Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

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1 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire Conseil régional de Bretagne Session des 14, 15 et 16 janvier 2010

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3 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire Avec un chiffre d affaires variant entre 16 et 18 milliards d euros selon les années, l industrie agroalimentaire est la première filière industrielle bretonne. Le tissu agricole de la région, la proximité des ports et une dynamique historique dans ce secteur sont à l origine d un lien au territoire particulièrement fort. Les entreprises de la filière, réparties sur l ensemble du territoire breton, emploient environ salariés, soit 35% de l effectif industriel breton. Si l on prend en compte la production agricole et les activités connexes à la production, la filière représente environ emplois. Sa contribution dans l économie, l emploi et l aménagement du territoire de la Bretagne est importante. Dans sa Stratégie Régionale de Développement Economique (SRDE), la Région Bretagne a affirmé sa volonté de soutenir les filières économiques. Cette politique repose notamment sur la structuration des filières autour de plans d actions pluriannuels. Le présent contrat de filière constitue la première partie du plan d actions de la filière agroalimentaire. Ce document est issu d un travail de plusieurs mois engagé par la Région avec les principaux partenaires de l agroalimentaire. Il vise à présenter un diagnostic partagé de la filière, à identifier les thématiques sur lesquelles il est prioritaire d agir, et à définir les objectifs à atteindre. Ce travail, qui a su mobiliser de nombreux acteurs de l industrie agroalimentaire, a montré la capacité de ces derniers à œuvrer collectivement sur les enjeux majeurs pour l avenir d une filière économique essentielle en Bretagne. Par ce contrat, les signataires affirment leur volonté de maintenir et de renforcer la compétitivité de la filière agroalimentaire bretonne en travaillant en priorité sur les trois thématiques retenues : «emploi et formation», «transport et logistique», «innover et mieux vendre pour mieux rémunérer l ensemble de la filière». Ils considèrent qu il est nécessaire d atteindre les objectifs présentés dans le contrat, et s engagent à agir en ce sens, en mettant en place des actions. Je vous demande d approuver le contenu du contrat de filière de l industrie agroalimentaire et de m autoriser à le signer. Le Président, Jean-Yves LE DRIAN

4 Sommaire VISAS... 6 PREAMBULE... 6 A. La politique de soutien aux filières de la Région Bretagne Enjeux et objectifs Déclinaison opérationnelle... 7 B. Méthode d élaboration du contrat de filière... 7 C. Brève présentation de la filière... 8 Article 1 OBJET DU CONTRAT...11 Article 2 SYNTHESE ET OBJECTIFS Emploi et formation Transport et logistique «Innover et mieux vendre pour mieux rémunérer l ensemble de la filière»...22 Article 3 DUREE DE LA CONVENTION...26 Article 4 INSTANCES DE PILOTAGE ET DE SUIVI...26 A. Comité de pilotage...26 B. Comité technique...26 Article 5 - AVENANT...27 Article 6 EVALUATION ET CONTROLE...27 Article 7 COMMUNICATION...27 Article 8 CLAUSE DE RESILIATION...27 Article 9 REGLEMENT DES LITIGES...27 Article 10 - EXECUTION...27 ANNEXE 1 - Etat des lieux de la filière agroalimentaire bretonne...29 A. Emploi et formation dans les IAA Une activité prépondérante au sein de l économie régionale...29 a. Une tendance à la concentration b. Un secteur stratégique en termes d aménagement du territoire Structure et évolution des emplois...30 a. Une prépondérance de l industrie des viandes b. Une évolution différenciée de l emploi selon le type d activité c. Une tendance à l automatisation des process d. Une représentation des femmes plus forte que dans le reste de l industrie e. Une structure d âge globalement satisfaisante, mais un enjeu de maintien en emploi f. Un recours massif au personnel intérimaire g. Des métiers exigeants physiquement h. Des salaires dans la moyenne de l industrie i. Une relativement bonne résistance à la crise Marché du travail...35 a. Besoins en emploi b. Un enjeu majeur en termes d attractivité c. Besoins en qualification Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

5 B. Transport et logistique dans les IAA Des produits à durée de vie courte, destinés principalement à la grande distribution Des échanges denses au niveau régional et du grand Ouest Des flux internationaux destinés majoritairement à l Europe La route, principal moyen de transport Atouts et contraintes d une position péninsulaire Organisation et coût du transport La logistique dans les IAA Des évolutions réglementaires en lien avec le transport...43 a. Taxe kilométrique b. Contribution Climat Energie ou Taxe Carbone c. Etiquetage environnemental C. Innover et mieux vendre pour mieux rémunérer l ensemble de la filière Introduction Les consommateurs et les prix de l alimentation...44 a. Le prix des produits alimentaires, un sujet sensible b. Des consommateurs dont les arbitrages évoluent Les marchés des industries agroalimentaires...46 a. Un marché interne mature b. Un marché extérieur très concurrentiel Tendances et préoccupations des français...49 a. Un souci croissant de préserver sa santé b. Des attentes en termes de préservation de l environnement et de mode de production La grande distribution, client essentiel et puissant Une législation en évolution fréquente Réussir l innovation : une activité nécessitant des ressources...51 a. Recherche et développement : un réseau de compétences disponible, mais des investissements limités b. Des fonctions commerciales et marketing indispensables pour valoriser la R&D c. La nécessité de protéger les innovations d. La structuration des entreprises Des évolutions législatives et réglementaires...52 a. Evolution des réglementations relatives à la nutrition et la santé b. Une prise en compte accrue des conditions de production des matières premières c. Des dispositions pour lutter contre le réchauffement climatique ANNEXE 2 - Charte bretonne de partenariat pour la qualité de l emploi...54 ANNEXE 3 - Références bibliographiques...60 ANNEXE 4 - Liste des participants aux réunions...63 ANNEXE 5 Présentation des partenaires...65 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 5

6 VISAS Vu le Code général des collectivités territoriales ; Vu la délibération n /4 du Conseil régional en date des 14, 15 et 16 juin 2006 adoptant la Stratégie Régionale Emploi Formation ; Vu la délibération n 06-SRDE/1 du Conseil régional en date des 12 et 13 octobre 2006 adoptant la Stratégie Régionale de Développement Economique ; Vu la délibération n 07-PEPB/2 du Conseil Régional en date des 5 et 6 juillet 2007 adoptant le Plan énergie pour la Bretagne, Vu la délibération n 08-SRID/1 du Conseil Régional en date du 23 octobre 2008 adoptant le Schéma Régional de l Innovation ; Vu la délibération n /14 du Conseil Régional en date des 18,19 et 20 décembre 2008 adoptant le Schéma Régional Multimodal des Déplacements et des Transports ; Vu le projet de Stratégie régionale des ports de commerce bretons ; Vu la Charte bretonne de partenariat pour la qualité de l emploi, signée le 4 septembre 2008 ; Vu la délibération n 09-AGRO1 du Conseil régional en date des 16, 17 et 18 décembre 2009, approuvant les termes de la présente convention et autorisant le Président à la signer ; PREAMBULE A. LA POLITIQUE DE SOUTIEN AUX FILIERES DE LA REGION BRETAGNE 1. ENJEUX ET OBJECTIFS La Région Bretagne souhaite affirmer son soutien aux filières 1 économiques régionales à travers une politique d appui en matière de formation et de développement économique pour un emploi de qualité. La Stratégie Régionale de Développement Economique (SRDE), adoptée en octobre 2006, met en avant une politique de structuration des filières. La politique de soutien aux filières vise les objectifs suivants : - le renforcement de la compétitivité des entreprises, à travers la promotion de l innovation, l élévation des qualifications des personnes et leur adaptation aux besoins, le montage de collaborations interentreprises ; - le rassemblement des acteurs économiques privés et publics et des entreprises autour d une vision partagée des enjeux par filière et ceci afin de mieux cibler les mesures d accompagnement économique et social et ainsi d optimiser l offre de soutien aux entreprises ; - l amélioration du pilotage par un suivi des actions engagées, des résultats obtenus et des évolutions à prendre en compte et ceci tout particulièrement pour détecter les activités de demain et anticiper les restructurations des filières existantes ; - le développement équilibré des territoires par le renforcement de l ancrage des entreprises bretonnes à travers la création de liens de proximité, qui profite aux entreprises et aux territoires ; - l amélioration de la cohérence et de la lisibilité des interventions régionales, en permettant, notamment, une approche commune entre les politiques de développement économique et les politiques de formation et d emploi ; - la construction d une image économique, en particulier à travers les filières structurantes pour l économie régionale et qui rayonnent bien au-delà des frontières régionales. 1 La SRDE définit une filière économique par le regroupement de plusieurs acteurs économiques et sociaux qui concourent au développement d un même marché, partagent des objectifs communs, recherchent des synergies et des complémentarités et mutualisent leurs ressources. 6 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

7 Par ce soutien aux filières structurantes de l économie bretonne, l ensemble des partenaires vise à pérenniser l emploi de qualité en prenant particulièrement en compte l égalité professionnelle, la qualité de l emploi et du travail, l accès à la formation et à la qualification des salariés, le dialogue social et le développement durable. Pour la filière agroalimentaire bretonne, le plan d actions est construit en deux phases, correspondant à deux documents distincts : 1. l élaboration d un contrat de filière, présentant un diagnostic partagé de la filière, ses objectifs prioritaires pour les trois prochaines années et des pistes d actions pour les atteindre, 2. une phase de mise en œuvre, déclinaison opérationnelle du contrat de filière, durant laquelle sont précisées les modalités techniques et financières de mise en œuvre de la politique de filière, ainsi que les modalités d évaluation de l efficacité des actions. Il est élaboré en cohérence avec l ensemble des politiques régionales, et notamment avec : - la Stratégie Régionale Emploi-Formation, - le Schéma Régional de l Innovation, - le Schéma Régional Multimodal des Déplacements et des Transports, - la Stratégie Régionale des Ports de commerce bretons, - le Plan Energie pour la Bretagne. 2. DECLINAISON OPERATIONNELLE Afin de garantir un développement efficace et une organisation cohérente des acteurs autour des principaux enjeux de la filière et des entreprises, la filière doit se structurer autour d une vision partagée des enjeux de la filière. Le plan d action établi doit permettre : - la définition d une série d actions collectives prioritaires, - l élaboration de plans financiers, - l élaboration d une série d indicateurs précis pour évaluer les résultats des actions engagées, en lien avec l Observatoire économique des IAA. Ce contrat de filière ne se limite pas aux situations de conjoncture, mais a pour ambition de construire au cours des trois ans à venir des actions pour prévenir les risques de rupture. Le contrat d objectifs emploi-formation de la filière agroalimentaire sera rédigé dans la lignée du contrat de filière. Il s inscrira dans les orientations générales définies dans la Stratégie Régionale Emploi- Formation et se basera sur les objectifs formulés dans le contrat de filière. B. METHODE D ELABORATION DU CONTRAT DE FILIERE Le contrat de filière de l industrie agroalimentaire a été rédigé en procédant par étapes successives. Dans un premier temps, l ensemble des enjeux concernant la filière agroalimentaire bretonne a été recensé. Trois thématiques ont été jugées prioritaires par les partenaires, car elles présentent un risque de rupture majeur : - l emploi et la formation, - le transport et la logistique, - innover et mieux vendre pour mieux rémunérer l ensemble de la filière. Dans un second temps, les objectifs majeurs et les pistes d actions ont été déterminés. La réalisation du contrat de filière a été conduite de façon concertée avec l ensemble des partenaires de l agroalimentaire. Au total, plus de 80 personnes ont participé à l élaboration du document (annexe 4). Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 7

8 C. BREVE PRESENTATION DE LA FILIERE La filière agroalimentaire bretonne en quelques chiffres Chiffre d Affaires : 16 à 18 milliards d euros (selon les années) soit 13% du Chiffre d affaires national de la filière salariés soit 16% de l effectif national de la filière et 35% de l effectif industriel breton salariés en prenant en compte l ensemble de la filière (agriculture, conseil, matériel ) 320 établissements de plus de 20 salariés Des exportations qui s élèvent à 2,8 Mds d soit 30% des exportations bretonnes Des investissements qui se montent en moyenne à 370 M par an Interface entre la production agricole et la distribution, l industrie agroalimentaire bretonne joue un rôle important au niveau régional et national. Au niveau national, la Bretagne concentre 13% du chiffre d affaires des IAA, et 15% des salariés (Agreste, 2007). Au niveau régional, les IAA emploient 35% des salariés de l industrie. Les productions animales (viande, lait, poisson), prédominantes sur le territoire breton, représentent 84% du chiffre d affaires agricole, et 70% de celui de l agroalimentaire en Bretagne. Cette spécialisation se traduit par une position de principal apporteur pour des produits tels que le poulet (un tiers de la production nationale en 2007), l alimentation animale (41%), la dinde (47%) et surtout le porc (57% des abattages) (Agreste, 2007). La Bretagne compte quatre AOC et une AOR 2. Au total, 10,5% des exploitations bretonnes produisent sous signe officiel de qualité (label rouge, AOC, IGP, bio). Le secteur agroalimentaire breton est constitué d une majorité de petits, voire très petits établissements (Tableau 1). Toutefois, l essentiel des effectifs salariés est regroupé dans les IAA de plus de 20 salariés. Au niveau national, la proportion d entreprises de moins de 20 salariés ou de moins de 5 millions d euros de chiffre d affaires atteignait deux tiers en Ces entreprises représentaient 8% des salariés, et 5% du chiffre d affaires de l agroalimentaire (Agreste, 2007). Tableau 1 : répartition des établissements et des salariés par taille d entreprise en 2007 Nombre Nombre de salariés % % salariés Etablissements 3 de plus de 20 salariés ,5% 92,0% - plus de 750 salariés ,0% 32,4% - entre 250 et 750 salariés ,6% 31,8% - moins de 250 et plus de 20 salariés ,0% 27,9% Micro-IAA (moins de 20 salariés) 1 040* ,5% 8,0% Source : Observatoire économique des IAA de Bretagne, * : estimation CRMAB Si l on s intéresse à la taille des établissements, la Bretagne se distingue de la moyenne des régions de province par sa plus forte proportion de salariés travaillant dans des établissements de grande taille (Figure 1). Plusieurs établissements peuvent appartenir à la même entreprise ; le travail initié par l Observatoire Economique des IAA de Bretagne devrait nous indiquer le nombre de PME au sens européen du terme. 2 AOC : Appellation d Origine Contrôlée ; AOR : Appellation d Origine Réglementée 3 L établissement est une unité de production géographiquement individualisée, mais juridiquement dépendante de l entreprise. Définition INSEE 8 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

9 Répartition des effectifs par taille d'établissement au 31/12/2005 IAA Bretagne IAA France industrie Bretagne et + 0% 20% 40% 60% 80% 100% Figure 1 : répartition des effectifs par taille d établissement Source : INSEE Les entreprises agroalimentaires bretonnes sont dans leur immense majorité concurrentes, à l exception des quelques entreprises spécialisées dans la production de produits alimentaires intermédiaires qui dépendent de leurs clients industriels. L interdépendance des entreprises est très faible. Les difficultés d une entreprise ne se répercutent donc pas, ou seulement faiblement sur les autres. Les groupes sont très présents dans l agroalimentaire breton, et employaient 88,1% des l effectif en 2004 (INSEE). Parmi ces 88,1%, 78,9% étaient gérés par un groupe français, 9,2% par un groupe étranger. Au niveau national, en 2006, 50% des effectifs de l agroalimentaire étaient gérés par un groupe français, et 22% par un groupe étranger. La plus faible dépendance de la Bretagne par rapport à l extérieur peut s expliquer par l origine bretonne d une partie des groupes, et par la forte proportion de coopératives, plus liées au territoire. En 2007, la coopération bretonne employait salariés (amont et aval confondu, Coop de France Ouest). Pour résister à la concurrence, s adapter à la disparition des mécanismes de soutien des marchés, et disposer de plus de pouvoir face à la distribution, les entreprises agroalimentaires tendent à s allier ou à se regrouper. Dans ce contexte, le maintien des centres de décision sur le territoire breton risque d évoluer. Même si elle est moins touchée que d autres filières, l industrie agroalimentaire bretonne est affectée par la crise économique, ainsi que par les crises connues par les différentes filières agricoles. La fermeture ou la délocalisation d outils industriels, et donc d emplois, pourraient s avérer irréversibles. Comme lors des précédentes crises, la filière agroalimentaire bretonne devra montrer sa capacité à «rebondir» et à s adapter si une nouvelle crise survenait. Au vu de l état des lieux de la filière agroalimentaire bretonne annexé au présent contrat (annexe 1), les signataires ci-dessous ont jugé nécessaire de définir dans le cadre du présent contrat les orientations privilégiées qui doivent conduire à la mise en place d actions en faveur de l industrie agroalimentaire bretonne. Entre les soussignés : La Région Bretagne, Située 283 avenue du Général Patton, CS , Rennes Cedex 7, Représentée par M. Jean-Yves LE DRIAN agissant au nom et en sa qualité de Président du Conseil Régional, Ci-après dénommée «la Région», et L Etat, Situé 3, rue Martenot, Rennes, Représenté par M. Michel CADOT, agissant au nom et en sa qualité de Préfet de Bretagne, Ci-après dénommé «l Etat», et L Association Bretonne des Entreprises Agroalimentaires, Située Technopôle Atalante Champeaux, Rond-point Maurice Le Lannou, Rennes Cedex, Représentée son Président Olivier CLANCHIN, Ci-après dénommée «l ABEA», et Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 9

