Parenté, patrimoine et émigration dans les communautés rurales du Larzac Héraultais

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1 Parenté, patrimine et émigratin dans les cmmnatés rrales d Larzac Héraltais Jacqes Frayssenge - Sylvie Greff - Elie Pélaqier Ministère de la Cltre Missin d patrimine Ethnlgiqe Office Départemental d'actin Cltrelle de l'héralt mf]

2 Ns tenns à remercier ts cex qi nt cntribé à ce travail, particlièrement Anne Petitfils et Rselyne Pélaqier, qi nt participé ax dépillements, et Françise Rdrigez, qi a effecté la dactylgraphie. Merci srtt à ts les Caylaris qi ns nt apprté ler amitié lrs des entretiens et des recherches sr le terrain. Afin d'assrer ler annymat, lers nms, cmme cex de ttes les familles étdiées, nt été changés pr cette pblicatin. Ce travail a été réalisé ss la directin scientifiqe de Martine SEGALEN

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4 INTRODUCTION Le cantn d Caylar (département de l'héralt) est sité à la brdre sd-est d casse d Larzac, à 20 kilmètres a nrd de Ldève, de part et d'atre d'ne très ancienne vie de cmmnicatin, à présent la natinale 9 Paris-Perpignan. Le platea d Larzac (), dnt l'altitde varie entre 700 et 900 mètres, est le pls vaste des Grands Casses avec ses 000 kilmètres carrés de relief tablaire, calcaire et dlmitiqe. De grands accidents gélgiqes nt mis à sa srface ne extrême variété de terrains svent très argilex. Des dépressins énrmes, appelées lcalement Crs, Crex Stchs, receillent l'ea des plies et frment des "asis" clisnnés dans n pays tt de pierres, de rcs et d'abîmes. A sd d Caylar, chef-lie d cantn, les calcaires silicex d bajcien, appelés Ségalas, dnnent de bnnes terres de labr prpices à la cltre des céréales et des prairies artificielles. L'est, hérissé de qilles rcheses, parsemé de sables dlmitiqes n'ffre gère, en revanche, de terrains fertiles. Sr les cllines (Serres Pechs), très svent dépillées par les déblaiements intensifs a crs des siècles, s'étale l'nifrmité grise des devèzes pacages à mtns. La rdesse d climat cntribe à maintenir ne végétatin éparse, clairsemée. Des taillis de chênes pbescents s'abritent entre les rchers dlmitiqes mais partt aillers dmine ne lande mchetée de bis, de prnelliers, d'églantiers et de genévriers. Sr le territire de la cmmne d Caylar, les frênes et les rmeax, plantés par l'hmme, slignent les limites des parcelles cltivées. Dans ce cadre sévère, l'activité hmaine est dminée depis le nélithiqe par l'élevage vin, par ne plycltre à base de seigle et d'rge, pls récemment de blé et de pmmes de terre. Bltti près d'n dédale de rchers rinifrmes, et siège d'n antiqe castrm, le village d Caylar ccpe ne frte psitin sr la rte d Bas-Langedc à l'avergne. C'était n brg imprtant a XVIIIe siècle et dans la première mitié d XIXe siècle : qatre fires s'y tenaient chaqe année, elles étaient très fréqentées pr le trafic des befs et des chevax, de la laine et des draps fabriqés sr le Casse. La rte prcrait d travail ax valets d'écrie, rliers, --

5 cantnniers, et à ne mltitde d'artisans. Elle faisait la frtne des marchands, abergistes et cabaretiers. La pplatin atteignit sn ptimm démgraphiqe en 86 avec 78 habitants pr l'ensemble d cantn (800 pr le Caylar). Dès ce mment prtant, la crise qi se dévelppait dans le mnde rral tcha vilemment la régin. La pavreté des sls, le manqe de terres avivé par le trp plein démgraphiqe, le faible prfit tiré des céréales par cmparaisn a dévelppement rapide de la viticltre bas-langedcienne, jetèrent sr les rtes en ne série de vages sccessives les dmestiqes, les jrnaliers, qelqes prpriétaires mdestes et même de pls aisés. Un dépeplement sans précédent s'installa prgressivement. De 6,8 habitants a kilmètre carré en 86, la densité de pplatin tmba à 5,9 en 946. Ajrd'hi, le Caylar, qi demere le centre le pls actif d cantn, ne regrpe qe 295 habitants (2). La qestin de l'émigratin, n le vit, est bien l'indicater le pls frappant - et le pls svent évqé par les habitants ex-mêmes - d'ne évltin défavrable qi dre depis pls de 20 ans. Elle ne pet prtant pas être saisie niqement en fnctin des cnditins écnmiqes ambiantes. Le pls svent, les partants snt des individs islés et le mment de ler départ dit être sité dans l'évltin d grpe familial aqel ils appartiennent, dans le je cmplexe des rapprts de parenté atr d'n enje fndamental : le bien. C'est là qe se site l'bjet de ntre recherche. Sr le Larzac, cmme dans l'ensemble des régins qi cmpsent la France d sd, la dévltin des biens béit a régime dit "préciptaire" : sn principe fndamental est d'institer n héritier niqe dans chaqe famille et de l'établir "par avantage et précipt sr les atres enfants" a mment de sn mariage (). Il paraît intéressant de s'interrger sr le fnctinnement cncret de ce système. S'appliqe-t-il de la même façn à ttes les épqes et dans ts les miliex sciax? Impliqe-t-il l'éqatin patrimine = famille = maisn, svent cntene dans le terme ccitan d"'stal"? Qelle est sn articlatin avec la stratégie d'alliance chisie par chaqe famille, à chaqe génératin? Qelles snt, enfin, les cnséqences de ce système sr le départ des emigrants? L'bjectif de la présente enqête, n le vit, est dnc d'analyser, sr ne drée sffisamment lnge pr pvir en apprécier l'évltin, l'infrastrctre patrimniale, les strctres de parenté et le crant d'émigratin, dans lers relatins réciprqes. Pr cela, ns ns smmes attachés à la péride a crs de laqelle l'abndance des dcments permet d'assrer ne étde cntine. -2-

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7 A l'rigine, ns hypthèses de travail stenaient la permanence - et la prégnance - d'n mnde paysan dnt l'ccpatin première était l'élevage d mtn et la cltre des céréales, et pr qi le patrimine fncier jait n rôle abslment central. Les alliances attendes devaient être frtement endgamiqes, les sccessins strictement préciptaires. C'est prqi ns avns adpté ne méthde de travail atrisant l'étde des strctres lignagères, qi repsent sr la pérennité de la maisn et d bien. Ce chix a abti à la sélectin de dze patrnymes dnt la présence est cntine dans les diverses séries dcmentaires d Caylar depis le débt d XIXe siècle jsq'à ns jrs et qi snt prtés encre par des individs vivants. Pr chacn de ces patrnymes ns avns cherché le les "grands ancêtres" vivant à la fin d XVIIIe siècle (4) et cnstrit ler généalgie descendante par les mâles, jsq'à ajrd'hi qand cela était pssible. Les archives ntariales et les cadastres nt permis de tracer pr chaqe lignée la dévltin des biens sr la lnge drée et les devenirs prfessinnels. Une série d'entretiens avec les descendants a cmplété ntre infrmatin sr ler sitatin actelle et celle de lers parents émigrés. Ils ns nt permis également d'abrder la qestin de la mémire généalgiqe et le champ des représentatins de la famille et de la prpriété. Beacp d'individs qi échappaient à la généalgie primitive, basée niqement sr l'état-civil, nt été retrvés à l'ccasin d'n acte ntarié, d'ne mentin cadastrale dnnant ler adresse et parfis ler métier, d'ne discssin avec n parent. Précisns qe sels les actes ntariés d Caylar antériers à 850 nt p être dépillés systématiqement parce q'ils snt cnservés ax archives départementales de l'héralt (5). Les dénmbrements de 86 à 86 nt également été tilisés (6). Assez vite, la crainte ns est vene qe la méthde adptée ne sit génératrice de biais dans l'analyse qe ns prjetins de faire, sit d fait d'ne mavaise représentativité de l'échantilln primitif, sit par le privilège accrdé à des lignées de lnge drée, sit enfin à case d'ne prise en cmpte insffisante de la transmissin des biens par les filles. Sr le premier pint, il s'est avéré en effet qe la sciété d Caylar présentait ne diversité beacp pls grande qe celle qe ns avins spptée : l'écnmie lcale, à base agricle, est largement cntrainte par le dble rôle de lie de marché et de relais rtier qe je depis lngtemps le brg. Ntre échantilln devait en rendre cmpte : sr les 20 grands ancêtres prters des 2 patrnymes à la fin d XVIIIe siècle, a débt d XIXe, figrent 2 dmestiqes fraîchement arrivés, 4 travaillers de terre (jrnaliers-cltivaters), 6 cmmerçants artisans, --

8 négciant, fermier, labrer et 5 ménagers (c'est-à-dire des agriclters assis). Ce dernier chiffre pet paraître trp grand a regard de imprtance strictement qantitative de la cche sciale des ménagers, mais c'est elle qi frnit les ntables lcax : il imprtait q'elle sit bien représentée. Une fis tracées les généalgies, les 20 sches primitives se snt différenciées prgressivement en ne trentaine de branches bien séparées, dnt l'inégalité des devenirs et d mde sccessral a agmenté encre la dispersin scilgiqe ; en 946, lers descendants se répartissaient cmme sit : Cltivaters Sans prfessin (jrnalier agricle) Cmmerçants artisans Salariés Retraités Ntre échantilln Ttal de la prfessin a Caylar La représentativité de ntre échantilln reste crrecte a bt d'n siècle et demi d'évltin familiale. Elle n'est pas trblée par la disparitin de certaines branches, pisqe ss n même patrnyme cexistent des lignées lnges et d'atres qi nt cnn n srt pls précaire. Qand à la transmissin par les filles, qi ns a dnné qelqe inqiétde, l'étde des "entrées pr gendre" effectées par les fils de ns lignées dans d'atres familles et l'examen des mariages des filles de ces mêmes lignées en rendent cmpte sffisamment. Ces difficltés d'rdre méthdlgiqe étant levées, ns avns entrepris la mise en place de ntre til fndamental : l'ensemble des généalgies descendantes, prtant mentin de manière cncise mais précise des divers actes sccessrax (cntrats de mariage, testaments, partages) et de l'état d patrimine (terres, maisns et bâtiments) pris ax mments-clefs de la vie de chaqe individ. Ce crps rend cmpte d mvement des biens de génératin en génératin, des ccpatins des hmmes (prfessins, fnctins électives), des alliances et de l'émigratin. -4-

9 A. RYTHMES ET CLIVAGES.. A rythme des crises... Le Caylar, ns l'avns v, a cnn ne décadence dnt les premiers symptômes remntent à la fin de la première mitié d siècle dernier. La lente apparitin de écnmie de marché a crs de la première mitié d XIXe siècle, qe l'n pet mesrer a recl prgressif des céréales traditinnelles devant le blé, a sans dte cntribé à rendre les caylaris pls dépendants d cntexte écnmiqe natinal. Il n'y avait pratiqement pas de frment dans le cantn d Caylar en 759 ; en 857, il y en a déjà 24 hectares pr selement 200 de seigle et 29 d'rge (). De là, ne sensibilité redtable à la baisse massive des prix céréaliers dans la première mitié d XIXe siècle. Certes, le Larzac dispse déjà de sltins de remplacement. Les besins crissants des frmageries de Rqefrt animées par le dynamisme d capital lcal (2) prvqent n dévelppement sans précédent de l'élevage vin et des prairies artificielles, a détriment des céréales : le cantn d Caylar avait 898 vins en 857, il en ara 4874 en 89. Les prairies qi cvraient 89 hectares en 824 en ccpent 789 en 857 (pr 255 hectares de céréales) et 899 hectares en 928 (pr 782 hectares de céréales); il y a dnc inversin d rapprt de ces dex prdctins en l'espace de sept décennies. Mais là encre, l'écnmie caylarise, devene trp sensible a mvement d prix d lait fixé par les sciétés rqefrtaises, ne résiste pas à la cncentratin bligée qi se dessine dans la première mitié d vingtième siècle. Les grands trpeax demerent dans le nrd d Larzac, mais le cantn d Caylar n'a pls, en 99, qe 8245 vins. Malgré ne légère remntée, la cmmne elle-même n'en abrite pls ajrd'hi qe 800 envirn. Une sltin récente adptée par dex élevers est l'élevage bvin, pratiqé sr les champs fertiles d ségala semés en prairies et en grains. Mais les prblèmes de l'agricltre ne pevent tt expliqer a Caylar. A la veille de la dernière gerre, le brg jait encre sn rôle de lie de passage et de centre d cmmerce lcal. Il y avait alrs qatre fires par an, qatre hôtels, tris cafés et, parmi les salariés vivant de la rte, hit cantnniers. Les Caylaris d'ajrd'hi se sviennent d cncrs agricle qi dans les années sixante, attirait atr des bêtes n grand nmbre d'habitants d visinage. Sans dte cette manifestatin n'était-elle pas cmparable en ampler ax grands rassemblements d débt d siècle, encre mins ax -5-

10 fires des années , qand la régin était a maximm de sa pplatin. L'essr démgraphiqe de la fin d XVIIIe siècle s'est prsivi en effet pendant tte la première mitié d siècle sivant. Il abtit à ne srpplatin dramatiqe a mment même ù se déclenchent la crise de srprdctin et l'effndrement brtal des prix agricles des années (). La cnséqence, ns l'avns dit, est ne phase brtale d'émigratin, sensible dans les dénmbrements de 866 à 876 (près de 400 départs par décennies dans le cantn). Ce mvement cntinera en dents de scie jsq'à la première gerre mndiale, avec dex accalmies significatives pendant les crises de la viticltre : atr de 880 à case d phyllxera, et vers 906 d fait de la mévente d vin, la plaine ne je pls sn rôle attractif (fig. la). Or le mvement de ralentissement démgraphiqe est déjà perceptible dès les années 80. Le tax de natalité cmmence à baisser, jsq'à s'écrler littéralement après les années 870 (il passe alrs de 0% en 858 à 0% en 98) (4). C'est là le signe d'n vieillissement de la pplatin et d'ne dimintin brte d nmbre des naissances lié à n changement de mentalité. Ns en verrns l'imprtance lrs de l'étde des généalgies. Pendant ce temps, le tax de nptialité reste cnstant, n'accsant ne baisse ntable qe dans dex pérides : entre 888 et 898 qand les jenes émigrent lrs de la grande crise des prix agricles et de 98 à 98 lrs de la dernière vage des grands départs. Le chiffre de la pplatin sbit bientôt les effets cnjgés de l'émigratin et d malthsianisme : relativement stable a milie d XIXe siècle, d fait d'ne crissance prpre qi cmpense encre les départs, il s'effndre réglièrement de 875 jsq'à ajrd'hi, a rythme myen de 57 habitants de mins par décennie (figlb). Le nmbre des ménages cnnaît pendant ce temps ne dimintin pls mdérée et pls tardive : il ne décrît q'à partir de 900. La cnséqence est ne mdificatin prfnde de la strctre des ménages (dnt ns examinerns pls lin le détail) : n passe de 4,2 persnnes par ménage en 840 à,2 en 880 (fig.lb). Les ménages de pls de 6 persnnes snt les pls tchés : ils représentent 25% d ttal des ménages en 86 et selement 0% en 946. La cnséqence est ne pyramide des âges qi tend à se transfrmer en "clnne" dès 92. Elle reste marqée cependant par la dernière génératin large d Caylar, née entre 896 et la gerre de 94, trp jene encre pr être décimée par celle-ci. -6-

11 >, TO O TJ c O O) r c a> E O. c Q. O O.! m CO r OÍ - I r- I O)

12 Un dépeplement sans précédent..

13 2. Le vivant et le scial. L'étde des familles prteses des dze patrnymes sélectinnés cnfirme et précise les dnnées générales de la démgraphie. La cnstrctin des généalgies ns a cndit à mettre à jr ne trentaine de branches familiales bien différenciées qi se rattachent à vingt trncs cmmns descendants des vingt grands ancêtres. Ns entendns par branche familiale ne strctre lignagère qi, à partir d'ne sccessin primitive ù elle acqiert n bien dnné, se perpéte atr de la pssessin de ce bien, d'n bien éqivalent, pendant plsiers génératins. Ns désignerns svent ces branches par ler patrnyme, sivi d prénm d grand ancêtre, svent prté par les aînés drant plsiers génératins et/ d nm d métier qi a dminé dans la branche. Ainsi, ns parlerns des Privat Flcran, crdnniers des Privat Gillame, ménagers. Chacne des génératins d'ne branche cnstite ne fratrie. Sr l'ensemble de la péride étdiée, ns dispsns d'envirn 200 fratries, mais selement 6 d'entre elles snt sffisamment bien cnnes pr q'n pisse pérer sr elles des cmptages sûrs. Elles rassemblent 800 enfants : 42 garçns et 78 filles. La différence d'envirn 0% qi existe entre le nmbre des garçns et le nmbre des filles est de a léger biais apprté par ntre chix des familles. S'agissant pr la plpart de lignées patrilinéaires de lnge drée, les familles qi nt e à n mment à n atre des génératins cmpsées niqement de filles snt mins bien prises en cmpte qe les atres. L'étde qalitative des généalgies met en évidence pr chacne des branches ne brtale dimintin d nmbre des enfants qi intervient pls mins tôt, mais en général vers le milie d XIXe siècle. Pr dnner ne mesre grssière de cette évltin, il ns a par nécessaire de traiter à part les fratries nées avant 850 et celles nées après 850 (la date de la première naissance de chaqe fratrie sera ntre critère). Le tablea I dnne le résltat des cmptages effectés. Ils prtent sr 78 fratries d'avant 850, regrpant 475 enfants, et 85 fratries d'après 850, regrpant 25 enfants. L'âge myen a mariage des pères est élevé, assi bien avant 850 (28,8 ans) q'après cette date (27,9 ans). Celi des mères est en myenne de cinq années mindre sr tte la péride (2,8 ans et 22, ans). Le nmbre d'enfants cnnaît ne évltin beacp pls nette qe l'âge a mariage. De 5,9 enfants par fratrie avant 850, il tmbe à,8 enfants après cette date (et à 2,7 si l'n ne cnsidère qe les fratries d'après 94). Si l'n ne tient cmpte qe des familles cmplètes, c'est-à-dire celles dnt le cycle prcréatif n'a pas été -7-

14 Tablea I CARACTERES DEMOGRAPHIQUES MOYENS Acre a premier mariacre avant 850 après 850 Nmbre de crarcns et de filles avant 850 après 850 HOMMES "PERES" 28,8 27,9 "FILS",8 2,0 FEMMES "MERES" 2,8 22, "FILLES" 2,74,74 Nmbre ttal d'enfants avant 850 après 850 Espace rtcfénétiqe avant 850 après 850 Espace entre la ère et la 2ème naissance avant 850 après 850 Espace interqénétiqe mven (FAMILLES COMPLETES) avant 850 après 850 TOUTES FAMILLES 5,87,76,85 5, 26,45 4,06 FAMILLES COMPLETES SEULEMENT 6,85,89,04 55,4

15 interrmp prématrément par le décès d'n des dex épx, l'écart est même encre pls grand : il passe de 6,8 enfants avant 850 à,9 après cette date (il y a 48 fratries cmplètes avant 850, 44 après). L'évltin d nmbre des enfants ne pet être cmprise selement par l'évltin de l'âge a mariage, qi, ns l'avns v, varie pe. Sn appréhensin passe assi par l'analyse de ' espacement des naissances. L'intervalle prtgénésiqe (temps entre le mariage et la naissance d premier enfant) passe de,8 mis avant 850 à 5, mis après cette date, l'intervalle primgénésiqe (entre le premier et le secnd enfant) passe de 26,4 à 4, mis et l'intervalle intergénésiqe myen (myenne de ts les intervalles séparant les naissances des divers enfants, calclé niqement pr les familles cmplètes) de à 55, mis. L'espacement des grssesses, et cela dès la première d'entre elles, s'il n'est pas la cnditin fndamentale de la dimintin d nmbre d'enfants, est néanmins le signe traditinnel d'n cntrôle vlntaire des naissances. Ce phénmène se prdit pls mins tôt seln les familles, la date de 850 n'étant q'ne date myenne. L'examen des généalgies mntre qe les familles les pls aisées, celles des prpriétaires fnciers, nt mins d'enfants pls tôt qe les atres : dès la première mitié d XIXe siècle, parfis même dès la génératin de A cntraire, les travaillers de terre, les petits salariés, cntinent d'avir des familles nmbreses parfis jsq'a débt d XXe siècle. Il s'intrdit là n paramètre scial dnt ns avns vl mesrer l'impact. Pr tenter d'y parvenir,, ns avns tracé n diagramme qi dnne ne ve synthétiqe de l'évltin des dex principax critères cnsidérés, pris séparément pr chacne de ns branches familiales : la myenne d'âge a mariage des hmmes ( des femmes) et la myenne d nmbre des enfants; et cela pr les génératins d'avant 850 d'ne part, et celles d'après 850 d'atre part. Ces myennes ne prtent qe sr dex à qatre génératins, mais chaqe génératin pet cmpter plsiers mariages s'il"y a plsiers frères. A défat d'ne statistiqe sffisante, ces chiffres ne divent être pris qe cmme ne indicatin d cmprtement de chaqe branche familiale, prise dans sn ensemble. Le diagramme (fig. 2) est cnstrit en prtant sr n axe le nmbre d'enfants et sr l'atre l'âge a mariage. Pr chaqe branche familiale, n a relié le pint bten avant 850 à celi bten après cette date (les branches qe ns ne cnnaissns q'avant 850 q'après cette date se rédisent évidemment à n pint). On btient ainsi n faiscea de "trajectires démgraphiqes familiales". Examinns le diagramme cnstrit sr l'âge a mariage des hmmes, qi ns paraît pls significatif pr ne étde des lignées. On distinge dans ce diagramme dex grpes de trajectires qe ns avns séparés par n trait -8-

16 Age a mariage Fig 2."Trajectires démgraphiqes familiales* Ttes catégries après 850 avant 850 -i r T i i 9 Nbre d'enfants Age a mariage Fig. Travaillers Nbre d'enfants

17 Age a mariage Fig4. Artisans et cmmerçants T -i r 6 9 Nbre d'enfants Age a mariage Fig 5.Grs prpriétaires ' ' 6 ' ' 9 ' Nbre d'enfants

18 pintillé. Le premier se tient dans ne zne ù l'âge a mariage est cmpris entre 25 et 0 ans et le nmbre d'enfants est élevé (spérier à 6 avant 850, à après cette date). Le secnd grpe cncerne srtt des mariages cntractés à n âge spérier à 0 ans, et n nmbre d'enfants relativement bas (inférier à 7 avant 850 et à 4 après cette date). Le nmbre de trajectires "mixtes", c'est-à-dire passant d'ne zne à l'atre, n'est qe de 4, ce qi est pe (encre ces trajectires "mixtes" relèvent-elles essentiellement d'ne des dex znes et empiètent-elles très pe sr la zne visine). Il est remarqable qe si le critère de l'âge a mariage sépare bien les dex grpes, celi d nmbre des naissances n'y sffit pas, et de lin, la plpart des familles ayant entre 6 et 7 enfants avant 850, entre et 4 après. Si n en reste là, n ne pet dnc parler qe d'ne simple crrélatin entre ne tendance a mariage tardif et n nmbre d'enfants faible (et vice-versa), ce qi ne cnstite certes pas ne srprise! Les chses deviennent pls intéressantes si l'n s'ccpe des grpes sciax représentés par les diverses trajectires. Ns avns tracé le même diagramme qe celi de la figre 2, mais en cnsidérant séparément les petits cltivaters, jrnaliers salariés (fig. ), les artisans cmmerçants prpriétaires (fig. 4) et les grs prpriétaires (fig. 5). Cette séparatin a été faite en sélectinnant les branches familiales seln lers biens cadastrax, et ler statt scial déclaré (prfessin de l'état-civil et d cadastre). Pr simplifier, ns adpterns pr chacn de ces grpes ne dénminatin qi sera jstifiée par la site. Les individs de la première catégrie sernt dénmmés "travaillers": c'est ainsi qe l'n désignait ss l'ancien régime les petits cltivaters-jrnaliers, c'est ainsi qe l'n appelait encre récemment les petits salariés, le terme ns paraît dnc srvivre à l'évltin de ce grpe scial. De même, ns qalifierns d'"artisans" le grpe dnt ns verrns pls lin q'il s'appie à la fis sr le cmmerce l'artisanat, et la prpriété myenne. Et le terme de "grs prpriétaire" désignera cex qi étaient ss l'ancien régime "ménagers", axqels se mêlent qelqes "brgeis", pls récemment qalifiés de "prpriétaires fnciers". Les trajectires d premier grpe (les travaillers, fig.) crrespndent presqe ttes à des nmbres myens d'enfants élevés (spériers à 6 avant 850, à après 850) et à des âges a mariage des hmmes qi tendent à diminer nettement entre ces dex pérides (flèches descendantes vers la gache). A cntraire, celles d trisième grpe (les grs prpriétaires, fig.5) crrespndent (saf ne), à n nmbre myen d'enfants pls faible (svent inférier à 6 avant 850, mais tjrs inférier à après 850) et à des âges a mariage des hmmes qi tendent à agmenter (flèches ascendantes vers la -9-

19 gache). Enfin les trajectires d grpe intermédiaire (artisans, fig.4), partant de sitatins très diverses avant 850, tendent à cnverger après cette date vers ne zne crrespndant à n âge a mariage pltôt prche de celi d premier grpe (travaillers), et n nmbre d'enfants intermédiaire entre les dex atres grpes. C'est dnc l'évltin démgraphiqe qi différencie les grpes sciax pltôt qe ler sitatin d'rigine a pint de départ de ntre étde. Les grs prpriétaires nt adpté le malthsianisme beacp pls tôt qe les atres catégries et nt évlé vers n mariage tardif. De ce pint de ve, la qasi-cnstance de l'âge a mariage qe ns avins bservée pls hat sr l'ensemble de la pplatin n'est qe le frit d'ne myenne entre des cmprtements divergents et scialement marqés. Le tablea II mntre clairement qe si l'âge a mariage des hmmes n'est pas n critère discriminant avant 850, il le devient après cette date : il passe en myenne de 28,7 à 6,6 ans chez les grs prpriétaires alrs q'il évle de 28,7 à 26,4 ans chez les travaillers, et q'il reste stable chez les artisans. Pr les femmes, l'ampler des variatins est nettement mins frte : la différence d'âge entre les épx est en effet de pls de 5 ans pr les travaillers, de 4 ans pr les artisans, mais pr les grs prpriétaires, elle passe de 5 ans avant 850 à pls de 0 ans après cette date! Ils se marient bien pls tard, mais avec des femmes presqe assi jenes q'avant. L'âge a mariage des femmes est dnc n critère beacp mins discriminant, scialement parlant, qe celi des hmmes. Ns reviendrns sr cette particlarité. Le nmbre myen d'enfants caractérise les grs prpriétaires dès avant 850 par sa faiblesse (4,9 cntre 6 pr les atres catégries) et devient n signe distinctif de chacn des grpes sciax après 850 (4, pr les travaillers;,6 pr les artisans; 2,6 pr les grs prpriétaires). Le mécanisme de ce prcesss ne pet pas être éclairé par l'étde des intervalles entre les naissances calclés séparément pr chacne des catégries sciales : les intervalles prtgénésiqes et intergénésiqes myens d'avant 850 snt en effet pltôt pls élevés pr les travaillers qe pr les atres catégries; après 850, sels les intervalles primgénésiqes (entre la première et la dexième naissance) se différencient de manière significative (et encre le chiffre de l'espace primgénésiqe des grs prpriétaires, 8,5 mis, repse-t-il sr ne statistiqe très faible). Il est remarqable qe les familles nmbreses, qi nt lers premiers enfants rapprchés, pis les sivants de pls en pls élignés dans le temps, cnstrisent de cette façn des intervalles intergénésiqes myens élevés, pratiqement égax à cex des familles malthsiennes! Le critère de l'espace intergénésiqe myen n'est dnc ici d'acne tilité. La limitatin d nmbre -0-

20 Tablea II CARACTERES DEMOGRAPHIQUES par TYPES SOCIAUX HOMMES FEMMES Variable () (2) () () (2) () Aae a premier mariaae avant 850 après ,7 26,4 28,4 28,4 28,7 6,6 2 2, 24,5 22, 2,7 25,4 Nmbre de aarçns et de filles avant 850 après 850,27 2,2,42 2 2,6,28,04,9 2,7,6 2,45,6 TOUTES FAMILLES FAMILLES COMPLETES SEULEMENT Nmbre ttal d'enfants avant 850 après 850 6,2 4, 6,5,6 4,86 2,57 7 4,4 7,70,75 5,89 2, Espace prtaénétiqe avant 850 après 850 2, 2,0,90 2,80,4 8,5 Espace entre la ère et la 2ème naissance avant 850 après ,4 5,9 24,40 48,40 25,7 55,8 Espace interaénétiqe myen (FAMILLES COMPLETES) avant 850 après 850 6,7 52,8,90 58,0 0,4 58,2 () Petits cltivaters, travaillers (2) Artisans, prpriétaires () Grs prpriétaires.

21 des naissances est lié à la crissance glbale de ler espacement, mais il n'est pas pssible d'en percevir les différents régimes par n examen détaillé d cmprtement des diverses catégries sciales. La décisin d'arrêter à n mment dnné d'avir des enfants, qi n'a acne répercssin sr les intervalles des naissances, je dnc n rôle assi imprtant qe l'agmentatin de l'espacement intergénésiqe. L'n et l'atre de ces prcédés snt emplyés dans chacn des grpes sciax, mais ils le snt de façn beacp pls efficace et déterminée chez celi des grs prpriétaires, et beacp mins rigrese chez les travaillers. Pet-être est-ce là ne cnséqence de l'âge a mariage : les fils de grs prpriétaires, mariés tard, mtivés par ne lnge matratin dans ler milie scial, appliqent avec pls de riger les cdes de ce milie : ils maintiennent la dimensin de la famille a minimm nécessaire. Si l'n admet cette hypthèse, les disparités de l'âge a mariage entre des familles de nivea scial différent rendent cmpte de la pls mins grande vlnté de cntrôle qe celles-ci velent appliqer à ler devenir. Crrélativement, le fait qe ces disparités sient bien pls marqées chez les hmmes qe chez les femmes apparaît cmme n signe certain q'a XIXe siècle, en matière de prcréatin, la décisin appartient ax hmmes. --

22 . La mrt et le scial Vici dnc caractérisé dans sa diversité le régime dminant de la fécndité chez les habitants d Caylar. Reste à savir cmbien parmi cex dnt ns avns cnstaté la naissance parviendrnt à l'âge adlte. C'est là ne évalatin qi cmprte qelqes difficltés d'rdre méthdlgiqe. D'abrd, q'entend-t-n par "âge adlte"? Ns avns chisi pr ntre part l'âge en-deçà dqel n ne trve qe très pe de mariages, a-delà dqel a cntraire la nptialité devient brsqement imprtante : 20 ans. La mesre de la mrtalité infantile et jvénile sera dnc établie en calclant le prcentage des persnnes qi se snt éteintes avant cet âge : par rapprt a nmbre ttal des naissances, il s'élève à 27 % pr les garçns et 28 % pr les filles sr l'ensemble de la péride étdiée. Une nvelle difficlté apparaît alrs. Car 4 % des individs dnt ns cnnaissns l'existence (essentiellement par ler naissance, qelqefis par ne mentin dans n acte de ntaire) disparaissent sans laisser de trace : ns ne les vyns ni se marier, ni avir des enfants, ni être cités dans la sccessin de lers parents, ni psséder d bien cadastré, ni même mrir. Les "dispars", sr lesqels n ne pet rien dire, frment pet-être ne catégrie disparate : ils rendent cmpte en partie d ss-enregistrement des décès d'enfants en bas-âge, particlièrement dans les registres parissiax de l'ancien régime, assez mal tens; certains nt p mrir dans d'atres cmmnes, en nrrice par exemple; d'atres nt émigré et snt partis sans laisser de trace. Or, calcler les prcentages de "décédés avant 20 ans" sr ne pplatin d'ù les "dispars" nt d'abrd été éliminés, revient à faire l'hypthèse qe le nmbre de ces "dispars" cmprte la même prprtin de mrts avant 20 ans qe le reste de la pplatin. Cela ne ns paraît pas jste: Il se prrait a cntraire, par exemple, q'il s'agisse essentiellement d* enfants mrts en bas-âge. Examinns le tablea III : ns y mntrns les principax prcentages caractérisant les fratries qe ns avns étdiées. Avant 850, le ss-enregistrement des décès je frtement, et l'émigratin est encre faible : la prprtin des "dispars" s'élève à 8 % de la pplatin. Après 850, les registres snt tens avec beacp pls de sin et l'émigratin devient frte : les dispars ne représentent pls qe 0 à % (et même 0 % après 94)! Crrélativement, le prcentage de décès avant 20 ans n'est avant 850 qe de 24 % pr les garçns et 29 % pr les filles, après 850 de 9 % pr les garçns et 0 % pr les filles. Il n'est pas raisnnable de penser qe la mrtalité infantile ait p crître à ce pint dans la dexième mitié d XIXe siècle. Cela ns incite dnc à penser qe la pls grande partie des "dispars" snt des -2-

23 0 CJ CJ g c Ul <CJ C Q) M Q) -P -P >i (0 X O flöß ih r0 -P 0 <D O 0) Ul C -P -Ö 4J c c HI#«i >i-0 > O C-H g <X> OJ > r-l (0 Ul -P CJ 0 -Ö Ul û) -P <N>-H >H -Ö c ta CJ g <X> nns t-i O «J O -P Ul CJ O Q) W.p - -p c c CJ «*> (ö >i- > O C-rH S«*» < > rh ta 0 -P CJ O w.p Q) <N>«H C (0 CJ g - <N> W S S H ÏH O S W tj g W 55 W U en *. c in ** in c en H H v *. CM en H CM H CO m ta O O O «4«m CM CM H c ta CM CO "tf VO CM H CO H h O - i flnorl <*» CO (J EH H H t H H > S H 55 Q H a x H O X 0 OS» H * 55 Ö H < > EH H O a H <N> EH W U S 55 w >* s < EH O EH - H en H a (Ö «* H en H in c H in c H av. ij w 55 Ü H en ap.l in fe in CM H CO en en H H in H». <? en * <* H c en H H c «t c in v in v c H H r> c in v in c H r> en c H H m in CM H c m en en H H m ^ * * H Cl CM CO H CO ^^ H ta CM en v Tf n ric en H ^ c -<Î CM c CM CM O H m CM H «tf O «tf H CM * IflH-iO n n CM f> c v H *r H r-\ t-i in CM en c VO CM «H in en T in in H CM VO H O CM ^ ^-<* H O O O c i> ^» ^ CM en H c en en c ta CM en in in CM H 00 CO VO H VO n c c H H * v TI«CM H en CM in íntic c CM c H r> CM H c íflnh H in * i> in in in «* H H ta CJ ih,q (0 EH X < EH O EH <* H en H l in c H O in c av. in Tf en v «* H f> c en CM H i-l c c in in r> in v t> *> 00 "S H H Ul CJ 0 -H «w a-p >H fi C -P-H i ta ta «M XH Cl) <) C «H p 4J 0) ta ta O 55 r> H c n in H in H en H CM CM CM H in en r> in CM CM H c tn H -s«m N H - i 0 C 0 «O U 0 O -H C CM «J i O -P i ta «0>fÖW4JiHtaWfc M ta ja <cj <d -H -H H ta ta a tp Ul rh ÎH O U e- Ä Ul -P -CJ <0 r-> «H 55 U CJ g C Q O O U s c >i ta CM O O H n *t H VO VO CO H CM VO H O CM H Ul fi Ul ta cj in en r> c CM H CM rh CO CM H H «a c CM rr O -H 0 l CM n] M O CJ Q) > -P Ul w t ta H(Ö(ÖCJ4->HNU^ H Ä 'CJ H Ul -H -H <P CJ rh ÎH P c ta 55 M U g s c >I*H M ta H ta ta e 0 U tj A W n -H C Q O U 0 p c ta <U fi CJ 0 P C (0 4- C CJ CJ c CJ CJ c U O -P c c CJ T * T * VO

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25 enfants mrts en bas-âge et nn enregistrés à état civil d Caylar. Dès lrs, il imprte qe ns cmmentaires tiennent tjrs cmpte de dex chiffres : "décédés de mins de 20 ans" et "dispars". Ns dirns : avant 850, a mins 24 % des garçns et 29 % des filles nés a Caylar snt mrts avant 20 ans et 8 % des enfants restants nt dispar. Entre 850 et 94, a mins 9 % des garçns et 0 % des filles nés a Caylar snt mrts avant 20 ans, et 0 à % des restants nt dispar. Si l'n cmpare maintenant les chiffres btens pr chacn des grpes sciax, qi figrent dans le tablea IV, ns cnstatns qe glbalement les travaillers cnnaissent n tax de décès avant 20 ans nettement spérier à la myenne. Pr la péride , ù la statistiqe prte sr 40 fratries, 4 % des garçns nt dispar et 4 % snt mrts avant 20 ans ; 9 % des filles nt dispar et 4 % snt mrtes avant 20 ans. Dans la même péride, les artisans cnnaissent ne mrtalité des jenes beacp pls faible : 0 % des garçns nt dispar et 2 % snt mrts avant 20 ans ; % des filles nt dispar et 26 % snt mrtes avant 20 ans. Enfin, les grs prpriétaires, pr qi le ss-enregistrement est minime (acn dispar chez les garçns), ffrent ne disprprtin très frte entre le nmbre des garçns décédés avant 20 ans (42 %) et celi des filles (7 % de dispares, 20 % de décédées avant, 20 ans). Il est vrai qe pr ex la statistiqe est faible : fratries selement snt dispnibles. Dans ces cnditins, le nmbre d'enfants parvens à l'âge de la cmpétitin pr le partage des biens parentax n'est avant 850, chez les travaillers et les artisans, qe la mitié envirn d nmbre d'enfants nés. C'est dire q'il n'excède gère en myenne tris individs par fratrie. Pr les grs prpriétaires qi dnnent naissance à mins d'enfants qe les atres catégries sciales, mais nt assi ne mrtalité jvénile mins élevée, ce chiffre est également de. Après 850, les travaillers cntinent de vir le nmbre de lers enfants pratiqement divisé par dex à case de la mrtalité, les artisans et grs prpriétaires le vient rédit ax dex tiers. Le chiffre de 2.5 individs par fratrie pet dnc être avancé pr la "cmpétitin sccessrale" des travaillers et artisans, 2 pr les grs prpriétaires. Enfin, après 94, la mrtalité des jenes ne je pratiqement pls et le chiffre des naissances est pe différent de celi des enfants restant présents a partage. La mrtalité je dnc n rôle de réglater démgraphiqe de façn beacp pls vilente qe la limitatin vlntaire des naissances. Certes, les chiffres établis ci-desss snt des myennes qi intègrent des génératins ù il n'y a q'n enfant niqe, de pls en pls fréqentes chez les artisans et grs prpriétaires, et d'atres ù l'n trve qatre cinq enfants vivants a --

26 mment d décès des parents. De ce fait, le prblème d partage ne se pse pas à chaqe génératin de la même façn. Cela n'empêche pas q'il se pse à n mment à n atre, et de façn crciale, pr presqe ttes les familles, y cmpris dans ne péride récente. L'étde de la sccessin qe ns entreprendrns pls lin mettra en lmière des sitatins délicates, et il fadra mesrer la part réelle q'elles ccpent par rapprt à l'ensemble des sccessins. Mais avant d'en arriver à cette étape, tentns de dnner n cntr pls précis et pls cncret ax grpes sciax qe ntre étde démgraphiqe a permis de dégager. -4-

27 4. Les clivages dits Une mémire qi remnte a débt de ntre siècle, celle des pls âgés de ns interlcters, recnnaît l'existence a Caylar de dex catégries sciales principales, très simplement définies : "De ma jenesse, il y avait les riches et les pavres... Les ns faisaient ffice de riche"... "C'étaient des gens riches, des brgeis". Ainsi parle-t-n dans les familles de petits travaillers, de cantnniers. On se svient d'n "millinnaire" dnt la maisn a tjrs été "la pls riche, parce q'elle a e beacp d'héritage". Les prpriétaires fnciers, qi représentaient a pls ne dizaine de familles d Caylar, avaient à la fin d siècle dernier des prpriétés, de 60 à 00 hectares, avec svent plsiers maisns : l'ne était ler résidence, les atres, destinées ax fermiers, jxtaient les bâtiments agricles. Pls lin dans le temps, à la fin d XVIIIe siècle, n trve à pe près les mêmes familles, et même qelqes atres, sr des dmaines allant de 5 à 90 hectares. Ajrd'hi lers descendants nt svent cnservé ne partie des terres et la maisn d Caylar. Mais ils n'y viennent pls qe pr les vacances et habitent le reste de l'année dans les villes de la plaine. A prprement parler, ils ne fnt pls partie de la pplatin d Caylar. De ce fait, pe d'entretiens nt p être cndits avec ex, mais les atres habitants d Caylar en parlent facilement. En effet, la prximité des riches les rendaient atrefis familiers ax pavres, srtt à cex qi avaient l'ccasin de les servir. Un médecin, grs prpriétaire, pvait entretenir dex dmestiqes. Il avait d linge par "dze dzaines", il li fallait tris qatre femmes pr faire sa lessive Í Et il signait gratitement les pls déshérités. Un atre riche Caylaris avait la réptatin de prter d bis l'hiver devant la prte des pavres. Un trisième, prpriétaire de 8 hectares, était "n Mnsier", tjrs bien mis avec sn cstme nir, sa chemise blanche, sn cl raide. Pr la famille de petits artisans qi a lngtemps visiné avec li, les relatins paraissaient faciles : "On les appelait Hectr, Agste, cmme çà... n disait pas Mnsier Privat, n l'arait appelé Gillame". D'aillers "c'étaient pas des riches bien riches... selement ils avaient n pe de bien, n pe d'argent pr se servir...". Ce type de relatins qasi amicales entre riches et pavres n'est prtant pas admis par ts. Qand n le qestinne sr l'hmnymie de sa grand-mère avec n des pls riches prpriétaires d village, le descendant d'ne famille de cantnniers, recnnaît q'il y a n lien de parenté, mais la différenciatin sciale a vite mis de la distance entre ces lintains csins : "Ils ns le faisaient sentir"...de ler côté, les pls riches tiennent -5-

28 à marqer ler distance : "Ma mère me disait tjrs : 't vis, ma fille, a Caylar, les femmes prtaient la ciffe qand ns étins tris qatre à avir le chapea'... et mi, je l'ai ve, cette ciffe, ax femmes qi allaient travailler dans les champs, ramasser des caillx...". Depis qe les descendants des familles brgeises se snt installés dans la plaine, les clivages sciax aparents se snt aigisés d fait de l'élignement. Certains riches émigrés ne velent se recnnaître acn lien de parenté avec les habitants d Caylar, axqels ils snt prtant frtement alliés : "On n'est parent avec persnne, là-hat!". Acn lien scial nn pls : "C'était pas la même sciété, les mêmes relatins" Prtant à l'ccasin, ils sllicitent les vix des Caylaris, avec la cnscience d'être "très aimés dans le cantn". Mais si les résltats électrax snt mavais, n évqe "les haines" : "On trvait qe papa était trp grand seigner pr les gens de là-hat, n vlait mettre des gens pls bas", dit la fille d'n ancien cnseiller général. Les attitdes spçnneses de la pplatin, les ragts, laissent de mavais svenirs : de l'ancien cnseiller général, sn adversaire victriex arait dit : "Il en a assez, il est assez riche..." Les expériences désagréables cntribent à apprfndir encre la cpre avec le pays d'rigine. On ne vient pls a Caylar qe pr les vacances, n cesse de se sentir impliqé dans le devenir d brg. A la génératin sivante, la maisn sera pet-être vende. A côté des grs prpriétaires, les agriclters travaillant de lers bras sr des prpriétés de 5 à 5 hectares frmaient a débt de ce siècle ne part essentielle de la pplatin. A même nivea dans l'échelle sciale, qelqes fermiers géraient les grs mas de la brgeisie, a myen des bax mixtes ù la part en natre était encre ntable. La cltre des frrages, des céréales et des légmineses était, avec l'élevage des mtns sr les parcrs, l'activité dminante de ces paysans. Les diplômes d mérite agricle et les médailles des cncrs de la race vine d Caylar de la Cavalerie témignent encre de cette écnmie dispare. Ajrd'hi prtant, sel n petit nmbre d'explitatins agricles parvient encre à sbsister, nn sans difficltés. En réalité, la plpart des agriclters d siècle dernier et d débt de ce siècle étaient des plriactifs. Pssessers d'ne petite prpriété, prfitant de la sitatin gégraphiqe favrable d Caylar, ler préférence allait ax métiers d'abergiste de cabaretier (pls tard d'hôtelier de cafetier), particlièrement prisés pr ler bn rapprt et pr le rôle imprtant q'ils pvaient jer dans le résea relatinnel lcal. On les trve assi bchers maqignns en mtns, crdnniers, bridiers bastiers, maréchax, serrriers menisiers et enfin maçns. Ttes ces prfessins vivaient largement de la clientèle des fermes et des villages visins vene pr les -6-

29 fires pr le marché, et d trafic de passage. Ce dernier prfitait également ax tenants d'ne activité prprement caylarise, le "renfrt : il s'agissait de l'aide apprtée ax vitres à chevax qi mntaient avec difficlté la très dre côte de l'escalette, niqe accès a Larzac qand n vient de la plaine. Ce métier était svent exercé par les abergistes qi entretenaient des chevax à cet effet. La plpart des prfessins étaient exercées de père en fils, et se jxtapsaient ax travax de la terre, dnt elles étaient qelqefis le prlngement. Ainsi les Chattelard, atrefis abergistes et paysans, nt-ils cmmencé a débt d siècle à livrer à Sète à Clermnt- 'Héralt des chargements de frrage (de ler prdctin de celle de qelqes visins), encre des charrettes de fmier (le "mig"). Cnns sr le marché, ils s'étaient fait ne clientèle parmi les viticlters de la plaine. Qand cex-ci nt abandnné le cheval de labr pr se mtriser, les Chattelard nt dû trver d'atres marchés après d'élevers d Casse. Ajrd'hi ils nt p reprendre ler activité traditinnelle grâce à la vge des chevax de selle. Ils pratiqent en pls l'élevage des befs, pr la viande. De ler côté, les Privat, isss de Flcran, crdnniers pendant tris génératins, snt devens limnadiers, pis hôteliers a débt d XXe siècle. En marge de ces métiers, ils avaient ne petite prpriété de 6 hectares, qi, dans la dernière péride, frnissait à l'hôtel des prdits frais, appréciés des clients. Ajrd'hi, les frères Privat nt recnverti l'activité familiale vers l'élevage : l'n élève des vaches à lait, l'atre des chèvres. La dble activité a dnc jé n rôle essentiel dans le maintien de ces familles a Caylar: "Qand n faisait d cmmerce, il y avait de l'argent." Ce n'est pas n hasard sans dte si dex des agriclters les pls actifs ajrd'hi snt n Privat et n Chattelard. Cette réssite ne dit prtant pas faire blier q'avec l'abandn des fermes et la perte d'ne grande partie de la pplatin d Casse, beacp de familles' de plriactifs, nt dû changer d'activité qitter le village, avec des frtnes diverses. Cex qi nt décidé de rester nt dû redéfinir cmplètement ler champ d'activité. C'est le cas des Privat. C'est assi le cas des Carel, menisiers "depis cinq génératins", qi nt dû élargir cnsidérablement l'aire de ler clientèle en prenant des marchés dans la plaine jsq'à Sète Mntpellier, et en s'assciant parfis avec le menisier d'n village visin. Pal Byer, fils de bcher-maqignn, a préféré a départ le dr métier de berger, tnder de mtn et ter de cchns. D'atres nt chisi l'émigratin. Le métier de marchand, la pssessin d'n savir prfessinnel qi pet s'exercer partt, les nt svent aidés : les fils d serrrier Rsset snt dans la métallrgie cmme ler père, mais ils exercent hrs d Caylar. A travers bien des -7-

