Analyse économique macro- 2ème année
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- Danièle Sylvain
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1 HEC Lausanne, 2005/2006 Analyse économique macro- 2ème année Notes de cours: 1re partie(pommeret) Important: cedocumentnesesubstitueniaucours,niàl ouvragederéférence (Blanchard& Cohen ou un autre livre de référence) 1
2 1 Introduction L équilibre macroéconomique Toutes les économies sont sujettes à des fluctuations de l emploi, du chômage, de la production industrielle, du PIB...Il existe des récessions accompagnées d accroissement du chômage, des booms accompagnés de diminution du chômage... 1) d où proviennent ces fluctuations? 2) que peut faire le gouvernement pour stabiliser l économie et supporter l emploi? On a commencé à se poser ces questions dans les années 30 durant la grande récession. La théorie classique promettait un ajustement du marché du travail qui préserverait le plein-emploi. Pourquoi cela ne s est-t-il pas produit? La théorie générale de l emploi, de l intérêt et de la monnaie de Keynes a contribué à répondre à cette question(c est aussi le point de départ de la macroéconomie moderne). 1.1 Comment allons-nous procéder? En construisant un modèle macroéconomique. Qu est ce qu un bon modèle macroéconomique? Un bon modèle est celui qui a les cinq caractéristiques suivantes: (1) les hypothèses et les simplifications effectuées doivent être raisonnables (2) il respecte des règles de logique interne (3) il peut être utilisé pour étudier des problèmes réels (4) on peut comparer ses prévisions aux faits réels observés (5) lorsque l on compare les implications du modèle aux faits on n observe pas de contradiction majeure Parveniràécrireunbonmodèlen estpasfacile. Ilfautsanscessefairedesallers et retours entre le modèle théorique et les faits. Pratiquement, la recherche du bon modèle est une entreprise collective à laquelle participe toute la communauté scientifique. 2
3 Exemples de modèles: LemodèleIS/LMquiseraexposédèsladeuxièmesectionaétéproposépar John Hicks en 1937 comme une façon pratique(réductrice dirons certains) de résumer la Théorie Générale de Keynes parue en Dans les années soixante, Mundell et Fleming l étendent pour tenir compte de l ouverture croissante des économies. Mais ce modèle, qui n accorde qu une maigre place aux comportements des entreprises et à l offre de biens n est pas un outil d analyse suffisant pour rendre compte par exemple de ce qui se passe au moment de la brutale hausse des prix du pétrole en Il n est alors pas étonnant que ce modèle ait été par la suite complété pour intégrer des phénomènes liés à l offre. Lerésultatestlemodèle OffreGlobale/DemandeGlobale qui sera présenté ici. 1.2 Les débats entre macroéconomistes Si on devait simplifier à l extrême, l opposition la plus forte se situe entre les économistes keynésiens et les économistes néoclassiques : Pour les économistes keynésiens, le fonctionnement spontané des marchés ne suffit pas à assurer une évolution régulière de l économie justifie une intervention de l Etat Pour les économistes néo-classiques, le libre jeu des forces du marché permet la meilleure allocation possible des ressources les interventions de l Etat ne sont pas souhaitables. En fait ces conclusions, qui paraissent franchement opposées, peuvent être obtenues à partir de modèles en tout point semblables, à l exception d une ou deux hypothèses fondamentales. C est pourquoi les débats entre macroéconomistes se concentrent bien souvent sur la nature des hypothèses de base sur lesquelles sont construits leurs modèles. L opposition entre keynésiens et néo-classiques ne suffit pas à rendre compte des débats entre macro-économistes: des débats surgissent naturellement lorsqu une nouvelle question apparaît. 3
4 Les débats peuvent porter sur la politique économique à mettre en oeuvre. 1.3 La construction du modèle Il comprend: 3marchés: -lemarchédesbiensetservices -lemarchédelamonnaie -lemarchédutravail et décrit les interactions entre ces marchés 3typesd agent: lesménages,lesentreprisesetl Etat. Les choses sont assez complexes: Les mêmes agents économiques interviennent des deux côtés des 3 marchés. Lamarcheàsuivre: 1. On identifie les principaux déterminants de l offre globale (la production de la totalité des entreprises et des entrepreneurs individuels pendant une période donnée en fonction des prix). C est assez complexe car on doit prendre en compte le fonctionnement du marché du travail. On va identifier uneoffreglobaleetunniveaud emploienfonctionduniveaugénéraldes prix. 2. On identifie les principaux déterminants de la demande globale (ie. la demande de biens et services domestiques pendant une période donnée, en fonctiondesprix)quidépend,elle,decequisepassesurlemarchédela monnaieetsurlemarchédesbiensetservices. Onvaidentifierunniveau dedemandeglobaleetunniveaudutauxd intérêtenfonctionduniveau général des prix. 3. Onconfronteoffreglobaleetdemandeglobale. Onidentifiealorsleprixet le niveau de l activité économique d équilibre. 4
5 On disposera alors d une représentation très simplifiée(car soumise à beaucoup d hypothèses simplificatrices) de l économie qui permettra d apporter des réponses (elles aussi conditionnelles à nos hypothèses) aux questions qu on se pose: onanalyseral effetdechocsdedemande,dechocd offreainsiquel effet de différentes politiques économiques. Remarque : Comme cette offre et cette demande de biens ont été obtenues en prenant en compte le fonctionnement des autres marchés(marché du travail et marché de la monnaie) on préfère les nommer Quasi Offre Globale et Quasi Demande Globale, ou plus simplement Offre Globale et Demande Globale. Pourrait-on procéder autrement? Pour bien isoler les différents mécanismes économiques, nous irons du plus simple au plus compliqué. 1. a)onétudiel offreglobale(donclemarchédutravail). b)enutilisantcetteoffreglobale+ensupposantuneformesimpleetintuitive pour la demande globale (décroissante avec le niveau général des prix) on obtient l équilibre macroéconomique: c est le modèle offre globale/demande globale. On peut déjà analyser l effet de chocs d offre + de politiques d offre. 2. a) on étudie en détail la demande globale (donc le fonctionnement du marchédesbiensetservicesetceluidumarchédelamonnaie) b) on reprend le modèle offre globale/demande globale pour analyser l effetdechocsdedemande+depolitiquesdedemande. 3. on introduit de la dynamique 4. on ouvre l économie... 2 L offre globale et l équilibre macroéconomique Définition 1: L offre agrégée est la production que l ensemble des entreprises et des entrepreneurs individuels mettent sur le marché pendantunepériodedonnéepourunniveaudeprixdonné. 5
6 Définition 2 : L équation d offre globale exprime la relation entre la production agrégée(ou offre agrégée) et le niveau général des prix. Pour prendre leurs décisions de production concernant les mois à venir, les entreprises considèrent le stock de capital(la quantité de machines) dont elles disposent comme donné la principale variable d ajustement pour l entreprise est la quantité de travail qu elle utilise sous ces hypothèses, l offre agrégée provient de l équilibre sur le marché du travail. 2.1 Analyse de l offre et de la demande de travail (voir Burda& Wyplosz) Demande de travail par les entreprises Comment les entreprises déterminent-elles le montant qu elles souhaitent produire? Elles cherchent à maximiser leur profit. max N Π(N)=YP WN RK Y =F(L,K)estlaproduction W : salaire N : quantité de travail utilisée R: coût d usage du capital(taux d obsolescence+taux d intérêt...) On suppose que les entreprises sont preneuses de prix Condition du premier ordre: Π(N) dn =0 F(N,K) = W N P Sous l hypohèse de productivité marginale du travail décroissante, (1) c estbienunmaximum: Π 2 (N) dn 2 <0 F2 (N,K) N 2 <0 La quantité de travail demandée par l entreprise et la quantité de production offerte sont des fonctions décroissantes du salaire réel. 6
7 Danslecasd unefonctiondeproductioncobb-douglas: F(N,K)=AK α N 1 α equation(1) (1 α)ak α N α =W/P ( ) 1/α P(1 α)a N = K W W/P Y s (Y s ) 1 (W/P) 2 (Y s ) 2 (W/P) 1 (N d ) 2 (N d ) 1 N d (N d ) 2 (N d ) 1 N d Graphique1: Demandedetravailetoffredebiensetservicesdesentreprises Effets de chocs ou de politiques économiques sur la demande de travail augmentation du stock de capital des entreprises augmentation de l efficacité des techniques de production utilisées(le progrès technique) qualitativement les mêmes effets: la productivité du travail est augmentée et pour un salaire réel donné les entreprises souhaitent utiliser davantage de travail déplacement vers la droite de la relation décroissante entre l emploi désiré par les entreprises et les salaires réels. 7
