On ne naît pas stalinien, on le devient par sa propre

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1 Genèses 51, juin 2003, pp L ÊTRE PERFECTIBLE LA FORMATION DU CADRE STALINIEN PAR LE «TRAVAIL SUR SOI» Brigitte Studer 1. Der Mensch als Schöpfer seiner selbst. Beiträge zum sozialistischen Humanismus, Berlin, Aufbau Verlag, 1958, p. 16 (texte de 1936). Pour la biographie d Alfred Kurella voir José Gotovitch et al. (éd.), Komintern : L histoire et les hommes. Dictionnaire biographique de l Internationale communiste, Paris, Éditions de l Atelier, 2001, pp On ne naît pas stalinien, on le devient par sa propre volonté. C est une anthropologie fondée sur le «travail sur soi», une vision pour ainsi dire constructiviste de l être humain, qui imprime sa marque au communisme des années trente. Selon les termes d Alfred Kurella, un des principaux responsables de la politique culturelle du Komintern, «le marxisme [ ] conçoit l être humain et son essence comme le résultat d un processus dans lequel l individu concret, sensuel, actif, réfléchissant, est en même temps objet et sujet, créateur et créature de soi-même» 1. Une telle représentation de l individu comme produit de ses propres efforts s applique, certes, à tout membre du parti mais plus fondamentalement aux cadres, véritable colonne vertébrale des organisations communistes. Représentants symboliques mais aussi politiques du pouvoir stalinien, ils doivent correspondre, au plus près, au portrait du «vrai bolchevique» dessiné par le parti. À l intérieur, c est eux qui transmettent les directives aux membres et doivent en contrôler l application. À l extérieur, c est eux qui défendent ses positions politiques. Les cadres des partis communistes étrangers, éduqués à Moscou, jouissent à leur retour dans leur pays d origine, d une part de l autorité de l Internationale tout en lui servant de relais dans leur parti. Pour cela, ils doivent non seulement être formés de manière spécifique mais aussi être encadrés et contrôlés par une «politique des cadres». Le stalinisme se situe dans la droite ligne du bolchevisme en la matière mais il innove aussi. En effet, dès le départ, 92

2 l édification d un monde nouveau passe par l éducation afin d obtenir le passage individuel d un état d arriération à celui de conscientisation. Dans ce but, le parti soviétique développe tout un réseau d écoles mobiles sitôt la guerre civile terminée, où l on suit le programme, soit en groupe, soit en autoéducation, appuyé par le secrétaire de cellule ou un instructeur 2. Cette orientation est reprise et modifiée par le stalinisme. Pour alimenter l effort collectif de productivité, un immense appel à s instruire (et dès 1935 à se «cultiver») est lancé aux citoyens soviétiques 3. Les cadres, quant à eux, sont progressivement pris en charge par des institutions scolaires spéciales dont certaines sont ouvertes aux communistes étrangers. Être nominé puis choisi pour suivre les cours d une école internationale de cadres en Union soviétique constitue une étape clé pour gravir les échelons d un parti communiste. Si, en général, les élèves promus n accèdent pas à leur retour au sommet de l organisation, pour lequel le mode de sélection est différent, ils s intègrent, sauf accident, à la couche intermédiaire située entre le groupe plus nombreux des cadres «inférieurs», locaux ou régionaux, et la direction nationale du parti. Pour créer le «militant inflexible de la cause prolétarienne», modèle proposé par la formation des cadres 4, ces écoles mettent en œuvre un dispositif pédagogique dont il s agit d analyser la finalité autant que les techniques. Or, malgré la profession d universalisme de l Internationale communiste, la réalité du parti soviétique s avère plutôt dépaysante. Les différences ne résident pas seulement dans les méthodes de contrôle exercées par et sur les membres, telles que les campagnes d «épuration» (tchistki) (collectives ou fondées sur l examen individuel d un «cas» delo dès le milieu des années trente), de «vérification» (proverki) et d échange des cartes du parti, mais aussi dans le projet d éducation même 5. Pour devenir cet être auquel aspirent les cadres communistes des années trente le «vrai bolchevique» il faut savoir se perfectionner. Une telle transformation nécessite l apprentissage d une série de techniques introspectives et discursives (voir encadré p. 94). Comme d autres «civilisations», le stalinisme des années trente a produit et appliqué des méthodes d autoexamen propres à favoriser la maîtrise de soi. On peut, à notre avis, en distinguer trois qui, tout en servant l obsession du savoir biographique propre au pouvoir politique moderne, renvoient à la fonction de production de subjectivité pour celui qui s y soumet (voir encadré p. 95). 2. Nicolas Werth, Être communiste en URSS sous Staline, Paris, Gallimard-Julliard, coll. «Archives», 1981, pp Voir Sheila Fitzpatrick, Education and Social Mobility in the Soviet Union, , Cambridge, Cambridge University Press, À propos de l «être cultivé», voir Vadim Volkov, «The Concept of kul turnost. Notes on the Stalinist Civilizing Process», in S. Fitzpatrick (éd.), Stalinism. New Directions, London-New York, Routledge, 2000, pp Projet pour l amélioration de la formation de cadre dans le secteur allemand de l École léniniste internationale (ELI), sans date [1935], Rossijskij Gosudarstvennyj Archiv Social noj i Politicheskoj Istorii (RGASPI) 531/1/ Ces pratiques sont documentées dans les ex-archives du parti à Moscou (RGASPI), en particulier les procèsverbaux des réunions du parti du Komintern et des écoles internationales de cadres. Cet article constitue un développement de notre livre : Brigitte Studer, Berthold Unfried, Der stalinistische Parteikader. Identitätsstiftende Praktiken und Diskurse in der Sowjetunion der dreißiger Jahre, Köln-Weimar-Wien, Böhlau,

