Programme de Renforcement des Capacités Statistiques de l Education

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1 République islamique de Mauritanie Commission européenne Institut de Statistique de l UNESCO Justice Fraternité - Honneur Programme de Renforcement des Capacités Statistiques de l Education Diagnostic du système de collecte, de traitement, d analyse et de diffusion des statistiques du secteur de l éducation Document réalisé par Institut de Statistique de UNESCO avec le concours et l appui de la Direction des Etudes et de la Programmation (DRP) du Ministère de l Education nationale Juin 2005

2 Sommaire 1 INTRODUCTION PRÉSENTATION DU SYSTÈME ÉDUCATIF MAURITANIEN Caractéristiques générales Départements chargés de l éducation et de la formation Différents niveaux éducatifs...6 Enseignement préscolaire formel...6 Alphabétisation et Enseignement originel...6 Enseignement originel...6 Alphabétisation...6 Enseignement fondamental...7 Enseignement secondaire général...7 Formation technique et professionnelle...7 Enseignement supérieur Grandes orientations pour le développement du système éducatif Quelques repères statistiques ANALYSE DES SYSTÈMES D INFORMATION STATISTIQUE Organisation des systèmes statistiques...10 Direction de la Réforme et de la Prospective (DRP)...10 Autres départements chargés de l éducation...11 Petite Enfance...11 Non formel...11 Responsabilités des services centraux et décentralisés Conditions matérielles et humaines...12 Ressources humaines...12 Ressources matérielles Analyse des chaînes de production des données statistiques (MEN)...12 Collecte des données...12 Rapports d ouverture et de fermeture...12 Recensement annuel DRP...12 Autres opérations de collecte des données...13 Récapitulation des principales opérations de collecte de données...13 Outils de collecte...14 Enseignement fondamental...14 Enseignement secondaire...14 Traitement des données...15 Bases de données de l enseignement fondamental...15 Base de données de l enseignement secondaire...15 Production et utilisation des données...15 Publications des annuaires statistiques...15 Etat de disponibilité des indicateurs (enseignement fondamental) EXAMEN ET ANALYSE DE LA QUALITÉ DES DONNÉES Qualité générale des «familles» de données Evaluation de la qualité des données...18 Conditions préalables à la qualité...18 Justesse méthodologique, exactitude et fiabilité...19 Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 2

3 Exactitude et fiabilité...19 Fonctionnalité...19 Accessibilité...19 Récapitulation CONCLUSION/RECOMMANDATIONS Synthèse générale Recommandations...22 Institutionnel et/ou organisationnel...22 Définir et/ou préciser les prérogatives des services impliqués dans la chaîne statistique...22 Instituer une journée nationale des statistiques scolaires...22 Décentraliser les fonctions statistiques vers les régions...23 Introduire un module de formation/sensibilisation à l utilisation des questionnaires statistiques dans le programme de formation initiale des instituteurs...23 Instaurer un dialogue entre producteurs et utilisateurs de données...23 Technique...23 Améliorer et rationaliser les instruments de collecte...23 Instituer des registres harmonisés dans les différents niveaux éducatifs...23 Adopter un système d information statistique unique...23 Formation...24 Former les chefs d établissements à la tenue des registres et des fichiers scolaires et à leur exploitation à des fins statistiques...24 Former les cadres des DREN et des IDEN à l analyse des données Promouvoir la culture et l usage des statistiques et indicateurs dans la gestion du secteur de l éducation Equipements...24 Conclusion générale DOCUMENTS ANNEXÉS Documents de référence Liste des acronymes utilisés Principaux indicateurs (in EPT Repères pour l action, BREDA mai 2005) Extraits du PNDSE : mise en place d un «managment stratégique» Extraits du Décret Article 7 : Le Secrétariat Général...29 Article 10 : La Direction de la Réforme et de la Prospective Organigramme du système éducatif...31 Général...31 C Modifications introduites par la Réforme de C Modifications introduites par la Réforme de Enseignement technique et professionnel Calendrier des échanges programme entre RCS ISU-SISED et DRP Mauritanie...34 Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 3

4 1 INTRODUCTION 1. Le bilan de l Education pour Tous à l an 2000 a montré que l Afrique subsaharienne ainsi que l Asie du Sud et de l Ouest, sont les régions les plus en retard en termes de scolarisation et d alphabétisation. En effet, parmi les 113 millions d enfants non scolarisés en 1998, quatre enfants sur cinq vivaient dans ces régions, tandis que le taux d alphabétisme des adultes oscillait autour de 57% pour l Afrique subsaharienne et de 58% pour l Asie du Sud et de l Ouest. 2. La faiblesse de ces performances est due non seulement aux moyens financiers insuffisants pour satisfaire les besoins de développement, mais aussi au manque de capacités de gestion du système éducatif, tant sur le plan de la planification que sur celui du suivi et de l évaluation. La persistance de lacunes dans les données impose la nécessité d engager des efforts considérables dans ce domaine. Aucun progrès n est possible en l absence de décisions politiques fondées sur des données objectives et fiables. Le suivi des progrès de l EPT devrait donc se baser sur un système d information capable de produire régulièrement les informations nécessaires pour mesurer les progrès et établir les tendances observées et projetées. 3. C est dans cette perspective que l Union Européenne a financé un programme de renforcement des capacités de collecte, de production et d utilisation des statistiques pour le suivi de l éducation pour tous. Ce programme concerne onze pays du groupe «Initiative pour la mise en œuvre accélérée du programme EPT 1»,dont la République islamique de Mauritanie. 4. L Institut de Statistique de l UNESCO a été chargé de mettre en œuvre ce vaste programme qui vise à aider les pays bénéficiaires à assurer un suivi statistique régulier de leurs progrès vers la réalisation des objectifs de l EPT. Il s agit concrètement, d une part, d adapter les systèmes d information statistique existants aux exigences et conditions convenues dans le cadre des nouveaux objectifs de l EPT formulés lors du Forum Mondial sur l Education de Dakar en Avril 2000, d autre part de renforcer les capacités nationales des statisticiens responsables de la collecte et de l analyse des données. 5. Dans le cadre de l exécution de ce programme, l Institut de Statistique a conduit plusieurs missions en Mauritanie, qui ont permis d établir un rapide diagnostic de la chaîne de production des statistiques pour chaque niveau et type d enseignement et de présenter une série de recommandations ; les résultats sont consignés dans le présent rapport. 2 PRÉSENTATION DU SYSTÈME ÉDUCATIF MAURITANIEN 2.1 Caractéristiques générales 6. Le système éducatif mauritanien présente la particularité d avoir deux secteurs qui contribuent à la scolarisation et à l éducation des enfants : le formel et l originel. L enseignement originel, qui remonte au 11ème siècle, constitue le premier contact extra familial avec le système social d éducation. L enseignement officiel, hérité de la période coloniale, a connu un développement croissant depuis l indépendance. 7. Le système mauritanien se caractérise également depuis 1979 par l existence de plusieurs filières linguistiques : la filière arabophone, la filière bilingue, les filières langues nationales (Poulaar, le Soninké et le Wolof). 8. Depuis son indépendance la Mauritanie s est attachée à développer le secteur formel tout en conservant le secteur originel. C est ainsi que plusieurs réformes se sont succédées 1 Education for All - Fast Track Initiative en anglais Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 4

