Evaluation Agi Son Agi son Evaluation de la campagne de sensibilisation aux risques auditifs liés à l écoute de musiques amplifiées

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1 Agi son Evaluation de la campagne de sensibilisation aux risques auditifs liés à l écoute de musiques amplifiées 1

2 Introduction p. 3 Méthode p.4 1. Le public p.5 A. Caractéristique des personnes interrogées p. 6 B. Les troubles auditifs : plus répandus que le test de l audition p. 7 C. La protection contre les risques auditifs : toujours minoritaire p. 8 D. La campagne p Les musiciens p.14 A. Caractéristique des répondants p.14 B. Les troubles p.14 C. La perception de la campagne Agi Son par les musiciens p Les professionnels p.18 A. Les professionnels ayant répondu p.18 B. La sensibilisation aux risques p.19 C. La participation à la campagne Agi Son p.19 Bilan de l évaluation p.23 Liste des tableaux et des graphiques p.24 2

3 Introduction Dans le cadre de la seconde campagne de prévention sur les risques auditifs liés à l écoute de musiques amplifiées menée en partenariat entre l association Agi Son et, une évaluation a de nouveau été menée. Afin d améliorer le dispositif d information et de prévention des risques et de l adapter aux attentes du public, une évaluation est en effet nécessaire. Nous étudierons successivement les enquêtes qui ont été menées : auprès du public, des musiciens des professionnels des lieux de diffusion. Tableau 1 : Evolution du dispositif d évaluation (régions, salles, questionnaires) Nombre de régions pilotes Nombre de régions ayant envoyé des questionnaires Nombre de salles «évaluées» Nombre de questionnaires «public» Nombre de questionnaires musiciens 2004 Evolution , ,8 16 Plus de 50 X X 2, X 3 Notons donc qu entre 2004 et, le nombre de personnes interrogées dans le cadre de cette campagne a été multiplié par plus de 2,5. L évaluation de cette année a deux avantages : Outre le fait que les réponses du public sont comparables à celles des musiciens, les résultats peuvent dans certains cas 1 être comparés à ceux de Parfois la formulation des questions a été modifiée et la comparaison des réponses entre les deux évaluations est limitée. 3

4 Méthode - constitution de l effectif de répondants Les questionnaires ont été auto administrés lors des opérations de sensibilisation sur des lieux de concerts. Les personnes interrogées dans le cadre de cette évaluation l ont été sur des lieux de concerts sur lesquels des opérations de sensibilisation aux risques auditifs ont eu lieu. Il leur était également distribué une paire de bouchons d oreilles en mousse ainsi qu un dépliant d information et de prévention sur les risques auditifs. De par le mode de sélection des personnes ayant participé à l enquête, l échantillon ne peut donc pas être considéré comme représentatif de la population qui fréquente les salles de concerts. - les personnes n ont pas été interrogées de la même manière selon les salles et selon les régions - les périodes d interrogation sont différentes, ce qui a des conséquences sur le type de public fréquentant les salles Les résultats de cette évaluation doivent donc être interprétés avec prudence dans le cadre de cette campagne mais ne se veulent pas représentatifs, à de nombreux égards, de «la population» (qui est elle-même diverse) fréquentant les salles de concerts. Sur les 15 régions pilotes, 13 régions ont fait remonter des questionnaires. Il aurait été intéressant de pouvoir comparer les résultats d une région à l autre, cependant la faiblesse des personnes interrogées dans certaines régions rend cet exercice difficile. En effet, alors que 47 personnes ont été interrogées en Pays de la Loire, elles ont été 500 en Rhône-Alpes. Chaque relais régional transmis les questionnaires à Sophie Le Canu, responsable de la coordination de la campagne au niveau national ou au siège de La Mutuelle des Etudiants. Ils ont ensuite été saisis par une machine à lecture optique. L analyse des données a été effectuée avec le logiciel Sphinx V.5. 4

