Quelques exercices corrigés sur la déduction naturelle

Documents pareils
Des familles de deux enfants

dénombrement, loi binomiale

Accès optiques : la nouvelle montée en débit

Module : réponse d un système linéaire

Intérêts. Administration Économique et Sociale. Mathématiques XA100M

DIVERSIFICATION DES ACTIVITES ET PRIVATISATION DES ENTREPRISES DE CHEMIN DE FER : ENSEIGNEMENTS DES EXEMPLES JAPONAIS

Un modèle de composition automatique et distribuée de services web par planification

Les emprunts indivis. Administration Économique et Sociale. Mathématiques XA100M

Santé et hygiène bucco-dentaire des salariés de la RATP

NFE107 Urbanisation et architecture des systèmes d information. Juin «La virtualisation» CNAM Lille. Auditeur BAULE.L 1

L information sera transmise selon des signaux de nature et de fréquences différentes (sons, ultrasons, électromagnétiques, électriques).

c. Calcul pour une évolution d une proportion entre deux années non consécutives

Découvrez les bâtiments* modulaires démontables

S2I 1. quartz circuit de commande. Figure 1. Engrenage

prix par consommateur identiques différents prix par identiques classique 3 unité différents 2 1

«INVESTIR SUR LE MARCHE INERNATIONAL DES ACTIONS A-T-IL PLUS D EFFET SUR LA PERSISTANCE DE LA PERFORMANCE DES FONDS? ILLUSTRATION BRITANNIQUE»

Bois. P.21 Bois-béton à Paris. Carrefour du Bois. Saturateurs. Usinage fenêtres. Bardages P.25 P.34 P.31 P.37. La revue de l activité Bois en France

TP : Outils de simulation. March 13, 2015

Chambre Régionale de Métiers et de l Artisanat. Région Auvergne. Région Auvergne

Sous le feu des questions

Guide d utilisation (Version canadienne) Téléphone sans fil DECT 6.0/ avec répondeur et afficheur/ afficheur de l appel en attente CL83101/CL83201/

Le théorème de Thalès et sa réciproque

En vue de l'obtention du. Présentée et soutenue par Philippe NERISSON Le 5 février 2009

Catalogue 3 Chaine sur Mesure

VOIP. Pr MOUGHIT Mohamed Cours VOIP Pr MOUGHIT Mohamed 1

Demande de crédits d heures Déclaration du salarié

Manuel de l'utilisateur

Vous êtes un prestataire touristique dans les Monts de Guéret? L Office de Tourisme du Grand Guéret peut vous accompagner!

O, i, ) ln x. (ln x)2

.NET remoting. Plan. Principes de.net Remoting

* très facile ** facile *** difficulté moyenne **** difficile ***** très difficile I : Incontournable T : pour travailler et mémoriser le cours

avec des nombres entiers

4G2. Triangles et parallèles

Compression scalable d'images vidéo par ondelettes 2D+t

Problèmes de Mathématiques Filtres et ultrafiltres

Commande prédictive des systèmes non linéaires dynamiques

Indemniser équitablement les autrices et auteurs

I. Une nouvelle loi anti-discrimination

Noël des enfants qui n'ont plus de maisons

Mécanique du point : forces Newtoniennes (PCSI)

Procès - Verbal du Conseil Municipal Du lundi 15 décembre 2014

Première partie. Préliminaires : noyaux itérés. MPSI B 6 juin 2015

Mathématiques Financières : l essentiel Les 10 formules incontournables (Fin de période)

L Analyse Factorielle des Correspondances

Chapitre 2 Le problème de l unicité des solutions

Fonctions homographiques

PRIME D UNE OPTION D ACHAT OU DE VENTE

Compression Compression par dictionnaires

Demande de crédits d heures Déclaration du salarié

Documents et lieux de mémoire de la persécution et de la déportation des Juifs à Nîmes. Pistes d'intervention auprès des classes de 3e et de 1ère.

