Comment préserver la biodiversité dans un objectif de développement durable?
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- Cyprien Boulet
- il y a 10 ans
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1 Comment préserver la biodiversité dans un objectif de développement durable? Bassin de rétention abritant une station de Stratiote faux-aloès Stratiotes aloides, espèce protégée en Haute- Normandie (photos prises en Seine-Maritime) (Clichés Baptiste Regnery). Baptiste Regnery Prix Etudiant-EpE Metro 2010
2 Remerciements Je souhaite remercier Nathalie FRASCARIA-LACOSTE pour ses relectures et son soutien dans la réalisation de ce mémoire. Je remercie également Pauline BLUGEON, Matthieu DUBOSC, Gaëlle REGNERY, Charlotte RIZZO et Matthieu LORTHIOIS pour leurs précieux conseils.
3 Formulaire de remise de dossier au Prix Etudiant EpE-Metro 2010 Merci de nous indiquer : Votre nom : Regnery Votre prénom : Baptiste Votre âge au 31/12/2010 : 24 ans La formation que vous suivez en 2009 / 2010 et le(s) établissement(s) correspondant(s) : Master II Écologie, Biodiversité, Évolution parcours Ingénierie écologique et gestion des écosystèmes (École normale supérieure, Université Paris 11, Université Paris 6, AgroParisTech, Muséum national d histoire naturelle) Votre cursus antérieur (au-delà du baccalauréat) : Master I de Biologie parcours Écologie, évolution, génétique (École normale supérieure) Licence Sciences de la Vie, de la Terre et de l Environnement parcours Écologie et biologie des organismes (Université de Rouen) BTS Gestion et protection de la nature parcours Gestion des espaces naturels Un résumé synthétique de votre rapport (20 lignes maximum) : La biodiversité est notre capital naturel. Par les biens et services qu elle fournit à l Homme (services d auto-entretien, de prélèvement, de régulation et services culturels), la biodiversité est en interaction quotidienne avec nos sociétés. Pourtant, notre développement repose sur son érosion : nous créons des richesses au détriment de la diversité biologique, et non avec. Il est donc urgent de changer nos comportements par des solutions qui vont au-delà de la simple atténuation des impacts. Des solutions existent pour inventer un nouveau mode de développement plus écologique, plus économique et plus social. L ingénierie écologique permet de créer de nouveaux écosystèmes durables et réhabiliter des fonctions écologiques en valorisant la biodiversité. Les entreprises et les collectivités peuvent innover dans des systèmes de production et des aménagements qui préservent les processus écologiques sur le long terme. L éducation à la biodiversité, notamment dans les écoles, peut promouvoir des comportements écologiques stables. Notre fiscalité peut internaliser les enjeux de biodiversité en basculant les régulations du travail et de l entreprise vers les consommations de nature. Les avantages à préserver le tissu vivant sont multiples : maintien des besoins vitaux, régulation du climat, amélioration de la qualité de vie, etc. Pour cela, il faut mobiliser l ensemble des connaissances et des acteurs pour construire une gestion collective et durable. Les quatre mots clés qui ressortent de votre réflexion : 1 biodiversité 2 ingénierie écologique 3 service écologique 4 développement durable Le nombre de signes (espaces compris) de votre rapport, qui ne doit pas excéder : Les coordonnées où vous joindre (réponse à votre convenance) : Tel : Mail : [email protected] Adresse : 2 rue Campo Formio, PARIS Comment avez-vous pris connaissance de ce concours : Affichage à l AgroParisTech
4 Table des matières INTRODUCTION... 1 I. LES ENJEUX AUTOUR DE LA PRESERVATION DE LA BIODIVERSITE... 2 I.1. LA BIODIVERSITE, UN DECOR DYNAMIQUE ET FONCTIONNEL... 2 I.2. LES SERVICES RENDUS PAR LA BIODIVERSITE... 3 I.3. LES MENACES PESANT SUR LA BIODIVERSITE... 4 II. DES MOYENS NOUVEAUX POUR PRESERVER LA BIODIVERSITE... 5 II.1. POUR LES HOMMES ET LA NATURE : L INGENIERIE ECOLOGIQUE... 5 II.2. LA NECESSITE DE NOUVELLES COMPETENCES... 6 II.3. COMMENT PROMOUVOIR DES COMPORTEMENTS ECOLOGIQUES?... 8 II.4. VERS UNE ECONOMIE DES ECOSYSTEMES III. QUELQUES RECOMMANDATIONS POUR LES ENTREPRISES, LES COLLECTIVITES TERRITORIALES ET LES CONSOMMATEURS III.1. ACTIVITE INDUSTRIELLE ET PRESERVATION DE LA BIODIVERSITE : C EST POSSIBLE! III.1.A. S INSPIRER DES SYSTEMES VIVANTS III.1.B. REMISE EN ETAT ECOLOGIQUE: QUEL ETAT? III.1.C. FAIRE DE LA BIODIVERSITE UNE IMAGE DE MARQUE III.2. DES COLLECTIVITES AU SERVICE DE LA BIODIVERSITE III.2.A. VERS UNE GESTION COLLECTIVE III.2.B. TRAME VERTE ET BLEUE : QUELQUES PRECONISATIONS III.2.C. INVENTER LA VILLE DE DEMAIN III.3. CONSOMM ACTION RIME AVEC PRESERVATION CONCLUSION Références bibliographiques Glossaire
5 INTRODUCTION 2010 est l année internationale de la biodiversité, l année du vivant. Un geste fort qui marque une évolution considérable des prises de conscience quand nous savons qu il y a 20 ans, avant la Convention sur la diversité biologique, la biodiversité était à peine évoquée en France et dans le monde. Aujourd hui, la sauvegarde de la biodiversité est devenue une priorité tant au niveau mondial (Convention sur la diversité biologique en 1992, Sommet mondial pour le développement durable en 2002) qu au niveau communautaire et national. En 2001, l Union européenne s était fixé l objectif «d enrayer la diminution de la biodiversité dans l Union européenne à l horizon 2010». En dépit des efforts consentis jusqu'ici, l érosion de la faune, de la flore et des habitats naturels maintient le rythme d une sixième crise d extinction, emportant avec elle l ensemble des biens et services qui sous-tendent notre prospérité économique, notre bien-être et notre qualité de vie. L Union européenne a d ores et déjà déclaré le 19 janvier 2010 à Bruxelles qu elle n'atteindra pas son objectif de stopper la perte de biodiversité d ici la fin de l année. Cependant, les efforts n ont aucune raison de s amoindrir car les enjeux sont importants et l envie de changement est en pleine effervescence. Les administrations publiques et les entreprises montrent de plus en plus d intérêt pour la biodiversité et des actions concrètes commencent à voir le jour. Les entreprises s engagent entre autres à restaurer des écosystèmes, à compenser leurs impacts, à financer des actions de protection et de gestion des espaces naturels ou encore à participer aux débats nationaux. Enfin, les consommateurs aussi veulent promouvoir un développement durable qui tienne compte de la biodiversité. Témoins et acteurs de la dégradation du tissu vivant, nous pouvons tous changer nos comportements. La situation actuelle n est ni inéluctable, ni irréversible. Nous pouvons changer de paradigme : passer d une logique seulement fondée sur le traitement des impacts à une logique de réduction des besoins de traitement par une meilleure utilisation des processus naturels. Dans cette approche, la nature ne serait plus considérée comme une contrainte exogène mais comme l alliée incontournable de notre développement. Il ne s agirait plus seulement de produire en altérant les systèmes vivants d une part, et compenser les impacts d autre part, mais plutôt d instaurer des modes de gestion durables qui s appuient d abord sur les processus écologiques. Ce mémoire tente de montrer, à la lumière des dernières connaissances scientifiques, comment nous pouvons construire un développement durable qui préserve le vivant et recèle d opportunités économiques et sociales. 1
6 I- Les enjeux autour de la préservation de la biodiversité I.1. La biodiversité, un décor dynamique et fonctionnel Le mot «biodiversité» est un néologisme composé à partir des mots «biologie» et «diversité». Pris au sens le plus simple, ce terme désigne la diversité des organismes vivants. Plus précisément, depuis la Convention sur la diversité biologique du 5 juin 1992, la biodiversité comprend la diversité au sein des espèces, entre espèces et entre les écosystèmes. De fait, préserver la biodiversité implique nécessairement de préserver ces trois composantes de la diversité biologique - génétiques, spécifiques, écosystémiques. Cependant, la biodiversité n est pas seulement une somme de gènes, d espèces ou d écosystèmes. Elle est aussi un ensemble d interactions. Dans les écosystèmes, les espèces vivent en interactions avec leur milieu de vie, physique et vivant, et ces interactions génèrent souvent des effets fonctionnels multipliés. Les interactions symbiotiques entre les champignons et les plantes améliorent la croissance végétale. Une grande biodiversité tend à augmenter la productivité des plantes (Hector et al. 1999), augmente la rétention des nutriments dans les écosystèmes (Loreau et al. 2002), accroît la résistance aux espèces envahissantes (Kennedy et al. 2002) et génère encore bien d autres fonctionnements. La biodiversité est plus