8 W/P Y s (Y s ) 2 (W/P) 1 (Y s ) 1 (N d ) (N d 1 ) 2 N d (N d ) 1 (N d ) 2 N d Graphique 2: Effet d une augmentation du stock de capital des entreprises Remarque : c est ce type d argumentation qui a été avancé pour expliquer les performances de l économie américaine pendant les sept dernières années du vingtième siècle Offre de travail par les ménages Les individus souhaitent travailler pour gagner leur vie. L offre de travail n est pasconstante,ellevarieaucoursdutempsselonque: la population en âge de travailler augmente ou diminue. l environnement social et culturel se modifie : par exemple, les femmes seront d autant plus susceptibles de travailler qu elles trouveront des moyens de faire garder leurs enfants. Pour l analyse des phénomènes de court terme qui nous intéressent, nous pouvons considérer que ces caractéristiques sont données et nous intéresser au lien qui unit l offre de travail et le salaire. Arbitrage consommation/loisir Exemple: Imaginez un instant que votre salaire nominal double(passant de 1000 à 2000 euros par mois) alors que tous les autres prix restent identiques. Quel sera votre réaction? Travailler davantage pour gagner encore plus? 8
9 Travailler moins pour conservez un pouvoir d achat identique à celui que vous aviez précédemment et profitez de davantage de temps de loisir? La théorie microéconomique a depuis longtemps identifié deux effets qui, dans un cas pareil, jouent en sens contraire: celui qui vous incite à travailler davantage est connu sous le nom d effet de substitution, celui qui vous incite à travailler moins est connu sous le nom d effet de revenu et l effet global dépend de la conjonction de ces deux effets contraires. Cela résulte d un arbitrage entre consommation et loisir: sous la contrainte max U( + N 0 N, C) + C,N 0 N C+W(N 0 N)=WN 0 +W N 0 :tempsdisponible N:tempsconsacréautravail N 0 N : tempsconsacréauloisir WN 0 :revenussalariauxpotentiel W : revenus non salariaux ( C=WN+W ) C E 1 WN 0 +W E'' E' E W 1 W 0 N 0 N 0- N Graphique 3: Effets revenu et effet substitution 9
10 A l optimum: dc Taux marginal de substitution = d(n 0 N) U=U = U/ (N 0 N) =W U/ C Onsupposequeleloisirestunbiennormal. SiW augmente,ilexiste: un effet substitution: le loisir devient plus coûteux que la consommation (réduitleloisir/augmentel offredetravail): E E uneffetrevenuindirect: l accroissementduprixduloisirengendreuneffet revenunégatif(réduitleloisir/augmentel offredetravail): E E uneffetrevenudirect: lerevenupotentiel(wn 0 +W)augmente(augmente leloisir/réduitl offredetravail): E E 1 L accroissement de W a un effet ambigu. Si les effets substitution+ revenu indirect l emportent, l offre de travail est une fonction croissante du salaire réel ; si l effet revenu direct l emporte, l offre de travail est une fonction décroissante dew. remarque : on parle parfois d effet de revenu global pour désigner l effet totale E 1. Ilcorrespondalorsàlapossibilitédeconsommerlamêmequantité en travaillant moins, ce qui incite à réduire l offre de travail. Uneformeplausiblepourl offredetravail: avecunpointderetournement. Tout d abord l effet substitution l emporte, puis à partir d un certain niveau du salaire réel, c est l effet revenu global qui domine. Si on suppose qu il existe un agent représentatif, l offre de travail agrégée peut être confondue avec l offre de travail individuelle(ce n est pas très réaliste). Au niveau macroéconomique, on considère généralement que l offre detravailestd autantplusélevéequelesalaireréelestélevéetquec est donc l effet de substitution qui l emporte sur l effet de revenu. Effets des politiques économiques sur l offre de travail Exemples: L Etatprendenchargelesfraisdegardedesenfantsouabaissel âged entrée à l école. La conséquence sera probablement que pour un niveau de salaire donné, davantage de personnes souhaiteront travailler déplacement vers la droite de la fonction d offre de travail. 10
11 Uncréditd impôt(commeceluimisenplacel année2001enfrance)aaussi pour effet d augmenter, pour un salaire donné, le nombre de personnes qui souhaitent travailler Equilibre du marché du travail, emploi et offre de biens Nous allons considérer successivement 2 fonctionnements différents du marché du travail. lesalairenominalestparfaitementflexible lemarchédutravailestalors toujours équilibré pas de chômage involontaire. le salaire nominal est rigide il existe du chômage involontaire. Définitions : 1. Ilexisteduchômageinvolontairedanslamesureoùilexistedesindividus qui souhaiteraient travailler plus, compte tenu du salaire en vigueur dans l économie. Le chômage est dit volontaire lorsque certains individus choisissent de ne pas travailler(ou de ne travailler qu une fraction de leur temps disponible) Flexibilité parfaite du salaire nominal a) L équilibre sur le marché du travail On parle de flexibilité parfaite des salaires, lorsque le salaire nominal (et avec luilesalaireréel)variedefaçonàassurerl égalitéentrel offreetlademandede travail: lorsque l offre de travail est initialement supérieure à la demande, le salaire nominal diminue de façon à faire baisser le salaire réel et à rétablir l égalité entre offre et demande de travail. si la demande de travail est initialement supérieure à l offre, les salaires nominaux augmentent de facon à faire s élever le salaire réel et à rétablir l égalité entre l offre et la demande de travail. Ilyadonctoujourségalitéentrel offreetlademandedetravailetiln yajamais de chômage involontaire puisque tous ceux qui veulent travailler au salaire en vigueur trouvent du travail. 11
12 W/P N s W 0 /P 0 W 1 /P 0 N d N* N N s N d Graphique 4: Equilibre sur le marché du travail avec flexibilité parfaite du salaire nominal b) L offre agrégée Une fois déterminé le niveau d emploi d équilibre, l offre dans l économie est donnéeparlafonctiondeproductionmacroéconomique: Y =F(N,K). c) La courbe d offre globale Comment l offre des entreprises varie-t-elle lorsque le niveau des prix auquel les entreprises peuvent écouler leur production varie? Commençons par étudier ce quisepassesilesprixaugmentent(passantdep 0 àp 1 )alorsquelesalaireréel initial(w 0/P 0 )permettaitl équilibresurlemarchédutravail. Si les salaires nominaux restent inchangés et que les prix augmentent, le salaire réel diminue à (W 0/P 1 ), les entreprises souhaitent augmenter l emploi et l offre de biens. Cependant, les salariés, face à la hausse des prix qui réduit le pouvoir d achat des salaires, diminuent leur offre de travail. Ilyadoncuneaugmentationdelademandedetravaildesentrepriseset, ducôtédesménages,unebaissedel offredetravail. Lahaussedesprixse traduit par une pénurie de travail. 12
13 La flexibilité des salaires nominaux est le mécanisme qui permet au marché de retrouver un équilibre: la hausse des salaires nominaux en augmentant l offredetravaildesménagesetenréduisantlademandedetravaildesentreprises permet l ajustement. Le salaire nominal augmente donc jusqu au niveau où, de nouveau, l offre et la demande de travail sont égales. La croissance des salaires nominaux est exactement identique à celle des prix initialement considérée de telle sorte qu après l ajustement des salaires réels l emploi et la production sont exactement aux même niveaux que ceux quiprévalaientavantlahaussedesprix: W 0/P 0 =W 1/P 1 Un raisonnement symétrique s applique en cas de baisse du niveau général des prix. Finalement, lorsque les salaires nominaux sont parfaitement flexibles, une hausse desprixestsanseffetsurl offredesentreprises,sanseffetsurleniveaud emploi et sans effet sur le niveau du salaire réel. On dit alors que l offre globale est inélastique au prix. 13
14 W/P Y s N s W 0 /P 0= W 1 /P 1 Y s * 1 =Y s * 0 W 0 /P 1 Nd P N s N* Y s N d N N* N d Y s * 1 =Y s * 0 Y Graphique5: Effetd unehaussedesprixsurlemarchédutravail,etoffre globale d) Effets de chocs ou de politiques économiques Exemples: Unepolitiqueenfaveurdel offredetravailaugmenteraleniveaud offrede biens et services de la part des entreprises. Uneaugmentationdustockdecapitalouleprogrèstechniqueontlesmêmes effets: pour un niveau donné de prix, les entreprises souhaitent produire davantage. la courbe d offre globale se déplace vers la droite. 14
15 W/P Y s N s W 1 /P 0 W 0 /P 0 N d 0 N d 1 Y s * 1 Y s * 0 P N* 0 N* 1 N N* 0 N* 1 N Y s * 0 Y s * 1 Y Graphique 6: Effet d une augmentation du stock de capital sur l offre globale Rigidité des salaires nominaux Les contrats de travail qui précisent la rémunération nominale annuelle ne font pas l objet de renégociation chaque fois que l environnement change introduit une rigidité dans les salaires nominaux. a) La détermination du niveau d emploi effectif Que se passe-t-il si les salaires ne varient pas toujours de façon à assurer l équilibre surlemarchédutravail? Pourunniveaudeprixdonné,lesalairenominalpeut êtreaudessusouaudessousdeceluiquiéquilibreraitlemarchédutravail. Dans ce cas, c est le côté court du marché qui détermine le niveau d emploi dans l économie. Si l offre de travail est inférieure à la demande, le niveau d emploi de l économie s établit au niveau de l offre de travail (il n y a donc pas de 15
16 chômage mais les entreprises aimeraient embaucher davantage) et l offre de biens et services des entreprises est déterminée par cette quantité de travail. Sic estlademandedetravailquiestinférieureàl offre,leniveaud emploi s établit au niveau de la demande de travail (il yadonc du chômage) et l offre de biens et services découle de cette quantité de travail. Pour ce niveau de salaire nominal, les entreprises ne souhaitent pas embaucher et produire davantage. W/P U 0 N s W 0 /P 0 N d N 0=N d 0 N s 0 N Graphique 7: Marché du travail avec rigidité du salaire nominal b) L offre agrégée Une fois déterminé le niveau d emploi par le côté court du marché, l offre dans l économie est donnée par la fonction de production macroéconomique : Y =F(N,K). c) La courbe d offre globale Danscequisuit,onseplacedanslecasleplusréalistepourlequellademandede travailestinférieureàl offre. Unehaussedesprixaalorspoureffetdediminuer le salaire réel, les entreprises souhaitent embaucher davantage et produire plus, le chômage est réduit et l offre de biens et services des entreprises augmente. Retenons donc que lorsque les salaires nominaux sont rigides, le niveau d emploi etl offreagrégéesontdesfonctionscroissantesduniveaudesprixetleniveaude chômage est une fonction décroissante du niveau des prix. Reste à déterminer le 16
