Rapport thématique. Zone franc et compétitivité. octobre 2007

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1 Agence Française de Développement JUMBO Rapport thématique octobre Zone franc et compétitivité Jean-Louis Combes, Professeur, Université d Auvergne et CERDI Patrick Plane, Directeur de recherche au CNRS, Université d Auvergne et CERDI Département de la Recherche Agence Française de Développement Direction de la Stratégie Département de la Recherche 5, rue Roland Barthes Paris - France

2 Avertissement Les analyses et conclusions de ce document de travail sont formulées sous la responsabilité de ses auteurs. Elles ne reflètent pas nécessairement le point de vue officiel de l Agence Française de Développement ou des institutions partenaires. Directeur de la publication : Jean-Michel SEVERINO Directeur de la rédaction : Robert PECCOUD ISSN Dépôt légal: décembre 2007 AFD 2007 Maquette/mise en page : Anne-Elizabeth COLOMBIER 2

3 Sommaire Introduction : zone franc et compétitivité 4 1. La compétitivité et les prix relatifs Le calcul d indices en fonction de la structure géographique du commerce international extérieur Le calcul d indices en fonction des exportations sectorielles Exportations de biens échangeables et indices de taux de change réels Les hypothèses de construction des taux de change réels Taux de change réels de spécialisation et de diversification : commentaire d évolution Compétitivité et «mésalignements» des taux de change Les déterminants du taux de change d équilibre Analyse économétrique du taux de change effectif réel d équilibre Compétitivité et équilibre macro-économique La croissance économique et le taux d investissement Les équilibres externes et leur formation Les soldes extérieurs La composition des soldes 35 Conclusion 37 Annexe 1. Nombre de produits utilisés dans le calcul des taux de change sectoriels 39 Annexe 2. Les déterminants du taux de change d équilibre sur un panel de 52 pays en développement ( ) 40 Annexe 3. Taux de change effectifs réels en Afrique subsaharienne ( ) 41 Bibliographie 42 3

4 Introduction : zone franc et compétitivité La compétitivité est un concept aux contours fuyants. Sous une forme très générale, on peut la définir comme la capacité d une entreprise, d une région ou d une nation à conserver ou à améliorer sa position face à la concurrence d autres unités économiques comparables (Didier, 2001). Les dimensions du phénomène sont donc internes et externes, micro-économiques comme macro-économiques, statiques mais aussi dynamiques. Ce caractère protéiforme a parfois conduit à des incompréhensions et des critiques appuyées sur la signification et les réelles implications de ce concept. Certes, dans un monde qui s intègre chaque jour davantage, les économistes font en effet valoir l existence d un véritable «impératif» de compétitivité, mais la dérive produirait une «obsession dangereuse» pour reprendre la formule de Krugman (1994, 2000). Les petites économies n ont pourtant pas le choix et se doivent de poursuivre leur intégration à l économie mondiale sous peine de rester en marge du processus de développement. Le présent rapport concerne 14 pays d Afrique subsaharienne (ASS) de la zone franc (ZF). Il tente de préciser dans quelle mesure les économies de cet espace institutionnel ont satisfait à cette exigence de compétitivité. On s interroge dans la première partie sur la compétitivité «prix». Dans cette optique, différents indices de taux de change effectifs réels (TCER) ou de taux de change réels (TCR) sont calculés. Tous renseignent sur la qualité de la compétitivité, soit dans l échange international, soit dans la production de matières premières ou de produits manufacturés. La deuxième partie de l étude élargit le champ d analyse au motif que la compétitivité n est pas seulement une affaire de prix : elle est aussi en rapport direct avec la manière dont s obtiennent les «grands» équilibres macro-économiques. À la fin de la Seconde guerre mondiale, les accords de Bretton Woods ont permis de définir des règles de stabilité de l ordre international. Les conditions de réajustement des parités de change sont alors apparues comme étroitement conditionnées à la capacité des États à assurer ces équilibres. Nurkse (1945) considérait comme opportun de modifier le rapport des taux de change en présence d un solde des paiements internationaux structurellement déficitaire ou lorsque l équilibre externe était en situation de n être maintenu qu à la faveur d artifices tels qu une politique déflationniste ou des restrictions excessives au niveau des échanges internationaux. Il y a quelques années, Laura D Andréa Tyson, présidente de la Commission des conseillers économiques du président Clinton, défendait assez largement cette conception en définissant la compétitivité comme la capacité de l économie à produire des biens et des services qui passent le test de la compétition internationale tandis que les citoyens américains peuvent continuer à jouir d une élévation durable de leur niveau de vie. Cette deuxième partie de l étude sera donc plus ouverte sur les conditions de l «équilibre» macro-économique que ne l impliquerait un regard exclusif sur les prix ou coûts relatifs. En nous appuyant sur l abondante littérature consacrée à la notion de «taux de change d équilibre» (Edwards, 1988, 1989), nous essaierons de préciser dans quelle mesure on peut parler de «mésalignement» des francs CFA. La troisième partie reste sur cette conception du taux de change d équilibre associée aux équilibres internes et externes. Par une démarche simple, qui relève de l analyse descriptive, nous proposons d établir une comparaison des performances globales des économies de la zone franc dans un cadre à la fois temporel et spatial. En d autres termes, sur un ensemble étroit de variables macro-économiques, que peut-on dire de l évolution des performances dans l espace institutionnel «zone franc»? Comment se positionne chacune des deux unions économiques et monétaires (UEMOA 1 et CEMAC 2 )? Dans quelle mesure les performances ont-elle été différentes de celles observées dans des pays d environnement comparable en l occurrence les pays subsahariens situés hors de la zone franc? 1 Union économique et monétaire ouest-africaine. 2 Communauté économique et monétaire de l Afrique centrale. 4

5 1. La compétitivité et les prix relatifs La notion de prix relatif peut être définie de différentes manières. On peut privilégier la comparaison internationale du niveau ou de la variation des prix ou des coûts, mais on peut également resserrer l analyse sur le rapport interne des prix entre les biens internationalement échangeables (ceux dont le prix est exogène aux décisions de production nationales) et les biens non échangeables (ceux dont le prix est endogène aux conditions de l équilibre local des marchés). Dans le premier cas, on met en avant la notion d indice du TCER, ce dernier pouvant être calculé par référence à différents types de partenaires selon que l on considère le commerce bilatéral du pays ou les relations de concurrence que celui-ci rencontre sur ses marchés d exportation. Dans le second cas, c est la notion de TCR défini comme prix relatif interne entre les prix à la consommation et les prix d exportation qui est mise en évidence. Ce rapport détermine les incitations à produire et, par suite, la composition de la production entre biens échangeables et biens non échangeables. 1.1 Les indices de taux de change effectifs réels Le calcul d indices en fonction de la structure géographique du commerce international extérieur Le TCER permet de comparer les prix internationaux exprimés dans une même monnaie, c est-à-dire ajustés des variations nominales de change entre les différents pays. La référence à un sous-ensemble de pays partenaires plutôt qu à un seul pays ou à une seule devise permet de prendre en compte les fluctuations ou tendances de la valeur externe entre les différentes monnaies. Cette démarche s impose dans un environnement où la stabilité internationale des taux de change n est pas garantie et dans un contexte où, par ailleurs, on assiste à une diversification géographique des échanges sur fond de réduction de la part du commerce euro-africain. L importance relative de la France a en effet baissé de manière significative dans les 20 dernières années, tout comme celle de ses partenaires de l Union européenne (UE). Compte tenu des limites inhérentes aux statistiques disponibles, les TCER ont été calculés ici en utilisant les indices de prix à la consommation (FMI-IFS) et les indices de taux de change nominaux que l on a considérés en moyenne annuelle (FMI-IFS). Les prix de gros sont souvent préférés aux prix de détail, mais ils sont établis pour un nombre limité de pays en développement et, en l occurrence, pour aucun des pays de la zone franc. Ces prix ont par ailleurs l inconvénient d être très liés aux biens échangeables et risquent de ne refléter que la «loi du prix unique» et non le niveau de la compétitivité. Le niveau et l évolution du TCER sont calculés comme une moyenne géométrique qui permet notamment de réduire l influence des pays partenaires «atypiques» ceux pour lesquels le taux de change présente régulièrement des phases importantes et plus ou moins durables de surévaluation ou de sous-évaluation. Une autre source de variation du TCER est liée au système de pondération retenu. En général, le schéma en question procède de l orientation géographique du commerce. Le poids conféré à chaque partenaire est dérivé de son importance relative dans l ensemble des échanges internationaux du pays. Plusieurs options sont alors possibles. Ces échanges peuvent être considérés au niveau des importations, des exportations ou d une moyenne de ces deux flux du commerce international. Si les résultats sont généralement peu sensibles au nombre de partenaires considérés pour l établissement de l indice, ils le sont davantage à la provenance (importations) ou à la destination (exportations) géographique des flux. Lorsque les importations sont consi- 5

6 1. La compétitivité et les prix relatifs dérées, on en soustrait généralement le pétrole. En effet, les fluctuations de cours sur fond de hausse tendancielle suscitent potentiellement des tensions inflationnistes dans les pays exportateurs d hydrocarbures. Les appréciations du TCER des pays importateurs de pétrole, en relation directe avec le poids que peuvent représenter les achats d énergie pour certains pays, seraient alors faussement en lien avec la compétitivité prix, faisant apparaître une dépréciation du TCER et donc un gain artificiel de compétitivité. Compte tenu de ces facteurs d influence, le TCER a été calculé sans prise en compte des pays pétroliers, en considérant deux schémas de pondération : les importations et les exportations. Pour chaque indice, la liste des partenaires a été restreinte aux dix pays les plus significatifs en regard des flux commerciaux considérés. L élimination des pays pétroliers pour les importations bilatérales a été faite sur la base d une classification internationale. Le groupement des principaux exportateurs de pétrole comprend les onze pays membres de l OPEP, auxquels sont adjoints huit pays non membres retenus en fonction des critères suivants : la part du pétrole et des produits pétroliers représente au moins 50 % de leurs exportations totales et les exportations de ces produits se sont élevées en moyenne sur la période à plus de 1,5 milliard de dollars 3. Le taux de change effectif nominal est coté au certain et se présente donc pour chaque pays comme une moyenne géométrique des taux de change nominaux bilatéraux du pays considéré avec le partenaire noté (i). L élément de pondération est représenté par (pi). Taux de change effectif nominal (TCEN) Taux de change effectif réel (TCER) : indice des prix à la consommation du partenaire i (ligne 64 des IFS ou déflateur du PIB pour les pays sans IPC) ; : indice des prix à la consommation du pays (ligne 64 des IFS ou déflateur du PIB pour les pays sans IPC) ; : pondération du partenaire i dans le commerce du pays (moyenne , PCTAS-CTCI-Rev.3, dix premiers partenaires) ; i = (1, 10) ; : taux de change bilatéral nominal du pays par rapport au partenaire i ; L importance des parts relatives des partenaires a été calculée sur la base de la valeur moyenne des échanges observés sur la période (base de données PCTAS-CTCI-Rev. 3). La référence à un schéma de pondération de fin de période correspond à la construction d un indice de Paasche. Cette procédure de calcul permet ainsi de prendre en compte l émergence de nouveaux pays dans le commerce international des pays africains, ceux dont les productions sont généralement proches et dont les politiques de change peuvent être très actives en raison de déséquilibres macro-économiques internes à corriger. Un système de pondération calculé sur le milieu des années 1980 ne donnerait aucune place à des pays comme la Chine, l Inde, l Afrique du sud ou encore la Thaïlande. En revanche, la prise en compte de la répartition géographique des importations en fin de période confère une place non négligeable à ces économies. Au cours des 20 dernières années, le commerce international de l Afrique francophone a été sujet à des changements significatifs, avec des redistributions dans la part des pays selon l origine géographique des importations. Sur les 14 pays de la zone franc, la Chine rentre dans la liste des dix premiers partenaires d importations hors hydrocarbures pour dix d entre eux. L Inde y figure quatre fois, tandis que l Afrique du sud et la Thaïlande sont, l une et l autre, présentes à deux reprises. La Guinée-Bissau est le cas le plus représentatif de cette diversification géographique des flux qui implique un transfert d influence des pays industrialisés, et singulièrement de l Europe, vers les pays en développement. Certes, cette petite économie largement ouverte sur son environnement régional a une propension à la réexportation dans le cadre d un commerce informel ; mais la part occupée par les «nouveaux venus» dans les échanges internationaux est impressionnante. Entre l Inde (12,8 %), la Chine (11,6 %), 3 La liste des 19 principaux exportateurs de pétrole est la suivante : Algérie, Angola, Antilles néerlandaises, Arabie saoudite, Bahreïn, Brunei Darussalam, Congo (république démocratique [RDC]), Indonésie, Iran, Iraq, Libye, Koweït, Nigeria, Oman, Qatar, Syrie, Trinité et Tobago, Venezuela, Yémen. 6

7 1. La compétitivité et les prix relatifs et la Thaïlande (8,5 %), c est le tiers des importations considérées à travers les dix premiers partenaires qui est concerné. Le poids de la Chine est souvent de l ordre de 5 % et dépasse significativement ce pourcentage pour le Niger (12,3 %), la Guinée-Bissau (11,6 %) et le Bénin (9,9 %). Centrer le système de pondération sur la structure des échanges de fin de période a donc l avantage de focaliser le diagnostic par rapport à l actualité des nouveaux défis dans l échange international. En contrepartie, l usage du système de pondération sur des années lointaines perd de sa lisibilité. Il indique seulement quelle aurait été la position compétitive des économies dans l hypothèse où le passé commercial aurait été ce qu il est aujourd hui. Les TCER sont donnés dans le tableau 1 avec les taux de change effectifs nominaux fournis pour information dans la partie inférieure. Deux des schémas de pondération discutés plus haut ont été retenus. En considérant les échanges extérieurs dans le commerce bilatéral du pays, on se réfère aux dix principaux partenaires sur la base de la provenance des importations non pétrolières ou de l orientation géographique de l ensemble des exportations. L année de base, assez proche des années d équilibre adoptées dans la deuxième partie de cette étude, est la même pour les deux indices (1995 = 100). L évolution statistique de ces indices est proposée avec des fréquences de 5 ans. Les deux dernières années sont mentionnées de manière à saisir au plus près l actualité de la compétitivité «prix». Le choix de pondération implicitement, le choix des partenaires de référence dans le calcul peut amener à constater des écarts notables dans l évolution des deux types de TCER. C est le cas pour le Niger, mais aussi pour la Guinée-Bissau ou la République centrafricaine. Pour les autres pays, les indices mettent en évidence des valeurs comparables. 7

