Reconvertir un système d irrigation : le pari difficile du périmètre irrigué du Tadla - Maroc

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1 Centre International pour la Recherche Agricole orientée vers le développement Institut National de la Recherche Agronomique C.R.R.A.Tadla Béni-Mellal Office Régional de Mise en Valeur Agricole du Tadla Reconvertir un système d irrigation : le pari difficile du périmètre irrigué du Tadla - Maroc ================================= Série de Documents de Travail N 114 Maroc 2003 ================================= i

2 Reconvertir un système d'irrigation: le pari difficile du périmètre irrigué du Tadla - Maroc Zakia ABDELLAOUI Agronomie Algérie Joachim BONKOUNGOU Agroclimato-Géographie Burkina Faso Pheareak CHINH Biologie Cambodge Ali DAOUDI Economie Algérie Zeineb EL BOUCHIKHI Agro-alimentaire Maroc Ibrahim KONAKE Pédologie Mali ICRA Agropolis International, Avenue Agropolis, Montpellier CX05 - France Tél. 33-(0) Fax 33-(0) [email protected] - Site internet: INRA Avenue de la Victoire, B.P. 415, Rabat - Maroc Tél Fax Site internet: ii

3 Avant propos Je relève avec satisfaction, que cette étude coïncide avec la mise en place de la nouvelle organisation de la recherche au niveau régional. L Unité de Recherche (UR) sur les systèmes de production en irrigué, récemment créée au Centre Régional de la Recherche Agronomique du Tadla (CRRA), avril 2003, consolide notre stratégie de faire de ce CRRA, un pôle d excellence de recherche sur l agriculture irriguée. Ainsi, les objectifs assignés à cette UR sont de développer des technologies et des connaissances offrant des opportunités d économie de l eau, de rentabilité et durabilité des systèmes de production dans les périmètres irrigués. D où, l importance de cette étude, qui nous semble avoir un double mérite : celui d avoir permis, à partir d une analyse approfondie des systèmes d irrigation dans la région du Tadla, d identifier des axes de recherche et de recherche développement validés par les agriculteurs, et celui d avoir développé toute une méthodologie d analyse des systèmes de production autour de la question centrale «l utilisation rationnelle de l eau». Ce travail constitue impérativement une contribution au projet d action de l UR en question. Je tiens à remercier l ICRA pour cette collaboration fructueuse entre nos deux institutions, notamment en matière de recherche en équipe interdisciplinaire et aussi dans la formulation des propositions de Recherche Développement. Je félicite l équipe des chercheurs, qui a déployé des efforts considérables pour réaliser ce travail avec minutie et compétence. Dr Hamid NARJISSE Directeur de l INRA i

4 Remerciements Au terme de cette étude qui s est déroulée dans le Périmètre Irrigué du Tadla, l équipe ICRA tient à remercier chaleureusement tous ceux qui ont contribué à sa réussite. A l INRA Rabat, nos vifs remerciements à Dr. Hamid NARJISSE, Directeur Général, qui a suivi ce travail et a permis qu il s effectue dans les meilleures conditions. Nous exprimons notre profonde gratitude à Mr. C. KRADI (Chef du Département Recherche-Développement) qui nous a assisté durant tout notre séjour ; nous le remercions pour son accueil, pour ses précieuses recommandations, pour ses qualités professionnelles, mais surtout pour ses qualités humaines. Ils ont tous les deux répondu positivement à la requête de l ICRA pour une seconde étude au Maroc en 2003 exprimée dans l urgence, et ont, en très peu de temps, organisé toute la logistique. Toute notre gratitude à Mr E. HMAMOU, Directeur de l ORMVA du Tadla, pour l intérêt qu il a porté à notre étude. Ce travail n aurait pu être mené à bien sans la précieuse collaboration de Mr. A. BAHRI, chef du CRRA-Tadla, qui n a ménagé aucun effort pour faciliter notre séjour et notre étude ; nous l en remercions vivement. A tous les cadres de l ORMVAT, nos collaborateurs sur le terrain, nous exprimons toute notre reconnaissance pour leur coopération, leur disponibilité, leur professionnalisme et leurs qualités humaines. Nous remercions notamment Mr. H. ZAZ (Chef du Département de la Gestion des Réseaux d Irrigation) ; Mr BOUAMAMA, chef du Département Développement Agricole, Mr. A. BELLOUTI (Chef du Service d exploitation du réseau ), Mr. A. KOUBRY (Chef du Bureau des techniques d irrigation.). Ainsi que tous les cadres et agents des A.G.R, A.D.A, C.G.R, et C.D.A pour leur précieuse collaboration. Nos remerciements les plus sincères à tous les cadres, agents et secrétaires du CRRA-TADLA pour leur chaleureux accueil et pour leurs nombreux services, particulièrement Mr. Z. GUIROU (chef du service Recherche/ Développement) et Mr. A. ENNAHIR (Chef du Service Administratif) Nous avons apprécié notre séjour au sein du Domaine Expérimental d Afourar grâce à l hospitalité et à l accueil de toutes les familles y habitant ; qu elles trouvent ici le témoignage de notre profonde reconnaissance. Cette étude n aurait bien entendu pas pu être réalisée sans la franche collaboration de tous les agriculteurs que nous avons rencontrés. Leur dévouement, leur disponibilité et leur sollicitude nous ont énormément aidés ; qu ils soient assurés de notre réelle gratitude. Divers services, organisations professionnelles ou acteurs économiques ont bien voulu nous recevoir et répondre à nos entretiens, nous remercions particulièrement : La DPA de Béni Mellal, notamment Mr. A. Mssaâdi, l Union des AUEA de Béni Amir, la sucrerie de Béni Mellal, L Association des Betteraviers, l Association des Eleveurs du Tadla, la Direction Régionale des Prévisions Economiques, l Agence du Bassin de l Oum Er Rbia. Nous tenons enfin à adresser nos remerciements les plus sincères à Mr. N.E. SELLAMNA, coordinateur du programme francophone de l ICRA, et notre évaluateur. Nous avons pu apprécier durant tout le programme ses qualités professionnelles et humaines incontestables ; qu il trouve ici le témoignage de notre profonde gratitude. Nos remerciements également à Françoise de CHEVIGNY pour sa précieuse assistance et pour sa sympathie. ii

5 Résumé La maîtrise de la gestion de l eau et la rationalisation de l irrigation dans les grands périmètres irrigués sont les défis majeurs de la politique hydraulique du Maroc. Cette étude, réalisée dans le cadre du partenariat entre l INRA Maroc et l ICRA, a pour principal objectif d identifier des actions de recherche et de recherche développement au profit du Centre régional de la Recherche Agronomique du Tadla de l INRA. L étude a consisté en un diagnostic technique et socio-économique de l irrigation dans le périmètre du Tadla, l un des plus grands et des plus importants périmètres du Maroc. Ce dernier était conçu et aménagé, à l origine, pour une irrigation gravitaire. Aujourd hui encore, ce système d irrigation peu efficient prédomine dans le périmètre. Les efforts de modernisation de l irrigation par l amélioration de son efficience se heurtent à des contraintes techniques et socio-économiques. Les systèmes de production sont basés sur les grandes cultures, dont les niveaux de rentabilité ne favorisent pas les investissements. La structure foncière dominée par les petites exploitations est fortement affectée par l indivision. L information sur les nouvelles techniques d irrigation est insuffisante. L accès aux financements (publics et bancaire) est très difficile pour certaines catégories d agriculteurs. Ces données constituent, aujourd hui les principales contraintes qui ralentissent la reconversion des systèmes d irrigation actuels en des systèmes plus efficients. Une planification par scénario a permis d élaborer, avec la participation de chercheurs et de développeurs travaillant dans le domaine de l irrigation, un plan d action de recherche et développement. Il a porté sur des thèmes relatifs aux contraintes actuelles à l adoption des techniques d irrigation efficientes et celles identifiées dans les scénarios de développement futur de l irrigation comme des contraintes potentielles. Mots clés : Irrigation, efficience, Maroc, Périmètre irrigué, Tadla, Summary : Efficient water management in the large-scale irrigation schemes is the foremost challenge of Morocco s agricultural policy. This study is the outcome of a partnership between INRA and ICRA. Its main objective is to formulate research and development priorities for INRA s newly established irrigation programme in its Middle Atlas regional center. The study consisted of a technical and socio-economic diagnosis of irrigation in the Tadla scheme, one of the largest in Morocco, which was designed for a gravity irrigation system which lasts until today. Efforts at modernizing it by improving its efficiency face many technical, social and economic constraints. Farming systems in Tadla are based on field crops whose economic profitability do not favour investment. Land tenure is dominated by small farms under a strongly constraining legal status of indivision. Information on new irrigation techniques is insufficient and access to credit, both public and private, is difficult for some types of farmers. These represent the main constraints to change in the present irrigation system. Scenario planning involving professionals working in the field of irrigation resulted in an action plan for research and development. It aims at alleviating present constraints to adoption of new, more efficient, irrigation techniques as well as future potential constraints derived from scenario planning. Key Words : Irrigation, efficiency, Morocco, Irrigated Scheme, Tadla. iii

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7 TABLE DES MATIERES AVANT PROPOS...I REMERCIEMENTS... II RESUME... III INTRODUCTION GENERALE... 1 CHAPITRE I : POLITIQUE DE L IRRIGATION ET GESTION DE L EAU AU MAROC LES RESSOURCES EN EAU POLITIQUE DE L IRRIGATION LA GESTION PARTICIPATIVE DE L IRRIGATION (GPI) LA LEGISLATION DE L EAU LES INFRASTRUCTURES HYDRAULIQUES PERSPECTIVES :... 9 CHAPITRE II : LE PERIMETRE IRRIGUE DU TADLA (P.I.T) PRESENTATION SOMMAIRE DU PIT LE MILIEU PHYSIQUE : LE MILIEU SOCIO-ECONOMIQUE LES RESSOURCES EN EAU : Eaux de surfaces Eaux souterraines La distribution de l eau L AGRICULTURE DANS LE PERIMETRE Taille des exploitations Le foncier La production agricole Les marchés agricoles L emploi agricole Le financement de l agriculture CHAPITRE III : METHODOLOGIE DIAGNOSTIC PRELIMINAIRE LES ENQUETES ET LES ETUDES DE CAS ANALYSE DES DONNEES DE TERRAIN ET REDACTION DU RAPPORT LES ATELIERS CHAPITRE IV : LES ACTEURS DE L IRRIGATION LES ACTEURS CLEFS L ORMVAT L Agence du Bassin Les sucreries Les agriculteurs Les AUEA LES AUTRES ACTEURS La SO.NA.CO.S Les organisations professionnelles Les comités techniques LES RELATIONS ENTRE LES ACTEURS CHAPITRE V : LES SYSTEMES DE PRODUCTION STRUCTURE DE L EXPLOITATION v

8 5.1.1 Taille des exploitations Profil des exploitants Le foncier LES CULTURES PRATIQUEES L ELEVAGE LES EQUIPEMENTS HYDRAULIQUES COMPARAISON DES RESULTATS ECONOMIQUES DE QUELQUES EXPLOITATIONS Présentation des exploitations étudiées Structure de la production Structure des charges Calcul de la marge brute Comparaison de la rentabilité des principales cultures STRATEGIES DE PRODUCTION ET EFFICIENCE CHAPITRE VI : LES TECHNIQUES D IRRIGATION DEFINITIONS DE L EFFICIENCE L efficience hydraulique : L efficience agronomique : L efficience économique : La rationalité de l irrigation vue par l agriculteur EFFORTS DE MODERNISATION DES TECHNIQUES D IRRIGATION DESCRIPTION DES TECHNIQUES D IRRIGATION La robta La robta améliorée Le long dispositif, raie et calant au moyen de siphons tubulaires Le bassin à fond plat L irrigation localisée LES PREFERENCES DES AGRICULTEURS Les agriculteurs des Béni Moussa Les agriculteurs des Béni Amir LES TECHNIQUES D IRRIGATION PRATIQUEES DANS LE PIT Situation actuelle Les pratiques de la Robta : résultats des études de cas Evolution de l adoption des nouvelles techniques d irrigation dans le périmètre Les raisons de la prédominance de la robta EFFICIENCE DE QUELQUES TECHNIQUES NIVEAU D INFORMATION SUR LES TECHNIQUES NOUVELLES CONCLUSION GENERALE CHAPITRE VII : LES SCENARIOS DE DEVELOPPEMENT DE L IRRIGATION DANS LE PERIMETRE IRRIGUE DU TADLA EVOLUTION DES SYSTEMES DE PRODUCTION FORMULATION DES SCENARIOS Description des forces motrices : Présentation du scénario n 1 : «Intégration Agriculture- Industrie» Présentation du scénario n 2 : «Vers une agriculture pluviale» Présentation du scénario n3 : «De l agriculture à l agroalimentaire» LE DEVELOPPEMENT FUTUR DE L IRRIGATION, SOUHAITE PAR LES AGRICULTEURS RECOMMANDATIONS REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ANNEXES vi

9 GLOSSAIRE Bour Collectif Dirham Domaine Habous Melk Oued Robta Séguia Souk ABREVIATIONS : Plaine exploitée en culture pluviale (non irrigué) : Terre appartenant en commun à une communauté ethnique (tribu, fraction ) elle est inaliénable : Monnaie marocaine (10 dh = 1Euro) : Terre agricole propriété de l Etat : Terre attribuée aux autorités religieuses : Terre quelle que soit son origine ( achat, héritage, don, etc.) appartenant à une ou plusieurs personnes qui en ont pleine jouissance : Rivière, Fleuve : Technique traditionnelle consistant à irriguer à la raie courte ou à plat dans les bassins de petite taille : Canal ou rigole au sol permettant d amener l eau à la parcelle : Marché ABT : Association des Betteraviers du Tadla ADA : Arrondissement du Développement Agricole AET : Association des Eleveurs du Tadla AGR : Administration du Génie Rural ASAP : Associations Syndicales Agricoles Privilégiées AUEA : Association des Usages de l Eau Agricole CDA : Centre de Développement Agricole CGR : Centre de Gestion de Réseau CRRA : Centre Régional de la Recherche Agronomique DDA : Département de Développement Agricole DGR : Département de Gestion de Ressource DPA : Direction Provinciale de l Agriculture DPVCTRF : Direction de la Protection des Végétaux, des Contrôles techniques et de la Répression des Fraudes GPI : Gestion Participative de l Irrigation GH : Grande hydraulique ICRA : Centre International de la Recherche Agricole Orientée vers le Développement INRA : Institut National de la Recherche Agronomique IAV-Hassan II: Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II MFV : Mode de Faire-Valoir MO : Main d œuvre MARP : Méthode Active de la Recherche Participative MRT : Management des Ressources au Tadla ORMVAT : Office Régional de la Mise en Valeur Agricole du Tadla PGRE : Projet de Gestion des Ressources en Eau PIT : Périmètre Irrigué du Tadla PMH : Petite et Moyenne hydraulique PSDA : Projet de Soutien au Développement Agricole RAD : Recherche Agricole pour le Développement SAU : Superficie Agricole Utile SIG : Système d Information Géographique SONACOS : Société Nationale de Commercialisation de Semences vii

10 LISTE DES TABLEAUX N 1 : Ressources en eaux mobilisables N 2 : Structure de la surface Agricole utile du PIT N 3 : Superficies en indivision des ADA du PIT N 4 : Mode de faire valoir indirect dans le périmètre N 5 : Estimation des besoins en main d œuvre ( en jour de travail ) pour les principales cultures N 6 : Situation des demandes de subvention à l introduction des techniques irrigations localisées ( arrêtée le 12 mai, 2003) N 7 : Acteurs de l irrigation N 8 : Classification des exploitations par taille N 9 : Importance de l élevage par type d exploitation N 10 : Nombre de puits et de forage par type d exploitation N 11 : Nombre de puits et de forage recensé par CDA N 12 : Evolution du nombre des puits et forages dans le temps et par type d exploitation N 13 : Préparation des exploitations étudiées N 14 : Présentation de la structure de la production des exploitations enquêtées N 15 : Présentation de la structure des charges des exploitations enquêtées N 16 : Synthèse des principaux résultats de l étude de cas économique N 17 : Marges brutes de blé tendre, de la betterave et de la luzerne N 18 : Efficience des réseaux de transport et de distribution de l eau pour les différentes modes d irrigation N 19 : Matrice de classification préférentielle des techniques d irrigation par les agriculteurs des Béni Moussa N 20 : Matrice de classification préférentielle des techniques d irrigation par les agriculteurs des Béni Amir N 21 : Superficies occupées par les différentes techniques ( en ha) N 22 : Evaluation de l efficience des techniques courts dispositifs N 23 : Gain en volume d eau et en nombre d irrigation pour différentes techniques gravitaires utilisées dans le PIT sur culture de betterave N 24 : Gain en volume d eau et en nombre d irrigation pour différentes techniques gravitaires utilisées dans le PIT sur culture de blé N 25 : Niveau d information sur les techniques gravitaires améliorées N 26 : Niveau d information sur les techniques goutte à goutte et de l aspersion N 27 : Scénarios de développement LISTE DES FIGURES N 1 : Evolution des précipitations N 2 : Evolution des apports en eau dans le barrage de Bin El Ouidane N 3 : Schéma du réseau de distribution de l eau dans les Béni Moussa N 4 : Evolution des superficies principales cultures N 5 : Part des cultures dans la production agricole globale du périmètre, campagne N 6 : Diagramme de relation entre les acteurs vu par les producteurs N 7 : Niveau d instruction par classe d exploitation N 8 : Part des cultures dans la SAU totale de la population enquêtée viii

11 LISTE DES CARTES N 1 : Répartition par CDA des superficies irriguées au goutte-à-goutte N 2 : Répartition des superficies irriguées par d autres techniques par CDA LISTE DES ANNEXES N 1 : Planification du travail N 2 : Guides d entretiens N 3 : Questionnaires N 4 : Résultats des études des cas pour les pratiques paysannes de la Robta N 5 : données sur la population N 6 : données sur l état actuel de la nappe et de la pollution ix

12 Introduction générale L Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) du Maroc est un des partenaires privilégiés du Centre International pour la Recherche Agricole orientée vers le Développement (ICRA). Ce partenariat fructueux, notamment avec le programme francophone basé à Montpellier (France), a été matérialisé par de nombreuses études menées dans différentes régions agro-écologiques du pays. L ICRA est une structure qui a été créée dans le but de former de jeunes professionnels de la recherche et du développement à une démarche de Recherche Agricole pour le Développement (RAD)1. La formation se déroule en deux phases principales : Une première phase d acquisition de connaissances théoriques à Montpellier pendant laquelle les participants participent à divers ateliers thématiques, y compris une série de sorties sur le terrain portant sur une problématique de développement de l agriculture française. Une seconde phase consistant en une étude réalisée pour le compte d un partenaire dans un pays du Sud. En 2003, les études ont été conduites dans trois (3) pays : le Burkina Faso, le Maroc (2) et la Tunisie. 1 Le siège de l ICRA se trouve à Wageningen (Pays-Bas) qui abrite aussi le programme anglophone. On trouvera sur le site web de l ICRA ( toutes les informations utiles sur ses activités et la démarche de la RAD. 1

13 Problématique La pénurie d eau sera, selon les spécialistes, l un des plus grands freins au développement d une grande partie des pays du sud pour les années à venir. La maîtrise de la gestion et la valorisation des ressources hydriques est l un des principaux défis de leurs politiques de développement. Au Maroc, le secteur agricole irrigué, fer de lance de la politique de développement, est appelé aujourd hui à réaliser un bond qualitatif en matière de gestion et d utilisation de l eau. Les sécheresses consécutives, qui ont marqué le pays durant les deux dernières décennies, ont montré les limites du modèle d aménagement et de fonctionnement des périmètres irrigués basé sur l irrigation gravitaire. La diminution des quantités d eau superficielles captées, la baisse des niveaux des nappes, l augmentation de la demande sur l eau et l impératif de l augmentation de la productivité du secteur agricole irrigué, sont autant de raisons qui plaident en faveur d une rationalisation de l utilisation de l eau par l irrigation. Une rationalisation qui passe inévitablement par l amélioration de l efficience des techniques utilisées et / ou par l introduction de techniques plus économes en eau. Le périmètre irrigué du Tadla, grand par l étendu de ses terres et important par ses ressources hydriques, connaît aujourd hui encore la prédominance de techniques d irrigation gravitaires traditionnelles très peu efficientes. La diminution des ressources hydriques et leur fluctuation en fonction des conditions climatiques ont imposé une nouvelle perception de l irrigation dans le périmètre. Ainsi, l économie et la maîtrise de l eau sont devenues les concepts de base de la politique de gestion de l eau dans le périmètre. De grands efforts de modernisation de l irrigation ont été consentis et de nombreux projets de recherche et de recherche-développement ont été menés dans la zone dans le but d améliorer l efficience de l irrigation. Ils ont permis l introduction de certaines techniques plus efficientes que l irrigation gravitaire traditionnelle et ont donné lieu à beaucoup de recommandations. Toutefois, dans la pratique, ces techniques n ont pu être introduites de façon significative chez les agriculteurs et la reconversion de l irrigation traditionnelle se heurte à des contraintes techniques et socio-économiques, objet de cette étude. Conscient de l importance de l enjeu de la maîtrise de la gestion de l eau pour l agriculture marocaine et soucieux de participer à la prise en charge de ce défi, l INRA - Maroc a commandité auprès de l ICRA une étude sur le thème : Etude technico-économique de l irrigation dans le périmètre du Tadla. L objectif principal de l étude est de fournir à la structure, un plan de recherche et de recherche développement pour une utilisation durable des ressources en eau dans le périmètre irrigué du Tadla. 2

14 Objectifs Pour analyser cette problématique de gestion de l utilisation de l eau dans le P.I du Tadla, nous avons défini les objectifs suivants : Analyse technique et socioéconomique des différents systèmes d irrigation en relation avec les systèmes de cultures ; Identification des axes prioritaires de recherche et de Recherche Développement, validés par les utilisateurs de l eau. Organisation du rapport : Le rapport rend compte de l étude en suivant globalement le déroulement de la méthodologie de la RAD. Les deux premiers chapitres présentent le contexte général de l étude, respectivement la politique hydraulique du Maroc et le Périmètre Irrigué du Tadla. Ce dernier revient, en particulier, sur les éléments de la problématique en présentant les ressources en eau et le système de distribution de l eau dans le périmètre. Une fois ce contexte présenté, la méthodologie suivie par l équipe est présentée en détail dans le chapitre 3. Les chapitres suivants présentent les résultats de l étude. Le chapitre 4 concerne notre analyse des acteurs de l irrigation. Il les décrit et analyse leurs forces et faiblesses en relation avec la thématique de l étude. L objet de cette analyse est de présenter le contexte institutionnel de l irrigation et les contraintes spécifiques qu il pose. Le chapitre suivant porte sur les systèmes de production. Il présente les activités agricoles et examine tous les facteurs qui ont une influence sur l irrigation. Cette dernière est traitée en détail dans le chapitre suivant à travers une analyse détaillée des techniques, leurs avantages et inconvénients, leur évolution dans le périmètre, leur efficience ainsi que les attitudes des agriculteurs les concernant. Enfin, les derniers chapitres tirent les conclusions de l étude, identifient et décrivent les scénarios d évolution les plus probables pour le périmètre et en dérivent des options pour la recherche et le développement. 3

15 Chapitre I : Politique de l irrigation et gestion de l eau au Maroc Le Maroc a consenti, depuis son indépendance, de grands efforts dans le domaine de la maîtrise de l eau et le développement de l irrigation, qui était au centre de sa politique agricole. Pour une superficie agricole utile de 9 millions d hectares, actuellement ha sont déjà irrigués d une façon pérenne et ha en cours d équipement. Bien que cet ensemble ne représente que 10% de la SAU totale, il contribue pour 45% de la valeur ajoutée agricole, 75% des exportations des produits agricoles et 50% de l emploi direct dans le secteur (MADR, 1999). Sur les trente dernières années, la construction des barrages à connu un rythme soutenu : un barrage et ha équipés en moyenne par an. Actuellement 42 barrages sont réalisés et permettent d irriguer 9 grands périmètres. Le Maroc fait face aujourd hui à un double défi. Celui de continuer l effort de mobilisation des ressources en eau dans des conditions techniques et économiques de plus en plus difficiles et le défi d améliorer les performances des infrastructures existantes et de promouvoir l utilisation efficiente de ces ressources afin d assurer une gestion durable de l eau dans le cadre d une politique intégrée et cohérente de l eau (M.Y. Soussane, 1999). 1.1.Les ressources en eau Situé à l extrême Nord-Ouest du continent africain, le Maroc dispose de deux façades maritimes (Atlantique et Méditerranée) qui enregistrent de fortes précipitations. Le reste du pays a un climat semi-aride à aride. Le régime des précipitations est alors caractérisé par une grande variabilité spatio-temporelle. 80% du territoire reçoit moins de 400 mm / an. Les précipitations moyennes annuelles varient de 500 à 1000 mm dans la zone la plus arrosée du Nord-Ouest à moins de 100 mm dans les zones arides au sud du pays. Globalement, les apports pluviométriques sont estimés à 150 milliards de m3, dont 18,2 milliards pour le bassin de l Oum Er Rbia, soit 12,1%. De ces apports, les ressources renouvelables, constituées des écoulements d eau de surface (19 milliards de m3/an), et d eau souterraine (10 milliards de m3/an), ne représentent que 29 milliards de m3, soit 20%. Sur l ensemble de ces ressources renouvelables, évaluées à 29 milliards de m3/an, les ressources potentielles mobilisables sont estimées à 19,7 milliards de m3/an dont 15,7 milliards de m3/an en eau de surface et 4 milliards de m3 en eau souterraine (M.Y.Soussane, 1999), comme le montre le tableau 1 : 4

16 Tableau 1 : Ressources en eau mobilisables Bassins Moulouya Loukos Sebou Oum Er Rbia Bouregreg Tensift Souss Massa Bassins sud-atlassiques Saharien Ecoulements diffus Volume mobilisable en milliards de m3 Surface Souterraine Total Ensemble du territoire Source : M. Soussane, Les bassins du Loukos et côtiers méditerranéens, Sebou et Oum Er Rbia, bien qu ils n occupent que 13,4% de la superficie du territoire, participent pour près de 70% des ressources mobilisables en eau de surface. 1.2.Politique de l irrigation Depuis son indépendance, le Maroc a consenti des investissements considérables pour la mobilisation des ressources en eau, l extension et la modernisation de l irrigation dans le cadre d une politique harmonieuse et d une gestion intégrée des ressources en eau Préparée dès le début des années 1960, une politique d irrigation ambitieuse dite «du million d hectares irrigués» a été lancée en 1968 par feu S.M Le Roi Hassan II. Elle se proposait de relever deux défis majeurs (A.M.Jouve, 2002) : Assurer la sécurité alimentaire d une population en croissance rapide, Intensifier l agriculture, secteur prioritaire dans tous les plans de développement, en levant la contrainte primordiale de la pluviométrie, trop faible et trop irrégulière Des moyens techniques, financiers, organisationnels et institutionnels considérables ont été mis en œuvre. La part des investissements publics affectés à l agriculture et aux barrages a dépassé 40% en , pour se stabiliser autour de 20% à partir des années Les superficies irriguées de façon moderne ont décuplé depuis 1956, comprenant actuellement 80% des surfaces dans les grands périmètres et 20% en petite et moyenne hydraulique. A terme, l irrigation moderne devrait dépasser 1,3 millions d hectares grâce au développement de la grande hydraulique ( ha) et à la modernisation de l irrigation traditionnelle ( ha) (A.M. Jouve, 2002). Actuellement 42 barrages sont réalisés et permettent d irriguer 9 grands périmètres ; la gestion de ces périmètres est confiée à des Offices Régionaux de Mise en Valeur Agricole qui sont chargés du développement agricole et rural de leur zone d action. L intervention de l Etat a été forte jusqu'à la privatisation récente de ces offices, intervenue dans le cadre du programme d ajustement structurel. Pour contrôler l usage rationnel des 5

17 ressources hydrauliques dans le périmètre, l Etat a réalisé les équipements d amenée et de distribution de l eau aux exploitations agricoles et a exécuté les travaux d équipement interne, imposé des trames d irrigation et même des assolements et des techniques culturales obligatoires, dans le cadre du code des investissements agricoles promulgué en Les petites exploitations ont été agrandies en lots viables de 5 ha grâce aux terres de la réforme agraire. Le coût et les enjeux multiples et décisifs de la politique des barrages imposaient d en garantir la rentabilisation. Pour cela, une condition première était l intégration et l implication des agriculteurs dans la dynamique engagée. Ceux-ci devaient relayer l action de l Etat par leurs propres investissements, valoriser les facteurs de production et moderniser leurs exploitations (M.Y.Soussane, 1999). Les règles codifiant les droits et devoirs de l Etat décideur et régulateur et de l agriculteur bénéficiaire et client sont clarifiées dans le code des investissements agricoles. Avec le développement des infrastructures hydrauliques, les préoccupations d organisation de la gestion quantitative de l eau ont fait jour, particulièrement à l occasion de l occurrence d épisodes de sécheresse, durant la décennie 1980, où les problèmes de répartition de l eau commençaient à se poser avec beaucoup d acuité (Jellali, 2002). Ceci a accéléré une prise de conscience sur le caractère crucial et stratégique de la gestion de l eau pour le développement du pays et sur la nécessité d une refonte du cadre institutionnel de la gestion de l eau. A partir des années 1990, l évolution du contexte macro-économique et politique et l ajustement structurel aidant, de nouvelles orientations stratégiques se sont fixé comme objectifs de consolider les succès acquis et répondre aux nouveaux défis de productivité, de compétitivité et d ouverture. Dans ce cadre, a été lancée la deuxième phase du projet d amélioration de la grande irrigation (PAGI) en continuation du premier PAGI lancé vers la fin des années 1980, et le programme national de l irrigation à l horizon 2000 qui avait pour objectifs l extension de l irrigation pour valoriser les lourds investissements consentis et la réhabilitation des périmètres anciens pour en améliorer la productivité et les performances techniques La Gestion Participative de l Irrigation (GPI) Le concept de GPI au Maroc est né d une double filiation, dont les préoccupations et les partis pris ne sont pas nécessairement concordants (Herzenni, 2003) : le développement durable et social d une part et l ajustement structurel de l autre. Par ailleurs, la pratique effective de la gestion participative de l irrigation est très ancienne. L eau d irrigation, en tant que facteur rare dans les zones arides et semi-arides, a souvent été directement gérée par les communautés locales. Sous le protectorat, la création des ASAP (associations syndicales agricoles privilégiées) a été encouragée dès Actuellement, les enjeux de la GPI sont inscrits dans le contexte de la libéralisation, du désengagement de l Etat et de l encouragement de l initiative privée. A partir du début des années 1990, des AUEA (Associations des Usagers de l Eau d Irrigation) sont créées dans les périmètres de PMH. Leur intervention est limitée à l amélioration de l infrastructure de transport et de distribution de l eau. La volonté de gestion participative a été étendue aux périmètres de grande hydraulique (GH) dans les années 90, selon l approche adoptée en PMH. Elle est concrétisée par la création massive d AUEA dans des secteurs qui, à la différence de la PMH, font l objet d investissements considérables. 6