5 1. Le public Durant les mois d octobre à décembre, 1781 personnes ont été interrogées sur des lieux diffusant des musiques amplifiées. 13 régions sont représentées. C est dans la région Rhône-Alpes que le nombre de questionnaires passés a été le plus important, comme le montre le graphique suivant. Graphique 1 : Répartition des questionnaires reçus selon la région Rhône-Alpes Ile-de-France Poitou-Charentes PACA Bretagne Nord-Pas-de-Calais Midi-Pyrénées Bourgogne Centre Basse Normandie Aquitaine Pays de la Loire Haute Normandie Dans le cadre d une démarche de développement de la campagne Agi Son, il est intéressant de noter les différences qui peuvent exister entre les régions. Des croisements par régions seront donc présentés. Outre les questionnaires ayant été administrés à des étudiants (agences LMDE) et ceux pour lesquels on ne dispose pas de la capacité de la salle, on constate que la majorité des salles sont de moyenne jauge, c est-à-dire qu elles peuvent accueillir entre 500 et 1000 personnes. Tableau 2 : répartition des personnes interrogées selon la capacité de la salle. Capacité Petite capacité Moyenne capacité Grande capacité Total Nombre de personnes accueillies - de 500 Entre 500 et 1000 Plus de 1000 Nombre de questionnaires «public» Répartition 23% 47% 30% 100% 5

6 Les salles de moyenne capacité sont relativement plus nombreuses que lors de la dernière évaluation. On en recensait 38 % contre 47 % cette année. Est-ce plus représentatif de la répartition des salles sur le territoire? A. Caractéristiques des personnes interrogées Une population plus féminine qu en ,3 % des personnes ayant rempli le questionnaire sont des femmes pour 54,5 % d hommes, sachant que 3,2 % des personnes interrogées n ont pas précisé leur sexe. Ces proportions sont plus représentatives de la répartition par sexe de la population générale que celles observées lors de l évaluation 2004, dans laquelle plus de 6 répondants sur 10 étaient des hommes. Notons que selon l INSEE, les femmes représentent 50,4 de la population entre 20 et 64 ans. Un public jeune Le public est jeune, puisque 75 % des personnes interrogées ont moins de 27 ans. Des soucis sur la saisie de l âge font que cette donnée n est disponible que pour 90 % de notre population pour laquelle l âge moyen est de 24,2 ans. Une grande partie du public est étudiant ou lycéen On a recensé 37,2 % d étudiants, 14 % de lycéens, 32 % de personnes ayant une activité professionnelle et 7,4 % de personnes au chômage. Cela signifie que 51,2 % des personnes que nous avons interrogées sont scolarisées. 41,8 % des femmes sont étudiantes contre 24,7 % des hommes. Il y a relativement plus d hommes en activité ou au chômage que de femmes. Comparaison des publics 2004 et Si l ambition de cette évaluation est, outre sa dimension descriptive, de fournir des éléments de comparaison avec l analyse faite en 2004, il est nécessaire de comparer les principales caractéristiques du public. Tableau 3 : Principales caractéristiques de la population interrogée en 2004 et en % d hommes 62 % 54,50 % Age moyen 25,3 ans 24,2 ans* Région la plus représentée Auvergne Rhône Alpes % de musiciens 36 % 44,60 % * sur 90 % des personnes interrogées Au vu de ces résultats et notamment de la différence de structure par sexe de nos deux échantillons, il est nécessaire de les comparer avec prudence. En effet, on constate que la population interrogée en 2004 était plus masculine que celle de. 6