8 1. La compétitivité et les prix relatifs Tableau 1. La zone franc et les taux de change effectifs «macro-économiques» ( ) Calculs sous deux pondérations Base 100 = Import Export Import Export Import Export Import Export Import Export Import Export sans pétrole sans pétrole sans pétrole sans pétrole sans pétrole sans pétrole Taux de change effectifs réels UEMOA Bénin 164,5 128,5 115,1 75,0 120, ,0 109,7 113,8 130,3 114,8 125 Burkina Faso 188,2 191,0 172,6 174,7 149,7 153,1 96,7 103,9 108,2 111,6 109,5 112,4 Côte d Ivoire 157,1 144,8 123,2 108,3 140,2 139,2 98,7 103,9 111,1 112,4 112,0 112,5 Guinée-Bissau 152,6 140,4 284, ,3 159,3 120,6 105,5 124,7 142,8 123,6 139,0 Mali 174,5 181,8 176,3 186,8 146,5 152,4 94,3 100,5 99,6 105, ,3 Niger 198,8 199,8 176,7 151,5 151,7 215,4 90,8 128,8 103,2 136,2 101,5 131,4 Sénégal 168,2 118,7 172,7 121,7 157,6 128,4 95,8 88,4 99,4 93,4 99,0 93,3 Togo 161,9 72,6 139,1 72,9 125,9 116,3 101,6 109,4 106,9 117,3 107,1 113,0 CEMAC Cameroun 132,3 122,4 136,0 126,8 157,6 138,2 98,4 96,0 108,1 98,1 110,1 98,4 République centrafricaine 216, ,1 207,1 152,9 157,8 93,8 98,0 100,9 99, ,1 Tchad 208,9 232,7 170, ,2 175,5 93,8 98,9 110,1 110,2 117,2 116,3 République du Congo231,3 230, ,1 130,2 133,1 105,8 93,9 113,4 115,7 112,9 112,9 Guinée équatoriale 43,1 37,4 166,1 153,7 130,3 130,2 90,2 89,6 127,0 131,2 129,9 133,1 Gabon 193,6 187,9 178,1 124,8 179,7 177,0 91,5 69,7 90,8 83,0 90,6 82,4 Taux de change effectifs nominaux UEMOA Bénin 113,2 2,5 116,6 3,9 156,1 31,7 99,2 139,9 112,7 201,3 113,1 199,5 Burkina Faso 169,4 170,0 147,7 156,6 157,5 165,7 94,2 102,2 100,7 105,9 101,4 106,1 Côte d Ivoire 194,4 158,3 171,3 132,9 185,9 164,2 92,8 102,4 98,5 110,6 98,8 110,6 Guinée- Bissau 21871,8 2627, ,3 1764,8 643,0 345,1 54,2 62,2 59,5 104,5 59,4 123,6 Mali 140,7 107,5 130,7 110,0 144,3 138,1 97,3 110,7 102,9 120,0 103,6 Niger 143,0 Sénégal 202,1 97,7 173,7 92,0 185,7 128,3 98,4 98,5 105,1 113,4 104,8 114,6 Togo 186,7 4,3 165,3 10,3 168,1 53,0 95,6 158,6 98,4 230,8 98,3 230,4 CEMAC Cameroun 200,7 149,6 167,5 140,1 189,5 157,1 92,4 92,6 101,0 97,0 101,8 96,9 République centrafricaine 199,2 175,1 176,3 170,4 180,0 170,5 96,4 107,6 101,4 109,7 102,2 109,5 Tchad 189,2 51,0 147,5 60,2 174,7 122,5 89,2 97,6 98,5 105,0 98,8 104,7 République du Congo110,3 63,5 101,5 49,0 141,0 110,3 98,5 84,6 110,3 106,9 110,0 104,8 Guinée équatoriale179,8 121,6 131,8 98,1 165,1 147,8 83,1 82,3 94,8 97,3 95,1 96,8 Gabon 194,2 191,5 169,8 107,1 184,4 173,8 95,5 74,8 100,7 95,9 100,8 96,3 8

9 1. La compétitivité et les prix relatifs En longue période, il s avère que l avantage de compétitivité conféré par la dévaluation du franc CFA n a été que partiellement érodé par le mouvement des prix et des taux de change nominaux. Par rapport à 1995, l appréciation moyenne a été en effet limitée à environ 10 % en 2006, avec peu de variations selon l indice et l union monétaire considérés, mais avec tout de même une certaine dispersion intracommunautaire. Cette faible érosion, plus de dix ans après la dévaluation, est en soi la démonstration de l efficacité des institutions monétaires dans la défense de ce double objectif que constituent la stabilité des prix et la défense de la parité fixe envers l euro. Outre la politique de lutte contre l inflation, la compétitivité a été également conditionnée par l évolution internationale des taux de change nominaux, facteur exogène aux économies africaines. La stratégie de l «euro fort» est intervenue dans un contexte où les États-Unis et le Japon ont privilégié une monnaie faible à des fins d assainissement de la balance commerciale pour les uns, de relance de l activité pour l autre. Cette politique a été incontestablement un facteur d érosion de la compétitivité prix des pays africains. Cette érosion a été particulièrement marquée depuis 2001, où la monnaie américaine a touché son cours le plus haut envers l euro (733 francs CFA par dollar), et 2004 où le taux de change bilatéral s est stabilisé entre 520 et 530 francs CFA. La «glissade» du dollar a donc été importante (plus de 40 points d indice nominal de change dans la période) quand l inflation aux États-Unis est restée au voisinage de celle observée dans les autres pays industrialisés. L inflation en zone franc a été maintenue à un niveau compatible avec la politique de taux de change fixe. Deux pays seulement ont enregistré une certaine dérive des prix : le Tchad et la Guinée équatoriale. En fin de période, le Tchad a en effet connu une poussée d inflation principalement occasionnée par le prix du charbon et la sécheresse qui a renchéri les produits alimentaires. Les problèmes d insécurité intérieure ont été une source de tension additionnelle, en rendant plus difficile l approvisionnement des marchés locaux par les marchés de la sous-région. Pour la Guinée équatoriale plus que pour le Tchad, l inflation a été en partie la conséquence de facteurs structurels attachés à la croissance des revenus tirés de l exploitation pétrolière. Bien que les revenus contribuent à dynamiser le secteur non pétrolier ils sont notamment une source de création d activités dans le secteur des biens non échangeables ils portent également en eux-mêmes le risque de décourager la production des biens échangeables autres que le pétrole, selon une logique économique illustrée par le mécanisme du syndrome hollandais. Jusqu ici, la croissance de l absorption interne n a provoqué qu une élévation modérée du prix des biens non échangeables. Pour la Guinée équatoriale, l appréciation des TCER a donc été, plus que pour d autres pays producteurs d hydrocarbures en Afrique centrale, l expression de la modification de certains «fondamentaux» de l équilibre macro-économique. L exploitation du pétrole et la reprise de la hausse des cours ont en effet permis d élever durablement le niveau des revenus et de la dépense nationale. Jusqu ici, l appréciation des TCER a donc été compatible Tableau 2. Indice du dollar américain en francs CFA sur la période (Base 100 = 1995) ,3 449,3 272,3 555,2 499,2 711, ,2 528,3 527,5 522,9 42, ,5 111, ,6 146,8 119,6 116,4 105,8 105,7 104,7 9

10 1. La compétitivité et les prix relatifs avec les grands équilibres macro-économiques et traduit un changement structurel de cette «petite économie» à faible niveau de population. Par le régime de change fixe, le rattachement à l euro a été un frein à l expression des tensions de prix induites par l expansion et la recomposition de l offre. La stratégie de diversification de la Guinée équatoriale a pu être maintenue à travers le développement des activités liées à la pêche et au tourisme. Les risques demeurent toutefois pour la manifestation de problèmes de type syndrome hollandais ; d où l obligation de vigilance et de contrôle de l absorption interne. Compte tenu de ce que les deux unions monétaires poursuivent les mêmes objectifs de stabilité des prix, il n est pas surprenant de constater que les évolutions des taux de change effectifs réels aient été du même ordre de grandeur. Sur la dernière année disponible (en l occurrence 2006), l UEMOA et la CEMAC ne se distinguent pas vraiment, ce qui conduit à une inversion de résultat comparé selon le système de pondération adopté. Par rapport à 1995, les pondérations fondées sur les importations hors pétrole donnent un avantage de compétitivité à l UEMOA quand un schéma articulé sur les exportations suggère, au contraire, une meilleure performance des pays de la CEMAC. Dans chacune des deux unions monétaires, bien que les taux de change effectifs réels n aient pas évolué de manière absolument coordonnée dans les dix dernières années, le mouvement des indices a été beaucoup moins disparate que dans les décennies 1970 et Pour les principales économies de la zone franc, en particulier le Sénégal et dans une certaine mesure le Cameroun, l indice en 2006 n est guère différent de sa valeur de base de En revanche, sur cette même année terminale, les deux indices de TCER situent la Côte d Ivoire à un niveau d appréciation de l ordre de 12 %, niveau relativement stable par rapport à ce qui était observé en Pour la Guinée équatoriale et la Guinée-Bissau les deux derniers entrants dans la zone franc les indices concordent et mettent en évidence une appréciation des TCER évaluée entre 20 % et 30 %. Si les tendances inflationnistes, supérieures à celles des autres pays de la zone, ont leur part de responsabilité dans ces évolutions, le poids relatif des échanges avec les États-Unis y concourt également dans le contexte de faiblesse du dollar rappelé plus haut. De manière moins prononcée, les indices du Tchad ont été également pénalisés par ce même phénomène. Dans l ensemble, les deux unions monétaires de la zone franc semblent avoir plutôt bien résisté aux instabilités de change de ces dernières années. Les mouvements du cours du dollar ont néanmoins influencé certaines de ces économies, notamment celles qui importent davantage de produits américains. Par ailleurs, ces indices basés sur les échanges bilatéraux ne permettent pas de préjuger de ce qu a été l évolution de la compétitivité interne ou externe en comparaison de pays aux structures productives comparables mais avec des monnaies davantage arrimées au dollar. Par construction, en focalisant l attention sur les seuls marchés tiers d exportation, les indices de taux de change effectifs de «spécialisation» et de «diversification» ont l avantage d éclairer cette question Le calcul d indices en fonction des exportations sectorielles La compétitivité peut s apprécier au niveau macro-économique avec les difficultés et les limites rappelées plus haut. Il est également possible de l appréhender, et peut-être de manière plus pertinente pour des économies africaines qui dépendent d un nombre restreint de biens échangeables, au niveau des produits et des secteurs d exportation. Deux indicateurs de prix relatifs internationaux peuvent être proposés, l un et l autre fournissant des informations complémentaires sur la capacité à produire pour les marchés extérieurs aux conditions de l échange international. Le premier de ces indicateurs est un taux de change effectif réel d un type particulier. Il est calculé en centrant l attention sur le système productif de chaque pays de la zone franc. On prend alors en compte la structure des exportations de ce pays et, pour chaque type de produit, les principaux concurrents que ce pays rencontre sur le marché mondial. Ce taux de change effectif réel a l avantage de répondre à certaines limites d interprétation des taux de change effectifs réels plus conventionnels que l on a évoqués dans le point précédent. Le reproche adressé aux indices fondés sur le commerce international bilatéral tient à ce que les échanges sont gouvernés par des phénomènes de spécialisation et de complémentarité. Ils reflètent rarement des relations de concurrence. La France, et plus généralement l Europe, demeurent par exemple le principal partenaire 10

11 1. La compétitivité et les prix relatifs des pays de la zone franc. Or, les biens manufacturés importés ne sont pas vraiment le résultat d un arbitrage de marché qui serait fonction des conditions de prix ou de coût des entreprises africaines et européennes. Parallèlement, les exportations africaines sont dominées par les productions primaires. Elles n ont donc pas de véritables substituts en Europe qui laisseraient croire que le commerce bilatéral serait l expression d une concurrence bilatérale sur le produit. En effet, les marchés de matières premières sont très intégrés, la qualité des produits relativement homogène et aisément vérifiable de sorte que la «loi du prix unique» peut s observer de manière quasi continue. Si la compétitivité ne joue pas par les prix de commercialisation en raison du degré élevé d intégration des marchés, à moyen terme, elle joue à travers l évolution comparée des coûts de production que l on approche par la comparaison des indices des prix intérieurs à la consommation. Les décisions d investissement ou d engagement d activité dans le secteur sont déterminées par les coûts comparés qui définissent les marges bénéficiaires. En première analyse, lorsqu elle est exprimée dans une même monnaie, la moyenne géométrique des prix à la consommation vis-à-vis des pays concurrents peut donc s interpréter comme un indicateur de compétitivité «coût». La logique de construction des taux de change effectifs réels de «spécialisation» ou de «diversification», respectivement sur les produits primaires ou manufacturés, procède de la volonté d établir des analyses de compétitivité entre pays qui sont en situation de concurrence effective ou potentielle sur des produits plutôt homogènes. Ces indices sont construits pour chaque pays. Une moyenne géométrique est calculée avec une double pondération. Cette dernière reflète la structure par produit des exportations nationales et sur chacun des groupes de produits considérés, les situations de concurrence avec les dix principaux exportateurs (voir annexe 1 pour les groupes de produits considérés). Pour effectuer ces calculs, on se réfère à la position à quatre chiffres de la CTCI. Les formules appliquées sont les suivantes : Taux de change effectif nominal (TCEN) Taux de change effectif réel (TCER) : indice des prix à la consommation du concurrent i (ligne 64 des IFS ou déflateur du PIB pour les pays sans IPC) ; IPC : indice des prix à la consommation du pays (ligne 64 des IFS ou déflateur du PIB pour les pays sans IPC) ; : taux de change bilatéral nominal du produit (j =1,,q) par rapport au concurrent i ; pi : pondération du concurrent i dans les exportations totales du produit j (moyenne , PCTAS-CTCI- Rev. 3, dix premiers partenaires) ; qj : part du produit j dans les exportations du pays considéré ; qj : pondération du produit j dans les principales exportations du pays ; Ces taux de change permettent ainsi d approcher le concept de compétitivité sectorielle moyennant un corps d hypothèses qui peut apparaître restrictif. La première hypothèse tient aux prix des biens échangeables. Sur les matières premières, les prix s établissant sur des marchés intégrés, la «loi du prix unique» s impose dans les échanges, même si des déviations de court terme peuvent apparaître, en partie déterminées par le dispositif particulier des contrats bilatéraux. La concurrence ne joue donc pas par le prix de marché, mais par la capacité de chacune des économies à produire le bien, compte tenu de ce prix de marché exogène. Les subventions à l exportation sont bien sûr un moyen de redonner de la compétitivité à des exportateurs nationaux qui l auraient perdue. La stratégie de subventionnement du coton américain relève de cette logique économique sur fond de satisfaction de clientèles nationales étroites, mais influentes. Envisageable dans le cadre des économies industrialisées dont les biens subventionnés ne contribuent que marginalement aux productions et aux exportations nationales, cette démarche devient véritablement impossible pour les petites économies africaines. Les produits en question sont en effet les principales productions nationales du Bénin ou du Burkina 11

