LE MONDE Cohérence de la base-vie dans la démarche environnementale

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2 «( ) Les illustres bungalows Algeco étaient nés - le premier s'appelait "Le Gaulois" - et ils ne tardèrent pas à marquer le territoire des chantiers urbains qui traînent en longueur, des baraquements provisoires qui s'éternisent et des zones industrielles défraîchies. En France, on en recense plus de ( )» LE MONDE

3 introduction qu est ce qu un chantier respectueux de l environnement? un chantier, des nuisances. 6 a. à l échelle du site... 6 Les déchets La pollution des sols b. à l échelle humaine 7 Les Ouvriers Les riverains 1.2. un chantier à faibles nuisances a. Définition des Objectifs.. 10 b. Outils. 11 La charte de chantier Contrôle et suivi de la démarche c. Les enjeux 11 L image et le savoir-faire La qualité et les conditions de travail La réglementation et les coûts Les acteurs concernés Quels changements introduire? 2. la base-vie dans la démarche environnementale Base-vie : un véritable lieu de vie 15 a. Conception de la base-vie.. 15 b. Espace à la carte 16 c. Construction en lego Evaluation environnementale du bungalow. 19 a. Caractéristiques techniques et réglementation actuelle 19 Décomposition d un module standard, le parallélépipède Caractéristiques thermiques et réglementation actuelle Décomposition d un module adapté à la RT 2005 b. Optimisation d un module, d une base vie Un module, des pertes énergétiques à réduire Energies renouvelables, les énergies «vertes» Panneaux solaires (PV) et base-vie conclusion.. 34 «La baraque de chantier» une image à changer bibliographie Sites internet Livres Personnes mobilisées annexes 36 Calculs : Boîte à outils - TRIBU (calcul du Ubat base tertiaire) Estimatifs des consommations elec. Par le BET Ingénergie Articles : le kit d économie d énergie Algeco Belgique, 2 ème journée chantiers 2

4 introduction. La phase chantier s est inscrite progressivement dans la démarche haute qualité environnementale au travers des «chantiers à faibles nuisances». Tout chantier de construction (aménagement, construction, réhabilitation, déconstruction, rénovation, démolition ) génère des risques et des impacts sur l'environnement ; mais également des nuisances auprès des riverains et des ouvriers du chantier. L'enjeu de la mise en œuvre d'un chantier à faibles nuisances est de limiter et maîtriser l ensemble de ces impacts. La tache semble complexe, mais la prise de conscience des conséquences environnementales de nos choix, en tant qu acteur de la construction, est en train de s imposer. Le développement durable et le respect de l environnement deviennent de plus en plus des priorités au sein des entreprises. Une démarche globale et volontaire, basée sur des principes relatifs aux droits de l homme, aux droits du travail et à la préservation de l environnement. Les entreprises doivent, dans leur intérêt, profiter de cette expérience pour apprendre à travailler différemment. C est un atout qui leur permettra de se démarquer de leurs concurrents comme ce fut jadis le cas pour la certification ISO. Des actions sont menées et intégrées aux activités de chantier : tri et traçabilité des déchets, prévention des pollutions, limitations des nuisances sur les riverains, et exceptionnellement maîtrise de l énergie dans les bungalows. Eteindre la lumière en quittant une pièce, bien fermer les robinets, réparer les fuites immédiatement, sont des gestes simples qui contribuent à préserver nos ressources et notre environnement. Alors que des initiatives sont menées sur le chantier, les conditions de travail restent difficiles dans le domaine du BTP. Plus d un ouvrier de la construction sur trois travaille à l extérieur plus de 20 heures par semaine et se trouve ainsi exposé aux intempéries. Alors que, la sécurité sur les chantiers de bâtiment et travaux publics n est plus un vain mot, les conditions d accueil du personnel dans les cabanes de chantier ont très peu évolué depuis ces dernières années. «90% des personnes interrogées se disent sensibles à l'amélioration des conditions de travail dans les cantonnements» Étude réalisée par l entreprise Algeco en 2007 pour la sortie d un nouveau procédé «les vestiaires séchant J ai donc choisi pour cette étude de m intéresser au bâtiment de la base-vie, véritable «Quartier Général» du chantier. Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d abord, il s agit d un lieu stratégique qui est trop souvent mis en coulisses. Par définition, la base-vie est un lieu où l on réunit des hommes, le matériel et l équipement nécessaire aux différentes opérations. Une base stratégique, le point de départ de nombreuses décisions et choix effectués au cours du chantier. Lieu d échanges et de dialogue direct entre les différents acteurs de l opération : maîtrise d ouvrage, parfois futurs utilisateurs, maîtrise d œuvre, bureau de contrôle, coordinateur SPS, et entreprises. C est également et surtout l unique espace de vie et de détente pour les compagnons, où la notion de confort n est pas abordée. Les locaux sont standards et doivent être utilisables n importe où. Composée de bâtiments modulaires en structures légères, la base-vie est installée dés le démarrage des travaux et pendant toute la durée du chantier, elle est ensuite démontée et réinstallée sur un autre site, un autre chantier. Elle est limitée dans le temps, liée à un projet spécifique, elle est implantée à proximité du lieu de travail pour des raisons de sécurité et d encombrement. Ces locaux se juxtaposent, se superposent et sont rapidement démontables. Ils s adaptent à touts types de sites, notamment en site urbain. Le plus souvent, ces bases-vie sont situées dans des environnements fragiles, ce qui nécessiterait de prendre plus de mesures spécifiques de protection de l'environnement. Ces locaux temporaires sont raccordés à l eau courante et au réseau d électricité locale, comme tout lieu de production fixe. Très consommateurs d énergies, leur impact environnemental est souvent mis de côté pour des raisons de courte durée d installation. La notion de «provisoire» n est pas déterminante, car si l on considère le cas d une entreprise de maçonnerie, elle a en même temps plusieurs chantier en cours et donc installé autant de bases vie nécessaire. Le temporaire s inscrit dans la durée. 3

