité, la volonté de ne plus être soi, de n être personne. On la rencontre notamment dans l errance, l adhésion à une secte ou la recherche de la «défonce» à travers l alcool, la drogue ou d autres produits. Recherche du coma et non plus de sensations. Agnès Varda a signé l un des grands films sur ce thème : Sans toi ni loi (1985) avec une bouleversante Sandrine Bonnaire ou sur d autres registres : La vie rêvée des anges (1997) d Eric Zonca ou Into the Wild (2007) de Sean Penn. L affrontement est une confrontation brutale aux autres à travers violences, incivilités, délinquances, l affrontement est une fuite en avant en se cognant contre le monde à défaut de (3) Dans un roman policier : Mort sur la route (Métailié, 2007), j ai raconté l histoire d une poignée d adolescents perdus dans cette blancheur, cette volonté de disparaître de soi. La marque jeune 113

10 limites de sens bien intégrées et heureuses, elle est un corps à corps permanent avec le monde. En 1955 avec The Blackboard Jungle (Graine de violence) R. Brooks abordait la question de la violence dans une classe où un enseignant affronte une poignée de jeunes meurtris et à fleur de peau. The blackboard jungle - VG5730 La dépendance et le rapport au temps La dépendance est une autre figure qui consiste à remplacer la complexité du monde par une ligne d orientation qui absorbe tout le temps (anorexie, toxicomane, etc.) De nombreux films ont été tournés autour de ces thématiques à commencer par Panic in Needle Park (Panique à Needle Parc (1971) de Jerry Schatzberg autour de la drogue ; Under the skin de Carine Adler (2003) est une plongée douloureuse dans une sexualité destructrice après le deuil d une mère. Éric Zonca dans Le petit voleur (1998), un film à fleur de peau, a montré la tentation de la délinquance chez un jeune homme. Under the skin - VU4833 Les conduites à risque sont des rites intimes de contrebande visant à fabriquer du sens pour pouvoir continuer à vivre. Elles marquent l altération du goût de vivre d une partie de la jeunesse contemporaine. Le sentiment d être devant un mur infranchissable, un présent qui n en finit jamais. Les conduites à risque sont des tentatives de s arracher à l impuissance pour devenir à nouveau acteur de son existence, même 114 La marque jeune

11 en en payant le prix (logique de sacrifice). Acte de passage plus souvent que passage à l acte. Les conduites à risque sont une recherche de butée, en se faisant mal, en s écorchant, en se cognant contre les arêtes du réel en éprouvant le contrecorps de la toxicomanie, de l alcoolisation, ou de l anorexie, de la boulimie Il s agit de fabriquer une douleur qui endigue provisoirement la souffrance. Une douleur délibérée, et donc contrôlable, s oppose à une souffrance qui dévore tout sur son passage. À l incertitude des relations, l individu préfère le rapport régulier à un objet qui oriente totalement son existence, mais qu il a le sentiment de maîtriser à volonté et éternellement. D où les relations d emprise du jeune envers certains objets : drogue, alcool, nourriture, etc., grâce auxquels il décide à sa guise des états de son corps quitte à transformer son entourage en pure utilité et à ne rien investir d autre. À l insaisissable de soi et du monde, il oppose le concret du corps. Les relations d emprise sont une forme de contrôle exercé sur la vie quotidienne face à la turbulence du monde. Le jeune reproduit sans cesse une relation particulière à un objet ou à une sensation qui lui procure enfin, fut-ce pour un instant, l impression furtive de s appartenir et d être encore ancré au monde. Le jeune et la représentation de la vie/la mort Lors de la jeunesse les moments de souffrance ne sont pas comparables à ceux qui se jouent à l âge d homme. L adolescent ne dispose pas d une histoire de vie autorisant la mise à distance, le recul critique et la relativisation des événements pénibles. Il les prend de plein fouet, sans expérience pour les amortir. Sa souffrance est un abîme qui explique la radicalité de ses comportements. La possibilité de se déprendre des circonstances pénibles est plus facile pour l adulte. Il vit l instant comme un abîme qui l engloutit. Mais s il trouve un point d appui pour rebondir, il se retrouve pleinement en prise sur son existence. Il est toujours débordant de virtualités La marque jeune 115

12 selon les rencontres réelles ou symboliques qui sont les siennes. Une autre donnée explique aussi la profusion des conduites radicales à ce moment de la vie. L adolescent ne dispose pas encore d une représentation de la mort comme fait tragique et irréversible. Il demeure dans l ambivalence, dans le «je sais bien mais quand même», «je sais que la mort existe mais pas pour moi car j ai une autre étoffe que les autres, moi je suis spécial». Il ne se sent pas concerné. D où d ailleurs son désarroi quand il est confronté à la mort d un proche et que le refoulé fait brutalement retour. Plus que l adulte encore il se sent immortel ou plutôt a-mortel. L adolescence est aussi un passage, une liminarité à franchir. Dans les sociétés humaines toute liminarité est périlleuse, elle implique un statut ambigu, indécis, qui succède et prélude à une situation plus précise. Les mêmes symptômes à quinze ou à quarante ans n ont ni le même statut ni le même pronostic. L adolescence est un temps d obsolescence du sentiment d identité, de remaniement tant qu un centre de gravité n est pas établi en soi, tant que la quête n a pas abouti. La résolution des tensions est rapide et inattendue, ou bien elle prend du temps, mais elle trouve une issue favorable. Surprenante est alors la capacité d oubli ou de rebond. Les modes de défense d un adolescent n ont pas la gravité de ceux d un adulte. Contrairement en cela à des hommes ou des femmes plus âgés, les adolescent(e)s sont encore dans un passage plein de virtualités, avec un sentiment d identité labile, le recours à des formes de résistance qui paraissent radicales n est pas nécessairement une promesse de pathologie, mais une forme d ajustement personnel et temporaire à une situation de menace. Les conduites à risque ou les scarifications touchent essentiellement des adolescent(e)s «ordinaires» qui ne souffrent d aucune pathologie, au sens psychiatrique du terme, mais de meurtrissures réelles ou imaginaires de leur existence. Elles sont un recours anthropologique pour s opposer à cette souffrance et se préserver. Il est malaisé de les identifier comme «pathologiques» sinon au 116 La marque jeune

13 sens étymologique du pathos, c est-à-dire de la souffrance qui les imprègne, et de «logiques» de comportements qui relèvent de l anthropos. Les circonstances ne laissent pas le choix des moyens pour s en sortir. Mais surtout les conduites à risque ou les attaques au corps constituent dans le même mouvement une résistance contre une violence sourde qui se situe en amont dans une configuration familiale ou sociale. Le comportement se dresse contre l affect douloureux en lui opposant son cran d arrêt. Les souffrances adolescentes sont puissantes, mais réversibles. Elles surprennent parfois par leur résolution rapide alors qu elles semblaient aller vers le pire, de même d ailleurs que l eau dormante recèle parfois de douloureux réveils pour l entourage n ayant pas perçu l étendue d une détresse soigneusement dissimulée par le jeune. Dans l immense majorité des cas elles ne durent qu un moment, elles sont abandonnées au fil du temps. Elles participent de manière courante à la nécessité de l accommodement au monde, elles se guérissent à travers les expériences successives du jeune qui prend peu à peu ses marques. Thirteen Je m arrête plus longuement sur un film qui me parait l un des documents forts sur la jeunesse contemporaine. Thirteen (2002) est le premier long métrage de Catherine Hardwicke, sur un scénario qu elle a co-écrit avec l une des jeunes comédiennes, Nikki Reed, qui a vécu elle-même cette transformation avant de prendre du recul. Dans la distribution on trouve notamment une formidable Thirteen - VT3513 La marque jeune 117