17 niveaudeprix. Ceciserafaitunpeuplusloinlorsquelademandeglobalesera introduite. W/P Ys U 0 U 1 N s W 0 /P 0 W 0 /P 1 Y s 1 Y s 0 N d N 0=N d 0 N 1=N d 1 N s 1 N s 0 N N 0 N 1 N d P Y s P 1 P 0 Y s 0 Y s 1 Y Graphique8: Effetd unehaussedesprixsurlemarchédutravailetoffre globale d) Effets de chocs ou de politiques économiques Onseplacetoujoursdanslecasleplusplausibleoùilexisteduchômageinvolontaire. Exemples: Uneaugmentationdustockdecapitalouleprogrèstechniqueontlesmêmes effets : pour un niveau donné de prix, les entreprises souhaitent produire davantage la courbe d offre globale se déplace vers la droite. 17
18 Une politique en faveur de l offre de travail n accroît ni l emploi effectif ni leniveaud offredebiensetservicesdelapartdesentreprises. Elleaccroît cependant le chômage. 2.2 L équilibre global Pour le moment, on considère la modélisation simple basée sur la demande et l offre de travail ; nous disposons donc de deux modèles, suivant l hypothèse retenue sur l ajustement des salaires La demande globale La demande de biens et services est composée de la consommation des ménages, de l investissement des ménages, des entreprises et des administrations, des variations de stocks, et des flux nets d exportations(les exportations moins les importations). Nous supposons pour l instant que la quasi demande globale de biens etservices(y d )estunefonctiondécroissanteduniveaugénéraldesprix L équilibre La confrontation de l offre et de la demande de biens permet d identifier le niveau de prix pour lequel l offre de biens est égale à la demande. Si les prix sont suffisamment flexibles, le niveau d activité dans l économie est celui pour lequel l offredebiens(y s )estégaleàlademande(y d ). L équilibremacroéconomique correspond à l intersection entre la demande globale et l offre globale dans le plan (Y,P). Onendéduitlesniveauxd emploietdechômagedans l économie. Deux cas sont envisageables: Dans le cas où les salaires nominaux sont flexibles, l offre détermine le niveau d activité dans l économie et le niveau des prix est déterminé par la demande. Rappelons que l emploi est alors entièrement déterminé par les conditionsdumarchédutravailetiln yapasdechômage. Danslecasoùlessalairesnominauxsontrigides, lesniveauxd emploiet d activité de l économie dépendent du niveau des prix lequel est déterminé par la confrontation entre l offre et la demande de biens. 18
19 2.3 Effet d un choc d offre ou d une politique économique visant l offre Exemple 1: Suite à un progrès technique, la productivité du travail augmente ce qui incite les entreprises à augmenter leur demande de travail. Que les salaires nominaux soient ou non flexibles augmentation conjointe de l offre des entreprises et de l emploi dans l économie déplacement vers la droite de la fonction d offre globale. Lorsque les salaires sont flexibles, la hausse de l offre se transforme en hausse de l activité économique et en baisse de prix. Lorsque les salaires nominaux sont fixes, la hausse de l activité s accompagne aussi d une baisse des prix ce qui accroît les salaires réels. Exemple2: Suite à une politique en faveur de l offre de travail, cette dernière s accroît. Lorsque les salaires sont flexibles, la hausse de l offre de travail augmentation conjointe de l offre des entreprises et de l emploi dans l économie déplacement vers la droite de la fonction d offre globale hausse de l activité économique et baisse des prix. Lorsque les salaires nominaux sont fixes et qu il y a du chômage dans l économie, la hausse de l offre de travail ne modifie pas l emploi effectif; seul le chômage augmente. 2.4 Le modèle élémentaire de concurrence imparfaite(voir Blanchard& Cohen) Le chômage est un sujet central en macroéconomie. En ce qui concerne les déterminants de l emploi moyen sur longue période, la question principale est de trancher s il provient d un échec du marché ou non(il serait alors sans importance et résulterait simplement de frictions). Dans le modèle offre-demande, les chômeurs tirent le salaire vers le bas jusqu à ce que demande de travail et offre de travail s équilibrent. Les théories du chômage s attachent à expliquer pourquoi ce mécanisme peut échouer. Nous allons explorer successivement deux pistes: 19
20 les entreprises peuvent refuser de baisser le salaire qu elles proposent théories du salaire d efficience les entreprises peuvent souhaiter ajuster le salaire mais ce sont des accords implicites ou explicites entre les travailleurs qui les empêchent de le faire théories des négociations collectives La fixation des salaires Les négociations salariales Les salaires résultent d un processus de négociations individuelles ou collectives, par l intermédiaire d un syndicat. Dans les deux cas, syndicats et individus se préoccupent de leur salaire réel. Cela signifie que les négociations sont réalisées sur la base du niveau de prix anticipé pour la durée du contrat. Le prix à la consommation dépend du résultat des négociations de salaire et n est donc pas connu avec certitude au moment des négociations. Etant donnée cette anticipation de prix, le niveau du salaire négocié dépend de beaucoup de facteurs, maisunfacteurclefestcertainementletauxdechômage. Eneffet,lepouvoirde négociation du travailleur dépend de la difficulté qu aurait l employeur à le remplacer la facilité avec laquelle il pourrait trouver un autre emploi dépenddelanaturedesonemploi+desconditionsdumarchédutravail: pourra d autant plus exiger un salaire élevé que le chômage est faible relation <0 entre chômage et salaire ou encore positive entre emploi et salaire (comme dans la courbe d offre de travail) Le pouvoir de négociation du syndicat est d autant plus fort que le taux de chômage est faible : plus le marché du travail est étroit, plus les syndicats disposent de menaces crédibles de grève. Au contraire, un fort taux de chômage affaiblit le pouvoir de négociation du syndicat...: comme ses membres risquent plus fortement de se retrouver au chômage, la perte de revenu associée à une grève est davantage préjudiciable si ses membres perdent leur emploi, leur chances d en retrouver un sont plus faibles 20
21 ...et renforce celui de l employeur car l arbitrage entre le coût de la grève et un accroissement des salaires se déplace lorsque le chômage s accroît, en faveur d une plus forte résistance aux revendications salariales. Remarque: les courbes représentant la relation entre emploi et salaire négocié diffèrent suivant les pays. Les théories du salaire d efficience Il peut exister des circonstances dans lesquelles l entreprise n a pas intérêt à réduire le salaire qu elle propose lorsque l offre de travail est en excès. Les modèles de salaires d efficience supposent que le salaire réel est rigide à la baisse. L intuition est que conserver un salaire élevé assure que les employés vont être plus productifs. On regroupe sous les termes salaire d efficience l ensemble des arguments permettantdeconclureàunlienentreleniveaudesalaired unindividuetceluide sa productivité. On aboutit alors à une situation de chômage involontaire: si les entreprises espèrent accroître la productivité en élevant le salaire et qu en définitive cette opération aboutit finalement à un gain net positif, elles augmenteront effectivement le salaire. Ce dernier atteindra alors une valeur supérieure à celle qui équilibrait précédemment le marché du travail, et du chômage involontaire apparaîtra. Cette description de la formation du salaire est donc très différente de celle proposée dans le cadre du modèle classique(le salaire était alors une variable d ajustement). Les théories du salaire d efficience présentent l avantage de rendre compatible une situation de chômage involontaire avec une détermination endogène des salaires. Leur portée comme explication du chômage involontaire a cependant été remise en cause(elles décriraient de façon trop fruste les politiques salariales des entreprises). Les explications possibles d une relation croissante entre salaire et productivité sont en général classées selon quatre catégories: les employés, imparfaitement observés par l employeur, peuvent choisir l intensité de leur travail et, pour un même risque de licenciement, plus leur salaire est élevé, plus le coût de ne fournir qu une faible intensité de travail est fort. Ils sont donc incités à travailler plus intensément l employeur n observant qu imparfaitement les caractéristiques des individus qu il embauche, une politique de hauts salaires lui permet d attirer les meilleurs travailleurs unepolitiquedebassalaireaccroîtlarotationdemaind oeuvrecequia une influence négative sur la productivité du travail à moyen ou long terme 21
