Pourquoi les entreprises ne s impliquent-elles pas davantage dans la prévention et la gestion des déchets papier de bureau?

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1 RECAPSS - BRL n : 01 L économie circulaire c est maintenant! 2014 Pourquoi les entreprises ne s impliquent-elles pas davantage dans la prévention et la gestion des déchets papier de bureau? Charlène Delcourt, Charlotte Lacombe, Jeremie Sasson, Ghislain Vidal-Giraud Sous la direction d Eric VOGLER

2 Table des matières : REVUE DE LITTÉRATURE Introduction....p2 I. Les caractéristiques du papier recyclé...p3 A. La fabrication du papier recyclé...p3 B. Les particularités du papier recyclé...p3 C. Les limites du recyclage.....p4 II. L évolution du recyclage du papier...p5 A. Le recyclage du papier s est développé grâce à des atouts certains..p5 B. Malgré une forte progression, le recyclage n est pas encore optimisé p6 III. Elaboration de la problématique...p7 A. A partir d un constat......p7 B. Nos hypothèses...p8 C. Définition des concepts clés p10 ANALYSE DES RÉSULTATS ISSUS DE L ENQUÊTE TERRAIN I- Plus la taille de l entreprise est importante, plus la gestion des déchets papiers est facilitée...p15 A. Ce qui confirme l hypothèse...p16 B. Ce qui infirme l hypothèse...p18 II- Les entreprises sont réticentes à s investir car les retombées positives sont à nuancer...p20 Introduction : Relation entre gestion des déchets papiers de bureau et performance économique : une relation parfois conflictuelle..p20 A. La véritable portée de l éco-responsabilité sur l image de l entreprise...p24 B. S engager représente une opportunité pour mettre en place des partenariats...p25 C. Mieux gérer ses déchets papiers de bureau : un facteur de cohésion au sein des entreprises...p26 D. Un bénéfice économique illustré..p27 III- Le manque d information freine les entreprises dans leur engagement visà-vis de la gestion du papier...p33 IV- L efficacité des cadres législatifs français et européens sur la réduction et la gestion des déchets papiers...p43 V- Le rapport des Français au papier et à leur recyclage...p47 CONCLUSION...p49 Annexes...p54 Bibliographie...p88 Remerciements...p93 1

3 Pourquoi les entreprises ne s impliquent-elles pas davantage dans la prévention et la gestion des déchets papiers de bureau? Revue de littérature Introduction L histoire du papier remonte à l antiquité : la première trace du papier est une carte géographique trouvée dans une tombe chinoise II siècles avant notre ère. Sa fabrication a depuis énormément évolué, intégrant d abord des fibres tissées pour améliorer sa qualité, puis de la pâte à bois à partir de 1844, permettant ainsi de mécaniser et massifier la production du papier au XIXème siècle. Aujourd hui fortement concurrencé par les supports numériques, sa consommation ne diminue pourtant pas, bien au contraire. Selon Ecofolio, un français consomme presque son poids en papier chaque année, soit en moyenne 65 kilos par ans pour un poids moyen des français de 77 kilos. Avec la multiplication des problèmes environnementaux et écologiques, les notions de développement durable, d écologie et de recyclage se sont fortement développées au cours des dernières décennies. Les études sur la déforestation et ses conséquences sur le réchauffement climatique et la biodiversité se multiplièrent. La société a donc progressivement pris conscience de la nécessité de réduire les gaspillages et la surexploitation des ressources naturelles avant que celles-ci ne s épuisent. Le papier est un des produits phare du recyclage, parce qu il est simple et avantageux à recycler. Pourtant, malgré une hausse importante du taux de recyclage du papier et de la consommation de papier recyclé, les résultats ne sont toujours pas optimaux car le recyclage du papier se heurte encore à de nombreux obstacles. 2

4 I. Les caractéristiques du papier recyclé A. La fabrication du papier recyclé. Le papier recyclé est du papier fabriqué à partir de papiers usagés récupérés. On considère généralement qu un papier dit recyclé contient au moins 50 % de fibres cellulosiques de récupération (FCR). Les seuils varient cependant en fonction des définitions mais selon cette dernière, le taux de papier recyclé pour les usages graphiques ne dépassait pas les 5% en France en Il est essentiel de faire attention à l emploi des termes : énormément de marques assurent vendre ou utiliser du papier recyclable, écologique ou naturel. Tous les papiers sont recyclables donc l adjectif naturel est vide de sens lorsqu il qualifie un papier ; et un papier écologique désigne en fait un papier classique, mais blanchi sans chlore (comme le papier recyclé). (Exemple de Clairefontaine : ) Selon Jacques Boekholt, «l appellation papier recyclable est un pur pléonasme car tous les papiers sont recyclables». B. Les particularités du papier recyclé L un des gros avantages du papier recyclé est son coût moindre, à la fois environnemental et monétaire. Les papiers usagés sont récupérés, mélangés avec de l eau, transformés en une sorte de bouillie fluide, elle-même recueillie grâce à un tamis sous forme d une fine couche de fibres qui s agglomèrent entre elles. Cette couche est ensuite pressée pour obtenir des feuilles de papier recyclé. Au cours du processus, on ajoute souvent des opérations d épuration et de désencrage, puis on ajoute une couche de kaolin pour lisser la surface de la feuille. La fabrication de la pâte à partir de papiers recyclés consomme donc de l eau et de l énergie, mais en quantités très faible par rapport à l extraction des fibres cellulosiques à partir de bois. De plus, pour une tonne de 3

5 vieux papiers récupérés, on est aujourd hui en mesure de fabriquer 900 kilos de pâte recyclée, quand il faut plus de 3,5 tonnes de bois pour fabriquer une tonne de pâte classique. Le papier recyclé se différencie donc nettement du papier «recyclable» ou «écologique» par sa fabrication, par une moindre dépense de ressources naturelles (La phase de trituration du bois, la plus consommatrice en eau, énergie, soude et chlore, est notamment évitée. Selon Consoglobe.com, la fabrication de papier recyclé consomme six fois moins d eau et quatre fois moins d énergie que la fabrication de papier neuf), par une réduction des déchets générés et par un moindre coût. Effectivement, la pâte à papier issue de papiers recyclés coûte entre 10 et 30% moins cher que la pâte issue de bois. Cependant, la pâte compte pour très peu (environ 10%) dans le coût final des objets en papier, l incidence du papier recyclé sur le prix final des objets est donc limitée. De plus, actuellement, le papier recyclé est encore fabriqué à plus petite échelle que le papier classique et subit en conséquence des coûts plus élevés. C. Les limites du recyclage Concernant le recyclage du papier recyclé, le problème se pose véritablement. Le papier n est pas indéfiniment recyclable : selon les longueurs et épaisseurs des fibres utilisées, un papier peut être recyclé entre 8 et 12 fois avant de n être plus fonctionnel. Dans la pratique, le problème ne se pose pas réellement, car les papiers usagés récupérés ne sont que minoritairement eux-mêmes recyclés. La limite du recyclage du papier est donc la suivante : le 100% recyclé n est pas viable à moyen terme, et encore moins à long terme. Il convient donc d optimiser les techniques de recyclage pour allonger la durée de vie tout en continuant à produire une partie du papier à partir de bois. 4

6 II. L évolution du recyclage du papier A. Le recyclage du papier s est développé grâce à des atouts certains Comme l illustre l étude que nous avons réalisé, (questionnaire en page 11), le papier une des premières choses à laquelle les gens pensent lorsqu on parle de produits recyclés, parce qu il est communément admis que le papier est facilement recyclable et que son recyclage est profitable. Produire du papier recyclé consomme 6 fois mois d eau et deux fois moins d énergie que la production de papier classique. De plus, recycler le papier permet aussi d éviter une pollution due à son stockage en décharges ou à son incinération. L importante croissance des pays en développement a également été favorable à l essor du recyclage car elle a entraîné une forte hausse de la demande et donc des prix des matières premières, rendant les matières recyclées plus attractives. L utilisation du papier recyclé a d ailleurs progressé dans la production également. Selon le Bureau International du Recyclage (BIR), les matières recyclées représentent 40% des matières premières utilisées aujourd hui. Source : Papier et recyclage 1 1 Le papier c est la vie. [En ligne] Disponible sur : 5

7 Comme le montre le graphique ci-dessus, le taux d utilisation de papier recyclé dans la production de papier a très fortement progressé, passant de 35% dans les années 1980 à 60% actuellement. La fibre issue de papiers recyclés est donc devenue la matière première de l industrie papetière. Le pourcentage de papier recyclé utilisé diffère selon le type de papier produit. Par exemple, alors que le papier ramette ne contient que 5% de fibres recyclées en moyenne, le papier journal en est composé à 95% selon REVIPAP. B. Malgré une forte progression, le recyclage n est pas encore optimisé Selon l ADEME, en France seuls 50% des papiers utilisés sont ensuite récupérés pour être recyclés (soit plus de 5 millions de tonnes de papiers-cartons), contre 72% en Allemagne ou 69% au Royaume-Uni par exemple. Ce taux est encore plus faible concernant les papiers de bureau : il n est que de 25%. Pourtant le papier est le premier produit de consommation dans les bureaux, avec 70 à 85 kg de papier consommés par salarié chaque année selon l ADEME. Contrairement à ce qu on pourrait penser, le développement de l informatique n a pas diminué la consommation de papier, au contraire. On imprime et photocopie de plus en plus de documents ou s du fait de la facilité d impression. Selon la SNSSI, ces impressions inutiles coûteraient 400 millions d euros par an. Les déchets papiers représentent les trois quarts des déchets émis par les bureaux, ce qui fait de ceux-ci une source de papier à recycler très importante. De plus, le papier de bureau est d une qualité supérieure en moyenne, et contient beaucoup plus de papier blanc, le rendant plus simple à recycler en papier de bonne qualité. Il est donc d autant plus important d améliorer le taux de recyclage des papiers de bureau. 6

8 III. Elaboration de la problématique C. A partir d un constat Notre groupe s est réuni autour d un intérêt commun pour l économie circulaire. Nos recherches préliminaires nous ont montré que les entreprises étaient les acteurs qui recyclaient le moins. Nous avons donc décidé de nous intéresser à : pourquoi les entreprises recyclent-elles si peu? Comment les inciter à réduire leurs déchets? Notre sujet de départ portait donc sur l ensemble des déchets des entreprises. Cependant, nous nous sommes rapidement rendu compte que ce sujet était bien trop vaste pour être traité en profondeur. En effet, les déchets des entreprises sont divers et variés (fournitures de bureau, informatique ) donc leur traitement et leur valorisation (recyclage, réutilisation, reconversion ) vont nécessairement être différents. Nous avons donc cherché un produit particulier sur lequel nous fixer. Le papier nous a paru être un domaine pertinent pour une recherche appliquée en sciences sociales car il est faiblement recyclé, notamment dans les entreprises, alors que les techniques de recyclages et l organisation sont déjà très avancées concernant le papier. En effet, 25% des déchets papier des entreprises seulement sont valorisés. Notre sujet a donc évolué du traitement des déchets en entreprise à la valorisation des déchets papiers des entreprises, et la prévention des déchets en entreprise. Afin de comprendre mieux le sujet que nous traitions et quels étaient ses enjeux, nous nous sommes d abord concentrés sur les recherches empiriques déjà faites. Ensuite, grâce aux chiffres observés et aux études déjà réalisées, nous avons pu établir les probables et principales raisons ( que nous avons validé ou invalidé au cours de nos recherches ) qui rendent compte de si faibles taux de recyclage. Nous pouvions alors développer nos propres questionnaires, interroger plus précisément les différentes entreprises concernées : les entreprises papetières, les entreprises récupératrices de papier, et les entreprises consommatrices. L analyse a proprement dit commençait. 7

9 D. Nos hypothèses A partir de cette question de recherche : nous avons formulé nos hypothèses : 1. La taille de l entreprise influe sur la gestion et la collecte des déchets papiers de bureau 2. Si les personnes concernées dans l entreprise (DRH, manager, responsable achat, ceux qui participent aux processus de production et de marketing) avaient conscience des retombées économiques positives des stratégies environnementales (meilleure gestion des déchets papiers), les entreprises s impliqueraient davantage dans la prévention et la gestion des déchets papiers de bureau. 3. S il y avait des des réglementations plus incitatives liées aux déchets papiers bureau, les entreprises réduiraient leurs déchets papiers de bureau. 4. Si l entreprise avait plus d informations (stocks, sensibilisation, infos quant aux partenariats possibles et coûts des systèmes de collecte) alors elle identifierait les opportunités liées à la réduction des déchets papiers. Ces hypothèses nous permettent de répondre à la question de recherche. En effet, se demander pourquoi les entreprises ne s impliquent pas davantage dans la prévention et la gestion des déchets papiers de bureau, c est chercher les causes parmi quatre domaines fondamentaux : - le savoir : les entreprises ne le font pas car elles ne savent pas, n ont pas conscience - le vouloir : les entreprises n agissent pas car elles refusent de s y engager - le devoir : l absence d obligation ne pousse pas les entreprises à agir - le pouvoir : les entreprises n ont pas les moyens, à la fois financiers et techniques de s y engager. 8

10 Source : notre propre graphique Savoir Devoir Articulation des idées Pouvoir Vouloir Chaque domaine doit être lié à un des 4 R : Recyclage, Réduction, Réutilisation, Récupération. Source : notre propre graphique Recyclage Réduction 4R Réutilisation Récupération 9

11 Par ce biais, nous interrogeons chaque hypothèse pouvant rendre compte de l action limitée des entreprises en matière de prévention (réduction, réutilisation, récupération) et de gestion (recyclage) des déchets papiers de bureau. E. Définition des concepts clés Avant de débuter les enquêtes terrain et d analyser les résultats de ces études empiriques en vue de valider ou invalider nos hypothèses, nous avons défini les concepts clés qui nous servirons tout au long du projet. Tout d abord : dans notre question de recherche : pourquoi les entreprises ne s impliquent elles pas davantage dans la prévention et la gestion des déchets papiers de bureau? En vue de mieux cerner les enjeux de la problématique appelée question de recherche, nous procédons à la définition des termes du sujet : - Quelles sont les personnes aux commandes décisionnelles de ce type de décision? I.e qui se cachent derrière «les entreprises»? Il s agit finalement, non seulement des salariés, mais avant tout de l ensemble des personnes qui prennent les décisions qui impactent le secteur environnemental. Il s agit de : - le manager qui doit prendre en considération la RSE dans la stratégie de l entreprise - le DRH : dans son processus de recrutement notamment - le responsable achats: lorsqu il coopère avec ses partenaires (fournisseurs..) - le domaine de la production de l entreprise: quels impacts la production génère-telle? (sociétal et environnemental) - le domaine du marketing: notamment lorsque l entreprise travaille sur sa communication : n y a-t-il pas gaspillage? - les salariés qui prennent part à l activité de l entreprise (cf notamment avec 10

