aéronautique espace transport terrestre défense sécurité

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1 aéronautique espace transport terrestre défense sécurité «N importe quel biologiste vous dira que les systèmes les plus impressionnants et les plus adaptatifs sont les êtres humains et les animaux» Christophe Meyer, directeur de recherche, Thales 02 Intelligence urbaine Pour que la jungle des villes devienne un espace sûr et au service de ses habitants 06 Observer et protéger Plongée au coeur de la «Ville sûre» 10 le soldat du futur Le fantassin d hier se transforme en une unité combattante bien équipée, connectée et protégée

2 01 Innovations # 3 «Une entreprise comme la nôtre dont l ambition est de contribuer au développement durable de nos sociétés se trouve à l évidence aux premières lignes pour relever les défis que pose cette datafication du monde» Au sommaire » 02 Intelligence urbaine Les grandes villes du monde entier se tournent vers l innovation technologique pour offrir à leurs habitants un environnement urbain plus propre, plus intelligent et plus efficient.» 06 Observer et protéger : Mexico Comment redonner un sentiment de sécurité à une population de plus de 20 millions d habitants, dans une ville ayant un lourd passé de criminalité de rue et de violence urbaine? La réponse a pour nom «Ciudad Segura».» 10 Le soldat du futur Pour les responsables militaires, il est crucial que les troupes déployées sur les théâtres d opération disposent, au bon endroit et au bon moment, d équipements extrêmement performants et interconnectés.» 14 Place à la créativité Avant d envisager des solutions, il faut d abord circonscrire les problèmes. Le Design thinking remonte à la source afin que les résultats répondent véritablement aux besoins.» 18 Les leçons high tech de Mère Nature Scientifiques et ingénieurs le savent depuis longtemps : la Nature est la meilleure source d inspiration.» 22 Le retour du dirigeable Découvrez Stratobus, un nouveau concept de plateforme stationnaire stratosphérique.» 24 Cartes sur table En mariant cartographie, données et communications, la technologie géospatiale transforme notre vie quotidienne, améliorant par exemple la sécurité publique, l efficacité des transports ou la précision des opérations militaires.» 28 Au-delà du silicium Le III-V Lab, principal centre de recherche sur les semiconducteurs III-V en Europe, explore les possibilités d application de ces composants pour développer des solutions adaptées au monde de demain.» 32 Un siècle de communications Si les radiocommunications militaires ont beaucoup évolué au cours du siècle passé, la radio logicielle est en train de provoquer une nouvelle révolution.» 36 Thales et Seconde partie de notre voyage dans la mémoire, à l occasion du centenaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale. Directeur éditorial Keith Ryan Directeur de la création Nick Dixon Directeur de la publication Ian Gerrard Responsable de production Karen Gardner Traduction e-files Directrice conseil Tina Franz Directeur financier Rachel Stanhope. Publié par Caspian Media Ltd pour Thales. Les opinions exprimées n engagent que leurs auteurs et ne sauraient en aucun cas engager la responsabilité de Thales ou de Caspian Media Ltd. Caspian Media Telephone Web «Tout est dans un flux continuel sur la terre», constate déjà Jean-Jacques Rousseau dans ses Rêveries tandis que Schopenhauer observe : «Qu est-ce, en fin de compte, que la vie? Un flux perpétuel de la matière». Notre monde numérisé semble bien leur donner raison. Le flux, voilà bien le maître mot. Populations, informations, transactions, énergies, idées, sentiments même, jaillissent, se répandent, se déversent ou s accumulent, débordent parfois, dans un écoulement intarissable au débit toujours croissant. Jamais dans l histoire humaine on avait assisté à une telle mise en données du monde. Kenneth Cukier et Viktor Mayer-Schönberger, respectivement journaliste et professeur à l université d Oxford, auteurs de Big Data : A revolution that will transform how we live, work, and think, estiment que la masse d informations aujourd hui disponible est telle que, si on la répartissait entre tous les Terriens, chacun en recevrait une quantité trois cent vingt fois supérieure à la collection de la bibliothèque d Alexandrie : en tout, mille deux cents exaoctets (milliards de milliards d octets). Un rapport du cabinet IDC publié en avril dernier prédit que le volume de données dans le monde «pèsera» près de milliards de gigaoctets en /4 Un quart du territoire mondial est protégé par les radars de défense aérienne de ThalesRaytheonSystems. Qu elle semble étriquée la bibliothèque d Alexandrie qui, dans l Antiquité, renfermait, disait-on, la totalité du savoir humain. Qu ils semblent aujourd hui minces les 35 volumes de l édition de base de l Encyclopédie rédigés sous la direction de Diderot et d Alembert au XVIIIe siècle. Qui oserait aujourd hui vouloir figer le savoir? La connaissance, elle-même, est flux. On (Stephen Gold d IBM, par exemple) estime que «90 % de l ensemble des données du monde ont été créées ces deux dernières années». Pour d aucuns, cette «datafication» constitue la nouvelle source d énergie de nos sociétés. «Les données sont le nouveau pétrole de l économie», affirmait dès 2006 le consultant Clive Humby. Si nous acceptons cette métaphore, il convient d appliquer aux données le même processus qu à l or noir : il faut donc d abord les extraire, c est-à-dire les collecter, les raffiner, c est-à-dire les analyser et les traiter pour en extraire l information utile, en assurer le transport à travers des réseaux fiables et pérennes pour éviter pollutions, fuites et débordements, et, enfin, les distribuer de manière efficace et sûre à leurs utilisateurs. S il fallait définir la raison d être d un groupe comme Notre innovation en chiffres Thales, c est bien celle-là : collecter des données, en extraire du sens utile et en assurer la distribution. Une entreprise comme la nôtre dont l ambition est de contribuer au développement durable de nos sociétés se trouve à l évidence aux premières lignes pour relever les défis que pose cette datafication du monde. Elle y consacre son énergie, son intelligence et son savoir-faire. Vous en trouverez dans ce nouveau numéro d Innovations quelques démonstrations, du plus petit des mondes, celui des composants, aux projets les plus ambitieux comme ceux des «smart cities» en passant par les applications que laissent entrevoir la géointelligence ou les nouveaux matériaux. Marko Erman Chief technical officer, Thales km Quelque km de lignes ferroviaires dans le monde sont équipées de la solution ETCS (European Train Control System) de Thales. Plus de passagers utilisent chaque jour les systèmes multimédias de cabine de Thales, soit près de 50 millions par an.

3 02 INNOVATIONS : Intelligence urbaine 03 À Amsterdam, les urbanistes ont conçu les banlieues ouest comme un réseau intelligent. En bref 1 Les villes dites «intelligentes» utilisent les nouvelles technologies pour améliorer la vie quotidienne des habitants et les services. Elles 2 connectent les fonctions essentielles : administration, éducation, santé, entreprises, énergie, voirie. 3 Aucune institution ne pouvant réussir seule, la collaboration de tous les acteurs est indispensable. Intelligence urbaine Partout dans le monde, des municipalités font équipe avec les acteurs locaux pour tirer le meilleur parti des avancées technologiques et créer un espace urbain plus propre, plus intelligent et plus efficient, qu il s agisse de l habitat ou du cadre de travail. Christian Doherty Le développement urbain a parcouru bien du chemin depuis l époque où le baron Haussmann remodelait Paris en y perçant d élégantes avenues bordées d immeubles cossus. Entre-temps, styles et théories se sont succédé. Les mégapoles débordent, tandis que les villes moyennes sont congestionnées à leur tour et doivent faire face au vieillissement de leurs infrastructures et à des difficultés écologiques. Les questions qui se posent aux urbanistes et aux collectivités recoupent tous les grands enjeux du XXI e siècle : mobilité, durabilité, sécurité, vie privée, transparence, efficience et énergie. Et cela, sans tenir compte des intérêts parfois divergents des nombreux acteurs en présence : autorités locales, entreprises, groupes communautaires, opérateurs de transport, prestataires de santé, pour n en citer que quelques-uns. Cette multiplicité de perspectives et les innombrables technologies associées créent à la fois un risque celui que les villes se fracturent et se complexifient encore davantage et des opportunités : les progrès en matière de données, d analyse et de numérisation peuvent être combinés pour relever les défis et créer un environnement urbain plus intelligent, plus sûr, plus propre et plus plaisant. Saisir cette occasion de bâtir des villes intelligentes peut marquer un tournant dans la conception urbaine, pour un mode de vie plus harmonieux et plus durable. Notions de base «Une smart city utilise les technologies de l information de manière beaucoup plus intensive et appliquée, pas seulement pour relier différents aspects de la gestion urbaine par exemple à l occasion de grands événements mais aussi pour mobiliser davantage les citoyens en faveur de leur ville et leur faire prendre conscience des services qu elle propose. Cela renouvelle l implication de chacun dans sa communauté», explique Pierre Cunéo, de la Direction de la Stratégie, recherche et technologie de Thales. Le concept de smart city, ville à la fois intelligente et durable, met en jeu un large éventail d acteurs, de points de vue et de thématiques gouvernance, éducation, sécurité, santé, vie économique, énergie ou encore déchets. Tous ces aspects décisifs de la vie et du développement urbains doivent être pris en compte pour relever les défis qui se profilent. De nombreuses municipalités ont ainsi adopté des solutions intelligentes, dont les plus révolutionnaires se trouvent plutôt dans les villes anciennes cherchant à améliorer et actualiser leurs systèmes de gestion, et non dans les villes nouvelles hyperconnectées comme Songdo en Corée et Masdar à Abou Dabi. La théorie des smart cities s éloigne toujours plus d un développement urbain obéissant à un ordinateur central, pour se tourner vers le principe d un réseau ou d une toile d araignée. Par exemple, à Amsterdam, les urbanistes ont conçu les banlieues occidentales de la ville comme un réseau intelligent, qui relie ces quartiers aux infrastructures énergétiques d ensemble de la municipalité, mais gère l offre et la demande intuitivement. Ce réseau économise de l énergie, tout en développant et en améliorant les infrastructures. Dans le même temps, à Strasbourg, Thales a mis en place un réseau de transport intégré, qui utilise plus de 800 points de contrôle et produit des données en temps réel sur les conditions de circulation aux carrefours et aux intersections. Les contrôleurs peuvent ainsi optimiser

