Timothy Snyder La réalité ignorée de l'extermination des juifs

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "Timothy Snyder La réalité ignorée de l'extermination des juifs"

Transcription

1 Timothy Snyder La réalité ignorée de l'extermination des juifs À nous focaliser sur Auschwitz et le goulag généralement considérés comme les symboles adéquats, voire ultimes, du fléau des massacres collectifs, nous perdons de vue qu'en l'espace de douze ans, entre 1933 et 1944, quelque douze millions de victimes des massacres nazis et soviétiques ont péri dans une région particulière de l'europe, qui correspond plus ou moins au territoire actuel du Belarus, de l'ukraine, de la Pologne, de la Lituanie et de la Lettonie. L'Europe prospère, mais c'est la mort qui occupe la pensée de ses écrivains et responsables politiques. Les massacres de civils européens dans les années 1930 et 1940 sont la référence obligée des actuelles discussions confuses autour de la mémoire, et la pierre de touche de toute éthique commune que les Européens sont susceptibles de partager. Les bureaucraties de l'allemagne nazie et de l'union soviétique ont voué des vies au massacre et transformé des êtres humains en quotas d'individus à tuer. Les Soviétiques cachèrent leurs tueries au coeur des forêts et falsifièrent les archives des régions dont ils condamnèrent la population à mourir de faim. Quant aux Allemands, ils chargèrent des travailleurs civils d'exhumer les corps de leurs victimes juives pour les brûler dans des charniers géants. Les historiens doivent faire de leur mieux pour éclairer ces ombres et rendre justice à ces hommes. Ce qu'ils n'ont pas fait. Auschwitz, généralement considéré comme le symbole adéquat, voire ultime, du fléau des massacres collectifs, n'est en vérité que le point de départ de la connaissance, un aperçu de la vraie confrontation avec le passé qui reste à faire. Le fait même que nous sachions quelque chose d'auschwitz fausse notre compréhension de l'holocauste: nous connaissons Auschwitz parce qu'il y eut des survivants, et s'il y eut des survivants, c'est qu'auschwitz était un camp de travail aussi bien qu'une usine de mort. Les survivants étaient largement des juifs d'europe occidentale, parce que c'est là que ceux ci étaient généralement envoyés. Après la Seconde Guerre mondiale, les survivants juifs d'europe occidentale se retrouvèrent libres d'écrire et de publier à leur guise, alors que, pris derrière le rideau de fer, ceux d'europe orientale ne le pouvaient pas. À l'ouest, les souvenirs de l'holocauste ont pu, quoique très lentement, faire leur chemin dans l'écriture de l'histoire et dans la conscience publique. Cette forme d'histoire des survivants, dont les oeuvres de Primo Levi sont l'exemple le plus célèbre, rend mal la réalité du massacre. Le Journal d'anne Frank concerne les communautés juives assimilées de l'europe, les juifs hollandais et allemands, dont la tragédie, si horrible fût elle, n'est qu'une toute petite partie de l'holocauste. En , où fut exterminé le gros des juifs d'europe occidentale, l'holocauste était largement achevé. Les deux tiers des juifs qui devaient être tués au cours de la guerre étaient déjà morts à la fin de An article from 1/9

2 1942. Les principales victimes, les juifs polonais et soviétiques, avaient été tués par balles au bord de fosses de la mort ou gazés au monoxyde de carbone produit par des moteurs à combustion interne et insufflé dans les chambres à gaz de Treblinka, Belzec et Sobibor, en Pologne occupée. En tant que symbole de l'holocauste, Auschwitz exclut ceux qui se trouvèrent au coeur de l'événement historique. Le plus fort contingent de victimes les juifs polonais orthodoxes et yiddishophones, les Ostjuden, pour employer l'appellation allemande un tantinet méprisante était culturellement étranger aux Européens de l'ouest, y compris aux juifs d'europe occidentale. Dans une certaine mesure, ils demeurent en marge de la mémoire de l'holocauste. Les usines de la mort d'auschwitz Birkenau furent construites sur des territoires qui appartiennent aujourd'hui à la Pologne, mais qui faisaient à l'époque partie du Reich allemand. Les visiteurs associent donc Auschwitz à la Pologne actuelle alors qu'assez peu de juifs polonais y sont morts, et presque aucun juif soviétique. Les deux principaux groupes de victimes sont quasiment absents du symbole mémorial. Une vision adéquate de l'holocauste placerait l'opération Reinhardt, le massacre des juifs polonais en 1942, au centre de son histoire. Les juifs polonais étaient la plus forte communauté juive du monde, et Varsovie la première ville juive. Cette communauté fut exterminée à Treblinka, Belzec et Sobibor. Environ 1,5 million de juifs furent exterminés dans ces trois camps, dont près de au seul camp de Treblinka. Quelques douzaines de détenus seulement survécurent à ces trois camps de la mort. Troisième site d'extermination de l'holocauste, après Auschwitz et Treblinka, Belzec est pourtant très mal connu. On compte juifs qui périrent dans cette usine de la mort; deux ou trois seulement survécurent. Près d'un million d'autres juifs polonais furent tués par d'autres moyens: certains à Chelmno, Majdanek ou Auschwitz, mais beaucoup plus abattus dans le cadre d'actions menées dans la moitié orientale du pays. Au total, autant de juifs, sinon davantage, furent tués par balles que par le gaz, mais ils furent exécutés dans des régions de l'est devenues floues dans la douleur du souvenir. Le second aspect le plus important de l'holocauste est le massacre par balles en Pologne orientale et en Union soviétique. Il commença en juin 1941 avec la tuerie des hommes par les SS Einsatzgruppen, puis celle des femmes et des enfants en juillet, avant de se transformer en août septembre en extermination de communautés juives entières. À la fin de 1941, les Allemands, avec des auxiliaires locaux et des troupes roumaines, avaient tué un million de juifs en Union soviétique et dans la Baltique, soit un nombre égal à celui des juifs tués à Auschwitz durant toute la guerre. À la fin de 1942, les Allemands, là encore avec un large concours de la population locale, avaient exécuté autres juifs, et les popu lations juives soviétiques placées sous leur coupe avaient cessé d'exister. Les victimes des totalitarismes Il y eut d'excellents témoins et chroniqueurs juifs soviétiques comme Vassili Grossman. Mais à lui comme aux autres, interdiction fut faite de présenter l'holocauste comme un événement proprement juif. C'est en septembre 1944 que Grossman, en qualité de journaliste, découvrit Treblinka avec l'armée rouge. Peut être parce qu'il savait ce que les Allemands avaient fait subir aux juifs dans son Ukraine natale, il put deviner ce qui s'y était passé, et consacra un petit livre au camp, L'Enfer de Treblinka, qu'il plaça au coeur de la guerre et du siècle. Aux yeux de Staline, pourtant, le massacre des juifs se réduisait à la An article from 2/9

3 souffrance de "citoyens". Grossman participa à la compilation d'un Livre noir des crimes allemands contre les juifs soviétiques, que les autorités de l'urssdécidèrent plus tard d'étouffer. Si un groupe avait plus particulièrement souffert des Allemands, assurait à tort Staline, c'étaient les Russes. En ce sens, le stalinisme nous aura empêchés de voir les massacres de Hitler dans une bonne perspective. Pour nous résumer, l'ordre de l'holocauste fut le suivant: opération Reinhardt, Shoah par balles, Auschwitz; ou bien Pologne, Union soviétique et les autres. Sur les quelque 5,7 millions de juifs exterminés, en gros trois millions étaient citoyens polonais avant la guerre, et un autre million citoyens soviétiques, soit 70 % du total. (Après les juifs polonais et soviétiques, les principaux groupes de juifs ciblés furent les Roumains, les Hongrois et les Tchécoslovaques. Si l'on prend ces populations en considération, le caractère est européen de l'holocauste devient encore plus clair.) Reste que même cette image corrigée de l'holocauste donne une idée inacceptable, tant elle est incomplète, de l'ampleur de la politique allemande de massacres en Europe. La "solution finale", comme l'appelaient les nazis, ne fut initialement qu'un des projets d'extermination à mettre en oeuvre une fois acquise la victoire contre l'union soviétique. Les choses eussent elles tourné comme Hitler, Himmler et Göring le prévoyaient que les forces allemandes eussent appliqué un Plan pour affamer l'union soviétique dans l'hiver Les produits agri coles de l'ukraine et de la Russie méridionale étant détournés vers l'allemagne, environ 30 millions d'habitants du Belarus, de la Russie du Nord et des villes soviétiques étaient promis à la mort. Ce Plan de la faim n'était qu'un prélude au Generalplan Ost, le plan de colonisation de la partie occidentale de l'union soviétique, qui prévoyait l'élimination de 50 millions d'habitants. Les Allemands réussirent à mener des politiques qui n'étaient pas sans ressemblance avec ces plans. Ils chassèrent un demi million de Polonais non juifs des territoires annexés au Reich. Un Himmler impatient ordonna la mise en oeuvre d'une première étape du Generalplan Ost en Pologne orientale: dix mille enfants polonais furent tués, et cent mille adultes expulsés. La Wehrmacht affama délibérément près d'un million de gens lors du siège de Leningrad, et une centaine de milliers d'autres en organisant la famine dans les villes ukrainiennes. Autour de trois millions de soldats soviétiques capturés devaient mourir de faim ou de maladie dans les camps allemands de prisonniers de guerre. Tous furent sciemment tués: comme pour le siège de Leningrad, l'intention de tuer par la faim était présente et notoire. Si l'holocauste n'avait pas eu lieu, on s'en souviendrait comme du pire crime de guerre de l'histoire moderne. Sous couvert d'actions contre les partisans, les Allemands tuèrent peut être personnes: près de au seul Belarus, et des effectifs plus faibles mais comparables en Pologne et en Yougoslavie. Les Allemands tuèrent encore plus de Polonais en écrasant l'insurrection de Varsovie en Sans l'holocauste, on se rappellerait de ces "représailles" comme de l'un des plus grands crimes de guerre de l'histoire. En fait, en dehors des pays directement concernés, c'est à peine si l'on s'en souvient, tout comme des prisonniers de guerre soviétiques condamnés à mourir de faim. La politique d'occupation allemande trouva aussi d'autres façons de tuer des civils non juifs, notamment par les travaux forcés dans les camps de prisonniers. Là encore, les victimes étaient essentiellement originaires de Pologne ou d'union soviétique. An article from 3/9

