Les suppléments du quotidien. Internet
|
|
|
- Anne-Claire Gascon
- il y a 10 ans
- Total affichages :
Transcription
1 Les suppléments du quotidien CHARENTE-MARITIME ENTREPRISES DE BOUCHE bonnes recettes Les de la Charente-Maritime Sucré, salé, bières, vins, cognac, pineau, pâtisseries, macarons ou encore produits de la mer, le département regorge d artisans et de maisons qui ont su imposer la qualité de leurs produits Notre dossier région Le Sud-Ouest à l export Les entreprises cherchent la croissance sur les marchés étrangers : entretien avec le secrétaire d État chargé du Commerce extérieur, Matthias Fekl Internet Tous nos dossiers sur le web La région, le département et toutes les informations économiques sur Palmarès Classement Retrouvez le palmarès des 50 premières entreprises du département avec Pouey International
2 2 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 Publicité
3 JEUDI 13 NOVEMBRE Charente-Maritime Sud Ouest éco 3 ÉDITORIAL Bien manger fait recette Le bien manger n est pas seulement convivial et source de bien-être. C est aussi une source... de revenus. Une véritable économie même, en Charente-Maritime qui plus est, où les touristes participent largement à l essor de cette activité. Une dynamique portée par des entrepreneurs qui n hésitent pas à innover. Si les produits de la mer sont la partie visible de cet iceberg charentais-maritime, nombreux sont ceux qui se lancent sur des sentiers loin du littoral. Saluée par des prix nationaux, l une des plus belles initiatives revient sûrement aux deux sœurs Joubert, Scarlette et Margot, qui pétrissent leur succès avec leurs préparations bio pour pains et pâtisseries, à faire à la maison. Une piste aussi porteuse que les produits locaux. À ce petit jeu, les vins de Ré se hissent du goulot, profitant de la notoriété rétaise, et les concurrents des cafés Merling ont du mal à se faire une place dans la mêlée du «petit noir», où l entreprise du «patron» du Stade Rochelais occupe le terrain. La carte du local joue aussi à plein pour les brasseurs qui surfent sur la vague de la mode des bières originales et artisanales. Le département en compte déjà plus que d îles! Même les étudiants s y mettent, avec une formation de brasseur à l université de La Rochelle. C est peut-être là le secret de cette réussite en devenir : savoir utiliser les produits d hier et les transformer pour mieux les mettre au goût du jour. Cela réussit au bar André, institution rochelaise qui perdure sans perdre son attrait : couverts chaque jour en été. Et un pari osé, plus encore, par la maison de Cognac Laclie : proposer la précieuse eau-de-vie en... spray. La recette du succès. Stéphane Vacchiani Supplément gratuit au journal du 13 novembre 2014 Président-Directeur Général : Olivier Gérolami Directeur général délégué et directeur de la publication : Patrick Venries Réalisation : Agence de développement Directrice et rédactrice en chef adjointe : Marie-Luce Ribot Chef de service : Pierre-Emmanuel Cherpentier Illustration de Une : Alexandre Jonas Secrétariat de rédaction : Coraline Bertrand Siège social : Journal «Sud-Ouest» 23, Quai des Queyries, Bordeaux Cedex Tél Régie Sud-Ouest publicité : Tél N de commission paritaire : 0415 C SOMMAIRE Dossier régional : La région s exporte Interview du Secrétaire d État Matthias Fekl 5 The Wine Merchant, présent dans 50 pays... 6 Les barriques de TFF Group s imposent... 7 Maïsadour à la conquête de l Est... 8 Euralis veut imposer sa marque en Chine... 8 Boncolac veut développer la «finger food».. 8 L industriel basque Lauak vise l Amérique... 9 Sogerma Aerolia : moins dépendre d Airbus. 9 Soppec, des aérosols charentais en Europe 10 Le Bélier met un pied en Chine Getrag livre ses pièces détachées à l Inde.. 12 Des lasers girondins dans la Silicon Valley.. 12 Foutaine-Pajot navigue sur toutes les mers 13 Les moteurs américains de Bénéteau Ceva Santé Animale, de Libourne à Pékin Les vannes de KSB s exportent bien Palmarès Tableau : Les 50 premières entreprises en chiffre d affaires du département Comment lire les tableaux? Trois questions à Bertrand Lacampagne (Pouey International). 21 Les 50 premières dans les services Les 50 premières dans le commerce Les 50 premières dans l agroalimentaire Les 50 premières dans l export Les 50 premières dans l industrie Les 50 premières dans le BTP La Charente-Maritime se met à table La bière de Ré reste attachée à l île Oléron : une île, des bières La Rochelle a sa bière La Rieuse, bière de céréaliers d Aunis Les étudiants rochelais, futurs brasseurs Les liqueurs Merlet surfent sur le succès Bilan économique des Mardis du Cognac Innovation : du cognac en spray La Château Beaulon défend le pineau Vigne et saveurs ont leur Maison Les vignerons de Ré peaufinent leur vin Le boom des traiteurs Secrets d un Meilleur ouvrier de France Le pastis local réussit son pari Marlette, recettes sucrées de Ré à Paris Macarons gourmands pour professionnels. 28 Les surgelés, nourriture d avenir saine Les caramels d antan doivent innover Un resto charentais-maritime en Californie 30 Le Cayenne, resto local au cadre magique. 31 Les plantes aromatiques ont la cote Sel de Ré versus sel de Guérande La gambas du Japon frétille à Mornac Une grande nurserie pour poissons La criée de Royan a su se différencier Sturgeon ou le caviar «Made in 17» Le bar André, une histoire rochelaise Surgères, un abattoir à taille humaine Le pop-corn saintongeais s exporte Marché du café, de la place pour tous Émergence La quatrième édition des Trophées... 41
4 4 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE Dossier Le Sud-Ouest doit mettre le cap sur l exportation Aller chercher la croissance sur les marchés extérieurs. Quand l activité économique domestique flirte avec le niveau zéro de croissance. Quand la relance par la demande et la distribution de pouvoir d achat n est plus le credo officiel. Quand l investissement public se réduit comme peau de chagrin. Dans ce contexte, il n y a plus guère d alternative pour les entreprises que de mettre le cap sur l exportation. Les régions Aquitaine et Poitou-Charentes n ont pas, à l exportation, les performances de leur rang économique. Il faudrait sans doute pouvoir mieux connaître la part de la sous-traitance aéronautique régionale dans les réussites de la gamme Airbus dans le monde, pour en juger plus finement. Mais, hormis les vins de Bordeaux et d ailleurs en Aquitaine, et le Cognac dont les Asiatiques raffolent encore, il n y a pas de produits majeurs qui tirent les scores régionaux à l export. Et pourtant, dans le dossier régional que nous consacrons à ces questions, nous mettons en évidence de superbes attitudes de nos chefs d entreprises sur les marchés internationaux. De Ceva la Libournaise à La Soppec de Nersac (Charente), de Fonroche la Lot-et-Garonnaise à Euralis la Paloise, de KSB la Périgourdine à la Rochelaise Fountaine-Pajot, les patrons aquitains et charentais sont nombreux à mettre le cap sur la Suède, la Chine, les États-Unis ou la Corée. Forts d un savoir faire et d une envie d en découdre qui redonnent du tonus. C est la seule vocation de ce dossier que d ouvrir à tous des horizons nouveaux, au-delà de la crise et des yoyos de l euro. «Construire ses succès sur les marchés extérieurs, c est aussi renforcer ses bases, ici, sur nos territoires», nous dit Matthias Fekl, dans l entretien qu il nous a accordé au quai d Orsay. A-t-on au fond le choix? Jean-Bernard Gilles Rencontre avec le Secrétaire d État, Matthias Fekl. PHOTO XAVIER DE TORRES DE MAXPPP.
5 JEUDI 13 NOVEMBRE Sud Ouest éco 5 La région s exporte «Les leaders à l international ont des bases solides en France» ENTRETIEN Le Secrétaire d État chargé du Commerce extérieur, Matthias Fekl, élu du Marmandais, dit ici sa conviction que le déficit extérieur n est pas une fatalité Né à Francfort, Matthias Fekl relativise les succès du modèle allemand. Il invite petites et moyennes entreprises (PME) et entreprises de taille intermédiaire (ETI), à investir les marchés émergents. Quel est votre objectif au commerce extérieur? L idée est simple : la bataille du commerce extérieur se gagne d abord à l intérieur. La performance et la compétitivité de l économie nationale sont la base de toute bonne politique économique. Nous devons donc retrouver nos fondamentaux. Il faut des entreprises performantes qui créent de la richesse pour pouvoir exporter. Ce que je vois, c est que la France est en situation de déficit au niveau de ses échanges commerciaux depuis douze ans. Ce n est pas bon, mais c est une réalité. Ce que nos entreprises savent aujourd hui faire par exemple, dans le domaine de l énergie, de l agroalimentaire ou de l aéronautique je souhaite que, demain, nous le fassions avec nos PME et nos ETI. Nous avons entreprises exportatrices en France. C est deux fois moins qu en Italie et quatre fois moins qu en Allemagne. La puissance publique doit donc être au rendez-vous. Souvent, nos PME veulent exporter mais ne savent pas comment s y prendre ou tout simplement par où commencer. Nicole Bricq avait dit vouloir aider PME et ETI à sauter le «pas de l international». Déjà 550 entreprises sont entrées dans ce processus. Nous montons donc progressivement en puissance en engageant un suivi individuel de chacune d elles pour les aider, pas à pas, étape par étape. J ai bien l intention de poursuivre cette action. L agroalimentaire, la pharmacie et l aéronautique restent nos points forts à l export mais sont plus fragiles. Il y a des variations conjoncturelles que vous avez raison de souligner. Mais l évolution de nos filières championnes à l export est bonne. J étais récemment à Val-de-Reuil, en Normandie, pour inaugurer une chaîne de production de Sanofi. Elle met au point les vaccins contre la fièvre jaune, mais aussi ceux contre la dengue. Ils sont les leaders mondiaux. Et ce sont ces produits français d excellence qui sont utilisés partout dans le monde. La chimie, l agroalimentaire sont toujours des secteurs d excellence à l export. Ils le resteront. Quant à l aéronautique, elle fait partie des véritables fleurons français. Nous avons des carnets de commandes qui font pâlir d envie! Nous savons le poids et le dynamisme de ce secteur dans nos deux régions du Sud-Ouest, où il fait vivre salariés. L Allemagne affiche pourtant aujourd hui de très belles performances dans l agroalimentaire. C est un fait que l Allemagne monte en puissance sur ce secteur. C est un des effets à retardement de la réunification allemande et d une économie innovante et dynamique. Pour autant, l agroalimentaire reste un domaine de pointe pour la France même si nous devons gérer aujourd hui, dans certains secteurs que nous connaissons, les conséquences d un embargo russe difficile à évaluer. Pour le moment, nous restons vigilants et nous nous emploierons, le cas échéant, et avec chacune des filières concernées, à trouver des marchés alternatifs. Nous suivons cela de très près. Sur quels pays émergents progressons-nous? La France a une chance extraordinaire : partout dans le monde émerge une classe moyenne qui adopte de nouvelles habitudes de consommation qui correspondent souvent à l offre française. De grandes familles à l export ont été identifiées (la santé, l agroalimentaire, la ville durable, etc.) pour lesquelles la France dispose d un immense potentiel. Nous progressons d ailleurs sur tous les continents. L Afrique, tout d abord, qui compte un milliard d habitants, et demain, deux milliards. Nos exportations y progressent de 5,5% cette année. La France est ainsi l un des moteurs de l investissement en Tunisie mais aussi, plus généralement, au Maghreb. «Les besoins urbains sont énormes en Afrique et nous pouvons y répondre» Les besoins urbains sont énormes en Afrique et nous pouvons y répondre. Nous avons également une progression régulière de nos exportations vers la Chine, de plus 2% au premier semestre. L Amérique du Sud est aussi en progrès. Au premier semestre 2014, le Brésil a représenté 800 millions d euros de chiffre d affaires pour nos entreprises. Nous constatons par ailleurs une nouvelle dynamique d échanges avec les pays de l Asie autres que la Chine, les pays de l Asean (Association des nations de l Asie du Sud- Est). Il faut l accroître. Les grandes entreprises du Sud-Ouest actives à l international produisent partout dans le monde. Quel est l impact pour nos territoires? Je n oublie pas que je suis élu du Lot-et-Garonne qui a payé un lourd tribut aux délocalisations et aux fermetures d entreprises. Mais il n y a pas de contradiction entre l export et le national : «L évolution de nos filières championnes à l export est bonne.» PHOTO XAVIER DE TORRES DE MAXPPP. Ceva, De Sangosse, Le Bélier, Maïsadour, Dassault, Turboméca, Sanofi sont aussi des entreprises qui produisent et qui investissent en France. Les chaînes de valeur sont désormais mondiales. Les ETI leaders à l international ont une base solide en France où elles investissent dans l innovation, la recherche et le développement, la modernisation industrielle. Elles n ont pas l intention de quitter la France mais ont besoin du monde pour prospérer. Mais nous devons, c est vrai, être toujours plus vigilants aux délocalisations dumping. Elles existent. Elles sont inacceptables et créent de la souffrance sur nos territoires. La baisse de l euro offre-t-elle une perspective favorable? Les récentes déclarations et décisions de la Banque centrale vont dans le bon sens. Nos entreprises ont longtemps subi un «euro trop fort». Et en commerce extérieur les entreprises françaises le savent bien un «euro fort», c est souvent une manière polie de dire un «euro cher». Mais la monnaie ne doit pas nous exonérer de travailler sur la compétitivité. On s est trop longtemps contenté de dévaluer dans le passé pour exporter d avantage. La politique monétaire peut aider. Mais elle n est qu un des outils de la compétitivité, pas le seul. Nous devons adapter notre outil industriel pour rester en tête et innover. Pourquoi l Allemagne cartonne-t-elle à l export quand la France plafonne voire décroche? J ai grandi en Allemagne. Il y a dans ce pays des PME très actives, très puissantes à l export avec un suivi des banques régionales très efficace. Les Länder sont eux aussi très impliqués dans le soutien aux entreprises. Nos régions jouent un rôle essentiel en la matière qui doit être conforté par la réforme territoriale. Les investissements dans l innovation sont aussi très supérieurs aux nôtres. Le tissu économique est très robuste en Allemagne et très projeté vers l international. Nous devons y puiser des bonnes pratiques. Mais il ne faut pas idéaliser le «modèle allemand». Il y a beaucoup de précarité dans la société allemande. Je note que les secteurs en hausse outre-rhin sont à hauts salaires et à haute valeur ajoutée. Il y a aussi une force du dialogue social dans l entreprise dont il faut savoir s inspirer car elle permet aux salariés de prendre toute leur part à la vie et aux décisions de l entreprise. PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN-BERNARD GILLES
6 6 Sud Ouest éco La région s exporte JEUDI 13 NOVEMBRE Fêtes du vin Bordeaux exporte aussi sa fête du vin à Hong Kong (photo) Québec et Bruxelles. Promotion Union des grands crus de Bordeaux, crus bourgeois ou Armagnac : les professionnels font des tournées planétaires pour afficher leur produit. Partout sur le globe, The Wine Merchant en conquête VINS BORDELAIS Spécialiste des grands crus depuis vingt-cinq ans, le négociant Christophe Reboul Salze vend dans 50 pays. L international est l ADN de son affaire On ne peut pas dire que Christophe Reboul Salze soit mal entouré. Au siège de The Wine Merchant, à Artigues- près- Bordeaux (33), le visiteur arrive dans une grande salle où les visages féminins sont bien majoritaires. Doigts sur le clavier, œil rivé sur l écran ou téléphone à l oreille, on se croirait dans une salle de marché, le chef au milieu d une douzaine de collaborateurs. «On communique en temps réel, tout le monde est au courant des affaires. C est plus efficace», précise cet Auvergnat autodidacte, fondateur, en 1998, de ce négoce en vin «génétiquement» orienté à l export. «Nous facturons dans 50 pays. Sur 35 millions d euros de chiffre d affaires en 2013, 75% y sont réalisés. Sur des millésimes très demandés, ce ratio a même atteint 87 % dans le passé.» Spécialiste des grands crus Bordelais, l homme montre son entrepôt de m 2 où caisses, la plupart en bois, dorment en paix. De Hong Kong aux États-Unis De Pauillac, Saint-Estèphe, Margaux, Saint-Emilion, Pomerol ou Graves, les caisses sont là, en transit entre la propriété (en amont) et les clients (en aval) partout sur le globe : grande distribution, importateurs, grossistes, chaînes hôtelières, compagnies aériennes Et entre les deux, les courtiers jouent souvent un rôle capital. C est ce qu on appelle la Place de Bordeaux : les châteaux produisent et les négociants vendent. Les premiers ne le font presque jamais directement, ils n ont d ailleurs pas de service commercial. C est encore plus vrai dans l univers pointu des grands crus qui regroupe quelques centaines de châteaux et quelques dizaines de négociants. Chez The Wine Merchant, fondé il y a seize ans, le premier client est la France (Métro ). La Chine et Hong Kong arrivent en tête des étrangers. «Nous y sommes implantés depuis 2001 mais le millésime 2009 fut le premier où les acheteurs se sont investis sur la campagne primeur», rappelle le président de cette société financièrement solide (1). Son bureau à Christophe Reboul Salze dans son entrepôt de stockage adossé à ses bureaux d Artigues-près-Bordeaux (33). «Mon business s appuie sur des relations de confiance avec des clients du monde entier. Je voyage depuis des décennies pour entretenir ce réseau.» PHOTO LAURENT THEILLET. Hong Kong (deux personnes) a ainsi engrangé 30 millions d euros de CA en primeurs à l été 2010 (sur le grand millésime 2009) dont 11 millions pour un seul client. «Tout est affaire de confiance. Les négociants vendent presque tous les mêmes bouteilles, aux mêmes prix, parfois aux mêmes clients (2). La personnalité et le réseau font la différence. Quand on n a jamais trahi, les clients s en souviennent», pointe celui qui s est occupé dix ans de l achat des grands vins pour CVBG, poids lourd du négoce installé à Parempuyre, à la porte sud du Médoc. Les primeurs en danger Aujourd hui, la Chine doute (lire ci-contre) mais l Angleterre, les États-Unis (avec un bureau à La Chine cale, Bordeaux et Cognac souffrent Sur le front des exportations viticoles de la région, les vents contraires soufflent de l Est. La Chine et Hong Kong toussent sérieusement et du coup, le Bordelais et Cognac s enrhument. L Empire du Milieu est en effet un client-clé pour ces vignobles, sans oublier l Armagnac qui enregistre aussi des secousses. Les raisons du retournement de conjoncture sont politiques. En effet, le nouveau régime à Pékin fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille. Dans un pays où à peu près tout s achète et qui défend sa sacro-sainte culture nationale du «cadeau», les bouteilles de (bon) vin et (belles) eaux-de-vie trouvaient un terrain de jeu idéal. Élites, agents des collectivités locales et autres militaires les appréciaient d autant mieux qu ils ne les payaient pas de leur poche. Mais ce temps d une consommation ostentatoire sur notes de frais semble révolu. D où les courbes de vente qui plongent. Les exportateurs restent cependant confiants sur l avènement à terme de vrais amateurs. S ils commencent à se faire connaître, ils restent encore trop peu nombreux pour vider les tuyaux de la distribution engorgés de caisses. En Chine, le cognac a donc de l avance mais il faudra du temps pour y installer une consommation solide de vin. C. C. New York), le Japon ou la Belgique sont présents. «Bordeaux a du travail : nos clients y ont parfois perdu de l argent sur les millésimes 2010, 2011, 2012 et Comment leur expliquer que l achat en primeur reste intéressant?», s inquiète celui qui est aussi vigneron. «Exploiter trois châteaux donne de la crédibilité à mon activité de négoce. J y reçois aussi des clients», précise enfin Christophe Reboul Salze. L homme se déplace également cinq à six fois par an (quinze jours à chaque fois) pour porter partout la bonne parole. CÉSAR COMPADRE (1) Cœur du métier de The Wine Merchant, l achat en primeur consiste à acquérir dès le printemps suivant la récolte des vins qui ne seront disponibles qu à n + 2, à la fin de leur élevage. Par exemple, récolte 2013 proposée en primeur au printemps 2014 pour des caisses livrées fin (2) Sur le marché primeur, la propriété annonce un prix de sortie de son vin et les négociants acheteurs revendent à leurs clients à des tarifs «conseillés» par les propriétés. (3) Les Grands Maréchaux, Gigault et Belle Coline totalisent 50 hectares de vigne dans le Blayais.
7 JEUDI 13 NOVEMBRE Sud Ouest éco 7 Grands Chais de France Grands Chais de France (GCF), installé à Landiras (33), dirigé par l Alsacien Joseph Helfrich (photo), exporte dans le monde entier. CIVB L interprofession Bordelaise consacre plus de 15 millions d euros par an à faire de la promotion sur les marchés étrangers. Une nouvelle campagne a démarré cet automne. TFF Group empile les fûts TONNELLERIE Très présent en Bordelais et dans le Cognac, ce poids lourd du fût fait 90% de son business à l export Jérôme François jongle avec les fuseaux horaires, les parités monétaires et ses 44 sociétés réparties dans dix pays. Ce «roi de la barrique» dirige la société familiale (TFF Group) installée depuis quatre générations en Bourgogne vit à Bordeaux et part en voyage dix semaines par an (1). Autant dire que la mappemonde est son terrain de jeu, de la Chine aux États-Unis, de l Espagne à l Australie, en passant par l Écosse ou l Afrique du Sud. Son métier? Fabriquer des barriques et les vendre aux producteurs de vin et de whisky qui s en servent pour l élevage. Comme sur un Monopoly géant, l homme manie les masses de ces marchés tentaculaires, où la concurrence fait rage et où les informations ne circulent pas toujours. «D après nos calculs, la France, poids lourd du fût viticole, en utilise par an : en Bordelais, pour le cognac et en Bourgogne. Le solde étant sur les autres vignobles.» Mais cette base historique forte de TFF Group 173 millions d euros de CA pour un résultat net à 24 millions tousse parfois. Non seulement le marché bordelais a perdu 25% en deux ans (petits millésimes en petits volumes) mais les produits alternatifs (copeaux, staves...) gagnent du terrain. Concurrence des boisages alternatifs Du coup, TFF Group diversifie ses activités. Comme chez la plupart des tonneliers, ces produits alternatifs de boisage font désormais l objet de bien des attentions. «Nous venons d acquérir l Américain Stavin qui a 30% de ce marché aux États-Unis. Notre groupe réalise 17 millions d euros sur ce créneau de l alternatif que nous estimons autour de 90 millions au niveau planétaire», complète Christian Liagre, président du Charentais Radoux, filiale de TFF Group depuis L homme vit aussi à Bordeaux, preuve que c est là que bat le pouls de ce business du fût viticole. La société vient d ailleurs d inaugurer des bureaux neufs en plein centre-ville. Les équipes Radoux et le patron Jérôme François s y installent parfois (2). L occasion aussi de superviser depuis là les autres actifs girondins de ce groupe côté en bourse. Soit la tonnellerie Demptos (Saint-Caprais), la merranderie Sogibois (Salignac) et, depuis cet été, deux autres tonneliers : Maury & Fils et Berger. Le premier était le dernier professionnel installé à Bordeaux (il déménage à Saint-Caprais) ; le second, situé dans le Médoc, a une belle clientèle de grands crus, cœur du business des barriques neuves (3), vendues 650 euros pièce. «Nous sommes toujours en logique de développement. Les vins voyant le bois dans leur vie ne totalisent que 10% de la production mondiale», rappelle Jérôme François qui est devenu, via Radoux, mécène de la Cité des civilisations du vin qui sort de terre au nord de Bordeaux. Le débouché spectaculaire du whisky Autre voie de diversification de ce groupe mondialisé : le whisky. «Présents depuis 2008 sur ce créneau, nous avons aujourd hui quatre usines en Écosse et une dans le Kentucky (États- Unis). On y reconditionne des barriques usagées car cet alcool utilise peu de bois neuf. C est de l occasion.» Cette boisson, dont la consommation mondiale est à la hausse, pèse désormais 30% de l activité de TFF Group. Et l installation dans le Kentucky ne doit rien au hasard, cet État du Sud-Est étant le berceau du bourbon, le «whisky américain». En Écosse, on parle même de «gold rush» (ruée vers l or) pour cette activité très rémunératrice. Mais Jérôme François anticipe déjà le coup suivant. Après le vin (avec de nouveaux espoirs fondés sur l Italie et le Brésil) et le whisky viendra... la bière. «À côté des grands noms mondialisés, les spécialités locales de bière ont le vent en poupe. Cet univers connaît peu les bienfaits du bois mais nous avons des choses à y apporter. Je rappelle qu il n y a pas de grand vin dans le monde qui n utilise pas l élevage sous bois.» Le patron range ses dossiers et s apprête à partir pour la Chine. «J y ratisse le marché depuis 2007 et nous avons déjà une tonnellerie dans le Shandong. Ce pays plante beaucoup de vigne. Je crois à son essor.» CÉSAR COMPADRE (1) TFF Group est le nouveau nom de l entreprise, autrefois appelée François Frères. (2) Ces bureaux bordelais abritent aussi une ambassade de Riedel, spécialiste des verres pour le vin dont Radoux est le distributeur dans l Hexagone. (3) René Berger, le patron, a vendu son affaire ( fûts par an) mais reste actif dans la société. À Jarnac (17), Radoux fabrique barriques par an, dont 80% sont exportées, notamment en Espagne, aux États-Unis, en Afrique du Sud et en Australie. PHOTO RADOUX. Jérôme François (à gauche, président de TFF Group) et Christian Liagre (président du Charentais Radoux, filiale de TFF). Les deux hommes ont des bureaux neufs à Bordeaux, marché-clé du fût en bois de chêne pour l élevage du vin. PHOTO LAURENT THEILLET.
