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1 ui GEHEYA 22 Programme des entreprises multinationales Documents de travail Recherches sur les effets des entreprises multinationales sur l'emploi Document de travail n0 26 Les entreprises multinationales et l'emploi dans les zones franches d'exportation des pays d'asie par Rudy Maex Equipe regionale asienne pour la promotion de 1 'emploi, Bangkok -Genève, I Travai 1, 198-4

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3 iii TABLE DES MATIERES Paye INTRODUCTION 1 CHAPITRE I : INDUSTRIALISATION A VOCATION EXPORTATRICE, INVESTISSEMENTS ETRANGERS DIRECTS ET ZONES FRANCHES D'EXPORTATION 3 1. L'exportation de produits nianufacturés par les pays en développement 3 2. Les investissements étrangers directs et les exportations de produits manufacturés Le role des zones franches d'exportation 16 CHAPITRE II : EFFETS DES ENTREPRISES MULTINATIONALES SUR L'EMPLOI DANS LES ZONES FRANCHES TATION DES PAYS. D.'ASIE La structure des investissements dans les zones franches d'exportation 29 a) Appartenance des entreprises etablies dans les zones franches d'exportation et origine des investissements étrangers 29 b) Repartition sectorielle des entreprises dans les zones franches d'exportation '. 31 c) Caractéristiques des investissements étrangers dans les zones franches Effets directs des entreprises multinationales sur l'eniploi dans les zones franches d'exportation en Asie Effetsindirects des entreprises multinationales sur l'emploi dans Fes franches d'exportation en Asie 41

4 - iv - CHAPITRE III : CARACTERISTIQUES BE L'EMPLOI LES ZONES FRANCHES D'EXPORTATION DES PAYS D'ASIE 56 Page 1. Caractéristiques des travailleurs em- 4 ployés dans les zones franches d'exportation Conditions de travail dans les zones franches d'exportation 61 CHAP ITRE IV : RESUME ET CONCLUSIONS 73 ANNEXE : Tableau 1 80 Tableau 2 81 Tableau 3 82 Tableau 4 87 ANNEXE : Documents de travail du Programme des entreprises multinatioriales du BIT (MULTI) 90

5 INTRO DUCT 10 N Le present document contient une étude analytique des investissements des entreprises multinationales (EM) dans les principaux pays d'asie oü 11 existe des zones franches d'exportation ainsi qu'une evaluation de 1 'impact direct et indirect de ces investissements sur l'emploi. On y trouve egalement une estimation du nombre des emplois qui ont été créés dans ces zones ainsi qu'un examen des types d'emploi qui se sont développés et des divers problèmes auxquels us ont donné lieu. Ii s'agit essentiellement de l'experience de quatre pays asiens, a savoir la Malaisie, Singapour, les Philippines et Sri Lanka. Dans les trois premiers pays, les entreprises multinati onales exi sterit depui s le debut des années sol xante-di x. Ii s'est donc écoulé suffisarnment de temps depuis cette date pour que l'on puisse évaluer leurs activités dans les zones franchesd'eportation de ces pays et savoir si, par le fait d'avoir apportc des capitaux etrangers considérables aux industries a haute intensité de main-d'oeuvre, les entreprises multinationales ne sont pas devenues par là d'importants facteurs de promotion de l'industrialisation et de l'emploi dans les pays concernés. Dans le quatrième pays précité, Sri Lanka, l'existence d'une zone franche d'exportation est plus rccente; l'activité de cette zone n'a débuté qu'en L'expérience de ce pays n'en est pas moms fort intéressante pour la raison que les circonstances y sont assez différentes de celles qui prevalaient ailleurs, a la fin des années soixante et au debut des années soixante-dix, lorsque les premieres zones franches ont été créées dans la region. Actuellement et depuis déjà années, une récession affecte les economies de la plupart des pays industrialises qul constituent pratiquement le seul débouché commercial pour les marchandises fabriquées ou assemblêes dans les zones franches d'exportation. Il n'est donc pas étonnant que les entreprises installées dans ces zones subissent de plus en plus les effets d'un marché en stagnation en méme temps que les inconvénients d'une concurrence grandissante. Les perspectives a long terme d'une augmentation de la production dans les zones franches sont également hypothequées par les tendances protectionnistes croissantes qui se font jour dans les pays industrialisés. En outre, les nouvelles technologies qui.se sont développées dans les applications de la micro-électronique risquent de redonner l'avantage aux pays industrialisés pour ce qui concerne la production dans ce domaine, production qul, a l'heure actuelle, est fortement concentrée dans les zones franches. Il n'empéche que le nombre des zones franches d'exportation n'a cessé de dans la region asienne. En 1981, on

