L endettement étudiant

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1 L endettement étudiant État des lieux, déterminants et impacts Adopté dans le cadre de la 151 e réunion du conseil d administration (CAO-15111) Les août 2011 À Montréal Fédération étudiante universitaire du Québec

2 La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) est une organisation qui regroupe 15 associations étudiantes comptant plus de étudiants de tous les cycles d études et de toutes les régions du Québec. Établie depuis 1989, elle a pour principal mandat de défendre les droits et intérêts des étudiants auprès des gouvernements et des intervenants du domaine de l éducation. Depuis maintenant plus de vingt ans, elle s est employée à défendre une éducation humaniste comme choix de société. Elle s attarde particulièrement à défendre ses membres avant, pendant et après leur passage à l université en revendiquant, en particulier, une éducation accessible et de qualité. Fédération étudiante universitaire du Québec 15, rue Marie-Anne Ouest 2 e étage Montréal (Québec) H2W 1B6 Téléphone : (514) Télécopieur : (514) Supervision Analyse, rédaction, révision linguistique et mise en page Ariane Campeau, vice-présidente aux affaires sociopolitiques Louis-Philippe Savoie, recherchiste contractuel Tous droits réservés FEUQ 2011

3 Sommaire L endettement étudiant est une dimension incontournable de plusieurs systèmes universitaires occidentaux. Le Québec n est pas en reste : son programme de prêts et bourses, bien que plus généreux que ceux offerts dans le reste du Canada et aux États- Unis, n en est pas moins la source d un endettement souvent élevé. Le débat public sur l endettement étudiant tend aussi à laisser de côté deux autres formes d endettement, que sont ceux contractés auprès d institutions financières et auprès de proches (famille et amis). Cet avis souhaite combler cette lacune. La première étape consiste à se doter d un cadre conceptuel de l endettement étudiant. Suite à une revue des définitions couramment employées, nous le définissons comme toute dette contractée dans le cadre d études professionnelles ou postsecondaires, indépendamment de l émetteur, qui permet à l étudiant d acquitter ses dépenses scolaires ainsi que ses dépenses de subsistance, à l exception de l hypothèque et de l achat d une voiture. Par la suite, nous étudions et comparons les caractéristiques des prêts publics et privés ; il en ressort que les prêts publics sont généralement plus avantageux, malgré l interdiction de faillite sept ans après la diplomation. Les techniques de vente des institutions financières s avèrent aussi souvent trompeuses. Par la suite, nous nous penchons sur les impacts de l endettement, tels qu observés dans la littérature. Il en ressort globalement que les étudiants sont peu informés sur le crédit et son usage. Avant les études, l endettement agit comme barrière à l entrée, surtout pour les étudiants plus pauvres. Cela s explique entre autres par une relation au risque différente chez les étudiants plus démunis. Les modèles théoriques laissent entrevoir une influence sur le choix de l établissement d enseignement et du domaine d études, essentiellement pour des questions monétaires. Pendant les études, l endettement est un frein : il génère du décrochage et il incite, de manière directe et indirecte, les jeunes à travailler davantage en cours d études. Il est aussi générateur de stress psychologique et peut mener à l abandon du projet d études de cycles supérieurs. Finalement, l endettement a des impacts néfastes après les études : une dette élevée augmente le taux de défaut et les faillites, et les finances du nouveau diplômé sont affectées négativement. Après avoir exploré la littérature scientifique, nous procédons à une vaste étude statistique, fondée essentiellement sur des analyses descriptives ainsi que des corrélations bivariées. Cette analyse détaillée sert à alimenter un modèle de l endettement étudiant composé de six déterminants et vingt-quatre facteurs. Il en ressort globalement que l endettement étudiant frappe plus particulièrement les populations qui sont dans des situations sociales difficiles : Les étudiants en provenance de milieux plus démunis sont défavorisés : le revenu familial contribue à diminuer le taux et le niveau d endettement. Les étudiants sans contribution parentale sont 1,5 fois plus endettés et à des montants 1,5 fois plus élevés. Les étudiants plus âgés, parents, et qui ne résident pas chez leurs parents sont tous plus endettés. i

4 L endettement prédit l endettement : le fait d être endetté à une source est souvent accompagné d un endettement à d autres sources, et à des montants souvent plus élevés. Nous posons l hypothèse de l existence d une spirale de l endettement, qu il faudrait confirmer par des travaux supplémentaires. L information financière est peu disponible, ce qui rend les étudiants plus vulnérables, eux qui apprennent beaucoup dans ce domaine par essai et erreur. Plusieurs forces externes et incontrôlables tendent à augmenter le niveau d endettement étudiant : le coût des études, les limites gouvernementales sur les prêts, le niveau d aide accordé, l offre de crédit par les institutions financières et le coût de la vie augmentent l endettement. À l inverse, les étudiants semblent mettre en œuvre des stratégies pour limiter leur endettement, comme augmenter le travail rémunéré en cours d études ou diminuer les dépenses superflues, comme le loisir et le transport. Les étudiants universitaires québécois inscrits au premier cycle à temps plein nous semblent consentir de grands efforts pour limiter leur endettement. Toutefois, plusieurs leviers leur échappent. Une génération d étudiants s endette actuellement de manière considérable, et la nouvelle politique de frais de scolarité du gouvernement Charest, soit une hausse de 1625 $ de la facture étudiante moyenne en cinq ans, entrainera sans aucun doute une augmentation de l endettement étudiant. Nous recommandons plutôt l adoption d une stratégie de lutte à l endettement étudiant fondée sur cinq axes : le gel des frais de scolarité, des prêts et bourses plus généreux, des bourses au mérite plus nombreuses aux cycles supérieurs, un meilleur encadrement des institutions financières et une meilleure distribution de l information financière. Ces cinq axes d intervention permettraient de structurer une intervention efficace pour limiter et réduire le fardeau qu on laisse sur les épaules de la prochaine classe moyenne québécoise. ii

5 Liste des recommandations 1. Que le gouvernement du Québec élabore et mette en place une stratégie de lutte contre l endettement étudiant qui mette en place : Le gel des frais de scolarité dès 2012 accompagné d une meilleure règlementation des frais afférents ; Des bonifications aux prêts et bourses et aux bourses d excellence des organismes subventionnaires ; Un meilleur encadrement des institutions financières ; Des mécanismes de communication pour améliorer les compétences financières des jeunes. 2. Que le gouvernement du Québec renonce aux hausses de frais annoncées dans le Budget Que l Assemblée nationale du Québec adopte une loi encadrant les frais institutionnels obligatoires exigibles par les établissements d enseignement universitaires (ainsi que leurs composantes) et stipulant que de tels frais ne peuvent être imposés que si la nature, le montant et les modalités de ces frais font l objet d une entente entre l établissement et l association étudiante reconnue comme étant représentative des étudiants concernés. (CAU-643) 4. Que le plafond de prêts de l Aide financière aux études ne soit pas augmenté. 5. Que l allocation spéciale couvrant l augmentation des frais de scolarité soit remise sous forme de bourse à tous les bénéficiaires sans exception, et qu elle n entraîne aucune hausse de l endettement. 6. Que l Aide financière aux études augmente le montant des dépenses admises pour les bénéficiaires de l aide financière aux études, notamment par une bonification des montants des frais de subsistances et des frais de transport pour les étudiants qui n ont pas accès au transport en commun. Des frais de transport pour les non-résidents et des frais d Internet devraient aussi être inclus dans les dépenses admises. 7. Que le ministère de l Éducation, du Loisir et du Sport introduise un mécanisme automatique d indexation annuelle de l ensemble des dépenses admises dans le calcul de l Aide financière aux études. Que cette indexation soit équivalente à l Indice des prix à la consommation (IPC) pour l année concernée. 8. Que les montants d exemption pour le maintien de l unité familiale soient établis à $ et indexés par la suite. 9. Que le gouvernement du Québec adapte le programme de prêts et bourses en vue de reconnaitre la diversité des cheminements scolaires et la conciliation études-travail-famille. 10. Que le gouvernement du Canada abolisse les dispositions discriminatoires envers les étudiants de la Loi sur la faillite et l insolvabilité. 11. Que les gouvernements augmentent le niveau de financement des différents organismes subventionnaires. (CNCS-426 [2.3.]) iii

6 12. Que la FEUQ appuie les dispositions du projet de loi 24 visant à limiter le surendettement des consommateurs. 13. Que le gouvernement du Québec interdise la fausse représentation en matière d endettement étudiant selon laquelle le crédit peut permettre de passer à travers ses études universitaires à l abri des tracas financiers et sur la rentabilité future des études. 14. Que le gouvernement du Québec impose aux institutions financières de clarifier les produits financiers offerts directement aux étudiants, entre autres en énonçant clairement les conséquences d un changement de programme ou d un abandon scolaire sur le remboursement de la dette. 15. Que le gouvernement du Québec impose aux institutions financières de présenter sur leur site internet et dans leurs dépliants informatifs présentant leurs produits étudiants le programme d aide financière aux études ainsi que ses modalités. 16. Que l Office de la protection du consommateur, en collaboration avec l Aide financière aux études et les établissements universitaires, élabore et distribue du matériel d information sur l endettement étudiant, avec une emphase sur l endettement privé et le crédit ciblé envers les étudiants. iv

7 Liste des acronymes AFE CCAFE CNCS-FEUQ CREPUQ FCBEM FCEE FEUQ FIO IM MELS MEQ MESS OPC TCR Aide financière aux études Comité consultatif sur l accessibilité financière aux études Conseil national des cycles supérieurs de la Fédération étudiante universitaire du Québec Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec Fondation canadienne des bourses d études du Millénaire Fédération canadienne des étudiants et étudiantes Fédération étudiante universitaire du Québec Frais institutionnels obligatoires Individualisme méthodologique Ministère de l Éducation, du Loisir et du Sport Ministère de l Éducation du Québec Ministère de l Emploi et de la Solidarité sociale Office de la protection du consommateur Théorie du choix rationnel v

8 Table des matières 1. Introduction Cadre conceptuel Les formes multiples de l endettement étudiant L aide financière aux études du gouvernement du Québec Les prêts contractés auprès d institutions financières Prêts publics et privés : avantages et inconvénients Impacts de l endettement étudiant : ce que la littérature scientifique en dit Méthodologie L endettement : une discussion générale Une barrière à l entrée Pendant les études : un frein Après les études Modélisation des impacts de l endettement étudiant Méthodologie Méthodes statistiques Échantillonnage et représentativité Traitement des données L endettement étudiant : caractéristiques principales Caractéristiques du taux d endettement L impact de l endettement déjà contracté Une spirale de l endettement? L impact des caractéristiques des étudiants L impact des caractéristiques socioéconomiques Les caractéristiques scolaires L impact des sources et modes de financement Le financement total Le travail rémunéré La contribution parentale Les bourses d excellence Des liens multiformes et complexes à établir entre financement et endettement L impact des niveaux de dépense Les dépenses totales Les dépenses universitaires Les frais de subsistance Les autres dépenses Le niveau des dépenses de subsistance augmente le niveau d endettement La situation aux cycles supérieurs Méthodologie et limites Description des niveaux d endettement Rôle des sources et modes de financement Analyse et recommandations L endettement étudiant : déterminants et impacts Caractérisation des formes de prêts vi

9 10.3. L endettement étudiant : une modélisation Recommandations Conclusion générale Bibliographie Documents officiels Articles scientifiques Monographies Sites internet Références statistiques Annexe I - Caractéristiques des prêts privés Appendice I - Code SPSS premier cycle Création de nouvelles variables Code de génération des tableaux Appendice II - Code SPSS cycles supérieurs Liste des figures Figure 3-1 : Utilisation de divers produits de crédits des jeunes de 18 à 29 ans, évolution entre 1994 et Figure 5-1: Taux d'endettement par source 47 Figure 5-2 : Nombre de sources de dettes 48 Figure 5-3 : Variation du niveau de dette en fonction du nombre de sources de dettes 49 Figure 5-4 : Distribution des montants de dettes dues à l'afe 50 Figure 5-5 : Distribution des montants de dettes en provenance d'institutions financières 51 Figure 5-7 : Distribution des montants totaux de dette 52 Figure 6-1 : Variation du taux d endettement par source en fonction du sexe 61 Figure 6-2 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du sexe 62 Figure 6-3 : Description de l'âge des étudiants 63 Figure 6-4: Variation des taux d endettement par source en fonction de l'âge 64 Figure 6-5: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction de l'âge 64 Figure 6-6 : Variation des taux d endettement par source en fonction du revenu familial 66 Figure 6-7: Variation des taux d endettement par source en fonction du lieu de résidence 68 Figure 6-8: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction en fonction du lieu de résidence 68 Figure 6-9: Variation des taux d endettement par source en fonction de la région d'études 69 Figure 6-10: Variation des taux d endettement par source en fonction du changement de région 71 Figure 6-11: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du changement de région 71 Figure 6-12 : Variation des taux d endettement par source en fonction de la présence d'enfant à charge 72 Figure 6-13: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction de la présence d'enfants à charge 73 Figure 6-14: Variation des taux d endettement par source en fonction de la génération de l'étudiant 74 Figure 6-15: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction de la génération de l'étudiant 74 Figure 6-16 : Distribution des étudiants en fonction de leur avancement dans leur programme 77 Figure 6-17 : Variation des taux d endettement par source en fonction de l année d études 78 vii

10 Figure 6-18 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction de l année d études 79 Figure 6-19 : Année d'étude et nombre de sources de dettes 79 Figure 6-20 : Description de la durée attendue du diplôme 80 Figure 6-21 : Variation des taux d endettement par source en fonction de la durée du diplôme 81 Figure 6-22 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction de la durée du diplôme 81 Figure 6-23 : Variation des taux d endettement par source en fonction du rallongement passé des études universitaires 82 Figure 6-24: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du rallongement passé des études universitaires 83 Figure 6-25 : Variation des taux d endettement par source en fonction de la rentabilité économique du diplôme 84 Figure 6-26 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction de la rentabilité économique du diplôme 85 Figure 7-1: Description du financement total 87 Figure 7-2: Description du nombre de sources de financement 88 Figure 7-3 : Variation des taux d endettement par sources en fonction du financement total 88 Figure 7-4: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du financement total 89 Figure 7-5 : Variation des taux d endettement par source en fonction de la présence d'un emploi à l'automne Figure 7-6 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du taux d emploi 91 Figure 7-7 : Nombre d'heures travaillées par semaine, automne Figure 7-8 : Variation des taux d endettement par source en fonction du nombre d'heures travaillées par semaine par emploi à l automne Figure 7-9: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du nombre d'heures travaillées à l'automne Figure 7-10: Variation des taux d endettement par source en fonction du statut d emploi 95 Figure 7-11: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du statut d emploi 95 Figure 7-12 : Description du revenu brut annuel en provenance du travail 96 Figure 7-13 : Variation des taux d endettement par source en fonction du revenu brut annuel 97 Figure 7-14 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du revenu brut annuel 98 Figure 7-15: Variation des taux d endettement par source en fonction de la présence d'une contribution parentale 99 Figure 7-16: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction de la présence d'une contribution parentale 100 Figure 7-17: Description des niveaux de contribution parentale 101 Figure 7-18 : Variation des taux d endettement par source en fonction du niveau de contribution parentale 102 Figure 7-19: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du niveau de contribution parentale 103 Figure 7-20: Description des montants de bourses de mérite et d allocation pour stages 103 Figure 7-21: Variation des taux d endettement par source en fonction de la présence ou de l absence d une bourse de mérite 104 Figure 7-22: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction de la présence ou de l absence d une bourse de mérite 105 Figure 7-23: Variation des taux d endettement par source en fonction de la taille de la bourse institutionnelle 106 Figure 7-24: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction de la taille de la bourse institutionnelle 106 Figure 8-1: Répartition des dépenses totales 109 viii

11 Figure 8-2 : Variation des taux d endettement par source en fonction du niveau de dépenses 110 Figure 8-3: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du niveau de dépenses 111 Figure 8-4 : Description des montants de frais de scolarité payés en 2009 par les résidents permanents et les étudiants d'origine québécoise 112 Figure 8-5 : Variation des taux d endettement par source en fonction du niveau des frais de scolarité payés 113 Figure 8-6 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du niveau des frais de scolarité payés 113 Figure 8-7 : Description des montants payés en matériel scolaire 114 Figure 8-8 : Variation des taux d endettement par source en fonction du niveau de dépenses en matériel scolaire 115 Figure 8-9: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du niveau de dépenses en matériel scolaire 115 Figure 8-10: Description des dépenses en loyer 116 Figure 8-11: Variation des taux d endettement par source en fonction du niveau de dépenses en loyer 117 Figure 8-12: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du niveau de dépenses en loyer 117 Figure 8-13: Description des dépenses en nourriture 118 Figure 8-14 : Variation des taux d endettement par source en fonction du niveau de dépenses en nourriture 119 Figure 8-15 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du niveau de dépenses en nourriture 119 Figure 8-16 : Description des dépenses en transport 120 Figure 8-17 : Variation des taux d endettement par source en fonction du niveau de dépenses en transport 122 Figure 8-18 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction des dépenses en transport 122 Figure 8-19 : Description des frais pour enfants à charge 123 Figure 8-20 : Variation des taux d endettement par source en fonction du niveau de frais pour enfants à charge 124 Figure 8-21 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du niveau de frais pour enfants à charge 124 Figure 8-22 : Description des dépenses de loisirs et autres dépenses 125 Figure 8-23 : Variation des dépenses en loisirs et autres dépenses en fonction des taux d endettement par source 126 Figure 8-24 : Variation des dépenses en loisirs et autres dépenses en fonction des montants moyens d endettement par source 127 Figure 9-1 : Description du niveau d'endettement des étudiants aux cycles supérieurs 130 Figure 10-1 : Modélisation des six grands déterminants de l'endettement étudiant 141 Figure 10-2 : Classification des déterminants en fonction du choix de s'endetter ou des impacts sur l'endettement 142 Figure 10-3 : Évolution de la facture étudiante de 1994 à 2017 (projections) 147 Figure 10-4 : Description des frais institutionnels obligatoires exigés par établissement d'enseignement universitaire, baccalauréat, en Liste des tableaux Tableau 2-1 : Sources et formes de l'endettement étudiant... 5 Tableau 2-2 : Contributions et dépenses admises... 7 Tableau 2-3 : Plafonds de prêt... 8 Tableau 2-4 : L'allocation spéciale... 9 Tableau 2-5 : Caractéristiques principales des cartes de crédit étudiantes ix

12 Tableau 2-6 : Caractéristiques principales des marges de crédits étudiantes Tableau 2-7 : Caractéristiques des cartes de crédit offertes pour domaines ciblés Tableau 2-8 : Caractéristiques principales des marges de crédits étudiantes par domaines Tableau 2-9 : Répartition de la dette accumulée face à une institution financière Tableau 2-10 : Coûts des intérêts pour un emprunt sur une marge de crédit Tableau 3-1 : perceptions des Canadiens des coûts et avantages des études universitaires en Tableau 3-2: Attitudes individuelles face aux coûts et bénéfices financiers de l'éducation universitaire Tableau 3-3 : Évolution du taux d emploi pour les étudiants canadiens inscrits à temps plein entre 1976 et 2008, septembre à avril Tableau 3-4 : Les impacts de l'endettement étudiant Tableau 4-1 : Exemple de tableau résumant les tests statistiques Tableau 5-1: Caractéristiques des dettes par source Tableau 5-2 : Relation entre le taux d endettement à l AFE et le taux d endettement privé Tableau 5-3 : Relation entre le taux d endettement à l AFE et le taux d endettement familial Tableau 5-4 : Relation entre le taux d endettement au privé et le taux d endettement familial Tableau 5-5 : Relation entre le montant de dette à l'afe et la présence de dettes d'autres sources Tableau 5-6 : Variation des montants moyens de dettes en fonction du montant de dette due à l'aide financière aux études Tableau 5-7 : Taux d endettement par source en fonction de la taille du prêt privé Tableau 5-8 : Montant moyen des dettes par source en fonction de la taille du prêt privé Tableau 5-9 : Taux d endettement par source en fonction de la taille du prêt familial Tableau 5-10 : Variation du montant moyen des dettes par source en fonction de la taille du prêt familial Tableau 5-11 : Résumé des tests statistiques sur l'endettement Tableau 6-1: Description de l'âge des étudiants Tableau 6-2: Description du revenu familial brut Tableau 6-3: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du revenu familial brut Tableau 6-4 : Description de la région de provenance des étudiants Tableau 6-5 : Moyenne d'endettement en fonction de la région d'études Tableau 6-6 : Résumé des tests statistiques sur les caractéristiques socioéconomiques Tableau 6-7 : Profil des emprunteurs en fonction du cheminement scolaire Tableau 6-8 : Classification des programmes d'études en fonction de leur rentabilité économique Tableau 6-9 : Coefficients de corrélation entre le domaine d étude et certaines caractéristiques Tableau 6-10 : Résumé des tests statistiques sur les caractéristiques scolaires Tableau 7-1 : Corrélations entre le revenu familial et la contribution familiale Tableau 7-2 : Résumé des tests statistiques entre les sources de financement et l'endettement Tableau 8-1 : Description des montants de frais de scolarité selon le statut de citoyenneté Tableau 8-2 : Description du mode de transport utilisé le plus régulièrement à l'automne 2009 et dépense annuelle moyenne associée Tableau 8-3 : Description du mode de transport utilisé le plus régulièrement à l'automne 2009 en fonction de la région d études Tableau 8-4 : Comparaison des mesures de tendance centrale des dépenses en loisirs et autres dépenses pour les ménages québécois et les étudiants Tableau 8-5 : Analyse statistique des liens entre les sources de dépense et l'endettement Tableau 9-1 : Nombre d'emprunteurs qui devaient prendre en charge à la fin de leurs études le remboursement des prêts obtenus selon le montant de la dette d'étude, Tableau 9-2 : Appartenance à un groupe de recherche et participation à l'afe Tableau 9-3 : Présence ou absence d'une bourse de mérite Tableau 9-4 : Présence ou absence d'une bourse pour colloque ou stage Tableau 9-5 : Présence ou absence d'une contribution familiale Tableau 9-6 : Présence ou absence d'un emploi interne à l université Tableau 9-7 : Présence ou absence d'un emploi externe à l université x

13 Tableau Tableau I- 1 : Offre de cartes de crédits régulières par institution financière Tableau I- 2 : Marges de crédit régulières Tableau I- 3 : Offre de carte de crédit ciblée par institution financière Tableau I- 4 : Marges de crédit offertes par institution financière selon le domaine d'étude xi

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15 1. Introduction L endettement étudiant est une dimension inévitable du débat sur la contribution étudiante au financement des universités québécoises. Nous avons été mandatés par la FEUQ en vue de dresser un portrait de la situation et de proposer des recommandations faisant suite à ce portrait. Nous avons donc procédé à cette analyse de plusieurs façons. L étude débute avec une présentation du cadre conceptuel. Nous nous y doterons d une définition de l endettement et explorerons les mécanismes associés aux différentes formes d endettement étudiant. Par la suite, nous procèderons à une revue de la littérature scientifique, en nous attardant aux impacts de l endettement étudiant avant, pendant et après les études. Nous explorerons aussi la situation de l endettement chez les jeunes Québécois. Ceci étant fait, nous passerons à l analyse statistique. Nous débuterons par une présentation de la méthodologie employée pour ensuite évaluer en séquence les caractéristiques individuelles, les sources et modes de financement ainsi que les niveaux de dépenses des étudiants, pour voir où des relations existent entre ces caractéristiques étudiantes et les différentes formes d endettement étudiant. Cette analyse se concentre sur la situation des étudiants universitaires de premier cycle inscrits à temps plein. Nous répèterons la même analyse, à plus petite échelle, pour les étudiants inscrits aux cycles supérieurs à temps plein. Finalement, nous synthétisons les effets observés de l endettement étudiant et émettons dix-neuf recommandations pour limiter le niveau d endettement étudiant, mieux encadrer les institutions financières et assurer une meilleure compétence financière des étudiants. 1

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17 2. Cadre conceptuel Nous tenterons, dans cette section, de nous doter d outils intellectuels en vue de comprendre la notion d endettement étudiant. Nous nous doterons tout d abord d une définition de l endettement étudiant, pour ensuite décrire les mécanismes des prêts publics et des prêts en provenance d institutions financières, en ce qui a trait principalement à l octroi du prêt, à son montant et à son remboursement. Nous conclurons en comparant les principales caractéristiques des prêts garantis par le gouvernement et les prêts en provenance d institutions financières Les formes multiples de l endettement étudiant L endettement étudiant peut être défini de multiples manières. Cette étude vise à circonscrire une forme particulière d endettement étudiant, que nous définirons après avoir étudié certaines typologies fréquemment utilisées Les diverses formes que peut prendre l endettement Dans notre volonté de se doter d une définition de l endettement étudiant, il est nécessaire de se pencher sur les diverses formes que peut prendre un endettement donné. Nous examinerons donc les typologies incluses dans certaines études récentes sur la question. Avant de commencer, il est opportun de noter que plusieurs études ne se penchent que sur l endettement contracté auprès des programmes publics (Allen et Vaillancourt, 2004 ; AFE, 2010a), ne séparent pas les différentes formes de prêts étudiants (ISQ, 2010) ou agrègent toutes les dettes qui ne proviennent pas d un programme public (AFE, 2010b). Tout d abord, l enquête sur les sources et modes de financement des étudiants de premier cycle (FEUQ, 2010a), qui sera notre principale source de données dans le cadre de cette étude, présente quatre grands types d endettement : L endettement public, contracté principalement auprès du programme d aide financière aux études ; L endettement sur une carte de crédit ; L endettement sur une marge de crédit ou un prêt personnel ; L endettement face à la famille ou aux amis. Il faut d ailleurs noter que l endettement en vue de l achat d une maison ou d une automobile ont tous deux été exclus des réponses, par une spécification faite dans le questionnaire. D autres auteurs ont toutefois opté pour des typologies différentes, mais environ équivalentes. La principale que nous avons retenue, aux fins de l étude, s oriente en quatre points et est élaborée par le Canadian University Survey Consortium (CUSC, 2009) : Aide gouvernementale Institutions financières 3

18 Parents et familles Autres sources d endettement Les deux typologies se ressemblent, bien que la dette face à des amis soit incluse dans les autres sources d endettement. Ainsi, aux fins de l étude, nous retiendrons une typologie divisée selon deux lignes de force. L endettement public o Contracté par l entremise d un système d aide financière gouvernemental L endettement privé o Contracté directement face à une institution financière, comprenant les cartes de crédit, les marges de crédit, le prêt personnel, ou d autres formes d endettement o Contracté face à la famille, aux amis, ou aux parents o L endettement en provenance d autres sources Faute de données probantes, nous ne traiterons pas des sources d endettement en provenance d autres sources. Un rapide survol des pratiques institutionnelles ne permet pas de déceler la présence de prêts au sein des universités, à l inverse de la pratique en matière de bourses d études (voir CNCS-FEUQ, 2007). L endettement des ménages est une préoccupation de plus en plus grande dans la société québécoise : les dernières années ont permis de constater une hausse importante de l endettement, entre autres par l expansion du recours aux cartes de crédit. À cet égard, l Enquête sur la sécurité financière de Statistique Canada a établi une typologie des formes de dettes présentes chez les ménages (Statistique Canada, 2005, p. 15). L institut de la statistique du Québec, dans une récente étude, a regroupé ces données en cinq sous catégories (ISQ, 2010, p. 153) : Hypothèque ; Marge de crédit et carte de crédit ; Prêts étudiants ; Prêts automobiles ; Autres dettes. Ceci offre donc une typologie satisfaisante de l endettement selon deux dimensions, soit la source et le type de dette Définition d endettement étudiant Mais d abord, qu entendons-nous par endettement étudiant? Il nous apparaît nécessaire de construire une telle définition, étant donnée l absence d une définition facilement utilisable dans la littérature. De plus, la notion d endettement étudiant peut varier largement en fonction des auteurs et des besoins, en fonction du périmètre de ce qui est inclus et exclu : 4

19 1. Il peut se pencher que sur les prêts étudiants publics (Allen et Vaillancourt, 2004 ; AFE, 2010a) ; 2. Il peut inclure uniquement les prêts contractés directement pour la réalisation du projet d études (ISQ, 2010) ; 3. Il peut inclure l entièreté des types de dettes pouvant être contractées, à l exception d acquisitions majeures (FEUQ, 2010a ; AFE, 2009) ; 4. Il peut inclure l entièreté des types de dettes pouvant être contractées (CUSC, 2009). Notre source de données principales sera l enquête sur les conditions de vie des étudiants de premier cycle (FEUQ, 2010a). Celle-ci utilise implicitement la définition suivante d endettement étudiant, qui nous apparaît appropriée aux fins de l étude. Elle tend vers le troisième type de définition en incluant la plupart des dettes à l exception des hypothèques, des prêts automobiles et des dettes d autres sources. Privé Tableau 2-1 : Sources et formes de l'endettement étudiant Source/Type Hypothèque Marge/carte de crédit Public Institutions financières Proches (familles, amis ou parents) Autres sources X Prêts étudiants X X Prêts automobiles Autres dettes Avant de procéder à l adoption d une définition, il nous apparaît important de discuter de certaines définitions évoquées précédemment et pourquoi nous croyons préférable de les exclure. Nous n opterons pas pour un portrait financier complet, comme cela est proposé par la quatrième catégorie de définition. En effet, il est sage, pour le traitement des données, d exclure les hypothèques. Celles-ci surtout pour les jeunes familles, peuvent être extrêmement élevées 1, faussant le portrait. Contrairement aux dettes de consommation ou à l endettement étudiant, l hypothèque est adossée à un actif qui peut être saisi en cas de défaut de paiement. De plus, l actif adossé, surtout la maison, peut prendre de la valeur (Lachance, Beaudoin et Robitaille, 2005). Dans le cadre d une enquête sur les conditions de vie des étudiants, nous risquerions aussi de nous retrouver dans une situation de double comptage, étant donné que des questions étaient posées sur le montant dépensé par mois pour le loyer. Un raisonnement analogue peut s appliquer aux dépenses automobiles et aux dépenses en matière de transport, motivant de manière similaire l exclusion de ces types de prêts. Or, il apparaît opportun de garder X X 1 Pour les familles de moins de 35 ans, l hypothèque médiane se situait à $ en dollars de 2005 (Statistique Canada in ISQ, 2009, p. 149) 5

20 certains prêts privés dans l analyse, ceux qui correspondent globalement aux dettes de consommation. Il peut être controversé d inclure les dettes qui ne sont pas strictement des prêts étudiants 2. Certains acteurs croient que les étudiants vivent de toute façon au-dessus de leurs moyens financiers. Il est bien évident que nous ne partageons pas cette vision. En effet, les programmes modernes d aide financière aux études à travers le monde (voir à cet effet OCDE 2010) octroient tous une aide financière sous forme de prêts ou de bourses, même dans le cas de juridictions où l éducation est gratuite, ce qui témoigne de l importance de pouvoir acquitter ses frais de subsistance dans le cadre de son projet d études. L enquête Conditions de vie des étudiants de premier cycle (FEUQ, 2010a) tout comme l Enquête sur les sources et modes de financement des étudiants de cycles supérieurs (CNCS-FEUQ, 2008) ont toutes deux démontré que les étudiants universitaires sont fréquemment autonomes financièrement de leurs parents, ce qui implique nécessairement de disposer des ressources financières nécessaires pour subvenir à ses besoins. Or, nous verrons que l endettement de consommation est fréquent chez les étudiants, parfois dans des montants élevés : un portrait de l endettement étudiant ne saurait être complet en excluant l endettement privé. Un motif plus valable peut être évoqué. En vue d analyser le fonctionnement d une politique publique, il est nécessaire d en connaitre l utilisation. C est le cas des programmes de l Aide financière aux études (AFE), qui présentent des rapports statistiques étoffés. Un tel outil permet d évaluer rapidement les forces et faiblesses d un programme donné : ce n est pas l ambition de notre étude. En effet, disposer d un portrait financier complet permet de témoigner non seulement des dettes consacrées face aux programmes publics, mais aux besoins réellement exprimés et comblés sur le marché. Étant donné que, comme nous le verrons plus loin, le mode de calcul de l aide financière aux études suppose qu il est le principal soutien financier aux études du bénéficiaire (après la prise en compte des différentes contributions), se doter d un portrait large de l endettement étudiant, incluant l endettement privé, donne un indicateur intéressant des failles fréquemment dénoncées des programmes de l Aide financière aux études (voir, entre autres, FEUQ, 2010b). Notre définition de l endettement étudiant devrait donc inclure trois sources : endettement public, endettement privé, et endettement face à la famille ou face aux proches. Il faudrait aussi en exclure les dettes de types hypothécaires, en vue d aller chercher de manière approximative ce qui correspond à un endettement de consommation et de subsistance, qui sert à subvenir aux besoins financiers réels en cours d études. Nous proposons donc une définition de l endettement étudiant qui va comme suit : toute dette contractée dans le cadre d études professionnelles ou postsecondaires, indépendamment de l émetteur, qui permet à l étudiant d acquitter ses dépenses scolaires ainsi que ses dépenses de subsistance, à l exception de l hypothèque et de l achat d une voiture. 2 Les dépenses étudiantes, en particulier, sont fréquemment sujet de polémique dans les médias grand public. 6

21 Aux fins de l analyse, nous découperons les prêts étudiants d abord et avant tout en fonction de leur source : public, institution financière, proches. Le découpage en fonction du type de prêt présente un défi méthodologique important, car il faudrait alors distinguer les prêts des institutions financières qui servent à financer un projet d études et d autres qui servent à d autres fins plus ou moins bien délimitées. Nous n avons de toute façon pas accès à ces informations. La définition n est pas idéale, mais elle cerne bien la problématique. D une part, c est la définition qui offre le meilleur reflet de la condition financière des étudiants, étant donné, comme nous le verrons plus loin, le rôle important joué par les dettes privées dans le financement des études universitaires, ce qui exclut la première définition strictement fondée sur l endettement dit public L aide financière aux études du gouvernement du Québec Près de 45 % des étudiants universitaires de premier cycle inscrits aux études à temps plein s attendent à sortir des études avec une dette de l un ou l autre des programmes de l Aide financière aux études (FEUQ, 2010A). Il est important de saisir les mécanismes de fonctionnement des programmes d aide mis sur pied par le gouvernement du Québec : ceux-ci comprennent des particularités importantes. Le lecteur souhaitant approfondir ses connaissances devrait consulter la Trousse sur l aide financière aux études (FEUQ, 2010b). Nous nous attarderons, évidemment, aux sources de l endettement étudiant Le programme de prêts et bourses Le régime d aide financière aux études comprend deux programmes d aide principaux : le programme de prêts et bourses (qui s adresse principalement aux étudiants inscrits à temps plein) et le programme de prêts pour études à temps partiel. Le premier programme est fondé sur des principes contributifs et supplétifs. Il suppose donc une contribution de la part de l étudiant, du parent et/ou du conjoint, et vient suppléer au manque à gagner présumé 3. Pour ce faire, il prend en compte d un côté les contributions et de l autre les dépenses admises, qui sont présentées au Tableau 2-2. Tableau 2-2 : Contributions et dépenses admises Contributions Étudiant Parent Conjoint Source : FEUQ, 2010 b Dépenses admises Frais scolaires Frais de subsistance Frais de transport Frais pour enfant à charge Autres dépenses 3 Et non au manque à gagner réel, distinction importante. Le programme d aide financière aux études se base sur des prévisions de dépenses, qui ne correspondent pas nécessairement aux dépenses réellement encourues. 7

22 Bref, ce calcul donne un volume d aide. Celui-ci est par la suite transformé en prêts et bourses en fonction du plafond de prêts, qui est le maximum annuel d endettement. Celui-ci varie selon un certain nombre de facteurs. D une part, le plafond de prêt varie en fonction du cycle d études. Le Tableau 2-3 présente les plafonds de prêt pour le niveau universitaire ainsi que des scénarios d endettement public en fonction de différents critères 4 Universitaire, 1er cycle Universitaire, cycles supérieurs ou titulaire d un diplôme de premier cycle Établissement reconnu pour prêts seulement Par mois d étude 8 mois d études Tableau 2-3 : Plafonds de prêt 12 mois d études Bacc. (3 ans) Bacc. (4 ans) Maîtrise (16 mois) Doctorat (4 ans) 305 $ 2440 $ 3660 $ 7320 $ 9760 $ $ 3240 $ 4860 $ 7320 $ 9760 $ 6480 $ $ 950 $ $ Source : Règlement sur l aide financière aux études, RRQ, c A-13.3, r 1, art 51. Calculs de l auteur en fonction de la durée prévue des études par l AFE Or, ce plafond de prêt peut être modifié dans certains cas. En effet, environ un tiers des bénéficiaires des prêts et bourses ne reçoivent que des prêts. Ces étudiants bénéficient d une allocation spéciale, qui se chiffre comme suit et s ajoute au plafond de prêt. 4 Plusieurs autres facteurs viennent influencer le montant de dette contracté en cours d études, dont les dettes contractées en cours d études ainsi que la durée des études. 8

23 Tableau 2-4 : L'allocation spéciale Année universitaire Allocation spéciale $ à à $/unité cumulatifs 100 $ par an (30 unités) 16,65 $/unité à terme 500 $ par an 10,83 $/unité cumulatifs 325 $ par an (30 unités) 54,15 $/unité cumulatifs 1625 $ à terme Il faut noter que ces modifications ont été adoptées suite au dégel des frais de scolarité de Elles entrainent une augmentation importante de l endettement étudiant visant plus particulièrement les bénéficiaires de la classe moyenne ainsi que ceux qui ne bénéficient que d un prêt. Notons finalement l existence d une limite d endettement, qui varie entre $ et $ en fonction des cycles d études (AFE 2010 in FEUQ, 2010 b). Il faut noter que les prêts du programme de prêts et bourses présentent des caractéristiques plus avantageuses qu un prêt privé : un étudiant n a pas à payer de frais d intérêts tout au long de ses études, jusqu à un mois après la fin des études (AFE, 2011a). De plus, il dispose d une période de six mois avant de devoir commencer à rembourser sa dette d études Le programme de prêts pour étudiants à temps partiel Le programme de prêts pour étudiants à temps partiel diffère à plus d un égard du programme qui s adresse aux étudiants inscrits à temps plein. Il n est évidemment ouvert qu aux étudiants inscrits à temps partiel pour 6 à 11 unités de cours universitaires par année. Il ne prend en compte que les frais scolaires et les frais de garde d enfant. Il est ouvert aux étudiants qui disposent de ressources financières annuelles de moins de $, pour les célibataires, ou de moins $ pour ceux qui ont un conjoint ou une contribution parentale. Les montants sont majorés de $ pour chaque enfant, avec une bonification de $ si l étudiant est sans conjoint. Dans les deux cas, il doit cohabiter avec l enfant. (RRQ, c. A-13.3, r. 1, art. 82). Les dépenses admises étaient, en , de 105,23 $ par unité à l université pour ce qui est des frais scolaires et de 490 $ par trimestre pour les frais de garde (RRQ, c. A- 13.3, r. 1, art ). Un étudiant inscrit à 18 crédits dans une année (deux trimestres de trois cours) et ayant un enfant à charge recevrait donc un prêt de 2380 $. La limite d endettement est de $. Les modalités de remboursement sont les mêmes que pour le programme de prêts et bourses. Aux fins de l étude actuelle, nous avons préféré exclure les étudiants à temps partiel. Ceux-ci présentent des caractéristiques qui sont très différentes de leurs confrères inscrits à temps plein et sont généralement des étudiants dits «non traditionnels». Leur 9

24 profil exigerait une analyse détaillée qui leur soit propre, ce qui n est pas l objet de cette étude Après les études : le remboursement Qui dit dette, dit remboursement. Il est opportun de se pencher sur les particularités du remboursement d une dette auprès des programmes de l Aide financière aux études. Examinons donc les particularités de ces dettes : les modalités du remboursement ainsi que les avantages et les désavantages d un prêt étudiant. C est à la fin des études à temps plein (ou encore à leur abandon) que l ex-étudiant est tenu d amorcer le remboursement de sa dette d études. Il dispose pour ce faire de six mois de grâce sur le remboursement, et d un mois de grâce sur le paiement des intérêts. Par la suite, l ex-étudiant doit conclure une entente de remboursement avec son institution financière. Le taux d intérêt est fixé par le Règlement sur l aide financière aux études à 0,50 % de plus que le taux de base des prêts aux entreprises, qui se situait à 3,00 % en juillet (RRQ c. A-13.3, r 1, art. 73. Il s agit d un taux généralement plus avantageux que celui imposé, par exemple, pour les prêts personnels. Les marges de crédits étudiantes, par exemple, présentaient un taux d intérêt oscillant autour de 4,50 % (infra section 2.3). Ainsi, seule la durée de remboursement est à négocier avec l institution financière. Il existe trois mesures d aide aux nouveaux diplômés, qui rendent plus avantageuse l utilisation d un prêt étudiant que d un prêt personnel. Le programme de remboursement différé est offert aux ex-étudiants qui ont des revenus faibles 6 pour une période de plus de quatre mois. De ce cas, le gouvernement du Québec prend en charge le paiement des intérêts pour une période de six mois. On peut y souscrire pour une période de vingt-quatre mois au total. (AFE, 2011 b, p. 32) Le programme de remise de dette, instauré en 2000, diminue de 15 % la dette d un diplômé qui a terminé ses études sans interruption, dans les délais prévus, en recevant chaque année une bourse du programme de prêts et bourses (FEUQ, 2010 b, p. 33). Le nombre de récipiendaires est relativement faible : de l ordre de 998bénéficiaires sur étudiants qui prenaient en charge leur prêt à l année , soit moins de 4 % des ex-étudiants de cette année. Les crédits d impôt sur les intérêts payés sur la dette d étude. Les deux paliers de gouvernement offrent un crédit d impôt. Il est de 20 %, reportable, non transférable et non remboursable au palier provincial (FEUQ, 2011a, p. 9) et de 15 % au fédéral, avec les mêmes modalités. De plus, il est possible d interrompre le remboursement pour cause de grossesse de 20 semaines ou plus, suite à la naissance ou l adoption d un enfant, en raison 5 Voir à cet effet le site de la Banque du Canada : 6 Revenus mensuels bruts allant de 1 522$ par mois pour les personnes sans enfant à charge à 2 458$ par mois pour les chef de famille monoparentale avec quatre enfants 10

25 d une incapacité temporaire ou par élection comme permanent élu d une association étudiante nationale. Il faut toutefois noter que les prêts étudiants, malgré leurs avantages, ont aussi des inconvénients. Le principal est certainement l interdiction de faire faillite. En effet, la Loi sur la faillite et l insolvabilité (L.R.C., 1985, ch. B-3) a été modifiée en 1997, en 1998 et en 2005 en vue d empêcher les dettes d études d être incluses au sein d un processus de faillite pour une durée maintenant égale à sept ans, et cinq ans dans des cas exceptionnels. Ces modifications faisaient suite à une refonte du droit des faillites datant de 1992 qui procédait à «L abolition de la qualité de créance privilégiée pour les dettes dues au gouvernement. Ce changement reléguait la Couronne au rang des créanciers ordinaires qui se partagent au prorata l actif du débiteur après les créanciers garantis et les créanciers privilégiés. La Couronne n avait donc plus la priorité sur d autres créanciers pour ce qui est de ses prêts aux étudiants.» (Smith, 2002) Les nouvelles règles en matière de faillite sont évidemment polémiques, surtout qu elles ont été implantées durant une période particulièrement difficile pour les étudiants canadiens, alors que l endettement étudiant atteignait des sommets jamais vus dans l histoire récente. Il faut toutefois noter qu une faillite a des conséquences importantes sur le dossier de crédit d un individu et tend à avoir un impact sur les taux d intérêt de prêts futurs 7. Corolaire de l absence de possibilité de faillite, certains prêts restent de mauvaises créances, malgré les tentatives de remboursement. Du moment où des difficultés de remboursement sont constatées, l institution financière peut transférer le prêt au service de remboursement de l Aide financière aux études. Dans de tels cas, c est le gouvernement du Québec qui se porte garant du prêt et qui devient le créancier : il rembourse donc l institution financière. Omettre de rembourser ses dettes d études comporte des conséquences sérieuses : Vous ne serez plus admissible au Programme de remboursement différé. Vos remboursements d impôt du Québec et de taxe de vente provinciale seront appliqués au remboursement de votre dette d études, conformément à l article 31 de la Loi sur le ministère du Revenu. Vous ne serez plus admissible au Programme de prêts et bourses si votre dette d études n est pas remboursée dans une proportion de plus de 50 %. Votre établissement financier pourrait aviser les agences de crédit. 8 Environ 14 % des prêts échus depuis 1966 sont remboursés par le gouvernement du Québec (AFE, 2010a, p. 67). De plus, le MELS reçoit annuellement entre et demandes de réclamations d institutions financières concernant des remboursements de prêts près de 9000 sont remboursés annuellement. 7 Pour plus de détails, on peut consulter Raymond, Chabot inc. «La faillite personnelle» [consultée le 1er juin 2011] 8 AFE. «Remboursement». [Consultée le 31 mai 2011] 11

26 Il apparaît donc que la mécanique des prêts octroyés par l Aide financière aux études a des particularités. Elle présente des avantages et des inconvénients, par rapport à des prêts réguliers contractés directement auprès d institutions financières Les prêts contractés auprès d institutions financières Les institutions financières offrent une panoplie de produits financiers. Toutefois, en ce qui a trait aux produits financiers qui touchent l endettement étudiant, nous en avons recensé deux principaux : les cartes de crédit et les marges de crédit. Dans les deux cas, il existe généralement deux types d offre : une offre générale ouverte à tous les étudiants et des offres spécifiques offertes seulement aux étudiants inscrits dans certains domaines d études spécifiques. Notons qu il n y a pas de prêts personnels dirigés directement aux étudiants : la marge de crédit, plus flexible, joue ce rôle. Elle implique toutefois une planification en amont moindre que le prêt personnel, qui octroie un capital fixe (un peu comme le prêt étudiant). En vue de construire cette section, nous avons recensé les informations disponibles sur les sites internet des huit institutions financières implantées sur le territoire québécois, qui seront désignées «Institution financière 1, Institution financière 2,, Institution financière 8» dans l analyse suivante. Les résultats complets sont présentés à l annexe I. Nous présenterons aussi, lorsque pertinents, les arguments de vente évoqués par les institutions prêteuses Marge et carte de crédit : les différences La carte de crédit et la marge de crédit sont deux formes de crédit à la consommation 9. Il s agit dans les deux cas de crédit rotatif : il faut vider la marge ou la carte pour recommencer à emprunter. Là s arrêtent les similitudes. La carte de crédit a généralement un taux d intérêt élevé (au moins 19 % annuellement) et une limite relativement basse. Toutefois, le consommateur dispose généralement de vingt-et-un jours après la réception du solde du compte pour le payer : s il ne le fait pas, il se retrouvera à devoir payer des frais d intérêt. La marge de crédit, quant à elle, est liée au compte chèques du consommateur. Son taux d intérêt est nettement plus bas que la carte de crédit : par contre, les intérêts commencent à courir dès l emprunt. Sa limite est souvent beaucoup plus élevée que la carte de crédit. Le calculateur financier du Bureau de la consommation 10 offre une illustration concrète des différences entre la marge et la carte de crédit. Prenons un étudiant qui a une carte de crédit à 19,4 % de taux d intérêt et une marge de crédit à 4,50 % de taux d intérêt, qui souhaite acquérir pour 1000 $ de biens quelconques. 9 Dugas, Sylvie. «La marge de crédit personnelle: est-ce une bonne affaire?» servicevie.com. [Consultée le 11 juillet 2011] 10 Bureau de la consommation. [Consultée le 15 juillet 2011] 12

27 S il utilise sa carte de crédit pour financer l achat et ne fait qu un paiement minimal de 40 $, il paiera, sur un an, 291,47 $ en frais d intérêts sur sa carte de crédit et 52 $ sur sa marge de crédit. La différence est donc très importante Les caractéristiques principales des prêts étudiants réguliers d institutions financières Nous étudierons en séquence deux produits financiers : les cartes de crédit et les marges de crédit. Notons tout d abord que toutes les institutions financières ont une section facile d accès pour les étudiants. Certaines ont même une sous-section qui leur est destinée spécifiquement, présentant divers outils de planification financière ainsi que les différents produits financiers de l institution. Il est à noter que les références utilisées pour cette section se retrouvent toutes à la fin de la section Cartes de crédit Le Tableau 2-5 présente les caractéristiques principales des cartes de crédit étudiantes. Comme noté à la section 3.2.1, la carte de crédit est de loin le produit financier le plus répandu chez les jeunes. Elles sont offertes par six des huit institutions financières recensées. Quant aux deux autres institutions, l une offre un produit similaire ciblé envers les jeunes uniquement, tandis que l autre annonce des cartes étudiantes qui n ont aucune caractéristique particulière. Les produits sont très similaires les uns des autres : ils ont un taux d intérêt élevé et n ont pas de frais annuels. Généralement, toutefois, ils offrent des options qui vont dans le sens d une fidélisation des étudiants : cinq des treize cartes offertes offraient un programme de points et trois offraient des remises en espèces. Moyennant des frais annuels, deux établissements offraient un taux d intérêt réduit. Il nous semble que les caractéristiques des cartes étudiantes vont principalement dans le sens d une fidélisation d une clientèle, en offrant une entrée pour ainsi dire gratuite dans le monde du crédit. À noter que les limites de crédit ne sont pas notées : aucune institution financière ne le mentionne, car elle varie en fonction du dossier de crédit de l emprunteur. Les institutions financières sont devenues célèbres pour leur propension à offrir des limites de crédit démesurées aux consommateurs, entrainant un encadrement législatif plus sévère du gouvernement du Québec, comme nous le verrons plus loin. 13

28 Tableau 2-5 : Caractéristiques principales des cartes de crédit étudiantes Produit offert Carte de crédit étudiante Taux d intérêt Taux d intérêt réduit Frais annuels Programme de points Remises en espèces Caractéristiques Six des huit institutions financières l offrent. Une offre un produit similaire pour les jeunes. Entre 19,4 % et 19,99 %; 2 institutions ont un taux de 21,99 % pour les avances de fonds Deux établissements l offrent en option Toutes les cartes sont sans frais; certaines options entraînent des frais annuels Cinq des treize cartes ont un programme de points associé Trois des treize cartes ont un programme de remise en espèces allant de 0,5 % à 1 % par dollar Un argument fréquemment évoqué pour les cartes de crédit étudiantes est la construction d un bon dossier de crédit : Institution financière 3 : C est simple! Il s agit d une carte de crédit adaptée à la réalité des étudiants : elle est caractérisée par des critères d admissibilité flexibles et permet dès aujourd hui de développer sa cote de crédit un atout lorsque vient le temps des premiers achats importants, comme une voiture. D autres vont insister sur certaines caractéristiques particulières, entre autres sur les programmes de points, qui visent à inciter une utilisation accrue de la carte de crédit. Dans tous les cas, on insiste sur l idée qu il s agit d une solution adaptée aux besoins des étudiants : Institution financière 6 : Enfin, une carte logiquement pensée pour les étudiants. La carte [ ] vous offre un programme de remise en espèces avantageux et une foule d'autres super avantages. C'est le choix idéal pour les étudiants qui dépensent de façon avisée et qui veulent gagner des récompenses en argent vraiment appréciables! D'autant plus que cette carte est offerte sans frais annuels! Institution financière 5 : Une carte de crédit de prestige sans frais annuels. ; Un point [ ] par tranche d achat de 2 $; Échangez vos points contre des primes-voyages des articles des chèques/cartes-cadeaux et plus encore. La carte de crédit est donc présentée comme un mode de financement complémentaire, mais qui permet d entrer facilement et avantageusement dans le monde de la consommation, sans soucis. La présentation faite des marges de crédit étudiantes s avère être quelque peu différente. Marges de crédit Nous avons vu que la marge de crédit se distingue de la carte de crédit à plusieurs égards. Toutes les institutions financières recensées offraient une marge de crédit étudiante. Les montants en jeu sont très élevés : la majorité des institutions offrent une marge maximale annuelle de $, avec un maximum d endettement de $ pour quatre ans d études. Le remboursement se fait après les études, comme un prêt étudiant ; toutefois, les intérêts courent durant les études. Le taux d intérêt est variable : 14