4 Les Allemands tuèrent un peu plus de dix millions de civils dans leurs grandes opérations de tuerie: pour moitié des juifs, pour moitié des non juifs. Juifs ou non, la plupart venaient de la même partie de l'europe. Le projet de tuer tous les juifs fut largement réalisé; celui de détruire les populations slaves ne fut que très partiellement mis en oeuvre. Auschwitz n'est qu'une introduction à l'holocauste, et l'holocauste qu'un aperçu des objectifs ultimes de Hitler. Les romans de Grossman, Tout passe et Vie et destin, relatent avec audace la terreur tant nazie que soviétique, et nous rappellent que même une caractérisation exhaustive de la politique allemande de tuerie collective n'épuise pas l'histoire des atrocités en Europe au milieu du siècle. Elle omet l'état que Hitler avait juré de détruire, l'autre État qui tua massivement des Européens au milieu du siècle: l'union soviétique. Au cours de la période stalinienne, entre 1928 et 1953, le régime soviétique, suivant les estimations les plus prudentes, tua plus de cinq millions d'européens. Quand on songe au nombre total de civils européens tués par les puissances totalitaires au milieu du XXe siècle, il ne faut pas perdre de vue trois groupes de taille à peu près égale: les juifs tués par les Allemands, les non juifs tués par les Allemands, et les citoyens soviétiques tués par l'état soviétique. Dans l'ensemble, le régime allemand tua des civils qui n'étaient pas citoyens allemands, tandis que le régime soviétique tua surtout des civils qui étaient des citoyens soviétiques. Au delà du goulag et d'auschwitz On identifie les répressions soviétiques au goulag, comme les répressions nazies à Auschwitz. Le goulag, malgré les horreurs du travail servile, n'était pas un système d'extermination massive. Si nous admettons que le massacre de civils est au centre des préoccupations politiques, éthiques et juridiques, la même observation historique vaut pour Auschwitz et le goulag. Nous connaissons le goulag parce que ce fut un système de camps de travail, non pas un ensemble d'usines à tuer. Le goulag devait détenir autour de trente millions de prisonniers et abrégea la vie de quelque trois millions d'entre eux. Mais l'immense majorité de ceux qui furent envoyés dans les camps en sortirent vivants. Précisément parce que nous disposons d'une littérature sur le goulag, à commencer par L'Archipel du goulag d'alexandre Soljenitsyne, nous pouvons essayer d'en imaginer les horreurs, autant que nous pouvons essayer d'imaginer celles d'auschwitz. Pourtant, de même qu'auschwitz détourne l'attention des horreurs plus grandes encore de Treblinka, le goulag nous détourne des politiques soviétiques qui tuèrent directement et à dessein, par la famine ou par balles. Les deux formes de tuerie staliniennes les plus importantes furent les famines liées à la collectivisation des années et la Grande Terreur de On ne sait pas très bien si la famine kazakhe de fut intentionnelle, mais il est clair que plus d'un million de Kazakhs moururent de faim. Il n'est plus raisonnablement permis de douter que Staline ait à dessein condamné les Ukrainiens à mourir de faim dans l'hiver Les archives soviétiques révèlent toute une série d'ordres donnés d'octobre à décembre 1932 dont l'intention est clairement de tuer. Au total, plus de trois millions d'ukrainiens soviétiques devaient trouver la mort. Ce que nous lisons sur la Grande Terreur nous détourne de sa véritable nature. Le grand roman et le grand livre de Mémoires sont Le Zéro et l'infini d'arthur Koestler et L'Accusé d'alexandre Weissberg. Tous deux attirent l'attention sur un petit groupe de victimes de Staline: les chefs communistes des villes, des An article from 4/9

5 gens cultivés, parfois connus en Occident. Cette image domine ce que nous comprenons de la Grande Terreur, mais elle est fausse. Au total, les purges des élites du parti communiste, de la police de sécurité et des officiers n'ont pas fait plus de morts. La plus grosse action de la Grande Terreur, l'opération 00447, visait essentiellement les "koulaks", c'est à dire les paysans déjà opprimés au cours de la collectivisation. Elle fit morts. Quelques minorités nationales, au total moins de 2 % de la population soviétique, représentent plus du tiers des victimes de la Grande Terreur. Par exemple, une opération visant les citoyens soviétiques de souche polonaise se solda par morts. Sur les exécutions pour crimes politiques en , l'opération contre les koulaks et les opérations nationales en expliquent , soit plus de 90 % du total. Toutes les victimes furent exécutées en secret, inhumées dans des fosses et oubliées. À mettre l'accent sur Auschwitz et le goulag, on sous estime le nombre d'européens tués, et l'on déplace le centre géographique de la tuerie vers le Reich allemand et l'est de la Russie. Comme Auschwitz, qui attire notre attention sur les victimes ouest européennes de l'empire nazi, le goulag, avec ses tristement célèbres camps de Sibérie, nous détourne aussi du coeur géographique des politiques meurtrières des Soviétiques. Si nous nous concentrons sur Auschwitz et le goulag, nous perdons de vue qu'en l'espace de douze ans, entre 1933 et 1944, environ douze millions de victimes des massacres nazis et soviétiques ont péri dans une région particulière de l'europe, qui correspond plus ou moins au territoire actuel du Belarus, de l'ukraine, de la Pologne, de la Lituanie et de la Lettonie. Plus généralement, quand nous pensons à Auschwitz et au goulag, nous avons tendance à envisager les États qui les ont construits comme des systèmes, des tyrannies modernes, ou des États totalitaires. Or cette prise en compte de ce qui se pensait et décidait à Berlin et à Moscou a tendance à faire oublier que les tueries de masse se sont produites majoritairement dans des parties de l'europe situées entre l'allemagne et la Russie, non pas en Allemagne et en Russie mêmes. Le centre géographique, moral et politique de l'europe du carnage est l'europe de l'est, avant tout le Belarus, l'ukraine, la Pologne et les États baltes, durablement soumis aux atrocités perpétrées par les deux régimes. Si les populations ukrainiennes et bélarusses, avant tout les juifs mais pas uniquement, sont celles qui ont le plus souffert, ces deux pays faisaient partie de l'union soviétique dans les terribles années 1930 et ont subi les pires répressions allemandes au cours des années Si l'europe, suivant le mot de Mark Mazower, fut un continent de ténèbres, l'ukraine et le Belarus furent le coeur des ténèbres. Les calculs historiques que l'on peut considérer comme objectifs, le dénombrement des victimes des tueries de masse, pourraient aider à rétablir un certain équilibre historique perdu. Si terribles qu'elles aient été par leur ampleur, les souffrances allemandes sous Hitler et au cours de la guerre ne figurent pas au coeur de l'histoire du carnage. Même si l'on tient compte des Alle mands de souche tués alors qu'ils fuyaient l'armée rouge, au moment de leur expulsion de Pologne et de Tchécoslovaquie en et dans les bombardements en Allemagne, le nombre total de civils allemands tués par l'état demeure relativement faible. L'expulsion des Allemands d'europe orientale 1 An article from 5/9

