Parentalité et prévention des conduites à risques

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1 Parentalité et prévention des conduites à risques Etude réalisée avec le soutien de Janvier

2 Sommaire Introduction Générale 1- Contexte de l étude 2- Objectif général de l état des lieux 3- Objectifs opérationnels 4- Comité de pilotage 5- Méthodologie de l enquête de terrain 5-1 Objectifs de la revue de littérature 5-2 Méthodologie Partie 1 : Les parents et la prévention des conduites à risques Revue de littérature I- Les parents, des acteurs essentiels dans la prévention des conduites a risques 1- Les relations au sein de la famille 1-1 La communication 1-2 Le climat familial 1-3 La proximité affective 2- La supervision parentale 2-1 Le monitoring 2-2 Le contrôle parental Conclusion : le style éducatif parental, un élément déterminant dans la prévention des conduites à risques II- Les conduites à risques : inquiétude parentale, croyances erronées et influence du milieu social d appartenance 1- Parents et adolescents : des représentations sociales opposées de la consommation 2- La consommation de drogues et d alcool : une préoccupation parentale prédominante 2-1 Des craintes parentales qui évoluent quand l enfant grandit 2-2 Des craintes influencées par le milieu socio- économique d appartenance des parents 3- Des perceptions parentales souvent erronées 3-1 Des parents qui ont tendance à sous- estimer la consommation de leur enfant : 3-2 Et lorsqu ils surestiment? 3-3 Un lien entre consommation et milieu social d appartenance : des résultats pas toujours aisés à interpréter III - Compétences parentales et pratiques éducatives dans la prévention des conduites à risques 1- Des parents inquiets et peu confiants dans leurs compétences parentales 2- Des pratiques parentales liées à leurs représentations du risque 3- La consommation : un sujet de discussion entre parents et enfants peu fréquent 4- Des parents plus interventionnistes quand ils ont pris conscience de la consommation P 5 P 5 P 5 P 6 P 6 P 7 P 7 P 7 P 10 P 11 P 11 P 11 P 11 P 11 P 12 P 12 P 12 P 13 P 14 P 14 P 14 P 14 P 15 P 15 P 15 P 15 P 16 P 18 P 18 P 19 P 20 P 20 2

3 IV- La prévention des conduites à risques pour les parents : perceptions, attentes des parents et des professionnels 1- Des actions de prévention pas toujours bien perçues 2- Des parents souvent réticents à participer à des actions de prévention 2-1 Les parents très réticents dans les classes populaires 2-2 Des parents très en demande dans les classes moyennes 2-3 Des parents issus de milieux favorisés qui ne se sentent pas concernés 3- Attentes parentales en matière de prévention 4- Représentations des professionnels sur les compétences parentales V- La prévention au cœur des familles : pertinence, constats, préconisations, orientation générale 1- Conclusions et recommandations relatives à la prévention universelle des addictions 1-1 Périodes favorables 1-2 Démarches pour toucher les familles 1-3 Mesures à prendre 2- Conclusions et recommandations relatives à la prévention sélective et indiquée des addictions axées sur les familles 2-1 Périodes favorables 2-2 Démarches pour toucher les familles 2-3 Mesures à prendre Partie 2 : Les parents et la prévention des conduites à risque : Etat des lieux des actions menées Résultat d une enquête de terrain et de la revue de littérature I- Les problématiques repérées dans «l enquête de terrain» 1- Des parents qui ne se sentent pas concernés avant l adolescence 2- Des attitudes parentales différenciées selon le produit : entre banalisation et dramatisation 2-1 Des parents qui banalisent la consommation d alcool et craignent la consommation de cannabis 2-2 Les nouvelles technologies accusées d être sources de tensions familiales 3- Des attitudes parentales extrêmes 3-1 La méconnaissance des produits, de leurs effets et des problématiques liées à la dépendance 3-2 La difficulté à prendre du recul par rapport aux reportages télévisés 4- Des parents en perte de repères et peu confiants dans leur capacité à exercer leur rôle parental 4-1 Un sujet qui leur font perdre leurs repères 4-2 Un sentiment de manque de légitimité 4-3 Un effet «miroir» et un manque de crédibilité 4-4 Des parents qui culpabilisent et se sentent en échec 4-5 Une peur de faire pire que mieux! 5- Des positionnements parentaux inadaptés 5-1 Des parents «démissionnaires» et «fatalistes» 5-2 Entre surprotection et laisser aller 5-3 Des parents qui sollicitent tardivement le soutien des professionnels 5-4 Des parents qui craignent le regard des autres parents et/ou des professionnels P 21 P 21 P 21 P 22 P 22 P 22 P 23 P 23 P 24 P 25 P 26 P 26 P 26 P 27 P 27 P 27 P 28 P 29 P 30 P 30 P 31 P 31 P 31 P 32 P 32 P 32 P 33 P 33 P 33 P 33 P 34 P 34 P 34 P 34 P 35 P 35 P 36 3

4 II- Des actions centrées sur une approche globale des conduites à risques et des relations familiales 1- Travailler sur les représentations des parents sur les conduites à risques 2- Dépasser la notion de produit pour aborder les prises de risques 3- Intégrer les conduites à risques dans une approche globale de relation parents- enfants 4- Adopter une approche positive qui valorise les compétences des jeunes 5- Resituer la prise de risques dans un continuum 5-1 De la petite enfance à l adolescence 5-2 Situer la problématique dans une approche intergénérationnelle III- Une méthodologie de projet adaptée 1- Inscrire l action dans un projet global d accueil et d accompagnement 2- Proposer un engagement des partenaires sur un projet commun 3- Adopter un mode de communication personnalisée 4- Prendre en compte l organisation de la vie familiale et les difficultés des familles 5- Proposer des animations diversifiées et originales dans une ambiance conviviale 6- S appuyer sur les nouvelles technologies de l information et de la communication 7- Faciliter l orientation vers des structures relais IV- Des clés pour favoriser l animation des rencontres parents 1- Se centrer sur les préoccupations des parents dans leur vie quotidienne 2- Valoriser les parents dans l exercice de leur rôle 3- Adopter une position en retrait 4- Offrir un cadre et des règles favorables à l échange V- Les freins et les difficultés repérées 1- Des actions difficiles à mettre en œuvre 1-1 Des actions peu nombreuses et isolées 1-2 Des actions souvent orientées vers les personnes très à risque 1-3 Des actions souvent orientées vers les technologies numériques 1-4 Des freins humains et financiers importants 1-5 Des contraintes organisationnelles spécifiques 2- Aller rejoindre les parents : une vraie difficulté 2-1 Un sujet délicat et un public difficile à mobiliser 2-2 Des projets qui peuvent être perçus comme un outil de contrôle social 2-3 Ce sont souvent les mêmes familles qui participent aux actions 2-4 Ce ne sont pas toujours les familles les plus concernées qui sont présentes 2-5 Des pères peu présents et peu pris en compte 2-6 Des parents peu sollicités au démarrage des actions 3- Parentalité et prévention des conduites à risques : un sujet qui fait peur aux professionnels 3-1 Des professionnels pas très à l aise avec la thématique 3-2 Le manque de formation des professionnels 3-3 Peu d outils d animation spécifiques Conclusion générale : définition des axes d un programme régional Bibliographie P 37 P 37 P 39 P 39 P 41 P 42 P 42 P 44 P 45 P 45 P 46 P 47 P 47 P 48 P 49 P 51 P 52 P 52 P 55 P 57 P 58 P 61 P 61 P 61 P 61 P 62 P 62 P 62 P 63 P 63 P 63 P 63 P 64 P 65 P 65 P 65 P 65 P 65 P 66 P 67 P 71 4