Problème 1 : applications du plan affine

Utilisation des tabelles de dimensionnement

Dualité dans les espaces de Lebesgue et mesures de Radon finies

Annuités. Administration Économique et Sociale. Mathématiques XA100M

CATALOGUE 2. Chaine avec attachements

Dossier Logique câblée pneumatique

Baccalauréat S Antilles-Guyane 11 septembre 2014 Corrigé

L enseignant, l élève ou la classe se crée une adresse électronique ( ) du type utilisateur@gmail.com.

Représentation des Nombres

Plan d'études pour l enseignement en entreprise

Continuité et dérivabilité d une fonction

Eteindre. les. lumières MATH EN JEAN Mme BACHOC. Elèves de seconde, première et terminale scientifiques :

Chapitre 1 : Évolution COURS

Limites finies en un point

Etude de fonctions: procédure et exemple

La Renaissance de L ing à la Performance

TOUT CE QU IL FAUT SAVOIR POUR LE BREVET

Partie 1 Automatique 1 et 2 (Asservissements Linéaires Continus)

Comparaison de fonctions Développements limités. Chapitre 10

LA CERTIFICATION DES ARMATURES

Faites connaissance avec votre Rubik s Cube Étape 1

Chapitre 2 SIMILITUDE ET ADIMENSIONNEMENT 2.1. PROBLÈMATIQUE

Exo7. Limites de fonctions. 1 Théorie. 2 Calculs

Table des matières. Date 31/01/2007 Remplace la version du 11/01/2006. Auteur et mise à jour Approuvé Type de document CBP monitoring de l air et MPP

Résolution d équations non linéaires

DIRECTION GENERALE DES ETRANGERS EN FRANCE DOSSIER DE PRESSE. Le projet de loi relatif au droit des étrangers

Leçon N 4 : Statistiques à deux variables

108y= 1 où x et y sont des entiers

Exemples de résolutions d équations différentielles

Calculabilité Cours 3 : Problèmes non-calculables.

Exercices Corrigés Premières notions sur les espaces vectoriels

DOCM Solutions officielles = n 2 10.

CHAPITRE 1 : Distribution statistique à une dimension

Bien lire l énoncé 2 fois avant de continuer - Méthodes et/ou Explications Réponses. Antécédents d un nombre par une fonction

BAX MC Contrats à terme sur acceptations bancaires canadiennes de trois mois

Intégration et probabilités TD1 Espaces mesurés Corrigé

Calcul fonctionnel holomorphe dans les algèbres de Banach

Chapitre 2 Les ondes progressives périodiques

Frank Janssen, La croissance de l entreprise. Une obligation pour les PME?, Bruxelles, De Boeck, 2011, 152 p.

Chapitre 3. Quelques fonctions usuelles. 1 Fonctions logarithme et exponentielle. 1.1 La fonction logarithme

Manuel de formation de base. FP Solutions

Exo7. Calculs de déterminants. Fiche corrigée par Arnaud Bodin. Exercice 1 Calculer les déterminants des matrices suivantes : Exercice 2.

Introduction / En quoi consiste une veille commerciale? / Quel est son rôle? / Quels sont les bénéfices au niveau de l organisation

Manuel des directives - Indemnisation des dommages corporels 1. CHAMP D'APPLICATION

Retrouvez-nous sur esg.fr. Diplôme Bac+5 visé par l État / Grade Master Membre de la Conférence des Grandes Écoles

Fibonacci et les paquerettes

Transcription:

A Lecomte 2006-2007 Quelques exercices corrigés sur la déduction naturelle 1- Démontrer que : { ( q (r s)), s} -- ( q) r Au déart, notre esace de déduction est le suivant : n ( q) r Les deux remières lignes sont occuées ar les deux rémisses La dernière (on ne sait évidemment as encore ce que sera la valeur de n) est la conclusion à laquelle on veut aboutir Pour remlir les lignes entre 2 et n, nous nous laissons guider ar la formule à laquelle nous voulons aboutir, et ar celles que nous avons déjà Au stade actuel, la formule qui nous sert de but a la forme d une imlication (son connecteur rincial est ), donc nous sommes obligés d utiliser la règle dite «introduction de» Cette règle consiste : 1- à oser comme othèse l antécédent de l imlication qu on veut démontrer, ouvrant ainsi un nouvel esace (une «fiction») à l intérieur du récédent, 2- à tenter de déduire le conséquent de l imlication dans ce nouvel esace, avec le droit d utiliser toutes les formules obtenues récédemment dans les esaces de déduction de niveau enchâssant D où le nouvel état de notre esace de déduction : q r n ( q) r A ce stade, nous avons simlifié notre travail La formule à rouver est simlement r Elle n a as de structure interne articulière qui ourrait nous aider à continuer Donc, our rouver r, nous allons maintenant nous laisser guider ar la forme des formules déjà obtenues, c est-àdire our l instant les deux rémisses et l othèse Sachant que r est à rouver et que r ne figure que dans la rémisse 1, quelque chose nous dit (!) qu on va devoir utiliser la formule qui se trouve à la ligne 1 Comme cette formule est une imlication, nous allons cette fois utiliser une formule imlicative our démontrer autre chose (une telle formule n est lus un but, elle est maintenant un moyen), donc nous utiliserons la règle dite «élimination de» Mais our cela, nous avons besoin de l antécédent de cette formule, autrement dit Or comment avoir? grâce à l othèse q Donc, avant d utiliser la règle d élimination de, il va falloir utiliser la règle d élimination de D où le nouvel état de notre esace de déduction :

A Lecomte 2006-2007 q r n ( q) r On eut maintenant rééter le contenu de la ligne 1 dans la sous-déduction (règle reit), de manière à rendre clair le fait que, dans cette sous-déduction, on utilise la règle d élimination de à artir de la rémisse 1 et du contenu de la ligne q 5 ( q (r s)) e,, 5 r n ( q) r Maintenant, toujours our avancer, nous voyons que le r a rouver se trouve dans une formule lus simle qu avant, celle qu on a mise à la ligne 6 Or cette formule est une équivalence, donc il va falloir utiliser la règle d élimination de, mais avant cela, il nous faudra obtenir q, et our cela il faut encore rocéder à une élimination de à artir du contenu de la ligne q 5 ( q (r s)) e,, 5 r n ( q) r q 5 ( q (r s)) e,, 5

A Lecomte 2006-2007 8 r s e, 6, 7 r n ( q) r A ce stade, la formule sur laquelle nous nous focalisons est la disjonction r s, donc il faut utiliser une règle d élimination du Etant donné ce dont nous disosons, nous utilisons la règle d élimination du qui consiste à surimer l un des deux termes de l alternative grâce à sa négation Donc nous réitérons la rémisse 2 et nous l aliquons our obtenir le résultat q 5 ( q (r s)) e,, 5 8 r s e, 6, 7 9 s reit, 2 10 r e, 8, 9 n ( q) r A ce stade, nous voyons que nous avons accomli notre rogramme : il s agissait de rouver r à artir de l othèse q : c est fait! Il nous reste à en tirer la conclusion : la formule ( q) r découle de la sous-déduction qui va de la ligne à la ligne 10, ar utilisation de la règle «introduction de» D où la déduction, une fois terminée : q 5 ( q (r s)) e,, 5 8 r s e, 6, 7 9 s reit, 2 10 r e, 8, 9 11 ( q) r i, _10 2- Démontrer que : -- (( q) ((q m) m)) Ici, on ne eut évidemment se laisser guider que ar la conclusion à laquelle on veut aboutir uisqu il n y a as de rémisses! (en ce cas, on démontre un «théorème» du système) Il s agit de rouver une imlication, donc on utilise la règle d introduction de

A Lecomte 2006-2007 1 ( q) ((q m) m) n (( q) ((q m) m)) Comme la nouvelle formule à rouver est encore une imlication, on récidive : 1 1 2 q 2 (q m) m ( q) ((q m) m) n (( q) ((q m) m)) La nouvelle formule à rouver est encore une imlication, d où : 1 1 2 q 2 q m m (q m) m ( q) ((q m) m) n (( q) ((q m) m)) Il s agit maintenant de rouver m à artir de toutes les formules introduites dans l esace de déduction au-dessus et «à gauche» (au sens large) de la formule à rouver Etant donné qu il n y a que des, on ne va ouvoir utiliser que la règle d élimination de D où la déduction, à son état final : 1 1 2 q 2 q m q reit, 2 5 6 q e, 5 7 m e, 6 8 (q m) m i _7 9 ( q) ((q m) m) i 2_8 n (( q) ((q m) m)) i 1_9 - Démontrer que : -- ( (q m)) (( q) ( m)) Attention : ici, arès avoir introduit l othèse corresondant à l antécédent de l imlication, nous voyons que our rouver le conséquent de l imlication, il faudra utiliser la règle

