Utilité didactique du langage SMS en lycée professionnel

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1 Université de Rouen U.F.R. de Psychologie, Sociologie, Sciences de l Education Utilité didactique du langage SMS en lycée professionnel Mémoire de Master 1 en Sciences de l Education Septembre 2009 Caroline IPHIGENIE Sous la direction de Rosine GALLUZZO-DAFFLON

2 Je tiens à adresser mes remerciements à Rosine GALLUZZO- DAFFLON pour ses encouragements, ses conseils et sa disponibilité tout au long de ses deux années. Je remercie aussi les étudiantes de ma promotion et les enseignants ou formateurs qui ont suivi avec attention la progression de ma démarche et de mes interrogations. Je remercie enfin mes deux étoiles accompagnatrices (mes enfants) et ma famille pour leurs encouragements, leur patience et leurs frustrations refoulées. Sans eux et sans ces conditions, ce travail n existerait pas. 2

3 «Monsieur, je suis l'offensé, j'ai le choix des armes, je choisis l'orthographe. Donc, vous êtes mort.» 1 Léon-Paul Fargue «Je n ai aucun problème avec ce phénomène. Cela a toujours été ainsi. Même si la langue s appauvrit un peu par manque de règles, c est toujours moins grave que le jargon technocratique que l on jette à tout bout de champ. Ces nouveautés ont le mérite de prouver que le français est bien une langue vivante» Erik Orsenna, membre de l Académie Française 1 Réponse à une lettre d'insultes comportant beaucoup de fautes d'orthographe. 3

4 SOMMAIRE Introduction p 6 Problématique pratique Constats sur une situation existante : notre français malmené par le très populaire langage SMS p Communiquer au début du XXI è siècle : les nouvelles tendances p Des Technologies de l Information et de la Communication (TIC) en pleine expansion p Usage du mobile p Usage de l Internet p Vers un nouvel écrit dynamique : le langage SMS p Héritages du Minitel p Le texto à la conquête des ans p Les ramifications du «langage SMS» p Les usages constatés du langage SMS aujourd hui p Où peut-on lire en langage SMS? p Lexiques et dictionnaires d un nouveau genre p Des écrits entre dérision et légitimité p Points de vue des professionnels sur les avantages du langage SMS p La dyslexie p L enseignement p Le débat : le langage SMS a-t-il une place dans l apprentissage du français? p Les arguments contre son utilisation p Une menace pour la langue écrite p Une menace pour la lecture p Une menace pour la culture p Les arguments de ceux qui ne s y opposent point p Un langage qui s apprend p Un langage qui respecte des normes p Un langage qui participe naturellement aux mutations du langage p 22 Le langage SMS : un moyen de communication certes très populaire mais aussi très controversé p 23 4

5 Problématique théorique Quel français enseigner? p De la langue à la communication p La linguistique : la langue et rien que la langue p Distinguons langue et langage p Opposons langue et parole p «Découverte» de la communication p Le 1 er modèle de communication de Shannon et Weaver : une vision télégraphique p Le schéma de Jakobson centré sur le message p Modèle de Kerbrat-Orecchioni : communiquer, l illusion de la simplicité p Quelle place donner au langage, outil de communication, dans les pratiques scolaires? p En didactique du français p Compétence linguistique ou compétence de communication? p Point de vue des sociolinguistes p Point de vue des didacticiens p Dans les pratiques de lecture et d écriture p Qu est ce que lire? p Qu est ce que produire un écrit en milieu scolaire? p Qu est ce que de l illettrisme? p 41 Conclusion : le Français, un apprentissage complexe et de longue haleine qui mobilise la société p Quelle place donner au langage SMS dans les pratiques scolaires quand on est scolarisé dans le Nord Caraïbe de la Martinique? p Présentation de la circonscription Nord-Caraïbe p Description de la Z.E.P. Nord et de son environnement p Caractéristiques scolaires p Témoignages recueillis dans l enseignement secondaire p Le langage SMS chez les enseignants p Le langage SMS chez les jeunes en lycées professionnels p Hypothèses de recherche : malgré la résistance des acteurs de l éducation, le langage SMS peut trouver sa place dans les apprentissages p 61 Conclusion p 64 Bibliographie p 66 Sitographie p 68 Annexes p 70 5

6 Introduction 6

7 Utilité didactique du langage SMS en lycée professionnel Lorsqu on cherche à se représenter une langue donnée, on est souvent confronté à ce dilemme : doit-on représenter la langue telle qu elle est parlée ou est-ce qu on doit la représenter telle qu elle devrait être parlée si elle était bien parlée? Dans l histoire, la conscience de ce qu est une langue est étroitement liée au développement de l idée de norme. En France, au seizième siècle, il était bien difficile de dire ce qu était le français. Quand les grammairiens ont commencé à s intéresser à la manière dont parlaient les gens dans le royaume, ils n ont trouvé qu une palette de dialectes, de patois, de sociolectes. C est en 1647 que parut le premier ouvrage sur la grammaire. Claude Fabre de Vaugelas proposa alors une norme fondée sur le français parlé par la cour du roi et les œuvres de quelques grands écrivains. Cette norme devint de plus en plus puriste pour se transformer, surtout après les travaux de l Académie Française, en une norme très stricte. Seulement au cours des siècles, une longue discussion a eu lieu entre grammairiens autour des notions de norme et d usage. Les partisans de la norme estimaient que le langage avait une tendance spontanée à la régularité et à la symétrie (comme le montre par exemple, l alignement des conjugaisons). Les autres grammairiens pensaient au contraire que le langage était entièrement gouverné par l usage, lequel n avait que faire de la grammaire, et introduisait sans arrêt toutes sortes de fautes et d irrégularités. Le couple norme/usage posait donc un problème de fond : où devait passer la frontière entre l usage et la norme? A chaque époque s est reposé ce problème puisque la langue évolue, change, se transforme et est donc sans cesse en mouvement. Ainsi au cours du vingtième siècle, dix mille mots ont disparu du dictionnaire mais dix-huit mille autres y ont fait leur apparition. Au vingt-et-unième siècle, c est l apparition d un nouveau langage qui interpelle les défenseurs de la langue française. Il plait aux jeunes et se nomme le langage SMS. En 6-7 ans, il est devenu leur moyen privilégié de communication par l intermédiaire du téléphone portable ou d Internet mais il interpelle : ces messages sont remplis de fautes d orthographe disent les puristes. Or, depuis le dix-neuvième siècle, l idée d une norme orthographique s est développée, norme que tous les locuteurs doivent connaître. De nombreux articles et études ont été consacrés à cette nouvelle forme de communication écrite peu conventionnelle qui remet en cause la distinction traditionnelle entre l oral et l écrit puisqu elle privilégie une 7

8 communication en temps réel entrainant une vitesse de saisie accélérée. Le texte, rarement relu et corrigé, se rapproche ainsi davantage de la langue orale que de la langue écrite. La question de l orthographe se trouve donc au cœur de l opposition entre usage et norme : la faute doit-elle être sanctionnée ou être relativisée? Quelle place ont la norme et l usage dans l enseignement et l apprentissage du français? Nous constaterons dans un premier temps la place qu occupe réellement le langage SMS dans notre société à travers l usage qui en fait, les transgressions constatées et les tolérances éventuelles face à ces déviances. Ensuite, nous nous intéresserons à quel français enseigner et notamment quelle place on pourrait laisser au langage SMS dans les apprentissages chez des adolescents en difficultés scolaires. 8

9 Problématique pratique 9

10 Constats sur une situation existante : notre français malmené par le très populaire langage SMS 1. Communiquer au début du XXI e siècle : les nouvelles tendances 1.1. Des Technologies de l Information et de la Communication (TIC) en pleine expansion Usage du mobile Depuis plusieurs années, en France, de nombreuses enquêtes statistiques mettent en évidence un fort taux d équipement en matière de téléphone portable. Ainsi, en 2007, près de 80 % des français de plus de 15 ans en sont équipés dont 94% des ans. De plus, en 2004, 92% des jeunes de 11 à 20 ans perçoivent le portable comme un objet de la vie quotidienne et 78% comme plus qu un simple téléphone. Par ailleurs, au 3 ème trimestre 2008, ce sont 8,6 milliards de messages qui ont été échangés soit 52,4 SMS par mois pour un client actif. Enfin, selon la Revue d Expertise de l Association Française des Opérateurs Mobiles, 97% des ans envoient des SMS et 58% le font tous les jours en Le mobile est donc très présent dans les foyers Usage de l Internet Dans une moindre mesure, il en va de même pour Internet. Au 4 ème trimestre 2007, 60 % des foyers français sont équipés d un micro-ordinateur. Parmi ceux-ci, 82,3% ont un accès à Internet, soit 12,7 millions de foyers. Pour ce qui est des internautes, la moitié des ans s est connectée à Internet au cours du et des 12 derniers mois. Seuls 12% ne se sont jamais connectés au cours de l année écoulée contre 70,6% des plus de 50 ans. Nous avons donc affaire à une population relativement jeune. En ce qui concerne les services utilisés sur le net, le Web est surtout perçu comme un moyen d expression. L utilisation d Internet (messagerie, blogs, chats, forums) est motivée par l échange et la communication : 56% des ans utilisent une messagerie en ligne. Selon les sondages Médiamétrie, huit créateurs de blogs sur dix ont moins de 25 ans, et 33% des ans en possèdent un. Les plus assidus diffusent leurs propres contenus et ont créé leur forum et, parmi les internautes assidus, 51,1% sont des «contributeurs 1». L évolution rapide des moyens de communication et du Net a donné une nouvelle génération d adolescents. «Accros» à leurs téléphones cellulaires et férus de réseaux sociaux, ces usagers ont un profil caractéristique par rapport à l ensemble des utilisateurs : 1 Consiste à écrire des commentaires sur des blogs ou un forum, ou à contribuer aux wikis (sorte de plateforme collaboratrice pour éditer du contenu avec une présentation comme Wikipedia). 10

11 plus jeunes, plus assidus et plus actifs. Avec l usage du SMS via le téléphone portable s est développé un nouveau langage qui fait «un véritable carton» chez les ans. C koi 7 drôle 2 langue? 1.2 Vers un nouvel écrit dynamique : le langage SMS Héritages du Minitel Dans les années 80, un nouvel espace-temps pour la communication écrite est apparu. Un écran, un clavier, un modem, un microprocesseur et une ligne téléphonique suffisent à l utilisateur pour s informer, faire des transactions, jouer et communiquer. C est la possibilité dit Jacques Anis (1998), spécialisé dans le domaine de l'écrit et de l'écriture, notamment les nouvelles technologies pour des personnes de tous milieux, régions, âges, sexes de communiquer anonymement en temps réel, rapidement et interactivement comme dans les salons «minitéliens 1». Ainsi dit-il, «la recherche de connivence, la pression particulière du temps, l agressivité, l exhibitionnisme caractéristiques d une communication en groupe renforcent les spécificités du langage télématique, son oralité vraie ou feinte : orthographe «sauvage», style familier et argotique, ponctuation expressive, etc.». La conversation n est pas sérieuse mais ludique et fictive. Des écarts à l orthographe que Jacques Anis (1998) nomme néographies sont constatées comme l abréviation («dial» pour «dialogue»), les graphies phonétisantes («j trouve»), les graphies de type rébus («c trop anecdotique»), les squelettes consonantiques («ds» pour «dans»), l expressivité renforcée par la répétition de lettres ou de signes de ponctuations (JEROOOOOOOOOOOOME!!!). Seulement voilà, le Minitel est jugé trop lent. Son clavier est peu ergonomique. Les impressions papier, la visualisation d images animées et l écoute de sons audio sont impossibles. Pour finir, les coûts de communication sont trop onéreux. Alors depuis 1997, avec l arrivée du portable, le Minitel fait moins d émules. Tout en gardant les mêmes procédés linguistiques, les adeptes du dialogue en quasi direct, et notamment les jeunes, préfèrent s exprimer via le texto Le texto : à la conquête du jeune public des ans Le texto ou SMS (de l anglais Short Message Service) est un minimessage écrit, échangé entre téléphones portables. Ces messages sont nettement en rupture avec les usages traditionnels de l écrit scolaire : «On retrouve dans le texto des procédés 1 Mode de communication dans lequel plusieurs interlocuteurs écrivent des messages affichés dès que validés et lus par la totalité du groupe. 11

12 linguistiques utilisés depuis longtemps dans différents domaines. En France, l'expérience du minitel avait déjà donné naissance à une écriture abrégée» 1. Limitée à 160 caractères, la saisie de SMS sur téléphone portable a nécessité nombre d adaptations, empruntés à divers modes d écritures, auxquels les usagers ont dû avoir recours afin de rendre l oral fidèle à l écrit. En tout premier lieu, ils ont utilisé l écriture phonétique grâce au rébus par le biais de logogrammes 2, de syllabogrammes 3 et de phonétique («ke» pour «que», «jamè» pour «jamais»). Ils se sont aussi aidés de sigles («MDR» pour «Mort De Rire»), de squelettes consonantiques («slt» pour «salut»), de troncations («ado» pour «adolescent») ou d abréviations («bjr» pour «bonjour»). Par ailleurs, cette forme d écrit se calque sur la communication orale par l usage d un registre de langue courant voire familier («sur ce merci»), de négations incomplètes («c est pas»), de pronoms répétés («moi, je»), d anglicismes («now» pour «maintenant») ou de néologismes («clavardages»). Enfin, elle simule émotions, mimiques ou tonalité grâce à l onomatopée («ben, euh»), à l étirement graphique de lettres ou de signes de ponctuation (chuiiiiii laaaa, c dur!!!!!!!!!) et aux pictogrammes 4. Puisqu il s agit d écrire vite tout en se faisant comprendre alors la ponctuation (virgule, point) est réduite voire absente et les apostrophes, guillemets et parenthèses restent marginaux. Il arrive aussi que les majuscules en début de phrase ou aux noms propres soient omises et que les formules de politesse d ouverture et de fermeture soient réduites voire absente. Les phrases ainsi obtenues sont courtes et concises ; le texto est un écrit communicationnel abrégé mais expressif. Toutefois, il est aussi une culture qui revêt des usages très différents. En effet, si nous nous référons à l étude ethnographique de Reluca MOISE (GLOTTOPOL, 2007) sur les stratégies de construction identitaire par l intermédiaire des nouvelles formes de communication comme le SMS, elle a constaté que celui-ci est un procédé qui permet l émancipation envers les parents. Par ailleurs, comme il est intimiste, son écriture et sa lecture se réalisent en silence. De plus, il permet d entretenir des relations d amitiés et des liens de socialisation. Il peut enfin être envoyé de nulle part et à n importe quel moment ; a contrario, on est joignable à n importe quel moment mais seulement par ceux avec qui on veut bien communiquer. Toujours selon Reluca MOISE, en ce qui concerne le SMS affectif, l enjeu est très important : l échange de numéros représente la première preuve de confiance envers l autre. Il permet l arrangement de rendez-vous ou de rencontres. Avant la rencontre, 1 Interview de Jacques Anis, du 11 janvier 2002 sur le site 2 Procédé qui permet la substitution d une syllabe par un chiffre («koi 2 9» pour «quoi de neuf»), un nombre («D100» pour «descends») ou un caractère («a +» pour «à plus tard»). 3 Procédé qui permet le remplacement d une syllabe par le nom d une lettre («C» pour «c est»). 4 Appelé aussi smileys ou émoticônes. 12

13 le SMS autorise la suggestion : rien n est dit explicitement. C est une sécurité émotionnelle qui confirme sentiments et impatience de se voir mais qui encourage aussi à faire des déclarations, parfois frivoles voire mensongères. C est un risque à courir que tous les utilisateurs acceptent implicitement. Le désir de communiquer prime alors sur le souci de la forme. «Ils expérimentent, dit-elle, une attitude ludique tout en étant en constante recherche d affirmation de soi». Enfin, selon le sociologue Jauréguiberry (1998), la pratique du SMS se fait par étapes successives : les jeunes commencent à adopter les SMS pour des raisons utilitaires (efficacité et rentabilité), puis s en servent pour prendre de la distance vis-à-vis de l autorité parentale (besoin d autonomie) et enfin participent aux règles de groupe de pairs, permettant une sociabilité renforcée (besoin d être branché et d être ensemble). Avec l apparition des IRC 1, et l explosion des textos, le langage SMS arrive sur Internet Les ramifications du «langage SMS» Dans la cinquième édition de son étude consacrée à l analyse des comportements du grand public en matière de services TIC, l IDATE (2008) dégage quelques tendances : les jeunes européens disposent à domicile d un PC avec accès haut débit. Même si la voix reste le mode de communication dominant, la consommation en mode asynchrones ( , SMS, forums, communication de «mur à mur») et synchrones (tchats, messageries instantanées) suscitent un intérêt certain. Les chercheurs constatent que c est le désir de communiquer qui prime sur le souci de la forme ; désir qui se traduit par une économie de temps et de gestes. Une attitude ludique (introduction de chiffres), une recherche d expressivité (émotions ou mimiques grâce aux émoticônes ; intonation avec la ponctuation) et une affirmation de soi qui passent souvent par une contestation de la norme. Tous les coups seraient alors permis, la seule règle étant de se faire comprendre de son interlocuteur. Il ne fait alors aucun doute que le portable ou l Internet constituent un mode de communication de plus en plus populaire. Face aux pratiques langagières constatées, aux investissements sociaux et affectifs observés, le langage SMS suscite un grand intérêt des médias à tel point que ce sujet a donné lieu à de nombreux articles et à quelques ouvrages de vulgarisation. Qu en est-il exactement, à l heure actuelle? 1 Internet Relay Chat est une application qui permet à différents Internautes de se réunir dans des endroits virtuels appelés «canaux» pour discuter d un même sujet. Cela se présente sous forme de messages qui s'affichent en temps réel et permettent donc une réponse immédiate de l'interlocuteur. Ce type de communication ne transmet pas la voix. C est le prédécesseur de la messagerie instantanée. 13

14 2. Les usages du langage SMS aujourd hui 2.1 Où peut-on lire en langage SMS? Véritable engouement médiatique, le langage SMS a donné lieu à bien des idées comme des outils d aide à la traduction (lexiques ou dictionnaires) pour passer du langage SMS au français et vice-versa, des sites d accueil grand public sur Internet, des romans entièrement écrits en langage SMS, etc Lexiques et dictionnaires d un nouveau genre Il n est pas toujours évident aux non-initiés, de plus en plus nombreux, d appréhender tous les procédés auxquels a recours ce langage. Alors, depuis 2004, des dictionnaires SMS et des sites de traduction (avec plus ou moins d efficacité) sont accessibles depuis Internet. Ainsi par exemple propose 300 mots français, classés par ordre alphabétique et traduits en langage SMS. Le site réalisé par Phil Marso, fonctionne selon le même principe que le précédent mais avec deux catégories distinctes : expressions («tle + bo» pour «t es le plus beau») et conjugaisons («CT» pour «c était»). Dernier exemple, sur ce sont les internautes eux-mêmes qui remplissent la base de mots français qui en compte à ce jour Précisons tout de même qu il n existe aucun dictionnaire officiel pour le langage SMS qui ait eu l aval d un comité de rédaction : toutes ces initiatives restent le fruit d un autodidacte. Face au nombre croissant d utilisateurs de langage SMS, voyons à présent, d autres idées qui ont germé Des écrits entre dérision et légitimité Certaines initiatives peuvent paraître surprenantes : en 2008, en Martinique, une campagne d affichage pour une boisson gazeuse dit «Royal soda, j m ça» a été mise en place. Autre exemples : à Bruxelles, c est le centre du Palais des Beaux-Arts qui a été officiellement renommé Bozar. Enfin, un eurodéputé, William Abitbol, a même eu l idée «folle» de traduire les 77 pages du projet de Constitution européenne en version texto (avril 2004). L insolite peut amuser et faire sourire mais ces exemples anecdotiques interpellent. Toutefois d autres actions auprès du grand public ont vu le jour avec pour souci la volonté de répondre à la diversité des besoins. Ainsi, certains sites sur Internet proposent des versions en SMS. La ville de Montréal par exemple décline son site en trois versions car, pour elle, les citoyens sont au cœur des préoccupations de l'administration municipale. Celle-ci veut alors s'assurer que tous soient traités de façon juste et équitable et que tous puissent participer de façon active à la vie démocratique. Depuis l «Accès simple», il est possible d'accéder à l'information de trois 14

15 façons, et notamment par l'ortograf altêrnativ, assimilée au SMS. L'information est présentée simplement et utilise un langage adapté aux citoyens ayant des besoins particuliers. L écrivain Phil Marso (2005) a, quant à lui, publié le premier livre au monde en langage SMS Pa sage a taba v.o SMS. Cet ouvrage qui cible les ans est un polar sur la prévention du tabagisme afin de sensibiliser les plus jeunes. Suivront le premier livre bilingue français-sms Frayeurs SMS en 2004, puis en 2005 un recueil en poésie Phonétique Muse Service (PMS) : «L». Pour faciliter la tâche du décodage, l auteur propose aussi d apprendre le langage SMS dans son livre CP SMS (2005), cours et devoirs étant accessibles sur internet. Alors, entre l aspect ludique du langage SMS et son éventuel rôle pédagogique, que pensent certains professionnels de ses avantages? 2.2 Points de vue des professionnels sur les avantages du langage SMS La dyslexie Selon l Organisation Mondiale de la Santé, la dyslexie touche 8 à 12 % de la population mondiale. Elle est répertoriée comme handicap en 1991, dans la classification des troubles du développement des acquisitions scolaires et notamment des troubles d'acquisition de la lecture. D après les spécialistes du langage, même s il s exprime avec aisance à l oral, le dyslexique rencontre essentiellement des difficultés d ordre phonologique. Il inverse, ajoute ou supprime des phonèmes 1, il a du mal à les repérer dans un mot et à découper ce mot en syllabes (il lirait «ro-na-ge» au lieu de «o-ran-ge»). Il éprouve par ailleurs des difficultés à identifier des rimes et commet aussi des erreurs de correspondance entre forme phonique et forme graphique (par exemple «renté» au lieu de «rendez»). Par conséquent, de tels troubles entraînent une lecture plus lente tant dans le déchiffrage que la compréhension, des fautes d'orthographe, de conjugaison et de grammaire. La rééducation orthophonique consiste alors à travailler l écrit : apprendre à repérer les syllabes et ses phonèmes (leur prononciation et transposition à l écrit) par d autres méthodes que celles utilisées en classe. Phil MARSO dit d ailleurs avoir eu des retours d orthophonistes qui ont utilisé ses deux premiers ouvrages Pa sage a taba vo SMS et Frayeurs SMS. Il témoigne : «Un jour, une orthophoniste m a appelé pour me confier qu elle utilisait des extraits de mon livre Pa Sage A TaBa pour une dictée à un élève dyslexique. Celui-ci devait écrire le texte dicté en langage SMS. Elle s est alors aperçue que l élève en question était plus motivé et commettait 1 Ce que Gérard CHAVEAU appelle aussi «lettre-son». Selon lui, l important pour lire «n est pas de savoir que ce mot contient six lettres de l alphabet (o, i, s, e, a, u) mais qu il est constitué de trois lettres-son : oi-s-eau.». 15