3 THÉMATISATION DE SOI ET AUTOCONTRÔLE Dans toute société, il est nécessaire de mettre en œuvre des techniques adéquates d intériorisation pour que l ajustement aux normes ne reste pas simple exercice rhétorique. Michel Foucault a attiré l attention sur le lien entre la constitution de l ordre social et la constitution de soi par l autocontrôle. À cet effet, l individu doit surveiller son propre comportement en parlant de soi. M. Foucault a appelé «technologies de soi» les pratiques confessionnelles qui participent à la construction de l identité. Par cette notion, il entend les «modes institués de la connaissance de soi» qui sont des «procédures, comme il en existe sans doute dans toute civilisation, qui sont proposées ou prescrites aux individus pour fixer leur identité, la maintenir ou la transformer en fonction d un certain nombre de fins, et ceci grâce à des rapports de maîtrise de soi sur soi ou de connaissance de soi par soi» 6. M. Foucault situe ces techniques à l intersection entre mécanismes disciplinaires et nouvelle forme de subjectivation. Celle-ci passe certes par «la conscience et la connaissance de soi», mais elle n en est pas moins «soumise à l autre par le contrôle et la dépendance» 7. En effet, avec leur armature technique et leurs effets de savoir, les pratiques de soi sont réglées par des systèmes de pouvoir. Ceci est même la condition de leur signification historique 8. Mais, selon M. Foucault, les systèmes de référence évoluent au fil des époques, passant d un vocabulaire religieux à un vocabulaire juridique, puis médical et enfin psychologique. Cette conceptualisation a été reprise notamment par le sociologue allemand Alois Hahn qui l a appliquée à la confession chrétienne au Moyen Âge, puis à l extension du journal intime, du genre autobiographique et enfin du roman bourgeois dans l Europe moderne. Il conclut que «dans chaque cas, une institution amène les individus à se préoccuper de soi d une manière spécifique». Ces «formes d aveux» mettent à disposition, selon lui, «des schèmes de parler de soi et de réfléchir sur soi» qui permettent une «rationalisation de la conduite de vie» 9. Dans tous les cas il s agit de modeler le soi, l ajuster, le réguler, le reconstituer ou le perfectionner et cela, en l écoutant, le surveillant, le contrôlant, l exposant, le décrivant, le définissant, l évaluant. 6. Michel Foucault, « : Subjectivité et vérité», in Résumé des cours, Conférences, essais et leçons du Collège de France, Paris, Julliard, 1989, p Voir également M. Foucault, «Technologies of the Self», in Luther H. Martin, Huck Gutman, Patrick H. Hutton (éd.), Technologies of the Self. A Seminar with Michel Foucault, Amherst, The University of Massachusetts Press, 1988, pp M. Foucault, «Le sujet et le pouvoir», in Dits et écrits IV, Paris, Gallimard, 1994, p Jan Goldstein relève le caractère essentiel de cette inscription institutionnelle, «Foucault s Technologies of the Self and the Cultural History of Identity», Arcadia. Zeitschrift für Allgemeine und Vergleichende Literaturwissenschaft, vol. 33, n 1, 1998, pp Alois Hahn, «Identität und Selbstthematisierung», ibid.; Volker Kapp (éd.), Selbstthematisierung und Selbstzeugnis : Bekenntnis und Geständnis, Francfort-sur-le-Main, Suhrkamp, 1987, p. 18. Voir aussi L entreprise est, certes, productive puisqu elle table sur la participation de l individu et l intégration de sa subjectivité, l objectif visé étant de se défaire de tout reste de convictions et d attitudes «petites-bourgeoises»: de s en «épurer». Elle s avère néanmoins ambiguë, puisqu elle fonctionne avec des méthodes qui peuvent passer subitement de l éducatif au disciplinaire. C est à partir de la confrontation des élèves communistes, allemands, suisses, autrichiens et français, aux pratiques politiques et culturelles du parti soviétique, spécifiques par rapport à leurs expériences antérieures, que sera abordée la question de savoir comment se constitue le «cadre bolchevique» des années trente. Le dispositif pédagogique des écoles de cadres internationales C est au moment de la «bolchevisation», au milieu des années vingt, que sont mises sur pied les écoles internationales de cadres mais elles ne prendront de l importance qu avec la stalinisation du Komintern à partir de Deux écoles rassemblent les élèves d Europe et du 94

4 PRATIQUES D AUTOEXAMEN STALINIENNES Il y a d abord l autobiographie de parti (avtobiografiia), couplée généralement au questionnaire biographique, que tout communiste étranger devra nécessairement rédiger lorsqu il arrive à Moscou. Récit de vie qui n est libre qu en apparence, puisqu il se base sur un canevas toujours plus élaboré dès la fin des années vingt 10. Les candidats aux écoles de cadres n y échappent pas, cette forme d objectivation de la biographie individuelle étant une condition sine qua non pour toute admission, non seulement au parti soviétique, auquel les militants des «partis frères» doivent adhérer durant leur séjour en URSS, mais aussi aux institutions de formation des cadres. Mentionnons ensuite la pratique la plus connue du stalinisme et sans doute aussi la plus spécifique, la critique et l autocritique (kritika i samokritika) 11. Cette forme de mise en discours de soi se déroule principalement dans les cellules du parti. Elle n intervient qu une fois l élève ou le membre du parti reçu au sein de l institution et sert, selon son objectif déclaré, à détecter les fausses admissions, les «carriéristes», les «éléments peu fiables», voire les «ennemis du parti». Il s agit en quelque sorte d un contrôle de qualité du membership qui opère en analysant le jeu des acteurs face à l institution, ceux-ci étant mis en demeure de prouver leur adéquation à la norme militante idéale. Fonctionnant sur le mode collectif, cette pratique d objectivation et de subjectivation se distingue de l autobiographie par son caractère dialogique, ce qui favorise l ajustement individuel nécessaire. Elle se différencie aussi par le caractère public et «total» de l introspection jusque dans la vie privée et qui, au-delà des déclarations verbales, s intéresse aussi aux «signes» (comportement, relations, habillement, blagues, etc.) de désaccords politiques. Par sa fonction même, l autocritique constitue un instrument de contrôle et de discipline, voire d exclusion et de répression, puisqu elle s inscrit en général dans les campagnes d épuration et de vérification dans le parti et en compose même le principal levier 12. Enfin, le monde soviétique présente une troisième pratique ou technologie de soi, demeurée inexplorée, mais sans doute la plus proche, du moins par certains aspects, de nos conceptions contemporaines d une formation dirigée efficace. L autorapport (samootchet), appelé aussi rapport de bilan ou autoévaluation, présente en effet des éléments apparentés aux méthodes d évaluation appliquées dans un cadre professionnel ou scolaire, afin de mesurer l amélioration des performances ou simplement l atteinte des objectifs fixés. Disons, sans entrer plus avant dans la comparaison, que dans les deux cas, les progrès obtenus sont évalués périodiquement lors d une séance de groupe. Si nécessaire, ils sont corrigés et adaptés. Dans le stalinisme, et notamment ses écoles de cadres, cette pratique pédagogique est documentée dès Elle est introduite en parallèle à la réintroduction des examens et des notes après Si, au départ, on trouve plutôt la forme de l autoévaluation collective, c est la forme personnelle qui vient à dominer vers Comme l exige alors un projet d amélioration de la formation des cadres à l École léniniste internationale (ELI), les élèves sont censés faire rapport au groupe tous les trois à quatre mois quant à leurs résultats, afin «de soumettre leur travail à une critique bolchevique» 14. À la différence de l autocritique, il s agit de l examen des «objectifs de production», et non en premier lieu d une mise à nu des erreurs, même si, dans les deux cas, une attitude critique envers soi conditionne l exercice. Selon le cas, s ensuit une sanction ou une récompense. continent américain (une vingtaine de pays au total) : l Université communiste des minorités nationales de l Occident (UCMNO) qui accueille aussi des Soviétiques de langue allemande et l ELI 15. On estime à un peu plus de mille, le nombre de communistes étrangers qui ont suivi les cours de l UCMNO jusqu en 1936, et à environ deux mille, ceux qui ont étudié à l ELI, entre 1926 et 1938 (1936 et 1938 étant les dates respectives de fermeture des A. Hahn, Konstruktionen des Selbst, der Welt und der Geschichte, Francfort-surle-Main, Suhrkamp, 2000, pp Claude Pennetier, Bernard Pudal, «Écrire son autobiographie (Les autobiographies communistes d institution, )», Genèses, n 23, 1996, pp Notons que l autobiographie peut, parfois, être de caractère oral. 95

5 C est dans ce bâtiment qu est située l École léniniste internationale avant son déménagement dans la banlieue de Moscou au cours des années trente. RGASPI, Moscou. 11. Voir B. Studer, B. Unfried, Der stalinistische Kader, op. cit. Sur l autobiographie et l autocritique voir également B. Studer, B. Unfried, Irène Herrmann (éd.), Parler de soi sous Staline. La construction identitaire dans le communisme des années trente, Paris, MSH, 2002 et C. Pennetier, B. Pudal (éd.), Autobiographie, autocritique, aveux dans le monde communiste, Paris, Belin, Sur la vérification, voir C. Pennetier, B. Pudal, «La vérification (l encadrement biographique communiste dans l entre-deuxguerres)», Genèses, n 23, 1996, pp À partir de cette date, le pouvoir met fin à l expérimentation scolaire et réintroduit progressivement les évaluations et l inculcation des connaissances, la discipline et la hiérarchie. Voir Oskar Anweiler, Geschichte der Schule und Pädagogik établissements). Leur nombre augmente de façon significative à partir de 1933, avec l arrivée massive d Allemands 16. Le succès de l entreprise dépend d abord du choix des élèves qui doivent, à l évidence, être motivés mais pas seulement. Ceux-ci sont triés sur le volet. La première instance de sélection est leur parti d origine, qui les désigne sur des critères de comportement politique (loyauté au parti, fidélité à la ligne), mais aussi d origine sociale (prolétarienne), d environnement familial et professionnel (pas de lien avec des membres de la police ou des services de renseignement) ou encore de santé 17. Une fois arrivés en Union soviétique, ils sont soumis à des examens supplémentaires et bien plus serrés, organisés par la commission de contrôle centrale du parti soviétique et notamment, dès juin 1932, la commission des cadres du Komintern 18. Cette «vérification» du candidat consiste en plusieurs opérations qui se déroulent selon les strictes «règles de la conspiration». Celles-ci exigent, en 96