8 8 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 La région s'exporte La maison du Sud-Ouest à Chengdu Matthias Fekl, secrétaire d État au commerce extérieur, a inauguré fin octobre la nouvelle maison du Sud-Ouest, de Chengdu, capitale du Sichuan (15 millions d habitants). Les produits de la région (vins, jambons ) y sont vendus et dégustés. Maïsadour augmente la cadence AGROALIMENTAIRE La coopérative produit des semences en Ukraine. Mais elle ne réalise que 19% de son activité à l exportation. Elle veut faire plus I l y a quelques semaines Maïsadour inaugurait en Ukraine, l agrandissement de son usine de semences au centre du pays, entre Kiev et Donetsk. Le groupe y a au total investi quelque 38 millions d euros depuis quatre ans. Dire que la décision fut facile à prendre pour les coopérateurs serait excessif. Maïsadour produit bien quelques foies gras au Québec, des légumes et du maïs doux au Maroc, pour y tirer un parti maximal de l ensoleillement, mais la décision d investir à l Est de l Europe a fait l objet de nombreuses discussions. «Le groupe exporte aussi 70% de ses semences de maïs et de tournesol produites dans le Sud-Ouest» «Il y a au fond de notre culture d entreprise l idée que la production locale doit d abord avoir un impact sur l emploi dans nos régions», admet Michel Prugue, président de Maïsadour. Et pourtant, si l unité de production ukrainienne est en plein boom, elle fournit en semences de maïs les marchés russes, biélorusses et ukrainiens. Vu le poids du chiffre d affaires développé par la coopérative landaise 1,5 milliard d euros en 2013 on est presque surpris de voir la part prise par l exportation : moins de 20%. «Nous devons aller chercher davantage Euralis a inauguré au mois de septembre dernier une nouvelle unité de transformation de canard gras dans la province de Jiangsu (Chine). Un investissement de l ordre de 15 millions d euros. L entreprise a démarré dans le même temps une filière complète comprenant une ferme d élevage, une unité de transformation et une organisation commerciale destinée à faire de de croissance sur les marchés étrangers», indique Michel Prugue, qui a fixé à ses équipes l objectif de 30% du CA à atteindre dans la prochaine décennie. «La Chine, fortement consommatrice, est elle aussi intéressée par ce savoir-faire» Gros exportateur de maïs spéciaux Maïsadour est le numéro un européen des maïs spéciaux. L exportation de maïs génère à l étranger quelque 100 millions d euros de chiffre d affaires. C est le premier poste. Le groupe exporte aussi 70% de ses semences de maïs et de tournesol produites dans le Sud-Ouest dans deux usines de Mont-de- Marsan et de Tyrosse, ainsi que des semences de tournesol sorties de l usine Vivadour de Riscle (Gers). L ensemble génère 70 millions d euros de CA. Sous l impulsion de son PDG, Thierry Blandinières, Delpeyrat a su aussi trouver des marges plus fortes sur les marchés extérieurs où il réalise aujourd hui environ 50 millions d euros de chiffre d affaires. Ses jambons trouvent désormais preneurs en Allemagne. Le récent agrément obtenu sur les marchés américains et chinois devrait produire ses premiers effets dans les prochains mois. «Du champ à l assiette» Deux axes de travail export sont à l œuvre chez Maïsadour : construire une fonction support commune à toutes les sociétés et les amener à chasser en meute. L entreprise est par exemple sollicitée par la Côte d Ivoire qui souhaite apprendre à nourrir sa population en construisant toute la filière. Une prestation de services rémunératrice. La Chine, fortement consommatrice, est elle aussi intéressée par ce savoirfaire. «Notre marque va du champ à l assiette, c est ce que nous devons valoriser sur les marchés», explique Régis Fournier, le directeur du développement international de la coopérative. JEAN-BERNARD GILLES La nouvelle filière chinoise d Euralis Rougié, sa marque phare, le premier fournisseur de foie gras de la restauration gastronomique chinoise. Implantée en Chine depuis 2007, Rougié y est connue depuis plusieurs années mais une tempête a détruit en décembre 2012 sa ferme d élevage. La marque «en forte croissance, apparaît de plus en plus dans la restauration chinoise», assure Guy de Saint-Laurent, directeur de Rougié en Chine. Prometteur. Régis Fournier, directeur du développement international de Maïsadour, mise sur les circuits courts pour gagner des parts de marché à l international. PHOTO NICOLAS LE LIÈVRE. Boncolac vise aussi l Angleterre La toute nouvelle usine Boncolac de l Agropole représente un investissement de neuf millions d euros. Boncolac est désormais la filiale du groupe Sodiaal, qui a fusionné avec 3A l ancienne coopérative Union laitière des Pyrénées, née à Bonloc (64) en début d année. Boncolac réalise environ 100 millions d euros de chiffre d affaires et compte 500 salariés répartis dans cinq usines, qui produisent pâtisseries industrielles et produits traiteurs surgelés. L entreprise vend ses tartes en Europe du Nord et en Amérique du Nord essentiellement, mais n exporte finalement que 20% de sa production. Pour surmonter, après des années de croissance, un relatif coup d arrêt sur le marché français, Boncolac s est donné à Agen les technologies de recherche et développement qui vont lui permettre de mettre au point de nouveaux produits. Un des marchés envisagés est celui de la «finger food» britannique, soit la nourriture qui se mange avec les doigts devant la télévision ou autour d un buffet. Il offrirait de nouveaux débouchés à une activité traiteur très saisonnière. Les chefs des labos de Boncolac y travaillent d arrache-pied, discrètement pour l instant. J-. B. G.
9 JEUDI 13 NOVEMBRE La région s'exporte Sud Ouest éco 9 Plus 9% en 2013 Le chiffre d affaires total de l aéronautique française est de 48,4 milliards d euros aux deux tiers à l exportation, en progression de 9%. Export pour le Rafale? Dassault Aviation est entré dans la phase finale de négociation du contrat de livraison de 126 Rafales à l Inde. Un enjeu de plus de 10 milliards de dollars Lauak vise l Amérique AÉRONAUTIQUE L industriel basque, très impliqué dans les succès d Airbus, veut trouver d autres clients sur le continent américain La société basque Lauak, qui écrit depuis plus de vingt ans une des plus belles histoires industrielles du sud de notre région, va bien. Elle surfe sur les formidables cadences de production d Airbus dont elle est devenue l un des principaux partenaires pour ce qui est des pièces de chaudronnerie et de soudage. Elle ne cesse d investir sur les terres où elle est née, à Ayhere près d Hasparren (64), mais aussi à l Isle-Jourdain dans le Gers, où elle va réunir deux sociétés de mécanique de précision acquises il y a peu à proximité de Toulouse. Son chiffre d affaires est désormais voisin de 80 millions d euros avec près de 820 salariés. «C est justement parce que les choses vont bien pour notre société aujourd hui que nous devons anticiper les étapes suivantes» Lauak a de belles perspectives avec les nouveaux programmes de l A350 et de l A320 Néo : «C est justement parce que les choses vont bien pour notre société aujourd hui que nous devons anticiper les étapes suivantes», explique Mikel Charriton, directeur général du groupe, fondé par son père, Jean-Marc. Le constructeur européen représente aujourd hui plus des deux tiers du carnet de commandes de Lauak qui travaille aussi pour Dassault Aviation. 5% à l export Aujourd hui, l industriel ne réalise qu à peine 5% de son chiffre d affaires à l international. Il produit pour une société israélienne, IAI, un réservoir qui équipe l entrée de gamme des avions d affaires de la société Gulfstream. Lauak a engagé il y a quelques mois une réflexion stratégique pour élargir le champ de sa clientèle. Il est sur le point de conclure un accord avec le constructeur brésilien d avions régionaux, Ambraer. Un marché, s il est conclu, qu il adressera depuis sa base industrielle basque et son unité de production portugaise où le groupe emploie 260 salariés. Le directeur commercial et un cadre export sont aux manettes sur ce projet encore petit mais qui pourrait en annoncer d autres. Deuxième étape, plus lointaine, l entrée sur le marché américain, terre de Boeing. Un rêve pour Jean-Marc Charriton, le fondateur, qui, à ses débuts, a fourni seul ses premières pièces à l usine Dassault de Biarritz. «Mais il n est pas possible d entrer chez Boeing ou l un de ses sous-traitants majeurs en produisant en Europe», explique son fils, Mikel. L entreprise souhaiterait acquérir une entreprise familiale au métier voisin du sien sur le marché américain. Elle devra être déjà qualifiée chez le constructeur de Seattle, «une condition pour gagner du temps», selon le directeur général de Lauak. L objectif Les Marriton, père et fils, sont dans une logique d anticipation et d adaptation aux évolutions du marché de l aéronautique. ARCHIVES PATRICK BERNIERE / «S.O.». de l entreprise à l horizon 2018 est donc de mieux répartir son portefeuille d activité sur les deux continents. Déjà mondial, le marché de l aéronautique se globalise encore et toujours. «Airbus et Boeing multiplient les accords industriels sur les trois continents, américain, européen et asiatique. Nous devons donc anticiper ce mouvement pour rester dans la course», résume Mikel Charriton. Lauak a en effet bien l intention de ne pas se laisser déborder. JEAN-BERNARD GILLES Les volontaires internationaux du pôle Le pôle de compétitivité Aerospace Valley a initié en 2010 un partenariat original permettant à des PME du Sud-Ouest de moins de 250 salariés de s attacher, à moindre coût, les services d un volontaire international en entreprise (VIE). L affaire bénéficie des financements conjoints de l État, via les Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l emploi (Direccte) des régions Aquitaine et Midi- Pyrénées, de leurs Conseils régionaux respectifs et des entreprises. «Le coût final d un ingénieur ou commercial partant un an sur un marché extérieur est de l ordre de euros, que les entreprises se partagent à plusieurs, ce qui rend l opération très accessible», explique Thilo Schoenfeld, délégué aux affaires internationales d Aerospace Valley. Plusieurs sociétés aquitaines ont saisi l opportunité, tels TDM à Mérignac, Serma Technologies à Pessac ou Price Induction à Anglet. Au Brésil, en Allemagne, aux États-Unis ou au Canada, les 13 VIE qui ont bénéficié de ces financements ont donc prospecté ou établi des contacts commerciaux pour une quarantaine de sociétés de taille intermédiaire qui n auraient pas eu les moyens d engager seules une action forte à l export. Les résultats varient selon les missions. «On ne peut parler que d une première approche commerciale mais pas de résultats en termes de chiffre d affaires», indique Jacques Péré-Laperne, patron d Algo Tech Informatique à Bidart, un éditeur de logiciel dédié aux installations électriques dont le VIE partagé est aujourd hui installé aux USA. Aquitaine Électronique, un des fleurons de la technologie du sud-aquitaine (Serres Castets) vient aussi de recruter pour deux ans avec Potez (Landes), un VIE pour prospecter le Brésil, un marché difficile d accès. La décision de reconduire ce dispositif qui reste prisé des PME du pôle de compétitivité n a pas encore été prise. Mais ne saurait tarder. J-. B. G. L ambition export de Sogerma Aerolia Jean-Michel Léonard, PDG de Sogerma. ARCHIVES GUILLAUME BONNAUD / «S. O.». L annonce faite il y a peu de fusionner deux équipementiers majeurs de l aéronautique du Sud-Ouest, Sogerma à Rochefort et Aerolia à Toulouse, filiales à 100% d Airbus Group, ouvre de nouvelles perspectives. La future entité emploiera au 1 er janvier 2015 plus de salariés pour 1,6 milliard d euros de chiffre d affaires. Spécialisée dans les sièges techniques, les sous-ensembles de fuselage, les casses de trains d atterrissage et la voilerie pour les avions de transport régional (ATR), la nouvelle entité n est que partiellement internationalisée. «Bien sûr nos produits sont constitutifs des Airbus qui volent partout dans le monde mais nous devons élargir le champ de nos partenaires industriels pour devenir moins dépendants de notre maison-mère et continuer à croître», explique Jean-Michel Léonard, le PDG de Sogerma, qui réalise 30% de son chiffre d affaires en Amérique du Nord, où ses deux usines travaillent pour Bombardier et Boeing.
10 10 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 La région s'exporte L Aquitaine exporte en Europe Près de 60% des exportations des entreprises aquitaines se font avec les pays européens : l Allemagne est en hausse, mais l Espagne et l Angleterre sont en retrait, important (-26%) pour le premier, plus léger (-3%) pour le second Soppec s arrime à l Europe du Nord NERSAC Fabricant de bombes aérosols, le groupe charentais a acheté deux filiales en Suède et en Allemagne Thibault de Maillard est un homme qui compte dans le patronat charentais. Il a repris en 2004 l entreprise créée par son père, alors spécialisée depuis les années 1980 dans les peintures de marquage. Sous son impulsion, la Soppec, solidement implantée à Nersac, à proximité d Angoulême, va se diversifier dans la conception et la fabrication de bombes aérosols de traçage et de marquage, très prisées par les professionnels de la forêt, des travaux publics et les gestionnaires de stocks industriels importants. Un marché professionnel de niche mais porteur. À la fin des années 2000, Technima, qui est la holding de tête du groupe et que préside aussi Thibault de Maillard, investit lourdement en Charente. D abord dans un nouvel outil industriel : il est flambant neuf, au top des normes exigées sur un site Seveso et sur une nouvelle plate-forme logistique, car c est d ici que l entreprise livre ses marchés, français et internationaux. Gros effort à l exportation «Avec ce nouveau produit, nous avons d abord reconquis les parts de marchés des entreprises américaines en France», indique le patron de la Soppec. Modeste, le dirigeant ne s étend pas sur le fait que son chiffre d affaires, aujourd hui de 35 millions d euros avec 120 salariés en France, a été multiplié par 10 en dix ans. Et c est bien sur les marchés extérieurs, qui absorbent aujourd hui les deux tiers environ de la production, que la Soppec est allée chercher les relais de croissance que sa nouvelle organisation industrielle lui permettait de lorgner. Ses bombes de marquage se vendent en Allemagne, en Suède, en Espagne mais aussi en Europe de l Est. «Le marché français est devenu trop petit pour nos produits, très spécifiques», souligne Thibault de Maillard. En 2009, il achète à Göteborg le n 3 du secteur avec, dans la corbeille, une plateforme logistique et de solides connections commerciales avec les administrations locales. Rebelote en 2012 dans le Bade-Wurtemberg où la société acquise produisait alors, ce qu elle a cessé de faire aujourd hui. «Quand vous allez sur ces marchés, il ne faut pas manquer de s entourer de tous les conseils juridiques, fiscaux et sociaux, souvent onéreux, mais qui peuvent vous éviter de commettre des erreurs coûteuses», précise le patron de la Soppec. L entreprise, portée par une vision claire de son avenir et un produit qu elle a su renouveler en innovant, est aujourd hui le n 3 européen de son secteur d activités. Elle lorgne aujourd hui le marché africain et ceux de l industrie chimique et des professionnels de l énergie. JEAN-BERNARD GILLES Thibaut de Maillard dirige la Soppec depuis PHOTO ANNE LACAUD.
11 JEUDI 13 NOVEMBRE La région s'exporte Sud Ouest éco 11 Journée Export le 20 novembre à Bordeaux La région Aquitaine, Aquitaine Export et l équipe de la CCI Aquitaine organisent jeudi 20 novembre un grand rassemblement d entreprises au Palais des congrès de Bordeaux. Le Bélier, l entreprise monde INDUSTRIE L équipementier automobile girondin produit sur les trois continents majeurs. Il vient d acheter le groupe chinois HDPCI, qui possède deux usines en Chine et une en Hongrie Le Bélier est un sous-traitant de rang deux de l industrie automobile. Avec 40% de parts de marché dans le monde, il est le leader de la fabrication de composants de sécurité en aluminium pour les systèmes de freinage notamment. Les constructeurs allemands sont ses principaux clients mais Ford, PSA ou Renault- Nissan sont aussi ses partenaires. L entreprise était à l origine une fonderie créée en 1961, à Vérac (33), par Jacques Galland. Sa famille est toujours l actionnaire de référence. Elle a conservé à Vérac son siège social, ses laboratoires de recherche et développement et ses forces marketing et commerciales. Elle est devenue une entreprise monde avec cinq usines en production en Europe, en Asie et aux États- Unis, depuis la première inaugurée au Mexique, au début des années «Il n était plus possible de produire ici en restant compétitifs. Nous avons donc suivi les constructeurs automobiles qui ont engagé ce processus de délocalisation», explique Philippe Dizier, le directeur général. Mexique, Hongrie, Serbie, Chine Tout au long de la décennie 2000, le Bélier a investi dans le monde entier pour rester au top salariés dans le monde L entreprise emploie aujourd hui salariés dans le monde et moins de 100 à Vérac. Le coût global de production est divisé en moyenne par cinq dans ces contrées lointaines. Imbattable! «Mais même en Philippe Dizier, directeur général des Fonderies du Bélier. PH. ARCHIVES JEAN-FRANÇOIS HARRIBEY / «S. O.». Chine les coûts du travail liés à l évolution des salaires sont en augmentation depuis dix ans», relativise Philippe Dizier. C est sans doute la flexibilité de cet outil industriel mondial qui a permis à l entreprise de surmonter une crise du marché automobile qui, en 2009, l a plongé dans le rouge plusieurs années de suite. Depuis, Le Bélier, porté par le besoin d allégement des véhicules et leur obligation de moindre émission de CO 2, rebondit et de belle manière. «Il n était plus possible de produire ici en restant compétitifs. Nous avons donc suivi les constructeurs automobiles dans ce processus de délocalisation» L ouest de la Chine Elle a lancé de nouveaux produits, remit son chiffre d affaires dans la bonne direction à 237 millions d euros en 2013 et s est désendettée. De quoi repartir en conquête. Au mois de juillet dernier, Le Bélier a acquis le groupe chinois HDPCI qui possède deux usines en Chine et une en Hongrie : «C est une société en pleine croissance spécialisée dans les systèmes de freinage et le Turbo», souligne le DG du Bélier, qui pourra ainsi suivre plus facilement les constructeurs automobiles qui migrent vers l Ouest de la vaste Chine. HDPCI est aussi une entreprise très rentable. Pour rester dans la course, Le Bélier a su diminuer ses coûts de main-d œuvre, loin de la France où le marché annonce une croissance de plus de 3%. JEAN-BERNARD GILLES
12 12 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 La région s'exporte Getrag fonce sur l Inde BLANQUEFORT La conquête de ce nouveau marché est à porter au crédit de la mobilisation de toute l entreprise Les 800 salariés de Getrag peuvent être satisfaits. Bien sûr leur usine vient d être désignée pour produire, à compter de 2017, la MX 65, nouvelle boîte de vitesse manuelle des petites cylindrées que Ford vendra dans toute l Europe d ici à la fin de la décennie. Dix ans de travail assuré. Mais c est d une autre victoire dont il s agit. À la suite d une compétition interne au groupe basé en Allemagne, elle s est imposée à deux usines, anglaise et slovaque, où les coûts de main de production pouvaient être jusqu à 30% moins élevés. C est Blanquefort qui livrera en pièces détachées, pendant de nombreuses années, une usine du groupe en Inde. «Depuis deux ans nous avons mobilisé une équipe de 10 personnes sur ce projet», explique Christophe Baptiste, le patron de Getrag, qui a dans le passé dirigé l usine slovaque. En maintenant un haut niveau d investissement à Blanquefort, en organisant la production en îlots plus responsabilisant pour les salariés et en créant un véritable esprit collectif sur toute la De nouveaux horizons s ouvrent pour Getrag. PHOTO ARCHIVES FABIEN COTTEREAU. chaîne, Getrag a su s imposer. La modération salariale acceptée par les syndicats et la réorganisation des rythmes de travail ont achevé de rendre compétitif le site de Blanquefort. Il recrutera pour ce contrat indien 150 à 200 personnes dans les prochains mois. JEAN-BERNARD GILLES LASERS ULTRA BREFS Amplitudes Systèmes attaque l Amérique Le groupe Amplitudes qui est devenu en quelques années un des leaders mondiaux des lasers ultrabrefs utilisés dans l industrie et les laboratoires, a acheté cet été une société américaine. Continuum Lasers conçoit et distribue des produits lasers pour applications scientifiques, industrielles et commerciales. Présent à Paris et à Pessac, où il s est développé, ce fleuron de la filière laser dispose désormais d une présence au centre de la Silicon Valley. Le groupe pèse aujourd hui 66 millions d euros et emploie 270 personnes. C était encore une start-up il y a moins de dix ans. J-.B. G. Le groupe connaît une forte croissance. PHOTO ARCHIVES GUILLAUME BONNAUD / «S.O.».