12 1. La compétitivité et les prix relatifs Faso, de sorte qu un subventionnement public durable irait à l encontre de la gestion du surendettement et de la contrainte budgétaire. Par conséquent, le prix mondial s impose dans l échange et constitue une donnée incontournable pour l identification du niveau de coût de production «soutenable». Le même raisonnement que celui tenu pour les matières premières peut être étendu aux produits manufacturés. Sous certaines hypothèses, ces taux de change effectifs réels de «spécialisation» ou de «diversification» manufacturière sont donc des mesures de l aptitude à produire des biens échangeables et, par suite, des indicateurs de la compétitivité sectorielle de l économie. Une deuxième hypothèse de calcul sous-jacente à ces indices est que les salaires et rémunérations des producteurs, autrement dit les coûts de production, évoluent comme l indice des prix à la consommation. Il faut alors supposer que les agents ne sont pas affectés par l illusion monétaire et sont en situation de défendre efficacement le pouvoir d achat de leur salaire ou rémunération, l un et l autre exprimés en fonction du prix du panier de biens à la consommation. Ce mécanisme de réajustement des salaires est couramment observé dans les pays industrialisés, où les syndicats constituent des partenaires aptes à négocier de telles protections. Il l est moins dans des économies en développement où le taux de chômage est élevé. Dans les années qui ont précédé la dévaluation du franc CFA, la politique dite d «ajustement réel», sans modification de la parité de change, a montré que dans un contexte d arriérés de paiements publics ayant correspondu de facto à une baisse des salaires nominaux et réels, les fonctionnaires ont pu développer une tolérance à l érosion du pouvoir d achat. Il reste toutefois à savoir quelle a été la conséquence de cette évolution du point de vue du comportement productif des agents, de leur engagement sur des objectifs de productivité de l administration ou des entreprises publiques. La théorie du salaire d efficience rappelle en effet que le salaire est un élément de coût nominal de production, mais qu il est aussi une incitation productive et de mise en conformité du comportement du salarié avec les efforts attendus de son organisation. La productivité et le comportement productif ne seraient donc pas exogènes. Certains pays de la zone franc, dont le Cameroun, ont pu expérimenter des diminutions drastiques de salaires. Après la dévaluation, cette baisse s est même aggravée en relation avec des augmentations qui n ont pas suivi le rythme d inflation induit par l enchérissement du prix des biens importés. Si l interprétation du taux de change effectif réel repose bien sur le principe d indexation des salaires, le mécanisme n est donc pas aussi systématique. Il convient cependant de garder à l esprit que la productivité de l agent est difficilement observable dans certaines activités, de sorte qu un ajustement à l érosion des salaires peut trouver une contrepartie dans une moindre productivité éventuellement alimentée par le développement de la pluriactivité. La troisième hypothèse de caractère restrictif peut être étendue à toute mesure de compétitivité exclusivement centrée sur les prix relatifs. En cela, elle est également applicable aux indices de TCER évoqués plus haut (section I.1). Comme indiqué dans le paragraphe précédent, les coûts de production, et notamment le coût du travail, dépendent bien sûr des salaires et des charges sociales payés par l employeur, mais également de la productivité. En d autres termes, une hausse relative des salaires, non compensée par un ajustement nominal du taux de change de la monnaie, peut être légitime et en tout cas supportable du point de vue de la rentabilité financière de l entreprise. Pour ce faire, il suffit que le facteur enregistre un gain de productivité comparable au surcoût nominal en salaires. Le calcul des indices de TCER implique par conséquent que le niveau, à tout le moins la variation de la productivité, sont peu différents des pays retenus pour l établissement du diagnostic de compétitivité. C est une hypothèse assez forte en raison des différences dans le rythme des innovations scientifiques et de leurs applications dans le domaine agronomique. Elle l est également pour les produits manufacturés dont l action sur l intensité capitalistique met en évidence une importante marge de «rattrapage» de la productivité dans les pays les plus faiblement développés. 12

13 1. La compétitivité et les prix relatifs Tableau 3. La zone franc et les taux de change effectifs sectoriels ( ) (4 chiffres, base 100 =1995) Spécial Diversif Spécial Diversif Spécial Diversif Spécial Diversif Spécial Diversif Spécial Diversif Taux de change effectifs réels UEMOA BÉNIN 196,4 170,8 96,3 104,1 115,8 121,7 84,9 94,4 108,3 114,2 114,3 BURKINA FASO 198,3 187,6 128,9 148,2 148,1 153,1 79,4 87,5 100,6 106,4 106 CÔTE D IVOIRE 107,4 155,7 79,4 106,4 133,5 139,8 102,8 91,1 121,0 110,2 109,5 MALI 229,0 197,5 159,5 163,1 164,1 151,6 78,2 84,1 96,5 96,9 96,1 NIGER 237,1 207,5 181,7 174,2 157,7 161,1 91,4 88,5 95,9 107,4 94,4 105,3 SÉNÉGAL 140,5 159,0 137,5 150,0 155,4 161,4 82,5 81,3 98,6 94,5 97,1 94,6 TOGO 133,5 158,1 99,7 120,9 126,6 133,3 86,9 93,8 107,6 109,3 107,4 CEMAC CAMEROUN 99,9 124,4 84,6 112,5 134,7 147,0 84,4 92,1 108,9 102,9 101,5 RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE ,4 145,7 164,7 155,3 151, ,5 104,3 95,8 97,3 GABON 143,5 178,3 139,4 146,1 177,0 72,2 84,2 94,8 92,2 92,1 89,4 Taux de change effectifs nominaux UEMOA BÉNIN 81,5 118,3 60,5 94,9 126,5 146,8 86,5 96,5 128,5 117,6 117,9 BURKINA FASO 100,2 100,8 69,8 86,4 134,3 139,4 86,0 96,9 124,9 117,8 118,3 CÔTE D IVOIRE 27,6 148,2 33,6 114,7 97,4 162,4 141,4 94,6 196,1 111,8 111,2 MALI 64,1 131,4 50,1 107,2 144,8 147,5 84,7 90,7 111,3 105,9 106,1 NIGER 105,4 119,5 93,1 99,0 155,8 148,0 95,9 87,3 105,4 102,8 107,4 102,9 SÉNÉGAL 31,1 113,0 41,5 113,8 131,1 171,3 93,7 88,7 123,1 106,6 122,7 107,2 TOGO 28,5 82,0 34,3 74,1 100,4 125,7 92,6 124,2 122,6 160,4 159,2 CEMAC CAMEROUN 33,7 50,1 29,1 44,7 84,6 100,7 103,2 97,4 157,0 116, ,0 RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE21,8 36,5 29,6 93,5 89,7 148,2 100,0 96,0 133,6 116, ,9 GABON 56,0 95,5 40,9 73,3 100,8 134,5 99,4 96,5 163,0 166, ,7 Calculs par la double pondération (pondération des produits par pays et pondération des dix premiers exportateurs de chacun de ces produits). NB : l indice de spécialisation se réfère aux classes 0 à 4 et 9 de la classification type du commerce international (CTCI) ; les classes 5 à 8 renvoient quant à elles aux indices de diversification. 13

14 1. La compétitivité et les prix relatifs Tableau 4. La zone franc et les parts relatives des produits de spécialisation et de diversification dans les exportations totales ( ) Position CTCI à 4 chiffres 4 chiffres Moyenne Spécial Diversif Spécial Diversif Spécial Diversif Spécial Diversif Spécial Diversif Spécial Diversif UEMOA BÉNIN 88,38 3,41 85,79 5,26 83,51 4,17 79,47 5,50 84,29 4,59 BURKINA FASO 77,17 10,17 70,87 13,42 75,54 13,32 75,77 13,03 74,84 12,49 CÔTE D IVOIRE 71,93 11,54 77,17 9,32 72,85 16,73 71,60 15,79 73,39 13,34 MALI 44,83 4,63 36,29 1,45 4,44 3,49 28,52 3,19 NIGER 94,36 0,68 93,65 0,77 92,07 1,04 86,26 7,75 86,83 6,87 90,63 3,42 SÉNÉGAL 36,10 41,82 56,66 17,72 64,84 18,93 21,50 58,98 56,02 25,13 47,02 32,52 TOGO 77,71 16,14 61,47 25,13 43,07 40,17 47,25 34,87 57,37 29,08 CEMAC CAMEROUN 81,32 8,65 81,91 8,84 82,88 8,90 85,25 8,53 82,84 8,73 RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE37,59 54,71 30,55 64,80 50,55 45,14 51,01 48,23 63,22 36,31 46,58 49,84 GABON 91,35 4,29 94,35 1,67 92,85 2,98 Les parts ne concernent que les seuls produits présents dans l étude et sont exprimées en pourcentages des exportations totales. La somme des deux rubriques est donc inférieure à 100. Les commentaires que peut susciter la lecture du tableau 3 s inscrivent assez largement dans la continuité de ceux tirés de l analyse des taux de change effectifs réels «macro-économiques». Sur les deux taux de change sectoriels calculés avec 1995 comme année de base et à l exception du Bénin et de la Côte d Ivoire, la plupart des autres économies ont conservé une part importante du gain de compétitivité ayant résulté du réajustement de parité de Un tel constat peut surprendre. Les exportations de produits primaires impliquent en effet de nombreux pays en développement dont il est souvent dit qu ils gèrent plus confortablement le défi de la compétitivité par dépréciation nominale de leur monnaie. Le passage des valeurs nominales aux valeurs réelles de fin de période vient contredire ce genre d affirmation, pourtant répandue. Les productions manufacturières de «spécialisation» n inspirent pas de commentaires différents. En d autres termes, alors que les pays en développement aux politiques de change supposées «actives» sont plus présents dans les systèmes de pondération de ces indices sectoriels de taux de change effectifs réels qu ils ne l étaient sur la base du commerce bilatéral, le diagnostic établi est proche du précédent, peut-être même plus favorable aux pays de la zone franc. En dépit des contraintes nominales sur le taux de change, les dynamiques de «spécialisation» et de «diversification» n ont donc pas été perturbées par les prix relatifs, sous réserve toutefois de la validité des hypothèses qui sous-tendent la construction de ces indicateurs. La zone franc a donc été globalement permissive dans la gestion des hétérogénéités nationales des systèmes productifs. On veut dire par là qu avec des productions échangeables et des évolutions de prix d exportation très différents d un pays à l autre, pour les productions traditionnelles (spécialisation) comme pour les produits manufacturés (diversification), la zone franc ne semble pas dans l ensemble avoir contrarié la compétitivité prix des exportations. Cette conclusion ne signifie pas pour autant qu au sein d un pays, cette disparité d évolution des prix selon les produits n ait pas posé de réels problèmes à certaines activités. Mais ces problèmes auraient été de même nature avec un système de change plus flexible où les évolutions de la valeur externe de la monnaie sont dictées par les grandeurs macro-économiques et ne reflètent pas les attentes particulières des entreprises, des branches ou des secteurs. 14

15 1. La compétitivité et les prix relatifs 1.2 Exportations de biens échangeables et indices de taux de change réels Les hypothèses de construction des taux de change réels Une manière de compléter le diagnostic en relâchant certaines des hypothèses des indices sectoriels de TCER peut consister à recentrer l attention sur les prix relatifs internes, en particulier sur le rapport de prix entre les biens non échangeables et les biens échangeables. Sur la base des valeurs unitaires mondiales par produit rapport entre les valeurs en dollars et les volumes physiquement commercialisés par les principaux exportateurs les productions traditionnelles comme les biens manufacturés de diversification se prêtent à l établissement d indices de prix des biens échangeables. Pour chacun des produits, la valeur unitaire des principaux exportateurs est plus en ligne avec le prix mondial que la valeur unitaire d exportation nationale qui subit l influence des contrats particuliers et n est pas toujours statistiquement disponible. Chaque produit exporté peut ensuite être pondéré en fonction de son importance relative dans les échanges internationaux du pays considéré. Exprimé dans une même unité monétaire, le rapport de prix entre les biens à la consommation et les biens à l exportation établit un taux de change réel qui éclaire les incitations internes à la production de ces biens. La rentabilité locale des productions conduit à ce qu une appréciation de ce rapport soit représentative d une dégradation de l aptitude à produire les biens échangeables, le prix de commercialisation internationale du bien évoluant défavorablement par rapport à son coût de production approché par le prix des biens à la consommation. Un processus de réallocation des ressources productives devrait alors s opérer en faveur de la production de biens non échangeables. La pertinence de cette interprétation suppose que les mouvements de productivité ne sont pas d ampleur à compliquer la lecture directe de ce ratio. Mais le prix mondial du bien échangeable a l avantage de concentrer l information sur les conditions de l offre et de la demande. L élévation de la productivité dans les pays concurrents comme la dynamique de la demande internationale sont donc captées par le prix. Par construction, le taux de change réel calculé ici implique la prise en compte explicite du prix des biens échangeables quand ces derniers ne sont qu implicitement présents dans les taux de change effectifs réels de «spécialisation» et de «diversification». Sous l hypothèse de la «loi du prix unique», le prix du bien échangeable disparaît en effet du TCER puisque l on raisonne sur un ensemble de pays produisant le même bien. Par le taux de change réel, la prise en compte explicite de ce prix a quelques avantages. La compétitivité internationale peut en effet s améliorer ou se dégrader au regard des conditions de production des concurrents sans que les conditions internes de production ne soient véritablement plus favorables ou plus défavorables au pays considéré. Un exemple permet de mieux saisir la situation. Dans la production de cacao dont elle est le principal exportateur mondial, la compétitivité internationale de la Côte d Ivoire est susceptible de s éroder bien que le prix mondial soit suffisamment bien orienté pour que demeure l incitation interne. Le TCER et le TCR ne sont donc pas des indices propres à fournir des informations systématiquement convergentes Taux de change réels de spécialisation et de diversification : commentaire d évolution Pour les biens primaires (dits traditionnels) comme pour les biens manufacturés (dits de spécialisation), les tableaux 5 et 6 donnent, en moyenne sur les sous-périodes considérées, la valeur unitaire mondiale que l on considère comme approximation du prix des produits exportés. Dans la partie inférieure de ces tableaux, le rapport de prix intérieur est proposé sous une forme qui permet d interpréter son évolution de manière comparable à celles des TCER. En l occurrence, l appréciation du rapport entre l indice des prix à la consommation (noté IPC) et l indice des prix d exportation traduit une surévaluation potentielle. Par les dénominateurs de chacun des ces TCR, on peut constater que sur une dizaine d années, le prix des produits primaires n a pas connu d évolution défavorable par rapport aux prix des produits manufacturés. L évolution a même été à l avantage de ceux des pays, notamment en zone CEMAC, qui sont spécialisés dans l exportation d hydrocarbures. Les Comores ont également connu un bon environnement de prix internationaux pour le girofle et la vanille 15

16 1. La compétitivité et les prix relatifs les principales exportations du pays, du moins jusqu au milieu de la présente décennie. Les exportations d épices ont bénéficié d une contraction de l offre mondiale ayant eu pour conséquence de soutenir les cours. Alors que les exportations de vanille étaient valorisées au prix de 50 dollars le kilo (prix FOB Mada en 1999), les échanges se réalisaient à plus de 400 dollars en En revanche, les prix se sont fortement repliés dans la période la plus récente où ils étaient de l ordre de 30 dollars en 2006, constituant quasiment un point bas historique pour ce produit. Cet exemple des Comores vient illustrer l importance des instabilités de prix, qui sont une source de complication dans la gestion macro-économique et, finalement, de vulnérabilité pour les pays les moins avancés. Le mouvement des prix des produits primaires est en effet beaucoup plus erratique que celui des produits manufacturés. Les implications de ces instabilités se retrouvent notamment dans des phénomènes de syndrome hollandais qui accompagnent généralement une gestion insuffisamment vigilante des afflux de devises. La tendance longue des prix est cependant en ligne avec la compétitivité définie comme l aptitude à produire le bien. L exemple de la vanille des Comores est une nouvelle fois en relation avec ce constat. Après 2003, de nombreux pays producteurs ont joué sur la faiblesse de leurs coûts réels de maind œuvre pour accroître leur production. Ce fut le cas de l Ouganda, qui pointe désormais au deuxième rang des exportateurs mondiaux derrière Madagascar, mais également de nouveaux venus sur le marché d exportation comme l Inde. Progressivement, les volumes produits se sont élevés tandis que la demande a stagné et tend même à se contracter au bénéfice de produits de substitution. Il en résulte une tendance potentielle à la baisse des prix qui met en évidence la nécessité de contenir les coûts en lien avec le prix de la production. Pour la vanille des Comores, la situation a bien été en adéquation avec cette exigence de compétitivité jusqu en Le TCR suggère en effet que, par rapport à 1995, les incitations de prix ont été nettement à l avantage de ce bien échangeable. Même si les statistiques ne permettent pas d en juger ici, on montrerait toutefois que la situation a été beaucoup plus défavorable dans la période suivante. Si l on élargit le diagnostic sur l ensemble des pays de la zone franc, la situation est loin d apparaître homogène. Dans l UEMOA, la plupart des pays sont caractérisés par des TCR qui se sont appréciés depuis 1995, mettant ainsi en évidence une dégradation du prix relatif des biens échangeables. Les pays les plus affectés sont le Bénin, le Burkina Faso et le Mali tous trois producteurs de coton. En comparaison du prix d exportation et du niveau de prix relatif de 1995, les coûts internes se seraient potentiellement appréciés ou les incitations à produire dégradées d environ 50 %. L évolution des prix mondiaux a donc été à l origine des problèmes rencontrés. Non seulement les pays de la zone CEMAC et les Comores n ont pas été touchés de la même manière mais, à l exception notable de la République centrafricaine, l orientation des prix d exportation leur a même été favorable. 16