12 l impression). Cependant, nous verrons que même si les salariés sont volontaires, les politiques des entreprises freinent parfois le comportement des salariés. - Que signifie s impliquer? S impliquer peut être perçu à plusieurs niveaux : - l implication financière : investissement financier dans des systèmes plus innovants, dans le paiement de système de collecte - une implication reflétant l intérêt porté par les entreprises i.e s intéresser aux différentes possibilités qui s offrent aux entreprises - Distinction entre prévention et gestion des déchets papiers de bureau : En effet, dans notre question de recherche nous distinguons la prévention et la gestion des déchets papiers de bureau. Pourquoi? La prévention consiste à agir avant la production des déchets: il s agit d éviter de produire des déchets pour ne pas avoir à les gérer post-production. Dans le cas inverse, la gestion des déchets consiste à gérer les déchets une fois produits. Nous avons décidé de nous intéresser à la fois à la prévention et à la gestion des déchets papiers de bureau. Ces distinctions sont essentielles en vue d étudier le coût des déchets papiers de bureau pour les entreprises. - Etendue de notre recherche Lorsque nous nous intéressons à la prévention et gestion des déchets papiers de bureau, nous exploitons les domaines de recherche offerts par les 4R : réduction, recyclage, réutilisation, récupération. Nous décidons ainsi d intégrer dans notre mode de recherche à la fois l amont et l aval du processus de production. Ainsi, nous nous intéressons tant à l utilisation de papier recyclé qu au recyclage du papier ; à la réduction des déchets avec l utilisation de moins de ressources mais également à la collecte des déchets papiers une fois produits. Au commencement de notre recherche d hypothèse, nous nous sommes lancés sur l exploitation et la mise en relation de plusieurs concepts : le savoir, le devoir, le vouloir et le pouvoir. Nous avons montré précédemment qu exploiter ces domaines en lien avec 11

13 les 4R permettrait de répondre à notre question de recherche. Cependant, nous souhaitons nous attarder sur ces quatre notions essentielles dans notre recherche appliquée en sciences sociales. - savoir : les informations, la communication, la sensibilisation des entreprises quant aux possibilités, aux coûts, aux enjeux, aux formations des salariés envisageables, aux bénéfices tant économiques qu en termes d image qui peuvent exister. Avoir conscience de certaines choses : rapport des français au papier (aspect plus sociologique) - pouvoir : moyens économiques, financiers, mais également en termes d espace (espace suffisant pour la collecte des déchets, et une bonne gestion de ces derniers? La taille de l entreprise a-t-elle des impacts? de quel ordre? - devoir: quelles régulations dans ce domaine de gestion des papiers de bureau? - vouloir : volonté? Pour que les entreprises veuillent, il faut qu elles y trouvent un intérêt, y en a-t-il véritablement un? On parle alors d incitation. Définissons à présent les termes qui vont nous aider à répondre à chaque hypothèse : 1. La taille de l entreprise influe sur la gestion et la collecte des déchets papiers de bureau La taille d une entreprise est généralement définie par son chiffre d affaire, mais c est en fonction du nombre de salariés des entreprises que nous tenterons d étudier l évolution de leur gestion des déchets papiers. On peut encore essayer de définir la facilitation de la gestion des déchets ainsi : toute initiative visant à réduire la quantité de déchets, puis toute action de collecte, de tri et de valorisation des déchets pour qu ils puissent être recyclés ou encore toute action de l entreprise ayant pour but de réutiliser ou de recycler les déchets. 2. Si les personnes concernées dans l entreprise (DRH, manager, responsable achat, ceux qui participent aux processus de production et de marketing) avaient conscience des retombées économiques positives des stratégies environnementales (meilleure gestion des déchets papiers), les entreprises 12

14 s impliqueraient dans la prévention et la gestion des déchets papiers de bureau. Dans un premier temps, il nous faudra vérifier qu effectivement s impliquer dans la prévention et la gestion des déchets papiers de bureau peut-être rentable. Si tel est le cas, on se demandera si les entreprises manquent d exemple pour prendre conscience de ces retombées positives. Que signifie «avoir conscience»? C est savoir, avoir des exemples qui montrent réellement les possibilités envisageables. Retombées positives : - en terme d image de l entreprise - en termes financiers : diminution des coûts, rentabilité, productivité des employés - au niveau de la cohésion du corps salarial - au niveau de l organisation de l entreprise : technique, équipements 3. S il y avait des des réglementations plus incitatives liées aux déchets papiers bureau, les entreprises réduiraient leurs déchets papiers de bureau. déchet : le mot déchet désigne ce qui tombe d une matière que l on travaille, une chose altérée, une perte, la partie irrécupérable de quelque chose. recyclage : ensemble des pratiques ayant pour objet de récupérer les déchets urbains, industriels ou agricoles et de les restituer aux industriels capables de les réutiliser valorisation : mise en valeur de quelque chose pour en tirer davantage de ressources. Ce terme englobe le recyclage, mais également la récupération et la réutilisation «Plus de règlementations» signifie ici des règlementations plus efficaces et non plus nombreuses : on parle de qualité et d impact et non de quantité. 13

15 4. Si l entreprise avait plus d informations (stocks, sensibilisation, infos quant aux partenariats possibles et coûts des systèmes de collecte) alors elle identifierait les opportunités liées à la réduction des déchets papiers. Information: 2 indication, précision que l on donne ou que l on obtient. Il y a donc deux notions a distinguer : la prise d information qui doit avoir lieu dans notre cas, par les dirigeants, salariés et une diffusion de l information qui doit être effectuée par l Etat, les entreprises chargées du recyclage L information, dans le cadre de notre sujet couvre divers aspects : - L information concernant l environnement, les effets écologique de telle ou telle pratique, de tel ou tel label - L information purement économique concernant les prix, les couts, et bénéfices de telle ou telle pratique - L information législative concernant les lois liées au recyclage du papier. A noter cependant que l information n est ni synonyme d incitation ni de sanction ; un acteur informé n est pas forcement un acteur poussé a l action. 2 Définition extraite du Dictionnaire Larousse 14

16 Analyse des résultats issus de l enquête terrain I. Si la taille de l entreprise augmente, la collecte/gestion des déchets papiers est facilitée Toute entreprise produit ou détient des déchets au cours de son activité et a l obligation d en assurer la gestion, la collecte, le transport, le traitement et l élimination. La gestion des déchets au sens large peut concerner à la fois la limitation de la quantité de déchets produits (ou l optimisation de l utilisation des ressources papiers) et le traitement réservé à ceux-ci. Dans l entreprise tertiaire -ou plus simplement dans les bureaux-, la quasi totalité des déchets générés sont des déchets papiers. Selon Ademe, le papier représente les trois quarts du tonnage des déchets produits dans les activités de bureaux. Ces déchets, nous l avons vu, sont parmi les plus simples à recycler, mais pourtant le taux de recyclage des papiers dans les entreprises en France est faible. On peut alors essayer d interroger le lien qui existe entre la taille des entreprises et la gestion des déchets papiers. Pour ce faire, on tentera de confirmer ou infirmer l hypothèse suivante : «Si la taille de l entreprise augmente, la gestion des déchets papiers est facilitée». La taille d une entreprise est généralement définie par son chiffre d affaire, mais c est en fonction du nombre de salariés des entreprises que nous tenterons d étudier l évolution de leur gestion des déchets papiers. On peut encore essayer de définir la facilitation de la gestion des déchets ainsi : toute initiative visant à réduire la quantité de déchets, puis toute action de collecte, de tri et de valorisation des déchets pour qu ils puissent être recyclés ou encore toute action de l entreprise ayant pour but de réutiliser ou de recycler les déchets. Si la taille de l entreprise augmente, la gestion des déchets peut donc être facilitée via différents leviers, comme les ressources financières, les économies d échelles ou la prise de conscience. 15

17 A : Ce qui confirme l hypothèse Du point de vue des ressources financières : une petite ou moyenne entreprise (PME) ou une très petite entreprise (TPE) n a en général pas les moyens de consacrer du temps ou des ressources à sensibiliser ses salariés aux problématiques de l économie et du recyclage. => Pas de communication interne sur l économie de papier en premier lieu, et sur les gestes de tri et de recyclage ensuite. Par contre, lorsque l entreprise grossit, sa capacité à dégager du temps et de l argent pour cette sensibilisation croît également. (Création d un emploi ou mission d un salarié, affiches à proximité des imprimantes et photocopies conseillant d imprimer en recto-verso et d utiliser du brouillon, corbeilles à papier destinées exclusivement au recyclage à chaque poste de travail etc.). «L ensemble du personnel doit être formé et informé sur les actions à mettre en œuvre et les comportements à prohiber» selon le site de la CCI de Paris, plus facile à mettre en œuvre quand on a le temps et les moyens. Effectivement, le site de la CCI de Paris indique que le salarié «doit également être sensibilisé au coût, tant économique qu écologique, du traitement des déchets». Il existe un seuil au-delà duquel la taille de l entreprise peut permettre de réaliser des économies d échelle dans le tri, le stockage puis le recyclage des déchets papiers. Un auto-entrepreneur ou un employé d une TPE peut se charger seul et en peu de temps de ses déchets papiers ou des déchets papiers de ses collègues en les mettant à la poubelle. Par contre, dans une entreprise de vingt-cinq ou cinquante salariés, organiser le tri représente une tâche trop lourde pour être assurée par un employé en plus de sa charge de travail initiale, mais non assez importante et non assez rentable pour y consacrer un emploi. En revanche, lorsque l entreprise croît, le travail de collecte et de valorisation des déchets papiers revêt toujours plus d importance et mérite d y consacrer du temps et de l argent. Par ailleurs, la quantité de papier devient trop importante pour être simplement déposée dans une poubelle publique. Il devient donc, pour les entreprises qui dépassent une certaine taille, véritablement intéressant d organiser la collecte des déchets papiers puis de recourir à des entreprises 16

18 spécialisées dans le recyclage des déchets papiers des entreprises (type la Sitadine ou Elise). La relativement faible quantité de papiers à jeter dans les PME peut paradoxalement représenter un frein à leur tri et à leur recyclage. Dès lors que les déchets sont trop importants pour être pris en charge par la voirie et par le service public, l entreprise est responsable de trouver elle-même une solution pour leur recyclage. Cependant, il est possible que la quantité de déchets générés soit trop importante pour la voirie mais trop faible pour intéresser les entreprises de récupération de papiers de bureau comme Elise, surtout si la PME en question est excentrée ou isolée. Les frais de déplacement feraient monter le prix de la récupération, qui deviendrait trop onéreuse pour être financée régulièrement par la PME. Le choix de la facilité est alors de ne pas recycler les déchets papiers, et ainsi de ne pas assurer leur collecte et leur tri, mais de s en débarrasser avec les ordures ménagères. En revanche, cette attitude n est pas possible pour les grandes entreprises. Ainsi, la grande taille des entreprises et la quantité importante des déchets générés représentent un levier qui pousse les entreprises à collecter et trier leurs déchets, puis à avoir recours à des entreprises spécialisées. Un autre élément confirmant l hypothèse de recherche est celui que l on peut appeler «le sentiment de goutte d eau dans l océan». Comme pour tout acte de recyclage, ou plus généralement, comme pour tout acte de bonne volonté en vue d un but qui dépasse largement l individu, le tri et le recyclage du papier peut, s il est réalisé à petite échelle, donner le sentiment d être inutile face au gaspillage et aux mauvaises habitudes des autres. Ainsi, à l image du piéton ne faisant pas l effort de jeter ses papiers à la poubelle, justement parce que personne ne le fait, la PME n est pas incitée à mettre en place le tri des déchets en son sein. Cette attitude est compréhensible car la PME ou la TPE prend plus difficilement conscience de son impact sur l environnement qu une grande entreprise générant des dizaines de kilos de déchets papiers par jour. 17

19 Sur la gestion et la collecte des déchets papiers, la taille de l entreprise semble être un facteur positivement corrélé aux efforts fournis par celle-ci. Elle est en générale plus capable financièrement de sensibiliser ses membres, plus à même de prendre conscience de son impact, elle peut réaliser des économies d échelle sur la gestion des déchets et avoir recours à des entreprises spécialisées pour leur recyclage. Cependant, nos études du terrain ont montré qu en amont, ce sont les PME qui parviennent à réduire le plus efficacement leurs déchets papiers. Il y a donc également différents éléments qui infirment l hypothèse de recherche. B : Ce qui infirme l hypothèse. En France, les impressions inutiles (oubliées sur l imprimante ou jetées avant lecture) représenteraient selon Ademe déjà un coût de 400 millions d euros chaque année, et l augmentation constante des coûts des matières premières accentue ces coûts. Tout porte à croire que l essentiel de ce gaspillage a lieu dans les grandes organisations. Tout d abord, les employés d une PME, d une TPE ou les auto-entrepreneurs ont généralement une idée plus précise du coût du papier et de son recyclage que leurs homologues travaillant dans les grandes entreprises. Cette connaissance plus concrète est doublée d une attention plus marquée et est due à un échange plus spontané entre les responsables des achats et les autres employés du fait du nombre réduit d employés, et à une implication souvent plus importante des salariés dans les PME que dans les grands groupes, voire à un intéressement plus fréquent. La connaissance des coûts du papier, combinée à une volonté de peser le moins possible sur les dépenses de la PME conduit les salariés des PME à prêter plus attention à leur consommation de papier dans leurs travaux et à tenter de la limiter au maximum. Le salarié de la PME est alors en général un moins gros consommateur de papier que celui d une grande entreprise. 18

20 Un entretien avec un membre du SDeC (l association de Centrale Lyon responsable de l impression de toutes les photocopies et polycopiés) nous a par ailleurs apporté un élément de réponse supplémentaire. Dans les grandes entreprises, il est plus difficile d évaluer la contribution effective de chaque employé que dans les PME, où chacun sait plus ou moins ce que les autres produisent. Il arrive alors parfois que les salariés des grands groupes cherchent, plus ou moins consciemment, à prouver aux autres qu ils sont actifs, à attester qu ils travaillent bel et bien et qu ils sont utiles à l entreprise. Il existe plusieurs moyens de prouver aux autres qu on est actif dans l entreprise, et l un des plus efficaces est l acte d impression. Il donne de la contenance à un déplacement, il persuade les autres qu un objectif est en cours d accomplissement et il prouve qu on est occupé et qu on a du travail (des rapports à lire etc.). Imprimer un document qu on aurait tout aussi bien pu lire sur son écran peut donc répondre à une logique sociologique et à une volonté d être vu en pleine activité, indépendantes de considérations écologiques ou économiques. Ce type de comportement n ayant lieu que dans les entreprises assez grandes pour que la contribution de chacun ne soit pas visible par les autres, on peut voir ici que notre hypothèse de recherche n est pas systématiquement vérifiée. 19

