Choc technologique et supply chain : retour sur la notion de règles du jeu

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "Choc technologique et supply chain : retour sur la notion de règles du jeu"

Transcription

1 Business School W O R K I N G P A P E R S E R I E S Working Paper Choc technologique et supply chain : retour sur la notion de règles du jeu Carole Poirel IPAG Business School 184, Boulevard Saint-Germain Paris France IPAG working papers are circulated for discussion and comments only. They have not been peer-reviewed and may not be reproduced without permission of the authors.

2 Choc technologique et supply chain : retour sur la notion de règles du jeu Carole Poirel IPag Business School Cret-Log (Aix-Marseille Université) Résumé Cette communication propose de revisiter la notion de règles du jeu dans un contexte d innovation de rupture, celui du livre numérique. Alors que deux mondes semblent s affronter, le monde de l édition avec ses acteurs historiques, éditeurs et libraires, d une part et le monde du numérique avec une triade américaine constituée d Amazon, d Apple et Google, d autre part, les e-supply chain se déploient selon des modalités fort différentes. Il nous a parues pertinent d examiner les changements radicaux que connait le livre à l heure actuelle, à la lumière de l analyse concurrentielle et des stratégies de rupture. Mots clés Supply chain, technologie, relations clients-fournisseurs, règles du jeu. 1

3 Ce papier se propose d étudier l impact de changements technologiques majeurs sur une supply chain mature. Si le choc technologique concerne généralement un secteur en particulier et ses occupants historiques, il étend ses effets sur l ensemble des secteurs situés plus amont et plus en aval, touchant dans une logique de propagation verticale, l ensemble des partenaires, clients et fournisseurs. C est dans cette approche inter-organisationnelle que nous situons notre réflexion, et plus précisément encore, dans le cadre conceptuel de la supply chain. L édition de livres se prête bien à l observation des effets d'un choc technologique, celui du livre numérique, sur la supply chain historique, constituée notamment d éditeurs et de libraires. D une part, l édition entretient des rapports privilégiés avec la librairie qui demeure au sein du commerce du livre, le pôle à la légitimité culturelle la plus affirmée (Minon, 1992). Editeurs et libraires forment en ce sens ce que nous avons dénommé une supply chain historique. La librairie est un commerce indépendant spécialisé, dans lequel le livre constitue l activité principale voire exclusive, et qui offre à une clientèle de proximité, un assortiment diversifié, des conseils de lecture, des animations littéraires et des services numériques. Elle détient environ 20% des parts de marché du livre papier (Lacroix, 2013). D autre part, le choc technologique provoqué par le livre numérique s apparente à une innovation radicale. Pour l économiste de la culture, Françoise Benhamou, le livre numérique constitue en effet une véritable «révolution industrielle» (2012). Si la nouvelle technologie a apporté un nouveau produit et de nouveaux procédés de fabrication et de vente, elle a également permis de nouveaux modèles d affaires incarnés chacun à leur manière par trois protagonistes du marché actuel, Amazon, Apple et Google. Ceux-ci deviennent pour les éditeurs des clients imparables dans la commercialisation des livres numériques, ce qui pose la question du devenir de la librairie, de surcroît particulièrement exposée aux phénomènes de désintermédiation propres à l économie du numérique et de l internet (Malin et Pénard, 2010). Or, force est de constater que l édition a constitué une supply chain du livre numérique, ou une e-supply chain, avec la librairie et non pas sans la librairie (Poirel et Rollet, 2014). Ceci témoigne de la force des relations interorganisationnelles qui prévalent entre éditeurs et libraires. En stratégie, l importance de ces relations clients-fournisseurs est reconnue dans le paradigme SCP comme une possible barrière à l entrée (Porter, 1982) et dans l approche dite relationnelle issue de la resourcebased view comme un actif idiosyncrasique inimitable (Dyer et Singh, 1998). Au lieu d entrer 2

4 dans un cadre théorique plutôt qu un autre, nous avons préféré travailler sur la notion de règles du jeu qui appelle une approche théorique transversale. Cette notion n est pas particulièrement présente à l heure actuelle dans les recherches en sciences de gestion mais elle est néanmoins fréquemment utilisée dans les travaux sur les stratégies d innovation et de rupture (Hamel, 1996 ; Christensen, 1997) sans pour autant avoir été suffisamment définie et explicitée suivant Lehmann-Ortega et Roy (2009). Or, le recours au modèle d affaire (ou business model) qui bénéficie quant à lui d un réel engouement dans les recherches récentes (Warnier, Lecoq et Demil, 2004), permet de revisiter la notion de règles du jeu. Si les nouveaux entrants modifient les règles du jeu en s emparant d une innovation technologique, à l image de la triade américaine évoquée à l instant dans le livre numérique, qu en est-il des règles du jeu que les acteurs historiques ont définies ensemble et qui structurent leurs relations inter-organisationnelles? Ces règles du jeu historiques sont-elles toujours supplantées par les nouvelles? Quel rôle jouent-elles dans la capacité de riposte des acteurs historiques? Et in fine dans la mise en œuvre d une réponse stratégique commune? 1. Eléments théoriques sur la notion de règles du jeu L expression «règles du jeu» est employé dans la littérature en stratégie dans deux principaux corpus : celui de l analyse concurrentielle principalement des années (Strategor, 1991) d une part et celui de l innovation d autre part avec les stratégies de rupture en particulier (Lehmann-Ortega et Roy, 2009). Elles présentent un certain nombre de limites que nous proposons de dépasser en recourant à la fois à la notion de supply chain et à celle de business model. 1.1 Les règles du jeu au prisme des stratégies concurrentielles et d innovation Dans l analyse concurrentielle, l entreprise peut choisir de se battre en acceptant les règles du jeu ou en cherchant à les modifier à son avantage. Dans le premier cas, elle s appuie sur les facteurs clés de succès admis par tous qu elle cherche à maîtriser le mieux possible, de façon à obtenir un avantage concurrentiel durable. De la sorte, elle développe des 3

5 compétences traditionnellement reconnues dans le domaine d activité concerné tout en cherchant à être plus performante que ses concurrentes. Dans le second cas, plus complexe, l entreprise est plutôt dans une démarche d innovation. Elle veut concevoir et mettre en œuvre son activité de façon différente de ce qui est couramment admis dans le secteur ou l industrie. Les consultants de McKinsey ont utilisé les règles du jeu comme critère dans une matrice appelée «échiquier stratégique» en les croisant avec un autre critère, celui du champ de bataille. Comme indiqué dans la figure n 1 ci-dessous, les nouvelles règles du jeu correspondent à une stratégie de différenciation-rupture. Celle-ci consiste pour une entreprise se trouvant dans une position concurrentielle défavorable, à faire autre chose que ses concurrents plus puissants, en imaginant une nouvelle chaîne de valeur. Il s agit de redéfinir l activité en s appuyant sur de nouveaux FCS ou des facteurs qui avaient été jusqu à présent négligés. Les concurrents sont pris à contrepied, incapables de proposer une valeur équivalente aux consommateurs. Ikéa en est une illustration exemplaire (Schoettl, 2009). Figure 1. L échiquier stratégique Champ de bataille Global Sélectif Règles du jeu Identiques Attaque frontale Niche Nouvelles Différenciation-rupture Source : Strategor, 1991, p. 89 Dans les analyses portant sur l innovation, il est couramment fait la distinction depuis Schumpeter (1934), entre les innovations de rupture ou discontinues ou radicales d une part et les innovations d amélioration ou incrémentales d autre part. En regard des règles du jeu, ce sont les premières qui induisent un renouvellement. Elles ont en effet le potentiel pour détruire l ordre existant et lancer un nouveau cycle d innovation, selon le principe de «destruction créatrice». Les deuxièmes en revanche s inscrivent dans un cycle d innovation existant et concourent marginalement à la performance de l innovation radicale. Elles apportent des améliorations du produit ou de son processus de production. Dans leur synthèse critique de la littérature sur les stratégies de rupture, Lehmann-Ortega et Roy (2009) ont relevé un certain nombre de points communs à ces formes spécifiques d innovation. Parmi ceux-ci, figurent l apparition de nouvelles règles du jeu ; les autres étant 4

6 une démarche proactive, la radicalité de l innovation, la déstabilisation des concurrents, le saut de performance, la nouvelle valeur proposée aux clients et la création ou l extension d un marché. Ces auteurs définissent ainsi les stratégies de rupture comme «une manière radicale [de] revisiter les règles du jeu concurrentiel en proposant une nouvelle valeur au client en vue de créer ou d étendre un marché à son avantage» (p.121). Ils relèvent que les règles du jeu prennent différentes appellations : recettes de l industrie (Spender, 1989), cadre stratégique de l industrie (Huff, 1982), recettes sectorielles (Baden-Fuller et Stopford, 1994), orthodoxie sectorielle (Hamel et Pralahad, 1994), sagesse conventionnelle (Kim et Mauborgne, 1997). Ils conviennent finalement que le changement des règles du jeu se traduit par de nouveaux FCS mais que la notion gagnerait à être davantage définie. En effet, la notion de règles de jeu telle qu elle est appréhendée dans les corpus parcourus, nous semble présenter trois principales limites : - Présentées au sein d un secteur ou d un domaine d activité, les règles du jeu ne semblent concerner que les entreprises concurrentes œuvrant dans ce secteur ou ce domaine d activité. Le jeu est donc avant tout horizontal. - Les règles du jeu sont principalement définies en fonction des FCS admis par tous. Ceux-ci se définissent comme des caractéristiques propres au secteur ou domaine d activité. Cela renvoie à une analyse plutôt externe de la stratégie. - L attention est focalisée sur les nouvelles règles désignées comme des marqueurs ou des signaux de l innovation de rupture. Les anciennes règles sont reléguées au second plan quand elles ne sont pas censées disparaître totalement sous les coups de la radicalité de l innovation. L approfondissement de la notion de règles du jeu peut ainsi prendre trois directions : - élargir l unité d analyse en passant du secteur à la supply chain, de manière à prendre en compte, à côté du jeu horizontal, un jeu vertical - identifier les différentes composantes des règles du jeu en allant au-delà d une approche en termes de FCS en utilisant les analyses en termes de business model - regarder aussi les «anciennes règles» quand de nouvelles apparaissent de façon à mieux saisir l importance des transformations et la probabilité de disparition des «anciennes» 5