29 actuellement, il est de 4,50 % chez l institution financière 1, mais varie selon plusieurs critères. Le Tableau 2-6 détaille les principales caractéristiques des marges de crédit étudiantes recensées. Tableau 2-6 : Caractéristiques principales des marges de crédits étudiantes Produit offert Marge de crédit étudiant Montant maximum annuel d emprunt pour un étudiant de 1 er cycle temps plein Particularités Période maximale d emprunt Modalités de remboursement Taux d intérêt Caractéristiques Toutes les institutions financières l offrent 5000 $ : 1/8 institutions 5500 $ : 1/8 institutions $ : 4/8 institutions $ : 1/8 institutions L institution financière 2 offre une marge de crédit de $ la première année et $ les années suivantes L institution financière 4 est la seule à qualifier sa marge de crédit de «fonds de roulement» Généralement quatre ans, endettement maximal de $ à $ en fonction de la marge de crédit annuelle maximale Toutes les marges de crédit n ont pas à être remboursées durant les études au-delà des intérêts. Une institution sur huit laisse une période de grâce de six mois après la fin des études avant de commencer le remboursement : les autres laissent un an. Une réduit la période de grâce à six mois pour les étudiants qui sortent sans diplôme. Durée de remboursement variable en allant de 7 ans à 20 ans Variable selon les institutions financières et les dossiers de crédit des individus. Alors que la carte de crédit est présentée comme un moyen de régler certaines dépenses courantes, la marge de crédit étudiante est présentée de diverses manières. Certaines institutions financières la présentent comme un mode de financement complémentaire des études universitaires, permettant de pallier les lacunes du régime de prêts et bourses : Institution financière 1 : Idéal si vous êtes un étudiant non admissible à l'aide financière gouvernementale, ou si l'aide qui vous est consentie est insuffisante pour couvrir tous les frais liés à vos études et que vous souhaitez voir vos besoins financiers comblés afin d'étudier en paix, à l'abri des tracas financiers. Cette marge de crédit est réservée aux étudiants, sans limite d'âge. Institution financière 3 : Étudier ou retourner aux études sans trop de soucis? C est possible avec la marge de crédit étudiante! Cette marge spécifiquement destinée aux étudiants vous permettra de vous concentrer sur la réussite de vos études, tout en vous donnant le petit coup de pouce financier tant apprécié. 15

30 D autres suggèrent plutôt de financer l ensemble des études sur la marge de crédit : Institution financière 2 : Quand vous commencez vos études collégiales ou universitaires, tout est nouveau, y compris le coût de vos études. Une Marge-crédit aux étudiants vous aide à planifier vos dépenses et à parer aux imprévus. Institution financière 4 : Vous n'avez peut-être pas les fonds nécessaires pour financer vos études? ; Est-ce que ce manque doit faire obstacle à votre projet? ; Non, d'autant plus que vos études sont l'un des investissements les plus importants de votre vie. Par ailleurs, l institution financière 4 semble adopter une approche discutable du crédit étudiant, en qualifiant sa marge de crédit de fonds de roulement étudiant, une appellation qui n a que peu à voir avec un prêt personnel. Il est aussi notable que parmi les institutions financières recensées, seulement quatre mentionnent l existence des prêts étudiants subventionnés par le gouvernement du Québec, alors que l institution financière 8 se réfère aux programmes d aide aux études pancanadiens, qui n existent pas au Québec. Les quatre autres institutions, qui ont toutes des prêts sous garantie gouvernementale, ne le mentionnent pas dans leur documentation ciblée pour les étudiants. Nous avons donc complété la discussion sur les produits financiers généraux offerts par les institutions financières. Ils sont principalement de deux ordres : cartes de crédit et marges de crédit. Les premières sont principalement présentées comme une façon de se bâtir un dossier de crédit; les secondes, comme un mode de financement complémentaire, ou un mode de financement des études à part entière. Références (classement par ordre alphabétique) : Banque Laurentienne, «Marge de crédit étudiante». [Consultée le 11 juillet 2011] Banque Laurentienne. «VISA noire étudiante» Banque de Montréal. «Marge-crédit Aux étudiants». [Consultée le 11 juillet 2011] Banque Nationale. «Fonds de roulement étudiant». 2_navCode-10020,00.html [Consultée le 11 juillet 2011] Banque Scotia. «VISA Savoir Scotia pour étudiants». [Consultée le 11 juillet 2011] Desjardins, «Marge de crédit Avantage étudiant» [Consultée le 11 juillet 2011] RBC Banque Royale. «Visa Or RBC récompense». [Consultée le 11 juillet 2011] Une offre ciblée : les produits financiers offerts selon les domaines d études Plusieurs établissements offrent des produits financiers spécifiquement dirigés envers certains étudiants inscrits dans des programmes d études jugés économiquement plus rentables. Il s agit, encore une fois, de cartes de crédit et de marges de crédit. Il est à noter que les références utilisées pour cette section se retrouvent toutes à la fin de la section

31 Cartes de crédit Seulement trois institutions financières offrent des cartes de crédit ciblées par domaines d études. Les bénéfices ressemblent énormément à ceux des cartes régulières : on peut toutefois présumer que les limites de crédit offertes seront plus élevées. À noter : l institution financière 4 est la seule institution qui offre une amnistie sur les frais annuels des cartes de crédit étudiantes pour seulement deux ans, en donnant accès aux cartes de crédit plus prestigieuses aux étudiants de certains domaines, tout comme pour l institution financière 5 et l institution financière 6. On peut croire que cette pratique encourage l idée que ces étudiants appartiennent à un groupe social correspondant à leur profession future, mais sur des moyens financiers d étudiants. Nous le verrons à la section : le fait de ressentir un attachement à un groupe social qui n est pas le sien économiquement parlant peut contribuer à donner une impression faussée de la capacité financière du consommateur, l incitant à dépasser sa capacité de crédit. Tableau 2-7 : Caractéristiques des cartes de crédit offertes pour domaines ciblés Produit offert Cartes de crédit pour domaines ciblés Domaines ciblés Taux d intérêt Taux d intérêt réduit Frais annuels Programme de points Remise en espèce Caractéristiques Trois institutions sur huit offrent ce produit Santé : trois institutions Droit : deux institutions Administration : une institution Génie : une institution Entre 19,4 % et 19,99 %; une institution a un taux de 21,99 % pour les avances de fonds Une institution offre le taux d intérêt réduit en option Trois institutions sur quatre offrent le produit sans frais annuels; une offre une exonération de deux ans sur les frais annuels de la carte Deux institutions l offrent Une institution l offre en option Marges de crédit Sept des huit institutions financières recensées offrent des marges de crédit avec des limites plus élevées pour certains domaines d études ciblés : seule l institution financière 3 n en offre pas. Ce sont les professions de la santé qui sont le plus fréquemment visées, avec six institutions, suivies de l administration et du droit avec cinq institutions, des MBA avec quatre institutions et du génie, avec deux institutions prêteuses. Les marges de crédit y sont beaucoup plus généreuses : elles vont de $ à $ pour les marges les plus élevées. Le taux d intérêt est souvent plus avantageux. Le seul taux d intérêt recensé est pour l institution financière 4, qui offre des taux allant de 3 % à 4,5 % 17

32 Tableau 2-8 : Caractéristiques principales des marges de crédits étudiantes par domaines Produit offert Marge de crédit étudiant par domaines Domaines d études ciblés Particularités Période maximale d emprunt Modalités de remboursement Taux d intérêt Caractéristiques Sept des huit institutions financières l offrent Santé : Six institutions Administration : Cinq institutions (principalement pour la comptabilité Droit : Cinq institutions MBA : Quatre institutions Génie : Deux institutions Il faut fréquenter le programme d études en question pour en bénéficier. En cas de changement de programme, il est possible qu on exige un remboursement. Généralement quatre ans, endettement maximal de $ à $ en fonction de la marge de crédit annuelle maximale Toutes les marges de crédit n ont pas à être remboursées durant les études au-delà des intérêts. Une institution sur sept laisse une période de grâce de six mois après la fin des études avant de commencer le remboursement : les autres laissent un an. Une réduit la période de grâce à six mois pour les étudiants qui sortent sans diplôme. Durée de remboursement variable en allant de 7 ans à 20 ans Variable selon les institutions financières et les dossiers de crédit des individus Le taux d intérêt varie selon le domaine d études : il va de 3 % à 4,75 % chez l institution financière 4 La marge de crédit, comme nous l avons vu, est souvent présentée comme un mode de financement soit complémentaire, soit principal, pour les études universitaires. Le Tableau 2-9 illustre la répartition de la dette accumulée à une institution financière, qui sera discutée plus en détail à la section Toutefois, notons que la vaste majorité des personnes qui s endettent au privé le font pour moins de 5000 $. Toutefois, une petite portion inquiétante d étudiants cumule un endettement privé de plus de $ : 11 % des personnes qui empruntent. 18

33 Tableau 2-9 : Répartition de la dette accumulée face à une institution financière Dette accumulée Pourcentage du total des étudiants 0 62 % Pourcentage des étudiants endettés % 55 % % 20 % % 10 % % 5 % % 4 % % 3 % % 1 % % 1 % % 1 % % 1 % Total Total endettés 100 % 100 % Les méthodes de vente pour ces produits sont encore plus racoleuses que pour les produits réguliers. L institution financière 4 décrit ainsi son fonds de roulement étudiant : Le Fonds de roulement étudiant de la Banque [ ] est une marge de crédit qui peut : Financer l'ensemble des dépenses annuelles liées à vos études et à votre formation. Devenir votre unique source transactionnelle, puisqu'il fonctionne comme un compte Chèques L institution financière 1 met plutôt l accent sur les coûts élevés des études universitaires : Idéal si vous êtes étudiant universitaire et que vous souhaitez combler les besoins financiers élevés que requiert votre domaine d'études. On vend aussi la possibilité de vivre sans tracas financiers, sans avoir à travailler. Or, nous le verrons plus loin, un endettement élevé est une source de stress importante, ce qui n est pas nécessairement connu des étudiants, qui n ont pas d antécédents de crédit ni de modèles dans leur entourage. L idée de pouvoir acquitter l entièreté des dépenses annuelles est aussi évoquée. Institution financière 2 : Viser l obtention d un titre professionnel demande de la concentration. Or, la Marge-crédit aux étudiants des programmes de professions libérales et la Marge-crédit aux étudiants en médecine vous permettent de vous concentrer sur ce qui est important, vos études. Institution financière 7 : Empruntez jusqu à $ (selon votre champ d études) pour couvrir les frais de scolarité, le loyer, les livres, les fournitures scolaires, les frais de subsistance et de résidence pour votre programme. Les coûts associés au prêt ne sont que rarement mentionnés et expliqués. Les conséquences du décrochage ou du changement de programme ne sont que rarement explicitées. Les produits, au final, sont vendus d une manière rassurante, mais encourent des coûts élevés. Il existe toutefois quelques protections. 19

34 Références (classement par ordre alphabétique) : Banque de Montréal. «Marges-crédit aux étudiants (professions libérales et médecine)». hypothecaires/prets-et-margescredit/marges-credit/etudiants/professions [Consultée le 11 juillet 2011] Banque Nationale. «Fonds de roulement étudiant» 2_navCode-17203,00.html?stab=2 [Consultée le 11 juillet 2011] CIBC. «Programme étudiants service classe professionnels CIBC». [consultée le 11 juillet 2011] Desjardins. «Marge de crédit STRATÉGIQUE étudiant». [Consultée le 11 juillet 2011] Les protections offertes La loi sur la protection du consommateur offre certaines protections minimales. Pour ce qui est de la carte de crédit, le taux d intérêt est fixe et ne peut être changé sans consentement des deux parties, et on ne peut augmenter unilatéralement la limite de crédit 11. Le projet de loi 24, déposé en juin 2011 (Assemblée nationale, 2011), propose de resserrer l encadrement du crédit à la consommation. Certaines propositions pourraient toucher le crédit étudiant, entre autres : En interdisant la fausse représentation selon laquelle le crédit peut améliorer la situation financière d un particulier ; En interdisant l octroi d une limite de crédit supérieure à ce qui est demandé par le consommateur ; En imposant un paiement minimal sur les prêts consentis qui atteindra 5 % à terme. Nous y proposerons des ajouts et des modifications à la section «Recommandations». Il est évidemment possible de déclarer faillite sur un prêt privé, contrairement à un prêt étudiant gouvernemental. Comme nous l avons mentionné plus tôt, il s agit d un processus douloureux Prêts publics et privés : avantages et inconvénients Qu est-ce qui est plus avantageux, un prêt public ou un prêt privé? Le prêt public a des avantages notables : en effet, il est subventionné, ce qui fait qu un étudiant paie plus cher pour le même prêt au privé qu au public. Le Tableau 2-10 donne un exemple. Il est fondé sur les postulats suivants : L étudiant emprunte 2440 $ en septembre de chaque année pendant trois ans, soit le même montant qu un prêt public pour un étudiant universitaire à temps plein inscrit à 30 crédits pendant 8 mois. 11 Office de la protection du consommateur. «Cartes de crédit». edit/cartecredit.aspx [Consultée le 11 juillet 2011] 20

35 Il a une marge de crédit avec un taux d intérêt de 4,5 %, et ne rembourse que les intérêts pendant ses études. Les données ne sont pas ajustées pour l inflation. Les calculs ont été faits avec le simulateur de calculs de Desjardins 12 On constate que ce prêt, qui n est pas subventionné par l État, lui coûtera au total 658,80 $ tout au long de ses études. Un prêt gouvernemental ne lui coûterait rien en intérêts. Évidemment, les montants de prêts privés peuvent être plus élevés ou être répartis différemment. Tableau 2-10 : Coûts des intérêts pour un emprunt sur une marge de crédit Volume de Remboursement dette annuel An $ 109,80 $ An $ 219,60 $ An $ 329,40 $ TOTAL $ 658,80 $ Les prêts gouvernementaux ont d autres avantages : le taux d intérêt fixé par règlement, le crédit d impôt, le programme de remboursement différé et le programme de remise de dette sont autant d exemples. De plus, ils sont accompagnés d une aide sous forme de bourses qui est substantielle. Les prêts privés sont beaucoup moins avantageux. Ils présentent toutefois deux avantages. On peut choisir le montant emprunté, alors qu il est fixe dans le cas des prêts publics. On peut aussi déclarer faillite. Toutefois, le taux d intérêt est plus élevé et les protections légales sont minimes. De plus, les étudiants qui ont un profil plus à risque recevront des conditions moins avantageuses, ce qui est contraire à une politique de mobilité sociale. Les caractéristiques des prêts privés expliquent bien pourquoi le gouvernement du Québec doit subventionner et règlementer les prêts étudiants!

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37 3. Impacts de l endettement étudiant : ce que la littérature scientifique en dit La FEUQ s est penchée à de nombreuses reprises sur la question de l endettement étudiant et de ses impacts multiformes sur la population étudiante. Il faut procéder à quelques mises en garde préliminaire. D une part, il est difficile de distinguer l impact spécifique des prêts. Quelques études l ont fait, mais la plupart ne le font pas. Les études distinguent rarement les formes d endettement, et se cantonnent à l étude stricte de l endettement étudiant public. Il y a donc peu de littérature sur l endettement étudiant privé, faute de données. L étude actuelle vise à combler ce manque. Nous présenterons d abord certains éléments méthodologiques et théoriques. Ensuite, nous discuterons de l endettement de manière générale, en présentant un portrait de la situation chez les jeunes Québécois. Nous procèderons finalement à la présentation des impacts recensés de l endettement étudiant selon le cheminement universitaire : avant, pendant et après les études, pour ensuite les synthétiser Méthodologie Cette section vise à donner certaines bases méthodologiques qui seront utiles pour la suite des choses. Nous présenterons en séquence la notion d individualisme méthodologique, et en quoi elle se distingue des théories du choix rationnel (TCR), les limites de la revue de littérature et une introduction aux systèmes universitaires étrangers Individualisme méthodologique et théorie du choix rationnel On peut concevoir l individu de plusieurs manières différentes : l analyse du comportement va varier selon que l on fait une analyse fondée sur les rapports de force dans une société, les rapports entre les classes sociales, les processus cognitifs à l œuvre dans la décision, etc. Cette étude se fonde principalement sur la théorie de l individualisme méthodologique. Elle se fonde sur deux idées : un processus de décision rationnel et compréhensible et des postulats limités sur le comportement de l acteur. On peut choisir d analyser le comportement de l individu de plusieurs manières différentes. Les postulats adoptés teinteront le résultat : ces postulats sont tous plus ou moins normatifs. La TCR a ce défaut que l individualisme méthodologique (IM) ne partage pas. Ainsi, les trois postulats sur le comportement de l acteur sont les suivants (Boudon, 2002) : 1. Individualisme. Tout phénomène social procède de l individu. L acteur individuel dispose ainsi d une liberté décisionnelle théorique absolue ; 2. Compréhension. Toute action humaine est compréhensible. L IM rejette l idée que des actions humaines sont motivées par des motifs insaisissables et irrationnels ; 3. Rationalité. Toute action a un sens pour l individu. La rationalité à l œuvre est toutefois multiforme : par exemple, un individu ne fait pas que rechercher un profit, mais ses actions peuvent être motivées par la recherche du bonheur, la 23

38 volonté de fonder une famille, etc. La rationalité est donc beaucoup plus complexe que la rationalité strictement économique. La rationalité postule un processus de décision rationnel. Un exemple d un tel processus est le suivant (Mercier, 2004, p. 149) : 1. Identification des valeurs et des buts à atteindre ; 2. Étude de toutes les alternatives possibles pour atteindre ces buts ; 3. Recherche d informations sur l efficacité/l efficience des différentes alternatives ; 4. Comparaison entre les alternatives et leurs conséquences ; 5. Choix de l alternative qui maximise les valeurs et les buts ; 6. Mise en œuvre ; 7. Rétroaction. Présentant des postulats plus larges, l IM exclut ainsi les postulats plus normatifs de la TCR que sont le conséquentialisme, l égoïsme et le calcul coût-bénéfice. Il exclut aussi de son cadre théorique les analyses nietzschéennes, qui y ajoutent la volonté de puissance, ou marxiennes, qui ajoutent les intérêts de classe. Ceci aussi permet une analyse qui reprend les critiques de la notion classique de rationalité (dont la rationalité limitée de Herbert Simon 13 ). Toutefois, par moments, l étudiant sera conceptualisé dans un contexte d IM avec ajout de calculs coûts-bénéfices, lorsque cela s avèrera nécessaire. L application typique de la TCR au cas de l enseignement donne l idée reçue selon laquelle les nouveaux étudiants devraient opérer un simple calcul coût-bénéfice en vue d évaluer la rentabilité économique d une formation universitaire donnée. Allant audelà des postulats simplistes et normatifs de la TCR, la littérature scientifique présentée ici suggère un comportement d autre nature. Elle soulève aussi des cas empiriques qui tendent à démontrer les effets négatifs de l endettement étudiant sur les diverses étapes du cheminement des étudiants. Ainsi, il est clair que comme tout être humain, l étudiant n est pas qu un être froid et calculateur qui cherche à optimiser ses bénéfices privés : c est un être de chair et d os, animé de passions diverses Difficultés rencontrées La revue de littérature présente aussi certaines difficultés d autre nature. D une part, il est parfois difficile de séparer l effet spécifique de l endettement étudiant d autres facteurs qui jouent sur la participation et l accès aux études universitaires. Le lecteur familier avec les questions d accès aux études universitaires pourra constater certaines similitudes entre des effets constatés ici et ceux que l on peut attribuer à la facture de frais de scolarité, par exemple. Rappelons aussi une précaution qu il faut toujours garder en tête : [ ] les sciences sociales ne sont pas des sciences exactes et elles ne peuvent conduire à une solution unique ou à des politiques publiques parfaitement agencées comme des 13 La rationalité limitée postule que la qualité d une décision est limitée par la qualité de l information disponible, les limites cognitives du décideur et le temps consacré à la prise de décision. 24

39 mathématiciens qui résoudraient des équations. En matière sociale, les problèmes sont rarement réglés une fois pour toutes. (FCBEM, 2009, p. 238) Cette remarque est particulièrement vraie dans le cas des systèmes d aide financière aux études, qui sont des appareillages complexes. On ne peut les évaluer qu à l aune d un seul critère donné (que ce soit l endettement, l accessibilité au système d aide, la persévérance, la réussite, etc.) sans risquer de tronquer la réalité. Cette étude présente une ambition qui est autre, en souhaitant brosser un portrait le plus large que possible de la situation de l endettement étudiant au Québec Systèmes universitaires étrangers : une introduction La littérature scientifique canadienne, et encore plus la littérature scientifique québécoise sont relativement pauvres en matière d étude des impacts de l endettement étudiant. Même au sein de l ensemble canadien, le Québec fait figure d exception avec un système de prêts et bourses qui lui est propre et des frais de scolarité relativement bas. Toutefois, lorsque l on se penche sur la littérature étrangère (beaucoup plus volumineuse, principalement en Grande-Bretagne et aux États-Unis), il est important de se prendre en compte les contextes sociaux différents : en matière, principalement, de politique d accès aux études. Ainsi, nous reprendrons la catégorisation de l OCDE (OCDE, 2010, indicateur B5), qui identifie quatre grands types de politiques publiques en matière d accès aux études : Frais de scolarité faibles et aide généreuse : pays scandinaves Frais de scolarité élevés, aide publique développée : Australie, Canada, États- Unis, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni Frais de scolarité élevés, aide peu élevée : Corée, Japon Frais de scolarité faibles et aide peu élevée : Autriche, Belgique, Espagne, France, Irlande, Italie, Portugal, République tchèque Avec des frais de scolarité de l ordre de plus de 2500 $ en 2009, le Québec se qualifierait de juridiction à frais de scolarité élevés (plus de 1500 $ américains) et aide publique développée. Il faut toutefois noter que les frais de scolarité y sont substantiellement plus bas que dans les autres provinces canadiennes et qu aux États-Unis, et que l aide est plus fréquemment offerte sous forme de bourses. L accès aux études y est aussi plus équitable que dans ces juridictions, bien que d une tradition plus récente. Il faut prendre en compte lorsque l on compare la situation québécoise à celle des États-Unis, de la Grande-Bretagne ou encore des autres provinces canadiennes L endettement : une discussion générale L endettement étudiant est un sous-ensemble d un phénomène plus global, soit l endettement à la consommation. Il en est toutefois un sous-ensemble aux règles très particulières. Il n est toutefois pas dénué d intérêt de présenter les contours de l endettement à la consommation selon deux aspects : la relation des jeunes envers le crédit et les facteurs explicatifs de l endettement Le crédit chez les jeunes québécois Lachance, Beaudoin et Robitaille (2005) ont sondé 980 jeunes adultes québécois, de 18 à 29 ans, sur leur utilisation du crédit et l endettement de consommation. Nous nous 25

40 servirons de certaines de ces données pour dresser un portrait de la situation de l endettement. Tout d abord, il faut noter que l utilisation des divers produits financiers a connu un bond fulgurant entre 1994 et 2004, comme l illustre la Figure 3-1. L utilisation de la carte de crédit a augmenté de 32 %, le nombre de jeunes détenant une marge de crédit a doublé et le nombre de jeunes avec un prêt personnel a augmenté de manière importante 14. Figure 3-1 : Utilisation de divers produits de crédits des jeunes de 18 à 29 ans, évolution entre 1994 et 2004,!"!!#$ +!"!!#$ *!"!!#$ )!"!!#$ (!"!!#$ '!"!!#$ &!"!!#$ %!"!!#$!"!!#$ -./01$21$3/4250$ 6./71$21$ 3/4250$ 8/90$:1/;<==1>$ ;.=;$:/90$ 40?25.=0$ 8/90$:1/;<==1>$.@13$:/90$ 40?25.=0$ %AA($ &!!($ Source : Young, 1995 et Lachance, Beaudoin et Robitaille, 2005 Cette augmentation de l utilisation du crédit ne s accompagne pas de connaissances suffisantes, par contre. Les jeunes ayant au moins une dette avaient un taux de succès moyen au questionnaire, composé de neuf questions sur le crédit, de 4,7/9, soit 52,2 %. Les auteurs ont pu constater que les principales sources d informations sur le crédit sont la famille (37,8 %) et les expériences personnelles (25,4 %). L école arrive en troisième position, avec 13,1 % des répondants. Les attitudes face au crédit sont partagées entre opinions positives et négatives : selon les auteurs, les jeunes adultes qui s insèrent sur le marché du travail, devant utiliser du crédit, auraient une perception plus positive que les jeunes qui vivent chez leurs parents ou qui sont aux études. Pour ce qui est de la connaissance de la mécanique des diverses formes d endettement, les finissants du secondaire ont de faibles connaissances. La FCBEM (2006) révélait que les jeunes du secondaire en savaient plus sur les cartes de crédit (46 % déclaraient des connaissances minimales sur ce sujet) que sur les prêts gouvernementaux (40 %). 14 Les données de Young, 1995, ne permettent pas de savoir avec précision si les prêts étudiants sont inclus dans le périmètre des prêts personnels. Nous avons donc inclus les deux types de données de Lachance, Beaudoin et Robitaille. 26

41 Le crédit est de plus en plus répandu chez les jeunes, qui présentent des vulnérabilités en matière de connaissance financière. De plus, les produits financiers y sont de plus en plus répandus Facteurs explicatifs de l endettement Duhaime (2001) s est penché sur la situation des ménages surendettés au Québec. Suite à une analyse de contenu de 49 entrevues avec des ménages québécois en situation de surendettement, il présente une modélisation de ce qu il nomme le cycle du surendettement. C est principalement la première phase, soit la phase d initiation, qui nous intéresse. Malheureusement, l auteur ne se penche pas sur le cas des étudiants de manière spécifique. Toutefois, l habitude de consommation semble se développer dans bien des cas au niveau universitaire : l auteur évoque entre autres la situation d un médecin qui a commencé ses habitudes de surendettement lors de sa classe de prémedecine. Ils remarquent d abord que pour les ménages étudiés, 23,5 % des finissants universitaires s attendent à sortir de leurs études de 1 er cycle avec une dette étudiante allant au-delà de $, ce qui correspond à la dette moyenne de consommation constatée par Duhaime pour les ménages surendettés. Une part importante des étudiants présente donc un montant de dette qui peut les amener dans le cycle du surendettement. Une dette élevée est une condition nécessaire, mais non suffisante à l entrée dans le cycle du surendettement. La phase d initiation au crédit débute avec le commencement de la vie autonome, en dehors du domicile familial. Un processus de désensibilisation face au crédit s amorce, vu le peu d obligations concurrentes en matière d endettement. C est l émergence d achats imprévus ou inappropriés qui place le sujet sur la piste du surendettement. Les pressions sociales des milieux immédiats contribuent aussi à inciter les personnes concernées à s endetter. Globalement, trois grands facteurs explicatifs peuvent contribuer à l entrée dans le cycle du surendettement : 1. L arrivée d évènements traumatisants. Cameron et Golby (1990) ont validé cette hypothèse dite du choc exogène sur deux facteurs, soit la faillite de son entreprise et la perte subite de revenus. Il s agit d un facteur difficilement applicable à notre étude : les étudiants sont généralement relativement jeunes, et donc ont moins à perdre. Toutefois, une instabilité marquée dans le marché de l emploi peut générer des problèmes financiers, surtout que les emplois étudiants sont fréquemment affectés par les cycles économiques, et que ce sont souvent les jeunes travailleurs qui sont mis à pied dans les creux économiques. 2. L insuffisance des revenus. Cameron et Golby ne validaient pas cette hypothèse : toutefois, les étudiants sont un groupe particulier, qui doivent nécessairement s endetter dans bien des cas vu la composition et l insuffisance des sources et modes de financement des études universitaires, combinées à une littératie financière parfois déficiente ; 3. L achat compulsif, que l on peut élargir aux facteurs psychologiques. Les étudiants sont globalement une population qui présente une aversion à l endettement plus faible que la population générale, étant déjà endettée. 27

42 Lea, Webley et Walker ont recensé les facteurs qui influencent le niveau de dette et la propension à s endetter (1995), que l on peut regrouper sous les catégories «variables sociales» et «variables individuelles». Ils se sont servis de ce modèle pour étudier la situation de consommateurs britanniques selon des échelles attitudinales construites en vue de se doter d un portrait fidèle de la relation à l endettement. Ces attitudes et situations sont interprétées en fonction de différents niveaux de dette, soit sans dette, dette moyenne et dette lourde. Globalement, trois facteurs prédisent l endettement : les facteurs économiques, le style de gestion financière et la socialisation économique. Les autres n ont pas d impact indépendant sur l endettement. Variables sociales Facteurs économiques et démographiques. Le fait d être une femme, de travailler à temps partiel, d être femme au foyer ou d être sans emploi prédisent tous un endettement élevé. La faiblesse des revenus, le statut de locataire et le nombre d enfants aussi. Le niveau de pauvreté prédit plus de moitié des assignations dans un groupe d endettement ou un autre. Appui social à l endettement. Elle traduit les attitudes publiques par rapport à l endettement. La culture est plus tolérante face à l endettement par rapport aux attitudes du début du vingtième siècle. De plus, le crédit est manifestement plus répandu, comme nous le mentionnions plus tôt. Les consommateurs endettés croyaient que leur entourage serait globalement plus compréhensif. Socialisation économique. Variable qui traduit les attitudes familiales face à l endettement : les personnes qui proviennent de familles plus aisées auraient une moins grande aversion à l endettement. C est le troisième facteur en importance. Comparaisons sociales. Identification du consommateur à un groupe social qui n est pas le sien : cela fait qu il vivrait alors au-dessus de ses moyens. L enquête le confirme. Variables individuelles Styles de gestion financière. Les personnes fortement endettées rapportent souvent une incapacité à gérer convenablement leurs finances. Après les facteurs économiques, c est le facteur le plus important. Comportement de consommateur. Les consommateurs qui classifient des dépenses superflues comme dépenses nécessaires sont plus à risque de s endetter. Dans l étude, ils priorisent les cadeaux de Noël et la cigarette à l automobile ou au téléphone. Horizon temporel. Les consommateurs qui vivent sur horizon temporel court risquent de ne pas être capables de retarder l acquisition de biens. Attitude face à la dette. Une attitude positive face à l endettement est généralement corrélée avec un endettement plus élevé. L étude ne le confirme toutefois pas. 28

43 Centre de contrôle. Les personnes qui sentent qu ils ont un contrôle sur leur situation financière risquent de faire face à un endettement plus faible. L étude ne le confirme toutefois pas. Ainsi, nous voyons que la situation de l endettement chez les jeunes n est pas nécessairement facile. Peu formés quant à une utilisation saine du crédit, ils peuvent facilement tomber dans le piège du surendettement. Les produits financiers qui leur sont destinés, où le capital n a pas à être remboursé durant les études, et qui tendent à encourager une comparaison sociale qui mène au surendettement, créent des risques inutiles et des situations d endettement problématiques Une barrière à l entrée La première catégorie d effets que nous étudierons sera les effets qui peuvent être constatés avant l entrée aux études. En effet, l endettement étudiant retarde l entrée aux étudiants. Le risque multiforme, perçu de manière différenciée en fonction des origines sociales. Les familles jouent un rôle crucial dans l atténuation de l aversion à l endettement, et les coûts tendent à orienter les choix des étudiants indépendamment des volontés d ordre plus académique Retarder ou bloquer l entrée aux étudiants par des contraintes financières Julie Dubois, de Ressources humaines et développement des compétences Canada (RHDCC), s est penchée sur les tendances d endettement des étudiants au Programme canadien de prêts aux études (PCPE) en 1990, 1995 et 2000 (Dubois, 2006). La présence d un prêt gouvernemental augmente de 1,5 (hommes) à 1,8 fois (femmes) la probabilité de reporter le début des études. La présence d une contribution parentale et la présence d un revenu d emploi n ont pas le même impact. Il est aussi intéressant de noter que l effet est bien moindre (1,2 fois chez les hommes, 1,1 fois chez les femmes) au collège, où le montant de la dette est généralement plus faible et le cheminement, plus court. 15 La présence d un tel retard peut s expliquer de plusieurs façons, entre autres par le profil différent des étudiants qui souscrivent à un prêt gouvernemental (étudiants en provenance de familles plus démunies, par exemple). Combiné au phénomène d aversion à l endettement, que nous verrons plus loin, on peut présumer qu une portion non négligeable des étudiants qui finiront par souscrire à un prêt retardent leur entrée aux études en vue d accumuler une épargne personnelle pour limiter le recours à d autres formes d endettement en cours d études. Un retard dans le début des études universitaires diminue la rentabilité tant individuelle que collective d un diplôme donné, en diminuant la portion de la vie active du nouveau diplômé où celui-ci contribue pleinement aux finances de l État par des impôts plus élevés, conséquence généralement reconnue de l augmentation de salaire généralement associée à la scolarisation universitaire. D autres données sont troublantes. Diverses enquêtes de Statistique Canada demandent aux diplômés du secondaire de se prononcer sur les motifs qui les empêchent de fréquenter l université (FCBEM, 2004, p. 103) : 15 En 1995, la dette moyenne était de 9500$ au collège et de 12500$ à 14000$ à l université, dépendemment du cycle d études (Finnie, 2001 in Dubois, 2006). 29

44 Les obstacles financiers représentaient le motif principal pour ne pas fréquenter les études pour 20 % des répondants (selon l Enquête auprès des étudiants sortants et l enquête sur la participation aux études postsecondaires) ; Les obstacles financiers sont évoqués pour 36 % des diplômés du secondaire non inscrits au postsecondaire comme un des facteurs empêchant l accès aux études présentement ou à l avenir (données de l ÉJET). Les motifs financiers, dont au premier chef la probabilité de souscrire à une dette importante sans assurance de pouvoir la rembourser, semblent donc jouer un rôle important. Des facteurs plus psychologiques sont aussi en cause Un risque multiforme : l aversion à l endettement et le sticker price Archer et Hutchings (2000) proposent que la perception du risque varie en fonction de la classe sociale. Ainsi, les jeunes de la classe ouvrière britannique ont une aversion au risque plus grande que leurs confrères d autres classes sociales. Les auteures postulent que la construction de la notion de valeur soit les questions de risque, de coût et de bénéfice varie en fonction de la classe sociale. Dans des focus groups menés auprès de 109 jeunes de classe ouvrière britanniques, les auteures y observaient que le discours sur la rentabilité du diplôme y était bien implanté et ressemblait en tous points au discours dominant. Toutefois, l accès à l université était souvent qualifié comme étant une entreprise risquée, tant sur le plan financier (coût d opportunité élevé) que pédagogique (risque d échec). Nous verrons plus loin que l endettement étudiant est corrélé avec l abandon scolaire. Deux autres mécanismes sont à l œuvre. D une part, les jeunes issus de milieux défavorisés présenteraient, dans leur conception du coût des études, une propension à surestimer le coût des études et sous-estimer sa rentabilité. Tableau 3-1 : perceptions des Canadiens des coûts et avantages des études universitaires en 2003 Source : FCBEM, 2004, p. 109 La rationalité serait ainsi modulée en fonction des origines socioéconomiques (Vossensteyn, 2005, in FEUQ, 2010). Au final, selon Finnie et Laporte, l aversion pour l endettement aurait dissuadé 2 % des jeunes Canadiens à poursuivre des études postsecondaires. Notons toutefois que d autres motifs d ordre financier peuvent être à l œuvre : la proportion d étudiants complètement repoussés par la possibilité de s endetter reste considérable, en prenant en compte le pouvoir d attraction de l éducation universitaire. Callender et Jackson (2005) ont étudié l aversion à l endettement et la perception de la rentabilité du diplôme universitaire en fonction de la classe sociale chez les jeunes Britanniques. Comme plusieurs auteurs avant eux, ils en concluent que l aversion à l endettement est plus forte chez les plus démunis, même si la perception des coûts et bénéfices de l université est similaire en fonction de la classe sociale. 30

45 La question de l efficacité générale des prêts pour études a été explorée en 2007 par la FEUQ, dans le cadre d une étude de faisabilité sur la conversion des prêts offerts par l AFE en bourses d études. Citant St-John (St-John, 1990 in FEUQ, 2007), l auteur affirme que l augmentation de l aide offerte sous forme de prêts n aidait pas à l accès aux études pour les étudiants plus démunis, ceux là même qui sont la principale clientèle des programmes d aide aux études Le rôle de la famille La famille joue un rôle important dans l accès à l éducation. Nous l avons placé à l entrée aux études : toutefois, nous verrons plus loin que la famille joue un rôle dans toutes les étapes du cheminement universitaire. À cet égard, les modifications de politiques en matière d endettement étudiant peuvent avoir des impacts diversifiés. Christie et Munro se sont penchés sur cette question en Angleterre. La relation à l endettement étudiant y est modélisée comme suit (Christie et Munro, 2003). Tableau 3-2: Attitudes individuelles face aux coûts et bénéfices financiers de l'éducation universitaire Perception de la rentabilité économique Aversion à l endettement Nulle Moyenne Nulle B A Moyenne E D C Forte Forte Bien entendu, il s agit d idéaux types qui ne se retrouvent que rarement de façon pure dans la population. On retrouve d un côté la rentabilité économique et de l autre l aversion à l endettement : il s agit donc d une forme modifiée de calcul coût-bénéfice, où les coûts sont principalement l endettement et les bénéfices, la rentabilité économique perçue. Les auteurs se sont penchés sur le cas britannique, interrogeant 49 étudiants de deux universités. Ils identifient trois types d étudiants, principalement en fonction de leur relation à l endettement : ceux qui évitent la dette (type C), ceux qui sont neutres (type D) et ceux qui choisissent de s endetter (type E). Les types A et B ne se trouvaient pas dans les échantillons des auteurs, et on peut présumer qu ils ne fréquentent pas l université, vu qu ils ne perçoivent pas d avantages économiques à la fréquentation universitaire 16. Notons aussi que le régime britannique de prêts est qualifié d incomecontingent, ou de régime de remboursement proportionnel au revenu (RPR) en français, contrairement au régime québécois, et souvent présenté comme une panacée pour enlever les effets négatifs de l endettement étudiant. 16 Le modèle présenté en est un théorique qui a servi à bâtir l enquête qualitative de l article cité. Les chercheurs n ont pas utilisés tous les profils, ce qui relève d un choix méthodologique. D autres modèles pourraient arriver à des conclusions différentes : celui-ci est particulièrement simple, voire simpliste, car il ne prend en compte qu une forme de rationalité. Le choix d un domaine d étude, comme nous le verrons plus loin, est une dynamique multifactorielle complexe. 31

46 L augmentation du coût des études a des impacts diversifiés sur les étudiants, et leur placement sur l échelle de l aversion à l endettement se fait surtout en fonction de caractéristiques familiales selon deux critères, soit leurs ressources financières et leur capital culturel 17. Ces deux ressources conditionnent l entrée dans le champ universitaire. Selon les auteurs, la présence forte de ces ressources tend à modifier l aversion à l endettement de l étudiant : Les étudiants qui choisissent consciemment de s endetter bénéficient simultanément d un capital culturel et de ressources financières élevées. Leurs parents valorisent l éducation et aident financièrement leurs enfants. Chez ceux-ci, l accès à l éducation universitaire est perçu comme la suite naturelle des choses et les étudiants ont accès à beaucoup d information sur les études universitaires. Ces résultats sont cohérents avec ceux de Callender et Jackson (2005), qui présentent comme facteurs importants de la fréquentation la rentabilité perçue du diplôme et les encouragements de l unité familiale. Les deux facteurs du capital familial sont ici pleinement à l œuvre et favorisent l entrée dans le milieu universitaire. Ceux qui sont neutres face à l endettement disposent de capitaux familiaux plus limités. L information sur les coûts réels de la fréquentation universitaire y est moins présente, ce qui fait que le constat du montant de dette accumulée en cours d études en choque plus d un. La dette n est pas ici un choix, mais une obligation que l on tente de limiter. Ceux qui sont réfractaires à l endettement reçoivent généralement une importante contribution parentale, qui permet d éviter un endettement. D autres ont connu des expériences difficiles dans leur entourage par rapport à l endettement, ce qui les rend réfractaires. Leurs études ne sont pas nécessairement rentables économiquement. On peut greffer à cette catégorie les étudiants en provenance de familles à faible revenu, qui vont plus probablement avoir une aversion à l endettement qui déterminera l accès ou non aux études universitaires selon Callender et Jackson (2005). Les auteurs en concluent qu il faut procéder avec attention dans la modification des politiques en matière d endettement étudiant. Il est impératif de prendre en compte les ressources financières des parents et les coûts y sont souvent sous-estimés à l entrée. Merani et al (2010) l ont démontré pour la médecine. Comparant les caractéristiques sociodémographiques des étudiants québécois et non québécois en médecine, l auteur fait remarquer que l imposition d un régime à frais de scolarité et dette étudiante très élevée dans les autres provinces canadiennes a eu des impacts profondément régressifs sur la composition sociale des programmes : il était 1,22 fois plus probable pour un étudiant québécois de provenir d un milieu à faible revenu. 17 Concept de la sociologie bourdieusienne. Pierre Bourdieu analyse la société contemporaine en fonction de la théorie des champs, où l accumulation de capitaux donné est la condition d entrée et de progression dans un champ donné, qui est lui-même un microcosme autonome du monde social qui est régi par certaines lois. Dans le cas présent, l entrée et la prospérité dans le champ universitaire est conditionné par l acquisition de capitaux culturels (valorisation de l éducation, de l effort) liés au champ universitaire. 32

47 Combinée avec les conclusions d'archer et Hutchings et de Callender et Jackson (2003), on peut en déduire une influence différenciée de l impact de la dette étudiante, en fonction de la typologie vue au tableau 3.1. Les étudiants qui favorisent des domaines à faible rentabilité économique risquent de devoir abandonner leur projet d étude si les bénéfices économiques présumés sont plus faibles que les coûts (type A). Les étudiants en provenance de familles plus démunies tendent à sous-estimer les bénéfices et à surestimer les coûts; plus les prêts augmentent, plus ils risquent de ne pas fréquenter l université (type B). Les étudiants en provenance de familles plus aisées voient comme naturel l accès à l éducation, et vont soit s endetter sans soucis (type E) ou disposer des ressources financières nécessaires pour éviter l endettement étudiant (type C). Les étudiants en provenance de familles plus modestes, mais qui accèdent à l éducation présentent une certaine sensibilité à l endettement étudiant, et vont tenter de le limiter dans la mesure du possible, tout en démontrant une capacité d endettement présente, mais limitée. Il risque de sous-estimer les impacts réels de leur dette d études (type D). D autres sont carrément allergiques à l endettement pour diverses raisons et vont l éviter à tout prix (type C). C est le cas des étudiants en provenance de familles à faible revenu qui présentent la plus forte aversion à l endettement (Callender et Jackson, 2005). Les étudiants qui présentent une attitude négative face à l endettement (types A, C et D) sont plus à risque. En effet, dans une étude britannique, les étudiants qui avaient des attitudes plus positives face à l endettement avaient 1,25 fois plus de probabilité d étudier à l université (Callender, 2003 in Pennell et West, 2005). Or, ces étudiants présentent un profil familial généralement plus aisé. Ainsi, une politique d endettement élevé tend à stratifier l éducation en fonction des classes sociales, avant même l entrée Orienter le choix de domaine ou de région d étude Si nous reprenons la typologie du Tableau 3-2, certains étudiants présentent une plus grande vulnérabilité que d autres. Leur capital familial est relativement faible, et leur aversion au risque est grande. Les étudiants de type C ou D, soient ceux qui présentent une aversion au risque de moyenne à forte, sont particulièrement vulnérables. En effet, dans une analyse classique inspirée de la TCR, on devrait s attendre théoriquement à ce que ces étudiants choisissent des domaines d études à forte rentabilité privée, au détriment de domaines moins rentables, plutôt axés sur la recherche (nous pensons ici, par exemple, aux disciplines des sciences humaines voir Gouvernement du Québec, 2008 in FEUQ, 2010a, p. 69 pour les taux de rendement privés). Ces disciplines étant perçues comme moins rentables, il est probable que le cheminement scolaire des étudiants qui présentent une plus grande aversion au risque soit modifié pour des motifs qui vont au-delà des motivations profondes de l étudiant. D autres n entreprendraient tout simplement pas des études universitaires, faute de motivation économique pour poursuivre les études dans le domaine de leur choix. 33

48 Une telle explication permet de comprendre pourquoi certains auteurs n ont pas perçu de lien entre endettement et durée des études dans les études doctorales aux États-Unis (dont Kim et Otts, 2010) : la sélection s est faite en amont et les étudiants qui se rendent aux études doctorales ont soit une faible aversion à l endettement dû à leur capital familial ou d autres sources, soit des ressources financières suffisantes pour mener à bien leur projet d études. De tels résultats entrent toutefois en contradiction avec ceux constatés par le CNCS-FEUQ (2001) dans une étude sur la durée réelle des études aux cycles supérieurs. En effet, l endettement n est pas toujours directement lié à l allongement des études : c est aussi la propension à travailler en cours d études, induite par le travail rémunéré, qui tend à provoquer un allongement des études. La médecine offre à cet égard un cas de figure intéressant. Profession hautement spécialisée et exigeante sur le plan académique, elle est la plupart du temps accompagnée de factures et de dettes étudiantes faramineuses. Il s agit aussi d un domaine à haute importance stratégique pour les États. Or, plusieurs études rapportent que les niveaux très élevés de dette étudiante contractés par les étudiants en médecine tendent à influencer les choix de carrière. Par exemple, Rosenblatt et Andrilla (2005) ont rapporté une influence certaine, mais modeste, de la dette étudiante sur deux aspects. L influence est négative sur la probabilité d exercer la médecine familiale, généralement moins valorisée et surtout moins rentable. Toutefois, elle serait neutre sur la probabilité d aller étudier dans des régions mal desservies, ce qui s expliquerait de diverses manières, dont les caractéristiques sociodémographiques des répondants ainsi que l existence de programmes incitatifs pour pratiquer dans des régions rurales mal desservies. Ces résultats sont toutefois partiellement contredits par Callender et Jackson (2008), qui voient un impact de l aversion à l endettement sur le choix d institution d enseignement pour les plus démunis et la classe moyenne, et sur les possibilités d emploi en cours d étude pour les plus démunis. Les universités situées loin des grands centres offrant une gamme plus limitée de programmes, on peut donc présumer l existence d une contrainte financière sur le choix du domaine d études (nous y reviendrons plus loin). Il faut aussi mentionner que les auteurs notent que la perception des coûts et des bénéfices de l éducation ont, eux, une influence sur le choix d un domaine d études plus rentable. L effet économique sur les étudiants est autre : plutôt que de choisir un sujet plus rentable, les étudiants à risque vont préférer rester plus longtemps à la maison ou choisir une université moins couteuse. Dans des cas extrêmes, cela pourrait engendrer un système universitaire à deux vitesses, par exemple dans le contexte d un système dérèglementé ou différencié par établissement d enseignement ou par domaines d études. Notons toutefois que l étude se penche sur l entrée aux études universitaires; elle ne donne pas d indicateurs sur l abandon des études en fonction de l aversion à l endettement. Or, la dette tend à créer du décrochage, comme nous le verrons plus loin. C est possiblement à cette étape du cheminement que l effet le plus grand se fait sentir sur les étudiants qui choisissent des domaines à la rentabilité économique d un diplôme donné. La différenciation des frais de scolarité, évoquée plus tôt, a eu des impacts néfastes sur la mobilité sociale, réduisant de 40 % la participation des plus pauvres à l Université Guelph (FCEE 2001 in FEUQ, 2010a) et celle des étudiants en provenance de familles à moins de $ a passé de 35,7 % à 14,9 % entre 1997 et 2000 (ACPPU, 2001 in FEUQ, 2010a). On peut s attendre à un impact similaire si les profils d endettement divergent 34

49 significativement entre domaines d études. On l observe déjà (voir la section 3.4.4) pour la poursuite d études supérieures, qui augmente, bien entendu, le fardeau de la dette dans bien des cas. Fort heureusement, le Québec ne présente pas de différenciation des frais de scolarité ni du fardeau d endettement. Le choix d établissement est une variable intéressante à étudier. Frenette (2007 in FEUQ, 2009a) s est penché sur la question de l éloignement du lieu d études. Les coûts associés à un déménagement pour études sont élevés, ce qui augmente la prise de risque pour l étudiant. C est ici, avec beaucoup plus d acuité, que l on peut constater l influence sur le choix des études postsecondaires qui seront poursuivies. En effet, un étudiant typique situé en région éloignée peut avoir six choix types : 1. Ne pas poursuivre d études postsecondaires. 2. Compléter un diplôme d études collégiales technique et s insérer directement sur le marché du travail. 3. Compléter un programme d études à distance. 4. Compléter un programme d études dans un établissement délocalisé (voir FEUQ, 2008) toutefois, l offre de programme y est généralement limitée. 5. Compléter un programme d études dans la métropole régionale (Saguenay au Saguenay-Lac-Saint-Jean par exemple), et encourir pour la durée du programme soit des frais de transport élevé (entretien d une voiture), soit les coûts d un déménagement, pour une offre de formation qui reste relativement limitée (FEUQ, 2009 b). 6. Compléter un programme d études dans un des grands centres urbains (Montréal, Québec ou Sherbrooke dans certains cas), qui offrent une gamme plus large de programmes d étude. Un étudiant de grand centre n est généralement face qu aux choix 1, 2, 3 ou 6, avec des coûts très différents. Le choix de fréquenter l université est donc facilité par des coûts généralement plus faibles, conséquence directe d une obligation de relocalisation moindre Pendant les études : un frein L endettement étudiant est généralement considéré comme un frein à la réussite scolaire. Il tend à créer du décrochage, surtout chez les plus démunis, tant de manières directe qu indirecte, en générant un besoin de subvenir à ses besoins par le travail plutôt que l endettement. Les impacts psychologiques peuvent aussi être lourds, et une dette importante nuit à la poursuite d études aux cycles supérieurs Une source de décrochage pour les étudiants à risque Plusieurs études ont observé que les prêts étudiants ont des effets négatifs sur la persévérance scolaire. Dongbin Kim (2007) a étudié l impact de l endettement total sur la complétion du programme d études. Pour ce faire, elle étudie le montant du prêt obtenu à la première année et la probabilité de réussite des études. L auteur en a tiré des conclusions troublantes : Chaque augmentation de 1000 $ de prêt annuel a un impact qui varie fortement en fonction du revenu. On constate une hausse du décrochage de 35

