Édito. Septembre 2011 OGM. Le miel contenant des pollens issus d'ogm doit avoir une autorisation de mise en marché

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1 SOMMAIRE 26 Septembre 2011 OGM Édito Cet ADAMinfos a pour focus technique différents articles concernant les pesticides : Etude des poussières de blé Gaucho, réseau d'observation des troubles de cheptel, synthèse des dernières études scientifiques sur la question. Vous trouverez aussi les toutes dernières décisions de la cour européenne de justice concernant les OGM. C'est aussi l'occasion de présenter les premières observations de l'expérimentation sur le suivi de colonies en milieu agroforestier et le compte-rendu de la formation Gestes&Postures. Dès maintenant, l'adam va mettre en place des expérimentations pour tester l'efficacité de l'acide formique. L'automne, verra aussi la réalisation d'enquêtes technicoéconomiques dans le cadre du réseau de fermes de références de l'itsap. En attendant bonne fin de saison Bonne lecture et bon courage à toutes et à tous Virginie BRITTEN Le miel contenant des pollens issus d'ogm doit avoir une autorisation de mise en marché En 2005, un apiculteur allemand avait porté plainte suite à la destruction de sa récolte de miel contentant des traces de pollen de maïs OGM Mon810. Le 6 septembre 2011, la Cour de Justice de l Union européenne (CJUE) a rendu sa décision en réponse aux trois questions préjudicielles posées par le tribunal administratif de Bavière ayant en charge le dossier. La CJUE considère que «du miel et des compléments alimentaires contenant du pollen issu d un OGM sont des denrées alimentaires produites à partir d OGM qui ne peuvent être commercialisées sans autorisation préalable» de la firme productrice (dans ce cas Monsanto). Le maïs Mon810 est en effet autorisé pour l alimentation humaine, selon la procédure 258/97 (procédure abrogée et remplacée par le règlement 1829/2003), uniquement pour la farine, le gluten, la semoule, l amidon, le glucose et l huile de maïs. Le pollen de maïs Mon810 n était donc pas couvert par l autorisation. De plus, la Cour a admis que le pollen ne constitue plus en lui-même un OGM dans la mesure où il a perdu OGM... 1 Actualités de l ADAM : Expérimentation agroforesterie... 2 Ecophyto... 6 Focus Technique : Pesticides... 9 Formations et Journées techniques : Gestes & Postures Séminaire Abeilles et Paysages Des nouvelles du réseau... ANERCEA, Colloque Pollinisation Agenda Association de Développement de l Apiculture en Midi-Pyrénées GIE promotion élevage Av de l agrobiopole BP CASTANET Tolosan cedex Tél Télécopie Courriel : 1

2 Actualités de l ADAM sa capacité de reproduction et s'avère dépourvu de toute capacité de transférer du matériel génétique, mais est une composante issue d'ogm. Rappelons que la CJUE donne une interprétation du droit européen et ne tranche pas le litige national. Désormais toute affaire qui met en jeu une situation similaire dans un État membre devra appliquer cette même interprétation du droit. Décision de la cour européenne sur le moratoire français En 1998, le maïs MON810 de l entreprise Monsanto obtenait, au niveau européen, une autorisation notamment à des fins de cultures. Dix ans plus tard, la France prenait deux mesures afin d interdire cette culture sur son territoire, ce qui constitue ce qu on nomme "moratoire" : il s agit concrètement d une clause de sauvegarde (directive 2001/18) Expérimentation Agroforesterie 2009 Méthodologie L'expérimentation a été réalisée de juin à septembre colonies ont été suivies sur deux sites : un site dit expérimental (SE1G1) au sein d'une exploitation en agroforesterie et un site dit témoin (SE0G2). Sur chaque site, des mesures de couvain ont été effectuées mensuellement sur 6 colonies. 