7 1.2 Apports de la supply chain et du business model à la notion de règles du jeu Bien que la notion de chaîne de valeur ne soit pas totalement étrangère aux approches examinées dans le point précédent, elle n est pas appréhendée dans une optique réellement inter-organisationnelle. Or, celle-ci permet d avoir, avec la supply chain, une approche verticale des règles du jeu, intégrant les clients des clients et les fournisseurs des fournisseurs. La supply chain (SC) repose plus précisément sur une démarche logistique globale que Colin et Paché (1988, p.6) ont définie comme «la technologie de la maîtrise des flux physiques et d informations que l entreprise expédie vers ses clients, transfère entre ces établissements et reçoit de ses fournisseurs». Les objectifs qui lui sont assignés, résident dans le fait d «assurer au moindre coût la coordination de l offre et de la demande [ ] aux plans stratégique et tactique, ainsi que le maintien de la qualité des rapports fournisseursclients impliqués» (Mathe et Tixier, 2010, p.10). La SC offre une unité d analyse plus étendue que le seul niveau horizontal du secteur ou du domaine d activité, pour appréhender les règles du jeu. Si un choc technologique touche un maillon en particulier de la SC, il concerna également les autres maillons situés plus en amont ou plus en aval avec des effets de propagation vraisemblablement d autant plus forts que l innovation est radicale. De plus, les entreprises sont impliquées dans des collaborations multiples de type réseaux, chaînes multi-acteurs ou écosystèmes d affaires. Dans ces conditions, l arrivée d une nouvelle technologie est de nature à bouleverser l ensemble des parties prenantes. La supply chain met par ailleurs spécifiquement l accent sur l importance du partenariat entre les entreprises qui la composent, ce qui nous semble particulièrement important pour comprendre la notion de règles du jeu. La gestion des flux qui se veut fluide et synchrone, requiert une coordination a minima quand il ne s agit pas de coopérations plus poussées entre fournisseurs, distributeurs et prestataires de services logistiques. Des pratiques de mutualisation consistant à partager un même moyen logistique (transport, entrepôt, plate-forme, système d information) permettent à la fois d obtenir des économies de coûts et d élever les niveaux de services dans une optique de maximisation globale de la performance. Pour cela, il est nécessaire que les acteurs impliqués acceptent de partager l information nécessaire, souvent sensible, au pilotage des flux avec leurs 6

8 prestataires (Camman et Livolsi, 2007) ainsi que les gains résultant de la pratique collaborative, y compris avec les concurrents, fournisseurs ou distributeurs (Poirel, 2000). Si les règles du jeu gagnent à être analysées dans le cadre étendu de la SC, elles requièrent également une définition capable d aller au-delà des FCS. Le business model (BM) nous semble capable de compléter la définition des règles du jeu et notamment des règles du jeu vertical. En effet, il propose une représentation particulière de la stratégie, de type mésoéconomique, à mi-chemin entre le management opérationnel et le management stratégique (Warnier, Lecocq et Demil, 2004). Généralement, le BM est appliqué à une entreprise donnée mais il peut également être appliqué à une industrie. Le BM industriel décrit alors une offre de référence (du point de vue des clients) faite par les principaux acteurs d une industrie donnée. Il retrace en quelque sorte dans les termes d analyse qui sont les siens, les caractéristiques d un groupe stratégique dominant. Un tel BM indique in fine la manière dont les acteurs de cette industrie créent de la valeur et la répartissent entre eux-mêmes et leurs clients. Ainsi les différents blocs d un BM industriel nous semblent refléter les règles du jeu à la fois horizontal et vertical en vigueur dans une industrie ou un secteur. Plus précisément, le rapprochement opéré entre BM et règles du jeu s est fait sur la base d un des BM les plus répandus, celui proposé par Osterwalder et Pigneur (2010). Il a de surcroît été éprouvé dans le champ de la culture qui nous intéresse, à savoir : celui du livre avec Cyberlibris (Laifi, 2012) et de la musique avec Beezik.com (Pille et al., 2010). Il se compose de 9 blocs comme indiqué dans la figure 2. Figure 2. Les 9 blocs du business model selon Osterwalder et Pigneur (2010) Partenaires clés Activités clés Proposition de valeur Relations clients Clients Ressources clés Canaux de distribution Structure de coût Flux de revenus 7

9 La proposition de valeur est le bloc central du BM, lequel repose sur un socle de rentabilité dont l équation est fonction à la fois de la structure de coûts et des flux de revenus tandis que les autres blocs articulent une architecture de valeur (partenaires, activités, ressources, relations clients, canaux de distribution, clients). Celle-ci décrit et explique comment la proposition de valeur est réalisée : s agissant des pratiques d externalisation et d intégration des différents éléments de la chaîne de valeur, des différents partenaires impliqués dans la création de valeur, des ressources et compétences mobilisées. Le rapprochement entre BM et règles du jeu est précisé dans la figure n 3 avec l identification de 5 composantes (de règles du jeu) : les dotations de départ, les partenaires, les objectifs, les stratégies et le mode de gouvernance. Un jeu supposé ici coopératif dans le cadre de la SC que nous avons choisi, comporte un certain nombre de participants (entreprises du secteur, fournisseurs, clients, autres parties prenantes) qui cherchent à atteindre leurs objectifs de rentabilité, en mettant en œuvre des stratégies appropriées (dont la définition s appuie sur les FCS mais pas seulement) à partir des ressources qui sont les leurs. Figure 3. Les règles du jeu : les 5 composantes Composantes des règles du jeu Blocs du BM correspondants Spécifications Les dotations de départ Les ressources Dans chaque jeu, les partenaires disposent au départ d un certain nombre de dotations c est-à-dire des ressources. Les partenaires Partenaires, clients, canaux de distribution Chaque jeu fait participer des partenaires dont le nombre et la qualité doivent être spécifiés Les objectifs Structures de coûts et flux de revenus Dans chaque jeu, des objectifs à atteindre sont fixés. Il s agit ici de satisfaire des conditions de rentabilité. Les stratégies Proposition de valeur et Les stratégies reposent sur la proposition architecture de valeur (clients, de valeur faite aux clients (une proposition relations clients, activités, par segment de clientèles) et les moyens canaux de distribution, de la réaliser concrètement par le biais de partenaires) l architecture de valeur (voir supra). 8

10 Pour clore cette partie théorique, il convient de préciser d une part, que l architecture de valeur confère au BM une dimension inter-organisationnelle qui fait écho aux considérations précédentes relatives aux règles du jeu vertical : l entreprise n est pas seule à produire une offre mais s entoure de canaux de distribution, de fournisseurs et d autres parties prenantes encore pour satisfaire ses clients. D autre part, le BM entretient des liens étroits avec l innovation et notamment l innovation de rupture évoquée précédemment. Rappelons que la notion de BM est apparue avec la bulle Internet à la fin des années L innovation de rupture s accompagne de l apparition de nouveaux BM par rapport à l existant car elle ne porte pas seulement sur le produit et ses procédés de production et de commercialisation mais également sur le modèle économique dans son entier. Et, le caractère innovant se perçoit dans la génération d un nouveau type de flux de revenus que le BM met en évidence. 2. Caractéristiques du terrain et méthodologie Cette deuxième partie consacrée à la dimension empirique de la recherche aborde tout d abord le livre numérique en tant qu innovation de rupture. Nous commençons pour ce faire par le situer, brièvement, dans l histoire du livre en regard notamment d autres révolutions que celui-ci a connu depuis son invention, afin d appréhender les transformations radicales dont il est porteur. Puis, nous complétons le propos sous l angle des acteurs, en passant en revue les différents protagonistes du monde du livre, papier et numérique. Enfin, la démarche méthodologique est précisée ainsi que les questions de recherche, au nombre de trois, qui ont guidé notre exploration. 2.1 «Une révolution industrielle et une révolution cognitive» (Benhamou, 2012) Défini comme un fichier informatique porteur d un texte plus ou moins enrichi (sons, images, vidéos, liens hypertextes, renvois sur Internet), le livre numérique opère un découplage entre le contenu et le support alors que le livre papier est un objet total. Les changements induits par le livre numérique par rapport au livre papier portent ainsi sur la dimension technique et technologique du produit autour de l informatique et des réseaux Internet et sur la structure même du livre. 9

11 Pour les historiens du livre (Darnton, 2009), la révolution numérique se comprend d abord en regard de la structure du livre. Si la révolution numérique devait être rapprochée d une autre révolution du livre, ce serait bien davantage de l invention du codex à la fin de l Antiquité que de l invention de l imprimerie au XVème. En effet, le codex est un livre fait de feuilles encartées et pliées pour former des cahiers joints les uns aux autres. Il fait suite au volumen, rouleau de papyrus qui devait être tenus à deux mains pour être déroulé et lu. Aussi l invention du codex dont le livre papier actuel a hérité la structure, révolutionne les fondamentaux de la lecture. Plus tard, l imprimerie de Gutenberg jouera un rôle de premier plan dans la production des livres et leur diffusion mais les historiens soulignent qu un livre avant Gutenberg et un livre après Gutenberg présentent en réalité les mêmes structures. Dans cette perspective historique, il ressort que livre numérique modifie en profondeur à la fois les conditions de lecture (ou de consommation) et les conditions de production. Il invite tout particulièrement à s interroger sur la question des supports. En effet, contrairement au livre papier, le livre numérique suppose une diversité de supports : le fichier informatique étant téléchargeable sur un ordinateur, une tablette, une liseuse, un smartphone. Il est reconfigurable et reproductible à volonté. Il peut également être fragmenté. La granulométrie de l offre peut être le titre ou le chapitre comme pour la musique où le choix existe entre album et titre, ou bien encore un ensemble de titres comme les «bouquets» en audiovisuel. Outre le téléchargement, la consultation en ligne est également est possible et la mise à disposition peut être définitive ou temporaire avec des systèmes de chronodégradabilité. Le livre papier quant à lui réunissant de façon indissociable contenu et support, suppose l achat à l acte d une œuvre impossible à acquérir pour partie. Et le retour du produit non vendu par le libraire à son fournisseur est une pratique normale. Le livre numérique en tant que bien éditorial numérisé, présente la particularité de pouvoir être «transporté» par Internet. Internet est alors non seulement un canal de vente (constituée de différents sites e-commerce) mis également un canal d acheminement (fait d entrepôts et de plates-formes numériques). Le livre était certes, déjà vendu dans sa forme papier, par les moyens de la vente en ligne (dès 1995 aux Etats-Unis avec Amazon) mais sa forme numérique le projette dans une économie en réseau où chaque acteur peut entrer en contact avec n importe lequel des autres acteurs en court-circuitant le reste de la chaine. 10