6 2- comptait 26 zones d'exportation au sens propre de ce terme1. A ce chiffre, ii convient d'ajouter au moms les 27 "domaines industriels"(industrial Estates) de la République de Corée, de Hong-kong et de Singapour dont le role est similaire a celui des zones franches. Par ailleurs, dans plusieurs autres pays d'asie, des zones sont en construction ou en projet. Ii est prévu que, vers la fin de 1 'année 1982, sept nouvelles zones franches entreront en activité. En analysant cette croissanceininterrompue des zones franches d'exportation, on ne doit pas perdre de vue qu'il ne s'agit pas dun phénomene isolé. En fait, ces zones font souvent partie integrante d'un vaste effort concerté de plusieurs gouvernements de la region pour mettre en oeuvre des politiques économiques plus largement orientées vers l'extérieur et qui dependent de l'investissement direct de fonds étrangers,ainsi qu'on le démontrera ci-après au chapitre I. Cette politique contraste singulièrement avec celle qui avait cours dans beaucoup de pays dans les années soixante et même assez souvent encore dans les années soixante-dix, lorsque l'on ne concevait Ia réalisation de l'industrialisation qu'à travers une stratégie de simple substitution des importations. Actuellement, mérne 1 es pays qul ont été 1 es plus ardents protagoni stes de cette stratégie (tels 1 'Inde ou le Pakistan), et qul continuent a sly tenir, se sont rallies a cette politique de developpement accru des exportations et considèrent fréquemment les zones franches d'exportation comme un moyen initial d'y parvenir. L'auteur de ce document a fait de treslarges emprunts aux résultats des travaux menés par 1'Equipe régionale asienne pour la promotion de 1 (ARTEP)2 et consacrés a un de rëcherche sur les zones franches d'exportation etsur l'in-. dustrialisation entrainée par l'exportation. En outre, l'auteur aentrepris un certain nombre de recherches additionnelles sur le terrain afin d'ampl.ifier les données de base de la présente étude. Notes Pris dans leur sens strict, les termes "zones franches d'exportation" ou "zones de libre échange" ou "zones pour la promotion des investissements' ou "industries a régime d'entrepot douanier", etc. définissent l'établissement par certains pays (habituellement des pays en developpement) de sites industriels qui permettent - entre autres avantages - l'importation en franchise de matières premieres pour 1 'assemblage et la fabrication de marchandises destinées en premier lieu a l'exportation. Les dispositions réglementaires exactes qui régissent l'établissement de chaque zone particulière peuvent varier naturellement d'un pays a 1 'autre. 2 Asian Regional Team for Employment promotion.

7 -3- CHAPITRE I A VOCATION EXPORTATRICE, ETRANGERS DIRECTS ET ZONES FRANCRES D'EXPORTATION 1. L'exportation de produits manufactures par les pays en développpenient Durant la période qui couvre environ les dix dernières années, les exportations de produits manufactures ont eu un role essentiel et une importance croissante dans la mise en oeuvre des politiques de développement de nonibreux pays du tiers monde, notamment ceux de 1 'Asie de 1 'Est et du Sud. Les avantages accordés aux exportateurs de rnarchandises nianufacturées et l'afflux nouveau d'investissenients étrangers dans des activités de production a haute intensité de main-d'oeuvre (phenomenequi, en partie tout au nioins, est do a 1 'evolution des politiques de production des pays industrialisés) ont eu pour consequence que les exportations manufactucres1 des pays en développement2 sont passées de 2,5 milliards de dollars USA en 1960 a 32 milliards de dollars USA en 1975 et a 63 niilliards de dollarsusaen 19783,ce qui correspond a un taux annuel d'augrnentation de 19,6 pour cent (et même a un taux de 25 pour cent si l'on se réfère uniquement a la période ). Dans le même temps, les exportations de produits manufactures des pays industrialisés auqmentaient beaucoup moms rapidement (14,8 pour cent par an). Ainsi, en 1979, la part des pays en développement dans les exportations de produits manufactures s'élevait a 8,1 pour cent alors que c.e taux n'était que de 3,9 pour cent en Dans les pays en développement a économie de marché de 1 'Asie du Sud et de 1 'Est5, la croissance annuelle des exportations nianufacturicres a êté de 19,8 pour cent entre 1960 et 1979, ce taux étant a peu prés iden.tique pour l'ensemble des pays en développement. Mais, vers la fin de cette et 1979, le taux d'augmentation annuel a été supérieur a 30 pour cent. Passant de 1,6 milliard de dollars USA a 42 milliards, la part des economies en développement du sud et de l'est de 1'Asie dans les exportations mondiales de produits manufactures a augmenté de 2,4 pour cent en 1960 a 5,3 pour cent en Les exportations de produits manufactures des pays en développenient d'asie a économie planifiee7(qui ne sont pas incluses dans les totaux ci-aprës indiqués) se sont élevêesseulernent, en 1978, a 5,8 millions de dollars USA8.. Au cours des deux der-nicre-s