5 (1959, 1967, 1973, 1979 et 1999) visant à adapter l enseignement aux spécificités d une société en mutation et aux exigences du développement. 9. La dernière réforme, adoptée par la loi n du 26 avril 1999, vise à «consolider les acquis du passé tout en engageant résolument le système éducatif mauritanien sur la voie de l ouverture». Elle est caractérisée par : - l unification du système éducatif par la mise en place d une filière unique utilisant l arabe et le français pour l enseignement des matières scientifiques ; - le renforcement de l enseignement du 1 er cycle de l enseignement secondaire par l ajout d une année d étude supplémentaire et de l enseignement scientifique par l introduction des sciences physiques et de l informatique dès la 4 ème année de ce cycle ; - le renforcement de l enseignement des langues étrangères. 10. La décentralisation instituée en 1986, a débouché sur la création de 208 communes administrées selon le principe d autonomie. 11. La Mauritanie a été déclarée éligible à l'initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE) ; à ce titre une programmation décennale destinée à piloter l ensemble du système au cours de la décennie a été établi : le Programme National de Développement du Système Educatif (PNDSE). 2.2 Départements chargés de l éducation et de la formation 12. Le Ministère de l Education Nationale contrôle l enseignement fondamental, l enseignement secondaire général, quelques établissements de formation technique et professionnel et l enseignement supérieur. 13. Plusieurs départements ministériels sont également impliqués dans l éducation et la formation, il s agit du : - Secrétariat d Etat à la Condition Féminine qui gère l enseignement préscolaire ; - Secrétariat d Etat à l Alphabétisation et à l Enseignement Originel ; - Ministère de la Santé et des Affaires Sociales (Ecole Nationale de Santé Publique) - Ministère de la Pêche et de l Economie Maritime (Ecole Nationale d Enseignement Maritime et de Pêche) ; - Ministère du Développement Rural & de l Environnement (Ecole Nationale de Formation & de Vulgarisation Agricole et du Centre de Formation Coopérative de Boghé) ; - du Ministère de l Hydraulique et de l Energie (Ecole des métiers SONELEC) - du Ministère de l Intérieur, des Postes et Télécommunications (Ecole de l Office des Postes et Télécommunications) ; - du Ministère de la Fonction Publique, du Travail, de la Jeunesse et des Sports (12 centres de formation professionnelle). 14. Le Ministère de l Education Nationale reste néanmoins la plus grosse structure du pays sur le plan des : - infrastructures immobilières ; en près de établissements scolaires dépendent de ce département : écoles primaires, 173 établissements secondaires général, 4 lycées techniques, 2 écoles normales, une université et 6 établissements d enseignement supérieur, auxquels il faut ajouter les bâtiments de l administration centrale et des directions régionales ; Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 5

6 - effectifs employés ; près de fonctionnaires et agents ont été recensés en , dans les établissements d enseignement fondamental, secondaire et normal ; - élèves et apprenants ; en 2004 les effectifs suivants ont été recensés : élèves dans l enseignement fondamental, dans l enseignement secondaire général 1 er et 2 nd cycles, élèves dans l enseignement technique, dans l enseignement normal et étudiants ; - ressources financières ; le Ministère de l Education nationale a absorbé 14% du budget de fonctionnement de l Etat durant l année budgétaire Différents niveaux éducatifs Enseignement préscolaire formel 15. Deux types d établissements préscolaires existent en Mauritanie, les garderies communautaires et les jardins d enfants. Les garderies communautaires sont des initiatives féminines dont l objectif principal est d assurer la garde de leurs enfants. Elles peuvent être saisonnières ou ponctuelles. Leur nombre est estimé à 128 en Leur action dans le cadre d un partenariat avec le Secrétariat d Etat à la Condition Féminine est soutenue essentiellement par l UNICEF, à travers la création des réseaux de la Petite Enfance. 16. Le nombre de jardins d enfants est estimé pour la même année à 115, dont seulement 13 relèvent du secteur public ; la majorité dépendant du secteur privé (75). Alphabétisation et Enseignement originel Enseignement originel 17. Les Mahadras sont des écoles traditionnelles dispensant un enseignement essentiellement basé sur le Coran, le Hadith et l exégèse ainsi que le perfectionnement de la langue arabe. 18. On distingue trois types de Mahadras : - les Mahadras polyvalentes ; - les Mahadras spécialisées dans l étude de la langue arabe; - les Mahadras Coraniques (spécialisée en théologie et l étude du Coran). 19. Ce système est caractérisé par : - l absence d actions d organisation du secteur et de procédures de contrôle et de régulation du système ; l ouverture d une Mahadra n est dans la pratique soumise à aucune condition ni autorisation préalable (en termes de conditions d accueil, de programmes, de profil du Cheikh, ni à aucun contrôle où évaluation des résultats) ; - l absence d un système d information qui permette de disposer de données précises et en temps raisonnable pour assurer un pilotage correct du système. Alphabétisation 20. Il est constaté une prise de conscience à tous les niveaux de l Etat mauritanien de la nécessité de bâtir une nouvelle stratégie d alphabétisation qui permette de mobiliser tous les efforts pour réduire l analphabétisme. Cela se traduit par des actions de mieux en mieux ciblées dans des zones ou régions prédéfinies et en relation avec les ONG et les départements publics concernés. 21. La définition des stratégies d intervention, leur suivi et leur évaluation sont freinés par l absence d un système d information global qui renseigne régulièrement sur l évolution du taux d analphabétisme. Il faut attendre les résultats des Recensements Généraux de la Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 6