50 1,6 % pour chaque hausse de 1000 $ du prêt chez les étudiants en provenance de familles plus démunies (Kim, 2007, p. 85). La relation existe, mais est beaucoup moins marquée, chez ceux de la classe moyenne, alors que les étudiants à hauts revenus sont influencés positivement par une augmentation du prêt. Augmenter les prêts pour études tend donc à être une politique régressive. Les étudiants qui proviennent des groupes minoritaires (asiatiques, hispanophones et afro-américains) voient leur taux de diplomation diminuer avec une hausse du prêt; l effet inverse s observe chez les blancs, généralement plus aisés. Les Afro-Américains sont alors les plus désavantagés. On souligne aussi que des études précédentes remarquent un lien négatif entre prêts et persévérance en fonction de l origine ethnique (Fenske, Porter et DuBrock, 2000; Thomas, 1998 in Kim, 2007) ou du revenu familial (Johnson, Montmarquette et Eckel, 2003). D un point de vue plus général, l aide financière aux études a généralement un impact positif sur la persévérance. Toutefois, la recherche tend à démontrer que les prêts sont une forme moins efficace d aide que les bourses d études, qui elles sont nonremboursables. (FCBEM, 2009, p. 78) Nous pouvons donc en conclure que se fier à un régime d études à dette élevée tend à stratifier l éducation, en discriminant les étudiants en provenance de familles plus défavorisées ou qui ont une attitude défavorable face à l éducation postsecondaire Éviter l endettement par le travail rémunéré Rappelons d abord que le temps de travail rémunéré augmente de manière constante depuis 1976, tel que constaté dans une récente étude de la FCBEM : Tableau 3-3 : Évolution du taux d emploi pour les étudiants canadiens inscrits à temps plein entre 1976 et 2008, septembre à avril Source : Motte et Schwartz, 2009, p. 3 36

51 Les auteurs posent comme hypothèse que la hausse importante des frais de scolarité au Canada est probablement liée à cette hausse de la fréquence du travail rémunéré. On peut opérer un raisonnement similaire avec l endettement étudiant, et la littérature scientifique tend à nous donner raison. D une part, nous avons mentionné plus tôt (section 3.3.3) que certains étudiants, surtout ceux dont le capital familial est relativement faible, craignent l endettement étudiant et tendent à le limiter. Diverses stratégies peuvent être mises en œuvre. En effet, nous verrons plus loin les caractéristiques des étudiants universitaires à divers égards. Quand on analyse les sources de financement des étudiants, toutefois, force est de constater qu elles sont limitées (voir FEUQ, 2010b) : Aides publiques (AFE); Travail rémunéré; Contributions familiales; Bourses d excellence; Endettement privé. L étudiant qui souhaite éviter de s endetter a peu de recours, sinon d augmenter le nombre d heures de travail rémunéré. Le phénomène peut s observer concrètement. Pennel et West (2005 : p. 133 in FEUQ, 2007) ont souligné l existence d un lien entre endettement et travail rémunéré : les étudiants travailleraient pour éviter de s endetter. Ce travail rémunéré tant à avoir deux impacts : l un sur la réussite scolaire, similaire à celui qui a été constaté au Canada par Motte et Schwartz (2005), l autre sur la durée des études Des impacts psychologiques qui peuvent être lourds L endettement étudiant présente des effets négatifs sur la santé psychologique. Leonard (1995) a étudié les comportements des étudiants en sociologie de l université Queen s, à Belfast. On y apprend entre autres que 25 % des étudiants vivaient de l inquiétude engendrée par l endettement qui créait un stress négatif en cours d études, diminuant les performances universitaires. Cette inquiétude tend à croître en fonction des dettes. Merani et al., (2010) se sont aussi penchés sur la notion de stress financier. Les étudiants en médecine québécois, qui présentaient une dette médiane trois fois moins élevée, présentaient aussi un stress financier qui était 0,43 fois celui de leurs collègues des autres provinces en Cette proportion était de 0,60 en 2001, alors que le rapport entre les dettes médianes québécoises et hors Québec était similaire, mais la dette médiane hors Québec beaucoup moins élevée ( $ contre $ en 2007). Les impacts psychologiques sont diversifiés (Scott). Toutefois, plusieurs ont observé une augmentation de la probabilité de dépression pour les diplômés à forte dette, et une augmentation de la probabilité de dépression face à un niveau élevé de difficultés financières en cours d études (Andrews et Wilding, 2004) ; Une aide financière efficace, qui minimise le recours aux prêts, améliore la qualité des études d une autre façon : elle permet un meilleur engagement dans le projet d études, 37

52 tant dans ses dimensions académique que social (Hossler, 2008 in FCBEM, 2009). Une augmentation de l engagement étudiant tend à améliorer la persévérance aux études L abandon du projet d études supérieures La poursuite d études supérieures est un enjeu crucial. Or, il semblerait que les étudiants qui poursuivent des études de maîtrise soient moins endettés que ceux qui vont directement sur le marché du travail une différence moyenne de 3200 $ (PRA inc., p. 17). Il semblerait donc exister une relation. Millett (2003) s est penchée sur l impact de la dette d études acquise au baccalauréat sur l admission à un programme d études supérieures (maîtrise ou doctorat) en 1993/1994. Les résultats sont éloquents. Les diplômés sans dette ont appliqué à 58,7 % à un programme d études supérieures, contre 46,1 % des plus endettés ( $ et plus. Ceux ayant une dette entre 100 $ et $ ont appliqué dans une proportion allant de 46,6 % à 50,6 %. Les analyses statistiques effectuées confirment l effet : les étudiants avec une dette de 5000 $ à $ avaient 1,6 moins de chance d appliquer aux études supérieures : le ratio est de 1,4 fois pour les dettes allant de $ à $. L intérêt de cette étude, au-delà de ses résultats sans équivoque, est qu elle réfute plusieurs études précédentes aux résultats contradictoires à l aide d un échantillon beaucoup plus large ainsi que de méthodes statistiques robustes Après les études Les dettes d études ont aussi un impact quand l étudiant diplôme. Le remboursement et le taux de défaut sont une dimension fortement étudiée, et les dettes courantes ont un impact important sur les finances des ex-étudiants, qui doivent y consacrer une part importante de leurs revenus Des impacts sur l État et les ex-étudiants : le remboursement des dettes d études Constantine Kapsalis s est penchée sur les facteurs influant le remboursement des prêts aux étudiants (Kapsalis, 2006). Alors que 24 % des bacheliers qui souscrivaient au Programme canadien de prêts aux étudiants (PCPE) avaient des difficultés de remboursement, c est le revenu personnel qui apparaît être le principal facteur de défauts de paiement. La chercheuse concluait en effet que deux facteurs influençaient le défaut. D une part, le revenu futur est directement corrélé avec le taux de défaut : plus le revenu est élevé, plus le taux de défaut est faible. Elle estimait que chaque tranche de 1000 $ de revenu diminuait le taux de défaut de l ordre de 1,2 % (Kapsalis, 2006, p. 10). D autre part, les dettes élevées entraînent un bond considérable dans le défaut de paiement. Alors que le défaut reste environ stable pour des dettes allant de 0 $ à $, le taux de défaut augmentait d un spectaculaire vingt points pour les dettes dues au PCPE de l ordre de $ et plus. Il faut toutefois noter les limites de la recherche : d une part, son périmètre de l endettement étudiant restait très restreint, limité essentiellement au programme fédéral de prêts étudiants (le PCPE). Ainsi, le Québec n est pas inclus, tout comme les programmes provinciaux de prêts étudiants. Notons aussi que de facto, les prêts privés sont exclus. Les données sont aussi très vieilles, les plus récentes datant de 1997 pour les consolidations faites en

53 Ainsi, plus une dette sera élevée, plus les coûts de programme seront parallèlement élevés. On estimait qu un prêt étudiant accordé en 2009 coûtait environ 17 par dollar prêté à l État québécois, en termes de frais administratifs, de frais d intérêts et de prêts tout simplement perdus 18. En contrepartie, des fonctionnaires du ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences du Canada estimaient ce même coût de gestion à près de 30 % à 40 % de la valeur du prêt (FCBEM, 2009, p.168). Ainsi, plus la taille de la dette étudiante augmente, plus on peut s attendre à une augmentation des taux de défaut des prêts, qui entraîne des frais considérables 19 pour l État, ainsi que des impacts non négligeables sur les finances du nouveau diplômé. D autres études se sont penchées sur les défauts de paiement. C est le cas de Laure Greene Knapp et Terry G. Seaks, qui se sont penchés sur la situation américaine (Greene Knapp et Seaks, 1992). Ils en déterminaient quatre variables significatives dans l étude des défauts sur les prêts : la situation familiale, la graduation, le revenu parental et la race. La situation familiale avait une influence. Une famille unie diminuait de 2,7 % le taux de défaut. Le revenu familial a un impact significatif, mais faible : chaque $ de revenu diminuait de 2 % le taux de défaut. Ainsi, les étudiants en provenance de milieux plus défavorisés sont empiriquement dans une situation financière plus difficile après leurs études, ce qui peut s expliquer de plusieurs manières. Le système universitaire américain reste fortement inégalitaire, et il n est pas aisé de tirer des comparaisons avec la situation québécoise. Toutefois, on peut s attendre à des comportements similaires dans la société québécoise : les parents peuvent être un soutien financier pour un nouveau diplômé en début de carrière. L obtention du diplôme améliore de 10 % le taux de défaut. Les décrocheurs n ont évidemment pas accès aux emplois dont les portes sont ouvertes par la diplomation universitaire. Le fait d être ou non un Afro-Américain influence négativement le taux de défaut de l ordre de 10 %. Ceux-ci vivent des difficultés économiques particulièrement graves. Ce faisant, les auteurs rejettent l idée que des établissements universitaires donnés engendrent des situations de défaut qui soient pires que d autres. Ils préfèrent plutôt noter l importance des caractéristiques étudiantes. Wilms, Moore et Bolus, quant à eux, soulignent qu en Californie, les caractéristiques personnelles comme l abandon scolaire, l ethnicité, le statut de citoyenneté ou le revenu familial tendent à influencer le taux de défaut. Flint (1997) présente une interprétation différente, où le fait d être plus âgé, un homme ou Noir tendent tous à augmenter le taux de défaut, tout comme le revenu disponible. Les autres caractéristiques n auraient, selon lui, pas d impact. Ainsi, il suggère d explorer les motivations psychologiques des emprunteurs en situation de défaut de 18 Calculs de la FEUQ confirmés par les fonctionnaires de l AFE. 19 Voir la section pour les divers mécanismes de remboursement au Québec 39

54 paiement. Il faut aussi noter que cette étude conclut que le paiement des prêts est d abord et avant tout une question d argent. Toutefois, le montant de la dette ne semble pas, dans ce cas, avoir d impact sur l existence ou non d un défaut de paiement. D autres études sont plus adaptées à la situation canadienne. Des questions de l Enquête nationale auprès des diplômés (END) évaluent si les étudiants avaient eu des difficultés pour rembourser leur prêt étudiant trois ans après la sortie. Au niveau universitaire, 12 % des diplômés du baccalauréat avec une dette peu élevée (moins de $), 22 % des répondants avec une dette moyenne ( $ à $) et 43 % des répondants sortant avec une dette élevée ( $ et plus) ont éprouvé une difficulté de remboursement (FCBEM, 2009, p. 219), contredisant les résultats précédents. On peut tirer une conclusion générale de l analyse de la littérature sur les défauts de paiement. En effet, bien que des éléments comme une information financière adéquate ou l amélioration de certaines démarches administratives semblent généralement être des mesures intéressantes à mettre en place pour les décideurs publics (voir entre autres Comité d experts sur les modalités du remboursement de la dette d études, 1997), la question du taux de défaut est principalement fonction du revenu du diplômé et du montant de la dette. C est donc, en dernière analyse, une question d argent. Le défaut de paiement est toutefois une situation extrême. Évaluer les impacts de la dette d études demande d aller plus loin, en se penchant sur les finances des nouveaux diplômés Impacts sur les finances des nouveaux diplômés May Luong, dans un article récent publié par Statistique Canada, explore certains des impacts de la dette étudiante sur les nouveaux diplômés canadiens (Luong, 2010). La présence d une dette étudiante présente plusieurs impacts, la plupart étant négatifs ; on ne voit pas d impacts sur le revenu, qui est la seule variable qui n est pas influencée. D une part, le taux d épargne est fortement affecté : 47 % des non-emprunteurs détenaient une épargne contre 39 % des emprunteurs. La propriété est aussi affectée négativement, la probabilité de détenir un logement étant de 53 % contre 60 % pour les non-emprunteurs. L impact le plus probant est sur la richesse des étudiants emprunteurs et non emprunteurs. En effet, le montant de dette totale reste relativement stable entre emprunteurs et non-emprunteurs. Toutefois, la nature de la dette varie, ce qui implique que l actif moyen des non-emprunteurs [ $] est nettement plus élevé que celui des emprunteurs [ $]. Que peut-on déduire de ces résultats? D une part, un impact non négligeable sur la croissance économique. En effet, si la dette totale d un ménage reste stable, plus la dette étudiante augmente en fréquence et en taille, plus la capacité d emprunt diminue. Il existe aussi une iniquité majeure dans les résultats de l éducation postsecondaire, qui ne se traduit pas de manière aussi directe qu on le croirait. Les caractéristiques sociales des emprunteurs et des non-emprunteurs, et au premier chef leur origine sociale, se révèleront très différentes. L endettement étudiant affecte ainsi durement la fonction de mobilité sociale de l éducation postsecondaire, en diminuant fortement la rentabilité strictement économique d une catégorie spécifique d étudiants : ceux qui ont besoin d un prêt étudiant pour fréquenter l université. Plus le recours à l endettement étudiant augmente [que ce soit par l augmentation du plafond de prêt ou la diminution du 40

55 niveau d aide, qui force le recours aux prêts privés], plus on crée deux catégories d étudiants : l une plus privilégiée et l autre qui rembourse ses dettes d études. Il faut aussi noter que l historique de crédit joue presque toujours un rôle dans l octroi de prêts. Un étudiant qui fait face à des difficultés de paiement verra son crédit affecté, diminuant sa possibilité de contracter un prêt pour d autres achats Modélisation des impacts de l endettement étudiant Après avoir recensé les impacts de l endettement étudiant sur les diverses facettes de l étudiant, il est opportun de compiler les impacts majeurs, ce que nous ferons dans le Tableau 3-4. Rappelons aussi les déterminants principaux de l endettement en général : ce sont dans l ordre la situation financière, les capacités de gestion financière et la socialisation économique. Les jeunes en dépendent de plus en plus, malgré leur formation financière souvent défaillante. Tableau 3-4 : Les impacts de l'endettement étudiant Avant Pendant Après Les étudiants avec prêt ont 1.5 à 1.8 plus de probabilité de débuter leurs études en retard [Canada]; Les motifs financiers sont le principal motif de nonfréquentation [Canada] L aversion à l endettement : variable selon la classe sociale. Les futurs étudiants sont sensibles aux prix tells qu affichés La famille [ressources financières et volonté d aider l étudiant] joue un rôle majeur Orienter le choix du domaine ou de la région d étude selon le coût et non le talent Kim : $ de prêt annuel fait augmenter de 1,6 % le décrochage chez les plus démunis, avec un impact plus grand dans les minorités culturelles. [Etats-Unis] Les prêts sont moins efficaces que les bourses en matière d accès Les étudiants évitent l endettement par le travail rémunéré, qui cause du décrochage scolaire. Hausse du stress et de la détresse psychologique en fonction du montant de dette. L abandon du projet d études de cycles supérieurs Le défaut de paiement est fonction du revenu sur le marché du travail Les dettes élevées augmentent le taux de défaut. Plus le taux de défaut augmente, plus les coûts de gestion des programmes de prêts augmentent. Au Canada : de 12 % à 43 % des finissants du baccalauréat ont eu des problèmes de paiement, en fonction de la taille de la dette. La dette étudiante diminue de manière importante la marge de manœuvre financière des diplômés. Quelques conclusions d ordre théorique s imposent. D abord, l étudiant, comme n importe quel être humain, n est pas purement rationnel. Bien qu il soit un acteur rationnel, sa prise de décision sur l entrée à l université ou non est influencée par de nombreux facteurs, dont l environnement familial, l appui financier disponible et l aversion à l endettement. Le calcul coût-bénéfice de l éducation postsecondaire est généralement favorable à la participation, mais les bénéfices sont difficiles à estimer. Les processus cognitifs en cours d études jouent un rôle, et l endettement peut agir comme catalyseur dans une décision de décrochage universitaire. Notons aussi que les nouveaux diplômés font face à des défis multiples. Au-delà de l intégration sur le marché du travail, ceux qui sont endettés doivent repayer leurs prêts, 41

56 avec une possibilité non négligeable de défaut de paiement et de rentabilité économique moindre que prévu du diplôme. Finalement, l endettement étudiant, surtout l endettement public, soulève une importante question de justice sociale. Une politique sociale qui endette prioritairement les jeunes les plus démunis et les plus à risque est-elle juste? Nous y reviendrons en conclusion. 42

57 4. Méthodologie Cette section vise à présenter les paramètres méthodologiques de l étude quantitative présentée dans les sections 5 à 8. Pour l analyse statistique plus détaillée, le lecteur est invité à consulter l annexe II, qui comprend tous les tableaux bruts Méthodes statistiques Toutes les données ont été analysées de la manière suivante : Statistiques descriptives Présentation des données brutes. Les variables continues ont été converties en variables ordinales pour la présentation des données. Analyse du taux d endettement Présentation des données brutes par tableau croisé. Les variables continues ont été converties en variables ordinales, et certaines variables ordinales ont été manipulées pour la présentation des tableaux seulement (regroupements de valeurs éloignées de la médiane). Analyse de corrélation statistique. Dans le cas des variables dichotomiques, nous avons utilisé une corrélation phi (Φ). Notons que ce coefficient de corrélation est un peu différent des autres : sa borne supérieure est déterminée par la répartition entre les deux positions possibles de la variable dichotomique. Dans le cas des variables continues, nous avons employé une corrélation de Pearson (notée r pb ), qui approxime efficacement les corrélations bisérielle de point, qui sont les plus appropriées, mais que SPSS ne calcule pas directement. Dans un cas, nous avons utilisé le τ-c de Kendall. Analyse du montant de dette Présentation des données brutes par comparaison de moyennes. Les variables continues ont été converties en variables ordinales pour la présentation des tableaux. Analyse de corrélation statistique. Nous avons utilisé la corrélation de Pearson (r), qui peut être élevée au carré pour illustrer le montant de la variance expliquée par la corrélation. Toutefois, les tableaux présentent bien le fait que les relations ne sont pas toujours linéaires, ou des distributions qui ne sont pas nécessairement normales. Dans de tels cas, nous le noterons dans l analyse. De plus, nous avons employé le rho de Spearman (ρ), qui est non-paramétrique. Son interprétation diffère quelque peu de la corrélation de Pearson, mais il s agit du même type de test. Aux fins d analyse de corrélation, nous avons retenu trois niveaux de signification, soit p<,001 (***), p<,01 (**) et p<,05 (*). Les données les plus intéressantes sont présentées dans les sections qui suivent. À moins d indication contraire, tous les tests de signification sont des tests bidirectionnels. Les taux de corrélation comprennent deux 43

58 données importantes : le signe, qui indique le sens de la relation, et la valeur, qui indique la force de la relation. Plus on s approche de 1 ou -1, plus la relation est forte. Toutefois, il est difficile d établir une règle universelle pour la force des corrélations. Comme vous le verrez, la plupart des effets sont significatifs, mais relativement faibles. Il est important de rappeler qu un effet statistiquement significatif n est pas nécessairement intéressant : il ne signale essentiellement que le fait que la différence n est pas due au hasard. Cette règle est particulièrement vraie pour les échantillons de grande taille : ceci explique pourquoi on retrouve plus de corrélations statistiquement significatives pour l endettement dû à l AFE que pour l endettement face à la famille Échantillonnage et représentativité Comme le mentionnait le rapport méthodologique de l enquête, les données recueillies tracent un portrait représentatif de la population étudiante québécoise. Toutefois, elle présente un certain nombre de limites générales et spécifiques qu il faut prendre en compte. Il faut d abord noter que certains établissements d enseignement ont refusé de participer à l enquête : il s agit de l Université McGill et des HEC, pour le bassin de population qui nous concerne. Toutefois, les données finales restent proches de la réalité constatée. Il existe aussi une limite spécifique à l utilisation des données de l enquête. En effet, le questionnaire a été distribué aux étudiants en cours d études, et leur demandait d estimer leur endettement projeté en cours d études. Ainsi, les données ne témoignent pas entièrement de la situation réelle des étudiants à la sortie, mais bel et bien de leur projection de leur situation financière à leur sortie du diplôme. Il peut donc exister un certain biais dans les données. Les données sur l endettement total ainsi que l endettement à l AFE sont toutes deux fiables, correspondant aux données officielles. Nous pouvons donc procéder avec confiance. Nous avons travaillé sur un sous-échantillon : nous n avons analysé que les données pour les étudiants inscrits à temps plein (n=9006). Lorsque l on travaille sur l entièreté de l échantillon, la marge d erreur est de 1 %, 19 fois sur 20. Bien entendu, plus on descend dans les sous-échantillons, plus la marge d erreur devient élevée. Dans le cas de très petits échantillons, des avertissements sont notés. Le taux de réponse élevé permet d affirmer que l étude est représentative de la population universitaire québécoise. Il faut aussi noter que la méthodologie de calcul diffère de celle employée dans l enquête. En effet, nous utilisons le programme SPSS et il existe de légères différences dans la pondération des données, ce qui peut expliquer quelques différences marginales dans les valeurs moyennes et médianes. D autres différences peuvent émerger des valeurs manquantes, qui peuvent faire varier les montants moyens de dettes dans les tableaux croisés selon les variables de contrôle Traitement des données Toutes les données ont été traitées en fonction de trois méthodes. Tout d abord, nous avons examiné la variation du taux d endettement. Les variables ont été dérivées du niveau d endettement projeté à la fin des études de premier cycle : il s agit d une variable dichotomique. Le taux d endettement est défini comme la proportion d étudiants qui s attendent à sortir de leurs études avec une dette en provenance de l une des trois sources identifiées, ou simplement qui s attendent à sortir avec au moins une dette pour le taux d endettement total. 44

59 Par la suite, nous avons analysé la variation du montant. Pour être comptabilisé dans les calculs, un étudiant devait présenter au moins un dollar de dette projetée à la fin des études : cette méthode de calcul permet de déterminer la variation du montant de dette pour la population qui est déjà endettée. Finalement, à la fin de chaque section, nous présentons un tableau résumant les tests statistiques. Le Tableau 4-1 en présente un exemple. Tableau 4-1 : Exemple de tableau résumant les tests statistiques AFE Privé Famille/amis Total Durée Taux; r pb,05***,06***,01,04*** Montant; r,04**,09***,07**,06*** Montant; ρ,07***,12***,01,10*** La première colonne comprend d abord la variable étudiée en gras : ici, c est la durée des études. Ensuite, la ligne Taux; r pb indique que la ligne présente la variation du taux d endettement en utilisant la corrélation bisérielle de point. Montant; r indique que l on analyse la variation du montant d endettement. Finalement, Montant; ρ indique que l on analyse la variation du montant selon le ρ de Spearman. Les autres colonnes présentent les coefficients de corrélation en fonction des trois formes d endettement étudiant retenues, et l endettement total. Plusieurs tableaux ont été simplifiés pour en faciliter la compréhension. Des annexes statistiques en format Excel sont disponibles auprès de la FEUQ pour le lecteur qui souhaite approfondir sa compréhension. 45

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61 5. L endettement étudiant : caractéristiques principales Quelles sont les caractéristiques principales de l endettement étudiant au Québec? Nous exploiterons pour répondre à cette question les données de l enquête sur les conditions de vie des étudiants de premier cycle. Comme mentionnés en introduction, nous ne nous attarderons qu aux étudiants de premier cycle inscrits à temps plein. Nous évaluerons principalement la proportion des étudiants qui s endettent ainsi que le volume de cette dette Caractéristiques du taux d endettement Une part importante des étudiants doit s endetter pour réussir à compléter leur projet d étude. La Figure 5-1 illustre le taux d endettement en fonction de la source. Comme on peut le voir aisément, c est le programme québécois d aide financière aux études qui est la source d endettement la plus fréquente, avec 47 %. Toutefois, 35 % des étudiants s attendent à sortir de leurs études endettés auprès d une institution financière, et 17 % s attendent à devoir de l argent face à leur famille ou leurs amis. Au total, 65 % des étudiants s attendent à sortir de leurs études avec au moins une dette. À noter que le total n est pas la somme des taux d endettement : il est possible de s endetter à plus d une source. Figure 5-1: Taux d'endettement par source (&#$!"#$ %&#$ '"#$ )*+$,-./01$ * $ 78924$ Le nombre de sources de dettes Une dette vient souvent seule. 36 % des étudiants ne présentent qu une seule source de dettes. Toutefois, 22 % en cumulent deux, alors que 7 % cumulent les trois sources distinctes d endettement que nous avons identifiées. 47

62 Figure 5-2 : Nombre de sources de dettes )&'%(%/& 0+&.&'%(%/&..+&!"#"$%& '%(%& )*+&,&'%(%& )-+& Le fait de cumuler plusieurs dettes de plusieurs sources différentes influence de manière importante le montant de la dette. D une part, la dette totale croît avec le nombre de dettes (r=,37 à p <,001), ce qui est logique et normal. Les différentes formes de dettes se comportent de manière un peu plus erratique. La dette à l AFE croît avec le nombre de dettes, mais sa croissance est faible (r=,06 à p<,001). La dette privée, quant à elle, reste stable, peu importe le nombre de dettes, ne montrant pas de relation statistiquement significative. La dette familiale présente un motif plus intéressant : son montant s affaiblit en fonction du nombre de dettes (r=-,17 à p<,001), indiquant qu il s agit d une dette qui n obéit pas aux règles financières normales. 48

63 Figure 5-3 : Variation du niveau de dette en fonction du nombre de sources de dettes $6?$777$$9$$ $67$777$$9$$ $3?$777$$9$$ $37$777$$9$$ $?$777$$9$$ $@$$$$9$$!"#$ %&'()$ "*+',,-.*+'/$ 012*,$ 3$4-5-$ 36$738$$9$$ :$;83$$9$$ :$6;7$$9$$ 37$33<$$9$$ 6$4-5-/$ 3<$<:8$$9$$ =$<;=$$9$$ >$8=6$$9$$ 3=$>3<$$9$$ <$4-5-/$ 3<$<8?$$9$$ :$;>3$$9$$ >$7>:$$9$$ 67$;66$$9$$ Caractéristiques du volume de dette Les montants de dettes contractées sont souvent assez importants, comme le démontre le Tableau 5-1.Tableau 5-1. Tableau 5-1: Caractéristiques des dettes par source AFE Privées Famille/amis Total Moyenne $ $ $ $ 1er quartile $ $ $ $ Médiane $ $ $ $ 3e quartile $ $ $ $ Évidemment, c est à l aide financière aux études que l on retrouve les montants de dettes les plus importants, avec une dette moyenne de $ à la sortie. Cette dette moyenne est plus élevée que la dette médiane, à $, indiquant une distribution avec une faible concentration de dettes relativement petites. Cela s explique par le fonctionnement du programme de prêts et bourses, qui octroie les prêts en fonction d un plafond de prêts. De plus, un étudiant qui bénéficie des prêts et bourses va généralement en bénéficier tout au long de son cheminement, dans les limites imposées par le programme. Rappelons aussi l existence d une limite d endettement relativement élevée, qui borne le maximum de prêts. L étude détaillée des sources d endettement s avère toutefois plus troublante, en révélant l existence d une minorité importante d étudiants fortement endettés. La Figure 5-4 illustre la distribution des montants de dettes dues à l AFE. 47 % des bénéficiaires devront de $ à $ au programme à la fin de leur diplôme de premier cycle. Il est toutefois inquiétant de voir que 29 % des étudiants, soit près du tiers, s attendent à devoir plus de $ à la fin de leurs études de premier cycle, et 10 %, plus de $. 49

64 Figure 5-4 : Distribution des montants de dettes dues à l'afe!"#$!%#$!&#$ '(#$ )#$ )#$ '#$!#$ &#$ '#$ '*&&$+$,&&&*&&$,&&'*&&$+$'&&&&*&&$ '&&&'*&&$+$',&&&*&&$ ',&&'*&&$+$!&&&&*&&$!&&&'*&&$+$!,&&&*&&$!,&&'*&&$+$(&&&&*&&$ (&&&'*&&$+$(,&&&*&&$ (,&&'*&&$+$"&&&&*&&$ "&&&'*&&$+$",&&&*&&$ ",&&'*&&-$ La deuxième source de dette en importance vient des institutions financières, avec une dette moyenne de $ pour les 35 % d étudiants qui s endettent de cette source. On remarque toutefois, comme dans le cas des dettes familiales, que le 1 er quartile, à $, révèle une forte importance de prêts de taille relativement modestes. La Figure 5-5 explore la distribution des montants de dettes en provenance d institutions financières. 55 % de celles-ci sont de 5000 $ ou moins, comme le révélait la médiane. Toutefois, cette importante concentration de ce montant de dettes ne doit pas cacher qu une portion non négligeable d étudiants contractent des dettes très importantes dans le secteur privé. Une dette de $ et plus est le lot de 16 % des étudiants qui ont une dette de ce type. Rappelons qu une dette due à un établissement privé est souvent moins avantageuse qu un prêt public, dû à des conditions de remboursement moins intéressantes, un taux d intérêt plus élevé et aucune exonération du paiement d intérêt en cours d études. 50

65 Figure 5-5 : Distribution des montants de dettes en provenance d'institutions financières!"#$ %&#$ '#$ ((#$ )#$ *#$ %#$!#$ +#$ (,&&$-$ %*&&,&&$ %*&(,&&$-$ *&&&,&&$ *&&(,&&$-$ "*&&,&&$ "*&(,&&$-$ (&&&&,&&$ (&&&(,&&$-$ (%*&&,&&$ (%*&(,&&$-$(*&&(,&&$-$("*&(,&&$-$%&&&(,&&.$ (*&&&,&&$ ("*&&,&&$ %&&&&,&&$ La dernière source de dettes en importance est la dette familiale, dont la dette moyenne se situe à 5234 $ et la dette médiane à 3000 $. La Figure 5-6 nous permet de constater que les dettes familiales sont généralement des dettes de moindre envergure que celles des deux autres sources. On retrouve encore là une portion importante d étudiants, soit 27 %, qui ont ce type de prêts qui ont des dettes relativement importantes, de l ordre de 5000 $ et plus. Figure 5-6 : Distribution des montants de dettes familiales!"#$ %#$ &#$ '#$ (#$!#$ &#$!)(($*$&+(()(($ &+(!)(($*$ +((()(($ +((!)(($*$ %+(()(($ %+(!)(($*$!(((()(($!(((!)(($*$!&+(()(($!&+(!)(($*$!+((()(($!+((!)((,$ Le montant de dette totale, à $, est assez important. De plus, le 3 e quartile, à $, révèle la présence d une portion importante d étudiants qui cumulent des dettes assez volumineuses. 51

66 Figure 5-7 : Distribution des montants totaux de dette!"#$!%#$ &'#$ &!#$ "#$ (#$ )#$ *#$ (#$ &+%%$,$ '%%%+%%$ '%%&+%%$,$ &%%%%+%%$ &%%%&+%%$,$ &'%%%+%%$ &'%%&+%%$,$!%%%&+%%$,$!'%%&+%%$,$*%%%&+%%$,$*'%%&+%%$,$)%%%&+%%-$!%%%%+%%$!'%%%+%%$ *%%%%+%%$ *'%%%+%%$ )%%%%+%%$ 5.2. L impact de l endettement déjà contracté On pourrait croire que les formes d endettement se remplacent : dans ce cas, la présence d une forme d endettement diminuerait la fréquence des autres formes d endettement. Or, c est la relation inverse que l on peut constater : dans toutes les formes de dettes, il existe une corrélation statistiquement significative avec la probabilité d endettement et le montant de dettes moyens. La seule exception à la règle est l endettement familial, dont le niveau de dette diminue au fur et à mesure que le nombre de sources de dettes augmente. Nous étudierons en séquence les trois formes d endettement que nous avons retenu, en fonction de trois relations : l évolution des taux d endettement, la variation du taux d endettement en fonction du montant de dette accumulée et les relations entre les montants de dette. La première série d indicateurs permet de savoir si le fait d avoir une dette à une source donnée a une influence sur l endettement à une autre source, la seconde si le fait d être endetté à une première source et à une seconde a une influence sur le niveau de dette de la première source et la troisième si l augmentation des montants de dettes pour quelqu un qui cumule les deux sources sélectionnées s influence Relations entre les taux d endettement Le fait d être inscrit à l AFE tend à augmenter la probabilité de sortir de ses études avec une dette privée : la relation est moyennement forte (Φ=,30 pour p<,001). Le quart des étudiants ont à la fois une dette à l AFE et une dette privée, alors que 22 % ont une dette à l AFE, mais pas de dette privée. Seulement 13 % ont une dette privée sans dette à l AFE. Fait à noter, plus de la moitié des répondants avec une dette à l AFE s attendaient aussi à sortir des études avec une dette privée. Près des deux tiers des étudiants qui avaient une dette privée avaient aussi une dette à l AFE. Les tableaux qui suivent exigent des explications, étant donné qu ils contiennent une somme importante d information. Chaque variable présente trois lignes. La ligne 52

67 % ligne doit être lue en fonction de la ligne du tableau : 76,50 % des étudiants sans dette à l AFE n ont pas de dette privée, par exemple. La ligne % colonne, quant à elle, doit être lue en fonction de la colonne du tableau : 34,6 % des étudiants sans dette privée ont une dette à l AFE. Finalement, la ligne % du total doit être lue en fonction de tous les étudiants : 24,10 % des étudiants ont une dette privée et une dette à l AFE. Tableau 5-2 : Relation entre le taux d endettement à l AFE et le taux d endettement privé Probabilité d'avoir une dette privée en fonction de la présence ou de l'absence d'une dette à l'afe Absence d'une dette privée Présence d'une dette privée Absence d'une dette à l'afe 76,50% 23,50% 100,00% Présence d'une dette à l'afe 47,60% 52,40% 100,00% Total 63,20% 36,80% 100,00% Total Probabilité d'avoir une dette à l'afe en fonction de la présence ou de l'absence d'une dette privée Absence d'une dette à l'afe Présence d'une dette à l'afe Absence d'une dette privée 65,40% 34,60% 100,00% Présence d'une dette privée 34,50% 65,50% 100,00% Total 54,00% 46,00% 100,00% Total Profil d'endettement des étudiants Absence d'une dette privée Présence d'une dette privée Absence d'une dette à l'afe 41,30% 12,70% 54,00% Présence d'une dette à l'afe 21,90% 24,10% 46,00% Total 63,20% 36,80% 100,00% La relation entre endettement à l AFE et dette familiale est similaire, mais moins forte (Φ=,112 à p <,001). 11 % des répondants cumulaient une dette familiale et une dette à l AFE : il s agit toutefois de plus de la moitié des répondants déclarant une dette familiale, et près du quart des étudiants avec une dette de l AFE. Total 53

68 Tableau 5-3 : Relation entre le taux d endettement à l AFE et le taux d endettement familial Probabilité d'avoir une dette familiale en fonction de la présence ou de l'absence d'une dette à l'afe Absence d'une dette familiale Présence d'une dette familiale Absence d'une dette à l'afe 85,40% 14,60% 100,00% Présence d'une dette à l'afe 76,60% 23,40% 100,00% Total 81,40% 18,60% 100,00% Total Probabilité d'avoir une dette à l'afe en fonction de la présence ou de l'absence d'une dette familiale Absence d'une dette à l'afe Présence d'une dette à l'afe Absence d'une dette familiale 57,60% 42,40% 100,00% Présence d'une dette familiale 43,30% 56,70% 100,00% Total 54,90% 45,10% 100,00% Total Profil d'endettement des étudiants Absence d'une dette familiale Présence d'une dette familiale Absence d'une dette à l'afe 46,90% 8,00% 54,90% Présence d'une dette à l'afe 34,50% 10,50% 45,10% Total 81,40% 18,60% 100,00% On retrouve aussi une relation moyennement forte entre endettement privé et endettement familial : celle-ci explique 5 % de la variance. Seulement 11 % des répondants cumulaient une dette privée avec une dette familiale : toutefois, 58 % des étudiants avec une dette familiale avaient aussi une dette privée. Total 54

69 Tableau 5-4 : Relation entre le taux d endettement au privé et le taux d endettement familial Probabilité d'avoir une dette familiale en fonction de la présence ou de l'absence d'une dette privée Absence d'une dette familiale Présence d'une dette familiale Absence d'une dette privée 87,90% 12,10% 100,00% Présence d'une dette privée 76,60% 23,40% 100,00% Total 81,40% 18,60% 100,00% Total Probabilité d'avoir une dette privée en fonction de la présence ou de l'absence d'une dette familiale Absence d'une dette privée Présence d'une dette privée Absence d'une dette familiale 69,50% 30,50% 100,00% Présence d'une dette familiale 41,90% 58,10% 100,00% Total 64,30% 35,70% 100,00% Total Profil d'endettement des étudiants Absence d'une dette familiale Présence d'une dette familiale Absence d'une dette privée 56,50% 7,80% 64,30% Présence d'une dette privée 24,80% 10,80% 35,70% Total 81,40% 18,60% 100,00% Comme nous le verrons plus loin, le même type de motif se répète sur la variation des taux d endettement et sur les montants de dette L aide financière aux études Le fait de contracter une dette auprès de l Aide financière aux études devrait, normalement, procurer un niveau de vie suffisant pour pouvoir éviter de devoir s endetter davantage en cours d études. C est du moins un des objectifs du programme. Toutefois, l étude des relations entre endettement à l AFE et endettement aux autres sources mène à la conclusion contraire. Le montant de la dette due à l AFE a une influence certaine sur les dettes contractées auprès d autres sources, comme le démontre le Tableau 5-5.Tableau 5-5 La relation est plus forte dans le cas des prêts privés (r pb =,09 à p<,001). La relation avec la présence d une dette familiale n est pas statistiquement significative. Total 55

70 Tableau 5-5 : Relation entre le montant de dette à l'afe et la présence de dettes d'autres sources AFE Privé Famille/amis ,90 % 27,40 % ,50 % 18,00 % ,80 % 22,70 % ,40 % 23,70 % ,60 % 23,30 % ,80 % 25,10 % ,00 % 38,50 % ,60 % 42,60 % ,00 % 40,00 % ,00 % 19,00 % Total 52,50 % 23,40 % La relation existe aussi par rapport au montant moyen de dette, mais est plus faible. Le montant de dette à l aide financière aux études explique 2 % de la variance dans les montants de prêts privés et familiaux. Il faut toutefois noter que les montants moyens de prêts privés plafonnent aux environs de $ à $ de dette due à l AFE, suggérant une relation plus asymptotique que linéaire. Il faut aussi noter que très peu d étudiants ont de tels niveaux de dette. On peut émettre deux hypothèses quant à cette relation. D une part, il est largement reconnu que l aide octroyée par le programme de prêts et bourses est insuffisante, ce qui pourrait pousser certains bénéficiaires du programme à se tourner vers les prêts privés. D autre part, certains étudiants arrêtent d être éligibles au programme, principalement parce qu ils ont dépassé la limite de temps permise par le programme. Des prêts privés peuvent alors être une porte de sortie intéressante pour certains étudiants. Il faut aussi noter que la taille de la dette due à l Aide financière aux études est le principal facteur explicatif de la taille de la dette totale : elle en explique 64 % de la variance. 56

71 Tableau 5-6 : Variation des montants moyens de dettes en fonction du montant de dette due à l'aide financière aux études AFE Privé Famille/amis Total $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ Total $ $ $ On peut en conclure que les étudiants qui commencent à s endetter durant leurs études n arrêtent pas en cours de route. Deux facteurs peuvent l expliquer. D une part, un besoin financier qui n est pas comblé. Les lacunes du régime d aide financière aux études ont été fréquemment évoquées : l étude des dépenses étudiantes (infra section 8) révèle aussi que les dépenses de subsistance tendent à augmenter avec l endettement étudiant, signe que le programme n offre pas un volume d aide suffisant pour soutenir adéquatement le projet d études d un étudiant. Une explication alternative repose sur la notion d aversion au risque : un étudiant qui souscrit à des prêts est partiellement désensibilisé aux impacts négatifs de l endettement, lui permettant de souscrire à des prêts plus importants. Nous verrons plus loin que la première explication est souvent plus convaincante Les prêts en provenance d institutions financières Deuxième source de prêts en importance, les prêts en provenance d institutions financières sont fortement liés aux autres formes d endettement. La hausse du montant d un prêt privé est moyennement corrélée avec le fait d être endetté à l AFE (r pb =,39 à p<,050) et négativement corrélé, mais très faiblement, pour le taux d endettement face aux proches (r pb =-,05 à p<,001). 57

72 Tableau 5-7 : Taux d endettement par source en fonction de la taille du prêt privé Privé AFE Famille/amis ,80 % 31,30 % ,30 % 28,00 % ,70 % 29,00 % ,80 % 29,70 % ,00 % 34,30 % ,40 % 25,00 % ,40 % 33,30 % 65,50 % 30,30 % Encore ici, les montants de prêts privés sont corrélés positivement avec les montants des autres sources de prêts et expliquent respectivement 2 %, 5 % et 43 % de la variance des prêts de l AFE, des prêts familiaux et de la dette totale. Le prêt privé apparaît donc être une forme d endettement complémentaire dans bien des cas, et non une forme d endettement qui vient remplacer l AFE. Tableau 5-8 : Montant moyen des dettes par source en fonction de la taille du prêt privé Privé AFE Famille/Amis Total $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ Total $ $ $ Les prêts familiaux Les prêts familiaux sont ceux qui présentent la plus grande stabilité relativement aux autres sources de dettes. Le montant de la dette est corrélé négativement avec la présence de prêts de l AFE et de prêts privés (r pb =-,13 et r pb =-,12, les deux à p<,001). 58

73 Tableau 5-9 : Taux d endettement par source en fonction de la taille du prêt familial Famille/amis AFE Privé ,90 % 67,00 % ,80 % 50,00 % ,50 % 62,70 % ,60 % 48,30 % ,00 % 45,50 % ,30 % 56,00 % ,20 % 42,70 % Total 57,30 % 58,50 % Si le fait d avoir un prêt familial élevé réduit la probabilité de s endetter à d autres sources, les montants, eux, sont corrélés positivement. Des relations de force moyenne (2 % et 5 %) existent par rapport aux montants de prêts familiaux. Fait à noter : la taille du prêt familial n explique que 17 % de la variance de la dette totale. Tableau 5-10 : Variation du montant moyen des dettes par source en fonction de la taille du prêt familial Famille/amis AFE Privé Total $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ Total $ $ $ Tout cela s explique assez simplement : les montants de prêts familiaux sont généralement beaucoup moins importants que les deux autres formes de prêts à l étude, ce qui fait qu ils comblent un besoin souvent moindre. La faible variation de la présence d un prêt familial en fonction de la taille du prêt de l AFE est un résultat quelque peu surprenant : le prêt familial semble avoir des caractéristiques différentes des autres formes de prêts étudiées Une spirale de l endettement? Les données présentées plus tôt suggèrent l existence d une sorte de spirale de l endettement. Le tableau ci-bas présente les tests statistiques effectués plus tôt. Tableau 5-11 : Résumé des tests statistiques sur l'endettement AFE Privé Famille/amis Total Nombre de sources de dette Montant; r,06***,00 -,17***,37*** AFE Taux - taux; Φ 1,30***,11*** Montant - taux; r pb 1,08***,24 Montant - montant; r 1,15***,15***,80*** 59

74 AFE Privé Famille/amis Total Privé Taux - taux; Φ,30*** 1***,22*** Montant - taux; r pb,04* 1*** -,04* Montant - montant; r,15*** 1***,23***,65*** Famille/amis Taux - taux; Φ,11***,22*** 1*** Montant - taux; r pb -,14*** -,13*** 1*** Montant - montant; r,15***,23*** 1***,41*** D une part, le fait d être endetté à une source est corrélé positivement avec celui d être endetté auprès d autres sources. Ainsi, le programme d AFE démontre encore une fois ses lacunes : le fait de s endetter à l AFE prédit dans bien des cas l inscription à au moins une autre source d endettement. Le nombre de sources d endettement a une influence marquée sur l endettement total, mais influence négativement l endettement familial. Dans les deux autres cas, c est quand on a atteint la limite utile du programme que l on tend à se tourner vers une nouvelle forme d endettement. Toutefois, l analyse des montants en relation avec les taux dénote un motif intéressant : le montant d endettement familial est négativement corrélé avec toutes les autres formes d endettement. Ainsi, les étudiants avec des dettes très élevées vont avoir un peu moins tendance à emprunter à d autres sources. On peut croire que les étudiants qui empruntent beaucoup à leur famille ne sont pas ou plus admissibles aux prêts de l AFE et aux prêts privés. De plus, les montants de dettes sont tous corrélés positivement entre eux, indiquant ainsi qu une augmentation du montant d une dette tend à venir avec des dettes d autres sources plus volumineuses. La taille d une dette influence aussi la propension d un étudiant à contracter des dettes d autres sources. Il ne nous semble alors pas abusif de parler d une spirale de l endettement, qui fonctionnerait de manière analogue à la spirale du surendettement étudiée plus tôt. Des études supplémentaires seraient toutefois nécessaires pour confirmer cette tendance. 60

75 6. L impact des caractéristiques des étudiants Nous étudierons dans cette section les impacts de deux grandes catégories de caractéristiques des étudiants. Nous débuterons par les caractéristiques socioéconomiques : le sexe, l âge, le revenu familial, le lieu de résidence, la région d étude, le changement de région, la présence d enfant à charge et le statut d étudiant de première génération. Par la suite, nous nous pencherons sur quelques caractéristiques scolaires, comme l endettement déjà accumulé, le cheminement scolaire, la durée du diplôme, l allongement précédent des études et le domaine d études L impact des caractéristiques socioéconomiques Nous avons retenu, aux fins de l analyse, un certain nombre de caractéristiques socioéconomiques : l âge, le revenu familial, le lieu de résidence, la région d étude, le changement de région, la présence d un enfant à charge et le statut d étudiant de première génération Sexe La population étudiante est majoritairement féminine, à 58 %. Comme le démontre la Figure 6-1, le sexe n a pas d influence sur le taux d endettement, et ce peu importe la source. Figure 6-1 : Variation du taux d endettement par source en fonction du sexe 5<6<7$ 9<6<7$?<6<7$ 4<6<7$ 8<6<7$ =<6<7$ :<6<7$ <6<7$!"#$ %&'()$ "*+',,-.*+'/$ 012*,$ 31++-$ 45657$ 89657$ :;6<7$ 946<7$ "-++-$ 456=7$ 8>6?7$ :;687$ 9?6:7$ Le sexe présente toutefois une influence sur les montants de dette : le fait d être un homme augmente significativement, mais faiblement, le niveau de dette totale et le niveau de dette privée (r pb =-,06 et r pb =-,08 à p<,001). Cela s explique probablement en partie par les domaines d études privilégiés des hommes, comme le génie, où les études sont plus longues et l endettement plus élevé (infra section 6.2.5). D autres facteurs pourraient toutefois entrer en ligne de compte. 61

76 Figure 6-2 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du sexe Globalement, le sexe a peu d influence sur le niveau d endettement, mais le fait d être un homme augmente légèrement le montant d endettement accumulé. Pour une étude plus détaillée de la dynamique hommes-femmes dans l enseignement supérieur, le lecteur est invité à consulter (FEUQ, 2011c), où l on remarque, entre autres, que les femmes font encore face à de nombreux obstacles à l enseignement supérieur Âge 47$>>>$8$$ 4<$>>>$8$$ 46$>>>$8$$ 4>$>>>$8$$ 9$>>>$8$$ 7$>>>$8$$ <$>>>$8$$ 6$>>>$8$$ >$8$$!"#$ %&'()$ "*+',,-.*+'/$ 012*,$ 31++-$ 45$467$8$$ 9$:77$8$$ ;$<9<$8$$ 4<$=99$8$$ "-++-$ 46$;59$8$$ =$<4=$8$$ ;$>74$8$$ 45$599$8$$ La population à l étude est relativement jeune, comme le révèle le Tableau 6-1. Toutefois, il est bon de rappeler que 22 % des étudiants ont plus de 25 ans, et correspondent ainsi à un profil plus atypique, celui des étudiants non traditionnels (FEUQ, 2010). 62

77 Tableau 6-1: Description de l'âge des étudiants Âge Moyenne 23 1er quartile 21 Médiane 22 3e quartile 24 Figure 6-3 : Description de l'âge des étudiants $%"# $!"# $&"# $'"# $$"#!"#!"# %"# &"# $(#)*+#,-#./0*+# 12# 1$# 11# 1'# 13# 1%# 1&#4#'2# '$#)*+#,-# )*+# 567+# L âge a une influence notable sur le montant de dette accumulée à la fin des études. Toutes les formes d endettement présentent une variation notable et statistiquement significative de leur taux d endettement avec des effets de force moyenne sur l endettement à l AFE, l endettement privé et l endettement total, et un effet faible sur l endettement familial. Alors que 48 % des étudiants de 19 ans et moins s attendent à sortir de leurs études endettés, 86 % des 26 ans et plus sont dans la même situation. Les étudiants non traditionnels semblent donc devoir recourir dans des proportions plus grandes à l endettement pour financer leur projet d études. 63

78 Figure 6-4: Variation des taux d endettement par source en fonction de l'âge $!!"#,!"# +!"# *!"# )!"# (!"# '!"# &!"# %!"# $!"#!"# $,#-./# 01# 234./# %!# %$# %%# %&# %'# %(# %)#5#&!# -./# 9:;# <=4>?# :-24770@-24/# A31-7# &$#-./# 01#678/# Une tendance similaire ne se retrouve pas dans les montants de dette d un point de vue statistique. On retrouve des corrélations statistiquement significatives, mais elles sont plus faibles (les prêts familiaux n ont pas de corrélation significative et restent assez stables). Toutefois, l évolution des moyennes permet de constater des évolutions intéressantes (voir la Figure 6-5). L âge explique tout de même à lui seul 5 % de la variance dans la dette totale de l étudiant. On remarque aussi une croissance continue du montant moyen de dette accumulée prévue à la fin des études, à l exception des dettes familiales, à partir de l âge de 21 ans, à l exception des dettes familiales, dont les montants sont relativement stables. Figure 6-5: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction de l'âge!'$!%%%!!#!!!'%!%%%!!#!!!&$!%%%!!#!!!&%!%%%!!#!!!$!%%%!!#!!!"!!!!#!! &(!)*+!,-!./0*+! '%! '&! ''! '1! '2! '$! '3!4!1%! 1&!)*+! )*+!,-!567+! 89:! ;<0=>! La tendance peut être partiellement expliquée par une meilleure connaissance de sa situation financière personnelle : plus un étudiant approche de la fin de ses études, plus 64