que la somme des parties, ce qui la rend dynamique - elle change au cours du temps - et fonctionnelle. C est pourquoi pour préserver des espèces, il est indispensable de préserver non pas seulement les espèces d intérêt mais l ensemble du réseau d interactions dans lequel elles s inscrivent. Nous accordons souvent beaucoup d attention à la nature décorative alors que le maintien des interactions et des fonctions est en vérité seul garant d une préservation de la biodiversité à long terme. Nos sociétés humaines, même les plus développées, sont elles aussi en interactions quotidiennes avec la biodiversité (Chevassus et al. 2009). La biodiversité est partout, de l industrie chimique à nos tenues vestimentaires, de l alimentation à la médecine, des intérieurs de nos habitations à nos moyens de transports, en passant par les loisirs. L Azuré des mouillères (Maculinea alcon alcon) Le cycle de développement de l Azuré des mouillères est associé à une plante, la Gentiane pneumonanthe et une fourmi rouge, Myrmica ruginodis ou Myrmica scabrinodis. L été, les femelles pondent sur diverses parties des gentianes. A l éclosion, les chenilles pénètrent dans la corolle puis dans les ovaires fécondés après avoir consommé les étamines. Après trois semaines, elles ressortent des fleurs et tombent au sol où elles sont prises en charge par des ouvrières de fourmi rouge qui les emportent dans leur fourmilière. Les chenilles sont alimentées par régurgitation par les fourmis et restent dans la fourmilière du mois d août au mois de juillet de l année suivante. Les papillons prennent leur envol en sortant de la surface de la fourmilière. Ainsi pour protéger l Azuré des mouillères, il faut aussi protéger la Gentiane pneumonanthe et les fourmis! Cliché DIREN Bretagne 2
7 I.2. Les services rendus par la biodiversité Les interactions entre espèces génèrent des fonctions multiples : régulation de la composition chimique de l air, de la température, stockage et rétention d eau, production de nourriture, etc. Les services que nos sociétés humaines retirent de ces fonctions naturelles sont des «services écologiques» (Millenium Ecosystem Assessment 2005). Nous distinguons quatre types de services écologiques : les services d auto-entretien, qui conditionnent le bon fonctionnement des écosystèmes (recyclage des nutriments, production primaire) ; les services de prélèvement, qui conduisent à des biens appropriables (aliments, matériaux et fibres, eau douce, bioénergies) ; les services de régulation, c'est-à-dire la capacité à moduler dans un sens favorable à l homme des phénomènes comme le climat, l ampleur des maladies ou différents aspects du cycle de l eau (crues, étiages, qualité physico-chimique) ; les services culturels, à savoir l utilisation des écosystèmes à des fins récréatives, esthétiques et spirituelles. Ces services constituent le socle de notre économie et contribuent à la sécurité, à la résilience, aux relations sociales, à la santé et à la liberté de choix et d action de nos sociétés. Nombre d études voient actuellement le jour sur la valeur économique de ces services. Une récente étude publiée dans la revue Ecological Economics (Gallai et al. 2009) a permis d établir la valeur des services des pollinisateurs à 150 milliards d euros. Au-delà des pollinisateurs domestiques tels que l abeille domestique Apis mellifera, les pollinisateurs sauvages (abeilles sauvages, papillons diurnes et nocturnes, guêpes mais également certains oiseaux et chauves-souris) jouent un rôle crucial pour cette production agricole (Klein et al ; Balmford et al. 2008) ainsi que pour la flore sauvage, qui assure bien d autres services écologiques. La perte de biodiversité a donc un coût économique : si rien n est fait, la dégradation des services écologiques pourrait représenter milliards d euros par an en 2050, soit 7 % du Produit intérieur brut (PIB) mondial (étude COPI 2008). Cliché Baptiste Regnery Figure 1. Nos terres humides nous rendent des services écologiques évalués à plus de dollars par hectare et par an. 3
8 La biodiversité conditionne ces services, elle est notre capital naturel, «l assurance-vie de la vie elle-même» (McNeil et Shei, 2002). Comme l eau ou l atmosphère, la biodiversité est une ressource renouvelable. L uniformisation du vivant, l artificialisation et la simplification des processus écologiques sont voués à l échec tant ils s externalisent de la biodiversité qui les a vus naître. Des solutions existent, d autres sont à inventer. Pour préserver la biodiversité et notre avenir, nous devons clairement rechercher des écosystèmes vivants, donc diversifiés (Houdet 2008). Une évaluation monétaire du capital naturel Depuis des décennies, la ville de New York doit son eau potable à la qualité des bassins versants de Croton et Catskill/Delaware qui alimentent 90% des besoins en eau de la ville. La qualité de cette eau non filtrée était jadis parmi les meilleures des Etats-Unis, avant de diminuer sérieusement suite au développement de l agriculture dans les années 80. La ville dû faire un choix pour se mettre aux normes : installer des équipements de filtrations des eaux ou concevoir un plan de protection de ses bassins versants. L installation de nouveaux équipements était estimée à 6-10 milliards de dollars auxquels il fallait ajouter 300 millions de dollars par an (Aronson et al. 2007). La ville estima que pour 1 milliard de dollars seulement, elle pouvait mettre en place un plan de protection des eaux de ses bassins versants. Aujourd hui, la qualité des eaux s est nettement améliorée et New York a montré qu il était possible de préserver notre capital naturel à moindres frais. Pour en savoir plus : nyc.gov. I.3. Les menaces pesant sur la biodiversité La diversité biologique et les services qu elle rend s appauvrissent en France comme dans le monde. Les causes principales de son érosion sont (Stratégie nationale pour la biodiversité 2010): la fragmentation, la dégradation et la destruction des écosystèmes ; l exploitation excessive des ressources biologiques ; la pollution de l eau, de l air et des sols ; la propagation d espèces envahissantes ; le changement climatique de la planète. Ces cinq grandes causes d érosion de la biodiversité agissent en synergie ce qui augmente encore le rythme de cet effondrement. Par exemple, la dégradation des écosystèmes favorise l exploitation excessive des ressources biologiques ainsi que les invasions biologiques (Kennedy et al. 2002). Les pollutions rendent les espèces plus vulnérables aux perturbations et aux changements environnementaux tels que le changement climatique. En 2009, sont menacés d extinction un oiseau sur huit, un mammifère sur quatre, deux amphibiens sur cinq (Vié J-C et al. 2009). 4
9 II- Des moyens nouveaux pour préserver la biodiversité II.1. Pour les hommes et la nature : l ingénierie écologique L émergence récente des menaces de notre développement sur la biodiversité, et par ricochet sur notre propre bien-être, a fait émerger une nouvelle question : comment concilier le développement agricole, industriel, urbain et touristique avec une gestion durable de la qualité environnementale et de la biodiversité? Cette interrogation a suscité la création d une nouvelle approche issue de l écologie scientifique et ouverte sur les questions économiques, sociales et politiques : il s agit de l ingénierie écologique. L ingénierie écologique désigne «la gestion de milieux et la conception d aménagements durables, adaptatifs, multifonctionnels, basés sur les mécanismes qui gouvernent les systèmes écologiques» (Gaié 2010). Elle vise à proposer des solutions écologiques aux problèmes techniques liés aux activités humaines. Les objectifs de l ingénierie écologique sont : - la réhabilitation d écosystèmes dégradés, la restauration de communautés fonctionnelles, la réintroduction d espèces Les mesures de réhabilitation et de restauration écologique sont devenues une obligation réglementaire pour tous les grands projets d aménagements (création de nouvelles voies de transports, ouverture de sites industriels, etc.). Les mesures compensatoires de l extension du port autonome du Havre (Port 2000) ont permis de reconstituer des surfaces intertidales et des habitats fonctionnels pour les oiseaux (Aulert et al. 2009). Près de Shangaï (Chine), un projet d ingénierie écologique a permis de restaurer la dynamique et l écologie des systèmes fluviaux endommagés par la création d un aéroport, à un coût dix fois moins élevé que des travaux de génie civil (Li et al. 2006). - la création de nouveaux écosystèmes durables qui ont une valeur pour l Homme et pour la biosphère Grâce aux avancées récentes dans le domaine de l écologie des écosystèmes modifiés, il devient possible de créer de nouveaux écosystèmes durables. Les réaménagements de carrières peuvent créer de nouveaux habitats, très