6 Les principales victimes des politiques d'extermination directe parmi les citoyens allemands furent les patients "euthanasiés" et les juifs allemands. Les principales victimes allemandes de Staline demeurent les femmes violées par l'armée rouge et les prisonniers de guerre détenus en Union soviétique. Quelque prisonniers allemands devaient mourir de faim et de maladie au cours de leur captivité en URSS; tel fut aussi le sort de Hongrois, peut être. À une époque où la résistance allemande à Hitler retient l'attention des médias, il est bon de rappeler que quelques uns des participants à l'attentat de juillet 1944 contre Hitler étaient au coeur de la politique de massacre: Arthur Nebe, par exemple, qui commanda l'einsatzgruppe B dans les champs de tuerie du Belarus en 1941, lors de la première vague de l'holocauste; ou Eduard Wagner, l'intendant général de la Wehrmacht, qui dans une lettre joyeuse à son épouse évoquait la nécessité d'affamer les millions d'habitants de Leningrad. Belarus, Ukraine, Pologne Il est difficile d'oublier Anna Akhmatova: "Elle aime le sang, la terre russe." Mais le martyre et l'héroïsme russes, aujourd'hui bruyamment proclamés dans la Russie de Poutine, doivent être replacés dans un contexte historique plus large. Les Russes soviétiques, comme les autres citoyens soviétiques, ont bel et bien été victimes de la politique stalinienne; mais ils risquaient beaucoup moins de se faire tuer que les Ukrainiens ou les Polonais soviétiques, ou les membres d'autres minorités nationales. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, diverses actions de terreur furent étendues à la Pologne orientale et aux États baltes, dans des territoires absorbés par l'union soviétique. Le cas le plus connu est celui des Polonais exécutés en 1940 à Katyn et sur quatre autres sites; dix mille autres Polonais et Baltes trouvèrent la mort pendant ou peu après les déportations vers le Kazakhstan et la Sibérie. Les Allemands tuèrent quantité de Russes soviétiques au cours de la guerre, mais proportionnellement bien moins que de Bélarusses et d'ukrainiens, pour ne rien dire des juifs. On estime à près de 15 millions le nombre de morts parmi les civils soviétiques. Autour d'un civil sur vingt cinq fut victime des Allemands au cours de la guerre en Russie, contre près d'un sur dix en Ukraine (ou en Pologne), et d'un sur cinq au Belarus. Le Belarus et l'ukraine furent occupés pendant une bonne partie de la guerre, les armées allemandes aussi bien que soviétiques traversant à deux reprises leur territoire, dans l'attaque et dans la retraite. Les armées allemandes n'occupèrent jamais qu'une petite portion de la Russie proprement dite, et pour des périodes plus courtes. Même en tenant compte du siège de Leningrad et de la destruction de Stalingrad, le bilan prélevé parmi les civils russes fut beaucoup moins lourd que parmi les Bélarusses, les Ukrainiens et les juifs. Les Russes gonflent les chiffres de leurs morts en considérant le Belarus et l'ukraine comme la Russie, et les juifs, les Bélarusses et les Ukrainiens comme des Russes: c'est là une forme d'impérialisme du martyre, une manière de revendiquer implicitement le territoire en revendiquant explicitement les victimes. Telle sera probablement la ligne adoptée par la nouvelle commission historique nommée par le président Dmitri Medvedev pour empêcher les "falsifications" du passé russe. En vertu d'un projet de loi actuellement débattu en Russie, des propos comme ceux de ce paragraphe constitueraient un délit. Les responsables politiques ukrainiens contrecarrent cette monopolisation russe des souffrances communes et réagissent aux stéréotypes ouest européens qui font des Ukrainiens des collaborateurs de l'holocauste, en mettant en avant leur propre récit de souffrance, à savoir que Staline a fait délibérément mourir An article from 6/9

7 de faim des millions d'entre eux. Le président Viktor Iouchtchenko a rendu un très mauvais service à son pays en revendiquant dix millions de morts, exagérant ainsi d'un facteur trois le nombre d'ukrainiens tués; mais il est vrai que la famine des années a été le fruit de décisions politiques mûrement réfléchies, et a fait près de trois millions de morts. L'Holocauste excepté, les famines de la collectivisation furent la plus grande catastrophe politique du xxe siècle européen. La collectivisation n'en demeura pas moins l'élément central du modèle de développement soviétique, avant d'être copié par le régime communiste chinois, avec des conséquences prévisibles: les dizaines de millions de morts de faim du "grand bond en avant" de Mao. L'intérêt pour l'ukraine comme source de vivres était commun à Hitler et à Staline. Tous deux désiraient contrôler et exploiter le grenier ukrainien, et tous deux provoquèrent des famines politiques: Staline dans l'ensemble du pays; Hitler dans les villes et les camps de prisonniers de guerre. Quelques uns des prisonniers ukrainiens qui souffrirent de la faim dans ces camps avaient survécu à la famine de Entre parenthèses, la politique allemande de famine est partiellement responsable de l'idée que les Ukrainiens furent des collaborateurs empressés de l'holocauste. Les collaborateurs ukrainiens les plus connus sont les gardiens des camps de la mort à Treblinka, Belzec et Sobibor. Ce dont on se souvient rarement, c'est que les Allemands recrutèrent le premier encadrement de ces hommes, des soldats soviétiques capturés, dans leurs propres camps de prisonniers de guerre. Ils en sauvèrent quelques uns de la famine de masse, grand crime de l'est, pour les amener à collaborer à un autre, l'holocauste. L'histoire de la Pologne est la source d'une confusion sans fin. Elle fut attaquée et occupée non pas par un, mais par les deux États totalitaires entre 1939 et 1941, tandis que l'alle magne nazie et l'union soviétique, alors alliées, exploitèrent ses territoires et exterminèrent une bonne partie de son intelligentsia. La capitale polonaise fut le lieu non pas d'un, mais de deux grands soulèvements contre la puissance allemande au cours de la Seconde Guerre mondiale: le soulèvement du ghetto juif de Varsovie en 1943, après quoi le ghetto fut rasé; et l'insurrection de Varsovie, déclenchée par l'armée intérieure polonaise en 1944, et après laquelle le reste de la ville fut détruit. En août 1994 comme en 1999 et en 2004, lors de tous les récents anniversaires quinquennaux de l'insurrection de 1944, les médias allemands ont confondu ces deux exemples centraux de résistance et de massacres. Le même scénario se reproduira en août L'épicentre du carnage Si un pays européen paraît déplacé dans l'europe actuelle, échoué dans une autre période historique, c'est bien le Belarus sous la dictature d'alexandre Loukachenko. Ce dernier préfère ignorer les champs de tuerie soviétiques de son pays, au point de vouloir faire passer une route sur les charniers de Kurapaty, mais par certains côtés il se souvient mieux de l'histoire européenne que ses détracteurs. En affamant les prisonniers de guerre soviétiques, en exécutant et en gazant les juifs, en abattant des civils dans le cadre d'actions contre les partisans, les forces allemandes firent du Belarus le pays le plus meurtrier du monde entre 1941 et La moitié de la population du Belarus soviétique fut tuée ou déplacée de force au cours de la Seconde Guerre mondiale: on ne saurait en dire autant d'aucun autre pays européen. Les souvenirs bélarusses de cette expérience, cultivés par l'actuelle dictature, expliquent pour une part la méfiance que suscitent les initiatives occidentales. An article from 7/9

8 Mais les Européens de l'ouest seraient généralement surpris d'apprendre que le Belarus fut à la fois l'épicentre du carnage européen et la base des opérations menées par les partisans antinazis qui ont concouru à la victoire des Alliés. Qu'un tel pays puisse être entièrement chassé de la mémoire européenne ne laisse pas d'étonner. Son absence des discussions du passé est le signe le plus clair de la différence entre mémoire et histoire. Tout aussi dérangeante est l'absence de l'économie. Bien que l'histoire des massacres soit amplement liée à des calculs économiques, la mémoire évite tout ce qui pourrait faire paraître un meurtre rationnel. L'Allemagne nazie et l'union soviétique suivirent toutes deux la voie de l'autosuffisance économique, l'allemagne voulant équilibrer l'industrie par une utopie agraire à l'est quand l'urss cherchait à rattraper son arriération agraire par une industrialisation et une urbanisation rapides. Les deux régimes aspiraient à l'autarcie économique dans un vaste empire, ce qui les amena l'un et l'autre à vouloir contrôler l'europe orientale. Tous deux voyaient dans l'état polonais une aberration historique, tandis que l'ukraine et la richesse de ses terres leur étaient indispensables. Chaque régime cibla des groupes différents traités en ennemis de leurs desseins, mais le projet allemand d'exterminer tous les juifs n'a pas d'équivalent dans la politique soviétique, tous objectifs confondus. Ce qui est crucial, c'est que l'idéologie qui légitima les massacres était aussi une vision du développement économique. Dans un monde de rareté, notamment de denrées alimentaires, les deux régimes intégrèrent les massacres à leur planification économique. Ils le firent de façons qui nous paraissent effarantes et obscènes aujourd'hui, mais qui étaient suffisamment plausibles pour motiver des foules de croyants à l'époque. La nourriture a cessé d'être rare, tout au moins à l'ouest; mais d'autres ressources le sont, ou le seront bientôt. Le xxie siècle connaîtra des pénuries d'eau potable, d'air pur et d'énergie abordable. Les changements climatiques pourraient réveiller le spectre de la faim. *** S'il est une leçon politique générale à tirer de l'histoire des massacres, c'est qu'il faut se méfier de ce que l'on pourrait appeler le "développement privilégié": les efforts des États pour accomplir une forme d'expansion économique qui désigne les victimes et justifie la prospérité par la mortalité. On ne saurait exclure la possibilité que le meurtre d'un groupe puisse bénéficier à un autre, ou tout au moins soit ainsi perçu. L'Europe a été témoin de cette forme de politique et pourrait bien l'être à nouveau. La seule réponse appropriée est un engagement éthique pour l'individu, en sorte qu'il compte dans la vie plutôt que dans la mort, et que des entreprises de ce genre deviennent impensables. L'Europe actuelle est précisément remarquable dans sa façon d'unir la prospérité à la justice sociale et aux droits de l'homme. Probablement plus qu'aucune autre partie du monde, elle est immunisée, du moins pour l'heure, contre cette forme de poursuite instrumentale implacable de la croissance économique. Mais la mémoire a pris d'étranges libertés avec l'histoire, à une époque où l'histoire est plus nécessaire que jamais. Le proche avenir du reste du monde pourrait bien ressembler au passé récent de l'europe. Une raison de plus de veiller à ce que les comptes soient justes. Cet article est la reprise d¹un discours prononcé à la conférence Eurozine, An article from 8/9

