Étude trimestrielle de Crédit Foncier Immobilier UN MARCHÉ LOCATIF QUI TOURNE AU RALENTI 4 e trimestre 2013 Direction des Études Point de conjoncture bureaux marché de l investissement 2013 : Comment conjuguer prudence et opportunisme? Si la dynamique de l activité d investissement peut paraître paradoxale au regard de la nette décélération du marché locatif français, elle s est confirmée en 2 013. Les volumes investis en immobilier d entreprise banalisé (1), de l ordre de 15 milliards d euros, égalent ainsi ceux engagés en 2011 et 2012. Les raisons sont à la fois conjoncturelles, sur fond d arbitrage favorable à l immobilier en termes d allocation d actifs, et structurelles, car les liquidités à placer restent abondantes sur le marché. L appétit des investisseurs nationaux et internationaux n est d ailleurs que partiellement assouvi, faute d offre correspondant à leurs critères de recherche, au premier rang desquels les actifs «core» sécurisés. Au-delà des statistiques et des montants, le marché de l investissement 2 013 a gagné en diversité d acteurs présents, nationaux et internationaux, avec une palette de stratégies d allocation d actifs bien plus étoffée qu en 2012, contribuant en cela à une meilleure profondeur de marché. Entre concurrence exacerbée sur les meilleurs actifs et recherche de positions opportunistes sur des portefeuilles hétérogènes et/ou des classes d actifs plus risquées, les acteurs ont démontré leur intérêt pour le marché français, tenu l an dernier par une majorité d investisseurs nationaux. investissement immobilier d entreprise banalisé en france (en milliards d euros) 30 25 20 15 10 5 0 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 Volumes engagés Prévisions (1) Bureaux, commerces, entrepôts et locaux d activités 1 Étude Trimestrielle de Crédit Foncier Immobilier 4 e trimestre 2013
Point de conjoncture bureaux marché de l investissement Les vases communicants de l économie Excédents budgétaires d exportation (états) Vieillissement de la population (pays développés) épargne des particuliers (économies, retraite) Rendement à servir Placements diversifiés = épargne intergénérationnelle Retraite (capitalisation) Collecte assurance-vie pierre-papier Spread favorable Couple rendement/risque Recherche d actifs «core» sécurisés Fonds souverains + Fonds de pension + Assureurs SCPI OCPI = Abondance de liquités à placer Diversification de l allocation d actifs L abondance structurelle de liquidités provient, pour l essentiel, de la sphère des particuliers, via le mécanisme de capitalisation. Grand paradoxe du marché, dans un contexte durable de contraintes sur les ressources bancaires susceptibles de financer l immobilier, la prédominance d investisseurs en fonds propres témoigne des volumes importants qui cherchent à se placer et alimentent copieusement l investissement en immobilier d entreprise et ce, malgré un marché locatif et des fondamentaux économiques difficiles. L analyse de la provenance de ces fonds à investir met en évidence une croissance structurelle liée aux vases communicants de l économie : excédents budgétaires à placer de certains états et retraites par capitalisation gérées par les fonds de pension et fonds de réserve publics des pays développés, dont la population est vieillissante. Enfin, l épargne des ménages s oriente vers l assurance-vie et la pierre papier, tant pour se prémunir des accidents de la vie que pour anticiper le besoin de complément de retraite. Mais, tandis que cette part immobilière pourrait tendanciellement croître, elle reste limitée à 6 à 8 % maximum dans nombre de portefeuilles d acteurs non spécialisés. C est bien là l autre paradoxe du marché, car la nécessité de sécurisation des investissements, pour servir les rendements attendus