7 Population et de l Habitat (RGPH) pour avoir un indicateur fiable à ce niveau. Le dernier RGPH a été effectué en Les nombreuses coordinations régionales (13) et locales (55) n ont pas de moyens pour encadrer, animer et contrôler les actions sur le terrain, que ce soit pour les campagnes ou pour les centres permanents. En outre, les coordinateurs n ont pas reçu de formation spécifique et leurs conditions de travail sont peu motivantes; Enseignement fondamental 23. Ce niveau accueille les enfants à partir de 6 ans. La réforme de 1999 a remplacé progressivement le complexe système de filières linguistiques (arabophone, bilingue et langues nationales par une filière unique de 6 ans. 24. Dans ce nouveau système, l arabe est conservé comme seule langue en 1 ère année, le français est introduit à partir de la 2 ème année dans certaines disciplines. 25. Les six années d études sont sanctionnées par un certificat d Etudes fondamentales et un concours d entrée en 1 ère année secondaire. Enseignement secondaire général 26. L objectif principal de la Réforme de 1999 est de mettre en place un enseignement unifié mieux adapté aux exigences d un enseignement modernisé. Les filières linguistiques sont appelées à disparaître progressivement. 27. Il est organisé en un premier cycle de trois ans (qui sera étendu à quatre avec la mise en place de la réforme) et un deuxième cycle de 3 ans. L accès au 2 ème cycle se fait par examen de passage. 28. Le premier cycle d étude est sanctionné par un brevet d étude, le deuxième cycle par un baccalauréat qui comporte quatre filières (Lettres originelles, Lettres modernes, Mathématiques et Sciences naturelles). Formation technique et professionnelle 29. Depuis 1985, le Gouvernement mauritanien a engagé des efforts importants pour établir un système de FTP capable d accompagner sa politique de développement économique et sociale. 30. Les établissements sont placés sous la tutelle de plusieurs départements (cf. organigramme annexe 6.6). Le ministère de l éducation nationale, contrôle quatre lycées techniques, mais ces structures accueillent plus de la moitié des effectifs d élèves scolarisés. Enseignement supérieur 31. Ce niveau d enseignement est constitué par (cf. organigramme 6.6) : - Faculté de Lettres & Sciences Humaines - Faculté des Sciences Juridiques & Economiques - Faculté des Sciences et Techniques - Centre Supérieur de l Enseignement technique - Ecole Normale Supérieure - Ecole normale d Instituteurs ns. Sup. Etudes 32. Les facultés sont ouvertes aux titulaires du baccalauréat ; l admission aux autres établissements est conditionnée par un concours. Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 7

8 2.4 Grandes orientations pour le développement du système éducatif 33. Le Plan National Pour le Développement du secteur de l Education (PNDSE) a retenu les grands axes suivants : - la consolidation du pilotage du système basée sur le développement des capacités de prévision, la structuration de l administration centrale, l'évaluation permanente du système et la programmation des recrutements; - l'amélioration de l offre éducative qui impliquera, entre autres, la mise en place d une carte scolaire, la réorganisation de l'université et de la formation technique et professionnelle ; - le renforcement de la qualité de l enseignement qui reposera en grande partie sur la rénovation des programmes, des outils pédagogiques, de la professionnalisation et de la structuration des formations initiale et continue, ainsi que sur l'amélioration de l encadrement administratif et pédagogique ; - l'amélioration de la gestion des ressources humaines par la mise en place d'un suivi de carrière en lien avec l appréciation du mérite et des performances et la rationalisation des affectations ; - la résorption des disparités régionales sous-tendue par une politique volontariste d allocation des ressources ; - le renforcement de la scolarisation des filles restera une composante fondamentale de la politique gouvernementale ; - l accroissement du rôle du secteur privé dans l offre éducative qui sera recherché par la mise en place d une politique de promotion adéquate. 34. La nécessité de mettre en place un «management stratégique» s appuyant sur un dispositif et des instruments modernes, est donc largement soulignée. Les moyens à mettre en œuvre pour arriver à ce résultat sont clairement précisés : - disposer d un «système d information global utilisant les techniques informatiques les plus récentes (bases de données, modèles de simulation, carte scolaire, etc.)», - mettre «en place et/ou renforcer les structures nécessaires» (cf. Extraits du PNDSE Annexe 6.4) Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 8