9 "Histoires européennes", qui s¹est tenue à Vilnius du 8 au 11 mai Il a d¹abord été publié en anglais dans The New York Review of Books du 16 juillet L'immense majorité des quelque 12 millions d'allemands qui fuirent ou furent chassés d'europe orientale à la fin de la guerre venait de Tchécoslovaquie (3,5 millions) ou de Pologne (7,8 millions). Dans ce second groupe, la plupart venaient de terres prises au Reich vaincu et attribuées à la Pologne par les Alliés. Une moitié environ de ces 12 millions fuit; l'autre moitié fut déportée, même si une division tranchée est impossible, puisqu'une partie des fugitifs devaient revenir plus tard et être à leur tour déportés.fin 1944 début 1945, quelque six millions d'allemands fuirent devant l'armée rouge: y perdirent la vie, pour la plupart à cette époque. Beaucoup se trouvèrent simplement pris entre les deux armées; d'autres furent délibérément massacrés par les troupes soviétiques ou moururent dans des camps soviétiques. Certains meurtres sont aussi imputables à des Tchèques ou à des Polonais. Hitler partage la responsabilité de ces morts puisque les autorités allemandes négligèrent d'organiser les évacuations quand il en était encore temps. La déportation d'allemands après la guerre, conséquence directe de la guerre de Hitler, était un projet commun des Tchèques, des Polonais, des Soviétiques, des Britanniques et des Américains. Au cours de la guerre, les dirigeants en exil de la Pologne et de la Tchécoslovaquie occupées exprimèrent le désir de limiter leur population allemande, et les Alliés acceptèrent le principe d'un déplacement des Allemands après la victoire. Winston Churchill recommanda un "bon coup de balai", et le plan officiel du Conseil de contrôle allié prévoyait le transfert de six millions d'allemands. Staline, mais aussi Churchill et Roosevelt donnèrent leur feu vert au gouvernement tchécoslovaque (non communiste) pour expulser ses Allemands. La Pologne était sous contrôle soviétique, mais n'im porte quel gouvernement polonais aurait chassé les Allemands. Les communistes polonais acceptèrent la proposition stalinienne d'un déplacement à l'ouest de la Pologne, amenant ainsi à chasser plus d'allemands que les responsables démocrates polonais ne l'auraient voulu. (Cela impliqua aussi la déportation de Polonais de la moitié orientale de la Pologne d'avant guerre, annexée par les Soviétiques. Près d'un million de ces Polonais évacués colonisèrent les terres dont les Allemands furent chassés.) De mai à décembre 1945, les autorités polonaises et tchécoslovaques refoulèrent de leur territoire près de deux millions d'allemands. À compter de janvier 1946, elles continuèrent de contraindre les Allemands au départ, tandis que les forces britanniques, soviétiques et américaines organisaient leur accueil dans leurs zones d'occupation en Allemagne. En , les Soviétiques en reçurent un peu plus de deux millions, les Britanniques 1,2 et les Américains 1,4. Les déportations se poursuivirent à un rythme plus lent par la suite. La responsabilité des expulsions est collective. Elles furent l'occasion de traitements abominables, mais la mortalité des civils allemands morts sur 12 millions est relativement faible en comparaison des autres épisodes évoqués ici. Pris à la fin d'une terrible guerre livrée en leur nom, alors que les Alliés étaient d'accord pour changer les frontières et les déporter, ces Allemands ne furent pas victimes d'une politique stalinienne meurtrière comparable à la Terreur ou à la famine. Published Original in English Translation by Pierre Emmanuel Dauzat First published in The New York Review of Books, July 16, 2009 (English version); Le Débat 158 (2010) (French version) Timothy Snyder / Le Débat Eurozine An article from 9/9

I) La politique nazie d extermination

I) La politique nazie d extermination I) La politique nazie d extermination La Seconde guerre mondiale a été marquée par l extermination de 10 millions de personnes par les nazis. Les Juifs en particulier ont été les victimes d un génocide

Plus en détail

Chap. 5 : la 2 nd guerre mondiale : une guerre d anéantissement Pourquoi parle-t-on de la 2 nd guerre mondiale comme d une guerre d anéantissement

Chap. 5 : la 2 nd guerre mondiale : une guerre d anéantissement Pourquoi parle-t-on de la 2 nd guerre mondiale comme d une guerre d anéantissement Chap. 5 : la 2 nd guerre mondiale : une guerre d anéantissement Pourquoi parle-t-on de la 2 nd guerre mondiale comme d une guerre d anéantissement Chanson : Nuit et brouillard de Jean Ferrat http://www.youtube.com/watch?v=94yoxycqo6s

Plus en détail

III. Comment les nazis ont-ils organisé ces deux génocides?

III. Comment les nazis ont-ils organisé ces deux génocides? III. Comment les nazis ont-ils organisé ces deux génocides? Dans les régions occupées par l URSS, des divisions SS les Einsatzgruppen) massacrent systématiquement les Juifs à partir de 1941. Ils sont gazés

Plus en détail

Chapitre 4 LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Chapitre 4 LA SECONDE GUERRE MONDIALE Chapitre 4 LA SECONDE GUERRE MONDIALE Pourquoi la Seconde guerre mondiale est-elle une guerre d anéantissement? I. Un affrontement planétaire A. Les grandes phases de la guerre ...................... 1

Plus en détail

1 ère partie - Avant la libération, le contexte historique

1 ère partie - Avant la libération, le contexte historique A l'est - En janvier 1944, débute l'offensive soviétique qui entraîne la retraite de la Wehrmarcht de ses alliés. En juillet 1944, l'armée rouge, désormais supérieure en effectifs et en armements, pénètre

Plus en détail

La IIe Guerre mondiale, une guerre d anéantissement et génocides Introduction : «radicalisation de la violence» une guerre d anéantissement

La IIe Guerre mondiale, une guerre d anéantissement et génocides Introduction : «radicalisation de la violence» une guerre d anéantissement H2.1 : Guerres mondiales et espoirs de paix. La II e Guerre mondiale, une guerre d anéantissement et génocides. Introduction : Si la 1 ère guerre mondiale fut la première guerre totale, la 2 ème GM, par

Plus en détail

1er sept. 1939 Les troupes allemandes... C'est le début de la Seconde Guerre mondiale.

1er sept. 1939 Les troupes allemandes... C'est le début de la Seconde Guerre mondiale. Le contexte historique : la France pendant la Seconde Guerre mondiale Complétez la chronologie suivante. Vous pouvez vous référer au site http://www.e-chronologie.org/monde/ww2.php 1er sept. 1939 Les troupes

Plus en détail

L'Holocauste. Table des matières. L Holocauste : aperçu

L'Holocauste. Table des matières. L Holocauste : aperçu L'Holocauste Table des matières The Holocaust: Theme Overview 1 Objets personnels Helena Zaleska 2 Auschwitz-Birkenau, 1944 3 Étoile de David 4 Gobelet de métal 5 Chaussure d enfant 6 L Holocauste : aperçu

Plus en détail

CHAPITRE 2 La Seconde Guerre mondiale : Guerre d anéantissement et génocide des juifs et des Tziganes.

CHAPITRE 2 La Seconde Guerre mondiale : Guerre d anéantissement et génocide des juifs et des Tziganes. CHAPITRE 2 La Seconde Guerre mondiale : Guerre d anéantissement et génocide des juifs et des Tziganes. INTRODUCTION ET RAPPELS Comme la Première Guerre mondiale, la seconde est une Guerre Totale qui implique

Plus en détail

La seconde guerre mondiale

La seconde guerre mondiale CM2 Découverte du monde Histoire Compétences : La violence du XXe siècle : les deux conflits mondiaux La seconde guerre mondiale - À partir de l étude de cartes et de documents statistiques, comprendre

Plus en détail

La politique d'extermination nazie. Les ghettos

La politique d'extermination nazie. Les ghettos La politique d'extermination nazie Les ghettos Le regroupement des Juifs dans les ghettos (ici : le ghetto de Varsovie) Vivre dans le ghetto de Varsovie Les plus pauvres ne pouvaient se protéger du froid

Plus en détail

Dans nos classes. La Résistance et la Déportation dans les manuels. Classe de troisième. Les leçons : Collection. Auteurs (sous la direction de)

Dans nos classes. La Résistance et la Déportation dans les manuels. Classe de troisième. Les leçons : Collection. Auteurs (sous la direction de) Dans nos classes La Résistance et la Déportation dans les manuels Classe de troisième Les leçons : Belin, avril 2003. Eric Chaudron, Remy Knafou. Leçons La 2 guerre mondiale. * Les grandes phases de la

Plus en détail

Où et quand cette photo a-t-elle été prise? Comment le devinez-vous?

Où et quand cette photo a-t-elle été prise? Comment le devinez-vous? Les textes de l exposition «Dictature et démocratie» et le questionnaire pédagogique sont assez longs. Nous vous conseillons donc de répartir les fiches de travail entre vos élèves et de mettre les réponses

Plus en détail

Symphonie n 13. ou «Babi Yar» Dimitri Chostakovitch sur un poème de Evgueni Evtouchenko.

