L endettement au Canada :

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "L endettement au Canada :"

Transcription

1 L endettement au Canada : Les consommateurs canadiens ont-ils encore les moyens d être un moteur de l économie? Un rapport de l Association des comptables généraux accrédités du Canada

2 Remerciements CGA-Canada tient à remercier Elena Simonova, M.A. (économie) et M.P.A., et Rock Lefebvre, P. Adm., M.B.A., CFE, FCIS et FCGA, du Service de recherche et de normalisation, et à souligner la précieuse collaboration de la société de recherche Synovate ainsi que des membres de ménages canadiens qui ont généreusement participé au sondage de CGA-Canada sur l attitude des ménages face à l endettement et à la consommation. Nous remercions également les membres de CGA-Canada et les membres de l équipe qui ont apporté leur soutien et leur expertise à la rédaction et à la révision du présent rapport. Il est possible de consulter le présent document par voie électronique à l adresse Le présent document est une traduction autorisée, effectuée par les services linguistiques de CGA-Canada, de la version originale du rapport rédigée en anglais et intitulée «A Driving Force No More: Have Canadian Consumers Reached Their Limits?». ISBN Remarque : Dans cette publication, le masculin vise à la fois les hommes et les femmes, et est employé uniquement dans le but d alléger le texte. Association des comptables généraux accrédités du Canada, juin Toute reproduction totale ou partielle sans autorisation écrite est strictement interdite. 2

3 L endettement au Canada : Les consommateurs canadiens ont-ils encore les moyens d être un moteur de l économie? Un rapport de l Association des comptables généraux accrédités du Canada 3

4 4

5 Table des matières Avant-propos Résumé Introduction L attitude des ménages à l égard de l endettement, des dépenses et de l épargne L endettement des ménages canadiens situation actuelle Les principaux indicateurs économiques au cours de la grande récession et de la reprise accélérée La dynamique et la composition de la dette des ménages Le niveau et la composition de la dette des ménages Un examen plus attentif du crédit à la consommation L endettement des ménages individuels La dette des ménages pendant les cycles de récession-reprise La mesure de l endettement des ménages L endettement par rapport au revenu et à l actif Le ratio du service de la dette La dette des ménages canadiens dans une perspective internationale L état actuel de l insolvabilité des consommateurs La capacité de payer actuelle et future La reprise du marché de l emploi Les habitudes d épargne Conclusions Des mesures à prendre Aider les Canadiens à mieux gérer leurs finances Renforcer l économie du Canada Annexe A : Constatations détaillées découlant du sondage sur l attitude des ménages à l égard de leur endettement et de leur consommation Annexe B : Méthodologie et sondage Bibliographie

6 Liste des figures Figure 1 Dette des ménages canadiens, 1981 à Figure 2 Dynamique du crédit hypothécaire et du crédit à la consommation (variation d une année à l autre)...32 Figure 3 Composition du crédit à la consommation : Banques à charte...34 Figure 4 Crédit à la consommation et biens et services consommés...36 Figure 5 Valeur nette du secteur des ménages...37 Figure 6 Endettement des ménages pendant les cycles de récession-reprise...42 Figure 7 Endettement des ménages et revenu réel, 1981 à Figure 8 Conditions financières et dynamique des composantes de la dette...45 Figure 9 Mesures de la dette des ménages...51 Figure 10 Ratio du service de la dette des ménages...54 Figure 11 Poids du service de la dette par province...56 Figure 12 Comparaison internationale du niveau d endettement des ménages en Figure 13 Cas d insolvabilité des consommateurs par tranche de adultes...62 Figure 14 Hausse des cas d insolvabilité et des prêts hypothécaires en souffrance par province...65 Figure 15 Intentions en matière d embauche et nombre d emplois réel...69 Figure 16 Taux de chômage et travailleurs découragés...71 Figure 17 Provinces ayant une proportion élevée de groupes vulnérables...73 Figure 18 Taux d épargne des ménages (% du revenu disponible des ménages)...76 Figure 19 Épargne des ménages par province...77 Liste des tableaux Tableau 1 Tableau 2 Tableau 3 Quelques indicateurs économiques (taux de croissance annuel moyen, à moins d indication contraire)...27 Incidence de la période d amortissement sur le ratio du service de la dette...58 Sondage sur l attitude des ménages à l égard de leur endettement et de leur consommation Profil des répondants

7 Liste des diagrammes (Annexe A) Diagramme 1 Évolution du niveau de la dette des ménages au cours des trois dernières années...90 Diagramme 2 Évolution du niveau de la dette des ménages, selon la tranche de revenu...91 Diagramme 3 Évolution de la dette par rapport à l évolution du revenu et de la richesse...92 Diagramme 4 Raisons de l augmentation du niveau de la dette...93 Diagramme 5 Évolution du niveau de la dette selon le type...94 Diagramme 6 Raisons de la difficulté à gérer la dette...95 Diagramme 7 Attitude à l égard de la dette...95 Diagramme 8 Le niveau de dette de votre ménage nuit-il à votre capacité d atteindre vos objectifs financiers dans les domaines suivants?...96 Diagramme 9 Évolution de la dette totale des répondants auxquels la dette nuit...97 Diagramme 10 Évolution du revenu des ménages au cours des trois dernières années...98 Diagramme 11 Évolution du revenu des ménages, par répondant et par tranche de revenu...99 Diagramme 12 Évolution des éléments d actif des ménages Diagramme 13 Évolution du niveau de richesse des répondants Diagramme 14 Chocs (événements négatifs) auxquels les ménages seraient vulnérables Diagramme 15 Évolution des dépenses des ménages Diagramme 16 Raisons de l augmentation des dépenses des ménages..106 Diagramme 17 Manières de régler une dépense imprévue de 500 $ et $ Diagramme 18 Répondants dans l incapacité de faire face à des dépenses imprévues Diagramme 19 Source principale du revenu de retraite Diagramme 20 Niveau de confiance quant à l adéquation de la situation financière à la retraite Diagramme 21 Les répondants ont-ils une idée claire du montant d épargne-retraite qu ils doivent accumuler? Diagramme 22 Fins auxquelles les répondants mettent de l argent de côté Diagramme 23 Participation à des régimes d épargne fiscalement avantageux Diagramme 24 Connaissance du CELI Diagramme 25 Cotisations à un CELI

8 8

9 Avant-propos Ainsi que le laissaient augurer les travaux antérieurs de CGA-Canada, les consommateurs pourraient céder leur place à titre d élément moteur de la reprise de l économie au Canada. Certains d entre eux veulent en effet agir de façon responsable et éviter les dangers que viennent amplifier la récession et le ralentissement de la reprise; d autres sont dans l incapacité de maintenir leurs dépenses de consommation dans un environnement caractérisé par des prévisions de revenus modestes qui ne correspondent pas à la hausse du coût de la vie. Parallèlement, on a constaté une prise de conscience sociale grandissante par suite de l avènement d une culture mondiale de l endettement et de la consommation, prise de conscience qui modifiera peut-être, ne serait-ce qu un peu, la façon dont les particuliers et la société dépensent et empruntent. À la fin du vingtième siècle, les Canadiens ont pris l habitude d emprunter pour acheter des biens durables et financer leurs dépenses discrétionnaires. Le recours à l emprunt est alors progressivement entré dans la norme, devenant naturel et relativement simple. De plus, même si nous nous serions tous passés de la dernière récession, nous ne devons pas oublier qu un surendettement collectif hors de proportions existait sans doute dès avant le déferlement de nos malheurs financiers. En effet, nous ne pouvons ignorer que c est en grande partie le recours excessif à l emprunt qui a déclenché la récession, et non l inverse. Nous devons également garder à l esprit que les répercussions de la récession vont continuer de se faire ressentir tout au long de la reprise et que le fait d être sorti de la crise ne signifie pas que tout est revenu à la normale. L histoire le prouve : il faut du temps pour récupérer et effacer les reculs éprouvés par les marchés de l emploi et des actions. Si un certain nombre d éléments favorables ont contribué à la récente reprise canadienne, nous savons que la relance que le gouvernement du Canada a eu la bonne idée de mettre en œuvre devra aussi être payée au moyen de hausses de taxes, de réduction de services ou d une performance économique remarquablement convaincante. Or, sur ce dernier point, les économies demeurent aujourd hui fragiles et instables partout dans le monde. Consciente des avantages du crédit, de l importance du commerce et de la prudence budgétaire qui s impose, l Association des comptables généraux accrédités du Canada (CGA-Canada) surveille, depuis 2007, l attitude collective à l égard des dépenses et de l endettement. CGA-Canada tente en particulier d analyser la perception des Canadiens quant à leur bien-être économique et à leurs compétences financières, et à la comparer avec les données et les 9

10 mesures statistiques publiées au sujet de la richesse et de l endettement des ménages. Il est encourageant de constater la symétrie qui existe entre les perceptions des consommateurs et la réalité économique telle qu elle ressort des indicateurs pertinents. À l aide de quatre sondages réalisés en temps opportun auprès des consommateurs, entre 2007 et 2011, CGA-Canada a voulu cerner le point de vue des Canadiens sur l évolution de leur endettement et sur leur attitude à l égard des dépenses et de l épargne. De façon encourageante, le Canada est en meilleure position cette année que l an passé, si on ne tient pas compte, bien sûr, du gonflement des déficits publics et de la hausse de la dette à long terme du gouvernement. Cela dit, les études du type de celle que nous venons de réaliser doivent conscientiser davantage les Canadiens et se traduire par des changements dans les comportements et les politiques susceptibles d optimiser la productivité, la prospérité économique et le bien-être de chacun. C est le but de notre démarche. Entre la croissance des déficits publics, la mondialisation de la concurrence et l anticipation de pressions extrêmes sur la sécurité des retraites, les Canadiens auront tout intérêt à gérer de près leurs ressources individuelles. Il est par ailleurs admis que les actions de la société rejailliront raisonnablement sur la vitalité de la nation. Un retour aux dépenses modérées, au remboursement des dettes, à l épargne et à l investissement pourrait être favorable aux particuliers, au commerce et aux gouvernements et permettre de mieux soutenir une économie canadienne qui serait moins vulnérable à long terme. Si nous voulons préserver notre système économique traditionnel, c est le moment de faire en sorte que les Canadiens puissent créer une économie moins fondée sur une consommation immédiate et un endettement excessif et moins marquée par les difficultés, bref une économie qui exige un changement culturel compatible avec nos ressources et nos expériences. Comme notre étude le confirme, notre nouvel environnement économique devrait également promouvoir un retour à l épargne et à la constitution du patrimoine. Anthony Ariganello, CPA (Delaware), FCGA Président et chef de la direction Association des comptables généraux accrédités du Canada 10

11 Résumé 1 L accroissement de la dette des ménages canadiens fait l objet de discussions animées depuis quelques années. En 2007, 2009, 2010, puis en 2011, l Association des comptables généraux accrédités du Canada (CGA-Canada) a entrepris d analyser le niveau d endettement des Canadiens, de comprendre dans quelle mesure la crise financière et le ralentissement économique avaient aggravé leur situation financière et de vérifier si, à son stade actuel, la reprise économique avait apaisé les tensions financières. Dans les ouvrages spécialisés et les médias, la conjoncture ou les événements économiques sont souvent évalués d une manière plus ou moins globale. De ce fait, le but premier de la recherche a été de cerner le point de vue des Canadiens sur l évolution de leur endettement et de leur patrimoine et d examiner ces constatations dans le contexte de faits et de chiffres publiquement accessibles. Pour ce faire, nous avons intégré les résultats du sondage d opinion publique commandé par CGA-Canada à une analyse de l information statistique disponible en grande partie auprès de Statistique Canada. Les paragraphes qui suivent présentent les principales constatations faites dans le cadre de l étude en établissant un lien entre les perceptions révélées par les Canadiens et celles qui ressortent des statistiques accessibles au public. Première tendance positive La croissance de la dette des ménages a ralenti Résultats du sondage Les Canadiens sont plus susceptibles de penser que leur endettement diminue, et le niveau de préoccupation engendré par la hausse de l endettement a diminué : 37 % des répondants endettés ont déclaré que leur dette avait diminué, et 35 % ont déclaré qu elle avait augmenté; la proportion des répondants préoccupés par l augmentation de leur dette a baissé, passant de 86 % en 2010 à 78 % en 2011; 82 % des répondants sont convaincus qu ils peuvent soit gérer efficacement leur dette actuelle, soit accroître leur niveau d endettement; la proportion de ceux qui estiment être trop endettés et avoir de la difficulté à gérer leur dette a diminué, passant de 21 % en 2008 à 18 % en Des faits et des chiffres Le rythme auquel l endettement augmente a nettement ralenti en 2010 et au premier trimestre de 2011, approchant les taux enregistrés dans les années En mars 2011, le taux de croissance de l endettement a chuté à son plus récent point bas de 1,9 % niveau que l on n avait pas vu depuis l automne

12 Le recul du taux de croissance de la dette totale des ménages s explique principalement par l affaiblissement de l expansion du crédit à la consommation. La croissance du crédit à la consommation a ralenti, passant de 6,6 % à la fin de 2009 à un taux négatif de 0,6 % en mars L expansion plus faible du crédit à la consommation pourrait être surtout attribuable à un ralentissement des emprunts par marges de crédit personnelles. Les marges de crédit personnelles consenties par les banques à charte ont progressé de 2,6 % en 2010 et au premier trimestre de 2011 un taux plus de six fois inférieur à celui enregistré en La progression plus lente de l endettement des ménages s est accompagnée du retour à la croissance du produit intérieur brut (PIB) et du revenu intérieur brut (RIB) ainsi que de l amélioration d un certain nombre d indicateurs économiques qui déterminent la capacité des ménages à gagner un revenu, à constituer un patrimoine et à consommer. En 2010 et au premier trimestre de 2011, la tendance s est nettement inversée en ce qui concerne le nombre de cas d insolvabilité des consommateurs, celui-ci ayant diminué de 10,0 % en moyenne par année. Première préoccupation Le bilan des ménages ne s est pas amélioré Résultats du sondage L accroissement de l endettement ne s accompagne pas d un accroissement de revenu ou de richesse : 40 % des répondants dont le revenu a diminué ont indiqué que leur dette avait augmenté, contre 31 % des répondants dont le revenu a augmenté; 43 % des répondants qui ne s estiment pas plus riches aujourd hui ont indiqué que leur dette avait augmenté, contre 24 % des répondants qui s estiment plus riches. La consommation plutôt que la constitution du patrimoine demeure la première cause de la hausse de l endettement : 57 % des répondants endettés ont affirmé que les frais de subsistance courants étaient la cause première de l accroissement de leur endettement; pas plus de 19 % des répondants endettés ont vu leur dette augmenter en raison de dépenses génératrices de richesse (achat d une résidence, frais d admission à un programme d études, etc.). Des faits et des chiffres Le ratio dette-revenu a atteint un nouveau sommet de 146,9 % au premier trimestre de La mesure de l endettement des ménages par rapport à leur actif est assez stable, de l ordre de 19,3 % depuis la fin de 2008; cependant, ce niveau est beaucoup plus élevé que la moyenne à long terme de 15,2 % enregistrée entre 1990 et La mesure dans laquelle le crédit à la consommation est garanti par des actifs financiers ne s est pas beaucoup améliorée malgré le net ralentissement de la croissance du crédit à la consommation en Le pourcentage du solde impayé des prêts à la consommation pour chaque dollar d actifs financiers des ménages est resté stable et s établissait à 10,9 % à la fin de 2010 un 12

13 niveau pratiquement inchangé par rapport au taux de 11,0 % enregistré à la fin de 2009, ou de 11,2 % observé deux ans auparavant. Les biens de consommation durables ont soutenu l accumulation du crédit à la consommation dans la même mesure qu en À plus long terme, le ratio du crédit à la consommation par rapport aux biens durables a plus que doublé, toutefois, passant de 48,8 % en 1990 à 110,0 % à la fin de La mesure dans laquelle les prêts hypothécaires résidentiels sont garantis par des actifs résidentiels a continué de se détériorer en Le ratio prêts hypothécaires-actifs résidentiels est passé à 65,7 % à la fin de 2010, soit un niveau beaucoup plus élevé que la moyenne de 55,0 % observée entre 1990 et Le taux d intérêt effectif payé par les ménages a considérablement diminué au fil des ans; le poids du service de la dette n en a pas été allégé pour autant. Le ratio du service de la dette hypothécaire a terminé l année 2010 au même niveau qu en 2003; le poids du service de la dette lié au crédit à la consommation n a pas beaucoup varié et était presque le même en 2010 qu il y a 20 ans. À la fin de 2010, la valeur nette totale des propriétaires a atteint son point le plus bas en 10 ans, soit 67,7 %, et la valeur nette des maisons a atteint son point le plus bas en 20 ans, soit 34,6 %. Deuxième préoccupation La tendance globalement positive de la dette des ménages n est pas répartie également entre les ménages Résultats du sondage Tous les groupes de ménages n ont pas profité de la tendance positive à la baisse de l endettement : 46 % des répondants à faible revenu ont indiqué que leur dette avait augmenté, contre 31 % pour ce qui est des répondants à revenu élevé; 40 % des répondants âgés de 35 ans ou moins ont indiqué que leur dette avait augmenté, contre seulement 28 % de ceux âgés de 55 ans ou plus; les ménages comptant un ou plusieurs enfants étaient beaucoup plus susceptibles d indiquer une hausse de leur endettement. Des faits et des chiffres En 2009, les ménages ayant un revenu annuel de $ ou moins étaient six fois plus susceptibles d être vulnérables financièrement si l on considère le service de la dette, et affichaient un ratio dette-revenu 1,62 fois plus élevé que celui des répondants ayant un revenu compris entre $ et $. En 2009, une famille monoparentale moyenne avait des dettes actives de 2,27 $ pour chaque dollar de revenu avant impôts, soit deux tiers de plus que la dette d un couple moyen sans enfant. Les familles monoparentales constituaient le seul groupe de ménages dans lequel la proportion de ménages endettés augmente avec l âge. En 2009, parmi les personnes âgées de 55 ans ou plus, un tiers des ménages formés de personnes à la retraite avaient des dettes sous une forme ou une 13

14 autre, la dette moyenne s élevant à $; environ 17 % d entre eux avaient une dette de $ ou plus. La proportion des ménages âgés de 55 à 64 ans qui consacrent plus de 20 % de leur revenu disponible à des versements hypothécaires a augmenté, passant de 31,4 % en 2001 à 38,2 % en Troisième préoccupation La capacité de remboursement des ménages pourrait être compromise Résultats du sondage Peu de répondants ont enregistré une évolution favorable de leur revenu : moins de la moitié (42 %) ont fait état d une augmentation de leur revenu et 86 % de ceux-ci ont affirmé qu elle n avait été que modeste; la moitié des répondants estiment qu une réduction de salaire de l ordre de 10 % se répercuterait de façon marquée sur leur bien-être financier; 48 % des répondants ayant du mal à gérer leur dette ont cité un revenu moins élevé que prévu comme étant la cause première de ce problème de gestion. Les Canadiens épargnent encore moins qu avant : 27 % des répondants canadiens non retraités n affectent aucune ressource à une formule d épargne régulière quelle qu elle soit, même pas en vue de la retraite; 14 % des répondants ont réduit leur rythme d épargne habituel par suite de la récession. Des faits et des chiffres La situation du marché de l emploi demeure fragile et sa capacité à absorber la hausse de la population active ne s est améliorée que légèrement. L indice du nombre réel d emplois par tranche de personnes de la population en âge de travailler a chuté, passant de 115,6 en 2008 à 111,1 en 2009, mais n est remonté qu à 112,4 au premier trimestre de Le taux de chômage pour les travailleurs qui sont sans emploi depuis plus de un an a continué d augmenter et a plus que doublé, passant de 0,4 % en octobre 2008 à 1,0 % en avril Le chômage caché, qui tient compte également des travailleurs découragés, de ceux qui sont en attente et des travailleurs à temps partiel involontaires, a augmenté, passant de 8,8 % en 2008 à 11,5 % en 2009, et n a enregistré qu un recul modeste en En 2010, un jeune travailleur canadien sur cinq était au chômage ou faisait partie du groupe des «travailleurs découragés». Les jeunes sont particulièrement sensibles à l effet négatif du chômage sur les revenus futurs : une période de chômage de 13 semaines peut réduire de 3,4 % le salaire de l année suivante pour un jeune employé à temps plein. La dernière récession ne s est traduite que par une légère amélioration du taux d épargne personnelle. En 2009, ce taux avait augmenté de un point de pourcentage par rapport à son niveau de 3,6 % enregistré en 2008; cela dit, il a baissé légèrement en

15 L épargne permise par la constitution ou l appréciation du patrimoine est en baisse depuis 2008, et cette tendance s est maintenue en Quatrième préoccupation : La perspective pancanadienne ne révèle pas de différences régionales importantes Résultats du sondage Des différences régionales sont apparues dans la proportion de répondants qui ont indiqué que la dette de leur ménage avait changé : seulement 27 % des résidents du Manitoba et de la Saskatchewan, mais 43 % des Albertains, ont affirmé que leur dette avait augmenté comparativement à la moyenne canadienne de 35 %. Nous avons constaté un écart semblable dans les perceptions des répondants à l égard de leur richesse : 46 % de tous les répondants ont estimé qu ils étaient plus riches aujourd hui qu il y a trois ans. C est en Colombie-Britannique que l enthousiasme s est révélé le plus faible, seulement 38 % des répondants de cette province ayant indiqué une augmentation de leur richesse. Les plus enthousiastes ont été les résidents de l Alberta, qui ont été environ 54 % à se déclarer plus riches aujourd hui. Des faits et des chiffres En 2009, la Colombie-Britannique a figuré parmi les provinces affichant le poids du service de la dette des ménages le plus élevé au pays. Cette annéelà, les ménages de cette province ont consacré 9,4 % de leur revenu disponible au paiement des intérêts. Les résidents du Nouveau-Brunswick sont ceux qui ont enregistré le service de la dette le moins important, celui-ci comptant seulement pour 5,6 % de leur revenu disponible. La Colombie-Britannique a enregistré l une des plus fortes hausses du nombre de cas d insolvabilité des consommateurs pendant la récession et également l une des baisses les plus faibles du nombre de ménages en difficulté financière en L Ontario s est elle aussi classée parmi les premières provinces pour ce qui est de l accroissement des cas d insolvabilité en 2009, mais elle a également enregistré la plus forte baisse à ce chapitre en Dans trois provinces, soit l Alberta, la Colombie-Britannique et la Saskatchewan, le nombre de prêts hypothécaires en souffrance a continué d augmenter en 2010, tandis qu il a diminué dans les autres provinces. Dans les quatre provinces de l Atlantique, le nombre d emplois par personne en âge de travailler n a pas diminué ou il est revenu à la normale après la chute initiale. En Colombie-Britannique et au Manitoba, le nombre d emplois par rapport au nombre de personnes aptes à les occuper n a pas du tout augmenté depuis le recul de En Alberta, le taux d épargne des ménages était plusieurs fois supérieur à celui de toute autre province. À l inverse, les résidents de la Colombie-Britannique, la Nouvelle-Écosse et l Île-du-Prince-Édouard ont désépargné activement. 15

16 16 Lorsqu on les examine en parallèle avec les attitudes et les perceptions des Canadiens, les faits et les chiffres présentés ci-dessus permettent de formuler avec une certaine assurance les cinq conclusions suivantes. Premièrement, la situation financière du secteur des ménages dans son ensemble ne semble pas trop inquiétante. Deuxièmement, en ne regardant que l image d ensemble du secteur des ménages, on ne voit pas que la situation financière de certains groupes de ménages pourrait être bien pire que la moyenne. Troisièmement, notre capacité à évaluer exhaustivement l état et le niveau de l'endettement des ménages est limitée. Quatrièmement, l état et l évolution du bilan du secteur des ménages devraient être suivis de près par les décideurs responsables des politiques. Cinquièmement, une gestion équilibrée des dépenses, de l épargne et du remboursement des dettes pourrait demeurer une caractéristique souhaitable du comportement des ménages, comme l a déjà préconisé CGA-Canada.

17 Introduction 2 En 2007, après plus de dix années d expansion économique sans récession caractérisée par une croissance soutenue des revenus et des actifs ainsi qu une forte demande de main-d œuvre, le débat sur l endettement a commencé à se concentrer sur la question suivante : les Canadiens avaient-ils trop emprunté? Comme la définition et l incidence de ce «trop» n étaient pas très précises, la discussion a d abord porté sur les niveaux nominaux de l endettement des ménages et sur l idée répandue selon laquelle la vigueur des emprunts était bien soutenue par l accumulation d actifs et de richesse. L approche des responsables des politiques concernant l endettement des ménages pouvait alors être décrite comme étant essentiellement léthargique, même si elle s accompagnait d un suivi rigoureux du secteur. Pendant la récession et à l aube de la timide reprise, certains observateurs se sont de plus en plus inquiétés de la possibilité que les ménages modifient leurs habitudes, délaissant la «culture de la consommation» pour embrasser à l excès une culture de l épargne précaire qui, en tant que telle, risquait de peser sur une économie déjà essoufflée. Comme des études antérieures de CGA-Canada l avaient déjà révélé, les dépenses de consommation étaient devenues l une des dernières forces susceptibles de pousser l économie hors de la récession. Par conséquent, l une des stratégies des politiques publiques visait à éviter le resserrement des conditions de crédit et à assurer aux ménages et aux entreprises un accès continu au financement. La discussion sur l endettement des ménages a commencé à changer nettement d orientation à la fin de 2009, avec le début de la reprise économique. À ce moment-là, l attention était fixée sur la vulnérabilité grandissante des ménages, compte tenu de l imminence des hausses des taux d intérêt. Des avertissements ont alors été lancés par CGA-Canada et par des institutions aussi réputées que la Banque du Canada, le ministère des Finances du Canada, le C.D. Howe Institute et l Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les politiques publiques se sont donc davantage axées sur l action et ont cherché à empêcher les ménages canadiens de dépasser leurs capacités financières. Par conséquent, un certain nombre de mesures concrètes visant à resserrer les règles d approbation des prêts hypothécaires et à améliorer les pratiques de communication de l information dans l industrie des cartes de crédit ont été mises en œuvre. L attention accrue portée par les responsables des politiques à la question de l endettement des ménages a coïncidé plutôt bien avec un changement dans 17

18 l évolution de la croissance de la dette (et l a peut-être même engendré). Aussi ironique que cela puisse paraître, l endettement des ménages canadiens a commencé à montrer des signes d évolution anticyclique. La majeure partie de la première décennie des années 2000 a été caractérisée par une forte croissance de l endettement, à la fois pendant les années de forte expansion économique et pendant la Grande récession de 2008 et Par contre, tout au long de 2010 année marquée par un net renforcement de la reprise économique la croissance de la dette des ménages a ralenti, progressivement mais constamment. Doit-on conclure qu il s agit d une tendance encourageante et que les politiques publiques ont porté fruits? Ou doit-on considérer qu il s agit d une menace qui risque de limiter la consommation personnelle et d enrayer la reprise qui s amorce? L endettement des ménages canadiens a commencé à montrer des signes d évolution anticyclique. Quelle que soit la réponse, la plupart des analystes abordent l enjeu de la dette des ménages dans une perspective «macroéconomique» globale; c est le cas de la Banque du Canada la banque centrale canadienne qui, en plus de l établissement de la politique monétaire et de la promotion de systèmes financiers sûrs et fiables, assure le suivi de nombreux facteurs, notamment la santé financière des ménages. Il s agit d une question de première importance pour elle, car le niveau et l affectation des dépenses de consommation ont une incidence à la fois sur la conduite de la politique monétaire et sur la stabilité du système financier 1. Si cette approche est essentielle à une économie équilibrée, elle masque le fait que le fardeau de la dette est supporté par chaque ménage individuellement, et l utilisation d agrégats, de médianes et de moyennes peut être trompeuse d un point de vue individuel. Le niveau des taux d intérêt, les types d instruments d emprunt et les pratiques d emprunt sont relativement similaires dans tout le Canada; cependant, certains ménages peuvent vivre une situation très différente en ce qui concerne les préoccupations et les tensions qui découlent de l accroissement de leur dette et de la difficulté à s acquitter des remboursements périodiques. La question de l endettement des ménages a fait l objet d une première étude de CGA-Canada au début de CGA cherchait alors à savoir si les Canadiens avaient trop emprunté et si l économie dépendait de la consommation de manière disproportionnée. L étude cherchait aussi à analyser le niveau d endettement des Canadiens et les risques prospectifs associés au fardeau croissant de la dette. Bien que nous admettions que le niveau d endettement est un choix personnel légitime, nous nous sommes sentis tenus de sensibiliser les lecteurs aux risques potentiels liés à l accroissement de la dette de chaque ménage. En 2009 et en 2010, CGA-Canada s est à nouveau intéressée à cette question pour comprendre dans quelle mesure la crise financière et 1 Banque du Canada. La situation financière des ménages et la croissance économique, discours d Agathe Côté, sous-gouverneure de la Banque du Canada, devant le Canadian Club of Kingston, 10 janvier

19 le ralentissement économique avaient aggravé la situation financière des ménages canadiens 2. Aujourd hui, la question de l endettement des ménages est considérée comme un enjeu majeur dans le contexte du ralentissement récent de l économie et des éléments d incertitude persistants dans les perspectives économiques canadienne et mondiale. Cet enjeu est d autant plus important que la situation se détériore dans le secteur des ménages et que les dépenses et les finances des ménages sont cruciales pour l économie canadienne et la stabilité du système financier. Par conséquent, au printemps de 2011, CGA-Canada s est à nouveau intéressée à cette question pour déterminer si la reprise économique actuelle avait allégé les tensions financières des ménages. Le but premier de notre recherche a été de cerner le point de vue des Canadiens sur l évolution de leur endettement et de leur patrimoine et d examiner ces constatations dans le contexte de faits et de chiffres publiquement accessibles. À cette fin, nous avons intégré les résultats d un sondage d opinion commandé par CGA-Canada à l hiver à une analyse de l information statistique disponible surtout auprès de Statistique Canada. Le fardeau de la dette est supporté par chaque ménage individuellement, et l utilisation d agrégats, de médianes et de moyennes peut être trompeuse. Dans le texte qui suit, nous commençons par présenter les principales constatations du sondage d opinion. À partir de ces constatations, nous analysons l ampleur de la reprise économique observée en 2010, ainsi que les principaux indicateurs de l endettement des ménages. Ensuite, nous présentons les incidences de la situation économique actuelle sur les ménages endettés. Nous concluons en mettant en évidence les aspects les plus fondamentaux de nos constatations et en proposant certaines recommandations pratiques. Vous trouverez à l annexe A les constatations détaillées du sondage effectué en 2011 et, à l annexe B, une description de la méthodologie du sondage d opinion publique ainsi qu un exemplaire du questionnaire utilisé. 2 CGA-Canada. Où va l argent? La croissance de l endettement des ménages au Canada, 2007; CGA-Canada. Où va l argent? L endettement des ménages canadiens dans une économie en déroute, 2009; CGA-Canada. Où est l argent aujourd hui? L endettement des ménages canadiens à l aube de la reprise économique, 2010 (accessibles en ligne à 19

20 20

21 L attitude des ménages à l égard de l endettement, des dépenses et de l épargne 3 En 2007, 2009, 2010 et à nouveau en 2011, CGA-Canada a commandité un sondage d opinion qui visait à connaître le point de vue des Canadiens sur l évolution de leur niveau d endettement et sur leur patrimoine. Se fondant sur la perception des répondants plutôt que sur les montants figurant au bilan, le sondage invitait les Canadiens à réfléchir sur l évolution de la situation financière de leur ménage au cours des trois dernières années. Quatre grands thèmes étaient abordés : i) le niveau d endettement du ménage, ii) sa situation quant au revenu, à l actif et au patrimoine, iii) la nature de ses dépenses et iv) ses perspectives en matière d épargne et de retraite. Dans le présent chapitre, nous exposons les constatations clés découlant du sondage 3. L annexe A décrit plus en détail les résultats du sondage. Les Canadiens sont plus susceptibles de penser que leur endettement diminue; toutefois, certains groupes de ménages ne partagent pas cet optimisme. Contrairement à la tendance générale qui indique une hausse de la dette des ménages au Canada, les ménages canadiens pensent généralement que leur dette diminue. En 2011, le nombre de répondants dont l endettement a diminué (37 %) a été supérieur à celui dont l endettement a augmenté (35 %). Cependant, la proportion de participants au sondage qui ont indiqué que leur dette avait beaucoup baissé continue de s amenuiser année après année, celle-ci étant passée de 20 % en 2007 à 12 % en La tendance globalement positive concernant la dette des ménages n est pas partagée également entre les familles canadiennes. Les ménages ayant un revenu annuel de moins de $, ceux comptant des enfants ainsi que les répondants plus jeunes sont beaucoup plus susceptibles de reconnaître que leur endettement a considérablement augmenté. Le niveau de préoccupation engendré par l accroissement de la dette des ménages a diminué; la consommation plutôt que la constitution du patrimoine demeure la première cause de la hausse de l endettement. 3 À moins d indication contraire, les constatations exposées dans le présent chapitre sont celles qui découlent du sondage effectué en

22 La majorité (78 %) des répondants canadiens dont la dette a augmenté se sont dits préoccupés par cette situation; cependant, le niveau de préoccupation a baissé par rapport à 2010 où il s établissait à 86 % et même par rapport à 2007 où il s établissait à 81 %. Environ 18 % des répondants canadiens endettés pensent qu ils sont trop endettés et ont de la difficulté à gérer leur dette; ceux dont la dette a augmenté sont plus nombreux à indiquer qu ils ont de la difficulté à la gérer. Cependant, la très grande majorité des ménages (82 %) demeurent convaincus qu ils peuvent soit gérer efficacement leur dette actuelle, soit accroître leur niveau d endettement. L augmentation de l endettement demeure principalement motivée par la consommation plutôt que par la constitution du patrimoine. Quelque 57 % des répondants ont affirmé que les frais de subsistance courants étaient la cause première de l accroissement de leur endettement, un pourcentage supérieur à celui de 52 % constaté en Par contre, les dépenses pouvant s avérer profitables, notamment celles consacrées à l achat d une maison, à des études ou à des soins de santé, figurent parmi les causes d accroissement de l endettement les moins probables. Moins de Canadiens font état d une évolution positive de leur revenu et de leur patrimoine, même si un grand nombre d entre eux estiment que la valeur de leurs actifs augmente. Plus de la moitié (58 %) des répondants ont indiqué que leur revenu était resté stable ou avait diminué au cours des trois dernières années, tandis que la majorité (86 %) de ceux dont le revenu avait augmenté ont indiqué qu il ne s agissait que d une augmentation modeste. En 2011, l évolution des revenus a été moins favorable que lors des années précédentes. Environ 61 % des personnes interrogées estimaient que la valeur de leurs structures résidentielles s était appréciée, et au moins 45 % des répondants considéraient que la valeur de leurs actifs financiers (de retraite ou non) s était accrue. Cependant, moins de la moitié (46 %) des répondants ont estimé qu ils étaient plus riches aujourd hui qu il y a trois ans une nette diminution par rapport aux 57 % qui s étaient dits plus riches en Le cinquième des Canadiens seraient incapables de faire face à des dépenses imprévues; pourtant, les Canadiens épargnent encore moins qu avant. Même en pouvant compter sur l assistance temporaire que leur procure une carte de crédit ou une marge de crédit, le cinquième (21 %) des Canadiens seraient incapables d assumer une dépense imprévue de $; il s agit 22

23 toutefois d une légère amélioration par rapport aux résultats des sondages précédents. Un Canadien sur dix aurait de la difficulté à faire face à une dépense inattendue de 500 $. Les répondants endettés et ceux qui ne mettent pas régulièrement de l argent de côté se sont naturellement révélés beaucoup plus susceptibles d indiquer qu ils seraient incapables de régler une dépense imprévue de 500 $ ou $. Quelque 27 % des répondants canadiens non retraités n affectent aucune ressource à une formule d épargne régulière quelle qu elle soit, même pas en vue de la retraite. Il s agit d une légère augmentation par rapport au pourcentage (25 %) enregistré en L épargne en prévision des vacances et des divertissements est davantage prioritaire aux yeux des jeunes ménages que l épargne destinée aux études ou au versement initial pour l achat d une maison. La mise en place du CELI n a eu qu un effet limité. Deux ans après le lancement de cet instrument d épargne, un cinquième (22 %) des Canadiens affirment mal le connaître. Parmi les répondants qui en avaient au moins une connaissance générale, presque la moitié (49 %) n y ont pas eu recours. La majorité (76 %) des répondants ont indiqué qu ils ne modifieraient pas leurs habitudes d épargne en raison de la dernière crise financière et du ralentissement économique; 14 % ont indiqué avoir réduit leur taux d épargne habituel en raison d une perte de confiance à l égard des marchés de capitaux et des possibilités de croissance. Quatre Canadiens sur dix ne sont pas certains que leur situation financière à la retraite sera adéquate. Quelque 38 % des répondants ne sont pas convaincus que leur situation financière répondra à leurs besoins à la retraite; toutefois, cela représente une amélioration par rapport aux précédents sondages. Ainsi que l on pouvait s y attendre, le niveau de confiance a eu tendance à s accroître chez les répondants dont le revenu et la richesse avait augmenté ou dont la dette avait diminué. Seulement un peu plus de la moitié (52 %) des répondants non retraités ont indiqué qu ils avaient une bonne idée de l épargne personnelle et des ressources qu ils devaient accumuler pour bénéficier d une situation financière adéquate à la retraite. La perception des Canadiens sur la plupart des enjeux liés à leur situation financière s est nettement améliorée par rapport à 2008 et à Généralement, les répondants ont retrouvé leur disposition d esprit de 2007, avant la récession. En 2011, comparativement aux sondages de 2008 et de 23