14 Holly Hunter dans le rôle d une mère aimante et dépassée par le comportement de sa fille. Thirteen est une plongée sans concession dans l univers de la Girl culture wasp (white, anglo-saxon, protestant). Le film suit la métamorphose de Tracy, qui joue avec sa poupée Barbie et ses ours en peluche avant de brusquement se transformer en quelques semaines en une adolescente hantée par son look, ses piercings, la fête, les garçons. Le déclic vient sans doute des sourires ironiques qu elle essayait dans son lycée et de la réflexion de l une de ses condisciples au lycée qui se moque d elle en désignant ses chaussettes «Elle sort de la crèche, celle là!». Insulte suprême qui amènera le soir même Tracy a jeté à la poubelle non seulement ses chaussettes, mais aussi toute sa panoplie de petite fille. Tracy reproche à sa mère sa condition modeste, sa générosité qui l amène à donner son temps sans compter, à ouvrir sa maison pour accueillir des proches. Elle ne tolère pas sa relation amoureuse avec un homme qui sort de prison, ancien toxicomane toujours prêt à rechuter. Tracy se transforme après avoir réussi à se lier d amitié avec Evie, la fille sans doute la plus populaire de son lycée, rebelle, insolente, sexy, ultra-chic. Elle cherche à attirer l attention de cette fille indifférente et moqueuse à son égard. La relation se noue un jour où Tracy surprend Evie et une amie à elle à voler de petits objets de maquillage dans un magasin. Tracy parvient dans les minutes qui suivent à subtiliser le portefeuille d une femme assise sur un banc en grande conversation sur son cellulaire. Tracy revient triomphante auprès des deux filles qui l accueillent avec jubilation en découvrant une belle somme qui servira à l achat de vêtements et de chaussures. Dès lors sous l égide d Evie, Tracy se transforme, change son look, passe des heures à se maquiller ou à choisir ses vêtements, se tatoue, adopte des piercings à la langue et au nombril, entre doucement dans le cycle de la drogue, elle devient populaire auprès des garçons, vit dans l exaltation à chaque sonnerie de portable, tandis que ses relations à sa mère, qui ne comprend rien à la transformation de sa fille, se dégradent. 118 La marque jeune

15 Le film raconte l histoire de deux filles en pleine détresse qui cherchent passionnément une reconnaissance absente de leur vie quotidienne. Le père de Tracy, remarié avec des enfants, n est jamais disponible pour venir la voir, et quand il vient il ne peut s empêcher de répondre en permanence lorsque son portable sonne, incapable d écouter sa fille en pleine détresse. Quand à Evie, ses parents sont morts, et elle vit avec une tante toxicomane et indisponible. Elle n a de chance d exister que par son look et l attirance qu elle provoque chez les garçons. Elle ne cesse de manipuler les gens qui l entourent, même ceux qu elle aime, sacrifiant d ailleurs pour finir son amitié avec Tracy, à défaut d avoir intégré les codes pour se situer dans la réciprocité avec les autres. Dans une scène clé, alors que le père de Tracy vient de dire maladroitement son indisponibilité face à Tracy et qu il se dirige vers sa voiture, il croise son fils qui le complimente sur sa voiture (alors qu il ne paie pas la pension alimentaire à son ancienne compagne). Il tente un instant de renouer l ancienne complicité avec son fils sans y parvenir. Tandis que ce dernier lui dit combien Tracy va mal, il s emporte et demande qu on lui explique enfin «où est le problème!». Désengagé, il part en colère, n ayant aucunement compris la détresse de sa fille,. De même dans les premières scènes de Elephant de Gus Van Sant, le fils demande à son père alcoolique qui louvoie sur la route en accrochant d autres voitures et en affleurant les piétons et les cyclistes de lui céder le volant. Arrivé au lycée de Colombine, le fils lui demande que son frère revienne le chercher «Mais où est le putain de problème?», dit le père devant son fils que l on retrouvera plus tard les larmes aux yeux. Le cinéma américain de ces dernières années de Mystic River (2003) de Clint Eastwood à Ken Park (2002) de Larry Clarke n est pas tendre pour les pères dont le détache- Mystic river - VM9011 La marque jeune 119

16 ment est souvent mis en lien avec la détresse de leurs enfants. La fureur de vivre de N. Ray montrait également les carences de la paternité. Dans Thirteen, le père absent et indifférent de Tracy fait écho à celui disparu d Evie, élevée par sa tante. La culture des pairs supplante celle des pères, la transmission s efface devant l imitation. Il faut dès lors être à la hauteur du regard des autres, ceux de sa classe d âge, même s il faut pour cela se battre avec ses parents. L une des terreurs des cours de récréation des collèges ou des lycées est de passer pour un «bouffon.» L estime de soi ne vient plus de l adhésion à des valeurs unanimes structurant le lien social, elle ne s alimente plus dans le miroir des aînés mais dans celui des pairs. La disparition des grands récits, l autonomie de l individu, la fragmentation du lien social, déplacent le foyer de l estime de soi vers le regard des autres les plus proches, non plus les parents dont l amour est acquis, mais celui impitoyable des pairs dont le jugement s énonce moins sur un mode moral que dans la coïncidence ou non à des modèles ambiants et provisoires du groupe. Le jeune devient d autant plus dépendant de l opinion des autres que les valeurs qui structurent son rapport au monde sont toujours changeantes et liées essentiellement à l univers de la consommation. L adolescent quelconque trouve son héros dans un autre adolescent quelconque. Cet engouement pour la consommation et l éclatement des systèmes symboliques, rendent difficile la transmission aux jeunes générations des repères susceptibles de fonder culturellement et socialement le sentiment personnel de sa valeur propre d individu. Le passage propice et incontestable vers l âge d homme n est pas octroyé d emblée par la naissance et le fait de grandir. Les chemins ne sont plus tout tracés, aucun lendemain qui chante n est plus promis par une quelconque idéologie. Tracy s entaille régulièrement à chaque fois qu elle est confrontée à une frustration, notamment dans sa relation douloureuse à son père. Un monde qui ne se donne plus d emblée à la volonté est 120 La marque jeune

17 intolérable, et il faut se purger de la violence de l émotion ressentie. Si la peau est une voie de salut pour les uns, elle est pour les autres l écran insupportable qui les empêche d exister sans avoir à rendre compte, et maintient une tension intolérable. D où le surgissement d autres marques corporelles touchant surtout les adolescentes dans un geste de refus : les incisions délibérées dans un contexte de souffrance personnelle. Geste polysémique (4), dont l une des significations est le refus inconscient d être enfermé dans un corps toujours en représentation, assigné à une identité insupportable face à un monde où l on ne se reconnaît pas. Les incisions sont une volonté de s arracher à un corps qui épingle à soi, de se dépouiller d une peau qui colle douloureusement au regard des autres. Tentative symbolique de briser l image. Biffure de soi comme on raye une phrase malencontreuse. Le corps est en trop et il enferme en soi à la manière d une prison d identité. Et Tracy se cherche encore enfant, pas encore femme, prisonnière d un entre-deux insupportable. La dernière scène est très forte, quand la mère de Tracy découvre, sur la dénonciation d Evie, que sa fille s entaille. Scène intense, superbement jouée et filmée, où la tutrice d Evie dénonce Tracy comme «folle» emportant avec elle Evie, en pleine dérive et que l on pressent désormais sans autre avenir que le crescendo de la drogue. La mère de Tracy serre sa fille contre elle, sans la lâcher, lui disant qu elle l aime malgré ce qu elle s est fait. Les deux femmes s allongent sur le lit, Tracy toujours dans les bras de sa mère. Elle est contenue, elle retrouve peu à peu ses limites, elle s endort. (4) Pour une approche spécifique des scarifications, David Le Breton, La peau et la trace. Sur les blessures de soi, Paris, Métailié, 2003 La marque jeune 121

18 Thirteen est à mes yeux l un des grands films sur l adolescence, à la fois témoignage sociologique et œuvre de création, avec des comédiens à fleur de peau. Une caméra sensible qui épouse les mouvements des personnages sans s y perdre, en sachant aussi calmer le jeu. Films abordés dans cet article - La fureur de vivre de Nicholas Ray - VF Dans ma peau de Marina de Van - VD Sans toi ni loi d Agnès Varda - VS0871(VHS) - La vie rêvée des anges d Eric Zonka - VV Into the wild de Sean Penn - VI Graine de violence de Richard Brooks - VG Panique à Needle Park de Jerry Schatzberg - VP Under the skin de Carine Adler - VU Le petit voleur d Eric Zonka - VX Thirteen de Catherine Hardwicke - VT Elephant de Gus van Sant - VE Mystic River de Clint Eastwood - VM Ken park de Larry Clark - VK La marque jeune