79 il connaîtra avec précision le montant des dettes qu il aura accumulé à la sortie. Il nous semble toutefois que cette explication est insuffisante : nous avons vu dans la revue de la littérature que l âge et l endettement étaient étroitement associés. À cette question d information s ajoute toutefois un facteur ancré dans la situation financière réelle : les étudiants plus âgés présentent probablement un profil d endettement différent, vu qu ils peuvent se fier de manière moins importante à une contribution parentale, un facteur important de réduction de l endettement étudiant (infra section 7.3). Comme nous le verrons plus loin, la durée des études a une influence importante sur la dette accumulée : il s agit probablement d un facteur explicatif important. Il faut aussi rappeler que les étudiants plus âgés sont plus fréquemment nonrésidents, une caractéristique qui est très fortement corrélée avec l endettement étudiant sous toutes ses formes. L autonomie étudiante se conjugue généralement avec le recours à l endettement pour financer le projet d études Revenu familial On pourrait croire que l endettement étudiant privé et familial serait plus fréquent dans certaines classes de revenus, plus particulièrement chez celles qui sont dans la classe moyenne élevée. Ce sont les familles où le capital familial est fréquemment plus élevé et où la propension à s endetter pour les études serait augmentée d autant, étant donné une meilleure perception des bénéfices économiques de l éducation universitaire. Ce n est pas ce que les données révèlent. Rappelons tout d abord les caractéristiques du revenu familial des étudiants, présentées au Tableau 6-2. Nous avons divisé la distribution en quartiles pour faciliter le traitement statistique des données, ce qui donne un bon aperçu des variations importantes qui surviennent en fonction du revenu familial brut. Tableau 6-2: Description du revenu familial brut Moyenne 1er quartile Médiane 3e quartile Revenu familial brut $ $ $ $ La Figure 6-6 démontre bien l importance déterminante du revenu familial dans l endettement étudiant. Nous avons divisé le revenu familial brut en fonction des quartiles de revenu présentés dans notre distribution de revenus familiaux 20. Il en ressort que le taux d endettement étudiant est corrélé négativement de manière significative avec le revenu familial, et ce peu importe la source du prêt. La corrélation est forte en matière d aide financière aux études (ce qui s explique principalement par 20 Nous souhaitions initialement diviser les revenus parentaux selon les quartiles présents dans la population québécoise. Par contre, cette donnée n est compilée qu en fonction de la taille de l unité familiale, une donnée dont nous ne disposons pas. Rappelons que les tests statistiques sont de toute façon faits sur la donnée d origine, donc sur l ensemble de la distribution, et non sur la variable recodée. 65

80 les règles du programme), mais aussi pour l endettement privé, les prêts familiaux et la dette totale (r pb =-,16, r pb =-,10, r pb =-,34 à p<,001). Figure 6-6 : Variation des taux d endettement par source en fonction du revenu familial 1--;--<& *-;--<& =-;--<& 0-;--<& /-;--<& 3-;--<&,-;--<& )-;--<& 2-;--<& 1-;--<& -;--<&!"#$%&'(&)*& ***+&,-&---+&.&/*& ***+& 0-&---+&.& 12,&***+& 123&---+&(4& 567%& 89:& 00;--<& 3=;2-<& )2;/-<& 13;*-<& >?#@A&,0;=-<&,);--<& )/;2-<& 23;=-<& 9BC#66(DBC#%& 2,;=-<& 2-;--<& 1*;)-<& 12;0-<& E"4B6& =/;--<& 02;0-<& 30;0-<& )*;)-<& Les variations sont moins claires sur le montant moyen de dettes. La dette moyenne, tout comme la dette à l AFE, est corrélée négativement avec le revenu familial brut (r=-,17 et r=-,18; 3% de la variance expliquée). Il n y a pas de relation statistiquement significative pour les montants des prêts privés et familiaux. On voit toutefois une légère progression des moyennes pour les prêts privés : on peut présumer qu il y a moins de dettes de taille relativement petite (typiquement des dettes de cartes de crédit). Cette relative stabilité des montants de dettes ne doit toutefois pas évacuer la conclusion la plus frappante, c est-à-dire celle qui a trait aux taux d endettement. 66

81 Tableau 6-3: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du revenu familial brut &1<&---;--&&+&& &1/&---;--&&+&& &1,&---;--&&+&& &12&---;--&&+&& &1-&---;--&&+&& &<&---;--&&+&& &/&---;--&&+&& &,&---;--&&+&& &2&---;--&&+&& &E&&&&+&& Ce qu on peut dégager, c est que l endettement étudiant, c est d abord et avant tout une question d argent et de besoin financier. L idée selon laquelle les étudiants en provenance de milieux plus aisés s endetteraient davantage au privé nous apparaît invalidée. Nous le reverrons de manière indirecte avec la contribution parentale, qui présente des caractéristiques similaires à plusieurs égards Lieu de résidence!"#$%&'(& )*&***+&,-&---+&.& /*&***+& 0-&---+&.& 12,&***+& 123&---+& (4&567%& 89:& 1,&0-*;0)&&+&& 11&<0<;/2&&+&& 1-&)-,;0<&&+&& 1-&,/*;,<&&+&& =>#?@& 0&)**;*/&&+&& <&))-;-,&&+&& <&/*1;,)&&+&& <&**/;3)&&+&& 9AB#66(CAB#%& 3&2//;0,&&+&&,&,/2;**&&+&& 3&-02;<2&&+&& /&-0-;2*&&+&& D"4A6& 1/&/2-;*-&&+&& 1,&1-/;10&&+&& 11&<-/;*-&&+&& 1-&<,);*-&&+&& La plupart des étudiants quittent le domicile familial en cours d études ou l ont déjà quitté avant le début de celles-ci. Plus des deux tiers des étudiants n habitent pas chez leurs parents. Or, le fait de quitter le domicile familial a un impact extrêmement important sur les finances des étudiants : il entraîne, entre autres, des dépenses nettement plus élevées (FEUQ, 2010). Ces dépenses ont aussi un impact important sur l endettement étudiant. D une part, ne pas résider chez ses parents entraîne un taux d endettement nettement plus élevé : la relation est statistiquement significative pour toutes les formes d endettement, et plus forte pour l endettement à l aide financière aux études et l endettement total. Les trois quarts des étudiants qui n habitent pas chez leurs parents s endettent, contre 43 % de ceux qui y sont restés. Un étudiant qui ne réside pas chez ses parents a une probabilité de s endetter 1,7 fois plus grande qu un étudiant qui reste chez ses parents. 67

82 Figure 6-7: Variation des taux d endettement par source en fonction du lieu de résidence D><>>?$ F><>>?$ A><>>?$ ;><>>?$ :><>>?$ =><>>?$ ><>>?$!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ Le montant de dette est lui aussi plus élevé pour les étudiants non résidents. La dette moyenne totale est toujours plus élevée, $ contre $ (r=-,23 à p<,001). Encore ici, on peut voir des relations statistiquement significatives. La Figure 6-8 présente les résultats. Figure 6-8: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction en fonction du lieu de résidence 012*,$ 3*4'2-$56-7$/-/$8*&-92/$ :;<=>?$ :@<A>?$ =;<:>?$ A;<>>?$ BC6*4'2-$8*/$56-7$/-/$ A;<A>?$ :=<E>?$ FA<:>?$ $DC$;;;$$>$$ $D?$;;;$$>$$ $DA$;;;$$>$$ $DB$;;;$$>$$ $D;$;;;$$>$$ $C$;;;$$>$$ $?$;;;$$>$$ $A$;;;$$>$$ $B$;;;$$>$$ $G$$$$>$$!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ Il est aussi important de rappeler que les étudiants en provenance de milieux plus démunis quittent plus fréquemment le milieu familial, probablement parce que ceux-ci sont plus souvent locataires. (r pb =-,126 à p<,001). Il n est donc pas nécessairement possible pour l étudiant de rester chez ses parents à l âge adulte. 012*,$ 3*4'2-$56-7$/-/$8*&-92/$ :$;<=$$>$$ =$?=@$$>$$ A$;BC$$>$$ C$<CD$$>$$ EF6*4'2-$8*/$56-7$/-/$ 8*&-92/$ D@$AA?$$>$$ C$?@D$$>$$ =$=D?$$>$$ D=$B<C$$>$$ 68

83 La région d études La région d études et l éloignement du domicile parental sont deux facteurs qui peuvent avoir une importante influence sur l endettement. Pour faciliter le traitement des données, nous avons regroupé les étudiants selon leur type de région d étude : Montréal, Québec, les régions centrales (Outaouais, Estrie et Mauricie) et les régions éloignées (Saguenay Lac-Saint-Jean, Abitibi-Témiscamingue, Bas-St-Laurent). La majorité des étudiants proviennent de Montréal, comme l illustre le tableau 6-4. Tableau 6-4 : Description de la région de provenance des étudiants Proportion (%) Montréal 60 Québec 18 Régions centrales 16 Régions éloignées 6 Distance 0,2 Total 100 La Figure 6-9 présente les taux d endettement par source et par région. Outre la dette familiale, tous les taux d endettement sont plus élevés en région qu à Montréal. Figure 6-9: Variation des taux d endettement par source en fonction de la région d'études =9799:$ 89799:$ ;9799:$ >9799:$ D9799:$ 59799:$ 69799:$?9799:$ <9799:$ 9799:$!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ La relation est un peu différente en ce qui a trait à la moyenne de dette accumulée en cours d études. L endettement à l AFE reste à peu près stable, alors que l endettement privé est un peu plus élevé à Québec et dans les régions centrales qu à Montréal ou dans les régions éloignées. On retrouve peu de conclusions vraiment intéressantes de ces données, par contre. 012*,$ 3142&)*,$ 56789:$ 6;769:$ <=789:$ 5=7=9:$ 6D769:$ <>759:$ >D769:$ E)F'14/$C-42&*,-/$ D?7;9:$ 6=759:$ <=769:$ >8789:$ E)F'14/$),1'F4)-/$ ><7D9:$ 5D7D9:$?<7?9:$ ;>7;9:$ 69

84 Tableau 6-5 : Moyenne d'endettement en fonction de la région d'études $5E$BBB$$8$$ $5:$BBB$$8$$ $56$BBB$$8$$ $5B$BBB$$8$$ $7$BBB$$8$$ $E$BBB$$8$$ $:$BBB$$8$$ $6$BBB$$8$$ $F$$$$8$$ La taille relativement petite de l échantillon pour les régions éloignées nous oblige toutefois à une certaine prudence dans l interprétation des données. On remarque toutefois une situation financière un peu plus difficile pour les étudiants qui étudient en région éloignée. Toutefois, le taux d endettement significativement plus élevé demande qu une attention particulière soit portée aux étudiants situés en région. La situation économique souvent plus difficile de celles-ci, largement documentée, peut être un des facteurs explicatifs, de par un marché de l emploi moins dynamique et, par conséquent, une plus faible diversité des sources et modes de financement des études universitaires Changement de région!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ Le tiers des étudiants doivent quitter leur région d origine pour compléter leur projet d étude. Ces étudiants, qui doivent déménager, font face à de nombreux défis : défi financier d ajustement à une autonomie complète, mais aussi défi d intégration à ce qui est véritablement une nouvelle microsociété d accueil. Or, le changement de région semble fragiliser la situation financière des étudiants. Le taux d endettement est plus élevé, surtout pour ce qui est de l aide financière aux études (Φ=-,14 à p<,001). Un étudiant qui est appelé à changer de région pour ses études a 1,2 fois plus de probabilité de s endetter en cours d études. La Figure 6-10 présente les variations : il existe une relation statistiquement significative pour toutes les formes d endettement, bien que souvent très faibles. 012*,$ 3142&)*,$ 56$777$$8$$ 9$:;;$$8$$ <$5:=$$8$$ 5=$97;$$8$$ >?)@-A$ 56$;<:$$8$$ 7$9;9$$8$$ :$7=5$$8$$ 5:$B::$$8$$ C)D'14/$A-42&*,-/$ 56$5=5$$8$$ ;$57E$$8$$ <$67;$$8$$ 5:$B76$$8$$ C)D'14/$),1'D4)-/$ 5=$<66$$8$$ 9$6<9$$8$$ E$:B:$$8$$ 5<$5B5$$8$$ 70

85 Figure 6-10: Variation des taux d endettement par source en fonction du changement de région 9<:<<=$ ;<:<<=$ E<:<<=$ 8<:<<=$ A<:<<=$?<:<<=$ <:<<=$!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ En ce qui a trait à l étude des montants de dettes, deux formes de dettes sont influencées de manière statistiquement significative par le changement de région : ce sont l endettement privé et l endettement face aux proches (r pb =-,11 et r pb =-,11 à p<,010). Cette variation semble expliquer pourquoi l endettement total est plus élevé (r pb =-,07 à p<,010). On peut voir que l endettement moyen est de 9299 $ pour ceux qui s endettent au privé et ont changé de région, contre 7241 $ pour ceux qui sont dans la situation inverse. 012*,$ 34* $7-$&)6'15$ 89:;<=$ >?:@<=$ A<:B<=$ ;>:;<=$ C-/2)$7*5/$/*$&)6'15$ 7D1&'6'5-$ E?:<<=$ Figure 6-11: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du changement de région $8:$;;;$$=$$ $8@$;;;$$=$$ $89$;;;$$=$$ $8;$;;;$$=$$ $E$;;;$$=$$ $:$;;;$$=$$ $@$;;;$$=$$ $9$;;;$$=$$ $D$$$$=$$!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ Les étudiants qui changent de région présentent donc un profil plus vulnérable. La présence d un endettement plus important au privé pour les étudiants qui ont changé de région témoigne, encore une fois, des lacunes importantes de notre régime d aide 012*,$ 34* $7-$&)6'15$ 89$:;<$$=$$ >$9>>$$=$$?$?>@$$=$$ 8@$AA;$$=$$ B-/2)$7*5/$/*$&)6'15$ 7C1&'6'5-$ 89$@9>$$=$$ 8<$;>:$$=$$ 71

86 financière aux études qui couvre de manière très inadéquate les besoins financiers des étudiants, dont ceux qui doivent quitter leur région d origine La présence d un enfant à charge Un étudiant sur vingt doit concilier études et famille. Cette proportion monte à 20,3 % chez les étudiants âgés de plus de vingt-quatre ans (FEUQ, 2010a : 22). La FEUQ a fréquemment souligné la grande précarité financière des étudiants en situation de conciliation études-travail-famille (voir entre autres FEUQ, 2010a; FEUQ, 2010b; FEUQ, 2009a; CNCS-FEUQ, 2011) et les données que nous présentons en matière d endettement étudiant soutiennent ce point de vue. Il est beaucoup plus probable pour un étudiant avec enfant à charge d être endetté, et ce peu importe la source. Toutes ces variations sont statistiquement significatives. Les étudiants avec enfant à charge ont un taux d endettement 1,4 fois plus élevé que ceux sans enfant à charge. Figure 6-12 : Variation des taux d endettement par source en fonction de la présence d'enfant à charge B==<==>$ E=<==>$ A=<==>$ ;=<==>$ :=<==>$?=<==>$ D=<==>$ B=<==>$ =<==>$!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ Trois types de dettes voient leur montant augmenter lorsqu il y a présence d un enfant à charge, comme l illustre la Figure 6-13 : ce sont l endettement face à l AFE, au privé et la dette totale. On constate une dette moyenne à l AFE plus élevée de l ordre de $, et la dette moyenne des étudiants avec enfant à charge passe au-dessus de $. Dans le cas de l AFE, nous pouvons croire que la hausse de l endettement est causée par un allongement des études. 012*,$ 3*4/$-45*42$6$78*&9-$ :;<;=>$?@<A=>$ #45*42$6$78*&9-$ AD<@=>$ ;@<:=>$ DE<==>$ AC<A=>$ 72

87 Figure 6-13: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction de la présence d'enfants à charge $;A$===$$>$$ $;=$===$$>$$ $:A$===$$>$$ $:=$===$$>$$ $A$===$$>$$ $E$$$$>$$!"#$ %&'()$ L insuffisance du soutien financier accordé aux étudiants-parents, combiné aux carences générales du programme de prêts et bourses, place ces étudiants dans une situation financière extrêmement précaire. Celle-ci peut compromettre de manière durable la poursuite de leur projet d études Le statut d étudiant de première génération (EPG) "*+',,-. *+'/$ Le système universitaire s est développé en bonne partie dans des périodes où les pouvoirs publics ont élargi l accès aux études universitaires. Il en résulte que 44 % des étudiants québécois sont des étudiants de première génération. Rappelons que les parents avec une éducation universitaire présentent généralement des revenus plus élevés. À l inverse, les EPG sont généralement plus vulnérables, ce qui s explique entre autres par l absence de capital universitaire chez les familles. La littérature permet de croire à une plus grande aversion à l endettement due à un capital culturel plus faible, qui se manifeste principalement à l entrée des études. On reconnaît généralement que ces étudiants ont aussi besoin d une attention particulière pour éviter un décrochage du projet d études (Auclair et al, 2008). Or, on constate aisément que le statut d EPG a une influence importante sur l endettement étudiant. Il existe une corrélation statistiquement significative pour les taux d endettement à l AFE (Φ = -,20), au privé (Φ = -,08) et sur la dette totale (Φ = -,14). La Figure 6-14 illustre ces variations, qui sont majeures : on parle d écarts de 7 à 14 points de pourcentage dans tous les cas, sauf l endettement familial. 012*,$ 3*4/$-45*42$6$78*&9-$ :;$<=<$$>$$?$@;A$$>$$ A$;B=$$>$$ :C$<<A$$>$$ #45*42$6$78*&9-$ <$@::$$>$$ ;=$@D:$$>$$ 73

88 Figure 6-14: Variation des taux d endettement par source en fonction de la génération de l'étudiant >?=??@$ C?=??@$ <?=??@$ ;?=??@$ A?=??@$ E?=??@$ G?=??@$ B?=??@$?=??@$ 3245'*62$5-$7&-+'8&-$ 9)6)&*:16$ 3245'*62$5-$5-4D'8+-$ 9)6)&*:16$14$7,4/$!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ 012*,$ ;<=>?@$ AB=<?@$ B>=C?@$ CB=A?@$ E<=F?@$ EA=B?@$ BF=E?@$ ;C=<?@$ La situation est un peu moins claire en ce qui a trait aux montants de dette. Deux types de dette ressortent. D une part, la dette face à la famille ou les amis (r pb =,07 à p<,010) est faiblement corrélée avec la génération de l étudiant les parents avec une formation universitaire comprenant mieux la réalité universitaire, ils pourraient plus facilement prêter de l argent à leur enfant en cas de besoin. Toutefois, ceci n empêche pas la dette totale, toutes sources confondues, d être plus élevée (r pb =-,08) pour les étudiants de première génération. L idée que ceux-ci sont plus vulnérables est donc fondée. Figure 6-15: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction de la génération de l'étudiant $;G$===$$>$$ $;A$===$$>$$ $;D$===$$>$$ $;=$===$$>$$ $?$===$$>$$ $G$===$$>$$ $A$===$$>$$ $D$===$$>$$ $F$$$$>$$ 3245'*62$5-$7&-+'8&-$ 9)6)&*:16$ 3245'*62$5-$5-4C'8+-$ 9)6)&*:16$14$7,4/$!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ 012*,$ ;<$=;;$$>$$?$;@=$$>$$ A$?=B$$>$$ ;A$@;<$$>$$ ;D$D<;$$>$$?$=;D$$>$$ B$?BA$$>$$ ;D$?DE$$>$$ Les caractéristiques socioéconomiques déterminent une part importante de l endettement accumulé Que peut-on retenir de cette analyse des caractéristiques socioéconomiques? Le Tableau 6-6 résume les tests statistiques effectués dans cette section. 74

89 Tableau 6-6 : Résumé des tests statistiques sur les caractéristiques socioéconomiques AFE Privé Famille/amis Total Sexe Taux; Φ,00,02,00,01 Montant; r pb -,03 -,08*** -,03 -,06*** Âge Taux; r pb,25***,17***,07***,19*** Montant; r,16***,11***,02,22*** Revenu parental Taux; r pb -,42*** -,16*** -,10*** -,34*** Montant; r -,17***,03,02 -,16*** Montant; ρ -,22***,04,05* -,24*** Résidence Taux; Φ,32***,17***,10***,30*** Montant; r pb,16***,13***,09**,23*** Changement de région d étude Taux; Φ -,14*** -,04*** -,05*** -,14*** Montant; r pb -,01 -,11*** -,11*** -,07** Présence d'enfant à charge Taux; Φ,17***,09***,06***,11*** Montant; r pb,13*** -,05* -,01,17*** Étudiant de première génération Taux; Φ -,20*** -,08***,01 -,14*** Montant; r pb -,04* -,01,07** -,08*** Il est clair que certains étudiants sont plus vulnérables que d'autres. Pour ce qui est du taux d endettement, le fait de ne pas vivre chez ses parents, d avoir des enfants ou d être un étudiant de première génération prédisent tous une probabilité plus grande de s endetter. Les mêmes relations s observent sur les montants. Vieillir tend à prédire un endettement plus grand et une dette plus élevée, probablement liée au fait d avoir des enfants ou de ne plus dépendre de ses parents. L âge n a toutefois pas d influence sur la dette familiale. Les étudiants des régions éloignées ont souvent une situation financière plus difficile. L endettement y est plus fréquent et plus élevé. Le changement de région place aussi les étudiants dans une situation où l endettement devient plus fréquent et plus volumineux, surtout face au secteur privé. Le facteur le plus important est le revenu parental : plus on provient d une famille aisée, moins on s endette. Toutefois, les montants d endettement privé et d endettement familial sont stables, contrairement aux montants empruntés à l AFE. Finalement, le sexe prédit mal la propension à s endetter : il existe une relation statistiquement significative, mais faible entre le fait d être un homme et le niveau d endettement. Les formes d endettement présentent des profils similaires. L AFE est influencée par tous les facteurs socioéconomiques sauf le sexe. L endettement privé est un peu plus stable selon les facteurs : son montant n est pas influencé par le revenu parental. L endettement familial est le plus stable de tous, avec des variations faibles, 75

90 mais significatives peu importe les caractéristiques. Passons à l analyse des caractéristiques scolaires Les caractéristiques scolaires Le questionnaire de l enquête ne posait que très peu de questions sur les caractéristiques scolaires, et plusieurs sont dénuées d intérêt aux fins de cette étude. Nous pouvons toutefois aller chercher quelques informations sur le cheminement scolaire, la durée du diplôme, le fait d avoir allongé ses études et le domaine d études L endettement précédent Avant de poursuivre l analyse, il nous apparaît important de procéder à un détour dans les statistiques officielles du programme d aide financière aux études. En effet, une des faiblesses de l étude est qu elle ne comprend que des étudiants inscrits au premier cycle. Or, un des déterminants importants de l endettement étudiant est le cheminement scolaire. Le Tableau 6-7 illustre bien cette réalité. Tableau 6-7 : Profil des emprunteurs en fonction du cheminement scolaire Premier cycle d'études où une dette est contractée Emprunteurs Proportion Montant moyen du prêt Source : AFE, 2010, p. 73 1er cycle % $ Collégial % $ Total % $ On peut constater assez aisément que le fait de s être endetté au collégial tend à augmenter l endettement étudiant : le prêt moyen est 1,4 fois plus élevé pour les étudiants qui se sont endettés au collégial et au 1 er cycle, que pour les étudiants qui ne sont endettés qu au premier cycle. Le plafond de prêts est plus bas au collégial : toutefois, les périodes d études sont plus longues qu à l université, ce qui donne un endettement annuel similaire Le cheminement scolaire On peut aussi approximer la progression du taux d endettement en cours d étude d une autre manière : en isolant les étudiants en fonction de leur année d études. Ceci donne une approximation très sommaire d une étude longitudinale, qui serait de loin l outil le plus approprié pour un tel exercice. En l absence d un tel outil, l année d études permet une approximation satisfaisante. Pour ce faire, nous utilisons une conversion de l année d entrée aux études pour estimer en quelle année l étudiant est rendu dans son cheminement et les variables d endettement actuel (et non d endettement estimé à la sortie). L année d études est calculée en fonction de l année d entrée aux études et de l année scolaire. Ainsi, un étudiant dont la première inscription date d août 2009 sera considéré comme à sa première année d études : toutefois, un étudiant inscrit pour la première fois en janvier 2009 sera considéré comme étant à sa deuxième année d études. 76

91 Tout d abord, la Figure 6-16 présente la distribution des étudiants en fonction de leur état d avancement dans leur programme actuel. Comme on peut le voir, 17 % des étudiants sont inscrits depuis plus de trois ans, au-delà de la durée régulière du baccalauréat. Une partie peut s expliquer par l allongement, alors qu une autre s explique par la durée du programme d études. Figure 6-16 : Distribution des étudiants en fonction de leur avancement dans leur programme!"#$ "%#$ "&#$ '"#$ (#$ )*+,-.*+$/001+$ ,+$ /001+$ 5*6-7-.,+$ /001+$ 83/9*-.,+$ /001+$ :-0;3-.,+$ /001+$+9$<=37$ Le taux d endettement n est pas stable d année en année. Pour ce qui est de l AFE, le taux d endettement augmente de 2 à 8 % d une année à l autre, avec des variations similaires dans toutes les formes d endettement. Ceci témoigne du fait que la planification financière originale du projet d études ne tient pas nécessairement pour toute sa durée. Un étudiant qui ne veut pas nécessairement s endetter au début de ses études va probablement être poussé à le faire au fur et à mesure qu il est confronté aux réalités financières des études universitaires. 77

92 Figure 6-17 : Variation des taux d endettement par source en fonction de l année d études,!"!!#$ +!"!!#$ *!"!!#$ )!"!!#$ (!"!!#$ '!"!!#$ &!"!!#$ %!"!!#$!"!!#$ -./012./$ 3445/$ 6/78120/$ 3445/$ 9.:1;120/$ 3445/$ <73=.120/$ 3445/$ >14?7120/$ 3445/$/=$@A7;$ BCD$ -.1E5$ C301AA/F301;$ 9:=3A$ Le niveau d endettement moyen suit une pente similaire. Les étudiants endettés terminent toutefois leur première année avec une dette moyenne de $ : on retrouve donc, tel que noté plus tôt, de nombreux étudiants qui ont commencé à s endetter dès le cégep. Observer l évolution annuelle est toutefois moins significatif que dans l évolution de la proportion d étudiants endettés : en effet, d année en année, de nouveaux étudiants commencent à s endetter à une source donnée pour la première fois, réduisant ainsi la dette moyenne du groupe. Certains motifs se dégagent tout de même. La dette à l AFE croît à un rythme moyen de $ par an, ce qui est plus faible que le plafond de prêts. Annuellement, plusieurs étudiants s ajoutent probablement au programme, ce qui diminue la croissance observée de l endettement. L endettement privé croît de manière régulière d année en année, d environ $ par an. La dette familiale, quant à elle, est la plus stable, tournant toujours aux alentours de $ en moyenne. 78

93 Figure 6-18 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction de l année d études!)(!%%%!!#!!!)'!%%%!!#!!!)&!%%%!!#!!!)$!%%%!!#!!!)%!%%%!!#!!!(!%%%!!#!!!'!%%%!!#!!!&!%%%!!#!!!$!%%%!!#!!!"!!!!#!! *+,-./+,! 0112,! 3,45./-,! 0112,! /-,! 0112,! 940:+./-,! 0112,! ;.1<4./-,! 0112,!,:!=>48!!?@A!!!*+.B2!!!@0-.>>,C0-.8!!!67:0>!! L avancement dans le projet d études tend aussi à augmenter le nombre de sources d endettement. Le quart des étudiants cumulaient deux ou trois sources d endettement à leur première année d études : à la quatrième année, qui correspond pour plusieurs à la dernière année d études, possiblement avec un allongement, ils étaient 36 %. Ainsi, plus on avance dans les études, plus certaines populations vulnérables doivent cumuler de plus en plus de sources d endettement. Figure 6-19 : Année d'étude et nombre de sources de dettes >14?7120/$3445/$/=$@A7;$ '%#$!!#$ '"#$ +!#$ <73=.120/$3445/$!'#$!'#$ '(#$ *#$ 9.:1;120/$3445/$!&#$!%#$ '!#$ (#$ 6/78120/$3445/$!%#$!(#$ ''#$ (#$ -./012./$3445/$!"#$!(#$ ')#$ %#$ )#$ +)#$ ')#$!)#$,)#$ %)#$ &)#$ ()#$ ")#$ *)#$ +))#$ B7C74/$D/E/$ F4/$;:7.C/$ 6/78$;:7.C/;$ 9.:1;$;:7.C/;$ Durée du diplôme Nous avons demandé aux étudiants l année et le mois de début et de fin de leur programme d études actuel. Par conséquent, la donnée présentée ici ne témoigne pas de 79

94 la durée du cheminement scolaire elle ne prend pas en compte les changements de programme. Sans surprise, la plupart des étudiants (46 %) s attendent à compléter leur diplôme en trois ans. Une minorité (12 %) est inscrite dans des programmes plus courts. On retrouve tout de même 32 % d étudiants qui s attendent à compléter leur diplôme en quatre ans : une obligation pour certains programmes (éducation, génie), mais un signe de rallongement des études pour d autres. Rappelons que la durée moyenne d un diplôme d études est de 6,7 trimestres d études à temps plein (MELS, 2010 : 83), soit un peu moins de trois ans et demi. Figure 6-20 : Description de la durée attendue du diplôme %&"#!'"#!"# $"# ("#!"# )#*+# '#*+,#!#*+,# %#*+,# -#*+,# &#*+,#./#01/,# Un diplôme plus long est généralement un gage d endettement plus élevé. Les étudiants qui s inscrivent dans des programmes courts ont toutefois une plus forte propension à s endetter, comme le révèle la Figure La distribution est toutefois surprenante : les étudiants qui s attendent à compléter leur diplôme en un ou deux ans (un phénomène rare chez les étudiants inscrits à temps plein) présentent une plus grande propension à s endetter pour leurs études. On remarquer une relation statistiquement significative pour toutes les formes d endettement sauf les prêts familiaux, mais elle est relativement faible, ce qui s explique par la forme plus parabolique que linéaire de la distribution. 80

95 Figure 6-21 : Variation des taux d endettement par source en fonction de la durée du diplôme -!"!!#$,!"!!#$ +!"!!#$ *!"!!#$ )!"!!#$ (!"!!#$ '!"!!#$ &!"!!#$ %!"!!#$!"!!#$ %$./$ &$./0$ '$./0$ ($./0$ )$./0$ *$./0$12$ 3420$ 567$ 89:;<$ Encore une fois, les distributions de la moyenne d endettement s avèrent un peu plus chaotiques. Toutefois, il s en démarque une nette tendance à l augmentation de la moyenne de manière linéaire avec la durée des études. On retrouve encore ici des relations linéaires, mais un effet faible de la durée du diplôme sur l endettement moyen. La moyenne d endettement élevée des répondants qui s attendent à compléter leur diplôme en 1 ou 2 ans s explique probablement par l endettement cumulé à un ordre d enseignement précédent (nous pensons ici principalement à l ordre d enseignement collégial, où le potentiel d endettement, bien que moindre qu à l université, reste élevé). Vu qu il s agit de la durée du diplôme actuel, un étudiant complétant un certificat après son baccalauréat présenterait lui aussi un endettement accumulé élevé. Figure 6-22 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction de la durée du diplôme!$%!%%%!!#!!!)(!%%%!!#!!!)'!%%%!!#!!!)&!%%%!!#!!!)$!%%%!!#!!!)%!%%%!!#!!!(!%%%!!#!!!'!%%%!!#!!!&!%%%!!#!!!$!%%%!!#!!!"!!!!#!! )!*+! $!*+,! -!*+,! &!*+,!.!*+,! '!*+,! /0!120,! 345! 6789:! 4*;822<=*;8,! >/?*2! 81

96 La prochaine section démontre de manière plus frappante la relation entre allongement des études et endettement Avoir déjà allongé ses études Près de 35 % des étudiants ont déclaré avoir du rallonger leurs études. Or, ce rallongement est lié à un taux d endettement plus élevé, comme l illustre la Figure Toutes les différences sont statistiquement significatives, la plus importante étant dans le taux d endettement privé. On peut présumer que le rallongement des études peut pousser certains étudiants à commencer à s endetter : toutefois, et c est ce que la littérature suggère, on peut croire que le fait de s endetter provoque un rallongement des études, en incitant l étudiant à éviter l endettement en maximisant sa principale source de financement autonome : le travail rémunéré en cours d études. Les étudiants qui ont rallongé leurs études ont un taux d endettement total 1,2 fois plus élevé que ceux qui n ont jamais rallongé leurs études universitaires. Figure 6-23 : Variation des taux d endettement par source en fonction du rallongement passé des études universitaires H=;==>$ B=;==>$ G=;==>$ 9=;==>$?=;==>$ :=;==>$ A=;==>$ <=;==>$ =;==>$!$3&) $&*,,167)$ /-/$)285-/$ CD*$E*+*'/$-8$F$&*,,167-&$ /-/$)285-/$!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ L impact constaté plus tôt sur les taux d endettement ne se reflète pas dans la moyenne d endettement. Les seules différences statistiquement significatives sont sur l AFE et la dette totale. Cela est normal : un allongement d un an ajoute environ $ à la dette d un étudiant qui souscrit à l AFE. La stabilité surprenante des autres sources de dette peut confirmer l idée que les étudiants tendent à adopter des comportements qui limitent leur endettement privé. Un étudiant qui choisit de rallonger ses études, par exemple en s inscrivant à douze crédits par trimestre plutôt que quinze, peut le faire pour se donner plus de temps pour travailler en cours d études, minimisant d autant son endettement privé. 012*,$ 9:;<=>$?9;@=>$ A?;<=>$ BA;==>$??;?=>$ ::;?=>$ <G;9=>$ G=;H=>$ 82

97 Figure 6-24: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du rallongement passé des études universitaires Domaine d études $9@$;;;<;;$$?$$ $9C$;;;<;;$$?$$ $9:$;;;<;;$$?$$ $9D$;;;<;;$$?$$ $9;$;;;<;;$$?$$ $@$;;;<;;$$?$$ $C$;;;<;;$$?$$ $:$;;;<;;$$?$$ $D$;;;<;;$$?$$ $I$$$$?$$!$3&) $&*,,167)$ /-/$)285-/$ EF*$G*+*'/$-8$H$&*,,167-&$ /-/$)285-/$ Nous avons regroupé les domaines d études en fonction de leur rentabilité économique. Pour ce faire, nous avons converti les domaines d études présentés dans l enquête en domaines à forte et à faible rentabilité économique (Gouvernement du Québec, 2008 in FEUQ, 2010a, p. 69). La classification est présentée au Tableau 6-8. Tableau 6-8 : Classification des programmes d'études en fonction de leur rentabilité économique Faible rentabilité Arts Lettres Sciences de l éducation Sciences humaines!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ Forte rentabilité Droit Sciences appliquées Sciences de l administration Sciences de la santé Sciences pures Les étudiants de ces deux grandes catégories présentent des caractéristiques souvent différentes. Les étudiants dans des domaines à plus forte rentabilité économique ont un taux d emploi à l automne 2009 qui était plus faible, ont des dépenses plus élevées en matériel scolaire, proviennent de milieux un peu plus aisés, sont moins fréquemment des étudiants de première génération, sont plus souvent parents et ont un niveau de dépenses total un peu plus élevé. Ils présentent, globalement, des caractéristiques socioéconomiques un peu plus favorables, mais des dépenses pour études un peu plus élevées et une capacité de travail en cours d études un peu plus faible. Le Tableau 6-9 présente les coefficients de corrélations. 012*,$ A$>BC<@B$$?$$ 9A$DCC<;9$$?$$ 9D$;;C<C@$$?$$ =$B>9<;C$$?$$ A$;=A<DB$$?$$ 9>$99:<99$$?$$ 83

98 Tableau 6-9 : Coefficients de corrélation entre le domaine d étude et certaines caractéristiques Coefficient de corrélation Taux d emploi, automne 2009 Frais de matériel scolaire Étudiant de première génération Revenu familial brut Présence d un enfant à charge r pb =-,13*** r pb =,17*** Φ=,06** r pb =,08** Φ=-,05*** Comme le démontre la Figure 6-25, on ne dénote pas de différence significative sur le taux d endettement entre les programmes faiblement et fortement rentables économiquement. La seule différence statistiquement significative (à p <,050) est à l aide financière aux études. Le taux reste toutefois marginalement plus faible. Figure 6-25 : Variation des taux d endettement par source en fonction de la rentabilité économique du diplôme?87889$ =87889$ >87889$ $ ;87889$ 87889$!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ La dette due à l AFE des étudiants ne varie pas en fonction de la rentabilité du diplôme, toutefois, les autres formes de dettes présentent des moyennes un peu plus élevées. Ceci est bien normal, vu que le programme de prêts et bourses n est heureusement pas différencié par programme d études. Toutefois, les différences sont beaucoup plus marquées en matière de crédit privé et de prêts familiaux. Les montants prêtés sont beaucoup plus importants : près de 1,5 fois plus élevés sur la moyenne dans les deux cas. Il est probable que les besoins financiers soient plus élevés, les études dans les domaines comme la médecine et le génie étant très exigeantes sur le plan académique et souvent plus longues. Les exigences en matière de matériel spécialisé (matériel informatique, outils de travail) peuvent souvent être beaucoup plus élevées que dans d autres domaines, et la couverture de celles-ci est souvent défaillante auprès de l AFE. De plus, et nous l avons vu à la section 2.3, l offre de crédit des institutions financières cible de manière très directe les étudiants inscrits dans certains domaines d études. Les dettes moyennes élevées sont probablement alors la résultante d une faible *,$ "*'3,-$&-42*3','2)$ $ :67589$ ;<7:89$ =>7=89$ "1&2-$&-42*3','2)$ 5=7=89$ :?7589$ ;67<89$ =57@89$

99 concentration de dettes privées anormalement élevées. En effet, la dette totale des étudiants inscrits dans des domaines à forte rentabilité privée n est que 1,1 fois plus élevée que la dette de ceux inscrits dans les domaines à faible rentabilité économique. Figure 6-26 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction de la rentabilité économique du diplôme $5=$:::9::$$<$$ $5>$:::9::$$<$$ $56$:::9::$$<$$ $5:$:::9::$$<$$ $7$:::9::$$<$$ $=$:::9::$$<$$ $>$:::9::$$<$$ $6$:::9::$$<$$ $A$$$$<$$ Des profils étudiants à risque!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ Certains étudiants présentent des profils risqués. Le tableau 6-9 présente les résultats des tests statistiques de la section précédente. Tableau 6-10 : Résumé des tests statistiques sur les caractéristiques scolaires AFE Privé Famille/amis Total Durée Taux; r pb,05***,06***,01,04*** Montant; r,08***,14***,09**,11*** Montant; ρ,07***,12***,01,10*** Rallongement précédent Taux; Φ -,08*** -,12*** -,09*** -,11*** Montant; r pb -,10*** -,01 -,02 -,09*** Rentabilité économique Taux; Φ -,02* -,01 -,01 -,02 Montant; r pb,00,18***,16***,07*** La durée des études explique une partie de la hausse du montant de dette, plus particulièrement au privé. La relation est toutefois faible. De plus, plus on avance dans les études, plus on s endette, et plus la dette croît, peu importe la source. Si on commence à s endetter, c est de manière durable, et le remboursement ne vient généralement qu après les études. Le domaine d études n a pas d impact sur le taux d endettement : par contre, les étudiants dans les domaines à forte rentabilité sont fréquemment plus endettés que leurs collègues des autres disciplines. Cela peut s expliquer par des coûts en matériel 012*,$ "*'3,-$&-42*3','2)$ 56$7859:;$$<$$ =$8779;5$$<$$ >$:>89?>$$<$$ 58$5@>9;5$$<$$ "1&2-$&-42*3','2)$ 56$7:59:;$$<$$?$75?96@$$<$$ =$67;9=7$$<$$ 5>$75>9>@$$<$$ 85

100 plus élevés, une plus grande difficulté à concilier travail et études et une offre financière agressive dirigée vers ces étudiants. Finalement, le fait d avoir rallongé ses études a une influence sur le taux d endettement, comme sur les montants de dette. L analyse des caractéristiques socioéconomiques fait ressortir des étudiants plus vulnérables et plus prompts à s endetter : les étudiants plus âgés, en provenance de milieux plus démunis, qui changent de région, qui ont des enfants, qui ont rallongé leurs études ou qui étudient dans des programmes économiquement rentables. Le fait d être un étudiant de première génération place aussi l étudiant dans une situation risquée. En somme, l endettement est plus répandu dans les populations qui ont besoin de support : souvent celles où le soutien financier disponible est faible. 86

101 7. L impact des sources et modes de financement Nous présentons dans cette section l impact du financement total ainsi que de deux sources de financement majeures, le travail rémunéré et la contribution parentale, sur l endettement étudiant. Pour une analyse plus détaillée de ce sujet, le lecteur est invité à consulter l enquête Sources et modes de financement des étudiants de premier cycle, publiée par la FEUQ Le financement total Il y a lieu de rappeler certaines vérités concernant le financement total des études de premier cycle. D une part, il s agit d un financement relativement faible : on parle d un financement moyen de l ordre de $, et d un financement médian de $. Ceci inclut les prêts et bourses, les bourses de mérite, le travail rémunéré, les diverses contributions familiales et la pension alimentaire. Figure 7-1: Description du financement total &'"# &$"# $("# $%"# )"#!"# *"# *"# +# $,++#-# *+++,++# *++$,++#-# $++++,++# $+++$,++#-# $*+++,++# $*++$,++#-# &++++,++# &+++$,++#-# &*+++,++# &*++$,++#-#!+++$,++.#!++++,++# Il nous apparaît aussi intéressant de s attarder au nombre de sources de financement disponibles. Nous avons défini pour se faire quatre grandes sources de financement : le travail rémunéré, la contribution familiale (qui comprend la contribution parentale et la contribution du conjoint), l aide financière aux études et les diverses bourses au mérite ou pour des projets particuliers. La Figure 7-2 décrit les résultats. La majorité des étudiants utilisent deux sources différentes de financement pour mener à bien leurs projets d études. Il est très rare de n avoir aucune source de financement (un résultat principalement imputable à des non-réponses) et d avoir les quatre sources de financement disponibles. 87

102 Figure 7-2: Description du nombre de sources de financement $%"#!!"#!&"#!"#!"# &# '#!# (# %# À l exception de l endettement familial, toutes les formes d endettement augmentent avec le financement total. L effet est toutefois plus proche d une relation parabolique à l Aide financière aux études, comme l illustre la Figure 7-3. Il est d ailleurs naturel que ce taux varie d une telle manière : le programme octroie une aide monétaire substantielle (pouvant atteindre près de $ pour une année universitaire moyenne de trente crédits), augmentant ainsi le financement moyen dont il est une des composantes. La variation de l endettement privé peut s expliquer par une augmentation de la propension à s endetter ou par un financement carrément privé des études universitaires. Il faut noter toutefois qu à l inverse des prêts de l AFE, les prêts privés ne sont pas comptabilisés dans le financement moyen d une année universitaire. Figure 7-3 : Variation des taux d endettement par sources en fonction du financement total,!"!!#$ +!"!!#$ *!"!!#$ )!"!!#$ (!"!!#$ '!"!!#$ &!"!!#$ /01$ 23456$ :;784<$ =>=/?$ %!"!!#$!"!!#$!$ %"!!$-$ )!!!"!!$ )!!%"!!$-$ %!!!!"!!$ %!!!%"!!$-$ %)!!!"!!$ %)!!%"!!$-$ &!!!!"!!$ &!!!%"!!$-$ &)!!!"!!$ &)!!%"!!$-$ '!!!%"!!.$ '!!!!"!!$ Le montant moyen de la dette présente un motif plus imprévisible. La seule variation statistiquement significative se retrouve au niveau de la dette totale. La dette à l AFE, présente un motif très peu linéaire, mieux reflétée par les tests non-paramétriques (ρ=,09 88

103 à p<,001). L endettement moyen est toutefois plus élevé chez les étudiants qui ont un financement qui va de $ à $ par an : on peut croire que ce sont ceux qui ont atteint leur limite d endettement à l AFE, ou qui souhaitent éviter d accumuler un endettement supplémentaire pour terminer leurs études en travaillant davantage. L endettement privé moyen est un peu plus élevé chez les étudiants qui ont un financement total allant de 1 à $ : chez certains d entre eux, l endettement privé peut remplacer l AFE comme source de financement, bien que le motif ne soit pas généralisé comme nous l avons vu à la section 5.3. Règle générale, l augmentation du financement est corrélée négativement avec le niveau de dette privée (r=-,03 à p<,050), signe que l on tente d éviter l endettement en travaillant. La variation des montants de prêts familiaux, quant à elle, n est pas statistiquement significative, malgré une croissance pour les étudiants à financement élevé. Finalement, la dette totale tend à croître en fonction du financement total : il y a probablement ici un effet de l inclusion des prêts de l AFE dans le concept de financement total. Figure 7-4: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du financement total!)(!%%%!!#!!!)'!%%%!!#!!!)&!%%%!!#!!!)$!%%%!!#!!!)%!%%%!!#!!!(!%%%!!#!!!'!%%%!!#!!!&!%%%!!#!!!$!%%%!!#!!!"!!!!#!! %! )*%%!"! +%%%*%%! +%%)*%%!"! )%%%%*%%! )%%%)*%%!"! )+%%%*%%! )+%%)*%%!"! $%%%)*%%!"! $+%%)*%%!"!,%%%)*%%-! $%%%%*%%! $+%%%*%%!,%%%%*%%!./0! 12345! /673889:673;! <=<.>! Le financement total varie de manière parfois aléatoire avec l endettement étudiant : toutefois, on remarque une augmentation de la dette moyenne qui est fonction du financement total, jusqu à un pic à la tranche de revenu allant de $ à $. On retrouve probablement une variation qui est parallèle avec l aide financière aux études, car l étude des autres formes d endettement est soit non-concluante (prêt familial) ou dénote une relation négative (endettement privé) Le travail rémunéré Le travail rémunéré représente 55 % du financement total des études au premier cycle. Dans la plupart des cas, il s agit de la seule source de financement autonome des étudiants. Sans étudier le phénomène dans le détail, rappelons toutefois que le travail en cours d études a un impact globalement négatif sur la réussite du projet d études et la persévérance scolaire. De plus, la littérature dégage une relation complexe entre les deux phénomènes : plusieurs étudiants tenteraient d éviter l endettement par le travail. Nous verrons dans les prochaines sections si ce phénomène peut être quantifié, en 89

104 s attardant au taux d emploi à l automne 2009, au nombre d heures travaillées à l automne 2009 et au revenu brut en provenance du travail rémunéré. Nous avons retenu l automne 2009 vu que c est la période où l on retrouve le plus de données valides. Toutefois, l étude de la période de l hiver 2009 pourrait révéler des changements intéressants dans les taux d emploi, mais cela va au-delà des objectifs de cette étude La présence ou l absence d un emploi rémunéré à l automne 2009 À l automne 2009, 63 % des étudiants ont occupé au moins un emploi rémunéré. La conciliation travail-études est donc plus que jamais une réalité. Il n y a pas d effet discernable du taux d emploi sur la dette totale, ce qui est surprenant. Toutefois, l effet est plus net sur les sources d endettement. La présence d un prêt de l AFE a un effet statistiquement faible sur le taux d emploi à l automne 2009 (Φ=-,06). Ainsi, la présence d aide financière semble permettre à plusieurs étudiants de se consacrer pleinement à leurs études durant un trimestre, ce qui est un des buts du programme. À l inverse, toutefois, le taux d endettement privé est corrélé positivement avec le taux d emploi (Φ=,08). On peut supposer que celui-ci vient compléter le financement obtenu par le travail rémunéré, plus particulièrement pour les étudiants qui présentent un financement public insuffisant via le programme d aide financière aux études. Figure 7-5 : Variation des taux d endettement par source en fonction de la présence d'un emploi à l'automne 2009 C;9;;<$ >;9;;<$ 7;9;;<$?;9;;<$ =;9;;<$ :;9;;<$ 8;9;;<$ ;9;;<$!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ L étude des montants moyens de dettes valide toutefois l hypothèse, comme le démontre la Lorsqu on ne peut occuper d emploi, que ce soit parce qu on est inscrit pour toute une année, incluant l été (certains étudiants sont en régime coopératif), ou pour cause de problèmes sur le marché du travail, il semble bien que ce soit l endettement qui prenne le relai. Figure 7-6. En effet, toutes les relations sont statistiquement significatives et corrèlent la présence d un emploi avec un endettement plus faible. Deux explications nous apparaissent plausibles : 012*,$ 3*4/5-+6,1'$ 789:;<$ =:9>;<$ :;9?;<$ -+6,1'$?79:;<$?;9C;<$ 8D9?;<$ >?97;<$ 90

105 1. D une part, le travail rémunéré est utilisé comme une stratégie de limitation de l endettement cumulé, même chez les étudiants qui s endettent. Il persisterait donc une sensibilité importante au montant de dette accumulée, qui pousse ainsi les étudiants à travailler. Le montant de dettes serait alors le déterminant de la propension à travailler. 2. D autre part, on peut croire que les étudiants sans emploi qui financement leurs études par l endettement le font par l impossibilité pratique de travailler en cours d études. Nous l avons noté plus tôt dans l étude de l endettement par domaines d études : les domaines à forte rentabilité économique sont souvent ceux où le travail rémunéré est plus difficile à concilier avec les études, et où les dépenses sont les plus élevées. Dans ce cas, l absence d emploi est principalement compensée par l endettement. Lorsqu on ne peut occuper d emploi, que ce soit parce qu on est inscrit pour toute une année, incluant l été (certains étudiants sont en régime coopératif), ou pour cause de problèmes sur le marché du travail, il semble bien que ce soit l endettement qui prenne le relai. Figure 7-6 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du taux d emploi 3*4/5-+6,1'$ $7?$BBB;BB$$<$$ $7>$BBB;BB$$<$$ $7@$BBB;BB$$<$$ $7A$BBB;BB$$<$$ $7B$BBB;BB$$<$$ $?$BBB;BB$$<$$ $>$BBB;BB$$<$$ $@$BBB;BB$$<$$ $A$BBB;BB$$<$$ $5$$$$<$$ CDDE6*'2$*E$+1'4/$E4$ -+6,1'$!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ 012*,$ 78$99:;:8$$<$$ =$9>8;?7$$<$$ >$@>:;A9$$<$$ 79$@B8;@7$$<$$ 7A$A=7;>8$$<$$ 78$7A7;?:$$<$$ L absence d une contribution parentale, comme nous le verrons plus loin, joue aussi un rôle sur l endettement étudiant. Être sans emploi et ne pas bénéficier d une contribution parentale relèverait alors d une tâche très ardue et pourrait facilement s associer à un endettement élevé Le nombre d heures moyennes travaillées par emploi à l automne 2009 Les étudiants québécois travaillent beaucoup. Pour obtenir les données suivantes, nous avons fait une moyenne du nombre d heures travaillées par emploi à l automne Ce traitement statistique n est pas idéal : malheureusement, les données ne permettent pas de connaître avec précision les périodes d emploi. Additionner les données donnait des résultats sensiblement trop élevés et surreprésente les étudiants qui ont cumulé plusieurs emplois pour la période donnée. Il faut aussi noter que la médiane et la moyenne sont très rapprochées les unes des autres : nous avons donc favorisé la 91