4 04 INNOVATIONS : Intelligence urbaine 05 les priorités accordées aux véhicules de transport public, améliorer le trafic et réduire les bouchons. Intuitifs et souples, ces deux dispositifs fonctionnent en temps réel : il s agit moins de commander et de contrôler que d accompagner le flux. Tous ensemble, maintenant Pour certains, les solutions de smart cities sont simplement des dispositifs destinés à améliorer un aspect spécifique de la vie urbaine, des dispositifs qui se retrouvent par la suite connectés à la gestion d ensemble ; pour d autres, ces solutions s inscrivent dans une stratégie globale visant à rendre la ville plus intelligente. Singapour illustre bien cette dernière approche. L aménagement urbain y obéit à un urbanisme intelligent et intégré. L URA, Autorité de redéveloppement urbain, élabore des plans locaux qui orientent le développement de Singapour pour les quarante à cinquante prochaines années. Dans ce cadre, la gestion du trafic, les transports en commun, le logement, les infrastructures et les accès à d autres villes et pays sont considérés comme un tout, chaque volet contribuant à la réussite des autres. «À Singapour, particulièrement en ce moment, nous préparons l avenir en réfléchissant avec les différents acteurs, indique Jean-Noël Stock, Directeur pays À Strasbourg, Thales a mis en place un réseau de transport intégré, qui utilise plus de 800 points de contrôle et produit des données en temps réel sur les conditions de circulation aux carrefours et aux intersections. de Thales à Singapour. Je pense surtout que la ville deviendra plus intelligente quand nous cesserons d aborder les problèmes projet par projet et tiendrons compte, dans tous les projets en même temps, de la sécurité et de la mobilité. Si nous voulons concevoir et bâtir une ville réellement intelligente, il nous faut aussi prendre en considération les incidences environnementales de nos actions : nous devons optimiser la consommation d énergie, autrement dit avoir des partenaires qui nous fournissent des réseaux intelligents.» «Cela peut sembler trop ambitieux, mais tant que nous ne sommes pas capables de traiter en même temps avec plusieurs agences autorité des transports, organisme d information et de développement environnemental et de nouer des partenariats avec d autres secteurs comme ceux des télécommunications, de l environnement et de l énergie, comment pourrions-nous repenser et fournir, concrètement, les solutions intelligentes du XXIe siècle?» C est en effet un objectif ambitieux, mais Singapour, pour résoudre ses problèmes, dispose d atouts de poids par rapport à d autres villes : une forte tradition de planification centralisée, bien exécutée, l implantation de nombreuses sociétés internationales, une vision claire de ce à quoi l avenir doit ressembler, les ressources pour financer des solutions high tech, enfin, compte tenu de sa géographie, une délimitation claire de son évolution démographique, ce qui simplifie quelque peu l urbanisme et les projections. À l autre extrémité du spectre, Jean-Noël Stock cite Mexico et ses efforts pour lutter contre la criminalité et l insécurité dans un contexte urbain plus vaste dans le cadre du programme Ciudad Segura réalisé par Thales et la société Telmex afin de moderniser les infrastructures de sécurité de la ville (voir p. 6). «Les résultats sont éloquents», conclut Jean-Noël Stock. Les vols de voiture ont été divisés par dix, les agressions et les meurtres enregistrent depuis trois ans une baisse annuelle de 10 à 20 % et «les entreprises qui avaient quitté Mexico du fait de son insécurité reviennent.» Changement et collaboration Bien sûr, ingénieurs et urbanistes placent une grande confiance dans les solutions qu ils conçoivent et déploient. Mais les solutions les plus fructueuses, selon Jean-Noël Stock, ne consistent pas uniquement à installer de nouvelles technologies : elles associent le mécanique et l humain pour rendre une ville plus intelligente. «Chaque ville a sa propre intelligence», explique-t-il. Lee Woodcock, directeur Mobilité intelligente chez le consultant en solutions urbaines Atkins, abonde dans le même sens : «Pour que les villes gagnent en intelligence ou en intégration, il ne suffit pas de solutions nouvelles. Il s agit de changer, et plus Vienne, ville pionnière de l'e-futur Les urbanistes viennois expérimentent un service de tram à faible consommation relié au réseau de transport urbain. À l aide de technologies intelligentes, chaque tramway calcule en permanence le nombre de passagers à son bord et ajuste sa température et sa vitesse en conséquence. Le tram n est qu un volet du dispositif ambitieux que prévoit la ville pour passer aux transports électriques d ici L objectif de ce système d e-mobility à la demande est de s appuyer sur les infrastructures de transport existantes pour bâtir un réseau qui permette de recourir à des véhicules électriques et à des stations de recharge partout où il est possible de remplacer les véhicules à carburant fossile et où la marche, le vélo ou les transports en commun sont inadaptés. Chicago : les Big data au service de la sécurité sanitaire Troisième plus grande ville des États-Unis, Chicago rencontre beaucoup des difficultés communes aux grands espaces urbains transports inefficaces, ressources sous pression, et santé publique médiocre dans les zones défavorisées. C est sur ce dernier point que la ville une des rares dans le monde à employer un responsable des technologies a concentré récemment ses efforts. L initiative est née de l association des services de la sécurité sanitaire avec le département municipal chargé de l innovation et de la technologie. Leur but était de trouver des partenaires locaux afin de recueillir des données sur les établissements d alimentation et de restauration et sur leur localisation. Ces données concernent surtout les infractions aux normes de spécifiquement de changer les comportements. Prenons l exemple des voitures sans conducteur. L enjeu n est pas technologique, ni même juridique. La question est celle de la confiance et du respect de la vie privée. En matière de programmes urbains, il faut penser gestion du changement et communication de qualité, pas seulement développement et déploiement.» Pour Lee Woodcock, les municipalités et leurs contractants, sur des projets de ville intelligente, doivent se demander s ils ont bien «des objectifs harmonisés, des opérations et des risques conjoints, des mesures pour évaluer la concrétisation du projet, les comportements, la valeur ajoutée et les avantages mutuels.» Clairement, compte tenu de la nature pluridisciplinaire des défis auxquels sont confrontées les villes de par le monde, les urbanistes doivent comprendre la nécessité de collaborer. «La collaboration est essentielle il n existe pas une agence, un organisme capable de livrer à lui seul une ville intelligente, poursuit Lee Woodcock. Nous pensons souvent que nous collaborons, mais en réalité construction, la chaîne alimentaire, les plaintes déposées auprès des autorités locales (en matière alimentaire et sanitaire), l éclairage à l arrière de ces établissements, les chantiers en cours localement, les informations provenant des médias sociaux, la densité démographique du quartier ou encore les plaintes enregistrées dans d autres établissements appartenant au même propriétaire.toutes ces données servent à déterminer un «score de risque» pour chaque établissement manipulant et vendant de la nourriture. Le projet pilote visera à aider les agents de la sécurité sanitaire à cartographier les risques et à programmer des inspections et d autres mesures de supervision en conséquence. nous nous coordonnons. Nos collaborations doivent gagner en maturité si nous voulons concrétiser les potentialités et saisir les opportunités qui se présentent à nous.» Pierre Cunéo partage cet avis. Selon lui, si Thales peut mettre à profit son expérience incomparable de l innovation et de l excellence dans les domaines de la sécurité et des communications, «le Groupe doit chercher à travailler en tandem, de manière complémentaire, avec les fournisseurs d énergie, les forces de l ordre, les fabricants de matériel roulant et les gestionnaires de déchets, pour n en citer que quelques-uns.» Mais toute personne impliquée dans un projet de ville intelligente maire, responsable des forces de l ordre, technicien, futurologue accepte que les villes existent d abord et avant tout pour leurs habitants, que leur vraie intelligence est humaine. «Il y a des limites aux avantages que peut procurer la technologie aujourd hui, et notamment l informatique, commente Jean-Noël Stock. Chacun de nous veut être intelligent, voir à quel point l informatique peut le faire progresser. La meilleure option reste cependant de mettre à contribution la ville elle-même.» «Un robot qui synchroniserait tout pour tout le monde ne serait pas aussi intelligent qu une solution qui connecte les citoyens et leur permet de contribuer au bien-être de la cité, explique-t-il. Par exemple, l appli Waze permet aux utilisateurs de partager des informations sur les embouteillages. Le système synthétise toutes les données, mais les personnes qui les envoient font bien plus que ne feraient de simples capteurs. Un être humain sera toujours plus intelligent qu une caméra.» Dès lors qu on met en place un réseau intelligent d individus et de technologies, les possibilités deviennent infinies, comme le fait observer Pierre Cunéo : «On pourrait aisément concevoir une agriculture intelligente, en s appuyant sur la géolocalisation, la sélection des espèces, la chimie, les modèles météorologiques et les biotechnologies. On pourrait aussi y intégrer un volet de sécurité des réseaux, qui intrinsèquement aurait des ramifications bien au-delà de la ville, voire créer des pays intelligents capables d opérations intégrées et sécurisées.»

5 06 INNOVATIONS : Mexico 07 Comment protéger une métropole de plus de 20 millions d habitants contre la menace croissante de la criminalité et des agressions de rue? Pour trouver la réponse à cette question, les autorités de Mexico ont misé sur la technologie. Observer et protéger Lors des rassemblements sur el Zócalo, la grande place de Mexico, des centaines de policiers comme celui-ci surveillent la foule. Mais sans l aide de la technologie, il serait quasiment impossible de repérer un individu ou un comportement suspect. Pip Brooking «Les vols à main armée, les enlèvements, les vols de voitures, le car-jacking, la fraude à la carte bancaire et diverses formes de criminalité de rue ou en milieu résidentiel sont des problèmes que nous rencontrons au quotidien. Le faible nombre de condamnation des délinquants et des criminels explique le taux élevé de criminalité. Les criminels choisissent leurs victimes en fonction de leur prospérité apparente, de leur vulnérabilité ou de leur manque de vigilance. À Mexico, les signes extérieurs de richesse sont de véritables aimants pour les voleurs.» Le rapport 2014 sur la criminalité et la sécurité à Mexico, publié par le ministère de la Défense des États-Unis, le dit sans ambages : alors que le Mexique est considéré comme l un des géants économiques émergents du monde, avec 35 milliards de dollars d investissements directs en 2013, il doit continuer à se battre contre sa mauvaise réputation. Les guerres entre narcotrafiquants, les crimes avec violence, le crime organisé et la corruption restent très présents. Les autorités ont donc décidé de prendre le problème à bras-le-corps, afin de pouvoir capitaliser sur la croissance économique et l intérêt qu elle suscite au niveau international. Si la ville de Mexico, qui est au cœur de cet investissement, a probablement échappé aux pires excès de la guerre des narcotrafiquants, la densité de sa population de près de 21 millions d habitants, combinée au manque d infrastructures et aux difficultés de circulation dans ses rues embouteillées, pose de sérieux problèmes de maintien de l ordre. La sous-déclaration des crimes (pratiquée depuis des années) et le manque de confiance dans la police rendent la tâche encore plus difficile. Et avec l un des taux de policiers par habitant les plus élevés de la planète ( policiers), il ne pouvait être question de s attaquer au problème en augmentant les ressources humaines. C est donc vers la technologie que les autorités du district fédéral se sont tournées pour lutter plus efficacement contre le crime et améliorer la qualité de vie dans la ville. Une vision de la ville Le programme Ciudad Segura («ville sûre») a été conçu en 2009 et mis en œuvre par Thales en partenariat avec Telmex, la compagnie nationale des télécommunications. Cette dernière a fourni un réseau à fibre optique dédié ainsi que les autres infrastructures de télécommunication nécessaires au déploiement du programme. De son côté, Thales s est chargé de fournir diverses solutions technologiques haut de gamme, de concevoir un logiciel capable de gérer un programme de cette ampleur, et de En bref 1 Confrontées à une hausse constante de la violence et de la criminalité, les autorités de Mexico City ont misé sur la technologie. 2 Le programme Ciudad Segura («ville sûre») a été lancé en Un réseau 3 de caméras high tech fonctionnant 24 heures sur 24 a contribué à faire reculer la grande criminalité de manière significative.

6 08 INNOVATIONS : Mexico mill ions superviser les travaux de génie civil du centre de commandement central et de cinq centres régionaux. Un réseau de plus de caméras surveille les rues de Mexico 24 h/24, 7 j/7. Le système compte également des centaines de bornes (ou boutons) d appel d urgence, ainsi qu une flotte de drones. Toutes les données qui en émanent sont transmises à des centres de commandement équipés des toutes dernières technologies qui ont déjà enregistré plus de deux millions d incidents et dont les délais d intervention ont été ramenés de plus de 12 minutes à 2,03 minutes depuis leur mise en service. La grande criminalité (enlèvements, etc.) a reculé de 42 % et les vols de voitures de 33 %. «Aucun autre pays ne dispose d un programme similaire d enregistrement permanent de données. Cela nécessite beaucoup d espace et de bande passante», déclare José Redon, responsable du programme Ciudad Segura pour Thales. «Nous avons vu d autres programmes échouer par manque de budget ou de technologie.» L ensemble est devenu 100 % opérationnel en 2012, en même temps que deux centres de commandement mobiles. Lors de l annonce, en avril 2014, du quasi-doublement de sa taille, le système a été salué comme étant le programme de sécurité urbaine le plus ambitieux du monde, tant par son ampleur que par son contenu. Il permet aussi bien de pister une voiture à travers la ville grâce à sa fonction de reconnaissance des plaques d immatriculation, que de faciliter l intervention des secours d urgence en cas de séisme ou d explosion de gaz dans un bâtiment public ou encore de gérer les six millions de personnes qui affluent chaque année en décembre au pèlerinage de la basilique de Guadalupe. Des possibilités illimitées Pour exécuter ce contrat, Thales a constitué une équipe multinationale, composée d experts du siège parisien et de spécialistes en génie logiciel ayant participé à un programme similaire (de moindre échelle) pour la police de Singapour. Cette équipe a développé deux logiciels majeurs. Le premier, Computer Aided Dispatch (répartition assistée par ordinateur), prend en charge la gestion des incidents dès qu un événement est détecté par une caméra ou signalé par un citoyen ; il est relié à tous les services d urgence. Si la ville de Mexico a probablement échappé aux pires excès de la guerre des narcotrafiquants, la densité de sa population, combinée au manque d infrastructures et aux difficultés de circulation dans ses rues embouteillées, pose de sérieux problèmes de maintien de l ordre. Le second est le Video Management System (VMS) de Thales qui prend en charge les flux de données transmis par toutes les caméras. En compressant les images enregistrées, il peut transmettre les données simultanément à plusieurs centres de commandement. Non seulement il prend en charge les caméras déjà en place, explique José Redon, mais il offre «des possibilités de développement illimitées». Une bonne chose, compte tenu des caméras supplémentaires dont le déploiement est d ores et déjà prévu! Jusqu à 500 policiers d une même équipe peuvent visualiser simultanément sur trois moniteurs les images enregistrées par 16 caméras ; ils peuvent également avoir accès à CAD, à VMS et à un système d information géographique (SIO) qui permet de localiser avec précision l endroit concerné. Le cœur du programme est le centre C41 (Command, Control, Communications and Intelligence) informatisé, capable d accueillir la moitié du personnel de surveillance, ainsi que le maire, si un incident exige sa supervision. Dans les actualités locales, on attribue à ce centre le mérite de donner à la police «une vision globale de la ville». Des interventions coordonnées Le programme ne doit pas son efficacité exclusivement au déploiement des technologies les plus récentes. Il le doit aussi à la prise en compte de la manière dont les services d urgence travaillent et communiquent entre eux, et à sa capacité de gagner l approbation de la population locale. Dans une métropole qui possède plusieurs services de police et d ambulances et où des centaines d incidents se produisent chaque jour, la coordination est un aspect fondamental, insiste Guido Sanchez, responsable du SAMU de la ville. «Le SAMU ne dispose que de 16 ambulances ; on ne peut donc se permettre d avoir deux ou trois ambulances qui arrivent en même temps au même endroit, explique-t-il. Le C4I nous aide à déterminer s il s agit d un appel réel ou d une fausse alerte, et à dimensionner les secours en fonction de l ampleur de l incident. Il nous permet aussi de dépêcher l ambulance de l unité de secours la plus proche du lieu de l incident.» Il arrive encore que les délais d intervention dépassent 20 minutes à cause des embouteillages et de la taille de la ville mais, pour Guido Sanchez, la vie des citoyens dépend de la capacité à maintenir un délai d intervention aussi court que possible. Il insiste également sur un autre avantage : le week-end, période pendant laquelle le nombre d urgences à traiter augmente fortement, le SAMU fait appel à des bénévoles. En raison de son efficacité, le programme leur donne un plus grand sentiment de sécurité dans l accomplissement de leur mission. L idée d une surveillance généralisée ne séduit personne. José Redon explique que le maire de Mexico a insisté pour mettre en place la réglementation nécessaire avant que le programme Ciudad Segura ne démarre, afin d anticiper tout problème juridique futur. Thales a également travaillé en liaison étroite avec le gouvernement pour expliquer ce que le programme impliquait en termes de sécurité, en particulier de sécurité des citoyens. «C était un programme politique de grande importance pour le maire», confirme Antonio Quintanilla, directeur Pays pour Thales au Mexique. S il y a eu quelques plaintes au début, les habitants de la ville ont vite compris les avantages du programme, en particulier quand ils ont commencé à en voir les effets, confie José Redon. «Au lieu de le critiquer, ils se plaignent aujourd hui de ne pas avoir assez de caméras dans leur quartier. Ils en veulent plus. Ils en veulent une près de chez eux!», ajoute-t-il. Thales a dû également adapter le système à l évolution de la demande des usagers : «Au fil des années et de la pratique, le client a découvert de nouveaux moyens de l utiliser et, fort de son expérience, est indéniablement demandeur de fonctionnalités supplémentaires», déclare Antonio Quintanilla. Les plus grandes facilités offertes pour pister les véhicules en est un bon exemple : «La fonctionnalité a été développée et affinée au sein du système, explique-t-il. Nous avons amélioré tout ce qui concerne les immatriculations et leur identification ainsi que la façon d utiliser ces informations, par exemple l envoi des amendes pour excès de vitesse directement aux contrevenants.» Les drones aériens sont la dernière nouvelle fonctionnalité ajoutée ; ils permettent de pénétrer dans des zones à haut risque que les caméras fixes ne peuvent couvrir. Thales et la municipalité de Mexico sont l un comme l autre désireux d explorer de nouvelles possibilités et d intégrer davantage la technologie grâce aux moyens offerts par internet. Un rayonnement international «En matière de villes intelligentes, tout est possible. Tout dépend du budget, de l imagination et des ambitions du client, affirme Antonio Quintanilla. Ce type de système peut être connecté à toutes les infrastructures existantes : non seulement les caméras dans les rues, mais aussi celles qui surveillent le métro, les aéroports, les infrastructures critiques, tout ce que vous voulez. Il n y a pas de limite au périmètre couvert. C est juste une question de budget et de volonté politique.» Cependant, poursuit-il, chaque programme est spécifique à un client particulier : «Il est très difficile de proposer une solution de sécurité ou de surveillance urbaine valable pour tous. Elle doit être adaptée aux besoins et à la situation de chaque client», déclare-t-il. Cela concerne le concept opérationnel, mais aussi les conditions de vie et les infrastructures existantes. José Redon qualifie Ciudad Segura de «référence imbattable» de ce qu il est possible de faire en matière de sécurité urbaine dans le monde. «Nous avons prouvé que cela fonctionne dans un environnement extrêmement complexe.» Thales Mexique, qui est devenu un pôle régional d expertise en systèmes de protection, espère renouveler ce succès sur d autres marchés d Amérique latine. En effet, six villes de la région restent, selon les Nations Unies, les 10 endroits les plus dangereux du monde en termes de taux d homicides. Déployer un système de ce type peut transformer la vie des habitants de ces villes et leur donner l espoir d un avenir plus sûr. «Le nouveau contrat remporté en avril dernier est une marque de confiance manifeste des autorités de Mexico à l égard de Thales et de Telmex; c est aussi une excellente illustration des performances du système en place, lequel donne toutes satisfactions depuis 2011, déclare Dominique Gaiardo, vice-président et directeur général des systèmes de protection pour Thales. Grâce à nos capacités mondiales et à nos compétences locales, nous sommes parfaitement positionnés pour fournir des solutions de sécurité haut de gamme et pour résoudre les problèmes que rencontrent les grandes villes d Amérique latine et du monde entier».