6 Le façonnement du «vrai bolchevique» commence au moment de la sélection des élèves des écoles internationales de cadre. «Conditions d admission à l École léniniste internationale en » RGASPI, Moscou. 97

7 Brigitte Studer L être perfectible. La formation du cadre stalinien par le «travail sur soi» in Russland vom Ende des Zarenreiches bis zum Beginn der Stalin-Ära, Berlin, Verlag Otto Harrassowitz, 1978, pp [1964]. 14. Projet de proposition pour l amélioration de la formation de cadre dans le secteur allemand de l ELI, sans date [1935] (en allemand), RGASPI 531/1/ En réalité, certains cours de l UCMNO datent de 1921, mais l ouverture aux communistes étrangers ne se fait qu en Pour les élèves venant d Asie, il existait une autre école internationale. 16. En 1936, il atteint même 536 pour l UCMNO (dont plus de la moitié d étrangers) et 650 environ pour l ELI. Lettre de Dimitri Manouilski au secrétaire du comité central du Parti communiste unifié (bolchevik) PCU(b) 2 janvier 1936 (en russe), RGASPI 495/10a/385 et projet du secrétariat du Comité executif (CE) de l International communiste (IC), 22 mars 1936, ibid. 17. Décision de la commission politique du CE de l IC par rapport au rapport de l ELI sur les résultats de la procédure d admission pour l année scolaire , 19 avril 1933 (en allemand), RGASPI 495/20/865. Circulaire adressée aux partis communistes, mars 1935 [?] (en allemand), RGASPI 495/80/447 et Conditions d admission à l ELI en , RGASPI 495/4/ Il est vrai que les partis communistes ne respectent pas toujours scrupuleusement les critères de sélection, parfois trop contents de se débarrasser à bon compte de militants encombrants. 19. Rapport sur la situation générale de l ELI et sur le travail du parti à l intention du secrétaire du PCU(b) du rayon de Krasno-Presnenski, Simotchkin, 19 décembre 1936 (en russe), RGASPI 531/2/43. substance, du candidat de ne plus rien révéler de luimême, sauf aux instances du parti chargées de récolter ses données biographiques. La violence symbolique exercée par cette dépossession de sa biographie au profit de l appareil du parti, qui l archive et l utilise si bon lui semble, est encore soulignée par l obligation faite au candidat d abandonner son nom pour un pseudonyme qui sera sa seule identité autorisée en URSS. La première mise en contact avec les pratiques du parti communiste soviétique s achève par la rédaction d une autobiographie, pièce maîtresse de son dossier personnel. Comme les jeunes communistes étrangers admis dans les écoles de cadres parlent peu le russe, ils sont répartis selon des critères linguistiques. Il y a ainsi les secteurs, français, allemand, italien, anglais, etc. Chaque institution scolaire est structurée selon une organisation hiérarchique et complexe dans laquelle se croisent les instances et les responsables scolaires et ceux du parti et du syndicat notamment. On trouve ainsi à divers niveaux et dans chaque secteur, des administrateurs responsables mais aussi des représentants des élèves. Il y a, en outre, un comité du parti composé de représentants de la direction, de l administration, du corps enseignant et des élèves, en charge du travail politique, ainsi qu un représentant du parti (partorg) et un représentant syndical (proforg), nommés par leurs pairs 19. Ils ont pour tâche de faire respecter l ordre et la discipline. C est à eux, par exemple, d empêcher que ne circulent des «journaux trotskistes», comme c est apparemment le cas, en 1936, dans le secteur français 20. Dès 1933, l ensemble de l activité, dans les cours comme au sein du parti, est soumis à la surveillance du département des cadres de l école 21. Le contenu des cours dit travail «académique», défini par une commission des études, est centré sur le savoir censé être utile à ces futurs cadres du parti: les élèves doivent absorber des notions d économie politique et d idéologie marxiste-léniniste mais surtout des connaissances portant sur l organisation des instances politiques, l histoire du parti soviétique, du Komintern et de leur propre parti, ainsi que sur la réalité soviétique 22. La formation intellectuelle ne constitue qu un aspect du dispositif. Le sport, la lecture ou le théâtre font également partie intégrante du curriculum. L horaire est donc plutôt lourd (jusqu à dix heures de cours quotidiens au début, huit en 1931 et sept à partir de 1933) et nombreux sont ceux qui se plaignent de surcharge. D autant que le pensum comprend 98

8 de nombreux travaux individuels, «l apprentissage par soimême» étant une des méthodes pédagogiques prônées. De plus, les élèves doivent participer activement au syndicat et au parti et s engager dans le «travail sociétal», c està-dire prendre en charge des tâches communautaires comme la rédaction du journal mural ou la décoration du «coin rouge». Des stages pratiques à la campagne ou dans une usine soviétique complètent la formation. Les objectifs pédagogiques Une hiérarchie des interprétations et des intérêts face au parti Le double encadrement institutionnel, d une part pédagogique par la direction de l école, d autre part politique par la direction du parti, est le reflet de l envergure de l objectif éducatif. Développer le savoir utile à ces futurs cadres médians implique en effet plus que des simples connaissances du marxisme-léninisme. Au-delà du résultat pédagogique immédiat, il importe, pour celui qui veut être promu, d adopter une disposition intellectuelle spécifique. Il devra apprendre la méthode et maîtriser les outils qui lui serviront de grille pour la lecture toujours «correcte» de la ligne politique. À ce sujet, tout est à refaire en Union soviétique, les élèves doivent tirer un trait sur leur capital culturel et scolaire acquis dans leur propre parti et leur pays. «Sans doute sommes-nous devenus des révolutionnaires plus ou moins bons dans la lutte pratique là-bas [en Europe occidentale]», explique celui qui dirige la séance lors du «jour de parti» à l ELI en 1935, «mais dans l ensemble nous avons été éduqués de manière unilatérale. C est ici seulement, sous la direction du parti, que nous avons la possibilité de devenir de véritables militants, universels et meilleurs» 23. La condition pour devenir de tels militants est apparemment simple puisqu il suffit de comprendre «que le collectif sait tout mieux», comme l expose le responsable du Parti communiste allemand en URSS, Fritz Heckert 24. Adopter une telle hiérarchie des interprétations en faveur du parti suppose d acquérir ce qu Erving Goffman a appelé «a sense of one s place» 25. Il ne suffit pas de percevoir la position occupée (notamment face au parti), il faut un ajustement à cette position. Affirmer sa fidélité au parti, comme le font nombre de communistes étrangers dans leur première autobiographie à leur arrivée à 20. Ibid. 21. Décisions sur le département des cadres de l ELI, 20 décembre 1933 (en allemand), RGASPI 495/4/273. Le département des cadres du Komintern comportait également une commission spéciale pour les institutions de formation des cadres. 22. Programme d études pour les cours réduits l année des groupes allemands de l ELI (en allemand), RGASPI 531/1/149. Ces cours sont introduits en 1933 pour répondre à l afflux d élèves allemands après la prise de pouvoir des nazis. 23. Jour du parti des 1 er groupes, nouveau et ancien, de l UCMNO, 15 mai 1935 (en allemand), RGASPI 529/2/ Rapport du bureau de la cellule du parti du secteur A et discussion dans le cadre de l épuration de l ELI de 1933 (en allemand), RGASPI 531/2/ Cité dans Pierre Bourdieu, «Espace social et pouvoir symbolique», in Choses dites, Paris, Minuit, 1987, p