3 autres colonies étaient équipées de trappes à pollen récoltées une fois par semaine. Les pollens des 3 ruches étaient mélangés avant envoi et d une mesure d urgence (règlement 1829/2003). Le 8 septembre 2011, la Cour de Justice de l Union européenne (CJUE) a rendu sa décision en réponse aux questions préjudicielles posées par le Conseil d'etat suite à la plainte de Monsanto devant la justice française concernant ces 2 mesures. Elle considère que la France ne pouvait prendre une clause de sauvegarde car elle s'est appuyée sur la directive 2011/18 et non sur le règlement 1829/2003. La France avait cependant effectivement le droit de prendre une mesure d urgence, mais dans certaines conditions: En informant officiellement la Commission de la nécessité de prendre la mesure d urgence En se référant à un risque important mettant en péril de façon manifeste la santé humaine, la santé animale ou l environnement ; ce risque étant constaté sur la base d éléments nouveaux reposant pour analyse, afin de constituer un échantillon par site. Premières tendances Les résultats ont dégagé des tendances qui ont permis d'éprouver toutes les méthodologies du protocole. Pollens mobilisés Les analyses palynologiques ont montré que 60 taxons ont été mobilisés sur une période allant du 13 juin au 10 septembre La répartition des ressources mellifères met en avant une présence très majoritaire de taxons de la strate herbacée. Ce résultat est la conséquence des prélèvements tardifs, alors que les arbres avaient quasiment tous terminé leur floraison. sur des données scientifiques fiables» Il conviendra au Conseil d État d apprécier si le gouvernement français a respecté ces conditions au moment où il a pris sa mesure d urgence et notamment d'évaluer si les éléments scientifiques apportés par la France sont de nature à démontrer un péril manifeste. En principe, le Conseil d État juge de telles décisions dans un délai d un an. Notons que dans l attente de cette décision, la ministre de l Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, a d ores et déjà affirmé, dans un communiqué de presse, la volonté du gouvernement de prendre de nouvelles mesures conservatoires si la décision finale du Conseil d État venait invalider cette mesure d urgence. Virginie BRITTEN 2

3 Actualités de l ADAM Notons que le nombre de taxons du site expérimental est toujours plus élevé (entre 22 et 40) que sur le site témoin (entre 13 et 23). Nous nous sommes attachés à établir une comparaison durant les mois de juin et juillet Des taxons différents sont mobilisés à la même période sur les deux sites. Le site expérimental présente une plus grande variabilité des taxons principaux. Autres : Ammi élevé, Chanvre, Liseron des haies, Maïs, t. Carduacée, t. Colza, t. Crépide, t. Galéga officinal, t. Mélilot, t. Millepertuis, t. Trèfle blanc, Verveine Autres : Apiacée t. Aneth, Cardère sauvage, Centaurée jacée, Liseron des champs, Maïs, Mercuriale annuelle, Rhamnacée t. Nerprun, Rosacée t. Rosa, Salicaire, t. Achillée, t. Buddleja, t. Carduacée, t. Chénopode/amarante, t. Chèvrefeuille, t. Colza, t. Crépide, t. Lagerstroemia indica, t. Laurier cerise, t. Mélilot, t. Millepertuis, t. Origan, t. Rumex, Tilleul, Tournesol, Troène, Vigne vierge 3

4 Actualités de l ADAM Bien évidemment, la comparaison du mois de juillet met en avant, quelque soit le site, des entrées majoritaires de pollen de tournesol dans les colonies. Autres : Bryone, Liseron des haies, Plantain, t. Carduacée, t. Colza, t. Coquelicot, t. Galéga officinal, t. Millepertuis, t. Moutarde, t. Trèfle blanc, Troène Autres : Apiacée t. Torilis, Cardère sauvage, Chanvre, Châtaignier, Liseron des champs, Lotier, Mercuriale annuelle, Poacée, Rosacée t. Rosa, Sorgho, t. Achillée, t. Buddleja, t. Carduacée, t. Coquelicot, t. Crépide, t. Hippocreppis, t. Rumex, Tilleul, Typha Latifolia Enfin, nous pouvons observer que la mercuriale annuelle est présente durant les mois de juin et juillet sur le site témoin, alors que les types Galéga officinal semblent persister sur le site expérimental. Les rosacées type ronce sont présentes sur les deux sites en juin et en juillet. 4