7 10 INNOVATIONS : le soldat du futur 11 La mue du fantassin Les experts du MIT ont eu pour objectif de réduire le poids d un 7kgpaquetage type de 45 à 7 kg En bref 1 De tout temps, l équipement du soldat a été son plus fidèle allié sur le champ de bataille. 2 Aujourd hui, une armure ne suffit plus. Les nouvelles technologies sont appelées à jouer un rôle capital. Des communications 3 à l armure liquide, les équipements assureront aux soldats de faire partie intégrante du processus de décision. Pour les responsables militaires, il est crucial d assurer la sécurité des troupes déployées sur les théâtres d opération, en veillant à ce qu elles disposent des équipements les plus performants, en temps voulu. Il faut à la fois assurer l efficacité de leur action et leur sécurité personnelle. Les technologies de communications en réseau et les matériaux les plus avancés sont les principaux leviers de ce changement radical dans l art de la guerre. Christian Doherty Les conflits récents et actuels au Moyen-Orient, en Afrique et en Europe de l Est démontrent que la guerre ne présente plus cette simplicité dans l opposition que nous lui connaissions, avec des forces conventionnelles qui s affrontent sur fond d échiquier aux cases clairement définies, dans une lutte réfléchie pour la conquête du territoire. L adversaire est désormais, la plupart du temps, une force éclatée, non conventionnelle, aux antipodes des colonnes et des bataillons du passé. Les soldats sont le plus souvent confrontés à un ennemi dissimulé, qui profite de la complexité de l environnement urbain pour semer la confusion et désorienter l adversaire. Les chefs d unité et les responsables militaires reconnaissent que l emploi d une puissance de feu ou d une force de frappe écrasante ne donne désormais que des résultats insuffisants. In fine, ce sont les troupes déployées au sol qui font basculer définitivement le conflit. Si la puissance des moyens mis en œuvre n est plus garante du succès, il faut donc utiliser une autre approche une solution qui combine un déploiement plus intelligent des armes, une protection renforcée pour les unités de combat les plus exposées, et une meilleure intégration et connectivité au sein de ce qui est désormais un théâtre de guerre confus, hautement imprévisible, et donc plus dangereux que jamais. Tout reposera donc sur les épaules du soldat. Coupé sur mesure Thomas Reydellet, directeur des études stratégiques avancées de Thales Research & Technology, explique que dans un avenir très proche, «les soldats auront besoin d un haut degré d autonomie en termes de logistique, munitions, chargeurs et batteries pour mener à bien des missions étendues contre des adversaires hybrides, extrêmement adaptables, contre lesquels il faudra utiliser une grande quantité de munitions en raison de leur agilité et mobilité et de leur aptitude à se dissimuler. Le partage d informations tactiques en temps réel sera vital pour créer une image opérationnelle commune aux différents vecteurs déployés (drones, véhicules, combattants), ce qui permettra aussi de limiter les tirs fratricides et de réduire l incertitude de l action entreprise.» Le futur apparaît plus que jamais numérique. Décrit par les responsables militaires américains comme un «système de combat individuel», le fantassin d hier est aujourd hui une unité combattante entièrement équipée, connectée et protégée, capable d engager avec précision et sécurité un ennemi insaisissable, de communiquer avec ses camarades, de partager instantanément des informations et d identifier clairement amis et ennemis. Thomas Reydellet explique que le défi consistant pour un chef d unité à déployer des soldats sur le champ de bataille moderne dans les meilleures conditions est clairement posé : «Il y aura trois facteurs clés : mobilité, puissance de feu et protection. Cette dernière doit être renforcée, et c est bien sûr la priorité. Et parce qu il faut combattre dans un environnement urbain, avec des contraintes spécifiques, en quelque sorte comme capteur d information entièrement connecté et aussi comme un effecteur le fantassin devient l un des éléments fondamentaux du conflit. Il faut être suffisamment proche pour distinguer entre les combattants ennemis et les populations civiles, engager l adversaire avec précision et le neutraliser avec efficacité, tout cela dans le cadre d une boucle de décision très brève. Le temps de réaction est souvent la clé du succès.» Nombre de composantes innovantes de ce soldat high tech sont déjà en service. Certaines forces bénéficient en dotation standard de casques équipés d antennes GPS permettant d émettre en permanence des données de positionnement vers les chefs de corps. Les caméras intégrées envoient des images en temps réel, non seulement vers leur base, mais aussi vers des camarades déployés sur le terrain. Quant aux gilets pareballes modernes, ils n ont plus grand-chose à voir avec les équipements lourds et peu fiables d il y a seulement une dizaine d années. Équiper le soldat du futur nécessite de mobiliser différentes disciplines de pointe : les nanotechnologies et les développements les plus récents dans les matériaux légers et résistants, mais aussi l impression 3D, pour affiner et fabriquer le kit de combat nécessaire au soldat. Il faut également des systèmes de communication numériques intuitifs, intégrés et sécurisés qui permettent de relier entre eux les soldats en toute transparence, dans le cadre d un réseau cohérent et fiable.

8 12 INNOVATIONS : le soldat du futur 13 S adapter ou mourir La mission première du soldat consiste bien évidemment à engager l ennemi. Pour autant, d autres aspects méritent d être pris en compte. Interagir avec les populations locales, montrer que l on connaît les problèmes locaux est essentiel pour le soldat d aujourd hui. Si nous pouvons tirer une leçon de l expérience mitigée des Américains en Irak, c est l image largement contre-productive résultant du déploiement d une force armée coupée de la population qu elle est censée protéger. Thomas Reydellet souligne qu en raison de l extrême mobilité de l adversaire, qui sait utiliser au mieux les spécificités du paysage urbain, les soldats doivent se montrer tout aussi mobiles et capables de s adapter rapidement à leur environnement. Dans le combat urbain, les soldats doivent être en mesure de gérer les trois dimensions, dans la mesure où la menace vient aussi bien du sol que du sous-sol, dans toutes les directions, de jour comme de nuit. «Dans le contexte actuel des terrains d affrontement, les solutions technologiques que nous concevons doivent être modulaires, afin d être adaptées et d offrir la flexibilité dont le soldat a besoin. Cela signifie qu il doit être en mesure d opérer une permutation rapide entre les modes de fonctionnement et d action, de l échange courtois avec la population locale jusqu à l engagement brutal avec l ennemi. Si le soldat perçoit un changement dans l ambiance, ou devine une menace, il doit être capable de s adapter et de s engager. Partager des renseignements, avec la capacité à comprendre une situation extrêmement mouvante, tout en maintenant des liaisons malgré le stress du combat, requiert de toute évidence des technologies modernes très spécifiques.» Décrit par les responsables militaires américains comme un «système de combat individuel», le fantassin d hier est aujourd hui une unité combattante entièrement équipée, connectée et protégée. Un fantassin léger Il y a bien évidemment des obstacles à surmonter pour regrouper ces technologies en un ensemble cohérent, à même de protéger efficacement le soldat, d améliorer ses performances et d élargir ses capacités. Le poids est bien sûr une composante majeure de l équation. Une grande partie de la technologie requise existe déjà senseurs et GPS ne sont pas nouveaux, mais parvenir à l intégrer dans une veste de combat durable, légère et suffisamment confortable, sans diminution des performances, constitue le test ultime. «Le facteur poids, va continuer d être un obstacle à la mobilité d un soldat de plus en plus connecté en réseau, fait observer Thomas Reydellet. Les soldats devront pouvoir agir avec précision à tout moment, et imposer leur propre tempo à l adversaire.» Pour résoudre cette question ô combien ardue du poids des équipements, les experts misent sur l utilisation de matériaux plus légers. Ceux du MIT, par exemple, ont eu pour objectif de réduire le poids d un paquetage type de 45 à 7 kg. «Il y a deux façons d y parvenir, explique Thomas Reydellet. On peut développer des matériaux plus légers la plupart basés sur les nanomatériaux et/ou combiner diverses fonctionnalités en une seule, afin que de disposer d une technologie pouvant remplir plus d une tâche à la fois.» Le kit multifonction constitue une solution prometteuse. Ainsi, un fusil peut également servir de radio, grâce à une modification relativement simple. «On obtient ainsi plus de capacités par kilo, poursuit Thomas Reydellet. Certaines études médicales estiment qu un soldat ne peut transporter plus de 35 % de son poids corporel. Si ce rapport est de 45 %, par exemple, la personne se trouve alors considérablement ralentie dans ses actions et ses déplacements.» L exosquelette constitue un autre facteur de changement pour aider le soldat. Bien que les scientifiques n en soient encore qu à une phase préliminaire, des recherches intensives sont conduites dans différents pays en vue de développer des exosquelettes adaptés au combat, capables d augmenter la force physique du soldat, de doper son endurance et d accroître sa capacité à porter des charges. Les chercheurs de l Agence américaine pour les projets de recherche avancés dans la Défense (DARPA) ont également planché sur un exovêtement, avec pour objectif d «utiliser un système (ou réseau) de structures fonctionnelles, de commande et de transmission contrôlées en boucle, capable de protéger les zones corporelles les plus sujettes aux blessures, en mettant l accent sur les tissus mous qui assurent l interface avec le système osseux.» Overdose d informations L un des problèmes récurrents auxquels sont confrontés les spécialistes qui élaborent des solutions technologiques innovantes est la limite du système cognitif humain. Les innovations appliquées aux systèmes de combat offrent la possibilité de fournir aux soldats et à leurs chefs de groupe une masse d informations. Mais alors que dans un bureau les analystes peuvent éventuellement disposer de plusieurs semaines pour absorber, étudier et vérifier les données obtenues, le soldat Du liquide au solide Vouloir protéger une vie humaine à l aide d un simple liquide peut a priori sembler étrange. Des études font pourtant apparaître qu un blindage liquide souple, léger et incroyablement résistant peut offrir des avancées significatives en termes de protection pendant le combat. Certains blindages à base de liquides peuvent servir de protection légère en se solidifiant instantanément lors d un impact. Le blindage liquide repose sur l utilisation de fluides qui s épaississent automatiquement sous l action du cisaillement. Autrement dit, des fluides dont la viscosité augmente à l impact, devenant alors plus épais et presque solides. Ce blindage d un nouveau type, sur lequel planche le laboratoire de recherche de l US Army, n est d ailleurs pas un blindage à proprement parler. Le liquide est intégré à un gilet de protection dont les propriétés sont renforcées lors de l impact d un projectile comme une balle ou un éclat d obus. Le liquide répartit l impact sur une zone plus étendue qu avec engagé dans une opération ne peut se permettre ce luxe. Les responsables militaires doivent donc décider du caractère important ou superflu de telle ou telle information. Compte tenu des capacités de collecte de données des drones, par exemple, il est légitime de se demander à quel moment un soldat risque d être noyé sous les monceaux d informations, les coordonnées géographiques et les ordres provenant de sa hiérarchie? Différentes études, notamment aux États-Unis, ont tenté de mesurer et d évaluer le point auquel une surdose d informations survient chez un homme déjà en état de stress. Le programme Augmented Cognition de l US Army s intéresse plus particulièrement Le blindage liquide repose sur l utilisation de fluides qui s épaississent automatiquement sous l action du cisaillement. un simple système pare-balles classique, réduisant ainsi la force de l impact en l éloignant du point de contact initial. Le kevlar est devenu le matériau de protection standard sur le champ de bataille mais il présente certains inconvénients. Comme blindage solide il n offre aucune souplesse, ce qui constitue une gêne au mouvement. Et bien que les scientifiques se soient efforcés de le rendre aussi léger que possible, il reste lourd. Le blindage liquide semble donc être une option très prometteuse. aux moyens d aider les troupes à décider des informations à inclure et à conserver. L un des moyens susceptibles de gérer la surcharge d informations est un système portable qui utilise des capteurs corporels pour fournir des données cardiaques et électro-encéphalographiques permettant de surveiller l activité cognitive dans le cerveau et le flux sanguin dans le reste du corps. Ces données sont ensuite rediffusées par les soldats équipés de systèmes adaptés vers les chefs d unité, ce qui permet à ces derniers d augmenter ou de diminuer le volume et la diversité des informations transmises au combattant. La future génération de casques fournira également aux soldats une vision périphérique à 360, explique Thomas Reydellet : «Sur la base des études réalisées, ces casques seront équipés de plusieurs caméras qui permettront au soldat de zoomer et de modifier le focus par simple commande vocale.» Thomas Reydellet souligne que c est maintenant une pratique courante pour un soldat d avoir une arme équipée d une caméra lui permettant d envoyer des images et des informations à ses camarades. Les techniques de réalité augmentée pourraient également être utilisées pour améliorer l analyse de la situation. «Cette approche aide aussi le chef d unité à prendre des décisions plus rapides et à les faire diffuser instantanément tout au long de la chaîne de commandement. Le soldat est un élément de ce réseau. Il est important pour lui de partager les données en temps réel, de maximiser la compréhension de la situation. Avec pour résultat une amélioration significative de l efficacité de chaque soldat.» Les commandants de régiments regrettent depuis longtemps leur difficulté à définir une stratégie et à réagir en temps réel sur un espace de bataille hautement fracturé et confus. Équiper le fantassin avec un ensemble d outils de communication et de reporting peut donc avoir un impact réel sur la décision. Quant au travail que font les universités et les laboratoires de R&D dans le monde, il n a en fait qu un seul objectif : «Il s agit de raccourcir la boucle de décision, de réduire le temps nécessaire pour décider, agir et contrôler le tempo de la manœuvre. Quand on est en mesure de voir, de bouger et de faire feu quelques secondes avant son adversaire, on dispose d un avantage déterminant. La technologie peut offrir toutes sortes de bénéfices et améliorer les performances du combattant. Mais si elle ne fait que l alourdir et le ralentir, celui-ci est alors désavantagé. Nous cherchons à utiliser les nouvelles technologies aussi efficacement que possible pour protéger et servir les soldats déployés sur le terrain.»

