Les rizières, zones humides artificielles et habitats des oiseaux d eau

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "Les rizières, zones humides artificielles et habitats des oiseaux d eau"

Transcription

1 Les rizières, zones humides artificielles et habitats des oiseaux d eau Patrick Triplet Mai

2 INTRODUCTION Le riz est une des céréales les plus cultivées dans le monde, avec une superficie utilisée de près de 1,6 millions de km 2 dans au total 114 pays, ce qui représente plus de 11% des terres cultivables et 1% de la surface terrestre. Près de la moitié de la population mondiale dépend d une production annuelle de 480 à 585 millions de tonnes (Blanco et al., 2006 ; Elphick, 2010 ; FAO, 2011). La production de riz est responsable d environ 9% des émissions de méthane dans l atmosphère (estimation GIEC) et diminuer ce pourcentage constitue un enjeu important. Les travaux menés sur les rizières indiquent que les problèmes majeurs sont liés : - à l implantation de rizières sur d autres habitats qui sont ainsi perdus pour la vie sauvage ; - à l utilisation de produits chimiques destinés à améliorer la production et à réduire l impact des déprédateurs ; - au brûlage de la paille qui aboutit à l émanation rapide de CO 2 dans l atmosphère. Au Philippines, par exemple, les rejets seraient de l ordre de 3,26 millions de tonnes de carbone rejeté par an dans l atmosphère (Mendoza et Samson, 1999). Il n est pas envisageable de diminuer la production ou les surfaces de rizières en raison du rôle fondamental joué par cette céréale dans l alimentation humaine. Il faut donc envisager les méthodes les plus écologiquement acceptables afin d assurer une production optimale tout en améliorant les services écosystémiques que peuvent rendre les rizières qui représentent plus de 15% des zones humides au niveau mondial (Lawler, 2001 in Pernollet, 2015). Il existe peu de données sur la nature des zones humides pré-existantes ou sur les autres types d habitats avant la conversion en zones rizicoles et donc sur l impact de l implantation de la riziculture sur la biodiversité originelle. Les avis divergent d ailleurs sur l impact de la riziculture sur la biodiversité en général, sur les oiseaux d eau en particulier. Cette synthèse bibliographique tente d apporter un éclairage sur les apports positifs et/ou négatifs de la riziculture et sur les perspectives de gestion à moyen terme. Un accent particulier est mis sur l Afrique, et plus encore sur le Sénégal, où, contrairement aux autres continents où des mesures ont été adoptées pour mitiger l impact de la création de rizières, aucune démarche allant en ce sens n a, semble-t-il, été adoptée. Une autre gestion des rizières Le schéma traditionnel de l exploitation du riz tient peu ou ne tient pas compte de la biodiversité. Il vise à assurer des rendements optimaux, parfois à grand renfort de pesticides et d engrais. Il se fonde donc sur une récolte la plus complète possible du riz, sur une utilisation de la paille ou sur son brûlage, avant de retourner le terrain et de le préparer pour la saison de culture suivante. La gestion intégrée des rizières passe par leur inondation, qui vise à préserver la biodiversité tout en améliorant les revenus des riziculteurs (Kari, 2012, Katayama et al., 2015). L inondation s est développée, par exemple en Californie, en raison de la législation qui tend à réduire les possibilités de brûler les pailles après la récolte (Eadie et al., 2008). Cette pratique prend également en compte les besoins des oiseaux, avec également, dans certaines régions, la volonté d améliorer la valeur cynégétique des terrains ou de provoquer la décomposition des pailles, et d améliorer l enrichissement des sols (Anders et al., 2008 ; Eadie et al., 2008 ; Elphick et al., 2010b ; Kurechi, 2007; Tajiri et Ohkawara, 2013 ; Toral et Figuerola, 2010 ; Tourenq et al., 2001a). Une comparaison menée en Italie montre que les rizières cultivées selon des méthodes traditionnelles, ou cultivées avec des zones refuges, abritent une biodiversité plus élevée que celles fondées sur des méthodes modernes renforcées par l usage de pesticides (Cardanelli, 2011). En Camargue, l'inondation des parcelles et l enfouissement des chaumes est bénéfique aux invertébrés, bien que l enfouissement n'a pas d'effet sur les peuplements de lombriciens. Des bécassines des marais Gallinago gallinago ont été exclusivement observées dans les parcelles maintenues en eau et prioritairement sur celles pour lesquelles les chaumes ont été conservés (Beck et al., 1999). Au Japon, une étude comparative entre 2

3 des rizières inondées labourées ou non, des rizières non inondées et des cultures de lotus ont montré l utilisation des chaumes non labourés et inondés par différentes espèces d oiseaux d eau, alors que les rizières non inondées n étaient pas fréquentées. Les auteurs (Maeda et Yoshida, 2009) concluent à l importance de l inondation des rizières pour restaurer des espaces productifs en ressources alimentaires pour les oiseaux. Sur le plan ornithologique, l inondation après la récolte favorise les oiseaux d eau, et empêche l utilisation des parcelles par d autres espèces d oiseaux, notamment certaines espèces de passereaux (Elphick, 2004), ce qui peut d ailleurs s avérer utile dans les zones envahies par le Mange-mil Quelea quelea. Elle offre également la possibilité de rendre accessibles les graines d adventices aux canards qui contribuent donc à la limitation de ces végétaux sans recours à des herbicides (Smith et Sullivan, 1980). L inondation n a pas que des avantages. Elle a tendance à réduire la minéralisation du carbone et à augmenter la production de méthane en raison de la décomposition anaérobie qu elle engendre (Devèvre et Horwath, 2000). Cet élément incite à la compléter par l adoption de méthodes permettant de réduire les émissions de méthane. Des techniques telles que les systèmes riz-poisson ou riz-canard ou une combinaison des trois sont utilisées à cette fin. Système riz - poissons Ce système traditionnel fondé sur le couple riz-poisson est développé en Chine depuis 1700 ans (Lu et Li, 2006). La présence de poissons dans les parcelles aide à contrôler les déprédateurs tout en limitant les besoins en pesticides (diminution de 50%) et en engrais. Elle aide également au recyclage des nutriments en produisant un système durable permettant de retrouver la fertilité du sol et de prévenir sa dégradation (Halwart et Gupta, 2004). Le nombre d espèces animales, notamment d insectes prédateurs des déprédateurs et d oiseaux dans ce système est supérieur à celui trouvé dans les parcelles où des techniques modernes sont appliquées (Lu et al., 2001). Le système riz - poissons fournit également des protéines animales pour les riziculteurs, améliore la fixation de l azote total et du phosphore total de 15,6 à 38,5%. Ce système réduit de près de 30% les émissions de méthane (Zhang et al., 2011). La Fougère aquatique (Azolla microphylla) est parfois ajoutée car elle est en symbiose avec une cyanobactérie fixatrice d azote (Halwart et Gupta, 2004 ; Lu et Li, 2006 ; Alemany, 2014). Elle peut par ailleurs servir d engrais vert ou de ressource alimentaire pour les cochons, les poulets, les canards ou les poissons (Baigi et al., 2013). Un des problèmes majeurs de ce système est de devoir disposer d eau, et par exemple au Pakistan, seuls 20% des riziculteurs disposent de cette ressource (Khan et al., 2005). Système riz canards Cette méthode traditionnelle est très développée en Asie et a fait l objet de très nombreuses études destinées à analyser ses apports et ses limites. Elle améliore l environnement aquatique des rizières et l apport en nutriments, optimise la croissance et le développement du riz, permet de diminuer les déprédateurs du riz, et donc diminue les besoins en insecticides et en herbicides (Liang et al., 2012). Là où il s est implanté, les canards contribuent à réduire l impact du gastéropode Pomacea canaliculata (Qaium, 1997 ; Quan et al., 2008). Cette méthode repose sur le lâcher de canards de 20 jours, à une densité de 25 à 30 individus pour 10 ha, dans les parcelles 20 jours après l implantation du riz et jusqu au stade de floraison, soit pendant environ deux mois (Long et al., 2013). Ainsi le riz croît en même temps que les canards. Le travail du sol par le bec et les mouvements des pattes relâchent les nutriments piégés et les fientes fournissent un engrais naturel. Les oiseaux contrôlent les insectes et les mauvaises graines ce qui permet de se dispenser d herbicides, d insecticides et d engrais chimiques (Ahmed et al, 2004). Ils augmentent également l oxygène dans l eau (Khan et al., 2005) et réduisent l émission de méthane dans l atmosphère en favorisant, par leur piétinement, la décomposition aérobie au détriment de la décomposition anaérobie (Long et al., 2013). Les excréments, le barbotage, la recherche dans la vase et la prédation diminuent l occurrence des maladies des plantes, des déprédateurs et des mauvaises graines, enrichissent la biodiversité et améliorent l environnement du champ. Dans un suivi mené en Chine, deux espèces de cicadelles ont diminué de 64,8 et 78,5 % après 3

4 12 et 42 jours de lâchers et les mauvaises graines de 67,7 % et 98,1 % après 15 et 45 jours. Les effectifs d araignées ont augmenté, ce qui a diminué les dégâts liés aux insectes (Yu et al., 2008). Le contenu de la matière organique du sol en N, P et K est amélioré, l utilisation des nutriments est accélérée et cela permet une diminution de l épandage d engrais. Les canards améliorent ainsi la production de 20% (Khan et al., 2005 ; Shaikh Tanveer et al., 2005) et la valeur économique des systèmes riz-canard est estimée supérieure de 30% à 50% à la monoculture de riz (Shaikh Tanveer et al., 2005). De plus les canards fournissent une ressource financière supplémentaire aux éleveurs (Shaikh Tanveer et al., 2005). Il est désormais possible de modéliser le système et de simuler la densité optimale de canards à lâcher afin que le riz et les canetons se développent de manière optimale (Suh, 2014 ; Xiong et al., 2013 ; 2014). Pour Suh (2014), afin que cette méthode soit mieux considérée sur le plan économique, les avantages écologiques non marchandables dans l atténuation de la dégradation des terres et dans le changement climatique devraient être pris en compte. Islam et al. (2004) indiquent, de leur côté, la nécessité de veiller à ne pas introduire trop de canards, notamment quand le riz est encore en pousses, afin d éviter le piétinement qui se traduit par une moindre production par rapport au système rizpoissons. Comme dans le système riz poissons, la Fougère aquatique (Azolla microphylla) est introduite dans les systèmes riz - Canards afin de fixer l azote et de servir d alimentation aux canards. Elle fournit également des abris aux poissons. Les poissons et les canards fournissent un engrais naturel qui fertilise les plants de riz et permet de maintenir la biodiversité animale, notamment des communautés d arthropodes (TEEBcase, 2013). Le système riz-poissons-canards permet une très forte plus value car les fientes des canards contribuent à alimenter les poissons et la production de riz est complétée par une production de chair de poissons et de canards. Men et Ogle (2003) ont procédé à une série d expériences sur ces systèmes. Son application sans pesticides ni herbicides et la réduction de 20% des apports d engrais permettent un rendement et des profits nets supérieurs de 18 à 30% par rapport aux systèmes conventionnels. En incluant les bénéfices issus de la vente des canards et des poissons, les revenus nets totaux sont de 55 à 144 % plus hauts que les systèmes conventionnels, et il faut ajouter que la diminution de l usage de produits chimiques se traduit par une amélioration de la santé humaine. Le problème principal est économique car le riz ainsi produit n est pas vendu à un prix supérieur à celui pratiqué avec du riz conventionnel. De plus, tous les problèmes de pestes animales et de mauvaises herbes ne sont pas résolus (Long et al., 2013). Gestion de la paille De manière générale, les riziculteurs n aiment pas conserver la paille en raison du temps mis pour la décomposition et de la possibilité pour des déprédateurs ou des pestes de s y dissimuler, y compris des moustiques et des rats. Évacuer la paille des rizières requiert des efforts et des moyens et la brûler induit un rejet rapide de CO 2 dans l atmosphère (Mendoza et Samson, 1999). Aux États-Unis, les mesures restrictives relatives au brûlage ont conduit à améliorer l utilisation de la paille. Laissée sur place et inondée, elle est la base d une chaîne alimentaire qui bénéficie aux oiseaux d eau. En retour, l activité alimentaire des canards contribue à accélérer sa décomposition tout en réduisant les concentrations d azote (Bird et al., 2000 ; Eadie et al., 2008). La production d invertébrés est améliorée en broyant la paille préalablement à sa submersion (Helmers, 1993). De plus, le broyage et l enfouissement permettent d enterrer les graines plus profondément dans le substrat et donc d empêcher leur développement (Helmers, 1993), tout en réduisant l érosion du sol (Manley et al., 2005). La paille contient 0,6% N, 0,15% P, 1,83% K et 40% C et peut être utilisée en compost local ou extérieur (Tanaka, 1978). Dans le delta du Sénégal, notamment les années de faible pluviométrie quand la végétation naturelle est rare, les rizières fauchées sont pâturées par le bétail, notamment les bovins, ce qui garantit leur élevage, réduit les quantités de matière organique et contribue à amender 4