16 moins d erreurs en langage SMS qu en français». Tout en restant sur un travail de phonétique, ces orthophonistes trouvent astucieux (car ludique et créatif) le mélange de lettres et de chiffres que l on trouve dans le langage SMS. Lors de la production d écrit (à la manière d un rébus), même si les difficultés demeurent, elles sont moins importantes et moins invalidantes dans le langage SMS que dans les écrits traditionnels. Cela peut donner un déclic à des enfants en difficulté ou qui ne lisent pas beaucoup. De plus, si le dyslexique maîtrise un tant soit peu ce langage, il va se sentir valorisé et motivé. Une fois maîtrisé, le langage SMS pourrait être une passerelle qui aiderait à se réconcilier avec les règles compliquées du français grâce à des exercices de traductions par exemple. D ailleurs des étudiants (2006) réalisant leur thèse sur la dyslexie et le SMS, après avoir expérimenté auprès de 24 adolescents de 14 à 20 ans, dyslexiques ou non, le langage SMS comme outil pédagogique autour de l'écriture et de la lecture de SMS, ont effectivement aussi pu conclure que «ce support peut donc être un outil de rééducation orthophonique ludique, d'autant plus qu'il peut stimuler des adolescents démotivés par de longues rééducations.» En lecture, ces chercheurs ont estimé que le nombre réduit d unités (logogrammes, syllabogrammes ou pictogrammes) utilisées en langage SMS facilitent leur mémorisation dès lors que le dyslexique retiendrait et reconnaîtrait un mot dans sa forme globale, ce qui permet d accéder au sens du mot et donc de la phrase plus rapidement. En écriture, ils ont conclu que le langage SMS est apprécié des dyslexiques car considéré comme sans jugement sur l orthographe. Ce rapport «décomplexé» à l écrit, disent-ils, est un point positif pour l intégration du jeune dyslexique dans un groupe de pairs L enseignement Pour varier les situations didactiques et permettre tout de même l acquisition de certaines compétences, des enseignants ont parfois recours au langage SMS. Au lycée polyvalent des Iles du Nord à Saint-Martin (Guadeloupe), par exemple, une enseignante qui exerce en lycée professionnel a affaire à des élèves anglophones qui ont peu ou pas de contact avec l écrit. Elle dit que, dans ce cas précis, elle tolère l usage du langage SMS si le jeune l utilise à bon escient dans l activité à réaliser, comme l utilisation de la messagerie électronique en NTIC. Elle précise qu elle ne laisse pas les élèves répondre par langage SMS mais qu elle s en sert pour corriger l orthographe et affiner la lecture. 16

17 En réponse à un blog 1 intitulé Usage du SMS dans les établissements scolaires posté sur Netlog (communauté sociale sur Internet) le 30 avril 2008, une autre enseignante donne le témoignage suivant : «Effectivement j'ai expérimenté l usage du langage SMS en Anglais, c'est une façon très ludique et donc stimulante de faire acquérir du lexique, et peutêtre d'inciter les élèves à chatter avec des Anglophones, si proches géographiquement et si méconnus. CUl8r (see you later)». Cette enseignante estime que c est un bon procédé pour apprendre la phonétique des lettres et donc la prononciation de mots étrangers à la langue maternelle de ses élèves. A la lecture de tous ces témoignages, nous nous sommes donc aperçus que des amateurs, chercheurs ou professionnels se sont pris «au jeu du tout lire, tout écrire». Les témoignages cités montrent d ailleurs la diversité des usages de ce langage très prisé des jeunes. Toutefois, la tendance générale le désapprouve. Depuis des années, nous disons que le niveau général des élèves sortis du système scolaire est en baisse et qu il y a de moins en moins de jeunes qui savent écrire correctement : l opinion publique le pense fortement, des chercheurs comme Manesse et Cogis (2007) le constatent en comparant des dictées faites par des enfants et d adolescents en 1870, 1987 et 2005 sur un court texte de Fénelon. L Education Nationale essaye une énième fois de réagir. Ainsi, l encart du Bulletin Officiel n 3 du 18 janvier 2007 stipule les mises en œuvre du socle commun de connaissances et de compétence concernant l enseignement de la grammaire : «Savoir lire, écrire et parler le français conditionne l accès à tous les domaines du savoir et l acquisition de toutes les compétences. C est pourquoi la maîtrise de la langue française est le premier pilier du socle commun de connaissances et de compétences : elle se place au cœur des apprentissages fondamentaux car elle constitue l outil indispensable de l égalité des chances. Ainsi, l apprentissage de l orthographe et de la grammaire doit conduire les élèves à saisir que le respect des règles de l expression française n est pas contradictoire avec la liberté d expression : il favorise au contraire une pensée précise ainsi qu un raisonnement 1 Contenu du blog : «Pas de débat, juste des recherches de témoignages sur l'usage du langage SMS dans nos chères écoles, collèges et lycées. Un internaute m'a fait part que, dans le cadre d'une formation en secrétariat, la consigne était de trouver un moyen rapide et efficace de prendre des notes. L'étudiante aurait utilisé ce mode de communication... et pourquoi pas finalement! Sur Internet, j'ai trouvé que ce langage pourrait être utilisé par des orthophonistes pour aider des dyslexiques. Ou encore, il serait utilisé par des enseignants pour apprendre le français à des étrangers. D'autres usages peuvent en être faits... lesquels selon vous, comment, et pourquoi? Qui parmi vous, aurait utilisé ce langage à des fins éducatives, quels objectifs? Quelles activités? Quels ont été les résultats? Que sais-je... Je sais déjà que le SMS a mauvaise réputation dans notre société puisqu'il rend encore moins bon en orthographe qu'avant mais il faut se faire une raison, il est utilisé par des millions de personnes des jeunes comme des moins jeunes. Merci pour le temps consacré à lire ce message et à peut être y répondre. HAND (Have A Nice Day)». 17

18 rigoureux et facilement compréhensible. L élève doit maîtriser suffisamment les outils de la langue que sont le vocabulaire, la grammaire et l orthographe pour pouvoir lire, comprendre et écrire des textes dans différents contextes.» Par ce texte, le gouvernement français a fait connaître ses priorités pour les années à venir. Il faut recentrer les apprentissages sur la maîtrise de la langue afin que les élèves puissent quitter le système scolaire en sachant s exprimer et écrire correctement le français. Fort de ces recommandations du Ministère de l Education Nationale, le langage SMS a-t-il une place dans l apprentissage du français? 18

19 3. Le débat : le langage SMS a-t-il une place dans l apprentissage du français? «Etes-vous pour ou contre le langage SMS?», «Pensez-vous que les ki et autres c tj kom ça vont amener des modifications de l orthographe française?», «le langage SMS fait d abréviations, de phonétisations, de sigles et de rébus est-il en train de détourner les jeunes de la langue classique, sur tous les médias?». «Les SMS ou textos signent-ils l arrêt de mort de l orthographe?». Toutes ces interrogations montrent que le langage SMS est devenu un véritable phénomène de société. Les blogs fleurissent à son sujet, les articles dans les médias et la presse spécialisée aussi. Il y a ceux qui sont contre, il y ceux qui ne s y opposent pas Les arguments contre son utilisation Critiquée par une partie des internautes et considérée comme néfaste d après certains experts, l utilisation réduite de lettres ou de signes dans le langage SMS fait craindre une menace pour la langue écrite, la lecture et la culture Une menace pour la langue écrite Elèves, parents, enseignants, beaucoup constatent une baisse du niveau de l orthographe des jeunes qui est en passe de devenir la règle. Selon eux, l usage du langage SMS vient fragiliser cette maîtrise déjà déficiente et appauvrit la richesse du vocabulaire. Par ailleurs, des auteurs comme Romain Jalabert (2006), doctorant en Sciences de l Education à Montpellier, sont interpellés par le spectre de l exclusion sociale qui pourrait toutefois survenir. En effet, ne plus savoir s exprimer correctement alors que ce qui est demandé pour s insérer dans la vie active est justement de respecter ces normes, pourrait mener à l isolement. Inversement, si ce «parlécrit» se généralisait, il n est pas dit d une part que ceux qui rencontraient des difficultés en orthographe n en auront plus grâce au langage SMS et d autre part, ce pourrait être la marginalisation possible de ceux qui continueraient à se conformer aux normes orthographiques conventionnelles Une menace pour la lecture Lire devrait être un plaisir disent certaines personnes de l opinion publique. Or avec le langage SMS qui est alourdi par des lettres, des chiffres, des émoticones ou de la ponctuation excessive, ce plaisir de lire ou de discuter sur le net est gâché. Elles estiment qu on leur manque de respect car le langage SMS est difficile à lire pour ceux qui l utilisent 19

20 peu ou pas du tout, pour ceux qui utilisent des raccourcis différents, et pour ceux dont le français ne serait pas la langue maternelle. De l avis des experts comme Jacques ANIS (1999), le langage SMS n est effectivement pas simple car il est moins lisible que l orthographe traditionnelle. Une même abréviation peut renvoyer à plusieurs mots homonymes par exemple, ce qui nécessite pour le lecteur de déchiffrer ce mot en tenant compte du contexte dans lequel il est employé. Même si quelque part ce déchiffrement fait partie du jeu, il n empêche que les multiples possibilités de traduction d un mot réduit gênent la lecture rapide parce qu elles constituent un obstacle au balayage. Il devient alors difficile de ne pas perdre le sens de la phrase Une menace pour la culture Jusqu à présent, l étymologie permettait à la fois de comprendre le sens général d un mot et d y associer des dérivés. Les amoureux de la langue française comme les linguistes et les didacticiens s inquiètent. Pour eux, c est toute l évolution et les acquis d une civilisation qui peuvent être remis en cause par cette modification de l écriture. «Deviendra-t-on une Société Sans Mémoire (SMM égalerait SMS dans le désordre)?» dit Jean-Marie Keller (2004) qui ajoute que «lorsque l on sait que la richesse d une culture s appuie sur sa langue [ ] C est toute l évolution et les acquis d une civilisation qui peuvent être remis en cause par cette destruction de l écriture.» Ce serait donc une perte de repères historiques; la langue permettant de véhiculer par le biais de l étymologie du mot, l histoire de nos origines, un savoir sur l identité d un peuple ou d une nation. Pour finir, il est de plus en plus courant de constater que les nombreux utilisateurs d IRC refusent catégoriquement, voire bannissent les utilisateurs du langage SMS et les personnes à l orthographe douteuse, dans les chartes des utilisateurs par exemple : «Les rédacteurs d articles et les participants aux forums s interdiront en particulier l emploi du "langage SMS", consistant en des abréviations non universelles et des fautes d orthographe et de grammaire volontaires dans le but d économiser du temps en tapant les messages.» Un comité de lutte contre le langage SMS et les fautes volontaires sur Internet a d ailleurs vu le jour, il y a deux ans, et a reçu, à ce jour, l adhésion de personnes. Celui-ci se bat pour dire qu il n y ait aucune raison d utiliser ce mode de communication sur Internet. Toutefois des chercheurs comme Daniel Elmiger (2004) de l université de Neuchâtel tiennent des propos plus nuancés : «le danger ne se pose que pour les personnes qui n ont jamais ou pas encore fixé leurs notions d orthographe. [ ] Nous nous acheminons quoi qu il en soit vers une plus grande tolérance envers les graphies non standard». Il ajoute que «débarrassés de la peur d être jugés sur quelques fautes d orthographe, bien des gens découvrent en effet les joies de l écriture grâce à la mode des SMS». 20

21 3.2 Les arguments de ceux qui ne s y opposent pas En juin 2004 s est tenu à Paris le forum de l écrit. L association Le Comité de l écrit qui regroupe une partie des professionnels du média imprimé, avec le soutien du Ministère de l Education Nationale, proposait d échanger sur le thème : «Les jeunes aiment-ils l écrit?» C est ainsi que plusieurs centaines de personnes, enseignants et professionnels de l écrit ont échangé pendant trente-six heures sur l intérêt des jeunes pour l écrit. Conclusions de ce forum : pour commencer, l écrit ne disparaît pas ; au contraire, les jeunes communiquent plus que jamais grâce à leur téléphone portable ou à Internet. Seulement, cet écrit est présenté sous de nouvelles formes. Second constat : les acteurs de l éducation (enseignants, parents, éducateurs) sont conscients que certains jeunes ayant des difficultés de lecture ont un rapport avec l écrit négatif. Mais ils pensent qu il y a moyen de provoquer à nouveau le désir de lire chez ceux-ci. Le langage SMS, d après les recherches déjà menées, pourrait être un atout pour la production langagière et l avenir du français Un langage qui s apprend Plusieurs recherches se sont intéressées à l impact du langage SMS sur les jeunes et leurs conclusions sont loin d être alarmistes. Ainsi, Fabien Liénard (2008), Maître de conférences à l IUT du Havre et membre du Laboratoire de recherche LiDiFra (Université de Rouen), travaille depuis plusieurs années sur l écriture électronique et notamment le SMS. D après ses recherches, l analyse faite en 2007 de SMS révèle que le processus de simplification est très largement utilisé et que les plus experts utilisent plus de procédés pour saisir le texto. Son travail vient compléter celui de l équipe de psychologues et de linguistes des universités de Rouen et de Picardie (2005) qui avaient demandé à 18 collégiens et 18 étudiants de communiquer sur un même thème (la description d un itinéraire entre deux points) par SMS, s et sur papier. Ils ont constaté que le langage SMS s apprend comme les autres langages et que les messages des collégiens et des étudiants ont à peu près la même longueur sauf que les étudiants les tapent plus vite que leurs «cadets» qui ont souvent besoin de temps pour créer l abrégé qui permettra de faire passer le message Un langage qui respecte des normes Cette même étude a révélé que les utilisateurs font aisément la différence entre les supports et n écrivent pas de la même manière en fonction des possibilités et des contraintes de chacun. L étude menée au Canada par les chercheurs Sali Tagliamonte et Derek Denis (2006) arrive à la même conclusion : en comparant le langage oral et la rédaction de textos chez 70 adolescents, ils se sont aperçus que les jeunes manipulent différents registres de langue quand ils écrivent. De plus, la grande collecte de SMS (2004) initiée par les 21

22 chercheurs de l université de Louvain (Belgique) a permis les conclusions suivantes : lors de l analyse des données, ils se sont rendus compte de l extrême variété des formes. Le mot «aujourd hui» a été écrit par exemple sous 40 formes dont les plus courantes sont «aujourd hui» (188 fois), «adj» (122 fois), «auj» (117 fois) ou «ojourdui» (24 fois). Ils constatent d autre part que la ponctuation ne disparaît pas, que la syntaxe est respectée, ainsi que les règles de communication puisque les formules d introduction («bonjour», «hello») et de politesse («bisou», «à plus») sont présentées. Ils repèrent même la mise en avant de certaines lettres très peu usitées en français comme le «k», omniprésent dans tous les écrits. Ces chercheurs sont unanimes pour dire que les jeunes font preuve d une maîtrise consciente du langage : «nous ne devrions pas nous inquiéter». Il est possible de braver toutes les règles orthographiques et grammaticales mais il faut garder une transcription phonétique correcte pour que l interlocuteur ne passe pas des heures à déchiffrer. Cela nécessite, disent des enseignants, une bonne connaissance des caractères (lettres, chiffres, signes) afin de pouvoir associer un caractère à un son (autrement dit associer un graphème à un phonème) et maîtriser la combinatoire de ces caractères Un langage qui participe naturellement aux mutations du langage Les plus optimistes voient dans ce «parlécrit» des jeux de langue propres à inciter à la fréquentation de l écrit car ce nouveau langage permettrait de nouvelles formes d expression et enrichiraient les échanges entre individus. En réponse à la position de Romain Jalabert (2006) qui écrit «le danger est de laisser cette écriture anarchique à la portée des jeunes adolescents et même d enfants incapables de faire la différence entre écriture et écriture texto», Sabine Pétillon rappelle que toute langue vit et se nourrit des autres langues, le français n étant qu un mélange de latin, grec, arabe, anglais etc. D ailleurs, l Académie Française écrit sur son site Internet : «Depuis la première édition du Dictionnaire de l Académie, qui représentait déjà un effort normatif sans précédent, l orthographe s est considérablement transformée, tant du fait d une évolution naturelle que par l intervention raisonnée de l Académie, des lexicographes et des grammairiens. La réflexion sur l orthographe doit tenir compte de données multiples et souvent contradictoires, comme le poids de l usage établi, les contraintes de l étymologie et celles de la prononciation, les pratiques de l institution scolaire, celles du monde des éditeurs et des imprimeurs, etc.» Plusieurs choses sont donc à retenir : d une part, tout le monde ne fait pas de la résistance face au langage SMS et d autre part, à tous les niveaux, le français oral ou écrit se simplifie. Ainsi les modifications que draine le langage SMS pourraient n être qu une évolution parmi d autres. Les avis sont donc partagés, l idéal étant peut-être de maîtriser à la fois cet écrit dynamique et l écrit scolaire. 22

23 Le langage SMS : un moyen de communication certes très populaire mais aussi très controversé Le langage SMS reste un langage structuré et contrôlé, qui nécessite une bonne maîtrise de la combinatoire, une aisance face aux abréviations, de la subtilité et de l inventivité afin de trouver la bonne «combinaison» pour traduire un mot de notre dictionnaire. Obéissant certes à des contraintes de temps et d espace, cela ne l empêche pas d être victime de son succès chez les jeunes utilisateurs. Il n y aurait donc pas un mais des langages SMS selon ce que chaque sujet privilégie comme procédé de simplification pour faire passer son message. Écrire en langage SMS semble par conséquent moins compliqué que lire car faire la part des choses entre ce qui est du domaine de la combinatoire pure et le celui de la phonétique sous forme de rébus n est pas toujours aisé. Toutefois, nous pouvons imaginer que les effets pourraient être différents sur des adultes dont la compétence à l écrit est acquise et sur des jeunes enfants qui doivent encore l acquérir dans une large mesure. Mais ce langage est encore trop récent pour qu on puisse envisager ses effets néfastes ou non sur le français et principalement sur l orthographe. Une voie d étude reste ouverte en psychologie ou sociologie par exemple, à partir des SMS de la base de données créée par l université Catholique de Louvain et mise à la disposition des chercheurs en fonction de leur spécialisation. La tendance générale ne surprend personne : beaucoup pensent que le langage SMS est nocif pour notre jeunesse. Mais face à l engouement des jeunes, peut-on faire fi de ce constat? Les jeunes l utilisent à outrance, le manipulent dans tous les sens, sont de véritables experts. La question est donc de savoir s il est possible d articuler les intérêts des élèves avec les objectifs de l école? Ainsi est-ce que lire ou écrire en langage SMS est «scolairement» correct? Lorsque nous avons face à nous des adolescents en échec scolaire, qui rencontrent souvent des difficultés en lecture/compréhension et en production d écrit, comment arriver à faire émerger la motivation intrinsèque? Autrement dit, comment remotiver les jeunes à prendre plaisir à lire et à écrire et à en tirer une satisfaction quelconque? Le langage SMS peut-il être une solution parmi d autres pour raviver leur curiosité, leur autodétermination et leur sentiment de compétence? Si on part du postulat que l on peut diversifier les pratiques scolaires ou les stratégies didactiques, alors serait-il possible de l intégrer à certaines séances d apprentissage? La didactique du français peut aider à répondre à toutes ou partie de ces questions. 23

24 Problématique théorique 24

25 Quel français enseigner? Se faire comprendre, en toute circonstance, sur tous les sujets, par tout le monde, n est pas le fruit du hasard. En effet, il est essentiel de parler et d écrire de la même façon que notre voisin, sinon il ne nous comprendrait pas. C est donc la communication qui est en jeu. Dans la 1 ère partie, nous avons employé maintes fois les termes «langage SMS» mais avant de poursuivre, il nous semble important de tout d abord bien cerner ce qu est le langage et la linguistique et ensuite se demander si effectivement ce «parlécrit», outil de communication très sollicité par les jeunes actuellement, peut être considéré comme un langage à part entière. Puis nous nous intéresserons à la pratique langagière dans le système scolaire : quelles sont les attentes des institutions en ce domaine et en fonction de celles-ci, nous nous demanderons plus particulièrement si la pratique du langage SMS dans les apprentissages (lecture et production d écrit) est possible, envisageable voire réaliste. 1. De la langue à la communication 1.1. La linguistique : «la langue et rien que la langue» Langage et langue Si parfois langage et langue peuvent être considérés comme des synonymes définissant des systèmes structurés de signes oraux ou écrits permettant à des humains de communiquer, on doit à André Martinet (1970) leur différenciation. En effet, il considère le langage comme la faculté intellectuelle «qu ont les hommes de s entendre aux moyens de signes vocaux» mais aussi, depuis quelques millénaires, en utilisant des signes picturaux ou graphiques 1 qui correspondent aux signes vocaux du langage. Par ailleurs, le langage sert aussi à désigner la manière de parler, propre à un groupe social ou professionnel, à une discipline ou à un domaine d activité tel que le langage administratif. La langue, en revanche, désigne «le système de signes verbaux propres à une communauté d individus pour s exprimer et communiquer entre eux». Elle est alors considérée comme un instrument de communication avec son code constitué en un système de règles communes (signes linguistiques, vocaux, graphiques ou gestuels) propres à une même communauté. Si nous nous référons donc à la définition du langage donnée par Martinet (1970), il est alors effectivement possible et justifié de considérer le «langage SMS» comme un langage à part entière. En effet, toutes les utilisations d abréviations, de la phonétique, de 1 Ce qu on appelle écriture. 25

26 chiffres ou d émoticônes par exemple peuvent être assimilés à des signes graphiques ou picturaux qu utilisent les hommes pour communiquer. D autre part, on sait que le langage SMS est un langage utilisé massivement par les jeunes et que ceux-ci le considèrent comme une manière de parler, propre à leur génération Langue et parole C est à Ferdinand de Saussure dans son Cours de linguistique générale, reconstitué par ses élèves Charles Bally et Albert Sechehaye (1916, rééd. 1995) que nous devons la distinction entre la langue et la parole. D après lui, la langue est un «trésor commun» comportant un lexique (une collection de mots) et un code. Nous pouvons étudier ces langues selon deux points de vue : celui de leur évolution (diachronie), ou celui de leur état à un moment donné (synchronie). Saussure insiste sur la synchronie qui doit donner accès à la structure de l ensemble du langage. La langue est composée de signes ; un signe étant un rapport entre un signifiant (une image acoustique) et un signifié (un concept). Or remarque Saussure, dans le langage naturel, ce rapport est arbitraire car la nature du son émis n a pas de rapport avec le sens 1 (sauf exception). «Le signifié et le signifiant contractent un lien» dit-il, le changement d un signe par un autre modifie immanquablement le sens du mot («lapin» n est pas la même chose que «lopin» ou «lupin»). Le changement d un élément de la langue a donc des conséquences sur le reste. On retrouve ici la notion de «sémiotique» (le signe) qui consiste à pouvoir reconnaître, hors contexte (c est-à-dire sans histoire, ni environnement), si un mot a un sens («par exemple le mot rôle est accepté comme ayant un sens, ril, non»). Ce qui intéresse donc avant tout Saussure, c est la langue et son étude, sans la prise en compte des situations discursives autrement dit, c est la morphosyntaxe qui est importante. Dans la pratique du français à l école, l étude par les élèves de la morphologie des mots et de la syntaxe d une phrase débute dès la maternelle. Le but est de comprendre comment former des mots ou produire des phrases qui soient corrects dans le respect des règles d orthographe, de grammaire et de conjugaison. Sachant que le français donne lieu à des productions écrites extrêmement variées, le langage SMS n échappe pas à cette rigueur. Pour écrire et se faire comprendre de celui qui recevra l énoncé, il faudra bien respecter des règles morphosyntaxiques. Ainsi «A+», par exemple, est accepté comme ayant le sens de «à plus tard» ; en revanche, si nous remplaçons le signe «+» par «-», «a-» («à moins») n aura aucun sens pour un usager du langage SMS. Changer un signe, modifie donc le mot et lui accorde ou non du sens. Par ailleurs, 1 En français, il n y a pas de lien entre la suite de phonèmes [a-r-b-r] pour désigner le signifiant «arbre» avec le concept «arbre» (ici le signifié). 26

