Raisonnement de la fertilisation des prairies

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1 Raisonnement de la fertilisation des prairies

2 Un outil de caractérisation des pratiques de fertilisation : les indices de nutrition (analyses d herbe) Mise au point de l outil : l équipe ORPHEE de l INRA de Toulouse La caractérisation de la disponibilité des éléments Phosphore (P) et Potasse (K) se fait dans beaucoup de situations par les analyses de sol. Mais ce type de diagnostic ne donnait pas des résultats satisfaisants pour les prairies. L INRA a réfléchi à la mise au point d une méthode d analyse sur la plante : les analyses d herbe.

3 Un outil de caractérisation des pratiques de fertilisation : les indices de nutrition (analyses d herbe) Un outil qui permet de caractériser l état de nutrition en azote (N), phosphore (P) et potasse (K) des plantes prairiales à partir de la teneur en éléments minéraux du couvert. La méthode repose sur une courbe de références établie entre la teneur en l élément et la biomasse au cours de la pousse. Il permet de détecter, a posteriori (sur une échelle de plusieurs années), les dérives qui peuvent s instaurer suite à l emploi d une stratégie de fertilisation mal adaptée. Un calcul d indices est réalisé, ce sont ces indices de nutrition qui permettent d effectuer le diagnostic à partir d une simple analyse d herbe.

4 Un outil de caractérisation des pratiques de fertilisation : les indices de nutrition (analyses d herbe) Une méthode de prélèvement accessible à tous Des conditions préalables : stade de l herbe, conditions météo, fertilisation en rythme de croisière, proportion de légumineuses... On prélève 1 m2 On pèse l échantillon en frais avant de le faire passer au laboratoire

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6 Un outil de caractérisation des pratiques de fertilisation : les indices de nutrition (analyses d herbe) Indice de nutrition = pourcentage d alimentation Grille d interprétation Valeur de l indice P ou K Interprétation < 60 Alimentation très déficitaire, le rendement est fortement pénalisé. 60 à 80 Alimentation légèrement déficitaire. Le potentiel est un peu touché. 80 à 100 Alimentation satisfaisante. Le potentiel de rendement peut être obtenu. 100 à 120 Alimentation légèrement excédentaire. > 120 Alimentation très excédentaire. Consommation de luxe

7 Utilisation des analyses d herbe en Aveyron Une collaboration étroite entre la recherche et le développement Mise au point progressive de la méthode au travers de la collaboration entre l INRA et la Chambre d Agriculture de l Aveyron dès les années 80. Utilisation des analyses d herbe (et d autres outils de diagnostic des prairies) dans le cadre d essais ou «ateliers» (compost, essai longue durée sur Gramond, adaptation aux associations, efficacité des formes d azote avec Arvalis ) Transfert de l outil au développement = les techniciens troupeau, les conseillers références ou agronomie, puis appropriation de l outil par les éleveurs. Apporter un conseil fin sur l adaptation des pratiques de fertilisation des prairies.

8 Utilisation des analyses d herbe en Aveyron Un transfert sur le terrain qui a démarré fin des années 1990 Entre 2005 et 2010 : pour la zone Aveyron et Sud-Ouest 500 analyses réalisées avec le LIAL (Laboratoire d Analyses d Aurillac)

9 Utilisation des analyses d herbe en Aveyron Aujourd hui : les moyens de diffusion de l outil et le public cible Les techniciens troupeau : relais privilégiés chez les éleveurs (service bovin lait et bovin viande, UNOTEC,...). Les conseillers agronomie et références de la Chambre d Agriculture de l Aveyron. Quelques structures partenaires : Agence de l Eau Adour Garonne, Arvalis Institut du Végétal, RAGT. Public visé : agriculteurs en accompagnement technique (suivi fourragers, références), en formations ou prestations agronomiques. Plus particulièrement : agriculteurs des Contrats de Rivière (Agri-Viaur, Sorgues Dourdou)

10 Utilisation des analyses d herbe en Aveyron Résultats sur la campagne 2005 (200 analyses réalisées) Repartition des indices N 2005 Satisfaisant (entre 80 et 100) 32 % Excédentaire(>100) 12 % Limitant (entre 60 et 80) 51 % Très limitant(<60) 5%

11 Utilisation des analyses d herbe en Aveyron Résultats sur la campagne 2005 (200 analyses réalisées) Repartition des indices P 2005 Insuffisant Satisfaisant 16% Très satisfaisant 27% 6% Excedentaire 51%

12 Utilisation des analyses d herbe en Aveyron Résultats sur la campagne 2005 (200 analyses réalisées) Repartition des indices K 2005 Satisfaisant 9% Très satisfaisant 47% Insuffisant 15% Excedentaire 29%

13 Utilisation des analyses d herbe en Aveyron Evolution des indices dans le temps : sur le site pilote de Gramond

14 Utilisation des analyses d herbe en Aveyron Evolution des indices dans le temps : sur le site pilote de Gramond INP Gramond 200 N0P0 N0P1 N1P0 N1P L impasse de P sur plusieurs années ne pénalise pas la production, surtout si on est en N0.

15 Quel impact sur les pratiques de fertilisation des prairies Valorisation des déjections animales et fertilisation phospho-potassique Une grande majorité des parcelles sont excédentaires en Phosphore, beaucoup le sont aussi en Potasse. Des fournitures régulières grâce aux apports organiques (compost, fumier, lisier, déjections au pâturage) Des compléments en engrais minéral de fond qui accentuent les excédents Le conseil qui en découle : privilégier la valorisation des apports organiques sur les prairies (en particulier la forme compost bien adaptée), répartir les déjections sur l ensemble de la surface épandable quand c est possible. = des économies significatives d engrais minéral de fond.

16 Quel impact sur les pratiques de fertilisation des prairies Utilisation du Phosphore P doit être optimisé quand la parcelle est conduite au potentiel. Le phosphore ne doit pas être limitant pour valoriser l azote. Il est aussi intéressant de conserver des parcelles de faible fertilité en phosphore au sein du système car elles ont des espèces à phénologie plus tardive qui présentent plus de souplesse d utilisation

17 Quel impact sur les pratiques de fertilisation des prairies Valorisation de l engrais minéral azoté : dose et positionnement Des situations parfois déficitaires Des doses d azote pas toujours adaptées au potentiel de production de la prairie. Un positionnement et un fractionnement de l azote pas toujours adapté au cycle de production des prairies. Les conseils qui en découlent : l azote est un levier pour l obtention d une meilleure production des prairies (pour les éleveurs en déficit fourrager), les apports précoces d azote sont mieux valorisés, les coupes précoces ne nécessitent qu un seul apport (pas de fractionnement). = une meilleure gestion et valorisation de l azote minéral.

18 Conclusion : les questions à se poser évoluent Dans les années 90 On voulait raisonner la fertilisation : combien je mets, quand? Dans les années 2000 On cherchait à faire des impasses : est-ce que je fertilise? Aujourd hui La végétation des prairies a une valeur d usage intéressante pour l éleveur (recherche par exemple d espèce de production moyenne, plus tardive et utile pour l éleveur) : comment adapter la fertilisation pour conserver ce type de végétation?

19 Merci de votre attention...

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