30 vicissitdes, la frange des agriclters-cmmerçants artisans a p en général maintenir sn statt scial a Caylar dans l'émigratin. Une atre catégrie de plriactifs a cnn ne sitatin pls précaire. Ce snt de tt petits prpriétaires de à 5 hectares, qi cmplétaient le reven de ler terre par ne activité à temps partiel. Un cltivater se svient d'ex : "Dans le village, vs aviez des prpriétaires qi avaient d bien et qi vivaient bien pr l'épqe, et pis alrs vs aviez n tas de mnde qi trnait atr, qi venaient faire des jrnées... des jrnaliers. Alrs ils faisaient ce q'ils pvaient. Un jr ils y allaient, le lendemain ils ne travaillaient pas. Mi, je me rappelle encre, qand j'étais jene, après la gerre, là, ss l'arbre de la place, il y avait tjrs ne dizaine de bnshmmes, ts les matins, qi attendaient q'n aille les chercher pr travailler...". Ils faisaient les missns, et, a mment de la fenaisn, s'embachaient par éqipes pr facher et emballer le frrage. Les femmes assi allaient à la le le matin. Ax champs, "elles sivaient les hmmes", ramassant les pmmes de terre q'ils cresaient, liant les gerbes derrière ex, faisant des crdes pr emballer le fin. Svent emplyées à épierrer les champs, elles ramassaient les caillx dans des paniers d'sier pr les dépser sr les "clapas", les tas de pierre parfis mnmentax qi brdent les champs. Qelqefis, elles trvaient des extras à faire dans le village, à l'ccasin d'ne fête familiale d'n cncrs agricle, des lessives chez les prpriétaires encre qelqes travax à l'hôtel. En septembre, les familles de travaillers se déplaçaient dans la plaine pr les vendanges : "Qand arrivait l'épqe des vendanges, vs n'aviez qe les viex et les enfants qi ne pvaient pas vendanger, les tt-petits, atrement, le village était vide... il fallait gagner ses qelqes ss pr passer l'hiver". Et d'évqer les nits passées dans la paille, sr les cves à vin d viticlter, et le repas cit à la pêle, dehrs, sr n fyer fait de qelqes pierres. Pis venait le mavais temps, les travaillers étaient alrs cndamnés à ne inactin qi laisse ajrd'hi des svenirs désabsés : "Mn père, principalement, il travaillait l'été... il faisait ne jrnée pr l'n, ne jrnée pr l'atre. Qand il avait fait ses jrnées, s'il n'y avait pas de travail a Caylar, il ne faisait rien. - Rien? - Rien! et ns étins hit gsses, et ns devins être dix... il faisait des gsses!". -8-

31 Pr srtir d cycle d ss-empli, les enfants des jrnaliers, avides de places fixes, s'embachent svent cmme dmestiqes dans ne famille brgeise, dans n hôtel ne grsse ferme : les hmmes étaient valets de labr bergers, les femmes servantes cisinières. On évqe tel garçn, ccher d médecin dès l'âge de 7 ans, et qi servait à table, telle fille de salle qi travaillait à l'hôtel depis l'âge de ans, telle atre restée pls de 0 ans dans la même place : "Presqe ttes les femmes d Caylar nt travaillé à l'hôtel". Se placer, c'était pvir se cnstiter ne petite dt "par sn hnnête indstrie en servant les maîtres", cmme n disait a XVIIIe siècle. C'était assi ner des relatins avec d'atres dmestiqes avec n visin en ve d mariage. C'était svent enfin, de place en place, prendre le chemin de l'émigratin. Mais depis le débt de ce siècle, les places se fnt rares. Les brgeis snt partis, les fermes, pe à pe, se snt mécanisées vnt à l'abandn, les hôtels nt fermé. Assi, les garçns se fnt-ils vriers. René Thmas racnte : "J'avais nze ans. Qand je srtais de l'écle, je distribais le crrier, les clis pr les fermes. Avec les ss, j'étais cntent qand je pvais payer le pain à ma mère. Pis, je travaillais à l'hôtel : le sir, je faisais la cave et je mntais le charbn. On a tjrs e pr manger et se chaffer. J'avais appris la vraie cisine avec Madame Privat. Mais le dcter disait q'il me fallait de l'air. Ma mère m'a mis maçn chez Slier, l'entreprener...". Par la site, René Thmas travaille à Mntpellier encre dans l'aveyrn, partt ù il y a à bâtir. Pis il mnte sa prpre entreprise a Caylar. Clade Raynal a sivi, a débt, n chemin parallèle : "A qinze ans, mn père est allé vir l'institter et il li a dit : q'est-ce qe j'en fais, de mn fils. Oh, a dit l'institter, c'est n cancre... Bn ça a été vite fait. Il m'a embaché cmme msse sr n chantier de l'escalette (il s'agit de la cnstrctin de la rte qi, à partir de la plaine escalade les cntrefrts d Larzac). Avec des crches, je prtais l'ea pr les vriers qi travaillaient!... les travax pblics, j'en ai fait qarante cinq ans...". Ainsi, en s'embachant à drite et à gache, sr les chantiers de cnstrctin sr les rtes, et en travaillant dr, n pet cntiner à vivre a Caylar. Avec n pe de chance, qand se présente n pste de cantnnier de facter, n saisit l'ccasin de devenir fnctinnaire. C'est ce q'nt fait beacp de descendants des anciennes familles de travaillers : "Ts ces types, qi attendaient là sr la place, ils nt ts été pris pr aller travailler sr les chemins sr les rtes. Ils snt restés a Caylar... Ils travaillaient sr place. Chacn avait sn tenement, à pe près dex kilmètres à entretenir, et pis ts les matins, le type prenait sa -9-

32 bicyclette et il allait sr sn tenement. Ici, il y avait ne vingtaine de bnshmmes cmme ça". Le père de Clade Raynal était n de ces cantnniers : "Il était rentré à l'âge vl, à trente ans. Avant, il travaillait la terre, il était jrnalier. Sr les rtes, à cette épqe, n cassait les caillx à la massette. Alrs il a pris cet empli et il l'a gardé... Il avait tjrs le même secter. Il fallait tailler les bis, avec les ciseax ; qand il y avait des 'nids de ple', il fallait q'il casse des caillx mens avec ne massette, q'il les mette dans le 'nid de ple, q'il recvre avec de la terre". Certes, le salaire n'était pas élevé : "Mi, dit Lcien Gleizes, je gagnais francs par mis, et n était six à manger le dimanche, je travaillais pls qe la semaine, parce qe le dimanche, je travaillais à frfait et la semaine je travaillais à la rte". A côté des prfessins salariées dans lesqelles s'engffrent les travaillers, qelqes métiers traditinnels nt srvéc, jsq'à ne épqe récente, ltimes témins d'n atre âge. Pal Byer, fils de bcher, berger, a été tnder de mtns pendant qarante ans. Il appartenait à ne éqipe de cinq six tnders qi exerçaient dans le sd d Larzac et dans les garriges, jsq'à Mntpellier. Travail pénible, accmpli de cinq heres d matin à six heres d sir, "tte la jrnée dans le sint", et qi li a val la fièvre de Malte en 956. D er mai a 4 jillet, les cinq hmmes tndaient jsq'à 5000 bêtes. En 964, Pal Byer abandnne et devient berger. Drant l'hiver, de nvembre à mars, et cela jsq'à sa retraite, il saigne les cchns, et les charcte à dmicile. Les femmes de travaillers trvaient parfis n travail stable à la laiterie, pr faire le frmage de Rqefrt. A débt d siècle, il y avait dex laiteries a Caylar, et ne atre dans chacn des villages visins : la mère de Clade Raynal tenait celle de Saint Felix de l'héras, pendant qe sn mari travaillait sr les rtes. Les laiteries fnctinnaient de janvier à jillet, et ccpaient à plein temps la laitière : la fabricatin de 8 à 47 frmages par jr, ler trnage, le maintien de la pièce à ne températre adéqate, jr et nit, à l'aide d'n pêle à charbn, li laissaient bien pe de temps. le traitement était mensel, le lgement particlièrement incnfrtable : "Qand il plevait, c'était facile, il fallait mettre ne cvertre sr la tête, se mettre ts les tris dans n cin et attendre qe l'rage passe...". A la fermetre de la laiterie, la famille rentrait a Caylar pr n mis. "Et pendant ce temps, la pavre (mère), il fallait q'elle répare, q'elle racmmde les vêtements... et q'elle prépare la malle pr partir ax vendanges... Et qand n arrivait des vendanges, alrs là, elle avait qelqe temps de répit". Ajrd'hi, les laiteries de village nt fermé, le ramassage d lait se fait par camins -20-

33 et de tte manière, il n'y a presqe pls de mtns

34 5. La nstalgie des atrefis C'est ne vie difficile q'évqent les caylaris qand ils parlent d'atrefis : "La vie était dre et pénible"... "la terre ingrate", "n a cnn la misère et le travail", "c'était nir, le Casse d Larzac, la vie n'était pas facile", "qand n parle de la vie qe j'ai véce et celle q'n vit ajrd'hi, c'est pas le jr et la nit, c'est pls frt encre!" René Thmas évqe les maisns trp petites, ù il plevait, ù l'n cchait à tris qatre dans le même lit, ù n lgeait à dix dans n espace exig. Il dit sa mère travaillant 4 à 5 heres par jr, "de la traite d matin à l'hôtel d Larzac le sir", sn père cantnnier accmplissant sn travail a pls vite pr pvir travailler encre à la tâche. "A ce mment-là, n faisait des balles dans les champs... n attaqait à qatre heres d matin et n finissait à nef, dix heres d sir". Les cnditins de travail snt particlièrement difficiles et aggravées par la dreté d climat. Prtant, n trve tjrs pls malherex qe si. On évqe les ancêtres, qi "racntaient svent de la misère : mn grand-père racntait qe qand il était jene, à nze ans, il était allé faire le berger à la Pezade, et n ne li dnnait pas trp à manger. Le sir, il avait de la recite, c'est ne espèce de crème q'n lève sr le petit lait... ça a zér pr cent de matière grasse! Et alrs n li dnnait ne assiettée de spe, de cette recite, dnc, et la patrnne li dnnait n petit mrcea de pain, et tt ce temps il me disait : 'T sais, la patrnne, elle me cpait le mrcea de pain dans mn assiette, parce qe mi, elle trvait qe je le cpais trp grs!'... Il me racntait les missns en famille... Ils allaient dans les campagnes, ils cchaient dans la paille... Le matin, le cq n'avait pas chanté, ils attendaient le jr ax champs pr pvir cmmencer à travailler ; et le sir, le sleil était cché depis n bn mment, ils se cpaient les digts avec la facille, ils n'y vyaient pls, mais n ne ler disait jamais d'arrêter...". On évqe assi les prches visins des vallées cévenles, cnsidérés cmme pls pavres qe les gens d Larzac : "Vs cmprenez, c'était des gens qi ne vivaient q'avec des châtaignes, le pain q'ils cisaient, ler lait et les pmmes de terre q'ils ramassaient. Là-hat, vs savez, il n'y a pas beacp pr vivre...". Les travaillers ne snt pas sels à évqer la dreté de la vie. Marice Mlinier, fils d'n grs fermier, rappelle à l'rdre les marginax qi tentent ajrd'hi l'élevage des chèvres : "n ne vit pas de l'air d temps sr le Casse d Larzac". Et sa ser parle de la vie de dex génératins de fermières : "Ma mère a e des jrnées pénibles, ça c'est sûr. Parce q'elle a travaillé -22-

35 beacp... Vs savez qe là-bas, sr le champ, il y avait qarante missnners à la facille. Et il fallait les nrrir. Et elle les nrrissait ici... ils dépiqaient avec des chevax..." Et après, d temps de la battese, "ils étaient bien qatre cinq... vs savez, tant de persnnes qe je nrrissais ce jr-là, et n les gardait tris jrs, des fis.... Sel qelqe enfant de famille d'agriclter bien lti en terres pet prclamer : "On était gâtés, n pe pls qe maintenant. Mi, avec mn frère, n était chez ns parents, n ne travaillait pas. Maintenant, c'est pls la même vie... ça dépendait des familles pet-être, mes parents avaient de la prpriété". La vie est dre et l'argent est rare : "Vs ns ariez ts mis à la presse, vs n'ariez pas tiré 000 F", avance n fils de cantnnier. "Qand n sdait à la fin de l'année, qand n arrivait à ner les bts et q'n ne s'endettait pas, les gens étaient cntents", dit n enfant de fermier. Certains habitants d village mendient, s'ajtant à la masse trnante des nmades prfessinnels. Ils vnt dans les fermes demander à bire et à manger, et fnt per : "Je me rappelle (d mendiant), qand j'allais li dnner d pain, (je pensais) : il va te cper la main!". Les mendiants servent assi de repssir à cex qi ne snt gère miex ltis q'ex : "Je ne vlais pas être cmme ces misérables qi mendiaient", dit René Thmas. Atre marginalité, pls exceptinnelle qe la mendicité : n aime évqer "le Rssea", bandit qasi mythiqe et prestigiex qi attaqait les diligences dans le Pas de l'escalette, mais habitait a Caylar, dans ne petite maisn. Certains se sviennent de l'avir v qand ils étaient enfants, impressinnant avec sn grand chapea cs de médailles. Pr les travaillers cmme pr les mendiants, la qestin crciale est bien svent de manger à sa faim, et elle se pse de façn particlièrement vive pendant l'hiver. Clade Raynal dnne sa recette pr arriver à la sdre : "l'argent des vendanges, c'était pas des millins, mais enfin, de tte façn, ça servait à acheter le cchn à la fire de Saint-Jean-de-Brel. n faisait ntre prvisin de pmmes de terre (cltivées sr le champ familial), n faisait ntre prvisin de vin, de bis, de charbn, de façn à ce q'n pisse affrnter l'hiver... Et la chèvre, c'était n stensile qi était cnsidéré! elle dnnait dex tris litres de lait ts les jrs, n faisait n petit frmage, il y en avait pr déjener. J'ai été élevé a lait de chèvre... Et qand n avait saigné le cchn, svent, il ns arrivait d'acheter ne vieille chèvre q'n saignait, et avec les cisses, avec les épales, avec les côtelettes, avec tt ce q'n pvait tirer, n faisait ne sacisse, mitié chèvre, mitié prc. Alrs celle-là, elle rallngeait l'affaire, parce q'elle était pls vite sèche qe celle de prc. Je me rappelle qe -2-

36 d temps de ma mère, n mettait la barre de sacisses a milie de la cisine, elle mntait sr ne chaise avec n ctea, et la première sacisse q'n gûtait, c'était la sacisse de chèvre. Pis n en faisait avec les cennes et la tête d cchn. On appelait ça la sacisse des csins (les missns). Pis n en faisait avec des efs et alrs, hit dix jrs après, n en prenait n mrcea et n le mettait dans la spe... Vs cmprenez, celle-là, la chèvre, les missns, ça ralentissait celle de prc. Parce qe mi, je me rappelle très bien, qand ns partins ax vendanges, ns partins tjrs avec n jambn de l'année d'avant, hein! et qelqes sacisses,... parce qe ns n'allins pas là-bas pr dépenser de l'argent,... ns y allins pr ramener le pls pssible de pgnn!" Une année est passée et la famille a p manger tant bien qe mal à sa faim. Le cycle pet alrs reprendre. Certes, il n'est pas tjrs pssible de s'en srtir ainsi. Certains n'y parviennent pas. Alrs, n fait appel à l'entraide. "Les relatins étaient pls sdées q'ajrd'hi... atrefis, il me semble q'il y avait pls de familiarité, de cmpréhensin", "avant, les gens avaient de l'affectin les ns pr les atres. ils vivaient la main dans la main,... d'ne famille à l'atre, n s'aidait... Mi, je me rappelle, dans la re, les visines : 'Dis, t as pas n s pr qe j'aille chercher n pain pr les gsses?'... Mn père tait le cchn, alrs il le disait à Trnier, le cantnnier, mais sa femme li disait : 'Diges, mi assi, je viens!'... selement, elle venait avec six gsses derrière, ça fait q'n en ramassait hit pr sper... il en restait vite pls, d cchn... C'est l'épqe ù le Caylar fraternisait beacp. Les familles étaient beacp pls nies les nes les atres." Le passé ainsi évqé, est dr, mais fraternel. Une mrale de la lyaté y préside : "La première des chses, être hnnête dans la vie, c'est ça qi cmpte. Vs savez, atrefis qand d'hmme à hmme, n se disait qelqe chse, qe ce sit pr affaire qi, c'était fini. L'affaire était bnne elle était pas bnne, mais si elle n'était pas bnne, n tenait parle, tant pis". Et qi q'il arrive, n restait jyex : "C'est vrai q'avant, les gens venaient, ils chantaient sr les remrqes, maintenant, les gens snt tristes. C'est vrai, ils travaillaient dr, n les entendait chanter de partt... Ils travaillaient pls qe maintenant. Maintenant, tt le mnde rgne, tt le mnde grève, h, mais, c'est déslant..." encre : "Les jenes d'ajrd'hi ne rient jamais. Je ler dis 'mais riez! ". Le discrs des patrns, symétriqe de celi des travaillers, véhicle n bel ptimisme, qant à lers relatins avec les jrnaliers : "Ici, tt le mnde vlait venir. C'était n travail pénible, mais tt le mnde vlait venir. Et allez, ils passaient à table, et -24-

37 tt le mnde mangeait... les gens, ils nt tellement mangé et b ici, qe... n avait de la sympathie. Q'est-ce qe vs vlez, mes parents faisaient manger et bire à vlnté, alrs, c'est ça Les gens, avant, ils sffraient des fis... ils avaient faim, vs savez... Dans le village, il y avait des malherex. Ma mère disait tt ce q'elle avait dnné ax gens d Caylar...". Les grs prpriétaires décrivent assi ler actin en faver de ler persnnel, la maisn achetée pr lger décemment le fermier, les pensins faites ax serviters âgés, et les services rends à ts. Les srnms et le "patis" emplyés par tt le mnde renfrcent encre ce sentiment rétrspectif de chésin sciale. Car le discrs sr "les atrefis", teinté de nstalgie, sert srtt à marqer l'ppsitin avec l'égïsme de maintenant : "Ajrd'hi, tt le mnde ne pense q'à si"... "n se mange les ns les atres",... "n'allez pas demander n service à qelq'n, parce q'il vs dirait : je ne l'ai pas, je ne pex pas"... "maintenant, n se marcherait sr les pieds, n se dirait même pas bnjr". C'est selement a chapitre plitiqe qe la mémire cllective recnnait des ppsitins pls tranchées. "A ce mment-là, il n'y avait qe les rges et les blancs, il n'y avait pas sixante partis, il y avait le rge et le blanc et c'était fini". Cette divisin étant dite, il est svent difficile de savir aqel des dex partis se rattache l'interlcter. Seles, qelqes familles bien marqées revendiqent ler appartenance : "j'étais le rge, cmme ma grand-mère et mn grand-père, qi défilaient avec le bnnet rge". O a cntraire : "ns étins d côté des crés. Ma mère me disait : qand il y avait le bal des blancs, les atres ne venaient pas, cex de l'atre parti, s'ils venaient, ils venaient avec des bnnets phrygiens, et vs faisaient claqer des pétards ss les jambes...". La qestin religiese est sitée a centre des clivages plitiqes. On cite le cas d'n "crêpage de chignns" à prps d'ne state de la Vierge qi est encre ajrd'hi sr la place, d refs d cré d'enterrer n jene hmme d brd ppsé. Mais la plitiqe, véce a qtidien, ne dnne pas svent lie à de tels dépliements de frce : "c'était a café qe ça tapait ne gelante, et pis dex heres après, c'était fini... le lendemain matin, tt le mnde était de nvea (ami)... c'était fini!". Encre ces prises de psitin ne se tradisent-elles pas tjrs par n sivi électral : n cite le cas d'ne électin qi n'a dnné qe dex vix a parti cmmniste, alrs qe plsiers familles s'étaient prclamées vertement en sa faver. -25-

38 "Ces pierres parlernt" : vetiqe, qravé daiiü le marbre, d'n cnflit entre dex ntnblgü.

39 D côté des grs prpriétaires, la plitiqe est l'bjet d'n atre enje, ù se dessinent des inflences réginales. Celles-ci pevent cndire tel ntable à adpter n parti en ppsitin avec la traditin de sa famille : "Pr arriver à faire qelqe chse, je cris q'il se serait fait prtestant" (n est en pays cathliqe!)... "c'était n cygne nir a milie des cygnes blancs"... "il s'est mis ax radicax pr avancer... c'était n grand ami des déptés... Et ce snt ex qi l'nt sten. Ce snt ex qi l'nt pssé à se présenter". Ces renversements de psitin d'ne famille snt ressentis vilemment à intérier de la brgeisie lcale. Et le Caylar se svient d'n prcès retentissant entre n cnseiller général srtant et sn sccesser, à prps d'n bâtiment cnstrit par le premier, et qi arait empiété sr la vie pbliqe. A-delà de l'anecdte, le je des ntables pet avir n réel impact sr les pavres, dnt la dépendance vis-à-vis d pvir est à la mesre de la précarité de ler existence. "Il fallait se smettre ax rges, parce q'à ce mment-là celi qi avait n pe de ss a Caylar, c'était n rge, n manit". O encre : "Le grand maître de tt çà était le dcter. Je ne l'ai pas cnn. C'était n mener plitiqe. Un blanc". Mais le rôle des persnnalités est recnn ajrd'hi cmme pls imprtant qe celi des partis : "Maintenant il y arait pet-être des gens qi snt, cmme n dit, pr la drite et qi vternt pr Mnsier B. (n hmme plitiqe de gache). Ils vternt pas le parti, ils vternt l'hmme. C'est pas cmme atrefis, c'est pas d tt pareil". Le discrs d changement, encre ne fis évqé entre n passé de dreté et de slidarité et n présent pls facile et pls égïste est ne dnnée cnstante dans l'ethngraphie française (5). Il rend cmpte à sa façn, de la manière dnt a été véce la grande mtatin q'a sbie le Caylar depis la fin d XIXe siècle. Il est ss-tend par n cntexte de relâchement des réseax de slidarité traditinnels a prfit d repli sr si. Il est caractéristiqe enfin d vieillissement de la pplatin : ne grande partie de ns interlcters snt des persnnes âgées, chisies cmme telles pr évqer le passé le pls lintain de lers familles. Elignns-ns maintenant des svenirs de la cmmnaté prise dans sn ensemble pr ns cncentrer sr les devenirs individels et familiax. -26-

40 B. DEVENIRS. Tracer le chemin par leqel des familles, présentes a Caylar à la fin d XVIIIe siècle arrivées a débt d XIXe, nt réssi à vivre dans ce village, bn gré mal gré, en dépit des cnditins écnmiqes défavrables qi nt régné dès la première mitié d siècle dernier, des appels de la plaine alrs prspère et des grandes villes en expansin, vilà l'bjectif qe ns vdrins atteindre maintenant. Pr y parvenir ns allns interrger la mémire des familles, celle qi se svient des hmmes cmme celle qi décrit l'rigine des biens. Ns serns amenés très vite à ns pser le prblème de 'interactin des ns et des atres. Qel type de bien je pr les hmmes le rôle essentiel : la terre, la maisn, la btiqe? La frtne de chaqe famille s'est-elle cnservée pendant plsiers génératins, et dans ce cas, cmment? En d'atres termes qel a été dans la pratiqe le fnctinnement d système sccessral, qe ns spçnnns majritairement préciptaire? A-t-il été nanimement accepté bjet d'ppsitins, de cntestatins? Cmment a-t-il été répnd à celles-ci? Qel a été, en fin de cmpte, le devenir lng des familles?. La mémire généalgiqe. En règle générale, la cnnaissance généalgiqe des Caylaris s'étend jsq'à la trisième génératin (grandspères et grands-mères des dex côtés, paternel et maternel). Qelqefis même, il est difficile d'btenir le prénm d grand-père et le nm de famille de la grand-mère. A-delà de la trisième génératin, la cnnaissance de la généalgie familiale est exceptinnelle. Telle famille attachée à la terre et ayant véc cntinellement a Caylar depis le XVIIIe siècle prétend avir ne rigine qasiment mythiqe. Brn Chattelard évqe Saint Flcran, évêqe de Ldève a Xe siècle, dnt ne charte de dnatin, citée dans n receil imprimé, arait ëté faite en faver d'n Pierre Chattelard, q'il imagine avir été sn ancêtre. Il dit encre avir v, sr n viex cadastre des Hspitaliers de la Cvertirade datant de 58, la mentin d'ne "bire" (ferme) dite "de Pierre Chattelard". Vilà dnc sa famille liée à dex mments majers de l'histire lcale. Frt de cette assise prfnde, il pet en venir a Caylar et à ses prpres archives, remntant ax premières années de la Révltin. L'existence de ces papiers de famille prtant sr qatre cinq génératins cnfrte chez li le sentiment de la drée, de la pérennité d'n lignage en n même lie. Elle s'article avec la définitin d'ne frmle sccessrale qi attribe le stat-q scial de la famille à ne vlnté lignagère délibérée : cex qi n'héritent pas divent rester célibataires. Origine terrienne, avancée avec fierté par n agriclter bien assis a Caylar? L'examen de -27-

41 la généalgie des Chattelard mntre prtant qe la famille s'est enrichie a XIXe siècle grâce à la pssessin d'ne aberge, pis q'elle a dévelppé le cmmerce des grains et frrages. Le mdèle de Brn n'est dnc valable qe pr les tris dernières génératins, celles q'il cnnaît bien. A cette lignée ancestrale, Brn Chattelard ajte encre la frce d'ne prestigiese parenté : il se dit, nn sans hmr, csin d'n ancien Président de la Répbliqe dnt n des aïex, habitant Milla, était n hmnyme (dnc pense-t-il n apparenté) de sa famille maternelle... C'est ne atre srte d'rigine qi dmine chez Clade Raynal. Ovrier des travax pblics et de la maçnnerie, fils de cantnnier, sn espace mental n'a pas grand-chse à vir avec les grsses fermes de Brn Chattelard. Lrs d'ne srte de pèlerinage sr les pentes d Rc Castel, dnt la masse rchese dmine Le Caylar, il parcrt lentement les degrés de sa généalgie. De la maisn q'il a achetée a bas d village (et q'il habite ajrd'hi), il ns cndit d'abrd à la demere visine, qe sn père avait achetée, ajrd'hi inhabitée. Pis dans le viex Caylar, ns visitns ne des dernières habitatins de pente qi ne sit pas en rine : c'est celle qe le grand-père de Clade avait acqise, et q'il a vende à n citadin; c'est maintenant ne résidence secndaire. Clade ns mntre la pièce ù il est né : sans fenêtre, a-desss de la citerne hmide. Pls hat encre, a flanc de la clline, vici la minscle maisn natale de sa grand-mère : c'est ajrd'hi n débarras. L'arrière-grand-père maternel l'avait cnstrite li même à côté de sa prpre demere, maintenant n plailler. L'ascensin cntine encre, elle ns cndit jsq'a smmet d Rc. Là, entre l'ancienne église et le clcher, cette vûte smbre ft la demere ancienne d'n lintain ancêtre, snner de clches. Le cheminement généalgiqe de Clade Raynal laisse pantis par sa précisin. La lectre de sa généalgie en cnfirme la vraisemblance, excepté pr la dernière infrmatin, difficile à vérifier, la génératin d snner de clches n'étant pas cnne! Clade a dnc, cmme beacp de Caylaris, cnnaissance de tris même qatre génératins en directin ascendante. Mais ce qi fait sn riginalité, c'est le discrs q'il tient sr les liex de vie de ses aïex, et ce discrs est, à n'en pas dter, de prgrès: la cmparaisn des dimensins et de l'apparence des différentes demeres avec le dmicile actel de ntre gide, lgé dans ne tr de l'ancienne enceinte, dnne la mesre d chemin accmpli par la famille Raynal. Une certaine fierté se dégage de ses prps. Elle se nrrit à la fis de la mdestie de ses rigines et d cnfrt relatif de sa vie actelle. Sr n pint cependant, Clade Raynal n'est pas très éligné de Brn Chattelard : sn discrs est assi clairement lignagier. En ligne paternelle, il dit descendre de tris frères dnt il cite les prénms. L'n arait émigré dans le Midi, l'atre à -28-

42 ' ^ sjä^zjao^fi Sr les pentes d Rc Castel

43 Ldève, le trisième restant a Caylar. Prtant, s'il est pssible de trver, à telle telle génératin de sa généalgie, des frères émigrés répndant à ce schéma, les prénms avancés par Clade ne snt pas les lers. On est ici cnfrnté a mélange de vérité et d'incertitde qi caractérise la mémire généalgiqe. Le savir familial cpe, sélectinne et cnfnd. Clade Raynal a reten, sten par les vieilles mrailles, l'histire imagée d devenir familial, il se sait parent avec des émigrés lintains qi prtent sn nm et ler accrde natrellement ne fraternité passée avec l'n de ses ancêtres. Il dnne assi ne imprtance sans dte méritée à ne branche grand-maternelle inflente : il s'agit des Massl, qi pssédaient l'actel plailler, et à qi il a acheté la maisn q'il ccpe ajrd'hi. Il pet citer les mariages des dex sers de sa grand-mère, par lesqels il est lié avec dex atres familles lcales de travaillers. Or, les filles Massl appartenaient à la branche cadette d'ne des pls pissantes lignées brgeises d Caylar : elles étaient csines (mais a hitième degré) avec l'ancien Cnseiller Général Massl. Clade Raynal cncilie dnc dans sn discrs l'exaltatin cnsciente de ses rigines mdestes et le pids ressenti d'ne parenté pissante. Atre encre est la mémire de la famille Privat. Elle privilégie en effet de façn flagrante l'ascendance maternelle, les Astrc, dnt l'rigine, prtant extériere a Larzac, est bien cnne. La raisn en est simple : ces brgeis nt e ne descendance prestigiese. Un frère de la grand-mère, prêtre missinnaire envyé en Rssie, y est deven ppe et s'y est marié. Une ser a épsé le fils aîné des Sicard, ne famille brgeise de Saint-Michel, village visin d Caylar, et ler fils est deven ss-préfet : l'inflence q'il a ee sr la famille est cnsidérable, si l'n en crit la fréqence des citatins évqant ce persnnage dans les entretiens. En cmparaisn, l'ascendance paternelle des Privat est très mal cnne. Cette famille est prtant Caylarise par ses rigines (a mins six génératins) et par de nmbreses alliances; c'est elle qi a apprté le petit bien fncier qe la famille pssède encre. Crdnniers pendant tris génératins, mais crdnniers prspères faisant travailler dex vriers, les Privat Flcran nt laissé ler srnm ("l'amie") a banc de pierre qi se trvait devant ler btiqe sr la place : c'est "le peir de l'amie", sr leqel les hmmes d village aimaient venir s'asseir et plaisanter. Le fils de l'amie, Aymnd, est deven limnadier sr la même place, et c'est sn fils, Edmnd, qi a épsé Lise Astrc. Pe après ce dernier mariage, se place la fndatin de l'hôtel, qe le discrs familial impte à l'épse : l'idée li en serait vene lrs de sn vyage de nces dans les Alpes, et l'éqipement dit beacp a travail de sn père, ébéniste. Cisinière hrs-pair, atritaire et sachant mener sn mnde, Lise -29-

44 Astrc a dminé la mémire familiale et a laissé sn empreinte dans celle d village. Sa persnnalité n'est sans dte pas pr rien dans l'asymétrie bservée d discrs de ses descendants et de sa belle-fille, Marthe Vayssettes. Celle-ci, cisinière réptée et bnne maîtresse de maisn, li a natrellement sccédé, étant l'épse de l'aîné. Mais ne des filles de Lise, tt assi entreprenante, a repris n hôtel à Ldève, q'elle a fait prspérer jsq'à en faire l'n des pls imprtants de cette ville. A-delà d dble svenir-écran qe cnstitent le mariage d'edmnd et de Lise, et la fndatin de l'hôtel, tt le passé de cette branche des Privat échappe à ses descendants. Gabrielle Privat, fille d'edmnd et de Lise Astrc ne cnnait ni le prénm de sn grand-père paternel, ni le nm de sa grand-mère, qi est prtant ne hmnyme d csin ss-préfet, Bellina Sicard. Il ne li reste acn svenir familial d métier de crdnnier pratiqé par l'arrière-grand-père, ni même de sn srnm. Rien nn pls de la série de renchaînements d'alliance cmplexes qi nt abti a mariage d grand-père Privat avec sa csine germaine. Le résea de parenté très serré des Privat est effacé. Celi des Astrc, beacp pls vert, srtt vers le hat de l'éventail scial, a résisté à l'bli. Les Privat, pr tenter d'expliqer cette amnésie familiale, mettent en avant la préccité des décès de ler père et de ler grand-père. Les généalgies cnfirment ce caractère. Si l'n fait des myennes sr cinq génératins, n cnstate qe les hmmes merent dix-hit ans pls jenes qe lers épses. Cmme ils se marient tris ans pls âgés qe celles-ci, elles cnnaissent n vevage myen de pls de vingt ans. Dans ces cnditins, la mémire maternelle a pls de chance de se faire n chemin dans les représentatins cllectives de la famille; et cmme le grand-père Aymnd était fils niqe, il n'y avait à sa mrt persnne de sa fratrie pr entretenir sn svenir. Reste n sjet d'étnnement. Prqi les veves nt-elles si mal transmis la mémire généalgiqe de ler mari? La relatin drable établie de génératin en génératin entre belle-mère et belle-fille (de Bellina Sicard à Lise Astrc et de celle-ci à Marthe Vayssettes) semble avir jé n rôle de filtre ù les frtes persnnalités féminines l'nt emprté, aidées en cela par ler párentele prestigiese. Cette absence de mémire de l'épse, particlièrement de la veve, à l'égard de la famille de sn mari, n'est prtant pas le cas général, lin s'en fat. Très svent a cntraire, les veves s'avèrent capables de parler de la généalgie de lers alliés jsq'à la trisième génératin, exactement cmme lers maris ex-mêmes pvaient le faire. Lise Rsset a entend dire qe le grand-père de sn mari était valet de ferme dans n relais de pste q'elle site a "Sat d lièvre", lie-dit de Saint-Pierre-de-la-Fage. Elle cnnaît sn prénm. Elle sait q'il a épsé ne -0-

45 Byer, et mntre même l'armire de l'épse. Il est vrai q'elle a e en main atrefis ler cntrat de mariage. Si elle ne cnnait pas l'existence de plsiers de lers enfants, mrts jenes, et même d'ne fille devene ser de la Dctrine Chrétienne, elle a ne bnne cnnaissance des alliances et des descendances des atres enfants. Elle parle de la famille maternelle de sn mari, cnnaît le srnm d grand père et pet décrire le srt malherex de ses descendants. Sans dte Lise Rsset a-t-elle été qelqe pe frstrée en matière de famille dans sa jenesse. Née de père incnn et qasiment abandnnée par sa mère ax mains d'ncles et de tantes célibataires, elle a fait sienne la parenté de sn mari, et dit de celi-ci q'il était pr elle "cmme n frère". La cmpensatin généalgiqe manifeste chez Lise Rsset n'est pet-être pas étrangère a cmprtement d'atres épses, qi n'nt prtant pas e les mêmes malhers. Le sel fait de qitter sn lignage, et parfis sn village, pr venir en "étrangère" dans ne nvelle famille, incite sans dte à faire siens les liens généalgiqes de sn épx. La femme de Brn Chattelard, vene d'n village éligné, s'identifie cmplètement a lignage de sn mari. Elle dit : "ns, n avait des grand-pères,...", "ns, les tantes qi nt véc là...", encre "ma tante", en parlant de membres de ce lignage. Madame Girad, qi est veve, et elle assi vene d'n atre village, cnnaît frt bien la famille de sn mari, en particlier les prfessins d grand-père et d frère d grand père, persnnalité marqante de la famille. Elle n'est pas sûre d nm de famille de la grand-mère, mais elle pet citer les frères et sers de sn bea-père et ler descendance. Assitôt q'elle est cnfrntée à ne généalgie écrite, elle se svient des enfants des frères et sers d grand-père de sn mari (dnc des csins germains de sn bea-père), et pet parler de ler mariage et de lers enfants, qi snt de sa génératin. Même chse pr Madame Byer, native de Firmy, près de Decazeville, qi sffle à sn mari caylaris les svenirs de sa famille, q'il a bliés. Madame Clet, native de Lyn et veve d'n caylaris, sait le nm d grand-père de sn mari q'elle n'a pas cnn, pas pls qe sn père d'aillers, mais dnt le svenir est resté parce q'il était maire d Caylar. Elle a cnservé des relatins avec des descendants d'n frère de la grand-mère de sn mari, mais elle ne sait pas ce q'est deven le frère d grand-père. Elle se cnnaît assi des csins d côté de sa belle-mère, tte cette parenté étant extériere a Caylar. Les cnnaissances généalgiqes des épses sr la famille de ler mari snt dnc en général presqe assi étendes qe celles des épx ex-mêmes. A l'inverse, il est beacp pls difficile de dire si les hmmes nt ne cnnaissance apprfndie de la famille de ler femme : ns ne dispsns en effet qe d'n vef parmi ns cntacts caylaris, et l'entretien avec li --

46 n'a rien dnné à ce sjet. Une atre qestin imprtante est celle d lie d'rigine de la famille. S'il est extérier a Caylar, il marqe bien svent ne limite a-delà de laqelle n ne sait pls rien. Marice Mlinier, dnt le père est ven de l'hspitalet, village visin d Caylar, cmme fermier, ne sait ni le prénm de sn grand-père paternel, ni le nm de famille de sa grand-mère, q'il n'a jamais cnns. Sa ser cependant, après q'n le li ait sggéré, se remémre le prénm de sn grand-père : Hercle. Pr cmpenser pet-être cette ascendance simplifiée, les Mlinier, pls qe sr ler rigine, insistent beacp sr l'imprtance de la fratrie et sr la cntribtin de chacn a travail de la ferme. Fndamental dans cette qestin de 'rigine est en effet le sentiment d'appartenance. La cnnaissance généalgiqe n'est pas fnctin selement d statt scial de la famille. L'étde des cas de Clade Raynal, travailler, de Lise Rsset, femme de serrrier, le mntre bien. Ce qi cmpte, c'est d'abrd le sentiment d'appartenir à n grpe familial slidement implanté dans n lie et mni de relatins de parenté actives dans et hrs de ce lie. A ce titre, la lignée sert à agréger les liens de parenté pls q'elle ne les dirige. Prenns-en pr test les effets prdits par le passage d'n individ d'n lie à n atre : en général, la cnnaissance de la lignée s'estmpe dans le temps assitôt qe sn pint d'applicatin se déplace dans l'espace. De ce pint de ve, l'hrizn généalgiqe et l'hrizn gégraphiqe se cnfndent. Seles échappent à l'effacement les relatins parentales les pls efficaces, celles qi lient le grpe familial à ne atre famille inflente. Dès lrs, ce n'est pls frcément la lignée patrilinéaire qi est prise en cmpte, mais tte lignée qi dispse d'n résea de relatins parentales (aillers n dirait párentele ()) sffisamment actif. L'efficacité est dnc l'argment décisif de l'appartenance généalgiqe. Si l'épse se fnd dans le résea de parenté de sn mari, sans pr cela frcément renncer a sien, c'est q'elle en recnnaît la valer sciale. A défat de cette recnnaissance, sa parenté à elle s'impse. La qestin de la frce, de l'efficacité d lignage, telle qe les discrs familiax en rendent cmpte, est dnc en étrite relatin avec le résea de parenté qe ses membres nt s cnstrire cmpléter à chaqe génératin. De ce pint de ve, n lignage fermé sr li-même, par exemple d fait de renchaînements nmbrex, pet perdre tte "srface sciale" et par là tte existence réelle. Mais le je de l'alliance, ainsi rend nécessaire, ne pet à sn tr s'activer qe si le lignage a qelqe chse à prpser. Le prblème d maintien d statt scial à travers biens, métier et parenté, est dnc à chaqe génératin à nvea psé. -2-

47 2. Terre, maisn, métier : la sccessin préciptaire. Cmme la mémire généalgiqe, celle des biens et d métier est cnfse a-delà de la trisième génératin. Elle existe prtant, dans certains cas. C'est q'alrs le bien l'activité prfessinnelle nt acqis ne imprtance symbliqe particlière, représentant sit la cntinité de la famille, sit sn essr, les dex à la fis. Qand René Thmas parle de sa "terre de la Fntaine", q'il demande à ses enfants de ne jamais vendre, li, le maçn, le fils de cantnnier, tient n discrs étrange : "elle vient de qatre génératins, elle n'a jamais nrri persnne. L'argent part, mais la terre reste". La maisn, les appartements restarés dans le village et lés, pevent être vends, mais pas la terre. Elle est cmme l'assise caylarise, la marqe indélébile et symbliqe d'n passé des Thmas qe René vdrait terrien, même si ses ancêtres n'étaient qe de petits travaillers. La maisn ss les clches qe le cantnnier Clade Raynal ns mntre, et ttes les atres masres q'il a cnservées sr les pentes d Rc Castel, jent n rôle semblable à la terre des Thmas. Bien sûr elles ne pevent, chacne pr elle-même, représenter la maisn familiale, habitée par plsiers génératins sccessives, chère ax prpriétaires assis : mais ttes ensemble, dans ler sccessin qasi-généalgiqe, elles jent ce rôle symbliqe. Le mdèle qi est ici en actin, c'est bien entend celi de l'stal, de la liaisn rganiqe de la famille lignagère et d bien, n mdèle véhiclé srtt par les prpriétaires, mais qi imprègne assi les mdes de représentatin des travaillers. Et ce mdèle perdre dans les familles a-delà même de ler présence effective dans le village, jsqe dans l'émigratin. Madame Clet, veve d descendant d'ne famille de bns prpriétaires, n'a pratiqement jamais habité a Caylar, qe sn mari a qitté qand il était encre jene. Mais elle a cnservé l'essentiel de la prpriété familiale : "Ma belle-mère disait tt le temps : ne vendez jamais la maisn et le bis!". La maisn, elle y passe ses vacances; le bis, lé à n élever, rend pe de prfit, mais c'est le lie privilégié des prmenades et des piqe-niqes familiax. Cmme Madame Clet, de nmbreses familles qi nt qitté Le Caylar y nt gardé ler maisn, pr les vacances. Cet attachement à n bien n'est pet-être qe le résid le prlngement, transfrmé pr les besins des lisirs mdernes, des anciennes règles par lesqelles se transmettent les symbles fndamentax d statt scial. Actif pr la maisn et pr les terres, il s'appliqe assi a métier : Frédéric Carel parle avec fierté des cinq génératins de menisiers qi se snt sccédées dans sa famille. Sn discrs est teinté d'n regret, celi qe sn --

48 frère, l'actel menisier, n'ait pas de sccesser, et pet-être d'n espir : qe sn fils pisse reprendre le métier. Terre, maisn, métier, cnstitent atant de myens d'assrer l'existence matérielle des hmmes, la cnservatin de lers mdes de représentatin, de ler psitin sciale et des réseax de relatins qi les lient entre ex. La qestin de ler transmissin à n héritier capable d'en assrer la cntinité est dnc essentielle, le mment ù s'effecte la sccessin crcial. Qel est dnc a Caylar le régime sccessral, qelle a été sn évltin? "Je vs dirai ne chse, c'est qe... les aînés prenaient la site de la maisn. En principe, c'était l'aîné. Je sais qe ma mère ns a dit ne fis : 'vs savez, vtre frère a cinq enfants, et il s'est ccpé de vs*... il a été avantagé, qi, elle li a dnné l'hôtel. Il a gardé l'hôtel et n grsse partie de la prpriété". L'bservatin des généalgies éclairées par les actes ntariés et le mvement des biens cadastrax le mntre bien : le mde sccessral dminant a Caylar est préciptaire. L'n des enfants s'y vit réserver dans sn cntrat de mariage, pls rarement par le testament de ses parents, ne part prépndérante de l'héritage, à titre d'avantage. Dans la grande majrité des cas, cet enfant est n garçn, et le pls svent l'aîné. Le système préciptaire pet prendre diverses frmes en fnctin de la péride histriqe, mais assi d grpe scial aqel n a à faire. Avant 79, la sccessin avait la frme de l'héritage niversel. L'héritier niversel gardait la ttalité d bien, ne fis distribés les légats prévs par les testaments des parents. La péride révltinnaire apprte ne réglementatin pls stricte des mdes sccessrax. Après le 4 mars 79, tte pssibilité de nmmer n héritier préférentiel est spprimée. Ce n'est qe le 4 germinal an VIII q'il est à nvea pssible de le faire. Encre l'héritier préciptaire n'ara-t-il drit q'à ne fractin d patrimine. Celle-ci est d'abrd fnctin d nmbre des frères et sers. Mais le 2 flréal an XI, elle est prtée à n qart de la valer d bien, qel qe sit le nmbre des enfants (2). Ce système, repris par le Cde Civil, est encre en viger ajrd'hi. Ns avns p en sivre l'évltin sr les généalgies de ntre échantilln, de façn cntine jsq'a milie d XIXe siècle, les séries testamentaires dépsées s'arrêtant alrs. Pr la péride sivante, les svenirs de famille, certains actes détens par ns interlcters et les mtatins cadastrales ns nt permis de vérifier qe le système restait en viger jsq'à ajrd'hi, pr l'essentiel. -4-

49 Les grs prpriétaires les artisans cltivaters snt cex qi pratiqent le pls massivement la sccessin préciptaire. On la rencntre assi chez les travaillers, mais ss ne frme mins rigrese. Sr 26 cntrats de mariage qe ns avns tilisés, 42 cncernent des individs qe ns avns identifiés cmme sccessers directs de ler père. d'entre ex snt explicitement préciptaires, les atres snt de simple "régime dtal", c'est à dire qe sel le mntant de la dt de l'épse est éventellement précisé. L'étde des cadastres mntre cependant qe les bénéficiaires de ces cntrats deviennent effectivement sccessers d père dans sa maisn, sn métier, l'essentiel de sn bien. Les atres cntrats snt cex des héritiers nn préciptaires, q'ils sient garçns (2) filles (52). A débt d XIXe siècle, le système préciptaire est presqe tjrs asscié, chez les grs prpriétaires et les artisans, à ne clase qi prévit pr la mère la jissance d'ne partie des biens (atre bien entend qe celle dnnée en précipt). Cette partie pet être d'n qart, même de la mitié des biens d père, et cmprend ne chambre, parfis ne cisine dans la maisn de l'héritier. A tt débt d XIXe siècle, la mère bénéficie même qelqefis d'n qart des biens en héritage, et d'n atre qart en jissance. Si l'n tient cmpte d fait qe les femmes se marient en général pls jenes qe les hmmes et q'elles vivent svent pls lngtemps, cette clase destinée à garantir ne vie décente à la mère après la mrt d père, et à li laisser n large pvir de décisin, abtit à retarder d'atant le partage définitif des biens.. Par dex fis, est tilisée la clase, fréqente ss l'ancien régime, qi laisse à la mère le chix de désigner l'héritier principal des biens paternels. Dans l'n des cas, le père s'était déjà prnncé en faver de sn fils aîné lrs d'n premier testament, dans l'atre cas, la mère, à la fin de ses jrs, se d drit qi li est dnné pr faire chéritiers préciptaires n fils cadet et ne fille, en désavantageant l'aîné. Ns examinerns pls lin les raisns de cette attitde. Ns n'avns rencntré qe dex fis ne clase qi engage l'héritier niversel à vivre, après sn mariage, "à pt et à fe" avec le cple parental. Cela n'empêche pas, bien entend, qe dans d'atres cas, ne cmmnaté de vie nn cntractelle ne pisse s'établir entre parents et enfants mariés, mais la rareté même de ces mentins, liée à l'effacement prgressif de celles qi fnt intervenir la mère dans l'héritage d père, est significative : n pet les cnsidérer cmme des srvivances de l'ancien régime sccessral qi tend à disparaître avec les larges grpes familiax d'atrefis. On trve a cntraire de pls en pls svent des maisns partagées entre le jene cple et -5-

50 l'ancien, avec des clases prévyant n escalier et ne entrée indépendante pr chacn d'ex, et la jissance de la citerne, sele srce d'ea. Ns arns l'ccasin de revenir sr ce pint lrs de l'étde des strctres familiales. Ntns cependant déjà qe ces bservatins rejignent très précisément celles rapprtées par Alain Cllmp dans le dmaine Hat-Prvençal (). Mais cntrairement à ce qi est bservé en Hate-Prvence, la disparitin prgressive de ces clases restrictives, qi laissaient ax parents ne main-mise réelle sr la part de l'héritage dnnée en précipt cmme sr l'ensemble d bien, n'affecte en rien a Caylar le système préciptaire. Il parait même pltôt renfrcé par cette atnmie nvelle dnnée a cple de l'héritier : les nveax mariés vivent pls svent q'atrefis à l'écart d cple parental, dispsant de ler qart pls prbablement travaillant avec le père l'ensemble de la prpriété. Cependant le partage définitif des biens, ne fis extrait le précipt et les dts des frères et sers, ne sera fait q'à la mrt d père, svent même après la disparitin des dex parents. Alrs selement l'héritier préciptaire deviendra maître de l'ensemble d bien et reviendra habiter la maisn paternelle. -6-