5 Actualités de l ADAM Evolution du couvain Les relevés de couvain montre que les lots initiaux étaient similaires, les surfaces de couvain s'étalant d'environ cm 2 à cm 2. En revanche, l'évolution du couvain n'est pas tout à fait la même sur les deux sites. Les colonies du site expérimental connaissent toutes une diminution régulière de la surface de couvain, accentuée début juillet par le blocage de ponte induit par la miellée de tournesol. En revanche, sur le site témoin, la plupart des colonies amorcent une augmentation de la surface de couvain jusqu'à la floraison du tournesol qui provoque alors le blocage de ponte et la diminution rapide des surfaces de couvain. En septembre, les tendances sont à nouveau identiques : quelque soit le site, les colonies ont des surfaces de couvain réduite à moins de cm 2 de couvain. Conclusion L'étude des taxons mériterait d'être plus approfondie pour dégager les véritables intérêts pour l'abeille. Mais, on peut noter que le site expérimental présente une variabilité de taxons plus importante. En revanche, les colonies semblent avoir eu une dynamique plus intéressante sur le site témoin au mois de juin. Mais au final, l'évolution du couvain est similaire quelque soit le site. Les résultats de l'année 2009 ne nous permettent pas d'affirmer ou d'infirmer notre hypothèse sur les bénéfices des paysages agroforestiers. En effet, les mesures ont été faites de façon partielle par rapport au protocole. De plus, les observations et mesures nous ont montré que les sites ne correspondaient pas tout à fait aux attentes de notre expérimentation : Le site expérimental présentait des plantations trop jeunes et un environnement moyennement agroforestier audelà de l'exploitation en agroforesterie Le site dit "témoin" ne répondait pas à ce que l'on attendait : paysage similaire au site expérimental mais sans agroforesterie. Certains milieux étaient absents (comme les prairies) et le maillage d'arbres était trop important. Il a donc été nécessaire de modifier le protocole d'expérimentation pour Une thèse a été démarrée en collaboration avec le laboratoire GEODE de l'université de géographie du Mirail. L'expérimentation a adopté les bases suivantes : 3 années de mesures et d'observations 6 sites suivis avec 7 ruches par site (dont 2 prévues pour un éventuel renouvellement en cas de perte de colonie). En effet, statistiquement, il est pertinent d'augmenter le nombre de colonies suivies (passage de 18 à 42 colonies) mais il est également nécessaire de pouvoir avoir des répétitions (3 types de sites répétés 1 fois). 5

6 Actualités de l ADAM Pas de témoin mais comparaison de différents paysages agroforestiers avec un gradient de paysage. Afin de tenter de répondre aux objectifs énoncés précédemment, un important dispositif expérimental de suivi des colonies d abeilles domestiques a été mis en œuvre de même qu un suivi de l évolution de la matrice paysagère agricole : analyse paysagère par photo-interprétation. Les mesures en 2010 et 2011 ont pu être réalisées selon le protocole. En 2012, les suivis des colonies seront "allégés" car la dernière année sera particulièrement consacrée à l'interprétation des résultats. Programme de travail Intervalle de mesure Suivi des colonies 2 sem. 2 sem. 1 mois Prélèvements de pollen 1 sem. 2 sem. Prélèvement de nectar 2 sem. 2 sem. Relevés météo. 2 sem. 2 sem. 2 sem. Cartographie des sites X X Inventaire botanique X X Enquêtes sociales X Analyse des résultats X X Fanny RHONE et Virginie BRITTEN Ecophyto L'ADAM a participé au dernier séminaire Ecophyto 2018 le 24 juin Description et objectif de la journée Cette journée avait pour but de réunir tous les acteurs locaux concernés par l objectif Ecophyto 2018 [réduction nationale des produits phytosanitaires de 50 %, si possible] afin de préparer le Plan Régional d Agriculture Durable qui doit être défini à la fin de l année. Ce plan doit apporter une réponse qui convienne à tous et qui permette d avancer significativement dans la réduction des pesticides. L action avait pour but d innover en proposant une gouvernance locale, en plus de l action nationale déjà entreprise. Cette action s inscrit dans le projet ASTARTE : Approche Stratégique de l Action publique Régionale pour le Territoire, qui propose de mettre en relation les acteurs directs (utilisateurs et fabricants) et ceux plus indirects (acteurs territoriaux, municipalités, etc.) Au cours de la journée, nous devions confronter l avis de tous les acteurs afin d en dégager un plan pour les futurs séminaires, faire une restitution des actions effectuées, discuter des thèmes d action et proposer de nouveaux projets. 