24 2010, ils ont été moins susceptibles d indiquer que leur dette avait augmenté. Ils se sont révélés par ailleurs moins préoccupés par l augmentation de leur dette et plus confiants dans leur capacité de la gérer. De même, les Canadiens sondés en 2011 ont été plus nombreux à faire état d une évolution positive de leurs actifs et se sont déclarés plus susceptibles de pouvoir faire face à des dépenses imprévues. L épargne régulière, la participation à des régimes d épargne fiscalement avantageux, le fait de connaître clairement le montant d épargne-retraite dont on aura besoin et le niveau de confiance quant à l adéquation de la situation financière à la retraite sont des éléments qui ont aussi été mentionnés plus souvent dans le sondage de 2011, comparativement aux sondages de 2008 et de Par contre, les répondants ont davantage fait état d une détérioration (et non d une amélioration), de leur situation à l égard d aspects aussi importants que le revenu, le patrimoine et les habitudes d épargne, qui peuvent être considérés comme des conditions préalables aux tendances positives que nous venons de décrire. Les résultats du sondage font ressortir plusieurs tendances inquiétantes, notamment : i) le niveau de préoccupation engendré par l accroissement de la dette des ménages diminue; ii) les dépenses des ménages restent axées sur la consommation courante; iii) les perspectives d amélioration des habitudes d épargne demeurent faibles; et iv) les ménages les moins nantis sont particulièrement vulnérables à l accroissement de leur dette, mais ne peuvent compter sur une amélioration de leur revenu ou de leur patrimoine. Ces tendances ne sont pas nouvelles; cependant leur importance a évolué par suite de la dernière récession et exige une reconstitution des actifs et du patrimoine. Dans les pages qui suivent, nous tenterons de comprendre les faits et les chiffres empiriques que nous avons recueillis au sujet de l endettement des ménages ainsi que les incidences de la dernière récession et de la reprise économique actuelle sur les ménages toujours plus endettés. 24

25 L endettement des ménages 4 canadiens situation actuelle L analyse présentée dans ce chapitre traite principalement du niveau et de la composition de la dette des ménages. À cette fin, elle examine la situation de l endettement des ménages au premier trimestre de 2011, soit la période la plus récente pour laquelle nous détenons des renseignements pertinents au moment de rédiger ces lignes. Pour faciliter la compréhension de la dynamique de l endettement des ménages, l analyse tient compte de l évolution de la dette pendant la récente période d instabilité financière et de récession (2008 et 2009) ainsi que la reprise économique rapide qui a suivi en 2010 et au début de 2011; elle compare les tendances avec la perspective à plus long terme qui a caractérisé les deux décennies précédentes. Nous commencerons toutefois notre analyse par un bref aperçu des récents bouleversements du paysage économique. Les perspectives économiques à l échelle nationale et mondiale ont été particulièrement changeantes au cours des dernières années Les principaux indicateurs économiques au cours de la grande récession et de la reprise accélérée Résultats du sondage de 2011 La perception des Canadiens concernant l état de leurs finances s est nettement améliorée en 2011 : la probabilité que les répondants déclarent que leur dette avait augmenté, qu ils étaient préoccupés par l accroissement de leur dette, qu ils avaient de la difficulté à la gérer et étaient incapables de faire face à des dépenses imprévues s est révélée similaire ou inférieure à celle enregistrée lors du sondage de 2007; la proportion de répondants qui ont indiqué qu ils étaient confiants quant à leur situation financière à la retraite, de ceux qui avaient une idée claire du montant d épargne-retraite qu ils devaient accumuler et de ceux qui ne mettaient pas régulièrement de l argent de côté s est révélée égale ou supérieure à celle enregistrée en Les perspectives économiques à l échelle nationale et mondiale ont été particulièrement changeantes au cours des dernières années, passant soudainement d une forte croissance à une récession brutale et profonde, puis à une reprise qui, à la surprise et à la satisfaction de plusieurs, s est déployée beaucoup plus rapidement que celles ayant fait suite aux récessions précédentes. Ce bouleversement des perspectives économiques ajoute une nouvelle 25

26 dimension à l analyse de l endettement des ménages. Il faut déterminer non seulement l évolution du niveau d endettement dans le temps, mais également son incidence dans le contexte des nouvelles conditions économiques. L évolution des indicateurs économiques a été positive en 2010, un signe évident de reprise économique. Conscients de l importance de cette transformation, nous donnons, avant de passer à la question du niveau d endettement des ménages canadiens proprement dit, un bref aperçu de certains indicateurs économiques tels qu ils se présentaient avant, pendant et après la dernière récession. Parmi le large éventail d indicateurs utilisés habituellement pour jauger la santé de l économie, nous nous concentrons sur ceux qui sont pertinents quant à la capacité des ménages à gagner un revenu, à constituer un patrimoine et à consommer. Trois périodes sont analysées : la «croissance économique» comprise entre 2004 et 2007, qui représente les quatre années de forte croissance économique ayant précédé la récession, la «récession» qui éclate en 2008 rompant avec la croissance économique à long terme et se manifeste principalement en 2009, et la «reprise» qui définit l économie postrécession telle qu elle était en Une mise en garde s impose à l égard de l analyse de la dynamique des indicateurs économiques qui influencent la santé du secteur des ménages; la période au cours de laquelle les différents indicateurs économiques réagissent aux fluctuations de l économie varie. Certains d entre eux (par exemple, les cours des actions) sont considérés comme des indicateurs précurseurs et changent avant l économie; d autres (par exemple, les bénéfices des entreprises) sont généralement tardifs et n évoluent pas nécessairement dans le même sens ou ne s améliorent pas de façon significative avant quelques trimestres. D autres encore (par exemple, le PIB) évoluent en phase avec le rythme de l économie. Il en ressort que les différents indicateurs économiques ont tendance à se détériorer et à s améliorer à des rythmes différents pendant les périodes de récession et de reprise. Comme le montre le tableau 1, l évolution de tous les indicateurs retenus a été positive en 2010, un signe évident de reprise économique. Après deux années de récession et d alternance entre des chutes vertigineuses et des bonds spectaculaires, la plupart des indicateurs liés à la richesse se sont stabilisés, donnant lieu à un modèle plus prévisible de constitution du patrimoine. En 2010, les marchés boursiers aux États-Unis et au Canada ont enregistré de solides taux de croissance annuelle supérieurs à 10 %. Le marché de l habitation s est redressé après un ralentissement modéré en 2008 et 2009, mais a évité le retour aux taux de croissance caractéristiques d une bulle observés pendant les années de forte expansion économique. Enfin, l épargne personnelle est demeurée à des niveaux légèrement supérieurs aux creux historiques observés pendant les années précédant la récession. 26

27 Tableau 1 Quelques indicateurs économiques (taux de croissance annuel moyen, à moins d indication contraire) Croissance économique Dernière récession Reprise actuelle 2010 Indicateurs liés à la richesse S&P/TSX S&P 500 É.-U. Indice des prix des maisons neuves Prix de revente moyen des maisons* Taux d épargne personnelle (moyenne de la période) Indicateurs liés au revenu Revenu disponible personnel* Taux de chômage (moyenne de la période) Total des heures réellement travaillées Bénéfices des sociétés avant impôts* Indicateurs liés au comportement des consommateurs Indice de confiance des consommateurs (moyenne de la période) Consommation des particuliers* Commerce de détail* 13,9 % 7,2 % 7,0 % 8,4 % 2,9 % 3,6 % 6,6 % 1,9 % 3,0 % 103,2 2,6 % 4,7 % -35,0 % -38,5 % 0,5 % -0,3 % 3,9 % 3,4 % 6,1 % 0,8 % 6,5 % ,3 % 3,2 % 30,7 % 23,5 % -1,0 % 4,8 % 4,6 % 1,1 % 8,3 % -4,1 % -31,8 % 97,2 0,5 % -1,3 % 14,4 % 12,8 % 2,1 % 3,9 % 4,8 % 3,0 % 8,0 % 2,6 % 17,8 % 99,9 3,0 % 5,0 % En 2010, les indicateurs liés au comportement des consommateurs ont témoigné de la disposition continue des ménages à dépenser. PIB réel 2,7 % 0,7 % -2,8 % 3,2 % * Corrigés pour tenir compte de l inflation. Source : Tableaux CANSIM , , , , , , , , et ; SCHL. L Observateur du logement au Canada, 2010, et Perspectives du marché de l habitation, premier trimestre 2011; portail des statistiques de l OCDE (OECD.Stat); calculs de CGA-Canada. La plupart des indicateurs liés au revenu signalent également une amélioration de la situation. Le chômage n a diminué que légèrement, mais le nombre d heures réellement travaillées a augmenté sensiblement, indiquant un regain d activité commerciale. Les bénéfices des sociétés, un indicateur qui influence la stabilité du revenu d emploi et le niveau des revenus de placements des particuliers, a enregistré une croissance annuelle importante, même compte tenu de l inflation. La croissance du revenu disponible personnel réel s est rapprochée des niveaux observés pendant les années antérieures à la récession après s être légèrement repliée lors du ralentissement économique. En 2010, la dynamique des indicateurs liés au comportement des consommateurs a témoigné de la disposition continue des ménages à dépenser et d une amélioration de leur perception de la situation économique actuelle et future; les trois indicateurs de cette catégorie consommation des particuliers, confiance des consommateurs et commerce de détail ont progressé et les taux de croissance des dépenses de consommation et du commerce de détail ont dépassé ceux observés pendant les années de forte croissance économique. 27

28 La situation économique au premier trimestre de 2011 a été quelque peu contrastée et s est caractérisée par une croissance atone du revenu disponible personnel et de la consommation et une légère diminution du taux d épargne des ménages, mais une forte croissance du PIB réel 4. Cependant, il ne serait pas entièrement juste de comparer les résultats trimestriels à l évolution annuelle. Par exemple, quatre occurrences de repli trimestriel du PIB réel ont été observées pendant la période comprise entre 1992 et 2007, sans qu aucun de ces replis ne se mute en une véritable récession. Par conséquent, aux fins de l analyse présentée dans ce rapport, le jugement relatif aux conditions économiques au Canada pendant la période de reprise a été fondé sur la dynamique observée en Une étroite surveillance des changements futurs de l économie s impose toutefois, en raison du tableau contrasté présenté par les indicateurs économiques au premier trimestre de L endettement des ménages a atteint le sommet sans précédent de 1,5 billion de dollars au premier trimestre de À la lumière du portrait positif de la reprise économique dépeint par les indicateurs examinés, il peut être important de déterminer si les changements favorables des statistiques liées à la richesse et au revenu ont abouti à un allègement du fardeau de la dette des ménages canadiens. Les paragraphes qui suivent traitent plus en profondeur de cet aspect La dynamique et la composition de la dette des ménages 5 Plusieurs aspects de l endettement des ménages canadiens méritent qu on s y attarde. Le niveau général et le rythme de croissance de la dette peuvent être un indice de la variation de l ampleur du phénomène. La composition de la dette peut révéler une transformation des facteurs influant sur son accroissement. De même, le niveau d endettement de chaque ménage est également important, en ce sens qu il peut mettre en évidence certains segments spécifiques de la société qui sont plus vulnérables aux tendances observées. Comprendre les caractéristiques particulières de la dynamique de la dette à différentes étapes du cycle économique peut, par ailleurs, faire ressortir le degré d adaptation des ménages aux réalités de l environnement économique. Les paragraphes qui suivent exposent plus en détail chacun de ces aspects. 4 Statistique Canada. «Comptes économiques canadiens», Le Quotidien, 30 mai 2011, p La dette des ménages est définie comme étant le solde impayé des prêts aux ménages consentis aux clients des institutions financières qui font partie du système financier canadien (banques à charte, sociétés de fiducie et de prêts hypothécaires, coopératives d'épargne et de crédit et caisses populaires, compagnies d'assurance-vie, caisses de retraite, sociétés à but spécial et établissements de crédit ne recevant pas de dépôts, et autres institutions financières). Le solde impayé des prêts aux ménages correspond quant à lui aux soldes impayés des prêts à la consommation et des prêts hypothécaires à l habitation. 28

29 Le niveau et la composition de la dette des ménages Résultats du sondage de 2011 Les Canadiens sont plus susceptibles de croire que leur dette décroît, et le niveau de préoccupation engendré par l accroissement de l endettement des ménages a diminué : 37 % des répondants endettés ont indiqué que leur dette avait diminué, et 35 %, qu elle avait augmenté; la proportion de répondants préoccupés par l accroissement de leur dette a baissé, passant de 86 % en 2010 à 78 % en 2011; 82 % des répondants se sont dits convaincus qu ils pouvaient soit gérer efficacement leur dette actuelle, soit accroître leur niveau d endettement. L endettement des ménages a atteint le sommet sans précédent de 1,5 billion de dollars au premier trimestre de Même si la dette des ménages est corrigée pour tenir compte de l inflation et de la croissance démographique, elle a progressé sans interruption depuis le début des années En fait, si on répartissait la dette des ménages également entre tous les Canadiens, chaque personne aurait eu une dette active de $ en date de mars 2011 (graphique supérieur de la figure 1); selon le même raisonnement, la dette active totale d une famille comptant deux enfants se serait établie à $ à cette date. Si on répartissait la dette des ménages également entre tous les Canadiens, chaque personne aurait une dette active de $. L extravagance dont font preuve les ménages canadiens dans leurs habitudes de dépenses est souvent perçue comme un élément moteur de l accroissement de l endettement des ménages; cependant, plusieurs facteurs systématiques à plus long terme semblent être en cause. Ces facteurs sont notamment le caractère plus abordable de la dette découlant de la baisse des taux d intérêt, l amélioration de la confiance des consommateurs en raison de la croissance historiquement forte de l économie et des marchés de l emploi, les effets positifs sur le patrimoine associés au solide rendement des marchés de l habitation et des marchés boursiers, l augmentation du nombre de familles à deux revenus en raison de la participation grandissante des femmes au marché du travail, de même que la déréglementation accrue, l innovation relative aux produits et la concurrence dans les secteurs des banques et des services financiers 6. 6 Services économiques TD. «Endettement des ménages canadiens : Faut-il s inquiéter?», Étude spéciale, 20 octobre

30 Figure 1 Dette des ménages canadiens, 1981 à 2010 Dette totale des ménages En 2010 et au début de 2011, le rythme d expansion de la dette a fortement ralenti. Milliards de dollars Dette totale des ménages (Gauche) Dette des ménages, par personne (Droite) Dollars constants de 2011 Dette totale des ménages Croissance (corrigée pour tenir compte de l inflation et de la croissance démographique) 12 % 10 % 8 % 6 % 4 % 2 % 0 % -2 % -4 % % -8 % Moyenne à long terme : 3,7 % -10 % -12 % Source : Tableaux CANSIM , et ; calculs de CGA-Canada. Bien qu une tendance générale à la hausse du niveau d endettement ait été observée la plupart des années au cours des trois dernières décennies, le taux de croissance de l endettement des ménages a été très irrégulier. Les années 1980 se sont caractérisées par une forte baisse suivie d une montée brusque du rythme d accumulation de la dette. Par ailleurs, les années 1990 et le début des années 2000 ont été marqués par des variations fréquentes et souvent notables du taux de croissance du crédit des ménages. Par exemple, la croissance d une année à l autre de la dette des ménages (corrigée pour tenir 30

31 compte de l inflation et de la croissance démographique), qui était presque nulle au milieu de 1995, a atteint près de 5 % à la fin de 1997 et est devenue négative au milieu de En revanche, à compter de 2003, la dynamique de la dette des ménages a changé considérablement : le taux de croissance a nettement augmenté sans plus redescendre sous la moyenne à long terme de 3,7 % même pendant la récession de En 2010 et au début de 2011, le rythme d expansion de la dette a fortement ralenti pour atteindre des taux caractéristiques des années 1990 avant de chuter en mars 2011 à son plus récent point bas de 1,9 %, du jamais vu depuis l automne 2001 (tous les taux sont corrigés pour tenir compte de l inflation et de la croissance démographique, graphique inférieur de la figure 1). La dette des ménages regroupe le crédit hypothécaire à l habitation et le crédit à la consommation. Elle est surtout constituée de prêts hypothécaires et sa composition n a pas beaucoup changé au cours de la dernière décennie : en effet, la proportion représentée par ces prêts, qui avait atteint un sommet de 70,0 % pour la décennie au début de 2000, a baissé à 68,8 % au premier trimestre de La croyance populaire veut que la croissance du crédit hypothécaire soit moins préoccupante que la hausse du crédit à la consommation, puisque l emprunt hypothécaire est garanti par des actifs résidentiels qui s apprécient, tandis que le crédit à la consommation ne s appuie pas sur des actifs qui peuvent prendre de la valeur. Toutefois, en raison de la popularité croissante d outils de financement tels que la marge de crédit hypothécaire et le prêt sur la valeur domiciliaire, il est plus difficile de tracer une démarcation claire entre différentes catégories de crédit aux ménages et de leur associer des degrés de préoccupation plus élevés ou plus faibles. D une part, les marges de crédit hypothécaire et les prêts sur la valeur domiciliaire sont garantis par la valeur nette des maisons, ce qui peut représenter des risques de crédit inférieurs pour l institution financière prêteuse. D autre part, ce type d emprunt peut servir à faire l acquisition de biens de consommation qui perdent de la valeur et érodent davantage la valeur réelle globale des ménages. La baisse du taux de croissance de l endettement total des ménages s explique principalement par l affaiblissement de l expansion du crédit à la consommation. Bien qu à plus long terme, l expansion du crédit hypothécaire et du crédit à la consommation ait enregistré un taux de croissance annuel moyen identique, soit 3,7 %, entre 1981 et 2010 (corrigé pour tenir compte de l inflation et de la croissance démographique), la dynamique des deux catégories d endettement des ménages est fort différente sur des périodes plus courtes. Par exemple, au début des années 1990, le taux de croissance des prêts hypothécaires a été nettement supérieur à celui du crédit à la consommation (4,0 % et 1,1 % respectivement pendant la période ), mais la situation s est inversée à la fin des années 1990, le taux d expansion annuel moyen du crédit à la consommation dépassant largement celui des prêts hypothécaires année après année entre 1996 et En moyenne, ces taux se sont établis à 6,4 % et 2,0 % respectivement pendant cette période. 31

32 On pourrait croire que le ralentissement du rythme d expansion du crédit à la consommation a été causé principalement par le recul de l emprunt par marges de crédit personnelles. Les années 2000 ont été différentes de la décennie précédente en raison de plusieurs facteurs. Premièrement, tant le crédit hypothécaire que le crédit à la consommation se sont accrus à des taux bien supérieurs à la moyenne à long terme. Deuxièmement, contrairement aux précédents ralentissements économiques, la récession de n a eu qu un effet très modeste sur l expansion du crédit aux ménages, le crédit hypothécaire et le crédit à la consommation ayant continué de croître à des taux annuels moyens comparables à ceux qu on a pu relever pendant les années de croissance économique. Troisièmement, la baisse du taux de croissance de l endettement total des ménages observée en 2010 et au début de 2011 s explique principalement par l affaiblissement de l expansion du crédit à la consommation qui a fait passer le taux de croissance de 6,6 % à la fin de 2009 à un taux négatif de 0,6 % à la fin du premier trimestre de 2011 (figure 2). Figure 2 Dynamique du crédit hypothécaire et du crédit à la consommation (variation d'une année à l'autre) 12 % 9 % 6 % 3 % 0 % % -6 % Crédit hypothécaire Crédit à la consommation Note : Les données sur le crédit hypothécaire et le crédit à la consommation sont corrigées pour tenir compte de l inflation et de la croissance démographique. Source : Tableaux CANSIM , et ; calculs de CGA-Canada. 32

33 Un examen plus attentif du crédit à la consommation Résultats du sondage de 2011 La consommation plutôt que la constitution du patrimoine demeure la première cause de la hausse de l endettement : 57 % des répondants endettés ont affirmé que les frais de subsistance courants étaient la cause première de l accroissement de leur endettement; pas plus de 19 % des répondants endettés ont vu leur dette augmenter en raison de dépenses génératrices de richesse (achat d une résidence, admission à un programme d études, etc.). Le crédit à la consommation comprend les programmes de prêts personnels, les prêts sur cartes de crédit, les marges de crédit personnelles et les autres prêts personnels. Au cours des vingt dernières années, les ménages canadiens ont manifesté de nouvelles préférences pour certains types de crédit à la consommation. Au début des années 1990, les consommateurs avaient principalement recours aux programmes de prêts personnels et aux autres prêts personnels, qui représentaient 76,7 % de tous les prêts à la consommation consentis par les banques à charte en Au début de 2011, cependant, les marges de crédit personnelles semblaient avoir obtenu la faveur, représentant 60,1 % du crédit à la consommation consenti par les banques à charte 7. Les prêts sur carte de crédit suivaient loin derrière. Cette évolution des préférences est principalement attribuable à une progression spectaculaire des emprunts par marges de crédit personnelles, le recours aux autres formes de crédit à la consommation étant resté relativement stable La croissance de la plupart des composantes importantes de la consommation des particuliers a atteint ou surpassé en 2010 les niveaux d avant la récession. On pourrait croire que le ralentissement du rythme d expansion du crédit à la consommation observé en 2010 et au début de 2011 a été causé principalement par le recul de l emprunt par marges de crédit personnelles; nous ne disposons pas toutefois d un tableau général de la situation. Si l on ne tient compte que des banques à charte, on constate que le rythme de croissance du crédit à la consommation a fléchi en raison d une utilisation plus modérée des marges de crédit et des programmes de prêts. Le taux de croissance des marges de crédit, par exemple, a été en 2010 six fois inférieur à celui enregistré en (figure 3). Quant au crédit à la consommation consenti par les sociétés et les institutions non bancaires, il a non seulement ralenti, mais s est replié à un 7 Les statistiques recueillies par la Banque du Canada sur les composantes du crédit à la consommation portent uniquement sur le crédit consenti par les banques à charte. L'analyse s'en trouve limitée, car elle ne tient pas compte des autres établissements financiers. En mars 2011, les banques à charte détenaient 78,3 % du solde impayé du crédit à la consommation des Canadiens, la part restante, soit 21,7 %, étant détenue par les sociétés de services financiers et d autres institutions telles que les compagnies d assurance-vie, les sociétés de fiducie et de prêts hypothécaires, les coopératives d épargne et de crédit et les caisses populaires et les établissements de crédit ne recevant pas de dépôts. 33

34 La croissance plus lente du crédit à la consommation n a pas été induite par le ralentissement de la consommation des particuliers mais plutôt par une utilisation plus modérée des ressources de crédit. rythme annuel moyen de 8,4 % depuis le milieu de Nous ne disposons toutefois d aucune information permettant de déterminer quels éléments ont contribué à ce repli. Une meilleure compréhension de la dynamique des composantes de la dette revêtirait une importance particulière en raison de la très grande utilisation des marges de crédit et des cartes de crédit. Ces catégories de crédit constituent une forme de crédit renouvelable aux termes duquel seul un versement minimal (ou le paiement des intérêts) est exigé périodiquement. Face à l aggravation des tensions financières engendrées par l endettement, les ménages sont de plus en plus tentés de reporter le remboursement du capital, d où le danger croissant d une spirale d endettement. Figure 3 Composition du crédit à la consommation : Banques à charte Taux de croissance annuel moyen 18 % 16 % 14 % 12 % 10 % 8 % 6 % 4 % 2 % 0 % -2 % -4 % -6 % -8 % 16,9 % 2,6 % Marges de crédit personnelles 10,5 % Programmes de prêts personnels 4,9 % 5,0 % 5,8 % Prêts sur cartes de crédit Autres prêts personnels -4,8 % -6,1 % T Note : Le crédit à la consommation est corrigé pour tenir compte de l inflation et de la croissance démographique. Source : Tableaux CANSIM , et ; calculs de CGA-Canada. 34

35 En 2009, les consommateurs étaient moins bien disposés envers le magasinage traditionnel par rapport aux années précédentes. Cette tendance a toutefois été de courte durée, la croissance de la plupart des composantes importantes de la consommation des particuliers ayant atteint ou surpassé en 2010 les niveaux d avant la récession. Ainsi, les dépenses personnelles ont progressé comme suit : véhicules neufs ou d occasion, + 5,7 %; meubles et couvre-planchers, + 4,4 %; et appareils ménagers et biens semi-durables, + 3,8 % et + 4,3 % respectivement (chiffres corrigés pour tenir compte de l inflation). Dans l ensemble, la consommation personnelle réelle de biens et de services a enregistré une solide croissance de 3 % en La comparaison de la dynamique du crédit à la consommation à celle de la consommation des particuliers révèle des données intéressantes. Dans l ensemble, le montant du solde impayé au titre du crédit à la consommation pour chaque dollar de biens et services consommés n a cessé de s accroître entre 2002 et le milieu de Aussi, ce ratio a maintenu une forte tendance haussière pendant la décennie qui a précédé cette période, les ménages faisant de plus en plus appel au crédit pour acheter le même volume de biens et services. Cette tendance a cependant affiché des signes d essoufflement au deuxième semestre de 2010 et au début de 2011, ce qui laisse penser que la croissance plus lente du crédit à la consommation n a pas été induite par le ralentissement de la consommation des particuliers mais plutôt par une utilisation plus modérée des ressources de crédit (graphique supérieur de la figure 4). Les Canadiens ont continué d avoir recours au crédit dans une plus large mesure pour acheter une voiture; 0,92 $ ont été empruntés des banques à charte pour chaque dollar consacré à l achat d un véhicule. 8 Tout comme la situation relative aux indicateurs économiques décrite au point 4.1, les données préliminaires tendent à indiquer que les dépenses consacrées aux biens de consommation durables et non durables, notamment les véhicules automobiles, les meubles et les appareils ménagers, ont ralenti au premier trimestre de Cependant, ainsi qu'on l'indique au point 4.1, les indicateurs économiques sont évalués en fonction des données annuelles aux fins du présent rapport. Source : Tableaux CANSIM , et ; calculs de CGA-Canada. 35

36 Figure 4 Crédit à la consommation et biens et services consommés 0,50 $ 0,40 $ Crédit à la consommation pour chaque dollar de consommation personnelle de biens et services 0,49 $ 0,30 $ À la fin de 2010, la valeur nette totale des propriétaires se situait à son niveau le plus bas en dix ans, soit 67,7 %, tandis que la valeur nette des maisons était à son plus bas en 20 ans, soit 34,3 %. 0,20 $ 0,10 $ 0,00 $ 1,00 $ 0,90 $ 0,80 $ 0,70 $ 0,26 $ Prêts consentis en vue de l achat de voitures pour chaque dollar de dépenses consacrées aux véhicules automobiles 0,92 $ 0,60 $ 0,50 $ 0,55 $ 0,40 $ 0,30 $ 0,20 $ 0,35 $ 0,10 $ 0,00 $ Note : Le crédit à la consommation est corrigé pour tenir compte de l inflation et de la croissance démographique. Source : Tableaux CANSIM , , et ; calculs de CGA-Canada. Une conclusion analogue peut être tirée au sujet du recours aux prêts à la consommation pour certains types de biens. Par exemple, le montant du solde impayé au titre du crédit à la consommation utilisé pour la rénovation de propriétés résidentielles a également diminué par rapport aux dépenses consacrées aux projets de rénovations. L achat de voitures représente cependant un cas à part, les Canadiens ayant continué d avoir recours au crédit dans une plus large mesure pour acheter une voiture en 2010 et au début de En mars 2011, 0,92 $ étaient empruntés des banques à charte pour chaque dollar consacré à l achat d un véhicule neuf ou d occasion, contre 0,70 $ seulement 36

37 à la fin de 2009 et 0,35 $ au milieu de 2008 (graphique inférieur de la figure 4). Cela dit, les prêts automobiles représentent une proportion relativement peu importante (environ 12 %) du total du crédit à la consommation consenti par les banques à charte et n ont pas d influence décisive sur la tendance générale. L expansion moins importante du crédit à la consommation, et en particulier des marges de crédit personnelles, est au diapason des tendances suivies par la valeur nette des propriétaires. Cette dernière, qui représente la portion des actifs non empruntée, témoigne habituellement de la capacité du secteur des ménages à s endetter à des fins de consommation. Pour les besoins de notre analyse, nous avons pris en considération deux catégories de valeur nette des propriétaires : la valeur nette totale, qui tient compte de la valeur des biens résidentiels et non résidentiels et des terrains, et la valeur nette des maisons, qui tient compte des actifs immobiliers résidentiels et peut être plus facilement accessible aux ménages aux fins d emprunt. Comme le montre la figure 5, les deux indicateurs ont évolué dans la même direction à la fin des années 2000, le niveau des deux types de valeur s étant replié depuis le milieu de À la fin de 2010, la valeur nette totale des propriétaires se situait à son niveau le plus bas en dix ans, soit 67,7 %, tandis que la valeur nette des maisons était à son plus bas en 20 ans, soit 34,3 %, ce qui manifestement a eu pour effet de restreindre la capacité des ménages à utiliser la valeur nette de leurs actifs comme garantie pour soutenir leurs marges de crédit à la consommation. La situation financière de certains groupes de ménages est sans doute bien pire que ne l indiquent les changements plutôt positifs évoqués par les tendances générales et elle se détériore. Figure 5 Valeur nette du secteur des ménages 75 % 69,2 % 71,1 % 60 % 53,0 % 67,7 % 45 % 43,0 % 30 % 34,3 % 15 % Valeur nette totale des propriétaires Valeur nette des maisons Note : La valeur nette totale des propriétaires s entend des «capitaux propres du propriétaire en biens immobiliers», tel que publié par Statistique Canada dans le tableau CANSIM ; la valeur nette des maisons est la différence entre la valeur des structures résidentielles et les prêts hypothécaires consentis à l égard de celles-ci. Source : Tableaux CANSIM , et ; calculs de CGA-Canada. 37

38 L endettement des ménages individuels Les familles monoparentales constituent la seule catégorie de ménages dont la dette augmente avec l âge. Résultats du sondage de 2011 Tous les groupes n ont pas profité de la tendance positive à la baisse de l endettement : 46 % des répondants à faible revenu ont indiqué que leur dette avait augmenté, contre seulement 31 % des répondants à revenu élevé; 40 % des répondants âgés de 35 ans ou moins ont indiqué que leur dette avait augmenté, contre seulement 28 % des répondants âgés de 55 ans; Les ménages comptant un ou plusieurs enfants étaient plus susceptibles d indiquer une hausse de leur endettement. Comme on peut s y attendre, l analyse globale du secteur des ménages présente certaines limites : elle ne renseigne pas sur les changements touchant la répartition de l endettement entre différentes catégories de ménages et selon les provinces et territoires et ne permet pas d examiner les caractéristiques propres aux ménages qui sont exposés à un niveau d endettement élevé. Il existe trois grands ensembles de données qui pourraient permettre de voir de plus près la composition du bilan d un ménage donné : i) l Enquête sur la sécurité financière (ESF), ii) l Enquête canadienne sur les capacités financières (ECCF) (toutes deux produites par Statistique Canada) et iii) l enquête Canadian Financial Monitor (CFM) réalisée par Ipsos Reid Canada. Certaines limites empêchent toutefois d obtenir un portrait à jour complet de l endettement des ménages individuels à partir de l une ou l autre de ces sources. L enquête ESF fournit une source de données complète accessible au public qui permet de considérer plus en profondeur le fardeau associé à différents types de dette, la composition des actifs et la catégorisation de la valeur nette des familles possédant différentes caractéristiques. L enquête n est cependant réalisée qu occasionnellement et la dernière édition remonte à Le principal objectif de l ECCF est d examiner la manière dont les ménages gèrent l argent, l utilisation qu ils font des produits financiers et leurs habitudes financières au lieu de se pencher sur les sommes figurant à leur bilan. Par conséquent, même si l ECCF renseigne sur l actif et le passif des ménages, il se concentre uniquement sur la valeur totale de ces variables. En outre, cette enquête n a été réalisée qu une fois à ce jour (en 2009) et ne permet donc pas de comparer les résultats dans le temps. L enquête CFM représente probablement l ensemble de données le plus utile puisqu elle recueille de l information sur différents types de dettes et d actifs des ménages, sur le comportement et les attitudes dans le domaine bancaire et sur l utilisation des conseils financiers et des 38

39 services de planification de la retraite par des ménages présentant différentes caractéristiques, sans compter qu elle est effectuée tous les ans depuis Il faut cependant payer pour obtenir les données, ce qui pose certains obstacles à une analyse en profondeur. Comme il est difficile d obtenir le tableau à jour complet du niveau d endettement des ménages présentant différentes caractéristiques socio-économiques, nous ne mettons en évidence dans ce chapitre que les aspects les plus fondamentaux compilés à partir de sources faisant appel aux données des trois enquêtes mentionnées. Comme on le verra dans les paragraphes qui suivent, certains indices montrent clairement que la situation financière de certains groupes de ménages est sans doute bien pire que ne l indiquent les changements plutôt positifs évoqués par les tendances générales et qu elle se détériore. La dette du ménage type est en hausse et de plus en plus de familles s endettent. Entre 1999 et 2005, le montant médian de la dette des ménages s est accru de 37,8 %, dépassant la croissance de la dette moyenne des ménages (31 %). Par conséquent, la progression de l endettement des ménages est davantage attribuable à la dette croissante des familles canadiennes moyennes qu à celles des ménages plus riches. En outre, le nombre total des familles canadiennes s est accru à un rythme plus lent que le nombre de familles endettées (9,5 % et 12,8 % respectivement) 9. Plusieurs éléments indiquent que la dynamique de l endettement des ménages pendant le cycle actuel de récessionreprise se démarque considérablement de celle observée au cours des cycles précédents. La dette des ménages à faible revenu demeure élevée et continue d augmenter. Les ménages dont le revenu annuel se chiffre entre $ et $ ont enregistré la plus forte augmentation de leur ratio dette-actif entre 1999 et 2005, comparativement aux ménages se situant dans les autres tranches de revenu. Les ménages les moins riches constituent également le seul groupe dont la valeur nette médiane a diminué même si leur accès aux marges de crédit s est accru de 202 % pendant la même période 10. En 2009, les ménages ayant un revenu de $ ou moins étaient six fois plus susceptibles d être vulnérables financièrement sur le plan du ratio du service de la dette 11, et présentaient un ratio dette-revenu 1,62 fois supérieur à celui des ménages dont le revenu est compris entre $ et $ 12. Ces résultats sont nettement plus mauvais que ceux observés (dans le cadre d une autre enquête) en 2007 qui tendaient à indiquer que les ménages se trouvant dans le quintile inférieur des revenus étaient environ 3,5 fois plus susceptibles d être vulnérables au chapitre du service de la dette que les ménages faisant partie du quintile supérieur des revenus Tableaux sommaires de l ESF (Accessibles à 10 Tableaux sommaires de l ESF (Accessibles à 11 Les ménages vulnérables sur le plan financier s entendent de ceux dont les paiements du service de la dette (capital et intérêts) sont égaux ou supérieurs à 40 % du revenu avant impôts de l ensemble du ménage. 12 Hurst, M. Endettement et types de familles au Canada, Statistique Canada, catalogue n o X, 2011, p Dey, S. et coll. «Un outil d évaluation de la vulnérabilité financière du secteur des ménages», Revue de la Banque du Canada, été 2008, p