5 À ce stade, deux types de point de vue sont possibles. Se placer d un point de vue extérieur au chantier comme riverains, et observer quelles visions ont-ils de la base-vie ou à l intérieur de l enceinte comme ouvriers, et observer comment ses principaux usagers la perçoivent. Mais il faut la considérer comme une interface active, une plateforme d informations. Sur un chantier, les riverains et les travailleurs sont concernés à des degrés divers par les nuisances liées aux travaux. En règle générale, une meilleure prise en compte du confort et de la sécurité des uns, améliore également la situation des autres. L intérêt de la recherche est de se positionner en tant qu architecte, concepteur et occupant potentiel de la base-vie, de donner un coup de projecteur sur un espace-vie encore peu réglementé, sur l aspect environnemental d un chantier. Parce qu elle est justement parfois très décriée : insalubre, inconfortable, encombrante, énergivore, polluante, pas intégrée, inesthétique ou tout simplement parce qu elle affiche une richesse insolente, parce que le contraste y est saisissant. Il s agit d une étude exploratoire qui vise à appliquer une démarche environnementale à une situation concrète. Dans la première partie, nous chercherons à définir et à expliquer ce qu est un chantier à faibles nuisances, puis dans la deuxième partie, nous nous arrêterons en particulier sur le bâtiment de la base-vie et sur comment mettre au point le plus objectivement possible son optimisation. 4

6 1. qu est ce qu un chantier respectueux de l environnement? 5

7 1.1 Un chantier, des nuisances La vie d un bâtiment, depuis sa construction jusqu à sa démolition, est marquée par un grand nombre de chantiers. Celui de sa construction est l occasion de mettre en œuvre des actions environnementales ciblant deux échelles différentes : - L échelle du site : l environnement naturel - l échelle humaine : les usagers et riverains du chantier a. à l échelle du site Les déchets Le bâtiment est un domaine d activités qui consomme des ressources naturelles et produit des quantités importantes de déchets. Quantification des déchets de construction et de réhabilitation Réhabilitation En milliers de tonnes Construction Dépose Construction Total Inertes DIB* Emballages (DIB) DIS** TOTAL * DIB : Déchets Industriels Banals, DIS** : déchets Industriels Spéciaux Source : Déchets de chantiers. Quantification nationale, FNB- ADEME, janvier 1996 Les déchets de chantier de bâtiment, y compris ceux issus de la démolition, représentent au total environ 31 millions de tonnes produites par an (chiffre ADEME), soit l équivalent du tonnage annuel des ordures ménagères. 6