9 2.5 Quelques repères statistiques Données socio-éonomique (2003) Superficie (km²) Population Tx de croisssance démographique ( ) 2,9% % population scolaire 15,9% PIB/habitant 345 % Budget national consacré à l'education 14% Salaire moyen des enseignants (Ens. fondamental PIB/tête)) 4,7% Indicateurs éducatifs (2003/04) G F G+F TBA Ens. fondamental 102% 106% 104% TBS Ens. fondamental 94% 98% 96% TNS Ens. fondamental 78% 82% 76% Taux de survie en 6 ème année Ens. fondamental 42% 39% 41% % de redoublants 14% 15% 14% % élèves dans le privé (Ens. fondamental) 12% Elèves/enseignant (Ens. fondamental) 41 Effectifs scolarisés (2003/04) G F G+T ParitéF/G Education préscolaire Enseignement fondamental ,98 Enseignement secondaire 1 er cycle ,83 Enseignement secondaire 2 nd cycle ,83 Enseignement normal ,73 Enseignement technique ,36 Formation professionnelle Données non disponibles Enseignement supérieur (Université) ,32 Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 9

10 3 ANALYSE DES SYSTÈMES D INFORMATION STATISTIQUE 35. Le Ministère de l Education nationale gère la majorité des établissements scolaires et universitaires, à l exception du préscolaire, de l éduction non formelle et de certains établissements de formation professionnelle. C est donc le système statistique de ce département qui sera essentiellement analysé dans ce rapport. 3.1 Organisation des systèmes statistiques Direction de la Réforme et de la Prospective (DRP) 36. La mission de cette direction est clairement indiquée dans l article 10 du décret ; elle est chargée, entres autres, de : - réaliser les recensements et enquêtes statistiques ; - procéder à la planification à moyen terme du système éducatif ; - concevoir et gérer le système d information ; - élaborer et suivre la mise en œuvre de la carte scolaire prospective et les projections de l offre et de la demande d éducation ; 37. Ces attributions sont réparties entre : - le Service des Statistiques et des Etudes chargé plus particulièrement de la collecte, de la diffusion des statistiques scolaires et de l analyse des résultats du système éducatif ; - le Service chargé du Système d information et des outils de Gestion de l Education qui a pour mission de concevoir et de gérer le système d information du ministère ; - le Service de la Carte scolaire et de la Prospective, chargé de l élaboration, du suivi de la mise en œuvre de la carte scolaire prospective et des projections de l offre et de la demande d éducation. 38. Il convient de noter qu au niveau de chaque direction d enseignement, fondamental et secondaire, il existe des divisions de la carte scolaire qui ont pour mission de «participer à la supervision de la mise en œuvre de la carte scolaire au niveau des Wilayas» et de «préparer les prévisions pour la rentrée scolaire». 39. Il existe également au niveau des directions régionales de l Education nationale (DREN) des Services de la Carte Scolaire et des Statistiques, chargés de la «gestion de la carte scolaire de la région et de la rationalisation des réseaux des écoles et d établir des prévisions annuelles des affectations des moyens selon les besoins de chaque école». 40. Les relations hiérarchiques et relationnelles entre ces différents services ne sont pas encore clairement établies. 41. Pour l instant il n existe pas de structure relais au niveau départemental (Moughataa) chargées des statistiques. 42. Il convient de noter également l existence au niveau du Secrétariat Général d un Service informatique qui a pour attribution de «veiller à l harmonisation des outils informatiques du Ministère, de participer à l élaboration de plans de formation des techniciens de l informatique de la bureautique ainsi qu à l initiation du personnel à l outil informatique». Il n existe pas de relation entre ce service et celui chargé du SIGE à la DRP. Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 10

11 Autres départements chargés de l éducation Petite Enfance 43. Les données statistiques de ce niveau éducatif, dépendant du Secrétariat d Etat à la Condition féminine, sont inexistantes. Un projet vient d être élaboré pour mettre en place un mécanisme de gestion, de suivi, d évaluation et une base de données exhaustive des garderies communautaires et jardins d enfants. Un recensement général des établissements relevant de cette structure doit être prochainement entrepris. Non formel 44. Ce secteur est caractérisé par l absence de données statistiques précises et de système d information, que ce soit pour l alphabétisation ou l enseignement originel. 45. Dans le cadre de la mise en œuvre du PNDSE, un projet de mise en place d un système d information pour le suivi des statistiques du Ministère chargé de la lutte contre l analphabétisme, de l orientation islamique et de l enseignement originel (MCLAOIEO) a été élaboré. Il s agit de doter le Ministère d une base de données relationnelles pour la gestion des informations portant sur les activités, les résultats et l impact des programmes d alphabétisation et de l enseignement originel. 46. Les principales opérations de collecte et traitement des données peuvent être récapitulées dans le tableau ci-dessous : Responsabilités des services centraux et décentralisés 47. Le tableau ci-dessous synthétise les responsabilités des services centraux et décentralisés des différents départements impliqués dans les étapes du processus système d information statistique : collecte, saisie, traitement des données, publication annuaire, études et analyse, carte scolaire. Il met en évidence la faible implication des services décentralisés (ou leur absence) NIVEAU CENTRAL NIVEAU REGIONAL (Wilayas NIVEAU DEPARTEMENTAL (Moughataa SERVICES STATISTIQUES Collecte des données Saisie des données Traitement des données Publication Annuaire Etude et Analyse Prévision des Effectifs Carte Scolaire Collecte des données Saisie des données Traitement des données Publication Annuaire Etude et Analyse Prévision des Effectifs Carte Scolaire Collecte des données Saisie des données Traitement des données Publication Annuaire Etude et Analyse Prévision des Effectifs Carte Scolaire Petite Enfance Enseignement Fondamental X X X X X X X x X X x Enseignement Secondaire Général X X X X X X X x X X x Enseignement Technique X X X X X X - x Enseignement Professionnel x Enseignement Supérieur X Forte implication x Faible implication Aucune implication ou inexistence de service Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 11