51 . L'héritier préciptaire. Sr 2 fratries pr lesqelles ns dispsns de renseignements sûrs, 08 (82%) vient l'avantage aller à l'aîné des garçns (, rarement, à l'aînée des filles qand il n'y a pas de garçn), 20 (5%) à n cadet, et 4 (%) à ne fille ayant des frères en vie. Chez les grs prpriétaires, dnt les dts maternelles snt cnséqentes, l'aîné des garçns est héritier préciptaire à la fis d père et de la mère. Chez les artisans qi nt ne prpriété imprtante, c'est svent le cas assi. Mais chez les petits artisans et travaillers, la sitatin est pls nancée. Des exceptins pevent se prdire qi, chez certaines catégries très circnscrites, deviennent même la règle. L'exemple le pls srprenant date d débt d XXe siècle. Simne Mlinier, dernière née de sept enfants, prend la sccessin de ses parents sr la terre dnt ils nt été fermiers et q'ils viennent tt jste d'acheter. Elle expliqe : "Ts étaient mariés, chacn avait sa sitatin, et mi, bien sûr, je sis restée avec mes parents. Je ne vlais pas abandnner ma mère, vs savez ce qe c'est. J'étais la dernière, et vilà!". Sn frère ajte : "Elle était n pe handicapée, n pe infirme, alrs n l'a n pe avantagée". En pls, elle a épsé n vrier de la ferme. Sans dte le système sccessral très particlier appliqé par les Mlinier est-il lié à ler statt encre récent de fermiers, dnt ils viennent à peine de srtir. N'ayant pas de bien prpre, les fermiers encragent le départ de lers enfants a fr et à mesre q'ils atteignent l'âge adlte. Cette pratiqe a été bservée aillers, en particlier en Bretagne (4). Ntre exemple ne sffit évidemment pas à la caractériser en Langedc, mais cela mériterait d'être examiné. En ts cas, c'est ne attitde qi distinge frtement les Mlinier des atres grs prpriétaires d Caylar. D'atres cas d'héritages allant à des filles existent, mais ils snt la cnséqence d'ne sitatin particlière, ù la fille prend en charge sa mère âgée : en échange de ses sins, elle reçit en précipt le qart des biens maternels. La même chse pet se prdire en faver d'n fils cadet. Le précipt, ns l'avns dit, va qelqefis à n cadet. Chez les prpriétaires, c'est le pls svent qand l'aîné est resté viex garçn qe sn mariage a été infécnd. Ainsi chez la famille Chattelard : a milie d XIXe siècle, le frère aîné étant célibataire et vivant avec les parents, c'est le jene frère qi est fait héritier préciptaire d père et de la mère. Une génératin pls tard, le frère cadet, marié, héritera après avir acheté beacp de biens en cmmn avec sn frère aîné et sa ser, ts dex restés célibataires et vivant après de li. Cette sitatin de famille élargie ax cllatérax a -7-

52 laissé des traces dans la mémire familiale. Ns arns l'ccasin de les évqer. L'avantage est encre dnné a cadet dans certains cas ù la sccessin d'n métier est en je, srtt si ce métier nécessite ne infrastrctre lrde en tillage, et n lng apprentissage. C'est le cas chez les Randn, serrriers : pendant dex génératins, le pls jene fils prend la sccessin d père, les aînés partant cmme vriers dès q'ils en nt l'âge et ne revenant pls à l'atelier. C'est le cas assi chez les Privat, crdnniers, ù la mère, héritière niverselle d père, a décidé d'avantager sn fils cadet Gillame et sa fille Catherine. Ts dex se partagent en l'an IX ne maisn, alrs qe l'aîné, Flcran, n'a e qe sn légat. Ns verrns qe la chse ne s'est pas faite sans cntestatins, mais ce qi ns imprte ici, c'est d'essayer de cmprendre les raisns de ce chix. Le statt de crdnnier de Gillame a évidemment jé le rôle décisif dans la décisin de li dnner la btiqe. L'aîné, petit agriclter travaillant sr les biens de sa femme, était "casé", et il imprtait de dnner n sccesser a père. Catherine de sn côté s'était pet-être chargée de la mère. A la génératin sivante, c'est encre le cadet, Flcran, qi, en 85 a hérité en précipt de la maisn sitée a-desss de l'atelier et d'ne smme de 000 francs. Celle-ci li a permis bientôt de racheter la btiqe de sn père. Sn frère aîné, Frédéric, avait émigré et pratiqait le métier de marchand de cir. Une trisième génératin a v encre le pls jene fils hériter de la maisn. Les artisans qi pratiqent n métier demandant n savir faire nt dnc n cmprtement semblable à celi des fermiers. L'état d'esprit qi réserve à l'aîné l'avantage sccessral ler est incnn. La vie nrmale est le départ qi enlève n candidat à la sccessin. Celi qi reste s'ccpe de la btiqe, et pls tard des viex parents. L'épse de Pal Byer, fils de bcher, expliqe cmment sn mari a hérité de la maisn paternelle : "Cmme il était le pls jene, il avait drit à n qart de pls qe les atres. Il était resté avec sa mère, l'avait signé jsq'à sa mrt. Il était là pr les besins. Alrs, c'est légal a fnd. Les atres avaient fait ler vie à ex, ils se snt bien régalés, et ns, ns smmes restés cmme cncierges en bas!". Le ménage de Pal Byer habitait en effet la bcherie désaffectée a rez de chassée de la maisn paternelle. Le système qe ns venns de décrire paraît ' être limité ax artisans et ax cmmerçants qi n'nt qasiment pr tt bien qe ler btiqe. Cex qi pssèdent également ne prpriété et qi snt les pls frtnés, abergistes, maçns bchers, se cmprtent srtt en prpriétaires, et dnnent le pls svent l'avantage à ler aîné. Mais cet avantage reste l'aberge la btiqe! Le cmprtement des artisans-prpriétaires est dnc cmpsite. 8-

53 Avant tt prpriétaires si l'n en crit le chix dminant de l'héritier préciptaire, ils se révèlent artisans par la natre de l'avantage qi li est attribé. Chez les travaillers, dnt les biens-fnds snt svent rédits à pe de chses, la maisn je le pls svent le rôle de l'avantage. C'est le cas pr plsiers familles mdestes : chez les Berthmie, les Gleizes, les Raynal, les Girad, les Massl bridiers, la maisn va systématiqement à l'ainé. Qelqefis prtant, il y a si pe de biens q'elle dit être partagée. C'est ce qi arrive chez les Thmas en 8, à la mrt d père. La fille aînée, Catherine première d nm, qi est la sele mariée, hérite alrs d'ne petite maisn, d'n jardin et de dex hectares de terre. Le fils aîné, Pierre Jean, a dans la maisn paternelle ne chambre, ne sillarde et la lge a cchn. Antine premier d nm a l'écrie et ne demi-citerne. Catherine II a la cisine, le grenier, le pigennier et l'atre demi-citerne. Les atres frères, Alexis et Lis, nt chacn 9 francs, Antine II n hectare de terre. Le partage de la maisn est difficilement tenable. Il dit être cmplètement repris à la mrt de la mère, en 822. A ce mment, le fils aîné reçit n précipt qalifié cmme tel, en argent : 0 francs. La dernière des filles, Catherine II, est héritière préciptaire de la mère, q'elle signe. Elle reçit à ce titre 22 francs, avec lesqels elle rachète la ttalité de la maisn à ses frères. Enfin, ts les enfants reçivent ne part de terre de la valer de 46 francs. On le vit, il ara fall attendre 9 ans avant qe la maisn démembrée sit à nvea rénie dans ne sele main, et c'est ne main féminine. A la génératin sivante, celle des enfants d cadet Alexis, ne maisn sera encre partagée entre dex frères (846). Et à la trisième génératin, c'est ne fille qi héritera de la maisn, les qatre garçns se partageant les terres (898). Clade Raynal, fils niqe, n'a évidemment pas cnn les mêmes prblèmes de partage. Mais il évqe le cas de sn grand-père : "qand ils nt fait le partage, mn grand-père, avant de mrir, avait arrangé ts ses enfants, en argent, en tt. C'est-à-dire, il ler avait laissé, je vs parle, mi... h, il est mrt en 4, par là. Il ler avait laissé francs, en tt, ça ler faisait 5000 francs à chacn, pls la maisn, pls qelqes petites terres, mais ce snt des terres sans valer, vyez". Le partage paraît dnc égalitaire. En réalité, le cadastre mntre q'il y avait dex maisns : l'ne est allée a cadet, l'atre à la fille. L'aîné a e l'essentiel des terres et a dû acheter ne maisn. Tt petits prpriétaires, jrnaliers et cantnniers, les Thmas et les Raynal pratiqent dnc n système préciptaire très atténé, et cela assi bien a prfit des filles qe des garçns, même a prfit d'ne fille et d'n garçn. Ce système tend à devenir de pls en pls -9-

54 égalitaire, a fr et à mesre qe l'n s'apprche d XXe siècle. Pls q'ne habilitatin à perpéter n statt scial, l'avantage, qand il existe, est simplement chez ex ne récmpense pr sins et services rends. -40-

55 4. Précipt et part. Qelle est dnc la valer d précipt et sn cnten en biens? Les actes la laissent en général dans le vage. Les parents lègent "le qart de lers biens", sans atre précisin. Est-ce vlnté de ne pas léser l'héritier, en li laissant le bénéfice d'ne ftre améliratin d patrimine paternel? bien espir q'étant le miex placé pr cnnaître les biens, il sara se dter, a mment vl, d "meiller qart" pssible, cmme le mntrent certains dcments qe ns examinerns? encre le cnten d précipt est-il fixé verbalement, pr éviter le paiement de drits crrespndant à sa valer? Qi q'il en sit, cette imprécisin ns paraît la preve qe le versement d précipt est le pls svent différé jsq'a décès d dnater, et qe l'héritier cntine de travailler après de sn père jsq'à ce terme. Dans les rares cas ù ne valer est dnnée, dans la première mitié d XIXe siècle, ns avns nté des smmes allant de 00 à 50 francs pr des travaillers, 00 à 600 francs pr de petits artisans myens prpriétaires, et jsq'à 5200 francs, valer la pls élevée qe ns ayns rencntrée, pr n grs prpriétaire. A ces valers s'ajtent bien entend les parts btenes lrs d partage des tris-qarts restants. Bien svent, le précipt cmprend des terres, mais pls encre la maisn paternelle. Ce caractère se trve assi dans les sccessins nn explicitement préciptaires, et même celles prcédant par partage : chez les prpriétaires, la maisn va à l'aîné, et c'est déjà n signe de l'avantage qi li est fait. Sans dte la maisn est-elle alrs le spprt privilégié de la mémire généalgiqe familiale et même lignagère, n bien privilégié à l'sage ambivalent, écnmiqe et symbliqe à la fis. Certes il y a des exceptins. Dans la pls fréqente d'entre elles, la maisn est partagée entre n frère aîné et ne ser, svent l'aînée. Qelqefis, cette ser reste célibataire et vit dans le même, dmicile qe sn frère, à qi elle légera la maisn à sa mrt: ce partage n'est q'ne manière de pls d'avantager le garçn. La même pératin est menée qelqefis avec n frère célibataire, tjrs a prfit d frère marié: c'est le cas chez les Chattelard. Enfin qand il y a dex maisns, l'ne va bien svent à l'aîné, l'atre à ne ser : svent l'aînée, celle qi s'est chargée de la mère. Les petits artisans, ns l'avns dit, se tiennent à part. Chez les Privat, crdnniers, ne des filles achète la maisn à sn père; chez les Rsset, serrriers, par dex fis, la maisn paternelle va à ne fille, sans dte parce qe la part essentielle de la sccessin est le métier et la btiqe, qi snt restés à l'héritier attitré. Les travaillers enfin dnnent svent ler maisn -4-

56 en précipt parce qe c'est ler sel bien cnséqent. Le précipt a dnc n cnten variable seln l'imprtance accrdée dans chaqe milie scial à la terre, à la maisn a métier. Il se cmpse presqe tjrs de ce qe la sccessin pet ffrir de meiller à l'héritier, ce qi est le pls ssceptible de faire de li n sccesser digne de sn père, d'assrer la reprdctin sciale de la famille. Qe reste-t-il à cex qi n'nt pas la chance d'être avantagés? Il serait illsire de crire qe la part est frcément égale pr chacn d'ex, même si la li l'exige. Chez les Clet, prpriétaires aisés, ne fis réglés le qart et la part de l'aîné, qi additinnés fnt 5,2 ha, ne demi-maisn et n bâtiment rral, il reste pr n cadet célibataire 6,9 ha et le qart de la maisn, pr ne fille mariée 5,5 ha, pr les dex filles célibataires respectivement, ha et le dernier qart de la maisn pr l'ne, et,7 ha, n bâtiment rral et n jardin pr l'atre. Le garçn et ne des filles célibataires vivrnt dnc dans la même maisn qe l'aîné, jsq'à ce qe ler héritage, prbablement, revienne à celi-ci à ses héritiers. La dtatin des garçns nn héritiers est rarement spécifiée dans lers cntrats de mariage à "régime dtal", ù sels figre la dt apprtée par ler épse. Qelqefis cependant, n avancement d'hirie ler est cnsenti par cntrat. Le mntant est alrs cmparable à celi de la dt de l'ne des sers, légèrement inférier. En smme, il s'établit ne hiérarchie ù l'aîné des garçns vient en premier, pis les atres garçns et filles mariés, enfin les célibataires (5). La qestin de la dt versée ax filles permet d'examiner ce prblème ss n atre jr. Il est intéressant de cmparer le mntant des dts srtantes (versées ax sers) avec celi de la dt entrante (apprtée par l'épse de l'héritier préciptaire), à la même génératin. Vici n tablea cnstrit à partir des qelqes cas ù cette cmparaisn est pssible. -42-

57 Famille Date d mariage de l'aîné Dt entrante de l'aîné Dt srtante des filles Privat A. Chattelard Privat G. Thmas E. Privat A. Gleizes A. Chattelard F 900 F 0000 F 4000 F 2200 F 690 F 500 F 240 F 240 F 750 F 800 à 2200F 700 F 60 F 65 F Il s'agit de familles de cmmerçants-prpriétaires (les Chattelard, les Gleizes André snt abergistes) de grs prpriétaires (les atres). Une sele dt srtante est spériere à la dt entrante. C'est celle, énrme pr Le Caylar (700 F), versée par Antine Privat, grs prpriétaire et bcher (c'est-à-dire prbablement maqignn) à l'ccasin d mariage de sa fille avec n atre grs prpriétaire de la plaine langedcienne. Sans dte l'alliance valait-elle l'effrt financier cnsenti. Dans ts les atres cas, pls représentatifs des valers habitelles, les dts srtantes snt à pe près égales nettement inférieres à la mitié des dts entrantes. Ns avns tenté de faire n bilan à partir de l'ensemble des éléments dnt ns dispsns, pr fixer les idées avec des rdres de grander qi sient valables dans le crant d XIXe siècle. Le mntant myen des dts est bien entend fnctin d rang scial des parents. Pr les travaillers-petits cltivaters, il est d'envirn 00 à 200 F. Pr les artisans, cmmerçants et myens prpriétaires, qi frment ne catégrie pls lâche et mins bien caractérisée, les dts varient de 200 à 000 F, et snt svent payées en parts de maisn et en terres. Enfin, les grs prpriétaires dnnent à lers filles de 000 à 5000 F en argent en terre. Les dts entrantes apprtées ax cadets ax filles par ler cnjint lrs de ler mariage snt d même rdre de grander qe les dts srtantes versées par lers parents à ces mêmes cadets filles. Par cntre, les dts entrantes versées ax héritiers préciptaires snt a mins dex fis pls élevées qe celles des cadets des filles. Cela s'expliqe facilement. Si ns prenns l'exemple d'ne fratrie myenne de la première mitié d XIXe siècle, de tris enfants, ne fis extrait le qart préciptaire de l'aîné, il reste à partager les tris qarts restants en tris parts égales. Sit à chacn n qart d patrimine glbal. S'il y avait qatre enfants, il resterait à chacn, par le même calcl, tris seizième d patrimine glbal. Dans les dex cas, l'héritier préciptaire, qi cmle précipt et part, pet s'attendre à dispser d'ne prtin visine d dble de celle de ses frères et sers. Il pet -4-

58 dnc espérer en cnséqence recevir de sn épse ne dt éqivalente à sa part, sit le dble de la dt entrante des nn préciptaires. Ce calcl simple sppse évidemment qe tt se passe dans la pls grande clarté. Ce n'est pas tjrs le cas. -44-

59 5. Ss-évalatins et cntestatins. Le fait de l'inégalité des divers membres d'ne même fratrie par rapprt à l'héritage ne semble pas pser de prblème jsq'à ne épqe récente. Le système préciptaire paraît même largement admis. Ce qi l'est beacp mins, c'est qe l'héritier préciptaire trepasse les drits qi li snt recnns par la li, en particlier en ss-évalant la part qi li est revene a titre d précipt, sa part d partage, dite "prtin virile". Or, si l'n en jge d'après ntre dcmentatin, cet abs semble se prdire svent. Il n'est q'à vir le nmbre de cntestatins qi nt e lie, et qi nt prvqé n même plsiers partages sccessifs destinés à ramener les parts à pls d'égalité. Ns dispsns en tt de 2 partages. Onze d'entre ex nt été effectés à la mrt des parents pr dnner à chacn des enfants la part qi li revient, en l'absence de tt règlement antérier. Il ne semble pas q'ils aient entraîné de cntestatin majere. Les dze atres fnt site à n désaccrd à la dénnciatin par n plsiers des frères et sers de la sitatin faite à l'héritier préciptaire, trp bien servi. Rappelns qe ns dispsns de cntrats de mariage prévyant explicitement n précipt, pr la même péride. Il y a dnc cntestatin dans près d'n cas sr tris. Qelqefis, il s'agit de smmes nn payées : ainsi, le fils cadet de Françis Clet, abergiste, btient-il par partage tris terres à la place des 2000 F d'avancement d'hirie q'il n'avait jamais reçs. La plpart d temps cependant, la cntestatin prte pls fndamentalement sr la valer des parts attribées, celle de l'héritier préciptaire étant trvée trp grande ss-évalée. Sans dte les critiqes des frères et sers snt-elles en partie fndées, pisq'elles abtissent tjrs à n nvea partage devant ntaire. Dans la famille descendant d'andré Gleizes, abergiste, l'habitde avait été prise de favriser largement l'aîné. A la première génératin (782), Antine avait e en précipt l'aberge et sn mbilier. Une cntestatin de ses frères et sers le cndit en 80 à lâcher 600 F et ne terre pr sa ser Catherine, qi dit recevir assi 200 F d frère cadet Lis, li assi trp bien servi. Par la site, Antine mert sans enfant et dnne sn héritage à Lis. Celi-ci ne laisse pls tard à ses tris filles qe des dts de misère allant de 00 à 60 F, ss prétexte q'antine ler a légé 600 F à chacne. Jean-Lis, fils aîné de Lis, mais pls jene qe ses sers, btient le qart préciptaire. Dès la mrt d père, en 845, les filles réclament et btiennent n partage, qi démntre de manière flagrante l'iniqité d règlement paternel : a lie de lers dts étriqées, les filles et ler jene frère Etienne reçivent des parts valant 5 F en terres, linges -45-

60 et mebles. L'aîné cnserve sn précipt, mais la valer en est ramenée à 225 F. La ss-évalatin des parts des filles était dnc d'n facter dix, si l'n admet qe le légat de ler ncle n'arait pas dû être cmpté pr part... Vici n atre exemple. Jacqes Clet, de la branche srnmmée "La Trche" cnteste en 840 cmme trp faible la smme de 600 F qi li a été allée par ses parents, et qi ne li a d'aillers jamais été payée. Site à cette cntestatin, les frères et sers acceptent de remettre à la masse de l'héritage la ttalité des avancements d'hirie qi ler avaient été cnsentis. On effecte le partage. L'aîné tchera 28 F en précipt et 296 F de part, sit en tt 5767 F. Chacn des cadets, dnt Jacqes, tche 296 F de part... C'est presqe cinq fis ce qi ler avait été d'abrd attribé. Les cas qe ns venns de citer snt extrêmes. En général, la ss-évalatin n'atteint pas de pareilles prprtins, mais des crrectins ramenant les parts d simple a dble snt svent nécessaires. Chez les Massl, grs prpriétaires, les cadets et les filles btiennent en l'an XIII le dblement de ler légitime (elle passe de 500 à 000 F). La même année, dans ne branche csine de la famille Massl, des bridiers cette fis, les filles btiennent n résltat semblable : à ler dt, qi était de 600 à 800 F, s'ajtera ne part de créance valant 800 F. Mais l'aîné préciptaire btient pr li de garder en pls de sa part n pailler valant 600 F. Le désir des grandes familles de maintenir l'nité de ler patrimine cndit parfis à des sltins cmplexes qe l'n tente de répéter de génératin en génératin. Les Privat de la branche la pls riche, chez qi l'aîné, de père en fils, s'appelle Gillame, nt n mde sccessral très difficile à débriller. Dès le décès d premier Gillame en 820, ses biens snt mis ax enchères. Il y a alrs six enfants vivants. L'aîné, qe ns appellerns Gillame II, avait déjà reç d père par n bail en paiement la valer de sn qart préciptaire, pls celle des 0000 F de dt de sa femme Anne Astrc. Il parvient encre à acheter 85% des biens mis ax enchères pr 8650 F. Par cette pératin, la pls grande partie des biens paternels est cnvertie en ne valer argent dnt le mntant est évidemment sjet à discssin. Flcran Privat, le fils cadet, et sa ser, prtestent. Un partage dit intervenir en 84. Sr la base des 2992 F de la sccessin glbale d père et de la mère, l'aîné dit ristrner 5000 F à sn frère et à sa ser. A la génératin sivante, en 850, il y a cinq enfants vivants. Un règlement frt cmplexe a lie. C'est ne dble séparatin de biens entre maris et femmes, prtant sr dex génératins. Y prennent part Gillame II père, sn fils aîné Gillame III et lers épses respectives Anne Astrc et Rsyne Baldy. Par cette pératin, Gillame II paie à sn épse les 950 F q'il li dit de sa dt -46-

61 et atres smmes, myennant la recnnaissance de 5 ha de terres, sa maisn et sn jardin. Le reste des 9 ha de sn patrimine est vend. Gillame III, qi a déjà reç en précipt 260 F de sn père et 4000 F de sa mère, paie li assi à sn épse ses 0260 F de dt par ne hypthèqe sr les 5 ha dnnés à Anne Astrc! La belle-mère et la belle-fille se trvent ainsi c-détentrices de la ttalité d patrimine restant ax Privat. Bien entend, Gillame III recevra ces terres en héritage de sa femme qelqes années pls tard. Entretemps, il a acqis ha de la prpriété vende par sn père. Il a en tt 8 ha à la fin d XIXe siècle. Dans ne péride difficile et avec n grand nmbre d'enfants vivants, les Privat Gillame nt dnc réssi à garder dans les mains de lers aines la partie essentielle de ler bien, le frit de la vente des atres biens servant prbablement à slter les cadets. Cex-ci, à la première génératin, se snt insrgés cntre le srt qi ler était fait, pis se snt accmmdés des arrangements ltériers. Ttes les familles ne réssissent pas pareillement à cnserver dans les mêmes mains la majere partie de ler bien. Il est vrai qe ttes n'nt pas mis en place ne stratégie assi cmplexe. Les désaccrds entre les enfants snt assi n danger permanent pr les applicatins absives de la règle préciptaire. Chez les Privat isss de Flcran, crdnniers de père en fils, dnt ns avns déjà cité le mde de sccessin favrisant le cntinater d métier paternel, c'est l'aîné, Flcran, qi s'ppse à la sccessin paternelle. Il cnteste la décisin de la mère, héritière niverselle d père, de remettre l'héritage à titre de précipt a fils cadet Gillame (le crdnnier) et à sa ser Catherine. En vert de cette décisin, Gillame et Catherine s'étaient partagés la maisn en l'an IX, alrs qe Flcran n'avait q'n légat de 000 F. A décès de la mère, en 806, n premier partage est effecté, qi cnserve l'avantage à Gillame et à Catherine, mais dnne à Flcran, en pls de sn légat, ne maisn, ne écrie et ne terre. Sa ser Marie gagne assi ne terre. Cela prtant ne sffit pas. Il fat en 808 n secnd partage pr bliger Gillame et Catherine à rendre encre 500 F chacn à la sccessin : 400 F vnt à Flcran, 600 F à Marie. De nvelles cntestatins se prdisent à la génératin sivante. En 85, Gillame, le crdnnier, dnne à sn fils cadet Flcran, qi li sccède à la btiqe, le qart préciptaire, ss frme d'ne maisn meblée et de 000 F. Flcran li prête assitôt cette smme qi, dans les mis qi sivent, sert à dter dex des filles. Rse et Palmyre, de 200 F chacne en avancement d'hirie. En 88, (n an avant sa mrt), Gillame vend ts ses biens, qi se cmpsaient de 5,5 ha de terres, ne maisn, n bâtiment rral et n jardin. L'acheter de la btiqe n'est atre qe Flcran, le fils cadet. La maisn -47-

62 et ne partie des terres snt acqises par le mari de Palmyre, Hyplite Sicard. Dès lrs, les enfants pevent dire qe ler père est "dans le dénement le pls cmplet" et ne pet pls payer ses dettes. Ils li versent ne pensin de 250 F (00 F de Flcran, 50 F de chacn des tris atres). Mais cette fis encre, l'arrangement ne tiendra pas. On reprche en particlier à Flcran qe sn père li ait payé, en 8, n remplacement a service militaire, cnsidéré cmme ne dnatin dégisée. Assi, dès la mrt d père (840), n dble partage a lie. Il prte à la fis sr les biens paternels et sr la dt maternelle. Côté paternel, Flcran dit restiter 474 F, Rse et Palmyre 26 F chacne, pr payer les 000 F de légitime de Frédéric et Elalie, les pls jenes enfants. La dt maternelle est également partagée : 00 F vnt à chacn des enfants, en échange d paiement à la mère d'ne rente glbale de 60 F par an. La trisième génératin ne fis encre, tentera de maintenir n système sccessral inégal. Flcran partage ses biens en dnnant 0,6 ha à chacn de ses cinq enfants, saf a cadet, Emile, qi hérite de la maisn. Emile devait-il prendre la sccessin de la crdnnerie? On ne pet le savir. Il est mrt célibataire et la maisn est revene à sn frère, sans dte par héritage. Il n'y a dnc pas e de cntestatin pssible... Les qelqes exemples qe ns avns examinés mntrent qe le mde de sccessin préciptaire, s'il est en général accepté par ts, reste néanmins ss la srveillance active de cex qi n'en snt pas bénéficiaires et qi n'en acceptent pas tjrs les interprétatins absives. Certes, s'il y a cntestatin dans n tiers des cas, il reste dex tiers des sitatins ù la vlnté des parents a été respectée. Rien ne ns dit d'aillers qe dans ces derniers cas, les partages étaient tjrs effectés avec éqité et ns n'avns pas les myens de le cntrôler. L'acceptatin de la sccessin impsée par le père et la mère reste dnc n fait majritaire, qi renfrce la psitin de l'héritier préciptaire. Mais celi-ci a encre d'atres myens d'arrndir la part qi li revient, pr la faire ressembler le pls pssible à celle qi était éche à sn père. -48-

63 6. Les retrs de part. Brn Chattelard évqe le mdèle sccessral qi, seln li, a permis à sa famille de se maintenir a Caylar et à li-même de devenir l'agriclter prspère q'il est : " dans la famille, bien il n'y a e q'n enfant, alrs tris, mais dex qi snt restés célibataires : il n'y en a e tjrs q'n qi s'est marié, dnc la famille ne s'est pas éparpillée, elle est tjrs restée...". Qand n li demande si ces célibats étaient vlntaires, il répnd : " je ne sais pas... c'était sr l'explitatin, ça faisait n tt. Je vis, mn père, ils étaient tris, dnt dex filles... ttes les dex se snt mariées, mais il y en a ne qi n'a pas e d'enfant, l'atre a e ne fille... mais tt est resté qand même... l'explitatin est restée! -celle qi n'a pas e d'enfant, évidemment, la part vs est revene, mais l'atre? -l'atre, ils me l'nt vende, ça fait qe c'est resté, tt! Et mn grand-père, de nvea, ils étaient tris : mn grand-père, n garçn et ne fille, et ts dex célibataires. Et si n mnte (la généalgie), ça a tjrs été pareil." Ce mdèle idéal qi cndit à cnserver la ttalité d patrimine en maintenant ts les enfants saf n "en réserve" dans le célibat, n'a prtant pas tjrs été appliqé assi strictement qe le dit Brn Chattelard. Il le recnnaît li-même pr la génératin de sn père, ù n rachat de parts a dû avir lie. L'examen de la généalgie mntre assi qe les ancêtres les pls lintainement cnns de la famille pratiqaient ne sccessin préciptaire avec avantage à l'aîné, matérialisé par ne aberge, ler principal myen d'existence. Pis la génératin de l'arrière-grand-père de Bernard a inagré la pratiqe q'il décrit: l'aîné célibataire a véc chez le cadet préciptaire. A la génératin sivante, celle d grand-père, l'aîné est encre resté célibataire et a véc avec ne ser après d cadet marié. Ts tris nt acheté, par petits lts de mins d'n hectare, jsq'à qinze hectares de terres qi snt restées en indivisin entre ex. C'est la base de l'actel dmaine des Chattelard. La famille est ainsi passée, à la faver de dex génératins qi nt "serré les cdes", de l'aberge à la terre. Mais la mémire de ces dex génératins sffit à impser n mdèle, qe Brn étend vers l'aval à la génératin de sn père et vers l'amnt à ses lintains ancêtres. Ce qi cmpte en réalité pr li, c'est le résltat : "l'explitatin est restée". C'est prqi il jge sévèrement le partage égal instité entre sn père et les sers de celi-ci :"Ils nt partagé! ils nt tt partagé en tris... (mn père), il s'en ftait... pr les affaires, il n'y entendait rien". -49-

64 Le discrs de Brn pse clairement la qestin d célibat, cmme myen de régler sans dler le prblème de la sccessin. Il ns invite assi à relativiser les réflexins sr l'égalisatin de l'héritage. Il ss-entend en effet qe, même dans ne sitatin ù n règlement sccessral relativement égalitaire a été impsé à l'héritier préciptaire, il li reste des myens de rassembler à nvea entre ses mains la prpriété familiale. Le célibat est le principal de ces myens. Et c'est ne pratiqe crante. Sr tte la péride examinée pr ce travail, 9% des garçns et 4% des filles qi nt véc pls de vingt ans et dnt le destin ns est cnn snt restés célibataires (Tablea III). Pr la péride antériere à 850, ces chiffres snt respectivement de 22 et 5%. Les artisans-myens prpriétaires nt le pls frt tax de célibat chez les garçns (26%), les grs prpriétaires chez les filles (7%) (Tablea IV). Les travaillers nt beacp mins d'enfants célibataires, srtt chez les filles (6%). Certains de ces caractères snt facilement explicables. Les artisans et myens cltivaters nt tendance à cnserver après d'ex les cadets qi travaillent a cmmerce à la terre, et gardent en réserve ler part pr l'héritier préciptaire. Les filles a cntraire snt mins nécessaires sr ne prpriété. Elles partent tôt, svent cmme servantes, et se marient d'atant pls vite. Le prblème est différent chez les petits prpriétaires, Marice Mlinier le dit clairement : "Ils avaient ne petite explitatin, ils avaient des petites prpriétés; ma mère était d'ne famille nmbrese, alrs tt le mnde ne pvait pas. rester là. Ils tenaient dans ne ferme, il fallait débarrasser". De ler côté, les grs prpriétaires, qi pratiqent strictement le régime préciptaire, nt les myens de dter lers cadets, dnt l'alliance est d'imprtance pr le maintien d résea de relatins établi avec d'atres familles brgeises. Le phénmène le pls étnnant est le célibat élevé de lers filles. Celles-ci ne jaient-elles pas dans l'alliance le même rôle qe les cadets? Les pls riches pvaient-ils se permettre de garder après d'ex ne de lers filles, qi tenait la place d'ne servante dans la maisn et assrait ax parents q'ils seraient bien signés dans lers viex jrs? La répnse est d'atant pls difficile à dnner qe dans la péride qi sit le phénmène s'inverse : après 850 le célibat chez les grs prpriétaires cncerne srtt des garçns (6%) et nn pls les filles (9%). Ces familles dnnent alrs l'impressin de se replier sr elles-mêmes. Cmme les Chattelard, les Clet isss de Jseph pratiqent cramment le célibat. Avant 850, il n'y a e sr tris génératins de cette famille qe dex mariages, hrmis cex des aînés. Après cette date, le nmbre d'enfants chte rapidement, ce qi règle le prblème. Le malthsianisme permet de se passer d célibat. Les retrs -50-

65 de biens dûs à cette plitiqe snt impressinnants. C'est tjrs la branche la pls frte de la famille qi en bénéficie. A la trisième génératin, Adlphe Clet, qi n'avait hérité qe de 4,8 ha d père en 867, reçit sccessivement de sn cadet Emile, célibataire et préciptaire, 9 ha en 872, pis 5 ha en 895. Pls tard, il hérite encre de tris ncles tantes célibataires 9 ha en tt. Ici, c'est n héritier nn préciptaire qi vle a secrs d'ne sccessin menacée par l'infécndité de l'héritier principal. La même chse se prdit chez les Clet Charles, ménagers et chez les Gleizes, abergistes. Mais qand le cple infécnd est celi d'n cadet d'ne fille, c'est presqe tjrs a frère a neve de la branche préciptaire qe revient l'héritage. Ainsi pet se recnstiter, avec ne génératin de retard, le patrimine de l'aïel. Brn Chattelard a bénéficié de ce prcesss, en receillant la part d'ne de ses tantes mrte sans sccesser direct. Les Massl de la branche aînée nt fait de même, Aymnd Privat récpère de cette façn la maisn et le jardin de sn ncle. La plitiqe d célibat, qand elle est pssée trp lin, n'est prtant pas sans danger. En témigne le nmbre des branches familiales qi nt dispares, fate de sccessers, particlièrement chez les grs prpriétaires. Une gestin prdente de l'avenir familial sppse le mariage d'ne partie des cadets et des filles. Reste alrs à l'héritier à racheter lers parts pr recnstiter le patrimine paternel. Ce genre d'pératins se pratiqe beacp avec cex qi qittent Le Caylar rier bien, laissé à l'abandn, se dégrade est dnné en fermage a frère resté sr place qi, dans n cas cmme dans l'atre, pet espérer l'avir à bn marché. Qelqefis, l'pératin se traite dès le partage. En 80, les cadets de la famille Gleizes Në cèdent ler part à l'aîné. Chez les Chattelard, l'aîné de la première génératin des abergistes rachète les parts de dex sers pr 240 F chacne. Brn à sn tr reprend la part de sa tante, qi en est encmbrée et qi préfère de l'argent pr dter sa fille. Il existe dnc de mltiples myens par lesqels n héritier, déjà avantagé par le précipt légal, svent ss-évalé, parvient à déjer les partages et à arrndir sn patrimine. Mais ces myens bien svent, créent dans les familles des tensins et même des ppsitins frntales. -5-

66 7. Tensins. Marice N. reprche à sa ser d'avir capté les testaments de sn frère célibataire et de sa ser mariée mais sans enfant, a pint q'elle se trve maintenant prpriétaire de la pls grande partie de imprtant patrimine de la famille : "On s'était entend, n avait divisé, n avait fait les parts et tt, des parts à pe près éqitables. On était bien. C'était ax qatre frères et sers. Et elle, elle a e les tris parts. La part de sa ser, la sienne et celle de ntre frère qi est mrt. Elle a fait faire des testaments, et pis elle s'est arrangée pr qe je sis n pe lésé..., cmme je li ai dit, si t l'as pris, c'est qe t en as besin... Maintenant, à part ça, elle vs dira q'elle est bien avec mi. Là assi, je vs dirai qe je sis bien avec elle. C'est ne façn de parler, qi...". La tensin qi règne chez les N. date en fait de bien avant le partage. Marice avait été rejeté d temps de ses parents parce q'il avait fait ne mésalliance. Sa ser ne li arait jamais pardnné et elle a tt fait pr qe le bien ne pisse pas tmber dans les mains de sn épse. C'est prqi Marice, sans enfant, envisage effectivement de dnner sn héritage à la famille de sa femme... Les fâcheries évqées par Marice N. snt fréqentes après les partages. A prps des rapprts avec les frères et sers de sn mari, Marthe Privat dit : "Après mn mariage, n se vyait assez svent, mais pis, alrs, ça c'est distend... Evidemment, cmme dans ttes les familles, lrsqe ma belle-mère est mrte, il y a e des animsités, n ne s'est pls gère fréqentés". Et Pal Byer évqe "la bisbille" prvqée par la décisin de sa mère de li dnner la maisn. Raymnde Albinet tante de Brn Chattelard, a véc des "tiraillements" dans la famille de sn mari, a mment d décès de sn bea-père. Elle affirme qe, d côté des Chattelard, tt s'est bien passé : "n avait partagé le terrain... n s'est tjrs bien entend. Je l'ai vend à mn neve". Mais le slagement ressenti par chacn qand l'affaire est réglée ne mntre-t-il pas qe le mment de la sccessin est ne passe difficile pr les familles? Ectns Simne Mlinier : "Pr ns, ça s'était tjrs bien passé, il n'y a jamais e de difficltés, pr rien. Vs savez, qand les frères et les sers s'entendent... le miex, c'est q'ils s'entendent à l'amiable. C'est pas le mment de se chicaner pr ça. -i, mais c'est svent a mment des héritages, dans les familles, q'n se dispte? -h! sûrement! il y en a beacp. C'est tellement ridicle, ça. Franchement, vs savez, la vie est crte!" -52-

67 Bien svent, fate de pvir s'entendre, les chses restent en l'état : c'est l'indivis, qi pet être catastrphiqe pr le bien, si celi-ci reste à l'abandn. Cela se prdit svent pr les maisns, srtt chez les petits artisans les travaillers. Madame Girad dit, à prps de l'héritage de sn bea-père : "les sers ne vlaient pas entendre parler de cela : l'aîné avantagé". Alrs, la maisn qi fait l'bjet d litige reste lngtemps inccpée, pis le fils de l'aîné la rachète à ses tantes. Chez les Rsset, le cadet André est resté a Caylar, mais l'aîné, Egène, parti travailler à la ville, a cnservé ses drits sr la maisn. Lise Rsset, épse d'andré, expliqe : "Ns avins partagé le pe de terrain q'il y avait, alrs, la maisn? L'aîné, Egène, a dit : ma fi, les enfants viennent l'été, laissns la cmme ça (elle est restée indivise). Et pis pls tard, sn fils a réclamé sa maisn. Ce n'était pas passé chez le ntaire. Avec mn mari, n disait : h, n a le temps! - Vs avez été bligés de payer la maisn? - Vilà, mn fils a acheté, maintenant, elle est à mn fils, le pls jene". Lcien Gleizes assi a réssi à racheter les parts de la maisn familiale à certains de ses sept frères et sers, mais pas ax atres... Résltat^ : elle tmbe en rines et Lis Genieys vit dans ne atre habitatin, q'il a héritée en partie de sa ser et dnt il a racheté les atres parts. Il paraît prtant prendre la chse avec philsphie : "n n'est pas fâché avec la famille, n ne va pas se fâcher pr des trcs cmme ça!" Chez les grs myens prpriétaires d'ajrd'hi, le prblème n'est pas si différent mais il prte sr l'ensemble d patrimine. On évqe la difficlté q'il y a à partager d bien qand il fat sccéder, car il imprte de cnserver les myens sffisants pr assmer cette sccessin : " Les prpriétés, qand il y a ne famille nmbrese... n n'en est pas embarrassé, mais c'est difficile à partager, vs cmprenez, alrs ce n'est pls viable, ce n'est pls rentable... celi qi reste à la ferme à la prpriété, pr payer les atres, s'il n'est pas avantagé, il ne pet pas payer. Selement, tt le mnde n'est pas cmpréhensif, il y en a qi velent ler part, ler part en entier, et qi ne velent pas faire de cncessin". La même chse se prdit dans le cmmerce. Qand, chez les Privat, se pse le prblème de la sccessin à l'hôtel, celi des fils qi a reç ne frmatin de cisinier hésite. Sn frère l'expliqe frt bien : "On est cinq! vilà! cette affaire, je sis sûr qe si mn frère l'avait prise,... je cris q'n l'arait srestimée. Alrs qe qand il a fall qe ma mère mette tt en vente, n a v q'il y avait qand même des prblèmes. Srtt q'à l'épqe ù elle a vend, ça tirait pas d tt. C'est à ce mment-là q'il arait fall qe mn frère le prenne... mais de tte façn, ça ne li plaisait pas". Finalement, l'hôtel a été vend, fate de -5-

68 -i'hôt.l chi I,;irznc

69 sccesser. Qand n demande à Brn Chattelard si sn fils cadet n'aimerait pas rester à la terre après de sn aîné, il répnd, embarrassé : "Ah,... il prépare n bac C, il vat miex q'il cntine. Ca ne l'empêche pas de revenir si jamais il y avait n prblème qelqe chse...". A la même qestin, il répnd ne atre fis : "Alrs, il fadra q'il reste célibataire!", faisant référence par cette btade a mdèle sccessral aqel il attribe la permanence de sa famille. Certes, la qestin de la prpriété fncière est mins crciale q'atrefis pr les agriclters : Brn Chattelard et Emile Privat fnt ne grande partie de ler explitatin sr des terres q'ils nt lées. Mais il y a de grs investissements, des bâtiments rrax mdernes et des machines, qi fnt crir les emprnts. Le prblème actel n'est d'aillers pas tjrs de chisir entre des sccessers pssibles, mais d'en trver n qi veille se charger de la respnsabilité et de l'énrme travail qe demande ajrd'hi ne explitatin agricle. C'est la sitatin qe vit Emile Privat : acn de ses enfants ne vet li sccéder, et il se demande parfis prqi il a fait tant d'effrts et engagé tant d'investissements

70 8. Les devenirs lngs. Ainsi se trve psée la qestin d devenir de l'explitatin, et pls largement des devenirs familiax. Le système préciptaire se dnne évidemment pr bt de perpéter, de génératin en génératin, le statt scial d'ne lignée, garanti par le maintien d'n patrimine et d'n résea de relatins. Il n'est sans dte pas indifférent de savir si a bt d cmpte, le bt est atteint. Ns avns v ts les myens légax de simple stratégie qi snt tilisés pr renfrcer l'avantage de l'héritier préciptaire. L'actin cntraire des frères et sers épris d'égalité parvient prtant parfis à en cntrecarrer les effets. Un bilan s'impse. Rappelns qe l'échantilln qe ns avns étdié était iss de 20 grands ancêtres, prters de 2 patrnymes différents. L'n était négciant, cinq étaient ménagers, n labrer, n fermier, six cmmerçants artisans prpriétaires, qatre travaillers de terre et dex dmestiqes. Dans n premier temps, la lectre des généalgies mntre le système préciptaire dans n rôle de différenciatin sciale, séparant parmi les branches familiales descendant des grands ancêtres, celles qi perpétent le statt scial primitif, et d'atres, qe ns dirns "branches cadettes", qi nt le pls svent n statt inférier. Ns avns dressé n tablea des devenirs familiax pr ttes les branches étdiées (fig 6). Chez les Privat, tris branches nt v le jr à la première génératin : l'aînée aqel est asscié le prénm de Gillame, et le statt de ménager, la branche des Antine, bchers de père en fils, et celle des Flcran, crdnniers. Une nette hiérarchie départage ces tris branches : les Gillame fnt partie de la brgeisie d Caylar, les Antine snt de grs cmmerçants prpriétaires qi vnt très vite s'enrichir, les Flcran de petits artisans mnis de qelqes terres. Une atre bifrcatin a lie ne génératin pls tard : la dexième génératin de la branche Antine dnne naissance à la ss-branche des Flcran, dits "Canari", bergers et travaillers de terre, très pavres d fait d'n partage particlièrement inégal. C'est là le srt des "cadets de cadets" dans beacp de familles. Acn des atres enfants mâles nés chez les Privat n'a fndé ne branche cnstitée en tant qe telle a Caylar, sit parce q'ils snt restés célibataires, sit parce q'ils nt émigré. Les qatre branches prtant le patrnyme Privat, descendant ttes d même ancêtre, ffraient dnc à la fin d XIXe siècle n éventail cmplet de la sciété caylarise. -55-

71 ai 9 CS c Q I- g-j a _*a - '2 n G VU VU O v migrv ispar - ^ telie < ja a J O x> 5 5 O X> < a. VU a v «v a I H a. - - S ' l< í> vu a Eh a IS W U C4 s. '- P. I a 'S. It] «irt VU '5 a 0 V) &, W - 2 ci «4-2 0 w " 4 a 'a 0 a' 'si l a, v I a ' v Où a Xi i.si j " X) -) "S a ja IVAlUd IOSSVW

72 0\- fl t f I a & B O, O v a "a v! Mi v fe 'a M "a "a "a s a d t sbi c /^- > tfl ar O dis & «c a, a v ÛO B B ^^\ s *E l/ï B 2 i/î :r, limi * ltiva t-l <D > ^J ~l "_ t-t t 60 ra 5 S_ bû fq t-t rdnni es) Eb 'â ta B O U rrr; < / O erd :nd< s' stiai ddebe S s s e. tei > *,*"! griclter <0 U cl agr & priét. IM ~ l-i. ü O * VH O U a -BU eceve aire, r E J, prpri Ui eli 8 * v pri t». B* O» P S B i maç B O t>» ea B VU 's s^ A & a U X> ta I l a h* U.O ca LJ = ta. ste "& A es ^î *n.. IL) # â c b i^í '*"' O c rt ^ w O v U c ta rp r B.X» U l/l a U, Ü es O P. c <U - U > Tf S ta -a S S t Q> <.O ea i* rp a. /-* v ars C dis «OH G ai " s migré K> ~ li U 'â CU v k* a. )-. vt O a -O kl a lchei - a -. b ch _ J2 k* * «j ki nts) ne fill cd a~ ans V i W< l I _ O t a k< e ca CO a,.a. T AI s e «_> " : i C] t a ja ja U g = -H H V inod qe es (S *H gst < Cl *-< -/ 9 t ÙJ I- l era v-> ^«^* dets *0 H SvKHl

73 a' 00 e>- (émigr rie) aie lacav ta (marié a Ci), cltiva.. * e cantn, entreprener de maçnnerie a CayIar(E), cantnn, (émigrés) facter ars) disp. r, milit «cltiva migré) Ä manevrier " cltiva < i a 'I VU v feb Ö ^ ««'ai vl.a H I I?. ', er iva -lt t* U «?» c m a'». > Kl O aill. cja U «B U â I M v Oil 'al U I a a v O»i.2 < CD ai O S a clte feh a U, -» U (0 " e^ «> mair ater, > clt 0> - h Kh -4 " x> «inst * I ^ a O g- U ab a > k-l "fcï c hé ~* (9}ms)SVW0Hl W 0) / h«a x> «> ca c < v SZITD dite "Pet J S dite "N.8

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75 feb Ovgré <4> a O ~l gré >CJ a n a a -* H. s-, O a < ' a S «5? se P, " a ä j U i: d.s «.Si O Si HAa anvin

76 La même chse prrait être dite d patrnyme Massl, prté vers 860 par des brgeis grs prpriétaires (la branche aînée), des bridiers myens prpriétaires et des valets d'écrie travaillers de terre, ts isss de la même sche : Jean Massl, ménager. De même pr les Clet isss de Françis, qi frment tris branches : les ménagers, les maçns-prpriétaires et les petits agriclters. Encre ne cmptns-ns pas ici d'atres branches hmnymes qe ns avns prises en cnsidératin sans pvir les rattacher ax atres familles précitées, parce qe ler parenté prbable remntait à ne épqe qe la perte des registres parissiax ne permet pas d'atteindre. Ainsi les Privat isss de Jean-Jacqes les Clet Jseph, prpriétaires et maires, encre les divers Thmas vivant a Caylar vers 750, respectivement "prpriétaire fncier, brgeis et abergiste" (première branche), "maître bastier" (secnde branche) et "labrer" (trisième branche, la sele qe ns ayns p sivre jsq'à ns jrs). Citns assi les Gleizes de la même épqe, l'n abergiste et l'atre travailler. A l'évidence, ce snt les sches de grs prpriétaires qi nt parmi lers descendants l'éventail scial le pls vert. Les familles de petits artisans de travaillers n'nt évidemment pas à l'rigine la "hater" nécessaire dans le champ scial pr qe pisse se ménager ne telle différenciatin. La plpart d'entre elles n'nt dnné a Caylar q'ne sele branche qi cnserve en général le statt de ses ancêtres; les atres descendants nt dispar dans l'émigratin. Vici, dnc mis en relief le rôle de différenciatin sciale de la transmissin préciptaire. Ce n'est là bien entend q'n effet secndaire d système. Sa fnctin première avée est le maintien la prgressin d statt fncier, prfessinnel et scial de la lignée, à travers la branche favrisée. Or, sr ce plan, il est permis de mettre en dte sn efficacité à lng terme. Si l'n examine le devenir des trente branches familiales étdiées, n cnstate qe selement six d'entre elles nt cnn ne sensible émergence sciale. Les Massl, ménagers et grs prpriétaires, nt renfrcé ler psitin à la faver de tris génératins très malthsiennes. Mais ce n'est pas a Caylar q'ils nt fait ler avancée la pls décisive. Jseph Vincent Massl a épsé la fille niqe d'n négciant en vins et grs prpriétaire de Brignac, dans la plaine de l'héralt. Il a pris sa sccessin, est deven l'n des distillaters les pls imprtants de la régin, a siégé à la Chambre de Cmmerce de Mntpellier, et, appyé par le Parti Radical, est reven a débt de ce siècle se faire élire Cnseiller Général d Caylar. Ses filles nt épsé, l'ne n médecin iss d'ne famille bien en ve à Mntpellier, l'atre n avcat, fils d'n ancien maire de cette ville. Certes, site à des célibats et à des mariages sans enfants, la famille n'a pls ajrd'hi q'ne sele -56-