10 La Chambre Régionale d Agriculture de Bretagne, Située Maison de l'agriculture, Technopôle Atalante Champeaux, Rond-point Maurice Le Lannou, Rennes Cedex, Représentée par son Président Jacques JAOUEN, Ci-après dénommée «la CRAB», et Coop de France Ouest, Situé 104 rue Eugène Pottier, Rennes Cedex, Représentée par son Vice-Président Georges GALARDON, Ci-après dénommée «Coop de France Ouest», et Le pôle de compétitivité VALORIAL, Située à Agrocampus, 65 rue de Saint Brieuc, Rennes Cedex, Représenté par son Président Michel HOUDEBINE, Ci-après dénommée «VALORIAL», et L Association des Fabricants d Aliments du Bétail, Située Maison de l'agriculture, Technopole Atalante Champeaux, Rue Maurice le Lannou, CS 14226, Rennes Cedex Représentée par son Président Hervé VASSEUR, Ci-après dénommée «l AFAB», et L Association pour le Développement de l Emploi et de la Formation dans les Industries Agroalimentaires de Bretagne, Située Atalante Champeaux, Rond-point Maurice Le Lannou, Rennes Cedex, Représentée par son Président Jean CLANCHIN, Ci-après dénommée «l ADEFIA», et La Chambre Régionale de Commerce et d Industrie de Bretagne, Située 1 rue du Général Guillaudot, Rennes Cedex, Représentée par son Président, Jean-François LE TALLEC, Ci-après dénommée «la CRCI», et La Chambre Régionale de Métiers et de l Artisanat de Bretagne, Située Campus de Ker Lann, Contour Antoine de Saint Exupéry, BRUZ Cedex, Représentée par son Président Jean-Claude MOY, Ci-après dénommée «la CRMAB», et L Union Régionale de la Confédération Française Démocratique du Travail de Bretagne, Située 17 quai Chateaubriand, Rennes, Représentée par son Secrétaire Régional Louis BARON, Ci-après dénommée «l UR CFDT Bretagne», etet L Union Régionale de Force Ouvrière de Bretagne, Située 35 rue d Echange, Rennes, Représentée par le secrétaire générale de l UD FO 22 Eric LE COURTOIS, pour la coordination régionale FO Bretagne, Ci-après dénommée «l UR FO Bretagne», et L Union Régionale de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens de Bretagne, Située 158 rue de Nantes, Rennes, Représentée par son Président Jean COLLET, Ci-après dénommée «l UR CFTC Bretagne», et L Union Régionale de la Confédération Française de l Encadrement Confédération Générale des Cadres de Bretagne, Située 18 rue Chicognée, Rennes, Représentée par son Président Michel SEYDOU, Ci-après dénommée «l UR CFE-CGC Bretagne», 10 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

11 Il a été convenu les dispositions suivantes : Article 1 OBJET DU CONTRAT Par la présente convention, les signataires affirment leur volonté de maintenir et de renforcer la compétitivité de la filière agroalimentaire bretonne en travaillant en priorité sur les trois thématiques suivantes : - «emploi et formation», - «transport et logistique», - «mieux vendre pour mieux rémunérer l ensemble de la filière». Ils considèrent qu il est nécessaire d atteindre les objectifs présentés dans le contrat, et s engagent à agir en ce sens : - en participant à la mise en place d actions permettant d atteindre les objectifs, lorsque celles-ci relèvent de leurs compétences, - en participant aux réunions du comité de pilotage et/ou du comité technique du contrat de filière. Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 11

12 Article 2 SYNTHESE ET OBJECTIFS 1. EMPLOI ET FORMATION Employeur d un tiers de l effectif salarié de l industrie bretonne, répartie sur l ensemble du territoire, et notamment en zone rurale, l agroalimentaire est un secteur majeur en terme d emploi en Bretagne. Dans cette industrie, la proportion d ouvriers, qualifiés ou non, est de 77%, ce qui est supérieur à la moyenne des industries bretonnes (66%). A l inverse, le taux d encadrement est faible (17% en 2005, contre 26% en moyenne dans l industrie bretonne). Les femmes représentent 43% des salariés, taux plutôt élevé pour l industrie. Elles sont surreprésentées dans les postes d ouvriers non qualifiés, mais encore peu présentes dans les emplois de cadres. Les PME ou petits établissements de l agroalimentaire ne possèdent pas toujours un effectif suffisant pour disposer d une personne dédiée à la gestion des ressources humaines. Ceci peut avoir des conséquences négatives sur la gestion prévisionnelle de l emploi et des compétences, l accueil, l insertion, la formation, ou le développement du dialogue social. Une structuration plus importante de la fonction RH, via la création ou la mutualisation de moyens, la vulgarisation de la gestion prévisionnelle de l emploi et des compétences, la mise en place d indicateurs et l amélioration de la reconnaissance des instances représentatives du personnel devraient permettre aux entreprises bretonnes de maintenir leur compétitivité et renforcer l attractivité du secteur. Une partie des productions étant liées aux cycles agricoles ou aux périodes de consommation, le recours au personnel intérimaire est important (environ 1 salarié sur 10). Au-delà de ces chiffres, il est difficile de caractériser cette population, faute de données concernant les qualifications ou les compétences. Dans le contexte actuel de crise, on observe de nombreux regroupements, rapprochements et fusions. L agroalimentaire se distingue en affichant un volume de projets de recrutements stable, alors que la plupart des autres secteurs affichent des diminutions nettes. La pyramide des âges des salariés des IAA bretonnes présente une structure proche de la moyenne nationale. Le taux d emploi des salariés de plus de 50 ans de l agroalimentaire en Bretagne (15%) est plus faible que celui de l ensemble du secteur industriel français (23%). Cette valeur est notamment liée à l existence de départs anticipés dans les métiers de production. Dans le domaine de la gestion des âges, il existe une grande diversité de situations et d enjeux selon les productions et les entreprises. Ainsi, dans certaines entreprises, des salariés en fin de carrière gèrent des activités stratégiques. Il est nécessaire d anticiper leur remplacement, sous peine de perdre des compétences. Par exemple, dans l industrie laitière, on assiste ainsi à un vieillissement des équipes d encadrement. Dans le même temps, la population active française vieillit et la durée de vie professionnelle doit s allonger progressivement. Les industries agroalimentaires, comme les entreprises des autres secteurs, vont donc devoir travailler avec des salariés plus âgés, dans un contexte où il n existe plus de dispositifs publics de départs anticipés à la retraite. Cette évolution impactera en particulier les entreprises qui emploient un nombre important de salariés d âge intermédiaire (30-45 ans), profil fréquent dans les IAA bretonnes. Les métiers de production des IAA sont souvent associés à des contraintes physiques (manutention manuelle, gestes répétitifs à cadence élevée, travail au froid, etc...), potentiellement génératrices de TMS 4. Ceux-ci constituent la première cause de maladie professionnelle en Bretagne et en France. Ils sont notamment recensés dans le secteur agroalimentaire. Le taux d accident du travail de l agroalimentaire est plus élevé que la moyenne bretonne, surtout dans le secteur des viandes. Parallèlement, des démarches d amélioration de la qualité de vie au travail sont actuellement mises en œuvre. L automatisation des tâches est également un facteur de progrès, surtout lorsque la conception des lignes de production prend en compte le facteur humain, la prévention des risques professionnels, la maintenance préventive et la gestion des pannes. D autres contraintes, telles que les horaires et l accessibilité des entreprises par les moyens de transport, influent sur l attractivité des métiers des IAA, notamment auprès des femmes. Progressivement, des technologies et des modes d organisation nouveaux sont mis en place dans les IAA, à des vitesses variables selon les entreprises. La performance industrielle et la qualité de vie au travail peuvent être améliorées par la diffusion des pratiques des entreprises leaders au sein des réseaux d entreprises : enrichissement des tâches, décloisonnement des fonctions, autonomie dans le travail, organisation... L image des métiers de l agroalimentaire est assez contrastée. En interne, les salariés considèrent plutôt positivement leur métier, et se montrent fiers de présenter leur poste et leur parcours lors de rencontres avec 4 Troubles Musculo-Squelettiques 12 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

13 des lycéens. En externe, ces métiers sont peu connus des ans, et plus particulièrement des élèves des filières générales. Ils sont jugés assez négativement par les prescripteurs (enseignants, conseillers d orientation, Pôle Emploi), à qui ils semblent peu techniques et moins rémunérateurs que d autres métiers industriels. Cette méconnaissance se traduit par des difficultés à attirer les jeunes dans des formations qualifiantes et à fidéliser les salariés. Il semble nécessaire de montrer davantage la diversité des métiers du secteur, et surtout d identifier et de valoriser les compétences mises en œuvre par les salariés. Des actions de communication existent (rendez-vous lycéens, portail des métiers, etc.). Pour que celles-ci soient efficaces, il paraît nécessaire de mieux accompagner les entreprises. Une fois les salariés recrutés, leur fidélisation dans le secteur peut passer par des actions d intégration, d accompagnement et d amélioration des conditions de réalisation du travail, puis par la formation continue. Celle-ci peut permettre de changer de poste, de métier, voire de «rebondir» si l entreprise connaît des difficultés. Par ailleurs, les formations en alternance, qui permettent aux jeunes de découvrir l entreprise tout en se formant, mériteraient d êtres développées dans les IAA pour favoriser l intégration et la fidélisation de ces jeunes. Les évolutions enregistrées dans le secteur agroalimentaire (nouvelles technologies, changements d organisation, etc.) génèrent de nouveaux besoins de compétences. Pour y répondre, les dispositifs de formation devront prendre en compte les besoins et contraintes des entreprises, mais aussi les changements de comportements des salariés et des jeunes vis à vis du travail. Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 13

14 OBJECTIF (Faire quoi?) CIBLE (Pour qui?) FINALITE (Dans quel but?) PISTES D ACTIONS (Comment?) 1.1. Développer l organisation et la structuration de la fonction RH 1.1.a. Inciter les entreprises à intégrer des démarches de développement de la fonction Ressources Humaines 1.1.b. Mettre en place un plan d actions pour diffuser les pratiques de Gestion des Ressources Humaines et de Gestion Prévisionnelle de l Emploi et des Compétences IAA bretonnes le nécessitant (en prenant en compte la diversité des tailles d entreprises / établissements) IAA bretonnes le nécessitant (en prenant en compte la diversité des tailles d entreprises / établissements) Afin de mieux prendre en compte le développement des compétences de mieux anticiper les besoins d effectifs et de compétences d améliorer les conditions d intégration et d insertion durable des salariés de mieux gérer les âges (seniors notamment) d améliorer la performance de l entreprise Promouvoir le recours à des moyens partagés S appuyer sur de nouvelles compétences, en partenariat avec l université, des réseaux d experts Vulgariser les réussites économiques et sociales liées à une meilleure gestion des ressources humaines auprès des entreprises (témoignages, réunions d information) et favoriser le partage d expériences Accompagner les entreprises dans l évaluation de leurs besoins relatifs à la fonction RH et le passage à l action Accompagner les entreprises dans la mise en œuvre d un plan d action RH, en mettant à leur disposition une boîte à outils associée à une démarche de suivi (diagnostics, formations, suivi collectif et individuel, réseaux d échange, accès à des experts ) Favoriser les échanges et les partages d expériences entre entreprises Favoriser la montée en compétences des personnes en charge des Ressources Humaines sans y avoir été formées (ex : groupes d échanges sur les pratiques) Développer des partenariats avec les organismes de formation en gestion des ressources humaines dans des IAA où cette fonction n est pas structurée 14

15 OBJECTIF (Faire quoi?) CIBLE (Pour qui?) FINALITE (Dans quel but?) PISTES D ACTIONS (Comment?) 1.2. Optimiser la performance industrielle et la qualité de vie au travail 1.2.a. Prendre en compte le facteur humain et la prévention des risques professionnels lors de la mise en place de nouveaux process ou de nouveaux équipements 1.2.b. Entreprises ayant des projets de conception industrielle (bâtiment, process, équipements, ) Afin d intégrer les aspects santé, sécurité, conditions de réalisation du travail et de la maintenance dès la conception pour une meilleure efficacité productive et qualité de vie au travail Fournir un appui aux entreprises à l aide de diagnostics ou de démarches d accompagnement Communiquer sur les aides possibles (Fonds pour l Amélioration des Conditions de Travail, soutien financier des collectivités, etc.) Articuler / conditionner les aides publiques aux entreprises à la prise en compte du facteur humain lors de la mise en place de nouveaux process de production Partager les expériences et mutualiser les bonnes pratiques, en s inspirant des autres secteurs, des autres régions ou pays à l aide d une veille Capitaliser et échanger entre entreprises (décisionnels et opérationnels) sur leurs expériences, sur les méthodes mises en œuvre ou préconisées dans ce domaine (clubs qualité de vie au travail : performance et prévention des TMS, ) Accompagner les entreprises dans la conduite du changement et dans l optimisation de leur organisation à partir de leurs contraintes propres et partager le bilan de l organisation du travail en Equipes Autonomes de Production IAA bretonnes Afin d améliorer la qualité de vie au travail d améliorer la performance et la compétitivité Dresser un bilan des 5 ans de projet sur les Equipes Autonomes de Production, le présenter à l ensemble des partenaires fin 2009 ou début 2010, et en tirer les enseignements et construire un plan d actions. Partager les expériences et mutualiser les bonnes pratiques, en s ouvrant à d autres secteurs, d autres régions, d autres pays, et en étant vigilant sur les conditions de mise en œuvre Assurer une veille sur les innovations en entreprise permettant d améliorer les conditions de travail

16 OBJECTIF (Faire quoi?) CIBLE (Pour qui?) FINALITE (Dans quel but?) PISTES D ACTIONS (Comment?) 1.3. Développer l attractivité des filières agroalimentaires et la connaissance des métiers de ces filières 1.3.a. Développer l attractivité des filières agroalimentaires et la connaissance des métiers de ces filières. Futurs salariés (collégiens, lycéens, demandeurs d emploi) Prescripteurs (enseignants, centres d information et d orientation, mission locale, pôle emploi) sur tout le territoire de la Bretagne Agences d intérim Salariés Afin de leur permettre de découvrir, de mieux connaître la palette des métiers offerts dans les IAA de montrer les évolutions récentes de ces métiers, et modifier les représentations des uns et des autres de l industrie AA et de ses métiers de développer l «appétence» pour cette filière Poursuivre les actions de communication menées jusqu à présent (rendezvous lycéens, «une industrie dans ma classe», passeport pour l intégration, Olympiades des métiers, portail de découverte des métiers et de l alternance, ) Mettre en place un groupe de réflexion consacré à l amélioration de la communication (support, message ) et à la mise en cohérence des multiples initiatives Expérimenter à une échelle réduite (département, bassin) lors de la mise en place de nouvelles actions,

17 OBJECTIF (Faire quoi?) CIBLE (Pour qui?) FINALITE (Dans quel but?) PISTES D ACTIONS (Comment?) 1.4. Connaître les besoins en compétences des IAA afin de mieux y répondre 1.4.a. Adapter les formations (initiale et continue) pour prendre en compte les besoins en compétence liés aux nouvelles technologies et à l évolution des process de production Etudiants Lycéens Apprentis Tous les salariés des IAA Afin de renforcer la compétitivité des IAA... d améliorer les conditions d intégration et de fidélisation des salariés de faciliter les évolutions professionnelles en cours de carrière Evaluer l actualité des contenus des formations diplômantes en Bretagne en termes de technologie Identifier au niveau régional les besoins en compétences et en qualification pour les métiers «sensibles» (très demandés) Accompagner les IAA dans l identification des besoins en compétences dans l entreprise et dans la mise en place d un plan d actions adéquat Promouvoir les dispositifs de formation et d accompagnement courts et modulaires (type «passeport pour l IAA») dans les petites entreprises en leur proposant une organisation adaptée Mettre en place une deuxième étape vers la certification de ces actions (Certificats de Qualification Professionnelle par ex) et utiliser également la VAE (Validation des Acquis par l Expérience) 1.4.b. Développer la formation en alternance Etudiants, demandeurs d emploi, salariés Afin de faciliter l acquisition et la transmission de connaissances et savoirsfaire en adéquation avec les besoins des entreprises Développer l information des chefs d entreprise sur les dispositifs et les aides existants (réseau de développeurs apprentissage et alternance ) Développer la fonction tutorale en entreprise Développer l offre d accompagnement des tuteurs (formation, outils, formation à distance, certification de compétences de tuteur) Développer le partage des réussites liées à l alternance