18 L Etat attendait de ces associations une amélioration de la valorisation de l eau d irrigation, une maîtrise des volumes d eau prélevés et des coûts d exploitation des équipements et des ouvrages d irrigation et une sauvegarde du patrimoine hydraulique (R. Abdellaoui, M. El Alaoui, 1999). Pour beaucoup d observateurs, la GPI est un concept dont le contenu est très ambigu. Ils la considèrent comme une manière indirecte d aboutir à une gestion autonome des systèmes d irrigation. Quant aux usagers, ils voient dans la mise en œuvre de la GPI une volonté de l Etat d alléger les ORMVA d une partie de leurs charges physiques et financières. Pour l Etat, la GPI est un choix stratégique donnant une nouvelle orientation à la politique d irrigation initiale qui était basée sur un aménagement hydro-agricole conçu, planifié, financé et exécuté de façon unilatérale par l Etat seul d une part et, d autre part, sur une gestion directe et quasi-exclusive des périmètres irrigués par les ORMVA. La GPI constitue une réponse institutionnelle au problème de la gestion des périmètres irrigués et dont les objectifs sont de (R.Abdellaoui, M El Alaoui, 1999) : Permettre une implication et une responsabilisation effective des agriculteurs usagers de l eau d irrigation dans l aménagement, l exploitation et la maintenance des équipements et ouvrages hydrauliques ; Favoriser un dialogue et une action concertée entre ORMVA et agriculteurs des périmètres irrigués ; Favoriser une bonne gestion des ressources en eau et des équipements et ouvrages hydrauliques ; Parvenir à une utilisation rationnelle à la fois de la ressource eau, du sol et des équipements et ouvrages hydrauliques, et ce, non seulement dans l intérêt de l agriculteur mais aussi dans l intérêt supérieur de la collectivité nationale. La mise en œuvre de cet ambitieux projet devait être progressif et le rythme dépendrait de la progression des capacités matérielles, techniques et managériales des AUEA. Les efforts entrepris jusqu'à présent ont porté dans le cas de la GH sur 4 axes principaux : L amélioration de la gestion des ORMVA en vue de leur autonomie financière et managériale, La GPI, grâce à la constitution d AUEA appelées à assurer un meilleur rapport coût / efficacité des investissements ainsi qu une meilleure durabilité des équipements ; L établissement d un coût de l eau équitable, base fondamentale de négociation ; L amélioration du service de l eau, y compris l économie de l eau à la parcelle. Toutefois, la mise en œuvre effective de ces mesures a rencontré des difficultés majeures pour plusieurs raisons, dont : L action prédominante attendue des ORMVA ; La faible prise en compte des spécificités régionales et locales, de la diversité des types d exploitations, des besoins propres à chacun d eux et de leur capacité réelle de participation financière, technique et managériale, L insuffisance, voire l absence, d une animation sociale compétente, seule à maîtriser le processus de GPI. 7

19 L amélioration de la situation suppose la primauté de la concertation et de la négociation avec les utilisateurs de l eau, la connaissance de leur capacité réelle de participation et leur potentiel selon les catégories d exploitations, et une procédure appropriée de création des AUEA La législation de l eau Le code des investissements agricoles Ce code promulgué en juillet 1969, est considéré comme une véritable charte nationale de développement agricole. Il régit les interventions de l Etat dans le domaine de l aménagement hydro-agricole, les relations entre l Etat et les usagers de l eau agricole en termes de droits et obligations, définit la contribution de l Etat aux investissements y afférents et la participation financière des bénéficiaires à ces investissements. Le code définit également les bases de la tarification de l eau à usage agricole et les conditions de distribution de cette eau dans les périmètres d irrigation (M.A.D.R/A.G.R, 2003). Ce code a été complété par la loi sur l eau. La loi Cette nouvelle loi sur l eau a été promulguée en juillet Elle regroupe un ensemble d instruments juridiques dont l objectif est d aider à faire face aux défis de rareté croissante de l eau, de forte pression de la demande, de renchérissement du coût de l eau, de dégradation de la qualité de l eau et de l environnement naturel qui y est lié. L un des principes essentiels de gestion de l eau adoptés par cette loi est la concertation à tous les niveaux (national, régional, local) entre les services administratifs et les usagers. Deux dispositions majeures vont permettre d institutionnaliser la concertation de la gestion de l eau : Le Conseil Supérieur de l Eau et du Climat, chargé de formuler les orientations générales de la politique nationale en matière d eau et de climat, La décentralisation de la gestion de l eau par la création des Agences de Bassins Hydrauliques qui vont permettre une réelle décentralisation de la gestion de l eau, impliquant toutes les parties concernées dans la prise de décision. Elles doivent assurer d abord la macro-gestion de l eau mais leur action est orientée également vers la promotion de l usage rationnel de l eau. Elles interviennent à l amont des organismes publics de distribution de l eau. La première agence a été mise en place en juillet 1999 sur le bassin de l Oum Er Rbia ; le choix s est porté sur cette région hydraulique pour différentes raisons, principalement pour l importance des ressources en eau de ce bassin pour la zone économique stratégique que constituent les régions du Tadla et de Doukkala Les infrastructures hydrauliques Le Maroc compte de nos jours neuf (9) périmètres irrigués, tous conçus à l origine pour une irrigation gravitaire. Dans certains périmètres, cette conception a connu quelques aménagements notables pour s adapter aux nouveaux besoins. Dans chacun de ces périmètres, des canalisations drainent l eau d irrigation à partir des nombreux barrages édifiés. Actuellement, l aménagement des grands périmètres irrigués a nécessité la réalisation de : (M.A.D.R/A.G.R, 2003) 2000 km d adducteurs d une capacité totale de 346 m3/seconde pour le transport de l eau en tête de périmètres ; 8

20 km de canaux et conduites de distribution d eau à l intérieur des périmètres ; km de réseaux d assainissements et de drainage ; km de réseaux de circulation ; 121 stations de pompage d un débit total de 265 m3/ seconde dominant près de ha Environ 100 forages pour l exploitation des eaux souterraines Perspectives : Au stade actuel du développement de l irrigation, plusieurs défis restent à relever notamment dans l amélioration de la productivité des terres irriguées et dans la mise en place de moyens et des technologies les plus appropriées pour une utilisation rationnelle et efficiente des ressources en eau. Un grand pas a été franchi par la promulgation de nouvelles mesures incitatives portant l aide de l Etat aux agriculteurs à 40% du coût de l intégralité des équipements d irrigation localisée dans les zones connaissant un déficit hydrique chronique, et à 30% dans le reste du pays. Un montant de 1,4 milliards de dirhams a été prévu dans le cadre du plan quinquennal actuel pour soutenir la réalisation d un programme de ha d irrigation localisée (M.A.D.R/A.G.R, 2003). 9

21 Chapitre II : Le Périmètre Irrigué du Tadla (P.I.T) Le Périmètre Irrigué du Tadla (PIT) est situé dans le Moyen Atlas à 200 km au Sud-Est de Casablanca, à une altitude de 400 m ; il est partagé entre les provinces de Béni Mellal et de Azilal. Il est limité au nord par le plateau de Khouribga, à l Est par le plateau d Oued Zem, à l Ouest par l Oued El Abid et au sud par la chaîne des montagnes de l Atlas. 2.1.Présentation sommaire du PIT Le périmètre est une vaste plaine monotone, qui s étend sur environ ha dont ha de SAU. Il est drainé par l oued Oum Er Rbia et ses principaux affluents, les oueds Srou et El Abid. Il se divise en deux parties distinctes : La zone bour ( ha) : à l origine, le mot bour désignait les aires dont l agriculture est strictement pluviale. Elle se compose alors de bour cultivés mais également de forêts, de parcours et de terres incultes. On y trouve également la petite et moyenne hydraulique (PMH). La zone de la grande hydraulique 2 du Tadla ( ha) qui comporte deux parties distinctes séparées par l oued Oum Er Rbia: La zone des Béni-Moussa sur la rive gauche couvre une superficie de ha entièrement irrigués par le barrage Bin El Ouidane, construit sur l oued El Abid. Cette vaste zone se subdivise en Béni Moussa Est et Ouest. La zone des Béni-Amir en rive droite, avec une superficie de ha jadis irrigués par une dérivation de l Oum Er Rbia mais depuis la campagne par le barrage Ahmed El Hansali, édifié sur le même fleuve. Le périmètre connaît des milieux physiques et socio-économiques particuliers. 2.2.Le milieu physique : Le climat Le PIT connaît un climat aride à semi-aride avec une saison sèche d avril à octobre et une saison humide de novembre à mars. Le climat de Tadla est connu par sa grande irrégularité. La moyenne annuelle des précipitations est de 268 mm. Cette moyenne cache de fortes disparités. En effet, comme l indique la figure 1, d une année à l autre, les précipitations peuvent varier du simple au double. Si durant la campagne 87/88 il a été enregistré plus de 355 mm d eau, celle de 92/93 n a que 167 mm. Les hauteurs des précipitations ont une tendance générale à la baisse. La température moyenne est de 18 c avec un maximum en août de 38 C et un minimum en janvier de 3,5 C. Elle est doublée d une forte évaporation de 1800 mm en moyenne par an, provoquée par de fortes températures observées pendant l été et des vents surtout de Sud- Ouest. 2 Cette étude s intéresse uniquement à la zone de la grande hydraulique. 10

22 Figure 1 : Evolution des précipitations dans le P.I.T : Précipitation (mm d'eau) /87 87/88 88/89 89/90 90/91 91/92 92/93 93/94 94/95 95/96 96/97 97/98 98/99 99/00 Campagnes agricoles Source : ORMVAT, 2003 Les sols : Les sols les plus représentés dans le PIT sont iso-humiques. Ce sont des sols profonds favorables à l agriculture irriguée. Il existe également des sols squelettiques, constitués de sols peu évolués d apport ou de sols à sesquioxydes de fer (ORMVAT, 1999). La grande entrave des sols du PIT reste leur salinité qui provient de deux sources : la nappe phréatique et les origines de l oued Oum Er Rbia. Le niveau de salinité est plus élevé dans les Béni Amir que dans les Béni Moussa de l Est et les Béni Moussa de l Ouest. Cette salinité est une différence fondamentale entre les trois zones car elle empêche la pratique de certaines cultures. Elle explique en partie la faible production, à Béni Amir, d agrumes et de cultures maraîchères. Ces sols sont aussi pollués par les nitrates à cause d une fertilisation plus importante que les doses recommandées. Cette pollution aux nitrates reste faible pendant la campagne agricole car lessivée en grande partie par l eau des pluies. 2.3.Le milieu socio-économique Il a été difficile d obtenir des données démographiques sur le PIT. Pour pallier ce manque, on se contentera de présenter quelques données sur la population de la région du Tadla et sur les infrastructures de transformation et de transport. 11

23 La population : La population totale de la région Beni Mellal Azilal s élève à d habitants au dernier recensement de 1994 dont 50,2% de sexe féminin. C est une population qui croît à un rythme encore élevé. Entre 1971 à 1994, la population a pratiquement doublé. L évolution a été plus importante dans la province de Beni Mellal qui abrite la quasi-totalité du PIT. La structure par âge de cette population est en pleine mutation. La classe active, de plus en plus nombreuse, représente à peu près la moitié de la population (57% pour Beni Mellal). Elle est confrontée à des problèmes d emploi dans la région, obligeant les jeunes à migrer dans les centres urbains pourvoyeurs d emplois et même dans les pays étrangers, notamment l Italie et l Espagne. La structure par âge de la population de la région montre également une part de la population jeune (de moins de 15 ans) encore forte de 40% qui forme, avec celle des plus de 60 ans, la classe inactive. Elles représentent à peu près la moitié de la population. L évolution des structures par âge des populations des provinces de Beni Mellal et d Azilal est présentée en annexe. Infrastructure agro-industrielle : Le secteur de l agro-industrie est assez développé dans la zone, les unités de transformation des produits agricoles ont connu une nette évolution depuis l indépendance. l infrastructure est passée de 3 unités d égrenage du coton à une importante infrastructure industrielle composée de (ORMVAT, 1999): 3 sucreries : d une capacité totale de tonnes/ jour, 9 huileries modernes d une capacité totale de tonnes/ an, 496 huileries traditionnelles d une capacité totale de tonnes/ an, 1 laiterie d une capacité de litres/ jour, 1 provenderie d une capacité de tonnes/ an, 1 unité frigorifique d une capacité de 3000 tonnes / an stations d emballage des agrumes d une capacité totale de tonnes/ an 2.4.Les ressources en eau : Les ressources en eau disponibles dans le périmètre sont constituées des eaux de surface et des eaux souterraines. Les eaux de surface sont mobilisées par deux principaux barrages. La population desservie par le réseau de la grande hydraulique est de agriculteurs ; les modes de distribution de l eau sont décrits plus bas Eaux de surfaces Le principal cours d eau de la plaine du Tadla est l oued Oum Er Rbia, issu des hauts plateaux calcaires du Moyen Atlas, formé à son origine de plusieurs sources importantes. Le débit annuel moyen de l Oum Er Rbia est de 35 m3/seconde avec un maximum de 1700 m3/ seconde et un minimum de 8 m3/ seconde. L affluent le plus important de l Oum Er Rbia est l Oued El Abid dont le débit moyen annuel est de 32 m3/ seconde. Le PIT compte deux barrages : Ahmed El Hansali construit en 2001 sur l Oum Er Rbia d une capacité totale de 740 millions de m3 ; et le barrage Bin El Ouidane édifié en 1954 sur l oued El Abid, d une capacité totale de 1500 millions de m3. 12

24 La diminution constante des précipitations joue énormément sur les apports en eau de ces barrages. En effet, ils n atteignent plus la moitié de leur capacité. La figure 2 montre une baisse importante des apports, surtout marquée durant les trois dernières campagnes. Figure 2 : Evolution des apports en eau dans le barrage de Bin El Ouidane Apport (millions de m3) /87 87/88 88/89 89/90 90/91 91/92 92/93 93/94 94/95 95/96 96/97 97/98 98/99 99/00 Campagnes agricoles Source : ORMVAT, 2003 La structure de réseau d irrigation et de drainage du périmètre se présente comme suit : Canaux principaux : 200 km Canaux primaires et secondaires : 630 km Canaux tertiaires : 1800 km Collecteurs : 427 km Drains : 416 km Colatures : 860 km Eaux souterraines Les eaux souterraines sont constituées par deux nappes : la nappe phréatique et la nappe turonienne. L évolution de la nappe phréatique est régulièrement suivie par les stations piézométriques de l ORMVAT et de l Agence du Bassin de l Oum Er Rbia. La nappe phréatique est en baisse constante du fait d un pompage par les puits et les forages et d une faible pluviométrie. La période et dans une moindre mesure celle de ont connu une remontée significative de la nappe qui affleurait en surface par endroit, notamment dans les Béni Moussa. Cette recharge a été possible grâce aux pluviométries abondantes et à une infiltration importante provoquée par la mauvaise maîtrise de l irrigation. De 1994 à 1996 et depuis 2000, la nappe connaît des prélèvements importants pouvant atteindre 3 m et 6 m respectivement dans les Béni Amir et Béni Moussa. Ainsi, elle se situe à environ 14 m de profondeur aux Béni Amir et 18 m aux Béni Moussa. (l évolution du niveau de la nappe dans le périmètre est donnée en annexe). 13

25 2.4.3 La distribution de l eau La procédure de programmation de la campagne d irrigation se base essentiellement, d une part sur la situation du stock dans les retenues de barrages au début de la campagne agricole et sur les estimations des apports attendus, et d autre part sur l ajustement de l offre et de la demande en eau. La dotation en eau 3 allouée au périmètre du Tadla est fixée par l Agence du Bassin Oum Er Rbia en début de campagne. L ORMVAT, chargé de l organisation de la distribution de cette eau dans le périmètre, assure le service de agriculteurs, à travers un réseau d irrigation d une importance de 3000 km. Pour une meilleure gestion de cette ressource rare, le Département de Gestion du Réseau d Irrigation et de Drainage (D.G.R.I.D.) établit un programme de distribution pour les 2 zones du périmètre : les Béni Amir et les Béni Moussa. Ce programme appelé calendrier d irrigation est constitué d un nombre de tours 4 d eau pour chaque campagne agricole. Ce dernier est transmis à l Arrondissement de Gestion du Réseau( A.G.R) pour exécution. Le calendrier d irrigation comporte : les cultures devant être irriguées, le barème d irrigation par culture selon la main 5 d eau : Pour la betterave : 8h/ha si le débit est de 30 litres /s ou 12 h/ ha si le débit est de 20 litres /s (une dotation) Pour les plantations : 4h/ha si le débit est de 30 litres /s ou 6h/ha si le débit est de 20 litres /s ( 1 /2 dotation). Le tour d eau est en général hebdomadaire (168 h). Il domine un bloc d irrigation de 25 à 40 ha, il est réparti entre les exploitations au prorata : Du plan de culture et de leurs besoins en eau dans le PI des Béni moussa : ( exp : du 09/09 au 16/09 : ½ luzerne + ½ plantation ). De la superficie totale de l exploitation indépendamment de la culture pratiquée, dans la zone des Béni- Amir ; Chaque semaine, les agriculteurs doivent présenter leur demande à l aiguadier ( agent chargé de collecter les demandes ; chaque aiguadier est responsable de 400 à 1000 agriculteurs) qui à son tour, sur la base des superficies occupées par les cultures, les traduit en durée d irrigation selon la main d eau. Il détermine les débits au niveau des tertiaires et secondaires à partir des besoins d eau par bloc. Chaque chef de C.G.R (Centre de Gestion de Réseau) établit la synthèse de toutes les commandes faites par les aiguadiers qu il coiffe. A son tour il les transmet à l AGR pour un éventuel lâcher d eau qui se fera au niveau de l ONE (Office National d Electricité). Les copies de programmation des irrigations (MV2) sont transmises à l agent de distribution et au garde vanne qui sont chargés d exécuter le programme préétabli pour que les agriculteurs reçoivent leurs droits 6 d eau. 3 Dotation en eau : Quantité d eau allouée 4 Tour d eau : durée consacrée pour l irrigation d un bloc ( groupe d agriculteurs situés sur un même tertiaire ) 5 Main d eau : le débit reçu au niveau de la parcelle. 6 Droit d eau : quantité d eau à laquelle a droit l agriculteur au cours d un tour d eau. 14

26 L agent de distribution régule le débit au niveau du secondaire et le garde-vanne au niveau du tertiaire. A cause de la vétusté du réseau, des perturbations du déroulement du tour d'eau peuvent parvenir et provoquent le mécontentement des agriculteurs notamment ceux se trouvant en aval du réseau. Par ailleurs, il est à noter que la quantité d eau reçue par l agriculteur est utilisée selon sa convenance. Les modalités de l utilisation de l eau seront étudiées dans les chapitres suivants. 15

27 Figure 3 : Schéma du réseau de distribution de l eau dans les Béni Moussa Barrage BIN EL OUIDANE TUNEL Canal primaire droit Bassin Canal primaire gauche Prise Prise Canal tertiaire Prise Seguia mère Séguia Canal quaternaire ou arroseur Parcelle 16

28 2.5.L agriculture dans le périmètre L étude de l irrigation à travers son état actuel et les tendances de son développement futur, nécessite d analyser les données structurelles et économiques de l ensemble du secteur agricole. Ce sont ces aspects qui déterminent dans une grande mesure, la réalité de l irrigation et les conditions de son évolution. D autant plus que la rationalisation de l utilisation de l eau passe par des investissements dans des techniques plus efficientes. Et l investissement exige justement l existence de certaines conditions, notamment les moyens financiers, la rentabilité des investissements et la stabilité de l agriculteur par rapport à la situation foncière de son exploitation Taille des exploitations Les ha de la grande hydraulique du PIT sont répartis entre exploitations. La taille des exploitations, très variable, est toutefois dominée par les petites exploitations de taille inférieure à 5 ha, qui représentent 82% des exploitations mais n exploitent que 34% de la SAU totale. (ORMVAT, 2003). Les grandes exploitations qui ne représentent que 3% disposent par contre de 34% des superficies cultivables du PIT. Tableau 2 : Structure de la Surface Agricole Utile du PIT Taille des exploitations (ha) Part de la superficie totale (%) Part du total des exploitations (%) < > Source : ORMVAT, Cette situation est en grande partie due au morcellement lié aux héritages qui transforment des exploitations économiquement rentables en des micros propriétés. Ces exploitations rencontrent alors d énormes difficultés du fait de la faiblesse de l épargne. C est pourquoi, pour éviter l émiettement de ces exploitations, l Etat a pris des mesures sur l indivision. Il fixe la parcelle minimale à 5 ha, à partir de laquelle la division ne peut être reconnue par un acte notarié Le foncier Les statuts juridiques : Les terres agricoles du périmètre sont de statuts juridiques très divers : 91 % pour le privé ou Melk ; 5% pour le domaine de l Etat et 4% en collectif et Habous. Seuls les exploitants estimant leurs droits fonciers suffisamment sécurisants sont prêts à investir. Dans cette situation, on retrouve les exploitations dont les terres sont privées mais aussi quelques-unes unes en coopérative. La grosse entrave du PIT reste les terres en indivision qui concernent ha soit 31% de la superficie totale. L indivision signifie selon le lexique des termes juridiques «une situation juridique qui naît de la concurrence des droits de même nature exercés sur un même bien ou sur une masse de biens par des personnes différentes sans qu il y ait division matérielle de leurs parts» (ORMVAT, mars 2003). L ADA de Dar Ouled Zidouh est le plus concerné : 41,4% de ses terres sont en indivision (ORMVAT, mars 2003). Le tableau 3 montre l ampleur de ce phénomène dans le PIT. 17

29 Tableau 3 : Superficies en indivision des ADA du PIT. Arrondissements Superficies (ha) 2/1 Nombre 4/3 Nbre 2/5 5/4 (%) exploitations (%) héritiers Globale Héritiers Globale Indivision (1) (2) (3) (4) Ouled Mbarek 13305,2 2875, ,20 5 Béni Amir 26824,0 9047, ,90 4 Afourer 6924,2 2221, ,90 3 Dar Ouled 14667,5 6070, ,00 3 Zidouh Souk Sebt 32657,9 9453, ,20 3 Total 94378, , ,20 4 Source : ORMVAT, Mars Le problème de l indivision des exploitations agricoles est un grand frein à l introduction du progrès technique dans les exploitations. Le fait que les exploitations ne soient pas officiellement divisées entres les cohéritiers met ces derniers dans une situation d instabilité, qui inhibe tout investissement susceptible d améliorer les performances productives. Le partage informel des terres ne donne aucune confiance aux héritiers d engager des investissements lourds, comme le forage d un puits ou l installation d équipements d irrigation. Les agriculteurs, dans cette situation, développent des stratégies du risque minimum en investissant le moins possible, du moins pas dans l infrastructure de production. Les modes de faire-valoir : Les modes de faire-valoir sont dominés par le faire-valoir direct, sur 83,5% des terres. Le mode de faire-valoir indirect représente 16,5%. Il englobe la gérance et la location. Le tableau 4 donne l importance du mode de faire-valoir indirect par CDA. Tableau 4 : Mode de faire valoir indirect dans le périmètre Arrondissements Superficie globale (ha) 1 Total des exploitations 2 Mode de faire-valoir indirect Sup. Totale Nombre 3/1 4/2 (ha) 3 d expl. 4 Ouled Mbarek 13305, ,9 4,4 Béni Amir ,7 14,4 Afourer 6924, , ,2 Dar Ouled Zidouh 14667, ,7 Souk Sebt 32657, , ,5 8,1 Total 94379, , ,5 10,8 Source : ORMVAT, Mars Le CDA qui connaît le taux le plus élevé de mode de faire-valoir indirect est Dar Ouled Zidouh, le même qui enregistre le niveau le plus élevé d indivision. Le propriétaire préfère mettre sa partie en location et vaquer à d autres occupations. Mais il ne la vend pas, car pour tous, la terre reste une valeur sure. 18

30 Le caractère informel des contrats de faire-valoir indirect ne favorise pas les nouveaux exploitants de ces terres à engager des investissements importants pour améliorer la productivité de leurs exploitations. En effet, la tenure foncière est instable. En l'absence d un contrat en bonne et due forme, le propriétaire peut revenir sur ses engagements La production agricole A sa création, le PIT était destiné à la production de cultures industrielles, notamment la betterave sucrière et le coton. Dans un souci de rentabiliser les lourds investissements consentis à sa réalisation, les productions étaient organisées en soles afin de faciliter le travail du sol, la distribution de l eau et les différents traitements phytosanitaires. Les soles sont maintenant complètement libéralisées, ce qui permet aux producteurs de cultiver ce qui leur semble rentable. Les systèmes de production actuels s orientent beaucoup plus vers la céréaliculture et l élevage, avec la betterave comme seule culture industrielle. Le graphe cidessous retrace l évolution des superficies occupées par les principales cultures. Figure 4 : Evolution des superficies des principales cultures Superficie (ha) /87 87/88 Source : ORMVAT, /89 89/90 90/91 91/92 92/93 93/94 94/95 Campagnes 95/96 96/97 97/98 98/99 99/00 00/01 Céréales Betterave Fourrages Leg. Aliment. Maraîchage Agrumes Les cultures céréalières tiennent une place importante dans les systèmes de production. Leur superficie, de loin la plus importante, reste cependant assez stable. Cette stabilité peut être observée également pour l arboriculture (agrumes et oliviers) et les cultures maraîchères. Les superficies allouées à la production de betterave décroissent considérablement. Les producteurs en effet n hésitent pas à qualifier cette culture de peu rentable. Elle tient encore une place prépondérante car c est elle qui reçoit le plus de dotation en eau d irrigation. Les productions fourragères et les légumineuses alimentaires voient au contraire leurs superficies augmenter. L élevage tient dans le système de production une place privilégiée. Les fourrages se vendent plus facilement et permettent de dégager des surplus importants. La production agricole du PIT représente 7% de la production agricole totale du Maroc. Au compte de la campagne agricole , il a produit 4% des céréales, 20% des semences Olivier 19

31 sélectionnées, 18% de la betterave, 15% du lait et 13% des agrumes du pays (ORMVAT, 2003). La valeur globale de la production agricole du périmètre, toutes filières confondues, a atteint durant la même campagne DH. La production végétale totalise 72,86% du montant total de la production agricole. Le reste est assuré par les productions animales. Plus de 62% de la production végétale sont réalisés par trois filières en production végétale : les fourrages, les céréales et les agrumes, comme on peut le constater dans la figure 5. La betterave ne représente que 8% de la production agricole totale avec plus de 9% de la superficie emblavée dans l ensemble du périmètre irrigué, y compris la zone PMH. Figure 5 : Part des cultures dans la production agricole globale du périmètre, 2001/2002 7% 2% 4% 19% 17% 1% 8% Céréales Betterave Fourrage Maraîchage Légum. Aliment. Agrumes Olivier Autres cultures autres plantations 16% 26% Source : ORMVAT, Les marchés agricoles L un des critères déterminants dans l adoption d une technique d irrigation selon les agriculteurs rencontrés est le marché. Les investissements importants, notamment dans des techniques coûteuses, comme le localisé ou l aspersion, doivent être justifiés par la rentabilité de la culture. En plus, les producteurs souhaitent un retour rapide sur les investissements. La fluctuation des prix sur les marchés agricoles ne leur est donc pas favorable. Ce marché n est d ailleurs directement accessible qu aux plus fortunés. En effet, les productions, dans la plupart des cas, sont achetées directement sur pieds par des commerçants qui les acheminent pour les revendre dans les marchés avec une marge bénéficiaire plus importante. Dans ces conditions, investir signifie pour les agriculteurs prendre beaucoup de risques. Ce risque est d autant plus grand que les capitaux engagés sont prêtés par des banques. Seuls les agriculteurs disposant de grands moyens financiers peuvent se lancer dans ce genre d épreuve. Le reste des agriculteurs préfère minimiser les risques en investissant le moins possible. Ce comportement se traduit dans le domaine de l irrigation par la prédominance de la robta, qui a montré sa faible efficience mais a l avantage de mobiliser très peu d investissement et est donc accessible à tous les producteurs. 20

32 Le suivi de l évolution des prix des productions agricoles est très important pour l agriculteur. Il lui permet de savoir, en fonction des périodes de l année, les productions les plus rentables et faciles à écouler. Ce suivi est actuellement assuré par les services de l ORMVAT et de la DPA de Beni Mellal sur les marchés de Fquih Ben Salah et Kasba Tadla. Cependant, cette information sur les marchés agricoles n est pas communiquée aux agriculteurs du périmètre L emploi agricole La question de l emploi est très difficile à traiter à cause de son caractère saisonnier et informel dans le secteur agricole. Une façon de pallier le manque de données sur cette question est de passer par l estimation des besoins en main-d œuvre des principales cultures dans le périmètre. Cette méthode pèche par son imprécision et son caractère trop théorique. En effet, certaines opérations culturales prévues dans l itinéraire d une culture donnée, peuvent ne pas être exécutées. La main-d œuvre familiale peut aussi être exploitée et la création de l emploi salarié serait vraiment limitée. Le tableau 5 montre les estimations, en fonction des cultures, de l offre d emplois agricoles dans le PIT. Il en ressort que la betterave est la culture la plus exigeante en main-d œuvre, avec un besoin de 97 jours de travail / ha. Elle est suivie par l arboriculture (agrumes, oliviers, plantations). Les céréales et les légumineuses enregistrent les plus faibles besoins en maind œuvre. La betterave joue un rôle important sur le marché de l emploi de la région. Ce rôle peut expliquer, peut être, la priorité accordée à cette culture en matière de dotation en eau d irrigation par les autorités locales. Tableau 5 : Estimation des besoins en main-d œuvre (en jour de travail) pour les principales cultures. Cultures Superficie (ha) JT / Ha JT total Céréales d'automne ,00 36, ,00 Betterave ,00 97, ,00 Fourrages ,00 50, ,00 Maraîchage 7 572,00 75, ,00 Légume Alimentaire 3 230,00 40,00 Agrumes 7 338,80 85, ,00 Olivier ,00 85, ,00 Autres cultures 3 875,00 85, ,00 Autres plantations 1 479,73 85, ,05 Total 1 479, ,05 Source : ORMVAT, 2003 La céréaliculture ne nécessite que 36 jours de travail par hectare, alors qu elle a occupé plus de 36% des superficies emblavées durant la campagne agricole 2001/2002. La céréaliculture ne représente que 23% des besoins en emploi agricole dans le périmètre. La connaissance de la zone d étude nous a ainsi permis de relever les principales caractéristiques de l agriculture dans le périmètre et d identifier certaines des ses contraintes, notamment la baisse des ressources en eau. Nous décrivons dans le chapitre suivant la méthodologie que nous avons suivie pour analyser cette problématique liée à l utilisation de l eau dans le périmètre Le financement de l agriculture Pour des raisons de difficultés d accès aux informations sur le financement bancaire de l agriculture locale, on se limitera dans cette présentation aux aides publiques accordées dans 21