110 personnes environ étaient présentes au matin dans l amphithéâtre du lycée agricole d Ondes pour écouter le rapport de l enquête entreprise en Midi-Pyrénées auprès des acteurs d Ecophyto. On a pu déplorer l absence de représentants de la recherche, de l ANSES et de la grande distribution. Résumé de l enquête Cette enquête, qui a permis de déterminer les «conditions et moyens d une meilleure gestion des produits phytosanitaires en Midi- Pyrénées», a été effectuée dans 4 zones : La vallée des Baïses, (32), où la production de grandes cultures est surtout destinée à l alimentation animale Vallée du Lot, dans le vignoble de Cahors Le Bas-Quercy (82), surtout orienté productions fruitières Zone urbaine et périurbaine de Toulouse L enjeu de la réduction des produits phytosanitaires pour ces territoires est différent. Dans la profession agricole, les pesticides servent surtout à obtenir une qualité optimale des productions : fruits «parfaits» pour la consommation, blé avec un taux protéique élevé, raisins vinifiables. Dans les zones urbaines, ils sont utilisés pour conserver des villes «propres». Donc les produits phytosanitaires ne concernent pas uniquement le monde agricole, ils permettent de fournir des produits de qualité destinés à la consommation et ils ont des répercussions similaires partout : bien que l application soit locale, la diffusion est grande, la population peut être intimement touchée : on retrouve des molécules dans le sang, dans l alimentation, dans le voisinage et la gestion des produits est éloignée du territoire. 6

7 Actualités de l ADAM Trois différents degrés de problèmes ont étés identifiés : Ordre 1 : Les plus faciles à résoudre : les risques pour la santé des utilisateurs, la pollution ponctuelle, le coût. Ordre 2 : La pollution diffuse, les accumulations, les relations agriculteurs / filière et marchés, Ordre 3 : Trouver une solution adaptée à tous les acteurs, changer les mentalités. Face aux problèmes d idéologie et d image qui rendent les agriculteurs responsables de la pollution par les produits phytosanitaires, les termes du plan Ecophyto 2018 ont été revus : il s agit maintenant d établir des contrats entre les producteurs, la nation, la gestion du vivant et l alimentation, plutôt qu entre producteurs et nation seuls. L engagement de réduction des pesticides a déjà commencé et on obtient déjà des résultats. Le problème, c est que cette action est plutôt technique, et que le manque de solidarité entre les acteurs limite l étendue et l efficacité de l action. De plus, l action actuelle qui repose surtout sur les utilisateurs des produits et peu sur l ensemble du système, répond prioritairement aux problèmes d ordre 1, et laisse de coté les problèmes d ordre 2 et 3. Bilan Le bilan de l action Ecophyto déjà entreprise fait apparaitre le manque de clarté pour les acteurs. Il y a un choix stratégique à faire : soit les poursuivre, soit innover pour tenter de résoudre également les problèmes d ordre 2 et 3. Trois scénarii sont envisageables : 1. Tendentiel : l objectif est de réduire de 50% les produits, mais les non-agricoles ne se mobilisent pas. L objectif est ponctuellement atteignable mais globalement inenvisageable. 2. Négatif : Apparition d une crise médiatique qui nuira à la profession agricole, désengagement des acteurs, contraintes trop radicales qui réduiraient les performances, affaibliraient l agriculture locale et provoqueraient la mort lente des zones rurales par l importation de produits «contaminés». 