27 Saussure s est aussi posé la question de la délimitation du signe, indispensable à la compréhension du langage. «Je l apprends» et «je la prends» se prononcent de la même façon pourtant ils n ont pas la même orthographe et n ont pas le même sens. En langage SMS, cette distinction existe-t-elle à l écrit? La réponse est oui. On écrira «je l apprends» - «J lapren» et «je la prends» - «J la pren». Chaque signe est donc en relation avec les autres à l intérieur d un mot ce qui confère au mot, non seulement une signification, mais aussi une valeur. Le langage SMS obéit donc à une rigueur morphosyntaxique qu il faut prendre en compte dès lors qu on l utilise. Quant à la parole, Saussure (1916, rééd. 1995) la définit comme un usage individuel de la langue. Cet usage peut être très contextuel. Du coup, son étude n intéresse pas du tout le linguiste qui la considère comme accessoire et plus ou moins accidentelle. Il faut attendre Emile Benveniste (1966 ; 1974) pour qu on cherche à comprendre comment se produit le sens dans le discours ordinaire. Son approche reste structuraliste, mais il s agit pour lui de sortir de l analyse des règles de la langue pour comprendre les situations et les personnes qui parlent : «j ai» n a pas la même signification que «j aurai». Au terme de «parole», il préfère donc parler de «discours» qu il distingue du mot «phrase» ; le discours étant un «énoncé» qui a un auteur (quelqu un qui parle). C est la notion de «sémantique» (le sens) qui est désormais en jeu. C est ainsi que Benveniste (1966) pose les bases d une nouvelle linguistique, celle de l énonciation : c est l acte même de produire un énoncé et non simplement l énoncé lui-même qui est étudié ; le mot devient l unité minimale du discours. En didactique du français, à la suite de Benveniste, on considère qu il existe deux grands types d énonciations : une énonciation à distance de type «récit» où les informations sont données par l énonciateur (emploi de la troisième personne «il» ou «elle», emploi de certains temps verbaux comme l imparfait ou le passé simple, emploi de certaines marques spatio-temporelles («Trois jours plus tard», «à cet endroit-là» ). La seconde énonciation est dite impliquée de type «discours». L énonciateur du texte se désigne par «je» et s adresse souvent à un interlocuteur «tu» ou «vous». Les trois temps de base sont le présent, le futur simple et le passé composé. Les indicateurs spatio-temporels (ou déictiques) sont par exemple «ici», «là-bas», «à droite», «maintenant», «hier», «demain», «l année prochaine» Pour ce qui est du langage SMS, sachant qu il permet de passer de l oral à de l oral écrit, ce type d énonciation peut être appelé sans conteste discours car il regroupe toutes les caractéristiques citées ci-dessus. Son enseignement consistera donc essentiellement à étudier la cohérence et la cohésion du texte produit. «J taten isi 2m1» («Je t attends ici demain»), par exemple, peut rester une énigme si le contexte d énonciation n est pas plus précis, même s il est correctement écrit. La distinction entre langue et parole a ensuite été reprise par Noam Chomsky (1968) 27

28 dans son œuvre majeure Le langage et la pensée. Au lieu de partir de la langue, qu il faut enregistrer puis transcrire afin de pouvoir l analyser ensuite, il part de la parole que l individu fabrique. Il se demande alors comment le locuteur fait pour la produire. C est une question essentielle qui domine le problème de l acquisition du langage. Alors que durant toute la première moitié du XXème siècle, les grands courants de pensée s accordaient à dire que le langage était acquis par conditionnement, il réfute ce behaviorisme et affirme que le langage est déterminé par des structures mentales innées et oppose ainsi compétence et performance 1. Pour lui, un enfant de moins de 5 ans est capable sans enseignement formel, de produire et d interpréter avec cohérence des phrases qu il n a jamais rencontrées avant (c est la performance) car il est supposé avoir une connaissance innée de la grammaire élémentaire commune à tous les langages humains (ou compétence). Cette grammaire, caractérisée d universelle (tous les enfants acquérant ce langage), permet d une part, avec un nombre de règles de grammaire réduit et une quantité de mots bien définies, de produire un nombre infini de phrases ; et d autre part, de décider si une phrase est correctement bien formée, indépendamment de la signification grâce à la prise en compte d un ensemble de contraintes inconscientes. L enfant ne viendrait pas au monde, comme on le pense depuis la fin «des Lumières», avec un esprit semblable à une table rase mais avec la capacité innée auquel l humain est prédisposé, ce qui expliquerait l apprentissage rapide d une langue par un enfant mais aussi la capacité à en créer une de toute pièce si la situation l exige (cas du créole 2 par exemple). Par conséquent, selon Chomsky, c est l autonomie de la syntaxe qui prime sur la sémantique. Dans le cadre d une situation didactique sur le langage SMS, c est cette compétence linguistique qui sera demandée à l élève : produire un énoncé à la syntaxe correcte comme respecter l ordre des mots dans une phrase. Elle sera d ailleurs la même pour tous les membres d une même communauté linguistique (ici les jeunes). A la lumière de ce que nous venons d évoquer, nous avons pu constater que malgré leur particularité distinctive, le langage, la langue et la parole permettent aux humains d entrer en relation avec autrui afin de transmettre quelque chose. Chacune de ces approches peut être examinée par la linguistique qui est généralement définie comme l étude scientifique du langage humain. On considère d ailleurs, aujourd hui, que pour être complète, 1 Compétence : locuteur ou auditeur, c est la connaissance implicite qu a tout sujet parlant de sa langue maternelle. Performance : mise en œuvre de la compétence dans des phrases produites ou comprises par les utilisateurs de la langue. 2 Au temps des plantations, les esclaves de langues différentes communiquaient de façon plus ou moins rudimentaire par des mots alignés aléatoirement et sans réelle grammaire. Les enfants de ces esclaves nés une ou deux générations plus tard, ne se sont pas contentés de reproduire les suites de mots de leurs parents ; ils ont introduit spontanément une grammaire. Une nouvelle langue était née : le créole. 28

29 la linguistique doit intégrer trois points de vue que nous avons abordé ci dessus 1 : morphosyntaxique (Saussure), sémantique (Benveniste) et pragmatique (Chomsky). Seulement la linguistique ne cesse d évoluer et elle a conduit tout naturellement à la sociolinguistique qui prend en compte le cadre social et culturel dans lequel est émis un énoncé. On est ainsi passé du concept de compétence linguistique à celui de compétence de communication. Voyons à présent les principaux schémas communicationnels élaborés depuis la seconde guerre mondiale par de nombreux théoriciens de la communication afin d être éclairés sur les différentes analyses possibles dès lors qu il y a échange d informations «Découverte» de la communication Le premier modèle de communication de Shannon et Weaver : une vision télégraphique Initialement, communiquer était fréquemment réduit à un transfert d informations : une source qui émet et une cible qui reçoit. C est cette vision télégraphique que l ingénieur Claude Shannon et le philosophe mathématicien Warren Weaver vont schématiser en Ils élaborèrent 2, un modèle linéaire de la communication, réduit à sa plus simple expression : un émetteur grâce à un codage, envoie un message à un récepteur qui effectue le décodage dans un contexte perturbé de bruit. Figure 1 - Système général de communication selon Shannon et Weaver (1949) 1 Morphosyntaxique : étudie la structure interne des mots et détermine des règles permettant de les combiner pour produire des phrases. Sémantique : étudie le sens des mots et des énoncés. Pragmatique : étudie les relations entre le message et l usage qu en font les locuteurs en situation de communication. 2 À l'origine, les recherches de Shannon ne concernent pas la communication, mais bien le renseignement militaire. C'est Weaver qui a «traduit» la notion de brouillage par celle de «bruit», la notion de signal par «message», la notion de codage par «émetteur», la notion de décodage par «récepteur». 29

30 Ce modèle présente toutefois des limites. Tout d abord, il ne peut s appliquer à toutes les situations de communications. Ensuite, il ignore la pluralité des récepteurs et laisse de côté les éléments psychologiques et sociologiques. Enfin, il y a absence de rétroaction Le schéma de Jakobson centré sur le message Sous l impulsion de Saussure, le linguiste Roman Jakobson (1969), a repris et transformé le modèle de Shannon et Weaver pour en tirer son propre schéma de la communication. Il a développé un point de vue centré sur le message lui-même (et non plus centré sur la transmission de celui-ci) autour duquel gravitent d autres pôles en jeu dans l acte de communication. Le schéma ci-dessous montre qu il est composé de six facteurs de telle manière qu à chacun de ses facteurs corresponde une fonction. Figure 2 - Système général de la communication humaine selon Jakobson (1969) Grâce à ce schéma, il a établi que dans toute situation de communication, on trouvait un destinateur (émetteur) qui émet un message à un destinataire (récepteur). Tout cela s inscrit dans un contexte (référent), un code (la langue) et un canal communs. Certes, cette définition est exacte mais elle occulte toute une partie du fonctionnement de la communication. On reste à une conception d un échange alterné de messages sans connaître exactement l interaction. En effet, a-t-on toujours une seule personne en face de soi? La personne à qui nous nous adressons nous répond-elle? La communication ne varie-t-elle pas en fonction des lieux, de l humeur du moment, du degré d attention, des savoirs antérieurs 30

31 Le modèle de Kerbrat-Orecchioni :communiquer, l illusion de la simplicité Catherine Kerbrat-Orecchioni (1980) reprend l étude de Jakobson en la fondant sur un élément essentiel : le sujet parlant. Selon elle, la communication varie en fonction des éléments concernant l émetteur, le récepteur mais aussi la situation elle-même. Elle va dégager ainsi des compétences intervenant dans les échanges : culturelles (savoirs que nous possédons sur le monde), idéologiques (valeurs de références qui fait que nous jugeons l autre), linguistiques (message produit, lexique, syntaxe ), paralinguistiques (gestes, regards, mimiques, occupations de l espace), de contrainte de l univers du discours (espace, temps, but, canal utilisé direct/téléphone- ), de modèle de production et d interprétation du discours, de détermination psychologique (statut de l émetteur et notamment perception qu il a de lui-même, du récepteur, présence d une tierce personne dans l échange). Figure 3 Proposition destinée à se substituer au schéma des fonctions de la communication selon Kerbrat-Orecchioni (1980) Mais elle va surtout prouver la complexité des relations unissant les différents locuteurs : «Tout au long du déroulement d un échange communicatif quelconque, les différents participants, que l on désigne parfois comme des «interactants» exercent les uns sur les autres un réseau d influences mutuelles : parler, c est échanger, et c est changer en échangeant». La communication est donc régie par des compétences d une part, et d autre part, par des normes, des contraintes, des émotions et des valeurs qui la complexifient. On s aperçoit donc que communiquer n est pas aussi simple. Compétence linguistique ou compétence de communication : tel est le débat qui anime aujourd hui le domaine de l éducation. 31

32 2. Quelle place donner au langage, outil de communication, dans les pratiques scolaires? 2.1. En didactique du français Compétence linguistique ou compétence de communication? Compétences linguistiques ou compétences de communication : ces différences sont capitales pour l apprentissage du langage, d une manière générale, par l enfant. Selon Chomsky (1968), ce qui est important, c est la maîtrise de la langue. En revanche, Hymes (1982) part de l idée selon laquelle les aptitudes du sujet parlant ne se réduisent pas à la seule connaissance de la langue et il définit la compétence communicative comme l'ensemble des aptitudes permettant au sujet parlant de communiquer efficacement dans des situations spécifiques. Ces divergences de points de vue, Kerbrat-Orecchioni (1990) les a mis en évidence dans le tableau suivant : Compétences linguistiques selon Chomsky La linguistique s arrête à la phrase La linguistique doit expliciter la compétence d un «locuteur auditeur idéal» Cette compétence est la même pour les membres d une même communauté linguistique, et elle est même en grande partie universelle Cette compétence permet la production/réception de phrases «grammaticales» abstraites La performance dénature la compétence, c est une sorte de mal nécessaire Le langage est fondamentalement «un système d expressions de la pensée», un «miroir de l esprit» Compétences de communication selon Hymes La linguistique doit aussi analyser le discours La linguistique doit expliciter la compétence d une «personne réelle existant dans un monde social» Il existe au sein d une même communauté de nombreux codes et sous-codes, et il convient de mettre l accent sur ces variations avant de se préoccuper du problème des universaux du langage Cette compétence permet la production/réception d énoncés appropriés contextuellement Tous les faits qui s actualisent en performance doivent être rapportés à la compétence sous-jacente qu ils manifestent, et qu on ne peut appréhender qu au travers des réalisations performancielles Le langage est fondamentalement une pratique sociale Ces deux concepts théoriques opposés reflètent tout à fait la question que se posent les institutions, les enseignants, les didacticiens, les parents d élèves sur quel français enseigner? 32

33 A travers la conception de Chomsky (1968), on retrouve la pédagogie prônée depuis les lois Ferry (1880) : il faut dispenser le même enseignement à tous les élèves ; et cet enseignement doit tourner autour d un français qui respecte les règles d orthographe, de grammaire, de conjugaison. Par contre, Hymes (1982) trouve que ce qui est crucial en pédagogie «ce n est pas de mieux comprendre comment le langage est structuré mais de mieux comprendre comment il est utilisé». Il est pour l hétérogénéité des discours qui permettent de communiquer et de mettre en commun ce qui ne l est pas d emblée. Il faut dès lors partir des usages de chacun, s appuyer sur la diversité des compétences d une communauté à l autre, mais aussi à l intérieur d une même communauté. Ensuite, dit-il, c est «au cours du déroulement de la conversation que certaines disparités initiales se neutralisent, c'est-à-dire que les interactants construisent au fur et à mesure leur compétence conversationnelle, dans la mesure où les partenaires négocient et ajustent en permanence leurs conceptions respectives des normes conversationnelles.» Aujourd hui, la réalité de l enseignement amène plutôt à considérer ces deux théories comme complémentaires. Le langage SMS, on l a vu, malmène le français. Pourtant la ville de Montréal, rappelons-le a offert la possibilité, sur le site Internet de la ville, d accéder à l'information de trois façons, et notamment par l'ortograf altêrnativ, assimilée au SMS. Voici une illustration de ce que peut donner la rencontre entre le français d une part et le langage SMS d autre part. Comprendre les codes et les sous codes des jeunes qui utilisent le langage SMS serait faire un pas vers eux mais aussi dans le cas d un échange les amener vers ce français qu ils «malmènent» Point de vue des sociolinguistes Selon les travaux de sociolinguistes, toute variation d une langue donnée (et ses diverses formes, telles que l écriture et le discours oral serait le résultat des interactions sociales de la communauté linguistique où elle se produit. L âge du locuteur, son sexe et sa classe sociale joueraient donc un rôle important (voire décisif) dans la variation linguistique. D après William Labov (1993), «la plupart des locuteurs [ ] ont à leur disposition divers styles de paroles.» Par ailleurs, en 1984, Allan Bell avançait l hypothèse qu un même locuteur possède plusieurs styles de parole (ex formel, familier, etc.) et modifiera sa manière de parler en fonction de sa perception de l environnement communicatif afin que son discours soit approprié pour son ou ses interlocuteurs. Il s ensuit que certaines variables apparaissent ou non selon le contexte dans lequel le locuteur se trouve. La variable orthographique peut ainsi être déclinée en non intentionnelle (fautes de frappe, fautes d orthographe) ou intentionnelle (formes oralisées, formes abrégées). 33

34 Par conséquent, à partir des constats sociolinguistiques, il nous est possible de considérer le langage SMS comme une variation parmi d autres de la langue française à la disposition du jeune dans l ensemble des styles de paroles dont il dispose. Sachant qu il est capable d adapter son discours en fonction de son destinataire, on peut envisager, dès lors, que c est ce qu il fait en jouant sur la variable orthographique du langage SMS, résultat de son interaction avec d autres jeunes de sa communauté linguistique. La question désormais est de savoir si cette pratique langagière extrascolaire peut être pris en compte dans les pratiques scolaires Point de vue des didacticiens du français Faut-il ou non que l école prenne en compte les pratiques extrascolaires des élèves? Et si tel est le cas, pourquoi et comment? Ces questions traversent en fait l école depuis sa fondation et nous pouvons dire que deux grandes thèses se confrontent. La première s appuie sur la conception de l enseignement du français que les institutions avaient avant En effet, jusque là, l enfant, en entrant à l école, était considéré comme un être privé de langage ou du moins disposant d un langage que l école devait bannir. Les Instructions de 1923 déploraient par exemple que «les enfants disposent d un vocabulaire pauvre qui appartient à l argot du quartier, au patois du village, au dialecte de la province.» Il était donc impossible, dans le cadre de l enseignement du français, d introduire les pratiques extrascolaires à l école car considérées comme des obstacles aux apprentissages et synonymes de baisse du niveau scolaire. L école avait donc la responsabilité exclusive d apporter les valeurs linguistiques fournies par les bons auteurs (grâce à la lecture et à la récitation) et par la mémorisation des règles de grammaire, d orthographe ou de formation des mots. D autre part, l école, en prenant ses distances avec les univers familiaux et professionnels, garantissait des fonctionnements propices à l étude : tranquillité, neutralité, temps conséquent. Réintroduire les pratiques extrascolaires était donc susceptible de porter atteinte aux principes même de la forme scolaire et au bon fonctionnement des apprentissages. En revanche, la seconde position soutenue par la sociolinguistique affirme, depuis plus de vingt ans maintenant, qu il est impossible de négliger ces pratiques et qu il est nécessaire de les cerner et de les décrire en terme de variations par rapport à la norme scolaire (Marie-Claude Penloup, 2006). En effet, la majeure partie des théories se rejoint pour considérer qu on apprend avec ce que l on est, grâce à ou malgré elles, mais pas sans elles. Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron (1970) ont d ailleurs dit que «l indifférence aux différences» mise en place par l école n empêche pas, loin de là, un échec socialement différencié. De plus, Bernard Lahire (1993) qui a travaillé sur l entrée dans l écrit, avance 34

35 aussi l hypothèse selon laquelle l échec scolaire «en tant qu il est socialement différencié, pourrait s expliquer, au moins en partie, par l écart entre le rapport au langage (distancié, formel ) mis en place au travers de l enseignement actuel et celui à l œuvre dans les pratiques langagières de nombre de familles.» A ces arguments s ajoutent ceux de nombreux travaux récents en sociologie ou en didactique, qui ont pu montrer qu y compris dans les milieux considérés comme très défavorisés, les pratiques culturelles (par exemple de lecture ou d écriture) étaient bien plus diversifiées et plus riches qu on ne le pensait auparavant. Ainsi, par exemple, en matière d écriture, Marie-Claude Penloup (1999), a pu montrer, au travers de la première enquête d envergure sur les pratiques extrascolaires des collégiens que, contrairement à nombre d idées reçues, elles étaient massives et diversifiées (lettres, listes, chansons, histoires drôles, poèmes ), quels que soient les milieux concernés, l établissement ou le sexe et le goût déclaré pour l écriture est important (73% de la population concernée). Les données recueillies permettent de cerner de nouvelles dimensions du rapport à l écriture extra-scolaire : caractère intensif tant quantitatif que qualitatif, construction identitaire, dissociation complète entre écritures extra-scolaires et pratiques d écritures scolaires, spontanéité, dimension matérielle (plaisir lié à l acte graphique, les outils, l odeur de l encre, plaisir lié à la frappe sur le clavier, ronronnement de l ordinateur ) Elle a fondé l hypothèse que les écrits extrascolaires pourraient être alors réinvestis dans les écrits scolaires. Ainsi, par exemple, elle montre que les écritures de soi sont très courantes chez les adolescents et notamment chez les filles. Elle propose donc d accorder une place et un statut à l écriture de soi à l école en s appuyant sur les Instructions officielles de 1995 qui considéraient l écriture comme un outil de structuration de la personne. Ainsi, le journal intime reconnu comme lié au plaisir d écrire permettrait de favoriser l émergence d une parole personnelle. La mise en place d ateliers d écriture telle qu écrire à la manière de Perros (écriture de papiers collés) dans lesquels les élèves rédigeront leur autobiographie pourrait être le point de départ d une interrogation sur le genre autobiographique. Citons un autre exemple : dans son enquête, elle constate que 60% des collégiens pratiquent la «copie pour soi» (copie pour apprendre, copie pour le plaisir de conserver un texte apprécié ) qui génère un plaisir corporel (recherche de la «belle page» ou de la «belle écriture»). Penloup considère alors la copie pour soi comme une activité langagière qui permet d entrer dans la culture de l écrit sur le mode de la «jubilation» : elle pourrait être, dit-elle «le point de départ d une interrogation sur le plagiat en art, point d appui de la création». Ses recherches ont pu ainsi mettre en évidence l intérêt didactique à tenir compte des écrits extrascolaires pratiqués spontanément par les élèves, au cœur des apprentissages. «Créer des liens entre les deux cultures, établir entre elles des passerelles apparaît alors comme un des moyens de répondre à cet état de fait et d aider à construire du 35

36 sens» dit-elle. Elle se situe dans la même perspective qu Yves Reuter (2001) dont les travaux de recherche l amènent à penser que, pour enseigner l écriture, il faut enseigner à «penser l écrit». Il insiste, par conséquent, sur le fait que tenir compte de ces pratiques aurait trois effets non négligeables. Tout d abord, un effet de connaissance dans la mesure où l image qu ont les enseignants des élèves peut être modifiée. Ensuite, conséquence du premier, l effet de reconnaissance qui consiste en une valorisation des élèves puisqu ils ne sont plus réduits à des manques ou à des pratiques stigmatisées et enfin, l effet passerelle qui va viser à tisser des relations entre les cultures des élèves et la culture scolaire. Prendre appui sur le savoir des élèves issus de leurs pratiques et sur la comparaison permettra d établir non seulement des différences mais aussi des points communs entre les différents types de cultures. Face à ces arguments, comment ne pas envisager la possibilité alors d utiliser le langage SMS comme passerelle entre les pratiques scolaires attendues et qui font défaut à un certain nombre de jeunes et les pratiques extrascolaires maîtrisées par ceux-ci? L échec scolaire dû à des lacunes en lecture/écriture pourrait il, par conséquent, être reconsidéré? Mais avant d y répondre, nous devons d abord examiner sur le plan théorique, la lecture et l écriture comme outil de communication dans le champ de la didactique du français Dans les pratiques de lecture et d écriture Qu est ce que lire? A partir de 1880 (les lois de Jules Ferry) et jusqu au milieu du XXème siècle au moins, la position de l école primaire est claire : lire c est dire. Apprendre à lire, c est avant tout apprendre à déchiffrer, «syllaber», puis dire «sans ânonner» et enfin dire l écrit «en mettant le ton». Les méthodes syllabiques (b+a = ba) semblent parfaitement adaptées à cette définition du savoir-lire. Mais en 1985, les instructions officielles et les programmes pour l école élémentaire annoncent qu on lit désormais pour comprendre et que cela nécessite, pour apprendre à lire, d être capable de prévoir, de formuler des hypothèses, de prélever du sens ou faire du sens. Ainsi plusieurs conceptions de l apprentissage de la lecture s affrontent mais le constat est là : les évaluations nationales de lecture depuis 1990, et mises en place par le ministère de l Education Nationale, ont rendu visible le problème de l échec scolaire en lecture ou de la «mal-lecture» (dit Gérard Chauveau, 2007) à l école élémentaire. Depuis Jules Ferry, on continue donc à se poser les mêmes questions : «Qu est ce que lire?», «Quelles sont les compétences mises en jeu dans l activité de lecture?», «Quelles sont les conséquences pour l apprentissage?» Les méthodes de lecture sont nombreuses mais l acte de lire reste un processus complexe pour les 36