9 Brigitte Studer L être perfectible. La formation du cadre stalinien par le «travail sur soi» 26. Autobiographie de «Danièle» (Vincentella) Casanova, sans date [fin 1935, début 1936], RGASPI 495/270/ Autobiographie de Willi Bredel, [sans doute 1934] (allemand), «Stiftung Archiv der Akademie der Künste im Bundesarchiv» (SAPMO-BArch), Berlin, Fonds Willi Bredel, Rapport de la commission d épuration de l ELI dans l affaire Supo (Soupeault?), Depierre, Bondrak et Bonnard [1933] (en russe), RGASPI 531/2/65. L orthographe des noms propres est parfois difficile à établir, vu leur traduction russe souvent phonétique. 29. Séance d autocritique de l UCMNO (sans autres indications), février 1936 (en allemand), RGASPI 529/2/473. Moscou «je n ai jamais cessé de militer», note «Danièle» Casanova dans son autobiographie de parti 26 ; «sans interruption (lückenlos), ma vie a appartenu au combat de la classe ouvrière», affirme l écrivain allemand Willi Bredel dans la sienne 27 est une chose. Mais le «vrai bolchevique» le prouve par son comportement de tous les jours. En aucun cas un communiste ne doit faire passer son intérêt avant celui du parti. Pour avoir refusé de contribuer à l «emprunt socialiste» sous prétexte qu ils avaient besoin de cet argent pour leurs «besoins personnels (théâtre, cinéma, trams, habits)», les élèves Supo et Depierre sont ainsi accusés d erreur politique au cours de l épuration de 1933 à l ELI 28. Ce qui semble de prime abord une simple question d acceptation de la discipline politique, s avère en réalité être un long processus d apprentissage d un modèle culturel avec son habitus propre. Dans ce contexte, l obtention d un capital politique et culturel certifié par le parti devait être entreprise avec un très grand «sérieux», comme le révèle la fréquence de ce qualificatif dans les «caractéristiques», c est-à-dire les évaluations écrites des élèves. Toutefois la direction intellectuelle, morale et pratique de cet intense travail sur soi appartient au parti et il n est pas de la compétence du futur cadre d y apporter son propre travail d interprétation. «L autosuffisance, l arrogance, le sentiment de supériorité» sont régulièrement épinglés comme défauts de caractère. Le camarade Fuchs reçoit ainsi la plus grave sanction du parti à cause de son refus d admettre sa faute au cours d une séance de critique et d autocritique. «Plutôt s envoyer une balle dans la tête», avait-il dit! «Comportement non communiste», rétorque le collectif. Et un participant lui fait remarquer : «Ton processus d amélioration est stoppé. Nous n avons pas besoin de têtes de mule. Ce qu il faut, c est lutter contre soi-même 29.» Acquérir un savoir «pratique» Analyser «correctement» ou de «façon juste» la «réalité soviétique» sont des termes typiques et hautement significatifs qui jalonnent les évaluations des élèves. Concrètement, ceux-ci doivent avant tout être capables de transposer à des situations particulières, «dans la pratique», les schèmes d interprétation inculqués grâce au travail pédagogique de l institution. Comme le montrent les «caractéristiques», le bon élève, le «bolchevique accompli», est celui qui sait «appliquer» ses 100

10 connaissances, qui «sait aborder concrètement les questions». À l inverse, le mauvais élève «a tendance à poser les problèmes de manière abstraite», il a une «approche trop théorique». La méthode pour atteindre l objectif pédagogique consiste surtout à apprendre par un travail répétitif le jeu de l interprétation de la théorie marxiste-léniniste. Occupant un rôle central, la classique discussion de textes doit permettre de «clarifier les questions». Or, «clarifier» ne signifie rien d autre qu adopter en fin de compte le point de vue des enseignants et donc du parti. C est à lui ou à ses dirigeants qu est déléguée l élaboration de la théorie. Comme l admet l élève Degraf à l UCMNO en 1936 : «Au début, j ai manqué de clarté dans la question agraire, mais je me suis rattrapé par la suite. J avais tort de camper sur ma position 30». Ce qu il convient de faire, dans ce cas, «c est clarifier la question avec l enseignant 31». Selon le secrétaire du comité du parti de l ELI, Ivan Titkin, il suffit de faire attention «à ce que Staline a dit à ce propos 32». Partant en général de textes des dirigeants soviétiques dont évidemment Staline leur contenu est décortiqué, chacun y allant de sa présentation, puis le professeur (appelé lecteur) intervient, corrige, approuve telle interprétation et critique telle autre, les élèves reprennent, corrigent, approuvent telle interprétation et critiquent telle autre. Toute discussion perdurera jusqu à ce que tous les élèves aient fait leur l interprétation officielle l interprétation «bolchevique correcte». Pour cette raison, les enseignants doivent être particulièrement attentifs à ce que «chaque camarade prenne la parole 33». Il ne faut pas confondre ces «discussions» avec un débat d idées ou une confrontation d interprétations possibles. «Une théorie vraiment révolutionnaire est incompatible avec le jeu stérile des définitions», expose André Marty aux élèves du secteur français de l École léniniste en 1935, en citant Georgi Dimitrov. Il ramène à une formule percutante ce principe du modèle culturel stalinien pour lequel toute théorie découle directement de la pratique, le médiateur de cette «vérité» unique étant le parti : «Le léninisme, c est avant tout la vie 34.» L expérience est neuve pour les communistes étrangers, la confrontation aux pratiques soviétiques d inculcation de cette vérité souvent rude. Un élève en témoigne : 30. Rapport d évaluation [ou autorapport] du camarade Degraf à l UCMNO, sans date (début 1936) (en allemand), RGASPI 529/2/ Ibid. 32. Séance du secteur de la formation des cadres de l ELI, 13 décembre 1936 (en russe), RGASPI 495/30/ En place depuis 1932, Titkin est licencié en 1937 comme bien d autres collaborateurs de l école dans «l affaire» de la directrice Kirsanova (lettre de Bogomolov, dirigeant du département des cadres, à Schwarzmann, 10 décembre 1937 en russe RGASPI 531/1/124). 33. Réunion de parti de la variante B du secteur A de l UCMNO, 27 mai 1935 (en allemand), RGASPI 529/2/ Discours du 8 octobre 1935, RGASPI 531/1/152. Affiche Genrikh. M. Futerpas, Moscou 1936 : «Stalinistes! Élargissez le front des stachanovistes! La vie est devenue meilleure, camarades, la vie est devenue plus gaie! Si votre vie est plus gaie, vous réussirez dans votre travail. (Staline)», in Russia 20th Century. History of the Country in Poster, Moscou, Panorama, 1993 (édition bilingue russe-anglaise). D.R. 101