7 Il conviendrait en revanche de pouvoir évaluer la représentativité de notre public avec celui qui fréquente les salles de concerts sur plusieurs critères (sexe, âge et activité notamment). Pratique de la musique Une part importante des personnes ayant répondu au questionnaire se déclarent musiciens : 44,6 % contre 36 % dans l évaluation ,6% des personnes interrogées n ont pas répondu à la question. B. Les troubles auditifs : plus répandus que le test de l audition Les troubles auditifs concernent une majorité de personnes 61,3 % des répondants ont déjà eu des sifflements ou des bourdonnements après avoir écouté de la musique. Parmi les personnes interrogées en 2004, 66 % étaient concernées. Parmi eux, 24,6 % ont déjà ressenti cela même après un temps de repos de 6 heures. 42,1 % des répondants ont déjà eu la sensation de moins bien entendre à la suite d une exposition sonore et pour 30,3 % d entre eux, ce désagrément a persisté après un temps de repos d au moins 6 heures. Dans l Enquête Nationale sur la Santé des Etudiants (ENSE) menée par La Mutuelle des Etudiants en sur un échantillon de 9228 étudiants, 65 % d entre eux ont déclaré avoir déjà ressenti des sifflements ou des bourdonnements. Pour 15 % d entre eux, cela s est produit souvent. 53 % des étudiants ayant répondu à l enquête ont déjà eu la sensation de moins bien entendre, après avoir écouté de la musique lors de sorties. Lorsque l on isole la population étudiante de notre échantillon, on note que les résultats sont assez proches même si l ENSE incluait une fréquence des troubles, ce qui ne rend pas ces données parfaitement comparables. Le contrôle de l audition 58,2 % des personnes interrogées déclarent avoir déjà testé leur audition. En 2004, cela concernait 57 % des personnes, soit une proportion très proche. On constate que 61,3 % des personnes ont déjà ressenti des troubles de l audition et en même temps, ils sont moins nombreux à avoir fait testé leur audition. Ces troubles seraient ils moins fréquents si les personnes étaient plus nombreuses à consulter? Les personnes pratiquant la musique ont plus souvent testé leur audition Alors que 62,2 % des personnes pratiquant la musique ont déjà testé leur audition, elles sont 55 % dans ce cas parmi les autres personnes. En revanche, elles ne sont pas moins nombreuses à déclarer des troubles de l audition, ce qui tendrait à infirmer notre précédente hypothèse selon laquelle les personnes ayant moins de troubles auraient fait plus souvent testé leur audition. Notons cependant que ces personnes sont peut-être plus susceptibles d être exposées à des hauts volumes sonores et qu elles ne se protègent pas plus que les autres. 7

8 La perception du niveau d information semble stable 53,1 % des personnes interrogées estimaient être bien informées sur les risques auditifs avant la lecture de la plaquette. 31,2 % des personnes ne se sentent pas suffisamment informées et 12,5 % pas du tout. Ces proportions sont très proches de celles de l évaluation Les personnes ayant déclaré pratiquer de la musique sont significativement plus nombreuses à se déclarer bien informées sur les risques auditifs : 59,1 % d entre elles sont bien informées contre 47,6 % de celles qui ne pratiquent pas de musique. C. La protection contre les risques auditifs : toujours minoritaire Il a été demandé au public s il se protégeait contre les risques auditifs lorsqu il était exposé à de la musique amplifiée. 34 % des personnes se protègent parfois et 9,3 % se protègent toujours. Parmi elles, la majorité opte pour l utilisation de bouchons d oreilles. 44 % font des pauses et 35 % des personnes qui déclarent se protéger restent durablement éloignées des sources sonores lors de leurs sorties. Parmi les personnes déclarant se protéger 30% déclarent à la fois utiliser des bouchons et faire des pauses, 21% utilisent des bouchons et restent loin des sources de manière durable. Graphique 2 : répartition des modes de protection (pour les personnes ayant déclaré se protéger) 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% Bouchons (72%) Pauses (44%) Eloigné durablement (35%) Autre (6%) Nb : le total est supérieur à 100 car plusieurs réponses étaient proposées. 8