21 II. Les entreprises sont réticentes à s investir car les retombées positives sont à nuancer Introduction Relation entre gestion des déchets papiers de bureau et performance économique : une relation parfois conflictuelle La gestion de l environnement et la performance économique sont couramment opposés. En effet, la gestion écologique ne semble pas aller de pair avec la compétitivité (Walley & Whitehead 3 ). Cependant, si une entreprise a une externalité importance, et si une réglementation stricte est mise en place, les coûts de conformité seront bien plus importants. Deux théories sont à entrevoir dans le lien entre la gestion des déchets papiers de bureau et la performance économique de l entreprise : - Théorie néoclassique : les règlementations environnementales visent à réparer les coûts de l externalité par le paiement des coûts par les pollueurs. La performance économique diminue avec l augmentation de la performance environnementale. L améliration de la performance environnementale entraîne des coûts excessifs qui ralentissent le développement, c est pourquoi les entreprises tentent de minimiser les dépenses liées à l environnement. - Perspective révisionniste (Porter, , Gabel & Sinclair-Desgagné, , Sinclair-Desgagné, : L amélioration de la performance environnementale avec la meilleur gestion des déchets papiers de bureau permet d aboutir à un avantage concurrentiel et une augmentation de la performance économique : 1. Mise en place de procédés plus efficaces 2. Amélioration de la productivité 3 Walley, N., Whitehead, B., It s not easy Being Green, Harvard Business Review, p 46-52, Porter,M., America s Green Strategy, Scientific American, p 96, Gabel, Sinclair Desgagné, Managerial Incentives and environmental compliance, Journal of Economics and management, p , Sinclair-Desgagné, Remarks on Environmental Regulation, Firm Behaviour and Innovation, Scientific Series, Montreal,

22 3. Coûts de mise en conformité 4. Création de nouveaux marchés, ou création d emploi solidaires 5. Amélioration de l image de l entreprise Remarque : Cependant, cette théorie révisionniste aboutit à des bénéfices économiques que pour de faibles performances environnementales. En effet, à partir d un certain seuil, l augmentation de la performance environnementale est contraire à l augmentation de la performance économique. Porter émet une hypothèse selon laquelle les règlementations environnementales permettent de mener à des situations de win win : il est possible d augmenter simultanément le bien être de la société et le bien être des entreprises qui respectent une réglementation visant à améliorer la performance environnementale. En effet, Porter objecte la théorie classique pour diverses raisons - il considère que cette théorie n évalue pas objectivement les coûts liées à l environnement, les surestimant clairement - la théorie classique n évoque pas les innovations engendrées par l investissement pour l amélioration de la performance environnementale - il met évidence qu une meilleure performance environnementale entraîne certes des coûts, mais également «une compensation par l innovation technique et organisationnelle liées à une utilisation plus rationnelle des ressources [pour aboutir à une] meilleure efficacité de la production». 7 Wagner a par la suite effectué des études pour valider ou invalider l hypothèse de Porter. Voici les résultats de cette étude. 7 HARSCOET Erwan (2007). Développement d une comptabilité environnementale orientée vers la création de valeur : l application à un investissement de prévention des pollutions. Thèse de doctorat, Génie Industriel, Ecole nationale Supérieure d Arts et Métiers, FROELICH Daniel, dir. [En ligne] [Consulté le 02/12/2013]. Disponible sur docs/00/50/06/44/pdf/harscoet_memoire_de_these.pdf 21

23 Source [Wagner, 2003 b] Les résultats de l ensemble des études conduites s avèrent nuancés. Les actions environnementales peuvent peuvent conduire à des bénéfices économiques sous certaines conditions 8. La gestion des déchets, et notamment la gestion des déchets papiers de bureau fait partie des principaux domaines qui sont concernés par l amélioration de la performance environnementale. En effet, les coûts sont plus ou moins facilement mesurables et par conséquent perceptibles. Ainsi, il est plus aisé de repérer la rentabilité d actions dans ce domaine-là ; les actions réalisées étant principalement 8 Shrivastava, The role of corporations in achieving Ecological Sustainability, Academy of Management Review, vol 20, n 4, p

24 - la réduction à la source : utilisation de moins de ressources : on travaille donc sur la prévention des déchets papiers de bureau - le recyclage Ainsi, notre enquête terrain visait à répondre à la question «S engager dans la prévention et la gestion des déchets papiers de bureau s avère-t-il rentable pour les entreprises? (la rentabilité étant ici évaluée à plusieurs niveaux : financier, en termes d image, de cohésion du corps salarial)» et valider ou invalider l hypothèse selon laquelle les entreprises ne s y engagent pas car elles n ont pas conscience des retombées positives. Témoignage de la société Pure Impression : «L'opération a permis la maitrise des coûts de gestion des déchets, l'implication totale de l'ensemble des salariés, une image éco-responsable de l'entreprise, un impact médiatique, la satisfaction et l'adhésion des clients, une communication auprès de tous nos partenaires et la participation active des fournisseurs. (..) Ce qui semblait constituer au départ une contrainte pour l entreprise est dévenu une ressource : meilleure gestion des déchets, nouvelles parts de marché, satisfaction des salariés et très belle image de l entreprise.» Marise Dématté, Chargée de Communication Si les entreprises ne gèrent pas mieux les déchets papiers, il semblerait qu'elle n'y trouve pas un grand intérêt. Intérêts à la fois économique, financier, social, mais également en termes d'image de l'entreprise. On se demande dans un premier temps s'il existe véritablement un intérêt à une meilleure gestion des déchets papiers. Si effectivement les retombées positives sont avérées, comment alors expliquer le manque d'attachement des entreprises à cet aspect? Comment résoudre ce problème? Les différentes enquêtes terrains nous ont permis d'aboutir à de nombreux résultats. 23

25 Y a-t-il réellement de véritables retombées positives? Mieux gérer ses déchets papiers : quels avantages en réalité? (Validation de l'hypothèse?) A. Des retombées positives en termes d image à nuancer (cf questionnaire) Une bonne gestion des déchets papiers limite les impacts environnementaux néfastes par une économie d eau, de CO2, et une réutilisation du papier qui limite de fait la quantité des déchets à détruire. Dans ce contexte, le papier recyclé étant moins coûteux, le recyclage présente un avantage économique indéniable, et rend disponible davantage de bois pour la filière énergétique. Ainsi, bien gérer ses déchets quels qu ils soient peut véhiculer une image positive de l entreprise et attirer non seulement des clients, des investisseurs, des partenaires mais booster également la dynamique interne de l entreprise par l adhésion des salariés à l image véhiculée autour du fonctionnement de la société. Cependant, l éco-responsabilité de l entreprise en matière de déchets papiers de bureau lui permet-elle réellement de jouir d une image positive auprès du grand public? Même si l éco-responsabilité est en vogue, les agissements des entreprises quant à leurs déchets de papiers de bureau demeurent méconnus. Les consommateurs, clients d'une entreprise, ne savent effectivement pas quelles entreprises recyclent effectivement leurs papiers ou s'engagent à respecter le processus de collecte des déchets papiers de bureau. Ce manque d'information implique un non attachement des entreprises à soigner leur comportement quant aux déchets papiers de bureau : ils ne sont ni sanctionnés ni récompensés en termes d image. (confère : questionnaire sur l'éco-responsabilité d'une entreprise lui permet-elle réellement d'être attractive? ) 24

26 Même si l importance de l image n est pas à remettre en cause dans le cas où le consommateur serait sensibilisé à l éco-responsabilité des entreprises, il n est pas sûr que les clients se dirigerait en masse vers une marque ou un produit, seulement pour sa dimension responsable. Cette tendance est notable dans un questionnaire que nous avons formulé et adressé sur les réseaux sociaux, à des consommateurs âgé de 20 à 50 ans : une tranche d âge parmi laquelle se situe la plupart des salariés et étudiants. De plus ; Le consommateur pense le papier comme un objet courant, banalisé, et ne lui accorde que très peu d'importance. (cf : questionnaire sur le rapport des français aux déchets papiers) Par exemple, le geste de tri du papier est le plus simple, et les gens estiment que le papier est le déchet le mieux recyclé. Pourtant, seuls 25% des papiers de bureau sont effectivement recyclé. Ce manque de conscience social pèse sur la valorisation des déchets papiers de bureau: tant au niveau de la prévention que de la gestion. Ainsi ; mieux gérer ses déchets papiers de bureau ne semble pas avoir de retombées positives en termes d image, ne poussant pas les entreprises à mieux gérer leurs déchets papiers de bureau. Cependant, s'attacher à respecter l'économie circulaire dans le domaine du papier de bureau permet de maintenir des emplois ou même de maximiser la rentabilité de l'exercice d'une entreprise: c'est le cas pour la Poste avec la filière Recy'go. Ainsi, une entreprise qui prend part à l économie circulaire des papiers de bureau s engage dans un intérêt solidaire et peut, à ce titre, jouir d une image positive auprès de ses partenaires. B. Une opportunité pour mettre en place des partenariats ADEME propose par exemple d accompagner les entreprises pour qu elles gèrent mieux leurs déchets. Dans le cadre du projet ntreprises témoins, des partenariats ont été mis en place en vue de réduire des déchets. C est ainsi que nous avons étudié l exemple du partenariat entre Evesa (travaux publics) et triethic(prestataire déchets). Afin de mieux gérer ses déchets papiers, Evesa a choisi d opter pour la prévention de ses déchets : elle agit avant que les déchets ne soient produits. Elle évite ainsi de produire certains déchets qui ont un coût non-négligeable au sein d une entreprise. 25

27 Pour cela, Triethic a mis en place des collecteurs de papier dans l entreprise Evesa, lui permettant ainsi de réduire, par salarié, de 60% en moyenne sa consommation de papier. En effet, un nouveau geste a été demandé aux salariés, ils doivent placer à plat le papier dans le collecteur et non le chiffonner et le jeter dans la corbeille. Disposé à plat, le salarié prend conscience de sa consommation de papier, et le sensibilise à l utilisation nécessaire du papier. Evesa a donc pu réduire ses déchets en sensibilisant ses salariés à leur utilisation de papier et l impact que cela peut avoir sur l environnement. Evesa s est ensuite lancée dans une campagne de communication pour la collecte et une consommation raisonnable de papier. Il s agit d optimiser l information communiquée bureau par bureau et faire prendre conscience des enjeux du développement durable. La clé de la réussite est donc la collaboration entre deux partenaires qui ont des motivations semblables et la prise de conscience collective des salariés par un nouveau geste qui les sensibilise à leur utilisation de papier. Evesa a ainsi pu réduire sa consommation de papier malgré une augmentation de l effectif de l entreprise. C est un exemple à suivre qui montre qu on peut s engager à la réduction de la production de ses déchets à coût zéro. C. Le recyclage est aussi un facteur de cohésion au sein des entreprises Il semblerait que la meilleure gestion des déchets de papiers bureau puisse apporter davantage de cohésion à tous les niveaux de l organisation de l entreprise qui se sentiraient concernés par une problématique commune. La gestion des déchets pourrait alors représenter une thématique fédératrice au sein d une entreprise. Terra 21 a mené une étude en 2010 qui montre que 94% des salariés portent un intérêt à un projet sur les déchets. Le problème serait alors, selon Martin Champel, le manque d implication des entreprises qui ne s engagent pas à former leurs salariés, les informer, ou investir dans la mise en place de nouveaux systèmes de collecte par exemple. 26

28 Grâce aux expériences menées en parallèle au sein de l entreprise des transports à Tournay et à la Société Générale à Poitiers, nous avons pu vérifier que cette retombée peut être validée., sous certaines conditions. En effet, dans les transports, le corps salarial travaillant dans les bureaux est réduit pour une entreprise comptant 14 salariés dont 11 chauffeurs. Ainsi, les bureaux étant éloignés, le contact entre le corps salarial réduit est minime, et la cohésion n est ainsi que très peu renforcée par cette thématique commune. A l inverse, lors de l expérience menée dans les locaux de la Société Générale, les bureaux se chevauchent et le corps salarial utilisant des papiers de bureau est majoritaire. Ainsi, les impacts en termes de cohésion sont bien plus notables. D. Un bénéfice économique illustré Notre question de recherche portait sur deux domaines : 1. la prévention des déchets papiers de bureau 2. la gestion des déchets papiers de bureau Le coût des déchets est généralement non négligeable pour les entreprises; et le recyclage des déchets semble intéressant étant donné que le recylage coûte moins cher que l'élimination par incinération, d après Martin Champel, cependant, cette assertion est vrai à partir d un certain seuil de consommation des déchets papiers de bureau. Par ailleurs, on remarque que le consommateur ne privilégie pas le label «éco responsable» ni même les produits les plus vertueux, il recherche seulement la qualité et ses habitudes de consommation. Etre eco-responsable dans ses bureaux n est donc pas un argument de vente pour toutes les entreprises, du moins un argument insuffisant. A première vue, une société paie une entreprise de collecte de déchets en vue de mieux les gérer, quel intérêt financier aurait-elle donc à s'y intéresser? 27

29 Comment alors aboutir à un bénéfice économique en agissant sur les deux domaines étudiés? 1. Une entreprise peut réduire ses coûts en les prévoyant, c'est à dire en diminuant sa production de déchets papiers de bureau et en réduisant l utilisation des ressources. 2. Par ailleurs, l innovation verte a nécessairement des retombées positives sur le coût des ressources en moins à utiliser. Par exemple; Le recyclage d'une tonne de papier de bureau permet d'économiser la dépense énergétique annuelle d'un particulier et six mois de sa consommation d'eau. Il est également avéré que le coût de gestion interne des déchets papiers est réduit lorsque les entreprises investissent dans des innovations. (exemple: fonction recto verso des imprimantes). C est le cas notamment des exemples étudiés avec Ademe. 3. Nous avons vu précédemment qu agir sur la cohésion des équipes peut améliorer la productivité des entreprises. 4. Nous avons contacté Martin CHAMPEL, engagé dans la direction technique à Véolia Propreté, suite à son intervention à l EM Lyon Business School dans le cadre de la BRL. Nous avons pu bénéficier d un entretien téléphonique ciblé sur les problématiques actuelles liées aux enjeux des déchets papiers. Il a ainsi souligné la valeur marchande du papier, et le fait que les entreprises ont grandement intérêt à mieux trier leurs déchets pour donner de la valeur à leurs papiers. Dans ce cas, ils diminueraient le prix à payer aux services de collecte pour la gestion des déchets. Il arrive parfois que la valeur du papier soit telle que les services de collecte tels que Veolia soit prêts à payer les entreprises pour la qualité de leurs déchets papiers. Etude d un cas particulier qui montre en quoi l investissement pour une meilleure gestion des déchets papiers de bureau peut être rentable Ademe Presse garantie dans un de ses articles, que la prévention des déchets est un gisement d économie pour les entreprises : «entreprises, réduire ses déchets s avère rentable». Même s il s agit des déchets en général, on peut souligner que l importance des déchets papiers pour une imprimerie ou les déchets de papiers bureau pour tout type d entreprises n est pas négligeable. 28