riches en biodiversité, avec un nouvel usage pour les sociétés (cf. encadré ci-dessous). Les recherches à l interface de l écologie et de l agronomie identifient des leviers d action permettant de manipuler l habitat pour le rendre moins favorable aux pullulations des bioagresseurs (organisation spatiale des parcelles agricoles, maintien des connectivités entre habitats, choix des rotations de cultures, sélection des variétés cultivées, etc.). Des recherches menées en France, Angleterre, Espagne et Italie montrent que la production agroforestière peut augmenter de manière significative les rendements avec des effets bénéfiques pour la biodiversité (Dupraz et al. 2005). - la mise au point d outils biologiques pour résoudre des problèmes de pollution, rétablir ou maximiser un service écosystémique La préservation de la biodiversité passe nécessairement par une évaluation fine des impacts des perturbations sur le vivant. Il existe plusieurs indicateurs d état et de suivi tels que le Suivi temporel d oiseaux communs ou les tests d inhibition sur des organismes vivant (Daphnies, plantes supérieures) qui permettent d évaluer la toxicité de l eau pour la biodiversité (Laffont-Scwob et al. 2009). Cependant, ces indicateurs sont encore peu développés et surtout peu utilisés en comparaison des mesures physico-chimiques, qui n évaluent pas l impact sur le vivant. La biodiversité peut aussi être utilisée pour résoudre des 5
10 problèmes de pollution (e.g. dépollution des sols, purification de l air par les plantes). Une meilleure connaissance des espèces et de leurs interactions pourrait permettre d optimiser des fonctions et des services écologiques. L ingénierie écologique est une main tendue vers le développement durable des écosystèmes et une réconciliation avec la nature. Elle peut permettre à nos sociétés de quitter le rapport de force instauré avec la biodiversité pour apprendre à "faire équipe avec la vie" (Barbault 2006), "produire avec" et non "produire contre la nature". La spécialisation de nos systèmes de production n est pas une fatalité, il nous faut sortir de cette opposition entre espaces de production et espaces de protection. La biodiversité recèle de potentialités, de ressources et de services sur lesquels il est possible de s appuyer sur le long terme. Les moyens et les méthodes sont à inventer mais les perspectives sont déjà grandes. Une ancienne carrière devenue site d intérêt national pour les oiseaux La réserve ornithologique de la Grande Noë, située dans le département de l Eure, est une ancienne carrière en eau dont l exploitation remonte aux années 60. La gestion du site fut confiée au Groupe ornithologique normand (GONm) en Depuis, le GONm entreprend des actions d ingénierie écologique associant la «non-intervention» à la «gestion». Des îlots boisés sont volontairement conservés, d autres sont défrichés, des boisements sénescents sont préservés, d autres sont entretenus (débroussaillages, tailles), les berges abruptes alternent avec les berges aménagées en pente douce... Le GONm assure également la gestion des mares, l entretien des radeaux artificiels, etc. Aujourd hui, la réserve de la Grande Noë abrite la seule colonie normande de mouette mélanocéphale, la deuxième plus grande colonie française de grand cormoran (sousespèce continentale Phalacrocorax carbo sinensis) et certaines années, la Grande Noë arrive au deuxième rang français dans l accueil des fuligules milouins en hiver, juste derrière la Camargue. Ouverte au public, la Réserve est aussi devenue un site d intérêt scientifique par la mise en place de programmes de baguages des oiseaux (ci-contre une bécassine des marais capturée en 2009). Cliché Matthieu Lorthiois II.2. La nécessité de nouvelles compétences Pour préserver la biodiversité, nous avons besoin d experts capables d intervenir dans des domaines aussi variés que l ingénierie écologique, la conservation de la biodiversité, la lutte biologique, le développement d une agriculture plus respectueuse de l environnement, le fonctionnement des écosystèmes, etc. Ces experts sont en mesure d évaluer l état de la biodiversité à partir d inventaires floristiques, faunistiques et d indicateurs biologiques, de diagnostiquer les menaces qui pèsent sur la biodiversité, et de proposer des stratégies de gestion pour y remédier. Ils font remonter les informations collectées sur le terrain et conseillent les décideurs qui doivent en tenir compte dans leurs stratégies de développement. Les entreprises et les collectivités locales pourraient accueillir ces compétences en créant des services «biodiversité», tant ces questions sont devenues une préoccupation d intérêt général. Les experts (techniciens de l environnement, ingénieurs écologues, scientifiques) auraient un rôle essentiel pour : 6
11 Anticiper les impacts Sur le terrain, la prise en compte des enjeux est souvent réactive à l apparition de contraintes nouvelles. Les aménageurs sont informés dans l urgence de la présence de certaines espèces rares sur leur site d exploitation, alors que les Plans Locaux d Urbanisme (PLU) sont déjà validés et que les travaux d aménagements sont en cours... De même, l amenuisement des ressources biologiques et des services écologiques n est pas toujours évalué à l avance. Economiser les coûts En plus des impacts sur la biodiversité, l arrivée tardive des informations engendre des surcoûts financiers pour la maîtrise d ouvrage. La suspension des activités, la révision des phasages d exploitation ou encore la mise en place de mesures compensatoires fait perdre du temps et de l argent aux acteurs économiques qui n avaient pas suffisamment intégré ces enjeux. Ajuster les mesures de gestion Il n existe pas une solution unique pour préserver la diversité biologique mais plutôt des solutions qui dépendent du contexte. Par exemple, une forte pression de pâturage a souvent un effet positif sur la diversité végétale dans un écosystème productif, et négatif dans un écosystème peu productif (e.g. pelouse sèche). La gestion de la biodiversité appelle une démarche «adaptative» où les choix de gestion doivent tenir compte des exigences du milieu de vie, de sa dynamique et de son fonctionnement. Un suivi sur plusieurs années, voire plusieurs décennies, doit permettre de confirmer le succès des mises en œuvre. Améliorer les connaissances Il existe actuellement une série de données sur la biodiversité, en France comme en Europe. Ces données sont informatives (e.g. atlas floristiques et faunistiques, Zones naturelles d intérêt écologique, floristique et faunistique [ZNIEFF]) ou peuvent avoir un statut réglementaire (e.g. Réserves naturelles, Arrêté de protection de biotope, sites Natura 2000). Actuellement, ces informations sont insuffisantes, en particulier dans un contexte de changements globaux où les répartitions des espèces changent. Ces dernières années, des espèces plutôt méditerranéennes ont montré une spectaculaire extension vers le nord comme le héron gardeboeufs, qui niche désormais en Picardie, ou le guêpier d'europe (ci-contre) qui a rejoint la frontière belge. Les outils de connaissance des milieux et des espèces nécessitent des mises à jour régulières. En intégrant pleinement les enjeux de biodiversité, les entreprises et les collectivités pourraient apporter une contribution importante aux efforts d inventaires nationaux et à l amélioration des connaissances sur la biodiversité. Favoriser les collaborations Des services «biodiversité» faciliteraient l établissement de partenariats avec les professionnels de l environnement (e.g. associations de protection de la nature, parcs naturels régionaux) mais aussi tous les autres acteurs socio-économiques. Cliché oiseaux.net 7