8 -4 décennies, ces exportations se sont accrues de 11,6 pour cent environ par année. Comme pour les pays d'asie a économie de marché, on constatequ'une rernarquable accélération s'est produite (20,1 pour cent d'augmentation annuelle) entre 1975 et 1 978g. La place de plus en plus grandissante prise par les produits nianufacturés dans les exportations des pays asiens en développement constitue un phénomène important ainsi qu'on peut le constater dans le tableau 1.1 ci-après. A 1 'exception de 1 'Inde, pour les années qui vont de 1960 a 1975, et de la Birrnanie, de la Malaisie et de Hong-kong, pour la période de 1975 a 1979, on constate que la part relative de la production manufacturière dans le total des exportations a eu une nette tendance a augmenter dans chacun des pays fi gurant au tableau 1.1. Le pourcentage d'augmentation le plus élevé pour 1 'ensemble de la période 1960 a 1973 est celul de la République de Corée (+ 75 pour cent), suivie du Pakistan (+ 29 pour cent) et de Singapour ( 25 pour cent). De 1975 a 1979, les augmentations les plus importantes ont été celles des Philippines (+ 19 pour cent), du Nepal (+ 16 pour cent) et de 1' Inde (+ 16 pour cent). Des pays tels que le Bangladesh, le Pakistan, le Nepal et 1' Inde, q1ui pratiquent traditionnellement une politique de substitution des importations, figurent parmi ceux qul ont les plus forts pourcentages d'exportation de produits manufactures et, pour certains de ces pays, la part du total des exportations est méme plus élevée que celle de Singapour, pays dont la polltique est pourtant trés orientée vers l'exportation. Toutefois, 11 ne faudrait pas se laisser induire en erreur par cette image d'orientation vers l'exportation que donne le tableau 1.1, car elle reflète mal la situation des economies prises dans leur ensemble. Ainsi, bien que les exportations de produits manufacturés atteignent un pourcentage important du total des exportations, on constate que pour la plupart des pays de 1 'Asie du Sud ces exportations se situent a un niveau encore trés bas, que ce soit en valeur absolue ou per capita. Les economies de ces derniers pays demeurent donc largement orientées vers le marché intérieur. En Inde et au Pakistan - deux pays considérés comme les grands exportateurs de l'asie du Sud -'les exportations per capita, en 1978, ont êtè seulement de 10,3 dollars USA et 19 dollars USA respectivement. Par comparaison, dans les pays en développement de l'asie de l'est, les chiffres correspondants se situent entre 75,1 dollars USA pour les Philippines et 4 406,1 dollars USA pour Singapour. L'augmentation de la part relative des exportations manufacturières des pays de 1 'Asie du Sud, par rapport au total des exportations de ces pays, dolt étre attribuée a la faiblesse de l'augmentation des exportations autres que celle des produits f

9 Tableau Pniircentage des produits manufactures dans le total des exportations des pays en déveloodement de l'asie du Sud et de l'est, Pays Pays a économie de Nepal n.a Bangladesh n.a Inde b) Pakistan Sri Lanka Birmanie 3b) 1 3 Indonésie (.) 1 3 Thailande Philippines Malaisie RCpublique de Corée Hong-kong Singapour Pays a économie Chine n.a. n.a. 49 a) Aux pays a il faut ajouter les pays et territoires tels que Macao, Brunéi, les Maldives, le Laos, le Kampuchea et le Bhoutan, etc. b) Chiffres de c) Y la République democratique de Corée. économie de marché mentionnés dans le tableau, compris (a part la Chine) la Mongolie, le Viet Nam et Sources: Calculé a partir de donnces de la Banque mondiale Rapport sur le développement mondial, 1978 et 1982; Niohs Uniës : des statistiques du commerce international, l979;et Nations Uni es : Annuaire des stati 5- tiques du commerce international, (.) = insignifiant. n.a. =nondisponible.

