La dénutrition, c est quoi?
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- Lucienne Rivard
- il y a 10 ans
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1 La dénutrition, c est quoi? Ou MPE : malnutrition protéinoénergétique, malnutrition la plus grave et la plus fréquente chez la personne âgée
2 Définition de l HAS avril 2007 La dénutrition protéino-énergétique résulte d un déséquilibre entre les apports et les besoins de l organisme. Ce déséquilibre entraine des pertes tissulaires, notamment musculaires qui ont des conséquences fonctionnelles délétères. Elle : Entraîne ou aggrave un état de fragilité ou de dépendance Favorise la survenue de morbidités Aggrave le pronostic des maladies sous-jacentes Augmente le risque de décès
3 Définition du club francophone gériatrie et nutrition La dénutrition : «c est un état de santé associant une perte de poids > 10% en moins de 6 mois à une diminution de la masse corporelle totale, en particulier aux dépens de la masse musculaire (IMC 21), concourant à un risque accru de chutes et de maladies infectieuses». Cette définition s adresse aux personnes âgées pour lesquelles «le seuil habituellement admis est de 70 ans»
4 La dénutrition en chiffres La prévalence de la dénutrition protéino-énergétique augmente avec l âge, elle est de : 4 à 10% chez les personnes âgées vivant à domicile 15 à 38 % chez celles vivant en institution Et de 30 à 70 % chez les malades âgés hospitalisés Le risque d infection est multiplié de 2 à 8 fois par rapport à des sujets âgés en bonne santé Le risque de mortalité est multiplié de 2 à 4 fois
5 Les conséquences : la spirale de la dénutrition dénutrition diminution synthèse (mauvaise cicatrisation, risque d escarres) et diminution des défenses immunitaires diminution de l appétit augmentation du risque infectieux médicaments
6 Comment éviter d entrer dans la spirale Agir le plus rapidement possible : Importance du rôle des aidants dans le repérage des risques Ecoute et échange indispensable entre les professionnels
7 Situations à risque de dénutrition Situations sans lien avec l âge Cancer Défaillances d organes chroniques et sévères Pathologies digestives Alcoolisme chronique Pathologies infectieuses ou inflammatoires chroniques En résumé : toutes situations entrainant une diminution des apports, une augmentation des besoins, une malabsorption.
8 Situations à risque de dénutrition Situations plus spécifiques à la personne âgée Causes psycho-socio-environnementales Isolement social Deuil Difficultés financières Maltraitance Hospitalisation Changement des habitudes de vie
9 Situations à risque de dénutrition Situations plus spécifiques à la personne âgée : Troubles bucco-dentaires Troubles de la déglutition Troubles psychiatriques, troubles neurologiques syndrome démentiels, Traitements médicamenteux au long cours Affections aiguë ou décompensation d une pathologie chronique Dépendance pour les actes de la vie quotidienne Régimes restrictifs
10 Situations à risque de dénutrition, en résumé De nombreuses pathologie peuvent s accompagner d une dénutrition en raison d une anorexie. L anorexie est un symptôme fréquent chez la personne âgée, en présence duquel il est nécessaire de rechercher systématiquement une cause
11 Repérer la perte d appétit A nouveau l importance du rôle des aidants Source d information sur : La consommation alimentaire réelle La perte d appétit Les dégoûts ou évictions Le contenu du réfrigérateur
12 Dépister la dénutrition : les indicateurs QUALHAS Mesure du poids à l entrée avec 1 suivi en SSR à J+15 Recherche de la variation de poids Calcul de l IMC
13 Dépister la dénutrition : les outils L IMC : Indice de Masse Corporelle Poids (kg) / Taille² (m) IMC < 21 est un des critères de dénutrition chez la personne âgée Par contre IMC > 21 n exclut pas le diagnostic de dénutrition Le MNA : Mini Nutritional Assessment Score de dépistage < 12 évaluation à poursuivre Score total <17 : dénutrition Score total <24 : risque de dénutrition
14 Dépister la dénutrition : les outils à l HPGM Le CLAN de l HPGM a mis en place un dépistage systématique de la dénutrition pour chaque entrant, tout secteur confondu Avec un dosage de l albuminémie et pour en interpréter le résultat, les protides totaux et la CRP En SLD et/ou EHPAD : Suivi mensuel du poids Suivi annuel (au minimum) de l albuminémie