8 La pollution des sols Au cours d un chantier, en l absence de précautions particulières, diverses substances sont susceptibles d être déversées sur le sol et de s infiltrer vers les nappes phréatiques, générant des pollutions parfois difficiles à résorber. De même, le rejet, dans les réseaux collectifs de solvants et autres produits dangereux est susceptible de créer des pollutions importantes. Il peut aussi endommager les réseaux et les installations de traitement des eaux usées. En outre, ces substances peuvent nuire à la santé du personnel. Aussi des systèmes de rétention et de collecte de ces produits sur le chantier, en vue de leur élimination conforme à la réglementation, doivent être prévus. L utilisation des huiles de décoffrages peut devenir également source de pollution. Le faible coût des huiles de décoffrage à base d hydrocarbures traditionnellement employées, et le manque d information ou de recommandations d emploi engendrent une consommation souvent élevée de ces huiles, le souci d économie étant la principale priorité. Or, elles peuvent ensuite être partiellement entraînées, par l eau de pluie, vers les sols et les nappes phréatiques. A titre d exemple, la consommation annuelle en France des huiles de décoffrage d origine pétrolière était de tonnes en 1995 selon le Centre Professionnel des Lubrifiants. Le risque de pollution des sols et des nappes sensibles est par conséquent notable. b. à l échelle humaine Les chantiers de construction en général génèrent d importantes nuisances : impact sur le site comme on l a vu précédemment, mais aussi source de nuisances pour les riverains qui vivent aux alentours et les ouvriers qui y travaillent directement. Le chantier est une phase dite «temporaire» plus ou moins longue qui engendre cependant des modifications : trafics, poussières, nuisances sonores, déchets, nuisances visuelles,. Les Ouvriers Même si les conditions de travail dans le BTP ont été améliorées, elles restent réputées difficiles. Une étude de la DARES (Direction de l Animation et de la Recherche des Etudes et des Statistiques du Ministère du travail à démontré que les ouvriers du bâtiment et travaux publics sont plus soumis à des contraintes physiques importantes et plus exposés aux produits chimiques que ceux exerçant d autres secteurs «À plus de 100 mètres au-dessus du sol, c'est d'abord le froid qui saisit. En ce mois de mai parisien, la différence de température entre le premier niveau et le vingt-neuvième étage en construction de la tour Granite est d'au moins 10 C, les rafales glaciales du vent du nord aidant. Commencé en avril 2005 à l'ouest du quartier d'affaires de la Défense, le chantier du futur gratteciel commandé par la Société générale mobilise jusqu'à 200 salariés pour le gros œuvre. Au cœur du noyau central de béton qui s'élève progressivement, les ouvriers s'activent dans un environnement assourdissant. Entre le montage des armatures et des plates-formes de travail métalliques, les bruits de soudure, les coups de marteau et l'aspiration de la pompe à béton, il est impossible de communiquer sans crier. Qu'ils soient jeunes ou plus âgés, et même s'ils apprécient de travailler en plein air, les compagnons professionnels (CP) s'accordent pour dire que les intempéries et le bruit sont les deux principales causes d'usure dans leur métier.» Article : Ouvriers du bâtiment, travailler moins pour vivre mieux de Nadège Figarol CFDT (mis en ligne le 04 juin 2007) 7

9 Le bruit Marteaux piqueurs, les grues, les bétonnières le bruit fait partie du quotidien des ouvriers du BTP. Les protections auditives sont obligatoires sur le chantier, malgré cela 70% des ouvriers se disent fréquemment gênés par le bruit sur le lieu de travail (Selon étude IPSOS réalisée pour l association Journée nationale de l audition - Etude réalisée par téléphone 1613 individus âgés de 18 ans et plus exerçant une activité professionnelle, en 3 vagues d enquête successives entre le 30 novembre et le 16 décembre 2007.) Source édito du 20/02/08 Le trafic d engins de levage ou de livraisons et l utilisation de matériels restent les principales sources de bruits continues et importantes sur les chantiers. Des niveaux de bruit trop élevés sur un chantier peuvent rapidement altérer les capacités auditives du personnel de chantier. Des mesures pendant les travaux ont confirmé que les terrassements, fondations et gros œuvre sont les plus bruyants, même s il y a eu au préalable un choix sur les engins et matériels. En second œuvre, le bruit perçu hors du bâtiment clos est faible. Il n existe pas de recette miracle pour traiter les nuisances acoustiques. Toutes les sources très bruyantes doivent faire l objet d une réflexion, spécifique à chaque chantier, pour être abaissées. Pictogramme Protection individuelle Source : POINT.P Les Produits nocifs Certains produits (Peinture glycérophtaliques, colle à base de solvants, huile de décoffrage à base d hydrocarbure) utilisés sur le chantier peuvent être nocifs pour la santé, notamment lorsque leur utilisation est fréquente. «Dans la construction, 80% des ouvriers sont exposés à au moins un produit chimique, contre 60% dans l industrie 17% des ouvriers et 60% des maçons sont exposés au ciment plus de 10heures par semaine. En plus du ciment, les ouvriers exerçant dan la construction sont en contact ave de nombreux produits cancérigènes tels que les poussières de bois, la silice cristalline, les gaz d échappement diesel, les goudrons de houille et dérivés, les huiles entières minérales et l amiante. Aujourd hui, encore 3% des ouvriers du BTP sont exposés aux fibres d amiante, contre 1% dans les autres secteurs. Les couvreurs sont les plus exposés à la fibre (16%)» Source : santé & prévention du 20/02/08 - des contraintes physiques importantes pour les ouvriers en BTPhttp://www.enviro2b.com La protection de la santé et de la sécurité des ouvriers sur le chantier font l objet d une mission particulière assurée par une personne physique et désignée par le Maître d ouvrage : le Coordinateur de Sécurité et Protection de la Santé (SPS). Sa mission est de prévenir tout au long de l opération, les risques résultant des interventions des diverses entreprises. Il va analyser les risques et propose des mesures de prévention dont il contrôle la mise en œuvre. 8