18 2. TRANSPORT ET LOGISTIQUE Avec un tiers des volumes transportés ou échangés en Bretagne, les secteurs agricoles et alimentaires constituent un client majeur pour le transport en Bretagne. La production bretonne étant majoritairement constituée de frais et d ultra-frais, il est nécessaire d acheminer fréquemment et rapidement les produits vers les zones de consommation. Le pouvoir de la grande distribution, client majoritaire des IAA bretonnes, renforce ces exigences. Actuellement, le transport routier est nettement majoritaire pour les échanges intra-régionaux et interrégionaux, avec respectivement 99,8% et 91,8% des volumes transportés en Concernant les échanges internationaux, il représente 45 % des volumes, et est plus utilisé pour les exportations. Cette suprématie de la route s explique par ses performances en termes de délais de livraison, et son caractère peu contraignant en termes de volumes. Les difficultés à trouver des transporteurs, et surtout la perspective de taxes environnementales, incitent toutefois les industriels de l agroalimentaire à envisager l utilisation d autres modes de transport. Le transport ferroviaire, surtout utilisé dans les flux interrégionaux entrants, dispose d infrastructures en bon état de fonctionnement. Toutefois, les industriels mettent en exergue les incertitudes de délais de livraison et les ruptures de charges pour expliquer qu ils n utilisent que peu ce mode de transport. Si le réseau ferré continue à être peu valorisé, il risque d être peu entretenu et, à terme, d être amputé de certains tronçons. Le transport maritime, favorisé par la présence de ports, est pour l instant plus utilisé pour l importation que pour l exportation de produits agricoles et alimentaires. Le transport aérien, avec t de produits alimentaires échangés en 2006, occupe une place négligeable dans les échanges, ce mode de transport étant principalement utilisé pour les transports de fret postal et de messagerie. La maîtrise des coûts est primordiale dans la gestion de la logistique. Deux facteurs menacent actuellement cette maîtrise : la délégation croissante de la gestion du transport et les taxes environnementales. Dans la majorité des entreprises bretonnes, la fonction transport est externalisée. Depuis une dizaine d années, on assiste à un positionnement croissant de la grande distribution sur la gestion du transport. Parallèlement, certains clients (GMS) commencent à proposer que les produits soient livrés sur des platesformes. Avec cette organisation, les industriels perdent la connaissance des modalités de gestion des flux, et surtout de postes potentiels de maîtrise des coûts. L écotaxe, et plus globalement l évolution des internalisations économiques des coûts environnementaux, génèrera une augmentation potentielle des coûts de transport, notamment routier. Par ailleurs, l étiquetage, voire la taxation des produits en fonction des émissions de CO 2 liées à leur élaboration, fera évoluer de manière importante la compétitivité du mode routier dans les systèmes de production. Cela pourrait réduire l aire géographique sur laquelle le transport à partir de la Bretagne est compétitif. La Bretagne perdrait alors en compétitivité au profit d autres territoires, voire d autres pays, le transport par bateau, puis train de produits semi-finis ou de produits finis étrangers pouvant se révéler plus «écologique» que la livraison par route à partir de la Bretagne. Les pertes de compétitivité du transport à partir de la Bretagne pourraient avoir des répercussions importantes sur le secteur breton des transports, déjà soumis à la concurrence d entreprises recrutant des chauffeurs dans les nouveaux pays de l Union Européenne. Pour s adapter à ces nouvelles contraintes, les entreprises agroalimentaires bretonnes travaillent sur plusieurs types de projets : la mise en place de navettes ferroviaires à haut niveau de service connectant la Bretagne au marché et aux plates formes logistiques du bassin parisien, ces navettes étant appuyées sur un réseau de plates-formes multimodales (qui associent au moins deux modes de transport), la mutualisation du transport (entre entreprises ou sur les ports), l évolution de la gestion du transport routier (en optimisant le remplissage des camions, ou en militant pour l autorisation de camions de 44t). Les initiatives sont nombreuses, mais peu coordonnées, et l ensemble manque de lisibilité. Une mise en commun des expériences (bretonnes ou non) et des outils serait nécessaire. Elle permettrait de mieux valoriser les bonnes idées, et de permettre à des entreprises trop petites pour être «moteur» d intégrer les démarches collectives. Enfin, le passage d un transport uniquement routier, très sûr, à un transport multimodal dont les performances sont pour l instant en développement constitue pour les entreprises une prise de risque, dont il ne faut pas négliger l importance dans les prises de décision des acteurs économiques. 18 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

19 OBJECTIF (Faire quoi?) CIBLE (Pour qui?) FINALITE (Dans quel but?) PISTES D ACTIONS (Comment?) 2.1. Permettre un développement territorialement équilibré des IAA en Bretagne 2.1.a. Développer des réseaux de transport performants et adaptés à l équilibre territorial des filières 2.1.b. IAA bretonnes Afin d assurer le maintien d un tissu d IAA sur tout le territoire d améliorer l irrigation du centre Bretagne En cohérence avec toutes les autres actions relatives au transport En réhabilitant la voie ferrée Nord-Sud «Le Légué - Saint Brieuc Loudéac - Auray» En veillant à ne pas réduire les capacités existantes du réseau ferroviaire En poursuivant le développement : o de l axe routier central o de l axe routier «triskel» (Saint Brieuc - Pontivy - Vannes/Lorient) En analysant les besoins en réseaux de transport et en adaptant les réseaux pour permettre la mise en place de services : o En encourageant la mutualisation logistique o En offrant une qualité de service répondant à des cahiers des charges définis par les IAA En réalisant un inventaire des entrepôts frigorifiques actuellement en fonctionnement et en évaluant l impact de la réglementation sur l ensemble de ces entrepôts. Développer l accessibilité numérique via des réseaux de communication performants et adaptés à l équilibre territorial des filières IAA bretonnes Afin d assurer le maintien d un tissu d IAA sur tout le territoire En poursuivant un développement numérique performant et équilibré 2.2. Encourager l intermodalité en réduisant les problématiques de rupture de charge 2.2.a. Assurer la performance des ruptures de charge entre voie maritime et voie ferroviaire 2.2.b. Simplifier et optimiser l intermodalité «fer et route» Afin de réduire les coûts d améliorer les services offerts par les modes ferroviaires et portuaires Afin de réduire les coûts d améliorer les services offerts par le mode ferroviaires En intégrant les voies ferrées portuaires au système portuaire En encourageant la mise en place de systèmes innovants

20 OBJECTIF (Faire quoi?) CIBLE (Pour qui?) FINALITE (Dans quel but?) PISTES D ACTIONS (Comment?) 2.3. Améliorer la productivité de la chaîne logistique 2.3.a. Renforcer/améliorer la performance logistique des IAA bretonnes 2.3.b. Encourager les IAA à monter des projets permettant d améliorer la performance de la chaîne logistique, et les accompagner dans la mise en œuvre de ces projets collaboratifs à des échelles territoriales adaptées 2.3.c. Améliorer la gestion des flux retours «à vide», pour tous les modes et toutes les filières Toutes les IAA bretonnes le nécessitant, avec une priorité aux PME Toutes IAA bretonnes, ou établissements bretons, dont PME, en cohérence avec les valeurs des produits IAA Ports Transporteurs Afin d améliorer l efficacité des flux des IAA, et de sécuriser les données d assurer une traçabilité sur l ensemble de la chaîne avec ses conséquences positives sur la sécurité des aliments et la gestion des risques sanitaires de permettre aux IAA de mieux répondre aux contraintes de leurs clients de faciliter les échanges d information avec les fournisseurs et les clients En incitant les IAA à connaître leur niveau de performance pour améliorer l efficacité de leur chaîne logistique En définissant un faisceau d indicateurs communs à l ensemble des IAA afin qu elles puissent mesurer leurs performances et s étalonner En proposant des audits basés sur un référentiel et permettant aux IAA : o de mesurer leur niveau de performance et d'identifier les pistes d'amélioration, o d identifier et de diffuser les meilleures pratiques, o d homogénéiser leurs pratiques, o de se situer par rapport aux autres entreprises et de s inspirer des pratiques performantes d autres secteurs d activité (= «benchmarking»). En proposant des formations à la logistique destinées spécifiquement aux salariés des IAA, afin de leur permettre de monter en compétences En accompagnant les IAA dans le déploiement de systèmes informatiques / logistiques performants En privilégiant la mise en place d actions collaboratives inter-entreprises permettant de réduire les charges et les coûts liés à la logistique En commençant par recenser les nombreux projets industriels en gestation ou en cours de structuration (stockage, mutualisation de transport, d informations ). Puis en se regroupant autour d une réflexion commune et en proposant des solutions de rapprochement pertinentes, et/ou en massifiant les projets En qualifiant et quantifiant, autour de chaque projet de mutualisation d industriels : o les flux (intra, export, import), o la dépendance des IAA vis-à-vis du coût des modes de transport, o les services de transport nécessaires (intra, export, import), o les systèmes d information pertinents dans le contexte du projet. Mode routier : en identifiant les flux entrants (achats matières premières, emballages ) Mode maritime : en identifiant les flux circulant et les possibilités de bourse d affrètement

21 OBJECTIF (Faire quoi?) CIBLE (Pour qui?) FINALITE (Dans quel but?) PISTES D ACTIONS (Comment?) 2.4. Améliorer le bilan CO2 du transport des produits agroalimentaires bretons et encourager des schémas logistiques «durables» 2.4.a. Encourager les mutualisations logistiques à des échelles territoriales adaptées, et en cohérence avec la valeur ajoutée des produits Afin de gagner en compétitivité d accroître la capacité de négociation avec les GMS de s adapter aux évolutions réglementaires de mieux maîtriser les coûts En qualifiant et quantifiant, autour de chaque projet de mutualisation d industriels : o les flux (intra, export, import), o la dépendance des IAA vis-à-vis du coût des modes de transport, o les services de transport nécessaires (intra, export, import), o les systèmes d information pertinents dans le contexte du projet. En accompagnant les industriels dans la mise en œuvre de ces projets 2.4.b. d identifier le gain en émissions de CO2 Encourager des schémas logistiques intégrant le mode ferroviaire pour les flux de produits alimentaires sous température dirigée En qualifiant et quantifiant les flux et en construisant un cahier des charges des services nécessaires En mettant en place les systèmes d intermédiation nécessaires / en suscitant une offre chez les commissionnaires de transport 2.4.c. Encourager des schémas logistiques intégrant le mode ferroviaire et le mode maritime pour tous les flux de produits En identifiant les flux circulant par mode maritime et les possibilités de bourse d affrètement En qualifiant et quantifiant les flux et en construisant un cahier des charges des services nécessaires En mettant en place les systèmes d intermédiation nécessaires / en suscitant une offre chez les commissionnaires de transport En mesurant la réduction d émission de CO2 liée à l utilisation de ces modes de transport et en valorisant cette donnée

22 3. «INNOVER ET MIEUX VENDRE POUR MIEUX REMUNERER L ENSEMBLE DE LA FILIERE» Les prix de l alimentation sont au centre de nombreuses discussions, et les français ont régulièrement arbitré pour réduire leurs dépenses alimentaires en faveur d autres postes comme le logement. Le contexte économique difficile impacte les achats des consommateurs. Sur l année 2008, les volumes de ventes nationales ont baissé de 2%. Dans un contexte où distributeurs et consommateurs exercent une forte pression sur les prix et les marges, et pour éviter une déflation à tous les échelons de la filière, l amélioration des ventes est un outil essentiel. Comment anticiper les besoins et attentes des consommateurs au sortir de la crise et y répondre? Comment prévoir? Par ailleurs, la concurrence étant aiguisée, les entreprises agroalimentaires bretonnes sont peu enclines à mutualiser certains aspects de leur activité. Pourtant, la mutualisation peut être un outil fort pour minimiser les risques, réduire les charges, améliorer les performances, réduire les coûts, être plus compétitif et pérenne, etc Des liens forts existent entre la production agricole bretonne et les industriels de la transformation. Le manque de données concernant les flux de matières premières (en dehors du domaine coopératif) ne nous permet pas de qualifier précisément ce lien amont-aval, ni de connaître son évolution, et laisse la place à des questions et inquiétudes sur sa pérennité. Néanmoins, il est certain que plus de la moitié des matières premières transformées en Bretagne sont issues de l agriculture bretonne. Tout affaiblissement du lien amont-aval qui a fait la force de la construction du complexe agro-industriel breton pourrait mettre en péril deux secteurs d activité majeurs pour la Bretagne : l agriculture qui perdrait ses clients et l agroalimentaire qui pourrait être tenté à terme par la délocalisation vers les grands bassins de consommation. Les marchés français sur lesquels les entreprises bretonnes interviennent sont très concurrentiels, mûrs, et globalement stables, à l exception du marché des viandes qui subit un net recul. Celui-ci provient d une baisse d achats des consommateurs, en particulier des jeunes. Les marchés export sont également très «bataillés» ; les exportations bretonnes, comme les exportations françaises sont en recul sur les premiers mois Comment les industriels peuvent-ils reconquérir les marchés export? Les Français, régulièrement sondés par des sociétés d études expriment un intérêt fort et croissant pour les questions de santé et sont préoccupés par le réchauffement climatique. Le circuit de commercialisation des GMS (grandes et moyennes surfaces) est un circuit majeur. Les chiffres d affaires des enseignes témoignent de leur puissance (exemple, Carrefour avec 87 milliards d euros de CA). Le hard discount a connu un fort développement et obtient en 2008, 14,3% de parts de marché de la grande distribution. D autres marchés et circuits de commercialisation existent, comme la restauration hors domicile ou les circuits courts, qui semblent connaître un fort développement. En l absence de données, il est difficile d estimer le poids des circuits courts. La dernière loi mise en place par l Etat (la LME, loi de modernisation de l économie) vise à faire baisser les prix des produits en favorisant la concurrence. L Etat a également créé un «observatoire des prix et des marges» des produits alimentaires. En plus du suivi mensuel des prix, cet observatoire a publié des travaux sur la répartition des marges dans les filières porc et lait. La question de l inflation des biens de consommation est au centre des débats. Il apparaît un déficit de structuration des fonctions «marketing et commercial» et «recherche et développement» dans certaines entreprises. Or, ces fonctions sont essentielles pour les entreprises bretonnes qui sont confrontées à une concurrence ardue, dans la mesure où elles permettent : - de détecter les marchés porteurs de demain en analysant les marchés, les comportements et attentes des consommateurs, - de développer les produits pertinents dans ces contextes, - de réduire les risques d échec, - de mettre en place des stratégies de commercialisation adaptées pour générer des marges. L objectif est de contribuer à maintenir les centres de décision des entreprises sur le territoire breton. 22 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

23 OBJECTIF (Faire quoi?) CIBLE (Pour qui?) FINALITE (Dans quel but?) PISTES D ACTIONS (Comment?) 3.1. Innover et mieux vendre pour mieux rémunérer l ensemble de la filière 3.1.a. Poursuivre le dynamisme de la Bretagne en termes de recherche et de développement 3.1.b. Anticiper les tendances de marché 3.1.c. Contribuer à renforcer les compétences marketing et commerciales Structures d interface Pôle VALORIAL IAA bretonnes Organismes de recherche PME et entreprises médianes Dirigeants (et cadres) des IAA bretonnes Afin de favoriser l émergence de produits, services et process innovants, de renforcer la compétitivité des IAA bretonnes de stimuler et sécuriser le processus d innovation (amont et aval) Afin de les «inspirer» pour innover et de sécuriser leurs projets innovants Afin de contribuer à améliorer les marges et les ventes (développement des parts de marché) En cohérence avec le Schéma Régional de l Innovation En comprenant comment les entreprises sont organisées dans le domaine de l innovation et comment naissent les innovations dans l entreprise afin de répondre au mieux aux spécificités de l entreprise En soutenant «l innov acteur» (le correspondant innovation globale) dans l entreprise et en créant une dynamique de réseau entre ces relais. En soutenant les projets industriels innovants des entreprises : - projets collaboratifs de recherche - projets individuels En apportant un appui aux entreprises dans la structuration de leur démarche d innovation (Réseau Breton de l Innovation) En permettant de développer les complémentarités entre R&D, marketing, service commercial et la production. En définissant une stratégie visant à protéger l innovation (charte de bonnes pratiques, brevets, marques, labels, etc.) En soutenant le réseau des structures d interface En facilitant l émergence de plates-formes technologiques et la mise en place d incubateurs (Emergys pour la Région), et en sensibilisant les IAA aux outils technologiques régionaux de pointe En accompagnant les entreprises dans leur démarche d anticipation : décryptage des tendances de consommation, de l évolution des marchés porteurs et des conditions d accès à ces marchés, des concepts émergeants et des stratégies des acteurs de la filière En reconduisant l action collective «Vendre Mieux» (avec prise en compte des promotions et des problématiques spécifiques aux entreprises avancées dans ce domaine), et plus généralement en reconduisant l accompagnement des IAA sous forme d actions collectives et en favorisant les démarches collaboratives En apportant un soutien individuel au renforcement commercial et marketing des IAA En facilitant l accès des entreprises à des données relatives aux marchés

24 OBJECTIF (Faire quoi?) CIBLE (Pour qui?) FINALITE (Dans quel but?) PISTES D ACTIONS (Comment?) 3.1. Innover et mieux vendre pour mieux rémunérer l ensemble de la filière 3.1.d. Asseoir et valoriser l image de la Bretagne 3.1.e. Maîtriser les impacts environnementaux des IAA bretonnes Consommateurs, distributeurs, clients, investisseurs et entreprises, au niveau local, national et international IAA bretonnes et leurs fournisseurs bretons Afin de renforcer l attractivité des produits bretons et du territoire breton Afin de réduire l impact de la production sur l environnement de ne pas se laisser surprendre par les contraintes réglementaires, de pouvoir participer à leur élaboration, de limiter les charges (énergie, eau, etc ), et d améliorer les marges. En se basant sur les travaux en cours de la Région Bretagne, l AEB et du Comité Régional du Tourisme sur l image de la Bretagne pour définir des pistes actions, mettre en place un marketing territorial et une réflexion sur les marques avec des outils adaptés En s appuyant sur les expériences et démarches collectives (telles que «Produit en Bretagne» ou Isogone), et en recherchant l articulation et la cohérence des différentes démarches En mettant en place un / des outil(s) de communication spécifique pour la filière agroalimentaire bretonne : - accompagnement collectif ou individuel des IAA bretonnes participant à des salons En mettant en avant l exemplarité des IAA bretonnes dans les domaines de la sécurité des aliments, de la traçabilité et de la maîtrise de leur impact environnemental En accompagnant les entreprises / organisations dans la «certification» (signes officiels de qualité, normes internationales, etc ) et la communication sur ces certifications En rendant plus lisible aux entreprises l offre existante dans ce domaine En facilitant la réalisation de bilans carbone entreprise (en particulier dans les TPE-PME) En mettant en place une action collective de réalisation de diagnostics relatifs au management de l énergie En mettant en place une action sur l éco-conception En mettant en place une action sur l impact environnemental des emballages Se référer également aux pistes d actions de la thématique «transportlogistique»