15 Dépister la dénutrition : les dosages biologiques L albumine, demi vie longue, elle apprécie l état nutritionnel à long terme, mais elle est très sensible aux variations de l hémoconcentration et de l inflammation La pré albumine, demi vie courte très utile pour évaluer l efficacité d une renutrition La CRP, traduit l intensité de l inflammation, donc celle de l hyper catabolisme en cours, et donne ainsi une indication sur les besoins nutritionnels : plus l inflammation est importante, plus grands sont les besoins
16 Le diagnostic de la dénutrition Le diagnostic de dénutrition repose sur la présence d un seul des critères suivants : Dénutrition modérée Perte de poids 5% en 1 mois ou 10% en 6 mois par rapport au poids antérieur ou au poids habituel déclaré Albuminémie < 35g/l IMC< 21 MNA globale < 17
17 Le diagnostic de la dénutrition Dénutrition sévère Perte de poids 10% en 1 mois ou 15% en 6 mois Albuminémie < 30g/l IMC < 18 Il est important de distinguer les formes sévères de la dénutrition car elle est associée à une augmentation importante de la morbimortalité, donc nécessite une prise en charge nutritionnelle rapide.
18 Le bilan nutritionnel L interrogatoire alimentaire simple de la personne âgée ou de son entourage est l étape incontournable du bilan nutritionnel, il permet d estimer rapidement : la diversité de son alimentation La consommation des plats protidiques La fréquence de prise des produits laitiers La richesse des repas en fruits et légumes Les apports hydriques
19 Le bilan nutritionnel L enquête alimentaire plus approfondie : Recueil de données indispensable à la diététicienne, c est la base de la démarche de soin diététique L analyse de l enquête permet de : Évaluer les ingesta : calories, protides et calcium Identifier le problème nutritionnel Elaborer un diagnostic diététique, seul ou complété d une action thérapeutique, éducative ou de prévention avec éventuellement une orientation vers des consultations de suivi Fixer des objectifs diététiques négociés Evaluer les objectifs de soins diététiques fixés lors des consultations précédentes
20 Le bilan nutritionnel: rôle des aidants L observation du repas : Indispensable à tout bilan nutritionnel elle met en évidence le décalage entre ce que le patient dit et ce qu il fait pendant le repas. elle permet d évaluer la prise en charge nutritionnelle et de la modifier si besoin. Le support est la fiche de surveillance alimentaire, ou seront notés : Quantité, qualité, aide, comportement, présence de symptôme évocateurs de troubles de la déglutition, difficultés de mastication
21 La prise en charge nutritionnelle : Les carences principales L énergie totale (ou calories) Les protéines Le calcium L eau Les acides gras essentiels La vit D Le zinc Les vitamines du groupe B (B9, B6, B1) et la vitamine C
22 Les besoins de la personne âgée en bonne santé Energétiques (calories) : 30 Kcal/kg/jr soit de 1800 à 2200 Kcal/jr, mais très variable d un individu à l autre et dépendants des activités conservées Protéiniques : ils augmentent, 1 à 1,2g/kg/jr, les protéines animales doivent représenter au moins la moitié des protéines totales Calciques : 1200 mg/jr, associé à un apport en vit D Vitaminiques : les vraies carences sont exceptionnelles mais le sujet âgé est exposé aux subcarences dû par ex à Une ration alimentaire en dessous de 1600 Kcal/jr (déficit en vitamines et oligoéléments) Une alimentation trop peu diversifiée Un défaut d absorption, des pathologies, des interférences médicamenteuses
23 En pratique dans l assiette c est quoi? Les repères du PNNS Nombre de repas : 3 à 4 repas par jour (importance du goûter) Viandes, poissons et produits de la pêche, œufs : minimum 1 fois / jr Protéines, fer, lipides, vit B Laits et produits laitiers : 3 ou 4 par jour Protéines, Calcium, vit A, B, D Pain et autres aliments céréaliers, pomme de terre et légumes secs : à chaque repas selon l appétit Energie, glucides, fibres, vit B, minéraux
