Focus ASSOCIATION TREMPLIN : dix ANS de TuTORAT

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1 Novembre e - N 659 REVUE MENSUELLE DE L ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES ET DIPLÔMÉS DE L ÉCOLE Conjuguer audace et curiosité Réussir une expatriation aux états-unis Cultiver ses réseaux pour pérenniser son emploi Focus ASSOCIATION TREMPLIN : dix ANS de TuTORAT

2 ÒPour vous, nous nõavons pas attendu la mode Ò Le développement durable est notre raison d être. Il fait partie de notre identité, fonde nos actions. Nous produisons une énergie 100 % renouvelable en pensant aux générations futures et aménageons le Rhône dans l intérêt de tous. En optant pour le développement durable, chaque jour la CNR s engage pour vous et pour longtemps. L énergie à l état pur L énergie est notre avenir, économisons-la!

3 La Maison des P Concert au Grand Salon - Quadrille avec le concours de l ensemble Hélios réalisé par les Amis de Mozart* en partenariat artistique avec Le G.P.X. Jeudi 20 janvier 2011 à 20 heures précises Au programme Johann Christian BACH ( ) Quatuor en mi bémol majeur op. 8 n 6 o l y t e c h n i c i e n s Le concert sera suivi d un dîner en option Tenue de soirée Inscription : L ensemble HÉLIOS est une formation réunissant une flûtiste et un trio à cordes. Christel RAYNEAU (flûtiste) Nadine BODIGUEL (violoniste) Fabienne STADELMANN (altiste) Anaïs MOREAU (violoncelliste) Joseph HAYDN ( ) Quatuor n 5 en ré majeur op. 5 Gioachino ROSSINI ( ) Quatuor en sol majeur Wolfgang Amadeus MOZART ( ) Quatuor en ré majeur KV 285 Georges BIZET ( ) Variations brillantes sur Carmen, arrangement de François Borne Tarifs : Concert : 39 Dîner en option : 53 * L association «les amis de Mozart et des Maîtres classiques» est reconnue d utilité publique. Elle est présidée par Jean-Philippe LECAT, ancien ministre de la Culture et de la Communication. Au restaurant «Le Poulpry» Réservez auprès de Sébastien Sévila au Réceptions dans la Grande Maison! Consultez X Maison des X - Hôtel de Poulpry - 12, rue de Poitiers Paris Pour tout renseignement, contactez le courriel : X

4 Sommaire novembre 2010 Ð n 659 GRAND ANGLE Gestion de carri re 5>Carri re et solidaritž ƒditorial de Christian Gerondeau (57) 8>Emploi et carri res : le fil conducteur par Michel Prudhomme (64) 10 > RŽussir une expatriation aux ƒtats-unis par Jacques Levin (58) 15 > Ç Une formation scientifique et humaine È propos dõanne Duthilleul (72), recueillis par la RŽdaction 18 > Allers et retours vers la Science par HervŽ Arribart (72) 20 > Allier lõaudace et la curiositž par Marion Guillou (73) 22 > Le ržseau, bon antidote ˆ la crise par HervŽ Bommelaer 24 > La fin de la vie professionnelle : sõy pržparer et en profiter par Bertrand Dubois (64) 27 > Doctorat de lõx : une formation reconnue par Michel Rosso (69) 28 > La rupture, a se nžgocie par Bertrand Reynaud 30 > Chasseur de t tes : mode dõemploi par Bruno Serey (81) 32 > EmployabilitŽ et polytechniciens : le regard dõun DRH par Thierry Smagghe (78) 34 > Rompre son contrat de travail par Fran oise de Saint-Sernin 38 > Le conseil en stratžgie : un tremplin et un accžlžrateur de carri re par Matthias Boyer-Chammard (2000) 42 > CrŽer son entreprise, cõest changer de vie par Jacques-Charles Flandin (59) 44 > Le Bureau des Carri res : un outil au service de tous par Nicolas Zarpas (58) POUR EN SAVOIR + Rendez vous sur le site de La Jaune et la Rouge pour accžder aux informations complžmentaires, ržagir sur les forums et consulter les numžros džjˆ parus. Courriel :

5 gustatif. LÕalternance de cours dispensžs par un Ïnologue professionnel et de džgustations thžmatiques permettra dõapprendre, dans une les grands crus issus de vignobles administrateur gžnžral du CEA, animera notre d ner-džbat Ils peuvent dõores et džjˆ džcouvrir Il y sera question des risques maritimes et des ržglementations plus ou moins malines et aussi dõun dispositif de survie ržvolutionnaire que nous pržsentera Georges. Apr s lõassemblže gžnžrale et un apžritif, ˆ 21heures, nous vous proposons un d ner (conjoints et amis bienvenus). Les frais dõinscription pour le d ner sont Les documents statutaires pour lõag vous parviendront en temps utile. Il en a parcouru certains tron ons, en particulier celui qui permit ˆ lõžpoque dõaller identifier le puits o Flatters avait ŽtŽ tuž en fžvrier EXPRESSIONS AU COURRIER 58 > Agro-industries et pratiques durables par Jacques Bourdillon (45) 59 > Deux ržflexions sur lõžnergie par Marc Carrega (53) LÕaudace cržatrice ržcompensže par Henri Martre (47) et Jean-Yves Courtois (86) VIE DE LÕƒCOLE 60 > Un accord de coopžration acadžmique avec le Mexique par Pauline Serraz POINT DE VUE 61 > LÕargot de lõx en 1938 par Jean Dubois (38) LE MOT DU PRƒSIDENT 72 > La France, premi re nation scientifique du monde? par Christian Gerondeau (57) ARTS, LETTRES ET SCIENCES 62 > Musique en images par Marc Darmon (83) 63 > Discographie par Jean Salmona (56) Bridge par Gaston MŽjane (62) RŽcrŽations scientifiques par Jean Moreau de Saint-Martin (56) 64 > Livres 67 > Solutions FOCUS Tremplin : dix ans de tutorat PAGE 73 Revue mensuelle de lõassociation des anciens Žl ves et dipl mžs de lõƒcole polytechnique Directeur de la publication : Christian GERONDEAU (57) RŽdaction en chef : Jean-Marc CHABANAS (58), Hubert JACQUET (64) Assistante : Fran oise BOURRIGAULT Correctrice : Catherine AUGƒ ƒditeur : Association des anciens Žl ves et dipl mžs de lõƒcole polytechnique 5, rue Descartes, Paris TŽl. : Courriel : Fax : COMITƒ ƒditorial : Christian MARBACH (56), pržsident, Pierre LASZLO, Philippe ALQUIER (E.P.), JEAN DESCHARD (E.P.), GŽrard PILƒ (41), Maurice BERNARD (48), Jean DUQUESNE (52), Michel HENRY (53), Michel GƒRARD (55), Charles-Henri PIN (56), Jacques-Charles FLANDIN (59), Jacques PARENT (61), Fran ois Xavier MARTIN (63), GŽrard BLANC (68), Alexandre MOATTI (78), Jean-Philippe PAPILLON (90) RƒDACTION DE LA JAUNE ET LA ROUGE : 5, rue Descartes, Paris TŽl. : Courriel : WEBMESTRE : Jean-Pierre HENRY (64) COMMUNICATION : RŽgine LOMBARD ABONNEMENTS, ANNUAIRE, COTISATIONS : TŽl. : ou ANNONCES IMMOBILIéRES : TŽl. : Ð Fax : BUREAU DES CARRIéRES : TŽl. : Ð Fax : TARIFS 2010 : Prix du numžro : 8 euros Abonnements : 10 numžros par an, 40 euros Promos 1999 ˆ 2002 : 30 euros Promos postžrieures : PUBLICITƒ : FFE, 18, avenue Parmentier BP 169, Paris Cedex 11 TŽl. : CONCEPTION, RƒALISATION : Key Graphic IMPRESSION : Groupe MAURY Imprimeur COMMISSION PARITAIRE n 0114 G ISSN n TIRAGE : exemplaires N 659 Ð NOVEMBRE 2010 EN COUVERTURE : OPƒRA GARNIER, BAL DE LÕX 2010 BƒNƒDICTE MENNESSON 68 > Damien Cornu, pržsident de lõassociation Tremplin Ç LÕenthousiasme au service de lõžgalitž des chances È propos recueillis par RŽgine Lombard 70 > TŽmoignages Groupes X X-ÎNOLOGIE LANCEMENT DU GROUPE X-ÎNOLOGIE Un nouveau groupe se crže dždiž ˆ lõïnologie. Ce groupe a pour vocation de proposer une džcouverte du vin sur ARPLASTIX Les membres du groupe Arplastix exposeront leurs Ïuvres ˆ lõoffice de tourisme du Palais des festivals et des congr s de Cannes du lundi 29 novembre au dimanche 5 džcembre 2010 de 10 heures ˆ 19 heures. de 40 euros par personne. Le r glement peut de pržfžrence se faire en ligne sur le site : rubrique ÇŽvŽnementÈ ou par ch que ˆ lõordre de ÇGroupe X-MerÈ ˆ envoyer avant le 17 novembre au SecrŽtaire Dominique de ROBILLARD (adresse postale ˆ consulter sur le formulaire dõinscription sur : un mode alliant pždagogie et plaisir Cette exposition peut tre lõoccasion, polytechnique.net/x-mer ambiance chaleureuse, ˆ appržcier pour les camarades s'intžressant aux arts plastiques, de s'informer sur les activitžs du groupe Arplastix : atelier, sorties aquarelle, visites, confžrences, voyages, etc. X-HISTOIRE ET ARCHƒOLOGIE ƒnergies RENOUVELABLES 81 > Dossier spžcial ržalisž par FFE fran ais ou Žtrangers. Un premier cours sur le th me du bordeaux se tiendra džbut novembre. Les ržunions suivantes, se succždant sur un rythme bimensuel, recevront des invitžs aussi prestigieux que le Ch teau Lagrange (Saint-Julien), la Maison Paul Jaboulet A nž (VallŽe du Rh ne) ou encore le Ch teau Pichon-Longueville (Pauillac). Pour plus de renseignements, nõhžsitez pas ˆ vous rendre sur le site : X-NUCLƒAIRE Bernard BIGOT, sur Internet la galerie virtuelle du groupe : arplastix.polytechnique.org/artistes X-MER LÕAssemblŽe gžnžrale du groupe aura lieu le mercredi 24 novembre prochain au Club de la France Libre, 59, rue Vergniaud, Paris ˆ 19 heures (parking payant possible 10, rue Wurtz). Elle sera suivie ˆ 19h30 dõune confžrence donnže par Georges TOURRET, administrateur gžnžral des Affaires maritimes (2 e S) et pržsident de lõimp (Institut maritime de pržvention) : SURVIVRE EN MER AUJOURDÕHUI PrŽsident : Maurice BERNARD (48), tžl. : orange.fr SecrŽtaire : Jacqueline POTTIER tžl. : free.fr PROCHAINE CONFƒRENCE Mercredi 8 džcembre 2010 ˆ 18 h 30 ˆ la Maison des X, 12, rue de Poitiers, Paris SUR LES TRACES DE LA MISSION SAHARIENNE DE FOUREAU-LAMY Par Marcel CASSOU (61) Dans une pržcždente confžrence, Marcel CASSOU nous avait pržsentž son point de vue sur les Missions Flatters ( ). lundi 22 novembre 2010 ˆ 19 h 30 ˆ la Maison des X. Contact : Par la suite il sõest intžressž ˆ la Mission Foureau-Lamy, qui fut la premi re ˆ traverser le Sahara en Photos et cartes ˆ lõappui, il nous exposera ce quõelle fut. LA JAUNE ET LA ROUGE NOVEMBRE