13 JEUDI 13 NOVEMBRE La région s'exporte Sud Ouest éco 13 Depack Design en Chine La société girondine Depack Design, spécialisée dans l architecture évènementielle participe à l animation des Maisons du Sud-Ouest en Chine. La Géorgie veut une Cité du Vin La Géorgie réfléchit à un projet de Cité des civilisations du vin pour valoriser les productions du Caucase. Fountaine-Pajot change de cap export NAUTISME La société d Aigrefeuille-d Aunis élargit le spectre de ses clients à l international avec succès Lorsqu en 2008, Fountaine-Pajot est frappé, comme l ensemble du marché du nautisme, par la crise, une cassure s opère dans la manière dont la société de Charente-Maritime aborde les marchés extérieurs. «Nous étions alors surtout tournés vers les marchés européens du sud et les Caraïbes», explique Romain Motteau, entré dans l entreprise pour organiser la partie événementielle et commerciale. À 31 ans, il en est devenu le directeur général délégué à l exportation. Un poste qui compte puisqu aujourd hui Fountaine-Pajot réalise 85% de son chiffre d affaires de 50 millions d euros en vendant ses bateaux hors de France. C est vers les pays émergents, où la classe moyenne a pris de l essor ces dernières années, que les efforts ont été portés. «Au Brésil, dans les pays du Golfe comme en Chine, le yacht, en version grand modèle, est devenu un signe extérieur de réussite», explique-t- il. «Aujourd hui la Russie, l Australie ou la Turquie font aussi partie des pays cible de Fountaine-Pajot» Deuxième étape de la reconquête : les États- Unis. Le marché est important, concurrentiel et fonctionne plus qu en Europe sur le crédit. En ciblant exclusivement les réseaux de distribution spécialisés, la société y a vendu 150 bateaux en quelques années, soit plus qu en Europe. Aujourd hui, la Russie, l Australie ou la Turquie font aussi partie des pays cibles de Fountaine-Pajot, résolu à diversifier géographiquement une clientèle qui garde une affection Fountaine-Pajot part à la conquête des pays émergents où une nouvelle clientèle est apparue. PHOTO ARCHIVES PASCAL COUILLAUD / «S. O.». particulière pour ces produits fabriqués en France. «Les questions monétaires pèsent peu dans nos transactions car nous décidons nous-mêmes du prix de vente de nos voiliers et catamarans, vendus à l unité», insiste Romain Motteau. Dernière particularité de cette politique exportation : le mode de distribution. Si l entreprise gère en interne le marketing, l organisation des salons et la stratégie, elle n entend pas faire peser trop de frais fixes sur la commercialisation dans ces lointaines contrées maritimes. C est donc sur un réseau rémunéré de revendeurs professionnels qu elle s appuie, qu ils soient concessionnaires comme aux USA, ou importateurs comme en Chine. Fountaine-Pajot, qui se lance à son tour dans les catamarans à moteurs, conservera ce mode de distribution. Mais la production, qui occupe à Aigrefeuille-d Aunis et à La Rochelle, 330 salariés en CDI, reste bien «made in France». L actionnariat, qui demeure familial, n a pas l intention de changer cette répartition des tâches. JEAN-BERNARD GILLES Le moteur américain du groupe Bénéteau TENDANCE Le marché affiche une hausse des ventes Le numéro un mondial des bateaux à voile, le groupe Bénéteau, qui possède 25 usines dans le monde, a réalisé un chiffre d affaires consolidé de 808 millions d euros à la fin août Si l activité est en repli d environ 10% sur le marché de l habitat de loisirs, comme les mobil-homes O Hara, la tendance est à la hausse pour l activité bateau, en croissance de plus de 4%. «Nous réalisons 90% de notre activité à l exportation avec une part désormais inférieure à 20% sur les marchés européens», détaille Dieter Gust, le directeur général de CNB, la filiale du groupe qui produit quelque 65 bateaux par an à Bordeaux, des 15 mètres et plus, avec près de 560 salariés. Bénéteau récolte aussi les fruits de sa diversification vers les bateaux à moteur engagée dès Elle progresse notamment sur le segment des moins de 12 mètres, notamment aux États-Unis, le premier marché mondial. Au mois de juin dernier, le groupe a d ailleurs racheté la société américaine RecBoats, spécialisée dans la conception, la production et la commercialisation de bateaux à moteurs. Une entreprise qui possède une unité de production dans le Michigan et qui réalise un chiffre d affaires de 110 millions d euros. Les bateaux RecBoats sont désormais intégrés à l offre commerciale de Bénéteau dans tous les salons mondiaux auxquels la société participe depuis l automne. Les ventes ont augmenté de 40% en Amérique du Nord en une année. La baisse de l euro devrait encourager cette tendance l an prochain. Les marchés turcs et russes sont par contre en retrait. J-. B. G. Chantier naval de Bénéteau. PHOTO ARCHIVES FRANK PERRY / «S. O.».
14 14 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 La région s'exporte De Sangosse a acheté l Anglais Fine L entreprise lot-et-garonnaise De Sangosse, spécialisée dans les produits phytosanitaires a racheté cette année la société britannique Fine en pointe sur les régulateurs de croissance horticoles et arboricoles. Ceva attaque la Chine LIBOURNE Société vétérinaire de rang mondial, Ceva Santé Animale fait du marché chinois sa nouvelle cible Marc Prikazsky, le PDG de Ceva Santé Animale était fier de cette démonstration faite à ses invités. Alors qu il inaugurait il y a peu, à Libourne, sa nouvelle usine de produits infectieux et de solutions de reproduction pour bovins, il annonçait l envoi pour la Chine d un premier conteneur de produits injectables. Une double réalité qui résume assez bien ce que parvient à faire ce groupe avec agilité depuis qu il a quitté le giron de Sanofi en 1999 : croître sur tous les continents, tout en restant bien ancré sur ses bases françaises. Avec collaborateurs dans le monde dont en France (y compris au siège mondial, à Libourne) et un chiffre d affaires global de l ordre de 700 millions d euros, Ceva entend entrer, d ici à 2020, dans le top 5 des laboratoires vétérinaires mondiaux. Croissance externe C est par une politique soutenue de croissance externe tout au long de la dernière décennie, que Ceva a su multiplier par cinq son chiffre d affaires. Argentine, Canada, Australie, Afrique du Sud Tous les six mois ou presque, l entreprise annonce le rachat d un laboratoire, d un portefeuille de vaccins ou d une unité de production, sur un marché lointain. Des entreprises familiales, le plus souvent avec un chiffre d affaires minimum de trois millions d euros : «Nous nous associons à des gens qui n ont pas les moyens de développer leur outil et nous essayons de le faire en limitant l investissement, en les associant au capital du groupe», précise le PDG du groupe. Actuellement, le groupe réalise 300 millions d euros de CA en Europe de l Ouest dont 100 millions en France, soit un septième de son activité. L Europe de l Est, l Amérique du Nord comme l Afrique et le Moyen-Orient pèsent eux aussi 100 millions d euros environ. Marc Prikazsky, le PDG de Ceva Santé Animale. PHOTO AFP. Produire en Chine Mais c est bien vers la Chine que Ceva déploie toute sa stratégie. «C est un marché immense et les besoins de santé et de bien-être y sont tout aussi immenses, pour les animaux comme pour les humains», explique Marc Prykazsky. Ceva a monté une première co-entreprise, en 2011, avec le groupe Huadu pour devenir le premier producteur chinois de vaccins pour animaux destinés à la consommation. Il s est associé avec les autorités chinoises pour travailler à l éradication de la brucellose en Mongolie-Intérieure, grande région laitière. En Chine, comme partout dans le monde, ses ingénieurs et docteurs nouent des accords de collaboration scientifiques comme celui signé en 2013 avec l université de Canton. Une étape a été franchie en juillet 2013 avec la création d une entreprise franco-chinoise, avec le groupe Hengtong, de produits pharmaceutiques pour la production de porcs et de volailles. Ceva y est majoritaire. Le groupe vise les 100 millions d euros de CA en 2020 en Asie. Lors de la dernière réorganisation de son capital, il a fait entrer le fond souverain de Singapour Temasek, très actif dans toute l Asie, et les Laboratoires Mérieux, qui ont bonne réputation en Chine. Les salariés et les cadres dirigeants du groupe gardent de surcroît la majorité dans les prises de décision. Le meilleur vaccin contre la délocalisation. JEAN-BERNARD GILLES
15 JEUDI 13 NOVEMBRE La région s'exporte Sud Ouest éco 15 Le soleil ne se couche pas pour Fonroche INNOVATION En Lot-et-Garonne, Fonroche produit des énergies propres et se développe à l international Fonroche fait partie des pépites aquitaines. La société lot-et-garonnaise, basée à Roquefort, conçoit et développe de nouvelles unités de production d énergie. D abord centrée sur le photovoltaïque, elle s est désormais diversifiée dans la géothermie et le biogaz. Ce producteur d énergies vertes, qui emploie 170 personnes pour un chiffre d affaires de 63 millions d euros l an passé, se développe désormais à l international. «L Inde et le continent africain représentent un marché considérable pour les énergies vertes» Yann Maus axe le développement de l entreprise vers l international. PHOTO EMILIE DROUINAUD. «En Inde, on recense plus de villages qui ne sont toujours pas électrifiés», aime à rappeler Yann Maus, PDG et fondateur de Fonroche. Sur le continent africain, le constat est le même. Ces pays émergents représentent donc à ses yeux un marché potentiel considérable. Notamment pour ses centrales solaires XXL, d ores et déjà implantées au Kazakhstan, à Porto Rico, au Mexique, en Colombie, sans oublier l Inde : «Dans le désert du Rajasthan, nous avons investi 46 millions de dollars pour construire deux fermes solaires de 23 MW chacune. De quoi alimenter l équivalent d un État» Et à en croire Yann Maus, il n y a pas de raison que cela s arrête puisque «même sans subventions, le coût de production de l énergie solaire reste inférieur au gaz et au charbon». La gamme de candélabres solaires, développée par le groupe, pourrait aussi faire ses beaux jours à l export. Julien Pelicier Exosun prend pied en Californie DÉVELOPPEMENT La société girondine va fournir ses trackers aux Américains La société Exosun de Martillac (33), fondée en 2007 par Frédéric Conchy, vient de signer un accord important aux États-Unis. Dans la foulée d un premier gros contrat, où elle fournira ses trackers pour une très grande centrale de production solaire, Exosun s associe à la société Daetwyler Clean Energy qui fournit des solutions de production d énergie photovoltaïque pour toitures et centrales au sol. La précision de son ingénierie et sa connaissance du marché, en font un partenaire majeur outre-atlantique pour y asseoir la technologie des trackers développés en Gironde. Ils y font recette car ils sont amovibles et suivent les rayons du soleil pour en capter un maximum d énergie. Frédéric Conchy, patron heureux. PHOTO J-.J. S.
16 16 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 Publicité
17 JEUDI 13 NOVEMBRE La région s'exporte Sud Ouest éco 17 Kedge Business School Le global MBA de Kedge Business School fait un bond de 16 places dans le classement mondial du Financial Time. Délivré en France en Chine, il occupe désormais le 27 e rang et le 4 e français derrière les MBA d HEC, de l Insead et de l École Supérieure de commerce de Paris. La Roche-Chalais parle toutes les langues ÉNERGIE Depuis son site de Dordogne, KSB exporte 75% de sa production vers le continent asiatique. Elle est notamment fortement positionnée sur les marchés du nucléaire et de l énergie La filiale française, KSB, d un groupe allemand spécialisé dans les vannes pour l industrie en général, emploie 450 salariés à La Roche-Chalais, en Dordogne. C est à la fin des années 1980 que la société familiale allemande, basée à Frankenthal, rachète en France les sociétés Pompes Guimard et Amri, spécialisées dans la robinetterie industrielle. Une activité qui s est développée en Aquitaine dans les années L usine est aujourd hui le spécialiste du groupe dans les vannes papillons de haute technologie pour les marchés de l énergie. KSB est spécialisée dans les vannes papillon de haute technologie. PHOTO HERVÉ CHASSAIN. Investissement et savoir-faire C est ici à La Roche-Chalais, aux confins de la Dordogne et de la Charente, que le groupe a choisi au début de l été de construire une nouvelle usine : un investissement de 12 millions d euros avec à la clé, la création de 40 emplois. Ce site a longtemps été en concurrence avec un autre site en Corée, proche des chantiers navals, où KSB exporte déjà une bonne part de sa production. Mais le site périgourdin a été au final choisi en raison de son savoir-faire, de la proximité avec les services recherche et développement, toujours localisés en Gironde, et parce que les collectivités locales au premier rang desquelles le Conseil régional Aquitaine se sont mobilisées pour l aider à se développer, pas uniquement sur le plan financier. 110 cadres branchés sur le monde L entreprise réalise en effet 75% de son chiffre d affaires à l export, en Europe et en Asie surtout. Elle occupe une place forte sur les marchés du nucléaire et de l énergie et impose sa technologie, notamment dans l équipement des nouvelles unités flottantes d exploitation de gaz offshore et de transfert sur les super-méthaniers. La technologie KSB y fait référence dans ces univers de haute pression et de température extrême. La nouvelle gamme Triodis, produite dans la récente usine de La Roche-Chalais, permettra de fabriquer des pièces plus grosses avec un pont roulant pouvant lever jusqu à 40 tonnes «Les gisements sont de plus en plus éloignés des côtes et ont besoin de terminaux de regazéification flottants», explique Philippe Bagard, le directeur de l usine. À ses côtés, une équipe support de quelque 110 personnes (ingénieurs, techniciens et commerciaux) en relation avec le monde entier, le terrain de jeu naturel de KSB. «Ici, on parle anglais, allemand, espagnol, néerlandais et italien», précise le patron de l usine. Un atout qui ne sera pas de trop pour répondre à une demande croissante sur un marché mondial de l énergie aujourd hui en plein rebond. J-. B. G.
18 18 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE Dossier Charente-Maritime Une cuvée 100 % locale et artisanale PÉRIGNY L héritier de la Maison Bastard fabrique sa propre bière blonde artisanale, La Rocheloise, depuis l an dernier Le brasseur Éric Bastard s est installé à Périgny, en PHOTO J. D. Sur le mur de son bureau, des photos de son grand-père qui livrait la bière en calèche. La bière, c est une histoire de famille chez les Bastard. Après en avoir vendu pendant quarante ans, Éric Bastard quatrième génération de la maison Bastard depuis 1911 a eu envie de fabriquer son propre breuvage, dans la zone industrielle de Périgny. Pour cela, le propriétaire a vendu la partie distribution de l entreprise familiale et commencé à faire fabriquer sa bière par un brasseur en Alsace. Après avoir créé sa marque La Rocheloise en 2004 (déposée deux ans plus tard, en 2006), Éric Bastard s est lancé dans la fabrication, dans ses locaux rochelais, l année dernière. L entrepreneur a alors embauché Samuel Drapeau, maître-brasseur sorti un an auparavant de l université de La Rochelle avec en poche, un master sciences pour l ingénieur, spécialité génie biotechnologique et management en agro-industries. Bière dite de soif, blonde de type pils à 4,9, sans conservateur ni sucre ajouté, la Rocheloise est fabriquée à base de malt français, d houblon allemand ou tchèque, et de levure conservée dans la microbrasserie de l université de La Rochelle. Ce qui lui donne un goût davantage malté et plus marqué. Brassée entre huit et douze heures, la bière subit quinze jours de fermentation, et quinze jours de garde pour affiner son goût. Elle est ensuite filtrée avec de l argile. Deux autres versions de La Rocheloise existent : la Grande Cuvée à 6,2 blonde, moelleuse et légère et l Abbaye des Châteliers, à 6,4 bière dorée de dégustation et parfumée. Enfin, deux nouvelles recettes sont en cours de création, dont une bio hectolitres en 2014 Cette année, hectolitres de Rocheloise seront produits. Le duo vise les hectolitres pour l an prochain. «L idéal serait de tourner à hectolitres à long terme», précise Éric, qui songe à embaucher une seconde personne début Pour le moment, la clientèle d Éric Bastard est composée à 80% d établissements professionnels (bars et restaurants pour l essentiel) ainsi que d associations et clubs sportifs. La Rocheloise est néanmoins présente dans les rayons de certains supermarchés de l agglomération rochelaise. «La vente de bières en bouteille repart de plus belle avec des bières de spécialité qui plaisent notamment aux jeunes», conclut Éric Bastard. Jennifer Delrieux Site Internet : 1, rue André-Ampère, Bât. B6, Périgny. Tél En trois ans, La Rieuse a trouvé son public NUAILLÉ-D AUNIS bouteilles de cette bière artisanale produite en Aunis sont écoulées chaque année, depuis août 2011 C est pour diversifier leurs activités et «moins dépendre des cours des céréales» que les céréaliers Arnaud Clavurier et Laurent Billeaud, se sont lancés dans l aventure de la bière. Depuis août 2011, les associés ont brassé blonde, blanche et ambrée. Les deux quadragénaires de Nuaillé-d Aunis produisent près de bouteilles par an. Pas de quoi rouler sur l or mais de quoi améliorer l ordinaire. «Nous travaillons avec notre blé et notre orge, ce qui est une satisfaction pour nous», revendique Arnaud Clavurier. «Nous aimons notre coin, c est pour cela que nous avons pris la mouette comme emblème», précise l agriculteur-brasseur. Quant au nom de leur bière, La Rieuse, c est toujours une référence à la mouette et à la dimension festive du breuvage. Pour la fin de l année, Arnaud et Laurent vont vendre leur bière brune. «Mais toujours en circuits courts. On ne trouve pas nos bières en grande surface», conclut l Aunisien. Philippe Brégowy Les bières marqueurs BRASSERIES LOCALES La seule brasserie de l île FLORENCE MAÎTRE choses ont bien changé aux Bières de Ré depuis leur création «Les par un brasseur autrichien en 1996, juste avant le boom des bières artisanales. Il y a eu des changements de mains mais on utilise toujours la même recette de bière blanche», précise d emblée la commerciale, Fleur Gaspard-Huit. C est probablement tout ce qu il reste des premières années, tant le succès de la bière insulaire a transformé cette petite entreprise familiale. Les Bertrand, vignerons à Chevanceaux, qui ont repris la brasserie il y a trois ans, l ont considérablement modernisée en changeant l outil de production et la machine d embouteillage, en remettant au goût du jour les étiquettes figurant sur les bouteilles, en misant sur la nouveauté mais surtout en renforçant l identité rétaise de leurs produits. «Nous voulons être présents auprès du monde associatif et lors des grosses manifestations», insiste Fleur Gaspard- Huit. «L objectif n est pas de faire de grosses ventes mais d être attaché à l île. Même si ce n est pas évident, en termes de loyers par exemple, nous tenons à rester ici.» 50% des ventes réalisées en grande surface Sans surprise, la quasi-totalité des 800 à hectolitres de bière produite annuellement se vend pendant l été, en majorité aux touristes, friands des produits estampillés «île de Ré». Et ce, malgré la concurrence d une autre bière fabriquée hors de l île mais accompagnée d un marketing performant voire trompeur «Il faut sans cesse se différencier, trouver de nouveaux produits. Cette année, en nous appuyant sur la mode des vins aromatisés, nous avions misé sur la bière blonde au Fleur Gaspard-Huit, commerciale, s occupe pamplemousse, qui a très bien marché. Nous avons déjà de nombreuses idées pour 2015.» Fleur Gaspard-Huit n en dira pas plus mais la brasserie pourrait aussi quitter la ZAC des Clémorinands pour un local plus vaste et plus visible. Contrairement à d autres microbrasseries, les Bières de Ré se vendent pour moitié en grande surface dans tout le département. Les restaurateurs, Une île, des bières et OLÉRON Blondes, brunes ou blanches, l île d Oléron compte Naufrageurs ou Fort Boyard? Sur l île d Oléron, il faut choisir entre les deux brasseries locales. Au nord, la Bière des Naufrageurs existe à Chéray depuis vingt ans. Au sud, la brasserie de Fort Boyard basée depuis 2011 à Rochefort vient de s implanter à Dolus-d Oléron en juin. Et pourtant, il n est pas toujours évident de développer des bières dans une contrée culturellement marquée par le vin et le cognac. D où des initiatives de la part des brasseurs locaux, Jean-Luc Métayer et les époux Beernaert, Hedwig et Chantal. Le premier a notamment développé une bière spéciale huîtres Marennes-Oléron à base de fruits et d herbes quand le couple belge prépare La Demoiselle, avec 20 kilos de miel pour
19 JEUDI 13 NOVEMBRE Sud Ouest éco 19 Le département se met à table de Ré, identitaires Ça gaze pour les brasseries artisanales! BRASSEURS EN HERBE À La Rochelle, les candidats au diplôme d opérateur de brasserie sont de plus en plus nombreux de Ré veut grandir en s appuyant sur son identité insulaire Le téléphone de Frédéric Sannier ne cesse de sonner. Au bout du fil, de nouveaux prétendants au Diplôme d université (DU) opérateur de brasserie, qu il a créé il y a sept ans et dont le succès croît d année en année. «En 2008, nous n avions que six personnes. Cette année, nous croulons sous une centaine de candidatures alors qu il n y a que 20 places par session», détaille celui qui a fondé la brasserie Science Infuse à la faculté des sciences de La Rochelle. En 2000, il s agissait de proposer de la biochimie ludique et concrète aux étudiants du master biotechnologie. Le DU qui a vu le jour quelques années plus tard est, en quelque sorte, victime du succès des brasseries artisanales. «C est un tout petit marché, mais il est en plein essor», poursuit Frédéric Sannier. On recensait 200 brasseries artisanales en France il y a quatorze ans contre plus de 500 aujourd hui. Ce qui reste toutefois loin des quelque ateliers des années 1960, avant l uniformisation du marché. Les bières régionales fleurissent un peu partout, suivant un schéma déjà observé en Amérique du nord où cette mode perdure. Si les Français consomment de moins en moins de bière (environ 30 litres par an et par tête), les bulles locales plaisent. «À la suite de notre formation, 45 brasseries ont vu le jour. Aucune n a fermé. Toutes trouvent leur public, en proposant des bières de qualité et des saveurs originales», complète le professeur de biochimie. Avenir en suspens Pour vivre de sa production, le brasseur doit vendre 200 à 300 hectolitres de bière par an, en bouteille, en fût lors de manifestations festives ou même aux débits du secteur. «On en trouve de plus en plus dans les bars, mais il leur est difficile de concurrencer les grands groupes qui assurent, par exemple, l installation et l entretien des tireuses.» Science infuse, dont le but est avant tout pédagogique ne vend qu une centaine d hectolitres que les Rochelais trouvent en supermarché ou dans quelques bars locaux, mais Frédéric Sannier a tenu à tisser des liens avec le monde économique pour valoriser le travail accompli à l université. «Cela nous donne une certaine autonomie financière et c est un bon outil de communication pour montrer que le résultat est de qualité professionnelle.» La bière de la fac a d ailleurs été récompensée d une médaille d argent au Salon de l agriculture, en Malgré sa réussite, l avenir de Science Infuse reste aujourd hui suspendu à la pérennisation du poste occupé par Maxime Retailleau. Sans cet ingénieur d études qui, depuis quatre ans, s occupe des étudiants, de la maintenance de la plateforme de brasserie et réalise des prestations pour les artisans-brasseurs, la brasserie universitaire pourrait disparaître. F. M. de la boutique de la brasserie mais l essentiel des ventes se fait en grande surface. PHOTO F. M. campings et autres bars, réalisent 30% des ventes, malgré l attrait évident des grandes marques de bière, qui leur proposent des services d entretien du matériel qu une microbrasserie ne peut assumer. «Il y a quand même des professionnels du secteur qui apprécient et valorisent les produits locaux», se réjouit la commerciale. «Nous avons une grande proximité avec un marché deux brasseries artisanales 800 litres de bière. Au total, les époux Beernaert proposent six variétés dont une aux pruneaux. Jean-Luc Métayer commercialise, lui, une vingtaine de parfums dont vanille, cerise, caramel salé ou poivre noir. Une chose est sûre, à Oléron, la production est 100% locale et originale pour se démarquer des industriels. Thomas Ghiloni eux parce que nous savons que ce sont à la fois nos clients et nos premiers vendeurs.» Globalement, les ventes ont augmenté de près de 20% en 2014 (par rapport à l année précédente), obligeant la petite société qui emploie trois personnes à relancer, en fin de saison, des productions qui n étaient programmées pour faire face à des ruptures de produits. Les époux Beernaert proposent une bière 100% oléronaise. PHOTO T. G. Frédéric Sannier (à gauche) et Maxime Retailleau font tourner la brasserie de la fac de La Rochelle et croulent sous les candidatures. PHOTO F. M. LE CHIFFRE 500 C est le nombre de brasseries artisanales recensées en France. Un marché en plein essor puisqu on en comptait que 200 en l an Si aujourd hui de nombreuses communes,villages et îles veulent créer leur propre bière, on reste toutefois loin des près de ateliers disséminés partout en France, dans les années 1960.