37 chercheurs. Toutefois, ils sont nombreux 1 à dire que la lecture sollicite de façon importante l activité intellectuelle d un sujet. Ils ajoutent de plus que lire c est pouvoir arriver à mettre du sens dans une phrase ou un texte : «Apprendre à lire, ce n est pas apprendre une nouvelle langue : c est apprendre à coder différemment une langue que l on connaît déjà» (Bentolila, 2006). Pour cela, l identification 2 des mots doit se faire rapidement et efficacement. Enfin selon eux, le lecteur expert maîtrise deux procédures (syllabique et globale) ce qui lui permet de passer de l une à l autre méthode en fonction de ses besoins. Des compétences sont néanmoins nécessaires. Tout d abord, pour s engager dans l apprentissage de la lecture, l apprenant doit posséder une maîtrise non négligeable de la langue orale (la pauvreté du lexique, une syntaxe incorrecte sont à l origine de nombreuses erreurs concernant la compréhension). Ensuite, l apprentissage de la lecture passe par la découverte et l utilisation du code alphabétique qui définit le fonctionnement du code écrit. Nommer les lettres (c est-à-dire connaître le nom des lettres mais aussi leur valeur sonore), écrire en utilisant une écriture alphabétique, épeler un mot phonétiquement sont les trois compétences spécifiques de la lecture. La maîtrise des relations grapho-phonologiques est donc incontournable : «le principe alphabétique de notre écriture est étroitement associée à la conscience phonique» dit Gérard Chauveau (2007). L Observatoire National de la Lecture ajoute que «pour comprendre les associations de graphèmes-phonèmes, les élèves doivent avoir pris conscience que la parole peut être segmentée en unités (mots, syllabes..). Identifier un mot est nécessaire mais pas suffisant. Il faut aussi pouvoir le faire rapidement et automatiquement. Enfin, lire c est en même temps «reconnaître les rôles grammaticaux respectifs des mots. Sans reconnaissance de l organisation grammaticale d une phrase, il n y a pas construction du sens, il n y a pas de lecture.» La ponctuation, les inférences 3 et les substituts 4 nominaux et pronominaux sont alors autant d indices précieux qui aident à la compréhension d un texte, d après le rapport de l ONL de novembre La lecture demande par conséquent une bonne maîtrise de l espace écrit mais aussi du raisonnement. Jocelyne Giasson (2005) accorde d ailleurs beaucoup d importance aux informations que le lecteur doit induire à partir des données du texte (inférences). La lecture est ici considérée comme une activité cognitive mettant en jeu le raisonnement. Mais aujourd hui, des chercheurs comme Chauveau (2007) envisagent le savoir-lire sous une nouvelle perspective : l activité de lecture étant une activité à la fois culturelle et langagière, il ne s agit plus d une méthode de lecture syllabique ou globale mais dite 1 Linguistes (A. Bentolila, M. Fayol,), chercheurs en Sciences de l Education (G. Chauveau, J. Fijalkow, J. Giasson), chercheurs de l ONL. 2 Associe le mot écrit à sa signification. 3 Consiste à décoder l'implicite, à interpréter. 4 Consiste à reprendre un nom déjà énoncé par un autre nom ou expression équivalente ou par un pronom. 37

38 interactive qui repose selon lui sur trois actions. La première est l action culturelle. Elle répond à la question : pourquoi lit-on? Réponse : on lit pour s informer, se divertir, imaginer, apprendre, se cultiver, répondre à une question, satisfaire sa curiosité, s émouvoir, se faire une opinion sur un sujet C est donc notre rapport à l écrit et à la lecture qui est soulevé. Ensuite, il y a l action compréhensive. Le lecteur adopte une conduite de «chercheur de sens» à savoir qu il va prélever dans le texte qui s offre à lui l ensemble des mots qu il reconnaît et qui ont un sens pour les organiser. Enfin, il y a l action instrumentale. Ici, le lecteur cherche à comprendre l organisation de la phrase écrite, décode, mémorise et utilise le contexte pour comprendre l ensemble des mots et donc de la phrase. Parallèlement donc à l approche technique de la lecture, une approche sociologique s est développée, montrant que la lecture est avant tout une pratique culturelle, liée à des fonctions sociales que l on rencontre dans une multitude de genres d'écrits, qu ils soient littéraires ou fonctionnels 1. Beaucoup d adolescents disent ne rien lire lors d enquêtes et pourtant ils lisent mais sur des supports qu ils ne pensent pas pouvoir être reconnus par les adultes (tract publicitaire, bandes dessinées, un énoncé de problèmes etc.) Pour finir, n oublions pas qu on lit pour soi mais aussi pour communiquer avec d autres. Nous ne devons pas perdre de vue qu activités de lecture et activités d écriture entretiennent des liens étroits. Citons Emilia Ferreiro (1988) : «L enfant apprend à écrire lorsqu il essaie de lire ; l enfant apprend à lire lorsqu il essaie d écrire. [ ] Un bon lecteur se forme en produisant de l écrit ; un bon producteur de textes se forme en lisant des textes.» Voyons maintenant en quoi consiste la production d écrit en milieu scolaire Qu est ce que produire un écrit en milieu scolaire? Lorsque l on parle d écrit, il faut bien faire la distinction entre le geste graphique, l activité de copie et la production d écrit. Ce qui nous intéresse ici, en lien avec le langage SMS, c est la production d écrit en tant que conception et mise en texte d un récit. Le niveau a-t-il baissé depuis les lois de Jules Ferry? Philippe Meirieu (2007) répond à cette interrogation 2 en disant que les textes des jeunes d aujourd hui sont plus longs, les récits 1 Dans le n 104 de la Revue Française de pédagogie, juillet-août 1993, Bernard Lahire signe un article intitulé «Lectures populaires : les modes d appropriation des textes», dans lequel il résume les principales conclusions qu il a pu faire après avoir interrogé 149 personnes de diplôme inférieur ou égal au BEP ou BEPC. Il constate à la fois la diversité des lectures populaires et l ancrage important de la lecture en milieu populaire : 40% des enquêtés déclarent lire le journal tous les jours, 58% lire de 1 à 10 livres dans l année, 27% des BD, 59% sont ou ont été abonnés à un organisme de vente de livres par correspondance, 58% disent avoir recours à des dictionnaires ou des encyclopédies. Ces données confirment la nécessité de prendre en considération tous les supports de lecture en tenant compte des fonctions qui leur sont assignées dans la vie quotidienne. 2 Nous disposons d un point de repère grâce aux copies du Certificat d études primaires retrouvées dans le département de la Somme pour les années 1923, 1924,1925 et des textes écrits sur les mêmes sujets, rédigés dans les mêmes conditions, par des enfants du même âge aujourd hui. 38

39 plus cohérents, les phrases plus variées, le vocabulaire plus riche, la ponctuation plus fréquente et précise. Les résultats sont légèrement en revanche plus faibles en ce qui concerne la maîtrise des temps des verbes et de l orthographe d usage et ils sont très nettement inférieurs dans le domaine de l orthographe grammaticale (accords genre/nombre, par exemple) qui baisse régulièrement et de façon importante depuis plusieurs dizaines d années. Pourtant même si les textes sont plus longs, écrire n est pas chose facile. Mais que se passe-t-il alors quand on écrit? Et pourquoi est-ce si difficile d écrire un texte? Jusqu aux années 80, la didactique de la production d écrits était centrée sur les caractéristiques textuelles des écrits à produire. On considérait alors que pour écrire un récit par exemple, il suffisait de connaître les propriétés structurelles de celui-ci. A partir des années 80, les didacticiens se centrent sur l activité du sujet en train de rédiger et plus particulièrement sur les difficultés des étudiants à rédiger. Cet intérêt est lié à la diffusion en France des travaux des psychologues anglo-saxons John Hayes et Linda Flower (1980) qui se sont aperçus qu écrire suppose au préalable d inventer ou de rechercher des idées (ou planification), de les mettre en mots (ou mise en texte) puis de trouver comment les agencer grâce aux mots, de façon adéquate (ou révision). Ces actions, répétées plusieurs fois au cours de la rédaction et variables selon les rédacteurs, sont sources de difficultés voire de blocages : angoisse de la page blanche, réticences à remettre ou non un travail écrit, difficultés pour ne perdre le fil de sa pensée, réorganisation 1 des mots ou des idées, attention portée à l orthographe et à la syntaxe D ailleurs, à l INRP, un groupe de recherche (le groupe EVA) a travaillé plusieurs années sur l évaluation des écrits et a produit un tableau appelé CLID (Classement des Lieux d Intervention Didactique) souvent repris dans les ouvrages concernant la didactique de la production d écrits. Cette grille 2 propose d analyser un écrit selon quatre points de vue : pragmatique, sémantique, morphosyntaxique et aspect matériel. Il vise à mettre en évidence par exemple si le texte produit correspond bien au but visé, s il y a cohérence structurelle (mise en page, ponctuation, connecteurs, cohérence de la progression thématique), cohérence énonciative (pertinence des choix énonciatifs, présence de la subjectivité de l auteur), cohérence sémantique (respect des contraintes du genre littéraire, absence de contradiction, gestion de l implicite, cohérence entre les personnages, les actions, les évènements ), le lexique, la morphosyntaxe, l orthographe, la présentation et la calligraphie. Or, toutes ces exigences sollicitent énormément la mémoire ; les psycholinguistes parlent alors de surcharge cognitive. 1 C est-à-dire en les ajoutant, supprimant, déplaçant ou remplaçant. 2 Voir Annexe1. 39

40 Alors pour répondre à ces difficultés rencontrées, l ensemble des documents officiels 1 émis par le Ministère de l Education Nationale, depuis 1992, propose d apprendre à organiser un texte de la manière suivante «on peut privilégier l une des deux composantes essentielles de l activité rédactionnelle : tantôt l organisation du texte (sa planification) tantôt le travail d écriture proprement dit (la mise en mots).» Ainsi, dans le premier cas, on s intéresse au premier jet de l écrit : cerner qui est le destinataire du texte, trouver une trame générale, lister les idées à aborder (informations, émotions, injonctions, arguments ), réorganiser toutes les propositions faites. Dans un second temps, on passe à la rédaction en elle-même. Précisons ici que, depuis plusieurs années, la question de l orthographe s est enrichie de nombreux travaux permettant de mieux comprendre comment elle fonctionne et comment elle s apprend. Michel Fayol (2008) s est intéressé aux fautes d orthographe chez les adultes et en s appuyant sur quelques articles récents et il conclut que l essentiel de celles-ci sont dues à un lexique orthographique mental insuffisant (omission ou neutralisation 2 des accents, mauvaise transcription d un phonème («expliquation» au lieu de «explication», erreurs sur les homonymes) et le non-respect du pluriel des noms et des verbes principalement. La fatigue et la baisse de l attention sont aussi en cause. Dernier constat : plus le niveau de formation scolaire s élève et plus les variations de transcription diminuent sans toutefois disparaître. Nous venons donc de voir que produire un écrit en milieu scolaire est complexe. Les chercheurs disent même que son apprentissage est long. Son enjeu est aussi social car on écrit pour communiquer. En effet, écrire n est plus réservé aux clercs et aux privilégiés, il devient un outil pour relier les hommes entre eux. Il oblige aujourd hui à prendre en compte un destinataire absent qu il faut rendre mentalement présent pour décider de ce qu on va lui dire. On écrit pour agrandir son réseau de connaissance, pour maintenir le lien avec autrui, pour se confier aux autres mais aussi pour communiquer avec soi-même : «se raconter, c est en quelque sorte bâtir une histoire qui dirait qui nous sommes, ce que nous sommes, ce qui s est passé, et pourquoi nous faisons ce que nous faisons [ ] C est grâce au récit que nous parvenons à créer et recréer notre personnalité» (BRUNER J., Pourquoi nous racontons-nous des histoires?, 2005). Ecrire, c est se donner la possibilité de jouer avec les mots et de donc de développer son imagination. Mais des chercheurs ont constaté que tout le monde ne joue pas toujours spontanément avec les mots. Parmi les raisons évoquées par le sociologue Ben Fadhel (1967), les différences significatives en compétences scripturales (et par voie de conséquence, lecturales) sont en fonction du style éducatif parental ainsi que du milieu socioculturel. Le poids de la famille est déterminant chez les enfants dans l apprentissage de 1 Programmes et documents d accompagnement. 2 Les accents sont remplacés par un point ou par un trait horizontal qui fait disparaître l opposition é/è. 40

41 l écriture, dit-il : «les difficultés éprouvées par certains enfants en lecture/écriture traduisent un milieu familial peu engagé où les pratiques éducatives autour de l écrit sont mécanistes, peu variées et limitées à un suivi scolaire.» Toutefois, Bernard Charlot (1999) ne partage pas complètement cette opinion et il s interroge sur le «rapport au savoir» des élèves pour comprendre leurs réussites ou leurs échecs. D après lui, le rapport d un élève au savoir dépend à la fois de son vécu, de sa manière personnelle d apprendre, de son désir plus ou moins grand de savoir, et de son environnement social. Il identifie trois types de rapport (rapport à soi, au monde, à l autre) que les élèves entretiennent fréquemment envers l école et l apprentissage. Chacun de ses types constitue un obstacle à l apprentissage et de là, à la réussite scolaire. Ainsi par exemple dit-il : «Qu est ce qu un cours intéressant? Un cours qui «en soi» est intéressant (rapport au monde)? Un cours qui est intéressant pour moi (rapport à soi)? Un cours qui est dispensé par un professeur intéressant (rapport à l autre)?» Après avoir observé les élèves dans les classes, il en arrive à dire : «Un cours intéressant est un cours où se noue, en une forme spécifique, un rapport au monde, un rapport à soi et un rapport à l autre». La notion de «désir» d apprendre devient alors essentielle car c est par cela que l enseignant pourra agir sur le rapport au savoir de l élève. L acquisition du lire-écrire n est donc pas seulement un ensemble de processus techniques et cognitifs. C est aussi un processus culturel, un rapport au savoir et c est également, dit Emilia Ferreiro (1988), apprendre «à circuler dans le monde de l écrit comme on circule dans sa propre maison.» Trouver sa place dans cet univers où la formation du citoyen passe par la maîtrise de la lecture/écriture n est pas toujours facile et malgré les objectifs des programmes officiels (faire découvrir à l enfant le plaisir de lire et de s exprimer par écrit), le taux d élèves sachant à peine lire à leur arrivée en sixième est élevé (10% en 2003) sans parler de tous ceux qui n ont pas atteint le niveau requis, beaucoup de jeunes ont des difficultés à transcrire ce qu ils pensent ou disent oralement, il y a peu de lecteurs critiques capables d argumenter à propos de textes (15% parmi les 85% de très bons lecteurs en 2003). Il semble alors intéressant ici de porter un regard attentif sur la situation de l illettrisme en France et des solutions envisagées jusqu à aujourd hui afin de savoir si le langage SMS pourrait être un point d ancrage dans les apprentissages chez ces individus, dont certains gardent encore en mémoire les difficultés voire les échecs de leur scolarité Qu est ce que l illettrisme? Terme qui apparaît au début des années 80, l illettrisme est un néologisme créé par l association ATD Quart-monde afin de différencier les Français pauvres aux compétences limitées en lecture et en écriture, et les travailleurs immigrés, qualifiés d analphabètes. Le terme «illettrisme» fut alors utilisé pour décrire une personne ayant suivi le cycle de l école 41

42 primaire française sans pour autant y avoir acquis les compétences requises pour comprendre un texte, même très simple. Depuis, d autres définitions de l illettrisme ont été données. Alain Bentolila (1996), responsable de l Association Française de Lecture, rejoint cette définition en précisant que selon lui, un illettré est une personne incapable de lire et d'écrire un texte simple, court, en rapport avec sa vie quotidienne. En effet, à l écrit, il s est aperçu que l illettré avait du mal à organiser son écriture sur la page, à calligraphier correctement les lettres, à séparer des mots et donc aussi à les orthographier. En lecture, en revanche, les difficultés sont les suivantes : trouver le sens général d un texte parce qu ils prélèvent leurs indices de façon aléatoire et majoritairement en début d énoncé, identifier des mots simples, maîtriser la signification d indicateurs grammaticaux («sur», «à», «de», «mais» ), prendre conscience que la lecture puisse être un instrument d intérêt et de pouvoir. Pour affiner son analyse sur la lecture, il a élaboré, en 1995, un test fiable, fidèle et probant pour évaluer et classer de façon plus fine les performances des personnes testées. Il a dégagé cinq «familles» de lecteurs 1 grâce aux résultats suivants : «1% des jeunes adultes sont analphabètes ( famille A ) ; 3% ne dépassent pas la lecture d un mot simple isolé ( famille B ) ; 4% sont limités à la lecture de phrases simples isolées ( famille C ) ; 12% ne sont capables que de la lecture superficielle d un texte court et simple ( famille D ) ; 80% ont la capacité de lire un texte de façon approfondie ( famille E ).» Cette classification a permis de prendre conscience de l aspect pluriel de l illettrisme. D autres classifications sont toutefois possibles comme celle proposée par le Groupe Permanent de Lutte contre l Illettrisme (GPLI) et évoquée par l historien de l éducation Claude Lelièvre (2002) dans le chapitre sur l illettrisme. Il explique que lors d une conférence de presse le 25 octobre 1988, François Bayrou (président du GPLI) et André Laignel (secrétaire d Etat chargé de la Formation professionnelle) ont rendu publics les résultats d un sondage effectué par interviews sur un échantillon de mille personnes représentatifs de la population française. D après les chercheurs, l illettrisme des adultes peut être décliné en trois catégories : il y a ceux qui éprouvent de très sérieuses difficultés à la fois à lire et à écrire. La seconde catégorie concerne les adultes qui sont incapables de comprendre un texte simple même lu à haute voix. Enfin, il y a les personnes qui parviennent à peine à former des lettres ou font un nombre de fautes tel que la phrase ne peut être comprise par 1 La famille A regroupe des individus qui se situent en deçà de la lecture de mots simples et isolés ; on peut considérer que l on a affaire à des personnes en situation d analphabétisme. La famille B comprend ceux qui sont en deçà de la lecture de phrases simples et qui ne sont capables que d identifier des mots isolés. La famille C rassemble les personnes qui se trouvent en deçà de la lecture de textes courts, même s ils sont capables de lire des phrases simples. La famille D regroupe les individus qui sont certes capables de lire des textes courts, mais qui se situent en deçà de la lecture approfondie d un texte ; ils ne sont capables que d en extraire quelques informations explicites. La famille E rassemble les personnes qui sont capables d une lecture approfondie d un texte. 42

43 quelqu un qui n en avait pas une connaissance préalable. En outre, une autre définition de l illettrisme a été proposée par l Agence Nationale de Lutte contre l Illettrisme. En effet, elle préfère dire qu être illettré «c est ne pas disposer, après avoir pourtant été scolarisé, des compétences de base (lecture, écriture, calcul) suffisantes pour faire face de manière autonome à des situations courantes de la vie quotidienne.» Cela concerne des hommes et des femmes de tous les âges et qui vivent dans des contextes très différents. Une multiplicité de causes sont évoquées et parmi elles l échec scolaire, les difficultés familiales et professionnelles ou sociales, la non nécessité d un recours à l écrit dans le milieu professionnel, la diminution voire la perte des compétences lorsqu elles ne sont pas utilisées ou pratiquées, les problèmes de santé. Pour repérer les personnes en situation d illettrisme, il existe des tests de positionnement établis à partir des critères de l ANLCI et proposés par les organismes de formation. Ils se déclinent en quatre degrés et les compétences attendues diffèrent selon le niveau de connaissances. Le degré 1 correspond à la conscience phonologique. Le degré 2 s intéresse aux compétences orthographiques et grammaticales alors que le degré 3 propose des exercices autour du lexique et du vocabulaire. Enfin, le degré 4 correspond à la compréhension et production de l écrit. Ces tests permettent de situer un individu en fonction de ces performances. Toutefois, Bernard Lahire (1999) nous met en garde contre les dangers de la stigmatisation sociale des discours tenus sur l illettrisme. Il estime que cette définition de l illettrisme selon Bentolila (1996) et ses causes portent préjudice aux illettrés qui sont dépeints comme des nouveaux barbares incapables de raisonner, voire de penser. Il reste convaincu que cette classification est imprécise et manque de rigueur quant à l évaluation quantitative du phénomène. En outre, elle est le reflet de la représentation qu on se fait d une élite, c est-à-dire celle pour qui la culture légitime est principalement la culture scolaire générale, cette culture étant devenue la mesure de toute chose et il estime qu il est nécessaire de mettre de la distance vis-à-vis de certaines certitudes. Conclusion : le Français, un apprentissage complexe et de longue haleine qui mobilise la société Avec le téléphone portable et l essor d Internet est née une nouvelle écriture appelée «langage SMS». Procédé privilégié des jeunes qui permet de mettre un émetteur et un récepteur en situation de communication, il nous rappelle que chacun de ces usagers fait appel à la lecture et l écriture pour échanger. Ces écrits plus ou moins longs nécessitent donc d avoir une relative maîtrise de la lecture et de l écriture du français. Les compétences ainsi mises en œuvre sont la connaissance du code alphabétique, la maîtrise du grapho- 43

44 phonème, la reconnaissance globale de certains mots (et donc la possession d un nombre indéterminé de mots reconnus orthographiquement immédiatement), une connaissance de la syntaxe et de la ponctuation afin de donner un maximum d indices au lecteur pour qu il comprenne le message écrit. Alors que longtemps, la lecture a été associée au livre et même aux ouvrages littéraires, on sait maintenant que l offre de lecture peut être hétérogène et diversifiée, que les jeunes lisent plus qu on veut bien le penser. On sait aussi (Penloup, 1999) qu ils écrivent bien plus qu on ne le soupçonne : de nombreux et divers écrits extrascolaires sont copiés ou inventés. Des chercheurs comme Ben Fadhel (1967) et M-C Penloup (1999 ; 2006) prônent l inscription de la lecture/écriture dans une perspective socioculturelle globale au lieu de la réduire à un simple savoir technique et scolaire. Se posent alors les questions suivantes. Quand nous avons face à nous des élèves en échec scolaire et dont les raisons sont attribuées à une «mal-lecture» (Chauveau, 2007) et d un rapport à l écrit difficile, ne pourrait-on pas envisager, avec ces élèves, de les réconcilier avec le savoir en utilisant le langage SMS comme passerelle entre leur univers et celui de l école? Autrement dit, est-ce que le langage SMS, en tant que pratique extrascolaire, pourrait être pris en compte dans les apprentissages scolaires? Adoptons à présent le point de vue des enseignants. Dans une société comme la nôtre, où la maîtrise orthographique est un problème souvent évoqué par les enseignants mais aussi par les parents, les médias etc., quelle place accorder à cette nouvelle écriture, où de nombreuses transgressions ont été constatées? Sachant qu en matière d enseignement les pratiques divergent (certains enseignants restent attachés aux anciennes pédagogies, d autres ont un discours plus centré sur les élèves), si le langage SMS trouvait sa place dans les apprentissages, comment agiraient-ils si on leur demandait d assurer cette médiation? Enfin, prenons les jeunes, principaux usagers concernés. On peut se demander tout d abord, s ils verraient d un bon œil que leur mode de communication privilégié, identitaire, discret et qui a le pouvoir de leur laisser une certaine liberté d expression trouve une place dans les apprentissages. Sont-ils prêts à ce que leur environnement immédiat pénètre dans l école et accepteraient-ils de s exposer à l évaluation de leurs compétences et aptitudes en utilisant cet outil qui leur permet de lire et d écrire? N ayant à notre disposition que peu d éléments pour répondre à ces questions évoquées, mettons en place un recueil de données à usage strictement exploratoire afin de cerner quelles représentations certains enseignants et élèves se font du langage SMS et de leur utilisation éventuelle comme outil d enseignement et d apprentissage en classe. Les résultats procurés pourraient permettre de proposer la mise en place d une utilisation didactique de celui-ci en classe et qu elle soit mise en œuvre par un enseignant. 44