11 Brigitte Studer L être perfectible. La formation du cadre stalinien par le «travail sur soi» 35. Réunion de parti du 2 e groupe du 1 er cours du secteur allemand de l UCMNO, 10 avril 1936 (en allemand), RGASPI 529/2/ Réunion générale de secteur du secteur allemand, 23 janvier 1932 (suite de la réunion du 13 janvier) (en allemand), RGASPI 529/1/ P. Bourdieu, Jean-Claude Passeron, La reproduction. Éléments pour une théorie du système d enseignement, Paris, Minuit, 1970, p Les deux auteurs se réfèrent à la langue et à la correction académique. 38. Ces qualificatifs proviennent de diverses «caractéristiques» et «évaluations» faites entre 1929 et 1935 dans le cadre du cursus scolaire normal et non pas dans le cadre des arrestations et de la «Grande Terreur». Les reproches changent ensuite de nature et sont du genre : provocation, violation des «règles de conspiration», manque de vigilance bolchevique et lutte fractionnelle. Les «éléments étrangers et ennemis du parti», les traîtres, les éléments dégénérés et autres sont exclus du parti. (À propos du travail de la commission internationale de contrôle version en allemand 9 juillet 1936, RGASPI 495/20/759). 39. Jour du parti du secteur I de l ELI, 4 décembre 1933, RGASPI 531/2/67. «La manière d aborder les problèmes, comme cela se fait en Union soviétique, est nouvelle pour moi. S il fallait avouer une erreur en Allemagne, dans le travail pratique, dans la cellule ou ailleurs, les camarades ne regardaient pas tant si la formulation était fausse. Ce qui importait, c était l attitude face au travail dans le parti. Si un camarade travaillait bien, on ne s arrêtait pas à une attitude ou une expression fausse 35.» Le soin pointilleux accordé à la formulation s étend aussi à l écrit. Des «brigades pour la révision des textes» écument les libellés des cours, les articles du journal mural ou tout autre document susceptible de propager des «erreurs» parmi les élèves. Ainsi, à titre d exemple, cette phrase dans une histoire du parti qui parle «de la différence entre Lénine et Engels par rapport au combat contre les narodnikis 36». Sans conteste, cette hypercorrection, cette «référence anxieuse à la norme légitime de la correction» bolchevique, peut être interprétée comme l indice d un rapport au savoir caractérisé par un manque de distance 37. En fait, ce savoir n est pas encore complètement acquis et ces néophytes ne sauraient donc faire l économie d une surveillance constante de soi pour prouver aux autres comme à eux-mêmes, qu ils font partie de ceux qui le dominent. En outre, la nature de ce savoir même exige une telle attitude. Il n y a que le vrai ou le faux et une seule interprétation est possible. De toute manière, ce savoir est acquis de haute lutte. Hermétique, rigide, en bref dogmatique, il requiert une économie psychique socialement construite autour du contrôle de soi. Discipline de vie et maîtrise de soi Le modèle militant idéal du cadre stalinien tel que l expriment les «caractéristiques» des élèves est celui d un être avant tout rationnel et autocontrôlé. Ceux qui passent la vérification sont «constants», «fidèles», «sérieux», «fiables», «consciencieux», «convaincus», «calmes», «actifs», «énergiques», «disciplinés». Ils ont un «sens développé du devoir» et s intègrent aisément au collectif 38. Contre-exemple, l élève «Antoine» avoue s énerver trop vite: «J ai fait preuve d un manque de sangfroid qui ne doit pas exister chez un communiste 39»; d autres élèves taxés d «instables», de «trop susceptibles», d «inégaux dans leurs performances» ne «supportent pas la critique» ou sont «sujets à des sautes d humeur». Le «vrai bolchevique» possède une triple maîtrise de soi, sur le plan personnel, culturel et politique. Aucune ne va sans l autre. Mode de vie sobre et discipline du 102

12 La formation en tant que futur cadre du parti inclut un travail physique sur soi : «Gymnastique matinale, foyer pour étudiants Lefortovo, Moscou 1932», in Alexander Rodtschenko, La femme enjeu, Annecy- Lausanne, La Petite École-musée de l Élysée, ProLitteris, 2002, 8033 Zürich. quotidien sont ainsi de rigueur. Il s agit de faire du sport, de la gymnastique matinale, et de faire preuve d une utilisation rationnelle du temps. Le soin de son corps et de sa santé fait partie des devoirs, non seulement pour maintenir sa forme et sa capacité de travail, mais aussi parce que l hygiène personnelle reflète l hygiène morale. Une tenue négligée peut être signe d un manque de discipline, de ponctualité, de responsabilité. C est un des reproches adressé à un élève de l École léniniste lors de l épuration de 1933 : «Ton habit [troué] symbolise ta personnalité tout entière», lui dit-on 40. Ce travail physique sur soi s accompagne d un véritable programme d éducation culturelle et sociale qui s impose dans les années trente. Pour être «cultivé», le communiste doit avoir de bonnes manières, respecter les femmes, fréquenter les musées et les théâtres 41. À l École léniniste, il existe un département du «travail culturel», le kul trabota, chargé d organiser des projections cinématographiques hebdomadaires, des visites de musée et des débats politiques 42. Des chœurs sont aussi 40. Séance de clôture de l épuration du secteur A de l ELI, 17 novembre 1933 (en allemand), RGASPI 531/2/48. Autre exemple, pour avoir porté des bijoux au cours d une séance d épuration une élève de l UCMNO est soupçonnée de révéler par là sa mentalité «bourgeoise» (procès-verbal du séminaire d organisation et de propagande et des travailleurs de la presse, UCMNO, 25 septembre 1934 en allemand RGASPI 529/1/548). 41. Il convient de noter la dimension sexuée de l entreprise qui visait, parmi d autres objectifs, à discipliner le comportement masculin en matière de sexualité. 42. Rien qu au cours de deux mois de l année 1936, les élèves voient un film sur Kirov, une chronique des événements espagnols et d autres films encore comme «La parade sur la Place Rouge», «La carte du parti» ou «La génération des vainqueurs» (rapport sur la situation générale de l ELI et sur le travail 103

13 Brigitte Studer L être perfectible. La formation du cadre stalinien par le «travail sur soi» du parti à l intention du secrétaire du PCU(b) du rayon de Krasno- Presnenski, Simotchkin, 19 décembre 1936 en russe RGASPI 531/2/43). 43. Réunion de discussion sur la production du 2 e cours du 1 er groupe de l UCNMO, 11 janvier 1936 (en allemand), RGASPI 529/1/ Réunion des 1 er et 2 e groupes, séance de bilan des concours, 11 avril 1935 (en allemand), RGASPI 529/1/ P. Bourdieu, J.-C. Passeron, La reproduction, op. cit., p. 60. mis sur pied selon les secteurs linguistiques ou nationaux de l école. Ces activités sont partie intégrante du programme d étude et les étudiants doivent fournir la preuve de leurs progrès en la matière. Si la plupart s y conforment du moins de façon rhétorique dans leur autorapport nombreux sont ceux qui peinent à respecter l ensemble des critères d une «vie cultivée». Ainsi, lors d une séance de «discussion des résultats de production», l élève Steinbeck doit répondre au reproche qu il ne lirait pas assez d œuvres littéraires. On le menace même de lui retirer sa carte d udarnik, de travailleur de choc. Il proteste : «C est vrai que je n ai pas lu de grande littérature mais je suis un homme qui aime la nature et je fais beaucoup d excursions. De plus, je suis non-fumeur. Mais dans ma chambre certains fument et on m a épinglé en tant que fumeur sur le journal mural 43.» Les futurs cadres communistes ont beau être motivés pour parfaire leur éducation, cette activité culturelle purement «rationnelle», pédagogique et laborieuse n est pas toujours du goût de tout le monde. Pour les élèves d origine ouvrière, au départ sans capital culturel correspondant, les soirées de théâtre paraissent parfois fastidieuses, sinon incompréhensibles, puisque les pièces se jouent plutôt en russe et qu ils maîtrisent peu cette langue. D autres, au contraire, sont réfractaires à l aspect collectif des sorties au spectacle, manifestant par là, inévitablement, leur «individualisme petit-bourgeois», tel l élève Wiesel qui, lors d un bilan, trouve que «le plaisir est bien plus grand si on y va seul 44». Il n est pas rare, par conséquent, que dans les séances d évaluation, le responsable en arrive au constat qu un seul élève a, au cours du dernier trimestre, fait preuve d une discipline exemplaire sur ce point, tandis que certains ne sont même pas allés au théâtre du tout. Ce qu on exige de l élève est l acquisition d un savoir spécifique mais aussi l adoption d une certaine posture face au savoir. À cette double finalité du dispositif pédagogique des écoles internationales s ajoute l intention de produire chez les futurs cadres une disposition intérieure qui ne réduise pas l attitude légitime face au parti à un savoir rationnel mais qui s exprime dans l ensemble des pratiques et des schèmes d orientation ou, en d autres termes, dans une recomposition de l habitus. Comment s obtient cette intériorisation des structures mentales du monde social stalinien? Quelles sont les «techniques de déculturation et de reculturation 45»? 104