77 descendante en âge de prcréer. Sn émergence n'en a pas mins été bien réelle. De ler côté, les Chattelard, abergistes prspères mais pe dtés en patrimine a débt d siècle dernier, nt p, par ne plitiqe de restrictin d mariage cmbinée à des achats de terre nmbrex, léger à ler descendant Brn ne prpriété fncière qi li permet ajrd'hi de pratiqer ne agricltre dynamiqe. Les Privat isss d cadet Flcran, petits prpriétaires et crdnniers actifs sr la place d Caylar a débt d XIXe siècle, nt cnn qelqes difficltés à la fin d siècle dernier. Ils nt prtant réssi, en partie grâce à ler alliance avec les Astrc, à créer n hôtel qi a prspéré jsq'à ne péride récente. Ajrd'hi, Emile Privat s'est lancé avec crage dans l'élevage en jant à fnd la carte d fermage. Les Mlinier nt cnn assi l'émergence à partir de bases ppsées à celles des Privat : fermiers à la fin d XIXe siècle, ils nt p acheter les qelqes 00 ha de terres et de parcrs d Mas d'assei. Réssite remarqable, qelqe pe tempérée par la site d fait d grand nmbre d'enfants de cette famille et de la décadence de l'élevage vin. Partant de beacp pls bas dans l'échelle sciale, dex familles nt améliré cnsidérablement ler psitin. Les Rsset snt isss d'n valet d'écrie sans acn bien dnt le fils, cmpagnn serrrier, a racheté, dans la dexième mitié d XIXe siècle ne btiqe en décrépitde q'il a réssi à remnter. Les Thmas étaient l'ne des familles les pls pavres d Caylar jsq'à ce qe René, ler descendant, fnde ne entreprise de maçnnerie qi, à frce de travail et d'acharnement, est devene prspère. Il fadrait ajter à ce bilan ts les emigrants qi nt réssi après ler départ d Caylar. Ns le ferns dans le chapitre sr l'émigratin, car cela n'a pls grand chse à vir avec le je lcal d régime sccessral, appliqé pr l'essentiel a patrimine caylaris. A l'atre bt d palmarès de la réssite, les décadences snt pls difficile à évaler. Dix des trente branches familiales étdiées disparaissent cmplètement entre le milie d XIXe siècle et le tt débt d XXe siècle. Pr certains, cmme la branche aînée des Privat, appelés Gillame, c'est le résltat cmbiné d'n malthsianisme démgraphiqe strict et d'ne santé déficiente. Si l'n n'a q'n dex enfants, dans ne péride ù les cnditins sanitaires snt encre difficiles, n s'expse à vir disparaître n jr tte descendance : le bien d dernier des Gillame Privat, brgeis malingre, est allé à la famille de sa servante dévée. La même chse s'est prdite chez les Privat prénmmés Antine, bchers et grs prpriétaires pssédant 66 ha, dex maisns et cinq bâtiments rrax, dnt le sel descendant est mrt célibataire : le bien est allé à n -57-

78 prêtre, à la fin d XIXe siècle. Même aventre chez les Clet Françis, abergistes, et les Clet Jacqes, maçns. Ces derniers, devens cteliers à la fin d XIXe siècle, avaient prtant réssi à faire passer ler prpriété de 0 à 6 ha.. Ttes ces branches se snt éteintes fate de descendance. Un atre facter de décadence familiale est la crise écnmiqe. Celle-ci, ns le verrns, jette beacp d'enfants dans l'émigratin, srtt s'ils snt filles cadets, mais la même chse arrive parfis à des héritiers. Prqi Jean Flcran Thmas, héritier préciptaire d'ne branche de myens agriclters, émigre-t-il vers la plaine a débt d XIXe siècle? Et Françis Clet, dit "La Trche", prpriétaire de 6 ha a Caylar, qi, a milie d XIXe siècle, se fait maqignn et va s'installer à Ldève, signe-t-il ainsi sn émergence sciale a cntraire la décadence de sa famille? Lis Agste Gleizes, descendant d'n abergiste qi ft maire d Caylar ss l'empire, héritier des biens d'n père épicier et tailler d'habits, émigré li assi à Lyn, pis à Marseille à la fin d XIXe siècle. Et qe dire de Simn Massl, prpriétaire de ha, qi part cmme facter a débt d XXe siècle? Le cas des Clet descendants de Jseph, qi nt dnné dex maires a Caylar et pssèdent 26 ha de terres et dex bâtiments rrax est tt assi prblématiqe. Elevers prspères et primés dans les cncrs jsq'a débt d XXe siècle, ils semblent ensite s'affaiblir. Gastn Clet, gazé pendant la gerre, mert alrs q'il est encre jene. Sn fils, cnfrnté à la charge d'ne prpriété dans ne péride difficile, préfère apprendre n métier et qitter la terre, tt en cnservant sn bien a Caylar. Qel jgement prter sr ces départs? Liés à n envirnnement écnmiqe difficile, nt-ils e lie dans la hâte, devant la crainte d'ne sitatin devene catastrphiqe, snt-ils des recnversins mûrement réfléchies de prpriétaires dispsant d'n bien encre en état, mais ne répndant pls ax nécessités écnmiqes et ax besins nveax de l'existence mderne? Il fat assi se méfier des fax-semblants. Antine Charles Clet, de la branche aînée, isse directement de ménagers pssédant 5 ha a débt d XIXe siècle, est crdnnier a Caylar à la fin d même siècle, et n'y pssède qe,7 ha. Cette sitatin paraît être la cnséqence directe d'ne sccessin ab-intestat sivie d'n partage égalitaire, qi arait dispersé le bien. En réalité, à la faver de ce partage, c'est le fils d'ne des sers, Pmpilis Pradel, marchand de tisss et épicier de la Cvertirade, qi, en rachetant les parts d'ne atre ser et d'n frère, s'est fait le sccesser véritable des Clet. Antine Charles, sel héritier d nm paternel, fait dnc figre de cadet dté pltôt qe de cntinater véritable d statt scial de ses ancêtres. Jger à partir de sn cas de la décadence de la famille ne serait-il pas -58-

79 faire ne grssière errer? La même chse se prdit chez les Thmas Etienne, abergistes et prpriétaires de 22 à 7 ha, dnt le dernier descendant mâle n'a e qe dex filles : par ler intermédiaire, le bien est passé à dex imprtants lignages qe ns n'avns pas étdiés, les Laprte et les Fabre. En fin de cmpte, pe de familles nt vraiment périclité a Caylar. Sels pet-être, les Gleizes dits "Në", myens prpriétaires qi avaient 6 ha a débt d XIXe siècle, et qi deviennent cantnniers avec 0,6 ha à la fin d même siècle, marqent nettement n déclin. En règle générale, c'est dnc à ne relative stabilité d statt scial des familles qe ns assistns. Qatrze branches familiales sr trente ne cnnaissent pendant la drée d XIXe siècle ni décadence ni émergence ntable. Six amélirent nettement ler statt. Sr les dix branches restantes, cinq nt fini dans l'émigratin, qatre se snt éteintes sans descendant et sele la dernière a périclité qelqe pe a Caylar même. Cependant, si l'n inclt le XXe siècle dans le bilan, les cnclsins deviennent pls abrptes. Cinq familles selement nt encre des représentants actifs a Caylar : les tris agriclters (Chattelard, Milha épx Mlinier, Privat), le maçn (Thmas) et le métallier (Rsset). Qatre atres familles nt des descendants habitant Le Caylar, mais ce snt des retraités (Byer, Girad, Gleizes, Raynal). Enfin, qatre atres branches nt des descendants émigrés qi nt gardé n bien a Caylar, terre maisn (Berthmie, Clet, Massl, Privat). A ttal dnc,. treize branches sr trente nt encre n rapprt avec le Caylar : lers membres nt cntribé à ns entretiens. Mais cinq selement y nt présentement ne activité écnmiqe. Le changement depis le débt d siècle est dnc cnsidérable. -59-

80 9. Bilan d système préciptaire. Qel est le rôle jé par le système de transmissin des biens dans l'évltin qe ns venns d'analyser? Ce qi frappe d'abrd, c'est qe parmi les six familles en prgrès, figrent ttes celles pr lesqelles ns avns nté n fnctinnement asspli d système préciptaire : les Chattelard, les Privat Flcran, crdnniers, les Mlinier, ts artisans-cmmerçants fermiers à l'rigine (mais jamais grs prpriétaires) n'nt pas hésité à faire hériter lers cadets a détriment de lers aînés. Ils frment ajrd'hi le nya des agriclters actifs d Caylar. Les Rsset, chez qi le cadet héritait systématiqement de la btiqe de serrrier, et les Thmas, qi pratiqaient svent l'héritage en faver des filles des cadets, isss les ns cmme les atres de travaillers pavres, snt les sels artisans rescapés de ntre échantilln. Le passage par le cmmerce l'artisanat, et par n mde de sccessin préciptaire ne favrisant pas frcément l'aîné, semble être ne des cnditins nécessaires de la réssite sciale caylarise. Qant ax branches familiales qi se snt maintenes sans faire de prgrès décisif, elles snt essentiellement cmpsées de descendants de travaillers petits prpriétaires devens salariés, ajrd'hi retraités (Byer, Raynal, Gleizes, Girad). Ns avns v qe pr ex, le système préciptaire, s'il jait n rôle de récmpense dnnée à celi des fils à celle des filles qi restait le pls attaché à ses parents, était lin de fnctinner cmme perpétater d'n statt scial privilégié. Enfin, les branches descendant des anciens ménagers qi pratiqaient n héritage strictement préciptaire en faver de l'aîné et n malthsianisme étrit se snt pr la plpart éteintes nt périclité, à mins qe lers héritiers n'aient émigré vers les grandes villes d Langedc, dnt elles frment ne partie de la brgeisie, cmme c'est le cas des Massl. Encre fat-il rendre à chaqe effet sa case et à chaqe système sa fnctin. Ce n'est pas le système préciptaire en li-même qi a été à l'rigine de la décadence de ces familles, mais pls certainement le malthsianisme et l'absence d'innvatin en matière de gestin de la prpriété fncière. On ne pet pas exclre qe celles des familles brgeises qi se snt déplacées vers la ville aient envisagé ce mvement cmme n redépliement ratinnel de lers capacités individelles et financières dans n cntexte qi ne ler permettait pls de vivre cmme atrefis sr lers terres. -60-

81 La qestin de inflence d système préciptaire sr les devenirs familiax est dnc à envisager avec des nances. Certainement générater de différenciatin sciale et facter d'émigratin pr ne partie de la pplatin, ce système, en cntrepartie, ne remplit pas tt sel le rôle salvater qi est sppsé être le sien en matière de reprdctin sciale, même s'il est pratiqé dans tte sa riger. Pr q'il sit efficace, il fat en ser a cntraire avec splesse. Ainsi faisaient les artisans et cmmerçants d Caylar qi nt s, par n cntrôle mdéré des naissances, se dnner n cntingent sffisant de candidats à la sccessin à chaqe génératin, pis chisir l'héritier le meiller, q'il sit aîné cadet, renfrcer sa psitin en encrageant le célibat de ses frères et sers et les retrs de biens, srtt adapter le cnten de l'avantage préciptaire a cntexte écnmiqe d mment. Cex qi se snt faits, seln les épqes, artisans cmmerçants, pis agriclters, laissant à lers enfants l'aberge qand l'aberge dnnait, et la terre qand la terre payait, alliant prvisirement les dex, nt pris sr le terrir d Caylar la place des grs prpriétaires d'atrefis, statt de brgeisie en mins. Le système de transmissin des biens n'est bien sûr pas sel en case dans ler réssite. En témigne dans ntre échantilln la présence d'émergences sciales pr lesqelles il dût jer frt pe, s'agissant de familles à l'rigine démnies de tt bien. Un dmestiqe a siècle dernier, n travailler à ntre épqe nt réssi par ler sel laber à devenir artisans, rejignant ainsi la cche sciale qi ft la pls active a Caylar. En même temps, nt dispar beacp de cex qi avaient réssi à se maintenir, tant bien qe mal, jsq'ici. Avec la dre vie d Casse, les cnditins écnmiqes nvelles de l'ère indstrielle nt pe à pe balayé le système sccessral ancien. Sels qelqes ns, à l'here q'il est, pevent encre s'interrger, a Caylar, sr les cnditins à venir de ler sccessin. Mais si la terre la maisn y jent encre n rôle, c'est beacp pls le métier qi en est la clé, avec sa charge de cnnaissances techniqes et d'investissement persnnel. -6-

82 C. L'ALLIANCE EN QUESTION. Cmment se cnstitaient les alliances a Caylar? Cette qestin est l'ne de celles qi revient le pls svent dans les entretiens qe ns avns menés. Car si le cheminement des biens patrimniax et ler évltin snt relativement faciles à sivre à travers les différents partages, cntrats de mariage testaments, même a v des seles mtatins cadastrales, il est beacp pls délicat d'analyser les stratégies matrimniales a v des dex éléments en général dispnibles : le nm des dex épx et le métier d ftr. Le recrs à la traditin rale est ici pls q'aillers nécessaire, avec sn crtège de précatins : qel lien (qelle distance) y a-t-il en effet entre le discrs ten par ns interlcters sr ler prpre mariage, même celi de lers aïex, et les mécanismes réels de l'alliance, le je des parentés, des amitiés simplement d'implicatins écnmiqes dnt les principax intéressés n'nt pas frcément cnscience? Les réticences qe ns avns ressenties à chaqe fis q'il s'agissait de parler d mariage snt là pr ns inciter à la pls grande prdence a mment d'abrder ce prblème. Tentns tt de même ce pari. Ns partirns d discrs le pls banal : celi qi traite d rapprt entre jenes, des rencntres, de l'amr. A ce stade, pas de difficltés, les éléments dispnibles snt nmbrex et ns ne ferns qe les résmer. Pls intéressante est l'analyse des réticences parentales. telles q'elles snt décrites, le pls svent à prps des atres familles, car n s'excle facilement si-même de ce champ délicat... Ns dnnerns qelqes exemples de ce chassé-crisé des discrs. Pis ns abrderns qelqes cas ù ns ft décrite ne réelle cntrainte pesant sr des mariages, sités en général dans n passé révl, dans des miliex sciax ajrd'hi absents d Caylar. Ce parcrs d prche a lintain ne fis accmpli, ns tenterns d'examiner les cnditins de l'alliance sr la lnge drée et de mesrer l'endgamie gégraphiqe, sciale et parentale des caylaris.. Occasins de rencntre et mariage d'amr La plpart de ns interlcters évqent facilement les relatins entre jenes dans la première mitié d XXe siècle. D fait d'ne édcatin séparée, les cntacts entre filles et garçns de familles différentes n'existaient gère jsq'à l'adlescence. Si à l'écle pbliqe ts les enfants étaient lgés dans le même bâtiment, chacn se svient qe les garçns jaient d'n côté et les filles de l'atre. D'aillers la plpart des filles allaient N à l'écle des sers, qi ler était réservée. L'édcatin est dite pls rde q'ajrd'hi, et le cntrôle de la -62-

83 sciété sr les risqes de mavaises fréqentatins très ferme : à qatrze ans, ne fille ne devait pas être ve avec des garçns. On se prmenait dnc en grpes de même sexe dans le village, n rganisait des prmenades à vél à plsiers dans les envirns d Caylar. Les filles de la brgeisie prenaient ensemble des crs de pian, et le dimanche n apprenait à chanter pr l'église. Malgré ce partage des territires nettement délimité par les adltes, certains épx disent se cnnaître "depis l'écle". C'est qe "dans l'adlescence, qand n avait qitté l'écle, n faisait cnnaissance". Le mment ù l'n te le cchn et diverses ccasins de rencntres rganisées dans le cadre de la famille snt des temps privilégiés qi sdent les individs d'ne même génératin, bien a-delà des ambitins maritales des ns et des atres. Les fêtes d Caylar atrisaient les rencntres et étaient même réptées pr cela. Elles draient tris jrs pleins avec cmme distractin principale la danse, atr de msiciens qe la jenesse lait dans le village ax alentrs. Svent évqée avec nstalgie, la participatin ax bals est admise par les parents, q'n met à cntribtin pr se faire cndire à la Vacqerie ax Rives, a mment des fêtes vtives. Ce snt là les premières ccasins qi dnnent ax jenes de sexe différent le drit de se côtyer, de se signaler fficiellement sr le marché d mariage. On racnte assi cmbien l'installatin pr qelqes jrs d cirqe Pinder à Ldève créait des pprtnités de srties entre jenes. On se svient enfin de l'épqe ù Lcie Viala dynamisait à elle sele l'ensemble des garçns et des filles d'ne vingtaine d'années par la frmatin d'ne petite trpe de théâtre. Pr certains, ce ft l'âge d'r de la jenesse caylarise : des pièces, des sketches mettant en scène des persnnages célèbres d flklre langedcien cmme la Catin, "persnnage d côté de Tlse, là-bas, qi parlait en patis", snt alrs prpsés a pblic lcal, mais assi à celi de Saint-Jean-d-Brel, de la Cavalerie... On se dégise, les répétitins cmme les représentatins nt lie dans la remise de l'hôtel d Larzac. A travers des activités cmmnes axqelles snt cnviés parfis les parents (a mins en tant qe spectaters), n acqiert le débt de l'indépendance avec la pssibilité de visiter les atres villages et d'y ner de nveax cntacts. Les fêtes et les ccpatins de grpe dessinent dnc le périmètre ù l'n est scceptible de trver sn ftr cnjint, élargissent pe à pe l'aire d mariage à des espaces atres qe cex cncédés par les sages d grpe familial. -6-

84 Assi, interrger les caylaris sr les mdes de cnstittin de l'alliance, et pls précisément sr ler prpre rencntre avec celle celi qi est deven par la site ler cnjint, amène systématiqement et dès l'abrd ne répnse qi évqe n mariage d'amr. Clade Raynal résme l'histire de sn cple et en expliqe la bnne réssite par n amr partagé : "Qand ns ns smmes mariés ts les dex, ns avins la crix d visage et ntre amr, pas pls. Et dans le fnd, je vais vs dire qelqe chse : dans le fnd, ça a été le meiller temps qe ns ayns passé. Ns n'avins pas d'argent, n ne mangeait pas de côtelettes ts les jrs, c'était pendant la gerre... mais enfin, il y avait n amr qi ns avait ni et qe ns avns mainten encre pendant lngtemps... si elle s'absente qelqes jrs, je recnnais qe je sis malherex... Alrs, ça ne s'achète pas... Il y en a qi disent qe ça n'existe pas l'amr, mi je dis qe ça existe, parce qe si n vs marie avec ne persnne qe vs ne pissiez pas vir, ne me racntez pas d'histire, ça ne marchera pas. Si vs vs mariez avec ne persnne qi sit assi laide qe vs vdrez, mais q'à vs yex c'est ne persnne qe vs aimez eh bien vs ferez n bn mariage." A peine fait-n parfis référence à qelqes tiraillements de la part de la famille lrsqe l'alliance envisagée fait ressrtir ne différence sciale trp imprtante a gût des parents encre ne différence d'âge trp criante. Assi la prdence est-elle de mise chez les amrex, cmme en rend cmpte Lcien Gleizes : "Mn grand-père habitait là devant..., et ma grand-mère là en face. Tte ma vie, j'ai entend dire qe qand ils se snt mariés, ça avait étnné tt le village, parce qe li habitait là et elle là, ils se faisaient passer les lettres par la fenêtre et persnne ne savait q'ils se fréqentaient... le sir, elle jetait la lettre, li faisait semblant de descendre, il la ramassait... n ne les a jamais vs ensemble, mais par la fenêtre, il y avait la lettre qi tmbait...". René Thmas évqe les débts de sa liaisn avec sa ftre femme : "Je l'ai cnne ax Rives, en y allant à pied et en me camflant... Mn bea-père n'en a pas été herex...". Ces réticences, vire même des ppsitins fermes, snt tjrs, lrs des entretiens qe ns avns réalisés, pls efflerées qe racntées, et nrries d'exemples emprntés ax atres familles d Caylar. C'est ce discrs d'ne persnne extériere à la famille qi, le pls svent, malgré beacp de discrétin, ns met sr la piste d'n prblème signesement caché par ns interlcters. Ainsi, Lise Rsset ns relate les difficltés rencntrées par Marthe Vayssettes pr -64-

85 "On ne les a janai vs ensemble, nais par la fenêtre, il y avait la lettre qi tmbait,"

86 cnvaincre ses parents de la laisser épser René Privat, sn aîné de treize ans. Marthe, interrgée incidemment sr cet événement, en mdère l'imprtance : il n'y avait pas désaccrd, simplement n sci légitime de la part de ses parents : "J'étais jene... vs savez bien, les parents... qand il s'agit de laisser partir ne fille à vingt ans". Pis, se dtant sans dte de l'rigine de ntre qestin, elle met à sn tr en pratiqe le discrs sr l'atre, et ns infrme, nn sans hésitatins, des difficltés rencntrées par Lise Rsset lrs de sn mariage : "La famille de sn mari ne vlait pas d tt... elle était d'ne famille très mdeste... sa mère l'a élevée... elle travaillait à l'hôtel, elle travaillait chez ns, sa mère... et cmme elle était fille-mère, sa mère... de très braves gens, mais vraiment... alrs qe les Rsset étaient..." (des artisans bien établis). Lise, interrgée à sn tr sr sn mariage, cnfirme les prps de sn amie en les atténant qelqe pe : "Mn mari était d'ici, ns étins cpains jenes, ns avns été mari et femme... et pis ns avins de l'affectin. Ns smmes restés cinqante ans ensemble. - Vs vs êtes cnns a Caylar? - Qand il était sldat, q'il avait 20 ans, n s'écrivait déjà des lettres, en cachette, tjrs en cachette... - Vtre mère n'arait pas vl? - Ils étaient sévères... - Ils ne se snt pas ppsés à vtre mariage? ^ - Un pe, qand même? - Oi... mn mari, c'était n brave garçn, c'était n ami... n frère pr mi." Là encre, l'amr est dit victriex des réticences parentales. Exceptinnellement de semblables récits servent parfis à mettre en valer n parent traité en véritable hérs familial. Le discrs est alrs, pr ne fis, interne à la famille. Ainsi, Gabrielle Privat se svient d'avir entend racnter la manière dnt sn père a refsé d'épser n bn parti, impsant sn prpre chix à ses parents : "Les parents de mn père étaient pls riches, entendns ns, ils avaient de la prpriété. Mn père partit étdier à Béziers, il y est resté qelqes années. Mn grand-père maternel, li, était ébéniste, il avait 2 vriers, mais ils étaient mins aisés qe les parents de mn père. Ces derniers vlaient qe mn père épse ne femme q'n appelait Adlie, qi avait des ss. Mais mn père avait répnd : 'elle a des ss, mais Marie a des yex bles! Elle était très jlie...". Cette versin, édlcrée nn flatte le désintéressement d père qi préfère la beaté de sa ftre épse ax avantages pécniers fferts par ne riche alliance. Les svenirs incertains de Gabrielle, aidée par la mémire presqe sans -65-

87 faille de Mme Rsset ne gardent pas trace d'n cnflit sffisamment sériex pr avir mis en case le chix de sn père. Malgré ces cmplicatins, l'nin pressentie n'a cependant été retardée qe de qelqes mis et le nvea cple n'a semble-t-il pas e a sffir par la site de ces hésitatins. Il en va tt atrement dans le cas de Marice M. fils cadet d'ne famille de grs prpriétaires. Renié par sa famille pr sa liaisn avec ne jene fille d'rigine mdeste, emplyée de maisn de ses parents, Marice n'a p se marier q'après le décès de ses père et mère et après l'accrd de ses frères et sers. Mais pr avir dérgé ax lis implicites de l'alliance, Marice et sa femme snt ajrd'hi encre, cnsidérés avec mépris par sa ser ainée et sa nièce, et tens à l'écart des héritages qi nt réslté des décès de sn frère, pis de sa secnde ser. L'nin "indigne" n'a d'aillers pas e de descendance, ce qi est cnsidéré cmme ne cnclsin natrelle de la mésalliance. René Thmas évqe le cas inverse : ne fille de famille qi épse pls pavre q'elle. "Ma grand-mère était de Saint-Véran, elle était châtelaine ; par caprice, elle a pris mn grand-père, n va-n-pieds, n dmestiqe! Mariée en , n li a fait la verqière :.200 f r. Mn grand-père les a mis chez le ntaire, parce q'n ne vlait pas de li! En 925, il les a tchés, mais pas en r! Le ntaire sel en a prfité, mais mn grand-père disait : 'la verqièr de Maria es intact!'. Ici c'est la fierté de l'épx qi rédit à néant l'avantage q'arait p li rapprter ne alliance a-desss de sa cnditin. La liberté prise par les amants, si elle est admise et finalement entérinée lrsqe les différences de frtne jent pe, cûte a cntraire beacp à cex qi velent enfreindre les règles de l'endgamie sciale. Le fait même qe les rares transgressins flagrantes qe ns ayns rencntrées sient tjrs citées en exemple mntre qe chacn est cnscient de ler gravité et dnne la mesre d pids qe ces cas, cnns de ts, pevent prendre d mment décisif d chix d'n cnjint. Le cas extrême est celi de la fille sédite dnt l'amant se refse a mariage. C'est alrs le drame. La jene mère dit parfis s'enfir, laisser sn enfant à sa famille. Et le sédcter n'a q'à bien se tenir..." Mes ncles vlaient le ter, le père, j'ai entend dire ça... ils avaient le fsil de chasse et ils disaient : il y a ne balle pr chacn - pr chacn? -66-

88 eh bien, pr la mère et pr le père!.. c'était n déshnner, à ce mment-là!". Or, les enfants natrels ne snt pas rares. Six de ns trente branches familiales en nt a mins n déclaré a Caylar, à n mment à n atre de la péride étdiée. On pet imaginer bien sûr qe qelqes atres aient p naître pls discrètement, hrs d village. Le phénmène est marginal, mais pas a pint de passer inaperç, et il frnit sn lt d'anecdtes édifiantes. -67-

89 2. De la rencntre rganisée ax "accplements de prpriété" Malgré la liberté évqée par la plpart des discrs, les cntraintes familiales demerent manifestement imprtantes dans la cnstittin des alliances, a mins pr certaines familles. Assi, les rencntres de csins élignés, d'amis d frère de la ser, d fils de la fille d cpain d père, ss le cvert de l'atrité familiale (svent celle d'ncles de tantes), snt fréqemment évqées. Prtant le récit de la rencntre présente cmme n détail sans imprtance le fait qe celle-ci se sit dérlée pls mins ss le cntrôle direct des parents. Raymnde Albinet cite le cas de sa ser, mariée avec n garçn de la Cavalerie : "- Elle l'avait cnn ici? - Et bien, à la Cavalerie,... ns avins dex tantes, là-hat. - Ce snt elles qi li nt présenté sn ftr mari? - Sûrement, à ce mment-là... il venait pr les fires,... vs savez, il était gentil. - On prpsait ax filles n candidat a mariage? - Nn, nn qand même, là, c'est pas bien le cas. Mais enfin, il y a des rencntres... Mi, mn mari est ven ici, vs savez. Je le cnnaissais qand n était bien pls jenes. Il y a des chses qi se fnt.... Madame Girad, de sn côté, cnte ses premiers séjrs a Caylar, ù elle a cnn sn mari : "Une tante, ma marraine, habitait ici, dans la re de l'église. Mn ncle avait la frge à la place de l'hôtel H... J'y venais pr les vacances signer ma tante qand elle était fatigée. "Or l'ncle frgern avait pris en viager les biens de Jles Girad, dit "L'ncle Jl", chef cantnnier et ncle d ftr mari de Madame Girad : '"ncle Jl" était lgé chez le frgern, la rencntre des dex jenes gens s'en est dnc trvée favrisée. Le cntexte d'ne telle rencntre n'est-il pas, a mins en partie, ne cnstrctin élabrée par le grpe familial? Exceptinnels snt les discrs recnnaissant q'ne alliance ait p être prvqée directement par qelqe membre de la famille par n ami. Lcien Gleizes cite à ce prps sn prpre exemple, mais c'est pr marqer l'échec de la tentative : "Mi, si j'avais vl qitter le Caylar, qand j'étais jene, n vlait me faire marier à Mntpellier, dans ne famille d'épiciers... C'étaient des amis qi vlaient... Mais, pr ne pas qitter le Caylar, j'ai dit : t laisses tmber ça!... Elle tenait ne épicerie, c'était pendant la gerre, en Elle a dit : 'si n se marie, je li achète la vitre, il s'ccpera d'acheter là-hat sr le platea et mi je vendrais ici à mn magasin. Mi, j'ai dit : il va te -68-

90 fallir passer ta vie à Mntpellier. Cmme je n'aime pas la ville, eh bien, j'ai dit : t la laisses tmber!". Il existe cependant ne frange de la pplatin chez qi le discrs cmmn recnnaît la prééminence d mariage d'intérêt : "Les vriers se mariaient entre vriers ici (ss-entend : sans arrangement), et pis les rpins, ça avait s'arranger, parce qe, hein, les brgeis!...". Clade Raynal, qi est vrier, appelle ça nn sans ne pinte de mépris les "accplements de prpriété" et expliqe q'ils snt encre pratiqés ajrd'hi. Dans les familles brgeises d Caylar, n admet la chse : Marice Massl se demande cmment sn père a fait pr épser la fille d'n riche prpriétaire de la plaine : "il a dû y avir qelqe chse... n a dû li dire q'il y avait ne fille à Brignac, et vilà!". Les Marin se snt ainsi vert les prtes de Mntpellier, ù dex des filles se snt mariées, à la génératin sivante. A l'ne d'elle, ns avns parlé de ces nins : "Qi s'est marié d'abrd, vs vtre ser? C'est mi, ma ser s'est mariée n an après, dex. - Dnc elle a rencntré sn mari... - Chez mi, chez mi! Il était garçn d'hnner! - Et cmment aviez-vs cnn vtre mari? Par mn frère... il était ici étdiant, ils jaient a billard ensemble, avec mn mari, et ils étaient les pls frts, ts les dex. Chaqe fis, ils gagnaient ne... qee de billard! Ils se snt cnns cmme ça... parce qe mn mari était a billard tte la jrnée, et mn frère assi! ". Elle admet assi q'avant de cnnaître sn ftr mari, elle s'était v présenter nmbre de prétendants, dans ne aire qi s'étendait jsq'à Marseille : "Rien q'à Mntpellier, tris qatre! (rires) Et des dcters, eh!...". Elle a même refsé n ferrailler q'elle dit miliardaire et qi l'a redemandée en mariage à la mrt de sn mari : "il ne me plaisait pas, il ne parlait qe d'argent! de ses Lis d'r, q'il trvait dans les chiffns. - Vtre mari, li, ne parlait pas d'argent? - De peintre, de msiqe,... et prtant, il était simple." Avec les Massl, ns tchns à la frange spériere de la pplatin, déjà détachée d Caylar a débt de ce siècle. Mais d'atres familles d village ns dnnent des infrmatins sr les prcesss de l'alliance telle q'elle était cramment pratiqée a siècle dernier. Il sffit parfis de pser directement la qestin, par exemple à Simne Mlinier, fille de fermiers : "Est-ce q'il y avait des gens qi faisaient marier les atres? -69-

91 - ça arrivait, dans le temps. J'ai entend mes parents qi le^disaient, ça : les parents frçaient ler fils ler fille à prendre n tel telle persnne. Mi, ma mère s'est mariée à dix-hit ans, elle était jene,- - et mn père était âgé, ils avaient 4 ans de différence, ça faisait beacp... ma mère me disait q'elle avait e d mal à s'adapter, parce q'elle était jene jstement. - Et ses parents l'avaient laissée facilement se marier avec n hmme pls âgé q'elle? - Vs savez, les parents... atrefis, c'étaient pas les enfants qi se mariaient, c'étaient les parents qi mariaient lers enfants. C'est vrai... - Vs pensez qe ce snt pltôt ses parents qi avaient trvé n mari? - Pet-être, i ; n a p pet-être la psser... et pis, les enfants béissaient, vs savez. Qand le père la mère disaient c'est ça,... n ne psait pas de qestin, c'était nrmal." Marice Mlinier cnfirme pe pr les prps de sa ser en répndant à ns qestins : "Vtre mère venait de Cazejrdes. Cmment ils s'étaient rencntrés alrs? - Ah, je ne sais pas. Atrefis, n faisait faire des mariages, vs savez bien. On faisait faire. On ne pssait pas, n disait n tel, ne telle, pet-être, si ça te plaît si ça ne te plaît pas... Vs pensez qe c'est cmme ça q'ils se snt rencntrés? - Oi, eh i!... Ajrd'hi ils s'épsent, ils ne se cnnaissent pas,... mais atrefis n demandait des renseignements, a cré, a maire, si n avait des cnnaissances, n faisait intervenir qelq'n pr savir si c'était ne famille hnrable, ça se faisait beacp. Les parents d garçn demandaient là ù était la fille, a cré, a maire... On faisait intervenir les cnnaissances. Vs me direz, les répnses n'étaient pas tjrs bnnes, tjrs exactes, parce qe... il y en avait qi ne vlaient pas se cmprmettre et qi les dnnaient tjrs bnnes, mais enfin il y en avait qi disaient la vérité. - Est-ce q'il y avait qelq'n qi faisait marier dans le village? - Nn, n exagère, n dit des chses, n se figre... vs savez, les gens ne se laissaient pas mener par le bt d nez atrefis, qand même... - Il n'y avait pas des gens qi faisaient marier? - ça existait, des cnnaissances qi disaient : il y a ne telle, pet-être..., mais n n'bligeait pas les gens, n les mettait en relatin, et pis vilà... Evidemment, il y avait des cas exceptinnels...". -70-

92 Ces mariages, frits de cnseils éclairés, snt cex qe pratiqait Lise Privat, née Astrc, vis à vis d persnnel féminin de sn hôtel : "On 'éctait, elle avait beacp de caractère... elle cnseillait à la fille de prendre ne sitatin". A ne servante à qi n hmme avait envyé des flers, elle dit : "T as perd la tête", et li cnseille d'épser n vef. Résltat : les cchers d relais de pste visin venaient demander à la patrnne l'atrisatin d'épser telle telle de ses filles de salle. Lise Rsset évqe elle assi les entremetters qi faisaient les mariages : "Ils snt mrts, maintenant. Mi, de mn temps, les gens se mariaient de ler plein gré. Madame Albert... c'est des gens qi snt mrts, et sans laisser de descendance. Ils arrangeaint les chses... mettns, les dex mères étaient cpines... à mn épqe, ça ne marchait pls, ça... et maintenant, c'est l'nin libre...". De ces ménages d'"avant" dnt il n'est pas excl dans le discrs des descendants q'ils aient p être arrangés, ax mariages cntemprains qi se divent d'être décidés hrs de tte inflence d champ familial, même si le grpe familial ne semble pas tjrs résister à la tentatin de les diriger qelqe pe, la distance paraît grande. Elle est cependant tempérée par les transgressins pls mins radicales qe ns avns p bserver dès le XIXe siècle et qi nt vert la vie ax cmprtements d'ajrd'hi. Mais la cntrainte familiale elle-même s'exerce dans n champ pls vaste, q'il s'agit assi de cerner : c'est celi des pssibilités de chix qe les cnditins écnmiqes et le mde de vie de l'épqe ffraient ax candidats ptentiels a mariage. Ns allns les examiner maintenant. -7-

93 . L'aire d mariage Qand n demande à Clade Raynal prqi sn père s'est marié avec ne fille de Drbies, dans le massif de l'aigal, il dévelppe assitôt ne descriptin cmplète des mvements de pplatin grâce axqels des rencntres à lnge distance pvaient se prdire : "ma mère était vene servir dans ne ferme, à la ferme q'il y a en mntant à Servières... n ne prenait pas la vitre pr aller vir ne fille à cent kilmètres!... Je vs signalerai a passage q'il y a beacp de filles de l'aveyrn, d Gard, qi se snt mariées sr le Casse d Larzac. Parce qe ces vallées étaient riches, pls pet-être qe le Casse, mais ils étaient nmbrex, il y avait de nmbreses familles. Et alrs qand les filles étaient en âge de pvir servir, n les plaçait. Il y avait ne le à Nant. Alrs le père prenait la fille et il disait : vilà, j'ai ne fille, là, si des fis... alrs vilà, ça s'arrangeait cmme ça. Les crés le faisaient assi entre ex. Vs cmprenez, les crés, à cette épqe-là, c'était des gens qi avaient ne certaine prestance partt, il fat le dire. Alrs, ils allaient dans les fermes, la patrnne disait : mnsier le cré, si vs saviez ne fille cmme ci et cmme ça... Alrs li, il faisait miex qe ça, il écrivait a cré de Nant, de Saint-Jean, d'aillers : Vilà, sr le Larzac, la famille là-bas,... n essayait tt de même de les caser dans des familles assez hnrables. Pis alrs, ces filles venaient en âge et prenaient la décisin de se marier." Et encre : "Vs avez beacp de gens ici, qi snt vens de l'extérier. L'Aveyrn en a laissé pas mal, le Gard. Le Casse de Campestre, de Blandas, ça s'étendait pltôt vers ici, et l'aveyrn, vs avez tt Nant, tt Saint-Jean-de-Brel, il y a beacp de gens qi snt vens ici. Vyez la femme de M. Chattelard, elle est de Saint-Jean-de-Brel, ma mère était de Nant. Il fat cmprendre la chse : ici encre, il ne fallait pas se fâcher, c'était n pays pavre, mais il y avait de qi blter ; tandis qe vs aviez des casses tt atr, q'il n'y avait rien cmme reven, et de grsses familles. Alrs les filles venaient dans les fermes pr servir, et en principe elles se mariaient. Vs vyez ce qe je vex vs dire? C'est pas cmme ajrd'hi q'avec la vitre, n va vir ne femme à 200 km. Vs cmprenez, à ce mment-là, n marchait à pied, alrs, la première q'n rencntrait, qi se rencntrait, c'était la sienne... Chez les Girad, c'est pareil, ils snt vens de l'aveyrn ; et les Chattelard il y en a qi descendaient de La Cavalerie." -72-

94 Lcien Gleizes a rencntré sa femme a Caylar ù elle était vene à la site de sn père qi ft vrier agricle chez divers prpriétaires. Dex de ses sers se snt mariées à dex frères, cnns a Caylar qi nt émigré ensite, l'n ax mines de Cantbre, l'atre à Paris. Le même mvement des salariés agricles a permis à Simne Mlinier de se marier sr place : "Mn mari était vrier dans la ferme, et il est rentré... (cmme épx)". L'aire d mariage crise dnc svent celle de l'émigratin. C'est prqi les habitants restés ajrd'hi a Caylar nt svent des cnjints vens d Nrd : "Ts cex qi se mariaient, qi allaient lin, ils allaient ts dans l'aveyrn, alrs dans le cin, mais des filles qi sient mntées d'en bas, ici, je n'en cnnais pas...", ns dit Brn Chattelard. En effet, prpser le mariage à ne fille n garçn de la plaine signifie presqe systématiqement le départ d Caylar : "De tte la vie, les gens ne snt jamais allés prendre ne fille dans la plaine. S'ils snt allés prendre ne fille dans la plaine, par malher, ils ne snt pas restés : ils snt allés s'installer là-bas. Si n vlait q'ne fille vienne s'installer, il fallait aller la chercher dans n pays encre pls trace() qe le nôtre". Assi, pr trver femme, les jenes vnt "s'amser dans les bals de "là-hat" : le secter atr de Milla, Saint-Afriqe. "En-bas, n n'y allait jamais : la mentalité d midi n'est pas d tt la même qe la nôtre. Les jenes y étaient... n ne pet pas dire pls évlés, mais enfin si, n pe pls évlés. C'était près des villes, tt çà, alrs n ne trvait pas... c'était pas ntre style". L'émigré qi trve à se marier dans sn lie de travail ne revient pas en général a village : Le fils de Lise Rsset est marié à Camaret : "Il est allé travailler chez sn bea-père (métallier cmme li et cmme sn père), il a épsé la fille d patrn. Il habitait chez elle, il y travaillait et y mangeait, a cnn la fille et l'a épsée." Sel Pal Byer, qi a cnn sa femme dans le café de sa ser ù il était server et elle servese, est reven a Caylar. Mais c'est n amrex d Casse, qi, cmme Lcien Gleizes, ne spprte pas la ville, et il devait s'ccper de sa mère. -7-

95 L'rientatin gégraphiqe privilégiée des mariages caylaris est n fait cnstant d discrs lcal. On pet assi la tracer très lin dans le temps. Ns avns prcédé à ne étde cmparée des mariages célébrés a Caylar pr ne série de décennies réglièrement espacées : Fig ; ; ; ; Cet échantillnnage frnit des dnnées qi rendent bien cmpte de l'évltin de la nptialité, calqée sr celle de la pplatin. Mariages _ _ Q'en est-il de la gégraphie de l'alliance? Ns avns cnstrit pr chaqe péride sélectinnée ne carte d lie d'rigine des cnjints (fig. 8 à 4). Les hmmes y snt représentés par n triangle, les femmes par n cercle. Pr le village d Caylar, n a fait figrer directement le nmbre d'hmmes et le nmbre de femmes qi en snt riginaires. Les cnjints isss de liex extériers à la carte snt cmptabilisés dans la marge, en bas. Décennies -74-

96 Fig '.'LIEUX D'ORIGINE DES CONJOINTS Carte Blanche» Mntpellier A DORDOGNE (24)

97 Fig 9 LIEUX D'ORIGINE DES CONJOINTS HAUTE-LOIRE HAUTE GARONNE GARD. SEINE ET MARNE PARIS

98 Fig 0 LIEUX D'ORIGINE DES CONJOINTS A GARD A MEURTHE A BOUCHES-DU-RHONE A PARIS A CANTAL A HAUTES-PYRENEES

99 Fig LIEUX D'ORIGINE DES CONJOINTS A A A BASSES ALPES CANTAL ARIEGE A A A AVEYRON HERAULT (Béziers) SAONE ET LOIRE LOZERE GARD

100 Fig2 LIEUX D'ORIGINE DES CONJOINTS PYRENEES ORIENTALES A PYRENEES ORIENTALES

101 LIEUX D'ORIGINE DES CONJOINTS /.Y- ;;«Â'LÀ~CAVALÉ"RÎE?.'- ; '."... ;... i s l s,-, A FRiQUE^-;ST PAÚL 'DET^ONTS^"'*-:'/"< > - >; : \ Y^S->~V': ^>i^^a CORNUS^ ;, 7< MONTPAON^i l-i^ W T..^-YLAR. F ravi flp' ' -'*-ASORBS < - ^~ ÇROS) >VC'-< ; '^.^-^ü-.;>'"-v->'/ *St MICHEL"^-. ROqUEREDONDE^/j^-^s^^PARLATGES flodeve«vy CO O ÜMONTPELLIER ' PIGNAN BEZIERS km Carte Blanche Mntpellier ± LOZERE A AVEYRON A PYRENEES ORIENTALES A AUDE

102 Fig 4 LIEUX D'ORIGINE DES CONJOINTS Carte Blanche Mntpellier A VAUCLUSE SAONE ET LOIRE A MOSELLE AUDE MEUSE

103 Le tablea n" V recense les mariages en fnctin de la lcalisatin des liex d'rigine ; a ttal, cinq "espaces" gégraphiqes nt été retens : (2). -"Le Casse" Il cmprend tte la zne d Casse d Larzac représentée en gris fncé sr la carte y cmpris le village de Pégairlles sité en brdre d Casse. -Un rayn de 5 km Arbitraire mais qi a le mérite de prendre en cmpte les distances réelles liant le Caylar ax atres lclités. On verra pls tard qe ce rayn recvre en fait la zne dite "d Casse". -"Cteax et mntagne" Crrespndant à n cercle d'envirn 40 km atr d Caylar mais étend vers les lcalités dites de "mntagne". -"La plaine viticle" Sitée a-delà de la zne précédente, vers la mer. -"Lcalités très élignées" Ttes celles à l'extérier des précédentes. Le tablea V met en évidence ne similitde presqe cmplète entre le Casse et la zne de qinze kilmètres. Ces dex espaces, l'n prenant en cmpte la tpgraphie et le relief, l'atre ne distance arbitraire centrée atr d Caylar, se recvrent l'n l'atre et crrespndent qasiment à l'aire de l'endgamie. Lrsq'n s'attache ax prcentages de mariages pr les hmmes dnt l'rigine est cassenarde a cntraire sitée à la périphérie d Casse, n cnstate, a fil d temps, n véritable système de vases cmmnicants. En effet, pr la péride , dmine ne frte endgamie territriale (76,6 % des hmmes qi se marient a Caylar snt nés sr le Casse cntre 2, % qi viennent des cteax et de la mntagne). Pls n avance dans le temps et pls cette endgamie faiblit, pls les liens vnt en s'étirant et tendent à devenir exgamiqes (entre , 7 % des mariages trvent ler rigine dans la plaine viticle, et 50 % dans la mntagne, cntre 42,8 % selement dans le Casse). Le cas des femmes révèle ne endgamie territriale beacp pls frte encre qe celle des hmmes. Cela ne dit pas être interprété "strictement", mais dit être rapprté à la ctme qi vet q'ne femme accmplisse la cérémnie de sn mariage dans sn lie d'rigine. C'est prqi, entre 770 et 779, 00 % des jenes mariés a Caylar snt riginaires d Casse ; ns verrns pls lin cmment crriger ce biais, en emplyant ne méthde de cmptage basée sr ntre échantilln de familles. D'aillers la ctme cède le pas à ne pls grande splesse dès la Révltin : ne légère dimintin -75-

104 H TOTA \«V» cn> <N> <X> <X> <X> O O O O O O O O O O O O O O rl <-\ H ri rt rl t-i c n n H H cn> <i<> <N> <W> <X> <X> <X> O O O O O O O O O O O O O O H H H H H H H *r r- <*»* H *r ntfholdplnh w 5 W H ** H in n O f iin H EH H LAINE V a< <N> <X> <N> <N> <N> cn> ex> CT» CO CO M H ^ «^ ^ ^ O N O N C 0 i n > H O N O «n < f H <X» <N> «X> <N> cx> <H> <X> CT» CO f * ^ ^ CM n H M CM H n ta EH» H <x> c a> O 4J l"î 55 a) O U (0 0 0 H a) Q T CO H 55 H O H «O a) M,Q g O G fi a) w g K H AGN EH 55 O AUX M H EH O U in RAYON <X> V> ex> cfp <H> à? <X> in n n H n ^ ^ ^ ^ *. n CM r^ H CM ««r r j ^ f i i f l minti'hh. H CM M H H <K> <N> * <N» <X> cx> <\ v v H n c «) m (M t^o N M r-«r» v in in * ^r n H N O h r i w I N W f < f H H CO W g M EM <íf> <X> <X> <X> <N> ex> V» n n vct» f» c CM CM * *»fe *k V ^ W f» H in inct» <# t-i H t-t H r-\ H CM CO H CM in CM H H <N> <K> ck> cn> <N> <N> cn> \ <n CM H r^ CM v CM in f t <* CT» CO CO CO CT» CO VO CT» VO f«ct» CM H CT» CM in m m n CM <N> \<> V> <N> «N> <N> V> t\ c^ V> cn> <N> <N> V> w CAUSS n H in c» %. > N. D I D M O O O N r- r» v in in in *r CM H H r-» CM **»ta»*»te»te in H r- *y O H ^ CO CT» CO CT» 00 VO NrilflHMntO M I O f f H H O CO H H CM H CT» c in v v n CM en H EH < Q CT* CT» CT» CT» Ci» CT» CT» r» n vct»m in P» CO CO 00 COCT»CT» H H H H H H H O O O O O O O r^ n v \ CM m r» c c c c er» CT» H H H H i-h H H CT» CT» CT» CT» CT» CT» CT» r» n vct»cm in I s» CO CO CO COCT»CT» H H H H H H H O O O O O O O r^ n v er» CM in P* CO CO 00 00CT»CT» r4 <-i <-i rl <-{ <-\ <-< (0 EH

105 intervient d'abrd, pis ne certaine stabilité s'instare saf pr la péride ù l'n assiste à n "recentrage" sr le Casse. Les femmes mariées a Caylar cntinent assez tard à être riginaires d Casse (64 % en ) mais c'est a détriment de la mntagne (4 %) et nn de la plaine (2 %). Finalement, la zne "cteax-mntagne" cnstite n réservir matrimnial qi cmplète qasiment la zne d'endgamie d Casse. Ce n'est qe dans les dernières décennies qe ce réservir cède à sn tr, la plpart des mariages se faisant désrmais dans la plaine. On dit rapprcher l'éclatement de l'endgamie territriale avec la crise démgraphiqe : le Caylar se vidant de pls en pls, il devient difficile alrs ax jenes de trver à se marier avec des gens "d pays". En dehrs d glissement prgressif des znes d'rigine des épx caylaris depis le Casse jsq'à d'atres régins, les cartes qe ns pblins permettent de cerner certaines limites de l'aire d mariage qi snt sensiblement les mêmes qe celles d mvement migratire. Si l'n exclt de ces cartes tt ce qi cncerne le Casse prprement dit, n vit apparaître ne dble tendance : d'ne part, ne série de cnjints prvenant des atres casses, des vallées inter-cassenardes et des mntagnes de l'aveyrn ; d'atre part, qelqes cnjints prvenant de la plaine (ces derniers ayant tendance à devenir pls nmbrex qe les premiers dans la dernière péride). Mais pe pas de cnjints riginaires des régins sitées immédiatement à l'est (Cévennes prtestantes) à l'est d. Larzac (Massif d Carx...). C'est dnc n clir relativement étrit qi' se dessine et qi met en cmmnicatin les haters d Rerge et la plaine d bas-langedc. Cette strctre en clir a déjà été relevée en d'atres liex à d'atres épqes par divers cherchers en particlier pr les Cévennes, ù le crant migratire sit les vallées. Ici, c'est la rte d Casse qi avec le mvement des émigrés, apprte ax caylaris épx et épses

106 4. Le mariage dans la lnge drée des familles Une étde de ntre échantilln permet d'analyser ss n atre jr la qestin de l'alliance. En effet, les généalgies ns permettent d'avir accès nn pls selement ax mariages dnt la cérémnie s'est dérlée sr place, mais également à cex réalisés hrs d Caylar par des membres de ns trente branches familiales. Il s'agit dnc d'ne infrmatin nettement différente de celle qe ns venns d'examiner, elle prte certes sr ne base statistiqe beacp pls étrite, mais qi n'est pas sjette a biais ctmier qe ns avns relevé pls hat, d'ù qelqes cntradictins apparentes qi vnt se faire jr entre les dex étdes. Avant 850 (tablea VI), garçns et filles trvent la pls grande part de lers épx a Caylar même, cmme ns l'avns nté précédement, mais les garçns le fnt beacp pls svent qe les filles, (70 % cntre envirn 45 à 55 %), srtt s'ils snt travaillers artisans et srtt s'ils snt les aînés. En cntre partie, ils se marient pe sr le reste d platea (7 à 2 % cntre 0 % pr les filles) et encre mins hrs d Larzac (7 à 2 % cntre 4 à 2 % pr les filles). Il y a dnc ne endgamie lcale beacp pls serrée pr les hmmes qe pr les femmes. Les enfants de grs prpriétaires fnt sels exceptin à cette règle ; garçns cmme filles, ils se marient mins svent qe les atres a Caylar (42 à 45 %), mais pls svent sr le Larzac (2 à 6 %) et srtt hrs d platea (4 % pr les garçns et 26 % pr les filles). Ce cmprtement particlier des pls riches caylaris est, n'en dtns pas, le reflet de la relative étritesse d marché lcal d mariage prpre à cette cche sciale. L'exgamie gégraphiqe est ici ne image inversée de 'endgamie sciale. On pet aller pls lin et nter des différences de mindre imprtance entre les attitdes des travaillers et celles des artisans prpriétaires : les enfants de petits paysans qi n'nt pas chisi ler cnjint dans ler village les prennent assez strictement dans la prximité immédiate, le pls svent sr le Larzac, alrs qe les artisans les chisissent pls facilement hrs d platea, srtt les filles. Il y a dnc ne imbricatin de l'aire de mariages pr les différentes catégries sciales : particlièrement étrite pr les travaillers, elle s'élargit pr les artisans et débrde largement d Larzac pr les grs prpriétaires. La règle est glbalement endgamiqe, mais les exceptins snt significatives : elles déntent chez les prpriétaires cmme chez les artisans n besin d'alliance à lnge distance. Tandis qe les pssédants envient lers cadets épser des filles de famille, les cmmerçants et artisans myens -77-

107 Tablea VI DEVENIRS DES ENFANTS NES AU CAYLAR (échantilln des 0 branches) "avant 850" "après 850" () (2) () () (2) () Garçns % de célibataires cnns % de mariés cnns dnt en % des mariés - a Caylar - a Larzac - hrs Larzac % d'émigrés cnns % de "dispars" Filles % des célibataires cnnes % des mariées cnnes dnt en % des mariées - a Caylar - a Larzac - hrs Larzac % d'émigrées cnnes % des "dispares" () Petits cltivaters, travaillers. (2) Artisans prpriétaires. () Grs prpriétaires. Nta : Les % de célibataires et de mariés snt calclés snt calclés sr le ttal des individs dnt le destin ns est cnn. Les % d'émigrés et de "dispars" snt calclés sr le ttal des individs qi ne snt pas décédés a Caylar avant l'âge de 20 ans.