5 les rizières avec un engrais naturel (Diagne, comm. pers. et obs. pers.). Sortie des rizières, la paille est également vendue en sacs aux citadins qui possèdent un mouton. Exploitation des rizières par les oiseaux sauvages Les oiseaux peuvent consommer du riz soit pendant la phase de croissance et jusqu à ce que la moisson puisse être faite, et dans ce cas, ils sont considérés comme des déprédateurs, soit après la récolte, en récupérant les grains tombés au sol, ce qui relativise une partie des dégâts imputés à certaines espèces (California Rice Production Workshop, v09). Différentes espèces exploitent les rizières à différents moments de l année, soit pour leur alimentation, soit pour s y reproduire (Brouder et Hill, 1995 ; Eadie et al., 2008 ; Fasola et al., 1996 ; Kurechi, 2007 ; Tourenq et al., 2004 ; Nachuha et Quinn, 2012). Les oiseaux se reproduisant dans les rizières sont divisés en cinq catégories (Pierluissi, 2010) : - la reproduction dans du riz sur pied, - la reproduction sur les digues dans ou en périphérie des périmètres cultivés, - la reproduction associée aux canaux et fossé d irrigation, - la reproduction dans les zones humides qui existent en raison de la culture de riz, - l utilisation des rizières pour l alimentation, avec une reproduction dans les habitats adjacents. Les espèces concernées sont les canards, les hérons, les râles, les limicoles, les sternes et des passereaux. Le rôle des rizières est d autant plus important que la gestion pratiquée est compatible avec les exigences des oiseaux. Le développement des nouvelles méthodes de gestion, diminuant le brûlage, l usage de produits chimiques et favorisant l inondation des chaumes s avère efficace pour les rizières et très bénéfique pour les oiseaux (Eadie et al., 2008 ; Elphick et al., 2010b ; Ibáñez et al., 2010). Les pratiques traditionnelles fondées sur une seule récolte annuelle et de longues périodes d inondation des chaumes apportent le plus grand bénéfice à la biodiversité et aux espèces d oiseaux d eau comme par exemple l Ibis huppé Nipponia nippon (Wood et al., 2010). Hohman et al. (1994) comparent la densité de nids dans des rizières sèches ou en eau en Louisiane. Les densités dans les rizières sèches et dans les rizières ensemencées sont similaires, par exemple pour le Dendocygne fauve (15,1 ± 3,3 nids/km 2 ). Les densités de nicheurs tendent à être plus élevées dans les champs denses que moins denses. Les densités de nids ne sont pas affectées par les pratiques de plantation dans l année d étude, mais le succès à l éclosion est plus élevé dans les rizières en eau que dans les rizières sèches. La méthode employée pour moissonner est importante car elle détermine la quantité de grains qui vont rester au sol et leur accessibilité (Elphick et al., 2010a). Inonder les rizières après leur exploitation permet d améliorer l accessibilité des grains laissés au sol pour les oiseaux d eau, pourvu que la profondeur d eau soit inférieure à 30 cm (Kaminski et al., 2010). Hite et al. (2003) et Eadie et al. (2008) préconisent même des profondeurs de 10 à 15 cm seulement (mais 14 à 22 cm dans l étude de Elphick et Oring 1998, 2003), permettant ainsi, à moyens constants, d inonder de plus grandes surfaces. En effet, les effectifs de canards dans une région rizicole sont d autant plus importants que les surfaces de rizières inondées sont étendues (Day and Colwell, 1998; Shimada et al., 2000; Tajiri et Ohkawara, Elphick et Oring (2003) montrent que la densité d oiseaux est liée à la profondeur de l eau et la date de mise en eau et que la richesse est la plus importante pour ces profondeurs. En Camargue, une étude récente montre des densités de 5 à 33 canards/ha dans les rizères inondées contre 0,14 canards/ha dans les rizières non inondées (Pernollet et al., 2015). Les champs de riz fournissent d excellentes sources d invertébrés en février et mars (Prochaska et al., 1997). La consommation de graines adventices par les canards dans les rizières permet de diminuer de 50% leur quantité, ce qui constitue un avantage considérable pour le riziculteur (Groeningen et al., 2003). De nombreuses études ont été entreprises dès le début des années 1940 afin de mesurer la quantité de grains de riz restant au sol après la moisson (Eadie et al., 2008 ; Miller et al., 1989). Les quantités sont très variables dans la littérature, allant de 83,9 kg/ha à 672 kg/ha selon les régions et les modes de moisson. Une comparaison entre des graines cultivées et des graines sauvages, toutes submergées en 5

6 début d hiver, indique que les grains de riz se décomposent lentement, bien que moins lentement que des graines sauvages. Les grains de riz sont donc une ressource alimentaire importante pour les anatidés hivernants (Nelms et Twedt, 1996) et il suffit d inonder les rizières pour les rendre accessibles aux canards (Stafford et al., 2005). Halstead et al. (2011) ont défini la meilleure méthode d évaluation des quantités présentes au sol. Laisser du riz au sol et des chaumes dans des rizières inondées permet d augmenter la quantité d insectes qui sont des sources de protéines pour les canards. Pour Greer et al. (2009) et Reinecke et al. (1989) la valeur seuil est de 50kg/ha de riz laissé au sol, ce qui est proche des 60 kg/ha de maïs laissés au sol pour pouvoir être exploités par les canards (Barney, 2008). Les canards consomment le riz peu de temps après que les rizières aient été inondées. Cependant les quantités disponibles au moment de la moisson peuvent fortement diminuer avant l arrivée des oiseaux d eau, ce qui peut entrainer une perte d utilisation pour eux (Manley et al., 2004). Cette perte peut représenter jusqu à 70%, voire de 79 à 99% de la quantité disponible au moment de la moisson (Kross et al., 2008 ; Greer et al., 2009). En Amérique, il a été calculé que la quantité laissée au sol devrait correspondre à 325 jours/ha de canards (Stafford et al., 2006). Un des grands enjeux est lié à la recherche de rendements optimaux, avec le moins de pertes possibles de riz, ce qui pourrait avoir pour effet de ne plus permettre aux oiseaux d eau de trouver des ressources alimentaires qui leur sont indispensables (Eadie et al., 2008). Si les recherches agronomiques s orientent vers des riz qui mûrissent plus tôt, il y aura un décalage fort entre la date de la moisson et l arrivée des oiseaux et ce décalage peut se traduire par une forte diminution des quantités disponibles au moment de l arrivée des oiseaux (Manley, 1999). Les rizières peuvent être utilisés pendant des périodes très brèves, comme au printemps en Camargue (Tourenq et al., 2001a). L utilisation dépend également du rythme de dégradation des graines entre le moment de la moisson et l arrivée des oiseaux d eau (Neely, 1956 ; McGinn et Glasgow, 1963 ; Manley, 1999 ; Eadie et al., 2008). De nombreuses zones humides naturelles produisent plus de graines que le riz laissé au sol, ce qui implique de maintenir en eau des zones humides naturelles fort productrices de graines afin d augmenter le potentiel alimentaire des canards (Stafford et al., 2005). À titre de comparaison, Jemison and Chabreck (1962) considèrent que la biomasse des milieux doux est de 205 à 450 kg/ha pour les zones humides naturelles et de 160 kg/ha pour les rizières. En matière d invertébrés, il existe peu de données. Elphick (2000) a estimé des densités moyennes d environ 2500 individus/m 2 dans les champs de riz à comparer aux 5500 individus/m 2 dans les zones humides semi-naturelles. Les rizières sont donc des zones humides de substitution qui ne remplacent que partiellement les zones humides naturelles. Les quantités de ressources peuvent limiter la survie ou le recrutement des oiseaux d eau en hiver (Winslow, 2001). Les canards colverts nécessitent 292 kcal par jour (Prince 1979), par exemple, et il est nécessaire de mettre ces besoins en parallèle aux quantités disponibles dans la zones humides naturelles ou dans les rizières afin de définir le meilleur ajustement possible. L utilisation des champs de riz par les limicoles est conditionnée par le cycle du riz (Martínez-Vilalta, 1985 ; Shuford et al., 1998), et par des facteurs comme la profondeur de l eau, l âge des champs de riz, la gestion des chaumes avant leur submersion, les opérations de brûlage ou de broyage et de labourage (Day, 1997 ; Day and Colwell, 1998 ; Elphick et Oring, 1998, 2003 ; Tourenq et al. 2003). Les vieux champs de riz apparaissent être moins attractifs en raison de la plus basse disponibilité en proies liée à l usage répété de pesticides (Tourenq et al., 2003). Ce résultat est confirmé par Cochard et al. (2014) qui notent que les parcelles traitées chimiquement abritent une abondance et une biodiversité moindres que les parcelles traitées par des moyens naturels. Les densités d oiseaux d eau dans les rizières américaines en eau sont de l ordre de 730 individus/km 2 (Elphick and Oring 2003). Les champs les plus fréquentés atteignent voire dépassent 3600 oiseaux/km 2. Les champs inondés uniquement par les pluies accueillent des quantités moindres 6