14 Plier le singulier à la rationalité politique Parler de soi, se révéler, corriger ses erreurs Le modus operandi de la fabrication du cadre stalinien a recours à l auto-inspection, faisant ainsi un usage productif de la subjectivité. Mais le bon fonctionnement de cette méthode pédagogique repose sur le principe de vérité. Cela implique une transparence complète et un grand sérieux dans l approche. Même des erreurs qui semblent a priori tout à fait secondaires doivent être inventoriées, déclarées et disséquées, car elles peuvent en couvrir d autres, plus graves. À cet effet, il faut constamment parler de soi, expliquer ses choix, ses motifs et ses doutes, faire état du progrès de ses études, des difficultés et des erreurs aussi. «Le parti exige de tout un chacun, de rendre compte sur soi chaque jour, chaque heure», martèle F. Heckert 46 qui en avait déjà expliqué les raisons aux élèves de l École léniniste lors de l épuration de 1933: «Un camarade qui tait ses erreurs devant le parti est, premièrement, un camarade malhonnête envers le parti. Deuxièmement, le parti ne peut faire confiance à un tel camarade et ne peut lui confier des tâches, même s il est un bon militant par ailleurs. Troisièmement, un tel camarade éveille la méfiance auprès des non-membres sur l honnêteté de l ensemble du parti. Et quatrièmement, ce camarade en incitera d autres à cacher leur passé devant le parti, ce qui donne mauvaise réputation à ce dernier et le met dans l incapacité de jouer le rôle de véritable avant-garde des masses ouvrières en lutte 47.» L élève autrichien Bloch fournit un exemple de ce qu implique un refus de l attitude confessionnelle, lui qui ne «défend pas assez ouvertement ses opinions», de sorte «qu il est difficile de l aider à surmonter ses conceptions fausses». Il n est pas inclus dans la liste de ceux qui sont évalués positivement en fin d année et proposés pour une fonction au sein du parti 48. C est pour «corriger ses erreurs», pour «surmonter ses conceptions fausses», qu il faut se révéler en parlant de soi aux autres. Par leurs critiques ceux-ci pourront ainsi aider celui qui s expose, celui qui fait son «autocritique», à se restructurer, à organiser de manière plus conforme son for intérieur. Mais cette intervention sur soi ne comporte pas que l effacement d un conditionnement culturel antérieur devenu inapproprié, elle demande aussi l apprentissage de schèmes de production de pratiques, une attitude nouvelle caractérisée par l aptitude à augmenter ses capacités et ses performances. 46. Réunion du groupe du parti du 4 e cours, 1 er et 3 e groupes, de l UCNMO, 3 avril 1936 (en allemand), RGASPI 529/2/ Séance de clôture de l épuration du secteur A de l ELI, 17 novembre 1933 (en allemand), RGASPI 531/2/ Caractéristiques de l année 1935, ELI (en allemand), RGASPI 531/1/

15 Brigitte Studer L être perfectible. La formation du cadre stalinien par le «travail sur soi» 49. À propos de la pratique dans les usines, voir Hans-Henning Schröder, Industrialisierung und Parteibürokratie in der Sowjetunion. Ein sozialgeschichtlicher Versuch über die Anfangsphase des Stalinismus ( ), Wiesbaden, Verlag Otto Harrassowitz, 1988, pp Addenda au procès-verbal de la réunion de groupe du 16 juin 1933, caractéristique provisoire dans le cadre de la vérification de l émulation socialiste et des groupes de choc dans le département de presse du 1 er cours de l UCMNO (en allemand), RGASPI 529/1/ Réunion du groupe 6, nouveau, de l UCMNO, 11 mars 1935 (en allemand), RGASPI 529/2/453. Sur la vigilance et le devoir autocritique voir aussi B. Studer, Un parti sous influence. Le parti communiste suisse, une section du Komintern, 1931 à 1939, Lausanne, L Âge d homme, 1994, pp. 87, Jour du parti du secteur I de l ELI, 4 décembre 1933, RGASPI 531/2/ Stephen Kotkin, «Coercion and Identity : Workers Lives in Stalin s Showcase City», in Lewis H. Siegelbaum, Ronald Grigor Suny (éd.), Making Workers Soviet : Power, Class and Identity, Ithaca-London, Cornell University Press, 1994, pp. 282, Réunion du groupe 6, nouveau, de l UCMNO, 11 mars 1935 (en allemand), RGASPI 529/2/453. S améliorer, se mesurer Élément majeur du dispositif éducationnel soviétique, l «émulation socialiste» est introduite dans les usines en 1929, dans le contexte d une mobilisation des travailleurs, pour augmenter la norme de productivité, et dans les écoles de cadre au début des années trente 49. Les élèves se fixent par avance des objectifs pour lesquels ils seront évalués par leurs professeurs et leurs condisciples 50. Un collectif s accorde sur un but à atteindre dans un certain laps de temps, comme obtenir tel ou tel résultat dans l étude des «Questions du léninisme» de Staline ou encore tel degré de participation à la gymnastique matinale et lance un défi à un autre collectif. Dans d autres cas, ce sont deux individus qui entrent en compétition. Tout est sujet à concours: le contenu des cours, le nombre de réunions de parti, le journal mural, la propreté des chambres, la participation à des activités sociales, culturelles et militaires À partir de 1935, des objectifs plus politiques mesurant la conformité à la ligne du parti viennent s y ajouter. On jugera qui se montre le plus assidu dans la «lutte pour la vigilance bolchevique» ou qui fait preuve d une attitude véritablement autocritique 51. Pour les jeunes communistes étrangers, ces pratiques soviétiques sont, au début, parfaitement étrangères. «Quand nous sommes arrivés ici, nous ignorions complètement ce qu était, en pratique, l émulation socialiste», notent les élèves du secteur français de l École léniniste en Or, «l émulation socialiste» repose sur un discours qui se targue de n avoir rien à voir avec la concurrence dans le système capitaliste car le but consiste à élever tout le monde au niveau le plus avancé. Pour cela, sont prônées les méthodes du «remorqueur» et le parrainage d équipes plus faibles 53. Les concurrents qui se sont lancé un défi font régulièrement le point, en principe, une fois par mois 54. Ordinairement, les résultats sont d abord discutés parmi les membres d un cours. Ceux qui atteignent les objectifs obtiennent le titre convoité de travailleur de choc et parfois des avantages matériels, comme une place dans un établissement de bain, au bord de la Mer noire. Chaque élève doit porter un regard (auto)critique sur ses efforts. Puis son bilan est examiné, et si nécessaire, corrigé par les élèves et les enseignants. Si certains se surestiment au départ, d autres, au contraire, se sous-estiment. L élève Gerber, par exemple, admet qu il arrive régulièrement en retard au cours et qu il n atteindra pas ses objectifs. Ses camarades discutent 106