33 le cadre du programme de développement de l irrigation localisée et de compléments, objets des arrêtés n et n du 09 / 11/ Ce programme prévoit des subventions à l installation des systèmes d irrigation localisée. Les subventions concernent deux rebiques : L infrastructure de mobilisation et de pompage ( puits, forages, pompes et moteurs), le taux de subvention est de 30%, Les bassins, les filtres et le reste des équipements du goutte-à-goutte et de l aspersion, le taux de subvention est 40% Depuis l entrée en application de ce programme jusqu au 12 Mai 2003, 36 dossiers d installation du goutte-à-goutte et 5 dossiers pour l aspersion ont été étudiés et acceptés par l ORMVAT ( voir Tableau n 5). L ensemble de ces dossiers totalise une superficie à équiper de 686,22 ha. Pour le goutte-à-goutte, près de 89% des dossiers acceptés concernent des superficies à équiper supérieures à 5ha. Les cultures concernées par l introduction du goutteà-goutte sont majoritairement les agrumes et dans une moindre mesure les cultures maraîchères. Pour l aspersion c est exclusivement pour les grandes cultures, particulièrement les céréales et les fourrages. Pour le goutte-à-goutte, le montant global des investissements dans ces 36 projets est de DH dont près de DH de subvention publique, soit 36,5% du total. Tableau 6 : Situation des demandes de subventions à l introduction des techniques d irrigation localisées, arrêtée le 12 Mai, 2003 Dossiers approuvés Dossiers en cours TOTAL Nbre dossiers Superficie (ha) Nbre dossiers Superficie (ha) Nbre dossiers Superficie (ha) Goutte à goutte , , ,9 Aspersion 5 87, , ,67 TOTAUX , , ,57 Source : BTI/ DGRID/ORMVAT, 2003 A la même date du 12 mai 2003, 60 dossiers étaient en cours d étude au niveau des services concernés de l ORMVAT. Ils totalisent une superficie de 477,35 ha. Près d une année après la mise en application de ce programme, 101 dossiers déposés, 41 acceptés, pour une population globale d agriculteurs de plus de agriculteurs, on peut dire que la reconversion des systèmes d irrigation existants en irrigation localisée se fait lentement. La procédure d octroi des subventions est très sélective. En effet, le principe du paiement de la subvention après la réalisation des investissements par l agriculteur et leur vérification par les services concernés, bloque l accès à ces subventions à une grande partie des agriculteurs du périmètre. Les agriculteurs qui ne disposent pas de moyens suffisants pour réaliser entièrement le projet avant d accéder au paiement de la subvention, sont donc excluent de ces aides. D autant plus que l accès aux crédits bancaires est aussi contraignant pour cette catégorie d agriculteurs qui souvent ont des problèmes d indivision ou de régularisation de leur titre de propriété. Outre ce problème de paiement à posteriori des aides, les procédures de constitution des dossiers techniques et par la suite le dossier de demande des subventions, sont jugées par certains techniciens de l ORMVAT comme étant très contraignantes pour la majorité des agriculteurs. 22

34 Un allègement des conditions d accès aux aides et un assouplissement des procédures donneraient plus d impacts à cet ambitieux projet de développement des techniques d irrigation économes en eau. 23

35 Chapitre III : Méthodologie La méthodologie suivie par l équipe est largement inspirée par la RAD, promue par l ICRA. Pour clarifier ses termes de référence, l équipe a dans un premier temps utilisé l approche systémique en plaçant le thème de l étude dans un contexte général. Ce contexte a été exploré à l aide d une revue bibliographique. Ceci lui a permis de définir le système pertinent, qui reprend les domaines-clefs qui doivent faire l objet d une étude plus approfondie sur le terrain. Cet approfondissement a été structuré par une série de méthodes décrites plus bas. 3.1 Diagnostic préliminaire Les entretiens avec les personnes ressources L objectif de cet outil est de connaître d une part les perceptions des chercheurs, développeurs et responsables de la région, de la problématique que nous traitons et d autre part de recueillir des renseignements sur les travaux déjà effectués sur le PIT. Les acteurs rencontrés sont présentés et analysés dans le chapitre suivant. Les entretiens individuels Un parcours de reconnaissance des techniques d irrigation a été effectuée pendant deux jours. Il a concerné les zones des Beni Moussa et des Beni Amir. Des visites chez des agriculteurs qui pratiquent différentes techniques d irrigation ont été associées à des entretiens individuels semi-structurés. Elles nous ont permis de voir in situ les différentes techniques d irrigation qui se pratiquent dans le périmètre. Les entretiens ont renseigné sur les contraintes majeures rencontrées dans l exécution des calendriers culturaux. Ils ont été ensuite enrichis par les entretiens avec des groupes d agriculteurs. Les entretiens avec les groupes d agriculteurs Deux entretiens avec des groupes d agriculteurs ont été organisés : un dans la zone des Béni Moussa, l autre dans la zone des Béni Amir La taille de ces groupes d agriculteurs a été fixée entre 10 à 15 agriculteurs. Nous avons veillé également à ce que ce groupe soit composite, c est-à-dire d âges, de tailles d exploitations et de spéculations différentes. Du fait des grandes dimensions du périmètre et de notre méconnaissance du terrain d étude, ils ont été sélectionnés par les CDA à qui nous avons communiqué leur composition. Les outils utilisés lors de ces entretiens sont : Le profil historique : Il avait pour objectif, à travers les faits historiques principaux, de retracer l histoire de l évolution des techniques d irrigation vue par les agriculteurs ; La matrice de classification préférentielle : Les producteurs classent les techniques qu ils connaissent en fonction de leurs propres critères qu ils ont hiérarchisés ; Le diagramme des relations : l objectif était de recenser les acteurs de la gestion de l eau d irrigation tels que perçus par les producteurs. 3.2 Les enquêtes et les études de cas Quatre types d enquêtes ont été conduits dans l objectif de caractériser les systèmes de production et d irrigation. Les méthodes utilisées étaient les enquêtes exploitations, les enquêtes techniciens CDA, les observations et les études de cas économiques. 24

36 L enquête d exploitation Elle a été conduite auprès de 90 agriculteurs répartis sur trois CDA de la zone de la grande hydraulique du PIT. Le choix des agriculteurs par CDA a été fait par un tirage aléatoire effectué dans la base de sondage obtenue auprès de l unité SIG de l ORMVAT. Une liste de producteurs suppléants a été ajoutée pour les éventuels remplacements. Le choix des CDA s est fait également par un tirage aléatoire à partir de la liste des 26 CDA de la zone de la G.H, à raison d un CDA par zone : CDA 503 dans la zone des Béni Amir, CDA 524 dans la zone de Béni Moussa Est et CDA 536 à Béni Moussa Ouest. L enquête techniciens CDA Elle portait sur les techniques d irrigation pratiquées dans les différents CDA et l appréciation de la part des techniques plus économes en eau. L observation des pratiques d irrigation Elle a été conduite auprès d un nombre réduit d agriculteurs (10) pour observer et identifier les pratiques d irrigation en fonction de critères préétablis. Le choix des agriculteurs s est fait en fonction de la taille de l exploitation, des techniques d irrigation utilisées, des cultures pratiquées et de la localisation des exploitations. Cette enquête a été aussi menée dans les trois CDA précités. Les études de cas économiques Elles ont concerné six (6) agriculteurs tirés de l échantillon des enquêtes précédentes, choisis en tenant compte de la taille et des types de cultures (commerciales, grandes cultures) de l exploitation. Ces critères ont été jugés déterminants pour toucher tous les cas possibles. 3.3 Analyse des données de terrain et rédaction du rapport Les résultats de l enquête d exploitation ont été analysés à l aide du logiciel SPSS. Les autres données l ont été avec le logiciel Excel. Les études de cas économiques et les observations ont été dépouillées manuellement. 3.4 Les ateliers Leur objectif était d informer et de faire participer les acteurs aux différentes phases de l étude. Le feedback est le premier résultat attendu de ces ateliers et sa prise en compte nous a permis de mieux orienter nos activités de recherche. Un premier atelier de présentation de l approche adoptée par l équipe a été fait dès notre arrivée pour nous aider à recadrer l étude. Il a été suivi d un second à mi-parcours. Les discussions avec les partenaires nous ont donné des indications précieuses sur la suite de l étude. A la fin, une présentation a été de nouveau faite pour présenter les résultats obtenus, formuler les scénarios et dégager les options de recherche et développement. Un atelier a également été organisé avec les agriculteurs. Il avait pour objectif de déterminer leur vision du futur par rapport à l évolution souhaitée du système d irrigation et les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir. 25

37 Chapitre IV : Les acteurs de l irrigation L analyse des acteurs est un processus clé dans la démarche RAD ; c est un moyen de comprendre un système à travers ses acteurs, leurs intérêts, leurs objectifs, leur pouvoir et leurs relations. Dans tous les projets de développement, l analyse des acteurs est devenue une nécessité car elle permet, non seulement d identifier et d étudier les intérêts et les points de vue des différents acteurs impliqués dans une problématique donnée mais surtout de comprendre des situations complexes caractérisées par des interactions entre des acteurs ou des groupes d acteurs ayant des objectifs différents, souvent conflictuels (N. Sellamna, 2003). Par ailleurs, cette analyse permet, dans certains cas, d évaluer les impacts socio-économiques d une politique donnée, ce qui peut aider à améliorer aussi bien la recherche que les projets de développement. 4.1 Les acteurs clefs L analyse des données secondaires et les différents entretiens nous ont permis dans une première phase d identifier tous les acteurs impliqués dans la gestion de l eau dans le P.I. (voir tableau 7). Certes, le nombre d acteurs potentiels est très important vu l ampleur de la problématique ; toutefois, selon leur niveau d implication ou leur importance dans le système, les acteurs clés sont : l ORMVA du Tadla L Agence du Bassin de l Oum Er Rbia Les agriculteurs Les sucreries Les AUEA. Ces différents acteurs interviennent à différents niveaux L ORMVAT L ORMVA du Tadla est le principal acteur de la gestion de l eau dans le périmètre. Son rôle se situe à deux niveaux : exploitation du réseau d irrigation et maintenance du réseau. L exploitation est assurée par le Département Gestion du Réseau d irrigation. Elle comprend la planification de la ressource eau, l élaboration des programmes d irrigation et des tours d eau et l exécution de la distribution. L entretien et la maintenance du réseau impliquent une maintenance préventive et curative (curage des canaux et des ouvrages annexes, remise en état ). Après une évaluation des ressources mobilisables, l Agence du Bassin de l Oum Er Rbia décide de la dotation annuelle à allouer à l Office. Ce dernier procède ensuite, après une définition des grands axes, à une concertation avec différents acteurs (associations professionnelles, AUEA, sucreries,..) à l élaboration d un programme d irrigation selon les cultures mises en place et selon les superficies. La distribution de l eau se fait selon le système du tour d eau. La main d eau circule à l intérieur d un ou plusieurs blocs d irrigation selon le programme préétabli (voir distribution de l eau dans le chapitre II). Cette procédure a été prévue au départ pour des assolements bien 26

38 définis. Mais actuellement, avec la libéralisation des assolements, les tours d eau sont établis à la demande des agriculteurs, ce qui, dans des conditions de manque d eau et d assolements aussi variables, représente une lourde tâche pour l office. Il semble très difficile, dans les conditions actuelles, de programmer un tour d eau efficace, qui satisfait toutes les demandes. Le Département Développement Agricole se charge de former les producteurs aux nouvelles techniques. Les thèmes de formation sont formulés à la base par ses structures décentralisées, les CDA. Ils sont synthétisés par le département qui décide pour les CDA les thèmes de formation. Il arrive que certains thèmes soient directement retenus au sommet au profit des populations. Toutefois, certains que nous avons rencontrés ont une ignorance totale des techniques économes en eau. Nombreux sont ceux qui affirment n avoir jamais bénéficié de ces formations. Cette situation se comprend aisément dans le contexte présent de désengagement de l Etat et de privatisation des services. Les producteurs qui ont été longtemps assistés comprennent mal les changements qu on cherche à introduire, sans consultation. L Office est également chargé de la facturation et du recouvrement de la redevance eau. Bien que le prix du mètre cube d eau dans ce périmètre est l un des plus bas au Maroc, les agriculteurs se plaignent de sa cherté. Au niveau national, le recouvrement des coûts de l eau d irrigation dans les grands périmètres (M.Y.Soussane, 1999) se fait à travers un système de tarification dont les principes sont définis par le code des investissements agricoles. Ce système prévoit une contribution directe des usagers couvrant 40% du coût moyen pondéré des investissements. Malgré ses moyens humains et matériels limités et les contraintes auxquelles il est confronté, l Office doit accomplir son rôle avec la meilleure efficience, car dans ce système, il est un acteur d une importance et d une influence capitales L Agence du Bassin L Agence du Bassin de l Oum Er Rbia est la première agence mise en place, vu l importance des ressources en eau pour cette zone économique et stratégique pour le pays, les régions de Tadla-Doukkala et la zone côtière Casablanca-Safi. C est un établissement public à caractère administratif doté de la personnalité morale et de l autonomie financière. Elle est administrée par un Conseil d Administration où sont représentés les administrations concernées, les usagers et les élus. Outre son rôle fédérateur de tous les acteurs de la gestion de l eau, l Agence a pour mission principalement d évaluer, de planifier, de développer et de gérer les ressources en eau du bassin Oum Er Rbia, de garantir la préservation du domaine public hydraulique et d anticiper pour faire face aux situations exceptionnelles (pénuries d eau, inondations, ). Elle a également la charge de la protection des réserves profondes et du maintien du seuil de sécurité dans les bassins. Le rôle de l agence montre bien son importance et son influence dans le système étudié qui résident dans ses relations avec les autres acteurs, notamment avec l ORMVAT, à qui elle alloue en début de campagne une dotation annuelle, et avec les agriculteurs à qui elle délivre les autorisations de creusement de puits et forages. Sa limite réside dans le fait qu elle n a pas de contrôle réel sur l exploitation illicite des ressources souterraines. 27

39 4.1.3 Les sucreries Le rôle des sucreries en tant qu acteur dans la gestion de l eau est dans la négociation au profit des betteraviers de dotations suffisantes pour une bonne conduite de la culture de la betterave. Leur influence dans le système de gestion de l eau, elles la doivent au caractère prioritaire de la production de la betterave dans le périmètre. Sur la base des besoins formulés par la sucrerie, l Office propose en début de campagne une dotation en eau pour la betterave. Cette proposition est étudiée par un Comité Technique Régional (voir paragraphe 4.3.3). Elle est ajustée au fur et à mesure en fonction de la disponibilité en eau dans les barrages. Avec les agriculteurs, la relation concerne la fourniture d intrants nécessaire à la culture de la betterave, la garantie d un bon approvisionnement en eau et l achat de la totalité de la production. Toutefois, les agriculteurs se plaignent du manque de transparence dans la valeur effective de leur production qui est payée par les sucreries selon le taux de polarisation de la betterave. Ils citent souvent en exemple deux chargements issus de la même parcelle qui auraient des taux de polarisation très différents. Les relations entre les sucreries et l agriculteur sont assez tendues. Des contradictions dans les propos sont souvent perceptibles. Bien qu elle présente de nombreux avantages (culture nettoyante, autofinancement, garantie d eau), les agriculteurs sont assez réticents par rapport à la culture de la betterave du fait qu elle ne parait pas très rentable. Ils justifient sa pratique par la seule raison de l accès à l eau du barrage, alors que dans la zone bour, qui n est pas soumise aux mêmes conditions, la culture de la betterave est également pratiquée. D après la sucrerie, les demandes émanant des agriculteurs (pour introduire ou augmenter la superficie de la betterave) sont en croissance Les agriculteurs Les agriculteurs, utilisateurs de l eau, sont les acteurs principaux dans cette problématique de gestion des ressources en eau. Leur rôle actuel est la gestion de l eau à la parcelle. Dans la zone de la grande hydraulique, ils peuvent faire la demande en eau auprès de l ORMVAT, qui, en fonction du programme établi, répond à ces demandes. Ils paient des redevances par semestre, au prix de 0,20 dh/m3. Comme il a été signalé plus tôt, les modes de distribution de l eau varient entre les deux zones du périmètre. Selon les agriculteurs, les quantités d eau qui leur sont affectées restent souvent insuffisantes et ne répondent que partiellement aux besoins de leurs cultures. Aussi sont-ils contraints de procéder à des ré-affectations internes dans leur exploitation en fonction des besoins des cultures. Ceux qui ont les moyens réalisent des puits ou forages, après avoir eu au préalable l autorisation de l Agence du Bassin, pour des profondeurs supérieures à 40 mètres (au deçà, l autorisation n est pas nécessaire). Toutefois, la diminution des eaux souterraines oblige les agriculteurs à aller à des profondeurs beaucoup plus importantes. Dans cette phase de transition, l agriculteur parait mal préparé à être impliqué dans la gestion de l eau d irrigation dans le périmètre. Assisté pendant très longtemps par l Office, il assume avec difficultés les nouvelles responsabilités qui lui ont été attribuées. Il semble se complaire dans la situation d assisté, ce qui prouve que son implication effective dans le processus de gestion de l eau et son utilisation rationnelle au niveau de son exploitation ne peut aboutir sans prendre de réelles mesures, notamment en matière de formation et d information. 28

40 4.1.5 Les AUEA Pièce maîtresse de la GPI, la mission des AUEA est de participer à la prise de décision concernant les programmes d irrigation et l élaboration des tours d eau, au gardiennage des réalisations hydro-agricoles, au recouvrement des redevances d eau. Elles ont également un rôle de vulgarisation et de sensibilisation des agriculteurs à l utilisation rationnelle de l eau. En matière de maintenance, elles sont tenues de contribuer à l élaboration du programme de maintenance et au suivi des travaux. Toutefois, dans la réalité, ces prérogatives sont très limitées. Au Tadla, le nombre d associations créées jusqu à la fin de l année 2002 s élevait à 30 AUEA, regroupant agriculteurs (près de 41 % des agriculteurs du périmètre) et couvrant une superficie de ha, soit 46 % de la superficie totale du périmètre. Une Union des AUEA a été créée dans le périmètre des Béni Amir regroupant 10 AUEA avec 3501 agriculteurs membres. Un projet de création d une «Fédération des AUEA» est en cours. D après l ORMVAT, l unique rôle délégué actuellement aux AUEA est un rôle de concertation dans la programmation de la distribution de l eau. Une expérience négative avec une AUEA a incité l Office à reprendre l intégralité de la gestion du réseau. Pour les agriculteurs, les relations avec les AUEA restent très contrastées. Plusieurs contraintes expliquent cet état de fait, des facteurs psychosociologiques prédominent : indifférence, réticence et méfiance face aux principes de la gestion participative. Au niveau des AUEA, leur manque de savoir-faire administratif et technique, et l insuffisance de moyens humains et matériels, constituent les principales contraintes. Une révision du mode de fonctionnement de ces AUEA s avère indispensable pour une meilleure implication de l agriculteur dans le processus de gestion efficiente de l eau dans le périmètre. 4.2.Les autres acteurs D autres acteurs interviennent, à un niveau secondaire, dans la gestion de l eau d irrigation dans le périmètre, il s agit notamment de la SO.NA.CO.S (Société Nationale de Commercialisation des Semences) et des organisations professionnelles La SO.NA.CO.S La SO.NA.CO.S est un établissement public qui a été créé pour répondre aux besoins du pays en semences de bonne qualité. Pour ce faire, elle assure l importation et la production locale de semences. Au Tadla, elle est aidée dans sa tâche par des producteurs choisis selon certains critères ( plus de 10 ha exploités, un bon niveau technique et l aptitude à adopter de nouvelles techniques). La SO.NA.CO.S, afin d assurer des semences de meilleure qualité, assure l encadrement des agriculteurs sélectionnés. Un contrat de production est signé avec eux et leur permet de bénéficier de la part de l ORMVAT d un tour d eau supplémentaire Les organisations professionnelles L organisation des agriculteurs au sein de groupements coopératifs est très développée dans le Tadla : 109 institutions coopératives regroupant agriculteurs (ORMVAT, 1999). Cette coopération touche plusieurs secteurs : la réforme agraire (regroupant les agriculteurs ayant bénéficié des terres récupérées aux colons au début des années 60), la production laitière (70 29

41 coopératives regroupant agriculteurs), l utilisation du matériel agricole et l approvisionnement en intrants. Les associations de producteurs se sont également multipliées, outre les associations d irrigants (les AUEA) le périmètre compte notamment (ORMVAT, 1999) : l Association des Betteraviers de Tadla (A.B.T) : adhérents, l Association des Eleveurs de Tadla (A.E.T) : adhérents, l Association des Maraîchers (A.M.T) : tous les maraîchers l Association des Multiplicateurs de semences : 154 adhérents. Malgré cette organisation coopérative et associative développée, les relations avec les agriculteurs semblent inexistantes, une minorité de producteurs serait réellement impliquée dans leurs programmes. Un manque de communication flagrant est noté ; d après nos enquêtes auprès des agriculteurs, la majorité se dit n appartenir à aucune association, seules les coopératives laitières sont citées. Ces associations, par une représentation efficace, pourraient pourtant jouer un grand rôle dans le processus de gestion de l eau dans le périmètre, en étant plus opérationnelles et plus présentes, mais surtout en impliquant de manière effective l agriculteur Les comités techniques En vue d une meilleure coordination des activités par filière, plusieurs comités ont été mis en place dans le périmètre : Comité Oléicole, Comité Agrumicole, Comité Régional du Lait et le Comité Technique Régional du Sucre. Ce dernier composé notamment de l ORMVAT et de l A.B.T décide des dotations à allouer à la betterave et des modalités de la conduite de la campagne. Un Comité Provincial de l Agriculture est chargé de coordonner les activités des différents comités. Ce comité permanent, présidé par le Wali de la Région, est représenté par les différents services étatiques du secteur agricole, principalement : l ORMVAT, la DPA, l INRA. 4.3.Les relations entre les acteurs Un effort particulier a été fait pour utiliser des méthodes participatives. Il nous est apparu essentiel pour la compréhension de la problématique de la gestion de l eau dans le périmètre de connaître la vision de l agriculteur sur les principaux acteurs impliqués et les relations qu il entretient avec chacun d eux. Lors des entretiens de groupe effectués séparément avec les agriculteurs de chacune des deux zones du périmètre, il leur a été demandé, dans un premier temps, de lister tous les acteurs qu ils jugent importants par rapport à la problématique de gestion de l eau. L ORMVAT, l Agence du bassin, la sucrerie et les AUEA ont été cités par les deux groupes. Les agriculteurs des Béni Amir estiment que la SONACOS est également un acteur important car les multiplicateurs, plus présents dans cette zone, ont un droit d eau supplémentaire. Quant au niveau d importance / influence, les avis sont différents. L acteur principal pour tous les agriculteurs est l ORMVAT qui distribue l eau pour l irrigation. Les sucreries viennent en 2 ème position chez les Béni Moussa, en 3 ème chez les Béni Amir où elles sont devancées par l Agence du Bassin, sans doute parce que dans la zone des Béni Amir, le manque d eau est plus marquant et les agriculteurs font plus appel à 30

42 l Agence Oum Er Rbia pour les demandes d autorisations pour creuser des puits et forages, ce qui explique son importance. Les sucreries sont un acteur important car elles assurent un bon approvisionnement en eau pour la culture de la betterave. Elles tiennent leur importance par la prise en charge de toute la filière amont. Concernant les AUEA, leur rôle n est pas encore bien ressenti par les agriculteurs, et leur importance n a pas encore été prouvée. Le schéma suivant, réalisé par les agriculteurs eux-mêmes, traduit leur vision : l importance des cercles est fonction de l importance de l acteur ou son influence. Les flèches traduisent les relations existantes entre les acteurs sur la gestion de l eau. Figure 6 : Diagramme de relations entre les acteurs vu par les producteurs AUEA ORMVAT AGRICULTEURS Sucreries AGENCE DES BASSINS SONACOS Béni Amir Béni Moussa 31

43 Tableau 7 : Les acteurs de l irrigation ACTEUR ROLES ATTENTES/ OBJECTIFS atouts FAIBLESSES L Etat Définition des axes prioritaires de la politique de l eau au Maroc et des grandes lignes des modalités pratiques de cette politique (subventions). valorisation maximale de l eau mobilisée. utilisation durable des ressources. détermine les règles de gestion de l eau. propriétaire de la ressource. diminution des ressources hydriques L ORMVAT aménagement, gestion et maintenance du réseau exploitation de l eau distribution de l eau vulgarisation, encadrement technique des agriculteurs utilisation efficiente de l eau garantie des conditions d une meilleure valorisation des ressources hydriques du périmètre satisfaction des demandes en eau d un nombre important d usagers responsable de l infrastructure hydraulique dans sa zone d action détermine les modalités et quantités d eau allouées aux cultures (quotas, cultures prioritaires, planning) bon encadrement technique moyens humains et matériels insuffisants. nombre élevé des agriculteurs. large typologie des agriculteurs (attitudes différentes par rapport aux techniques d irrigation plus efficientes). contraintes liées au foncier (morcellement, indivision) contraintes structurelles (sécheresses,..) vétusté du réseau. diminution des ressources en eau. L Agence du Bassin de l Oum Er Rbia évaluation, planification et gestion des ressources en eau au niveau du bassin. promotion de l usage rationnel de l eau réglementation et contrôle de l utilisation des ressources hydriques souterraines maintien du seuil de sécurité dans les bassins. gestion rationnelle des ressources en eau garantie de la préservation du domaine public hydraulique importance des ressources en eau du bassin pour la zone suivi régulier à travers les stations de mesures de la pollution et de l évolution des nappes ; forte demande en eau (vaste région : 7% de la superficie du pays) ressources insuffisantes par rapport aux besoins de la région (industries, irrigation, eau potable). exploitation illicite des eaux souterraines Les agriculteurs Utilisation de l eau. Gestion de l eau à la parcelle. avoir de l eau à moindre coût. avoir de l eau en quantités suffisantes. libre gestion de l eau dans l exploitation, libre assolement proximité et encadrement par les C.D.A faible coût de l eau du réseau paiement des redevances en eau. quantités d eau d irrigation insuffisantes. choix des cultures limité par les dotations en eau. dépendance les uns des autres par des arroseurs communs. 32

44 les AUEA Participation à la gestion de l eau participation à la prise de décision en matière de programme d irrigation participation dans la vulgarisation participation en matière de maintenance du réseau d irrigation Implication et responsabilisation des agriculteurs, usagers de l eau, dans la gestion de l eau du réseau. subventions à l investissement en irrigation Partenariat avec l ORMVAT (encadrement, suivi, partage des taches,..) analphabétisme. faible pouvoir de décision pour une grande partie (nombre élevé d héritiers). faibles revenus, terres morcelées, accès difficile aux crédits,... représentants quasi inopérationnels absence/ insuffisance de savoir-faire administratifs, techniques et de gestion absence/ insuffisance de moyens humains, matériels et financiers lacunes au niveau du cadre juridicoinstitutionnel. facteurs psychosociologiques chez les agriculteurs (méfiance, réticence,.. Les sucreries négociation des quantités d eau allouées à la culture de la betterave bon approvisionnement en eau des betteraviers place prioritaire de la betterave dans l économie régionale le non-contrôle de l utilisation de l eau (de la betterave) à la parcelle. L INRA La SoNaCoS Les associations professionnelles Les prestataires de services rôle consultatif (membre dans les comités techniques) négociation des quantités d eau supplémentaires pour les multiplicateurs représentation des agriculteurs rôle consultatif vente de matériel d irrigation installation d équipements de nouvelles techniques d irrigation réalisation de nivellement participation dans la réflexion sur la gestion de l eau bon approvisionnement en eau des semenciers défense des intérêts des agriculteurs développement du marché des équipements d irrigation inscription de l irrigation comme domaine de recherche prioritaire production de semences sur place implication à titre consultatif dans les prises de décision relatives à la gestion de l eau équipements de pointe subventions de l Etat relatives à l irrigation localisée expérience naissante dans le domaine nombre de producteurs semences limité. peu actifs auprès des agriculteurs faibles revenus des agriculteurs Le crédit Agricole. octroie de crédits pour l installation de nouvelles techniques d irrigation émergence d un nouveau besoin de financement subventions accordées par l Etat pour les équipements en irrigation la majorité des agriculteurs (exploitations de moins de 5 Ha) ne sont pas éligibles. 33

45 En conclusion, on peut dire que l ORMVAT reste de loin le principal acteur dans la gestion des ressources dans le périmètre. Il traverse actuellement une phase transitoire marquée par un désengagement progressif de l Etat. Les subventions jadis accordées à l agriculture ont considérablement diminué. Dans les années à venir, il faut s attendre à ce que ce mouvement s accentue, étant donné la pression des institutions internationales à la suppression totale des subventions. L agriculteur qui doit participer activement dans le processus de gestion de l eau d irrigation, n y est pas encore préparé, les associations d irrigants créées à cet effet ne sont pour le moment pas efficaces. Par ailleurs, des objectifs conflictuels sont perceptibles, notamment entre les sucreries et les agriculteurs qui se plaignent d un manque de transparence dans leurs relations. Les organisations professionnelles et les associations de producteurs, bien que très développées dans la zone, ne semblent pas jouer efficacement le rôle escompté de leur part. Une meilleure organisation et une redéfinition des rôles devrait être étudiée et prise en compte pour une utilisation durable et efficiente de la ressource eau dans le périmètre. 36

46 Chapitre V : Les systèmes de production Les systèmes de production déterminent dans une certaine mesure l adoption des techniques d économie en eau. Ils concernent pour notre étude les données de structures des exploitations, l organisation de la production agricole mais aussi les équipements d exhaure de l eau et le gain apporté par chaque système de production. Il ne s agit pas ici d analyser les systèmes de production en tant que tels. Cette analyse pourra être trouvée dans une étude précédente de l ICRA (AKAGOU ZEDONG, H.C et al. 2000). En accord avec le thème central de notre étude, nous nous concentrerons surtout sur les facteurs susceptibles d avoir une influence sur les systèmes d irrigation et constituent une contrainte ou une opportunité pour les économies d eau. Cette approche a aussi l avantage de présenter le contexte dans lequel les techniques d irrigation, objet du chapitre suivant, sont utilisées. 5.1.Structure de l exploitation Elles peuvent avoir une influence importante dans l adoption des techniques économes en eau. Celles qui ont été retenues pour vérifier cette hypothèse sont la taille des exploitations, le profil des exploitants et le foncier Taille des exploitations L étude a retenu une classification en trois classes. Les grandes exploitations qui disposent d une superficie supérieure ou égale à 20 hectares, les exploitations de taille moyenne de superficies situées entre 5 et 20 hectares et les petites exploitations avec des superficies inférieures à 5 hectares. Notre échantillon (tableau 8) comporte 52% de petites exploitations, 41% de moyens et 7% de grandes exploitations. Tableau 8 : Classification des exploitations selon leur taille Taille de Nombre d agriculteurs Superficie l exploitation Nombre % Superficie (ha) % Grand Moyen Petit Total La prédominance des petites exploitations dans l échantillon reflète l importance de cette catégorie d agriculteurs dans le périmètre. Elles n exploitent cependant, que 17% de la SAU de l ensemble de la population enquêtée. La catégorie des grands exploitants qui n est représentée que par 7% des enquêtés, exploitent plus de 40% de la SAU totale des enquêtés. L objectif de cette classification était de vérifier l hypothèse selon laquelle l adoption de techniques économes en eau est corrélée à la taille des exploitations. L échantillon ne nous a pas permis de vérifier cette hypothèse car tous les agriculteurs quasiment pratiquent la robta. Des entretiens que nous avons eus avec les acteurs sur le terrain, il ressort qu il n existe pas de seuil de superficie pour adopter ces techniques. Nous nous sommes alors penchés sur le profil des enquêtés, un aspect aussi important de notre étude Profil des exploitants L âge moyen des agriculteurs de l échantillon est de 50 ans. La population enquêtée est en moyenne relativement âgée. L hypothèse de départ est que l âge de l agriculteur est un facteur important en matière d adoption du progrès technique. Les jeunes agriculteurs sont plus réceptifs et plus ouverts aux changements. 37