17 1. La compétitivité et les prix relatifs Tableau 5. Taux de change réel pour les produits de spécialisation Moyenne Moyenne Moyenne Valeur unitaire mondiale d exportation UEMOA Bénin 77,0 93,0 69,9 73,1 Burkina Faso 75,6 92,0 69,2 72,4 Côte d Ivoire 75,5 96,8 86,0 106,9 Guinée-Bissau Niger 90,6 93,7 85,2 95,7 Mali 91,1 92,5 68,0 69,2 Sénégal 88,8 96,4 89,7 94,7 Togo 80,5 100,1 79,8 89,2 CEMAC Cameroun 88,2 96,6 104,9 110,5 Congo République centrafricaine 71,4 95,5 71,6 68,2 Gabon 100,7 99,4 128,6 134,7 Tchad Comores 93,9 94,9 161,0 159,9 Prix relatif = (IPC/valeur unitaire d exportation) *100 UEMOA Bénin 149,1 101,5 133,5 152,9 Burkina Faso 178,9 103,8 127,9 146,2 Côte d Ivoire 165,9 95,9 106,1 102,9 Guinée-Bissau Niger 134,7 100,8 103,1 107,4 Mali 144,6 101,6 125,8 146,0 Sénégal 144,4 95,9 92,4 102,5 Togo 140,6 94,4 113,4 119,0 CEMAC Cameroun 142,6 98,6 84,5 94,2 Congo République centrafricaine 176,1 95,1 117,1 146,7 Gabon 121,1 94,3 63,6 69,7 Tchad Comores 113,3 98,3 57,0 68,6 (base 100 = 1995 ; classes CTCI de 0 à 4 et 9) 17

18 1. La compétitivité et les prix relatifs Pour ce qui concerne les produits manufacturés, le mouvement tendanciel des prix exprimés en dollar depuis 1995 n est pas à l avantage des produits exportés par la zone franc. Le taux de change de la monnaie américaine n est pas responsable de cette évolution, puisque son cours s est apprécié de 5 % par rapport à son niveau de 1995 (tableau 2). La principale raison tient à la nature des produits, qui incorporent peu d innovations et sont par conséquent exposés à la concurrence asiatique. Les pays asiatiques à faible coût de main-d œuvre contribuent en effet à l élargissement de l offre et créent ainsi une pression à la baisse du prix mondial. Les producteurs africains n ont alors d autre solution que de relever le niveau de leur productivité par l investissement et le déploiement d efforts organisationnels afin de maintenir leurs marges bénéficiaires à un niveau compatible avec la rentabilité interne de ces activités. Dans l ensemble de la zone franc, les deux grands pays de l UEMOA la Côte d Ivoire et le Sénégal s en sortent plutôt favorablement. Pour le Sénégal, au moins jusqu en 2003, la transformation des produits phosphatés a permis d obtenir ce résultat : ces produits concourent pour près de 75 % à la valeur des 15 groupes de produits de diversification considérés pour la construction de cet indice synthétique. Pour d autres pays en revanche, la situation est plus difficile : c est le cas lorsque la production est dérivée de la transformation des produits de base (tels que le coton) à des fins de production textile ou le cuir, généralement en relation avec des productions qui relèvent davantage de l artisanat que de la transformation industrielle. Le Bénin, le Burkina Faso mais également le Mali se retrouvent dans ce cas de figure avec une appréciation du taux de change réel de près de 50 % par rapport à Compte tenu de la faiblesse des investissements dans ces secteurs d activité et par suite de la relative stagnation de la productivité totale des facteurs, sous l hypothèse que les coûts ont progressé dans la proportion donnée par l IPC, les conditions de rentabilité se seraient ainsi sensiblement dégradées dans la période. Encore faut-il rappeler que ce diagnostic est contingent au choix de l année de base. En d autres termes, en raison de la proximité de l année de dévaluation, l appréciation par rapport à la base d indice de 1995 ne signifie pas nécessairement qu il existe une surévaluation du taux de change de monnaies de ces trois pays à concurrence des 50 % d appréciation observés. On peut cependant conclure que dans la production de ces biens, qui ne contribuent encore que modestement aux exportations nationales, les gains de compétitivité conférés par la dévaluation de 1994 se sont assez largement évanouis. Une remarque mérite par ailleurs d être faite sur la bonne orientation de l indice sénégalais. On a vu plus haut que les productions primaires subissaient un environnement caractérisé par l instabilité des prix. Cette instabilité s étend parfois aux produits manufacturés qui peuvent consister en une première transformation des produits de base. Jusqu en 2003, les valeurs unitaires d exportation ont été favorables au phosphate sénégalais, tant pour les acides phosphoriques que pour les engrais. Bien que la situation statistique la plus récente ne soit pas traduite dans le tableau 6, les autorités sénégalaises et l entreprise Industries chimiques du Sénégal (ICS) savent que l actualité des dernières années a été dominée par de graves problèmes financiers en partie induits par la chute des prix en dollar du phosphate et de ses transformations. Il en est résulté de fortes pertes d exploitation avec le risque potentiel d une mise en faillite de l entreprise dans un contexte d endettement élevé. La dette d ICS est pour l essentiel contractée auprès des banques sénégalaises, de sorte que cette mise en faillite pourrait constituer un facteur de déstabilisation de certaines banques locales et susciter un affaiblissement du système financier national. 18

19 1. La compétitivité et les prix relatifs Tableau 6 : Taux de change réel pour les produits de diversification (base 100 = 1995 ; classes CTCI 5 à 8) Moyenne Moyenne Moyenne Valeur unitaire mondiale d exportation UEMOA Bénin 89,1 92,5 77,8 85,2 Burkina Faso 83,7 92,1 78,5 83,2 Côte d Ivoire 100,2 99,6 101,9 117,9 Guinée-Bissau Niger 91,8 94,5 86,5 94,6 Mali 80,4 92,4 75,7 82,3 Sénégal 82,0 95,3 94,6 107,6 Togo 93,7 94,1 77,5 84,2 CEMAC Cameroun 77,8 89,5 81,9 86,6 Congo République centrafricaine 91,2 95,5 94,1 103,4 Gabon 88,8 89,9 86,7 86,2 Tchad Comores 91,8 99,0 84,4 92,4 Prix relatif = (IPC/valeur unitaire d exportation) *100 UEMOA Bénin 129,0 102,1 119,8 131,3 Burkina Faso 161,6 103,6 112,7 127,1 Côte d Ivoire 125,4 94,3 89,8 93,3 Guinée-Bissau Niger 133,0 99,9 101,6 108,6 Mali 163,9 101,2 112,8 122,8 Sénégal 156,4 96,8 87,6 90,2 Togo 120,8 100,8 116,4 126,1 CEMAC Cameroun 161,8 105,6 107,4 120,2 Congo République centrafricaine 136,7 94,9 87,1 96,7 Gabon 137,5 103,0 92,5 109,0 Tchad Comores 115,5 94,1 105,1 118,8 19

20 1. La compétitivité et les prix relatifs En conclusion, la situation actuelle ne révèle pas de scénarios «alarmants» tant sur la compétitivité des productions où la zone franc a construit ses avantages comparatifs (produits primaires principalement) que sur les productions manufacturières où ces pays recherchent les solutions d une diversification propre à générer de nouveaux gisements d emplois. Bien que la production manufacturière exportable soit encore une composante relativement limitée de la production locale et des exportations, la diversification est donc un enjeu majeur dans un contexte de forte pression démographique avec une croissance soutenue des populations actives. À l image de ce qui a pu être observé sur les produits primaires, les prix relatifs ne semblent pas avoir trop pénalisé l élargissement du domaine de production. La situation est sans doute plus délicate pour les productions manufacturières destinées à la consommation locale, sans que l on soit véritablement en mesure de préciser l ampleur des difficultés rencontrées par les producteurs. La libéralisation commerciale, par réduction des barrières tarifaires et non tarifaires, concourt en effet à une réduction mécanique des prix d importation sur le marché intérieur. En comparaison des coûts locaux, cette réduction amplifie ainsi une éventuelle évolution défavorable des prix mondiaux. De ce fait, sur les produits manufacturés importés, le taux de change réel incorporant la libéralisation commerciale s apprécie davantage que pour le prix relatif des biens manufacturés exportés (Guillaumont, 1993). Si cette étude n a pas mis en évidence ce phénomène de compétitivité interne, on observera cependant que les systèmes productifs se sont déjà en grande partie ajustés à cette dynamique de la libéralisation commerciale. La zone franc a commencé cette politique dès la seconde moitié des années Par ailleurs, le secteur informel de l économie et plus particulièrement les importations clandestines ont toujours constitué une certaine forme de «contestabilité» des marchés protégés propre à restituer les conditions du «libreéchange» à l importation. Quoi qu il en soit, l analyse des taux de change réels pour la compétitivité interne aurait sans doute mérité plus d attention qu elle n en a reçu dans cette étude, du fait des difficultés à réunir l information statistique par groupes de produits et sur un nombre significatif de pays. Pour résumer cette section sur les taux de change réels sectoriels, on rappellera que la compétitivité sur les productions exportées ne s est pas dégradée sous des formes trop prononcées depuis En revanche, dans un univers de renforcement de la concurrence, la politique de change n a pas constitué un facteur de facilitation pour la défense et la consolidation des positions commerciales extérieures et pour l attaque de nouveaux marchés souvent très concurrentiels avec de nouveaux produits. 20

21 2. Compétitivité et «mésalignements» des taux de change Si les taux de change effectifs réels et les taux de change réels internes donnent plus qu une indication sur le diagnostic de change des monnaies, ce n est pas pour autant qu ils reflètent l ensemble des situations où le besoin d ajustement peut se faire sentir. Un exemple permet de poser le problème. Une économie peut être dans une situation compétitive par le niveau de ses prix relatifs et ne pas générer suffisamment d exportations pour faire face aux obligations de la dette antérieure. L effort d exportation n est donc pas indépendant de l endettement passé et des conséquences qu il fait naître en termes de paiements d intérêt et éventuellement d amortissements pour le cas où le refinancement deviendrait plus difficile. Le bon niveau du taux de change disons le taux de change d équilibre est donc potentiellement associé à un vecteur de variables plus étendu que ne l impliquerait la seule référence aux prix relatifs. Ce constat a été à l origine d une importante littérature sur le concept de taux de change d équilibre et la nature des «mésalignements» auxquels peuvent donner lieu d importants changements au niveau des variables fondamentales (Edwards, 1988, 1989 ; Williamson, 1994). Pour appréhender ces mésalignements, la démarche adoptée ici a consisté à lier, par une équation économétrique de long terme, les taux de change effectifs réels à un vecteur de facteurs censés en influencer l évolution «normale» définie comme celle observée en moyenne sur un large échantillon de pays en développement. L échantillon considéré pour cet exercice économétrique est constitué de 52 pays avec des données annuelles couvrant la période La taille de l échantillon et la présence des pays de la zone franc à travers seulement dix de ses membres (six pour l UEMOA et quatre pour la CEMAC) n est imputable qu à la disponibilité des données utilisées. 2.1 Les déterminants du taux de change d équilibre Les déterminants (fondamentaux) du taux de change effectif réel de long terme (ou taux de change d équilibre) sont potentiellement nombreux. Après en avoir testé une bonne dizaine, six d entre eux ont été retenus en raison de leur significativité statistique dans les estimations. À l exception des entrées de capitaux, dont le signe est incertain, ces variables sont exprimées en logarithme. Notre échantillon de référence est constitué de pays très différents à la fois par le niveau du produit par habitant et la géographie régionale que par le régime de change adopté. La plupart des pays ont rattaché leur monnaie à une devise ou à un panier de monnaies dont la composition et le poids relatif de chacune d elles peuvent être redéfinis périodiquement par la banque centrale, après concertation avec les autorités politiques. La fréquence des réajustements du taux de change est donc très variable d un pays à l autre. Les six variables de détermination du taux de change sont rapidement présentées ci-dessous : a) le biais de productivité traduit une tendance structurelle à l observation d écarts de prix internationaux jouant à travers les biens non échangeables. Dans son article de 1964, paru dans le Journal of Political Economy, Balassa a souligné l influence du niveau de produit par habitant et des dynamiques de croissance des pays en développement sur le niveau et l évolution de la structure des prix intérieurs. L auteur suggère que dans le secteur des biens internationalement échangeables, le niveau et le rythme de la productivité sont supérieurs à ceux des services assimilés à la 21