25 OBJECTIF (Faire quoi?) CIBLE (Pour qui?) FINALITE (Dans quel but?) PISTES D ACTIONS (Comment?) 3.1. Innover et mieux vendre pour mieux rémunérer l ensemble de la filière 3.1.f. Promouvoir la Bretagne comme terre d innovation en nutrition-santé IAA et amont agricole de toutes les filières (en prenant en compte les spécificités des filières) Afin de dégager de la valeur ajoutée pour les entreprises et innovations, et contribuer au développement de nouveaux segments de marchés En accompagnant les IAA : - dans la mise en œuvre de l étiquetage nutritionnel - dans le développement d aliments «santé» - dans le développement d allégations nutritionnelles et de santé En soutenant le développement du réseau de compétences scientifiques en nutrition En construisant un évènement phare en nutrition santé En soutenant des projets de filière en nutrition-santé En créant une veille sur l acceptabilité des innovations en nutrition-santé En participant à du lobbying pré-réglementaire et en se mobilisant dans des réseaux européens En soutenant le développement des IAA à l international sur l axe nutrition-santé : participation à des projets européens, reconnaissance des innovations selon les réglementations des pays étrangers 3.1.g. Développer l internationalisation des IAA bretonnes En optimisant et en poursuivant les actions existantes, en intégrant les problématiques spécifiques de l agroalimentaire dans les actions En promouvant les démarches collaboratives En proposant aux entreprises souhaitant exporter un accompagnement par des experts sur les aspects juridiques et sur la sécurisation des paiements En facilitant la veille sur la concurrence et la réglementation internationales En faisant de l agroalimentaire une filière cible des acteurs bretons de l accompagnement à l international

26 Article 3 DUREE DE LA CONVENTION Le contrat de filière de l industrie agroalimentaire s inscrit dans une logique de programmation triennale. Il prend effet à compter de la date de signature par l ensemble des parties et ce pour une durée de trois ans. Article 4 INSTANCES DE PILOTAGE ET DE SUIVI Le mode de fonctionnement ci-dessous est conçu pour améliorer l information mutuelle sur les projets mis en œuvre, sans retarder leur lancement. A. COMITE DE PILOTAGE Le comité de pilotage est l organe politique du contrat de filière de l industrie agroalimentaire. Il se réunit au moins une fois par an. Le comité de pilotage : - veille à la mise en application du contrat de filière, - définit les grandes orientations annuelles, - sur la base du bilan présenté par l animateur de la filière, il évalue la politique de filière, et la réoriente si nécessaire. Le comité de pilotage est composé : - des Présidents de chacune des organisations signataires, ou de leur représentant, - du préfet de Bretagne ou de son représentant, - d un représentant de l Agence Economique de Bretagne, qui est invité à y participer. Le comité de pilotage est présidé par le Président du Conseil Régional de Bretagne ou par son représentant. B. COMITE TECHNIQUE Le comité technique est l organe de suivi du contrat de filière de l industrie agroalimentaire. Il se réunit au moins deux fois par an. Le comité technique a pour missions : - d assurer le suivi des actions (calendrier, etc ), - de préparer les bilans annuels, à partir des éléments fournis par les partenaires, - de préparer les réunions du comité de pilotage, - de proposer au comité de pilotage des indicateurs globaux de suivi du contrat de filière. Si nécessaire, des groupes techniques pourront être constitués sur la base du comité technique. Le comité technique est composé : - des représentants des services concernés de la Région Bretagne, - des représentants des services concernés de l Etat, - des représentants de chaque organisation signataire de la présente convention, - de l animateur du contrat de filière de l agroalimentaire. Il peut être élargi afin d intégrer les organismes et organisations impliqués dans la mise en œuvre des actions. Le comité technique est animé par la Région Bretagne. 26 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

27 Article 5 - AVENANT Toute modification des termes de la présente convention fera l objet d un avenant écrit conclu dans les mêmes formes et conditions que la présente convention, sans que cette modification ne puisse remettre en cause les objectifs généraux définis à l article 1. Article 6 EVALUATION ET CONTROLE Un rapport annuel, réalisé à l initiative de l animateur à l aide d éléments fournis par les partenaires, sera transmis au comité de pilotage. Il présentera notamment des indicateurs par action, définis dans les conventions par projet, et des indicateurs globaux. Ce rapport contribuera à l évaluation annuelle du contrat de filière. Des actions correctives pourront être décidées par le comité de pilotage au vu de cette évaluation. Article 7 COMMUNICATION Les signataires s engagent à communiquer de façon conjointe, et à se tenir mutuellement informés des actions de communication envisagées dans le cadre du contrat de filière. Les conditions d utilisation de données jugées confidentielles seront définies au cas par cas dans les conventions par action. Article 8 CLAUSE DE RESILIATION La résiliation peut intervenir par dénonciation de la présente convention, notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception, par l'une des parties selon les modalités énoncées ci-après, notamment en cas de non-respect de ses engagements contractuels par l une des parties. La résiliation de la convention sera effective à l'issue d'un délai de préavis d'un mois commençant à courir à compter de la notification de la mise en demeure, sauf si dans ce délai : - les obligations citées dans la mise en demeure ont été exécutées ou ont fait l'objet d'un commencement d'exécution, - la non-exécution des obligations contractuelles est consécutive à un cas de force majeure. Dans l hypothèse d une résiliation de la convention à l égard de l une des parties, la présente convention continuera à produire des effets de droit à l égard des autres parties. Article 9 REGLEMENT DES LITIGES En cas de litige relatif à l interprétation ou à l exécution de la présente convention, les parties s efforceront de rechercher un accord amiable. En cas de désaccord persistant, le litige sera porté à l appréciation du tribunal administratif de Rennes. Par ailleurs, les parties se portent fort des éventuels litiges pouvant être générés par leurs activités dans le cadre du présent contrat vis-à-vis de tiers. La Région Bretagne, l Etat, l ABEA, la CRAB, Coop de France Ouest, VALORIAL, l AFAB, l ADEFIA, la CRCI, la CRMAB, l UR CFDT Bretagne, l UR CGT Bretagne, l UR FO Bretagne, l UR CFTC Bretagne et l UR CFE-CGC Bretagne, s engagent à les régler par leurs propres moyens. Article 10 - EXECUTION Les Présidents du Conseil régional, de l ABEA, de la CRAB, de Coop de France Ouest, de VALORIAL, de l AFAB, de l ADEFIA, de la CRCI, de la CRMAB, de l UR CFDT Bretagne, de l UR CGT Bretagne, de l UR FO Bretagne, de l UR CFTC Bretagne et de l UR CFE-CGC Bretagne et le Préfet de Bretagne sont tenus, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution de la présente convention. Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 27

28 Fait à Rennes en 14 exemplaires originaux Le 4 juin Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

29 ANNEXE 1 - Etat des lieux de la filière agroalimentaire bretonne A. EMPLOI ET FORMATION DANS LES IAA 1. UNE ACTIVITE PREPONDERANTE AU SEIN DE L ECONOMIE REGIONALE L industrie agroalimentaire regroupe plusieurs activités : les viandes (boucherie, plats préparés, volaille), le lait (beurre, fromage, produits frais), les poissons, les aliments pour animaux et l alimentaire divers (dont fruits et légumes). Avec un chiffre d affaires de 16 milliards d euros en 2008, l agroalimentaire breton représente 13% du chiffre d affaires national, situant ainsi la Bretagne à la première place de l agroalimentaire français (CRAB, 2009). Les IAA constituent le premier secteur industriel en Bretagne puisqu elles représentent 40% des entreprises, et plus du tiers des emplois de l ensemble de l industrie. Le poids de l ensemble du secteur au sein de l industrie bretonne est près de trois fois supérieur au niveau national, d où un indice de spécialisation très élevé 5. Début 2009, le secteur des IAA (entreprises de moins de 20 salariés comprises) compte établissements (source : CRCI) contre un an plus tôt, soit une diminution de 4%. L effectif salarié s élève à au 1er janvier Si l on exclut les entreprises de moins de 20 salariés, le secteur représente 320 entreprises et salariés 7 en Compte tenu de l importance de l élevage au sein de l agriculture bretonne, les industries des viandes arrivent en première position en termes d activité et d emploi, avec plus de la moitié des effectifs salariés du secteur. Cette activité est présente partout en Bretagne, mais on relève toutefois une relative surreprésentation du Morbihan étant donné l importance de la filière volaille dans ce département. L industrie de la volaille connaît de sérieuses difficultés, alors que l industrie des viandes de boucherie et les préparations industrielles à base de viandes se portent mieux malgré les crises. L industrie du lait arrive en deuxième position, loin derrière les viandes cependant, avec environ 10% des effectifs salariés de l agroalimentaire Cette activité est relativement concentrée en Ille et Vilaine ainsi que dans le Finistère. C est un secteur qui crée relativement peu de richesse puisque, avec 12,7% en 2007, il enregistre l un des taux de valeur ajoutée les plus faibles de l industrie agroalimentaire régionale. Vient ensuite l industrie du poisson, qui occupe 9% des salariés du secteur et enregistre un indice de spécialisation particulièrement élevé, avec 6,88. Ce sont le Finistère et le Morbihan qui se partagent l essentiel de l activité, avec près de 90% des effectifs salariés. a. Une tendance à la concentration Sur les établissements de l agroalimentaire (sens large) recensés en Bretagne, 83% d entre eux emploient moins de 10 salariés. A l opposé, on dénombre 75 établissements de plus 200 salariés et 182 qui ont entre 50 et 199 salariés. Ainsi, l IAA se caractérise, à la fois, par la prépondérance de petits établissements ainsi que par la présence de grandes et de très grandes entreprises aussi bien de type privé que coopératif. Cet équilibre est cependant bousculé par une tendance forte à la concentration du secteur favorisant les structures de grande taille afin de peser sur des marchés fortement concurrentiels. Après un fort mouvement de concentration entre 1997 et 2002, la période a connu une deuxième vague de rachats et d absorptions. La cession de l activité volailles d Unicopa à Terrena, l alliance de Gad, Prestor avec la branche 5 Rapport entre le poids du secteur dans l industrie bretonne et le poids du secteur dans l industrie française en termes d effectifs salariés (Source CLAP) 6 Source INSEE Estimations d emploi pour l ensemble des IAA, y compris établissements de moins de 20 salariés. 7 Source : Enquête Annuelle des Entreprises Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 29

30 de production de porcs de Cecab, le rapprochement des coopératives Arca et Cooperl ou encore l absorption de Socopa par Bigard sont quelques exemples de l accélération de cette concentration des deux dernières années. A noter que les mouvements de fusion/acquisition, qui conduisent inéluctablement à la réduction du nombre d entreprises, n impliquent pas forcément la diminution du nombre d établissements. Ils peuvent toutefois avoir des conséquences sociales. b. Un secteur stratégique en termes d aménagement du territoire Pilier de l économie bretonne, l agroalimentaire joue également un rôle essentiel en termes de développement territorial. Ainsi, contrairement aux autres industries qui se situent principalement autour des grandes agglomérations, l agroalimentaire est présent de façon assez homogène sur l ensemble du territoire régional, contribuant au dynamisme économique des zones rurales (Figure 2 et Figure 3). Répartition des effectifs salariés des établissements de 20 salariés ou plus Morbihan 30% Côtes d'armor 22% Ille-et- Vilaine 22% Finistère 26% Figure 2 : répartition des effectifs salariés des IAA entre les départements bretons Source : DRAAF AGRESTE EAE 2007 Figure 3 : part des emplois agroalimentaires dans l emploi total sur le territoire breton Source : CRAB, STRUCTURE ET EVOLUTION DES EMPLOIS a. Une prépondérance de l industrie des viandes L ensemble du secteur agroalimentaire représente un total de emplois salariés (INSEE 2006, cité par l Observatoire économique des IAA de Bretagne). Les industries des viandes arrivent en première position, avec la moitié des emplois salariés. L industrie laitière arrive en seconde position, avec 10%. Viennent ensuite l industrie du poisson suivie de la production de fruits et légumes et de la fabrication d aliments pour animaux. Si l on ne retient que les entreprises de plus de 20 salariés, soit un total de salariés, le classement apparaît quelque peu différent : ainsi, derrière l industrie des viandes et l industrie du lait, arrivent la fabrication d aliments pour animaux en troisième position suivie de l industrie des fruits et légumes puis de l industrie du poisson (Figure 4). 30 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

31 Répartition de l'effectif salarié 2007 (hors intérim) par secteur Industrie des fruits et légumes ; 7% Fabrication d'aliments pour animaux ; 9% Boulangerie pâtisserie, pâtes ; 7% Industrie du poisson ; 6% Fabrication de boissons 386 ; 1% Industrie des viandes ; 49% Industrie laitière; % Autres industries alimentaires ; 11% Figure 4 : répartition de l effectif salarié présent en Bretagne (hors personnel intérimaire) en 2007 dans les entreprises de plus de 20 salariés Source : DRAAF, EAE 2007 b. Une évolution différenciée de l emploi selon le type d activité Alors même que le secteur a gagné globalement emplois salariés entre 1989 et 2006, une rupture intervient à partir de 2001 avec une tendance à la diminution du nombre d emplois en Bretagne. Les 320 entreprises agroalimentaires de plus de 20 salariés recensées par l EAE 8 en 2007 employaient en moyenne salariés en 2005, en 2006 et en Ainsi, entre 2005 et 2007, les effectifs salariés se sont contractés de 1,1%. Cette baisse semble toutefois se stabiliser en 2007 (+1,7%) et en 2008, avec une relative bonne résistance à la crise. En 2007, toutes les activités n ont pas connu les mêmes évolutions en termes d emploi : - Avec un gain de 0,5% en 2007, l emploi salarié dans le domaine de la production de viandes de boucherie a continué de croître mais de manière atténuée par rapport aux années précédentes ; en effet, cette activité avait enregistré une progression de l emploi salarié de l ordre de 10% entre 2002 et 2006 ; - L industrie laitière a également gagné des emplois (+0,3%) alors que la tendance était fortement à la baisse depuis 2002 ; - L industrie de la volaille continue sa chute mais de manière atténuée en 2007 puisque la diminution n était que de 1,8% contre un taux de l ordre de -6% par an ces dernières années ; - Les effectifs de l industrie des aliments pour animaux ont très légèrement diminué en 2007 (-0,9%), s inscrivant dans une tendance relativement stable depuis plusieurs années. Depuis les années 2000, la baisse globale de l emploi apparaît comme une tendance structurelle. Ceci s explique, pour partie, par l automatisation des process ainsi que par les stratégies d alliances industrielles et certaines fermetures de sites. Aujourd hui, l accroissement d activité dans les IAA n implique plus nécessairement le recours à une main-d œuvre supplémentaire. c. Une tendance à l automatisation des process Globalement, l emploi dans le secteur agroalimentaire est caractérisé par un recours important à une main-d oeuvre ouvrière (77% des effectifs, soit 11 points de plus que la moyenne des industries bretonnes), et par un taux d encadrement relativement faible. Aujourd hui, on observe que la proportion d ouvriers, et la répartition entre ouvriers qualifiés et non qualifiés 9 sont très variables d une production à l autre. Ainsi, en 2005, le taux de qualification ouvrière 8 Enquête annuelle d entreprise 9 source : déclaration annuelle des données sociales (DADS), selon la Nomenclature PCS-ESE 2003 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 31

32 variait de 29% dans le secteur de la viande à 81% dans l alimentation animale. Les secteurs qui emploient les personnels les plus qualifiés (alimentation animale, lait) sont souvent ceux où la mécanisation est la plus importante, et où le besoin en compétences de type «savoir produire» prime sur le «savoir agir», voire sur le «savoir faire manuel» (Figure 5). Répartition (%) des salariés de quelques filières par catégorie socioprofessionnelle en 2005 viande de volaille viande de boucherie fruits et légumes produits à base de viande poisson lait alimentation animale GLOBAL 6 cadres employés ouvriers non qualifiés professions intermédiaires ouvriers qualifiés Figure 5 : répartition globale des salariés par catégorie socioprofessionnelle en 2005 Source : INSEE, DADS La tendance à l automatisation impacte la part relative de l emploi qualifié par rapport à l emploi non qualifié, qui tend à progresser, globalement, sur le long terme (INSEE, 2008). d. Une représentation des femmes plus forte que dans le reste de l industrie L IAA est traditionnellement un secteur qui emploie une forte proportion de femmes comparé aux autres industries : le taux de féminisation est de 43%, ce qui est supérieur à la moyenne du secteur dans les régions de province (38%) et à la moyenne des industries bretonnes (33,1%, INSEE, 2008). Les femmes occupent les postes moins qualifiés, puisque 56% des ouvriers non qualifiés sont des femmes, alors qu elles ne représentent que 25% des cadres et 33% des professions intermédiaires. Globalement, les femmes sont plus présentes dans les industries de main-d œuvre (poisson : 60% de femmes, volailles : 56%) que dans les industries de process (industrie laitière : 31%, aliments pour animaux : 21%). e. Une structure d âge globalement satisfaisante, mais un enjeu de maintien en emploi Entre 1996 et 2006, la population salariée des IAA a légèrement vieilli, passant d une moyenne d âge nationale de 36,8 ans à 39,1 ans. La pyramide des âges des IAA bretonnes (Figure 6) présente une structure satisfaisante. En 2005, la proportion de salariés de moins de 30 ans (25%) était légèrement supérieure à la moyenne nationale (23%), et la proportion de plus de 50 ans légèrement inférieure (15% contre 17% nationalement). Ouvriers qualifiés : salariés exécutant, dans le cadre d'une division poussée du travail, des tâches manuelles exigeant une formation spéciale ou un apprentissage suffisamment long, ou impliquant des responsabilités matérielles importantes. La catégorie comprend exclusivement des salariés classés ouvriers qualifiés dans les conventions collectives. Ouvriers non qualifiés : ouvriers non qualifiés au sens des conventions collectives. Correspond aux «ouvriers de production non qualifiés de la transformation des viandes» (ouvriers exécutant des tâches simples ou répétitives dans la préparation, la mise en forme ou le contrôle des produits carnés, qu'ils travaillent ou non sur machine) et aux «autres ouvriers de production non qualifiés : industrie agroalimentaire» (ouvriers exécutant des tâches simples ou répétitives dans la préparation, la mise en forme ou le contrôle de produits alimentaires, hors transformation des viandes, qu'ils travaillent ou non sur machine). 32 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