Symphonie n 13. ou «Babi Yar» Dimitri Chostakovitch sur un poème de Evgueni Evtouchenko. Symphonie n 13. ou «Babi Yar» Dimitri Chostakovitch sur un poème de Evgueni Evtouchenko. Né en 1906 et mort à Moscou en 1975, Dimitri Chostakovitch est un compositeur russe et un pianiste majeur du 20

Plus en détail

27 Janvier : Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'holocauste

27 Janvier : Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'holocauste 27 Janvier : Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'holocauste "Le bourreau tue toujours deux fois, la seconde fois par l'oubli" (Elie Wiesel) Quand ils ont arrêté les communistes,

Plus en détail

MAUS par Art SPIEGELMAN

MAUS par Art SPIEGELMAN HISTOIRE DES ARTS MAUS par Art SPIEGELMAN I. IDENTIFIER ET PRESENTER L ŒUVRE L œuvre présentée ici est une bande-dessinée intitulée Maus, l intégrale, un survivant raconte réalisée par Art Spiegelman en

Plus en détail

Révision de l ombudsman du texte sur le camp d extermination nazi de Sobibor en Pologne, diffusé au Téléjournal le 30 novembre 2009.

Révision de l ombudsman du texte sur le camp d extermination nazi de Sobibor en Pologne, diffusé au Téléjournal le 30 novembre 2009. Révision de l ombudsman du texte sur le camp d extermination nazi de Sobibor en Pologne, diffusé au Téléjournal le 30 novembre 2009. SOMMAIRE Un plaignant estime que le Téléjournal du 30 novembre a commis

Plus en détail

CORRECTION BREVET PONDICHERY 2014

CORRECTION BREVET PONDICHERY 2014 CORRECTION BREVET PONDICHERY 2014 PREMIERE PARTIE : HISTOIRE (13 POINTS) 1. Questions (6 points) 1. A quels siècles correspond l «âge des églises gothiques»? (1 point) L «âge des églises gothiques» va

Plus en détail

CORRECTION BREVET BLANC 2

CORRECTION BREVET BLANC 2 CORRECTION BREVET BLANC 2 PARTIE 1: Histoire Question 1: Expliquer les repères qui correspondent aux dates suivantes: 622 / 1598. 622: l'hégire, Mahomet et ses compagnons quittent La Mecque pour Médine,

Plus en détail

Fiche de travail n 1 : la mise en place des régimes totalitaires (corrigé)

Fiche de travail n 1 : la mise en place des régimes totalitaires (corrigé) Fiche de travail n 1 : la mise en place des régimes totalitaires (corrigé) Activité n 1 : compléter la chronologie en s appuyant sur les extraits de K7 vidéo Le MONDE L URSS L Italie L Allemagne 1914 Début

Plus en détail

Document 7. 13. Pourquoi ce discours de 1995 marque-t-il un moment important?

Document 7. 13. Pourquoi ce discours de 1995 marque-t-il un moment important? Pages 77-78. Passage en italique. «Je crois devoir attirer votre attention sur le fait qu en exécution des ordres reçus du commandeur des SS, les arrestations ont été opérées uniquement par la police française

Plus en détail

Brevet Blanc d'histoire Géographie Education Civique Mardi 17 Avril 2012

Brevet Blanc d'histoire Géographie Education Civique Mardi 17 Avril 2012 Brevet Blanc d'histoire Géographie Education Civique Mardi 17 Avril 2012 (Rappel : la maîtrise de la langue (orthographe et expression écrite) est notée sur 4 points) Pour la première partie, le candidat

Plus en détail

CORRIGE DU LIVRET THEMATIQUE NIVEAU 3 ème

CORRIGE DU LIVRET THEMATIQUE NIVEAU 3 ème CORRIGE DU LIVRET THEMATIQUE NIVEAU 3 ème LE NAZISME (1933-1945) DU TRAITE DE VERSAILLES A L ARRIVEE D HITLER AU POUVOIR PAGES 4-5 Comment Mussolini, nouveau dirigeant de l Italie est-il mis en valeur

Plus en détail

Thème 3 : La Seconde Guerre mondiale, une guerre d anéantissement (1939-1945)

Thème 3 : La Seconde Guerre mondiale, une guerre d anéantissement (1939-1945) Proposition de mise en œuvre des nouveaux programmes d histoire-géographie en 3 ème 2 ème partie : guerres mondiales et régimes totalitaires (1914-1945) Thème 3 : La Seconde Guerre mondiale, une guerre

Plus en détail

Compte rendu. Ouvrage recensé : par Roger Charland

Compte rendu. Ouvrage recensé : par Roger Charland Compte rendu Ouvrage recensé : Devant l histoire. Les documents de la controverse sur la singularité de l extermination des Juifs par le régime nazi. coll. «Passages», Les Éditions du CERF, Paris, 1988,

Plus en détail

Communiqué de presse. Les Voies de la Liberté. Exposition temporaire 2015 Mémorial National de la Prison de Montluc

Communiqué de presse. Les Voies de la Liberté. Exposition temporaire 2015 Mémorial National de la Prison de Montluc Exposition temporaire 2015 Mémorial National de la Prison de Montluc Les Voies de la Liberté Du 15 septembre 2015 au 28 mai 2016 Communiqué de presse Mémorial de la Shoah, CDLV82017 Le Mémorial En 2009,

Plus en détail

Chronologie comparée de la Shoah

Chronologie comparée de la Shoah Chronologie comparée de la Shoah Cadre général Le sort des Juifs en Europe En France 1933 1933 1933 30 janvier : Adolf Hitler chancelier 1 avril : journée de boycott des magasins juifs 7 avril : révocation

Plus en détail

Jeudi 8 mai 2014. Il y a 69 ans, l Allemagne hitlérienne capitulait.

Jeudi 8 mai 2014. Il y a 69 ans, l Allemagne hitlérienne capitulait. Jeudi 8 mai 2014 Cérémonie patriotique / Parvis de l Hôtel de Ville Discours de Karl Olive, Maire de Poissy, Conseiller général des Yvelines Monsieur le Ministre, Monsieur le Préfet, Madame la Conseillère

Plus en détail

Histoire Leçon 15 La marche vers la guerre ( 1938 / 1939) Dates : 1936 : remilitarisation de la Rhénanie 1938 : Anschluss de l Autriche

Histoire Leçon 15 La marche vers la guerre ( 1938 / 1939) Dates : 1936 : remilitarisation de la Rhénanie 1938 : Anschluss de l Autriche Histoire Leçon 15 La marche vers la guerre ( 1938 / 1939) 1936 : remilitarisation de la Rhénanie 1938 : Anschluss de l Autriche Septembre 1939 : début de la deuxième guerre mondiale Anschluss : annexion

Plus en détail

Les assassins de la mémoire : l Holocauste et le révisionnisme historique

Les assassins de la mémoire : l Holocauste et le révisionnisme historique www.gersi.umontreal.ca LES CHRONIQUES DU GERSI volume 1 numéro 2 (mars 2005) Les assassins de la mémoire : l Holocauste et le révisionnisme historique Le soixantième anniversaire de la libération d Auschwitz

Plus en détail

Dossier VI. Le XX ème siècle et le monde actuel (1 ère partie) Questions appelant des réponses concises

Dossier VI. Le XX ème siècle et le monde actuel (1 ère partie) Questions appelant des réponses concises 1 Dossier VI Le XX ème siècle et le monde actuel (1 ère partie) Questions appelant des réponses concises A/ Les guerres au XX ème siècle 1 La Première Guerre mondiale (la «Grande Guerre») a) Quelles sont

Plus en détail

Glossaire 3 : 3 Ressources :

Glossaire 3 : 3 Ressources : Le vocabulaire concernant l extermination des Juifs d Europe par les nazis Le régime nazi a, de 1941 à 1945, mis en œuvre sa décision planifiée de destruction des populations juives d Europe. L objectif

Plus en détail

La FIDH remercie le Bureau du Procureur (le Bureau) de donner à la société civile la possibilité de s'exprimer sur sa politique.

La FIDH remercie le Bureau du Procureur (le Bureau) de donner à la société civile la possibilité de s'exprimer sur sa politique. DÉCLARATION DE LA FIDH SUR LA STRATÉGIE EN MATIÈRE DE POURSUITES DU BUREAU DU PROCUREUR DE LA COUR PÉNALE INTERNATIONALE Introduction La Haye, 26 septembre 2006 La FIDH remercie le Bureau du Procureur

Plus en détail

DISCOURS MADAME SIMONE VEIL. Présidente de la FONDATION POUR LA MEMOIRE DE LA SHOAH

DISCOURS MADAME SIMONE VEIL. Présidente de la FONDATION POUR LA MEMOIRE DE LA SHOAH DISCOURS DE MADAME SIMONE VEIL Présidente de la FONDATION POUR LA MEMOIRE DE LA SHOAH Athènes, le 30 janvier 2006 Journée nationale à la mémoire des héros et des martyrs de l Holocauste en Grèce Monsieur

Plus en détail

Fichier enseignant. Voici les lieux de visite que nous vous conseillons pour couvrir le programme et les objectifs qu il vise :

Fichier enseignant. Voici les lieux de visite que nous vous conseillons pour couvrir le programme et les objectifs qu il vise : Fichier enseignant Dans le programme d histoire du cycle 3 au chapitre le 20 ème siècle et notre époque les deux conflits mondiaux sont abordés. L accent est mis sur ce qui fit basculer l humanité dans

Plus en détail

REGISTRE DE LA MÉMOIRE DU MONDE. Journal d Anne Frank

REGISTRE DE LA MÉMOIRE DU MONDE. Journal d Anne Frank REGISTRE DE LA MÉMOIRE DU MONDE Journal d Anne Frank Réf. N 2008-42 PARTIE A - INFORMATIONS ESSENTIELLES 1. RÉSUMÉ Le Journal d Anne Frank porte l attention du monde entier l histoire de cette jeune fille.