et/ou garantir au mieux les placements, conduit en réalité à exacerber la concurrence sur les mêmes catégories d actifs ou portefeuilles «core» du marché. D où un marché de l investissement tout à la fois résistant et façonné en volumes par les opportunités d acquisition d offre très qualitative, et, parallèlement, une relative tension sur les prix sur le segment du prime. quelle allocation d actifs en 2013 (hors immobilier de services) 24 % 10 % 66 % Bureaux Commerces Logistique à l échelle internationale, le poids des actifs détenus par les fonds d investissement (y compris les fonds de fonds) a atteint 23 000 Mds au troisième trimestre 2013. Dans les pays de l OCDE, les actifs sous gestion des fonds de pension privés s élevaient à 20 600 Mds de dollars en 2011, soit l équivalent de 74 % du PIB de la zone. S y ajoutent les actifs des fonds de réserve publics, pour financer les retraites publiques, qui représentent près de 19 % du PIB. Les fonds souverains disposent, quant à eux, de 5 200 Mds de dollars en 2012, soit 10 % du PIB mondial. Les «hedge funds» pèsent pour leur part, 2 010 Mds $ en 2013 (+ 8 % sur un an). Les sociétés d assurances françaises totalisent près de 2 000 Mds de placements en 2013, avec une allocation d actifs de 3 % en immobilier (contre 2 % en 2012). Enfin, on dénombre, en France, 150 SCPI gérées par ving-six groupes en 2012, capitalisées à 27,23 Mds, pour une collecte nette annuelle de 2,5 Mds en 2012 (1,1 Md au premier semestre 2013). Les actifs bruts des OPCI sont estimés à 28 Mds fin 2012. Sources : EFAMA, OCDE 2013, Sovereign Wealth Fund Institute, Edmond de Rotschild, FFSA, AS-PIM IEIF. 2 Étude Trimestrielle de Crédit Foncier Immobilier 4 e trimestre 2013
2013 : comment conjuguer prucence et opportunisme? 2013 : des stratégies alternatives de diversification sur fond d opportunités En immobilier d entreprise banalisé, l Île-de-France a capté 74 % des volumes nationaux en 2013, soit près de 11,1 Mds. Cette performance, en baisse de 8 % sur un an, s explique par une structure d investissement très différente de celle de 2012, année atypique alors marquée par de très gros tickets unitaires de plus de 500 M (52-60 avenue des Champs- Élysées, Cité du Retiro et Néo ). On a assisté, en 2013, à une relative réouverture géographique, à la faveur de classes d actifs alternatives aux bureaux. Ainsi, la part dédiée à l immobilier tertiaire s est repliée à 66 %, l an dernier, contre 76 % en moyenne sur la décennie. La part de l immobilier commercial est en progression sur un an, autour de 3,5 Mds, soit près du quart des investissements réalisés en France en immobilier d entreprise. En particulier, les ventes de portefeuilles France entière ont permis aux marchés régionaux de capter 26 % des engagements 2013. Ces opportunités, comprenant d ailleurs nombre de galeries commerciales, sont liées à l arbitrage, par les grandes foncières spécialisées, d actifs non stratégiques arrivés à maturité pour se réorienter vers de nouvelles poches de concepts commerciaux. C est le cas de Klépierre, qui a cédé fin 2013 pour 2 milliards d euros de galeries commerciales en Europe, dont cinquante-sept en France valorisées à 1,4 Md ; ou encore d Altarea, qui a arbitré fin juillet 2013 un portefeuille de 155 000 m 2 (dont Bercy Village, les boutiques de la Gare de l Est ou l espace Gramont, à Toulouse), acquis 395 M par Allianz ; Immochan a cédé un portefeuille de trois galeries marchandes et quatre retail parks, d une surface de 60 000 m 2, pour 160 M. à mentionner, encore, le portefeuille «Corio» de quatre centres commerciaux et 55 300 m 2, acquis pour 104 M. Les boutiques parisiennes et les emplacements n 1 des grandes villes régionales rencontrent toujours l intérêt des investisseurs mais l offre