7 (moyenne 383 oiseaux/km 2 ; max. = 2878 oiseaux/km 2 (Elphick and Oring 2003). Dans la journée, les densités sont moindres, de l ordre de 10 oiseaux/km 2 au cours de l hiver (Twedt et Nelms 1999). Plus d oiseaux sont notés quand la chaume est incorporée au sol avant l inondation (Elphick et Oring 1998, 2003). Townsend et al. (2006), considèrent que les rizières sont des habitats artificiels pour les oiseaux d eau dans de nombreuses régions et la richesse spécifique et l abondance fluctuent en réponse à la croissance du riz et de la phase de récolte. Les densités de limicoles dans les rizières inondées sont en moyenne de 252 oiseaux/km 2, avec des valeurs maximales pouvant monter à 2600 oiseaux/km 2 (Elphick, 2010). Le Canard pilet Anas acuta utilise des rizières non chassées y compris de jour (Rave et Cordes, 1993). L expansion de la distribution de Dendrocygna bicolor dans le sud est des Etats Unis coïncide avec le développement de la culture du riz. La déprédation de l espèce sur le riz est cependant considérée comme mineure par rapport aux autres sources, voire peut être profitable par la consommation de végétaux indésirables, ce qui réduit les coûts des traitements herbicides (Valdes, 1993 ; Hohman et al., 1996 ; Mwima et al., 2014). Le riz n est pas une ressource suffisante. Les oiseaux d eau requièrent également, même en quantités limitées, de la végétation verte et des invertébrés (Eadie et al., 2008). Ainsi, les Canards colverts consomment des gastéropodes dans les champs de riz (Delnicki and Reinecke 1986), et les Canards pilets des graines, des choux et des invertébrés (Miller, 1987). Navedo et al. (2015) fournissent des éléments nouveaux et originaux sur le rôle des oiseaux d eau dans les rizières. Leurs travaux menés en Espagne montre que les oiseaux d eau recyclent plus de 1 kg par ha d azote et 0,2 kg par ha de phosphate pendant la période hivernale. De plus, ils transportent par leurs fientes respectivement 2,3 tonnes de N et 550 kg de P vers les plans d eau périphériques. Rizières substituts des zones humides? Dans la mesure où les zones humides naturelles sont en diminution forte partout dans le monde, la question se pose à peine et il est nécessaire d approfondir les études sur le fonctionnement des rizières pour garantir la conservation de la biodiversité (Elphick, 2010) ainsi que pour améliorer un fonctionnement de plus en plus compatible avec la conservation. La conversion des zones humides en champs modernes conduit à une simplification des habitats, considérée comme loin d être optimale pour de nombreuses espèces et pour les fonctions écosystémiques (Fanslow, 2006). En Californie, 95% des zones humides naturelles ont disparu en raison de leur utilisation à des fins diverses, dont notamment la riziculture qui permet de disposer d habitats humides de substitution (Brouder et Hill, 1995 ; Mugica et al., 2006) et de conserver différents services écosystémiques des zones humides naturelles. Les rizières apportent donc un plus dans la conservation des zones humides lorsqu elles sont implantées sur des zones sèches. Cependant, de manière générale, le manque de diagnostic préalable ne permet pas d évaluer le bilan de la transformation. Au Japon, Natuhara (2013) a analysé les services écosystémiques rendus par la riziculture : recharge des nappes, production de ressources alimentaires autres que le riz, contrôle des inondations, lutte contre l érosion et les mouvements du sol, mitigation contre le changement climatique, purification de l eau, support pour la biodiversité. L auteur précise que, compte tenu des contraintes liées à la culture en elle-même, la biodiversité ne peut se maintenir qu avec les habitats environnant les rizières. La mécanisation et la modernisation de l exploitation du riz s avèrent constituer des éléments défavorables à la conservation de la biodiversité. Les services écologiques rendus par les rizières sont également signalés en Arkansas (Havens et al., 2009 ; Luo et al. 2014). Luo et al. (2014) précisent cependant que les pratiques agriculturales modernes intensives ont accéléré significativement l homogénéisation de l écosystème de rizières. Ces pratiques se fondent en effet sur des variétés de riz obtenues en laboratoire et sur une irrigation contrôlée afin de garantir la production la plus élevée possible, ce qui se traduit par la détérioration et le déséquilibre de l écosystème. Par conséquent des épidémies, des invasions d insectes et de mauvaises graines deviennent de plus en plus fréquentes dans les rizières. Ces auteurs concluent que la durabilité écologique peut être retrouvée en restaurant la biodiversité des rizières par la protection des habitats périphériques, par une amélioration des pratiques 7

8 culturales et par un développement du riz avec moins de produits et d engrais chimiques. Cependant, étant donné la forte compétition existant entre les pays, ces derniers peuvent être tentés, comme le Japon, de développer une riziculture hautement productive, mais ne tenant pas compte des équilibres écologiques (Katayama et al., 2015). Les agrosystèmes de rizières constituent des zones artificielles temporaires dans lesquelles alternent des inondations estivales et des périodes sèches en hiver (Fasola et Ruiz, 1996 ; Blanco et al., 2006). Pour Elphick et al. (2010), les rizières ne sont pas des substituts aux zones humides naturelles mais elles peuvent aider à compenser la perte d habitats naturels dans les régions agricoles. Fasola et Ruiz (1996) appelaient déjà à la reconnaissance et à la conservation des rizières pour les oiseaux d eau et dès 1991, des études montraient la richesse des régions rizicoles (Remsen et al., 1991). Celles-ci sont peu profondes et très productives, ce qui explique leur capacité à accueillir de nombreuses espèces d oiseaux et de poissons. Tourenq et al. (2001a) comparent l abondance, la richesse en espèces et la composition des communautés d oiseaux d eau dans les rizières et les zones humides naturelles de Camargue. Ces auteurs montrent que les zones naturelles supportent signifcativement plus d oiseaux que les rizières et que la richesse spécifique est plus faible dans les rizières. Cependant, ils considèrent que ces résultats ne sont pas extrapolables à d autres sites. Au Brésil, une situation identique a été décrite : les rizières accueillent une partie des espèces habituelles des zones humides, mais avec une richesse et une abondance moindres par rapport aux zones humides naturelles et pour Guadagnin et al. (2012), les rizières ne contribuent donc pas à la conservation des oiseaux d eau, alors qu Ibanez (1999) considère que les rizières se subsistuent aux zones humides. Au Portugal, les rizières s avèrent être une escale alimentaire indispensable pour les Barges à queue noire Limosa limosa en retour de leurs zones d hivernage africaines (Lourenço et Piersma, 2008). Lourenço et Piersma (2009) confirment que les rizières constituent des habitats importants pour les oiseaux d eau, avec des densités de 407 oiseaux/km 2. Ces auteurs considèrent que, comme les rizières représentent 15% des zones humides du monde, elles sont parfois les derniers refuges pour les oiseaux d eau, ce qui implique de les gérer correctement pour préserver ce patrimoine (Elphick 2000 ; Parsons et al., 2010). La situation en Afrique L amélioration de la culture du riz, dans le respect de la biodiversité est une nécessité sur ce continent qui vise à produire suffisamment afin de ne plus dépendre de la production asiatique. Cependant, au Kénya, par exemple, de nombreux producteurs éprouvent des difficultés à produire correctement même avec une fertilisation adéquate et une lutte efficace contre les déprédateurs, et même si la riziculture constitue une exploitation plus rentable que d autres types de cultures (Mambala, 2007). Compte tenu des besoins en augmentation constante, il est urgent de veiller à ce que le développement rizicole ne conduise pas à l émergence de conflits avec le monde de la conservation en raison des risques que ce développement pourrait faire courir aux oiseaux d eau. Les rizières africaines sont en effet utilisées par de nombreuses espèces d oiseaux d eau, qu elles viennent du Paléarctique ou qu elles soient résidentes. Nachuha (2009) liste ainsi 43 espèces de 15 familles différentes dans une étude sur les rizières de l Ouganda, ce que l auteur explique par la mosaïque d habitats dont certains s avèrent très favorables aux oiseaux d eau. Wymenga et Zwarts (2010) indiquent que les rizières du sud du Sénégal et de Guinée Conakry accueillent oiseaux chaque hiver européen. Ces auteurs calculent des densités de 1600 oiseaux/km 2 dans les parcelles humides ou inondées et de 400 oiseaux/km 2 dans les champs secs. Mey et Demont (2013) énumèrent les sept principales espèces pouvant causer des dégâts aux rizières : l Oie de Gambie (Plectropterus gambensis), le Canard casqué (Sarkidiornis melanotos), le Tisserin gendarme (Ploceus cucullatus), le Tisserin à tête noire (Ploceus melanocephalus), le Mange mil (Quelea quelea), le Tisserin à tête rouge (Quelea erythrops) et le Moineau doré (Passer luteus). Tréca (1992) signale que normalement les canards paléarctiques ne sont pas signalés comme posant des dégâts dans les rizières. La déprédation est facilitée par les herbes adventices et par les espaces d eau 8

9 libre qui permettent aux canards de pouvoir se poser. Tréca (1978, 1992) indique par contre que les Canards casqués et armés occasionnent 4,5 % à 7,5 % de dégats sur le riz au Sénégal et au Mali entre 0,65 et 13, 34%. Le Mange-mil, également appelé Travailleur à bec rouge est considéré comme l espèce la plus redoutable avec des effectifs pouvant atteindre plusieurs millions d individus. Sédentaire, cette espèce ne consomme pas que le riz tombé au sol, mais consomme le riz à toutes les phases de son développement. Dans le delta du fleuve Sénégal elle serait responsable d une perte annuelle de l ordre de 7,1 millions d euros (Mey et al., 2012). Ces auteurs indiquent qu à fortes densités d oiseaux, les méthodes traditionnelles d effarouchement deviennent inefficaces, ce qui conduit à préconiser la mise en place de mesures préventives plutôt que curatives. Celles-ci sont généralement fondées sur la destruction des individus ou des habitats pouvant leur permettre d installer leurs nids, ce qui n est pas sans conséquences sur les autres espèces d oiseaux. La mise en eau des chaumes après la récolte est le meilleur moyen de supprimer les ressources pour les Mange-mil, tout en les rendant accessibles aux oiseaux d eau (obs. pers). Dans le delta du Sénégal La riziculture irriguée a des potentialités de l ordre de ha. Le riz est cultivé dans le delta du fleuve Sénégal à deux périodes : - saison chaude : récolte en juin - juillet - hivernage : récolte de novembre à janvier Les mauvaises herbes dans les rizières sont Oryza longistaminata, Echinochloa colona, Cyperus difformis, Schoenoplectus senegalensis et Scirpus jacobii. La riziculture est dite intensive et comprend le repiquage des plants selon un écartement défini, un assec, une lutte mécanique contre les mauvaises herbes et chimique, de manière sélective, sur celles qui n ont pu être enlevées, et l application de compost, à la place ou en plus des engrais chimiques (Krupnik et al., 2012). Jusqu à la fin des années 1980, le riz était coupé manuellement à 15 cm du sol (Le Gal, 1988), alors qu ensuite, les chaumes laissés par les moissonneuses mesurent environ 30 cm (obs. pers). Miller et Wylie (1995) ont montré que les chaumes de grande taille s avéraient peu propices à la recherche alimentaire des oiseaux d eau et ne le devenaient que quand elles se couchaient sous l effet du vent et de la pluie. Le riz est la base du régime alimentaire du Dendrocygne fauve (Tréca, 1992) mais pour cet auteur (1999), il n'existerait pas de relation entre ses effectifs et les superficies de riz cultivé. Tréca considérait, néanmoins, qu'une relation se dessinait entre ces mêmes effectifs et les superficies de rizières mal plantées, présentant des zones d'eau libre et une végétation clairsemée. Mwima et al. (2014) démontrent que le rôle de déprédateur de cette espèce doit être minimisé. La présence de nombreuses graines d adventices, notamment Echinochloa spp. dans le régime alimentaire de ces oiseaux montre qu ils contribuent à limiter le développement des mauvaises herbes dans les rizières. Les oiseaux ne peuvent donc produire des dégâts que s ils y sont en grand nombre. Ils doivent donc être considérés comme utiles pour les services écosystémiques rendus. Au Sénégal, les Sarcelles d été seraient responsables de 2% de pertes selon Tréca (1992). Pour Triplet et al. (2004) la Sarcelle d'été paraissait profiter de la culture du riz d'hiver et de l'accroissement de la cote du barrage de Diama, c'est-à-dire de l'inondation que ce niveau d'eau autorise. Bien qu'elle s'alimente, au moins en partie, sur les zones humides naturelles de Mauritanie, la Sarcelle d été inclut du riz dans son régime alimentaire (Tréca, 1992), ce qui peut lui permettre de tirer profit de l'extension des cultures de riz d'hiver en début de saison hivernale quand les rizières sont encore en eau. En effet, plus tard en saison (janvier à mars), le riz n entre pas dans la composition du régime alimentaire de cette espèce qui se nourrit essentiellement de graines de Nymphea alba et de Bolboschoenus maritimus (Triplet et al., 2009). Le riz a été récolté à cette période et les rizières, sèches, n accueillent pas d anatidés. Le riz représente 97,7% de la nourriture des combattants entre décembre et avril (Tréca 1992). Cependant, Ezealor et Giles (1997) considèrent que cette espèce n est pas à considérer comme 9

