Évaluation de la phase 2 d IFADEM au Burundi Termes de référence - Appel d offres

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1 Évaluation de la phase 2 d IFADEM au Burundi Termes de référence - Appel d offres 1

2 Sommaire 1. Éléments de contexte Données générales sur le Burundi Organisation du système éducatif enseignement primaire Le plan sectoriel de développement de l éducation et de la formation (PSDEF) Organisation de la scolarité Organisation administrative de l enseignement primaire et secondaire Données quantitatives : vers l atteinte de la scolarité universelle en 2015? Conditions matérielles La formation des enseignant- e- s au Burundi Profil des enseignant- e- s Aperçu de la formation initiale La formation continue L Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres IFADEM : présentation générale IFADEM- Burundi, phase Cadre institutionnel et objectifs Mise en place de la gouvernance et constitution des équipes Révision, adaptation et renforcement du programme de formation Technologies : nouvelles infrastructures et développement du numérique Renforcement de l offre de formation des formateurs et cadres du Ministère Formation des instituteurs : nouvelles provinces et nouveau niveau de classe Accompagnement du Ministère dans la définition de stratégies pour la formation continue Objectifs et méthodologie de l évaluation Objectifs de l évaluation Champ de l évaluation Composantes de l évaluation : cadre méthodologique et questions évaluatives Composante 1 : examen des processus Composante 2 : analyse des résultats de la phase Composante 3 : évaluation prospective Conditions de l évaluation Compétences souhaitées Dossiers de candidatures Durée des travaux, phases de l évaluation, calendrier et livrables attendus Phase de structuration et de documentation Réunion de lancement avec le comité de pilotage de l évaluation à Paris La phase terrain Phase de restitution de la mission terrain Phase finale d analyse et de rédaction Rémunération Interlocuteurs Comité de pilotage de l évaluation Contacts pour l organisation de l évaluation Annexe 1 : acronymes Annexe 2 : liste des documents à disposition des évaluateurs

3 1. ÉLEMENTS DE CONTEXTE 1.1 Données générales sur le Burundi Géographie Le Burundi est un pays d Afrique de l Est, limitrophe du Rwanda, de la République démocratique du Congo et de la Tanzanie. On estime sa population à environ 10 millions d habitants répartis sur km 2. Sa capitale est Bujumbura. Le Burundi ne bénéficie d aucun accès à la mer mais est bordé par le deuxième plus grand lac en superficie du continent africain : le lac Tanganyika ( km 2 ). Contexte Le 1 er juillet 1962, le Burundi, ex- colonie belge, acquiert son indépendance 1. Jusqu au début des années 1990, le pays réalise «beaucoup de progrès dans le développement de l économie et l amélioration des conditions de vie de la population. Malheureusement, la crise socio- politique de 1993, la plus grave de son histoire, conduit le pays à une guerre civile qui aura des effets désastreux sur la société burundaise et sur son économie et a ébranlé tous les efforts de développement socio- économique. Cette crise qui a perduré pendant plus de 10 ans a mis à mal la cohésion nationale et a entraîné tout un cortège de malheurs qui ont rendu les conditions de vie très difficiles pour la grande majorité des Burundais.» 2 Aujourd hui, l économie du Burundi est principalement rurale et repose sur l agriculture et l élevage : en 2012 on estime que 93,6% de la population exerce dans le secteur agricole ; 2,3% dans l industrie ; 4,1% dans les services 3. Démographie La population du Burundi croît très rapidement : en 2012, ils sont 80% de plus qu en 1992 et le taux de natalité est estimé à 6,08 enfants par femme ; d où une population très jeune : 46% de la population totale est âgée de 0 et 14 ans ; l âge moyen au Burundi est de 16,9 ans. Cette croissance démographique importante constitue un défi majeur pour le système éducatif. Langues officielles Indicateurs 1 Population totale (estimation 2012) : habitants Structure des âges (estimation 2011) : - 0 à 14 ans : 46% - 15 à 64 ans : 51,6% - plus de 65 ans : 2,5% Age moyen (estimation 2011) : 16,9 ans Croissance de la population (estimation 2012) : + 3,104% / an. NB : en 1992 la population totale était estimée à 5,8 millions 1, soit 80% d augmentation ces vingt dernières années. Ratio hommes/femmes (estimation 2012) : 0,98 Espérance de vie à la naissance (estimation 2012) : 59,24 ans (contre 67,59 ans au niveau mondial) Taux de natalité (estimation 2012) : 6,08 enfants / femme Part de la population située en dessous du seuil de pauvreté (estimation 2002) : 68% PIB par habitant : 409$ 1 Bilingue, le Burundi utilise le kirundi et le français comme langues officielles, d enseignement et d administration ; mais également le swahili, parlé essentiellement le long du lac Tanganyika et dans la région de Bujumbura et l anglais qui investit largement les milieux urbains et semi- urbains : «depuis des siècles, une seule langue, le kirundi, langue maternelle de tous les Barundi, a tissé l histoire du peuple burundais et consolidé sa culture et son unité. ( ) Depuis la colonisation, le français a été adopté comme langue administrative et langue de la communication internationale. L usage du kirundi et du français demeure donc actuellement prédominant au Burundi. Cependant le kiswahili, introduit au XIXe siècle, et l anglais, introduit depuis l indépendance dans le système 1 Pour en savoir plus sur l histoire du Burundi : 2 Rapport national Objectifs du millénaire (ONU), Burundi, 2010 (http://www.bi.undp.org/index.php?option=com_docman&task=doc_download&gid=27&itemid=211) 3 The world factbook, CIA (https://www.cia.gov/library/publications/the- world- factbook/) 3