Plus en détail

LA REBELLION. a) il faut que l'agent ait agi dans l'exercice de ses fonctions.

LA REBELLION. a) il faut que l'agent ait agi dans l'exercice de ses fonctions. LA REBELLION La rébellion est le fait de s'opposer violemment aux fonctionnaires et officiers publics qui agissent pour l'exécution et l'application des lois. I - ELEMENTS CONSTITUTIFS A - L ELEMENT LEGAL

Plus en détail

CORRECTION BREVET BLANC 2015 PREMIER PARTIE/HISTOIRE

CORRECTION BREVET BLANC 2015 PREMIER PARTIE/HISTOIRE CORRECTION BREVET BLANC 2015 PREMIER PARTIE/HISTOIRE 1/ en 1804 2/ le second empire 3/JULES FERRY 4/régime de Vichy : 1940/1944 La collaboration caractérise ce régime. Par exemple, la milice française

Plus en détail

Guide des expositions temporaires. Service Educatif Édition 2015

Guide des expositions temporaires. Service Educatif Édition 2015 Guide des expositions temporaires Service Educatif Édition 2015 Résistance et Monde rural en Zone interdite 1940-1944 Le Musée de la Résistance de Bondues Le musée a pour vocation de transmettre ce que

Plus en détail

I la question d'israël. 1 les origines et le conflit iraélo-arabe

I la question d'israël. 1 les origines et le conflit iraélo-arabe I la question d'israël 1 les origines et le conflit iraélo-arabe Le sionisme apparaît à la fin du XIXe siècle, à l'époque des nationalismes. Pour cette idéologie, les juifs doivent retourner sur la terre

Plus en détail

LA SHOAH. Document du Mémorial de la Shoah. 2007

LA SHOAH. Document du Mémorial de la Shoah. 2007 LA SHOAH Document du Mémorial de la Shoah. 2007 Au cours de la Seconde Guerre mondiale, 5 à 6 millions de Juifs européens ont été assassinés par l Allemagne nazie et ses complices. Le nombre des victimes,

Plus en détail

III) La Seconde Guerre mondiale (5)

III) La Seconde Guerre mondiale (5) III) La Seconde Guerre mondiale (5) 1) La Seconde Guerre Mondiale : une radicalisation de la guerre totale? (3) 1.1) les grandes phases de la guerre a) les victoires de l'axe (1939-1942) b) le reflux de

Plus en détail

Jour 3 : Annecy/Lyon/Vassieux-en-Vercors

Jour 3 : Annecy/Lyon/Vassieux-en-Vercors Jour 3 : Annecy/Lyon/Vassieux-en-Vercors Nous quitterons Annecy vers 7h45 pour nous rendre à Lyon. La visite du Mémorial de Montluc est prévue à 10h30. Si nous ne sommes pas retardés lors du trajet, nous

Plus en détail

La Seconde Guerre mondiale : guerre d anéantissement et génocide des Juifs et des Tziganes.

La Seconde Guerre mondiale : guerre d anéantissement et génocide des Juifs et des Tziganes. Première S, histoire LMA, 2011-2012 Thème 2 La guerre au XXe siècle Question 1 Guerres mondiales et espoirs de paix Cours 2 La Seconde Guerre mondiale : guerre d anéantissement et génocide des Juifs et

Plus en détail

De la Guerre Froide à un nouvel ordre mondial?(1975-2009)

De la Guerre Froide à un nouvel ordre mondial?(1975-2009) (1975-2009) Ruptures et continuités dans les relations internationales des années 80 à nos jours? L ouverture du mur de Berlin : le 9/11/1989 Sommet d Oslo : un espoir de paix en 1993 I/ Une remise en

Plus en détail

Enquête sur LES RELATIONS INTERNATIONALES APR ÈS 1945.

Enquête sur LES RELATIONS INTERNATIONALES APR ÈS 1945. 1 Enquête sur LES RELATIONS INTERNATIONALES APR ÈS 1945. TITRE PREMIER : LES RELATIONS EST-OUEST. * Notion d'impérialisme*. I. Le climat général des relations entre les " Alliés ". (s'interroger ). Parcourir

Plus en détail

II. La mise en place d un régime totalitaire, fasciste et raciste. 1. Comment Hitler met en place un État totalitaire et raciste?

II. La mise en place d un régime totalitaire, fasciste et raciste. 1. Comment Hitler met en place un État totalitaire et raciste? II. La mise en place d un régime totalitaire, fasciste et raciste 1. Comment Hitler met en place un État totalitaire et raciste? Extrait du film de propagande réalisé par Leni Riefenstahl, Le Triomphe

Plus en détail

Brève histoire de l Holocauste aux Pays-Bas

Brève histoire de l Holocauste aux Pays-Bas Brève histoire de l Holocauste aux Pays-Bas La présence juive aux Pays-Bas En 1579, l abolition de l Inquisition par la République hollandaise fait de ce pays une terre d accueil par excellence pour les

Plus en détail

Code de conduite pour les responsables de l'application des lois

Code de conduite pour les responsables de l'application des lois Code de conduite pour les responsables de l'application des lois Adopté par l'assemblée générale des Nations Unies le 17 décembre 1979 (résolution 34/169) Article premier Article 2 Les responsables de

Plus en détail

Exposition Camps d internement du Limousin (1940-1944)

Exposition Camps d internement du Limousin (1940-1944) COMMUNIQUE DE PRESSE Exposition Camps d internement du Limousin (1940-1944) Du 11 mars au 20 avril 2013 au musée Edmond-Michelet Destinés à l origine à regrouper les étrangers «indésirables», les camps

Plus en détail

27 janvier 2015 Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l Humanité

27 janvier 2015 Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l Humanité Monsieur le Maire, Eric LEJOINDRE Mesdames et Messieurs Les enseignants et représentants de l Education Nationale Mesdames et Messieurs les Présidents et représentants d associations patriotiques Mesdames

Plus en détail

CORRECTION DU BREVET BLANC DU JEUDI 12 AVRIL 2012

CORRECTION DU BREVET BLANC DU JEUDI 12 AVRIL 2012 CORRECTION DU BREVET BLANC DU JEUDI 12 AVRIL 2012 PARTIE HISTOIRE Doc. 1 : Montrez quelle est la situation particulière de Berlin par rapport à la coupure entre l Est et l Ouest, et montrez la fragilité

Plus en détail

COMPTE RENDU DU STAGE ACADEMIQUE AU MEMORIAL DE LA SHOAH A PARIS ET A CRACOVIE (I)

COMPTE RENDU DU STAGE ACADEMIQUE AU MEMORIAL DE LA SHOAH A PARIS ET A CRACOVIE (I) COMPTE RENDU DU STAGE ACADEMIQUE AU MEMORIAL DE LA SHOAH A PARIS ET A CRACOVIE (I) du 11 au 14 février 2010 G. Sabatier, Lycée Claude Fauriel et IUFM de Saint-Etienne (42) L objectif de ce compte-rendu

Plus en détail

Voyage de mémoire. La Pologne. Du 2 au 7 mars 2014

Voyage de mémoire. La Pologne. Du 2 au 7 mars 2014 Voyage de mémoire La Pologne Du 2 au 7 mars 2014 Table des matières AVANT-PROPOS 3 LE PROGRAMME DU VOYAGE 4 LA SHOAH EN POLOGNE 5 CARTE DE LA POLOGNE 6 CRACOVIE 7 LE QUARTIER JUIF (CASIMIR) 7 8 L ANCIEN

Plus en détail

La décolonisation et la construction de nouveaux Etats: Inde et Algérie

La décolonisation et la construction de nouveaux Etats: Inde et Algérie La décolonisation et la construction de nouveaux Etats: Inde et Algérie Introduction Colonisation française vers 1900 en Afrique L indépendance en Algérie 1962 (photo de Marc Riboud) Que révèlent ces photos

Plus en détail

La Constitution européenne

La Constitution européenne La Constitution européenne "Le Parlement européen approuve la Constitution et appuie sans réserve sa ratification"(*): elle éclaire la nature et les objectifs de l'union, renforce son efficacité et son

Plus en détail

Pour en savoir plus sur l histoire des Juifs de Vire, sur Lublin, Majdanek, Belzec, l Aktion Reinhard rdv sur www.memoire-viretuelle.fr.

Pour en savoir plus sur l histoire des Juifs de Vire, sur Lublin, Majdanek, Belzec, l Aktion Reinhard rdv sur www.memoire-viretuelle.fr. La «Shoah» qu est-ce que c est? Un génocide. Presque six millions de morts. Difficile de réaliser. Personne peut-être ne parvient à le faire Contre toute attente, la Shoah s est aussi passée à Vire. Vingt

Plus en détail

Le chiffre est le signe, le nombre est la valeur.