9 D. La campagne L affiche de la campagne a été vue par 4 personnes sur 10, ce qui est légèrement inférieur au chiffre de l an dernier. Les personnes ayant vu l affiche sont surreprésentées en région PACA puisque 75 % du public interrogé a vu l affiche. Notons que dans cette région 26 % des personnes ont été interrogées à l université de La Garde à Toulon. Elles sont nombreuses à avoir vu l affiche, mais les personnes interrogées à l Oméga Live et au Zénith de Toulon le sont également. A l inverse, dans la région Rhône-Alpes seulement 32,6 % des personnes interrogées déclarent avoir vu l affiche (et 9,9 % n ont pas répondu à la question). Une affiche plus évocatrice que la précédente Pour 71,6 % d entre elles, l affiche a évoqué les risques de l audition alors que lors de l évaluation de 2004, c était le cas pour 59 % d entre elles. Notons que la nouvelle affiche comporte des informations claires sur les risques auditifs en gros caractères rouges notamment «une exposition prolongée à de forts volumes sonores peut provoquer des lésions irréversibles de l audition», ce qui n était pas le cas de la précédente. Le fait d avoir rendu l affiche plus explicite se ressent dans la perception du public. Notons que les 3 régions dans lesquelles le taux de personnes jugeant que l affiche évoque les risques de l audition est le plus élevé, sont des régions ayant déjà participé à la campagne l an dernier. L affiche y est probablement mieux identifiée car elle a déjà été vue. Une bonne perception des outils Comme l illustre le graphique suivant, les supports de l action sont plutôt perçus de manière positive. 48 % des personnes interrogées jugent les outils informatifs et intéressants, 32,6 % les trouvent clairs. Pour 17,9 % des personnes ils sont attrayants. Seulement 6 % des personnes pensent que les outils sont incomplets et pour 5,2 % d entre elles, ils sont complexes. 9

10 Graphique 3 : Jugement du contenu de l affiche et du dépliant informatif et intéressant (48 %) clair (32,6 %) attrayant (17,9 %) original (15,3 %) pas esthétique (9,8 %) autre (6,3 %) incomplet (6%) complexe (5,2 %) pas intéresssant (2,8 %) 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% nb : les répondants pouvaient donner plusieurs réponses, le total est donc supérieur à 100 Notons qu il n y a pas, sur ce point, de différence entre les personnes qui pratiquent de la musique et les autres. Des outils jugés adaptés à la prévention des risques auditifs Une grande majorité du public (80,5 %) juge que les outils de prévention Agi-son sont adaptés à la prévention des risques auditifs liés à l écoute des musiques amplifiées. L inconvénient des bouchons 7,5 % des personnes interrogées pensent que ce ne sont pas des outils adaptés et parmi elles, les hommes sont plus nombreux. 117 personnes ont souhaité faire un commentaire qui ne concerne pas forcément les outils. La raison citée le plus souvent pour justifier l inadaptation des outils, est l inconvénient de porter des bouchons d oreilles lors de concerts (31 %). Les personnes insistent sur l altération de la qualité du son et le fait que les bouchons ne sont pas pratiques et pas toujours adaptés. 25 % des réponses concernent les supports. Les arguments sont qu ils ne les ont pas vus, qu ils ne sont pas assez lisibles, que les gens ne liront pas les dépliants, ou encore que distribuer un dépliant n est pas suffisant pour modifier les comportements. Les personnes interrogées proposent parfois des solutions alternatives, comme contrôler le niveau sonore ou faire des pauses. 10

11 Plusieurs remarques positives montrent que les personnes sont sensibles à l action mise en place et l encouragent à se développer. 6 personnes sur 10 considérant ne pas se protéger auparavant (ou pas assez) ont été attentives aux arguments du dépliant A la question «si jusqu alors vous ne vous protégiez pas contre les risques auditifs ( ), pensez vous le faire à la suite de la lecture de ce dépliant?», 1244 personnes ont répondu. Nous considérerons que les non réponses proviennent de personnes estimant suffisamment se protéger. Aussi, 59,4 % du public pense se protéger à la suite de la lecture du dépliant. Parmi les personnes qui ont déclaré ne pas se protéger du tout lors de leurs sorties, 48,7 % répondent qu elles le feront à la suite de la lecture de ce dépliant alors que 51,2 % pensent ne pas se protéger. Parmi les personnes qui se protégeaient parfois, mais ayant répondu à la question on suppose donc qu elles considèrent ne pas assez se protéger - 79,5 % pensent se protéger à l avenir. Il apparaît donc que les personnes qui ne se protégeaient pas du tout sont plus réfractaires à modifier leur comportement même si près de la moitié d entre elles est prête à se protéger. Le premier mode de protection envisagé est l utilisation de bouchons d oreilles lors des concerts, pour 55,8 % des répondants qui pensent se protéger. 47,4 % feront des pauses et 31,9 % resteront éloignés des sources de son. Des comportements difficiles à changer mais une relative prise de conscience des risques 49,9 % de ceux qui ne comptent pas se protéger ont conscience des risques mais ne souhaitent pas changer leurs habitudes. Près d un quart des personnes qui ne comptent pas se protéger le feront uniquement s ils ont des troubles. Même parmi les personnes qui ont déclaré qu elles ne se protègeront pas, seulement 5 % estiment qu une exposition prolongée à de hauts volumes sonores n est pas dangereuse pour leur audition. Le graphique suivant permet d illustrer la répartition des réponses. 11