22 les individus sont sensibles au niveau de leur rémunération car elle traduirait la mesure dans laquelle la relation salariale peut être considérée comme équitable(approche sociologique) On peut finalement résumer la relation entre l état du marché du travail et les négociations de salaire comme suit: P e : niveauanticipédesprix W =P e F(u,z + ) u: tauxdechômage z : toutes les autres variables affectant la fixation du salaire : le niveau de l assurance chômage(plus elle est élevée, plus le pouvoir de négociation des travailleur est fort); les changement structurels dans l économie; la legislation concernant les licenciements... Si on suppose que le salaire nominal est fonction duniveauréeldesprix,p,larelationdevient: W =PF(u,z + ) La fixation des prix On développe simplement l analogue en concurrence imparfaite, du modèle précedemment étudié en concurrence parfaite. On considère la théorie standard de la concurrence imparfaite: le monopole. La maximisation du profit implique que lerevenumarginalsoitégalaucoûtmarginalcequiaboutità: P F(N,K) N F(N,K) N =W(1+µ) = W P (1+µ) oùµestlamargeduprixparrapportaucoûtmarginal. Onrappellequeµestliée à l élasticité prix de la demande(une plus faible élasticité de la demande implique untauxdemargeplusélevé). Siµestconstant,alorslesalaireréelinduitparla détermination des prix a la même pente que la productivité marginale du travail. Les observations empiriques suggèrent au contraire que le taux de marge baisse lorsque le chômage diminue, ce qui reflète le fait que l élasticité de la demande augmente avec l emploi et l output ; cela aboutit à une relation inverse entre 22
23 salaire induit par la détermination des prix et emploi. Dans Blanchard et Cohen, ilestsupposéque: F(N,K) N =1 23
24 2.4.3 Emploi et chômage d équilibre A l équilibre sur le marché du travail, le salaire déterminé lors des négociations salariales est égal au salaire induit par la détermination des prix. Le taux de chômage d équilibre, u n, est aussi appelé taux de chômage structurel (et aussi parfoistauxdechômagenaturel);ilesttelquelesalaireinduitparlanégociation soit égal au salaire induit par la détermination des prix: F(u n,z)= 1 1+µ On en déduit l emploi d équilibre et la production agrégée. 2.5 Conclusion A l issue de ces développements nous avons donc déjà plusieurs modèles différents de l économie. Un premier modèle dans lequel les salaires nominaux sont rigides, dans lequelilyaéventuellementduchômageetoùlesvariationsdel offreetde la demande affectent le niveau d activité économique. Un second modèle, dans lequel les salaires varient de façon à assurer l équilibre surlemarchédutravailetoùlesaugmentationsdelademandesetraduisent uniquement par de l inflation et ne stimulent pas l activité économique. Un troisième modèle qui parvient à engendrer du chômage involontaire sans recours à l hypothèse de rigidité des salaires nominaux. 3 La demande globale et l équilibre macroéconomique Cette section est consacrée à la détermination de la demande agrégée de biens et services en prenant en compte le fonctionnement du marché des biens et services etceluidelamonnaiepourunniveaudeprixdonné. Onobtientainsiunefonction de demande globale qui détermine, pour chaque niveau de prix, la quantité de biens et services demandée dans l économie. Le petit modèle que l on va construire et utiliser pour étudier les déterminants delademandeestlecélèbremodèleis/lm,proposéparjohnhickssurlabase de fondements théoriques développés par Keynes. Les objectifs sont: 1) d identifier 24
25 d une part les variables qui déterminent la demande agrégée et peuvent donc être à l origine de fluctuations du PIB d autre part, parmi ces variables, celles susceptibles d être influencées par le gouvernement pour affecter la demande agrégée. Onignoredonclecôtéoffre,etpratiquement,onsupposequeleniveaugénéral desprixestconstantetquel offres adapteàlademande: elleestparfaitement élastiquecequiserapporteaucas keynésienextrème delasectionprécédente. 2) d étudier l effet des chocs et des politiques économiques sur l activité d un pays, en mettant ensembles les éléments relatifs à l offre de la section précédente et ceux relatifsàlademandequisontdéveloppésicicequinouspermetdedisposerd un premier modèle complet de l économie. remarque : nous ignorons toujours dans ce chapitre l ensemble des interactions de l économie d un pays avec celle des pays du reste du monde et nous nous restreignons ainsi à l étude d une économie fermée. 3.1 Le modèle IS/LM Le modèle IS/LM que nous allons construire considère deux marchés: le marché des biens et services et celui de la monnaie. La demande agrégée résulte de l équilibre simultané sur ces deux marchés Equilibre sur le marché des biens et services Dans n importe quelle économie, l équilibre des ressources et des emplois en biensetservicesestvérifié: la sommes des ressources en marchandises et en services d une économie doit être égale à celle de ses emplois en marchandises et en services. Y =C+I+GavecG=G C +G I remarque : Les variations de stocks (différence entre marchandises produites et marchandises vendues) qui, en valeur absolue -car elles peuvent être positives ou négatives- représentent environ 0,1% du revenu national sont intégrées dans l agregat d investissement. On parle d équation comptable car cet équilibre est toujours vérifié qu ilyaitunerécessionouunbooméconomique,qu ilyaitduchômage ou non. 25
26 Y C G I Graphique 9: La demande agrégée et ses composantes intérieures: exemple de la Suisse( ) Remarque : Comme la Suisse n est pas une économie fermée (40% de sa production est exportée), l équilibre ressources-emplois présenté ci-dessus est bien sûr incomplet puisqu il ignore les échanges avec l extérieur. Onobserveque: lapartdechaquecomposanteestassezstabledansletemps la consommation occupe la première place: entre 1990 et 2000, elle représente enmoyennenettementplusdelamoitié(60%)delademandeagrégéetandis que les dépenses publiques et l investissement représentent en moyenne respectivement 15% et 25% de la demande agrégée. Y = C+I+G Y C G C =I+G I 26
27 Commeàl équilibredetouslesmarchésyestaussilerevenuglobald unpays, cela signifie que l épargne (le revenu net de la consommation) est égale à l investissement. C estdelàqueprovientl appellation IS (avecipour investment et S pour saving ) de la courbe qui rend compte de l équilibre ressource emploi dans le modèles IS/LM Les composantes de la demande de biens et services a) Les dépenses publiques G Elles regroupent la consommation de biens et services de l Etat(traitements des fonctionnaires, achats de fournitures) et ses investissements(achats de bâtiments, construction de routes...). Elles sont considérées comme exogènes, c est-à-dire qu elles ne sont déterminées par aucune autre variable du modèle; leur niveau est simplement fixé par l Etat. En revanche, la consommation privée et l investissement sont endogènes. Ces variables dépendent du niveau du revenu national, de celui du taux d intérêt, eux-mêmes déterminés par le modèle. b) La consommation des ménages b.1) La fonction de consommation keynésienne Dans la Théorie Générale, Keynes considère que la consommation des ménages peut être approximée par une relation linéaire très simple: C=c(Y T)+C 0 C 0 estlaconsommationincompressible Laconsommationdesménagescroîtavecleurrevenudisponible(Y T), c est-à-dire avec le revenu net d impôt. Le montant des impôts prélevé est décidé par le gouvernement. Nous allons considérer ici que l Etat prélève unepartconstantetdupib;levolumedesimpôtsestalorst =ty. Par ailleurs, c est la propension marginale à consommer le revenu disponible. C (Y T) =c On a c<1 car une augmentation du revenu national se traduit par une augmentation d ampleur inférieure de la consommation. 27
28 Remarque: dans la réalité, la propension marginale à consommer n est probablement pas constante dans le temps. Elle dépend notamment des anticipations que forment les consommateurs concernant leur environnement futur : plus ils sont optimistes plus ils souhaitent consommer une part importante de leur revenu. La propension moyenne à consommer s écrit: b.2) Le choix intertemporel C (Y T) =c+ C 0 (Y T) maxu(c 1,C 2 ) C 1,C 2 souslacontrainte C 1 + C 2 1+r } {{ } consommation intertemporelle = Y 1 + Y 2 1+r } {{ } richesse intertemporelle la contrainte : le consommateur peut atteindre le taux d épargne qu il souhaite en prêtant ou en empruntant au taux r. La contrainte s exerce intertemporellement, on parle de contrainte budgétaire intertemporelle : s ilemprunteleménagedevrarembourser;s ilprêteilseferarembourser ce qui lui permettra de consommer davantage ultérieurement. Cela suppose biensûrqueleménageaaccès,autauxr,aumarchéfinancier. La somme des revenus en valeur actuelle est la richesse du ménage, mesurée à la date d aujourd hui. le problème du ménage consiste à choisir le point sur la droite de budget qui maximise son utilité (ie. qui lui permette d atteindre la courbe d indifférence la plus élevée possible). En fait, on transpose dans le temps l analyse faite spatialement du ménage confrontéauchoixentreplusieursproduits. Lefacteurβ=1/(1+r)estla valeuràlapériode1de1chf disponibleàlapériode2. Al optimum: β= U/ C 2 U/ C 1 28