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7 ƒditorial par Christian Gerondeau (57), pržsident de lõax D.R. Carri re et solidaritž POUR la majoritž dõentre nous, lõžpoque o il Žtait possible dõeffectuer toute sa carri re en toute sžcuritž dans la m me entreprise ou dans le m me service public est ržvolue. Il faut donc apprendre ˆ gžrer sa carri re dans la durže si lõon ne veut pas que le hasard ou dõautres sõen chargent, et cõest lˆ un profond changement qui sõimpose ˆ tous ou presque. La mondialisation, la gžnžralisation des mžthodes anglo-saxonnes, la ržduction des opportunitžs offertes par la fonction publique et la crise rendent aujourdõhui plus pressante cette obligation. MalgrŽ des progr s importants mais ržcents, la formation m me que nous recevons ne nous pržpare pas suffisamment ˆ ce monde nouveau, alors que la gestion des carri res sõapprend et sõenseigne ailleurs. Certes, il est impossible de tout pržvoir des džcennies ˆ lõavance mais il est possible de ržduire les risques, par exemple en ayant plusieurs cordes ˆ son arc et en se constituant tr s t t un ržseau. Fort heureusement, pour ceux des Polytechniciens qui sont impatients de progresser, qui souhaitent changer dõorientation ou qui se trouvent ˆ un moment de leur vie Çentre deux emploisè il existe des outils mis en place dans le cadre de lõax. Le Bureau des Carri res auquel chacun peut sõadresser et qui re oit une trentaine de nos camarades par mois est proche des entreprises, avec pr s de deux cents correspondants usuels. Il fait partie de surcro t dõun ržseau de structures analogues Ïuvrant au sein des associations dõanciens de plus de vingt autres Grandes ƒcoles, qui sont ainsi en mesure de mettre en commun les offres dõemploi quõelles re oivent et les services quõelles offrent. Enfin, des aides personnalisžes sont mises ˆ la disposition de ceux qui le nžcessitent sous des formes diverses. Mais, au-delˆ de ce que peuvent faire une Association comme lõax et ceux qui Ïuvrent en son sein et quõil faut saluer et remercier pour leur džvouement sans faille, il reste quelque chose dõessentiel et que nous envient beaucoup dõautres Grandes ƒcoles. Il sõagit de la fameuse Ç solidaritž polytechnicienne È qui conduit tous ceux dõentre nous qui le peuvent ˆ accorder une attention toute particuli re aux candidatures qui leur sont soumises lorsquõelles proviennent de lõun ou de lõune de ceux qui ont fržquentž les m mes lieux que nous et re u la m me formation, gage dõune rigueur intellectuelle de plus en plus pržcieuse et nžcessaire ˆ notre Žpoque. LA JAUNE ET LA ROUGE NOVEMBRE

8 120 e Bal de lõx Vendredi 18 mars 2011 OpŽra Garnier 2011 AnnŽe internationale de la Chimie Renseignements et ržservations - TŽl. : (Particuliers) (Entreprises)