16 alors s il peut ou non garder sa carte de travailleur de choc. L élève Hartmann y est favorable. L élève Kurz y est opposé. Ce dernier suggère de donner un avertissement à Gerber. C est la proposition d Hartmann qui finalement l emporte à cinq voix contre trois 55. Rapporter, évaluer, ajuster L examen des résultats se fait dans des séances de bilan ou d autoévaluation, formes spécifiques de thématisation de soi des institutions communistes. L individu y rend compte de ses progrès mais aussi de ses échecs, voire de ses fautes; le collectif, quant à lui, doit se porter garant de chacun de ses membres. En fait, de manière analogue à «l émulation socialiste», l autorapport repose sur le principe de la responsabilité mutuelle. Or, selon les objectifs de la formation du «véritable cadre bolchevique», l attention de l un et de l autre ne s étend pas qu aux activités scolaires, c est l être tout entier qui est jugé. Le bilan personnel ne comprend pas que le «travail de production», mais aussi le «travail sociétal», le «travail de parti» et enfin le comportement général. De manière soit informelle soit formelle, il existe un canevas qui, la plupart du temps, impose une structure à l autorapport, même si certains élèves s en tiennent à une forme plus spontanée. Dans un exemple apparemment assez représentatif, les trois élèves qui présentent successivement leur bilan dans une réunion de parti abordent ainsi les points suivants: la «production» du groupe, à savoir leur réussite scolaire par rapport aux sujets qu ils avaient promis d étudier, leur maîtrise du russe, leurs rapports avec les lecteurs (enseignants) et autres responsables de l école, la discipline dont ils font preuve dans les domaines de la culture physique et du «travail sociétal», leur engagement dans la rédaction du journal, dans l activité du parti et dans le domaine de la culture. Pour chaque point, ils soupèsent forces et faiblesses 56. S ils ne le font pas, les autres se chargent de leur rappeler que la finalité de l exercice consiste en un autoexamen approfondi, qui ne doit laisser aucune facette de soi dans l ombre. Après que l élève a parlé, suit donc une sorte d examen par le collectif, appelé «discussion générale», au cours de laquelle il s agit de défendre son autoévaluation. En général, les questions sont nombreuses, puisqu une posture critique a valeur de signe distinctif du «vrai bolchevique». L élève Laube par exemple, du secteur allemand de l UCMNO, doit répondre aux interrogations suivantes: 55. Discussion de production du 4 e groupe du 2 e cours de l UCMNO, 13 décembre 1935 (en allemand), RGASPI 529/2/ Rapport d évaluation des camarades Sommer, Fuchs et Wilke lors de la réunion de parti de la variante B du secteur allemand de l UCMNO, 27 mai 1935 (en allemand), RGASPI 529/2/

17 Brigitte Studer L être perfectible. La formation du cadre stalinien par le «travail sur soi» 57. Réunion du groupe du parti du secteur allemand de l UCMNO, sans date [1936] (en allemand), RGASPI 529/2/ Ibid. 59. Ibid. 60. C est la ligne de défense choisie par la camarade Kern. Pour justifier son absentéisme au cours, elle insiste sur son enfant en bas âge et un mari gravement malade (Réunion du groupe du parti du 3 e cours, 1 er et 2 e groupes, de l UCMNO, 3 avril 1936 en allemand RGASPI 529/2/473). Un autre élève parvient à détourner l attention de ses faiblesses vers une question de fiabilité du procèsverbal. (Rapport de bilan personnel du camarade Buch lors de la réunion du parti du 2 e groupe du 1 er cours de l UCMNO, 25 mars 1936 en allemand RGASPI 529/2/473, et suite de ce rapport, 10 avril 1936 en allemand RGASPI 529/2/473). «Pourquoi n accomplis-tu aucun travail sociétal? Quel genre de bibliothèque fréquentes-tu? Pourquoi ne participes-tu pas aux soirées de théâtre collectives? Pourquoi te tiens-tu isolé? Quelles sont tes faiblesses dans ton travail, quelles sont tes erreurs, et que peux-tu dire à propos de ton attitude face au collectif? 57» Son attitude, précisément, passe pour insatisfaisante car Laube ne s intègre pas assez, il «s isole». En outre, il n a pas vraiment saisi quelles sont les tâches du «vrai bolchevique» car il estime qu il ne peut s engager dans du «travail sociétal» que si ses études n en pâtissent pas. Une telle conception est jugée «foncièrement fausse» par un autre élève 58. D après les participants de la réunion, elle est d autant moins satisfaisante qu elle correspond à leurs yeux à son comportement général. Car s il n est pas prêt à reconnaître ses erreurs, comme on le lui reproche, il lui manque la nécessaire attitude d humilité face au collectif et au parti, et s il ne veut pas reconnaître ses erreurs, il ne peut pas les corriger. «Pourtant, nous sommes tes camarades, dit un autre élève, et tout ce que nous voulons c est t aider à te débarrasser de tes fautes.» Après avoir été confronté à de telles critiques, l élève (ou d ailleurs l enseignant) rendant compte de soi, doit s expliquer. Il n a alors que le choix de deux réactions. Il peut adopter une attitude autocritique ou défensive, mais ceci dans des limites étroites. Dans le premier cas, il reconnaît d emblée ses erreurs et promet de les «liquider» 59. Dans le second, il peut tenter de se justifier en invoquant des circonstances atténuantes, telles que des difficultés familiales 60. La marge de négociation est étroite mais elle existe. La réaction des autres dépend de nombreux facteurs, à commencer par la position de l élève dans le groupe. L essentiel, au-delà des sympathies et antipathies personnelles, est d attester sa volonté de se corriger. Sinon, on témoigne tout simplement de son refus face au but poursuivi: faire un travail sur soi afin de se constituer en cadre bolchevique. Voilà d ailleurs toute la finalité de l autorapport et ce qui conditionne son mécanisme: il s agit d amener celui qui rend compte de soi à modifier, pas à pas, certaines attitudes, certains schèmes de pensée et certaines valeurs. Le moyen est une sorte de jeu de vérité qui alterne une interrogation systématique par le groupe et une analyse de soi, ce qui présuppose une ouverture totale de la part de celui qui fait le rapport. Dans le cas où une telle disposition psychique et intellectuelle vient à manquer, le collectif a précisément pour fonction de la provoquer par ses 108