29 est bien la quantité d utilité que le consommateur veut recevoir au cours de la période 2 quand il renonce à 1 unité d utilité à la période 1. Cela peut se réécrire: U/ C 1 =(1+r) U/ C 2 C est l équation d Euler. Elle indique que quand l utilité est maximale, le consommateur est indifférent entre transférer ou non un petit peu de consommationd unepériodeàl autre: si, auvoisinagedelasolutionoptimale, ilréduit saconsommationd uneunitéàlapériode1,ilperd( U/ C 1 )entermesdede satisfaction. Il peut transférer en période 2 l unité non consommée en période 1; il obtient alors (1+r) unités et gagne alors ((1+r) U/ C 2 ) entermes de satisfaction. Sauf si la consommation d une période est un bien inférieur, la consommationestunefonctioncroissantedelarichesseetdurevenudesdeuxpériodes : C 1 croîtavecy 1 ety 2. b.3) L hypothèse de revenu permanent Onvientdevoir,dansunmodèleà2périodes,quelaconsommationnedépend pas seulement du revenu courant mais aussi du revenu futur anticipé. Dès les années cinquante, Milton Friedman (prix Nobel en 1976) développe la théorie du revenu permanent selon laquelle la consommation courante ne dépendrait pas du revenu courant mais plutôt du revenu permanent, c est-à-dire du revenu moyen que le ménage anticipe sur sa durée de vie. L intuition est que les ménages lissent leur consommation dans le temps: ils préfèrent un sentier de consommation stable à un sentier de consommation instable. Ainsi, les ménages épargnent lorsque leur revenu est plus élevé que leur revenu permanent et consomment plus que leur revenu courant(c est à dire désépargnent ou empruntent) lorsque leur revenu courant est inférieur à leur revenu permanent. Prendre en compte le revenu permanent plutôt que le revenu courant dans la fonction de consommation introduit une modification de taille dans l étude de l effetdeschocsderevenusurlaconsommation: les ménages n ajusteront complètement leur consommation qu en réponse à des chocs permanents sur leur revenu un accroissement temporaire du revenu (dû par exemple à une réduction temporaire des impôts) qui n affecte que très peu le niveau du revenu permanent n aura qu un effet limité sur le niveau de consommation courante. 29
30 b.4)lemodèledecycledevie Le modèle de cycle de vie développé par Franco Modigliani (prix Nobel en 1972), repose lui aussi sur la théorie selon laquelle la consommation courante dépend du revenu anticipé par l agent sur sa durée de vie. S y ajoute l observation quelerevenutendàfluctuerdefaçonsystématiquedurantlaviedel agentetque sonépargnecourantedépenddoncdel étapedelavieàlaquellel agentsetrouve. Ainsi, lorsque l agent est jeune, son revenu est faible et il s endette facilement car il anticipe de gagner mieux sa vie ultérieurement. Lorsqu il travaille, l agent rembourse sa dette et épargne pour sa retraite. Enfin, lorsque l agent arrive à la retraite, il consomme son épargne passée. b.5) Théories intertemporelles de la consommation et contrainte de liquidité Il faut remarquer que ces théories intertemporelles de la consommation reposent sur l hypothèse sous-jacente que l agent peut à tout moment emprunter autantqu illesouhaite. Cependant,sicen estpaslecas(parexempleparceque les prêteurs croient que l emprunteur ne pourra pas les rembourser) et que les ménages doivent alors faire face à une contrainte de liquidité, la relation entre consommation courante et revenu courant retrouve de sa force. c) L investissement I c.1) La fonction d investissement macroéconomique keynésienne L investissement est composé de l acquisition de biens d investissement par les entreprises qui souhaitent accroître leur stock de capital ou remplacer le stock existant, et des investissements immobiliers des ménages. Quels sont les déterminants de cet l investissement? Dans la Théorie Générale, Keynes, comme la plupart des économistes, considère que les plus importants sont les anticipations sur l évolution future de la demande(les perspectives de marché dirait-on aujourd hui) ou plus généralement, les anticipations des conditions économiques futures, le taux d intérêt réel. Le taux d intérêt est le coût de l emprunt qui permet de financer les investissements (ou le coût d immobilisation de fonds qui ne pourront pas être placés). Lorsque le taux d intérêt augmente le nombre de projets d investissement rentables(ceux dont le rendement est inférieur au taux d intérêt) diminue. 30
31 Remarque : ce n est pas en fonction du taux d intérêt nominal mais du taux d intérêt réel que les entrepreneurs prennent leurs décisions d investissement car l inflation affecte de la même façon le rendement nominal de l investissement et le taux d intérêt, ce qui revient à comparer des rendements réels. L investissement dépend donc négativement du niveau du taux d intérêt réel (i π ), où i est le tauxd intérêtnominalet π estletauxd inflationanticipé. c.2) Le modèle néo-classique d investissement Ce modèle montre comment le niveau d investissement(l accroissement de capital) est lié à la productivité marginale du capital et au taux d intérêt. max N Π(N)=YP WN ck Y =F(N,K)estlaproduction W : salaire N : quantité de travail utilisée R: coût d usage du capital, constitué de (on raisonne sur une période et on revend l investissement à la fin): la perte d intérêt liée à l immobilisation d argent pour acquérir l investissement lavariationduprixdel investissemententreledébutetlafindelapériode la dépréciation liée à l obsolescence du capital Les conditions du premier ordre: π N = 0 π K = 0 P F(K,N) =R K cequidonnelestockdecapitaloptimal. La productivité marginale du capital doit être égale au coût d usage du capital. Si elle l excède, les entreprises trouvent un intérêt à accroître leur stock de capital. Si elle est inférieure à R, les entreprises préfèrent laisser leur capital se déprécier. 31
32 Une augmentation du taux d intérêt accroît le coût d usage. Cela réduit le gain à détenir du capital et donc l incitation à accumuler du capital. c.3) Introduction des coûts d ajustement En fait le niveau d investissement désiré et le niveau effectif d investissement diffèrentcarcelaprenddutempsdecalculeretd installerceniveaudésiré: il doit y avoir des études de faisabilité, des analyses marketing, et des négociations financières. Et une fois que la décision d investissement est prise, cela prend du temps de construire une nouvelle usine, d installer les nouvelles machines, et de former les travailleurs qui les utiliseront. De plus, les coûts ont tendance à s accroître lorsque l entreprise essaie d accélérer cette mise en place. c.4)leqdetobin LathéorieduqTobin(prixNobelen1982)partdel idéequelavaleurboursière d une entreprise aide à mesurer l écart entre le capital effectif et le capital désiré. q = = valeur boursière du capital installé coût de remplacement du capital installé coût d acquérir l entreprise sur le marché financier coût d acheter le capital de l entreprise sur le marché des biens Tobinamontréque siq>1,lecapitaldésiréestsupérieuraucapitaleffectifetl investissement doit être positif. En effet, la valeur boursière du capital installé excède son coût de remplacement. Une valeur de 1.2 du q de Tobin signifie qu une entreprise qui investit à hauteur de 100 accroît sa valeur boursière de 120, ses actifs intangibles revêtant une valeur de 20. En raison de la productivité marginale décroissante, l investissement réduit progressivementlerendementducapitaletdonclavaleurduq detobin. Les entreprises investissent jusqu à ramener celui-ci à l unité. siq<1,ilestintéressantpourlesactionnairesderevendreleséquipements existants à leur coût de remplacement et l investissement devrait être négatif (s il est impossible de revendre les installations, il convient d amortir le capital existant sans le renouveler). 32
33 3.1.3 LacourbeIS Rappel des principaux déterminants des composantes de la demande C I G=G I +G c Y t ρ C i π ρ I Y exogène oùπ estletauxd inflationanticipé. ρ C estunindicateurdesanticipationsque formentlesconsommateurssurleurl environnementfuturetρ I decellesqueformentlesentrepreneurs. Plusρ Couρ Isontélevés,pluslesagentssontoptimistes. En prenant en compte les principaux déterminants de la consommation et de l investissement, l équilibre ressources-emplois peut être réécrit: Y =C(Y,t,ρ C)+I(i π,y,ρ I)+G Pour un taux d imposition et des anticipations par les consommateurs et les entrepreneurs de l inflation et de l environnement futur donnés, le respect de cet équilibre définit une relation unique entre Y et i qui donne l ensemble des couples (Y,i)pourlesquelslemarchédesbiensetservicesestàl équilibre. LacourbeIS représente ces couples dans le plan(y, i). a)variationdutauxd intérêtnominal: déplacementlelongdeis Pour des anticipations d inflation données, plus le taux d intérêt nominal est élevé, plus le taux d intérêt réel l est aussi plus l investissement est faible car le nombre de projets rentables diminue. Cela réduit mécaniquement la demande et donc le revenu(du fait de l équilibre ressources emplois). Il existe ainsi une relation négative entre Y et i et la courbe IS est décroissante. Toute augmentation du taux d intérêt nominal se traduit par un déplacement le long delacourbeisdanslesensd unediminutiondurevenunational. b) Chocs et politiques économiques: déplacement de la courbe IS Nous raisonnons maintenant à partir d un niveau fixe et donné du taux d intérêt nominal. Si les ménages ou les entreprises deviennent plus optimistes, l une des composantes de la demande agrégée(consommation ou investissement) s accroît la production s ajuste à la hausse et le revenu national est plus élevé. Dans le cadre du modèle IS un choc favorable sur l une des 33