5 Introduction Générale 1- Contexte de l étude Quand vient l adolescence, période de bouleversements multiples, les jeunes font l expérience de situations nouvelles. La question des consommations à risques se pose alors souvent avec une acuité particulière. Première cigarette, première sortie en soirée, un joint trouvé dans la chambre de son enfant, une ou des ivresses répétées Les parents, pas toujours préparés à ces bouleversements, sont avant tout inquiets et se sentent alors impuissants, dépassés, désabusés ou isolés En perte de repères dans un contexte sociétal où comme le souligne, Philippe Jeammet, «tout consensus éducatif a disparu et où l autorité est souvent vécue comme un abus de pouvoir» les parents ne savent pas toujours comment réagir et peuvent être en difficulté pour assumer leur responsabilité éducative. Il est nécessaire de soutenir et valoriser les parents dans leur rôle éducatif, de les accompagner à rétablir, si nécessaire, une communication avec leur jeune. Or, la véritable prévention commence bien avant que les premières consommations apparaissent Dans cette prévention, il n est pas possible de laisser les parents à l écart ; au contraire ils doivent en être les premiers acteurs potentiels. En effet, la qualité des liens que les parents sauront mettre en place au quotidien avec leurs enfants dès leur plus jeune âge est le meilleur des garants face au risque d abus de substances. C est au sein de la cellule familiale que l enfant fera l expérience de l apprentissage des règles, du sens de la responsabilité et fera ses premiers pas vers une autonomie. La famille représente un lieu où les repères se construisent et où l enfant apprendra à avoir une bonne image de lui- même et à s affirmer. «Transmettre un usage maîtrisé, socialisé, identifiant les risques réels et posant les limites, susciter dès le plus jeune le dialogue sur ces thèmes, rechercher l entraide et l échange avec d autres adultes face aux éventuelles difficultés rencontrées, reconnaître les premiers signes de malaise d un adolescent et savoir en parler avec lui, valent plus en terme d impact que n importe quelle campagne médiatique.» En cas de problème, il est nécessaire que les parents aient un sentiment de confiance en soi suffisant pour oser solliciter d autres parents et/ou des structures pour être aidés, soutenus. (A. Morel, 2000) 2- Objectif général de l état des lieux Il s agit de réaliser un état des lieux des actions sur la thématique «Parentalité et prévention des conduites à risques» et à partir de ces travaux déterminer les priorités et les pistes d action d un programme régional à mettre en œuvre qui visera à : - Accompagner les acteurs locaux à la conception et au montage d actions de soutien à la parentalité dans le champ de la prévention des conduites à risques (avec ou sans produits). - Former les professionnels engagés dans des actions de soutien à la parentalité à une meilleure prise en compte des conduites de consommations à risques et/ou des comportements à risque d addictions (jeux etc.). 5

6 3- Objectifs Opérationnels A travers cette étude, il s agit d apporter des éléments afin de : - Repérer les acteurs en présence engagés dans des actions de prévention des conduites à risque et de soutien à la parentalité dans la région Nord/Pas- de- Calais, dans les autres régions françaises (en particulier dans les autres comités de l ANPAA) et à l étranger. - Faire émerger les points de vue des professionnels sur les besoins et les attentes des familles sur la prévention des comportements à risques chez leurs enfants et jeunes adolescents (prévention primaire et actions de réduction des risques). - Extraire les enseignements utiles à la conduite des futurs programmes et à la mobilisation des parents (enjeux, freins, leviers d action ). 4 - Comité de pilotage Afin de mener à bien cette mission, un comité de pilotage a été constitué. Ce groupe avait pour objectifs de : - Déterminer les modalités de travail et la méthodologie d enquête. - Apporter des éléments de réflexion à partir de leurs pratiques professionnelles et de leurs interrogations sur la thématique. Ce comité de pilotage était composé de : - Nadia Benourhazi, Directrice, La Maison Nouvelle, Wasquehal - Benoit Brouillard, Animateur, La Caho, Tournai - Emile Charlier, Animatrice santé, Centre social,hem - Muriel Dehay, Infirmière conseillère technique, Rectorat, Lille - Michèle Denoyelles, Directrice, PAEJ Fil d Ariane / APSA, Lens - Patricia Dhondt, Accueillante, ARPEJ Lille - Saïd Ghoul, Animateur jeunes centres sociaux de Hem - Marie- Pierre Jumel, Psychothérapeute, consultation jeunes consommateurs, Cèdre Bleu, Villeneuve d Ascq - Sylvie Liotard, Animatrice, Espace de vie Saint- Exupéry, Hem - Marie- Pierre Lutun, Manager en action sociale, CAF du Nord, Coordinatrice REAPP Maubeuge - Laurence Petri, Chargée de projet thématique, Direction de la Santé Publique et Environnementale, Département Prévention Promotion de la Santé, ARS Nord/Pas- de- Calais - Aurore Quentin, Coordinatrice Espace parents, Mairie Lomme - Rachid Saadi, Animateur jeunes, Centre social des Hauts champs, Hem - Marie- Ange Testelin, Directrice, ECLAT- GRAA, Loos - Claire Thieffry, Directrice, ADALIS, Lille - Samuel Tourbez, Directeur, Pôle de prévention des addictions, Conseil Général du Nord - Elise Vanandruel, Animatrice santé, Référente addiction, Centre de Santé, Grande- Synthe - Anne Dassonville, Chargée d études, ANPAA 59 et 62 - Elisabeth Dooghe, Directrice régionale, ANPAA 59 et 62 - Sylvie Gadeyne, Chargée de mission, ANPAA 59 et 62 - Eloïse Hespel, Chargée de prévention, ANPAA 59 et 62 Le comité de pilotage s est réuni à cinq reprises entre juillet et décembre pour suivre l évolution des travaux. 6