40 Pendant la reprise, le retour à la croissance du PIB réel a été accompagné d un ralentissement de la croissance de l endettement des ménages. Les familles monoparentales de tous les groupes d âge sont beaucoup plus susceptibles d avoir un niveau d endettement élevé en comparaison des autres types de familles. En 2009, la dette active d une famille monoparentale s établissait en moyenne à 2,27 $ pour chaque dollar de revenu avant impôts. Ce montant était supérieur des deux tiers à l endettement de 1,36 $ d une famille moyenne sans enfants. Les familles monoparentales constituent la seule catégorie de ménages dont la dette augmente avec l âge. Si 73 % des chefs de famille monoparentale (les «parents uniques») âgés de 19 à 34 ans avaient une dette, cette proportion passait à 83 % pour les parents uniques âgés de 50 à 64 ans. Pour une famille canadienne moyenne, la probabilité d être endettée baisse de 79 % à 64 % entre les deux groupes d âge. Les familles monoparentales étaient également dans une situation beaucoup plus critique que les autres catégories de familles pour ce qui est du ratio dette-actif et elles étaient deux fois plus susceptibles de se retrouver dans la catégorie des familles financièrement vulnérables en ce qui a trait au ratio du service de la dette 14. Les ménages formés de personnes à la veille de la retraite ou à la retraite sont plus endettés que par le passé 15. Le ratio dette-actif des ménages âgés de 55 à 64 ans est passé de 6 % en 1999 à 7 % en En 2009, parmi les répondants âgés de 55 ans ou plus, un tiers des ménages de retraités avaient une dette sous une forme ou une autre, la dette moyenne s élevant à $; environ 17 % d entre eux avaient une dette de $ ou plus 17. Une forte corrélation existe entre le fait d avoir un emprunt hypothécaire et la possibilité qu un ménage fasse une évaluation négative de sa situation financière à la retraite. Quelque 32,0 % des ménages de retraités ayant un emprunt hypothécaire admettent qu ils ont parfois de la difficulté à payer les factures et à remplir leurs obligations financières, tandis que 22,7 % de ces ménages affirment que leur revenu de retraite est insuffisant pour couvrir leurs dépenses mensuelles. Ces pourcentages sont au moins deux fois plus élevés que pour les retraités propriétaires d une maison sans hypothèque 18. La proportion des ménages âgés de 55 à 64 ans qui consacrent plus de 20 % de leur revenu disponible à des versements hypothécaires a augmenté, passant de 31,4 % en 2001 à 38,2 % en Hurst, M. Endettement et types de familles au Canada, Statistique Canada, catalogue n o X, 2011, p. 45 et Selon des données provenant de l enquête CFM. Source : Services économiques TD. «Endettement des ménages : Faut-il s inquiéter?», Étude spéciale, 20 octobre 2010, p. 8 et Tableaux sommaires de l ESF (accessibles à 17 Marshall, K. Prendre sa retraite avec des dettes, Statistique Canada, catalogue n o X, 2011, p Schellenberg, G. et Y. Ostrovsky. Faits saillants de l'enquête canadienne sur les capacités financières de 2009 dans le domaine de la retraite, Statistique Canada, catalogue n o M N o 026, 2010, p Chawla, R. La répartition de la dette hypothécaire au Canada, Statistique Canada, catalogue n o X, 2010, p

41 La dette des ménages pendant les cycles de récession-reprise L économie canadienne a connu plusieurs cycles de récession-reprise 20 au cours des 30 dernières années, soit en moyenne un par décennie. Avant le ralentissement économique de , la dernière récession était celle qui avait duré quatre trimestres entre avril 1990 et mars 1991, précédée par une autre qui s était étendue sur six trimestres entre juillet 1981 et décembre Il a fallu quatre trimestres supplémentaires dans les années 1980 et dix trimestres dans les années 1990 pour que le PIB réel renoue avec les niveaux d avant la récession. Bien que l on parle souvent de la Grande récession pour désigner la crise de , cette récession a été l une des plus courtes de l histoire récente. Elle n a duré en effet que trois trimestres entre octobre 2008 et juin 2009, et le PIB réel avait regagné son niveau antérieur quatre trimestres plus tard. Plusieurs éléments indiquent que la dynamique de l endettement des ménages pendant le cycle actuel de récession-reprise se démarque considérablement de celle observée au cours des cycles précédents. Le premier a trait au rythme d expansion de la dette. Au cours des années 1980 et 1990, le taux de croissance de la dette des ménages a fortement ralenti pendant les récessions avant de s accélérer au cours des mois de reprise. Par exemple, lors de la récession des années 1980, l endettement total des ménages (corrigé pour tenir compte de l inflation et de la croissance démographique) a reculé de 12 % en septembre 1982, mais la croissance s est par la suite accélérée pour atteindre 2,7 % dans les 18 mois 21 qui ont suivi la fin de la récession. Le même phénomène, mais avec une amplitude moins grande, a été observé pendant la récession des années Le retour à la croissance du RIB pendant la reprise ne s est pas reflété dans la volonté (ou la capacité) des ménages d accroître leur niveau d endettement. Contrairement aux récessions précédentes, celle de n a pas eu d effet sur le taux de croissance de la dette. Néanmoins, le rythme d accroissement de l endettement total des ménages a diminué pendant la reprise. Le taux de croissance le plus bas d une année à l autre enregistré pendant cette récession s est établi à 5,2 %, bien au-dessus de la moyenne à long terme de 3,7 %. À la fin de la période de reprise de 18 mois, cependant, le taux avait reculé pour atteindre 2,7 % et a poursuivi sa descente par la suite. Les taux de croissance annualisés moyens des différentes phases du cycle économique qui sont présentées à la figure 6 traduisent également le phénomène précité. Si la baisse récente du taux de croissance de l endettement total des ménages était motivée principalement par le ralentissement de l expansion du crédit à la consommation, la nature «atypique» du dernier cycle de récession-reprise s est manifestée dans la dynamique du crédit hypothécaire et du crédit à la consommation, mais de façon plus prononcée dans le dernier cas. 20 Une récession s entend généralement de deux trimestres d affilée de croissance négative du PIB réel; une reprise correspond habituellement à la période qui s écoule avant que le PIB réel revienne à son niveau d avant la récession. 21 Pour les besoins de l analyse, nous avons pris pour hypothèse que la reprise s étend sur 18 mois après chaque période de récession. 41

42 Figure 6 Endettement des ménages pendant les cycles de récession-reprise Les facteurs déterminants des changements de comportement des ménages représentent un autre élément «atypique» du présent cycle de récession-reprise. Taux de croissance annuel moyen pendant la période 8 % 6 % 4 % 2 % 0 % -2 % -4 % -6 % -8 % -10 % 7,3 % 6,1 % 5,7 % 4,1 % 4,5 % 1,6 % 0,0 % -0,9 % Cycle Cycle Cycle actuel -9,6 % Prérécession Récession Reprise Note : Crédit total des ménages corrigé pour tenir compte de l inflation et de la croissance démographique. Le terme «prérécession» s entend de la période de 18 mois précédant le premier mois d une récession. Le terme «récession» s entend d une période d au moins deux trimestres consécutifs pendant laquelle la croissance du PIB réel est négative. Le terme «reprise» s entend de la période de 18 mois suivant la fin de la récession. Source : Tableaux CANSIM , et ; calculs de CGA-Canada. Le deuxième élément «atypique» du cycle de récession-reprise actuel est la mesure dans laquelle la dynamique de l endettement des ménages est soutenue par la croissance économique et celle des revenus. Le PIB sert généralement d indicateur pour rendre compte du rythme général d expansion économique et des variations du bien-être des Canadiens. Comme il a été mentionné dans le rapport de 2010 de CGA-Canada sur l endettement des ménages 22, l expansion de l endettement des ménages était un reflet assez fidèle des mouvements du PIB pendant les années Cependant, depuis 2003, et en particulier pendant la récession de , l accélération de l endettement des ménages n est plus soutenue par une croissance économique de même ampleur. Et, pendant la reprise, le retour à la croissance du PIB réel a été accompagné d un ralentissement de la croissance de l endettement des ménages. Depuis peu, le «revenu intérieur brut» (RIB) est de plus en plus considéré comme une autre façon de mesurer la performance économique d un pays, en particulier pour analyser l incidence des variations économiques sur la consommation et les investissements. Le RIB représente le total de tous les revenus gagnés sur la production de biens et de services à l intérieur des 22 CGA-Canada. Où est l argent aujourd hui? L endettement des ménages canadiens à l aube de la reprise économique, 2010, p

43 frontières d un pays, son principal caractère distinctif étant qu il rend compte de l incidence des changements des termes de l échange 23 sur le pouvoir d achat des Canadiens. On considère que le RIB réel est l indice le plus fiable de la croissance des revenus dans l ensemble de l économie et un indicateur plus pertinent de l évolution du bien-être des Canadiens 24. Tout comme à l égard du PIB, l expansion de l endettement des ménages a pratiquement suivi la dynamique du RIB réel au cours des 30 dernières années; cela ne s est pas avéré toutefois au cours du récent cycle de récession-reprise. Le prix du pétrole et de l or et le taux de change du dollar canadien ont fluctué grandement au cours du deuxième semestre de 2008 et en Il en est résulté un repli notable des termes de l échange et du RIB réel du Canada, une érosion du revenu réel des Canadiens et une détérioration significative de la situation des consommateurs canadiens. Les vulnérabilités auxquelles a fait face l économie canadienne n ont toutefois pas trouvé d écho dans la dynamique de l endettement des ménages qui a continué d augmenter au même rythme annuel de 6 % environ, pendant que la croissance du RIB réel a chuté de 8,6 % au deuxième trimestre de Encore une fois, à l instar du PIB, le retour à la croissance du RIB pendant la reprise ne s est pas reflété dans la volonté (ou la capacité) des ménages d accroître leur niveau d endettement (figure 7). Nous sommes portés à attribuer le repli des taux de croissance du crédit des ménages à l influence des facteurs liés à la demande alimentés par les attitudes et les choix des ménages. Figure 7 Endettement des ménages et revenu réel, 1981 à 2010 Variation d une année à l autre 12 % 10 % 8 % 6 % 4 % 2 % 0 % -2 % -4 % -6 % -8 % -10 % % Mois de récession Dette totale des ménages RIB réel Note : Endettement total des ménages corrigé pour tenir compte de l inflation et de la croissance démographique. Source : Tableaux CANSIM , , et ; calculs de CGA-Canada. 23 Les termes de l échange représentent le prix des exportations en comparaison du prix des importations et déterminent le nombre d importations que chaque exportation peut permettre d acheter. Source : Statistique Canada. Les termes de l échange et la dépense intérieure, Aperçu sur l économie canadienne, Document Analytique, catalogue n o MIE n o 018, 2008, p Ministère des Finances du Canada. La performance économique récente du Canada Document d information, 2008, p. 4 (accessible à 43

44 Le troisième élément «atypique» du présent cycle de récession-reprise est lié aux facteurs déterminants des changements de comportement des ménages. La dynamique de l endettement des ménages est soumise à l interaction des forces de l offre et de la demande. Dans certains cas, les institutions financières peuvent resserrer les conditions de crédit et le rendre moins accessible aux ménages même si la demande demeure constante. À d autres moments, la volonté des ménages d emprunter peut fléchir (par exemple, en raison d un repli réel ou prévu du revenu disponible ou de la confiance), alors que les institutions financières maintiennent l accès au crédit au même niveau. La nature atypique de la croissance de l endettement des ménages n a pas eu d effet négatif marqué sur l économie, du moins jusqu à maintenant. Compte tenu de la dynamique de l Indice des conditions financières (ICF), le repli des taux de croissance du crédit hypothécaire et du crédit à la consommation observé en 2010 et au premier trimestre de 2011 a été davantage causé par des facteurs liés à la demande qu à l offre. L ICF, qui est établi par la Banque du Canada, se fonde sur plusieurs variables financières témoignant de la dynamique des marchés financiers et du crédit au Canada. Les mouvements à la baisse de l indice signalent des conditions financières plus serrées, tandis que les mouvements à la hausse marquent une amélioration des conditions. L indice s étant situé en moyenne à zéro au cours des dix dernières années, les valeurs supérieures à zéro indiquent des conditions meilleures que la moyenne, tandis que des valeurs négatives dénotent des conditions pires que la moyenne 25. Comme l illustre la figure 8, les conditions financières se sont détériorées plusieurs fois au cours des 12 dernières années, en particulier au début des années 2000 au plus fort de l éclatement de la bulle technologique. La détérioration survenue pendant la récession de a cependant été d une ampleur beaucoup plus grande que toute autre au cours de la dernière décennie. Comme il a été mentionné auparavant, la progression du crédit hypothécaire et du crédit à la consommation s est poursuivie à un rythme accéléré malgré l intense resserrement des conditions financières. Quant au repli des taux de croissance du crédit à la consommation observé en 2010 et au premier trimestre de 2011, il a coïncidé avec des conditions financières plutôt favorables. Il est vrai que l ICF s est affaibli quelque peu au deuxième et au troisième trimestre de 2010, mais il s est établi en moyenne à 0,93 en 2010 et au premier trimestre de 2011, un niveau nettement supérieur à la moyenne de 0,76 relevée pendant la période précédant la récession la plus récente marquée par des conditions financières positives. Par conséquent, nous sommes portés à attribuer le repli des taux de croissance du crédit des ménages, en particulier du crédit à la consommation, observé en 2010 à l influence des facteurs liés à la demande alimentés par les attitudes et les choix des ménages plutôt qu à celle de facteurs liés à l offre. 25 Site Web de la Banque du Canada ( 44

45 Figure 8 Conditions financières et dynamique des composantes de la dette 8 12 % Indice des conditions financières % 8 % 6 % 4 % 2 % 0 % -2 % -4 % Variation de la dette d une année à l autre -4-6 % Mois de récession Indice des conditions financières (Gauche) Crédit hypothécaire (Droit) Crédit à la consommation (Droit) Note : Crédit hypothécaire et crédit à la consommation corrigés pour tenir compte de l inflation et de la croissance démographique. L année indiquée sur l axe horizontal débute en octobre. Source : Tableaux CANSIM , et ; site Web de la Banque du Canada ( calculs de CGA-Canada. La dynamique récente de certains indicateurs économiques ajoute vraisemblablement du poids à l hypothèse selon laquelle le ralentissement de l expansion de l endettement des ménages s explique surtout par des facteurs liés à la demande. La Banque du Canada a mis au point récemment un outil permettant d évaluer les vulnérabilités financières dans le secteur des ménages qui fournit un nouveau cadre pour simuler l incidence de différents chocs économiques sur le bilan des ménages. Les résultats de la simulation indiquent une relation négative et importante entre les variations des taux d intérêt et la croissance du crédit et une relation positive et significative entre les variations du revenu et l évolution de la valeur nette des maisons et du crédit 26. Par conséquent, on s attend à ce que l expansion de l endettement des ménages s accélère dans un environnement de baisse des taux d intérêt et (ou) d accroissement du revenu des ménages et de la valeur nette des maisons. En revanche, la hausse des taux d intérêt et la baisse du revenu et de la valeur nette freinent la progression de l endettement des ménages. 26 Banque du Canada. Revue de la Banque du Canada, été 2008, p

46 En 2010, le revenu disponible personnel s est accru de 4,6 %, un niveau assez semblable à celui observé pendant les années de forte croissance économique qui ont précédé la récession. Les taux d intérêt sur le crédit des ménages, qui se situaient déjà à des niveaux historiquement bas depuis plus de un an, se sont repliés davantage en 2010 et au premier trimestre de 2011 (bien que légèrement). Par exemple, le taux moyen des prêts hypothécaires à l habitation sur cinq ans s établissait à 4,8 % en janvier 2010, mais a reculé à 4,6 % au premier trimestre de 2011, et le taux des prêts à la consommation des banques à charte s est infléchi de 9,8 % à 9,4 % au cours de la même période. De même, la valeur nette des maisons, comme on a pu le voir à la figure 5, n a pas changé beaucoup en Compte tenu des résultats de la simulation de la Banque du Canada, ces chocs économiques positifs (même si leur ampleur est relativement limitée) devraient avoir mené à une expansion accrue (ou au moins stable) de l endettement des ménages. En réalité, les choses ne se sont pas passées ainsi; il semble que les ménages aient fait le choix rationnel de limiter l accumulation de crédit. Il faut mentionner, cependant, que la nature atypique de la croissance de l endettement des ménages que nous venons de décrire n a pas eu d effet négatif marqué sur l économie, du moins jusqu à maintenant. Les taux élevés de croissance de l endettement pendant la dernière récession ont joué un rôle important dans le maintien des dépenses des ménages et ont contribué à éviter que des pressions supplémentaires s exercent sur l économie. Les perspectives économiques postrécession semblent relativement positives. Par exemple, la Banque du Canada continue d ajuster à la hausse ses prévisions de croissance économique au Canada pour De 2,3 % en octobre 2010, les prévisions de croissance du PIB pour 2011 sont passées à 2,4 % et 2,9 % lors des publications ultérieures des perspectives de l économie canadienne 27. Pour résumer, il vaut la peine de revenir sur certains points. Premièrement, les indicateurs économiques qui reflètent la capacité des ménages à gagner un revenu, à constituer un patrimoine et à consommer se sont nettement améliorés et stabilisés au cours de Deuxièmement, le niveau d endettement des ménages a atteint un nouveau sommet historique en mars 2011, mais le rythme d expansion de la dette s est nettement replié en raison principalement de l affaiblissement de la croissance du crédit à la consommation, phénomène s expliquant davantage par des facteurs liés à la demande qu à l offre. Troisièmement, le fait que le crédit renouvelable (marges de crédit personnelles et prêts sur cartes de crédit) soit devenu un élément prédominant du crédit à la consommation peut être vu comme un danger croissant de spirale de l endettement. La baisse de la valeur nette des propriétaires a cependant miné la capacité des ménages d utiliser la valeur nette des résidences comme garantie 27 Banque du Canada. Rapport sur la politique monétaire, octobre 2010, p. 24, Rapport sur la politique monétaire, janvier 2011, p. 26, et Rapport sur la politique monétaire, avril 2011, p

47 pour les marges de crédit personnelles. On observe toutefois une certaine modération dans le recours au crédit pour acheter des biens de consommation et des services. Quatrièmement, il se pourrait que la situation financière de certains groupes de ménages soit bien pire que ne le laissent supposer les tendances générales à l amélioration et qu elle soit en voie de se détériorer davantage. Cinquièmement, la dynamique de l endettement des ménages pendant le présent cycle de récession-reprise est grandement différente de celle qui a marqué les cycles précédents. 47

48 48

49 La mesure de l endettement 5 des ménages Actuellement, les spécialistes ont en général recours à une ou plusieurs des trois mesures suivantes pour évaluer le niveau d endettement des ménages : i) le ratio dette-revenu, ii) le ratio dette-actif et iii) le ratio du service de la dette. Pour les besoins de notre analyse, nous examinons d abord l endettement par rapport au revenu et à l actif, puis nous nous intéressons au ratio du service de la dette L endettement par rapport au revenu et à l actif Résultats du sondage de 2011 La hausse de l endettement n a pas été associée à une hausse des revenus ou du patrimoine : 40 % des répondants dont le revenu a diminué ont indiqué que leur dette avait augmenté, contre 31 % des répondants dont le revenu a augmenté; 43% des répondants qui ne s estiment pas plus riches aujourd hui ont indiqué que leur dette avait augmenté, contre 24 % de ceux qui s estiment plus riches. Le ratio dette-revenu a atteint un nouveau sommet de 146,9 % au premier trimestre de La reprise économique qui suit une récession se traduit généralement par une amélioration de la situation des ménages sur le plan du revenu et des actifs, car les marchés des actifs financiers et non financiers se redressent et le marché du travail offre un plus grand choix de possibilités d emplois ainsi que de meilleures perspectives de revenus. Comme nous l avons vu au point 4.1, les indicateurs économiques qui reflètent la capacité du secteur des ménages à gagner un revenu et à constituer un patrimoine se sont tous nettement améliorés en Cependant, les mesures globales de l endettement des ménages ne révèlent pas la même tendance et sont demeurées assez stables pendant cette année. Le ratio dette-revenu et le ratio dette-actif les deux principaux indicateurs de l endettement des ménages le montrent bien. Comme on le voit sur le graphique supérieur de la figure 9, le ratio detterevenu a atteint un nouveau sommet de 146,9 % au premier trimestre de 2011, mais sa croissance avait quelque peu ralenti et il avait même reculé à 141,6 % au deuxième trimestre de Il est toutefois trop tôt pour dire s il s agit d une amélioration tendancielle ou de variations saisonnières; ainsi, le ratio 49

50 dette-revenu a enregistré un recul semblable, net mais de courte durée, trois fois au cours des cinq dernières années. Dans l ensemble, la poursuite de la tendance à la hausse à long terme observée pour ce ratio indique en fait une vulnérabilité à court terme accrue des ménages, qui sont aujourd hui davantage exposés au risque de retards dans leurs remboursements, particulièrement si leur portefeuille d actifs est axé sur des actifs illiquides ou sur des actifs dont le prix est très instable. La mesure de l endettement des ménages par rapport à l actif a été assez stable en 2010; cependant, ce niveau est beaucoup plus élevé que la moyenne à long terme. La mesure de l endettement des ménages par rapport à l actif est assez stable, de l ordre de 19,3 % depuis la fin de 2008; cependant, ce niveau est beaucoup plus élevé que la moyenne à long terme de 15,2 % enregistrée entre 1990 et 2007 (graphique supérieur de la figure 9). S il n y a pas eu de nouvelle détérioration du ratio dette-actif enregistrée en 2010, le niveau déjà élevé de cet indicateur laisse penser que davantage d actifs devront être liquidés pour rembourser les dettes, ce qui revient à accentuer la vulnérabilité à long terme des ménages. En outre, le fait que le ratio dette-actif n ait pas diminué de façon notable entre 1990 et 2010 signifie que les ménages ont accumulé leurs actifs à un rythme semblable ou inférieur à celui de l accroissement de leur dette. Par conséquent, le ménage canadien moyen n a affiché aucune hausse relative particulière de sa richesse au cours des deux dernières décennies. 50

51 Figure 9 Mesures de la dette des ménages 150 % Dette totale des ménages 146,9 % 25 % 120 % 19,3 % 20 % 90 % 14,7 % 15 % 60 % 74,2 % 10 % 30 % 5 % 0 % 0 % 110 % 14 % 100 % 90 % 12 % 80 % 70 % 60 % 50 % 40 % 30 % 10 % 8 % 6 % 4 % 20 % 10 % 2 % 0 % 0 % Dette-revenu (Gauche) Dette-actif (Droite) Composantes de la dette par rapport à l actif 100,0 % 8,2 % 48,8 % 47,0 % 10,9 % 65,7 % Crédit hypothécaire-actifs résidentiels (Gauche) Crédit à la consommation-biens de consommation durables Crédit à la consommation-actifs financiers (Droite) Note : Il peut y avoir de légères différences entre les ratios d endettement présentés ci-dessus et ceux publiés par Statistique Canada dans le tableau CANSIM Les différences découlent des variations dans la composition de la dette des ménages : les ratios présentés ci-dessus traitent la dette des ménages comme la somme du crédit hypothécaire et du crédit à la consommation consenti aux ménages; Statistique Canada interprète la dette des ménages comme le total des passifs des personnes et des entreprises non constituées en société. Source : Tableaux CANSIM , et ; calculs de CGA-Canada. 51

52 En 2010, la mesure dans laquelle le crédit à la consommation est garanti par des actifs financiers ne s est pas beaucoup améliorée; le ratio prêts hypothécaires-actifs résidentiels a continué de se détériorer. Malgré le ralentissement de la croissance du crédit à la consommation en 2010, la mesure dans laquelle le crédit à la consommation est garanti par des actifs financiers ne s est pas beaucoup améliorée. En fait, le pourcentage du solde impayé des prêts à la consommation pour chaque dollar d actifs financiers des ménages est resté stable à 10,9 % à la fin de 2010 un niveau pratiquement inchangé par rapport au taux de 11,0 % atteint à la fin de 2009, ou à celui de 11,2 % observé il y a deux ans. Le ratio du crédit à la consommation par rapport aux biens durables a connu la même stabilité en Dans l ensemble, les fluctuations du marché ont une influence très limitée sur la valeur des biens durables détenus par les ménages. Ainsi, le ralentissement de la croissance du crédit à la consommation associé à la progression habituelle de la consommation de biens durables aurait pu améliorer la mesure dans laquelle les emprunts des consommateurs sont garantis par des biens durables. Néanmoins, à la fin de 2010, les biens de consommation durables ont soutenu l accumulation du crédit à la consommation dans la même mesure qu en Cela dit, à plus long terme, le ratio du crédit à la consommation par rapport aux biens durables a plus que doublé, passant de 48,8 % en 1990 à 110,0 % à la fin de 2010 (graphique inférieur de la figure 9). La mesure dans laquelle les prêts hypothécaires résidentiels sont garantis par des actifs résidentiels a continué de se détériorer en 2010, à un rythme toutefois beaucoup moins élevé que celui observé au cours des années précédentes. Cette érosion graduelle a fait passer le ratio prêts hypothécaires-actifs résidentiels à 65,7 % à la fin de 2010, niveau beaucoup plus élevé que la moyenne de 55,0 % observée entre 1990 et 2007 (graphique inférieur de la figure 9) Le ratio du service de la dette Résultats du sondage de 2011 L endettement a un effet négatif sur la capacité des répondants à gérer leurs finances : 61 % des répondants endettés ont estimé que leur dette les empêchait d atteindre leurs objectifs financiers; 26 % des répondants ont cité la hausse des remboursements de prêts comme étant la principale cause de l augmentation de leurs dépenses; ceux qui se sont déclarés dans l incapacité de faire face à des dépenses imprévues ont été beaucoup plus susceptibles d indiquer que leur dette avait augmenté. 52

53 Le ratio du service de la dette indique le coût actuel du service de la dette et évalue la capacité d un particulier d honorer ses obligations d emprunt. Ce ratio correspond habituellement à la proportion du revenu disponible des ménages qui doit être affectée aux paiements des intérêts sur la dette existante (ou des intérêts et du capital). On suppose généralement qu une baisse des taux d intérêt permet aux ménages de réduire le poids du service de la dette, soit en bénéficiant directement de cette baisse dans le cas de prêts à taux variable, soit en renégociant des contrats à taux fixe. Au Canada, les taux d intérêt sur le crédit des ménages, notamment les prêts hypothécaires, sont en baisse depuis deux décennies. Ainsi, le taux d intérêt sur les prêts à la consommation accordés par les banques à charte est passé de 17,0 % en 1990 à 9,4 % au premier trimestre de 2011, tandis qu un recul encore plus prononcé a été observé à l égard du taux des prêts hypothécaires résidentiels, qui est passé de 13,2 % à 4,6 % sur la même période. Il n est donc pas surprenant que le taux d intérêt effectif payé par les ménages (exprimé comme un ratio des intérêts payés sur la dette active) ait nettement diminué. Comme on le voit à la figure 10, les paiements d intérêts des ménages sur des prêts hypothécaires au début de 2011 représentaient la plus faible proportion de la dette active de ces 20 dernières années. Pour ce qui est du crédit à la consommation, le taux d intérêt effectif payé est aujourd hui proche de ses creux historiques; cela dit, il a remonté de 6,9 % à 7,5 % en 2010 et au premier trimestre de La baisse à long terme des taux d emprunt et de l intérêt effectif payé ne s est pas traduite par une diminution de la part du revenu des ménages consacrée au service de la dette. Cette tendance ne s est toutefois pas entièrement répercutée sur le ratio du service de la dette : le ratio du service de la dette hypothécaire a baissé entre 1990 et 2005, puis a enregistré une hausse marquée et a fini l année 2010 au même niveau qu en Le poids du service de la dette dû au crédit à la consommation n a pas beaucoup varié et était presque le même en 2010 qu il y a 20 ans. En outre, le ratio du service de la dette pour le crédit à la consommation a légèrement augmenté depuis son récent creux de 2004 (figure 10). En conséquence, la baisse à long terme des taux d emprunt et de l intérêt effectif payé ne s est pas traduite par une diminution de la part du revenu des ménages consacrée au service de la dette. Les obligations additionnelles au titre du service de la dette dues à l accumulation rapide de la dette des ménages ont en fait neutralisé tout allègement du service de la dette qui aurait pu résulter de la baisse du coût d emprunt. 53

54 Figure 10 Ratio du service de la dette des ménages 14 % Crédit hypothécaire 12 % 11,4 % 10 % 8 % 6 % 6,0 % 4 % 2 % 4,0 % 3,9 % 3,9 % 0 % Taux d intérêt effectif payé Ratio du service de la dette 20 % 18 % 16 % 14 % 12 % 16,8 % Crédit à la consommation 10 % 8 % 7,5 % 6 % 4 % 2 % 0 % 3,6 % 3,4 % Taux d intérêt effectif payé Ratio du service de la dette Note : Le taux d intérêt effectif payé correspond au ratio des intérêts payés par rapport au crédit actif. Source : Tableaux CANSIM et ; calculs de CGA-Canada. 54

55 Conformément à la tendance générale, qui est aux disparités régionales importantes entre les provinces canadiennes, on a constaté des différences notables à l égard du ratio du service de la dette entre les provinces. Par exemple, la Colombie-Britannique s est distinguée comme étant l une des provinces où le poids du service de la dette des ménages était l un des plus élevés en 2009 (dernière période pour laquelle des données sont disponibles au moment d écrire ces lignes). Les ménages de cette province consacraient 9,4 % de leur revenu disponible au paiement des intérêts sur leurs dettes. C est au Nouveau-Brunswick que le poids du service de la dette s est révélé être le moins important cette année-là, les résidents de cette province n y ayant consacré que 5,6 % de leur revenu disponible (graphique supérieur de la figure 11). Un léger allègement du service de la dette a été observé dans toutes les provinces entre 2008 et 2009; on ne sait pas, toutefois, si cette évolution s est poursuivie en Le fait que la baisse rapide des taux hypothécaires observée en 2008 et au début de 2009 n ait pas persisté en 2010 tend à supposer, au contraire, la fin de cette tendance à l allègement. On a constaté des différences notables à l égard du ratio du service de la dette entre les provinces. 55

56 Figure 11 Poids du service de la dette par province 10 % 9 % 9,4 % Ratio du service de la dette, % 7 % 6 % 5 % 4 % 7,6 % 7,4 % 7,2 % Moyenne canadienne 7,4 % 6,5 % 6,1 % 6,0 % 5,9 % 5,8 % 5,6 % Toute évaluation a ses défauts, et les indicateurs utilisés pour évaluer le niveau d endettement des ménages ne font pas exception. 3 % 2 % 1 % 0 % C.-B. Ont. Alb. N.-É. Qc Sask. T.-N.-L. Man. I.-P.-É. N.-B. % du revenu disponible des ménages Ratio des coûts liés à un prêt hypothécaire 9 % 8 % 7 % 6 % 5 % 4 % 3 % 2 % 1 % 0 % C.-B. Ont. Alb. Qc I.-P.-É. N.-É. Man. N.-B. Sask. T.-N.-L Note : Il peut y avoir de légères différences entre les ratios du service de la dette présentés à la figure 10 et ceux présentés dans le graphique supérieur ci-dessus. Les ratios du service de la dette de la figure 10 reflètent la dette des ménages divisée en deux éléments crédit hypothécaire et crédit à la consommation. Le ratio du service de la dette sur le graphique supérieur ci-dessus est basé sur le total des passifs et inclut les crédits accordés au secteur des entreprises non constituées en société. Source : Tableaux CANSIM , et ; Statistique Canada. Les habitudes de dépenses au Canada 2009, tableau 3, 2010; calculs de CGA-Canada. En ne se penchant que sur les paiements d intérêts, on risque de ne pas tenir compte de l intégralité des obligations et des coûts que les ménages doivent supporter au titre du service de la dette. Surtout, ces paiements ne reflètent pas l incidence du remboursement du capital qui (particulièrement dans le cas des prêts hypothécaires) peut constituer l un des remboursements réguliers les plus importants pour un ménage. L assurance hypothécaire est un autre exemple de 56

57 coûts qui deviennent des paiements obligatoires pour les titulaires d un prêt hypothécaire. Pour prendre en compte ces obligations additionnelles, on a établi un ratio des coûts liés à un prêt hypothécaire qui montre le revenu disponible des ménages en proportion des paiements hypothécaires réguliers (intérêts et capital) et des primes d assurance hypothécaire. Comme le ratio du service de la dette, le ratio des coûts liés à un prêt hypothécaire variait considérablement d une province à l autre en Par exemple, les paiements hypothécaires et l assurance hypothécaire représentaient 9 % du revenu disponible des ménages en Colombie-Britannique, mais seulement 4,7 % à Terre-Neuve-et-Labrador (graphique inférieur de la figure 11). Un certain nombre d autres points sont à souligner. D abord, contrairement à la baisse du ratio du service de la dette observée dans toutes les provinces en 2009, le ratio des coûts liés à un prêt hypothécaire a augmenté dans quatre des dix provinces cette année-là; en Colombie-Britannique, au Manitoba et en Saskatchewan, l augmentation a été particulièrement marquée. Ensuite, si l on s appuie sur un indicateur du service de la dette qui ne tient pas compte du remboursement du capital, on risque d avoir une fausse perception du niveau du poids de la dette au moment de faire des comparaisons entre provinces. Par exemple, le poids du service de la dette des résidents de l Île-du-Prince-Édouard semble l un des plus légers si l évaluation est basée sur le ratio du service de la dette. Cependant, cette province se classe en milieu de peloton lorsque l évaluation est basée sur le ratio des coûts liés à un prêt hypothécaire. La Saskatchewan a quant à elle enregistré une dynamique opposée. En conséquence, les différences dans les taux de remboursement du capital et le niveau des autres obligations liées à un emprunt peuvent masquer des écarts régionaux importants (ou leur absence) en ce qui concerne le poids du service de la dette des ménages. Les indicateurs dette-revenu et dette-actif des ménages ne rendent pas compte du remboursement d une dette à long terme. Quant au ratio du service de la dette, il risque même de donner une image trompeuse. Comme on peut l imaginer, toute évaluation a ses défauts, et les indicateurs utilisés pour évaluer le niveau d endettement des ménages ne font pas exception. Par exemple, le ratio dette-revenu compare des encaissements courants (un revenu) sur une période donnée et des décaissements à plus long terme (des paiements d une dette active) sur plusieurs périodes. Le ratio dette-actif ne prend pas en compte la liquidité de l actif ni les obstacles qui en découlent pour l amortissement de la dette. Il ne tient pas compte non plus des frais additionnels qui peuvent être engagés pour effectuer des opérations portant sur l actif (frais juridiques, commissions de courtage, impôts, etc.). Comme nous l avons dit précédemment, le ratio du service de la dette ne tient généralement pas compte des remboursements de capital et, par conséquent, ne reflète pas l intégralité du poids de la dette et des paiements obligatoires. En plus des défauts de ces ratios, il faut mentionner une autre faiblesse de l évaluation. Sur la vie d un ménage, la somme des paiements d intérêts 57

58 Le secteur des ménages canadien n est pas le plus endetté par rapport à d autres pays de l OCDE. associés au remboursement d une dette peut atteindre des proportions considérables. Dans certains cas, les paiements d intérêts cumulés peuvent même dépasser le montant de la dette. Un prêt hypothécaire est un bon exemple : un ménage qui contracte un emprunt hypothécaire de $, à un taux d intérêt de 5,5 %, et amortit ce prêt sur 30 ans, aura payé $ d intérêts à la fin de la période de remboursement 28. Si la période d amortissement pour le même prêt hypothécaire était réduite à 15 ans, l intérêt cumulatif payé se chiffrerait à $ un montant deux fois moindre. Cela dit, les indicateurs dette-revenu et dette-actif des ménages demeureront inchangés pour l une ou l autre des périodes d amortissement et ne témoignent pas d une différence marquée des décaissements à long terme des ménages liés à la dette. Quant au ratio du service de la dette, il risque même de donner une image trompeuse. Comme on le voit au tableau 2, pour un crédit hypothécaire de même montant, une période d amortissement plus longue réduit le poids du service de la dette hypothécaire supporté par le ménage dans une année donnée. Cependant, à terme, ce même ménage devra consacrer une portion nettement plus importante de son revenu au service de la dette. Par exemple, un particulier ayant un prêt hypothécaire de $ sur 15 ans consacrera 5,2 % de son revenu disponible à vie 29 aux paiements des intérêts sur ce prêt, comparativement à 11,5 % de son revenu disponible à vie si le même prêt était amorti sur 30 ans. Tableau 2 Incidence de la période d amortissement sur le ratio du service de la dette Période d amortissement Mensualité (intérêt et capital) Crédit hypothécaire $ $ Total des Ratio du paiements service de la d intérêts sur dette crédit la période hypothécaire d amortissement Mensualité (intérêt et capital) Total des Ratio du paiements service de la d intérêts sur dette crédit la période hypothécaire d amortissement 15 ans 1 220,70 $ 19,4 % $ $ 32,3 % $ 25 ans 915,59 $ 14,6 % $ $ 24,3 % $ 30 ans 845,86 $ 13,4 % $ $ 22,4 % $ Note : Les hypothèses suivantes ont été utilisées : le prêt hypothécaire de $ est contracté par un homme (qui n est pas un aîné) qui travaille et dont le revenu annuel après impôts est de $; le prêt hypothécaire de $ est contracté par une famille avec enfants où les deux conjoints travaillent et dont le revenu annuel après impôts est de $. Les deux prêts hypothécaires comportent un taux fixe sur cinq ans de 5,5 %. Source : Tableau CANSIM ; calculs de CGA-Canada d après le calculateur de versements hypothécaires en ligne de la Banque Scotia (accessible à 28 Le prêt hypothécaire est amorti en fonction de paiements mensuels. 29 Le revenu à vie est estimé sur une période de 40 ans de vie active. On suppose que les revenus annuels sont équivalents aux revenus médians après impôts de Pour simplifier, on prend pour hypothèse que la hausse des revenus annuels est égale au taux d inflation. 58