24 En pratique dans l assiette c est quoi? Fruits et légumes : au moins 5 par jour Glucides, fibres, vit A, C, minéraux Matières grasses ajoutées, beurre, huiles : en les variant Energie, lipides, vit A, D, E, acides gras essentiels Produits sucrés : Pour le plaisir Boissons : 1 litre à 1,5 litre d eau / jr, plus si fièvre, canicule, troubles digestifs
25 La prise en charge nutritionnelle Chez tout patient dénutri ou à risque de dénutrition, il faut, en parallèle à toute prise en charge nutritionnelle, mettre en place : La correction des facteurs de risques identifiés avec par exemple : Une aide technique ou humaine pour l alimentation Le portage des repas Des soins bucco-dentaires Une réévaluation de la pertinence des médicaments et des régimes Une prise en charge des pathologies sous-jacente Importance d une coordination entre tous les partenaires du soin
26 Les besoins de la personne âgée dénutrie Energétiques (calories) : de 35 à 45 Kcal/kg/jr soit 2200 à 2800 Kcal/jr, mais très variable d un sujet à l autre et selon le contexte pathologique Protéiniques : de 1,5 à 2g/kg/jr, les protéines doivent représenter de 15 à 20% des AET Calciques : 1500 mg/jr, associé à un apport en vit D
27 En pratique dans l assiette c est quoi? Nombre de repas : 4 repas à 6 par jour Viandes, poissons ou œufs : minimum 2 fois / jr Lait et produits laitiers : 4 à 6 fois / jr Mais aussi penser à : Un environnement agréable (cadre, convives) Des aides techniques et/ou humaines
28 Soyez vigilants si : Le patient n a pas ou peu mangé : N aime t-il pas le plat? A-t-il besoin d aide? N a-t-il plus faim? A-t-il des difficultés à avaler? A t-il eu assez de temps?
29 La prise en charge nutritionnel : les 3 différents modes La prise en charge nutritionnelle orale La prise en charge nutritionnelle entérale La prise en charge nutritionnelle parentérale
30 Stratégie nutritionnelle Elle est fondée sur : Le statut nutritionnel Le niveau des apports alimentaires énergétiques et protéiques spontanés La nature et la sévérité de la ou les pathologies et handicaps associés Le projet de soin
31 Stratégie nutritionnelle 1 er cas : statut nutritionnel normal : pas de perte de poids, albumine à 36g/l Apports alimentaires ne couvrant que la moitié des besoins Quelle stratégie?
32 Stratégie nutritionnelle Cas 1 Donner les conseils diététiques : les repères du PNNS, les collations, l adaptation de la texture, l aide aux repas Offrir le plaisir de manger : beau, bon et pratique Savoir donner du temps pour le repas Enrichir l alimentation sans augmenter le volume Réévaluer à 1 semaine
33 Enrichissement de l alimentation : Enrichir avec quoi? mode d emploi Poudre de lait, lait concentré, poudre de protéines Fromage râpé ou fondu type crème de gruyère Œufs 3 c.à s. = 8 g de P 2 mesures = 10 g de P 20 g de râpé ou 1 part de c. de gruyère = 4 à 5 g de P 1 œuf = 10 g de P Crème fraiche, beurre, huile 1 c à s = 80 à 90 kcal
34 Enrichir quoi? Les potages : vermicelle, jambon, fromage Les entrées : charcuteries, œufs durs Le plat protidique : sauce, farcies, quenelle Les légumes : gratin, béchamel Les purées : lait en poudre, jaunes d œufs, râpé Les pâtes ou le riz : type carbonara, cantonnais Les laitages ou desserts : lait concentré, nappage, caramel. Les boissons : lait en poudre ou concentré, lait de poule
35 L évaluation nutritionnelle : le suivi La prise en charge nutritionnelle d une personne âgée dénutrie nécessite un suivi à l aide d outils simples : Le poids et le statut nutritionnel L évolution de la ou les pathologies La surveillance alimentaire : élément indispensable pour adapter la prise en charge nutritionnelle La tolérance et l observance du traitement (CNO ou NE)
36 Mode d emploi des CNO : Prescription le plus souvent de 2 unités par jour soit : lors des collations : 2h avant ou après un repas afin de préserver l appétit ou pendant les repas, mais dans ce cas ils doivent être en plus du repas et non à la place Les présenter aux patients comme un traitement de la dénutrition Adapter les saveurs, varier les produits et parfums Adapter aux handicaps A bonne température Respecter les précautions élémentaires d hygiène, une fois ouvert : conservation maximum de 2h à température ambiante et 24h au réfrigérateur
37 Stratégie nutritionnelle 2 ème cas : Perte de 3 kg en 1 mois et/ou albuminémie à 33g/l = Dénutrition modérée Apports alimentaires spontanés «normaux» Quelle stratégie?