22 2. Compétitivité et «mésalignements» des taux de change catégorie des biens non échangeables. Par contagion interne, en raison de la mobilité intérieure du travail, les hausses de salaires du secteur des biens échangeables, corrélées aux gains de productivité du secteur, gagneraient l ensemble de l économie et donc le secteur des biens non échangeables. Conséquence de cette propagation, il est supposé que l inflation interne est d autant plus forte, mais sans conséquence notable pour la compétitivité, que le secteur exposé à la concurrence connaît un rythme de productivité plus soutenu. Par l «effet Balassa-Samuelson», le taux de change effectif réel est ainsi appelé à s écarter de sa valeur initiale d équilibre dès lors que cet indice est calculé par rapport à des pays industrialisés dont le niveau de productivité est certes plus élevé, mais dont l évolution est beaucoup plus lente que celle des pays en développement à fort potentiel de «rattrapage». Une inflation «structurelle» semble ainsi attachée aux pays en développement qui dégagent de forts gains de productivité, inflation non génératrice de perte de compétitivité dans la mesure où elle ne procède que d un alignement progressif des prix des services sur celui de pays développés. L argument n est pas sans rappeler la métaphore de Fourastié : «un coiffeur à New York ne travaille guère plus vite qu un perruquier des Indes tout en étant mieux payé». La présence d un éventuel biais de productivité dans l évolution des TCER des pays africains est donc à considérer. Encore convient-il de noter que la logique de diffusion des salaires est ici incertaine en raison notamment d un chômage structurel capable de freiner cette propagation. L effet Balassa a été saisi ici par le rapport du produit par habitant du pays à une moyenne géométrique des dix partenaires considérés pour le calcul du taux de change effectif réel. Le même schéma de pondération que pour l indice TCER a été utilisé, en l occurrence celui reflétant la structure bilatérale des importations hors pétrole ; b) les termes internationaux de l échange traduisent, pour leur part, la qualité de la spécialisation économique. Jusqu au début des années 1970, ce rapport du prix des exportations au prix des importations était quasiment ignoré des déterminants du taux de change d équilibre fondamental. L ensemble des biens échangeables constituait alors une catégorie unique de biens homogènes. Les tensions sur le prix du pétrole et les séquences, souvent longues, d appréciation ou de dégradation du cours des matières premières, ont conduit à mieux prendre en compte le mouvement des prix relatifs. L élévation «durable» des termes de l échange tend à induire une appréciation concomitante du taux de change effectif réel sans nécessairement poser un réel problème de compétitivité. En percevant un niveau de revenu structurellement plus élevé, les agents dont les termes internationaux de l échange se sont améliorés peuvent consommer davantage de biens non échangeables et susciter, par cet ajustement de consommation, une hausse interne des prix de détail. En présence de chocs durables, comme par exemple la hausse du prix du pétrole pour les pays qui en sont exportateurs, le risque est alors d avoir une déformation des prix relatifs qui soit défavorable à l émergence de productions échangeables autres que celles relatives au pétrole, en raison notamment des salaires qui surchargent les coûts de production. En présence de variations plus «temporaires» des termes de l échange, l impact est potentiellement dangereux pour la compétitivité des biens échangeables, y compris pour ceux qui sont à l origine du choc. En zone franc, la hausse du prix des matières premières exportées l a montré tout au long des années Les salaires et rémunérations des producteurs ont en effet augmenté systématiquement en liaison avec la hausse du prix du phosphate, du café, du cacao ou du coton. En revanche, les rémunérations locales ne se sont pas retournées lorsque le prix de ces produits primaires s est contracté. L euphorie du boum temporaire a donc provoqué une hausse des rapports de prix internes dont on a rendu compte pour des périodes récentes en évoquant l appréciation des taux de change réels de spécialisation et de diversification ; c) le degré d ouverture, c est-à-dire l importance des biens échangeables dans les productions totales d un pays, est un facteur d influence potentielle du taux de change. Cette ouverture est affaire d intensité du commerce avec le reste du monde. Il en résulte une propension à la mesurer par la somme des exportations et des importations, démarche à laquelle on souscrit ici en rapportant ces deux flux annuels au produit intérieur brut (PIB). Cet indicateur d ouverture est en relation négative avec le taux de change de long terme et la probabilité de surévaluation d une monnaie. Plus le pays est voué à exporter, moins il a de marge de 22

23 2. Compétitivité et «mésalignements» des taux de change manœuvre pour laisser se dégrader une compétitivité qui conditionne très étroitement sa performance de croissance économique ; d) la demande interne, et plus particulièrement la dépense publique courante, est également candidate à une influence sur le taux de change effectif réel. Cette dépense publique a été préférée ici à la dépense globale dans la mesure où l investissement fait généralement l objet d importations quand la dépense de consommation de l État est l une des sources de tension sur le prix des biens à usage purement domestique. Ces tensions peuvent s exprimer de manière directe ou indirecte, notamment par la constitution d arriérés de paiement où les fournisseurs s ajustent au risque de non-paiement de l administration et des entreprises publiques par des habitudes de surfacturation. Le dysfonctionnement de la gouvernance des marchés publics et la faiblesse de la concurrence interne sont généralement des facteurs permissifs de ce mécanisme de report de la défaillance publique à travers le mécanisme des prix. Globalement, la dépense publique plus élevée est donc un facteur d élévation du taux de change effectif réel ; e) le service de la dette mesure l importance des paiements d intérêt et des amortissements que l on exprime en pourcentage du PIB. Un montant élevé de ces paiements induit une tension sur les devises au-delà de ce que nécessiterait l équilibre normal des transactions internationales sur biens et services, mais aussi au-delà de ce que requiert le maintien de la compétitivité prix ou de la parité des coûts. On en conclut qu un fort endettement dans le passé devrait se conjuguer avec une dépréciation réelle de la monnaie, qui sera d autant plus forte que les emprunts internationaux n auront pas été mobilisés en faveur de la production de biens échangeables. Au service de la dette, qui reflète le coût de l endettement passé et qui s inscrit en balance des paiements au niveau du solde courant, s ajoute une autre incidence sur le taux de change effectif réel celle des transactions du bas de balance (autrement dit, les flux nets de capitaux) ; f) il existe une littérature abondante pour souligner le rôle potentiel des entrées de capitaux qui aurait pour effet de susciter l appréciation du TCR comme du TCER. Cette critique, assez souvent appliquée aux flux d aide internationale, suggère que les ressources externes auraient pour conséquence fâcheuse de renchérir les biens du système productif local par élévation du prix des biens non échangeables et des salaires qui renchériraient alors le coût de production des biens échangeables. La critique vaut également à l endroit des mouvements de capitaux privés. Ces derniers peuvent être «compensateurs» pour reprendre l expression de Meade (1950), c est-àdire répondre à des écarts internationaux de taux d intérêt. Dans ce cas, l entrée de capitaux est potentiellement endogène au taux de change. Les pays à faible revenu sont assez peu concernés par ces mouvements de capitaux de caractère spéculatif (ou placements de court terme). Ils sont en revanche plus sensibles à des flux de capitaux «autonomes» de long terme que l on peut associer à la dotation factorielle locale, à des investissements directs étrangers en relation, par exemple, avec l exploitation des matières premières. 2.2 Analyse économétrique du taux de change effectif réel d équilibre La procédure d analyse a impliqué d estimer, par les moindres carrés ordinaires, un modèle linéaire où la variable expliquée est le TCER et les variables explicatives, le vecteur des six variables précitées : termes internationaux de l échange, mouvement de capitaux/pib, dépense publique courante/pib, service de la dette/pib, biais de Balassa et taux d ouverture mesuré à partir de la somme des exportations et des importations rapportée au produit intérieur. L hétérogénéité des pays, censée refléter des différences permanentes dans le niveau d équilibre du taux de change, est neutralisée par des effets fixes. Seule la variabilité intrapays est donc prise en compte pour l estimation des coefficients. Cette estimation a été obtenue à partir des observations, soit 24 années pour chacun des 52 pays de l échantillon. L écart ou la déviation entre la variable endogène observée (TCER) et sa valeur d équilibre, ou valeur prédite par le modèle (TCERE), fournit une approximation du «mésalignement». Ce dernier est donc évalué par pays, année par année, par référence à une année que l on doit supposer refléter un taux de change d équilibre. 23

24 2. Compétitivité et «mésalignements» des taux de change Pour les pays de la zone franc, le choix de l année d équilibre est très incertain. On pourrait adhérer à l idée raisonnable qu il existe un taux de change équilibre par pays en fonction, par exemple, de la présence d un solde équilibré des transactions courantes et d une croissance du PIB d au moins 5 % sur trois ans, de manière à assurer un processus de développement équilibré. Cette idée n a pourtant pas été retenue pour cette analyse. On a donné ici la préférence à une logique d union monétaire, en considérant que l année d équilibre doit satisfaire, grosso modo, l intérêt commun de l ensemble des membres des deux unions (UEMOA et CEMAC). La question qui se pose est alors de savoir comment lever les incertitudes sur une année aussi improbable? Un premier choix, qui vient spontanément à l esprit, consisterait à retenir l année de la dévaluation. En 1994, tous les pays membres ont en effet ratifié les 50 % de dévaluation, pourcentage dont on pourrait supposer qu il représentait alors le bon ajustement à effectuer. La réaffirmation du principe d un taux de change fixe envers le franc français vient toutefois nuancer ce choix. La volonté de ne pas reproduire un tel événement suggère que la nouvelle parité a été définie sans vouloir rechercher un équilibre «instantané», comme on pourrait le faire dans une gestion très flexible du taux de change. On est vraisemblablement plus en phase avec la réalité en retenant 1996 ou 1998 comme années d équilibre ; l année de base des indices commentés plus haut (1995) est sans doute trop près de la redéfinition de la parité. Les tableaux suivants quantifient les mésalignements pour dix des 14 pays de la zone franc. Ces résultats ont été obtenus en adoptant la formule où TCER est la valeur courante du taux de change effectif réel. TCERE est calculé en multipliant les coefficients de régression estimés par la moyenne mobile des déterminants de manière à approcher le niveau «permanent» de ces variables de détermination du taux de change d équilibre. La valeur de TCERE est par ailleurs obtenue en incorporant un effet fixe pays qui capte l impact des variables agissant structurellement sur le niveau du taux de change d équilibre tout en étant spécifiques à chacune des économies considérées. L écart relatif est exprimé en pourcentage de chacune des trois années d équilibre que l on a considéré comme possibles : 1994, 1996, Lorsque le TCER est supérieur à sa valeur «normale» donnée par TCERE, le rapport est supérieur à l unité. On conclut à la présence d une surévaluation et, dans le cas contraire, à une sous-évaluation. Les mésalignements sont donnés dans les tableaux 7 à 9 sous l hypothèse que toutes les variables «fondamentales» de détermination du taux de change d équilibre sont présentes dans l équation. Les pourcentages des différents tableaux sont des moyennes sur des sous-périodes de quatre ans, à l exception de la période la plus récente. La raison de cette différence de traitement est double : l intérêt de saisir l actualité au plus près, ce qui amène à concentrer l attention sur chacune des dernières années et en particulier 2004, du fait du fort affaiblissement de la monnaie américaine ; et la différence de la procédure d évaluation du MES sur 2004 et Les données relatives aux variables explicatives ne sont pas disponibles pour l ensemble des 52 pays constitutifs de l échantillon. En revanche, les différents rapports pays du FMI permettent de recueillir les données souvent provisoires des pays membres de la zone franc. En considérant que la relation économétrique testée sur est stable sur les deux années suivantes, que les variables sont définies et calculées selon une méthodologie qui n est pas trop dépendante de la source statistique de base (World Development Indicators, Banque mondiale), les données statistiques du FMI peuvent se prêter à un raccordement avec celles de la Banque mondiale et donner ainsi une «intuition» des déséquilibres de change pour 2004 et MES = [(TCER/TCERE) 1] x 100 Les résultats montrent une sensibilité des mésalignements au choix adopté pour l année d équilibre. En retenant 1998, la surévaluation de la période est faible et les déséquilibres de fin de période sont eux-mêmes modestes, voire inexistants (tableau 7). Trois des pays dont le taux de change effectif réel s est apprécié d au moins 10 % depuis 1995 font exception : la Côte d Ivoire, le Tchad et la Guinée- Bissau. Pour ce dernier pays entré tardivement dans la zone franc (1997), les tensions politiques intérieures qui l ont agité sur fond de conflit armé à la fin des années 1990 ( ), ont une part de responsabilité évidente. Les écarts de niveau de prix à la consommation se sont creusés de manière durable avec ceux des principaux partenaires commerciaux extérieurs. La surévaluation diagnostiquée a donc été l expression de l inflation plus que l action 24

25 2. Compétitivité et «mésalignements» des taux de change de toute autre variable de détermination du taux de change d équilibre. S agissant du Tchad, le phénomène de syndrome hollandais pourrait avoir joué à travers la forte appréciation des termes de l échange dans les dernières années, encore que les tensions inflationnistes soient surtout venues dans les tout derniers exercices des conditions climatiques défavorables ayant anormalement stimulé la hausse des prix des produits vivriers. Tableau 7. Pourcentage de mésalignement des taux de change : (Hypothèse du taux de change d équilibre de référence : 1994) PaysBase 100 = 1995 Moyenne Moyenne Moyenne Moyenne UEMOA Bénin 19 % 9,1 % 11,6 % 9,9 % 10,2 % 5,1 % 5,7 % Burkina Faso 32,8 % 5,9 % 8,3 % 1,8 % 1 % 0,7 % 5,5 % Côte d Ivoire 35 % 13,2 % 23,3 % 32 % 34 % 36,6 % 40,8 % Guinée-Bissau 5 % 3,9 % 42 % 77 % 77,1 % 75,6 % 74,2 % Mali 26,3 % 11 % 13,6 % 21,7 % 19,8 % 9,9 % 11,8 % Sénégal 32,7 % 13,4 % 19,8 % 17,9 % 16,5 % 15,5 % 15,8 % CEMAC Cameroun 30,5 % 14 % 28,6 % 31 % 29,5 % 20,3 % 16,8 % Congo 23,7 % 21,8 % 34,3 % 35,8 % 35,3 % 36,5 % 27,2 % Gabon 31,5 % 9,3 % 7,2 % 16 % 19,3 % 15,3 % 13,7 % Tchad 28,9 % 15,9 % 24,1 % 30,7 % 31,5 % 40,9 % 57,7 % Tableau 8. Pourcentage de mésalignement des taux de change : (Hypothèse du taux de change d équilibre de référence : 1996) PaysBase 100 = 1995 Moyenne Moyenne Moyenne Moyenne UEMOA Bénin 5 % -6,7 % -4,1 % -5,8 % -5,7 % -10,7 % -10,2 % Burkina Faso 22,7 % -4,1 % -1,7 % -8,3 % -9,1 % -9,4 % -4,6 % Côte d Ivoire 15,6 % -6,1 % 3,9 % 13 % 14,6 % 17,2 % 21,4 % Guinée-Bissau 3,8 % 2 % 40 % 75 % 75,2 % 73,7 % 72,3 % Mali 6,5 % -8 % -6,1 % 2 % 0-9,8 % -8 % Sénégal 11,2 % -8 % -1,6 % -3,5 % -5 % -6 % -5,7 % CEMAC Cameroun 9,7 % -6,7 % 7,6 % 10,2 % 8,6 % -0,5 % -4 % Congo -8 % -10,4 % 2 % 3,5 % 3 % 4,2 % -5,1 % Gabon 17,3 % -4,8 % -7 % 1,7 % 5,1 % 1,1 % -0,6 % Tchad 5 % -7,9 % 0,2 % 6,8 % 7,6 % 17 % 33,8 % 25