59 5.3. La dette des ménages canadiens dans une perspective internationale La hausse de l endettement des ménages est une préoccupation majeure pour beaucoup de pays industrialisés, et l examen de l endettement des ménages canadiens dans une perspective internationale peut apporter une dimension supplémentaire à l évaluation de leur situation financière. Dans l ensemble, le secteur des ménages canadien n est pas le plus endetté par rapport à d autres pays de l OCDE, et sa situation est plutôt bonne quand on évalue la capacité de l économie à rembourser la dette des ménages. Parmi 31 pays de l OCDE pour lesquels de l information est disponible, le ratio dette- PIB des ménages canadiens se classait au 10 e rang et s établissait à 92,5 % en 2009 loin derrière le Danemark, qui arrive en tête avec un ratio de 145,8 %. Cependant, au moins 21 autres pays de l OCDE avaient des ratios dette-pib inférieurs à celui du Canada cette année-là. Si l on ne tient compte que des pays du G7, le Canada se trouve encore au milieu du peloton, mais l écart de 11 points de pourcentage qui le sépare du pays dont le ratio est le plus élevé (le Royaume-Uni) est beaucoup moins important que les 50 points de pourcentage qui le séparent de l Italie dont le ratio est le plus bas (graphique supérieur de la figure 12). Le classement de la dette des ménages du Canada est assez stable depuis une dizaine d années, mais on observe une tendance progressive au rétrécissement de l écart avec le pays ayant le ratio le plus élevé depuis 2004; il est ainsi passé de 68 % cette année-là à 58 % en Parmi 21 pays de l OCDE, le Canada se classait au huitième rang en 2009 au chapitre du ratio dette-revenu disponible. 59

60 Figure 12 Comparaison internationale du niveau d endettement des ménages en % Ratio dette-revenu disponible 280 % 240 % 200 % 160 % En 2010, la tendance s est clairement 120 % 80 % 40 % inversée en ce qui touche l insolvabilité des consommateurs, le nombre de cas 0 % 150 % Danemark Pays-Bas Irlande Norvège Ratio dette-pib d insolvabilité ayant reculé. 120 % 90 % 60 % 30 % 0 % Danemark Pays-Bas Suisse Irlande Royaume-Uni Australie Portugal États-Unis Nouvelle-Zélande Canada Norvège Espagne Suède Corée Allemagne Japon Finlande Autriche Estonie Belgique France Grèce Luxembourg Israël Italie Pologne Hongrie Slovaquie République tchèque Slovénie Turquie Suisse Australie Suède Canada Corée États-Unis Finlande Japon Allemagne Belgique Autriche France Hongrie Pologne Italie République tchèque Slovaquie Note : Il peut y avoir de légères divergences entre les ratios de dette calculés selon les données de Statistique Canada et les données de l OCDE. Elles peuvent provenir de différences dans les définitions des variables utilisées. Source : Portail des statistiques de l OCDE (OECD.Stat); les données sur les dettes sont basées sur l élément «prêts» du jeu de données sur les actifs des ménages; le PIB est tiré de l ensemble de données sur le produit intérieur brut; le revenu disponible est quant à lui basé sur des projections annuelles données par l OCDE, Perspectives économiques de l OCDE, n o 86, Lorsque l on mesure l endettement des ménages à l aide du ratio dette-revenu disponible, les ménages canadiens conservent leur position relativement bonne dans le classement international, ce qui révèle leur capacité à gérer leur dette. Parmi 21 pays de l OCDE pour lesquels de l information est disponible, le ratio dette-revenu disponible du Canada se classait au huitième rang en 2009 et s établissait à 147,1 %, soit un ratio deux fois moins élevé que celui du Danemark (303,7 %), premier au classement (graphique inférieur de la figure 12). Malgré la perception générale que les ménages, particulièrement dans les pays développés, se sont désendettés dans le sillage de la dernière 60

61 récession mondiale, le ratio dette-revenu des ménages a augmenté dans la plupart des pays à l étude en Comme le Canada n a pas fait exception à cette tendance, sa situation en ce qui touche l endettement n a pas beaucoup changé comparativement aux autres pays, ce qui lui a permis de conserver un classement assez stable pendant la reprise économique ainsi qu au cours des dix dernières années. Les résultats de la comparaison internationale doivent être étudiés avec précaution. Le secteur des ménages est défini différemment d un pays à l autre. Ainsi, au Canada, au Japon et en France, il comprend les entreprises non constituées en société, tandis qu aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne, les dettes et les actifs de ces entreprises sont pris en compte séparément du secteur des ménages. Les différences dans le traitement fiscal des prêts hypothécaires peuvent aussi expliquer des divergences d approche pour le secteur des ménages en ce qui concerne le rythme auquel les dettes sont accumulées ou éteintes. Aux États-Unis, par exemple, les paiements d intérêts sur les prêts hypothécaires sont déductibles du revenu personnel imposable, ce qui crée un incitatif supplémentaire à l égard de l emprunt. Pour leur part, les ménages néerlandais ont tendance à ne pas rembourser le capital sur la durée de leur prêt pour réduire le plus possible leurs paiements d impôt; plutôt, ils utilisent les fonds ainsi libérés pour accumuler d autres actifs 30. Le recul des cas d insolvabilité observé en 2010 s explique uniquement par une baisse des faillites de consommateurs L état actuel de l insolvabilité des consommateurs Résultats du sondage de 2011 Les répondants dont la dette augmente sont beaucoup plus nombreux à indiquer qu ils ont de la difficulté à gérer leur endettement : 18 % des répondants endettés ont déclaré un niveau d endettement excessif qu ils ont du mal à gérer; 35 % des répondants ayant indiqué que leur dette avait augmenté ont eu de la difficulté à la gérer, comparativement à seulement 8 % des répondants dont la dette avait diminué ou était restée sensiblement la même. Au Canada, l insolvabilité des consommateurs est une situation qui regroupe les faillites et les propositions de consommateurs. La faillite est un processus juridique permettant aux particuliers qui connaissent des difficultés financières de liquider leurs actifs afin de radier leurs obligations de crédit non garanti. La proposition de consommateur permet, quant à elle, aux débiteurs de réaménager leurs remboursements de crédits selon des conditions qui leur 30 Reserve Bank of Australia. «Household Debt: What the Data Show», Bank Bulletin, mars

62 permettent de rétablir leur situation financière et d éviter la saisie de leurs actifs sous-jacents. La faillite personnelle est généralement considérée comme une solution de dernier recours pour composer avec les difficultés financières. Elle peut donc être un bon indicateur de l aggravation des problèmes sociaux et financiers résultant de l accroissement des dettes. Contrairement à l évolution plutôt atypique de la dette des ménages observée pendant le cycle actuel de récession-reprise (voir la section pour plus de détails), la dynamique de l insolvabilité des consommateurs a suivi une tendance cyclique conventionnelle, parallèle au cycle économique, entre 2008 et Après avoir été très modérée (0,9 %) entre 1998 et 2007, la croissance moyenne des cas d insolvabilité des consommateurs (mesurés par tranche de adultes) a bondi de 20,4 % par an en 2008 et En 2010 et au premier trimestre de 2011, la tendance s est clairement inversée, le nombre de cas d insolvabilité ayant reculé de 10,0 %, en moyenne par an. Le cycle économique qui s est terminé avec la récession du début des années 1990 a présenté une structure similaire pour ce qui est de l expansion et de la contraction de l insolvabilité. Il est toutefois intéressant de constater que le recul des cas d insolvabilité observé en 2010 et au premier trimestre de 2011 s explique uniquement par une baisse nette des faillites de consommateurs. Les propositions de consommateurs ont quant à elles continué de croître à un taux annuel moyen de 12,9 % pendant cette période (figure 13). Figure 13 Cas d insolvabilité des consommateurs par tranche de adultes 60 56, , , ,3 0, Années de récession Total des cas d insolvabilité Propositions Note : On entend par «adultes» les personnes de 18 ans ou plus. Les données pour 2011 sont basées sur les données annualisées du premier trimestre de Source : Tableaux CANSIM ,3 et ; Bureau du surintendant des faillites. Statistiques sur l insolvabilité au Canada rapports mensuels, publications de 2010; calculs de CGA-Canada. 62

63 La hausse continue du nombre des propositions de consommateurs déposées peut sans doute être interprétée comme un résultat positif, et non alarmant, tant que la tendance générale à la baisse des faillites de consommateurs se maintient. Des études ont montré que la stigmatisation sociale est moindre pour les propositions que pour les faillites, surtout dans les petites communautés. Par ailleurs, une proposition de consommateur permet au débiteur de rester propriétaire de sa résidence principale et d en conserver la valeur nette. Lorsqu il y a une valeur nette à préserver sur une résidence, cette valeur constitue souvent une raison de choisir la proposition plutôt que la faillite. Le choix de la proposition s explique aussi en grande partie par le fait qu elle permet de conserver une voiture pour aller au travail 31. Bien que l évolution générale de l insolvabilité des consommateurs soit favorable, il serait important de voir si le niveau de difficultés financières de ceux qui font faillite s est stabilisé ou a diminué. Comme l indiquait le rapport de 2010 de CGA-Canada sur l endettement des ménages 32, l ampleur absolue des faillites s est également accrue pendant la récession. Par exemple, la taille moyenne des faillites, correspondant au montant du passif déclaré par faillite (corrigé pour tenir compte de l inflation), a atteint $ en 2009, son niveau le plus élevé en 30 ans, en hausse de 29,6 % par rapport à De même, en 2009, les montants nets des passifs des consommateurs faillis soit la valeur des passifs qui ne pouvaient pas être garantis par les actifs récupérés par les créanciers ont été plus élevés que ceux enregistrés pour toute autre année des deux dernières décennies. Par conséquent, non seulement la proportion des Canadiens qui connaissent d importantes difficultés financières a augmenté pendant la récession, mais l ampleur de leurs difficultés a été aussi beaucoup plus grande que par le passé. Toutefois, au moment d écrire ces lignes, il était impossible de vérifier si cette tendance s est poursuivie en 2010, les données n étant pas disponibles auprès de Statistique Canada ni du Bureau du surintendant des faillites 33. En 2010, le rythme du recul des cas d insolvabilité des consommateurs a non seulement différé d une province à l autre, mais il n a pas non plus été proportionnel à l ampleur de la hausse précédente. Comme on pouvait s y attendre, la situation pancanadienne masque des différences régionales importantes, à la fois en ce qui concerne l importance de la hausse des cas d insolvabilité de consommateurs en 2009 et le rythme de la diminution des pressions financières pesant sur les ménages en Ainsi, si les ménages de l Île-du-Prince-Édouard ont enregistré une augmentation plutôt modérée des cas d insolvabilité en 2009, la probabilité qu un Albertain 31 Sarra, J. Redressement économique : Comprendre l augmentation du nombre de propositions de consommateur en vertu de la législation canadienne sur l insolvabilité, University of British Columbia, 2008, p. 17, 18 et 43 (accessible à 32 CGA-Canada. Où est l argent aujourd hui : L endettement des ménages canadiens à l aube de la reprise économique, 2010, p En mai 2011, on ne savait pas encore si les données sur le total des actifs, des passifs et des déficits des faillites de consommateurs seraient disponibles pour 2010 et les années suivantes. Le tableau CANSIM de Statistique Canada, qui contenait habituellement cette information, n a pas été mis à jour, 2009 demeurant la dernière année de référence disponible. Sur le site Web du Bureau du surintendant des faillites, les publications accessibles en mai 2011 ne contenaient aucune donnée sur les actifs et les passifs relatifs aux procédures de faillites des consommateurs. 63

64 Malgré l amélioration de la situation au chapitre des faillites des consommateurs, les prêts hypothécaires en souffrance ont évolué de manière hétérogène. fasse faillite a crû deux fois plus vite que pour le Canadien moyen. En 2010, le rythme du recul des cas d insolvabilité des consommateurs a non seulement différé d une province à l autre, mais il n a pas non plus été proportionnel à l ampleur de la hausse précédente. Ainsi, la Colombie-Britannique a enregistré l une des plus fortes hausses du nombre de cas d insolvabilité des consommateurs pendant la récession, mais également l une des baisses les plus modestes du nombre de ménages en difficultés financières. De même, l Ontario s est classée parmi les premières provinces pour l accroissement des cas d insolvabilité des consommateurs en 2009, mais a également enregistré la plus forte baisse en L Île-du-Prince-Édouard a été la seule province canadienne où les cas d insolvabilité des consommateurs ont continué de croître en 2010 (graphique supérieur de la figure 14). Cela dit, toutes les provinces ont présenté une caractéristique commune : le ralentissement de la croissance des cas d insolvabilité des consommateurs s explique uniquement par le recul des faillites de consommateurs, tandis que le nombre de propositions déposées en 2010 a augmenté dans toutes les provinces. Malgré l amélioration de la situation au chapitre des faillites des consommateurs, les prêts hypothécaires en souffrance ont évolué de manière hétérogène, surtout dans certaines provinces. Le défaut de remboursement d un prêt hypothécaire est souvent un prélude à une faillite et peut indiquer de fortes pressions financières sur un ménage. Dans trois provinces l Alberta, la Colombie-Britannique et la Saskatchewan le nombre de prêts hypothécaires en souffrance a continué de s accroître en 2010, à un rythme beaucoup moins élevé toutefois (graphique inférieur de la figure 14). Même dans les provinces où le taux des défauts de remboursement des prêts hypothécaires a reculé, la proportion de prêts hypothécaires en souffrance est toujours supérieure au niveau d avant la récession. En Alberta, la proportion de prêts hypothécaires en souffrance enregistrée en 2010 est la plus élevée depuis Comme nous venons de le voir, l insolvabilité des consommateurs suit une évolution clairement cyclique; cependant, des études montrent aussi qu un certain nombre de facteurs non cycliques influent sur elle. Par exemple, l augmentation du ratio dette-revenu est l un des déterminants largement reconnus de l insolvabilité des consommateurs. Le nombre des faillites est également influencé par d autres éléments comme la variation des revenus permanents et temporaires, le niveau des dépenses obligatoires et les dettes de cartes de crédit et d autres crédits non garantis d une ampleur disproportionnée 34. En fait, l analyse des dossiers d insolvabilité des consommateurs canadiens pour la période a montré que l expansion excessive du crédit était à l origine de l insolvabilité. Comme le ratio dette-revenu des ménages ne s est pas nettement amélioré en 2010 et que l appétit pour la consommation 34 D après l analyse documentaire présentée par R. Archambault et D. Laverdière dans Un modèle macroéconomique d analyse et de prévision de l insolvabilité commerciale et des consommateurs au Canada, Bureau du surintendant des faillites, Industrie Canada,

65 Figure 14 Hausse des cas d insolvabilité et des prêts hypothécaires en souffrance par province 60 % Croissance annuelle des cas d'insolvabilité des consommateurs 50 % 40 % 30 % 20 % 10 % 0 % -10 % Alb. C.-B. Ont. Sask. N.-B. T.-N.-L. Qc Man. N.-É. I.-P.-É. Canada -20 % % Croissance annuelle de la proportion de prêts hypothécaires en souffrance 75% 60% 45% 30% 15% 0 % -15 % Alb. C.-B. Man. Qc Sask. Provinces de l Atlantique Ont. Canada Note : Graphique supérieur : La hausse annuelle des cas d insolvabilité s entend du changement dans le nombre de cas d insolvabilité par tranche de adultes. Source : Tableaux CANSIM et ; Bureau du surintendant des faillites. Statistiques sur l insolvabilité au Canada rapports mensuels, publications de 2010; calculs de CGA-Canada. 65

66 semble être revenu à son niveau d avant la récession, il pourrait être important d accorder une attention particulière à l influence des facteurs non cycliques sur l insolvabilité des consommateurs dans un contexte de poursuite de la reprise économique. Pour récapituler ce qui précède, il importe de revenir sur quelques points. Premièrement, le ralentissement du rythme auquel l endettement des ménages s accroît n a pas été suffisant pour nettement améliorer le bilan des ménages, et les indicateurs globaux de l endettement des ménages sont demeurés élevés pendant la reprise. Deuxièmement, les obligations supplémentaires au titre du service de la dette dues à l accumulation rapide de dettes par les ménages ont neutralisé tout allègement du service de la dette qui aurait pu résulter de la baisse du coût d emprunt. Troisièmement, les différences régionales masquent le degré réel des tensions financières et des coûts liés au service de la dette subis par les ménages; si on ne tient pas compte du remboursement du capital ni des paiements obligatoires, on risque de fausser davantage les différences régionales. Quatrièmement, les indicateurs auxquels on a couramment recours pour évaluer l endettement des ménages n intègrent pas toutes les dimensions de l évolution des dettes, des revenus, des actifs et de la richesse des ménages et pourraient donner lieu à une sous-estimation du poids imposé par la dette à l échelle d une vie. Cinquièmement, l intensité des tensions financières mesurée par le niveau d insolvabilité des consommateurs a considérablement baissé; cependant, les changements ne sont pas répartis de manière égale d une province à une autre et ne correspondent pas bien à l ampleur de la hausse initiale des cas d insolvabilité. 66

67 La capacité de payer actuelle 6 et future La logique veut que l emprunt soutenu rende les ménages plus vulnérables aux développements économiques soudains et défavorables, notamment l instabilité croissante du marché de l emploi, la montée des taux d intérêt et l affaiblissement du prix ou de la valeur des biens. Si, en période d expansion économique, l exposition à de tels chocs est surtout une notion théorique, la récente récession mondiale a constitué une bonne formation pratique pour les ménages canadiens, auxquels elle a donné l occasion de mettre au point des stratégies pour composer avec les tensions économiques. Lorsque la situation économique actuelle est analysée selon les indicateurs globaux (y compris ceux qui sont présentés au point 4.1), on peut conclure que les deux grands chocs celui qui a touché les revenus et celui lié aux actifs sont du passé. Le troisième grand choc, soit la hausse des taux d intérêt, ne s est pas encore matérialisé. On ne devrait plus toutefois parler de choc, puisque l imminence d une augmentation des taux d intérêt est dans l air depuis au moins le milieu de La probabilité immédiate des chocs économiques ayant diminué, il peut être plus important d examiner les fondamentaux qui peuvent influer sur les conséquences de l emprunt, plutôt que les chocs eux-mêmes. Au Canada, les principales sources de revenus des particuliers sont peu diversifiées. Pour le ménage endetté comme pour l institution financière qui accorde du crédit, la capacité du ménage d honorer ses obligations d emprunt est l un des éléments cruciaux du contrat de prêt. Les actifs du ménage peuvent servir de garantie pour le paiement de la dette, mais la capacité de rembourser est largement tributaire du revenu, les paiements au titre du service de la dette provenant principalement du revenu du ménage. La réduction ou l interruption des revenus accroît le risque que les ménages ne s acquittent pas de leurs dettes et, éventuellement, qu ils se déclarent insolvables. Naturellement, la source de revenu, sa stabilité et son accessibilité deviennent des facteurs indispensables pour évaluer la vulnérabilité des ménages face à un endettement excessif. Au Canada, les principales sources de revenus des particuliers sont peu diversifiées. Pour 82 % des Canadiens en âge de travailler (qui sont âgés de 25 à 64 ans), l emploi représente la première source de revenus; par ailleurs, 72,7 % des Canadiens plus âgés (qui ont 65 ans ou plus) comptent principalement sur un revenu de retraite 35. Dans le présent chapitre, compte tenu de l importance de ces deux sources de revenus, nous nous demandons si la reprise du marché de l emploi est suffisante pour soutenir la capacité de payer des travailleurs 35 D après l Agence du revenu du Canada, Statistiques sur le revenu 2010 Année d imposition 2008, tableau de base 6, 2010; calculs de CGA-Canada. 67

68 canadiens et si les habitudes d épargne d aujourd hui assureront leur capacité de payer demain La reprise du marché de l emploi Ni le niveau de chômage ni les intentions d embauche des entreprises ne constituent un reflet fidèle du nombre d emplois réellement disponibles. Résultats du sondage de 2011 Peu de répondants ont enregistré une évolution favorable de leur revenu : moins de la moitié (42 %) des répondants ont indiqué que leur revenu avait augmenté et, de ce nombre, 86 % ont affirmé que la hausse de leur revenu avait été sensiblement modeste; 50 % de tous les répondants ont estimé qu une réduction de salaire de l ordre de 10 % se répercuterait de façon marquée sur leur bien-être financier; 48 % des répondants ayant du mal à gérer leur dette ont cité un revenu moins élevé que prévu comme la cause première de leur problème de gestion. Il est certain que la récession de a beaucoup nui aux perspectives du marché de l emploi au Canada. Le taux de chômage a bondi, pour passer d un point bas sur 30 ans de 5,6 % en octobre 2008 à 9,1 % à peine dix mois plus tard. La durée moyenne de chômage a également augmenté pour passer de 14,8 semaines en 2008 à 19,9 semaines en L ampleur de l affaiblissement du marché de l emploi a toutefois été nettement moins grande comparativement aux récessions précédentes et, déjà à la fin de 2009, le taux de chômage s était stabilisé autour de 8 %. Il est même ensuite tombé à 7,0 % pendant certains mois de Par conséquent, les attentes en matière d emploi des entreprises ont également été assez élevées depuis la fin de la récession. À partir du deuxième semestre de 2009, les intentions d embauche (mesurées comme le pourcentage d entreprises prévoyant des niveaux d emploi supérieurs moins le pourcentage de celles qui prévoient des niveaux inférieurs) se sont presque toujours maintenues à un degré aussi élevé qu entre 2004 et 2007, période de forte croissance économique pendant laquelle un grand nombre de dirigeants d entreprise canadiens étaient préoccupés par les pénuries de main-d œuvre dans l ensemble du Canada (graphique supérieur de la figure 15). Toutefois, ni le niveau de chômage ni les intentions d embauche des entreprises ne constituent un reflet fidèle du nombre d emplois réellement disponibles pendant la période de reprise. 36 D après les tableaux CANSIM et

69 Figure 15 Intentions en matière d embauche et nombre d emplois réel 60% Entreprises qui prévoient embaucher Solde des opinions 50% 40% 30% 20% 10% 0% -10% -20% Nombre réel d emplois par tranche de personnes en âge de travailler 115,6 114 Indice, mars 1994 = ,1 112, Source : Graphique supérieur : Banque du Canada. Enquête sur les perspectives des entreprises, vol. 8.1, 4 avril 2011, p. 2. Graphique inférieur : Tableaux CANSIM et ; calculs de CGA-Canada. Quand il est question du nombre d emplois, il faut toujours mettre les choses en perspective. La population canadienne augmente constamment, de même que le nombre de personnes faisant partie de la «population en âge de travailler» (les 15 à 64 ans) qui peuvent être considérées comme des chercheurs d emploi potentiels ou des personnes actives sur le marché du travail. La population en âge de travailler regroupe habituellement les personnes qui ont un emploi, les personnes qui n ont pas d emploi mais en cherchent un et les personnes qui ne cherchent pas d emploi. On suppose généralement que les personnes faisant partie du dernier groupe font le choix délibéré de ne pas travailler, par exemple pour poursuivre des études ou pour s occuper des enfants. Les motifs précis du retrait du marché du travail ne font toutefois pas l objet d un suivi. Par 69

70 conséquent, on ne sait pas si le retrait du marché du travail est dicté uniquement par des motifs personnels ou est lié à la disponibilité des emplois et à la probabilité d une recherche fructueuse. Ainsi, l augmentation significative et plutôt inhabituelle du nombre d étudiants pendant la récession (17 % entre octobre 2008 et octobre ) peut donner à penser qu un certain nombre de personnes qui ont fait le choix de se perfectionner l ont fait en raison du ralentissement de l embauche plutôt que d un choix de carrière planifié. Le nombre d emplois disponibles a nettement régressé pendant la récession, mais la reprise de 18 mois n a pas permis de récupérer les emplois perdus. Il est donc important d envisager la reprise du marché de l emploi en rapport avec la capacité de l économie de suivre le rythme de croissance de la population en âge de travailler. Comme on peut le voir sur le graphique inférieur de la figure 15, le nombre d emplois disponibles a nettement régressé pendant la récession, mais la reprise de 18 mois n a même pas permis de récupérer le tiers des emplois perdus. On constate sans surprise que la reprise du marché de l emploi présente des écarts régionaux importants. Dans les quatre provinces de l Atlantique, il n y a pas eu de diminution du nombre d emplois par rapport à la population en âge de travailler ou, s il y en a eu une, les emplois perdus ont été récupérés très vite. L Alberta, l Ontario, le Québec et la Saskatchewan constituent un reflet fidèle de la dynamique pancanadienne, seul un faible nombre d emplois ayant été récupérés après la chute initiale provoquée par la récession 38. En Colombie-Britannique et au Manitoba, en revanche, le nombre d emplois par rapport au nombre de personnes aptes à les occuper n a pas bougé d un iota depuis Il faut noter cependant que les variations du nombre d emplois pour la population en âge de travailler dont il est question plus haut permettent principalement d établir si les emplois disponibles ont regagné leur niveau antérieur au ralentissement, voire l ont surpassé. Mais elles ne disent pas si le marché de l emploi était restreint ou déprimé avant la récession. Il s agit d un point important du fait que, par exemple, dans toutes les provinces de l Atlantique, les conditions du marché de l emploi demeurent précaires et les taux de chômage dépassent la moyenne canadienne. Néanmoins, on peut considérer que la situation s améliore dans ces provinces, contrairement à d autres comme la Colombie-Britannique et le Manitoba, où le taux de chômage est inférieur à la moyenne canadienne mais la situation du marché de l emploi se dégrade quelque peu. Le chômage à long terme et le chômage caché sont deux autres mesures souvent négligées dans l évaluation de la reprise du marché de l emploi. Dans l ensemble, la chute de l emploi au cours de la dernière récession s est produite dans un laps de temps relativement court (neuf mois après octobre 2008), et les 37 Gilmore, J. et S. LaRochelle-Côté. Analyse du ralentissement du marché du travail, Statistique Canada, catalogue n o X, Au Québec et en Saskatchewan, l importance de la diminution du nombre d emplois pour la population en âge de travailler a été nettement inférieure par rapport au reste du Canada dans l ensemble. 70

71 premiers signes de reprise du marché se sont manifestés dès septembre Le taux de chômage relatif aux travailleurs sans emploi depuis plus de un an a toutefois continué d augmenter et a plus que doublé, passant de 0,4 % en octobre 2008 à 1,0 % en avril Une période de chômage prolongée est bien souvent synonyme de détérioration importante de la situation financière des ménages, surtout lorsque les prestations d assurance-emploi prennent fin. Ni le nombre d emplois perdus ni le niveau de chômage ne rendent compte adéquatement du chômage caché, phénomène toujours présent dans l économie et qu incarnent les personnes qui veulent travailler mais ont cessé de chercher activement un emploi parce qu elles sont découragées par l absence d emplois disponibles. On parle de chômage caché également pour les travailleurs qui ont un emploi mais qui sont insatisfaits parce qu ils ne travaillent pas assez d heures. Ce sont en d autres termes des travailleurs à temps partiel involontaires. Par suite de la récession, le chômage caché a augmenté sensiblement au Canada pour passer de 8,8 % en 2008 à 11,5 % en 2009 et n a fléchi que légèrement en 2010 (figure 16). Ni le nombre d emplois perdus ni le niveau de chômage ne rendent compte adéquatement du chômage caché. Figure 16 Taux de chômage et travailleurs découragés 22 % 20 % 18 % 16 % 14 % 12 % 10 % 8 % 6 % 4 % 2 % 0 % 6,0 % 8,0 % Tous les travailleurs 20,2 % 14,8 % 15,4 % 11,2 % 11,3 % 8,6 % Jeunes Tous les travailleurs Jeunes Taux de chômage Taux de chômage tenant compte des travailleurs découragés Note : «Tous les travailleurs» s entend des travailleurs qui sont âgés de 15 ans ou plus et «jeunes» s entend des travailleurs âgés de 15 à 25 ans. Le «taux de chômage tenant compte des travailleurs découragés» regroupe les chômeurs, mais aussi les personnes à la recherche d emploi découragées, les personnes faisant partie d un groupe en attente et les travailleurs à temps partiel involontaires. Source : Tableau CANSIM

72 En 2010, un jeune Canadien sur cinq était sans emploi ou faisait partie du groupe des travailleurs découragés. Le chômage chez les jeunes est un phénomène probablement encore plus inquiétant, notamment parce que les effets du chômage à un jeune âge peuvent perdurer beaucoup plus longtemps qu on le croit généralement. C est un fait bien connu que le taux de chômage est le plus élevé chez les jeunes et que leur réussite sur le marché est fortement tributaire de la situation économique générale. Le chômage chez les jeunes empêche d acquérir l expérience et la formation qui mènent habituellement à des revenus supérieurs. Des recherches empiriques montrent qu une période de chômage de 13 semaines au cours d une année peut amputer de 3,4 % la rémunération d un employé à temps plein l année suivante, tandis qu une période de chômage de six mois a encore des répercussions négatives sur les revenus quatre ans plus tard, retranchant 2,3 % à la rémunération d un travailleur la quatrième année. La probabilité de tomber en chômage un jour augmente également pour les travailleurs qui ont connu un épisode de chômage dans leur jeunesse 39. En 2010, un jeune Canadien sur cinq était sans emploi ou faisait partie du groupe des travailleurs découragés (figure 16). Outre les jeunes, d autres groupes de la population sont vulnérables, soit les familles monoparentales, les travailleurs autonomes et les travailleurs peu scolarisés, et ce, pour plusieurs raisons. Les familles monoparentales et les travailleurs peu scolarisés sont plus susceptibles de faire partie des ménages à faible revenu, qui dépendent beaucoup plus d un revenu d emploi que les ménages de toutes les autres tranches de revenu et à l égard desquels la probabilité de chômage à long terme est élevée 40. Quant aux travailleurs autonomes, ils peuvent avoir plus de difficulté que les salariés à monnayer leurs compétences et leur expérience ainsi qu à réintégrer le marché du travail. Ils sont par conséquent généralement plus vulnérables à l instabilité des revenus. Les disparités régionales dans les conditions du marché du travail évoquées précédemment font en sorte que les travailleurs de certaines provinces sont beaucoup plus susceptibles de subir des interruptions de leur revenu que leurs homologues d autres provinces. Ce phénomène est exacerbé par la répartition inégale de ces groupes vulnérables. Comme on peut le voir à la figure 17, toutes les provinces, à l exception du Québec et de l Ontario, comptent des niveaux élevés d au moins certains de ces groupes. La surreprésentation des populations vulnérables dans toutes les provinces de l Atlantique, sauf en Nouvelle-Écosse, s accompagne également d un taux de chômage élevé dans ces provinces. Pour leur part, le Manitoba et l Alberta se caractérisent non seulement par une surreprésentation des groupes vulnérables mais aussi par une lente reprise du marché de l emploi. 39 Mroz, T. A. et T. H. Savage. The Long-term Effects of Youth Unemployment, University of North Carolina, Morissette, R. et Y. Ostrovsky. «L instabilité des gains», L emploi et le revenu en perspective, Statistique Canada, catalogue n o XIF,

73 Figure 17 Provinces ayant une proportion élevée de groupes vulnérables Travailleurs peu scolarisés Travailleurs autonomes Parents uniques Taux de chômage élevé Lente reprise du marché de l emploi Terre-Neuve-et-Labrador X X X Île-du-Prince-Édouard X X X Nouvelle-Écosse X X Nouveau-Brunswick X X Québec X Ontario X X Manitoba X X X Saskatchewan X X X Alberta X X X Colombie-Britannique X X Note : L expression «proportion élevée de groupes vulnérables» s entend d une proportion dépassant de un point de pourcentage ou plus la moyenne canadienne; un «taux de chômage élevé» correspond à un taux supérieur à la moyenne canadienne et une «lente reprise du marché de l emploi» désigne la situation où le nombre d emplois par rapport à la population en âge de travailler enregistré en avril 2011 est nettement inférieur par rapport à celui observé en Source : D après les tableaux CANSIM , , , , et ; calculs et compilation de CGA-Canada. Les personnes faisant partie d un groupe vulnérable qui résident dans des provinces où le marché de l emploi est faible risquent plus de subir des pressions financières élevées. Outre les difficultés liées au marché de l emploi, les jeunes, les ménages à faible revenu, les travailleurs autonomes, les familles monoparentales et les travailleurs peu scolarisés sont plus susceptibles de voir le poids de leur dette augmenter plus rapidement que les autres groupes socio-économiques 41. Par conséquent, les personnes faisant partie de ces groupes qui résident dans des provinces où le marché de l emploi est faible risquent plus de subir des pressions financières élevées. Par ailleurs, dans les provinces où les groupes vulnérables sont surreprésentés, les niveaux d endettement peuvent être plus élevés dans le secteur des ménages. Aux perspectives de diminution du revenu qui pèsent sur certains travailleurs en raison des conditions du marché de l emploi peuvent se jumeler des obligations accrues au titre du service de la dette liées à la hausse des taux d intérêt. 41 Voir la section et Dey. S. et coll. «Un outil d évaluation de la vulnérabilité financière du secteur des ménages», Revue de la Banque du Canada, été 2008, pour des renseignements plus détaillés. 73

74 6.2. Les habitudes d épargne La récession a amplifié davantage certains des facteurs ayant engendré le repli de l épargne. Résultats du sondage de 2011 Les Canadiens épargnent encore moins qu avant : 27 % des répondants canadiens non retraités ont indiqué qu ils n affectaient aucune ressource à une formule d épargne régulière quelle qu elle soit, même pas en vue de la retraite; 14 % des répondants ont estimé avoir réduit leur rythme d épargne habituel par suite de la récession; 22 % des répondants ont indiqué qu ils connaissaient mal le CELI et 38 %, qu ils n avaient jamais cotisé au CELI; 48 % des répondants non retraités ont déclaré qu ils n avaient pas d idée claire du montant qu ils devaient accumuler en vue de la retraite. En tout temps, le principal objectif d un ménage est de satisfaire ses besoins courants en affectant une partie de son revenu disponible aux dépenses. La partie qui n est pas dépensée est épargnée et servira à consommer ultérieurement. L une des fonctions importantes de l épargne est de permettre aux particuliers de répartir leur consommation dans le temps. Une épargne insuffisante risque donc de mettre en péril la situation financière des ménages tout au long de leur vie et, à la retraite, de mener à une diminution du niveau de vie optimal. Dans ses rapports précédents sur l endettement des ménages, CGA-Canada a insisté sur le fait que l épargne des Canadiens avait diminué pendant les années de forte croissance économique qui ont précédé la récession, et que cette diminution constituait une tendance inquiétante; elle était d autant plus inquiétante que le nombre de Canadiens qui arrivaient à l étape de leur vie au cours de laquelle ils sont censés épargner en prévision de leur retraite (entre 45 et 64 ans) allait croissant. Bien que, pendant cette période, l absence d épargne active (c.-à-d. la part du revenu disponible mise de côté) ait été nettement compensée par l épargne passive attribuable à l appréciation des actifs immobiliers et financiers, cette accumulation de richesse n était pas répartie également entre les ménages. Pendant et tout de suite après la récession de , il n y avait guère d autre moyen efficace que l épargne active. Sur les marchés des capitaux, presque toutes les catégories d actifs ont perdu de la valeur à la suite de la crise financière de 2008, tandis que l appréciation du marché de l habitation s est considérablement essoufflée en Si toutes les conditions économiques préalables se sont dégradées pendant la récession, la tendance au vieillissement de la population s est également poursuivie. Par conséquent, une approche 74