9 14 INNOVATIONS : Design thinking 15 Faites place à la créativité Concevoir une solution adaptée exige de circonscrire le problème étudié. Ainsi la méthode du Design Thinking remonte-t-elle à la source pour vérifier si les résultats conviennent à chacun. James Gavin En bref 1 Pour trouver la bonne solution, il faut être sûrr de pointer le bon problème. Le «Design 2 Thinking» consiste à s en assurer en introduisant la créativité dans le processus de résolution. 3 La réussite dépend surtout de la qualité des recherches conduites en amont et de celles des observations générées. Souvent, l innovation se concentre plus sur les solutions que sur les problèmes. Mais selon Didier Boulet, directeur du Thales Design Centre, le processus d innovation commence réellement à la source. Et d expliquer : «Avant d envisager des solutions, il faut bien circonscrire les problèmes à résoudre.» Didier Boulet s efforce donc d appliquer une nouvelle méthode au processus d innovation chez Thales : le Design Thinking. L idée est née dans les années 1980, quand Rolf Faste, concepteur et professeur de mécanique, a initié les étudiants de l université Stanford à une approche inédite de la conception créative. Pionnier de la conception centrée sur l humain, Rolf Faste a diffusé le Design Thinking en le présentant comme une méthode formelle qui aide à résoudre des questions ou problèmes divers avec créativité et une réussite accrue. Des collègues se sont rapidement joints au professeur Faste pour élaborer une méthodologie visant à développer des concepts et des idées par le design. David Kelley a ainsi fondé la Stanford Design School (d.school) et le cabinet de consultants Ideo, spécialisé dans le design global. Cet ancien professeur de Stanford a popularisé le Design Thinking comme méthode d action créative. Son objectif : encourager les concepteurs à se considérer comme des «design thinkers», en adoptant une démarche qui les aide à proposer des solutions viables, testées au préalable. Une approche nouvelle De prime abord, le Design Thinking semble plutôt banal, puisqu il s agit de réfléchir au problème posé. Mais cette méthode comporte des applications pratiques pour les entreprises, rendant l innovation plus intéressante aux yeux des clients. Les acteurs économiques ont rapidement adopté le concept. Sous l impulsion d une équipe de dirigeants visionnaires parmi lesquels Marko Erman, directeur technique et fervent supporter de l approche, Thales travaille depuis 2009 en Un espace où penser Le concept du Design Centre consiste à offrir une plus grande liberté de penser aux utilisateurs du site. Comme l explique Barry Connor, directeur du Glasgow Design Centre, ce centre Thales comprend un espace créatif modulaire que les gens peuvent modifier à leur convenance. «Aucune paroi n est fixe ici. On s assoit sur des poufs Sacco et on dessine sur de grands murs blancs. Nous essayons d instaurer un espace sans contraintes pour permettre une réflexion sans contraintes. Je crois fermement que ce cadre encourage un certain comportement, propice à la pensée créative.»

10 16 INNOVATIONS : Design thinking 17 Un nouveau début Le Design Centre a été créé en 2012 par une équipe de collaborateurs de Thales inspirés et ambitieux, encouragés par l enthousiasme du directeur technique Marko Erman pour le Design Thinking : Jean-Loup Picard, ancien senior vice-président à la stratégie ; Alain Oumeddour, alors directeur général de Thales Université ; Patricia Viviani, vice-présidente Ressources humaines ; et Jean-François Pernotte, ancien vice-président aux partenariats stratégiques et au développement. partenariat avec la Stanford d.school et Paris-Est d. School. Sous la houlette de Didier Boulet, le Design Thinking a entièrement remodelé la démarche du Groupe. L innovation axée sur les besoins des clients fait désormais partie intégrante de la démarche de l entreprise, centrée sur l humain, pour résoudre les problèmes. Didier Boulet travaille depuis 2012 au Design Centre, qui, au sein de Thales Université, facilite la mise en œuvre du Design Thinking. «Les collaborateurs viennent au Design Centre pour développer de nouveaux concepts, produits, services et stratégies. Le champ d étude couvre tous les aspects de l innovation particulièrement les innovations centrées sur la conception et sur l utilisateur», ajoute Didier Boulet. L empathie au cœur Le Design Thinking a totalement remodelé les relations entre les clients et l entreprise. Avant, la mise au point de nouvelles technologies inspirait des applications adaptées au marché. Aujourd hui, le client est pris en compte bien plus tôt dans le processus. «Le client est l utilisateur final si le produit ne répond pas à ses exigences, alors il n a aucun intérêt», commente Didier Boulet. Comprendre ce dont les gens ont réellement besoin, dès le début, garantit la conception de produits utiles et adaptés. S ils sont impliqués tout au long du parcours conceptuel, il est peu probable que les clients soient surpris ou déçus par le produit final. La clé consiste non pas à résoudre mais à trouver le problème : «Chaque projet débute par la recherche d utilisateurs. Vous vous immergez dans le problème, vous le filtrez, vous essayez de l articuler en fonction de différentes personnes et tendances. Seule la rencontre entre les expériences de l équipe de concepteurs, entre les multiples sources d inspiration permet réellement de transformer des observations en points de vue à la fois uniques et novateurs», commente Didier Boulet. L empathie est au cœur du processus. Selon Barry Connor, responsable du Thales Design Centre à Glasgow le premier hors de France, le but est d encourager la pensée divergente : «L essentiel consiste à comprendre le problème et les besoins de l utilisateur final du produit que nous voulons créer. Plusieurs méthodes sont envisageables, par exemple interroger les utilisateurs, réaliser des essais et demander les retours du marketing et des ventes. Nous disposons ainsi de plus de données pour analyser l environnement de l utilisateur», explique Barry Connor. L empathie permet de révéler et d expliquer des inconnues potentielles. Barry Connor précise : «Parfois les clients ne savent pas ce qu ils veulent ou pensent le savoir, mais à tort. La phase d empathie place le produit face à d autres utilisations possibles, pour lesquelles il n a La créativité est un élément pas forcément été conçu.» fondamental du Design Thinking, Vient ensuite la phase de mais son rôle ne devrait pas être résolution du problème, qui vise à exagéré. D après Didier Boulet, 10 générer des idées l «idéation», elle représente environ 20 % en langage Design Thinking. du processus d ensemble. Le projet de Design Thinking ne manque pas d ambition. Thales vise à se transformer en profondeur au cours des dix prochaines années. «Les gens accordent parfois une importance excessive à cette partie du processus. Pourtant la réussite ultime dépend surtout de la qualité des recherches menées en amont et de celle des observations. Un autre facteur de réussite clé est le prototypage, l expérimentation et les multiples permutations que vous proposez», ajoute-t-il, illustrant la maxime selon laquelle le génie, c est 99 % de transpiration et 1 % d inspiration. «Quand vous créez des prototypes et les expérimentez, vous testez enfin les idées au regard des utilisations potentielles. C est là que tout commence à faire sens.» Air Liquide, producteur et fournisseur majeur de gaz industriels et médicaux et de produits connexes, a créé son propre centre de conception : i-lab, un laboratoire propice aux idées nouvelles, qui aide à accélérer le rythme d innovation et à explorer de nouveaux marchés. Le i-lab se veut une structure à la fois de réflexion et d expérimentation (ou «corporate garage») où développer des idées inédites qui profiteront au groupe. Son think tank identifie et classe les nouvelles opportunités de croissance de l entreprise. Une équipe pluridisciplinaire analyse les tendances, comme la mondialisation et les ressources limitées, l évolution de la consommation et la croissance démographique, Jauger les résultats Si le Design Thinking est un moyen d aborder le processus créatif en suivant une approche plus systématique, comment mesurer son impact? «L évaluation suprême est l accueil des produits sur le marché, et les performances de ces projets, commente Didier Boulet. Vous devez analyser l ensemble du cycle de vie du produit, de l identification du problème jusqu à l investissement dans un nouveau produit, et montrer que cela n aurait pas pu se concrétiser sans le Design Thinking. L initiative du Design Centre est encore jeune, puisqu elle remonte l urbanisation et les nouvelles technologies, afin de mieux comprendre leurs répercussions sur les habitudes des consommateurs. «Le premier objectif est d accélérer l innovation à travers le prototypage, explique Grégory Olocco, directeur du i-lab. À court terme, il s agit de réfléchir sur une période allant de trois à cinq ans, en tenant compte de toutes les grandes tendances susceptibles d influer sur nos activités. À long terme, nous nous projetons sur dix à quinze ans.» Le «corporate garage» du i-lab vise quant à lui à tester des idées sur les utilisateurs finaux, et vite. Une équipe d innovation cherche à identifier des partenaires potentiels, PME ou laboratoires de recherche, pour catalyser à janvier 2013, mais nous pouvons déjà apprécier son incidence sur les catégories de nouveaux produits créatifs (comme la sécurité urbaine) ou les possibilités uniques qu elle nous offre, pour concevoir en partenariat avec nos clients.» La diffusion du Design Thinking dépasse le Paris Design Centre. Il n a d ailleurs jamais été question de réserver la méthode à un seul site, mais bien de la généraliser au sein d un vaste réseau. À Reading, Bordeaux et Singapour, les équipes chargées de l innovation consolident leurs compétences en Design Thinking et deviendront i-lab : le laboratoire d'air Liquide pour une innovation déstabilisante leur développement. Un atelier réunit également une petite équipe qui travaille sur le Big data et l «internet des objets». Le i-lab, situé en plein Paris, est un espace ouvert, sans aucune des caractéristiques architecturales propres aux bureaux. Son emplacement central encourage l interaction avec des parties extérieures, offrant une plateforme où les gens peuvent se rencontrer et échanger des idées. Le Design Thinking est au cœur du concept du i-lab, précise Grégory Olocco: «Avec le Design Thinking, vous pensez toujours à l utilisation et à l intérêt du produit. Complètement nouveau, le i-lab pourrait avoir un réel impact sur nos activités. Le but est d engendrer pour probablement dans un avenir proche des Design Centres à part entière. Le projet ne manque pas d ambition. Thales vise à se transformer en profondeur au cours des dix prochaines années. Le Groupe sera plus entrepreneurial et intrapreneurial et nécessitera des incubateurs internes afin de favoriser cette innovation émergente. «Voilà vraiment comment nous devons nous positionner demain, pour devenir des plateformes d incubation destinées aux initiatives commerciales naissantes», commente Didier Boulet. Air Liquide une croissance de 1 % au cours des sept prochaines années.» Les défis à relever pour cela sont considérables : «Nous devons tout d abord mettre en place tous les outils indispensables à la concrétisation réussie d une idée sur le marché. Et nous pensons pouvoir y parvenir. Nous espérons réunir entre 15 et 20 idées dans notre portefeuille en quelques années.» Un autre défi concerne l expansion géographique du centre : «Dès que nous aurons consolidé notre base parisienne, nous souhaitons créer des centres satellites et ouvrir par exemple des laboratoires aux États-Unis, pour détecter les tendances de demain», poursuit Grégory Olocco.