33 Plus de 50 ans : 15% Moins de 30 ans : 25% Figure 6 : pyramide des âges du secteur des IAA bretonnes en 2005 Source : INSEE Bretagne Si l on s intéresse à la structure par âge des différentes catégories socioprofessionnelles (Figure 7), on observe une grande diversité de situations. La proportion de moins de 30 ans est nettement plus élevée dans les catégories «ouvrier» et «employé» que dans la catégorie «cadre» 10. A l inverse, la proportion de salariés de plus de 50 ans est faible pour les ouvriers. L agroalimentaire étant un secteur physiquement exigeant, il permet peu le maintien des seniors sur des postes de production. La proportion non négligeable de quinquagénaires dans les équipes d encadrement pose la question du renouvellement des équipes, et surtout de la transmission des connaissances. Figure 7 : répartition par classe d âge et catégorie socioprofessionnelle des salariés des IAA bretonnes en 2005 Source : INSEE Bretagne, DADS Au-delà des métiers, des disparités existent également selon les activités ou l entreprise en termes de structure d âge. Par ailleurs, alors que l on se dirige vers un rallongement de la durée de travail, les industries agroalimentaires seront de plus en plus confrontées à la problématique de maintien en emploi des salariés. f. Un recours massif au personnel intérimaire L industrie agroalimentaire doit faire face, par nature, à d importantes variations d activité liées à la saisonnalité des productions agricoles et des habitudes de consommation. Ce secteur arrive donc en première position en termes de recours à l intérim. Les périodes où le volume de travail temporaire est le plus fort vont du mois de juillet ( ETP environ 11 équivalent temps plein) au mois de janvier (8 000 ETP). En période creuse, c est-à-dire du mois de mars au mois de juin, l emploi intérimaire représente ETP par mois. 10 Ceci s explique partiellement par la différence de d amplitude d âge de ces deux catégories (environ ans pour les ouvriers, environ ans pour les cadres). 11 Source DARES Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 33

34 g. Des métiers exigeants physiquement Les métiers de production, qui représentent l essentiel des emplois dans l agroalimentaire breton, présentent un taux d exposition aux contraintes physiques supérieur à la moyenne de l ensemble des familles de métiers. Ils sont exposés aux contraintes suivantes (enquête SUMER 2003) : position debout ou piétinement (85,4%), manutention manuelle de charges (67,1%), gestes répétitifs à cadences élevées (42,9%), bruit supérieur à 85 dba (décibels - 51,8%), travail au froid (42,9%). Ces contraintes se traduisent par un nombre de troubles musculo-squelettiques (TMS) élevé, et une surreprésentation des TMS dans les maladies professionnelles. Ainsi, en 2007, le secteur de l alimentation concentrait 42% des cas de TMS de Bretagne, soit 94,5% des maladies professionnelles enregistrées dans le secteur (CRAM). Le secteur de l alimentation est également plus sujet que la moyenne bretonne aux accidents du travail, avec une fréquence de 60, soit 16 points de plus que la moyenne. Le secteur de l abattage apparaît comme particulièrement exposé, avec une fréquence d accidents du travail avec arrêt de 157 en 2007, alors que les autres activités présentent des taux compris entre 63 et 96. Les accidents du travail, et surtout les maladies professionnelles, impactent la gestion des emplois, une partie d entre eux générant des besoins en matière de reclassement, interne voire externe. Les accidents du travail et maladies professionnelles sont également coûteux, pour les entreprises et pour la société. En 2007, les coûts directs associés se sont élevés à 60 millions d euros pour le secteur des IAA. En prenant en compte les coûts indirects pour le salarié et les coûts liés à la désorganisation causée dans l entreprise, la CRAM évalue à 200 millions d euros le coût annuel des accidents du travail et maladies professionnelles dans les IAA bretonnes. h. Des salaires dans la moyenne de l industrie Rapportés à la catégorie socioprofessionnelle, les salaires observés dans les IAA bretonnes sont cohérents avec ceux pratiqués dans ce secteur dans les autres régions de province. Ils sont également comparables à ceux proposés dans les autres secteurs d activité bretons, industriels ou non (Figure 8). Le niveau un peu plus élevé des salaires de l industrie automobile peut expliquer des mouvements de maind œuvre peu qualifiée entre secteurs en fonction de la conjoncture économique. En moyenne, le travail en intérim assure un revenu supérieur aux contrats classiques, particulièrement pour les ouvriers non qualifiés. Salaires horaires bruts moyen ( ) Salaires horaires en Bretagne en 2006 par catégorie socioprofessionnelle 30,7 28,3 +3,7% cadres 27,3 18,9 16,8 +4,3% 16,1 professions intermédiaires IAA Ind biens de conso Ind. automobile Ind. biens d'équipement Ind. biens intermédiaires -3,4% tous secteurs (industriels ou non) -1,7% 14,4 14,9 = 13,5 12,1 10,8 11,2 11,9 10,6 10,6 employés ouvriers qualifiés ouvriers non qualifiés Figure 8 : niveaux de salaire horaire par catégorie socioprofessionnelle dans les principaux secteurs industriels bretons en 2006 Source : INSEE 34 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

35 i. Une relativement bonne résistance à la crise En 2008, au niveau national, la crise a influencé le comportement d achat des consommateurs, ce qui s est notamment traduit par des ventes en diminution de 2% (IRI, 2009). Toutefois, même si la crise a conduit les consommateurs à faire des arbitrages dans leur poste de consommation alimentaire, cette baisse apparaît moins forte que pour d autres catégories de produits. De ce fait, malgré la conjoncture défavorable, l IAA bretonne n a pas connu de baisse significative de l emploi en 2008 (-0,8% de l emploi salarié) et est même repartie à la hausse à la fin de cette même année avec un taux de croissance des effectifs de 2.1% au quatrième trimestre. D autre part, on relève également un maintien du recours au personnel intérimaire, contrairement à d autres secteurs d activité. 3. MARCHE DU TRAVAIL En matière de volumes d offres, les principaux métiers de l agroalimentaire en 2008 sont : - Opérateur sur machines et appareils de fabrication des industries agroalimentaires, avec offres d emplois (-3,5% par rapport à 2007) ; - Agent de finition, contrôleur et conditionnement, avec offres (+0,2%) ; - Polymainteniciens, avec offres (-11,5%). Parmi les métiers dont le rapport offres/demandes d emplois 12 employeurs, on trouve : - préparateur en produits de boulangerie viennoiserie, - préparateur en produits pâtisserie confiserie, - préparateur en produits carnés, - opérateur sur machines et appareils de fabrication des industries agroalimentaires. est le plus défavorable pour les Cependant, il est à noter que, dans certains métiers, notamment ceux où le recours à une main-d œuvre saisonnière est important, les offres ne concernent que très peu d emplois durables. C est le cas par exemple pour les opérateurs sur machines et appareils de fabrication (13,4% d emplois durables) et les agents de maintenance de finition, contrôleur et conditionnement (6%). A contrario, concernant les métiers de préparateur en produits de boulangerie-viennoiserie, de préparateur en produits de pâtisserie- confiserie ainsi que de préparateur en produits carnés, il s agit, pour la grande majorité, d emplois durables avec 62,7% des emplois pour les deux premiers métiers et 63,2% pour le troisième. Selon l enquête BMO 2009, les intentions d embauche dans le secteur ont globalement reculé de plus de 16% par rapport à 2008, passant de à Cette baisse est significative, mais reste toutefois limitée comparée à l industrie dans son ensemble. En revanche, on relève une chute particulièrement importante des intentions d embauche des ouvriers qualifiés : elles passent ainsi de à 839 en un an, soit une baisse de 68%, alors que dans le même temps, les intentions d embauches pour les ouvriers non qualifiés augmentent de 37% (soit contre en 2008). Enfin, les employeurs déclarent ne pas rencontrer de difficultés particulières pour le recrutement d ouvriers non qualifiés (moins d un tiers des cas), alors que les embauches de personnels qualifiés font l objet de difficultés importantes, notamment sur des métiers tels que technicien ou agent de maîtrise des IAA. Dans 80% des cas, les employeurs déclarent rencontrer des difficultés de recrutement pour ces deux métiers. a. Besoins en emploi L automatisation des process constitue une tendance structurelle du secteur, de nombreuses entreprises procédant à l automatisation des lignes de production et de préparation de commandes. 12 Rapport des offres totales sur les demandes de catégories A, B et C. Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 35

36 Cette évolution induit, de fait, une évolution dans les besoins en compétences mais également dans les volumes d emploi nécessaires, qui tendent à diminuer. Au plan des ressources humaines, les IAA apparaissent confrontées à un double enjeu : - reconnaître et valoriser les compétences des salariés en place ; - préparer le maintien en emploi et le renouvellement des actifs. Dans ce cadre, la mise en œuvre de parcours professionnels devra être favorisée, améliorant ainsi l attractivité des métiers et des formations. Plus globalement, la fidélisation des actifs constitue un enjeu déterminant, particulièrement pour les activités pour lesquelles le savoir faire manuel demeure prépondérant. On relève des besoins en emploi dans les métiers liés aux process (conduite de lignes et de machines ; maintenance) mais aussi dans les métiers traditionnels (ex : en désossage / parage). b. Un enjeu majeur en termes d attractivité La perception que les salariés des IAA ont de leur métier est variable selon les filières, et apparaît très liée à leurs motivations ainsi qu aux perspectives d évolution. Une étude conduite sur le Pays de Saint Brieuc montre que, dans les industries où les process sont les plus développés, les personnels perçoivent leur travail comme valorisant et souhaitent se former. A l inverse, les salariés les moins qualifiés, travaillant dans des industries de main-d œuvre, considèrent leur métier comme un moyen de subsistance proche de leur domicile et peu épanouissant. Le secteur des IAA est mal connu des ans, et plus particulièrement des élèves des filières générales. Ainsi, en 2008, seulement 4% des jeunes sondés se disaient attirés par ce secteur, contre 13% pour l ensemble des industries (Observia, 2008). Les prescripteurs ont quant à eux une vision duale des métiers des IAA. Ils considèrent peu favorablement la gestion du personnel, les salaires et le recours au travail à la chaîne, mais reconnaissent toutefois qu il existe une grande diversité de métiers, dont certains qualifiés, et des perspectives d emploi. c. Besoins en qualification Etant donné le caractère très diversifié de l activité au sein de ce secteur, on relève une certaine difficulté à apporter une vision globale des besoins en qualification. Toutefois, compte tenu des évolutions en cours, le niveau de compétence attendu tend globalement à s élever, avec une demande en termes de transversalité dans les métiers. On relève en particulier : - un niveau de connaissances techniques plus élevé (automatismes, électricité ) attendu, - la nécessité de connaissances spécifiques en termes d hygiène, de qualité et de traçabilité des produits, - des capacités en termes de management/animation d équipe. Globalement, les besoins concernent les qualifications suivantes : - conducteur de machines polyvalent (Niveau V), avec la nécessité d allier process et produit, - conducteur de lignes (Niveaux III voire IV), intégrant une dimension transversale (logistique, qualité) et managériale, - technicien de maintenance (Niveaux IV et III), - désosseur / pareur, - chauffeur laitier, - encadrement intermédiaire (niveau IV). Les formations initiales existantes sont adaptées et couvrent les besoins des entreprises, mais connaissent des problèmes de remplissage. Il est difficile pour les entreprises de définir longtemps à l avance leurs besoins en nouvelles compétences, et par conséquent ce qu il serait pertinent d inclure dans la formation initiale. En revanche, la formation continue permet d ajuster plus rapidement les connaissances des salariés aux besoins de l entreprise (ABEA). Concernant la formation professionnelle, les entreprises souhaitent que les formations soient plus adaptées à leurs rythmes (ADEFIA, Coop de France Ouest). 36 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

37 B. TRANSPORT ET LOGISTIQUE DANS LES IAA Avec un volume de 59 millions de tonnes en 2006, les produits agricoles et alimentaires 13 représentent plus du tiers des volumes transportés à l intérieur de la Bretagne, ou entre la Bretagne et d autres régions ou pays (Tableau 2). Tableau 2 : synthèse des flux de produits agricoles et alimentaires en 2006 Nature des produits Sens Total (Mo t) % des flux (tous produits confondus) Produits agricoles entrant 6,04 17,1 interne 13,58 11,3 sortant 4,26 18,3 Total Produits agricoles 23,88 13,4 Produits alimentaires entrant 7,03 20,0 interne 20,94 17,5 sortant 7,40 31,9 Total Produits alimentaires 35,37 19,9 TOTAL 59,25 33,3 Source : ORTB 1. DES PRODUITS A DUREE DE VIE COURTE, DESTINES PRINCIPALEMENT A LA GRANDE DISTRIBUTION Les principaux produits (en volume) des IAA bretonnes sont les viandes, les produits laitiers et les légumes. Les trois quarts de ces produits sont commercialisés en frais ou en ultra-frais 14 (Figure 9), et doivent être acheminés rapidement, sous température dirigée. Répartition des volumes agroalimentaires produits en Bretagne par type de produit Frais et ultra-frais 73% Appertisés 6% Congelés, Surgelés 15% Epicerie sèche, boissons, poudres 6% Figure 9 : répartition des volumes agroalimentaires produits en Bretagne par type de produits Source : Observatoire économique des IAA de Bretagne, 2004 Les produits alimentaires bretons sont destinés à la grande distribution, et dans une moindre mesure, aux grossistes et à la restauration hors domicile. En 2003, 47% des IAA bretonnes réalisaient plus de la moitié de leur chiffre d affaire avec les GMS (Observatoire économique des IAA de Bretagne, 2004). En 2007, au niveau national, plus des trois quarts des ventes des PME-PMI de l agroalimentaire sur le marché national étaient réalisées avec la grande distribution (CNAM, 2007). Les contraintes de fraîcheur, ainsi que le niveau d exigence élevé de la grande distribution obligent les industriels à livrer fréquemment leurs produits (plusieurs fois par semaine). Ceci entraîne une dégradation du rapport poids sur volume dans les camions, et surtout une gestion non optimisée de ceux-ci. 20% des véhicules circuleraient ainsi à vide (DRE-DRIRE Bretagne, 2008). 13 Produits agricoles : produits agricoles et animaux vivants Produits alimentaires : denrées alimentaires et fourrage 14 Ultra-frais : DLC comprise entre 5 et 7 jours après le conditionnement final, conservation entre 0 et 8-12 C Frais : DLC comprise entre 7 et 30 jours, conservation entre 0 et 8-12 C Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 37

38 2. DES ECHANGES DENSES AU NIVEAU REGIONAL ET DU GRAND OUEST Pour les produits agricoles comme pour les produits alimentaires, le trafic intra-régional est important (34 millions de tonnes au total, soit 29% des flux internes). Ces mouvements sont liés aux activités d approvisionnement des IAA, et de livraison locale. Les deux tiers des échanges de produits alimentaires sont réalisés avec d autres régions françaises (Tableau 3). Les volumes entrants et sortants sont assez proches. Cependant, il est possible que les flux en valeurs présentent un équilibre différent. Tableau 3 : détail des flux de produits alimentaires en 2006 par zone et sens d échange échanges sens internationaux interrégionaux Total (Mo t) entrant en Bretagne 3,65 5,13 8,78 sortant de Bretagne 2,22 6,01 8,23 Total échangé 5,87 11,14 17,01 Source : ORTB Plus de 50% des volumes entrants et sortants sont échangés avec les régions du Grand Ouest (Figure 10, Figure 11), fournisseurs et transformateurs de produits agricoles et alimentaires. L importance des échanges avec le port de Nantes explique en partie ce phénomène. Le reste des flux concerne principalement les grands bassins de consommation, et notamment la région parisienne. Flux de produits agricoles par transport routier en ,80 Mo t 0,75 Mo t 0,16 Mo t 0,20 Mo t 3,17 Mo t 2,09 Mo t 0,28 Mo t 0,32 Mo t 0,17 Mo t 0,12 Mo t Total flux entrants : 4,56 Mot Total flux sortants : 3,51 Mot Source : mémento 2007 ORTB Figure 10 : volumes de produits agricoles échangés par transport routier en 2007 Source : ORTB, Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

39 Flux de produits alimentaires (y.c. fourrages) par transport routier en ,13 Mo t 1,07 Mo t 0,33 Mo t 0,30 Mo t 3,09 Mo t 3,71 Mo t 0,49 Mo t 0,19 Mo t 0,26 Mo t 0,21 Mo t Total flux entrants : 4,85 Mot Total flux sortants : 5,92 Mot Source : mémento 2007 ORTB Figure 11 : volumes de produits alimentaires échangés par transport routier en 2007 Source : ORTB, DES FLUX INTERNATIONAUX DESTINES MAJORITAIREMENT A L EUROPE Les échanges internationaux, qui représentent un tiers des échanges en volume, sont évalués sur la base des données des douanes. Les échanges pris en compte sont les flux au départ ou à l arrivée de Bretagne. Ils incluent les produits d autres régions exportés à partir de la Bretagne, mais ne prennent pas en compte les produits bretons exportés depuis des ports d autres régions ou dédouanés en dehors de la Bretagne. Entre 2003 et 2007, on constate une augmentation des importations de 23%, et des exportations de 14%. Le solde commercial, valant un peu plus d un milliard d euros, est globalement stable. Les principaux produits exportés sont les viandes de boucherie, de volaille, le lait et les produits laitiers. Les principaux produits importés sont les poissons, les produits de culture et d élevage, les huiles et tourteaux (Figure 12). Exportations et importations de produits agricoles et alimentaires bretons IMPORT EXPORT Produits de culture et d'élevage Produits de la pêche et de l'aquaculture Viandes de boucherie Viandes de volaille Lait et produits laitiers Poissons, produits de la pêche préparés Aliments pour animaux de compagnie Préparation à base de légumes et de fruits Préparations à base de viande Huiles et tourteaux Autres produits des industries alimentaires valeur (M ) Figure 12 : exportations et importations de produits agricoles et alimentaires en Bretagne entre 2004 et 2007 Source : Douanes, citées par l Observatoire économique des IAA de Bretagne Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 39