9 GRAND ANGLE Gestion de carri re DOSSIER COORDONNƒ PAR NICOLAS ZARPAS (58) Emploi et carri res : le fil conducteur par Michel Prudhomme (64) p. 8 Le dipl me de lõx nõest plus un talisman contre les accidents de carri re, sõil le fut jamais. AmŽliorer la situation globale de lõemploi des polytechniciens implique dõamener tous les Žl - ves ˆ prendre en main la gestion de leur carri re. RŽussir une expatriation aux ƒtats-unis par Jacques Levin (58) p. 10 Six anciens polytechniciens de promotions tr s diverses et une ancienne dõhec apportent leur tžmoignage sur leur expatriation aux ƒtats-unis. Ils abordent tour ˆ tour lõ ge idžal pour tenter lõexpžrience, les atouts de leur formation, les contraintes familiales, le choc culturel, lõintžgration, la vie pratique et lõhypothžtique retour. Une formation scientifique et humaine propos recueillis par la RŽdaction p. 15 EntrŽe major en 1972, premi re annže o le concours Žtait ouvert aux filles, Anne Duthilleul relit sa carri re džjˆ longue ˆ la lumi re de cet apport essentiel, ˆ ses yeux, la formation scientifique et humaine. Allers et retours vers la Science par HervŽ Arribart (72) p. 18 Chercheur dans lõ me, HervŽ Arribart multiplie les allers et retours vers lõindustrie. Soucieux avant tout de conserver sa libertž il veut pouvoir changer ˆ tout moment pour choisir ce qui lõintžresse. Un pari ržussi. Allier lõaudace et la curiositž par Marion Guillou (73) p. 20 PrŽsidente de lõinra et du Conseil dõadministration de lõƒcole polytechnique, Marion Guillou offre un bel exemple de carri re originale. PoussŽe par lõenvie de comprendre et lõaudace dõentreprendre, elle commente quelques points forts de son mžtier et de ses multiples activitžs complžmentaires. Le ržseau, bon antidote ˆ la crise par HervŽ Bommelaer p. 22 Un bon ržseau de relations est indispensable dans de nombreuses phases de la vie professionnelle. Mais, džvelopper, entretenir et exploiter un ržseau efficace exige du temps, des efforts et un vrai savoir-faire. La fin de la vie professionnelle par Bernard Dubois (64) p. 24 Le passage au statut de retraitž nõest pas synonyme dõun renoncement ˆ toute forme dõactivitž utile ou productive. Il constitue lõoccasion de donner ˆ sa vie une nouvelle orientation et ˆ lui donner un nouveau sens. Doctorat de lõx : une formation reconnue par Michel Rosso (69) p. 27 Au niveau international, le doctorat est un dipl me tr s reconnu. CÕest ce qui a amenž lõx ˆ cržer, en 2000, une ƒcole doctorale pour laquelle on peut esquisser un premier bilan. La rupture, a se nžgocie par Bertrand Reynaud p. 28 Pour un cadre dirigeant, la rupture avec son employeur est un moment difficile et džlicat. Bien tourner la page, cõest bien se pržparer ˆ en Žcrire de nouvelles. Chasseur de t te : mode dõemploi par Bruno Serey (81) p. 30 Les chasseurs de t tes ne traitent quõune fraction des recrutements de cadres dirigeants. Mais leur approche spžcifique du marchž et leurs mžthodes de travail leur permettent dõžliminer au mieux les facteurs de hasard dans les procždures de recrutement. EmployabilitŽ et polytechniciens : le regard dõun DRH par Thierry Smagghe (78) p. 32 Face ˆ un impržvu de carri re, les X sont souvent džsarmžs, faute dõavoir consacrž assez de temps et dõattention ˆ leur employabilitž. Il faut savoir prendre le temps de ržflžchir ˆ son mžtier, sõassurer que ses compžtences sont utilisables ailleurs, entretenir son ržseau et rester ˆ lõžcoute du marchž. Rompre son contrat de travail par Fran oise de Saint-Sernin p. 34 Le schžma traditionnel de la džmission remise par le salariž et du licenciement infligž par lõemployeur a fait long feu. Le salariž, lõemployeur, ou les deux, disposent de multiples solutions, lžgales ou jurisprudentielles, pour mettre fin de la fa on la plus appropriže ˆ la relation de travail. Le conseil en stratžgie : un accžlžrateur de carri re par Matthias Boyer-Chammard (2000) p. 38 AccŽlŽrateur de carri re, tremplin, richesse des Žchanges. Que repržsente ržellement un passage dans un cabinet de conseil en stratžgie? Comment Žvoluent ceux qui sont entržs juste apr s lõžcole? Quels profils expžrimentžs sont recherchžs et pour en retirer quoi exactement? CrŽer son entreprise, cõest changer de vie par Jacques-Charles Flandin (59) p. 42 De plus en plus de polytechniciens envisagent de se lancer dans la cržation ou la reprise dõentreprise et sõengagent dans cette voie. Il leur faut sõattendre ˆ un changement de mode de vie radical et prendre le temps de soigneusement pržparer leur projet, ce qui nõemp chera ni les difficultžs ni le stress. Le Bureau des Carri res : un outil au service de tous par Nicolas Zarpas (58) p. 44 OpportunitŽs et probl mes peuvent se pržsenter pendant quarante-cinq ans de vie professionnelle dans un univers en mutation rapide. GŽrer sa carri re et surmonter les incidents toujours possibles est plus facile avec un appui personnalisž et non commercial. LA JAUNE ET LA ROUGE NOVEMBRE

10 CARRIéRES GRAND ANGLE PAR MICHEL PRUDHOMME (64) pržsident de LÕEspace Dirigeants, conseiller du Bureau des Carri res de lõax Il est dangereux de ne pas avoir de projet professionnel ˆ 30 ans Emploi et carri res : le fil conducteur Le dipl me de lõx nõest plus un talisman contre les accidents de carri re, sõil le fut jamais. AmŽliorer la situation globale de lõemploi des polytechniciens implique que les actions ciblžes menžes par lõax soient amplifižes et relayžes par lõƒcole, pour amener tous les Žl ves ˆ vraiment prendre en main la gestion de leur carri re. Les carri res des X sont extr mement varižes comme le montre un certain nombre de cas typiques pržsentžs dans ce dossier : conseil, finance, recherche, expatriation, recherche dõemploi, fin de carri re. Cette observation soul ve la question suivante : quõest-ce qui fait la diffžrence? Avec la m me formation de džpart, pourquoi tant de diversitžs, de ržussites Žclatantes et dõžchecs patents? Estce la chance? Je ne crois pas : il faut aller chercher du c tž des caractžristiques individuelles. Deux qualitžs et un džfaut Est-ce lõƒcole qui nous les a donnžs, ou bien sommes-nous rentržs ˆ lõƒcole parce que nous les avions? Toujours est-il que nos camarades ont, en gžnžral, deux qualitžs et un džfaut. La premi re qualitž est la curiositž intellectuelle : un intense bouillonnement dõidžes, une capacitž ˆ analyser et ˆ synthžtiser, ˆ džcouvrir et ˆ innover dans les situations les plus Formule 1 ou 4 x 4 JÕai dans lõesprit lõimage suivante, tr s personnelle, mais qui me sert souvent : le jeune polytechnicien est une voiture de course. Il va tr s vite, a besoin dõune piste ržservže, est difficile ˆ piloter, peut sortir de la route. DÕautres Žcoles produisent plut t des mod les plus proches du 4 x 4 tout-terrain. REPéRES Pendant de nombreuses annžes, Michel Prudhomme a animž des ateliers et sžminaires ˆ lõax : ateliers Ç Curriculum Vitae È, pour les Žl ves pržsents ˆ lõƒcole ; ateliers Ç DŽbut de carri re È, pour les promotions 2001 ˆ 2006 ; ateliers Ç Premiers emplois È, pour les promotions 1995 ˆ 2000 ; et sžminaires ÇRecherche dõemploiè, pour tous les camarades. Il a ensuite re u individuellement la plupart dõentre eux. Si on y rajoute les personnes quõil rencontre dans son mžtier de coach ou ˆ lõax, il dispose dõun Žchantillon repržsentatif des situations dõemploi et de carri re des polytechniciens, quõil peut comparer aux autres Žcoles. complexes, ˆ trouver des solutions. Et la seconde, cõest le sens des valeurs : respect des engagements, du devoir, droiture, rejet des compromis et compromissions. Le džfaut, cõest souvent une certaine rigiditž psychologique : difficultž ˆ se remettre en question, ržsistance au changement, tout dõune pi ce. DŽbut de carri re Je crois que plus des deux tiers dõune promotion de jeunes sont dans le privž cinq ans apr s la sortie de lõƒcole. Or quõobservons-nous? La voiture fonctionne souvent avec le m me moteur : la satisfaction intellectuelle de ržsoudre des probl mes complexes. Si cõest ce que demande lõentreprise, tout va bien. Si ce nõest pas le cas, ou plus le cas, il y a probl me. Premier exemple : les responsabilitžs dõencadrement. La demande peut arriver tr s t t, et ržussir comme manager nžcessite la mise en Ïuvre dõautres moteurs, comme le sens politique ou les contacts humains, par lesquels notre jeune camarade est surpris. Autre exemple : le changement de mžtier. Nombre dõentre eux veulent quitter la recherche, avoir un travail plus concret. RŽussir ce 8 LA JAUNE ET LA ROUGE NOVEMBRE 2010