7 5- Méthodologie de «l enquête de terrain» Cet état des lieux s est appuyé sur le recensement de plusieurs sources de données et de réflexion : - Un travail de recherche bibliographique et une revue de la littérature internationale (les données relatives à la revue de littérature se trouvent dans la Partie 1 pour celles liées à la place des produits dans la prévention des conduites à risque et dans la Partie 2 pour les présentations des actions de prévention ; dans ce cas, les données sont présentées sous forme d encadrés. - Une enquête de «terrain» avec des entretiens semi- directifs auprès de 10 à 20 acteurs de la région et/ou par entretien téléphonique pour les acteurs situés hors région. Les données relatives à cette «enquête de terrain» se trouvent en Partie 2. - Des focus group de parents. 5-1 Objectifs de la revue de littérature Cette revue de littérature a pour objectif général de réaliser une synthèse et une analyse des données disponibles dans le domaine de la parentalité en lien avec la prévention des conduites à risques à partir d études françaises, européennes et internationales. Il s agissait de faire ressortir certains aspects spécifiques qui sous- tendent les actions à destination des parents en matière de prévention des conduites à risques des enfants et des adolescents : - le rôle et la place des parents et de la famille dans la prévention des conduites à risques : le point de vue des professionnels, celui des parents (ressources, difficultés, attentes et besoins) ; - les représentations parentales sur les conduites à risques, en particulier sur l évaluation des risques, les pratiques éducatives, leurs perceptions des actions de prévention ; - les intérêts, les limites d une approche incluant les parents et la famille. Sources citées et bibliographie : Dans le texte, la rédaction des références bibliographiques a été réalisée selon les normes de l American Psychological Association (APA), 6 ème édition. Ainsi, seuls le ou les auteurs ainsi que la date du document auquel la partie du travail fait référence ont été mentionnés. Afin de trouver les références exactes du document cité, une bibliographie est présentée en annexe. 5-2 Méthodologie Objectifs de l enquête : «L enquête terrain» a été orientée vers une approche compréhensive de la pratique des professionnels. Dans un premier temps, il s agissait de mettre en lumière les représentations et les observations des professionnels sur la place et le rôle des parents dans cette prévention. Dans un deuxième temps, le souhait était de mettre à jour les conditions de réussite des actions de soutien à la parentalité dans le champ de la prévention des conduites à risques ainsi que les difficultés rencontrées. Etant donné la taille restreinte de l échantillon, les données recueillies fournissent des informations qui ne sauraient être considérées comme une étude représentative de l ensemble des actions menées sur cette problématique. Toutefois, elles renseignent sur l intérêt que portent les professionnels rencontrés dans l approche de cette problématique. Choix de l échantillon : Notre attention s est portée exclusivement sur les actions menées dans le champ de la prévention. Ont été exclues de cette enquête, les actions réalisées auprès de parents et/ou de jeunes accompagnés par les structures pour des problèmes de mésusage des substances psychoactives. 7

8 Nous avons apporté une vigilance particulière à diversifier les sources d entretien en fonction de trois critères principaux : - Des professionnels issus de territoires urbains et d autre issus de territoires plus ruraux ; - Des professionnels issus de services spécialisés dans le soutien à la parentalité (4 professionnels), d autres issus du dispositif de prévention ou de soins en addictologie (3 professionnels), des structures à vocation socio- éducative de proximité (6 professionnels : mairie, centre social, PAEJ, maison de quartier, CHRS, collège) ; - Des professionnels issus de services très impliqués dans le champ de la précarité et/ou implantés dans des quartiers défavorisés et d autres au service d une population générale. Treize entretiens auprès de professionnels investis dans des actions de prévention des conduites à risques et/ou de la parentalité ont été menés. L ensemble des professionnels interrogés (12 femmes et un homme) a été sollicité sur proposition soit d un membre du comité de pilotage, soit par l ANPAA au titre des actions partenariales menées ensemble : - Nadia Benourhazi, Directrice, Maison Nouvelle, Wasquehal (entretien collectif avec les partenaires du réseau parentalité) - Valérie Bettancourt, Psychologue, Fil d Ariane, Lens - Claire Botte, Psychologue, maison de la parentalité, Liévin - Patricia Dhont, Psychologue, ARPEJ, Lille - Sophie Garçon, Infirmière scolaire, collège Ronchin - Lila Ghemmaz, Chargée de projet, DIESE, Cambrai et Emmanuelle Serini, Psychologue CSAPA, Cambrai - Eloïse Hespel, Chargée de prévention, ANPAA 59 - Michel Kervella, Chargé de prévention et de formation, ANPAA 35 (entretien téléphonique) - Marie- Pierre Lutun, Coordinatrice du REAPP et conseillère technique territoriale, CAF, Maubeuge - Louise Macquart, Educatrice, Maison de quartier, Raismes - Christelle Oseibonsu, Educatrice de jeunes enfants et Manuela de Sousa, Educatrice spécialisée, Café des parents, Lambersart - Johanna Wasiela, Educatrice, CHRS 9 de cœur, Lens - Dominique Westelynck, Responsable du service santé, Mairie, Calais Les entretiens ont été réalisés sur le lieu d exercice des professionnels (sauf pour le chargé de projet de l ANPAA 35, l entretien a été réalisé par téléphone). Tous les entretiens ont été réalisés sur le mode d un face à face enregistré. Un entretien a été réalisé sous forme d une interview collective. Pour compléter ces entretiens, un focus groupe auprès d un groupe d habitants de Lomme a été réalisé. 8