10 Responsabiliser chaque intervenant, les informer des dangers qu ils peuvent encourir sont des préoccupations communes à celles de la démarche environnementale.. Les riverains Sur un chantier, les riverains et les travailleurs sont concernés à des degrés divers par les nuisances liées aux travaux, malgré la réglementation en vigueur. La réalisation de travaux modifie l environnement et le cadre de vie quotidien de tous ses riverains (habitants, écoles, professionnels ). C est traditionnellement des poussières, de la boue, le stationnement réduit, du bruit, un trafic plus important, la mise en place de palissades plus ou moins à long terme Le bruit Pour les riverains, les nuisances sonores engendrées ne sont pas seulement liées à l intensité sonore. Elles sont plus ou moins supportables selon leur intensité, leur durée et le lieu concerné. En travaux neufs par exemple, c est surtout la répétitivité de certaines séquences sonores qui est en cause ; La perception d une même émission peut être sensiblement différente selon le positionnement des riverains (réverbération du site, bruit de fond urbain). De plus, l accroissement de la circulation qu engendre un chantier accroît le problème de nuisances sonores et l étend à une population plus large que les riverains proches. La circulation et stationnements Outre l augmentation de densité de la circulation d engins lourds, les riverains subissent souvent les effets de la neutralisation d une partie de la voie publique : encombrement, stationnements supprimés, cheminement piétons perturbés et peuvent mal vivre la dégradation de l état de propreté aux abords du chantier. Les salissures et poussières Certaines opérations, notamment en démolition, provoquent des nuages de poussières qui altèrent la qualité de l air et peuvent également pénétrer dans les immeubles voisins. Les poussières diminuent au fur et à mesure du recouvrement de la terre par du béton, qui ne génère que très peu de poussière. Les voies de circulations de chantier aménagées diminuent considérablement la quantité de poussière et surtout une meilleure accessibilité aux engins Déchets de chantier Textes réglementaires : Article 96 du Règlement sanitaire départemental type (Circulaire du 9 août 1978) concernant la protection des lieux publics contre la poussière : "...toutes les opérations d entretien des habitations et autres immeubles ainsi que les travaux de plein air s effectuent de façon à ne pas disperser de poussière dans l air, ni porter atteinte à la santé ou causer une gêne pour le voisinage". Article 99.7 du Règlement sanitaire départemental type (Circulaire du 9 août 1978) concernant les abords des chantiers : "Les entrepreneurs des travaux exécutés sur la voie publique ou dans les propriétés qui l avoisinent doivent tenir la voie publique en état de propreté aux abords de leurs ateliers ou chantiers et sur les points ayant été salis par suite de leurs travaux". D autres éléments, parfois inattendus, peuvent s ajouter, comme la perte d intimité, ou de l ensoleillement, des vibrations avec apparitions de fissures, risques d intrusion pour les parcelles mitoyennes. 9

11 1.2 Un chantier à faibles nuisances Les chantiers connaissent aujourd hui des préoccupations d hygiène, de sécurité et de santé de plus en plus accrues. La démarche HQE les accentue en introduisant le souci de limiter tous les impacts environnementaux d un chantier. Un chantier à faibles nuisances ou encore «chantier vert» se doit de respecter des objectifs de limitation des nuisances, des pollutions, et d assurer au mieux la gestion des déchets au bénéfice des riverains, des ouvriers et de l environnement. a. définition des Objectifs Les objectifs d un chantier à faibles sont définis dans le référentiel HQE au travers de la cible n 3 Chantier : - Limiter la quantité de déchets de chantier mis en décharge - Limiter les nuisances causées aux riverains du chantier (poussières, boues, bruits, livraisons et stationnement de véhicules, aspect du site en cours de chantier - Limiter les risques pour la santé des ouvriers du chantier - Limiter les pollutions de proximité en cours de chantier (sol, nappes) Exemple de traitement des poussières : - Arrosage des pistes autours des installations de chantier pour rabattre les poussières - Micro pulvérisation d eau sur la chaîne de traitement des déblais - Humidification du chargement des camions et nettoyage de leurs pneumatiques avant leur départ du chantier. Source : Réduire toutes ces nuisances, dans les contraintes économiques difficiles de la construction, peut paraître aux yeux de certains professionnels comme illusoire. Cependant, nous sommes tous concernés et chacun peut y trouver son intérêt : La maîtrise d ouvrage répond ainsi mieux aux besoins des futurs utilisateurs et de la collectivité dont elle dépend La maîtrise d œuvre peut proposer des améliorations globales à un moindre coût l entreprise travaille différemment ce qui peut devenir un atout, pour elle, vis-à-vis de la concurrence. Selon les cas (réhabilitation, bâtiments neufs, site occupé ), une ou plusieurs nuisances, susceptibles d être engendrées par le chantier, peuvent être abordées. Une hiérarchisation des objectifs est nécessaire Un enjeu très important est la maîtrise des déchets de chantier dont on sait qu ils représentent en tonnage annuel, l équivalent des ordures ménagères nationales. Une gestion spécifique des déchets de chantier est indispensable, l objectif étant de limiter les déchets à la source, de les trier en vue de valorisation et de réduire leur volume lors de la mise en décharge. C est une gestion COLLECTIVE des déchets qui doit se mettre en place au démarrage du chantier au travers du compte interentreprises. 10