12 3.2 Conditions matérielles et humaines Ressources humaines 48. La DRP dispose d une vingtaine d agents, enseignants d origine pour la plupart ; la grande majorité d entre eux a un niveau supérieur ou égal à la licence. Quatre agents ont suivi la formation annuelle de l IIPE. Des formations de courte durée sont régulièrement organisées, notamment à l utilisation des logiciels de gestion de base de données, logiciels statistiques et tableurs... Depuis 2003 l équipe est appuyée par trois consultants recrutés dans le cadre de la mise en œuvre du PNDSE : un informaticien, un statisticien et un économiste planificateur de l éducation. Ressources matérielles 49. La DRP a bénéficié pour son équipement informatique de l appui de la Banque mondiale (Projet Education V), de l UNICEF et des projets CRESEM puis ARSEM de la Coopération française. 3.3 Analyse des chaînes de production des données statistiques (MEN) Collecte des données De nombreux services du MEN collectent des données statistiques tout au long de l année scolaire. Rapports d ouverture et de fermeture 50. Quelques semaines après la rentrée scolaire une opération est organisée sous l égide de la Direction générale de l enseignement fondamental et secondaire, afin d établir un état des lieux rapide de la situation (nombre d élèves, enseignements, mobilier et équipements), de manière à identifier d éventuels problèmes et apporter des solutions rapides. Ces rapports de rentrée sont établis par chaque directeur d école, qui le transmet à l inspection départementale qui en fait une synthèse et qui remonte ensuite à la DREN, puis au niveau central (DGEFS et Inspection Générale). Les délais de transmission sont très variables. 51. Une opération similaire est organisée en fin d année scolaire, afin de faire le point des résultats aux examens, de prévoir les effectifs d élèves à accueillir à la rentrée scolaire et de programmer les éventuelles ouvertures de classe. Une synthèse de ces rapports de fermeture est effectuée également au niveau des IDEN puis DREN. Recensement annuel DRP 52. Lorsque les effectifs scolaires se sont stabilisés, c est-à-dire en novembre ou décembre, la DRP effectue un recensement de tous les établissements scolaires publics et privés à partir de fiches d enquête qui son ventilées durant le premier trimestre par le canal des DREN et des IDEN. Ces fiches sont accompagnées de notices explicatives. Les chefs d établissements doivent remplir ces fiches et les remettre à leurs inspecteurs départementaux avant une date déterminée (mi décembre en général). 53. La dernière campagne statistique s est déroulée d une manière un peu spéciale. Les fiches de recensement ayant été modifiées, il était nécessaire de modifier la stratégie de collecte. Ainsi, à l occasion d un atelier organisé à Dakar pour les responsables des services statistiques du MEN mauritaniens en juin 2004, une nouvelle stratégie de collecte des données a été élaborée, basée sur une implication de tous les acteurs dans le processus de collecte des données, du niveau central jusqu au directeur d école. La première phase du processus s est tenue en janvier 2005; elle a consisté en un atelier de formation des responsables des statistiques des Directions Régionales de l Education Nationale (DREN) et des inspecteurs départementaux. Cette opération a été prise en charge par le programme RCS ISU à hauteur de 34 millions d ouguiyas (environ USD). Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 12

13 54. Les deuxième et troisième étapes, qui consistaient normalement à organiser une journée nationale des statistiques dans les différents chefs lieux des Inspections Départementales de l Education Nationale (IDEN), puis des ateliers de restitution, ont été supprimées. Elles ont été remplacées par une opération de collecte des données dans chaque école, réalisée entre le 2 et le 31 mars 2005, par quinze équipes composées de cadres du MEN, de chefs des services statistiques régionaux et d inspecteurs départementaux. 55. La modification de la stratégie retenue est liée à plusieurs facteurs : - retards pris dans le calendrier de la campagne statistique ; - jeunesse des services décentralisés impliqués et manque de formation de leurs cadres (au niveau des IDEN surtout) ; - souci de contrôler de manière rigoureuse la collecte des données pour disposer d une année de référence. 56. Ce choix stratégique qui a été guidé principalement par une préoccupation d efficacité, semble avoir généré des frustrations au niveau des structures décentralisées qui ont eu le sentiment d avoir été dessaisi d une opération placée normalement sous leur autorité. Il sera nécessaire d organiser des opérations lourdes de sensibilisation et de formation en statistiques et en carte scolaire pour l ensemble du personnel de ces structures et ensuite de les impliquer réellement dans le processus de collecte et de traitement des données en les responsabilisant effectivement dans la réalisation du prochain recensement scolaire. Autres opérations de collecte des données 57. L institut National de Promotion de la Formation Technique et Professionnelle (INAP- FTP) a lancé en une collecte des données dans les établissements de formation portant sur les effectifs en cours de formation, les formateurs et les infrastructures. 58. Il n existe pas de collecte de données organisée dans l Enseignement supérieur. Les seules données disponibles sont produites par le Centre de Ressources Informatiques de l Université de Nouakchott ; elles proviennent des fichiers de gestion des étudiants. Récapitulation des principales opérations de collecte de données Période Type de collecte Niveau Outil de collecte Mi octobre Mi octobre Novembre/ décembre Novembre/ décembre Juin/juillet Juin/juillet Juillet Rapport d ouverture Rapport d ouverture Recensement annuel Recensement annuel Rapport de fermeture Rapport de fermeture Résultats examens Fondamental Secondaire général Fiche (parfois) néant Réalisation Inspecteurs départementaux Inspecteurs départementaux Fondamental Fiche Chef établissement /enquêteurs (2005) Secondaire général Fondamental Secondaire général Fondamental fiche Fiche (parfois) néant Liste par centre Chef établissement /enquêteurs (2005) Inspecteurs départementaux Inspecteurs départementaux Centres examens Maître d ouvrage DEF/DGEFS DES/DGEFS DRP DRP DEF/DGEFS DES/DGEFS Direction Examens & Evaluation Production - Synthèses départementales - Synthèses régionales - Synthèse départementale - Synthèse régionale - Annuaire national - Annuaire national - Synthèse départementale - Synthèse régionale - Synthèse départementale - Synthèse régionale - Résultats examen fin ens. fondamental et accès secondaire par école Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 13