20 20 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 Charente-Maritime
21 JEUDI 13 NOVEMBRE Charente-Maritime Sud Ouest éco 21 TROIS QUESTIONS À... BERTRAND LACAMPAGNE Président du directoire de Pouey International 1 Y-a-t-il une reprise de l économie dans la région? Il y a une éclaircie, mais à confirmer. Partout en France, le début d année a été difficile, après une année 2013 très délicate. Heureusement, il y a eu une nette amélioration sur les quatre derniers mois avec une baisse des défaillances d entreprises de 11,9%. Sur l ensemble de l année (de septembre 2013 à septembre 2014), l économie aquitaine tire mieux son épingle du jeu avec une baisse des défaillances de 3% contre + 0,97% au niveau national. En outre, le nombre de créations d entreprises a augmenté de 4,6%. En Poitou-Charentes, la donne est différente avec + 6,26% de défaillances en un an. Cela s explique notamment par le dépôt de bilan de Mia, constructeur de voitures électriques, mais pas seulement. Globalement, les défaillances touchent surtout les micro-entreprises de moins de deux salariés. 2 Comment expliquez-vous cette bonne dynamique en Aquitaine? Le secteur tertiaire, très développé en Aquitaine, a le vent en poupe. En particulier, le numérique. Ces dernières années, nous avons vu apparaître de beaux fleurons régionaux, à l image de Concoursmania. Et les secteurs traditionnels de l économie aquitaine, comme l agriculture, qui emploie près de personnes dans la région, se maintiennent. Par ailleurs, il y a des projets importants en cours comme Euratlantique. La région a de nombreux atouts : un aéroport à Bordeaux en plein essor grâce à son terminal low cost, une Université connue, une école de commerce réputée, Kedge... 3 La crise est-elle derrière nous? On l espère, mais il y a six mois, je n aurais pas tenu les mêmes propos. Il faut donc rester prudent. Les trésoreries des sociétés ont été affaiblies en 2012 et Ceci étant, les taux d intérêt sont faibles aujourd hui. En tout cas, à l heure de la future réforme territoriale, il est intéressant de noter les complémentarités entre l économie aquitaine et picto-charentaise. Bordeaux a le vin, tandis qu à Cognac, il y a de grandes maisons : Martell, Rémy Martin, Hennessy, des tonnelleries comme Taransaud. De même, dans l aéronautique, les deux régions sont très présentes. PROPOS RECUEILLIS PAR NICOLAS CÉSAR Comment lire les tableaux? PALMARÈS Classements des principales entreprises, secteur par secteur Ces tableaux ont été réalisés par Pouey International, spécialiste «Business to business» du renseignement commercial et financier garanti et du recouvrement de créances. Chaque tableau classe les entreprises par ordre décroissant de leur chiffre d affaires. Pour plus de cohérence, celui-ci est considéré au prorata sur 12 mois ; les sociétés n ayant pas toutes un bilan sur 12 mois. Le 1 er classement ci-contre porte sur les 50 premières entreprises de l ensemble du département, toutes activités confondues. Il est par la suite décliné en «tops 50» secteur d activité par secteur d activité : export, industrie, commerce, services, agroalimentaire et bâtiment-travaux publics. Qui? Ces informations concernent exclusivement les entreprises privées dont le siège social est situé dans le département et qui ont déclaré leur bilan. Pour cette raison, certaines sociétés présentes dans le département ne figurent pas dans les tableaux. Comment? Ces données officielles sont collectées auprès des greffes des tribunaux de commerce dans les semaines qui précèdent leur publication. Les entreprises ne déclarant pas leur bilan ne peuvent donc pas figurer dans ce palmarès. Quant aux secteurs d activité, ils ont été établis par rapport au code NAF d appartenance de chaque société. La NAF (nomenclature des activités françaises) est élaborée par l Insee. Quand? Les chiffres indiqués sont ceux des bilans clôturés en 2011, 2012 voire Combien? Les valeurs sont exprimées en «kilo euros». Cela signifie que s il est écrit K, il faut comprendre euros. Quoi? Outre le rang de classement, la dénomination et la commune de domiciliation du siège social, ces tableaux mentionnent les derniers chiffres hors taxes déclarés par chaque entreprise soit : son chiffre d affaires (CA), son chiffre d affaires export (égal à 0 quand l entreprise n a pas d activité à l étranger) et son résultat net à la date de clôture de leur bilan. Par ailleurs, est indiquée pour chaque société, l évolution en pourcentage de son dernier chiffre d affaires connu par rapport à celui de l année précédente. Pour le même numéro siren, elle a été calculée sur la base de bilans de même durée et sur la même période (exemple : de janvier à décembre). Quand seul le dernier CA est disponible, cette évolution n a pas été calculée. Enfin, par défaut, les entreprises des classements ne font pas état de chiffres consolidés (pour un groupe, somme des chiffres des entités le constituant). Cependant, certains chiffres consolidés sont indiqués si le groupe en a fait communication. De ce fait, certaines entités d un groupe peuvent figurer en leur nom alors que le nom de leur groupe d appartenance figure aussi dans le classement.
22 22 Sud Ouest éco STÉPHANE DURAND La gamme de liqueurs à base de cognac vient de s étoffer. Le C2 Cognac-Café est né il y a quelques mois et les résultats sont déjà encourageants. «On l a lancé durant l été et il a reçu un très bon accueil», constate Gilles Merlet, l alchimiste en chef de la maison Merlet récemment rejoint par ses deux fils, Luc et Pierre. Comme souvent, le marché anglais a été le premier approché. Apparemment, nos amis d outre-manche ont apprécié. Il faut dire que la distillerie Merlet, basée à Chérac, entre Saintes et Cognac, mise principalement sur la qualité. «Pour arriver à sortir une bonne liqueur de café, il faut que le produit soit fraîchement torréfié», prévient Gilles Merlet. L intéressé a joué la carte locale en se tournant vers les cafés Merling, à La Rochelle. Un peu d imagination et beaucoup de travail ont fait le reste. «Il m a fallu deux ans avant de sortir le C2 Cognac-Café», avoue le chef d entreprise. Mais le temps, ce n est pas ce qui fait peur à Gilles Merlet qui n hésite pas à tester, à laisser libre cours à ses idées, quitte à revenir en arrière ou à abandonner un projet s il se rend compte que la mayonnaise ne prend pas. Le liquoriste a en tout cas eu le nez creux en plantant du cassis en Saintonge. C était en La liqueur de cassis made in Charente-Maritime venait de naître. JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 La Charente-Maritime se met à table La liqueur Cognac-Café, dernière née de Merlet LIQUORISTE La distillerie Merlet, à Chérac, dispose de plusieurs cordes à son arc : cognac maison, liqueurs, vins aromatisés... Et surfe sur le succès Le liquoriste Gilles Merlet (ici avec l un de ses fils, Pierre), a su innover pour conquérir de nouveaux marchés. PHOTO ARCHIVES DOMINIQUE PARIES. La reconnaissance Aujourd hui, la reconnaissance de tout le travail accompli vient de tomber. Le comité national des appellations d origine relatives aux vins et aux boissons alcoolisées, et des eauxde-vie de l Inao (Institut national de l origine et de la qualité) vient de valider le cahier des charges de l identification géographique «cassis de Saintonge». «On est en train de bosser sur le plan de contrôle. Cette appellation veut dire qu on s installe un peu plus dans ce paysage des produits régionaux de qualité», savoure celui qui a su faire fructifier l entreprise familiale, qui a démarré en 1850 avec Firmin. La distillerie Merlet pèse aujourd hui 20 millions d euros de chiffre d affaires et emploie 49 personnes. Ce succès, elle le doit en partie à la renommée que lui a apportée l Hpnotiq (prononcez Hypnotik). En approchant la distillerie pour créer une liqueur à base de cognac capable de concurrencer l Alizé liqueur orange à base de cognac et de fruits de la passion aux États-Unis le tennisman américain d origine russe, Raphaël Yacoby, a frappé à la bonne porte. La liqueur produite par Gilles Merlet, dans une bouteille conique à base de passion, orange, ananas et autres ingrédients secrets, se vendra jusqu à 10 millions de bouteilles dans les années Vous reprendrez bien un pschitt de Cognac? CUISINE Le patron des Cognac Laclie innove et réussi un joli coup marketing Bertrand Laclie, patron des Cognac Laclie de Saint-Jean-d Angély, savoure la surprise de ses interlocuteurs. «Chaque fois que nous le présentons lors d un salon, il produit son petit effet» De quoi s agit-il? D un spray au Cognac. «Nous sommes les seuls à le proposer», avance le jeune chef d entreprise, qui a rapatrié récemment son entreprise de Cognac vers la cité angérienne. L idée de présenter du Cognac sous la forme d un spray est venue «d un client allemand qui rencontrait des difficultés pour cuisiner avec notre breuvage». Dans un étui de 30 ml, voici donc le spray Cognac Léopold Raffin. «Il contient du Cognac VS, la plus jeune eau-de-vie de l assemblage, âgée de deux ans au minimum. En pulvérisateur, son utilisation en cuisine est grandement facilitée.» Sucré ou salé, le spray devrait convenir à tous les usages : omelette norvégienne, crevettes flambées... «On peut également en profiter autour d un cigare ou d un café», envisage Bertrand Laclie. Pour le moment, le Cognac Laclie a lancé la production de sprays, réalisés en sous-traitance. «Seul le Cognac vient de chez nous», reconnaît Bertrand Laclie. Avec un chiffre d affaires à 90% réalisé à l export, la petite maison de Cognac (six salariés) ne pratique pas de vente directe. En revanche, le Web Dans un premier temps, le spray sera proposé chez des cavistes locaux, à Saintes et Saint-Jean-d Angély. Affiché à moins de 10 euros, ce spray est lancé comme un ballon d essai par une entreprise qui, dans le passé, a traversé des difficultés. Désormais présents dans quatre nouveaux pays (Pologne, Vietnam, Afrique du Sud et Nigeria), les Cognac Laclie vont-ils remporter leur pari avec ce spray? Philippe Brégowy Les «petits» producteurs ouvrent leurs portes VITICULTURE La 6 e édition des Mardis du Cognac s est avérée un bon cru pour les adhérents de l association les Étapes du Cognac, avec un chiffre d affaires stable voire en hausse. Et ce, malgré une fréquentation parfois à la baisse aux différentes animations estivales Une fois de plus, la météo a eu un impact sur le comportement des touristes. Globalement, la fréquentation 2014 des Mardis du Cognac a été à la hausse, avec près de visiteurs cette année, selon les premières estimations de l association (1). Si Hugues Chapon, président des Étapes du Cognac, n a pas de chiffres globaux sur les retombées économiques de cette 6 e édition «La plupart des animations sont gratuites, organisées dans une démarche de fidélisation.» il est certain que ses adhérents ont bénéficié «du temps maussade en août». Une information que les intéressés ne confirment pas forcément, même s ils se disent satisfaits de cette nouvelle édition. Une (très) bonne année Pascal Clair, viticulteur à Neuillac, fait partie des satisfaits. S il a constaté une fréquentation en baisse sur son animation unique et gratuite «Environ 150 visiteurs, soit une baisse de près de 20% par rapport à 2013.» cela n a pas impacté son chiffre d affaires qui, lui, a presque doublé. Discret, Pascal Clair évoque «plus de de recettes». «Je n ai pas vraiment d explication à ce décalage entre participation et chiffre d affaires de la soirée. Sans doute la présence de Françoise Barbin-Lécrevisse, auteure culinaire, a eu un impact», avance le vigneron qui retiendra 2014 comme une bonne année. Même son de cloche du côté des Vignobles Morandière, à Saint-Georges-des-Agoûts. Vincent Morandière rappelle l intérêt des Mardis du Cognac : «On gagne en visibilité en offrant à nos visiteurs quelque chose de plus que le voisin et l animation rapporte.» Le viticulteur proposait douze dates, en français et en anglais, à 3 pour les adultes. S il a eu un peu moins de monde que l an passé, avec en moyenne 20 à 25 personnes par soir, le vigneron a vu son chiffre d affaires progresser avec «10 à de vente de bouteilles». Un retour sur investissement important au vu du temps et des frais engagés. Ce que confirme indirectement Hugues Chapon, qui souhaite inciter ses adhérents à proposer des animations plus élaborées mais payantes. «Nous souhaitons proposer davantage de dates et d animations pour élargir notre clientèle, même si cela reste difficile à quantifier.» Les Mardis du Cognac ou quand notoriété et rentabilité se conjuguent. Coraline Bertrand (1) Données récoltées auprès d 1/3 de ses adhérents, à ce jour. Hugues Chapon veut inciter ses adhérents à proposer des animations payantes. PH. C. B.
23 JEUDI 13 NOVEMBRE La Charente-Maritime se met à table Sud Ouest éco 23 TROIS QUESTIONS À... Un pineau d or et de ruby CLAUDE BELOT Président de la Communauté de communes de Haute Saintonge CHÂTEAU DE BEAULON Ardent défenseur du pineau, Christian Thomas est à la tête du domaine implanté à Lorignac et Saint-Dizant-du-Gua depuis bientôt cinquante ans 1 Dans quel but la Communauté de communes a-t-elle ouvert la Maison de la vigne et des saveurs, à Archiac, en juillet 2010? L idée était d en faire une vitrine valorisant le savoir-faire des hommes et les produits prestigieux de la Haute Saintonge. Un outil de promotion à finalité économique, touristique et pédagogique. Un lieu destiné à tous les curieux qui souhaitent comprendre les paysages, le bâti, la fabrication d un produit, les secrets d un arôme, d un plat 2 À quoi sert-elle et au fil des années, en quoi a-t-elle évolué? Avec une fréquentation annuelle de visiteurs, elle s est affirmée comme un lieu de rencontres, d échanges, de séminaires. C est aussi un lieu vivant où des animations sont organisées toutes les semaines avec deux événements phares : les Fondus du chocolat et la Fête des vendanges. 3 En quoi les producteurs s y retrouvent-ils et quel est leur intérêt? C est une belle porte d entrée chez nos producteurs qui y exposent pineau et cognac, miel et safran, farine, huile, confitures et autres douceurs. Ils y tiennent des permanences pour assurer des dégustations. C est un lieu identitaire, de culture mais aussi de commerce où chacun est le bienvenu. PROPOS RECUEILLIS PAR MARIE-LAURE GOBIN STÉPHANE DURAND [email protected] Christian Thomas est un passionné. De son domaine de 92 hectares de vignes, sur les côteaux dominant l estuaire de la Gironde, il a tiré un breuvage qui fait la renommée du coin. Le château de Beaulon est au pineau ce que le cognac est à Hennessy, Martell ou Rémy Martin. «À quand remonte le pineau à Beaulon? Je ne sais pas», avoue le Saintongeais. Une éternité, sans doute. Lui a pris les rênes de l entreprise familiale à un moment compliqué, en «Dans les années 1960, Beaulon avait toujours une bonne réputation, mais la situation financière était délicate», se remémore Christian Thomas, qui a pris la succession d un oncle avec l ambition de redresser la barre. Et il y est parvenu. «Je m étais éloigné du monde viticole. J y suis revenu. Depuis, on croise le viticulteur au volant d une Rolls. Le château de Beaulon, produit haut de gamme de la propriété, repose sur de vieilles réserves. Certains connaissent bien l or pour le blanc et ruby pour le rouge dix ans d âge, par exemple. La force du produit, ce sont ses cépages. Un terroir exceptionnel «Nous disposons d un terroir unique. Les côteaux calcaires et argilo-calcaires, positionnés sur la rive droite de la Gironde, bénéficient d un ensoleillement exceptionnel. Notre encépagement est également unique Christian Thomas a su faire prospérer son domaine et préparer sa succession. PHOTO S. D. et spécifique au château. Même si on produit aussi du cognac, on a joué le jeu depuis le début du pineau avec des cépages bordelais», précise Christian Thomas. La palette des cépages, avec dix variétés de raisins différentes, donne son identité au château de Beaulon. Aujourd hui, le domaine produit bouteilles de pineau par an et possède un stock de deux millions de bouteilles. Christian Thomas, qui a été rejoint par son fils et sa fille, emploie 21 salariés.
24 24 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 La Charente-Maritime se met à table La production viticole profite du décor de Ré COOPÉRATIVE Deux millions de bouteilles de pineau, vins et cognac sortent chaque année de la coopérative rétaise, Uniré. L attrait touristique de l île favorise beaucoup les ventes, mais les vignerons ne négligent pas pour autant leurs efforts pour gagner en qualité Un petit vélo sur l étiquette pour identifier Ré, un nom «Soif d évasion» qui sonne comme les vacances. Pas de doute, Uniré, la cave coopérative installée au Bois-Plage, sait parler à son plus fidèle client. Souvent un estivant, bien heureux de consommer local dans cette île si prisée. «Nous devons beaucoup au tourisme, admet facilement Christophe Barthère, directeur de la coopérative des vignerons de l île de Ré, mais ce n est pas autant que nous produisons du vin à touristes», insiste le dirigeant, bien conscient de cette critique souvent formulée à propos des vins de Ré. «Nous recherchons toujours à améliorer nos produits et restons vigilants sur leur qualité. Ça commence dans les vignes, avec des contrôles des techniciens de la coop.» Visiblement, les clients apprécient. La coopérative des vignerons de l île de Ré vend chaque année quelque deux millions de bouteilles de ses différents breuvages, soit grosso modo la capacité de production d un vignoble de seulement 600 hectares. Ventes estivales Uniré existe depuis les années 1950 et aujourd hui encore, elle rassemble l ensemble des vignerons de l île, soit 70 exploitations. «C est notre grande force.» L île de Ré étant la dernière terre à l ouest intégrée dans l AOC Cognac, elle Christophe Barthère dirige Uniré, la coopérative des vignerons de l île de Ré. PHOTO A. M. est située en bois ordinaires, ses vignerons produisent de longue date de l ugni blanc et un peu de colombard pour l eau-de-vie, vendue en vrac aux grandes maisons du Cognaçais. «Nous avons aussi notre marque de cognac, mais nous ne faisons pas plus de bouteilles.» La production de pineau, avec bouteilles, est déjà beaucoup plus conséquente, mais c est le vin qui domine les ventes, en blanc, rouge et rosé... surtout le rosé, boisson d été par excellence. «Nous vendons 80% de nos vins entre avril et septembre», précise Christophe Barthère. La plupart des clients se fournissent au siège de la coopérative, au Bois-Plage, laquelle fournit aussi les restaurants et grandes surfaces de l île et de la région, à La Rochelle et aux alentours. Chaque année, la cave s efforce d innover, de lancer une nouvelle gamme. Celle nommée «Soif d évasion», déclinée en blanc et en rouge sur des vins mono-cépages, date d il y a trois ans. «En 2014, la nouveauté, c est surtout notre investissement important dans une salle de pressoir flambant neuve. Cet outil va nous permettre de récupérer des jus de qualité toujours meilleure.» Autant d efforts pour assurer à la coopérative des vignerons le maintien d un niveau de croissance régulier de son chiffre d affaires : + 3% à + 4% chaque année. «Sauf en 2010, où la tempête Xynthia nous a beaucoup affectés», souligne le directeur. En 2013, le chiffre d affaires global d Uniré s élevait à 12 millions d euros, dont neuf millions d euros pour le vin et deux millions pour la pomme de terre AOC primeur, l autre produit phare de l île de Ré. «La pomme de terre est un produit de niche qui se vend bien. On commercialise chaque année à tonnes de ce légume haut de gamme en seulement deux mois et demi!». Primeur oblige. Agnès Marroncle Dénomination officielle Commune Date dernier bilan Dernier CA Evol. (en %) dernier CA / CA N -1 Dernier CA export Dernier résultat net
25 JEUDI 13 NOVEMBRE La Charente-Maritime se met à table Sud Ouest éco 25 Cuisine de qualité : les traiteurs font recette RÉCEPTION Le marché des traiteurs organisateurs de réception est en hausse depuis quelques années, malgré la crise qui incite leurs clients (entreprises, collectivités et particuliers) à veiller à leur budget JENNIFER DELRIEUX [email protected] Un gros coup d accélérateur. Le marché des traiteurs organisateurs de réception (TOR), secteur perpétuellement en évolution, est en plein développement en Charente- Maritime depuis ces deux dernières années. «En 2013, on a plus que doublé notre chiffre d affaires de l année précédente. Et cette année, on va encore l augmenter de 10% à 20%», précise Hervé Brandt, directeur général du groupe rochelais Grégory Coutanceau, qui propose un service traiteur depuis 2004 et fait partie de l association des traiteurs de France depuis un an. Même son de cloche du côté de la SAS Cousin Traiteur La Rochelle : «Pour la saison , on a fait 2, 8 millions d euros de chiffre d affaires. Alors qu en 2006 (date de leur installation à Puilboreau dans un bâtiment plus grand, ndlr), on était à euros de chiffre d affaires», ajoute Émilie Cousin, présidente de la société. Profession à part entière Le métier est en pleine mutation depuis que les traiteurs organisateurs de réception sont devenus une profession à part entière. Le secteur, versatile et concurrentiel à la fois, ne facilite pas les projections à long terme. Souvent, les professionnels ne savent pas de quoi demain sera fait. De nombreux traiteurs travaillent essentiellement pour des collectivités et des entreprises, qui représentent 75 % de leur Le groupe Coutanceau a vu son chiffre d affaires doubler, en PHOTO XAVIER LÉOTY. Le bio, une offre marginale Sur les 47 traiteurs présents en Charente- Maritime, très peu ont fait le choix du bio. Marie-Pierre Bidaut et Marc Duquesnay, basés à Saint-Hilaire-de-Villefranche, font partie de ceux-là, avec À table naturellement, labellisé bio. Les traiteurs se fournissent auprès d une quarantaine de producteurs locaux pour satisfaire une clientèle composée principalement de particuliers et d organisateurs de salons bio. Le marché du bio évolue entre 10% et 17% chaque année, même si là encore les effets de la crise se font sentir avec des budgets plus serrés. Pourtant, selon Thomas Guerinet, traiteur chez Nomadis à La Rochelle (qui propose quelques prestations bio), «les produits coûtent entre 15% et 20 % plus chers, ce qui freine les consommateurs même si une prise de conscience a été amorcée». chiffre d affaires. Mais, avec la crise économique, cette clientèle regarde davantage à la dépense qu auparavant. «Les budgets ont diminué de 20% à 30% depuis deux ans», souligne Pascal Hue, propriétaire de La Mise en bouche, à Saint-Agnant. Les entreprises s y prennent également de plus en plus tard pour organiser leurs événements, y compris quand plus d une centaine de convives sont présents. La réactivité des professionnels du secteur est alors mise à rude épreuve. «Les congrès importants étaient prévus un an à un an et demi à l avance quand désormais les dirigeants nous contactent seulement six mois avant. À nous de nous organiser!», conclut, philosophe, Émilie Cousin.