40 Les exportations réalisées à partir de la Bretagne sont majoritairement destinées aux pays européens (Figure 13), puis à l Europe de l Est, au Proche-Orient et à l Afrique. Zones d exportation des produits alimentaires au départ de la Bretagne en ,98% 73,92% 4,64% 2,41% 5,35% 0,18% 2,41% 0,71% 5,21% 0,12% Figure 13 : zones d exportation des produits alimentaires à partir de la Bretagne en 2007 Source : CCI International Bretagne, LA ROUTE, PRINCIPAL MOYEN DE TRANSPORT Le recours au transport routier est prépondérant pour les échanges intra- et interrégionaux, avec respectivement 99,8% et 92% des tonnages échangés en 2006, ainsi que pour les exports internationaux (75%) (Figure 14). Cette suprématie de la route s explique par ses performances en termes de délais de livraison, et son caractère peu contraignant en termes de volumes. Le transport ferroviaire, surtout utilisé dans les flux interrégionaux entrants, dispose d infrastructures en bon état de fonctionnement. Toutefois, le taux de service insuffisant, lié à des problèmes de délais de livraison, confère à ce mode de transport une mauvaise image, et n incite pas les industriels à y recourir, notamment pour les produits frais. Le transport maritime concerne les trois quarts des importations internationales, mais les ports bretons ne sont utilisés que pour un quart des exportations internationales au départ de la Bretagne. Le transport aérien, avec tonnes de produits alimentaires échangés en 2006, occupe une place négligeable dans les échanges. Répartition des flux de produits alimentaires par mode de transport volume (Mo t) route mer fer air 0 sortant entrant sortant entrant intrarégionale interrégionale internationale Figure 14 : répartition des flux de produits alimentaires par mode de transport en 2006 Source : ORTB 40 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

41 5. ATOUTS ET CONTRAINTES D UNE POSITION PENINSULAIRE La position péninsulaire de la Bretagne lui permet de recourir au transport maritime, vecteur essentiel pour l export hors de l Union Europénne. En revanche, cette position périphérique génère des durées de transport par route assez longues, qui préoccupent plus particulièrement les entreprises situées les plus à l ouest (Observatoire économique des IAA de Bretagne, 2004). Pour le transport de marchandises, la durée maximale de conduite pour un chauffeur est de 4h30. Pour une entreprise située près de Vitré, cette durée permet d atteindre Rungis, alors que quasiment le double est nécessaire pour une entreprise basée à Brest (Figure 15). Figure 15 : temps de parcours pour les transports de marchandises par route, au départ de Brest et de Rennes Source : CCI Bretagne, ORGANISATION ET COUT DU TRANSPORT En 2002, la fonction transport était externalisée dans 82% des IAA bretonnes (Observatoire économique des IAA de Bretagne, 2004). Au niveau national, cette proportion d entreprises était évaluée à 90% pour 2007 (CNAM, 2007). En Bretagne, 60% des sociétés de transport vivraient exclusivement du fret agroalimentaire (FNTR, citée par Les Marchés, 2007). La pénurie de moyens de transport est, au niveau national, la principale préoccupation logistique des PME de l agroalimentaire (cité par 70% des entreprises enquêtées, CNAM, 2007). Cette pénurie affecte particulièrement les petites structures qui rencontrent des difficultés à trouver des prestataires pour de faibles volumes. L enquête réalisée en 2003 auprès des IAA bretonnes (Observatoire économique des IAA de Bretagne, 2004) révélait quant à elle la prédominance de la maîtrise des coûts dans les préoccupations des industriels (plus de 90% de réponses positives). La différence entre les résultats des deux études peut s expliquer par une évolution des priorités en quatre ans. Elle peut également refléter les spécificités des entreprises bretonnes. En effet, l éloignement des bassins de consommation (région parisienne, lyonnaise) les rend particulièrement sensibles à la diminution du poids des commandes et à l augmentation du coût de l énergie. Pour le mode routier, ultra-majoritaire dans les IAA, le carburant représente 25% des coûts de transport pour le transport de longue durée et 18% des coûts de transport en transport régional (Ministère des Transports, 2007). En lien avec la hausse du prix de l énergie, les coûts de transport routier ont augmenté de 20% entre janvier 2004 et octobre 2007 (RIA). Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 41

42 En 2006, une enquête réalisée par l Aslog évaluait les coûts logistiques à 8,7% du CA dans le secteur des IAA. L enquête réalisée par l Observatoire économique des IAA de Bretagne auprès d IAA bretonnes en 2003 s était quant à elle intéressée aux coûts de transport (Figure 16), qui correspondent à entre un tiers (Dornier et Fender, 2001) et la moitié (Aslog, 2006) des coûts logistiques. On observe une grande variabilité entre les entreprises. Rapportés à l ensemble des coûts, les coûts logistiques représenteraient en moyenne 13,5% des coûts dans les IAA (BIPE, cité par CAT Logistique). Coût du transport en 2002 (en % du CA) plus de 10% 3% NSP, sans réponse 18% moins de 3% 22% de 5 à 10% 28% de 3 à 5% 29% Figure 16 : répartition des IAA bretonnes par coût de transport Source : Observatoire économique des IAA de Bretagne, 2004 Les contraintes de coût et la pénurie de transporteurs n empêchent pas les IAA bretonnes d être performantes en logistique et transport. En 2003, trois quarts des entreprises agroalimentaires bretonnes acheminaient plus de 96% de leurs livraisons dans les délais (Observatoire économique des IAA de Bretagne, 2004). L enquête réalisée par l Aslog en 2006 montre quant à elle que la filière agroalimentaire bretonne présente un taux de service comparable à la moyenne nationale (91% pour les IAA, 90,8% tous secteurs confondus). La gestion du transport, activité coûteuse pour les IAA, doit être optimisée en permanence, afin de compenser l augmentation des coûts de transport, tout en maintenant un niveau de service élevé. 7. LA LOGISTIQUE DANS LES IAA Si la filière logistique (transporteurs et autres prestataires amont ou aval liés au secteur des IAA) est relativement efficace et compétitive, la performance logistique globale des entreprises du secteur IAA reste très hétérogène. Compte tenu des contraintes fixées par les clients de la grande distribution, les IAA sont très centrées sur le court terme et l'aval, et développent peu de démarches de "supply chain" (chaîne logistique). Ainsi, au niveau national, en 2006, 40% des IAA mettaient en œuvre une telle démarche (Aslog, 2006). Les IAA les moins structurées dans ce domaine, notamment les PME, gagneraient à renforcer leur dimension logistique. D autre part, l'effort de formation des collaborateurs logistiques des IAA (environ salariés) reste modeste alors qu'il constitue une source rapide d'amélioration de la performance (CRCI). Concernant les outils informatiques, Excel reste encore très présent dans les entreprises alors que des systèmes d information spécialisés (ERP, APS, WMS, TMS,...) peuvent avoir un retour sur investissement à court ou moyen terme, et existent maintenant sous des formes adaptées aux PME. Même s'il est difficile de faire des prévisions à moyen terme dans ce secteur, le processus de planification peut être amélioré, notamment à court terme, grâce à la différenciation de la demande, l adaptation de l'organisation humaine, l utilisation de systèmes d'informations ou d outils de planification. Enfin, les démarches collaboratives (entre industriels, avec les fournisseurs en amont ou les clients en aval) constituent de réels gisements de productivité. Elles sont encore peu fréquentes. Il est probable que l'intérêt ou la nécessité poussera les entreprises à rechercher dans ce type de pratiques nouvelles des solutions de compétitivité. 42 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

43 8. DES EVOLUTIONS REGLEMENTAIRES EN LIEN AVEC LE TRANSPORT a. Taxe kilométrique «Une écotaxe sera prélevée sur les poids lourds à compter de 2011 à raison du coût d'usage du réseau routier national métropolitain non concédé et des voies des collectivités territoriales susceptibles de subir un report de trafic.»(...) «Cette taxe sera répercutée par les transporteurs sur les bénéficiaires de la circulation des marchandises.» (Loi du 03/08/2009) Les IAA Bretonnes seront directement concernées par cette mesure, dans la mesure où les livraisons de produits finis s effectuent généralement par voie routière. b. Contribution Climat Energie ou Taxe Carbone La contribution Climat Energie consiste à taxer les consommations d énergies fossiles. L objectif recherché est d intégrer et d encourager les systèmes de production sobres en énergie et faiblement émetteurs en gaz à effet de serre. Cette Taxe Carbone sera mise en place en Les IAA bretonnes sont consommatrices d énergies fossiles. Une taxe Carbone aura donc pour conséquence une augmentation des charges liées à l énergie. c. Etiquetage environnemental La loi n du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement indique que «les consommateurs doivent pouvoir disposer d'une information environnementale sincère, objective et complète portant sur les caractéristiques globales du couple produit/emballage et se voir proposer des produits respectueux de l'environnement à des prix attractifs. ( ) La mention des impacts environnementaux des produits et des offres de prestation de services en complément de l'affichage de leur prix sera progressivement développée ( )». Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 43

44 C. INNOVER ET MIEUX VENDRE POUR MIEUX REMUNERER L ENSEMBLE DE LA FILIERE 1. INTRODUCTION Dans un contexte où distributeurs et consommateurs exercent une forte pression sur les prix et les marges, et pour éviter une déflation à tous les échelons de la filière, l amélioration des ventes est un outil essentiel. Des IAA bretonnes concurrentes Les IAA bretonnes sont dans leur immense majorité concurrentes, à l exception de celles du secteur des produits alimentaires intermédiaires (les PAI) qui sont dépendantes de leurs clients industriels car elles leur fournissent la matière première (arômes, ingrédients, etc ) nécessaire à la réalisation des produits alimentaires transformés. Cette concurrence entre industriels a pour conséquence que la fermeture d une entreprise n entraîne pas «d effet domino» sur les autres. Dans les faits, nous observons qu en cas de dépôt de bilan d une IAA, le besoin consommateur auquel elle répondait demeure. Une autre entreprise répond alors à ce besoin. La faillite d une IAA ne gène en rien le fonctionnement des distributeurs, car il y a «pratiquement toujours» une autre IAA pour produire et approvisionner à sa place. Dans un contexte de concurrence, la mutualisation de certaines tâches ou la mise en commun de certaines missions ne sont pas un réflexe immédiat pour les entreprises et peuvent leur paraître inquiétante. Pourtant, la mutualisation peut être un outil fort pour minimiser les risques, réduire les charges, améliorer les performances, être plus compétitif et pérenne, etc. Des approvisionnements auprès des producteurs agricoles bretons Des liens forts existent entre la production agricole bretonne et les industriels de la transformation. Les données relatives aux flux de matières premières sont à consolider. Néanmoins, il est certain que plus de la moitié des matières premières transformées en Bretagne sont issues de l agriculture bretonne. Tout affaiblissement du lien amont-aval, qui a fait la force de la construction du complexe agro-industriel breton pourrait mettre en péril deux secteurs d activité majeurs pour la Bretagne : l agriculture qui perdrait ses clients et l agroalimentaire qui pourrait être tenté à terme par la délocalisation vers les grands bassins de consommation. Quel est le pourcentage de matières premières agricoles bretonnes vendues aux industriels bretons de la transformation? Comment ce pourcentage évolue-t-il sur les cinq dernières années? Quel est le risque de délocalisation des entreprises bretonnes si le lien à la production se distend? Auront-elles intérêt à se délocaliser vers les centres de consommation? La production locale crée-t-elle un avantage comparatif pour l entreprise? Comment mettre en avant nos atouts? Toutefois, il nous semble que la haute qualité, la quantité, et la densité des productions bretonnes sont des atouts qui ont incité les IAA à s installer et à se développer sur le territoire breton. 2. LES CONSOMMATEURS ET LES PRIX DE L ALIMENTATION a. Le prix des produits alimentaires, un sujet sensible L alimentation, premier poste pour lequel les ménages font attention au prix (CREDOC), est au centre de nombreuses discussions et décisions. L ambiance générale est à la focalisation sur le pouvoir d achat des ménages français et à l observation des prix des produits alimentaires. Pourtant, le poids de l alimentation dans les dépenses des ménages français n a cessé de baisser depuis 50 ans, au profit des autres postes «logement», «transport», «loisirs et communication» (Figure 17). 44 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

45 Figure 17 : évolution de la structure de la consommation des ménages français entre 1959 et 2006 Source : INSEE Pour l année 2007, le poids des dépenses pour l alimentation, le tabac et les alcools a encore chuté à 16.3%, et à 12.3% des dépenses pour l alimentation et les boissons non alcoolisées (INSEE). Cependant, en «euros constants», les dépenses alimentaires ont progressé. Dans ce contexte, les industriels bretons ont eu la capacité à capter de la valeur. b. Des consommateurs dont les arbitrages évoluent Au cours des dernières années, les préférences de consommation des Français ont évolué. En effet, les consommateurs s intéressent de plus en plus à des produits tels que ceux des technologies de l information et de la communication. En outre, la part de budget correspondant aux dépenses contraintes (santé, logement, eau, gaz, électricité, etc.) a fortement augmenté, passant de 21% à 38% du budget des classes moyennes. Le pouvoir d achat ajustable s est donc vu réduit, et les ménages confrontés à des choix concernant la somme consacrée à l alimentation, ainsi que la répartition de cette somme entre les différents produits (Ministère de l Alimentation, de l Agriculture et de la Pêche, 2009). Le contexte économique influe bien évidemment sur les comportements d achats des Français. Ainsi, les ventes de boissons sucrées, d eau en bouteille, de plats cuisinés et d alicaments sont en forte baisse, alors que les produits les plus économiques tels que les conserves, les abats et les viandes de volaille progressent (MAAP). L analyse détaillée des produits ayant connu les plus fortes croissances de ventes en 2008 fournit également quelques tendances. Parmi les produits ayant connu les plus fortes ventes en GMS (grandes et moyennes surfaces) sur l année 2008, nous trouvons (Nielsen, cité par Le Journal du Net) : - les alcools forts : +44% de produits vendus en plus en 2008 par rapport à 2007 pour le Brandy, +15% pour la Vodka, +12% pour l Armagnac, +11% pour la Tequila, +5% pour le Rhum. - les fruits en coulis et surgelés : +26% d augmentation des ventes en 2008, soient 2.7 millions de kg vendus, pour 16 millions d euros. Dans le même temps, les prix de vente augmentaient de +10%, ce qui dans ce contexte bien précis de marché n a pas été un frein à l achat. - les fruits au sirop : +10% en volumes, alors que le prix de vente progressait de +5%. - les compotes : +6% en volume, alors que le prix de vente a pris +8%. En 2008, 83 millions de kg ont été vendus. - la farine : +6,5% en volume, alors que le prix de vente augmente dans le même temps de 18%. - la volaille surgelée : +6% tonnes ont ainsi été vendues en 2008 malgré 3% d augmentation des prix. - les produits pour pâtisseries (levures, arômes ) : +6% en volume, avec simultanément une augmentation des prix de 2%. - les légumes en saumure (conserves) : +5% en volume, malgré +10% d augmentation des prix. Face à ces tendances, nous pouvons nous interroger sur le comportement des consommateurs si la crise s attarde, et sur leurs réactions une fois la crise passée. Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 45

46 Quelles incidences sur la consommation des ménages français (et étrangers) la crise laissera-t-elle? Les consommateurs resteront-ils prudents ou au contraire se «lâcheront-ils» une fois la crise passée? Comment les industriels peuvent-ils se préparer pour l avenir? Quelle bonne raison donne un industriel aux consommateurs pour que ceux-ci achètent son produit? Si le prix est indiscutablement un paramètre fort de l acte d achat, il agit dans un contexte complexe d offres, comme en témoignent ces quelques exemples ci-dessus. Des initiatives se développent pour mettre en avant les spécificités des entreprises. Citons à titre d exemple l enquête menée par la CECAB qui a sondé les consommateurs sur la perception qu ils avaient des coopératives. 87% des personnes interrogées expliquent qu elles privilégient des produits issus d une coopérative agricole plutôt que ceux d une entreprise cotée en bourse. Ce déclaratif issu d une enquête se heurte à la réalité de l identification des produits : pour savoir qu un produit est issu d une coopérative, encore faut-il que le consommateur puisse l identifier aisément lors de l acte d achat. Aussi, la marque d Aucy prévoit de revendiquer davantage son appartenance à la coopérative CECAB (source Les Marchés Février 2008). Une enquête réalisée par IPSOS indique que «25 à 30% des Français interrogés déclarent faire appel au troc, et 24% imaginent y venir [, ce] qui est un vrai changement d état d esprit face aux objets et aux marques». (source LSA 25 juin 2009) : une année de rupture des tendances? IRI, société d étude des marchés et consommateurs, considère que l année 2008 est, sans conteste, une année de rupture. Elle s appuie sur l analyse des composantes de la croissance des GMS. «Historiquement, en GMS, la croissance moyenne annuelle du chiffre d affaires est de l ordre de 3%, qui se décompose en : 1% de croissance des volumes, liés pour l essentiel à l accroissement de la population 1% d inflation, à références constantes sur l ensemble des PGC (produits de grande consommation) 1% d augmentation de la valeur du panier (c'est-à-dire de la somme dépensée), due à une montée en gamme de la demande. Or, en 2008, et brusquement, la croissance du chiffre d affaires de 3% cache une modification lourde des comportements : les Français achètent moins : baisse de -2% des achats (en volumes) les Français achètent moins cher : arrêt total de la valorisation du panier par transfert d achat, entre autres, vers les marques de distributeurs (qui ont gagné 2 points de part de marché en 2008) les Français sont confrontés à une inflation de plus de 4% en moyenne sur les produits de grande consommation, qui touche en particulier les produits de base (épicerie, crèmerie) toutes les catégories de la population ont restreint leurs achats, et les différentes catégories de produits subissent d autant plus la rupture que leur statut les éloigne de l indispensable.» (source IRI, 2009) Y a-t-il «basculement» dans les habitudes de consommation? Est-ce uniquement lié à la conjoncture économique ou est-ce lié à d autres facteurs plus sociologiques? Quels seront les futurs comportements? 3. LES MARCHES DES INDUSTRIES AGROALIMENTAIRES a. Un marché interne mature Le marché intérieur français est très bataillé. La concurrence est intense et les marchés sont matures. Les industriels bretons ne sont plus soumis seulement à une concurrence française mais bien à une concurrence européenne. Les industriels bretons interviennent sur des marchés «lourds». Le Tableau 4 donne le poids des principaux marchés alimentaires dans les grandes et moyennes surfaces françaises pour l année Ces chiffres ne donnent pas les ventes réalisées dans les autres circuits, comme la restauration hors domicile ou les circuits courts. 46 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