12 La préservation de la biodiversité s est longtemps focalisée sur des milieux à faible pression anthropique et visait souvent à réduire encore cette pression (e.g. réserves, parcs nationaux). Depuis la Déclaration de Rio (1992), les pays du monde entier ont pris conscience que ces enjeux ne pouvaient plus être conduits isolément, à l écart des écosystèmes urbains et exploités. Afin d intégrer la biodiversité dans tous les secteurs d activités, les entreprises et les collectivités territoriales pourraient développer de nouvelles compétences internes par la création de services «biodiversité». La préservation de la faune et la flore, au même titre que la prévention contre les risques industriels et la gestion des ressources (eau, énergie, etc.), nécessite des compétences scientifiques et techniques approfondies. Les entreprises et les collectivités pourraient internaliser ces compétences dans l objectif de promouvoir un développement durable à tous les échelons. Cliché Baptiste Regnery Figure 2. La présence du bleuet Centaurea cyanus (premier plan) est souvent corrélée à celle d autres espèces rares II.3. Comment promouvoir des comportements écologiques? Si l éducation aux enjeux de biodiversité a pris une place importante dans les activités éducatives de loisir (découvertes de milieux naturels par les associations et les parcs naturels, expositions scientifiques innovantes, etc.), elle reste peu développée dans les écoles. Pourtant, elle est essentielle pour faire prendre conscience de la complexité des problèmes posés. Nous avons tous tendance à protéger ce que nous admirons. L admiration de la " L'émerveillement est le premier pas vers la connaissance et le respect des êtres vivants " Nicolas Hulot nature est toujours en éveil chez les enfants; elle pourrait être stimulée, cultivée et valorisée à l école. La biodiversité est présente partout y compris dans la cour de recréation, au pied des marronniers où peuvent pousser une dizaine d espèces végétales. En haut de l arbre, des oiseaux vont et viennent chercher leur nourriture. Les enfants le savent! Malgré cet intérêt dès le plus jeune âge, le temps scolaire consacré aux observations sur le terrain et à l étude de la nature est insignifiant. Les enseignants peuvent désormais utiliser les Agendas 21 d établissements scolaires pour sensibiliser au développement durable mais il 8
13 s agit de plans d actions non obligatoires, sans objectifs définis en matière de biodiversité. Pourquoi ne pas rendre obligatoires les sciences de la nature au même titre que les mathématiques, l anglais ou le sport dès l école primaire? Cela permettrait aux enfants et aux adolescents de mieux connaître leur environnement, à commencer par la «nature ordinaire», sans négliger l acquisition de concepts transversaux (concepts d espaces, de temps, notions de relations et d interactions, approches expérimentales). L école a aussi le rôle important de susciter la motivation intrinsèque. En psychologie, la motivation intrinsèque définit les comportements motivés par la satisfaction qu ils procurent directement, sans attendre de récompense ni chercher à éviter un quelconque sentiment de culpabilité. Des recherches ont montré que plus les comportements sont régulés de manière autonome, plus ils sont stables, effectués avec attention et qualité, et s accompagnent d un vécu positif (Ryan et Deci 2000). Un individu qui possède une motivation intrinsèque a de fortes chances de manifester et maintenir des comportements écologiques. Il y aurait trois conditions au développement de la motivation intrinsèque (Markland et al. 2005): le besoin de se sentir compétent pour agir (confiance dans ses capacités et possibilité d influer sur les résultats) ; le besoin de se sentir autonome dans ses actions ; le besoin de se sentir en lien avec les autres et d avoir des relations sociales satisfaisantes. Comment l école peut faire naître la motivation intrinsèque? En intégrant les sciences de la nature dans les programmes (ornithologie, botanique, pédologie, etc.) mais aussi en intégrant les enjeux de biodiversité dans d autres matières tels que le français ou les mathématiques. Certaines écoles québécoises ont intégré l environnement dans l enseignement des matières générales car le simple fait de devoir commenter un texte sur la biodiversité génère des idées, responsabilise l individu et l incite à agir (Pelletier 2004). Les projets tutorés permettent de faire prendre conscience des enjeux tout en laissant une large marge d autonomie aux élèves. Les élèves apprennent à travailler ensemble et à prendre des décisions éco-citoyennes sans perdre leur «sentiment de liberté» (Gondran 2004). L école peut éduquer, sensibiliser et initier des comportements autonomes qui préserveront le vivant pour toute la vie. Bien entendu, l éducation à la biodiversité ne peut être du seul ressort de l école. Pour voir émerger un comportement collectif, il ne faut oublier personne. La création de forum d acteurs sur internet favorise l échange d informations et d expériences entre les acteurs publics et privés. Le développement de campagnes d actions ou de suivis de la biodiversité avec les citoyens permet d enclencher une dynamique de valorisation des compétences et d échanges réciproques. En 2006, l association Noé Conservation et le Muséum national d histoire naturelle ont lancé «l observatoire des papillons des jardins». Depuis, tous les utilisateurs de jardins sont invités à observer les papillons, les identifier et transmettre leurs informations aux scientifiques du muséum. L observatoire a permis d établir un réseau de surveillance des espèces communes de papillons tout en sensibilisant par la participation et l autonomie d action. Une démarche doublement gagnante! Le Citron (Gonepteryx rhamni) Cliché Baptiste Regnery 9
14 II.4. Vers une économie des écosystèmes Héritée d un passé où la biodiversité était présente en abondance, notre économie s est construite au détriment du capital naturel. D ailleurs, la destruction de la biodiversité continue d'accroître notre PIB... Toutefois, la pression qui s exerce sur le prix des produits de base, et plus généralement, les coûts de plus en plus élevés portés par tous les acteurs économiques, rappellent la dépendance de l économie envers les ressources naturelles. Pour reprendre les termes de l économiste Pavan Sukhdev, «il n y a pas d économie sans environnement, mais il existe des environnements sans économie». Pour stopper l érosion de la biodiversité - et de l économie mondiale -, il faut instaurer des régulations fondées sur le capital naturel et investir massivement dans la recherche et l innovation de nouveaux moyens de production. Pour atteindre une gérance appropriée des ressources, il faut inventer un système dans lequel la création de richesses est issue du maintient ou de l amélioration du potentiel naturel (Weber et Barbault 2008). Cela consisterait à basculer les régulations du travail et de l entreprise (taxation du travail, du capital humain et du capital manufacturier) vers les consommations de nature (Weber et Barbault 2008). Les entreprises ne seraient plus taxées sur la base de leurs revenus ou de leur production, mais sur la base de leurs impacts sur la biodiversité: énergie par volume de production, consommation de polluants, impacts sur les indices de biodiversité, etc. En Suède, l instauration d une écotaxe en 1988, accompagnée d une baisse de l impôt sur le revenu des personnes physiques, a permis de diminuer significativement les émissions de dioxyde de souffre. Des aides incitatives, quotas, licences, etc., peuvent atténuer les impacts et protéger durablement les services rendus par les écosystèmes. Figure 3. Relation entre la richesse spécifique et l âge des arbres (Branquart et al. 2005). L exemple illustre des échelles de temps à deux vitesses : une échelle économique, qui nécessite une exploitation précoce de l arbre, et une échelle écologique. Ici, l exploitant doit être soutenu financièrement pour préserver la biodiversité. Des recherches sont indispensables pour encourager le développement de nouvelles technologies et de moyens de production plus sobres. Les dépenses publiques consacrées à la recherche ont considérablement chuté au cours des deux dernières décennies. Pourtant, les investissements dans le secteur de l environnement sont devenus une vraie nécessité. Il faut absolument développer des moyens de production qui puissent relever les nouveaux défis posés à nos sociétés. Aux Pays-Bas, une étude menée en verger expérimental a montré que la présence de mésanges charbonnières (Parus major) réduit l abondance de chenilles indésirables et augmente les rendements de pommes de 4,7 à 7,8 kg par arbre (Mols et Visser 2002). L utilisation de toits réfléchissants et le maintien d espaces verts a permis à la ville de Sacramento (Californie) de réduire ses coûts énergétiques de 26 millions de dollars par an et de réduire les concentrations lors des pics d ozone de 6,5 % (Foley et al. 2005). L ingénierie écologique est porteuse d espoir et source d économies financières! 10
15 Notre économie agit sur la biodiversité et la santé des écosystèmes qui en retour, agissent sur notre économie et notre bien-être. Une étude en cours, dirigée par l économiste Pavan Sukhdev, compare le coût mondial de l inaction avec le coût d actions efficaces pour stopper l érosion de la biodiversité. Les résultats paraîtront en octobre 2010 à l occasion de la réunion de la Conférence des parties de la Convention sur la diversité biologique. Toutefois, les premiers chiffres révélés par la presse appellent dès maintenant à un nouveau modèle économique centré sur une production, une distribution et un échange de biens et services qui préservent le capital naturel. 11