3. Positif : Solution technique pour aider les agriculteurs à concilier toutes les attentes auxquelles ils doivent répondre, discussion à différents niveaux d échelle (région, état, Europe). Menaces Disparition de l agriculture locale Non-implication d acteurs-clés Pas de méthode adaptée pour une action globale Poursuite obligatoire de la réduction des produits phytosanitaires sans amélioration des performances et de la qualité des produits. Atouts Prise de conscience globale Mises en œuvre de compétences nombreuses et variées Anticipation des mesures gouvernementales Connexions et contrats entre agriculteurs et zones urbaines L objectif est donc de concilier : réduction des phytosanitaires, augmentation de la qualité des produits, développement des zones rurales, protection sanitaire et environnementale, entente globale, prix satisfaisants. La vision du monde agricole est que la réduction de 50% est impossible si la France veut rester compétitive au niveau international et que dans les zones non agricoles, il est nécessaire d accepter de laisser la nature s installer. Thèmes de travail Plusieurs groupes de travail ont été établis, afin travailler l après-midi sur les thèmes suivants : 1. Dialogue entre les acteurs : «Créer les conditions d un dialogue constructif agriculture-société et territoire-filière sur les phytosanitaires» 7

8 Actualités de l ADAM 2. Informer : «Construire, échanger et diffuser l information sur les pesticides afin d améliorer la connaissance des acteurs sur la situation et les enjeux en Midi-Pyrénées.» 3. Meilleure valorisation des produits : «Valoriser commercialement la meilleure gestion des phytosanitaires» ; «Elaborer de nouveaux contrats qualité fondés sur le vivant en bonne santé» ; 4. Accompagnement des utilisateurs : «Accompagner les utilisateurs dans le changement et l amélioration de leurs pratiques», «Mettre en place des accompagnements publics adéquats» ; «Veiller à la viabilité et à la durabilité des exploitations en milieu rural et périurbain.» 5. Projets : «Elaborer en commun (acteurs, territoire, filières, chercheurs) des projets de recherche en réponse aux besoins des filières et des territoires.», «Repérer et capitaliser les alternatives techniques et culturales qui peuvent être mises en œuvre en Midi-Pyrénées.» Ces thèmes donneront ensuite lieu à des séminaires à partir des critères de réussite et les objectifs de travail établis cette journée. Débat Les réactions des personnes présentes après cette présentation ont d abord porté sur l agriculture biologique. Pour une représentante de la filière, celle-ci était taboue dans le discours qui nous a été proposé. Une remarque a été apportée concernant les résidus de pesticides retrouvés également dans les produits bios. Il a également été mentionné que les agriculteurs étaient les premières victimes du système actuel et que le dialogue serait compromis par le manque d intérêt possible, notamment des firmes fabricantes de pesticides, pour le plan Ecophyto D après une enquête faite en Midi-Pyrénées sur 3000 consommateurs, ceux-ci désirent avoir des informations à 64% sur les OGM et à 55% être confortés sur la sécurité et l hygiène alimentaire. L aspect financier a été abordé : un agriculteur de la Confédération Paysanne, qui a déjà supprimé la plupart des produits phytosanitaires de ses itinéraires techniques, assure que la réduction des charges minimise le besoin de compensation financière. Par contre, une représentante d une municipalité attend de l Etat la promesse d un soutien financier et s inquiète de l apparition de nouvelles normes. La réponse du SRAL et du Conseil Régional a été que le plan Ecophyto 2018 ne débouchera pas sur de nouvelles réglementations, et que le budget destiné à la protection de l environnement peut être distribué différemment (pour l instant, il prend la forme de subventions MAE, Agriculture biologique, etc.). Une représentante de la restauration a demandé à ce que la mise en place d une vente directe soit facilitée par l état (évocation des normes sanitaires qui ne facilitent pas l achat local). L UIPP (Union des Industries de la Protection des Plantes) a mis en évidence la durée très longue pour homologuer un produit : 10 à 12 ans d études, surtout sur le travail de protection de l utilisateur. Elle considère que la réduction de l utilisation des produits phytosanitaires est légitime, s il est prouvé que ces produits ont un impact sur l environnement : les AMM sont supposés garantir que cet impact est minimal. Selon France Nature Environnement, la recherche doit être encouragée sur les semences et les pratiques agronomiques, puisque les agriculteurs mettent en avant la course au rendement, qui ne s arrêtera pas. Mais il y a toujours des problèmes de financement pour la recherche. Au final, il est ressorti la nécessité d'un état des lieux sur les pratiques déjà exercées (celles qui fonctionnent et celles qui ne fonctionnent pas) et sur le conseil technique déjà disponible. En fin d année, le plan régional d action aura été établi en fonction de ces conclusions et du travail réalisé dans les groupes de l'après-midi. Claire CROS 8