4 scolaire, sont utilisés dans le domaine de l information et prennent une importance accrue dans le commerce international. Le Burundi reste actuellement au cœur des deux grands ensembles anglophone et francophone.» 4 Á l école, le kirundi est langue d enseignement les quatre premières années du primaire ; à partir de la 5 ème année, le français, enseigné en tant que matière dans les années antérieures, devient langue d enseignement pour toutes les matières scientifiques. 1.2 Organisation du système éducatif enseignement primaire Le plan sectoriel de développement de l éducation et de la formation (PSDEF) La stratégie éducative de l État burundais est formalisée dans le plan sectoriel de développement de l éducation et de la formation (PSDEF) 5 élaboré en 2009 et qui se fixe trois grands objectifs à long terme : tous les jeunes âgés de 7 à 12 ans vont bénéficier des mêmes chances d achever un enseignement primaire de qualité ; des mécanismes d amélioration et de renforcement de l enseignement secondaire général et technique, de la formation professionnelle et de l enseignement supérieur seront développés à travers des réformes. Ils viseront l adaptation des enseignements aux besoins de l économie et de la société, l amélioration de la qualité ; une meilleure équité au niveau de l accès et du maintien dans les cycles d études ; l Etat emploiera les ressources publiques affectées à l enseignement avec plus d équité, d efficience, d efficacité et de transparence pour atteindre ses objectifs. NB : le PSDEF est aujourd hui en cours de réécriture notamment pour répondre aux objectifs que s est fixés le gouvernement pour le passage à l enseignement fondamental (cf Organisation de la scolarité). Les experts tiendront compte du nouveau PSDEF quant il leur sera communiqué Organisation de la scolarité Actuellement, l enseignement formel au Burundi est organisé en cinq cycles : Préscolaire 1 à 3 ans Primaire 1 er degré 1 ère et 2 ème années 2 nd degré 3 ème et 4 ème année 3 ème degré 5 ème et 6 ème année Concours d entrée au secondaire Secondaire 1 er cycle Général 4 ans Test national fin collège (collège) Général 3 ans Secondaire 2 ème cycle Pédagogique 2 ou 4 ans Examen d'état pour accès à (lycée) Technique et 2, 3 ou 4 ans l'enseignement supérieur professionnel Enseignement supérieur 2, 3, 4, 5 ou 7 ans Le système éducatif burundais dépend essentiellement du secteur public (98,7% des élèves). Il comprend quatre paliers de formation : le préscolaire, le primaire, le secondaire et l enseignement supérieur : l enseignement préscolaire reçoit dans ses structures communautaires (garderies communautaires et cercles préscolaires) en général les enfants de 4 à 6 ans, les écoles privées ceux de 3 ans ; 4 Problématique de la législation linguistique au Burundi, Barbara Ndimurukundo- Kururu, Université du Burundi 5 psdef.bi/ 4

5 l enseignement primaire accueille officiellement des enfants de 7 ans qu ils aient ou non suivi l enseignement préscolaire. La formation dure six ans à l issue desquels les élèves sont soumis un concours d entrée dans le secondaire. Actuellement, seulement 46% des élèves accèdent à l enseignement secondaire. Les autres redoublent et/ou entrent dans la vie active : passage à l école fondamentale Le Président de la République a annoncé le 2 septembre 2010 le passage à l école fondamentale. S en est suivie la nomination, par ordonnance ministérielle (n CAB 654, du 11 mai 2012), d une commission nationale «chargée du pilotage, de la révision des curricula de l école fondamentale et post- fondamentale» qui a pour mission de concrétiser l annonce dès la rentrée scolaire : aux trois degrés actuels de l enseignement primaire sera ajouté un 4ème palier incluant les 7ème, 8ème et 9ème années du secondaire. harmoniser le système éducatif avec celui de la sous- région Afrique de l Est 6 dont les État se sont majoritairement alignés sur les recommandations formulées par l UNESCO en faveur d une «politique plus large et plus soutenue afin de donner à chaque jeune le droit à 9 ou 10 ans d éducation» ; permettre aux élèves de terminer le cycle primaire avec des capacités suffisantes pour poursuivre un enseignement des métiers, notamment en réduisant l effet «goulot d étranglement» de l examen de fin du cycle primaire et en augmentant les passages en 7 ème année. Organisation de la scolarité prévue dans le cadre de l enseignement fondamental : Préscolaire Enseignement fondamental Secondaire (lycée) Enseignement supérieur Pour les enfants de 4 à 6 ans 1 er cycle 1 ère et 2 ème années 2 nd cycle 3 ème et 4 ème années 3 ème cycle 5 ème et 6 ème années 4 ème cycle 7 ème, 8 ème et 9 ème années Général 3 ans Pédagogique 4 ans Technique 3 à 4 ans Professionnel 4 ans (2 paliers de 2 ans) Enseignement des 1 à 2 ans métiers 2, 3, 4, 5 ou 7 ans Examen d'état pour accès à l'enseignement supérieur 6 Cf. Programme pour l Éducation de Base en Afrique (BEAP), UNESCO, 2009 (http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=beap%20unesco&source=web&cd=2&ved=0cfqqfjab&url=http%3a%2f%2fwww.ibe.unesco.or g%2ffileadmin%2fuser_upload%2fpublications%2fthematic_studies%2fbeap_policy_paper_09_fr.pdf&ei=hhgyt5npoysm8gp22- zjcq&usg=afqjcnfipsznifck- _elw9syt3tukyteew&cad=rja) 5

6 1.2.3 Organisation administrative de l enseignement primaire et secondaire 7 7 Organigramme actuel du MEBSEMFPA 6

7 OMD Deux Données quantitatives : vers l atteinte de la scolarité universelle en 2015? «Les priorités du PSDEF s inscrivent dans les orientations générales définies lors de rencontres internationales et auxquelles le Burundi a souscrit tels que les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), les objectifs plus larges de l Éducation pour tous et la Déclaration de Paris sur l efficacité de l aide.» 8 En 2005 le Président de la République du Burundi décrète la gratuité des frais de scolarité à l école maternelle et primaire. Cette mesure qui pourrait être étendue au premier cycle du secondaire dans le cadre du passage au fondamental doit permettre au Burundi d atteindre en 2015 la scolarisation primaire universelle. En 10 ans, le nombre d élèves scolarisés dans l enseignement primaire public a doublé, passant de élèves en 2001 à en La progression du taux net de scolarisation qui, en , atteint 96,1%, contre 52,8% en 1990, fait dire à l ONU dans son rapport 2010 consacré au Burundi qu «il est possible que l OMD 2 soit atteint en 2015, eu égard à la volonté et aux engagements politiques de haut niveau pris par le Gouvernement» 9. Toutefois, le rapport souligne également un taux d achèvement au primaire encore trop bas (46%) qu il lie «aux conditions de pauvreté et à l analphabétisme des parents» et un taux de redoublement situé à 30% qui constitue une contrainte importante pour l atteinte des OMD puisqu il réduit les capacités d accueil des établissements scolaires. En outre, l allongement de la scolarité des élèves est un important facteur d abandon : l accès à la sixième année se fait en général après plusieurs redoublements de classe et dans l enseignement public, l âge moyen à la rentrée en sixième année est de 14,7 ans alors qu il devrait se situer à 11 ans. 10 Carte 4: Taux Net de Scolarisation par province en 2009 Source: Ministère de l Enseignement Primaire et Secondaire Légende > 100% % 80-90% < 80% Indicateurs Effectifs de l école primaire (2010/2011, Indicateurs MBSEMFPA) : élèves ; filles ; garçons École primaire, secteur public (2010/2011, Indicateurs MBSEMFPA) : élèves (98,7%) ; enseignant- e- s dont femmes ; écoles ; classes École primaire secteur privé (2010/2011, Indicateurs MBSEMFPA) : élèves (1,3%) ; 847 enseignant- e- s dont 384 femmes ; 100 écoles ; 705 classes Taux net de scolarisation au primaire (2010/2011, Indicateurs MBSEMFPA) : 96,1% contre 52,8% en 1990 Taux brut de scolarisation au primaire (2010, ISU): 130,4% Taux d achèvement en 5 ème année (2009, Indicateurs MBSEMFPA) : 46% Taux de redoublement (2009, Indicateurs MBSEMFPA): 30% Age moyen d entrée en 6 ème année ( , Indicateurs MBSEMFPA) : 14,7 ans Taux d alphabétisation des jeunes de 15 à 24 ans (2007, Indicateurs MBSEMFPA) : 78% en 2007 contre 53% en 1990 Notons également que l accès à la scolarité ne progresse pas de manière uniforme sur le territoire burundais (voir carte ci- contre). De même que l on observe des disparités plus ou moins importantes entre filles et garçons selon les provinces : en le MEBSEMFPA recense six provinces (Bubanza, Cibitoke, Kirundo, Muyinga, Ngozi et Ruyigi) qui n ont pas encore atteint la parité et observent même un léger recul à l entrée en première année (0,97 contre 0,99 en ). 21 Rapport Burundi - OMD psdef.bi/ 9 Rapport national Objectifs du millénaire (ONU), Burundi, Indicateurs 2010/2011 sur l enseignement au Burundi, MEBSEMFPA 7