34 composantes de la demande accroît la demande agrégée pour un niveau donnédutauxd intérêtréel: dansleplan(y,i)lacourbeiss estdéplacée vers la droite. Que se passe-t-il si les entrepreneurs anticipent une hausse de l inflation? Si l Etat décide de mettre en place des politiques budgétaires ou fiscales, un accroissement des dépenses publiques qui composent la demande de biens et services va contribuer à accroître cette demande. Danstouscescas,dèsquelademandedebiensetservicess accroît,laproduction, qui s ajuste, augmente elle aussi ce qui conduit à une augmentation du revenu national. Nous venons de décrire une première réaction de l économie. Mais cela ne s arrête pas là. De façon simultanée, cette première réaction induit un autre effet qui lui-même en engendre un autre etc. En effet, l accroissement de revenu national stimule la consommation des ménages et l investissement ce qui,ànouveauaccroîtlademandedebiensetservicesetlerevenu,cequifavorise la consommation, et ainsi de suite. Se produisent ainsi une succession d effets simultanés qui contribuent à accroître le revenu national. Ils sont connus sous le nom d effet multiplicateur. On obtient grâce au modèle IS qu une politique budgétaire expansionniste ou une réduction des impôts permet de relancer la demande: dansleplan(y,i)lacourbeiss estdéplacéeversladroite Quesepasse-t-ilsiletauxd impositionestaugmenté? Le multiplicateur dans le modèle keynésien élémentaire: Commeletauxd intérêtetdonnéparlemarchédelamonnaie,seulelaconsommation est véritablement endogène lorsqu on considère IS seule. Quelle est alors l ampleur d une augmentation des dépenses publiques G? Y =c(y Yt)+C 0 +I(r)+G Y = C 0+I(r)+G 1 c(1 t) Y = 1 G 1 c(1 t) } {{ } multiplicateur simple Y > Gcar0<c<1et0<t<1 34
35 onparled effetmultiplicateur,où1/(1 c(1 t))estlemultiplicateursimple. Il provient de l existence d un effet direct et d effets induits. L augmentation des dépenses publiques accroît la demande agrégée augmentation directe de la production et des revenus distribués aux ménages augmentation de la consommation des ménages donc de la demande agrégée hausse de la production et des revenus augmentation de la consommation etc...tous ces effets sont résumés dans le multiplicateur simple. Remarque: l effet sur le produit n est pas infini car les accroissements successifs durevenusontdeplusenpluspetitsettendentverszéro: 0<c(1 t)<1. Notion de stabilisateurs automatiques Choc de demande défavorable Y impôts limite l effet négatif initial 1) Les fluctuations engendrées par les variations de la demande privée sont moins amples grâce à la contracyclicité du déficit budgétaire qui permet une stabilisation automatique de l économie 2) Création de déficit ne signifie plus forcément volonté délibérée du gouvernementderelancerl activité: cepeutêtreundéficitsubi On appelle stabilisateurs automatiques l ensemble des mécanismes qui assurent automatiquement une partie de la régulation conjoncturelle de l activité. Exemple : On peut considérer que l augmentation du déficit budgétaire en Franceaudébutdesannées90estlargementdûàlarécessiondel économie 3.2 Effets des chocs et politiques économiques sur la demande agr égée La demande agrégée est déterminée par l équilibre simultané sur le marché des biensetservicesetsurceluidelamonnaiepourunniveaudeprixdonné. L équilibre de chacun des deux marchés implique une relation(positive pour LM et négative pour IS) entre le revenu national et le taux d intérêt et finalement un unique couple(y,i) permet leur équilibre simultané. IS:Y =C(Y,t,ρ c)+i(y,i,π,ρ I )+G LM:M/P =L(Y,i) oùt,g,m,ρ c,ρ I,etπ sontconsidéréscommeexogènesetp,quiprovient de l équilibre entre offre agrégée et demande agrégée, est pour l instant considéré comme donné(nous l intègrerons plus tard). 35
36 Le revenu d équilibre dépend donc non seulement des variables qui affectent directement le marché des biens et services (dépenses publiques, impôts, optimisme des agents) mais aussi des variables intervenant directement sur le marché de la monnaie (comme l offre de monnaie M). Le modèle IS/LMest un modèle d équilibre général, qui permet d analyser les interactions du marché de la monnaie et du marché des biens et services. On va s intéresser aux chocs exogènes qui perturbent l économie, puis aux politiques économiques que les gouvernements peuvent mettre en place pour contrerl effetdeceschocs: l Etatpeutjouersurleniveaudesdépensespubliques, des impôts, de l endettement public et de la masse monétaire. La contrainte budgétaire de l Etat montre cependant clairement qu il ne dispose en fait que de 3 instruments indépendants de politique économique (le niveau du 4ème se déduisant comptablement du niveau des 3 autres). G= M P + B P +T avec: B : titresfinanciersémisparl EtatetT, l ensembledestransferts nets des ménages vers l Etat(impôts nets du remboursement de la dette). OnsupposeengénéralqueG,T,etM sontlesinstrumentsindépendants(et on en déduit l émission de titres publics) Effet des chocs On va s intéresser à des chocs de demande défavorable. Exemple: pessimisme desentreprises: ρ I <0. 1) Agit toutd abordsurisqui sedéplaceverslagauche: l investissement diminue la demande agrégée diminue et par effet multiplicateur, la production et le revenu national sont réduits. 2)Pourletauxd intérêtinitial,lemarchédelamonnaien estplusàl équilibre : la demande de monnaie s est réduite(les agents réalisent moins de transactions puisquelademandeestplusfaible)etilexistealorsunexcèsd offredemonnaie parrapportàlademandequitireletauxd intérêtverslebas(suiteàladiminutionde la demande agrégée, les agents, comme ils ont moins de transactions à réaliser,vontchercheràsubstituerdestitresàlamonnaie,cequicréeunexcès de demande de titres, accroît leur cours et réduit le taux d intérêt), jusqu à ce que l équilibre soit rétabli. 3) Cette baisse du taux d intérêt stimule alors l investissement et accroît la demande. 36
37 Remarque 1: l effet négatif d un choc de demande défavorable est tempéré par laréactiondumarchédelamonnaie. Remarque 2: un choc favorable aurait eu des effets symétriques. Bilan pour chaque variable: ρ I <0, estlaseulemodificationdevariableexogène(ilnesepassenotammentrienducôtédudéficitbudgétaire: G= T =0). Elleprovient d un choc. la consommation décroît car le revenu diminue L effet global sur l investissement est ambigü car ρ I < 0 et Y < 0 le réduisent mais la baisse du taux d intérêt nécessaire à l équilibre sur le marché de la monnaie le favorise. Tout dépend des sensibilités relatives de l investissement à l optimisme des entreprises et au taux d intérêt. L ampleur de l effet du choc dépend notamment: positivement de la sensibilité de l investissement aux anticipations des entreprises concernant leur environnement futur négativement de la sensibilité de l investissement au taux d intérêt positivement de la sensibilité de la demande de monnaie au taux d intérêt Politique monétaire 2 types de politiques monétaires: réduitl offredemonnaie: M<0. C estunecontractionmonétaire. accroîtl offredemonnaie: M>0. C estuneexpansionmonétaire. On s intéresse à une expansion monétaire. Les autorités monétaires peuvent accroître l offre de monnaie en pratiquant une politique d open market: M = B: la banque centrale rachète des titres publics pour injecter de la monnaie dans l économie. Comme les prix sont supposés fixes, l offre réelle de monnaire M/P s accroît dans les mêmes proportions 1)C estsurlmque M agittoutd abord,quisedéplaceverslebas. L offre demonnaieesteneffetenexcèsparrapportàlademandedemonnaieetletaux 37
38 d intérêt est tiré vers le bas : comme l offre de titres diminue, la demande se trouveenexcès, cequiprovoqueuneaugmentationducoursdestitresetdonc une baisse du taux d intérêt. Cette dernière permet de rééquilibrer le marché des titresetdelamonnaie(labaissedutauxd intérêtréduitlademandedetitreet accroît celle de monnaie). Cette baisse du taux d intérêt suite à une expansion monétaire est parfois appelée effet Keynes. 2)Labaissedutauxd intérêtaffectealorslemarchédesbiensetservicescar elle favorise l investissement privé. La demande agrégée et la production ou le revenu(par effet multiplicateur) augmentent jusqu à ce que l équilibre soit rétabli surlemarchédesbiensetservices. 3)Lahaussedurevenunationalaccroîtlademandedemonnaiecequiaccroît le taux d intérêt. Remarque : l effet initial sur les taux d intérêt est un peu tempéré par la réaction du revenu national qui vient accroitre la demande de monnaie. Bilan pour chaque variable: M>0,estlaseulemodificationdevariableexogène. Elleprovientd une politique économique. La consommation s accroît car le revenu augmente. L investissement s accroît car le revenu national augmente et globalement, letauxd intérêtdiminue(onn aplusl effetambigüprésentdanslecasd un choc de demande). L efficacité de la politique monétaire dépend notamment: positivement de la sensibilité de l investissement au taux d intérêt négativement de la sensibilité de la demande de monnaie au taux d intérêt. 3 cas particuliers: a) le cas du modèle keynésien élémentaire(is verticale) L investissement est alors très peu(à la limite, pas du tout) sensible au taux d intérêt. L expansion monétaire est alors totalement inefficace. Cela explique pourquoi la sensibilité de l investissement par rapport au taux d intérêt est un important sujet de controverse. 38