12 Graphique 4 : Justifications données par les personnes ne souhaitant pas se protéger à la suite de la lecture du dépliant 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% Autre raison (20%) Protection en cas de troubles (24 %) Conscience des risques mais ne changera pas ses habitudes (50%) Exposition prolongée n'est pas dangereuse (4%) Non réponse (11%) nb : le total est supérieur à 100, les personnes interrogées pouvaient donner plusieurs réponses Le public compte diffuser l information Il était demandé au public s il comptait diffuser l information sur les risques auditifs à son entourage. 13,3 % des personnes interrogées n ont pas répondu à cette question, comme l illustre le tableau 5. On peut supposer que ces personnes n ont pas forcément lu les dépliants, car plus de la moitié d entre elles n ont pas vu l affiche de la campagne. Cependant, 61,4 % de l ensemble des personnes interrogées comptent diffuser l information à leur entourage, cette proportion étant vraisemblablement sous évaluée si l on considère que certaines personnes n ont pas vu le dépliant. Tableau 5 : la diffusion de l information, suite à la lecture du dépliant Oui Non Non réponse Total 61,4% (1093) 25,4% (452) 13,3% (236) 100% (1781) 64,3 % des femmes comptent diffuser l information contre 60 % des hommes. Dans le cadre de la démarche de prévention santé par les pairs, privilégiée par La Mutuelle des Etudiants, ces résultats représentent un encouragement. Près de 20 % des personnes interrogées ont fait des remarques supplémentaires. 12

13 De nombreux messages sont des encouragements («continuez», «c est bien!», «bravo!»). Le public est favorable à la distribution de bouchons gratuits. Beaucoup de messages sont destinés à améliorer et à renforcer la campagne et notamment à renforcer la prévention envers les publics jeunes ou dans les établissements scolaires. 13

14 2. Les musiciens 442 musiciens ont été interrogés dans le cadre de cette évaluation. C est trois fois plus que l année précédente puisque 105 musiciens avaient été interrogés. A. Les caractéristiques des répondants Un milieu plutôt jeune et masculin Parmi les répondants, 78,3 % sont des hommes et 17 % sont des femmes. 63 % des musiciens interrogés ont entre 16 et 30 ans. Notons que les musiciens que l on a interrogés sont en moyenne plus âgés que le public. De par ses caractéristiques, la population de musiciens est proche de celle interrogée en Dans notre échantillon, 3 musiciens sur 10 ont été interrogés en Aquitaine. 15,8 % en Haute Normandie. Dans quatre régions pilotes, dont l Ile-de-France, aucun musicien n a été interrogé. B. Les troubles auditifs Ils semblent répandus et persistants pour certains musiciens 74,7 % des musiciens interrogés ont déjà eu des sifflements ou des bourdonnements après avoir écouté de la musique. Notons que cette part est plus importante que celle du public que nous avons interrogé (61,3 %). Pour une majorité d entre eux, cette sensation n a pas persisté après un temps de repos d au moins 6 heures. Mais pour 25,5 % des musiciens les ayant ressentis, ces troubles ont persisté même après un temps de repos. 45,5 % des musiciens ont déjà eu la sensation de moins bien entendre et pour 27,9 % d entre eux, cette sensation a persisté même après un temps de repos 6 heures après l écoute de musique. Notons qu en ce qui concerne ces troubles auditifs, les réponses des musiciens sont très proches de celles de la dernière évaluation. Test de l audition 66,5 % des musiciens ont déjà fait tester leur audition. Ce taux est supérieur à celui du public. 14