12 Comme l indique Patino (2008, p.22), «le passage d une ligne à une grille, permettant la rencontre d acteurs que leur position, en amont ou en aval, ne met pas d ordinaire en relation, ouvre la porte à la suppression d intermédiaires. A tous les niveaux de la chaîne de valeur, la désintermédiation est possible.» L auteur peut entrer en contact direct avec le lecteur sans filtre éditorial, l éditeur peut vendre sans passer par des libraires, etc. Et, le livre numérique se prête également dans cette économie en réseau à des BM de type plateforme multi-faces qui mettent en relation divers intervenants (producteurs de contenus, distributeurs, lecteurs, annonceurs, etc.) et qui fonctionnent sur le principe des effets de réseau (Malin et Pénard, 2010 ; Osterwalder et Pigneur, 2010). Le marché du livre numérique est pour l heure en France un marché relativement modeste. Selon la dernière enquête de branche du SNE, les ventes de livre numériques auraient rapporté aux éditeurs en 2012, 82 millions d euros hors taxe ce qui représente 3% des ventes totales de livres (autour de 2,6 milliards). Il faut préciser que le marché est principalement composé de livres numériques homothétiques qui sont des copies numérisées des livres papier. Les livres numériques enrichis, qui comportent en sus d un texte, des images fixes ou animées, des sons et de la musique, ainsi que des renvois hypertextes vers Internet et autres bonus, se développent dans certains secteurs d édition (jeunesse, documentaires, beaux-livres) mais restent minoritaires en regard des livres homothétiques. Nous centrons donc nos propos dans cet article sur les livres numériques homothétiques tout en gardant à l esprit que ces livres enrichis sont en réalité des biens hybrides alliant plusieurs types de contenus et de services et pour lesquels il se pose la question de savoir si ce sont encore des livres (Benhamou et Guillon, 2010). 2.2 Géants du livre numérique versus éditeurs français Le marché du livre numérique fait nettement apparaitre une césure entre deux mondes : d un côté, les géants du livre numérique constitués d Amazon, d Apple et de Google ; de l autre, les grands éditeurs traditionnels convertis au numérique. Cette césure est très parlante en regard de l innovation de rupture : les premiers innovent dans une démarche proactive et prennent des positions dominantes dans un marché en émergence alors que les deuxièmes, acteurs historiques de l édition, restent d abord en retrait, très déstabilisés par 11

13 les stratégies des nouveaux entrants, puis se mettent au numérique en le vivant comme une extension de leur métier de base. Cette césure sur laquelle nous concentrons notre attention dans cette communication occulte d autres intervenants comme les petits éditeurs indépendants et les nouveaux éditeurs uniquement numériques, que certains ont tentés de répertorier et de classer, comme Romain Champourlier (voir la note du centre d analyse stratégique, n 270, mars 2012) et Lorenzo Soccavo (voir son blog). Pour ce dernier, l édition numérique francophone dénombrerait 150 acteurs, ce qui suppose une grande variété de stratégies : stratégies oligopolistiques sur des segments spécialisés, stratégies d intégration verticale, stratégies de simple diversification à partir des métiers antérieurs et stratégies de pure-players (Benhamou, 2012 ; Riot, 2013). De leur côté, les éditeurs traditionnels de taille moyenne ou grande convertissent en format numérique leurs fonds de catalogue, ce qui est assez simple pour les livres pour lesquels les auteurs ont fourni un «tapuscrit» et plus compliqué pour les livres pour lesquels il n existe pas de fichier informatique. Le problème s est posé notamment pour des œuvres du XXème siècle, pas encore tombées dans le domaine public et pour certaines orphelines (pas d ayants-droits identifiés), qui étaient de surcroît indisponibles en format papier. La plupart des éditeurs font paraître depuis deux ou trois ans, leurs nouveaux romans à la fois en numérique et en papier à chaque rentrée littéraire. Les éditeurs ont organisé leur offre numérique à partir de 2009 en créant des entrepôts à l image de ce qu ils faisaient avec le livre papier. Ces entrepôts sont chargés de stocker les fichiers de livres et leurs métadonnées, de les mettre à disposition des clients et de procéder à la facturation et au recouvrement pour le compte des éditeurs. Ainsi Hachette, groupe éditorial leader, rachète Numilog en 2008 pour en faire sa plate-forme de diffusion-distribution du livre numérique puis s en sépare en 2012 pour recentrer l ensemble de ses activités au sein de Hachette Distribution numérique, créé en Editis, numéro deux de l édition française, créé de son côté également E-Plateforme que le groupe Médias-Participation rejoindra quelques temps après. Quant aux éditeurs de taille moyenne, ils sont conduits, comme dans le livre papier, à s associer pour créer leur propre système de distribution : Gallimard et Le Seuil-Martinière créé ainsi Eden-Livres que Flammarion ralliera rapidement. Les maisons les plus petites sont 12

14 appelées à rejoindre les structures existantes ou bien à créer des structures communes (Iznéo notamment dans la bande-dessinée). Pour ce qui est de la triade américaine, il convient en premier lieu de préciser que leur entrée dans le livre numérique s est faite à des moments différents et de façon différente. Ainsi Amazon est présent dans la vente de livres (papier) en ligne depuis 1995 Aux Etats- Unis. Réfléchissant au produit le plus adapté à la vente électronique, Jeff Bezos, fondateur d Amazon, désigne le livre en raison de la multiplicité des références et des possibilités infinies de rayonnages offerts par un magasin virtuel. La présence européenne d Amazon débute en octobre 1998 avec l Allemagne et le Royaume-Uni puis la France en C est Amazon encore qui entre le premier dans la distribution de livres numériques en créant un service «ebooks» en novembre Puis le Kindle est commercialisé d abord aux Etats- Unis en 2007 puis fin 2011 en France. La firme prend une position monopolistique sur un marché naissant jusqu à l arrivée de l ipad en 2010 avec lequel elle va composer dans une grande rivalité concurrentielle. Le système Kindle consiste à coupler le catalogue avec un matériel de lecture propriétaire. Amazon propose de plus des livres numériques à prix cassés, en particulier pour les nouveautés. Elle étend ses services à l abonnement ouvrant droit à un nombre limité de locations en ligne et à l auto-publication avec le Kindle Direct Publishing. Elle investit également, plus tard, dans l édition de livres papier et numériques. Quand Apple commercialise l Ipad en 2010, il arrive trois ans après Amazon sur le marché du livre numérique si l on compte à partir de l année de sortie du Kindle, mais 10 ans si l on compte depuis la mise en place du service «ebooks» sur Amazon.com. Certes, il ne s agit pas tout à fait du même produit puisque le Kindle est une liseuse alors que l ipad est une tablette ayant des fonctionnalités plus larges que la seule lecture de textes. Le succès n est pas le même non plus! Car, Apple réussit à vendre 1 million d exemplaires de son ipad aux Etats-Unis en un mois alors qu il a fallu un an à Amazon avec le Kindle pour obtenir le même score. En revanche, Apple, comme Amazon, met en place un modèle de verrouillage consistant à vendre des matériels et à lier la possession de ceux-ci à l achat d œuvres sur un magasin dédié. Apple avait toutefois procédé de la manière dans le domaine de la musique téléchargée dix ans plus tôt : après avoir créé ipod en 2001, Apple donnait naissance en

15 à itunes selon le principe du modèle intégré, en proposant une interface intuitive et des titres à 0,99$. Dans le domaine du livre numérique, Amazon et Apple sont tous deux, à la fois fournisseurs de matériels et de contenus. Les possesseurs d ipad peuvent utiliser plusieurs plates-formes d approvisionnement : itunes et spécifiquement pour les livres, ibookstore ainsi que des applications hébergées par AppStore mais développées par des libraires et des éditeurs. L application Kindle est ainsi disponible sur l ipad. Déjà dominant sur le marché des moteurs de recherche, Google étend sa stratégie à l édition numérique à partir de Pour se positionner comme portail d accès à l édition numérique, Google mène deux types de négociations, avec les bibliothèques et avec les éditeurs (Benhamou et Guillon, 2010). Avec les bibliothèques, notamment les bibliothèques universitaires américaines, Google signe des accords de numérisation des fonds pour enrichir le catalogue numérique et améliorer l indexation. Google exploite ensuite ces fonds pour répondre aux requêtes des internautes. Avec les éditeurs, Google intervient à la fois pour indexer et pour vendre. Au départ, avec le «programme partenaires», Google Books permet seulement le feuilletage en ligne. Les éditeurs ayant signé les contrats correspondants, trouvent ainsi les moyens de favoriser la vente de livres papier avec l aide du moteur de recherche. Car celui-ci ne vend alors pas de livres. Ensuite, la proposition évolue. Google Edition se positionne en effet comme une offre de bibliothèque et de libraire en ligne. S agissant de la vente d un livre, Google prend en charge soit le seul support technologique (la transaction étant alors réalisée par un libraire ou un éditeur partenaire) soit l ensemble de la vente, en prélevant un pourcentage du chiffre d affaires, variable selon les tâches effectuées. Pour finir sur cette présentation des trois protagonistes du livre numérique, il importe de souligner qu aucun ne vient du monde de l édition. Le livre est pour eux une voie de diversification alors qu il constitue le cœur du métier des acteurs historiques de l édition et de la librairie. 14