14 Outils de collecte Enseignement fondamental 59. Les outils de collecte ont subi plusieurs modifications ces dernières années. La fiche utilisée pour le recensement , disponible en français et en arabe, a été élaborée lors d un atelier organisé au Pôle RCS SISED-ISU de Dakar en juin Elle est conforme à l approche préconisée par l ISU : - sa structuration est rigoureuse, de manière à éviter des informations redondantes ; - les informations sont collectées de la manière la plus désagrégée possible : les élèves par année d étude, sexe et âge pour chaque groupe pédagogique 2, les enseignants nominativement, caractéristiques et état de chaque local ; - la collecte des informations sur les élèves par groupe pédagogique permet de bien individualiser son mode de fonctionnement (simple, multigrade, double flux) et d établir une relation avec l enseignant et la salle de classe ; - les besoins de la carte scolaire sont pris en compte : informations détaillées sur les infrastructures, les équipements, l environnement socio-économique de l école, sur son aire de recrutement - des informations financières sont recueillies : ressources et dépenses des établissements scolaires. 60. Une analyse très fine de l offre éducative, indispensable au calcul des différents indicateurs (EPT, FTI..) et à la mise en place effective d une carte scolaire, pourra ainsi être effectuée. Enseignement secondaire 61. Une fiche commune (en français et en arabe) est utilisée pour collecter l information des collèges et lycées d enseignement général, des lycées d enseignement technique et des écoles normales. Chaque rubrique est précédée par des instructions de remplissage. 62. Le questionnaire est très complet puisqu il comporte des rubriques sur : - les équipements et locaux (caractéristiques et état pour chaque salle de classe, capacité des tables-bancs) ; - les personnels d encadrement, de service et les enseignants (nominativement) ; - les élèves : effectifs par sexe, section, année d étude, filière et spécialité, puis par année d étude sexe et âge ; - les effectifs des redoublants par année d études sexe et âge, - la mobilité des élèves par cycle et année d études, ce qui permet en particulier d identifier l origine des élèves de 1 ère année du 1 er et deuxième cycle (l idéal aurait été d avoir cette information pour les seuls nouveaux admis) ; - les aspects financiers. 63. Le fait de collecter dans deux rubriques différentes des informations portant sur les élèves, une première fois répartis entre les années d étude et les filières, une deuxième fois en fonction de leur âge, peut entraîner des erreurs et des incohérences dans les résultats. Beaucoup de pays ont renoncé à collecter l âge des redoublants, car ces informations, difficiles à collecter, sont rarement exploitées. 2 C est-à-dire le groupe d élèves d une même année d étude, qui reçoit l enseignement d un même maître au même moment et dans le même local Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 14

15 Traitement des données Bases de données de l enseignement fondamental 64. Une première analyse de la base de données a été effectuée à l occasion d une mission SISED en mars Les données étaient structurées dans une base dédiée à ce niveau d enseignement sous Ms Access. La modélisation était relativement complète, mais figée ce qui rendait difficile toute modification et il était impossible d établir à la fois un lien entre la division pédagogique par âge et l enseignant. L édition des états issus de cette base n était pas automatisée, ce qui entraînait des délais importants de production. Une demande officielle a été faite pour adopter l approche méthodologique et technique SISED-ISU en septembre Les nouveaux outils informatiques SISED-ISU ont été mis en place en deux temps. Les rubriques concernant les effectifs d élèves ont été intégrées en priorité dans le nouveau modèle de manière à permettre la liaison entre division pédagogique et enseignant ; le modèle SISED-ISU a été adopté dans son intégralité pour la campagne statistique L adaptation des applications pour la saisie, le traitement et l édition automatisée des données s est effectuée entre juillet 2004 et mai 2005, à l occasion d ateliers organisés au Pôle RCS de Dakar. Base de données de l enseignement secondaire 66. La base de l enseignement est développée sous environnement Access. Elle n est pas pluriannuelle et la production des états s effectue manuellement, ce qui génère d importants retards dans la sortie des annuaires statistiques. Production et utilisation des données Publications des annuaires statistiques 67. Les annuaires statistiques de la DRP/MEN constituent les principaux supports de publication des données collectées dans le secteur éducatif. Ils se limitent à l enseignement fondamental et secondaire général & technique et l enseignement normal. Leur parution a été régulière depuis 1990/91, mais le plus souvent tardive malgré les appuis financiers et techniques extérieurs. 68. Des dépliants statistiques ont complétés ces annuaires entre et 1997/98, mais cette initiative intéressante, n a pas été reconduite depuis cette période. Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 15

16 Etat de disponibilité des indicateurs (enseignement fondamental) 69. Dans l enseignement fondamental il n existe pour l instant que très peu d indicateurs produits automatiquement et ne sont disponibles qu au niveau régional. Pourtant les données existantes permettraient de générer les principaux indicateurs utiles au suivi de l EPT, et du PNDSE jusqu au niveau départemental, voire communal. Les informations sur les ressources et les coûts sont par contre peu disponibles. 70. La disponibilité d indicateurs est faible pour l enseignement secondaire, inexistante pour les autres niveaux (préscolaire, supérieur) ou secteur (formation professionnelle et non formel). Niveau de désagrégation Mode de calcul Catégorie d indicateurs Accès Couverture Efficacité du système Qualité de l'offre d'éducation Indicateurs Taux brut d admission X X + X + Taux net d admission X X + X + % de filles X X + X X + % nvx admis en 1 ère année pré scolarisé X X X X X % nouveau entrant ayant âge légal X X X X X Taux brut de scolarisation X X + X + Taux net de scolarisation X X + X + % élèves scolarisés dans privé X X X X X Effectifs des nouveaux entrants en 1 ère année X X X X Taux de promotion X X X X X Taux de redoublement X X X X X Taux d abandon X X X X X Taux de survie X X X X X % élèves redoublants par année d'étude X X + X X + % réussite aux examens terminaux Taux d'achévement en 6 ème année X X X % écoles ayant de l'eau potable X X X X % de salles de classe en matériaux durables (murs & toit) X X X X % salles de classe en bon état X X X X % salles classe utilisée en double flux Nombre élèves par place assise Nombre élèves / manuel scolaire X X X % enseignants ayant le titre académique requis X X X % enseignants ayant la qualification pédagogique requise Nombre d élèves par maître X + X X + % d'élèves scolarisés en double vacation X + X X + % d'élèves scolarisés en classe multigrade X + X X + % d élèves pour lesquels la distance du domicile à l école est > à 3Km. % élèves ayant x années de retard par année d'étude Charges horaires (hebdomadaire) des enseignants Genre Willaya Moughataa Urbain/Rural automatisé semi automatisé manuellement (1) Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 16