11 18 INNOVATIONS : Biomimétisme 19 Observées au microscope électronique, les ailes du papillon montrent de minuscules structures en forme de peigne, à peu près de la taille de la longueur d onde de la lumière. En bref 1 Le biomimétisme s'inspire de la Nature pour imaginer des solutions innovantes. Il consiste à 2 comprendre comment fonctionnent les mécanismes d'adaptation de la faune et la flore. 3 Ses domaines d'application potentiels sont innombrables, de l'électronique à la médecine, en passant par les communications et la robotique. En quoi les ailes d un papillon peuvent-elles aider à réduire le coût de la transmission des informations sur internet? Ou une bractée de bardane être à l origine d une bande autoagrippante révolutionnaire? Les scientifiques et les ingénieurs du monde entier le savent depuis longtemps : la Nature a toujours été la meilleure source d inspiration. Les leçons high tech de Mère Nature Dr Stuart Clark Pendant des années, les ailes iridescentes du papillon Morpho rhetenor ont posé une énigme aux scientifiques : d où leur vient cette couleur bleue intense? Des grands peintres comme Giotto écrasaient des lapis-lazuli pour obtenir ce pigment. Mais pas question, pour un papillon, d écraser des pierres précieuses pour se parer de cette couleur magnifique. Alors, comment fait-il? En observant les ailes du papillon au microscope électronique, des scientifiques du Thin Film Photonics Group de l université d Exeter ont découvert de minuscules structures en forme de peigne, à peu près de la taille de la longueur d onde de la lumière, ce qui leur permet d interagir avec la lumière, donnant aux ailes leur couleur bleue irisée. Une iridescence similaire a été découverte sur certains vers marins et attribuée à la présence de trous microscopiques dans leurs poils. C est en s inspirant de tels exemples qu Alfredo de Rossi, du groupe Research & Technology Physics de Thales, a produit artificiellement un filet miniature destiné à contrôler la lumière de façon très spécifique et potentiellement très utile : «Nous ne sommes pas les premiers à utiliser la lumière pour contrôler la lumière, mais nous essayons d y mettre plus d intelligence», explique-t-il. Parce qu il confine la lumière dans un très petit volume, le filet produit une très grande densité d énergie lumineuse. Cette concentration génère un champ électrique extrêmement puissant qui peut être utilisé pour contrôler d autres faisceaux lumineux. «Dans un transistor, il y a trois bornes. Le courant à l une des bornes sert à contrôler le passage du courant sur les deux autres, explique Alfredo de Rossi. Nous avons trouvé le moyen de faire la même chose avec la lumière. Nous n utilisons pas d électricité, sauf pour alimenter le matériel. Tous les signaux sont transmis par la lumière.» En réduisant considérablement des besoins en électricité, qui s accroissent actuellement à un rythme non viable, cette technologie devrait révolutionner les télécommunications : «La technologie des télécommunications consomme de plus en plus d énergie, du fait de l explosion du trafic. Nombre de ceux qui étudient les statistiques de consommation d énergie dans ce domaine pensent qu au train où vont les choses, toute l énergie électrique que nous produisons sera bientôt absorbée par le réseau internet. On ne saurait évidemment en arriver là», fait remarquer Alfredo de Rossi. Les nouveaux systèmes sur lesquels il travaille avec ses collègues ont pour but de ramener à quelques milliwatts la consommation d électricité, offrant ainsi un potentiel énorme pour l avenir de notre monde de plus en plus interconnecté. S inspirer de l œil La démarche «biomimétique» de résolution des problèmes pressants en imitant des aspects et systèmes propres à la Nature semble inspirer une kyrielle de nouveaux projets dans le monde et produire des résultats remarquables. Le chercheur «thalésien» Jean-François Goudou et son équipe travaillent depuis deux ans sur un projet qui a pour finalité de recréer la vision humaine. On pourrait se dire que les caméras, avec

12 20 INNOVATIONS : Biomimétisme 21 «N importe quel biologiste vous dira que les systèmes les plus impressionnants et les plus adaptatifs sont les êtres humains et les animaux» La bractane et ses bardées leurs objectifs et leurs détecteurs, sont déjà une imitation acceptable ; or ce n est pas le cas, affirme Jean-François Le biomimétisme transforme en impulsions neuronales par les nerfs technologie les solutions proposées du calmar. La bascule de Schmitt Goudou. L œil est beaucoup plus compliqué que cela. «La rétine est plus qu un simple collecteur de photons : elle traite également les données. Elle ne fournit pas une image au cerveau, mais transmet des informations sur les par la Nature. Si on peut faire remonter ses origines aux dessins de Léonard de Vinci représentant une machine à voler dotée d ailes n est pas le seul exemple de succès du biomimétisme. Le plus connu est sans doute celui de George de Mestral, cet ingénieur en électricité caractéristiques spatio-temporelles de ce que nous voyons», imitant celles des oiseaux, c est suisse, dont le chien était rentré seulement dans les années 1950 couvert de bractées de bardane lors déclare Jean-François Goudou. Parmi les fonctions de la rétine figurent le débruitage, la reconnaissance de contour et l orientation, ainsi que la reconnaissance de mouvement. C est beaucoup plus utile qu il est devenu une discipline universitaire, grâce à Otto Schmitt, un scientifique américain. Otto Schmitt a inventé le mot d une partie de chasse, en 1941 dans les Alpes. Ayant examiné une bractée au microscope, il s est rendu compte qu elle s accrochait pour un système de traitement de données comme le dans sa thèse de doctorat, où il a grâce aux minuscules crochets dont dessiné un circuit électrique, dit elle était pourvue. C est cette cerveau (ou un ordinateur) qu une image dont il faut d abord «scanner» les détails avant de pouvoir la traiter. Une autre différence est que les pixels d une caméra voient l ensemble du champ de vision à la même résolution, tandis que l œil a une zone à très haute résolution au centre, et moins détaillée à la périphérie. bascule de Schmitt, qui utilise la rétroaction pour convertir un signal électrique d entrée analogique en signal de sortie numérique. Il s est inspiré de la transmission des observation qui lui a inspiré l invention du Velcro, cette bande autoagrippante constituée de deux couches : une couche «crochet» et une couche «velours». Selon Jean-François Goudou, il faudra encore quelques années pour avoir un système biomimétique efficace. Mais, une fois au point, il rendra la vision informatique beaucoup plus efficace. Il a potentiellement des applications évidentes dans la robotique, où les robots doivent comprendre rapidement leur environnement pour être Ne pourrait-on concevoir un rover qui serait en fait un animal artificiel, un «animat», capable de marcher ou de ramper sur n importe quelle surface, de reconnaître les obstacles et de les éviter? Il pourrait aussi être utilisé sur Terre, dans les situations trop dangereuses pour les hommes. aussi réactifs que possible. «Il permettra aux yeux du robot de se tourner très vite vers les objets importants, présents dans leur champ de vision, explique Jean-François Goudou. Les robots recevront également des informations sur les mouvements des choses qui se trouvent dans leur environnement.» Ce sera un pas de plus vers le but ultime du biomimétisme, à savoir la production d animaux artificiels. Prenons l exploration de l univers : à l heure actuelle, des rovers téléguidés arpentent péniblement les planètes distantes, transmettant des images de leur environnement à des «conducteurs» sur Terre, qui les aident à parcourir ces paysages extraterrestres. Mais il s agit d un processus poussif et les roues avec lesquelles se déplacent les rovers limitent sérieusement les endroits où ils peuvent accéder. Même le plus moderne, comme par exemple le rover Curiosity envoyé sur Mars par la NASA, a beaucoup de mal à faire face aux situations imprévues. Y a-t-il d autres solutions possibles? «N importe quel biologiste vous dira que les systèmes les plus impressionnants et les plus adaptatifs sont les êtres humains et les animaux. Pour survivre, les animaux sont capables de développer des facultés d adaptation étonnantes», affirme Christophe Meyer, expert de Thales, directeur de recherche aux études amont, systèmes d information et de communication sécurisés. Apprendre à marcher L intérêt de Christophe Meyer pour le biomimétisme ne date pas d hier. Son père a travaillé avec Rodney Brooks, chercheur et pionnier du MIT, qui a initié le développement de robots adaptatifs. Il se souvient en particulier d un robot qui avait été conçu pour apprendre à marcher : «Ce robot a élaboré son propre programme pour apprendre à couvrir la plus grande surface possible dans le temps le plus court possible», précise-t-il. Le logiciel avait été étudié pour que les robots cherchent le meilleur moyen d atteindre leur objectif, au lieu de suivre servilement une série de commandes : l un des robots auxquels on avait retiré une jambe pour simuler un accident a réappris à se déplacer. Il n était sans doute pas aussi efficace, mais il a appris à tirer le meilleur parti de ce qu il était devenu et a pu continuer à remplir sa mission. À l instar du biomimétisme matériel (comme, par exemple, remplacer les roues par des jambes), il faut aussi introduire du biomimétisme dans les logiciels. C est ainsi qu est apparue une nouvelle approche de l intelligence artificielle. «Autrefois, on cherchait à battre l ordinateur dans le test de Turing», relate Christophe Meyer. Il s agit d un concept décrit par Alan Turing en 1950 dans un article intitulé Computing Machinery and Intelligence. Il posait la question : «Les machines peuvent-telles penser?» et proposait un test dans lequel une personne engage la conversation, par l intermédiaire d un écran et d un clavier, avec deux participants qu il ne peut voir. L un des participants est un ordinateur, l autre un être humain. L ordinateur réussit le test si la personne qui pose les questions ne peut déterminer lequel de ses interlocuteurs est l ordinateur. L intelligence artificielle moderne a abandonné ce noble but pour se concentrer simplement sur celui de donner à la machine suffisamment d intelligence pour atteindre un objectif. Elle ne dit pas à la machine comment s y prendre mais la laisse se débrouiller à partir de ce qu elle détecte dans son environnement. Autrement dit, elle invente au fur et à mesure. Christophe Meyer est chargé du programme Systèmes adaptatifs et simulation biomimétique de Thales, qui utilise des logiciels biomimétiques pour simuler le comportement des êtres humains dans des environnements virtuels. Le logiciel SE-Star permet de tester les projets architecturaux avant d engager la construction, afin de contrôler leur efficacité, leur sécurité et leur convivialité. Le programme a démarré il y a cinq ans, quand Christophe Meyer s est aperçu que l irrationalité et les comportements humains dans les situations étranges avaient été suffisamment étudiés pour pouvoir être simulés sur un ordinateur. «Nous pouvons maintenant utiliser le système pour tester les projets d infrastructures critiques avant leur édification. Nous introduisons dans cet environnement virtuel des personnes virtuelles qui se comportent de manière réaliste et nous observons ce qui se passe, explique-t-il. Par exemple, nous déclenchons un incendie ou un dégagement de fumée n importe où dans cet environnement et nous regardons comment les gens se comportent.» Ensuite, on change l emplacement des sorties et on recommence la simulation pour voir si un plus grand nombre de personnes réussissent à quitter les lieux rapidement. On peut utiliser ces outils logiciels pour d autres applications. La première est la formation des agents qui surveillent les mouvements de foule sur des écrans d ordinateurs, comme les opérateurs de systèmes de vidéosurveillance. Actuellement, la formation des opérateurs consiste à s asseoir à côté de leurs collègues et à observer leurs activités quotidiennes. Mais pour acquérir un savoir-faire, ils doivent apprendre à faire face aux Considéré comme le père de la science informatique, Alan Turing se demanda un jour si les machines pouvaient penser. Aujourd'hui, le biomimétisme cherche davantage à imiter qu'à démontrer une réelle intelligence. situations difficiles. Les simulations de comportements humains réels offrent un avantage manifeste dans ce domaine. «C est ce que nous appelons la formation intégrée, parce que vous utilisez votre propre système ; mais au lieu d être connecté à la réalité, vous êtes connecté à une simulation biomimétique», commente Christophe Meyer. C est un peu comme les pilotes qui s entraînent aux procédures d urgence sur des simulateurs de vols, même si la plupart ne seront jamais confrontés à cette situation dans la vie réelle. L aide à la décision est une autre application dans le domaine du développement. Un logiciel de simulation peut être utilisé pour tester les solutions possibles avant de les mettre en œuvre. Pour cela, on prend un instantané d une situation réelle, par exemple le nombre de personnes dans un aéroport connaissant un afflux imprévu de passagers, et on le transfère dans la simulation, où les scénarios possibles peuvent être rapidement testés. Par exemple, on peut mettre en service des contrôleurs à rayons X supplémentaires ou en fermer, déplacer du personnel d un endroit à un autre. «On ne parle pas de processus décisionnel automatique, parce que le système ne peut pas dire ce qui va se passer, mais seulement ce qui pourrait se passer», précise Christophe Meyer. Néanmoins, il peut aider les opérateurs à prendre les bonnes décisions en temps réel. «Des systèmes informatiques artificiels à l épreuve des virus sont actuellement développés au sein de mon équipe par Fabien Flacher. Celui-ci s inspire du monde microscopique pour produire de nouvelles fonctionnalités de cybersécurité adaptatives, capables de détecter des intrusions complexes dans les systèmes d information critiques et de suivre de façon dynamique l évolution de ces systèmes», ajoute-t-il. Le biomimétisme est une discipline dont le périmètre et la portée sont potentiellement immenses : depuis le plus petit composant jusqu au système le plus complexe, on peut trouver des réponses dans la Nature. Tout ce que les ingénieurs et techniciens ont à faire, c est de les chercher. Après tout, la Nature a eu quatre milliards d années d évolution pour résoudre toutes sortes de problèmes! «Ce n est rien d autre que du darwinisme accéléré!», conclut Christophe Meyer. Si, comme le dit le dicton, l imitation est la forme de flatterie la plus sincère, notre mère Nature doit être très flattée!