26 2. Compétitivité et «mésalignements» des taux de change Tableau 9. Pourcentage de mésalignement des taux de change : (Hypothèse du taux de change d équilibre de référence : 1998) PaysBase 100 = 1995 Moyenne Moyenne Moyenne Moyenne UEMOA Bénin 6,5 % -3,5 % -1 % -2,7 % -2,6 % -7,6 % -7 % Burkina Faso 20,8 % -6 % -3,6 % -10,2 % -11 % -11,3 % -6,5 % Côte d Ivoire 11,7 % -9,9 % 0,07 % 9,2 % 10,7 % 13,4 % 17,6 % Guinée-Bissau -23,4 % -25,1 % 13 % 48,1 % 48 % 46,5 % 45,1 % Mali 10,4 % -4,8 % -2,2 % 5,8 % 3,9 % -6 % -4,1 % Sénégal 6,5 % -7,2 % -0,9 % -2,7 % -4,3 % 5,3 % -4,9 % CEMAC Cameroun 2,2 % -14,2 % 0,11 % 2,7 % 1,1 % -8 % -11,5 % Congo -14,7-16,6 % -4,1 % -2,5 % -3,2 % -1,9 % -11,3 % Gabon 22,8 % 0,6 % -1,4 % 7,3 % 10,6 % 6,6 % 5 % Tchad -1,9 % -14,9 % -6,8 % -0,1 % 0,6 % 10 % 26,8 % Par son importance dans la zone franc, le cas de la Côte d Ivoire peut être une source d inquiétude. L écart par rapport au taux de change d équilibre se situerait vraisemblablement autour de 20 %. Les sources du déséquilibre ivoirien sont donc bien installées avec une croissance économique faible et des prix relatifs en contradiction avec les objectifs de compétitivité interne et externe. On verra dans la troisième partie que les soldes extérieurs demeurent cependant bien orientés avec des excédents de la balance commerciale dont la Côte d Ivoire ne s est jamais départie, y compris dans les moments les plus difficiles de la crise politique interne. Le Sénégal est dans un scénario inverse. Il n y a pas de tendance à la reconstitution d une surévaluation significative, sauf si l on fait le choix d une année d équilibre en 1994 (15 %). La désincitation à produire des biens échangeables n est donc pas évidente et pourtant, le solde extérieur déficitaire s est sensiblement alourdi en raison des importations mais également de la contraction des exportations d acides phosphoriques. Cette contraction semble bien en relation avec un réel problème compétitif sur un produit d exportation majeur. Enfin, le Cameroun est dans une situation plutôt favorable avec un mésalignement compris entre une sous-évaluation de 11,5 % (1998) et une surévaluation de 16,8 % (1994). Pour tirer quelques conclusions d un exercice dont nous percevons à la fois l intérêt et les limites, les francs CFA ne semblent pas globalement surévalués sous une forme qui accréditerait un besoin de réajustement de la parité envers l euro. On rejoint là les conclusions d une étude récente du FMI (Abdih et Tsangarides, 2006). Les commentaires proposés sont toutefois à nuancer pour au moins deux raisons. La première tient au choix de la période de référence. Potentiellement, ce choix devrait produire plus de sensibilité sur les résultats que la spécification économétrique du modèle de taux de change d équilibre ou que le système de pondération des partenaires avec lequel est calculée la variable endogène, en l occurrence le TCER. Plutôt que d imposer une seule année commune d équilibre, la préférence a été donnée à la reconduction de l exercice d évaluation en considérant successivement trois années (1994, 1996, 1998). Sur ces bases de calcul, la Guinée-Bissau, le Tchad mais également la Côte d ivoire révéleraient des problèmes de compétitivité macro-économique dont il est cependant difficile d apprécier l ampleur sans prendre en compte à la fois les performances internes et externes de ces pays et la dimension politique des problèmes qu ils ont pu traverser. Le Tchad n a par exemple jamais été dans une situation économique aussi favorable. De plus, le mouvement des prix intérieurs est en partie lié à une augmentation «permanente» du niveau de revenu national en 26

27 2. Compétitivité et «mésalignements» des taux de change conséquence de la mise en exploitation des ressources pétrolières. La seconde raison est liée au rythme de l activité économique. Les résultats de mésalignements sont conditionnels à la spécification du modèle économétrique. En dehors de la dépense de consommation du gouvernement, les autres variables susceptibles de refléter l absorption et la dynamique de croissance économique interne ne se sont pas révélées pertinentes au niveau de l estimation du modèle. Une certaine liberté a donc été prise par rapport à l idée émise plus haut selon laquelle le taux de change d équilibre serait en relation avec les performances en termes d activité. Il y a donc intérêt à s interroger davantage sur les performances économiques de la zone franc et de les confronter avec celles des pays engagés dans un processus de développement dans des environnements intérieurs comparables, par exemple les autres pays subsahariens. On se livre ici à une exploration simple des données descriptives en sachant que le diagnostic pourrait être approfondi par la mobilisation de techniques économétriques plus sophistiquées des groupes de contrôle (Elbadawi et Madj, 1996). 27

28 3. Compétitivité et équilibre macro-économique La dynamique interne d une économie peut s apprécier à l aune de sa capacité à générer de la croissance économique ou mieux, à faciliter un processus de rattrapage du produit intérieur par habitant des pays industrialisés. Principale variable macro-économique d intérêt, la dynamique du produit est donc importante. Elle est pour partie induite par le rythme d accumulation du capital dont on peut évaluer l importance à travers le niveau et l évolution du taux d investissement. La croissance et l investissement sont des variables clés de la capacité à générer un équilibre de «bon emploi» dans des économies où le chômage a une dimension structurelle. Pour être soutenable, l équilibre interne doit être compatible avec les équilibres externes. La balance commerciale ou la balance courante, ainsi que les variables qui sous-tendent la formation des soldes extérieurs, sont des indicateurs facilement interprétables en ce sens. Les commentaires proposés ci-après ont donc pour objet d analyser la performance macro-économique au regard de quelques-unes des variables d intérêt. Les évolutions sont mises en perspective de manière à identifier les ruptures éventuelles, notamment entre l «avant» et l «après» dévaluation, mais également entre l «après immédiat» de cet événement et la période la plus récente qui focalise inévitablement l attention. Les données de la zone franc sont également proposées dans une comparaison régionale. L Afrique est sans doute le continent qui a le plus de mal à promouvoir un développement équilibré. Mais comment se positionne la zone franc par rapport aux pays africains qui partagent son environnement sans avoir les mêmes options institutionnelles, notamment en matière de régime de change? Pour établir ces comparaisons, la significativité des écarts entre les sousensembles a été testée en utilisant la procédure de test de Wilcoxon. En se fondant sur la distribution des rangs, ce test non paramétrique a l avantage de pouvoir s appliquer à des échantillons de petite taille, ce à quoi nous invite le parallèle entre les deux unions monétaires d une zone franc composée au mieux de 14 pays et les autres pays subsahariens. 3.1 La croissance économique et le taux d investissement En longue période, la croissance économique de la zone franc a été supérieure au taux de croissance de la population. Cette évolution laisse par conséquent apparaître une élévation du produit intérieur par habitant, mais dans une proportion qui situe clairement la difficulté à établir un rythme de convergence en adéquation avec les standards de niveau de vie des pays industrialisés, loin des performances enregistrées par les pays phares et émergents de l Asie de l est et du sud, notamment la Chine et l Inde. La performance de croissance en zone franc a été hétérogène, dans sa double expression géographique et temporelle, entre les deux unions monétaires et entre les différentes sous-périodes d analyse. Placés au bas du tableau 10, aucun des tests de Wilcoxon, ne permet de faire apparaître une spécificité de l UEMOA par rapport à la CEMAC ou de la zone franc par rapport au reste de l Afrique subsaharienne. Les médianes de l UEMOA et de la CEMAC se révèlent très proches avec des taux de croissance observés d un niveau relativement stable, de l ordre de 4 %, depuis la dévaluation des francs CFA. Les moyennes simples et pondérées sont plutôt à l avantage de la CEMAC. Il existe cependant une forte dis- 28

29 3. Compétitivité et équilibre macro-économique persion interne dont témoigne l écart-type de la distribution. Comme pour toutes les variables commentées dans cette troisième partie, rappelons que les moyennes pondérées sont calculées en prenant en compte l importance relative de chaque produit intérieur dans les produits de l ensemble considéré sur la période On n entrera pas dans une explication détaillée des niveaux comparés de croissance entre des pays dont on peut d ailleurs supposer qu ils sont davantage marqués par l influence relative des facteurs exogènes (en particulier des dotations en ressources naturelles) que par les politiques économiques stricto sensu. Les performances de la Guinée équatoriale et du Tchad s inscrivent bien dans ce cas de figure, l une et l autre marquées par l exploitation des gisements pétroliers. Entre 1980 et 1993, la croissance économique dans l ensemble de la zone a été lente et plutôt plus faible que celle des pays hors zone franc à ceci près que le test de Wilcoxon n est pas significatif. Les trois valeurs centrales de distribution convergent sur ce commentaire avec une médiane sur les deux sous-ensembles qui se situe respectivement à 2,1 % et 2,8 %. La responsabilité de cet écart peut être en partie imputable à la surévaluation des francs CFA. L après-dévaluation ( ) a été marqué par un retour à une certaine homogénéité de l ensemble des taux africains autour de 4 %. Qu en est-il de la période la plus récente? Entre 2002 et 2005, même si les écarts entre les distributions zone franc et hors zone franc ne sont pas statistiquement très significatifs, une tendance à une croissance légèrement inférieure en zone franc semble se dessiner du moins sur la base de la médiane. Trop courte, cette sous-période se prête toutefois très difficilement à des conclusions définitives. La croissance de la zone franc semble plafonner entre 3,5 % et 4 % l an, quand elle paraît pouvoir dépasser les 5 % dans plus de la moitié des autres pays africains. Ce retrait a-t-il été en relation avec l effort d investissement? On peut effectivement le penser. Dans les années 1980, le taux d investissement de la zone franc était en effet plutôt supérieur à celui enregistré dans les autres pays africains, y compris à la fin de la décennie grâce au rythme d accumulation de la zone CEMAC. Dans les années , sans doute sous l impact des déséquilibres macro-économiques et des difficultés à soutenir l activité interne dans un contexte de surévaluation et d arriérés publics, l accumulation de capital a été sensiblement moins bonne, en particulier dans l UEMOA où le taux d investissement, qui consolide à la fois les investissements publics et privés, est tombé à un niveau à peine supérieur à 15 %. La seconde moitié des années 1990 a été le théâtre d un redressement notable. Celui-ci a conduit en fin de période à un retour du taux médian des deux unions monétaires à 20 %, ce qui a permis de renouer avec des pourcentages non atteints depuis les années d avant le second choc pétrolier ( ). La restauration de la confiance intracommunautaire s est donc faite en partie et s est maintenue, en fin de période, sous une forme nettement plus favorable à la CEMAC qu à l UEMOA. On observera cependant, même si le test de Wilcoxon empêche de conclure sur ce point, qu en comparaison des autres pays africains, l effort d accumulation a été inférieur en zone franc d environ 0,5 point de PIB sur la période avec une amplification possible de la différence sur les deux dernières années d observation (2004 et 2005). La croissance économique et l investissement sont dans un rapport étroit, pour ne pas dire incontournable. Si le chancelier Schmidt a popularisé la formule «l investissement d aujourd hui est la croissance de demain», les économistes ont abondamment exploré cette relation depuis les modèles de croissance à la Harrod Domar jusqu aux avancées plus récentes dans le cadre des nouveaux modèles de croissance endogène. Relancer l investissement est donc un impératif pour l ensemble des pays africains. Depuis les niveaux records du milieu des années 1970, où l accumulation de capital avait pu être soutenue par le recyclage des pétrodollars et l envolée générale du cours des matières premières, les taux d investissement demeurent trop bas. En 2000, un rapport de la Banque mondiale en a rendu compte, en soulignant la singularité du continent africain le seul à avoir connu, en dollars constants de 1987, une baisse de l investissement par habitant entre 1970 et De 130 dollars en 1970, ce rapport est passé à 92 dollars en 1997 tandis qu il a augmenté de 48 à 105 dollars en Asie du sud et de 37 à 252 dollars en Asie du sudest. Quant à l Amérique latine, elle s est également positionnée sur un niveau en forte augmentation : 504 dollars par habitant contre 367 en La trajectoire longue du continent africain est donc révélatrice des insuffisances observées aujourd hui en matière 29

30 3. Compétitivité et équilibre macro-économique d infrastructures publiques et de capital productif. Les raisons de ce retard sont multiples. Elles touchent à la fois à la baisse du niveau de revenu par habitant, qui assèche l épargne nationale sans permettre pour autant l élévation du capital humain, à la contraction des flux d aide publique et aux distorsions de prix internes, ou encore aux problèmes d institutions et de gouvernance qui sont des facteurs d élévation du risque et de détournement des investisseurs privés potentiels vers des environnements plus accueillants. Conséquence de ce décrochage de l investissement, l Afrique est loin des performances de croissance enregistrées ailleurs et loin de pouvoir bénéficier de ce potentiel de rattrapage qui passe inévitablement par un effort d accumulation de capital. Ce dernier conditionne en effet la mise en place des technologies efficaces et, d une certaine manière, est un gage d élargissement de la production des biens échangeables par amélioration de la compétitivité des biens. 30

31 3. Compétitivité et équilibre macro-économique Tableau 10. Taux de croissance économique et taux d investissement ( ) Taux de croissance du PIB (annuel moyen) Taux d investissement UEMOA Bénin 2,5 4,8 3,6 17,7 12,6 14,5 17,6 18,4 18,9 Burkina Faso 3,4 4,6 4,9 15,7 19,2 18,5 23,8 20,4 19,9 Côte d Ivoire 0,6 1,4 0,8 21,1 11,8 7,7 13,8 11,0 10,8 Guinée-Bissau 4,0-0,8 2,1 28,5 35,6 35,0 20,5 13,1 13,9 Mali 1,5 6,0 4,9 14,4 20,1 22,3 22,9 23,9 21,8 Niger 0,1 3,3 2,9 16,9 13,7 7,2 9,9 12,4 17,1 Sénégal 2,5 4,4 6,0 12,5 11,8 13,6 17,6 19,2 23,4 Togo 0,9 3,1 2,8 21,8 17,1 16,7 16,5 17,8 17,8 Moyenne 1,9 3,4 3,5 18,6 17,7 16,9 17,8 17,0 17,9 Nb. d observations (8) (8) (8) (8) (8) (8) (8) (8) (8) Écart-type 1,4 2,2 1,7 5,1 7,9 8,9 4,6 4,5 4,1 Médiane 2,0 3,9 3,2 17,3 15,4 15,6 17,6 18,1 18,4 Moyenne pondérée 1,6 3,4 3,2 17,6 14,2 12,9 16,9 16,2 17,0 Nb. d observations 8,0 8,0 8,0 8,0 8,0 8,0 8,0 8,0 8,0 CEMAC Cameroun 1,0 4,3 3,3 25,0 22,6 16,3 15,8 18,6 20,0 République centrafricaine 0,5 1,2-1,2 9,3 12,5 11,8 10,6 13,5 Tchad 5,0 7,0 17,5 3,6 7,9 7,6 17,3 38,3 21,2 République du Congo 2,6 3,1 4,4 42,5 22,4 21,9 28,8 24,3 24,2 Guinée équatoriale 2,5 21,6 12,3 28,6 84,3 Gabon 1,5 1,6 2,0 33,4 35,7 23,3 27,1 27,4 23,0 Moyenne 2,2 6,5 6,4 22,8 20,2 18,2 30,6 24,4 22,1 Nb. d observations (6) (6) (6) (5) (5) (6) (6) (5) (4) Écart-type 1,6 7,7 7,1 16,3 10,7 7,8 27,2 9,4 1,8 Médiane 2,0 3,7 3,8 25,0 22,4 19,1 22,2 24,3 22,1 Moyenne pondérée 1,8 5,0 5,0 26,9 23,7 18,5 25,0 23,1 21,5 Nb. d observations (6) (6) (6) (5) (5) (6) (6) (5) (4) ZONE FRANC Moyenne 2,1 4,7 4,7 20,2 18,7 17,5 23,3 19,9 19,3 Nb. d observations (14) (14) (14) (13) (13) (14) (14) (13) (12) Écart-type 1,4 5,3 4,8 10,4 8,8 8,2 18,4 7,4 4,0 Médiane 2,0 3,8 3,4 17,7 17,1 16,5 17,6 18,6 20,0 Moyenne pondérée 1,7 4,2 4,1 21,9 18,5 15,6 20,8 19,4 19,0 Nb. d observations (14) (14) (14) (13) (13) (14) (14) (13) (12) ASS hors zone franc Moyenne 2,8 4,1 4,1 20,2 18,6 20,1 21,6 20,2 21,5 Nb. d observations (31) (31) (31) (26) (29) (30) (30) (31) (30) Écart-type 4,2 3,1 4,0 8,8 7,3 10,2 10,7 8,9 9,0 Médiane 2,9 3,9 5,4 17,7 16,1 18,9 18,9 19,0 21,5 Moyenne pondérée 3,0 4,4 6,2 17,6 16,2 19,5 19,4 20,9 20,9 Nb. d observations (31) (31) (31) (25) (28) (29) (30) (31) (30) Tests de Wilcoxon UEMOA/CEMAC Wilcoxon-z 0,3 0,1 0,3 0,4 0,6 0,4 0,8 1,8* 1,9* p value-z 0,8 0,9 0,8 0,7 0,6 0,7 0,4 0,1 0,1 ZF/ASS hors ZF Wilcoxon-z 1,4 0,1 1,0 0,1 0,4 0,7 0,4 0,0 0,5 p value-z 0,1 0,9 0,3 0,9 0,7 0,5 0,7 1,0 0,6 Source : Banque mondiale, World Development Indicators