11 premier changement nõest pas facile. Il est normal que notre jeune camarade nõait pas de projet professionnel en sortant de lõƒcole, il est par contre dangereux de ne pas en avoir ˆ 30 ans : il faut donc b tir ce projet en džbut de carri re. Vers 30 ans CÕest ˆ cet ge que les diffžrences commencent ˆ se faire sentir. Certains ont pilotž leur projet, ont gžnžrž la confiance et fait preuve de suffisamment de stabilitž pour avoir eu une ou deux belles promotions. DÕautres ont papillonnž, passant dõun centre dõintžr t ˆ un autre, acqužrant des compžtences tr s varižes sans encore avoir de mžtier, pensant ainsi se pržparer ˆ des postes de direction gžnžrale. Certains ont changž leur premier moteur, et adoptž un mode de propulsion hybride, positif (gožt du concret, besoin de ržsultats, envie de ržaliser) ou nžgatif (gožt du pouvoir, besoin de visibilitž) selon les dispositions naturelles de chacun. DÕautres ont m me oubliž quõils avaient un moteur et continuent ˆ lõalimenter. Conna tre ses forces et faiblesses, tre clair avec soi-m me sur ses freins et moteurs, ainsi que sur ses motivations profondes, se fixer des objectifs ˆ cinq ans, ˆ dix ans me semble indispensable vers 30 ans. Vers 45 ans Les diffžrences sont Žtablies. La plupart ont ržalisž leur projet professionnel, en lõadaptant au fur et ˆ mesure aux contraintes de la vie. Peu importe quõil y ait eu une ou deux pžriodes difficiles, une sortie de route ou une panne s che : la voiture avance et cõest heureusement le cas majoritaire. Par contre, il y a des situations difficiles et ˆ cet ge, le marchž ne fait plus de cadeaux. Et malheureusement, lõemployabilitž de certains sõav re problžmatique et peut conduire ˆ des situations comme celles pour lesquelles la Caisse de secours intervient. Situations difficiles Un exemple est celui de ÇlÕours savantè, tr s compžtent dans un domaine technique pointu, et qui nõa pas ržalisž quõil Žtait exploitž par son employeur depuis dix ans. Il le sera jusquõˆ ce que ce domaine disparaisse de lõactualitž, et ce jour-lˆ il se trouvera dans une impasse. Vers 55 ans GŽrer la fin de sa vie professionnelle nõest pas aisž. Et pourtant, cõest encore une histoire de moteur. Celui qui est adaptž džpend de chacun, mais doit absolument favoriser le plaisir de travailler. En effet, beaucoup ressentent ˆ cet ge lõenvie de faire quelque chose de diffžrent : quitter le salariat, se mettre ˆ son compte, faire du bžnžvolat, diminuer son rythme de travail. Dans mon Cabinet, lõexpžrience nous montre tous les jours que la plupart sous-estiment les difficultžs et se lancent ˆ fond sans pržparation pržalable. Prendre en main sa carri re M me si on oublie certains cas atypiques, il nõen reste pas moins que la situation globale de lõemploi des polytechniciens nõest pas aussi facile que ce que lõon pourrait croire. Cas extr mes Quelques candidatures dõanciens X ržv lent des traits de caract re parfois caricaturaux. Ainsi, celui qui, ˆ 40 ans, indique sur son CV son rang de sortie de lõƒcole polytechnique. Certains, ayant fait tous les mžtiers, estiment pour lõavenir ne pouvoir en faire quõun seul, celui de directeur gžnžral. DÕautres, ayant fait du conseil pendant quelques annžes dans un grand cabinet anglo-saxon, pensent ne pouvoir intžgrer un grand groupe quõˆ un poste de direction de centre de profits. LÕamŽliorer par des actions ciblžes comme lõax le fait depuis des annžes est nžcessaire, mais pas suffisant : cõest ˆ lõƒcole m me que le message doit passer, comme il passe dans dõautres Žcoles ˆ vocation plus commerciale. Le message, cõest d 'abord quõune carri re se construit et se pilote par lõintžressž luim me. Et aussi que lõintžr t de lõemployeur et celui de lõintžressž peuvent ne pas co ncider : il faut donc savoir rester et changer ˆ bon escient. Il faut aussi comprendre que si le capital dõemployabilitž est le m me au džpart pour tous, il faut savoir le faire fructifier et ne pas le dilapider d s 30 ans. Enfin, ne pas oublier quõon ne travaille pas que pour soi, mais aussi (et surtout) pour une entreprise. LÕintŽr t de lõemployeur et celui de lõintžressž peuvent ne pas co ncider GRAND ANGLE LA JAUNE ET LA ROUGE NOVEMBRE

12 CARRIéRES GRAND ANGLE PAR JACQUES LEVIN (58) pržsident du groupe X-USA-Canada, coordonnateur ParisTech alumni pour les USA et le Canada Il est plus facile de partir tr s jeune RŽussir une expatriation aux ƒtats-unis Avec la contribution de Myriam Le Cannellier (HEC), Nicolas Descoqs (01), Marc Fleury (89), Alain Gounon (90), Matthieu GuibŽ (92), Michel Iches (66), džcždž depuis ce tžmoignage et Pierre Ollivier (78). Six anciens polytechniciens de promotions tr s diverses et une ancienne dõhec apportent leur tžmoignage sur leur expatriation aux ƒtats-unis. Ils abordent tour ˆ tour lõ ge idžal pour tenter lõexpžrience, les atouts de leur formation, les contraintes familiales, le choc culturel, lõintžgration, la vie pratique et lõhypothžtique retour. LÕåGE IDƒAL Michel Iches Les ƒtats-unis sont en fait le pays le plus ržfractaire ˆ la mondialisation. Ë quel ge faut-il tenter lõexpatriation? Michel Iches estime Ç quõil y a deux tranches plus favorables que les autres : vers ans, juste apr s avoir džcrochž un dipl me dõune universitž amžricaine ou dõune institution Žtrang re bien connue dans le milieu professionnel des ƒtats-unis; vers ans, lorsquõon est devenu un professionnel confirmž et quõon est encore adaptable (ou mallžable) au Ç choc culturel È. Apr s 45 ans, il est plus difficile de sõadapter culturellement et de sõintžgrer dans des ržseaux qui sont džjˆ constitužs. Ç Aux ƒtats-unis, il faut assez vite faire son choix entre une ÇexpatriationÈ au sens usuel (pour un temps limitž et avec perspective de retour) et une Ç immigration È avec perspective de faire sa vie en AmŽrique. È REPéRES Jacques Levin (58) vit aux ƒtats-unis depuis quarante-deux ans. Apr s une th se en physique ˆ lõuniversitž de Grenoble, il džbarque en Californie en 1968 pour son postdoctorat. Apr s trois mois, le voilˆ pr t ˆ repartir. Mais, il souhaitait se reconvertir en mathžmaticien et informaticien. Ç On mõavait dit, en France, cõest impossible. Ici, par contre, on mõa dit : Vous avez un PhD, vous faites ce que vous voulez! È Quelques tentatives džcevantes de retour en France nõont pas ržsistž ˆ lõattrait des ƒtats-unis et des avances technologiques. ÇCe que jõaime surtout ici, dit-il, cõest lõimportance de lõaction par rapport ˆ la discussion. È Une entreprise fran aise Pour Myriam Le Cannellier : ÇIl est plus facile de partir tr s jeune (juste apr s lõžcole, ou un ou deux ans apr s), o lõon peut tre recrutž par une entreprise fran aise ou pour des compžtences techniques bien spžcifiques par une entreprise amžricaine. Dans ce dernier cas, il faudra souvent ajouter un dipl me amžricain ˆ la suite du dipl me fran ais. CÕest aussi plus facile dans cette tranche dõ ge car il nõy a pas de grande famille ˆ džmžnager. LÕautre avantage, pour celui ou celle qui est vraiment attirž par les ƒtats-unis, cõest dõacqužrir tr s t t une expžrience amžricaine. Si lõon attend trop, les opportunitžs sont plus rares et les param - tres ˆ prendre en compte se compliquent. È LA FORMATION Marc Fleury consid re que Çla formation polytechnicienne est utile pour une start-up. Elle 10 LA JAUNE ET LA ROUGE NOVEMBRE 2010