13 22 INNOVATIONS : STratobus 23 «Stratobus peut servir à l observation et à la surveillance en embarquant des radars ou des caméras, que ce soit pour contrôler les frontières, surveiller les sites industriels ou encore mesurer la pollution» Le retour du dirigeable John Coutts Il n y a pas si longtemps, beaucoup voyaient dans les dirigeables un mode de transport d avenir. Plus légers que l air, ces engins empliraient le ciel, flottant sur de longues distances en offrant aux passagers un confort luxueux. L apparition et l essor commercial rapide des avions éclipsèrent pourtant bientôt ces délicats aéronefs. Mais leur histoire ne s arrête pas là... Aujourd hui, un nouveau dirigeable semble taillé pour faire des vagues et prendre de la hauteur à 20 km d altitude pour être précis. Stratobus est un nouveau concept de plateforme stationnaire stratosphérique, complètement autonome, capable de recevoir et de transmettre des données. Mi-drone, mi-satellite, ce ballon est un projet de Thales Alenia Space, mené en coopération avec Zodiac Marine et CEA-Liten. Jean-Philippe Chessel, chef de projet chez Thales Alenia Space, indique que cette plateforme certes impressionnante ( mètres de long et mètres de diamètre) monte dans la stratosphère en moins de quatre heures sans l aide d un lanceur. Le dirigeable flotte jusqu à atteindre la position souhaitée, se déplaçant grâce à deux moteurs électriques auto-ajustables. «Une fois en position, la plateforme s appuie sur plusieurs systèmes innovants afin de capter l énergie requise notamment via des réflecteurs internes qui facilitent sa rotation et amplifient l énergie solaire en fonction de la position du Soleil, mais aussi pour recharger ses piles à combustible régénérables et fonctionner ainsi dans l obscurité, ajoute Jean-Philippe Chessel. D une durée de vie de plus de cinq ans, Stratobus sera ramené sur Terre une fois par an si des interventions de maintenance s imposent.» La plateforme pourra embarquer 200 kg de charge utile, pour des applications très diverses : observation, cartographie, télécommunications, tant civiles que militaires. Jean-Pierre Prost, responsable technique chez Thales Alenia Space, précise : «Stratobus peut servir à l observation et à la surveillance en embarquant des radars ou des caméras, que ce soit pour contrôler les frontières, surveiller les sites industriels ou encore mesurer la pollution.» Le dirigeable assurera également des services de télécommunications à bas coût dans certains territoires, avec une plus grande efficacité puisqu il est stationnaire. Située à plus basse altitude que les satellites, cette plateforme fera également le lien entre eux et d autres aéronefs, et produira des images à plus haute résolution d une même région.

14 24 INNOVATIONS : technologie géospatiale 25 Cloud broker Des terrains hostiles, des véhicules lourds, de longues distances à parcourir, des dizaines, voire des centaines, de personnes à approvisionner et à maintenir en sécurité : tout cela peut rapidement tourner au cauchemar logistique. Or, pour les forces armées et les agences civiles, ces difficultés font partie du lot quotidien. En environnement difficile, le succès des opérations dépend largement de l accès à des informations géospatiales de qualité. Par exemple, les responsables de mission ont besoin de connaître, souvent avec plusieurs jours d avance, l état dans lequel les routes ou les pistes risquent de se trouver. Malheureusement, ce genre de question trouve difficilement une réponse sur le terrain lui-même. En effet, de fortes pluies dans une région peuvent rapidement provoquer des inondations en aval, rendant des rivières infranchissables ou emportant des routes. Obtenir des prévisions fiables nécessite d intégrer tout un ensemble de données : celles issues des systèmes d informations géographiques, l imagerie satellitaire, les données météorologiques et hydrologiques. Toutefois, se procurer ces données sur place est souvent difficile, voire impossible, car cela nécessite de pouvoir accéder à des bases de données à distance. Et quand bien même il serait possible d y accéder, les chances de disposer de la puissance nécessaire pour réaliser des calculs aussi complexes sont extrêmement réduites. La solution Cloud Broker, actuellement en phase de démonstration, pourrait bien changer tout cela. «L idée est de fournir une sorte de «guichet» unique permettant, au travers d un service cloud, la réalisation de calculs logistiques d une grande complexité, explique Jean-Baptiste Henry. Nous recevons la demande depuis l application utilisateur et renvoyons les résultats dès que possible, le tout avec un minimum de complexité. Nous disposons de tout ce qu il faut connaissances géospatiales, réseaux, cartes et produits d information pour que cela devienne réalité.» De fortes pluies dans une région peuvent rapidement provoquer des inondations en aval, rendant des rivières infranchissables et emportant des routes. En bref 1 La technologie géospatiale, en mariant cartographie, données et communications, est en train de transformer la sécurité publique. 2 Cette technologie est notamment utilisée pour améliorer la planification des missions militaires. 3 L information géospatiale est également très utile pour aider les organismes civils et militaires à résoudre les problèmes logistiques. Quel est le point commun entre un tweet, une tablette et un signal radar? Réponse : tous trois jouent un rôle dans le développement d une nouvelle génération de cartes géographiques électroniques. Cartes sur table John Coutts Au Québec, le dégel annonce la fin de l hiver, mais également les risques de crue. Prévenir efficacement ces risques pour garantir la sécurité publique nécessite de savoir avec précision où et quand des inondations sont susceptibles de se produire et donc de surveiller la montée du niveau des eaux sur une immense superficie. «Avant, il fallait se balader avec un ordinateur portable, un appareil photo et un dispositif GPS et entrer toutes les données manuellement, se rappelle Martin Rivest, responsable de l innovation technologique chez Thales Canada. Aujourd hui, il suffit d une tablette et de l application OnFieldView que nous avons développée. Les données sont collectées à partir de capteurs et partagées instantanément avec un centre de contrôle.» OnFieldView montre comment la technologie géospatiale, en mariant cartographie, données et communications, a le pouvoir de transformer la sécurité publique. Quant au champ d application de cette technologie, il ne se limite pas à la gestion des crues, mais couvre des domaines aussi variés et divers que les villes intelligentes, la défense, le maintien de l ordre ou les transports. «La technologie géospatiale touche à des aspects très divers : capteurs embarqués à bord des satellites, traitement des images, production de données ou encore applications destinées aux secteurs civils et militaires», explique le Dr. Jean-Baptiste Henry, responsable du pôle d expertise géospatiale SIX/PRS chez Thales. Un outil précieux Les forces armées comptent parmi les utilisateurs les plus exigeants de la technologie géospatiale. En effet, les systèmes de planification des missions puissants systèmes informatiques permettant de planifier, exécuter et revisionner les missions dépendent largement de l intégration des cartes et des données. «La planification des missions débute au sol, explique Matthew Tucknott, spécialiste en logiciels (GIS) pour les systèmes et services d opérations aériennes de Thales au Royaume-Uni. Si vous voulez rester invisible, vous pouvez planifier un itinéraire qui tire avantage de la couverture offerte par les collines ou les montagnes. L itinéraire peut être ajusté aux besoins de la mission.» Une fois la planification terminée, les données de mission sont copiées sur un support de stockage portatif (une «brique de données») et téléchargées sur l avion afin de les afficher dans le cockpit. Le soin apporté à la préparation permet de réduire la charge de travail de l équipage, d abaisser la consommation d énergie et, surtout, de minimiser les risques. Cette même technologie permet de visualiser la mission et d évaluer ainsi les

15 26 INNOVATIONS : technologie géospatiale 27 «La technologie géospatiale touche à des aspects très divers : capteurs embarqués à bord des satellites, traitement des images, production de données ou encore applications destinées aux secteurs civils et militaires» Dr. Jean-Baptiste Henry, responsable du pôle d expertise géospatiale SIX/PRS chez Thales. renseignements collectés. Ces analysant le texte, explique Martin Rivest. renseignements étant couplés à une Dresser une cartographie de ces base cartographique, toute activité suspecte informations aide à mieux cerner la situation est immédiatement décelable. On s en sert pour la reconnaissance des tactique ou le contexte opérationnel.» «Sur le Sea King, par exemple, on a la formes, continue d expliquer Matthew Un tel éclairage, basé sur d énormes possibilité de re-visionner l itinéraire avec les Tucknott. Ainsi, lorsque quelque chose volumes de données, constitue un outil renseignements pertinents qui ont été d inhabituel se produit, comme par exemple précieux d anticipation, permettant aux collectés», explique Matthew Tucknott. un ensemble d échos radar traversant une agences de sûreté publique de gérer la Thales produit des systèmes de planification frontière, cela saute immédiatement aux sécurité d une manière proactive, et de réagir de mission pour des appareils tels que les yeux et on bénéficie alors d une meilleure avant que la situation ne s aggrave. Cette hélicoptères Sea King Mk7 et Chinook. perception de la situation.» approche pourrait notamment s avérer très Ces systèmes équipent également l avion utile pour assurer la surveillance policière de combat Typhoon et l avion ravitailleur Trois milliards de capteurs d évènements publics de grande ampleur. air-air Voyager, le plus gros appareil de la RAF. Pouvoir visualiser exactement ce qui se Parmi les données présentant un intérêt, passe, et où cela se passe, est essentiel Cap sur l avenir on peut citer les plots radar et la position des pour apprécier au mieux la situation. Ce Que nous réserve la technologie géospatiale? principe s applique non Thales nous a récemment donné un avant-goût seulement aux opérations du futur en nous présentant sa solution militaires, mais aussi à Battlespace Vista lors du salon Eurosatory l organisation des interventions 2014, grand rendez-vous des professionnels d urgence dans le domaine civil de la sécurité et de la défense. Plus ça ira, plus et à la gestion des foules lors l issue des combats se jouera sur les données. d événements majeurs. En effet, à l ère du numérique, la supériorité Si, dans le cas des systèmes informationnelle et la capacité à partager le militaires, l acquisition des renseignement avec les bonnes personnes renseignements se fait par le deviennent des facteurs décisifs. biais de capteurs ultra «Le combat se déroule à partir d une seule sophistiqués, comme par et unique carte, explique Jean-Baptiste Henry. exemple des caméras Battlespace Vista fournit en effet les mêmes forces alliées acquise au travers de la liaison tactique Link 16. Le système collecte également les données IFF (identification ami ou ennemi), celles-ci permettant de révéler la présence d un autre appareil. Les données de suivi des navires provenant du système AIS (système d identification automatique) sont également collectées. Toutes ces traces numériques servent à élaborer une image de ce que l on appelle les «présences vivantes». «La relecture des missions permet de voir comment la situation a évolué au fil du temps. infrarouge ou des systèmes radars, il en va autrement pour la gestion des foules. Or, sachant que l on compte à ce jour plus de trois milliards d abonnés mobiles dans le monde, pourquoi ne pas s en servir pour créer un réseau de capteurs? Appliquer l analyse des médias sociaux au contenu généré par les utilisateurs, tels que les tweets, les blogs et les messages Facebook, permettrait de surveiller les comportements de foule. On pourrait également déterminer où se trouvent les personnes, même si les données ne sont pas géotaguées avec une position GPS spécifique. «Nous disposons d outils qui nous permettent de déduire la position en informations à tout le monde. Qu il s agisse des entités tactiques, du renseignement, du suivi des forces amies ou de celui des forces ennemies : tout se trouve regroupé sur la même carte. Les mêmes données de référence sont ainsi partagées à tous les niveaux de commandement.» Ce principe s applique de manière tout aussi pertinente au domaine civil. «Chez tous nos utilisateurs, on constate un développement de la conscience géospatiale, observe le Dr. Henry. Nous avons de plus en plus de données à traiter et, quelque soit le public visé - grand public, décideurs ou forces armées -, le véritable enjeu est le même, à savoir trouver la bonne stratégie pour rendre ces données compréhensibles et exploitables.» Une collaboration plus intelligente Face à l évolution rapide des techniques géospatiales, le partage d expertise devient essentiel. C est dans cette optique que Thales a mis en place un groupe de travail spécifiquement dédié à cette question : le Geospatial Core Working Group. Cette initiative est parrainée par la Direction technique de l entreprise et une première réunion du groupe de travail s est tenue en De ce séminaire est notamment ressortie l idée de rationaliser les dépenses d achat, en particulier celles liées aux logiciels qui représentent un coût important. Peut-on envisager de réduire ce coût? «Les technologies et logiciels utilisés partagent de nombreux points communs, précise Jean- Baptiste Henry. Or, on constate au sein de l entreprise une multiplicité de contrats passés avec le même fournisseur de logiciels. Une des idées que nous avons eues serait de désigner un seul interlocuteur Thales pour différents fournisseurs et de bénéficier ainsi d un meilleur accès à la technologie. Cela nous permettrait de déployer et de vendre la technologie à nos clients à des prix plus intéressants.» Une meilleure collaboration au sein de l entreprise pourrait également lui permettre de repenser la façon dont elle développe ses propres solutions et systèmes. Dans le domaine militaire, par exemple, savoir exploiter les caractéristiques communes aux diverses solutions que Thales propose aux différents marchés nationaux de la défense pourrait apporter des avantages significatifs. «Nous devons répondre à des demandes très différentes de clients eux aussi très différents, souligne Jean-Baptiste Henry. «Pouvoir apporter de nouvelles fonctionnalités auxquelles les utilisateurs finaux n ont peut-être même jamais pensé serait un bon moyen de satisfaire toutes ces demandes, et bien d autres encore. Nul besoin de réinventer la roue à chaque fois : il suffit tout simplement d exploiter les expériences déjà acquises au sein de l entreprise.»