75 visant un bon équilibre entre les dépenses, l épargne et le remboursement des dettes nous semblait une option souhaitable pour les ménages pendant que l économie commençait à se redresser au Canada. D autant plus que la récession a amplifié davantage certains des facteurs ayant engendré le repli de l épargne. La faiblesse des taux d intérêt rend l épargne moins attrayante et les coûts d emprunt plus faciles à assumer initialement. La croissance moins rapide des revenus des particuliers risque de réduire les sommes disponibles après que les besoins de consommation de base auront été satisfaits. Enfin, si les paiements de transfert du gouvernement représentent un atout pour la société canadienne et un fondement important de la stabilité économique, ils peuvent aussi décourager l épargne. Durant les récessions précédentes, on a constaté que les ménages ont tendance à accroître leur épargne conventionnelle pendant les replis économiques. Ce fut particulièrement le cas durant la récession des années 1980 au cours de laquelle le taux d épargne des ménages a augmenté de près de six points de pourcentage. On a aussi observé des hausses, certes moins marquées, pendant la récession du début des années 1990 et le ralentissement économique causé par l éclatement de la bulle technologique au début des années La dernière récession a entraîné de légères améliorations du taux d épargne personnelle, mais sans rapport avec celles auxquelles avaient donné lieu les ralentissements précédents. En 2009, le taux ne s est amélioré que de un point de pourcentage par rapport au niveau de 3,6 % enregistré en 2008; il s est toutefois remis à baisser en 2010 (figure 18). L affaiblissement de l épargne liée au patrimoine s est amorcé en 2008 et s est poursuivi en

76 Figure 18 Taux d épargne des ménages (% du revenu disponible des ménages) En 2009, le taux d épargne des ménages de l Alberta était plusieurs fois supérieur à celui 22 % 20 % 18 % 16 % 14 % 60 % 50 % 40 % de toute autre province, alors que les résidents de la Colombie-Britannique, 12 % 10 % 8 % 6 % 30 % 20 % de la Nouvelle-Écosse et de l Île-du-Prince-Édouard désépargnaient 4 % 2 % 0 % % 0 % activement. Taux d épargne conventionnelle (G) Épargne permise par la constitution ou l'appréciation du patrimoine (moyenne mobile) (D) Note : L épargne permise par la constitution ou l appréciation du patrimoine s entend de la variation d une année à l autre du patrimoine net des ménages au prix du marché (sans les biens de consommation durables) par rapport au revenu disponible. Source : Tableaux CANSIM et ; calculs de CGA-Canada. Le taux d épargne personnelle conventionnelle publié par Statistique Canada a fait l objet de nombreuses critiques parce qu il ne peut traduire adéquatement les variations de la valeur de l actif des ménages, les gains et les pertes en capital ni l appréciation du capital humain par des investissements dans l éducation et la formation. Des observateurs 42 ont commencé à utiliser des variantes du taux d épargne fondées sur l actif des ménages. Dans notre analyse, nous tentons également d examiner l épargne liée à la constitution ou l appréciation du patrimoine, qui est déterminée par la variation de la valeur nette patrimoniale des ménages au prix du marché. Comme le montre la figure 18, l épargne des ménages permise par la constitution ou l appréciation du patrimoine n obéit pas à une tendance précise (en particulier depuis 1992) et est caractérisée par une forte instabilité. Cependant, lorsqu on compare la dynamique observée après la bulle des TI (milieu des années 2000) à celle qui a suivi la crise financière de 2008, on note une différence évidente : dans le premier cas, le relèvement de la valeur des actifs s est traduit par un accroissement de l épargne permise 42 Voir par exemple : Groupe de travail sur la littératie financière. Plan d action pour renforcer la littératie financière au Canada, 2010, p. 29 (le «taux d épargne fondé sur le bilan» est établi à partir de la variation de la valeur nette à la valeur comptable); et BMO Marchés des capitaux. L épargne des Canadiens : le retour des niveaux élevés?, 2010, p. 6 (l «épargne implicite» est fondée sur la variation des actifs financiers nets par rapport au revenu disponible). 76

77 par la constitution ou l appréciation du patrimoine, tandis que l affaiblissement de cet indicateur amorcé en 2008 s est poursuivi en L évolution du taux d épargne des ménages diffère d une province à l autre. Les données pour 2010 ne sont pas encore disponibles, mais celles de 2009 ont montré que certaines provinces suivaient de près la moyenne canadienne (le Québec, le Nouveau-Brunswick et la Saskatchewan, par exemple), tandis qu en Alberta, le taux d épargne des ménages était plusieurs fois supérieur à celui de toute autre province. Par ailleurs, les résidents de trois provinces la Colombie-Britannique, la Nouvelle-Écosse et l Île-du-Prince-Édouard désépargnaient activement, leurs dépenses surpassant leur revenu disponible d au moins 2 % (figure 19). Figure 19 Épargne des ménages par province 18 % 15 % 12 % 9 % 6 % 3 % 0 % -3 % Alb. Qc N.-B. Sask. Ont. Man. T.-N.-L. N.-É. C.-B. I.-P.-É. Canada -6 % Taux d épargne conventionnelle (G) Épargne permise par la constitution ou l appréciation du patrimoine (moyenne mobile) (D) Source : Tableau CANSIM ; Société canadienne d hypothèques et de logement. Perspectives du marché de l habitation premier trimestre 2011, tableau 6, Il peut être utile également d évaluer les variations provinciales de la composante «passive» de l épargne des ménages; cependant, des contraintes de disponibilité des données rendent impossible l établissement de l indicateur de l épargne permise par la constitution ou l appréciation du patrimoine au niveau provincial. Nous nous limitons donc à l examen de l épargne passive reflétée dans l appréciation du marché de l habitation. La figure 19 tend à indiquer que l épargne active relativement faible en Saskatchewan, au Manitoba et à Terre-Neuve-et-Labrador a été largement contrebalancée par l appréciation de la valeur nette des maisons. Les Québécois, les Ontariens et 77

78 les ménages résidant dans des provinces qui affichent un taux d épargne personnelle négatif n ont pas épargné, ni à partir de leur revenu disponible ni grâce à l appréciation de la valeur de leur maison. Il faut mentionner que la valeur nette des maisons n est pas répartie également entre les ménages. Par exemple, les gains appréciables constatés en Saskatchewan ont profité, au plus, à 73,8 % des ménages, soit ceux qui sont propriétaires de leur résidence. Au Manitoba, la proportion était encore plus faible, soit 65,9 % 43. En résumé, il vaut la peine de revenir sur un certain nombre de points. Premièrement, les signes d amélioration des conditions du marché de l emploi que donnent le taux de chômage et les intentions d embauche des entreprises peuvent être trompeurs. Deuxièmement, les conditions du marché de l emploi demeurent relativement précaires : la capacité du marché d évoluer en phase avec l augmentation de la population en âge de travailler se redresse lentement (et se détériore même dans certaines provinces); le taux de chômage à long terme s accroît toujours, tandis que la diminution de la proportion des travailleurs découragés se fait toujours attendre. Ces conditions défavorables sont susceptibles de neutraliser la croissance à court et à moyen terme des revenus, tandis que des périodes sans travail plus longues peuvent réduire les revenus d une personne pendant l ensemble de sa vie. Deuxièmement, certains groupes socio-économiques (les jeunes, les travailleurs peu scolarisés, les familles monoparentales et les travailleurs autonomes) peuvent être considérés comme plus vulnérables en raison de la perspective plus grande de chômage à long terme et d options réduites en matière d emploi. Troisièmement, les personnes faisant partie de groupes vulnérables qui résident dans des provinces où le marché de l emploi est faible sont exposées à des tensions financières plus grandes. Quatrièmement, la récession et la reprise économique récentes n ont apporté que de légères améliorations à l épargne conventionnelle issue des revenus; parallèlement, l accumulation d épargne permise par la constitution ou l appréciation du patrimoine s est infléchie au cours des dernières années. Ni l épargne active tirée des revenus ni l épargne passive tirée de la valeur nette des maisons ne sont réparties également entre les provinces et les ménages. L absence (ou le faible niveau) d épargne active peut compromettre la capacité des particuliers d honorer leurs obligations d emprunt dans l avenir. 43 Statistique Canada, Les habitudes de dépense au Canada 2009, Catalogue n o X, 2010, p. 72 et

79 Conclusions 7 Les analyses des chapitres précédents avaient pour but de fournir des éléments d information pertinents concernant l évolution récente du niveau d endettement des ménages canadiens, le degré d adaptation aux réalités de l environnement économique et les incidences particulières des tendances observées sur la capacité des ménages d honorer leurs obligations d emprunt. En examinant ensemble les perceptions des Canadiens et l information statistique disponible à propos de l endettement des ménages au Canada, nous avons pu déduire un certain nombre de conclusions. La situation financière du secteur des ménages ne semble pas inquiétante. Les indicateurs économiques qui reflètent la capacité des ménages à gagner un revenu, à constituer un patrimoine et à consommer se sont améliorés et stabilisés de manière notable au cours de l année 2010, tandis que le taux de croissance de la dette des ménages a diminué grâce à l affaiblissement de l expansion du crédit à la consommation. On a également noté une certaine modération dans le recours au crédit pour acheter des biens de consommation et des services, même si les conditions d un accroissement de la dette (force de la croissance économique, termes de l échange favorables) étaient réunies. L intensité des difficultés financières extrêmes, mesurée par les cas d insolvabilité des consommateurs, a aussi diminué. L approche plus modérée envers l usage du crédit des ménages est surtout influencée par des facteurs liés à la demande, conditionnés par l attitude des ménages et les choix personnels, plutôt que par des facteurs liés à l offre déterminés par la situation du crédit et des finances. La faible incidence des chocs positifs modérés sur le revenu des ménages et les taux d intérêt confirme une fois de plus la décision consciente de limiter l accumulation du crédit. En ne regardant que l image d ensemble du secteur des ménages, on ne voit pas que la situation financière de certains groupes de ménages pourrait être bien pire que la moyenne. Il se peut que la situation financière de certains groupes de ménages soit bien pire que ne le font présumer les tendances globales positives et qu elle soit en train de se détériorer. La dette du ménage moyen est en hausse et de plus en plus de familles contractent des dettes. La dette des ménages à faible revenu 79

80 demeure élevée et continue d augmenter. Les familles monoparentales, quelle que soit la tranche d âge, sont beaucoup plus susceptibles de connaître un haut niveau d endettement, comparativement aux autres types de familles. En outre, les ménages formés de personnes à la veille de la retraite (les «pré-retraités») ou à la retraite (les «retraités») sont davantage endettés qu auparavant. La vulnérabilité des familles monoparentales et des personnes à faible revenu se trouve encore amplifiée par les difficultés accrues sur le marché du travail qui découlent du risque élevé de chômage à plus long terme et des occasions d emploi limitées. Les résidents des provinces où le marché du travail est affaibli courent un plus grand risque de connaître des difficultés financières et un endettement élevés. Indépendamment de leur niveau de revenu et de leur situation financière, les particuliers et leurs familles feraient bien d envisager leurs circonstances propres dans le contexte de la population globale au lieu de se fier sur un point de vue collectif qui les rassure mais pourrait ne pas s appliquer à leur situation particulière. Notre capacité à évaluer exhaustivement l état et le niveau de la dette des ménages est limitée. Les indicateurs auxquels on a couramment recours pour évaluer l endettement des ménages n intègrent pas toutes les dimensions de l évolution des dettes, des revenus, des actifs et de la richesse des ménages et pourraient donner lieu à une sous-estimation du poids imposé par la dette à l échelle d une vie. Le ratio dette-revenu est fondé sur une comparaison de variables ayant différentes dimensions temporelles; le ratio dette-actif ne tient pas compte de la liquidité de l actif ni des obstacles qui en découlent pour l amortissement de la dette; et, bien souvent, le ratio du service de la dette ne reflète pas les remboursements de capital et ne rend pas compte de la différence dans les décaissements à plus long terme des fonds du ménage relatifs à la dette. Il est difficile de dresser un portrait à jour de l endettement de chacun des ménages : les sources de renseignements disponibles sont dépassées, elles se concentrent uniquement sur la valeur cumulative ou combinée des dettes et des actifs, ou elles sont accessibles moyennant des frais, ce qui peut poser un obstacle à une analyse approfondie. Notre capacité de suivre l évolution de certains types de crédit (par ex., le crédit renouvelable) qui font peser un risque élevé de déclenchement d une spirale de l endettement est également limitée par la rareté des données publiques. 80

81 Les données statistiques accessibles au public ne permettent pas d analyser raisonnablement la répartition de la dette, des actifs et du patrimoine des ménages entre les différentes provinces. Les écarts régionaux importants sur le plan des coûts du service de la dette, de la dynamique du marché du travail, du revenu des ménages, du nombre de consommateurs insolvables, du taux d épargne et des prix des maisons montrent que l évaluation de la santé financière des ménages canadiens est trompeuse, voire inexacte, si on ne tient pas compte des réalités régionales. L état et l évolution du bilan du secteur des ménages devraient être suivis de près par les responsables des politiques. Un certain nombre de facteurs justifient qu on prête une attention particulière à l évolution des finances des ménages. Premièrement, l évolution de l endettement des ménages au cours du présent cycle de récession-reprise est tout à fait différente de celle observée au cours des cycles précédents. Contrairement aux récessions précédentes, celle de n a pas ralenti la croissance de l endettement; cependant, la période de reprise actuelle est caractérisée par une baisse des taux de croissance des prêts hypothécaires et du crédit à la consommation. Deuxièmement, le ralentissement du rythme de croissance de l endettement des ménages n a pas été assez prononcé pour améliorer de manière importante le bilan des ménages l ensemble des indicateurs de l endettement des ménages étant restés élevés pendant la reprise. De plus, les obligations additionnelles au titre du service de la dette causées par l accumulation rapide de dettes par les ménages ont neutralisé tout allègement du service de la dette qui aurait pu résulter de la baisse des coûts d emprunt. Les points de vue des ménages ne semblent pas toutefois correspondre aux tendances réelles observées. Puisque les perceptions déterminent souvent les choix comportementaux, un décalage entre la perception et la réalité peut ainsi mener à une nouvelle escalade de l endettement des ménages qui n est pas causée par des facteurs financiers. Troisièmement, la récession et la reprise économique récentes n ont apporté que de légères améliorations à l épargne conventionnelle issue des revenus des ménages. Parallèlement, l épargne permise par la constitution ou l appréciation du patrimoine s est infléchie au cours des dernières années. Ni l épargne active tirée des revenus ni l épargne passive tirée de la valeur nette des maisons ne sont réparties également entre les provinces et les ménages. L absence (ou le faible niveau) d épargne active peut compromettre la capacité des particuliers d honorer leurs obligations d emprunt dans l avenir. 81

82 Une gestion équilibrée des dépenses, de l épargne et du remboursement de la dette s avère une caractéristique souhaitable du comportement des ménages à court terme. Les signes positifs d une amélioration des conditions du marché du travail que donnent le taux de chômage et les intentions d embauche des entreprises peuvent être trompeurs. La capacité du marché d évoluer en phase avec le rythme de la croissance de la population demeure faible (elle se détériore même dans certaines provinces); le taux de chômage à long terme continue de croître, tandis que la baisse de la proportion des travailleurs découragés se fait toujours attendre. Ces conditions défavorables sont susceptibles de neutraliser la croissance à court et à moyen termes des revenus, tandis que des périodes sans travail plus longues peuvent réduire les revenus d une personne pendant l ensemble de sa vie. Il est aujourd hui évident que les hypothèses concernant la croissance des revenus et du patrimoine sur lesquelles ont été fondées les décisions d emprunt avant 2008 ne se réaliseront pas, puisque les perspectives économiques sont beaucoup plus instables et soumises à l influence de divers facteurs, souvent externes. Les hypothèses utilisées pour prendre les décisions d emprunt actuellement doivent être corrigées pour tenir compte des chocs économiques auxquels le secteur des ménages continue de faire face. L argument en faveur de l épargne n a pratiquement pas changé, et il nous semble plus souhaitable d adopter une approche équilibrée des dépenses, de l épargne et du remboursement des dettes, que de s engager plus avant dans la culture de la consommation qui caractérise les ménages canadiens depuis quelques décennies. 82

83 Des mesures à prendre 8 Comme nous l avons vu, la dynamique de l endettement des ménages canadiens a changé de façon marquée au cours de l année 2010; toutefois, dans l histoire vieille de plusieurs décennies de l endettement croissant des ménages, une année représente peu et n est pas un indice significatif du changement d attitude des ménages. Il faut aussi reconnaître que la recherche de modération dans la croissance de la dette et la culture de la consommation dépend d un équilibre délicat entre, d une part, l apparente contradiction entre les «désirs» d aujourd hui et les «besoins» de demain et, d autre part, la liberté de choix. De nos jours, les «désirs» individuels supposent souvent la poursuite des plaisirs de la consommation, ce qui sert bien les «désirs» des responsables des politiques qui sont conscients que des dépenses élevées de la part des ménages sont essentielles à la croissance de l économie canadienne. Le «besoin» d épargner pour s assurer un niveau de vie élevé demain est également reconnu tant par les particuliers que par les responsables des politiques. Il est rare, cependant, que des gestes concrets soient posés à cette fin, surtout parce que la manière dont le revenu et la richesse sont dépensés au cours d une vie est une question relevant des choix et des libertés de chacun. Au cours des dernières années, le gouvernement a pris un certain nombre de mesures importantes pour pallier des faiblesses connues du système. Des modifications ont été apportées à la réglementation applicable aux prêts hypothécaires assurés garantis par le gouvernement en vue de resserrer les critères d approbation de ces prêts. Des mesures visant à améliorer les pratiques de communication de l information des sociétés de cartes de crédit ont aussi été adoptées. Enfin, une vaste consultation auprès des ménages, des entreprises et des responsables des politiques sur les manières d améliorer la littératie financière a permis de dresser une liste exhaustive de recommandations en faveur de l établissement d une stratégie nationale de littératie financière. Par contre, les signes d une amélioration du bilan des ménages n ont pas encore émergé, malgré une croissance de l endettement plus modérée. Par conséquent, nous croyons que les responsables des politiques doivent continuer de suivre de près l évolution de l endettement des ménages et qu un grand nombre des recommandations que nous avons faites dans nos études précédentes sont toujours aussi valables aujourd hui, bien que d autres aient également de la valeur. Dans les paragraphes qui suivent, nous concentrons notre attention sur deux grands types de politiques publiques : celles qui visent à aider les Canadiens à mieux gérer leurs finances et celles qui représentent des conditions économiques préalables pour améliorer le bien-être des ménages. 83

84 8.1. Aider les Canadiens à mieux gérer leurs finances Littératie financière L acquisition continue de connaissances dans le domaine des finances est essentielle pour que les ménages soient bien renseignés et aient la compétence voulue pour prendre des décisions financières éclairées. Le marché du crédit évolue désormais dans un environnement de plus en plus perfectionné où l on trouve une abondance de nouvelles applications technologiques et d informations complexes ainsi qu une grande diversité de produits. Avec une extrême régularité, les Canadiens sont bombardés de publicité faisant la promotion de nouvelles formules attrayantes de crédit, de placement ou de planification à long terme, dont certaines sont difficiles à comprendre ou à évaluer dans leur intégralité. Souvent désireux de «faire ce qu il faut», nous adhérons à de tels programmes sans comprendre clairement ni complètement leurs avantages réels ou leurs conditions inhérentes. Par conséquent, la compréhension par les ménages de leur situation financière particulière ainsi que des raisons qui justifient l emprunt, la dépense et l épargne devient capitale pour assurer la sécurité financière. CGA-Canada préconise depuis longtemps le renforcement de la littératie financière, étant donné que celle-ci sert de fondation à une économie prospère et productive et qu elle représente un élément clé de la planification de l endettement, de l épargne et de la retraite de chacun. C est pourquoi nous participons activement aux consultations publiques organisées par le Groupe de travail sur la littératie financière du gouvernement fédéral et nous appuyons les recommandations exhaustives présentées par ce groupe. Toutefois, pour que la stratégie nationale puisse se réaliser et réussir, il est primordial de donner suite à ces recommandations. De la même manière, nous encourageons le gouvernement à prévoir un budget approprié pour la mise en œuvre de la stratégie nationale : sans un financement solide, on en restera au stade des bonnes intentions. L amélioration des niveaux de littératie doit rester un objectif important et progressif du gouvernement. Des compétences solides en compréhension de textes et en mathématiques sont également devenues des conditions préalables pour naviguer dans les marchés contemporains complexes. Une étude récente montre qu en 2031, il subsistera quelque 12 millions d adultes canadiens qui auront assez peu de connaissances financières une proportion de la population presque inchangée par rapport aux niveaux actuels 44. Comme le crédit est de plus en plus accessible aux jeunes ménages, il est particulièrement important et souhaitable d améliorer les connaissances des jeunes. 44 Conseil canadien sur l apprentissage. Lire l avenir : Pour répondre aux besoins futurs du Canada en matière de littératie financière,

85 Nouvelle approche pour faire croître l épargne personnelle L accumulation appréciable d actifs financiers, la constitution d un «coussin de sécurité» financier plus considérable et plus diversifié, et les placements faits en vue de la retraite devraient rester au cœur des objectifs à long terme des Canadiens. Pour être efficaces, ces objectifs doivent avant tout être poursuivis activement. L écart qui existe entre les intentions et les actes dans le comportement économique des particuliers est bien connu. Des études d économie comportementale montrent que les particuliers sont souvent exagérément optimistes au sujet de la probabilité future de la réalisation de certains projets, en particulier si ceux-ci sont vus comme lointains dans le temps 45. Les résultats du sondage présentés dans ce rapport et ceux des années précédentes montrent, par exemple, qu en dépit du fait que 62 % des répondants au sondage de 2009 aient déclaré qu ils connaissaient bien le CELI et avaient l intention d y cotiser, seulement 51 % des répondants au sondage de 2011 ont donné suite à cette intention et cotisé au moins une fois au CELI depuis son lancement. Les incitatifs fiscaux, instruments de politique économique sur lesquels on compte beaucoup pour favoriser l épargne des ménages, ont quelque peu perdu de leur attrait. Ainsi, un rapport récent de CGA-Canada 46 montre que les particuliers sont peu sensibles aux incitatifs fiscaux offerts par les régimes enregistrés d épargne-retraite (REER) et que leurs attitudes vis-à-vis des REER sont loin d être simples. Ces dix dernières années, la baisse des cotisations et des taux de participation aux REER a persisté malgré la présence de certains facteurs susceptibles de favoriser une expansion de ces régimes (forte croissance des revenus, recul des couvertures prévues par les régimes d employeur, etc.). Une meilleure utilisation de l économie comportementale et de la psychologie peut déboucher sur des façons nouvelles d accroître l épargne des ménages. L une des constatations les plus fréquentes de l économie comportementale est que les gens ont tendance à privilégier l option par défaut 47. On constate à l échelle internationale que les sociétés qui font participer automatiquement leurs employés à leur régime d épargne-retraite (avec la possibilité d en sortir) et celles qui donnent à leurs employés l option d affecter une partie de leur hausse de salaire future à l épargne obtiennent des taux plus élevés de participation du personnel et de constitution de l épargne 48. Ces méthodes 45 O Donoghue, T. et M. Rabin. «Doing It Now or Later», The American Economic Review, vol. 89, no 1, 1999, p. 103 à CGA-Canada. À 51 ans sonnés, le REER est-il mûr pour un remaniement?, 2009 (accessible à 47 Dixon, M. Rethinking Financial Capability: Lessons from Economic Psychology and Behavioural Finance, Institute for Public Policy Research, Thaler, R.H. et S. Benartzi. «Save More Tomorrow: Using Behavioral Economics to Increase Employee Saving», Journal of Political Economy, vol. 112, no S1,

86 d encouragement à l épargne privée, notamment en vue de la retraite, pourraient être bénéfiques dans le contexte canadien actuel, où les incitatifs fiscaux à l épargne perdent de leur attrait. Les éléments de l économie comportementale se trouvent déjà dans les recommandations présentées par le Groupe de travail sur la littératie financière, plus particulièrement celles qui encouragent les employeurs à offrir automatiquement des programmes d épargne et des outils pour faciliter une épargne accrue continue par les Canadiens. De même, le gouvernement fédéral a récemment proposé d établir un régime de pension agréé collectif (RPAC) visant également à permettre aux employeurs de faire participer leurs employés à un RPAC tout en leur donnant la possibilité d en sortir peu de temps après l adhésion. Nous encourageons le gouvernement à tenir compte davantage des éléments de l économie comportementale et de la psychologie dans l élaboration des mesures destinées à améliorer les habitudes d épargne des Canadiens Renforcer l économie du Canada Encourager la compétitivité du Canada L emprunt permet aux ménages d étaler leur consommation dans le temps, mais la confiance des consommateurs et leur capacité de payer dépendent surtout des revenus et des perspectives de revenus. L économie du Canada est de plus en plus ouverte et axée sur les exportations; sa compétitivité à l échelle internationale revêt une importance capitale pour le succès des entreprises canadiennes et, de ce fait, l amélioration des perspectives de stabilité dans le marché de l emploi interne et de croissance des revenus de placement personnels. Il sera de plus en plus important de favoriser les aptitudes des entreprises canadiennes à être compétitives, car l économie mondiale continuera d évoluer et de se transformer en une course à l efficience. Un certain nombre de mesures pourraient aller dans ce sens, notamment promouvoir l innovation et l évolution technologique, augmenter la diffusion des technologies et la productivité, hausser les investissements infrastructurels et accroître l appui à la formation parrainée par l employeur; bien entendu, assurer aux entreprises l accès au crédit reste aussi une mesure prioritaire. Des relations économiques étroites sont extrêmement importantes dans un contexte de mondialisation accrue du commerce; cela dit, le fait de privilégier les relations avec un seul pays peut être préjudiciable pour l autonomie économique, particulièrement dans les secteurs très concentrés. Une écrasante majorité des échanges commerciaux du Canada (82,7 % au cours des cinq 86

87 dernières années) se font avec les États-Unis. Bien que les liens historiques et géographiques unissant le Canada et les États-Unis rendent leur partenariat économique mutuellement avantageux, ce manque primaire de diversification rend le Canada trop dépendant d un seul marché extérieur. On applaudit, d une part, les progrès du gouvernement dans les négociations et la signature d accords de libre-échange avec un certain nombre de pays et dans la volonté de conclure des accords bilatéraux, comme celui avec l Union européenne en tant qu union économique et politique comptant 27 États membres et, d autre part, l initiative visant le développement des échanges commerciaux avec l Inde, engagement mentionné dans le dernier discours du Trône. La poursuite de la négociation d accords commerciaux avantageux qui élimineraient les barrières tarifaires et non tarifaires au commerce sur les marchés internationaux est fortement désirable pour la diversification immédiate et à long terme. Améliorer notre compréhension de la situation financière des ménages La solidité de la situation financière des ménages est indispensable à l équilibre de l économie, étant donné qu elle influence l orientation de la politique budgétaire et monétaire et la stabilité du système financier. Les finances des ménages et les dépenses des consommateurs représentent aussi le principal moteur de la demande globale et, par conséquent, de la croissance économique du Canada. Une évaluation juste de la santé financière des ménages est essentielle pour élaborer des politiques publiques appropriées et réagir rapidement aux développements défavorables. Comme nous l avons montré dans le présent rapport, ni les mesures habituellement utilisées pour évaluer l état de l endettement des ménages ni les sources de données actuellement disponibles permettent de dresser un portrait complet et précis des dettes, des actifs et de la richesse des ménages. Ce portrait varie en effet en fonction des différentes régions et des divers groupes qui constituent notre société. En ce qui concerne le secteur des ménages, le gouvernement devrait demeurer attentif aux évaluations des dettes et des actifs, de l intensité des difficultés financières ainsi que des méthodes et des niveaux d épargne, et ce, même si l économie se renforce. De plus, ses politiques doivent être comprises et promues efficacement si on souhaite que les Canadiens mobilisent leurs ressources et adoptent une culture de création de richesse. La formation d un groupe d experts ayant pour tâche d examiner avec un œil critique les indicateurs de l endettement des ménages auxquels on a actuellement recours et de suggérer des améliorations pourrait aussi contribuer grandement à tracer un portrait exhaustif de la santé financière du secteur des ménages. 87

88 88 Comprendre les différentes compétences et prendre les mesures qui s imposent Tout au long du présent rapport, nous avons souvent fait référence aux organismes et aux initiatives du gouvernement fédéral. Nous reconnaissons cependant que les provinces, les territoires, les municipalités, les grands centres urbains, les collectivités et les organismes sans but lucratif peuvent et doivent jouer un rôle important dans la mise en place et la promotion de mesures correctives. Le mandat de ces divers organismes et le travail qu ils accomplissent sont considérables et ne devraient pas être sous-estimés. Il importe que les rôles soient bien compris et que les efforts soient coordonnés efficacement, car les efforts respectifs seront optimisés dans un contexte de synergie privilégiant la collaboration orientée vers la croissance et la viabilité à long terme. Il ne fait aucun doute que les groupes de la société non encore mobilisés doivent être encouragés à mettre au point des plans de développement à plus long terme intégrant des stratégies destinées à régler les problèmes économiques locaux. En somme, une planification locale taillée sur mesure pour faire face aux priorités, comme les disparités salariales, le logement et la pauvreté, demeure la meilleure solution. Bien que beaucoup de groupes y participent déjà, ceux qui peuvent influencer les actions immédiates sont naturellement plus aptes à préserver et à améliorer les perspectives d avenir des membres de la communauté.

89 Annexe A : Constatations détaillées découlant du sondage sur l attitude des ménages à l égard de leur endettement et de leur consommation 9 Vu l intensité du débat actuel concernant l accroissement de l endettement des ménages canadiens, CGA-Canada a jugé pertinent d examiner de nouveau comment les Canadiens voient leur situation financière pour comprendre les répercussions de la crise financière et du ralentissement économique sur les finances des ménages, et pour savoir si la reprise économique actuelle a allégé leur fardeau financier. À cette fin, CGA-Canada a commandité un sondage d opinion qui visait à connaître leur point de vue sur l évolution de leur niveau d endettement et sur leur attitude à l égard des dépenses et de l épargne. Le sondage réalisé à l hiver 2011 reprenait, dans une large mesure, les sondages précédents commandés par CGA-Canada en 2007, en 2008 et en Les constatations détaillées sont présentées dans la présente annexe, tandis que le troisième chapitre de ce rapport fait le résumé des principales constatations. L annexe B contient la description de la méthodologie et le sondage. On a demandé aux répondants de réfléchir aux changements survenus à l égard des finances de leur ménage au cours des trois dernières années relativement aux quatre grands thèmes suivants : i) dette, ii) revenu, actif et richesse, iii) dépenses et iv) épargne. Sauf indications contraires, les constatations détaillées présentées ci-après découlent du sondage effectué en Une comparaison avec les résultats du sondage de 2007 est fournie dans le cas où les perceptions des répondants ont présenté une tendance (à la hausse ou à la baisse) notable en 2011 et La comparaison avec les résultats des sondages de 2008 et de 2010 est faite lorsque aucune tendance notable n a été observée entre les résultats des quatre cycles d enquête. 1. Dette des ménages Le sondage cherchait à découvrir de quelle façon l endettement des ménages avait évolué et quelles étaient les raisons de ce changement, quel était le sentiment des ménages face à leur endettement et s ils croyaient que leurs dettes les empêchaient de réaliser certains de leurs objectifs financiers. 49 Pour une description détaillée des constatations découlant des études et des résultats des sondages, consultez le rapport de 2007 de CGA-Canada intitulé Où va l argent? La croissance de l endettement des ménages au Canada, le rapport de 2009 intitulé Où va l argent? L endettement des ménages canadiens dans une économie en déroute et le rapport de 2010 intitulé Où est l argent aujourd hui? L endettement des ménages canadiens à l aube de la reprise économique (accessibles à 89

90 En 2011, 37 % des répondants ont indiqué que leur dette avait baissé, et 35 % ont déclaré qu elle avait augmenté. Évolution du niveau de la dette des ménages au cours des trois dernières années En tout, 83 % des répondants ont déclaré avoir des dettes, soit une proportion presque identique à celle des années précédentes. Cependant, la perception des répondants quant à l évolution de leur dette a changé, suivant ainsi de près les variations de l économie. En 2007 (c.-à-d. avant la récession), ceux dont la dette diminuait étaient plus nombreux que ceux dont la dette augmentait. Pendant la crise financière, la situation s est inversée et les répondants ont indiqué que leur dette augmentait. En 2011 presque deux ans après la fin de la récession les Canadiens sont toujours plus susceptibles de croire à la diminution (37 % des répondants) qu à l augmentation de leur dette (35 %). Cela dit, en 2011, la hausse du nombre de ceux dont la dette avait diminué n a pas été aussi marquée qu en 2007 (diagramme 1). En outre, la proportion de participants au sondage qui ont indiqué que leur dette avait beaucoup baissé a constamment diminué au cours des années où les sondages ont été effectués, passant de 20 % en 2007 à 12 % en Diagramme 1 Évolution du niveau de la dette des ménages au cours des trois dernières années % des répondants ayant fait état d une dette 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 42 % 42 % 37 % 38 % 35 % 35 % 33 % 35 % 29 % 28 % 23 % 23 % Dette ayant diminué beaucoup ou un peu Dette étant restée sensiblement la même Dette ayant augmenté beaucoup ou un peu Comme on pouvait raisonnablement s y attendre, les répondants plus jeunes sont plus susceptibles de juger que leur dette augmente que les répondants plus âgés. Plus précisément, 40 % des répondants de moins de 35 ans ont déclaré que leur dette avait augmenté. Ce chiffre tombe à 28 % dans le cas des plus de 55 ans qui ont aussi estimé que leur dette avait augmenté. De même, les ménages comptant un ou plusieurs enfants âgés de moins de 18 ans étaient beaucoup plus susceptibles de croire que leur endettement avait augmenté que les ménages n en comptant pas. 90

91 L évolution de l endettement s est révélée différente selon la tranche de revenu. Les répondants faisant partie des ménages dont le revenu annuel est inférieur à $ se sont révélés beaucoup plus susceptibles de déclarer que leur endettement s accroissait que les répondants faisant partie des autres groupes. Par contre, une proportion nettement plus importante de répondants issus des ménages dont le revenu atteint au moins $ ont affirmé que leur dette avait diminué par rapport aux répondants ayant un revenu plus faible (diagramme 2) qui ont été par ailleurs beaucoup plus nombreux que les répondants des autres tranches de revenu à estimer que leur dette avait augmenté. Diagramme 2 Évolution du niveau de la dette des ménages, selon la tranche de revenu 100 % % des répondants ayant fait état d une dette 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 30 % 25 % 46 % 37 % 30 % 33 % 42 % 27 % 31 % Moins de $ $ $ $ ou plus Les répondants faisant partie des ménages dont le revenu annuel est inférieur à $ se sont révélés beaucoup plus susceptibles de déclarer une hausse de leur endettement que les répondants faisant partie des autres groupes. Dette ayant diminué beaucoup ou un peu Dette étant restée sensiblement la même Dette ayant augmenté beaucoup ou un peu On a constaté certaines différences régionales en ce qui touche les proportions de répondants ayant déclaré une évolution de la dette de leur ménage. Par exemple, comparativement à la moyenne canadienne de 35 %, à peine 27 % des résidents du Manitoba et de la Saskatchewan, mais jusqu à 43 % de ceux de l Alberta nous ont dit que leur endettement s intensifiait. L accroissement de l endettement ne s accompagne pas d un accroissement de revenu ou de richesse. Les répondants dont le revenu s est amélioré au cours des trois dernières années et ceux qui se sont dits plus riches aujourd hui qu il y a trois ans se sont révélés plus susceptibles d indiquer que leur dette avait diminué plutôt qu augmenté. L inverse est vrai également : ceux qui ont indiqué que leur revenu avait baissé ou qu ils étaient moins riches aujourd hui se sont révélés plus susceptibles de dire que leur dette avait augmenté (diagramme 3). Cette corrélation se confirme aussi lorsque l on considère uniquement les répondants non retraités. 91