10 déprédatrice du riz même si celui-ci représente 30,5 à 37,8% de son alimentation car la plupart des grains consommés sont ramassés au sol. La profondeur de l eau et la disponibilité en insectes en début de saison hivernale rendent peu probable une déprédation sur le riz exploitable par les humains. Dans le delta du Sénégal, les effectifs de Combattants se sont effondrés alors que les ressources alimentaires hivernales, constituées de grains de riz tombés au sol, sont abondantes. Triplet et al. (2014) expliquent cet effondrement par la hauteur des chaumes qui empêchent les mouvements des oiseaux (voir plus haut). La Barge à queue noire Limosa limosa était connue pour sa consommation de riz en décembre et janvier, à une période où la céréale était exploitée ou en phase d exploitation. Les oiseaux se nourrissaient donc essentiellement de grains tombés au sol (Altenburg et al., 1985 ; Tréca, 1984, 1990, 1994). Tout comme pour le Combattant, la mécanisation de l exploitation dans les années 1990, avec des coupes pratiquées plus haut sur les tiges, empêchent les barges à queue noire de se déplacer dans les rizières, ce qui les a conduit à déserter le delta du fleuve Sénégal (Triplet et al., 2014). Cette espèce est considérée comme posant de nombreux problèmes en Casamance et en Guinée Bissau (Kamp et al., 2008). Elle y arrive dès le mois de juillet et exploite les jeunes pousses de riz. Arrivant plus précocement qu auparavant, elle crée plus de dommages et 5% des effectifs présents sur les rizières sont tués annuellement par les exploitants. Conclusion La perte et la dégradation des zones humides affectent négativement les oiseaux d eau et seule la gestion des zones humides encore existantes ou artificielles peut permettre le maintien de populations viables. Une gestion écosystémique est donc nécessaire à différentes échelles spatiales et selon une variabilité temporelle, intégrant les besoins des différentes espèces d oiseaux d eau (Ma et al., 2010), ce qui conduit à la notion de complexes d habitats dans lesquels la gestion des zones périphériques aux rizières est également prise en compte (Eadie et al., 2008). Cette gestion repose sur une intégration des coûts et avantages sur le plan agronomique, en raison du fait que la gestion écologique doit également permettre d obtenir de meilleurs résultats agronomiques, ce qui ne se fait qu avec des coûts de réalisation à prendre en compte (Eadie et al., 2008). La survie des oiseaux d eau n est nullement assurée dans maints pays d Afrique en raison de l usage important des pesticides. Mullié et Diop (2001) ont ainsi montré que les insecticides étaient les plus fréquemment employés et notamment dans les pays situés sur la voie de migration orientale, de l Egypte à l Afrique du Sud. Pourtant, un développement de la riziculture à l image de ce qui se pratique de plus en plus en Asie, en Europe et en Amérique, n est pas unanimement appuyé. Nakano et al. (2011), dans un rapport de la Banque Mondiale, indiquent que des rendements rizicoles élevés en Afrique passent par une irrigation adéquate, des engrais chimiques, et beaucoup de main d œuvre. De manière surprenante, ces auteurs indiquent que, les coûts salariaux étant élevés dans certains pays, la mécanisation pourrait être une solution à cette contrainte. L amélioration de l accès au crédit peut également faciliter l acquisition d engrais onéreux ou le travail par les ouvriers. Si un tel programme était mis en œuvre, on assisterait rapidement à un bouleversement des écosystèmes rizicoles et à un effondrement des populations d oiseaux qui les peuplent. A l inverse, expérimenter, dans des unités de production volontaires, des méthodes ayant fait leurs preuves ailleurs, constitue la meilleure démarche pour permettre de rentabiliser les exploitations rizicoles en fondant leur développement sur une production écologiquement soutenable. Bien que de nombreuses études aient déjà été menées sur le rôle des rizières pour les oiseaux d eau, un vaste champ d investigations est encore à explorer, notamment en Afrique. Lutter contre les déprédations du Mange-Mil peut s obtenir par une inondation des rizières après la moisson. Expérimenter des moyens de gérer au mieux l eau, afin d amortir les frais de pompage permettrait aux riziculteurs de pouvoir répartir leurs dépenses après les gains de la moisson en diminuant les coûts d acquisition d engrais, par une utilisation rationnelle de l eau. La fréquentation des rizières par les oiseaux d eau pourrait également être l émergence d un tourisme ornithologique centré sur les espèces locales et pourrait ainsi permettre de compléter les recettes des exploitants ou des populations locales. Il reste cependant à : - déterminer les quantités disponibles après la moisson en fonction des différents types de moisson ; 10

11 - estimer la production des autres sources alimentaires, graines d adventices et invertébrés ; - évaluer l influence des différents types de traitement de la paille sur les modes d utilisation des rizières par les oiseaux, la disponibilité et l accessibilité des ressources alimentaires ; - déterminer les profondeurs d eau optimale, le calendrier et le temps d inondation pour maximaliser les avantages pour la biodiversité des oiseaux d eau et les autres organismes aquatiques ; - déterminer l impact des cultivars précoces sur la quantité de riz qui reste après la moisson ; Evaluer les pertes de grains par germination, décomposition et consommation par d autres espèces que les oiseaux ; - établir la valeur seuil en quantité de riz et en autres ressources permettant de maintenir les oiseaux ; - quantifier l utilisation des rizières pendant la saison de reproduction ; - évaluer les impacts de chaque espèce sur le riz non encore moissoné et mettre en place les meilleures méthodes de prévention qui n entrainent pas des conséquences pour l avenir des espèces ; - évaluer l impact agronomique de l utilisation des rizières par les oiseaux, en matière de décomposition des pailles, de réduction des adventices, de déprédateurs invertébrés, de dynamique des nutriments et de récoltes. - évaluer les coûts et avantages à attirer les oiseaux d eau par rapport à l utilisation d herbicides, de pesticides et d engrais, d apport d eau, de possibilités de location de chasse ou de tourisme ornithologique. Remerciements Grands mercis à Seydina Issa Sylla pour l aide apportée sur le terrain et pour les fructueuses discussions que nous avons eues et qui devraient se concrétiser par un projet de rencontre entre riziculteurs, conservateurs de la nature et chasseurs. Références Ahmed G. J. U., Hossian S. T., Islam M. R., Rabbi M. F. (2004) Rice-duck farming reduces weeding and insecticide requirement and increases grain yield and income of farmers. International Rice Resource Institute Newsletter. 291: Alemany G. G. (2014) Nitrogen flow analysis in rice agro-ecosystems with different level of complexity in East Java, Indonesia. MSc Thesis Farming Systems Ecology. 97 p. Altenburg W., van der Kamp J. et Beintema A. (1985) The wintering grounds of the black-tailed godwit in West Africa. Wader Study Group Bulletin 44: Anders M. M., van Kessel K. & Eadie J. M. (2008) Agronomic impacts of winter wetland and waterfowl management in ricelands. In Manley S.W. (Ed.), Conservation in Ricelands of North America. The Rice Foundation, Stuttgart, Arkansas, pp Baigi M. G., Pirdashti H., Abbasian A., Mazandarani G. A. (2013) Combined effect of duck and Azolla on dry matter partitioning of rice (Oryza sativa L.) in the integrated rice-duck farming. International Journal of Farming and Allied Sciences 2-22/ Barney E. S. (2008) Change in Availability and Nutritional Quality of Post-harvest Waste Corn on Waterfowl Staging Areas Near Long Point, Ontario. Thèse, University of Western Ontario. 51 p Beck N., Mesleard F. et Mondain-Monval J.-Y. (1999) Impact of winter management of the Camargue rice fields on the aquatic macroinvertebrates and the common snipe (Gallinago gallinago). Gibier Faune Sauvage 16: Bird J. A., Pettygrove G. S. et Eadie J. M. (2000) The impact of waterfowl foraging on the decomposition of rice straw: mutual benefits for rice growers and waterfowl. Journal of Applied Ecology 37: Blanco D. E., López-Lanús B., Dias R. A., Azpiroz A. etrilla F. (2006) Uso de arroceras por chorlos y playeros migratorios en el sur de América del Sur. Implicancias de conservación y manejo. Wetlands International. Buenos Aires, Argentina. Brouder S. M. et Hill J. E. (1995) Winter flooding of ricelands provides waterfowl habitats. California agriculture 49: California Rice Production Workshop, v09 (non daté) Vertebrate pests of Rice. 5 p. Cardarelli E. (2011) Influence of rice farming practices on biodiversity: case studies in northern Italy. Scientifica Acta 5: Cochard R., Maneepitak S. et Kumar P. (2014) Aquatic faunal abundance and diversity in relation 11

12 to synthetic and natural pesticide applications in rice fields of Central Thailand, International Journal of Biodiversity Science, Ecosystem Services et Management, DOI: / Day J. H. (1997) Fall and winter use of harvested ricefields by Pacific Flyway white-fronted geese (Anser albifrons). Thesis, Humboldt State University, Arcata, California, USA. Day J. H. et Colwell M. A. (1998) Waterbird communities in rice fields subjected to different postharvest treatments. Colonial Waterbirds 21: Delnicki D. et Reinecke K. J. (1986) Mid-winter food use and body weights of mallards (Anas platyrhynchos) and wood ducks (Aix sponsa) in Mississippi. Journal of Wildlife Management 50: Dewèvre O. C. et Horwath W. R. (2000) Decomposition of rice straw and microbial carbon use efficiency under different soil temperatures and moistures. Soil Biology et Biochemistry 32 : Eadie J. M., Elphick C. S., Reinecke K. J., Miller M. R. (2008) Wildlife Values of North American Ricelands. The Rice Foundation, 84 pages. Elphick C. S. (2000) Functional equivalency between rice fields and seminatural wetland habitats. Conserv. Biol. 14: Elphick C. S. (2004) Assessing conservation trade-offs: identifying the effects of flooding rice fields for waterbirds on non-target bird species. Biological Conservation 117: Elphick C. S. (2010) Why study birds in rice fields? Waterbirds 33 (sp1): 1-7. Elphick C. S. et Oring L. W. (1998) Winter management of Californian ricefields for waterbirds. Journal of Applied Ecology 35: Elphick C. S. et Oring L. W. (2003) Conservation implications of flooding ricefields on winter waterbird communities. Agriculture Ecosystems and Environment 94: Elphick C. S., Baicich P., Parsons K. C., Fasola M. et Mugica L. (2010b) The Future for Research on Waterbirds in Rice Fields. Waterbirds 33 (sp1) : Elphick C. S., Taft O. et Lourenço P. M. (2010a) Management of rice fields for birds during the non-growing season. Waterbirds 33 (sp1): Ezealor A. U. et Giles R. H. (1997) Wintering ruffs Philomachus pugnax are not pests of rice Oryza spp. in Nigeria s Sahelian wetlands. Wildfowl 48: Fanslow G. (2006) Balanced on a wing. Rice Today, July-September 2006: FAO (2011) FAO statistics. Food and Agriculture Organization of the United Nations. Available online at: Fasola M. et Ruiz X. (1996) The value of rice fields as substitutes for natural wetlands for waterbirds in the Mediterranean region. Colonial Waterbirds 19 (Special Publication 1): Fasola M., Canova L. et Saino N. (1996) Rice fields support a large portion of herons breeding in the Mediterranean region. Colonial Waterbirds 19: Greer D. M., Dugger B. D., Reinecke K. J et Petrie M. J. (2009) Depletion of Rice as Food of Waterfowl Wintering in the Mississippi Alluvial Valley. Journal of Wildlife Management 73: Groeningen (van) J. W., Burns E. G., Eadie J. M., Horwath W. R., Kessel (van) C. (2003) Effects of foraging waterfowl in winter flooded rice fields on weed stress and residue decomposition. Agriculture, Ecosystems and Environment 95: Guadagnin D. L., Peter A. S., Rolon A. S., Stenert C. et Maltchick L. (2012) Does Non-Intentional Flooding of Rice Fields after Cultivation Contribute to Waterbird Conservation in Southern Brazil? Waterbirds 35: Halstead B. J., Miller M. R., Casazza M. L., Coates P. S., Farinha M. A., Gustafson K. B., Yee J. L. et Fleskes J. P. (2011) Rapid Assessment of Rice Seed Availability for Wildlife in Harvested Fields. Wildlife Society Bulletin 35: Halwart M. et Gupta M. V. (eds.) (2004) Culture of fish in rice fields. FAO and The WorldFish Center, 83 p. Havens J. H., Kaminski R. M., Davis J. B., Riffell S. K. (2009) Winter Abundance of Waterfowl and Waste Rice in Managed Arkansas Rice Fields. Proc. Annu. Conf. Southeast. Assoc. Fish and Wildl. Agencies 63: Helmers D. L. (1993) Enhancing the management of wetlands for migrating shorebirds. Transactions of the North American Wildlife and Natural Resources Conference 58:

13 Hite D., Intarapapong W., Kari F. et Maupin T. (2003) Economic and Environmental Benefits of Rice Production in the Mississippi Delta. Mississippi Agricultural and Forestry Experiment Station, 19 p. Hohman W. L., Moore J. L., Stark T. M., Weisbrich G. A., Coon R. A. (1994) Breeding Waterbird Use of Louisiana Rice Fields in Relation to Planting Practices. Proc. Annu. Conf. Southeast. Assoc. Fish and Wildl. Agencies 48: Hohman W. L., Stark T. M. et Moore J. L. (1996) Food availability and feeding preferences of breeding fulvous whistling ducks in Louisiana ricefields. Wilson Bull. 108: Ibáñez C. (1999) Integrated management in the SPA of the Ebro Delta: implication of rice cultivation for birds. 20 Years with the EC Birds Directive. Proceedings from a conference on the Council Directive on the Conservation of Wild Birds at Elsinore, Denmark, November Ibáñez C., Curcó A., Riera X., Ripoll I. & Sánchez C. (2010) Influence on birds of rice field management practices during the growing season: a review and an experiment. Waterbirds 33, Islam S. S., Azam M.G., Adhikary S. K., Wickramarachchi K. S. (2004) Efficiency of rice, fish and duck polyculture as compared to rice and fish culture in a selective area of Kuhlna district, Bengladesh. Pakistan Journal of Biological Sciences 7 : Jemison E. S. et Chabreck R. H. (1962) The availability of waterfowl foods in coastal marsh impoundments in Louisiana. Transactions of the North American Wildlife Conference 27: Kaminski R. M., Reinecke K. J. et Stafford J. D. (2010) Avian foods, foraging and habitat conservation in world rice fields. Waterbird 33 : Kamp J. van der, Kleijn D., Ndiaye I., Sylla S. I. et Zwarts L. (2008) Rice farming and Blacktailed Godwit in the Casamance (Senegal). A et W rapport 1080/ Alterra rapport p. Kari F. (2002) Three Essays on Environmental Conservation and Wildlife in the Market Place: The Case of Winter Flooded Rice in Mississippi. Unpublished Ph. D dissertation, Mississippi State University. Katayama N., Baba Y. G., Kusumoto Y., Tanaka K. (2015) A review of post-war changes in rice farming and biodiversity in Japan. Agricultural Systems 132 : Khan M. A., Ahmed G. J. U., Magor N. P., Salahuddin A. (2005) Integrated rice duck: a new farming system for Bangladesh. In: Van Mele P., Salahuddin A., Magor N. P. (Eds.) Innovations in Rural Extension: Case Studies from Bangladesh. CABI Publishing, Oxfordshire, UK, pp Kross J. P., Kaminski R. M., Reinecke K. J. et Pearse A. T. (2008) Conserving Waste Rice for Wintering Waterfowl in the Mississippi Alluvial Valley. Journal of Wildlife Management 72: Krupnik T. J., Shennan C., Settle W. H., Demont M., Ndiaye A. B. et Rodenburg J. (2012) Améliorer la production du riz irrigué dans la Vallée du Fleuve Sénégal à travers l innovation et l apprentissage par l expérience. FAO, Rome, 28 p Kurechi M. (2007) Restoring rice paddy wetland environments and the local sustainable societyproject for achieving co-existence of rice paddy agriculture with waterbirds at Kabukuri-numa, Miyagi Prefecture, Japan. Global Environ. Research-English Ed. 11: Le Gal P.-Y. (1988) Situation et problématiques de la récolte et post-récolte du riz sur le delta du fleuve Sénégal. ISRA, 47 p. Liang K.-M., Zhang J.-E., Lin T.-A., Quan G.-M. et Zhao B.-L. (2012) Control Effects of Two- Batch-Duck Raising with Rice Framing on Rice Diseases, Insect Pests and Weeds in Paddy Field. Advance Journal of Food Science and Technology 4: Long P., Huang H., Liao X., Fu Z., Zheng H., Chene A. et Chena C. (2013) Mechanism and capacities of reducing ecological cost through rice duck cultivation. J. Sci. Food Agric. 93: Lourenço P. M. et Piersma T. (2008) Stopover ecology of Black-tailed Godwits Limosa limosa limosa in Portuguese rice fields: a guide on where to feed in winter. Bird Study 55: Lourenço P. M. et Piersma T. (2009) Waterbird densities in South European rice fields as a function of rice management. Ibis 151: Lu B. Y., Wang R. S. et Zhang R. W. (2001) Relationship between population diversity and its micro-environments in farmland ecosystem - evaluation for diversity of several farmlands ecosystems. Chinese Journal of Ecology 20: 5-7. (In Chinese with English abstract). 13

Défis et opportunités dans la redynamisation du secteur du riz en Afrique sub-saharienne

Défis et opportunités dans la redynamisation du secteur du riz en Afrique sub-saharienne Défis et opportunités dans la redynamisation du secteur du riz en Afrique sub-saharienne Kazuki Saito Centre du Riz pour l Afrique 6ème Assemblée générale de la CARD 18 au 19 novembre 2015 1 Principaux

Plus en détail

MAEC RIZ. Comité Rizicole. Arles le 15 juin 2015

MAEC RIZ. Comité Rizicole. Arles le 15 juin 2015 MAEC RIZ Comité Rizicole Arles le 15 juin 2015 Les Mesures IRRIG 01 : Surfaçage annuel des rizières (ancienne mesure) IRRIG 06 : Faux semis (nouvelle mesure) IRRIG 07 : Semis à sec des rizières (nouvelle

Plus en détail

Introduction de couverts : La recherche de nouvelles interactions

Introduction de couverts : La recherche de nouvelles interactions Introduction de couverts : La recherche de nouvelles interactions Gilles Sauzet CETIOM L introduction de couverts végétaux dans les cultures et en interculture doit être une véritable opportunité agro

Plus en détail

Découverte d une zone humide : la Camargue

Découverte d une zone humide : la Camargue Sensibiliser DÉCOUVRIR ANALYSER COMPRENDRE RESPECTER Pour les classes de seconde «Biodiversité en Camargue et enjeux planétaires» Découverte d une zone humide : la Camargue Sensibilisation aux milieux

Plus en détail

Durabilité agro-environnementale des systèmes de production agricoles en. Patrick Dugué Cirad, UMR Innovation, SIA- Paris, 1 mars 2010

Durabilité agro-environnementale des systèmes de production agricoles en. Patrick Dugué Cirad, UMR Innovation, SIA- Paris, 1 mars 2010 Durabilité agro-environnementale des systèmes de production agricoles en Afrique de l Ouest Patrick Dugué Cirad, UMR Innovation, SIA- Paris, 1 mars 2010 Un focus sur La composante «environnementale» du

Plus en détail

La Gestion Durable des Terres et des Eaux (GDTE) face au Changement Climatique en Afrique

La Gestion Durable des Terres et des Eaux (GDTE) face au Changement Climatique en Afrique Terres et eaux en fuite dans le réchauffement climatique : quelle mise en œuvre de la neutralité en matière de dégradation des terres? La Gestion Durable des Terres et des Eaux (GDTE) face au Changement

Plus en détail

53 ANS DE RECHERCHES pour l'agriculture et l'environnement en marais

53 ANS DE RECHERCHES pour l'agriculture et l'environnement en marais Unité Expérimentale de Saint-Laurent de la Prée 53 ANS DE RECHERCHES pour l'agriculture et l'environnement en marais 1964-2017 Eric Kernéïs, Daphné Durant 09 Novembre 2017 une UE (Unité expérimentale)

Plus en détail

Colloque international GP3A/CIDEFA Réduit (Île - Maurice), juin 2009

Colloque international GP3A/CIDEFA Réduit (Île - Maurice), juin 2009 Colloque international GP3A/CIDEFA Réduit (Île - Maurice), 29-30 juin 2009 «Sécurité alimentaire et qualité des aliments Atouts de Madagascar, de l Ile de la Réunion sur les marchés internationaux» «Nouveaux

Plus en détail

SAINES PRATIQUES POUR UNE RÉCOLTE DURABLE DE LA BIOMASSE FORESTIÈRE

SAINES PRATIQUES POUR UNE RÉCOLTE DURABLE DE LA BIOMASSE FORESTIÈRE SAINES PRATIQUES POUR UNE RÉCOLTE DURABLE DE LA BIOMASSE FORESTIÈRE FPInnovations EN QUOI CONSISTE LA RÉCOLTE DE BIOMASSE FORESTIÈRE? La biomasse forestière est constituée de tous les végétaux de la forêt.

Plus en détail

DES PRODUITS AGRICOLES DANS LE COMMERCE MONDIAL RIZ. 3 % de la production mondiale Amérique 5 % Europe et Océanie 1 %. % production mondiale

DES PRODUITS AGRICOLES DANS LE COMMERCE MONDIAL RIZ. 3 % de la production mondiale Amérique 5 % Europe et Océanie 1 %. % production mondiale DES PRODUITS AGRICOLES DANS LE COMMERCE MONDIAL RIZ 1. Compréhension des situations a) La production Culture dominante en Asie 91 % de la production mondiale Afrique 3 % de la production mondiale Amérique

Plus en détail

EVALUATION DES EMISSIONS DE METHANE IMPUTABLES AU SECTEUR AGRICOLE EN AFRIQUE DE L OUEST ( )

EVALUATION DES EMISSIONS DE METHANE IMPUTABLES AU SECTEUR AGRICOLE EN AFRIQUE DE L OUEST ( ) EVALUATION DES EMISSIONS DE METHANE IMPUTABLES AU SECTEUR AGRICOLE EN AFRIQUE DE L OUEST (1961-2050) Bakary DJABY& Pierre OZER Département des Sciences et Gestion de l Environnement Université de Liège,

Plus en détail

La désertification dans le monde et l'expérience algérienne dans la lutte contre ce phénomène

La désertification dans le monde et l'expérience algérienne dans la lutte contre ce phénomène La désertification dans le monde et l'expérience algérienne dans la lutte contre ce phénomène Pr. BELKHODJA Moulay Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie Définition de la désertification Selon

Plus en détail

Changement climatique, agriculture et biodiversité

Changement climatique, agriculture et biodiversité Quelles recherches sur l adaptation de l agriculture et de l élevage au changement climatique? Changement climatique, agriculture et biodiversité Jean-François Soussana INRA Atelier de Réflexion Prospective

Plus en détail

Evénement parralèle sur la CARD organisé lors de la TICAD VI A la poursuite d une Révolution Verte Africaine 25 Août 2016

Evénement parralèle sur la CARD organisé lors de la TICAD VI A la poursuite d une Révolution Verte Africaine 25 Août 2016 Evénement parralèle sur la CARD organisé lors de la TICAD VI A la poursuite d une Révolution Verte Africaine 25 Août 2016 Keijiro Otsuka Conseiller de la CARD depuis 2008 Professeur d Economie de Développement

Plus en détail

Réussir son couvert végétal

Réussir son couvert végétal Réussir son couvert végétal La gestion des résidus de récolte Broyer dès la récolte afin de réduire la taille des pailles et surtout homogénéiser la répartition des résidus pour : - améliorer la décomposition

Plus en détail

PRODUCTIVITÉ ET DURABILITÉ EN AGRICULTURE: SONT-ELLES COMPATIBLES?

