Quelle société le Québec veut-il pour ses personnes âgées?

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1 Quelle société le Québec veut-il pour ses personnes âgées? Sommaire exécutif : - Dénigrement abusif à l endroit des centres d hébergement. - L approche milieu de vie répond aux besoins, mais disparité des services à cause d un manque de définition commune. - Approche milieu de vie contraire à l esprit comptable. Réside dans l adaptabilité des services. - Cette démarche repose essentiellement sur le personnel, principalement. Les préposées qui doivent être formées et valorisées. - Contrôle de la qualité inadéquat; engagement nécessaire des gestionnaires et des comités d usagers. - Développer les soins de fin de vie. - Contrer la maltraitance. 1. Introduction Un Québec généreux, attentif et reconnaissant envers ceux et celles qui, tout au long de leur vie, ont bâti notre société. 2. La raison d être de cette commission - Les députés ont entre leur mains les décisions qui orienteront les conditions de vie des aînés. - On semble actuellement plus préoccupé par les contraintes budgétaires que par les services qui devraient être offerts et l esprit dans lequel ils devraient être offerts. 3. Des CHSLD pour répondre aux besoins. - La mission première d un CHSLD : offrir un hébergement et des soins aux personnes en perte d autonomie. C est l aspect soins qui est la principale raison de l hébergement en CHSLD. - A) Approche milieu de vie Dénigrement abusif à l égard des CHSLD en général. Hébergement en CHSLD est souvent la seule solution lorsque toutes les autres ressources ont été épuisées (personnelles et communautaires) Importance d offrir les meilleurs soins et un vrai milieu de vie substitut.

2 B) Aucune définition commune de l approche milieu de vie (mémoire p.11 et 12) - Une définition commune est une nécessité Référence au document Un milieu de vie de qualité pour les personnes hébergées en CHSLD- Orientations ministérielles, octobre Actualisation du concept dans le cahier L approche milieu de vie, CSSS du Sud-Ouest-Verdun, mars Le RPCU résume ainsi le concept milieu de vie : Pour le résident : - Un milieu de vie substitut; - Le nouveau domicile au sein duquel les personnes hébergées poursuivent leur cheminement de vie. L établissement doit mettre en place des mesures : - Pour combattre la dépersonnalisation; - Pour créer un environnement physique stimulant; - Pour promouvoir la création d un environnement favorable à répondre le mieux possible aux besoins des résidents; - Pour créer un milieu de vie dans lequel des services et des soins de qualité seront dispensés, en partant des besoins, des goûts, des habitudes et des valeurs des personnes et de leur famille. Partenariat, personne hébergée et sa famille, comités des usagers et de résidents, gestionnaires et personnel. c) Le contraire de l esprit comptable - Penser d abord à la personne. Confort et inclusion. - Mettre la personne au centre des décisions. - Normes minimales pour les sommes fixées pour la nourriture. D) L ouverture sur la communauté - Maintien des contacts familiaux et intergénérationnels en partie grâce aux nouvelles technologies. Parfois réticence des administrations qui craignent que le personnel soit filmé. - Liens avec les écoles et avec le milieu communautaire.

3 - Participation aux comités des usagers et de résidents. - Participation, lorsque possible, à la vie démocratique à tous les niveaux. - Importance des services des loisirs qui doivent s adapter à la lourdeur de la nouvelle clientèle. 4. L adaptabilité des services Il faut adapter les services pour les personnaliser. Les adapter à la personne et non à l organisation. On suggère de regrouper les résidents en plus petites unités selon leurs affinités et leurs besoins. A) Les clientèles en CHSLD Les clientèles des CHSLD sont multiples et ont des besoins différents : moins de 65 ans hébergés suite à un accident ou une maladie. Comment maintenir pour eux une vie sociale plus active. Absence presque complète de soins dentaires. B) L alourdissement de la clientèle - Personnes maintenant moins autonomes. - 80% à 85% ont des troubles cognitifs ou mentaux. - Les services n ont pas suivi l alourdissement des besoins (on parle d environ 60% de besoins satisfaits P/R à 90% antérieurement). Il semble toujours plus facile de couper dans les budgets des CHSLD que dans ceux des hôpitaux. Ajuster les budgets en fonction de l alourdissement des besoins. 5. La richesse du réseau : son personnel Il faut accorder plus d importance à ceux qui offrent aide, soins et assistance aux résidents. Ils sont la clé de la réussite de l approche «milieu de vie». A) L organisation du travail La qualité de vie en CHSLD repose sur l organisation du travail et l approche «milieu de vie» repose grandement sur les épaules des préposées. B) Les préposés : la pierre angulaire de l approche milieu de vie