9 Grille d entretien : Les professionnels ont été interviewés par entretiens semi- directifs. Une grille d entretien a été utilisée, mais sans imposer une standardisation de la forme, ni de l ordre des questions (cf. annexe). Le discours du professionnel était orienté pour obtenir des informations sur des points définis à l avance, tout en maintenant une attitude peu directive. La grille d entretien a été réalisée pour apporter des réponses aux thématiques suivantes : - Les parents/conduites à risques de leurs enfants : quels constats? - Positionnement du professionnel sur le rôle et la place de la famille dans cette prévention : constats, ressources et difficultés observées par les professionnels - Présentation globale des actions menées / à la thématique (origine du projet, objectif, public, priorités, modalités, partenariat, spécificités, outils utilisés, financement ) - Posture du professionnel et des partenaires à privilégier pour une implication des parents - Participation des parents dans l action menée (la préparation, l animation et l évaluation) - Implication du professionnel, de la structure, des familles, des partenaires - Points forts, difficultés, éléments favorisants la mise en œuvre et l animation du projet, en particulier la mobilisation des parents. Pistes d amélioration à envisager - Impact du projet au niveau des familles, des relations familiales, des relations familles/professionnels, du partenariat - Besoins et attentes des professionnels, des structures pour développer l axe parentalité/conduites à risques (soutien méthodologique, formation ) - Enseignements transposables à d autres actions 9

10 Partie 1 : Les parents et la prévention des conduites à risques Revue de littérature Cette étude de littérature a été réalisée par Céline Gasperini, psychologue 10

11 PREAMBULE I- Les parents, des acteurs essentiels dans la prévention des conduites a risques La famille est un facteur décisif de la socialisation des enfants, y compris en ce qui concerne l acquisition d attitudes et de comportements, notamment en matière de consommation d alcool et/ou d autres substances. Ils occupent une place centrale dans la prévention des conduites à risques. Comme le souligne dans son introduction le dossier «Addictions, famille et entourage» réalisé en 2013 par la Fédération Addictions : «la cellule familiale est, avec l école, un des environnements majeurs de développement psychologique et social. Premier lieu d apprentissages des règles, de l interdit et de la responsabilité, l enfant y intègre ses repères, apprend à s y positionner par rapport aux autres et à se confronter à ses actes. La famille aide l enfant à s exprimer et à contrôler ses émotions. Elle est aussi un lieu privilégié et d interaction entre responsabilité individuelle et responsabilité partagée. Les adultes qui la constituent sont les premiers modèles dans les processus d apprentissage et d identification, avant qu au début de l adolescence d autres acteurs n interviennent, l influence des pairs prenant alors une importance nouvelle». La littérature identifie particulièrement deux types de variables : les variables relationnelles et les variables concernant la supervision parentale. 1- Les relations au sein de la famille Dans la littérature, les relations au sein de la famille sont abordées selon trois caractéristiques (étudiées ensemble ou de manière indépendante) : - La communication, - Le climat familial, - la proximité affective. 1-1 La communication La communication au sein de la famille peut être définie selon quatre critères : - La liberté d expression, - La fréquence des conversations, - L écoute des parents, - La facilité à aborder des sujets intimes ou sensibles. Les études montrent que les adolescents ou les jeunes élevés dans des familles où la communication avec les parents leur apparaît satisfaisante consomment moins de tabac, de cannabis et d alcool (Tobler et Komro, 2010). La qualité de la communication parents- enfants apparaît même être un facteur de protection plus important que le monitoring décrit ci- après (Kerr & Stattin, 2000). 1-2 Le climat familial Le climat familial correspond aux relations entre les parents et entre les parents et l enfant (conflictuelles versus chaleureuses). 11

12 Les études montrent qu un climat conflictuel (entre les parents ou entre parents et enfants), associé éventuellement à l absence de monitoring parental, est plus volontiers associé : - A des perceptions sociales et interpersonnelles de l adolescent plus favorables concernant la consommation de substances psychoactives : normes des amis et pairs concernant la marijuana davantage positives, plus grande approbation concernant la consommation de substances illicites par les autres, plus faibles niveaux de capacité à refuser une substance, plus forte recherche de sensation (Hemovich, Lac et Crano, 2011). - A des conduites de consommation de substances effectives un an après la première enquête. Le climat chaleureux et de confiance est un facteur de protection important permettant aux enfants d exprimer librement leurs préoccupations, leurs activités et il favorise une meilleure communication (Vorst, Engels, Dekovic, Meeus & Vermlust, 2007). 1-3 La proximité affective La proximité affective est communément définie dans la littérature comme un sentiment de proximité et d intimité ressenti par les enfants envers leurs parents. Le sentiment de proximité affective influence davantage la consommation ultérieure des enfants, que la consommation, par les parents eux- mêmes, d alcool (étude réalisée auprès de 3127 adolescents de 15 ans - Kuntsche, Kuending, 2002). La qualité de l attachement est associée à une plus grande intolérance à la déviance et à une moindre influence des pairs déviants, et donc à une moindre consommation de substances (Wood, Read, Mitchell & Brand, 2004). Un lien affectif fort permettrait à l adolescent de s approprier les normes et valeurs parentales par un processus d internalisation. Cette internalisation préviendrait en retour l engagement dans des comportements déviants. Ainsi, en se sentant proche de leurs parents, la plupart des adolescents adopteraient les valeurs parentales et seraient dès lors plus enclins à développer des habitudes de consommations d alcool modérées (Jung, 1995). 2 La supervision parentale La supervision parentale est abordée selon deux caractéristiques : le monitoring et le contrôle parental (les études ont évalué ces aspects ensemble ou bien indépendamment). 2-1 Le monitoring Le monitoring renvoie à la connaissance qu ont les parents des activités et des fréquentations de leur enfant (c est- à- dire où se trouve leur enfant quand il n est pas avec eux, avec qui et comment il passe du temps). Un monitoring faible est associé à la consommation de cigarettes et aux alcoolisations juvéniles (Simons- Morton, Chen, Abroms & Haynie, 2004 ; Wood et al, 2004). Les adolescents et les jeunes qui déclarent que leurs parents savent où ils sont le samedi soir ont moins de chances de fumer des cigarettes ou de consommer du cannabis que ceux qui affirment l inverse (ESPAD 2004). Plus encore, bien que les parents pensent que leur influence diminue lorsque leur enfant entre dans l âge adulte (Turrisi, Wiersma & Hughes, 2000), la recherche démontre, au contraire, que les parents continuent d avoir un impact sur la consommation d alcool de leur enfant au début de l âge adulte (Brook, Whiteman, Finch & Cohen, 2000 ; Turisi, Jaccard, Taki, Dunnam & Grimes, 2001 ; Turrisi et al., 2000). Ainsi, plus les étudiants en première année universitaire perçoivent que leurs parents essaient de savoir comment ils passent leur temps libre, moins ils sont 12