39 b)lecasdelatrappeàliquidité Danscecas,lasensibilitédelademandedemonnaieautauxd intérêtestélevée (à la limite, infinie) : une variation très petite (à la limite infinitésimale) du taux d intérêt suffit à résorber le déséquilibre sur le marché de la monnaie l investissement reste inchangé et l activité économique n est pas relancée. D où provientcettetrappe? Ilexisteraituntauxd intérêtminimalr m telquetousles agents anticipent que le taux d intérêt ne puisse pas descendre plus bas. Remarque: cela correspond à une situation conjoncturelle particulière. c) le cas monétariste(lm verticale) Iln yaalorspasdecoûtd opportunitéàdétenirdelamonnaieplutôtque des titres et l efficacité de la politique monétaire est alors maximale. Le revenu d équilibre est uniquement déterminé par le marché monétaire. On peut considérercecascommereprésentatifdelavisiondecourttermedemiltonfriedman et de l école monétariste. Elle renvoie à la théorie quantitative de la monnaie: les variations du produit nominal sont uniquement déterminées par les variations del offredemonnaie;etsileniveaugénéraldesprixestfixe,c estlevolumedes transactions qui est déterminé par M. Le taux d intérêt permet alors d ajuster lademandedebiensàceniveaudeproduction(donnéparm) Politique budgétaire On va étudier les effets d une expansion budgétaire (voir B&C [2001] pour la consolidation fiscale). 3 modalités de financement peuvent être envisagées: parl impôt: G= T : iln yaalorspasdedéficitbudgétairedecréé parl emprunt G= B : undéficitbudgétaireestcréé. C estlemodede P financement implicite dans IS/LM standard parcréationmonétaire: G= M P : undéficitbudgétaireestcréé La création d un déficit budgétaire implique nécessairement une dette publique plusélevéeouuneexpansionmonétaire. Onvaétudierlecasstandardd unfinancement par l emprunt. Les 2 autres cas peuvent être vus comme une combinaison de politiques économiques qu on aura étudiées. 1)C estsurisque Gagittoutd abord, quisedéplaceversladroite. La demande agrégée augmente et par effet multiplicateur, la production et le revenu s accroissent. 39
40 2) Pourle tauxd intérêt initial, le marché de la monnaie n est alors plus à l équilibre: la demande de monnaie s est élevée(suite aux transactions supplémentaires occasionnées par l accroissement de la demande agrégée) et se trouve alorsenexcèsparrapportàl offre. Celatireletauxd intérêtverslehautjusqu à ce que l équilibre soit rétabli(suite à l augmentation de revenu, les ménages vont chercher à substituer de la monnaie à des titres pour pouvoir réaliser leurs transactions,cequicréeunexcèsd offredetitres,faitbaisserleurcoursetaugmenter le taux d intérêt). 3) la hausse du taux d intérêt décourage l investissement ce qui réduit la demande agrégée. Remarque: cette fois-ci, l effet positif est partiellement ruiné par la réaction du marché de la monnaie. On parle d éviction par les taux d intérêt. Bilan pour chaque variable: G>0,estlaseulemodificationdevariableexogène. Elleprovientd une politique économique. Le déficit budgétaire est cependant affecté. (G T)= G T >0: ledéficitbudgétaires accroît. la consommation s accroît car le revenu augmente L effet global sur l investissement est ambigü car l augmentation du revenu national le favorise mais la hausse du taux d intérêt nécessaire à l équilibre sur le marché de la monnaie le décourage. Tout dépend des sensibilités relatives de l investissement à la production et au taux d intérêt. Une consolidation fiscale(voir B&C[2001]) aurait des effets inverses. Il existeraitnotammentlemêmeeffetambigüsurl investissement(liéà Y <0,et i < 0): on n est pas sûr qu en réduisant le déficit, on accroisse l investissement. Pourtant, l idée est répandue que lorsque le déficit public est réduit, cela laisse plus d épargne disponible pour l investissement: Y C G C =I+G I Y } T C {{ } + T G C =I+G } {{ } I épargne privée épargne publique épargne privée = investissement+déficit public...mais l épargne privée aussi est affectée(via le revenu national, la consommation-quibaissemoinsquelerevenu-etlesimpôts): sil épargneprivéediminue plus que le déficit public, l investissement privé peut finalement se trouver réduit. 40
41 L efficacité de la politique budgétaire dépend notamment: négativement de la sensibilité de l investissement au taux d intérêt l efficacité est maximale dans le modèle keynésien élémentaire(is verticale) car dans cecasiln yapasd effetd évictionparletauxd intérêt. positivementdelasensibilitédelademandedemonnaieautauxd intérêt: si l économie se trouve dans la trappe à liquidité, il n y a pas d augmentation du taux d intérêt donc pas de baisse de l investissement. Remarque: une politique budgétaire expansionniste devrait permettre de rétablir lademandeagrégéesuiteàunchocdedemandedéfavorable(aumoinsvialaconsommation). C est ce type d analyse centrée sur la relance par la demande que mène Keynes dans la Théorie générale en 1935 alors qu il cherche une réponse économique à la Grande Dépression Aspects dynamiques Suite à des chocs ou à des politiques économiques, les ajustements sont-ils immédiats? a)surlemarchédesbiensetservices: L ajustement du revenu national n est pas immédiat. En effet, il faut du temps: pour que la production réponde aux variations de la demande pour que les consommateurs réagissent aux variations de leur revenu(sans doute) pour que les entreprises modifient leur programme d investissement suite à des modifications de la demande Enrésumé: ilfautdutempspourquelaproductions ajusteàlademande et pour que la demande s ajuste au revenu (= production) : l économie gagne lentement la nouvelle courbe IS. b)surlemarchédelamonnaie: 41
42 Faut-ildutempspourqueletauxd intérêts ajuste? Non,carlabanque centralevendetachètedestitressurunmarchéquiajusteàchaqueinstant l offre à la demande le taux d intérêt s ajuste presqu instantanément. L économie est toujours sur la courbe LM pertinente LemodèleIS/LMest-ilunbonmodèle? Voir le B&C(2001). Ils reprennent l étude de Christiano, Eichenbaum et Evans (1996). C est une étude récente et une référence pour l étude de l impact des chocs de politique monétaire. En résumé ils observent: une relation négative immédiate entre niveau des ventes et taux d intérêt une relation négative plus tardive(effet le plus important après 4 trimestres) de la production pasderéactiondesprixàcourtterme. A court terme, cela ne contredit pas les prévisions qualitatives du modèle IS/LM. Dès qu on s intéresse au moyen terme cependant, l hypothèse de prix fixes n est plus raisonnable il faut considérer une offre plus réaliste que l offre parfaitement élastique postulée dans IS/LM Le chiffrage des multiplicateurs Pour mesurer précisément les effets à attendre d une politique ou d un choc donnés on doit utiliser des modèles chiffrés et incorporant des comportements économiques plus élaborés que ceux qui sont explicitement pris en compte dans les petits modèles théoriques. Les modèles macroéconométriques, dont la tradition remonte à Jan Tinbergen (prix Nobel d Economie 1969) et à Robert Klein(Prix Nobel d Economie 1980) sont l un des outils dont disposent les économistes pour chiffrer précisément les effets des politiques et des chocs économiques. Chaque comportement économique(l investissement des entreprises, l offre de travail des ménages, la consommation des ménages) est représenté par une équation qui décrit les effets des autres grandeurs économiques sur ce comportement. Par exemple, la consommation des ménages dépend généralement du revenudesménages(commec estlecasdanslemodèleétudiédanscechapitre) mais aussi du taux de chômage, de l inflation, du patrimoine des ménages ainsi quedeladistributiondesrevenusentrelesménagesetdelastructureparâgede la population. 42
43 Les techniques économétriques permettent d une part, de sélectionner parmi la très longue liste des variables susceptibles d influencer un comportement donné celles qui (dans le passé) semblent avoir effectivement influencé ce comportement, et, d autre part, de mesurer l intensité des effets du changement d une variable donné (par exemple le taux de chômage) sur une autre variable (la consommation). L ensemble des équations représentant les différents comportements sont alors exactement rassemblées(certains modèles comptent plus de 1000 équations). Onpeutalorsdonnerdesordresdegrandeurquantauxeffetsdesmesuresde politique économique. Qualitativement cependant, les effets sont de même nature que ceux prédits par les petits modèles. Le modèle INTERLINK de l OCDE évalue qu un accroissement des dépenses publiques égal à 1% du PIB engendre un effet multiplicateur de: 1,4%enFrance 0,9 au Royaume-Uni 1,8%auxEtats-UnisetauJapon 3.3 Détermination de la demande globale L ensemble des niveaux de la demande satisfaisant l équilibre sur les marchés de la monnaie et des biens et services pour différentes valeurs du niveau général des prix donne la demande globale Y D. Quels mécanismes expliquent sa pente négative? On peut apporter une réponse en utilisant le modèle IS/LM. On part d un point sur la courbe Y D avec un taux d intérêt implicite qui équilibrelesmarchésdesbiensetservicesetdelamonnaie. Quesepasse-t-ilsi, pourdesraisonsliéesaucôtéoffrequenousignoronspourlemoment,leniveau général des prix augmente? 1) C est sur LM que P agit tout d abord. Si le niveau général des prix augmente et que la masse monétaire reste constante, la quantité de biens que les ménages peuvent acheter avec la quantité de monnaie en circulation est plus faible: l offreréelledemonnaie(m/p)diminueetlmsedéplaceverslehaut. La demandedemonnaiesetrouveenexcèsparrapportàl offreetlestauxd intérêt sonttirésverslehaut. 2) L augmentation du taux d intérêt affecte le marché des biens et services: l investissement réagit négativement à la hausse du taux d intérêt ce qui réduit la 43