19 La sélection, documentaires et fictions J voulais pas mourir, juste me tuer Collection «Parole d ados» ; Marie Mandy ; Belgique, France ; Luna Blue Film ; TN4161 Documentaire à vocation pédagogique sur le mal-être et la tentative de suicide d adolescents. Témoignages. Interview de X. Pommereau du Centre Jean Abadie du CHU de Bordeaux. Contenu Pour lutter contre le tabou qui entoure encore trop souvent la mort volontaire des jeunes, six ados -de 14 à 18 ans- témoignent. Plusieurs d entre eux se sont scarifiés, lançant, par ce geste mutilateur, un premier appel à l aide. Puis ils ont fait une TS (tentative de suicide). Ils expriment leur mal-être et parlent du fil ténu qui sépare la vie de la mort. Ils déplorent la rupture de communication avec leur entourage, la solitude, l impression de ne servir à rien, d être mal aimés. Ils disent combien ils voulaient en finir avec la souffrance plutôt qu avec leur existence. Ils évoquent aussi l importance de la parole et leur attachement à la vie, et dénoncent enfin le tabou qui entoure le suicide, et dont on s occupe si peu en milieu scolaire. Pour appréhender ce sujet délicat, qu elle affronte de face, la réalisatrice a choisi de filmer la vie, la renaissance, les rires. Pour évoquer ce voyage aux frontières de la mort, elle a filmé les témoignages des jeunes dans la clarté des tons pastels afin de La marque jeune 123

20 créer des images mentales très évocatrices et parler de la mort en filmant une vie. Objectifs - Montrer le témoignage d adolescents ayant fait une TS (tentative de suicide) - Faire comprendre l importance de la parole, de la communication - Aider à décoder certains comportements dépressifs ou d auto-mutilation chez les ados Appréciation Au travers de dialogues entre eux ou avec un thérapeute, le documentaire donne essentiellement la parole aux jeunes qui viennent de réaliser une tentative de suicide ou qui se sont mutilés. Grâce à leurs témoignages, la musique, un mur à textes et un poème, démarre une réflexion sur le pourquoi de ce passage à l acte et sur l importance de pouvoir se confier et pourtant la nécessité d y arriver pour s en sortir. Ils parlent de leur sentiment de solitude, de leur difficulté à communiquer et du tabou que représente le suicide à l école. Certainement pas exhaustif sur cette problématique, ce documentaire, dont la recherche esthétique est à souligner, peut servir de point de départ à un débat avec des adolescents. À partir du 2 e cycle du Secondaire 124 La marque jeune

21 Mourir pour exister Collection Parole donnée ; Anthéa ; France ; TN5969 Un entretien avec Xavier Pommereau, psychiatre, chef de service au Pôle aquitain de l adolescence. Centre Abadie du CHU de Bordeaux. Animé par Cécile Neffati, psychologue clinicienne, membre d Anthéa. L adolescence est un âge de construction identitaire. Celui ou celle qui éprouve le sentiment de «non exister» peut penser au suicide. En finir avec la souffrance, reprendre la main sur les difficultés, couper avec des représentations intolérables, «dis-paraître» en se débarrassant du corps propre et devenir un pur esprit capable d occuper à jamais la mémoire de ceux qui restent. En somme mourir pour exister, terrible paradoxe qui impose à tout professionnel en charge d adolescents en mal-être de les aider à temps à trouver, ici et maintenant, une identité tolérable. Conduites à risques à l adolescence : acte de passage 40 ; 2004 ; Collection Parole donnée ; Anthéa ; France ; TN5992 Un entretien avec David Le breton, professeur de sociologie à l Université de Strasbourg et membre de l Institut de France. Animé par Françoise Puig, éducatrice spé- La marque jeune 125

22 cialisée, directrice de l établissement pour adolescents et membre d Anthéa. «Les conduites à risque sont pour les jeunes générations en détresse, une forme de résistance. Ce sont des tentatives de vivre et non des tentatives de suicide. Ce sont des appels à vivre, des actes de passage, rarement des pathologies, ce sont des anthropo-logiques. Ce sont des jeunes qui ont besoin de passeurs, de compagnons de route, d éducateurs qui leur donne envie de grandir.» Enjeux de la séparation à l adolescence 45 ; 2002 ; Collection Parole donnée ; TN5986 Un échange entre Nicole Catheline, pédopsychiatre et Daniel Marcelli, professeur en pédopsychiatrie. «Il est courant de parler de séparation pour l adolescent, mais a-t-il besoin de se séparer? De leur côté, les parents voient eux aussi avec inquiétude leur adolescent s éloigner. Ne pas savoir où est son enfant est pour beaucoup de parents une inquiétude difficilement supportable. Si tout être humain a besoin de lien, il a aussi besoin de se sentir parfois séparé, autonome, différencié. Les liens se sont structurés dans l enfance, l autonomie s élabore à l adolescence. Dans cette discussion à deux voix, nous abordons les différents enjeux de cette séparation. L impossibilité d élaborer la séparation conduit à la pathologie de la dépendance» 126 La marque jeune

23 Alcool : le tabou français 110 ; 2005 ; Complément d enquête ; France ; TN1708 Document d information générale sur la problématique de l alcool en France : 4 reportages entrecoupés des commentaires du journaliste et de ses invités spécialistes (du monde médical, politique, de l entreprise et un ancien alcoolique). Lieux multiples. Chiffres à l écran. / Interviews en son direct Contenu En France, on associe volontiers l alcool au terroir, à une certaine douceur de vivre, à la fête. Les maladies qui y sont liées sont en général tabou, que ce soit dans le monde du travail, dans celui de la dépendance des jeunes. Au travers de quatre reportages, l émission propose de dénuer cet écheveau et de voir les causes réelles de ce mutisme inquiétant : l alcoolisme provoque la mort de personnes chaque année dans l Hexagone La nouvelle défonce : l alcool chez les jeunes, la généralisation des cocktails et des prémix (20 ) - 2. Voyage au bout de l enfer : on évalue à deux millions le nombre de personnes malades de l alcool en France. Comment soigne-ton l alcoolisme en France? (18 ) - 3. Métro-boulot-apéro : comment les entreprises françaises tentent-elles aujourd hui de contrôler la consommation de leurs employés? (18 ) - 4. Suède, la route de la soif : exemple d un pays où la vente d alcool est prohibée et fait l objet d un monopole d état. Comment les suédois contournent le système, à la lumière de leur entrée en Europe et de la législation européenne. (15 ) La marque jeune 127

24 Objectifs - S informer sur une nouvelle forme de relation à l alcool chez les jeunes - Faire un état des lieux de la problématique liée à l alcool en France - Rappeler que l alcoolisme est bel et bien une maladie, que personne n est à l abri (hommes ou femmes de tous milieux sociaux) et qu elle nécessite un traitement médical et un suivi thérapeutique - Informer sur les différentes ressources existant pour venir en aide aux personnes souffrant de cette pathologie : hospitalisation, sevrage, groupes d entraide, aide psychologique, etc. - Prendre conscience et mieux comprendre la difficulté de mettre en place une politique de santé et la complexité de la prévention de l abus de l alcool tant les enjeux économiques sont énormes pour la société et l état lui-même Appréciation Document bien construit apportant des points de vues variés tant dans les témoignages personnels que dans les interventions d experts, ce qui donne une vision nuancée des questions traitées. Le discours des spécialistes est intéressant et accessible par un large public, rendant la longueur du documentaire tout à fait acceptable. Soulignons cependant que les 4 sujets peuvent être regardés séparément. L implication des enjeux économiques et des stratégies commerciales dans le développement de ce phénomène de société est clairement mise en évidence. On peut cependant regretter l absence de propositions concrètes pour tenter de le contrer. Il n en reste pas moins vrai que ces 4 reportages proposent une analyse éclairée sur le sujet et font de ce documentaire un outil intéressant pour susciter la réflexion personnelle et collective. À partir du 2 e cycle du Secondaire 128 La marque jeune