8 1.2.5 Conditions matérielles 11 Les indicateurs 2010/2011 sur l enseignement au Burundi du MEBSEMFPA font ressortir des déficits structurels et des conditions de travail difficiles. Les écoles sont très peu raccordées au réseau électrique (3%) et l alimentation en eau potable n atteint que 33% des établissements. Les effectifs d élèves, nombreux et en augmentation, ont nécessité ces dernières années la construction de nouvelles salles de classe, améliorant le ratio global d élèves par classe (79 en contre 86 en 2006) même si les chiffres restent importants et disparates selon les provinces : ils sont en moyenne plus de 100 dans les provinces de Bujumbura- Mairie et Kirundo, contre 54 à Bururi et 65 à Cankuzo. Les effectifs pléthoriques expliquent que près de la moitié des écoles organisent une double vacation pour tout ou partie de leurs groupes. Le nombre de manuels par élève, inégal selon les provinces, les matières et les niveaux de classe, est de manière générale nettement insuffisant : en le MEBSEMFPA calcule un ratio de 0,43 pour les manuels de français des élèves en première année, 0,15 en 3 ème année et 0,62 en 6 ème année. En mathématiques en première année on compte un manuel pour 3 élèves et 1 pour 10 en 3 ème, 4 ème et 5 ème année. Quant à l encadrement pédagogique des enseignants, il est rendu difficile par le fait que de nombreux enseignants habitent dans des endroits éloignés de l école même si les inspecteurs disposent pour la plupart de motocyclettes. 11 Indicateurs 2010/2011 sur l enseignement au Burundi, MEBSEMFPA 8

9 1.3 La formation des enseignant- e- s au Burundi Profil des enseignant- e- s L accroissement important du nombre d élèves n a pas été sans conséquence sur le recrutement des enseignant- e- s : ils étaient en 2000 (public et le privé) ; en 2012 le Burundi compte plus de enseignant- e- s au primaire dont 10% en moyenne de suppléants. La part d enseignants suppléants oscille selon les provinces entre 2,1% à Muyniga et 23,7% à Bururi 14. Le nombre d enseignant- e- s dits «non qualifiés» est relativement faible : en 2009 l UNESCO l estime à 91% du nombre total d enseignant- e- s. Toutefois, ceux qui ont bénéficié d une formation initiale l ont, majoritairement suivie dans le cadre des lycées pédagogiques dont les programmes sont avant tout disciplinaires. En outre les parcours académiques des enseignant- e- s sont variés (voir ci- après). Quant à leur niveau de français, nous ne disposions jusqu en 2007 d aucun indicateur sur la question. L organisation d un Test de connaissance du français (CIEP) par IFADEM sur un échantillon de 64 enseignant- e- s fait ressortir que 65% d entre eux se situe à un niveau B1 du Cadre européen commun de référence pour les langues, 35% au niveau A Aperçu de la formation initiale La formation pédagogique est assurée dans deux types d établissements : les lycées avec une filière pédagogique et les écoles normales. La formation dans les lycées dure une à deux années alors qu elle est de quatre années dans les Écoles normales. Les enseignant- e- s formé- e- s en un ou deux ans (niveau D6) dans les lycées pédagogiques obtiennent un niveau d instituteur adjoint qui les qualifie pour tout le cycle primaire même s'ils sont généralement affectés dans des classes du premier et du second degré. Les enseignant- e- s formé- e- s par l École normale obtiennent un diplôme de niveau «D7» qui leur permet de prendre en charge tous les niveaux du cycle primaire. On observe cependant qu ils sont parfois affectés à des niveaux supérieurs, dans les premières classes du cycle secondaire, en particulier dans les collèges communaux. Enfin, depuis 2006, les élèves ayant échoué à l équivalent du baccalauréat peuvent devenir instituteurs après six mois / un an de formation pédagogique complémentaire (niveau CAP). Les contenus des formations pédagogiques tournent autour de 8 axes : l École et son environnement l apprentissage, l enseignement, l exposition, la programmation, la connaissance de l individu, l animation, l évaluation et la législation scolaire. Mais le volume horaire accordé à la formation professionnelle pédagogique est généralement faible et la formation disciplinaire constitue la plus grande part du programme de formation La formation continue Cadre réglementaire La politique burundaise en matière de formation continue s insère dans un cadre législatif défini par le statut général des fonctionnaires 16 qui prévoit un droit au perfectionnement professionnel dans son chapitre 8 : Article 6.8. «Le fonctionnaire a droit au perfectionnement professionnel lui permettant une amélioration et une adaptation permanentes aux besoins nouveaux de l Administration publique. 12 Voir aussi Proposition de stratégie nationale de la formation continue des instituteurs au Burundi, expertise menée dans le cadre d IFADEM 13 Institut de statistique de l UNESCO 14 Indicateurs 2010/2011 sur l enseignement au Burundi, MEBSEMFPA 15 Cf. Synthèse de la phase expérimentale et TCF, rapport des résultats de la session de juillet 2009 au Burundi, CIEP NB : L échelle du CECR comprend 6 niveaux : A1 et A2 (utilisateur élémentaire) ; B1 et B2 (utilisateur indépendant) ; C1 et C2 (utilisateur expérimenté). 16 Loi n 1/28 du 23 août 2006 portant statut général des fonctionnaires, citée dans Education Internationale, Etat des lieux portant sur la formation continue des enseignant- e- s du primaire au Burundi, janvier