45 3. Quelle place donner au langage SMS dans les pratiques scolaires quand on est scolarisé dans le Nord Caraïbe de la Martinique? 3.1. Présentation de la circonscription Nord-Caraïbe Description de la Z.E.P. Nord et de son environnement La Zone Prioritaire d Education Nord a été créée en Elle couvre quatre secteurs de collèges et environ 1/6 de la superficie de la Martinique. Elle s étend sur 10 communes du Nord-Caraïbe au Nord-Atlantique : Bellefontaine, Carbet, Saint-Pierre, Prêcheur, Fond Saint-Denis, Morne Rouge, Ajoupa Bouillon, Basse Pointe, Macouba, Grand Rivière. C est la plus grande Z.E.P. de la Martinique, et très certainement du territoire National. D après le rapport de Madame JULIEN, inspectrice de l Education Nationale du Morne Rouge de 2005, la zone Nord-Caraïbe est essentiellement rurale, et la population y est relativement stable. Même si une commune souffre effectivement d enclavement (Prêcheur), l ensemble demeure «bien loin» du principal centre d activités et d animation : Fort-de-France. Cette région est marquée par la pauvreté du tissu économique. Le chômage touche toujours une personne sur trois et plus de 60% des jeunes âgés de 16 à 25 ans. Parmi ces jeunes chômeurs se trouvent des illettrés, des jeunes proches de l illettrisme ou de très bas niveau scolaire mais aussi un nombre important de titulaires de diplômes allant du CAP au bac+5. Près de 40% des actifs sont des employés ou des ouvriers, et pour la très grande majorité, sans qualification. 40% des familles sont monoparentales avec 90% d entre elles qui ont une femme pour chef de famille, souvent jeune et sans emploi Caractéristiques scolaires Toujours d après le rapport de l Inspectrice (2005), d une manière générale, le retard scolaire tend à se stabiliser au niveau de la sixième. Les passages vers les lycées en fin de troisième augmentent : orientations en seconde générale ou technologique pour un élève sur trois et en lycée professionnel pour un élève sur deux. Par ailleurs, il a été constaté qu au lycée professionnel, en moyenne 10% des élèves ont abandonné au cours de la première année de BEP ou CAP et plus du tiers de ces abandons se sont produits dès le premier mois de l année scolaire. En outre, il s avère qu à la fin du collège, plus de 25 % des élèves de Z.E.P. ne maîtrisent pas ou maîtrisent mal les compétences générales requises par les 45

46 programmes, contre 15 % des élèves hors Z.E.P. Il est enfin à noter que les cas de violences scolaires sont marginaux et isolés; ce relatif «bon» climat incite les enseignants à exercer de nombreuses années (plus de cinq ans en général) dans la Z.E.P. On y déplore toutefois la faible participation des parents à la vie des établissements scolaires. Afin de faire face aux difficultés rencontrées malgré le dispositif Z.E.P., l année scolaire a été marquée par une relance d éducation prioritaire (EP) en France. Dans le Nord-Caraïbe, c est le collège Louis Delgrès à Saint-Pierre qui a été concerné par cette relance appelée «Réseau Ambition Réussite» (R.A.R), destiné à aider les élèves des établissements scolaires les plus en difficultés en les dotant de moyens supplémentaires en personnels (assistants pédagogiques) et en heures d accompagnements éducatifs. Ce collège travaille depuis en étroite collaboration avec les écoles primaires du secteur et les lycées de Bellefontaine (formations générales et technologiques) et de Saint-James (formations professionnelles). Face à ces constats (secteur géographique rural éloigné du centre économique, faible bassin d emploi, situation sociale fragile et précaire, élèves en difficultés scolaires dont nombre d entre eux sont en situation d illettrisme plus ou moins important, orientation majoritaire de ceux-ci en lycée professionnel, mise en place du R.A.R. pour lutter contre l échec scolaire), c est dans ce contexte un peu particulier que j ai souhaité m intéresser à la place qu occupe actuellement le langage SMS dans les pratiques scolaires, en questionnant tout d abord les enseignants de collèges et de lycée puisqu ils ont affaire aux jeunes qui préparent un diplôme (Brevet des collèges, CAP, BEP, Brevet Professionnel, Bac Pro) puis les jeunes âgés de 15 à 20 ans orientés en filières professionnelles après la troisième. Ce choix s appuie par ailleurs sur les constats théoriques faits précédemment. Nous savons, pour commencer, que le «langage SMS» est un langage à part entière et que donc son étude morpho-syntaxique peut-être réalisée. Ensuite, en tant que langage, il est un outil qui sert à communiquer et nous avons vu avec C. Kerbrat-Orecchioni que communiquer n est pas si aisé et que pour ce faire des compétences sont nécessaires tant linguistiques que de communication. Nous pouvons aussi nous appuyer sur le point de vue des sociolinguistes qui disent que le langage SMS n est qu une variation parmi d autres du français et que les individus sont tout à fait capable d adapter leur discours ; ils savent donc quand et comment écrire en langage SMS ou en français. Enfin nous avons vu qu il était important pour les didacticiens de tenir compte des pratiques extrascolaires dans les apprentissages et que celles-ci pouvaient d ailleurs être des points de départ pour aborder des notions plus complexes en français (M-C Penloup). 46

47 3.2 Témoignages recueillis dans l enseignement secondaire Le langage SMS chez les enseignants Dans la circonscription Nord-Caraïbe, il y a trois collèges. Nous avons le Morne- Rouge (ZEP), Saint-Pierre (RAR) et le Carbet pour 99 enseignants, un lycée polyvalent à Bellefontaine qui compte 35 enseignants et le lycée professionnel Saint James (37 enseignants). Afin de recueillir divers témoignages par le biais de questionnaires 1 et sur la base du volontariat, cinq enseignants de collège, quatre enseignants du lycée polyvalent en filières générales (littéraires, scientifiques, économiques et sociales), six enseignants en formations technologiques (hôtellerie) et professionnelles (métiers de la restauration, vente, secrétariat, comptabilité, ébénisterie, travaux paysagers, maintenance voitures ou bateaux) ont bien voulu apporter leurs contributions. L échantillon 2 est composé comme suit : il y a 4 hommes et 11 femmes. 60% d entre eux ont entre 26 et 40 ans, cinq autres ont entre 40 et 55 ans. Un seul a plus de 55 ans. Parmi les enseignants, seuls trois exercent leur profession dans un collège placé en ZEP ou en RAR ; les autres sont dans un établissement sans spécificité administrative particulière. La moitié de ces enseignants travaillent depuis moins de 4 ans dans l établissement où ils ont été interrogés et les deux-tiers ont une ancienneté dans la profession de moins de 10 ans. Les disciplines enseignées sont variées. Nous avons cinq professeurs de français, quatre d histoire géographie et éducation civique, deux de mathématiques, une de langue étrangère et trois d enseignements techniques (vente/droit/économie, cuisine, sciences physiques et chimie). Précisons que trois professeurs de collège participent aussi à la découverte professionnelle avec leurs élèves de troisième. Voyons à présent le contenu du questionnaire. Pour commencer, en Q1, nous avons demandé à l enseignant s il manipule le langage SMS dans sa vie de tous les jours. Si c est le cas, il a poursuivi le questionnaire en répondant aux questions Q2, Q3 et Q4 afin de déterminer avec précision quand est ce qu il utilise le langage SMS le plus souvent (téléphone portable, internet ou les deux), sa fréquence (systématiquement, souvent ou à l occasion) et pour quelles raisons. Si l enseignant n utilise jamais le langage SMS, il devait justifier directement sa réponse à la question Q5. Ensuite, de la question Q6 à Q9, nous avons voulu savoir s il autorisait le langage SMS lors de ses cours, soit à l initiative de l élève, soit de leur propre initiative. Chaque réponse devait être complétée par des exemples de situations concrètes et de leurs justifications (autorisations ou non). Par ailleurs, nous lui avons demandé ce qu il pense du langage SMS en tant que passerelle entre l école et le monde civil (Q10 : oui, non, sans opinion) puis d expliquer son point de vue 1 Voir Annexe 2. 2 Voir Annexe 3. 47

48 (Q11). Enfin, pour finir sur le langage SMS, Q12 et Q13 ont abordé l aspect hypothétique de son utilisation en classe s il était avéré que celui-ci soit un bon outil pédagogique et didactique (oui, non et pourquoi). Les sept dernières questions (Q14 à Q20) ne sont pas en lien direct avec le thème de l enquête mais elles ont permis d affiner l échantillon en fonction du sexe du sondé, le type d établissement d exercice (collège, lycée général ou lycée technique/professionnel) et s il est situé dans une ZEP, un RAR ou néant. Enfin, nous avons voulu connaître la durée d ancienneté dans l établissement d affectation (réponse ouverte) et dans la profession (moins de 3 ans, 3/6 ans, 6/10 ans, 10/15 ans, 15/20 ans, 20/30 ans, plus de 30 ans), la matière enseignée et la tranche d âge à laquelle appartient le questionné (moins de 26 ans, 26/40 ans, 40/55ans, plus de 55 ans) afin de relever s il y avait un lien éventuel entre l âge et l ancienneté de l enseignant dans la profession avec l usage du langage SMS à l école. Passons à présent à l analyse 1 de ces quinze questionnaires L enseignant et le langage SMS dans sa vie quotidienne Dans le monde civil, en moyenne, la moitié des enseignants utilisent souvent le langage au quotidien aussi bien avec le téléphone portable qu'internet. Les attraits principaux sont sa rapidité de rédaction, la concision et éventuellement le côté ludique, interactif et vivant. En revanche l autre moitié dit ne pas l utiliser car selon eux, le langage SMS est considéré comme un frein à la communication : beaucoup de temps perdu pour décrypter ou pour coder un texte, orthographe dénaturée et vocabulaire appauvri voire simplifié à des émoticônes. Cette partie des enseignants reconnaît ne pas y être habitués et même qu elle ne souhaite pas céder à la facilité. En conclusion, quel que soit l âge, la pratique du langage SMS est partagée, ainsi que les représentations qu ils s en font. Certains sont donc dans l air du temps et des communications modernes alors que d autres estiment que le langage SMS n est pas un bon moyen de communication et qu il porte atteinte à la qualité orthographique et sémantique de la langue. Une fois sur leur lieu d exercice professionnel, que laissent-ils faire alors à leurs élèves? L enseignant et l utilisation du langage SMS dans sa classe En classe, la grande majorité d'entre eux qui exercent en collège ou en lycée général soit 7/9) sont contre l'usage du langage SMS à l initiative des élèves ce qui n'est plus le cas en lycée technologique ou professionnel où deux enseignants sur trois l autorisent. Les tolérances ou permissions sont accordées aux élèves pour les corrections de devoirs, la dictée ou la prise de notes de leçons, faire des fiches. Toutes ces actions sont autorisées du moment qu ils arrivent à se relire et que le document final (corrections, leçons, fiches ) est accessible à tous. Une enseignante trouve que ces initiatives sont bonnes pour l autonomie ; 1 Voir annexes 4 et 5a, 5b et 5c. 48

49 deux autres, en revanche, voient cette solution comme adaptée pour ne pas consacrer trop de temps, dans une séance, à la correction d un devoir par exemple : «Une correction de devoir prend une demi-heure environ. Les élèves de collège n ont pas l habitude de prendre des notes, le recopiage du tableau est laborieux. J écris la correction (paragraphe argumenté) sous la forme d un plan avec les arguments abrégés (abréviations plus que langage SMS). Ils recopient la correction telle quelle, avec les abréviations». En revanche, parmi les enseignants qui sont contre l usage du SMS dans leur classe, cinq sur huit n ont donné aucune explication ; ceci étant certainement dû à une mauvaise formulation de Q7 plus qu à un désir volontaire et manifeste d éluder la réponse. Les trois autres qui se sont en revanche exprimés, trouvent que le langage SMS porte préjudice à l orthographe ou induit en erreur. On note donc une forte préoccupation pour les aspects morphosyntaxiques dès qu on parle d apprentissage du Français. Rappelons que même les enseignants qui l autorisent en classe sont toutefois modérés dans leur propos. En effet, ils affirment le tolérer mais ils sont tous intraitables sur son usage dans les devoirs à remettre ou les copies d examen, insistant sur le fait que des points sont accordés à l orthographe et à la présentation du devoir et que ces points sont tout aussi importants que le reste de l écrit. Un enseignant attire même notre attention sur la difficulté qu il a déjà de faire comprendre à ses élèves qu ils ne sont pas autorisés à s exprimer en créole dans les diverses rédactions ; il pense que le langage SMS (français et créole) serait alors un obstacle supplémentaire à l écriture du français. Nous avons souhaité savoir par ailleurs si l enseignant, de sa propre initiative avait déjà utilisé en classe le langage SMS. La réponse a été oui pour sept d entre eux mais dans cinq cas, c était exceptionnel. Il s agissait là d activités pédagogiques bien spécifiques et ponctuelles comme la découverte des différents types d écrits depuis l écriture manuscrite à l écriture électronique 1, la transcription d un texte en langage SMS en français, ou bien alors étudier l aspect linguistique international de celui-ci à travers le langage SMS espagnol et ses avantages comme la facilité et la rapidité mais aussi ses inconvénients (pauvreté des messages, addiction possible, communication verbale délaissée). Dans les deux autres cas où l usage du langage SMS est plus fréquent, il s avère que les enseignants ont travaillé sur les abréviations dans la prise de notes. L objectif était d écrire vite et de faire en sorte de pouvoir être relu par tous (donc pas de fantaisies possibles) ; «l argumentation étant plus importante que l orthographe.» précise une enseignante. L usage du langage SMS est donc très exceptionnel et laissé à la liberté de l enseignant. Il est pour le moment très marginal et se centre essentiellement sur des abréviations courantes. Son usage dépend 1 Séquence 5 de l atelier d expression écrite intitulée «Ecrire un courrier électronique» dans le manuel CAP Français où les élèves avaient pour activité finale de rédiger un message électronique enrichi, sans abus, par des frimousses (émoticônes) et abréviations. 49

50 essentiellement des visées poursuivies, le langage SMS semblant être plus indiqué pour certaines d entre elles (prise de notes, de leçons ou de corrections en français ou en histoiregéographie notamment). Cette attitude resterait-elle atypique si à l avenir, le langage SMS était reconnu comme utile aux apprentissages? L avenir du langage SMS en classe selon l enseignant A la question «est ce que le langage SMS pourrait être une passerelle entre l école et la société?», la moitié des enseignants reste indécise ou sans opinion. Une enseignante de collège précise qu elle trouverait même gênant que ce langage soit un prétexte pratique «pour camoufler ses lacunes en expression et en orthographe». Il serait d autant plus mal venu d y avoir recours qu on postulerait pour un emploi. Quant aux autres enseignants, cinq sur huit pensent que le langage SMS ne pourrait en aucun cas être une passerelle et ce, pour les raisons suivantes : les élèves vont à l école pour apprendre certaines règles (orthographe et grammaire par exemple), l autoriser serait source de dérive, de fossé générationnel creusé, et même si on gagne en rapidité, l élève perd en exactitude et en qualité. Ils sont donc surtout inquiets pour les règles morphosyntaxiques essentielles pour structurer le discours. Les trois enseignants favorables à cet usage souhaitent que les activités soient bien cadrées et pertinentes ; effectivement, il pourrait être un point de départ (comme l emploi du créole dans certaines activités) pour conduire certains élèves en difficulté à plus de lecture. Le langage SMS pourrait-il donc servir à d autres apprentissages et dans quelles disciplines : Mathématiques? Histoire-géographie? Langues étrangères? Informatique? Options à dominante scientifique ou professionnelle? Quant à son usage possible dans les années à venir, si les recherches montrent les bienfaits de son utilisation sur les apprentissages, plus de la moitié des enseignants interrogés serait prêt à y avoir recours en classe. Ils demandent quand même à être convaincus des bienfaits attendus mais dans l absolu, si c est pour aider les élèves, les motiver, les passionner et les intéresser, ils sont prêts à faire le maximum. Parmi ceux qui refusent, deux d entre eux trouvent l usage du langage SMS inapproprié à leurs disciplines (ici les Mathématiques) et les deux autres soutiennent qu il faut, au contraire, accentuer les efforts sur le français Du langage SMS dans les apprentissages : entre novation et résistance A la vue des résultats à ces questionnaires, aucune tendance réelle ne semble se dégager sinon que le langage SMS partage le corps enseignant entre les partisans du «pour» ou du «contre» et ne laisse personne indifférent. Les pratiques, les représentations et les avis sont diversifiés. Il est tout de même entré au collège et au lycée (prise de notes, de corrections etc.) et on lui reconnaît certes un côté rapide et pratique uniquement s il est 50

51 bien utilisé et que l élève arrive à faire la part des choses entre noter une leçon par exemple et répondre à une question dans un devoir. On s inquiète toutefois de ces aspects néfastes pour l orthographe et la syntaxe dans l enseignement du français même si quelque part il est intéressant pour motiver et passionner les élèves aux activités scolaires, du moins ceux en difficulté. Nous pouvons dire à ce stade de l étude que le langage SMS pourrait avoir sa place dans les études secondaires même si la prudence et la réserve sont présentes. Si nous souhaitons étudier les effets de l utilisation du langage SMS dans une situation didactique précise, il va donc falloir, pour commencer, trouver des enseignants volontaires pour nous aider à mener à bien cette expérience. Ils peuvent être enthousiastes, indécis ou sceptiques tant qu ils sont prêts à participer. Que pourrions-nous leur proposer? Si nous nous intéressons à une population de jeunes entre 15 et 20 ans, au lycée professionnel, qui donne parfois des signes d inadaptation telles que l absentéisme, les difficultés scolaires, peu d investissement dans les apprentissages et est exposée au risque de sortie prématurée, il nous semble important qu un travail soit fait sur le rapport au savoir du lire et de l écrire. En effet, il n y a pas de mystère, plus on lit et meilleures deviennent la lecture et la compréhension. Il faut donc amener les jeunes à plus de lecture et leur faire comprendre que la lecture ne se limite pas aux œuvres classiques et littéraires mais que cela peut aussi être une bande dessinée, un trac publicitaire, un document administratif, une recette de cuisine, une notice d instruction, le programme du cinéma et pourquoi pas une nouvelle en langage SMS De plus, les supports de lecture et d écrire sont variés. Il n y a pas en effet que le support papier ; le numérique peut aussi être pris en compte même si la mise en place d activités ne sera pas la même selon qu on dispose d un imprimé ou d une page d écran. On sait par ailleurs que le vocabulaire est un très bon indicateur de la connaissance de la langue orale. Lire plus c est donc aussi enrichir son vocabulaire. Cet enrichissement pourrait tout à fait être prévu grâce au travail réalisé en classe sur des textes en langage SMS, si nous partons du postulat que la lecture est déjà plus fluide et rapide. Voyons à présent la vision qu ont les jeunes martiniquais scolarisés en formation professionnelle au lycée Saint James et de Bellefontaine sur le langage SMS et notamment sur l opinion qu ils s en font dans le cadre scolaire : pensent-ils être excellents en langage SMS et comprendre tout ce qu ils lisent? Comment perçoivent-ils l utilisation de celui-ci en milieu scolaire? Sont-ils favorables à une utilisation en classe du langage SMS? Telles sont des questions qui leur ont été posées Le langage SMS chez les jeunes en lycées professionnels Dans la zone Nord-Caraïbe il y a deux lycées professionnels. Le premier se trouve à Saint-Pierre et se nomme Saint-James. Il accueille, en 2008/2009, 47 élèves qui préparent 51

52 en deux ans un CAP d ébénisterie ou de travaux paysagers, 82 élèves sont en BEP, filière là aussi de 2 années, de maintenance bateaux plaisance et pêche, maintenance voitures particulières, commerce, comptabilité ou secrétariat et enfin 62 élèves sont dans une filière Bac Pro de maintenance nautique, maintenance automobile, commerce ou comptabilité qui se prépare en sur deux ans. Pour les encadrer, exercent dans ce lycée 37 enseignants, 1 conseiller principal d éducation, 1 secrétaire de direction, 1 gestionnaire, 4 agents d entretiens territoriaux (2 ATOSS, 1 OP, 1 OEA) et 8 personnels en contrats précaires. Trois sont aides à la vie scolaire, deux sont aides au secrétariat, un employé aide à la gestion et deux occupent des postes d assistants d éducation. Tout ce personnel travaille en étroite collaboration avec la direction composée d un principal et de son adjoint. Le second lycée, situé à Bellefontaine prépare à toutes les filières du secondaire : baccalauréat général, technologique et professionnel. Seuls les élèves en lycée professionnel vont nous intéresser. Les filières préparées sont les CAP cuisine, services hôteliers, restaurant avec 89 élèves, le BEP de restauration pour 73 élèves et le Bac Pro de restauration qui compte 35 élèves. Ces formations sont intégrées au lycée polyvalent qui propose aussi des filières générales et technologiques. Il y a par ailleurs 18 professeurs d enseignements professionnels et 20 professeurs d enseignement général, 3 conseillers d éducation, 1 gestionnaire qui est aussi l agent comptable du secteur, 8 agents d entretiens (4 ATOSS, 2 OP, 2 OEA) et 4 assistants pédagogiques qui aident à la vie scolaire et l internat. L échantillon retenu pour notre recherche est de soixante élèves répartis équitablement entre les deux établissements, ce qui correspond à 17,2% des lycéens scolarisés en CAP, BEP ou Bac Pro sur le secteur Nord-Caraïbe. Dans chaque établissement et filières (peu importe que l élève soit en première ou en seconde année), les questionnaires ont été proposés autant aux filles qu aux garçons fin mai Les volontaires les ont remplis en dehors de leurs établissements sous les abribus aux abords des établissements. Il n a en effet pas été possible de les interroger dans leurs établissements pour les raisons suivantes : l administration a été attentive à faire respecter le protocole hiérarchique en réclamant des obtentions du Rectorat et de l Inspection Académique. Elle a réclamé par ailleurs les autorisations parentales remplies et signées par les familles pour les élèves mineurs. Sachant que nous étions déjà en mai et que les élèves étaient libérés des obligations scolaires dès la fin du même mois, le temps imparti était très court pour recueillir toutes les autorisations. Enfin, le principal-adjoint, en l absence du Principal en arrêt maladie, a même estimé que le questionnaire pourrait porter atteinte à son équipe enseignante et n a donc pas souhaité que les élèves y répondent dans l enceinte du lycée Saint James mais nous a autorisé à le faire en dehors de l établissement. Le recueil de 52