92 Diagramme 3 Évolution de la dette par rapport à l évolution du revenu et de la richesse La majorité des répondants ayant signalé une hausse de la dette du ménage se sont dits très préoccupés (38 %) % des répondants ayant fait état d une dette 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 44 % Évolution de la dette par rapport à l évolution du revenu 25 % Revenu ayant augmenté beaucoup ou un peu 31 % 29 % 36 % 35 % 36 % Revenu étant resté sensiblement le même 23 % 40 % Revenu ayant diminué beaucoup ou un peu ou assez préoccupés (40 %) à l égard Dette ayant diminué beaucoup ou un peu Dette ayant augmenté beaucoup ou un peu Dette étant restée sensiblement la même de cette situation. Évolution de la dette par rapport à l évolution de la richesse % des répondants ayant fait état d une dette 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 49 % 27 % 24 % Oui, je suis plus riche aujourd hui 28 % 29 % 43 % Non, je ne suis pas plus riche aujourd hui Dette ayant diminué beaucoup ou un peu Dette étant restée sensiblement la même Dette ayant augmenté beaucoup ou un peu La majorité des répondants ayant signalé une hausse de la dette du ménage se sont dits très préoccupés (38 %) ou assez préoccupés (40 %) à l égard de leur dette croissante. Ce niveau de préoccupation est sensiblement proche de celui observé en 2007, mais il est beaucoup plus bas que celui signalé en 2010, où 86 % des répondants dont la dette augmentait étaient très ou assez préoccupés par cette tendance. Les dépenses de tous les jours sont la raison la plus souvent citée, et de loin, pour expliquer la hausse de la dette; viennent ensuite les frais d intérêts et l achat d une nouvelle voiture. On peut observer certains 92

93 changements dans le classement des raisons expliquant l augmentation du niveau de la dette par rapport aux années précédentes; toutefois aucune tendance particulière ne se dégage (diagramme 4). Diagramme 4 Raisons de l augmentation du niveau de la dette Dépenses de tous les jours Frais d intérêts Achat d une nouvelle voiture Achat de biens de consommation durables Achat d une nouvelle résidence Dépenses relatives aux loisirs et divertissements Dépenses relatives aux soins de santé Inscription à un programme d études Autre 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % des répondants dont la dette a augmenté Tous les groupes d âge ont presque unanimement cité les dépenses de tous les jours, les frais d intérêts et l achat d une nouvelle voiture comme étant les trois premières raisons de l augmentation de leur dette * L option «Frais d intérêts» ne figurait pas dans la liste des réponses offertes aux personnes interrogées en Lorsqu on a regroupé les participants du sondage de 2011 par catégories d âge, à savoir les plus jeunes (moins de 35 ans), ceux d âge moyen (35 à 55 ans) et les plus âgés (55 ans ou plus), tous les groupes d âge ont presque unanimement cité les dépenses de tous les jours, les frais d intérêts et l achat d une nouvelle voiture comme étant les trois premières raisons de l augmentation de leur dette. On observait une situation semblable en 2010; il s agit cependant d un changement par rapport au sondage de 2008 où les raisons de l augmentation de la dette étaient beaucoup plus diversifiées d un groupe d âge à l autre. En 2008, pour les répondants plus jeunes, ces raisons étaient d abord l achat de biens de consommation durables et l achat d une résidence, tandis que pour les répondants plus âgés, il s agissait avant tout des dépenses relatives aux soins de santé et aux voyages et divertissements. Types de dettes L évolution de certains types de dettes a correspondu à la perception générale des répondants d une diminution de l endettement. À propos de types de dettes particuliers, les répondants ont eu davantage tendance à indiquer que le niveau 93

94 de leurs dettes actives avait baissé. Plus précisément, les répondants ont indiqué que leur dette avait diminué, et non augmenté, à l égard de quatre des sept types de dettes mentionnés dans la liste du sondage. Parmi ces quatre types figurent les prêts hypothécaires et les prêts automobiles deux types de dettes qui constituent généralement la plus grande partie de la dette des ménages (Diagramme 5). Fait intéressant, pour les marges de crédit, les prêts bancaires et les prêts étudiants, une proportion relativement importante de répondants (entre 8 % et 19 % selon le type de dette) n ont su dire si leur dette avait augmenté, diminué ou stagné. Quelque 18 % des répondants endettés ont déclaré un niveau d endettement excessif qu ils avaient du mal à gérer. Diagramme 5 Évolution du niveau de la dette selon le type % des répondants ayant fait état des types de dettes sélectionnées 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 32 % 38 % 29 % Carte de crédit 1 % 60 % 20 % 18 % 2 % Prêt hypothécaire 45 % 26 % 26 % 25 % 4 % Prêt automobile 36 % 31 % 8 % Marge de crédit autre que sur la valeur nette de la maison 35 % 26 % 30 % 9 % Marge de crédit sur la valeur nette de la maison 36 % 31 % 25 % 8 % Prêt bancaire autre qu un prêt automobile ou étudiant 45 % 18 %18 % 19 % Prêt étudiant Dette ayant diminué beaucoup ou un peu Dette étant restée sensiblement la même Dette ayant augmenté beaucoup ou un peu Ne sait pas Capacité des ménages de gérer l endettement La majorité des personnes interrogées (61 %) se sont dites en mesure de gérer efficacement leurs dettes, et un cinquième (21 %) ont laissé entendre qu elles pourraient s endetter davantage tout en continuant de bien gérer leurs finances. Cependant, quelque 18 % des répondants endettés ont déclaré un niveau d endettement excessif qu ils avaient du mal à gérer. La proportion des personnes ayant de la difficulté à gérer leur dette a légèrement baissé par rapport au sommet atteint en 2008 (21 %) et se situe maintenant à un niveau comparable avec celui observé en Parmi les répondants ayant du mal à gérer leurs dettes, près de la moitié (48 %) ont indiqué qu un revenu moins élevé que prévu était la principale raison de la difficulté éprouvée, ce qui est beaucoup plus élevé que le résultat observé au cours des années précédentes. Les grosses dépenses imprévues ont été la deuxième raison la plus souvent citée pour expliquer la difficulté à gérer la dette (diagramme 6). 94

95 Diagramme 6 Raisons de la difficulté à gérer la dette % des répondants ayant de la difficulté à gérer leur dette 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 36 % 37 % 46 % 48 % 19 % 24 % 15 % 20 % 26 % 22 % 19 % 14 % 10 % 10 % 10 % 10 % 9 % 10 % 6 % 8 % 0 % Revenu moins élevé que prévu Grosses dépenses imprévues Difficulté à respecter les limites de dépenses planifiées Planification financière inadéquate Autre Les répondants dont la dette a augmenté ont été beaucoup plus nombreux à indiquer qu ils avaient de la difficulté à gérer leur endettement. C est le cas, en gros, de 35 % des répondants. Par comparaison, seulement 8 % des répondants dont la dette a diminué ou est restée sensiblement la même depuis trois ans ont indiqué qu ils avaient de la difficulté à gérer leur endettement. La majorité des répondants (64 %) dont les dettes avaient augmenté s estimaient toutefois capables de bien les gérer ou même de s endetter davantage (diagramme 7). Comparativement à l année dernière, les répondants dont la dette a augmenté sont aujourd hui beaucoup moins susceptibles d avoir de la difficulté à gérer leur endettement. En 2010, deux répondants sur cinq (41 %) dont la dette avait augmenté étaient dans cette situation, contre 35 % en Les répondants dont la dette a augmenté ont été beaucoup plus nombreux à indiquer qu ils avaient de la difficulté à gérer leur endettement. Diagramme 7 Attitude à l égard de la dette % de l ensemble des répondants dans chaque groupe 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 26 % 66 % 8 % Répondants dont la dette a diminué ou est restée la même 52 % 35 % 12 % Répondants dont la dette a augmenté Si je devais assumer une dette plus lourde, je serais toujours en mesure de bien gérer mes finances Je peux bien gérer mon niveau de dette J ai un niveau excessif de dette et j ai de la difficulté à le gérer 95

96 Quelque 61 % des personnes endettées ont répondu qu elles croyaient que leur endettement les empêchait d atteindre leurs objectifs financiers. Effet néfaste de l endettement On a demandé aux répondants si le niveau de leurs dettes nuisait à leur capacité de réaliser leurs buts dans des domaines comme la retraite, les études, les loisirs et voyages, et la sécurité financière en cas de circonstances imprévues. Quelque 39 % des personnes endettées ont répondu qu elles ne croyaient pas que leur endettement les empêchait d atteindre leurs buts dans au moins un de ces domaines. Elles ont indiqué que les loisirs et voyages et la sécurité en cas d imprévus étaient les principaux domaines touchés (diagramme 8). Comparativement aux années précédentes, les répondants sont aujourd hui plus susceptibles de croire que leur endettement a une incidence négative sur leur capacité d épargner en vue de la retraite; par contre, ils voient moins celui-ci comme un obstacle pour atteindre la sécurité financière en cas de circonstances imprévues. En 2007, 28 % et 40 % des répondants endettés avaient jugé que leur dette nuisait à leur capacité d atteindre leurs objectifs financiers dans ces domaines; ces proportions sont passées respectivement à 32 % et à 35 % en Diagramme 8 Le niveau de dette de votre ménage nuit-il à votre capacité d atteindre vos objectifs financiers dans les domaines suivants? Loisirs et voyages 40 % Sécurité financière en cas de circonstances imprévues 35 % Retraite 32 % Études de vos enfants 8 % Vos études 5 % Aucun de ces domaines 39 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % des répondants ayant fait état d une dette Les répondants qui estiment que leur endettement nuit à l atteinte de leurs objectifs se sont révélés beaucoup plus susceptibles de déclarer que leur dette avait augmenté au cours des trois dernières années. Près de la moitié (46 %) des personnes dont les dettes entravent les objectifs ont affirmé que leur endettement avait augmenté beaucoup ou un peu. La tendance s inverse pour les répondants qui ne subissent aucun effet négatif : près de la moitié d entre eux (46 %) ont en effet indiqué que leur dette avait diminué au cours des trois dernières années (diagramme 9). Les répondants qui estiment que leur endettement nuit à l atteinte de leurs objectifs se sont révélés beaucoup plus susceptibles de déclarer qu ils avaient du mal à gérer leurs dettes. Environ 27 % 96

97 des personnes dont les dettes entravent les objectifs ont eu de la difficulté à les gérer, tandis que seulement 2 % des personnes que les dettes ne gênent pas se trouvaient dans cette situation. Diagramme 9 Évolution de la dette totale des répondants auxquels la dette nuit 100 % % du total dans chaque groupe 80 % 60 % 40 % 20 % 46 % 36 % 18 % 32 % 23 % 46 % 0 % Aucun effet défavorable Effet défavorable Quelque 17 % des répondants ont affirmé ne pas avoir de dettes. Dette ayant diminué beaucoup ou un peu Dette étant restée sensiblement la même Dette ayant augmenté beaucoup ou un peu Répondants soutenus par d autres dans leur vie courante Toutes les personnes ayant participé au sondage avaient au moins 25 ans. Néanmoins, quelque 8 % des répondants ont indiqué que leurs parents ou d autres personnes subvenaient de façon substantielle aux besoins financiers et matériels quotidiens de leur ménage. Ce groupe de répondants est largement constitué de personnes plus jeunes : 40 % étaient âgés de 25 à 34 ans et 40 %, de 35 à 44 ans. Les personnes recevant ce type de soutien sont légèrement plus susceptibles d être endettées que les autres; parmi elles, 89 % ont indiqué que leur ménage avait au moins un type de dette, contre 83 % pour l ensemble des autres répondants. Les répondants bénéficiant d un tel soutien sont présents dans toutes les tranches de revenu : 38 % de ces répondants avaient un revenu annuel de moins de $, et environ 29 % ont indiqué avoir un revenu annuel de $ et plus. Ménages sans dette Quelque 17 % des répondants ont affirmé ne pas avoir de dettes. Les répondants sans dette se sont révélés beaucoup plus susceptibles d être âgés de 65 ans ou plus lorsqu on les a comparés aux répondants qui se sont dits endettés : 42 % des 97

98 répondants sans dette appartiennent au groupe d âge supérieur, mais seulement 17 % des répondants endettés appartiennent à ce groupe. Il n est donc pas surprenant de constater que les répondants sans dette sont beaucoup moins susceptibles d avoir des enfants de moins de 18 ans. Chez les répondants non retraités, 76 % ont désigné un salaire comme source principale de revenu du ménage. Les répondants sans dette étaient presque également susceptibles de se trouver dans la tranche de revenu inférieure que dans la tranche de revenu supérieure. Les répondants sans dette dont le ménage a un revenu de moins de $ représentent 25 % de l ensemble des répondants sans dette, contre 29 % pour les répondants dont le ménage a un revenu de $ et plus. De même, les répondants sans dette et les répondants endettés sont aussi susceptibles d épargner régulièrement; cependant, parmi les non-retraités, les personnes sans dette ont tendance à épargner plus régulièrement que les personnes endettées. Le fait de ne pas avoir de dette ne s est pas révélé être lié au fait d être locataire. Seulement 27 % des répondants sans dette et 26 % des répondants endettés étaient locataires. 2. Revenu, actif et richesse Le sondage de CGA-Canada avait pour deuxième objectif d établir si l augmentation de la dette s accompagnait d une augmentation comparable du revenu et (ou) du patrimoine. Pour ce faire, on a demandé aux répondants de décrire l évolution de leur revenu, de leur actif et de leur richesse au cours des trois dernières années, et d indiquer les chocs économiques susceptibles de nuire à leur bien-être financier. Diagramme 10 Évolution du revenu des ménages au cours des trois dernières années 100 % % de l ensemble des répondants 80 % 60 % 40 % 20 % 57 % 49 % 44 % 42 % 26 % 31 % 32 % 35 % 17 % 21 % 24 % 23 % 0 % Revenu ayant augmenté beaucoup ou un peu Revenu étant resté sensiblement le même Revenu ayant diminué beaucoup ou un peu

99 Évolution du revenu des ménages au cours des trois dernières années Chez les répondants non retraités, 76 % ont désigné un salaire comme source principale de revenu du ménage, tandis que seulement 7 % ont désigné un revenu tiré d une entreprise, 7 %, des paiements de transfert, et pas plus de 1 %, des revenus de placements. Environ 42 % des répondants ont indiqué que le revenu de leur ménage avait augmenté au cours des trois dernières années; cela dit, une écrasante majorité (86 %) a précisé qu il ne s agissait que d une faible augmentation. L évolution globale des revenus a été plus mauvaise en 2011 qu au cours des années précédentes; moins de personnes ont bénéficié d une augmentation, tandis qu un plus grand nombre a déclaré que leur revenu était resté le même (diagramme 10). L évolution du revenu varie de façon importante selon le niveau de revenu global des répondants. Dans le cas où le revenu du ménage était plus élevé, les répondants se sont révélés plus susceptibles de constater une évolution favorable de leur revenu, comparativement aux répondants dont le revenu était moyen ou plus modeste. Plus de la moitié (58 %) des répondants issus de ménages dont le revenu était de $ ou plus ont vu leur revenu augmenter au cours des trois dernières années. Par comparaison, ce fut le cas de seulement 24 % des répondants issus de ménages dont le revenu était de moins de $. De même, les répondants se situant dans la tranche de revenu supérieure étaient deux fois moins susceptibles que les ménages à faible revenu d indiquer que leur revenu avait diminué (diagramme 11). Cependant, la détérioration globale de l évolution des revenus entre 2007 et 2010 s est révélée bien réelle pour toutes les tranches de revenu. Les personnes faisant partie d un ménage dont le revenu est plus élevé se sont révélées plus susceptibles de constater une évolution favorable de leur revenu que les membres des ménages dont le revenu est moyen ou plus modeste. Diagramme 11 Évolution du revenu des ménages, par répondant et par tranche de revenu 100 % % de l ensemble des répondants, par tranche de revenu 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 58 % 43 % 39 % 36 % 33 % 29 % 24 % 25 % 14 % Moins de $ $ $ $ ou plus Dette ayant augmenté beaucoup ou un peu Dette étant restée sensiblement la même Dette ayant diminué beaucoup ou un peu 99

100 De tous les répondants, 46 % ont estimé qu ils étaient plus riches aujourd hui qu il y a trois ans. Ce pourcentage est nettement plus faible que celui enregistré en Évolution de l actif des ménages au cours des trois dernières années Pour établir la composition du portefeuille d actifs des ménages, on a proposé aux répondants une liste de choix mentionnant les principaux types d actifs, à savoir : résidence principale ou autres structures résidentielles, fonds communs de placement, actions ou obligations détenus en dehors d un REER, actifs de retraite privés (p. ex., REER, FERR), actifs associés à un commerce ou une entreprise, comptes de dépôts et avoirs en monnaie. Dans le sondage, on a demandé aux répondants de rendre compte de l évolution de la valeur de leurs actifs au cours des trois dernières années. L évolution de l actif des ménages a été nettement différente, comparativement aux deux derniers sondages, mais elle est tout de même assez semblable à celle observée en 2007, la probabilité de déclarer une augmentation des actifs étant alors élevée. En 2007, bien des répondants croyaient que la valeur de leurs actifs avait augmenté au cours des trois années précédentes, et un répondant sur 10 seulement avait indiqué une diminution. En 2008 et en 2010, les personnes interrogées ont eu tendance à être moins optimistes dans l évaluation de l évolution de leurs actifs, surtout les actifs financiers. En 2011, la tendance s est de nouveau inversée, puisque les répondants se sont révélés davantage susceptibles de prévoir une augmentation, plutôt qu une baisse, de la valeur de leurs actifs, tous types d actifs confondus. On a noté l évolution positive la plus marquée dans les actifs résidentiels et financiers : quelque 61 % des personnes interrogées estimaient que la valeur de leurs structures résidentielles s était appréciée, et au moins 45 % des répondants considéraient que la valeur de leurs actifs financiers (de retraite ou non) s était accrue (diagramme 12). 100

101 Diagramme 12 Évolution des éléments d actif des ménages % des réspondants ayant fait état d actifs 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 73 % 60 % 57 % 61 % 61 % Résidence principale ou autres structures résidentielles Actifs ayant augmenté beaucoup ou un peu 17 % 26 % 45 % Fonds communs de placement, actions ou obligations détenus en dehors d un REER 60 % 22 % 29 % 48 % Actifs de retraite privés (p. ex. REER, FERR) 25 % 17 % 17 % 23 % Actifs associés à un commerce/une entreprise 31 % 21 % 21 % 28 % Comptes de dépôts, avoirs en monnaie % Actifs ayant diminué beaucoup ou un peu % des réspondants ayant fait état d actifs 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 4 % 11 % 12 % 9 % Résidence principale ou autres structures résidentielles 7 % 53 % 37 % 22 % Fonds communs de placement, actions ou obligations détenus en dehors d un REER 5 % Actifs de retraite privés (p. ex. REER, FERR) Actifs associés à un commerce/une entreprise Comptes de dépôts, avoirs en monnaie Évolution de la richesse des ménages au cours des trois dernières années En 2011, quelque 46 % de tous les répondants ont estimé qu ils étaient plus riches aujourd hui qu il y a trois ans. Ce pourcentage est nettement plus faible par rapport aux 57 % observés en 2007; il représente toutefois une nette augmentation par rapport au sondage de 2010 (diagramme 13). C est en Colombie-Britannique que l enthousiasme s est révélé le plus faible, seulement 38 % des répondants ayant indiqué une augmentation de leur richesse. À l inverse, c est en Alberta que les ménages ont été les plus enthousiastes, quelque 54 % des répondants s étant déclarés plus riches aujourd hui. 40 % 31 % 17 % 15 % 13 % 11 % 7 % 13 % 23 % 22 % 17 % Des répondants non retraités endettés, 47 % estiment qu ils sont plus riches aujourd hui, comparativement à 62 % des répondants sans dette. 101

102 Diagramme 13 Évolution du niveau de richesse des répondants 100 % La moitié des répondants croient qu une réduction de salaire de l ordre de 10 % se répercuterait de façon marquée sur leur bien-être financier. % de l ensemble des répondants 80 % 60 % 40 % 20 % 57 % 44 % 41 % 46 % 43 % 56 % 59 % 54 % 0 % Oui, je suis plus riche aujourd hui Non, je ne suis pas plus riche aujourd hui Comme prévu, les répondants retraités se sont révélés généralement moins optimistes à propos de leur richesse. Deux répondants à la retraite sur cinq (39 %) ont fait état d une augmentation de leur richesse par rapport à un répondant non retraité sur deux (48 %). L évolution du revenu influe grandement sur la perception qu ont les répondants de leur richesse; ainsi, 68 % des répondants non retraités dont le revenu avait augmenté se sont dits plus riches, sentiment partagé par seulement 23 % des répondants dont le revenu avait diminué. L endettement semble aussi influencer la manière dont les personnes perçoivent leur richesse. Lorsqu on ne tient compte que des non-retraités, 47 % des répondants endettés estiment qu ils sont plus riches aujourd hui, comparativement à 62 % des répondants sans dette. Il n est donc pas surprenant que les répondants dont les dettes ont diminué au cours des trois dernières années aient été beaucoup plus susceptibles de s estimer plus riches que les répondants qui ont indiqué que leurs dettes avaient augmenté. Environ 62 % des répondants dont les dettes ont diminué ont indiqué être plus riches aujourd hui, mais cette proportion n est que de 34 % pour ceux dont les dettes ont augmenté au cours des trois dernières années. Sensibilité des ménages aux chocs On a demandé aux répondants quelles éventualités parmi les suivantes auraient des répercussions négatives sensibles sur leur bien-être financier : hausse des taux d intérêt de 2 points de pourcentage, baisse des prix des 102

103 maisons de 10 %, baisse du marché boursier de 10 %, accès réduit au crédit, diminution de salaire de 10 % 50. La diminution de salaire s est avérée l option la plus fréquente, la moitié des répondants (50 %) croyant qu une réduction de salaire de l ordre de 10 % se répercuterait de façon marquée sur leur bien-être financier. Quelque 27 % des répondants se sont dits vulnérables à une hausse des taux d intérêt, tandis qu un cinquième d entre eux (20 %) ont estimé qu une baisse de 10 % du marché boursier nuirait à leur bien-être financier. Un peu plus du quart de tous les répondants (26 %) ont estimé qu aucune de ces éventualités ne constituait une menace pour leur bien-être financier. Ces réponses sont à peu près semblables à celles des années précédentes (diagramme 14). Diagramme 14 Chocs (événements négatifs) auxquels les ménages seraient vulnérables Diminution de salaire de 10 % Hausse des taux d intérêt de 2 % Des répondants ayant indiqué que leurs dépenses avaient progressé au cours des trois dernières années, 80 % ont déclaré que cette progression était attribuable aux dépenses de tous les jours. Baisse du marché boursier de 10 % Accès réduit au crédit Baisse des prix des maisons de 10 % Aucune de ces réponses 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % de l ensemble des répondants Parmi les répondants propriétaires de structures résidentielles, plus de 88 % n estimaient pas qu un recul modéré du marché de l habitation aurait des conséquences négatives pour eux. Un pourcentage plus faible, mais toujours important, des répondants détenant des actifs de retraite privés ou un portefeuille de fonds communs de placement, d actions et d obligations en dehors d un 50 Il faut faire preuve de prudence pour interpréter les résultats du sondage en ce qui concerne la sensibilité aux chocs. Pour permettre une comparaison pertinente, la formulation du sondage de 2011 est restée identique à celle du sondage de Par conséquent, on a demandé aux répondants d indiquer leur sensibilité à des chocs modérés. Parallèlement, certains chocs économiques qui ont eu lieu à la fin de 2008 et pendant une bonne partie de 2009 ont été beaucoup plus intenses que ceux mentionnés dans le sondage. On peut donc se demander si certains répondants n ont pas considéré les chocs modérés mentionnés dans le sondage comme une hypothèse plus favorable que les chocs réels frappant l économie. 103

104 REER se sont dits insensibles aux évolutions du marché boursier. Quelque 75 % de ceux qui ont des actifs de retraite privés et 74 % de ceux qui ont des fonds communs de placement et des actions ont estimé qu une baisse de 10 % des marchés boursiers n aurait pas d effets défavorables sur leur bien-être financier. 3. Dépenses des ménages Le sondage cherchait ensuite à savoir si la progression de l endettement et de la richesse se traduisait par des changements en ce qui touche les dépenses du ménage. On a sollicité l opinion des répondants sur l évolution de leurs dépenses et sur les raisons qui la motivaient. On a cherché également à déterminer si les répondants étaient à l aise avec l idée de devoir faire face à des dépenses imprévues. Évolution des dépenses des ménages au cours des trois dernières années Seule une petite partie des répondants (18 %) ont jugé que leurs dépenses avaient diminué beaucoup ou un peu au cours des trois dernières années. Par contre, 39 % des répondants ont estimé que leurs dépenses avaient augmenté ces dernières années. La tendance est la même pour toutes les tranches de revenu. Une amélioration notable dans l évolution des dépenses est observable avec le temps : la majorité des répondants ont indiqué que leurs dépenses étaient inchangées (diagramme 15). Diagramme 15 Évolution des dépenses des ménages 100 % % de l ensemble des répondants 80 % 60 % 40 % 20 % 50 % 47 % 40 % 39 % 41 % 42 % 37 % 37 % 13 % 16 %19 % 18 % 0 % Dépenses ayant augmenté beaucoup ou un peu Dépenses étant restées sensiblement les mêmes Dépenses ayant diminué beaucoup ou un peu

105 La très grande majorité des répondants (89 %) ont indiqué que les dépenses de leur ménage étaient habituellement inférieures ou égales au revenu du ménage. Les 11 % restants ont déclaré que leurs dépenses étaient supérieures à leur revenu. Les répondants endettés ont été environ deux fois plus susceptibles que les répondants sans dette de dire que les dépenses du ménage dépassaient généralement son revenu. On a proposé aux répondants une liste de neuf éléments représentant autant de raisons pouvant expliquer l augmentation des dépenses du ménage. La majorité (80 %) des répondants ayant indiqué que leurs dépenses avaient progressé au cours des trois dernières années ont déclaré que cette progression était attribuable aux dépenses de tous les jours. Un peu plus du quart des répondants ont jugé que l augmentation des dépenses consacrées aux loisirs et celle des remboursements de leurs prêts, à part les prêts hypothécaires, avaient contribué au gonflement des dépenses (diagramme 16, graphique supérieur). Lorsque l on fait une comparaison avec les années précédentes, on observe une tendance constante à la baisse de la probabilité que les répondants indiquent la hausse des remboursements de prêts hypothécaires et d autres prêts parmi les principales raisons de l augmentation de leur dette. Un cinquième des Canadiens ne pourraient régler une dépense imprévue de $; tandis qu un Canadien sur dix ne pourrait faire face à une dépense imprévue de 500 $. La répartition des répondants entre deux groupes d âge, soit les moins de 55 ans et les 55 ans ou plus, a révélé des différences entre les causes de l augmentation des dépenses. Une proportion beaucoup plus grande de jeunes répondants ont indiqué que cette augmentation résultait d une hausse des paiements visant les remboursements de leurs prêts hypothécaires et autres, de changements quant aux caractéristiques du ménage et d une augmentation des frais liés aux études. Pour leur part, les répondants plus âgés se sont révélés beaucoup plus susceptibles d indiquer que cette augmentation pouvait être attribuée à la hausse des dépenses consacrées aux soins de santé et aux dépenses de tous les jours (diagramme 16, graphique inférieur). 105

106 Diagramme 16 Raisons de l augmentation des dépenses des ménages De tous les répondants à faible revenu, 46 % ne pourraient pas assumer une dépense imprévue de $. Augmentation des dépenses de tous les jours Augmentation des dépenses consacrées aux loisirs Augmentation des paiements de prêt/de crédit, à part les versements hypothécaires Augmentation des dépenses consacrées aux soins de santé Changements relatifs au ménage Augmentation du loyer Augmentation des versements hypothécaires Augmentation des dépenses consacrées aux études Autre 30 % 26 % 23 % 22 % 17 % 14 % 10 % 13 % 80 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % des répondants dont les dépenses ont augmenté Augmentation des dépenses de tous les jours 77 % 84 % Augmentation des dépenses consacrées aux loisirs Augmentation des paiements de prêt/de crédit, à part les versements hypothécaires 10 % 30 % 30 % 30 % Augmentation des dépenses consacrées aux soins de santé Changements relatifs au ménage Augmentation du loyer 20 % 19 % 19 % 14 % 30 % 30 % Augmentation des versements hypothécaires 7 % 18 % Augmentation des dépenses consacrées aux études Autre 2 % 15 % 11 % 17 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % des répondants dont les dépenses ont augmenté dans chaque groupe Moins de 55 ans 55 ans ou plus Aptitude des répondants à faire face aux dépenses imprévues Pour faire face à des dépenses imprévues, les Canadiens auraient principalement recours à une carte de crédit ou une marge de crédit. C est de cette manière que 40 % des répondants régleraient une dépense imprévue de 500 $ et que 29 % régleraient une dépense imprévue de $. En second lieu, les répondants ont indiqué qu ils privilégieraient le recours à 106

107 leurs économies pour régler une dépense imprévue. Les autres options proposées, soit «emprunter de l argent à un(e) ami(e)», «vendre un bien ou actif» ou «emprunter sur la valeur de ma maison», ont été peu choisies par les répondants. Cependant, la possibilité d opter pour un emprunt sur la valeur de la maison augmente passablement lorsque les dépenses imprévues se chiffrent à $ plutôt qu à 500 $ (diagramme 17). Les personnes à revenu élevé (membres d un ménage dont le revenu annuel est de $ ou plus) tendent à privilégier le recours aux cartes de crédit et à l épargne pour faire face à des dépenses imprévues davantage que les répondants des autres tranches de revenu. Diagramme 17 Manières de régler une dépense imprévue de 500 $ et $ Payer au moyen d une carte de crédit ou d une marge de crédit Puiser dans les économies Emprunter de l argent à un(e) ami(e)/un membre de la parenté Vendre un bien/actif Emprunter sur la valeur de la maison Autre Ne seraient pas en mesure de régler une telle dépense imprévue 5 % 3 % 2 % 4 % 1 % 11 % 6 % 6 % 9 % 21 % 25 % 29 % 36 % 40 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % de l ensemble des répondants 500 $ $ Un cinquième des Canadiens ne pourraient régler une dépense imprévue de $. C est toutefois une amélioration par rapport aux années précédentes : un quart des répondants déclaraient alors ne pas être en mesure de régler une telle dépense. Plus inquiétant encore, un Canadien sur dix ne pourrait faire face à une dépense imprévue de 500 $ une somme que peu de gens considéreraient comme étant élevée. Comme on pouvait s y attendre, le niveau de revenu du ménage des répondants est un facteur important de la capacité perçue de régler une dépense imprévue. Près d un quart (23 %) des personnes de la tranche de revenu inférieure auraient de la difficulté à faire face à une dépense imprévue de 500 $; cette proportion tombe à 2 % à peine dans la tranche de revenu supérieure. Près de la moitié (46 %) de tous les répondants à faible revenu ne pourraient pas assumer une dépense imprévue de $ (diagramme 18). 107

108 Diagramme 18 Répondants dans l incapacité de faire face à des dépenses imprévues 100 % Quelque 38 % des répondants ne sont pas certains que leur situation financière répondra à leurs besoins à la retraite. % du total de chaque groupe 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 46 % 23 % 19 % 8 % 9 % 2 % Moins de $ $ $ $ ou plus 500 $ $ Les répondants qui se sont dits incapables de faire face à une dépense imprévue se sont révélés beaucoup plus susceptibles d indiquer que leur dette s était accrue au cours des trois dernières années et étaient également au moins trois fois plus susceptibles de croire que leur endettement était trop considérable et qu ils avaient de la difficulté à le gérer. Les habitudes d épargne ont aussi une incidence sur la capacité des répondants de faire face à une dépense imprévue. Ceux qui n épargnent pas régulièrement sont plus susceptibles de dire qu ils sont dans l incapacité de régler une dépense imprévue, qu elle soit de 500 $ ou de $. Pour la dépense la moins élevée, la différence est particulièrement flagrante : 19 % des répondants qui n épargnent pas régulièrement indiquent qu ils auraient de la difficulté à faire face à une dépense imprévue de 500 $, contre à peine 5 % des répondants qui épargnent régulièrement. 4. Épargne et retraite En dernier lieu, le sondage visait à comprendre les attentes des répondants en ce qui touche leur principale source de revenu de retraite ainsi que leur niveau de confiance quant à leur situation financière une fois retraités. On a aussi demandé aux répondants de parler de leurs habitudes d épargne et de leur participation à des régimes d épargne fiscalement avantageux. Sources prévues de revenu de retraite Nous avons constaté des différences évidentes entre le point de vue des retraités et celui des non-retraités quant à la source principale dont ils prévoyaient tirer leur revenu de retraite. Bien que seul un faible pourcentage (11 %) des retraités 108

109 tirent leur revenu de retraite principalement d un REER, ceux qui ne sont pas encore retraités sont davantage susceptibles de croire que les REER seront leur principale source de revenu à la retraite. À l inverse, les répondants déjà retraités comptent généralement plus que les répondants non retraités sur les paiements de transfert du gouvernement et les régimes à prestations déterminées (diagramme 19). Par rapport aux années précédentes, le changement le plus marqué concerne la diminution de l importance des régimes à prestations déterminées. En 2007, 23 % des répondants non retraités pensaient que les régimes à prestations déterminées seraient leur principale source de revenu de retraite; ce pourcentage est tombé à 19 % en Diagramme 19 Source principale du revenu de retraite Économies détenues dans un REER Paiements de transfert du gouvernement Régime à prestations déterminées 29 % 11 % 25 % 33 % 19 % 32 % Des répondants non retraités, 48 % n avaient pas une idée claire du montant des économies personnelles qu ils devaient accumuler pour la retraite. Régime à cotisations déterminées 12 % 16 % Économies détenues en dehors d un REER Héritage Autre 4 % 4 % 4 % 0 % 8 % 3 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % de l ensemble des répondants Non-retraités Retraités Comme prévu, les répondants non retraités membres d un ménage à faible revenu (moins de $) ont révélé une dépendance beaucoup plus grande aux paiements de transfert comme source principale prévue de revenu de retraite, par rapport aux répondants des autres tranches de revenu. De même, les ménages dont le revenu s établit à $ ou plus sont ceux qui se sont révélés les plus susceptibles de s attendre à ce que leur revenu de retraite provienne principalement de REER. Confiance à l égard de la situation financière à la retraite Quelque 38 % des répondants ne sont pas certains que leur situation financière répondra à leurs besoins à la retraite. Le niveau de confiance des répondants a légèrement fluctué d une année à l autre : du sommet initial de 2007, le pourcentage des répondants qui se disaient très ou assez confiants à l égard de leur bien-être à la retraite a baissé en 2008 et en 2010, mais il a remonté en

110 (diagramme 20). Les différences les plus marquées concernent les répondants qui se disent assez confiants ou pas du tout confiants à l égard de leur situation financière à la retraite. Diagramme 20 Niveau de confiance quant à l adéquation de la situation financière à la retraite Près de 26 % des répondants non retraités ne mettent pas d argent de côté de façon régulière. 100 % % de l ensemble des répondants 80 % 60 % 40 % 20 % 62 % 57 % 57 % 62 % 38 % 43 % 43 % 38 % 0 % Très ou assez confiants Pas très ou pas du tout confiants Ceux qui sont déjà retraités sont beaucoup plus optimistes : plus des trois quarts (78 %) d entre eux sont très confiants ou assez confiants quant à l adéquation de leur situation financière. Parmi les non-retraités, cette proportion est de 56 %. Pour ces derniers, l âge a une certaine incidence (bien que peu importante) sur la confiance quant à la situation financière à la retraite. Quelque 58 % de ceux qui ont moins de 35 ans se sont dits confiants quant à leur bien-être financier, contre 66 % des répondants plus âgés (55 à 64 ans). Le revenu, la richesse et l endettement sont des facteurs qui influent beaucoup sur le niveau de confiance. Quelque 69 % des Canadiens non retraités à faible revenu (moins de $) n ont pas confiance dans l adéquation de leur situation financière à la retraite; toutefois, cette proportion n est que de 30 % pour ceux dont le revenu annuel du ménage est de $ ou plus. De même, environ 76 % des répondants non retraités, qui estimaient être plus riches aujourd hui, se sont dits confiants au sujet de leur situation financière à la retraite, contre seulement 39 % de ceux dont la richesse n a pas augmenté. Un peu plus de la moitié (56 %) des répondants non retraités endettés ont indiqué qu ils ne croyaient pas que leur situation financière à la retraite serait adéquate. Pour les répondants sans dette, cette proportion est de seulement 25 %. 110