26 26 Sud Ouest éco Pastis rétais : Didier Dorin remet sa tournée ALCOOL L entrepreneur a réussi son pari de créer un pastis à base de plantes locales JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 La Charente-Maritime se met à table Artisan «à haut débit» BOULANGERIE Pour Mickaël Morieux, meilleur ouvrier de France 2011 en boulangerie, le pain et les pâtisseries de qualité sont viables économiquement Didier Dorin, producteur de plantes aromatiques et médicinales bio à Sainte-Soulle ainsi que sur l île de Ré, a gagné son pari. Le pastis de Ré, qu il a confectionné à partir de plantes cultivées et cueillies sur l île puis lancé sur le marché insulaire l été dernier, s est très bien vendu. Environ des 3 100bouteilles mises en rayons ont en effet trouvé preneur, malgré une commercialisation limitée aux épiceries fines, restaurants et supérettes. L entrepreneur, qui s est associé pour cette phase de test à la Rochelaise Élodie Nardèse, chef de produit indépendante, entend désormais transformer l essai par la création d une entreprise dédiée à la fabrication et à la distribution du «pastaga» rétais. Une PME que Didier Dorin souhaite installer sur l île, en commençant par louer des locaux, de manière à lancer la saison 2 de son projet dès les prochaines vacances de Pâques. L objectif, c est également de produire davantage de pastis et de ne plus limiter la vente aux frontières de l île. Depuis la rentrée, plusieurs bars à vins de La Rochelle ont à leur carte le fameux alcool au goût anisé, souvent associé à l image ensoleillée de la Provence. L été prochain, l apéritif devrait être vendu un peu partout, en Charente-Maritime, voire au-delà. Alain Babaud LE CHIFFRE 17,60 C est le tarif préférentiel, en euros, accordé par Philippe Laclie aux habitants du canton de Saint-Hilaire-de- Villefranche pour une bouteille de son pastis Bercloux «La boulangerie de qualité est viable économiquement.» Mickaël Morieux, meilleur ouvrier de France 2011, installé à La Rochelle et à Aytré depuis cette année, en est convaincu. «Je vends ma baguette de tradition à un euro. Je pense qu il ne faut pas aller au-delà. Le pain, c est symbolique, un euro aussi et tout le monde peut s offrir ma baguette. Mes 10 employés sont payés comme il faut et j estime que mes fournisseurs, mes clients et moimême nous y retrouvons tous.» Pourtant, ce passionné de boulangerie de 41 ans ne fait rien comme les autres. Ses viennoiseries sont faites maison et il n est affilié à aucun grand meunier. Il sélectionne donc seul ses farines, qu il choisit de haute qualité (T80 à 150, qui contiennent beaucoup de fibres) et dont certaines sont moulues dans un moulin à eau de l Aveyron datant du VI e siècle. «Je n utilise que des farines pures, sans additifs, non traitées, qui pourraient obtenir le label bio.» Et Mickaël Morieux d aller les chercher dans les zones de production historiques : sa farine de sarrasin vient de Bretagne, son seigle d Auvergne... Même les graines de son pain aux céréales sont torréfiées par ses soins. Concrètement, le boulanger produit tout en interne, de A à Z, même ses confitures et ses glaces et limite au maximum l ajout de de sucre qui, selon lui, «gâche un peu». Mickaël Morieux, devant sa boutique rochelaise, rue Chaudrier. PHOTO XAVIER LÉOTY. Ils tablent sur l attrait du «fait maison» «Économiquement c est dur mais pour résister à la concurrence des chaînes, il n y a que la qualité et le fait maison.» Les similitudes sont nombreuses entre Mickaël Morieux et Olivier Neveu, de la boulangerie Le pain du marin, rue Gambetta, à La Rochelle. Ce dernier aussi n est affilié à aucune minoterie et sélectionne des farines de qualité issues d un moulin familial du pays nantais. Lui aussi pétrit peu, laisse fermenter longtemps et cuit bien son pain. Et lui non plus n envisage pas d augmenter le prix de ses pains, qu il varie énormément, selon Le prix, notion relative Sa méthode de fabrication non plus n est pas usuelle. «Je compte 12 heures pour fabriquer une baguette. Le travail débute la veille. Je pétris peu la pâte et je prévois un long temps de fermentation, pour que mon pain ait plus de goût.» Des pratiques ancestrales associées à du matériel moderne : «Je fais de l artisanat à haut débit», s amuse-t-il. Sûr de son savoir-faire, Mickaël Morieux ne redoute pas la concurrence de la grande distribution qui peut jouer sur la quantité de ses commandes de farine pour obtenir des prix «50% plus bas qu un artisan» et afficher une baguette les saisons. «Il faut faire ce que l on ne trouve pas ailleurs et le faire maison, de la baguette à la pâtisserie en passant par les viennoiseries. L expression fabrication artisanale est aujourd hui galvaudée. Il n y a que le fait maison qui garantisse une bonne qualité», estime le boulanger. Son «pain du marin» est aujourd hui une institution. Devenu une marque déposée depuis vingt ans, il repose sur la même recette historique qui permet toujours aux marins (et aux autres clients!) de le conserver longtemps. 30 centimes moins chère. «Le prix est une notion relative. Qu est-ce qui est le moins cher, la baguette à 80 centimes immangeable le lendemain ou une baguette à un euro qui tient deux jours?» Olivier Guérin
27 JEUDI 13 NOVEMBRE La Charente-Maritime se met à table Sud Ouest éco 27 Les recettes gourmandes de Marlette PÂTISSERIE Après le succès fulgurant de leurs préparations bio pour pains et pâtisseries, deux sœurs rétaises viennent d ouvrir, à Paris, le Café Marlette Le bouche-à-oreille certainement. L attrait de la nouveauté à coup sûr. Quoi qu il en soit, le Café Marlette affiche complet chaque week-end. «Les gens font parfois la queue pendant une heure!», se réjouit Scarlette, l une des deux responsables de ce lieu ouvert au printemps dernier, dans la capitale, rue des Martyrs. Là même où des commerces de bouche réputés attirent bobos parisiens et amateurs de bonnes saveurs. Marlette, soit la contraction de Margot et Scarlette. Si les deux sœurs font recette depuis quatre ans avec leurs préparations à base de produits issus de l agriculture biologique, elles ont choisi le 9 e arrondissement parisien comme première vitrine de leur réussite. Prêtes à être cuisinées en les associant à des ingrédients frais, leurs créations culinaires sont ici proposées à la vente, mais aussi préparées dans la cuisine centrale avant d être dégustées sur place ou à emporter. Ailleurs, en France comme à l étranger, elles ont déjà trouvé leur place dans des dizaines de points de vente. Retour sur un parcours exemplaire. Les deux sœurs, Scarlette et Margot, forment le duo gourmand, Marlette. PHOTO ALEXANDRE JONAS. De Ré à Paris Héritières de l esprit d entreprise de leurs parents, créateurs des voiliers Tofinou, les natives de la Flotte-en-Ré décident un jour d associer leurs compétences d ingénieur agronome et de manager en hôtellerie-restauration. L idée : prendre le créneau, encore inoccupé sur le marché agroalimentaire, de produits moyenne gamme «prêts à cuisiner». Pour cela, les sœurs Joubert se lancent dans la confection de préparations pour pains et gâteaux à base de farines bio produites localement. Douze recettes sont testées et validées dans le garage familial, puis marquetées avec le soutien de l incubateur d entreprises départemental. En 2010 : cap sur la capitale pour défendre leurs produits «faits maison» auprès des distributeurs. Avec un positionnement clair prix moyen et qualité supérieure les créations Marlette intéressent vite de grandes enseignes parisiennes comme Le Bon Marché et les Galeries Lafayette qui les référencent dans leurs rayons. Levées de fonds En 2012, Scarlette Joubert et Margot Caron se voient attribuer le Grand Prix Moovjee, qui récompense un projet porté par de jeunes entrepreneurs. Supplément de crédibilité aux yeux des professionnels, cette récompense sera suivie de deux levées de fonds qui permettront à Marlette de devenir une marque à part entière, aux assises renforcées. «Pour gagner en notoriété, nous avons également lancé une gamme de produits dérivés Marlette.» Avec l ouverture d autres points de vente en ligne de mire et le référencement effectif dans des magasins «premium» comme Monoprix dans les grandes villes françaises et Marks & Spencer en Angleterre l entreprise aux huit salariés et au chiffre d affaires 2014 avoisinant le million d euros devrait poursuivre son bon développement. Grâce au Grand Prix des jeunes créateurs Unibail remporté cet automne, Marlette va même mettre un pied dans le monde des centres commerciaux haut de gamme. Préparées dans le laboratoire modernisé de l Houmeau, la vingtaine de recettes pour pancakes, cookies, scones ou autres fondants au chocolat y seront rapidement les meilleurs ambassadeurs du bon goût made in Charente-Maritime. Yann Vrignaud Dénomination officielle Commune Date dernier bilan Dernier CA Evol. (en %) dernier CA / CA N -1 Dernier CA export Dernier résultat net
28 28 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 La Charente-Maritime se met à table Nuances gourmandes prend sa part du gâteau SAINT-MÉDARD-D AUNIS Chefs pâtissiers, Guillaume Mabilleau et Jean-Baptiste Robin ont monté leur société de production de macarons, à destination des professionnels. Avec un certain succès ALAIN BABAUD C est à croire que la création d entreprise, pour eux, c est du gâteau! Jean- Baptiste Robin et Guillaume Mabilleau ont créé la SARL Nuances gourmandes voilà deux ans. Avec l idée de fabriquer des pâtisseries et des macarons de manière artisanale, pour une clientèle de restaurateurs, boulangers, pâtissiers et traiteurs essentiellement française (70%) et européenne (30%). «La première année a été assez calme», reconnaît Guillaume Mabilleau. Mais la seconde a vu le chiffre d affaires de la petite entreprise qui donne du travail à cinq personnes multiplier par trois. «On s est mis à l écoute de nos clients, de leurs besoins, pour améliorer nos produits.» Résultat : l atelier produit aujourd hui jusqu à macarons par jour. «Nous sommes pratiquement au maximum de notre capacité de production. Et ce, sans publicité, ou presque, explique Guillaume Mabilleau. Pour aller plus loin, il faudrait des locaux plus spacieux et une équipe renforcée.» Meilleur ouvrier de France Un cap que les deux associés se préparent, déjà, à franchir. Les deux jeunes entrepreneurs se sont rencontrés sur l île de Ré, au sein de la brigade de pâtissiers de l hôtel-restaurant-thalasso Le Richelieu de La Flotte-en-Ré, en «Nous étions une dizaine, il y avait du travail!» Les associés Guillaume Mabilleau, Meilleur ouvrier de France 2011 et Jean-Baptiste Robin, produisent jusqu à macarons par jour. PHOTO A.B. En 2008, l opportunité de devenir formateur à Paris se présente à Guillaume Mabilleau, originaire du Maine-et-Loire. Il accepte et prépare, parallèlement, le concours de Meilleur ouvrier de France (MOF). Un titre prestigieux, synonyme d excellence professionnelle, qu il décroche en Le jeune pâtissier est alors demandé ici et là, en Europe, par ses confrères, pour des stages de formation et de perfectionnement. Mais l envie demeure de s enraciner quelque part. La Charente-Maritime s impose alors comme une évidence. «Le bon sens veut qu un MOF ne s installe pas là où il y en a déjà un. La Charente-Maritime, c était parfait!» Le projet n est pas d ouvrir une boutique, mais un atelier de production facilement accessible aux transporteurs. Le choix se porte donc sur un local de la zone de la Croix-Fort, en retrait de l agglomération rochelaise, à Saint-Médard-d Aunis. Au départ, les chefs pâtissiers proposent pâtisseries, gâteaux et macarons. Mais l envol des commandes les contraint vite à faire un choix. Ce sera les macarons, très en vogue. Guillaume Mabilleau et Jean-Baptiste Robin mettent au point une garniture spécifique, «pas trop sucrée et qui restitue bien le fruit», devenue leur signature. Peu à peu, la carte s étoffe pour atteindre aujourd hui 49 parfums, des plus classiques (chocolat, café, noix de coco, pomme verte...) aux plus originaux (poire cardamone, pamplemousse coquelicot, fraise 5 épices, caramel tonka...). Les pâtissiers laissent leur imagination s exprimer. Et prennent soin de marquer chaque grand moment de l année d un macaron spécifique qui n a pas vocation à rester au catalogue : macaron bonbon arlequin pour Halloween, macaron champagne et groseille pour les fêtes de fin d année... De petites douceurs que l on peut trouver en vente directe à l accueil de l atelier de la Croix-Fort, et nulle part ailleurs en Charente-Maritime, sous la marque Nuances gourmandes. Dans le reste de la France et à l étranger, l entreprise produit pour des professionnels qui, eux, revendent aux consommateurs sans faire mention du fabricant charentais-maritime. C est la clé du succès. Cook Up s active en cuisine pour gagner des parts de marché LA ROCHELLE Atlantique Alimentaire est devenu Cook Up Solutions. Pour marquer sa volonté d exporter davantage ses surgelés Un changement de nom qui traduit l affirmation d une ambition. Au 1 er janvier, le groupe Comigel a changé de dénomination pour devenir Cook Up Solutions. Atlantique Alimentaire à La Rochelle, rachetée en 2010, a suivi le mouvement. Avec un objectif affirmé : s armer pour gagner des parts de marché à l étranger et monter la part de son chiffre d affaires à l export de 11% à 25% à l horizon L entreprise industrielle, qui emploie 185 salariés à Chef-de-Baie, conçoit et fabrique tonnes de tartes salées et tonnes de crêpes surgelées chaque année pour le compte de la grande distribution et d enseignes telles que Picard et Thiriet (75% des crêpes vendues en grande surface sortent des chaînes de fabrication rochelaises). À ce jour, ses exportations se concentrent essentiellement sur l Angleterre, l Allemagne et la Scandinavie. L antenne rochelaise de Cook Up Solutions vise désormais clairement les marchés américain, canadien et asiatique. «Nous avons des contacts avancés avec des partenaires dans ces régions-là», assure le directeur général, Antoine Doré. «Des produits d avenir» La PME s est d ailleurs allouée les services d un chef étoilé français pour travailler sur une gamme spécifique de surgelés à destination de l Asie. Lancement prévu dès «Nous ne sommes pas que des assembleurs, explique le chef d entreprise, mais des cuisiniers. Notre métier, c est de trouver de solutions alimentaires pour nos clients.» L entreprise vient de mettre en ligne une charte d engagements qualité explicite, qui s appuie sur quatre piliers : la sélection des filières (les tonnes annuelles de farine utilisées viennent du Poitou-Charentes), la sécurité alimentaire ( euros investis dans le renforcement des contrôles et analyses), la culinarité (six chefs animent le service recherche et développement) et enfin, l expertise nutritionnelle (recettes équilibrées, produits sains). «Les surgelés sont des produits intéressants parce que sains, sûrs, sans conservateurs. C est un secteur d avenir.» La crise des lasagnes de cheval de 2013, qui n a pas concerné Atlantique Alimentaire, n y change rien. L entreprise va ainsi réaliser un chiffre d affaires de 33 millions d euros, cette année, avec un effectif stable. Et continue d innover. Avec une solution simple de démoulage des tartes qui permet de les emballer sans le plat de cuisson. Ce qui permet d économiser des dizaines de tonnes de carton et d aluminium et prend moins de place les congélateurs. Tout le monde y gagne. A. B. Les surgelés, «produits d avenir» selon Cook Up Solutions. PHOTO DR
29 JEUDI 13 NOVEMBRE La Charente-Maritime se met à table Sud Ouest éco 29 Relance délicate pour les douceurs de la Reine friande CONFISERIE À Saint-Jean-d Angély, la Nouvelle Reine friande entend renouer avec le succès d antan de la société, fondée en 1932 Fondée en 1932 à Varaize un village tout proche de Saint-Jean-d Angély la Reine friande a comblé bien des palais en quatre-vingts ans d existence. Spécialisée dans la fabrication de bonbons, la petite entreprise a traversé des périodes de turbulences. Ce qui l a conduite, en 2012, à devenir la Nouvelle Reine friande et à quitter ses locaux de Varaize pour rejoindre un bâtiment plus adapté à Saint-Jean-d Angély. Une entreprise de bonbons au miel des Alpes-de-Haute-Provence, Apior, a repris la fabrique de confiseries, quand le nouveau gérant, Bernard Manonviller, se démène pour retrouver des clients. La Nouvelle Reine friande produit, entre autres, des caramels. PHOTO ARCHIVES P.B. Le miel, ingrédient de base «Ce n est vraiment pas facile en ce moment, certains de nos clients ont carrément disparu à cause de la crise», souligne le chef d entreprise qui s appuie sur une petite équipe de trois salariés. Berlingots, caramels au beurre salé, coquelicots : la production de la société est basée sur le miel. «En effet, 90% de nos bonbons contiennent du miel, poursuit Bernard Manonviller, c est notre cœur de métier.» Si la production de miel est en importante régression actuellement, le manque de matière première ne devrait pas affecter l activité de la PME car Bernard Manonviller assure l avoir anticipé. Malgré tout, le chiffre d affaires de la Nouvelle Reine friande stagne aux alentours de euros. «Ce n est pas suffisant», admet le gérant de la SARL Nouvelle Reine friande, qui à peine rentré d un salon à Colmar, se rend ensuite en Belgique pour rencontrer des clients. Confrontée à une baisse d activité, la petite équipe ne baisse pas pour autant les bras. «Nous avons plusieurs projets en tête et nous allons probablement recruter une personne à mi-temps pour développer la réalisation de sucettes», précise l apiculteur qui souhaite développer la vente directe sur son site de production de l avenue de Poitiers. «Notre chiffre d affaires stagne, mais nous avons plusieurs projets en tête pour relancer l activité» «Nous organisons régulièrement des visites de notre petite fabrique, le public est assez impressionné par nos machines. Certaines datent de la création de l entreprise et sont quasiment uniques au monde. Elles peuvent fonctionner encore une centaine d années!», estime le dynamique chef d entreprise qui, malgré ses 69 ans, affiche un dynamisme à toute épreuve. Son secret? «Je mange du miel et de la propolis (1) tous les jours!» Philippe Brégowy (1) La propolis est une autre substance produite par les abeilles. Elle possède de nombreuses vertus pour la santé.
30 30 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 La Charente-Maritime se met à table La Californie sourit aux frères Meschin RESTAURATION À la tête de The Little Door, Frédéric et Nicolas, natifs de Charente-Maritime, étendent leur territoire gastronomique Le parcours à succès de Frédéric et Nicolas Meschin à Los Angeles se poursuit. Plus de trente ans après leur arrivée en Californie, les deux frères originaires de Saint-Palais-sur-Mer continuent d animer la scène culinaire et artistique de la cité des anges. Déjà propriétaire de trois restaurants, dont l inclassable Acabar véritable palais des mille et une nuits construit en 1968 par le Bordelais Pierre Dupars le duo vient tout juste d ouvrir une nouvelle adresse à Brentwood, l un des quartiers les plus huppés de Los Angeles. «Cette fois, nous n avons pas mis d argent sur la table», explique Frédéric Meschin. «Nous nous sommes associés à un investisseur, un jeune Parisien nommé Marc-Antoine Rambaud, à qui nous apportons notre savoirfaire, notre expertise, ainsi que le nom du restaurant, sans pour autant en vendre les droits.» Frédéric Meschin a choisi l exil sous le soleil de Californie. Sans regrets. PHOTO S. C. Un concept à décliner Approchés depuis plusieurs années par différents financiers pour décliner le concept de leurs établissements réputés pour leur cuisine méditerranéenne et leur convivialité les deux frères Charentais-Maritimes s y étaient toujours refusés. «Nous ne voulions pas dénaturer l esprit que nous donnons à nos restaurants, au motif de gagner plus d argent. Et l idée d une franchise ne nous plaisait pas. Nous avons finalement trouvé un modèle économique différent : nous prenons en charge les assurances, les droits, le contenu, puis nous plaçons nos équipes soit une cinquantaine de personnes et le menu élaboré avec notre chef. Le reste est à la charge du partenaire de l opération.» Dans le cas du restaurant de Brentwood, l investisseur en question s est occupé des frais de décoration, de matériel, de signer le bail et diverses opérations administratives. «Il a notamment fallu récupérer la banqueroute de l ancien restaurateur, soit près de dollars.» Tout frais cumulés, ce sont ainsi près d 1,5 millions de dollars qui ont été déboursés, ainsi qu un loyer mensuel de dollars pour près de 300 m 2. «Ces tarifs sont un peu élevés, mais c est le quartier qui veut cela. Par ailleurs, si nous voulons respecter notre réputation et que le restaurant fonctionne, nous ne pouvons pas faire les choses à moitié.» À l intérieur, les moindres détails ont été étudiés pour que la clientèle se sente à son aise et puisse venir dîner à tout moment, derrière l imposante porte couvrant la façade. «Rien n existe aux alentours en termes de vie nocturne. Ici, nous n ouvrons pour le moment que de 17 heures à 2 heures du matin. Nous avons plusieurs salles, dont une taverne à l ambiance intimiste, pour que chacun trouve ce qu il cherche, comme dans un riad romantique.» Et visiblement, le concept séduit déjà. Dès le premier soir, l acteur Jim Carrey est d ailleurs venu s y détendre. De quoi inciter les frères Meschin à poursuivre sur la même idée de développement. «Des projets sont lancés à Venice Beach, Santa Monica, Las Vegas et Miami. Tant que cela respecte notre concept et ne nous ne demande plus de lourds investissements, nous sommes partants... Fidélité à nos valeurs, partage et plaisir : bref, tout l esprit de Saint-Palais!» Stéphane Cugnier
31 JEUDI 13 NOVEMBRE La Charente-Maritime se met à table Sud Ouest éco 31 Le Cayenne raconte son histoire dans le marais MARENNES-OLÉRON Depuis trois générations, la simple cabane de dégustation devenue restaurant de poissons et fruits de mer, attire gourmands et visiteurs au cœur d un paysage unique PHILIPPE BAROUX Le Cayenne. Sur la rive gauche du chenal éponyme de Marennes, cette table est née du paysage qui borde les rives de Seudre. Le marais ostréicole sur lequel les baies vitrées de cette ancienne cabane de producteur d huîtres ouvrent au ravissement des convives. L histoire qu y raconte aujourd hui Joël David, c est celle d une lignée dont le parcours professionnel est étroitement lié au murmure des étiers, et au miroitement des claires d affinage dans le soleil couchant. Il est depuis mai dernier la troisième génération qui exploite l affaire. Gilles Sonnette, son grand-père, était un ostréiculteur visionnaire. Plus tôt que d autres, il avait saisi combien ce paysage captivait les visiteurs. De son ordinaire cabane que l on atteignait en laissant à main gauche la route de Chancrette se perdre dans de bucoliques sinuosités, il avait fait un lieu de découverte de l huître, et de dégustation. «Il présentait toutes les calibres aux touristes, et il leur vendait une partie de sa production», explique Joël. Joël David dirige un restaurant authentique, au cœur du bassin de Marennes-Oléron. PH. P. B. Déco rustique et ambiance bon enfant Une génération passe, et voici Edwige, la fille de Gilles. Elle va plus loin et voit plus grand. Il y a près de trois décennies, la cabane de dégustation élargit son offre aux fruits de mer, puis aux poissons des pertuis. Le restaurant naît. Il dresse des tables sciées dans des billes d ormeau galeux, bois massif et noueux que Gilles a découvertes sous un roncier. Au mur, des reproductions de cartes postales anciennes bercent la nostalgie de l ostréiculture d antan. Aujourd hui encore, ces longues planches rustiques participent de l identité du lieu : les clients s y asseyent dans l ordre d arrivée, laissant le hasard abattre la carte d un voisinage imprévu, le temps d une rencontre. «Cela facilite les échanges et donne lieu à des moments sympathiques», souligne Joël. «L autre jour un client qui n était pas venu depuis dix-huit ans m a dit avoir retrouvé la même ambiance qu à l époque, ce qui l avait rajeuni d autant Joël a «toujours connu l endroit», et ne voyait pas sa tante passer la main à un «étranger». Le temps de l engagement est donc venu pour cet ancien mécanicien marine en pleine reconversion professionnelle. Un engagement de marathonien, car il y a longtemps que les deux mois d ouverture saisonnière sont devenus une ouverture annuelle, midi et soir, avec deux pauses seulement, les 25 et 31 décembre. Au Cayenne, la famille a inventé le circuit court avant qu il ne devienne une mode. Les huîtres, moules, palourdes, langoustines, tourteaux et crevettes, qui constituent l ossature de la carte, sont des produits du bassin. La seiche, la sole, le bar sont achetés en direct aux criées de La Cotinière et de La Rochelle. Le paysage donne tout, jusqu aux saint-jacques qui arrivent des pertuis, lorsque la saison de pêche bat son plein, ou des îles anglo-normandes le reste de l année. Et chaque jour, Edwige tire des viviers les produits frais qui garniront une centaine de couverts. Un chef, un écailler, deux serveurs et une secrétaire complètent l équipe de cette société à responsabilité limitée. Changement de paysage «Le chenal est énormément fréquenté», souligne Joël en saluant du regard la cinquantaine de visiteurs qu un autobus vient de déposer à l écomusée attenant au restaurant : une idée d Edwige pour expliquer le cycle d élevage de l huître. «Les clients recherchent un changement de paysage. Ici, le héron guette sur le bord de la claire et on le voit manger la crevette. Je n aurai pas tenté l aventure ailleurs. Bien sûr, il y a la reprise familiale. Mais il y a aussi l emplacement. Le boulot est dur, mais je profite des levers de soleil derrière l établissement, et des couchers, devant. Un jour il y a du vent, un autre j entends les mouettes crier. L hiver, à 21 h 30, quand j ouvre des huîtres dehors, il fait nuit noire, il n y a pas un bruit. Seulement le pont de la Seudre, au loin, tout illuminé. Ça régénère»