9 Focus Technique PESTICIDES ETUDE DES POUSSIERES DE MOISSON DE CEREALES GAUCHO 2010 Présentation du protocole Suite à l observation en 2009 de phénomènes anormaux dans les colonies sur la miellée de tournesol au moment des moissons de céréales susceptibles d'avoir été traitées GAUCHO, une expérimentation visant à détecter la quantité d imidaclopride présente dans l air a été mise au point avec le SRAL. Elle s est déroulée le 30 juin 2010, dans le département de la Haute-Garonne, sur la commune du Fousseret. La parcelle étudiée était une parcelle d orge traitée Gaucho de 4,6 ha, sur précédent tournesol. Durant l'expérimentation, les pailles ont été broyées pendant quatre passages de moissonneuse. Les prélèvements d air ont été effectués par l ORAMIP à la lisière de la parcelle, en amont et en aval du vent, pour capter l air entrant et sortant de la parcelle. Un blanc de laboratoire a également été effectué, mais le blanc terrain n a pas été fait. La durée totale de l enregistrement a été de 3h55. L anémomètre indiquait un vent très faible : 0,5 m/sec, avec une orientation instable. Le capteur d air aval a donc dû être déplacé le long de la parcelle pour se situer au plus près de la zone moissonnée. Il a subi une erreur de fonctionnement 45 min avant la fin de l enregistrement, les données sont donc manquantes à partir de cet instant. Le capteur d'air amont a également connu une interruption pendant 1h00 suite à un problème technique au démarrage de l'enregistrement. Pour compléter cette expérimentation, des prélèvements de plantes en 3 points de la parcelle ont également été faits avant la moisson pour dosage de l imidaclopride. Des prélèvements de sol superficiel pour détection de l imidaclopride et du tebuconazole (insecticide et fongicide associés dans la formulation GAUGO ORGE ), mais aussi du chlortoluron, du fenpropimorphe (molécules actives des autres produits phytosanitaires utilisés) ont été réalisés après le déchaumage superficiel de la parcelle. Les prélèvements d air et de végétaux ont été envoyés au GIRPA pour analyse, ceux du sol ont été envoyés à Eurofins. Résultats Pour les prélèvements d air, la limite de détection de l imidaclopride était de ng/filtre. La molécule n a pas été détectée sur l appareil aval. Par contre, elle a été détectée et quantifiée à hauteur de 5 ng sur le capteur amont (entrée d air dans la parcelle). Soit environ 48 pg/m 3 d air prélevé. Ces résultats ne coïncident pas avec ceux que l on attendait, mais le vent très faible et les erreurs techniques sur les capteurs pourraient expliquer ces résultats. Le seuil de détection pour le dosage de l imidaclopride dans les plantes était situé à 0,01 mg/kg (soit 10 ppb), mais les analyses n ont pas détecté la présence d imidaclopride. L analyse des prélèvements de sol superficiel, avec un seuil de détection des molécules à 0,05 mg/kg (50 ppb) n a rien permis de détecter. Conclusion Dans des conditions expérimentales non optimales (vent très faible, panne du capteur ), de l'imidaclopride a été retrouvé dans l air au moment de la moisson en faible quantité. Cependant, les résultats laissent présager que cette voie de contamination par les poussières de moisson est possible. Nous avons donc envisagé de renouveler cette expérimentation. Nous avons également souhaité réaliser une recherche bibliographique qui nous permettrait d'acquérir plus d'informations sur cette molécule. Aucun des métabolites de l'imidaclopride n'a été recherché L expérimentation initiée en 2010 a été reconduite en L ADAM a pris en charge la mise en place, tandis que le SRAL devait apporter une expertise technique sur le protocole et assurer la collaboration avec un agriculteur. Déroulement Comme pour l expérimentation menée en 2010, l ORAMIP (Observatoire Régional de l Air en Midi-Pyrénées) était désigné comme troisième partenaire. Les nouveaux statuts de cette association précisent leur engagement "à apprécier l état de la qualité de l air dans sa zone géographique de 9