25 Arme de destruction massive 30 ; 2005 ; Philippe Cornet ; Belgique ; TN0671 Parler du tabac avec les jeunes reste un enjeu important. Le film accompagné du dossier contribue à lancer un débat constructif. L important est de susciter une prise de conscience du rôle que joue la consommation du tabac dans la vie des jeunes et d évoquer les alternatives possibles. L objectif est d inciter les jeunes à rester responsables dans la gestion de cette consommation si elle se révèle indispensable. Le tabagisme des jeunes dépend de facteurs individuels mais aussi plus largement de l environnement social dans lequel ils évoluent. Les choix individuels ne sont pas aussi libres que les jeunes l imaginent, ils sont influencés par les stratégies commerciales de l industrie du tabac. Le document part de témoignages de jeunes fumeurs, et vise notamment à casser l image valorisante du fumeur en recourant à un ressort traditionnel de la lutte anti-tabac, à savoir mettre concrètement les jeunes en présence des conséquences médicales gravissimes du tabagisme, qui leur sont exposées et montrées par des spécialistes. À côté de cela, le document vise aussi à la dénormalisation de l industrie du tabac, dont les mensonges et les manipulations chimiques du produit sont évoqués. Pour nuancer le propos, le DVD est accompagné d un livret pédagogique réalisé par l asbl Question Santé en tant que Service communautaire de promotion de la santé. Ce dossier s appuie sur les réactions d une cinquantaine de jeunes âgés de 15 à 20 ans, fumeurs et non-fumeurs, à la projection du film. La marque jeune 129

26 La cigarette. Faut qu on en parle! 105 ; 2008 ; Jill Emery ; Sceren ; France ; TN1631 Document pédagogique rassemblant 75 témoignages de fumeurs, d anciens fumeurs, de non-fumeurs et de scientifiques sur la question du tabagisme. Contenu Les 75 témoignages de fumeurs, d anciens fumeurs et de non-fumeurs de tous âges (adolescents et adultes) ainsi que d experts du monde de la santé sont répartis en 4 thèmes (Fumer, c est quoi? Je vis en société, Les risques du fumeur et l argent des cigarettes). Ils permettent d animer des actions de prévention collective auprès des jeunes. Toutes les dimensions de la cigarette sont abordées : les mécanismes de la dépendance, les représentations mentales, l influence de l environnement social et affectif, les risques pour la santé mais aussi les plaisirs qu elle procure à ses utilisateurs. + Livret d accompagnement pédagogique (72 pages) qui propose analyses et pistes d exploitation. Outil Coup de cœur sur le site de PIPSa. Objectifs - S informer sur les processus physiologiques et comportementaux qui mènent au tabagisme - Analyser les représentations liées au tabagisme (des fumeurs ou non-fumeurs) - Susciter une réflexion relative à sa consommation tabagique - Prendre conscience des influences inconscientes de l envi- 130 La marque jeune

27 ronnement social et affectif (parents, fratrie, pairs, publicité, industrie du tabac, etc.) sur la dépendance - Se rendre compte du lobbying intense de l industrie du tabac et de son influence sur le consommateur de tabac Appréciation Les témoignages de fumeurs ou d ex-fumeurs et de scientifiques qui parlent des différents aspects de la dépendance sont très pertinents, concis et authentiques mais la structure du document rend la vision un peu difficile et demande une manipulation constante. En effet, seul un visionnement en multiples séquences est proposé, les témoignages sont très courts (un peu plus d 1 parfois moins) et une vision plus continue et plus fluide n aurait pas été superflue. Cependant, la structure permet d aborder séparément les différents thèmes, ce qui rend son utilisation conseillée dans le cadre d un débat sur le sujet du tabagisme. L ensemble des témoignages fait le tour de la question et aborde également la notion de plaisir et les effets positifs du tabac ressentis par les fumeurs. Remarque : La description physiologique de la dépendance est mal présentée : la nicotine ne crée pas des récepteurs dans le cerveau. Les récepteurs existent et la nicotine provoque une «tolérance» qui oblige à répéter les doses. Dès le 1 er cycle du Secondaire. La marque jeune 131

28 Réponses d adultes aux comportements addictifs des jeunes 45 ; 2005 ; Collection Parole Donnée Anthéa ; France ; TN5970 Un échange entre Michel Defrance, éducateur spécialisé, directeur ITES de Clamagéran et Philippe Jeammet, professeur de psychiatrie enfant et adolescent de Paris VI. Les phénomènes addictifs des jeunes interrogent par leur développement. Les processus éducatifs - et plus généralement ceux de la construction de soi - évoluent avec nos représentations. Quelques pistes de réponses sont évoquées à l attention des adultes, professionnels ou non, déstabilisés par des conduites qui les mettent en cause. Rencontre de l adolescent avec le cannabis 45 ; 2005 ; Collection Parole donnée ; Anthéa ; France ; TN5977 Document d information spécifique sur l adolescence et la consommation de cannabis. Interview d une spécialiste. Dispositif dépouillé propre à la collection «Parole donnée» : 2 chaises, une table. 132 La marque jeune

29 Contenu Le cannabis est aujourd hui un produit de consommation de masse et son usage n est jamais tout à fait neutre à l adolescence, période mobilisant les fragilités narcissiques des sujets. Si le produit lui-même ne relève pas des psychotropes dangereux, son usage massif et sa banalisation nous interrogent. Les adolescents en quête de repères, au croisement d un désir d autonomie et d un besoin de dépendance, tentent, derrière cet écran de fumée, de combler un «vide» face à leurs questions existentielles. Appréhender ces questions nécessite d en analyser les aspects psychiques, voire psychopathologiques. - Différences sexuelles face à la consommation de cannabis - Cannabis et adolescence - Cannabis et dépression - Cannabis, un produit paradoxal - Cannabis, ado et société - Éducation, prévention et répression - Accompagnement des jeunes consommant du cannabis Intervenants : Un entretien avec Michèle Benhaim, psychologue, psychanalyste, maître de conférence à l Université de Provence animé par Béatrice Luque, psychologue clinicienne, membre d Anthéa. Objectifs - S informer sur les différentes formes de consommation du cannabis chez l adolescent - Comprendre les significations de la consommation de produit à cet âge charnière - Prendre conscience que la consommation de cannabis n est jamais un fait anodin - S informer sur l évolution du produit Appréciation Compte tenu des limites inhérentes au genre de l interview, il La marque jeune 133

30 s agit d un intéressant jeu de questions/réponses permettant à une psychologue connaissant bien les adolescents de décrire de façon nuancée et sans jugement de valeur la question de la consommation de cannabis. Elle aborde aussi les pathologies cachées par la consommation de drogues et l accompagnement que l on peut proposer au jeune et à sa famille. Enseignement supérieur Duel en 2 voix 26 ; 2005 ; Catherine Veaux-Logeat ; Canada TN2734 Documentaire d information générale à vocation informative sur l anorexie. Alternance des interviews avec les images d un duo chorégraphié (2 femmes) de danse contemporaine : analogie avec l anorexie/ boulimie. Musique. Son direct. Commentaires voix off. Le film a reçu la Mention spéciale du jury, Festival international du film de santé de Liège, ImagéSanté 2006, et le Golden Sheaf Award, catégorie Documentary Science/Medecine, Festival du court-métrage de Yorktown, Contenu «Duel en 2 voix» raconte le combat quotidien de trois femmes, trois générations aux prises avec les troubles du comportement alimentaire. L anorexie-boulimie, maladie complexe qui part de l intérieur, est un combat quotidien entre le désir de contrôle abso- 134 La marque jeune

31 lu du corps et le désir de vivre. Un combat sournois qui se vit dans la solitude et la détresse. Entre la voix qui hurle «mange pas!» et celle qui supplie, «aime-moi!», Joanny, Catherine et Annick nous parlent de cet équilibre recherché et des pièges qui se trouvent sur leur chemin. Mais au-delà des voix qui se répondent en duel chaque jour, il arrive parfois qu on commence à prendre conscience de la vie qui nous entoure. Ce jour-là, la maladie occupe moins de place. Intervenants : Trois témoins Joanny Mailhot, Catherine Cardinal et Annick Loupias Jean Wilkins, médecin à l Hôpital Sainte-Justine, Université mère-enfant Note : Un feuillet informatif accompagne le titre. Objectifs - Prendre connaissance que l anorexie est une maladie - Se rendre compte que cette maladie perdure dans le temps même après une longue période de stabilisation de poids - Modifier ses représentations sur l anorexie - Énoncer et décrire les étapes qui conduisent à l anorexie - Prendre connaissance des difficultés rencontrées par les anorexiques dans leurs relations interpersonnelles Appréciation Guidé par une mise en images très esthétique, le téléspectateur entre dans l univers mental et affectif de trois personnes anorexiques de génération différente. Chacune d elle se trouve à une étape différente de la maladie. Les témoignages sont appuyés par une analyse psychologique. Le ressenti des personnes est symbolisé par un ballet où les deux danseuses d âge différent représentent la dualité (force/faiblesse) de la personnalité de l anorexique. Cette mise en scène renforce le respect et l écoute des témoignages. Le spectateur est amené à modifier ses représentations sur l anorexie, trop souvent présentée comme la conséquence d une volonté de correspondre aux diktats de la mode. Remarque : L accent canadien des personnes interviewées pour- La marque jeune 135