16 2.3 Démarche méthodologique Le travail réalisé procède d une recherche exploratoire qualitative. Les données utilisées sont des données secondaires exclusivement. Elles se répartissent en trois types : - Rapports publics et avis d experts (15 documents) - Articles de presse (près de 50) - Communiqués d entreprises (autour de 20) L ensemble des documents a été analysé sur les principes de l analyse de contenu thématique (Bardin, 1998) dans le but de répondre à trois questions de recherche : - Quelles sont les règles historiques des acteurs en place, et plus précisément des éditeurs de taille moyenne et grande qui représentent les acteurs dominants du paysage éditorial français (Hachette, Editis, Gallimard, Flammarion, La Martinière-Le Seuil)? Quelle place prennent en particulier les relations inter-organisationnelles avec les libraires dans la formation de ces règles? - Quelles sont les nouvelles règles du jeu introduites par Amazon, Apple et Google? Existe-il des différences entre les trois entreprises sur ce plan ou bien y a-t-il une relative homogénéité? - Les règles du jeu historiques sont-elles en voie de disparition ou de régénération? L élaboration de la SC éditoriale du livre numérique telle qu elle existe aujourd hui s est-elle fait avec ou sans ces règles? Nous nous sommes appuyés sur notre grille des composantes des règles du jeu, issues de la revue de littérature, pour ce faire. Le corpus a ainsi été parcouru de trois manières différentes en fonction des trois objectifs de recherche énoncés plus haut afin de faire émerger les thèmes en lien avec la notion de règles du jeu. Il a nous semblées par ailleurs important d inscrire cette réflexion dans une approche longitudinale. Le livre numérique possède une histoire relative courte qui débute en France en 1998 avec les éditions 00h00 qui sont les premières à éditer des livres numériques. La chronologie des événements permet de mieux comprendre comment les stratégies d acteurs ont pu interagir les unes avec les autres. La délimitation géographique ne comprend pas seulement la France, compte tenu de la nature du bien étudié, mais s étend 15

17 aux Etats-Unis et à l Europe. Toute l analyse documentaire a permis non seulement de mieux comprendre ce que les règles du jeu pouvaient revêtir dans une industrie telle que l édition mais également d appréhender les stratégies des principaux protagonistes en matière de livre numérique. 3. Résultats : les règles historiques demeurent. Les résultats sont présentés dans cette troisième et dernière partie en deux temps. Tout d abord, les règles historiques et les règles nouvelles, qui résultent pour les premières, des principaux éditeurs traditionnels (livre papier) et les deuxièmes, des géants du livre numérique, sont définies en regard de la grille proposée à l issue de la revue de littérature puis comparées, afin de faire ressortir les différences les plus saillantes et apprécier l importance dans l un et l autre mondes, des relations inter-organisationnelles et du recours aux partenaires extérieurs. Ensuite, un deuxième résultat porte sur la SC du livre numérique mise en place par les éditeurs et leurs partenaires, en particulier libraires, dont nous précisons les caractéristiques. La présence de cette SC signifie déjà en soi que les règles historiques n ont pas disparu et qu elles ont même permis de créer une nouvelle organisation verticale. 3.1 Règles historiques et nouvelles règles : la confrontation de deux mondes De nombreux rapports publics paraissent régulièrement sur le livre, l édition, la librairie et la bibliothèque depuis la mise en place de la loi Lang en Mais l apparition du livre numérique a vraisemblablement accéléré la vague de publication. Il y a tout d abord le Rapport Livre 2010 de Sophie Barluet, paru en juin 2007, destiné à éclairer le décideur public sur les politiques à mener. «La nouvelle révolution de l accès à la culture qu on représentée le numérique et Internet après celle liée au développement des mass médias englobera-telle ainsi le livre?» se demande l auteur du rapport en introduction. Ensuite, le rapport Patino paru en 2008 sur le devenir numérique de l édition fait également une série de recommandations qui passe par la préservation de la propriété intellectuelle, clef de voute de l édition, et la détermination des prix de vente par les éditeurs. Enfin, en 2010, le rapport 16

18 Albanel, Pour un livre numérique créateur de valeur, pose cette question en introduction : «un monde nouveau, celui de l édition numérique, va-t-il renverser un monde ancien, fondé notamment sur le respect des droits des créateurs et des diffuseurs?». Après avoir évoqué «un sentiment d urgence», le rapport nomme, Google, Amazon et Apple dans cet ordre-là au titre des grands opérateurs internationaux. La figure n 5 établie à partir de notre revue de littérature permet d éclairer ce débat qui préoccupe non seulement les Pouvoirs publics mais également l ensemble des acteurs historiques du livre. Figure 5. Les règles du jeu : éditeurs vs géants Composantes des règles du jeu Les dotations de départ Les partenaires Les objectifs Les stratégies Règles historiques (éditeurs) Les auteurs. Les livres édités. Les libraires. Les pouvoirs publics. Concilier objectifs financiers et objectifs culturels Maîtrise des canaux de distribution. Stratégie de diversité éditoriale Nouvelles règles (géants du numérique) L accès aux réseaux L envergure mondiale (taille, notoriété ) Les consommateurs. Les éditeurs. Primauté des objectifs financiers sur les objectifs culturels Ecosystème fermé. Stratégie de baisse des prix / d accès sans limites aux œuvres Concernant les dotations de départ. Les auteurs constituent pour les éditeurs, la première des ressources. La capacité à recruter les auteurs et à les garder, constitue le cœur du métier d éditeur avec la mise au point de concepts éditoriaux (Bouvaist, 1991). Les livres édités constituent une ressource matérielle et financière et reflètent les compétences éditoriales. Les auteurs et les éditeurs sont des détenteurs de droits et à ce titre, réalisent un travail de création protégé par la propriété littéraire et artistique. Amazon, Apple et Google dispose d infrastructures d échange électroniques permettant la rencontre et la mise en relation d acheteurs et de vendeurs. Ces ressources leur permettent d avoir une maîtrise de la distribution et un contact direct avec les consommateurs (Moati, 2011). Or, selon le rapport Patino (2008) «une vigilance particulière doit notamment être portée à la concurrence nouvelle qui pourrait s exercer 17

19 entre les détenteurs de droits [ ] et les détenteurs d accès et de réseaux qui n ont pas forcément intérêt à la valorisation des droits de propriété intellectuelle» (p.5). En d autres termes, les éditeurs veulent avoir une protection maximale de leurs ressources stratégiques et la triade veut faire circuler des flux de livres sans entrave juridique. Deux exemples illustrent les tensions entre les deux parties à ce sujet, l un concernant Amazon et l autre, Google (Dacos et Mounier, 2010). Premièrement, en juillet 2009, des utilisateurs du Kindle s aperçoivent que deux titres d Orwell qu il avait achetés sous forme numérique, 1984 et la ferme des animaux, ont disparu de leur bibliothèque numérique. Amazon a en effet utilisé la connexion automatique entre la liseuse et son catalogue central pour effacer les fichiers des machines de ses clients. Amazon s est rendu compte qu il n avait pas les droits d exploitation numérique de ces titres alors qu ils les avaient déjà vendus. Il les a donc retirés de son catalogue ainsi que des machines utilisées par ses clients. Deuxièmement, Google a numérisé des ouvrages dont il ne possédait pas les droits dans le cadre de sa campagne lancée en L American Association of Publishers et l Authors Guild ont dénoncé une violation du Copyright Act et demandé à ce que Google renonce au système opt-out pour le système opt-in de façon à ce que leur autorisation soit requise non pas après la numérisation mais avant la numérisation. Concernant les partenaires. Les différences sont à nouveau très marquées entre les deux mondes. Les rapports publics analysés soulignent à quel point les éditeurs ont un destin lié à celui de la librairie. Pour Sophie Barluet (2007, p.6), «pour valoriser et faire vivre leurs fonds», les éditeurs ont besoin du «maintien d un tissu de librairies capables de continuer à offrir et mettre en valeur la diversité éditoriale». «Le sort des éditeurs est bien entendu lié à celui des libraires». Les liens entre éditeurs et libraires sont développés dans la composante stratégique des règles du jeu. Il y a un élément fondamental pour comprendre les relations éditeurs-libraires et qui permet de relier entre eux, trois partenaires clés du monde du livre, les éditeurs, les libraires et les Pouvoirs Publics. Cet élément est le prix unique du livre. Celuici est entré en vigueur en janvier 1982 par la loi Lang votée à la quasi-unanimité le 10 août Si cette loi peut être regardée sous l angle de ce qu elle interdit (des détaillants ne pouvant pas fixer le prix de vente ni le faire varier en dehors de marges réduites, les éditeurs 18

20 en obtenant la prérogative), elle gagne surtout à être regardée sous l angle de ce qu elle autorise (Rouet, 1993) : un renforcement des interdépendances économiques et culturelles, entre édition et librairie, par l adhésion au principe de péréquation (voir supra : la composante «objectifs» des règles du jeu). Dans les nouvelles règles du jeu, instaurées par les géants du numérique, les libraires sont exclus. La désintermédiation joue à plein dans leurs systèmes de distribution. Ils réduisent la diversité des canaux de distribution et accaparent les rentes. Les éditeurs en revanche demeurent. Amazon, Google et Apple ont en effet besoin des éditeurs comme fournisseurs. Ils vendent en effet dans leurs réseaux, des livres numérisés dont ils souhaitent que le nombre soit le plus grand possible puisque l étendue de l offre est un facteur clé de succès dans la vente en ligne (Benghozi, 2001). Or, s ils sont bien eux-mêmes éditeurs, ils ne le sont pas dans des proportions suffisantes pour satisfaire les consommateurs. De même, les éditeurs ont intérêt à commercer avec ces importants clients de réputation et d envergure mondiale. Les éditeurs sont ainsi dans des relations de coopétition avec Amazon, Apple et Google, c est-à-dire à la fois de coopération et de compétition 1. Concernant les objectifs. Alors que les éditeurs cherchent dans l ensemble à concilier les objectifs économiques et culturels, dans un principe qu ils dénomment «péréquation», les géants du numérique qui tous les trois saisissent l opportunité du livre numérique pour diversifier leurs activités, donnent la primauté aux objectifs financiers. En effet, le principe de péréquation consiste à rechercher une rentabilité globale, celle du catalogue pour l éditeur et celle de l assortiment pour le libraire, afin de permettre à des titres peu ou pas rentables d être produits et commercialisés. Ce principe est énoncé par Diderot au XVIII è dans Lettre sur le commerce de la librairie : «Un fonds de librairie est une possession d un nombre plus ou moins considérable de livres propres à différentes états de la société, et assorti de manière que la vente sûre mais lente des uns, compensée avec avantage avec la vente aussi sûre mais plus rapide des autres, facilite l accroissement de la première possession». On voit poindre dans 1 Ce point est abordé dans tout notre développement. Mais nous pouvons préciser ceci. La stratégie d Amazon, Apple et Google consiste à maîtriser l ensemble de la supply chain du livre : à la fois les fonctions d intermédiation que les éditeurs ont classiquement, pour le livre papier, pris l habitude de prendre en charge et de gérer pour l ensemble des membres et plus en amont encore, les fonctions d édition ou plutôt d autoédition (Kindle Direct Publishing, ibooks Author, etc.). 19

Management Stratégique. Saïd YAMI Maître de Conférences en Sciences de Gestion ERFI/ISEM Université Montpellier 1 Cours de Master 1.