15 Près d un tiers des musiciens ne s estime pas ou pas assez - informé sur les risques Même si 66,1 % des musiciens estiment qu ils étaient suffisamment informés avant la lecture du dépliant, ils sont tout de même 25,6 % à ne pas être suffisamment informés et 6,1 % déclarent ne pas se sentir informés du tout. On constate une différence de 10 points de plus pour les musiciens par rapport au public qui permet de mettre en avant la nécessité de renforcer les campagnes d information sur les risques tant en direction du public que des professionnels. En effet les professionnels de la musique ne se déclarent pas beaucoup mieux informés que le public. Les bouchons sont le premier mode de protection lors des sorties pour près d un musicien sur deux Une grande majorité des musiciens déclare se protéger contre les risques auditifs lors des sorties au moins occasionnellement : 15,4% se protègent toujours et 42,3 % se protègent parfois. Les musiciens sont plus nombreux à déclarer se protéger qu en Mais la question ne proposait pas de fréquence, les résultats ne sont donc pas parfaitement comparables. De plus, étant donné le faible échantillon de musiciens interrogés en 2004, il serait précipité de conclure que ce résultat est lié à une réelle prise de conscience suite à cette campagne de sensibilisation. 78 % des musiciens qui déclarent se protéger utilisent des bouchons d oreilles. Ils déclarent, dans une moindre mesure, faire des pauses (41 %), ou rester loin des sources de manière prolongée (32%). Les répétitions 51,4 % des musiciens interrogés déclarent se protéger lors de leurs répétitions. 67,4 % d entre eux ont déclaré mettre des bouchons et 26,4 % font généralement des pauses. Ces résultats sur les comportements des musiciens en matière de protection justifient la nécessité de maintenir les dispositifs de sensibilisation et d information sur les risques liés à l exposition à de hauts niveaux sonores. En effet, un grand nombre de musiciens déclare ne pas se protéger lorsqu ils sont exposés à de hauts niveaux de musique, ni lors de leurs sorties, ni en répétition. C. La perception de la campagne Agi Son par les musiciens Pour tous les musiciens l ayant vue, l affiche leur évoque l audition 58,8 % des musiciens ont vu l affiche de la campagne. Pour tous ceux qui l ont vue, elle évoque les risques auditifs ou l audition. Lors de la dernière évaluation, l affiche évoquait les risques auditifs ou l audition pour 69 % des musiciens l ayant vue. Comme pour le public, la nouvelle affiche évoque mieux les risques auditifs. 15

16 Une grande majorité des musiciens a une perception positive des supports Parmi les musiciens interrogés, 57 % jugent le contenu des outils informatif et intéressant (contre 48 % du public), 39 % les trouvent clairs, 18 % originaux et 15 % attrayants. Pour 12 % des musiciens, les supports ne sont pas esthétiques et pour 8 % d entre eux, ils sont incomplets (soit 2 points de plus que le public sur ce point). 81,4 % des musiciens interrogés jugent ces outils adaptés à la prévention des risques auditifs liés à l écoute de musiques amplifiées. Seulement 8,6 % pensent que ce ne sont pas des outils adaptés. Parmi les personnes qui pensent que les outils sont inadaptés (38 personnes), plus d une sur deux met en cause les bouchons : ils sont gênants ou nuisent à la qualité du son. Certains proposent également qu ils soient sur mesure mais rappellent le coût de ce type de bouchons (tableau 6). Tableau 6 : réponses des personnes jugeant les supports inadaptés Bouchons 21 Pas pratiques, gênants 7 De mauvaise qualité 1 Nuisent à la qualité du son 8 Il faudrait des bouchons sur mesure 3 Autre 2 Renforcer l'info et la prévention 4 Message pas assez percutant 1 Les gens connaissent les risques mais ne changeront pas 1 Autre 5 Nr 6 Total 38 Une majorité de musiciens sensibilisés A la question suivante, «Si jusqu alors vous ne vous protégiez pas contre les risques auditifs liés à l écoute de musique amplifiée, pensez vous le faire à la suite de ce dépliant?», 266 musiciens ont répondu. On considèrera uniquement les personnes ayant répondu à cette question. Parmi les répondants, 67,3 % pensent se protéger contre les risques suite à la lecture de ce dépliant. Parmi les musiciens qui ne se protégeaient pas lors des répétitions ayant répondu à la question, 53,7 % répondent qu ils se protégeront à la suite de la lecture de ce dépliant. Parmi ceux qui ne se protégeaient pas lors de leurs sorties et ayant répondu à la question, 64,7 % pensent se protéger à l avenir. 16