13 susceptibles de passer du temps avec des pairs ayant de fortes consommations d alcool, et moins ils sont susceptibles d en consommer massivement (Abar et Turrisi, 2008). 2-2 Le contrôle parental Le contrôle parental repose sur le fait de donner à l enfant des règles de vie précises. Cela comprend des pratiques disciplinaires (ex : directives strictes concernant les comportements acceptables) et l évaluation de leur suivi effectif par l enfant. Sur cette variable spécifique, la littérature est inconstante. Néanmoins, il semblerait que la perception par les enfants des règles (qu elles soient ou non clairement exposées) influence davantage le comportement des enfants que leur contrôle effectif. Ainsi, les adolescents qui accordent de la valeur à l opinion de leurs parents auraient davantage tendance à penser sérieusement à arrêter de fumer et/ou avaient davantage essayé d arrêter durant les 6 mois écoulés. L opposition parentale à ce que les enfants fument, qu elle soit ou non réellement exprimée par les parents ou simplement perçue par les adolescents, semble jouer un rôle plus important dans la décision des adolescents de fumer que le fait que les parents fument eux- mêmes (Castrucci & Gerlach, 2005). Les adolescents sont ainsi moins influencés par leurs pairs et repoussent l initiation à l alcool s ils pensent que leurs parents désapprouvent la consommation d alcool. Les adolescents sont moins susceptibles de consommer de l alcool si leurs parents ont clairement exprimé leurs attentes concernant la consommation d alcool quand ils étaient plus jeunes (Peterson et al auprès d adolescents de ans). Conclusion : le style éducatif parental, un élément déterminant dans la prévention des conduites à risques Dans une étude (Bartlett, Girst & Hahn, 2011) réalisée en Grande- Bretagne, les chercheurs ont suivi une cohorte de plusieurs milliers de personnes (séparées en groupe pilote et groupe témoin) de la naissance à l âge de 34 ans. L objectif de l étude était de mesurer si la manière dont leurs parents les éduquaient avait une influence, à différents âges de leur vie sur leurs comportements face à l alcool. Les résultats ont montré que le style éducatif exerce une influence plus importante sur les comportements des jeunes que la catégorie socioprofessionnelle, le revenu, l origine ethnique ou les consommations d alcool de leurs parents. Ils soulignent que les parents qui accordent beaucoup de temps à leur enfant et savent combiner affection et autorité (attitude que les anglophones qualifient de «tough love» ou «fermeté affectueuse») exercent une influence protectrice : à l adolescence et à l âge adulte, leur enfant aura moins tendance que les autres à s engager dans des consommations à risques. Les chercheurs en concluent qu une éducation reposant sur des limites claires associées à un climat affectueux est un facteur de protection important à prendre en considération. En effet, plus la relation parent- enfant est adaptée, plus la résistance de l enfant à l influence des pairs est forte, et moins il développe des conduites à risques. De même, les travaux du sociologue français Ludovic Gaussot, ont également mis en évidence cette réalité. Le Style Educatif Parental (SEP) a une influence sur les consommations d alcool des jeunes de 13 à 24 ans. La prévalence des différents modes de consommation varient selon les deux dimensions du SEP : la sollicitude et l exigence. Un style éducatif «exigent» protège ou retarde l entrée en consommation (48% des enfants non- consommateurs ont un SEP autoritaire et 25% un SEP vigilant). Or, parmi les seuls consommateurs, un style éducatif marqué par la «sollicitude» modère les pratiques de consommations en limitant globalement les usages à 13

14 risques chroniques (33% des consommateurs sans risque ont un SEP vigilant et 25% un SEP indulgent) (L. Gaussot, L. Le Minor, 2011). Toutes ces données sont d autant plus importantes qu un sondage effectué par l INPES à la demande de la MILDT en 2010 montre que : - 17% des parents ne parlent jamais des risques liés à l alcool, - 19% n ont jamais exprimé leur désaccord avec la consommation régulière et/ou abusive d alcool, - 21% ne parlent jamais des dangers liés à la consommation de drogue, - 22% ne rappellent jamais que la consommation de drogue est interdite. II- Les conduites à risques : inquiétude parentale, croyances erronées et influence du milieu social d appartenance 1- Parents et adolescents : des représentations opposées de la consommation Parents et enfants n ont pas les mêmes représentations de la consommation de drogue : les parents perçoivent les «problèmes de drogue» des adolescents comme plus sérieux que ne le font ces derniers (Mc Duffie & Bernt, 1993). Ainsi, à la question «quelles sont les raisons de la consommation de drogue?», les parents listent des raisons à connotations négatives comme «l ennui, la rébellion, la solitude, la pression sociale» alors que les adolescents citent plutôt : «pour s amuser, pour se détendre, pour gagner en expérience, pour mieux comprendre». 2- La consommation de drogues et d alcool : une préoccupation parentale prédominante Les résultats ci- dessous s appuieront particulièrement sur les résultats d une thèse de doctorat en sociologie (Le Pape, 2009) s intéressant à la fois aux pratiques éducatives parentales et aux conduites à risques des enfants. Plusieurs arguments viennent expliquer ce choix : la population étudiée est française, (et non anglo- saxonne comme dans la plupart des études publiées), les données sont récentes et la méthodologie utilisée allie à la fois des données qualitatives (entretiens avec les parents et les enfants) et quantitatives. 2-1 Des craintes parentales qui évoluent quand l enfant grandit La drogue constitue la principale crainte de 68% des parents d enfants âgés de 6 à 12 ans (IFOP, 2008). L estimation, par les parents, de la probabilité que leur enfant puisse être exposé à un risque va influencer leur sentiment d inquiétude. Plus les parents considèrent que leur enfant a des risques d y être exposé, plus leur inquiétude augmente. Dans cette estimation, l âge de l enfant serait le principal facteur déclenchant de l inquiétude parentale. La crainte des parents concernant la consommation de substances psychoactives de leur enfant commencerait à émerger lorsque l enfant a 6-7 ans pour croître sensiblement à partir de 12 ans et atteindre son pic entre 15 et 20 ans (pour 32% des parents, elle devient alors la crainte la plus importante). Après 20 ans, cette crainte décroît pour être remplacée par celle liée aux accidents de la route (Le Pape, 2009). 14