106 moyenne. Cette méthode semble sous-estimer le nombre d heures travaillées en cours d études : l enquête sur les conditions de vie des étudiants de l AFE trouvait un nombre d heures moyen de l ordre de 17 heures de travail rémunéré par semaine (MELS, 2009 : 58). Des 63 % qui cumulaient travail et études à temps plein à l automne 2009, 22 %, soit près du quart, travaillaient 21 heures et plus par semaine. La majorité, soit 55% travaille entre 11h et 25h par semaine. La moyenne d heures travaillées est de 16 h. Le détail est présenté à la Figure 7-7. Figure 7-7 : Nombre d'heures travaillées par semaine, automne 2009 $%"# $$"#!&"#!!"#!'"# ("# )"# ("#!"#!#*#+#,# %#*#!'#,#!!#*#!+#,#!%#*#$'#,#$!#*#$+#,#$%#*#)'#,#)!#*#)+#,#)%#*#('#,# (!,#-# Les tests statistiques retenus voient des différences statistiquement significatives pour les prêts privés (r pb =,10 à p<,001). Les étudiants s endettant au privé semblent travailler davantage d heures, probablement pour réussir à payer les frais d intérêt associés à leurs prêts. Une relation existe aussi sur la dette totale (r pb =,05 à p<,010). La Figure 7-8 démontre que taux d endettement total le plus faible se trouve chez les étudiants qui travaillent moins de 20 heures par semaine : il est plus élevé chez ceux qui ne travaillent pas, ou qui travaillent plus de 20 heures. L idée d une stratégie d évitement de l endettement semble encore une fois confirmée : on peut présumer qu à choisir entre s endetter à l AFE et travailler, plusieurs étudiants font le choix de cumuler travail et études. Dans plusieurs cas, toutefois, on ne devrait pas parler d un choix, mais bien d une obligation : les critères de l AFE sont notoires en ce qui a trait à leur décalage face à la réalité vécue par les étudiants, entre autres en matière de contribution parentale. À la stratégie d évitement pourrait donc s ajouter une obligation circonstancielle de travail. Les données sur l endettement privé tendent à confirmer ce scénario. En effet, le taux d endettement privé augmente de manière marquée et statistiquement significative avec le nombre d heures travaillées en cours d études à l automne Le recours à l endettement privé pour les dépenses de subsistance semble donc se conjuguer avec une conciliation travail-études intense. 92

107 Figure 7-8 : Variation des taux d endettement par source en fonction du nombre d'heures travaillées par semaine par emploi à l automne 2009,!"!!#$ +!"!!#$ *!"!!#$ )!"!!#$ (!"!!#$ '!"!!#$ &!"!!#$ %!"!!#$!"!!#$ -./$ 01234$ :$ ;<=57$ %$>$)$?$ *$>$%!$?$ %%$>$%)$?$ %*$>$&!$?$ &%$>$&)$?$ &*$>$'!$?$ '%$>$')$?$ '*$>$(!$?$ (%?$@$ Le modèle ne dégage pas de relations statistiquement significatives sur la relation entre le montant de dette accumulée et le nombre d heures travaillées. Le niveau de dette cumulé à l AFE semble assez stable, avec des variations totales de moins de 1000 $ sauf pour les valeurs extrêmes. Cela s explique en bonne partie par le plafond de prêts, qui stabilise le niveau de prêts. L impact principal, nous l avons vu, est sur le taux d endettement et non sur le montant de dette. En matière d endettement privé, toutefois, il semblerait que les étudiants qui travaillent moins de 20 heures par semaine s endettent plus que ceux qui travaillent plus de 20 heures par semaine. Les prêts familiaux ne présentent pas de relation statistique claire avec le niveau d endettement. Toutefois, ils sont plus élevés pour les étudiants présentant peu d heures de travail rémunéré, signe qu ils semblent plus directement répondre aux besoins financiers exprimés, un peu comme les prêts privés. 93

108 Figure 7-9: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du nombre d'heures travaillées à l'automne 2009!)(!%%%!!#!!!)'!%%%!!#!!!)&!%%%!!#!!!)$!%%%!!#!!!)%!%%%!!#!!!(!%%%!!#!!!'!%%%!!#!!!&!%%%!!#!!!$!%%%!!#!!!"!!!!#!! *+,! -./01! +23/445623/7! 89:24! )!"!;!<! '!"!)%!<! ))!"!);!<! )'!"!$%!<! $)!"!$;!<! $'!"!=%!<! =)!"!=;!<! ='!"!&%!<! &)<!>! En somme, ceux qui travaillent peu, par choix ou par obligation, s endettent beaucoup, tout comme ceux qui travaillent beaucoup. Le premier cas peut s expliquer par un choix : le second, par une obligation financière. Dans le milieu, on retrouve les étudiants qui travaillent modérément, probablement pour éviter de devoir accumuler un endettement supplémentaire, ou pour combler tant bien que mal les trous du programme de prêts et bourses La présence ou l absence d un emploi durant toute l année Sans surprise, le taux d emploi annuel se comporte de manière très similaire au taux d emploi pour l automne Les étudiants sans emploi sont un peu plus à risque de s endetter, et un peu moins à risque de contracter une dette privée. Les autres relations ne sont pas statistiquement significatives. 94

109 Figure 7-10: Variation des taux d endettement par source en fonction du statut d emploi D:9::;$ >:9::;$ E:9::;$ 7:9::;$ <:9::;$ =:9::;$?:9::;$ :9::;$!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ Globalement, les étudiants qui n ont pas d emploi ont un endettement un peu plus élevé. Tous les tests statistiques sont significatifs. Le montant de la dette familiale est encore une fois beaucoup plus élevé pour les étudiants sans emploi. 012*,$ 3*4/5-+6,1'$ 7897:;$ <=9>:;$ =?9=:;$ -+6,1'$ 7>98:;$ <C98:;$?C9D:;$ >79D:;$ Figure 7-11: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du statut d emploi $7D$???$$;$$ $7:$???$$;$$ $7C$???$$;$$ $7=$???$$;$$ $7?$???$$;$$ $D$???$$;$$ $:$???$$;$$ $C$???$$;$$ $=$???$$;$$ $5$$$$;$$!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ 012*,$ 3*4/5-+6,1'$ 78$9:9$$;$$ <$=>>$$;$$ 9$:?>$$;$$ -+6,1'$ 7=$>C:$$;$$ 9$D77$$;$$ C$:88$$;$$ 78$:?9$$;$$ Le revenu brut annuel en provenance de l emploi Dernier indicateur retenu, le revenu brut annuel total en provenance du travail rémunéré. Contrairement aux deux indicateurs retenus plus tôt, celui-ci donne une idée de la capacité financière annuelle de l étudiant. Toutefois, il faut noter que les données se comportent de manières très similaires. Le revenu annuel moyen en provenance du travail est de l ordre de 8929 $, et la médiane est de 7500 $. Si on compare le revenu annuel aux dépenses réellement encourues (infra section 8.1). On peut donc aisément 95

110 voir que pour la majorité des étudiants, on ne peut subsister que sur le travail rémunéré. Il est aussi important de rappeler que la période de 2009 a été marquée par une augmentation importante du chômage chez les jeunes pour la période estivale. Figure 7-12 : Description du revenu brut annuel en provenance du travail Moyenne Revenu brut $ 1 er quartile $ Médiane $ 3 e quartile $ À noter : pour les tests statistiques, nous avons déclaré que les personnes sans revenu de travail étaient des valeurs manquantes. Ainsi, nous ne ciblons que les étudiants qui ont travaillé en cours d année. Il existe des relations statistiquement significatives pour toutes les formes d endettement, mais pas sur l endettement total. On constate une diminution du taux d endettement à l AFE en fonction du revenu brut annuel total, diminution qui est toutefois faible. Encore une fois, le taux d endettement privé croît avec le revenu brut annuel (r=,07). Il s agit d un résultat contre-intuitif : il n est pas impossible que l on retrouve des étudiants qui sont passés du statut de travailleur à temps plein à étudiant à temps plein et se retrouvent avec des exigences financières qui vont au-delà de leur capacité financière en cours d études. Toutefois, un revenu brut annuel élevé rend la personne plus facilement éligible à certains prêts privés. On peut aussi croire que ces étudiants ont un rythme de vie très élevé, qui exige beaucoup de travail rémunéré pour simplement le maintenir. Le taux d endettement familial, quant à lui, décroit légèrement chez ceux qui travaillent beaucoup. Le taux d endettement total, finalement, reste à peu près stable, peu importe le niveau de revenu brut annuel en provenance du travail. On peut croire que le travail rémunéré remplace des sources de financement, mais ne remplace pas l endettement comme tel. Il n a pas le même effet sur le niveau d endettement, par contre. 96

111 Figure 7-13 : Variation des taux d endettement par source en fonction du revenu brut annuel,!"!!#$ +!"!!#$ *!"!!#$ )!"!!#$ (!"!!#$ '!"!!#$ &!"!!#$ %!"!!#$!"!!#$ -./$ 01234$ :$ ;<=57$!$ %"!!$>$)!!!"!!$ )!!%"!!$>$%!!!!"!!$ %!!!%"!!$>$%)!!!"!!$ %)!!%"!!$>$&!!!!"!!$ &!!!%"!!$>$&)!!!"!!$ '!!!%"!!?$ Le revenu brut annuel total a un impact marqué sur le montant moyen de la dette, et ce peu importe la source. On retrouve des relations statistiquement significatives pour toutes les formes d endettement, les variations les plus marquées étant auprès de l Aide financière aux études et de la famille ou des amis. La relation plus faible en ce qui a trait aux prêts privés peut s expliquer par les dettes légèrement plus élevées pour les étudiants avec des revenus bruts annuels plus élevés (de l ordre de plus de $). Il faut aussi noter une variation très importante du montant moyen emprunté aux parents ou à la famille lorsqu on ne trouve pas d emploi. On peut probablement parler ici d une aide de dernier recours, dans le cas où l étudiant est incapable de se trouver un emploi et cherche un financement qu une institution privée ne lui donnera pas. Rappelons que les familles qui prêtent les plus gros montants sont celles du premier et du quatrième quartile de revenu parental brut : on peut présumer que les premières ont peu d argent et ne peuvent donner une contribution parentale, alors que les enfants des secondes ont probablement une sensibilité moindre à l endettement étudiant. 97

112 Figure 7-14 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du revenu brut annuel!'%!%%%!!#!!!&$!%%%!!#!!!&%!%%%!!#!!!$!%%%!!#!!!"!!!!#!! ()*! +,-./! ) ! 67802! C est ici que l on voit véritablement le rôle que joue le travail rémunéré : on peut affirmer sans crainte qu un revenu de travail élevé sert en bonne partie à limiter l endettement contracté en cours d études. Ceux qui peuvent bénéficier d un revenu élevé en cours d études, surtout dans le cadre de la période estivale, peuvent se construire un coussin financier qui les aidera en cours d année et éviter ainsi des dettes trop élevées. Les autres s endettent La contribution parentale %! &9%%!"!$%%%9%%! $%%&9%%!"!&%%%%9%%! &%%%&9%%!"!&$%%%9%%! &$%%&9%%!"!'%%%%9%%! '%%%&9%%!"!'$%%%9%%! :%%%&9%%;! La contribution parentale est la deuxième source de financement en importance chez les étudiants universitaires de premier cycle inscrits à temps plein. Comme le rappelait la FEUQ (2011b), il s agit d une obligation légale inscrite dans le Code civil du Québec. Le programme de prêts et bourses calcule aussi une contribution parentale en fonction d une table de contribution. Toutefois, celle-ci est bien loin de la réalité. Cela donne comme impact que la participation à l AFE est directement corrélée avec le revenu familial : plus une famille fait d argent dans une année, moins l enfant risque de pouvoir accéder au programme. La distribution de la contribution parentale, quant à elle, est proportionnelle au revenu familial : plus une famille est riche, plus il est probable qu un étudiant reçoive une contribution parentale. Le Tableau 7-1 présente le résultat des tests statistiques. Comme on peut le voir, la présence d une contribution parentale est fortement influencée par le revenu brut annuel, et le montant de contribution croît en fonction du revenu. Tableau 7-1 : Corrélations entre le revenu familial et la contribution familiale Présence d une contribution parentale Montant de la contribution parentale Revenu brut annuel familial r pb =-,33*** r=,13*** Le taux de contribution parentale reste faible. Chez les étudiants qui sont réputés recevoir une contribution et sont éligibles au programme de prêts et bourses (ceux qui 98

113 se situent dans une famille avec un revenu brut entre $ et $), seulement 52 % reçoivent réellement une contribution parentale. La contribution médiane est de l ordre de $ pour ces familles. Par conséquent, la présence et le montant de la contribution parentale devraient covarier avec le revenu familial. Toutefois, il est possible dans certains cas qu un étudiant ne reçoive pas de contribution parentale : c est le cas de familles où le climat s est détérioré, ou d étudiants adultes qui font un retour aux études et sont généralement autonomes financièrement La présence d une contribution parentale Selon notre étude, 61 % des étudiants reçoivent une contribution parentale. Le fait de recevoir une contribution parentale diminue de beaucoup le taux d endettement à l aide financière aux études (r pb =,37) et au privé (r pb =,17). La différence est plus faible pour les prêts en provenance de proches (r pb =-,01 à p<,010). Le fait de ne pas recevoir d aide familiale est très important : la contribution parentale représente 22 % du financement total des études. Sans elle, il semble être très difficile pour les étudiants d arriver financièrement, ce qui donne un taux d endettement de 80 % pour les étudiants qui ne reçoivent pas d aide parentale, 1,5 fois plus élevé que pour ceux qui en reçoivent une. Rappelons que ces étudiants proviennent en bonne partie de familles plus démunies ou procèdent à un retour aux études : ce sont donc des populations vulnérables. Figure 7-15: Variation des taux d endettement par source en fonction de la présence d'une contribution parentale A>=>>?$ E>=>>?$ D>=>>?$ F>=>>?$ B>=>>?$ C>=>>?$ ;>=>>?$ >=>>?$ %&)/-34-$5673-$ 4132&'87913$:*&-32*,-$!8/-34-$5673-$ 4132&'87913$:*&-32*,-$!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ 012*,$ ;<=;>?$ BC=D>?$ D>=<>?$ E>=>>?$ Un même motif, bien que plus limité, peut se constater sur les montants moyens de dette accumulée. La différence n est significative que sur la dette due à l AFE et sur la dette totale. La différence, de l ordre de 3800 $, sur la dette moyenne due à l AFE, est troublante, étant donné l existence d un plafond de prêt. On peut croire que plusieurs étudiants sans contribution parentale déclarée ont commencé à s endetter dès le niveau collégial, augmentant ainsi le montant moyen de dette accumulée. D autres ont peutêtre dû étirer leurs études au-delà de la période d éligibilité aux bourses (rappelons que l endettement a un impact néfaste sur la durée des études), et ne bénéficient donc que de 99

114 prêts. Ne pas recevoir d aide financière des parents multiplie par 1,5 la dette totale moyenne. Figure 7-16: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction de la présence d'une contribution parentale $;A$<<<$$>$$ $;=$<<<$$>$$ $;@$<<<$$>$$ $;D$<<<$$>$$ $;<$<<<$$>$$ $A$<<<$$>$$ $=$<<<$$>$$ $@$<<<$$>$$ $D$<<<$$>$$ $F$$$$>$$ %&)/-34-$5673-$ 4132&'87913$:*&-32*,-$!8/-34-$5673-$ 4132&'87913$:*&-32*,-$!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ 012*,$ ;<$=<;$$>$$?$@<A$$>$$ B$C@;$$>$$ ;;$@CD$$>$$ ;@$@;D$$>$$ ;=$?D?$$>$$ Le montant de la contribution parentale Nous étudierons maintenant le montant de la contribution parentale reçue. Notons d abord qu il est important de se rappeler des caractéristiques des familles qui donnent une contribution parentale : il s agit de familles généralement plus à l aise financièrement, qui ont souvent des antécédents universitaires. La plupart des étudiants qui reçoivent une contribution parentale, soit 63 % reçoivent une contribution qui est inférieure à 3000 $. On parle donc d une contribution qui couvre au maximum les coûts d une année universitaire moyenne. 12 % reçoivent entre 3000 et 4000 $, ce qui ressemble à la couverture des frais de scolarité et de certaines dépenses, principalement en matière de frais de transport. Finalement, le quart reçoit plus de $. Pour l ensemble de la distribution, la moyenne est de 3689 $, contre une contribution médiane de l ordre de 2600 $. 100

115 Figure 7-17: Description des niveaux de contribution parentale %&#$ %%#$!"#$!%#$!&#$ '#$ (#$!)**$+$!***)**$!**!)**$+$ %***)**$ %**!)**$+$ &***)**$ &**!)**$+$,***)**$,**!)**$+$ (***)**$ (**!)**$+$ -***)**$ -**!)**.$ Pour les étudiants présentant une contribution parentale, existe-t-il une influence de son niveau avec l endettement étudiant? Il semblerait bien que oui. D une part, le taux d endettement à l Aide financière aux études et le taux d endettement total diminuent de manière assez importante. Pour les étudiants recevant plus de 4000 $ d aide de leurs parents, on parle d un taux d endettement à l AFE oscillant autour de 25 %. Une telle contribution, selon les calculs de l Aide financière aux études, serait exigée à un revenu brut annuel de l ordre de $, alors qu une famille gagnant $ représentait deux parents à temps plein au salaire minimum en vigueur le 1 er mai 2009, soit 9,00 $ de l heure. Le taux d endettement privé, quant à lui, diminue légèrement. Toutefois, le taux d endettement familial augmente légèrement avec la contribution parentale (r=,03 à p<,050). On peut croire que certaines contributions parentales élevées s accompagnent aussi de prêts, ou que certaines contributions ont été prises en compte en double. 101

116 Figure 7-18 : Variation des taux d endettement par source en fonction du niveau de contribution parentale,!"!!#$ +!"!!#$ *!"!!#$ )!"!!#$ (!"!!#$ '!"!!#$ &!"!!#$ %!"!!#$!"!!#$ %"!!$-$ %!!!"!!$ %!!%"!!$-$ &!!!"!!$ &!!%"!!$-$ '!!!"!!$ '!!%"!!$-$ (!!!"!!$ (!!%"!!$-$ )!!!"!!$ )!!%"!!$-$ *!!%"!!.$ *!!!"!!$ /01$ 23456$ :;784<$ =>?79$ Plusieurs tendances intéressantes se dégagent de l étude de la Figure D une part, on peut voir que les étudiants qui reçoivent une aide allant de 2000 $ à 3000 $ ont la dette moyenne la plus faible. Rappelons qu il s agit de la tranche d étudiants qui reçoivent une aide qui correspond approximativement au niveau des frais de scolarité. Ceux qui reçoivent une aide plus élevée ont aussi un endettement moyen plus élevé. On remarque aussi un bond spectaculaire des prêts familiaux : 15 % de la variance dans le niveau d endettement familial s explique par le niveau d aide parentale accordée! Étrangement, plus on se fie à ses parents pour le paiement des études, plus l endettement face à ceux-ci augmente. Les autres relations ne sont pas statistiquement significatives, bien qu on remarque des montants de prêts privés plus élevés pour la tranche de contribution parentale allant de 3000 $ à 5000 $. 102

117 Figure 7-19: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du niveau de contribution parentale!)&!%%%!!#!!!)$!%%%!!#!!!)%!%%%!!#!!!(!%%%!!#!!!'!%%%!!#!!!&!%%%!!#!!!$!%%%!!#!!!"!!!!#!! )*%%!"! )%%%*%%! )%%)*%%!"! $%%%*%%! $%%)*%%!"! +%%%*%%! +%%)*%%!"! &%%%*%%! &%%)*%%!"!,%%%*%%!,%%)*%%!"!'%%)*%%-! '%%%*%%!./0! 12345! /673889:673;! <=>68! 7.4. Les bourses d excellence Près de 15 % des étudiants ont déclaré avoir reçu une bourse d excellence ou une bourse pour un stage durant l année Elles sont d une valeur moyenne de 2616 $, mais la médiane est beaucoup plus faible, à 1721 $. Il s agit aussi d une source de financement relativement marginale : elle ne représentait que 2 % du financement total des études à temps plein en 2009 (FEUQ, 2010 : 42). Il faut aussi noter que dans ce cas spécifique, plus on descend dans les formes de financement, plus les échantillons seront faibles. Ainsi, les analyses descriptives sont indiquées à titre indicatif : ce sont les tests statistiques qui sont véritablement significatifs. Figure 7-20: Description des montants de bourses de mérite et d allocation pour stages!"#$ %%#$ &&#$ "#$ '#$ &%#$ &())$*$ &)))())$ &))&())$*$ %)))())$ %))&())$*$!)))())$!))&())$*$ +)))())$ +))&())$*$,)))())$,))&())-$ 103

118 L augmentation du volume de bourses institutionnelles est une solution fréquemment évoquée pour réduire l endettement étudiant. Il est notable que les établissements des autres provinces aient des budgets d aide financière nettement plus substantiels qu au Québec. L expérience québécoise permet-elle d affirmer que ces bourses aident à réduire l endettement étudiant? La présence ou l absence d une bourse d excellence La Figure 7-21 révèle quelques légères différences dans les profils des étudiants qui reçoivent et qui ne reçoivent pas de bourses. Leur taux d endettement à l AFE est un peu plus élevé (à p<,050) et leur endettement privé, un peu moindre (à p<,010). Il ne s agit toutefois pas d effets statistiques très forts. Figure 7-21: Variation des taux d endettement par source en fonction de la présence ou de l absence d une bourse de mérite C=;==>$ 9=;==>$?=;==>$ D=;==>$ A=;==>$ =;==>$!3/-45-$6784-$318&/-$6-$ +)&'2-$18$*82&-$ %&)/-45-$6784-$318&/-$6-$ +)&'2-$18$*82&-$!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ 012*,$ 9:;<=>$?<;@=>$ AB;9=>$ AC;C=>$ :9;<=>$ Aucune corrélation linéaire statistiquement significative ne peut être constatée dans le niveau moyen d endettement, comme l illustre la Figure

119 Figure 7-22: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction de la présence ou de l absence d une bourse de mérite $9B$CCC$$>$$ $9@$CCC$$>$$ $9:$CCC$$>$$ $9C$CCC$$>$$ $;$CCC$$>$$ $B$CCC$$>$$ $@$CCC$$>$$ $:$CCC$$>$$ $D$$$$>$$!3/-45-$6784-$318&/-$6-$ +)&'2-$18$*82&-$ %&)/-45-$6784-$318&/-$6-$ +)&'2-$18$*82&-$!"#$ %&'()$ "*+',,-. *+'/$ 012*,$ 9:$;<=$$>$$?$=@;$$>$$ A$:?:$$>$$ 9<$==A$$>$$ 9:$BB@$$>$$ ;$?CA$$>$$ A$C??$$>$$ 9<$;B:$$>$$ Il est probable que le fait qu une bourse institutionnelle n est généralement que d une durée d un an n a pas d impact durable sur les finances des étudiants. De plus, certaines bourses sont attribuées pour des projets spécifiques, comme un stage ou la réalisation d un projet. Il s agirait alors d une quasi-rémunération, et obéirait plutôt aux relations entre revenu d emploi et endettement Le niveau de la bourse Les montants de bourse institutionnelle sont souvent faibles au premier cycle, comme nous l avons vu plus haut. Peut-on voir un impact du montant de la bourse sur l endettement? Nous avons déjà constaté l absence d un impact de la présence ou de l absence d une bourse. La Figure 7-23 illustre la variation de la moyenne d endettement par source en fonction de la taille de la bourse institutionnelle. Aucun test statistique ne donne des résultats concluants. 105

120 Figure 7-23: Variation des taux d endettement par source en fonction de la taille de la bourse institutionnelle -!"!!#$,!"!!#$ +!"!!#$ *!"!!#$ )!"!!#$ (!"!!#$ '!"!!#$ &!"!!#$ %!"!!#$!"!!#$ %"!!$.$ %!!!"!!$ %!!%"!!$.$ &!!!"!!$ &!!%"!!$.$ '!!!"!!$ '!!%"!!$.$ (!!!"!!$ (!!%"!!$.$ )!!!"!!$ )!!%"!!/$ 012$ 34567$ 1895::;<895=$ >?@8:$ La Figure 7-24 illustre la variation des montants d endettement en fonction de la taille de la bourse institutionnelle. La seule relation statistiquement significative est avec le montant d endettement privé (ρ =,12 à p <,010). Il ne s agit toutefois pas d une relation linéaire, comme on peut le voir. Deux explications peuvent être envisageables : la présence d endettement privé est parallèle à des bourses élevées attribuées pour des projets de mobilité étudiante, ou des bourses élevées sont attribuées à des étudiants qui présentent d importantes difficultés financières, qui pourraient mettre en péril la poursuite de leur projet d étude. Figure 7-24: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction de la taille de la bourse institutionnelle!)(!%%%!!#!!!)'!%%%!!#!!!)&!%%%!!#!!!)$!%%%!!#!!!)%!%%%!!#!!!(!%%%!!#!!!'!%%%!!#!!!&!%%%!!#!!!$!%%%!!#!!!"!!!!#!! )*%%!"! )%%%*%%! )%%)*%%!"! $%%%*%%! $%%)*%%!"! +%%%*%%! +%%)*%%!"! &%%%*%%! &%%)*%%!"!,%%%*%%!,%%)*%%-!./0! 12345! /673889:673;! <=>68! Loin de nous l idée d affirmer que les bourses d études offertes en dehors du programme de prêts et bourses sont inutiles. Au contraire, elles donnent un répit 106

121 financier à des étudiants qui en ont besoin, et permettent de réaliser des projets qui ne pourraient être réalisés autrement. L utilité de ce mode de financement est toutefois beaucoup plus grande pour les étudiants inscrits aux cycles supérieurs, et il ne semble pas que ce soit un véhicule bien efficace dans le cas bien spécifique de l endettement étudiant. La croissance du montant d endettement privé chez les étudiants qui reçoivent de fortes bourses institutionnelles n est toutefois pas explicable facilement Des liens multiformes et complexes à établir entre financement et endettement Il faut décortiquer le financement pour bien saisir les relations qui existent entre financement et endettement. En effet, l analyse du financement total est rendue plus complexe par la présence de prêts de l AFE. Le nombre de sources de financement influence toutes les formes d endettement, sauf les prêts familiaux : plus on doit combiner de sources de financement, plus on risque de devoir s endetter. Le tableau 7-2 présente les résultats des tests statistiques. Tableau 7-2 : Résumé des tests statistiques entre les sources de financement et l'endettement AFE Privé Famille/amis Total Financement total Taux; r pb,09***,10*** -,02,07*** Montant; r,03,01,04,08*** Montant; ρ,09***,03*,00**,12*** Nombre de sources de financement Taux; τ- c,30***,05***,01,19*** Présence de travail, automne 2009 Taux; Φ -,06***,08*** -,02* -,01 Montant; r pb -,07*** -,11*** -,13*** -,10*** Heures travaillées en moyenne, automne Taux; r pb,00,10***,01,05** Montant; r -,01,00 -,03 -,02 Montant; ρ,00,00 -,04,00 Présence de travail Taux; Φ -,02***,05*** -,02*,00 Montant; r pb -,05** -,06** -,17*** -,07*** Revenu d'emploi total Taux; r pb -,04**,07*** -,04** -,01 Montant; r -,07*** -,01 -,02 -,04 Présence d'une contribution parentale Taux; Φ,37***,17*** -,01***,26*** Montant; r pb,20***,07*** -,12***,23*** Montant de la contribution parentale Taux; r pb -,15*** -,07***,03* -,11*** Montant; r -,04,05,38***,06** Montant; ρ -,05*,06**,30*** -,02 107

122 AFE Privé Famille/amis Total Présence d'une bourse autre Taux; Φ,03* -,04** -,02,01 Montant; r pb -,01,03 -,01 -,00 Montant de la bourse Taux; r pb -,02 -,02 -,04 -,04 Montant; r -,03,10,10,05 Montant; ρ,00,12**,11,04 La présence d une contribution parentale, qui est corrélée avec le revenu familial brut, prédit le niveau d endettement étudiant à l AFE et au privé : c est la plus grande influence que l on peut constater. Le fait de recevoir une aide parentale diminue de manière importante le taux d endettement à l AFE et au privé. La présence d une contribution parentale n a toutefois pas d impact sur le niveau d endettement privé, et augmente la taille de la dette familiale. Le travail rémunéré est la principale source de financement des études. Le fait de ne pas travailler à l automne 2009 tendait à augmenter les taux d endettement à l AFE, quoique légèrement. La présence d un emploi réduisait aussi légèrement le montant de dette accumulée. Toutefois, le nombre d heures travaillées à l automne 2009 n avait pas d influence notable : l hypothèse que le travail rémunéré sert à éviter l endettement est toutefois validée par l étude du taux d emploi. Le taux d emploi en cours d année démontrait un comportement similaire. Le revenu brut annuel en provenance du travail n a qu une influence sur le montant de dette totale : plus on travaille pour un emploi rémunérateur, moins on s endette. Finalement, les bourses d études de divers ordres, à l exception des bourses de l AFE, n ont pas une grande influence sur l endettement. Il ne s agit pas, à l heure actuelle, d outils utiles dans la lutte contre l endettement étudiant, du moins pour les étudiants de premier cycle. 108

123 8. L impact des niveaux de dépense Nous avons vu que les sources de financement ont un impact limité, mais important, sur l endettement étudiant. Règle générale, plus les sources de financement sont élevées, plus le taux d endettement sera faible. Cumuler au moins deux sources de financement semble aussi avoir un impact. Qu en est-il des dépenses? Nous nous pencherons sur les niveaux de dépense des étudiants. Nous procèderons à une analyse en quatre temps : d abord, le niveau de dépenses totales, pour analyser ensuite les dépenses universitaires, les frais de subsistance et les autres dépenses Les dépenses totales Il en coûte de plus en plus cher pour étudier. Les dépenses totales comprennent l entièreté des dépenses encourues par les étudiants, dont les frais de scolarité, le matériel scolaire, le loyer, la nourriture, le transport, les frais pour enfants à charge, la pension alimentaire versée et les dépenses en loisirs et autres dépenses. Le tiers des étudiants dépense de $ à $ dans une année ; le quart, de $ à $. Le niveau de dépense moyen est de l ordre de $, contre une médiane de $, indiquant une distribution asymétrique, comme l illustre la Figure 8-1. Fait à noter, 23 % des étudiants dépensent annuellement plus de $ en frais scolaires et en frais de subsistance. Rappelons que le niveau de dépenses est influencé, entre autres, par le degré d autonomie de l étudiant (lieu de résidence, âge, présence d enfant à charge). Celui-ci est souvent déterminé par le niveau de revenu des parents : il est plus probable pour un étudiant en provenance d une famille plus démunie de quitter le domicile familial. Comme nous le verrons, le niveau de dépense a une influence directe sur le niveau d endettement. Figure 8-1: Répartition des dépenses totales &'"#!'"#!"# $%"# $$"# %"# ("# $)**#+#,***)**#,**$)**#+# $****)**# $***$)**#+# $,***)**# $,**$)**#+#!****)**#!***$)**#+#!,***)**#!,**$)**#+# &***$)**-# &****)**# 109

124 Le niveau de dépense est directement corrélé avec le niveau d endettement, mais d une manière parfois surprenante. D abord, notons que toutes les relations sont statistiquement significatives, les plus fortes avec la dette totale et l endettement privé. En ce qui a trait à la dette due à l AFE, la tranche la plus critique se trouve dans les $ à $ de dépenses annuelles, soit 79 % des étudiants. C est là qu on retrouve le taux d endettement le plus élevé (de 50 % à 57 %). Il chute par la suite. Dépenses et revenus étant intimement liés, on peut en déduire que les étudiants qui dépensent plus de $ par année disposent de revenus considérables il s agit probablement d un retour aux études ou d études appuyées par une épargne personnelle accumulée sur le marché du travail. À l inverse, les niveaux de dépense bas (moins de $) sont probablement liés au fait d être résident chez ses parents. Le taux d endettement privé croît relativement rapidement, mais se manifeste à sa pleine expansion à partir d un niveau de dépense de $ et plus, où il se stabilise aux alentours de 45 %. Le taux d endettement familial croît de manière plus lente, mais augmente lui aussi en fonction du niveau de dépenses de manière assez importante. Son plafond est à 25 %, pour les étudiants gagnant $ et plus. C est la seule forme d endettement qui ne décroît pas au niveau de dépenses élevées, ce qui peut être signe d une précarité financière importante (qui rend inéligible aux prêts privés) combinée à un niveau de dépenses élevées, comme celui qui est engendré par la présence d un enfant à charge, et l absence d une aide financière aux études adaptée. La famille proche deviendrait alors le dernier recours. Finalement, le taux d endettement total suit une pente similaire à celui du taux d endettement à l Aide financière aux études. Par conséquent, plus on dépense, plus on risque de devoir s endetter au fur et à mesure que les sources et modes de financement des étudiants se tarissent : ceci semble particulièrement vrai pour les étudiants présentant un niveau de dépense entre $ et $ par année, ce qui est loin d être démesuré. Figure 8-2 : Variation des taux d endettement par source en fonction du niveau de dépenses,!"!!#$ +!"!!#$ *!"!!#$ )!"!!#$ (!"!!#$ '!"!!#$ &!"!!#$ %!"!!#$!"!!#$ %"!!$-$ )!!!"!!$ )!!%"!!$-$ %!!!!"!!$ %!!!%"!!$-$ %)!!!"!!$ %)!!%"!!$-$&!!!%"!!$-$&)!!%"!!$-$'!!!%"!!.$ &!!!!"!!$ &)!!!"!!$ '!!!!"!!$ /01$ 23456$ :;784<$ =>?79$ 110

125 Les relations entre le niveau de dépense et le niveau moyen d endettement sont beaucoup plus linéaires : un rapide coup d œil à la Figure 8-3 le révèle d emblée. Toutes les relations sont statistiquement significatives. Le lien entre le niveau de dépenses et l endettement est surprenant à l Aide financière aux études. Les étudiants qui présentent un niveau de dépenses relativement bas sont probablement ceux qui restent chez leurs parents, ce qui explique un endettement moyen beaucoup plus bas (8 000 $ à $ accumulés, soit un peu plus de six trimestres selon le plafond de prêts régulier de l AFE) que leurs collègues aux dépenses plus élevées, dont l endettement moyen à la sortie varie entre $ et $. Le montant d endettement privé se répartit de manière un peu particulière : toutefois, la relation est globalement linéaire et plus les dépenses augmentent, plus le montant moyen de la dette augmente. Le même motif peut être constaté dans les prêts familiaux. Figure 8-3: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du niveau de dépenses!$%!%%%!!#!!!)(!%%%!!#!!!)'!%%%!!#!!!)&!%%%!!#!!!)$!%%%!!#!!!)%!%%%!!#!!!(!%%%!!#!!!'!%%%!!#!!!&!%%%!!#!!!$!%%%!!#!!!"!!!!#!! )*%%!"! +%%%*%%! +%%)*%%!"! )%%%%*%%! )%%%)*%%!"! )+%%)*%%!"! $%%%)*%%!"! $+%%)*%%!"!,%%%)*%%-! )+%%%*%%! $%%%%*%%! $+%%%*%%!,%%%%*%%!./0! 12345! /673889:673;! <=>68! Plus on dépense, plus on tendra à s endetter, et plus la dette sera lourde. Il y a toutefois lieu de se demander quelles dépenses ont des impacts importants sur l endettement Les dépenses universitaires Les dépenses universitaires sont de deux ordres : les frais de scolarité, qui sont l ensemble des frais obligatoires qui doivent être acquittés pour s inscrire à un cours universitaire, et les frais de matériel scolaire Les frais de scolarité Le lien entre frais de scolarité et endettement est polémique. En présentant sa politique de hausse de frais de scolarité, le gouvernement du Québec prétend qu il n y aura pas d augmentation de l endettement étudiant. Or, comme nous le verrons, dans la situation actuelle, où il existe des variations relativement limitées entre établissements en ce qui a trait aux frais institutionnels obligatoires, la variation des montants de frais obligatoires pour études a un impact significatif sur l endettement étudiant. 111

126 Tout d abord, le montant des frais de scolarité est, rappelons-le, fixé par le gouvernement du Québec. Toutefois, nous incluons aussi les frais afférents, qui eux varient selon l établissement, voire la faculté. Ces montants varient en fonction du nombre de crédits universitaires, douze étant généralement le minimum pour être considéré comme inscrit à temps plein dans une session donnée. En vue d un traitement statistique simplifié, nous n utiliserons pour cette section que les frais de scolarité des étudiants québécois d origine et résidents permanents, les autres étudiants ayant des frais de scolarité beaucoup plus élevés, comme l illustre le Tableau 8-1. Pour les étudiants québécois, la moyenne était alors de 2618 $ pour une année d étude. Tableau 8-1 : Description des montants de frais de scolarité selon le statut de citoyenneté Moyenne Médiane N Canadien résidant au Québec $ $ 8013 Canadien résidant à l'extérieur du Québec $ $ 171 Résident permanent $ $ 348 Étranger non- résident avec permis d'études $ $ 321 Étranger non- résident avec permis de travail hors campus $ $ 38 Total $ $ 8938 La Figure 8-4 décrit les montants de frais de scolarité payés en 2009 par les étudiants retenus. Évidemment, la majorité des étudiants ont payé entre 1000 $ et 3000 $ en frais de scolarité. Toutefois, 17 % ont payé entre 3001 $ et 4000 $, ce qui peut correspondre à deux sessions d étude à temps plein et une à temps partiel durant l été. Figure 8-4 : Description des montants de frais de scolarité payés en 2009 par les résidents permanents et les étudiants d'origine québécoise '("# %&"# ()"#!"# $"# *"# +"#!# (,!!#-# (!!!,!!# (!!(,!!#-# %!!!,!!# %!!(,!!#-# $!!!,!!# $!!(,!!#-# '!!!,!!# '!!(,!!#-# *!!!,!!# *!!(,!!.# Le taux d endettement est influencé par le montant des frais de scolarité. Les relations les plus significatives sont sur l endettement privé et l endettement familial (r pb =,04 et r pb =,05 à p<,001), quoique relativement faibles. La Figure 8-5 montre les variations : 112

127 l influence est faible, mais présente. La corrélation avec l AFE est beaucoup plus faible et moins significative, ce qui émane de la structure même du programme. Figure 8-5 : Variation des taux d endettement par source en fonction du niveau des frais de scolarité payés +!"# *!"# )!"# (!"# '!"# &!"# %!"# $!"#!"#!# $,!!#-# $!!!,!!# $!!$,!!#-# %!!!,!!# %!!$,!!#-# &!!!,!!# &!!$,!!#-# '!!!,!!# '!!$,!!#-# (!!!,!!# (!!$,!!.# /01# 23456# :;784<# =>?79# Le montant des frais de scolarité explique entre 1 % et 2 % de la variance du niveau d endettement. En somme, plus les frais de scolarité sont élevés dans une année donnée, plus l endettement sera élevé. La Figure 8-6 le démontre bien (notez que les étudiants qui ne paient pas de frais de scolarité sont une très petite population, qui présentent des particularités qui leurs sont propres). On voit une croissance constante du montant d endettement en fonction du niveau des frais de scolarité payés. Figure 8-6 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du niveau des frais de scolarité payés!(%!%%%!!#!!!'$!%%%!!#!!!'%!%%%!!#!!!&$!%%%!!#!!!&%!%%%!!#!!!$!%%%!!#!!!"!!!!#!! %! &)%%!"! &%%%)%%! &%%&)%%!"! '%%%)%%! '%%&)%%!"! (%%%)%%! (%%&)%%!"! *%%%)%%! *%%&)%%!"! $%%%)%%! $%%&)%%+!,-.! /0123! ! :;<46! Ces résultats confirment à petite échelle ce qui devrait être une évidence : si les frais de scolarité augmentent, l endettement étudiant augmente. Une hausse plus élevée ou un 113

128 plus grand creusement des écarts entre établissements entraineront selon toute vraisemblance une hausse de l endettement étudiant Le matériel scolaire Le matériel scolaire obligatoire est l autre forme de dépenses contractée en cours d études. Il s agit d une dépense annuelle moyenne de 667 $, quoiqu une portion importante d étudiants, soit 15,8 %, ait dépensé plus de 1000 $ en matériel scolaire obligatoire. Le détail est présenté à la Figure 8-7. Figure 8-7 : Description des montants payés en matériel scolaire (#"#$% &'"#$% &)"($% &("*$%!"#$% +")$% #"&$% +",$%!% &"!!%-%.+!"!!%.+&"!!%-% +!!"!!% +!&"!!%-% *+!"!!% *+&"!!%-% &!!!"!!% &!!&"!!%-% &.+!"!!% &.+&"!!%-% &+!&"!!/% &+!!"!!% Des dépenses élevées en matériel scolaire mènent aussi à l endettement. La Figure 8-8 illustre la variation. Outre les étudiants qui n ont déclaré aucune dépense, soit 0,4 % des répondants, on voit une croissance continue de l endettement avec les dépenses de matériel scolaire. L effet le plus fort (r pb =,10 à p<,001) est sur l endettement privé, ce qui s explique par la couverture imparfaite du programme de prêts et bourses pour ce type de dépenses (on octroie un montant forfaitaire et non un montant arrimé aux dépenses réellement encourues). L impact est évidemment faible, ce qui s explique par les montants relativement minimes en jeu, soit 4 % des dépenses totales. 114

129 Figure 8-8 : Variation des taux d endettement par source en fonction du niveau de dépenses en matériel scolaire -!"!!#$,!"!!#$ +!"!!#$ *!"!!#$ )!"!!#$ (!"!!#$ '!"!!#$ &!"!!#$ %!"!!#$!"!!#$!$ %"!!$.$ &)!"!!$ &)%"!!$.$ )!!"!!$ )!%"!!$.$ +)!"!!$ +)%"!!$.$ %!!!"!!$ %!!%"!!$.$ %&)!"!!$ %&)%"!!$.$%)!%"!!/$ %)!!"!!$ 012$ 34567$ 1895::;<895=$ >?@8:$ Le même type de relation est observable pour le niveau d endettement. Ici, l impact est plus fort pour l endettement privé et l endettement familial (r=,12 et r=,13 à p<,001). Toutefois, toutes les formes d endettement sont influencées par des dépenses en matériel scolaire plus élevées, comme on peut le voir à la Figure 8-9. Figure 8-9: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du niveau de dépenses en matériel scolaire!$%!%%%!!#!!!)(!%%%!!#!!!)'!%%%!!#!!!)&!%%%!!#!!!)$!%%%!!#!!!)%!%%%!!#!!!(!%%%!!#!!!'!%%%!!#!!!&!%%%!!#!!!$!%%%!!#!!!"!!!!#!! %! )*%%!"! $+%*%%! $+)*%%!"! +%%*%%! +%)*%%!"!,+%*%%!,+)*%%!"! )%%%*%%! )%%)*%%!"! )$+%*%%! )$+)*%%!"!)+%)*%%-! )+%%*%%!./0! 12345! /673889:673;! <=>68! 8.3. Les frais de subsistance Acquitter sa facture universitaire ne dispense pas les étudiants de dépenser pour leurs frais de subsistance. Nous étudierons trois types de dépenses, soit le loyer, la nourriture et les dépenses de transport. 115

130 Le loyer Pour la série de tests qui suivent, nous avons préféré analyser les dépenses de loyer que pour les étudiants qui ne résident pas chez leurs parents. Nous avons déjà vu, de toute façon, que le fait d être résident ou non avait une influence très importante autant sur le niveau d endettement que sur le taux d endettement (supra section 6.1.4). Un étudiant dépense en moyenne $ pour son loyer, ce qui inclut les coûts de loyer, d électricité, de téléphone, de chauffage, et de meubles et fournitures. La dépense médiane est de l ordre de 6000 $ annuellement, signe de l existence de dépenses de loyer très élevées dans la distribution. La plupart des étudiants, 65 %, dépensent entre $ et $ par année pour leur logement, ce qui correspond à une dépense mensuelle allant de 208 $ par mois à 625 $ par mois. Plusieurs facteurs influencent le coût du loyer, dont le nombre de colocataires, le lieu de résidence, et la durée de la location (un étudiant qui retourne chez ses parents l été épargnera des sommes substantielles). Plusieurs étudiants ont des dépenses de loyer élevées : on peut penser qu il s agit d étudiants-parents ou d étudiants en situation de retour aux études. Vu que nous avons exclu les étudiants non résidents, le nombre d étudiants qui ont des dépenses de loyer de $ et moins par année est très faible (5 %) : on peut croire que le loyer est pris en charge par un partenaire, ou (plus probablement) d étudiants qui n ont été locataires que pour l automne 2009, ou uniquement pour les sessions d études. Figure 8-10: Description des dépenses en loyer $%"# $&"# &!"#!"# '"# ("# %"# &)**#+# (!**)**# (!*&)**#+#!***)**#!**&)**#+#,!**)**#,!*&)**#+# &****)**# &***&)**#+# &(!**)**# &(!*&)**#+# &!**&)**-# &!***)**# Plus on dépense pour son loyer, plus on tend à s endetter : la relation est vraie pour toutes les sources d endettement, comme l illustre la Figure Elle est statistiquement significative sur toutes les formes d endettement, la relation la plus forte étant avec l endettement privé (r=,11 à p<,001). 116

131 Figure 8-11: Variation des taux d endettement par source en fonction du niveau de dépenses en loyer -!"!!#$,!"!!#$ +!"!!#$ *!"!!#$ )!"!!#$ (!"!!#$ '!"!!#$ &!"!!#$ %!"!!#$!"!!#$ %"!!$.$ &)!!"!!$ &)!%"!!$.$ )!!!"!!$ )!!%"!!$.$ +)!!"!!$ +)!%"!!$.$ %!!!!"!!$ %!!!%"!!$.$ %&)!%"!!$.$ %)!!%/$ %&)!!"!!$ %)!!!"!!$ 012$ 34567$ 1895::;<895=$ >?@8:$ Le même type de relation est à l œuvre sur le montant d endettement, sauf que c est le montant d aide financière aux études qui présente la corrélation la plus forte (r=,11 à p<,001), alors que le lien est très faible (r=,06 à p<,010) pour l endettement privé. Figure 8-12: Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du niveau de dépenses en loyer!'$!%%%!!#!!!'%!%%%!!#!!!&$!%%%!!#!!!&%!%%%!!#!!!$!%%%!!#!!!"!!!!#!! &(%%!"! '$%%(%%! '$%&(%%!"! $%%%(%%! $%%&(%%!"! )$%%(%%! )$%&(%%!"!&%%%&(%%!"! &'$%&(%%!"! &$%%&*! &%%%%(%%! &'$%%(%%! &$%%%(%%! +,-!./012!, ! 9:;35! Les dépenses associées au loyer étant généralement les plus importantes parmi toutes les dépenses, il est normal que ce soient elles qui soient le plus fréquemment corrélées avec l endettement étudiant. Or, il s agit d une dépense rarement compressible, et plutôt tributaire du marché local. Des régions avec des taux d inoccupation très faibles, comme l Abitibi-Témiscamingue, ne laissent pas beaucoup de choix aux étudiants qui doivent se trouver un lieu où habiter. Dans d autres cas, c est la présence d enfants à charge qui augmente de manière importante les coûts associés au loyer. La seule solution devient alors la colocation, un phénomène répandu : 28,9 % des bénéficiaires de l AFE vivaient 117

132 en colocation en 2007, et 23,8 % vivait avec un conjoint, contre 17,1 % et 18,1 % pour les non-bénéficaires (MELS, 2009, p. 47). Les dépenses admises de l AFE étant notoirement faibles, on peut croire que ce sont les étudiants qui y souscrivent qui sont les plus durement touchés, devant ainsi souscrire à une dette privée qu ils n auraient pas nécessairement eue autrement La nourriture Les dépenses de nourriture sont le deuxième poste de dépenses en importance. La dépense annuelle moyenne est de l ordre de $, avec une dépense médiane de 2400 $. Il s agit d un poste de dépenses très stable en fonction des caractéristiques socioéconomiques des étudiants, mais qui semble être influencé par l âge (les dépenses augmentant avec l âge). Rappelons que seulement la moitié des étudiants réussissent à se nourrir avec 7 $ par jour au moins, le critère de l AFE (FEUQ, 2010 : 55). La Figure 8-13 décrit les caractéristiques des dépenses en nourriture. Figure 8-13: Description des dépenses en nourriture &$"# $%"#!"# %'"# %%"# ("# )"# %*++#,# %+++*++# %++%*++#,# $+++*++# $++%*++#,# &+++*++# &++%*++#,# '+++*++# '++%*++#,# -+++*++# -++%*++#,# (+++*++# (++%*++.# Le taux d endettement présente des variations difficiles à cerner lorsqu on le met en relation avec les dépenses en nourriture. Toutefois, on retrouve des variations statistiquement significatives du taux d endettement pour toutes les sources quand les dépenses en nourriture augmentent. La présence d enfants à charge tout comme l âge étant des déterminants du niveau de dépenses en nourriture, cela peut probablement expliquer une partie de la relation entre dépenses en nourriture et endettement. Rappelons qu il s agit d une forme de dépense difficilement compressible sans mettre en péril sa propre santé, ce qui n est pas souhaitable pour des raisons qui ne devraient pas demander d explications. Ainsi, le taux d endettement, tout comme les variations dans le montant de la dette, ne peut être contenu autrement que par une augmentation du financement disponible, préférablement sous forme de bourses. Il est particulièrement inquiétant de voir une augmentation importante du taux d endettement privé chez les étudiants qui, pour diverses raisons, présentent des 118

133 dépenses importantes en nourriture. Il s agit fort probablement de dépenses de carte de crédit, qui encourent des frais très élevés. Figure 8-14 : Variation des taux d endettement par source en fonction du niveau de dépenses en nourriture %!!"!!#$ -!"!!#$,!"!!#$ +!"!!#$ *!"!!#$ )!"!!#$ (!"!!#$ '!"!!#$ &!"!!#$ %!"!!#$!"!!#$ %"!!$.$ %!!!"!!$ %!!%"!!$.$ &!!!"!!$ &!!%"!!$.$ '!!!"!!$ '!!%"!!$.$ (!!!"!!$ (!!%"!!$.$ )!!!"!!$ )!!%"!!$.$ *!!%"!!/$ *!!!"!!$ 012$ 34567$ 1895::;<895=$ >?>0@$ Toutes les relations entre dépenses en nourriture et endettement moyen sont statistiquement significatives (pour les prêts familiaux, elle est significative à p <,050). Les différentes formes de dettes se stabilisent à des montants de dépenses en nourriture de plus de $, sauf pour les prêts privés, qui fléchissent pour la tranche allant de $ à $ de dépenses annuelles. Les dépenses de nourriture n expliquent toutefois qu une faible part de l endettement total : 1,3 % de la variance. Il s agit, bien entendu, d une dépense difficilement compressible. Figure 8-15 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du niveau de dépenses en nourriture!*)!%%%&%%!!#!!!*(!%%%&%%!!#!!!*'!%%%&%%!!#!!!*$!%%%&%%!!#!!!*%!%%%&%%!!#!!!)!%%%&%%!!#!!!(!%%%&%%!!#!!!'!%%%&%%!!#!!!$!%%%&%%!!#!!!"!!!!#!! *&%%!"! *%%%&%%! *%%*&%%!"! $%%%&%%! $%%*&%%!"! +%%%&%%! +%%*&%%!"! '%%%&%%! '%%*&%%!"!,%%%&%%!,%%*&%%!"! (%%%&%%! (%%*&%%-!./0! 12345! /673889:673;! <=<.>! 119