10 -6 manufactures plutot qu'à une quelconque dynamique de leurs exportations manufacturicres. Cela ressort du tableau 1.2 ou apparaissent les énormes differences entre pays du sud et pays de 1 'est de 1 'Asie pour ce qui est des exportations manufacturières, tant en chiffres absolus que per capita. C'est ainsi que l'on peut constater que, per capita, les exportations de Singapour sont fois plus importantes que celles de la Birmanie, la lanterne rouge de ce palmarès. Si l'on prend l'ensemble des sous-régions, on s'aperçoit qu'avec une population trois fois plus nonibreuse que celle de 1 'Asie de 1 'Est, 1 'Asie du Sud n'arrive a exporter qu'environ le dixième des exportations de la premiere. 11 apparait en outre que les exportations de troi s petits pays de 1 'Asie de 1 'Est (a savoir Hong-kong, la République de Corée et Singapour) atteignent a elles seules 35 pour cent des exportations de la production manufacturière des pays en développement de 1 'Asie du Sud et de 1 alors que les trois pays en question ont une population qui egale 2,2 pour cent a peine du total de la population de 1 'Asie de 1 'Est. Il est vrai que ces pays ont été les premiers de la region a se lancer dans la voie de 1 'industrialisation a vocation exportatrice : c'est sans doute la raison pour laquelle ils ont abondaminent moissonné les bénéfices du boom qu'ont connu les exportations manufacturières des pays en développement au cours des années soixante-dix. Leur stratégie qui est considérée actuellement comme ayant été éminemment payante a consisté a créer une économie de marché libre qui s'est spécialisée dans des secteurs particuliers en tenant cornpte des avantages qu'ils offraient. Cela impliquait l'abandon de pratiques interventionnistes telles que les restrictions a l'importation, le controle des changes, les taux de change artificiels et certaines subventions ou taxes douanières, etc. dont usaient et abusaient a 1 'époque la plupart des pays en développement pour tenter d'édifier une industrie nationale basée sur une politique de remplacement des importations. Une fois passée la premiere phase, que l'on a appeiée la "phase defacilité", de cette politique de substitution des importations, l'on s'est vite rendu compte que l'existence de barrières protectionnistes par trop élevées engendrait des probièmes économiques structurels caractérisés par la pénurie chroni que de devises étrangéres, la fai blesse du potentiel I ndustriel le développement d'industries de grande envergure et a haute concentration de capital et 1 'exiguité de la demande de travail. Les trois pays précités, ainsi que certains autres, n'ont pas souffert de tous ces incorivénients. Bien au contraire, en plus d'avoir enregistré une rapide croissance de leurs exportations de produits manufactures, us ont egalement connu un remarquable développement de l'ensemble de leur économie,ainsi que le reflcte

11 7 Tableau 1.2. Pays Exportations de produits manufactures dans les pays en développement de 1 tasie du Sud et de 1 Est, 1979 Population Exportations Exportations (en mu- de produits de produits lions) manufactures rnanufacturés (en millions per capita de dollars (en dollars US) US) Total pour l'/\sie du SUda) 890, ,2 Nepal 14,0 28 2,0 Bangladesh 88, ,9 Inde 659, ,7 Pakistan 79, ,3 Sri Lanka 14, ,1 Birmanie 32,9 28 0,9 Total pour 1'Asie de 308, ,4 Indonésie 142, ,4 Thailande 45, ,2 Philippines 46, ,2 Malaisie 13, ,8 République de Corée 37, ,1 Hong-kong 5, ,8 Singapour 2, ,6 Total pour les pays d'asie a économie planifiéed 1 036, ,7 Chine 964, ,5 Viet Nam 52, ,6 TOTAL POUR L'ASIEDU SUD, ET DE L'EST ET LES PAYS A ECONOMIE PLANIFIEE 2 235, ,6 a) Y compris le Bhoutan et les Maldives. b) c) Y compris Brunéi, le Laos, le Kampuchea, Macao, etc. Y cornpris la Mongolie et la Republique démocratique de Corée. - - Banque mondiale : Rapport sur le développement mondial, 1981 et 1982,et Far Eastern Economic Review's Asia 1981 Year Book.