111 Idée juste de l épargne nécessaire en prévision de la retraite On a demandé aux répondants s ils avaient une idée claire du montant des économies personnelles qu ils devaient accumuler afin de s assurer d une situation financière adéquate à la retraite. Un peu plus de la moitié (52 %) des répondants non retraités ont indiqué qu ils en avaient une idée précise et 48 %, qu ils n en avaient pas. Ces pourcentages sont semblables à ceux constatés en 2007; on note cependant, par rapport aux sondages de 2008 et de 2010, une augmentation de ceux qui savent combien ils doivent épargner. Le montant d épargne-retraite provenant d un régime privé qu il conviendrait d accumuler semble se préciser avec l âge. Environ 49 % des jeunes répondants avaient une idée claire de l épargne-retraite qu ils devaient constituer. Cette proportion augmente à 83 % pour les répondants âgés de 65 ans ou plus (diagramme 21). Diagramme 21 Les répondants ont-ils une idée claire du montant d épargne-retraite qu ils doivent accumuler? % des répondants non retraités de chaque groupe 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 49 % 48 % 52 % 61 % 83 % ans ans ans ans 65 ans ou plus Quelque 14 % des répondants ont ralenti leur rythme d épargne habituel parce que leur confiance a diminué à l égard des marchés des capitaux et des possibilités de croissance. Parmi les répondants non retraités qui prévoyaient que leur principale source de revenu de retraite serait l épargne-retraite privée (REER ou hors REER), quelque 41 % ne savaient pas précisément combien ils devaient mettre de côté pour s assurer une retraite confortable sur le plan financier. Épargne régulière des répondants Près de 26 % des répondants non retraités ne mettent pas d argent de côté de façon régulière. Ce pourcentage est comparable à celui observé en 2007; il est toutefois beaucoup plus bas que les 32 % enregistrés dans le sondage de Ceux qui épargnent le font principalement en vue de la retraite, pour assurer leur sécurité financière en cas de circonstances imprévues ou pour financer leurs vacances et leurs divertissements (diagramme 22, graphique supérieur). 111

112 Diagramme 22 Fins auxquelles les répondants mettent de l argent de côté Retraite 59 % Circonstances imprévues 43 % Vacances/divertissements 38 % Achat de biens durables 22 % Versement hypothécaire initial 18 % Études 17 % Autre 15 % Seulement 8 % des répondants ayant un revenu peu élevé cotisent à un REEE, alors que les répondants ayant un revenu plus élevé sont quatre fois plus susceptibles d y participer. Retraite Circonstances imprévues Vacances/divertissements Achat de biens durables Versement hypothécaire initial Études Autre 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % des répondants mettant régulièrement de l argent de côté 4 % 7 % 24 % 23 % 20 % 24 % 14 % 18 % 43 % 43 % 36 % 43 % 48 % 64 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % des répondants mettant régulièrement de l argent de côté Moins de 55 ans 55 ans ou plus Le fait d être retraité ou pas influence beaucoup l objectif déclaré de l épargne. Les répondants non retraités sont beaucoup plus susceptibles d épargner régulièrement en vue de la retraite, des études et du remboursement de leur prêt hypothécaire, tandis que les répondants retraités consacrent leur épargne davantage aux vacances et au divertissement, ou à l achat de biens durables (diagramme 22, graphique inférieur). Il vaut la peine de noter que 37 % des répondants retraités ont indiqué qu ils continuaient d épargner régulièrement en vue de la retraite. 112

113 Les répondants qui n ont pas encore pris leur retraite et qui sont locataires de leur résidence principale sont plus susceptibles d épargner régulièrement en vue de leurs vacances que pour faire un versement hypothécaire initial. Quelque 38 % des locataires non retraités ont indiqué qu ils mettaient de l argent de côté de manière régulière à des fins de divertissement, comparativement à 19 % qui épargnent pour pouvoir faire un versement initial. Le sondage de 2011 a été effectué dans le sillage de la crise financière mondiale et de la récession qui s est produite à la fin de 2008 et en Les répondants étaient invités à réfléchir aux incidences de cette instabilité financière et économique sur leurs habitudes d épargne. La majorité (76 %) ont indiqué qu ils n avaient pas modifié leurs habitudes d épargne afin d établir (ou de rétablir) un coussin de sécurité assez substantiel pour leurs besoins. Quatorze pour cent nous ont dit qu ils avaient ralenti leur rythme d épargne habituel parce que leur confiance avait diminué à l égard des marchés des capitaux et des possibilités de croissance. Seuls 10 % des répondants ont indiqué qu ils avaient accéléré leur épargne. La situation est la même pour les retraités et les nonretraités. Comparativement aux intentions exprimées en 2008, les répondants au sondage de 2011 se sont révélés deux fois plus susceptibles de dire qu ils avaient réduit leur rythme d épargne habituel et beaucoup moins susceptibles de dire qu ils l avaient accéléré. De tous les répondants, 22 % ne savaient pas en quoi consistait un CELI ou connaissaient le nom de cet instrument sans savoir à quoi il servait. Participation à des régimes d épargne fiscalement avantageux Le sondage comprenait plusieurs questions concernant la participation des répondants à des régimes d épargne fiscalement avantageux. Même si seulement environ 29 % des répondants non retraités prévoient que le REER sera leur principale source de revenu de retraite, quelque 65 % ont déclaré qu ils utilisaient ce véhicule d épargne. Un tiers des répondants non retraités ont indiqué qu ils participaient à un régime de retraite à prestations déterminées ou à cotisations déterminées offert par leur employeur (diagramme 23). 113

114 Diagramme 23 Participation à des régimes d épargne fiscalement avantageux REER 65 % Régimes de retraite à cotisations déterminées 33 % Régimes de retraite à prestations déterminées 33 % REEE 21 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % des répondants non retraités Il est intéressant de noter que 10 % des répondants non retraités qui prévoient que leur REER constituera leur principale source de revenu de retraite n ont pas de REER. Une autre incohérence digne de mention est liée à la proportion importante de répondants indiquant qu ils participent à un régime de retraite à cotisations déterminées. Les statistiques nationales révèlent que seulement 6,1 % des salariés canadiens participaient à des régimes de retraite à cotisations déterminées en , mais quelque 33 % des répondants non retraités ont indiqué qu ils avaient ce type de régime. L une des explications possibles est que les Canadiens en général ne sont pas tellement au courant du type de formule de retraite qu offre leur employeur 52. Comme on peut s y attendre, la participation aux REER dépend largement du revenu du répondant. Un peu moins du tiers (32 %) des répondants canadiens non retraités à faible revenu (moins de $) cotisent à un REER, tandis qu environ 84 % des répondants non retraités dont le revenu est dans une tranche élevée (ceux pour lesquels le revenu du ménage est de $ ou plus) le font. On observe une situation analogue pour les répondants qui cotisent à un REEE. Seule une faible proportion (8 %) des répondants canadiens ayant un revenu peu élevé profitent de ce véhicule d épargne, alors que les répondants ayant un revenu plus élevé sont quatre fois plus susceptibles de participer à un REEE. L endettement des répondants n a pas d incidence marquée sur leur propension à participer à des régimes d épargne fiscalement avantageux. 51 D après l article «Régimes de pension au Canada», Le Quotidien, Statistique Canada, 8 juin Voir, par exemple, Morissette, R. et X. Zhang. «Connaissance des régimes de retraite», L emploi et le revenu en perspective, Statistique Canada, vol. 5, n o 1,

115 Attitudes à l égard du compte d épargne libre d impôt (CELI) Un nouvel instrument d épargne, le CELI, est à la disposition des Canadiens depuis le 2 janvier Les répondants étaient invités à réfléchir sur leur connaissance de ce nouveau type de compte et sur leur intention d y avoir recours ou non. Deux ans après le lancement des CELI, un cinquième (22 %) de tous les répondants ne savaient pas ce dont il s agissait ou connaissaient le nom de cet instrument sans savoir à quoi il servait. Cela dit, une plus grande proportion de répondants (43 %) ont indiqué qu ils comprenaient bien les conditions requises pour cotiser au CELI ou qu ils comprenaient les avantages de ce type de compte. Comparativement au sondage de 2008, les Canadiens ont une connaissance du CELI nettement meilleure; par contre, cette amélioration est moins prononcée que celle observée entre 2008 et 2010 (diagramme 24, graphique supérieur). Le niveau de revenu des participants au sondage joue un rôle dans leur niveau de connaissance du CELI. Les répondants dont les revenus sont les plus élevés ( $ ou plus) étaient près de trois fois moins susceptibles de ne pas connaître le CELI que les répondants à faible revenu (c est-à-dire ceux dont le ménage a un revenu inférieur à $). Néanmoins, 14 % des répondants à revenu élevé, dont on pourrait croire qu ils ont les moyens de cotiser à un CELI, ne savaient pas ou n étaient pas sûrs de savoir en quoi consistait cet instrument (diagramme 24, graphique inférieur). Comme prévu, les répondants qui épargnent de manière régulière, qui n ont pas de dettes et dont la richesse a augmenté dans les trois dernières années ont une meilleure connaissance du CELI. Des répondants qui avaient au moins une connaissance générale du CELI, 49 % ont indiqué qu ils n avaient pas cotisé à ce type de compte. 115

116 Diagramme 24 Connaissance du CELI Je ne sais pas ce que c est J en ai entendu parler mais je ne suis pas sûr(e) de ce dont il s agit 9 % 14 % 13 % 17 % 26 % 37 % Je suis au courant de quelques renseignements généraux sur le CELI Je comprends bien les conditions requises pour cotiser au CELI Je comprends bien les avantages et les inconvénients du CELI 6 % 5 % 35 % 33 % 26 % 21 % 18 % 22 % 18 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % de l ensemble des répondants Sondage de 2011 Je ne sais pas ce que c est J en ai entendu parler mais je ne suis pas sûr(e) de ce dont il s agit 6 % 8 % 17 % 21 % Je suis au courant de quelques renseignements généraux sur le CELI Je comprends bien les conditions requises pour cotiser au CELI Je comprends bien les avantages et les inconvénients du CELI 11 % 14 % 37 % 32 % 26 % 29 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % du total dans chaque groupe Moins de $ $ ou plus 116

117 De la même façon, l âge des participants a une certaine influence sur le niveau de connaissance du CELI. La comparaison entre les jeunes répondants (moins de 35 ans) et ceux de 55 ans ou plus révèle que la proportion des répondants qui ne connaissent pas le CELI est beaucoup plus importante chez les plus jeunes (27 %) que chez les plus âgés (18 %). On a constaté le même déséquilibre parmi ceux qui comprennent bien les avantages du CELI et les conditions requises pour y cotiser, soit 39 % pour ce qui est des plus jeunes et 51 % pour ce qui est des plus âgés. Même si le CELI offre certains avantages fiscaux, les répondants se sont montrés assez timides dans leur intention d y avoir recours. Près de la moitié (49 %) des répondants qui avaient au moins une connaissance générale du CELI ont indiqué qu ils n avaient pas cotisé à ce type de compte, contre 51 % qui l ont fait (Diagramme 25, graphique supérieur). Bien que cette proportion soit légèrement meilleure que celle observée en 2010, elle ne concerne que ceux qui connaissent le CELI. Si on tient compte de tous les répondants au sondage, la proportion de ceux qui n ont pas cotisé au CELI s élève à 38 % en 2010 et Les participants au sondage qui ont cotisé à un CELI l ont fait majoritairement sans puiser dans leurs cotisations à un REER. Deux répondants sur cinq (40 %) ayant au moins une connaissance générale du CELI ont déclaré avoir cotisé à un tel compte sans avoir changé leurs cotisations à un REER; cependant, quelque 12 % ont déclaré l avoir fait en réduisant leurs cotisations à un REER. Le revenu est un facteur qui influence l attitude individuelle à l égard du CELI, mais dans une large mesure. Environ 60 % des Canadiens qui sont membres d un ménage dont le revenu est inférieur à $ et qui avaient au moins une connaissance générale du CELI n ont pas cotisé à un tel compte, contre 47 % pour ce qui est des répondants ayant un revenu élevé ( $ ou plus) (diagramme 25, graphique inférieur). Par contre, le niveau de connaissance concernant le CELI influence de manière importante la décision individuelle de cotiser à ces nouveaux comptes d épargne ou non. Quelque 74 % de ceux qui ont une bonne connaissance des caractéristiques et des avantages du compte ont déclaré avoir cotisé au CELI (en ayant puisé ou non dans leur REER). En revanche, seulement 23 % de ceux qui ont seulement une connaissance générale du CELI affirment y cotiser. 117

118 Diagramme 25 Cotisations à un CELI Je n ai pas cotisé à un CELI 38 % 49 % 55 % J ai cotisé à un CELI sans réduire mes cotisations à un REER 35 % 40 % 48 % J ai cotisé à un CELI et réduit mes cotisations à un REER 12 % 10 % 14 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % de répondants qui connaissent le CELI Répondants au sondage de 2011 Je n ai pas cotisé à un CELI 48 % 47 % 60 % J ai cotisé à un CELI sans réduire mes cotisations à un REER 30 % 40 % 44 % J ai cotisé à un CELI et réduit mes cotisations à un REER 10 % 13 % 9 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % de répondants qui connaissent le CELI Moins de $ $ $ $ ou plus 118

119 Annexe B : 10 Méthodologie et sondage Méthodologie du sondage Le sondage a été administré par la société de recherche Synovate entre le 2 et le 11 février Ce sondage a été élaboré par CGA-Canada de concert avec la haute direction de Synovate et il a fait l objet d un test préalable. L échantillonnage a été établi de manière à permettre la tenue d entrevues en ligne avec des répondants constituant un échantillon représentatif d adultes canadiens âgés de 25 ans ou plus. L échantillon utilisé aux fins de l enquête a été constitué à partir du panel en ligne de Synovate qui regroupe environ personnes. Au total, entrevues ont été menées en ligne avec des ménages des dix provinces canadiennes. Avec un échantillon de cette taille, l erreur d échantillonnage est de plus ou moins 2,51 % à un niveau de confiance de 95 % (19 fois sur 20). Les données ont été pondérées statistiquement de façon à refléter la répartition exacte de la population canadienne par régions, âges et sexes établie par le Recensement de 2008 de Statistique Canada. Le profil des répondants est présenté au tableau 3. Tableau 3 Sondage sur l attitude des ménages à l égard de leur endettement et de leur consommation Profil des répondants Caractéristiques Proportion de l échantillon total (en %) Caractéristiques Proportion de l échantillon total (en %) Sexe Revenu Masculin 48,2 % Moins de $ 4,6 % Féminin 51,8 % $ $ 9,1 % $ $ 9,0 % Âge $ $ 14,0 % ans 19,1 % $ $ 20,2 % ans 21,4 % $ $ 17,4 % ans 22,2 % $ ou plus 19,0 % ans 16,6 % Ne sait pas 6,7 % 65 ans ou plus 20,7 % Situation par rapport à l emploi Taille du ménage Au travail 59,5 % Une personne 21,3 % Sans travail 4,4 % Deux personnes 42,4 % À la retraite 27,7 % Trois personnes 15,9 % Non actif(active) autre que retraité(e) 8,4 % Quatre personnes ou plus 20,4 % Études Secteur géographique Niveau secondaire ou inférieur 24,7 % Colombie-Britannique 13,3 % Niveau collégial 32,5 % Alberta 9,7 % Niveau universitaire sans diplôme 10,8 % Saskatchewan et Manitoba 7,3 % Diplôme universitaire de 1 er cycle ou plus 32,0 % Ontario 36,2 % Québec 25,8 % Provinces de l Atlantique 7,6 % Le sondage de 2011 a conservé la structure et le contenu du sondage utilisé lors des cycles d enquête précédents, permettant ainsi de comparer les résultats selon les années. Le sondage de 2011 est présenté dans l annexe B. 119

120 Sondage Q.1 En pensant au niveau de dette de votre ménage au cours des trois dernières années, diriez-vous que, dans l ensemble, il (Veuillez choisir une réponse.) a. a beaucoup diminué? b. a diminué un peu? c. est resté sensiblement le même? d. a augmenté un peu? e. a beaucoup augmenté? f. Je n ai pas de dette. [Prog : Si le répondant a choisi la réponse «Je n ai pas de dette», passer à la question 8.] [Prog : Si le répondant a choisi la réponse «a beaucoup diminué», «a diminué un peu» ou «est resté sensiblement le même», passer à la question 4.] Q.2 Lequel de ces énoncés décrit le mieux votre niveau de préoccupation à l égard de cette dette croissante? (Veuillez choisir une réponse.) a. Très préoccupé(e) b. Assez préoccupé(e) c. Pas très préoccupé(e) d. Pas du tout préoccupé(e) Q.3 Lesquelles de ces réponses représentent les principales raisons pour lesquelles le niveau de dette de votre ménage a augmenté? (Veuillez choisir toutes les réponses pertinentes.) a. Achat d une nouvelle résidence b. Achat d une nouvelle voiture ou d un autre véhicule à moteur c. Inscription à un programme d études (que ce soit pour vous ou tout autre membre de votre ménage) d. Dépenses relatives aux soins de santé e. Dépenses relatives aux voyages, loisirs et divertissements f. Achat de biens de consommation durables (p. ex., appareils ménagers, produits électroniques, mobilier, articles de sport ou de loisir, etc.) g. Dépenses de tous les jours (p. ex., nourriture, vêtements, transport) h. Frais d intérêts i. Autre 120

121 Q.4 Veuillez indiquer à quel point, s il y a lieu, la dette impayée pour chacun des types suivants de prêts et de crédits de votre ménage a changé au cours des trois dernières années. (Veuillez choisir une réponse pour chaque type.) [Prog : grille] a. Elle a beaucoup diminué. b. Elle a diminué un peu. c. Elle est restée sensiblement la même. d. Elle a augmenté un peu. e. Elle a beaucoup augmenté. f. Je n ai pas ce type de dette. g. Je ne sais pas. [Prog : liste] a. Prêt hypothécaire b. Carte de crédit c. Prêt automobile d. Prêt étudiant e. Marge de crédit sur la valeur nette de la maison f. Marge de crédit autre que sur la valeur de la maison g. Prêt bancaire autre qu un prêt automobile ou un prêt étudiant Q.5 Lequel de ces énoncés correspond le mieux à votre perception du niveau de dette de votre ménage? (Veuillez choisir une réponse.) a. Même si je devais assumer une dette plus lourde, je serais toujours en mesure de bien gérer mes finances. b. Je peux bien gérer mon niveau de dette. c. J ai un niveau excessif de dette et j ai de la difficulté à le gérer. [Prog : Si le répondant a choisi la réponse «Même si je devais assumer une dette plus lourde» ou «Je peux bien gérer mon niveau de dette.», passer à la question 7.] 121

122 Q.6 Lesquelles de ces réponses correspondent le mieux aux raisons pour lesquelles vous avez de la difficulté à gérer votre niveau de dette? (Veuillez choisir une réponse.) a. Revenu moins élevé que prévu b. Grosses dépenses imprévues c. Planification financière inadéquate d. Difficulté à rester dans des limites de dépenses prévues e. Autre Q.7 Diriez-vous que le niveau de dette de votre ménage nuit à votre capacité de réaliser vos buts pour un ou plusieurs des domaines suivants? (Veuillez choisir toutes les réponses pertinentes.) a. Vos études b. Les études de vos enfants c. La retraite d. Les loisirs et les voyages e. La sécurité financière en cas de circonstances imprévues f. Aucun de ces domaines Q.8 Laquelle de ces réponses correspond le mieux à la source principale du revenu de votre ménage? (Veuillez choisir une réponse.) a. Salaires, commissions b. Revenu tiré d une entreprise c. Revenu de placement d. Paiements de transfert du gouvernement, autres que les prestations de retraite (p. ex., assurance-emploi, assistance sociale, indemnité pour accident du travail, prestations fiscales pour enfants, etc.) e. Revenu de retraite f. Autre Q.9 En pensant au niveau de revenu de votre ménage au cours des trois dernières années, diriez-vous qu il... (Veuillez choisir une réponse.) a. a beaucoup augmenté? b. a augmenté un peu? c. est resté sensiblement le même? d. a diminué un peu? e. a beaucoup diminué? 122

123 Q.10 Lesquelles de ces éventualités auraient des répercussions négatives sensibles sur votre bien-être financier? (Veuillez choisir toutes les réponses pertinentes.) a. Hausse des taux d intérêt de 2 points de pourcentage b. Baisse des prix des maisons de 10 pour cent c. Baisse du marché boursier de 10 pour cent d. Accès réduit au crédit e. Diminution de salaire de 10 pour cent f. Aucune de ces réponses Q.11 Veuillez indiquer à quel point la valeur des actifs suivants que possède votre ménage a changé au cours des trois dernières années. (Veuillez choisir une réponse pour chaque type d actif que possède votre ménage.) [Prog : grille] a. Elle a beaucoup diminué. b. Elle a diminué un peu. c. Elle est restée sensiblement la même. d. Elle a augmenté un peu. e. Elle a beaucoup augmenté. f. Je ne sais pas. g. Mon ménage ne possède pas ce type d actif. [Prog : liste] a. Résidence principale ou autres structures résidentielles b. Fonds communs de placement, actions ou obligations détenus en dehors d un REER c. Actifs de retraite privés (p. ex., REER, FERR) d. Actifs associés à votre commerce/entreprise e. Comptes de dépôts, avoirs en monnaie 123

124 Q.12 Veuillez indiquer à quel point les dépenses de votre ménage ont changé au cours des trois dernières années? Diriez-vous que les dépenses de votre ménage (Veuillez choisir une réponse.) a. ont beaucoup diminué? b. ont diminué un peu? c. sont restées sensiblement les mêmes? d. ont augmenté un peu? e. ont beaucoup augmenté? [Prog : Si le répondant a choisi la réponse «ont beaucoup diminué», «ont diminué un peu» ou «sont restées sensiblement les mêmes», passer à la question 14.] Q.13 Pour quelles raisons les dépenses de votre ménage ont-elles augmenté? (Veuillez choisir toutes les réponses pertinentes.) a. Augmentation des versements hypothécaires b. Augmentation du loyer c. Augmentation des dépenses consacrées aux soins de santé et aux services médicaux d. Augmentation des dépenses consacrées aux études e. Augmentation des dépenses de tous les jours (p. ex. nourriture, vêtements, transport) f. Augmentation des dépenses consacrées aux loisirs et aux voyages g. Augmentation des paiements de prêt ou de crédit, à part les versements hypothécaires h. Changements relatifs au ménage (p. ex. arrivée d un nouveau membre du ménage, déménagement dans une autre localité) i. Autre Q.14 Diriez-vous que, d habitude, les dépenses de votre ménage sont... (Veuillez choisir une réponse.) a. supérieures au revenu de votre ménage? b. équivalentes au revenu de votre ménage? c. inférieures au revenu de votre ménage? 124

125 Q.15 Veuillez indiquer comment vous feriez pour régler une dépense imprévue de... (Veuillez choisir une réponse pour chaque somme.) [Prog : grille] 500 $ $. [Prog : liste] a. Je paierais par le biais d une carte de crédit ou d une marge de crédit. b. J emprunterais sur la valeur de ma maison. c. J emprunterais de l argent à un(e) ami(e) ou un membre de la parenté. d. Je vendrais un bien ou actif. e. Je puiserais dans mes économies. f. Autre g. Je ne serais pas en mesure de régler une telle dépense imprévue. Q.16 Selon vos prévisions, quelle sera la source principale de votre revenu de retraite? (Veuillez choisir une réponse.) a. Paiements de transfert du gouvernement (p. ex. RPC/RRQ, SV, SRG) b. Régime à prestations déterminées offert par un employeur c. Régime à cotisations déterminées d. Économies détenues dans un REER e. Économies détenues en dehors d un REER f. Héritage g. Autre Q.17 À quel point êtes-vous confiant(e) que votre situation financière sera adéquate à la retraite? (Veuillez choisir une réponse.) a. Très confiant(e) b. Assez confiant(e) c. Pas très confiant(e) d. Pas du tout confiant(e) 125

126 Q.18 À quelles fins mettez-vous régulièrement de l argent de côté (p. ex. bimensuellement, mensuellement, lors de chaque paie, etc.)? (Veuillez choisir toutes les réponses pertinentes.) a. Retraite b. Études (les vôtres ou celles de vos enfants) c. Versement hypothécaire initial d. Achat de biens de consommation durables (p. ex. mobilier, appareils ménagers, produits électroniques, articles de sport) e. Vacances/divertissements f. Sécurité financière en cas de circonstances imprévues (p. ex. perte de revenu imprévue, dépenses imprévues relatives aux soins de santé) g. Autre(s) fin(s) h. Je ne mets pas d argent de côté sur une base régulière. Q.19 Participez-vous à l un ou l autre des régimes d épargne suivants? (Veuillez choisir une réponse pour chaque régime.) [Prog : grille] Oui. Non. [Prog : liste] a. Régime enregistré d épargne-retraite (REER) b. Régime à prestations déterminées offert par un employeur c. Régime à cotisations déterminées offert par un employeur d. Régime enregistré d épargne-études (REEE) [Prog : Si le répondant a choisi la résponse «non» à la Q.19 dans le cas du «régime enregistré d épargne-retraite» ou du «régime enregistré d épargne-études», passer à la Q.21.] 126

127 Q.20 Laquelle de ces réponses correspond le mieux à votre situation? (Veuillez choisir une réponse pour chaque énoncé.) [Prog : grille] Oui, mais j ai déjà remboursé le montant retiré. Oui, mais je n ai pas encore remboursé le montant retiré. Non. Je ne détiens pas ce régime d épargne. [Prog : liste] a. J ai retiré de l argent de mon REER pour des raisons autres que l achat d une rente (ou d un FERR), la participation au Régime d accession à la propriété, ou la participation au Régime d encouragement à l éducation permanente. b. J ai retiré de l argent d un REEE, que je détiens et auquel je cotise, pour des raisons autres qu un virement de fonds sur mon compte REER. Q.21 Dans quelle mesure connaissez-vous le compte d épargne libre d impôt (CELI)? (Veuillez choisir une réponse.) a. Je ne le connais pas/je ne sais pas ce que c est. b. J en ai entendu parler mais je ne suis pas sûr(e) de ce dont il s agit. c. Je suis au courant de quelques renseignements généraux au sujet de ce compte. d. Je connais et comprends bien les conditions requises pour cotiser à ce compte. e. Je connais et comprends bien les avantages et les inconvénients de ce compte relativement à mes finances. [Prog : Si le répondant a choisi la réponse «Je ne le connais pas/je ne sais pas ce que c est» ou «J en ai entendu parler, mais je ne suis pas sûr(e) de ce dont il s agit» à la Q.21, passer à la Q.23.] Q.22 Avez-vous cotisé à un compte d épargne libre d impôt (CELI) au cours des deux dernières années? (Veuillez choisir une réponse.) a. Oui b. Non [Prog : Si le répondant a choisi la réponse «Non» à la Q.22, passer à la Q.24.] 127

128 Q.23 Laquelle de ces réponses correspond le mieux à votre attitude à l égard du compte d épargne libre d impôt (CELI)? (Veuillez choisir une réponse.) a. Je cotise à un REER dans la même mesure qu auparavant et j accumule des économies supplémentaires au moyen d un CELI. b. J ai réduit mes cotisations à un REER et j ai commencé à cotiser à un CELI à la place. c. Je ne détiens pas de compte REER mais je cotise à un CELI. d. Je ne cotise pas à un CELI. Q.24 Laquelle de ces réponses décrit le mieux l impact qu a eu l instabilité économique et financière récente sur vos habitudes d épargne? (Veuillez choisir une réponse.) a. J ai accéléré mon rythme d épargne habituel afin d établir ou de rétablir un coussin financier assez substantiel pour mes besoins. b. J ai ralenti mon rythme d épargne habituel, car mon niveau de confiance à l égard des marchés des capitaux et des possibilités de croissance a diminué. c. Je n ai pas changé mes habitudes d épargne. Q.25 Veuillez indiquer lesquels des énoncés suivants s appliquent à votre cas. [Prog : grille] Oui Non [Prog : liste] a. J ai une idée claire du montant des économies personnelles que je dois accumuler afin de m assurer d une situation financière adéquate à la retraite. b. Je suis plus riche aujourd hui qu il y a trois ans. c. Mes parents ou d autres individus subviennent de façon substantielle aux besoins financiers et matériels quotidiens de mon ménage. 128

129 Voici maintenant quelques dernières questions qui servent uniquement à des fins de classification statistique. Poser les questions suivantes à tous les répondants : Q.26 Veuillez indiquer combien de personnes compte votre ménage, y compris vous-même. (Veuillez choisir une réponse seulement.) a. Une b. Deux c. Trois d. Quatre e. Cinq f. Six ou plus [Prog : Si le répondant a choisi la réponse «Une», passer à la question 28.] Q.27 Et combien de personnes de votre ménage ont moins de 18 ans? (Veuillez choisir une réponse.) a. Aucune b. Une c. Deux d. Trois e. Quatre f. Cinq g. Six ou plus Q.28 Laquelle de ces réponses correspond le mieux à votre situation par rapport à l emploi? (Veuillez choisir une réponse seulement.) a. J ai un emploi à temps plein. b. J ai un emploi à temps partiel. c. J ai un emploi à mon compte. d. Je suis étudiant(e) à temps plein. e. Je suis un homme/une femme au foyer. f Je suis retraité(e). g. Je suis temporairement sans emploi. h. Autre 129

130 Q.29 Laquelle des tranches de revenu suivantes correspond le mieux au revenu annuel total de votre ménage en 2009? (Veuillez choisir une réponse seulement.) a. Moins de $ b $ à $ c $ à $ d $ à $ e $ à $ f $ à $ g $ ou plus h. Je ne sais pas Remercier l interlocuteur et terminer l entrevue. 130

131 Bibliographie ARCHAMBAULT, R. et D. LAVERDIÈRE. Un modèle macroéconomique d analyse et de prévision de l insolvabilité commerciale et des consommateurs au Canada, Bureau du surintendant des faillites, Industrie Canada, BANQUE DU CANADA. Revue de la Banque du Canada, été BANQUE DU CANDA. Rapport sur la politique monétaire, octobre BANQUE DU CANADA. La situation financière des ménages et la croissance économique, discours d Agathe Côté, sous-gouverneure de la Banque du Canada, devant le Canadian Club of Kingston, 10 janvier BANQUE DU CANADA. Rapport sur la politique monétaire, avril BANQUE DU CANADA. Rapport sur la politique monétaire, janvier BMO MARCHÉ DES CAPITAUX. L épargne des Canadiens : le retour des niveaux élevés?, CGA-CANADA. Où va l argent? La croissance de l endettement des ménages au Canada, 2007 (accessible en ligne : 9. CGA-CANADA. Où va l argent? L endettement des ménages canadiens dans une économie en déroute, 2009 (accessible en ligne : CGA-CANADA. Où est l argent aujourd hui? L endettement des ménages canadiens à l aube de la reprise économique, 2010 (accessible en ligne : CHAWLA, R. La répartition de la dette hypothécaire au Canada, Statistique Canada, n o X au catalogue, DEBELLE, G. Macroeconomic Implications of Rising Household Debt, Banque des règlements internationaux, document de travail n o 153, DEY S., et coll. «Un outil d évaluation de la vulnérabilité financière du secteur des ménages», Revue de la Banque du Canada, été FARUQUI, U. Indebtedness and the Household Financial Health: An Examination of the Canadian Debt Service Ratio Distribution, Banque du Canada, document de travail , GILMORE, J. et S. LAROCHELLE-CÔTÉ. Analyse du ralentissement du marché du travail, Statistique Canada, n o X au catalogue, GIROUARD, N. et coll. Has the Rise in Debt Made Households More Vulnerable? Organisation pour la coopération et le développement économiques, document de travail du Département des affaires économiques n o 535, [Voir aussi en français «Les ménages sont-ils plus vulnérables du fait de leur endettement croissant?», Perspectives économiques de l OCDE, volume 2006/2, n o 80.] 131

132 GROUPE DE TRAVAIL SUR LA LITTÉRATIE FINANCIÈRE. Cibler l excellence : Plan d action pour renforcer la littératie financière au Canada, HURST, M. Endettement et types de familles au Canada, Statistique Canada, n o X au catalogue, MARSHALL, K. Prendre sa retraite avec des dettes, Statistique Canada, n o X au catalogue, MEH, C. et coll. Household Debt, Assets, and Income in Canada: A Microdata Study, Banque du Canada, document d analyse , MINISTÈRE DES FINANCES CANADA. La performance économique récente du Canada Document d information, p. 4, (accessible en ligne : MORISSETTE, R. et Y. OSTROVSKY. «L instabilité des gains», L emploi et le revenu en perspective, Statistique Canada, n o XIF au catalogue, MORISSETTE, R. et X. ZHANG. «Connaissance des régimes de retraite», L emploi et le revenu en perspective, Statistique Canada, vol. 5, n o 1, MROZ, T. A., et T. H. Savage. The Long-term Effects of Youth Unemployment, The University of North Carolina, PICHETTE, L. Are Wealth Effects Important for Canada?, Banque du Canada, document de travail , RESERVE BANK OF AUSTRALIA. «Household Debt: What the Data Show», Reserve Bank of Australia Bulletin, mars SARRA, J. Redressement économique : Comprendre l augmentation du nombre de propositions de consommateur en vertu de la législation canadienne sur l insolvabilité, University of British Columbia, p. 17, 18 et 43, 2008 (accessible en ligne : mique.pdf). 28. SCHELLENBERG, G., et Y. OSTROVSKY. Faits saillants de l Enquête canadienne sur les capacités financières de 2009 dans le domaine de la retraite, Statistique Canada, n o M au catalogue N o 026, SERVICES ÉCONOMIQUES TD. «Endettement des ménages canadiens : Faut-il s en inquiéter?», Étude spéciale, 20 octobre STATISTIQUE CANADA. «Les termes de l échange et la dépense intérieure», Aperçu sur l économie canadienne, Document analytique, n o MIF au catalogue N o 018, STATISTIQUE CANADA. «Régimes de pension au Canada», Le Quotidien, 8 juin STATISTIQUE CANADA. Les habitudes de dépenses au Canada 2009, n o X au catalogue, STATISTIQUE CANADA. «Comptes économiques canadiens», Le Quotidien, 30 mai 2011.

133 133

Où est l argent aujourd hui?