108 prpriétaires nent des liens à distance par l'intermédiaire de lers filles parties cmme servantes... Rappelns encre le rôle d célibat, imprtant chez les grs prpriétaires, ù il tche d'aillers pls les filles (ne sr tris) qe les garçns (n sr cinq), alrs qe les travaillers cmme les artisans, marient largement lers filles, mais cndamnent a célibat envirn dex garçns sr dix. Après 850 : l'endgamie est très atténée, mais cnserve encre n des caractères déjà présents lrs de la péride précédente : la pls grande prpensin a mariage lcal chez les garçns (4 à 47 %) qe chez les filles (0 à 8 %). Ceci dit, beacp de tendances se snt inversées : parmi les mariages cntractés hrs d Caylar, cex qi cncernent des cnjints extériers a Larzac dminent désrmais largement sr cex d platea, et cela pr ttes les catégries. Ce snt même les travaillers qi marient le pls vlntiers lers garçns en dehrs d Larzac (44 %) alrs qe les artisans et les grs prpriétaires y expédient pls vlntiers lers filles (50 à 56 %) mais marient lers garçns pltôt lcalement... Les disparités présentes entre catégries sciales lrs de la précédente péride tendent dnc à s'atténer qand elles ne snt pas prement et simplement inversées : cette exgamie, nvelle chez les petits prpriétaires et travaillers rend certainement cmpte des bleversements q'a sbi cette cche sciale, la première tchée par la crise écnmiqe, et par l'émigratin qi s'ensivit (celle-ci cncerne dans cette péride pls de 40 % des individs). Le célibat, de sn côté, s'est cnsidérablement atténé, saf chez les fils de grs prpriétaires, ù il atteint 6 %, et, dans ne mindre mesre chez les arisans (5 à 6 %). Une fis dnnés les éléments statistiqes essentiels sr l'aire d mariage, n examen détaillé des génélgies ns apprte-t-il des infrmatins sr les stratégies d'alliance menées par les familles? En règle générale, ns l'avns dit, les mariages des garçns se fnt lcalement sr le Larzac, saf pr les dernières génératins ù l'n bserve n éclatement de l'aire d'alliance. Les aînés, en particlier, prennent de préférence lers épses a Caylar. L'examen individel des familles livre prtant qelqes exceptins ntables à cette règle. Ainsi, les Thmas, descendants de Jean, labrer, se marient préférentiellement hrs d Caylar, srtt sr le Larzac et cela dès le débt d XIXe siècle. Plsiers d'entre ex qittent alrs la terre pr devenir cantnniers, facters garde-champêtres. En ce sens, ils -78-

109 snt des précrsers d'n mvement qi se généralisera a milie d siècle. Pls tard, ils sernt parmi les premiers à émigrer très largement vers Mntpellier et la plaine (Frntignan, Lézignan-la-Cèbe, les Pyrénées-Orientales), pis pls lin encre (Lyn et Paris). De même, les Clet, descendants de Françis, petits cltivaters, tendent à se marier dès le XVIIIe siècle ax alentrs d Larzac, mais pas sr le platea même. Cette mbilité de l'alliance débchera assi sr ne mbilité physiqe pisqe les descendants de Françis deviendrnt dès le premier qart d XIXe siècle marchands de bestiax à Béziers. L'extensin de l'aire d mariage semble dnc bien annncer, dans ces dex cas, l'émigratin. Sr le plan des prfessins, il est difficile de raisnner à partir d mariage des garçns. En effet, pe d'épses nt à prprement parler n métier, et celi de lers parents est rarement indiqé dans l'acte de mariage. Certes, n pet nter le mariage d'n tailler avec ne ctrière, les alliances des tris fils d'n ménager avec ne sage-femme, ne ctrière et ne cisinière. Le fait qe qelqes cadets d'artisans de travaillers épsent ne fille de salle ne dmestiqe vene travailler dans les fermes visines, mntre q'ils snt mins gâtés qe lers aînés, mais reste pe significatif : ce snt là les rares métiers féminins recnns et cramment pratiqés, les sels qi fassent l'bjet d'ne ntatin explicite.. Il est beacp pls intéressant d'examiner les mariages des filles. Les métiers de lers épx figrent presqe tjrs dans les actes et ffrent des réglarités sensibles. Ainsi, il aparaît q'avant 850, les filles de travaillers épsaient essentiellement des petits cltivaters, travaillers dmestiqes, jamais de cmmerçants d'artisans. Ce n'est q'après 850 qe l'éventail prfessinnel des alliances ffertes à cette catégrie sciale va s'vrir. On y trve alrs beacp pls de petits salariés (maçns, cantnniers) et des artisans cmmerçants (brrelier, crdnnier, blanger...). Les filles Girad par exemple, épsent des dmestiqes des cantnniers, les Raynal des travaillers de terre, des maçns, n blanger (alrs qe les garçns épsent svent des servantes). Ce changement est à mettre en parallèle avec l'extensin de l'aire d mariage, mvement qi, ns l'avns v, a été largement inagré par les filles et qi s'est précipité a crs de la dexième mitié d XIXe siècle, particlièrement chez les travaillers. -79-

110 Les artisans prpriétaires snt natrellement prtés à marier lers filles à des artisans cmmerçants, avec ne tendance à rechercher les mêmes prfessins, dans le lie même. Ainsi, les filles Chattelard épsent de préférence des abergistes d Caylar ; Antine Privat, bcher, marie ne de ses filles à n bcher. Mais l'alliance se fait assi bien svent avec des cltivaters. Les familles d'artisans en effet, nt tjrs n pied dans la terre et ne se différencient pas vraiment de la cche des myens prpriétaires qi pratiqent svent n métier. Ainsi s'est cnstité le résea d'alliance dnt ns allns parler pls lin. Après 850, cependant, n cmmence à trver des filles d'artisans qi se marient à des petits fnctinnaires (facter, gendarme) à des emplyés, et cela tendra à se généraliser par la site avec la qasi-disparitin d cmmerce a Caylar. Françis Clet, cadet d'ne famille de ménagers, mais li-même serrrier et limnadier, marie vers 860 qatre de ses cinq filles dans la plaine : à n rdisser de Ldève, à n crdnier de Canet, à n vrier crdnnier de Clermnt et à n gendarme à cheval de Bellestat. Une sele restera a Caylar, mariée à n prpriétaire. Les grs prpriétaires qi cherchent pr lers aînés des filles ayant ne frtne éqivalente à la ler, exigent assi pr lers filles n mariage dans les meilleres familles. C'est le cas des Massl Jean aînés, des Privat Gillame des Thmas isss d'etienne, qi s'allient ainsi à de grsses frtnes d Larzac : marchands prpriétaires, la sitatin changera dans la dexième mitié d XIXe siècle. Les alliances privilégiées des qelqes filles de brgeis qi se marient encre, dans n cntexte de célibat généralisé, snt alrs les prfessins militaires médicales, encre le grs cmmerce. Si l'endgamie prfessinnelle stricte n'est pas caractérisée a Caylar, il y a bien ne nette endgamie sciale, celle-là même qe ss-entendaient beacp de discrs sr le mariage. D'ù l'intérêt d'examiner la qestin des alliances préférentielles entre familles. Ns avns nté des mariages entre des prters des dze patrnymes sélectinnés. Cependant certaines familles snt pls qe d'atres liées entre elles. Ainsi, il y a cinq alliances entre Massl et Gleizes, tris entre Massl et Privat, tris entre Clet et Gleizes, tris entre Thmas et Raynal. -80-

111 H <-i ro Sí tí. e e i -<»n < : 8 I 5 ö -I.g ro I d- K-» m ft. «H llii sss O r<]-r<l L-Ol 2 H' c Oë > < L <«L < < O ; r-o c i - fd I C O fe E S E J<0 - I < J O -i des lgi *J rr JÍ a

112 Dans la figre 5, n a représenté le résea d'interalliance de hit familles patrnymiqes d Caylar, tel q'il pvait apparaître à n bservater dans la dernière décennie d XIXe siècle. Dex grpes d'alliés snt représentés : le premier, centré sr les familles Gleizes et Raynal, ccpe la mitié spériere d schéma et se dévelppe chrnlgiqement de hat en bas ; le secnd grpe, centré sr les Massl et les Privat, ccpe la mitié infériere et se dévelppe dans le temps de bas en hat (les génératins qi snt a milie d tablea snt dnc dans les dex cas les pls récentes). Cette représentatin symétriqe permet de mettre en évidence la "rencntre" des dex grpes d'alliance, symblisée par les traits pintillés. Pr saisir le résea d'alliance d grpe d hat, il est intéressant de se placer d pint de ve de Michel Gleizes (2e génératin), dnt le nm est sligné sr le schéma. Michel est le fils de Jean-Baptiste Gleizes et de Catherine Berthmie. Il a épsé en 824 Catherine Privat, ser de Margerite Privat, elle-même épse de Flcrand Thmas. Il est dnc prche parent allié de tris des familles de ntre échantilln. Ses enfants vnt ner des alliances avec tris atres de ces familles : en 857, Antine épse Marie Sphie Clet ; en 865, Françis épse Jséphine Raynal (les Raynal snt déjà alliés avec les Thmas et les Chattelard) ; enfin, Jean-Baptiste épse en 878 Albertine Anaïs Massl. A la génératin sivante, Marie Rse Gleizes, petite fille de Michel, épse en 887 Gabriel Isidre Girad. Hit familles de ntre échantilln se trvent ainsi étritement alliées entre elles atr des Gleizes à la fin d XIXe siècle. Dans la même péride ù se frment ces alliances, des liens se nent également entre les Gleizes et les Massl (ex-mêmes déjà frtement alliés ax Privat). Ils frment la partie médiane de ntre tablea. Un petit csin de Michel Gleizes, Frédéric Hilarión, inagre le mvement en épsant en 86 Rse Marie Angéliqe Massl. Emile Gstave Gleizes, neve de Michel, prend la site en épsant en 869 Marie Alexandrine Massl, csine a 7e degré de Rse Marie, et ser d'albertine Anaïs q'n des fils de Michel épse, ns l'avns v, en 878. Enfin, les dex nièces de Rse Marie Angéliqe Massl se marient n pe pls tard : Marie Angéliqe avec Charles Raynal en 882 et Marie Agstine avec Emile Gstave, atre neve de Michel Gleizes, en 887. A bt d cmpte, entre 857 et 887, la famille Gleizes a gagné des alliances avec sept familles de ntre échantilln et a né des liens particlièrement serrés avec les Massl. Ttes les familles en présence appartiennent a milie des petits -8-

113 artisans et travaillers. Les Gleizes snt de petits cltivaters qi nt e à ler apgée 6 ha de terre, pis nt rapidement décliné. Les Berthmie, les Privat, les Thmas qi ler snt alliés a débt d XIXe siècle étaient assi cltivaters, d'n rang scial éqivalent, mais les Thmas, les Chattelard et les Girad avec qi ils s'alliernt pls tard, snt de simples travaillers de terre. Enfin, les Massl et les Privat qi frment le secnd résea d'alliance snt de petits artisans-prpriétaires (crdiers et bridiers). Ainsi s'est cnstité a Caylar à la fin d XIXe siècle n cnglmérat marital de petits pssédants dnt n ne trvait pas trace aparavant. Il semble bien q'il faille interpréter ce phénmène cmme ne dernière cristallisatin des habitdes endgamiqes traditinnelles rendes ici particlièrement sensibles d fait d crant migratire : celi-ci, en rétrécissant sbitement le stck des épx dispnibles, précipite chez les restants n mvement d'alliances pls rapprchées qe jamais. S'il n'était pas assi visible aparavant, c'est sans dte qe l'existence d'n marché matrimnial lcal relativement vaste laissait ax familles ne pls grande liberté dans le chix de lers alliances. La crise sscite a cntraire ne réactin de défense ltra-endgamiqe tendant à la cnstittin d'n grpe étrit et chérent. Assitôt cnstité, ce grpe tend d'aillers à se désagréger, balayé par la dernière grande vage migratire. On ne trve pls, dans la péride qi sit, de mariage préférentiel entre les prters des hit patrnymes étdiés ici. A cntraire, lers descendants vnt prendre épx hrs d Caylar pr la plpart. La li d'endgamie lcale est dès lrs définitivement rmpe. Un atre régime s'installe, ù les mvements à lnge distance dminent. Un tel phénmène est beacp pls difficile à caractériser chez les grs prpriétaires qi snt trp pe nmbrex dans ntre échantilln. On pet cependant nter l'existence a tt débt d XIXe siècle, épqe ù la résidence a Caylar des pssédants les pls ntables était encre de mise, n résea d'alliances assez bien caractérisé atr des mêmes patrnymes Massl et Gleizes qi nt déjà attiré ntre attentin (fig. 6). Mais cette fis les liens établis cncernent les branches aînées, les pls pissantes et les pls riches des dex familles. Prenant part a même résea, n trve les branches aînées des Chattelard, des Clet et la riche branche cadette isse d'antine Privat, bcher. Snt assciées également à ce grpe dex familles qi ne fnt pas partie de ntre échantilln : les Cmbes et les Aimeras. Ce résea se désagrégera très rapidement dès le milie d XIXe siècle. Il est vrai q'à cette épqe la plpart des branches de grs prpriétaires nt dispar d Caylar. -82-

114 > I «! -í Id S <].a h- O <ll <% 6 -Ol l 6 r-o la s IS d IX I < > (O E - X X D m Ol a. z < J - < 2 «_ f> ~~ Tí * h- d S H<i- c U fc.

115 Ces relatins préférentielles entre des familles de statt scial semblable snt qelqefis évqées par ns interlcters. Mais il y dans ces évcatins beacp de vage et elles ns snt livrées avec bien des réticences. Lcien Gleizes par exemple fait référence à ne traditin familiale q'il crit attestée : "les Gleizes se snt beacp mariés avec les Blazy... c'était dans la ctme de l'ancienneté". Généalgie en main, n ne trve acn lien particlièrement serré entre les dex familles ; n décvre par cntre qe le mariage de Lcien Gleizes est le frit d'n réenchainement blié avec la famille Rve, de Saint-Felix! Il entre dnc beacp d imaginaire dans la représentatin qe les caylaris se fnt des alliances dminantes de ler famille, cmme dans tte évcatin faisant appel à la mémire généalgiqe. Rappelns le cas des Privat, chez qi tt svenir d'n lien privilégié s'est effacé en mins de tris génératins, simplement parce q'entretemps ne alliance pls frte s'est interpsée (fig. 7). En 825, Antine Privat, de la branche des bchers, épse Jlie Sicard. Le frère de Jlie, Antine Sicard, épse à sn tr en 85 Palmyre Privat, de la branche Flcrand, csine isse de germain d'antine Privat. A la mrt de sn mari, celle-ci épsera en secndes nces sn csin germain Gabriel Massl, en 857. Et la fille d premier mariage de Palmyre, Lénie Sicard, se marie finalement avec sn prpre csin germain Aymnd Privat, en 87. Il y avait bien ne réelle vlnté d'nin entre les tris familles Privat, Sicard et Massl, mais rien de tt cela n'a été cnservé dans la mémire familiale. Ns avns déjà essayé de cmprendre les raisns de cette amnésie. Pet-être fadrait-il ajter à celles qe ns avns trvées la crainte qe la cnsanginité prvqe bien svent dans les familles : René Thmas rapprte n jgement négatif inspiré par le premier mariage de sn père avec ne Nvel, ne csine "à la trisième génératin" : "On prétendait qe c'était à case de ça qe ses enfants étaient mrts en bas-âge". D'ù le filtre interpsé par le discrs familial et l'bli, vite installé, qi en réslte. Acne réticence a cntraire qand la cnsanginité n'est pas en je. C'est le cas chez Brn Chattelard : "Mn grand-père... s'est marié dex fis, mais avec dex sers jmelles! Une de mes tantes était d'n premier lit. Sa mère est mrte à la naissance. - On ne trvait pas cela étrange? -8-

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117 - Nn, mi, je cris qe c'était nrmal, c'arait été mins nrmal si elle avait épsé qelq'n pls. Mais là, elle était vene sûrement signer la petite, et pis bn, cmme elle était célibataire, ils nt dû dire: prqi n ne se marierait pas?... c'arait p être sa fille ; ça a été tellement bien qe dans la famille il n'y a jamais e de prblème de ce côté-là". Malgré les réticences qe ns avns slignées, des cas de liaisn renfrcée entre dex familles snt parfis signalés. Jseph Girad et sn csin germain Jean Jean épsent a débt d siècle les dex sers Vinas, de Saint-André-de-Vézinnés, venes travailler cmme dmestiqes chez le dcter Rcayrl. Lcie Clet épse Jacqes Caries, fils d premier mariage de sn parâtre. Aillers, c'est l'ncle et le neve, d'âge pe différent, qi épsent dex sers. On cite encre le cas d'n mariage crisé entre frères et sers. Cependant, ces liaisns prches dans le temps restent rares et représentent n faible prcentage de l'ensemble des mariages. Evqns pr finir certaines frmes d'endgamie micr-lcale dnt le résea d'intermariage de la famille Rsset atr de la re de l'eglise dnne n excellent exemple. A l'rigine, Pierre Rsset avait ne petite maisn dans la relle qi, derrière l'église, gagne les champs. Sn fils Emile, cmpagnn serrrier, revient de sn tr de France vers 886 et achète assitôt l'atelier de serrrerie qe sn csin Lis Casse vient d'abandnner, tt en hat de la re de l'eglise. Il épse alrs Lcie Arvie, dnt le père, cvrer, habite n pe pls bas, près d prche de l'église. La ser d'emile, Albine Rsset, épse à sn tr n visin immédiat de l'atelier, Françis Charles Barthélémy cltivater. Une des filles Barthélémy épse de sn côté le cantnnier Pal Hérail, qi demere dans la même re. Enfin, ne fille Hérail se marie avec n Favier dnt la maisn visine avec celle des Barthélémy. A bt d cmpte, Lise Rsset pet affirmer à jste titre q'elle est parente avec ts les habitants de la re, descendants de ce résea serré d'alliances. Presqe ts nt qitté le Caylar et cnfient à Lise les clés de lers maisns, qi ccpent chez elle n plein tirir. De sn balcn perché en hat de la re, a-desss de l'atelier de serrrerie ù travaille maintenant sn fils, Lise a l'eil sr le patrimine endrmi de tt sn visinage. Criese image d'ne parenté lcalisée et devene intermittente, qe cette re dnt les vlets cls tt a lng de l'hiver ne s'vrent q'ax vacances. Alrs se réactivent les anciens liens familiax, n se dnne des nvelles les ns des atres et n parle des dispars

118 ' '>, -;', ;;Í,' - feá-í i "'/-', '--., '' V : / '.' 4. *"" Ctt re dnt les vlets cls tt a lnq de l'hiver ne s'vrent q'ax vacances.

119 Les qelqes exemples qe ns venns de citer mntre q'existaient a Caylar, a mins jsq'a milie de ntre siècle, certaines frmes de liaisn privilégiées entre des familles des grpes de familles favrisant 'ccrence d'intermariages et les renchaînements d'alliance à crte distance généalgiqe. Des phénmènes à lnge distance snt beacp pls difficiles à caractériser. Sans dte le fait qe ns ayns raisnné sr n ss-ensemble de la pplatin d Caylar limite-t-il ns pssibilités de pvir détecter des échanges régliers d'épx entre n grpe limité de familles, prtant sr n nmbre élevé de génératins. Cependant, ne lnge pratiqe des généalgies caylarises ns incite à penser qe de tels cmprtements systématiqes n'existaient pas. Le phénmène d renchaînement semble bien limité à des circnstances particlières lcalisées dans le temps, d type de celles qi nt présidé à la naissance d résea de la figre 7, et ne se perpétant pas a-delà d'ne péride dnnée. Raisnner sr l'alliance n'est pas simple. Certes, des éléments d'infrmatin nt été rassemblés a crs de ce chapitre, qi mntrent le je cmplexe qi se je en permanence entre les cnditins écnmiqes et sciales d mment, la vlnté des parents d'assrer à lers enfants n mariage crrespndant à ler cnditin et à ler lignée ne alliance frctese, et le désir de liberté revendiqé de pls en pls svent par les jenes gens. Si l'n ne pet pas dire q'a Caylar, ns ayns rencntré n sel témignage sr des mariages impsés de frce, il semble bien par cntre qe certaines nins aient prvqé ne rptre avec la famille, lrde de cnséqences financières et affectives. Le fait même qe ces cas d'espèce sient svent cités par ns interlcters mntre qel rôle édcatif et nrmatif ils nt p jer dans la mise en cnditin des jenes gens vis-à-vis des lis pls mins implicites de l'alliance. Assi, qe reste-t-il dans tt cela d mariage d'amr évqé dès l'abrd par la plpart de ns interlcters? Le discrs sr les mariers, sr les renseignements mltiples demandés par les parents à l'apprche d'ne nin, cmme le cnstat qe ns avns dressé de l'existence de réseax familiax serrés encre présents a débt de ntre siècle mntrent bien qe le mariage était n prcesss impliqant frtement les grpes familiax intéressés, bien a-delà d cple en présence. L'existence de ces réseax était assez frte pr laisser des traces dans les représentatins imaginaires de ns cntemprains, même si la part réelle q'ils nt prise dans les généalgies échappe le pls svent à la mémire individelle. Ce n'est pas n hasard si les circnstances de la naissance d'ne nin ns nt été livrées bien svent par n discrs extérier à celi de la famille : la mémire -85-

120 cllective fnctinne pls vlntiers, s"agissant de mécanismes qi tchent à la difficile articlatin d désir de chacn avec la vlnté d grpe. Ns allns retrver ce dilemne dans l'étde des grpes familiax et de ler fnctinnement, tel q'il était véc par lers membres, a qtidien. -86-

121 D. LE GROUPE FAMILIAL. Les règles de l'alliance, cmme les stratégies scessrales, visent à cnserver à la famille sn statt scial largement fndé sr la terre, la maisn, le métier et sr des réseax de parenté qi permettent de renfrcer la chésin des grpes sciax. A centre de ces implicatins, le grpe familial, caractérisé par la c-résidence d'n certain nmbre d'individs - apparentés alliés, et éventellement dmestiqes - est l'élément mter de ttes les frces transfrmatrices qi visent à assrer la reprdctin sciale des familles. En retr, le lng prcesss d'adaptatin des lignées familiales ax variatins d cntexte écnmiqe, démgraphiqe et mental de chaqe épqe trve sa résltante dans les transitins qi affectent ce nya élémentaire d tiss scial et familial. Ns allns tenter d'en décrire le devenir en partant d pint ù ns a natrellement laissé l'étde de l'alliance : l'admissin d'n cnjint iss d'n grpe familial étranger.. Le parcrs d mariage Une fis le chix des ftrs épx assré, et l'accrd de principe des parents bten, les démarches fficielles pevent cmmencer. Elles tendent à inclre le nvea ven dans le grpe familial dispsé à l'acceillir. Lise Rsset ne se svient pas qe sn mari l'ait jamais demandé en mariage à sa famille. A cntraire, Clade Raynal est capable de décrire les demandes en mariage - sans trp de cérémnies - de tris génératins sccessives. "Mn père y est allé tt sel. Il m'a racnté qe qand il était allé vir les parents de ma mère, pr vir s'ils acceptaient le mariage, il y avait de la neige. Il a fall q'il aille chercher n viex prnier qe la neige avait cassé pr aller mettre dans le fe! Ils avaient d bis partt atr et pas ne bûche pr mettre a fe!... Mi, j'ai demandé ma femme à sn tter, Mnsier Thmas, l'entreprener. Il avait déjà v n pe le manège, il me cnnaissait, je travaillais chez li! Mais enfin, je li ai demandé s'il ne vyait pas d'incnvénient à ce qe je me marie avec sa nièce, je le li ai demandé sr le chantier, et pis vilà tt... Qant à ma fille, elle m'a dit ceci : papa, t sais, j'ai l'intentin de me marier. J'ai dit : si t as chisi, c'est tn affaire, ma fille. Elle a dit : i, je vs le présenterai. Effectivement, n jr, ce jene hmme est ven. Il a dit : je me présente, je sis le fiancé de Marianne. J'ai dit : tant miex, enchanté, Mnsier. On l'a fait asseir, il a même pris le repas avec ns, et je li ai dit : vilà, si c'est pr vs mqer de Marianne, ne revenez pas - ah! il m'a dit, nn, -87-

122 Mnsier Raynal, c'est sériex - Alrs j'ai dit : si c'est sériex, vs pvez revenir. Il est reven qelqes fis, et pis il m'a dit : vilà, cmme vs le savez, ns avns décidé de ns marier cmme ça et cmme ça, alrs je vex vir si vs n'y vyez pas d'incnvénient. Je li ai dit : pas d'incnvénient". La demande en mariage, ainsi décrite, paraît frt simple. Pet-être en est-il effectivement ainsi chez les petits travaillers, et c'est n signe de pls qe ler mariage n'est pas smis ax mêmes cntraintes familiales qe cex de la brgeisie. Ler sci dminant paraît être d'assrer à lers enfants ne alliance décente, cnfrme ax règles de la mrale et éventellement génératrice d'appis sériex sr le marché d travail, mais sans qe le mdeste bdget familial ne sit trp tché. Chez les pssédants, les implicatins stratégiqes snt pls pesantes et fnt intervenir des paramètres pls cmplexes. Assi, les difficltés qi nt éventellement précédé l'acceptatin de l'alliance trvent ler éch jsqe dans le mment décisif de la demande. La mère de René Privat, qi était veve, a dû venir n jr de 94 demander la main de Marthe Vayssettes à ses parents : Cex-ci trvaient ler fille n pe jene pr déjà la marier, srtt à n hmme de treize ans sn aîné. Le discrs de Marthe à prps de ce mment décisif de sn existence n'en est qe pls embarrassé... "A ce mment là, il y avait les demandes en mariage. Les parents d mari venaient faire la demande en mariage pr la fille. Maintenant, ça ne se fait pls, tt ça... - Vtre belle-mère est vene vs demander en mariage? - Oi Pr cette démarche, elle était déjà sûre qe les dex parties étaient d'accrd? - Ah i! - Cmment le jr de la demande a-t-il été déterminé? - Bn, c'est-à-dire, mi, j'ai averti mes parents qe,... bn, ma belle-mère venait tel jr, et pis vilà... - Dnc elle était attende - Eh i... - Et vtre mari n'y assistait pas? - Ah nn Í - Et vs même, vs étiez là? - Oi, bien sûr... - Q'a-t-elle dit, vtre belle-mère? - C'est-à-dire, elle est vene avec mn bea-frère de Ldève. Elle était accmpagnée par mn bea frère. - Parce q'elle était veve? - C'est-à-dire qe mn bea-frère était cmmerçant et traitait beacp d'affaires avec mes parents, alrs il était assez familier dans la maisn. -88-

123 - Vs parents étaient déjà d'acrd? - C'est sûr. Ils n'araient pas accepté de la recevir si les prblèmes n'avaient pas été réglés". On vit qel rôle le bea-frère, déjà intrdit dans la maisn Vayssettes, a p jer pr aplanir les difficltés qi pvaient entraver cette nin, et cmbien pet être imprtant, dans cette cche déjà aisée de la sciété caylarise, le cérémnial de la demande. Les précatins prises par les dex parties snt dans ce cas prprtinnelles ax réticences des parents de Marthe ("J'étais la dernière et il ne restait pls d'enfants après de mes parents") et pet-être assi ax hésitatins de la famille d ftr. En germe, cette première rencntre cntient déjà certaines difficltés qi se fernt jr pls tard entre Marthe et sa belle-famille, et dnt ne lnge chabitatin a passablement renfrcé les effets. La demande faite, les familles vnt se rencntrer et, tôt tard, discter affaires. Le rapprt de frce déjà implicite lrs des premiers cntacts tend alrs à se cristalliser sr des qestin très cncrètes de dt, de patrimine et de chabitatin. Depis plsiers génératins, la plpart des ménages ne fnt pls de cntrat de mariage. Lise Rsset, qi a 86 ans, n'en a pas e. Marthe Vayssettes nn pls. Clade Raynal ns expliqe q'il n'arait pas p en faire pr sa fille : "Les parents, ns avns fait la rencntre. Cex de Besse snt vens ns rendre visite ; ns, par la site, ns smmes allés prendre n repas. Vilà, ns ns smmes cnfrntés, ns avns discté de chses et d'atres. Mi, j'étais simple vrier ; ex, ils avaient beacp pls qe mi. Je ler ai dit : je ne pex pas faire grand'chse. Il ns nt dit : il n'est pas qestin qe vs fassiez qi qe ce sit... il ne fat pas parler de ça". Les grs prpriétaires, a cntraire, nt fait des cntrats jsq'à ne péride récente : n les passait pe de temps avant le mariage, sr des mdalités fixées lngtemps à l'avance, a mment de l'accrd des familles. Ils mentinnaient srtt la dt dnt ns avns déjà parlé et l'évalatin des bijx dnnés à la ftre avec sn trssea. Le trssea a manifestement ne grande imprtance dans le prcesss de l'alliance mais il est difficile d'en faire parler les Caylaris car il tche à la vie intime de chacn et est révélater de la frtne des épx. Il représente n lng effrt d'écnmie pr la famille et d travail accmlé sr pls de dix ans par la jene fille qi en est l'vrière. Dès dze-treize ans, à la srtie de l'écle, elle reçit les premiers cpns de drap q'il s'agit d'rler, d'ajrer et de brder à ses initiales. Pis, a fr et à mesre des dispnibilités d'argent de ses parents, et seln la rapidité de sn apprentissage et de -89-

124 sn travail, elle reçit les matériax nécessaires à la cnstittin d'ne réserve sffisante pr faire face à des années de vie cnjgale : les qantités varient seln les frtnes, mais pr ne famille myenne, c'est qatre cinq paires de draps, dex tris dzaines de serviettes de tilettes, des trchns, six chemises, ttes différentes, le linge de crps, ne nappe et des serviettes pr dze cverts. Le trssea d'ne jene fille de la myenne brgeisie de Mntpellier cmprtait a débt d siècle vingt à vingt-cinq draps de fil, qatre cinq services de table damassés avec des nappes de dix-hit à vint-cinq cverts, sixante à sixante-dix trchns de fil... Chez les bns brgeis, n avait, parait-il dze dzaines de chaqe pièce. Les garçns assi avaient n trssea, brdé par la mère, par les sers par les brdeses prfessinnelles. Pr les filles, la cnfectin d trssea est ne saine ccpatin ("pendant qelles faisaient ça, elles ne faisaient pas atre chse!"), mais srtt ne ccasin de mntrer ler savir-faire et ler applicatin, preve de lers capacités à tenir n ménage. C'est assi pr la famille, dnner ne mesre cncrète de sn statt scial et de sn bn gût (). Sans dte frt tilitaire à l'rigine, n en fait ajrd'hi n sage qi varie beacp en fnctin des pièces qi le cnstitent. Si les draps snt svent tilisés, cmme le snt les trchns, les clttes larges qi faisaient ressembler les grands-mères "à des zaves" les chemises plissées d grand-père restent svent dans l'armire. Et le bea service de table brdé par les religieses de Rdez n'a servi qe tris fis : "pr le baptême de mn fils et sa première cmmnin... je dis tris fis, mais pet-être même pas...". Ajrd'hi le bea linge janit dans les armires. On ne sait ce q'il deviendra, car les jenes ne velent pas l'tiliser et préfèrent qe ler grand-mère ler ffre en fin d'année... des draps de cler. Alrs n cpe les grandes serviettes pr en faire de pls petites qi sernt tilisées cramment, et les pans des chemises de grand-père pr qe la petite fille pisse les prter cmme chemisier, sr n ble-jean... Assi le discrs ten ajrd'hi sr le trssea est-il cntradictire : le pls svent, il est embarrassé cmme si n se sentait n pe encmbré de cette ctme désette à laqelle n a cnsacré ne partie de sa jenesse : "On brdait, n csait... c'était ridicle, hein? des draps de fil q'n ne vit pls maintenant... n ne vit pls de tiss cmme ça!". Pls rarement, celles qi nt de belles pièces ffrent de les mntrer : les armires s'vrent et les serviettes brdées snt fièrement étalées devant le visiter : "Atrefis, n y tenait, c'était agréable de -90-

125 dire : n a... de jlies chses. Tandis qe maintenant n hésiterait à dnner ces mchirs à des enfants... Remarqez, ils nt pet-être pls de raisn qe ns, hein? Qe de l'acheter et de le laisser dans l'armire...". Une fis réglées les détails de l'alliance, n rganise le repas de fiançailles. Chez les parents de la fille, se rénit la parenté la pls prche, limitée ax pères, mères, frères et sers des dex côtés. On échange des cadeax. Ainsi prgressivement se met en place la cnnaissance réciprqe des dex grpes familiax. Mais ce n'est qe le jr d mariage q'elle s'étendra à ne párentele pls élignée. Le repas de mariage se faisait traditinnellement a dmicile de l'épse, dans ne remise décrée de bis et de girlandes fabriqées à la main pls récemment à l'hôtel qi frnissait tt le nécessaire. Ces dernières années, des enfants de caylaris, déjà élignés d village, nt ten à y revenir pr rganiser ler mariage : méchi, fête en plein air, et après le repas, danse tte la nit. -9-

126 2. Grpes familiax et cycle familial Le mariage, dans ttes les cches de la sciété, est n bleversement (2). Il rend nécessaire ne recmpsitin d grpe dnner, celi qi cède l'n des cnjints, et d grpe recever, qi acceille le nvea ven. Il fait entrer chacne des familles dans ne nvelle phase d cycle qi, de génératin en génératin, perpéte la prédminance d'n cple dans la maisn et sr le bien, en réservant ax atres membres d grpe familial ne place secndaire. Il est relativement aisé d'étdier l'évltin des grpes familiax grâce ax dénmbrements de pplatin qi en dnnent la cmpsitin de cinq en cinq ans, depis 86 jsq'à 968. Ns avns étdié avec ne particlière attentin la série qi va de 86 à 86. Dans cette péride en effet (cf. fig. ), la pplatin d Caylar était à sn maximm, mais le nmbre d'individs par ménage cmmençait à s'effndrer, passant de 4,5 individs à près de,5. Ns avns dit qe cet effndrement se faisait srtt a détriment des ménages de 6 membres et pls, c'est-à-dire essentiellement ce q'il est cnven d'appeler les familles élargies. En étdiant ce mment de l'évltin démgraphiqe et familiale d Caylar, ns avns dnc des chances de rencntrer ces vestiges d'n mde de vie ancien q'il fadra cmparer ax strctres pls récentes décrites par ns interlcters. Le dénmbrement de 86 est malheresement incmplet, ns avns chisi de prendre cmme base de travail celi qi li sccède immédiatement et qi prte sr l'année 84. Un cmptage des strctres familiales existant a Caylar à cette épqe a été fait seln la classificatin de P. Laslett (). Dans le tablea VII, ns dnnns le résltat de ce cmptage en chiffres et en prcentages, et le cmparns à diverses atres étdes : celle effectée par Agnès Fine pr les Pyrénées adises dans les années (4), celles d'alain Cllmp pr Saint-André-des-Alpes en 86 et pr Gillames en 788 (5), enfin, celle de J. C. Peyrnnet pr le Limsin de la fin d XVIIIe siècle. Les ménages simples, qi regrpent les cples et les vefs avec sans enfants, représentent 76,4 % d ttal, sit à peine mins q'en Hate-Prvence à la même épqe (78 %), mais nettement pls qe dans les Pyrénées (60 à 7 %). Les strctres familiales élargies, qi regrpent ts les ménages ù le nya principal vit en cmpagnie d'n nya ascendant, descendant, cllatéral (famille élargie), cmptent pr.8 % d ttal, sit n pe pls q'en Hate-Prvence (9,9 %) et nettement mins qe dans les Pyrénées (2 à 8 %). -92-

127 J) v min ti it v "O a 5 Ui l/l»«j «M re a VU CU XI /<U V!) t-i tu en t ja O vi c/l t sa t, ««i vi vre N O «O I" " O > w *0 O e«es > «i- s ves vi) n t-i " O '5, t/ t/ <U ^ O il CJ e> >. va t O J v)> ata Si U "> t ß U < > t/ «"O w " :s 'S '" II II cd.o (4 -O c c t ) «2 v v «*S : S«S n e E E S t «i + j) Q. O-tiS O O t U O > Il n n A J U a t +.9 g S"«8 a U O t/ " *d 8 v = O C es "O. J2 «5 G eg q sa O O t t t >««*. t t - t >< ISS III«s Il II II II II II II II II II»H<-H«NtN«Nfr)tr)tr)<r>'«r^t'í'^t>> C-TCT*.»i v H / «8 - > ce tri ÎQ /CJ c «n /re m tn «-i ' Tf" TT vi t Eb g ' t 's CO <-i /*S «O «X B es G v VO 5 a ta > T VO - H C - /es c l> tn ' CS Ul C <8» CU M (9 G VU O.2.-= E «F (S e> s m! g M /CtJ IN «N TT" 7" t/i tvo c«c > S»N /<8 «M Tf S es " e Tf 00 I "D ce t/5 t VU 8 c 00 v 0- : Q 'S 00 ~ "O C il < i C UIO " 8 r» ï-h t/î t E illa < c I.E -i.j

128 Ttax et % Atres sitatins Ts s'en vnt L'aîné revient 5 ( %) Une fille reste 27 (50 %) 8 ( %) 4 (7 %) 54 (00 %) "! in CM c H n f* H n 9 (5 %) H c H H CO VO ^ H v M CM CO m CM H 2 (22 %) Un cadet reste H H H CM H VO <*> H H L'aîné reste H VO CM H H CM CO 0 (9 %) H H M > (O < r-i X) (O En TRANSITIONS Xi X» c en fi C + + (ÖXI H H TT Xt XI c n XI XI X) XI XI c c c c c C C C C C (Ö (C XJ O TJ CM n n n n TÎTÎT XI XI XI XI XJ c n n ci n XI XI XI X» CO CO CO CO C fi C fi (0 XI O -O *í* ^* ** ^J* TÎTT Xt X) X) XI CO CO CO CO X) XI XI n n c fi fi C (Ö XI O m m in TTT XI XI XI CO CO CO TOTAUX et % CO

129 Ainsi, ns avns établi qe 50 % selement de ns ménages simples n'nt dnné naissance sr la péride cnsidérée q'à d'atres ménages simples sans strctre, et 9 % (5 cas) à des slitaires, par départ de ts les enfants. A l'ppsé, % des ménages simples snt devens ménages élargis et 7 % (4 cas) des familles sches. Il y a dnc en tt 40 % des ménages qi snt passés à n mment a n atre par ne strctre élargie. On vit qe ce chiffre dépasse de lin celi qi semblait sggéré par l'étde d'n sel dénmbrement (,8 %). A ce pint de ntre étde, il ns par nécessaire d'examiner, tjrs à partir de ntre échantilln, qels étaient les mdes précis par lesqels s'effectaient les transitins cnsidérées. Ns avns envisagé 6 sitatins qe ns avns dénmbrées : - l'aîné reste dans la maisn des parents et y crée sn prpre ménage (9 cas) y reste célibataire ( cas) - n cadet reste dans la maisn des parents et y crée sn prpre ménage (4 cas) y reste célibataire (2 cas) - ne fille reste dans la maisn des parents et y crée sn prpre ménage (6 cas) y reste célibataire (6 cas) l'aîné, après avir qitté la maisn des parents, y revient avec sn ménage qand ses frères et sers en snt partis ( cas) - ts les enfants partent a fr et à mesre q'ils se marient snt en âge de travailler, laissant le ménage parental sel avec des enfants célibataires (9 cas) - le ménage reste stable sans départ sr tte la péride (4 cas). Il y a manifestement ne similitde entre les 4 premières catégries qi représentent la majrité des cas (58 %) : la plpart crrespndent à ne sccessin directe assrée par l'n des enfants dans le dmicile même des parents. C'est vrai chaqe fis q'il y a mariage de l'enfant restant, sit dans 4 % des cas. Le sccesser est alrs pls d'ne fis sr dex l'aîné (2 cas), pls d'ne fis sr qatre ne fille (6 cas), le reste d temps n cadet (4 cas). Ces sitatins décrivent l'ensemble des transitins abtissant à ne famille élargie ne famille sche. A cntraire les transitins de ménage simple à ménage simple à slitaire sppsent dans la grande majrité des cas le départ de ts les enfants (8 cas sr 27) et dans qelqes cas selement la présence a fyer d'n enfant âgé célibataire. Cet enfant est alrs le pls svent ne fille (6 cas sr 9). -94-

130 La répartitin sciale des divers mdes de transitin d cycle familial pet être facilement étdiée, les familles de ntre échantilln ns étant maintenant bien cnnes. Les familles sches prprement dites (5b) pevent être étdiées en détail. Chez les Privat Gillame, grs ménagers, le cple de parents âgés vit en 86 avec 4 enfants, pis en 84 avec le ménage d fils aîné, cmpsé de sa femme et de ler premier enfant, en cmpagnie d fils cadet et de dex filles, d'n berger et d'ne servante. Mais dès 85, la famille se sépare : le cple âgé cntine de vivre avec les dex filles célibataires, alrs qe le jene ménage est installé dans la même maisn, mais dans n atre appartement, avec n dmestiqe. Chez les Clet Jacqes, cteliers et bns prpriétaires, le cple de parents âgés vit après d ménage de l'aîné et de lers 4 enfants. Un cas particlier, est celi des Privat Flcran dits "Canari", pavres bergers pr qi la famille sche semble bien être n myen de régler à pe de frais le prblème d lgement : le cple parental vit en 86 avec sa fille célibataire, n fils marié qi est jrnalier, et l'épse de celi-ci, pis en 84 avec la fille désrmais mariée et sn mari, li assi jrnalier, alrs qe le ménage d fils est allé s'installer aillers. A travers ces qelqes exemples, les familles sches apparaissent pls cmme des mdes de chabitatin transitires qe cmme des strctres réellement permanentes. Il fat ttefis nancer ce prps. Ns avns e la crisité de regarder ce qi se passait dans les grs mas ù, à l'épqe qe ns étdins, acne de ns familles ne séjrnait. On y trve, assi bien chez les prpriétaires, qand ils snt résidents, qe chez les fermiers, d'énrmes familles-sches, à la strctre très stable. Ainsi, a Mas de Servières résidait en 84 n patriarche en cmpagnie de ses 4 fils, sa belle-fille, 4 petits enfants, n dmestiqe, 4 bergers et 2 servantes, sit 7 persnnes en tt. A Mas d'assei à la même épqe, n cple âgé de fermiers vivait avec sn fils, la femme de celi-ci, 2 petis-fils ts dex qalifiés de "cltivaters", n dmestiqe, 4 bergers et servante. la famille-sche véritable, strctrelle, est dnc présente a Caylar a XIXe siècle, mais selement dans les écarts. La famille élargie ascendante descendante (4a 4b) se rencntre la plpart d temps dans des branches familiales aisées (grs prpriétaires artisans prpriétaires). C'est le cas chez les Clet isss de Flrentin, ' abergistes, les Massl aînés, les Thmas Etienne, abergistes, ù c'est l'aîné des enfants qi prend la sccessin. C'est le cas assi chez les Chattelard et les Clet Françis, ù c'est le cadet qi sccède. Qelqes familles élargies, pratiqent également ce mde sccessral, mais ss ne frme bien particlière. Les -95-