10 Chaque ministère inscrit dans la prévision budgétaire annuelle le financement de ce perfectionnement en fonction de ses effectifs.» Le chapitre 10 s intéresse plus spécifiquement aux enseignant- e- s : Article 94.1 «L enseignant a le droit d améliorer et de compléter sa formation initiale par voie de perfectionnement. Tout stage de formation d une durée minimale de 120 heures sur la même matière doit être sanctionné par un certificat qui est tenu en considération dans l évolution de la carrière de l intéressé.» Article 94.2 «Une ordonnance conjointe des ministres ayant l Enseignement et la Fonction Publique dans leurs attributions précise le degré de bonification de stage en fonction de la durée.» La formation continue est par ailleurs mentionnée dans le PSDEF comme composante du 5 ème chantier stratégique, la «reformulation des programmes». Le plan sectoriel prévoit en effet une «réforme concomitante des formations initiale et continue des enseignants pour qu ils puissent s approprier rapidement et durablement les nouveaux programmes» 17. Cadre institutionnel Un décret ministériel du 21 avril précise l organisation des services du MEBSEMFPA et la répartition des rôles entre ses différentes directions. La formation continue des enseignants du primaire est concernée par plusieurs de ses articles qui définissent l articulation des directions générales contribuant à la formation continue des instituteurs. La Direction Générale des Ressources Humaines (DGRH) est chargée «de mettre en place une politique de formation continue des personnels enseignants et administratifs au palier de l enseignement de base, secondaire, technique, métier, formation professionnelle et alphabétisation pour le Ministère» (Article 8) Au sein de la DGRH, la Direction de Développement Prévisionnel du Personnel et de la Formation Continue (DDPPFC) est chargée d «élaborer, développer un plan de mise en œuvre et exécuter une politique de formation continue du personnel (enseignants et administratifs) en collaboration avec les Directions Générales ; [ ] identifier les besoins en formation continue des enseignants et d autres personnels de l enseignement ; établir un plan de formation continue à court, moyen et longs termes des enseignants et d autres personnels de l enseignement ; identifier et négocier les financements pour la formation continue.» (Article 31) La Direction Générale des Bureaux Pédagogiques (DGBP) est chargée d «organiser le perfectionnement des enseignants en collaboration avec les services concernés, [ ] de coordonner le développement des outils de formation à distance en faveur des personnels enseignants notamment à travers la radio scolaire» (article 35). Au sein de la DGBP, le Bureau d Études des Programmes, de l Enseignement de Base (BEPEB) est chargé d «élaborer des modules de formation continue des enseignants au niveau Primaire et participer à leur formation ; [ ] collaborer avec la Radio Scolaire pour produire des émissions de formation continue à distance». La Radio scolaire a notamment pour mission d «assurer la formation continue des enseignements des niveaux préscolaire, Enseignement de Base et Secondaire sur toutes les matières ; organiser la formation à distance en vue d une plus grande qualification» (Article 39). 17 psdef.bi/ 18 République du Burundi, décret n 100/125 du 21 avril 2011 portant organisation du ministère de l enseignement de base et secondaire, de l enseignement des métiers, de la formation professionnelle et de l alphabétisation. 10

11 Typologie des personnels intervenant dans la formation, le suivi et l évaluation des enseignant- e- s On peut distinguer plusieurs types de personnes intervenant en formation continue. Les formateurs de métier dont l'activité consiste à élaborer des ressources pour la formation continue ou/et à conduire des actions de formation. Ils se recrutent essentiellement au niveau du BEPEB où sont mobilisées aussi les personnes qui participent activement à la production d'émissions pour la radio scolaire. Ils animent par ailleurs des stages d'une semaine ou plus, organisés par le Ministère ou les partenaires techniques et financiers. Les directeurs d'école qui jouent le rôle de formateurs lors des journées pédagogiques et le rôle d'administrateur au moment de la notation des instituteurs. Les conseillers pédagogiques qui participent directement ou indirectement aux journées pédagogiques mensuelles. Les inspecteurs qui participent également aux journées pédagogiques mais assument un rôle essentiellement évaluatif. Leur appréciation est communiquée au directeur d'école qui prend la décision finale de la note attribuée aux enseignants. NB : il faut toutefois noter qu un document en cours d élaboration au niveau de l inspection centrale entend préciser la fonction d inspecteur et son évolution vers de l accompagnement/ formation des enseignant- e- s en poste. Des personnes ressources en appui de manière occasionnelle à des actions de formation continue, sur des thématiques transversales notamment. Les personnes qui au niveau du ministère gèrent la formation continue sous la responsabilité du directeur de la formation continue ou du directeur des bureaux pédagogiques. Malgré cette typologie importante, l'organisation centrale de la formation continue repose pour une grande partie sur un nombre limité de personnes ressources. Celles- ci sont majoritairement issues du Bureau d'études des Programmes de l Enseignement de Base (BEPEB). Au niveau des provinces et des communes, les inspecteurs provinciaux et les nouveaux conseillers pédagogiques communaux en cours de recrutement peuvent contribuer à la démultiplication des formations : ils seront à la rentrée inspecteurs provinciaux et 129 inspecteurs communaux ; 18 conseillers pédagogiques provinciaux et 120 conseillers pédagogiques communaux en cours de recrutement). Tous participent à l'animation des journées pédagogiques et à l'encadrement des enseignants dans leurs pratiques professionnelles que ce soit dans leur évaluation ou leur accompagnement formatif. 2 Une expertise est menée dans le cadre d IFADEM pour appuyer le ministère dans l élaboration d une stratégie de formation continue (cf Accompagnement du Ministère dans la définition de stratégies pour la formation continue). Elle propose un état des lieux exhaustif des actions de formation continue au Burundi, met en valeur les forces et les faiblesses de l organisation actuelle et fait des recommandations pour l améliorer. Le rapport final sera mis à disposition des experts. 11