PRODUCTIVITÉ ET DURABILITÉ EN AGRICULTURE: SONT-ELLES COMPATIBLES? PRODUCTIVITÉ ET DURABILITÉ EN AGRICULTURE: SONT-ELLES COMPATIBLES? Mr. Yves Leterme, Secrétaire général adjoint de l OCDE 30 mai 2013 Tendances: Offre et demande à longterme La population mondiale devrait

Plus en détail

Production et superficie mondiales de riz paddy

Production et superficie mondiales de riz paddy Avril 2012 RÉSUMÉ Depuis janvier, les estimations concernant la production mondiale de paddy en ont été revues à la baisse de 1,4 million de tonnes à 720,0 millions de tonnes (480,1 millions de tonnes,

Plus en détail

FERTI-pratiques FICHE N

FERTI-pratiques FICHE N FERTI-pratiques FICHE N Une fertilisation raisonnée améliore la flore des prairies naturelles et soutient la production d une quantité d herbe suffisante sur toute la saison. Les prairies se différencient

Plus en détail

Pourquoi faire du stylosanthes sur tanety dans le moyen ouest?

Pourquoi faire du stylosanthes sur tanety dans le moyen ouest? Pourquoi faire du stylosanthes sur tanety dans le moyen ouest? CAUSES Labour Pente PROBLEMES SOLUTIONS Stylosanthes Erosion Brulis Peu de jachère Peu de rotation Pas d engrais Sols pauvres Peu de matière

Plus en détail

Les atouts du semis sous couvert vivant pour la biodiversité du sol.

Les atouts du semis sous couvert vivant pour la biodiversité du sol. Les atouts du semis sous couvert vivant pour la biodiversité du sol. Le 27 et 28 Juin 2013, l équipe du projet PEPITES a présenté les résultats de quatre années de recherches et d expérimentations (2008-2012)

Plus en détail

Partie 1 Nourrir l'humanité

Partie 1 Nourrir l'humanité Partie 1 Nourrir l'humanité Chapitre 1 Agriculture, santé environnement I. Les agrosystèmes : des écosystèmes cultivés Problème : Comment l'agriculture produit-elle nos aliments? Recherche d'informations

Plus en détail

UNE GESTION EFFICACE DE L AZOTE POUR L AGRICULTURE BIOLOGIQUE

UNE GESTION EFFICACE DE L AZOTE POUR L AGRICULTURE BIOLOGIQUE INSTITUT DE RECHERCHE ET DE DÉVELOPPEMENT EN AGROENVIRONNEMENT Développement de pratiques culturales préservant la qualité des sols UNE GESTION EFFICACE DE L AZOTE POUR L AGRICULTURE BIOLOGIQUE ADRIEN

Plus en détail

FICHE TECHNIQUE Allonger sa rotation - Pourquoi? Comment?

FICHE TECHNIQUE Allonger sa rotation - Pourquoi? Comment? Concevoir des SYSTEMES de PRODUCTION INNOVANTS et DURABLES FICHE TECHNIQUE Allonger sa rotation - Pourquoi? Comment? Rotation classique des systèmes céréaliers lorrains : rotation triennale fondée sur

Plus en détail

Nourrir le monde. La problématique

Nourrir le monde. La problématique La problématique La Terre est passée de 1,7 milliard d hommes en 1900 à 6,7 milliards aujourd hui. En 2050, selon les projections de l ONU, la population mondiale atteindra 9 milliards. La croissance de

Plus en détail

Les engrais verts : Pour qui? Pourquoi? Présenté par Normand Leblond, agronome

Les engrais verts : Pour qui? Pourquoi? Présenté par Normand Leblond, agronome Les engrais verts : Pour qui? Pourquoi? Présenté par Normand Leblond, agronome Plan de la présentation Qu est-ce qu un engrais vert Avantages et inconvénients Types d engrais verts Choix d un engrais vert

Plus en détail

Projet Mosabio Rapport d essai 2015

Projet Mosabio Rapport d essai 2015 Introduction Projet Mosabio Rapport d essai 2015 Le projet Mosabio a été proposé en 2011 par un groupe de travail comprenant AGRIDEA, Agroscope et le FiBL. Il s inscrit dans le contexte du déficit de l

Plus en détail

Evaluation de l activité biologique du sol en verger biologique et conventionnel

Evaluation de l activité biologique du sol en verger biologique et conventionnel Evaluation de l activité biologique du sol en verger biologique et conventionnel Laurent Jamar 1, Marc Aubinet 2, Marc Culot 2, Hugo Magein 1, Marc Lateur 1 [1] Centre wallon de Recherches Agronomiques

Plus en détail

Le coût de l érosion du sol Rick Cruse

Le coût de l érosion du sol Rick Cruse Le coût de l érosion du sol Rick Cruse Iowa State University Pourquoi se préoccuper de l érosion du sol? 1. Mauvaise pour les producteurs agricoles 1. Diminue les rendements 2. Perte d éléments nutritifs

Plus en détail

Techniques innovantes d implantation

Techniques innovantes d implantation www.cetiom.fr 21 Techniques innovantes d implantation DISPOSITIF L implantation du colza et de son couvert, sur le même rang, a été réalisée le même jour en semis direct. Le semoir utilisé est un SD3 HUARD.

Plus en détail

Possibilité d'une révolution verte du riz en Afrique subsaharienne

Possibilité d'une révolution verte du riz en Afrique subsaharienne Possibilité d'une révolution verte du riz en Afrique subsaharienne Programme de formation JICA Le 26 août 2013 Keijiro Otsuka Conseiller au CARD Professeur au National Graduate Institute for Policy Studies

Plus en détail

L agro-écologie dans les Chambres d agriculture de Haute-Normandie : une réponse aux enjeux climatiques

L agro-écologie dans les Chambres d agriculture de Haute-Normandie : une réponse aux enjeux climatiques L agro-écologie dans les Chambres d agriculture de Haute-Normandie : une réponse aux enjeux climatiques Samuel BOUQUET Elu de la Chambre d agriculture de la Seine- Maritime, Co-président de la commission

Plus en détail

Chapitre 2 : Habiter le monde rural a faible densité

Chapitre 2 : Habiter le monde rural a faible densité Chapitre 2 : Habiter le monde rural a faible densité SEQUENCE DE COURS : 6 ème Source : Bulletin Officiel du 26 novembre 2015 Ressources : Eduscol 1 MISE EN PLACE DE LA SEQUENCE Pb : Les hommes habitent-ils

Plus en détail

CHANGEMENT CLIMATIQUE ET GESTION DE L AGRO BIODIVERSITÉ AU MALI

CHANGEMENT CLIMATIQUE ET GESTION DE L AGRO BIODIVERSITÉ AU MALI PROJET: CONNECTER LES CHAINES DE VALEUR DE L AGRO BIODIVERSITÉ A L ADAPTATION AU CLIMAT ET A LA NUTRITION CHANGEMENT CLIMATIQUE ET GESTION DE L AGRO BIODIVERSITÉ AU MALI Dr Harouna COULIBALY Introduction;

Plus en détail

25 ANS DE GESTION ET DE SUIVIS ORNITHOLOGIQUES DANS LES MARAIS D HARCHIES. Jérémy Simar Département de l Étude du Milieu naturel et agricole

25 ANS DE GESTION ET DE SUIVIS ORNITHOLOGIQUES DANS LES MARAIS D HARCHIES. Jérémy Simar Département de l Étude du Milieu naturel et agricole 25 ANS DE GESTION ET DE SUIVIS ORNITHOLOGIQUES DANS LES MARAIS D HARCHIES Jérémy Simar Département de l Étude du Milieu naturel et agricole 1 QUELLES GESTIONS AUX MARAIS D HARCHIES? 1988 1994 : Conseil

Plus en détail

NEWSLETTER MARCHÉ OLÉICOLE Nº 106 juin 2016

NEWSLETTER MARCHÉ OLÉICOLE Nº 106 juin 2016 L oléiculture en Tunisie En réponse à l invitation des autorités tunisiennes, la 27 e session extraordinaire du Conseil oléicole international (COI) se tiendra à Hammamet (Tunisie) du 11 au 16 juillet

Plus en détail

Inventer une Agriculture compétitive, diversifiée et durable

Inventer une Agriculture compétitive, diversifiée et durable Inventer une Agriculture compétitive, diversifiée et durable PLAN DE LA PRESENTATION 1. CONTEXTE 2. Progrès 3. ANALYSE 4. TÉMOIGNAGES 5. CONCLUSION 2 Contexte 1 2 Le Sénégal est l un des plus gros consommateurs

Plus en détail

Essais de couvre-sols «biofumigants» en sol organique

Essais de couvre-sols «biofumigants» en sol organique Essais de couvre-sols «biofumigants» en sol organique par Mario Leblanc, M.Sc., agr. Au Michigan, des essais visant à vérifier l effet de différentes espèces de couvre-sols sur le développement des cultures

Plus en détail

Consultation de la commission sur les enjeux énergétiques du Québec

Consultation de la commission sur les enjeux énergétiques du Québec Consultation de la commission sur les enjeux énergétiques du Québec Mémoire présenté par le Conseil Québécois des plantes fourragères 2013-10-11 Présentation du Conseil québécois des plantes fourragères

Plus en détail

DIRECTIVES OPERATIONNELLES DE LA BOAD

DIRECTIVES OPERATIONNELLES DE LA BOAD Milieux humides Définition On qualifie de milieu humide tout territoire dont le biotope et la répartition des êtres vivants sont caractérisés principalement par la présence d eau, quelque soit son degré

Plus en détail

TECHNIQUE DE TRANSPLANTATION DE COTONNIERS EN NUTRIBLOCS

TECHNIQUE DE TRANSPLANTATION DE COTONNIERS EN NUTRIBLOCS TECHNIQUE DE TRANSPLANTATION DE COTONNIERS EN NUTRIBLOCS Degré : Idée / Invention / Innovation Date d élaboration de la fiche : février 2016 Type de réponse Technique Mots clés : transplants, pépinières

Plus en détail

Impacts des changements climatiques dur les activités humaines. Abdellatif Khattabi.