53 données a donc été fastidieux puisqu il a fallu trouver des élèves qui remplissent aux critères de l échantillon : 15 garçons et 15 filles par sections retenues (CAP, BEP ou bac pro), qui soient volontaires, tout en tenant compte de l emploi du temps de chacun et chacune et du notre. Le recueil a eu lieu le matin et tous les après-midi. Les filles ont été plus difficiles à aborder que les garçons car elles restent moins volontiers aux abords de l établissement en dehors de leur emploi du temps. Une fois le questionnaire en main, on peut dire que les filles ont été plus attentives et concentrées que les garçons qui étaient plus distraits. Ils mettaient leur téléphone portable en mode musique pour que tout le monde en profite, ils parlaient avec les copains, ils draguaient les filles qui passaient etc. D une manière générale, la majorité des sondés a préféré mettre des croix et ne pas justifier ses réponses. Il a donc fallu leur rappeler gentiment que leurs réponses justificatives étaient toutes aussi importantes que les cases cochées et qu ils étaient libres d écrire comme ils le souhaitaient en utilisant le langage SMS par exemple. Tous ces facteurs ont entrainé notre révision de la durée à consacrer au questionnaire. Initialement nous avions prévu entre dix et quinze minutes. Au final, chaque sondé a passé en moyenne 40 minutes pour y répondre. Nous avons aussi constaté malgré nos rappels, que certaines questions sont restées sans réponse et parfois, nous avons pu nous apercevoir que des jeunes avaient eu les yeux baladeurs sur le questionnaire de leur voisin(e). Le manque de concentration, l inattention, le copiage sur le voisin, la durée de passation du questionnaire sont peut-être là des indices d un rapport à la lecture et l écrit un peu difficile pour nombres de sondés. Il faudra donc être très attentif à leurs réponses mais auparavant voyons la trame du questionnaire 1 que nous avons proposé aux lycéens. Il a été divisé en deux grandes parties. Deux types de réponses étaient attendus. Aux questions fermées, le jeune devait cocher une case ; chaque case étant représentée par un symbole afin de faciliter les réponses aux questionnaires si toutefois le jeune éprouvait de réelles difficultés à lire et à comprendre nos questions. La légende était la suivante : (tout à fait d accord), (plutôt d accord), (plutôt pas d accord) et (pas du tout d accord). Afin de compléter leurs réponses, certaines questions étaient suivies de questions ouvertes pour permettre au lycéen de mieux justifier leur réponse sans pour autant les influencer. Dans la première partie, nous nous sommes intéressés à la perception qu ont les jeunes du langage SMS à travers trois aspects. Le premier aspect est technique (Q1 à Q3). Nous avons voulu savoir si le jeune trouve le langage SMS facile à lire, à écrire et à 1 Voir annexe 6. 53

54 apprendre. Ensuite, nous avons abordé l aspect communicationnel (Q4 à Q7) afin de déterminer s il trouve que le langage SMS permet de dialoguer avec ses amis ou ses proches et des anonymes. Par ailleurs, nous lui avons demandé si ce mode d expression était pratique pour donner son opinion ou exprimer des émotions. Le dernier aspect traité est l affectif (Q8 à Q10). En effet, nous avons souhaité connaître le sentiment qu éprouve un jeune quand il écrit en langage SMS : est-ce un plaisir? A-t-il le sentiment de se comprendre de tous? Pense-t-il être meilleur en langage SMS qu en français? Toutes les questions de cette première partie nous ont permis de mieux cerner la perception et le rapport affectif que l élève en lycée professionnel a du langage SMS. Dans la seconde partie du questionnaire, nous nous sommes intéressés à l usage du langage SMS en classe. Nous voulions savoir avant tout s il l utilise pendant leurs heures de cours (Q11 à Q13) et si c était le cas, en quoi faisant. Puis nous avons cherché à connaître qui, selon lui, parmi ses enseignants, étaient pour, contre ou sans opinions quant à l utilisation du langage SMS dans leurs cours. Il nous a semblé intéressant d aborder ce questionnement afin de déterminer s il y a un décalage élèves/professeurs quant à l opinion que chacun a sur le langage SMS à l école autrement dit, ont-ils le même point de vue ou bien alors le jeune a-t-il une mauvaise représentation de ce que pensent ses professeurs à propos de leur mode d expression utilisé en cours? Pour terminer, nous lui avons demandé s il serait pour travailler sur des textes provenant de SMS (Q13), si cela avait déjà été le cas (Q14/Q15) et s il souhaiterait que l enseignant ait plus souvent recours au langage SMS dans les cours. A travers ces questions, nous avons donc voulu savoir si le jeune avait déjà été amené à utiliser (à son initiative ou à celle de son enseignant) le langage SMS et ce qu il pensait du fait que l école puisse se servir de sa pratique extrascolaire pour l aider dans ses apprentissages. La fin du questionnaire réunissait quelques demandes d informations telles que le sexe, l âge, la classe actuelle fréquentée, l ancienneté dans l établissement et le diplôme envisagé. Ainsi nous pouvions déterminer l âge moyen par diplôme préparé et éventuellement les perspectives de poursuites scolaires vers un bac professionnel pour les CAP/BEP ou vers un Brevet de Technicien Supérieur pour ceux déjà en bac pro cette année. Examinons à présent le contenu de leurs réponses Impressions générales sur notre échantillon Pour commencer, nous avons constaté que le type de réponse proposé pour les questions fermées, à savoir (tout à fait d accord), (plutôt d accord), (plutôt pas d accord) et (pas du tout d accord) n a pas posé problème aux lycéens. La 1 Voir Annexes 7, 8a et 8b et 9a, 9b, 9c et 9d. 54

55 consigne a donc été comprise. Le dessin a peut-être facilité le remplissage, c est fort possible. Pour ce qui est des réponses ouvertes, en revanche, nous nous sommes aperçus que les réponses des élèves en CAP sont inexistantes pour les deux-tiers des effectifs, les autres n ayant pas rédigé plus de deux ou trois phrases simples et courtes. Par contre, plus nous montons dans les niveaux, en l occurrence BEP et Bac Pro, plus les réponses des élèves ont été nombreuses et surtout plus longues même si les fautes d orthographe étaient présentes. Les élèves en CAP ont donc l air d être moins à l aise avec l écrit que leurs aînés. Or si d après notre constat, l aisance augmente avec les niveaux, à quoi cela pourrait-il être dû? Nous pouvons suggérer que c est le fruit du travail accompli par l équipe enseignante dès le CAP pour les réconcilier avec l écrit. Nous pouvons aussi imaginer que le rapport à l adulte se modifie avec l âge puisque le choix de l orientation devient plus un choix personnel qu un choix obligatoire à faire tant qu on a moins de 16 ans. Dans ce cas, plus on poursuit des études volontairement, moins on est réfractaires et rebelles pour répondre aux attentes des adultes. Signalons ici tout de même que sur le terrain, nous avons rencontré plus de difficultés à faire remplir les questionnaires par les mineurs en CAP que par les majeurs en bac pro. Les élèves de bac pro étaient plus réceptifs, volontaires et prêts à nous aider que les autres. En même temps, il est vrai que si les élèves en CAP ont des problèmes de lecture/écriture, nous pouvons comprendre leurs attitudes défensives quand nous cherchions des volontaires. Il est à noter que nous avons observé discrètement les jeunes lorsqu ils répondaient aux questionnaires et notre attention a été attirée par certains d entre eux (notamment des garçons) qui restaient plusieurs minutes sur une même question. Ils faisaient mine de réfléchir et dès que c était possible regardaient sur leurs voisins. Deux solutions : soit ils étaient en manque d inspiration, soit ils n avaient pas bien compris la question. Répondre au questionnaire n a donc pas évident pour certains d entre eux. Autre surprise sur notre échantillon. Nous nous attendions à ce que nombre d entre eux utilisent le langage SMS pour répondre à notre questionnaire, cette possibilité étant offerte puisque c était le contenu de leurs réponses qui nous importait. Or une seule élève en BEP à Bellefontaine a profité de cette facilité mais guère longtemps. Dès qu elle a abordé les questions concernant l école, elle s est de nouveau exprimée en français. Nous pouvons dire que tous ceux qui ont donc bien voulu répondre aux questions ouvertes ont été soucieux de répondre en français. Même si le registre de langue était parfois familier et les fautes d orthographe nombreuses, il n empêche que les lycéens ont fait attention à la façon dont ils ont écrit, à savoir ni en langage SMS, ni avec le créole. Le français résiste et continue donc à dominer l écrit malgré les transgressions autorisées. Toutefois, puisque le langage SMS s est essentiellement développé avec l ère du numérique, il n est donc peut être pas adapté, dans les représentations que nous nous en faisons, pour des supports classiques et anciens 55

56 tels que les cahiers et les livres. Les jeunes ne sont peut être donc pas à l aise pour écrire dans un style SMS sur une feuille avec un stylo. Abordons à présent l âge et l orientation scolaire de l échantillon. Notre cible était les 15/20ans et il s avère que l échantillon est équitablement réparti entre les élèves mineurs et majeurs. La moitié d entre eux a ans. L âge moyen des élèves en CAP est de 16,06 ans. En BEP, ils ont en moyenne 17,24 ans et enfin en bac pro, 18,25 ans. 75% des élèves a au plus 18 ans ce qui nous laisse supposer qu on quitte le lycée professionnel, sauf exception au plus tard à 19 ans. En ce qui concerne la poursuite d études, tout d abord, uncinquième des lycéens n a pas répondu à cette question. Par ailleurs, nous voyons que seulement cinq élèves en CAP désirent obtenir leur diplôme et 3 autres veulent arriver au BEP. En BEP, 6 élèves visent l obtention de leur diplôme, 7 veulent préparer un baccalauréat et 4 seulement envisagent le BTS. Quant aux futurs bacheliers, 12 travaillent pour réussir à leurs examens et 4 autres envisagent de terminer leurs études par un BTS. En conclusion, ils sont nombreux à être indécis ou à ne pas avoir de projets professionnels bien déterminés. Quant à ceux qui ont une idée un peu plus précise, leur projet de formation reste de courte durée. Ils sortent donc du système scolaire et se retrouvent sur le marché de l emploi avant 20 ans. Leur intérêt pour l école et ce qu on peut y apprendre semblent être modérés. Voyons à présent ce qu ils pensent du langage SMS dans leur vie quotidienne en dehors et au lycée Le lycéen et langage SMS dans sa vie quotidienne Les sondés ont répondu à toutes les questions fermées concernant l utilisation du langage SMS dans leur quotidien sauf un élève de Bellefontaine en Bac Pro qui a dû par inattention, oublié de répondre à Q5 ; la question, à notre avis, n étant pas difficile puisqu il suffisait simplement de savoir si selon le sondé le langage SMS permettait de communiquer avec des inconnus. Pour ce qui est de la manipulation du langage SMS, tous les élèves l utilisent et seuls moins de 10% disent que lire ou écrire en SMS est difficile. Les points forts pensent-ils du langage SMS sont sans surprise la simplicité : il y a «moins de syllabes», «on peut couper les mots», «on ne fait pas attention au langage et à la ponctuation» etc. C est aussi la rapidité d exécution qu ils apprécient. Un jeune sur six reconnaît toutefois rencontrer parfois des problèmes dans la lecture d un message pour décoder des abréviations : «ce n est pas tout le temps que je comprends le langage SMS car il y a des mots qui sont beaucoup trop abrégé comme : TmTc qui veut dire Toi-même tu sais». Enfin quand on leur demande s ils ont appris à l utiliser facilement, cinquante-six d entre eux disent être «plutôt» voire «tout à fait d accord» et ce, grâce à l aide des plus âgés (amis, fratries, parents) ou par imitation ; la pratique courante faisant le reste. En somme, le langage SMS est un mode de communication qui ne pose pas de réelles difficultés dans la lecture, l écrire 56

57 et le mode d appropriation. L entraide existe et malgré les difficultés rencontrées, ils le considèrent comme une nouvelle langue à apprendre et sont conscients que tel un bain linguistique, «on s y habitue vite» écrivent-ils. En ce qui concerne le contenu des propos échangés, ils sont, à un élève près, unanimes pour dire que le langage SMS est idéal pour communiquer avec ses amis ; en revanche en ce qui concerne les inconnus ou la possibilité d'exprimer une opinion, 25% d'entre eux sont contre le langage SMS et ses effets. Si on leur demande pourquoi le langage SMS permet d exprimer toutes sortes d émotions, ils répondent que c est grâce aux smileys (ou émoticônes) qui représentent les différentes expressions du visage grâce à un simple clic ou à une combinaison de symboles, par exemple pour obtenir un bonhomme fâché. Cela permet «de lire sur le visage de son interlocuteur et vice-versa» ses pensées, ses sentiments ou son humour dira une lycéenne, et ce, de façon plus simple, pratique et rapide «qu avec des mots normaux». L autre avantage (explicitement exprimé) est d éviter les confrontations physiques pour signifier à l autre ce qu on a à lui dire, comme les sentiments de colère. Le langage SMS qui permet de faire part de ses émotions est donc un langage avant tout de complicité entre amis ou proches et plus adapté, selon eux, pour faire part, à distance, de ses ressentis. Quel rapport affectif ont-ils avec le langage SMS? C est plutôt un rapport utilitaire. «Facile» et «rapide d utilisation» sont les réponses majoritaires. Un élève reconnaît même ne pas aimer le langage SMS et pourtant l utiliser pour envoyer des textos grâce à ces avantages. Par ailleurs, deux reconnaissent que le langage SMS est «cool et dans le vent», qu il permet de mettre des touches personnelles et qu ainsi les parents sont incapables de comprendre ce qu ils ont écrit. Deux autres y trouvent un intérêt pécuniaire (coût moins élevé du SMS s il tient en un maximum de caractères utilisés, «permet de ne pas écrire un roman»). D autre part, tous les garçons ont le sentiment d être compris quand ils utilisent le langage SMS alors que quatre filles affirment que non. Quant à l item «je pense être meilleur (e) en langage SMS qu en orthographe», 1sur 5 pensent le contraire car ils estiment important d écrire le français correctement et par conséquent utilisent pas, peu ou à bon escient le langage SMS. Ils disent ne pas se laisser influencer par le langage SMS sous prétexte qu il est plus facile à utiliser car ils sont conscients qu il est important d écrire correctement français, ce qu ils apprennent à faire depuis petits et donc depuis plus longtemps que le langage SMS. Pour tous les autres, cette impression de se sentir meilleur en langage SMS qu en français réside surtout dans le fait qu ils ont le sentiment que les fautes n existent pas, que ce langage s écrit selon le feeling du moment et sans règles orthographiques précises. Une élève en Bac Professionnel est d ailleurs très confiante : «c est évident, dit-elle, tout le monde est meilleur en langage SMS car même si on fait des 57

58 erreurs, ça passe en langage SMS». Avec l aide en prime de la fonction T9 du téléphone portable, écrire avec la possibilité de ne pas faire de fautes rassure. Leurs réponses nous ont donc permis de comprendre que manipuler le langage SMS revient à joindre l utile à l agréable. En effet, ils éprouvent le besoin de communiquer avec leurs pairs sans soucier de la forme ou de la mise en forme, doublé de la quasi-certitude d être compris par l autre et tout cela se fait dans le plaisir : plaisir d échanger et de partager un peu de son intimité, plaisir de coder ou de décoder un message. Ils peuvent donc lire et écrire par le biais du langage SMS avec enthousiasme alors que le français reste plus problématique. Nous pourrions donc exploiter cet engouement pour les amener à plus de lecture et écriture en français en leur proposant des activités ciblées mais voyons à présent si ce n est déjà pas le cas dans leurs pratiques scolaires Le lycéen et l utilisation du langage SMS en classe Au lycée, sachant que 80% des élèves pensent que leurs enseignants sont plutôt contre l utilisation du langage SMS en classe, deux-tiers des élèves interrogés reconnaissent y avoir recours de façon plutôt discrète à travers les prises de notes, les leçons dictées, quelques corrections, des brouillons, des fiches de révision, des plans de devoirs, gestion de l agenda. Cela concerne dit très bien l un d entre eux : «tout ce que les profs ne voient pas». Parmi eux, cinq y ont recours lorsqu ils ont perdu le fil de la leçon, quand ils sont en retard et que face à l urgence, il faille perdre le moins d informations possibles ou tout simplement quand ils en ont assez d écrire. Trois s en servent pour échanger des mots entre amis en classe sur des sujets personnels et sans lien avec la discipline étudiée, certains que s ils se font attraper, le professeur n arrivera pas à comprendre ce qui est écrit. Une seule élève sur vingt-trois se justifie sur le fait de ne pas y avoir recours en classe : «Quand j écris à l école, je n écris pas en langage SMS parce que quand je me relis, je ne sais point ce que j écris. Et même si mes professeurs écrivent en langage SMS, moi je ne le fais pas». L utilisation en classe est donc raisonnée et utilitaire. Il s agit d utiliser un moyen rapide pour noter en abrégé un maximum de données en un minimum de temps. Toutefois, sept lycéens donnent des exemples concrets d abréviations qui seraient utilisés en classe tels que «répondre» donne «Rpd», «avec» = «ek», «envoyé» devient «send», «pas de soucis» = «year», «tu sais déjà» = «seen», «je reviens» = «je re», «plita» pour «à plus tard», «je t aime» = «JTM», «quoi» = «kwa» etc L ensemble des exemples donnés interpelle : les élèves interrogés ont-ils bien compris ce qu on attendait d eux à savoir donner des exemples d utilisation du langage SMS en classe parce qu à la lecture de leurs réponses, elles semblent inadaptées à un contexte scolaire mais plutôt prévues pour une communication interactive et personnelle par l intermédiaire d Internet, leur téléphone portable ou les petits morceaux de papier qui circulent en cours. 58

59 A la question «Précise, qui, parmi les enseignants (nomme la matière enseignée), serait pour, contre, sans opinion» quant à l utilisation du langage SMS à l école», quarante et un élèves se sont exprimés et les réponses données concernent essentiellement les matières générales telles que le français, l histoire, la géographie, les mathématiques et les langues. La quasi majorité d entre eux dit que le langage SMS est toléré par les professeurs d histoire-géographie car il permet d écrire les longues leçons et les corrections. En revanche, l utilisation de celui-ci en français divise les opinions. En effet, près de 41% disent que le professeur ne voit pas d un bon œil l usage de celui-ci dans leur cours contre 30% qui seraient pour. Les proportions et tendances sont identiques pour les enseignants en mathématiques ou en langues. On peut s étonner enfin, pour un questionnaire destiné à des élèves en lycée professionnel, qu ils aient très peu cités des matières plus techniques telles que les sciences, la technologie, l économie, droit, vente, commerce, arts plastiques où ils sont certainement amenés à écrire et à prendre des notes. Faut-il donc penser que le langage SMS, s il est utilisé en classe, l est plutôt dans les matières principales? Que penseraient-ils alors s ils devaient travailler sur des textes provenant de SMS? L avenir du langage SMS en classe selon le lycéen Sur la possibilité d'étudier des textes en langage SMS, les opinions sont mitigées aussi bien chez les filles que les garçons. La première moitié serait d accord pour les raisons suivantes : apprendre comment il fonctionne permettrait à tout le monde de se comprendre. A un niveau individuel, ce serait une moyenne qui pourrait être meilleure, ce serait aussi la possibilité d étudier autrement c est-à-dire de façon ludique et amusante, donc de rendre les apprentissages plus intéressants que de travailler «sur des textes barbants» écrit un étudiant. Un élève a d ailleurs dit que même si cela le «changeait des habituels vieux romans ennuyeux ou des pièces de théâtre d un autre temps, ce serait une mauvaise idée que ces textes soient écrits en langage SMS.» Pour aller en ce sens, les partisans du contre donnent ce motif principal : le français est justement fait pour apprendre la bonne orthographe. Or, sachant que «l orthographe est difficile, dit l une d elle, elle serait vite perdue.» Il n y aurait dès lors plus aucune possibilité d enrichir son vocabulaire, ni de retenir la bonne orthographe d un mot. Ils trouvent donc sans intérêt de travailler sur des textes provenant de SMS, surtout si cela ne fait pas partie du programme. La dernière raison invoquée est plutôt personnelle. Le langage SMS fait partie du domaine du loisir et du plaisir et il est déjà utilisé avec les amis ; il est alors inutile de l étudier en classe. De plus, quand nous leur demandons s il est déjà arrivé à leurs enseignants d'avoir recours au langage SMS pour les aider, un tiers dit que oui et majoritairement dans les filières CAP et Bac Pro ; autrement, c'est négatif. Les rares occasions ont été à l approche de la sonnerie quand il a fallu terminer un travail précis, lorsque la leçon ou la correction d un 59

60 devoir était longue, les enseignants ont eu recours à des abréviations pour faciliter la prise de note des élèves. Un seul élève a relaté un travail fait en classe autour du langage SMS. Nous pouvons donc nous demander, ici, si la tolérance est une question de niveau de classe ou d enseignant. Nous savons que les élèves de CAP à Bellefontaine ont travaillé avec leurs enseignantes sur les blogs et donc ont eu à comparer différentes productions d écrit à travers les siècles. Dans la mesure où ils ont abordé les limites et les déviances possibles à utiliser le langage SMS, il est fort probable que la tolérance en classe soit à l initiative de l enseignant tout en gardant en mémoire que ce que les abréviations qu ils se permettent d utiliser pour rédiger leurs propres notes, ne peuvent en aucun être réemployées dans un devoir écrit destiné à la correction. En tout état de cause, l aide apportée par les enseignant ne reposait pas sur une étude de la langue ou des textes en SMS mais plutôt sur comment prendre des notes rapidement. Pour finir, nous avons voulu connaître l opinion du lycéen sur une éventuelle utilisation plus fréquente du langage SMS en cours et dans quelles matières. Sachant qu une bonne majorité est contre l étude de textes provenant de langage SMS, la tendance serait a priori plutôt à une non-utilisation par les professeurs du langage SMS en classe. Les élèves continuent à revendiquer que l orthographe fait partie de la culture générale et qu en aucun cas elle ne doit être malmenée par le langage SMS sinon «les élèves seraient nuls en français». Par ailleurs, quelques-uns n ont pas envie que leurs professeurs s approprient leurs modes de communication. La distinction des rôles élèves/enseignants reste importante. En revanche, les autres élèves qui voudraient un peu plus de langage SMS en classe pensent surtout aux matières comme le français, l histoire-géographie et les mathématiques où les leçons sont longues. Certains disent qu ainsi les leçons seraient plus faciles à comprendre et que les élèves seraient moins perdus. Ecrites en abrégées, elles seraient moins longues à lire et donc plus faciles et rapides à apprendre. Un élève imagine même que le programme scolaire aurait ainsi toutes les chances d être bouclé. L intérêt, selon eux serait donc de permettre à un maximum d élèves de comprendre et de rendre les cours moins ennuyeux. Nous voyons donc à travers leurs réponses le paradoxe suivant : ils sont pour que les cours soient plus attrayants et abordables par un maximum d élèves grâce au langage SMS et pourtant le français ne doit pas être malmené et doit garder sa légitimité. La difficulté va être la suivante : comment rendre le cours attractifs grâce à ce monde de communication tout n en empiétant pas sur la place du français? Le langage SMS sous haute surveillance des lycéens Tous les jeunes interrogés utilisent le langage SMS pour communiquer même si quelques-uns trouvent que celui-ci est inadapté et dangereux pour la maîtrise du français qu on attend d eux à un examen. Ils disent ne pas avoir rencontré de difficultés particulières 60

