Groupe de Recherche en Économie e Développemen Inernaional Cahier de Recherche / Working Paper 13-3 Corrupion, croissance e pauvreé : le cas du Sénégal François Joseph CABRAL 1
Corrupion, croissance e pauvreé : le cas du Sénégal François Joseph CABRAL 1 email : joecabral7@gmail.com Résumé Dans ce aricle, nous enons d évaluer les effes de la corrupion sur la croissance, le bien-êre e la pauvreé au Sénégal à l aide d un modèle d équilibre général calculable dynamique. Les résulas de nos simulaions monren qu une fuie de 1% d invesissemens publics sous l effe de la corrupion aurai pour effe d engendrer une pere de 2.6 poins de pourcenage de aux de croissance par an, en moyenne. Le bien-êre des ménages diminue, en moyenne, de,64 poin de pourcenage par an. Par ailleurs, ce déournemen de ressources desinées à l invesissemen public a égalemen pour effe d accroîre l incidence de la pauvreé de,51 poin de pourcenage en moyenne par an, soi 61136 nouveaux pauvres ous les ans. Mos clés : corrupion, croissance, bien-êre, pauvreé, modèle EGC Classificaion JEL : K4, O4, I3, C6 1 Maîre de Conférences Agrégé, Faculé des Sciences Économiques e de Gesion (FASEG), Universié Cheikh Ana DIOP de Dakar, chercheur au Consorium pour la recherche économique e sociale (CRES), chercheur associé au Groupe pour la recherche e le développemen inernaiona (GREDI) de l Universié Sherbrooke.
Inroducion Selon le classemen éabli par Transparency Inernaional, la Nouvelle-Zélande arrive en êe des pays les moins corrompus du monde avec un score de 9,5 sur l indice de percepion de la corrupion (IPC). Elle es suivie de la Finlande e du Danemark qui affichen un score de 9,4 sur l IPC (Transparency Inernaional, 211). L Indice de percepion de la corrupion (IPC) mesure la percepion de la corrupion dans le seceur public. L indice 211 noe 183 pays e errioires sur une échelle allan de (exrêmemen corrompu) à 1 (exrêmemen inègre) e uilise les données de 17 enquêes poran sur des faceurs els que l applicaion des lois ani-corrupion, l accès à l informaion e les conflis d inérês. Dans les pays de l Afrique subsaharienne, la corrupion es l'un des faceurs bloquans les plus imporans pour la croissance économique. Le rôle aribué à l Ea dans les sraégies de rarapage du reard économique e la faiblesse de ses ressources créen souven des condiions favorables à la corrupion. Plusieurs siuaions peuven renforcer la probabilié de corrupion en Afrique. D une par, l exploiaion des ressources naurelles peu donner lieu à des renes lorsque que ces ressources son vendues à des prix sensiblemen plus élevés que leur coû. La vene de concessions s accompagne de versemens de «pos de vin». Sous ce angle, la corrupion galopane au Nigeria, au Gabon es expliquée par la découvere des puis de pérole. D aure par, la faiblesse des raiemens de la foncion publique pourrai expliquer en grande parie la banalisaion de la peie corrupion (Kligaard,1989).Quand les écars de salaires son rès élevés enre le privé e le public, la enaion de combler ces écars es grande. Par ailleurs, les mesures proecionnises e la poliique indusrielle on favorisé la créaion des renes e leur acha par la corrupion (Krueger,1974). Dans ces cas, la faiblesse de la classe des enrepreneurs producifs explique en grande parie la relaion enre l accumulaion du capial, l allocaion des ressources publiques à ces enrepreneurs e la corrupion (Khan,1996). De grands ravaux d infrasrucure on égalemen donné lieu à des phénomènes de corrupion inernaionale selon Transparency Inernaional. Au Sénégal, une place significaive es accordée à la réforme du sysème de gesion des finances publiques dans la sraégie naionale de développemen elle qu aesée par le Documen de poliique économique e sociale (DPES). En dépi de ce rain de réformes, le classemen du Sénégal, sable enre la période 2-27, s es, en revanche, foremen déérioré au cours de la période 27-211. En effe, avec un score de 2,9 qui le siue à la 112 ème place en 211, le Sénégal affiche de mauvaises performances en maière de lue conre la corrupion en dépi de la voloné poliique exprimée. La corrupion consiue, du coup, un imporan goulo d éranglemen pour nos ambiions en maière de croissance économique e de lue conre la pauvreé. La plupar des recherches économiques sur les causes de la corrupion s appuien radiionnellemen sur les appors de l économie de l informaion e des modèles d agence. Un bref aperçu de la liéraure sur l analyse économique de la corrupion monre que conrairemen aux insrumens irés de la héorie des inciaions qui enen de réconcilier les inérês divergens d un déléguan e d un délégué, il se greffe dans cee relaion un roisième larron : le corrupeur (Bernheim e Whinson, 1986; Tirole, 1986). La moivaion de l agen à êre corrompu repose sur une analyse coû-bénéfice. Si la valeur de l illégalié es supérieure à la valeur de l honnêeé, nore agen aura endance à adoper un comporemen illégal (Becker, 1968). Ce comporemen