Impacts des changements climatiques dur les activités humaines. Abdellatif Khattabi. Impacts des changements climatiques dur les activités humaines Abdellatif Khattabi ab_khattabi@yahoo.com Journées universitaires de Tanger AESVT- Mars 2010 Introduction le terme Changements climatiques

Plus en détail

PLAN DE PRÉSENTATION

PLAN DE PRÉSENTATION PLAN DE PRÉSENTATION INTRODUCTION ET CONTEXTE DONNÉES ET MÉTHODES RÉSULTATS - Un contexte climatique instable - Quelques caractéristiques hydro-géomorphologiques - Un aménagement ambitieux mais inachevé

Plus en détail

LE COMPOST DEFINITION DU COMPOSTAGE EN AB

LE COMPOST DEFINITION DU COMPOSTAGE EN AB LE COMPOST DEFINITION DU COMPOSTAGE EN AB Le processus de compostage est une décomposition aérobie de matières organiques d origine végétale et/ou animale hors matières relevant des déchets animaux au

Plus en détail

Farm Equip (Tanzania) Company Ltd

Farm Equip (Tanzania) Company Ltd Farm Equip (Tanzania) Company Ltd Pré-Conférence de la 6ème Assemblée Générale de la CARD 17 NOVEMBRE 2015 Les 20 prochaines minutes. Concernant Farm Equip (T) Company Ltd (FETL) Secteur Agricole entanzanie

Plus en détail

Le COMPOSTAGE, un ATOUT pour les exploitations agricoles de la Loire

Le COMPOSTAGE, un ATOUT pour les exploitations agricoles de la Loire Le COMPOSTAGE, un ATOUT pour les exploitations agricoles de la Loire PAILLE Microorganismes EFFLUENTS FUMIER AERATION Action de l humidité et de l air (O2) Un produit affiné et homogène, épandable en toutes

Plus en détail

Impacts des changements climatiques, adaptation et liens avec le développement durable en Afrique

Impacts des changements climatiques, adaptation et liens avec le développement durable en Afrique 12 Impacts des changements climatiques, adaptation et liens avec le développement durable en Afrique B. Osman-Elasha Les stratégies de développement durable et d adaptation aux changements climatiques

Plus en détail

en pépinière de pleine terre

en pépinière de pleine terre Fertilisation avec des engrais retard en pépinière de pleine terre Synthèse technique Année 2017 Rédacteurs : Camille Li-Marchetti Jean-Marc Deogratias CONTEXTE La fertilisation joue un rôle essentiel

Plus en détail

Grandes Cultures Productions fourragères

Grandes Cultures Productions fourragères Évolution des ressources mellifères et des pratiques culturales dans le paysage agricole français - Période 1950-2010 - Grandes Cultures Productions fourragères Ressources mellifères? Une plante mellifère

Plus en détail

La physiologie du chanvre Fertilisation - Besoins en eau Floraison. Sandrine Legros

La physiologie du chanvre Fertilisation - Besoins en eau Floraison. Sandrine Legros La physiologie du chanvre Fertilisation - Besoins en eau Floraison Sandrine Legros 1 Introduction Essentiel de comprendre le fonctionnement interne d une plante pour : Appréhender son comportement Adapter

Plus en détail

EFFICIENCE ET PRODUCTIVITE COMME LEVIERS DE CROISSANCE DE L AGRICULTURE SENEGALAISE. Pr. Abdoulaye DIAGNE

EFFICIENCE ET PRODUCTIVITE COMME LEVIERS DE CROISSANCE DE L AGRICULTURE SENEGALAISE. Pr. Abdoulaye DIAGNE EFFICIENCE ET PRODUCTIVITE COMME LEVIERS DE CROISSANCE DE L AGRICULTURE SENEGALAISE Pr. Abdoulaye DIAGNE 1 PLAN DE L EXPOSE INTRODUCTION I- ALLOCATION RÉGIONALE DES DÉPENSES ET CROISSANCE DANS L AGRICULTURE

Plus en détail

Biodiversité COMPRENDRE. Ressource DÉVELOPPEMENT DURABLE. 1. Qu est-ce que la biodiversité?

Biodiversité COMPRENDRE. Ressource DÉVELOPPEMENT DURABLE. 1. Qu est-ce que la biodiversité? Biodiversité COMPRENDRE 1. Qu est-ce que la biodiversité? Le terme «biodiversité» est la contraction de l expression «diversité biologique». La biodiversité reflète le nombre, la diversité et la variabilité

Plus en détail

Le Delta de l Ebre. Le Delta de l Ebre se. l Espagne, au sud de

Le Delta de l Ebre. Le Delta de l Ebre se. l Espagne, au sud de Angela D ominguez Le Delta de l Ebre Le Delta de l Ebre se situe à l est de l Espagne, au sud de Barcelona et de Tarragona. Situé au cœur du parc naturel du même nom et alimenté par le fleuve principal

Plus en détail

USAGE DE FILMS PLASTIQUES

USAGE DE FILMS PLASTIQUES USAGE DE FILMS PLASTIQUES Degré : Idée / Invention / Innovation Date d élaboration de la fiche : février 2016 Type de réponse Technique / Méthodologique Mots clés : mulchs plastique Auteur(s) : P. Silvie,

Plus en détail

CHOIX D ENGRAIS VERTS DEMONSTRATION A LA FERME Rapport de recherche final W

CHOIX D ENGRAIS VERTS DEMONSTRATION A LA FERME Rapport de recherche final W CHOIX D ENGRAIS VERTS DEMONSTRATION A LA FERME Rapport de recherche final W2008-42 INTRODUCTION On recommande les engrais verts pour accroître la fertilité du sol et diminuer la pression des herbes adventices,

Plus en détail

2 La culture en association de froment et de légumineuses

2 La culture en association de froment et de légumineuses 2 La culture en association de et de s B. Seutin 5, F. Vancutsem 6 et B. Bodson 6 2.1 Un peu d histoire et de prospectives Les cultures en association de céréales et de s étaient assez fréquentes, il y

Plus en détail

INTERETS ET CONTRAINTES DE MISE EN CULTURE DES NOUVELLES VARIETES DE RIZ BRESILIENS POLY-APTITUDES appelées SEBOTA

INTERETS ET CONTRAINTES DE MISE EN CULTURE DES NOUVELLES VARIETES DE RIZ BRESILIENS POLY-APTITUDES appelées SEBOTA INTERETS ET CONTRAINTES DE MISE EN CULTURE DES NOUVELLES VARIETES DE RIZ BRESILIENS POLY-APTITUDES appelées SEBOTA Les variétés de riz SEBOTA dites «polyaptitudes», c'est-à-dire qui peuvent être cultivées

Plus en détail

FICHE PÉDAGOGIQUE AGRICULTURE

FICHE PÉDAGOGIQUE AGRICULTURE FICHE PÉDAGOGIQUE AGRICULTURE 1. L INTENSIFICATION DE L AGRICULTURE Les hommes ont toujours trouvé leur nourriture dans la nature : cueillette de fruits et légumes, chasse, pêche jusqu au jour où ils ont

Plus en détail

Production rizicole et consommation de riz au Maroc

Production rizicole et consommation de riz au Maroc Production rizicole et consommation de riz au Maroc Lage M. in Chataigner J. (ed.). Activités de recherche sur le riz en climat méditerranéen Montpellier : CIHEAM Cahiers Options Méditerranéennes; n. 24(2)

Plus en détail

mercredi 2 décembre

mercredi 2 décembre mercredi 2 décembre 2015 1 PRESENTATION 1987: création GIE CNT exploitant 5 ha 2007 SUARL CNT spécialisée sur la chaine de valeur riz qui appui les petits producteurs non éligibles aux institutions de

Plus en détail

Réduire le recours aux engrais azotés de synthèse: Quel potentiel et quel impact sur les émissions de N 2 O à l échelle France?

Réduire le recours aux engrais azotés de synthèse: Quel potentiel et quel impact sur les émissions de N 2 O à l échelle France? Réduire le recours aux engrais azotés de synthèse: Quel potentiel et quel impact sur les émissions de N 2 O à l échelle France? S. Recous, M-H. Jeuffroy, C. Hénault, L. Bamière INRA, UMR FARE, UMR Agronomie,

Plus en détail

Phosphore recyclé dans la fertilisation: Quelles voies de progrès?

Phosphore recyclé dans la fertilisation: Quelles voies de progrès? Phosphore recyclé dans la fertilisation: Quelles voies de progrès? Sylvain PELLERIN INRA, UMR 1391, Bordeaux NOM DE L AUTEUR 03 / 12 / 2013 P dans les produits organiques 4-45 mg P par kg MS Lisier porc

Plus en détail

L avenir de nos poissons est dans nos seuils. Pour un moratoire sur l'article L du code de l environnement

L avenir de nos poissons est dans nos seuils. Pour un moratoire sur l'article L du code de l environnement L avenir de nos poissons est dans nos seuils Pour un moratoire sur l'article L 214-17 du code de l environnement QU EST-CE QU UN SEUIL? Un seuil est un ouvrage construit en travers du lit mineur d une

Plus en détail

3.17 ESPÈCES PROBLÉMATIQUE ET ENJEUX. INSTANCE RESPONSABLE Office de l environnement. INSTANCE DE COORDINATION Office de l environnement

3.17 ESPÈCES PROBLÉMATIQUE ET ENJEUX. INSTANCE RESPONSABLE Office de l environnement. INSTANCE DE COORDINATION Office de l environnement ESPÈCES INSTANCE RESPONSABLE Office de l environnement INSTANCE DE COORDINATION Office de l environnement AUTRES INSTANCES CONCERNÉES Service de l aménagement du territoire Service de l économie rurale

Plus en détail

La gestion des milieux naturels : jusqu où peut-on aller avec les méthodes traditionnelles? A quels coûts?

La gestion des milieux naturels : jusqu où peut-on aller avec les méthodes traditionnelles? A quels coûts? La gestion des milieux naturels : jusqu où peut-on aller avec les méthodes traditionnelles? A quels coûts? Xavier Gayte PhD, directeur du Conservatoire du patrimoine naturel de la Savoie (au moment du

Plus en détail

Prévention et gestion de la résistance aux herbicides en grande culture

Prévention et gestion de la résistance aux herbicides en grande culture Prévention et gestion de la résistance aux herbicides en grande culture J.Ph. Guillemin et B. Chauvel JER 2017 8 mars 2017 Les catégories de leviers de gestion Réduction du potentiel d infestation : Réduction

Plus en détail

TECHNIQUE DE SEMIS A HAUTE DENSITE

TECHNIQUE DE SEMIS A HAUTE DENSITE TECHNIQUE DE SEMIS A HAUTE DENSITE Degré : Idée / Invention / Innovation Date d élaboration de la fiche : avril 2016 Type de réponse Technique Mots clés : haute densité, régulateur de croissance (PIX),

Plus en détail

Formation maraîchage : la pépinière Conseiller en maraîchage

Formation maraîchage : la pépinière Conseiller en maraîchage Chambre Régionale d Agriculture de Dosso Note d information / Appui-conseil maraîchage Formation maraîchage : la pépinière --------------- Conseiller en maraîchage 2 décembre 2014 / Rédaction : Adama Abdoulaye

Plus en détail

Liens entre la sécurité alimentaire, l adaptation et l atténuation pour les producteurs en Afrique de l Est PRÉSENTATION

Liens entre la sécurité alimentaire, l adaptation et l atténuation pour les producteurs en Afrique de l Est PRÉSENTATION Comment les agriculteurs associent-ils la sécurité alimentaire, l adaptation aux changements climatiques et l atténuation de leurs effets en Afrique de l Est? Panel 2 : Opportunités et innovations pour

Plus en détail

Les engrais verts Des racines efficaces

Les engrais verts Des racines efficaces Les engrais verts La culture biologique ne tolère aucun produit chimique de synthèse. Seuls des éléments naturels peuvent être apportés pour éviter à la terre de s épuiser au fil des cultures. Moutarden

Plus en détail

Quelques définitions...