61 pour apprendre à le lire ou à l écrire et l ont même acquis rapidement grâce à une orthographe, une grammaire simplifiée et une écriture qui n impose pas de règles strictes. Leur sentiment général est d avoir trouvé un moyen d expression pratique, rapide et ludique pour se faire comprendre des autres, tout au moins de leurs pairs. Bref, c est un outil de communication pratique voire idéal. Malgré tout, ils voient d un mauvais œil son introduction dans la sphère de l école sauf si c est pour aider un maximum d élèves à comprendre les leçons. En revanche, il est hors de question qu il soit décortiqué par les enseignants car ils tiennent à maintenir cette distance entre jeunes et adultes : la littérature en SMS fait donc très peu d émules. Dans un contexte de classe, les jeunes accepteraient-ils alors de se prêter aux exercices que les enseignants volontaires pourraient leur proposer telle que la lecture ou l écriture d un texte court en langage SMS? Si l activité est présentée de façon innovante, peut être aurons-nous leur adhésion. Mais il nous faudra certainement être attentif au support utilisé. En effet, nous avons constaté que le jeune n a pas profité du langage SMS pour répondre au questionnaire, il doit être beaucoup plus complice aujourd hui avec son clavier et son écran qu avec une feuille et un stylo. Le type d activités proposé pourra tenir compte éventuellement de constat. Or, il ne faut perdre pas de vue qu à l examen, il n est pas encore possible d utiliser l ordinateur sauf cas particulier (en situation de handicap par exemple). Passer par le langage SMS sur support numérique puis sur papier pourrait, pour commencer, amener l élève à se re-familiariser avec l écrit scolaire, puis, petit à petit, à l amener à plus d aisance lorsqu il sera devant sa copie d examen. L objet de notre recherche consistera alors à se demander en quoi le langage SMS peut être un outil pédagogique qui faciliterait une certaine forme d appropriation du lire et de l écrire Hypothèse de recherche : malgré la résistance des acteurs de l éducation, le langage SMS peut trouver sa place dans les apprentissages Grâce au rapport sur la situation scolaire dans le Nord Caraïbe de la Martinique (IEN Morne-Rouge, 2005), il a été établi que 25 % des élèves scolarisés quittent le collège en ne maîtrisant pas ou en maîtrisant mal les compétences générales requises par les programmes. En outre, nous savons que sur l ensemble de ces collégiens, un sur deux s oriente après la troisième en lycée professionnel. Nous pouvons supposer un taux d illettrisme non négligeable parmi cette population scolarisée en filière professionnelle ou tout au moins en difficulté avec la lecture et l écriture et ce que cela engendre des difficultés scolaires et peu d implications dans les apprentissages. Les réponses aux questionnaires ont laissé entrevoir une résistance manifeste de la part des enseignants, des lycéens et même de l administration : pas de langage SMS à 61

62 l école. Toutefois il pourrait être le bienvenu pour les enseignants si des bienfaits sont avérés et pour les élèves si cela pouvait rendre les cours attrayants et motivants. Comment alors remobiliser les jeunes grâce au langage SMS? Quelles matières pourraient les aider? Quels objectifs leur demanderions-nous d atteindre? Quelles activités pourrions-nous leur proposer? Pour le moment, il nous semble plus opportun de nous intéresser à l enseignement du français qui repose en lycée professionnel sur le renforcement de la maitrise de la langue à travers l orthographe, la grammaire et le lexique. Les élèves doivent aussi être en contact avec des textes et des œuvres classiques intégrales comme des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre, des poèmes. Si nous nous appuyons sur les pratiques extrascolaires de ces lycéens à travers le langage SMS, comment articuler cette réussite en français nécessaire à toutes les disciplines avec celui-ci? Les réponses des élèves aux questionnaires peuvent orienter notre réflexion. En effet, nous avons appris qu ils disent posséder une bonne maitrise du langage SMS. Nous pouvons conclure que ces élèves lisent et écrivent souvent, même si, certes, ce n est pas notre français classique. Si nous partons du postulat qu ils comprennent effectivement ce qu ils lisent et qu ils arrivent à se faire comprendre de leurs destinataires, il va donc être possible de travailler avec eux sur le rapport qu ils ont avec la lecture et l écriture. Nous avons décidé de cibler notre recherche sur l enrichissement du vocabulaire grâce au langage SMS. En effet, nous savons que nous apprenons du vocabulaire en faisant fonctionner la langue dans les divers discours oraux et écrits, donc pourquoi pas à travers le langage SMS. Par ailleurs, la rencontre avec de nouveaux mots se fait en permanence, seulement l accroissement du vocabulaire ne passe pas uniquement par les listes de mots apprises par cœur, il est aussi possible de fournir aux élèves des outils d analyse spécifiques comme l étude morphologique ou sémantique pour permettre de comprendre de nouveaux mots. Avec le langage SMS, il sera peut être difficile d étudier la morphologie d un mot mais nous pourrons assurément travailler autour de la sémantique. Sachant que la population lycéenne étudiée, et notamment les élèves en CAP, était peu prolixe à l écrit, faisait peu de phrases et que celles-ci étaient courtes, nous ciblerions notre échantillon sur ces élèves, âgés de 15 à 18 ans et ayant une pratique régulière du langage SMS. Nous proposerions l étude d un ensemble de textes classiques plus ou moins longs préparés habituellement en classe de français mais qui serait traduit en langage SMS. La possibilité offerte de lire un texte en langage SMS devrait permettre au lycéen d accéder à la compréhension de celui-ci plus rapidement que s il lisait le texte original. En effet, notre hypothèse est la suivante : avec le langage SMS, le jeune ne relève pas de l illettrisme. Nous pensons même que pour lire avec aisance, il a compris la combinatoire et qu il a à sa disposition un lexique orthographique SMS aux procédés phonographiques parfois complexes (exemple 62

63 «Ojourd8») qui lui permette de reconnaître rapidement un mot. La combinaison des deux (syllabique et globale) fait qu il arrive à lire et donner du sens à un texte court. A partir de là, nous pensons qu il peut répondre à des questions explicites simples. Le lexique SMS étant tout de même pauvre, il n est pas dit qu il soit à l aise avec l implicite ; de même qu il n est pas sûr qu il arrive à rester concentré sur un long texte même écrit en langage SMS. Nous devrions être en mesure de répondre à ces suppositions après la mise en place de cette situation didactique. Quant au réinvestissement dans les productions écrites de ce vocabulaire acquis. Il suffira de leur proposer un énoncé en lien avec l ensemble du corpus étudié et dont la rédaction devra être présentée sous une forme scolaire vue au programme comme rédiger la suite d un récit, écrire une lettre ou une argumentation, décrire précisément une image etc. Ils seront donc soumis à deux types de traitement de l écrit : la compréhension et la production. Nous pourrons vérifier ainsi si d une part l élève comprend un texte littéraire sous la forme de langage SMS et si c est le cas, quel est son degré de compréhension. D autre part, nous pourrons vérifier si son capital lexical s est accru et s il est capable de le réinvestir dans une production écrite. 63

64 Conclusion 64

65 Aujourd hui le numérique a modifié nos habitudes de communication et de consommation. Alors qu autrefois nous prenions patience pour avoir des nouvelles d autrui, désormais tout est régi par la réactivité qui se veut de plus en plus rapide et nous sommes devenus des boulimiques de réponses instantanées autrement c est la frustration assurée. Et pour s adapter à ce nouvel environnement, notre façon de communiquer avec nos pairs s est modifiée pour plus interactivité : c est ainsi qu est né le langage dit SMS que beaucoup d entre nous manipulent avec aisance et fréquence. Seulement, il ne fait pas que des émules et notamment parmi les défenseurs de la langue française, même si tous ont conscience que le principe d une langue est d évoluer au fil des décennies et des siècles. Pertes des repères du passé, dénaturation de la langue française, décidément les craintes sont multiples mais sont-elles justifiées? Difficile d y répondre puisque l intrusion du langage SMS dans nos écrits est trop récente et a été très rapide. Les recherches demandent du temps dans l observation, dans l énumération des constats et des interprétations et dans l établissement des conclusions. Que faire en attendant : le proscrire, l autoriser, l utiliser? Nous savons que les jeunes apprécient beaucoup ce nouveau mode de communication et qu ils l utilisent plusieurs fois par jour. Il est devenu l expression écrite de leur parole et à s en servir ainsi, l ensemble du monde de l éducation est passablement inquiet : nos jeunes s éloignent du bon chemin qui devait les mener vers la maitrise de notre auguste français. Alors que préconiser? Il semble logique de leur demander de laisser cette pratique en dehors de l école et de tenter vaille que vaille de résister à l invasion du langage SMS dans l école, mais aux antipodes, la prise en compte de l environnement de l apprenant est aussi nécessaire pour aider aux apprentissages. Quel dilemme! Que faire? Comment faire? Sachant qu un jeune sur deux dans notre secteur Nord Caraïbe s oriente après la troisième en lycée professionnel et que 25% d entre eux connaissent des problèmes dans la lecture et l écriture, voire connaissent la situation d illettrisme, comment les aider à se raccrocher aux études, à les motiver et les intéresser aux savoirs dont ils auront besoin pour s insérer et s épanouir dans la société? Nous gageons que le langage SMS pourrait contribuer à cette réussite. Seulement comme aucune recherche ou étude en ce sens n a encore été faite, la voie est ouverte pour s y engouffrer et tenter, avec nos moyens, de répondre si oui ou non il est possible de mettre en place des situations didactiques, en classe de français notamment, dans les lycées professionnels. Le sujet, nous l avons dit, est vaste et les pistes de recherche nombreuses. Pour notre part, nous nous intéresserons à l enrichissement possible du vocabulaire grâce au langage SMS. 65

66 Bibliographie générale AMEKA B., FLORENTIN C., MARTY N. & de VULPILLIERES T. (2006) : Dictionnaire des nouvelles technologies en éducation 100 notions clés. Paris : Nathan. ANIS J. (1998) : Texte et ordinateur, l écriture réinventée. Bruxelles : De Boeck. ANIS J. (1999) : Internet, communication et langue française. Paris : Hermès. ANIS J. (2001) : Parlez-vous texto? Paris : Le Cherche-Midi. BENVENISTE E. (1966) : Problèmes de linguistique générale volumes 1. Paris : Gallimard. BENVENISTE E. (1974) : Problèmes de linguistique générale volumes 2. Paris : Gallimard. BENTOLILA A. (1996) : De l illettrisme en général et de l école en particulier. Paris : Plon. BOURDIEU P., PASSERON J-C. (1970) : La reproduction. Paris : Minuit. CHARLOT B. (1999) : Le rapport au savoir en milieu populaire. Une recherche dans les lycées professionnels de banlieue. Paris : Anthropos. CHAUVEAU G. (2007) : Le savoir-lire aujourd hui. Paris : Retz. CHOMSKY N. (1968) : Le langage et la pensée. Paris : Payot et Rivages. COGIS D. et MANESSE D. (2007) : Orthographe : à qui la faute? Paris : ESF. DAUGMAUDYTÉ J., KÉDIKAITÉ D. (2006) : «Le langage SMS dans le français», Germanic and Romance Studies, n 56. DHERS M., DORANGE P., GARCIA-DEBANC C., PIERSON C., SEGUY A. (2008). Français Tome 1 et 2. Paris : Hatier Concours Professeur des écoles. FAIRON C., KLEIN J.-R. & PAUMIER S. (2007) : «Le langage SMS : étude d'un corpus informatisé à partir de l'enquête : Faites don de vos SMS à la science», CENTAL, n 3.1. FAYOL M., JAFFRE J-P. (2008) : Orthographier. Paris : Presses universitaires de France. FADHEL B. (1967) : Contexte éducatif socio-familial et acquisition de l écrit à l école élémentaire. Paris : INRP. FERREIRO E. (1988) : Lire-écrire à l école : comment s y apprennent-ils? Lyon : CRDP. GIASSON J. (2005) : La lecture De la théorie à la pratique. Bruxelles : De Boeck. Groupe EVA (1996) : Evaluer les écrits à l école primaire. Paris: Hachette. HAYES J., FLOWER L. (1980) : Identifying the organization of writing processes. In L. W. GREGG & E. R. STEINBERG (Eds.), Cognitive processes in writing. Hillsdale : Lawrence Erlbaum Ass. JAKOBSON R. (1969) : Essais de linguistique générale. Paris : Minuit. JALABERT R. (2006) : «MoliR, revi1 vit il son 2venu foo! (Molière, reviens vite ils sont devenus fou!)». CRDP-Cahiers Pédagogiques - Orthographe, n 440. JAUREGUIBERRY F. (1998) : «L usage du téléphone portatif comme expérience sociale». Réseaux, n 82/83. KERBRAT-ORECCHIONI C. (1980) : L Enonciation. De la subjectivité dans le langage. Paris : Armand Colin. KERBRAT-ORECCHIONI C. (1990) : Les interventions verbales. Paris : Armand Colin. LABOV W. (1993) : Le parler ordinaire : la langue dans les ghettos noirs des Etats-Unis. Paris : Minuit (de). LAHIRE B. (1993) : Cultures écrites et inégalités scolaire. Sociologie de l «échec scolaire» à l école primaire. Lyon : Presses universitaires. LAHIRE B. (1999) L invention de l «illettrisme». Paris : La Découverte/Poche. 66

67 LEITUS C. (2006) : «Médias et jeunes». Dossier Stratégies, n LELIEVRE C. (2002) : Les politiques scolaires mises en examen. Chapitre «l illettrisme». Paris : ESF. LIENARD F. (2005) : «Langage texto et langage contrôlé : description et problèmes». Lingvisticae Investigationes, tomexxviii/fascicule 1 Cardey S., Greenfield P. et Vienney S., John Benjamins Publishing Company. LIENARD F. (2008) : «Usages des TIC et pratiques communicationnelles électroniques des jeunes». Colloque Calenda MARSO P. (2005) : Pa sage a taba v.o SMS. Paris : Megacom/ik. MARTINET A. (1970) : Eléments de linguistique générale. Paris : Armand Colin. MEDIAMETRIE/GfK (2007) : «La référence des équipements multimédia». Les Internautes français et l immobilier. MEDIAMETRIE (2006) : «Les observatoires numériques». Focus Mon Numérique. MEIRIEU P. (2007) : Pourquoi est-ce (si) difficile d écrire? Rennes : Oberthur Graphique. MOISE R. (2007) : «Les SMS chez les jeunes : premiers éléments de réflexion, à partir d un point de vue ethnolinguistique». GLOTTOPOL Revue de sociolinguistique en ligne, n 10. Observatoire National de la Lecture (2005) : «Apprentissage de la lecture à l école primaire». Rapport n PENLOUP M-C. (1999) : L écriture extrascolaire des collégiens. Des constats aux Perspectives éducatives. Paris : ESF. PENLOUP M-C. (2006) : «Pratiques langagières scolaires/non scolaires. La question se pose aussi pour l écrit». Revue de didactologie des langues-cultures et de lexiculturologie n 141. PERNET-LUBRANO S. : «Nouvelles tendances de communications». Rapport enquête auprès des jeunes early-adopter, n IDATE NEW 441. PETILLON S. (2006) : «Le discours SMiste, un nouveau corpus?». CRDP-Cahiers Pédagogiques - Orthographe, n 440. REUTER Y (2001) : «Les pratiques extrascolaires de lecture et d écriture : problèmes et enjeux». Repères, Les pratiques extrascolaires de lecture et d écriture des élèves, n 23. REUTER Y., COHEN-AZRIA C., DAUNAY B., DELCAMBRE I., LAHANIER-REUTER D. (2007) : Dictionnaire des concepts fondamentaux des didactiques. Paris : De Boeck. Revue d Expertise de l Association Française des Opérateurs Mobiles (2008) : «Observatoire économique de la téléphonie mobile Faits et chiffres 2007». Mobile et société, n 5. SAUSSURE F. (1995) : Cours de linguistique générale. Paris : Payot. SHANNON C., WEAVER W. (1975) : Théorie mathématique de la communication. Paris : Retz-CEPL. TAGLIAMONTE S. et DENIS D. (2006) : «Instant msg-ing messes with grammar? As if! lol!». University of Toronto. TRANCART-DAVID M. et SERVENT D. (2006) sous la direction de THI MAI T. : «Dyslexiques et SMS : Komen S Kil Fonksione?». Mémoire d orthophonie, Université de Lille2. 67

68 Sitographie Site de l Académie française qui explique l évolution naturelle de l orthographe Les SMS et la dérive de la langue (par KELLER Jean) Agence Nationale de Lutte Contre l Illettrisme France : le marché SMS MMS article du 17/11/08 Sociologie de la lecture en France : état des lieux Dictionnaires : Encart du Bulletin Officiel n 3 du 18 janvier 2007 sur la mise en œuvre du socle commun de connaissances et de compétences dans l enseignement dans la grammaire dès la rentrée La moitié des internautes de 15 à 19 ans ont créé un blog du 22 mars 2006 Profil des utilisateurs de mobile Le point sur les problèmes de la lecture Les_problemes_de_la_lecture.pdf 68

69 Apprendre le langage SMS : leçons et exercices en ligne Les utilisations possibles du langage SMS selon Phil Marso en Foire aux questions sur le site du Comité de lutte contre le langage SMS et les fautes volontaires sur Internet : Sites de traduction Article en ligne «les pratiques sociales de l écrit» paru dans le magazine de l université Unine suite au séminaire donné été 2004 par Daniel Elmiger 26.pdf page Portail d accueil de la ville de Montréal TAL 69

70 Annexes 70

71 Annexe 1 Unités Points de vue Pragmatique Sémantique Morphosyntaxique Tableau EVA : Questions pour évaluer les écrits Texte dans son ensemble Relations entre phrases Phrases 1 - L auteur tient-il compte de la situation (qui parle ou est censé parler? A qui? Pour quoi faire?)? - A t-il choisi un type d écrit adapté (lettre, fiche technique, conte )? - L écrit produit-il l effet recherché (informer, faire rire, convaincre )? 2 - L information est-elle pertinente et cohérente? - Le choix du type de texte est-il approprié? (narratif, explicatif, descriptif ) - Le vocabulaire dans son ensemble et le registre de langue sont-ils homogène et adaptés à l écrit produit? 3 - Le mode d organisation correspond-il au(x) type(s) de texte(s) choisi(s)? - Compte tenu du type d écrit et du type de texte, le système de temps est-il pertinent? homogène? (par exemple imparfait/passé simple pour un récit ) - Les valeurs des temps verbaux sont-elles maîtrisées? 4 - La fonction de guidage du lecteur est-elle assurée? (utilisation d organiseurs textuelle : d une part d autre part ; d abord, ensuite, enfin ) - La cohérence thématique est-elle satisfaisante? (progression de l information, absence d ambiguïté dans les enchaînements ) 5 - La cohérence sémantique est-elle assurée? (absence de contradictions d une phrase à l autre, substituts nominaux appropriés, explicites ) - L articulation entre les phrases ou les propositions estelle marquée efficacement (choix des connecteurs : mais, si, donc, or ) 6 - La cohérence syntaxique est-elle assurée? (utilisation des articles définis, des pronoms de reprise ) - La cohérence temporelle estelle assurée? - La concordance des temps et des modes est-elle respectée? 7 - La construction des phrases est-elle variée, adaptée au type d écrit? (diversité dans le choix des informations mises en tête de phrase ) - Les marques de l énonciation sont-elles interprétables, adaptées? (système du récit ou du discours, utilisation des démonstratifs ) 8 - Le lexique est-il adéquat? (absence d imprécisions ou de confusions portant sur les mots) - Les phrases sont-elles sémantiquement acceptables? (absence de contradictions, d incohérences ) 9 - La syntaxe de la phrase est-elle grammaticalement acceptable? - La morphologie verbale est-elle maîtrisée? (absence d erreurs de conjugaison) - L orthographe répond-elle aux normes? Aspects matériels 10 - Le support est-il bien choisi? (cahier, fiche, panneau mural ) - La typographie est-elle adaptée? (style et taille des caractères ) - L organisation de la page est-elle satisfaisante? (éventuellement présence de schémas, d illustrations ) 11 - La segmentation des unités de discours est-elle pertinente? (organisation en paragraphes, disposition typographique avec décalage, sous-titres ) - La ponctuation délimitant les unités de discours est-elle maîtrisée? (points, ponctuation du dialogue ) 12 - La ponctuation de la phrase est-elle maîtrisée? (virgules, parenthèses ) - Les majuscules sont-elles utilisées conformément à l usage? (en début de phrase, pour les noms propres ). Groupe EVA (1996) : Evaluer les écrits à l école primaire. Paris : Hachette. 71

72 Annexe 2 Questionnaire vierge sur le langage SMS destiné aux enseignants Caroline IPHIGENIE Etudiante en master 1 Sciences de l Education Promotion 2007/2009 FOAD Université de Rouen Saint-Pierre, le 17 avril 2009 Dans le cadre de ma formation universitaire, j ai un mémoire à produire. Le thème de celui-ci est le langage SMS à travers différents supports comme le téléphone portable ou Internet. Afin d affiner mon analyse sur cet usage chez les jeunes, j ai besoin de témoignages comme le vôtre. Je vous propose de répondre donc, en tout anonymat, à ces quelques questions. Petite précision : j entends par «langage SMS», tout moyen que l on utilise (et particulièrement le jeune) pour communiquer, par écrit, grâce à son téléphone portable ou Internet (blogs, messageries, forums, messageries instantanées ) avec ses amis ou ses proches comme : - les abréviations : slt - la phonétique : Ojourd 8 - la ponctuation :!!!!! - les émoticones (ou smileys) - etc. Q1. Vous arrive-t-il d utiliser volontiers le langage SMS dans votre vie quotidienne? oui non Si la réponse est «oui», veuillez répondre aux questions Q2. à Q4. puis reprendre le questionnaire à partir de la question Q6. Si la réponse est «non», veuillez continuer à répondre au questionnaire à partir de la question Q5. Q2. Vous avez recours au langage SMS : plutôt sur votre téléphone portable plutôt sur Internet les deux 72

73 Q3. L utilisez-vous : systématiquement souvent à l occasion Q4. Quels sont les attraits (ou principales qualités) que vous trouvez au langage SMS? Q5. Si vous n utilisez jamais le langage SMS, veuillez donner vos raisons :

74 Q6. Lorsque vous êtes en classe, vos élèves peuvent-ils avoir recours au langage SMS s ils le souhaitent? oui non Q7. Donnez des exemples sur ce que vous autorisez ou non en classe et expliquez pourquoi Q8. Vous est-il déjà arrivé (à votre initiative) d utiliser le langage SMS en classe? oui, cela m est arrivé souvent oui, cela m est arrivé de temps en temps oui, c est arrivé mais c était exceptionnel non, cela m est encore jamais arrivé Q9. Si oui, à quelles occasions et qu attendiez-vous des élèves?