32 rait ennuyer certaines personnes ou poser des problèmes de compréhension. À partir du 2 e cycle du Secondaire Alice ou la vie en noir et blanc 15 ; 2006 ; Jan Roekens ; Belgique ; TN4019 Fiction - court métrage à vocation artistique et pédagogique (images en noir & blanc, incrustations d éléments colorés ; gros plans). Ce court-métrage a reçu le 3 e Prix Ex aequo au Festival ImagéSanté 2008, Jury Éducation à la santé. Contenu Cette fiction montre la vie et les sentiments d une jeune fille dans un environnement familial en crise. Mal dans sa peau, Alice se raccroche à l enfance, lâche prise, contrôle son appétit et s interdit d avancer. Une visite médicale scolaire décèle une anorexie. Grâce à une hospitalisation, elle parviendra, peut-être, à retrouver l élan vital. Objectifs - Découvrir l histoire d une jeune fille anorexique - Prendre conscience d une partie du vécu personnel, familial et relationnel sous-jacent à cette maladie Appréciation Cette courte fiction aborde quelques aspects du vécu d une adolescente anorexique. Les éléments qui caractérisent la maladie 136 La marque jeune

33 s y trouvent (le déni ; le contrôle de soi ; la recherche de la perfection ; le refus de s alimenter ; de grandir, des attributs de la féminité ; l amaigrissement, l hospitalisation). Cependant, la situation familiale et relationnelle est abordée de manière quelque peu caricaturale et réductrice, ce qui ne laisse pas entrevoir la complexité de cette problématique. Néanmoins, l aspect esthétique et poétique des images a le mérite de dévoiler la souffrance et le travail introspectif que la jeune fille parvient à amorcer progressivement. Le jeu des comédiens est très professionnel. Il faut rester attentif cependant à la fascination que ces images pourraient exercer sur de jeunes adolescents. Réserves Le scénario stigmatise la responsabilité de la mère dans l émergence de ce trouble du comportement, ce qui pourrait renforcer le sentiment de culpabilité de certaines mères. Il ne faut pas voir un lien de cause à effet, entre l anorexie de la jeune fille et les relations extraconjugales de la mère. À partir du 3 e cycle du Primaire Quand l adolescence fait mal 101 ; 2007 ; Stéphane Krausz ; France ; TN6611 Documentaire à visée informative sur le fonctionnement de la Maison de Solenn à Paris, la Maison des adolescentes dirigée par le psychiatre Marcel Rufo. Alternance de témoignages et d interviews de spécialistes (psychiatre, diététicien, etc.). Réunion d équipe pluridisciplinaire. Son direct. Commentaires en voix off. Musique. La marque jeune 137

34 Contenu La maison de Solenn est, depuis 2004, la maison des ados, un hôpital sans blouse blanche. Il a la capacité d accueillir 20 jeunes en souffrance pour une hospitalisation de 15 jours à 6 mois. Entouré de verdure et ouvert sur la ville avec de grandes baies vitrées, le bâtiment a été créé en symbiose avec sa vocation, c est-àdire qu il doit bannir tout sentiment d enfermement en mettant à distance la structure hospitalière. À la fois centre d information, de consultation, d hospitalisation et de recherches, cette Maison est entièrement dédiée aux problèmes des adolescents et des adolescentes. Ce documentaire suit pendant plusieurs mois, le quotidien de 4 d entre elles (Néphélie, 16 ans, une jeune anorexique ; Sarah, une boulimique venue d elle-même pour se faire soigner ; Aurélie, 11 ans, atteinte de phobie scolaire et Agathe, une fille dont l anorexie a freiné la croissance. Ce film montre leur progrès, mais le fonctionnement et le travail d une équipe pluridisciplinaire dévouée. Objectifs - Prendre connaissance du projet de la Maison de Solenn au travers de l histoire de 4 ados - S informer sur les pathologies liées à l adolescence : anorexie, boulimie, phobie scolaire, et de leur prise en charge dans ce centre - Tenter de comprendre le mécanisme qui peut mener à l anorexie ainsi que les signes qui indiquent une possible reconstruction Appréciation Malgré sa longueur, le film est clair et captivant. Il met l accent moins sur la découverte d une pathologie (surtout anorexie/boulimie) que sur la manière dont se déroulent l accompagnement et la prise en charge à la Maison de Solenn au travers de ces 4 jeunes filles. On 138 La marque jeune

35 voit pourquoi M. Rufo met l accent dans le traitement sur les «soins culturels (ateliers de peinture, chant, danse, sophrologie, écriture). Une radio existe même, dans le bâtiment, une façon de rester ouvert sur le monde. Deux questions subsistent malgré tout : les résultats de ces 4 jeunes semblent positifs, qu en est-il des autres? Et vu la durée de l hospitalisation, cette maison a-t-elle la possibilité d accueillir des cas plus lourds? Il faut en effet faire attention à ne pas induire de faux espoirs de guérison ou des représentations erronées de ces maladies tant chez les parents que chez les jeunes eux-mêmes. Remarque : Le caractère privilégié du lieu n est pas abordé dans le document. Remarque : conseillé à partir de 10 ans (indiqué au début du documentaire). À partir du 1 er cycle du Secondaire L obésité : nous risquons gros 26 ; 2005 ; C est pas sorcier ; France ; TT6603 Si l obésité n est pas considérée comme une maladie, les complications qu elle entraîne provoqueraient cependant 2 millions de décès par an. En France, la proportion d obèses ne cesse d augmenter. Si rien ne change, la France devrait atteindre le taux actuel des États-Unis d ici une vingtaine d années. Face à cette prise de poids collective annoncée, l équipe de «C est pas sorcier» nous offre une émission de prévention. Sabine et Jamy nous font découvrir les gestes simples qui pourraient enrayer la tendance. La marque jeune 139

36 Comment les aliments nous apportent-ils l énergie dont notre corps a besoin? Pourquoi se met-on à grossir quand on consomme trop d énergie? Quels sont les critères qui permettent de dire qu une personne est obèse? Pourquoi la sédentarité est-elle un facteur majeur d obésité? Qu est-ce qui fait grossir? Dans quelles parties du corps nos cellules se logent-elles? Pourquoi est-il si difficile de revenir en arrière, une fois qu on a grossi? Jeux Interdits 20 ; 2004 ; Émission Envoyé spécial ; France TT3013 Reportage d information générale sur des jeux dangereux existant entre jeunes pouvant entraîner la mort. Interviews face à face. Scènes en extérieur de victimes, de jeunes, de parents. Contenu Fin novembre dernier, Quentin, treize ans, est passé à tabac par d autres élèves dans la cour du collège. Trois jours d hospitalisation plus tard, il explique à ses parents ce qui s est passé : il a été victime d un nouveau jeu à la mode dans les cours de récréation, le «jeu de la canette». Pour Christine Carry, ce «jeu de la canette» vient compléter la triste liste des jeux dangereux, conduites à risque de l adolescence qui peuvent parfois entraîner la mort. Christine a perdu, il y a un an, son fils Xavier, dixsept ans, du «jeu du foulard». Pour briser la loi du silence et enclencher une dynamique de prévention, Christine et les parents 140 La marque jeune