Où est l argent aujourd hui? Où est l argent aujourd hui? L endettement des ménages canadiens à l aube de la reprise économique Un rapport de l Association des comptables généraux accrédités du Canada Remerciements CGA-Canada tient

Plus en détail

Le présent chapitre porte sur l endettement des

Le présent chapitre porte sur l endettement des ENDETTEMENT DES MÉNAGES 3 Le présent chapitre porte sur l endettement des ménages canadiens et sur leur vulnérabilité advenant un choc économique défavorable, comme une perte d emploi ou une augmentation

Plus en détail

Les dépenses et la dette des ménages

Les dépenses et la dette des ménages Les dépenses et la dette des ménages Les dépenses des ménages représentent près de 65 % 1 du total des dépenses au Canada et elles jouent donc un rôle moteur très important dans l économie. Les ménages

Plus en détail

Enquête sur les perspectives des entreprises

Enquête sur les perspectives des entreprises Enquête sur les perspectives des entreprises Résultats de l enquête de l été 15 Vol. 12.2 6 juillet 15 L enquête menée cet été laisse entrevoir des perspectives divergentes selon les régions. En effet,

Plus en détail

Coup d œil sur l assurance prêt hypothécaire de la SCHL

Coup d œil sur l assurance prêt hypothécaire de la SCHL Coup d œil sur l assurance prêt hypothécaire de la SCHL Au Canada, en vertu de la loi, les prêteurs assujettis à la réglementation fédérale et la plupart des institutions financières assujetties à une

Plus en détail

COMMENTAIRE LES CANADIENS SONT-ILS PRÉPARÉS À UNE HAUSSE DES TAUX D INTÉRÊT? Services économiques TD

COMMENTAIRE LES CANADIENS SONT-ILS PRÉPARÉS À UNE HAUSSE DES TAUX D INTÉRÊT? Services économiques TD COMMENTAIRE Services économiques TD mai LES CANADIENS SONT-ILS PRÉPARÉS À UNE HAUSSE DES TAUX D INTÉRÊT? Faits saillants Le fait que la Banque du Canada ait récemment indiqué que les taux d intérêt pourraient

Plus en détail

Situation financière des ménages au Québec et en Ontario

Situation financière des ménages au Québec et en Ontario avril Situation financière des ménages au et en Au cours des cinq dernières années, les Études économiques ont publié quelques analyses approfondies sur l endettement des ménages au. Un diagnostic sur

Plus en détail

COMMENTAIRE. Services économiques TD LES VENTES DE VÉHICULES AU CANADA DEVRAIENT DEMEURER ROBUSTES, MAIS LEUR CROISSANCE SERA LIMITÉE

COMMENTAIRE. Services économiques TD LES VENTES DE VÉHICULES AU CANADA DEVRAIENT DEMEURER ROBUSTES, MAIS LEUR CROISSANCE SERA LIMITÉE COMMENTAIRE Services économiques TD LES VENTES DE VÉHICULES AU CANADA DEVRAIENT DEMEURER ROBUSTES, MAIS LEUR CROISSANCE SERA LIMITÉE Faits saillants Les ventes de véhicules au Canada ont atteint un sommet

Plus en détail

75 ANS D HISTOIRE EN CHIFFRES : 1935-2010

75 ANS D HISTOIRE EN CHIFFRES : 1935-2010 75 ANS D HISTOIRE EN CHIFFRES : 1935-21 L économie canadienne depuis la fondation de la Banque du Canada Première édition : le 11 mars 21 Mise à jour : le 16 decembre 21 1 La Banque du Canada, fondée en

Plus en détail

Ligne directrice sur les simulations de crise à l intention des régimes de retraite assortis de dispositions à prestations déterminées

Ligne directrice sur les simulations de crise à l intention des régimes de retraite assortis de dispositions à prestations déterminées Ligne directrice Objet : Ligne directrice sur les simulations de crise à l intention des régimes de retraite assortis de dispositions à prestations déterminées Date : Introduction La simulation de crise

Plus en détail

Flash économique. Agglomération de Montréal. Faits saillants. Septembre 2011

Flash économique. Agglomération de Montréal. Faits saillants. Septembre 2011 Septembre 2011 Faits saillants Selon les données émises par la Chambre immobilière du Grand Montréal, la revente de résidences dans l agglomération de Montréal a atteint les 16 609 transactions en 2010,

Plus en détail

COMMENTAIRE. Services économiques TD

COMMENTAIRE. Services économiques TD COMMENTAIRE Services économiques TD 16 juillet 213 LES MÉNAGES CANADIENS SONT PLUS ENDETTÉS QUE LES MÉNAGES AMÉRICAINS, MAIS UNIQUEMENT PAR SUITE DU RÉCENT DÉSENDETTEMENT AUX ÉTATS-UNIS Faits saillants

Plus en détail

Le Québec en meilleure situation économique et financière pour faire la souveraineté

Le Québec en meilleure situation économique et financière pour faire la souveraineté 18 ans après le référendum de 1995 Le Québec en meilleure situation économique et financière pour faire la souveraineté présenté par Marcel Leblanc, économiste pour le comité de travail sur la souveraineté

Plus en détail

Les perspectives économiques

Les perspectives économiques Les perspectives économiques Les petits-déjeuners du maire Chambre de commerce d Ottawa / Ottawa Business Journal Ottawa (Ontario) Le 27 avril 2012 Mark Carney Mark Carney Gouverneur Ordre du jour Trois

Plus en détail

LA DETTE PUBLIQUE DU QUÉBEC ET LE FARDEAU FISCAL DES PARTICULIERS

LA DETTE PUBLIQUE DU QUÉBEC ET LE FARDEAU FISCAL DES PARTICULIERS LA DETTE PUBLIQUE DU QUÉBEC ET LE FARDEAU FISCAL DES PARTICULIERS FÉVRIER 2002 DOSSIER 02-02 La dette publique du Québec et le fardeau fiscal des particuliers Le premier ministre du Québec se plaisait

Plus en détail

GENWORTH FINANCIAL CANADA PROPOSITION PRÉBUDGETAIRE OCTOBRE 2006

GENWORTH FINANCIAL CANADA PROPOSITION PRÉBUDGETAIRE OCTOBRE 2006 1211122 GENWORTH FINANCIAL CANADA PROPOSITION PRÉBUDGETAIRE OCTOBRE 2006 RAPPORT SOMMAIRE Cette proposition présente les recommandations de Genworth Financial Canada («Genworth») au Comité permanent des

Plus en détail

Article. Bien-être économique. par Cara Williams. Décembre 2010

Article. Bien-être économique. par Cara Williams. Décembre 2010 Composante du produit no 89-503-X au catalogue de Statistique Canada Femmes au Canada : rapport statistique fondé sur le sexe Article Bien-être économique par Cara Williams Décembre 2010 Comment obtenir

Plus en détail

Eco-Fiche BILAN DE L ANNEE 2012 QUELLES PERSPECTIVES POUR 2013? 1

Eco-Fiche BILAN DE L ANNEE 2012 QUELLES PERSPECTIVES POUR 2013? 1 Eco-Fiche Janvier 2013 BILAN DE L ANNEE 2012 QUELLES PERSPECTIVES POUR 2013? 1 Retour sur l année 2012 : l atonie En 2012, le Produit Intérieur Brut (PIB) s est élevé à 1 802,1 milliards d euros, soit

Plus en détail

Endettement, insolvabilité et prêts hypothécaires en souffrance : la situation québécoise

Endettement, insolvabilité et prêts hypothécaires en souffrance : la situation québécoise Endettement, insolvabilité et prêts hypothécaires en souffrance : la situation québécoise Le maintien de très faibles taux d intérêt depuis la dernière récession incite les ménages canadiens à s endetter

Plus en détail

Les durées d emprunts s allongent pour les plus jeunes

Les durées d emprunts s allongent pour les plus jeunes Revenus Les durées d emprunts s allongent pour les plus jeunes Marie-Émilie Clerc, Pierre Lamarche* Entre 2005 et 2011, l endettement des ménages a fortement augmenté, essentiellement du fait de la hausse

Plus en détail

L OBSERVATOIRE DES CRÉDITS AUX MÉNAGES. Tableau de bord. 25 ème rapport annuel. Michel Mouillart Université Paris Ouest 29 Janvier 2013

L OBSERVATOIRE DES CRÉDITS AUX MÉNAGES. Tableau de bord. 25 ème rapport annuel. Michel Mouillart Université Paris Ouest 29 Janvier 2013 L OBSERVATOIRE DES CRÉDITS AUX MÉNAGES 25 ème rapport annuel Tableau de bord Michel Mouillart Université Paris Ouest 29 Janvier 2013 La photographie des ménages détenant des crédits que propose la 25 ième

Plus en détail

Document d information n o 1 sur les pensions

Document d information n o 1 sur les pensions Document d information n o 1 sur les pensions Importance des pensions Partie 1 de la série La série complète des documents d information sur les pensions se trouve dans Pensions Manual, 4 e édition, que

Plus en détail

Croissance plus lente dans les pays émergents, accélération progressive dans les pays avancés

Croissance plus lente dans les pays émergents, accélération progressive dans les pays avancés POUR DIFFUSION : À Washington : 9h00, le 9 juillet 2015 STRICTEMENT CONFIDENTIEL JUSQU À DIFFUSION Croissance plus lente dans les pays émergents, accélération progressive dans les pays avancés La croissance

Plus en détail

Une famille, deux pensions

Une famille, deux pensions famille, deux pensions Susan Poulin Au cours du dernier quart de siècle, la proportion de familles composées de deux conjoints mariés ayant tous deux un emploi a augmenté de façon phénoménale. En 1994,

Plus en détail

Observatoire Crédit Logement / CSA du Financement des Marchés Résidentiels Tableau de bord trimestriel 1 er Trimestre 2013

Observatoire Crédit Logement / CSA du Financement des Marchés Résidentiels Tableau de bord trimestriel 1 er Trimestre 2013 Observatoire Crédit Logement / CSA du Financement des Marchés Résidentiels Tableau de bord trimestriel 1 er Trimestre 2013 I. L ensemble des marchés I.1. L environnement des marchés : les conditions de

Plus en détail

Revue du marché hypothécaire canadien les risques sont faibles et maîtrisés

Revue du marché hypothécaire canadien les risques sont faibles et maîtrisés Revue du marché hypothécaire canadien les risques sont faibles et maîtrisés Janvier 2010 Préparé pour : Association canadienne des conseillers hypothécaires accrédités Par : Will Dunning Économiste en

Plus en détail

Écoutez ce qui se dit sur l épargne-retraite au Canada

Écoutez ce qui se dit sur l épargne-retraite au Canada MARS 2014 ÉCHEC ET MAT! LES RÉGIMES D ÉPARGNE EN MILIEU DE TRAVAIL : UNE SOLUTION GAGNANTE POUR LES CANADIENS EN VUE DE LA RETRAITE Notre 6 e sondage annuel Indice canadien de report de la retraite montre

Plus en détail

Observatoire Crédit Logement / CSA du Financement des Marchés Résidentiels Tableau de bord trimestriel 2 ème Trimestre 2014

Observatoire Crédit Logement / CSA du Financement des Marchés Résidentiels Tableau de bord trimestriel 2 ème Trimestre 2014 Observatoire Crédit Logement / CSA du Financement des Marchés Résidentiels Tableau de bord trimestriel 2 ème Trimestre 2014 I. L ensemble des marchés I.1. L environnement des marchés : les conditions de

Plus en détail

Tendances sur le plan de l'épargne et du prêt net dans les comptes nationaux

Tendances sur le plan de l'épargne et du prêt net dans les comptes nationaux N o 13-604-MIF au catalogue N o 049 ISSN: 1707-1844 ISBN: 0-662-70787-7 Document de recherche Comptes des revenus et dépenses série technique Tendances sur le plan de l'épargne et du prêt net dans les

Plus en détail

Les difficultés économiques actuelles devraient demeurer contenues à moins que les tensions financières s amplifient

Les difficultés économiques actuelles devraient demeurer contenues à moins que les tensions financières s amplifient PRÉSENTATION ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE Association des économistes québécois de l Outaouais 5 à 7 sur la conjoncture économique 3 avril Les difficultés économiques actuelles devraient demeurer contenues

Plus en détail

CPA Canada Tendances conjoncturelles (T1 2015)

CPA Canada Tendances conjoncturelles (T1 2015) CPA Canada Tendances conjoncturelles (T1 2015) Préparée pour les Comptables professionnels agréés du Canada Le 1 er mai 2015 Renseignements sur le sondage Le rapport trimestriel CPA Canada Tendances conjoncturelles

Plus en détail

La dette extérieure nette du Canada à la valeur marchande

La dette extérieure nette du Canada à la valeur marchande N o 11 626 X au catalogue N o 018 ISSN 1927-5048 ISBN 978-1-100-99873-2 Document analytique Aperçus économiques La dette extérieure nette du Canada à la valeur marchande par Komal Bobal, Lydia Couture

Plus en détail

Comparaisons internationales de la dette

Comparaisons internationales de la dette Annexe 2 Comparaisons internationales de la dette Faits saillants Selon les statistiques officielles publiées par le Fonds monétaire international (FMI) et l Organisation de coopération et de développement

Plus en détail

[ les éco_fiches ] Situation en France :

[ les éco_fiches ] Situation en France : Des fiches pour mieux comprendre l'actualité éco- nomique et les enjeux pour les PME Sortie de crise? Depuis le 2ème trimestre la France est «techniquement» sortie de crise. Cependant, celle-ci a été d

Plus en détail

SITUATION FINANCIÈRE DE L ASSURANCE CHÔMAGE

SITUATION FINANCIÈRE DE L ASSURANCE CHÔMAGE SITUATION FINANCIÈRE DE L ASSURANCE CHÔMAGE pour l année 2014 Janvier 2014 1/12 Situation financière de l Assurance chômage pour l année 2014 14 janvier 2014 Cette note présente la prévision de la situation

Plus en détail

Réponse concernant le financement de l assurance-emploi et les récentes mesures connexes. Ottawa, Canada 9 octobre 2014 www.pbo-dpb.gc.

Réponse concernant le financement de l assurance-emploi et les récentes mesures connexes. Ottawa, Canada 9 octobre 2014 www.pbo-dpb.gc. Réponse concernant le financement de l assurance-emploi et les récentes mesures connexes Ottawa, Canada 9 octobre 2014 www.pbo-dpb.gc.ca Le Directeur parlementaire du budget a pour mandat de présenter

Plus en détail

Perspectives économiques régionales Afrique subsaharienne. FMI Département Afrique Mai 2010

Perspectives économiques régionales Afrique subsaharienne. FMI Département Afrique Mai 2010 Perspectives économiques régionales Afrique subsaharienne FMI Département Afrique Mai 21 Introduction Avant la crise financière mondiale Vint la grande récession La riposte politique pendant le ralentissement

Plus en détail

PIERRE MARTELL PRéSIDENT MARTELL HOME BUILDERS

PIERRE MARTELL PRéSIDENT MARTELL HOME BUILDERS 2012 Indice BDC de la nouvelle activité entrepreneuriale PIERRE MARTELL PRéSIDENT MARTELL HOME BUILDERS Résumé --------------------------------------------------------------------------------------------------

Plus en détail

LE NIVEAU ÉLEVÉ DE LA DETTE à la consommation

LE NIVEAU ÉLEVÉ DE LA DETTE à la consommation Wendy Pyper Prendre du retard dans ses paiements LE NIVEAU ÉLEVÉ DE LA DETTE à la consommation au Canada a suscité un certain nombre de préoccupations. En octobre 2001, quelque 44 millions de cartes de

Plus en détail

6.0 Dépenses de santé et situation budgétaire des gouvernements provinciaux et territoriaux

6.0 Dépenses de santé et situation budgétaire des gouvernements provinciaux et territoriaux 6.0 Dépenses de santé et situation budgétaire des gouvernements provinciaux et territoriaux En 2013, on prévoit que les dépenses de santé des gouvernements provinciaux et territoriaux atteindront 138,3

Plus en détail

Coup d œil sur les inégalités de revenus au

Coup d œil sur les inégalités de revenus au Coup d œil sur les inégalités de revenus au Québec L expression «nous les 99 %», qui avait servi de cri de ralliement des mouvements Occupy, résume les préoccupations que soulève la tendance mondiale à

Plus en détail

Sondage 2010 des ACVM sur la retraite et les placements

Sondage 2010 des ACVM sur la retraite et les placements Sondage 2010 des ACVM sur la retraite et les placements Réalisé pour les Autorités canadiennes en valeurs mobilières Résumé le 28 septembre 2010 www.ipsos.ca TABLE DES MATIÈRES RÉSUMÉ... 1 Principales

Plus en détail

August 2014. ASSOCIATION CANADIENNE DE LA CONSTRUCTION MÉMOIRE PRÉBUDGÉTAIRE 2015 Comité permanent des finances

August 2014. ASSOCIATION CANADIENNE DE LA CONSTRUCTION MÉMOIRE PRÉBUDGÉTAIRE 2015 Comité permanent des finances August 2014 ASSOCIATION CANADIENNE DE LA CONSTRUCTION MÉMOIRE PRÉBUDGÉTAIRE 2015 Comité permanent des finances Résumé L Association canadienne de la construction (ACC) représente 20 000 entreprises membres

Plus en détail

Placements IA Clarington inc. Dan Bastasic Gestionnaire de portefeuille des Fonds IA Clarington stratégiques

Placements IA Clarington inc. Dan Bastasic Gestionnaire de portefeuille des Fonds IA Clarington stratégiques Placements IA Clarington inc. Dan Bastasic Gestionnaire de portefeuille des Fonds IA Clarington stratégiques Je ne caractériserais pas la récente correction du marché comme «une dégringolade». Il semble

Plus en détail

Sondage sur l endettement des propriétaires Banque Manuvie. Printemps 2015

Sondage sur l endettement des propriétaires Banque Manuvie. Printemps 2015 Sondage sur l endettement des propriétaires Banque Manuvie Printemps 2015 1 Points saillants Les propriétaires canadiens ont pris ou sont disposés à prendre des mesures concrètes pour se désendetter plus

Plus en détail

Le FMI conclut les consultations de 2008 au titre de l article IV avec le Maroc

Le FMI conclut les consultations de 2008 au titre de l article IV avec le Maroc Note d information au public (NIP) n 08/91 POUR DIFFUSION IMMÉDIATE Le 23 juillet 2008 Fonds monétaire international 700 19 e rue, NW Washington, D. C. 20431 USA Le FMI conclut les consultations de 2008

Plus en détail

Association canadienne de la construction. Mémoire prébudgétaire 2015

Association canadienne de la construction. Mémoire prébudgétaire 2015 Association canadienne de la construction Mémoire prébudgétaire 2015 Synopsis L Association canadienne de la construction (ACC) représente 20 000 entreprises de construction non résidentielle au Canada.

Plus en détail

Présenté par Michel Sapin, Ministre des finances et des comptes publics. Christian Eckert, Secrétaire d État chargé du budget

Présenté par Michel Sapin, Ministre des finances et des comptes publics. Christian Eckert, Secrétaire d État chargé du budget Présenté par Michel Sapin, Ministre des finances et des comptes publics Christian Eckert, Secrétaire d État chargé du budget 1 Une reprise de l activité qu il faut conforter La reprise est en cours : +1,0%

Plus en détail

Le ministre Oliver dépose un budget équilibré et un plan axé sur des impôts bas pour favoriser l emploi, la croissance et la sécurité

Le ministre Oliver dépose un budget équilibré et un plan axé sur des impôts bas pour favoriser l emploi, la croissance et la sécurité Ministère des Finances Communiqué Le ministre Oliver dépose un budget équilibré et un plan axé sur des impôts bas pour favoriser l emploi, la croissance et la sécurité Le Plan d action économique de 2015

Plus en détail

Info-commerce : Incertitude économique mondiale

Info-commerce : Incertitude économique mondiale Info-commerce : Incertitude économique mondiale avril 2012 Panel de recherche d EDC Résultats du sondage de février 2012 Faits saillants Même si les É.-U. restent une importante destination commerciale,

Plus en détail

Observatoire Crédit Logement / CSA du Financement des Marchés Résidentiels Tableau de bord mensuel. Janvier 2015

Observatoire Crédit Logement / CSA du Financement des Marchés Résidentiels Tableau de bord mensuel. Janvier 2015 Observatoire Crédit Logement / CSA du Financement des Marchés Résidentiels Tableau de bord mensuel Janvier 2015 Avertissement : les indicateurs mensuels repris dans le «Tableau de bord» ne deviennent définitifs

Plus en détail

Nouveau sondage sur les perspectives des Canadiens à propos des changements climatiques et de la crise économique

Nouveau sondage sur les perspectives des Canadiens à propos des changements climatiques et de la crise économique Nouveau sondage sur les perspectives des Canadiens à propos des changements climatiques et de la crise économique 45% des Canadiens sont d accord pour dire que les actions sérieuses en matière de changements

Plus en détail

Toronto (Ontario) Le vendredi 26 octobre 2007 L ÉNONCÉ FAIT FOI. Pour de plus amples renseignements, s adresser à :

Toronto (Ontario) Le vendredi 26 octobre 2007 L ÉNONCÉ FAIT FOI. Pour de plus amples renseignements, s adresser à : Allocution présentée par la surintendante Julie Dickson Bureau du surintendant des institutions financières Canada (BSIF) dans le cadre du Colloque des affaires réglementaires du Bureau d assurance du

Plus en détail

Baromètre PME Wallonie Bruxelles : Quatrième trimestre 2013

Baromètre PME Wallonie Bruxelles : Quatrième trimestre 2013 Baromètre PME Wallonie Bruxelles : Quatrième trimestre 2013 L UCM a créé un indicateur de conjoncture pour les PME wallonnes et bruxelloises. Ce "baromètre" est réalisé chaque trimestre, sur base des réponses

Plus en détail

Nobody s Unpredictable

Nobody s Unpredictable Connaissance qu a le public de la Banque du Canada (Comparaison des résultats de l enquête téléphonique et de l enquête en ligne) Enquête de décembre 2010 commandée par la Banque du Canada Nobody s Unpredictable

Plus en détail

Economie Générale Initiation Ecole des Ponts - ParisTech

Economie Générale Initiation Ecole des Ponts - ParisTech Economie Générale Initiation Ecole des Ponts - ParisTech Stéphane Gallon Caisse des Dépôts [email protected] https://educnet.enpc.fr/course/view.php?id=2 1 Macroéconomie : croissance à

Plus en détail

Annexe 1. Stratégie de gestion de la dette 2014 2015. Objectif

Annexe 1. Stratégie de gestion de la dette 2014 2015. Objectif Annexe 1 Stratégie de gestion de la dette 2014 2015 Objectif La Stratégie de gestion de la dette énonce les objectifs, la stratégie et les plans du gouvernement du Canada au chapitre de la gestion de ses

Plus en détail

Bulletin de service Bureaux d agents, de courtiers en immeubles et d évaluateurs de biens immobiliersetdes autres activités liées à l immobilier

Bulletin de service Bureaux d agents, de courtiers en immeubles et d évaluateurs de biens immobiliersetdes autres activités liées à l immobilier N o 63-238-X au catalogue. Bulletin de service Bureaux d agents, de courtiers en immeubles et d évaluateurs de biens immobiliersetdes autres activités liées à l immobilier 2012. Faits saillants Le revenu

Plus en détail

LE GRAND ÉCART L INÉGALITÉ DE LA REDISTRIBUTION DES BÉNÉFICES PROVENANT DU FRACTIONNEMENT DU REVENU

LE GRAND ÉCART L INÉGALITÉ DE LA REDISTRIBUTION DES BÉNÉFICES PROVENANT DU FRACTIONNEMENT DU REVENU LE GRAND ÉCART L INÉGALITÉ DE LA REDISTRIBUTION DES BÉNÉFICES PROVENANT DU FRACTIONNEMENT DU REVENU RÉSUMÉ Une étude de Tristat Resources commandée par l Institut Broadbent démontre que la majorité des

Plus en détail

LES ENSEIGNEMENTS DE L OBSERVATOIRE DE L ENDETTEMENT DES MENAGES. LES CREDITS DE TRESORERIE AUX PARTICULIERS EN FRANCE

LES ENSEIGNEMENTS DE L OBSERVATOIRE DE L ENDETTEMENT DES MENAGES. LES CREDITS DE TRESORERIE AUX PARTICULIERS EN FRANCE LES ENSEIGNEMENTS DE L OBSERVATOIRE DE L ENDETTEMENT DES MENAGES. LES CREDITS DE TRESORERIE AUX PARTICULIERS EN FRANCE Michel MOUILLART Directeur Scientifique de l Observatoire de l Endettement des Ménages

Plus en détail

Monnaie, banques, assurances

Monnaie, banques, assurances Monnaie, banques, assurances Panorama La politique monétaire de la Banque nationale suisse en 2013 En 2013, la croissance de l économie mondiale est demeurée faible et fragile. En Europe, les signes d

Plus en détail

Une rente sans rachat des engagements (aussi connue sous le nom «buy-in») vise à transférer

Une rente sans rachat des engagements (aussi connue sous le nom «buy-in») vise à transférer Solutions PD Parez au risque Rente sans rachat des engagements (Assurente MC ) Transfert des risques pour régimes sous-provisionnés Une rente sans rachat des engagements (aussi connue sous le nom «buy-in»)

Plus en détail

DOLLARAMA ANNONCE DE SOLIDES RÉSULTATS POUR LE PREMIER TRIMESTRE ET RENOUVELLE SON OFFRE PUBLIQUE DE RACHAT DANS LE COURS NORMAL DES ACTIVITÉS

DOLLARAMA ANNONCE DE SOLIDES RÉSULTATS POUR LE PREMIER TRIMESTRE ET RENOUVELLE SON OFFRE PUBLIQUE DE RACHAT DANS LE COURS NORMAL DES ACTIVITÉS Pour diffusion immédiate DOLLARAMA ANNONCE DE SOLIDES RÉSULTATS POUR LE PREMIER TRIMESTRE ET RENOUVELLE SON OFFRE PUBLIQUE DE RACHAT DANS LE COURS NORMAL DES ACTIVITÉS MONTRÉAL (Québec), le 12 juin 2014

Plus en détail

Enquête 2014 de Manuvie / Ipsos Reid sur la prospérité et la santé

Enquête 2014 de Manuvie / Ipsos Reid sur la prospérité et la santé Enquête 2014 de Manuvie / Ipsos Reid sur la prospérité et la santé Introduction Des employés engagés et productifs ont à cœur la réussite de leur employeur. Par leur attitude et leur confiance en eux,

Plus en détail

conseils de gestion budgétaire tout simples pour vous aider à améliorer votre situation financière

conseils de gestion budgétaire tout simples pour vous aider à améliorer votre situation financière Prenez vos finances en main DIX conseils de gestion budgétaire tout simples pour vous aider à améliorer votre situation financière Si vous vous sentez dépassé à l idée de prendre vos finances en main pour

Plus en détail

Hausse du crédit bancaire aux entreprises au Canada

Hausse du crédit bancaire aux entreprises au Canada Hausse du crédit bancaire aux entreprises au Canada Juillet 3 Aperçu Des données récemment publiées, recueillies par Prêts bancaires aux entreprises Autorisations et en-cours (Figure ), l Association des

Plus en détail

LES FACTEURS DE FRAGILITE DES MENAGES

LES FACTEURS DE FRAGILITE DES MENAGES Enquête complémentaire mentaire de mars 2009 LES FACTEURS DE FRAGILITE DES MENAGES présentée par Michel MOUILLART Professeur d Economie à l Université de Paris X - Nanterre - Mercredi 22 juillet 2009 -

Plus en détail

Chapitre 4 Comment s opère le financement de l économie mondiale?

Chapitre 4 Comment s opère le financement de l économie mondiale? CONCEPTION ET MISE EN PAGE : PAUL MILAN 18 décembre 2014 à 14:22 Chapitre 4 Comment s opère le financement de l économie mondiale? Ce chapitre ne fait plus partie du programme, mais il est conseillé de

Plus en détail

CONFIANCE DANS L INDUSTRIE AGRO-

CONFIANCE DANS L INDUSTRIE AGRO- CONFIANCE DANS L INDUSTRIE AGRO- ALIMENTAIRE AU QUÉBEC RÉSULTATS D UNE CONSULTATION DES ACTEURS DU SECTEUR AGROALIMENTAIRE AU SUJET DE LEUR CONFIANCE ENVERS LEURS PERSPECTIVES FUTURES Préparé pour l Union

Plus en détail

Détention des crédits : que nous enseignent les évolutions récentes?

Détention des crédits : que nous enseignent les évolutions récentes? 1 Numéro 200, juin 2013 Détention des crédits : que nous enseignent les évolutions récentes? I) Un taux de détention en baisse La détention au plus bas historique A la fin de l année 2012, seulement 48,6%

Plus en détail

QUELLE DOIT ÊTRE L AMPLEUR DE LA CONSOLIDATION BUDGÉTAIRE POUR RAMENER LA DETTE À UN NIVEAU PRUDENT?

QUELLE DOIT ÊTRE L AMPLEUR DE LA CONSOLIDATION BUDGÉTAIRE POUR RAMENER LA DETTE À UN NIVEAU PRUDENT? Pour citer ce document, merci d utiliser la référence suivante : OCDE (2012), «Quelle doit être l ampleur de la consolidation budgétaire pour ramener la dette à un niveau prudent?», Note de politique économique

Plus en détail

Comprendre le financement des placements par emprunt. Prêts placement

Comprendre le financement des placements par emprunt. Prêts placement Comprendre le financement des placements par emprunt Prêts placement Comprendre le financement des placements par emprunt Le financement des placements par emprunt consiste simplement à emprunter pour

Plus en détail

Épargne et investissement. L épargne...

Épargne et investissement. L épargne... Épargne et investissement Les marchés financiers en économie fermée V2.3 Adaptépar JFB des notes de Germain Belzile L épargne... Une personne désire se lancer en affaires (bureau de services comptables)

Plus en détail

RAPPORT FINAL. Étude sur la littératie financière chez les jeunes POR # 441-07

RAPPORT FINAL. Étude sur la littératie financière chez les jeunes POR # 441-07 POR # 441-07 RAPPORT FINAL Étude sur la littératie financière chez les jeunes Préparé pour : L Agence de la consommation en matière financière du Canada Date du rapport : Août 2008 This report is also

Plus en détail

Re c h e r c h e e t É v a l u a t i o n

Re c h e r c h e e t É v a l u a t i o n Portrait d un processus d intégration D i f f i c u l t é s r e n c o n t r é e s e t r e s s o u r c e s m i s e s à p r o f i t p a r l e s n o u v e a u x a r r i v a n t s a u c o u r s d e s q u a

Plus en détail

Le 4 ème trimestre 2014 et les tendances récentes

Le 4 ème trimestre 2014 et les tendances récentes Le 4 ème trimestre 2014 et les tendances récentes Le tableau de bord trimestriel Le bilan de l année 2014 Les taux des crédits immobiliers aux particuliers ENSEMBLE DES MARCHÉS - Prêts bancaires (taux

Plus en détail

Investissements des entreprises au Québec et en Ontario : amélioration en vue?

Investissements des entreprises au Québec et en Ontario : amélioration en vue? 28 avril 2015 Investissements des entreprises au Québec et en Ontario : amélioration en vue? Beaucoup d espoir repose sur les entreprises du centre du pays pour permettre à la croissance économique de

Plus en détail

Investissements et R & D

Investissements et R & D Investissements et R & D Faits marquants en 2008-2009 - L investissement de l industrie manufacturière marque le pas en 2008 et se contracte fortement en 2009 - Très fort recul de l utilisation des capacités

Plus en détail

Corefris RAPPORT ANNUEL 2011. Annexe 3 : La hausse des prix de l immobilier est-elle associée à une «bulle» de crédit en France?

Corefris RAPPORT ANNUEL 2011. Annexe 3 : La hausse des prix de l immobilier est-elle associée à une «bulle» de crédit en France? Annexe 3 : La hausse des prix de l immobilier est-elle associée à une «bulle» de crédit en France? (DGTrésor) 1. Indépendamment de facteurs d offre et de demande, qui jouent indéniablement sur les prix,

Plus en détail

Sondage sur les expériences d hospitalisation des patients canadiens Foire aux questions

Sondage sur les expériences d hospitalisation des patients canadiens Foire aux questions Janiver 2014 Sondage sur les expériences d hospitalisation des patients canadiens Foire aux questions Sondage sur les expériences d hospitalisation des patients canadiens Questions sur le projet 1. En

Plus en détail

COMMENTAIRE PORTAIT COMPARÉ DES CONSOMMATEURS CANADIENS ET AMÉRICAINS. Services économiques TD. Quelques faits stylisés

COMMENTAIRE PORTAIT COMPARÉ DES CONSOMMATEURS CANADIENS ET AMÉRICAINS. Services économiques TD. Quelques faits stylisés COMMENTAIRE Services économiques TD PORTAIT COMPARÉ DES CONSOMMATEURS CANADIENS ET AMÉRICAINS Quelques faits stylisés Au cours de la dernière décennie, les sociétés ont eu tendance à vouloir étendre leurs

Plus en détail

À Pékin (heure de Pékin) : 11h00, 20 janvier 2015 À Washington (heure de Washington) : 22h00, 19 janvier 2015 JUSQU À PUBLICATION. Courants contraires

À Pékin (heure de Pékin) : 11h00, 20 janvier 2015 À Washington (heure de Washington) : 22h00, 19 janvier 2015 JUSQU À PUBLICATION. Courants contraires POUR DIFFUSION : À Pékin (heure de Pékin) : 11h00, 20 janvier 2015 À Washington (heure de Washington) : 22h00, 19 janvier 2015 STRICTEMENT CONFIDENTIEL JUSQU À PUBLICATION Courants contraires La baisse

Plus en détail

Automne 2014 LE POINT SUR LA SITUATION ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE DU QUÉBEC

Automne 2014 LE POINT SUR LA SITUATION ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE DU QUÉBEC Automne 2014 LE POINT SUR LA SITUATION ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE DU QUÉBEC Automne 2014 Le point sur la situation économique et financière du québec NOTE La forme masculine utilisée dans le texte désigne

Plus en détail

Le creusement des inégalités touche plus particulièrement les jeunes et les pauvres

Le creusement des inégalités touche plus particulièrement les jeunes et les pauvres LE POINT SUR LES INÉGALITÉS DE REVENU Le creusement des inégalités touche plus particulièrement les jeunes et les pauvres Résultats issus de la Base de données de l OCDE sur la distribution des revenus

Plus en détail

REER, CELI ou prêt hypothécaire : comment faire le bon choix?

REER, CELI ou prêt hypothécaire : comment faire le bon choix? REER, CELI ou prêt hypothécaire : comment faire le bon choix? Jamie Golombek L épargne est une pratique importante. Elle nous permet de mettre de côté une partie de nos revenus actuels afin d en profiter

Plus en détail

Coût des opérations bancaires

Coût des opérations bancaires Bureau de la consommation Coût des opérations bancaires Coût des opérations bancaires On peut obtenir cette publication sur demande en médias substituts. Communiquer avec le Centre de diffusion de l information

Plus en détail

Protection des renseignements personnels, publicité ciblée et médias sociaux : Ampleur du problème : certaines observations déconcertantes

Protection des renseignements personnels, publicité ciblée et médias sociaux : Ampleur du problème : certaines observations déconcertantes Protection des renseignements personnels, publicité ciblée et médias sociaux : Ampleur du problème : certaines observations déconcertantes Avner Levin * * Professeur agrégé et directeur, Privacy and Cyber

Plus en détail

L éducation au Québec : L état de la situation

L éducation au Québec : L état de la situation Préscolaire Primaire Secondaire Collégial Universitaire 43101 45 509 93969 68 331 110 297 151 845 241019 251 612 240 980 251 237 L éducation au Québec : L état de la situation L éducation est un des sujets

Plus en détail

Qu est-ce que la croissance économique? Quels sont ses moteurs?

Qu est-ce que la croissance économique? Quels sont ses moteurs? Qu est-ce que la croissance économique? Quels sont ses moteurs? En ces temps de crise économique et de crise des dettes souveraines (ou publiques), tous les hommes politiques de gauche comme de droite

Plus en détail

Étude : Épargne nationale au Canada et aux États-Unis, 1926 à 2011 Diffusé à 8 h 30, heure de l'est dans Le Quotidien, le jeudi 26 juin 2014

Étude : Épargne nationale au Canada et aux États-Unis, 1926 à 2011 Diffusé à 8 h 30, heure de l'est dans Le Quotidien, le jeudi 26 juin 2014 Étude : Épargne nationale au Canada et aux États-Unis, 1926 à 11 Diffusé à 8 h 3, heure de l'est dans Le Quotidien, le jeudi 26 juin 14 Le taux d'épargne s'entend du rapport entre l'épargne brute et le

Plus en détail

Les perspectives mondiales, les déséquilibres internationaux et le Canada : un point de vue du FMI

Les perspectives mondiales, les déséquilibres internationaux et le Canada : un point de vue du FMI Présentation à l Association des économistes québécois Le 19 mai 25 Les perspectives mondiales, les déséquilibres internationaux et le Canada : un point de vue du FMI Kevin G. Lynch Administrateur Fonds

Plus en détail

Le Fonds de solidarité FTQ : Partie prenante à la solution pour l industrie du capital de risque au Canada

Le Fonds de solidarité FTQ : Partie prenante à la solution pour l industrie du capital de risque au Canada Le Fonds de solidarité FTQ : Partie prenante à la solution pour l industrie du capital de risque au Canada Rôle clé dans la structuration de l industrie du CR Modèle de création d emplois de qualité et

Plus en détail

Les paradoxes des marchés de bureaux et du logement Les prévisions IEIF 2013. 2013 : l année dangereuse Entre rechute et guérison?

Les paradoxes des marchés de bureaux et du logement Les prévisions IEIF 2013. 2013 : l année dangereuse Entre rechute et guérison? Les paradoxes des marchés de bureaux et du logement Les prévisions IEIF 2013 2013 : l année dangereuse Entre rechute et guérison? 2013 : scénarios pour l économie française Scénario central 80% de probabilité

Plus en détail

Migration: un plus pour la Suisse Relations entre État social et migration: la position de Caritas

Migration: un plus pour la Suisse Relations entre État social et migration: la position de Caritas Migration: un plus pour la Suisse Relations entre État social et migration: la position de Caritas Prise de position de Caritas_mars 2011 Migration: un plus pour la Suisse En bref: Quel est l effet de

Plus en détail

MÉMOIRE CONSEIL QUÉBÉCOIS DU COMMERCE DE DÉTAIL SUR LE DOCUMENT DE CONSULTATION VERS UN RÉGIME DE RENTES DU QUÉBEC RENFORCÉ ET PLUS ÉQUITABLE

MÉMOIRE CONSEIL QUÉBÉCOIS DU COMMERCE DE DÉTAIL SUR LE DOCUMENT DE CONSULTATION VERS UN RÉGIME DE RENTES DU QUÉBEC RENFORCÉ ET PLUS ÉQUITABLE MÉMOIRE DU CONSEIL QUÉBÉCOIS DU COMMERCE DE DÉTAIL SUR LE DOCUMENT DE CONSULTATION VERS UN RÉGIME DE RENTES DU QUÉBEC RENFORCÉ ET PLUS ÉQUITABLE PRÉSENTÉ À LA COMMISSION DES AFFAIRES SOCIALES AOÛT 2009

Plus en détail

Le Baromètre MLS du marché résidentiel. Faits saillants. Province de Québec. 2 e trimestre 2010

Le Baromètre MLS du marché résidentiel. Faits saillants. Province de Québec. 2 e trimestre 2010 Province de Québec Le Baromètre MLS du marché résidentiel Faits saillants Premier ralentissement des ventes en cinq trimestres Seuls quelques centres urbains sont parvenus à être dynamiques Remontée dans

Plus en détail