reste ténue. Portefeuille «Vivarte», acquis (autour de 180 M ) par La Française, composé pour une part significative d actifs situés dans Paris (emplacements de premier ordre majoritaires). Les boutiques Levi s, Health City et Tissot, du 76 Champs-élysées, acquises 85 M par AG RE. Ou encore treize cellules commerciales (dont Toys R Us, Sephora) situées av. de France à Paris 11 e, vendues à Deka Immobilien pour 54 M. Citons également quelques exemples de transactions d actifs unitaires qui auront marqué l année 2013 : l acquisition, par Generali, de la galerie Passy Plaza (Paris 16 e ) moyennant 141 M ; la cession du centre commercial de Val Thoiry (galerie commerciale de 15 000 m 2 et retail park attenant de 8 000 m 2 ), au fonds hollandais Vastned, sur la base de 105 M, pour un rendement annoncé de 5,6 % ; Klépierre a acquis d Icade une partie du centre «Odysseum 2», à Montpellier, pour 138 M. Au total, une cinquantaine de cessions de portefeuilles d immobilier d entreprise nationaux sont identifiés pour l année 2013 et environ soixante-cinq toutes catégories d actifs immobiliers confondues. La plus grosse transaction restera, après celle de Klépierre, la vente du portefeuille résidentiel Selec, cédé 1 Md au fonds Twenty Two Real Estate. Parmi les ventes emblématiques, rappelons aussi l acquisition par le fonds qatari Constellation Holding Hotel (structure basée au Luxembourg) du portefeuille murs et fonds de quatre prestigieux hôtels (dont le Martinez, à Cannes, et le Concorde Lafayette), moyennant un ticket estimé de 800 M. Sur le marché de la logistique, la relative réouverture est portée par l intérêt affiché de certains investisseurs pour le segment des grandes platesformes neuves à flux de revenus sécurisés. Sur le marché secondaire, en revanche, l activité d investissement s est encore illustrée par un désengagement des généralistes et des cessions de portefeuilles, au profit de pure players, mais aussi de fonds opportunistes. Répartition géographique des volumes d investissement (en millions d euros) 2013 2012 2011 2010 2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 Régions Île-de-France 3 Étude Trimestrielle de Crédit Foncier Immobilier 4 e trimestre 2013
Point de conjoncture bureaux marché de l investissement TYPOLOGIE DES INVESTISSEURS 2013 : une grande diversité d acteurs à l affût d opportunités Si l intérêt des fonds d investissement étrangers pour les actifs phares parisiens reste d actualité, en 2013, le marché de l immobilier d entreprise français est très majoritairement animé par les investisseurs nationaux et européens autofinancés. Typologie des investisseurs en 2013 sur des actifs majoritairement «non core». Parmi les acquisitions, citons le rachat pour 450 M des parts de la société espagnole Tesfran, détenant la tour Adria, à La Défense ; autre investissement, pour 165 M, l ensemble immobilier restructuré de l îlot Panhard, opération financée sous le nouveau format de la syndication entre le Crédit Foncier et Generali, ou encore l acquisition, pour 120 M, de l immeuble de bureaux Okabé (23 000 m 2 ), jouxtant le centre commercial éponyme du Kremlin-Bicêtre. Assurances/mutuelles SCPI/OPCI SIIC/autres foncières Fonds (y compris souverains) Autres investisseurs 2013 9 % 60 % 16 % 25 % 22 % 28 % 40 % Mais la plupart des SCPI ont continué d investir, principalement en province, dans un budget de 1 à 5 M pour des locaux commerciaux et de 10 à 20 M sur le segment des immeubles de bureaux. La tranche d investissement de 20 à 50 M a été majoritairement animée par les fonds d investissement. Sur quarante-huit 48 transactions recensées dans cette enveloppe budgétaire totalisant près de 1,6 M, l enveloppe moyenne s élève à 33 M. Vingt-quatre transactions se sont inscrites dans un