16 III- Quelques recommandations pour les entreprises, les collectivités territoriales et les consommateurs III.1. Activité industrielle et préservation de la biodiversité : c est possible! III.1.A. S inspirer des systèmes vivants Dans leurs fonctionnements, les écosystèmes et les systèmes industriels montrent des analogies: en effet, les deux systèmes consomment de la matière et fournissent des produits et des services. Par contre, là où les écosystèmes sont capables d utiliser la matière morte comme ressource à la base des chaînes alimentaires, les systèmes industriels ont encore du mal à se débarrasser des déchets... En 2007, la dépense nationale de gestion des déchets représente 12,8 milliards d euros soit un tiers de la dépense nationale de protection de l environnement (Commission des comptes et de l économie de l environnement 2009). Ce coût de la gestion des déchets a triplé depuis La solution idéale serait de tendre vers le fonctionnement quasi cyclique des flux de matières et d énergie des écosystèmes... Et pourquoi pas? L écologie industrielle recherche les synergies organisationnelles entre les acteurs économiques pour recréer une gestion optimale des ressources. Si nous arrivons à instaurer une coopération entre les systèmes industriels, où les effluents des uns serviraient de matière première aux autres, il serait théoriquement possible de produire et recycler à l image des systèmes vivants (Erkman 2004 ; Schalchli et al. 2008). Plusieurs projets d application des principes de l écologie industrielle sont en cours aux Etats-Unis (e.g. Eco-Industrial park of Devens, Massachusetts), au Canada (e.g. Burnside industrial park as an ecosystem, Halifax) mais aussi en Asie, aux Pays-Bas, et bientôt en France. Au Danemark, la symbiose du parc éco-industriel de Kalundborg est un succès environnemental, économique et social, connu du monde entier (cf. encadré ci-après). Il est important de noter que la première motivation ayant poussé les décideurs industriels de Kalundborg à mettre en place une politique de gestion collective était avant tout économique. De plus, cette coopération s est faite spontanément, à l initiative des entreprises. Situation actuelle Ressources illimitées Rejets illimités Situation de transition Ressources limitées Rejets limités Situation souhaitable Figure 4. Bouclage des flux de matière et d énergie. D après Allenby Ressources renouvelables Jusqu à présent, l approche traditionnelle de réduction des impacts repose sur l opposition entre les systèmes industriels et les écosystèmes. Les déchets et les pollutions apparaissent 12
17 encore souvent comme une fatalité à régler à l interface entre deux entités antinomiques. Dans cette approche, l attention se focalise principalement sur les impacts industriels. Au contraire, l écologie industrielle considère l activité des industries comme un cas particulier d écosystème, une sous-composante de la biosphère (Schalchli et al. 2008). Dès lors, la solution ne repose plus seulement sur une gestion individuelle et sectorielle des rejets, plus coûteuse et plus étroite (e.g. quelle est la contribution du traitement de l eau en terme d émissions de gaz à effet de serre et de production de boues d épuration?), mais également sur une gestion collective. La symbiose du parc industriel de Kalundborg Dans le parc industriel municipal de Kalundborg (Danemark), plusieurs entreprises ont créé un réseau interdépendant où les rejets industriels des uns deviennent des intrants pour d autres. Par exemple, la raffinerie de pétrole Statoil ne rejette plus l eau dans la rivière, mais la transmet à la centrale électrique Asnaevaerket qui l utilise comme eau de refroidissement. Échange de bons procédés, la centrale fournit de la vapeur à la raffinerie ainsi qu à d autres entreprises et aux habitants, qui se chauffent avec. Asnaevaerket recycle également ses émanations de dioxyde de soufre et les transforme en gypse qui sera utilisé comme matériau de construction par un fabricant de placoplâtre. Plus récemment, une ferme piscicole est venue s installer, attirée par la fourniture d eau tiède Grâce à la coopération et le partage des ressources, les industriels de Kalundborg ont trouvé le moyen de réduire leur impact sur l environnement (diminution de la consommation annuelle de tonnes de gaz carbonique, de m 3 d eau, etc.) tout en augmentant leurs bénéfices. Les revenus annuels dégagés par les économies de ressources et la vente de déchets sont évalués à 10 millions de dollars par an avec un retour sur investissement inférieur à 5 ans. Pour en savoir plus: symbiosis.dk. III.1.B. Remise en état écologique: quel état? Les opérations de remise en état écologique visent à restituer des espaces de nature après perturbations, le plus souvent suite à une activité industrielle ou un projet d aménagement (mines, centres d enfouissements techniques, créations de réseaux ferrés, etc.). Ces aménagements sont souvent une obligation réglementaire, à l image des installations classées soumises à autorisation préfectorale. Cependant, les entreprises manifestent de plus en plus la volonté d aller au-delà des seules obligations réglementaires. Les carriers ont été parmi les premiers à afficher une politique de remise en état écologique ambitieuse. La prise en compte des questions de diversité biologique dès l ouverture des carrières permet de restituer des espaces parfois très riches en biodiversité (e.g. carrières de Sandrancourt, écopôle du Forez, Réserve ornithologique de la Grande Noë - cf. partie II.1). Néanmoins, si les aménagements écologiques s imposent aujourd hui comme une nécessité absolue, les objectifs écologiques à atteindre ne sont pas toujours clairement définis et les milieux aménagés manquent encore de suivis scientifiques (Aronson 2010). Tel qu il est utilisé couramment, en particulier dans le droit de l environnement, le terme «remettre en état» signifie, dans l écologie scientifique, réhabiliter, restaurer ou réaffecter des écosystèmes. Les objectifs sont différents selon ces remises en état (Aronson 2010). Réhabilitation et restauration font référence à un écosystème préexistant. La réhabilitation vise la récupération des processus écologiques tels que la productivité et les services écologiques. La restauration vise aussi à récupérer ces processus mais également à rétablir l intégrité biotique de l écosystème (composition spécifique et structure des communautés). Enfin, la réaffectation, vise à donner un nouvel usage au site (e.g. la transformation d un 13
18 espace agricole en une zone humide suite à l extraction de sables alluvionnaires). Ces opérations appellent le plus souvent aux techniques de l ingénierie écologie. Cliché Baptiste Regnery Figure 5. La restauration des fossés permet de retrouver des corridors écologiques favorables aux déplacements d espèces aquatiques. Remettre en état un écosystème soulève plusieurs questions : quel est l objectif écologique (réhabilitation, restauration ou réaffectation)? Quels sont les moyens à mettre en œuvre? Comment évaluer le succès des aménagements? Quelle est la durabilité de ces aménagements? Pour y répondre, il est important de bien définir les objectifs et les mesures dès la genèse du projet d implantation ou de production d une entreprise. De plus, la remise en état comporte toujours un degré d imprévisibilité car les écosystèmes ne sont pas statiques (cf. partie I.1). Par conséquent, il est très difficile de prévoir l évolution des processus sur le long terme. L évaluation des aménagements sur plusieurs années, voire plusieurs décennies, est nécessaire pour assurer le bon fonctionnement des écosystèmes et des services qu ils rendent (Aronson 2010 ; Hellou et Gallet 2010). CDC Biodiversité: un tiers de confiance CDC Biodiversité est une filiale de la Caisse des dépôts et consignation dédiée à la préservation de la biodiversité. Elle vise à mettre en oeuvre, à la demande des maîtres d ouvrages, l intégralité des mesures compensatoires imposées par les services de l Etat. Lors des travaux de construction d infrastructures ou d extension urbaine, la CDC propose des opérations foncières, des suivis scientifiques, des accompagnements en communication... sur des périodes comprises entre 20 et 60 ans. La CDC joue ainsi le rôle de tiers de confiance entre les entreprises et collectivités, souhaitant compenser leurs impacts sur la biodiversité, et les gestionnaires de nature. Un programme de restauration de la végétation steppique de la Crau a débuté en septembre 2008; il comprend, entre autres, une gestion par pâturage ovin d une durée de 30 ans. Il est réalisé en partenariat avec le Ministère chargé de l écologie, les collectivités territoriales, les associations de protections de la nature, les scientifiques, les professionnels et les usagers locaux. Pour en savoir plus: cdc-biodiversite.fr. 14