12 -8 l'augmentation constante des taux de leur production turière et de leur produit intérieur brut (PIB) per capita De 1970 a 1979, par.exemple, la croissance du PIB de ces pays a été pratiquernent plus importante que celle de tous les autres pays en développement de 1 'Asie. De plus, des institutions internationales telles que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont rendu hommage a cette experience et recommandé qu'elle soit adoptée par les autres pays du tiers nionde, qui ont déjà atteint un certain stade de développernent A la vérité, au cours des années soixante-dix, plusieurs autres pays ont rejoint les rangs des nouveaux exportateurs de produits manufactures. Citons parmi eux la Thailande, dont les bénéfices dus a l'exportation de ses produits manufactures sont passes de 21 millions de dollars USA en 1968 a 572 millions en 1976 et a millions en Les Philippines et la Malaisie ont vu la valeur de leurs exportations manufacturières passer de 57 et de 85 millions de dollars respectivement 608 et 824 millions de dollars pour 1 'année 1976 et a et millions pour 1 'année Cependant, mêrne dans ces pays, les exportations per capita sont demeurées trés inférieures en valeur a celles de Singapour, de Hong-kong et de la République de Corée. Néanmoins, ils possèdent sans doute les meilleures chances de au groupe des "pays nouvellemerit industrialisés" dans les dix années qui viennent; on peut d'ailleurs constater qu'ils ont déjà commence a modifier leur ancienne politique de primauté a 1 'exportation en faveur de la nouvelle politique d'industrialisation a vocation adoptée, de longue date, par les pays pionniers d'asie L'êvolution de cette tendance et le nombre de pays appelés a faire partie du peloton des "pays nouvellenierit industrialisés" dépendront, entre autres, de la rapidité que ces pays mettront a restructurer leurs economies et a améliorer la gamme de leurs exportations en y incluant davantage de produits a forte intensité de travail qualifié et de capital. C'est la voie qui permettra a ces pays d'abandonner les marchés a forte proportion de niain-d'eouvre et de les laisser a de nouveaux venus dans le cadre de la division internationale du travail. Cependant, on commence a avoir quelques doutes sur la possibilité pour les pays industrialisés de pouvoir réaliser rapidement ces projets bases sur une haute intensité de capital et dé travail qualifie et, par voie de consequence, sur les chances que pourraient avoir les pays les moms développés d'accéder, a leur tour, aux premiers stades du développement que connurent les pays nouvehement industriahisés. Ces doutes sont suscités par les perspectives actuelles du marché des produits manufactures, perspectives qui sont loin d'être aussi bonnes qu'elles

13 -9-1'êtaient en Le fait est que, de plus en plus, 11 apparait que les exportations de marchandises manufacturées niarquent le pas dans plusieurs pays de la region. Ainsi, le de croissanco de ces exportalions a considêrablement baissé a Hong-kong, en Malaisie, a Singapour et en République de Corée pour 1 'année 1981 et, pour le premier trimestre de 1982, on a enregistré une nette chute de la des exportations manufacturières de certains de ces pays. La spectaculaire croissance des exportations de biens manufactures qui avait permis a plusieurs d'entre eux de se transformer en pays quasi industrialisés semble actuellement stoppée, au moi ns temporai rement. Ce sont les politiques protectionnistes adoptées par les pays industrialisés pour certains secteurs de leur économie qui menacent l'essor de ces exportations. A l'heure actuelle, les restrictions les plus sérieuses imposees aux pays en développement se produisent dans les secteurs du textile et de l'habillement. L'imposition de quotas et de clausesde sauvegarde a amenuisé les perspectives d'exportation. Hong-kong et la Republique de Corée, deux pays dans lesquels ces secteurs ont constitué 1 'élément essentiel de leur industriàlisation aux fins d'exportation, ont vu leurs quotas rarnenés au-dessous des niveaux d'autrefois, tandis que des pays relativement nouveaux venus sur le marché des textiles, tels la Thailande et le Sri Lanka, se sont vu imposer des restrictions qul leur interdisent d'envisager toute augmentation substantielle de leurs exportations, alors méme que celles-ci ne représentent encore qu'une infime partie de celles de la Republique de Corée et de Hong-kong. Cette situation est illustree dans le tableau 1.3 oq apparaissent les quotas d'importation des pays de la CEE pour les pays d'asie en ce qui concerne le commerce des principales productions textiles. Par exemple, les quotas accordés a Sri Lanka atteignent grosso modo 3 9 pour cent de ceux de Hong-kong. Dans certaines autres branches de production, les quotas combines afférents aux pays les moms développés d'asie, tels que Sri Lanka, la Thailande, la Malaisie, le Pakistan et les Philippines, atteignent seulement une fraction du quota de Hong-kong. Pour les categories de marchandises qui ne sont pas grevées par 1 'imposition de quotas ou pour lesquelles cette pratique est relativernent peu utilisée, l'êvolution rapide de l'exportation est freinée par des mesures de sauvegarde qui sont habituellement incluses dans les nouveaux contrats commerciaux. La CEE a pris l'initiative de renvoyer les discussions concernant l'accord international multifibres qul devaient s'engager pour le cuir et la chaussure afin precisément de mettre un a l'augmentation du taux des importations de chaussures. Pour ce qui est de ce dernier - -