37 d enfants décédés de ces jeux stupides se battent et ont fondé une association. Longtemps, pour l Éducation nationale, le sujet était tabou, il s agissait de ne pas donner de mauvaises idées aux enfants. Mais depuis l accumulation d accidents dramatiques, enseignants et parents réfléchissent peu à peu à des mesures préventives. Pour les familles endeuillées, c est l espoir d éviter d autres drames. Intervenants : Jean-Claude Fisher, psychiatre Objectifs - Informer sur des jeux anodins à première vue pouvant entraîner la mort ou des séquelles graves irréversibles - Tenter d expliquer l attrait de l adolescent pour ces jeux repoussant les limites - Rappeler la norme à l adolescence de la recherche du risque et du goût de la transgression - Montrer l importance de la prévention et de permettre aux jeunes d affronter des situations où le danger est maîtrisé et surveillé Appréciation Ce document lève le voile sur un tabou concernant l existence de jeux dangereux dans les cours de récréation. À l adolescence, les jeunes aiment braver les interdits. Sur base d un cri d alarme de mères ayant perdu leur enfant suite à l un de ces jeux (du foulard ou de la cannette,...), les journalistes tentent de comprendre à l aide de plusieurs témoignages quelle est la nature de ces nouveaux défis. Le fil conducteur est clair. La piste des jeux de rôle est abordée comme dimension préventive ainsi que le «Futur antérieur», un centre psychiatrique sans blouse blanche où les jeunes qui pratiquent ces jeux suivent une scolarité normale en plus d un suivi thérapeutique. À partir du 1 er cycle du Secondaire La marque jeune 141

38 L enfant et l adolescent violents 45 ; 1998 ; Collection Parole donnée ; Anthéa ; France ; TN5979 Un entretien avec Jean-Yves Hayez, pédopsychiatre à l Université Catholique de Louvain, animé par Philippe Kinoo, pédopsychiatre à la faculté de médecine des cliniques universitaires Saint-Luc. Par leurs comportements dérangeants, parfois destructeurs, enfants et adolescents violents mettent en difficulté l adulte, le parent, l éducateur, le psychologue Après avoir défini la violence, le document propose des pistes pour accompagner les enfants violents dans l éducation quotidienne, principalement ceux placés en institution : trouver le sens du comportement violent, y apporter une réponse et par là-même faire passer un message. Le regard des autres Collection «Parole d ados» 30 ; 2003 ; Marie Mandy ; Belgique, France ; Luna Blue Film ; TJ7632 Documentaire à vocation pédagogique sur le vécu d adolescents aveugles ou malvoyants. Témoignages. 142 La marque jeune

39 Contenu «Quel est le comble d une femme aveugle enceinte? - D accoucher de jumelles!» Le ton est donné! Dans «Le regard des autres», des adolescents aveugles et malvoyants fréquentant l Institut des jeunes aveugles et amblyopes «Arc-en-ciel» situé à Marseille, parlent des préoccupations de leur âge : s amuser, plaire, s habiller, mener leur propre vie. Ils nous expliquent la différence de se faire accepter tel que l on est, sans devoir cacher son infirmité, qu il est dur de supporter le regard des autres : le regard pesant de la société, sa compassion, sa pitié, le rejet. D autres thèmes moins consensuels sont également présents comme la difficulté à se dégager des surprotections familiales ou les avantages de l éducation en milieu spécialisé. Ce sont donc les différentes facettes de la vie de ces jeunes qui sont données à voir et à entendre au fil des séquences, sans filtre idéologique, dans leurs diversités et leurs hésitations, entre rires et émotions, toujours à fleur de peau, comme il convient à l adolescence. Objectifs - Sensibiliser au vécu quotidien des adolescents malvoyants - Montrer les similitudes entre adolescents malvoyants ou non - Se rendre compte de l importance des relations entre voyants et non voyants Appréciation Le document est dynamique et positif. Les témoignages d adolescents aveugles et malvoyants vivant en institution offrent une ouverture sur un monde mal connu et permettent de réfléchir aux attitudes adoptées et appréhension des voyants face au handicap. Il y a peu d information médicale, ils nous parlent de leur image, de leur besoin de plaire comme n importe quel jeune de leur âge. Des moments très touchants sont filmés, par exemple, les filles qui vont faire des courses ensemble et qui discutent autour d un La marque jeune 143

40 verre de la vision de leurs parents, des autres et de l image qu elles ont d elles-mêmes à force d entendre des «horreurs» ; ou encore la volonté de ce garçon qui apprend, avec un éducateur, à se déplacer seul en rue à l aide d une canne blanche pour acquérir de l autonomie. Ce film est très poignant, les jeunes s expriment avec force et parlent facilement entre eux, ils sont très matures. Ils ont du recul par rapport à eux-mêmes et beaucoup d humour. À partir du 2 e cycle du Secondaire Parle avec moi Collection «Parole d ados» 26 ; 2004 Didier Croo ; Belgique, France Luna Blue Film - TN5923 Documentaire à vocation pédagogique sue la question du handicap vécu dans une fratrie. Témoignages. Vécu quotidien. Contenu Le personnage central de cette histoire, c est celui ou celle (David, Marianne ou Manon) à qui le hasard a imposé un frère ou une sœur handicapé. Alors, pour une fois, c est de lui ou d elle dont nous allons surtout parler. Devenir frère ou sœur est déjà une aventure. Alors, avec cet «étrange étranger» qui nous tombe dessus, l affaire fraternelle se complique, l équipée s avère délicate. 144 La marque jeune

41 Objectifs - Découvrir les relations entre l enfant handicapé et sa fratrie - Montrer le lien/amour/ambivalence vis-à-vis de son frère/ sœur handicapé(e) - Sensibiliser le public à la difficulté d interpréter «la parole» de la personne handicapée qui ne parle pas Appréciation Approche originale sur le regard porté et le vécu de deux adolescents vis-à-vis du handicap de leur frère ou sœur. En filmant chacun à leur tour des scènes de vie, ils mettent en avant leur différence de perception du handicap d un proche, la manière dont ils se situent dans la famille et particulièrement par rapport à leur frère ou sœur handicapé(e). Ils partagent et échangent ensuite sur ce qu ils ont filmé. Chacun s exprime sur ce qu il est, ce qu il vit avec ou ce qu il rêverait pour son frère ou sa sœur. Le montage veut montrer que grâce à la tendresse, la tolérance, un véritable attachement peut se construire, même avec des personnes atteintes de handicap profond. La réalisation est optimiste et ne s appesantit pas sur les côtés négatifs. Seule remarque, le garçon a parfois tendance à montrer son frère comme un être trop exceptionnel, ce qui ne sonne pas toujours juste et pourrait déranger. À partir du 2 e cycle du Secondaire La marque jeune 145

42 Foutue Adolescence 53 ; 2006 ; Négar Zoka ; France ; TN4019 Document d information générale à vocation documentaire sur un lycée français accueillant des jeunes valides et invalides. Images des cours, d ateliers d expression, de séances de rééducation, de discussions informelles. Le document a reçu la mention «Authenticité» au Festival ImagéSanté 2008, Jury des Mutualités Contenu Dans un lycée de Vaucresson, à l ouest de Paris, des élèves handicapés et une section sport études partagent la même scolarité, à grand renfort de courses en fauteuil roulant et de petites et grandes histoires entre valides et handicapés. Dans cette ambiance de mixité inhabituelle, le film traque les grandes questions qui travaillent l adolescence et qui trouvent ici un retentissement particulier : Qui suis-je? Quelle sera ma vie? Trouverai-je quelqu un pour m aimer?. Objectifs - Partager la vie quotidienne d un lycée français accueillant des adolescents valides et handicapés - Montrer les préoccupations similaires des jeunes valides et invalides (scolarité, amitiés, premiers émois amoureux, séduction, doutes, découragements, espoirs) - Montrer les relations possibles entre les jeunes valides et non valides (amitié, amour, solidarité) - Faire comprendre l importance de l encadrement multidisciplinaire de ces jeunes (sport adapté, ergothérapie, rééducation) 146 La marque jeune

43 Appréciation Ce film nous plonge dans la vie d un lycée/internat qui accueille des adolescents handicapés physiques et des adolescents valides. Tourné sans commentaire ni voix off, nous les suivons durant une année scolaire en classe, au sport, à l internat, dans la salle de rééducation. Un peu décousu par instants, ce document plein de sensibilité montre l importance d un encadrement scolaire adapté aux problèmes du handicap mais ancré dans les réalités des valides, afin de permettre à ces jeunes de se construire un projet de vie. Les protagonistes sont attachants. Leur courage et leur authenticité sont à souligner, ce qui donne un film qui vaut la peine d être découvert malgré certaines longueurs et un son en prise directe qui rend les dialogues parfois moins compréhensibles. À partir du 1 er cycle du Secondaire La dernière tentation 57 ; Claude Couderc ; Skopia films ; France ; 2009 (en cours d acquisition) 1 er Prix Festival ImgagéSanté 2010 Jury Santé mentale Documentaire à visée informative sur le suicide des jeunes. Interviews de spécialistes (psychiatres, sociologue). Témoignages des jeunes. Contenu Le suicide des jeunes est en passe de devenir la première cause de mortalité chez les moins de 20 ans. C est en allant à la rencontre de ces jeunes, en racontant l histoire de chacun d eux que nous cherchons à comprendre, à analyser les raisons de ces conduites La marque jeune 147