19 III.1.C. Faire de la biodiversité une image de marque Il y a plusieurs avantages pour les entreprises à préserver la biodiversité : meilleure durabilité des activités de production, amélioration de la qualité de vie, possible amélioration de la productivité, etc. Un avantage qui tend à s intensifier est le renforcement de l image de marque qui intervient dans l accès à de nouveaux marchés. En effet, la clientèle et les actionnaires sont de plus en plus sensibilisés aux enjeux écologiques. Les investisseurs interpellent plus fréquemment les dirigeants d entreprises sur leurs stratégies environnementales. La biodiversité devient donc une donnée fondamentale pour les entreprises, au même titre que la sobriété énergétique. Loin d être une contrainte, la prise en compte de la biodiversité devient un outil d anticipation et de différenciation. L entreprise peut valoriser ses engagements de diverses manières : intégration de la biodiversité dans le rapport annuel ou dans le journal interne, publication de plaquettes, rédaction de manuels d informations, etc. La biodiversité peut générer un avantage concurrentiel, il serait dommage de s en priver! «Save your logo» L opération «Save your logo» permet à des entreprises de s engager pour la sauvegarde ou la défense de l animal que représente leur logo. Le Fonds pour l environnement mondial, la banque mondiale et l Union internationale pour la conservation de la nature sont à l origine de cette initiative lancée en octobre Les programmes de protection sont définis et suivis par un comité de pilotage composé de représentants institutionnels et associatifs. Lacoste, MAAF et Val d Isère sont les premières marques à s être engagées pour préserver le symbole de leur logo : le crocodile, le dauphin et l aigle royal. La société Lacoste et l assurance MAAF ont déjà investit 1,5 millions d euros dans la sauvegarde du gavial du Gange (Gavialis Gangeticus), un crocodile gravement menacé qui vit au Népal. Des discussions sont actuellement en cours avec de nombreuses autres entreprises intégrant des espèces animales ou végétales dans leurs logos. Pour en savoir plus : noahworld.org. III.2. Des collectivités au service de la biodiversité III.2.A. Vers une gestion collective Le domaine vital d une espèce est rarement restreint à une petite surface telle qu une parcelle agricole, un boisement ou un bras de rivière. Durant leur cycle de vie, il est vital que les espèces puissent se déplacer d un milieu à l autre, échanger de la matière, de l énergie et de l information, coopérer ou s affronter. Le maintien de la biodiversité passe par le maintien des interactions et des fonctions entre écosystèmes et non seulement au sein des écosystèmes. Des études récentes montrent qu il existe des interactions complexes entre l organisation de l espace et les processus écologiques locaux (Loreau et al. 2003, Tscharntke et al. 2005). La figure 6 montre que la diversité végétale de parcelles agricoles dépend fortement du type de paysage (simple vs. complexe). En paysage simple, c est-à-dire homogène, les pratiques culturales (extensives vs. intensives) ont une grande influence sur la diversité végétale des parcelles témoins. Au contraire, en paysage complexe, hétérogène (comportant plusieurs systèmes de cultures, des haies et d autres écosystèmes), le choix des pratiques agricoles a 15
20 peu d effet sur la diversité des parcelles. Ceci incite à réfléchir à une échelle de gestion supérieure à celle de la parcelle. Agriculture extensive Richesse spécifique Agriculture intensive Simple Complexe Type de paysage Figure 6. Diversité des graines d adventices en relation avec la gestion agricole locale (extensive vs. intensive) et la composition paysagère (simple vs. complexe). D après Tscharntke et al Les collectivités territoriales ont un rôle particulièrement important en matière de gestion paysagère car elles autorisent et interdisent des utilisations du sol. En s appuyant sur les outils existants, en particulier les Schémas de cohérence territoriale (SCOT) et les Plans locaux d urbanisme (PLU), les collectivités territoriales peuvent orienter les paysages vers plus d hétérogénéité et de fonctionnalités biologiques. Elles peuvent utiliser les PLU pour «identifier et localiser les éléments de paysage [ ], sites et secteurs à protéger, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d ordre culturel, historique, écologique et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur protection» (article L du Code de l urbanisme). Elles peuvent aussi réaliser des acquisitions foncières, notamment les conseils généraux qui disposent de deux outils spécifiques : un outil juridique, le droit de préemption et un outil financier, la Taxe départementale sur les espaces naturels sensibles. Cliché Baptiste Regnery Figure 7. Exemple de paysage «complexe» comportant des cultures, des prairies, des haies, des jardins et des boisements 16
21 Pour préserver la biodiversité, nous devons redonner de la diversité et des fonctions écologiques à nos paysages. Cela nécessite une implication collective des utilisateurs de l espace. Il faut travailler ensemble et rassembler les propriétaires privés, les agriculteurs, les industriels autour d une nouvelle gestion paysagère favorable à la biodiversité. III.2.B. Trame verte et bleue : quelques préconisations Un des objectifs prioritaires de la Trame verte et bleue, issue du Grenelle de l environnement, est la mise en place de corridors écologiques sur tout le territoire national. Les corridors écologiques sont des liaisons fonctionnelles (boisements, haies, zones humides, etc.) entre les écosystèmes permettant la dispersion et la migration d espèces et de gènes. Ils sont des éléments importants de la structure des paysages évoquée dans la partie précédente. S il est admis que les corridors écologiques augmentent les chances de survie des espèces en conduisant à des systèmes de métapopulations ou de métacommunautés (Gonzalez et al. 1998, Tewksbury et al. 2002, Damschen et al. 2006), la littérature scientifique révèle aussi des inconvénients. Parmi eux, citons la dispersion d espèces invasives (Maheu-Giroux et de Bois 2007), l apport de nouveaux prédateurs ou compétiteurs pouvant exclure les populations initiales, ainsi que la dérive génétique des communautés utilisant les corridors (Décamps 2007). Voici quelques conseils pour éviter au maximum les désavantages : Favoriser les corridors naturels Les corridors naturels peuvent limiter la propagation des espèces invasives (Maheu-Giroux et de Bois 2007). A défaut, la restauration de corridors doit rechercher au maximum les processus naturels par le choix des espèces, de la forme et de l organisation spatiale des corridors. Maintenir un bon état écologique des milieux adjacents L influence des corridors sur la dispersion des espèces invasives dépend en partie de la qualité des milieux adjacents. Les espèces invasives sont très présentes dans les milieux ouverts et perturbés. Une haie entourée de pelouses perturbées par des aménagements diverses (constructions, pollutions, trafic régulier, etc) a toutes les chances de faciliter la dispersion d espèces invasives (Hansen et Clevengen 2005). Restaurer une connectivité suffisante La connectivité paysagère évalue à quel point le paysage facilite ou au contraire empêche le mouvement des espèces entre les écosystèmes (Kadoya 2009). Elle tient compte de la structure paysagère et des réponses des individus à cette structure. Un même paysage peut avoir différents niveaux de connectivités pour des espèces différentes (Kindlmann et Burel 2008). Par exemple, les cervidés ont besoin de larges bandes boisées alors que les fourmis utiliseront un tapis de feuilles, c est pourquoi il est important de bien évaluer la connectivité en fonction des objectifs à atteindre. 17