12 Source: guide ARENE- ADEME FFB La réflexion doit être engagée par les concepteurs lors du choix des techniques, des matériaux et des produits (y copris leurs emballages et conditionnements), poursuivie avec les entreprises (motivation du personnel d encadrement, sensibilisation des ouvriers) lors de la phase de préparation de chantier. Enfin, chaque chantier devrait faire l objet d une concertation préalable, sinon continue, avec les riverains. L information et l explication sont de nature à désamorcer des situations potentiellement conflictuelles. b. Outils La charte de chantier Ce document de référence traduit les objectifs du chantier vert vus par le maître d ouvrage : définition des modalités de mise en place, rappel des exigences réglementaires, définition du suivi et du contrôle de la démarche, définition des procédures opérationnelles... La charte chantier respectueux de l environnement fait partie des pièces contractuelles du marché de travaux remis à chaque entreprise intervenant sur le chantier, elle sera signée par le Maitre d ouvrage, le Maitre d œuvre et l ensemble des entreprises intervenantes. Contrôle et suivi de la démarche Un responsable chantier respectueux de l environnement au sein de l équipe des entreprises sera désigné au démarrage du chantier. Il devra être présents dés la préparation de chantier et assurer une permanence sur le chantier, jusqu à la réception de l ouvrage c. Les enjeux Les impacts environnementaux seront demain une préoccupation majeure pour tous: pouvoirs publics, acteurs de la construction, médias et société. Apprendre dès maintenant à les prendre en compte pour mieux les maîtriser sera une source d économies et de plus-values pour les professionnels du bâtiment. 11

13 L image et le savoir-faire Respecter les hommes et l environnement devient aujourd hui une obligation, notamment sous la pression des médias et de l opinion publique. L ensemble des métiers du bâtiment a tout à gagner en affichant une volonté constante dans la réduction des nuisances sur le chantier. La maîtrise d ouvrage pourra, autour de ce thème, développer l image d un décideur et gestionnaire averti de son patrimoine et de ses usagers. Communiquer autour du chantier, solliciter des solutions aux problèmes du bruit, autant d idées pour limiter les mécontentements et donc les plaintes. La maîtrise d œuvre devra être aussi au cœur du nouveau dialogue bâtiment-environnement. Les opérations expérimentales le montrent. L entreprise quant à elle, est la plus à même d exploiter ses compétences et ses connaissances techniques et organisationnelles pour proposer des solutions positives aux problèmes posés par les chantiers à leur environnement. Cette thématique encore originale lui donne l occasion de revaloriser le métier des hommes qu elle emploie et ses propres réalisations. La qualité et les conditions de travail La prise en compte de l environnement sur le chantier n est pas sans répercussions sur la qualité de la réalisation des travaux, ni sur les conditions de travail des ouvriers. Elle renforce la préparation du chantier, qui est primordiale pour réduire le nombre de défauts et d erreurs. Elle affine la programmation en obligeant à prévoir de nouvelles prescriptions. Elle intervient sur la logistique des engins de chantier et la mécanisation de tâches jusqu alors non prises en compte, non comptabilisées et pénibles. En améliorant la propreté du chantier, de ses accès et des circulations, elle peut contribuer à la réduction des accidents de travail. Elle permet, enfin, d introduire de nouvelles pratiques ou de nouveaux matériaux ou procédés. Chantier : Foyer de vie à St Joseph de Rivière Les opérations expérimentales l ont prouvé : l optimisation de la gestion de l environnement va dans le sens d une meilleure qualité des réalisations. Par exemple, réduire la quantité de déchets produite par le chantier, en soignant les réservations et en procédant au calepinage, génère une limitation des reprises, donc une diminution de la non-qualité et de ses coûts induits dans le processus de construction, et un gain de temps. Ces améliorations dans le processus de construction se répercutent aussi sur la qualité du produit final lui-même, en optimisant les délais de réception des bâtiments et leur exploitation. La réglementation et les coûts L environnement du chantier n est pas seulement une question d image. L évolution des réglementations mais aussi des contraintes économiques, telles que celles du secteur de l élimination des déchets, tend à générer des augmentations de coûts sur les chantiers qui ne pourront plus être supportés par les seules entreprises. De même les éventuels retards, dus à des restrictions horaires (localement réglementées) pour le bruit des engins, sont une incitation à la recherche de solutions moins bruyantes. Le nettoyage des abords, la diminution des poussières, la réduction de la pollution des sols et des eaux, la communication avec les riverains sont d autres façons de mieux intégrer un chantier dans son environnement ; elles peuvent apporter des retours profitables aux investissements consentis. Mais le recours à ces options ne se décrète pas sans réflexion, ni préparation, et nécessite d impliquer l ensemble des acteurs de la construction dans cette voie. Leurs rôles doivent être redéfinis de façon à partager les responsabilités qu elles soient techniques ou économiques. Les acteurs concernés En tant que commanditaire, le maître d ouvrage ou son conducteur d opération peut influer fortement sur le déroulement du chantier. Déchets, bruits, poussières et produits polluants seront notablement diminués si l engagement du maître d ouvrage à réduire ces nuisances est clairement affiché et soutenu par l attribution des moyens nécessaires. Des prescriptions à caractère environnemental doivent être formalisées dans son cahier des charges, son programme et les documents contractuels de ses prestataires. Les entreprises choisies doivent être sensibles à ces problèmes. 12