Le chiffre est le signe, le nombre est la valeur. Extrait de cours de maths de 6e Chapitre 1 : Les nombres et les opérations I) Chiffre et nombre 1.1 La numération décimale En mathématique, un chiffre est un signe utilisé pour l'écriture des nombres.

Plus en détail

Dr Marcel Tenenbaum rescapé de la Shoah

Dr Marcel Tenenbaum rescapé de la Shoah D ix questions à Dr Marcel Tenenbaum rescapé de la Shoah La Caserne Dossin en bref... La Caserne Dossin est située à Malines en Belgique. C est à cet endroit que l on regroupa les Juifs de ce pays avant

Plus en détail

Le génocide de classe : définition, description, comparaison

Le génocide de classe : définition, description, comparaison Cet article est disponible en ligne à l adresse : http://www.cairn.info/article.php?id_revue=lcs&id_numpublie=lcs_006&id_article=lcs_006_0089 Le génocide de classe : définition, description, comparaison

Plus en détail

Ancienne gare de déportation de Bobigny. Rencontre avec les enseignants de Bobigny Connaître les ressources locales 05.12.2012

Ancienne gare de déportation de Bobigny. Rencontre avec les enseignants de Bobigny Connaître les ressources locales 05.12.2012 Ancienne gare de déportation de Bobigny Rencontre avec les enseignants de Bobigny Connaître les ressources locales 05.12.2012 Sommaire : 1. Bobigny, une gare entre Drancy et Auschwitz 2. Après la guerre,

Plus en détail

RAISONNABLE EN 1998; DÉRAISONNABLE EN 2002

RAISONNABLE EN 1998; DÉRAISONNABLE EN 2002 Un tribunal de l'ontario juge que le gouvernement exerce de la discrimination fondée sur l'âge et la déficience en refusant des programmes aux élèves atteints d'autisme Dans l'affaire Wynberg c. Ontario,

Plus en détail

MANIOC. org. Bibliothèque Schoelcher Conseil général de la Martinique

MANIOC. org. Bibliothèque Schoelcher Conseil général de la Martinique MANIOC. org Bibliothèque Schoelcher Conseil général de la Martinique MANIOC. org Bibliothèque Schoelcher Conseil général de la Martinique MАNIOС. org Bibliothèque Schoelcher Conseil général de la Martinique

Plus en détail

Traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle (Varsovie, 14 mai 1955)

Traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle (Varsovie, 14 mai 1955) Traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle (Varsovie, 14 mai 1955) Légende: Le 14 mai 1955, l'albanie, la Bulgarie, la Hongrie, la République démocratique allemande, la Pologne, la Roumanie,

Plus en détail

Un contrat de respect mutuel au collège

Un contrat de respect mutuel au collège Apprentissage du respect - Fiche outil 01 Un contrat de respect mutuel au collège Objectifs : Décrire une action coopérative amenant élèves et adultes à s interroger sur leurs propres comportements en

Plus en détail

HISTOIRE / FRANCAIS CYCLE 3 TITRE : L UNION FAIT LA FORCE (1915), LA FRANCE ET SES ALLIÉS

HISTOIRE / FRANCAIS CYCLE 3 TITRE : L UNION FAIT LA FORCE (1915), LA FRANCE ET SES ALLIÉS HISTOIRE / FRANCAIS CYCLE 3 TITRE : L UNION FAIT LA FORCE (1915), LA FRANCE ET SES ALLIÉS DOCUMENT : 1979. 29489 (1). «L'Actualité. L'union fait la force. Jeu stratégique». Sans éditeur. Vers 1915. PLACE

Plus en détail

L AGENCE INTERNATIONALE DES PRISONNIERS DE GUERRE. Le CICR dans la Première Guerre mondiale

L AGENCE INTERNATIONALE DES PRISONNIERS DE GUERRE. Le CICR dans la Première Guerre mondiale L AGENCE INTERNATIONALE DES PRISONNIERS DE GUERRE Le CICR dans la Première Guerre mondiale Août 1914. Le monde entre en guerre et, durant 52 mois, brutalité, violence et souffrances déchirent l humanité.

Plus en détail

A u t e u r : P e r s o n n a g e s :

A u t e u r : P e r s o n n a g e s : Damien L. 3éme1 Auteur : Anne Frank Livre de poche. Edition Définitive. Personnages : - Anne Frank - Mr Otto Frank ou Pim : son père - Mme Frank ou Edith Hollander : sa mère - Margot : sa soeur - Mr Van

Plus en détail

L'ORIGINE DU MYTHE LE MYTHE DES «CHAMBRES A GAZ» REMONTE A 1916. Jessie Aitken

L'ORIGINE DU MYTHE LE MYTHE DES «CHAMBRES A GAZ» REMONTE A 1916. Jessie Aitken L'ORIGINE DU MYTHE LE MYTHE DES «CHAMBRES A GAZ» REMONTE A 1916 Jessie Aitken Le mythe des gazages des juifs durant la seconde guerre mondiale n'est que le produit de recyclage du mythe du gazage des Serbes

Plus en détail

TROISIEME PARTIE LA FRANCE DE 1945 A NOS JOURS. Bilan et mémoires de la seconde guerre mondiale

TROISIEME PARTIE LA FRANCE DE 1945 A NOS JOURS. Bilan et mémoires de la seconde guerre mondiale TROISIEME PARTIE LA FRANCE DE 1945 A NOS JOURS Bilan et mémoires de la seconde guerre mondiale Qu est-ce que ce film nous apprend sur l évolution de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale en France?

Plus en détail

LES ECHOS DE SAINT-MAURICE Edition numérique. La cathédrale de Magdebourg possède un S. Maurice noir

LES ECHOS DE SAINT-MAURICE Edition numérique. La cathédrale de Magdebourg possède un S. Maurice noir LES ECHOS DE SAINT-MAURICE Edition numérique Georges BORGEAUD La cathédrale de Magdebourg possède un S. Maurice noir Dans Echos de Saint-Maurice, 1966, tome 64, p. 18-22 Abbaye de Saint-Maurice 2013 Souvenir

Plus en détail

CHAP. I : LA PREMIÈRE GUERE MONDIALE, VERS UNE GUERRE TOTALE (1914-1918)

CHAP. I : LA PREMIÈRE GUERE MONDIALE, VERS UNE GUERRE TOTALE (1914-1918) FICHE DE PRÉSENTATION DE LA LEÇON PARTIE I : GUERRES MONDIALES ET RÉGIMES TOTALITAIRES CHAP. I : LA PREMIÈRE GUERE MONDIALE, VERS UNE GUERRE TOTALE (1914-1918) Pourquoi dit-on de la Première Guerre mondiale

Plus en détail

Les fusées Ariane. Par Jennifer MOULLET, 3 3

Les fusées Ariane. Par Jennifer MOULLET, 3 3 Les fusées Ariane Par Jennifer MOULLET, 3 3 Sommaire: I) le contexte A: recommencer après un échec B: de nombreux enjeux internationaux et un grand succès II) présentation des fusées A: Généralités B:

Plus en détail

REGISTRE DE LA MÉMOIRE DU MONDE. LE BREVET BENZ DE 1886 (Allemagne)

REGISTRE DE LA MÉMOIRE DU MONDE. LE BREVET BENZ DE 1886 (Allemagne) REGISTRE DE LA MÉMOIRE DU MONDE LE BREVET BENZ DE 1886 (Allemagne) Réf. : n 2010-61 PARTIE A INFORMATIONS ESSENTIELLES 1 RÉSUMÉ La motorisation individuelle, qui a presque 150 ans d histoire, a donné naissance

Plus en détail

ENSEIGNER LA DEPORTATION ET L EXTERMINATION

ENSEIGNER LA DEPORTATION ET L EXTERMINATION ENSEIGNER LA DEPORTATION ET L EXTERMINATION Enseigner la déportation n est pas une tâche facile et ce pour différentes raisons. Mais deux approches sont fondamentales et complémentaires pour faire en sorte

Plus en détail

De l Etat français à la IVème République (1940-1946)

De l Etat français à la IVème République (1940-1946) De l Etat français à la IVème République (1940-1946) Introduction : Présentation de la défaite : -En juin 1940, la chute de la IIIème République (1875-1940) accompagne la déroute militaire. -Le 10 juillet

Plus en détail

Paris, le 14 janvier 2005. La directrice des Archives de France. Mesdames et Monsieur les directeurs des centres des Archives nationales

Paris, le 14 janvier 2005. La directrice des Archives de France. Mesdames et Monsieur les directeurs des centres des Archives nationales Paris, le 14 janvier 2005 La directrice des Archives de France à Mesdames et Monsieur les directeurs des centres des Archives nationales Mesdames et Messieurs les directeurs d archives départementales

Plus en détail

Valeur refuge ultime, l or physique devrait faire partie de la constitution de tout patrimoine.

Valeur refuge ultime, l or physique devrait faire partie de la constitution de tout patrimoine. Valeur refuge ultime, l or physique devrait faire partie de la constitution de tout patrimoine. Depuis des milliers d'années déjà, l'or est un moyen de paiement. Les médias en parlent de plus en plus fréquemment.