4 La tâche est trop lourde pour les préposées si on veut vraiment mettre en place l approche milieu de vie. Il faudrait mieux répartir les tâches pour avoir plus de temps à consacrer au service direct à la personne qui peut actuellement difficilement être personnalisé. Il est aussi proposé de réfléchir à la pertinence de créer un ordre professionnel pour les préposées. C) Une formation mieux adaptée Les employés doivent être bien formés et leur formation adaptée à l approche «milieu de vie». Une bonne manière d augmenter la motivation et de trouver des moyens de briser la routine. La formation continue pour les préposées est essentielle. D) Revaloriser les tâches des préposées aux bénéficiaires. - Leur accorder plus d autonomie en créant des équipes plus autonomes dans la gestion du temps et des tâches à accomplir. - Ne pas travailler en silo : communication et implication active des infirmière, infirmières auxiliaires, préposées sans oublier le résident et ses proches. 6. Le contrôle de la qualité A) Des gestionnaires engagés Des gestionnaires engagés sont essentiels à l implantation de l approche «milieu de vie» dans laquelle ils seront suivis par tous les membres de leur organisation. Les gestionnaires devraient être impliqués quotidiennement sur le plancher. C est la seule façon de garantir la qualité des services et de contrer les histoires d horreur dont on parle à l occasion dans les journaux. B) Des comités des usagers et de résidents axés sur l amélioration de la qualité. Une des tâches essentielles confiées par la LSSS à ces comités est d évaluer le degré de satisfaction des usagers. Particulièrement importante en CHSLD à cause de la perte d autonomie des résidents.

5 Le RPCU proposera prochainement une évaluation standardisée aux comités de résidents, en autant qu il obtienne l appui du MSSS. 7.La fin de vie L espérance de vie moyenne des personnes qui entrent en CHSLD est de 18 mois. L approche «milieu de vie» implique l engagement et la formation du personnel afin de mieux accompagner le résident et ses proches. 8.La maltraitance La seule forme de maltraitance dont on ne parle pas, c est la maltraitance institutionnelle : économies sur la nourriture, ne pas réorganiser le travail par peur des employés, pas assez de personnel de nuit. Cette maltraitance devrait être punie. Le RPCU et les comités des usagers et de résidents s engagent fermement dans la lutte à la maltraitance. Le RPCU a développé une formation à ce sujet et espère l appui du Secrétariat des aînés. En plus de la maltraitance institutionnelle, les résidents des CHSLD peuvent être victimes de 4 formes de maltraitance : 1) Abus physiques Coups, brusqueries, bousculades, rudoiements; alimentation forcée ou trop rapide; privation de soins essentiels; contention abusive (physique ou chimique) 2) Abus psychologiques Agression verbale, cris, reproches violents; mépris, contrôle disciplinaire; infantilisation, tutoiement non désiré; menace, chantage, privations, isolement; débranchement du système d appel. 3) Abus matériels Facturation injustifiée; contrôle de l argent personnel; procuration sans consentement éclairé; vol de biens personnels. 4) Négligence Soins ou services prodigués de façon irresponsable; refus de répondre aux appels; manque d écoute et d attention; non-respect du rythme et de l intimité.

6 Que faire pour contrer ces abus? Selon le RPCU, les gestionnaires ont tous les outils pour le faire en étant impliqués au quotidien. Ce contrôle de la qualité est de leur responsabilité. L équipe doit travailler en lien et le personnel doit être bien formé. Il faut être vigilant et appliquer les mesures disciplinaires au personnel fautif. 9. Conclusion Le RPCU croit qu en général les services offerts en CHSLD sont bons et que l approche «milieu de vie» permet d offrir de meilleurs conditions pour vivre dans ce milieu de vie substitut. Le contrôle de la qualité est essentiel. Il faut aussi du personnel engagé, ce qui est le cas.

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