15 2-2 Des craintes influencées par le milieu socio- économique d appartenance des parents La plupart des parents s inquiètent de la consommation de substances de leur enfant à l adolescence. Pour autant, l évaluation du risque diffère selon leur milieu socio- économique d appartenance (Le Pape, 2009). En comparaison avec les cadres, il apparaît que les ouvriers, les agriculteurs et les inactifs citent deux à trois fois plus souvent l alcool et la drogue comme crainte principale. Catégorie socio- professionnelle Cadres Commerçants Professions intermédiaires Ouvriers Agriculteurs Inactifs Pourcentage des parents ayant cité l alcool et la drogue comme crainte principale 11% 12% 19% 22% 27% 29% Selon l auteur, les parents cadres, plus confiants dans leur capacité à prévenir et à faire face à ce type de risque, apparaissent moins soucieux que les parents ouvriers. «Ainsi, davantage confiants en leur capacité à protéger leur enfant, les cadres seraient moins inquiets par les risques». 3- Des perceptions parentales souvent erronées 3-1 Des parents qui ont tendance à sous- estimer la consommation de leur enfant Le plus souvent, les parents ont une représentation erronée de la consommation de leur enfant concernant l alcool, la cigarette, ou encore les substances psychoactives illicites (Bylund, Imes & Baxter, 2005 ; Elliott, Morleo, Harkins, Cook, Penny & Philips- Howard, Penelope, 2011 ; Joseph W. LaBrie, Napper & Hummer, 2013 ; Williams, Mc Dermitt, Bertrand & Davis, 2003). Il existe un écart entre ce que les parents pensent savoir des comportements de consommation de leur enfant, et ce que ces derniers font vraiment. Les parents ont tendance à sous- estimer les consommations de leur enfant. Les résultats étant sensiblement les mêmes d une étude à l autre, nous présentons ici ceux d une étude réalisée au Canada auprès de 985 paires de parent- adolescents (âgés de 12 à 18 ans) (Williams et al., 2003). Les résultats de cette enquête montrent que : - Seulement 39% des parents étaient conscients que leur adolescent fumait du tabac, - 34% savaient que leur enfant consommait de l alcool - 11% qu il consommait des drogues illicites. De plus, les parents les plus conscients des consommations d alcool et de tabac de leurs parents étaient ceux d adolescents les plus âgés (entre 17 et 18 ans). 3-2 Et lorsqu ils surestiment? Si la plupart des parents sous- évaluent la consommation d alcool et de substances psychoactives de leur enfant, d autres, en plus faible proportion, expriment la tendance inverse et surévaluent les consommations (Yang et Al, 2006) : - 5% des parents pensaient que leur enfant avait fumé du tabac au cours des six derniers mois, alors que leur enfant rapportait ne pas l avoir fait ; - 8,7% qu ils consommaient de l alcool alors que leur enfant rapportait ne pas l avoir fait ; - 3, 4% qu ils avaient fumé de la marijuana alors que leur enfant rapportait ne pas l avoir fait. 15

16 Les résultats montrent également que : - Ce sont les parents qui rapportaient avoir des problèmes de communication avec leur enfant qui avaient le plus tendance à surestimer la consommation de leur enfant. - Surestimer les consommations de son enfant influence son comportement ultérieur : les adolescents dont les parents avaient surestimés leur consommation étaient significativement plus susceptibles de boire de l alcool six mois plus tard. A l inverse, les adolescents dont les parents avaient sous- estimé leur comportement à risque étaient moins susceptibles de fumer du tabac, boire de l alcool et de consommer de la marijuana six mois plus tard et 24 mois plus tard. Ces données sont corroborées par une étude très récente sur la consommation de marijuana (Lamb & Crano, 2013) auprès d un échantillon de plus de 3000 paires de parents- enfant (âgés de 12 à 17 ans). Cette étude a été réalisée à deux moments : T1 étant le premier moment de l étude, T2 un an plus tard. La surévaluation parentale a un impact plus fort sur les conduites de consommation ultérieure des jeunes que la sous- estimation. Les adolescents qui ne consommaient pas de marijuana au démarrage de l enquête étaient significativement plus susceptibles de s initier à son usage un an plus tard si au départ, leurs parents les avaient catégorisés. A l inverse, les adolescents consommateurs de marijuana à T1 étaient 2,2 fois significativement plus susceptibles d arrêter leur usage de marijuana si les parents les avaient déclarés à tort abstinents un an plus tôt. En cas de surestimation de la consommation alors que les adolescents étaient abstinents en T1 : les adolescents présentent 4,4 fois plus de chances d être initiés à son usage un an plus tard. Ce pattern de résultats trouve son explication dans le cadre de la psychologie sociale, et notamment le phénomène de l autoréalisation des prophéties ou «effet pygmalion». Ce phénomène a été décrit par Merton en 1994 et démontré empiriquement par Rosenthal et Jacobson en Une prophétie auto- réalisatrice est une croyance erronée, ou attente, qui mène à son accomplissement. Seules les attentes erronées peuvent être établies comme auto- réalisatrices. S'il n'y avait pas de perceptions erronées (i.e. les parents ont une perception juste du comportement de consommation de leur enfant), il n'y aurait pas de prophétie auto- réalisatrice, car il n'y aurait aucune différence entre perception et réalité. Les études dans ce domaine ont montré que les personnes qui émettent des croyances envers un individu modulent leur comportement en fonction de leur croyance. Cet aspect est crucial pour notre propos dans la mesure où les parents font partie des référents sociaux les plus importants de l adolescent, et sont un facteur de risque ou de protection particulièrement puissant aux conduites à risques de leur enfant (cf. chapitre précédent). Depuis Rosenthal et Jacobson (1968), les chercheurs ont montré des associations significatives entre les attentes des parents et le comportement des enfants, et ce concernant la réussite scolaire mais aussi la consommation d alcool, de tabac et de marijuana (guyll, Madon, Prieto & Scherr, 2010 ; Lamb & Crano, 2013 ; Madon, Guyll, Spoth & Willard, 2004 ; Madon & al., 2008 ; Nash, Mc Queen & Bray, 2005). 3-3 Un lien entre consommation et milieu social d appartenance : des résultats pas toujours aisés à interpréter De nombreuses études abordent le lien entre les conduites de consommation de substances des jeunes (alcool, tabac, cannabis et autres drogues) et la catégorie socio- professionnelle des parents. Toutefois, les méthodologies employées rendent particulièrement difficiles les comparaisons entre les études et l interprétation des résultats : le critère pris en considération pour déterminer le niveau socio- économique n est pas toujours identique. Certaines études prennent en compte le revenu familial (aisance financière) alors que d autres privilégient le niveau d éducation des parents. Néanmoins, certains patterns de résultats semblent se dégager. Pour développer notre propos, nous nous appuierons sur deux études : 16