Quelques définitions... Écologie des écosystèmes Cas particulier des agro-écosystèmes et des écosystèmes forestiers Carole Chateil chateil@mnhn.fr Quelques définitions...! Espèce : groupe de populations naturelles réellement

Plus en détail

Les légumineuses, des cultures au cœur de l agroécologie

Les légumineuses, des cultures au cœur de l agroécologie Workshop «Produire, transformer, commercialiser, distribuer, consommer autrement» Département Agronomie, Agroéquipement, Elevage et Environnement Les légumineuses, des cultures au cœur de l agroécologie

Plus en détail

Réseau A.R.B.R.E. «Agriculteurs Respectueux de la Biodiversité et des Richesses de l Environnement» Pourquoi préserver la biodiversité?

Réseau A.R.B.R.E. «Agriculteurs Respectueux de la Biodiversité et des Richesses de l Environnement» Pourquoi préserver la biodiversité? Réseau A.R.B.R.E «Agriculteurs Respectueux de la Biodiversité et des Richesses de l Environnement» Pourquoi préserver la biodiversité? La minéralisation de la matière organique, la protection contre les

Plus en détail

Notons, en de nombreux endroits, la mise à mal de ce patrimoine, sur des espaces agricoles, mais aussi dans un contexte résidentiel.

Notons, en de nombreux endroits, la mise à mal de ce patrimoine, sur des espaces agricoles, mais aussi dans un contexte résidentiel. Le maillage de haies Depuis 50 ans, le maillage bocager s est érodé, suite aux arrachages et à un entretien parfois inadapté. Or, les haies, bosquets, arbres isolés et mares sont des habitats fonctionnels,

Plus en détail

Comment introduire des produits biologiques dans mon établissement? Quels enjeux?

Comment introduire des produits biologiques dans mon établissement? Quels enjeux? Inter profession biologique de Normandie Comment introduire des produits biologiques dans mon établissement? vous accompagne Action soutenue par Réussir son introduction de produits biologiques locaux

Plus en détail

Réserve de biosphère de Camargue

Réserve de biosphère de Camargue Réserve de biosphère de Camargue Territoire Enjeux Gouvernance Le Puy en Velay 24 octobre 2012 Territoire Camargue gardoise 50 000 ha Plan du Bourg 42 000 ha Ile de Camargue 86 000 ha Plaine deltaïque

Plus en détail

L écotoxicologie du bassin versant de la rivière Montmorency

L écotoxicologie du bassin versant de la rivière Montmorency L écotoxicologie du bassin versant de la rivière Montmorency L écotoxicologie est l étude des conséquences écologiques de la pollution de l environnement par les substances et les radiations qu on y rejette.

Plus en détail

L écotoxicologie du bassin versant de la rivière Montmorency

L écotoxicologie du bassin versant de la rivière Montmorency L écotoxicologie du bassin versant de la rivière Montmorency L écotoxicologie est l étude des conséquences écologiques de la pollution de l environnement par les substances et les radiations qu on y rejette.

Plus en détail

L importance des saumons Pacifiques dans la chaîne alimentaire

L importance des saumons Pacifiques dans la chaîne alimentaire L importance des saumons Pacifiques dans la chaîne alimentaire Le but Ce jeu symbolise l influence de plusieurs facteurs au sein d un écosystème. Il démontre entre autre la fragilité des niveaux trophiques

Plus en détail

Lisa Paglietti, Economiste, FAO

Lisa Paglietti, Economiste, FAO Lisa Paglietti, Economiste, FAO Production Importance socio-économique de la production oléicole en Tunisie La Tunisie se classe 3ème exportateur mondial et dans le top 6 des producteurs mondiaux 2012

Plus en détail

Agriculture biologique et changement climatique

Agriculture biologique et changement climatique Agriculture biologique et changement climatique Les enseignements d un d colloque (Clermont-Ferrand, 17-18 18 avril 2008) Claude Aubert DinABio, 19-20 mai 2008 Petit rappel En France, l agriculture, l

Plus en détail

Vulnérabilité du Secteur de l eau Aux Changements Climatiques En Algérie

Vulnérabilité du Secteur de l eau Aux Changements Climatiques En Algérie Vulnérabilité du Secteur de l eau Aux Changements Climatiques En Algérie Le présent document est une synthèse du rapport d étude «Vulnérabilité aux Changements Climatiques des secteurs nationaux prioritaires»

Plus en détail

II. Des agricultures diverses qui permettent sécurité alimentaire aujourd'hui et demain?

II. Des agricultures diverses qui permettent sécurité alimentaire aujourd'hui et demain? II. Des agricultures diverses qui permettent sécurité alimentaire aujourd'hui et demain? d'assurer la Maîtriser les enjeux de la sécurité alimentaire : = disposer à tous moments et en tous lieux pour tout

Plus en détail

Engrais verts d été sous abri en maraîchage biologique : Effet sur une culture de salade d automne Hélène VEDIE Abderraouf Sassi

Engrais verts d été sous abri en maraîchage biologique : Effet sur une culture de salade d automne Hélène VEDIE Abderraouf Sassi MARAICHAGE 2015 1. OBJECTIFS ET CONTEXTE : L15 PACA 10D Engrais verts d été sous abri en maraîchage biologique : Effet sur une culture de salade d automne Hélène VEDIE Abderraouf Sassi Les engrais verts

Plus en détail

JOURNEE AGRICULTURE & ZONES HUMIDES. Riziculture durable état de la situation et perspectives

JOURNEE AGRICULTURE & ZONES HUMIDES. Riziculture durable état de la situation et perspectives JOURNEE AGRICULTURE & ZONES HUMIDES Riziculture durable état de la situation et perspectives J-C Mouret- Umr Innovation INRA Montpellier R Mauméjean - Riziculteur des Actions de recherche orientées vers

Plus en détail

Spatialisation des disponibilités et géostratégie de l utilisation des aliments des animaux dans le monde

Spatialisation des disponibilités et géostratégie de l utilisation des aliments des animaux dans le monde Spatialisation des disponibilités et géostratégie de l utilisation des aliments des animaux dans le monde A.Ickowicz, D. Bastianelli & P. Lecomte, UMR SELMET (CIRAD INRA SupAgro) La journée de printemps

Plus en détail

L agroforesterie en zone humide : une opportunité pour une nouvelle cacaoculture. Patrick JAGORET

L agroforesterie en zone humide : une opportunité pour une nouvelle cacaoculture. Patrick JAGORET L agroforesterie en zone humide : une opportunité pour une nouvelle cacaoculture Patrick JAGORET Colloque AAF, Paris 16 avril 2015 Fonctionnement et conduite des systèmes de culture tropicaux et méditerranéens

Plus en détail

ENGRAIS AVEC INHIBITEUR D UREASE

ENGRAIS AVEC INHIBITEUR D UREASE ENGRAIS AVEC INHIBITEUR D UREASE ENTEC UTEC Nitrophoska S Nitrophos / Nitrophoska Engrais azotés soufrés Engrais azotés phosphatés Engrais azotés simples UTEC = INNOVER POUR UNE MEILLEURE EFFICACITE DE

Plus en détail

Description de l exploitation SAU : 73 ha UTH : 1 Ateliers : Grande culture en AB. Potentiel de rendement Atouts / Sols Argilo-calcaire superficiel

Description de l exploitation SAU : 73 ha UTH : 1 Ateliers : Grande culture en AB. Potentiel de rendement Atouts / Sols Argilo-calcaire superficiel PE-PO-86-A-7 Rotation Luzerne (2 ans) Maïs grain Tournesol Blé Blé Maïs grain Tournesol Blé Blé en agriculture biologique sur sols superficiels de la Vienne Sols Argilo-calcaire superficiel Potentiel de

Plus en détail

Amélioration de la Production du Riz

Amélioration de la Production du Riz Amélioration de la Production du Riz en Afrique de l Ouest en Réponse à la Flambée des Prix des Denrées Alimentaires APRAO Amélioration de la Production du Riz en Afrique del Ouest Introduction Dans le

Plus en détail

«Un sol vivant, terreau de l agriculture durable» Production, biodiversité, Carbone et eau

«Un sol vivant, terreau de l agriculture durable» Production, biodiversité, Carbone et eau «Un sol vivant, terreau de l agriculture durable» Production, biodiversité, Carbone et eau Doubler les Rendements en agriculture Une réalité en développement Intensifier la captation de CO 2 par la photosynthèse

Plus en détail

Thème 3 : Gérer les ressources terrestres 1 er chapitre : Nourrir les hommes

Thème 3 : Gérer les ressources terrestres 1 er chapitre : Nourrir les hommes Thème 3 : Gérer les ressources terrestres 1 er chapitre : Nourrir les hommes Documents d accroche : Documentaire «Je mange donc je suis», V. Bruno, 2009. Https://vimeo.com/7893617 Reporter et classer les

Plus en détail

ICC septembre 2010 Original : français. Étude. Conseil international du Café 105 e session septembre 2010 Londres, Angleterre

ICC septembre 2010 Original : français. Étude. Conseil international du Café 105 e session septembre 2010 Londres, Angleterre ICC 105-12 15 septembre 2010 Original : français Étude F Conseil international du Café 105 e session 21 24 septembre 2010 Londres, Angleterre Prix indicatifs de l OIC et certaines variables économiques

Plus en détail

Résolution VIII.34. Agriculture, zones humides et gestion des ressources d eau

Résolution VIII.34. Agriculture, zones humides et gestion des ressources d eau «Les zones humides: l eau, la vie et la culture» 8e Session de la Conférence des Parties contractantes à la Convention sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971) Valence, Espagne, 18 au 26 novembre 2002

Plus en détail

Remplacer l acier par des racines et le gasoil par de la photosynthèse et l urée par des nodosités

Remplacer l acier par des racines et le gasoil par de la photosynthèse et l urée par des nodosités Couverts végétaux Recycler de l azote et non piéger des nitrates Protéger le sol Développer et entretenir la structure Remplacer l acier par des racines et le gasoil par de la photosynthèse et l urée par

Plus en détail

ANALYSE DES SERVICES ÉCOSYSTÉMIQUES:

ANALYSE DES SERVICES ÉCOSYSTÉMIQUES: ANALYSE DES SERVICES ÉCOSYSTÉMIQUES: LES DÉFIS MÉTHODOLOGIQUES Sabrina Gaba INRA, UMR1347 Agroécologie- Dijon sabrina.gaba@dijon.inra.fr Evolution de l agriculture Intensification de l agriculture i.e.,

Plus en détail

Dossier de presse. Lancement de la caravane agricole de Madagascar

Dossier de presse. Lancement de la caravane agricole de Madagascar Dossier de presse Lancement de la caravane agricole de Madagascar Sommaire ///////////////// La Caravane Agricole de Madagascar, un concept multidimensionnel... 06... un outil de développement agricole

Plus en détail

Introduction. Des informations sur les techniques, les démarches, les méthodes

Introduction. Des informations sur les techniques, les démarches, les méthodes L ORGANISATION DE L INFORMATION DANS LE MÉMENTO L accès à l information technique s est amélioré ces dernières années. Il demeure néanmoins problématique pour les professionnels de terrain, et surtout

Plus en détail

II- UNE AGRICULTURE POUR NOURRIR LES HOMMES :

II- UNE AGRICULTURE POUR NOURRIR LES HOMMES : Pb : Comment améliorer les rendements agricoles? II- UNE AGRICULTURE POUR NOURRIR LES HOMMES : Activité 5 : Apports de matière et croissance végétale Capacités et attitudes : Relier les progrès de la science

Plus en détail

Impacts du Changement Climatique sur la faune sauvage

Impacts du Changement Climatique sur la faune sauvage DREAL Val de Loire 10 Novembre 2015 Impacts du Changement Climatique sur la faune sauvage Guillaume Body Ingénieur expert Suivis patrimoniaux, référent SINP Cellule d'appui méthodologique Office National

Plus en détail

Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA)

Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA) Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA) Synthèse des dégâts causés par le passage du front froid sur les départements du Nord, Nordest, du Nord-Ouest et des Nippes du 1 au 11 Novembre

Plus en détail