13 enseigne ˆ travailler dur, sans peur des sujets techniques, tout en Žtant gžnžraliste. Un AmŽricain, m me avec une formation dõžlite, est soit dans la technique soit dans le business, mais rarement dans les deux. Les AmŽricains regardent avec suspicion les profils polyvalents. Ceux-ci sont cependant tr s adaptžs aux startups o tous les r les doivent tre joužs par les fondateurs, au moins dans les premiers temps. È Ç Un Fran ais, surtout polytechnicien, est ŽduquŽ pour tre dans le vrai et avoir raison, confirme Alain Gounon. Il para tra le plus souvent arrogant aux yeux des AmŽricains. Inversement les AmŽricains sont plut t ŽduquŽs pour aller de lõavant ; dõo le sentiment dõun Fran ais que ceux-ci foncent sans ržflžchir. È LE CHOC CULTUREL Myriam Le Cannellier Si lõon attend trop, les opportunitžs sont plus rares. Apr s trois expatriations, en Europe, en Asie, et en AmŽrique du Nord, Nicolas Descoqs tžmoigne de Ç la ržalitž du choc culturel È. Ç Au džbut, on džcouvre un pays nouveau, tr s souvent enthousiasmant. Mais, apr s quelques mois, on est envahi par le sentiment Žvident de ne pas tre chez soi, source de malaise plus ou moins prononcž selon les personnes et les destinations, accentuž souvent par lõobstacle de la langue. Ensuite, au fur et ˆ mesure, on finit par sõhabituer ˆ son nouvel environnement. Ç Il est illusoire de penser que lõon Žvitera le choc culturel parce quõon conna t džjˆ la destination pour sõy tre rendu ˆ plusieurs reprises en voyage dõaffaires : des sžjours de courte durže, ˆ lõh tel et en pension compl te, nõexposent en ržalitž quõˆ un premier aper u relativement superficiel du pays. È Acceptation ou rejet Alain Gounon distingue quatre phases : Ç Tout nouveau tout beau, sous le coup de lõžmotion de lõarrivže. Une nouvelle vie sõoffre ˆ soi. Ë partir du deuxi me mois, les vraies difficultžs commencent : Que diable suis-je allž faire dans cette gal re? Tout ce qui est simple chez Le groupe X-ƒtats-Unis- Canada CrŽŽ il y a dix ans, le groupe X-USA-Canada ržunit aujourdõhui 900 membres. En liaison avec ParisTech et lõassociation des Grandes ƒcoles (AAGEF), son objectif est de cržer aux ƒtats-unis et au Canada un ržseau professionnel dõanciens des Grandes ƒcoles, solidaires et capables de sõentraider. ÇConfrontŽ chaque jour ˆ la puissance des ržseaux nordamžricains il faut, en consolidant les ržseaux, promouvoir la qualitž de notre formation et nous faire conna tre ˆ lõžtranger. È soi devient extr mement compliquž. Ouvrir un compte en banque, louer un appartement, obtenir un permis de conduire, sõinscrire ˆ tel ou tel club ou telle activitž devient un parcours du combattant. CÕest ˆ ce stade que tout se joue. Ç Acceptation ou rejet constitue donc la troisi me phase. On ne comprend pas, on ne veut pas comprendre, on reste dans ses certitudes. CÕest lõattitude de rejet qui aboutit en gžnžral, un an apr s lõarrivže, ˆ un retour fulgurant dans le pays dõorigine, avec amertume et džsabusement. LÕacceptation, elle, passe par la volontž de chercher ˆ comprendre. Ë chaque difficultž, prendre le ržflexe de noter que cõest diffžrent, que cõest surprenant, ne pas hžsiter ˆ demander aux locaux pourquoi ils font a, et pourquoi comme a. La quatri me et derni re phase est celle de lõintžgration ou Poisson dans lõeau. On a acquis une autre dimension culturelle en sus de sa culture dõorigine. È LE CONJOINT Alain Gounon Pourquoi et comment sont les deux questions de survie et de franchissement du choc culturel. Ç La carri re du conjoint constitue bien souvent un frein ˆ lõexpatriation, estime Myriam Le Cannellier. Selon son mžtier, sa capacitž ˆ trouver un emploi sur place variera beaucoup. Aux ƒtats-unis certains visas ne permettent pas au conjoint de travailler. È Si quelque chose ne fonctionne pas comme chez soi, cõest quõil y a une bonne raison GRAND ANGLE LA JAUNE ET LA ROUGE NOVEMBRE

14 CARRIéRES GRAND ANGLE Toujours contacter lõassociation locale dõaccueil des expatrižs francophones Ç Dans notre cas, ce fut le contraire, explique Jacques Levin. Mon Žpouse, dõorigine hollandaise, professeur de fran ais mais Žtrang re, nõavait pu se faire une carri re en France. Ce fut compl tement diffžrent aux ƒtats-unis. Ë peine arrivžs en Californie, nous avons vite constituž un cercle dõamis. En peu de temps, mon Žpouse avait trouvž une place dans une Žcole privže le matin et ˆ lõuniversitž lõapr s-midi. È Les qualitžs de la famille Ç Certaines entreprises annoncent tr s t t le projet envisagž dõun džpart en expatriation, rappelle Nicolas Descoqs. DÕautres annoncent ce projet tr s peu de temps avant le džpart. Dans un cas comme dans lõautre, certaines qualitžs sont exigžes de la famille. Dans le premier cas, au cours de la pžriode dõincertitude, tr s inconfortable et souvent Žprouvante nerveusement, le conjoint et les enfants doivent littžralement sõarmer de patience car la tendance naturelle est alors de chercher ˆ Ç planifier lõimplanifiable È. ÇDans le second cas, ou une fois la džcision de džpart en expatriation prise, la famille doit alors faire preuve de beaucoup de ržactivitž. Il nõest plus temps de se renseigner, mais de ržserver effectivement son logement, dõinscrire ses enfants ˆ lõžcole, et surtout de pržparer son džmžnagement, obtenir son visa et prendre ses billets dõavion. ÇArrive enfin le moment attendu : lõatterrissage dans le pays dõaccueil. Je recommande vivement au conjoint de contacter alors le plus rapidement possible lõassociation locale dõaccueil des expatrižs francophones (pržsente dans la plupart des grandes villes ˆ travers le monde), association qui permet de se tisser un ržseau social rapidement. È LÕINTƒGRATION Nicolas Descoqs Une aventure passionnante qui renforce les liens familiaux. Comment sõintžgrer rapidement? Voici, selon Alain Gounon, quelques particularitžs ˆ retenir pour une expatriation ržussie aux ƒtats-unis. Ç Bien entendu le trait est tr s caricatural et Les fundraisings Il nõexiste pas de subventions publiques pour les associations et toute activitž doit tre financže par la community. Ce que lõon ne paye pas en imp t, on a le devoir de le donner pour le džveloppement de celle-ci. Cela revient au final aussi cher que les imp ts en France mais au moins on choisit ce que lõon subventionne! rien ne vaut lõexpžrience du terrain pour džcouvrir toutes les subtilitžs qui font la richesse humaine et le sel de la vie dõexpatriž. Ç La socižtž amžricaine est une socižtž fondže sur lõaction : lõindividu se džfinit par ce quõil fait. Au contraire de la France qui est une socižtž de statut o lõindividu se džfinit par ce quõil est. CÕest pourquoi le dipl me par exemple a tant dõimportance en France et en a corollairement moins aux ƒtats-unis. Marc Fleury La premi re chose que jõai apprise aux ƒtats-unis, cõest quõil est permis dõžchouer. Ç Un ami, aux ƒtats-unis, est quelquõun avec qui on fait quelque chose (m me club de sport, coll gue de travail, voisin partenaire de barbecue, etc.). Si ce dernier vient ˆ džmžnager ˆ lõautre bout du pays, on ne fera plus rien ensemble, il ne sera plus un ami. CÕest choquant pour un Fran ais pour qui un ami est quelquõun avec qui on partage une complicitž intellectuelle; on peut ainsi garder un ami ˆ lõautre bout de la plan te et pour la vie. È ÇLa notion de community est fondamentale pour comprendre la culture amžricaine, souligne Matthieu GuibŽ. Elle est si particuli re ˆ lõamžrique quõil nõexiste pas de traduction fran aise pour ce mot. Elle repržsente les groupes auxquels on se rattache. Ce peut tre le quartier, la paroisse, le club de sport, lõžcole, etc. La community est le lieu o sõexerce la solidaritž. Lorsque lõon a intžgrž une community, on est tr s rapidement sollicitž pour participer ˆ sa vie par du bžnžvolat et des fundraisings. ÇNous avons choisi de mettre nos enfants aux Boy Scouts of America. CÕest un investissement important en temps (transport, camping) et en t ches diverses (solliciter les voisins et 12 LA JAUNE ET LA ROUGE NOVEMBRE 2010