Management Stratégique. Saïd YAMI Maître de Conférences en Sciences de Gestion ERFI/ISEM Université Montpellier 1 Cours de Master 1. Management Stratégique Saïd YAMI Maître de Conférences en Sciences de Gestion ERFI/ISEM Université Montpellier 1 Cours de Master 1 Plan du Module 3 Chap.3- Les modèles fondés sur la structure des marchés

Plus en détail

Etude sur les usages de la lecture de bande dessinée Numérique / izneo - Labo BnF

Etude sur les usages de la lecture de bande dessinée Numérique / izneo - Labo BnF Etude sur les usages de la lecture de bande dessinée Numérique / izneo - Labo BnF Table des matières Contexte...1 Sélection des participants...2 Méthodologie :...5 Questionnaire :...5 Résultats concernant

Plus en détail

DÉPARTEMENT INFORMATIQUE ORIENTÉ SERVICES

DÉPARTEMENT INFORMATIQUE ORIENTÉ SERVICES NOUVELLES COMPÉTENCES POUR LE DÉPARTEMENT INFORMATIQUE ORIENTÉ SERVICES Le quotidien du responsable informatique d une entreprise s apparente à un combat de tous les instants. Le département informatique

Plus en détail

Dans cette nouvelle version, Librisoft intègre des fonctions qui vous permettront de vendre des produits numériques.

Dans cette nouvelle version, Librisoft intègre des fonctions qui vous permettront de vendre des produits numériques. Dans cette nouvelle version, Librisoft intègre des fonctions qui vous permettront de vendre des produits numériques. L activation de ces nouvelles fonctions, qui s appuient sur les services proposés par

Plus en détail

DU Paris II Modèle de l économie numérique. Commerce électronique et conflits de canaux de distribution

DU Paris II Modèle de l économie numérique. Commerce électronique et conflits de canaux de distribution DU Paris II Modèle de l économie numérique Commerce électronique et conflits de canaux de distribution Introduction La notion de canaux de distribution : => réseaux de distribution propre : automobiles,

Plus en détail

1 TiteLive/ePagine - Offre numérique. Chers libraires,

1 TiteLive/ePagine - Offre numérique. Chers libraires, 1 TiteLive/ePagine - Offre numérique Chers libraires, Vous êtes aujourd hui confrontés à l introduction du livre numérique dans votre domaine d activité et beaucoup parmi vous s interrogent quant aux bonnes

Plus en détail

L EVOLUTION DES FORMES D EMPLOI : SYNTHESE DU RAPPORT

L EVOLUTION DES FORMES D EMPLOI : SYNTHESE DU RAPPORT 1 RAPPORT DU CONSEIL D ORIENTATION POUR L EMPLOI 8 AVRIL 2014 L EVOLUTION DES FORMES D EMPLOI : SYNTHESE DU RAPPORT LES «FORMES D EMPLOI : DES REALITES TRES DIVERSES ET EN PLEINE EVOLUTION, QUI DESSINENT

Plus en détail

Société française des intérêts des auteurs de l écrit

Société française des intérêts des auteurs de l écrit Société française des intérêts des auteurs de l écrit Le droit de prêt La rémunération pour copie privée numérique La retraite complémentaire des écrivains et des traducteurs L action culturelle Les livres

Plus en détail

LIVRE BLANC AMÉLIOREZ VOS PERFORMANCES MARKETING ET COMMERCIALES GRÂCE À UNE GESTION DE LEADS OPTIMISÉE

LIVRE BLANC AMÉLIOREZ VOS PERFORMANCES MARKETING ET COMMERCIALES GRÂCE À UNE GESTION DE LEADS OPTIMISÉE AMÉLIOREZ VOS PERFORMANCES MARKETING ET COMMERCIALES GRÂCE À UNE GESTION DE LEADS OPTIMISÉE 2 A PROPOS Pourquoi la gestion des leads (lead management) est-elle devenue si importante de nos jours pour les

Plus en détail

COMMENT CONDUIRE SON PROJET DE SITE WEB?

COMMENT CONDUIRE SON PROJET DE SITE WEB? COMMENT CONDUIRE SON PROJET DE SITE WEB? Lorraine Pour être efficace, un site web doit être réfléchi et en adéquation avec la stratégie de l entreprise. Cette notice présente les différentes possibilités

Plus en détail

Le modèle d affaires de l entreprise numérique

Le modèle d affaires de l entreprise numérique Le modèle d affaires de l entreprise numérique Aujourd hui, il est pratiquement impossible de concevoir un modèle d affaires sans y intégrer une vision numérique. Un modèle d affaires numérique permet

Plus en détail

Démarche d analyse stratégique

Démarche d analyse stratégique Démarche d analyse stratégique 0. Préambule 1. Approche et Démarche 2. Diagnostic stratégique 3. Scenarii d évolution 4. Positionnement cible 2 0. Préambule 3 L analyse stratégique repose sur une analyse

Plus en détail

Définition des objectifs Caractéristiques de l offre définitive Marché cible positionnement. Evaluation du potential de vente

Définition des objectifs Caractéristiques de l offre définitive Marché cible positionnement. Evaluation du potential de vente Chapitre 3 Lancement et développement de la jeune entreprise Une fois, l étude de marché réalisée, le créateur doit maintenant l explorer, c'est-à-dire en tirer les éléments qui serviront à la rédaction

Plus en détail

Stratégies gagnantes pour la fabrication industrielle : le cloud computing vu par les dirigeants Dossier à l attention des dirigeants

Stratégies gagnantes pour la fabrication industrielle : le cloud computing vu par les dirigeants Dossier à l attention des dirigeants Stratégies gagnantes pour la fabrication industrielle : Dossier à l attention des dirigeants Centres d évaluation de la technologie inc. Stratégies gagnantes pour l industrie : Synthèse Jusqu ici, les

Plus en détail

Une étude sur : «La Supply Chain comme facteur clé de compétitivité» Jeudi 27 juin 2013 Au Grand Hôtel Opéra, Paris

Une étude sur : «La Supply Chain comme facteur clé de compétitivité» Jeudi 27 juin 2013 Au Grand Hôtel Opéra, Paris Jeudi 27 juin 2013 Au Grand Hôtel Opéra, Paris Une étude sur : «La Supply Chain comme facteur clé de compétitivité» A l'initiative de Réalisée par Pour le compte de Une étude basée sur un nombre significatif

Plus en détail

RP2 LIVRES NUMÉRIQUES ET ACCÈS AU SAVOIR ET À LA CONNAISSANCE

RP2 LIVRES NUMÉRIQUES ET ACCÈS AU SAVOIR ET À LA CONNAISSANCE RP2 LIVRES NUMÉRIQUES ET ACCÈS AU SAVOIR ET À LA CONNAISSANCE Organisateur COMMUNAUTÉ D AGGLOMÉRATION D ALES Coordinateur et animateur, Directeur de la médiathèque Alphonse Daudet Cet atelier interactif

Plus en détail

Création de sites Internet Mise à jour de sites existants

Création de sites Internet Mise à jour de sites existants Création de sites Internet Mise à jour de sites existants Mise à jour de pages ponctuelles Applications iphone, ipad, Android Aide à l impression à la demande Correction de manuscrits Qu est-ce qu un site

Plus en détail

Changement dans les achats de solutions informatiques

Changement dans les achats de solutions informatiques Changement dans les achats de solutions informatiques Ce que cela signifie pour l informatique et les Directions Métiers Mai 2014 Le nouvel acheteur de technologies et la nouvelle mentalité d achat Un

Plus en détail

Grégory Bressolles L E-MARKETING

Grégory Bressolles L E-MARKETING Grégory Bressolles L E-MARKETING Conseiller éditorial : Christian Pinson Dunod, Paris, 2012 ISBN 978-2-10-057045-4 SOMMAIRE Avant-propos 5 CHAPITRE 1 Qu est-ce que l e-marketing? I COMMENT INTERNET A-T-IL

Plus en détail

Stratégies gagnantes pour les prestataires de services : le cloud computing vu par les dirigeants Dossier à l attention des dirigeants

Stratégies gagnantes pour les prestataires de services : le cloud computing vu par les dirigeants Dossier à l attention des dirigeants Dossier à l attention des dirigeants Centres d évaluation de la technologie inc. Le cloud computing : vue d ensemble Les sociétés de services du monde entier travaillent dans un environnement en pleine

Plus en détail

Communiqué de presse. Lecture : de nouveaux outils numériques en Fédération Wallonie-Bruxelles

Communiqué de presse. Lecture : de nouveaux outils numériques en Fédération Wallonie-Bruxelles Joëlle MILQUET - Vice-Présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles Education Culture Enfance Communiqué de presse Lecture : de nouveaux outils numériques en Fédération Wallonie-Bruxelles Le 25 février

Plus en détail

Transition Energétique, Modèle allemand, Innovation, Jeanne Frangié & Angelos Souriadakis

Transition Energétique, Modèle allemand, Innovation, Jeanne Frangié & Angelos Souriadakis Transition Energétique, Modèle allemand, Innovation, Jeanne Frangié & Angelos Souriadakis Tous les pays européens, et notamment la France et l Allemagne, se sont engagés dans des transitions énergétiques

Plus en détail

E-commerce B2B en France : un secteur méconnu mais au fort potentiel de croissance

E-commerce B2B en France : un secteur méconnu mais au fort potentiel de croissance Bureau de Paris 18, boulevard Montmartre 75009 Paris Tel : (33) 1 42 77 76 17 Internet : www.sia-partners.com Paris Lyon Bruxelles Amsterdam Roma Milano Casablanca Dubaï New-York E-commerce B2B en France

Plus en détail

Maîtriser la diffusion de son catalogue e-commerce

Maîtriser la diffusion de son catalogue e-commerce Maîtriser la diffusion de son catalogue e-commerce Lorraine Un site marchand est sans cesse en recherche de moyens pour développer son activité. Au-delà de l optimisation de la boutique, il est possible

Plus en détail

Kofax Livre blanc. Technologie mobile d automatisation avancée pour la Comptabilité Fournisseurs. Résumé

Kofax Livre blanc. Technologie mobile d automatisation avancée pour la Comptabilité Fournisseurs. Résumé Kofax Livre blanc Livre blanc Kofax Technologie mobile d automatisation avancée pour la Comptabilité Fournisseurs Résumé De nos jours, l interaction en entreprise avec les applications métier disponibles

Plus en détail

Thème E Etablir un diagnostic stratégique Le diagnostic externe Analyse de l environnement de l entreprise

Thème E Etablir un diagnostic stratégique Le diagnostic externe Analyse de l environnement de l entreprise Thème E Etablir un diagnostic stratégique Le diagnostic externe Analyse de l environnement de l entreprise On ne peut concevoir l entreprise comme une entité isolée du milieu dans lequel elle agit. L entreprise

Plus en détail

Inviter au plus vite tous les acteurs de la création, de l'édition, de la diffusion et de la lecture à des «États généraux du livre et de la lecture».