134 Du moment où l on s endette, il semblerait que l on doive limiter ses dépenses en matière de nourriture : faire le contraire crée une problématique d endettement importante. Cela augure mal dans la période actuelle d inflation alimentaire que nous connaissons. Cela est particulièrement vrai pour les étudiants-parents, qui ont des dépenses en nourriture élevées à assumer Le transport Les dépenses de transport sont une part importante, mais difficile à cerner, des dépenses étudiantes, étant donné la variété des modes de transport et les distances variées. La dépense moyenne annuelle est de l ordre de 851 $ par an, et la médiane est de 549 $ par an, ce qui correspond à une CAM au tarif réduit. La description des dépenses de transport présentée à la Figure 8-16 est toutefois plus riche. 16 % des étudiants n ont pas de dépenses régulières de transport (signe qu ils favorisent un transport actif ou bénéficient d un programme de transport collectif universel, comme à l Université de Sherbrooke), et la majorité dépense moins de $ par an en transport. Figure 8-16 : Description des dépenses en transport %!#$ &'#$!"#$!(#$ "#$ )#$ *$!+**$,$(**+**$ (*!+**$,$!***+**$!**!+**$,$!(**+**$!(*!+**$,$ &***+**$ &**!+**-$ Le Tableau 8-2 décrit le mode de transport le plus régulièrement utilisé à l automne Évidemment, c est la voiture personnelle qui est la plus dispendieuse, avec une dépense annuelle moyenne de $. Rappelons que les prêts automobiles ne sont pas inclus dans l endettement privé : on peut donc croire que la plupart des étudiants qui ont à utiliser une voiture utilisent une voiture usagée déjà payée, ou empruntent celle d un parent ou d un proche. De plus, il ne s agit que de 19 % des étudiants. Toutefois, plus des trois quarts des étudiants utilisent un mode de transport collectif ou actif pour fréquenter l université, qui sont tous beaucoup moins dispendieux. 120

135 Tableau 8-2 : Description du mode de transport utilisé le plus régulièrement à l'automne 2009 et dépense annuelle moyenne associée Pourcentage Dépenses annuelles moyennes Transport en commun 56 % 837 $ Vélo 4 % 347 $ Marche 17 % 208 $ Covoiturage 3 % $ Voiture personnelle 19 % $ L offre de service de transport en commun est un déterminant important du mode de transport employé. Ce sont 88 % des étudiants qui étudient à Montréal qui privilégiaient un déplacement actif ou collectif, contre 36 % des étudiants en région éloignée, qui favorisent toutefois très souvent la marche. Le Tableau 8-3 illustre les modes de transport employés. On peut en conclure que la qualité du service de transport collectif offert est un déterminant important des coûts de transport : toutefois, lorsqu il est absent ou déficient, les étudiants recherchent tout de même le mode de transport le plus économique, et regardent du côté des transports actifs ou du covoiturage pour diminuer les coûts associés au transport. Tableau 8-3 : Description du mode de transport utilisé le plus régulièrement à l'automne 2009 en fonction de la région d études Montréal Québec Régions Régions centrales éloignées Transport en commun 73 % 40 % 31 % 6 % Vélo 4 % 5 % 2 % 1 % Marche 11 % 23 % 27 % 29 % Covoiturage 2 % 4 % 5 % 7 % Voiture personnelle 9 % 27 % 32 % 55 % On remarque nettement que ceux qui dépensent beaucoup en transport ont des taux d endettement plus élevés, comme le révèle la Figure On peut aussi voir une différence de près de cinq points de pourcentage entre le taux d endettement total des étudiants qui dépensent moins de 500 dollars et ceux qui dépensent de 501 à dollars par an. Il s agit grossièrement de la différence entre une carte d autobus CAM à prix réduit et une autre à prix régulier. Les étudiants avec des niveaux de dépenses allant de à $ correspondent à des services de transport collectifs plus onéreux, généralement associés aux banlieues montréalaises. L incidence plus faible de l endettement peut s expliquer alors par le fait de rester chez ses parents. Le modèle détecte des corrélations statistiques significatives pour l AFE et l endettement privé : celles-ci toutefois souvent très faibles (r pb =-,03 à p<,010 et r pb =,08 à p<,001). La distribution est très peu linéaire vu les sauts importants entre les dépenses pour les étudiants qui voyagent à pied ou en vélo, en transport en commun ou en automobile personnelle. 121

136 Figure 8-17 : Variation des taux d endettement par source en fonction du niveau de dépenses en transport,!"!!#$ +!"!!#$ *!"!!#$ )!"!!#$ (!"!!#$ '!"!!#$ &!"!!#$ %!"!!#$!"!!#$!$ %"!!$-$ )!!"!!$ )!%"!!$-$ %!!!"!!$ %!!%"!!$-$ %)!!"!!$ %)!%"!!$-$ &!!!"!!$ &!!%"!!.$ /01$ 23456$ :;784<$ =>?79$ Le motif reste très similaire pour la Figure 8-18 : toutefois, on ne trouve pas de corrélation statistiquement significative. L analyse descriptive ne permet pas non plus de dégager de motifs particulièrement intéressants. Figure 8-18 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction des dépenses en transport!*(!%%%&%%!!#!!!*'!%%%&%%!!#!!!*$!%%%&%%!!#!!!*%!%%%&%%!!#!!!)!%%%&%%!!#!!!(!%%%&%%!!#!!!'!%%%&%%!!#!!!$!%%%&%%!!#!!!"!!!!#!! %! *&%%!"! +%%&%%! +%*&%%!"! *%%%&%%! *%%*&%%!"! *+%%&%%! *+%*&%%!"! $%%%&%%! $%%*&%%,! -./! 01234! :! ;<=57! Nous pouvons donc conclure que contrairement à une idée reçue, les étudiants semblent généralement se déplacer en fonction de leurs moyens. Les dépenses de transport sont un bien mauvais indicateur de l endettement étudiant, et une portion surprenante de ceux-ci n ont aucune dépense en matière de transport, signe qu ils choisissent le transport actif (marche, vélo), qu ils vivent à proximité de leur lieu d études ou qu ils bénéficient d une passe universelle, comme à l Université de Sherbrooke. 122

137 8.4. Les autres dépenses Deux autres types de dépenses sont difficiles à classer. Il s agit des frais pour enfants à charge et les dépenses de loisir et autres dépenses Les frais pour enfants à charge Nous avons vu plus tôt que le fait d avoir ou non un enfant à charge entraîne des dépenses très importantes et un endettement accru. Or, le niveau de frais pour enfants à charge a lui aussi un impact 21. Annuellement, les frais pour enfants à charge représentent, pour les répondants qui sont parents, une dépense moyenne de 5587 $ et une dépense médiane de 4347 $. La Figure 8-19 décrit la situation. La plupart des parents ont des frais pour enfants à charge qui oscillent entre 0 et $, la plupart dépensant de 2000 à 4000 $. La rareté des services de garde en milieu universitaire (CNCS-FEUQ, 2011) entraîne probablement son lot de dépenses supplémentaires dans bien des cas. De plus, il s agit ici des dépenses assumées par un de deux parents, et non des dépenses encourues par toute l unité familiale. Figure 8-19 : Description des frais pour enfants à charge!&"# &'"# $%"# ("# ("# $)"#!"# )# $*))#+# &)))*))# &))$*))#+# %)))*))# %))$*))#+#,)))*))#,))$*))#+# -)))*))# -))$*))#+# $))))*))# $)))$*)).# La Figure 8-20 illustre la variation du taux d endettement par sources en fonction des frais pour enfants à charge. On ne voit pas vraiment de motif très intéressant, et seule une relation est statistiquement significatif : l endettement privé augmente avec le niveau des frais pour enfants à charge (r pb =,11 à p <,050). Le crédit privé serait donc plus répandu chez les étudiants-parents qui ont des dépenses élevées pour leurs enfants, que ce soit par la présence de plusieurs enfants à charge ou à cause de l âge de l enfant. 21 Il s agit d un très petit sous-échantillon (408 répondants). Il faut donc procéder avec précautions! 123

138 Figure 8-20 : Variation des taux d endettement par source en fonction du niveau de frais pour enfants à charge %!!"!!#$ -!"!!#$,!"!!#$ +!"!!#$ *!"!!#$ )!"!!#$ (!"!!#$ '!"!!#$ &!"!!#$ %!"!!#$!"!!#$!$ %"!!$.$ &!!!"!!$ &!!%"!!$.$ (!!!"!!$ (!!%"!!$.$ *!!!"!!$ *!!%"!!$.$,!!!"!!$,!!%"!!$.$%!!!%"!!/$ %!!!!"!!$ 012$ 34567$ 1895::;<895=$ >?@8:$ Les corrélations sont difficiles à faire sur le niveau d endettement. De plus, on se retrouve souvent sur de très petits échantillons. Il n existe pas de relations linéaires statistiquement significatives, comme on peut le voir à la Figure Toutefois, le niveau d endettement à l AFE et au privé sont corrélés avec le niveau de frais pour enfants à charge (ρ = -,11 et ρ =,13 à p<,050). Le niveau d endettement à l AFE diminue avec les frais pour enfants à charge alors que le niveau d endettement, lui, augmente. Rappelons que les échantillons sont minuscules et sont à prendre avec précautions. Figure 8-21 : Variation des montants moyens d endettement par source en fonction du niveau de frais pour enfants à charge!'$!%%%!!#!!!'%!%%%!!#!!!&$!%%%!!#!!!&%!%%%!!#!!!$!%%%!!#!!!"!!!!#!! %! &(%%!"! '%%%(%%! '%%&(%%!"! )%%%(%%! )%%&(%%!"! *%%%(%%! *%%&(%%!"! +%%%(%%! +%%&(%%!"! &%%%&(%%,! &%%%%(%%! -./! 01234! :! ;<=57! Le niveau de frais pour enfants à charge a peu de relations statistiquement significatives avec l endettement. Une telle situation est contraire à celle qui prévaut pour la différence entre étudiants avec et sans enfant à charge, faut-il le rappeler. 124

139 Les dépenses de loisirs et autres dépenses Souvent blâmées dans les médias populaires pour expliquer les problèmes financiers des étudiants, les dépenses de loisirs et autres dépenses restent une part relativement faible des dépenses des étudiants. La dépense moyenne est de 2339 $, mais la médiane, à 1300 $, est beaucoup plus basse. Ceci indique une faible concentration de dépenses très élevées en matière de loisirs et autres dépenses, comme le révèle la Figure Une faible portion d étudiants (3 %) ne déclare aucune dépense en loisir ; à l inverse, 9 % déclarent des dépenses annuelles de plus de 5000 $. La vaste majorité dépense moins de 3000 $ annuellement. Rappelons-nous aussi l existence d une petite concentration d étudiants avec un financement annuel très élevé comparativement au financement moyen, ce qui vient fausser la donne quelque peu. Figure 8-22 : Description des dépenses de loisirs et autres dépenses $%"#!&"# &'"# %"#!"# ("# )"# *# &+**#,# &***+**# &**&+**#,# $***+**# $**&+**#,#!***+**#!**&+**#,# )***+**# )**&+**#,# -***+**# -**&+**.# Comment ces dépenses se comparent-elles avec les dépenses des ménages québécois? Pour évaluer cette différence, nous avons utilisé les données de l Enquête sur les dépenses des ménages, édition 2008 (la dernière disponible dans l initiative de démocratisation des données de Statistique Canada). Pour obtenir un portrait similaire à celui de sources et modes, nous avons agrégé plusieurs données : le loisir, le matériel de lecture, les dépenses en tabac et boissons alcoolisées ainsi que les autres dépenses. Il en ressort que les dépenses étudiantes sont moins élevées que les dépenses des ménages québécois. Notons que les valeurs notées (M) présentent une haute variabilité d échantillonnage, et doivent être utilisées avec précautions. Les valeurs remplacées par un I présentent des estimations de qualité inacceptable selon les normes de Statistique Canada (Statistique Canada, 2010, p. 21). Tableau 8-4 : Comparaison des mesures de tendance centrale des dépenses en loisirs et autres dépenses pour les ménages québécois et les étudiants Genre de ménage Moyenne Médiane Une personne $ $ Couple seulement $ $ Couple avec enfant(s) célibataire(s) seulement $ $ 125

140 Couple avec autre(s) personne(s) apparentée(s) ou non $ (M) $ (M) apparentée(s) Parent unique sans personne additionnelle $ $ Autre ménage avec personne(s) apparentée(s) $ $ Autre ménage avec personne(s) non apparentée(s) I I Total $ $ Étudiants $ $ La catégorie la plus comparable, soit celle des ménages composés d une seule personne, présente des dépenses moyennes et médianes beaucoup plus élevés que les étudiants : cette tendance est vraie pour tous les types de ménages. Toutefois, ces données sont plus difficilement comparables vu qu elles comprennent plus d un individu. Comment ses dépenses sont-elles financées? D une part, il est important de noter que les étudiants qui ont une dette à l AFE dépensent un peu moins en loisirs que leurs collègues sans aide financière. Le même motif (significatif à p <,010) peut être constaté sur la dette totale. Un très faible effet positif peut être remarqué pour ceux qui s endettent au privé (significatif à p <,050), alors qu aucune tendance ne se dégage pour les prêts familiaux. La Figure 8-23 illustre visuellement de manière très frappante ceci. À noter que les dépenses très élevées en loisirs peuvent être associées à un projet particulier (un voyage, par exemple), pour lequel l étudiant a pu économiser pendant un certain nombre d années, où peut s autofinancer par un emploi. La corrélation négative entre taux d endettement et dépenses en loisirs semble démontrer cette thèse. Figure 8-23 : Variation des dépenses en loisirs et autres dépenses en fonction des taux d endettement par source +!"!!#$ *!"!!#$ )!"!!#$ (!"!!#$ '!"!!#$ &!"!!#$ %!"!!#$!"!!#$,-.$ /0123$ $ :;<46$!$ %"!!$=$%!!!"!!$ %!!%"!!$=$&!!!"!!$ &!!%"!!$=$'!!!"!!$ '!!%"!!$=$(!!!"!!$ (!!%"!!$=$)!!!"!!$ )!!%"!!>$ L étude des montants moyens de dette ne permet pas de dégager de relations significatives, sauf sur le niveau de dette totale, qui varie négativement, mais de manière très faible, avec le niveau de dépenses (r=-,03 à p<,050). On remarque toutefois que le niveau d endettement à l AFE diminue jusqu à des dépenses de 2000 $ à 4000 $, pour ensuite remonter. Le niveau d endettement privé semble aussi un peu plus élevé, mais pas de manière significative. 126

141 Figure 8-24 : Variation des dépenses en loisirs et autres dépenses en fonction des montants moyens d endettement par source!)'!%%%!!#!!!)&!%%%!!#!!!)$!%%%!!#!!!)%!%%%!!#!!!(!%%%!!#!!!'!%%%!!#!!!&!%%%!!#!!!$!%%%!!#!!!"!!!!#!! *+,! -./01! +23/445623/7! 89:24! %! );%%!"!)%%%;%%! )%%);%%!"!$%%%;%%! $%%);%%!"!<%%%;%%! <%%);%%!"!&%%%;%%! &%%);%%!"!=%%%;%%! =%%);%%>! Les dépenses en loisirs ne semblent pas un bon facteur explicatif de l endettement étudiant. On remarque même que les étudiants compressent leurs dépenses dans ce poste lorsqu ils ont déjà un endettement courant. Les tests non paramétriques révèlent deux corrélations statistiques négatives, sur le niveau d endettement à l AFE (ρ = -,05 à p<,010) et sur le niveau d endettement total (ρ=-,05 à p<,001). Les dépenses élevées en loisir ne sont probablement le fait que d une minorité qui bénéficie de dépenses de subsistance relativement faibles Le niveau des dépenses de subsistance augmente le niveau d endettement La hausse du niveau de dépenses a un impact général sur l endettement étudiant. En effet, plus les dépenses sont élevées, plus on tend à s endetter, et plus l endettement sera élevé. Le niveau des dépenses totales explique à lui seul 3 % de la variance dans l endettement total. Toutefois, certaines dépenses ont plus d influences que d autres. On peut le voir dans le tableau 8-5, ci-dessous. Tableau 8-5 : Analyse statistique des liens entre les sources de dépense et l'endettement AFE Privé Famille Total Dépenses totales Taux; r pb,07***,13***,11***,09*** Montant; r,15***,12***,17***,17*** Frais de scolarité Taux; r pb,02*,04***,05***,03* Montant; r,15***,12***,13***,10*** Matériel scolaire Taux; r pb,06***,10***,07***,08*** Montant; r,08***,12***,13***,11*** Loyer Taux; r pb,06***,11***,07***,05*** Montant; r,11***,06**,08**,14*** Montant; ρ,13***,07***,09***,15*** 127

142 AFE Privé Famille Total Nourriture Taux; r pb,05***,09***,08***,06*** Montant; r,08***,07***,06*,12*** Transport Taux; r pb -,03**,08***,01,00 Montant; r -,02,01 -,05*** -,01 Enfants à charge Taux; r pb -,06,11*,03 -,06 Montant; r -,06,09 -,03 -,00 Montant; ρ -,11*,13* -,07 -,04 Dépenses de loisir Taux; r pb -,06***,03**,00 -,03** Montant; r -,03,01,02 -,03* Montant; ρ -,05**,03 -,01 -,05*** Les dépenses obligatoires (frais de scolarité et matériel scolaire) ont un impact direct sur l endettement : plus ça coûte cher, plus on devra recourir à l endettement. Les dépenses de subsistance, comme la nourriture et le loyer, dont sensiblement le même comportement. D autres dépenses se comportent de manière plus surprenante. La relation entre dépenses de transport et AFE est négative. On peut alors croire que les étudiants qui tendent à s endetter vont réduire leurs dépenses de transport, en favorisant les transports collectifs ou actifs, ou en s établissant à proximité de l université. Les frais pour enfants à charge n ont pas d impact significatif sur le niveau d endettement. Il s agit toutefois d un très petit sous-échantillon où l endettement est déjà très élevé. Les étudiants ne tendent pas à diminuer le niveau de dépenses consacrées aux enfants à charge, ce qui est rassurant. Finalement, les dépenses de loisirs et autres dépenses ne sont pas une source d endettement. En fait, les étudiants qui utilisent l AFE dépensent un peu moins que leurs collègues qui ne l utilisent pas. Toutefois, il existe une légère relation positive en ce qui a trait à l endettement privé. 128

143 9. La situation aux cycles supérieurs 9.1. Méthodologie et limites Les données sur les étudiants de cycles supérieurs sont tirées de l enquête Sources et modes de financement des étudiants de cycles supérieurs, publiée en 2007 par le CNCS-FEUQ. Toutefois, celle-ci est beaucoup plus limitée que l enquête sur les étudiants de premier cycle. L échantillon est de 1638 répondants : aux fins de l étude, nous n avons retenu que les étudiants inscrits à temps plein et au statut de rédaction, ce qui donne 1370 répondants. Ceci donne une marge d erreur de 2,6 %, 19 fois sur 20. Les étudiants inscrits à la maîtrise sans statut de rédaction pourraient présenter des caractéristiques très différentes, principalement parce qu ils n ont pas droit aux bourses des fonds subventionnaires de recherche. Malheureusement, l enquête comportait un trop petit nombre de répondants de ce type pour pouvoir analyser cette population. Le questionnaire ne comprend pas de question sur les niveaux de dépenses, ni sur l endettement. La seule question posée demandait le niveau d endettement accumulé en cours d études, ce qui limite grandement l analyse qui peut être faite. De plus, on ne peut distinguer les répondants qui ont un faible niveau de dettes de ceux qui n en ont pas du tout, ce qui limite les possibilités d analyse Description des niveaux d endettement La dette due à l AFE à la sortie L Aide financière aux études est une importante source de financement des études supérieures. En 2006, étudiants étaient inscrits au 2 e cycle à temps plein et au 3 e cycle (MELS, 2008). 51 % des étudiants de maîtrise et 21 % des étudiants de doctorat inscrits à temps plein bénéficiaient alors du programme d aide financière aux études (AFE, 2008, p. 40, calculs de l auteur). Comme nous l avons vu plus tôt, les étudiants inscrits aux cycles supérieurs sont soumis à un plafond de prêt plus important que leurs collègues de premier cycle. De plus, ceux qui s endettent à l AFE ont des dettes substantielles : $ au 2 e cycle et $ au 3 e cycle en moyenne. Tableau 9-1 : Nombre d'emprunteurs qui devaient prendre en charge à la fin de leurs études le remboursement des prêts obtenus selon le montant de la dette d'étude, e cycle 3e cycle $ $ $ $ ou plus Total Moyenne $ $ Source : AFE, 2010, p

144 Description de la dette accumulée Les étudiants inscrits aux cycles supérieurs ont des niveaux de dette souvent très importants. Bien que 47 % des étudiants avaient accumulé en 2006 moins de $ de dettes, plusieurs traînaient des dettes très importantes, comme l indique la Figure 9-1. Un étudiant sur dix avait accumulé plus de $ de dettes. La dette moyenne accumulée se situait à $, et la dette médiane à $. Figure 9-1 : Description du niveau d'endettement des étudiants aux cycles supérieurs!"#$ %&#$ %&#$ %%#$ '#$ %(#$ )*+,-$./$ '(((0$ '((%0$1$ %2(((0$ %2((%0$1$ %3(((0$ %3((%0$1$ 2!(((0$ 2!((%0$1$ &((((0$ 456-$./$ &((((0$ Il est méthodologiquement difficile d utiliser cette donnée pour caractériser l endettement aux cycles supérieurs. Nous examinerons toutefois les caractéristiques des étudiants selon un autre critère : le fait de bénéficier ou non du programme d aide financière aux études, en fonction de certaines caractéristiques socioéconomiques Rôle des sources et modes de financement Certaines caractéristiques scolaires semblent avoir une influence sur la propension à s endetter ou non à l AFE. D une part, le fait d appartenir à un groupe de recherche est associé au fait de ne pas avoir besoin d aide financière aux études, comme le démontre le Tableau 9-2. Il y a une différence statistiquement significative, mais faible (Φ=-,08 à p<,010). Tableau 9-2 : Appartenance à un groupe de recherche et participation à l'afe Deuxième Troisième Présence Absence Total cycle cycle d'afe d'afe Groupe de recherche 37,00 % 64,30 % 37,70 % 46,10 % 43,30 % Pas de groupe de recherche 63,00 % 35,70 % 62,30 % 53,90 % 56,70 % 100,00 % 100,00 % 100,00 % 100,00 % 100,00 % Les bourses de mérite jouent un rôle majeur dans le financement des études de cycles supérieurs, contrastant ainsi avec les études de premier cycle. 44,1 % du financement des étudiants à temps plein est composé des bourses de mérite ou de colloques et stages 130

145 (CNCS-FEUQ, 2007, p. 42). Or, le fait de recevoir une ou plusieurs bourses réduit la propension à s endetter en cours d étude à l AFE (Φ=-,11 à p<,001), comme on peut le voir au Tableau 9-3. Tableau 9-3 : Présence ou absence d'une bourse de mérite Deuxième Troisième Présence Absence Total cycle cycle d'afe d'afe d'une bourse d'excellence ou 17,80 % 35,40 % 17,50 % 24,20 % 22,00 % récompense au mérite de 2 bourses 6,90 % 12,70 % 6,90 % 8,90 % 8,20 % de plus de 2 bourses 2,50 % 9,40 % 2,30 % 5,10 % 4,20 % d'aucune bourse 72,80 % 42,50 % 73,30 % 61,90 % 65,60 % 100,00 % 100,00 % 100,00 % 100,00 % 100,00 % La présence d au moins une bourse pour colloques ou stages a le même effet, mais un peu moins fort (Φ =-,06 à p<,050). Tableau 9-4 : Présence ou absence d'une bourse pour colloque ou stage Deuxième Troisième Présence Absence Total cycle cycle d'afe d'afe Bourse pour stage, colloque 12,40 % 34,50 % 14,30 % 19,20 % 17,60 % Non 87,60 % 65,50 % 85,70 % 80,80 % 82,40 % 100,00 % 100,00 % 100,00 % 100,00 % 100,00 % La contribution familiale est un mode de financement plus marginal pour les études de cycles supérieurs : elle ne représente que 6,1 % du financement total des études à temps plein (CNCS-FEUQ, 2007, p. 42). Encore une fois, la présence d une contribution familiale (en provenance d un parent ou du conjoint) rend un peu moins probable l inscription aux prêts et bourses (Φ =-,07 à p<,010). Tableau 9-5 : Présence ou absence d'une contribution familiale Deuxième Troisième Présence Absence Total cycle cycle d'afe d'afe Contribution familiale 36,70 % 29,10 % 30,00 % 37,20 % 34,80 % Sans contribution familiale 63,30 % 70,90 % 70,00 % 62,80 % 65,20 % 100,00 % 100,00 % 100,00 % 100,00 % 100,00 % Le travail rémunéré aux cycles supérieurs est analysé selon deux critères : le caractère interne ou externe à l université et le type d emploi. Or, comme l illustrent les deux prochains tableaux, il n y semble pas y avoir d impact de la présence de ces emplois sur l endettement à l aide financière aux études, contrairement à la situation prévalant au premier cycle. On peut croire qu il s agit de sources plus marginales de financement par rapport aux bourses, qui sont le principal déterminant du financement aux cycles supérieurs. Tableau 9-6 : Présence ou absence d'un emploi interne à l université Deuxième cycle Troisième cycle Présence d'afe Absence d'afe Total 131

146 Assistance d'enseignement 17,70 % 20,90 % 20,20 % 17,60 % 18,50 % Assistance de recherche 9,00 % 15,00 % 13,10 % 9,10 % 10,40 % Charge de cours 1,50 % 7,90 % 1,50 % 3,70 % 2,90 % Autre emploi 9,40 % 6,50 % 8,30 % 8,90 % 8,70 % Aucun emploi 62,40 % 49,70 % 56,90 % 60,80 % 59,50 % 100,00 % 100,00 % 100,00 % 100,00 % 100,00 % Tableau 9-7 : Présence ou absence d'un emploi externe à l université Deuxième Troisième Présence Absence Total cycle cycle d'afe d'afe Emploi à l'extérieur 51,90 % 26,50 % 53,50 % 42,30 % 46,00 % Pas d'emploi à l'extérieur 48,10 % 73,50 % 46,50 % 57,70 % 54,00 % 100,00 % 100,00 % 100,00 % 100,00 % 100,00 % Cette brève analyse de la situation prévalant aux cycles supérieurs permet de dégager que contrairement à la situation du premier cycle, la meilleure façon de diminuer l endettement étudiant serait d augmenter le nombre et le montant des bourses d excellence offertes pour qu elles répondent à la demande. Nous y reviendrons dans la section sur les recommandations. 132

147 10. Analyse et recommandations Il est complexe d analyser la situation de l endettement étudiant au Québec. Comme nous l avons vu, les angles d approche sont multiples. Nous avons privilégié une revue de la littérature ainsi qu une vaste étude quantitative. Les deux études tendent toutefois vers le même point convergent : l endettement étudiant est d abord et avant tout une question d argent. Pour analyser la situation, nous procèderons en deux temps. Nous analyserons l endettement, tant sur le plan du choix de s endetter, du niveau d endettement, que des impacts de l endettement, en fonction de six grands facteurs : le milieu familial, les caractéristiques individuelles, les antécédents de crédit, les choix scolaires, les facteurs externes et les choix à la suite du premier diplôme. Nous discuterons ensuite des différences majeures entre les trois formes d endettement étudiant. Finalement, nous présenterons une modélisation des effets discutés dans cette section et une série de recommandations pour limiter l endettement étudiant L endettement étudiant : déterminants et impacts Le milieu familial Le choix de s endetter peut être en bonne partie conditionné par son milieu de naissance. Quatre facteurs jouent un rôle particulier : la vision du crédit, le revenu familial, la résidence parentale et le niveau de scolarité atteint. Le premier facteur est plutôt sociologique. Lea, Webley et Walker (supra section 3.2.2) évoquaient un appui social plus grand à l endettement, ou du moins une attitude plus tolérante. Les données québécoises tendent à valider cette idée, comme l illustrait bien la Figure 3-1. Christie et Munroe vont plus loin : l aversion à l endettement serait plus faible chez les étudiants en provenance de famille détenant des capitaux culturels et financiers élevés (supra section 3.3.3). La présence ou non d une contribution parentale joue un rôle encore plus important : le fait de ne pas recevoir de contribution parentale multiple par 1,5 le taux d endettement et le montant d endettement. La seule exception est les prêts, où la relation inverse s observe pour le montant d endettement (supra section 7.3). Plus la contribution reçue est élevée, plus le taux d endettement diminue, bien que le montant d endettement reste stable. Encore une fois, les prêts familiaux sont une exception. Bien entendu, la capacité financière des familles a ses limites : les contributions très élevées semblent donc souvent accompagnées d une portion de prêts. Le revenu familial a une influence déterminante sur l endettement étudiant (supra section 6.1.3) : il explique 3 % de la variance de l endettement. Nos résultats le démontrent sans équivoque : peu importe la source de dette, le fait de provenir d une famille à faible revenu prédit toujours la propension à s endetter. Toutefois, ce n est pas un facteur déterminant dans le montant d endettement, sauf à l Aide financière aux études. C est l influence familiale la plus importante. Or, le revenu familial détermine en bonne partie la présence d une contribution parentale et son montant lorsqu elle est présente : ainsi, plus un étudiant provient d un milieu privilégié, plus celui-ci a des chances de sortir de l université à l abri des tracas financiers. Le lieu de résidence des parents a une influence importante. D une part, la distance joue un rôle, comme le faisait remarquer Frenette (supra section 3.3.3). L éloignement du 133

148 domicile familial de l université visée joue un rôle en augmentant le coût de la fréquentation universitaire, en plus d exiger un déracinement de la région d origine. Changer de région pour étudier multiplie par 1,22 le taux d endettement et par 1,12 la dette totale moyenne (supra section 6.1.6), ce qui s explique par le fait que l étudiant doit quitter le domicile familial, un facteur important dans l endettement étudiant. Les étudiants de première génération présentent un profil académique plus à risque, et exigent un accompagnement particulier. Or, ceux-ci sont plus fréquemment endettés que les étudiants de seconde génération (supra section 6.1.8). De plus, les étudiants qui proviennent de familles sans antécédents universitaires présentent généralement une aversion à l endettement plus élevée, étant donné qu ils n ont que peu de preuves concrètes des bénéfices d une éducation universitaire (supra 3.3.2). Le fait de naitre dans la «mauvaise» famille détermine de manière importante le taux d endettement ainsi que le niveau d endettement étudiant. Les étudiants les plus vulnérables, ceux que l on tente d aider par notre régime d aide financière, sont paradoxalement ceux qui doivent le plus s endetter pour réussir à passer à travers leur cheminement universitaire. Toute augmentation de l endettement étudiant les frappe plus directement. Passons aux caractéristiques individuelles Les caractéristiques individuelles de l étudiant Plusieurs caractéristiques individuelles sont à l œuvre quand on se penche sur l endettement étudiant, tant sur le plan des choix que des impacts. Il s agit de l âge, du lieu de résidence, du fait d être parent ou non, du travail rémunéré et des dépenses de loisir. L âge joue un rôle déterminant dans l endettement étudiant (supra section 6.1.2), expliquant 5% de la variance de la dette accumulée. Plus on débute âgé ses études universitaires, plus l endettement devient une source de financement importante. Le fardeau de la dette, tout comme le taux d endettement sont tous deux plus élevés. Cela est particulièrement vrai pour les étudiants de vingt-cinq ans et plus, qui correspondent généralement au profil d un étudiant en situation de retour aux études. De plus, le fait d être plus âgé est associé à divers choix de vie, comme le fait d avoir des enfants, ou de ne plus demeurer chez ses parents : des caractéristiques corrélées avec l endettement étudiant. Il faut aussi noter que l endettement étudiant retarde l entrée aux études universitaires et est un important motif de non-fréquentation, comme l avait noté Dubois (supra section 3.3.1). Nous avons déjà noté que le lieu de résidence était déterminant. Quitter le domicile familial entraîne des coûts importants en matière de logement et de nourriture, coûts qui n étaient probablement pas assumés précédemment. Nous avons vu que le niveau de dépense global avait une influence déterminante sur l endettement (supra section 8.1) : le fait de ne plus résider chez ses parents entraîne une augmentation très importante du taux d endettement, comme du montant de la dette. Il est 1,7 fois plus probable pour un étudiant qui a quitté le domicile familial de sortir des études avec des dettes, et sa dette moyenne sera 1,7 fois plus élevée! Le lien inverse existe probablement : choisir de rester chez ses parents est probablement influencé par les coûts élevés de la vie autonome en appartement, incluant l endettement substantiel que cela entraîne. 134

149 Le fait d être parent crée des coûts importants : la présence d un enfant à charge (supra section 6.1.7) multiplie par 1,4 la probabilité de s endetter, et double la probabilité de s endetter à l aide financière aux études. Le montant de la dette augmente aussi, multipliant le montant par 1,5 fois. Rappelons qu un étudiant sur vingt cumule études et famille et que le fait d être parent engendre des dépenses annuelles moyennes de l ordre de $. Une augmentation si drastique de l endettement ne peut qu avoir des impacts graves sur la persévérance de ces étudiants déjà très vulnérables. La littérature tend à affirmer que les étudiants utilisent le travail rémunéré pour éviter de s endetter (supra section 3.4.2). Or, passé un certain seuil, le travail rémunéré devient néfaste à la réussite et entraîne un allongement des études. Le fait de ne pas travailler pendant les études augmente bel et bien le montant moyen d endettement étudiant : l impact est particulièrement noté pour les étudiants qui ne travaillent pas pendant la session d automne De plus, les étudiants qui ne travaillent pas et qui travaillent beaucoup (plus de trente heures par semaine pendant la session d automne 2009) ont un point en commun : ils ont un taux d endettement plus élevé et une dette plus élevée que ceux qui travaillent de manière plus modérée. L hypothèse que le travail rémunéré est employé comme stratégie d évitement de l endettement se confirme. Les dépenses en loisirs et autres dépenses déterminent une faible portion de l endettement étudiant (supra section 8.4.2). En effet, il s agit d une dépense compressible, et les étudiants endettés tendent à comprimer cette dépense : elles sont déjà plus modestes que les dépenses de loisirs de la société québécoise dans son ensemble. La seule exception est sur l endettement privé : on peut croire que certains étudiants choisissent de s endetter consciemment pour un projet qui a trait au loisir. La relation est toutefois très faible (r pb =,03 à p<,010). Finalement, la santé mentale peut être affectée par l endettement (supra section 3.4.3). Un endettement élevé crée un stress important, augmente les probabilités de dépression et crée de l inquiétude. Quand les institutions financières affirment que leurs marges de crédit permettent de poursuivre son projet d études à l'abri des tracas financiers, ils induisent les étudiants en erreur. Les caractéristiques individuelles des étudiants jouent donc un rôle important dans la décision de s endetter ou non. Être plus âgé, être parent et quitter le domicile familial tendent à augmenter l endettement. Les étudiants adoptent toutefois des stratégies pour limiter leur endettement : travailler en cours d études, limiter les dépenses non essentielles, retarder des choix de vie comme la création d une famille ou quitter le domicile familial. L endettement a aussi des impacts sur les étudiants : un endettement élevé semble entraîner une propension plus grande à travailler, et les impacts psychologiques peuvent être lourds Les antécédents de crédit : la spirale de l endettement Les expériences passées en matière d endettement influencent grandement le comportement étudiant en matière d endettement. D une part, nous avons noté à la section 5.3 qu il existe un phénomène de spirale de l endettement. Le fait de s endetter à une source s accompagne la plupart du temps d un endettement à d autres sources. L augmentation du montant de dette augmente aussi le taux d endettement à d autres sources, sauf pour la dette familiale, qui est plutôt une dette de dernier recours. Finalement, le montant de dette accumulée à une source tend à 135

150 déterminer le montant accumulé à une autre source. Ce n est pas un résultat anodin! Alors que notre régime d aide financière aux études devrait limiter l endettement étudiant, ses paramètres désuets entrainent une accumulation de dettes de plusieurs sources différentes. Les caractéristiques des prêts privés, comme le fait de n avoir à rembourser que les intérêts sur la plupart des prêts étudiants, encouragent cette spirale de l endettement : nous y reviendrons plus loin. De plus, les étudiants ont souvent des compétences financières relativement faibles. Ils se trouvent dans la phase d initiation de ce que Duhaime a nommé le cycle du surendettement (supra section 3.3.2). Ils sont donc particulièrement vulnérables, surtout qu ils présentent des revenus faibles et aspirent à une mobilité sociale importante. Les connaissances financières sont aussi faibles : chez les jeunes de 18 à 29 ans, les connaissances étaient limitées et les principales sources d informations étaient la famille et les expériences personnelles (supra section 3.2.1). Notons aussi que les expériences familiales passées peuvent avoir une influence sur la relation envers l endettement étudiant. (supra section 3.3.3). Les étudiants universitaires ont donc plusieurs caractéristiques qui les prédisposent à une vulnérabilité plus grande à l endettement : ils sont moins conscients des risques qui y sont associés et s endettent pour des montants qui dépassent souvent leurs capacités financières. Plusieurs sont à risque de se retrouver dans une situation de surendettement Les choix scolaires Choix scolaires et endettement s influencent mutuellement : l endettement tend à déterminer certains choix, alors que certains choix scolaires sont influencés par le niveau d endettement. Nous avons noté plus tôt que l endettement réduisait l accès aux études universitaires (supra section 3.3.1). Les obstacles financiers sont les plus fréquemment évoqués dans les cas où les étudiants n accèdent pas aux études universitaires. De plus, les étudiants qui vont s endetter accèdent plus tardivement aux études que ceux qui ne s endettent pas. Ils influencent négativement la persévérance (supra section 3.4.1). Dongbin Kim avait conclu, dans une étude américaine, qu une augmentation de 1000 $ du prêt fait augmenter le décrochage de 1,6 % pour les étudiants en provenance de milieux démunis. Les prêts sont globalement un outil moins efficace que les bourses (FCBEM, 2009, p. 78). Le cheminement scolaire a une influence. Dépendamment du niveau d enseignement où l endettement débute, le montant d endettement varie (supra section 6.2.1). Plus on avance dans son programme, plus on tend à s endetter (supra section 6.2.2) : le taux d endettement à l AFE augmente de 2 % à 8 % par année, dépendamment de l année d études. Plus le diplôme est long, plus l endettement sera élevé (supra section 6.2.3). Ceci se confirme lorsqu on observe les étudiants qui ont rallongé leurs études : leur taux d endettement est supérieur de 11 % (supra section 6.2.4). L interaction entre endettement et travail, et l endettement lui-même entrainent tous deux un rallongement des études universitaires. L impact est double : l endettement augmente la probabilité de rallonger ses études, et le rallongement des études augmente l endettement. Le même type de relations doubles est à l œuvre lorsqu on se penche sur le domaine d études. En effet, les étudiants qui présentent une plus grande sensibilité au risque 136

151 encouru par le fait d entreprendre des études universitaires vont tendre à favoriser des domaines d études qui présentent une rentabilité économique plus forte, au détriment des disciplines plus traditionnellement associées aux universités (supra section 3.3.4). Une politique d endettement élevée défavorise les domaines économiquement moins rentables. Rendu aux études dans un domaine donné, celui-ci peut avoir une influence sur l endettement, plus particulièrement sur l endettement privé (supra section 6.2.5). Certains facteurs sont à l œuvre : les domaines d études à forte rentabilité économique sont souvent très exigeants, réduisant le temps disponible pour le travail rémunéré. De plus, il existe un marché très important de produits financiers dirigés spécifiquement envers les étudiants dans certains domaines d études (supra section 2.3.3) : l offre de produits financiers combinée au manque d expertise financière semble mener à une augmentation de l endettement étudiant pour combler des besoins que l Aide financière aux études ne comble pas. De telles pratiques peuvent aussi encourager l achat compulsif, une des racines du surendettement, en donnant à l étudiant l impression qu il a le statut social de quelqu un de beaucoup plus riche que ce qu il est, entrainant son lot de dépenses et d endettement (supra section 3.2.2). Finalement, la réussite scolaire a un impact sur l endettement, plus particulièrement aux cycles supérieurs. En effet, les bourses au mérite, octroyées principalement par les organismes subventionnaires fédéraux et provinciaux, semblent combattre de manière efficace l endettement étudiant (supra section 9.3). Comme l endettement est une source d abandon, on peut croire sans problème que le fait d être endetté a un impact négatif sur la réussite scolaire. On risque alors de construire un cercle vicieux où les étudiants qui reçoivent des bourses au mérite sont essentiellement des étudiants en provenance de milieux plus aisés. Les bourses d études offertes par les établissements universitaires n ont pas le même effet au premier cycle (supra section 7.4), probablement parce que les montants en jeu sont beaucoup plus faibles. L endettement et les choix scolaires s influencent mutuellement : la perspective de l endettement réduit l accès aux études, l endettement augmente la durée des études, qui augmente l endettement. La persévérance scolaire est négativement affectée. L endettement affecte le choix de domaine d études, et le domaine d études peut avoir une influence sur l endettement. Une politique d endettement élevé accentuerait probablement ces traits Les facteurs externes Les facteurs externes sont ceux sur lesquels l étudiant n a pas de contrôle : ils influencent, pour l essentiel, le taux d endettement et le montant d endettement. Ils peuvent être sous le contrôle du gouvernement ou des forces du marché. Les quatre facteurs externes majeurs sont les coûts des études, le mélange entre prêts et bourses dans le programme d aide financière aux études, l offre de crédit privé et les dépenses de subsistance. Le gouvernement du Québec détermine, de temps à autre, le montant des frais de scolarité. Toutefois, une portion, les frais afférents, sont sous le contrôle des établissements universitaires. Or, même si les variations inter-établissements sont relativement faibles à l heure actuelle, le niveau de la facture étudiante a une influence sur l endettement (supra section 8.2.1). La relation est relativement faible, mais tout de même importante : plus le coût obligatoire des études est élevé, plus les étudiants tendent à s endetter, et plus les montants d endettement augmentent. Il s agit par 137

152 ailleurs d un résultat contre-intuitif, étant donné que les étudiants fréquentant les établissements plus abordables (les constituantes de l UQ) présentent des caractéristiques socioéconomiques généralement plus défavorables que celles des autres établissements (plus grande proportion d étudiants de première génération et d étudiants inscrits à temps partiel, par exemple), généralement plus couteux. Même si le gouvernement n ajuste pas le plafond de prêts, il est clair que la prochaine hausse des frais de scolarité augmentera l endettement étudiant : les besoins financiers des étudiants augmenteront alors que les ressources financières n augmenteront pas. Règle générale, plus les frais de scolarité sont élevés, plus l endettement étudiant augmente. Le gouvernement du Québec institue un programme de prêts et bourses, décrit dans le détail à la section 2.2. C est lui qui détermine une bonne partie de l endettement des étudiants, en fixant un plafond de prêts et des modalités de remboursement. De nombreux étudiants ne s endettent donc pas par choix, mais par obligation : pour avoir accès à l aide financière aux études, il faut accepter de s endetter pour des montants souvent très importants. Cet endettement est le résultat d un choix gouvernemental. L offre de crédit des institutions financières augmente probablement le niveau d endettement étudiant. Nous avons exploré celle-ci à la section 2.3 : les produits ciblant les étudiants sont nombreux, et offrent souvent des limites très élevées. Cela est particulièrement vrai pour les étudiants inscrits dans des programmes d études jugés comme étant économiquement rentables : l offre de crédit les ciblant directement est très imposante, avec des marges de crédit pouvant atteindre $. La perspective d une dette sur laquelle on n a pas à payer le capital en cours d études peut certainement être alléchante toutefois, la rentabilité des études n est pas toujours au rendez-vous, plaçant les nouveaux diplômés dans une situation financière peu enviable. Nous y reviendrons à la prochaine section : le gouvernement du Québec devrait aller plus loin dans sa règlementation des produits financiers en adoptant des dispositions ciblant spécifiquement les produits financiers pour étudiants. Un dernier facteur externe est le coût de la vie. La section 8.3 présente les relations entre dépenses de subsistance et endettement. Globalement, plus les coûts de loyer et de nourriture sont élevés, plus on est poussé à s endetter, et plus l endettement sera important : ces deux catégories de dépenses expliquent à elles seules 2 % chacune de la variance dans le montant de dette. Il ne s agit pas, généralement, de dépenses compressibles : les étudiants sont à la merci du marché du logement ou de l alimentation. Ils mettent toutefois en œuvre des stratégies pour limiter leur endettement dans les dépenses compressibles : les étudiants qui utilisent l AFE dépensent un peu moins en transport, et prennent souvent des moyens de transport moins couteux ou gratuits. Plusieurs facteurs hors du contrôle des étudiants influencent directement le niveau d endettement. Seule une action gouvernementale peut avoir une influence sur ceux-ci, que ce soit sur le coût des études, le niveau d endettement, l offre de crédit ou les dépenses de subsistance Choix après le premier diplôme Avant et pendant les études, l endettement étudiant présente un impact multiforme : il influence des choix et est déterminé par d autres choix. On tend à croire, à tort, que l endettement étudiant n a pas d impacts, les diplômés remboursant rapidement leurs 138

153 prêts. Or, l endettement a trois grands effets après la diplomation : sur la poursuite d études supérieures, le remboursement des prêts et les finances du nouveau diplômé. Un endettement élevé entraîne souvent un abandon des projets d études supérieures. Les étudiants qui passent aux cycles supérieurs sont moins endettés que ceux qui sortent pour le marché du travail (supra section 3.4.4). Plus la dette est forte, plus la probabilité de s inscrire aux études supérieures est faible, toute chose étant égale par ailleurs. Il est alors clair qu augmenter l endettement étudiant dans un contexte où la spécialisation aux cycles supérieurs devient une nécessité est une politique contreproductive. Le remboursement des dettes d études est souvent difficile (supra section 3.5.1). Son principal déterminant est le revenu futur, quoique la taille de la dette joue aussi un rôle. De plus, la taille de la dette semble avoir un impact sur le coût des programmes d aide financière : un prêt québécois coûte environ 17 par dollar, alors qu un prêt canadien coûte à l État en 30 et 40 par dollar, une proportion deux fois plus élevée. Au Canada, 22 % des diplômés avec une dette allant de $ à $ avaient fait face à des difficultés de paiement : 43 % des répondants avec une dette de plus de $ avaient vécu la même situation. Finalement, l endettement étudiant ralentit la croissance économique en réduisant la capacité financière des diplômés. (supra section 3.5.2). Les jeunes diplômés universitaires présentent globalement la même capacité d emprunt : toutefois, ils ont des prêts étudiants, ce qui rend plus difficile l emprunt pour l achat d une maison ou d une voiture. L actif moyen est plus faible de $ pour les diplômés emprunteurs par rapport aux non-emprunteurs Caractérisation des formes de prêts Les trois grandes catégories de prêts (prêts publics, prêts privés et prêts de la famille ou d amis) que nous avons identifiées se ressemblent beaucoup. Toutefois, ils ont tous quelques caractéristiques uniques. Explorons-les brièvement. Les prêts publics présentent plusieurs avantages qui les rendent plus attrayants que les autres formes de prêts : ils sont subventionnés, leur taux d intérêt est plus bas, on n a à les rembourser que passée la fin des études, et le remboursement est facilité par certains programmes de l AFE (supra section 2.2). De plus, ils s accompagnent souvent de bourses d études, qui sont une forme d aide aux études très efficaces. Toutefois, ils présentent certaines limites. Ils décroissent fortement en fonction du revenu familial : de nombreux étudiants qui ont des besoins financiers ne sont pas couverts par le programme. De plus, l AFE est mal adaptée aux cheminements non traditionnels (FEUQ, 2010, p. 122). Le régime crée aussi un endettement très important, et ne couvre pas l entièreté des besoins. C est pourquoi l endettement à l AFE prédit l endettement à d autres sources, alors que l on s attendrait à voir la relation inverse. Ils sont véritablement des prêts de subsistance : les étudiants sur l AFE doivent se serrer la ceinture, et cumulent souvent plusieurs dettes différentes. Les prêts privés sont la deuxième source d endettement en importance. Leurs conditions sont moins avantageuses que les prêts de l AFE (supra section 2.3) : les taux d intérêt sont plus élevés et doivent être assumés par l étudiant durant les études. Contrairement à ce que l on pourrait croire, le taux d endettement privé décroit en fonction du revenu parental : les montants contractés ne suivent toutefois pas. De plus, l offre de crédit et les besoins non comblés semblent expliquer pourquoi ces prêts sont plus importants 139

154 pour les étudiants inscrits dans des domaines jugés plus rentables : les stratégies d évitement de l endettement y sont plus difficilement applicables. Globalement, il s agit là aussi d un endettement de subsistance, qui n est toutefois pas en voie de remplacer l endettement à l AFE, fort heureusement. Il est aussi la seule forme d endettement qui est présente chez les étudiants qui travaillent plus en cours d études, et chez ceux qui ont des revenus bruts annuels plus élevés : il s agit d une tendance inquiétante, qui encourage fort certainement le décrochage (infra section 7.2), surtout en pensant que l on ne cible que l endettement de consommation. Il s agit aussi d une forme de crédit qui n est pas sensible aux rallongements des études : le montant de dette reste stable, que l on ait rallongé ses études par le passé ou non. De plus, les pratiques des institutions financières sont en voie d être encadrées de manière plus serrée par le gouvernement du Québec : nous proposerons dans la prochaine section de nouveaux encadrements spécifiques à la situation de l endettement étudiant. Les dettes en provenance de la famille ou d amis ressemblent beaucoup aux prêts privés. Toutefois, ils présentent une différence notable : ils sont beaucoup plus élevés lorsqu ils sont la seule source d endettement. Nous croyons que cela révèle une caractéristique importante de ces dettes : ce sont des dettes de dernier recours, pour les étudiants qui ne veulent pas ou ne peuvent pas s endetter à d autres sources, et qui présentent tout de même des besoins financiers à combler L endettement étudiant : une modélisation Les figures et tableaux suivants résument le modèle général présenté aux sections 10.1 à Globalement, nous pouvons en retenir que l endettement étudiant à plusieurs effets indésirables : il sélectionne les étudiants en fonction de leur capacité financière et non de leur talent et affecte de manière régressive les étudiants les plus démunis. De plus, il a un impact négatif sur la réussite scolaire : une politique de prêts étudiants élevés peut donner le capital nécessaire pour assurer un accès large aux études universitaires, mais il ne garantit pas la réussite du projet d études. Même après les études, l endettement étudiant a des impacts importants, en limitant la marge de manœuvre financière des nouveaux diplômés de manière importante. En somme, endetter les étudiants est un jeu qui n en vaut pas la chandelle. La prochaine section présente une série de recommandations qui visent à réduire concrètement l impact de l endettement étudiant sur les étudiants québécois. 140