32 32 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE
33 JEUDI 13 NOVEMBRE Sud Ouest éco 33
34 34 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 Charente-Maritime Dénomination officielle Commune Date dernier bilan Dernier CA Evol. (en %) dernier CA / CA N -1 Dernier CA export Dernier résultat net
35 JEUDI 13 NOVEMBRE La Charente-Maritime se met à table Sud Ouest éco 35 Le thym et la sarriette se font une place au soleil SAINTE-SOULLE Un groupement d agriculteurs bio, Biolopam, s est constitué pour produire des plantes aromatiques méditerranéennes qui arrivent le plus souvent sur les tables en tisanes ALAIN BABAUD [email protected] Un repas trop chargé qui a du mal à passer à l heure de la sieste? La sarriette, en tisane, facilite la digestion et stimule, accessoirement, la libido... Un rhume qui s installe? Le thym, en infusion ou en tisane, aide à s en débarrasser. Des plantes méditerranéennes aux vertus thérapeutiques bien connues qui commencent à se faire une place sous le soleil... de Charente-Maritime. Impulser la filière Quand il quitte le secteur de l assurance pour reprendre la ferme familiale, à Sainte-Soulle, près de La Rochelle, en 2009, Didier Dorin ne s imagine pas une seconde en céréalier. «On ne descend pratiquement jamais du tracteur... J ai cherché autre chose.» L industrie cherche des agriculteurs pour produire des plantes aromatiques et médicinales. Le quadra, titulaire d un BTS agricole, se lance. Mais la filière n existe pas, en Charente-Maritime. Il faut l impulser. Didier Dorin se rapproche du groupement des agriculteurs bio, le GAB 17, et crée, en 2010, le groupement d intérêt économique (GIE) Biolopam (pour biologique et plantes aromatiques et médicinales). Une structure qui réunit, à ce jour, sept producteurs charentais-maritimes. Là où il y aurait de la place pour le double... «C est un secteur en pleine expansion, explique l agriculteur et président du GIE, on a du Le groupement que préside Didier Dorin produit 20 tonnes de thym séché, par an. Les terrains manquent pour aller au-delà. PHOTO A. B. mal à répondre à la demande. Il nous faudrait de nouvelles surfaces à cultiver.» Pour faire pousser du thym, surtout. Le GIE en produit 20 tonnes (plante séchée) par an. Mais également du fenouil, de la sarriette, de l origan, de l anis vert, de la coriandre... Toute la production est bio et part chez des grossistes et industriels, principalement de l agro-alimentaire, parmi lesquels le groupe Léa Nature, à Périgny, poids lourd régional de l alimentation biologique et naturelle. Vont bientôt s ajouter à cet herbier la menthe, ainsi que la mélisse aux vertus apaisantes. «Il faut qu on élargisse notre offre pour mieux répondre aux attentes et trouver de nouveaux clients», en commerce de gros et demigros, indique Didier Dorin. Tous les indicateurs sont au vert. Les temps sont au retour vers la nature, vers les bienfaits des plantes. L agriculture bio profite également du souhait des consommateurs de mieux maîtriser leur alimentation. Et les industriels reviennent au «Made in France», tant pour des questions de traçabilité, de circuits courts que de qualité du produit. Le groupement a même reçu un coup de main du gouvernement, de euros, dans le cadre de l appel à projets «Agricultures, produisons autrement», pour se développer et contribuer à la protection de l environnement. Les plantes aromatiques bio se plaisent, en effet, dans les zones péri-urbaines protégées des produits chimiques de l agriculture conventionnelle. Les producteurs travaillent ainsi, avec la Ville de La Rochelle, pour se propager aux bassins versants des zones de captage de l eau qui coule au robinet des abonnés de la régie municipale. En diminuant le taux de polluant dans les environs, on diminue les traitements avant distribution. Et c est la santé des consommateurs qui y gagne. Plantabenèze : tout bio, tout bon AUMAGNE Ancien militaire, Valéry Bouyer, s est converti aux plantes aromatiques et médicinales qu il cultive en bio Dès que le visiteur pénètre dans la ferme de Valéry Bouyer à Aumagne, il est saisi. De délicieuses effluves l enveloppent. Ici, le thym, le romarin, et tant d autres plantes aromatiques et médicinales (PAM) ont élu domicile. Pilote d hélicoptère pendant vingt-sept ans, Valéry Bouyer s est reconverti dans l agriculture, en «Je voulais travailler la terre et en cherchant la filière qui me plairait, les PAM se sont très vite imposées à moi», explique l ancien militaire. Formé auprès de Jean-Pierre Scherrer, figure référente des plantes aromatiques dans l Ouest, Valéry Bouyer cultive des plantes «locales, adaptées à notre terroir» en bio, depuis deux ans. Un choix «pragmatique plus que politique». Son exploitation s étend sur 20 hectares et comprend une cinquantaine de variétés. Autodidacte, le quadragénaire dispose aussi de deux alambics. «Il a fallu les transformer pour produire des huiles essentielles», dévoile-t-il. L ancien pilote n est pas devenu druide. Point de potion magique à l horizon. «Je me contente de commercialiser les 148 plantes autorisées par le décret de 2008.» On trouve les PAM d Aumagne, commercialisées sous la marque «Plantabenèze», dans les boutiques bio du département et en vente directe, à la ferme d Aumagne. Philippe Brégowy
36 36 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE Le business du sel de Ré progresse COOPÉRATIVE S il ne jouit pas de la notoriété de celui de Guérande, le sel de Ré se commercialise un peu mieux chaque année Le sel marin récolté dans l île de Ré, c est du «100% naturel». En attendant l indication géographique protégée (IGP) qu elle espère pour bientôt, la coopérative des sauniers rétais timbre désormais ses boîtes et sachets d un tampon «100% naturel, 100% sans additif». «Cela distingue clairement nos produits du sel industriel.» Chez les consommateurs, la tendance est aux produits de terroir. Cela profite au sel marin, récolté manuellement : principalement à celui de Guérande, qui a si bien su imposer sa marque et travailler son image. «À tel point que certains clients pensent que le mot Guérande désigne la méthode,, comme on dit par exemple le beurre de baratte. Ils viennent chez nous et demandent du sel de Guérande de l île de Ré!», rapporte Gabrielle Cherpentier, responsable commerciale de la coopérative des sauniers. Stocks et mauvaise météo Des sauniers rétais toutefois bien décidés à se dégager de l ombre de leurs collègues de Loire- Atlantique. La fleur de sel cette fine couche blanche qui se forme à la surface des marais salants a si bonne côte auprès du public qu il y a aujourd hui de la place pour plusieurs bassins de production sur l Atlantique. Dans l île de Ré, cette fine fleur tire les prix vers le haut elle se vend au minimum huit fois plus chère que le gros sel et fait vivre environ 80 sauniers. Une vingtaine d entre eux sont indépendants tandis que 60 actifs sont associés au sein de la coopérative qui vend 85% du sel récolté dans l île de Ré. «Notre production annuelle tourne en moyenne autour de tonnes pour le gros sel et 150 tonnes de fleur de sel», indique Gabrielle Cherpentier. Ce ne sera pas le cas en Le mois de septembre, particulièrement ensoleillé, n a pas suffi à compenser les pluies de juillet et août. «Une nuit de pluies abondantes, ça ne gêne pas le tourisme mais c est une semaine de gâchée pour ceux qui tirent le sel!» La coopérative n espère pas récolter cette année beaucoup plus que 400 tonnes de gros sel, mais ses dirigeants ne se montrent pas spécialement inquiets : «Nous avons en stock de quoi fournir nos clients pendant 18 mois.» Le stock, c est le secret du commerce de ces précieux cristaux nés de l évaporation de l eau de mer et dont la production dépend entièrement du soleil et du vent. «Nous avons l habitude d être tributaires de la météo, aussi nous avons trois ans de stock devant nous!», assure Christophe Sanselme, directeur d Esprit du Sel. Cette SARL qui existe depuis trente ans dans l île de Ré fait travailler une dizaine de sauniers indépendants. D autres vendent à Rivesaline, jeune société, qui, elle aussi se démarque de la coopérative. «J ai trop besoin de liberté, trop envie de créer mes propres produits», affirme son responsable, le saunier Cédric Fortunier, à l origine de la fleur de sel noire «mélangée à de l encre de seiche» du gros sel primeur ou encore de la brume de sel, sous forme liquide. De fait, si la coopérative des sauniers domine les volumes, les indépendants la rejoignent sur les résultats. La première a fait 3,5 millions de chiffres d affaires en 2013, les indépendants autour de 3 millions d euros. «Nous ne sommes pas concurrents, nous avons le but commun de faire vivre la saliculture dans l île de Ré», précise Christophe Sanselme dont la société, Esprit du Sel, a fait à elle seule 1 million de chiffres d affaires en «Nous nous différencions de la coop en proposant du haut de gamme. Nous exportons 30% de nos produits dans des épiceries fines et restaurants aux États-Unis, au Canada ou en Australie.» Comme les indépendants, la coopérative sait la nécessité de se renouveler pour vendre, ce qui n est pas évident avec un produit comme le sel. Elle est toutefois à l origine d une nouveauté majeure, le galet de sel, qui est à cette denrée ce que le morceau de sucre est au sucre en poudre. «Nos galets équivalent à la quantité de sel qu il faut pour un litre d eau», indique Gabrielle Cherpentier. Plutôt pratique, cette innovation de la coopérative rétaise doit encore passer dans les habitudes des ménages. Agnès Marroncle La coopérative des sauniers rétais vend 85 % du sel produit sur l île. PHOTO ARCHIVES FRANCK MOREAU. Une grande pour petits ÎLE D OLÉRON Filiale du Groupe Aqualande, la tout le pourtour méditerranéen en bars, turbots ou PHILIPPE BAROUX [email protected] Petit poisson deviendra grand. Dans cette pouponnière oléronnaise, sont bercés 10 millions de larves, et cinq millions d alevins. Ils deviendront portions de bars, de dorades et de turbots dans les assiettes. Mais après avoir été transférés de la nurserie aux élevages aquacoles qui, pour l essentiel, sont localisés sur le pourtour méditerranéen. Ce matin d octobre, à la Ferme marine du Douhet, une «poussette» de 38 tonnes est chargée de alevins de dorades royales. Quatre jours plus tard, le poids lourd déposera ces bébés dans le berceau de l île grecque de Kalymnos, un élevage aquacole situé à près de kilomètres de cette île d Oléron qui les a vus naître cinq mois plus tôt. «500 à 600 millions d alevins sont vendus dans les élevages du pourtour méditerranéen chaque année. Nous en fournissons 40 millions, et notre filiale de l Hérault, 10 millions», détaille Jean-Sébastien Bruant, le directeur du site. Marchés émergents Filiale du français Groupe Aqualande, depuis 1995, la ferme oléronnaise est une écloserie qui approvisionne une cinquantaine d élevages. «Pour la Méditerranée, il est plus rapide de préciser les destinations que nous ne desservons pas, plutôt que le contraire. Nous ne sommes pas présents en Libye, en Égypte et au Liban.» De la Turquie à l Espagne, l entreprise est ainsi présente sur tous les autres marchés de ce bassin méridional, mais aussi à Madère, aux États-Unis ou en République dominicaine. Et, cela fait huit ans qu elle avance à petits pas sur les marchés émergents du Moyen- Orient, notamment aux Émirats Arabes Unis et en Iran. Un ensemble économique qui, sur un site de 2,5 hectares en plein marais, mobilise 45 équivalents temps plein, et réalise annuellement entre 7,5 et 8 millions d euros de chiffre d affaires. Pour un résultat significatif de à euros, selon les années. Taux de survie Ces performances tiennent notamment à la stricte politique sanitaire qui est appliquée dans ces installations. Il s agit de limiter les atteintes virales et bactériologiques aux productions, lesquelles constituent d ordinaire le point faible des élevages, de quelque nature qu ils soient. Les alevins n échappent pas davantage au problème que les poules et autres veaux. La Ferme marine du Douhet a fait de la maîtrise du sujet l un de ses points forts. Les Le directeur du site, Jean-Sebastien Bruant, performances sont à la clé, avec un taux de survie larvaire de l ordre de 50% à 60%, remarquable pour ce type de production. «Cela nous met au cinquième ou sixième rang européen, et au premier rang français», ajuste le dirigeant. «Nous sommes présents dans toute la Méditerranée, sauf en Libye, en Égypte et au Liban» Dans cette lutte contre les pathogènes, la localisation insulaire de l élevage est un atout. Cette position le place à la marge des principaux axes de circulation et de développement des foyers de maladies. Cela ne suffisait évidemment pas pour élever un rempart sanitaire étanche, ni pour garantir la régularité des approvisionnements perturbée par les épisodes infectieux. Comme d autres, la
37 JEUDI 13 NOVEMBRE Sud Ouest éco 37 nurserie poissons La gambas du Japon frétille à Mornac-sur-Seudre PÉNÉICULTURE Frédéric Madroux élève gambas et huîtres dans sa ferme Huître Impériale. Il vend ses larves aux producteurs de la région Ferme marine du Douhet approvisionne dorades, élevés sans antibiotiques Les gambas sont élevées dans les claires et commercialisées de la mi-juillet à la fin octobre. Frédéric Madroux en produit cinq à six tonnes par an. PHOTO D. P. atteint un bon taux de survie des alevins de poissons, sans traitements. PHOTO P. B. ferme avait donc commencé à recourir aux antibiotiques pour protéger ses larves. «Mais des phénomènes d antibiorésistance sont apparus. Nous nous tirions une balle dans le pied.» La ferme dépensait euros de traitement chaque année, il a donc été décidé de jeter au feu les boîtes d antibiotiques, et de leur substituer un protocole rigoureux de gestion de l élevage. Une sorte de circuit de production dans lequel les animaux qui avancent dans la classe d âge ne recroisent pas les spécimens les plus jeunes. La production est aussi divisée en secteurs. Les poissons reproducteurs ne sont pas dans les mêmes locaux que l unité d élevage larvaire, laquelle est distincte de celle où s effectue le sevrage, et ainsi de suite. À chaque unité ses instruments de travail qui ne voyagent pas d une case à l autre. «Nous limitons ainsi les risques de contamination d un lot par l autre, entre les serres.» C est le principe de la marche en avant. Il se complète du lavage complet d une unité lorsqu elle a été vidée de ses occupants, au moment où ceux-ci ont rejoint le stade d élevage suivant. Laboratoire de microbiologie Les salariés sont inclus dans la boucle, astreints qu ils sont à des règles d hygiène telles que le trempage régulier des bottes dans les pédiluves qui ponctuent le parcours, ou la désinfection des mains, non moins permanente. Les blouses jetables sont obligatoires et, pour les sites les plus exposés de la production, elles sont changées à l arrivée et à la sortir du module. Pour surveiller la viabilité de ce dispositif, une équipe est dédiée au suivi qualité. Tandis que l entreprise dispose de son propre laboratoire d analyse microbiologique. Il réalise très régulièrement des examens de l eau, de l air, des sols et surfaces, et des poissons. Un choix qui, en cas d incident, permet de sérier sa source, plus vite que le permettrait le recours à un laboratoire externe contraint par ses délais, ne serait-ce que d acheminement des prélèvements. Les carcinologistes spécialistes des crustacés l appellent penaeus japonicus. Les gourmets qui en perdent leur latin, lui préfèrent le nom de gambas. Notre gambas ou crevette impériale, reine des paellas, des barbecues, planchas et autres plateaux de fruits de mer, puise ses racines au Japon. Mais il y a belle lurette qu elle n a pas trempé ses pattes dans les eaux de l océan Pacifique ou de la mer du Japon puisqu elle est aussi élevée, chez nous, en Charente-Maritime depuis les années D une manière très confidentielle au début, puis petit à petit elle a fait son nid chez beaucoup d ostréiculteurs qui ont trouvé là une source de revenus complémentaires, notamment l été. Normand, Frédéric Madroux n a pas rêvé de devenir pompier ou pilote de course, comme beaucoup de petits garçons. Non, tout gamin déjà, il se voyait éleveur de crevettes. Pour cela, il a donc entrepris des études d ingénieur en aquaculture, à Montpellier et examiné, il y a une quinzaine d années, les côtes françaises pour trouver le meilleur endroit possible pour installer son élevage. Mornac-sur-Seudre a retenu toute son attention. Et ce, pour plusieurs raisons. «Il y avait 35 claires à vendre et une possibilité d extension pour 35 autres dans un endroit idéal, soit ce coin de Seudre où les marées assurent un bon renouvellement de l eau des claires et permettent une prolifération des vers de vase dont se nourrissent les gambas. Ensuite, Mornac est un coin très touristique, donc très intéressant pour la vente directe», précise Frédéric Madroux. Ainsi est née la ferme Huître Impériale, où l élevage de crevettes représente l activité principale quand l ostréiculture reste une activité d appoint pour les mois d hiver. Écloserie Si depuis quelques années beaucoup d ostréiculteurs de Charente-Maritime produisent des gambas pour arrondir leurs fins de mois, ils ne sont qu une quinzaine à vivre essentiellement de cet élevage. Frédéric en fait partie. Aujourd hui, l éleveur produit cinq à six tonnes de crustacés sous le label Agriculture biologique, renouvelé chaque année entre la mijuillet et la fin octobre. Car, en tant que crustacé des eaux chaudes, la crevette impériale ne résiste pas aux hivers charentais. Ses clients sont essentiellement les restaurateurs de la région, mais aussi des grossistes en poissons qui travaillent avec l Espagne, et les touristes de passage à Mornac. Mais depuis quatre ans, Frédéric a ajouté une corde à son arc : la production de larves au tout début du printemps dans une vaste écloserie installée à proximité des claires. Ce qui lui permet de vendre à d autres producteurs des gambas encore toutes jeunes qu ils feront grandir dans leurs claires. «Je fournis une bonne partie des éleveurs de la région, car je suis le seul à leur proposer des larves sur tout l ouest de la France.» Son plus proche concurrent français se trouve en effet à Perpignan. Didier Piganeau LE CHIFFRE 3,5 C est le nombre de crustacés élevés au mètre carré par Frédéric Madroux soit crustacés aux m 2 quand la norme bio tolère un maximum de 20 crustacés au mètre carré. Une performance qui permet à l éleveur normand de renouveler chaque année le label Agriculture biologique de ses gambas (ou crevettes impériales), made in Charente-Maritime.
38 38 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 La Charente-Maritime se met à table À Royan, un port de pêche en sole majeure CRIÉE Si la flottille de la Côte de Beauté n est pas imposante, elle a su miser sur la qualité de sa pêche plutôt que sur la quantité. Pour prendre la tête du classement français en termes de maintien des prix au kilo PHILIPPE BAROUX Royan, sa Grande conche, son architecture de béton, et les particularités de son port de pêche. Qui sait que la petite flottille de la Côte de Beauté se distingue au niveau national pour la bonne tenue de son prix moyen au kilo? 8,42 l année dernière. Ce qui place la criée en tête du classement français, alors même que le volume de poisson débarqué est loin, bien loin des poids lourds boulonnais et lorientais. C est à trois espèces que la criée doit ce résultat signifiant la bonne rémunération des producteurs : le bar, le maigre et la sole. Trois poissons blancs à chair nobles prisés des consommateurs, et donc des mareyeurs. Au bilan d activités 2013, ces trois espèces nobles représentaient 71% du tonnage global de la criée, soit 527 des 884 tonnes vendues. Et l incidence sur le chiffre d affaires global n est pas moindre. Pour ne prendre que le cas de la sole, la première espèce débarquée ici, elle correspond à un produit de 3,4 millions, sur les 7,4 millions d euros du chiffre d affaires que la criée réalise avec une cinquantaine d espèces référencées au total. Trois bateaux, les plus imposants de cette petite flottille d une trentaine d unités, se sont spécialisés dans l espèce. L «Austral», le «Johan- Jé», et le «Sertan», sont trois fileyeurs de 18 à 24 mètres qui renvoient très au large l histoire de la pêche locale reliée à la sardine. Joël Richaud présente un bac de bars «pinsés», l une des espèces de haute qualité qui font la réputation du port de Royan. PHOTO ARCHIVES P. B. La qualité à bord Dans tous les cas, petits et gros bateaux royannais sont réputés pour la qualité de leur travail. La technique de pêche utilisée par les petits bateaux de moins de 12 mètres (le plus gros contingent de la flottille), préserve au poisson sa qualité de chair. Au bout de leurs lignes, ils remontent notamment du bar d une fermeté incomparable. Les poissons remontent quais vivants du fond, et un par un, à l inverse du chalut qui compacte et écrase la pêche. Ces bars sont aussi saignés dès qu ils arrivent à bord, leur conservation n en est que meilleure. Le respect strict d un cahier des charges permet alors de leur agrafer un pin s à l ouïe, et de valoriser cette production à l encan au moment de la vente. «Vue la taille de la flottille, les pêcheurs ne peuvent pas rivaliser sur les volumes. Aussi, travaillent-ils la qualité», souligne le responsable d exploitation. Les acheteurs sont d autant plus prompts à faire des affaires au port de Royan que la vente dématérialisée sur Internet facilite depuis 2007 leur négoce, par l achat à distance. Les deux tiers des cinquante acheteurs références en criée utilisent ce site. Un achat à distance qui repose sur la confiance. Elle suppose qu au moment du tri du poisson et de son classement par catégorie qualitative, les agents de criée soient intransigeants. «Il nous arrive de déclasser un poisson qui ne le serait pas forcément dans une criée réalisant de plus gros volumes. En parallèle, nous avons aussi travaillé pour convaincre les professionnels qu un poisson bien traité et bien travaillé sur le bateau, c est à leur avantage. L idée d une dynamique gagnant-gagnant.» Grandes tables et exportation Qui sont ces acheteurs? Joël Richaud qui gère la criée au quotidien explique qu il y a peu d acheteurs locaux pour les trois espèces phares. «La majeure partie est vendue à des mareyeurs de Charente-Maritime, et de toute la France. Ces acheteurs servent ensuite la grande distribution, mais aussi les grands restaurants, notamment à Paris et sur la Côte d Azur. D autres exportent vers les pays limitrophes (Espagne, Italie, Suisse, Allemagne), mais aussi plus loin (Russie, Émirats, New York, Asie).»