14 Les conditions d optimisation de la gestion environnementale des chantiers se préparent en amont. Chaque phase est concernée comme le résume le tableau ci-dessous. Maîtrise d ouvrage Maîtrise d œuvre Entreprises Faisabilité Programme Choix du concepteur X X X Etudes conception X X Choix des entreprises X X X Préparation de chantier (X) X X Chantier (X) X X Réception X X X Exploitation X X La maîtrise d œuvre a un rôle charnière qu elle ne saurait jouer sans l engagement des deux autres catégories d acteurs. Le conducteur d opération et le bureau de contrôle sont à intégrer lorsqu ils sont présents ; ils doivent être des forces de proposition et de validation de solutions. Les entreprises, qui aujourd hui disparaissent dès la réception, devront peut-être dans l avenir assurer la maintenance et l entretien du bâtiment qu elles ont construit. Pourrait être envisagé un "carnet de santéenvironnement" que les différents propriétaires se transmettraient et que les entreprises consulteraient et complèteraient au fur et à mesure de leurs interventions tout au long de la vie du bâtiment. L exemple de l amiante est un précédent dont les conséquences sur la santé et les budgets sont trop lourdes pour ne pas influer sur l organisation future des processus de construction. Quels changements introduire? Les trois niveaux d intervenants sont donc étroitement liés. La maîtrise d œuvre détient une position clé, avec un double rôle de conseil du maître d ouvrage et de suiveur du chantier. Elle semble la mieux placée pour coordonner la gestion de l environnement dans les différents stades de la construction, car elle intervient sur le chantier de la conception à la réception et a un contact direct avec tous les intervenants en amont et en aval. Ces nouvelles responsabilités peuvent assez facilement s intégrer dans le cadre de sa mission habituelle. Le pilote, le conducteur d opérations, le conducteur de travaux de l entreprise générale ou du mandataire du groupement, le coordonnateur santé-sécurité sont bien sûr aussi directement concernés. Le recadrage de la mission, et donc de la rémunération de chacun des acteurs, doit être contrebalancé par des gains. Les «chantiers faibles nuisances» ne sont plus à l heure actuelle une nouveauté, mais leur mise en œuvre demeure délicate et complexe. L expérience de chantiers expérimentaux ont permis de rédiger une documentation spécifique sur ce sujet. Il n en reste pas moins qu un important effort est à fournir, sur l aspect environnemental et plus particulièrement sur les structures d accueil du personnel de chantier : la base-vie 13