44 suicidaires qui sont, dans la plupart des cas des réponses à des souffrances intolérables qui échappent souvent aux parents, aux éducateurs, à l environnement. Parmi les intervenants : Marie Choquet, Dr Xavier Pommereau, Pr Michel Debout, Pr Philippe Jeammet Objectifs - Présenter l incidence du suicide chez l adolescent - Tenter de comprendre les causes de suicide ou tentative de suicide (TS) chez l adolescent : mal-être, agressivité, souffrance, manque de communication, difficulté identitaire, etc. - Montrer le questionnement et le cheminement de personnes ayant vécu le suicide d un proche, (sentiment de rage, culpabilité, difficulté de vivre après) - Illustrer le travail thérapeutique par le vécu de jeunes après une tentative de suicide (prise en charge dans une unité hospitalière à Bordeaux : service du Dr Pommereau). Appréciation Ce film ne juge pas, ne donne pas de recettes, il questionne simplement un sujet très douloureux. Il suit d abord des jeunes qui ont fait une tentative de suicide (1 re partie), ensuite, les proches de jeunes ayant «réussi leur suicide» s expriment (2 e partie). Ces familles (parents, fratrie) sont diversifiées, elles montrent ainsi clairement que le suicide peut toucher tous les milieux sociaux. Un regard différent sur le vécu de la situation est apporté aussi par le fait de la proximité ou de la distance dans le temps avec l incident de ces familles. L intervention des experts (psychiatres, sociologues, responsables d associations) recadre les émotions. Ces diverses facettes donnent une image non réductrice de la problématique. Une large place est accordée à l expression des sentiments. Les témoignages des jeunes et des familles sont poignants, mais non 148 La marque jeune

45 macabres. Les professionnels, de par leurs explications montrent le long cheminement des jeunes et tiennent un discours déculpabilisant pour les proches. Ce document peut aider les parents à ne pas se sentir seul, à apprendre à avoir le recul nécessaire pour réapprendre à vivre et ne pas se punir toute la vie. Le témoignage d une adolescente «guérie» de ses idées suicidaires offre une lueur d espoir. À partir du 2 e cycle du Secondaire Tabou 58 ; 2009 ; Orane Burri ; Suisse et France ; (en cours d acquisition) Clé d argent au Festival Ciné- Vidéo Psy de Lorquin er Prix - Festival ImagéSanté Jury Éducation pour la santé Film à vocation documentaire sur l élaboration de son suicide par un jeune homme de 22 ans. Rushes en autoscopie (min caméra DV). Témoignages des proches (mère, sœur, amis). Intertitres. Pas de commentaire. Musique. Contenu Thomas a 22 ans. À l âge où d autres entament à peine leur existence, il a décidé d en finir avec la vie. Passionné de cinéma, il filme ses 6 derniers mois, se livre et raconte son mal-être face caméra avant de se suicider. Un héritage qu il confiera à son amie de jeunesse, Orane Burri (la réalisatrice). Dix ans plus tard, devenue cinéaste, elle ose replonger dans les images de Thomas. Pour briser un tabou. Le tabou de la mort donnée par soi-même en pleine jeunesse. Ce documentaire très pudique et respectueux du mal-être de ce La marque jeune 149

46 jeune homme met en avant tout le vécu d une souffrance, l enfermement dans l angoisse et l impossibilité de revenir en arrière. Par des témoignages de ses proches (sœur, mère, amis), il met en lumière le fait qu eux n ont rien vu venir. Il en est souvent ainsi dans le cas des jeunes qui passent à l acte. Il ouvre le débat sur l avenir des jeunes, l oisiveté. Des questions d éducations aux médias peuvent être abordées également par le biais de ce film. Objectifs - Tenter d analyser et de comprendre une démarche particulière de suicide chez un jeune de 22 ans en exploitant les rushes tournés en secret par lui-même et légués à la réalisatrice - Illustrer le décalage qui s installe entre un jeune ayant décidé de se suicider et ses proches - Illustrer la fascination de la mort, le narcissisme, le vide et l ennui Appréciation Un documentaire d une très grande sensibilité, dans lequel tous les intervenants s expriment avec une profonde sincérité et dans des termes simples sans aucun excès d émotion ce qui contribue à la sérénité des sentiments suscités. Du point de vue cinématographique, il s avère très esthétique, bien rythmé et d excellente qualité technique : tant sur le plan de l image que celui du son mais aussi pour l exploitation des images-amateurs tournées par le jeune homme - Thomas - qui met fin à sa vie. La grande force de ce film réside sans doute dans le fait qu il ait été réalisé avec dix années de recul par rapport au moment du suicide. Le risque potentiel de voyeurisme ou de sensationnalisme est évité par la dignité et le grand respect présent d un bout à l autre chez tous les intervenants et dans le chef de la réalisatrice. Le risque de fascination et de suggestion chez un adolescent déprimé semble contourné par la mise en scène de Thomas qui apparaît finalement assez pathétique. En conclusion, on peut dire qu il s agit d un sujet de film difficile 150 La marque jeune

47 et dramatique, traité de façon originale du point de vue de la réalisation mais avec tact sur le plan émotionnel. À partir du 3 e cycle du Secondaire avec accompagnement vivement conseillé Comment le dire à sa mère? Collection «Parole d ados» 26 ; 2005 Marie Mandy ; Belgique, France Luna Blue Film ; TN1703 Documentaire à vocation pédagogique sur la question du choix d orientation sexuelle à l adolescence. Témoignage. Contenu Comment assumer en pleine adolescence une orientation sexuelle qui dérange? Alors qu elle quitte Marseille pour aller vivre en Corrèze, Elodie, 15 ans, entreprend un long voyage. Car elle ne quitte pas seulement la ville où elle a grandi, elle quitte aussi sa mère pour rejoindre son père qu elle n a plus vu depuis des années. Elle revit avec nous les causes de ce départ : elle n a pas voulu cacher à sa mère qu elle était tombée amoureuse d une fille et s est fait «virer» de la maison. Elodie raconte avec charme et courage ce moment difficile de sa vie. À son histoire se mêlent les parcours croisés de deux autres adolescents : aiment-ils les filles ou les garçons? Comment acceptent-ils leur homosexualité naissante? Vont-ils en parler à leur entourage et quelles en seront les conséquences? La marque jeune 151

48 Objectifs - Découvrir le vécu d une adolescente homosexuelle qui s assume - Prendre connaissance des difficultés rencontrées vis-à-vis de ses parents, amis, à l école - Réfléchir sur les attitudes des adultes/parents devant cette situation. Appréciation Ce récit, tout en nuance et très attachant, nous plonge à posteriori dans quelques mois de la vie d une jeune fille de 15 ans qui découvre son homosexualité et l assume vis-à-vis de ses amis, de ses parents, de son amie. Le film a un caractère narratif et esthétique très agréable. Il s agit d un monologue en voix off ou en son direct ponctué de quelques brefs dialogues sur des images réelles soutenant le propos. Elle y décrit ses sentiments, impressions, questionnements, doutes et certitudes. Ces propos sont empreints de sincérité, de maturité, de réflexion, de tolérance et traduisent un chemin déjà bien tracé dans une vie assumée. Les difficultés sont principalement focalisées sur la réaction des parents, qui montrent le long chemin à parcourir parfois pour accepter l homosexualité de son enfant. Ceci nous entraîne loin de toute caricature et porte au respect. À partir du 2 e cycle du Secondaire 152 La marque jeune