17 - La première étude présente les résultats d un rapport international (HBSC) dirigé par l Organisation Mondiale de la Santé. Il s agit d une étude menée auprès des jeunes de 41 pays et régions à travers l'europe (dont la France) et l'amérique du Nord. Cette étude s intéresse spécifiquement aux comportements liés à la santé de jeunes entre 2005 et Dans cette étude, la situation socio- économique des jeunes a été évaluée, notamment le statut professionnel des parents, l aisance financière ou la pauvreté de la famille. Ces items sont complétés par quatre autres indices : la famille possède ou non une voiture, l enfant a ou non une chambre pour lui seul, l enfant est parti en vacances avec sa famille dans les 12 mois écoulés et enfin, la famille possède un ou plusieurs ordinateurs. Une échelle en trois points a ainsi été définie : faible aisance, aisance moyenne, aisance élevée. Nous nous intéresserons ici uniquement aux résultats concernant la France, dont l échantillon était constitué de jeunes âgés de 11, 13 et 15 ans. - La deuxième étude est une revue de littérature anglo- saxonne qui recense 44 travaux d enquête sur cette problématique spécifique (Hanson & Chen, 2007). Les participants étaient des jeunes âgés de 10 à 21 ans. Afin de limiter l influence de la culture sur les comportements de santé, les auteurs ont retenu uniquement les recherches menées dans les pays occidentaux. Le tabac : - Dans l enquête HSBC, il n y a pas de lien significatif entre l initiation précoce (à 13 ans ou plus jeune) à la cigarette et aisance familiale. Par contre, l aisance de la famille est significativement associée à une consommation hebdomadaire de tabac chez les filles et non chez les garçons : plus les filles sont issues d un milieu aisé, plus la consommation hebdomadaire de tabac est faible. - Dans la revue de littérature internationale, 68% des études suggèrent une association négative entre catégorie socio- économique (CSE) et niveau de consommation de tabac. Par contre, contrairement aux résultats de l étude HBSC, il n y a pas d effet du genre (fille ou garçon). L alcool : - Dans l enquête HSBC, il n existe aucune association significative entre le niveau d aisance familiale et la précocité des ivresses (i.e à 13 ans ou plus jeunes), tant pour les garçons que pour les filles ou encore avec la fréquence des situations d ivresse. Par contre, une aisance familiale élevée est significativement associée à des taux les plus élevés de consommation hebdomadaire d alcool, à la fois chez les filles et les garçons. - Les résultats de la revue de littérature internationale divergent de ceux de l étude HBSC : une majorité des études ne montre pas de lien entre la catégorie socio- économique (CSE) et la consommation d alcool des adolescents. Cependant, ces résultats doivent être nuancés en fonction de l indicateur utilisé : lorsque l indicateur utilisé est le statut social des parents (par exemple le niveau d éducation parental), l association entre la CSE et la consommation d alcool a tendance à être négative : les adolescents appartenant à une CSE faible seraient davantage susceptibles de consommer de l alcool que les adolescents appartenant à une CSE élevée. Le cannabis : Dans les deux enquêtes citées, il n existe pas de relation significative entre l aisance de la famille et l expérimentation et/ou la consommation régulière du cannabis par les enfants (HSBC). Cependant, ici encore, des nuances doivent être apportées. Si l indicateur retenu est le niveau d éducation parental : dans ce cas, l association entre CSE et consommation de cannabis est plus susceptible d être négative. En revanche, lorsque le niveau de ressources financières de la famille est utilisé, l association a tendance à être positive : les adolescents issus d une catégorie socio- économique élevée seraient plus susceptibles de consommer du cannabis que ceux issus d un niveau socio- économique faible. 17

18 Ces résultats peuvent être complétés par l étude américaine menée par Humensky en 2010 auprès de plus de adolescents. Cette étude a mesuré les conduites de consommation, la première fois quand les enfants avaient entre 7 et 12 ans et puis quinze ans plus tard quand ils étaient devenus adultes. Plus les personnes interrogées sont issues d un milieu social favorisé, plus les consommations de cannabis et de cocaïne sont élevées et plus les consommations d alcool sous forme de «binge drinking» sont importantes. En revanche, aucun lien n a été trouvé avec la consommation de méthamphétamine en cristaux ou d autres drogues (LSD, PCP, champignons, inhalants, héroïne ). III- Compétences parentales et pratiques éducatives dans la prévention des conduites à risques 1- Des parents inquiets et peu confiants dans leurs compétences parentales Une étude de 2011 réalisée à la Réunion auprès de 310 parents montre que pour près de 50% des parents, le rôle de parent consiste à poser des limites. Or, plus de 50% des parents expriment également éprouver des difficultés en termes d autorité, et près d un sur deux qu il est difficile de poser des limites. 10% des parents déclarent avoir un problème de communication et d échange dans la famille. Selon cette étude, l éducation des enfants génère : - beaucoup d interrogations pour 90% des parents interrogés ; - beaucoup d inquiétudes pour 84% des parents interrogés ; - beaucoup de difficulté pour 55% ; - beaucoup de stress pour 54%. Plus l enfant grandit, plus des interrogations et le sentiment d inquiétude croissent chez les parents pour atteindre 62% des parents interrogés d adolescents de 15 à 18 ans. Une enquête IFOP menée en 1998 et réactualisée en 2008 auprès de mille parents fait apparaître que : - 62% des parents déclarent qu «être parent, c est beaucoup de bonheur, mais c est aussi beaucoup d inquiétude». Cette conception de la parentalité est plus répandue chez les femmes (67%) et chez les parents vivant seuls (68 %). - 34% des parents déclarent ne pas se sentir soutenus par les professionnels dans leur rôle de parents. - La plupart des parents se déclarent démunis pour aborder la question des conduites de consommation (alcool et autres substances) avec leurs enfants. - En 2008 comme 10 ans auparavant, la drogue est toujours la première préoccupation des parents pour 45% d entre eux. - Une nouvelle source d inquiétude parentale émerge : l'idée de voir le lien filial se dégrader à la suite d'un conflit direct ou se dissoudre dans l'indifférence, est une source d inquiétude pour 36 % des pères et des mères interrogés. «Dès que j'ai l'impression de ne pas remplir au mieux mon rôle de mère, je pense que mon fils va cesser de m'aimer, reconnaît Caroline, maman d'un fils unique. Par peur de reproduire les mêmes erreurs que mes propres parents, je n'ai pas toujours osé faire preuve d'autorité. Heureusement, depuis que mon fils a six ans, je me suis rendue compte que son amour pour moi n'avait rien à voir avec le fait que je lui dise non.» Stéphane, 44 ans et père de deux enfants de 7 et 12 ans. «En me séparant de ma compagne, je suis rentré dans une course à l'amour, regrette- t- il. Quand je vois mon fils et ma fille, je 18