Inviter au plus vite tous les acteurs de la création, de l'édition, de la diffusion et de la lecture à des «États généraux du livre et de la lecture». Eléments pour une politique en faveur du livre et de la lecture Par Aurélie Filippetti, députée de Moselle, responsable du pôle Culture, audiovisuel, médias dans l équipe de campagne de François Hollande.

Plus en détail

Chap 3 : La connaissance du client. I. Les fondements de la connaissance du client. Les principales évolutions sont résumées dans le tableau suivant :

Chap 3 : La connaissance du client. I. Les fondements de la connaissance du client. Les principales évolutions sont résumées dans le tableau suivant : Chap 3 : La connaissance du client I. Les fondements de la connaissance du client A. D une société de consommation à une société de consommateurs Depuis les années 1980, les mutations sociales ont eu d

Plus en détail

Position du CIGREF sur le Cloud computing

Position du CIGREF sur le Cloud computing Position du CIGREF sur le Cloud computing Septembre 2010 Cette position est le fruit d un groupe de réflexion ayant rassemblé les Directeurs des Systèmes d Information de grandes entreprises, au premier

Plus en détail

Les messages EDI en librairie

Les messages EDI en librairie dernière mise à jour : avril 2013 Les messages EDI en librairie Échanges de Données Informatisés avril 2013 Sommaire Dilicom p. 6 L Alire p. 7 Le FEL p. 8 L EDI p. 3 à 5 Messages EDI p. 9 à 14 Lexique

Plus en détail

Comment télécharger et

Comment télécharger et Dispositifs de lecture numérique Comment télécharger et lire un livre numérique sur tablette et liseuse? Par souci de synthèse nous retiendrons ici les modèles de tablettes et liseuses les plus utilisés

Plus en détail

Livre blanc. Quelles applications. pour. quelle mobilité

Livre blanc. Quelles applications. pour. quelle mobilité Livre blanc Quelles applications? pour quelle mobilité 2 «À l aube d une ère nouvelle, la mobilité voit ses usages se multiplier dans notre vie quotidienne, privée comme professionnelle. La déferlante

Plus en détail

Le Display En Pleine Révolution

Le Display En Pleine Révolution Le Display En Pleine Révolution De l achat d espace publicitaire classique à la gestion d audience ciblée Better connections. Better results. Livre Blanc Acxiom Le Display En Pleine Révolution De l achat

Plus en détail

Le conseil autrement. La force de l engagement

Le conseil autrement. La force de l engagement Le conseil autrement La force de l engagement Conjuguer nos talents Forts d une expérience de plus de quinze ans de conseil en management et en technologies, nous avons résolument pris le parti de favoriser

Plus en détail

Faites l expérience d un monde où les interactions avec vos clients se portent de mieux en mieux.

Faites l expérience d un monde où les interactions avec vos clients se portent de mieux en mieux. Faites l expérience d un monde où les interactions avec vos clients se portent de mieux en mieux. NCR SERVICES Brochure Title Goes Here Gestion Sub-header proactive, / description maintenance goes here

Plus en détail

Focus : Des bibliothèques dans l'économie du livre (droit de prêt, copie privée, acquisitions papier et numérique) au prêt de livres numériques

Focus : Des bibliothèques dans l'économie du livre (droit de prêt, copie privée, acquisitions papier et numérique) au prêt de livres numériques Focus : Des bibliothèques dans l'économie du livre (droit de prêt, copie privée, acquisitions papier et numérique) au prêt de livres numériques Limoges, 1 décembre 2014 Les bibliothèques dans l économie

Plus en détail

LES ACTIVITES PRESSE DU GROUPE AMAURY PREAMBULE

LES ACTIVITES PRESSE DU GROUPE AMAURY PREAMBULE Contribution du Groupe Amaury aux Etats Généraux de la Presse Octobre 2008 LES ACTIVITES PRESSE DU GROUPE AMAURY Le Groupe Amaury représente avec Le Parisien-Aujourd hui en France et l Equipe, 40% de la

Plus en détail

Programme de Partenariat CIOA. Ecole du Nouveau Commerce. Septembre 2012

Programme de Partenariat CIOA. Ecole du Nouveau Commerce. Septembre 2012 Programme de Partenariat CIOA Ecole du Nouveau Commerce Septembre 2012 Groupe CIOA - Le Nobel - Avenue de l Université - 83160 La Valette du Var FRANCE Tel : 33 (0)4 94 14 12 40 - Fax : 33 (0)4 94 14 12

Plus en détail

Etude réalisée en partenariat avec le réseau de CMA et la CRMA de Bretagne, le syndicat Mixte MEGALIS et la Région Bretagne

Etude réalisée en partenariat avec le réseau de CMA et la CRMA de Bretagne, le syndicat Mixte MEGALIS et la Région Bretagne Etude réalisée en partenariat avec le réseau de CMA et la CRMA de Bretagne, le syndicat Mixte MEGALIS et la Région Bretagne Cet article présente les principaux résultats de l enquête OPSIS de Marsouin

Plus en détail

SYNTHÈSE. Quelles sont les perspectives du marché des services en ligne?

SYNTHÈSE. Quelles sont les perspectives du marché des services en ligne? SYNTHÈSE Le marché des contenus et des services payants en ligne, historiquement fort en France sur la téléphonie fixe autour de Télétel puis d Audiotel s est développé autour de nouveaux canaux de diffusion

Plus en détail

Exploiter et diffuser des flux RSS Pourquoi exploiter les flux d information pour votre veille professionnelle?

Exploiter et diffuser des flux RSS Pourquoi exploiter les flux d information pour votre veille professionnelle? 6 Exploiter et diffuser des flux RSS Pourquoi exploiter les flux d information pour votre veille professionnelle? Comment fonctionne les RSS? Lire et recevoir vos informations Où trouver des flux RSS pertinents?

Plus en détail

Du livre enrichi et de l EPUB 3

Du livre enrichi et de l EPUB 3 Assises Professionnelles du Livre A l heure du numérique 8 novembre 2011-14h00-18h00 Institut océanographique de Paris Du livre enrichi et de l EPUB 3 Les termes suivis d un astérisque sont définis dans

Plus en détail

Nous vous aidons à nourrir les. relations qui nourrissent votre succès.

Nous vous aidons à nourrir les. relations qui nourrissent votre succès. Nous vous aidons à nourrir les relations qui nourrissent votre succès. 101000101010100010101101000101011010001010110101010101010101 010010100010101011010001010110100010101101000101010101010101 00100101000101000101011010001010110100010101001011011010100

Plus en détail

LE DISPLAY RÉVOLUTION. De l achat d espace publicitaire classique à la gestion d audience ciblée. Janvier 2012 LIVRE BLANC ACXIOM.

LE DISPLAY RÉVOLUTION. De l achat d espace publicitaire classique à la gestion d audience ciblée. Janvier 2012 LIVRE BLANC ACXIOM. LIVRE BLANC ACXIOM LE DISPLAY EN PLEINE RÉVOLUTION De l achat d espace publicitaire classique à la gestion d audience ciblée Janvier 2012 Frédéric GRELIER Directeur Europe développement produits Acxiom

Plus en détail

Préface Claude Revel Déléguée interministérielle à l intelligence économique

Préface Claude Revel Déléguée interministérielle à l intelligence économique Extraits Préface Claude Revel Déléguée interministérielle à l intelligence économique Ma première année à la tête de la Délégation interministérielle à l intelligence économique (D2IE) m a permis de mesurer

Plus en détail

Conférence 14 Internet : quelles stratégies pour l'utiliser au mieux?

Conférence 14 Internet : quelles stratégies pour l'utiliser au mieux? Conférence 14 Internet : quelles stratégies pour l'utiliser au mieux? Animateur Jean-Christophe GALEAZZI RCF Intervenants Mathieu LLORENS AT INTERNET Patrick BERNARD MILLESIMA Jean-Paul LIEUX DOLIST Marion

Plus en détail

Canon Business Services 2013

Canon Business Services 2013 Canon Business Services 2013 Powering Business Transformation* * Au cœur de vos transformations Notre métier? Assurer le succès de votre entreprise. Canon Business Services redéfinit l externalisation

Plus en détail

SAP Learning Hub, édition User Adoption Accès dans le cloud à tout moment à des formations pour utilisateurs finaux

SAP Learning Hub, édition User Adoption Accès dans le cloud à tout moment à des formations pour utilisateurs finaux Foire aux questions SAP Learning Hub, édition User Adoption SAP Learning Hub, édition User Adoption Accès dans le cloud à tout moment à des formations pour utilisateurs finaux SAP Learning Hub est une

Plus en détail

Circulaire du 7 juillet 2009

Circulaire du 7 juillet 2009 RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Ministère de l économie, de l industrie et de l emploi NOR : ECEC0907743C Circulaire du 7 juillet 2009 concernant les conditions d application de l arrêté du 31 décembre 2008 relatif