47 L âge des agriculteurs est souvent lié au niveau d instruction, un autre paramètre très important dans l adoption du progrès technique dans l agriculture, le niveau d instruction. Il est majoritairement très faible, toutefois, une différence en matière de niveau d instruction est enregistrée entre les classes d agriculteurs (figure 6). Figure 7 : Niveau d instruction par classe d exploitations 30 Effectif Grand Moyen Petit 5 0 Aucun Primaire Secondaire Universitaire Niveau d'instruction L analphabétisme est très élevé parmi les agriculteurs enquêtés, avec un taux de plus de 52% de la population totale. Il concerne principalement la catégorie des petits exploitants, qui enregistre le niveau le plus élevé d analphabétisme (près de 60% de cas). Les agriculteurs ayant un niveau universitaire et secondaire sont très peu nombreux, de taux respectifs de 2,2% et 13.3%. Les 2% d universitaires sont dans les catégories des grands et des moyens exploitants. Les deux seuls exploitants qui pratiquent les techniques économes en eau, ici le goutte-àgoutte et le dispositif long, sont de niveau universitaire. Le reste de la population de notre échantillon, qu il soit sans scolarité ou de niveaux primaires et secondaires, pratique la robta Le foncier L une des caractéristiques des exploitations de l échantillon enquêté est la dispersion des terres agricoles. Elle constitue aussi un critère important dans l adoption des nouvelles techniques. Cette dispersion constitue un frein selon les propos des producteurs. Ainsi, on a procédé à l identification du nombre de parcelles par exploitation. Les 90 agriculteurs enquêtés possèdent 152 parcelles dont 121 sont de statut Melk (soit 79,6%), 30 de statut Collectif ( soit 19,7%) et un seul cas de statut domaine de l Etat. Le mode de faire-valoir des terres est dominé par le mode direct qui représente plus de 90% des cas rencontrés. Le reste des terres est exploité soit en fermage, soit en métayage. L indivision est l un des problèmes sur lesquels les agriculteurs ont beaucoup insisté. Il entrave, selon eux, la bonne valorisation des exploitations agricoles. Ils se disent instables sur leurs propres propriétés et par conséquent sont réticents à tout investissement dans leur exploitation. 50 agriculteurs déclarent avoir des terres en indivision, soit 56,5% de la population enquêtée. Outre l effet négatif de ce phénomène sur la stratégie de mise en valeur des terres, il constitue une contrainte à l accès aux crédits bancaires et aux subventions. 38

48 Le foncier est un facteur capital dans la production. Sa tenure instable marquée par la dispersion des parcelles, le mode de faire-valoir indirect et l indivision freinent considérablement l adoption des techniques innovantes. 5.2.Les cultures pratiquées Les systèmes de cultures pratiqués par les agriculteurs de l échantillon sont les mêmes qu on trouve à l échelle du périmètre du Tadla. Comme on peut le constater sur la figure 8, ils sont dominés par les blés, la betterave et les cultures fourragères, notamment la luzerne qui occupent 76% de la superficie totale. Ce système est surtout pratiqué par les agriculteurs de taille moyenne mais aussi par les plus petits et dans une moindre proportion par les plus grands. Les cultures maraîchères et les cultures commerciales (verveine, menthe, rose, sésame) ne sont pratiquées qu à une petite échelle et par un nombre restreint d agriculteurs, principalement ceux ayant une exploitation de taille moyenne et grande. L arboriculture tient également une place de choix dans le système de culture. Elle concerne surtout les agrumes, produits par les plus grands. La production d olives est de loin la plus importante. Il existe peu d exploitations qui n en disposent pas. Les oliviers sont plantés en bordure des exploitations et, dans ce cas, ils sont comptés en nombre de pieds. Certaines exploitations les ont plantés autour de leur habitation. C est donc une culture qui est probablement sous estimée dans l étude. 39

49 Figure 8 : Part des cultures dans la SAU totale de la population enquêtée 120 Superficies cultivées (ha) Grand Moyen Petit 20 0 Betterave Fourrages Legumineuses Commerciales Arboriculture Selon les agriculteurs enquêtés, deux facteurs maintiennent la dominance des grandes cultures, notamment les céréales et la betterave : l insuffisance des ressources en eau et l incertitude des débouchés pour les cultures maraîchères et commerciales. En effet, les trois cultures dominantes sont les cultures prioritairement dotées par l eau du réseau. Toutes les cultures maraîchères et commerciales sont essentiellement irriguées par le pompage privé et leur développement se limite aux exploitations disposant de stations de pompage L élevage L élevage est l une des vocations du périmètre. Il assure 27,14% de la production agricole totale dans le périmètre. Il est présent dans la plupart des systèmes de production identifiés à travers l enquête. L élevage, bovin et ou ovin, représente pour beaucoup d agriculteurs la principale source de revenu. Plus de 67% des enquêtés pratiquent l élevage bovin et plus de 32% pratiquent l élevage ovin. Le cheptel ovin et bovin déclaré atteint respectivement 2189 têtes et 578 têtes. L importance de l élevage varie selon les types d agriculteurs (tableau 9). Les agriculteurs possédant de grandes exploitations sont ceux qui pratiquent le moins l élevage. En effet, 50% de cette catégorie d agriculteurs pratique l élevage, contre plus de 78% de moyens et 62% de petits agriculteurs. La différence qui existe entre les trois classes d agriculteurs en matière de pratique de l élevage peut être due au faite que les grands agriculteurs de l échantillon, sont ceux qui tendent le plus vers la spécialisation de leur système de production. Quant aux deux autres classes, la diversification par l élevage est un élément principal de leurs stratégies de production. 40

50 Tableau 9 : Importance de l élevage par classe d exploitation Types Pourcentage d agriculteurs Taille moyenne du cheptel pratiquant l élevage % ovin et bovin ( têtes) Grand Moyen 78,3 10 Petit 62 5 La taille moyenne du cheptel cache beaucoup de disparités entre les agriculteurs de la même classe. Ainsi, les cheptels possédés par les grands exploitants varient dans une fourchette de 10 à 100 têtes. Pour les agriculteurs moyens et petits, la fourchette est respectivement de 1 à 78 têtes et 1 à 20 têtes. 5.4.Les équipements hydrauliques Tous les agriculteurs de l échantillon sont desservis par le réseau de la grande hydraulique 7. Il ne s agit pas dans cette partie de mesurer les quantités d eau de barrage reçues par les agriculteurs. Il est plutôt question de voir l évolution de l importance des ressources hydriques souterraines pour l irrigation des exploitations. Les grandes exploitations sont les mieux équipées en puits et forages. Avec une moyenne de 1,16 puits et 0,66 forage par exploitation, les grandes exploitations sont nettement mieux dotées que les moyennes et petites exploitations (tableau 9). Tableau 10 : Nombre de puits et forages par classe d exploitation Types Nombre de puits Moyenne de nombre de puits par exploitation Nombre de forages Grand 7 1,16 4 0,66 Moyen 21 0, ,37 Petit 22 0,46 5 0,1 Total Moyenne de nombre de forages par exploitation Il faut rappeler que le nombre de puits et forages moyen par exploitation n est qu un calcul fictif qui cache une grande hétérogénéité au sein du groupe concerné. Le nombre de puits et de forages varie d un CDA à un autre. Les ressources naturelles de chaque région sont pour beaucoup dans cette différence. Les données du tableau 11 expriment clairement cette différence. 7 Le choix de l échantillon s est fait exclusivement parmi les agriculteurs desservis par le réseau de la grande hydraulique 41

51 Tableau 11 : Nombre de puits et de forages recensés par CDA Nombre de puits Nombre de Nombre de puits/ forages tarit CDA forages Puits Forages CDA CDA CDA Total Les agriculteurs enquêtés au CDA 503 sont les moins équipés en puits et forages de tout l échantillon. L explication réside dans la rareté des ressources hydriques souterraines dans la zone des Béni Amir où se trouve ce CDA. L exploitation des ressources souterraines nécessite la réalisation de forages très profonds. Le nombre réduit des puits et l importance relative des puits et forages taris, dans ce CDA, consolide cette explication. Par contre dans le CDA 542, l abondance relative de l eau dans le sous-sol et à de faibles profondeurs favorise le développement des puits. Le problème de tarissement des ressources hydriques souterraines ne se pose presque pas dans ce CDA. Le CDA 536 se distingue par l importance des forages, mais aussi par l ampleur du problème de tarissement des ressources hydriques souterraines, avec 30% des puits qui sont taris et près de 12% de forages. L évolution du nombre des puits et forages dans le temps est un indicateur de changement dans le domaine de l irrigation dans le périmètre. L augmentation remarquable du nombre des puits et forages à partir des années 1990 est le signe de changements importants (tableau 12). Les connaisseurs de l irrigation dans le périmètre lient cette date à l accentuation du phénomène de la sécheresse. Ils lient ce changement également, dans une moindre mesure, à l émergence de nouveaux besoins d irrigation permis par la libéralisation des assolements dans le périmètre, libéralisation qui s est opérée justement à partir des années Tableau 12 : Evolution du nombre des puits et forages dans le temps et par type d exploitation Types Nombre de puits réalisés Total Nombre de forages réalisés Total Avant Entre Après puits Avant Entre Après forages / / Grand Moyen Petit Total Avant les années 1990, aucun agriculteur enquêté ne possédait de forage. Ce n est qu après cette date que la réalisation des forages a commencée. Le nombre des forages a été multiplié par deux ces trois dernières années. Cette situation s explique par la baisse importante du niveau de la nappe phréatique, obligeant les producteurs à creuser plus en profondeur pour trouver de l eau. Nous pouvons remarquer que les grands et les moyens agriculteurs, dont les superficies sont les plus importantes, réalisent plus de forages que les plus petits qui, malgré la baisse du coût des forages, n ont en pas les moyens financiers. 5.5.Comparaison des résultats économiques de quelques exploitations L introduction de tout progrès technique dans une exploitation agricole, notamment dans le domaine de l irrigation, passe généralement par la réalisation d investissements. Le revenu est le premier facteur qui détermine le niveau des investissements dans le secteur agricole. 42

52 D ailleurs, beaucoup d agriculteurs justifient leur non-investissement dans les techniques d irrigation par le manque des moyens financiers. Jusqu à quelle mesure cet argument est-il valable? Cette question a été abordée à travers des études de cas. L objectif est d estimer le revenu des agriculteurs. Pour des raisons pratiques, de faciliter d identification des exploitations, on a retenu comme critères de choix des exploitations à étudier : la taille de l exploitation et le système de culture. Sur la base de ces deux critères on a identifié six exploitations différentes. Pour chaque catégorie on a choisi un agriculteur auprès duquel on a mené une enquête détaillée sur les recettes et les dépenses liées aux activités agricoles pratiquées. On a procédé par la suite au calcul de la marge brute par exploitation et la marge brute dégagée par hectare pour chaque exploitation. La marge brute est un bon indicateur des niveaux de revenu dégagé par une culture ou une exploitation. Il est en effet, très difficile d estimer le revenu net d une exploitation, car cela suppose une connaissance de toutes ses charges fixes (amortissement, frais financiers ) ainsi que le temps de travail consacré par l agriculteur et les membres de sa famille à chaque culture et à chaque activité agricole. La combinaison des deux facteurs a donné les types d exploitations suivants : - Grande exploitation avec cultures commerciales ( agrumes) (GCC) - Exploitation moyenne avec Cultures commerciales (M CC) - Petite exploitation avec Cultures commerciales (P CC) - Grande exploitation avec grandes Cultures (G GC) - Exploitation moyenne avec grandes Cultures (M GC) - Petite exploitation avec grandes Cultures (P GC) Le choix des exploitations enquêtées s est fait de façon raisonnée en tenant compte de l aspect ouverture et facilité de coopération chez les agriculteurs. Les agriculteurs enquêtés ont été choisis dans les CDA 524 et 503. L objectif de cette étude de cas était d appréhender les conditions des agriculteurs. Aucune extrapolation de ces résultats ne peut être envisagée Présentation des exploitations étudiées Les principales caractéristiques structurelles des exploitations étudiées sont reprises dans le tableau n 13. Des données sur leur système de production y sont également présentées. L orientation des systèmes de production était l un des critères de choix de ces exploitations. 43

53 Tableau n 13 : Présentation des exploitations étudiées Types CDA Statut Superficie Nombre Cultures pratiquées et élevages D exploitations foncier (ha) de puits et de forages G CC 524 Melk 34 2 F - Agrumes M CC 524 Collectif 5 1P +IF - Pomme de terre - Oignon, - Luzerne - Verveine ; - Agrumes + olivier - Elevage bovin et ovin P CC 524 M P - Blé tendre - Luzerne ; - Pomme de terre, - Verveine, - Oignon, - Elevage bovin G GC 503 Melk Blé tendre, - Betterave, - Luzerne, - Olivier, - Elevage bovin M GC 524 Location 7 1F - Blé tendre, - Betterave, - Luzerne, - Fève, - Elevage bovin et ovin P GC 503 Melk Blé tendre, - Betterave, - Luzerne, - Olivier, - Elevage bovin Ce petit échantillon renferme la grande diversité de l agriculture dans le périmètre. Les principaux statuts juridiques y sont représentés, les principales cultures également. Les tailles des exploitations et l état des ressources en eau sont aussi diversifiées. Le choix d un agriculteur moyen pratiquant les grandes cultures dans le CDA 524, n est pas fortuit ; l objectif était de comparer les niveaux de revenus des agriculteurs pratiquant les mêmes cultures dans des conditions naturelles ( sol et ressources en eau) différentes Structure de la production La présence et l importance de l élevage déterminent dans une grande mesure le niveau de revenus des exploitants. Ainsi, la place de la production animale est importante pour la plupart des exploitations enquêtées, à l exception de l exploitation agrumicole dont le propriétaire est un investisseur qui active dans un autre secteur. L élevage est la première source de revenus pour trois des agriculteurs enquêtés (M CC, M GC et P GC). 44

54 Tableau n 14 : Présentation de la structure de la production des exploitations enquêtées Types d exploitations Valeur (DH) Production végétale Part dans le total (%) Valeur (DH) Production Animale Part dans le total (%) Valeur totale De la Production (DH) G CC M CC P CC , , ,5 G GC ,4 68, ,6 31, M GC ,6 42, ,4 57, P GC , , ,5 Rapportée à l hectare, la valeur de production agricole varie d une catégorie d exploitation à une autre. On constate que la variable taille de l exploitation n a pas un impact sur les niveaux de productivité de la terre. C est beaucoup plus le type de culture et la présence de station de pompage privée qui sont les plus déterminantes sur la production. Le niveau de production par hectare vari, pour les exploitations des grandes cultures et sans station de pompage de 9000 DH/ha à DH /ha. Alors que ce même niveau varie de à DH/ha pour les exploitations à cultures commerciales munies d une station de pompage. L exploitant qui pratique les grandes cultures et qui dispose d une station de pompage privée réalise un niveau de revenu de près de DH/ha. La présence d une station de pompage détermine, donc, dans une grande mesure la productivité de l exploitation Structure des charges La structure des charges de production varie d une exploitation à une autre. Cependant, l importance relative du coût de l eau est commune à toutes les exploitations. La part relative du coût de l eau dans le total des charges varie, selon les exploitations, de 22% à 42%. Cette différence est principalement due aux types de cultures pratiquées par chaque exploitation. Les cultures n ont pas les mêmes besoins en eau. L exploitation qui enregistre le poids relatif de l eau dans la structure des charges, le plus important est celle qui pratique le plus de cultures maraîchères et qui irrigue avec l eau de pompage. Le coût de l eau constitue pour l exploitation agrumicole une charge importante en valeur absolue, mais 22,5% en valeur relative. Tableau n 15 : Présentation des structures des charges des exploitations enquêtées (en DH) : Types d exploitations Travaux mécaniqu es Charges de la production végétale Intrants Main d œuvre Eau Total charges PV. Charge production animale Total charges GCC MCC P CC , , ,2 G GC , , , ,4 M GC 8 862, , P GC 6 544, , , ,3 La faiblesse relative des charges liées à la production animale est due au fait qu on n a pas pris en compte les intra-consommations de l exploitation, notamment les fourrages et les sous 45

55 produits des autres cultures (paille, feuilles, pulpe de betterave ). Même la main d œuvre familiale n est pas comptabilisée. Ce sont souvent les femmes et les enfants qui s occupent de l élevage Calcul de la marge brute Reconstituer les données économiques d une exploitation, pour un calcul exact des revenus des agriculteurs, nécessite un suivi sur au moins une campagne agricole et plusieurs passages aux exploitations ; notre étude a juste permis d obtenir une échelle de grandeur des revenus agricoles dans le périmètre, à travers une estimation des niveaux de revenus par type d exploitation. Tableau 16 : Synthèse des principaux résultats de l étude de cas économique Exploitation Superficie ha Marge brute de l exploitation DH G CC M CC P CC G GC M GC P GC Marge brute par hectare DH / ha L analyse des données de l étude de cas nous permet de constater que les revenus des agriculteurs varient selon la taille de leur exploitation, les cultures pratiquées, mais surtout, du niveau d intensification donc de la productivité. Ainsi, on constate qu une exploitation de taille moyenne réalise presque le même niveau de revenus qu une grande exploitation. En dernière analyse on peut dire que la présence d une station de pompage pour l irrigation est le premier facteur qui détermine la productivité des exploitations enquêtées et donc leur niveau de revenus. L indicateur du niveau de productivité est la marge brute par hectare cultivé. Elle est en effet, très élevée pour le cas des exploitations pratiquant les cultures commerciales. Elle dépasse facilement les DH/ha pour les trois exploitations pratiquant les cultures commerciales et ceux quelle que soit la taille de l exploitation. La différence enregistrée entre la grande exploitation, la moyenne et la petite, peut être amplifiée par le manque de précision des déclarations des propriétaires de la petite et moyenne exploitation. En effet, ces derniers ne tiennent aucune comptabilité des flux monétaires de leur exploitation, si simple soit-elle. Le grand exploitant, tient une comptabilité assez précise des comptes de son exploitation. Pour les exploitants pratiquant les grandes cultures, on distingue deux situations. La première concerne le grand et le petit exploitant, situés dans le CDA 503 et irriguant uniquement par l eau de barrage. La seconde situation est celle de l agriculteur moyen situé au CDA 524 et disposant d un forage. Les niveaux de revenus pour les trois agriculteurs sont différents. Le fait de disposer d une station de pompage privée, notamment si les quantités d eau mobilisables sont importantes, joue sur les rendements et donc sur la productivité de l exploitation. Ainsi, la marge brute par hectare du petit et du grand agriculteur, se situe entre 3500 et 5000 DH/ha. L agriculteur moyen réalise une marge brute par hectare de plus de DH/ha. La différence s explique principalement par l importance de la production animale, notamment le lait et l importance des rendements de la betterave et du blé chez l agriculteur moyen. 46

56 En dernier on peut dire qu au moins trois parmi les six enquêtés dégagent assez de revenus pour investir dans leur exploitation. C est le cas d ailleurs, puisque ces mêmes trois ont tous réalisé des investissements à la ferme durant les trois dernières années. Le premier poste d investissement de ces personnes est la réalisation ou l approfondissement d un forage. L investissement dans des techniques d irrigation plus économes en eau est à la portée de ces agriculteurs Comparaison de la rentabilité des principales cultures Sur la base d une estimation moyenne, les services de l ORMVAT ont calculé les coûts de production des principales cultures du périmètre. Dans le but de comparer entre la rentabilité de ces cultures on a calculé la marge brute pour trois cultures sur la base des données de L ORMVAT. Tableau n 17 : Marges brutes du blé tendre, de la betterave et de la luzerne Cultures Valeurs de la production DH Charges variables DH Total charges Marges brutes DH Part de l eau dans le total Blé tendre 15150, % 9460,00 Betterave 19142, ,42 16% 9117,60 Luzerne 38150, ,25 41% 32308,75 Source : ORMVAT, 2003 On voit bien que la luzerne est de loin la culture la plus rentable avec une marge brute de 32308,75 DH/ha. Elle représente près de 29% de la valeur ajoutée agricole au niveau de tout le périmètre, contre une occupation de 22% de la superficie totale emblavée dans le périmètre. Le blé tendre et la betterave ont des marges brutes presque égales, respectivement de 9460 DA/ha et de 9117,6DH/ha. La rentabilité de la luzerne explique sa production dans la quasi totalité des exploitations. Elle représente la plus importante culture de rente du PIT, notamment pour les petites exploitations. La luzerne associée à l élevage représente leur principale source de revenus. L importance des charges liées à l irrigation dans le total des charges des trois cultures est différente. Cette place est beaucoup plus importante dans le cas de la luzerne, avec 41% du total des charges. Cette importance est due au fait que la luzerne est une culture pluriannuelle, qui nécessite donc plus d irrigation que le blé et la betterave. En valeur absolue les charges d irrigation sont plus importantes pour la luzerne que pour les deux autres cultures. Elles s élèvent à près de 2400 DH/ha, contre 1600 DH/ha, pour la betterave et 600 DH/ha pour le blé tende. 5.6.Stratégies de production et efficience La vision des agriculteurs de l efficience n est souvent pas perçue dans le sens de l économie d eau. Elle est toujours liée à des objectifs de production. C est dans cette optique que l étude a intégré l analyse des attitudes des différents types d agriculteurs du périmètre par rapport à la question de la rationalisation de l utilisation de l eau. A travers les enquêtes et études de cas menées auprès des agriculteurs et l analyse des données secondaires nous avons pu classer les agriculteurs, en fonction de leur stratégie de production, en cinq types distincts. Cette typologie n est pas construite sur la base d une 47

57 exploitation statistique des données de l enquête, c est le résultat de recoupement de données qualitatives issues de toute nos investigations auprès des agriculteurs. Type 1 : Les exploitations pratiquant une agriculture de subsistance L agriculture pour cette catégorie d exploitants est avant tout une source de sécurité alimentaire du ménage. Ainsi, les principales cultures pratiquées sont le blé, essentiellement pour l autoconsommation, la luzerne pour l alimentation du petit cheptel et parfois un peu de betterave pour dégager un revenu monétaire. La betterave est pratiquée également pour ses qualités de bon précédent cultural. L élevage est souvent pratiqué à très petite échelle et souvent pris en charge par les femmes. L olivier est souvent présent dans ces exploitations pour satisfaire les besoins de la famille. Certains agriculteurs arrivent à vendre une partie de leur production d huile. L activité agricole dans ce genre d exploitations dégage de très faible revenus. Ces exploitations sont enfermées dans une logique de reproduction simple de leur système de production. Quant à l irrigation, elle est exclusivement traditionnelle. Les agriculteurs de cette catégorie sont les moins prêts au changement des techniques d irrigation. Cependant, on note chez ces agriculteurs, une forte tendance à bien réfléchir la pratique de la robta. La faiblesse des superficies des exploitations, l absence de puits pour compléter l eau du réseau, pousse ces derniers à mieux gérer leurs temps d irrigation (tour d eau). Dans cette catégorie on retrouve les petits agriculteurs sans puits. Certains agriculteurs moyens, dans des conditions de production difficiles, notamment dans les Béni Amir, développent la même stratégie de production. Type 2 : Les exploitations à vocation d élevage Dans cette catégorie on retrouve surtout les grandes exploitations sans puits, et certaines exploitations moyennes. L alimentation en eau du bétail se fait à partir de puits de surface servant à l alimentation humaine. L essentiel des activités de ces agriculteurs est réalisé par l élevage. Ils pratiquent principalement des cultures fourragères et des céréales. La betterave est cultivée pour ses sous produits à usage fourrager et ses qualités de bon précédent cultural. Certains voient en la betterave une source d eau assurée pour l exploitation. L élevage bovin est le plus dominant pour cette catégorie. Il réalise le plus gros des revenus de l exploitation et représente le premier poste d investissement productif. Ce type d exploitations dégage souvent de bons niveaux de revenus, qui sont en partie réalisé par la vente du lait et du cheptel vif. Certains des agriculteurs de cette catégorie pratiquent le commerce des bestiaux, soit occasionnellement (fête de l Aïd) soit de façon permanente. Les éleveurs de cette catégorie, n accordent pas d intérêt à l efficience de l irrigation. Ils pratiquent tous l irrigation gravitaire. Bien qu une grande partie d entre eux dégagent de bons niveaux d épargne, aucune volonté d investir dans l irrigation n est manifestée par ces éleveurs. 48

58 Type 3 : Les exploitations mixtes à vocation élevage/ grandes cultures On y retrouve des grandes exploitations et des moyennes avec présence d une source d eau souterraines (puits et /ou forages). L élevage et les grandes cultures (blé, luzerne, betterave) ont la même importance dans ce type de système de production. L abondance relative des ressources en eau permet à ces exploitations de s inscrire dans une logique d intensification de leur système de production. Les niveaux de leurs revenus sont relativement importants, ce qui leur permet d investir dans l exploitation. Les principaux investissements concernent la mobilisation de l eau ( réalisation et/ ou approfondissement des puits et forages). Les agriculteurs de ce type irriguent par la robta et leur intérêt pour l efficience de l eau est faible. Type 4 : Les exploitations à vocation commerciale Cette catégorie regroupe les exploitations pratiquant exclusivement des cultures rentables. Il s agit essentiellement des fruits et légumes et, dans une faible mesure, des produits tels que les roses, la verveine et la niora. Ces exploitations sont complètement intégrées au marché et pleinement engagées dans la logique de l intensification de la production. On retrouve dans ce type principalement les grandes exploitations et, dans une moindre mesure, les exploitations de taille moyenne et exceptionnellement les petites exploitations. Les niveaux de revenus de cette catégorie d agriculteurs sont très importants. Ils investissent beaucoup dans la mobilisation de l eau et ils disposent presque tous de plus d une seule source d eau souterraine. C est cette catégorie qui possède le plus de forages. Leur logique de production, fortement basée sur le maximisation du profit, les rend très attentifs à la question de l efficience de l irrigation. C est d ailleurs la première catégorie en matière d adoption des techniques nouvelles d irrigation. Type 5 : Les exploitations mixtes à vocation grandes cultures et cultures commerciales Cette catégorie renferme les exploitations associant les cultures commerciales (cultures maraîchères, rose, menthe, verveine, arboriculture fruitière) aux grandes cultures (blés, fourrages et luzerne). L élevage est souvent présent dans ce type de système de production. Les exploitations de cette catégorie sont toutes équipées en puits et/ou forages. Les niveaux de revenus de ces agriculteurs sont relativement importants. Ils varient toutefois en fonction de la taille de l exploitation. Dans cette catégorie, on peut trouver les trois classes de taille des exploitations : grandes, moyennes et petites. Les investissements sont essentiellement concentrés sur la mobilisation de l eau. Quant à l efficience de l irrigation, elle est beaucoup plus perçue sous l angle économique. Ils la concrétisent à travers la valorisation de l eau par les cultures rentables. 49

59 Conclusion : Nombreuses sont les études qui ont abordé la problématique de gestion de l eau dans le périmètre irrigué du Tadla, à travers des tentatives de remplacement de la technique gravitaire (la Robta) par d autres. Elles ont mis au point un ensemble de technologies et décidé des mesures d accompagnement pour faciliter leur adoption. Malgré ces efforts, la Robta demeure très présente ; sa pratique a toutefois évolué. Chaque type d agriculteurs, selon ses objectifs, les caractéristiques structurelles et naturelles de son exploitation, module la Robta à sa façon. On voie que les types d agriculteurs n ont pas la même approche de l efficience et par conséquent de la gestion de l eau. Les tentatives d amélioration de l irrigation doivent être basées sur ce fait. Une analyse de l irrigation dans le périmètre du Tadla permet d affirmer que l amélioration de la rationalité de l irrigation pourrait se faire sur deux voies : Continuer l effort d innovation technologique. Cette démarche concerne les agriculteurs pratiquant une agriculture à vocation de rente avec ou sans les grandes cultures. Continuer les efforts sur l augmentation des efficiences du système d irrigation Robta. L agriculture de subsistance, le système de production à vocation d élevage et le système à vocation mixte élevage grandes cultures sont les 3 stratégies dominantes du périmètre. L adoption des technologies nouvelles restera toujours difficile chez ces 3 types sauf si, elle est fortement subventionnée. Cette approche se fera sur la base de la flexibilité de la Robta d une part et d autre part sur l amélioration des efficiences agronomiques et économiques des pratiques culturales. Les propositions d amélioration de la rationalité de l irrigation sont développées dans le chapitre des recommandations. 50

60 Chapitre VI : Les techniques d irrigation Dans le domaine de l irrigation, il existe plusieurs techniques dont la performance est estimée à partir de la notion d efficience et qu il convient d abord de définir pour lever toute ambiguïté. 6.1.Définitions de l efficience L efficience peut se définir comme la mise en œuvre pratique de la notion de rationalité. La rationalité est un concept qui englobe deux principes : la minimisation des pertes et l utilisation optimale de la ressource disponible. En d autres termes, rationaliser l eau équivaut à l utiliser d une façon efficiente. L efficience est abordée sous plusieurs angles de vue selon les spécialistes, d où les différentes notions d efficience en irrigation : hydraulique, agronomique et économique L efficience hydraulique : Elle concerne en général la technologie utilisée pour amener la source d eau à la parcelle. Elle est définie comme la relation entre les inputs et les outputs d eau. Du réseau ou de la technique d irrigation, le plus efficient serait celui qui permet d avoir à la parcelle la même quantité d eau que celle qui est prise à la source. Dans les parcelles, l efficience hydraulique représente la part d eau effectivement consommée par les cultures. Pour ce faire, on mesure les apports et les pertes par infiltration et évaporation, pour la déterminer (K. Louhichi, 1999). Ainsi, pour les hydrologues et les ingénieurs de l irrigation, qui s intéressent aux volumes et aux débits d eau, l efficience mesure un rendement et des pertes entre deux points (entrée et sortie) le long du système d irrigation. On définit ainsi par exemple : L efficience de stockage au niveau d une retenue de barrage, L efficience du transport des canaux à partir du lieu de mobilisation de l eau jusqu à la prise de l exploitation, L efficience de la distribution d eau au niveau de l exploitation depuis la prise de l exploitation jusqu à la parcelle, L efficience d application de l eau à la parcelle ou efficience de l irrigation ; et l efficience globale qui combine ces différentes efficiences du système gravitaire. Pour l efficience de l irrigation (EI), le résultat au point de sortie est représenté par l eau utile pour la production de la culture. Cette quantité est divisée par la quantité d eau injectée en tête de parcelle. L EI traduit essentiellement l efficience de la technique adoptée (A.Bouaziz, K.Belabbes ; 2001) L efficience agronomique : Elle est le rapport entre la quantité de produit donné et la quantité d eau utilisée pour cette production. On dit d une technique ou d une organisation de la production qu elle est efficiente si elle permet d obtenir la plus grande quantité de produit pour une quantité d eau donnée. Dans ce cas, l efficience est basée sur le concept de frontière qui implique la présence d un ensemble de techniques potentiellement optimales, mais non pas un optimum. Cet ensemble des techniques efficientes du point de vue technique peut devenir économiquement efficiente pour un certain prix relatif entre les inputs et les outputs (K. Louhichi, 1999) 51