17 Les modes de protection envisagés Evaluation Agi Son Les bouchons sont pour la majorité des personnes le mode de protection qu ils envisagent d utiliser (70 %). Parmi ceux qui comptent se protéger, 58 % des musiciens interrogés feront des pauses (tableau 7). Rester durablement loin des sources est comme pour le public le mode de protection le moins envisagé. Tableau 7 : les modes de protection envisagés par les musiciens qui pensent se protéger Mode de protection Bouchons Pauses Loin des sources Nombre de musiciens Total des personnes ayant répondu qu'elles se protègeraient % 70% 58% 35% (le total est supérieur à 100 car les interviewés pouvaient donner plusieurs réponses) Comme l illustre le tableau 8, parmi les personnes qui n envisagent pas de se protéger suite à la lecture du dépliant, le plus grand nombre déclare avoir conscience des risques encourus, mais ne pas vouloir changer ses habitudes pour autant. 23 % des personnes se protégeront si elles ont des troubles. Tableau 8 : les raisons pour lesquelles certains musiciens n envisagent pas de se protéger Raison Exposition sans risque Conscience des risques Protection en cas de troubles Autre Total N % 2% 44% 23% 33% 100% Près de 7 musiciens sur 10 feront passer le message. 68,8 % des musiciens interrogés diffuseront l information sur les risques auditifs autour d eux. Si 13,3 % ne répondent pas à la question, ils sont 17,9 % à déclarer qu ils ne feront pas passer le message, soit moins que l an dernier. Si l on y regarde de plus près, il ressort que parmi les non répondants, 2 sur 5 n avaient pas vu l affiche. On constate que les musiciens ayant vu l affiche sont significativement plus nombreux à déclarer qu ils diffuseront l information autour d eux (respectivement 75 % contre 62,3 %). 66 musiciens ont fait des remarques supplémentaires. Les commentaires sont favorables à la campagne et donnent des conseils pour l améliorer. 17

18 3. Les professionnels 74 responsables de lieux de diffusion ont répondu au questionnaire en ligne. La part de professionnels ayant participé à l évaluation est en progression de près de 50 %. A. Les professionnels ayant répondu Surtout des petites salles d Ile de France 41 % des professionnels ayant répondu au questionnaire représentent des lieux localisés en Ile de France. Pour 10 % d entre eux, les lieux sont en région Centre et 10 % en région Pyrénées. Parmi les structures organisant des concerts - soit plus de 8 sur % sont des salles de petite capacité, c est-à-dire pouvant accueillir moins de 500 personnes. 22,6 % des organisateurs de concerts le font dans des salles de moyenne capacité et 3, 2% dans des grandes sallles, pouvant accueillir plus de personnes. Les activités : concerts et répétition La grande majorité des professionnels ayant répondu au questionnaire ont pour activité principale l organisation de concerts. 54 % d entre eux abritent également des lieux de répétition. 18,7 % des établissements enseignent la musique. 16 % sont des centres de ressources. 8 % des répondants sont des agences ou des accueils de, dans lesquels des opérations de sensibilisations ont également été mises en place. Graphique 5 : Répartition des établissements selon leur activité 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% Organisation de concerts Répétitions Enseignement / Formation Centre de ressources Agence LMDE Autre Nb : le total est supérieur à 100 car plusieurs réponses étaient possibles. 18