32 3. Compétitivité et équilibre macro-économique 3.2 Les équilibres externes et leur formation Les soldes extérieurs Deux soldes de paiements internationaux sont étudiés en raison de l étroite relation qu ils entretiennent avec la compétitive internationale. Le solde de la balance commerciale est assurément celui qui témoigne le plus directement de la compétitivité dans ses multiples dimensions énoncées dans l introduction de cette étude. Il saisit l impact des mouvements de prix relatifs internes et externes et les effets imputables aux TCR et TCER mais il incorpore également les réactions en volume à ces effets de prix et permet, par ailleurs, de juger de la qualité de la spécialisation internationale, volet structurel de la compétitivité d une économie. Un pays peut en effet démontrer sa capacité à maintenir sa compétitivité prix et susciter une augmentation de sa part de marché mondial sur un produit dominant, sans être pour autant en situation de faire croître significativement le volume de ses exportations. Le cas de l arachide pour les pays de l Afrique de l ouest a longtemps constitué un exemple typique de ce problème de spécialisation. Le commerce extérieur sénégalais en a particulièrement souffert dès la fin des années 1970, dans un contexte de demande mondiale récessive en raison du développement des huiles de substitution et des craintes inhérentes à l aflatoxine (Mbaye et Golub, 2002). Le solde commercial, rapporté au PIB de manière à supprimer l effet dimension dans le cadre de comparaisons internationales, est donc un «marqueur» des spécialisations internationales. Il est parfois difficile de bien l interpréter, en particulier lorsque son évolution est dictée par les importations. L augmentation de ces dernières peut être imputable à une demande locale conduisant à substituer des produits étrangers aux produits nationaux. Mais ces importations peuvent tout aussi bien être liées à des dépenses d investissement et contribuer ainsi au changement des structures productives nationales. Pour une même variation imputable aux importations, le solde n a donc pas la même signification économique. Dans le premier cas, la compétitivité prix est potentiellement à l œuvre tandis que dans le second, un certain renouvellement des structures ouvre la voie à une redéfinition dynamique des spécialisations. L intérêt est donc d interpréter les soldes et leurs variations à la lumière de la composition de la balance commerciale. Le tableau 11 complète l information sur la balance des paiements en proposant, sur sa partie droite, l évolution des soldes courants que l on rapporte également au PIB de chaque pays. Ces derniers permettent non seulement de situer la capacité à générer un processus de développement sans endettement extérieur, mais également de comptabiliser un certain nombre d opérations économiques de caractère généralement «autonome», non prises en compte par la balance commerciale. Il s agit notamment des opérations sur services ou des transferts privés et publics sans contrepartie. On sait l importance de ces transferts, respectivement en lien avec le rapatriement de revenus des travailleurs émigrés et la reprise de l aide internationale non génératrice de dettes. 32

33 3. Compétitivité et équilibre macro-économique Tableau 11. Équilibre externe et solde des paiements internationaux ( ) Solde commercial (% PIB) Solde courant (% PIB) UEMOA Bénin -14,3-5,8-10,5-5,8-7,6-6,8-20,2-14,8-13,1-11,9-13,0-12,7 Burkina Faso -11,2-11,2-8,9-6,5-11,1-21,5-18,9-12,8-14,8-14,7-13,7 Côte d Ivoire 7,7 13,1 8,7 14,4 17,4 15,8-0,3 6,6 3,7 8,4 10,2 8,2 Guinée-Bissau -30,4-26,8-22,1-10,2-0,5-2,6-30,2-35,6-31,0-20,6-21,0-16,9 Mali -6,2-7,1-5,3-3,0 0,0-2,4-15,2-20,0-16,4-14,4-11,9-11,8 Niger -2,6-1,7-1,6-2,0-3,4-5,0-10,2-5,8-3,8-8,0-8,0-9,6 Sénégal -11,8-5,8-5,2-6,0-9,9-12,9-16,0-8,0-5,0-6,4-10,2-14,0 Togo -2,8-4,1-6,3-7,6-9,3-12,2-4,8-9,6-9,2-9,8-16,2-13,2 Moyenne -9,0-6,2-6,4-3,3-3,1-3,7-14,8-13,3-11,0-9,7-10,6-10,5 Nb. d observations (8) (8) (8) (8) (8) (7) (8) (8) (8) (8) (8) (8) Écart-type 11,1 11,0 8,6 7,6 9,3 9,6 9,6 12,4 10,3 8,5 9,3 7,8 Médiane -8,7-5,8-5,8-5,9-5,5-5,0-15,6-12,2-11,0-10,9-12,5-12,9 Moyenne pondérée -3,2 0,5-1,0 1,9 1,8 1,6-10,3-6,0-5,1-3,8-4,0-5,2 Nb. d observations 8,0 8,0 8,0 8,0 8,0 7,0 8,0 8,0 8,0 8,0 8,0 8,0 CEMAC Cameroun 2,3 4,7 6,3 6,4 2,4 0,4 0,3 2,9 2,8 0,5-1,3 République centrafricaine -3,6-4,6-4,2 1,8-12,4-11,7-10,9-6,1-3,5 Tchad -1,1-8,4-3,1-6,5-7,9-19,0-14,1-13,1-25,5 12,6 République du Congo 21,0 18,6 27,8 35,3 52,0 61,5-1,8 0,8 0,7 2,7 25,5 27,3 Guinée équatoriale -9,0-8,0-14,6-28,6-34,3-55,0 Gabon 36,3 16,8 28,0 33,9 39,3 39,5 22,9-3,4 13,9 19,6 14,0 20,5 Moyenne 11,0 3,0 7,8 9,4 31,2 50,5 0,2-10,3-7,0-8,2 2,2 14,8 Nb. d observations (5) (6) (6) (6) (3) (2) (5) (6) (6) (6) (5) (4) Écart-type 17,1 12,4 16,3 20,8 25,8 15,6 13,6 11,8 16,8 25,4 19,3 12,3 Médiane 2,3 0,1 1,6 4,1 39,3 50,5-1,8-7,6-5,1-1,7 0,5 16,5 Moyenne pondérée 12,1 6,7 11,5 13,3 20,7 48,6 3,7-4,7 0,0 0,2 4,7 9,7 Nb. d observations (5) (6) (6) (6) (3) (2) (5) (6) (6) (6) (5) (4) ZONE FRANC Moyenne -1,3-2,2-0,3 2,1 6,3 8,3-9,0-12,0-9,2-9,0-5,7-2,0 Nb. d observations (13) (14) (14) (14) (11) (9) (13) (14) (14) (14) (13) (12) Écart-type 16,5 12,1 14,0 15,5 21,2 25,9 13,2 11,8 13,0 17,0 14,7 15,3 Médiane -2,8-5,2-4,7-4,4-0,5-2,6-10,2-10,6-10,1-8,9-10,2-10,7 Moyenne pondérée 3,8 3,5 5,0 7,3 9,8 14,0-3,9-5,4-2,6-1,9 0,0 1,5 Nb. d observations (13) (14) (14) (14) (11) (9) (13) (14) (14) (14) (13) (12) ASS hors zone franc Moyenne -13,3-6,9-11,4-11,5-12,3-8,6-16,7-9,7-16,4-15,7-14,2-15,1 Nb. d observations (24) (29) (29) (29) (26) (22) (27) (30) (30) (30) (31) (30) Écart-type 23,1 22,5 23,9 22,4 21,8 19,6 21,7 21,9 22,3 21,5 18,3 19,9 Médiane -6,3-2,4-6,8-7,5-9,0-10,5-10,5-5,3-11,6-9,5-9,4-11,4 Moyenne pondérée -2,4 3,5 2,3 1,9 3,0 7,8-6,0-1,1-4,4-3,8-2,6 0,2 Nb. d observations (23) (28) (29) (29) (26) (22) (26) (29) (29) (30) (31) (30) Tests de Wilcoxon UEMOA/CEMAC Wilcoxon-z 2,2** 1,0 1,8* 1,2 2,2** 2,0** 2,0** 0,5 0,5 1,0 1,5 2,5** p value-z 0,0 0,3 0,1 0,2 0,0 0,0 0,0 0,6 0,6 0,3 0,1 0,0 ZF/ASS hors ZF Wilcoxon-z -1,3 0,0-1,2-1,9* -2,2** -1,7* -0,6 1,2-0,8-0,7-0,8-1,6* p value-z 0,2 1,0 0,2 0,1 0,0 0,1 0,6 0,2 0,4 0,5 0,4 0,1 Source : Banque mondiale, World Development Indicators,

34 3. Compétitivité et équilibre macro-économique Tableau 12. Taux de croissance annuel moyen des exportations et des importations en volume ( ) Taux de croissance des exportations Taux de croissance des importations de biens et de services de biens et de services UEMOA Bénin -1,4 2,0 3,1-3,0 4,0 1,8 Burkina Faso 1,1 4,4 4,9 2,3 6,3 10,7 Côte d Ivoire 1,5 2,7 5,6-2,1 0,0 7,9 Guinée-Bissau 0,3 11,8 5,5 0,0 3,0 2,5 Mali 5,4 10,9-2,4 5,6 6,8 3,8 Niger Sénégal 2,7 6,0 2,4 1,2 7,2 4,2 Togo -1,3 3,5 5,4-0,3 4,1 2,9 Moyenne 1,2 5,9 3,5 0,5 4,5 4,8 Nb. d observations (7) (7) (7) (7) (7) (7) Écart-type 2,4 3,9 2,9 2,9 2,5 3,3 Médiane 1,1 4,4 4,9 0,0 4,1 3,8 Moyenne pondérée 1,7 4,6 3,7 0,0 3,7 6,1 Nb. d observations 7,0 7,0 7,0 7,0 7,0 7,0 CEMAC Cameroun 3,3 4,5 2,2 0,8 9,1 12,7 République centrafricaine Tchad 4,2 15,6 100,1 5,9 12,1-5,6 République du Congo 3,3 4,5 6,2-3,8 11,9 33,3 Guinée équatoriale Gabon 4,7-0,6 0,4-2,3 1,9 3,0 Moyenne 3,9 6,0 27,3 0,1 8,7 10,8 Nb. d observations (4) (4) (4) (4) (4) (4) Écart-type 0,7 6,8 48,6 4,3 4,8 16,7 Médiane 3,8 4,5 4,2-0,8 10,5 7,8 Moyenne pondérée 3,7 4,4 12,3-0,2 8,2 11,9 Nb. d observations (4) (4) (4) (4) (4) (4) ZONE FRANC Moyenne 2,2 5,9 12,1 0,4 6,0 7,0 Nb. d observations (11) (11) (11) (11) (11) (11) Écart-type 2,3 4,8 29,3 3,2 3,9 10,0 Médiane 2,7 4,5 4,9 0,0 6,3 3,8 Moyenne pondérée 2,6 4,5 7,7-0,1 5,8 8,8 Nb. d observations (11) (11) (11) (11) (11) (11) ASS hors zone franc Moyenne 6,1 6,7 5,7 2,1 4,9 7,4 Nb. d observations (27) (27) (26) (27) (27) (26) Écart-type 13,6 6,8 7,7 4,8 4,9 8,9 Médiane 2,5 4,5 6,9 2,5 3,9 7,8 Moyenne pondérée 2,9 6,7 8,1-1,4 6,6 8,2 Nb. d observations (27) (27) (26) (27) (27) (26) Tests de Wilcoxon UEMOA/CEMAC Wilcoxon-z 1,9 0,2 0,4-0,4 1,5 0,6 p value-z 0,1 0,9 0,7 0,7 0,1 0,6 ZF/ASS hors ZF Wilcoxon-z 0,9 0,0 0,6 1,4-1,1 0,3 p value-z 0,4 1,0 0,5 0,2 0,3 0,8 Source : Banque mondiale, World Development Indicators,

35 3. Compétitivité et équilibre macro-économique En zone franc, les soldes ont évolué très différemment selon les unions monétaires. Dans l UEMOA, la tendance de long terme est à la stabilité du solde commercial. La moyenne simple met en évidence une légère dégradation du déficit qui se situe à un niveau de 3,5 % quand la médiane suggère, au contraire, une amélioration d ampleur tout aussi limitée, mais avec un niveau de déficit plus élevé, autour de 5,5 % du PIB. La situation des pays de la CEMAC montre quant à elle l influence sensible de l importance de la spécialisation de produits avec le rôle très particulier des exportations de pétrole. La plupart des pays d Afrique centrale sont exportateurs d hydrocarbures de longue date ou le sont devenus plus récemment, de sorte que de confortables excédents commerciaux ont pu être enregistrés. Sur les dernières sous-périodes, la non-prise en compte du Tchad et de la Guinée équatoriale, en raison de l indisponibilité de l information dans la base de données traitée, est sans doute un facteur de sous-évaluation des excédents communautaires. En longue période et sur l ensemble de la zone franc, les balances commerciales ne semblent donc pas signaler de dégradations propres à cristalliser un discours alarmiste sur la compétitivité. Le Sénégal est cependant confronté à des difficultés qui résultent en grande partie d un problème de spécialisation comparable à celui des années 1970 et 1980, avec la désaffection des consommateurs pour l arachide. En l occurrence, les exportations de produits dérivés de la transformation du phosphate se sont fortement contractées dans les dernières années, du fait de la réduction des importations de l Inde. Parallèlement, les exportations de produits halieutiques butent sur une question de gestion durable de la ressource. Au total, le rythme de croissance des exportations a davantage faibli que celui des importations. Un net alourdissement du solde commercial en est résulté qui s est reporté de manière assez mécanique sur le solde courant. Le Togo a été également dans une situation délicate avec un creusement de son déficit courant et commercial. Si le niveau des soldes offre de réelles analogies avec celui du Sénégal, le Togo se distingue toutefois par une dégradation de sa position extérieure quasiment continue depuis le début des années Dans les pays hors zone franc, les déficits commerciaux se sont constamment maintenus à un niveau élevé. Les tests de Wilcoxon livrent une conclusion sans ambigüité. Sur l ensemble de la période, en comparaison de ceux de la zone franc, ils confirment que la distribution des soldes a été largement plus défavorable que celle des économies de la zone franc, en particulier dans les années les plus récentes. Cette significativité de l écart est suggérée dans les tableaux 10 à 12, avec un ou deux astérisques selon que la significativité des différences au niveau des distributions est de 90 % ou de 95 %. Dans ce sous-ensemble, les caractéristiques de valeur centrale établissent une très grande disparité des situations avec des appréciations contradictoires selon que l on se réfère à la médiane ou aux moyennes simples et pondérées. Dans une large mesure, les soldes courants répètent le constat précédent, mais de manière moins spectaculaire. Les déficits s établissent autour de 10 % du PIB si l on considère la médiane et la moyenne simple ; la situation est plus favorable si l on retient la moyenne pondérée La composition des soldes L attention a été attirée plus haut sur la manière dont les soldes sont obtenus. Le sujet n est pas traité ici dans toute sa complexité, puisque l on se contente d analyser les évolutions des exportations et des importations de biens et de services en volume. Les importations peuvent être commentées en relation avec le taux d investissement de manière à rendre la dynamique économique davantage palpable et les perspectives plus prévisibles en matière de croissance économique, voire d approfondissement ou de renouvellement des spécialisations nationales. Entre 2002 et 2005, le volume des exportations de la zone franc progresse à un rythme moyen plutôt supérieur aux tendances de long terme. Les écarts types au sein de cette distribution sont toutefois très importants et montrent bien la grande hétérogénéité de cet ensemble. Les statistiques de l UEMOA ne sont pas sur une trajectoire d amélioration par rapport aux rythmes observés depuis la dévaluation. La performance médiane se situe légèrement au-dessus de la croissance annuelle moyenne des années : 4,9 % contre 4,4 %. En revanche, les volumes sont sans comparaison avec ceux des années La CEMAC semble mieux orientée mais la médiane est en deçà de celle de l UEMOA dans des proportions toutefois modestes et statistiquement non significatives au regard du test de Wilcoxon. L hétérogénéité de la performance à l ex- 35