12 2. L INITIATIVE FRANCOPHONE POUR LA FORMATION A DISTANCE DES MAITRES 2.1 IFADEM : présentation générale 19 Co- pilotée par l Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et l Organisation internationale de la Francophonie (OIF), IFADEM participe aux efforts internationaux en faveur d une Éducation de base de qualité. En partenariat avec IFADEM, les pays engagés dans sa mise en œuvre actuellement le Bénin, le Burundi, Haïti, le Liban, Madagascar, le Niger et la RDC conçoivent et organisent un dispositif de formation des maîtres en partie à distance des maîtres adapté aux besoins de leurs systèmes éducatifs et utilisant les technologies de l information et de la communication. IFADEM répond à cinq grands objectifs Former à distance avec un dispositif de formation s intégrant au système éducatif local. Renforcer les compétences pédagogiques des enseignants du primaire. Améliorer la qualité de l enseignement du français, des matières scientifiques enseignées en français et des méthodes pédagogiques des enseignants. Développer des stratégies de formation continue reposant sur l utilisation de la formation ouverte et à distance. Développer l usage des TICE et de la FOAD dans les institutions de formation des maîtres (Lycées pédagogiques). et repose sur les principes de mise en œuvre ci- après : Une gouvernance locale importante et représentative des institutions nationales intervenant dans la formation, le suivi et l évaluation des enseignant- e- s. Un Comité national est nommé par le Ministère en charge de l éducation. Il a en charge les volets opérationnel, administratif et pédagogique de l Initiative (cf. 2.3 Déroulement de la phase de déploiement). L apport d une expertise internationale en matière de formation continue des enseignants du primaire pour renforcer l expertise locale. La structuration d un dispositif de formation continue qui se caractérise par : la conception locale d un parcours d auto- formation tutorée en didactique du français et en pédagogie, accompagné d une initiation à l informatique et à Internet au bénéfice d instituteurs des zones rurales et des élèves- instituteurs ; le renforcement des capacités des acteurs d encadrement locaux : formation des concepteurs de contenus, enseignants, conseillers pédagogiques, tuteurs, inspecteurs, cadres des directions techniques du Ministère à la didactique du français, l ingénierie de formation, l utilisation des TICE, la formation à distance, etc ; la mise en place d un tutorat de proximité assuré par les corps intermédiaires des structures déconcentrées du ministère. La reconnaissance de la formation par le Ministère. La livraison directement aux enseignants de dotations pédagogiques (livrets, dictionnaire, grammaire, ressources audios ). La création possible (le plus souvent au sein d une institution de formation des maîtres) d un centre de ressources pédagogiques et de matériel informatique connecté à Internet : l Espace numérique IFADEM. 19 Voir aussi 12

13 2.2 IFADEM- Burundi, phase 2 IFADEM au Burundi a touché dans sa phase expérimentale ( ) 627 instituteurs titulaires de 5ème année et leurs directeurs d école : 216 à Bujumbura et 411 à Kayanza (zone rurale au nord du pays). Au premier semestre 2010, l Initiative est favorablement évaluée : - par les instituteurs qui répondent à un questionnaire anonyme lors de leur troisième regroupement ; - par une double expertise externe : l OIF mandate le cabinet ATEMA- Conseil ; le Conseil scientifique de l AUF désigne une équipe d experts. Les résultats de l expérimentation, les évaluations externes favorables et le soutien des partenaires techniques et financiers permettent à IFADEM- Burundi d entrer en septembre 2010 dans une phase de déploiement qui capitalise sur les réalisations de la première phase. 2 Un résumé opérationnel de la phase 1 d IFADEM sera mis à disposition des experts ainsi que les rapports d évaluation externe (http://www.ifadem.org/article182.html) et l analyse de l enquête menée auprès des instituteurs (http://www.ifadem.org/article169.html) Cadre institutionnel et objectifs Le 29 septembre 2010 le Ministre des finances du Burundi et le directeur régional de l Agence française de Développement signent un avenant à la convention de financement qui lie les deux institutions en accordant un financement d 1,4 millions d euros (sur les 1,8 millions d euros du budget total) à la phase de déploiement d IFADEM. Une mission conjointe OIF/AUF/AFD organisée en septembre 2010 permet d en définir les objectifs qui sont énoncés dans la convention de partenariat signée le 2 novembre 2010 par le Ministre de l Education de base, l Administrateur de l OIF et le Recteur de l AUF. La convention fixe deux grands axes d intervention, conformes aux recommandations des évaluateurs externes 20 Déployer IFADEM en co- construction au niveau national. Préparer le transfert complet de la gestion administrative et pédagogique au MEBSEMFPA. et les décline en six objectifs principaux : mettre en œuvre un dispositif de formation en partie à distance dans 5 provinces : Cankuzo, Cibitoke, Kayanza, Mwaro, Rutana ; améliorer les compétences professionnelles de 1805 enseignants du primaire, déjà en exercice dans 650 écoles de ces provinces, dans leur enseignement du et en français et de les sensibiliser à l usage des technologies de l information et de la communication ; développer des contenus pédagogiques en didactique du et en français et en technologies de l information et de la communication pour la formation continue des enseignants du primaire et de les adapter pour la formation initiale de 745 élèves- instituteurs ; aider le MEBSEMFPA à tester et valider une stratégie de formation continue des enseignants par l intermédiaire d un dispositif de formation en partie à distance ; créer 4 Espaces numériques dans les provinces de Cankuzo, Cibitoke, Mwaro, Rutana, de renforcer l Espace numérique de la province de Kayanza et de créer 2 Espaces numériques à la Direction générale des bureaux pédagogiques (DGBP) et au Bureau d études des programmes de l enseignement primaire (BEPEP) ; former une centaine de formateurs de formateurs destinés à animer et encadrer un dispositif de formation en partie à distance. 20 Cf. cadre logique annexé à la convention 13