49 Face au sida 65 ; 2008 ; Judith Du Pasquier ; France ; TN3210 Reportage d information générale à vocation documentaire offrant un regard historique sur les changements survenus (évolution du regard de la société, traitements, recherche, relations avec le personnel médical, etc.) depuis l apparition du Sida au début des années 80. Pas de commentaire off. Musique. Images d archives (Actup Gaypride 1995). Interviews du personnel soignant de différents hôpitaux de la région de Bordeaux ; Témoignages de personnes séropositives (hommes et femmes) à visage découvert ou non ; réunion d équipe (discussion des traitements). Contenu Dans un box, une infirmière fait une prise de sang à un jeune homme récemment contaminé. Penchée, attentive, elle l interroge discrètement. À partir de cette scène, le film remonte le temps du sida, à Bordeaux, avec des soignants et des malades, qui font face au virus depuis plus de 20 ans. Les récits des premières années évoquent l impuissance du corps médical face à la souffrance, la peur, l exclusion, la mort. Ces souvenirs laissent place à des séquences qui dessinent par touches le présent de l épidémie, la prise en charge telle qu elle se pratique depuis l arrivée des trithérapies en 1996 : la tension lors d une consultation, la douceur d un geste pourtant technique, l attention d un regard, l angoisse d un résultat biologique, la peur des traitements aux effets imprévisibles. Vies brisées, vies sauvées : sous la menace du sida, des médecins et leurs patients dialoguent et luttent au corps à corps, aujourd hui comme hier. La marque jeune 153

50 Intervenants : Hélène Malignac, infirmière ; D Noëlle Bernard, praticien hospitalier Dr Denis Lacoste, praticien hospitalier ; Professeur Jean-Luc Pellegrin, chef de service ; Pierre Darriet, cadre infirmier retraité ; M. Marianne Causseque-Portillo, psychologue ; Pr Jean- Marie Ragnaud, chef de service ; Philippe Morlat, chef de service ; Dr Bernard Coadou, médecin généraliste. Témoignages de personnes séropositives et malades du Sida Objectifs - Prendre connaissance du chemin parcouru, en près de 30 ans, dans le traitement et la prise en charge des personnes atteintes du sida - Montrer comment la maladie a permis de faire évoluer la relation patient/médecin - Mettre en évidence le rôle des associations d aide et l évolution des mentalités Appréciation L authenticité des propos prend le pas sur une qualité cinématographique banale qui se manifeste par des images souvent répétitives. Il s agit en effet davantage d un discours très intéressant mis en image dans une perspective historique utile qui permet de mesurer le chemin parcouru. Le traitement des affects des protagonistes et le croisement des témoignages méritent d être souligné dans sa finesse et son humanité. L analyse est progressive : plusieurs médecins témoignent des difficultés rencontrées face à cette maladie, de la nécessaire remise en cause voire de leur impuissance. Le documentaire est essentiellement informatif ou destiné à un public directement concerné par la maladie soit patient soit soignant. Les uns et les autres témoignent de l impact de la maladie dans leurs vies personnelle ou professionnelle. Le point de vue distancié et réflexif. Remarques : La séropositivité des bébés n est pas très compréhensible, plusieurs termes employés ne sont pas explicités. À partir 3 e cycle du Secondaire 154 La marque jeune

51 Le Jeune Werther 95 ; 1992, Jacques Doillon ; France ; VJ1406 Drame psychologique / Comédie dramatique Un jeune adolescent, Guillaume, vient de se suicider. Dans son école, c est la consternation. Personne ne comprend les raisons qui l ont poussé à disparaître. Comme il avait montré la photo d une fille à Ismaël, son meilleur ami, toute la classe se met alors à la recherche de la jeune inconnue Une exploration de l univers de l adolescence, avec ses codes, ses références, ses valeurs et son langage, inspirée de «Les souffrances du jeune Werther» de Goethe. Virgin suicides 95 ; 2000 ; Sofia Coppola ; USA ; VV3038 Drame psychologique / Comédie dramatique Un homme se souvient. Il raconte le destin de cinq soeurs, de 13 à 17 ans, qui, lorsqu il était jeune, les faisaient fantasmer, lui et ses copains. Au point qu ils se sont mis à les observer, pas tant par voyeurisme que pour comprendre. Comprendre la tristesse qui les hante et qui les poussera à se suicider. Toutes les cinq. Et c est la plus jeune qui y parviendra la première. Ces jeunes filles qui vivent entre un père professeur et absent et une mère catholique et rigoriste et dont les aspira- La marque jeune 155

52 tions et les désirs entravés les mèneront à ne plus trouver refuge que dans la mort. Un film magnifique et intelligent qui jamais ne sombre dans la mièvrerie et où même les images inspirées des photos de David Hamilton servent le propos. Une histoire de filles racontée par un homme, un homme qui se remémore son adolescence et ce désir de comprendre ces créatures étranges et belles, ces femmes en devenir qui ne deviendront pas. Premier long métrage de Sofia Coppola, fille de Francis Ford, sœur de Roman, photographe et styliste (et quelques fois actrice). Dans ma peau 93 ; 2002 ; Marina De Van France ; Éditions Montparnasse ; VD0803 Drame psychologique / Comédie dramatique Esther va bientôt s installer avec son ami et travaille d arrache-pied pour obtenir un poste dans un institut de sondage où elle effectue déjà des missions temporaires avec succès. Mais à la suite d une chute, elle se blesse à la jambe. Elle se découvre alors une étrange attirance pour son corps, une fascination qui va la mener jusqu à l automutilation. Pour son premier long métrage, Marina De Van fait montre d un narcissisme en totale adéquation avec son propos, celui d une femme qui interroge son corps morceau par morceau, allant jusqu à une auto-dévoration quasi érotique. Et selon la formule consacrée : âmes sensibles s abstenir. 156 La marque jeune

53 Thirteen 100 ; 2003 ; Catherine Hardwicke USA ; Fox Vidéo ; VT3513 Tracey a treize ans et mène une vie d écolière un peu trop sage à son goût. Elle est très attirée par Evie, la fille la plus jolie et la plus populaire du lycée, et parvient à entrer dans le cercle de ses amis. Malgré son jeune âge, Evie semble ne pas avoir de limites et passe son temps entre vols, drague, joints et effronterie. Tracey tombe bientôt dans les mêmes travers et sa mère divorcée n arrive plus à gérer une situation familiale de plus en plus difficile L adolescence et ses troubles, d après l histoire vraie de Nikki Reed, scénariste et actrice. Elephant 82 ; 2003 ; Gus Van Sant ; USA ; VE3035 Drame psychologique / Comédie dramatique Palme d or Cannes au Festival de Cannes en Une journée ordinaire semble s annoncer dans un lycée de l Oregon. Tout bascule quand deux étudiants armés jusqu aux dents ouvrent le feu sur les élèves de l établissement «Elephant» évoque avec recul le massacre La marque jeune 157

54 de Columbine, comme un écho contemplatif au film de Michael Moore. La caméra escorte les étudiants dans cette école progressivement transformée en plate-forme de jeu vidéo épurée à l extrême. L esthétique est documentaire et distanciée, d une simplicité sophistiquée. Van Sant explore sans envisager de solution et laisse exploser à la face de la société américaine, devenue insensible aux questions sociales, une véritable bombe. La tête de maman 95 ; 2007 ; Carine Tardieu ; France ; VT0224 Drame psychologique / Comédie dramatique Lulu, quinze ans, s est toujours sentie mal aimée par sa mère, Juliette, dépressive et centrée sur ses propres maux. Un jour, Lulu découvre des photos de sa mère à vingt ans : dans les bras d un inconnu, elle semble radieuse comme jamais Lulu ne l a vue. Elle en conclut que cet amoureux a quitté sa maman, emportant avec lui son sourire. Lulu se met alors en tête de retrouver cet homme coûte que coûte. Le souvenir du premier amour et la nostalgie de la jeunesse envolée, tel est le fil rouge de «La Tête de Maman», premier film de la réalisatrice. Sa mise en scène est inventive, son univers coloré. Il en résulte une charmante histoire aux scènes poignantes, bien interprétées par des acteurs qui déploient une palette d émotions allant du rire aux larmes. 158 La marque jeune

55 Precious 109 ; 2009 ; Lee Daniels ; USA ; VP1008 Lorsqu à seize ans, Precious apprend à lire et à écrire dans une école alternative, un monde nouveau s ouvre à elle. Un monde où elle peut enfin parler, raconter ce qui l étouffe. Un monde où toutes les filles peuvent devenir belles, fortes, indépendantes. En dépit d une poésie de supermarché à la naïveté parfois consternante, Precious déroute, étonne et finit par imposer un ton singulier et un peu gonflé, entre mélo déchirant et comédie burlesque. [Critikat.com] La marque jeune 159

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