30 Dans son projet «ntreprises témoins», Ademe montre comment la réduction et la revalorisation des déchets peut être source d économies. «Il pouvait s agir d une réduction à la source avec optimisation du procédé de fabrication, d un recyclage de matières premières en interne ou d une amélioration du tri et de la valorisation. À l issue de la première année, les 51 actions menées ont abouti à une économie annuelle de 1,5 million d euros.» Nous avons ainsi retenu l exemple de la démarche d une entreprise en particulier, l Imprimerie Villière située à Beaumont, qui a réussi à économiser 6000 euros par an en pariant sur une meilleure gestion des déchets papiers. L'entreprise a effectué quelques démarches avec l'appui de l'ademe: - Modification du système de collecte des déchets papiers - Installation d un système d aspiration automatique des déchets de coupe de papier appelés rognes. Cette installation est financée par son prestataire déchets. - L'entreprise a réalisé une économie sur investissement de Modification du système de tri de l entreprise. L entreprises sépare désormais ses déchets papiers en plusieurs qualités : Recette car l entreprise obtient un meilleur tarif de rachat de ses déchets papiers pour le recyclage : Quelles étaient les motivations de l Imprimerie Villière dans ce projet? L imprimerie souhaitait disposer d un avantage compétitif dans un secteur concurrentiel. Cependant, l entreprise a de véritables convictions dans le domaine du développement durable. Comme cela a été précise précédemment, l imprimerie a saisi l opportunité de former un partenariat avec son prestataire déchet. Pour améliorer le temps de collecte et de tri, l entreprise a dû créer des espaces de stockage plus importants. Ceci rejoint la problématique de l espace disponible suffisant pour mieux gérer ses déchets papiers. De plus, l entreprise a formé ses opérateurs au tri. 29

31 De cette façon, l entreprise fait des économies sur divers plans : - le prestataire déchet finance le système de collecte - meilleur tarif de rachat par le prestataire des déchets papiers triés destinés au recyclage L entreprise a également eu des retombées positives en termes de cohésion du personnel qui s estiment satisfaits d un tel fonctionnement. Elles n'ont pas conscience des retombées positives qu'il peut exister au-delà des apparences : c'est pourquoi l'action de l'ademe s'inscrit dans un réel contexte et s'identifie à un réel besoin de créer des exemples à suivre qui révèlent concrètement l'intérêt clé de l'écologie au sein d'une entreprise Cette problématique rejoint l'hypothèse suivante : Si l'entreprise disposait du savoir nécessaire (possibilités de partenariats, stocks, techniques possibles), elle pourrait réduire ses déchets papiers (travail sur la prévention) ou en faciliter la gestion. Les quatre piliers infaillibles : Pour mieux gérer ses déchets, il faut : - savoir : comment aboutir techniquement à une meilleure gestion? Quelle formation dispenser à ses salariés? Quels coûts seront à prévoir? - pouvoir : disposer d un espace suffisant pour stocker les déchets ou les trier ; avoir les moyens financiers d investir dans une amélioration de la gestion - vouloir : quels intérêts une entreprise peut avoir dans un tel projet? Quelles retombées positives/négatives en terme financier, économique et d image? - devoir Le dernier exemple de l imprimerie Villière Semble réunir ces trois problématiques. Inciter une entreprise à suivre l exemple de cette entreprise, c est donner les moyens aux entreprises de savoir, vouloir et pouvoir. 30

32 Mais qui dans l entreprise doit savoir, pouvoir, vouloir et devoir pour faire avancer les choses en termes de prévention et gestion des déchets de papier de bureau? En ceci, la revue de littérature nous est précieuse. En effet, nous avions vu que seuls certains postes clés et bien définis sont directement impliqués dans les prises de décision directes d implication des entreprises dans cette éco-responsabilités. Rappel : ces postes clés sont - le manager - le responsable du secteur achet, marketing et communication - le DRH, dans son recrutement Ainsi, travailler sur la formation des salariés afin de promouvoir une amélioration de la performance environnementale en termes de tri, recyclage et actes vertueux n a pas toujours les effets escomptés. C est ce que souligne Martin Champel qui insiste sur la volonté des salariés, parfois méconnue du grand public, de mieux trier. Le problème qui en résulte est le manque de volonté des entreprises elles-mêmes qui n accordent pas de priorité à la gestion des déchets de papier bureau. Ainsi, les exemples certifiant la rentabilité d une meilleure gestion des déchets pour les entreprises concerne essentiellement les entreprises pour lesquelles la consommation de papier est très importante. Pour les entreprises du secteur agro-alimentaire par exemple, les entreprises se concentrent sur le label éco-responsable de leurs produits pour embellir leur image. L éco-responsabilité de leurs bureaux paraît cependant avoir moins d importance pour l image de l entreprise, et les salariés, y compris chez Veolia propreté, se plaignent du manque d intérêt porté par les entreprises. Des décisions rendues plus accessibles par les entreprises de collecte : un enjeu actuel Inciter les entreprises à mieux gérer leurs déchets, c est aussi rendre cette gestion plus accessible, tant en termes de coût que de moyens techniques : i.e proximité, simplification des gestes. C'est ce qu'a fait la Post avec le Recy'go d'après l'interview réalisée auprès de Jérémie Picot. 31

33 La Poste fournit des «Eco-belles» i.e des contenants destinés au tri des papiers à recycler. La Poste parie sur la simplicité du geste et la sensibilisation du personnel par la publication d affiches à personnaliser, qui permet donc de s adapter à la communication des entreprises. Les salariés jettent les papiers non froissés dans les éco belles et les éco belles sont versées dans des bacs déposés à côté des boîtes aux lettres. Ainsi, lorsque le facteur dépose le courrier, il récolte les bacs déposés. Ainsi, les camions de la poste ne repartent jamais à vide, et c est une manière d exploiter de façon plus rentable la logistique. Ce système permet aux entreprises de bénéficier d un coût raisonnable de gestion des déchets papiers de bureaux. Les entreprises partenaires bénéficieraient également d un label, sous forme d un certificat de collecte qui garantie l engagement de l entreprise dans l économie responsable, tant auprès des clients que des collaborateur Source : Recy go Cette partie nous permet de conclure que malgré le rapport conflictuel 9 entre performance environnementale et performance économique, l entreprise peut bénéficier d avantages certains non seulement en matière économique, mais également au niveau de la cohésion et productivité de sa masse salariale. 9 Voir introduction de la partie : Relation conflictuelle entre performance environnementale et performance économique 32

34 III. Le manque d information freine les entreprises dans leur engagement vis-à-vis de la gestion du papier Nous avons formulé une hypothèse simple : les entreprises, via le comportement de leur salariés, leur propre politique de gestion de déchets mais aussi leur politique d achat ne participent pas suffisamment au processus de recyclage car elles manquent d information et de visibilité concernant les bienfaits du recyclage en terme d image, la dimension nécessaire qu est en train de prendre le recyclage papier pour s assurer un renouvellement sans risque de la fabrication de papier. A la lecture d articles spécialisés (cités en source), nous avons pu extraire ces premiers chiffres : - Dans le monde, 90% du papier (en poids) provient encore des arbres En France, - Il existe 450 entreprises dans le secteur du recyclage papier tonnes de papier ont été produites en 2011 (en hausse de 11%) - Le taux d utilisation de fibres recyclées est de moins de 60%, et ce taux est en baisse sur les dernières années. - Alors que le taux de récupération est de 73% (4 e rang Européen) - 70% de la production a été consommée en France/30% exportée Ces chiffres et évolutions semblent refléter une tendance de fond : il existe en France une réelle propension des entreprises et ménages a assurer la gestion de leurs déchets papiers comme en témoigne le bon score de la France en terme de taux de récupération des fibres de cellulose, 73% mais aussi le nombre significatif d entreprises présente dans le secteur du recyclage papier, 450 en France : sans demande de la part des entreprises consommatrices de papier, il n y aurait pas d offre de la part de ces entreprises assurant la récupération, la gestion, puis le recyclage des déchets papiers. Les efforts, encouragés il est vrai par la législation (voir partie législation), sont réels à ce niveau, et nous nous sommes rendus compte, (grâce à nos entretiens réalisés avec des entreprises consommatrices et des entreprises assurant la récupération) que les 33

35 entreprises consommatrices de papier trouvaient leur intérêt a assurer, déléguer, la gestion de leur déchets papier. En revanche, ce qui parait moins net c est la propension des entreprises consommatrices de papier a utiliser du papier lui même d origine recyclé. Le taux d utilisation de fibres d origine recyclée est de 60% en France, ce taux est à la baisse, et est significativement inférieur au taux de récupération. Analysons cette donnée d un point de vue économique. Si ces tendances se confirment, le marché ne devrait pas se développer et même le taux de récupération pourrait être mis a mal. Car si le recyclage constitue aujourd hui un marché en développement, un taux d utilisation de fibres recyclées inférieur au taux de récupération constitue un danger : en effet, si la demande en papier recyclé est basse ou est en baisse, il y a moins d incitation pour les entreprises chargés du recyclage a récupérer des déchets papiers, à les transformer et à revendre du papier recyclé. Nos analyses nous conduiront ainsi à aborder la question des labels qui, pour les entreprises constituent un gage de respect pour l environnement mais qui ne sont pas systématiquement associés au recyclage du papier proprement dit. Le marché du recyclage et le système des labels sont tous deux devenus un business : or le business est synonyme de publicité, communication qui, parfois, peuvent conduire a la désinformation ou au manque d information (concernant la qualité des labels, leur valeur par rapport au recyclage, la nécessité de recycler et d utiliser du papier recyclé). 34

36 Source : SECULA PASCAL 10 Tout d abord, demandons nous si au sein des entreprises consommatrices de papier, en général (sans considération de taille), les différents acteurs (pour simplifier disons dirigeants et salariés) manquent d information par rapport au recyclage papier : Comment s y prendre? Est-ce obligatoire? 10 SECULA Pascal (2012). Bilan de la production de matières premières recyclées 2011, L économie du recyclage. Supplément environnement magazine, n

37 Selon nos entretiens, les salariés sont conscients de l importance du recyclage. Pourtant, ils n ont parfois pas la possibilité de recycler comme en témoigne le témoignage de M. CHAMPEL : «Martin CHAMPEL a également insisté sur la volonté des salariés, parfois méconnue du grand public, de mieux trier. Le problème qui en résulte est le manque de volonté des entreprises elles-mêmes qui n accordent pas de priorité à la gestion des déchets de papier bureau.» Mais pourquoi un nombre encore important de dirigeants sont réticents a avoir recours a des services leur permettant de mieux gérer leurs déchets papier. M Lepoutre de l entreprise ELISE (récupération) apporte un élément de réponse : «le principal problème qui limite la progression du recyclage est un problème d information. Il faudrait que les entreprises prennent conscience qu il ne leur coûterait pas forcément plus cher de faire ramasser leurs déchets papiers par des entreprises spécialisées qui les valoriseraient que de les jeter sans les trier». En fait les entreprises paient des charges pour que le service public récupère leurs déchets, mais dans ce cas, «le coût paraît moins évident car il est mélangé au coût de ramassage des autres déchets. Beaucoup d entreprises refusent de payer pour recycler, sans réaliser qu elles paient déjà même si elles ne recyclent pas. De plus, comme cette filière d Elise est une entreprise adaptée, les entreprises qui font appel à ses services peuvent récupérer la taxe Agefiph pour les entreprises». Comme les couts et la rentabilité demeurent des critères primordiaux, et que ne pas recycler peut paraître moins couteux, on préfère ne pas avoir recours a des services spécialisés. Pourtant, l investissement peut s avérer rentable : «Ainsi, les exemples certifiant la rentabilité d une meilleure gestion des déchets pour les entreprises concerne essentiellement les entreprises pour lesquelles la consommation de papier est très importante». Les entreprises qui paraissent le mieux informées sont en effet celles qui consomment le plus de papier. Elles ont très largement recours à ce genre de service de récupération. Par exemple dans le cadre de notre prise d information, nous nous sommes rendus 36

38 compte que l écrasante majorité des imprimeries mentionnaient qu elles avaient en effet recours à ce genre de services (9/10). C est pratique, rentable et efficace selon Mme Valongo, de l imprimerie du marais a Paris : «Est ce que vous triez le papier? Pourquoi? (Si non, qu est ce qui vous inciterez à le faire) Nous faisons appel à une entreprise spécialisé CDIF, qui s occupe de la gestion de nos déchets. Concrètement l entreprise s occupe du ramassage et du traitement de nos déchets papiers. Pour notre activité c est indispensable vu le volume de papier que nous jetons chaque jour. Les poubelles traductionnelles sont trop petites ; de plus la cadence ne nous permettrait pas d effectuer un tri efficace. L entreprise CDIF nous loue des bacs 70euros/mois et le forfait de ramassage et traitement coute également 237,87 euros par mois. Ainsi nos exigences en terme de stockage et de tri sont respectées. C est un investissement qui ne nous aide pas directement à gagner des parts de marché mais qui participe au bon fonctionnement de l entreprise.» ELISE, un autre leader du secteur prétend servir 5000 entreprises. PAPREC prétend avoir 4000 collaborateurs. Ainsi, si le manque d information peut être un frein pour le recyclage au sein de l entreprise, il semble que les entreprises les plus consommatrices de papier ont tout intérêt a avoir recours aux services d entreprises récupératrices. Néanmoins, le tri et la gestion des déchets papiers sont loin d être un phénomène généralisé. Ce n est pas tellement un problème d information, dans le sens ou les entreprises ne savent pas qu elles ont un devoir de participer au processus de recyclage, les législations existent, mais plutôt qu elles ont très souvent intérêt a trier, gérer et faciliter le processus de recyclage. Ensuite, il y a le problème du papier lui même utilisé. Le marché du recyclage ne peut se développer uniquement si les entreprises consommatrices font l effort d acheter du papier d origine recyclé. Mais pourquoi consentir a un tel effort? Est-ce vraiment rentable intéressant pour des entreprises consommatrices d acheter du papier recyclé. Dans les entreprises ou la qualité du papier n est pas une préoccupation majeure, le frein dominant reste le prix du papier recyclé. Selon Conso Globe, le prix du papier recyclé peut être parfois jusqu'à 20% plus cher que le papier classique pour les entreprises. 37