61 6.1.3 L efficience économique : L efficience pour les agro-économistes est définie ainsi (A. Bouaziz, K. Belabbes ; 2001) : «c est le rapport entre la marge brute ou la marge nette de la production d une unité de surface et le coût de l eau d irrigation nécessaire à la réalisation de cette production. On parle alors de valorisation de l eau d irrigation. La question qu ils posent est la suivante : combien de dirhams rapporte un dirham d eau (ou l équivalent en mètres cube d eau) investit dans l irrigation de telle ou telle culture?» Ces trois notions d efficience ne sont pas exclusives. Dans la pratique de l irrigation, on définit l efficience à d autres niveaux. En fait, chacun l utilise selon ses besoins spécifiques. Les exemples sont : - L efficience allocative qui considère la manière avec laquelle l eau est distribuée entre différentes alternatives de production. - L efficience distributive, liée aux problèmes d équité, considère comment l eau est distribuée entre différents utilisateurs. Efficience de l eau pour les différents systèmes de l irrigation au Maroc : Le tableau ci dessous présente les ordres de grandeur des efficiences actuelles et potentielles des réseaux de transport et de distribution et d application de l eau à la parcelle pour les trois modes d irrigation : gravitaire, aspersif et localisé. Tableau 18 : Efficiences des réseaux de transport et de distribution de l eau pour les différents modes d irrigation Type de Mode Efficience (%) réseau d irrigation Réseau Parcelle Globale Actuelle Potentielle Actuelle Potentiel Actuelle Potentiel Ciel Gravitaire ouvert Sous Aspersion pression Sous pression Localisée Source : A.Bouaziz, K.Belabbes ; 2001 On peut noter les faibles efficiences enregistrées au niveau de la parcelle et notamment pour l irrigation gravitaire. Un gain moyen de 20% en efficience est encore possible pour les systèmes aspersif et gravitaire. L un des problèmes actuellement du système d irrigation gravitaire est le non maintien du nivellement des parcelles alors que pour l aspersif les agriculteurs se plaignent du coût élevé de l eau. Pour l ensemble du secteur de l irrigation (GH et PMH) ce gain en efficience des systèmes conduirait à une économie de l eau de l ordre de 890 millions de m3 annuellement. Il convient toutefois de nuancer car d un point de vue quantitatif, ces pertes en eau dues à la mauvaise efficience des systèmes de transport, de distribution et d application de l eau à la parcelle, ne sont pas réellement perdues à l échelle du bassin hydraulique. Elles vont 52

62 généralement alimenter les nappes et cours d eau et sont récupérées à l aval. Toutefois leur qualité est souvent dégradée. Les mesures des autres types d efficience ont aboutit aux résultats suivants (A. Bouaziz, K. Belabbes ; 2001): Au niveau des cultures, pour le blé irrigué, l efficience de l utilisation de l eau (EUE) varie de 3,9 à 16,7kg/mm/ha. Ceci s explique par la non maîtrise de la conduite technique de la culture notamment l irrigation, le désherbage chimique, la fertilisation azotée et le contrôle des maladies cryptogamiques. Pour la betterave sucrière le régime 80% de l ETM permet d aboutir aux meilleures efficiences. Par ailleurs, on montre que la valorisation économique de l eau varie d un périmètre irrigué à l autre et d une culture à l autre. La valeur ajoutée moyenne de l eau est de 1,7 dirhams/m3 (environ 0,17 US Dollars/m3). Les cultures primeurs et l arboriculture (clémentine, vigne ) sont celles qui valorisent le plus l eau (22 dirhams/m3), les autres cultures ne dépassent pas 3 dirhams/m La rationalité de l irrigation vue par l agriculteur La notion de rationalité du point de vue de l agriculteur est globale. Il combine d une façon empirique toutes les notions d efficience car il réfléchit d aval en amont. En aval, l agriculteur a des besoins qu il classe et hiérarchise et en amont il a des facteurs de production dont l eau. Ce qui l intéresse ce n est pas forcement l utilisation optimale de chaque facteur de production mais plutôt la combinaison optimale des facteurs de production. Le système étant très complexe, la notion de rationalisation d un facteur n intervient qu au cas où ce facteur deviendrait discriminant. Il y a donc deux cas de figures qui se présentent : L eau est un facteur discriminant alors l agriculteur essaye de la rationaliser et à tous les niveaux. L eau n est pas un facteur discriminant : il doit contribuer à la rationalisation du facteur discriminant. Dans ce schéma, la rationalité de l eau n intervient pas sur tous ses aspects notamment sur l aspect minimisation des pertes. C est seulement l aspect optimisation de la ressource utilisée qui est pris en compte. La rationalisation va donc dépendre du type d agriculteur et de son contexte. Dans le PIT l efficience hydraulique est la plus utilisée. Les services de l ORMVAT ont mené des études diverses dans l optique d introduire de nouvelles techniques plus efficientes. Ainsi des efforts ont été déployés pour moderniser les techniques d irrigation du PIT. 6.2.Efforts de modernisation des techniques d irrigation L ORMVAT, en collaboration avec d autres appuis, notamment des projets, a conduit depuis 1976 des études sur l introduction de techniques d irrigation plus économes en eau, aussi bien en station expérimentale (Ouled Gnaou) qu'en milieu paysan. Nous pouvons citer entre autres projets : Projet SID ( Marocco-Belge) : Il a évalué les performances de la robta, la raie et le calant et déterminé l origine des pertes d eau ; 53

63 Projet RAB : Il a mesuré le remplacement de l arroseur par la rampe à vannette ou une gaine souple ou encore par un film plastique afin de réduire les pertes par infiltration. Ce projet a introduit les siphons qui amènent l eau des arroseurs dans les parcelles. Projet PAGI-2 : L arroseur dans ce projet a été bétonné dans le même but. Il a introduit aussi l irrigation localisée avec le micro-jet, l ajutage et plusieurs types de goutte-à-goutte (goutteurs en séries et en déviation). Projet MRT (Management des Ressources au Tadla) : Il a expérimenté le bassin à fond plat, l irrigation localisée, la raie longue et l irrigation par calants combinés à la rampe à vannette et aux siphons. Projet PGRE (Projet de gestion des ressources en eau) : Il a conduit un essai sur l irrigation localisée dans une parcelle d agrume. Projet PSDA (Projet de soutien au développement agricole) : L irrigation localisée a été adaptée aux céréales et à la betterave à sucre. Comme nous pouvons le constater, ces projets ont introduit de nombreuses techniques jugées économes en eau. Ces techniques, ainsi que la robta, sont décrites dans les sections suivantes. 6.3.Description des techniques d irrigation Dans cette partie, la description concerne toutes les techniques pratiquées ou non. Un accent particulier sera mis sur leurs avantages et inconvénients (ORMVAT, 1996) : La robta L irrigation par dispositif court (la robta), demeure la technique dominante au périmètre du Tadla et dans les autres périmètres gravitaires du Maroc. C est une technique traditionnelle de montagne qui a été adaptée aux zones irriguées. L irrigation est faite par le découpage de la sole en plusieurs bassins (ou média) élémentaires dont les dimensions moyennes sont 40 m2. Ces bassins sont irrigués par des canaux (seguias) de distribution qui à leur tour sont alimentés par une seguia mère. L eau est dérivée vers celle-ci en opérant une seule brèche sur l arroseur. Au niveau de la parcelle, l eau suit l itinéraire suivant : Arroseur-Seguia de distribution pour enfin arriver aux bassins ou media irrigués à tour de rôle. Les avantages de la robta : Une revue de la littérature fait ressortir que l'attachement des irrigants à la pratique de la robta, malgré l'utilisation des doses en eau importantes et les pertes de superficie, est justifié par des avantages certains qui sont : La submersion des billons permet d'assurer la saturation des sols, d'où la certitude d'une bonne irrigation des cultures ; Bonne maîtrise du débit utilisé en subdivisant la main d'eau en deux ; Homogénéité d arrosage due à la faible dimension des bassins et à l irrigation dans le sens de la plus faible pente ; Technique moins exigeante en travaux de finition du sol et de surfaçage ; Possibilité de réduire les dimensions des bassins, et ce en fonction du débit de pompage, car l'eau du réseau est sujette à des coupures et à des sous alimentations (cas de Beni Amir) ; Adaptation de la technique aux sols des Beni Amir (présence de mottes en rapport avec la structure et la texture du sol et ce malgré les passages répétés du cover-crop) ; 54

64 Absence de pertes d'eau par ruissellement (irrigation et précipitation). Limitations de la robta La robta présente pourtant plusieurs inconvénients: Pertes d'eau de 50% au niveau de la parcelle ; Pertes de 15% de la superficie exploitée équivalente aux ados et séguias (soit une perte de 15% en rendement) ; Durée élevée d'arrosage de 12 à 15 heures/ha avec 30 l/s (soit 4 à 7 h/ha de plus par rapport aux dotations accordées dans le tour d'eau) ; Dégradation des caractéristiques hydrauliques de l'arroseur par les multiples brèches qui y sont opérées pour l amenée d eau ; Besoin important en main d'œuvre (confection du dispositif d'irrigation: bassins et séguia intra parcellaires) et irrigation pénible (deux irrigants pour partager le débit) ; Difficultés de couvrir les besoins en eau des cultures au moment opportun d'où un impact négatif sur le rendement ; Frais supplémentaires de pompage pour pallier l insuffisance de l eau ; Pertes d'éléments fertilisants par lixiviation et pollution de l'environnement ; Difficulté de réalisation des techniques culturales en raison de la présence des séguia et des ados. Pour minimiser ses pertes, des études ont tenté de l améliorer La robta améliorée L amélioration du court dispositif consiste en l augmentation des dimensions des robta élémentaires moyennant la correction du nivellement par le surfaçage au moyen de : - La surfaceuse classique : lame semi-portée ou traînée d une largeur de 2 à 4m. - Traîneau niveleur : confectionné localement à l aide de madriers de fer plat et cornière. Il est utilisé dans les sols légers et bien travaillés. L irrigation se conçoit par le découpage de la sole en plusieurs planches dont les dimensions sont supérieures à celles de la robta et peuvent atteindre en moyenne 250 m2. Avantages de la robta améliorée : Gains en eau de 10% ; Gain de 7% de la superficie exploitée (soit un gain de 7% en rendement.) ; Gain en temps d arrosage 10 heures/ha avec 30 l/s (soit 2 h/ha de plus par rapport à la robta) ; Meilleure distribution de l eau dans la parcelle. Limitation de la robta améliorée. Perte de superficie de 8% ; Temps d arrosage de 10 h/ha au lieu de 8 h/ha ; Destruction du nivellement par la confection de séguias et ados. 55

65 6.3.3 Le long dispositif, raie et calant au moyen de siphons tubulaires. Ces dispositifs sont destinés à irriguer l ensemble des cultures pratiquées dans le périmètre : raies longues pour les cultures semées sur billons et calants pour les cultures semées à plat ; ces procédés ne sont possibles que dans la mesure ou l on dispose de : - Terrain bien nivelé : Pour permettre un écoulement et une répartition homogène de l eau sur l ensemble du dispositif (raie et calants). En d autres termes, l eau ne stagne pas ; - Arroseur entretenu : désherbage et colmatage des brèches ; - Charge en eau suffisante au niveau de l arroseur pour permettre le fonctionnement optimal des siphons tubulaires. L alimentation en eau de ces dispositifs à partir de l arroseur doit être effectuée au moyen de siphons tubulaires pour assurer une répartition homogène de l eau au niveau des raies ou calants d une part et le fractionnement du débit d autre part. La technique consiste à subdiviser la parcelle en dispositifs ayant pour longueur la largeur de la sole et de largeurs variables selon le type de culture et les caractéristiques hydrodynamiques des sols. Ces dispositifs sont alimentés en eau à partir de l arroseur au moyen de siphons tubulaires. Irrigation à la raie. L irrigation à la raie est appliquée pour les cultures semées sur billons. Les dimensions des raies sont liées à la longueur de la sole. La longueur de la raie varie de 90 m à 130 m selon la dimension des soles et l écartement en fonction des cultures pratiquées et des caractéristiques des sols ; par exemple : - Betterave à sucre : 0,65 m - Pomme de terre : 0,80 m Le nombre de siphons par raie est tributaire de la pente et de la perméabilité du sol. L irrigation se fait aussi par raies communicantes, au nombre de cinq à l aval du dispositif, ceci dans le but de permettre à l excès d eau sur les raies en avance de revenir sur les raies en retard au lieu de déborder en colature. Ce système améliore l efficience en évitant les pertes par ruissellement. Irrigation par calants. L irrigation par calants est adoptée pour toutes les cultures semées à plats telles que les céréales, la luzerne, le bersim. Les calants consistent en des planches rectangulaires d une longueur correspondant à la largeur de la sole (80 à 130 m) et de largeurs variables : 4 à 5 m dans les Béni Amir ; 6 m dans les Béni Moussa de l Est ; 5 m dans les Béni moussa de l Ouest. L alimentation des calants s effectue par le biais de siphons tubulaires en appliquant toute la main d eau sur le calant Avantages Ce dispositif présente plusieurs avantages d'ordre technique et pratique, à savoir: 56

66 Maintien de l'état du nivellement de l'arroseur dû à l'absence des séguias à l'intérieur de la parcelle ; Gain de 15% en superficie par rapport à la robta et possibilité d'améliorer le peuplement ; Temps d'arrosage conformes aux normes préconisées, soit 9 heures/ha avec 30 l/s et une bonne uniformité de l'irrigation ; Gain en volume d'eau par rapport à la robta ; Facilité des travaux à façon et des récoltes suite à l'inexistence des séguias et ados ; Maintien des éléments fertilisants (pas de lixiviation des éléments) ; Augmentation des rendements de la betterave à sucre et du blé par rapport à une irrigation par la robta (résultats des essais expérimentaux) Limitations L'abondance de la disponibilité de l'eau dans les premiers secteurs aménagés et le faible prix du m3 d'eau qui n'était que de 0,024 DH/m3 jusqu'en 1980 ; L'échec de la première expérience après la mise en eau des premiers secteurs aménagés en 1962 en raison de : La distribution des siphons tubulaires aux agriculteurs sans fournir les explications et l'assistance suffisantes quant à leur utilisation ; La difficulté d'amorçage des siphons qui se faisait par aspiration buccale (cette idée persiste toujours chez certains usagers enquêtés). La difficulté de transport des siphons pour les agriculteurs non résidents à la propriété ; La nécessité d'avoir une charge d eau suffisante pour le fonctionnement des siphons ; La nécessité du maintien de l état du nivellement par surfaçage (400 DH/ha). La nécessité de contrôler la charge d'eau au niveau de l'arroseur et les fluctuations de débit pour éviter le désamorçage de siphons ou le débordement sur l'arroseur ; L insuffisance de suivi et d'encadrement dû au manque des moyens humains au niveau du bureau technique d'irrigation et des techniciens spécialistes en irrigation sur le terrain Le bassin à fond plat Le bassin à fond plat est un système d irrigation gravitaire qui consiste en des planches à pente nulle. Ce système d irrigation est destiné à irriguer toutes les cultures semées à plat ou sur billon. Avantages Il permet une application uniforme de l eau ; Des efficiences d application potentiellement élevées peuvent être escomptées grâce à l uniformité de la distribution en eau. Les chutes de pluies sont captées dans le bassin. Aucune érosion du sol par la pluie ou l irrigation. 57

67 Limitations Les bassins à fond plat doivent s appliquer à des terrains relativement plats ; Les bassins conviennent mieux à des sols présentant un taux d infiltration relativement faible ; Le sol doit faire l objet d une finition précise ; Les bassins devront être faits dans des sols relativement profonds. Des bassins de petites dimensions sont nécessaires dans le cas des cultures semées sur billons en vue du contrôle de l érosion. Les techniques à long dispositif se pratiquent avec un remplacement de l'arroseur par la rampe à vannettes ou la gaine souple ou un film plastique. Rampe à vannettes: C est un tuyau rigide en PVC muni de vannettes coulissantes à écartements fixés selon le type de culture. Ces vannettes permettent le réglage du débit déversé à la raie ou au calant. Gaine souple : Il s'agit d'une gaine en PVC équipée de dérivations (manchettes) qui dérivent l'eau au sein de chaque raie. Film plastique: C'est une bande en plastique de 220 U d'épaisseur utilisée pour rendre l'arroseur étanche afin de limiter les pertes par infiltration. Avantages Elimination des pertes d'eau par infiltration au niveau de l'arroseur ; Facilité de conduire l'irrigation par simple ouverture des buses ; Maîtrise de débit par subdivision en petit débit (1 à 2 l/s par buse) ; Bonne uniformité d'arrosage (répartition du débit entre les buses de la rampe et de la gaine). Limitations L'arroseur est un ouvrage collectif ce qui pose le problème d'entente entre les agriculteurs pour l'installation de ces équipements sur toute la longueur de l'arroseur. C est la contrainte majeure ; Le coût élevé de l'investissement ( DH/ha) ; La nécessité d'aménager un ouvrage de prise en tête pour avoir une charge suffisante (50 cm pour la rampe à vannettes) La fluctuation des débits des vannettes le long de la rampe de l'amont vers l'aval suite à une diminution de la charge. La nécessité de maintenir une charge fixe pour le fonctionnement des siphons. Une charge de 10cm est suffisante pour travailler dans des conditions adéquates. Les débits varient entre 0.25 et 2 l/s respectivement pour une charge de 5 et 20 cm. Détérioration de la gaine suite à l'effet des rayons solaires malgré son traitement contre les UV. Les manchettes de la gaine souple se réchauffent sous l effet du soleil, augmentant ainsi le débit injecté L irrigation localisée L irrigation localisée est une méthode d arrosage qui regroupe plusieurs systèmes de distribution d eau à la parcelle et concerne les techniques qui apportent l eau au pied des plantes avec un faible débit et des apports fréquents. Il en résulte qu un volume de sol est 58

68 maintenu à un niveau voisin de la capacité au champ (sol saturé en eau) et c est ce volume qui est exploité par les racines des plantes. L irrigation localisée comporte trois principaux systèmes d irrigation : L irrigation au goutte-à-goutte : Le transport est assuré par les canalisations en plastique appelés rampes et la distribution est réalisée par des appareils spéciaux appelés goutteurs. Ce système d irrigation est le plus représenté au périmètre du Tadla. Les goutteurs apportent l eau à la surface du sol de manière ponctuelle. Leur débit est généralement faible, 1 à 8 l / h sous une pression de 1 bar. Le débit le plus courant en arboriculture est de 4 l/ h. En fonction de leur mode de fixation sur la rampe, on peut distinguer les goutteurs en déviation, les goutteurs en ligne et les goutteurs intégrés. Irrigation par micro jet : La distribution se fait par des mini-diffuseurs qui pulvérisent l eau sous forme de tâche sur une partie de la surface du sol. Leur débit varie le plus souvent de 20 à 60 l/ h sous une pression de un bar. Les mini-diffuseurs sont fixés à un orifice calibré à travers lequel l eau passe sous forme de jet et d une tête formant «déflecteur» sur laquelle le jet vient se briser. Les portées sont limitées à un ou deux mètres. Irrigation par ajutage : La distribution de l eau se fait par des ajutages munis d orifices calibrés (1,2 à 2,1 mm) fixés sur la rampe à intervalles réguliers et recouverts d un manchon brise- jet. L eau distribuée par les ajutages ne s infiltre pas ponctuellement mais s écoule dans une rigole cloisonnée au fond de laquelle est placée la rampe. Selon le diamètre de l orifice, le débit varie de 35 à 100 l/ h, sous une pression de 1 bar. Dans le périmètre irrigué du Tadla, environ 3000 ha sont actuellement irrigués par la micro irrigation. Les systèmes les plus répandus sont le goutte-à-goutte et le micro-jet. Les systèmes à grand débit ou ajutage sont moins représentés. Avantages : Un gain d au moins 40% en volume d eau par rapport à l irrigation gravitaire ; Une bonne maîtrise de la fertilisation (dose et fréquence d apport) par la fertigation : les engrais sont mélangés avec l eau d irrigation ce qui permet d éviter 30% de pertes par lixiviation et volatilisation ; Une fourniture d eau et d éléments nutritifs à la plante au moment opportun (satisfaction des besoins à 100%) ; Une réduction des travaux du sol : il y a une économie en temps et en main d œuvre ; Une utilisation possible d eau salée : les apports fréquents permettent de conserver dans le sol une tension d eau très basse et de maintenir la concentration des sels dans le profil en dessous des seuils dangereux pour les cultures sensibles ; Une lutte plus facile contre les mauvaises herbes et les ennemis des cultures ; 59

69 Un gain en quantité et en qualité des fruits car ces techniques agissent sur le calibre et la teneur en éléments nutritifs ; Une meilleure utilisation des terrains difficiles (terrains accidentés) ; Un maintien des éléments fertilisants : l utilisation de faibles débits conjugués à la répartition homogène de l eau et des éléments fertilisants dans la zone racinaire augmente la disponibilité de ces derniers pour les cultures. Limitations : Investissement initial considérable ; Nécessité de maîtrise de nouveaux concepts tels que la maintenance et le pilotage des arrosages ; Nécessité d utiliser un système de filtration d eau approprié pour éviter le bouchage des distributeurs ; Quels que soient leurs avantages et inconvénients techniques ou économiques, ces techniques ne sont pas toutes appréciées, ni même connues, par les agriculteurs. L équipe a voulu comprendre le degré d information de ceux-ci, leurs attitudes et leurs critères de choix des techniques. Elles sont présentées dans les sections qui suivent. 6.4.Les préférences des agriculteurs On présentera dans cette partie les matrices de classification préférentielle des techniques d irrigation élaborées avec deux groupes d agriculteurs, un groupe des Béni Moussa et un autre des Béni Amir. La définition des critères de classification et la notation des techniques ont été faites par les agriculteurs eux-mêmes. Les techniques d irrigation à classer ont aussi été identifiées par les agriculteurs. Ainsi, ils n ont noté que celles qu ils connaissent. La définition des critères déterminant le choix d une technique plutôt qu une autre a engendré un débat parce que les agriculteurs participant à l entretien n étaient pas un groupe homogène. Ils présentaient des différences à plusieurs niveaux : taille des exploitations, cultures pratiquées, moyens financiers, niveau d instruction. La richesse des débats et la contradiction des propos nous ont permis une meilleure compréhension de la situation Les agriculteurs des Béni Moussa A la question de lister les techniques d irrigation, les agriculteurs ont limité leur choix dans un premier temps à la robta et au goutte-à-goutte et en troisième position l aspersion. Ce n est que suite à notre insistance qu ils ont cité les raies longues et les siphons. Nous croyions que l omission des autres techniques introduites durant les années précédentes était due à leur méconnaissance de ces techniques. La suite des discussions a démontré qu ils connaissaient les techniques non-citées, mais leur omission était volontaire car ils ne sont pas convaincus par leur efficacité (les calants et les bassins à fond plat ). La deuxième partie relative à la construction de la matrice de classification préférentielle s est basée sur les critères qui déterminent, selon les agriculteurs, le choix d une technique. Cette partie de l entretien était particulièrement difficile car les critères de choix varient selon les situations des uns et des autres. Il est important de souligner que, même si d autres techniques ont été discutées, l essentiel du débat était polarisé autour de la robta et du goutte-à-goutte. Les critères suivants ont été retenus: Le coût d installation de la technique : le coût est considéré par les agriculteurs comme facteur déterminant du choix des techniques. 60

70 Le marché : la fluctuation des prix rend incertain l amortissement des investissements lourds. Ce risque est d autant plus difficile à supporter par les exploitants ayant des revenus faibles. La disponibilité de l eau : elle détermine le choix des techniques. Si l eau est abondante, introduire des techniques économes en eau ne se justifie pas selon les producteurs. La superficie de l exploitation : les agriculteurs considèrent que le goutte-à-goutte ne peut pas être installé dans des exploitations de petite taille. La dispersion des parcelles : ce critère est très lié à la superficie de l exploitation. Un agriculteur qui dispose de petites parcelles dispersées aura des problèmes, selon les agriculteurs, pour introduire le goutte-à-goutte. En fonction de ces critères, il leur a été demandé de classer les techniques d irrigation par ordre de préférence sur une échelle de 0 à 10. La classification obtenue est présentée dans le tableau 19. Tableau 19 : Matrice de classification préférentielle des techniques d irrigation par les agriculteurs des Béni Moussa Techniques d irrigation Coût Marché Superficie Disponibilité de l eau Dispersion des parcelles Robta 10/10 10/10 10/10 2/10 10/10 Goutte-àgoutte 6/10 8/10 2/10 1/10 0/10 Aspersion 5/10 8/10 6/10 10/10 7/10 Pivot - Siphon 2/10 1/10 1/10 2/10 3/10 La robta est la technique la mieux notée. Elle est préférée par les agriculteurs pour son coût faible, par conséquent, la limitation des effets de l instabilité du marché des produits agricoles sur le revenu. Dans le cas des exploitations de petite taille et, dans le cas de la dispersion des parcelles, c est la robta qui est la mieux notée. Elle est donc la plus adaptée. Des techniques nouvelles, l aspersion a été mieux notée. Le goutte-à-goutte est surtout apprécié pour son économie de l eau. Quant au siphon (l irrigation à long dispositif) les agriculteurs l ont très mal noté. Ils semblent ne pas du tout apprécier cette technique. Contrairement aux autres techniques, la notation du siphon s est faite sans grande discussion. Les techniques gravitaires améliorées, introduites dans le périmètre, sont très mal appréciées par les agriculteurs. Beaucoup, n hésitent pas à citer, avec beaucoup d ironie, des expériences conduites par des étrangers à travers le périmètre, et qui ont échoué. Pour terminer, les agriculteurs avaient à classer les critères de choix par ordre d importance. Il en est sorti le classement suivant : l eau (1 er ), la superficie (2 ème ), le coût (3 ème ), le marché (4 ème ), la dispersion des parcelle (5 ème ). Les résultats de ce classement sont à interpréter avec prudence. Une confusion a persisté dans les esprits des agriculteurs entre l importance des dits critères pour la production agricole de façon générale et pour le choix des techniques d irrigation. En dépit des explications répétées de la différence que nous voyons entre ces deux aspects, les agriculteurs ont eu du mal à faire la différence. La conclusion qu on peut tirer de la discussion entre les agriculteurs autour de cette question est que le choix des techniques est beaucoup plus déterminé par la rentabilité des cultures 61

71 pratiquées et la stabilité de leurs prix, inquiétude qu ils ont exprimée en un seul mot : le marché. Ils considèrent que si le marché des produits agricoles était porteur et stable, leur choix serait porté sur le goutte-à-goutte, quel que soit son coût. Le choix des agriculteurs pour la robta est justement justifié par les faibles dépenses qu elle engendre. Elle réduit par conséquent les risques de fluctuation du marché sur le revenu des agriculteurs. Les agriculteurs sont disposés à remplacer la robta par une technique plus performante. Ils rejettent en bloc toutes les techniques gravitaires améliorées qui nécessitent peu d investissement et sont plus efficientes que la robta. L explication serait peut être que les agriculteurs apprécient mal la différence que pourrait donner un simple changement de travail de sol (nivellement, taille des planches) et l introduction de petits outillages (siphon) en terme d économie d eau et de travail Les agriculteurs des Béni Amir Les techniques citées par les agriculteurs sont la robta, le goutte-à-goutte et l aspersion (pivot compris). Ils considèrent que ce sont les seules techniques qu on peut pratiquer dans la région. Ils ont quand même cité le siphon tout en affirmant que personne ne pratique cette technique dans les Béni Amir. Les agriculteurs, dans leur quasi majorité, appellent l irrigation par long dispositif, l irrigation par siphon. Les critères qui déterminent le choix et la préférence des agriculteurs pour les techniques d irrigation sont : L économie d eau ; L économie de main d œuvre ; Le coût d installation de la technique ; Le marché Un cinquième critère, relatif aux aides publiques, a été cité par certains agriculteurs mais qui a été vite écarté car il ne concerne que le goutte-à-goutte. Le siphon, les agriculteurs ont refusé de le classer car ils ne l ont jamais pratiqué et le considèrent comme non adapté à leur région. Sur la base des quatre critères, les agriculteurs ont procédé à la classification par ordre de préférence des différentes techniques. Ainsi, en fonction de l économie de l eau et de main d œuvre le goutte-à-goutte a été classé en première position suivie par l aspersion. La robta pour ces deux critères est classée en troisième position. Elle est par contre classée en première position par rapport aux critères coût d installation et risques du marché. Le goutte-à-goutte et l aspersion viennent en deuxième position par rapport à ces mêmes critères (Tableau 19). Tableau 20 : Matrice de classification préférentielle des techniques d irrigation (Béni Amir) Techniques d irrigation L économie L économie de Le coût Le marché d eau M.O. La robta 5/10 5/10 10/10 10/10 Le goutte-à-goutte 10/10 10/10 4/10 4/10 L aspersion 8/10 10/10 4/10 4/10 La robta, disent les agriculteurs, est la meilleure technique car elle n exige aucun investissement et elle permet une économie de main-d œuvre contrairement à ce qu on pense, puisque avec la robta la fréquence des irrigations est espacée (une fois tous les quinze jours). Si les agriculteurs envisagent de remplacer la robta par le goutte-à-goutte, c est pour la seule raison de la faible disponibilité de l eau. Le goutte-à-goutte est donc envisagé uniquement pour des raisons d économie de l eau. Il est par contre redouté pour l importance des 62

72 investissements qui lui sont liés et pour l insécurité de l amortissement de ces investissements rendus difficiles par les fluctuations des prix des produits agricoles sur le marché. En conclusion, les critères de choix se recoupent dans les deux grandes zones du PIT. Ce sont notamment les coûts, le marché et l eau. Il existe cependant quelques différences qu il convient de relever. Les agriculteurs des Béni Moussa qui connaissent beaucoup de cas d indivision ont cité la dispersion de leurs parcelles comme un critère important. 63