39 JEUDI 13 NOVEMBRE La Charente-Maritime se met à table Sud Ouest éco 39 Des perles noires cultivées en Saintonge GASTRONOMIE À Saint-Genis-de-Saintonge, Sturgeon produit 12 tonnes de caviar chaque année DIDIER PIGANEAU C est, au poids, l œuf le plus cher du monde. Comptez à la louche entre 2000 et euros le kilo. Si le caviar a longtemps fait songer à la Russie ou à l Iran, ses pays de prédilection, aujourd hui il est aussi et surtout aquitain et charentais-maritime. Créée en 1995, Sturgeon est la plus importante entreprise de production de caviar française. Il est vrai que la concurrence est assez clairsemée : cinq producteurs se partagent le marché dans la région et Sturgeon assure, à lui seul, 50% de la production dans l Hexagone avec 12 tonnes de perles noires produites chaque année et commercialisées sous la marque Sturia. Pour un chiffre d affaires de huit millions d euros, en C est donc à Saint-Genis-de-Saintonge, près de Jonzac, qu est installé l atelier de production (1). De mars à septembre période «creuse» de l activité dix salariés (ils sont le double le reste de l année) traitent et conditionnent le précieux produit, provenant d esturgeons nés à l écloserie de Guyenne, à Saint-Seurin-sur-l Isle (33). Des esturgeons ensuite élevés dans sept piscicultures de Charente-Maritime et de Gironde, dont celle de Saint-Fort-sur-Gironde, à une dizaine de kilomètres de Saint-Genis. Luxe et qualité On est loin de la rustique tradition du caviar prélevé dans des esturgeons sauvages de la Gironde. Si les gestes restent les mêmes, ce sont les règles d hygiène et le contrôle de la qualité qui ont profondément évolué. Chez Sturgeon, les œufs sont soigneusement triés pour en tirer le meilleur caviar. PHOTO D. P. «Autrefois, on abattait le poisson dans le bateau et d un coup de couteau on l ouvrait pour retirer la gonade la poche dans laquelle se trouvent les œufs, ndlr que l on mettait dans un seau», se souvient Jean-Baptiste Bomy, directeur de production alimentaire. Aujourd hui, les différentes opérations de production se déroulent dans des locaux d une propreté clinique, uniquement avec des esturgeons d élevage et un personnel qualifié. Les femelles esturgeons, soigneusement identifiées et répertoriées à leur sortie des piscicultures, pèsent entre 8 et 10 kilos et sont âgées de 6 à 10 ans. Elles produisent environ 10% de leur poids en caviar. Les poissons abattus à l entrée de l atelier sont immédiatement ouverts pour en extraire la gonade. Viennent ensuite le passage au tamis des gonades et le calibrage des œufs. «Déjà à la pisciculture, grâce à une échographie puis une biopsie, on estime précisément la taille des grains, mais nous les vérifions une seconde fois», explique Jean-Baptiste Bomy. Dans une entreprise où luxe et qualité sont les maîtres mots, rien ne peut être laissé au hasard. Chaque œuf ne sera pas inférieur à 2,5 millimètres et les caviars seront assemblés par nuances de bruns et par tailles de grains. Ceux dépassant les trois millimètres les plus rares entreront dans la catégorie prestige. Le salage délicate opération d une extrême précision est effectué dans la foulée avant le conditionnement en boîtes métalliques. Aucune mécanisation chez Sturgeon, toutes les opérations sont entièrement réalisées à la main, par des experts. Aujourd hui, la marque Sturia s est imposée sur les plus grandes tables, dans les boutiques de luxe en France et à l étranger. Sturgeon exporte 60% de sa production. L Europe mais aussi les Émirats, Hong Kong ou la Chine sont friands du caviar d Aquitaine et de Saintonge! (1) Le siège de la SCEA Sturgeon est lui, basé à Saint-Sulpice-de-Cameyrac, en Gironde.
40 40 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 Charente-Maritime Dénomination officielle Commune Date dernier bilan Dernier CA Evol. (en %) dernier CA / CA N -1 Dernier CA export Dernier résultat net
41 JEUDI 13 NOVEMBRE Charente-Maritime Sud Ouest éco 41 L heure de candidater pour décrocher un trophée ENTREPRENARIAT Le concours Émergence est une vitrine pour les entreprises de Charente-Maritime L optimisme n avait pas encore été élu thème d Émergence comme c est le cas cette année. Pourtant il fallait une bonne dose d optimisme, il y a quatre ans, pour lancer ce concours des entreprises en Charente-Maritime. Une initiative portée par la Chambre de commerce et d industrie (CCI) de La Rochelle, et «Sud Ouest», partenaires de l opération depuis ses débuts. Une opération qui vise à mettre en avant des entrepreneurs méritants. Aussi bien pour une idée originale, un parcours particulier, un marché nouveau ou simplement leur audace pour avoir créé leur entreprise. Le concours Émergence a pour objectif de susciter le désir d entreprendre. PHOTO ROMUALD AUGÉ Susciter des vocations Le principal étant leur histoire et leur expérience plus que le fait de décrocher un prix. Certes, une remise des trophées Émergence réunit depuis lors le monde de l entreprise, une fois par an, mais les organisateurs cherchent surtout à donner envie. Envie d entreprendre et envie de concourir. Car le concours ne serait rien sans les participants. Et ce sont à eux de se faire connaître au plus vite pour participer à cette nouvelle édition (1). S il n est pas question, dans cette période où tout le monde manque de temps, d en consacrer trop à une telle démarche, il serait quand même dommage de ne pas s y engager. Pour convaincre les chefs d entreprises qui hésiteraient, la CCI de La Rochelle a décidé, comme l an passé, d accompagner les candidats dans ces formalités (lire ci-contre). De les aider à candidater en quelque sorte. Il suffit pour un responsable de société de se faire connaître et il sera ensuite guidé pour remplir au mieux les éléments nécessaires aux pré-jurys qui se réuniront prochainement avant que le jury, lui, fasse son choix le jour même de la remise des prix, le 22 janvier prochain, à l espace Encan, à La Rochelle. Mais pour cela il ne faut pas manquer de candidater avant la date limite... soit le 28 novembre! (1) Le concours est ouvert à l ensemble des entreprises de Charente-Maritime, toutes tailles et tous secteurs d activité confondus. Elles doivent justifier d un siège social ou d un établissement dans le département. Renseignements par téléphone au et par mail : [email protected] Cinq (bonnes) raisons de concourir Cette année, cinq prix seront décernés, soit autant de raisons de concourir. D autant que les candidats peuvent tenter leur chance dans plusieurs catégories. Pour 2015, il s agit du Prix jeune entreprise, Prix innovation produit et innovation service, Prix entreprise commerciale et Prix communication digitale (Voir aussi sur Les prix Émergence ne sont pas de simples trophées. Et la dotation proposée par la Chambre de commerce et d industrie (CCI) de La Rochelle, «Sud Ouest», et leurs partenaires peuvent même susciter des vocations. Tous les ans, chaque candidat bénéficie d une exposition médiatique, reconnue par les candidats eux-mêmes. Tous les nominés seront réunis, via des portraits d entreprises, dans le supplément «Sud Ouest» spécial Émergence, qui sera diffusé une semaine avant la remise des prix mais également dans la lettre d information de la CCI La Rochelle, adressée à destinataires. Quant aux lauréats, ils bénéficieront de différents prix dont un film d entreprise réalisé par la société Mativi. Un film libre de droits qu ils pourront diffuser sur des salons ou sur leur site Internet. Pour voir les films des années précédentes :
42 42 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 La Charente-Maritime se met à table Le bar André, élément incontournable d un port LA ROCHELLE D abord simple bar pour les marins, le bar André est devenu un vrai produit touristique Al origine, c était un petit bar parmi d autres, installé au début du XX e siècle par Andrée Bourcereau dans un quartier coincé entre les boutiques des mareyeurs et le port, à l époque peuplé par les pêcheurs bretons. «La criée se trouvait à la place de la Coursive», rappelle Chirstophe Bertaud, historien du port de La Rochelle. «Sur les vieilles photos, on voit sur le cour des Dames, des femmes réparer des filets. C était un quartier populaire où les pêcheurs venaient boire et fêter la fin d une campagne de pêche avec leur salaire et leur quotepart des produits de la pêche.» Il reste aujourd hui peu de traces du bar André de l époque, qui côtoyait des commerces de quartier traditionnels (mercerie, épicerie ou encore boulangerie), là où il n y a pratiquement plus que des restaurants et des bars désormais. «Restauration très simple» Georges Bourdin entre aux commandes du bar André en 1947, avant de le racheter en 1950, dans un quartier qui commence à changer. Les chalutiers, qui remplacent les voiliers, se sont installés un peu plus loin, dans le bassin qui porte leur nom. Les pêcheurs quittent aussi progressivement les lieux, le bar doit donc diversifier son activité pour survivre. «Georges Bourdin décide de proposer une restauration très simple pour rendre service aux gens qui ne peuvent pas manger ou qui sont seuls», relate Christophe Bertaud. «Il a la matière première pratiquement sous la main : poissons et coquillages.» À l époque, c est une idée neuve dont le succès va croître avec l évolution du centre-ville. Le choc Simple petit bar lors de sa création, le bar André s est agrandi et gère aujourd hui près de couverts en été. PHOTO ARCHIVES XAVIER LÉOTY. pétrolier des années 1970 et le développement du tourisme à La Rochelle voulu par le maire, Michel Crépeau, feront le reste. «Jacques Bourdin, qui prend la suite de son père Georges en 1972, accompagne très bien ce mouvement en agrandissant et transformant ce qui est devenu un restaurant», raconte Christophe Bertaud. Salons privés pour les dîners d affaire, grandes salles pour les séminaires, le bar André se plie aux désirs des chefs d entreprise, notamment, qui apprécient autant que les touristes de déjeuner ou dîner à l ombre des tours du Vieux-Port couverts en été L aspect actuel de la rue Saint-Jean-du-Pérot se dessine surtout dans les années 1980 avec ses nombreux bars et restaurants mais le bar André était le premier et c est ce qui lui a permis de s agrandir en rachetant petit à petit les locaux voisins, jusqu à proposer aujourd hui, couverts par jour en été, dans ses 13 salles et sur sa terrasse. L histoire familiale des Bourdin a pris fin, puisque le bar André, qui emploie près de 50 personnes et affiche un chiffre d affaires de 4,5 millions d euros pour 2013, appartient depuis 2007 aux Frères Blanc, un des principaux opérateurs français de la restauration commerciale. Florence Maître
43 JEUDI 13 NOVEMBRE La Charente-Maritime se met à table Sud Ouest éco 43 Viande : une filière «tracée et surveillée» BOUCHERIE L abattoir de Surgères est la plus importante structure de ce type en Charente-Maritime et l une des dernières entièrement privée Certes, «l abattoir est lieu de mort, mais pas un lieu de souffrance», assure d emblée Nicolas Joyet, président de la Société interprofessionnelle des bouchers et charcutiers abatteurs à Surgères (Sibcas) et gérant de l abattoir de la commune. Avec une «chaîne d abattage neuve et complètement aux normes», l abattoir de Surgères traite quelque tonnes de viande par an. Près de 80% de cette activité concerne la société Sibcas, qui possède cet abattoir, anciennement municipal, depuis douze ans. Le reste est destiné aux professionnels du secteur. La Sibcas ne propose pas de vente directe aux particuliers. «Une question d équité», selon Nicolas Joyet. «On connaît tous les éleveurs locaux et du grand Poitou-Charentes et nous avons tout le pedigree de l animal» De quoi éviter la concurrence dans un secteur qui «ressent les effets de la crise depuis deux ans», reprend-il. Outre cet aspect économique, la filière n a pas forcément eu bonne presse avec le scandale de la viande de cheval retrouvée dans des lasagnes surgelées, dit du «horsegate». Pourtant, «la filière En termes de traçabilité, la Sibcas va au-delà des préconisations en la matière, affirme son président et gérant de l abattoir, Nicolas Joyet. PHOTO T. G. viande est l une des plus tracées et surveillées», affirme celui qui a travaillé auparavant dans les fruits et légumes et le poisson. Accroître ses capacités À l abattoir de Surgères, «on connaît tous les éleveurs et nous avons tout le pedigree de l animal», souligne son gérant. Des informations qui suivent la bête même après son abattage et ce, jusqu au client. Toutes les bêtes (vaches, veaux, porcs, agneaux et chevaux) proviennent d élevages locaux du «grand Poitou-Charentes». Les clients se situent dans la même zone. Parmi eux, 250 artisans bouchers, une cinquantaine de grandes surfaces et quelques grossistes. À l échelle nationale, la Sibcas n est pas une très grosse entreprise. Ce qui représente un atout pour Nicolas Joyet qui met en avant «la qualité, la proximité, la réactivité et un travail en toute confiance». «Une philosophie et une méthode de travail qui nous permet d exister par rapport aux concurrents plus importants», ajoute-t-il. Pour l entreprise, totalement privée (elle ne perçoit aucune aide publique, ndlr), cette stratégie de différenciation est nécessaire. Quoi qu il en soit, la Sibcas devrait s agrandir d ici Un permis de construire a été validé en ce sens. Un projet destiné à accroître «la capacité découpe et développer la transformation de produits». Quant à d éventuelles embauches, l entreprise peine à recruter du personnel qualifié. Une centaine de salariés travaillent déjà à la Sibcas et à l abattoir. Les besoins concernent les chauffeurs livreurs, techniciens de maintenance et particulièrement les bouchers. Thomas Ghiloni
44 44 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 La Charente-Maritime se met à table Le pop-corn s éclate en Charente-Maritime EXPORT Le Japon ou Dubaï font partie des clients de l usine 100 % charentaise, Sphère Production. À Saint-Genis-de-Saintonge, son patron, François Berthault, innove et adapte son produit au marché Al énonciation du mot pop-corn on pourrait s imaginer aisément un fier entrepreneur texan cultivant des champs à perte de vue, entourés de bisons sauvages. Une image à des années-lumières de la paisible campagne de Haute Saintonge où s est implantée Sphère Production. Un nom qui cache une entreprise de fabrication de pop-corn très ancrée localement. L aventure a débuté en 1998 grâce à son actuel directeur, François Berthault, aidé de la coopérative régionale Charentes Alliance. Car l une des particularités de Sphère Production, c est qu elle n utilise que du maïs local, cultivé par des adhérents de la coopérative qui se situe «dans un rayon de 50 kilomètres autour de l usine», explique François Berthault. Un circuit court qui permet entre autres de limiter les coûts de transports de la matière première mais aussi de s assurer de la qualité du produit «garanti sans OGM», avance le directeur de la société. Chaque année, à hectares sont plantés par les agriculteurs locaux qui récoltent entre et tonnes de maïs. Mais pas n importe lequel : une variété très particulière qui permet au grain d éclater pour devenir du pop-corn. Un pop-corn ensuite vendu à la grande distribution. François Berthault emploie 14 personnes sur l unique site de Sphère Production, qui s étend sur m 2, au cœur de la Haute Saintonge. PHOTO ARCHIVES LAURIE BOSDECHER. Confiserie cinématographique Pourtant, dans l imaginaire collectif, le popcorn reste indissociable du cinéma. Sa notoriété dans les salles obscures a-t-elle pu l aider à s implanter dans les foyers? Pas si sûr. «Par raccourci oui, mais les techniques et parfums ne sont pas les mêmes», répond le directeur de Sphère Production. Pour autant, l entreprise elle-même ne renie pas l affiliation puisqu elle commercialise ses produits sous la marque «Movies pop» dans les rayons fruits et légumes et est en train de lancer une seconde marque, «Movies star» dans les rayons épicerie. L occasion de proposer, voire d expérimenter, des goûts différents. Et si le popcorn au fromage ou à la tomate n est pas un réel succès commercial, le caramel, lui, a su s imposer. «Nous avons été l un des précurseurs de ce marché», se félicite même le dirigeant. Car, ce nouveau parfum est aujourd hui la meilleure vente en France, devant le traditionnel goût sucré. «Made in France» à l export Mais ce qui est vrai pour un pays ne l est pas forcément pour un autre. François Berthault le sait bien, lui qui exporte 50% de sa production, bien au-delà des frontières hexagonales. Sa marque est présente «quasiment dans tous les pays d Europe», souligne-t-il. «Si le pop-corn au fromage ou à la tomate n a pas trouvé son marché, celui au caramel a su s imposer dans les foyers» Ainsi, en Suisse, c est le pop-corn au chocolat qui fait un tabac. L usine exporte aussi en Corée du Sud, à Dubaï, en Arabie Saoudite ou encore au Japon. «Les Japonais adorent les produits français et leur marché fait qu ils peuvent payer un peu plus cher pour les avoir», analyse le directeur. Et l estampillage «made in France» pourrait aussi bénéficier à d autres marchés émergents comme la Chine à condition d adapter le produit. «Le pop-corn est une pause plaisir. Il faut que le produit soit bon pour que les gens pensent à acheter du pop-corn», conclut François Berthault. Encore faut-il trancher entre sucré ou salé. Thomas Ghiloni
45 JEUDI 13 NOVEMBRE Publicité Sud Ouest éco 45
46 46 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 La Charente-Maritime se met à table Marché du café : «De la place pour tout le monde» CONCURRENCE Malgré la domination sur le département des cafés Merling et de leurs 500 collaborateurs, d autres acteurs trouvent leur clientèle «On voit beaucoup les camions Merling en Charente-Maritime mais ils circulent surtout pour entretenir et réapprovisionner les machines automatiques», note, en souriant, le gérant des cafés Freddy, Bernard Liot. C est effectivement la principale force du groupe rochelais, qui réalise 80% de ses 50 millions d euros de chiffres d affaires grâce aux automates, du nord de la Bretagne jusqu au Pays basque. La concurrence est plus rude auprès des cafés, hôtels, restaurants et autres campings de Charente-Maritime. Bernard Liot qui aime préciser que les cafés Freddy existaient «bien avant les cafés Merling» revendique un peu moins de 400 clients dans ce secteur. «Une question de goût» «Le café, c est une question de goût», rappelle celui qui gère conjointement les cafés Freddy, à Vaux-sur-Mer et les cafés Goton, à Royan. «Il y a des gens qui vous diront que mon café n est pas bon, que celui de Merling est meilleur et d autres qui vous jureront le contraire. Ce n est jamais vrai. Les professionnels sont parfois interpellés par les clients qui leur demandent plutôt notre café, ce qui les pousse à changer. Parfois c est l inverse.» Freddy récupère aussi quelques clients déçus par les services des entreprises d envergure nationale après un entretien mal assuré, une facturation excessive, une panne... «Le marché André Weber, patron des cafés Weber, souhaite proposer des machines toujours plus fiables, sur le plan technique. PHOTO ARCHIVES KHARINNE CHAROV. bouge. Il y a de la place pour tout le monde», conclut Bernard Liot. Weber mise sur la technique Une opinion que partage le troisième acteur important du département dans ce secteur : le gérant des cafés Weber, à Saint-Georges-des- Coteaux. «Notre point fort, c est l entretien des machines», explique André Weber, fondateur de la société et actuel directeur. «On cherche sans cesse à évoluer sur le plan technique. Aujourd hui, de nombreux clients sont équipés de robots sophistiqués qui doivent produire 250 cafés en deux heures au moment du déjeuner. Il faut du matériel costaud et très pointu.» Nés il y a quarante-cinq ans et pourvus d un effectif réduit (quatre personnes), les cafés Weber s appuient également sur des relations de longue date pour conserver leurs 300 clients. «Nous réalisons l entretien de machines pour de grands groupes comme Malongo», ajoute André Weber. «Enfin, nous allons souvent faire des démonstrations et des dégustations de café dans les écoles hôtelières du département.» Un avantage certain puisque les futurs responsables de bars, campings ou restaurants s initient au café version pro avec les cafés Weber. «Ils nous voient tellement que les jeunes s imaginent parfois que nous sommes distribués dans toute la France», s amuse André Weber. D autres torréfacteurs sont également présents en Charente-Maritime comme les cafés Folliet qui y comptent 200 clients, loin de leur base de Chambéry. «C est vrai que la présence d un groupe très implanté localement, investi dans le rugby, est un handicap pour nous par rapport à d autres départements, admet le représentant régional de l entreprise, Francisco Barrero. Mais nous avons un gros avantage avec notre réseau national, qui nous permet de suivre nos clients du jour au lendemain, n importe où sur le territoire.» Les deux PME ont aussi une philosophie commune la torréfaction selon des méthodes traditionnelles et les mêmes principaux concurrents, soit les grandes marques distribuées dans toute la France comme Segafredo, Lavazza ou encore Jacques Vabre. Florence Maître
47 JEUDI 13 NOVEMBRE Charente-Maritime Sud Ouest éco 47 Dénomination officielle Commune Date dernier bilan Dernier CA Evol. (en %) dernier CA / CA N -1 Dernier CA export Dernier résultat net
48 48 Sud Ouest éco JEUDI 13 NOVEMBRE 2014 Charente-Maritime Dénomination officielle Commune Date dernier bilan Dernier CA Evol. (en %) dernier CA / CA N -1 Dernier CA export Dernier résultat net
patrons à l affiche Ils ont marqué l année 2014 Les suppléments du quotidien GIRONDE Jean-Philippe Guglielmi Inovelec Anne Challe Chromadurlin
Les suppléments du quotidien GIRONDE Ils ont marqué l année 2014 50 patrons à l affiche Jean-Philippe Guglielmi Inovelec Franck Allard Filhet-Allard Anne Challe Chromadurlin Marc Pena Groupe Pena Innovation,
Le pari gagnant de l océan. Ils ont marqué l année 2014. Les suppléments du quotidien
Les suppléments du quotidien PAYS BASQUE Ils ont marqué l année 2014 Le pari gagnant de l océan Françoise Pariès Jean-Philippe Guglielmi Inovelec et Céline Senaeyve (Pariès) Anne Challe Chromadurlin Christian
Plus de prospects, plus de clients, plus de chiffre d affaires DEVELOPPEMENT COMMERCIAL DES ENTREPRISES
Plus de prospects, plus de clients, plus de chiffre d affaires DEVELOPPEMENT COMMERCIAL DES ENTREPRISES PLUS DE PROSPECTS? De l étude préalable au plan d action, musclez votre organisation commerciale
L ÉCHO de GUSTAVE La Page d Economie du Lycée Gustave Eiffel de Budapest
L ÉCHO de GUSTAVE La Page d Economie du Lycée Gustave Eiffel de Budapest Atelier de la classe de premiere en Sciences Economiques & Sociales Revue de presse économique, politique et sociale française Janvier
à la Consommation dans le monde à fin 2012
Le Crédit à la Consommation dans le monde à fin 2012 Introduction Pour la 5 ème année consécutive, le Panorama du Crédit Conso de Crédit Agricole Consumer Finance publie son étude annuelle sur l état du
TIM S.A., une aventure d Homme
Comité d entreprise 1 Sommaire Edito de M. Hans-Jürgen Hellich, Directeur Général de Tim SA p. 9 Edito de Cyril Terrière, Secrétaire du Comité d Entreprise Tim SA p. 11 Itinéraires croisés d une entreprise
Présentation d Helix international
31 ème Congrès international de l Ordre des Experts Comptable de Tunisie En partenariat avec «Développement économique : modèle et gouvernance de la décentralisation» Sfax, les 17 et 18 septembre 2014
BOURBON. Intervention de Jacques de Chateauvieux Président du conseil d administration Assemblée Générale mixte - 21 mai 2015 BOURBONOFFSHORE.
BOURBON Intervention de Jacques de Chateauvieux Président du conseil d administration Assemblée Générale mixte - 2 mai 205 BOURBONOFFSHORE.COM _ BOURBON DEMAIN Mesdames, Messieurs, chers Actionnaires Ceux
Bien plus qu un financement
Bien plus qu un financement Vous souhaitez étendre votre activité, accroître vos ventes? Vous avez des projets d investissement? Ensemble, on peut accélérer votre développement Vous êtes constructeur ou
Le conseil pour les PME. Vous souhaitez développer votre activité? Apprenez comment.