39 En dehors de cet obstacle du prix il y a un clair déficit de qualité du papier recyclé. Notre entretien avec Mme Valongo le confirme : «Est ce que vous utilisez du papier recyclé? Pourquoi? (Si non, qu est ce qui vous inciterez à le faire) Nos principaux fournisseurs proposent des papiers tous issus de forêts gérés durablement. Parfois même le papier est d origine recyclé. Quoi qu il en soit nous nous adaptons aux exigences des clients et sommes très transparents sur les produits que nous utilisons. Nous prenons le soin d expliquer d éventuelles avantages et inconvénients pour chaque papier. En terme de pourcentage, nous utilisons 10% de papier recyclé mais ce pourcentage tend à augmenter. Il a environ doublé depuis 10 ans. Nous distinguons les papiers fabriqués a base de 30% de fibres recyclées et les papiers fabriqués a base de 10% de fibre recyclées. En terme de qualité, le déficit est avéré. Le papier recyclé est moins blanc, la gamme de produits est moins importante et jusqu'à peu de temps beaucoup de papiers recyclés n étaient pas compatibles avec nos imprimantes. La clarté des couleurs apparaît moins bien sur le papier recyclé. Dans nos brochures haut de gamme commandées par des grandes marques souvent de luxe, nous ne pouvons pas utiliser ce type de papier. Il convient tout de même de noter que la qualité des papiers recyclés s améliore.» Acheter du papier recyclé n est pas un reflexe. D autant plus que «papier recyclé» ne veut rien dire. Quel est le pourcentage de fibres recyclées dans le papier? Comment le vérifier? Les labels sont un gage de respect pour l environnement et certifient que le papier a été fabriqué selon certaines normes ecologiques ou parfois qu il est même recyclé. Il suffit s aller sur le site internet des imprimeries pour se rendre de compte de l importance qu a pris les labels aujourd hui. Elles sont toutes certifiées FSC, PEFC, imprim vert Les éditions y portent également une attention particulière ; par exemple la marque Nathan affirme sur son site internet : «Un nombre croissant de nos publications sont certifiées FSC, portent la marque Imprim'Vert où sont imprimées sur papier recyclé sans chlore ni colorant.». Hachette utilise une labélisation qui lui est propre. 38

40 Pourquoi cet attrait pour les labels? Nous avons posé la question. «Pourquoi vous avez choisi d être labélisé FSC? Quel est l intérêt pour l imprimerie du marais? C est avant tout une question d image. Les clients demandent de plus en plus a ce que le papier utilisé dans leurs brochures, cartes de visites ou autres documents soit issu d un processus de fabrication respectueux de l environnement. Il peut s agir d un papier recyclé ou d un papier issu d une forêt gérée durablement. Le label FSC justement garantit a nos clients que le papier que nous utilisons dans nos travaux est issu de foret gérées durablement. La demande est d autant plus croissante que la présence de ce label sur leurs produits est bénéfique pour leurs images. Ceci est particulièrement vrai pour les grandes marques. Il faut également noter que pour atteindre des marchés publiques (administrations, mairies), mais aussi des entreprises publiques et semi-publiques (EDF par exemple) ce label est nécessaire, ce marché étant régulé par des règles obligeant ces administrations et entreprises a utiliser du papier issu d une fabrication respectueuse de l environnement. Par ailleurs nous nous conformons aux exigences du grenelle de l environnement et réduisons ainsi notre empreinte carbone.» Nous voyons donc que le label est synonyme de garantie et qu il contribue a améliorer l image de la marque. La détention d un label permet d accroitre des parts de marchés et notamment dans les administrations, mairies et tout ce qui touche aux marchés publics. Mais attention papier certifié n est pas synonyme de papier recyclé. L omniprésence des labels peut paraître suspicieuse. Après différents entretiens nous nous sommes rendus compte que les entreprises se contentaient d utiliser du papier certifié et non pas forcement recyclé. Le label FSC notamment, prouve que le papier utilisé provient de forêts gérées durablement. Mais qu est ce qu une gestion durable, peut elle réellement se substituer au recyclage? Utiliser un papier certifié, est ce aussi efficace que d utiliser du papier déjà recyclé? 39

41 N y a t il pas plus de communication que de réelle efficacité? La seule vision d un label sur un produit peut parfois convaincre La question des labels Nous nous sommes intéressés au principaux labels concernant le papier, leur missions, leur avantages, et leurs défauts. Le label FSC Selon le site internet, l association FSC a pour but de «Promouvoir la gestion responsable des forêts mondiales. C'est à dire une gestion écologiquement appropriée, socialement bénéfique et économiquement viable, permettant de répondre aux besoins des générations actuelles et futures.» Toujours sur le site officiel, les entreprises sont encouragées à devenir certifiées FSC car elle pourront jouir d une «reconnaissance auprès du public et des consommateurs». Le label apporte une «crédibilité» et ouvre des marchés, car gouvernements et administrations sont de plus en plus nombreux a n accepter que es produits certifiés FSC. Plus précisément, il existe trois labels FSC : «FSC 100%: signifie que la totalité du produit (chaque fibre et chaque partie) provient de forêts certifiées FSC. FSC Mixte: indique que le produit est fabriqué à partir de fibres de bois issues de forêts certifiées FSC, de matières recyclées et/ou de Bois Contrôlés FSC. FSC Recyclé: signifie que 100% du produit (chaque fibre et chaque partie) est fabriqué à partir de matières recyclées (dont un minimum de 85% est issu de la post-consommation). Ce label est utilisé principalement pour des produits en papier mais peut également se retrouver sur certains produits en bois.» FSC. Les principes et critères FSC : Des normes internationales établies par consensus. [En ligne] Disponible sur internet : < > 40

42 Le label PEFC «Face aux préoccupations croissantes de consommation responsable, PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières) milite pour le développement durable de la forêt grâce à un programme de certification ambitieux.» PEFC justifie la demande croissante de produits issus de forêts gérés durablement : «La demande croissante de produits naturels, fabriqués à partir de matériaux renouvelables, biodégradables et recyclables, apparaît comme une tendance dominante et s'accompagne de nouvelles exigences : La qualité environnementale et sociétale: la priorité au développement durable conduit à raisonner sur de nouveaux critères environnementaux tels que le cycle de vie des matériaux et leur impact énergétique, et des critères sociétaux à travers la protection des droits fondamentaux des travailleurs. La transparence : la présence du logo PEFC sur l étiquette d un produit assure aux clients de manière claire et concise que le bois et les produits à base de bois sont issus de sources responsables. La garantie sur l origine : le bois certifié PEFC exclut le bois de contrebande, issu de sources illégales et controversées via le système de diligence raisonnée PEFC (SDR).» 12 Critiques des labels Ces labels sont critiqués. Certains reprochent a ces associations de constituer un business qui s éloigne de plus en plus du développement durable. La seule présence d un label pour un imprimeur, éditeur lui ouvre des marchés considérables : c est un outil de communication et de publicité important qui peut outrepasser les considérations écologiques : on ne se préoccupe plus des effets concrets du label. 12 PEFC (2013). Promouvoir la gestion durable des forêts. PEFC, [En ligne] Disponible sur : < 41

43 Ainsi apparaît la notion de «label de verdissage» ou «greenwashing». Dans le cas de FSC, le site FSC-Watch référence tous les problèmes apparaissant liés a la certification FSC. La majorité des problèmes sont liés selon FSC Watch et l association «sauvons la forêt», au fait que les législation concernant l exploitation et la vente du bois ne sont pas les mêmes selon les pays. Selon sauvonslaforêt.org, «l organisation qui gère et délivre le label FSC à travers le monde n est pas une organisation a but non lucratif mais une société a responsabilité limitée». «le label FSC n a rien d écologique». Le site prend l exemple des coupes effectuées dans les forêts primaires russes dont le bois a été certifié FSC mais qui ne respectent pas les normes environnementales Européennes. Conclusion concernant l hypothèse. La diffusion de l information concernant la nécessité pour les entreprises de recycler leur papier est une réalité. Il existe bien une législation et une sensibilisation aux pratiques (comme en témoigne la volonté des salariés de recycler), mais encore peu de sanctions efficaces ou d incitations. Pour ce qui est de l information purement économique concernant les couts et bénéfices liés a une meilleur gestion des déchets papiers, les entreprises responsables du recyclage font la promotion de leur méthodes qu elles présentent comme rentable pour les entreprises consommatrices avec l argument principal de l image. Les dirigeants ne doivent pas s affranchir de l effort de prise d information concernant les effets de leurs pratiques sur l environnement : nous en somme venu a parler des labels justement car les dirigeants considèrent cet outil comme une garantie écologique. Certaines critiques ne font pas le même diagnostic et invitent justement les acteurs économique a mieux s informer sur les label. 42

44 IV. L efficacité des cadres législatifs français et européens sur la réduction et la gestion des déchets papiers En France, le traitement des déchets papier est encadré par des règlementations à la fois françaises et plus récemment européennes. Ces règlementations concernent les devoirs d élimination des déchets des communes, aussi bien que la réduction des déchets en amont, lors de la production. Les principales lois créées par le gouvernement français : La loi du 15 Juillet Cette loi impose aux collectivités locales la prise en charge des déchets ménagers des habitants. Elle incite également les entreprises à réduire autant que possible les déchets qu elles génèrent. La loi du 13 Juillet 1992 ou Loi Royal. Elle a pour objectif de moderniser le traitement des déchets, principalement grâce au Principe de Proximité. Celui-ci vise à limiter le transport des déchets en temps, en distance parcourue et en volume. Aussi, selon les principes de l économie circulaire, la priorité a été donnée à la valorisation des déchets, c est à dire à leur réutilisation ou leur recyclage et non plus à leur stockage ou à leur destruction. Grâce à cette loi, l information publique concernant les déchets et leur traitement a également grandement été accrue. La loi du 23 Juillet 2009 ou loi de programmation et d orientation du Grenelle de l environnement. Grenelle I détermine des objectifs concrets pour la réduction des déchets produits et pour leur taux de valorisation : - diminuer de 7% la production d ordures ménagères et assimilés par habitant d ici réduire de 15% le volume de déchets destinés à l incinération ou au stockage d ici

45 - atteindre un taux de recyclage des emballages ménagers de 75% pour Ce taux n a cependant pas été atteint puisqu il n était que de 67% en 2013 selon eco emballages. Afin d atteindre ces objectifs et mettre un terme à la relation automatique entre croissance et augmentation des déchets produits, le Ministère de l écologie, du Développement Durable et de l Energie actuellement dirigé par Philippe Martin s est attaqué au problème sous plusieurs angles. L accent a été mis sur la réduction des déchets à la source, lors des processus de production et de consommation, ainsi que sur l amélioration du recyclage ou de la réutilisation des déchets. La responsabilité des producteurs a ainsi été augmentée, faisant apparaître la notion de Responsabilité Elargie du Producteur (REP). Le principe de la REP est le suivant : la prise en charge et le traitement des déchets obtenus à l issue de la consommation d un produit est de la responsabilité des entreprises à l origine de la mise sur le marché des produits en question. Convention d engagement volontaire du 06 Février Cette convention résulte d un accord entre Le Ministère du Développement Durable et les professionnels de la récupération et du recyclage des déchets papier de bureau. Cette convention leur fixe trois objectifs : - Augmenter de tonnes la récupération de déchets papier de bureau d ici L évolution majeure passera par les petites entreprises et administrations, dont les papiers étaient jusqu alors peu récupérés. Aussi, des campagnes de prévention, de formation et d information devraient permettre d augmenter la fréquence et la qualité du tri de ces entreprises. - Améliorer le recyclage et la valorisation des papiers de bureau en France en limitant les transports aux centres de recyclage les plus proches et grâce à une meilleure coordination entre les différents acteurs locaux impliqués. - Rendre plus populaires les produits français issus du recyclage et augmenter leur consommation. L Etat lui-même doit augmenter la part de papier recyclé dans sa consommation de papier. 44

46 Un comité a d ailleurs été créé pour s assurer que cette convention serait bien appliquée. Il se compose du Ministère du Développement Durable et de l ADEME. Le PREDMA (Plan Régional D'élimination des Déchets Ménagers et Assimilés). Ce plan a rendu obligatoire le recyclage de 60% en poids pour le verre, le papier et le carton à l échelle nationale obligatoire à partir de Il a également apporté de nouveaux objectifs à atteindre pour 2019 : - diminuer la production de déchets de 50 kg/habitant - augmenter de 60% le recyclage des déchets ménagers - diminuer de 25% les déchets incinérés et de 35% les déchets enfouis. Les directives européennes : Directive-cadre relative aux déchets de Cette directive adoptée par le parlement européen impose aux Etats membres d atteindre un taux de recyclage des déchets ménagers et assimilés de 50%, des déchets de démolition et de construction de 70% d ici Elle contraint également les Etats à améliorer l information publique concernant la production et le traitement des déchets. Le dialogue n a cependant pas permis d aboutir à un compromis concernant les déchets industriels et les déchets de fabrication. Certains députés auraient d ailleurs souhaité la mise en place de lois plus sévères concernant la production des déchets et le recyclage. 45

47 On voit donc qu il y a des lois qui fixent des objectifs de recyclage et de valorisation des déchets, de réduction des déchets, notamment pour les ménages. Cependant il y en a moins qui concernent les entreprises et la réduction de leur déchet papiers. Les lois existantes sont des lois qui concernent tous les déchets, pas simplement les déchets papiers. Ces lois n imposent pas d objectifs de tri ou de recyclage, elles imposent simplement aux entreprises de traiter leurs déchets, mais ne permettent pas de réduire l incinération des papiers au profit de leur valorisation. Par exemple la loi de 1975 est une simple incitation à la réduction des déchets produits par les entreprises, il n y a pas d objectif chiffré à atteindre, ou de sanctions en cas d excès. Les gouvernements n osent pas mettre trop de lois en place car elles seraient une contrainte pour les entreprises, et pourraient avoir des conséquences négatives sur la productivité. Il est vrai qu on reproche souvent à la France ses lourdeurs administratives et réglementaires. Pourtant, dans le cas du papier, le recyclage permettrait des gains de productivité importants car la production de papier recyclé nécessite beaucoup moins d eau, d énergie et d électricité. Le geste de tri quant à lui pourrait faire perdre du temps aux salariés, qui devront penser à jeter leurs papiers dans une corbeille réservée à leur recyclage. Cependant cette perte de temps minime et négligeable (l équivalent d une seconde d hésitation) n existera même plus lorsque le recyclage sera bien intégré, devenu naturel pour les travailleurs. Ensuite, les déchets papiers seront ramassés exactement comme les déchets habituels, sans perturber le fonctionnement de l entreprise. 46

48 V. Le rapport des Français au papier et à leur recyclage Ecofolio et l institut TNS Sofres étudient depuis 2008 l image que les Français ont du papier pour comprendre leurs comportements de consommation et de recyclage. Les Français considèrent les papiers comme des objets : - propres à chacun. Ils sont classés, soigneusement rangés d une certaine manière, conservés dans l éventualité qu ils puissent servir un jour. - divers. Il existe bien plusieurs sortes de papiers différents, réservés à des usages différents. Les individus vont préférer écrire sur des cahiers ou sur des feuilles volantes, à carreaux ou blanches Les différents types de papiers vont avoir des usages particuliers et seront donc triés différemment. - dotés d une valeur bien particulière, vecteurs d expériences, de souvenirs et d émotions. Avant d être considérés comme des déchets, les papiers se voient attribués une valeur par leur utilisateur car ils correspondent à une expérience : une lettre, un cours intéressant, un dessin - personnels, nous y avons imprimé une partie de nous-mêmes. Lorsque l on décide de jeter un papier, c est qu il a perdu l utilité qu on lui prêtait mais il n est pas forcément abîmé. En le jetant, on s interroge sur son contenu : est-il confidentiel? C est la raison pour laquelle beaucoup de gens préfèrent que leurs papiers soient jetés et incinérés avec les ordures ménagères, pour que l information qu ils contiennent (qu elle soit d ordre professionnel ou personnel) soit détruite. Les papiers ont donc un statut de déchet particulier. D ailleurs notre propre questionnaire, intitulé «Comment les Français considèrent-ils le papier» le montre : 24 personnes sur les 27 interrogées déclarent classer leurs papiers, et seulement 8 jettent leurs papiers directement après les avoir utilisés. Aussi, 18 personnes sur 27 accordent une importance particulière aux papiers, et ne le considèrent pas comme un quelconque déchet, soit parce qu il contient des informations importantes, soit parce qu il a une valeur plus personnelle. 47