14 Tableau 1.3. Quotas d'importation de 1 développement et territoi produits textil a CEE et leur utilisation pour les pays en res asiens concernant cinq categories de es (1979) (en riiilliers de pièces) Categorie Corée de Sri Lanka Thailande Malaisie Pakistani Singapour Philippines Macao 04 quota (% utilisation) (101) (100) (27) (82) (68) (103) (81) (77) (83) 05 quota (% utilisation) (97) (102) (17) (93) (79) (102) (60) (58) (107,) 06 quota (% utilisation) (97) (87) (86) (95) (61) (38) (95) (95) (96) 07 quota (% utilisation) (98) (99) (77) (86) (80) (73) (95) (80) (101) 08 quota n.a. n.a n.a. (% utilisation) (101) (97) (96) (86) n.a. n.a. (96) (95) n.a. Notes : 04 Chemises, T-shirts, etc. tricotés ou fabriques au crochet. 05 = Jerseys, pullovers, etc. tricotés ou fabriqués au crochet. 06 = Pantalons d'hommes et de femmes, shorts et culottes pour hommes. 07 = Blouses de femmes tissées et tricotées. 08 = Chemises d'hommes tissêes. Source Informations fournies par la Communauté économique européenne (CEE). 0

15 11 des restrictions quantitatives ont déjà été imposées au niveau national en Australie, en France, au Canada et au Royaume-Uni. Des accords commerciaux caractéristiques de cette tendance ont déjà été négocies par les Etats-Unis20. Les prodüits ainsi que certaines productions du secteur électronique, tels les postes de télévision en couleurs, ont également fait 1 'objet de mesures ayant pour but de les importations en provenance des pays en Ii va sans dire que de telles mesures (queue que soit la validité des raisons qui les motivent) ne font qu'exacerber les competitions commerciales entre les pays qui en sont au premier stade de développement de leurs exportations; d'autre part, ces mesures restreignent les possibilités d'exportation de la production a forte intensité de travail des pays nouvellement industrialisés vers les pays en développernent dont les economies et le niveau des salaires sont plus faibles. Si la récessi on économique mondi ale persi ste et si ces tendances au protectionnisme continuent a s'accentuer, c'est toute la stratégi e basée sur 1 'industrial i sati on a vocati on exportatri ce qul sera remise en question, car le point faible de cette stratégie, ainsi que certains critiques n'ont pas manqué de le souligner, est précisément qu'elle depend totalement de la croissance économique des pays industrialisés. Ii faut mentionner, a cet égard, que le système de monitorage des pays industrialisés pour controler le régime des quotas laisserait passablement a desirer. Ii semblerait donc que les politiques restrictives mises en oeuvre seraient moms efficaces que les quotas imposes ne le laissent paraitre. Il est evident que Si les chances de croissance des exportations manufacturières des pays du tiers monde continuent de s'amenuiser, les exportations manufacturières des zones franches, dirigées habituellement vers les pays industrialisés, s'en ressentiront forcément. Toutefois, le developpement des zones franches d'exportation ne depend pas seulement de la tendance des exportations de produits manufactures en général. Ii est aussi fortement conditionné par les tendances mondiales des investissements des entrepri ses multinationales. 2. Les investissements étrangers directs et les exportations de produits manufactures Dans tout ce qui s'écrit actuellement sur l'industrialisation entrainée par l'exportation, on a tendance a considérer que les investissements directs ont joué un role primordial dans la croissance rapidedes exportations manufacturières des pays en developpement22. Ii ne faut cependant pas perdre de vue que cette conviction est souvent mnal fondée car les statistiques indispensables

16 12 - ne sont pas habituellement fournies par les pays concernés. Pour ce qui est des investissements étrangers directs (qui sont en relation avec la production destinée tant a l'exportation qu'au marché domestique),.le tableau 1.4 montre que, de 1960 a 1968, les pays d'asie qul ont recu le plus d'investissements nets ont été, dans 1 'ordre, la Republique de Corée, la Malaisie et la Thailande. Après 1968, les investissernents etrangers directs se sont plutot portés vers Singapour et la Malaisie, alors que 1 'Indonésie, la Thailande et. les Philippines semblent avoir bénéficié d'un apport important de capitaux privés. Tel n'a pas été le cas pour les pays de 1 'Asie du Sud, comme 1 'Inde et le Pakistan. Tableau 1.4. Investissernents étrangers directs nets dans quelques pays d'asie, par année, (en millions de dollars USA) Pays Malaisie Singapour 160a Indonésie République a de Corée Thailande Philippines Pakistan Inde n.a. n.a. Sri Lanka -l - - -l Birmanie Nepal a Sources: Fonds monétaire international : Balance of Payments Statistics, (numéros divers); et Banque mondiale World Development Report (numéros divers). Méme Si les investissements étrangers directs se sont surtout concentrés dans les pays de 1 'Asie de 1 'Est, ou le développement des exportations est généralement plus important qu'en Asie du Sud, cela ne signifie pas nécessairement qu'il y ait une