15 Bureaucratie En trente ans, le pays sõest bureaucratisž dans des proportions spectaculaires. LÕun des pointsclefs est le r le central jouž par le social security number. Sans ce sžsame, plus question dõobtenir une carte de crždit (on peut quand m me avoir une debit card ˆ džbit instantanž), difficile dõobtenir un abonnement de tžlžphone mobile, impossibilitž de passer le permis de conduire, dõimmatriculer un vžhicule ˆ son nom, etc. LÕune des premi res choses ˆ faire en sõinstallant est dõobtenir ce fameux numžro. amis pour leur vendre des Girl Scouts Cookies ou des Boy Scouts Popcorns). Ç Cet engagement dans la community nous a permis de cržer des liens dõamitiž avec des AmŽricains avec lesquels nous partageons des valeurs communes et qui nous permettent peu ˆ peu de mieux comprendre leur culture. È LA VIE COURANTE Matthieu GuibŽ La culture amžricaine est beaucoup plus riche et plus complexe quõelle nõen a lõair vue de France. Dans lõensemble (hors logement) le cožt de la vie nõest pas sensiblement diffžrent de celui de la ržgion parisienne, a calculž Michel Iches. Ç LÕalimentation courante est plut t bon marchž, ainsi que lõessence (moitiž du prix fran- ais); les livres, les v tements sont ˆ peu pr s aux prix fran ais. ÇLa restauration de base est infecte, la restauration de luxe inaccessible. On note lõapparition dõune gamme moyenne de bistrots qui servent une cuisine, ˆ tonalitž italienne, ou synth se italo-japonaise, tout ˆ fait correcte ˆ des prix tr s abordables (ne pas oublier les 20 % de pourboire qui plombent les prix). È Un logement difficile ÇLe marchž du logement est un marchž local qui peut varier beaucoup dõune ville ˆ lõautre. Une seule considžration gžnžrale : avant dõouvrir un journal dõannonces ou de contacter une agence, il faut prendre connaissance de la gžographie dõensemble de lõagglomžration, de la configuration des axes de communication et identifier les quartiers vivables et ceux quõil est (vivement) conseillž dõžviter. Ç Compter une ˆ deux semaines pour sõimpržgner de ces donnžes avant de se lancer dans la recherche; ce nõest pas du temps perdu, au contraire, a Žvite de se faire balader pour rien par les agents immobiliers dans des tas de coins pas possibles. È LE RETOUR Pierre Ollivier a choisi dõaborder le probl me du retour en France. Ç Il est utile de bien avoir en t te que le retour se pržpare d s lõarrivže sur le sol amžricain. Je vois trois Žtapes clžs ˆ bien identifier et organiser. Ç La pržparation sõeffectue dans les deux ou trois derni res annžes sur le sol amžricain. Il est essentiel de garder des liens avec des coll gues ou des personnes en France ayant une capacitž de džcision. Mais il est important pour la hižrarchie locale aux ƒtats-unis de comprendre dans quel cadre vous venez travail- Le retour se pržpare d s lõarrivže sur le sol amžricain GRAND ANGLE Social et retraite Si lõon travaille comme indžpendant ou dans une petite structure, il faut souscrire une assurance individuelle. En gros, on est couvert tant que lõon reste en bonne santž. Les soins mždicaux sont chers. CÕest donc un point crucial ˆ discuter avec lõemployeur pržalablement ˆ lõexpatriation et il faut envisager toutes les ŽventualitŽs possibles. C tž retraite, il existe des fonds de pension dõentreprises, les uns intžgržs au bilan de la firme (mžfiance), les autres ˆ gestion externalisže (cõest mieux). Un conseil : souscrire ˆ la CFE (Caisse des Fran ais de lõžtranger) ; a cožte un peu cher ; du point de vue santž, a ne couvre pas les frais au niveau amžricain, mais cõest plus simple pour se faire rembourser les frais mždicaux lors des congžs passžs en France ; a ne donne quõune retraite minimale, mais a donne lõimmense avantage de valider les annuitžs passžes en expatriation si on retourne un jour en France. LA JAUNE ET LA ROUGE NOVEMBRE

16 CARRIéRES GRAND ANGLE ler avec eux : tout ce qui peut tre mis sur la table de mani re franche d s le džbut est un gage de ržussite. Ç La derni re annže est celle du compte ˆ rebours. Il convient de voir o on pourra revenir et comment. Il faut compter au minimum un an pour y voir clair (gu re plus, car les organisations peuvent rarement pržvoir un an ˆ lõavance, mais gu re moins, car les discussions dõorganigrammes sont rarement semestrielles et mettent du temps ˆ se figer sur un scžnario donnž). Bien communiquer sur la date de son retour et le fait quõon cherche une place ˆ Paris ˆ telle date. Savoir tre ˆ lõžcoute et sõadapter aux circonstances. È Pierre Ollivier Personne ne vous attend ˆ votre retour. Parc national de Bryce Canyon. FRAN OISE BOURRIGAULT Parer ˆ tout risque de rejet Deux ans pour se ržinsžrer Ç La ržinsertion nžcessite les deux annžes suivantes. Le retour ne fait pas lõžconomie dõune analyse sans complaisance sur la vžritable valeur ajoutže apportže par lõexpžrience vžcue au large, de sõy tenir et de la communiquer ržguli rement en finesse et sans arrogance ; en effet personne ne vous attendait avant votre retour et il peut exister une sorte de džfiance vis-ˆ-vis de celui qui a vžcu en dehors du cercle des habitužs. En particulier il faut veiller ˆ faire conna tre votre valeur ajoutže dans un cercle plus large que le seul cercle professionnel immždiat ; cela permettra de parer ˆ tout risque de rejet de la structure, qui, sõil survient, arrive en gžnžral au bout dõun ou deux ans apr s le retour. JÕai personnellement connu nombre dõexpatrižs ayant changž dõentreprise ˆ moins dõun an de leur retour en France, quõils lõaient voulu ou non : il faut donc sõy pržparer aussi soi-m me d s lõarrivže sur le sol fran ais. È BIBLIOGRAPHIE MulticulturalitŽ dans le cadre du travail La logique de lõhonneur, Gestion des entreprises et traditions nationales, Philippe dõiribarne. Cultures et mondialisation, GŽrer par-delˆ les fronti res, Philippe dõiribarne, Alain Henry, Jean- Pierre Segal, Sylvie Chevrier, Tatjana Globokar. Le management des Žquipes interculturelles, Sylvie Chevrier. Culture aux ƒtats-unis American Cultural Pattern, A Cross-Cultural Perspective, Edward C. Stewart, Milton J. Bennet. Culture shock! USA Ð A guide to Customs and Etiquette, Esther Wanning. LÕimportance des ržseaux ÇLes ržseaux sont importants ˆ tout moment, souligne Myriam Le Cannellier, mais encore plus au moment du retour. Alors que le džpart est relativement ÇaccompagnŽÈ, le retour ne lõest que tr s peu, voire pas. Les compžtences nouvelles acquises sont mal valorisžes. Les ržseaux jouent alors un double r le : le ržseau interne dans lõentreprise doit tre travaillž durant toute la durže de lõexpatriation pour mieux pržparer et nžgocier son retour et Žviter le syndrome Ç loin des yeux loin du cïur È. Les ržseaux externes (anciens Žl ves, anciens coll gues partis dans dõautres entreprises, etc.) peuvent Žgalement faire surgir des opportunitžs nouvelles dans le cadre dõun retour, notamment si rien dõintžressant nõest proposž ˆ lõexpatriž au sein de son entreprise. È 14 LA JAUNE ET LA ROUGE NOVEMBRE 2010