Plus en détail

ESA DES BIBLIOTHÈQUES NUMÉRIQUES POUR LES ÉTUDIANTS AFRICAINS UN PROJET D ENTREPRENEURIAT SOCIAL

ESA DES BIBLIOTHÈQUES NUMÉRIQUES POUR LES ÉTUDIANTS AFRICAINS UN PROJET D ENTREPRENEURIAT SOCIAL ESA DES BIBLIOTHÈQUES NUMÉRIQUES POUR LES ÉTUDIANTS AFRICAINS UN PROJET D ENTREPRENEURIAT SOCIAL Résumé Le projet vise à offrir aux étudiants des universités et des écoles d enseignement supérieur d Afrique

Plus en détail

En route vers le succès avec une solution de BI intuitive destinée aux entreprises de taille moyenne

En route vers le succès avec une solution de BI intuitive destinée aux entreprises de taille moyenne Présentation du produit SAP s SAP pour les PME SAP BusinessObjects Business Intelligence, édition Edge Objectifs En route vers le succès avec une solution de BI intuitive destinée aux entreprises de taille

Plus en détail

culture chiffres PRODUCTION, DIFFUSION ET MARCHÉS Les entreprises du commerce du marché de l art 2009-4 François Rouet *

culture chiffres PRODUCTION, DIFFUSION ET MARCHÉS Les entreprises du commerce du marché de l art 2009-4 François Rouet * culture Secrétariat général Délégation au développement et aux affaires internationales Département des études, de la prospective et des statistiques 182, rue Saint-Honoré, 75033 Paris cedex 01 01 40 15

Plus en détail

Musique éthique. Cahier des charges pour une filière musicale équitable et solidaire

Musique éthique. Cahier des charges pour une filière musicale équitable et solidaire Musique éthique Cahier des charges pour une filière musicale équitable et solidaire 1. Contexte Aujourd hui, la filière musicale est dominée par une poignée de «majors». La suprématie de la logique économique

Plus en détail

Fiche 3.3 : Comment les marchés imparfaitement concurrentiels fonctionnent-ils?

Fiche 3.3 : Comment les marchés imparfaitement concurrentiels fonctionnent-ils? eduscol Sciences économiques et sociales - Première ES Science économique 3. La coordination par le marché Ressources pour le lycée général et technologique Fiche 3.3 : Comment les marchés imparfaitement

Plus en détail

Enquête 2013-2014 sur les ressources numériques en bibliothèque publique

Enquête 2013-2014 sur les ressources numériques en bibliothèque publique Enquête 2013-2014 sur les ressources numériques en bibliothèque publique Ministère de la Culture et de la Communication Direction générale des médias et des industries culturelles Service du livre et de

Plus en détail

Assises Professionnelles du Livre A l heure du numérique. Place des médias au sein de l édition numérique (images fixes, animées et son)

Assises Professionnelles du Livre A l heure du numérique. Place des médias au sein de l édition numérique (images fixes, animées et son) Assises Professionnelles du Livre A l heure du numérique Place des médias au sein de l édition numérique (images fixes, animées et son) Animation : Nathalie BOCHER-LENOIR, Sejer/Editis Avec la participation

Plus en détail

LES OUTILS DU TRAVAIL COLLABORATIF

LES OUTILS DU TRAVAIL COLLABORATIF LES OUTILS DU TRAVAIL COLLABORATIF Lorraine L expression «travail collaboratif» peut se définir comme «l utilisation de ressources informatiques dans le contexte d un projet réalisé par les membres d un

Plus en détail

Sciences de Gestion Spécialité : SYSTÈMES D INFORMATION DE GESTION

Sciences de Gestion Spécialité : SYSTÈMES D INFORMATION DE GESTION Sciences de Gestion Spécialité : SYSTÈMES D INFORMATION DE GESTION Classe de terminale de la série Sciences et Technologie du Management et de la Gestion Préambule Présentation Les technologies de l information

Plus en détail

Les usages pédagogiques du numérique

Les usages pédagogiques du numérique Les usages pédagogiques du numérique Septembre 2013 Contact : Bruno Jeanbart Directeur Général adjoint Tel : 01 78 94 90 14 Email : bjeanbart@opinion-way.com Méthodologie Echantillon de 1004 étudiants

Plus en détail

Nos Solutions PME VIPDev sont les Atouts Business de votre entreprise.

Nos Solutions PME VIPDev sont les Atouts Business de votre entreprise. Solutions PME VIPDev Nos Solutions PME VIPDev sont les Atouts Business de votre entreprise. Cette offre est basée sur la mise à disposition de l ensemble de nos compétences techniques et créatives au service

Plus en détail

Des collaborateurs mobiles sans infrastructure sur site complexe et coûteuse

Des collaborateurs mobiles sans infrastructure sur site complexe et coûteuse Présentation de la solution SAP SAP Afaria, édition cloud Objectifs Des collaborateurs mobiles sans infrastructure sur site complexe et coûteuse Un faible investissement à forte rentabilité Objectifs Un

Plus en détail

LA CHARTE DU LIVRE POUR QUE CHACUN PUISSE LIRE CE QU IL VEUT, QUAND IL VEUT, DANS LE FORMAT DE SON CHOIX. #MYNEXTREAD

LA CHARTE DU LIVRE POUR QUE CHACUN PUISSE LIRE CE QU IL VEUT, QUAND IL VEUT, DANS LE FORMAT DE SON CHOIX. #MYNEXTREAD LA CHARTE DU LIVRE POUR QUE CHACUN PUISSE LIRE CE QU IL VEUT, QUAND IL VEUT, DANS LE FORMAT DE SON CHOIX. #MYNEXTREAD 2 I Charte du livre EIBF La fédération européenne et internationale des libraires représente

Plus en détail

avec Etude exclusive Le Club des Annonceurs & l Institut QualiQuanti «Le Brand Content : au cœur du pilotage de la marque»

avec Etude exclusive Le Club des Annonceurs & l Institut QualiQuanti «Le Brand Content : au cœur du pilotage de la marque» avec Communiqué de presse Paris, le 22 octobre 2014 Etude exclusive Le Club des Annonceurs & l Institut QualiQuanti «Le Brand Content : au cœur du pilotage de la marque» «A l heure où la marque devient

Plus en détail

Tout le pays, tous les jours, tous les calédoniens.

Tout le pays, tous les jours, tous les calédoniens. Tout le pays, tous les jours, tous les calédoniens. 02/csb csb /03 Présentation de la CSB Historique M. michel copreaux - Directeur Général Domaines métiers et expertises : moyens de paiement électroniques

Plus en détail

SOCIAL CRM: DE LA PAROLE À L ACTION

SOCIAL CRM: DE LA PAROLE À L ACTION LIVRE BLANC SOCIAL CRM: DE LA PAROLE À L ACTION Découvrez comment le Social CRM peut travailler pour vous LIVRE BLANC SOCIAL CRM: DE LA PAROLE À L ACTION 2 À PROPOS Au cours des dernières années, vous

Plus en détail

Formations Web. Catalogue 2014 Internet Référencement Newsletter Réseaux sociaux Smartphone

Formations Web. Catalogue 2014 Internet Référencement Newsletter Réseaux sociaux Smartphone Formations Web Catalogue 2014 Internet Référencement Newsletter Réseaux sociaux Smartphone Formations Web CCI Formation vous propose 8 formations WEB 1 formation Smartphone Nos formations se déroulent

Plus en détail

Campagne de Communication Prévisionnelle. Web Intelligence & Réputation Internet

Campagne de Communication Prévisionnelle. Web Intelligence & Réputation Internet Campagne de Communication Prévisionnelle Web Intelligence & Réputation Internet 1 Sommaire 1. Introduction... 3 2. Détail de la prestation de gestion de réputation online... 5 2.1 Sélection des mots, thématiques

Plus en détail

Passage du marketing par e-mail à l automatisation du marketing

Passage du marketing par e-mail à l automatisation du marketing Passage du marketing par e-mail à l automatisation du marketing L automatisation du marketing est une technologie qui permet de fidéliser les prospects grâce à des campagnes automatisées. Étant donné que

Plus en détail

www.breizhconsulting.fr Centre de formation digital et communication : www. Komelya.fr

www.breizhconsulting.fr Centre de formation digital et communication : www. Komelya.fr «Comment bien choisir sa plateforme e-commerce» Merci de mettre votre portable en mode silencieux Mais vous pouvez twitter C est au programme - Les solutions open source - Les plateformes en mode SAAS

Plus en détail

CONNECTIVITÉ. Options de connectivité de Microsoft Dynamics AX. Microsoft Dynamics AX. Livre blanc

CONNECTIVITÉ. Options de connectivité de Microsoft Dynamics AX. Microsoft Dynamics AX. Livre blanc CONNECTIVITÉ Microsoft Dynamics AX Options de connectivité de Microsoft Dynamics AX Livre blanc Ce document décrit les possibilités offertes par Microsoft Dynamics AX en terme de connectivité et de montée

Plus en détail

Etre présent sur le Web sans site Web. 29 septembre 2014

Etre présent sur le Web sans site Web. 29 septembre 2014 Etre présent sur le Web sans site Web 29 septembre 2014 Présence sur le Web : une absolue nécessité pour le commerce de proximité Le Web-to-Store est un concept déjà bien ancré chez les internautes acheteurs

Plus en détail

À PROPOS DE TALEND...