155 Figure 10-1 : Modélisation des six grands déterminants de l'endettement étudiant 1. Le milieu familial 2. Les caractéristiques individuelles 3. Les antécédents de crédit 4. Les choix scolaires 5. Les facteurs externes 6. Choix après le premier diplôme La relation sociale au crédit Âge Le niveau d'endettement accumulé L'entrée aux études, la durée des études et la persévérance Coûts des études Poursuite d'études supérieures Le revenu familial Lieu de résidence Les expériences passées Le domaine d'études Mélange prêts/ bourses Le remboursement des dettes et la faillite La résidence parentale Fait d'être parent ou non La gestion >inancière Les bourses de mérite Offre de crédit Les >inances du nouveau diplômé Le niveau de scolarité précédent Le travail rémunéré et l'endettement Dépenses de subsistance Les dépenses en loisir Impacts psychologiques 141

156 Figure 10-2 : Classification des déterminants en fonction du choix de s'endetter ou des impacts sur l'endettement Choix de s'endetter et niveau d'endettement Impacts de l'endettement 1. Le milieu familial 2. Les caractéristiques individuelles Âge, résidence, être parent ou non, travail rémunéré, 2. Les caractéristiques individuelles Âge, résidence, être parent ou non, travail rémunéré, dépenses de loisirs, impacts psychologiques 4. Les choix scolaires 3. Les antécédents de crédit 6. Choix après le premier diplôme 4. Les choix scolaires 5. Les facteurs externes 142

157 Tableau 10-1 : Description des relations entre endettement, les six déterminants, et les études du cheminement universitaire Déterminant Facteur Impacts sur l'accès Impact sur le taux d'endettement total Impact sur le montant de dette total 1. Milieu familial Relation sociale Des attitudes plus tolérantes diminuent l'aversion à au crédit l'endettement Revenu familial Diminue quand le revenu 3% de la variance augmente expliquée Absence de contribution parentale 2. Caractéristiques individuelles Résidence parentale Niveau de scolarité précédent Âge Lieu de résidence Fait d'être parent ou non Travail rémunéré et endettement Dépenses en loisir et autres dépenses Impacts psychologiques Devoir déménager peut décourager ou retarder le projet d'études Devoir s'endetter augmente de 1,5 à 1,8 fois la probabilité de retarder le début des études Impact pendant ou après les études 1,5 fois plus élevé 1,5 fois plus élevée Impacts possibles sur le défaut 1,2 fois plus élevé si changement de région 1,4 fois plus élevé si première génération Le taux augmente avec l'âge 1,7 fois plus élevé chez ceux qui ne vivent pas chez leurs parents 1,4 fois plus élevé chez les étudiants- parents 1,12 fois plus élevé si changement de région 1,15 fois plus élevé 5% de la variance expliquée 1,7 fois plus élevé chez ceux qui ne vivent pas chez leurs parents 1,5 fois plus élevé chez les étudiants- parents Le travail rémunéré est déployé comme stratégie d'évitement de l'endettement Dépenses comprimées pour limiter l'endettement L'endettement augmente le stress financier 143

158 Déterminant Facteur Impacts sur l'accès Impact sur le taux d'endettement total 3. Antécédents de crédit 4. Les choix scolaires 5. Facteurs externes Niveau d'endettement accumulé Expériences passées Gestion financière Entrée, durée des études et persévérance Domaine d'études Réussite scolaire Coûts des études Mélange prêts/bourses Offre de crédit Dépenses de subsistance Rendent réfractaires à l'endettement 1000$ de prêts de plus = 1,6% d'étudiants de famille démunies de moins. Orientation du domaine en fonction de la rentabilité économique Les frais de scolarité élevés diminuent l'accès aux études L'endettement élevé est un frein à l'accès L'endettement entraîne l'endettement : possibilités d'une spirale de l'endettement étudiant Impact sur le montant de dette total Peu d'expériences; possibilité d'une méconnaissance du crédit. C'est une source importante d'information financière La gestion financière des étudiants est souvent déficiente, ce qui augmente la vulnérabilité. Peu de formation financière L allongement des études augmente de 1,2 fois la probabilité de devoir s endetter Les étudiants dans les domaines à forte rentabilité sont souvent plus endettés au privé L allongement des études augmente de 1,2 fois le niveau d endettement Les bourses de mérite réduisent l'endettement aux cycles supérieurs Plus les études coûtent cher, plus l'endettement est élévé Le gouvernement détermine le niveau d'endettement public des étudiants L'offre de crédit étudiant est abondante, parfois trompeuse, et peu règlementée, ce qui peut augmenter l endettement Nourriture et loyer expliquent chacun 2% de la variance du montant de dette Impact pendant ou après les études Les motifs financiers sont les principaux motif d'abandon au Canada 144

159 Déterminant Facteur Impacts sur l'accès Impact sur le taux d'endettement total 6. Choix après le Poursuite premier diplôme d'études supérieures Remboursement des prêts et faillite Les finances du nouveau diplômé Impact sur le montant de dette total Impact pendant ou après les études Une dette élevée décourage beaucoup d'étudiants de poursuivre aux cycles supérieurs (1,4 à 1,6 fois en fonction de la taille de la dette Plus les dettes étudiantes sont élevées, plus les coûts des programmes augmentent; augmentation du taux de défaut Actifs plus faibles de 40000$ pour les diplômés qui ont emprunté 145

160 10.4. Recommandations Plusieurs mesures peuvent être mises en place en vue de réduire de manière concrète l endettement étudiant. Elles se classent dans quatre grandes catégories : la politique de tarification de l éducation universitaire, le programme d aide financière aux études, le financement des organismes subventionnaires, la règlementation des institutions financières et l information financière. Nous croyons que toutes ses recommandations devraient être intégrées dans un tout global et cohérent, une stratégie de lutte contre l endettement étudiant. En effet, une stratégie à l emporte-pièce ne peut s attaquer de manière efficace à l endettement étudiant : dans ce domaine, tout est interrelié. Des efforts devront être consentis tant par l AFE, l OPC, le ministère de la Justice, les institutions financières et les universités pour limiter l endettement étudiant. Recommandation 1 Que le gouvernement du Québec élabore et mette en place une stratégie de lutte contre l endettement étudiant qui mette en place : Le gel des frais de scolarité dès 2012 accompagné d une meilleure règlementation des frais afférents ; Des bonifications aux prêts et bourses et aux bourses d excellence des organismes subventionnaires ; Un meilleur encadrement des institutions financières ; Des mécanismes de communication pour améliorer les compétences financières des jeunes Le gel des frais de scolarité Dans son dernier budget, le gouvernement du Québec a décidé de hausser les frais de scolarité universitaires de 325 $ par année pendant cinq ans, portant à terme la facture étudiant à plus de $ pour une année d études. 146

161 Figure 10-3 : Évolution de la facture étudiante de 1994 à 2017 (projections) %#!!!"!!#$## )#%!!"!!#$## )#!!!"!!#$## (#%!!"!!#$## (#!!!"!!#$## '#%!!"!!#$## '#!!!"!!#$## &#%!!"!!#$## &#!!!"!!#$## %!!"!!#$##!"!!#$## &**)# &**%# &**+# &**,# &**-# &***# '!!!# '!!&# '!!'# '!!(# '!!)# '!!%# '!!+# '!!,# '!!-# '!!*# '!&!# '!&&# '!&'# '!&(# '!&)# '!&%# '!&+# Dans la situation actuelle, où les frais de scolarité sont égaux entre établissements et entre disciplines, une facture étudiante plus élevée est synonyme d endettement étudiant plus élevé (infra section 8.2.1). Sans aucun doute, cette nouvelle politique créera un endettement étudiant plus élevé, malgré le maintien du plafond de prêts (nous y reviendrons plus loin). La FEUQ a exploré par le passé l impact des hausses de frais de scolarité sur plusieurs aspects de la vie étudiante : il est clair que ceux-ci n ont pas la capacité de payer. Le gouvernement du Québec doit revenir sur sa décision et annuler la hausse des frais de scolarité, pour prioriser une politique de gel des frais de scolarité. Recommandation 2 Que le gouvernement du Québec renonce aux hausses de frais annoncées dans le Budget Le principal facteur de variation de la facture étudiante entre les établissements d enseignement est le montant exigé en matière de frais institutionnels obligatoires. Comme on peut le voir à la figure suivante, les établissements anglophones et les HEC sont les plus gourmands en matière de frais institutionnels obligatoires. 147

162 Figure 10-4 : Description des frais institutionnels obligatoires exigés par établissement d'enseignement universitaire, baccalauréat, en McGill HEC Bishop's Concordia Laval Montréal Polytechnique Sherbrooke UQAM UQO UQAT UQAR UQAC ETS UQTR Source : FEUQ, 2011 Une nouvelle politique de gel des frais de scolarité doit s accompagner d une politique rigoureuse en matière d encadrement des frais institutionnels obligatoires. Les administrations universitaires ont démontré à maintes reprises que la détermination des niveaux de FIO devait être encadrée par le gouvernement du Québec. Un règlement existe à l heure actuelle, mais les universités peuvent le contourner de plusieurs manières, et elles l ont fait fréquemment par le passé. Une loi-cadre s avère la meilleure façon de limiter les augmentations de FIO. Recommandation 3 Que l Assemblée nationale du Québec adopte une loi encadrant les frais institutionnels obligatoires exigibles par les établissements d enseignement universitaires (ainsi que leurs composantes) et stipulant que de tels frais ne peuvent être imposés que si la nature, le montant et les modalités de ces frais font l objet d une entente entre l établissement et l association étudiante reconnue comme étant représentative des étudiants concernés. (CAU-643) Des prêts et bourses adaptés aux besoins des étudiants Combattre l endettement étudiant passe par un régime de prêts et bourses efficace et généreux. Le gouvernement du Québec a à sa portée plusieurs leviers d intervention en cette matière. Nous en ciblerons cinq : le plafond de prêt, le niveau de dépenses admises, la contribution parentale, l aide aux étudiants parents et la faillite. Assurer l efficacité se fait d abord et avant tout en se fiant de manière prédominante sur la forme d aide aux études la plus efficace : les bourses. Ainsi, le plafond de prêt doit 148

163 être maintenu à son niveau actuel. Il s agit du premier levier, et le plus direct, sur lequel le gouvernement peut et doit agir. Recommandation 4 Que le plafond de prêts de l Aide financière aux études ne soit pas augmenté. Québec prétend que sa politique n augmentera pas l endettement étudiant. Toutefois, il perpétue l allocation spéciale, qui est octroyée aux étudiants qui ne reçoivent que des prêts et augmente leur endettement étudiant. À l heure actuelle, plus du tiers des bénéficiaires voient leur endettement étudiant augmenter chaque année. C est une situation inacceptable. Si on souhaite limiter l endettement étudiant, convertir l allocation spéciale en bourses d études est un choix logique et simple. Recommandation 5 Que l allocation spéciale couvrant l augmentation des frais de scolarité soit remise sous forme de bourse à tous les bénéficiaires sans exception, et qu elle n entraîne aucune hausse de l endettement. Le volume d aide octroyée aux étudiants est insuffisant. Cela se voit par le fait que les étudiants qui dépensent plus pour leur subsistance doivent aussi s endetter davantage (supra section 8). C est probablement pour cette raison que les étudiants qui s endettent à l AFE doivent souvent s endetter à d autres sources pour arriver à la fin de l année (supra section 5). Ces étudiants, déjà ceux qui ont des niveaux d endettement élevés et de nombreuses difficultés financières, doivent en plus composer avec un programme de plus en plus désuet dans le niveau de vie qu il assure. L absence d indexation des dépenses admises prévue par le gouvernement du Québec viendra creuser l écart entre le programme de prêts et bourses et la réalité, et accentuera probablement le recours aux prêts privés pour les bénéficiaires du programme. La situation doit être redressée par un rehaussement du niveau de dépenses admises et une indexation annuelle automatique de celles-ci. Recommandation 6 Que l Aide financière aux études augmente le montant des dépenses admises pour les bénéficiaires de l aide financière aux études, notamment par une bonification des montants des frais de subsistances et des frais de transport pour les étudiants qui n ont pas accès au transport en commun. Des frais de transport pour les non-résidents et des frais d Internet devraient aussi être inclus dans les dépenses admises. Recommandation 7 Que le ministère de l Éducation, du Loisir et du Sport introduise un mécanisme automatique d indexation annuelle de l ensemble des dépenses admises dans le calcul de l Aide financière aux études. Que cette indexation soit équivalente à l Indice des prix à la consommation (IPC) pour l année concernée. Le programme d aide financière aux études n est pas suffisamment accessible. À l heure actuelle, de nombreux étudiants qui devraient pouvoir en bénéficier n en bénéficient pas, alors que le fait de recevoir une contribution parentale prédit de manière importante l endettement étudiant (supra section 7.3). 149

164 La raison principale est le mode de calcul actuel de la contribution parentale. La proposition gouvernementale propose une hausse modeste du seuil de contribution parentale : il faut aller beaucoup plus loin et l amener minimalement à $, et l indexer annuellement par la suite. Un tel seuil correspondrait à une famille dont les deux parents travaillent à temps plein au salaire minimum. Recommandation 8 Que les montants d exemption pour le maintien de l unité familiale soient établis à $ et indexés par la suite. Nous avons vu que certains étudiants vivent des situations financières particulièrement problématiques : c est le cas des étudiants plus âgés (supra section 6.1.2) et des étudiantsparents (supra section 6.1.7). Dans les deux cas, les programmes sont mésadaptés. Les cheminements horizontaux et non traditionnels n existent pour ainsi dire pas sur l écran radar des prêts et bourses, et la conciliation études-famille n est pas du tout rendue facile! Un véritable chantier doit être entrepris, dans une perspective de formation continue, pour permettre l accessibilité aux études universitaires à ces populations. Recommandation 9 Que le gouvernement du Québec adapte le programme de prêts et bourses en vue de reconnaitre la diversité des cheminements scolaires et la conciliation études-travailfamille. Le fait de ne pas pouvoir faire faillite sur un prêt étudiant pendant sept ans relève d une volonté d équilibrer les comptes gouvernementaux, et non d une considération des besoins des nouveaux diplômés. Limiter l endettement étudiant va nécessairement réduire le nombre d étudiants qui pourraient considérer la faillite pour se sortir de leur endettement étudiant. Nous l avons noté plutôt : la faillite est un dernier recours et un processus douloureux, qui ne doit pas être encouragé, mais qui est parfois nécessaire. Recommandation 10 Que le gouvernement du Canada abolisse les dispositions discriminatoires envers les étudiants de la Loi sur la faillite et l insolvabilité Des bourses d excellence plus nombreuses Les étudiants de cycles supérieurs se fient de manière importante sur les bourses d excellence octroyées par les organismes subventionnaires. Il s agit, chez les étudiants qui en reçoivent, d une source de financement majeure. Or, ceux-ci ne répondent pas à la demande : encore aujourd hui, trop d étudiants méritants ne sont pas subventionnés pour leurs études. Nous croyons qu une stratégie de lutte contre l endettement étudiant doit passer par un meilleur soutien financier de la relève scientifique québécoise, les étudiants de cycles supérieurs. Recommandation 11 Que les gouvernements augmentent le niveau de financement des différents organismes subventionnaires. (CNCS-426 [2.3.]) 150

165 Mieux encadrer les institutions financières Le gouvernement du Québec a annoncé son intention de présenter à l Assemblée nationale le projet de loi 24, qui vise à limiter le surendettement des consommateurs. Celui-ci présente de nombreuses mesures, dont trois qui sont particulièrement intéressantes. Interdire la fausse représentation selon laquelle le crédit peut améliorer la situation financière d un particulier; Donner une limite de crédit supérieure à ce qui est demandé par le consommateur; Imposer un paiement minimal sur les prêts consentis sur le solde des cartes de crédit qui atteindra 5 % à terme; Ces propositions nous apparaissent valables, et nous croyons que la FEUQ devrait les appuyer, tout en proposant de nouvelles dispositions. En effet, les prêts étudiants privés sont nettement moins avantageux que les prêts publics, et le gouvernement du Québec subventionne de manière considérable les institutions financières pour assurer le fonctionnement du régime de prêts et bourses. Il prend en charge les prêts en défaut et subventionne les intérêts dans certains cas. Nous croyons qu en contrepartie, le gouvernement du Québec devrait en exiger plus des institutions financières. Recommandation 12 Que la FEUQ appuie les dispositions du projet de loi 24 visant à limiter le surendettement des consommateurs. Les pratiques promotionnelles des institutions financières nous semblent très proches de la fausse représentation dans bien des cas. La tranquillité d esprit et l innocuité du crédit sont deux arguments de vente majeurs des marges de crédit étudiantes. Cette vision idyllique du crédit entre directement en conflit avec les difficultés financières majeures qu il peut engendrer chez bien des étudiants. Recommandation 13 Que le gouvernement du Québec interdise la fausse représentation en matière d endettement étudiant selon laquelle le crédit peut permettre de passer à travers ses études universitaires à l abri des tracas financiers et sur la rentabilité future des études. Plusieurs éléments des marges de crédit étudiantes sont nébuleux : c est particulièrement vrai pour celles qui ciblent certains domaines d études. Il est difficile de déterminer ce qui se produit dans le cas d un abandon ou d un changement de programme. Ces dispositions devraient être obligatoirement clarifiées. Recommandation 14 Que le gouvernement du Québec impose aux institutions financières de clarifier les produits financiers offerts directement aux étudiants, entre autres en énonçant clairement les conséquences d un changement de programme ou d un abandon scolaire sur le remboursement de la dette. 151

166 Assurer la distribution de l information financière Les institutions financières nous semblent exploiter le manque de connaissances financières de plusieurs étudiants. Dans bien des cas, ils ne présentent pas le programme de prêts et bourses : dans la plupart des cas, ses avantages ne sont pas énoncés clairement. Nous croyons qu il est du devoir des institutions financières qui prennent part au programme de prêts et bourses à des conditions très avantageuses de présenter les termes de ces prêts et d en présenter les avantages par rapport aux prêts conventionnels. Recommandation 15 Que le gouvernement du Québec impose aux institutions financières de présenter sur leur site internet et dans leurs dépliants informatifs présentant leurs produits étudiants le programme d aide financière aux études ainsi que ses modalités. Les jeunes Québécois, et par conséquent les étudiants, ont un niveau d information financière déficient. Nous croyons qu il est nécessaire de mettre fin à cette situation. Une bonne façon de procéder serait de mandater l Office de la protection du consommateur pour produire du matériel d information ciblé envers les étudiants sur les réalités de l endettement étudiant privé. Recommandation 16 Que l Office de la protection du consommateur, en collaboration avec l Aide financière aux études et les établissements universitaires, élabore et distribue du matériel d information sur l endettement étudiant, avec une emphase sur l endettement privé et le crédit ciblé envers les étudiants. 152

167 11. Conclusion générale L étude présentée visait à quantifier la situation de l endettement étudiant, à en évaluer les déterminants et les impacts, pour ensuite émettre des recommandations. Nous avons entrepris l étude en définissant l endettement étudiant comme toute dette contractée dans le cadre d études professionnelles ou postsecondaires, indépendamment de l émetteur, qui permet à l étudiant d acquitter ses dépenses scolaires ainsi que ses dépenses de subsistance, à l exception de l hypothèque et de l achat d une voiture. Les trois grands émetteurs de prêts sont le gouvernement, les institutions financières et la famille. Par la suite, nous avons examiné les caractéristiques des deux grands émetteurs de prêts étudiants. Les prêts gouvernementaux ont un taux d intérêt subventionné et divers programmes sont offerts pour en faciliter le remboursement. Ils s accompagnent aussi de bourses d études souvent substantielles. Le montant maximal d endettement y est aussi fixé par règlement. Toutefois, le plafond de prêts est contourné par une allocation spéciale, qui augmente l endettement étudiant pour le tiers des bénéficiaires, c est-à-dire ceux qui ne reçoivent que des prêts. De plus, l aide offerte est insuffisante pour couvrir les besoins, ce qui semble pousser de plus en plus d étudiants vers l endettement privé. Les prêts privés, quant à eux, sont moins avantageux, car leur taux d intérêt est plus élevé, ils courent tout au long des études, engendrant des coûts importants, et le potentiel d endettement y est beaucoup plus grand. De plus, les pratiques des institutions financières sont à remettre en doute à bien des égards : c est pourquoi nous avons recommandé une série de mesures pour resserrer l encadrement législatif des institutions financières. Nous avons ensuite examiné la littérature scientifique sur l endettement étudiant. Le crédit privé est en hausse chez les jeunes et chez les étudiants : toutefois, cette hausse est accompagnée de connaissances financières largement insuffisantes. Trop de jeunes se fient encore à leurs expériences passées pour dicter leur comportement face au crédit. De plus, l endettement étudiant a des impacts importants à toutes les étapes du cheminement académique d un étudiant : il retarde ou bloque l accès aux études de bien des étudiants, est une source de décrochage et un frein considérable à la réussite. Finalement, après les études, l endettement entraîne des difficultés financières et réduit la capacité financière des étudiants. Nous avons ajouté à cette revue de littérature un examen exhaustif des déterminants et des impacts de l endettement étudiant. Nous en sommes ressortis avec six grandes catégories de déterminants et d impacts. Le milieu familial est principalement un déterminant de l endettement étudiant : le revenu familial et la capacité de contribuer financièrement aux études de l étudiant jouent pour beaucoup dans le taux d endettement et le niveau de celui-ci. De plus, certains aspects sociologiques jouent un rôle, comme l attitude face au crédit et le niveau de scolarité des parents. Le lieu de résidence joue un rôle : un étudiant qui doit quitter le domicile parental engage des dépenses beaucoup plus élevées qu un jeune qui reste chez ses parents. Les caractéristiques individuelles jouent sur les deux plans. Le fait d être plus âgé, de quitter la résidence familiale et d être parent prédisent tous un endettement plus élevé. 153

168 De plus, l endettement est évité par la mise en place de diverses stratégies, dont l augmentation du travail rémunéré en cours d études et la réduction des dépenses superflues. Les antécédents de crédit tendent à déterminer le niveau d endettement étudiant. L endettement accumulé a une influence néfaste : c est ce que nous avons qualifié de spirale de l endettement. Plus un étudiant s endette, plus il risque de s endetter à d autres sources, de cumuler des dettes importantes à plusieurs prêteurs et, au final, de se retrouver avec un niveau de dettes qui va bien au-delà de sa capacité de remboursement. Cette situation n est pas aidée par les connaissances en finances des étudiants, souvent faibles, et par l offre de crédit des institutions financières, qui encouragent l endettement. Les choix scolaires influencent le niveau d endettement et sont influencés par ceux-ci. L entrée aux études, la durée des études et la persévérance sont tous influencées négativement par le fait ou la perspective de s endetter pour ses études. Le choix du domaine d études peut aussi être influencé par l endettement, en favorisant les domaines financièrement rentables au détriment d autres domaines qui comprennent un risque plus élevé. À l inverse, le fait d être inscrits dans un domaine plus rentable tend à augmenter l endettement privé et familial, ce qui s explique par une plus faible capacité de travailler en cours d études, des coûts de matériel obligatoire élevés et une offre de crédit agressive et souvent alléchante. Finalement, une stratégie unique aux étudiants de cycles supérieurs est de recevoir des bourses de mérite ; évidemment, elle ne peut être mise en place que si le dossier est jugé suffisamment bon par les organismes subventionnaires. Plusieurs facteurs externes influencent l endettement étudiant. Les coûts des études ont un impact direct sur l endettement : notre étude démontre que plus les études coûtent cher, plus l endettement est fréquent et élevé. Les choix gouvernementaux en matière d aide financière, et le rapport entre prêts et bourses jouent aussi un rôle déterminant. L offre souvent peu réglementée de produits financiers visant directement les étudiants s avère souvent trompeuse : le crédit est présenté comme facile, et une façon de passer à travers les études sans tracas financiers, alors que la réalité est toute autre. Une règlementation plus sévère est nécessaire. Finalement, un dernier facteur hors du contrôle des étudiants est le niveau des dépenses de subsistance : en effet, plus le niveau de dépenses est élevé, plus l endettement est grand. Les dépenses de loyer et de nourriture sont difficilement compressibles : leur croissance, dans un contexte de crise alimentaire mondiale et d augmentation continue des loyers, risque fort de continuer à pousser les étudiants à s endetter davantage. Les seules stratégies viables de compression des dépenses de loyer, soit la colocation et de demeurer chez ses parents, sont déjà fréquemment pratiquées. Finalement, l endettement a des influences après l acquisition du premier diplôme. Le fait d être fortement endetté peut mettre à mal la poursuite d études aux cycles supérieurs. Les finances du nouveau diplômé sont généralement moins bonnes lorsque celui-ci a dû s endetter en cours d études : de plus, la faillite est toujours une possibilité, bien que la loi fédérale l interdise pour les prêts publics jusqu à sept ans après la diplomation. 154

169 L analyse de l endettement nous a menés à adresser cinq grandes séries de recommandations, en vue de stabiliser le coût des études, bonifier l aide financière aux études et les bourses de mérite, mieux règlementer le marché du crédit étudiant et assurer une meilleure diffusion de l information financière. Au final, nous croyons qu une politique d accès aux études universitaires fondée sur des frais de scolarité élevés et un endettement privé croissant est contraire à ses principes mêmes. L endettement frappe plus durement les étudiants en provenance de milieux défavorisés, affectant leur capacité à poursuivre leurs études à l abri des soucis financiers. Fort heureusement, la situation québécoise est actuellement plus avantageuse que celle des autres provinces canadiennes : elle se détériore toutefois d année en année, au fur et à mesure que s accumulent les hausses de frais de scolarité et les retards dans l Aide financière aux études. La complaisance actuelle des pouvoirs publics met à mal l avenir de Québec : si un redressement important n est pas effectué très prochainement, c est l avenir du Québec et sa capacité à continuer à se développer dans un contexte de vieillissement de la population qui est à risque. Une véritable stratégie de lutte à l endettement étudiant doit être mise en place par le gouvernement du Québec. Sur le plan scientifique, il reste beaucoup à faire. L endettement étudiant au Québec est un phénomène qui a malheureusement été peu exploré. Cette première étude utilise un modèle statistique relativement simple, soit une analyse essentiellement bivariée. D autres études utilisant des modèles statistiques plus précis permettraient d isoler avec plus de précisions certains facteurs. Une étude longitudinale permettrait aussi d aborder un autre aspect de l endettement étudiant, soit son évolution au cours du projet d études. 155

170

171 Bibliographie Documents officiels AFE (2009). Enquête sur les conditions de vie des étudiants de la formation professionnelle, du collégial et de l université. Québec : Aide financière aux études. 294 pages. AFE (2010a). Statistiques, rapport Québec : Aide financière aux études. 85 pages. AFE (2011a). Prêts et bourses : des réponses à vos questions ( ). Québec : Aide financière aux études. 24 pages. AFE (2011 b). Une aide à votre portée Québec : Aide financière aux études. 51 pages. Assemblée nationale (2011). Projet de loi n. 24 : Loi visant principalement à lutter contre le surendettement et à moderniser les règles relatives au crédit à la consommation. Québec : Assemblée nationale. 36 pages. MELS. (2009). Enquête sur les conditions de vie des étudiants de la formation professionnelle, du collégial et de l université. Québec : MELS. 294 pages. MELS. (2010). Indicateurs de l éducation édition MELS : Direction générale des politiques, de la recherche et de la planification stratégique. 134 pages. OCDE. (2010). Regards sur l éducation 2010 : Les indicateurs de l OCDE. Paris : Les éditions de l OCDE. 506 p. Statistique Canada. Guide de l utilisateur : fichier de microdonnées à grande diffusion. Enquête sur les dépenses des ménages, Division de la statistique du revenu, Statistique Canada. 34 pages. Articles scientifiques Allen, Mary et Chantal Vaillancourt. (2004). Promotion de 2000 : profil des diplômés du postsecondaire et endettement des étudiants. Ottawa : Ministère de l industrie. 52 pages. Andrews B et JM. Wilding. (2004) «The relation of depression and anxiety to life-stress and achievement in students». British journal of psychology. Archer, L., & Hutchings, M. (2000). «Bettering yourself? Discourses of risk, cost and benefit in ethnically diverse, young working-class non-participants constructions of higher education». British Journal of Sociology of Education, 21(4), Auclair, Raymond et al. (2008). «Note 2 Les étudiants de première génération : un concept prometteur?». Montréal : FCBEM. 67 pages. Boudon, Raymond. (2002). «Théorie du choix rationnel ou individualisme méthodologique». Sociologie et Sociétés. Vol. XXXIV, no1, p Callender, Claire et Jonathan Jackson. (2008) «Does the fear of debt deter students from higher education?». Journal of Social policy. Vol 34, p

172 Callender, Claire et Jonathan Jackson. (2008) «Does the fear of debt constrain choice of university and subject of study?». Studies in Higher Education. Vol 33 : issue , p Cameron, S. et D. Golby. (1990). «An economic analysis of personal debt». Bulletin of economic research. 42 :3. p Davies, Emma et Stephen E.G. Lea. (1995). «Student attitudes to student debt». Journal of economic psychology. Vol. 16. P Flint, Thomas A. (1997). «Predicting student loan defaults». The journal of higher education. Vol. 68, no. 3. p Greene, Laura L. (1989) «An economic analysis of student loan default». Educational evaluation and policy analysis. Vol. 11. No. 1. p Kim, Dongbin. (2007). «The effect of loans on students degree attainment : differences by student and institutional characteristics». Harvard educational review. Vol. 77. No. 1, p Lea, Stephen E.G., Paul Webley et Catherine M. Walker. (1995). «Psychological factors in consumer debt : money management, economic socialization, and credit use». Journal of economic psychology. Vol 16, p Merani, S., Abdulla, S., Kwong, J. C., Rosella, L., Streiner, D. L., Johnson, I. L. and Dhalla, I. A. (2010), «Increasing tuition fees in a country with two different models of medical education». Medical Education, 44: doi : /j x Millett, Catherine M. (2003). «How Undergraduate Loan Debt Affects Application and Enrollment in Graduate or First Professional School». The Journal of Higher Education. Vol. 74, No. 4 (Jul. - Aug., 2003) (pp ) PRA inc. (2007). Rapport sur l endettement des étudiants : Sondage du Consortium canadien de recherche sur les étudiants du niveau collégial et Sondage du Consortium canadien de recherche sur les étudiants du premier cycle universitaire. Montréal : Fondation canadienne des bourses d études du millénaire. 30 p. Scott, Adrian J. «Student debt in the UK : an economic psychological perspective». University of Bath. Smith, Margaret (2002). «Le traitement des prêts aux étudiants selon la Loi sur la faillite et l insolvabilité». f.htm#le%20programme%20canadien%20de%20pr%c3%8ats%20aux%20 %C3%89TUDIANTS [Consultée le 31 mai 2011] Wilms, Welfword W., Richard W. Moore et Roger E. Bolus. (1987) «Whose Fault Is Default? A Study of the Impact of Student Characteristics and Institutional Practices on Guaranteed Student Loan Default Rates in California». Educational evaluation and policy analysis. Vol. 9, no. 1. p

173 Monographies CNCS-FEUQ (2009). Avis sur les besoins financiers des organismes subventionnaires. Montréal : Conseil national des cycles supérieurs de la Fédération étudiante universitaire du Québec. CNCS-FEUQ (2011). Note d information sur les services de garde en milieu universitaire. Montréal : Conseil national des cycles supérieurs de la Fédération étudiante universitaire du Québec. FCBEM (2006). «Accroître l accès : l information importe-t-elle?». Montréal : FCBEM. 11 pages. FEUQ (2008). Délocalisation des campus universitaires. Montréal : Fédération étudiante universitaire du Québec. FEUQ (2009a). L accessibilité aux études universitaires : encore aujourd hui, une nécessité! Montréal : Fédération étudiante universitaire du Québec. FEUQ (2009 b). Vers une plus grande diversité d offre de formation universitaire en région? Montréal : Fédération étudiante universitaire du Québec. FEUQ (2010a). Enquête : conditions de vie des étudiants de premier cycle. Montréal : Fédération étudiante universitaire du Québec. FEUQ (2010 b). Trousse sur l aide financière aux études. Montréal : Fédération étudiante universitaire du Québec. FEUQ (2010c). Les frais de scolarité et l université. Montréal : Fédération étudiante universitaire du Québec. FEUQ (2011a). Mesures fiscales et éducation postsecondaire. Montréal : FEUQ. 91 pages. FEUQ (2011 b). Hausse des frais de scolarité et contribution parentale. Montréal : FEUQ. 3 pages. FEUQ (2011c). L éducation universitaire : un outil pour passer de l égalité de droit à l égalité de fait. Montréal : FEUQ. 37 pages. Sites internet Dugas, Sylvie. «La marge de crédit personnelle : est-ce une bonne affaire?» servicevie.com. [Consultée le 11 juillet 2011] Raymond, Chabot inc. «La faillite personnelle» (consultée le 1er juin 2011) Références statistiques Christensen, Howard B. (1986). La statistique : démarche pédagogique programmée. Montréal : Gaëtan Morin Éditeur. 656 pages. Field, Andy. (2009). Discovering statistics using SPSS, third edition. Londres : SAGE publications ltd. 822 pages. 159

174 Howell, David C. Méthodes statistiques en sciences humaines. Bruxelles : Groupe De Boeck. 762 pages. Yaffee, Robert A. (2003). «Common correlation and reliability analysis with SPSS for Windows». [Consultée en juin 2011]. 160

175 Annexe I - Institution financière 1 Institution financière 2 Caractéristiques des prêts privés Tableau I-1 : Offre de cartes de crédits régulières par institution financière Nom Intérêt Intérêt réduit Frais annuels? Autres Visa [ ] Juste pour étudiants MasterCard [ ] SPC AIR MILES 19,4 % 11,8 %; en option Non 19,50 % 12,90 % 35 $/an pour intérêt réduit Service de réservation de billets; protection- cellulaire; assurance voyage de 3 jours Programme air miles; rabais étudiants SPC MasterCard [ ] SPC Remises 19,50 % 12,90 % 35 $/an pour intérêt réduit Remise en espèces de 0,5 % Institution financière 3 Institution financière 4 Institution financière 5 Institution financière 6 Institution financière 7 Institution financière 8 Visa noire 19,99 % ND Non Visa noire Ma récompense Non disponible Visa Or [ ] Récompenses Carte Visa Remise en argent Signature [ ] Récompenses Visa Visa scène Visa savoir Carte Classique [ ] Visa pour étudiants Non disponible 19,99 % ND 3,50 $/mois Programme de points et d'assurance 19,99 % ND Non Programme de points 19,99 % ND Non 1 % de remise en espèces 19,99 % ND Non 19,99 %; 21,99 % pour les avances de fonds 19,99 %; 21,99 % pour les avances de fonds ND ND Non Non Programme de points et récompenses RBC Programme de points échangeables contre de la musique, des films, etc. 1 % de remise en espèces Assurance accident pour transporteurs publics ( $) 161

176 Tableau I-2 : Marges de crédit régulières Institution financière 1 Nom Montant Remboursement Taux d'intérêt Marge de crédit Avantage étudiant [ ] $/an pour université temps plein; Maximum $ 1 er cycle ou $ cycles supérieurs 5000 $ temps partiel Intérêts seulement durant les études; 6 mois de délai après la diplomation; 10 ans pour rembourser (université) Variable durant les études; fixe inférieur au prêt personnel après Institution financière 2 Marge- crédit Aux étudiants $ première année; $ pour les années subséquentes jusqu'à $ Intérêts seulement durant les études; Report du capital durant 12 mois Institution financière 3 Marge de crédit étudiante 5500 $/an, $/4 ans ou 3000 $/5 ans (cycles supérieurs) Intérêts seulement durant les études; 12 mois de délai après la diplomation; 7 ans pour rembourser Non disponible Institution financière 4 Fonds de roulement étudiant Non- spécifié Intérêts seulement durant les études; 12 mois de délai après la diplomation; 7 ans pour rembourser Non disponible Institution financière 5 Marge de Crédit [ ] pour étudiants 5000 $/an 1 er cycle; $/an cycles supérieurs Intérêts seulement durant les études; Report du capital durant 12 mois Préférentiel + 1 % Institution financière 6 Ligne de crédit [ ] pour étudiants Jusqu'à $/an; maximum $ au 1er cycle; maximum $ cycles supérieurs; la moitié à temps partiel Taux de base + 2 % (en fonction du dossier) Institution financière 7 Marge de crédit études Marge de crédit ressource- toît [ ] Jusqu'à $/an, $ pour le programme, pas de limite annuelle au 3eme cycle Intérêts seulement durant les études; 12 mois de délai après la diplomation (6 mois pour une sortie sans diplôme); jusqu'à 20 ans pour rembourser Variable selon le taux préférentiel [ ] Réduction du taux d'intérêt en mettant en garantie sa propriété ou celle de ses parents Institution financière 8 Ligne de crédit étudiant [ ] Ligne de crédit étudiant [ ] pour professionnels et diplômés $/an, maximum $ 8000 $/an pendant deux ans : maximum $ avec la dette du 1er cycle (pour cycles supérieurs) Intérêts seulement durant les études; 12 mois de délai après la diplomation Non disponible 162

177 Tableau I-3 : Offre de carte de crédit ciblée par institution financière Institution financière 1 Domaines Non disponible Intérêt Intérêt réduit Frais annuels Autres Institution financière 2 Non disponible Institution financière 3 Non disponible Institution financière 4 Santé sauf médecine Droit et notariat 125 $/an après 2 ans 75 $/an après 2 ans Carte Platine; Programme de points Carte or; Programme de récompenses encourageant l'utilisation de la carte Génie Infirmier 19,50 % ND 125 $/an après 2 ans 125 $/an après 2 ans Carte Platine; Programme de récompenses encourageant l'utilisation de la carte Carte Platine; Programme de récompenses encourageant l'utilisation de la carte HEC Montréal 75 $/an après 2 ans Carte or; Programme de récompenses encourageant l'utilisation de la carte Comptabilité 75 $/an après 2 ans Carte or; Programme de récompenses encourageant l'utilisation de la carte Institution financière 5 Médecine et optométrie 19,99 % ND Non Carte VISA* Or [ ] Récompenses; Programme de points [ ] récompense Institution financière 6 Professions libérales 19,99 %; 21,99 % pour les avances de fonds ND ND 39 $/an Non Visa Momentum [ ]; Remises en espèces (2 % pour achats de subsistance, sinon 1 %) VISA or [ ]sans frais annuels; Bonis liés aux voyages Institution financière 7 Non disponible Institution financière 8 Non disponible 163

178 Institution financière 1 Institution financière 2 Institution financière 3 Institution financière 4 Institution financière 5 Institution financière 6 Institution financière 7 Institution financière 8 Tableau I-4 : Marges de crédit offertes par institution financière selon le domaine d'étude Domaine Montant Remboursement Taux d'intérêt médecine, médecine dentaire, Maximum non- spécifié, Intérêts seulement durant optométrie et pharmacie; "élevé" les études; report du capital jusqu'à 6 mois après la fin des études actuariat, droit, génie et pharmacologie; chiropratique, médecine vétérinaire, podiatrie et sciences comptables. Médecine Dentisterie Chiropractie Optométrie Droit Comptabilité Pharmacie Médecine véterinaire MBA Non disponible Santé Droit et notariat $ maximum/50000$ par an $ maximum/50000$ par an $ maximum/20000$ par an $ maximum/10000$ par an $ sauf médecine et médecine dentaire ( $) 7000 $/an pour quatre ans $ pour des études au 2e cycle. Maximum $ Intérêts seulement durant les études; 12 mois de délai après la diplomation Intérêts seulement durant les études; 12 mois de délai après la diplomation "Taux avantageux" durant les études; fixe ou variable après les études en dessous du prêt personnel Non disponible Base (2,50 %) Réduit de 0,50 % (4,75 % annuel au 1er mars 2011) Génie Non- spécifié Base + 0,50 % (3 % au 1er mars 2010) Infirmier 5500 $/an pour 4 ans $ pour 2e cycle : $ à terme Base + 0,75 % (3,25 % au 1er mars 2010) HEC Montréal Comptabilité optométrie, médecine vétérinaire, pharmacie, podiatrie, sciences infirmières, chiropractie, droit, génie, ergothérapie, physiothérapie, MBA/EMBA et comptabilité Médecine, dentisterie 7000 $/an pour quatre ans $ pour des études au 2e cycle. Maximum $ De $ à $ maximum selon le dossier $ maximum, sans restriction sur le montant annuel Intérêts seulement durant les études; 12 mois de délai après la diplomation Intérêts seulement durant les études; 12 mois de délai après la diplomation MBA $ maximum Intérêts seulement durant les études; 12 mois de délai après la diplomation Médecine/dentisterie $ maximum Intérêts seulement durant Médecine naturopathique $ maximum les études; 12 mois de Médecine vétérinaire $ maximum délai après la diplomation Optométrie, pharmacie,, $ maximum (6 mois pour une sortie comptabilité ou chiropratique sans diplôme); jusqu'à 20 MBA ou MBA pour cadres $ maximum ans pour rembourser Sciences infirmières ou podiatrie $ maximum Chiropratique $ maximum Intérêts seulement durant Dentisterie $ maximum; $ la première année les études; 12 mois de délai après la diplomation Réduit de 0,50 % (4,75 % annuel au 1er mars 2011) Taux préférentiel + 1 % Taux préférentiel + 1 % Non disponible Variable selon le taux préférentiel [ ] Non disponible 164

179 Droit MBA Médecine Optométrie, Pharmacie, Médecine vétérinaire $ pour 3 ans $ maximum $ maximum; $ la première année $ maximum 165

180 Appendice I - Code SPSS premier cycle Création de nouvelles variables ************************************************************* * CRÉATEUR : Louis- Philippe Savoie [email protected] * Date de dernière mise à jour : 21 juillet 2011 * * Ce fichier comprend l'entièreté des variables créées dans le * cadre du projet de recherche sur l'endettement étudiant * Normalement, exécuter tout le fichier suffit à recréer * l'entièreté des variables utilisées. * * Le fichier renomme les variables pour les rendre lisibles. ************************************************************* * Création de variables : residence, recodage de k75_m1 (résidence principale). * 1 = chez ses parents; 2 = autonome; sinon manquante. recode k75_m1 (7 = 1) (1 thru 6 = 2) (8 = 8) (9 = 9) (sysmis = sysmis) into residence. VARIABLE LABELS residence 'Lieu de résidence de l''étudiant. Recodage de k75_m1'. VALUE LABELS residence 1 'Habite chez ses parents' 2 'N''habite pas chez ses parents' 8 'Autre' 9 'Je préfère ne pas répondre'. MISSING VALUES residence (8,9). EXECUTE. * Division des âges. 24 et moins = 1; 25 et plus = 2; sinon manquante. recode q76 (lo thru 24 = 1) (25 thru 98 = 2) (99 = 99) INTO agemediane. VARIABLE LABELS agemediane 'Âge divisé selon la médiane. Recodage de q76'. VALUE LABELS agemediane 1 '24 ans et moins' 2 '25 ans et plus' 99 'Je préfère ne pas répondre'. execute. * Recodage de la variable âge q76 pour regrouper les valeurs extrèmes. 166

181 RECODE q76 (0 thru 19 = 1) (20 = 2) (21 = 3) (22 = 4) (23 = 5) (24 = 6) (25 = 7) (26 thru 30 = 8) (31 thru 98 = 9) (99=99) INTO AgeStrat. VARIABLE LABELS AgeStrat 'q76 (Âge) recodée pour faciliter le traitement'. VALUE LABELS AgeStrat 1 '19 ans et moins' 2 '20' 3 '21' 4 '22' 5 '23' 6 '24' 7 '25' 8 '26 à 30 ans' 9 '31 ans et plus' 99 'Je préfère ne pas répondre'. execute. * Présence ou absence d'aide financière aux études. * 1 = sans AFE. * 2 = AFE, prêts seulement. * 3 = AFE, bourses seulement. * Sinon, valeur manquante. compute statutafe = $sysmis. if q12 = 2 statutafe = 1. if q12 = 1 & q13 > 0 statutafe = 2. if q12 = 1 & q14 >0 statutafe = 3. if q12 = 9 statutafe = 9. if q12= $sysmis statutafe = $sysmis. execute. VARIABLE LABELS statutafe 'Statut à l''aide financière aux études. Recodage de q12 et q13'. VALUE LABELS statutafe 1 'Sans prêts et bourses' 2 'Bénéficiare de prêts seulement' 3 'Bénéficiaire de prêts et de bourses' 9 'Je préfère ne pas répondre'. execute. * Séparation de la variable revenu parental selon la médiane. * 1 = Moins de $ par an. 167

182 * 2 = $ et plus. * Sinon, valeur manquante. compute revparentsmediane = 99. if q78 <= 9 revparentsmediane = 1. if q78 > 9 & q78 < 98 revparentsmediane = 2. if q78 = 98 revparentsmediane = 8. if q78 = 99 revparentsmediane = 9. EXECUTE. VARIABLE LABELS revparentsmediane 'Revenu parental divisé selon la médiane. Recodage de q78.'. VALUE LABELS revparentsmediane 1 'Moins de $' 2 ' $ et plus.' 8 'Ne sais pas' 9 'Je préfère ne pas répondre'. EXECUTE. * Recodage de la variable q78 en quartiles de revenu parental. RECODE q78 (1 thru 6=1) (7 thru 9 = 2) (10 thru 13 = 3) (14 thru 17 = 4) (98 = 8) (99 = 9) into q78quartile. VARIABLE LABELS q78quartile Revenu parental divisé en quartiles. VALUE LABELS q78quartile 1 'Moins de $' 2 '40 000$ à $' 3 '70 000$ à $' 4 ' $ et plus' 8 'Ne sais pas' 9 'Je préfère ne pas répondre'. MISSING VALUES q78quartile (8,9). EXECUTE. * Création de la variable Étudiant de première génération. * On considère comme étudiant de première génération (EPG) un étudiant dont aucun des deux parents n'a une scolarité universitaire. * 1 = EPG. * 2 = non- EPG. * 3 = ne sait pas. * Sinon, valeur manquante. compute EPG = 99. if (q79a >= 1 & q79a <= 3) (q79b >= 1 & q79b <= 3) EPG = 1. if (q79a >= 4 & q79a <= 5) (q79b >= 4 & q79b <= 5) EPG = 2. if (q79a =8) (q79b = 8) EPG= 3. if (q79a = 9) (q79b = 9) EPG = 9. if (q79a = $Sysmis) (q79b = $Sysmis) EPG = $sysmis. execute. VARIABLE LABELS EPG 'Étudiant de première génération, dérivée de q79a et q79b'. VALUE LABELS EPG 1 'Étudiant de première génération' 2 'Étudiant de deuxième génération ou plus' 3 'Ne sait pas' 9 'Je préfère ne pas répondre'. MISSING VALUES EPG (3 9). execute. * Création de la variable dureebacc et recodage de celle- ci. COMPUTE dureebacc = q7b- q8b. RECODE dureebacc (20 thru HI = sysmis) (lo thru 0 = sysmis). 168

183 EXECUTE. * Recodage de dureebacc pour arrêter à 6 ans RECODE dureebacc (1 = 1 ) (2=2) (3=3) (4=4) (5=5) (6 thru HI = 6) into dureebacctronquee. VARIABLE LABELS dureebacctronquee 'Durée du diplôme, tronquée à 6 ans'. VALUE LABELS dureebacctronquee 6 '6 ans ou plus'. EXECUTE. * Création d'une nouvelle variable rentabilitediplome qui est un recodage du domaine d'études (q9). RECODE q9 (1, 3, 6, 8 = 1) (2, 4, 5, 7, 9 = 2) (10 = 3) (11 = 4) (96 = 8) (99 = 9) into rentabilitediplome. VARIABLE LABELS rentabilitediplome 'Recodage de q9 en domaines à rentabilité économique forte et faible'. VALUE LABELS rentabilitediplome 1 'Faible rentabilité' 2 'Forte rentabilité' 3 'Études plurisectorielles' 4 'Non inscrit' 8 'Ne sais pas/études plurisectorielles' 9 'Je préfère ne pas répondre'. MISSING VALUES rentabilitediplome (3 thru 9). EXECUTE. ******************************************************************************** * MANIPULATIONS DES DONNÉES SUR L'ENDETTEMENT ÉTUDIANT******************* ******************************************************************************** * * Conversion des variables q43a à q43d en format binaire où 0 = non et 1 = oui et * création de q43bc. *. * AFE. RECODE q43a (1 thru hi = 1) (0 = 0) (sysmis = sysmis) into q43ataux. VARIABLE LABELS q43ataux 'Présence ou absence d''une dette à l''afe : projection d''ici la fin des études de premier cycle'. 169

184 VALUE LABELS q43ataux 0 'Non' 1 'Oui'. EXECUTE. * Endettement privé. * Création de q43bc qui est la somme de q43b et q43c. COMPUTE q43bc = sum (q43b,q43c). VARIABLE LABELS q43bc 'Présence d''endettement privé, avec 0. Somme de q43b et q43c'. EXECUTE. * Recodage de q43bc. RECODE q43bc (1 thru hi = 1) (0 = 0) (sysmis = sysmis) into q43bctaux. VARIABLE LABELS q43bctaux 'Présence ou absence d''une dette à une institution financière : projection d''ici la fin des études de premier cycle'. VALUE LABELS q43bctaux 0 'Non' 1 'Oui'. EXECUTE. * Prêt familial. RECODE q43d (1 thru hi = 1) (0 = 0) (sysmis = sysmis) into q43dtaux. VARIABLE LABELS q43dtaux 'Présence ou absence d''une dette auprès de la famille ou d''amis : projection d''ici la fin des études de premier cycle'. VALUE LABELS q43dtaux 0 'Non' 1 'Oui'. EXECUTE. * Présence ou absence de dette. COMPUTE q43 = sum (q43a,q43b,q43c,q43d). VARIABLE LABELS q43 'Dette totale. Somme de q43a, q43b, q43c et q43d'. MISSING VALUES q43 (0). EXECUTE. 170

185 RECODE q43 (1 thru hi = 1) (0 = 0) (sysmis = sysmis) into q43taux. VARIABLE LABELS q43taux 'Présence ou absence d''une dette : projection d''ici la fin des études de premier cycle'. VALUE LABELS q43taux 0 'Non' 1 'Oui'. EXECUTE. ******************************************************************** * Même manège que plus tôt, mais en utilisant l'endettement actuel.* ******************************************************************** RECODE q42a (1 thru hi = 1) (0 = 0) (sysmis = sysmis) into q42ataux. VARIABLE LABELS q42ataux 'Présence ou absence d''une dette à l''afe : projection d''ici la fin des études de premier cycle'. VALUE LABELS q42ataux 0 'Non' 1 'Oui'. EXECUTE. * Création de q43bc qui est la somme de q43b et q43c. COMPUTE q42bc = sum (q42b,q42c). VARIABLE LABELS q42bc 'Présence d''endettement privé, avec 0. Somme de q42b et q42c'. EXECUTE. RECODE q42bc (1 thru hi = 1) (0 = 0) (sysmis = sysmis) into q42bctaux. VARIABLE LABELS q42bctaux 'Présence ou absence d''une dette à une institution financière : projection d''ici la fin des études de premier cycle'. VALUE LABELS q42bctaux 171