14 La convention précise que «faisant autant que possible appel aux technologies de l information et de la communication, l Initiative IFADEM contribue à la modernisation des méthodes pédagogiques, des modes d appropriation des savoirs et des savoir- faire nécessaires à l enseignement fondamental. IFADEM propose un parcours de formation d'environ 200 heures étalé sur 9 mois et comprenant des regroupements pour les enseignants qui suivent la formation proposée. Le reste de celle- ci se déroule à distance, sous la forme d une autoformation tutorée.» 21 2 L Accord pour le déploiement de l Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM) au Burundi sera mis à la disposition des évaluateurs Mise en place de la gouvernance et constitution des équipes Le 2 décembre 2010 le Ministère nomme par décret le Comité national. Il réunit les représentants de la DGBP, de la Direction de l Enseignement de base, de la Radio scolaire, du Cabinet du Ministre, de l Inspection provinciale, de la Direction générale des Ressources humaines, du Bureau d Étude des programmes de l Enseignement primaire et du Bureau d Étude des programmes de l Enseignement secondaire, du chef de file des partenaires techniques et financiers (comme observateur), du Campus numérique francophone de Bujumbura (AUF) et de l OIF au Burundi et est présidé par le Secrétaire général du Ministère Ses missions sont précisées dans l accord de partenariat 22 : le CN a pour mission de coordonner au niveau local, en liaison avec le Secrétariat exécutif (voir plus bas), les volets opérationnel, administratif et pédagogique de l Initiative. Il est notamment en charge de la désignation des différents acteurs de terrain, du choix de la localisation des premières expérimentations, de la détermination des conditions de reconnaissance de la formation des maîtres, de la planification des différentes étapes, de la fixation du montant des indemnités et des rémunérations des acteurs de terrain, de l évaluation du dispositif par les autorités du pays ; le CN veille à la concordance d IFADEM avec les stratégies de réforme du MEBSEMFPA, notamment le passage à un enseignement organisé selon un cycle fondamental ; le CN veille à la prise en compte des contenus et méthodologies de formation développés par IFADEM dans les stratégies de formation continue des enseignants définies par le MEBSEMFPA ; le CN veille à l intégration d IFADEM dans la dynamique de la coopération éducative internationale dont bénéficie le pays, en se portant garant de la complémentarité des différents programmes et activités et en veillant à la visibilité d'ifadem parmi les partenaires techniques et financiers ; le CN veille à ce que les contenus de formation produits dans le cadre d IFADEM tiennent compte des programmes scolaires en vigueur au Burundi, du référentiel de formation des enseignants et s assure que les regroupements d instituteurs sont organisés pendant les vacances scolaires pour ne pas empiéter sur leur temps pédagogique. Le Comité national désigne également un Bureau exécutif dont la composition est précisée dans l accord de partenariat. Il est placé sous la responsabilité de la Direction générale des bureaux pédagogique dont le directeur est désigné coordonnateur d IFADEM pour le compte du Ministère. L AUF et l OIF désignent, elles, un chef de projet dédié chargé notamment de coordonner, avec le ministère, l ensemble des activités menées dans le cadre du déploiement d IFADEM au Burundi et de les représenter dans les instances de gouvernance de l Initiative. L équipe des concepteurs de contenus est désignée par le CN et constituée de 11 membres, conseillers pédagogiques du BEPEP dont un professeur de sciences et un professeur de mathématiques, et un professeur de l ENS. Les cinq provinces désignent 42 tuteurs (inspecteurs communaux), 30 animateurs et 12 responsables des Espaces numériques (professeurs des Lycées) pour encadrer les 1733 enseignant- e- s en 21 Accord pour le déploiement de l'initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM) au Burundi 22 Accord pour le déploiement de l'initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM) au Burundi 14

15 formation et assurer l animation des Espaces. Des équipes sont également réunies pour la conception d un test de positionnement (11 conseillers pédagogiques du BEPEP et du BEPES), pour l animation des formations au tutorat à distance (17 conseillers pédagogiques) et pour la formation à l intégration des TIC dans les pratiques pédagogiques (10 anciens étudiants FOAD, UTICEF, professeurs de l ENS, etc.) Révision, adaptation et renforcement du programme de formation L équipe des concepteurs de contenus s attache les premiers mois à réviser les quatre livrets de formation déjà existants en fonction des retours du terrain, à les adapter à la 6ème année du primaire et à élargir le programme à des méthodologies transversales. Trois nouveaux livrets sont ainsi conçus en collaboration avec Margaret Bento (Université Paris V René Descartes, France) experte linguiste IFADEM, et Blaise Djihouessi (université d Abomey- Calavi, Bénin), coordonnateur des concepteurs de contenus au Bénin qui se rendent chacun une fois sur place pour accompagner les travaux. Le programme de formation se décline donc en 7 livrets : Livret 1 : Renforcer les compétences méthodologiques et linguistiques Livret 2 : Renforcer les compétences à l'écrit Livret 3 : Renforcer les compétences à l'oral Livret 4 : Les séquences pédagogiques livret 5 : l enseignement du français par et pour les mathématiques livret 6 : l enseignement du français par et pour l étude du milieu livret 7 : l évaluation Une émission de radio hebdomadaire destinée à accompagner le programme de formation IFADEM et à renforcer son impact est créée et diffusée sur la radio scolaire Nderagakura à partir du mois de novembre 2011 et tout au long de la formation des enseignant- e- s. Elle est diffusée deux fois par semaine, le mercredi et le samedi matin 23. Les méthodologies privilégiées dans les livrets IFADEM Les approches communicatives et actionnelles qui dominent actuellement les didactiques du FLE sont les démarches méthodologiques retenues dans les modules de formation. Elles s appuient sur des théories de l apprentissage fondées sur la construction des savoirs et sur l importance des interactions langagières (échanges) dans la construction de ces savoirs. Par ailleurs, IFADEM accorde la priorité à une forte contextualisation des contenus pédagogiques : la formation doit tenir compte des spécificités éducatives, socioculturelles et sociolinguistiques des pays. Par exemple, dans tous les livrets burundais et dans le premier en particulier les concepteurs de contenus intègrent aux démarches méthodologiques la prise en compte du kiswahili, langue nationale au Burundi et langue d enseignement dans les premières années du primaire : comparaison des systèmes phonétiques et syntaxiques, interférence lexicales, etc. Pour en savoir plus : Enfin, le CIEP de Sèvres conçoit pour IFADEM un test de positionnement en langue française, adapté au contexte burundais et apte à mesurer les besoins en formation continue des enseignant- e- s. Le premier test de calibrage sur 15 enseignant- e- s a lieu au mois d avril 2012 ; il est suivi par un pré- test sur 400 enseignant- e- s dans 3 provinces en juin L ensemble des contenus de formation produits dans le cadre d IFADEM- Burundi seront mis à disposition des évaluateurs. 23 Cf. 15