49 Une étude réalisée en 2010 par Ecofolio a montré que 83% des Français considéraient que les papiers étaient le déchet le plus simple à trier, celui qu ils triaient le plus naturellement. Sur les 27 personnes ayant répondu à notre questionnaire, 24 ont répondu que le papier était le déchet le plus simple à trier. Les Français identifient d ailleurs bien les papiers recyclables ou non, savent par exemple que les mouchoirs ne se recyclent pas. Alors pourquoi le papier n est-il pas plus recyclé par les ménages et par les entreprises? Les obstacles qui s opposent à la généralisation du geste de tri sont multiples. Tout d abord, il y a des problèmes liés à l information, celle-ci est souvent insuffisante ou mauvaise. Beaucoup de gens ne savent pas si tous les papiers sont bien recyclables. 31% d entre eux seulement déclarent en être certains selon l étude d Ecofolio. Il y a également un manque d information concernant les possibilités de recyclage presque infinies, les différentes étapes du processus de recyclage, les bénéfices économiques et environnementaux Le fait de mettre aussi bien les plastiques que les conserves, le carton ou les papiers dans les poubelles recyclables est également source de confusion. Enfin, les gens recyclent peu que ce soit au niveau individuel ou dans leur entreprise à causes de contraintes de temps et d espace. Une fois que les individus ou les entreprises reçoivent les informations nécessaires, les consignes de recyclages leur paraissent beaucoup plus simples et ils les appliquent plus souvent. D où l importance de répéter ces consignes encore et encore et d informer au maximum les ménages et les entreprises. Enfin, le papier est très abondant, on en consomme tous les jours en grandes quantités car très peu coûteux et à disposition donc imprimer ou écrire recto verso n est pas du tout un réflexe, les consommateurs ne ressentent pas la nécessité d économiser le papier. 48

50 CONCLUSION Nos recherches ont montré que le recyclage du papier n était pas satisfaisant. Il est très facile et avantageux de trier puis de recycler le papier, il peut être recyclé à l infini ou presque. Pourtant les chiffres ne sont pas satisfaisants, notamment du côté des entreprises avec seulement 25% des papiers de bureaux qui sont triés. Ces problèmes qui empêchent la progression du recyclage sont de plusieurs ordres. Certains viennent des entreprises elles-mêmes, qui estiment qu il est peu utile de recycler à leur échelle, que ce serait trop coûteux ou que ça poserait des problèmes de confidentialité. D autres problèmes relèvent des institutions : une information mauvaise ou partielle, des possibilités de tri insuffisantes, et des coûts trop importants des organismes de récupération. Il est donc nécessaire de résoudre tous ces problèmes pour pouvoir débloquer la situation et recycler le papier de manière optimale. Tout d abord il faut travailler à l échelle individuelle car si chaque Français à l habitude de trier chez lui, il triera dans son entreprise s il en a la possibilité. Selon une étude réalisée par Ecofolio en 2012, afin de recycler plus et de recycler mieux, les Français souhaiteraient plusieurs choses. Pour commencer, ils trouvent que les discours moralisateurs ou les contraintes ne sont plus pertinents, cela ne les touche plus. Au contraire, ils souhaitent être responsabilisés personnellement, mieux comprendre l utilité de leur geste, sa finalité. La meilleure incitation serait donc tout simplement pour eux une meilleure information sur le recyclage et ses bénéfices environnementaux, économiques et sociaux. Il faudrait par exemple une campagne illustrant les avantages en termes d emplois, d autant plus dans le contexte actuel de chômage élevé. Le recyclage et le tri du papier permettent en effet de créer divers emplois (les métiers du recyclage des papiers, de la production, du tri et de la collecte représentent emplois en France et ils sont non délocalisables). 49

51 Enfin, il faudrait qu ils puissent recycler plus facilement donc qu ils aient des bacs à disposition chez eux, mais aussi dans les espaces publics, dans les transports et à leur travail. On arrive donc au rôle des entreprises dans ce progrès. Il faut que les entreprises prennent conscience des avantages du tri et du recyclage, et qu elles aient plus de moyens pour le faire, moyens à la fois techniques et financiers. C est à l Etat de tout mettre en œuvre pour qu il y ait une réelle prise de conscience, que le tri et le recyclage se répande dans les entreprises. Les entreprises doivent bénéficier d aides pour la mise en place de corbeilles à papier et d un ramassage particulier. Les salariés doivent prendre l habitude de n imprimer que ce dont ils ont vraiment besoin et toujours recto-verso, ce mode d impression doit être enregistré par défaut dans les paramètres d impression. Il faut également augmenter l utilisation des supports informatiques pour diminuer les impressions, par exemple préférer faire une présentation sur rétroprojecteur plutôt que de distribuer l ensemble du dossier à tous les participants d une réunion. Les entreprises doivent acheter plus de papier recyclé ou éco-labellisé. Pour cela il faut que celui-ci soit moins cher que le papier classique, car avant d avoir des objectifs écologiques, les entreprises sont avant tout dans une logique de rentabilité maximale. Le papier éco-labellisé n est pas moins cher à produire en moyenne. Il faut donc qu il bénéficie de subventions de l Etat pour être plus compétitif sur le marché. L Etat lui-même doit montrer l exemple : les objectifs qu il s était fixé en 2008 (recycler la totalité de ses papiers et réduire la consommation de papier de ses administrations de 20%) n ont pas été atteints. Pire encore : l étude PAP 50 Public réalisée en 2012 sur 50 administrations publiques et institutions Françaises montre que ces organismes font même moins bien que la moyenne nationale, en ne recyclant qu un cinquième de leurs papiers. Les départements de la Présidence, du Premier Ministre et Ministère de l Ecologie lui-même ont été jusqu à refuser de communiquer leurs chiffres pour cette étude, ce qui ne laisse présager rien de bon quant aux chiffres en question. 50

52 Le gouvernement constitue donc l acteur principal et doit s engager plus, à la fois en montrant l exemple et en renforçant la législation et les systèmes de tri et de recyclages mis en place. C est ce qu a fait l Etat de Genève avec l opération «Vos Papiers SVP» en créant un site internet destiné aux entreprises et entièrement consacré au tri des papiers. Ce site n est pas seulement un site de sensibilisation aux enjeux du recyclage, il expose aussi les diverses possibilités de tri qui s offrent aux entreprises, apporte de véritables solutions concrètes. Les entreprises y apprendront comment mettre en place un système de tri en leur sein, commet former leurs employés puis comment faire appel à un service de ramassage spécialisé et quelles sont les différentes prestations. Chaque directeur d entreprise peut recevoir un guide illustrant la bonne gestion du papier, ainsi qu une première corbeille de tri. Cette opération est très coûteuse, mais nécessaire. Cependant, les différentes études observées montrent que les diverses solutions à savoir plus d information, plus de moyens etc. ont une certaine efficacité cumulée mais sont insuffisantes. Pour peser réellement dans la balance, l Etat doit également mettre en place un système de bonus/malus selon les principes du non recycleur-payeur. C est cette réflexion que nous nous proposons d étudier à travers l ouvrage de Tom Tietenberg et Lynne Lewis : Quelle politique publique serait efficiente pour encourager les entreprises à être plus regardant sur leur consommation de papiers de bureau? En effet, dans Economie de l environnement et développement durable, Tom Tietenberg et Lynne Lewis 13 s intéressent notamment au rôle de l Etat dans différents cas et notamment le cas de l épuisement des ressources. Supposons ainsi que la consommation effrénée et irraisonnée de papiers de bureau pourrait conduire à l épuisement des ressources TIETENBERG Tom, LEWIS Lynne (2013). Economie de l environnement et développement durable. Editeur : Pearson. 51

53 Dans notre cas, il s agit pour le gouvernement de faire adopter une pratique : - acheter/consommer du papier recyclé, en quantité raisonnée - et /ou recycler soit même ses papiers. Comment faire adopter une telle pratique? Les deux auteurs se penchent sur la question et proposent souvent la solution de la subvention. Peut elle s appliquer dans le cas du papier? On pourrait par exemple aider financièrement les entreprises chargées de recycler le papier ainsi leur permettre de vendre moins cher tout en maintenant leurs marges. On pourrait également accorder des réductions d impôts aux entreprises achetant du papier recyclé ou une sorte de système bonus/malus écologique comme cela se passe déjà sur le marché automobile. Un même système pourrait s appliquer pour les entreprises faisant appel des services de triage, récupération. On parle ici d «externalité» : les producteurs/acheteurs non respectueux de l environnement doivent payer les couts externes qu ils infligent a l environnement et donc aux autres acteurs de l économie, et aux générations futurs. Ce genre de solution pourrait permettre de réduire les couts des entreprises s engageant dans une démarche plus écologique. Cependant il reste le problème de la qualité ; réduire les couts ne suffit pas. La qualité moindre du papier recyclé est en effet, comme nous l avons vu, un frein considérable pour les entreprises. Seul le progrès technique peut permettre une amélioration de la qualité. Sera t il réellement possible d obtenir un jour un papier recyclé dont les qualités seraient le plus proche possible du papier standard a tel point qu il serait utilisable par les éditeurs, imprimeurs visant le haut de gamme? Impossible de répondez aujourd hui. On pourrait alors penser que l Etat a un rôle à jouer dans le rôle du financement de la recherche et développement dans le secteur du recyclage papier pour améliorer la qualité du papier recyclé et cela en conservant des prix raisonnables. 52

54 Le système du bonus / malus serait-il une solution? L œuvre Economie de l Environnement et développement durable ne semble pas être la seule à le déclarer. En effet, Sophie Fabrégat 14 présente l incitation financière par le biais du système bonus/malus comme solution à privilégier vis à vis des solutions déjà existantes. Le but est de sensibiliser les consommateurs aux impacts de leurs achats : de ce fait, si les consommateurs sanctionnent un produit pour son manque de responsabilité environnementale, les entreprises devront revoir leur eco-responsabilité en vue de récupérer le plus grand nombre de consommateurs. L objectuf visé est de corriger le comportement des entreprises par celui des consommateurs qui s orienteraient vers des produits vertueux. Cependant, la donnée qui influe le plus sur ses achats n est autre que le prix. L idée, pour permettre une consommation plus durable, serait d évaluer l externalité des produits sur le marché en termes de coût, et d ajouter le coût de l externalité en surplus au prix de départ. Ainsi, ce serait une façon de pénaliser les entreprises ou les produits peu vertueux, et au contraire de rendre plus compétitifs les produits vertueux. Les achats pour des produits vertueux ne seraient alors plus handicapés par une contrainte budgétaire, puisque le prix des produits vertueux non soumis au malus (i.e surplus de coût lié à l externalité) serait plus compétitif. Un autre problème que nous avions évalué, était le manque de savoir 1. le manque de données et d informations quant aux conséquences multiples (sociétales, environnementales) 2. le manque de données des entreprises qui rendent compte du gaspillage 3. manque de sensibilisation à la consommation de leurs déchets papiers de bureau Si les papiers de bureau étaient rationnés, les entreprises seraient forcément conduites à gérer leurs papiers de bureau de façon plus concertée, en réduisant le gaspillage FABREGAT Sophie (2011). Incitations financières leviers de la consommation durable. Actu- Environnement, [en ligne] [consulté le 25/11/2013]. Disponible sur : environnement.com/ae/news/consommation-durable-prix-bonus-malus-taxe-carbone php4 53

55 Table des Annexes Entretiens Entretien avec Gaétan Lepoutre Analyse de l entretien avec Gaétan Lepoutre Entretien avec l entreprise La Corbeille Bleue P55 P61 P63 Analyse de l entretien avec La Corbeille Bleue. P66 Entretien avec Martin Champel Analyse de l entretien avec Martin Champel Entretien avec Mme Valongo Entretien avec Jérémie Picot P67 P69 P70 P73 Questionnaires L éco-responsabilité d une entreprise lui permet-elle réellement d être attractive? Le rapport des français au papier P76 P79 Fiches de lecture Résumé de l article de Sophie Fabrégat : «L incitation financière, levier de la consommation durable» Analyse de l article de Sophe Fabrégat P83 P85 Réflexion sur le livre Economie de l environnement et développement durable P86 (Tom Tietenberg et Lynne Lewis) : Quelle politique publique serait efficiente pour encourager les entreprises a être plus regardant sur leurs papier? P86 54

56 Retranscription de l entretien téléphonique destiné à Gaétan Lepoutre Elise Lyon, Meleze (Entreprise Adaptée) Gaétan Lepoutre 130 rue de la Poudrette VILLEURBANNE Tél. : Gaétan Lepoutre : G.L C.D : Charlène Delcourt G.L : Notre filiale est particulière car elle donne des emplois pour les travailleurs handicapés. On valorise les catégories de papier mais en fonction du type de papier ça se revend plus ou moins cher. C.D : D accord donc au départ ça dépend de la qualité de papier récupérée, si c est du papier impression très épais, du papier journal G.L : Par exemple les magazines sont moins chers que du papier blanc, le plus cher en fait c est le papier blanc, ensuite le papier archive couleur est un peu moins cher, tout ce qui est carton ce n est pas très cher du tout, et en gros ça va de 10 E à peut-être 200 quoi, par tonne. En fourchette. C.D : Et du papier qui a déjà été produit grâce à de la pâte de papiers recyclés, on peut encore le recycler? Ou au bout d un moment il perd en qualité? G.L : Oui alors en fait on peut le recycler jusque sept fois, sachant que dans le recyclage on incorpore toujours des nouvelles matières. C.D : Oui j ai vu qu on ne pouvait pas produire du papier avec 100% de pâte de papiers recyclés. 55