budget de 50 à 100 M, concentrées essentiellement en Île-de-France et sur l agglomération lyonnaise, avec une moyenne autour de 65 M. 2012 52 % 48 % Investisseurs internationaux : l arrivée des Asiatiques, le retour remarqué des Américains Investisseurs français Investisseurs étrangers Mise en place de stratégies offensives chez les investisseurs nationaux Pour défendre leurs positions face à l appétit et à la force de frappe des fonds souverains et opportunistes, nombre d acteurs ont dû développer des stratégies nouvelles : la structuration en club deal ou pools d investissement, entre assureurs, d une part, ou via des OPCI ad hoc, d autre part, dont le double avantage est de ne pas mobiliser trop de fonds propres sur un seul actif unitaire, et de mutualiser le risque. Les fonds souverains Tandis qu ils agissaient le plus souvent sous le couvert d autres véhicules et de conseils anglo-saxons, les fonds souverains paraissent désormais armés pour agir en direct. Ils n ont certes pas été omniprésents à l investissement, mais restent toujours attentifs aux opportunités du marché français, plus spécialement d adresses phares parisiennes ou de «trophy assets». Quelle que soit leur nationalité, et si chaque fonds peut avoir une stratégie différente, les fonds souverains ont pour particularité d investir à long terme et de cibler avant tout des actifs «core» partout en Europe, avec un minimum de 500 M. Deuxième stratégie, sur un marché devenu très concurrentiel, chaque typologie d acteurs et même chaque acteur essaie de cibler des niches de marché où la compétition est moins rude. Côté assureurs, Prédica s est particulièrement distingué en 2013, avec l acquisition au troisième trimestre de l écocampus de Châtillon (350 M ), qui sera occupé par l opérateur Orange dès sa livraison, en 2015. Avec une vision stratégique du futur Grand Paris, l assureur étudierait, en club deal, deux autres campus actuellement en vente : celui de SFR, à Saint-Denis (autour de 600 M ), et celui de Carrefour, à Massy (autour de 350 M ). Côté SCPI, et surtout OPCI, la structuration de Primonial Reim permet à cet acteur, en forte croissance depuis sa création en 2011, de se positionner en 2013 comme le premier investisseur français sur le marché avec 1,3 Mds, pour une collecte de 2,5 Mds l an passé. L une des stratégies révélées est de se positionner «off market» pour la moitié des acquisitions, avant que ces biens ne soient mis officiellement sur le marché, Mais en 2013, faute de gros tickets mis sur le marché tertiaire dans le Triangle d Or parisien comparables à ceux de 2012, l intérêt des fonds moyen-orientaux s est, notamment, reporté sur l hôtellerie de luxe française sur des portefeuilles mixtes d immobilier d entreprise, en particulier ce qui suit. Fonds qatari Constellation Holding Hotel (structure basée au Luxembourg) : achat du portefeuille murs et fonds de quatre prestigieux hôtels (dont le Martinez, à Cannes, et le Concorde Lafayette), moyennant un prix estimé de 800 M. Abu Dhabi Investment Authorities : acquisition du solde du portefeuille de la foncière des Docks Lyonnais par UBS pour près de 672 M (dont l immeuble de bureaux situé au 6-8 boulevard Haussmann, loué par la BPI, le Capitole à Nanterre, un parc d activités à Antony, des boutiques dans la Presqu île à Lyon). Cette cession, illustrant une décote de 25 % pour le vendeur par rapport à la valorisation de 2008, est révélatrice d un relatif opportunisme de ce fonds souverain émirati, sous condition probable de la présence de quelques actifs cibles. 4 Étude Trimestrielle de Crédit Foncier Immobilier 4 e trimestre 2013