10 Focus Technique compétence, ( ) et de porter à la connaissance du public les résultats de ces investigations". Dans ce cadre, le SRAL s'est désengagé de l étude le 21 juin, peu avant la date prévisionnelle de l expérimentation (fixée aux alentours du 30 juin). Ce désaccord portant sur la publication des données obtenues a eu pour conséquence de rompre le partenariat agricole, l agriculteur ne désirant pas s engager si l expérimentation n était pas cautionnée par le SRAL. RESEAU DES TROUBLES DU CHEPTEL Depuis 2010, l'adam avec les moyens humains qui sont à sa disposition, a mis en place un réseau d'observation des troubles du cheptel. La procédure a fait l'objet d'un article dans l'adaminfos n 24 du mois de décembre Le réseau en 2011 Depuis le début de l'année 2011, l'adam a été appelée sur 6 cas de pertes de cheptel anormaux et inexpliqués ; pertes comprenant des mortalités, des dépopulations mais aussi des troubles du comportement des abeilles induisant une modification d'activité des colonies. Période hivernale Les deux premiers cas ont été déclarés respectivement en décembre et en janvier. La visite du 1 er cas a été effectuée conjointement avec le SRAL Midi-Pyrénées et la DDPP. Dans le 2 ème cas, la visité a été réalisée avec la vétérinaire référente Lydia VILAGINES. En pleine période des moissons, nous avons eu des difficultés à trouver un agriculteur acceptant de collaborer en urgence. Aussi, nous n'avons pas pu mettre en place la majorité des mesures du protocole. Seuls les prélèvements d air pour la confection du fonds rural, représentant le blanc terrain, ont été réalisés du 30 juin au 1 er juillet (durant 24 heures) sur la commune de Labastide d'anjou. Les filtres ont été envoyés au laboratoire Les symptômes suivants étaient observés : dépopulation massive avec ou sans mortalité devant ou dans la colonie, alors que le couvain était encore là et les réserves présentes en quantité. Une seule partie des ruchers d'hivernage était touchée, dans la même zone géographique alors que les pratiques apicoles, notamment sanitaires étaient identiques sur l'ensemble du cheptel. Lors du diagnostic (visite et historique), aucun symptôme pathologique n'a été remarqué. Des prélèvements ont été effectués et envoyés pour une recherche de pyréthrinoïdes sur abeilles mortes. Aucune molécule n'a été retrouvée par le CNRS de Solaize. En revanche, pour le 1 er cas, une analyse multirésiduelle a été effectuée par le GIRPA sur pain d'abeille et les molécules suivantes ont été retrouvées : - 0,02 mg/kg de boscalid - 0,014 mg/kg de coumaphos - 0,012 mg/kg de fenvalerate De la cyperméthrine et de la lambda cyalothrine ont été également détectées (seuil de quantification : 10 ppb). A noter que l'apiculteur n'a jamais utilisé de coumaphos. IANESCO pour dosage de l imidaclopride. Résultats Les résultats définitifs ne nous sont pas encore parvenus. Mais les premières analyses ne mettent pas en avant la présence de résidus d'imidaclopride sur les filtres du fond rural. En revanche, on peut déjà regretter que les métabolites n'aient pas été recherchés. Claire CROS La présence de génome viral des virus des paralysies chronique et aigüe ressortent des analyses pathologiques de l'anses. Printemps Deux autres cas nous ont été signalés : un en pleine floraison du colza, l'autre sur arboriculture. Dans le 1 er cas, l'apiculteur a eu le reflexe de transhumer ses ruches dès le constat sur un rucher en contrefort pyrénéen. Le diagnostic a donc été difficile et aucun prélèvement n'a pu être effectué. La visite s'est effectuée en présence d'un autre apiculteur professionnel. Les symptômes étaient une faible mortalité devant la ruche, une dépopulation massive et un couvain présentant des anomalies sans symptômes connus de pathologie. Dans le deuxième cas, une mortalité était visible dans les colonies mais surtout les abeilles présentaient de forts troubles du comportement : tremblement, immobilité sur brin d'herbe, marche devant la ruche, ratage de la planche de vol. 10