18 rondes de questions insistantes. Il y a d ailleurs tout intérêt, puisqu il est tenu pour responsable des progrès ou des échecs de ses membres. À cet effet, tout autorapport se termine par une résolution dans laquelle les résultats du travail sur soi sont sanctionnés. S il n y a rien ou presque rien à redire, l élève (ou l enseignant) aura le droit de figurer parmi les «travailleurs de choc». Dans le cas inverse, le collectif lui fixe des tâches en vue de l ajustement de ses interprétations et de son attitude. Ainsi l élève Laube doit dorénavant faire preuve de zèle dans le «travail sociétal» aussi bien au sein de l université que du syndicat et du parti. On exige, en outre, qu il reconnaisse ses fautes afin de s en défaire. Enfin, il doit s engager à obtenir la note «très bien» dans l ensemble des branches «car il en a la capacité» 61. La procédure s achève, en général, par une déclaration de la part de l élève concerné dans laquelle celui-ci précise qu il accepte les exigences qu on lui impose et qu il va s efforcer de s y conformer. Se confronter à la «réalité» et l objectiver L ultime moment de vérité sera le «stage pratique» (praktika) qui clôt, en général, le cours. C est lui qui mesure le travail pédagogique accompli car il s agit alors de «voir» la «réalité soviétique» décrite par les slogans officiels 62. Le stage à la campagne ou dans une usine soviétique a pour but déclaré, selon un bilan de l école léniniste de 1936, de «faire connaître aux étudiants les progrès matériels de la vie ouvrière et kolkhozienne» qui ont pu se réaliser «grâce au parti bolchevique» et «l augmentation de la productivité grâce au stakhanovisme» 63. Les futurs cadres sont préparés de longue date à cette confrontation avec la vie quotidienne de la population soviétique. Des lectures dirigées, des excursions et des conférences les orientent sur les schèmes de perception et d interprétation défendus par le parti. Des discussions en groupe les aident à «clarifier» leurs vues. Selon les enseignants, de nombreuses corrections s imposent par rapport à l analyse du mouvement stakhanoviste. Au départ, il n est pas rare que les élèves y voient un retour à des formes d exploitation des ouvriers avec des rythmes de production élevés et la réintroduction de différences salariales. L élève Leblanc par exemple apparemment un «élément faible» déclare qu il n y a là «rien de neuf»: «Dans les usines capitalistes, on installe des ouvriers forts à la chaîne pour augmenter la productivité. La seule différence, me La confrontation des élèves étrangers avec la «réalité soviétique» nécessite souvent un intense «travail sur soi». Affiche Serguëi Ya. Senkin, Moscou 1932 : «Renforçons la force industrielle de l Union soviétique!», in Russia 20th Century. History of the Country in Poster, Moscou, Panorama, 1993 (édition bilingue russe-anglaise). 61. Réunion du groupe du parti du secteur allemand de l UCMNO, sans date [1936] (en allemand), RGASPI 529/2/ Rapport de bilan des stages pratiques exécutés avec 21 groupes de l ELI, 1936 (en russe), RGASPI 531/1/144 et journal et rapports sur le stage d été du responsable Alex K. Fedchenko, ELI, 23 août-25 septembre 1936 (en russe), RGASPI 531/1/

19 Brigitte Studer L être perfectible. La formation du cadre stalinien par le «travail sur soi» 63. Bilan de stage, 1936 (en russe), RGASPI 531/1/ Questionnaire adressé aux enseignants de l ELI à propos de leurs élèves (1936) (en russe), RGASPI 531/1/ Réunion de la variante B [?], UCMNO, (février ou mars 1935) (en allemand), RGASPI 529/2/ Résolution sur les stages pratiques dans le secteur E [secteur anglais] de l ELI, 4 janvier 1935 (en russe), RGASPI 531/1/ Par exemple, journal et rapports sur le stage d été du responsable A. K. Fedchenko, ELI, 23 août-25 septembre 1936 (en russe), RGASPI 531/1/153, rapport sur les stages pratiques dans le secteur E de l ELI, 23 février 1934 (en anglais), RGASPI 531/1/ Voir, par exemple, le journal de l Allemande Emma Dornberger, SAPMO-BArch, PA NL 206/2, Caractéristiques générales du secteur E de l ELI, 22 août 1934 (en anglais), RGASPI 531/1/172. semble-t-il, c est que là-bas les ouvriers travaillent pour le capitalisme, ici pour eux-mêmes 64.» Un élève exprime ce genre de jugement au retour d un stage. Il le modifie à la suite d un débat dans son groupe en déclarant: «Je comprends maintenant que mon avis que j ai exprimé sur le responsable politique, chez qui je faisais mon stage pratique, était faux sur toute la ligne. Mais tout le monde dans le collectif partageait cet avis. On disait de lui, le monsieur qui arrive en auto, donne des ordres, etc. [ ] Évidemment, c était une erreur, je le sais maintenant que l auto est absolument nécessaire pour mieux organiser le travail 65.» Pour éviter de telles «erreurs de jugement» les responsables s efforcent de planifier minutieusement les stages 66. Mais les expériences sur le terrain s avèrent souvent décevantes comme le prouvent les journaux de stage dans lesquels les activités sont consignées en détail 67. À plus d une reprise, les conditions d hébergement sont précaires et la nourriture déplorable. Parfois, les élèves se font voler, qui ses chaussures, qui son stylo, qui son sac. Un groupe doit faire trois heures de marche quotidienne pour se rendre au travail parce qu aucun moyen de transport n a été prévu. Mais ce qui semble, aux stagiaires, particulièrement décevant, c est le peu de cas que les fonctionnaires locaux du parti ou du syndicat font de leur présence. Quelquesuns «oublient» tout simplement de les accueillir! De telles épreuves ne concernent pas tous les stages certains élèves semblent apprécier le travail pratique 68 mais chacune impose une relecture qui permette de soumettre ce qui relève de l expérience individuelle et de l émotionnel à la rationalité de l analyse de classe. Il existe plusieurs techniques pour cela. Il y a notamment le rapport de stage semblable à l autorapport, par lequel il s agit d objectiver, dans le cadre d une interprétation politique «correcte», les expériences faites. S il subsiste des confusions, l enseignant devra les clarifier par un cours ou une discussion de groupe. Enfin, les résultats seront encore retravaillés sous la forme d un ou plusieurs articles que le stagiaire devra rédiger pour le journal du secteur ou même la presse communiste étrangère 69. Cet exercice permet de corriger les dernières fausses appréciations issues du test de réalité. Autonomie, discipline et répression Derrière un cadre du parti, approuvé et certifié, il y a, donc, un long «travail sur soi». Car il incombe à l élève de 110

20 faire une adaptation progressive aux schèmes fournis par le parti. L entreprise de production et d appropriation d une logique culturelle est possible quoique pas toujours couronnée de succès grâce au lien fort avec l appareil qui caractérise le militant communiste et a fortiori le cadre aspirant. Outre la soif de savoir, particulièrement fréquente chez ceux qui, d extraction modeste, ont été privés de l acquis d un capital culturel propre, la participation active demandée à l élève constitue d autres éléments positifs de la formation. Ne pas s isoler mais être réceptif aux normes du groupe et se montrer «vigilant face à toute déviation» 70 sont les règles qui garantissent l intégration de la subjectivité de chacun. L appel fait aux élèves des écoles de cadres internationales, dans les années trente, pour devenir des militants «autonomes» prend, ainsi, tout son sens. C est, en effet, une des injonctions qui revient le plus souvent : «Sait aborder les problèmes de manière autonome», «travaille de façon autonome» ou à l inverse «manque d autonomie», «ne se montre pas assez ferme et autonome» 71. Or, «être capable de travailler de manière autonome» dans le cadre de la formation bolchevique, c est avoir intériorisé les schèmes d interprétation du monde stalinien et avoir acquis cette capacité de jugement qui distingue ce qui lui est propre et ce qui lui est étranger. Dans ces conditions, la discipline face au parti est synonyme de l «autonomie» du cadre. Si besoin est, l institution communiste sait faire jouer ses mécanismes d intimidation. Ceux qui refusent d avouer leurs fautes et de se plier à la norme encourent le risque de sanctions telles que l avertissement, le blâme, la rétrogradation au statut de stagiaire, voire l expulsion du parti. Le pouvoir bureaucratique exerce d autant plus facilement ce type de menaces qu il peut puiser dans ses archives tous les renseignements écrits (spravki), «caractéristiques» (kharakteristiki), fiches ou dossiers personnels (lichnye kartochki ou lichnye dela) et autres données qu il a accumulées grâce à ses multiples pratiques d objectivation. Plus insidieusement, l autocritique passe pour une mesure éducative permettant d obtenir la «consolidation idéologique du parti» que préconisent les directives. À partir de là, tout réfractaire est soumis à la pression du groupe avec lequel il vit, jour et nuit, et qui est, par ailleurs, responsable de chacun de ses membres. Autre élément encore en faveur d un ajustement individuel : avoir été sélectionné pour suivre une formation internationale de 70. Rapport politique de la commission d épuration de l organisation du parti à l ELI, 19 novembre 1933, RGASPI 531/2/ Voir note

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