57 G.L : Oui, on incorpore toujours un peu de nouvelles matières donc au final c est un peu recyclable à l infini sauf que ce sera peut-être une qualité moindre si le papier a déjà été recyclé plusieurs fois en fait. C.D : D accord. Et j ai vu sur votre site internet que vous mettiez que le recyclage du papier coûte moins cher que son élimination par incinération, et je me demandais si c était moins cher au sens général pour la société ou pour l entreprise elle-même c est à dire que ça lui coûte moins cher de faire appel à vos services qu aux services de ramassages des déchets habituels pour que le papier soit finalement incinéré? G.L : Euh ça coûte moins cher de recycler, fin, au niveau des entreprises, soit ça passe par exemple pour les entreprises de Lyon par le Grand Lyon, dans ce cas-là c est les entreprises qui paient les charges pour évacuer des déchets,.. C.D : Oui, j ai pu voir que c était de l ordre de 200 E la tonne, et je me suis dit que peutêtre c était plus cher de faire appel à une entreprise comme la vôtre. G.L : Pas forcément, nous on a une entreprise adaptée, ça veut dire qu ils peuvent récupérer la taxe Agefiph* pour les entreprises, donc ils font appel à une prestation mais ils peuvent déduire une autre prestation que la collecte des déchets enfin il y a toujours des déchets autres donc ils peuvent la garder mais après il peut y avoir une négociation avec le Grand Lyon, mais ça reste encore à faire on va dire. Donc oui c est sûr que c est un service en plus qu ils.. Enfin c est un coût supplémentaire mais qui peut être rattrapé sur d autres choses, donc c est pas forcément un énorme coût de recycler, parfois ça peut même leur coûter plus cher de tout jeter sans recycler, après le coût du Grand Lyon je ne connais pas du tout donc je peux pas donner de chiffre exact, mais le fait de recycler va certainement coûter moins cher même pour le prix du papier car il y aura besoin de moins d énergie, moins d eau, donc il y a des économies environnementales mais aussi des économies derrière car de l électricité il en faut, de l eau il en faut, ça a un coût donc il y a besoin de moins de matières à ajouter (pour la production du papier) et finalement ça coûte moins cher le recyclage. 56

58 C.D : D accord. Et est-ce que Elise fait la promotion de ses services auprès des entreprises ou en général c est les entreprises qui vous contactent parce qu elles ont entendu parler de vous ou...? G.L : Les deux, on fait de la prospection téléphonique, on participe à des salons, parce qu on a que deux ans d existence aussi donc il faut bien se faire connaître sur la région, et après il y a des entreprises aussi qui viennent d elles-mêmes. C est vraiment moitié moitié quoi. C.D : D accord. Et les principaux arguments pour la promotion de vos services justement c est ces coûts, ces économies, les points environnementaux aussi? G.L : Oui. Et après on est très proches de nos clients donc on a plusieurs services à la demande s ils le souhaitent, et on est plutôt réactifs donc ils aiment bien car dès qu ils posent une question ou qu ils cherchent une information, ils l ont dans la journée. C est la force d une petite entreprise on va dire, ça va pas passer par 36 contacts, on a un seul contact qui gère un peu tout. C.D : D accord. Et généralement, lorsque vous proposez vos services et que les entreprises refusent, c est pour quelles raisons, plutôt des raisons de coûts ou simplement elles ne sont pas intéressées? G.L : De coût en général. Il y en a qui ont envie de faire le recyclage mais qui n ont pas envie de payer et qui ne comprennent pas pourquoi ils doivent payer pour faire recycler des papiers. C.D : Oui, alors que s ils évitent de faire appel à une entreprise qui recycle leurs papiers, c est vrai que c est mêlé au reste de leurs déchets et les coûts paraissent moindres G.L : Ben ils payent quand même quelque chose mais c est compris dans les charges, donc c est pas marqué «recyclage papier», donc il y en a qui arrivent pas forcément à faire la différence. 57

59 C.D : Est-ce que vous savez si votre activité est source d économies d échelles importantes, c est à dire que plus vous récupérez de papier, plus vous en recyclé moins ça vous coûte cher. G.L : Pour faire des économies dans quel sens? C.D : Ben par exemple lorsque vous organisez des tournées de ramassage, selon si vous le faites pour deux entreprises ou pour dix est-ce que ça vous coûte moins cher, c est à dire que plus vous avez de clients plus c est rentabilisé au niveau des coûts de transports Et aussi au niveau du recyclage en lui-même je ne sais pas trop comment fonctionnent vos usines de recyclages, mais est-ce que recycler 10 tonnes de papier vous coûte moins cher à la tonne que si vous n en recyclez que deux? G.L : Alors nous en fait on ne recycle pas, on est une plateforme pour collecter les papiers et les valoriser, après il y a encore une autre chaine, on a entre guillemets un courtier qui va racheter le papier pour le recycler dans plusieurs entreprises, après c est celles qui rachètent au meilleur prix. C est vraiment beaucoup de négociations autour du papier. Nous on en est pas du tout maîtres, et le papier peut très bien se recycler en France comme en Suisse comme en Allemagne ou en Chine, ça dépend, nous on préfère quand même que ce soit recyclé en France mais on a pas forcément le choix. C.D : Donc le nombre de vos clients n a pas forcément d influence sur ça? G.L : Non pas forcément, après ce qui va plus nous concerner, on a des petites camionnettes, l objectif c est de la remplir la camionnette, une fois qu elle sera remplie, ce sera une tournée j ai pas envie de dire forcément rentable mais ce sera une tournée complète quoi on va dire. Sinon le camion tourne à vide, il fait des kilomètres mais il ne va pas forcément beaucoup collecter donc on aura moins de gains sur ça. C.D : Et est-ce que vous pensez que si vous bénéficiez qu une forte augmentation du nombre d entreprises faisant appel à vos services, ça vous permettrait de diminuer vos tarifs ou pas spécialement? 58

60 G.L : Non parce qu on est pas très cher, et les coûts sont assez fixes, on a des charges de structures qui sont assez importantes donc non on pourra pas baisser, il y a les salaires à payer, l essence, les camions, tout C.D : Ok donc plus vous en ramassez plus ça vous coûte cher à collecter, et plus il y a de coûts pour le recyclage donc finalement même si vous en ramassez plus, le coût par tonne de papier est à peu près le même. G.L : Oui voilà, il augmente aussi. Ceci dit c est compliqué, le coût du rachat de papier il est variable, il change tous les mois, c est un peu comme la bourse j ai envie de dire, c est jamais fixe, non après ce qu on veut surtout c est augmenter le nombre de clients pour augmenter le nombre d employés, c est plus un objectif au niveau solidaire. Le but c est de grandir et de créer des emplois, en plus de l objectif recyclage de tous les papiers. C.D : Avez-vous des cas d entreprises qui centralisent leurs papiers avant de vous les fournir, c est à dire trois entreprises par exemple qui seraient proches géographiquement et qui réuniraient tous leurs papiers à un seul endroit pour vous les donner et réduire ainsi leurs coûts de ramassage peut-être avec vous du fait qu elles mettent tout au même endroit et que vous avez un seul voyage à faire? G.L : Ils peuvent faire ce type d économies. Il y en a qui nous apportent leurs papiers, donc dans ce cas ça leur coûte rien on les reprend gratuitement, il y en a qui se regroupent par exemples par immeuble, quand il y a plusieurs entreprises dans un même immeuble, là ils ont un seul conteneur pour toutes les entreprises donc dans ce cas-là on peut éventuellement diviser un peu les coûts. C.D : Dans ce cas-là ça revient moins cher par entreprise? G.L : Oui oui. C.D : Enfin pour terminer, est-ce que vous auriez vous personnellement, ou au nom de votre entreprises des conseils, des suggestions au niveau de la législation, de l information, ou même des incitations financières qui permettraient de faire en sorte 59

61 que les entreprises recyclent mieux leurs déchets papiers, ou même améliorer le processus de recyclage? G.L : Pour moi c est juste communiquer pour faire savoir que faire le recyclage ça coûte pas forcément plus cher que de tout jeter dans les autres bacs du Grand Lyon, que l un dans l autre, les gens ne sont pas assez sensibilisés. On retrouve tous les avantages à promulguer. C.D : Au niveau des entreprises papetières, celles qui produisent du papier mais qui n utilisent pas de papier recyclé dans leur production, comment pensez-vous qu on pourrait améliorer cela et faire en sorte que le papier recyclé soit plus utilisé dans la production, qu il soit plus demandé, ce qui valoriserait le papier recyclé, et ferait que les gens recycleraient plus déjà en amont? G.L : Le jour ou le papier recyclé sera au même prix que le papier normal, les gens l utiliseront plus et il gagnera de la valeur. Tout cela est une question de coûts et d intérêt, c est le portefeuille en premier pour les entreprises comme pour les particuliers, si le papier recyclé est moins cher, les gens en consommeront plus, donc les entreprises en produiront plus, le papier recyclé sera plus réutilisé et les gens et les entreprises recycleront plus leurs papiers. C.D : Donc le problème principal qu il faudrait résoudre c est un problème de coûts. G.L : Je pense oui, un problème de coûts et de mauvaise information, ou de manque d information, même s il y en a de plus en plus par exemple avec ecofolio qu on peut voir à la télévision, sur tous les déchets, mais l information reste encore faible. C.D : Merci beaucoup. Est-ce qu éventuellement vous auriez quelque chose à ajouter ou une remarque à faire pour notre recherche? G.L : Non, je pense qu on a déjà pas mal discuté, j espère que ça va vous aider. 60

62 Analyse de l entretien avec Gaétan Lepoutre Nous avons contacté Gaétan Lepoutre, gérant d Elise Lyon-Meleze. Elise est une entreprise qui propose aux entreprises des services de récupération de leurs déchets papiers pour les revendre ensuite à des entreprises qui vont les recycler. Cette filiale d Elise est particulière car c est une entreprise adaptée ce qui signifie qu elle emploie des travailleurs handicapés. Nous avons d abord demandé des détails sur le processus de valorisation des papiers de bureau. Elise valorise tous les types de papier, mais en fonction de leur qualité, leur valeur augmente. Par exemple du papier impression blanc très épais se revend bien plus cher que du papier journal ou des magazines. Les prix de revente d Elise varient donc entre 10 et 200E la tonne. Le papier peut presque être recyclé à l infini car on ne produit jamais avec 100% de papier recyclé. Concernant les coûts de ses services, Elise défend que ce n est pas forcément plus cher pour une entreprise de faire appel à eux pour ramasser leurs papiers spécifiquement que de les jeter avec tous les autres déchets sans trier. Les entreprises doivent payer des charges pour que leurs déchets soient ramassés, comme les entreprises lyonnaises paient des charges au Grand Lyon pour évacuer leurs déchets. Donc si ces charges ne concernent pas que le papier, il est tout de même couteux pour les entreprises de les faire ramasser. Simplement, le coût paraît moins évident car il est mélangé au coût de ramassage des autres déchets. Beaucoup d entreprises refusent de payer pour recycler, sans réaliser qu elles paient déjà même si elles ne recyclent pas. De plus, comme cette filière d Elise est une entreprise adaptée, les entreprises qui font appel à ses services peuvent récupérer la taxe Agefiph pour les entreprises. Donc ils font appel à une prestation, mais ils bénéficient d une réduction d impôts. Ensuite il y a évidemment tous les bénéfices économiques et environnementaux souvent avancés, car produire du papier recyclé nécessite moins d eau, moins d électricité Il est d autant plus important d augmenter le nombre de clients de ces entreprises car au-delà de l importance de mieux recycler et de plus recycler, cela permettrait à ces entreprises récupératrices de mieux fonctionner, de faire des tournées de ramassages plus rentables, de limiter les transports 61

63 Il ressort également de cet entretien que le principal problème qui limite la progression du recyclage est un problème d information. Il faudrait que les entreprises prennent conscience qu il ne leur coûterait pas forcément plus cher de faire ramasser leurs déchets papiers par des entreprises spécialisées qui les valoriseraient que de les jeter sans les trier. Ensuite, il faudrait que le prix du papier recyclé diminue, pour que les consommateurs achètent plus de papier recyclé, que les entreprises produisent plus de papier recyclé et que celui-ci gagne de la valeur, ce qui inciterait les gens et les entreprises à mieux recycler leurs papiers. Tout cela est une question de coûts et d intérêts, car comme l a expliqué le représentant d Elise, «c est le portefeuille avant tout, pour les particuliers comme pour les entreprises». Nos questionnaires aboutissent aux mêmes conclusions. Concernant le questionnaire intitulé «Comment les Français considèrent-ils le papier», la moitié des personnes interrogées ignorent que tous les papiers sont recyclables, et 16 personnes sur 27 estiment qu elles ne sont pas suffisamment informées concernant le processus de recyclage et ses possibilités. C est donc en grande partie à cause de ce manque d informations que les gens recyclent peu, aussi bien chez eux, qu au sein de leur entreprise en tant que salarié. 62

64 Retranscription d entretien téléphonique avec l entreprise La Corbeille Bleue Rhône-Alpes : La Corbeille Bleue Rhône-Alpes Papiers de bureaux - archives - documents confidentiels David Pimienta Directeur d'agence Tél : C.D : Charlène Delcourt E.C.B : Entreprise la Corbeille Bleue C.D : Au niveau de votre service, vous proposez aux entreprises de récupérer leurs papiers et ensuite vous avez vous personnellement les moyens de les recycler ou vous les revendez à des entreprises? E.C.B : On les revend à des entreprises C.D : D accord, qui vont elles s occuper de les recycler E.C.B : Oui, on fait le tri et voilà C.D : Donc votre entreprise est une sorte d intermédiaire entre les entreprises qui souhaitent recycler leurs papiers et les entreprises qui ont les moyens de les recycler? E.C.B : Voilà tout à fait C.D : Vous achetez du papier à quel type d entreprise? E.C.B : En fait notre groupe Paprec est un groupe qui s occupe de la récupération et de la revente des papiers à recycler, notre filiale à nous La Corbeille Bleue s occupe de la revente 63

65 C.D : Comment faites-vous la promotion de vos services auprès des entreprises? Est-ce que vous mettez plutôt en avant les avantages écologiques, économiques? E.C.B : On a des commerciaux, et ils jouent sur ces deux aspects oui. C.D : Beaucoup de sites soutiennent que recycler le papier ne revient pas forcément plus cher aux entreprises que de le jete avec le reste de leurs déchets, pourtant c est un des aspect qui refroidit le plus les entreprises, elles ne veulent pas payer un service particulier et préfèrent les jeter avec le reste de leurs déchets E.C.B : Je sais que sur certains sites du Grand Lyon, le Grand Lyon refuse de récupérer les papiers des entreprises, ils leur donnent des adresses de différentes entreprises récupératrices de papier, tout une liste d entreprises comme la nôtre, et c est à eux de choisir l entreprise mais il y a un moment où ils sont obligés. C.D : Et financièrement, savez-vous si ça leur revient plus cher? E.C.B : Ah non pas du tout désolée, je ne connais pas les prix du Grand Lyon C.D : Et généralement lorsque vous proposez vos services à une entreprise et qu elle refuse, c est plutôt pour des raisons économiques, parce qu elles ne sont pas intéressées? E.C.B : Plutôt pour des raisons économiques oui, des problèmes de coût, parce qu en général si elles peuvent faire appel à notre service elles en sont contentes. C.D : Est-ce que vous savez si votre activité est source d économies d échelles importantes, c est à dire que plus vous récupérez de papier moins ça vous coûte cher à la tonne, par exemple plus vous récoltez de papier lors de vos tournées, plus elles sont rentables E.C.B : Au niveau du transport oui mais pas au niveau du traitement 64