38 Stratégie nutritionnelle Cas 2 Conseils diététiques Alimentation enrichie Réévaluation à 1 mois
39 Stratégie nutritionnelle 3ème cas : Perte de poids de 9 kg en 6 mois et/ou albuminémie à 28 g/l = dénutrition sévère Apports alimentaires «normaux» Quelle stratégie?
40 Stratégie nutritionnelle Cas 3 Conseils diététiques Alimentation enrichie CNO Réévaluation à 15 jours
41 Conclusion : ce qui existe Professionnels médicaux et paramédicaux Réseaux de soins Prestataire de service Personne âgée Entourage proche (famille, voisins ) Service de soins et d aide à domicile CCAS/ CLIC / HAD /HDJ
42 Conclusion : l objectif à atteindre
43 Dénutrition de la personne âgée Repérage et prise en charge Aspect bucco-dentaire 2 Juin 2010 Hôpital Privé Gériatrique les Magnolias Docteur Sylvie Saporta réseau Appolline Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
44 Demande Présenter les signes d alertes devant faire penser à un problème bucco-dentaire chez une personne âgée Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
45 Données épidémiologiques Enquêtes en EHPAD réalisées par l URCAM Essonne (2000) Pays de Loire (2002) Poitou-Charentes (2003) Bretagne (2004) Rhône-Alpes (2005) Provence Alpes Côte d Azur (2006) Nord-Pas de Calais (2007) Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
46 Données épidémiologiques Dorin M. et al. Etude sur l état de santé bucco-dentaire des personnes âgées dépendantes en Echelon local du service médical de l Essonne Baillon-Javon E. et al. L état bucco-dentaire des personnes hébergées en Ehpad - La situation du Val-d Oise en Echelon local du service médical du Val-d Oise, 2005 Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
47 Données épidémiologiques Tartre 65% Besoin d extraction 39% (60% des sujets dentés) Caries 44% Édentations non compensées de + de 15 dents 40% Édentés complets 34% Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
48 Constat clinique Très mauvais état bucco-dentaire Recours aux soins Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
49 Problèmes BD aggravant la Douleur Dents manquantes dénutrition Édentement non compensé Appareil Appareil mal adapté (blessures) Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
50 Problèmes BD aggravant la dénutrition Mycose Aphte, Blessure, Glossite (modification du goût) Fonte musculaire Hyposialie Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
51 Douleur Bucco-Dentaire Exprimée verbalement Gestuelle Attitude - regard Agressivité - anxiété Refus des repas - d ouvrir la bouche Changement brutal de comportement Plaintes et cris sans raison apparente Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
52 Dents absentes Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
53 Appareil Appareil = perte entre 70% à 90% de la capacité masticatoire Evictions alimentaires Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
54 Blessures Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
55 Mycose Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
56 Aphte Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
57 Glossite Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
58 Fonte musculaire Elle est physiologique Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
59 Hyposialie Physiologique Médicamenteuse Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
60 Nutrition L alimentation-digestion débute dans la cavité buccale L alimentation-plaisir débute aussi dans la cavité buccale Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
61 Prise en charge des soins B-D Soins à 100% ALD: cocher la case soins dentaires Prothèses: aides possibles au cas par cas Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
62 Hygiène Bucco-Dentaire Quotidienne Ce n est pas un luxe mais une nécessité Ce n est pas accessoire mais essentiel Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
63 Coordination Appolline Orientation des patients après dépistage Formation des soignants à l HBD [email protected] Dr Sylvie Saporta Chirurgien Dentiste coordinatrice du réseau Appolline
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