15 2. la base-vie dans la démarche environnementale 14

16 2.1 Base-vie : un véritable lieu de vie a. Conception, installation de la base-vie Définition L installation provisoire de chantier assure deux fonctions complémentaires. La première : servir de lieu de vie (vestiaires, sanitaires, réfectoires) au personnel de chantier. La seconde fonction est celle de lieu de travail, de bureau (réunions, suivi de chantier, études ). Les dimensions des cantonnements (bureaux, vestiaires, réfectoire, sanitaires) dépendent des effectifs et de la durée du chantier. «Lieu de travail» réunion dans la base-vie «lieu de vie» vestiaires du personnel site Algeco Chantier Foyer de vie à St Joseph de Rivière(38) Réglementation Les constructions temporaires telles que la base-vie sont exonérées des obligations du permis de construire telles que définies par le décret du 5 janvier 2007 lorsque leur durée de maintien en place n'excède pas trois mois. Toutefois cette durée de trois mois est soumise à des exceptions. Elle est portée à : a. Un an en ce qui concerne les constructions nécessaires au relogement d'urgence des personnes victimes d'un sinistre ou d'une catastrophe naturelle ou technologique b. Une année scolaire en ce qui concerne les classes démontables installées dans les établissements scolaires ou universitaires pour pallier les insuffisances temporaires de capacités d'accueil c. La durée du chantier, en ce qui concerne les constructions temporaires directement nécessaires à la conduite des travaux ainsi que les installations liées à la commercialisation d'un bâtiment en cours de construction et pour une durée d'un an en ce qui concerne les constructions nécessaires à moins de trois mètres du chantier d. La durée d'une manifestation culturelle, commerciale, touristique ou sportive, dans la limite d'un an, en ce qui concerne les constructions ou installations temporaires directement liées à cette manifestation. Le cantonnement doit respecter les règles d hygiène et de sécurité, fixées dans le code du travail. Les locaux seront éclairés, chauffés, ventilés et entretenus conformément à cette réglementation et au confort du personnel. Le cantonnement doit se situer à l intérieur de l enceinte du chantier, lequel sera clôturé pour des raisons de sécurité. Sa description et son implantation se fait dans le plan d installation de chantier par l entreprise mandatée (lot gros œuvre) avec l organisation de l ensemble : clôture de chantier, aires de stationnements, de stockage, de levage, de production, de déchets, localisation des réseaux, les voies de circulation. Il sera validé en aval par la maitrise d œuvre et le coordinateur SPS vérifiant la conformité des installations au code du travail. Une déclaration d ouverture du chantier sera adressée à la CRAM, à l OPPBTP et à l Inspection du travail qui pourront contrôler les conditions de travail. Cependant, bien qu il y ait une législation en vigueur, elle peut être sujette à interprétation, en fonction de la nature du projet et/ou de sa localisation. 15

17 Plan d installation de chantier : Foyer de vie de St Joseph de Rivière (38) Avec localisation de la base-vie b. construction modulaire : espace à la carte Nommée base-vie, cantonnement, ou bungalow, son appellation la plus neutre et la plus récente est construction modulaire et industrialisée ou module. Pratique, solide et économique, cette construction légère a évolué, parce qu on y passe souvent plus de six mois, parfois dix-huit, quelquefois plus. Les habitations de chantier se composaient auparavant surtout de caravanes et de bungalows souvent obsolètes, puis la construction modulaire a pris son essor. Le module de base est parallélépipède, simple et fonctionnel a été conçu à l origine en 1955 par une entreprise spécialisée d abord dans les wagons-citernes ; elle se consacra ensuite à la fabrication de modules préconstruits, composés d une ossature métallique supportant des panneaux en composite y intégrant un isolant, destinés à héberger les ouvriers du bâtiment : la célèbre «baraque de chantier» était née, le premier s appelait «le Gaulois» et ils ne tardèrent pas à marquer le territoire des chantiers en général. Local Vestiaires Repas Boisson Matériels de réfectoire Installations sanitaires WC Urinoirs Chantiers de plus de 4 mois Aéré, éclairé, chauffé en saison froide. Armoires vestiaires ininflammables avec serrure ou cadenas. Local réfectoire aéré, éclairé, chauffé en saison froide. Tables et sièges en nombre suffisant. Appareil de réchauffage ou de cuisson, garde-manger et réfrigérateur. 1 robinet d eau potable chaude et fraîche pour 10 personnes prenant leur repas. 3 litres d eau potable fraîche par jour au moins par travailleur. 1 lavabo pour 10 personnes minimum. Eau courante potable à température réglable, en quantité suffisante. Moyens de nettoyage, séchage et essuyage. Douches obligatoires (1 pour 8) pour tous chantiers où s effectuent des travaux insalubres ou salissants. Aérés, chauffés. 1 WC et 1 urinoir pour WC au moins avec un poste d eau. Papier hygiénique. Chantiers de moins de 4 mois Possibilité d utiliser des véhicules spécialement aménagés. Si chantier exigu, patères au lieu d armoires autorisées. Réfrigérateur facultatif. Robinet d eau potable fraîche seulement (pas d obligation d eau chaude). Rampes autorisées au lieu de lavabos. Possibilité d utiliser un réservoir dans le cas où l eau courante n est pas disponible. Prévoir au moins 1 orifice pour 10 travailleurs. Température réglable facultative. Aucune dérogation, mêmes conditions que pour les chantiers de plus de 4 mois. Source : site de Loxam 16