36 3. Compétitivité et équilibre macro-économique portation s inscrit par conséquent davantage au sein de chacune des deux unions qu entre l UEMOA et la CEMAC. Les statistiques situent l Afrique hors zone franc sur des tendances d exportations en volume plutôt supérieures à la zone franc comme en témoignent, en toute fin de période, les moyennes pondérées (8,1 % contre 7,1 %) et les médianes (6,9 % contre 4,9 %). Ces écarts ne sont pas négligeables même s ils ne sont pas significatifs à la lecture du test non paramétrique. En fin de période, sur les 11 pays considérés, un seul pays de la zone franc (le Tchad) révèle une performance moyenne d exportation supérieure à la médiane du sous-ensemble Afrique hors zone franc. On observera par ailleurs que les valeurs de la période produisaient plus d homogénéité dans l ensemble Afrique subsaharienne. Exemple des hétérogénéités intracommunautaires actuelles, en zone CEMAC, les performances nationales d exportations ont été dominées par la montée en puissance des exportations de pétrole au Tchad. Désormais, ce produit représente à lui seul plus de 85 % des exportations de biens FOB et son importance en valeur a décuplé entre 2003 et Au-delà de l intérêt que revêt l analyse des exportations en volume et de la place qu elles tiennent potentiellement dans un diagnostic de compétitivité externe, quel a été le mouvement en volume des importations de biens et de services? Contrairement aux exportations, il convient de rappeler ici la difficulté d analyse de cette variable qui n est pas indépendante de la croissance économique présente, mais surtout escomptée. Ces importations sont en effet en lien assez mécanique avec le taux d investissement. Le retour sur le cas tchadien permet de situer l influence en question. Jusqu au début de l actuelle décennie, les investissements nécessaires à la mise en exploitation des gisements de pétrole ont été très importants. En revanche, le rythme annuel des importations a nettement décéléré pour devenir finalement négatif en fin de période ( ). En 2005, les importations sont inférieures de moitié à leur niveau de L exemple tchadien est tout à fait représentatif de cet effet de composition de la balance commerciale associé au développement de nouvelles activités de «spécialisation» qui consistent ici en l émergence d un «nouveau» produit primaire plus qu en une activité de diversification manufacturière. Le Tchad exporte plus que jamais, avec un taux de croissance en volume qui a doublé chaque année entre 2002 et 2005, ce qui lui a permis de passer du déficit à l excédent. L effort d investissement qui a été instantanément générateur de déficits commerciaux par les besoins d importations a donc été le prix antérieur à payer pour accéder à une performance de croissance des exportations qui induit les excédents actuels. Un tel rapprochement entre le volume des importations de biens et de services et l investissement peut être fait plus généralement sur les ensembles de pays pour expliquer notamment la moindre progression des importations en zone franc. En comparaison de ce que l on peut observer en Afrique hors zone franc, le rythme d accroissement a été en effet un peu moins soutenu. La médiane le suggère clairement, tandis que les moyennes laissent dans l impossibilité de conclure. Si la médiane est privilégiée (comme on a eu tendance à le faire dans cette partie), ce constat est sans doute moins la conséquence d une plus grande capacité de la zone franc à substituer des produits locaux aux importations que de la moindre capacité, statistiquement significative en fin de période, à promouvoir l investissement. Ces différences, qui existaient déjà à la fin des années 1990, se sont accusées dans les dernières années. Les performances de soldes internationaux de la zone franc ont donc été davantage induites par les importations dont le rythme a moins progressé qu ailleurs en raison des décisions d investissement que par la capacité des pays à faire croître leurs exportations plus rapidement que les autres. 36

37 Conclusion Les dix dernières années ont marqué un retour de la zone franc à un niveau de compétitivité acceptable. En prenant toutes les précautions nécessaires pour commenter cette situation, on ne peut pas exclure que les performances enregistrées soient en partie la conséquence de la dévaluation. Même si les contextes politiques ont parfois été lourds et souvent handicapants pour le fonctionnement des systèmes productifs, de grandes réformes internes ont pu être effectuées dans la période et ont permis de hisser le taux de croissance à un niveau compatible avec les objectifs d élévation du niveau de vie. Quelle que soit la méthode de calcul, les taux de change effectifs réels dits macro-économiques ont montré une appréciation modérée des francs CFA (environ 10 % depuis 1995). Les évolutions les plus récentes suggèrent que la zone a pu faire face à la baisse du dollar. L évolution intracommunautaire a cependant été hétérogène. Certains pays ont connu une forte appréciation (la Côte d Ivoire) quand pour d autres l évolution du TCER a été modérée, laissant les économies dans une situation compétitive comparable à celle de Le Sénégal et le Gabon sont l un et l autre dans ce second cas de figure. En tant qu élément d évaluation de la compétitivité nationale, on peut toutefois discuter l opportunité de se référer au TCER, calculé en fonction de la structure géographique du commerce international bilatéral de chaque pays. Certes, il s agit d un indice très utilisé, mais son interprétation n est pas dépourvue d ambiguïté dès lors que les pondérations sont largement dominées par les pays industrialisés. L inexistence locale des produits importés ou les différences de qualité entre les importations et les produits nationaux mettent en évidence les limites de l indicateur du point de vue de la mesure de la compétitivité. C est la raison pour laquelle l information fournie par les TCER a été complétée par la construction et le commentaire d indices de taux de change effectifs réels sectoriels. Pour les produits primaires, dits de «spécialisation», comme pour les produits manufacturés, dits de «diversification», de nouveaux TCER ont été calculés en prenant en compte, pour chacun des deux secteurs précités, la structure d exportation de chaque pays et les situations de concurrence qu il rencontre sur les marchés tiers. Le diagnostic de compétitivité diffère peu de celui obtenu avec les TCER plus conventionnels. En d autres termes, la zone franc ne fait pas moins bien que ses principaux concurrents et demeure donc compétitive dans la production des biens échangeables. Pour les deux types d indices, TCER de «spécialisation» et TCER de «diversification», l appréciation maximale est enregistrée pour le Bénin et n excède pas une érosion d environ 15 % du niveau de compétitivité de référence, en l occurrence Une extension de ce travail sur les deux secteurs de biens échangeables que sont les productions de «spécialisation» et de «diversification» a consisté à établir des taux de changes réels définis comme un rapport interne des prix entre les indices de prix à la consommation et le prix mondial des produits exportés par chacun des pays. L enjeu de ces indices TCR est de pouvoir diagnostiquer, sous des hypothèses restrictives, le degré d incitation par les prix dans la production des biens destinés à l exportation. Les calculs montrent que ces TCR sont moins favorables à la zone franc que les indices de taux de change effectif réels. Les prix mondiaux des produits sur lesquels la zone franc est spécialisée ont eu une orientation défavorable laquelle a eu pour conséquence l appréciation du rapport de prix interne sous une forme qui laisser penser à une dégradation de la marge bénéficiaire. Le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Togo sont les quatre pays ayant été affectés par des pertes de compétitivité intérieure comprises, selon le secteur, entre 10 % et 50 %. 37

38 Conclusion Au-delà de l action des prix et des coûts, la compétitivité c est aussi la capacité d une économie ou d une zone monétaire à promouvoir les grands équilibres. C est la raison pour laquelle un modèle de taux de change d équilibre de long terme a été testé en relation avec un vecteur de variables qui en déterminent l évolution. L estimation des «mésalignements» annuels passe par la comparaison du taux de change effectif réel observé avec le taux de change «normal» (ou taux de change de long terme «prédit») que l on définit comme celui qui incorpore l effet des variables fondamentales. L estimation du modèle a été effectuée à partir d un échantillon large de 52 pays en développement considérés sur la période Les résultats montrent que le choix de l année de référence, supposée année d équilibre, a une forte influence. Si l on se réfère à 1996, qui a l avantage d incorporer les tensions de prix quasi mécaniques induites par la dépréciation nominale de change de 1994, trois pays accuseraient un mésalignement non négligeable en fin de période : la Guinée-Bissau (72,4 %), le Tchad (33, 8 %) et la Côte d Ivoire (21,3 %). Le taux de change ou, plus exactement, la situation économique générale de la zone franc a été également comparé à ceux d autres pays africains situés au sud du Sahara. Ces comparaisons ont été effectuées par rapport à la croissance économique, au taux d investissement qui la conditionne à moyen terme, aux soldes extérieurs et à leur composition en termes d exportations et d importations de biens et de services en volume. À l évidence, la zone franc a repris depuis le milieu des années 1990 le chemin de la croissance et de l investissement. L évolution favorable des variables de l équilibre interne s est conjuguée avec des soldes commerciaux déficitaires qui se sont contractés sous l influence principale d une décélération du rythme des importations en volume et, dans une moindre mesure, d une élévation du taux annuel de croissance des exportations. La situation de fin de période est donc satisfaisante au regard des contreperformances enregistrées jusqu au milieu des années 1990 ( ). Il faut pourtant relativiser cette satisfaction par rapport à la situation des autres pays africains : on note en effet qu en toute fin de période, le taux d investissement s est révélé inférieur en zone franc, ce qui peut être annonciateur d un décrochage de croissance que les données les plus récentes peuvent suggérer, mais que le test de Wilcoxon ne confirme pas sous une forme statistiquement significative. 38

39 Annexe 1. Nombre de produits utilisés dans le calcul des taux de change sectoriels Pays Nombre de produits spécialisation diversification Position CTCI à 4 chiffres UEMOA BÉNIN 8 18 BURKINA FASO 7 30 CÔTE D IVOIRE MALI 2 18 NIGER SÉNÉGAL TOGO 9 10 CEMAC CAMEROUN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE 5 2 GABON 3 12 NB : les produits de spécialisation se réfèrent aux classes 0 à 4 de la classification type du commerce international (CTCI) ; les classes 5 à 8 concernent les produits de diversification. 39

40 Annexe 2. Les déterminants du taux de change d équilibre sur un panel de 52 pays en développement ( ) Variables Coefficients T de student Log (termes de l échange) ( 5.76)*** Log (ouverture/pib) ( )*** Mouvements de capitaux/pib ( 5.11)*** Log (service de la dette/pib) (-5.07)*** Log (effet Balassa-Samuelson) ( 8.63)*** Log (dépense publique courante/pib) (5.40)*** Nombre d observations 1248 R² : (0,57)*** Significativité des coefficients :***, 1 % 40

41 Annexe 3. Taux de change effectifs réels en Afrique subsaharienne ( ) Pondération en fonction des 10 premiers partenaires (importations hors pétrole) UEMOA Bénin 127,4 119,7 121,2 98,7 104,7 113,2 Burkina Faso 174,9 158,4 143,4 102,5 101,2 107,3 Côte d Ivoire 139,8 138,3 139,3 98,1 102,7 110,7 Guinée-Bissau 219,7 189,7 121,4 109,8 121,5 124,2 Mali 166,3 155,6 137,3 100,4 98,8 98,6 Niger 194,3 164,5 134,1 99,1 94,2 101,0 Sénégal 157,3 170,8 147,4 99,1 98,4 99,4 Togo 161,7 135,1 121,0 100,9 103,9 105,6 Moyenne 167,7 154,0 133,1 101,1 103,2 107,5 Nb. d observations (8) (8) (8) (8) (8) (8) Écart-type 29,3 22,3 10,6 3,8 8,1 8,6 Médiane 164,0 157,0 135,7 99,7 102,0 106,4 Moyenne pondérée 154,6 148,9 137,9 99,4 101,0 106,2 Nb. d observations 8,0 8,0 8,0 8,0 8,0 8,0 CEMAC Cameroun 126,6 153,8 148,2 100,2 103,5 108,7 République centrafricaine 192,6 170,3 141,6 97,9 97,0 101,2 Tchad 178,7 160,4 147,5 103,5 101,8 110,6 République du Congo 183,3 158,3 131,9 103,5 108,5 113,7 Guinée équatoriale 58,3 140,5 120,5 94,6 99,6 126,6 Gabon 181,4 178,3 150,1 97,3 92,3 91,4 Moyenne 153,5 160,3 140,0 99,5 100,5 108,7 Nb. d observations (6) (6) (6) (6) (6) (6) Écart-type 52,2 13,1 11,6 3,6 5,6 11,9 Médiane 180,1 159,3 144,6 99,1 100,7 109,7 Moyenne pondérée 147,8 159,6 143,9 99,9 101,3 107,2 Nb. d observations (6) (6) (6) (6) (6) (6) ZONE FRANC Moyenne 161,6 156,7 136,1 100,4 102,0 108,0 Nb. d observations (14) (14) (14) (14) (14) (14) Écart-type 39,6 18,5 11,2 3,6 7,0 9,7 Médiane 170,6 158,3 138,3 99,7 101,5 108,0 Moyenne pondérée 151,3 154,0 140,7 99,6 101,2 106,7 Nb. d observations (14) (14) (14) (14) (14) (14) ASS hors zone franc Moyenne 242,8 173,9 125,7 107,0 107,1 96,5 Nb. d observations (30) (30) (30) (30) (30) (30) Écart-type 267,7 119,6 63,7 11,6 28,7 35,6 Médiane 136,3 140,2 103,5 103,3 103,8 89,6 Moyenne pondérée 252,7 169,7 121,8 113,8 96,0 95,0 Nb. d observations (30) (30) (30) (30) (30) (30) Tests de Wilcoxon UEMOA/CEMAC Wilcoxon-z 0,0 0,5 1,2-0,8-0,5 0,5 p value-z 1,0 0,6 0,2 0,4 0,6 0,6 ZF/ASS hors ZF Wilcoxon-z -0,2-1,4-3,0*** 2,3** 0,6-1,9** p value-z 0,8 0,2 0,0 0,0 0,6 0,1 Source : FMI, International Financial Statistics,

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