131 Berthmie André et les Gleizes Lis vient revenir ler fils aîné et sn ménage après qelqes années de résidence séparée. Il s'installe alrs définitivement a dmicile parental. Il semble bien qe ce mde de transitin d grpe de résidence sit emplyé par des familles qi n'nt pas la pssibilité de lger à la fis lers enfants encre jenes et le ménage d fils aîné. Celi-ci vide dnc les liex jsq'à ce qe le départ de ses frères et sers li permette de venir assrer la sccessin qi li revient. Il imprte dnc de se méfier des clases cntractelles qe ns avns citées pls hat : cmme ns le ntins alrs, le départ d cple de fils aîné ne signifie en rien q'il y ait ne atténatin d système préciptaire. Dans certains cas, la présence cntine d'n ménage simple pet également être illsire. Ainsi, chez les Clet Charles, grs prpriétaires, ts les enfants se snt mariés, sccessivement et nt immédiatement qitté la maisn, saf l'aîné. Celi-ci restera célibataire après de ses parents, jsq'à ler mrt et c'est selement alrs qe, deven héritier, il épsera ne veve. Il y a dnc bien ici chabitatin sccédante, mais sans passage par la famille élargie. Dans qelqes cas de familles élargies ascendantes (4a) c'est la mère de l'épse qi, devene veve, est vene s'installer après d jene cple, après cnstittin de celi-ci. Citns l'exemple des Chattelard cadets, des Girad, des Thmas Alexis, ts de statt scial mdeste. Enfin, n certain nmbre de familles élargies cllatérales (4c) existent : des frères et sers célibataires y vivent ax côtés d ménage de l'héritier. Cela se prdit pr des familles aisées, les Clet Jseph les Privat Antine, cmme pr les pls mdestes, les Massl Alexandre, tailler les Thmas Flcrand. Chez les Clet, l'aîné avait fndé n fyer à l'écart de la maisn ù vivait sa mère, veve, avec ses frères et sers. A la mrt de la mère, il revient habiter la maisn parentale et y décède. Les frères et sers célibataires cntinent à y vivre avec lers nevex. Chez les Privat Antine, bchers et grs prpriétaires, sr dex génératins sccessives, l'aîné. marié garde après de li ne de ses sers célibataire. Chez les Massl Alexandre, c'est n frère et chez les Thmas Flcrand ne ser qi chabitent avec le cple de l'héritier. Ns avns v par aillers qe des strctres élargies nt perdré bien après le milie d XIXe siècle, chez les Chattelard par exemple. -96-

132 Pr ttes les atres familles - qi snt les pls mdestes - la règle est simple : les enfants partent a fr et à mesre de ler mariage, ne restent qe des célibataires; si la maisn parentale est récpérée par l'héritier, ce n'est q'après la mrt des dex parents et sans q'il n'y ait jamais chabitatin. Ns smmes dnc pr Le Caylar en présence de dex mdèles d'évltin d grpe familial, relativement marqés scialement et renvyant à des régimes sccessrax différents. D'ne part, ne strctre de famille élargie a ménage de l'héritier (le pls svent l'aîné), avec sans présence de frères de sers célibataires, et prenant qelqefis la frme d'ne famille sche. D'atre part, ne strctre de ménage simple avec départ prgressif des enfants a fr et à mesre de lers mariages, et retr de l'héritier, qelqefis in fine, mais le pls svent après la mrt des parents. Le premier mdèle est celi des grs prpriétaires et des artisans prpriétaires, le secnd est srtt pratiqé par les travaillers, mais les ns et les atres y mettent ttes srtes de nances. Qi q'il en sit, la chabitatin existe dans n grand nmbre de cas avec des parents âgés, des frères des sers, et la tâche d nvea ven, belle-fille le pls svent bea-fils "entré pr gendre", cmme celle des enfants restés à la maisn, n'est pas tjrs facile. -97-

133 . Chabiter : le délicat éqilibre d grpe familial La famille élargie ne s'est pas éteinte avec le milie d XIXe siècle. Si l'n pet estimer q'ajrd'hi elle a pratiqement dispar, n en trve de nmbrex témignages dans des relatins qi prtent sr la première mitié d XXe siècle. Marthe P. ns le dit : "Je n'ai pas cnn mn bea-père mais j'ai véc qinze ans avec ma belle-mère... Qel rapprt aviez-vs avec vtre belle-mère? Vs la vvyiez? - Ah i, je la vvyais, bien sûr. C'était ne persnne très atritaire, très atritaire. - Et elle vs ttyait? - Oi. - Ce n'était pas trp difficile? Ah, bien éctez, j'ai passé qinze ans, c'était pas tjr facile ; - Elle vs cmmandait? - Ah i, là, elle était très atritaire. - Vs aviez des cnflits? - Nn, parce qe j'étais qand même très patiente, mais enfin... - Et vtre mari ne vs servait pas d'intermédiaire? - Eh bien, mn mari, sa mère cmptait beacp. Oh i, je cris qe si c'était à refaire, je ne le referais pas! - A ce pint? - Nn, nn, nn. Il y avait ne chaise là, eh bien, il ne fallait pas la déplacer ; il ne fallait pas déplacer la table... - Et qand vs avez e vtre premier enfant,... ça ne vs a pas dnné n meiller statt? - Ah si, elle était ravie... jsq'a secnd. Et pis qand les atres snt arrivés, ça li allait mins... ça faisait beacp de mnde... dans les cmmerces, les enfants ne snt pas tjrs les bienvens. D'aillers, j'en ai beacp sffert... La dernière, je l'ai cmplètement dnnée : c'est ne persnne d village qi l'a élevée, cmplètement ; elle me la ramenait le sir C'est pas tjrs drôle de vivre avec ne belle-mère...". Le témignage de Marthe rend bien cmpte de la difficlté q'il y a à s'insérer dans n grpe familial ù ne frte persnnalité détient déjà l'atrité. Le fait d'être étrangère a grpe et même, cmme c'est le cas ici, a village, ne facilite pas l'insertin. On entend dire encre ajrd'hi "c'est ne belle-fille, ne étrangère" à prps de l'épse d'n Caylaris qi ne cnnait pas bien les habitdes d village ne s'y plie pas sffisamment. La différence d'âge qi pet séparer la jene fille de sn -98-

134 mari, et dnc à pls frte raisn de sa belle-mère, le vevage de celle-ci qi li cnfère ne atrité recnne par tte la famille, snt atant de handicaps spplémentaires qi tendent à maintenir la jene épse dans n état de dépendance, bien q'elle sit destinée à assrer la sccessin de la maisn. Cette sitatin ambigë qe cnnaissent nmbre de belles-filles est sensible a nivea d langage. Alrs qe le ttiement réciprqe est de règle entre parents et enfants, grands-parents et petits-enfants, ncles tantes et nevex et nièces, la belle-fille vvie ses beax-parents, qi la ttient. Cette asymétrie en dit lng sr la distance tjrs maintene entre la nvelle arrivée et le reste d grpe familial. Elle est à peine tempérée par l'appellatin dnnée par la belle-fille à sa belle-mère ("maman", pis "mamie" qand naissent les petits-enfants), qi témigne de la part de la première, pltôt qe d'ne familiarité mal vene, de sn effacement devant les termes sellement emplyés par sn mari, pis par ses enfants. Sans dte la jene femme trve-t-elle là l'ccasin d'atténer le rôle délicat q'elle je dans le grpe familial en intégrant le discrs qi y est le pls cramment pratiqé. Façn encre pr elle de se sécriser face à la chésin d grpe qi la reçit. A la difficlté des rapprts de belle-fille à belle-mère s'ajte qelqefis l'hstilité des "filles de la maisn". Rarement manifeste d vivant des parents, ce sentiment apparaît a grand jr après ler décès. On vit alrs se dégrader rapidement, pis cesser les relatins entre belles-sers. On se sarait cependant blier qe le rôle de serviter dcile qi incmbe à la belle-fille après sn mariage a bien svent été ten avant sn arrivée par les "filles de la maisn". Celles-ci n'étaient pas tjrs à la fête... On racnte a Caylar l'histire de ce patriarche qi, alrs qe ses filles li demandaient de les cndire a bal, attela sa charette, les y fit mnter, pis, après ler avir fait faire le tr de la cr, ler déclara : "Vilà le bal!" et les envya se ccher. Le pls svent cependant, ce n'est pas la mavaise vlnté des parents, mais les nécessités écnmiqes qi s'avèrent les pls cntraignantes. Ainsi la femme de Marice Mlinier n'est pas allée à l'écle parce q'elle a dû élever ses 4 5 frères et sers. Lise Rsset, assi a dû signer sa mère, sa tante et ses dex ncles, jrnaliers agricles qi l'avaient élevée : "J'ai signé tt le mnde, mi, je ne ler en vlais pas... je sis restée à la maisn, j'étais la Cendrilln de la maisn, je faisais la cisine... et pis en pls, ns avins la tante qi m'a élevée qi était devene âgée, qi avait n pe perd les idées : je gardais cette tante. Vs savez, c'était gai, -99-

135 hein?. Mi, qand je vis les jenes filles d'ajrd'hi i - Vs ncles snt restés avec vs jsq'à la mrt? Cmment avez-vs fait qand vs vs êtes mariée? - J'ai habité avec ex qelqe temps, mn mari travaillait avec sn bea-père, et mi j'étais à la maisn... pis n a e ne maisn, en ville (dans le qartier bas d Caylar, alrs qe les ncles habitaient sr les pentes d Rc Castel), mais ils snt vens, qand j'habitais en ville! - S'installer? Oi, mn ncle et ma mère!... mn ncle, n jr q'il faisait frid, n'est pas mnté en hat, il est resté en bas, il a cché là. Et pis ma mère est vene... - Vs avez dû les garder? - Eh i! - Ils ne pvaient pas se sffire à ex-mêmes? - Eh si!... pensez-vs! Ma mère est mrte à 60 ans ; mn ncle, je l'ai gardé viex, jsq'à 80 ans. - Vs étiez indispensable? - Je sais pas, mais c'est embêtant qand même. Il y en avait d'atres qi faisaient ça. - Ils ne pvaient pas se passer de vs! - Vilà! J'étais ler sffre-dler. - Ils vs faisaient travailler? - Je travaillais à la maisn. Je faisais la cisine, et j'allais la prter ax champs, avec dex marmites... et encre engelés n était!... - Vtre mari était d'accrd? - Eh i! mes ncles allaient travailler, ma mère travaillait... - Et vs beax-parents, q'en pensaient-ils? Il n'y avait pas qe ns, alrs, ils n'en faisaient pas cas... - Vs ariez p vs installer à Ldève, à Mntpellier? - Mais bien sûr. Mn mari était n artisan très habile. - Il vlait pet-être rester a pays? - Eh bien, il restait sn père, assi, aahh! - Ils avaient le sens de la famille! - Oi, i, i. Ils avaient le sens de la famille. Dans ttes les familles, il y avait le grand-père, la grand-mère, svent. - Il vlait rester pr travailler avec sn père? Oi, vilà. Qand n vit les maris d'ajrd'hi et les maris de l'épqe, hein!". Ce qe Lise ns décrit, c'est la recnstittin spntanée d'ne famille élargie atr d'n jene ménage, par la sele décisin des anciens et sans cnsltatin des principax intéressés, qi n'en pevent mais. Sans dte cette chabitatin dénée de -00- tte cncertatin n'est-elle q'ne frme extrême de la mise en place d'ne strctre

136 élargie. D'atres fis, c'est en vert d'n devir pls mins intéririsé qe les enfants chisissent de vivre après de lers parents. Simne Mlinier, héritière de la ferme, dnne sa versin de la chabitatin : "J'avais tte la maisn, tt était à mi. Je n'avais qe ma mère, mn père était déjà mrt, ce qi fait q'n vivait ensemble, qi, ça m'arait par n crime de se séparer. Ajrd'hi encre, ne de ses filles, mariée, habite ne pièce de la maisn, en attendant d'avir "arrangé le desss", et sn fils niqe, qi travaille à la ferme, lge avec elle. Les sltins a prblème de la vieillesse snt mltiples et n'impliqent pas frcément ne chabitatin rapprchée. Lise Rsset habite n petit appartement indépendant, dans la maisn même de sn fils. Mnsier et Madame Byer, qi vivaient dans la plaine, snt revens a Caylar pr ne pas laisser ler mère et belle-mère sele. Elle habitait l'appartement d premier étage et le cple vivait a rez-de-chassée, dans l'ancienne bcherie familiale : "ns smmes restés cmme cncierges en bas!". En dehrs des implicatins mrales déjà évqées, la chabitatin est qelqefis cnsidérée cmme la sltin la pls ratinnelle. Madame Chattelard ns le démntre : "Regardez, qand n prend les persnnes âgées chez si... mi, j'ai signé ma belle-mère tris ans dans n lit. Je pense qe j'arai marqé mes enfants pr ler génératin, hein! Et pr ns, je ne vex pas dire qe ça à été facile, mais c'était pls facile, cmme je travaillais, qe d'aller en cliniqe faire des va-et-vient. Je n'arais pas p faire ce qe j'ai fait à la maisn, alrs qe là, je pvais tt cncilier...". Cependant ajrd'hi, les persnnes âgées vdraient bien ne pas infliger à lers enfants ce q'elles nt elles-mêmes sbi. Madame Albinet : "On est bien, sel chez si. Ils snt gentils, mn neve, mais n a cnn tt ça,... il ne fat pas rendre les enfants esclaves. Ma mère s'est cassée la jambe, elle est restée qatre ans, je l'ai signée, j'étais pas mariée à ce mment-là. Après, j'ai gardé ma belle-mère : le grand-père est mrt le premier et la grand-mère venait passer qelqes mis ici, et le reste de l'année chez ses filles. Mn mari avait des sers,... et elles ne vlaient pas trp s'ccper de ler mère. Facilement, elles l'araient mise à l'hôpital, vs savez. Et mn mari n'y tenait pas, ça fait qe ns la gardins six mis et les atres six mis, elle allait chez ses filles. Mais ça n'a pas dré lngtemps :... elles se snt retirées, les filles... - Vs vs êtes mariée âgée parce qe vs vs ccpiez de vtre mère? -0-

137 - Eh i! - Vs pensez qe vs vs seriez mariée pls tôt? - Oh, pas ni pls ni mins, nn... n cherche sa vie et n la trve après! ". Madame Girad, qi vit sele a Caylar, dit assi : "Je ne vex pas encmbrer mes enfants,... mais je langis." Prtant jamais elle n'a habité avec ses beax-parents, elle a selement pris qelqes mis sa belle-mère malade, et cette expérience li a bien sffi... Dans ttes ces sitatins, ce snt srtt les femmes qi snt cnfrntées à des difficltés. Rares en effet snt les garçns qi "entrent pr gendre" dans ne atre famille. Le pls svent c'est la belle-fille qi se déplace vers le dmicile de sn mari. Et les tâches q'elle a à y accmplir en fnt l'âme d fyer. -02-

138 4. La part des femmes Le discrs masclin est prlixe en cnsidératins mrales qand il s'agit d travail de la femme. Marice Mlinier dit : "La part des hmmes, c'était le travail, et les femmes, c'était la ménagère, le travail d'intérier, le fyer, qi. Atrefis, les hmmes ne s'ccpaient pas de la maisn, ça, c'était la femme, c'était la ménagère qi s'ccpait de tt... Dans ne explitatin et même dans ne maisn particlière, la femme je n rôle assi imprtant qe l'hmme, si ce n'est pls. Si la femme sait y faire, si elle est ménagère, si elle sait travailler, c'est elle qi tient la maisn...'. Ax femmes d'assrer les tâches assi diverses qe nmbreses qi relèvent de la maisn; à elles de s'ccper d cmmerce assi, ù elles jent le rôle le pls imprtant. Lise Privat était ne frte femme qi avait créé de ttes pièces sn hôtel, dnt elle dirigeait les cinq emplyés permanents, les aidant à l'ccasin à se marier. Sa fille se svient q'elle s'ccpait assi de la chrale à l'église, ù elle jait de l'rge et ft la première femme de la régin à mnter à vél! A sa site, sa belle-fille Marthe s'est ccpée de l'hôtel. Sn fils cnfirme le rôle qi était le sien : "Les hmmes, de tte façn, étaient pratiqement écartés de la restaratin. Parce qe mn père avait n pe de prpriété, alrs il s'ccpait n pe de la prpriété et n pe d restarant, qi. Ce qi fait qe, disns, c'est ma mère qi avait ttes les respnsabilités à l'hôtel. C'est elle qi faisait le grs d travail... Mn père s'ccpait de faire le marché, il descendait à Ldève, il remntait... ma mère li cmmandait ce q'il fallait q'elle ait,... ns, n a été n pe écartés. On vyait qe c'était n travail de femme, étant gsse, alrs n était pltôt tenté de partir d côté de la campagne...". Les enfants ressentent très tôt l'imprtance nrmative d partage des tâches. Atre exemple d'imprégnatin des enfants par l'activité de la mère : les parents de Mnsier Byer étaient bchers, le père gardait les mtns, la mère allait vendre la viande avec cheval et jardinière, par ts les temps. Le jedi, elle était à Pégairlles, le vendredi ax Rives et le samedi à Saint-Michel et Saint-Pierre-de-la Fage. Sa fille, partie à la mrt d père pr travailler chez sa ser à Aix, a ten sccessivement des cafés à Aix, Berre, Mntpellier, pis Valerges : "Elle savait faire sn métier, impeccable... n arait dit n gendarme, mais cmmerçante jsq'a bt des ncles...". Partt, n attend de la femme q'elle implse le cmmerce. Bernard Chattelard se plaint qe ses enfants ne sient pas intéressés par les chambres d'hôte qe gère sa femme : "C'est dmmage parce qe ça rapprte atant (qe l'élevage)

139 - Pet-être q'ils s'y mettrnt... - Oi, et pis, ça dépend assi des femmes sr lesqelles ils tmbernt. C'est n travail de femme, ça, s'ccper de l'hôtellerie ; ce n'est pas n hmme qi pet...". En cntre-partie, n ne pet attendre d'ne femme q'elle dirige lngtemps ne prpriété. La belle-mère de Madame Clet, devene veve frt jene, avait dû ler ses terres, prêter sn cheval a fermier : "Q'est-ce qe vs vlez q'elle fasse, ne femme tte sele?" Résltat : sn fils a abandnné la terre. Chez les travaillers assi la femme dit pvir s'adapter à ttes srtes d'activités. La mère de Lise Rsset, après avir été nrrice dans ne famille brgeise de Ldève, était revene a Caylar pr s'ccper de sa fille. Elle travaillait ax champs, cmme ses dex frères jrnaliers : "Elle faisait des liens pr les ballts de frrage, ils faisaient la missn, elle liait les gerbes, elle sivait les hmmes, cmme faisaient les femmes de l'épqe... ils travaillaient à la jrnée faisaient des saisns.". Ns avns décrit pls hat le travail de la mère de Clade Raynal. Il précise qe c'est sa mère qi engageait la famille pr les vendanges dans la plaine : "Mnsier Gleizes, de Saint-André-de-Sangnis, mntait pr la fire de jin. Même sans mnter à la maisn, s'il vyait ma mère dans la re, il disait : "Maria, q'est-ce qe vs dites de ça, vs viendrez cette année? - Oi, i, c'est d'accrd". En jin, il avait sa clle de faite" (6). A ces ccpatins cntraignantes, s'ajtent svent des maternités répétées. A prps d srt des femmes des génératins précédentes, René Thmas ne mâche pas ses mts : "L'hngrer (le châtrer de chevax) de la Térisse a e 8 enfants, sa femme est mrte a dix-hitième... ça, ce snt des martyrs! Les femmes des fermes étaient ttes des malhereses, elles ne srtaient jamais, saf pr aller à Canals. J'ai cnn n hmme, a retr de la chasse, sa femme lavait les chiens! Une femme d'ici a accché ax champs : le srlendemain, elle lessivait ce q'elle avait sali. Szn, qi a perd les idées, en avait fait treize. J'ai traité sn mari de salad et de fainéant, et prtant je travaillais pr li : elle trayait avec n ventre cmme ça et li, faisait passer le bétail! Sa fille m'a dit : 'qand vs semnciez papa, il arait miex vall li mettre la lnge sr la pea.' Ma femme assi faisait pipi à la cltte qand sn père arrivait : il fallait qe sn tabac sit là!" Et cet hmme rde ajte : " C'est nrmal q'n ait émancipé la femme pr ftre dans la figre à l'hmme,... mais maintenant, c'est exagéré.". -04-

140 "C'est n travail de femme, ça, de l'hôtellerie." s'ccper

141 5. L'enfant Qelles qe pissent être les plaintes sr le srt de la femme, de l'avis nanime sn rôle essentiel est d'avir des enfants. Et si de pls en pls svent n en limite le nmbre, n regrette parfis de ne pas en avir pls. Ainsi Clade Raynal : "Ns ns smmes mariés en septembre 42, ma fille est née en septembre 4,... par la site, en 46, j'ai en mn fils... et vilà, je me sis arrêté là. Je vs le dis sincèrement, j'arais aimé avir des enfants, parce qe les enfants, mi je les aime. Je ne sais pas, il y a qelqe chse qi m'attire. J'ai l'impressin qe si j'avais été ne femme, j'arais été... je ne sais pas mi, dans ne garderie, n système cmme çà. - Et prqi vs n'en avez pas e d'atres? - Parce qe, je vais vs dire ne chse, il ne sffit pas de faire des enfants et de les laisser sffrir, je ne sis pas de ce tempérament. Mais j'arais e de l'argent, j'en arais mnté ne éqipe de ftball de rgby!" Assi ne s'étnne-t-il pas qe ses amis l'appellent "père ple", ce qi le fait srire. La naissance d'n enfant entraîne ne nvelle mdificatin d grpe familial. Il fat li faire sa place. Et d'abrd le nmmer. Traditinnellement, le nvea-né recevait le prénm de sn grand-père de sa grand-mère : "On cnservait le nm des aïex... n reprenait le nm d père, c'était n sage à l'épqe, svent, mais ce n'était pas ne règle absle, ça dépendait des familles. Il y avait des gens qi étaient atritaires, pls qe d'atres, qi s'impsaient, d'atres qi laissaient faire les jenes". Cette traditin était particlièrement respectée pr l'aîné, les grands-parents veillaient d'aillers ex-mêmes à ce q'n ne fasse pas d'exceptin : "Mn fils aîné a le prénm de sn grand-père, Edmnd... ma belle-mère avait décidé ça. Enfin, bn, n vivait ensemble, ça faisait plaisir et... n a cédé". Mais il y a tjrs myen de cntrner le prblème : "C'était si difficile à prter q'n ne li a jamais dit Edmnd, n l'a tjrs appelé 'Bébé'. Il a 45 ans, c'est encre Bébé. - Et pr les atres enfants? - ça a été n libre chix. - Pr la mère, pas le père? - Le père dnne sn avis, mais c'est mi qi chisis les nms... vs savez, mn mari, ça ne l'intéressait pas tellement, mn avis était le sien. -05-

142 - Cmment les avez-vs chisis? - Des nms qi me plaisaient". Pr les cadets, n le vit, la liberté des parents était pls grande et c'était svent la mère qi en prfitait pr impser sn chix : "n nm ven cmme ça", bien le nm d saint patrn d jr de la naissance. Ceci ne valait cependant qe pr le premier prénm de chaqe enfant. Pr les secnd et trisième, qelqefis les sivants, n dnnait les prénms des grands-parents; et qand le stck de cex-ci était épisé, celi d'n ncle d'ne tante. Svent, n attribait le prénm d parrain de la marraine, ce qi ns ramène a cas précédent, les grands-parents, pis les ncles et tantes parrainant le pls svent les premiers enfants. Dans de rares cas, n allait même chercher les nms des arrières grands-parents. Enfin, n aimait dnner a nvea-né le nm d'n parent décédé récemment, particlièrement s'il était mrt à la gerre. Le degré de parenté pet alrs aller jsq'a csinage : "Là n mettait ax enfants qi naissaient ts les prénms des ns et des atres, d parrain, de la marraine et pis des gens qi étaient mrts". "On ne cherchait pas des nveatés, n cherchait pltôt à rappeler les prénms de la famille". Dans certaines sitatins, d'atres persnnes qe des membres de la famille pevent être chisies pr parrains et marraines et impser le premier prénm. On chisit alrs n ntable lcal n visin. Svent plsiers pssibilités de chix de prénms snt cmlées. Ainsi, Lcien Clément Emile R. prte les nms de sa grand-mère paternelle (Lcie) de sn grand-père maternel (Clément), de sn grand-père paternel (Emile). Sn frère Clade Jean Marcel R. prte n nm "ven cmme ça" (Clade), les nms de sa tante paternelle (Jeanne) et d'n csin mrt à la gerre (Marcel). Marie-Rse Antinette Jstine Rsalie V. prte les nms de sa grand-mère paternelle (Marie), de sa grand-mère maternelle qi est également sa marraine (Rse), de sn père (Antine), de sn grand-père paternel qi est également sn parrain (Jstin) et de la sainte patrnne de sn jr anniversaire (Rsalie). Sa ser Larence Margerite prte les nms de sn grand-père maternel qi est également sn parrain, de sa tante paternelle (Margerite) et de la sainte patrnne de sn jr anniversaire (Schlastiqe). Sa marraine est sa grand-mère paternelle. Il est à remarqer qe chacne des filles a pr parrain et marraine n grand parent paternel et n grand parent maternel et qe les qatre grands-parents nt tr à tr jé le rôle de parrain et dnné ler prénm ("n de chaqe côté"). Atre exemple : Reine Marie Etiennette Victrine A. prte n premier nm chisi par sn parrain, ntable lcal et visin de la famille (Reine), sivi des nms de sa tante maternelle (Marie) qi était -06-

143 assi la première femme de sn père, de sn grand-père paternel (Etienne) et de sa grand-mère paternelle (Victrine), mais elle attribe ce dernier nm à sn arrière grand-mère... A cette cmplexité de la dénminatin s'ajtait le fait qe le prénm sel n'était pas tjrs le premier, mais assez svent le dernier et qe beacp d'enfants n'étaient pas appelé par ler vrai nm : "Jseph, n l'appelait Gabriel, et Gabriel n l'appelait Pierre...". Dans les dernières décennies, les chses nt cmmencé à changer. Le parrainage est mins svent cnfié ax grands-parents, et pls svent attribé à des csins a frère aîné. Il fat dire assi qe les relatins avec les parrains et marraines se limitent bien svent a jr d baptême : beacp de persnnes ne savent même pas qi nt été ler parrain et ler marraine. Assi la recherche des prénms demande-t-elle n effrt d'imaginatin. "Ils cherchaient le nm d'ne fille, la veille de la naissance, n ne savait pas... Après ils nt dit : 'n va l'appeler Cécile'. J'ai dit qe qand je l'appellerais Cécile, je crirais vir Madame Clair (ne visine). Alrs ils nt dit : 'Hp, Céline...'! Ils vlaient assi l'appeler Chanterelle, et pis après tt le mnde... (en rierait). Mais mn fils a dit : 'Nn, je vex Chanterelle'. Alrs n a mis : Céline Chanterelle". Reste cependant q'ajrd'hi encre, n cntine à dnner le prénm des grands-parents, d parrain cmme secnd trisième prénm à beacp d'enfants. Encre fat-il q'il snne bien. Ainsi, ne marraine appelée Jlie refse de prénmmer sn fillel Jles et préfère li dnner le nm d'n csin, Nël, qi li plaît pls. Le nvea-né est allaité a sein, à mins qe la mère ne pisse le faire. Dans ce cas, n le nrrit a lait de chèvre, ne chèvre blanche de préférence, "parce q'atrefis n prétendait qe les chèvres blanches pr les nrrissns étaient meilleres qe les atres... n disait : il fat q'elle sit blanche et q'elle n'ait pas de crne". La nit, n l'installe tt près de ses parents : "J'étais tellement grs qe je cchais dans n caget à frmage, n m'y avait fait ne petite paillasse et c'était mn lit... et mn père et ma mère cchaient sr ne paillasse par terre". Si les parents snt défaillants, l'enfant est pris en charge par le reste de la famille : "Je n'avais pas de père. J'ai e ne enfance assez dlrese, si n pet dire... Une famille de travaillers, de jrnaliers,... A l'épqe ù je sis née, ne jene fille qi était sédite, vs savez ce qe c'était, hein? Elle était bligée de s'en aller! Ma mère m'a laissée à dex mis à ne vieille tante qi m'a élevée. Elle est allée allaiter le bébé d'n atre... Qand elle est revene, j'avais nef ans. Ce n'était pls ma mère, -07-

144 vs cmprenez... j'ai été nrrie par ne vache... ne chèvre, tant bien qe mal". Pls grand, n met l'enfant à l'écle, ce qi ne va pas sans prblème pr les fermes élignées : "ça l'écle, ça a été n prblème... parce q'ici, a Caylar, il n'y avait pas de ramassage, alrs il fallait se débriller. On n'avait pas de vitre : ils allaient à pied, il fallait les dnner en pensin à l'n à l'atre. En fin de cmpte, j'ai lé ne maisn a Caylar et j'y ai mis ma fille aînée pr garder les dex jenes... et mi j'étais sele ici!". Marice Mlinier et Clade Raynal, se sviennent des lnges marches dans la neige q'ils nt dû accmplir pr se rendre à l'écle : "Le mas est à 2 km. Ns faisins le chemin à pied, et vs savez, ns ne la manqins pas svent. Même qand il plevait n pe, q'il brinait, q'il y avait de la neige cmme ça, il fallait marcher, il fallait venir... Et c'était l'here slaire, à ce mment-là. Le sir, qand n srtait à 4 heres, il fallait faire vite pr arriver avant la nit... '. Les filles vnt à l'écle religiese, même si la famille n'est pas pratiqante, et les garçns à l'écle laïqe. Lise Rsset se svient de Mademiselle Marie, qi faisait l'écle religiese : "Elle ns envyait de ces baffes! Il fallait qe ça rentre qe ça dise prqi. Mais l'écle religiese a bien des avantages pr les parents : "Chez Mademiselle Marie, il n'y avait pas de vacances : elle gardait les enfants. Même, ça arrangeait bien les gens. Il y avait pas mal de femmes qi allaient ax travax des champs, vs cmprenez. Elles menaient lers enfants chez mademiselle Marie, pr pet-être 5 f par mis... elle se débrillait. La première des chses q'n faisait le matin, c'était la prière. Après elle ns mettait en rang sr les petits bancs, - il me semble les vir -, et elle ns lisait le jrnal, tt ce qi se passait, qe le jrnal pvait dire. Et par la site, elle avait n grand livre, sr n ppitre, et elle lisait le livre : Alrs elle était derrière et avec ne petite bagette elle ns faisait lire,... chacn sn tr. Qand n srtait de là, n savait lire"..; Bientôt prtant, le travail entre en cncrrence avec l'écle : "Dès q'ils pvaient travailler, n mettait les enfants a travail. Mes frères nt travaillé jenes... ma ser travaillait à la maisn. Et pis les femmes allaient dans les champs assi...". René Thmas se svient d'avir cmmencé à travailler à nze ans. Mais la vie est difficile sr le Casse et beacp devrnt partir. Assi, pr beacp de familles, se pse le prblème de l'édcatin à dnner à cex qi qitternt la ferme la btiqe. -08-

145 Dès la fin d XIXe siècle, les brgeis, grs prpriétaires et principax cmmerçants, mettent ler fils a lycée de Mntpellier (Massl), dans telle telle écle réptée, la Trinité de Béziers par exemple (Privat), lers filles dans ne pensin religiese de Milla : "On est parti en pensin, c'était srtt pr avir n vernis, a pint de ve édcatin : n ns apprenait à manger le pissn, à manger ne pmme... n avait les sers derrière ns qi ns regardaient manger. On a appris le pian...". Actellement, n demande à l'écle ne frmatin pls sériese. Cmme le dit Marice Mlinier : "Je les ai tens à l'écle. Il fallait ler dnner ne sitatin. Je les ai mis a cllège à 0- ans". Résltat : le fils aîné est n hat-magistrat "en rbe rge", n atre est prfesser d'édcatin physiqe, le trisième kinésithérapete. Et les travaillers, cmme les brgeis pssent l'édcatin de lers enfants. Ainsi Clade Raynal : "Pr en faire n prfesser de français et pr en faire n adjint techniqe, il fallait q'ils aillent à l'écle, et pr q'ils aillent à l'écle... j'ai bffé des pmmes de terre et il n'y a acn cchn sr le Larzac qi en ait mangé atant qe mi... Et ne femme qi a été mdèle pr sn écnmie, parce qe si j'avais e ne femme qi ts les 5 jrs prte sa tête chez le ciffer, n n'y arrivait pas Í... Ns avns travaillé, ns avns écnmisé, le bn Die ns a aimés parce qe ns n'avns pas été malades, si ns avins été malades, l'histire était flambée...". Parfis cependant, cette méthde si dre pr les parents ne réssit pas. René Thmas a e bea menacer sn fils : "Si t n'as pas tn bac, t ne reviendras pas à la maisn", le fils a e sn bac... et a assitôt arrêté ses étdes. "Je li ai fait faire Rdez-Mntpellier avec n tracter, pr le dégûter". Rien à faire... En règle générale cependant, beacp de jenes de la dernière génératin isse d Caylar snt diplômés et nt fini par trver d travail sr le marché de l'empli. Mais cela s'est rarement fait sr place. L'émigratin a dû absrber le trp-plein des énergies cassenardes, ns le verrns pls lin. Aparavant, jetns n dernier éclairage sr la néblese parentale dnt le grpe familiale ccpe le centre. -09-

146 6. Les cercles de parenté. Le discrs familial est prter d'n certain nmbre de catégries qi partagent le champ parental en ne série de cercles cncentriqes. On est avant tt père, fils, épx épse, frère, ncle csin de qelq'n. Cmme ns le rappelle Françise Znabend, "ces enmeratins transmettent et fixent n ensemble de cnnaissances qi permet a grpe lcal de repérer le statt, de déchiffrer les rigines de chacn de ses membres." (7) En établissant les généalgies d'n nmbre limité d'habitants d Caylar, ns avns p discerner cmme l'nt d'aillers déjà fait la plpart des ethnlges, ne zne de parenté prche allant jsq'ax petits-csins inclsivement et ne zne de parenté diffse qalifiée par ns interlcters de "n pe parent", zne qi dépassait largement le cadre de la cmmnaté villageise. (8) Ces dex catégries pr l'instant dessinées d'ne façn smmaire englbent des individs différents pr qi les termes d'apellatin et d'adresse, les bligatins, les relatins réciprqes divergent seln q'il s'agit de cnsangins d'alliés. Le cadre restreint des recherches (cf. ntre échantilln de patrnymes) ne ns a pas permis d'établir l'ascendance de ts les habitants d village qi arait p indisctablement révéler les relatins de parenté entre les diverses familles et déner "le ned généalgiqe" fndamental dans ce type d'apprche (9). Néanmins, grâce ax infrmatins receillies à partir des discrs de ns infrmaters, il ns a été pssible d'rganiser n certain nmbre de faits relatif à la parenté. La famille restreinte A Caylar le grpe dmestiqe cnstite cmme n sait, ne entité slide : cmpsé d père, de la mère et des enfants axqels pet se jindre éventellement le grand-père vef la grand-mère veve, cette entité est généralement désignée par la prépsitin "chez" acclée à l'article "les" sivi d patrnyme : "chez les Rsset", "chez les Chattelard". Cette lctin génériqe n'est pas spécifiqe a sd d Massif Central, elle est attestée en Gévadan et même a delà de l'aire ccitane, en Brggne, à Mint (Côte d'or) (0). Le "chez" renvie d'abrd à "l'stal" la maisn ax persnnes qi vivent ss le même tit et pls généralement encre à la lignée, ax descendants d'n même patrnyme. Relevns qe dans ntre régin, le terme de "chez" sivi directement d nm prpre est emplyé pr désigner ne persnne islée, veve célibataire qi cnstite à elle sele ne maisn. Parfis, n glissement terminlgiqe est pssible et le chef de famille pet être -0-

147 affblé d'n srnm, parfis dérivé d nm, d'n sbriqet qi remplace alrs le patrnyme : "chez l'amie", "chez Gasc", "chez Perrier", "chez Tchli". Qand n père de famille évqe sn cple, ses enfants, il emplie généralement le terme "ns" "p_n" "ns smmes mariés" - "ns avns hérité". - "On est marié" - "n a hérité". "Avec le fils aîné, n trne bien, à ts les dex, pas de prblèmes... L'atre, le cadet, il va à l'écle!" Le "il" semble marqer la distance envers le pls jene des enfants qi prsit ses étdes hrs d Caylar. La parenté prche Evqns maintenant ce qe ns appelns la parenté prche, celle qi regrpe à la fis d côté paternel et d côté maternel, les grands parents, les ncles et les tantes, les nièces et les nevex, les csins germains. Là assi, les appellatins gardent tte ler valer descriptive. Les enfants mais assi les adltes nmment ler grand-mère "Mamie" "Même", ler grand-père "Papi" "Pépé". On dit "l'ncle Pilx" "l'ncle Maris" pr qalifier assi bien l'ncle d côté d père et d côté de la mère, n s'adresse à ex par lers prénms et n les ttie cmme le fnt maintenant les enfants pr ler père. Mais les ncles à l'image des csins pssèdent n qalificatif prche qi sert à préciser le degré de cllatéralité. "C'est n ncle d côté de ma mère" - "C'est n csin d côté de mn père". Si le terme de "csin" - "csine" désigne en pririté, la parenté prche (les, germains), il pet également s'appliqer ax parents pls élignés (les isss de germains les isss isss de germains) avec lesqels, ns, le verrns, les liens s'avèrent beacp pls distends. La plpart de ns infrmaters parlent vlntiers de lers fréqentatins avec le grpe des prches. Le tiss relatinnel pet diverger a sein de celi-ci, certains évqant l'entente, l'harmnie qi les relie entre ex, d'atres a cntraire insistant sr les différents qi les séparent depis de nmbreses années. Lcien Gleizes se félicite de "l'intimité" qi le rapprchait de ses sers émigrées à Paris : "Mi, je sis allé qelqefis les vir avec mes parents. On se rénissait ts, le jr de la fête d village, à Pentecôte. On changeait de tilette, n mangeait la face a berre, le gâtea d pays. Ts le mnde faisait cmme ns. C'était la fête lcale et familiale!" A l'image des grandes cérémnies ritelles (baptême, mariage, cmmnin), ces retrvailles gardent n caractère exceptinnel, rénissant mmentanément les párenteles dispersées. Les marqes de l'attachement familial ne s'expriment pas selement à travers les ccasins festives : l'entraide, la slidarité entre les --

148 prches imprtent beacp pls si l'n se réfère ax témignages qe ns arns l'ccasin de largement évqer à prps de l'émigratin. Chaqe hiver, jste après la dernière gerre, Lcien Gleizes allait aider sa ser et sn bea-frère qi avaient repris l'hôtel Bea Rivage à Palavas. Il frnissait a restarant les légmes cltivés dans sn jardin a Caylar. Originaire d'ne famille pavre et vivant mdestement des revens de l'agricltre, li-même et sn épse vendirent pendant plsiers années sr les marchés de la régin des sacs en cir pr le cmpte de sn atre ser, cmmerçante à Paris. L'appi de la parenté citadine s'avérait particlièrement efficace et 'n retrve ne sitatin à pe près similaire chez les Byer dnt les filles snt parvenes à trver n empli dans la capitale grâce ax effrts déplyés sr place par lers tantes. Parfis, l'entraide pet se dévelpper grâce ax liens sentimentax entretens depis le mariage. Ainsi, Lise Rsset, cnsidère tjrs les frères de sn épx, métalliers à Lyn, cmme faisant partie de sa prpre famille a même titre qe ses enfants - et petits-enfants. Elle garde encre, ns l'avns dit, ttes les clefs des résidences secndaires de ses csins dans la re de l'eglise et ne manqe pas de les acceillir le jr de ler arrivée a village, a débt des vacances. Lise évqe assi avec émtin ne csine de sn mari décédée depis pe, qi revenait drant l'été habiter la maisn mityenne à la sienne : "Ns étins cmme sers. Je savais q'elle arrivait tel jr, je faisais le diner, ns mangins ensemble". Ttes ces relatins snt lin d'être frmelles et cntraignantes mais elles ne saraient masqer l'indifférence les tensins qi pevent séparer les prches entre ex. Michèle Girad cnstate qe d côté de sn mari "ils n'avaient pas l'esprit de famille, ses frères n'avaient jamais invité mes enfants. Je n'ai pas été chez ex dix fis en qarante ans!" Elle-même, se rend cmpte q'elle ne vit qe très épisdiqement ses frères et sers qi vivent à Saint-Jean-d-Brel et à Milla, dans l'aveyrn : "Je vais pls svent chez ex qe ex chez mi. A temps de mn mari, c'était la même chse." Svent, l'élignement, même à crte distance d village, prvqe l'espacement des relatins. Ainsi Lcien Gleizes envers sn frère dmicilié dans ne maisn de retraite à Ldève : "Maintenant, il y a ne passe q'n n'y a pas été. On le rencntrait svent à Ldève a marché, le samedi, maintenant n n'y va pls... Mais de ttes manières, le jr ù il viendra à mrir n le sara parce q'n est sa sele famille!" Lcien Gleizes cnsidère qe dès la mrt de sn père, les relatins avec sn frère et ses sers se -2-

149 snt dégradées pr des qerelles d'héritage : "On est bien gentils, frères et sers tant qe tte la famille est ensemble mais le jr ù les pères et les mères s'en vnt, ça se hérisse! Pr des qestins de partage, les tris qart d temps. Cmme j'étais le pls jene ici, j'ai tjrs véc avec ma mère qi était veve. Elle m'a dnné la maisn et ça a fait des bisbilles I". Ces brilles fréqentes dans bien des familles paraissent enclencher le mécanisme de "segmentatin des fratries", mécanisme qi cmprmet "l'esprit de crps", la slidité des liens qi rassemblent les prches. (). Dans ts les cas, elles interrmpent la chaîne des rencntres, des visites, des rassemblements qi entretiennent et cnslident la chésin d lignage. La parenté élignée Avec les individs de cette catégrie "n csine" mais "ce n'est pas des csins directs tt à fait", "n se fréqente", "n ne se perd pas de ve"... La parenté élignée regrpe ce qe les caylaris appellent "les petit-csins" c'est à dire le pls svent, les csins isss de germains, vire même a delà. Avec cette catégrie de parents, les liens s'avèrent pls mins distends seln les familles. Chez les Chattelard, "cmme n n'est pas nmbrex, n garde des relatins avec des csins n pe élignés". René Thmas li, est capable de citer le nm de ts ses csins, d millavis a bas-langedc : "A Milla, j'ai des csins a blevard de l'ayrlle. L'n tenait il n'y a pas si lngtemps encre ne blangerie, l'atre habite maintenant a qartier de Ténens. Une csine assi a remnté le temple de Fagères, elle a fait ntre arbre généalgiqe. Elle s'appelle Canee. Sn père était de Ldève et a épsé ne Thmas. Sn frère est enterré à Bernis. Il était clnel de spahis. Retraité, il a véc avec la châtelaine de B., c'était n csin germain de mn père. A Srrède dans le Gard, ils snt tris, ils arrivent pr sper, n spe. A Frntignan, il y a les Falgas : ils m'nt dnné la terre de la Fntaine parce qe ma femme a signé la csine Vérniqe Í". Malgré l'élignement et la dispersin de la parenté, ntre infrmater a manifesté sa fierté d'appartenir à ne grande famille qi cntine d'entretenir entre ses membres des relatins infrmelles, cnviviales, déprvs d'bligatins passablement cntraignantes. Cette slidarité pe cmmne entre csins s'avère en réalité le frit d'ne lnge traditin d'entraide ù les Thmas, isss de cches pavres de la paysannerie caylarise "s'en snt srtis" grâce à ler ténacité, à lers réseax de sciabilité parentale particlièrement étends. A l'inverse, ns avns p cnstater qe dans certains lignages, le fait de --

150 csiner n'impliqe qe pe de relatins de qelqe rdre qe ce sit. A fil des génératins, la relatin de parenté s'effilche : n fils pet ne pas fréqenter le csin germain de sn père et pls encre, si ce dernier est éligné d Caylar : "On s'envie des vex de bnne année et c'est tt!" ; à peine si l'n cnnait sn devenir, sa prfessin et il fat q'ne ccasin frtite se prdise pr qe qelqes liens sient enfin renés. Ainsi, Clade Raynal a p revir sn csin de Ldève, institter qi avait sa fille cmme élève : "Il est ven manger a Caylar et ns avns parlé de la famille!" Parfis, en revanche, il sffit q'n csin ccpe ne sitatin sciale privilégiée pr qe les liens de parenté sient sffisamment reparables, ffrant par là même ne psitin valrisante pr la famille : "Qand vs parlez de ce Sicard qi est mn csin, il était ss-préfet de Ldève, n type remarqable, n pète! Il est enterré ici, chez ns! C'était le csin germain de ma mère! Ces Sicard habitaient ici et faisaient l'explitatin de l'absinthe, distillaters d'absinthe!" Les légèrements parents Ss le vcable de "légèrement parents", ns avns regrpé ts les individs qi cnstitent le cercle le pls éligné de la parenté, celi des "csins", a sens le pls général d terme. Bien svent, la cnscience d'ne parenté demere, sans ttefis qe les liens sient cnns. Qand Clade Raynal se remémre sa famille d côté maternel, il qalifie les filles de sn ncle "de csines et pis vilà!" tt en ajtant : "Et pis j'en ai assi à Smmieres mais celles-là je ne les ai presqe jamais ves!" La recnnaissance de la parenté est traditinnellement reliée à n patrnyme à n nm de lie. A crs d'ne cnversatin avec Geneviève Privat, ns avns cité le nm d'armand Privat, mrt à Ldève en 967 et iss de la branche d'antine Privat, bcher a Caylar : "Ah i, alrs, celi-là, c'était n type qi était cafetier à la gare de Ldève! Je sais qe ns étins légèrement parents. Ma mère me disait : - Tiens, t vis, ce Mr Privat là, ns smmes parents! Si mn mari était là, il sarait parce qe je sais qe li, qand il allait à Ldève, il descendait tjrs à ce café!" Le cheminement des liens s'bscrcit qand il s'agit de persnnes qi n'habitent pas le village. Marice Massl : "Chez les Rveyrl de Gignac, il y en avait n qi tenait n hôtel... Et il me disait q'n était petits-csins." L'ancêtre d Rveyrl en qestin avait, en fait, épsé la ser de l'arrière grand-père de Marice. -4

151 Enfin, la ntin de "légèrement parent" pet diverger également sivant les membres de la famille. Seln l'épse de René Privat, hôtelier, "il y avait n atre Privat avec qi n était légèrement parent : Gillame Privat qi a fait dn de ses biens à la tante de Perrin. Il avait ne prpriété a Caylar, il avait perd sa femme et sa fille qi étaient assez jenes et il est resté avec ses dex sers ici. Il avait à sn service Maria Perrin et il a fait dn de tt ce q'il avait à sa servante! Ce n'était pas ne prpriété imprtante. Je sais qe ma belle-mère me disait tjrs qe la prpriété des Perrin devait ns appartenir. C'est cmme ça qe je sais q'ils étaient parents". La belle-ser de Marthe Privat, qant à elle, à cnn l'existence de ce Gillame Privat qi avait ne prpriété d'ne trentaine d'hectares a village mais elle le cnsidère cmme n'appartenant pas d tt à sa prpre parenté : "Il me disait q'n n'avait pas de lien de parenté, cet hmme. On l'appelait Privat. Il était petit, il était fragile cet hmme. Il avait dex sers et il s'est marié dex fis. Je m'en rappelle. Il est mrt en 926, n an après mn père. Il avait ne fille qi est mrte très jene d'aillers. Qand il s'est remarié, ses dex sers snt parties habiter, je ne sais ù? Elles snt restées célibataires. Et la tante de Perrin est vene ici pr garder ce Gillame Privat qi était vef encre ne fis et sel". Ns dex interlctrices, bien qe gardant des svenirs marqants de l'existence de ler csin, ne pevent en acne manière le siter dans ler prpre généalgie. Ce "Privat" ne faisait pas partie de ler prche envirnnement et ne participait pas à la sciabilité de la famille. Savir se retrver La prégnance des relatins entre parents pet être identifiée, n l'a v, à travers n résea d'échanges qi se manifeste à intervalles régliers. Participent pr l'essentiel à ce résea, les rénins familiales pls mins vertes seln ler imprtance ax différents cercles de parenté. La párentele a sens le pls général est en principe, cnviée a mariage. L'ampler de la fête dépend de l'aisance de la famille et des cnditins ambiantes. Si Marthe Privat se svient q'il y avait pls de cent persnnes le jr de sn mariage à l'hôtel Privat avec les ncles, les tantes, les csins, et amis, les travaillers les jrnaliers ne parlent qe de vingt cinq à trente persnnes : le cercle des invités ne dépassait pas alrs -5-

152 les frères et les sers, svent déjà "trp nmbrex". Clade Raynal qi s'est marié pendant l'ccpatin n'avait invité qe "les pls près, cex qi nt p se déplacer". Enfin qand ne persnne d'ne des dex familles venait de mrir, n "épsait le deil" en limitant les festivités. La célébratin de nces avec n nmbre de cnvives rédit est à l'here actelle dminante : "On n'invite rien qe les prches, les csins germains mais n ne va pas pls lin. On ne les invite pas ts, vs cmprenez. On en invite de chaqe famille n dex, n ne pet pas le dire à tt le mnde. Et pis, qelqes amis des dex côtés!" Cmme atrefis, la parenté se rassemble pr d'atres rénins familiales liées ax grands rites de passage - baptême, cmmnin, enterrement - a ritel calendaire - Nël, fête vtive de la Pentecôte et le nmbre de parents invités varie seln l'imprtance de ces rites. Les repas cérémniels ne rénissent en principe qe les parents, grands-parents, frères, sers et petits amis des enfants s'il s'agit par exemple, d'ne cmmnin. Le cercle pet s'agrandir sivant l'échelle sciale, certaines familles de prpriétaires n'hésitant pas à inviter lers csins germains à l'ccasin des fêtes calendaires. "Pr la Nël, je fermais le restarant et j'invitais ts mes enfants, mes petits-enfants. - Les meillers Nëls q'n a passé c'était qand mamie fermait l'hôtel, q'n se retrvait avec les csins et les csines". Le jr de la fête lcale, à Pentecôte, "ttes les familles recevaient lers parents qi n'habitaient pas le Caylar." Et les repas draient svent tt n après-midi, à l'image d'aillers des festins de chasse de "cchnnailles", élargis ax visins ax amis. Ajrd'hi, chacn sent bien la cpre avec cette sciabilité familiale traditinnelle qe ns venns de décrire : "Maintenant n le fait à petites étapes - ns dit Brn Chattelard - parce qe ça fait des génératins et pis n se perd. On se vit qand même à des mments difficiles, pr les enterrements bien sûr, cmme tjrs! On vit atrement avec ce famex téléphne! On ne se reçit pas de la même façn q'à l'épqe ù c'étaient de grands festins, il fat dire qe les déplacements étaient pls lngs!". A sivre les parles de ntre interlcter, n pet s'interrger en effet sr la traditinnelle rptre entre hier et ajrd'hi. Il semblerait qe l'n assiste a Caylar cmme dans bien d'atres régins de France à n simple glissement des frmes de la sciabilité familiale : visites espacées mais cntacts fréqents par téléphne, retr saisnnier des émigrés a pays et nvelles rénins de famille drant les vacances, atant de relatins beacp pls infrmelles, spntanées, dénées des -6-

153 bligatins et des cnventins d'atrefis. Et Brn Chattelard d'exprimer ne fis encre à sa manière, ces cmprtements nveax : "mes csins germains se retrvent ensemble a restarant. Ils se téléphnent, ils se disent tel jr à tel endrit, ils se dnnent rendez-vs. Tiens, ajrd'hi, j'y pensais. Je me disais, n prrait se rénir cmme ça, bientôt Í". -7-

154 "Depis 920, et mém pls tôt, ces maisns n snt pls habitées."