73 6.5.Les techniques d irrigation pratiquées dans le PIT Pour mieux comprendre la situation passée des techniques utilisées, il est important de faire un état des pratiques actuelles Situation actuelle A l instar de tous les agriculteurs du périmètre, ceux enquêtés pratiquent majoritairement la robta. En effet, sur les 90 agriculteurs enquêtés, un seul cas pratique le goutte-à-goutte sur des agrumes et un autre pratique le dispositif long sur du blé. La robta est donc la technique d irrigation dominante dans le périmètre. Une enquête auprès des techniciens de l ensemble des CDA de la grande hydraulique, nous a permis de mesurer l importance de chaque technique d irrigation dans la région (Tableau 21). Plus de 98 % de la superficie de la grande hydraulique est irriguée à la robta. L irrigation localisée, notamment le goutte-à-goutte est la technique nouvelle la plus adoptée. La superficie irriguée avec cette technique a atteint 3207,5 ha en 2003, dont 96% sur l arboriculture fruitière, notamment les agrumes qui totalisent à eux seuls 86% de la superficie irriguée par le localisé. Le micro jet est pratiqué sur une surface totale de 94 ha de plantations d agrumes et de rosacées. Il ne représente que 3 % de la superficie occupée par les techniques localisées. Les techniques à long dispositif sont pratiquées sur une faible superficie de betterave dans le CDA 523. Quant à la technique du bassin à fond plat, elle n est pratiquée que sur une très faible superficie, souvent introduite à titre d essai chez les agriculteurs dans le cadre de projets. L irrigation par aspersion est très peu développée. Elle est pratiquée sur certaines cultures comme la betterave, le maïs, les cultures maraîchères et la luzerne. 64

74 Tableau 21 : Superficies occupées par les différentes techniques (en ha). Irrigation dispositif court Cultures Robta R.amél. Irrigation dispositif Raie Longue long Calant Bassin à fond plat Irrigation localisée G à G Microjet Autres Aspersion Agrumes 4833,68 447, , Rosacées 159,8 27, , Oliviers 9492, , Céréales 34428, , ,5 0 8 Betteraves 12788, , ,5 3 Luzerne 17928, , Autres 9978, , TOTAL 89611, , , NB : Ces chiffres proviennent de l enquête Techniciens. Le total général ( ha ) est supérieur à la superficie de la grande hydraulique à Tadla (97000 ha). On peut supposer que la différence s explique par le fait qu y sont inclues des superficies hors Grande Hydraulique. Les superficies occupées par la robta améliorée, le long dispositif et les bassins à fond plat, sont loin des prévisions arrêtées dans le plan d action pour l amélioration de l efficience de l irrigation dans le périmètre, mis en place par l ORMVAT en Les objectifs fixés pour ces techniques étaient respectivement de ha, 3000 ha et 1000 ha. Quant à l irrigation localisée, les objectifs fixés ont été largement atteints. Cette technique est la seule qui connaît un développement relativement important ces dernières années Les pratiques de la Robta : résultats des études de cas La logique paysanne dans la conception du schéma d irrigation Les entretiens avec les agriculteurs sur les différentes pratiques de la robta ont permis de constater que les dimensions des planches et les nombres de raies varient d un agriculteur à un autre, d une culture à une autre, mais il y a aussi des fortes similitudes : quelle que soit la longueur de la planche, sa largeur ne dépasse jamais 6 mètres Les critères de choix des dimensions sont : La vitesse d écoulement de l eau : Les agriculteurs ont des temps d irrigation donnés par culture. Leur objectif est d irriguer toute la superficie occupée par la culture avant la fin de leur tour d eau. Ils savent par expérience que les planches étroites permettent d augmenter la vitesse d écoulement de l eau. C est pourquoi, la largeur des planches se situe toujours entre 3 et 6m. La disposition des planches, des raies (séguias) (elles suivent la pente quand celle ci est faible, elles sont perpendiculaires à la pente quand celle ci est forte) répondent à cette même logique. 65

75 Le type de sol : Les sols lourds prennent du temps pour s imbiber d eau. C est l une des raisons pour les quelles les agriculteurs diminuent la dimension des planches lorsqu ils ont des sols lourds. Ils arrivent ainsi à irriguer plus rapidement. La saison (la température et l humidité de l air) : En été, les planches prennent plus de temps d irrigation à cause des conditions ambiantes (température élevée, humidité de l air plus faible). Les paysans font en général des petites planches pour augmenter la vitesse d écoulement de l eau. Mais cette pratique peut changer selon les cultures. Les cultures. La quantité d eau, donnée sous forme d heures et de nombre d irrigations diffèrent selon les cultures. Exemple : la betterave a droit à 8h par ha pour un débit de 30l/s. Le blé et la luzerne ont droit à 4h par ha pour le même débit. Pour gérer cette situation, les agriculteurs se basent sur leur logique qui est la suivante : Les petites planches permettent de donner beaucoup d eau à la culture. Les grandes planches conservent plus longtemps l eau. Les cultures ayant un système racinaire développé ont plus besoin de l eau. Ainsi, les agriculteurs font des petites planches pour les cultures ayant des besoins en eau élevés et ils les irriguent plus fréquemment. C est le cas de la betterave. Ils font des grandes planches pour les cultures ayant des irrigations espacées. Exemple : le sésame. les travaux du sol : Quand le sol subit un labour profond ou lorsqu il est fissuré (le cas est fréquent en début de campagne), la vitesse d infiltration de l eau augmente. Par conséquent, le temps d irrigation d une unité de surface augmente. Pour palier à ce problème, les agriculteurs font de petites planches. Certains tiennent compte aussi du passage de la moissonneuse et d autres des traitements phytosanitaires. Mais le critère travaux du sol n est pas fondamental pour tous les agriculteurs. Il en ressort que le schéma de la Robta est conçu par les agriculteurs avec un objectif majeur : irriguer toute la parcelle avec le temps d irrigation dont on dispose. Avec l expérience et la pratique, les agriculteurs apprennent, d une façon empirique, à combiner plusieurs facteurs précités ci-dessus. Ce sont les mêmes facteurs que les techniciens utilisent pour déterminer les quantités d eau à donner par hectare par culture : ETR, la vitesse d infiltration de l eau. Satisfaire les besoins de la culture chez les agriculteurs, revient à inonder la parcelle. Alors que le sol a une capacité de rétention limitée au-delà de laquelle l eau s infiltre ou s évapore. Fréquence et doses d irrigation Pour évaluer les doses et les fréquences d irrigation apportés, nous avons choisi de le faire sur trois cultures les plus cultivées dans le périmètre et les plus étudiées dans la zone. En faisant la somme des quantités d eau apportées par la pluie et l irrigation, nous constatons que les cultures reçoivent plus d eau qu elles n ont besoin. Pour le blé, les besoins théoriques se 66

76 situent entre 350 et 550 mm et les apports d eau sont entre 450 et 950 mm. Pour la betterave les besoins théoriques sont entre 650 à 950 mm et les apports sont entre 900 et 1400 mm. Pour mieux expliquer les raisons de ce mode d apport à la parcelle, on a relevé des indicateurs entravant une meilleure rationalisation de la quantité d eau apportée à savoir : La répartition du nombre d heures d irrigation entre les agriculteurs servis par le même arroseur obéit à un certains nombre de contraintes liées au système gravitaire. L eau ne peut être donnée à une seule personne dans un même bloc et les arroseurs ont une capacité de distribution de l eau limitée. Le nombre d heures d irrigation accordée à une unité de surface de chaque culture est standard pour tous les stades de développement. Dans ce cas, la culture reçoit une quantité d eau toujours inférieure ou supérieure à la norme. Les agriculteurs pratiquent la Robta avec un objectif qui est de retenir le maximum d eau entre 2 irrigations. Par ailleurs, deux situations ont été confirmées par les agriculteurs lors de l enquête, et qui se révèlent antagonistes, elles constituent des contraintes chez l agriculteur : Le stress hydrique dont ils ont donné les différents symptômes. Les excès d eau ponctuels. En effet, il arrive que les agriculteurs inondent la parcelle au moment où ils reçoivent l eau, or qu elle n a pas besoin d être irriguée, ou alors un déficit hydrique se manifeste sur la culture car cette dernière n a pas reçu sa dose d eau au moment opportun Evolution de l adoption des nouvelles techniques d irrigation dans le périmètre. L introduction des nouvelles techniques chez les agriculteurs a débuté vers la fin des années 1970-début des années L irrigation localisée a été introduite depuis 1985 sur les agrumes et les rosacées dans les CDA 520 en 1985 et dans le CDA 523 en Les superficies irriguées par le localisé pour les rosacées sont en nette régression au profit des agrumes (près de 90%) et des cultures basses. L olivier, du fait de sa rusticité et sa faible rentabilité, est peu irrigué au localisé. L étude de l évolution des niveaux d adoption des techniques de l irrigation localisée ces cinq dernières années a montré un accroissement de la superficie consacrée au goutte-à-goutte notamment entre les années 2000 et Parallèlement, une extension de l utilisation des nouvelles techniques a été notée, principalement le goutte-à-goutte aux cultures herbacées. Même si pour certaines cultures, l irrigation localisée reste au stade expérimental, notamment pour les blés, son introduction a été amorcée pour les cultures maraîchères. Mais cette évolution reste toujours considérablement faible. Elle ne couvre que 2 % de la superficie irriguée du périmètre. D autre part on note que les nouvelles techniques (goutte-à-goutte, raie et micro jet) sont principalement pratiquées dans les Beni Moussa, notamment dans sa partie Est dont la vocation est la production des agrumes et rosacées. On enregistre dans cette zone, l existence d exploitations dépassant les 100 ha équipées par le goutte-à-goutte. Dans les Beni Amir, les techniques nouvelles sont très faiblement adoptées. Néanmoins on relève chez certains agriculteurs l utilisation des enrouleurs sur maïs (30 ha) et goutte-à- 67

77 goutte sur betterave et sésame (14 ha) et même sur céréales (maïs) et maraîchage. La faible adoption des nouvelles techniques d irrigation dans cette partie du périmètre est en partie liée aux types de cultures pratiquées. Les agrumes et les rosacées, principales cultures irriguées en localisé, n existent presque pas dans le périmètre des Beni Amir. Les cartes 1 et 2 indiquent par CDA, le niveau d adoption des techniques nouvelles plus économes en eau. Seuls les CDA 508 et 505 des Béni Amir pratiquent timidement le goutte-àgoutte qui est plus présent dans les Béni Moussa. En effet on peut noter que les CDA 523, 524 et 521 de l Est et dans de moindres proportions les CDA 530, 531 et 536 de l Ouest pratiquent considérablement le goutte-à-goutte. 68

78 Carte 1 : Répartition par CDA des superficies irriguées au goutte-à-goutte (ha). Etant donné les différences significatives entre les superficies respectives des techniques, nous n avons pas pu les représenter sur la même échelle. Elles apparaissent donc sur des cartes différentes. Carte 2 : Répartition des superficies irriguées par d autres techniques par CDA (ha) 69

79 les techniques d irrigation représentées dans la carte n 2 sont : la raie longue, toujours au stade expérimental, qui se localise dans le 523, l aspersion dans les CDA 504 et 528 et le micro jet au 520, 522 et 521. Il existe donc des parties dans le PIT qui semblent ne pas être concernées par l introduction de techniques nouvelles. Celles-ci pratiquent exclusivement la robta. Ce qui nous a amenés à poser la question, pourquoi la robta? Les raisons de la prédominance de la robta Demander aux agriculteurs de justifier leur choix pour la robta c est risquer de tomber sur des réponses standardset conventionnelles. La question a été quand même posée dans le but de sonder l opinion des agriculteurs sur cette question. 50% soit 45 agriculteurs déclarent choisir la robta par manque de moyens financiers pour introduire les techniques nouvelles. Réponse peu satisfaisante quand on sait que tous les agriculteurs n ont pas cette contrainte. L étude de cas sur les conditions économiques des exploitations agricoles situées dans les mêmes CDA touchés par l enquête d exploitation nous a permis de constater que certaines catégories d agriculteurs disposent de moyens financiers suffisants pour ce genre d investissements. D autres agriculteurs (20%) jugent que la robta est efficace et bien adaptée à leurs conditions, réponse qu ils argumentent par l adaptation de la robta à leurs sols lourds et à leurs cultures, notamment les céréales et la luzerne. Le changement pour les agriculteurs signifie l adoption du goutte-à-goutte. C est toujours par rapport à cette technique qu ils justifient leur choix pour la robta. Ils ne parlent jamais des techniques gravitaires améliorées. Ces dernières n ont été citées comme alternatives à la robta que par trois agriculteurs enquêtés. Un manque flagrant d information sur ces techniques est constaté chez les agriculteurs. L indivision et le mode de faire valoir indirect ne sont cités que par 6 agriculteurs, comme raisons de leur choix de la robta. On peut dire que l irrigation à la robta doit son ampleur à des raisons structurelles qui dépassent la volonté des agriculteurs. Le périmètre a été conçu et est aménagé pour une irrigation gravitaire. Les autres techniques ne peuvent se développer qu à une échelle limitée. Pour la majorité des exploitations du périmètre, l efficience passe par l amélioration des techniques gravitaires. Pourtant c est sur ce volet que les résultats ne sont pas bons. L insuffisance de la vulgarisation de ces techniques sur le terrain explique dans une certaine mesure ces résultats. Pourtant les techniques gravitaires améliorées testées en milieu paysan et en station ont montré leur efficacité. La section suivante retrace les pertes et les gains de quelques techniques. 6.6.Efficience de quelques techniques L évaluation des pertes en eau et leur origine a fait l objet de plusieurs études. Au niveau de la parcelle, les pertes en eau sont causées par l arroseur et surtout par le dispositif d irrigation où le lieu des pertes les plus importantes sont notées, et ce compte tenu de la multitude des seguias de distribution, du nombre élevé de bassins (250 bassins en moyenne par ha) et de l'état de dégradation du nivellement. 70

80 Tableau 22 : Evaluation de l efficience des techniques gravitaires : Mode d'irrigation Efficience Perte d'eau Observations Long dispositif 60% 40% dont 15% au niveau Les pertes d'eau les plus d'arroseur importantes sont Courts dispositif 50% 50% dont 15% au niveau de enregistrées au niveau de la l'arroseur parcelle Source ORMVAT, 1996 Les dispositifs longs proposés ont l avantage, comme on peut le constater dans les tableaux 23 et 24, de gagner en heures d irrigation, en volume d eau et en nombre d irrigations. Pratiquées, elles permettent aux paysans de réduire leurs charges de productions. Ils peuvent dans ces cas réduire les charges liées à la main-d œuvre et leurs factures d eau seront moins importantes. Tableau 23 : Gain en volume d eau et en nombre d irrigations pour différentes techniques gravitaires utilisées dans le PIT sur une culture de betterave. Techniques d irrigation Durée d irrigation (Heures) Volume d eau (m3/ha) Ecart de volume par rapport à la norme (m3/ha) Par irrigation Pour le cycle Nombre d irrigations équivalentes Supplément en Superficie (ha) Long dispositif Bassin à fond plat ,25 0,125 Robta améliorée ,5 3,75 0,25 0,375 Robta ,25 7,5 8,75 0,5 0,625 0,75 0,875 Source : ORMVAT,

81 Tableau 24 : Gain en volume d eau et en nombre d irrigations pour différentes techniques gravitaires utilisées dans le PIT sur une culture de blé. Techniques d irrigation Durée D irrigation (Heures) Volume d eau (m 3/ha) Ecart de volume par rapport à la norme (m 3/ha) Par irrigation Pour le cycle Nombre d irrigations équivalentes Supplément en superficie (ha) Long Dispositif Bassin à O,625 0,125 fond plat Robta améliorée ,25 1,875 0,25 0,375 Robta ,5 3,125 3,75 4,375 0,5 0,625 0,75 0,875 Source : (ORMVAT, 1996) Le long dispositif est ici la technique qui minimise le plus les pertes avec un temps d irrigation de 8 heures. La robta traditionnelle enregistre les plus grandes pertes en eau et s étale sur un temps d irrigation nettement plus long. Pour les agricultures, la robta est la meilleure technique. Ils jugent ces gains insuffisants ou, peut-être, ne les connaissent que de nom. Il nous a semblé utile de connaître leur niveau d information sur les techniques économes en eau. Il explique en partie la faible adoption de ces techniques. 6.7.Niveau d information sur les techniques nouvelles Une grande hétérogénéité des niveaux de connaissance sur les nouvelles techniques existe entre les types d agriculteurs, voire même entre les agriculteurs du même type. La différence de connaissance existe également entre les techniques. Ainsi, au regard des données des tableaux, les agriculteurs connaissent mieux le goutte-à-goutte et l aspersion par rapport aux techniques gravitaires améliorées. Tableau 25 : Niveau d information sur les techniques gravitaires améliorées Classe Bassin à fond plat Calant Raie longue Non Oui Non Oui Non Oui Grand Moyen Petit Total Le calant et les raies longues sont les moins connues par les agriculteurs de l échantillon, avec un niveau de connaissance respectif de 32% et 52%. Une grande différence existe cependant entre les grands et les petits agriculteurs. Le niveau de connaissance des premiers varie pour les trois techniques de 66% à 83%, alors que pour les petits agriculteurs ils ne sont que de 30% à 51%. 72

82 Par ailleurs, même si les agriculteurs déclarent connaître ces techniques, leur niveau de connaissance pratique reste très faible. Leurs descriptions de ces techniques sont loin de la réalité. Ils ne connaissent même pas leurs performances. Ainsi, et à titre d exemple, 11 agriculteurs parmi les 50 qui connaissent les bassins à fond plat considèrent qu ils font perdre le temps d irrigation, contre 2 personnes seulement qui pensent le contraire. D autres agriculteurs, au nombre de 8, trouvent que cette technique gaspille l eau, contre un seul qui pense le contraire. Beaucoup d agriculteurs disent qu ils ont entendu parler de ces techniques très vaguement et se déclarent incapables d émettre un avis. En effet, le pourcentage des agriculteurs déclarant avoir vu les techniques gravitaires améliorées ne dépasse pas les 41%. Ce pourcentage est nettement plus élevé pour les techniques d irrigation localisée, avec près de 60% d agriculteurs. Là encore, des différences existent entres les grands et les petits agriculteurs, les premiers étant les plus informés. Les mêmes réponses reviennent pour les autres techniques gravitaires. Les agriculteurs, trouvent à ces techniques plus d inconvénients que d avantages. Tableau 26 : Niveau d information sur le goutte-à-goutte et l aspersion Classes Goutte-à-goutte Les Kits d aspersion L enrouleur d agriculteurs Non Oui Non Oui Non Oui Grands Moyens Petits Total Pour le goutte-à-goutte, les réponses des agriculteurs sont sans contradictions et majoritairement favorables. Plus de 70% de ceux qui le connaissent, pensent que son principal avantage est l économie d eau. D autres avantages, tels que l économie de temps et de maind œuvre, sont cités par un nombre réduit d agriculteurs. Quant aux contraintes, deux sont citées par la majorité des agriculteurs : le coût élevé de son installation, cité par 30 agriculteurs, et son inadaptation à toutes les cultures, cités par 10 agriculteurs. Certains agriculteurs disent ne pas connaître cette technique dans la pratique et ne peuvent pas émettre un avis. L aspersion, presque aussi bien connue que le goutte-à-goutte, est considérée par 34% des agriculteurs comme économe en eau. Le reste des avantages et inconvénients sont presque les mêmes que ceux cités pour le goutte-à-goutte. Cependant, les agriculteurs considèrent cette technique comme bien adaptée à leurs cultures (les cultures herbacées). 73

83 CONCLUSION GENERALE A l issue de cette étude, quelques conclusions peuvent être tirées. Elles reprennent les questions de recherche qui ont guidé l étude et tentent d y répondre. 1. Une technique d irrigation immuable L irrigation dans le périmètre du Tadla réalise mal sa transition vers la rationalisation et l efficience. Les résultats du programme de reconversion des techniques traditionnelles, lancé en 1996 et sensé durer jusqu en 2001, sont loin d atteindre les objectifs visés, à l exception du goutte-à-goutte pour lequel les objectifs fixés ont été largement atteints. L irrigation traditionnelle gravitaire est relativement simple dans sa conduite et ne nécessite pas d investissement pour son installation. Les agriculteurs ont appris à la pratiquer et l adapter à leurs conditions. Ainsi on voit la robta sur tous types de productions et de sols. Sa pratique varie même en fonction des disponibilités en eau, des saisons et des conditions climatiques. C est une technique développée et utilisée par les agriculteurs eux-mêmes au cours du temps. Quant aux techniques gravitaires améliorées, elles sont pratiquées sur de très faibles surfaces. 2.Un système d irrigation difficile à changer Même s il n a pas été radical, le changement du système de culture depuis la libéralisation des assolements n a pas été suivi par un changement significatif des systèmes d irrigation. La rentabilité des cultures s avère le facteur le plus important dans le choix des techniques d irrigation qui leur sont réservées. La robta reste la technique la plus utilisée quelle que soit la culture. Le goutte à goutte, qui a connu un essor relativement important, est surtout pratiqué sur les plantations d agrumes. La très faible surface irriguée par aspersion est constituée essentiellement de céréales. 3. Des visions différentes de l efficience des techniques L amélioration de l efficience de l irrigation a été pensée à travers l introduction de plusieurs techniques nouvelles, de niveaux technologiques différents. Aujourd hui les agriculteurs ne retiennent que la robta, le goutte-à-goutte et l aspersion. La première, adaptée à toutes leurs conditions, même si certains sont conscients de ses limites, les deux dernières pour leur économie d eau. Les techniques d irrigation gravitaires améliorées, de niveau technologique intermédiaire, introduites bien avant les techniques de l irrigation localisée, n ont connu aucun succès auprès des agriculteurs, bien que plus efficientes que la robta. La robta qui domine dans le périmètre est donc jugée peu efficiente. Les efforts de rationalisation de l irrigation sont essentiellement orientés vers son remplacement, soit par des versions gravitaires améliorées, soit par des dispositifs d irrigation localisés. Bien qu il ne nous ait pas été possible de mesurer l efficience des techniques, cette affirmation est à nuancer. La vision de l efficience, essentiellement technicienne, porte sur l hydraulique et l agronomique. Cette vision n est pas partagée par l agriculteur. D abord, la pratique de la robta varie d un agriculteur à l autre, et donc les pertes d eau pour chaque agriculteur. Sa préoccupation est de minimiser ses charges de production, et la robta est l alternative la moins chère et la mieux maîtrisée. D autre part, le prix de l eau reste encore suffisamment bas et n est pas perçu comme une contrainte. Là où ce prix est plus élevé, il semble que le processus de changement technique est plus avancé. 74

84 4. La rationalisation de l irrigation confrontée à des problèmes socio-économiques Le processus de changement technique indispensable à la rationalisation de l irrigation se heurte à de sérieuses contraintes socio-économiques. La plus importante de ces contraintes est sans aucun doute l indivision. Ce statut qui concerne 31% de la superficie du périmètre oblige les héritiers à exploiter séparément leur part de l héritage (si elle est inférieure à 5 hectares) sans que le statut de propriétaires leur soit reconnu. Par ailleurs, tout investissement sur l exploitation commune est soumis à un accord de tous les cohéritiers, ce qui rend toute décision difficile à prendre. La grande majorité des exploitations sont ainsi trop petites et n atteignent pas le seuil de rentabilité requis par l introduction de techniques modernes. Globalement, les productions végétales locales, fortement dominées par la betterave et le blé, ne permettent pas de saisir toutes les opportunités du marché. Les niveaux de revenus de ces exploitations ne permettent pas de dégager le capital important nécessaire pour l installation d un système d irrigation localisé, qui reste la préférence de la majorité. D autre part, il leur est impossible de prétendre à un crédit bancaire à cause de la faible taille de leur exploitation et de l absence d un titre de propriété. L influence du niveau d éducation sur l adoption de nouvelles techniques reste une hypothèse. Le niveau élevé d analphabétisme dans l échantillon (52% ne sont jamais allés à l école) n a pas pu être associé à la pratique de techniques modernes d irrigation. Tout au plus peut-on supposer que les agriculteurs analphabètes sont défavorisés dans l accès à l information, non seulement sur les techniques mais aussi sur les opportunités d y accéder (procédures de financement). 5. Des contraintes techniques au changement Le périmètre a dès le départ été conçu pour un système d irrigation par gravité. Sa conception même représente ainsi une contrainte technique à l introduction d autres systèmes. Les techniques d irrigation gravitaire améliorées se heurtent à un problème de nivellement des terres. Celui ci est dégradé par les labours avec la charrue à disques communément utilisée par les agriculteurs. L utilisation de machines spécialisées de surfaçage reste trop chère pour les exploitations à faibles revenus. De même, les dispositifs longs requis par les techniques améliorées sont difficiles à mettre en place dans les petites exploitations qui n ont as un accès direct à l arroseur. Pour les systèmes d irrigation localisée, une contrainte technique est la dispersion de petites parcelles d une même propriété. L adaptation de ces systèmes aux cultures denses (betterave, céréales), bien que possible techniquement, n est pas encore maîtrisée, ni même connue, par la grande majorité des agriculteurs. Même quand toute contrainte technique est absente, la non maîtrise des époques d apport d eau reste une contrainte majeure à une irrigation plus rationnelle. 6. La décentralisation de la gestion de l eau en transition difficile La politique nationale de transfert de responsabilité de la gestion des périmètres irrigués d organismes publics vers des organisations paysannes est encore en transition. Dans le périmètre de Tadla, une première expérience a consisté à confier la gestion et l entretien d une partie du réseau à une association des usagers de l eau. Cette expérience prématurée, alors que l association n était pas prête, a, depuis, justifié le ralentissement du transfert de prérogatives de l ORMVAT. La participation des agriculteurs dans le processus de gestion de l eau se 75

85 limite à un rôle consultatif dans la programmation des dotations des cultures en eau qui leur est accordé par l ORMVAT. Pour ce dernier, l autonomie qui lui a été accordée, a jusqu ici seulement abouti à une diminution de ses moyens humains et matériels, réduisant ainsi sa capacité d entretien du réseau d irrigation et d encadrement des agriculteurs. Il lui est devenu d autant plus difficile d accomplir sa mission qu il est confronté à une diminution des ressources en eau qu il doit distribuer à un grand nombre d agriculteurs. Dans ces conditions, la rationalisation de l irrigation s est limitée à un rationnement de l eau. 7. L Etat, acteur encore déterminant? Les politiques agricoles et hydrauliques se traduisent localement par des contraintes à la rationalisation de l irrigation de différents ordres. Juridiquement, la loi sur l indivision impose à l agriculture locale des structures de production contraignantes, limitant les possibilités de financement et les économies d échelle. Les grandes exploitations, pour l instant, sont les plus à même d adopter les techniques d irrigation modernes. Les subventions accordées aux équipements hydrauliques susceptibles de rationaliser l irrigation (mobilisation d eaux souterraines, pompage, construction de bassins, équipements pour l irrigation localisée) montre déjà un impact, mais celui-ci est lent à se manifester et exclut les exploitations les plus petites. Par ailleurs, la procédure d octroi d autorisations de creusage de puits et de forage de l Agence des Bassins reste assez lourde et perçue comme un obstacle par les agriculteurs. La libéralisation des assolements a, depuis 25 ans, eu un impact certain. On observe une nette réorientation des systèmes de production vers des cultures commerciales et la production animale. La seule constante est la culture de la betterave, prioritaire dans le périmètre en termes de dotation en eau. Elle est fortement perçue comme une contrainte par les agriculteurs qui préféreraient que la dotation en eau ne soit pas liée à la pratique d une culture particulière. Pour l agriculteur, cette transition agronomique, économique et institutionnelle n est pas accompagnée par les appuis nécessaires. Les associations d agriculteurs créées par les pouvoirs publics n ont pas les moyens matériels et organisationnels pour accomplir les missions de mobilisation et d encadrement attendues d elles. L agriculteur lui-même n a pas encore adhéré à cette nouvelle politique et considère ces associations comme des structures administratives. 76

86 Chapitre VII : Les scénarios de développement de l irrigation dans le périmètre irrigué du Tadla L analyse technique et socio-économique des systèmes d irrigation dans le périmètre du Tadla, nous a permis d établir un diagnostic de la situation actuelle de l irrigation. Les résultats de cette analyse ont été présentés dans les chapitres précédents et synthétisés dans la conclusion. Pour la mise au point des recommandations, pour une utilisation rationnelle de l eau d irrigation, nous avons choisi la démarche de la planification par scénarios. La formulation de scénarios de développement est un outil de programmation de plus en plus utilisé dans la planification stratégique. C est une méthode particulièrement bien adaptée à la planification de la recherche et du développement, dont le contexte est complexe et dynamique. Faire des projections est très difficile, compte tenu des changements des facteurs environnementaux, institutionnels, politiques et démographiques (N. Sellamna, 2003). La planification par scénarios est un processus créatif qui permet aux acteurs du développement de développer une vision commune de l avenir et de décider, ensemble, les meilleurs moyens de la réaliser, d explorer ses implications et d en planifier la réalisation (N. Sellamna, 2003). Le choix de cette méthode pour la formulation du plan d actions de recherche et de recherche développement est donc justifié à double titre dans notre cas. Elle permet de s adapter à l incertitude dans laquelle se trouvent les acteurs locaux quant à l évolution de leur situation. Elle permet aussi de faire participer chercheurs et développeurs à l ensemble du processus, de l analyse de l évolution probable de la situation à l identification et la hiérarchisation des options. Ainsi, les chercheurs du CRRA et des ingénieurs de l ORMVAT, de la DPA et de la DPVCTRF, ont été associés à cet exercice au cours d un atelier de formulation des scénarios de développement de l irrigation. Un autre outil de la planification par scénario a été utilisé avec les agriculteurs de la région. Il s agit de la vision du futur de l irrigation telle que souhaitée par les agriculteurs («future visioning»). Entièrement basés sur une connaissance intuitive et sur des projections dans le futur, le modèle produit est davantage de type idéal/ normatif, sans tenir compte des tendances actuelles. Il représente les changements de la situation actuelle telle que les agriculteurs les souhaitent (N. Sellamna, 2003). Avant de procéder à l identification des facteurs qui déterminent le développement futur de la situation actuelle de l irrigation dans le périmètre et leurs évolutions, nous avons préféré faire le point sur l évolution de l agriculture dans le périmètre durant les trente dernières années. Les changements intervenus dans le passé et leurs déterminants, constituent un bon support pour la réflexion sur les changements possibles dans l avenir. Ainsi, ce chapitre est constitué de trois parties : en premier lieu on présente l évolution des systèmes de production depuis les années 1970, après on passe aux scénarios de développement de l irrigation, élaborés avec les chercheurs et les développeurs, puis on reprend la vision du futur élaborée par les agriculteurs du périmètre. La dernière partie de ce chapitre sera consacrée aux recommandations qui sont présentées sous forme de propositions d actions de recherche et de recherche développement. 77