17 4 EXAMEN ET ANALYSE DE LA QUALITÉ DES DONNÉES 4.1 Qualité générale des «familles» de données 71. Les fiches annuelles de recensement scolaires collectent quatre grands types de données : effectifs scolaires, enseignants, infrastructures et dépenses de l éducation. Le Ministère de l éducation nationale produit à partir de ces données, une batterie d indicateurs dont la fiabilité est tributaire de la qualité des données collectées, mais aussi de données externes notamment les données relatives à la population. 72. Ces données de base proviennent des établissements scolaires qui constituent un maillon essentiel dans le processus de fiabilité des données. Or, la non généralisation des registres administratifs scolaires, leur tenue plus ou moins bonne par les chefs d établissement, l absence fréquentes des fiches d état civil, compromettent la fiabilité des données consignées sur les fiches du recensement scolaire, notamment la répartition des effectifs d élèves par année d étude et par âge. 73. Le tableau ci-dessous donne, pour les niveaux d enseignement fondamental, secondaire général et secondaire technique, un aperçu global de la qualité relative de ces données. 74. L éducation préscolaire, l enseignement universitaire et l éducation non formelle n ont pas été pris en compte, dans la mesure où les données sont inexistantes ou partielles. Enseignement Fondamental Enseignement Secondaire Général Enseignement Technique (Lycées) Effectif d'élèves Répartition par année d étude Répartition par âge Effectif d'enseignants Infrastructures Dépenses Population scolarisable Très Bon Bon Passable Mauvais/inexistant 75. Les informations sur la répartition des effectifs d élèves par année d étude, sur les effectifs des enseignants sont en général relativement bonnes ; par contre celles relatives à la répartition par âge des élèves, aux dépenses et aux infrastructures sont de médiocre qualité. Quant aux données démographiques, la publication des résultats du dernier recensement général de la population de novembre 2000 a amélioré leur disponibilité et leur fiabilité. Mais la disponibilité des projections reste problématique dés que l on descend au dessous des régions. 76. La rareté des informations financières est liée au manque de maîtrise de la chaîne de dépenses au niveau des établissements scolaires. 77. La mise en place des outils adaptés à la collecte des informations sur les dépenses de l éducation, la maîtrise des projections de la population scolarisable au niveau désagrégé, sont indispensables à l amélioration de la fiabilité, la pertinence et l opérationnalité des indicateurs du secteur éducatif. Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 17

18 4.2 Evaluation de la qualité des données 78. La qualité des données a été évaluée à partir d une grille de questionnement extraite d un document méthodologique 3 élaboré par l ISU et la Banque Mondiale. Cet outil prend en compte six dimensions : i) les conditions préalables à la qualité, ii) l intégrité, ii) La justesse méthodologique, iv) l exactitude et la fiabilité, v) la fonctionnalité et vi) l accessibilité. 79. L ensemble de ces dimensions procure un cadre d analyse générale permettant d identifier d une part, les forces et les faiblesses du système de production des statistiques scolaires, en particulier pour l enseignement fondamental et pour les niveaux secondaire général et technique, et d autre part, les domaines dans lesquels une attention particulière doit être portée. 80. Les résultats présentés dans le tableau et graphique ci-dessous portent uniquement sur l enseignement fondamental et l enseignement secondaire général et technique (lycées), les données des autres niveaux ou secteurs (préscolaire, supérieur, enseignement professionnel, éducation non formelle) étant très partielles voire inexistantes. Enseignement Fondamental Secondaire Général & Technique 0 Conditions préalables à la qualité 53% 53% 1 Intégrité 50% 47% 2 Justesse méthodologique 63% 60% 3 Exactitude et fiabilité 48% 48% 4 Fonctionnalité 47% 47% 5 Accessibilité 34% 27% Moyenne 50% 48% Conditions préalables à la qualité 81. Les conditions préalables à la qualité des données brutes se définissent par rapport à l environnement institutionnel et juridique, mais aussi par rapport aux ressources disponibles et à la sensibilisation des acteurs de la chaîne statistique. 82. En ce qui concerne l environnement institutionnel et juridique, les responsabilités de compilation et de diffusion des statistiques relèvent clairement de la Direction de la Réforme et de la Prospective, (DRP) au niveau central. Cependant, il serait utile de clarifier au sein de cette direction les responsabilités du nouveau service SIGE et celles du Service statistique au niveau de leurs interventions dans le processus de collecte et de traitement des statistiques scolaires. Il n existe pas des procédures systématiques facilitant le partage des données et la coopération entre la DRP et les autres organismes producteurs de données utiles au secteur de l éducation. 83. L absence de plateforme de coopération et d échanges systématiques entre producteurs ne permet malheureusement pas de confronter ni de valider un certain nombre d indicateurs dont la production utilise des sources externe d information. Cette absence d échanges et de collaboration ne favorise ni la qualité des indicateurs ni leur pertinence. 84. En ce qui concerne la disponibilité en ressources humaines, les structures centrales disposent d un personnel nombreux et relativement bien formé appuyé par des consultants recrutés dans le cadre du PNDSE. Par contre les structures régionales et départementales qui souvent ont du personnel nouvellement affecté, n ont pas la formation requise pour leur permettre de prendre une part active dans la chaîne statistique. 3 Data Quality Assessment Framework Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 18