186 0 'Non' 1 'Oui'. EXECUTE. * Prêt familial. RECODE q42d (1 thru hi = 1) (0 = 0) (sysmis = sysmis) into q42dtaux. VARIABLE LABELS q42dtaux 'Présence ou absence d''une dette auprès de la famille ou d''amis : projection d''ici la fin des études de premier cycle'. VALUE LABELS q42dtaux 0 'Non' 1 'Oui'. EXECUTE. COMPUTE q42abis = q42a. MISSING VALUES q42abis (0, thru ). VARIABLE LABELS q42abis 'Dette actuelle à l''afe'. EXECUTE. COMPUTE q42bcbis = sum (q42b, q42c). MISSING VALUES q42bcbis (0, thru ). VARIABLE LABELS q42bcbis 'Dette actuelle à une institution financière'. EXECUTE. COMPUTE q42dbis = q42d. MISSING VALUES q42dbis (0, thru ). VARIABLE LABELS q42dbis 'Dette actuelle à la famille ou les amis'. EXECUTE. COMPUTE q42bis = sum(q42a,q42b,q42c,q42d). MISSING VALUES q42bis (0, thru ). VARIABLE LABELS q42bis 'Dette totale actuelle'. EXECUTE. * Présence ou absence de dette. COMPUTE q42 = sum (q42a,q42b,q42c,q42d). VARIABLE LABELS q42 'Dette totale. Somme de q42a, q42b, q42c et q42d'. MISSING VALUES q42 (0). EXECUTE. RECODE q42 (1 thru hi = 1) (0 = 0) (sysmis = sysmis) into q42taux. 172

187 VARIABLE LABELS q42taux 'Présence ou absence d''une dette : projection d''ici la fin des études de premier cycle'. VALUE LABELS q42taux 0 'Non' 1 'Oui'. EXECUTE. * nbsrcdettes : création d'une nouvelle variable. COMPUTE nbsrcdettes = sum (q43ataux,q43bctaux, q43dtaux). VARIABLE LABELS nbsrcdettes 'Nombre de sources de dettes différentes. Somme de q43ataux, q43bctaux et q43dtaux'. EXECUTE. ** nbsrcfinancement : création d'une nouvelle variable * presencecf, sur la présence d'une contribution familiale (parentale ou du conjoint. Née de l'agglomération de q23 et q26. compute presencecf = $sysmis. if q23 = 1 q26 = 1 presencecf = 1. if q23=2 & q26 = 2 presencecf = 0. if q23=9 q26 = 9 presencecf = $sysmis. if q23=$sysmis q26 = $sysmis presencecf =$sysmis. VARIABLE LABELS presencecf 'Présence ou absence d''une contribution familiale. Agglomération de q23 et q26.'. VALUE LABELS presencecf 1 'Présence d''une contribution familiale' 0 'Absence d''une contribution familiale' 9 'Je préfère ne pas répondre'. MISSING VALUES presencecf (9). execute. * presencebourses, qui est dérivée de q15 et q19. compute presencebourses = 1. if ((q15 = 3) AND (q19 = 3)) presencebourses = 0. if (q15 = 9 OR q19 = 9) presencebourses = $sysmis. EXECUTE. VARIABLE LABELS presencebourses 'Présence ou absence d''une bourse de mérite ou autre. Agglomération de q15 et q19.'. VALUE LABELS presencebourses 1 'Présence d''une bourse de mérite ou autre' 0 'Absence d''une bourse de mérite ou autre' 9 'Je préfère ne pas répondre'. MISSING VALUES presencebourses (9). execute. * presencetravail, que l'on dérive de q3237. recode q3237 (sysmis = sysmis) (0 = 0) (1 thru ,000= 1) 173

188 (100001,000 thru hi = SYSMIS) into presencetravail. VARIABLE LABELS presencetravail 'Présence ou absence d''un emploi rémunéré pour la période à l''étude, dérivée de q3237'. VALUE LABELS presencetravail 1 ' Présence d''au moins un emploi' 0 'Sans emploi'. EXECUTE. * Modification de q12 (présence ou absence d'afe) pour déclarer 9 (ne sais pas) en manquante. RECODE q12 (1=1) (2=0) (9=sysmis) into presenceafe. VARIABLE LABELS presenceafe 'Recodage de Q12 pour le traitement du nombre de sources de financement'. VALUE LABELS presenceafe 0 'Sans AFE' 1 'Avec AFE' 9 'Je préfère ne pas répondre'. MISSING VALUES presenceafe (9). EXECUTE. * nbsrcfinancement : Compilation du nombre de sources de financement. Addition de presencecf, q12, presencebourses, presencetravail avec des + pour qu'une variable manquante fasse "choker" le système. COMPUTE nbsrcfinancement = presenceafe+presencecf+presencebourses+presencetravail. VARIABLE LABELS nbsrcfinancement 'Nombre de sources de financement d''un étudiant'. EXECUTE. * Travail rémunéré en cours d'étude : nombre d'heures travaillées pour la session Automne * Addition de k32c3 et k37c3 COMPUTE k3237c3 = mean (a32c3,b32c3,c32c3,d32c3,e32c3,f32c3,a37c3,b37c3,c37c3,d37c3,e37c3,f37c3). VARIABLE LABELS k3237c3 'Nombre d''heures travaillées par semaine, automne 2009'. MISSING VALUES k3237c3 (0, 71 thru 9999). EXECUTE. * Valeur pour discriminer tous les étudiants qui travaillent plus de 15 heures par semaine en même temps que leurs études. recode k3237c3 (sysmis = sysmis) (0 = 0) (1 thru 14 = 1) (15 thru 70 = 2) (71 thru 9999 = sysmis) into travail15h. VARIABLE LABELS travail15h 'Proportion des étudiants qui travaillent plus ou moins que 15 heures'. 174

189 VALUE LABELS travail15h 1 'Travaille 14 heures et moins par semaine' 2 'Travaille 15 heures et plus par semaine'. MISSING VALUES travail15h (0). EXECUTE. * Variable pour discriminer tous les étudiants qui travaillent plus de 20 heures par semaine à l'automne recode k3237c3 (sysmis = sysmis) (0 = 0) (1 thru 19 = 1) (20 thru 70 = 2) (71 thru 9999 = sysmis) into travail20h. VARIABLE LABELS travail20h 'Proportion des étudiants qui travaillent plus ou moins que vingt heures'. VALUE LABELS travail20h 1 'Travaille 19 heures et moins par semaine' 2 'Travaille 20 heures et plus par semaine'. MISSING VALUES travail20h (0). EXECUTE. * Variable qui détermine si l'étudiant travaillait ou non à l'automne Une petite erreur statistique peut s'insérer du au mode de calcul qui utilise les sysmis de k3237c. * L'approximation est suffisante pour les besoins de la cause. COMPUTE travaila09 = $sysmis. RECODE k3237c3 (sysmis=0) (0=0) (1 thru 70 = 1) (71 thru 9999 = sysmis) INTO travaila09. VARIABLE LABELS travaila09 'Taux d''emploi, automne 2009'. VALUE LABELS travaila09 0 'Sans- emploi' 1 'Occupait au moins un emploi'. EXECUTE. * Variable qui détermine si l'étudiant travaillait ou non en Une petite erreur statistique peut s'insérer du au mode de calcul qui utilise les sysmis de k3237. * L'approximation est suffisante pour les besoins de la cause. COMPUTE presencetravail = $sysmis. RECODE q

190 (sysmis=0) (0=0) (1 thru ,000 = 1) (100001,000 thru HI = sysmis) INTO presencetravail. VARIABLE LABELS presencetravail 'Taux d''emploi'. VALUE LABELS presencetravail 0 'Sans- emploi' 1 'Occupait au moins un emploi'. EXECUTE. * k16d20b est la somme des bourses (mérite et stages), soit k16d + k20b. COMPUTE k16b20d=sum(k16d,k20b). VARIABLE LABELS k16b20d 'k16d20b est la somme des bourses (mérite et stages), soit k16d + k20b.'. MISSING VALUES k16b20d (30001 to HI). EXECUTE. * les séries q43*bis modifient légèrement q43a- d en ajoutant une valeur manquante à 0. COMPUTE q43abis = q43a. MISSING VALUES q43abis (0, thru ). VARIABLE LABELS q43abis 'Dette estimée à la fin des études de premier cycle à l''afe'. EXECUTE. COMPUTE q43bcbis = sum (q43b, q43c). MISSING VALUES q43bcbis (0, thru ). VARIABLE LABELS q43bcbis 'Dette estimée à la fin des études de premier cycle à une institution financière'. EXECUTE. COMPUTE q43dbis = q43d. MISSING VALUES q43dbis (0, thru ). VARIABLE LABELS q43dbis 'Dette estimée à la fin des études de premier cycle à la famille ou les amis'. EXECUTE. COMPUTE q43bis = sum(q43a,q43b,q43c,q43d). MISSING VALUES q43bis (0, thru ). VARIABLE LABELS q43bis 'Dette estimée à la fin des études de premier cycle'. EXECUTE. * Présence ou non d'enfant à charge. Recodage de Q85B1 (âge de l'enfant). RECODE q85b1 (sysmis = 0) (1 thru 8= 1) (9 = 9) 176

191 into presenceenfant. VARIABLE LABELS presenceenfant 'Présence ou absence d''un enfant à charge. Recodage de q85b1'. VALUE LABELS presenceenfant 1 'Enfant à charge' 0 'Sans enfant à charge' 9 'Je préfère ne pas répondre'. EXECUTE. * Dépenses selon le périmètre de sources et modes. On compte donc : frais de scolarité, frais afférents, matériel scolaire, loyer, vêtements, nourriture. COMPUTE depensesesmfpc = sum (k49x, k50x, k53, k54). VARIABLE LABELS depensesesmfpc 'Dépenses totales en matière de frais scolaires, logement, nourriture et vêtements (k49x, k50x, k53, k54'. EXECUTE. * Insertion des dépenses de transport et de loisir. COMPUTE depensestotales = sum (k29b, k49x, k50x, k53, k54, k56ax, k56bx, k58x). VARIABLE LABELS depensestotales 'Dépenses totales, incluant le transport et le loisir [k29b, k49x, k50x, k53, k54, k56ax, k56bx, k58x] '. EXECUTE. * Le financement total comprend toutes les sources de financement des étudiants. COMPUTE fintotal = sum (q13,q14,k16d,k20b,k24,k27,k28b,q3237). VARIABLE LABELS fintotal 'Financement total : somme des prêts et bourses, des bourses de mérite, des contributions familiales et du travail (q13,q14,k16d,k20b,k24,k27,k28b,q3237)'. EXECUTE. * Pour des raisons que je ne comprends pas, magtotal est très loin des résultats présentés dans ESMFPC. On va créer deux MAG : magesmfpc et magtotal. * Il va falloir revérifier le calcul. Pour l'instant, je vais créer un nouvel indicateur, mag1000. COMPUTE magesmfpc = fintotal- depensesesmfpc. VARIABLE LABELS magesmfpc 'manque à gagner selon le périmètre de subsistance de sources et modes pour une année'. COMPUTE magtotal = fintotal- depensestotales. VARIABLE LABELS magtotal 'manque à gagner total pour une année. fintotal- depensestotales'. COMPUTE magafe = sum (fintotal,- q13,- depensesesmfpc). VARIABLE LABELS magafe 'Manque à gagner total sans prêts de l''afe. fintotal- q13- depensesesmfpc'. * Création de magpourcent, utilise pour connaître le nombre d'étudiants en situation de manque à gagner. RECODE magtotal 177

192 (lo thru 0 = 1) (1 thru hi = 0) (sysmis = sysmis) into magpourcent. VARIABLE LABELS magpourcent 'Recodage de magtotal pour obtenir la présence ou l''absence de manque à gagner'. VALUE LABELS magpourcent 0 'Surplus' 1 'Manque à gagner'. EXECUTE. * Création de mag1000, une variable de manque à gagner qui crée une catégorie autour du 0 qui élimine tous les manque à gagner * ou les surplus de moins de 500$, qui sont probablement des accumulations d'erreurs. RECODE magtotal (lo thru = 2) (- 999 thru 1000 = 1) (1001 thru HI = 0) (sysmis = sysmis) INTO mag1000. VARIABLE LABELS mag1000 'Recodage de magtotal où on enlève les étudiants présentant un manque à gagner ou un surplus de 1000 $ et moins'. VALUE LABELS mag 'Surplus' 1 'Entre - 999$ et 1000$' 2 'Manque à gagner'. EXECUTE. * Création de annee, qui est un recodage de q8b et estime l'année d'études de l'étudiant. * La variable est comptabilisée en fonction de l'année scolaire : ainsi, un étudiant qui commence en janvier 2008 va être rendu, à l'automne 2009, à sa troisième année. COMPUTE annee=$sysmis. IF q8b=2009 and q8a>=8 annee=1. IF q8b=2009 and q8a < 8 annee =2. IF q8b=2008 and q8a>=8 annee=2. IF q8b=2008 and q8a < 8 annee =3. IF q8b=2007 and q8a>=8 annee=3. IF q8b=2007 and q8a < 8 annee =4. IF q8b=2006 and q8a>=8 annee=4. IF q8b=2006 and q8a < 8 annee =5. IF q8b<2006 annee=5. IF q8b >2010 annee=9. IF q8a>12 annee=9. EXECUTE. VARIABLE LABELS annee 'Année d''étude de l''étudiant, dérivée de q8a et q8b.'. VALUE LABELS annee 1 'Première année' 2 'Deuxième année' 3 'Troisième année' 4 'Quatrième année' 5 'Cinquième année et plus' 9 'Ne sais pas/je préfère ne pas répondre'. 178

193 MISSING VALUES annee (0 9). * Regénération des casiers. Utile si SPSS bouffe tout!. * Regroupement visuel. *k24. RECODE k24 (MISSING=COPY) (LO THRU 0.0=1) (LO THRU =2) (LO THRU =3) (LO THRU =4) (LO THRU =5) (LO THRU =6) (LO THRU =7) (LO THRU HI=8) (ELSE=SYSMIS) INTO k24casiers. IF (VALUE (k24) EQ 0.0) k24casiers=0.0. VARIABLE LABELS k24casiers 'Q24*: Q24A + Q24B + Q24C (Regroupé par casiers)'. FORMATS k24casiers (F5.0). VALUE LABELS k24casiers 1 '<=,00' 2 '1, ,00' 3 '1001, ,00' 4 '2001, ,00' 5 '3001, ,00' 6 '4001, ,00' 7 '5001, ,00' 8 '6001,00+'. MISSING VALUES k24casiers (0.0, THRU E7). VARIABLE LEVEL k24casiers (ORDINAL). EXECUTE. * Regroupement visuel. *k3237c3. RECODE k3237c3 (MISSING=COPY) (LO THRU 0.0=1) (LO THRU 5.0=2) (LO THRU 10.0=3) (LO THRU 15.0=4) (LO THRU 20.0=5) (LO THRU 25.0=6) (LO THRU 30.0=7) (LO THRU 35.0=8) (LO THRU 40.0=9) (LO THRU HI=10) (ELSE=SYSMIS) INTO k3237c3casiers. IF (VALUE (k3237c3) EQ 0.0) k3237c3casiers=0.0. VARIABLE LABELS k3237c3casiers "Nombre d'heures travaillées par semaine, automne 2009 (Regroupé par casiers)". FORMATS k3237c3casiers (F5.0). VALUE LABELS k3237c3casiers 1 '0' 2 '1,00-5,00' 3 '6,00-10,00' 4 '11,00-15,00' 5 '16,00-20,00' 6 '21,00-25,00' 7 '26,00-30,00' 8 '31,00-35,00' 9 '36,00-40,00' 10 '41,00+'. MISSING VALUES k3237c3casiers (0.0, 71.0 THRU ). VARIABLE LEVEL k3237c3casiers (ORDINAL). EXECUTE. * Regroupement visuel. *q3237. RECODE q3237 (MISSING=COPY) (LO THRU 0.0=1) (LO THRU =2) (LO THRU =3) (LO THRU =4) (LO THRU =5) (LO THRU =6) (LO THRU HI=7) (ELSE=SYSMIS) INTO q3237casiers. VARIABLE LABELS q3237casiers "Q3237B* : Revenu d'emploi total (Regroupé par casiers)". FORMATS q3237casiers (F5.0). VALUE LABELS q3237casiers 1 '0' 2 '1, ,00' 3 '5001, ,00' 4 '10001, ,00' 5 '15001, ,00' 6 '20001, ,00' 7 '25001,00+'. MISSING VALUES q3237casiers ( THRU E8). VARIABLE LEVEL q3237casiers (ORDINAL). EXECUTE. * Regroupement visuel. *k16b20d. RECODE k16b20d (MISSING=COPY) (LO THRU 0.0=1) (LO THRU =2) (LO THRU =3) (LO THRU =4) (LO THRU =5) (LO THRU =6) (LO THRU HI=7) (ELSE=SYSMIS) INTO k16b20dcasiers. VARIABLE LABELS k16b20dcasiers 'k16d20b est la somme des bourses (mérite et stages), soit k16d + k20b. (Regroupé par casiers)'. FORMATS k16b20dcasiers (F5.0). 179

194 VALUE LABELS k16b20dcasiers 1 '0' 2 '1, ,00' 3 '1001, ,00' 4 '2001, ,00' 5 '3001, ,00' 6 '4001, ,00' 7 '5001,00+'. MISSING VALUES k16b20dcasiers ( THRU HI). VARIABLE LEVEL k16b20dcasiers (ORDINAL). EXECUTE. * Regroupement visuel. *fintotal. RECODE fintotal (MISSING=COPY) (LO THRU 0.0=1) (LO THRU =2) (LO THRU =3) (LO THRU =4) (LO THRU =5) (LO THRU =6) (LO THRU =7) (LO THRU HI=8) (ELSE=SYSMIS) INTO fintotalcasiers. VARIABLE LABELS fintotalcasiers 'Financement total : somme des prêts et bourses, des bourses de mérite, des contributions familiales et du travail (q13,q14,k16d,k20b,k24,k27,k28b,q3237) (Regroupé par casiers)'. FORMATS fintotalcasiers (F5.0). VALUE LABELS fintotalcasiers 1 '0' 2 '1, ,00' 3 '5001, ,00' 4 '10001, ,00' 5 '15001, ,00' 6 '20001, ,00' 7 '25001, ,00' 8 '30001,00+'. VARIABLE LEVEL fintotalcasiers (ORDINAL). EXECUTE. * Regroupement visuel. *depensestotales. RECODE depensestotales (MISSING=COPY) (LO THRU 0.0=1) (LO THRU =2) (LO THRU =3) (LO THRU =4) (LO THRU =5) (LO THRU =6) (LO THRU =7) (LO THRU HI=8) (ELSE=SYSMIS) INTO depensestotalescasiers. VARIABLE LABELS depensestotalescasiers 'Dépenses totales, incluant le transport et le loisir [k29b, k49x, k50x, k53, k54, k56ax, k56bx,k57x, k58x] (Regroupé par casiers)'. FORMATS depensestotalescasiers (F5.0). VALUE LABELS depensestotalescasiers 1 '0' 2 '1, ,00' 3 '5001, ,00' 4 '10001, ,00' 5 '15001, ,00' 6 '20001, ,00' 7 '25001, ,00' 8 '30001,00+'. VARIABLE LEVEL depensestotalescasiers (ORDINAL). EXECUTE. * Regroupement visuel. *k54. RECODE k54 (MISSING=COPY) (LO THRU 0.0=1) (LO THRU 250.0=2) (LO THRU 500.0=3) (LO THRU 750.0=4) (LO THRU =5) (LO THRU =6) (LO THRU =7) (LO THRU HI=8) (ELSE=SYSMIS) INTO k54casiers. VARIABLE LABELS k54casiers 'Q54*: TOTAL Q54A, Q54B Q54C (Regroupé par casiers)'. FORMATS k54casiers (F5.0). VALUE LABELS k54casiers 1 '<=,00' 2 '1,00-250,00' 3 '251,00-500,00' 4 '501,00-750,00' 5 '751, ,00' 6 '1001, ,00' 7 '1251, ,00' 8 '1501,00+'. MISSING VALUES k54casiers ( THRU E7). VARIABLE LEVEL k54casiers (ORDINAL). EXECUTE. * Regroupement visuel. *k49x. RECODE k49x (MISSING=COPY) (LO THRU 0.0=1) (LO THRU =2) (LO THRU =3) (LO THRU =4) (LO THRU =5) (LO THRU =6) (LO THRU =7) (LO THRU HI=8) (ELSE=SYSMIS) INTO k49xcasiers. VARIABLE LABELS k49xcasiers 'Q49*A: Moyenne annuelle (Regroupé par casiers)'. FORMATS k49xcasiers (F5.0). 180

195 VALUE LABELS k49xcasiers 1 '0' 2 '1, ,00' 3 '2501, ,00' 4 '5001, ,00' 5 '7501, ,00' 6 '10001, ,00' 7 '12501, ,00' 8 '15001,00+'. MISSING VALUES k49xcasiers ( THRU E8). VARIABLE LEVEL k49xcasiers (ORDINAL). EXECUTE. * Regroupement visuel. *k50x. RECODE k50x (MISSING=COPY) (LO THRU 0.0=1) (LO THRU =2) (LO THRU =3) (LO THRU =4) (LO THRU =5) (LO THRU =6) (LO THRU =7) (LO THRU HI=8) (ELSE=SYSMIS) INTO k50xcasiers. VARIABLE LABELS k50xcasiers 'Q50*A: Moyenne annuelle (Regroupé par casiers)'. FORMATS k50xcasiers (F5.0). VALUE LABELS k50xcasiers 1 '0' 2 '1, ,00' 3 '1001, ,00' 4 '2001, ,00' 5 '3001, ,00' 6 '4001, ,00' 7 '5001, ,00' 8 '6001,00+'. MISSING VALUES k50xcasiers ( THRU E8). VARIABLE LEVEL k50xcasiers (ORDINAL). EXECUTE. * Regroupement visuel. *k56ax. RECODE k56ax (MISSING=COPY) (LO THRU 0.0=1) (LO THRU 500.0=2) (LO THRU =3) (LO THRU =4) (LO THRU =5) (LO THRU HI=6) (ELSE=SYSMIS) INTO k56axcasiers. VARIABLE LABELS k56axcasiers 'Q56A*A: Moyenne annuelle (Regroupé par casiers)'. FORMATS k56axcasiers (F5.0). VALUE LABELS k56axcasiers 1 '0' 2 '1,00-500,00' 3 '501, ,00' 4 '1001, ,00' 5 '1501, ,00' 6 '2001,00+'. MISSING VALUES k56axcasiers ( THRU E7). VARIABLE LEVEL k56axcasiers (ORDINAL). EXECUTE. * Regroupement visuel. *k57x. RECODE k57x (MISSING=COPY) (LO THRU 0.0=1) (LO THRU =2) (LO THRU =3) (LO THRU =4) (LO THRU =5) (LO THRU =6) (LO THRU HI=7) (ELSE=SYSMIS) INTO k57xcasiers. VARIABLE LABELS k57xcasiers 'Q57*A: Moyenne annuelle (Regroupé par casiers)'. FORMATS k57xcasiers (F5.0). VALUE LABELS k57xcasiers 1 '0' 2 '1, ,00' 3 '2001, ,00' 4 '4001, ,00' 5 '6001, ,00' 6 '8001, ,00' 7 '10001,00+'. MISSING VALUES k57xcasiers ( THRU E7). VARIABLE LEVEL k57xcasiers (ORDINAL). EXECUTE. * Regroupement visuel. *k58x. RECODE k58x (MISSING=COPY) (LO THRU 0.0=1) (LO THRU =2) (LO THRU =3) (LO THRU =4) (LO THRU =5) (LO THRU =6) (LO THRU HI=7) (ELSE=SYSMIS) INTO k58xcasiers. VARIABLE LABELS k58xcasiers 'Q58*A: Moyenne annuelle (Regroupé par casiers)'. FORMATS k58xcasiers (F5.0). VALUE LABELS k58xcasiers 1 '0' 2 '1, ,00' 3 '1001, ,00' 4 '2001, ,00' 5 '3001, ,00' 6 '4001, ,00' 7 '5001,00+'. MISSING VALUES k58xcasiers ( THRU E7). VARIABLE LEVEL k58xcasiers (ORDINAL). EXECUTE. 181

196 * Regroupement visuel. *q43abis. RECODE q43abis (MISSING=COPY) (LO THRU 0.0=1) (LO THRU =2) (LO THRU =3) (LO THRU =4) (LO THRU =5) (LO THRU =6) (LO THRU =7) (LO THRU =8) (LO THRU =9) (LO THRU =10) (LO THRU HI=11) (ELSE=SYSMIS) INTO q43acasiers. IF (VALUE (q43abis) EQ 0.0) q43acasiers=0.0. VARIABLE LABELS q43acasiers "Dette estimée à la fin des études de premier cycle à l'afe (Regroupé par casiers)". FORMATS q43acasiers (F5.0). VALUE LABELS q43acasiers 1 '<=,00' 2 '1, ,00' 3 '5001, ,00' 4 '10001, ,00' 5 '15001, ,00' 6 '20001, ,00' 7 '25001, ,00' 8 '30001, ,00' 9 '35001, ,00' 10 '40001, ,00' 11 '45001,00+' 0.0 '0'. MISSING VALUES q43acasiers (0.0, THRU E7). VARIABLE LEVEL q43acasiers (ORDINAL). EXECUTE. * Regroupement visuel. *q43bcbis. RECODE q43bcbis (MISSING=COPY) (LO THRU 0.0=1) (LO THRU =2) (LO THRU =3) (LO THRU =4) (LO THRU =5) (LO THRU =6) (LO THRU =7) (LO THRU HI=8) (ELSE=SYSMIS) INTO q43bccasiers. IF (VALUE (q43bcbis) EQ 0.0) q43bccasiers=0.0. VARIABLE LABELS q43bccasiers 'Dette estimée à la fin des études de premier cycle à une institution financière (Regroupé par casiers)'. FORMATS q43bccasiers (F5.0). VALUE LABELS q43bccasiers 1 '0' 2 '1, ,00' 3 '5001, ,00' 4 '10001, ,00' 5 '15001, ,00' 6 '20001, ,00' 7 '25001, ,00' 8 '30001,00+'. MISSING VALUES q43bccasiers (0.0, THRU E7). VARIABLE LEVEL q43bccasiers (ORDINAL). EXECUTE. * Regroupement visuel. *q43dbis. RECODE q43dbis (MISSING=COPY) (LO THRU 0.0=1) (LO THRU =2) (LO THRU =3) (LO THRU =4) (LO THRU =5) (LO THRU =6) (LO THRU =7) (LO THRU HI=8) (ELSE=SYSMIS) INTO q43dcasiers. IF (VALUE (q43dbis) EQ 0.0) q43dcasiers=0.0. VARIABLE LABELS q43dcasiers 'Dette estimée à la fin des études de premier cycle à la famille ou les amis (Regroupé par casiers)'. FORMATS q43dcasiers (F5.0). VALUE LABELS q43dcasiers 1 '0' 2 '1, ,00' 3 '2501, ,00' 4 '5001, ,00' 5 '7501, ,00' 6 '10001, ,00' 7 '12501, ,00' 8 '15001,00+'. MISSING VALUES q43dcasiers (0.0, THRU E7). VARIABLE LEVEL q43dcasiers (ORDINAL). EXECUTE. * Regroupement visuel. *q43bis. RECODE q43bis (MISSING=COPY) (LO THRU 0.0=1) (LO THRU =2) (LO THRU =3) (LO THRU =4) (LO THRU =5) (LO THRU =6) (LO THRU =7) (LO THRU =8) (LO THRU =9) (LO THRU =10) (LO THRU HI=11) (ELSE=SYSMIS) INTO q43casiers. 182

197 IF (VALUE (q43bis) EQ 0.0) q43casiers=0.0. VARIABLE LABELS q43casiers 'Dette estimée à la fin des études de premier cycle (Regroupé par casiers)'. FORMATS q43casiers (F5.0). VALUE LABELS q43casiers 1 '<=,00' 2 '1, ,00' 3 '5001, ,00' 4 '10001, ,00' 5 '15001, ,00' 6 '20001, ,00' 7 '25001, ,00' 8 '30001, ,00' 9 '35001, ,00' 10 '40001, ,00' 11 '45001,00+' 0.0 '0'. MISSING VALUES q43casiers (0.0, THRU E7). VARIABLE LEVEL q43casiers (ORDINAL). EXECUTE. * Regroupement visuel. *k53. RECODE k53 (MISSING=COPY) (LO THRU 0.0=1) (LO THRU =2) (LO THRU =3) (LO THRU =4) (LO THRU =5) (LO THRU =6) (LO THRU HI=7) (ELSE=SYSMIS) INTO k53casiers. VARIABLE LABELS k53casiers 'Q53*: TOTAL Q53A, Q53B Q53C (Regroupé par casiers)'. FORMATS k53casiers (F5.0). VALUE LABELS k53casiers 1 '0' 2 '1, ,00' 3 '1001, ,00' 4 '2001, ,00' 5 '3001, ,00' 6 '4001, ,00' 7 '5001,00+'. MISSING VALUES k53casiers ( THRU ). VARIABLE LEVEL k53casiers (ORDINAL). EXECUTE. * Préparation de données pour les tests : déclarations de nouvelles valeurs manquantes, génralement, il s'agit des non- réponses, pour permettre des tests statistiques logiques. * Profil socioéconomique. MISSING VALUES agestrat (99). MISSING VALUES q78quartile (8, 9). MISSING VALUES residence (8, 9). MISSING VALUES region2 (6, 99). MISSING VALUES q64a (9). MISSING VALUES presenceenfant (9). MISSING VALUES epg (3, 9). MISSING VALUES rentabilitediplome (3 thru 9). MISSING VALUES q82a (9). MISSING VALUES q23 (9). MISSING VALUES q3237 (0, thru ). MISSING VALUES q76 (99). EXECUTE. * Rétiquetage des variables pour les rendre lisibles. VARIABLE LABELS q76 'q76 : Âge de l''étudiant'. VARIABLE LABELS q78x 'q78x : Revenu familial brut, converti en variable continue'. VARIABLE LABELS q78quartile 'q78quartile : Revenu familial brut, dvisié en quartiles'. VARIABLE LABELS q64a 'q64a : Changement de région'. VARIABLE LABELS q84 'q84 : Probabilité de réussite'. VARIABLE LABELS q82a 'q82a : Fait d''avoir allongé précdemment ses études'. 183

198 VARIABLE LABELS q23 'q23 : Présence de la contribution parentale'. VARIABLE LABELS k24 'k24 : Montant de la contribution parental, moyenne annuelle'. VARIABLE LABELS k3237c3 'k3237c3 : nombre d''heures travaillées, automne 2009'. VARIABLE LABELS travaila09 'travaila09 : Présence ou absence d''emploi, automne 2009'. VARIABLE LABELS presencetravail 'presencetravail : Présence ou absence d''emploi'. VARIABLE LABELS q3237 'q3237 : Revenu brut annuel en provenance du travail rémunéré'. VARIABLE LABELS k53 'k53 : Dépenses annuelles en matière de frais de scolarité et autres frais obligatoires'. VARIABLE LABELS k54 'k54 : Dépenses annuelles en matériel scolaire'. VARIABLE LABELS k49x 'k49x : Dépenses annuelles pour les frais de logement (loyer, électricité, téléphone, chauffage, meubles, fournitures)'. VARIABLE LABELS k50x 'k50x : Dépenses annuelles en nourriture'. VARIABLE LABELS q52 'q52 : Dépenses annuelles en vêtements et chaussures'. VARIABLE LABELS k56ax 'k56ax : Dépenses annuelles en transport'. VARIABLE LABELS k58x 'k58x : Loisirs et dépenses autres'. Code de génération des tableaux ************************************************************* * CRÉATEUR : Louis- Philippe Savoie [email protected] * NOM : ESMFPC - Syntaxe de génération des tableaux croisés et des comparaison de moyennes.sps * Date de dernière mise à jour : 15 juillet 2011 * * Ce fichier comprend l'entièreté des analyse statistiques du * projet de recherche sur l'endettement étudiant. * * Les analyses sont d'abord descriptives, et on procède par la suite * aux tests statistiques. Deux cas spéciaux sont traités à la fin. * * IL FAUT COMMENCER PAR EXÉCUTER * ESMFPC - Endettement - Nouvelles variables et recodages. * * À associer avec une base de données récente de l'enquête * sources et modes de financement des étudiants de premier cycle. ************************************************************* * Sélection de la variable de pondération. Elle a été construite par Léger Marketing selon les admissions de l'automne * La pondération est une pondération sur marge en fonction du sexe, du régime d'études et de l'établissement d'enseignement. WEIGHT by pond. * Sélection de l'échantillon: on ne traite que les étudiants à temps plein. La variable contrôle est q2_m1. USE ALL. COMPUTE filter_$=(q2_m1=1). VARIABLE LABELS filter_$ 'q2_m1=1 (FILTER)'. VALUE LABELS filter_$ 0 'Not Selected' 1 'Selected'. 184

199 FORMATS filter_$ (f1.0). FILTER BY filter_$. EXECUTE. ************************************************************* * SECTION 1 : Statistiques descriptives. * * On sort les fréquences pour les variables * discrètes et la moyenne, la médiane, la déviation standard et les * quartiles pour les variables continues. ************************************************************* * Caractéristiques socioéconomiques Sexe : sexe de l'étudiant AgeStrat et q76 : Âge de l'étudiant - agestrat coupe les données pour faciliter la présentation q78quartile et q78x : Revenu familial brut residence : lieu de résidence region2 : régions d'études q64a : allongement précédent des études presenceenfant : présence d'un enfant à charge epg : statut d'étudiant de première génération. FREQUENCIES VARIABLES=sexe AgeStrat q78quartile residence region2 q64a presenceenfant epg /ORDER=ANALYSIS. FREQUENCIES VARIABLES=q76 q78x /FORMAT=NOTABLE /NTILES=4 /STATISTICS=STDDEV MEAN MEDIAN /ORDER=ANALYSIS. FREQUENCIES VARIABLES=annee dureebacctronquee rentabilitediplome q82a /ORDER=ANALYSIS. * Financement. * FinTotal : Financement total * q23 et k24 : contribution parentale (présence et mnontant). * travaila09 et k3237c3 : Travail rémunéré à l'automne présence et nombre d'heures. * presencetravail et q3237 : Travail rémunéré durant l'année - présence et revenu brut. * presencebourses et k16b20dcasiers : bourses d'études. FREQUENCIES VARIABLES=finTotalCasiers q23 k24casiers travaila09 k3237c3casiers presencetravail q3237casiers presencebourses k16b20dcasiers /ORDER=ANALYSIS. FREQUENCIES VARIABLES=finTotal k24 k3237c3 q3237 k16b20d /FORMAT=NOTABLE 185

200 /NTILES=4 /STATISTICS=STDDEV MEAN MEDIAN /ORDER=ANALYSIS. * Dépenses. Deux dépenses font l'objet de traitements particuliers (k53 et k49 - frais de scolarité et loyer), * il faut se reporter à la fin du fichier. Toutes les dépenses sont pour un an. * depensestotales : Dépenses totales. * k54casiers : Dépenses de matériel scolaire. * k49x : Loyer * k50x : Nourriture * k56ax : Transport * k57x : Frais pour enfant à charge (ici, les personnes sans enfant n'ont pas de valeur associée nous n'avons pas besoin de les exclure. * k58x : Dépenses de loisirs et autres dépenses. FREQUENCIES VARIABLES=depensesTotalesCasiers k54casiers k50xcasiers k56axcasiers k57xcasiers k58xcasiers /ORDER=ANALYSIS. FREQUENCIES VARIABLES=depensesTotales k54 k50x k56ax k57x k58x /FORMAT=NOTABLE /NTILES=4 /STATISTICS=STDDEV MEAN MEDIAN /ORDER=ANALYSIS. * Types de dettes * q43a = AFE * q43bc = Privé * q43d = Famille/amis * q43 = total * Les variables 'bis' sont simplement les variables normales, où les '0' ont été convertis en valeur manquante. FREQUENCIES VARIABLES=q43aTaux q43bctaux q43dtaux q43taux q43acasiers q43bccasiers q43dcasiers q43casiers /ORDER=ANALYSIS. FREQUENCIES VARIABLES=q43aBis q43bcbis q43dbis q43bis /FORMAT=NOTABLE /NTILES=4 /STATISTICS=STDDEV MEAN MEDIAN /ORDER=ANALYSIS. *************************************************************. * SECTION 2 : Comparaisons de moyennes et tableaux croisés. *************************************************************. * Version "silencieuse". On sort les tableaux croisés et les comparaisons de moyenne avec : * Corrélations phi et pourcentage de colonne pour les tableaux croisés. 186

201 * Moyenne et médiane pour les comparaisons de moyennes. * Les tests de corrélations phi ne sont utiles que pour certaines variables, qui sont notées en commentaires. * Pour les autres, on calcule plus loin les coefficients de corrélation de Pearson (r) et de Spearman (rho) * Comparaison des taux d'endettement en fonction de la taille de la dette. CROSSTABS /TABLES=q43aCasiers q43bccasiers q43dcasiers q43casiers by q43ataux q43bctaux q43dtaux q43taux /FORMAT=AVALUE TABLES /STATISTICS= PHI /CELLS= ROW /COUNT ROUND CELL. MEANS TABLES=q43aBIS q43bcbis q43dbis q43bis BY q43acasiers q43bccasiers q43dcasiers q43casiers /CELLS MEAN MEDIAN. * Comparaison des taux d'endettement. CROSSTABS /TABLES=q43aTaux BY q43bctaux q43dtaux q43taux /FORMAT=AVALUE TABLES /STATISTICS=PHI /CELLS=COUNT ROW COLUMN TOTAL /COUNT ROUND CELL. CROSSTABS /TABLES=q43bcTaux BY q43ataux q43dtaux q43taux /FORMAT=AVALUE TABLES /STATISTICS=PHI /CELLS=COUNT ROW COLUMN TOTAL /COUNT ROUND CELL. CROSSTABS /TABLES=q43dTaux BY q43ataux q43bctaux q43taux /FORMAT=AVALUE TABLES /STATISTICS=PHI /CELLS=COUNT ROW COLUMN TOTAL /COUNT ROUND CELL. CROSSTABS /TABLES=q43Taux BY q43ataux q43bctaux q43dtaux /FORMAT=AVALUE TABLES /STATISTICS=PHI /CELLS=COUNT ROW COLUMN TOTAL /COUNT ROUND CELL. * Tests : profil socioéconomique. * Phi est utile pour residence; q64a; presenceenfant; epg 187

202 CROSSTABS /TABLES=sexe AgeStrat q78quartile residence region2 q64a presenceenfant epg BY q43ataux q43bctaux q43dtaux q43taux /FORMAT=AVALUE TABLES /STATISTICS=PHI /CELLS= ROW /COUNT ROUND CELL. MEANS TABLES=q43aBIS q43bcbis q43dbis q43bis BY sexe AgeStrat q78quartile residence region2 q64a presenceenfant epg /CELLS MEAN MEDIAN. EXECUTE. * Section sur le profil scolaire. * Phi est utile pour rentabilitediplome; q82a. CROSSTABS /TABLES=dureeBaccTronquee rentabilitediplome q82a BY q43ataux q43bctaux q43dtaux q43taux /FORMAT=AVALUE TABLES /STATISTICS=PHI /CELLS= ROW /COUNT ROUND CELL. MEANS TABLES=q43aBIS q43bcbis q43dbis q43bis BY dureebacctronquee rentabilitediplome q82a /CELLS MEAN MEDIAN. EXECUTE. * Section sur les sources et modes de financement, * Phi est utile pour travaila09 presencetravail presencebourses. CROSSTABS /TABLES= fintotalcasiers q23 k24casiers travaila09 k3237c3casiers presencetravail q3237casiers presencebourses k16b20dcasiers BY q43ataux q43bctaux q43dtaux q43taux /FORMAT=AVALUE TABLES /STATISTICS=PHI /CELLS= ROW /COUNT ROUND CELL. MEANS TABLES=q43aBIS q43bcbis q43dbis q43bis BY fintotalcasiers q23 k24casiers travaila09 k3237c3casiers presencetravail q3237casiers presencebourses k16b20dcasiers /CELLS MEAN MEDIAN. 188

203 EXECUTE. * Section sur les types de dépenses. * Phi n'est jamais utile. CROSSTABS /TABLES=depensesTotalesCasiers k54casiers k50xcasiers k56axcasiers k57xcasiers k58xcasiers BY q43ataux q43bctaux q43dtaux q43taux /FORMAT=AVALUE TABLES /STATISTICS=PHI /CELLS= ROW /COUNT ROUND CELL. MEANS TABLES=q43aBIS q43bcbis q43dbis q43bis BY depensestotalescasiers k54casiers k50xcasiers k56axcasiers k57xcasiers k58xcasiers /CELLS MEAN MEDIAN. EXECUTE. ********************************************************************************. * SECTION 3 : Coefficients de corrélation. ********************************************************************************. * Génération des coefficients de correlation pour les taux. * On ne calcule les coefficients de corrélation que pour les relations avec des variables continues : pour les relations entre variables dichotomiques, phi est déjà généré. * Endettement. CORRELATIONS /VARIABLES=q43aTaux q43bctaux q43dtaux q43taux q43abis q43bcbis q43dbis q43bis /PRINT=TWOTAIL NOSIG /MISSING=PAIRWISE. EXECUTE. * Caractéristiques socioéconomiques CORRELATIONS /VARIABLES=q43aTaux q43bctaux q43dtaux q43taux q76 q78x /PRINT= TWOTAIL NOSIG /MISSING=PAIRWISE. CORRELATIONS /VARIABLES=q43aBIS q43bcbis q43dbis q43bis sexe q76 q78x residence region2 q64a presenceenfant epg /PRINT=TWOTAIL NOSIG /MISSING=PAIRWISE. EXECUTE. NONPAR CORR /VARIABLES=q43aBIS q43bcbis q43dbis q43bis q76 q78x 189

204 /PRINT=SPEARMAN TWOTAIL SIG /MISSING=PAIRWISE. * Caractéristiques scolaires. CORRELATIONS /VARIABLES=q43aTaux q43bctaux q43dtaux q43taux dureebacc rentabilitediplome /PRINT=TWOTAIL NOSIG /MISSING=PAIRWISE. EXECUTE. CORRELATIONS /VARIABLES=q43aBIS q43bcbis q43dbis q43bis dureebacc rentabilitediplome q82a /PRINT=TWOTAIL NOSIG /MISSING=PAIRWISE. EXECUTE. NONPAR CORR /VARIABLES=q43aBIS q43bcbis q43dbis q43bis dureebacc /PRINT=SPEARMAN TWOTAIL SIG /MISSING=PAIRWISE. * Sources et modes de financement. CORRELATIONS /VARIABLES=q43aTaux q43bctaux q43dtaux q43taux fintotal k24 k3237c3 q3237 k16b20d /PRINT=TWOTAIL NOSIG /MISSING=PAIRWISE. CORRELATIONS /VARIABLES=q43aBIS q43bcbis q43dbis q43bis fintotal q23 k24 travaila09 k3237c3 presencetravail q3237 presencebourses k16b20d /PRINT=TWOTAIL NOSIG /MISSING=PAIRWISE. NONPAR CORR /VARIABLES=q43aBIS q43bcbis q43dbis q43bis fintotal k24 k3237c3 q3237 k16b20d /PRINT=SPEARMAN TWOTAIL SIG /MISSING=PAIRWISE. EXECUTE. * Dépenses CORRELATIONS /VARIABLES=q43aTaux q43bctaux q43dtaux q43taux depensestotales k54 k50x k56ax k57x k58x /PRINT=TWOTAIL NOSIG /MISSING=PAIRWISE. EXECUTE. CORRELATIONS 190

205 /VARIABLES=q43aBIS q43bcbis q43dbis q43bis depensestotales k54 k50x k56ax k57x k58x /PRINT=TWOTAIL NOSIG /MISSING=PAIRWISE. NONPAR CORR /VARIABLES=q43aBIS q43bcbis q43dbis q43bis depensestotales k54 k50x k56ax k57x k58x /PRINT=SPEARMAN TWOTAIL SIG /MISSING=PAIRWISE. EXECUTE. * Quelques corrélations entre la rentabilité du diplôme et des caractéristiques triées sur le volet. * Les tests de signification sont unidirectionnels. CORRELATIONS /VARIABLES=rentabiliteDiplome travaila09 k54 q82a q84 EPG q78x depensestotales presenceenfant /PRINT=TWOTAIL NOSIG /STATISTICS DESCRIPTIVES /MISSING=PAIRWISE. * Tests statistiques spéciaux. Pour deux types de dépenses, soit les frais de scolarité et le loyer, nous excluons une partie de l'échantillon. USE ALL. COMPUTE filter_$=(q2_m1=1 & (residence = 2)). VARIABLE LABELS filter_$ 'q2_m1=1 & (q10=1 q10=3) (FILTER)'. VALUE LABELS filter_$ 0 'Not Selected' 1 'Selected'. FORMATS filter_$ (f1.0). FILTER BY filter_$. EXECUTE. FREQUENCIES VARIABLES=k49xCasiers /ORDER=ANALYSIS. FREQUENCIES VARIABLES=k49x /FORMAT=NOTABLE /NTILES=4 /STATISTICS=STDDEV MEAN MEDIAN /ORDER=ANALYSIS. CROSSTABS /TABLES=k49xCasiers BY q43ataux q43bctaux q43dtaux q43taux /FORMAT=AVALUE TABLES /STATISTICS=CHISQ PHI CORR /CELLS= ROW /COUNT ROUND CELL. MEANS TABLES=q43aBIS q43bcbis q43dbis q43bis BY k49xcasiers /CELLS MEAN MEDIAN 191

206 /STATISTICS ANOVA LINEARITY. CORRELATIONS /VARIABLES=q43aTaux q43bctaux q43dtaux q43taux /PRINT=TWOTAIL NOSIG /MISSING=PAIRWISE. EXECUTE. CORRELATIONS EXECUTE. /VARIABLES=q43aBis q43bcbis q43dbis q43bis k49x /PRINT=TWOTAIL NOSIG /MISSING=PAIRWISE. NONPAR CORR /VARIABLES=q43aBIS q43bcbis q43dbis q43bis k49x /PRINT=SPEARMAN TWOTAIL SIG /MISSING=PAIRWISE. EXECUTE. USE ALL. COMPUTE filter_$=(q2_m1=1). VARIABLE LABELS filter_$ 'q2_m1=1 (FILTER)'. VALUE LABELS filter_$ 0 'Not Selected' 1 'Selected'. FORMATS filter_$ (f1.0). FILTER BY filter_$. EXECUTE. * Exclusion temporaire des étudiants non- Québécois pour les fins du traitement statistique des frais de scolarité. USE ALL. COMPUTE filter_$=(q2_m1=1 & (q10=1 q10=3)). VARIABLE LABELS filter_$ 'q2_m1=1 & (q10=1 q10=3) (FILTER)'. VALUE LABELS filter_$ 0 'Not Selected' 1 'Selected'. FORMATS filter_$ (f1.0). FILTER BY filter_$. EXECUTE. CROSSTABS /TABLES=k53Casiers BY q43ataux q43bctaux q43dtaux q43taux /FORMAT=AVALUE TABLES /STATISTICS=PHI /CELLS= ROW /COUNT ROUND CELL. MEANS TABLES=q43aBIS q43bcbis q43dbis q43bis BY k53casiers /CELLS MEAN MEDIAN. EXECUTE. CORRELATIONS 192

207 /VARIABLES=q43aTaux q43bctaux q43dtaux q43taux q43abis q43bcbis q43dbis q43bis k53 /PRINT=TWOTAIL NOSIG /MISSING=PAIRWISE. EXECUTE. NONPAR CORR /VARIABLES=q43aTaux q43bctaux q43dtaux q43taux q43abis q43bcbis q43dbis q43bis k53 /PRINT=SPEARMAN TWOTAIL SIG /MISSING=PAIRWISE. USE ALL. COMPUTE filter_$=(q2_m1=1). VARIABLE LABELS filter_$ 'q2_m1=1 (FILTER)'. VALUE LABELS filter_$ 0 'Not Selected' 1 'Selected'. FORMATS filter_$ (f1.0). FILTER BY filter_$. EXECUTE. 193

208 Appendice II - Code SPSS cycles supérieurs ************************************************************* * CRÉATEUR : Louis- Philippe Savoie [email protected] * Date de dernière mise à jour : 19 juillet 2011 * * Ce fichier comprend l'entièreté des variables créées et * modifiées ainsi que les tableaux générés dans le cadre du * projet de recherche sur l'endettement étudiant * Normalement, exécuter tout le fichier suffit à recréer * l'entièreté des variables utilisées. * * Le fichier renomme les variables pour les rendre lisibles. ************************************************************* * Construction d'une nouvelle pondération pond2 fondée sur le cycle d'études. RECODE q1a (1,2= ) (3,4= ) (96=0) into pond2. WEIGHT by pond2. VARIABLE LABELS pond2 'Nouvelle pondération sur le cycle d''études'. * Recodage de q1a pour discriminer deuxième et troisième cycle uniquement. RECODE q1a (1,2=1) (3,4=2) (96=9) into cycleetudes. VARIABLE LABELS cycleetudes 'Cycle d''études'. VALUE LABELS cycleetudes 1 'Deuxième cycle' 2 'Troisième cycle' 9 'Non- réponse'. MISSING VALUES cycleetudes (9). *Recodage de q40 pour en réduire le nombre de classes. RECODE q40 (1,2=1) (3,4=2) (5,6=3) (7,8=4) (9,10=5) (11,12,13,14,15,16=6) (99=9) into q40bis. 194

209 VARIABLE LABELS q40bis 'Recodage de q40 pour réduire le nombre de classes'. VALUE LABELS q40bis 1 'Moins de 6000$' 2 '6001$ à 12000$' 3 '12001$ à 18000$' 4 '18001$ à 24000$' 5 '24001$ à 30000$' 6 'Plus de 30000$' 9 'Je ne sais pas'. EXECUTE. * Recodage de variables pour les rendre dichotomiques. recode q10 (1 thru 3 = 1) (4=2) into presenceboursemerite. VARIABLE LABELS presenceboursemerite 'Présence d''au moins une bourse de mérite'. VALUE LABELS presenceboursemerite 1 'Au moins une bourse' 2 'Aucune bourse'. RECODE q20a_m1 (1 thru 4 = 1) (99 = 2) into presencetravailinterne. VARIABLE LABELS presencetravailinterne 'Présence ou absence d''un emploi à l''université'. VALUE LABELS presencetravailinterne 1 'Emploi interne' 2 'Pas d''emploi interne'. MISSING VALUES q8a (9). * Description des étudiants de CS en fonction du cycle d'études. USE ALL. COMPUTE filter_$=(q1b=1 & q1a <> 96). VARIABLE LABELS filter_$ 'q1b=1 (FILTER)'. VALUE LABELS filter_$ 0 'Not Selected' 1 'Selected'. FORMATS filter_$ (f1.0). FILTER BY filter_$. EXECUTE. CROSSTABS /TABLES=q1d q1j q10 q14a_m1 q18 q20a_m1 q28 BY cycleetudes q8a /FORMAT=AVALUE TABLES /CELLS=COLUMN 195

210 /COUNT ROUND CELL. CROSSTABS /TABLES=q1j presenceboursemerite q14a_m1 q18 presencetravailinterne q28 BY q8a /FORMAT=AVALUE TABLES /STATISTICS=PHI /CELLS=COLUMN /COUNT ROUND CELL. 196

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