2013 : comment conjuguer prucence et opportunisme? Pour 2014, tandis que l on annonçait l association Qatar Holding/ Hines pour rafler les neuf «joyaux» parisiens de la foncière italienne Risanamento, situés rue François 1 er, avenue Montaigne, boulevard Haussmann, l année commencerait bien pour le Saoudien The Olayan Group associé à Chelsfield, qui investirait 1,225 Md Répartition géographique des investissements en 2013 8 % La présence des fonds asiatiques s était jusqu à présent résumée à quelques opérations initiées par les Coréens ou Singapouriens. Et la discrétion légendaire des Chinois a pu masquer leur intérêt pour le marché parisien, qui s est illustré jusqu en 2012 par des transactions de vignobles sur la région bordelaise ou d hôtels particuliers à des fins d exploitation. 2013 restera, sur ce plan, marquée par le positionnement en direct du fonds chinois Safe, dans l appel d offres lancé par Gecina pour le tout nouveau centre commercial Beaugrenelle, avec un cachet évoqué de plus de 700 M. Les fonds d investissement et fonds de pension. Le fonds norvégien Norges Bank choisit définitivement le modèle de la joint venture pour investir à l étranger et n a pas réalisé d opérations en France en 2013 ; en Grande-Bretagne, néanmoins, il s est associé à Prologis pour acquérir un portefeuille de onze actifs industriels pour un montant global de 247,56 millions de livres. Les fonds allemands restent présents durablement sur le marché français, même si leur calendrier propre leur impose d être surtout vendeurs depuis 2012. Union Investment s inscrit, depuis quelques années, comme l un des acteurs majeurs de la sphère d investisseurs en France. Les fonds américains signent en 2013 leur véritable comeback sur le marché français : leur stratégie d opportunisme ou de création de valeur reste leur caractéristique maîtresse, avec des tickets minimaux de 75 à 100 M, pour minimiser les coûts de gestion de leur plate-forme pan-européenne. Et les acteurs sont en nombre : Blackstone, KKR, Appolo, Orion, Red Tree Capital, Invesco Quelques illustrations de deals 2013 sur le marché des actifs secondaires ou des actifs «distressed» : le fonds Appolo s est postionné sur le portefeuille Logicad pour 145 M (taux de rendement annoncé de 12 % pour onze actifs de classe B), Blackstone sur le portefeuille Quartz (38 M ), mais aussi sur les immeubles tertiaires Colisée III et IV (17 e ). Île-de-France 18 % 22 % 9 % 43 % Paris La Défense Croissant Ouest Première Couronne Deuxième Couronne Paris, la valeur sûre La capitale a concentré 4,7 Mds d investissement en 2013 et 43 % des engagements en Île-de-France. L année s est clairement différenciée de 2012, année atypique marquée, il faut le dire, par des opportunités exceptionnelles saisies par les fonds souverains étrangers, pour un total engrangé de 7 Mds à la même époque et une part insolente dans l investissement francilien de près des deux tiers. Ce score, amputé d un tiers sur un an, n est pas pour autant significatif d une quelconque tendance, mais plutôt symptomatique d un manque d adresses phares. Un volume significatif de 927 M d investissements au quatrième trimestre permet au Quartier Central des Affaires (QCA) de compenser un troisième trimestre atone (seulement 268 M ) et de clore l année 2013 à 2,7 Mds. Cette performance est en retrait de 31 % comparée aux 4 milliards d euros engagés en 2012 (dont 2,1 Mds au deuxième trimestre). Les cessions d immeubles mixtes auront été nombreuses pour soutenir le marché de l investissement, parmi lesquelles ressortent : le 65/67 av. des Champs-élysées (acquéreur : Thor Equities ; 260 M ), et le 118 (Pramerica ; 135 M ) ; le 22 place de la Madeleine ; le 43 boulevard des Capucines, etc. Au premier semestre 2014, quelques ventes phares devraient aboutir : l ensemble mixte restructuré «Le Madeleine» (ex- «Trois Quartiers»), proche de 450 M, outre le portefeuille Risanamento (1,2 Md ). La région Île-de-France a capté quasiment les trois quarts de l investissement national, part dans la moyenne historique, pour un volume annuel acté de 11,1 Mds en 2013. En retrait de 8 % par rapport à la bonne performance de 2012, l activité d investissement a été bien moins dynamique, au quatrième trimestre 2013 (environ 3 Mds ont été engrangés, contre près de 4,8 Mds fin 2012). En matière d immobilier de commerce, si le nombre des transactions portant sur des pieds d immeuble est globalement en net retrait sur un an, l appétit des investisseurs n a pas manqué, sur le segment des boutiques emblématiques parisiennes, sur des zones de flux et les secteurs traditionnels du luxe parisien : «Nespresso» rue Bonaparte, «Tiffany» rue de la Paix, «COS» rue de Passy, etc. 5 Étude Trimestrielle de Crédit Foncier Immobilier 4 e trimestre 2013
Point de conjoncture bureaux marché de l investissement Paris Sud demeure le deuxième pôle d investissement parisien avec 1,3 Mds, contre 2,3 Mds en 2012 ( 44 %). Le nombre d opportunités d acquisition dans le 15 e arrondissement ou sur le secteur Paris Rive-Gauche n a pas été équivalent sur un an. Citons deux transactions significatives sur le secteur : l acquisition, au premier semestre 2013, de la Tour Mirabeau (Paris 15 e ) par la foncière Gecina pour 186 M, ou celle, par Primonial Reim, moyennant 165 M, de l ensemble immobilier restructuré de l îlot dit «Panhard» (21 700 m 2 entièrement loués, principalement à la SNCF). Paris Centre Ouest enregistre 481 M d investissements en 2013, volume en baisse de 14 %, du fait, essentiellement d un quatrième trimestre bien moins porteur (il était en hausse de 30 % sur les neuf premiers mois). Volumes d engagements à PARIS (en millions d euros) 8 000 7 000 6 000 5 000 4 000 3 000 2 000 1 000 0 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 Enfin, avec 218 M en 2013 contre 248 M en 2012, l investissement à Paris Nord-Est décline de 12 % sur un an, pour des volumes traditionnellement faibles dans un secteur moins tertiaire, dont l offre est structurellement contrainte. Croissant Ouest : le secteur qui se détache nettement en périphérie. En périphérie, le Croissant Ouest devance d une courte tête la Première Couronne et totalise 2,4 Mds engagés en immobilier d entreprise pour l année 2013. L activité d investissement s est renforcée au fil des trimestres (172 M au T1, 468 M au T2 puis 1,074 Mds au T3 et 714 M au T4), tant et si bien qu elle s inscrit en hausse de 20 % sur un an. Parmi les transactions significatives, rappelons les ventes opérées sur ce secteur : l immeuble Crédit Agricole (53 000 m 2 ), à Courbevoie, cédé 180 M ; sur l opération du Trapèze, à Boulogne-Billancourt (92), l immeuble La Factory (14 000 m 2 de bureaux) pour 103 M net vendeur ; «Perspective Défense», à Colombes (2008, 28 000 m 2 de bureaux), acquisition signée par une SPPICAV contrôlée par un Reit américain au prix de 126,5 M ; L Atrium Carré 92, sis à Gennevilliers, livré en 2010 et entièrement occupé par «Chèque Déjeuner», revendu 118 M. La Défense : premiers signes de réouverture après plusieurs années atones. La réouverture du marché de l investissement sur le pôle d affaires de La Défense secteur emblématique de tours à plusieurs centaines de millions d euros s est s amorcée en 2013. Le volume annuel, encourageant, s y établit à 912 M ; près des trois quarts se sont engagés sur deux actifs : la tour Adria (54 000 m 2 ), occupée par Technip selon bail ferme expirant en 2021 au troisième trimestre, via le rachat de parts de la société espagnole Tesfran pour 450 M, par le fonds d investissement de Primonial Reim ; la Tour Pacific (55 000 m 2 ), acquise 215 M par Tishman Speyer auprès d Ivanhoe Cambridge. Mais ce micro-marché peine, par ailleurs, à attirer de nouvelles signatures du CAC 40 pour retrouver des volumes d activité locative en rapport avec les très grandes surfaces disponibles. Reprise des investissements sur La Défense et le Croissant Ouest (en millions d euros) 5 500 La Défense 5 000 Croissant Ouest 4 500 4 000 3 500 3 000 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 6 Étude Trimestrielle de Crédit Foncier Immobilier 4 e trimestre 2013