Vous souhaitez développer votre activité? Apprenez comment. Russie Russie Biélorussie Ukraine Moldavie Croatie Roumanie Bosnie-Herzégovine Serbie Monténégro Kosovo Géorgie Albanie Arménie Macédoine Turquie
notre vision CARTE DE VISITE
360 notre vision CARTE DE VISITE 2012 Malgré un durcissement de la conjoncture économique à partir du second semestre 2011, le Groupe SEB a maintenu son cap et consolidé ses positions sur la plupart des
Créer une filiale à l étranger Approche & Exemples LE TOUR DU MONDE EN 8H - 21 JUIN 2011
Créer une filiale à l étranger Approche & Exemples LE TOUR DU MONDE EN 8H - 21 JUIN 2011 PRESENTATION Le groupe ALTIOS International Une société leader dans le conseil et le développement opérationnel
M06/3/BUSMT/HP2/FRE/TZ0/XX+ COMMERCE ET Gestion. Mercredi 17 mai 2006 (matin) 2 heures 30 minutes
IB DIPLOMA PROGRAMME PROGRAMME DU DIPLÔME DU BI PROGRAMA DEL DIPLOMA DEL BI COMMERCE ET Gestion Niveau supérieur ÉPREUVE 2 22065024 Mercredi 17 mai 2006 (matin) 2 heures 30 minutes Instructions destinées
Principales aides financières au Développement Export
Principales aides financières au Développement Export Retrouver en page 5 " L appui régional aux Projets Stratégiques d Entreprises" > Régionales Programme ASTREE / Aide Stratégique Régionale à l Entreprise
Les stratégies gagnantes
Les stratégies gagnantes Par Julien Deleuze Senior Manager, Estin & Co A l occasion des crises, on mesure de façon évidente à quel point les entreprises font face à un cercle vicieux destructeur. Faible
Les facteurs de compétitivité sur le marché mondial du vin Veille concurrentielle 2012. 18 juin 2013 Vinexpo 2013, Bordeaux
Les facteurs de compétitivité sur le marché mondial du vin Veille concurrentielle 2012 18 juin 2013 Vinexpo 2013, Bordeaux 1 Les facteurs de compétitivit titivité sur le marché mondial du vin Veille concurrentielle
FIN-INTER-01 LE CONTEXTE
FIN-INTER-01 LE CONTEXTE Public concerné : Etudiants niveau Bac + 2. Durée indicative : 2 heures Objectifs : Positionner le domaine de la finance internationale dans son contexte. Pré requis : Néant. Modalités
Click to edit Master title style
Le Service des délégués commerciaux MAECI: Orientation et rôle Investissement étranger direct (IED) Anderson Blanc Délégué commercial Click to edit Master title style Investissement & Innovation Coordonnateur
INVESTIR EN FRANCE s 2015 mar Réalisation :
INVESTIR EN FRANCE LA FRANCE RÉUNIT TOUTES LES CONDITIONS DE SUCCÈS POUR VOTRE INVESTISSEMENT Une grande économie au cœur de l Europe, une porte d accès vers la Méditerranée et l Afrique : 5 e économie
Marchés émergents Misez sur le potentiel de croissance des économies émergentes avec la HSBC
Marchés émergents Misez sur le potentiel de croissance des économies émergentes avec la HSBC Sommaire La nouvelle locomotive de la croissance mondiale Pourquoi investir dans les marchés émergents? La montée
Région Haute-Normandie. Plan régional pour l internationalisation des entreprises en Haute-Normandie
Région Haute-Normandie Plan régional pour l internationalisation des entreprises en Haute-Normandie Novembre 2013 ! "# $"% &%'' $ (')#!*+,*'-#&+,./ 0 $1&/2+,(.'1&/2+,(.'' 3,/,// 4 (553 5#+' 2 '+ 0 6 #
Analyse prospective des marchés à l export, par secteur et par pays
Analyse prospective des marchés à l export, par secteur et par pays Octobre 2012 RESULTATS DE L ANALYSE DES COUPLES PAYS/SECTEURS PORTEURS EN FAVEUR DU COMMERCE EXTERIEUR DE LA FRANCE SOMMAIRE Résumé 2
Contrat de la filière Automobile Le contrat de filière a été présenté par Monsieur Claude CHAM, vice- président du comité stratégique de la filière
Contrat de la filière Automobile Le contrat de filière a été présenté par Monsieur Claude CHAM, vice- président du comité stratégique de la filière automobile, à Monsieur Arnaud Montebourg, ministre du
Fiche COMPOSANTS ELECTRONIQUES
Fiche COMPOSANTS ELECTRONIQUES 1. Etat des lieux de la filière Définition La filière composants électroniques inclut en France les composants et cartes à puces (29 000 emplois), la sous-traitance d assemblage
La compétitivité de l industrie française est un enjeu majeur pour la politique européenne.
007-011 Avant propos_avant-propos 25/07/13 17:20 Page7 Avant-propos Gerhard CROMME* L Europe et l Allemagne ont besoin d une France compétitive Cet article reprend les thèmes du discours prononcé par Gerhard
1, rue David d'angers 49100 ANGERS (France) + 33 (0)2 49 87 60 81 [email protected] www.capexport.fr
1, rue David d'angers 49100 ANGERS (France) + 33 (0)2 49 87 60 81 [email protected] www.capexport.fr Design : Equilibra Studio www.equilibrastudio.com Cap Export Target Europe L Europe, une opportunité
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
COMMUNIQUÉ DE PRESSE La croissance mondiale des investissements publicitaires se poursuit : les achats publicitaires devraient croître de 4,8% en 2012. Un chiffre en légère progression par rapport aux
Europimmo LFP. SCPI d entreprise, immobilier européen AVERTISSEMENT
LFP Europimmo SCPI d entreprise, immobilier européen AVERTISSEMENT Les parts de SCPI sont des supports de placement à long terme et doivent être acquises dans une optique de diversification de votre patrimoine.
Document explicatif Introduction à Fairtrade
Document explicatif Introduction à Fairtrade Explication de quelques mots et expressions clés utilisés à Fairtrade. Coopérative de Café Cocla, Peru. Photo: Henrik Kastenskov Document: Document explicatif
PROFIL NICOMATIC KIT PRESSE - JOURNALISTES
PROFIL NICOMATIC KIT PRESSE - JOURNALISTES V3. 2014 Le groupe Nicomatic est un groupe familial français créé en 1976. Son activité d origine vient du micro-décolletage, rien d étonnant en la Haute-Savoie.
Chiffre d affaires de Casino unité : million d euros / Source : Casino
Septembre 2012 / TBI&LMO / BPE 2ENT18 Chiffre d affaires de Casino unité : million d euros / Source : Casino 40 000 34 361 NAF rév.2, 2008 : Chiffres clés 2011 47.11CDEF 47.91B 30 000 20 000 20 390 22
Les touristes français et internationaux de la destination Paris Ile-de-France
Les touristes français et internationaux de la destination Paris Ile-de-France Résultats annuels 2014 des dispositifs permanents d enquêtes dans les aéroports, dans les trains et sur les aires d autoroutes
LE MOCI. Offre Publicitaire multi-média. GPS BUSINESS à l international VOUS AVEZ UN DOMAINE DE COMPÉTENCE? NOUS AVONS LA SOLUTION DE COMMUNICATION.
LE MOCI GPS BUSINESS à l international Offre Publicitaire multi-média (Print-Web-Vidéo-Evénements-Marketing Direct-Appli smartphones) VOUS AVEZ UN DOMAINE DE COMPÉTENCE? NOUS AVONS LA SOLUTION DE COMMUNICATION.
VotrePartenaire de la vigne au verre. Loire. ud-ouest. Beaujolais. Cotes du Rhône. Bourgogne Champagne. Languedoc-Roussillo
VotrePartenaire de la vigne au verre ud-ouest e Cotes du Rhône Beaujolais Loire Bourgogne Champagne Languedoc-Roussillo L ACCOMPAGNEMENT DANS L ACTION LE CONCEPT La raison d être d AOC Conseils est de
Avec Euler Hermes, assurez le succès de vos échanges commerciaux
Euler Hermes France Avec Euler Hermes, assurez le succès de vos échanges commerciaux *Notre savoir au service de votre réussite www.eulerhermes.fr * Cap sur la croissance rentable! Comment anticiper l
L aventure de l international : Entreprises et Pôles/Clusters témoignent
Nos partenaires L aventure de l international : Entreprises et Pôles/Clusters témoignent Intervenant : Jean-Baptiste Anginot Directeur Général - société ECOFIT Animatrice : Sylvie Hevia Conseillère en
LES CLES D UNE BONNE STRATEGIE A L EXPORT
LES CLES D UNE BONNE STRATEGIE A L EXPORT CCI TOURAINE, pour le Colloque Techniloire, le 09/07/2009 Une bonne stratégie à l export ne s improvise pas CCI TOURAINE, pour le Colloque Techniloire, le 09/07/2009
Groupe SOEXIMEX. Secteur d activité. SOEXIMEX Un acteur majeur du commerce international. Histoire Chiffres clés Activités
SOEXIMEX Un acteur majeur du commerce international La SOEXIMEX a été fondée en 1963. Son siège social se situe à Saint-Denis, au nord de Paris. Aujourd hui considérée comme un acteur majeur du commerce
Guide pratique des réseaux sociaux professionnels virtuels. Des conseils pour tirer le meilleur parti de ces communautés en ligne
Guide pratique des réseaux sociaux professionnels virtuels Des conseils pour tirer le meilleur parti de ces communautés en ligne 1 Sommaire 3 Introduction 4-6 Faites votre choix Une fiche d identité des
MLD Pour résumer en une page...
MLD Pour résumer en une page... MLD est une entreprise spécialisée depuis 2002 dans la gestion des campagnes de liens sponsorisés, en France, à l'international et dans la plupart des langues. Le résultat
Les Journées Régionales de la Création & Reprise d Entreprise 8 ème ÉDITION
Les Journées Régionales de la Création & Reprise d Entreprise 8 ème ÉDITION S.M.A.R.T. Production 2004-2005 - Tous droits de reproduction réservés. Par les mêmes organisateurs : 40 ateliers gratuits sur
Le Groupe Volvo est l un des principaux constructeurs de camions, d autobus et d autocars, et équipements de chantier, de systèmes de propulsion pour
Groupe Volvo 2015 Le Groupe Volvo est l un des principaux constructeurs de camions, d autobus et d autocars, et équipements de chantier, de systèmes de propulsion pour des applications marines et industrielles.
TROISIEME REUNION DU FORUM SUR L ADMINISTRATION FISCALE DE L OCDE
ORGANISATION FOR ECONOMIC CO-OPERATION AND DEVELOPMENT TROISIEME REUNION DU FORUM SUR L ADMINISTRATION FISCALE DE L OCDE 14-15 septembre 2006 Séoul, Corée Déclaration de Séoul (version définitive) CENTRE
Les perspectives mondiales, les déséquilibres internationaux et le Canada : un point de vue du FMI
Présentation à l Association des économistes québécois Le 19 mai 25 Les perspectives mondiales, les déséquilibres internationaux et le Canada : un point de vue du FMI Kevin G. Lynch Administrateur Fonds
Une plateforme de formation universitaire industrie du vin et voyage, spécialisé dans la capitale mondiale du vin à Bordeaux. France.
Une plateforme de formation universitaire industrie du vin et voyage, spécialisé dans la capitale mondiale du vin à Bordeaux. France. International Business Exchange School Management OENOTOURISME Du Bachelor
LEADER MONDIAL DU PETIT ÉQUIPEMENT DOMESTIQUE
26 février 2015 Résultats de l exercice 2014 Groupe SEB : Des performances opérationnelles solides Des devises pénalisantes 1 Ventes de 4 253 M en croissance organique* de + 4,6 % Croissance organique*
Le développement de la franchise dans le Groupe Casino
Le développement de la franchise dans le Groupe Casino Dossier de presse 1 Communiqué de presse Le groupe Casino mise sur la franchise pour accélérer le développement de ses enseignes de proximité Mars
Prisca CHABROLIN Année 2010-2011
Prisca CHABROLIN Année 2010-2011 I- Présentation de l entreprise A. Fonction B. Caractéristiques C. Tuteurs du stage II- Carnet de bord A. Horaires B. Activités III-Travaux A. Fiches de crédits à marge
DOSSIER DE PRESSE. confidentiel
confidentiel SOMMAIRE Présentation WiN MS et genèse du projet Les domaines d activités Interview : 3 questions à Arnaud Peltier et Marc Olivas Contact presse PRESENTATION WiN MS ET GENESE DU PROJET WiN
Les concepts et définitions utilisés dans l enquête «Chaînes d activité mondiales»
Les concepts et définitions utilisés dans l enquête «Chaînes d activité mondiales» Les chaînes d activité mondiales (CAM) Les chaînes d activité recouvrent la gamme complète des fonctions et des tâches
L EXTERNALISATION. Quels sont les enjeux stratégiques de l externalisation pour l entreprise actuellement?
L EXTERNALISATION Au sein des entreprises, l'heure est à la rationalisation des coûts. Pour parvenir à cet objectif, les stratégies sont nombreuses. Parmi elles, l externalisation est aujourd'hui considérée
Présentation des résultats 2006. 15 mars 2007
Présentation des résultats 2006 15 mars 2007 Préambule Le intègre dans son périmètre la création de Natixis intervenue le 17 novembre. Les données financières présentées sont issues des comptes pro forma
Bordeaux, jeudi 3 février 2011
Pionnier du commerce en ligne, Cdiscount, filiale du groupe Casino, est le leader de la distribution par Internet en France. Cdiscount propose une offre de produits de plus de 100 000 références répartie
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
COMMUNIQUÉ DE PRESSE Chiffre d affaires du 3 ème trimestre et des 9 premiers mois 2013 16 octobre 2013 Croissance organique des 9 premiers mois : +5,5% Tendances solides dans l ensemble du Groupe Impact
Dossier de presse. SIAL 2010 : Groupama Assurance-Crédit présente la nouvelle plaquette Défaillances d entreprises 2010-2011
19 octobre 2010 Dossier de presse SIAL 2010 : Groupama Assurance-Crédit présente la nouvelle plaquette Défaillances d entreprises 2010-2011 «Les bilans des entreprises gardent les stigmates de la crise»
Stella-Jones pilier du secteur grâce à IBM Business Analytics
Stella-Jones pilier du secteur grâce à IBM Accélération et précision des rapports, budgets et prévisions au service d une entreprise en plein essor En bref Les besoins À la suite de plusieurs acquisitions
Résultats du 1er Semestre 2009. 31 août, 2009
Résultats du 1er Semestre 2009 31 août, 2009 Groupe Hi-media La plateforme de monétisation leader en Europe Hi-media est le premier groupe de media online en Europe en terme d audience et de part de marché
Welcome. un état d esprit
* Bienvenue. Welcome * un état d esprit Plus qu un message de bienvenue, Welcome c est la promesse d ouverture que nous faisons à chaque collaborateur, dès son arrivée dans le Groupe et tout au long de
Qu est-ce que Pays Basque Incoming?
Qu est-ce que Pays Basque Incoming? Une association créée en 2008 regroupant 6 agences réceptives : Biarritz For Events Le Tourisme Basque Outdoor Travel Passion Côte Basque Sud Emotion Terres Basques
10 ème Forum IES 2010 Enjeux et Perspectives de l Intelligence Economique Au carrefour des Pratiques REIMS 6-8 octobre 2010
10 ème Forum IES 2010 Enjeux et Perspectives de l Intelligence Economique Au carrefour des Pratiques REIMS 6-8 octobre 2010 Mission Chanvre pour le Cluster Beaujolais Numéro de la communication : IES-2010-28
PRESENTATION Une offre globale
PRESENTATION Une offre globale ALTIOS International AOC Conseils Le spécialiste du développement à l international Accompagnement commercial des entreprises du vin Un réseau de filiales et 150 partenaires
Présentation Générale
Présentation Générale moteur expert de simulation paramètres interactifs Comme dans la réalité, la chance existe mais elle n'a pas de rôle prépondérant. Si votre entreprise vend mal, c'est parce que vous
Chaîne de valeur de l industrie automobile: une opportunité pour les équipementiers
Automobile Chaîne de valeur de l industrie automobile: une opportunité pour les équipementiers Jacques aschenbroich Directeur général de Valeo Un équilibre nouveau s annonce dans l industrie automobile.
Notre stratégie de développement porte ses fruits
Newsletter 2009/1 Editorial Notre stratégie de développement porte ses fruits Une fois encore, les clients de Win se déclarent particulièrement satisfaits des services offerts par notre entreprise et de
LA RÉDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL : UNE COMPARAISON DE LA POLITIQUE DES «35 HEURES» AVEC LES POLITIQUES D AUTRES PAYS MEMBRES DE L OCDE
LA RÉDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL : UNE COMPARAISON DE LA POLITIQUE DES «35 HEURES» AVEC LES POLITIQUES D AUTRES PAYS MEMBRES DE L OCDE par John P. Martin, Martine Durand et Anne Saint-Martin* Audition
WS32 Institutions du secteur financier
WS32 Institutions du secteur financier Session 1 La vision chinoise Modernisation du système financier chinois : fusion de différentes activités bancaires et financières, accès des ménages au marché des
1 rencontre très élaborée
Décembre 2014 LANSON-BCC et CM-CIC Capital Finance 1 rencontre très élaborée Avec «ses sept Maisons» et des marques aussi connues que la Cuvée Tsarine de Chanoine Frères ou le Lanson Rosé (N 1 au Royaume-Uni),
I / Un marché planétaire de la devise
I / Un marché planétaire de la devise Le marché des changes est le plus important des marchés. Pour beaucoup, il apparaît également comme le plus parfait des marchés, sur lequel l information circule vite
SECTEUR AUTOMOBILE SUR UNE NOUVELLE VOIE
PRODUCTIVITÉ RESPONSABLE ENVIRONNEMENT AUTOMOBILES SECTEUR AUTOMOBILE SUR UNE NOUVELLE VOIE PAR MARK CARDWELL PHOTOS ATLAS COPCO/ISTOCKPHOTO/GEELY Àl heure où les économies mondiales se relèvent de la
I. ORIENTATIONS STRATEGIQUES 2006-2010
I. ORIENTATIONS STRATEGIQUES 2006-2010 POSITIONNEMENT Anglet se présente comme un «resort sport & nature» sur la Côte Basque. Caractéristiques : Valeurs : Symboles : Thématiques : grands espaces naturels,
Intervention de Marisol Touraine. Ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes
1 Intervention de Marisol Touraine Ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes Conseil d administration du régime social des indépendants Jeudi 25 juin 2015 Monsieur le Ministre,
En partenariat avec N 172 - AVRIL 2014
En partenariat avec N 172 - AVRIL 2014 En partenariat avec N 172 - AVRIL 2014 Editorial Editorial Par François PAULUS (1989), Président du Jury Quand vous lirez ces lignes nous serons en avril 2014, et
Conférence de Presse jeudi 19 mars 2015 Salon Mondial du Tourisme
Conférence de Presse jeudi 19 mars 2015 Salon Mondial du Tourisme Sommaire Edito Présentation du Welcome City Lab Le Welcome City Lab: les chiffres Paris&CO La nouvelle promotion de startups L état rentre
INVESTIR EN FRANCE : Réalisation
INVESTIR EN FRANCE LA FRANCE RÉUNIT TOUTES LES CONDITIONS DE SUCCÈS POUR VOTRE INVESTISSEMENT En 2014, 1 014 décisions d investissement en France ont créé ou maintenu 26 535 emplois. 1 er pays en Europe
Pourquoi le Canada a besoin de services bancaires postaux
Pourquoi le Canada a besoin de services bancaires postaux Symposium international sur les services bancaires postaux John Anderson 613-290-0016 [email protected] «Ils sont des millions à ne pas avoir
SEMESTRE D ETUDE A MONASH UNIVERSITY SUNWAY MALAYSIA
Adrian LAMBLIN SEMESTRE D ETUDE A MONASH UNIVERSITY SUNWAY MALAYSIA Bonjour à tous, Je m appelle Adrian et je reviens de Malaisie où j ai effectué un semestre d étude à Monash University Malaysia qui fut
Garth LARCEN, Directeur du Positive Vibe Cafe à Richmond (Etats Unis Virginie)
Garth LARCEN, Directeur du Positive Vibe Cafe à Richmond (Etats Unis Virginie) Commentaire du film d introduction de l intervention de Garth Larcen et son fils Max, entrepreneur aux U.S.A. Garth Larcen
FAST EUROPE FAST CONCEPT CAR
FAST EUROPE L implantation du constructeur français FAST CONCEPT CAR en Belgique FAST EUROPE nv Ambachtenlaan 38c 3001 Leuven Belgium T. +32 16 388 188 F. +32 16 403 548 www.fast-europe.eu FAST CONCEPT
LE MARKETING DU CINEMA et de l AUDIOVISUEL. Présentation du Marketing appliqué au cinéma & à l audiovisuel
LE MARKETING DU CINEMA et de l AUDIOVISUEL Présentation du Marketing appliqué au cinéma & à l audiovisuel Sommaire PRESENTATION GENERALE DU MARKETING: Qu est-ce que le Marketing? Introduction et définition
les raisons du succès
Cuisines Raison : les raisons du succès Il avait donc raison d y croire! Quand Claude Raison a lancé l idée de fédérer, autour d une franchise, des dizaines de cuisinistes sans magasin dans toute la France,
Nos savoir-faire & solutions business
Passionnés de gastronomie et de voyages, ses fondateurs se sont inspirés de leur expertise dans l univers agro-alimentaire pour créer DESTINATION en 1999, une entreprise à taille humaine et éco-responsable,
LE CREDIT A LA CONSOMMATION, VECTEUR DE CROISSANCE QUEL EQUILIBRE ENTRE EFFICACITE ECONOMIQUE ET RESPONSABILITE?
LE CREDIT A LA CONSOMMATION, VECTEUR DE CROISSANCE QUEL EQUILIBRE ENTRE EFFICACITE ECONOMIQUE ET RESPONSABILITE? Michel PHILIPPIN Directeur Général de Cofinoga Notre propos concerne la rentabilité économique
Extracto de la entrevista del Señor Louis Schweitzer a propósito del proceso de
Anexo 2 Extracto de la entrevista del Señor Louis Schweitzer a propósito del proceso de alianza con Nissan. Fuente: http://www.medefparis.fr/itw_schweitzer.html Louis SCHWEITZER Président de Renault Renault
M. Jean-Yves Le Drian, Ministre de la défense. Discours pour les vingt ans du lancement du satellite Hélios IA
MINISTÈRE DE LA DÉFENSE M. Jean-Yves Le Drian, Ministre de la défense Discours pour les vingt ans du lancement du satellite Hélios IA A Toulouse, le 9 juillet 2015 Seul le prononcé fait foi Page 1 sur
Dossier de présentation
Dossier de présentation Janv. 2012 Sommaire 1. Le groupe...3 2. Histoire...4 3. Chiffres clès...6 4. Organisation et moyens...7 5. Produits et services...8 6. Ils nous font confiance...9 7. Positionnement
Des Grands Prix, oui mais pourquoi?
Grands Prix Des Grands Prix, oui mais pourquoi? Pour valoriser les professionnels les plus remarquables et créer une émulation parmi tous les acteurs du tourisme. Pour permettre à la Charente-Maritime
24 heures. dans la vie d Orrick Rambaud Martel
24 heures dans la vie d Orrick Rambaud Martel Fusions & acquisitions Droit boursier Financements Droit bancaire Marchés de capitaux Titrisation Capital investissement LBO Capital risque Contentieux Arbitrage
Vendre son champagne sur internet
dossier P.13-17 Vendre son champagne sur internet De nombreuses études le montrent : le commerce en ligne se porte bien et devrait continuer à croître sur les deux prochaines années. Ainsi, la Fédération
Panorama d une filière d excellence : les industries et technologies de santé
Panorama d une filière d excellence : les industries et technologies de santé D après les données du Contrat d étude prospective des Industries de Santé 2012 les chiffres clés u Près de 200 000 salariés,
Constructeur - Carrossier depuis 1889
Constructeur - Carrossier depuis 1889 Depuis 1889 des hommes une passion René Le Godais père 1889-1911 René Le Godais fils 1911-1925 Angèle Le Godais et M 2 1889 2015 Plus de 120 ans de Savoir-Faire ais
Atelier : Numérique et Œnotourisme en Aquitaine. Document de cadrage pour la réunion du 7 mars 2012
Atelier : Numérique et Œnotourisme en Aquitaine Document de cadrage pour la réunion du 7 mars 2012 Ce document de travail rassemble quelques chiffres-clés et éléments de cadrage pour les participants aux
choucroute Dossier de presse d lsace La Choucroute d Alsace comme vous ne l avez jamais goûtée DU 17 AU 25 janvier 2015
La Choucroute d Alsace comme vous ne l avez jamais goûtée Dossier de presse Création graphique : Musiconair Pendant 9 jours, les Chefs d Alsace et les Maîtres Restaurateurs d Alsace vous font découvrir
Le partenaire de votre croissance. Programme d actions 2014 2014
Le partenaire de votre croissance. Programme d actions 2014 2014 Département Filière Vins Multisectoriel Languedoc-Roussillon issues : Des domaines d activités stratégiques identifiés par la 3S dans la
Arnaud Montebourg. Michel Sapin. Mercredi 25 juillet 2012. Ministre du Travail, de l Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social
Arnaud Montebourg Ministre du Redressement productif Michel Sapin Ministre du Travail, de l Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social Mercredi 25 juillet 2012 MINISTÈRE DU REDRESSEMENT
Les portes du palais s ouvrent à vous! Le fonds de recherche Diane Asselin pour la recherche en immunothérapie. Casino contre le Cancer
Les portes du palais s ouvrent à vous! La quatrième édition du Casino contre le Cancer aura lieu le vendredi 25 septembre 2015. C est dans l ambiance du château de Versailles que le Cercle des jeunes ambassadeurs