16 2.2.4 Technologies : nouvelles infrastructures et développement du numérique En février 2011 deux Espaces numériques IFADEM à la DGBP et au BEPEP sont inaugurés. Ils sont principalement destinés aux concepteurs de contenus et aux gestionnaires du Ministère. Quatre nouveaux Espaces, hébergés par les lycées de Cankuzo, Cibitoke, Mwaro et Rutana sont installés au premier semestre 2011 pour y accueillir les enseignant- e- s en formation. Celui de Kayanza, aménagé pendant l expérimentation, est doté de cinq postes supplémentaires. Les Espaces numériques sont utilisés : - par les enseignant- e- s en formation qui y suivent une initiation à l informatique et au web 2.0 pendant les regroupements (3x5 heures) ; - par les élèves instituteurs et les professeurs pour les cours d informatique ; - par les enseignant- e- s des lycées pour effectuer des recherches, élaborer leurs documents de travail, etc. - par l administration des lycées notamment pour le suivi administratif et budgétaire des regroupements et actions de formation dans les provinces ; - par les personnels éducatifs, cadres, enseignant- e- s et élèves de la province qui bénéficient d un accès privilégié ; - par la société civile, sur abonnement et à certains horaires. Les revenus ainsi générés permettent notamment de couvrir une partie des frais de fonctionnement de l Espace. Caractéristiques techniques des Espaces numériques Les Espaces numériques sont installés dans une salle mise à disposition par les lycées à section pédagogiques (en moyenne 75 m 2 ). Il n y a donc pas de construction spécifique mais une rénovation à effectuer (bâtiment, électricité). Chaque Espace numérique est équipé d une vingtaine d ordinateurs portables (dont 2 pour l administration) avec clavier et souris, de périphériques (TV, scanner, imprimante ) et d un serveur permettant d utiliser au format numérique les contenus de formation IFADEM et autres ressources pédagogiques et documentaires est disponible pour les élèves ; Étant donné les problèmes récurrents de délestage électrique dans certaines Lycées des panneaux solaires couplés à des batteries au gel permettent d assurer environ 6 heures d autonomie énergétique. La connexion Internet est assurée par antenne satellite (VSAT) sauf à Bujumbura où les espaces sont connectés par ADSL. Les Espaces numériques sont également dotés d un fond documentaire sur l enseignement du et en français et la pédagogie. Début 2012, un nouvel atelier pour l intégration des technologies de l information et de la communication dans l Enseignement (TICE) vient compléter l offre de formation IFADEM. 10 formateurs sont initiés à son utilisation au CNF de Bujumbura en avril Il est prévu qu ils se rendent dans chaque province équipée pour y former à leur tour les professeurs des sections pédagogiques des Lycées. Enfin IFADEM appuie le Ministère pour la conception d un site Internet dédié à la formation continue au Burundi. Sa mise en ligne est prévue pour le mois d octobre Le cahier des charges pour l aménagement des Espaces numériques sera mis à disposition des évaluateurs. 16

17 2.2.5 Renforcement de l offre de formation des formateurs et cadres du Ministère IFADEM organise, entre septembre2010 et juin 2012, 50 formations de formateurs : Dates Objet Bénéficiaires Formateur(s) Durée Novembre 2010 et janvier 2011 Ateliers pour la conception des contenus Concepteurs de contenus (BEPEP, BEPES, ENS) Décembre 2010 Outils de gestion Comptables du MEBSEMFPA Janvier 2011 Juillet 2011 Juillet 2011 Scénarisation des contenus sur Internet Maintenance des équipements informatiques et atelier informatique et web 2.0 Initiation FOAD et Tutorat à distance Concepteurs de contenus (BEPEP, BEPES, ENS) Responsables des Espaces numériques Cadres du Ministère / conseillers pédagogiques Octobre 2011 Tutorat à distance Tuteurs des 5 provinces Octobre mars 2012 Juin/juillet 2011 et novembre 2012 Juin/juillet 2011 et novembre 2012 Juin 2011 Septembre 2011, janvier et avril 2012 Février et juin 2012 Avril 2012 Gestion de projet et démarche qualité en éducation (formation à distance) Utilisation des livrets IFADEM Utilisation des livrets IFADEM Remise à niveau linguistique Rédaction d items et à l analyse psychométrique des résultats Edition électronique pour l alimentation du site Internet Initiation informatique et web 2.0 Cadres du Ministère / conseillers pédagogiques Animateurs des 5 provinces Tuteurs des 5 provinces Tuteurs Concepteurs du test de positionnement Cadres du MEBSEMFPA / Conseillers pédagogiques Tuteurs des 5 provinces Experts internationaux Expert local Expert international Responsable technique du CNF Expert international Conseillers pédagogiques Université de Rouen Concepteurs de contenus Concepteurs de contenus Conseillers pédagogiques de la DGBP Expert CIEP Expert local Responsables des Espaces numériques 2x5 jours 2x3 jours 5 jours 5 jours 5 jours 5x3 jours 120 heures 10x3 jours 10x3 jours 4x10 jours 3x5 jours 2x5 jours 5x3 jours 17

18 2.2.6 Formation des instituteurs : nouvelles provinces et nouveau niveau de classe Le parcours de formation pour 422 enseignant- e- s de 6ème année de la province de Kayanza débute en avril 2011 et s achève en décembre enseignant- e- s des provinces de Cankuzo, Cibitoke, Mwaro et Rutana commencent, eux, à l été 2011 pour terminer au mois d avril Chacun reçoit un «kit pédagogique» composé des 7 livrets de formation et leur CD d accompagnement, d une grammaire, d un cahier et d un stylo. Les lecteurs mp3 qui s étaient révélés difficiles d utilisation pendant la phase expérimentale difficiles d utilisation sont abandonnés au profit de postes Radio- CD distribués dans les 632 écoles concernées et aux 42 inspections communales et provinciales. NB : Pendant la phase d expérimentation, IFADEM, grâce à un don de la Fondation Jean- Luc Lagardère, a distribué Dictionnaires universels, soit un pour chaque enseignant- e du Burundi. Le parcours est lancé par un premier regroupement de 3 jours, suivi de deux autres regroupements organisés dans les lycées à section pédagogique pendant les vacances scolaires de manière à ne pas retirer les maîtres de leurs classes. Le reste de la formation est suivie à distance mais encadrée par les tuteurs qui accompagnent l enseignant tout au long de son parcours. Ils les rencontrent plusieurs fois pour les motiver, faire le point sur leurs apprentissages, mener des activités de groupe, les aider à franchir des difficultés, etc. En avril 2012, lors du troisième regroupement une enquête anonyme est soumise aux instituteurs et aux tuteurs. Entre le 7 et le 12 mai 2012 les enseignant- e- s sont convoqués pour subir les épreuves théoriques et pratiques qui constituent l évaluation de leur formation. Ils sont 1710 à se présenter, soit plus de 98% de l effectif initial. 2 Les résultats des évaluations et de l enquête menée auprès des instituteurs et des tuteurs seront mis à disposition des évaluateurs Accompagnement du Ministère dans la définition de stratégies pour la formation continue Parallèlement à la mise en œuvre de l Initiative telle que prévue par les partenaires, IFADEM a lancé en juillet 2011 une expertise pour appuyer le Ministère de l Enseignement de Base dans la définition d une stratégie nationale pour la formation continue des enseignant- e- s au Burundi. L étude s est déroulée en plusieurs étapes : une analyse documentaire (revue de littérature, analyse de projets pilotes, analyses de politiques sectorielles, etc ) ; trois missions de terrain donnant lieu à des entretiens avec les principaux acteurs locaux et internationaux et un échantillon des bénéficiaires de la formation continue, ainsi qu'à des visites des structures organisatrices de la formation continue (FC) ; un processus progressif de cadrage de la part du comité de pilotage de l'étude de manière à conjuguer intérêt scientifique et intérêt politique et technique avec cohérence ; une analyse critique, argumentée et synthétique dans la rédaction des trois livrables. Le rapport final a été remis au MEBSEMFPA en mai 2012 et vient alimenter sa réflexion en cours sur la réécriture du plan sectoriel de développement de l éducation et de la formation (PSDEF). 18