87 7.1. Evolution des systèmes de production En trente ans, plusieurs changements ont eu lieu dans le périmètre du Tadla. Les agriculteurs ont cessé de cultiver le coton et la niora à cause de leur forte demande en eau alors que le périmètre traversait des périodes de sécheresse. Par ailleurs, la filière coton a connu des difficultés liées aux fluctuations du marché international, après l éclatement, les ex républiques asiatiques de l union soviétique ont commencé à vendre le coton sur le marché international. Cela a affecté la position privilégiée de la production africaine, elle est encore devenue plus difficile en 1999 quand la chine, l un des plus grands acheteurs, a décidé de vendre. Cette situation a causé la faillite des entreprises cotonnières et donc de toute la filière coton. Les raisons précitées combinées au fait de la politique de libéralisation des assolements sont à la base du processus de la disparition du coton. La place de l élevage et sa forme (le remplacement des races locales par des races croisées et des races pures) sont devenues importantes dans les systèmes de productions. L élevage sert d alternative aux producteurs confrontés à des contraintes naturelles (salinité, profondeur de la nappe) qui entravent la diversification des cultures. Les producteurs sont limités aux cultures du blé et de la luzerne. Dans ce cas, et dans l optique de l amélioration de leurs revenus, ils investissent d avantage dans l élevage. On observe cette même stratégie chez les agriculteurs limités par la faible superficie de leur parcelle Le nombre et la surface des grandes exploitations, promues par les entreprises à caractère commercial, sont entrain d augmenter. En effet, l intérêt des capitaux pour l agriculture est remarquable ces dernières années, par ce que cette dernière n étant pas sujette à des taxes offre l avantage de dégager des bénéfices importants s agissant de certaines productions. Ces sociétés investissent dans le secteur agricole, en créant de véritables entreprises gérées par des salariés. Ces grandes exploitations sont à vocation arboricole principalement les agrumes et les rosacées, d où l importance grandissante des cultures fruitières dans le périmètre. Ces grandes exploitations ont contribué à une plus grande mécanisation et à l adoption de nouvelles techniques d irrigation tels que l irrigation localisée, leur principe de fonctionnement étant la maximisation du profit. L autre facteur qui a favorisé le machinisme agricole et le développement des technologies, est la libéralisation des travaux agricoles. L office a progressivement cédé les travaux agricoles aux prestataires privés. Il a même contribué à la création de certains d entre eux tels que les entreprises de nivellement au laser. En plus des grandes exploitations, la logique de l agriculture de superficie croissante des cultures maraîchères et cultures commerciales là où les conditions naturelles le permettent : la disponibilité en eau, la douceur des eaux de pompage et la classe des sols. Paradoxalement à l augmentation du nombre des grandes exploitations, l augmentation de la population du périmètre a fait que le nombre des petites exploitations (superficie par personne inférieure à 5 ha) est entrain d accroître. Il est dû à la division des parcelles entre les héritiers. Juridiquement, ce phénomène prend l appellation «d indivision» car la loi interdit de diviser la parcelle en dessous de 5 ha par personne. On assiste à la vente ou la location des terres par certains propriétaires de micro- parcelles qui se rendent compte que l agriculture n offre pas de perspectives. Ils choisissent d aller à l exode ou l émigration. 78

88 On note aussi des changements dans le périmètre dus à la volonté de l encadrement cherchant le perfectionnement du système. L apparition du nivellement laser entre dans ce cadre. Il a pour objectif de faciliter la diffusion des techniques gravitaires améliorées comme le bassin à fond plat et la raie longue. Malgré cette évolution, le système d irrigation n a pas beaucoup évolué à part l augmentation du nombre de puits et l adoption progressive de l irrigation localisée sous les fruitiers. Les subventions de l Etat ont favorisé cette évolution. On note ici une différence fondamentale entre la logique paysanne et celle des techniciens. Quand l eau s est fait rare, les agriculteurs ont opté pour des puits plus profonds alors que les techniciens n ont cessé de proposer des techniques plus économes en eau. On peut conclure que pour les 30 dernières années, 4 facteurs ont été déterminants sur l évolution du secteur agricole dans le P.I : La politique de libéralisation : Elle a favorisé les filières performantes, l émergence des prestataires et des entreprises agricoles à vocation commerciale. La démographie : Elle est à la base des problèmes socioéconomiques tels que le morcellement des parcelles et l émigration. Les années de sécheresse : elles ont poussé l ORMVAT à introduire des techniques plus économes en eau. Les agriculteurs cherchent à développer des systèmes de production plus porteurs. Les progrès techniques : Le goutte-à-goutte et le nivellement laser sont aussi à l actif du progrès technique. La réflexion pour envisager l avenir doit s inspirer de ce fait. La volonté des intervenants n est pas le seul facteur déterminant pour les changements à venir. Elle doit tenir compte des facteurs contextuels. En d autres termes, les propositions pour améliorer les systèmes d irrigation du périmètre doivent partir de l analyse des facteurs du contexte qui vont influencer le développement futur de celui ci. Dans le chapitre suivant, nous allons formuler des recommandations à partir de scénarios de développement possibles de la situation actuelle. 79

89 7.2. Formulation des scénarios Après le rappel des principaux changements intervenus dans les systèmes de production au périmètre, une analyse de la situation actuelle de l irrigation dans le périmètre du Tadla a été présentée et discutée avec les chercheurs et développeurs qui s intéressent à ce sujet. Par la suite, il a été procédé à une identification des facteurs clés qui déterminent le développement de l irrigation dans le périmètre dans les quinze prochaines années. Vu la relation étroite qui existe entre les systèmes d irrigation et les systèmes de production, le développement de l irrigation a été pensé dans le cadre global du développement du secteur agricole dans le périmètre du Tadla. Quatre forces motrices ont été retenues par les participants à l atelier de formulation des scénarios de développement : La démographie, les disponibilités en eau, les subventions publiques et la valorisation des produits agricoles de la région. La définition des évolutions les plus probables de ces forces motrices nous a permis de définir trois scénarios, en combinant les forces motrices. La formulation de ces scénarios a été faite par les participants, en tenant compte des possibilités de développement les plus probables. Les scénarios identifiés sont présentés dans le tableau suivant. Tableau n 27 : Description des scénarios Scénarios Démographie Disponibilité en eau Subventions Valorisation des prod. Agricoles + = = = Scenario 1 : Intégration Agriculture- Industrie» Scenario 2 : Vers une agriculture pluviale Scenario : 3 de l agriculture à l agroalimentaire NB : les signes présentés sur les colonnes signifient : - baisse, + augmentation, = situation inchangée. 80

90 Description des forces motrices : La pression démographique : Augmente : cette augmentation est due à plusieurs facteurs. D un côté, le fort taux de croissance de la population locale, encouragé par des conditions de vie relativement favorables dans le périmètre, n est plus régulé par l émigration vers l Europe comme c était le cas auparavant. En effet, les pays de la communauté européenne ont consolidé leur ouverture vers l Est du continent et sont plus stricts envers l émigration maghrébine. De l autre côté, le périmètre a attiré beaucoup d immigrés, venants des zones défavorisées avoisinantes (les zones de montagne et les zones arides). Se stabilise : le recul de l âge moyen du mariage, l augmentation du niveau d instruction des agriculteurs et une meilleure planification des naissances permettent une limitation des naissances. Par ailleurs, l importance de l immigration vers le périmètre permet de maintenir les données démographiques de la région au même niveau. Les disponibilités en eau Ne changent pas : la non variation des conditions climatiques, notamment la pluviométrie, permet de maintenir les disponibilités en eau à un niveau stable. Baissent : des cycles répétitifs des années de sécheresse ont frappé durement la région, provoquant une baisse des disponibilités des ressources hydriques. Par ailleurs, la demande en eau, notamment par le secteur urbain, a connu une augmentation très importante. Le développement du secteur industriel et la forte croissance démographique sont à l origine de cette augmentation. Les subventions publiques à l agriculture Baissent : Pleinement engagé dans le processus de libéralisation de l économie nationale, l Etat se désengage de toute la sphère économique. Les aides publiques à l agricultures n ont fait que baisser. Cette politique est le résultat des choix stratégiques de l Etat de s intégrer dans l économie mondiale et de ses engagements internationaux, notamment avec l OMC et l UE. Outre les choix libéraux de l Etat, la baisse des subventions agricoles est également le résultat de la baisse des ressources financières de ce dernier. La diminution des transferts de l émigration et la baisse de la compétitivité du secteur agricole de l exportation affectent sensiblement les finances de l Etat. La valorisation des produits agricoles Inchangée : les investissements dans le secteur des industries agroalimentaires ne connaissent pas une augmentation importante. L intérêt des agriculteurs pour la valorisation traditionnelle des produits agricoles reste limité à quelques produits (produits laitiers, l huile d olive) et à très petite échelle. Augmente : La région connaît un grand essor de l industrie agroalimentaire ce qui offre des débouchés avantageux pour les produits agricoles locaux. L industrie alimentaire installée dans la région est très diversifiée et fortement intégrée, produisant des biens à haute valeur ajoutée. Le développement de cette industrie est encouragé par les grandes potentialités 81

91 agricoles de la région et l important mouvement d investissements privés financés par les émigrés Présentation du scénario n 1 : «Intégration Agriculture- Industrie» Les forces motrices évoluent dans ce scénario dans les sens suivants : le maintien de la pression démographique et des disponibilités ne changent pas, les subventions publiques baissent et la valorisation des produits agricoles de la région augmente. Impacts sur les systèmes de production Les systèmes de production sont très intensifiés et connaissent une diversification par le développement des cultures rentables. En effet, les revenus des agriculteurs améliorés et relativement stabilisés par le développement de débouchés industriels valorisants et sûrs, l intensification est devenue accessible à beaucoup d agriculteurs. Ainsi, les niveaux d utilisation des intrants et des investissements connaissent une augmentation sensible. Par ailleurs, l élevage intensif prend beaucoup d ampleur dans les systèmes de production de la région, notamment par l introduction des races améliorées, plus productives en lait et en viande. L autre changement majeur qui intervient sur les systèmes de production est la disparition de la betterave. Le développement de la demande sur de nouveaux produits agricoles, dont la rentabilité est plus importante que la betterave, fait que les agriculteurs délaissent la pratique de cette culture. Quant aux équipements hydrauliques, leur nombre tend à augmenter du fait que les cultures pratiquées sont exigeantes en eau et aussi parce que les agriculteurs cherchent une plus grande autonomie en eau pour une meilleure gestion de l irrigation (contrôle des doses et des époques d apport). Les agriculteurs qui ont le plus investis dans la mobilisation de l eau sont ceux qui disposent du capital, mais surtout ceux qui sont localisés dans les zones riches en ressources souterraines. Pour ce qui est lié à la structure foncière dans le périmètre, l évolution se fait dans le sens d une concentration des exploitations agricoles entre les mains d une petite catégorie d agriculteurs. Le nombre de petites exploitations a enregistré par contre une baisse remarquable. Impacts sur les systèmes d irrigation Le développement des systèmes de production, l intégration croissante des exploitations du périmètre au marché et le changement intervenu sur les structures foncières des exploitations favorisent l adoption des techniques d irrigation innovantes. Ceci d autant plus que les agriculteurs sont plus sensibles à l économie de l eau et à l optimisation de son utilisation. L irrigation localisée connaît un développement très important. Les agriculteurs les plus innovants dans le domaines de l irrigation sont ceux qui disposent de capital, facteur principal dans le choix des techniques. Les changements dans les systèmes d irrigation sont certes le fruit des changements intervenus sur les systèmes de production, ils sont aussi motivés par l augmentation du prix de l eau. Ce dernier connaît une augmentation du fait de la croissance considérable de la 82

92 demande en eau due au développement des cultures rentables et de l intensification de la production. Impacts sur les agriculteurs Dans ce scénario tous les agriculteurs sont orientés vers l intensification de la production et connaissent une amélioration de leurs revenus. Cependant, leurs orientations productives varient en fonction de la taille de leur exploitation. Ainsi, les grandes exploitations sont beaucoup plus spécialisées dans l arboriculture, notamment les agrumes, les moyens et les petits exploitants sont beaucoup plus orientés vers des cultures rentables telles que les roses, les plantes aromatiques et les cultures maraîchères. Malgré les conditions favorables au développement agricole, une partie des exploitations de petites tailles disparaissent, cédant la place aux grandes exploitations, dont la taille moyenne enregistre une augmentation sensible. Impacts sur les institutions Beaucoup de changements interviennent sur le plan institutionnel dans le périmètre. De nouveaux acteurs apparaissent dans l environnement socio-économique de l agriculture et les anciens s adaptent au nouveau contexte. Ainsi, de nouvelles unités industrielles de transformation des produits agricoles s installent dans la région, mettant en place des conditions d organisation professionnelle par filière très dynamique. L INRA en tant que principal organisme national de recherche agronomique s oriente vers une recherche plus axée sur les nouvelles priorités des agriculteurs, en produisant des connaissances et des technologies adaptées aux besoins de ses clients. Il intègre dans ses priorités de recherche les pièces maîtresses des nouveaux systèmes de production de la région : les cultures rentables ( arboriculture, cultures maraîchères et autres) et les systèmes d irrigation. L ORMVAT s adapte aux changements intervenus dans le périmètre. Le mode de distribution de l eau est revu en fonction des nouveaux besoins des agriculteurs. Le progrès réalisé dans le domaine de l organisation des agriculteurs donne un nouveau souffle à l application de la GPI. Une bonne partie du réseau est alors gérée par les agriculteurs et leur implication dans le processus de prise de décision a atteint des niveaux importants. Les sucreries tendent à disparaître suite à une diminution importante des superficies cultivées par la betterave. Le seuil d approvisionnement minimum pour une rentabilité de l entreprise n étant plus assuré. Options de recherche et de développement proposées - Renforcement de la recherche sur les cultures rentables, - Renforcement de la formation des agriculteurs aux techniques d irrigation efficientes, - Amélioration de l encadrement des AEUA pour les préparer à participer activement dans la gestion de l eau dans le périmètre, - Développement de l irrigation d appoint, - Adaptation des itinéraires techniques des cultures pratiquées aux conditions de manque d eau. 83

93 7.2.3 Présentation du scénario n 2 : «Vers une agriculture pluviale» Dans ce scénario les forces motrices évoluent toutes dans un sens négatif. La démographie augmente, les ressources en eau diminuent, les subventions publiques baissent et la valorisation locale des produits agricoles reste au même niveau. Impacts sur les systèmes de production L augmentation de la pression démographique joue en faveur d une intensification de la production agricole par la main d œuvre. Ne trouvant pas de débouchés dans les autres secteurs, la main d œuvre familiale est pleinement utilisée dans l exploitation. Cette forme d intensification permet d augmenter le revenu des agriculteurs. Les conditions difficiles des quinze prochaines années imposent une reconversion des systèmes de production existants. En effet, la faible disponibilité en eau a comme première conséquence l augmentation du prix de l eau dans le périmètre. Dans ces conditions beaucoup de changements interviennent dans les systèmes de production. Ils peuvent êtres synthétisés dans les points suivants : Diminution des superficies de l arboriculture exigeante en eau (agrumes, rosacées ), remplacée par une arboriculture moins exigeante en eau, notamment l olivier. Disparition de la culture de la betterave et augmentation des cultures rentables à cycle court, donc nécessitants moins d eau (sésame, cultures maraîchères ) Diminution de l élevage bovin laitier fortement exigeant en fourrage vert et développement de l élevage ovin et de la jachère. Développement des cultures fourragères non irriguées. Une partie des exploitants ne disposant pas d assez de ressources en eau, irrigue uniquement les cultures rentables et conduit le reste des cultures, notamment les fourrages, en pluvial. Maintien au niveau actuel des céréales. Leur importance dans le modèle de consommation des agriculteurs et leur faible exigence en eau permettent aux céréales de se maintenir au même niveau. Les systèmes de production dans les conditions de ce scénario, tendront vers ceux des zones pluviales. Quant aux impacts sur le foncier, on peut distinguer deux tendances opposées. D une part, le nombre des petites exploitations dans le périmètre augmente sous l effet de la pression démographique. D autre part, le phénomène de la concentration foncière continue de gagner de l ampleur. Ainsi, il y a beaucoup d exploitations avec très peu de superficie et une minorité d agriculteurs qui détient le gros de la SAU du périmètre irrigué. Un autre phénomène lié au foncier agricole se développe dans le périmètre. Il s agit, de la pression sur le foncier péri-urbain. Les villes grandissantes réalisent leur expansion sur le foncier agricole péri-urbain. Poussés par les conditions difficiles de l agriculture, les propriétaires cèdent facilement leurs terres. Impacts sur les systèmes d irrigation. La diminution des ressources en eau et l augmentation de sa demande conduisent à une augmentation du prix de l eau. Dans ces conditions les agriculteurs apprennent à mieux gérer l eau dont ils disposent et la rationalisation de l irrigation est devenue leur premier objectif. 84

94 Ainsi les techniques d irrigation économes en eau, notamment le goutte-à-goutte, connaissent un développement important. Elles sont beaucoup plus pratiquées sur les cultures rentables, notamment l arboriculture et les cultures maraîchères. Impacts sur les agriculteurs Les changements socio-économiques et naturels intervenus dans le périmètre n ont pas le même impact sur tous les agriculteurs. Les plus affectés sont les moins disposés à reconvertir leur système de production et d irrigation. Par ailleurs, ces agriculteurs sont les plus touchés par le problème de l émiettement des exploitations. Ils sont également les premiers concernés par la vente des terres agricoles. Les agriculteurs ne disposant pas d une source d eau souterraine, quelle que soit la taille de leur exploitation, sont également affectés dans ce scénario. Ils sont les plus limités dans les choix de reconversion de leur système de production et d irrigation. Seuls les agriculteurs possédant du capital et des ressources en eau souterraines s adaptent aux nouvelles conditions sans grandes difficultés. Impacts sur les institutions Tous les acteurs intervenants dans le secteur agricole dans le périmètre sont concernés par les changements induits par ce scénario. Ils ne sont pas tous touchés de la même manière ni avec la même importance. Les implications pour les principaux acteurs peuvent êtres résumés dans les points suivants : L INRA : il joue un rôle croissant dans le développement agricole du périmètre. Ses domaines de recherche sont revus et orientés vers les préoccupations majeures des agriculteurs. Ainsi, une re-programmation des activités de recherche est effectuée et l accent est mis sur les problèmes de l irrigation et l adaptation des cultures aux conditions de manque d eau. L ORMVAT : ses ressources financières diminuent suite à la baisse des ressources en eau. L augmentation des prix de l eau ne suffit pour couvrir les charges liées à l entretien du réseau d irrigation. Ainsi, l office accélère le processus de transfert de certaines de ses prérogatives aux AUEA et l application de la GPI connaît une avancée importante. Dans la même stratégie d adaptation, l office procède à la réduction de son personnel et au recentrage de ses activités d encadrement sur les nouvelles techniques économes en eau. Les sucreries : sont les plus grandes perdantes dans ce scénario. La baisse des disponibilités en eau et l augmentation de son prix ont diminué la rentabilité de la betterave sucrière et conduisent à sa disparition du périmètre. L Agence du Bassin : le recours de plus en plus fréquent aux ressources souterraines profondes par les agriculteurs de la région fait de cette dernière un acteur clé dans la gestion de l eau dans le périmètre irrigué. Le Crédit Agricole : la baisse des aides publiques à l agriculture et l augmentation des besoins de financement des agriculteurs, liés à la reconversion de leur système de production et d irrigation, font que cet acteur est de plus en plus sollicité. 85

95 Options de recherche et de développement proposées - Identification des cultures rentables moins exigeantes en eau à promouvoir, - Amélioration des conditions d accès aux financements, notamment l accès aux aides publiques et les crédits bancaires, - Renforcement des actions de vulgarisation et de formation des agriculteurs, notamment pour les techniques d irrigation, - Renforcement de l encadrement et de l organisation de la profession agricole en encouragent la dynamisation des associations et des coopératives agricoles, - Recensement et adaptation des techniques d irrigation économes en eau développées dans les pays qui sont dans les mêmes conditions, - Révision de la réglementation sur le foncier agricole, notamment la loi sur l indivision Présentation du scénario n3 : «De l agriculture à l agroalimentaire» Les forces motrices évoluent dans ce scénario comme suit : la démographie est en nette augmentation, les subventions publiques baissent, les disponibilités en eau sont inchangées et la valorisation des produits agricoles s est beaucoup développée. Impacts sur les systèmes de production Tirée par un marché agricole très porteur, l agriculture dans le périmètre se développe considérablement et connaît des niveaux d intensification importants. Cette dernière est essentiellement basée sur une utilisation accrue de la main d œuvre familiale. En effet, l accroissement de la population et les capacités limitées du tissu industriel local à absorber le chômage ont fait des exploitations familiales les seuls pourvoyeurs d emplois. L industrie de transformation contribue, par sa forte demande, à la détermination des nouvelles vocations de l agriculture locale. Les produits maraîchers, le lait, la viande et les céréales connaissent une évolution. Une nette amélioration de la qualité des produits agricoles est réalisée dans la zone avec l appui des unités de transformation. 86

96 La culture de la betterave disparaît des systèmes de production et cède la place au développement de l élevage bovin laitier et les cultures maraîchères. La démographie importante accentue l urbanisation et exerce une forte pression foncière. Le prix du foncier augmente fortement et l accès aux terres agricoles est de plus en plus difficile. Impacts sur les systèmes d irrigation Dans le domaine de l irrigation, le principal changement est l augmentation du prix de l eau. Cette augmentation se répercute sur les pratiques de l irrigation dans les exploitations. L économie de l eau devient la préoccupation majeure des agriculteurs. Les techniques innovantes connaissent un large développement dans le périmètre. Ces changements sont également induits par l augmentation des besoins en eau des cultures intensives. Impacts sur les agriculteurs Le développement de la valorisation des produits agricole se répercute positivement sur les revenus des agriculteurs du périmètre. Cependant, seuls les agriculteurs qui ont pu intégrer les filières rentables bénéficient de cette situation. Les exploitations pratiquant une agriculture de subsistance voient au contraire leur situation économique se dégrader. Impacts sur les institutions La dynamique du secteur agricole dans le périmètre re-dynamisé le mouvement de l organisation paysanne. Les associations de producteurs sont réorganisées et jouent un rôle important dans l encadrement et l appui aux agriculteurs de la région. Elles jouent également un rôle important dans la défense des intérêts des agriculteurs de l ensemble de leurs partenaires, notamment les unités de transformation des produits agricoles. L ORMVAT oriente le plus gros de ses efforts d encadrement vers l introduction des techniques d irrigation innovantes. Options de recherche et de développement proposées - Développement des techniques d irrigation plus économes en eau, - Sélection des cultivars plus performants et moins exigeants en eau, - Mise au point d itinéraires pour les principales cultures du périmètre en fonction des conditions naturelles locales, - Amélioration des systèmes d information et de vulgarisation, - Promotion des partenariats entre les instituts de recherche et de développement et les entreprises de transformation des produits agricoles, - Promotion et encouragement du développement des industries de transformation des produits agricoles Le développement futur de l irrigation, souhaité par les agriculteurs La vision du futur des agriculteurs sur le développement de l irrigation dans les quinze prochaines années a été construite avec un groupe de quinze agriculteurs représentants les trois sous zones du périmètre. L atelier de travail a commencé par la présentation de la problématique de l irrigation telle qu elle se pose aujourd hui au périmètre du Tadla. Une longue discussion a suivi la présentation, elle nous a permis une compréhension commune de la situation actuelle de l irrigation. Par la suite, nous avons demandé aux agriculteurs 87

97 d identifier les aspects de la situation actuelle de l irrigation dans le PIT qu ils souhaitent voir modifiés. Les réponses à cette question sont synthétisées dans les points suivants : 1. La réforme de la loi sur l indivision et révision à la baisse de la superficie minimale des exploitations de 5 ha à 2 ha, 2. La réalisation de forages, par l Office, pour pallier l insuffisance de l eau de barrage, 3. La réorganisation des associations professionnelles et des coopératives, 4. La garantie, par l Etat, d un prix minimum pour les produits agricoles, 5. La subvention des prix du gasoil à usage agricole, 6. La simplification des procédures administratives, notamment celles relatives à l accès aux aides publiques pour l irrigation, 7. La prise en charge par l Office de toute la filière betterave sucrière, 8. L utilisation de l eau souterraine exclusivement pour les techniques économes en eau, 9. L amélioration du travail du sol pour une irrigation plus économe en eau, 10. L amélioration des pratiques de l irrigation gravitaire, pour plus d efficience, Ces différents points n ont pas tous eu le consensus des agriculteurs présents. Les sept premiers points ont eu l accord de la totalité des agriculteurs. Les trois derniers, par contre, n ont pas eu l accord de tous les agriculteurs présents. Ils considèrent que le changement souhaité doit être important et non basé sur des mesures de bricolage. Le changement des techniques d irrigation n est pas perçu par les agriculteurs sous l angle de l économie de l eau. Ce sont beaucoup plus les gains en termes d argent et d efforts qui les intéressent au premier plan. C est pour ça qu ils ne conçoivent le changement qu à travers le goutte-àgoutte. Les agriculteurs dans leur vision du futur, considèrent le changement comme facteur externe, qui doit être toujours programmé et financé par l Etat. Aucun des aspects du changement souhaités par les agriculteurs ne relève d une action qui émane de leur niveau. Ce qui nous pousse à nous demander : Les agriculteurs du périmètre sont-ils prêt à relever le défi de la reconversion de leurs systèmes d irrigation en des systèmes plus efficients? Une comparaison des options de recherche et de développement identifiées par les techniciens avec les changements souhaités par les agriculteurs, fait apparaître plusieurs points de convergences entre les deux visions. Il existe, certes, une différence de niveau d analyse qui s est limité pour les agriculteurs aux problèmes strictement liés au niveau exploitation (disponibilité en eau, statut foncier, écoulement de la production, accès aux subventions ) par contre, les techniciens se sont beaucoup plus penchés sur des considérations techniques et économiques plus globales. Les deux visions se rejoignent sur les points relatifs à l accès aux aides publiques, à l indivision, à l organisation professionnelle. L aspect technique de l irrigation et son efficience semble être une préoccupation propre aux techniciens, les agriculteurs s intéressent beaucoup plus aux aspects économiques. Le changement pourrait être amorti en proposant aux agriculteurs des techniques qui ont des impacts positifs à la fois sur l économie de l eau et la rentabilité des cultures Recommandations Sur la base des options proposées dans les différents scénarios de développement de l irrigation et les changements souhaités par les agriculteurs, nous avons formulé des recommandations de recherche et de développement pour un développement durable de l agriculture et de l irrigation dans le périmètre. Nous avons procédés par l identification des options communes à tous les scénarios que nous avons complétés par des recommandations issues de l analyse des contraintes actuelles qui freinent l amélioration de l irrigation dans le 88

98 périmètre. Dans le tableau qui suit, sont présentées les recommandations, leurs justifications, les institutions concernées et les modalités de leur mise en application. La hiérarchisation des recommandations a été faite sur la base : Des options communes aux trois scénarios ; De croisements avec les options identifiées par les agriculteurs et les chercheurs. 89

99 Tableau n 28 Les recommandations OPTIONS DE RECHERCHE ET RECHERCHE DEVELOPPEMENT JUSTIFICATION INSTITUTIONS CONCERNEES MODALITES Inventaire et adaptation des techniques d irrigation économes en eau La technologie innovante actuelle (irrigation localisée) n est pas accessible à tous les agriculteurs. Les techniques d irrigation gravitaires améliorées ont des contraintes d adoption (nivellement, siphon). Il existe des technologies intermédiaires assez économes en eau qui peuvent s adapter aux conditions de la zone. ORMVAT INRA IAV Coopération avec des institutions spécialisées dans les technologies intermédiaires. Renforcement de la vulgarisation et de l encadrement. Diagnostic de l utilisation de l eau à la parcelle par l agriculteur. Les dotations en eau de barrage reçues sont généralement utilisées par l agriculteur selon sa convenance. Une étude des quantités d eau affectées pour chaque culture renseignera sur le niveau de satisfaction des besoins des cultures. Cette situation permettra de mieux comprendre la stratégie de l agriculteur et de revoir la programmation actuelle des dotations en eau. INRA ORMVAT IAV Enquête technique sur la distribution de l eau à la parcelle qui consiste à des mesures des quantités d eau affectées à chaque culture sur plusieurs campagnes et chez plusieurs agriculteurs. Renforcement des AUEA et consolidation de leur opérationnalité Les AUEA, pièces maîtresses de la politique de décentralisation de la gestion de l eau au Maroc,connaissent aujourd hui de sérieux problèmes de fonctionnement Leur consolidation par le renforcement de leurs moyens matériel, humain et législatif leur permettra de jouer le rôle qui leur a été attribué. Ministère de l Agriculture Chambre d agriculture ORMVAT Cette mesure doit être défendue par les AUEA elles même et par l ensemble des représentants de la profession Une action au niveau national est plus à même d aboutir aux résultats escomptés. 90

100 Sélection de cultivars moins exigeants en eau Les cultures souffrent actuellement de l irrégularité des apports en eau. Cette contrainte est susceptible de s aggraver à l avenir. Adapter les cultures par un choix de cultivars moins exigeants en eau.. INRA IAV Les institutions de recherche marocaines devraient collaborer avec les institutions internationales ayant une expérience en zones arides et semi-arides. Mise au point d itinéraires techniques pour l amélioration de l efficience de l utilisation de l eau. Les itinéraires techniques pratiqués ont été réfléchis dans les conditions de disponibilité suffisante en eau. En condition de rareté de l eau, sa valorisation optimale est conditionnée par une conduite culturale conséquente, à savoir : L obtention d une structure du sol pour une meilleure rétention de l eau dépend du travail du sol et du précédent cultural. Optimisation de la période de mise en place des cultures. un meilleur raisonnement de la fertilisation Lutte contre les ennemis des cultures pour que celles ci expriment leur meilleur potentiel d utilisation de l eau. Ces itinéraires permettront de diminuer la part des charges liées à l eau. INRA IAV ORMVAT Collaboration avec les institutions internationales travaillant sur l efficience de l utilisation de l eau ( stages de perfectionnement, échanges, participation à des manifestations scientifiques ) Intensification de l encadrement par implication des différents opérateurs. Irrigation d appoint La technique largement utilisée dans le périmètre reste le gravitaire faisant perdre beaucoup d eau. La connaissance des besoins exacts et des moments opportuns d apport d eau sur toutes les cultures permet de diminuer les pertes. ORMVAT, INRA, IAV Essais chez les agriculteurs dans différentes conditions de production. Diffusion des résultats des travaux antérieurs. Etude sur les changements climatiques et de leurs impacts Elle est nécessaire car elle permettra de connaître la tendance actuelle du climat et de faire des prévisions afin de prévenir tous les risques climatiques. Les études d impact pourraient intéresser l agriculture dans le périmètre irrigué, les ressources en eau et l environnement du bassin versant de l Oum Er Rbia. INRA IAV Utilisation des données de mesures du périmètre ou du bassin versant. Peuvent être conduites en collaboration avec l IAV qui mettra un étudiant sur le thème. 91

101 OPTIONS DE RECHERCHE ET RECHERCHE DEVELOPPEMENT JUSTIFICATION INSTITUTIONS CONCERNEES MODALITES Prospection de nouvelles productions possibles. Les productions actuelles du périmètre peuvent être confrontées à la concurrence suite à la politique de libre échange prônée par l OMC. La recherche d autres productions, si leurs rapports coût / bénéfice se justifie, peut être une alternative à la perte de valeur des productions actuelles. ORMVAT INRA Etudes de marché Essai d adaptation aux conditions physiques du milieu Etude des conditions d adoption en milieu paysan. Vulgarisation des résultats de recherche et travaux antérieurs en matière de diversification des cultures et de comportement variétal. Identification des avantages comparatifs de l agriculture du périmètre du Tadla. L agriculture dans PIT traverse une crise de redéfinition de sa vocation. Celle-ci reposait, dans le passé, essentiellement sur des cultures industrielles en nette régression. L identification des productions agricoles pour lesquelles l agriculture du périmètre aurait des avantages comparatifs, permettrait aux agriculteurs et aux décideurs de voir plus clair sur les cultures à promouvoir. Les avantages comparatifs doivent être considérés par rapport au marché national et international. INRA, Ministère de l Agriculture, ORMVAT. Chambre d agriculture. Des projets de recherche peuvent être conçus et conduits en commun par les organismes concernés en collaboration avec le Ministère de l Agriculture. La coopération leur permettra de mieux approcher les différents niveaux de l analyse : régional, national et international. 92