47 Tableau 4 : chiffres d affaire de la grande distribution pour les produits alimentaires en 2008 (GMS : super- et hypermarchés) Chiffres d affaires (Mds d ) Epicerie sucrée 14,1 Epicerie salée 7,9 Pet food 1,4 Crèmerie Ultra frais 3,8 Crèmerie Beurre, crème, œuf, lait 3,6 Fromage 3,9 Boucherie 4,3 Volailles 2,4 Charcuterie 4,1 Traiteur 3,2 Légumes 2,3 Légumes 4 ième gamme 0,5 Produits de la mer 3 Source : Nielsen 2008 Linéaires Distribook Les grands marchés sont globalement stables, plus ou moins en recul au niveau des volumes, avec bien évidemment des tendances plus marquées qui peuvent correspondrent à des tendances de fond. Les quelques exemples ci-dessous illustrent les grandes évolutions des marchés, sans rentrer dans les détails des segments et sous segments de marché. Marchés de la viande C est un marché sur lequel une grande partie de l économie bretonne repose. La part des viandes dans les dépenses alimentaires (hors dessert) des ménages a peu varié au cours des cinquante dernières années (59,1% en 1960, 56,8% en 2006). On observe toutefois que, depuis les années 90, les préparations à base de viande se substituent progressivement aux viandes fraîches (Figure 18). En 2008, le marché des viandes a connu des difficultés, toutes viandes confondues, avec un recul marqué des achats des ménages (au cumul annuel mobile au 31/11/2008 ; TNS, cité par Linéaires février 2009) : - Bœuf : -4,7% - Veau : -5,9 % - Volaille : -2,8 % (dont dinde : -5,2 % / dont poule : -1,8 % / dont canard : -4,9 % / dont pintade - 4,9 % / dont lapins : -7,2 %) - Ovin : -6,5% - Porc : -0,8% Figure 18 : dépenses de consommation en repas hors dessert, par habitant (France) Source : INSEE Ces baisses de consommation semblent provenir des changements de comportement des consommateurs plus jeunes qui achètent moins de viande. Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 47

48 Marché de la charcuterie Ce marché est en croissance au rayon charcuterie libre service de +2,1% en volumes en 2008 (période cumul annuel mobile à décembre 2008 en super, hypermarchés et Hard Discounter ; Linéaires février 2009). C est un segment de marché lourd d environ 3,3 milliards d euros de chiffre d affaires en libre service et de tonnes commercialisées annuellement. Plats cuisinés Au cours des 45 dernières années, la part des plats préparés au sein des repas a plus que doublé, pour atteindre 41% en Après avoir connu une croissance très rapide jusqu en 1990 (+4,4% des dépenses de consommation par an et par habitant), ils connaissent une croissance moindre, mais toujours quatre fois plus rapide que celle de l ensemble des produits alimentaires (INSEE). En tonnage, les ventes ont progressé de 19,2% en 2006, et 13% en 2007, pour se stabiliser à +0,4 % en En effet, la fréquence d achat des consommateurs s est stabilisée et ne tire plus le marché sur des hausses à deux chiffres (Période Cumul Annuel à novembre 2008 en hyper et supermarchés ; Linéaires février 2009). Marché des œufs Le marché des œufs a progressé de +1,5% en volume en 2008, et fait un bond de +5% au premier trimestre 2009 en comparaison du premier trimestre 2008 (Linéaires février 2009). Marché des conserves Le marché des conserves de légumes, avec un chiffre d affaires de millions d euros, a progressé de +3,6% en valeur (en cumul annuel mobile à Novembre 2008, comparé à 2007). En revanche, il a perdu sur la même période 2,4% en volumes (Linéaires février 2009). Le marché des conserves de poissons a également progressé en valeur, avec +4,1 % d augmentation et 720 millions d euros de chiffre d affaires, mais a perdu -0,6% en volume sur des ventes de tonnes (Linéaires février 2009, comparaison ventes de décembre 2006 à novembre 2007, comparées à celles de décembre 2007 à novembre 2008). b. Un marché extérieur très concurrentiel Le solde cumulé du commerce extérieur agroalimentaire français a «fondu» depuis le début de l année, en passant de 3,6 milliards d euros sur les 5 premiers mois de l année 2008 à 1,7 milliards à fin mai 2009 (Les Marchés 16/07/2009). Une grande partie de la dégradation de la situation est due à la baisse des exportations des produits agricoles bruts (blé notamment). Les exportations de produits animaux sont en baisse, mais dans des proportions moindres que les alcools (Agreste). L année 2009 débute sur des exportations bretonnes en baisse pour le premier trimestre 2009 (en comparaison du premier trimestre 2008 ; Observatoire économique des IAA de Bretagne, juillet 2009, d après douanes régionales). En effet, les exportations agroalimentaires bretonnes ont baissé de seulement 8% en valeur et ne dépassent pas 680 millions d euros. Ce chiffre global masque des disparités : les exportations de produits laitiers bretons baissent de 20%, celles de volailles baissent de 17% et les produits de la pêche préparés de 42%. A l inverse, les exportations de légumes progressent de 30% et les viandes de boucherie sont stables. Les exportations bretonnes sont impactées par la crise financière et économique actuelle, l'enjeu est de s'assurer qu'en sortie de crise les positions bretonnes seront sauvegardées et pourront même être développées. Il est important de noter ici que les évolutions des débouchés des productions bretonnes dépendront également d'un certain nombre d'aspects politiques nationaux, européens et mondiaux. Ainsi certaines productions bénéficient de mécanismes d'aides à l'exportation, quel est leur devenir? Quels seront les impacts sur les débouchés des productions agricoles et agroalimentaires bretonnes des décisions prises en matière de Politique Agricole Commune et quelles seront les évolutions après 2013? Quels accords éventuels à venir à l'omc et quels effets sur les productions bretonnes? Quelles évolutions de parité entre devises et là encore quelles opportunités ou menaces pour les débouchés des produits bretons? Quelles évolutions du coût de l'énergie et coût du transport (prix du pétrole et taxation...) et quels impacts sur les échanges? Comment se préparer pour atteindre ou reconquérir ces marchés? 48 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

49 4. TENDANCES ET PREOCCUPATIONS DES FRANÇAIS Les études et enquêtes réalisées auprès des consommateurs révèlent leur intérêt pour la santé et l environnement. Selon les enquêtes et leurs modalités de mise en œuvre, les chiffres et les classements diffèrent. Nous nous attacherons à prendre acte des grandes tendances, sans confondre des déclaratifs de préoccupations de consommateurs répondant à une enquête avec des comportements d achat. a. Un souci croissant de préserver sa santé La notion de santé recouvre plusieurs domaines, dont un a été exploré par Nielsen : celui de la santé et la minceur. L étude réalisée par Nielsen en septembre et octobre 2008 met en avant que : - «5 consommateurs sur 10 en moyenne, à travers le monde, se considèrent en surpoids, - 49% des Français ne se considèrent pas en surpoids, - 47% des Français, afin de manger sainement et de préserver leur santé, déclarent éviter certaines catégories d aliments, avant même d en réduire leur consommation, - les Français, de plus en plus sensibilisés à l écologie et à la défense d une «agriculture saine» sont les seuls parmi les européens à déclarer choisir de consommer des produits frais pour leur santé, - en revanche, plus d un Français sur deux avoue ne pas savoir ce qui est bon pour sa santé, entre ce qu il lit, ce qu il voit et ce qu il entend». Une autre étude réalisée par le CREDOC en Décembre 2008 montre que «bien manger» passe par la dimension «santé» pour 37% des sondés en 2007, alors qu ils n étaient que 12% à le déclarer en Cette dimension santé devient très forte, y compris chez les plus jeunes consommateurs, «ce qui pourrait être un renversement générationnel dans les représentations mentales» (CREDOC cahier de recherche n 252). b. Des attentes en termes de préservation de l environnement et de mode de production Selon une étude réalisée par Nielsen en mars 2008, le réchauffement climatique arrive en deuxième position des préoccupations des Français, après l économie et devant la santé. La France est, de tous les pays mondiaux étudiés lors de cette enquête, le plus préoccupé par cette question. 5. LA GRANDE DISTRIBUTION, CLIENT ESSENTIEL ET PUISSANT Les industriels sont face à des structures de commercialisation puissantes : les GMS (Grandes et Moyennes Surfaces), regroupées en 7 centrales d achat au niveau national, et qui représentent 70% du commerce. Pour les IAA françaises, elles sont un circuit de distribution majeur. Le rapport de force entre industriels et distributeurs ne peut s analyser que marché par marché, mais est majoritairement en faveur de la distribution. En effet, les marques incontournables en GMS (Coca-Cola, Nutella) sont rares. Les chiffres d affaires des enseignes pour 2008 donnent la mesure de leur puissance commerciale (Tableau 5). Tableau 5 : chiffre d affaires des principales enseignes de la grande distribution et du hard-discount (HD) Enseigne CA (Mds ) Carrefour Auchan 87,3 dont 37,6 en France 39,5 dont 19 en France Intermarché 34,6 Leclerc 34,7 Casino 28,7 Système U 17,5 Cora 11 Lidl 4,4 Aldi 2,5 Linéaires Distribook Edition 2009 Les GMS également sont très actives et innovent selon des stratégies propres : Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 49

50 - Auchan lance le «Chrono drive». Il a ouvert dix sites et projette plusieurs implantations pour la fin d année (Linéaires, 29/07/2009) - Système U se développe dans le commerce de proximité (LSA, 02/07/2009) - suivi par Intermarché, avec ses magasins «Intermarché Express» ou «Intermarché Contact» - et Carrefour qui teste «Carrefour City» ou «Carrefour Contact». - Casino investit dans les commandes alimentaires sur Internet avec retrait en magasin (Linéaires Juillet 2009) Le Hard discount (HD) a progressé brutalement en 2008 de 0,7 points de part de marché, à 14,3%. La tendance est au resserrement des références, ce qui implique des pertes de volumes pour les industriels sortants et des hausses potentielles pour ceux toujours référencés. Pour Coop de France Ouest, la pérennité des références en GMS et HD est aussi une forte préoccupation. En effet, les distributeurs souhaitent des produits présents en rayon 100% du temps, en particulier les hard discounters pour les marchés français et étrangers. A défaut de remplir cette condition, les coopératives ne remportent pas le marché et ne vendent pas leurs produits. Ceci implique pour les coopératives un long travail de réflexion et des approches stratégiques «inédites» à mettre en place, en fonction des spécificités des filières de production. Il peut être stratégique de renforcer les compétences en interne et de façon pérenne, car faire appel à des conseils extérieurs peut ne pas être la solution la plus adaptée pour un développement de stratégie à long terme. La restauration hors domicile est un autre circuit de commercialisation moins médiatique, mais tout autant stratégique. Elle représentait en 2003, avec le circuit grossiste environ 22% du chiffre d affaires des IAA. Nous observons le développement de circuits courts. Coop de France Ouest témoigne de l essor de «ecomiam.com», concept qui va du producteur de viande au congélateur des consommateurs, avec très peu d intermédiaire si ce n est internet. Les jeunes semblent s y intéresser. Internet compte 22 millions de cyberacheteurs. 6. UNE LEGISLATION EN EVOLUTION FREQUENTE Les lois se succèdent - Loi Galland en 1996, Loi Dutreil en 2005, Loi Châtel en janvier 2008, LME en août pour tenter de rééquilibrer les relations commerciales entre distributeurs et industriels. La dernière loi mise en place par l Etat (la LME, loi de modernisation de l économie) vise à faire baisser les prix des produits en favorisant la concurrence. L Etat a également créé un «observatoire des prix et des marges» des produits alimentaires. En plus du suivi mensuel des prix, cet observatoire a publié des travaux sur la répartition des marges dans les filières porc et lait. La question de l inflation des biens de consommation est également au centre des débats. La dernière étude de Nielsen sur l inflation annuelle indique qu en mars 2009 le reflux de l inflation se confirme. L inflation observée à un an sur l exhaustif PGC et PFLS 15 s établit à +1,3%, ce qui constitue son plus bas niveau depuis décembre Elle est même à présent négative pour les grandes marques à -0,4%. Nielsen analyse : «L inflation sur les produits alimentaires confirme son repli très significatif, même si cela n efface pas les augmentations de prix de fin 2007 et début 2008, car il ne s agit encore que d une stabilisation. Mais celle-ci devrait contribuer à donner aux ménages une meilleure impression de maîtrise de leur budget. Mars 2009 confirme le retournement amorcé en fin d année La déflation liée à la récession économique va prendre le relais de la désinflation consécutive aux augmentations de l an passé sur les matières premières agricoles puis sur les produits transformés.» Comme le montre la Figure 19, les différents circuits de commercialisation suivent les mêmes tendances inflationnistes, que ce soit à la hausse ou à la baisse. 15 PGC : produits de grande consommation / PFLS : Produits Frais Libre Service 50 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

51 Figure 19 : évolution de l inflation annuelle d offre par type de marque (GMS et hard-discount ; produits de grande consommation et produits frais libre service) 7. REUSSIR L INNOVATION : UNE ACTIVITE NECESSITANT DES RESSOURCES a. Recherche et développement : un réseau de compétences disponible, mais des investissements limités Les industries agroalimentaires bretonnes sont entourées d un système de compétence qui leur permet d externaliser une partie de leur recherche et développement. Le territoire breton est riche de structures d interface telles que : ADRIA, ARCHIMEX, BBV, CBB, CRITT SANTE, ZOOPOLE, CEVA, IRMA, ID MER, ITG OUEST, le PAO et le pôle de compétitivité VALORIAL pour l aliment de demain, qui sont soutenues par la Région Bretagne. Les organismes de recherche publique et d enseignement supérieur sont également présents sur le territoire et collaborent avec les industriels. Dans le même temps, les différents chiffres circulant (Blanchard et al) indiquent que les IAA n investissent qu environ 1,5% de leur chiffre d affaires en R&D (recherche et développement). Et il semble que ce chiffre soit jusqu à 10 fois plus faible que dans certains secteurs. La faiblesse des marges est probablement un des éléments d explication, au moins en partie, de ces investissements plus réduits. Le calcul des investissements réalisés en pourcentage des marges serait intéressant à analyser pour mesurer les efforts des industriels. Par ailleurs, il convient de mesurer que l innovation ne se vit pas en agroalimentaire comme dans d autres secteurs d activité. En effet, l alimentation touche avant tout à notre culture, à nos racines, et à notre éducation alimentaire. Toutefois, l agroalimentaire innove au niveau des technologies et des organisations, même si cet aspect de l innovation est moins visible. Le lancement d un nouveau produit est toujours risqué. Ainsi, au niveau national, un nouveau produit sur deux disparaît au bout d un an, et trois sur quatre disparaissent après 2 ans d existence (LSA 11/06/2009). Il semble que les IAA soient de plus en plus conscientes de la difficulté de réussir un lancement de nouveau produit et du coût de cette démarche. b. Des fonctions commerciales et marketing indispensables pour valoriser la R&D Les fonctions commerciales et marketing sont plus ou moins présentes dans les IAA bretonnes. Les entreprises s organisent différemment selon leur taille et leurs moyens, mais également en fonction de leur culture et des choix stratégiques des dirigeants. Une étude menée dans le cadre d un projet d ingénierie culinaire (CCI Rennes, début 2009) indique que les industriels manquent de ressources et de moyens, y compris les grosses structures. Le marché est arrivé à un tel stade que les industriels rencontrent de plus de plus de difficultés à innover et à anticiper. Ils ressentent le besoin de donner une identité aux produits. Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 51

52 Les fonctions «recherche et développement» et «commerciale et marketing» sont essentielles pour les entreprises bretonnes qui sont confrontées à une concurrence ardue. Elles mériteraient d être renforcées. En effet, elles permettent : - de détecter les marchés porteurs de demain en analysant les marchés, les comportements et attentes des consommateurs, - de développer les produits pertinents dans ces contextes, - de réduire les risques d échec, - de mettre en place les stratégies de commercialisation adaptées pour générer des marges. c. La nécessité de protéger les innovations Dans un contexte de concurrence sévère, les produits agroalimentaires à succès sont copiés. Dans ce domaine, la grande distribution est souvent le principal concurrent des industriels. En effet, les distributeurs connaissent les innovations des industriels et disposent des données relatives aux ventes de produits. Ils peuvent donc copier un nouveau produit (en MDD) dans un délai très court, de l ordre de six mois. Ce phénomène entraîne souvent des pertes de volume pour l industriel copié. Il peut être stratégique pour l entreprise de protéger ses innovations. Des marques fortes, des outils industriels lourds et performants peuvent devenir des protections efficaces contre la copie ; ces moyens sont souvent utilisés par les grands groupes industriels. Comment les industries agroalimentaires bretonnes peuvent-elles protéger leurs produits des copies? d. La structuration des entreprises Les produits des IAA bretonnes sont principalement destinés à des marchés sur lesquels règne une concurrence nationale et internationale, avec des entreprises de taille parfois beaucoup plus importante que celle des IAA bretonnes. On peut donc se demander s il n existe pas une taille minimale pour être compétitif sur ces marchés. Nous vivons une période de rapprochements et de fusions, d achat d entreprises (UNICOPA se sépare de sa branche volaille ce qui augmente celle de TERRENA, EVEN, COOPAGRI et TERRENA s allient sur le marché des produits laitiers, BIGARD rachète SOCOPA, la SILL rachète la Laiterie de St Malo ). 8. DES EVOLUTIONS LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES La législation évolue régulièrement, comme en témoignent les exemples non exhaustifs ci-dessous. Il est important que les responsables agroalimentaires puissent l anticiper pour s y adapter. a. Evolution des réglementations relatives à la nutrition et la santé La réglementation en matière de nutrition santé évolue, avec notamment une nouvelle réglementation sur l étiquetage nutritionnel des denrées alimentaires préemballées et le règlement (CE) n 1924/2006 sur les allégations nutritionnelles et de santé. Etiquetage nutritionnel Une nouvelle réglementation est en cours d élaboration par l Union européenne pour et concerne l étiquetage nutritionnel. Elle a pour objectif d apporter une meilleure information nutritionnelle sur les aliments aux consommateurs. Allégations nutritionnelles ou de santé Le règlement (CE) n 1924/2006 définit quant à lui les grandes lignes et les règles à respecter pour utiliser des allégations nutritionnelles ou de santé : liste positive d allégations nutritionnelles et de santé (article 13), dossier de preuve à fournir pour de nouvelles allégations de santé (article 13 ou article 14), profils nutritionnels à respecter pour pouvoir alléguer Adjonctions Le règlement (CE) n 1925/2006 concerne l adjonction de vitamines, de minéraux et autres substances aux denrées alimentaires. Positionnement des entreprises bretonnes face à ces évolutions L ABEA a réalisé fin 2008 une étude auprès des industriels bretons qui dresse un état des lieux des IAA bretonnes face à cette nouvelle donne. Elle caractérise les attitudes des industriels bretons face à l évolution 52 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