19 n'ai pas envie d'être uniquement dans un rapport d'autorité avec eux. Je suis donc forcément beaucoup plus laxiste de peur qu'ils n'aient plus envie de venir chez moi.» Les parents expriment la volonté de bien faire mais ils manquent de confiance en leurs capacités. Ce constat est confirmé par les chiffres rapportés par la synthèse sur les REAAP (CAF, 2011) : - 46% des parents estiment manquer souvent de compétences. - Parmi ces parents se sentant souvent incompétents : o 45% ont des difficultés pour interpréter les comportements de leurs enfants, o o 44% pour savoir comment les épauler, ou comment se comporter avec eux, 83% des parents déclarent qu en cas de difficulté, ils discutent avec d autres parents de sujets concernant leurs enfants. De plus, les parents ont tendance à surestimer l approbation des autres parents par rapport à la consommation de substances (exemple : la consommation d alcool par des mineurs ou s intoxiquer à l alcool durant une soirée) (La Brie, Hummer, Lac, Ehret et Kenney, 2011). Or, lorsque les parents perçoivent les autres parents comme plus permissifs, ils ont ensuite tendance à se conformer à cette norme et à avoir une position plus laxiste vis- à- vis de leur enfant. Enfin, la perception par les parents de leurs pratiques parentales varie en fonction du milieu social : Quel que soit l indice retenu (catégorie socio- professionnelle, revenus, niveau scolaire), les parents issus des milieux sociaux favorisés sont nettement plus assurés de leurs propres connaissances éducatives que les autres parents : - 69% des parents possédant un diplôme universitaire estiment avoir «rarement» ou «jamais» l impression de manquer de connaissance dans la façon d éduquer leur enfant contre 56% chez les parents ayant un niveau d enseignement primaire ou secondaire. - Les parents des milieux favorisés sont également les plus nombreux à déclarer ne pas ressentir le besoin d une aide dans la gestion de la vie quotidienne de leur enfant. 2- Des pratiques parentales liées à leurs représentations du risque La représentation du risque dépend de trois principaux paramètres : sa visibilité, son exposition et le contrôle de leur enfant. Pour évaluer l exposition de son enfant à un risque particulier, les critères les plus fréquemment évoqués par les parents sont la fréquence estimée du risque et l environnement dans lequel l enfant évolue et grandit. Ainsi, lorsqu on leur propose une liste de risques, les parents écartent systématiquement ceux dont ils estiment qu ils ne «touchent» pas leur enfant, c est- à- dire ceux auxquels ils pensent que leur enfant n est pas exposé. Plus un risque est perçu comme probable, plus il suscitera d inquiétude, et plus en retour il fera l objet de prévention. Les parents préviennent les risques dont ils ont le plus peur pour leur enfant (Le Pape, 2009). Or, s agissant des conduites à risques, les parents ont souvent une perception erronée des risques pris par leurs enfants. 19

20 3- La consommation : un sujet de discussions entre parents et enfants peu fréquent Les discussions entre parents et enfants concernant la consommation d alcool et d autres substances sont un facteur de protection à l installation de conduites à risque. Pour autant, parents et enfants n ont pas la même perception de la fréquence de ces discussions, comme le montrent les résultats d une enquête anglaise menée auprès 964 paires de parents enfants (âgés de 11 à 17 ans) : - 86% des parents rapportent avoir parlé d alcool à leur enfant au cours des trois derniers mois ; - seulement 59% des enfants rapportent avoir parlé d alcool avec leur parents sur cette même période (Elliott & al., 2011). En outre, les parents d enfants qui consomment ont significativement plus rapporté avoir eu ces discussions avec leur enfant que les parents d enfants qui ne consomment pas. Les résultats ne permettent pas cependant de savoir si ces discussions ont débuté avant ou après que l enfant ait commencé à consommer de l alcool. En parallèle, 86% des enfants ont déclaré qu'ils seraient plus susceptibles de se tourner vers les parents ou un autre membre de la famille pour obtenir des conseils au sujet de l'alcool, si nécessaire. La rareté des discussions parents- enfants sur la consommation d alcool et/ou autres substances est liée également à la sous estimation des conduites de consommation décrites précédemment. Echanger avec son enfant au sujet de sa consommation, solliciter son opinion à ce propos, ou encore exprimer ses attentes vis- à- vis de la consommation d'alcool au collège ou au lycée passe par une prise de conscience du risque. Dans ce cas, les parents sont moins enclins à parler des stratégies pour éviter les conséquences négatives associées à la consommation d'alcool ou encore des moyens d associer sécurité et consommation (Bylund & al., 2005). 4- Des parents plus interventionnistes quand ils ont pris conscience de la consommation Quand les parents perçoivent que leur enfant consomme de l alcool, ils introduisent plus volontiers au moins trois des méthodes parentales visant à réduire ou prévenir la consommation d alcool ou les préjudices qui lui sont liés comme s assurer que leur enfant a bien pris son téléphone portable, supprimer des privilèges, fournir eux- mêmes de l alcool, les empêcher de fréquenter certains amis, offrir de petites quantités d alcool à boire à la maison, contrôler l argent de poche, cacher l alcool à la maison, réduire leur propre consommation, donner des conseils. Les méthodes les plus citées à la fois par les parents et les enfants étaient «discuter avec l enfant (86% et 61% respectivement), donner un téléphone portable (21% vs 19% ceux qui n en n ont pas conscience). Toutefois, 12% des parents et 28% des enfants ont déclaré qu'aucune des méthodes parentales proposées dans l'enquête n a été introduite par les parents (Elliott et al, 2011). 20

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