66 C.D : D accord donc au niveau du traitement le coût unitaire par tonne reste le même. Et vous ne revendez pas plus cher si vous arrivez à revendre une quantité de papier plus importante. Donc même si le nombre de vos entreprises clientes augmentait beaucoup, cela ne permettrait pas une diminution de vos tarifs puisque le coût unitaire est fixe, on ne peut pas espérer que si plus d entreprises recyclent leurs papiers, les coûts vont diminuer? E.C.B : Non, malheureusement non. C.D : Et est-ce que certaines entreprises centralisent leurs papiers, par exemple trois entreprises qui seraient très proches géographiquement et qui choisiraient de déposer tous leurs papiers au même endroit, est-ce que dans ce cas cela leur permet de diminuer leurs coûts de ramassage vis à vis de vous? E.C.B : C est arrivé oui, assez rarement mais c est arrivé. Effectivement dans ce cas-là ça leur permet de faire des économies, pas très importantes mais quand même. C.D : Au vu des difficultés auxquelles vous devez faire face, avez-vous des recommandations sur le plan de la législation, de l information, des incitations qui pourraient inciter les entreprises à mieux recycler leurs papiers, ou améliorer la chaine du recyclage? E.C.B : Alors ça il aurait plutôt fallu voir avec les commerciaux, ce que je peux vous dire c est qu il y a un réel problème d information, des entreprises comme la nôtre sont assez peu connues, et nos services sont peu valorisés au travers des différentes campagnes d information. Il faudrait aussi que les entreprises comprennent qu elles ont réellement intérêt à faire appel à nos services, et que cela ne leur coûte pas forcément plus cher. 65

67 Analyse de l entretien avec La Corbeille Bleue : Il ressort de cet entretien des problèmes similaires aux problèmes soulevés par l entretien avec Elise, à savoir un manque d information, des services de recyclage insuffisamment valorisés, et des problèmes de coûts. Ces problèmes de coûts ne peuvent pas être résolus simplement en augmentant le nombre de client et la taille des entreprises qui récupèrent le papier, car les coûts de ces entreprises sont fixes, donc un nombre de client plus élevé ne leur permettra pas de baisser les prix de leurs services aux entreprises. Une intervention de l Etat est la seule solution, au travers de subventions pour permettre de diminuer les coûts de ramassage. 66

68 Retranscription de l entretien avec Martin Champel MC : Martin CHAMPEL / CL : Charlotte LACOMBE Nous avons contacté Martin CHAMPEL, engagé dans la direction technique à Veolia Propreté, suite à son intervention à l EM Lyon Business School dans le cadre de la BRL sur l économie circulaire. CL : Quel intérêt les entreprises ont à mieux gérer leurs déchets papiers de bureau? MC : Les entreprises ont tout intérêt à mieux gérer leurs déchets papiers de bureau. Par gestion des déchets papiers de bureau, j entends le tri des déchets notamment, qui pourrait même garantir de la valeur à leurs déchets papiers de bureaux. CL : Garantir de la valeur? Est-ce à dire que trier ses déchets papiers de bureau s avérerait rentable? MC : Effectivement. Si le tri des déchets papiers de bureau est bien effectué et que le papier conserve une certaine qualité, les entreprises de collecte diminueraient leurs factures pour la collecte des déchets de l entreprise. CL : C est à dire que les entreprises de collecte demanderaient moins d argent aux sociétés pour la récupération des déchets papiers de bureau, mais si les sociétés dépensent moins par ce biais là, elles ne peuvent tout de même pas gagner de sous en triant mieux leurs déchets papiers de bureaux? MC : Si. Il arrive que la valeur du papier soit telle que les services de collecte tels que Veolia soient prêts à payer les entreprises pour la qualité de leurs déchets papiers de bureau. CL : Pouvez-vous m évoquer un exemple d entreprise justement engagée dans ce processus de partenariat avec des entreprises de collecte, et qui parvient à réduire son empreinte écologique de façon rentable? 67

69 MC : Veolia Propreté s est récemment engagé aux côtés d Orange. Orange a fait le choix de s investir dans la collecte et le recyclage du papier. En chiffres, tonnes de déchets papiers sont consommés par l entreprise, dont 1900 tonnes dans les bureaux. Son partenariat avec Veolia Propreté limite son empreinte écologique. CL : Si mieux gérer ses déchets est rentable, le problème vient-il de la formation des salariés ou de leur sensibilisation aux déchets papiers de bureau? MC : Je ne pense pas. Les salariés veulent parfois véritablement s investir dans ce type de projet. Le problème qui en résulte est le manque de volonté des entreprises elles-même qui n accordent pas de priorité à la gestion des déchets de papier bureau. CL : Est-ce alors réellement si rentable? Et ce pour toutes les entreprises? MC : Les exemples certifiant la rentabilité d une meilleur gestion des déchets pour les entreprises concerne essentiellement les entreprises pour lesquelles la consommation de papier est très importante. Pour les entreprises du secteur agro-alimentaire, les entreprises se concentrent davantage sur le label éco-responsable de leurs produits pour embellir leur image. L éco-responsabilité paraît logiquement avoir moins d importance pour l image de l entreprise. Ainsi, les salariés, même chez Veolia propreté (!), se plaignent du manque d intérêt porté par les entreprises. CL : Pour certaines entreprises, le papier pourrait alors réellement avoir de la valeur? MC : Le papier a une valeur marchande avérée. Une véritable convoitise règne autour du papier recyclé. L exportation de papier recyclé à l étranger peut effrayer les papetiers qui craignent une rareté du papier recyclé. En effet, les papetiers ont mis au point des processus qui nécessitent du papier recyclé. C est pourquoi, si le papier recyclé vient à manquer, son prix tendra à augmenter, et le processus de fabrication du papier à partir du papier recyclé n aura plus de véritables avantages économiques. Ainsi, au sein de l entreprise de papeterie UPM, a été créé un centre de tri pour que le papetier soit sûr de disposer de papier issu du recyclage! 68

70 Analyse de l'entretien avec Martin Champel Cet entretien nous a permis de nous renseigner sur diverses hypothèses : 1) Si les personnes concernées dans les entreprises avaient conscience des retombées positives d'une prévention et meilleure gestion des déchets papiers, alors les entreprises s'y impliqueraient davantage : Les réponses apportées par Marton Champel appuient cette hypothèse puisque il nous a donné des exemples qui vérifient que les entreprises de collecte de papiers seraient prêtes à payer les entreprises en fonction de la qualité des déchets papiers de bureau. Leurs déchets papiers ne seraient donc plus une charge à proprement parler, mais au contraire pourrait devenir source de revenus. De plus, les partenariats avec des entreprises de collecte, qui montrent l'intérêt des entreprises à gérer le devenir de leurs déchets papiers de bureau favorisent une meilleure empreinte écologique et permettent de créer une image positive de l'entreprise. 2) Le rapport des Français aux papiers Martin Champel analyse que les salariés montrent pour certains une volonté de trier, cette volonté étant freinée par les politiques des entreprises. C'est en quelque sorte une rivalité entre les salariés et les personnes qui sont responsables des décisions en matière environnementale. (cf les définitions : le DRH, le manager, responsable des ventes, la filière marketing et production). Ainsi, le problème n'est pas véritablement le manque de formation des salariés, mais plutôt l'incitation des personnes concernées, qui sont surtout intéressées par le profit. L'objectif étant ainsi de montrer que prévenir et gérer ses déchets papiers de bureau peut s'avérer rentable. 69

71 Retranscription de l entretien avec Mme Valongo : responsable logistique à l Imprimerie Du Marais, Paris L Imprimerie Du Marais est une entreprise située à Paris dans le 3e arrondissement. Elle se décrit comme «éco-responsable». «Tous est la pour imprimer en vert : des papiers recyclés sélectionnés, des matières premières naturelles». L entreprise est certifiée imprim vert et FSC. JS : Pourquoi vous avez choisi d être labélisé FSC? Quel est l intérêt pour l imprimerie du marais? MV : C est avant tout une question d image. Les clients demandent de plus en plus a ce que le papier utilisé dans leurs brochures, cartes de visites ou autres documents soit issu d un processus de fabrication respectueux de l environnement. Il peut s agir d un papier recyclé ou d un papier issu d une forêt gérée durablement. Le label FSC justement garantit a nos clients que le papier que nous utilisons dans nos travaux est issu de foret gérées durablement. La demande est d autant plus croissante que la présence de ce label sur leurs produits est bénéfique pour leurs images. Ceci est particulièrement vrai pour les grandes marques. Il faut également noter que pour atteindre des marchés publiques (administrations, mairies), mais aussi des entreprises publiques et semi-publiques (EDF par exemple) ce label est nécessaire, ce marché étant régulé par des règles obligeant ces administrations et entreprises a utiliser du papier issu d une fabrication respectueuse de l environnement. Par ailleurs nous nous conformons aux exigences du grenelle de l environnement et réduisons ainsi notre empreinte carbone. JS : Y a t il une cotisation? Est ce rentable? Est ce réellement important aux yeux des clients? MV : Pour obtenir ce label il faut payer une cotisation variant de 2000 à 2500 euros par an. Cela fait 3 mois que nous avons obtenu ce label donc évaluer sa rentabilité n est pas 70

72 encore possible. Néanmoins, nous sommes conscients que certains clients auraient refusé de produire leurs brochures dans notre entreprise nous n avions pas eu ce label. JS : Est ce que vous triez le papier? Pourquoi? (Si non, qu est ce qui vous inciterez à le faire) MV : Nous faisons appel a une entreprise spécialisé CDIF, qui s occupe de la gestion de nos déchets. Concrètement l entreprise s occupe du ramassage et du traitement de nos déchets papiers. Pour notre activité c est indispensable vu le volume de papier que nous jetons chaque jour. Les poubelles traductionnelles sont trop petites ; de plus la cadence ne nous permettrait pas d effectuer un tri efficace. L entreprise CDIF nous loue des bacs 70euros/mois et le forfait de ramassage et traitement coute également 237,87 euros par mois. Ainsi nos exigences en terme de stockage et de tri sont respectées. C est un investissement qui ne nous aide pas directement a gagner des parts de marché mais qui participe au bon fonctionnement de l entreprise. JS : Est ce que vous utilisez du papier recyclé? Pourquoi? (Si non, qu est ce qui vous inciterez à le faire) MV : Nos principaux fournisseurs proposent des papiers tous issus de forêts gérés durablement. Parfois même le papier est d origine recyclé. Quoi qu il en soit nous nous adaptons aux exigences des clients et sommes très transparents sur les produits que nous utilisons. Nous prenons le soin d expliquer d éventuelles avantages et inconvénients pour chaque papier. JS : En terme de pourcentage, nous utilisons 10% de papier recyclé mais ce pourcentage tend à augmenter. Il a environ doublé depuis 10 ans. Nous distinguons les papiers fabriqués a base de 30% de fibres recyclées et les papiers fabriqués a base de 10% de fibre recyclées. MV : En terme de qualité, le déficit est avéré. Le papier recyclé est moins blanc, la gamme de produits est moins importante et jusqu à peu de temps beaucoup de papiers recyclés n étaient pas compatibles avec nos imprimantes. La clarté des couleurs apparaît moins 71

73 bien sur le papier recyclé. Dans nos brochures haut de gamme commandées par des grandes marques souvent de luxe, nous ne pouvons pas utiliser ce type de papier. Il convient tout de même de noter que la qualité des papiers recyclés s améliore. 72

74 Retranscription de l entretien avec Jérémie Picot en charge de la filière Recy Go (La Poste) JP : Jéremie Picot / CL : Charlotte Lacombe CL : En tant qu entreprise de collecte, comment la Poste envisage d inciter les entreprises à mieux gérer leurs déchets papiers de bureau? JP : La Poste entend, notamment grâce à sa filière Recy go, rendre la gestion des déchets papiers de bureau plus accessible en terme de moyens financiers (coût de la collecte) qu en terme de moyen technique : simplification des gestes par exemple. CL : En quoi consiste cette filière Recy go? JP : Recy go vise à faciliter les gestes de tri, rendant plus naturel le recyclage, et le simplifiant. CL : Concrètement, comment cette filière fonctionne? JP : Les salariés doivent déposer leurs papiers destinés au tri dans des poubelles appelées «Eco-belles». Leur campagne de sensibilisation des entreprises (salariés notamment) passe par des affiches expliquant des gestes simples de tri. CL : En quoi ces Eco-belles diffèrent des poubelles habituelles? JP : Dans ces Eco-belles, les papiers ne doivent pas être chiffonnés mais posés à plat, étendus. Par la suite, ces Eco-belles seront versées dans des bacs situés aux alentours des boîtes aux lettres. Le but de cette démarche est de maximiser l efficacité à la fois de l entreprise la Poste et l action de l entreprise en matière écologique quant aux déchets papiers de bureau. CL : Comment maximisez-vous l efficacité de l entreprise La Poste? Que voulez-vous dire par là? 73

75 JP : Quand La Poste se contentait de livrer le courrier, une fois les adresses livrées les camions repartaient vides. De cette façon, nous exploitons la logistique avec le ramassage des écobelles après dépôt du courrier. Les camions de la Poste ne tournent jamais à vide. CL : Et pour l entreprise? JP : Par un geste plus simple : dépôt à plat des feuilles de papier de bureau, le recyclage du papier est facilité, et les salariés ne voient pas leurs habitudes de travail perturbées. CL : Et la collecte des Eco-belles s effectue à quel prix? JP : Le prix exact dépend du nombre de salariés dans les entreprises, et de la consommation moyenne de papiers de bureau. Cependant, ce système permet aux entreprises de bénéficier d un coût raisonnable de gestion des déchets papiers de bureau. CL : Quelle récompense l entreprise aurait à s y engager? JP : Sans parler de récompense, l entreprise pourrait se targuer de s engager dans un processus d éco-responsabilité impulsée par la collecte de ses déchets papiers de bureau. De plus, les entreprises partenaires de la Poste bénéficient d un label, appelé «Certificat de collecte qui garantie l engagement de l entreprise dans l économie responsable, tant auprès des clients que des collaborateurs. CL : Pensez vous véritablement que les clients font attention à ce genre de Certificat? JP : Pour le moment, pas suffisamment à mon goût, le problème est le manque d information que possède le client. Si ce genre de certificat était connu et reconnu, le client en saurait davantage. 74

76 CL : Quels sont les obstacles au développement de cette filière Recy go? JP : Notre communication est bonne donc notre filière se fait rapidement connaître. Cependant, certaines entreprises sont réticentes : elles craignent le dévoilement des sujets confidentiels/ or, dans les Eco-belles les papiers sont étendus, non froissés, et par conséquent, clairement lisible. L intégrité des services de La Poste ne fait pas de doute mais ne peut être garantie sans failles aux entreprises. 75

77 Questionnaire : L éco-responsabilité d une entreprise lui permet-elle réellement d être attractive? 76

78 77

79 Réponses au questionnaire : L éco responsabilité d une entreprise lui permet-elle réellement d être attractive? : 78

80 Questionnaire sur : Le rapport des Français au papier : 79

81 Réponses au questionnaire sur : le rapport des français au papier : 80

82 81

83 ` 82

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