17 - 13 relation de cause a effet entre le degré d'activité des entreprises multinationales et la progression des exportations de produits manufactures. Ii faut remarquer, tout d'abord, que les tendances observées dans les investissements étrangers directs ne reflétent pas entièrement le role des multinationales dans la region, étant donné 1 importance croissante prise par les operations autres que de sirnples prises de participation au capital. (Ces operations comprennent les ventes de brevets et de marques de fabrique, le transfert des techniques de fabrication, les accords d'assistance technique, les contrats de construction industrielle, les contrats de livraison des en mains, le franchisage, les con trats de gestion et de commercialisation, les accords ge coproduction, les services de prêts et de credits, etc.2.) En second lieu, les données dont on dispose géneralement sur l'apport net des investissements étrangers directs ne sauraient être cornparees a celles concernant leflux absolu de ces investissements. On en trouve un bon exemple dans le cas des Philippines. En 1980, total des investissements de ce pays a l'étranger a presque dépassé celui de l'apport des investissements étrangers directs faits aux Philippines, ramenant ainsi la valeur nette de cet apport a un minimum, alors que le flux absolu atteignait constamment un maximum24. En troisième lieu, c'est seulement une partie des investissements étrangers qui va a l'industrie manufacturiêre (et seulement une fraction des investissements faits dans cette industrie qui va aux industries exportatrices de produits manufactürés). On constate ainsi que, de 1965 a 1972, il y a eu, dans les pays en developpernent de 1 'Asie et de 1 'Océanie, une rnoyenne de 33 pour cent seulernent du flux net des investissements étrangers dans le secteur manufacturier25. Les données concernant l'ensemble des investissements directs faits dans sept pays asiens sélectionnés (tableau 1.5) offrent une image bien différente. Il ressort de ce tableau que la part du secteur manufacturier est nettement plus êlevée : elle se situe entre 48,7 pour cent aux Philippines et 100 pour cent a Hong-kong, en enregistrant des pointes d'augmentation entre les années 1972 et La valeur relative de ces données (estimations, nornbre limité de pays) empêche d'en tirer des conclusions valables pour l'ensemble de la region asienne. Enfin, l'orientation de l'industrie manufacturière vers l'exportation est très largement différente d'un pays a l'autre. A Singapour et a Hong-kong, par exemple, plus de la moitié de la production industrielle a été exportêe vers la fin des années soixante-dix. A Hongkong, le pourcentage se situe aux alentours de 85 pour cent26 et a Singapour 11 est de 62 pour cent27. Pour les autres pays de la region, les chiffres sont plus modestes, bien que parfois non negligeables. En Republique de Corée, par exemple, c'est le 25 pour cent de la valeur brute de la production rnanufacturiëre qui a prisie chemin-des exportations28-ce - chlffre a été de 22 pour, cent en Malaisie29 (pour 1 'année 1978), de 14,3 pour cent aux Philippines30 (pour 1 'année 1974) et de 6,7 pour cent en Inde31 et

18 Tableau 1.5. Montant cumulatif des investissements étrangers directs dans une selection de pays d'asie en développement par industrie principale etpourcertaines années Pays Année Total des Part de distribution I nvesti s- sements (en dollars USA) Secteur dustries tives des in- extrac- Secteur dustries turiêres des inmanufac- Secteur services des Autres secteurs Hong-kong.197:1 759,5 100, ,4 100,0 Inde ,8 4,2 9,2 3,7 Indonésie 1970' 1 581,4 74,9 19,2 5, ,0 37,5 57,0 10,3 Philippines ,0 5,7 39,2 52,5 2, ,0 12,6 48,7 34,0 4,7 Rep. de Coréel ,2 1,3 76,9 21, ,9 1,4 80,1 18,5 Singapour ,0 47,7 52, ,0 40,6. 59,3 Thailande ,2 0,1 97,3 2, ,7 93,1 6,8 Source : Nations Unies : Transnational (New York, 1978), p corporations in world development: a re-examination Note : "La region de 1'Asie et du Pacifique a enregistré l'augmentation la plus rapide pour ce qui est du flux des investissements étrangers directs dans les pays en développement durant les années soixantedix; sa part dans 1 'ensemble de ces investissements est passee de 17 pour cent en 1971 a 27 pour cent vers la fin de la décennie", Issues and programmes in various fields of activity of ESCAP: main issues in the transnational corporations, E/ESCAP/309, 11 February 1983, p. 1...