19 B. La sensibilisation aux risques auditifs Parmi les professionnels interrogés, 6 sur 10 ont déjà mené des actions de sensibilisation aux risques Près de 60 % des professionnels ayant répondu avaient déjà mené des opérations de sensibilisation aux risques auditifs dans leur salle. La distribution de bouchons d oreilles et de supports avait déjà été mise en œuvre par plus des 3/4 des professionnels interrogés. Ces chiffres sont en augmentation par rapport à l an dernier. C est probablement une des conséquences de la campagne à laquelle certaines structures ont déjà participé l an dernier. Un peu moins de la moitié des salles avaient accueilli une animation sur le thème des risques auditifs. 21 % ont déjà organisé des journées d information et 14 % ont mis à disposition des audioscans. Tableau 9 : actions de sensibilisation déjà menées par les professionnels N % 1. Distribution de supports d information 34 79,1% 2. Distribution de bouchons d'oreilles 36 83,7% 3. Accueil d'une animation spectacle de sensibilisation 21 48,8% 4. Organisation de journées d'information 9 20,9% 5. Mise à disposition d'audioscans 6 14,0% 6. Autre actions 7 16,3% ,0% Parmi les 7 autres actions, 5 sont des actions de sensibilisation et d information, dont 2 ont été menées en partenariat, et 3 par la structure. 2 actions ont été menées à destination des jeunes, 2 à destination des musiciens et 3 à destination du public en général. C. La participation à la campagne Agi Son Les outils de la campagne sont jugés adaptés par la majorité des professionnels (71% d entre eux). Un quart d entre eux pense que les outils sont moyennement adaptés, aucun n a répondu qu ils étaient inadaptés. 19

20 Pour les personnes jugeant que les outils sont moyennement adaptés, plusieurs raisons sont invoquées : - le visuel n est pas forcément explicite (n=4) - les affiches passent inaperçues dans la salle du fait des autres affiches ou de la pénombre (n=3) - ces outils sont adaptés à un certain public, mais pas à tous (n=4) - la distribution de bouchons est une bonne chose (n=3), mais ils ne sont pas adaptés car ils filtrent la musique de manière non linéaire (n=3) - le dépliant est trop dense (n=1) - les gens ne lisent pas les prospectus (n=1) - il faudrait un professionnel sur place (n=2) Le contenu des outils est bien perçu par une large majorité des professionnels Les professionnels sont presque unanimes sur le fait qu ils trouvent le contenu des outils de sensibilisation informatifs et intéressants. 29,3 % les trouvent attrayants et 10,7 % originaux. 5 % les trouvent incomplets, 5 % complexes et 6% pas intéressants. 11 % des répondants ne les trouvent pas esthétiques. Un impact positif Près de 9 professionnels sur 10 ayant répondu jugent que ce type de campagne est bénéfique en terme d image sur leur structure. 10,7 % pensent que c est sans impact et aucun ne juge que cela puisse être nuisible. Ces résultats sont stables par rapport à la dernière campagne. Comme pour, toutes les personnes interrogées veulent poursuivre la campagne en La coordination régionale a été globalement plutôt bonne Comme en 2004, la coordination régionale est globalement bonne : 36 % la jugent bonne et 57,3 % plutôt bonne (contre respectivement 47 % et 49 % en 2004). 2 personnes la jugent plutôt mauvaise. On demandait aux professionnels leur avis sur le travail d information sur le déroulement de la campagne avant son lancement et il ressort que les résultats ne se sont pas améliorés par rapport à l an dernier, même s ils sont positifs. Pour 22,7 % il a été bon, pour 60 % plutôt bon, et pour 14,7% plutôt mauvais (8% en 2004). La logistique de la campagne La quantité de matériel reçue est pour la majorité des professionnels adaptée à leurs besoins, excepté pour les bouchons d oreilles. En effet, ils sont 45,3 % à déclarer que la quantité de bouchons reçue était insuffisante. Cette constatation est la conséquence de la diminution du nombre de bouchons disponibles entre les deux opérations bouchons ont été distribués en 2004 contre cette année pour plus de régions ayant participé. 20

Introduction p.3. Méthodologie p.4. Profil des répondants - Le public p.6 - Les musiciens p.6

Introduction p.3. Méthodologie p.4. Profil des répondants - Le public p.6 - Les musiciens p.6 Evaluation de la campagne 2012 1 Sommaire Introduction p.3 Méthodologie p.4 Profil des répondants - Le public p.6 - Les musiciens p.6 Pratiques d écoute - du public - fréquentation des lieux de musique

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