16 28 INNOVATIONS : III-V Lab 29 Au-delà du silicium Le III-V Lab, principal centre de recherche sur les semi-conducteurs III-V en Europe, fête cette année son dixième anniversaire. Mais que sont au juste les semi-conducteurs III-V et quels sont les enjeux liés à leur fabrication? John Coutts Gallium 6N dans une ampoule scellée sous vide. En bref 1 Le III-V Lab est l installation de recherche la plus avancée de ce type en Europe. 2 Ses chercheurs y utilisent des composés comme le nitrure de gallium pour créer une nouvelle génération de semiconducteurs. Le modèle 3 collaboratif du III-V Lab facilite le partage de l expertise entre les partenaires, issus de différents secteurs. 120 Le III-V Lab emploie environ 120 personnes, chercheurs, techniciens et doctorants pour la plupart, réparties sur deux sites au sud de Paris, Palaiseau et Marcoussis. Imaginez un cheveu. Puis imaginez quelque chose qui serait fois plus fin que ce cheveu. C est à cette échelle que travaillent les chercheurs du III-V Lab, au quotidien. Sur des matériaux plus remarquables encore : au lieu du silicium, produit de base de l électronique depuis plus de quarante ans, ils s appuient sur des composés tels que le nitrure de gallium pour créer une nouvelle génération de semi-conducteurs des puces électroniques dotées de propriétés étonnantes. Bienvenue au III-V Lab, l installation de recherche la plus avancée de ce type en Europe! Le laboratoire emploie environ 120 personnes, chercheurs, techniciens et doctorants pour la plupart, répartis sur deux sites, Palaiseau et Marcoussis, en banlieue sud de Paris. Le III-V Lab bénéficie également d un accès sans restriction à la plateforme du CEA-Leti à Grenoble, où 25 scientifiques et ingénieurs contribuent à ses programmes de recherche. Les travaux du III-V Lab sont à la pointe de la technologie sur les semi-conducteurs. Le nom même du laboratoire se réfère aux groupes III et V de la classification périodique des éléments (ou table de Mendeleïev). Ces groupes contiennent des éléments chimiques comme le gallium, l indium et l arsenic, qui présentent des propriétés uniques, notamment quand ils sont combinés. Le III-V Lab a vocation à créer des composants qui tirent parti de ces propriétés. «Pour faire un bon semi-conducteur, on peut soit utiliser les éléments de la colonne IV du tableau périodique, comme le silicium et le germanium, soit créer des composés utilisant les éléments des colonnes III et V, explique François Luc, directeur du III-V Lab. Les composés comme l arséniure de gallium, le nitrure de gallium et le phosphure d indium ont des propriétés que le silicium n a pas.» Des semi-conducteurs plus intelligents On associe le plus souvent les semiconducteurs aux puces en silicium utilisées dans les ordinateurs et d autres appareils électroniques : des composants assurant une vitesse de calcul très élevée. Mais les semi-conducteurs développés au III-V Lab ne sont pas à base de silicium, et leurs applications vont bien au-delà du calcul : les semi-conducteurs en arséniure et nitrure de gallium produisent des faisceaux laser et de la lumière infrarouge, émettent de l énergie radio ou encore détectent lumière et ondes radio. Les semi-conducteurs dotés de ces propriétés jouent un rôle de plus en plus crucial dans les secteurs de la défense, de l aérospatial et des télécommunications. «Les composants III-V sont critiques pour certains de nos systèmes, indique Bertrand Demotes- Mainard, vice-président Hardware technologies chez Thales. Parmi les applications, citons les radars, l imagerie thermique et les communications. Il est important que nous disposions d une source d approvisionnement indépendante.» Le radar utilisé par l avion de combat français Rafale en est la parfaite illustration. Ce radar à balayage électronique à antenne active s appuie sur des modules à l arséniure de gallium (GaAs). Les composants GaAs à l état solide mis en œuvre qui émettent et reçoivent les signaux radio nécessaires pour détecter des objets distants ont été développés en interne, puis fabriqués par United Monolithic Semiconductors (UMS), co-entreprise de Thales. Le radar du Rafale est puissant, compact et économe en énergie. Les semi-conducteurs à base de GaAs développés par le III-V Lab sont également décisifs pour les caméras thermiques. Celles-ci permettent non seulement de voir dans l obscurité, mais aussi à travers la fumée ou le brouillard, grâce à leurs technologies infrarouges. Les composants à l arséniure de gallium servent à la fois à émettre et à détecter la lumière infrarouge, par le biais de photodétecteurs infrarouges à puits quantiques (QWIP). Mais chaque technologie ne tient pas la corde très longtemps, et le laboratoire joue déjà un rôle de premier plan pour développer des semi-conducteurs à base de nitrure de gallium (GaN). Cette technique accroît encore les performances par rapport à l arséniure de gallium et sera décisive pour les technologies de télécommunications large bande de nouvelle génération. «Réaliser des économies d énergie et atteindre des fréquences toujours plus élevées, tels sont les objectifs ; aussi le nitrure de gallium retient-il toutes les attentions, indique François Luc. Nous escomptons des performances augmentées d une puissance de dix par rapport à l arséniure de gallium d où des économies de taille, de poids et d énergie.»

17 30 INNOVATIONS : III-V Lab «Pour faire un bon semi-conducteur, on peut soit utiliser les éléments de la colonne IV du tableau périodique, comme le silicium et le germanium, soit créer des composés utilisant les éléments des colonnes III et V» Concrétiser la recherche Pour rester à la pointe, il faut disposer d une expertise considérable et d équipements dernier cri. Les installations du III-V Lab sont très complètes et comprennent plus de m² de salles blanches dotées d un matériel recourant aux technologies de fabrication de semi-conducteurs les plus avancées. «Nous partons des matériaux de base, nous sommes donc en mesure de produire des composés III-V couche atomique par couche atomique, ajoute François Luc. Pour ce faire, nous disposons de dix réacteurs d épitaxie, qui représentent chacun un investissement initial pouvant atteindre 2 millions d euros.» Des procédés lithographiques sophistiqués sont employés pour l impression des motifs complexes qui établissent les connexions indispensables à chaque composant. «Nous avons un appareil de lithographie à faisceau d électrons, poursuit François Luc. Sa précision est de l ordre de 10 nanomètres, soit environ 20 à 30 atomes. C est une infrastructure très conséquente.» La création des composants obéit à un processus lent et délicat. Les équipements les plus sensibles sont isolés sismiquement par un bloc de béton, car la moindre vibration pourrait ruiner des semaines entières de travail. Les flux d air et l accès du personnel font également l objet d un contrôle très strict. «Personne n entre dans la pièce pendant la lithographie à faisceau d électrons», souligne François Luc. Sa capacité à concevoir et à fabriquer sur site les composants visés distingue le laboratoire. Deux atouts en résultent. Tout d abord, le III-V Lab peut réaliser des expériences et construire des prototypes avancés en interne, ce qui conforte son avantage concurrentiel. «Alcatel a démontré une capacité de communication d un térabit par seconde sur km via une seule fibre grâce à nos composants, précise François Luc. Une telle performance traduit bien notre avancée technique. Nous pouvons définir la norme, tout en influençant le marché.» Être capable de produire des puces en interne autorise aussi la fabrication à petite échelle : produire quelques dizaines ou centaines de composants, plutôt que les milliers habituellement pris en charge par les grands fabricants. «Nous produisons des wafers que nous vendons à Sofradir pour ses caméras infrarouges, environ une centaine par an, explique François Luc. La plupart des fonderies n accepteraient pas une commande de ce type, car les volumes sont insuffisants. C est l un des volets de notre activité, qui illustre notre intégration à la chaîne d approvisionnement stratégique du groupe Thales.» Combler le fossé technologique Savoir cultiver les bonnes idées et les transformer en produits opérationnels est vital. Le III-V Lab s emploie à porter les nouvelles technologies au niveau de maturité permettant leur transfert aux partenaires du laboratoire pour les phases d industrialisation et de production. «Nos programmes de travail poursuivent toujours une finalité appliquée, indique François Luc. Les matériels que nous développons permettront à nos sociétés mères de proposer des composants électriques ou électro-optiques plus performants que les composants standard du commerce.» Le laboratoire joue également un rôle actif dans la création et la protection de droits de propriété intellectuelle en vue de leur exploitation commerciale via des licences et des royalties. Faire d une bonne idée un produit commercial à succès peut être long et complexe. Pour évaluer idées et projets, on se fonde notamment sur leur niveau de maturité technologique (TRL) marquant à quel stade de développement se trouve un produit et quelle distance le sépare de sa commercialisation. Par exemple, une technologie nouvelle non éprouvée relève du TRL 1. Il peut s agir d une observation faite dans un laboratoire universitaire, par exemple un phénomène encore jamais constaté, mais prometteur. À l autre bout de l échelle le TRL 9 est le niveau de maturité technologique du produit fini basé sur cette idée initiale. «Nous commençons généralement notre collaboration avec les universités au TRL 3, détaille François Luc. À ce stade, les aspects scientifiques sont bien compris et on peut commencer à cibler une application donnée. Normalement nous n intervenons pas en amont.» Une fois une idée sélectionnée pour développement, la création d une solution adaptée au monde réel démarre : «Nous nous coordonnons en interne et nous mettons d accord sur la manière de développer la technologie en jeu et de commencer à la tester au regard des applications visées, commente François Luc. Lorsque nous atteignons le stade où la technologie peut être utilisée par les différentes lignes d activité de nos sociétés mères, nous la leur transférons. Généralement, on en est au stade TRL 5 ou 6.» Miser sur les bonnes idées n a toutefois rien d évident. «La recherche académique fondamentale n est pas très onéreuse, aux premiers stades ; on ne rencontre donc pas de gros problèmes de financement, constate François Luc. À l autre extrémité du processus, la technologie est viable et rentable. Le risque se situe entre les deux : on ne peut pas être certain qu une nouvelle technologie fonctionnera 100 % du temps, c est donc un pari qui commence à représenter un coût important.» L une des étapes les plus risquées est le passage de la recherche appliquée au développement technologique, ce qu on appelle dans l industrie la «vallée de la mort». S il est inévitable que certaines idées passent aux oubliettes, le pilotage assuré par le III-V Lab garantit que les meilleures idées ne soient pas abandonnées faute de Le radar utilisé par l avion de combat français Rafale à balayage électronique à antenne active s appuie sur des modules à l arséniure de gallium (GaAs). financement. Or ce type de sponsoring nécessite du dévouement et un portefeuille bien garni. «C est l une des raisons pour lesquelles il ne s agit pas d une activité 100 % Thales», souligne François Luc. Ce laboratoire est une entreprise collaborative. Ses fondateurs, Thales et Alcatel-Lucent, le financent chacun à 40 %. Le CEA-Leti, organisme public qui intervient dans les secteurs de l énergie et de l électronique, a rejoint le Lab en «Nos travaux de recherche nécessitent des investissements très importants, en termes d équipements et d échelle. C est une question de masse critique aucun des partenaires ne pourrait entretenir tout seul une équipe de cette envergure», ajoute François Luc. Approfondir la compréhension Outre qu il aide à répartir le coût du développement de nouvelles technologies, le modèle collaboratif du III-V Lab facilite le partage de l expertise entre les partenaires, issus de différents secteurs. «Le silicium et les matériaux III-V seront bientôt combinés, commente M. Demotes- Mainard. L une des raisons pour lesquelles nous souhaitions que le CEA-Leti nous rejoigne est qu il nous donne accès aux technologies à base de silicium.» La collaboration favorise également la fécondation croisée des idées entre marchés. C est important, car la frontière qui sépare les technologies visant un usage professionnel et celles destinées à la consommation est de plus en plus floue. «Lorsque nous avons créé le Lab il y a dix ans, les principaux débouchés des composants III-V étaient les télécoms, l aérospatial et la défense, ce qui correspondait bien à la clientèle de Thales et d Alcatel-Lucent, se souvient Bertrand Demotes-Mainard. Aujourd hui, plusieurs grands marchés comme l automobile et l électronique de puissance s intéressent aux III-V. Le CEA-Leti est pour nous une porte d entrée sur ces marchés.» Les circuits intégrés utilisant non pas de l électricité, mais de la lumière à des fins de communication pourraient être la prochaine étape. Depuis plus de cinquante ans, les puces de microprocesseurs obéissent à la loi de Moore, selon laquelle les performances doublent tous les mois. Or des éléments permettent d affirmer que cette croissance arrive à saturation car les limites de la miniaturisation sont atteintes. Plutôt que de viser «plus de Moore», l industrie envisage désormais de faire «plus que Moore». Autrement dit, créer une nouvelle génération de composants associant traitements numérique et analogique. «Il existe des perspectives de convergence des moyens de communication, qui impliquent de mettre en œuvre de nouvelles fonctionnalités sur silicium, explique François Luc. Les matériaux III-V peuvent permettre des communications optiques de cœur à cœur, de processeur à processeur, de carte à carte, d ordinateur à ordinateur et de centre de données à centre de données. L intégration de matériaux III-V sur substrat de silicium est une méthode très prometteuse à cet égard.»