11 Focus Technique Des abeilles symptomatiques ont été prélevées devant et dans les colonies. Aucune molécule n'a été retrouvée lors des analyses multirésiduelles effectuées par le CNRS de Solaize. Période estivale Enfin, deux cas ont été déclarés pendant la floraison du tournesol. La deuxième visite a été effectuée avec la DDPP. Les symptômes observés, dans les deux cas, sont une mortalité moyenne devant les ruches mais surtout des troubles importants de comportements et sur une quantité considérable d'abeilles. Dans le deuxième cas, les abeilles présentes sur les capitules de la parcelle accolée au rucher montraient également des troubles du comportement, notamment des amas sur les capitules et une mortalité au sol. Le deuxième apiculteur a également déclaré des troubles du comportement sur ces ruchers de montagne, mais aucune visite n'a pu être faite. Dans les deux cas, des abeilles symptomatiques ont été prélevées devant les colonies et pour le 2 ème cas sur les capitules. Pour le deuxième cas, les résultats d'analyses montrent la présence de lambda-cyhalotrine (35 ng/g) et du fipronil (détecté) dans les abeilles analysées par Fytolab. Un réseau qui doit vous servir L ADAM a pour mission d'accompagner les apiculteurs face aux difficultés actuelles de perte de cheptel : Un accompagnement en réalisant une visite des colonies touchées, Un accompagnement en termes d'analyses d'échantillons, Si vous le souhaitez, un accompagnement administratif en faisant le lien avec les DDPP, voire le SRAL. Joignez l'adam dès que vous constatez des mortalités, des dépopulations ou des troubles de cheptel. Nouvelle note de service - 26 avril 2011 Depuis le 26 avril une nouvelle note de service est en application dans les DDPP : "Le dispositif 2011 repose sur le signalement de tout trouble, par les apiculteurs, auprès des DD(CS)PP. Ces dernières recensent l'ensemble des cas qui leur sont signalés mais concentrent leurs actions sur la détection : Des 4 maladies réputées contagieuses [*Nosema apis, paenibacillus larvae, aethina tumida, tropilaelaps spp] Du syndrome des "mortalités importantes de printemps, d'été et d'automne" car elles représentent la meilleure possibilité d'enquêter de façon fructueuse sur des pratiques agricoles d'utilisation des produits phytopharmaceutiques aboutissant à des intoxications aigües". Le ton est donné dès les premières phrases du dispositif général de la note de service. Les moyens sont engagés sur des mortalités massives expliquées par des intoxications aigues en saison excluant les mortalités aigües hivernales et les dépopulations. Les mortalités massives sont mieux définies : "plus de 10 %, soit au minimum 3000 abeilles mortes pour une ruche de abeilles, ou de ruches d'un rucher". La procédure reste quasiidentique : suite à la déclaration de l'apiculteur, les DD(CS)PP effectuent un "tri" (elles décident si le cas répond à la note de service), le cas échéant réalise l'inspection du rucher et alerte suivant les cas le SRAL qui a pour mission de cartographier le site, de mener l'enquête phytosanitaire et de faire réaliser les analyses toxicologiques. Enfin, la note de service précise dans le paragraphe "gestion des autres troubles" : "les troubles des abeilles exposés ci-dessous, bien que pouvant être signalés aux DD(CS)PP, [ ] sont gérés directement par les apiculteurs. Ceux-ci doivent s'adresser à leur vétérinaire et/ou à leur organisation sanitaire apicole [ ] : Mortalités de fin d'hiver [ ] Maladie autres que des MRC (viroses, mycoses, acariose, couvain plâtré, teignes ) Disparition des butineuses avec absence de cadavres [ ]" Aussi, face à l'exclusion du champ d'intervention de l'administration des pertes anormales qui surviennent en plein hiver, l'adam se doit de recenser ces pertes et d'être présents sur ces cas. N'hésitez pas à nous faire remonter vos problèmes et vos attentes en la matière. Virginie BRITTEN 11

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