155 E. PARTIR. Les chemins de l'émigratin Par ne belle après-midi d'été, ns avins demandé à ne de ns pls fidèles infrmatrices de faire le tr d village et d'en évqer les habitants - mais elle, pe enthsiaste à ntre prpsitin, répndit : "i, n pet bien se prmener mais c'est vage, ça, tt le mnde est parti, vs savez! q'est-ce qe vs vlez q'ils fassent ici! Il y a des persnnes âgées et pis les jenes ici... Ectez, Le Caylar s'est renvelé cmplètement..." Ns smmes mnté a "Rc Castel", le viex village s'agrippent encre a flanc des rchers les maisns abandnnées envelppées dans les brssailles. Lise Rsset a véc là-hat tte sa jenesse, elle se svient des familles q'elle côtyait et qi nt dispar depis. Pr elle, "c'est depis 920, et même pls tôt, qe ces maisns ne snt pls habitées." Après 94, Le Caylar a perd, en effet, près d / de ses habitants. La mrtalité cnséctive à la Grande Gerre et l'accélératin de l'émigratin entraînèrent l'abandn d viex village et n regrpement de l'habitat atr d "Grand chemin" - la ftre natinale 9 - lie de passage des cnvis de marchands et des rliers. Cmme ts les caylaris, Lise Rsset réside maintenant dans les "bas-qartiers", re de l'eglise a pied d Rc Castel, dans la maisn de ses beax-parents et près de sn fils, serrrier d village. C'est la sele demere d qartier habitée tte l'année ; atr d'elle, prtes clses, vlets fermés témignent de l'exde massif q'a cnn Le Caylar depis la dexième mitié d XIXe siècle. L'analyse des phénmènes migratires à partir d terrain d'enqête ne s'avère gère facile à mener. A débt de ntre recherche ns dispsins, de l'étde statistiqe d'hbert Marcrelles qi reprdisait la crbe générale de l'émigratin entre 8 6 et 94 6 calclée d'après les dénmbrements qinqennax de pplatin. Cette crbe évle en "dents de scie" et ses flctatins dépendent étritement de l'évltin de la viticltre langedcienne. Jsq'en 875, ns assistns à ne frte émigratin, srtt pendant la péride d'essr viticle d Secnd Empire pis celle-ci se ralentit cnsidérablement de 88 à 89 par site de la crise phyllxériqe. L'émigratin reprend avec la recnstittin d vignble dans la décennie pis elle fléchit à nvea jsq'en 9 en raisn de la crise viticle engendrée par la mévente. Une reprise s'amrce avant 4, elle se maintient pendant la Grande Gerre étant dnné la frte -8-

156 fia is Nmbre de migrants lilti 40> SO l ts l SO 00 t lll lä l ; - - i y - r - IÛ7 i&ai \ \ i\ \ \ * '/ idfi à l / /% l! " l<ioi _ L\ \Vl lin. _.. J _ L A \. / V / \ ' TV \ ' \ V ~ r..emigration DE IÖ6 à. ^46 /.. n*ff I L _. _ -I-! D'après H. Marcrelles: Evltin écnmiqe - et d cantn d Caylar... p45 démgraphiqe

157 demande de main d'evre dans le bas-pays et dans les sines de gerre pis s'atténe atr des années 20. A cette date, la prspérité de l'élevage vin sr le Larzac paraît retenir bn nmbre de caylaris et le gégraphe P. Marres dans sa thèse sr "les Grands Casses" attribait désrmais les "départs nn pls ax prlétaires "sans terre" mais "ax cadets qi désirent se sstraire à l'atrité des aînés et se créer ne sitatin indépendante"/ ajtant, q'il fallait cnsidérer, désrmais le régime sccessral cmme facter déterminant de l'émigratin cntempraine (). Ttes ces dnnées d'rdre qantitatif nt le mérite de dégager la pesée glbale des rythmes migratires sr la lnge drée mais elles exigent d'être affinées, précisées pr l'ensemble des familles étdiées. Ns avns alrs tenté ne analyse "qalitative" de l'émigratin : à partir de l'enqête rale et des exemples figrant dans ns généalgies, il s'avérait pssible pr les génératins les pls récentes d mins, de prcéder a repérage des migrants dans chaqe fratrie, et pr chaqe cche sciale. Les infrmatins cntenes dans les généalgies à partir de l'état-civil (âge, sexe, statt marital, scial) crisées à psteriri avec les renseignements frnis par le cadastre (résidence, prfessin, biens pssédés) ns permettaient de remnter également à des épqes pls anciennes et de préciser : - la psitin d partant dans la fratrie, sa sitatin familiale - la chrnlgie apprximative d départ. - le lie de destinatin de 'émigré(e). - la prfessin de 'émigré(e) a mment d départ et sn devenir dans le lie ù il (elle) s'était fixé(e). -9-

158 Genealgies et dnnées qantitatives Hmmes (nb de cas) Femmes (nb de cas) Ensemble (nb de cas) Sit 2,5 % des garçns nés a Caylar, 2,4 % des destins de garçns cnns. Sit 20,6 % des filles nées a Caylar, 5,9 % des destins de filles cnns. 6, % d ttal des individs nés a Caylar entre 750 et 980, 28,2 % des destins d'individs cnns entre 750 et 980. Le tablea représenté ci-desss recense le nmbre de cas d'émigrés(es), identifiés dans les généalgies sit 6 % envirn d ttal des individs de ntre échantilln nés a Caylar entre 750 et On nte ne nette prprtin de femmes : 20,6 % des filles nées a Caylar émigrent mais la part des hmmes s'avère nn négligeable. - Les dnnées statistiqes ns cnfirment la crissance réglière d rythme migratire de 750 à ns jrs : Jsq'a milie d XIXe siècle a mment ù le Caylar cnnaît sn ptimm démgraphiqe, les mvements de départ demerent étritement liés ax échanges saisnniers avec le Langedc (vendanges, pichage des vignes). La migratin, bien qe tempraire jsqe là, pet s'avérer définitive par le biais d mariage qi vit les filles d Caylar qitter ler village pr s'établir ax côtés de ler épx dans la plaine. * Le rythme de l'émigratin d'après l'échantilln généalgiqe. -20-

159 Le rythme de l'émigratin s'accélère entre 850 et 94, à partir de la crise d mnde rral a milie d XIXe siècle jsq'ax phases d'attrait de la viticltre langedcienne. La part des hmmes s'est nettement accre par rapprt à la péride précédente, sensible à l'appel de main d'evre exercé par la viticltre, mais les femmes cnstitent encre le cntingent le pls imprtant de départs (avec n écart de à 2 par rapprt ax hmmes). L'émigratin cntempraine, à partir de 94, est beacp pls mascline qe féminine. Les vies de la réssite paraissent se siter désrmais hrs d Caylar vidé de sa pplatin active. Ceci est d'aillers valable pr les dex sexes. D'ne manière générale et à ttes les épqes cnsidérées, les migrants de ns généalgies se marient jenes : 2,7 ans pr les hmmes, 2,6 ans pr les femmes alrs qe l'âge myen de l'nin se site a Caylar entre ans (hmmes) et ans (femmes). C'est bien a mment de s'établir dans la vie sr le plan matrimnial prfessinnel qe l'n chisit de partir. Inversement, les jenes qi restent a village paraissent se marier beacp pls tardivement. * Les cases immédiates de l'émigratin H F H F H F Apprentissage exercice d'n métier Mariage Armée Vcatin religiese 2 Crss sclaire et niversitaire 5 - L'apprentissage l'exercice d'n métier, la cntinatin des étdes, s'avèrent déterminants dans l'émigratin mascline, srtt après

160 - Chez les femmes, le mariage cnstite semble-t-il la case de départ la pls fréqente mais est-ce tjrs la case première? L'absence d'ne bnne cnnaissance d statt scial et prfessinnel des femmes a mment de ler départ rend cette qestin délicate. Sans dte l'exercice d'ne activité (dmesticité, services) a-t-elle p anticiper, précéder le pls svent le mariage et d'atant la migratin? Ce phénmène est bien difficile à circnscrire dans les généalgies et les enqêtes rales ne ns nt gère apprté de répnses sr ce pint. - Les atres mtifs de départ -service militaire, vcatin religiese- cnstitent ne prprtin négligeable à ttes les épqes cnsidérées. - Après avir cerné le rythme de 'émigratin sr la lnge drée et défini les mtivatins d départ, il cnvient de cnsidérer les liex de destinatin des migrants d'après le nmbre de cas recensés. Larzac et villes périphériqes H F Rerge H F Ldévis et Bas-Langedc H F Atres régins H F La plaine d Langedc cnstite le fyer d'appel privilégié des cassenards, srtt la régin de Ldève et de Clermnt-'Héralt, prches gégraphiqement d Caylar. L'émigratin réslte, cmme le sligne Pal Marres, de relatins qi remntent très lin dans le passé. Les travax saisnniers et la transhmance sr le Casse des trpeax d bas-pays favrisaient traditinnellement les échanges entre langedciens et larzaciens. Ces derniers, sédits par les avantages d climat et par le dévelppement rapide de la viticltre finissaient par qitter définitivement ler mntagne pr aller travailler les vignes les liviers en tant qe jrnaliers, vriers agricles. Si les crises viticles sccessives ralentissent à la fin d sicèle dernier le mvement, la plaine langedcienne cnstite encre majritairement la terre d'acceil des caylaris. Le migrant n'est pls maintenant cmme n le verra, manevre, dmestiqe emplyé de -22-

161 maisn, mais pltôt cmmerçant, fnctinnaire... - Le platea d Larzac et les vallées qi li snt périphériqes (Cernn, Srges, Lerge, Drbie, Tarn) demerent n lie d'acceil pr les caylaris, et particlièrement les femmes qi vnt rejindre, a mment d mariage le lie de résidence de ler mari. On ne pet parler dans ce cas, d'émigratin strict sens mais pltôt, cmme ns l'avns sligné dans la partie cnsacrée à l'alliance, d'aire territriale de l'endgamie, aire crrespndant à la zne de visinage d Caylar dans n rayn de 0 km, en myenne. Cette zne ne dépasse pas, a Nrd, Milla ce qi pet expliqer l'absence de Larzaciens dans le Rerge, en général. La plpart des départs vers des destinatins extérieres a Larzac et a Langedc, remntent à ces vingt dernières années. Les étdes le chix d'ne carrière cndisent alrs de pls en pls de caylaris à "s'expatrier" à Paris, à Lyn et dans les grandes villes françaises - Le XXe siècle cnnaît, ns le savns, n élargissement d champ de l'émigratin. Le tablea cnsacré ax liex de destinatin des migrants permet également de rendre cmpte de la variabilité de l'émigratin seln les sexes à chaqe épqe. - Avant 94, hmmes et femmes demerent attirés par le Langedc et dans ne mindre mesre, par les atres lcalités d Larzac. - Après 94, les femmes, qiqe tjrs axées vers la plaine, nt tendance à partir beacp pls lin qe les hmmes, désirex pet-être de ne pas trp s'éligner d Caylar. -2-

162 * Origines sciales des migrants Fils filles de petits cltivaters, travaillers, jrnaliers, cantnniers H F Fils filles d'artisans, de cmmerçants H F H F A la lectre d tablea, il apparaît qe ts les miliex sciax snt cncernés. Les fils et pls particlièrement les filles de petits agriclters salariés agricles nt tendance à partir en pls grand nmbre, la mdestie des revens et des sccessins ne permettant pas le maintien a pays, srtt entre 850 et 94. La migratin cntempraine semble cncerner davantage les artisans et les cmmerçants, les cantnniers, grpe scial dminant depis la Grande Gerre. Enfin, pr les filles et fils de grs et myens prpriétaires, le système préciptaire particlièrement en viger dans ce milie tend à éviter le mrcellement de l'explitatin et cntraint a départ des cadets cadettes de famille. Fils filles de myens et grs prpriétaires -24-

163 * Le statt scial des migrants Ns avns tenté qand cela était pssible d'envisager l'activité prfessinnelle des migrants dans ler lie de destinatin grâce à étde d cadastre et à 'examen des actes ntariés. L'étde a p être menée pr 5 migrants sr n ttal de 5, prprtin nn négligeable. Statt scial et prfessins cnns des hmmes émigrés TOTAL Petits cltivaters, travaillers, cantnniers, vignerns Artisans cmmerçants Militaires 2 Ecclésiastiqes Fnctinnaires, prfessins libérales 9 9 Grs, myens prp. TOTAL Pls de la mitié des migrants de ntre échantilln ccpent la prfessin d'artisans, de cmmerçants, d'entrepreners de bâtiment et travax pblics qi perpétent le pls svent la traditin familiale dans ler lie de migratin. Ce phénmène s'avère très répand à partir des années On relève ne prprtin nettement minritaire de fnctinnaires et de prfessins libérales : pe de caylaris réssissent à devenir cls blancs. De même, le secter agricle attire pe, décnsidéré, q'il est, ax yex d migrant, par la pavreté et la difficlté à travailler la terre. Sele, la viticltre a p exercer n attrait certain atr des années 4, après la recnqête sr le phyllxéra. -25-

164 Ns smmes beacp mins bien renseignés sr les ccpatins féminines tant le statt de la femme apparaît difficile à circnscrire. Hrmis la prprtin prbablement majritaire de femmes a fyer, ns avns relevé ne vingtaine de prfessins sr n ttal de 78 migrantes. Avant : 2 : religiese ctrières servante dmestiqe religiese : 2 infirmières 2 cmmerçantes 2 emplyées à la Préfectre 2 prfessers emplyée ax P.T.T. secrétaire servese de bar tenancière de bar restaratrice péricltrice. Avant 94, la dmesticité, la ctre cnstitent les activités favrites des femmes pis la tendance à l'exercice d'activités tertiaires (cmmerce, santé, fnctin pbliqe) paraît se répandre depis les trente dernières années. -26-

165 2. Les migrants dans la famille * Sitatins dtales et sccessrales Sr les migrants recensés dans les généalgies, il est pssible de sivre les sitatins dtales et sccessrales pr 40 d'entre ex selement sit 0,5 % de l'ensemble. Dt et sccessin cnnes H F TOTAL Grâce à la présence des actes ntariés -cntrats de mariage, partages, testaments- l'étde des psitins dtales et sccessrales des migrants pet être réglièrement menée jsq'en 850. Les infrmatins deviennent beacp pls lacnaires après 850 en raisn de l'absence des mintes ntariales ax Archives Départementales de l'héralt et de ler dispersin dans les différentes étdes de la régin de Ldève. Ttefis, l'examen attentif d cadastre ns a dnné ne série d'infrmatins nn négligeables sr les partages sccessrax et les biens pssédés a Caylar par les émigrés. Les tableax ci-cntre permettent de préciser les sitatins de chaqe migrant en slignant ler prfessin, ler lie de destinatin, ler psitin familiale, la tener de ler apprt a mariage, la les parts de l'héritage de lers parents. Le faible nmbre de cas cnsidérés n'atrise pas à émettre des cnclsins définitives mais ffre qelqes tendances tiles dans l'analyse des phénmènes migratires. Le tablea cnsacre ax sitatins dtales et sccessrales masclines ns révèle qe la plpart des migrants snt des cadets de famille qi vnt s'établir hrs d Caylar, l'ensemble des biens de "l'stal" paternel paraissant trp faible pr faire vivre ts les enfants a village. Ces cadets appartiennent en général à des familles nmbreses (5-6 enfants en myenne) d'ù la mdicité de -27-

166 Scce ssin «ss; lesb 525 /4 d en -tdnalin = 5 F/an U. RI #4> j a 2 «n nsd pi sbie frire :000Fde es par sn -In H IL : 0,6 ha de sn] 878 ~i pir< sn -» : 0,95 ha 890 ^ ' V :M +. écri : 0,08 ha s = i i 9 : 2 ha 8»-î w 'S. C es? 9 :88ha + i & E S Cntrat e **> n E 4000 F de s Dt: pire 8F S " bien ambr " ñ D U pt:/4 tiqe + Préci + b c H> cadet ins îné.p rpriétaire iiilla me, l'a l'aîné c" ilcra + 2MJ ca «n +, ha S M si cadet, sn: c < e-- ene plsj «g" <2 sn de sn ra E + ra 8 2 K al-s. U ilial nfz " s => Sit M C V e V c ; le ris Prfessin c (lie I c V * T «c < rpriét irdaille Pierre (flridier et p fncier) et Marie Pa I langer à & s- Y! w ^ I c * Ci ** "2 «Ö rf taire c illame prprii ne Astrc C Ü < > gciant à Ldi 2 00 ants t i c ** > T? a M i> nier et llame, crdn se Massl IJ Nant e vin i i rchand d 2 fants) O X> c 2 E " V =» e, cltivater le Michel Pierr Jcanr, c E Cler *ra II U si / S ants c r- <A U * 'O 2. U T) a V C C and,crdnnie ret Jca ti Flcr Chris Sl dat-fsili ernier S *> Mi C E *- î= ** 5 J 5 a -^ qe et Pierre dmesti r Jean Dye t? er,t 'C mj>agnn serni ince c*- JSSOU Jles Alecis dit Dri e ligna: c Limnadier à Tr ^ ants c V) *4J V c n 2 JS, cantnnier Marii Rq > s g > rdnnier < des 2 c & ra OO (se X i c ra E-5- -r C V «S * ener and, entrepr ence Laprte Flcr Qém, C O E Cler. **0 II SE. «y> Hmme 850 ï et < h Massl a. Js i Privat c Js rie Privat x>» 94 c nd Massl R Fh Privat J! le E a rie Thmas *4> vc Raphaël Th imas n (assi h Vincent N a. Js

167 e 'â Sce 8. ta "C ta E C c ô t-i.ü "G X> S i aie c ra Sit M Parent siden in et lie de ré Prfess s Hmm S? Î 8 ^* Ï -? S. m S O w HJ c m E S".2 I Ë g j i I 4 S.c e S C U c S s! + 2 S s s + CI s O i & V XÍ q «--? S,2 g s z s g s J ï S 2 I S * II rt i & ^»O *c «--? s,2 <S -S «2 Ö t* Í 8 gl <s *«l I < I vec S Ii ig + S» JS >- -:ï r g- -S x c 2 E - i si ^i î '(9 I? I s 5 E it Î Wl Ë S z. ë \ i! J ï s s a A S a. (/) I s / v M c n S a w HÍ c M E ë s 4 *- V ;i»s!> I g j l Î l i ' S s «q j = c. U CT S n S s a N-^ H» c M E n Ö ë = S. **! ;i s^ 45: 2 I I S ê e E + - r«! Il s 2 s S g V N-' 'C 2 E 0 0 ( S «2 S 5 J] î?% 6Z 0.- i! ra + ** C -- w «t: E w + MÍ C S,.2 -î y II c 2 c 0 c '? < > Ç c il V t> S «a C E a, e c «J E 0 s E? 0 Ü S ë!l.. a il î s 0 a «0 i < «& s II "ës E s î td S! I ' I

168 Sccessin lelbâti- 82: Part la pls faibl ment + j'ardin f 0,5 ha de sn bea-pèi OF + 80 : de sn père 24 prtin d cmmnal t 80: de sn père 240 intrat de mariage Ö íri tier X mère fdesa + C L Bien ibles, 40 F. *C Tient d'hi 20F+ d m ami 00 8* Avan linge Dn B- 8 V c ment d'hi 8 Avan ine ne rac < e Sn frère Ma chètesapart tine ne ra- t Sn frère Ma chète sa part ment esn 600 F en avance srla sccessin d III, ment esn avance essin d 600 F en srla sa 88 d'hi père ment esn» 600 F en sr la sa 88 d'hi père ment li :800 F en + 50Fbi, d'hirie milia jati ** iö c Par«nce : lie de rési «_ Pr fessin ^-N 2 c enfa «8 5èd. Ü 4> *- t Ann Ml Jseph, mena Lnjn Mntpellier *.. igie» Rel S..? g Fil J. Pns S w Flcrand, maç : pstilln c «lève m nts 5 S s J!»V c 'S 2 t Mari V c Françis, semi Girad M c lève m *-\ S C enfa VI M 2èd. 2 c t Mari c Françis, serm Girad crdnnier c let mai 5 nts S H> C U Mari V V Marc Antin Mlinier t «{ ralt mari T* rmntcr 0 B I "Ê S TD a tî C» *? Marc Antine e C Hi t** Q M U» v-^ 4 *4> mari s m *- y-v O W> Î; U d aire fn e riit mi & «= 2 c Jean Baptiste pi cier et Cath. Be S ari : prpriè E Sa clièrcs rmnt- end en* h. a *> G/ H» mari ^ (.2? i aire fn e 5 E E & " Ê c Jean Batispte pi cier et Cath. Be JZ mari : bc "C Cavale 2 CN ^ *^> mari _. «WI " C t 5, aire fn e 5 'Ë c S--C e c Jean Baptiste pi cier et Cath. Be lire t> mari:prpri c La Cava le en- en- 00 U) V *** HÍ mari s y s 4> ^» fla diei et Rsi c > Flcran, maître Pascal c~ X n lève m Fem mes 00 Avan Jsephi ne Clet 4> Mari Jeanne Clet «Mari ;ie Clet n V Mari rine Alb ine Clet Cath riñe Cha ttclard v Cath e Chatte lard c Jea m rine Hnrine Gle izes Cath I Jlie j tic Elali c Virgi 5? Brigi

169 .2 'vi cce C/5 U. 60 n 'C Cntrat de ma S s 85: dt 2400 Fdn par sn frère Pierre, Bijx F m t> emels ciptair«s mal cr pré ril ritii :nd les d itine, hé 400 F X «e 'S? 8. Hi.. 8 : 700 F. A héritier préclptaire t» fncier 20 set. rente :rrede *- ire : an Fl/2fri 2S,mère ardin Si II c = re 9F de tr 00 F payée pa e s «4 ^»? " SI & El 2 Si ils, ca 90:.2 h 9 :-l,lh 'S. Ts les biens d + maisn UOSI E «90:0,7 h SI esslnd la sce bâtiment ha+ 2 «98: excle re. :0,6 ha rax *-* *> -c *» X "ë.= ea Antine, f re -, ha 8. IA C Ts les bi + maisn *j lia e «2 c ta 5 Parents U * a S O Hi c «*- *i ' * S a ûl et L Pierre, ménager Mazeran ë H. s p..2 'O ccr ÍB E g -*2 f c U *t ~ - "O s ös Antine, bcher et Jean Birste ^ a S ^«^»V c «E 4* tí l V "*» 4> W "O t; Flcran, crdnnier Margerite Acher *> U «O M S S S. s r Hj n c E s a ^î (Q Z " *j" TÍ ""* ** ' * *- O Wi *-*J M O *± T öa «. «U!2 Jean Antine, travailler terre et Anne Girad Gabriel, limnadier et Spl Clet nfa nts <*) V) ^ V H* C L'a c Agste, cltivater et An Mntéis C U * S S ' S HJ C n E U S? <a Jean-Pierre, dm. cit, et J Byer t> > a «HJ c ra E «- V ûl ~ /-s» t; Flcrand, cantnnier et Ca Raynal ë.a. 5. J5 M> c ^ n ~ E ra -* ** t c trt v «V = et J Antine, bcher Sicard résidence :ssin et Ile de Prfi ere mari : trii cier t-michel c riétaire fn Saint prp Mn taire pagnl Peyrat (Qercy), : maçn Cam mari, mari : traç. er :z s S! A s mari : Hera t-féllx-de-' estiqe Sainl drn* laqiire ta -r tpeyrx mari : prpriértier t-jean-de- : cltivate Sain mari lange mari : b! Sète, iter ltlvs Salasce, mari : c Femmes del leine Massl 2 'C rgerite Rse P ra s rine Privat Cat Jlie Raynal 94 ë C "» e Clet Jli 4rt Lise Priva S S idrine Rss< Aie SBUIO QementineTh ë < vat 'C Philmine P S S

170 e.0 Sccess & a c» tra Cn M #4> rit.2.2 E ä tati i/5 a ren B 8 C réside O _«n et] Pr E E h c e V Ô fa 8_ M s. E w» pi C > s 5 S s *- w c n e s. î 'S E î! H c B ai, > c t 2 i. (rt Ü! I s c a Ü. &, Ä I! 5 W C c s» ** V! - _ «s.. s ÎJ a S i.s 2 s e 2» c 'C SI V 2!

171 ler part sccessrale : les Berthmie, les Girad, les Raynal (mins de ha), les Rsset (à peine ha), les Thmas (2 ha), les Massl (5 ha). Chez les Mlinier, la relative étende de l'héritage terrien (,6 ha à Jles et à sn frère Gerges) a partage sccessral de 92 reste à nancer : sr les 8 ha qe pssédait Jseph le père, fermier, c'est, n l'a v, la fille cadette Simne qi se trva héritière préciptaire d bien, sit 9 ha, le fils aîné Jean-Jseph n'ayant qe 9 ha et les cadets Jles, Gerges et Amélie ne se snt partagés qe les 4 ha restants (sit,6 ha à chacn) cmpsés de parcrs et de landes imprpres à l'agricltre. Il cnvient également de sligner qe pratiqement acn des migrants n'est héritier principal préciptaire d bien paternel. Dex exceptins, cependant : les familles Massl et Clet. Chez les Massl, Flcrand, cltivater à Clermnt-l'héralt pis entreprener de travax pblics, sel garçn de la lignée, fils cadet de Pierre, cltivater (qi a e filles) reçit en précipt a mment de sn mariage le qart des biens d père, pls ne btiqe et ne chambre. En 857, il hérite d bien paternel d Caylar (2, ha), la ferme d Camp Larier. D'après sa petite fille, "c'était ne grsse prpriété..." Flcrand Massl agrandira a crs de sn existence celle-ci et la fera passer de 2, ha à ha. Sn fils Jseph Vincent, grs négciant en vin de Clermnt-'Héralt et ftr cnseiller général d cantn d Caylar, hérite des biens de sn père en 9 sit 88 ha pls la maisn. Ce Jseph, bien qe cadet de famille, est le sel garçn de la lignée, il épsera ne fille niqe de négciant à Brignac près de Clermnt-'Héralt et deviendra cmme ns le verrns pls lin dans l'étde, n véritable ntable. Chez les Clet, famille aisée d Caylar, Gérard hérite, à la mrt d père en 928, des 2 ha et de la maisn. Il demere à cette date, l'niqe héritier, sa ser étant mrte en cche à Damas (Syrie). D'après sa femme, la mère n'arait pas insisté pr q'il reste a Caylar : sn père étant mrt jene des sites de la gerre de 4, ses biens avaient été mis en fermage. Il deviendra militaire à Lyn. A nter qe dans ces dex familles, c'est bien le garçn niqe de la lignée qi hérite d bien familial alrs q'il ne vit pls a Caylar. Les terres se trvent alrs placées en fermage permettant à l'émigré d'être débarassé de tte cntingence d'explitatin et d'en percevir niqement ne part des revens. -28-

172 Les migrantes snt, dans la majrité des cas, cmme les hmmes, des cadettes de familles nmbreses (5-6 enfants en myenne par famille) qi nt qitté Le Caylar a mment de ler mariage pr aller s'installer a lie de résidence de lers maris. Le départ de la cmmnaté villageise cntribe certainement, a mment de la sccessin des parents, à la mdicité des parts d'héritage de chacne d'entre elles : 0,5 à 5 ha en myenne, (,6 ha pr Amélie Mlinier, mais c'est l'exceptin), bâtiment, jardin pls rarement maisn. Par cntre, les qelqes dts qe ns avns p cnnaître ne s'avèrent pint négligeables. Elles émanent le pls svent de pères prpriétaires fnciers artisans csss, slidement établis a village. Citns les pls imprtantes d'entre elles et les principales bénéficiaires : Madeleine Massl reçit F de dt lrs de sn mariage avec Lis Revelhn, prpriétaire à Saint-Michel-d-Larzac qi, de sn côté, est héritier préciptaire de sa mère pr /4 des biens. Le frère de la ftre, prénmmé Pierre, a hérité des biens d père, ménager : sit ne maisn, n pailler, des terres, des jardin. En 85, il dte sa ser cadette de.600 F sr les F q'elle se cnstite dans le cntrat. Catherine Privat btient.600 livres (000 L d père et 600 L de la mère) a mment de sn mariage en 79 avec Antine Espaillac, maçn d Qercy. Margerite Rse Privat a 7.00 F en 8 lrs de sn mariage avec n prpriétaire-rlier de Mntpeyrx, Pierre Naillac : F de dt dnt.880 F cmptant,.500 F dans n an et le reste dex années pls tard. A cela s'ajtent 5 trs de chaine en r (valer 80 F), ne paire de bcles d'reilles (valer 20 F), n clavier en agrent (= 20 F) et de sn prpre chef, n cabinet en bis de nyer et des vêtements et d linge, le tt évalé à 00 F. Margerite Rse est, à ce mment-là, la sele ser mariée d'antine Privat, l'aîné, riche bcher et prpriétaire qi se trve héritier préciptaire pr n bien de 66 ha avec dex maisns et cinq bâtiments rrax- n cmprend qe la jene mariée, ne pvant être dtée en biens reçt n apprt a mariage en argent, prprtinnel ax ressrces de ses parents. Raymnde Chattelard, mariée en 924, est la fille de Charles et de Marie lise Vinas- qi la dtent de biens en natre, c'est-à-dire des mebles valant.500 F. Les Chattelard snt prspères à cette épqe et pevent cntriber efficacement à l'installatin de ler fille mariée à n emplyé des chemins de fer à Mntpellier. -29-

173 Parmi les psitins dtales et sccessrales des migrantes, ns avns relevé dex cas selement d'héritières principales : Marie-Jeanne Clet avant 850 et Marie Lise Privat après 900, seles srvivantes de ler fratrie qi héritent de tt le mdeste bien paternel, s'agissant il est vrai, de filles cadettes isses de cadets. Le père de Marie-Jeanne Clet, Flcran, maçn, pssédait ha et 2 maisns a Caylar en 84, a mment de sn décès. En 895, Marie-Jeanne, fille niqe n'a pls qe 0,5 ha de sn bea-père, ayant vend à cette date ts les biens paternels. Mdiste de prfessin, elle épsa n pstilln de Ldève, Egène Casse. Le cple finit par s'installer à Mntpellier. Qant à Marie Lise Privat, qi appartenait à la branche pavre des Privat, bergers, dmestiqes, elle n'a qe, ha vers 90 et ne maisn a Rc Castel d Caylar, déjà en rine de sn vivant. Elle épsa en 909 n dmestiqe riginaire de La Cavalerie et le cple s'installa à Saint-Félix-de-'Héras, près d Caylar. Ses dex filles émigrèrent à Villefranchede-Rerge et à Vitry-sr-Seine par le biais d mariage. -0-

174 * Les migrants dans la généalgie Après avir psitinné dans la mesre d pssible les sitatins dtales et sccessrales des migrants, pvins ns, à partir de qelqes exemples chisis dans ns généalgies, siter précisément la psitin des partants dans chaqe fratrie, lers mdes de départ, lers itinéraires persnnels? Pr mener à bien la recherche, ns avns sélectinné tris familles particlièrement tchées par le phénmène d'émigratin et appartenant à des miliex sciax différents. Les critères de chix repsent sr n frt prcentage de migrants (60-70 % sr -4 génératins), sr des sitatins sccessrales cnnes et des liex de destinatin identifiés. Ns dispsins, enfin d'ne qantité d'infrmatins sffisante sr chaqe migrant grâce ax apprts de l'enqête rale. Famille de type I (petits cltivaters, travaillers) - Les Rsset et pls particlièrement la lignée de Jean-Pierre Rsset (85-880) ; dmestiqe, cltivater a Caylar dnt la descendance familiale évlera sensiblement vers l'artisanat (serrrier, métallier) a crs d XXe siècle. Famille de type II (fermiers) - Les Mlinier, la lignée de Jseph Mlinier, fermier a Mas d'assei. Famille de type III (ménagers, myens-prpriétaires) - Les Clet, la lignée de Jseph Clet, ménager (72 - an X). * La famille Rsset Elle est isse d'ne lignée de cltivaters résidant à La Cvertirade depis la fin d XVIIIe siècle. Jean-Pierre Rsset l'ancêtre, d'abrd valet d'écrie dans n relais de pste près de Saint-Pierre-de-la-Fage, devint valet de labr a Caylar en 845. Il épsa ne fille de service, Jlie Byer, riginaire de La-Panse-d-Larzac. Le cple demera a Caylar ù Jean-Pierre, dmestiqe-cltivater, dispsa bientôt d'n petit bien :,7 ha, maisn, jardins. Le partage sccessral effecté en. 890 ns révèle la faible part de chaqe héritier dnt la plpart nt d'aillers qitté Le Caylar. L'aînée Marie Jlie, ser de la Dctrine Chrétienne à Mntpellier, ne figrait pas à ce partage, étant décédée depis 868. Sr les tris enfants, c'est Alexandrine, mariée à n viticlter de Saint-Jean-de-la-Blaqière et la --

175 CT _ ÍI] Os 'S -' in " 00 O $ i-i "O O I H O. OÍ tn ^ H ra t P.y 8 Oí M g *- «as re re re > U I < + vi c U -i + * 2». «. H O, O H H H» 0\ es r <] r- r» 00 O 2 s8 5» c re w PH ÎH * * Á w re J ja UJ es K f.. O H ló O < cq a,2 O 5 8 <s re <JS c re i-i re f > 00 l X re Of. «S SÍ* Û a a M > ON Os i re J O re x i " ci U l CN -O: 2 <S52 t/í 8 2 ctc? SI I <s O* «CLs JA ^ c < OB - < L - U SE C! O $ ^ «i C i-i -^ <-.. ta> 2?.s s g «J 2 DÏÏ E-«^ c "re HgE al S íü i y i-i s ~ C i g G 00 *t «w a r t n a l-> «-H O i-i \ 00 <M <] re P-c re S re «- a's \ >«) Ui re re Fi v re 6 U sa e.

176 pls âgée des srvivants, qi reçt la maisn et ne mene part de l'héritage en terre : 0,7 ha. Sa ser Albine qi demerait a Caylar n'et qe 0,2 ha et le jardin. Emile, le cadet, sel garçn de la lignée reçt la majere partie d bien, sit 0,95 ha et les dex jardins. Après avir fait sn tr de France en tant qe cmpagnn serrrier, il n'était reven a village q'à la fin d siècle dernier, parce q'n atelier s'était libéré à la site d'ne faillite. Emile Rsset deviendra le type même de l'artisan-cltivater, de cnditin mdeste mais dnt la vcatin de serrrier fera écle parmi ses enfants. Egène et Lis, les dex cadets, n'étant pas restés a Larzac, cmpte ten de l'exigité d patrimine, s'installèrent métalliers à Mntpellier d'abrd, pis à Lyn et le pls jene, André, cntina sel l'atelier d père a Caylar. En 946, après la mrt de Jlie, fille aînée célibataire, ctrière et héritière principale des biens d père, les terres nt été partagées entre les garçns mais la maisn demera individise. C'est maintenant Charles Rsset, fils cadet d'andré, qi perpéte a Caylar la lignée et la traditin familiale de serrrier. Afin de cnslider sn installatin a village, il racheta à ses csins de Lyn, la maisn familiale q'il partage avec sa mère, veve depis 977. Ses dex enfants ne vivent pls a Caylar mais ne snt pas très élignés d fyer parental, Jean-Charles travaillant cmme métallier à Camaret et Daniel se trvant fnctinnaire à la Préfectre de Mntpellier. On pet remarqer, en définitive, qe dans cette lignée, les cadets isss de cadet, en 'ccrence André et Charles respectivement fils. et petit fils d'andré Rsset perpétent a Caylar le travail des métax, les aînés des garçns prlngent aillers la vcatin familiale et paraissent avir bien réssi. * La famille Mlinier La branche des Mlinier est riginaire de l'hspitalet-d-larzac, à qelqes dizaines de kilmètres d Caylar, dans l'aveyrn. Jseph Mlinier et sn épse Jeanne Verlaget, ts dex isss d'ne famille de petits cltivaters prennent en 885, pe après ler mariage, la ferme d Mas d'assei. En 928, ils finissent par acheter la prpriété, près de 8 hectares avec beacp de landes, de parcrs incltes. C'est n avcat de Mntpellier, Mnsier Arnal d Crel, riginaire li assi de l'hspitalet qi ler vendit le bien dans ne cnjnctre écnmiqe favrable, jste avant la crise de 929, "a mment ù les affaires s'étaient arrangées, les prix avaient mnté, il y avait ne pls vale sr les terres à ce mment-là!" ns dit sn fils Marice. Qelqes années pls tard en 92, le partage familial avantagea les enfants restés a Caylar : Jean-Jseph, l'aîné, reçt 9-2-

177 í /5 0) O!<É ON á 'S) c i> cd ig «ü i> «- _ O, "TJ..,U.9 S B) «5 Os]. U < O 2 w "O O et] OH «-M 8* <L> ** g, sai e>0( «< í W U * O 8 S O c. X f-* r-«/5 OpJ il <5! g ü OK S,PS çd cd S U - r> -j v - " 29 ^ **} O Ox y r-i _ *- CJ a <N Bb a U Jj es ES S Pi."S ^.< a, CJ -a O O «-^ s >-> - B -5 «a j2 g «s Ol* "2.2 5 a i-i &,0H O & OSS ON <JJ S J «5 w a l es crt < -l /ta Ut a s s d a -à /Cd 8,8 tí a ~ -t. 5 i? "* 0-, sa g jas H P I H 45 Tí 4 U < / " > ^ «0 * <] O * J Ov "? ^ c»n.y cn N, H ta H c/ < OS a Qv2 H -O. U VU E «JN -a E 5 2 Ü O

178 ha, Marice, le cadet, 58 ha et Simne la pls jene des filles, ft l'héritière préciptaire de 9 ha pls la ferme parce q'elle était malade, chétive, et q'elle vivait avec ses parents. Sn mari Lcien Milha, déjà vrier dans la prpriété est entré "en gendre" dans la famille et le cple a véc avec la mère, Jeanne Verlaget pendant pls de dix ans. Qant ax tris atres enfants, Jles, Gerges et Amélie, ils avaient qitté Le Caylar a mment de ler mariage avec des cnjints de la plaine, viticlters isss de familles de viticlters pr la plpart, et n'erent en héritage qe,6 ha chacn. L'examen de la trisième génératin et pls particlièrement de la descendance de Jean-Jseph et de Marice Mlinier révèle ne véritable dispersin familiale ax qatre cins de la France. Marice, sel srvivant de sa lignée a Caylar dispse encre d'n petit bien de ha et de la maisn ù se tenait la mercerie de sa femme, Anne Fare q'il avait cnne a village, dès sn enfance. Le reste, c'est-à-dire les 58 ha d Mas d'assel, il préféra les vendre à sa ser Simne pr "q'elle agrandisse ses parcrs, sn trpea." Marice Mlinier ne vlait pas garder ses enfants a Caylar : "On ne tenait pas à ce q'ils aient la même vie qe ns." Le shait des parents se réalisa et les fils cnnaissent maintenant ne belle réssite, après des étdes à l'niversité : Henri, l'aîné est Président de la Cr d'appel de Rennes, Frédéric Prfesser à Marseille, Pal Kinésithérapete à Mntpellier... Une sitatin a pe près similaire caractérise les enfants de Jean-Jseph Mlinier, frère aîné de Marice. Ts snt fnctinnaires à Tlse, à Mntpellier, à Pézenas excepté Félix, le cadet, viticlter à Aspiran. * La famille Clet Elle est cnne a Caylar cmme étant ne famille de "grs prpriétaire-élever" avec sn trpea de 00 bêtes à laine, a débt d siècle, sa grande bergerie... Gastn Henri Clet avait remprté le premier prix d Cncrs de la race vine d Larzac en 905 à La Cavalerie et en 906 à La Cvertirade. A sa mrt srvene en 927 des sites de la gerre de 4, ses tris enfants snt encre très jenes et Lise Ribbes, sa femme dnne les terres en fermage avant de se remarier avec n épicier d village, Gerges Cnstans. Les enfants d premier lit ne cltivernt jamais le dmaine familial de 27 ha. L'aînée Jeanette, épsa n militaire d train des éqipages, riginaire de Mntpellier et qi venait passer les vacances a Caylar dans sa parenté (chez les Girad). Le cple vivra à Damas en Syrie et Jeanette mrra en cches de sn premier enfant. Gérard, le cadet, âgé de 4 ans à la mrt de sn père, venait de passer le Certificat d'etdes Primaires. Pe intéressé par --

179 .S Sí *** O H CQ n «Ï >- O 'i U y a CM 0 ON <I.f\ c Ç5 «í > S ^ SI H O. «2 + c 00 s C O»ff» Ul * j 'a H â fe K K;

180 la terre, il partit apprendre le métier de mécanicien à Milla mais en 9, en pleine crise de chômage, il s'engagea dans l'armée et servit dans l'aviatin à Mntpellier. Mté à Brn (Rhône), il y rencntrera Ylande Cavet et l'épsera. Le cple vivra désrmais à Lyn et lers enfants également. Sele, la pls jene ser demerera a Caylar en épsant Jseph Cnstans, épicier, fils de sn parâtre Gerges Cnstans, li assi épicier. Après la mrt de ler mère, Gérard Clet hérite de l'ensemble des biens, c'est-à-dire la maisn familiale et les 2 ha et rachète la part de sa ser Jeanette, décédée. A l'here actelle, c'est sa fille aînée Ylande Clet, habitant à Lyn qi pssède l'ensemble d bien. Les terres snt tjrs en fermage, sels 6 hectares nt été vends ax Chattelard. La famille cnserve préciesement la maisn et le bis de chênes, à l'entrée d village, ltimes témins de ce qe ft la prpriété des Clet. A partir de ces tris analyses de cas, pet-n dégager qelqes éléments de synthèse sr les phénmènes migratires? La pavreté des terres caylarises n'atrise pas le maintien de tte ne famille sr place et le partage s'effecte a prfit d'n sel héritier. Assi, l'émigratin se rencntre à ttes les génératins étdiées: elle cncerne en pririté les cadets mais assi, parfis qelqes aînés. Les migrants se partagent la prtin cngre d patrimine (vir les Mlinier, les Rsset). Dtés d'n savir minimm, ils qittent Le Caylar pr aller réssir aillers. Si l'apprentissage de la vie prfessinnelle s'avère difficile pr les enfants de petits artisans, tels les Rsset, d'atres, a cntraire, fils de cmmerçants de prpriétaires, cnnaîtrnt ne belle réssite dans la magistratre, la fnctin pbliqe et dans le chix de carrières militaires, tels les Clet. Le temps d'ne génératin paraît sffire pr accéder d'n milie terrien a tertiaire myen et spérier à cnditin de partir d Caylar et de prsivre des étdes. Tt cela abtit à ne véritable diaspra migratire, différente seln les miliex sciax cnsidérés : les petits cltivaters, les artisans se dirigent en pririté vers le Bas-Langedc et dans ne mindre mesre, l'aveyrn, cnnaissant n élignement relatif d Caylar alrs q'a cntraire, les vcatins tertiaires exigent le départ pr les grandes villes, Lyn, Marseille, Mntpellier, Paris

181 . Cmprtements des migrants L'examen des généalgies, bien q'tile pr préciser la psitin des partants dans chaqe fratrie pr qantifier les départs, n'ffre, par cntre, q'n intérêt limité qand il s'agit d'étdier les cmprtements des migrants. L'état civil ns révèle, et encre pas tjrs, le lie de destinatin, le lie de résidence de cex de celles qi nt qitté Le Caylar. Il fat svent examiner le cadastre pr cmpléter vérifier les infrmatins frnis par les généalgies. Sele, l'enqête rale après des familles cncernées dnne qelqes éléments perceptibles, nécessaires à la cmpréhensin d cmprtement de la mentalité d migrant. Ns avns p discerner, à la lectre des entretiens effectés a Caylar, les principax caractères de l'émigratin, caractères qe ns avins déjà esqissés dans l'analyse des dnnées qantitatives mais q'il cnvient maintenant de reprendre pr cnclre cet aspect fndamental de ntre recherche. - L'attrait d Langedc cnstite la frme d'émigratin la pls répande avant 94 en particlier chez les hmmes qi "descendent" des hates terres d Larzac pr aller s'embacher cmme vrier agricle dans la viticltre. C'est l'émigratin des pichers de vignes q'a bien décrite Pal Marres, émigratin qi s'étend dans n rayn de 40 à 60 km, en myenne : la régin de Ldève bien sûr, limitrphe a platea mais assi les cteax de Mntpeyrx, de Clermnt-'Héralt et a-delà, la plaine d biterris avec ses grandes prpriétés viticles, attirent les caylaris (2). L'émigratin est svent dans ce cas l'abtissement d'ne lnge familiarité d'ne acctmance avec le bas-pays qe l'n fréqentait déjà pendant les travax saisnniers tels qe les vendanges, la réclte des lives. Le mvement est particlièrement sensible a XIXe siècle, srtt en péride de crise ù n dérèglement d climat, ne mavaise réclte sr le Larzac prvqaient le départ définitif des jrnaliers, des dmestiqes en qête de travail et de vie meillere. Si, à la fin d siècle, le dévelppement de l'élevage et de la prdctin de lait pr Rqefrt permit d'accrître les revens des grandes explitatins, les familles des prpriétaires, trp pavres pr s'adapter, figés dans la pratiqe rtinière d'ne plycltre à base de céréales frent également atteintes par l'émigratin. Vyez la famille Thmas dnt les biens ne dépassent pas les ha. Antine Cyrille Thmas, fils de cltivater est déclaré manvrier à Lézignan la Cèbe, qant à Frédéric sn csin, n le retrve limnadier à Frntignan. La plpart d temps, le migrant, même prv d'ne ccpatin mdeste, finit par "entrer en gendre" dans ne famille de -5-