18 32 Innovations : Un siècle de radiocommunications militaires 33 ESSOR une coopération européenne de haut vol En 2009, six pays européens Espagne, Finlande, France, Italie, Pologne et Suède, lançaient le projet ESSOR (European Secure SOftware defined Radio) qui a pour but d établir un standard pour le développement et la production en Europe de radios logicielles. Une architecture de référence ESSOR a été définie par les partenaires européens, compatible avec la norme internationale SCA (Software Communications Architecture), et une forme d ondes à haut débit a été aussi définie. Le programme CONTACT s appuiera sur les architectures définies par ESSOR et offrira ainsi le support d infrastructure tactique pour les services C4I, les échanges vidéo et autres services à valeur ajoutée. «La sécurité des communications, c est une des clés de la souveraineté. Si vos systèmes de communications sont sécurisés, vous conservez la maîtrise des systèmes d information» Thales aux avant-postes Du télégraphe à l internet tactique, les communications militaires ont radicalement changé depuis un siècle. Et les communications numériques, avec notamment les radios définies par logiciel, tracent aujourd hui les contours d un horizon nouveau. Chris Insall L engagement militaire moderne avec des forces internationales très mobiles opérant souvent sous commandement interarmées ou allié exige une tenue de situation partagée (Common Operational Picture ou COP) afin que les décisions puissent être fondées sur toutes les informations disponibles, avant d être transmises aussi rapidement que possible aux forces déployées sur le terrain. La mise en œuvre d un tableau aussi complexe des diverses forces intervenant de concert dépend de communications sécurisées et coordonnées, offrant des performances de haut niveau et capables de répondre aux nouvelles exigences des engagements coopératifs. «Il ne s agit plus de concevoir uniquement des communications vocales, explique Gilbert Multedo, vice-président, directeur technique pour les produits de radiocommunications chez Thales. Nous ciblons désormais le multimédia, c est-à-dire la transmission de la voix, des données, des images et de la vidéo. Nous développons des radios qui supportent la mise en réseau des plateformes tactiques et de leurs systèmes de commandement et de renseignement.» La radio logicielle joue un rôle majeur dans cette évolution. Elle intègre une architecture numérique moderne, à très forte puissance de calcul. La partie radiofréquence (RF) de la radio est large bande, et dispose d amplificateurs de puissance très linéaires et de filtres radio permettant plusieurs émissionsréceptions simultanées à bord de la même plateforme. Une radio logicielle peut donc par principe supporter une large gamme de formes d ondes radio, offrant un éventail d applications puissantes pour une interopérabilité élargie. En France, cette évolution est parfaitement illustrée par le programme CONTACT (COmmunications Numériques En bref 1 L efficacité des forces armées dépend en très grande partie de la capacité de leurs systèmes de communications. 2 Thales bénéficie d un siècle d expérience dans les radiocommunications militaires. La radio 3 logicielle constitue une révolution, combinant légéreté, puissance, sécurité et polyvalence. TACtiques et de Théâtre). Lancé en 2012 par la DGA (Direction Générale de l Armement), CONTACT a pour vocation de remplacer une grande partie des systèmes radio tactiques qu utilisent actuellement les forces armées (équipements individuels et embarqués sur véhicules) par une technologie nouvelle basée sur le principe de la radio logicielle. Thales intervient dans ce programme comme architecte système et intégrateur. Contact établi Le programme CONTACT bénéficie pleinement des potentialités qu offre la radio logicielle, tout en assurant une transition en douceur grâce à la compatibilité avec les radios PR4G de Thales (en service en France et déployées dans 43 autres pays). Le nouveau système CONTACT offre aux forces armées une plus large bande passante, avec des performances accrues en termes de sécurité, de disponibilité et d interopérabilité. Pour parvenir à ce niveau de performances, Thales relève de nombreux défis, notamment la miniaturisation. Sur le terrain, la compacité et la légèreté sont toujours des atouts majeurs. «Thales porte une tradition déjà ancienne de miniaturisation des équipements tactiques, avec la capacité à développer des composants intégrés, non seulement pour les communications numériques et la sécurité mais aussi pour les radiofréquences», rappelle Gilbert Multedo. Le deuxième défi à relever est de taille : intégrer les services multimédia dans le réseau radio. CONTACT a ainsi été conçu pour intégrer un plus large échantillon de services opérationnels, tels que la conférence vocale numérique et la voix sur IP, le suivi hiérarchique et géographique des forces alliées, les SMS et le Chat ainsi que la transmission d images et de vidéos.

19 34 Innovations : Un siècle de radiocommunications militaires 21 «La technologie logicielle assure une interopérabilité sans précédent dans l histoire militaire.» Le troisième changement majeur porte sur l intégration des plusieurs pays du Moyen-Orient. Sans surprise, cette technologie réseaux de communications : le nouveau système assure une plus devient rapidement la norme.» grande connectivité entre les états-majors et les unités déployées, Une attente forte des clients export concerne aussi l aspect jusqu au combattant individuel. souveraineté. Les utilisateurs sont de plus en plus nombreux à vouloir «Avec la radio logicielle, nous sommes en mesure de créer des utiliser la technologie radio logicielle pour développer leur propre communications indépendantes de l organisation hiérarchique, forme d onde souveraine. c est-à-dire transversales, souligne Didier Portier, conseiller militaire Selon Philippe Lardilleux, directeur Stratégie et Marketing de Thales. Sans nécessairement être dans le même réseau physique, il Thales Communications & Security, les outils logiciels développés par est possible de partager une image de sa propre localisation Thales permettent aux clients de s approprier ces nouveaux concepts géographique, grâce aux nouvelles formes d ondes supportées par la de radio logicielle : «Nous travaillons avec nos clients afin de les radio logicielle.» servir au plus près de leurs besoins, grâce à des outils tels que Pour Gilbert Multedo, l intégration tri-service est un élément Software Radio Lab, Communications Lab. Nous traduisons leurs essentiel : «La radio logicielle permet de disposer d une exigences opérationnelles en termes d architecture système et infrastructure de communications tactiques terrestres, aériennes et solution de migration de leurs réseaux radios.» navales entièrement intégrée. Les radios logicielles supporteront les formes d ondes propres à chaque milieu, qu il s agisse de VHF, d UHF La révolution de la sécurité et, dans le futur, de communications par satellite.» Une partie de ces besoins opérationnels porte sur l augmentation de CONTACT constitue donc une avancée majeure vers une plus grande la sécurité dans un environnement numérique plus incertain que interopérabilité, augmentant ainsi la connectivité pour les opérations jamais. En toute logique, l interconnexion des systèmes induit en interarmées. Comme le souligne Hervé Derrey, vice-président en charge effet une vulnérabilité potentielle accrue. des produits de radiocommunications au sein de Thales, cette Les résultats d une étude conduite aux États-Unis par Unisys technologie logicielle assure une interopérabilité sans précédent dans et le Ponemon Institute, en juillet 2014, font apparaître que près de l histoire militaire, entre les forces terrestres, aériennes et navales ainsi «74 % des managers d infrastructures critiques interrogés signalent qu entre les forces de coalition. Avec ESSOR (cf. encadré) et CONTACT, au moins une faille de sécurité ayant conduit à la perte d informations Thales concrétise le rêve de nombreux états-majors. confidentielles ou entraîné une interruption des opérations au cours des douze mois écoulés ; 78 % d entre eux reconnaissent qu une Au plus près du terrain attaque réussie des systèmes (contrôle industriel ou contrôle et Cette capacité nouvelle à assurer des communications acquisition des données SCADA) de leur organisation est probable interconnectées ouvre les portes de cette technologie aux forces dans les deux ans à venir. Cependant, un manager sur six seulement, armées du monde entier. parmi ceux interrogés, estiment que les programmes ou les «Les États-Unis ont largement adopté le concept de radio modalités de sécurité informatique de leur organisation sont logicielle, et cette tendance gagne l Europe, via les pays membres de suffisamment matures». l OTAN, fait observer Hervé Derrey. Mais d autres pays sont Les applications militaires utilisent les mêmes technologies également intéressés par ce type de radio, notamment l Inde et matérielles et logicielles que le monde civil et sont de plus en plus Un siècle de radiocommunications militaires fréquemment connectées avec celui-ci. Faute d une attention appropriée, une cyberattaque ciblant une infrastructure civile peut donc potentiellement affecter les forces militaires. Les défis à la sécurité que posent les nouvelles exigences de communications tactiques coopératives sont considérables : alors que l échelle des communications se trouve grandement accrue en raison du nombre de liaisons transverses dont les utilisateurs peuvent disposer, les outils mis en œuvre dans ce secteur seront essentiellement des communications numériques et la VoIP. C est dire que la vulnérabilité est un sujet plus sensible que jamais. «On qualifie souvent le cyberespace de cinquième domaine de la guerre, note Pierre Jeanne, vice-président en charge de la sécurité des technologies de l information chez Thales. Mais il faut bien comprendre que les communications numériques ont constitué une avancée majeure pour la sécurité. Les contremesures les plus performantes aujourd hui disponibles ont été appliquées au système CONTACT, pour le protéger des cyberattaques.» Le niveau de sécurité cryptographique a considérablement évolué avec les systèmes Thales les plus récents. Les radiocommunications militaires peuvent-elles toutefois devenir «trop sécurisées» et limiter, plutôt qu élargir, l espace technologique? Pierre Jeanne ne le pense pas : «Certaines agences de renseignement étrangères consacrent davantage de temps et d argent pour intercepter les communications et maintenir la supériorité de leur défense. Nos ingénieurs et techniciens ont notamment pour mission d anticiper les risques et de garder un temps d avance sur les développements futurs. J estime que la sécurité ne peut en aucun cas être excessive.» Philippe Lardilleux s en tient quant à lui aux principes fondamentaux : «La sécurité des communications, c est une des clés de la souveraineté. Si vos systèmes de communications sont sécurisés, vous conservez la maîtrise des systèmes d information. C est aussi simple que cela.» Des solutions fournies à plus de cinquante pays Fort d un siècle d expérience, avec plus de radios militaires aujourd hui déployées sur les théâtres d opération, Thales continue de mener l innovation tambour battant dans les communications militaires, et ce dans le monde entier. Ce qui inclut notamment des solutions radio fournies à plus d une cinquantaine de pays, sur tout type de plateforme, terrestre, aérienne ou navale. La réussite si particulière de Thales au fil des ans, jusqu au projet CONTACT, peut être attribuée à des valeurs fondamentales au centre desquelles se trouve le client : «En matière de radio, Thales a toujours été aux avant-postes de l innovation, rappelle Hervé Derrey. Nos clients reconnaissent cette expertise. Ils s adressent donc à nous en raison de l excellence de nos ingénieurs et des performances des solutions radio de Thales.» Les origines Large déploiement des équipements radio au cours de la Première Guerre mondiale. Émetteurs à étincelles ou générateurs : télégraphe, morse Développement de la phonie Émetteurs et triodes : ondes entretenues, stabilité et fiabilité accrue des communications. Émetteurs à ondes longues (15-35 khz) Développement de la portabilité Transistors : miniaturisation et réduction du poids des équipements Liaisons radio plus rapides Synthétiseur à fréquence fixe : mise en œuvre plus rapide à nos jours Digitalisation et sécurité des communications Évasion de fréquence, étalement de spectre, localisation, données de commandement et de contrôle. Saut de fréquence, radio PR4G, transmissions sécurisées. Radio définie par logiciel avec capacités large bande.

20 36 INNOVATIONS : Thales en Thales en Second volet de notre escapade historique qui nous donne l occasion, en cette année de célébration de la Première Guerre mondiale, de nous souvenir de ces pionniers et ingénieurs de talent qui ont, à l époque et du fait des circonstances, joué un rôle important dans le développement de nouvelles technologies et qui ont contribué à bâtir le groupe Thales. Le «badin» 1Dès 1911, Raoul Edouard Badin invente un indicateur de sustentation et un anémomètre destiné à mesurer la vitesse des avions par rapport au vent. Le «badin» constitue un progrès considérable pour la sécurité du vol, et permet le pilotage sans visibilité de manière contrôlée. Il deviendra d ailleurs obligatoire dès 1923 à bord des avions de transport civils. La société de Raoul Badin, qui est à l origine de nombreux autres équipements dont le variomètre, sera reprise par Crouzet incorporée dans Sextant, avant d entrer dans le giron du Groupe en Vinten et la 2caméra embarquée Fondée en 1910 par William Vinten à Londres pour développer des caméras Kinemacolor, la société Vinten voit son usine réquisitionnée au début de la guerre. Hébergé dans l usine du constructeur Sopwith à Kingston-upon-Thames, William Vinten poursuit ses recherches et développe le Model B, la première caméra au monde construite en métal et capable de résister aux dures conditions de vol à bord des avions militaires du Royal Flying Corps. Brandt : de la 3ferronnerie d art aux obusiers Né à Paris en 1880, Edgar William Brandt, ferronnier d art, présente en 1915 un canon de tranchée de 60 mm appelé «obusier pneumatique» dont le modèle B est produit à exemplaires avec 3 millions de projectiles à partir de Au sortir de la guerre, il réalise la dalle de bronze de la tombe du Soldat Inconnu sous l arc de triomphe, à Paris, ainsi que le monument de l Armistice à Rethondes. Les émetteurs 4 de la CGR Jules Carpentier, dont les ateliers produisent en série des périscopes pour la marine et les fantassins (voir Innovations n 2), est également l un des fondateurs de la CGR (Compagnie Générale Radiotélégraphique), spécialisée dans les équipements de radiocommunications militaires. En août 1914, elle fournit en urgence un émetteur de 80 kw à éclateur tournant (couplé à une antenne de mètres de long!) qui est installé à Bordeaux. Pendant la guerre, la CGR s associe à Delahaye pour produire des automobiles de TSF pour l armée de terre. Elle fabrique également en série des appareils conçus dans les laboratoires du général Ferrié, pionnier de la radiotélégraphie. Parmi ces appareils figurent un récepteur destiné à l écoute des communications adverses et une boîte de résonance Type G utilisée en radiogoniométrie. A la fin de la guerre, la CGR prendra le nom de CSF (Compagnie Générale de Télégraphie sans Fil). La Thomson 5et les téléphones de campagne Très rapidement après le début du conflit, les opérations militaires rendent de plus en plus nécessaire l emploi du téléphone de Très rapidement après le début du conflit, les opérations militaires rendent de plus en plus nécessaire l emploi du téléphone de campagne campagne. L usine parisienne de la rue des Favorites de Thomson obtient la commande de plusieurs milliers de postes portatifs d infanterie et d artillerie, pour les armées alliées. Le ministère de la Guerre lui confie l installation de Une caméra (vraisemblablement une Vinten B) sur un avion BE2C, premier avion militaire britannique (Imperial War Museum). I automatique dans ses divers bureaux à travers le pays. En Allemagne, 6Telefunken Outre-Rhin, c est aussi dans le domaine des radiocommunications que les «ancêtres» de Thales réalisèrent des avancées importantes, bâtissant une impressionnante station radio à Kamina dans l actuelle République démocratique du Congo et équipant les sous-marins de puissants postes radio. On retrouvera ces activités, en particulier celle des tubes électroniques, bien des années plus tard, regroupées sous la bannière d AEG-Telefunken ; reprises par le Groupe en 1996, elles lui permettront par exemple de devenir le plus important fabricant mondial de tubes à ondes progressives (TOP) spatiaux. 2

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