53 de la réglementation de l étiquetage nutritionnel et met en avant leurs besoins. Il en résulte que leurs connaissances ne sont pas appropriées pour faire face aux futures exigences européennes (en particulier dans les petites structures), mais qu ils souhaitent s informer. Selon le CRITT santé Bretagne, la gestion de la santé connaît de fortes évolutions : vers une médecine personnalisée, une place croissante au diagnostic précoce et à la prévention Dans ce domaine de la prévention et du maintien du capital santé, l alimentation joue un rôle important. Le PNNS reconnaît en effet le rôle majeur de la nutrition dans certaines pathologies. La marche «allégations nutritionnelles» est accessible à de nombreuses entreprises bretonnes. De plus, plusieurs entreprises en Bretagne ont le potentiel pour développer des produits bénéficiant d une allégation santé ou des aliments adaptés à des besoins spécifiques de certaines catégories de population (seniors, malades, nourrissons ). b. Une prise en compte accrue des conditions de production des matières premières Dans le cadre du Grenelle de l environnement, le développement de l agriculture biologique est prévu, avec notamment les objectifs suivants (Ministère de l Ecologie, de l Energie, du Développement Durable et de la Mer) : - atteindre 6 % de la SAU (surface agricole utile) ou équivalent en bio d ici 2010 et 20% en 2020, - atteindre 20% de produits biologiques dans la restauration collective d ici D autre part, l intérêt des consommateurs pour des produits sans OGM pourra, s il se confirme, avoir un impact sur la production, en nécessitant de dissocier les filières avec et sans OGM. c. Des dispositions pour lutter contre le réchauffement climatique Taxe kilométrique «Une écotaxe sera prélevée sur les poids lourds à compter de 2011 à raison du coût d'usage du réseau routier national métropolitain non concédé et des voies des collectivités territoriales susceptibles de subir un report de trafic.»(...) «Cette taxe sera répercutée par les transporteurs sur les bénéficiaires de la circulation des marchandises.» (Loi du 03/08/2009) Les IAA Bretonnes seront directement concernées par cette mesure, dans la mesure où les livraisons de produits finis s effectuent généralement par voie routière. Contribution Climat Energie ou Taxe Carbone La contribution Climat Energie consiste à taxer les consommations d énergies fossiles. L objectif recherché est d intégrer et d encourager les systèmes de production sobres en énergie et faiblement émetteurs en gaz à effet de serre. Cette Taxe Carbone sera mise en place en Les IAA bretonnes sont consommatrices d énergies fossiles. Une taxe Carbone aura donc pour conséquence une augmentation des charges liées à l énergie. Etiquetage environnemental La loi n du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement indique que «les consommateurs doivent pouvoir disposer d'une information environnementale sincère, objective et complète portant sur les caractéristiques globales du couple produit/emballage et se voir proposer des produits respectueux de l'environnement à des prix attractifs. ( ) La mention des impacts environnementaux des produits et des offres de prestation de services en complément de l'affichage de leur prix sera progressivement développée ( )». Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 53

54 ANNEXE 2 - Charte bretonne de partenariat pour la qualité de l emploi 54 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

55 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 55

56 56 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

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59 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 59

60 ANNEXE 3 - Références bibliographiques ACT Consultants. Etude sur le projet de liaison ferroviaire fret Auray / Saint Brieux rapport d étude. Septembre p. Agreste. Un excédent agroalimentaire moitié moindre au premier semestre. Agreste Conjoncture, n 8/12. Août p. Agreste. L agriculture, la forêt et les industries agroalimentaires. Graphagri France Agreste. Industries agricoles et alimentaires Entreprises de 20 salariés et plus Enquête annuelle d entreprise résultats sectoriels et régionaux Chiffres et Données - Série Agroalimentaire, n 163. Février Agreste. Production des IAA en Chiffres et données Série agroalimentaire, n 165. Mai p. ALEF Pays de Saint-Brieuc. La mobilité professionnelle au sein des industries agroalimentaires Bretagne / Pays de Saint Brieuc p. ANIA. Dossier de presse 2009 les entreprises françaises de l alimentation p. ANIA. Communiqué de presse : Le rapport Besson démontre que les augmentations de prix ne proviennent pas de l industrie alimentaire. 17 décembre p. Aslog. Etude benchmarking Etat de l art de la logistique globale des entreprises en France. 81 diapositives. Benard L. Massifier les coûts pour diminuer les flux. RIA, mai 2008, n 690, pp.28. Besse T, Nefussi J.. Prévision de transport des produits alimentaires : retour d expérience engagée entre IAA et transporteurs bretons. La Revue de l Observatoire des IAA de Bretagne, n 83. Octobre p. Besson D.. Le repas depuis 45 ans : moins de produits frais, plus de plats préparés. INSEE Première, n Septembre p. Blanchard G.. La R & D en agroalimentaire existe, nous l avons rencontrée. La revue de l observatoire des IAA de Bretagne, n 92. janvier p. Bouvier M.H.. Exportations : des disparités par secteur. La revue de l Observatoire des IAA de Bretagne, n 94. Juillet p. Boylaud O.. Les industries agroalimentaires au cœur des avantages comparatifs de la Bretagne?. Juillet p. CAT Logistique. Coûts logistiques [en ligne]. Disponible sur : <http://www.catlogistique.com/couts_logistique.htm> (consulté le 11/08/2009). Catalys Conseil. Etude régionale sur les besoins en compétence dans les IAA de Bretagne Besoins en formation et adaptation des dispositifs de formation existants. Septembre p. Conseil de Développement Economique et Social du Pays et de l Agglomération de Rennes. Industries agroalimentaires du bassin de Rennes éléments pour anticiper et agir sur les mutations. Septembre p. Conseil Economique et Social Régional de Bretagne. L'agriculture, les industries agroalimentaires, l'aménagement rural, quelles perspectives à l'horizon 2000? Juin Rapporteur: M. Le Breton. Conseil Economique et Social Régional de Bretagne. Perspectives de l agriculture et de l agroalimentaire en Bretagne. Janvier p. Conseil Economique et Social Régional de Bretagne. Ajoutons de la valeur dans l industrie agro-alimentaire de Bretagne. Janvier p. Rapporteurs : MM. Pennors et David. Chambres d agriculture de Bretagne. Economie agricole bretonne Analyse et perspectives Janvier p. Chambres d agriculture de Bretagne. Economie agricole bretonne Analyse et perspectives Janvier p. Chambres d agriculture de Bretagne. Economie agricole bretonne Analyse et perspectives Mars p. Chambres d agriculture de Bretagne. Economie agricole bretonne Analyse et perspectives Juin p. 60 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

61 Chambre Régionale d Agriculture de Bretagne. Agriculture et agroalimentaire en Bretagne chiffres édition p. Chambres de Commerce et d Industrie de Bretagne. Des infrastructures pour connecter la Bretagne au monde p. CCI International Bretagne. Export IAA statistiques bretonnes. 15 septembre diapositives. CRCI Bretagne. Chiffres clés Bretagne. Edition p. Cotonnec G., Geoffroy C.. Pratique de l étiquetage nutritionnel dans les industries agroalimentaires bretonnes : où en est-on? La revue de l Observatoire des IAA, n 93. Avril p. CRAM de Bretagne / département risques professionnels. Statistiques p. CNAM, ANIA, Supply Chain Masters, Generix Group. Enquête nationale la logistique dans les PME-PMI de l agroalimentaire synthèse des résultats. Novembre p. Dornier P.P., Fender M.. La logistique globale : enjeux principes exemples. Lavoisier p. DRE / DRIRE Bretagne Samarcande Transport-Logistique-Territoire Jonction. Etude sur la logistique en Bretagne rapport final. Juillet p. ESLI. Guide de la logistique agroalimentaire en Bretagne. Mars p. Fournié D., Guitton C.. Panorama sectoriel de la relation formation-emploi une exploitation des portraits statistiques de branche. Notes Emploi Formation, n 31. Juillet p. Gilles M., Loisil F.. Agir sur la gestion des âges. Pouvoir vieillir en travaillant. Décembre p. GREF Bretagne. Cahier sectoriel Industries agroalimentaires en Bretagne. Septembre p. Hébel P.. Synthèse de l étude «alimentation, entre tensions économiques et exigences des consommateurs». Septembre p. INSEE Bretagne. Les salaires bretons entre 2002 et 2006 des salaires plus bas que ceux de France de province. Le Flash d Octant, n 150. Avril p. INSEE Bretagne. L'industrie impactée par la crise. Octant n 116. Juin p. INSEE Bretagne. L industrie en Bretagne Industries agricoles et alimentaires. Dossier web n 8. Juillet p. INSEE Bretagne. L industrie en Bretagne Fabrication d aliments pour animaux de ferme. Dossier web n 8. Juillet p. INSEE Bretagne. L industrie en Bretagne Industrie du lait. Dossier web n 8. Juillet p. INSEE Bretagne. L industrie en Bretagne Industrie du poisson. Dossier web n 8. Juillet p. INSEE Bretagne. L industrie en Bretagne Préparation industrielle de produits à base de viandes. Dossier web n 8. Juillet p. INSEE Bretagne. L industrie en Bretagne Production de fruits et légumes. Dossier web n 8. Juillet p. INSEE Bretagne. L industrie en Bretagne Production de viandes de boucherie. Dossier web n 8. Juillet p. INSEE Bretagne. L industrie en Bretagne Production de viandes de volailles. Dossier web n 8. Juillet p. INSEE. Evolution de la consommation des ménages par fonction [en ligne]. Disponible sur : < (consulté le 17/08/2009). INSEE, DARES. Nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles des emplois salariés d entreprises PCS-ESE p. INSEE. Le système décisionnel dans l industrie bretonne en Octant, n 114. Octobre p. IPSOS. Consommation : qui dit mieux? [en ligne]. Disponible sur : <http://www.ipsos.fr/canalipsos/articles/2799.asp> (consulté le 17/08/2009). IRI. Les promotions jouent leur rôle «d amortisseur» en période de récession et d inflation». Juin p. La lettre économique de Bretagne. D aucy publie un sondage sur les coopératives. 17 juillet p. Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 61

62 Ledos F., Patault A, Cade J.L.. Compétences : une ressource stratégique pour les industries agroalimentaires. La Revue de l Observatoire des IAA de Bretagne, n 91. Octobre p. Le Journal du Net. Les tops et les flops des produits de grande consommation [en ligne]. Disponible sur : < (consulté le 17/08/2009). Le manager de l alimentaire. Intermarché se coupe en 5. Le manager de l alimentaire, n /06/ p. Les Marchés. Logistique : les IAA doivent se grouper. 13 mars p. Les Marchés. Bretagne : chargeurs et transporteurs se rapprochent. 16 février p. Linéaires. Distribook p. Linéaires. Chronodrive double de taille en juillet p. LSA. Innover aujourd hui, est-ce bien raisonnable? LSA, n juin p. LSA. Un quart des français envisagent le troc. LSA, n juin p. LSA. Système U s ouvre en grand vers la proximité. LSA, n juillet p. Mallet M.J., Morin L., Perrot J.L., Simier J.P.. Les enjeux des marques en GMS pour les IAA bretonnes marque fabricant et MDD. Février p. Mathé T., Pilorin T., Hébel P.. Du discours nutritionnel aux représentations de l alimentation. Cahier de recherche, n 252. Décembre p. Ministère de l Alimentation, de l Agriculture et de la Pêche. La consommation alimentaire à l épreuve de la crise. Prospective et évaluation, n 10. Juillet p. Ministère de l Ecologie, de l Energie, du Développement Durable et de la Mer. Vers des modes de production et de consommation durables synthèse et principales mesures [en ligne]. Disponible sur : < (consulté le 24/08/2009). Ministère de l Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement / DARES. Les expositions aux risques professionnels les ambiances et contraintes physiques résultats SUMER Document d études, n 115. Juillet p. Ministère des Transport, de l Equipement du Tourisme et de la Mer, DGMT. Les délais de paiement dans le secteur des transports et la répercussion des prix du gazole dans les contrats. Mars p. Nielsen. Indicateurs d inflation annuelle mars 2009 / mars p. Nielsen. Régime : santé et / ou minceur? Enjeux pour les consommateurs du monde entier [en ligne]. Disponible sur : < (consulté le 17/08/2009). Nielsen. Préoccupations majeures des foyers français : l économie et le réchauffement climatique [en ligne]. Disponible sur : < (consulté le 17/08/2009). Observia. Etude sur l attractivité des métiers des IAA auprès des jeunes Rapport d étape «écoute des jeunes et des prescripteurs». Avril p. Observia. Synthèse Rétrospective à 5 ans et à 10 ans des caractéristiques démographiques. Effectifs Observia. 3p. ORTB. Mémento les transports en Bretagne p. ORTB. Mémento 2006 les transports en Bretagne p. Perrot J.L., Parcé V.. Organisations et besoins logistiques des IAA bretonnes. Avril p. Perrot J.L., Ruffio P., Simier J.P.. Agroalimentaire : enjeux et ruptures en Bretagne. Février p. Pôle Emploi. Enquête besoins en main d œuvre 2009 Bretagne p. Loi n du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement Règlement (CE) n 1924/2006 du Parlement européen et du Conseil du 20 décembre 2006 concernant les allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires. Règlement (CE) n 1925/2006 du Parlement européen et du Conseil du 20 décembre 2006 concernant l'adjonction de vitamines, de minéraux et de certaines autres substances aux denrées alimentaires. La revue de l Observatoire des IAA. 62 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

63 ANNEXE 4 - Liste des participants aux réunions Président : Jean-Yves LE DRIAN Vice-présidents : Odette HERVIAUX, Marc LABBEY, Gérard LAHELLEC, Michel MORIN. Cabinet : Justin AMIOT. Direction générale Economie emploi enseignement supérieur et recherche : Marie ADELINE-PEIX, Annie AUDIC, Annie CASTEL, François FRENEAT, Thomas VINCENSINI. Dont DAGRAM : Jean-Paul SIMIER, Jean-Marie JACQ, Nathalie SIMON-RICHARTE, Caroline DEPOUDENT. Direction générale Culture - environnement jeunesse et sport - tourisme : Sandrine METIER. Direction générale Solidarités et formation tout au long de la vie : Anne-Véronique CAP, Françoise CATHOU, Elie GUEGUEN, Paul JOLLY, Yves RAOUL. Direction générale Politiques territoriales aménagement transport : Jérôme BASTIN, Guy BEGOT, Myriam LABBE, Dominique TRUBERT. Mission mutations industrielles : Thierry PELLERIN. Olivier CLANCHIN, Yves FANTOU, Gérard KAUFFMANN, Christian TACQUARD, Gaëlle COTONNEC. Jean CLANCHIN, Jean-Pierre DUBOIS, Jean-Luc CADE. François-Nicolas SOURDAT. Hervé VASSEUR, Laurent MORIN. Stéphane GOUIN. Florent ARNAUD. Olivier ALLAIN, Loïc CHESNIN, Gilles GUILLOMON, Jacques JAOUEN, Joëlle SALAÜN, André SOUTEYRAT. CRCI : Rémy BILGER, Roland CARIOU, Michel SOREL, Vincenette DURAND, Claire GODIN. CCI 56 : Franck BRUGER, Abel CHEVALIER, Patrick LEBOURLAY, Didier MELLAZA. CCI Brest : Jean-Christophe HATTENVILLE. CCI 22 : Guillaume BIRAULT, Keith MARTIN. CCI Fougères : Roger NAPOLEON. CCI Rennes : François LEBLOND, Carole LOSSOUARN. CCI Saint Malo : Patrick CHARPY, Philippe CRACOSKY. Marcel COURTAS, Pierre DE CORDOUE Contrat de filière de l industrie agroalimentaire 63

64 Georges GALARDON, Virginie ALLAIRE-ARRIVE, Françoise LEDOS. Jo PENNORS, Brendan YVET. Charles AUVET, Bernard DORE. Jean COLLET, Etienne PETIBON. Michel LE GOFF, Christian PELTAIS. Anne-Claude LEFEBVRE. Rodolphe BELLANGER, Sylvain REALLON. Jean-Marc PIHAN CHEVY, Marie-Hélène QUEMENER. Jean-Marc KERVERDO. Michel HOUDEBINE, Gérard MAISSE, Jean-Luc PERROT, Michel PINEL. 64 Contrat de filière de l industrie agroalimentaire

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