19 15 Toutefois, 1 'evolution de la repartition des investissements étrangers directs ne ressemble pas a celle de la production rnanufacturiêre elle-méme. On s'apercoit que, dans certains pays comme Singapour, Ia République de Corée et Hong-kong, les investissements concernent presque exclusivenient l'industrie nianufacturière d'exportation. Par contre, dans d'autres pays, tels que la Thailande, la Malaisie et les Philippines33, us sont beaucoup plus orientés vers le marché intérieur, bien que cette situation se soit radicalement transformée au cours des toutes dernières années. Le role joué par les investissements etrangers directs et les multinationales dans l'évolution des exportations de produits manufactures semble avoir été trés different dans chacun des divers pays en developpement de 1 'Asie. Ainsi, a Singapour, par exemple, l'impact des investissements étrangers dans les exportations de produits manufactures semble avoir été ênorme : en 1980, plus de 92 pour cent des exportations de marchandises manufacturées de ce pays provenaient, en effet, des entreprises ayant une forte participation de fonds etrangers, et 85 pour cent environ des firmes étaient controlées entièrement ou majoritairement par des étrangers34. En Malaisie, cette proportion atteignait probablement la même ampleur35. Dans la République de Corée, en 1977, des operations de coproduction menées conjointement par les multinationales et les firmes locales ont eu a leur actif 31 pour cent environ des exportations mnanufacturiêres de ce pays36 et, a Hong-kong, les multinationales sont responsables de 10 a 15 pour cent de ces exportations37. Dans la Republique de Corée, 1 'importance relative des exportations manufacturiêres des entreprises multinationales est probablement supérieure a celle qui apparait dans les chiffres indiques, car la croissance des exportat.ions de produits manufactures des entreprises multinationales est de loin plus forte que celle des firmes domestiques. (La part qui revient aux multinationales dans le total des exportations manufacturiëres est passée de 1,8 pour cent en 1962 a 13 pour cent en 1969 et a 28 pour cent en.1974.)38 Certaines informations donnent a penser qu'a Hong-kong, a Singapour et en Malaisie, les entrepri ses multi nationales ont accru leur part relative des exportations manufacturléres au cours de ces dernières années. Par contre, les estimations qui ant été faites pour 1 'Inde montrent que la part des firmes étrangères demeure insignifiante dans ce Ii en va de même au Pakistan. Ii est donc clair que l'importance relative des investissemerits des multinationales dans les exportations manufacturières des pays d'asie vane d'un pays a 1 'autre, au vu des données portant sur l'évolution de ces investissements durant les deux d-erniéres décennies. Ces differences sont patentes même pour les pays communément appelés "pays nouvellement industrialisés". Ainsi qu'on peut s'en rendre compte par ce qui precede, les multinationales ont joué un role inodeste dans certains pays tandis que

20 - 16 dans d'autres elles ont constitué un facteur primordial du développement des exportations manufacturières. Néanmoins, on peut raisonnablernertt penser qu'au cours des dernières années, ii y a eu, dans presque tous les pays en développement de la region asienne, un apport assez important d'investissements étrangers directs dans les industries manufacturières - quel que soit le degré de développement de ces pays. Pour ce qul est de Ia repartition par industrie, onconstate qu'au cours des deux dernières décennies les investissements étrangers directs lies aux exportations se sont faits pour une bonne part dans les industries alimentaires et dans les productions pétrolières et chimiques. Mais ces investissements ont été plus importants encore dans les industries de l'electronique, du vêtement et du textile, implaritées pour la plupart dans des zones franches d'exportation (ainsi qu'on le verra ci-après). 3. Le role des zones franches d'exportation Ces zones ont été souvent une sorte de continuation des traditionnels ports francs de l'époque coloniale qui furent créés pour stimuler le commerce hors douane. La creation des zones franches d'exportation4 a constitué, en quelque sorte, un pas en avant : des activités industrielles ont eu la permission de se dérouler egalement a l'intérieur d'un périmètre hors taxe. Actuellement, de nombreuses zones franches ont pour activité principale la transformation et l'assemblage de produits industriels. On peut décrire une zone franche d'exportation comme étant un site geographiquement isolé oü,sur le territoire d'un pays, certaines categories de marchandises, sous forme de matières premieres, de pièces détachées ou de produits finis et semi-finis, peuvent être importêes sans payer de droits de douane. Une fois assemblées, transformées ou manufacturées, ces marchandises peuvent être réexportées sans paiement de taxes. Dans le passé, plusieurs pays ont essayé d'aider les exportations manufacturières par le truchement d1un système assez peu commode de remboursenient des taxes douanières et autres redevances aux entreprises individuelles. On peut donc considérer que les zones franches d'exportation ont été également un moyen de simplification de certaines procedures administratives se rapportant a la promotion des exportations. Habituellement, les industries manufacturières qui désirent s'installer dans ces zones bénéficient de plusieurs autres avantages fiscaux et matériels. Ces stimulants comprennent, entre autres, des d'infrastructure telles que terrains, électricité, systèmes de communications, adduction d'eau, égoüts et

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