44 demande de biens et services, la production et le revenu national jusqu à ce que l équilibre soit rétabli. 3) La baisse du revenu national réduit la demande de monnaie ce qui fait baisser le taux d intérêt Onadoncbienunerelationnégativeentrelademandeagrégéeetleniveau généraldesprix: Y D estdécroissante. 3.4 Effets sur l activité économique d un choc sur le marché des biens Lorsque l offre globale est de type keynésien(court terme) 1) Suite à un choc défavorable frappant un élément de IS(brusque pessimisme, ou anticipations d inflation révisées à la baisse par les entreprises), la demande agrégéeestréduite(voirprécédemment): Y D sedéplaceverslagauche. 2) Cela engendre un excès d offre agrégée par rapport à la demande le niveau général des prix diminue. 3) Comme les salaires nominaux, rigides, ne s ajustent pas puisque l offre est supposée de type keynésien, l excès d offre de travail persiste et les salaires réels augmentent. 4) Les entreprises demandent alors moins de travail, et l emploi comme la production chutent et le chômage augmente. Lorsque les salaires nominaux sont rigides, les chocs défavorables sur IS freinent effectivement l activité économique; ils se traduisent par une réduction de la production, de l emploi (accroissement du chômage) et du niveau général des prix (d où il résulte une diminution du niveau des salaires réels). 44
45 Y s P 1 P 2 Y d ' Y d Y 2 Y 1 Graphique 10: Effet d un choc de demande défavorable Remarque 1 : On a vu qu un choc d offre défavorable (hausse du prix du pétrole) freinait l activité mais avait aussi un effet inflationniste. Remarque 2: Les effets défavorables sur le chômage et l activité passent par l augmentation des prix. Les sensibilités de la demande globale et de l offre globale auniveaugénéraldesprixjouentdoncunrôleimportantdansl ampleurdeces effets Lorsque l offre globale est de type classique(+ long terme) 1)SuiteàunchocdéfavorablesurIS,lademandeagrégéesecontracte(voir plus haut le cas où l offre est parfaitement élastique). 2) Cela engendre un excès d offre agrégée par rapport à la demande agrégée compte tenu du prix qui prévaut dans l économie. Le niveau général des prix s ajuste alors à la baisse(l ampleur de cette baisse est plus importante que dans le cas keynésien). 3) Le salaire réel tendàs accroître (suite à la baisse du niveau général des prix), ce qui crée un excès d offre de travail, mais ce dernier est éliminé grâce àunediminution dusalaire nominal supposéflexible, dans lecas classique considéré ici: on obtient finalement une diminution de même ampleur du niveau général des prix et du salaire nominal, laissant inchangé le salaire réel. 4)Commelesalaireréelretrouvesonniveauinitial,l emploietleniveaude production reviennent eux aussi à leur valeur de départ. 45
46 Lorsque les salaires nominaux sont flexibles, un choc défavorable(pessimisme renforcé des entrepreneurs ou des ménages) réduit donc le niveau général des prix sans affecter les variables réelles de l économie. P 1 Y s P 2 Y d ' Y d Y 1= Y 2 Graphique 11: Effet d un choc de demande défavorable Remarque: Onavuquedanslecasd unchocd offre,leseffetsnedisparaissentpasàlongterme: l activitééconomiqueestdépriméeetilyadel inflation Conclusion: description des effets dans le temps AcourttermeunchocsurunélémentdeISréduit: le niveau d activité dans l économie l emploi(accroissement du chômage) leniveaugénéraldesprix Aufuretàmesurequelesajustementsontlieusurlemarchédutravail,les effets réels disparaissent, et seul l effet négatif sur le niveau général des prix est renforcé. 3.5 Effets d une politique monétaire sur l activité économique Lorsque l offre globale est de type keynésien(court terme) 1) Une politique monétaire expansionniste (visant par exemple à contrer l effet de chocs de demande défavorables) accroît la demande agrégée : Y D se déplace vers la droite. 46
47 2)Ilexistealorsunexcèsdedemandeparrapportàl offrequiengendreune augmentation du niveau général des prix. 3) Sur le marché du travail, les salaires réels diminuent alors, ce qui stimule la demande de travail des entreprises, accroît l emploi ainsi que la production et réduit le chômage. Dans ce cas, une expansion monétaire permet donc de relancer l activité économique et de réduire le chômage. L ampleur de l effet dépend des sensibilités auprixdel offreglobaleetdelademandeglobale Lorsque l offre globale est de type classique(+ long terme) 1) Suite à une expansion monétaire, la demande agrégée s accroît 2) La confrontation entre demande globale et offre globale engendre une hausse duniveaugénéraldesprix(depluslargeampleurquedanslecaskeynésien). 3) Les salaire nominaux(flexibles) s ajustent à la hausse pour résorber l excès de demande de travail par rapport à l offre de travail. la hausse du salaire nominal vient compenser la hausse des prix de sorte que le salaire réel reste inchangé. 4)Lemarchédutravailseretrouveàsonétatinitial,doncl emploicommela production sont les mêmes qu initialement. Remarque : La demande agrégée retrouve elle aussi son niveau initial. Cela implique que M/P est la même qu avant la politique économique, donc que suite à la confrontation entre offre globale et demande globale, le niveau général des prix s accroît exactement dans les mêmes proportions que M a augmenté suite à la politique monétaire et LM retrouve sa position initiale. Aucune variable réelle du modèle n est finalement affectée par l expansion monétaire Conclusion A court terme une expansion monétaire accroît le revenu national et réduit le chômage, mais à plus long terme les prix augmentent davantage et finalement l accroissement de la masse monétaire se répercute intégralement dans l accroissement des prix et des salaires nominaux et n a aucun effet réel sur l économie. On parle alors de neutralité de la monnaie à moyen-long terme : une politique monétaire expansionniste peut contrer l effet d un choc exogène défavorable mais les effets positifs disparaîtront à plus long terme. 47
48 3.6 Effets d une réduction du déficit budgétaire ( G<0 et T = 0) sur l activité économique Lorsque l offre globale est de type keynésien(court terme) En ce qui concerne l emploi, la production et le chômage, cette politique économique a le même effet dépressif sur l économie qu un choc de demande défavorable: une telle politique freine l activité économique et accroît le chômage Lorsque l offre globale est de type classique(+ long terme) De même que lors de l étude des effets d un choc de demande défavorable, on obtient que les prix diminuent(d une ampleur supérieure à celle observée dans le cas d une offre keynésienne) et que l activité retrouve son niveau initial. La structure de la demande change cependant d une façon que nous pouvons étudier clairement car nous savons ici qu elle diminue suite à G < 0 (dans le cas d un choc de demande défavorable, nous n avons pas précisé si c est la consommation ou l investissement ou les deux qui sont directement affectés par le choc). Pour étudier les autres effets sur la demande, il faut analyser plus précisemmentcequisepasseducôtédelademande: suiteà G<0,ISsedéplaceverslagauche suiteà P <0(qui résultedelaconfrontationentreoffreglobaleetdemandeglobale),lmsedéplaceverslebas La résultante du déplacement de ces deux courbes nous ramène au même niveau de demande agrégée qu initialement; en revanche, le taux d intérêt nominal a diminué car 1) le niveau des transactions a diminué, réduisant la demandedemonnaiecequitireiverslebaset2)l offreréelledemonnaie aaugmentésuiteàlabaissedesprixcequitireaussiiverslebas. Cette baisse du taux d intérêt stimule l investissement. Finalement, la demande agrégée, qui a conservé le même niveau, voit sa structure modifiée comme suit: le revenu national, les impôts et(par hypothèse) l optimisme des consommateurs n ayant pas changé, la consommation est identique à celle qui prévalait avantlamiseenoeuvredelapolitique. en revanche, le niveau des dépenses publiques, suite à la politique économique, est réduit. 48
49 l investissement a augmenté. L investissement s est donc substitué aux dépenses publiques dans la demande agrégée Conclusion Acourtterme,uneréductiondudéficitbudgétaireauneffetdépressif. Amoyen terme, le revenu national revient à son niveau d origine et l investissement est plus élevé. Cen estpasdansnotremodèle,maisonpeutpenserqu àencorepluslong terme, lorsque l hypothèse de capital constant dans la fonction de production macroéconomique n est plus soutenable, cet accroissement de l investissement favorisera l offre globale. 49
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