75 Q10. Pensez-vous que le langage SMS pourrait être une passerelle entre l Ecole et le monde civil? oui non sans opinion Q11. Expliquer pourquoi Q12. Si un jour, le langage SMS était amené à être considéré comme un bon outil pédagogique et didactique, seriez-vous prêt à travailler avec en classe? oui non sans opinion Q13. Expliquer votre opinion

76 Q14. Vous êtes : un homme une femme Q15. Dans quel(s) établissement(s) travaillez-vous? un collège un lycée général autres (préciser) un lycée technique... un lycée professionnel... Q16. Cet établissement est-il placé en : Zone Education Prioritaire en Réseau Ambition Réussite néant Q17. Depuis combien de temps y travaillez-vous?. Q.18 Depuis combien de temps enseignez-vous? de 3 ans entre 3 et 6 ans entre 6 et 1O ans entre 10 et 15 ans entre 15 et 20 ans entre 20 et 30 ans + de 30 ans Q19. Quelles (s) matières enseignez-vous? Q20. Quel âge avez-vous? 26 ans entre 26 et 40 ans entre 40 et 55 ans + de 55 ans 76

77 Annexe 3 Réponses de l échantillon enseignant aux questions Q14 à Q20 N sondé Sexe Q14 Etablissement Q15 Zone RAR ZEP ou rien Q16 Ancienneté dans l établissement Q17 Ancienneté dans l enseignement Q18 1 F Collège ZEP 6 ans 6 à 10 ans Matières enseignées Q19 Physique Chimie découverte professionnelle Age Q20 26 à 40 ans 2 F Collège Rien 5 ans 3 à 6 ans Français et découverte professionnelle 26 à 40 ans 3 F Collège RAR 8 ans 10 à 15 ans Histoire Géographie6 Education Civique découverte professionnelle 26 à 40 ans 4 F Collège RAR 10 ans 20 à 30 ans Espagnol 40 à 55 ans 5 F Collège Rien Temps complet 3 à 6 ans Mathématiques 26 à 40 ans 6 F Lycée Général Rien 1 an Moins de 3 ans Histoire - Géographie 26 à 40 ans 7 F Lycée Général Rien 4 ans 3 à 6 ans Français et latin 26 à 40 ans 8 F Lycée Général Rien 2 ans 3 à 6 ans Histoire Géographie Education Civique 40 à 55 ans 9 H Lycée Général Rien 6 mois 6 à 10 ans Mathématiques 40 à 55 ans 10 H Lycée technique Rien 3 ans 10 à 15 ans Enseignement technique restauration, service, hôtellerie 40 à 55 ans 11 H Lycée technique Rien 17 ans 20 à 30 ans Français Philosophie Plus de 55 ans 12 F Lycée professionnel Rien 2 ans 3 à 6 ans Lettres Histoire 26 à 40 ans 13 F Lycée professionnel Rien 3 ans 15 à 20 ans Français, Histoire Géographie Éducation Civique 40 à 55 ans 14 H Lycée professionnel Rien 3 ans 6 à 10 ans Vente Droit - Economie 26 à 40 ans 15 F Lycée professionnel Rien 2 ans 6 à 10 ans Commerce Economie - Droit 26 à 40 ans 77

78 Annexe 4 Réponses de «l échantillon enseignant» aux questions fermées sur le langage SMS Q1 si Q1= oui alors Q2 si Q1= oui alors Q3 Q6 Q8 Q10 passerelle? Q12 usage? Q1 si Q1= oui alors Q2 si Q1= oui alors Q3 Q6 Q8 Q10 passerelle? oui 3/5 1/5 1/5 3/5 1/4 1/4 1/4 3/4 3/6 non 2/5 4/5 2/5 1/5 3/4 3/4 1/4 1/4 3/6 sans opinion 2/5 1/5 2/4 3/6 plutôt tel portable 1/3 plutôt internet les 2 3/3 1/1 2/3 systématiquement Collège (5) Lycée général (4) Lycée technique ou professionnel (6) utilisation dans le quotidien Autorisation déjà en classe Utilisation future? utilisation dans le quotidien Autorisation déjà en classe Utilisation future? utilisation dans le quotidien Autorisation déjà en classe Utilisation future? souvent 2/3 1/1 2/3 à l'occasion 1/3 1/3 souvent 1/5 Q12 usage? Q1 si Q1= oui alors Q2 si Q1= oui alors Q3 Q6 4/6 + 1 oui et non 1/6 + 1 oui et non de temps en temps 1/6 exceptionnel 2/5 1/4 2/6 non 2/5 3/4 3/6 Q8 Q10 passerelle? Q12 usage? 1/6 3/6 2/6 3/6 Légende Majorité de OUI Majorité de SANS OPINION Majorité de NON Autant de OUI que de NON 78

79 Annexes 5 Réponses de «l échantillon enseignant» aux questions ouvertes sur le langage SMS a) N 1 à 5 : enseignants en collège Si Q1 = oui alors Q4 Si Q1 = non alors Q Sa rapidité - Plus rapide à taper - Limitation du nombre de caractères lors de l envoi d un sms (tél portable), les abréviations permettent de faire passer plus d informations. - Par contre (je sais, ce n est pas la question!), j utilise le langage sms mais j évite les fautes d orthographe. Ex : «2main écoles fermées» au lieu de «2min école fermé». Mon portable est réglé en mode de reconnaissance automatique et par conséquent ne connaît pas les sigles ou abréviations. Comme je n utilise pas ce langage par sms j ai du mal à l utiliser dans mes mails, car je mets plus de temps à réfléchir à trouver une abréviation que d écrire les mots directement! sauf qques smileys lol Dénaturation de l orthographe. Contrairement à ce qui a été supposé au début (les élèves feront la part des choses croyait-on), on retrouve très souvent ce langage sms dans les copies des élèves les plus faibles qui sont de plus en plus nombreux. Les relations humaines sont elles aussi «raccourcies» : on va au plus rapide sans plus attendre. On ne sait plus mettre des mots sur les émotions, appauvrissement des champs lexicaux. La liste serait longue hélas! (Pas de réponse pas de justification) Q7 Non (pas de justification) Non - j'apprends la prise de note aux 3è, dans ce cadre, je leur dis qu'il est possible d'utiliser des abréviations (je refuse le langage phonétique), mais je ne souhaite pas qu'ils l'utilisent lors de mes cours de français. Je ne les pénalise pas s'ils le font, mais leur rappelle qu'ils sont là pour apprendre à écrire correctement Oui - Les élèves peuvent utiliser les abréviations lors de la prise des corrections de devoirs. Il s agit d être rapide. Une correction de devoir prend ½ heure environ. Les élèves de collège n ont pas l habitude de prendre des notes, le recopiage du tableau est laborieux. J écris la correction (paragraphe argumenté) sous la forme d un plan avec les arguments abrégés (abréviations plus que langage sms). Ils recopient la correction telle quelle, avec les abréviations (pas sûre qu ils la comprennent mais je ne peux, pour une question de temps, ni la dicter, ni écrire intégralement un paragraphe au tableau) La trace écrite (résumé) est dictée, j autorise les élèves à prendre des notes en abrégés (cahier de leçons) mais ils ne le font pas particulièrement (manque d autonomie). Je suis d ailleurs étonnée qu ils n utilisent pas les abréviations les plus courantes : ds, pr, +, -, t, dvpt, M-A...J avais à leur âge des dizaines d abréviations pour écrire Non - (pas de justification) Non - Aucun tel portable ne doit sonner en classe sinon le téléphone est confisqué éteint et l élève doit le récupérer chez le CPE 79

80 Q9 Non - (pas de justification) Oui exceptionnellement - Pour un exercice d'orthographe, il fallait retransformer un texte en langage SMS en français correct, ce pour quoi ils ont beaucoup de mal Q11 Q13 Oui - Je pense que cela peut être une passerelle mais pas dans une utilisation banalisée. Il faudrait réfléchir à des activités pertinentes. Il faudrait bien cadrer cette utilisation afin de ne pas rendre les apprentissages encore plus difficiles aux élèves (risque notamment de ne plus savoir quand et avec qui utiliser ce langage sms.) Oui - Si il est montré que cet un bon outil, alors je l utiliserai. Mon but est de faire progresser les élèves et rendre les sciences accessibles au plus grand nombre. Mais serait ce vraiment possible? Y a t il un seul langage sms ou plusieurs? Est-il codifié? Non - J'estime que l'école est là pour apprendre les règles, ensuite, aux élèves de les transgresser en connaissance de cause. Pour moi, le langage SMS n'est rien d'autre qu'un code détourné pour gagner en rapidité, mais pas forcément en exactitude et en qualité Sans opinion - pas pour l'instant, tout dépend de l'intérêt pédagogique que j'y trouverai. Ce n'est pas parce que les élèves l'utilisent qu'il faut absolument l'introduire dans l'école. vite Par contre, dans un devoir écrit, les abréviations ne sont pas autorisées. Je souligne chaque faute d orthographe et je commente avec l intégralité des mots (appréciation). D une manière générale, les élèves n utilisent pas le langage sms par mégarde dans leurs copies. L orthographe est très rudimentaire pour certains mais il ne s agit pas d abréviations. Au brevet, 4 points sur 40 sont octroyés à l orthographe, présentation et expression. Je sanctionne donc l orthographe dans ces 4 pts Oui souvent - Au moment de corriger un devoir au tableau : seul le plan est indiqué au tableau (on leur demande la rédaction d un paragraphe sur un sujet). J abrège au maximum car j estime que la priorité à ce moment là n est pas l orthographe mais l argumentation (idées) Les élèves me demandent de préciser oralement ce que signifie telle ou telle abréviation qu ils ne comprennent pas. Je ne pense pas qu ils prennent la peine de relire ensuite ces corrections (jamais personne n est venu me demander une semaine après, ce que signifie telle abréviations écrite au moment de la correction). Sans opinion - S il s agit pour des jeunes d écrire en langage sms pour postuler pour un emploi ou pour s adresser à des inconnus d une autre tranche d âge, je trouve que c est déplacé et je pense que ce serait mal perçu. A partir du moment où l utilisation du langage sms est un moyen de camoufler ses lacunes en expression et en orthographe, je trouve cela gênant. Oui - Je reconnais d avance l intérêt du langage sms pour la prise de notes. S il s avérait qu il a d autres avantages, je pense que je l utiliserais. Mais j avoue qu en dehors du fait qu il permet d écrire rapidement, je ne vois pas d autre intérêt. Oui mais exceptionnel - A l occasion d une étude du langage sms espagnol afin d en montrer l universalité et de pointer du doigts les avantages et inconvénients de ce système de communication (rapidité mais pauvreté des messages / addiction possible /communication verbale délaissée car sms évite bien des déconvenues (pour les timides et autres) Non - Parce que cela conforte le fossé générationnel. Doit garder sa place et sa fonction : communiquer plus rapidement dans des contextes et des situations ponctuelles. Oui - Si on arrive à me persuader que les bienfaits sont supérieurs aux méfaits Non - (pas de justification) Sans opinion - (pas de justification) Non - je suis professeur de mathématiques, je vois difficilement l intérêt pédagogique d un tel outil dans ma matière 80

81 b) N 6 à 9 : enseignants en lycée général Si Q1 = oui alors Q4 Si Q1 = non alors Q5 Q7 Je n y pense pas car ce n est pas dans mes habitudes Non - Beaucoup d élèves font des fautes liées au langage SMS donc je ne les autorise pas à en faire usage. (pas de réponse pas de justification) Non - je n'autorise pas car cela ne fait pas travailler l'orthographe et peut même être à l'origine de mauvaises prononciations exemple: le son «un» retransmis par «1» ; Cela favorise aussi un langage relâché voire grossier, les élèves ne faisant plus la différence entre langue orale et écrite surtout au niveau du vocabulaire Rapidité et concision qui permet de faire passer un maximum d informations avec un minimum de caractères. Le côté «jeu de langue» me plait énormément Oui je tolère tout moyen qui permet à l élève d écrire ses leçons, faire des fiches ou prendre une correction si cela lui permet de ne rien oublier. En revanche, je les mets en garde très régulièrement sur le fait que les notes personnelles ne sont en aucun cas un modèle pour rédiger un devoir ou une copie d examen. Il est accordé des points de présentation et d orthographe on attend d eux une copie la plus irréprochable possible Q9 Non - (pas de justification) Non - (pas de justification) Oui mais exceptionnel C était plutôt des abréviations courantes que des élèves ne connaissaient pas. Le but : qu ils puissent les réutiliser dans leurs prises de notes Je prends bien trop de temps pour rédiger ou comprendre un texte en abrégé et en phonétique. J ai plus vite fait de contacter la personne en l appelant ou en passant la voir. Lire le langage SMS est une véritable souffrance : le temps de décrypter et j ai déjà oublié quel était le sujet du texte Non (pas de justification) Non - (pas de justification) Q11 Sans opinion - (pas de justification) Sans opinion- (pas de justification) Oui - (pas de justification) Non pas en Mathématiques en tout cas. Nous avons déjà un langage mathématique universel Q13 Oui - Les outils pédagogiques nouveaux (TICE par exemple) ont du mal à entrer dans le corps enseignant. Je suis de celles qui me tiens au courant du renouveau pédagogique et qui l utilise volontiers en classe. Oui - tout est bon à prendre pour améliorer son enseignement! Oui si c est dans l intérêt des élèves Non pas dans ma discipline. Les mathématiques ont déjà leurs codifications 81

82 c) N 10 à 15 : enseignants en lycée technologique et professionnel Si Q1 = oui alors Q5 Si Q1 = non alors Q5 Q7 Q9 Brièveté des messages et rapidité de rédaction Oui je ne peux guère les empêcher d utiliser le langage SMS tant que je n ai pas à lire ce qu ils ont écrit ainsi et que cela concerne mon cours (correction, prise de notes, leçon dictée) Mais les mots codés sur petits bouts de papier, c est autre chose et c est interdit dans ma classe. Oui de temps en temps j ai consacré, par exemple, un de mes cours à la prise de notes. Le but : aller le plus rapidement mais faire en sorte de pouvoir être relu par les autres élèves. Je ne suis pas du tout habitué avec ces nouvelles technologies telles que le portable. J en ai bien un mais je ne lis jamais les SMS. Je me contente de recevoir des appels ou d en passer. Pour ce qui est d internet, je l utilise mais jamais le langage SMS sinon peut être quelques émoticones les plus courantes quand il n y a qu à cliquer dessus Oui la prise de note et la correction de devoirs tout simplement parce que je veux aller vite et que je n aime pas répéter. Si cela les aide à écrire tout ce que je dis rapidement, je suis pour. Toutefois je constate que le langage SMS est parfois bien proche de l écriture du créole et la manipulation de tous ces «registres de langue», en tant que prfesseur de français m inquiète un peu. Les élèves ont bien déjà du mal à distinguer le français du créole et ont tendance à écrire une copie comme ils parlent alors s il faut faire avec le langage SMS aussi Non - (pas de justification) C est beaucoup plus rapide (abréviations) Aujourd hui, c est un code universel compris de tous Le langage SMS a un côté attrayant on peut exprimer ses émotions grâce aux smileys Les messages deviennent plus vivants Oui - Lorsque je dicte une leçon, j accepte volontiers que mes élèves utilisent des abréviations ou la phonétique, cela va beaucoup plus vite du moment qu ils peuvent se relire. Je trouve que cela les rend plus autonomes. Par contre, lors des devoirs, que ce soit en français ou en histoire-géo, je sanctionne les abrégés ou les mots écrits de manière phonétique Oui exceptionnel je faisais un cours sur la communication avec mes élèves. Il fallait faire une comparaison entre les écrits d hier et d aujourd hui. bien évidemment, nous avons vu comment on est Concision et rapidité du message Coût peu élevé Consultation facile du message Le destinataire peut consulter quand il veut, y revenir à d autres moments Non - (pas de justification) Oui exceptionnel à l occasion d une séance de cours sur la communication et les nouvelles technologies. Nous avons analysé l évolution des modes de communication et expliqué Refus de la facilité Non - (pas de justification) Non (pas de justification) Frein à la communication, problème de compréhension par le récepteur (codes différents) Respect de la langue (orthographe!) Oui pour des corrections à condition que le code soit accessible à tous Non pour les devoirs, discipline et exigences de l examen! Non - (pas de justification) 82

83 Q11 Q13 Utilisation du langage SMS oui mais pas de fantaisie. Objectif : trouver des astuces pour écrire plus vite en respectant la syntaxe, la langue française (ne pas utiliser de mots créoles par exemple) et en intégrant des abréviations propres à la discipline que j enseigne. Autre activité : l entraînement à l élaboration de plan de devoirs qui sera ensuite à rédiger (idem : objectif = pouvoir être compris des autres) Sans opinion n est-il pas déjà utilisé par certains collègues pour capturer l attention des élèves? Oui si c est avéré porteur dans les apprentissages, pourquoi pas! Je demande toutefois à être convaincu Oui nous avons un devoir : amener les élèves à un examen final qui attend d eux certaines compétences. Ecrire correctement en français en est une. Pour lutter contre l «illettrisme» (et nous avons beaucoup d élèves dans cette situation même si on ne le proclame pas tout haut), il est important, je pense, de partir de ce qu ils connaissent ne serait ce que pour les intéresser. Le langage SMS pourrait être la première étape qui les amènerait à plus de lectures pour commencer. Oui si c est pour le bien des élèves, je suis prêt à tout. Il m arrive souvent de m exprimer en créole (même si cela n est pas encouragé par l Education Nationale) afin de les aider à mieux comprendre certaines notions de la langue françaises. Si le langage SMS peut faire de même, je serai prêt à l utiliser, il va juste falloir que je m y mette un peu. passé de la lettre manuscrite à la plume d antan à la nouvelle technologie d aujourd hui : Internet, message nouvelle technologie que les élèves ont pu pratiquer en cours de manière active : lecture de message en SMS sur portable, écrits sur MSN. Sans opinion - (pas de justification) Oui oui bien sûr, il est toujours intéressant de travailler avec ce qui passionne les élèves, et le langage SMS fait partie de leur univers. Je pense que ce serait une façon de les intéresser davantage au programme, ils seraient plus investis. Néanmoins étant professeur de français, je pense que l orthographe et les règles grammaticales pourraient en souffrir ceux auxquels les utilisateurs avaient le plus souvent recours : Internet et téléphone portable. Puis les élèves ont analysé le texte d un blog (lecture et expression écrite) et le texte d un SMS (écriture et expression) Sans opinion - (pas de justification) Oui il faut s adapter aux évolutions pédagogiques et didactiques. Un tel outil pourrait motiver les élèves pour la matière s ils comprennent les limites et les cadres dans lesquels il peut être employé. Mais attention car par ailleurs il y a des règles de la langue française à respecter Non la préparation des élèves, leur intégration passe par la maîtrise de la langue française. Dans tous les domaines professionnels, ils seront amenés à rédiger correctement ce que ne permet pas le SMS Non le langage SMS ne peut pas être amené à être un bon outil. Au contraire, il faut accentuer les efforts sur le français (orthographe, grammaire) Trop d élèves maîtrisent mal le français à cause du langage SMS Non le langage évolue, pas de codification nationale, ni internationale : risque de dérive!!! Problème de compréhension et d interprétation Non décalage entre l oral et l écrit! Restriction du vocabulaire 83

84 Annexe 6 Questionnaire vierge sur le langage SMS destiné aux lycéens Caroline IPHIGENIE Etudiante en master 1 Sciences de l Education Promotion 2007/2009 FOAD Université de Rouen Saint-Pierre, le 17 avril 2009 Dans le cadre de ma formation universitaire, j ai un mémoire à produire. Le thème de celui-ci est le langage SMS à travers différents supports comme le téléphone portable ou Internet. Afin d affiner mon analyse sur cet usage chez les jeunes, j ai besoin de témoignages comme le tien. Je te propose de répondre donc, en tout anonymat, à ces quelques questions. Petite précision : j entends par «langage SMS», tout moyen que tu utilises pour communiquer, par écrit, grâce à ton téléphone portable ou Internet (blogs, messageries, forums, messageries instantanées ) avec tes amis ou tes proches comme : - les abréviations : slt - la phonétique : Ojourd 8 - la ponctuation :!!!!! - les émoticônes (ou smileys) - etc. Légende : tout à fait d accord plutôt d accord plutôt pas d accord pas du tout d accord Q1 Je trouve que le langage SMS est facile à lire Q2 Je trouve que le langage SMS est facile à écrire J ai appris à utiliser le langage SMS rapidement Explique pourquoi. Q3

85 Q4 Q5 Q6 Le langage SMS permet de communiquer avec ses amis ou des proches par messages instantanés (comme MSN) ou messages différés (courriers électroniques, blogs, forums ) Le langage SMS permet communiquer avec des inconnus par messages instantanés ou différés Le langage SMS permet de donner son opinion Le langage SMS permet d exprimer des émotions (bonne humeur, enthousiasme, tristesse, inquiétude, doute, frustration, peur, angoisse, colère ) Explique lesquels et pourquoi Q

86 Q8 Q9 Q10 Q11 J aime écrire en langage SMS Explique pourquoi J ai le sentiment d être compris quand j utilise le langage SMS Je suis meilleur(e) en langage SMS qu en orthographe A ton avis, pourquoi? De ta propre initiative, il t arrive d utiliser le langage SMS à l école Cite des exemples d utilisation

87 Q12 Quand tu utilises le langage SMS à l école, tes enseignants sont : Précise, qui, parmi les enseignants (nomme la matière enseignée), serait : - pour?. Q13 - contre?. - sans opinion?. En français, tu aimerais travailler sur des textes provenant de SMS Q13 Explique pourquoi..... Q14 Il est déjà arrivé à des enseignants d utiliser le langage SMS pour vous aider, toi ou tes camarades 87

88 Si cela a été le cas, raconte comment cela s est passé Q Q16 Tu souhaites que les enseignants utilisent plus souvent le langage SMS Explique lesquels (dans quelle matière) et pourquoi Q

89 Q18 Tu es : un garçon une fille Q19 Ton âge : Ta classe : Depuis combien de temps es-tu dans cet établissement? Q20.. Diplôme envisagé.. 89

90 Annexe 7 Réponses de «l échantillon lycéen» aux questions Q18 à Q20 S A I N T - J A M E S B E L L E F O N T A I N E S A I N T - J A M E S B E L L E F O N T A I N E N sondé Q18 Q19 Q20 Sexe Âge Classe Diplôme envisagé 1 G 15 CAP1 CAP 2 G 17 CAP2 X 3 G 17 CAP2 X 4 G 15 CAP1 OUI 5 G 16 CAP2 BEP MECANIQUE AUTO 6 G 17 2BEP X 7 G 18 TBEP BEP MECANIQUE BATEAU 8 G 17 TBEP X 9 G 16 TBEP BAC PRO COMPTA 10 G 17 2BEP BEP MECANIQUE AUTO 11 G 18 1BAC BTS ALTERNANCE VAM 12 G 16 1BAC BAC PRO MECANIQUE BATEAU 13 G 18 TBAC NON 14 G 18 TBAC BAC PRO 15 G 19 TBAC BAC PRO 16 G 15 CAP1 OUI 17 G 17 CAP1 CAP HOTELLERIE 18 G 15 CAP1 X 19 G 17 CAP2 CAP CUISINE 20 G X X X 21 G 18 TBEP BTS 22 G 17 2BEP BAC PRO 23 G 17 2BEP BAC ET BTS 24 G 16 2BEP X 25 G 15 2BEP BEP 26 G 18 1BAC X 27 G 19 1BAC BAC 28 G 19 1BAC INCERTAIN 29 G 20 TBAC BTS HOTELLERIE 30 G 18 TBAC BAC 31 F 17 CAP2 CAP 32 F 16 CAP1 X 33 F 16 CAP1 BONNE QUESTION??? 34 F X CAP2 X 35 F 16 CAP1 CAP SECRETARIAT 36 F 18 TBEP BAC PRO ET BTS SECRETARIAT 37 F 18 2BEP COMPTABLE OU COMMERCE 38 F X X X 39 F X 2BEP BAC VAM 40 F X X X 41 F 18 1BAC X 42 F 17 1BAC BAC 43 F 18 1BAC BAC ET BTS 44 F 19 TBAC BAC VAM 45 F 20 1BAC BAC PRO COMPTA 46 F 18 CAP2 BEP RESTAURATION 47 F 15 CAP1 X 48 F 15 CAP1 OUI 49 F 16 CAP1 X 50 F X X X 51 F 17 2BEP BAC PRO CUISINE 52 F 17 2BEP BAC PRO 53 F 18 TBEP BEP ET BAC 54 F 19 TBEP BEP 55 F 18 TBEP BTS 56 F 18 1BAC BAC 57 F 19 1BAC BAC 58 F 16 1BAC BAC PRO RESTAURATION 59 F 18 TBAC BTS 60 F 19 TBAC BAC 90

91 Annexes 8 Réponses de «l échantillon lycéen» aux questions fermées sur le langage SMS a) Les lycéens

92 b) Les lycéennes Légende 80 à 100% de ou 80 à 100% de ou X Sans opinion 60% de 60% de ou Avis partagé 92

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