17 CARRIéRES Anne Duthilleul (72) ÇUne formation scientifique et humaine È Propos recueillis par la RŽdaction EntrŽe major en 1972, premi re annže o le concours Žtait ouvert aux filles, Anne Duthilleul relit sa carri re džjˆ longue ˆ la lumi re de cet apport essentiel, ˆ ses yeux, la formation scientifique et humaine. Anne Chopinet et AndrŽ Malraux ˆ lõx en fžvrier ƒcole POLYTECHNIQUE GRAND ANGLE Ç Pas de discrimination entre cerveau gauche, au raisonnement plus scientifique, et cerveau droit, si ge de la sensibilitž, estime Anne Duthilleul. Les grands scientifiques eux-m mes nõžchappent pas aux interrogations humaines ou philosophiques de leur temps, comme on le voit dans La Partie et le Tout de Werner HeisenbergÉ et comme on le ressent si vivement avec lõenseignement de la physique moderne, introduite depuis peu ˆ lõƒcole, dans les annžes soixante-dix. Entre une petite classe dõastrophysique et une confžrence de Malraux sur le r le de la science dans la formation des hommes, quelle nourriture pour la pensže! Et quelle vision Žtendue!È Ë lõx, Anne vit Çune vžritable plongže dans lõintelligence, dans la science telle quõelle est en train de se construire, ouvrant de nouvelles possibilitžs immenses. Et en m me temps, par les nombreuses discussions qui sõinstaurent, par la discipline des pžriodes militaires, par les mati res plus philosophiques abordžes, elle se sent tout enti re Çentra nžeè dans tous les sens du terme.è Une construction permanente Pour Anne Duthilleul, Çtout matin est un commencementè offrant de nouvelles occasions ˆ saisir et de nouvelles questions ˆ ržsoudre pour avancer. Avec leurs cinq enfants, pas le temps de sõennuyer. Deux gar ons dõabord, une fille, puis deux autres gar ons. Ils ont suivi le džroulement de sa carri re avec intžr t, lõont soutenue pendant les pžriodes de transition et ont toujours appržciž son engagement. La chance dõhabiter au REPéRES Anne Chopinet, qui Žpousera plus tard Jean- Marie Duthilleul, voit dans lõentrže ˆ lõƒcole Ç un acc s exceptionnel et fondamental ˆ une formation unique en son genre, tant sur le plan scientifique que sur le plan humain, voire philosophique. CÕest frappant au sortir des classes pržparatoires, tr s scolaires dans leur orientation et leur organisation, m me si leur formation ˆ la rigueur du raisonnement et ˆ lõeffort est pržcieuse. È centre de Paris, jamais ˆ plus dõun quart dõheure de transport de son travail, un peu dõorganisation pour faire tourner la maison et le relais pris alternativement par son Žpoux ou elle, lors des pžriodes plus chargžes professionnellement, lui ont permis de poursuivre un travail ˆ pleintemps sans discontinuitž. Les loisirs? Des week-ends ˆ la campagne dans la maison de famille, o Jean-Marie Žtait Žlu pendant deux mandats municipaux, et surtout quinze jours de bateau lõžtž avec tous les enfants pour se retrouver sans aucune interfžrence. Ç JÕai appris ˆ manïuvrer comme Žquipi re avec Jean-Marie, fžru de voile, sur un Corsaire (5,50 m). La voile est une Žcole de vie et de rigueur aussi, surtout en Bretagne entre les courants et les rochers.è Rigueur et transversalitž Ç La rigueur de raisonnement È, cõest ce que sõefforce de dispenser Anne Duthilleul dans ses activitžs professionnelles. Elle tient Žgalement ˆ Ç une certaine transversalitž ou interdiscipli- Une plongže dans lõintelligence et dans la science en train de se construire LA JAUNE ET LA ROUGE NOVEMBRE

18 CARRIéRES GRAND ANGLE La voile est une Žcole de vie et de rigueur entre les courants et les rochers Du temps pour la famille ÇLe secret : ne jamais culpabiliser vis-ˆ-vis de sa famille et se concentrer sur elle dans les temps libres pour compenser la quantitž par la qualitž du temps passž ensemble. Travailler ˆ la maison le soir ou le week-end? Seulement quand les enfants sont petits et quõils dorment. Mais ˆ lõ ge de lõadolescence, il faut tre pr t ˆ discuter tard le soir apr s le d ner ou au moment o lõenfant en a le besoin et lõenvie. Pas question alors de se ržfugier dans un dossier, m me urgent, cela passera apr s, la nuit ou le lendemain. È naritž entre profils et horizons diffžrents qui sõenrichissent mutuellement È. Ses premiers stages lõont amenže ˆ lõh pital FrŽdŽric Joliot- Curie ˆ Orsay, dans un service de mždecine nuclžaire du Commissariat ˆ lõžnergie atomique (CEA), o elle Žtait la ÇmathŽmaticienneÈ modžlisatrice de lõžquipe compl tement interdisciplinaire, dirigže par un mždecin et un pharmacien. Le mžtier de haut fonctionnaire Quelques annžes apr s la crise du pžtrole, sur la lancže du programme dõindžpendance ŽnergŽtique fran ais, ses gožts lõam nent ˆ sõoccuper dõžnergie. Au Service des mati res premi res et du soussol de la DGEMP, Anne est chargže du Plan uranium, qui recherche en France et dans le monde des ressources exploitables pour les compagnies mini res de lõhexagone. Elle c toie des gžologues, Çtoujours curieux des contržes quõils explorenté et de leurs bons restaurants, des industriels de grands groupes, car lõindustrie mini re est tr s capitalistiqueè. Elle apprend son mžtier de haut fonctionnaire, repržsentant lõƒtat, et la notion dõintžr t gžnžral, ˆ laquelle elle est tr s attachže. Ç Ë cette Žpoque, rappelle-t-elle, le ministre de lõindustrie sõappelle AndrŽ Giraud, ancien patron du CEA, et sõintžresse ˆ des projets futuristes comme lõexploitation des nodules polymžtalliques des grands fonds marins pour le nickel et le mangan se. CÕest un programme ˆ multiples facettes, mini re et mžtallurgique, mais aussi technologique, pour les robots dõexploration et dõexploitation ˆ grande profondeur, et diplomatique avec la nžgociation tour ˆ tour ˆ Paris, ˆ Londres ou ˆ New York de la Convention internationale sur le droit de la Mer.È Sa recherche de transversalitž lõam ne ˆ quitter le minist re de lõindustrie pour entrer ˆ la direction du Budget, qui a la haute main sur lõattribution des crždits publics. Ç Interface entre les minist res techniques et les Žchelons politiques, cette direction prestigieuse Žlabore des analyses rigoureuses et pržsente des dossiers parfaitement argumentžs reflžtant les diffžrents points de vue pour les fameux ÒarbitragesÓ.È Ë la recherche dõune politique Ç Le lieu privilžgiž de lõžlaboration des politiques, estime-t-elle, se situe dans les cabinets ministžriels, tr s spžcifiques ˆ la France, o les conseillers jouent un r le de traduction et transmission des džcisions du niveau politique vers lõadministration et les milieux Žconomiques, dõune part, de remontže des informations, des probl mes et des propositions vers les Žchelons politiques, dõautre part. È Elle est invitže ˆ participer au cabinet dõalain JuppŽ, ministre du Budget de 1986 ˆ Elle a la responsabilitž de budgets sectoriels, industrie, environnement, transports et agriculture. Secteurs dont elle reprendra la charge de 1995 ˆ 2000 aupr s du pržsident Jacques Chirac d s son Žlection. Faire entrer dans les cercles de džcisions politiques les mžthodes dõanalyse stratžgique employžes dans lõindustrie, o elle a passž plusieurs annžes ˆ les mettre en Ïuvre au Centre national dõžtudes spatiales (CNES), puis chez GEC-Alsthom (devenu Alstom), Žtait un des džfis quõanne Duthilleul a souhaitž relever en revenant en 1995 dans un poste de conseiller multisectoriel ˆ lõƒlysže. Ç Pour tre lisible, dit-elle, une politique doit reposer sur un constat partagž et comporter des orientations permettant ˆ chacun de sõali- Un engagement politique ÇFaire plus, faire mieux pour nos concitoyensè, tel est le sens de lõengagement politique quõelle a c toyž pendant des annžes, aupr s dõhommes politiques de mžtier. ÇË la place de conseiller ou de responsable Žconomique, le temps dõanalyse des probl mes et de formulation de propositions, pour tre nžcessaire et fructueux, doit tre plus profond et plus lent que le temps politique au rythme inexorable de manifestations publiques en ŽchŽances Žlectorales. È 16 LA JAUNE ET LA ROUGE NOVEMBRE 2010