182 La ferme d Camp Larier

183 viticlter et le mariage cnslide alrs l'installatin définitive. Pr les hmmes, l'alliance pet vrir les vies de la sccessin, prélde à d'incntestables réssites. Jles Mlinier, dexième enfant de Jseph fermier d Mas d'assei, se marie à Nébian dans le biterris avec ne fille de viticlter et devient à sn tr prpriétaire viticlter, à la mrt de sn bea-père. Le cas de Jseph Massl ns apparaît encre pls révélater d'ne émigratin "herese" : prpriétaire aisé d Caylar car héritier préciptaire des biens de sn père (la ferme d Camp Larier sit 88 ha), il épsa ne fille niqe de négciant en vin à Brignac, près de Clermnt-'Héralt. Ax dires de sa fille qi vit maintenant à Mntpellier "c'était ne grsse bîte, ils étaient tris, ne grsse, grsse affaire. Papa faisait ses étdes à Mntpellier, il était pr entrer a barrea je ne sais pas qi, il arait été trésrier-payer général. Selement sn ftr bea-père li a dit : 'Si vs vs vlez ma fille, il fat qe vs vs mettiez dans le cmmerce avec mi'. Papa a qitté ses étdes. La fille était niqe, il s'est marié avec elle et il est rentré dans le cmmerce. Atrement, il n'était pas fait pr ça!..." Jseph Massl allait devenir le pls grs négciant de Clermnt-'Héralt : "Chez ns, il y avait n chaffer, ne femme de chambre, ne cisinière". Riche, inflent, ntre hmme n'bliait pas pr atant Le Caylar : ayant cnfié sa prpriété en fermage, il revenait fréqemment pr y chasser pr y régler ses affaires. Tenté par la plitiqe, il ft él cnseiller général radical d cantn après la gerre de 4, devenant ainsi n véritable ntable. La réssite sciale de Jseph Massl s'avère malgré tt exceptinnelle. Les travaillers, les jrnaliers, les pichers de vignes n'appartenaient pas à la même catégrie sciale qe les Massl ; pr ex, le Langedc c'était le pays d sleil et d pain gagné, l'espir d'ne existence pls enviable en smme qe sr les Casses. L'attirance d Midi s'exerçait également d côté des femmes. Celles qi parvenaient à se ler pr ne saisn en tant qe dmestiqe, chambrière, fille de service d'ne grande prpriété viticle dans l'hôtellerie demeraient svent dans la plaine. D'atres dnt l'activité était liée ax ccpatins agricles en faisaient de même. Le Bas-Langedc réclamait, cmme n sait, de la main-d'evre féminine : il fallait ramasser les gerbes pendant les missns, ceillir des lives, cper les raisins drant les vendanges, réclter la feille d mûrier

184 Ces migratins, d'abrd saisnnières ne tardaient pas à devenir définitives et se vyaient svent cnslidées par le mariage avec n cnjint d bas-pays. Grâce à l'apprt des dnnées statistiqes, ns savns qe l'alliance cnstite le facter déterminant de l'émigratin féminine et cela d'aillers à ttes les épqes étdiées. Le départ d village cncerne avant tt les célibataires, cadettes de familles pr la plpart, et cndamnées à "faire ler vie" aillers. Pe de femmes et encre mins de cples cnstités a Caylar décident d'émigrer après ler mariage. Citns selement le cas de Pal Jseph Clet, cltivater et de sa femme Marie Raynal mariés en 905 qi s'installent qelqes années pls tard à Sète d'abrd et à Mntagnac ensite pr y exercer la prfessin de limnadier, pis de cantnnier. Si le Langedc pet être cnsidéré cmme l'axe de migratin priritaire, les villages d Larzac et des vallées périphériqes (Cernn, Srge, Drbie) attirent bn nmbre de caylarises, encre qe la faible distance séparant ces lcalités de ntre cmmnaté n'atrise pas à parler d'émigratin mais pltôt de zne d'intercnnaissance d'intermariage qi ns place sr le terrain de l'endgamie. - Une atre frme d'émigratin mérite d'être retene jsq'a débt d XXe siècle, celle qi réslte des vcatins religieses d service militaire, généralisé à partir de 872. Les départs liés à ces mtifs cnstitent, n l'a v, ne prprtin minritaire de ntre échantilln : ne fille avant 850, ne atre entre 850 et 94 deviennent religieses à Mntpellier, dex hmmes se vent à la prêtrise avant 94, c'est pe dans ce pays traditinnellement enclin à assrer le recrtement sacerdtal d Bas-Langedc. () Les familles qi s'hnrent de cmpter n ecclésiastiqe parmi lers membres, les Clet, les Rsset appartiennent à la catégrie des myens prpriétaires des artisans. Des filles cadettes ne pvant se marier entrent a cvent, des garçns a séminaire mais l'n y trve également des aînés qi n'héritent dans ce cas qe d'ne prtin mdeste d patrimine parental. On rencntre la même sitatin chez les militaires, dex cas selement dnt ntamment celi de Lis Stanislas Privat fils cadet de Flcrand dit l'amie, crdnnier. Sldat-fsilier en 87, il pssédait a Caylar,8 ha et ne maisn qi appartenaient à Lis Antine Christl, prêtre à Sète (a lien de parenté incnn). En 878, il reçit 0,6 ha selement de sn père. Mais passé cette date, Lis Stanislas n'entretiendra pls de liens avec le Caylar, ayant vend ses terres et sa maisn ax Chattelard. -7-

185 - Qittns les facters traditinnels de émigratin pr abrder la péride cntempraine ù l'n saisit miex les prcesss migratires : entrent en je les cnnaissances, les relatins familiales, beacp miex perceptibles q'aparavant grâce ax apprts de l'enqête rale. Si l'n cntine tjrs à s'rienter vers la plaine langedcienne si l'n chisit ne destinatin pls lintaine, c'est à présent, mni d'n bagage intellectel manel sffisant qi se place, svent dans le drit fil de l'activité familiale. Les frères Rsset, Egène et Lis, fils de serrrier, après avir fait ler apprentissage a Caylar dans l'atelier d père, partirent d'abrd exercer la prfessin de métallier à Mntpellier pis s'installèrent définitivement à Lyn ù l'n d'ex (Egène) devint chef de chantier. Ler csin, Lis, fils d'andré, également serrrier, se retrva à Camarès, dans l'aveyrn, vrier métallier. Il épsa la fille de sn patrn à l'âge de 26 ans et reprit l'entreprise de sa "belle-famille". La traditin dans l'exercice d métier et le je des relatins sciales favrisent le placement d migrant. Pal Privat est parti dans les années 60 faire sn apprentissage de cisinier chez Rnel, grand restarater de Mntpellier qe sn père cnnaissait, étant li-même hôtelier a Caylar. Il réside tjrs dans la capitale langedcienne, ayant épsé ne parente de sn ancien patrn. Qant à René et André Byer, ils cntinent la prfessin de ler père, bcher, à Castelna-le-Lez et à Jvignac près de Mntpellier. Les liens cmmerciax tissés depis de nmbreses années par le travail d père nt permis l'installatin des enfants en Bas-Langedc. Parfis, le biais des relatins de parenté pet cndire le migrant pls lin, à Paris, à Lyn dans d'atres grandes villes. Palette Byer a qitté Le Caylar à l'âge de 8 ans pr aller vivre à Mntrge, en banliee parisienne, chez sa grand-tante. "Elle a cnn sn mari là-hat. Elle travaillait dans la cmpagnie des cmpters Schlmberger, li assi. Ma fille est secrétaire, elle fait marcher les machines électrniqes. Elle est dée sans avir beacp d'instrctin, le certificat d'étdes selement mais elle est intelligente, elle sait se débriller", dit Lise Byer, sa mère. Relevns dans le cas des Byer, l'imprtance des tantes d côté maternel qi ttes installées à Paris facilitent l'insertin des nvelles arrivantes, membres de ler famille. Le fait est bservable sr a mins dex génératins, celles de Lise et de sa fille Palette. "Mes tris sers étaient à Paris. Tante ayant pris ma ser Annette, ne atre Eldie, n ne laissait pas partir les jenes filles seles... Une ser faisait venir l'atre, d'ne ser à l'atre. L'ne avait acheté n cmmerce, n restarant à Sresnes, sa ser Adèle travaillait chez elle et ainsi de site..." -8-

186 L'entraide familiale je n rôle déterminant dans le placement des jenes filles beacp pls dépendantes semble-t-il des réseax de párentele qe les garçns pls individalistes, pls émancipés. Sans dte la slidarité familiale a-t-elle pr beacp cntribé à qelqes réssites nn négligeables dans l'hôtellerie, dans le cmmerce à Paris dans les grandes métrples réginales, Mntpellier, Nîmes... Il sffit pr le mntrer de citer les cinq filles cadettes de Lcien Gleizes et de Cécile Dbis qi appartiennent a milie des travaillers-jrnaliers. C'est par l'intermédiaire de csins d secnd degré ("des enfants d'ne ser de ma pavre mère" d'après Lcien Gleizes) qe ses filles parviennent à s'installer à Milla et à Mntpellier. Placées a départ "dans des maisns de bnne famille" en tant qe femmes de chambres, serveses, elles parviennent à se cnstiter de mdestes écnmies pis, dans n secnd temps, le mariage avec n cnjint exerçant le même métier favrise l'achat d'n petit cmmerce, srtt après 945 ù les prix de vente s'avèrent assez bas. Geneviève Gleizes se retrve à Paris, marqinière, Jeannette tient n saln de cifre à Mntpellier. Vyez srtt Marthe Gleizes (dexième fille de Lcien) : elle travailla cmme servese dans n café à Milla avant de rejindre à sn tr Mntpellier. Là, elle fera la cnnaissance de sn ftr épx Nël Damas. Une fis marié, le cple acqiert d'abrd n cmmerce de frits et légmes, pis n restarant, enfin ne grande brasserie mntpelliéraine. De sbstantiels bénéfices ler permettent d'acheter en pls, jste après la gerre, n grand hôtel à Palavas, ancien séjr des fficiers allemands, frt abîmé. Grâce à l'aide de Lcien Gleizes le frère resté a Caylar, l'immeble a p être restaré ; ce geste d'entraide témigne des liens étrits maintens entre les migrants et cex qi restent a village, liens qe l'ascensin sciale ne vient pas altérer. Le cas des Gleizes est révélater de ces lignées pavres ayant cnqis ne aisance certaine par l'émigratin mais qi gardent le sens de la chésin familiale. Le tmbea d grand-père Gleizes, dit "Clvis", cantnnier, n'est-il pas maintenant cnsidéré cmme étant le pls bea d Caylar? Envisagens enfin le dernier facter de l'émigratin, le pls récent et le pls répand depis l'après-gerre. La prsite des étdes secndaires spérieres blige les jenes à qitter Le Caylar dès l'âge de 2- ans pr rejindre les villes les pls prches, Ldève, Clermnt-'Héralt, Gignac et les métrples niversitaires, Mntpellier, Lyn, Marseille. Rares snt les fils d'agriclters qi sngent à demerer a village. Le manqe de terres cltivables et la médicrité des revens n'incitent gère à prendre la sccessin d père ; il fat tte la ténacité d'n Brn Chattelard d'n -9-

187 Emile Privat pr s'rienter dans l'élevage des vaches laitières, s'endetter en cheptel et en matériel dans l'espir de vir n des fils cntiner l'explitatin : "Avec le fils aîné, n trne bien, à ts les dex, pas de prblèmes... L'atre, le cadet, est à l'écle mais il vient dex fis par semaine, ça cmpense n pe... L'été n pet travailler à tris. Mais tt ça ne drera q'atant qe... Le secnd ne vet pas rester, il vax miex qe... Il ara tjrs le terrain, mais enfin... il prépare n bac C. Il vat miex q'il cntine, ça l'empêche pas après de revenir si... si jamais il y avait n prblème qelqe chse..." Et Brn Chattelard ne pet s'empêcher d'ajter qe sn fils cadet serait le bienven dans l'explitatin à cnditin de rester célibataire : "C'est qe c'est cmpliqé... vs savez pr tirer des salaires. A l'épqe, ils ne demandaient pas des charges. Avec les bêtes, il fadrait n mi-temps de pls selement. C'est jste. A n sel n pet pas. On tiendra n an pls mais pis après...". Le chix d'ne carrière dans la fnctin pbliqe, dans l'enseignement s'avère à n'en pas dter pls attrayant et pls lcratif mais il impliqe l'élignement d Caylar, svent a hasard des nminatins administratives cmme en témigne le cas des fils de Marice Mlinier : Henri, Président de la Cr d'appel de Rennes, Frédéric, Prfesser d'edcatin Physiqe à Marseille... Dtés d'ne frmatin intellectelle, la plpart de ces émigrés épsent des filles qi ccpent des prfessins analges svent dans lers miliex d'exercice prvqant l'éclatement des réseax de párentele et d'alliance traditinnellement resserrés atr de la cmmnaté. Les cples ù le mari et la femme se trvent ts les dex de sche caylarise larzacienne, cmme c'était encre le cas a débt d siècle, se rarifient. Frédéric Mlinier et Magali Cmbes, fille de l'ancien maire d village snt l'exceptin. Enseignants ts les dex à Marseille, ils snt parvens cmme d'atres fnctinnaires, à se rapprcher d Caylar, btenant chacn n pste à Ldève. Frédéric "mnte" réglièrement a village vir sn père et explite à temps perd, les qelqes tris hectares familiax. La mbilité qi caractérise le milie des fnctinnaires paraît a cntraire beacp pls rédite en ce qi cncerne les fils d'artisans, d'entrepreners de travax pblics. Exerçant la plpart d temps la même prfessin qe le père, les Rsset, les Thmas demerent à prtée d Caylar, dans l'héralt, dans le Gard, dans l'aveyrn. Le métier q'ils exercent par atavisme familial les a incités à ne pas trp s'éligner de la maisn d père, sans dte espèrent-ils bénéficier de sn aide, de ses cnseils et de sa clientèle. C'est ntamment vrai pr -40-

188 Gabriel et Pal Thmas, entrepreners en bâtiment à Bellegarde (Gard), respectivement fils aîné et cadet de René, maçn a Caylar. Le père dté d'ne frte persnnalité et "parti de rien" a s faire prspérer sn affaire à frce de ténacité et de travail. Sciex de l'avenir, il a asscié ses dex fils à l'entreprise qi cmpte a ttal vingt cinq vriers et des marchés étends a Gard et à l'héralt... Avec les Thmas, l'émigratin, n le vit, est lin de cnstiter ne perte des frces vives pr le village. Les liens d'affaires entretens avec le père enrichissent le patrimine familial et permettent de faire habilement cncilier mbilité et enracinement. -4-

189 4. Le désir d retr "Qand ils parlent d Rc Castel, c'est tt! Ils velent revir le Rc Castel mais ils se trvent pls cnfrtables là ù ils snt!" Lise Rsset évqait pr ns, en ces termes, l'attachement des émigrés a Caylar et à sn décr familier, la vieille tr médiévale perchée sr la btte rchese qi dmine le village. Bien qe l'essentiel de ler vie se dérle maintenant aillers, cex et celles qi nt qitté le pays pr rejindre la plaine langedcienne les grandes métrples réginales expriment le besin d'y retrner le temps des vacances pls réglièrement encre pendant le week-end. Beacp de caylaris de sche travaillant à Mntpellier retrvent ts les vendredis sirs lers résidences secndaires a Larzac : c'est le cas de la fille de Simne Milha, emplyée ax P.T.T. qi pr rien a mnde ne manqerait de venir vir sa mère, chaqe fin de semaine, a Mas d'assei. Retrver la maisn familiale, fréqenter des liex cnns, rencntrer n parent, n ami, c'est rener avec ses racines et garder le sentiment de se sentier intégré encre à la sciété lcale. La nstalgie d pays, les émigrés l'éprvent depis lngtemps. Marthe Viala, qi a qitté Le Caylar depis 947 pr aller s'établir à Mntpellier "remntait" réglièrement a village drant le week-end avec sn épx et, l'âge de la retraite ven, le cple y séjrnait ne bnne partie de l'année, srtt pendant la belle saisn. Devene à présent veve, Marthe vit avec sa ser à Mntpellier et ttes les dex se snt partagées la maisn paternelle d Caylar face a Rc Castel. "Elle habite ne aile, mi j'habite ne atre. C'est la maisn de tjrs. On ne risqe pas de la vendre, ni mn neve, ni mn fils!" Hélène Massl de sn côté, adpte ne attitde similaire : ayant hérité de sn père, cnseiller général d cantn, la ferme d Camp Larier, elle retrne chaqe été a Caylar en cmpagnie de ses gendres et de sa fille niqe célibataire, maitre-assistante à l'université de Mntpellier. La plpart des demeres fermées l'hiver s'vrent généralement pendant la belle saisn. Lise Rsset qi garde précatinnesement ttes les clefs des maisns dans la re de l'église, retrve le temps d'n été l'animatin d'antan "ù tt le mnde se parlait, se fréqentait". Lise a d'aillers cntribé, à sa manière à la "revitalisatin" de sn qartier en cédant sa maisn de famille à Antine Privat, iss d'ne lignée pavre de bergers qi réside maintenant à Milla : "Il regrettait qe la maisn de sa mère sit tmbée. Je li ai dnné la mienne, ne maisn désaffectée, ne rine q'il a réparé li-même I". -42-

190 "Ma ser habite ne aile, mi j'habite l'atre. C'est la maisn dß tjrs. On ne risqe pas de la vendre "

191 La recnversin de nmbreses maisns en résidences secndaires prve 'attachement des émigrés à ler patrimine. Pe d'étrangers a pays parviennent à racheter les vieilles demeres. Les caylaris de sche nt tendance à cnserver la maisn familiale et à déplyer beacp d'énergie pr la maintenir. Ylande Clet revient chaqe année de Lyn avec sn gendre et sa fille. Elle prlnge le temps ù elle et sn mari venaient réglièrement a Caylar de Pâqes à la Tssaint, dans la maisn de sa belle-mère. "On cntine... Chez ns, tt le mnde aime Le Caylar, même la famille de mn côté vient... Le Caylar, Le Caylar,* c'est bien I" L'attrait d pays particlièrement vivace chez les Clet se manifeste dans la plpart des lignées qi nt qitté le village. Svent, les enfants, petits-enfants csins d'émigrés s'attachent a pays et cmme pr miex prver ler fidélité envers Le Caylar prennent ne part active à l'animatin d lie pendant l'été : préparatin de la fête vtive, participatin ax filles d'archélgie médiévale d Rc Castel, cnfectin d'n jrnal destiné à faire cnnaître ax visiters les ctmes et les traditins d Larzac... Derrière le côté détente, lisirs, qe sscitent ce genre de manifestatin se cache la vlnté de faire revivre le village tt en faisant partie de la cmmnaté. Certains, pr miex marqer ler appartenance, n'hésitent pas à y faire célébrer les grandes cérémnies familiales : "Beacp de jenes viennent se marier a village... ma petite fille, ils se snt mariés ici, nt invité n tas de gens, ils nt fait n méchi, en plein air, à la campagne. Ca a dré tte la jrnée et tte la nit : à midi c'étaient les prches parents et le sir presqe tt le village... Ma petite fille venait svent ici, elle a beacp d'amies, ts les jenes d villages!" (Marthe Privat). Pr les émigrés pls âgés, la pssessin d'ne terre, même de faible sperficie, renfrce le sentiment d'appartenance à ne lignée enracinée a Caylar. La terre permet de remnter ax génératins antérieres et d'en perpéter le svenir. Qand René Thmas évqe les qatre hectares qe ses parents et grands parents pssédaient a Caylar, il ne pet s'empêcher d'ajter avec viger à l'intentin de ses enfants maintenant élignés d village : "Ils n'nt pas le drit de les vendre. La maisn, il pevent à la riger mais pas la terre. La terre ne sera jamais vende parce q'elle vient de qatre génératins. L'argent part mais la terre reste!". A l'image de René Thmas, Ylande Clet de Lyn entend demerer fidèle ax vex de sa belle-mère qi avait demandé à sn fils, héritier préciptaire, de ne jamais vendre la maisn et le bis, à l'entrée d Caylar. L'ensemble des biens jalsement cnservés témignent de -4-

192 l'attachement de Ylande à sa belle-famille et à la mémire de sn épx. Les actes d'état-civil, les diplômes, les médailles des cncrs agricles, les phtgraphies signesement classées li permettent de reprendre le fil des génératins, de préciser dates, événements et liex ù a véc la famille de sn mari. Dès lrs, le retr de Ylande se trve intimement asscié a svenir des défnts enterrés a cimetière d village. "C'est la maisn et la tmbe de la famille qi les rattachent a pays!" ns cnfie Lise Rsset, et de ns expliqer q'à qelqes exceptins près, ts les émigrés âgés se fnt inhmer a Caylar : "J'ai l'impressin qe tant q'ils gardent ler maisn ici, ils se fnt enterrer ici. C'est n petit cimetière tranqille cmparé à celi des métrples, des grandes villes... Il semble qe les mrts snt en reps i H L'pinin de Lise Rsset est également partagée par les caylaris d'adptin, ts cex qi nt épsé des filles d pays et qi ne tiennent pls à le qitter. Ainsi, Antine Viala, riginaire de Mntpellier et facter rral exprimait-il avec hmr sa vlnté d'être inhmé dans le cimetière d Caylar : "A Mntpellier, persnne ne viendra me vir, tandis q'en passant devant mn cavea, là devant mi, n dira : Tiens, là, il y a Viala qi ns faisait bien rire Í II a vl rester a Caylar!" La tmbe symblise le lien étrit entreten avec la terre calcaire, terre chargée d'affectivité q'n aspire à retrver a terme d'ne vie de travail menée aillers. Pr beacp de retraités qi résident a village, le retr a pays marqe svent l'abtissement d'n rêve q'n a caressé tt a lng d'ne carrière : revir le Larzac, mener là-hat sr le Casse ne existence paisible jsq'à la fin de ses jrs... Rares en fait snt les persnnes qi tentent n retr a crs de ler vie active et cex qi le fnt sscitent le scepticisme de la part des anciens : "Ils snt n pe têtes flles, cex qi reviennent! Les fermes, il n'y en a pls ça passe à des bergers de passage, cmme ça. Les gens qi s'ccpent des chèvres ne snt jamais riginaires d'ici. L'artisanat s'en va, ici. Ttes les fermes snt fermées. Vyez bien ax envirns, il n'y a pas de fermes imprtantes. Tandis qe les atrefis, qe ce sit à la Canrge, qe ce sit n'imprte ù, il y avait le fermier avec sa famille et vilà ça marchait... n trpea n berger. Maintenant, ça se vend, tt ça!". Sans adhérer en ttalité ax prps de Lise Rsset, prps teintés de la nstalgie des atrefis, il fat bien recnnaitre qe les pssibilités d'installatin a village s'avèrent limitées. L'agricltre ne fait vivre à présent qe cinq familles et la plpart d'entre elles, nt préféré -44-

193 se recnvertir dans la prdctin de frrages l'élevage de vaches pltôt qe de sbir les qtas laitiers impsés par Rqefrt. Revenir a Caylar pr tenir ne explitatin agricle présente ajrd'hi trp de risqes : n éqipement cûtex nécessitant des emprnts, des marchés de la laine et d lait de brebis satrés, ne traditinnelle faiblesse des tax de prdctivité décragent les pls entreprenants. Le frère cadet d' Emile Privat a prtant tenté l'aventre. Destiné à prendre la sccessin de l'hôtel de sn père, Pal Privat après avir travaillé en tant qe cisinier chez "Rnel" à Mntpellier, s'est détrné de la restaratin pr reprendre a Caylar qelqes hectares de terre. Pal gère li-même le dmaine ù il pratiqe, aidé d'n berger, l'élevage de chèvres et de mtns. Résidant sr place, il "descend" dex à tris fis par semaine à Mntpellier rejindre sa femme qi exerce la prfessin de secrétaire-cmptable dans ne entreprise de plmberie. Le ménage Privat cncilie à sa manière, l'activité agricle et n travail extérier ; il appartient à cette catégrie des nveax rrax tentée par la plriactivité et dnt le nmbre s'accrît dans les campagnes françaises, à l'here actelle. Le chix des Privat semble cnstiter ne sltin de cmprmis qi permet d'éviter n exil frcé d Caylar, à cntrari, ne installatin précaire a village, svent vée à l'échec. L'expérience de Frédéric Carel est à cet égard, très révélatrice. Caylaris de sche, Frédéric avait acheté en 978 n fnds de cmmerce de mécaniqe générale à Mntpellier, mais la grande ville semblait pe li cnvenir assi se débarrasse-t-il rapidement de sn affaire. Prfitant d'ne pprtnité a Caylar - la gérance d'n garage - Frédéric Carel et sa femme reviennent travailler a pays. Etant parven à se frger ne clientèle lcale grâce à ses cnnaissances et ses relatins, Frédéric, pr miex asseir sn cmmerce, vlt prendre ne atre gérance en pls d garage, celle d'ne statin service. Cette tentative cragese li valt en réalité, bien pe de prfits et beacp de servitdes : "J'étais gérant d'n prpriétaire, je n'étais pas gérant d'ne marqe et j'étais le dernier mailln de la chaîne, celle qi travaillait le pls, dimanches, jrs de fête, cinq ans sans cngé, sans jr férié, rien et n n'a rien gagné d tt!... Qand les prix nt été libres, j'ai tt abandnné en 985 et j'ai pris n garage sel!" Mais les difficltés ne s'arrêtèrent pas là : ne pvant trver n lcal vide a village, Frédéric Carel fit aménager n hangar, près de la maisn de sa mère, a brd de la rte natinale. Sn entreprise démarra a prix de grs effrts : "On vit de la rte ici, n fait 40 % de chiffre d'affaires avec le passage, si n n'est pas a brd de la rte, n trne pas, a Caylar. Maintenant, c'est dr de vivre ici. -45-

194 L'artisanat devient dr, n travaille, n a de la respnsabilité pr le prix d'n salarié. On vit, mais des hraires pas pssibles et tt!" Frédéric n'a pas lngtemps cntiné sn expérience, et a vend l'année dernière le garage à n mécanicien ven d Arras. Le maire d Caylar li a maintenant assré sa recnversin : deven gardien a nvel hôtel d département à Mntpellier, l'ancien mécanicien habite tjrs a village mais fait le trajet qtidiennement avec la capitale langedcienne, le maire ne tenant pas à ce q'il parte définitivement d pays... Et ntre caylaris se déclare d'aillers satisfait de ce mds vivendi. Attaché à ses parents et à sn village, il espère qe l'n de ses fils deviendra menisier cmme le frent ts les Carel depis cinq génératins. En définitive, cex qi tentent le retr parviennent a prix de nmbreses difficltés à adpter ne sltin myenne cnciliant la mbilité et l'enracinement. Sans dte est ce ne nvelle frme d'adaptatin a pays (gage de sccès, n l'a v pr l'entreprise de maçnnerie Thmas). Sels, qelqes marginax élevers de chèvres parviennent à faire revivre de petites explitatins dans les écarts. A Caylar même, ce snt des travaillers étrangers, maçns, frestiers prtgais, qi ccpent essentiellement le marché d travail. Prtant, la créatin récente d'n Centre d'aide pr le Travail (CAT) ccpant ne dizaine d'emplis semble déjà pr les éls lcax l'amrce d'ne tentative pr enrayer l'émigratin. Et les espirs placés dans le dévelppement d trisme de l'arrière-pays langedcien parviendrnt-ils à faire d Larzac méridinal et de sn brg n pôle d'attractin sffisant pr faire vivre la pplatin lcale? -46-

195 CONCLUSION Par rapprt ax travax déjà menés sr la parenté et le patrimine dans le sd de la France, entre atres cex de Pierre Lamaisn pr le Gévadan (), de Gerges Agstins, de Rland de Bnnain et Agnès Fine pr les Pyrénées (2), d'alain Cllmp pr la Prvence () et de Gérard Lencld pr la Crse (4), l Ml enqête Larzac" s'est vle mdeste assi bien dans sn champ gégraphiqe qe dans sa démarche, limitant le cnten de ses recherches a brg d Caylar et à l'explratin d'ne trentaine de branches familiales représentatives de la sciété lcale. Elle a e en cntrepartie l'ambitin de mener des investigatins assi cmplètes qe pssible sr ces familles, à la faver de l'analyse cnjgée des dcments écrits et des discrs cntemprains. Ns ns étins dnné pr bt la mesre des relatins entre le système de dévltin des biens et les frmes prises lcalement par l'alliance, la parenté et les prcesss de l'émigratin. Assi, pls qe de penser la parenté et la transmissin inégalitaire d patrimine en termes de strctres, de système chérent qi régirait l'rganisatin sciale, il ns imprtait d'envisager les prcesss par lesqels ce système s'articlait avec les besins cncrets et fnctinnait a nivea de chaqe grpe dmestiqe. L'ccasin ns a ainsi été dnnée d'abrder des paramètres démgraphiqes, écnmiqes, histriqes, scilgiqes, cltrels et d'envisager lers relatins cmplexes, déterminantes dans le prcesss de reprdctin sciale. Ntre démarche ainsi schématisée repsait cependant sr n préjgé qi s'est avéré rapidement inexact : celi qi vyait dans le Caylar ne cmmnaté relativement islée, tirant sn existence de l'agricltre, ax représentatins frtement cntraintes par le prblème de la terre, d fncier. Rapidement, ns l'avns dit, s'est impsée à ns ne image beacp pls nancée. Le Casse d Larzac, lie de champs verts, de vie pastrale mvante, de transhmance, est prpice ax échanges. Par la grande rte, les fires, il assre ne transitin cnstante, à peine interrmpe par qelqes semaines d'enneigement, entre le Massif Central et la plaine Bas-Langedcienne. La circlatin des biens et des persnnes, le cmmerce, l'émigratin vene de l'aveyrn, y existent depis frt lngtemps. Le brg d Caylar, centre lcal et lie de passage, est le pôle de ce mvement permanent. La cnséqence de cette sitatin particlière qi différencie sans dte le Larzac des atres casses est l'extensin de la différenciatin sciale, à la fis verticalement (l'échelle des frtnes est cnsidérable a Caylar) et hrizntalement (la divisin d travail y est pssée). De -47-

196 cette rencntre d'ne sciété agraire avec n crant cmmercial est né l'n des caractères de la sciété caylarise : la plriactivité, pratiqée par beacp de familles. Pr cmprendre le Caylar, il fallait dnc rendre cmpte de 'impact de ces paramètres sr les strctres qe ns ns prpsins d'étdier. La taille de ntre échantilln ne ns permettait pas de déterminer pls de tris grandes catégries sciales. Une telle divisin, qiqe grssière, permet cependant de mettre en valer les dex cmpsantes extrêmes de la sciété caylarise : celle des grs prpriétaires vivant brgeisement et celle des travaillers jrnaliers, devens pls tard petits salariés, qi dispsent svent d'n lpin et d'ne habitatin. Entre les dex, ne catégrie myenne dnt les limites snt parfis fles, mais dnt la chérence est certaine : celle des artisans et cmmerçants myens prpriétaires, la cche sciale la pls active d Caylar. Très vite, ns avns p cnstater qe dans la plpart des actes essentiels de l'existence les membres de chacne de ces cches sciales ne réagissaient pas tt à fait de la même façn. Pr schématiser, n prrait définir ne srte de mdèle, dnt l'applicatin n'est stricte qe pr les grs prpriétaires, mais qi imprègne assi pls mins les atres catégries. A cer de ce mdèle se place le système de dévltin des biens, largement préciptaire, dnnant dans sa frme idéale n avantage massif à l'aîné des garçns. Ce système qi relevait d'ne pratiqe ctmière ss l'ancien régime, a été partiellement entériné par le Cde Civil et dés lrs très largement respecté par les familles les pls en ve d Caylar, a mins jsq'à la fin d XIXe siècle. Il s'est trvé même renfrcé, dans bien des cas, par des myens extra-légax cmme la ss-évalatin des biens,, dans le cadre de la légalité, par des pératins menées ss l'inflence de l'héritier préciptaire : retr de parts de frères et sers, d'ncles et de tantes célibataires, rachats des dites parts, etc.. Ce système s'imprime jsq'a cer des cmprtements intimes des familles, dans le champ même de ler reprdctin bilgiqe : le maintien dans ne dimensin ptimale de la fratrie appelée à sccéder, assré atrefis par la très frte mrtalité infantile, s'est trvé pls récemment pris en charge de manière vlntariste par n malthsianisme démgraphiqe dnt les grs prpriétaires nt été les prmters. Le mariage tardif des hmmes, déciders en matière de prcréatin, semble bien avir été l'n des myens décisifs de ce mvement. La cnséqence première d malthsianisme est qe dans tt le champ chrnlgiqe cvert par ntre étde le grpe familial se cmpse d'n nmbre d'adltes limité, nettement pls en ts cas qe ne le laissaient attendre les pssibilités natrelles de reprdctin. Cette limitatin est cependant insffisante pr qe ne cntine -48-

197 pas de se pser ax familles qi nt le mins bien réssi à limiter ler crît ( qi ne l'nt pas vl) la qestin crciale d rôle qe divent jer les frères et sers en srnmbre. Le maintien d statt scial de la famille de génératin en génératin impliqe à l'évidence ne bnne prprtin de célibat : les grpes familiax, svent étends de manière pls mins transitire à des cllatérax (en pls des viex parents), prennent des allres de ménages élargis, parfis, dans les grands dmaines, de familles sche. Assrant l'nicité d sccesser et la netralisatin des cllatérax, le mdèle dminant, dans sa chérence, appelle frcément assi ne réglatin de l'alliance. Il imprte en effet de renfrcer la lignée héritière : sr le plan de l'écnmie familiale par l'entrée d'ne dt dnt ns avns mntré q'elle était prprtinnée à la valer d précipt, et sr le plan scial par la créatin de liens nveax le renfrcement de liens anciens avec d'atres grpes familiax dminants d brg de la régin. Dans ne mindre mesre, des cntraintes semblables pèsent également sr les cadets et sr les filles. Elles snt impsées par l'interventin de parents, d'amis même d'intermédiaires spécialisés dans la fabricatin d mariage. Certes, ne place est svent laissée à la liberté de chix des individs, mais tte transgressin des règles implicites de l'alliance est sévèrement sanctinnée. La cnséqence de ces mesres est ne endgamie sciale stricte, mins svent ne sensible endgamie prfessinnelle. L'aire d mariage s'en ressent, qi dans la sciété traditinnelle est prprtinnelle à l'imprtance d "marché matrimnial" : vaste et débrdant d Larzac pr les grs prpriétaires, elle est pls resserrée chez les artisans et travaillers (les grandes émigratins d XIXe siècle bleversernt cependant ces dnnées). Directement sensible a nivea de la frmatin et de la cmpsitin d grpe dmestiqe, le système préciptaire affecte assi la sciété dans sn ensemble. Garant des cntinités lignagères, dmaniales et prfessinnelles, il est en retr générater de différenciatin sciale : par li s'expliqent les disparités de frtne qi départagent les membres d'ne même parenté, csins germains prtant le même patrnyme et dnt les ns snt grs ménagers, les atres valets de labr. Il est encre le mter essentiel d prcesss cntin de l'émigratin, alimenté à cette srce permanente q'est l'exclsin des cadets et des filles, privés de la pls belle part de l'héritage. On ne sarait dnner - n aperç cmplet d mdèle sccessral et de ses cnséqences sans évqer le discrs nrmatif qi en est le reflet pls mins fidèle : discrs sr le lignage qi trve dans le passé la légitimatin de cmprtements actels fndés sr la -49-

198 cntinité de la terre et de la maisn ; discrs sr l'nité et la chésin de la famille, secée par la dre épreve de la sccessin, sr le je des relatins de parenté atr d chef de ménage et de sn épse, sr la liberté revendiqée mais tjrs menacée dans le chix d cnjint, sr la difficile chabitatin. Une cnnaissance qi ne prte pas a-delà de tris génératins s'alimente à n crps très étend de cas et d'anecdtes significatifs, ù les transgressins des règles établies et les cnséqences qi d'rdinaire en déclent jent n rôle dissasif. Le discrs familial sait trier dans le passé familial entre les svenirs des divers ascendants, cclter les ns et mettre en avant les atres, décper et embellir à des fins d'illstratin et de démnstratin. L'ensemble des caractères qi viennent d'être décrits snt srtt mis en acte chez les grs prpriétaires. Ex sels, à dire vrai, pratiqent le système préciptaire et tt sn crtège de cmprtements et d'attitdes. Ils en dnnent les exemples les pls parfaits cmme les pls extrêmes. L'imprtance de la cntestatin et des partages prvqés en témigne. Dans le cntexte difficile de la crise agricle d XIXe siècle, ù il devient de pls en pls malaisé de vivre en rentier sr le sel fncier, cet attachement rigrex à n système sccessral exclsif, accmpagné d'n malthsianisme étrit, est la case de la disparitin physiqe de beacp des vieilles branches ainées prteses des patrnymes caylaris : extinctin pre et simple des familles, départ vers la plaine et les grandes villes dans le cadre d'n redépliement vers les prfessins libérales et le négce. Le fait qe depis lngtemps déjà, en vert de la relative faiblesse d marché matrimnial qi li est prpre, la brgeisie se sit trnée vers les lintains pr y chercher des alliés, a sans dte aidé cette mtatin en traçant des chemins prpices à l'émigratin. La cpre de cette brgeisie lintaine avec ses racines a rmp bien svent les anciennes slidarités verticales, les transfrmant dans le meiller des cas en n clientélisme électral qi s'accmmde tant bien qe mal d discrs distancié et n pe méprisant des grands émigrés à l'égard de la pplatin caylarise. Les myens prpriétaires et artisans fnt mntre de beacp pls de splesse dans la gestin à lng terme d bien fncier et d grpe familial qi l'anime. Sans dte le métier est-il le mter de cette adaptabilité. La btiqe l'aberge jent svent le rôle de l'avantage préciptaire en alternance avec le bien fncier, seln qe l'n l'atre ffre le meiller rapprt : ils snt alrs attribés à celi des enfants le pls capable de les mettre -50-

199 en valer, qi svent n'est pas l'aîné. La tendance en effet est de favriser le départ des enfants a fr et à mesre qe le métier appris les rend à même de gagner ler vie. Les aînés ne reviendrnt pas et c'est svent le dernier-né qi assrera la sccessin sr place. Les cnséqences de ce cmprtement snt nmbreses : le cntrôle des naissances est mins strict qe chez les grs prpriétaires, le grpe familial fnd a fr et à mesre des départs, l'alliance se prte préférentiellement à la fis sr les familles pratiqant n métier et sr celles des petits et myens prpriétaires. Ts ces facters dnnent ax lignées d'artisans et de cmmerçants prpriétaires ne remarqable aptitde à drer, et même à amélirer sr le lng terme ler statt scial : lers descendants frment ajrd'hi la frange écnmiqement la pls active d Caylar. Les travaillers cnnaissent pr ler part n système de sccessin d'essence préciptaire, mais ssceptible d'être frt atténé dans sa frme. Favrisant les cadets assi svent qe les aînés, fréqemment même les filles, l'avantage précipt, qi se rédit parfis à la maisn, est beacp pls ne récmpense pr sins et services rends, q'n habits lié à la perpétatin d statt et d bien familial, cmme c'est le cas chez les grs prpriétaires. Sn rôle principal est d'assrer la srvie écnmiqe des parents, ler prise en charge par l'enfant avantagé. Le cadre jridiqe préciptaire qe ns avns décrit pls hat reste dnc pregnant pr les travaillers, mais sa fnctin est détrnée a prfit de préccpatins liées nn pls à la srvie sciale d grpe, mais à la srvie individelle de cex qi le cmpsent. Depis la révltin française d'aillers, et de pls en pls a fr et à mesre qe l'n s'apprche d XXe siècle, le système sccessral des travaillers tend à devenir égalitaire : n arrive parfis à partager ne maisn en atant de parts q'il y a d'enfants... à la laisser en indivis. Les difficltés écnmiqes, particlièrement sensibles depis le milie d siècle dernier, impsent ax familles de travaillers des habitdes qi s'élignent cnsidérablement d mdèle dminant. Ils vivent le pls svent en ménage simple d'ù chacn des nmbrex enfants s'extrait assitôt q'il est en âge de gagner sa vie, jsq'a dernier, l'héritier assrant la prise en charge des parents à la fin d cycle. Sele cette dernière nécessité save la pérennité de la famille dans le lie : la maisn en est le gage, l'existence a Caylar d'n petit salariat lié à la rte en dnnant les myens. Celi qi serait dans d'atres cches sciales l'herex él apparaît ici cmme le sacrifié, à mins q'n attachement particlièrement vif à la vie cassenarde li serve de cnslatin... L'existence de ce nya stable de travaillers caractérisés par ne existence précaire est sensible dans le résea d'alliances qi s'est -5

200 frmé à la fin d siècle dernier, à l'ccasin d resserrement de la pplatin dû à l'émigratin, et qi englbe également des petits artisans. Ce résea n'a certes pas résisté à la dernière grande vage d'émigratin. Celle-ci, cmme les précédentes, a emprté le trp plein démgraphiqe particlièrement abndant des travaillers. L'aire d mariage, atrefis rédite à case de l'imprtance nmériqe de la pplatin des jrnaliers, tend à s'étendre jsq'ax grandes villes de France à la faver d mvement migratire. La réssite sciale de certains émigrés pavres est patente. Bien entend, elle ne pet être liée a système de dévltin des biens qi je pr ex n bien petit rôle. Chacn pet certes miser sr la slidarité familiale à lnge distance, mais c'est srtt avec sn prpre travail qe l'n cnstrit aillers ne ascensin sciale... Si cette étde ns a mntré qelqe chse, c'est bien la mise en acte cncrète d'n cadre ctmier et jridiqe adapté à ne sciété terrienne, dans le cntexte atypiqe d'n brg cmmerçant actif. Dans tte la péride qe ns avns étdiée et pr ttes les cches sciales, le système sccessral préciptaire, la gestin parentale de l'alliance, la cnceptin élargie des grpes familiax nt été les règles implicites q'il s'agissait d'adapter ax besins nveax de chaqe sitatin. Ns avns v qe bien svent ler mise en place ne s'est pas faite sans dler, même si glbalement ces règles restèrent lngtemps acceptées dans ler principe. Des traces snt restées, dans les discrs si chalerex de ns interlcters, de blessres anciennes qi frent sans dte frt vives en ler temps. Ns avns p sivre la désagrégatin prgressive d'n mde de vie avec le déclin de l'activité d brg. Certes, ajrd'hi encre des habitants d Caylar se psent la qestin d régime sccessral q'ils vnt devir mettre en pratiqe, pls radicalement de la pssibilité même de trver n sccesser. Mais pr beacp d'atres, le bien pssédé sr le Casse cmme le svenir d métier paternel ne snt pls qe symbles svent investis par les images d passé, qe l'n cherche à faire revivre à réinventer. Parmi les émigrés, pe sans dte crient encre a retr même y aspirent. D'atres sent d Caylar cmme d'n lie vacant prpice à 'eclsión de lers rêves : de la mise en travail de cette vacance dépend pet-être la révertre des vlets cls... En attendant, à l'écart d village se snt dressées des cnstrctins nvelles. Cex qi y vivent, maçns, frestiers, emplyés d Centre d'aide par le travail, frment ax côtés de qelqes rescapés des familles caylarises le nya actif qi ajrd'hi encre fait vivre le Caylar. -52-

201 NOTES. INTRODUCTION. (). F. Lt, Le platea d Larzac, Mntpellier, 929. (2). Recensement de 982. (). P. Lamaisn, "Les stratégies matrimniales dans n système cmplexe de parenté..., Annales E.S.C., 4, 979, p.722. (4). Les registres parissiax d Caylar n'existent q'à partir de 758 (Arch. Dép. de l'héralt). (5). A.D. Héralt, IIE 9, à 52 et IIE 9, 80 à 856. (6). A.D. Héralt, 5 M 64. A. RYTHMES ET CLIVAGES. (). H. Marcrelles, Evltin écnmiqe et démgraphiqe d cantn d Caylar. Thèse, Mntpellier, 950, p. 58. (2). C. Develóte, Evltin d cntrôle sci-écnmiqe d'n espace rral : le casse d Larzac f Mntpellier, I.N.R.A., nv. 979, dactyl., p. 4. (). G. Désert, in Histire de la France rrale. ss la directin de Gerges Dby et Armand Walln, Paris, 976, t.iii, p. 90. (4). H. Marcrelles, p. cit., p.2. (5). vir par exemple : Fr. Znabend, La mémire lnge, temps et histires a village. Paris, 980, pp B. DEVENIRS. (). T. Barthélémy, "Q'est-ce q'ne párentele? Etde de cas bretns", Actes d cllge d Centre d'ethnlgie française et d msée des A.T.P., Paris, 9-2 nv. 987, à paraitre. Vir assi M. Ségalen, Qinze génératins de bas-bretns. Paris, 985, p.4. (2). P. Lamaisn et E. Claverie, L'impssible mariage,, Paris, 982, pp (). A. Cllmp, "Frm stem family t nclear family : changes in the cresident dmestic grp in Hate Prvence between the end f the eighteenth and the middle f the nineteenth centries", Cntinity and change,, 988. Ns discterns pls en détails ce prblème dans la partie D. (4). M. Segalen, Qinze génératins de bas-bretns, Paris, 985, pp. 04 et 07. Là encre, ns serns amenés à discter ce pint dans.la partie D. (5). A ce sjet, vir Fr. Héritier, L'exercice de la parenté, Paris, 98, pp

202 C. L'ALLIANCE EN QUESTION. () Trace : chétif, sé, malingre, par extensin pavre. (2) Ce dévelppement est dû à la cllabratin d'anne Petitfils. Cartgraphie "Carte Blanche". D. LE GROUPE FAMILIAL. () En même temps, c'est inscrire de façn indélébile sa marqe dans ne maisn entièrement smise à l'atrité d mari. Avec ses initiales, la jenes fille trace sn rigine face a nm qe bientôt impsera l'épx. Plsiers génératins passent sans q'n blie telle aïele dnt le chiffre reste, élégamment brdé sr ne serviette de table à peine sée Í (2). Fr. Znabend, La mémire lnge, Paris, 980, p. 79. (). P. Laslett, "La famille et le ménage : apprches histriqes", Annales E.S.C.. 4-5, 972, pp (4). A. Fine, "La famille-sche pyrénéenne a XIXe siècle : qelqes réflexins de méthde", Annales E.S.C.. 2, 977, pp (5). A. Cllmp, p. cit., pp (6). Clle : éqipe de vendangers. (7). : F. Znabend : La mémire lnge, Paris, 980 : p 224. (8). : T. Jlas, Y. Verdier, F. Znabend : Parler famille, L'Hmme, Jillet-Septembre, 970T X n : p 7. (9). : cf. les étdes de P. Lamaisn, M. Segalen, F. Znabend entre atres. (0). : R. Claverie, P. Lamaisn : L'impssible mariage, Paris 982. En particlier le chapitre III d livre cnsacré à "l'sta." T. Jlas, Y. Verdier, F. Znabend : p cit p 0. (). : T. Jlas, Y. Verdier, F. Znabend : p cit p 4. E. PARTIR. (). P. Marres, Les grands casses. Tr, 96, 2 vl., p (2). P. Marres, p. cit., p (). G. Chlvy, Y.M. Hilaine, Histire religiese de la France cntempraine, t., ( ), Tlse, 986, p

203 CONCLUSION. (). P. Lamaisn, "Les stratégies matrimniales dans n système cmplexe de parenté : Ribennes en Gévadan", Annales E.S.C.. 4, 979, pp (2). G. Agstins, "Reprdctin sciale et changement scial, l'exemple des Barnnies", Reve française de scilgie. XVIII, 977, p G. Agstins et R. de Bnnain, in I. Chiva et J. Gy (eds.), Les Barnnies des Pyrénées, Paris, 98 et 986. A. Fine, "La famille sche pyrénéenne a XIXe siècle: qelqes réflexins de méthde", Annales E.S.C.., 977, pp L. Assier-Andrie, Ctme et rapprts sciax. Etde anthrplgiqe des cmmnatés paysannes d Capcir. Paris, 98. (). A. Cllmp, "Famille ncléaire et famille élargie en Hate-Prvence a XVIIIe siècle (70-74)", Annales E.S.C.. 4-5, 972, 4-5, pp A. Cllmp, "Alliance et filliatin en Hate-Prvence a XVIIIe siècle", Annales E.S.C.,, 977, pp (4). G. Lencld, "Des fex intrvables. L'rganisatin familiale dans n village de la Crse traditinnelle", Etdes rrales. 7-6, 979, pp

204 TABLE. page INTRODUCTION. A. RYTHMES ET CLIVAGES. 5. A rythme des crises Le vivant et le scial. 7. La mrt et le scial Les clivages dits La nstalgie des atrefis. 22 B. DEVENIRS. 27. La mémire généalgiqe Terre, maisn, métier : la sccessin préciptaire.. L'héritier préciptaire Précipt et part Ss-évalatins et cntestatins Les retrs de part Tensins Les devenirs lngs Bilan d système préciptaire. 60 C. L'ALLIANCE EN QUESTION. 62. Occasins de rencntre et mariage d'amr De la rencntre rganisée ax "accplements de prpriété". 68. L'aire d mariage Le mariage dans la lnge drée des familles. 77 D. LE GROUPE FAMILIAL. 87. Le parcrs d mariage Grpes familiax et cycle familial. 92. Chabiter : le délicat éqilibre d grpe familial La part des femmes L'enfant Les cercles de parenté. 0 E. PARTIR. 8. Les chemins de l'émigratin Les migrants dans la famille. 27. Cmprtements des migrants Le désir d retr. 42 CONCLUSION. 47 NOTES

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