19 3. OBJECTIFS ET METHODOLOGIE DE L EVALUATION 3.1 Objectifs de l évaluation L évaluation de la phase 2 d IFADEM au Burundi a trois objectifs majeurs : a. Une évaluation rétrospective qui entend donner une appréciation sur le dispositif de formation mis en place et sur son degré de réponse aux objectifs du Burundi en la matière, détaillés dans l accord de partenariat et dans le cadre logique qui lui est annexé. b. Une évaluation du degré d appropriation de l Initiative par les acteurs éducatifs burundais et de son intégration dans le système de formation continue ; il s agira notamment de vérifier son adéquation en terme de gouvernance et de partage des responsabilités entre les différents intervenants et son évolution dans la durée en particulier sa reconfiguration entre phase 1 et phase 2. Rappelons ici que la phase 2 d IFADEM- Burundi appelée «phase relai» dans l évaluation externe de la phase expérimentale devait permettre un transfert progressif de sa gestion au Ministère de l Éducation et, à terme, un pilotage autonome du dispositif par les structures en charge de la formation continue des enseignant- e- s (cf. recommandations du rapport d évaluation d ATEMA- Conseils). c. Une évaluation prospective qui permette aux décideurs de tirer les enseignements de la phase 2 dans l optique d une poursuite d IFADEM au regard de différents paramètres détaillés ci- après. 3.2 Champ de l évaluation L évaluation de la phase 2 d IFADEM observera principalement l introduction de certaines innovations pédagogiques et techniques dans le système éducatif et de formation initiale et continue du Burundi. Ils tiendront compte de la diversité des publics directement ou indirectement ciblés par le dispositif de formation : enseignant- e- s, directeurs d écoles, conseillers pédagogiques, inspecteurs, cadres, élèves, élèves- instituteurs, professeurs des section pédagogiques des lycées, etc. Les experts analyseront : les résultats obtenus au regard des objectifs visés initialement et des moyens mis en œuvre ; la qualité du programme de formation et son adéquation au contexte et aux besoins des enseignant- e- s et du système éducatif ; le niveau d appropriation des contenus de formation par les enseignant- e- s et les encadreurs ; leur impact sur les pratiques de classe ; l efficacité des formations de formateurs (linguistique, FOAD, TICE, sciences de l Education, etc.) et de l accompagnement des acteurs par des experts internationaux, l adéquation entre les domaines faisant l objet d un renforcement de capacités et les besoins du dispositif et du système éducatif ; l impact du dispositif sur les pratiques professionnelles des corps intermédiaires : conseillers pédagogiques (conception des formations de formateurs, accompagnement des enseignant- e- s en poste, remédiation, etc.), inspecteurs (évaluation formative des enseignant- e- s, etc.) ; le niveau d appropriation de leurs rôles par les différents intervenants (tuteurs, formateurs, concepteurs) et leur incidence sur les relations entre les corps professionnels (instituteurs et inspecteurs par exemple) ; la qualité des infrastructures aménagées dans les lycées ; le nombre le profil des usagers des Espaces numériques et le type d usages (sans entrer dans le détail) qu ils en font ; le niveau d autonomisation de la gestion et de l animation des Espaces numériques ; l impact des Espaces numériques sur les pratiques éducatives et professionnelles ; 19

20 l adéquation entre les résultats quantitatifs obtenus et les résultats attendus (nombre d enseignant- e- s formé- e- s, nombre de cadres intermédiaires formés, nombre d heures de formation, nombre d espaces numériques aménagés, nombre d équipements informatiques installés, nombre de livrets conçus / imprimés, etc.) tout autre domaine jugé pertinent par les experts et acceptés par les commanditaires de l évaluation. 3.3 Composantes de l évaluation : cadre méthodologique et questions évaluatives Composante 1 : examen des processus Les experts procéderont à l analyse du déroulement de la phase 2, des processus mis en œuvre et en particulier des activités spécifiquement liées à la préparation du transfert complet de la gestion administrative et pédagogique au ministère. Ils examineront les étapes de préparation, d adaptation de la phase expérimentale et d exécution du projet, dans ses différentes dimensions : coordination entre les différentes parties prenantes et gouvernance du projet ; pilotage du dispositif et fonctionnement administratif ; identification des acteurs, constitution et animation des équipes ; adaptation / conception des contenus de formation ; installation des infrastructures techniques ; organisation des formations de formateurs et cadres ; organisation / suivi de la formation et de l évaluation des enseignant- e- s ; reporting, communication interne ; communication externe. Les experts proposeront à cet effet un récit détaillé et analytique qui devra notamment souligner les spécificités de cette phase par rapport à la phase 1 déjà largement documentée dans le rapport d évaluation du cabinet ATEMA- Conseil. Les experts formaliseront leurs observations (les données brutes seront présentées dans le récit ou dans les annexes qui y seront rattachées) et les constats qui découlent des faits, des données, d interprétations et d analyses. Ce récit devra notamment comprendre : une présentation du contexte et de son évolution ; une description du projet (objectifs, contenu, intervenants, mode opératoire, etc) ; un résumé analytique du déroulement du projet depuis son identification jusqu à la date de l évaluation mettant ainsi en évidence les principaux évènements qui l ont marqué et les principales difficultés rencontrées et mentionnant le cas échéant les réorientations survenues. 20

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