2013 : comment conjuguer prucence et opportunisme? Au premier semestre 2014, le volume d investissements local devrait être boosté par la vente annoncée du paquebot «Coeur Défense», sur laquelle on annonce le positionnement de fonds américains (PWP et, en dernier lieu, Lone Star), qui se négocierait autour de 1,3 Md, à comparer aux 2,1 Mds investis par la structure Hold en 2007. Première et Deuxième Couronnes La Première Couronne est le troisième pôle d investissement de l Île-de-France en volumes ; elle capte 18 % de l activité d investissement, soit 1,9 Md au global sur l année 2013, essentiellement engagés sur le deuxième semestre. Sur un an, l enveloppe globale est en hausse de 85 % (1,029 Mds en 2012). La transaction phare de l année porte sur un éco campus, celui de Châtillon, qui sera occupé par l opérateur Orange dès sa livraison, en 2015, acquis pour environ 350 M par Prédica au troisième trimestre. Sur ce total, citons aussi deux opérations du premier semestre, signées par Primonial, qui s est porté acquéreur de l immeuble «Porte du Parc», à Saint-Ouen (12 000 m 2 2009), moyennant 71,5 M et l immeuble de bureaux Okabé (23 000 m 2 ), au Kremlin- Bicêtre, pour 120 M. La Française REM a, quant à elle, acquis «Le Kappa» moyennant 85 M, immeuble ancien de 15 900 m 2 occupé par Alstom, situé dans la Zac des Docks (Saint-Ouen). Une relative désaffection gagne la Deuxième Couronne, laquelle n a engrangé en 2013 que 882 M, volume en recul d un tiers sur un an, divisé par deux par rapport à la moyenne décennale (1,66 Mds ). L obsolescence de l essentiel du parc et l aversion au risque locatif peuvent constituer deux facteurs explicatifs majeurs. Parmi les acquisitions 2013, citons quelques exemples : à Guyancourt (78), rue de la Redoute, deux immeubles de 10 500 m 2 et 12 200 m 2 moyennant 75 M ; le parc d activités commerciales Parisis Park à Franconville (95) sur la base de 39,85 M ; à Créteil (94), positionnement de la SCPI Immovalor dans Europarc, Avancée B (au pied de la nouvelle station de métro Pointe du Lac), 5 700 m 2, pour 19,2 M. L investissement en régions s est révélé bien plus porteur en 2013, retrouvant sa part de représentation nationale usuelle, du quart du volume d investissement. Il représente près de 4 Mds sur un an, volume en forte hausse par rapport à l année 2012 et qui a pu être atteint en grande partie grâce aux opportunités d achat de portefeuilles, le plus souvent spécialisés mais diversifiés géographiquement, avec l avantage d une dilution du risque locatif. l externalisation de murs de grandes enseignes, Sofidy a acquis en début d année un portefeuille Jardiland sur la base de 35,4 M ; À Bordeaux, le fonds néerlandais Vastned Retail a acquis un portefeuille bordelais de cinq boutiques (emplacements n 1) moyennant 47 M. Sur le segment des petites et moyennes surfaces commerciales en centre-ville ou en zone urbaine dense, on peut citer, par exemple, l investissement de Primonial Reim de 18,3 M dans un immeuble mixte de bureaux et commerces à Lille, treize boutiques dans la galerie commerciale Centre Sud 3 à Grand-Quevilly et deux magasins à Champagne-au-Mont-d Or (69). Enfin, sur le segment des retail parks, pour ce qui concerne 7 Étude Trimestrielle de Crédit Foncier Immobilier 4 e trimestre 2013
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