19 Volontarisme ÇQui dit plan stratžgique dit aussi compžtitivitž, ržduction des cožts et džveloppements associžs. La cržativitž peut sembler bien loin, mais en fait non. Car tel directeur dõusine placž devant lõobligation gžnžrale de ržduire ses cožts de 20 % trouvera les moyens dõaugmenter son chiffre dõaffaires dõautant pour ÇnourrirÈ son usine et ses salarižs. Un autre, trop bien dotž en carnet de commandes, refusera de ržpondre ˆ de nouvelles demandes de devis, restant ainsi statique dans un monde de plus en plus concurrentiel. Or, le volontarisme est de mise, en entreprise comme en politique, et le r le des chefs dõentreprises comme celui des džcideurs est dõ tre au service de lõintžr t gžnžral, car tout le monde profite des retombžes positives dõune croissance comme dõune politique active de džfense de lõindustrie. Du moins si la confiance est lˆ pour rassembler dans une vision commune. È gner sur les objectifs retenus. Pour lõindustrie au plan national, comme dans chaque entreprise, cela rel ve de mžthodes analogues, seule lõžchelle diff re. È Elle se sent Ç ˆ lõaise dans lõžlaboration de telles stratžgies È et cherche ˆ appliquer les mžthodes ŽprouvŽes dans un cadre politique comme en entreprise. LÕun et lõautre lui semblent contribuer ˆ la construction de lõavenir. Aller retour vers lõentreprise En 1988, Anne Duthilleul se dirige vers un poste de responsabilitž directe, comme SecrŽtaire gžnžral du CNES. Ayant suivi les programmes spatiaux ˆ la direction du Budget en son temps : Ç CÕest une occasion r vže de passer de lõautre c tž de la barri re et de mettre rigueur et cržativitž au service de leur ržalisation. È En 1992, elle sõengage chez GEC-Alsthom, comme responsable du plan stratžgique de la division Transport. Et elle y džcouvre Ç lõintžr t gžnžral vu de lõintžrieur dõune entrepriseè. Ayant souvent Ç constatž le grand Žcart entre le monde de lõentreprise et le monde politique, ˆ lõžcoute des uns et des autres, Anne Duthilleul sõest efforcže de le combler en partie dans ses missions ˆ la pržsidence de lõerap, holding industrielle de lõƒtat. Ç PrŽcisŽment constituž dans les annžes soixante pour isoler le bras armž dõune politique industrielle publique (pžtroli re) des griffes des purs financiers, cet Žtablissement public avait džjˆ, avant mon arrivže, privatisž ELF et Eramet, cždž la moitiž de son portefeuille dans Eramet et la SLN aux intžr ts calždoniens, et restait actionnaire tr s minoritaire de la CogŽma. È Elle participe activement ˆ la constitution dõareva en 2001, revenant au secteur de lõžnergie, jamais tr s loin de ses pržoccupations. Puis, en 2003, lõerap investit directement 9 milliards dõeuros dans France TŽlŽcom pour le compte de lõƒtat. Et, sur un registre de conseil stratžgique et de nžgociation, elle se trouve mandatže par le Gouvernement sur les grands projets miniers et mžtallurgiques concernant le nickel en Nouvelle-CalŽdonie, Ç pour les sortir de lõorni re et favoriser leur džveloppementè. Une nouvelle fonction Anne Duthilleul continue aujourdõhui son chemin comme membre actif du Conseil Žconomique, social et environnemental, Ç image miniature de la socižtž fran aise pleine de contradictions, avec ses blocages, mais aussi ses remises en question et ses džbats ouvertsè. ƒgalement membre de la Commission de ržgulation de lõžnergie, elle Çrenoue avec son premier secteur de prždilection, au service de lõintžr t gžnžral, dans lõinvention dõune nouvelle fonction, celle de ržgulateur attentif aux consommateurs industriels et particuliers comme aux fournisseurs et transporteurs de gaz et dõžlectricitž, dans le contexte europžen et mondial. È Montrer clairement les choses ÇPartout sõapplique la complžmentaritž des approches : pour džfendre un projet, il faut le conna tre, et pour le conna tre, il faut gagner la confiance de ses interlocuteurs, pour les amener ˆ expliquer les fondements et les objectifs sans crainte, et a marche. È La grande le on quõanne Duthilleul en retient, ÇcÕest quõil faut montrer clairement les choses, oser se džvoiler et risquer la confiance pour tre mieux džfendu ensuite quoi quõil arrive, m me si tout nõest pas gagnž, et quõil y aura toujours plus de demandes ˆ satisfaire que de crždits disponibles. È DŽfendre les programmes de recherche et džveloppement technologique GRAND ANGLE LA JAUNE ET LA ROUGE NOVEMBRE

20 CARRIéRES GRAND ANGLE PAR HERVƒ ARRIBART (72) OLIVIER ROLLER professeur ˆ lõƒcole supžrieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (ESPCI ParisTech) Allers et retours vers la Science Chercheur dans lõ me, HervŽ Arribart multiplie les allers et retours vers lõindustrie. Soucieux avant tout de conserver sa libertž il veut pouvoir changer ˆ tout moment pour choisir ce qui lõintžresse. Un pari ržussi. ÇCertes, ce nõest pas la meilleure fa on de gagner sa vie en džbut de carri re, surtout dans le secteur public, confesse HervŽ Arribart, chercheur et heureux de lõ tre. Mais la recherche est un mžtier passionnant qui se pržsente, dans lõentreprise, comme une porte dõentrže exceptionnelle vers nõimporte quelle activitž. È REPéRES Polytechnicien (72), docteur en physique des solides, HervŽ Arribart est lõun des premiers thžsards des laboratoires de Palaiseau. Multipliant les th ses, il entre au CNRS en Quatre ans plus tard, il rejoint lõindustrie, chez Elf, puis Saint-Gobain. Il retourne au CNRS en 1980, avant de repartir pour lõindustrie en 1998, puis de retourner finalement vers lõenseignement et la recherche fondamentale en P re de deux enfants, il est membre de la SociŽtŽ fran aise de physique et de lõacadžmie des technologies. Si lõon ne fait pas de recherche en džbut de carri re, on nõen fera jamais Une vocation pržcoce ÇD s lõƒcole, au sein de lõavant-derni re promotion de la rue Descartes, les cours de physique mõont beaucoup plu. JÕai senti que je tenais ma vocation. Artilleur ˆ Melun pendant mon service militaire, je me suis inscrit parall lement ˆ la Fac. JÕai ensuite rejoint ˆ Palaiseau le laboratoire de physique de la mati re condensže. Mon objectif Žtait dõentrer au CNRS, ce qui nõžtait pas facile ˆ lõžpoque. Il fallait patienter.è Une introduction ˆ la recherche industrielle Ç La recherche offre une large gamme de džbouchžs, estime HervŽ Arribart, et si lõon ne fait pas de recherche en džbut de carri re, on nõen fera jamais. È Son premier voyage vers lõindustrie lõemm ne chez Elf Aquitaine, au Laboratoire de recherche de Lacq, ˆ une Žpoque o la Ç diversification È est ˆ la mode. Mode sans suite, mais Ç lõoccasion dõhabiter une ržgion agržable, avec de jeunes enfants È. Un ržseau en France et ˆ lõžtranger De retour en ržgion parisienne, il trouve chez Saint-Gobain un nouveau sujet de recherche, lõadhžsion des polym res, Ç tr s complexe, pluridisciplinaire et valorisant È. Ç JÕai de nouveau fržquentž les chercheurs acadžmiques, reconstituž mon ržseau en France et ˆ lõžtranger, avant de retourner vers la science en cržant un laboratoire mixte entre Saint-Gobain et le CNRS. JÕai džcouvert lˆ un passionnant exercice de communication : expliquer deux fois la m me chose ˆ des organismes diffžrents qui nõemploient pas le m me langage. È En lõan 2000, les choses changent ˆ Saint- Gobain. Il faut modifier la politique dõinnovation pour obtenir un meilleur retour sur investissement. Saint-Gobain Recherche ˆ Aubervilliers. ISABELLE DEBAISIEUX Ð SAINT-GOBAIN RECHERCHE 18 LA JAUNE ET LA ROUGE NOVEMBRE 2010

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