102 OPTIONS DE RECHERCHE ET RECHERCHE DEVELOPPEMENT JUSTIFICATION INSTITUTIONS CONCERNEES MODALITES Recherche sur les cultures rentables : olivier, agrumes, roses, verveine, menthe Amélioration des conditions d accès aux financements pour toutes les catégories d agriculteurs La recherche s intéresse principalement sur les grandes cultures. A l avenir, la place des autres cultures peut devenir plus importante dans le périmètre suite à l évolution du marché. Des recherches agronomiques plus poussées sur ces cultures sont à promouvoir. Une grande partie des petits exploitants n ont pas accès aux financements, qu il soit bancaire ou public. Un assouplissement des procédures et une révision des conditions d éligibilité aux financements, permettraient à beaucoup agriculteurs d investir dans le développement de leur système de production, notamment l irrigation. INRA IAV ENA Associations professionnelles (APFEL, ASPAM ) INRA CNCA Ministère de l Agriculture Elaboration de l état de connaissances actuelles sur ces cultures au niveau du périmètre et dans les autres régions du Maroc. Identification des principales contraintes agronomiques de ces cultures. Elaboration de programmes de recherche en collaboration avec d autres organismes nationaux et internationaux. La recherche doit s intéresser aux formes alternatives de financement et leurs organisations (coopérative, mutuel ) Le crédit Agricole peut élargir la gamme de ses produits et leur adaptation aux conditions des agriculteurs de la région. Le Ministère de l Agriculture peut faciliter l accès aux aides publiques et encourager le développement de structures de financement agricole alternatives ( coopérative et association de cofinancement, des fonds de garantie pour les crédits à l agriculture) Aménagement de la législation sur l indivision L indivision empêche les petites exploitations d accéder au crédit et d investir, notamment dans l irrigation. Un abaissement du seuil de 5 ha à 2 ha permettrait de créer les conditions d investissement nécessaires pour les exploitations les plus petites. Ministère de l Agriculture Ministère des Finances Cet aménagement doit être défendu et promu par les représentants des agriculteurs et les organisations professionnelles en collaboration avec les institutions de développement. 93

103 OPTIONS DE RECHERCHE ET RECHERCHE DEVELOPPEMENT JUSTIFICATION INSTITUTIONS CONCERNEES MODALITES Promotion de l organisation de la profession agricole et sa dynamisation Les organisations professionnelles existantes dans le PIT ont un grand problème de représentativité. Elles ne prennent pas assez en compte les préoccupations des agriculteurs. Une profession organisée et dynamique donnerait aux agriculteurs les moyens de participation effective dont la gestion et la résolution de leurs problèmes. Chambre d agriculture ORMVAT. Ministère de l Agriculture Vulgarisation permanente de l importance de l organisation de la profession et les lois qui la gèrent permettrait de mieux impliquer les agriculteurs. Adopter une approche participative et la consolider à tous les niveaux du fonctionnement des organisations professionnelles. Promouvoir le rôle des jeunes des jeunes dans les organisations professionnelles. Etude des possibilités d extension des productions actuelles. Pour s adapter aux changements contextuels (marché, salinité, pollution), les agriculteurs essaient plusieurs assolements. Ils perdent ainsi des ressources avant de trouver celui qui est le mieux adapté. En effet, c est l une des raisons de leur hésitation à faire des investissements. La connaissance sur les possibilités d extension de certaines cultures l aideront à mieux choisir leurs assolements. ORMVAT, La Chambre d Agriculture, La DPA, L observatoire des marchés agricoles, Ministère de l Agriculture. Etude de marché à plusieurs échelles : du local au national. Négociation de nouveaux marchés pour les productions locales (agrumes, produits maraîchers). Etude des contraintes physiques de développement des cultures dans le périmètre (salinité, pollution, variation de la disponibilité de l eau). Modélisation de la consommation des cultures et possibilités d approvisionnement hydrique 94

104 OPTIONS DE RECHERCHE ET RECHERCHE DEVELOPPEMENT JUSTIFICATION INSTITUTIONS CONCERNEES MODALITES Renforcement de la vulgarisation des techniques d irrigation économes en eau. Plusieurs techniques économes en eau ont été introduites dans le périmètre. Mais le nombre d agriculteurs ayant une bonne connaissance de ces techniques est très limité. Une diffusion plus large de ces techniques nécessite plus d information et de formation des agriculteurs. ORMVAT La Chambre d agriculteur Organisation des journées d information. Formation des agriculteurs et la relève. Essai de démonstration des techniques d irrigation chez l agriculteur. Impliquer les agriculteurs dans l adaptation des techniques 95

105 Références bibliographiques ABDELLAOUI, R ; EL ALAOUI, M : La gestion participative en irrigation :Situation actuelle et perspective. Rapport principal préparé pour le Ministère de l Agriculture et du Développement rural (MADR). AKAGOU ZEDONG, H.C al : L agriculture dans le périmètre irrigué du Tadla : quelles perspectives d avenir? Rapport ICRA, document de travail n 90. BOUAZA, Z al : vulnérabilité et adaptation du secteur irrigué du Maroc face aux impacts des échanges climatiques. Résumé de la conférence internationale organisée par l ANAFID (Agadir, juin 2002). BOUAZIZ, A. ; BELABBES.K : Efficience productive de l eau en irrigué au Maroc. Résumé d une étude pour la FAO. BOULASSEL, A al : Périmètre irrigué du Gharb au Maroc : quelles actions de recherche et de développement pour une amélioration raisonnée du niveau d intensification? Rapport ICRA, document de travail n 99. DE VOTO, K : Système d information Géographique (SIG), évaluation des besoins, besoins cartographiques, applications préliminaires et la conception de base de données. Projet MRT, Rapport N 32. DEBBARH, A : Etude environnementale du périmètre du Tadla : Gestion Quantitative et Qualitative des ressources en eau et des sols des périmètres irrigués de Beni Moussa et Beni Amir. Projet Management des Ressources du Tadla (MRT), Rapport N 13. GUIRROU, Z : Rapport des activités du Service de Recherche et de Développement du Centre Régional du Tadla. HERZENNI, A al : Essai de typologie des exploitations du périmètre irrigué du Tadla. Projet MRT, Rapport N 20. HERZENNI, A : Enjeux de la GPI au Maroc. Communication pour la réunion de coordination INRA-IFPRI-IWMI (14-16 janvier 2003). JELLALI, M ; GEANNAH, M : La gestion décentralisée de l eau au Maroc : situation actuelle et perspectives. Document de travail pour l atelier sur la gestion décentralisée de l eau au Maroc. JOUVE, A.M : Cinquante ans d agriculture marocaine, in du Maghreb au Proche Orient : les défis de l agriculture P. 51 à 71. l Harmattan, Paris. JOUVE, P : Un modèle d aménagement hydro-agricole à l épreuve du temps et de l évolution des systèmes de production : le cas des périmètres irrigués marocains. Article pour un Cours International spécialisé CIHEAM-IAM Montpellier / Université de Cukurova- Adana. (Adana, 9 mai 5 juin 1994). JOUVE, P : La conduite de l irrigation, in diagnostic agronomique dans le périmètre des Béni Moussa. P IAV Hassan II/ ORMVAT.

106 LOUHICHI, K : l amélioration de l efficience de l irrigation pour une économie d eau : cas d un périmètre irrigué en Tunisie. Rapport pour le Centre International de Hautes Etudes Agronomiques Méditerranéennes (CIHEAM) / IAM- Montpellier. M.A.D.R /A.G.R (Administration du Génie Rural), 2003 : L irrigation au Maroc. Communication dans la réunion de coordination INRA-IFPRI-IWMI (14-16 janvier 2003). M.AD.R/D.E.R.D (Direction de l Enseignement, de la Recherche et du Développement) : Bulletin du Programme National de Transfert de Technologie en Agriculture, N 58. O.R.M.V.A du Tadla,1999 : Résultats et technologies développées à Tadla. Projet MRT, Rapport n 83. O.R.M.V.A du Tadla, 1999 : Monographie de l ORMVAT O.R.M.V.A du Tadla : Stratégie et plan d action de l amélioration de l application de l eau à la parcelle dans le périmètre de Tadla. ORMVA du Tadla : bilan de l exercice 2002 ORMVA du Tadla : données statistiques. O.R.M.V.A du Tadla : la lettre de l ORMVA du Tadla, N 5. O.R.M.V.A du Tadla : le morcellement des propriétés agricoles au périmètre irrigué du Tadla : situation actuelle et contraintes. Rapport d étude, mars O.R.M.V.A du Tadla/ IAV HASSAN II : Diagnostic agronomique dans le périmètre des Béni Moussa. O.R.M.V.A du Tadla/ IAV HASSAN II : Nouvelles techniques d irrigation à économie d eau. Sessions de formation continue. S.C.E.T MAROC.1995 : Diagnostic des exploitations agricoles : résultats de l enquête. Projet MRT, Rapport N 21. SELAMNA, N : cours ICRA YAKOUBI SOUSSANE, M : les ressources en eau au Maroc : bilan, perspectives et plan d action. Rapport préparé pour L Institut Méditerranéen de l Eau. Articles non référencés, consultés sur Internet : Etat des ressources en eau au Maroc : L irrigation, une nécessité de plus en plus coûteuse : Maroc : données physiques et population : Stratégie de la gestion des ressources en eau au Maroc : 95

107 ANNEXES I

108 ANNEXE N 1 : Planification du travail Etape Période Activités Résultats attendus Phase préparatoire Du 07 au18/04/03 (Montpellier) 1 ère Phase terrain Organisation de l équipe Préparation de l étude Recherche bibliographique Contrat d équipe Présentation du plan de recherche Rapport préliminaire 24/04/03 Atelier de présentation Feed-back, clarification des objectifs du 28/04 au 16/05 Entretiens avec personnes ressources Identification des acteurs clés Collecte de données Zonage/ échantillonnage 05-06/05 Enquêtes exploratoires Reconnaissance de la zone/des techniques d irrigation 12-13/05 et 20/05 Entretiens de groupes Approche participative / Vision des agriculteurs sur la question de l utilisation de l eau dans le P.I 2 ème phase terrain Phase finale 22/05 Atelier à mi-parcours Présentation des résultats préliminaires feed back Du 03 au14/06 Enquête d exploitation Typologie des exploitations : Stratégies d affectation de l eau Contraintes à l adoption des techniques Du 16 au 21/06 Enquête Techniciens Niveau d adoption de chaque technique d irrigation Du 16 au 21/06 Etudes de cas économiques Analyse économique de quelques types d exploitations Du 03 au 14/06 Etudes de cas : Observation et identification des observations des pratiques d irrigation pratiques d irrigation 03/07/03 Atelier final avec les Vision future des agriculteurs agriculteurs 07/07/03 Atelier final au CRRA Scénarios de développement et Plan d Action de R R/D. II

109 ANNEXE N 2 : Guides d entretiens I : Guide d entretien avec le Département de Développement Agricole (ORMVAT) Présentation de l ORMVAT : Missions avant et après la libéralisation Rôle du département : Missions Relations avec d autres départements Relations avec différents acteurs( usagers de l eau) Production agricole : Cultures existantes Relations avec techniques d irrigation Conséquences de la libéralisation sur l assolement L évolution de l occupation des sols Politique des subventions : Conditions d éligibilité Montants Contraintes majeures vécus par le département : Contraintes techniques Contraintes organisationnelles Autres Contraintes par rapport à l économie de l eau identifiées par le département : Niveau agriculteurs Niveau réseau d irrigation Les perspectives : Solutions envisagées par l office II : Guide d entretien avec le Département de Gestion du Réseau (ORMVAT) Présentation de l ORMVAT Missions avant et après la libéralisation Rôle du département : Missions Relations avec d autres département Relations avec différents acteurs( usagers de l eau) Gestion de la distribution de l eau : Techniques d irrigation Modes et critères de distribution Conséquences de la libéralisation sur la gestion de l eau : Présentation des AUEA. Création Nombre Missions et rôles. La réglementation de l utilisation de l eau : selon les sources d approvisionnement Contraintes majeures vécus par le département : Contraintes techniques(gestion de l eau dans le réseau) Contraintes organisationnelles Autres Contraintes par rapport à l économie de l eau identifiées par le département : Niveau agriculteurs Niveau réseau d irrigation III

110 Les perspectives : Solutions envisagées par l office Propositions des agriculteurs par rapport à la distribution de l eau III : Guide d entretien avec les Arrondissements de Développement Agricole IV : V : Rôles et missions des A.D.A Critères qui différencient les trois zones du périmètre Choix des cultures, occupations des sols, principales cultures, techniques de travail du sol, disponibilité des équipements, accès au nivellement des sols (coût, subventions..) Organisation de l agriculteur pour gérer son droit d eau Vulgarisation des ( nouvelles) techniques d irrigation Contraintes majeures rencontrées par les ADA Contraintes techniques Contraintes organisationnelles Autres Contraintes par rapport à l économie de l eau identifiées par les ADA Niveau agriculteurs Niveau réseau d irrigation Préparation des entretiens de groupe : Choix de 2 groupes (de 10 agriculteurs) selon: La taille : plus de 5 ha, et moins de 5h La situation géographique : béni amir, béni moussa Guide d entretien AGR/CGR Présentation des structures de terrain (AGR/CGR) Itinéraire du transect Pré zonage, Choix des agriculteurs : Critères déterminants dans le choix des techniques d irrigation Désignation des agriculteurs pour les ISS (8 à 10) Différences dans les modalités de distribution de l eau d un CGR à l autre Choix d un CGR et d un CDA pour une journée de travail Modalités de distribution de l eau Tour d eau, droit d eau, dotation réelle de l agriculteur, modalités, etc.. Guide d entretien Agriculteurs : Enquêtes exploratoires Présentation de l exploitation Superficie Cultures Statut Sources d eau Main d œuvre Différentes sources de revenus Techniques d irrigation Différentes techniques utilisées Modes de conduite Contraintes par rapport à la dotation en eau Quantités, temps,.. Nouvelles techniques plus économes en eau Comment pallier le manque en eau Autres contraintes Calendrier des irrigations IV

111 VI. Guide entretiens de groupe : Evolution des techniques d irrigation : Outil : Profil historique Q1 : Histoire de l irrigation dans le P. I Q2 : Evolution des techniques d irrigation Techniques d irrigation : Outil : Matrice de classification préférentielle Q1 : Liste des techniques connues? Q2 : Critères de choix des techniques? Q3 : Classification par ordre de préférence par critère Q4 : Classification des critères (facteur de pondération) Q5 : Contraintes et atouts liés aux techniques Analyse des acteurs : Outil : Diagramme de relations Q1 : Les acteurs impliqués dans la distribution et la gestion de l eau? Q2 : Importance relative pour chaque acteur (du plus important au moins important) Q3 : Types de relations entre les différents acteurs? Q4 : Evolution souhaitée pour le problème de l eau par rapport à la situation actuelle? VII : Guide d entretien Associations Association des Betteraviers : Association des Eleveurs de Tadla : Présentation de l association Rôle, missions, poids dans la région, Rôle par rapport à la problématique de gestion de l eau Participation dans la prise de décision Participation dans la vulgarisation des techniques d irrigation?? Contraintes V

112 ANNEXE N 3 : Questionnaires I : Fiche d enquête individuelle (enquête d exploitation) : CDA : PI : N du questionnaire : 1 Identification 1.1 Nom : 1.2 Age : 1.3 Niveau d instruction : aucun primaire secondaire université. Technique 1.4 Nombre des personnes à charge : 1.6 vous avez un membre de votre famille immigré à l étranger? Oui Non 1.5 êtes-vous membre d une association? Oui Non Si oui, laquelle AUEA ABT AET autre 1.6 Si oui, participez-vous aux assemblées générales de l association? 2 Le foncier 2.1 SAU : Parcelles Sup. (ha) Statut juridique Mode de faire valoir Bour. irrigué ou 2.2 Est-ce que vos parcelles sont dispersées? Oui Non 2.3 Est-ce que vos terres sont en indivision? Oui Non 3 Infrastructure d irrigation 3.1 Quel est le nombre de puits ou forages que vous exploitez? Profondeur (m) Date de réalisation Energie : E/D Sources de financement Puit 1 Forage Puit 2 Forage Puit 3 Forage Puit 4 Forage 3.2 Equipements d irrigation disponibles? Kit d aspersion G à G Enrouleur Siphon Année Sources de financement d acquisition Crédit bancaire Subvention Autofinancement F. I. VI

113 4 Occupation des sols 4.1 Cultures basses Parcelles Campagne 2001/2002 Campagne 2002/2003 Cultures Superficies Cultures Superficies 4.2 Plantation fruitière Parcelles Espèces Superficie Nbr. De pied / parcelle Age 5 : Production végétale et sa destination Spéculations Produits Part destinée à l autoconsommation (%) Part destinée à la vente (%) 6 Le cheptel 6.1 Effectifs Espèces Bovins Nombre Ovins 6.2 Production animale et sa destination Produits Part destinée à l autoconsommation (%) Part destinée à la vente (%) 7 Travaux du sol 7.1 Quels sont les outils utilisés pour le labour? - charrue à disques, - - charrue à socs, - cover-crop, - herse, - surfaceuse 7.2 Est-ce que vous utilisez la surfaceuse? Oui Non Avez vous fait le nivellement de vos parcelles? Oui Non Si non, pourquoi? 8 Irrigation Cultures TK. I. Superficie Nbr. D irrigation Eau du Puit Eau canal du Puit + canal VII

114 9 Utilisation de l eau de barrage 9.1 Quelles sont les cultures pour lesquelles vous ne recevez pas une dotation en eau ( 2003)? - Betterave, - Céréales, - Luzerne, - Olivier, - Agrumes, - Autres. 9.2 Vous faites comment pour les irriguer? ( approfondir) 10. Pratique de l irrigation 10.1 Justification de l utilisation de chaque technique? Techniques Justifications 10.2 Connaissez-vous les techniques suivantes? Techniques Connaissance Vu Oui Non Oui Non Bassin fond plat (siphon) Calant ( siphon) Avantages Inconvénients Raie (siphon) G à G longue Kit d aspersion Enrouleur quelles sont les techniques qui sont adaptées à vos conditions? Pourquoi ne les adoptez-vous pas? 11 Est-ce que vous avez d autres sources de revenu? Oui Non 11.1 Si oui, lesquelles? VIII

115 II : Fiche d enquête technicien (CDA) Tableau 1 : Importance de chaque technique d irrigation selon les cultures pratiquées dans la grande hydraulique Cultures Agrumes Rosaces Oliviers Céréales Betteraves Luzerne Autres TOTAL Irrigation court dispositif Robta (ha) Robta Améliorée (ha) Irrigation dispositif Raie Longue (ha) Calant (ha) long Bassin A fond plat (ha) Irrigation localisée G à G (ha) Micro jet (ha) Autres Observations ( Veuillez noter les renseignements que vous jugerez utiles) Tableau 2 : Evolution de l utilisation des techniques dans le temps 1997/ /9 1999/00 00/01 01/02 Irrigation court dispositif Robta (ha) Robta Améliorée (ha) Irrigation dispositif Raie Longue (ha) Calant (ha) long Bassin A fond plat (ha) Irrigation localisée G à G (ha) Tableau 3: Année d introduction de la technique dans le périmètre irrigué de Tadla Micro jet (ha) Autres Irrigation court Dispositif Irrigation long dispositif Irrigation localisée Robta (ha) Robta Améliorée (ha) Raie Longue (ha) Calant (ha) Bassin A fond plat (ha) G à G (ha) Micro jet (ha) Autres Observations ( Veuillez noter les renseignements que vous jugerez utiles) IX

116 Tableau 4 : Les activités de vulgarisation engagées pour l adoption des techniques nouvelles d irrigation ces 3 dernières années? Thème de Méthodes de Pourcentage vulgarisation vulgarisation Année d exécution d agriculteurs touchés Observations ( Veuillez noter les renseignements que vous jugerez utiles) III : Guide d observation des pratiques de gestion de l eau à la parcelle 1. Systèmes gravitaires : Faire un schéma par culture indiquant les dimensions des planches ou bassins, la présence ou non des billons, leurs orientations par rapport à l arroseur. Les schémas comportent également les séguias, leurs longueurs, leurs dispositions par rapport aux planches et leur état. Les critères de choix des formes et dimensions sont à noter: le type de sol, le travail du sol, la culture, la température la quantité d eau d une irrigation 2. Le système goutte à goutte : Le type de goutteur utilisé par culture, par sol et par âge de la plantation. L écartement entre deux gaines selon les cultures et les sols. Autres raisons ayant conditionné le choix du type de goutteur. Comment il a adapté le goutteur à la vieille plantation. 3. Le calendrier cultural à établir et à combiner avec le calendrier d irrigation et la source d eau Les cultures Mois Blé Betterave Luzerne La verveine Le maïs Pomme de terre Haricot Le melon Oignon Courgette Bersime Sésame Autres Les fruitiers La fréquence et les doses d irrigation selon l âge, la saison et le sol. Autres critères : A noter : X

117 Les critères de choix des cultures La dose d irrigation par culture et par saison : - celle donnée par l office - celle donnée à partir de la pompe La fréquence d irrigation par culture et par saison La raison du choix des doses et des fréquences. Le temps pendant lequel le sol reste humide selon les saisons et les cultures Si une culture reçoit 2 tours d eau alors que le sol qu il couvre, est encore humide. Quelle culture manque d eau? Comment l agriculteur calcule les besoins en eau des cultures? 4. L échantillon : Agriculteurs avec betterave Sans betterave Avec puits Sans puits Remarques : XI

118 Annexe 4 : Résultats des études de cas sur les pratiques paysannes de la robta Cas n 1 Cas n 2 Cas n 3 Cas n 4 Cas n 5 Cultures Superficie occupée par la culture Dimensions des planches (Bassins) cultures basses (en mètre) Dimensions Planches Plantations (en mètre) (en ha) Longueur Largeur Distance entre ligne Dis Entre pieds Dis Pied/Ségu ia Longueur des séguia Nombre Des séguias arroseurs Présence de puits Type de sol Blé 0, / Limonoargileux 529 0,5 Luzerne 0, / Betterave 0, éloigné Limoneux argileux Blé 0,4 Agrumes Léger Blé Luzerne 20 3 Betterave 10 4 Blé 1, Limoneux 536 3,81 Menthe Oignon Betterave 1, Fève Olivier et 0, Limonoargileux 536 5,2 maïs Luzerne et 0, oignon et haricot Oignon d été (après orge fourragère) 0,85 11 à 12 5 à Menthe 0,85 7 à Jachère après oignon d hiver 0,85 Menthe 0,85 zone Superficie de l exploitatio n XIII

119 Agriculteurs Cas n 6 Cas n 7 Cas n 8 Cas n 9 Cas n 10 Cultures Sup. occupée par la culture ha Dimension des planches cultures basses Longueur m Sésame Largeur m Distance entre ligne Dimensions planches plantations Distance entre pieds Distance pied à la raie XIV Longueur des séguias arroseurs 62 5 Luzerne 1, Poivron et oignon Betterave Olivier et 0, légumes Luzerne 0, Olivier et 0, bersime Blé 0, Betterave 0, Nombre de séguias arroseurs Luzerne 0, Sésame 0,4 25 2, Betterave 0,4 7 3, Orge 1, fourragère olivier Luzerne 4, sur 1ha sur 1,4 ha (peu intéressant) 7 sur 1,8 ha Blé 4, sur 1,1ha Betterave sur 4ha Luzerne 1, sur 0,85 ha Blé 2, sur 0,85 ha Bersime 0, sur 0,85 ha Présenc e de puits Type de sol 1 Limono argileux zone non Lourd non Lourd 503 1,22 Sup. de l exploitat ion ha nouveau Lourd ha non Lourd 503 5,11

120 Vision des agriculteurs sur les dimensions et l orientation des planches : Agriculteurs Type de sol Travail du sol Température L eau Culture Cas n 1 Aucun lien Aucun lien Aucun lien Petite planche = irrigation Aucun lien rapide Cas n 2 Sol lourd = planche plus courte car elle prend du temps pour s imbiber Orientation saiguia suivant la pente du terrain. Planches plus grandes en été pour garder plus d eau Petite planche = irrigation rapide. Grande planche quand on Culture peu demandeuses en eau et irrigation espacée = grande planche. Cas n 3 Cas n 4 Cas n 5 Cas n 6 Cas n 7 Cas n 8 Ne sait pas Plus le sol est léger plus les planches sont grandes. Aucun lien Planches longues = cultures à forte densité. Orientation suivant pente en priorité (perpendiculairement à la pente). Aucun lien Dimension standard pour betterave à cause m.o. payante. Traitement plus facile pour les planches minces. irrigue peu fréquemment. En été, planches plus petites.? Plus le système racinaire de la culture n est pas développé plus on fait des grandes planches. En été les planches sont plus petites à cause du temps de remplissage Plus il fait chaud, plus on réduit la dimension des planches. Ne sait pas Aucun lien C est la fréquence d irrigation qui change entre l hiver et l été. La largeur des planches ne dépasse pas 6m car le sol est lourd. Sol léger grande planche. La dimension des planches tient compte du passage de la moissonneuse batteuse. Pour un sol nouvellement cultivé, on fait des petites planches. Pour sol bien tassé, on fait des grandes planches. Au moment des pluies et du froid on fait des grandes planches car l eau de la pluie aide. Pas de lien avec la température Petite planche plus facile à irriguée Dimension dépend du débit de l eau. Les planches longues conservent l eau plus longtemps. Les petites planches demandent des irrigations plus fréquentes. Les sols fissurés prennent du temps pour s irriguer, on fait donc des petites planches. Pente forte petite planche pour contrôler la vitesse. Moins la culture a besoin d eau plus la planche est petite. Culture demandant beaucoup d eau plus on fait des petites planches. Plus la culture demandent de l eau plus ses planches sont petites mais il les irrigue plus fréquemment. Le blé a besoin de moins d eau d où les grandes planches. Luzerne de 3 ans a besoin de beaucoup d eau d où les grandes planches. Cas n 9 Il a un seul type de sol Après le cover crop grande planche car le sol n est pas approfondi. Labour peu profond - grande planche. Cas n 10 Il ne sait pas Pas fondamental malgré la demande de la moissonneuse En été la consommation d eau augmente d où les petites planches. En hiver on n' irrigue pas même quand il ne pleut pas car le sol refuse l eau. C est la dose qui change XV Les grandes planches consomment beaucoup d eau. Schéma pour gagner du temps d irrigation La betterave consomme beaucoup d eau d où les petites planches. Céréales grandes planches car labour peu profond. Le schéma ne dépend pas de la culture.

121 Calendrier d irrigation Pluviométrie Cultures Blé Orge Maïs Luzerne Betterave Agrumes Cultures maraîchères Année Année sèche XVI

122 Les périodes d irrigation : Les cultures Périodes et fréquences d irrigation Observations Le blé Semis, épiaison, fin floraison Semis et après floraison 3 à 4 irrigations selon la pluviométrie Semis, 3 ème mois et 4 ème mois Semis, après 1 mois, épiaison, formation grain Semis, montaison au mois 2, épiaison, maturation. Semis et épiaison. Semis, levée, épiaison, formation du grain. 4 irrigation. Une phase critique remplissage du grain (mars, avril). La betterave Luzerne 2 irrigations au semis espacées d 1 semaine, 3 mois sans I, phase grossissement tubercules Chaque 15J. Oct. (semis et levée), nov. (fertilisation), déc. (s il n y a pas de pluie), après en cas de besoin. Somme= 8 à 9 I/campagne 7I : semis 2, à partir du 3 ème mois 6 à 8j ou 10 à 15j Semis, lever, à partir 3 ème mois 3I en année pluvieuse et chaque 10j en année sèche Semis, levée, déc., à partir mois 5 4I/mois. 8I : semis, 15J après, à partir mois 3 chaque 15J Semis, 13j après, fév., après chaque 13j En hiver I quand la t monte, en été chaque 15j Semis, après chaque 15j jusqu à la 1 ère coupe. Après la coupe 1I, 15j après 1I, 45J après donc 3I entre 2 coupes. 1I en hiver et 3I en été En été chaque 15j I à chaque tour d eau. Semis, 8j après, 2I/coupe Oignon 7I : semis, levée, à la bulbaison chaque 6 à 8j. repiquage, 2 ème I - 15j, 3 ème I- 30j, 4 ème 30j, L indicateur d irrigation est le jaunissement des feuilles. Indicateur = flétrissement feuilles et la fissuration du sol Pas d irrigation en hiver même quand il n y a pas de pluie. Pour conserver la qualité du grain, on n' irrigue pas à la floraison. Irrigation quand les feuilles se fanent Signe flétrissement Suivi dose d irrigation selon aspect des plantes (excès ou insuffisance d eau). Indicateur= flétrissement plante et assèchement du sol Une coupe chaque mois Une coupe chaque 24 j Puits Fève Semis, levée, floraison formation des Puits gousses 3I Menthe Irrigation chaque 15j Ne supporte pas le sel XVII

123 Les doses et les fréquences d irrigation Agriculteu rs Dose, m3 Blé betterave Luzerne Nombre total dose Nombre total dose Nombre d irrigatio d irrigations d irrigation ns s Tot al XVIII

124 ANNEXE N 5 : Données sur la population Evolution comparée des populations des provinces de Beni Mellal et d Azilal : (Source : Direction Régionale des Prévisions Economiques, 2003) B Azilal Années Structures par âge des populations des provinces de Beni Mellal et d Azilal. Part de la population totale (%) et Beni Mellal Azilal XIX

125 Annexe N 6 : Données sur l état actuel de la nappe et de la pollution Evolution du niveau de la nappe phréatique pendant la campagne Source : ORMVAT, Niveau de la nappe (m) Béni Amir Béni Moussa Est Béni Moussa Ouest 0 déc-01 janv-02 févr-02 mars-02 avr-02 Mois mai-02 juin-02 juil-02 août-02 sept-02 oct-02 XX

126 35 30 Conductivité (ds/m) Béni Amir Béni Moussa Est Béni Moussa Ouest 0 déc-01 janv-02 févr-02 mars-02 avr-02 mai-02 juin-02 juil-02 août-02 sept-02 oct-02 Mois Evolution de la pollution en nitrate durant la campagne Evolution de la salinité au cours de la campagne Niveau de salinité (%) Béni Amir Béni Moussa Est Béni Moussa Ouest 1 0 déc-01 janv-02 févr-02 mars-02 avr-02 mai-02 juin-02 juil-02 août-02 sept-02 oct-02 Mois XXI

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