À PROPOS DE TALEND... WHITE PAPER Table des matières Résultats de l enquête... 4 Stratégie d entreprise Big Data... 5 Intégration des Big Data... 8 Les défis liés à la mise en œuvre des Big Data... 10 Les technologies pour

Plus en détail

Présentation de la Note d analyse «Renforcer l amorçage» par Vincent Chriqui, Directeur général du Centre d analyse stratégique

Présentation de la Note d analyse «Renforcer l amorçage» par Vincent Chriqui, Directeur général du Centre d analyse stratégique Paris, le 27 février 2012 Présentation de la Note d analyse «Renforcer l amorçage» Lundi 27 février 2012 par Vincent Chriqui, Directeur général du Centre d analyse stratégique Seul le prononcé fait foi

Plus en détail

Norme internationale d information financière 9 Instruments financiers

Norme internationale d information financière 9 Instruments financiers Norme internationale d information financière 9 Instruments financiers IFRS 9 Chapitre 1 : Objectif 1.1 L objectif de la présente norme est d établir des principes d information financière en matière d

Plus en détail

CAHIER DES CHARGES. Acquisition d un logiciel de gestion et de recherches documentaires

CAHIER DES CHARGES. Acquisition d un logiciel de gestion et de recherches documentaires CAHIER DES CHARGES Acquisition d un logiciel de gestion et de recherches documentaires 09 Septembre 2014 Fédération Française de Handball 62 rue Gabriel Péri 94250 Gentilly [1] Table des matières I. Présentation

Plus en détail

L OUTIL NUMERIQUE CARACTERISTIQUES ET FONCTIONNALITES

L OUTIL NUMERIQUE CARACTERISTIQUES ET FONCTIONNALITES L OUTIL NUMERIQUE CARACTERISTIQUES ET FONCTIONNALITES Aujourd hui, le numérique est partout. Il se retrouve principalement dans les nouvelles technologies, mais également dans l art, les livres, notre

Plus en détail

Réussir son affiliation

Réussir son affiliation David Sitbon Étienne Naël Réussir son affiliation Comment gagner de l argent avec Internet, 2012 ISBN : 978-2-212-55350-5 1 Comprendre que tout est marketing de rentrer dans le détail, il nous a semblé

Plus en détail

Société française des intérêts des auteurs de l écrit

Société française des intérêts des auteurs de l écrit Découvrez la Sofia Le droit de prêt La rémunération pour copie privée numérique La retraite complémentaire des écrivains et des traducteurs L action culturelle Société française des intérêts des auteurs

Plus en détail

Guide pratique à l intention des décideurs avisés MIGRATION VERS WINDOWS 7 : UN RETOUR SUR INVESTISSEMENT RAPIDE ET TANGIBLE.

Guide pratique à l intention des décideurs avisés MIGRATION VERS WINDOWS 7 : UN RETOUR SUR INVESTISSEMENT RAPIDE ET TANGIBLE. Guide pratique à l intention des décideurs avisés MIGRATION VERS WINDOWS 7 : UN RETOUR SUR INVESTISSEMENT RAPIDE ET TANGIBLE. Windows 7 : mal nécessaire ou réel avantage? Au cours des 24 prochains mois,

Plus en détail

ISTEX, vers des services innovants d accès à la connaissance

ISTEX, vers des services innovants d accès à la connaissance ISTEX, vers des services innovants d accès à la connaissance Synthèse rédigée par Raymond Bérard, directeur de l ABES, à partir du dossier de candidature d ISTEX aux Initiatives d excellence et des réunions

Plus en détail

IDEES , GOUVERNANCE. Idées. La Gouvernance d une entreprise numérique FEVRIER 2015

IDEES , GOUVERNANCE. Idées. La Gouvernance d une entreprise numérique FEVRIER 2015 Idées La Gouvernance d une entreprise numérique 2015 Nous avons le plaisir de vous transmettre nos réflexions en matière de Gouvernance d une entreprise numérique. Eric Pradel Lepage Dirigeant Exxing A

Plus en détail

COMPTE RENDU. Atelier-débat avec les clients éligibles. 15 mai 2002 *** INTRODUCTION. par M. Thierry TUOT, Directeur Général

COMPTE RENDU. Atelier-débat avec les clients éligibles. 15 mai 2002 *** INTRODUCTION. par M. Thierry TUOT, Directeur Général Paris, le 5 juin 2002 COMPTE RENDU Atelier-débat avec les clients éligibles 15 mai 2002 *** INTRODUCTION par M. Thierry TUOT, Directeur Général Ce deuxième atelier était destiné à permettre aux clients

Plus en détail

Comment vendre ses livres numériques sur la boutique Amazon Kindle (Jean-Claude Dunyach)

Comment vendre ses livres numériques sur la boutique Amazon Kindle (Jean-Claude Dunyach) Comment vendre ses livres numériques sur la boutique Amazon Kindle (Jean-Claude Dunyach) Document publié sous licence Créative Commons 2.0 (Paternité) Ce tutoriel sera très court, car le système mis en

Plus en détail

LIBRAIRIE SUR INTERNET

LIBRAIRIE SUR INTERNET LIBRAIRIE SUR INTERNET INTRODUCTION On va parler de la vente de livre sur internet et de la communication sur le réseau. Il faut distinguer deux types de ventes sur internet : la vente de livres papiers

Plus en détail

Etude de marché. Idée de depart. Etude de l environnement et des offres existantes. Clients. actuels. Choix de la cible précise

Etude de marché. Idée de depart. Etude de l environnement et des offres existantes. Clients. actuels. Choix de la cible précise Etude de marché Selon l Agence Pour la Création d Entreprise (APCE), 70% des cas de défaillance ont pour origine la mauvaise qualité des études de marché, que celles-ci soient mal réalisées ou de manière

Plus en détail

BTS ESTHÉTIQUE COSMÉTIQUE. Gestion et relation clientèle U41

BTS ESTHÉTIQUE COSMÉTIQUE. Gestion et relation clientèle U41 BTS ESTHÉTIQUE COSMÉTIQUE Gestion et relation clientèle U41 SESSION 2012 Durée : 3h30 Coefficient : 4 Matériel autorisé : - Toutes les calculatrices de poche y compris les calculatrices programmables,

Plus en détail

Maroc Bibliométrie numéro 9

Maroc Bibliométrie numéro 9 Maroc Bibliométrie numéro 9 année 2013 CNRST IMIST Institut Marocain de l Information Scientifique et Technique éditorial a Recherche et Développement (R&D) au service du phosphate marocain e développement

Plus en détail

LES FORMULES DE PUBLICATION

LES FORMULES DE PUBLICATION LES FORMULES DE PUBLICATION Publiez un livre avec les atouts d'une édition de qualité + En option Prestation comprise Prestation non comprise Nos prestations ebook ebook+ ebook Pro relecture critique et

Plus en détail

PRESSE EDITION COMMUNICATION STRATEGIE DE MIGRATION VERS LE WEB MOBILE

PRESSE EDITION COMMUNICATION STRATEGIE DE MIGRATION VERS LE WEB MOBILE PRESSE EDITION COMMUNICATION STRATEGIE DE MIGRATION VERS LE WEB MOBILE Stratégie de distribution de la presse numérique Page 2 Distribution numérique, négocier et monétiser. Page 3 Adaptation du contenu

Plus en détail

Sondage 2013 des canaux de revente de Direction informatique aperçu et PrIorItéS d affaires des PartenaIreS des FabrIcantS au canada

Sondage 2013 des canaux de revente de Direction informatique aperçu et PrIorItéS d affaires des PartenaIreS des FabrIcantS au canada Sondage 2013 des canaux de revente de Direction informatique aperçu et PrIorItéS d affaires des PartenaIreS des FabrIcantS au canada EN COLLABORATION AVEC : Sondage 2013 des canaux de revente de Direction

Plus en détail

VENDRE EN LIGNE SUR UNE PLACE DE MARCHE

VENDRE EN LIGNE SUR UNE PLACE DE MARCHE Les places de marché sur Internet (ou «marketplaces») existent depuis le début des années 1990. Le développement du e-commerce a néanmoins créé un nouveau modèle de place de marché au début des années

Plus en détail

Marketing stratégique : Du diagnostic au plan marketing stratégique

Marketing stratégique : Du diagnostic au plan marketing stratégique Marketing stratégique : Du diagnostic au plan marketing stratégique Dossier 2 : Approches et modèles d analyse stratégique Ce dossier présente, en particulier sur un plan méthodologique, des approches

Plus en détail

LE MANAGEMENT DE LA FORCE DE VENTE

LE MANAGEMENT DE LA FORCE DE VENTE LE MANAGEMENT DE LA FORCE DE VENTE Carine PETIT Sophie GALILE 12/01/2005 0 LE MANAGEMENT DE LA FORCE DE VENTE L organisation, système humain ouvert, fonctionne dans des environnements souvent instables,

Plus en détail

b ) La Banque Centrale Bilan de BC banques commerciales)

b ) La Banque Centrale Bilan de BC banques commerciales) b ) La Banque Centrale Notre système bancaire se complexifie puisqu il se trouve maintenant composer d une multitude de banques commerciales et d une Banque Centrale. La Banque Centrale est au cœur de

Plus en détail

Magento. Pratique du e-commerce avec Magento. Christophe Le Bot avec la contribution technique de Bruno Sebarte

Magento. Pratique du e-commerce avec Magento. Christophe Le Bot avec la contribution technique de Bruno Sebarte Magento Pratique du e-commerce avec Magento Christophe Le Bot avec la contribution technique de Bruno Sebarte Pearson Education France a apporté le plus grand soin à la réalisation de ce livre afin de

Plus en détail

Sony en 2010, il faut développer le marché du contenu

Sony en 2010, il faut développer le marché du contenu Sony en 2010, il faut développer le marché du contenu EPC : L arrivée de l ipad est-elle une chose positive par rapport au marché du livre électronique? Au niveau technologique, cela ne vous oblige-t-il

Plus en détail

Organisation internationale du Travail. Entreprises durables: créer des emplois meilleurs et plus nombreux

Organisation internationale du Travail. Entreprises durables: créer des emplois meilleurs et plus nombreux Organisation internationale du Travail Entreprises durables: créer des emplois meilleurs et plus nombreux Développement durable et emplois décents M. Crozet/OIT Malgré plusieurs décennies de gains économiques

Plus en détail

Maths et socle commun : Quelle articulation entre «socle» et «programmes»? Alfred BARTOLUCCI ()

Maths et socle commun : Quelle articulation entre «socle» et «programmes»? Alfred BARTOLUCCI () Maths et socle commun : Quelle articulation entre «socle» et «programmes»? Alfred BARTOLUCCI () I. Se donner une compréhension de ce qu est ou pourrait être le socle. A. Une lecture critique de ces 50

Plus en détail

LE ROLE DE LA RECHERCHE EN FORMATION INITIALE ET EN FORMATION CONTINUE DANS LE DOMAINE DE LA GESTION. VO SANG Xuan Hoang

LE ROLE DE LA RECHERCHE EN FORMATION INITIALE ET EN FORMATION CONTINUE DANS LE DOMAINE DE LA GESTION. VO SANG Xuan Hoang LE ROLE DE LA RECHERCHE EN FORMATION INITIALE ET EN FORMATION CONTINUE DANS LE DOMAINE DE LA GESTION VO SANG Xuan Hoang 1 Introduction Du moment où une personne se décide de choisir une carrière d enseignant,

Plus en détail