22 Hiérarchiser les objectifs La mise en place de corridors peut répondre à plusieurs questions écologiques: comment préserver des espèces rares? Quel type de corridor pour restaurer des services écologiques? Comment concilier la biodiversité et l utilisation d un site par les riverains? La figure 8 montre que les fonctions écologiques sont différentes en fonction de la largeur du corridor (ici une ripisylve). Par exemple, une ripisylve de 6 m de large suffit à stabiliser les berges alors que 20 m sont nécessaires pour contrôler les crues ou constituer un habitat pour la faune terrestre. En hiérarchisant les objectifs, il est possible de clarifier les réalisations. La Trame verte et bleue lancée par le Grenelle de l environnement marque une évolution considérable en matière de préservation et de restauration de la biodiversité. Elle est un grand espoir d amélioration. Cependant, sous une apparence de grande simplicité consistant à connecter ou reconnecter des écosystèmes, se cachent des notions complexes qui mettent en cause des situations d une grande diversité. Plus que jamais, il faut instaurer une mise en cohérence entre les scientifiques, les gestionnaires d espaces naturels et les pouvoirs publics pour atteindre l objectif principal de la Trame verte et bleue: restaurer la biodiversité sur tout le territoire. III.2.C. Inventer la ville de demain La ville abrite une «nature ordinaire» mal connue. Des plantes et des animaux de milieux ouverts trouvent refuge dans les endroits entretenus de la ville tels que les parcs, les accompagnements de voies, les abords de bâtiments publics ou les espaces de jeux. Les services rendus par la biodiversité des villes sont nombreux : purification de l air, purification de l eau, modulation du climat (diminution des «îlots de chaleur» grâce à l effet albédo, l évapotranspiration et le stockage du carbone par les plantes), atténuation des inondations et des sécheresses, préservation des sols, pollinisation des plantes de jardins, décomposition des déchets, supports culturels, etc. La ville recèle de trésors cachés. Qui penserait que certains rapaces nocturnes (e.g. chouette hulotte, chouette effraie) affectionnent les grands jardins parisiens tel que le jardin du Luxembourg? Le développement d écoquartiers et d écocités est essentiel pour réduire l impact de l urbanisme sur l environnement. De manière indirecte, les écoquartiers participent aussi à la diminution des impacts sur la biodiversité par la réduction des consommations d eau et d énergie, des émissions de gaz à effet de serre, ou des rejets de matériaux polluants. Parallèlement, des actions plus ciblées sur la biodiversité permettraient de : - Conserver certaines populations sauvages Figure 8. Les fonctions écologiques de la ripisylve (Wasson et Souchon 2008). Les villes peuvent apporter des ressources alimentaires (e.g. fleurs des jardins) et des zones refuges pour certaines espèces. Il est possible de favoriser l accueil de la faune et la flore dans nos villes en réduisant les pesticides, en adaptant les dates de tontes, en choisissant les 18
23 végétaux, en maintenant des murs anciens, en restaurant des pâturages extensifs, en installant des toits végétalisés, etc. - Développer les connaissances scientifiques Les villes peuvent profiter de la présence au même endroit d espaces naturels et d infrastructures pour innover des méthodes de gestion de la biodiversité et offrir des lieux de recherche et d expérimentation en écologie. - Sensibiliser et responsabiliser le grand public Favoriser la biodiversité en ville faciliterait l éducation à l environnement pour les écoles, le grand public, les associations voire des professionnels concernés par des problématiques liées à la biodiversité. Les échanges avec des experts permettraient de responsabiliser en valorisant les actions de tout un chacun, à l image de l observatoire des papillons des jardins. La biodiversité doit devenir le moteur de l aménagement et de la gestion des territoires, y compris en ville où les enjeux ne sont pas moins importants qu ailleurs. Bien au contraire, ces espaces nécessitent d autant plus d attentions qu ils sont soumis à de multiples pressions. En Île-de-France, l association Natureparif et l Association des naturalistes de la vallée du Loing et du massif de Fontainebleau (ANVL) ont récemment publié un outil technique intitulé «Guide de gestion différenciée à l usage des collectivités» (2009). Par des mesures de gestion appropriées, qui souvent réduisent les coûts d entretien, il devient possible de réenchanter la biodiversité de nos espaces de vie. Les documents d urbanisme (SCOT, PLU, Trame verte et bleue, etc.) ainsi que l Agenda 21 encouragent et encadrent ces actions. La nature de Bruxelles Bruxelles Environnement-IBGE (Institut bruxellois pour la gestion de l environnement) est l institution chargée de tout ce qui concerne l environnement en région de Bruxelles-Capitale. Elle permet de développer des projets ambitieux de développement durable, y compris au sein même de la capitale. Bruxelles Environnement et la ville de Bruxelles assurent le suivi de la faune et la flore et mènent des interventions sur le terrain. Notons la construction d un mur pour la nidification des hirondelles de rivage en 2008, le contrôle d espèces invasives ou encore la mise en place d une gestion différenciée dans plusieurs espaces verts. Bruxelles Environnement délivre des permis d environnement, contrôle leur respect, développe et soutient des projets d éducation à l environnement dans les écoles bruxelloises, etc. Pour en savoir plus : bruxellesenvironnement.be. III.3. Consomm action rime avec préservation Préserver la biodiversité suppose également une évolution des initiatives individuelles. La responsabilité écologique est souvent portée aux décideurs ou aux entreprises mais rappelonsnous qui est au bout de la chaîne : des consommateurs ou des consomm acteurs? Roger Mondolini ne disait-il pas que pour changer le monde, il faut commencer par se changer soimême? Nous pouvons tous agir dès maintenant, les marges de manoeuvre sont nombreuses pour devenir des «citoyens ambassadeurs, mieux, des sentinelles de biodiversité» (Jouano 2010). Un frein souvent décrié à l adoption de changements de pratiques et de modes de consommation est le coût financier. Pourtant, nombreux sont les comportements favorables à la biodiversité qui n engendrent pas de surcoût, voire permettent de faire des économies: 19
24 Agir dans sa maison Il est possible de réduire les impacts sur l environnement par de petits gestes simples et économes : installer des ampoules basses consommation, diminuer les consommations d eau, de papier... et recycler autant que possible. Laisser des appareils en veille peut représenter jusqu à 10% de sa facture d électricité alors qu il suffirait d installer des multiprises avec interrupteur pour éviter les surconsommations. La préservation de la biodiversité se joue aussi dans notre assiette. Les Associations pour le maintien d une agriculture paysanne (AMAP) sont un moyen efficace de promouvoir une agriculture de proximité, plus saine pour l environnement que l agriculture industrielle, et plus équitable sur le plan économique et social. Accueillir la biodiversité Sur les rebords des fenêtres, certaines plantes peuvent attirer des oiseaux et des insectes pollinisateurs. Pour ceux qui ont un jardin, il existe mille et une façons d accueillir la biodiversité en jouant sur les propriétés naturelles du sol et des espèces plantées. Par exemple le seigle, la luzerne, les vesces sont à la fois des «engrais verts», des repoussoirs à «mauvaises herbes», et ils augmentent l aération du sol (Thouvenot et Bouttier-Guérive 2004). Pourquoi ne pas transformer une partie du gazon en prairie, plus riche en biodiversité et nécessitant moins d entretien? Bien gérés, les jardins peuvent même abriter des espèces remarquables à l image de l Orchis lacté Neotinea lactea (ci-contre), protégée en Midi-Pyrénées et présente dans plusieurs jardins privés de l agglomération toulousaine. Pour les propriétaires souhaitant planter des haies, il est également possible d obtenir des subventions par les collectivités territoriales (Conseils généraux, communautés de communes...). En Seine- Maritime, le Conseil général subventionne les travaux et fournitures jusqu à 6 euros/m linéaire. Cliché florealpes.com Cliché Baptiste Regnery S émerveiller par l action Plusieurs associations de protection de la nature mais aussi les parcs naturels, et parfois certaines collectivités, proposent d œuvrer concrètement pour la faune, la flore et les habitats naturels. Les actions menées visent à maintenir, améliorer et restaurer la biodiversité par des méthodes douces tels que la plantation de haies, l entretien de mares, le curage de fossés, l installation d observatoires pour les visiteurs de sites naturels, etc. Ces «chantiers nature» s étalent sur un ou plusieurs jours, en France ou à l étranger. En 20