19 85. Quant aux ressources financières et informatiques, elles peuvent en partie répondre au besoin des programmes de statistique de la DRP, il n existe pas véritablement, de procédures d efficacité dans l utilisation des ressources disponibles. 86. En ce qui concerne la sensibilisation des acteurs de la chaîne, il convient de noter une faible implication des chefs d établissements scolaires dans le processus, dans la mesure où, recevant rarement du niveau central un retour d information, ils ont du mal à comprendre les véritables enjeux des statistiques collectées et encore moins la nécessité de renseigner avec précision les questionnaires qu ils reçoivent. Justesse méthodologique, exactitude et fiabilité 87. Globalement, les concepts et les définitions employés correspondent au cadre standard de la statistique. Les données brutes et les techniques statistiques sont justes et les produits statistiques brossent un tableau relativement complet de la réalité, mais elles ne couvrent pas tous les niveaux et type d éducation 88. Les classifications des niveaux et secteurs de l éducation sont conformes aux normes de la CITE. Exactitude et fiabilité 89. Bien que les données brutes soient recueillies annuellement dans les écoles par le biais du recensement scolaire qui intègre les besoins du secteur, les techniques et procédures utilisées ne sont pas toujours établies et documentées. Par ailleurs, le système de collecte ne permet pas d obtenir à temps voulu les données brutes et détaillées. 90. Les données provenant de sources différentes (recensement scolaire annuelle, enquêtes ponctuelles dans les établissement enquête ménages, recensement général de la population ), mesurant des phénomènes identiques, ne sont pas systématiquement comparées entre elles pour en vérifier la cohérence. Les indicateurs intégrant les données externes ne sont pas systématiquement révisés lorsque que de nouvelles données sont disponibles, par exemple sur la population ou le PIB. Fonctionnalité 91. Cette dimension reflète la pertinence des statistiques, en terme d exhaustivité de leur couverture, de rapidité de leur production et de régularité de la révision des politiques. Un souci manifeste de couvrir l ensemble des champs éducatifs est observé à la DRP, ce qui a conduit cette direction à modifier plusieurs fois durant ces dernières années leurs outils de collecte, en particulier dans l enseignement fondamental. L adoption des outils SISED-ISU pour ce niveau éducatif répond essentiellement à une volonté de produire plus rapidement les données nécessaires au pilotage du système. 92. Des mesures concrètes restent à prendre afin d assurer une meilleure réponse des données recueillies aux besoins des utilisateurs ; il serait nécessaire par exemple de mettre en place d un cadre de consultation périodique avec les responsables du secteur et les principaux autres acteurs, tels les partenaires techniques et financiers et autres utilisateurs de données éducatives. Accessibilité 93. Cette dimension s avère être la plus faible dans le dispositif actuel de la chaîne statistique ; elle se caractérise par l absence d un calendrier pré annoncé des publications statistiques, l inexistence d une stratégie de publication et de communication des statistiques et par une absence de politique d assistance aux utilisateurs de données. Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 19

20 Récapitulation Education Préscolaire Enseignement Fondamental Secondaire Général Enseignement Technique Formation professionnelle 0 Conditions préalables à la qualité 53% 53% 0.1 Environnement juridique et institutionnel 70% 70% 0.2 Ressources 47% 47% 0.3 Sensibilisation à la qualité 45% 45% 1 Intégrité 50% 47% 1.1 Professionnalisme 56% 56% 1.2 Transparence 50% 50% 1.3 Éthique 25% 20% 2 Justesse méthodologique (1) 63% 60% 2.1 Concepts et définitions employés correspondent au cadre standard de statistique. 67% 67% 2.2 Portée (La portée correspond aux normes, lignes directrices et pratiques reconnues à l échelle 63% 63% internationale). 2.3 Classification/sectorisation 50% 50% Bases d'enregistrement ( Les données 2.4 sontenregistrées d une manière correspondant aux normes, lignes directrices et pratiques reconnues à l échelle internationale). 67% 50% 3 Exactitude et fiabilité (2) 48% 48% Les Sources de données ( Les sources de données 3.1 disponibles pour la compilation de statistiques sont 24% 23% adéquates) 3.2 Techniques statistiques 63% 63% 3.3 Évaluation et validation des données brutes 67% 67% Évaluation et validation des données intermédiaires 3.4 et des produits statistiques 50% 50% 3.5 Examen des révisions 50% 50% 4 Fonctionnalité (3) 50% 50% 4.1 Pertinence: Les statistiques couvrent des champs pertinents du domaine 50% 50% Actualité et périodicité :L actualité et la périodicité 4.2 des données suivent les normes internationales de 50% 50% diffusion 4.3 Cohérence 64% 64% Politiques et pratiques de révision :La révision des 4.4 données est périodique et suit une procédure 25% 25% régulière et transparente 5 Accessibilité 34% 27% Les statistiques sont présentées de manière claire et 5.1 compréhensible, les moyens de diffusion sont appropriés et les statistiques sont diffusées de 33% 33% manière impartiale. 5.2 Accessibilité des métadonnées 40% 20% 5.3 Assistance aux utilisateurs 25% 25% Moyenne 50% 48% (1) Justesse méthodologique : la base méthodologique pour les statistiques suit les standards internationaux (2) Exactitude & fiabilité : les données brutes et les techniques statistiques sont justes et les produits statistiques brossent un tableau suffisamment complet de la réalité. (3) Fonctionnalité : les statistiques sont pertinentes, à jour, cohérentes et soumises à une politique de révision préétablie. (4) Accessibilité : les utilisateurs ont facilement accès aux données et aux métadonnées, et une assistance adéquate leur est fournie. Diagnostic SIS Mauritanien V06-14/11/05 20

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