Plus en détail

La Pologne et le génocide des Juifs

La Pologne et le génocide des Juifs La Pologne et le génocide des Juifs Par Jean-Charles Szurek 1 Longtemps, le génocide des Juifs, en particulier les relations judéo-polonaises sous l Occupation allemande, ont fait l objet d oublis ou de

Plus en détail

Demande de pension À LA SUITE DU DÉCÈS D'UN FONCTIONNAIRE DE L'ÉTAT, D'UN MAGISTRAT OU D'UN MILITAIRE EN ACTIVITÉ

Demande de pension À LA SUITE DU DÉCÈS D'UN FONCTIONNAIRE DE L'ÉTAT, D'UN MAGISTRAT OU D'UN MILITAIRE EN ACTIVITÉ cerfa N 12231*03 À LA SUITE DU DÉCÈS D'UN FONCTIONNAIRE DE L'ÉTAT, D'UN MAGISTRAT OU D'UN MILITAIRE EN ACTIVITÉ Pour remplir ce formulaire, consultez la notice jointe Envoyez ce formulaire et les documents

Plus en détail

C était la guerre des tranchées

C était la guerre des tranchées C était la guerre des tranchées Jacques Tardi Format 23,2 x 30,5 cm 128 pages C et album consacré, comme son titre l indique, à la vie dans les tranchées pendant la Première Guerre mondiale est constitué

Plus en détail

Approche juridique de la profession infirmier(e) dans l Education Nationale

Approche juridique de la profession infirmier(e) dans l Education Nationale Approche juridique de la profession infirmier(e) dans l Education Nationale Le 13 octobre 2010, Madame GOUTTENOIRE, Professeur à la faculté de Droit de Bordeaux 4, Directrice de l institut des Mineurs

Plus en détail

Série TD 3. Exercice 4.1. Exercice 4.2 Cet algorithme est destiné à prédire l'avenir, et il doit être infaillible! Exercice 4.3. Exercice 4.

Série TD 3. Exercice 4.1. Exercice 4.2 Cet algorithme est destiné à prédire l'avenir, et il doit être infaillible! Exercice 4.3. Exercice 4. Série TD 3 Exercice 4.1 Formulez un algorithme équivalent à l algorithme suivant : Si Tutu > Toto + 4 OU Tata = OK Alors Tutu Tutu + 1 Tutu Tutu 1 ; Exercice 4.2 Cet algorithme est destiné à prédire l'avenir,

Plus en détail

«Longtemps, j ai pris ma plume pour une épée : à présent, je connais notre impuissance.»

«Longtemps, j ai pris ma plume pour une épée : à présent, je connais notre impuissance.» Métonymie : image désuète de l instrument servant à écrire. Représentation traditionnelle et glorieuse du travail de l écrivain. Allusion à une époque révolue. Idée de durée, de permanence. edoublée dans

Plus en détail

Les jeunes contre l oubli

Les jeunes contre l oubli Ici, il y a des gens qui : Fabriquent de faux-papiers, Tout en restant discrets ; Aident des enfants, Même pas pour un franc. Ils sont cachés dans les maisons, Au lieu d être dans les camps de concentration.

Plus en détail

Guide pratique pour planifier la reprise après sinistre de manière rentable

Guide pratique pour planifier la reprise après sinistre de manière rentable Livre blanc www.novell.com Guide pratique pour planifier la reprise après sinistre de manière rentable Table des matières Table des matières...2 Évaluation du coût d'investissement...3 Évaluation des performances...4

Plus en détail

REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS Cour de cassation chambre criminelle Audience publique du Thursday 6 February 1975 N de pourvoi : 74-91949 Publié au bulletin Cassation PDT M. COMBALDIEU, président RPR M. CHAPAR, conseiller rapporteur

Plus en détail

Silence, on meurt! 1

Silence, on meurt! 1 Silence, on meurt! 1 Quatre-vingt-quinze pour cent des personnes infectées par le VIH sont toujours privées de traitement 1. Chaque année, lors de la Journée mondiale du sida, il nous faut regarder les

Plus en détail

Carrière des Fusillés Musée de la Résistance de Châteaubriant

Carrière des Fusillés Musée de la Résistance de Châteaubriant INFORMATIONS Carrière des Fusillés Musée de la Résistance de Châteaubriant Le musée est situé route de Laval, à 2 km environ du centre de Châteaubriant (44), à la Sablière, carrière des fusillés. Horaires

Plus en détail

Notions et principes à maîtriser

Notions et principes à maîtriser Capacités Connaître et utiliser les repères suivants : - La Seconde Guerre mondiale : 1939-1945 - La libération des camps d extermination : 1945 - Fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe : 8 mai 1945

Plus en détail

Le jeu «Si le monde était un village» Source : Afric Impact

Le jeu «Si le monde était un village» Source : Afric Impact Le jeu «Si le monde était un village» Source : Afric Impact Niveau / âge des participants Enfants (à partir de 12 ans), adolescents et adultes. Temps/durée d animation Environ ¼ d heure. Nombre d animateurs

Plus en détail

compl mentaire des dossiers réalisés dans le cadre du Concours national de la Résistance notamment de ceux réalis

compl mentaire des dossiers réalisés dans le cadre du Concours national de la Résistance notamment de ceux réalis Introduction L ensemble ensemble documentaire qui suit est complémentaire compl mentaire des dossiers réalisés r dans le cadre du Concours national de la Résistance R sistance et de la Déportation, D notamment

Plus en détail

L antisémitisme et les premières actions contre les juifs

L antisémitisme et les premières actions contre les juifs L idéologie nazie Basée sur l idée d une race aryenne supérieure, l idéologie nazie s imposera à tous les niveaux dans l état allemand. Le parti nazi se base sur toute une série de principes. L ensemble

Plus en détail

LOI N 61-10 DU 7 MARS 1961 déterminant la nationalité sénégalaise, modifiée

LOI N 61-10 DU 7 MARS 1961 déterminant la nationalité sénégalaise, modifiée LOI N 61-10 DU 7 MARS 1961 déterminant la nationalité sénégalaise, modifiée (JO n 4984 p. 13) L assemblée nationale à délibéré et adopté, Le président de la république promulgue la loi dont la teneur suit

Plus en détail

CONSEIL DE L'EUROPE COMITÉ DES MINISTRES RECOMMANDATION N R (87) 15 DU COMITÉ DES MINISTRES AUX ÉTATS MEMBRES

CONSEIL DE L'EUROPE COMITÉ DES MINISTRES RECOMMANDATION N R (87) 15 DU COMITÉ DES MINISTRES AUX ÉTATS MEMBRES CONSEIL DE L'EUROPE COMITÉ DES MINISTRES RECOMMANDATION N R (87) 15 DU COMITÉ DES MINISTRES AUX ÉTATS MEMBRES VISANT À RÉGLEMENTER L'UTILISATION DE DONNÉES À CARACTÈRE PERSONNEL DANS LE SECTEUR DE LA POLICE

Plus en détail

CONSIDÉRANT qu un avis de présentation de ce règlement a été donné lors de la séance ordinaire du Conseil de Ville, tenue le 17 mai 1999;

CONSIDÉRANT qu un avis de présentation de ce règlement a été donné lors de la séance ordinaire du Conseil de Ville, tenue le 17 mai 1999; VILLE DE CANDIAC RÈGLEMENT NUMÉRO 1007-99 CONCERNANT LES SYSTÈMES D'ALARME CONSIDÉRANT la création de la Régie intermunicipale de police Roussillon, regroupant les corps policiers des villes de Candiac,

Plus en détail

Contrat d'hébergement application ERP/CRM - Dolihosting

Contrat d'hébergement application ERP/CRM - Dolihosting Date 30/10/13 Page 1/6 Contrat d'hébergement application ERP/CRM - Dolihosting Le présent contrat est conclu entre vous, personne physique ou morale désignée ci-après le client et ATERNATIK dont le numéro

Plus en détail

Centre aéré (ancien moulin de Lavray)

Centre aéré (ancien moulin de Lavray) Centre aéré (ancien moulin de Lavray) ancien chemin de Saint-Jorioz à Saint-Eustache Lavray Saint-Eustache Dossier IA74001642 réalisé en 2011 Copyrights Copyrights Auteurs Région Rhône-Alpes, Inventaire

Plus en détail

Extrait de l'ouvrage Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale. éditions A.Pedone EAN 978-2-233-00653-0 AVANT-PROPOS

Extrait de l'ouvrage Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale. éditions A.Pedone EAN 978-2-233-00653-0 AVANT-PROPOS Extrait de l'ouvrage Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale. éditions A.Pedone EAN 978-2-233-00653-0 AVANT-PROPOS «Charbonnier est maître chez soi. Nous traiterons comme nous l'entendons nos

Plus en détail

L A P O L I C E A L L E M A N D E E N F R A N C E O C C U P E E ( 1 9 4 0-1 9 4 4 )

L A P O L I C E A L L E M A N D E E N F R A N C E O C C U P E E ( 1 9 4 0-1 9 4 4 ) 1 L A P O L I C E A L L E M A N D E E N F R A N C E O C C U P E E ( 1 9 4 0-1 9 4 4 ) Une étude des camps d'internement français ayant existé durant l'occupation ne peut, à mon sens, être faite sans que

Plus en détail