25 France, l association les Blongios est la seule spécialisée sur les chantiers nature. Pour 12 euros l année, elle offre la possibilité de découvrir la biodiversité et s investir dans des espaces naturels, au contact d experts ou simplement de passionnés de nature. Epargner l environnement Notre choix de banque a un impact important sur l environnement. En effet, les banques utilisent notre épargne pour faire des prêts, financer les activités des entreprises et des particuliers, etc. Sans que nous le sachions, notre banque est peut-être impliquée dans un projet à forts risques environnementaux et sociaux, en France ou à l autre bout du monde. Les banques installées en France financent dix fois plus les énergies fossiles que les énergies renouvelables (Les Amis de la Terre 2009). Pourtant, il ne tient qu à nous de diriger nos choix d investissements vers des critères de respect de l environnement, de solidarité et d éthique. Le Crédit copératif et la Nef (cf. encadré ci-dessous) se distinguent des banques classiques par leurs liens avec les associations de protection de la nature ainsi que leurs engagements sur la scène environnementale et sociale. Participer aux décisions Le principe de participation est l un des principes généraux du droit de l environnement, aujourd hui inscrit dans l article 7 de la Charte de l environnement : «Toute personne a le droit [...] d accéder aux informations relatives à l environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l environnement». Nombreux sont les textes qui imposent une concertation préalable du public pour les décisions locales susceptibles de modifier l environnement. Citons par exemple la concertation obligatoire du public lors de l élaboration et la révision des SCOT et des PLU (articles L , L et L du Code de l urbanisme). Le public est également invité à donner son avis lors de l élaboration de schémas d'aménagement et de gestion des eaux, de plans d élimination des déchets industriels spéciaux, etc. La gestion de la biodiversité appelle le rassemblement de tous les avis et de tous les talents. La Nef : une garantie environnementale et éthique! La Nef est une coopérative de finances solidaires associée au Crédit coopératif pour les services bancaires classiques. Elle est la seule institution financière à s engager à financer exclusivement des projets sur des critères environnementaux, sociaux et culturels. La Nef s interdit d utiliser l'épargne pour des projets présentant des risques sur ces critères. En tant qu épargnant, il est possible d orienter son argent vers des domaines d affectation prioritaires: écologie, agriculture biologique, énergies renouvelables, insertion et logement social, activités culturelles, etc. La Nef est également le seul acteur financier à publier chaque année l intégralité des projets qu elle finance, avec le montant du prêt octroyé et une description des activités financées. Aujourd hui, sociétaires ont choisi de déposer leur épargne ou de souscrire un prêt auprès de la Nef. La société a lancé un projet visant à devenir une banque éthique européenne d ici Pour en savoir plus: lanef.com. 21
26 CONCLUSION La diversité biologique conditionne notre existence et en retour, nous influençons son fonctionnement, sa dynamique, son évolution à long terme : «dans la nature comme dans l économie, il n existe ni équilibre ni déséquilibre, mais seulement du mouvement, de la variabilité et de l inertie» (Weber 1996). Les recherches contemporaines montrent que la préservation de la biodiversité passe par le maintien des processus écologiques ; réduire le mouvement et la variabilité altère des mécanismes issus de centaines de millions d années et nous prive d une bonne assurance-vie. Les moyens existent pour instaurer un nouveau modèle de vie plus écologique, plus économique et plus social. L ingénierie écologique s inscrit dans cette démarche de développement durable en proposant des aménagements basés sur les processus naturels, souvent moins coûteux que les méthodes traditionnelles. Les champs de recherche dans ce domaine sont immenses et nécessitent la contribution de tous : biologistes, économistes, décideurs mais aussi sociologues, géographes, juristes, philosophes. Les entreprises et les collectivités peuvent développer ces nouvelles compétences et favoriser une alchimie des talents source d innovation et de compétitivité. Les consommateurs ont aussi un rôle important à jouer car leurs comportements peuvent diriger les systèmes de production vers plus de diversité et d actions sociales. Les changements à mettre en œuvre sont certes ambitieux et présentent un degré d imprévisibilité. Mais où se situe le plus grand risque aujourd hui : dans l action ou dans l inaction? Ces changements reposent sur une autre perception de la biodiversité. Les humains et la biodiversité ne seraient plus deux entités séparées mais une seule. Dans cette approche, il ne s agirait plus seulement d atténuer nos impacts sur le vivant par des traitements sectoriels, à l interface entre deux entités étrangères. Il s agirait de réapprendre à vivre avec la biodiversité sans pour autant renier les attributs de la modernité. 22
27 Références bibliographiques Allenby B. (1992). Design for environment : implementing industrial ecology. PhD Thesis in Industrial Ecology. State University of New Jersey, New Brunswick. Aulert C., Provost P., Bessineton C., et al. (2009). Les mesures compensatoires et d accompagnement Port 2000 : retour d expériences. Ingénieries (numéro spécial "Écologie de la restauration") : Aronson J. (2010). Restauration, réhabilitation, réaffectation. Ce que cachent les mots. Espaces Naturels n 29. Aronson J., Milton S.J., Blignaut J.N. (2007). Restoring natural capital : Science, Business and Practice. Island Press, Washington D.C. Balmford A., Rodrigues A.S.L., Walpole M. ten Brink, et al. (2008). The Economics of Biodiversity and Ecosystems - Scoping the Science. Report for the European Commission, Cambridge, UK. Barbault R. (2006). Un éléphant dans un jeu de quilles. L homme dans la biodiversité. Seuil, Paris. Branquart E., Vandekerkove K., Bourland N., Lecomte H. (2005). Les arbres sur-âgés et le bois mort dans les forêts de Flandre, de Wallonie et du Grand-Duché de Luxembourg. Dans Vallauri et al. Bois mort et à cavités, une clé pour des forêts vivantes. Tec & Doc-Lavoisier, Paris, Chevassus-au-Louis B., Salles J-M., Pujol J-C., et al. (2009). Approche économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes. Contribution à la décision publique. Rapport pour le Premier Ministre, Centre d analyse stratégique. Commission des comptes et de l économie de l environnement. L économie de l environnement en COPI (2008). The Cost of Policy Inaction (COPI): The case of not meeting the 2010 biodiversity target. Damschen E.I., Haddad N.M., Orrock J.L., et al. (2006). Corridors increase plant species richness at large scales. Science, 313: Décamps H. (2007). La trame verte et bleue: que peut apporter l écologie du paysage? Delattre T., Pichancourt J-B., Burel F., Kindlmann P. (2010). Grassy field margins as potential corridors for butterflies in agricultural landscapes: A simulation study. Ecological Modelling, 221: Dupraz C., Burgess P., Gavaland A., et al. (2005). Synthesis of the Silvoarable Agroforestry for Europe project. INRA-UMR System Editions, Montpellier, 250 p. Erkman S. (2004). Vers une écologie industrielle. Éditions-diffusion Charles Léopold Mayer. Foley J.A., DeFries R., Asner G.P., et al. (2005). Global consequences of land use. Science, 309 :
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30 Glossaire Adventice : plante qui s ajoute à un peuplement végétal auquel elle est initialement étrangère et qui ne persiste généralement que peu de temps dans ses stations. Agenda 21 local : plan de développement durable mis en place par les collectivités territoriales. Albédo : rapport de l'énergie solaire réfléchie par une surface sur l'énergie solaire incidente (0 correspondant au noir, pour un corps sans aucune réflexion, et 1 au miroir parfait). Corolle : ensemble des pétales d une fleur. Écologie : discipline scientifique de la biologie qui étudie les conditions d existence des êtres vivants, les interactions entre les êtres vivants et avec leur milieu de vie. Éco-quartier : quartier urbain conçu de manière à minimiser son impact sur l environnement, visant généralement une autonomie énergétique. Écosystèmes : ensemble formé par une communauté d êtres vivants (biocénose) et son environnement géologique, pédologique et atmosphérique (le biotope). Gestion différenciée : mode de gestion consistant à pratiquer un entretien des espaces verts selon leurs caractéristiques et leurs usages. Lorsque cela est possible, la gestion différenciée conçoit de gérer ces espaces en vue de favoriser la biodiversité. Métapopulation (métacommunauté) : population (ou communauté) séparée dans l espace ou le temps mais interconnectée par des flux d individus. Ornithologie : étude des oiseaux. Paysage : en écologie, le paysage est un assemblage d écosystèmes qui interagissent de manière à ce qu ils déterminent des patrons spatiaux qui se répètent et soient reconnaissables. Pédologie : étude des sols. Résilience : capacité d un système (écosystèmes, populations ) à pouvoir intégrer dans son fonctionnement une perturbation, sans pour autant changer de structure qualitative. Richesse spécifique : nombre d espèces présentes dans l espace considéré. Elle est souvent utilisée comme une mesure de la biodiversité. Ripisylve : formation végétale qui se développent sur les bords d un cours d'eau naturel (rivière, ruisseau ) ou artificiel (canal ). Saproxylique : ensemble des organismes dépendant de la décomposition du bois mort et des organismes associés. Zone intertidale : zone de l estran allant du niveau des basses marées au niveau des hautes marées de vives-eaux moyennes.
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