A Lecomte 2006-2007 d introduction du, mais nous ne ourrons utiliser que l othèse (q m), qui a la forme d une formule en, donc il faudra utiliser la règle d élimination du, qui consiste à se lacer tour à tour sous l othèse que c est le remier terme qui est vrai, et sous l othèse que c est le second 1 (q m) 1 2 2 q i, 2 m i, 2 5 ( q) ( m) i,, 6 q m 7 q e, 6 8 m e, 6 9 q i, 7 10 m i, 8 11 ( q) ( m) i, 9, 10 12 ( q) ( m) e, 2_5, 6_11 1 ( (q m)) ( q) ( m) i, 1_12 - Démontrer que : -- (( q) ( q)) Le conséquent de la formule à rouver est ici une négation, donc une fois que nous avons introduit l antécédent comme othèse, il faut utiliser la règle d introduction de la négation, laquelle consiste à oser comme othèse et à essayer d en déduire une formule et sa négation 1 ( q) ( q) 1 2 2 ( q) ( q) q e, 1 5 q e, 1 6 q e, 2, e, 2, 5 8 i, 2_7 9 (( q) ( q)) i, 1_8 5- Démontrer que : -- 1 1 2 2 reit 1 re 2 5 i, 2_ 6 i, 1_5 6- Démontrer que : -- (loi du tiers exclu) (lus difficile!)

A Lecomte 2006-2007 A riori, il faudrait utiliser la règle d introduction du Mais our utiliser cette règle, il faudrait que l on ait démontré au réalable soit qu on a soit qu on a ce qui est imossible, donc il faut rocéder ar d autres moyens Si on n a aucune règle logique «directe» qui nous ermet d aboutir, alors on tente le cou en niant la conclusion, et en introduisant cette négation comme othèse En faisant cela, si nous arrivons à une contradiction, nous aurons démontré la négation de la négation au moyen de la règle d introduction de, et donc, grâce à la règle d élimination de la double négation, nous aurons démontré la formule C est ce que nous faisons dans ce qui suit : Premier as : 1 ( ) 1 A ce stade, nous ourrions utiliser la règle d élimination de, mais il faudrait our cela établir que nous avons aussi, ce qui est justement ce que nous cherchons! donc, il faut là aussi «rocéder ar l absurde» et suoser ar exemle que nous avons Deuxième as : 1 ( ) 1 2 2 Mais alors on eut rouver (ar introduction de ), d où : 1 ( ) 1 2 2 i, 2 Ce qui entre en contradiction avec l othèse 1 D où la suite de la reuve : 1 ( ) 1 2 2 i, 2 ( ) 5 i, 2_ 6 i, 5 7 ( ) re, 1 8 ( ) i, 1_7 9 e, 8 On remarquera que la règle d élimination de la double négation était nécessaire our rouver ce théorème Il s avère que, de la même façon, dans un système où le rincie du tiers-exclu serait donné, mais as la règle d élimination de la double négation, on ourrait démontrer cette dernière Autrement dit tiers exclu et double négation sont équivalentes Un système qui ne ossèderait ni l une ni l autre ne serait as comlet ar raort à la logique classique, il définirait une logique lus faible, qu on aelle la logique intuitionniste 7- Démontrer que : -- ( q) ( q)

A Lecomte 2006-2007 1 q 1 2 2 q q e, 2, 5 q i, 2_ 8- Démontrer que : -- ( q) ( q) 1 q 1 2 ( q) 2 q i, 5 ( q) reit, 2 6 i, _5 7 e, 6 8 q 9 q e, 7, 8 10 q i, 9 11 ( q) re, 2 12 ( q) i, 2_11 1 q e, 12 1 ( q) ( q) i, 1_1