18 c. installation : construction en lego Le système de conception modulaire permet de multiples possibilités d'assemblage (décrochements, panachage de plusieurs modèles). Une large gamme de panneaux interchangeables (panneau fenêtre, panneau porte, baie vitrée, panneau découpé pour climatiseur, fenêtre double...) offre une infinité de combinaisons et d adaptabilité. Il peut s'agir d'un module unique ou de plusieurs centaines de mètres carrés. La technique consiste à concevoir l'espace à partir de plusieurs cellules indépendantes pour créer un bâtiment modulaire évolutif, transportable, juxtaposable et superposable. Le concept modulaire est devenu aujourd hui l unité de base de construction en lego qui composent les abris de chantiers de toute taille. Généralement louée, la base-vie en "kit" s'agrandit, se réduit et déménage en fin de chantier vers un autre chantier. Allant du simple module au bâtiment de plusieurs étages, une base-vie peut compter six à sept modules cantonnement : un module bureau, un module salle de réunion, un module vestiaires-sanitaires L installation des modules est rodée et efficace, réalisée en 2 phases et en quelques heures, quelques jours suivant la taille de la base vie : 1 ère phase : préparation de l arrivée des modules Il y a autant de configurations que de chantiers, aussi faut-il se poser les bonnes questions : quelles sont les contraintes du site, notamment en zone urbaine, où sont les réseaux existants, où se fournir en eau et énergie... Le Code des marchés publics prévoit une période de préparation de chantier : c est l occasion pour l entrepreneur de prévoir son installation et son organisation. Première opération : déterminer les besoins en électricité et en eau du chantier. Deux sources d utilisations : le chantier (production, grue et petit outillage) et la base-vie (éclairage, chauffage, électroménager, chauffe eau, réfectoires, sanitaires ). Source : site de Loxam.fr La puissance électrique nécessaire par module de 15m² environ est d environ 2,5kW. Le choix de l énergie se fera en fonction de la puissance des besoins répertoriés. Le branchement au réseau public et le groupe électrogène restent le plus couramment utilisé. 2 ème phase: un montage et démontage facile, une expédition «colisée» Les modules sont livrés clés en main, dans des délais courts et maîtrisés, grâce au parc locatif. Le transport et la livraison des bungalows se font par camion-plateau ou semi-remorque avec grue. L installation de module ne nécessite pas d infrastructure particulière, des fondations seront nécessaires dans le cas de modules superposés ou dans le cas d un terrain de mauvaises qualité. Le site d accueil doit cependant être choisit plat et stabilisé, facilement accessible en camion. Une fois sur place, c est le chauffeur qui prend en charge l installation des modules à l endroit prévu avec la grue. 17

19 Installation de bungalows source : fete-humanite-08.blogspot.com La base-vie en «kit» est prête à fonctionner, seul le raccordement aux réseaux des cantonnements s effectuera sur place par les entreprises de chantier. En fin de chantier, l installation est récupérée et réinstallée sur un autre chantier. Lorsque l accès au terrain ne permet pas le passage d un camion, on peut recourir aux bungalows démontables. L assemblage est simple et rapide, il ne nécessite aucun outillage particulier, deux personnes suffisent. 18

20 2.2 Évaluation environnementale du bungalow a. Caractéristiques techniques et réglementation actuelle La construction modulaire est devenue l incontournable modèle de base-vie provisoire pour tous les chantiers, les chantiers à faibles nuisances y compris. Pourtant, leurs caractéristiques actuelles sont difficilement compatibles avec une démarche environnementale. Décomposition d un module standard, le parallélépipède : - Ossature : structure métallique en acier galvanisé soudé, avec pièces de renfort aux 4 angles. - Murs : panneaux sandwichs composés d un parement extérieur en tôle pré-laqué, de 41mm d isolant type mousse polyuréthane (PUR) et d un parement intérieur en tôle pré-laqué. - Plancher : composé d un platelage bois en CTBH 22mm d épaisseur sur un solivage métallique. Charge admissible standard 250kg/m², de 60mm d isolant type laine de verre avec protection en sous face. - Toiture : composée de bacs acier nervurés, de 80mm d isolant type laine de verre avec pare vapeur, faux plafond en tôle pré-laquée. HSP 2,29m - menuiserie : fenêtre en aluminium laquée ou PVC, au choix simple ou double vitrage standard 4/6/4, dim.1600x1000mm, la porte d accès est composée d un panneau sandwich - Occultation : en option barreaudage ou volet roulant ext non isolé - Electricité : convecteur de 1000W, 1500W parfois 2000W en option chez certains loueurs, éclairage par tube fluorescent 1X36W, 2 prises de courant à éclipse, 1 tableau général avec interrupteur différentiel Plan d un module type et assemblages : Module réfectoire/réunion Module sanitaire Module simple - Source : cantonnement type «Origin» marque Algeco 19

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