dépendra de l absence ou de l exisence de sancions. En effe, en présence de sancions, plus le risque de déecion es élevé, plus la propension à êre corrompu aura endance à baisser (Irlenbusch e Renner, 22). Une façon de réduire le comporemen opporunise de l agen serai de lui proposer un salaire de non corrupion qui prendrai la forme d une prime égale à l espérance de gain associée à la corrupion (Becke e Sigler, 1974; Besley e McLaren, 1993). Cee prime es, ouefois, difficilemen esimable en raison de la dimension morale de l ace de corrupion. Par ailleurs, la validaion empirique de l efficacié de ce insrumen fai encore l obje d inenses débas (Di Tella e Schargrodsky, 23; Herzfeld e Weiss, 23; Rauch e evans, 2). Quan au corrupeur, il es supposé corrompre lorsque le bénéfice aendu de son ace es posiif. En revanche, le procureur pourrai encourir des coûs qui son de deux ordres : moraux (problème de répuaion) e réels (risques de sancions financières en cas de déecion). La confronaion des corrupeurs e des corrompus donne lieu à un marché de la corrupion don le prix d équilibre es le «po-de-vin» (bribe). Le «pace de corrupion» qui consiue l accord illégal qui srucure ce marché crée de nouvelles formes d inciaions orienées vers le déournemen du pouvoir discréionnaire. Plusieurs ravaux aesen que la durée d exposiion au régime démocraique (Treisman, 2), le niveau de libéralisme économique (Goel e Nelson, 25), le degré de liberé de la presse (Ahrend, 22; Brunei e Weder, 23) e l inensié de la concurrence enre les médias (Suphachalasai, 25) s avèren chacun négaivemen corrélés avec le niveau de corrupion. Afin d avoir une bonne mesure e une meilleure compréhension de l impac du phénomène au Sénégal, nous nous inéressons au cas spécifique de la prédaion des ressources publiques allouées aux invesissemens. L invesissemen es enendu comme un flux qui perme de remplacer le capial usé e/ou d accroîre le sock de capial. Il exise une muliude de foyers de corrupion relaifs à la gouvernance des recees, à la gouvernance budgéaire, à la passaion des marchés publics, aux failles du conrôle inerne e de la supervision exerne. Nore analyse mera l emphase sur les effes de la corrupion qui ransien par le canal spécifique des invesissemens publics. On ne peu ceres pas impuer au seul phénomène de la corrupion les écars récurrens e, parfois, rès subsaniels, qui exisen enre les monans budgéisés e ceux effecivemen alloués à l invesissemen public. En effe, les projes d invesissemen public comporen parfois d imporanes dépenses de foncionnemen (salaires e aures). L invesissemen, enendu ici comme un flux qui perme de remplacer le capial usé e/ou d accroîre le sock de capial 2, exclu oue aure forme de dépenses. Le classemen ordinal dressé par Transparency Inernaional perme d avoir une vue du phénomène de corrupion pour chaque pays. Touefois, rares son les données saisiques associées au comporemen de corrupion qui reracen le niveau de déperdiion des ressources allouées aux fins d invesissemens publics e, par conséquen, les ravaux qui mesuren les effes ces fuies sur la croissance, le bien-êre e la pauvreé. L objecif de cee recherche es d évaluer les effes de la corrupion sur la croissance, le bien-êre e la pauvreé au Sénégal. Dans ce ravail, nous dressons d abord le profil des la gouvernance des finances publiques au Sénégal. Nous décrivons ensuie la méhodologie e exposons enfin les résulas de la simulaion. Profil de la gouvernance des finances publiques au Sénégal Le profil de la gouvernance financière au Sénégal sera dressé à l aide du cadre analyique défini par la perspecive de gouvernance financière (PGA) 3. Cee dernière es une approche inégrée 2 Au sens le plus large (physique, immaériel, humain) 3 Celle-ci es impulsée de façon conjoine par la BAD e l ACBF.
d évaluaion de la gouvernance financière qui combine des données quaniaives e l analyse qualiaive. Elle couvre cinq domaines incluan chacun cinq variables de gouvernance. Les cinq dimensions de la gesion des finances publiques son : la gouvernance des recees, la gouvernance budgéaire, la passaion des marchés, le conrôle inerne e la supervision exerne. La gouvernance des recees consiue le processus qui déermine la poliique des recees fiscales e gère la collece des recees fiscales e non fiscales, y compris la capacié budgéaire des Éas e l adhésion volonaire des cioyens. Quan à la gouvernance budgéaire, elle représene le processus de conversion des poliiques énoncées en budges annuels e cadres budgéaires à moyen e long erme ainsi que la qualié de l exécuion du budge e des rappors. La passaion des marchés englobe les poliiques e sysèmes en place aux fins d acquisiion de biens, des ravaux e services, y compris les disposiions pour la réglemenaion e le conrôle des marchés publics. Le conrôle inerne se réfère à la législaion, la réglemenaion, les procédures, y compris celles sauvegardan les acifs, les normes de conrôle inerne, l informaion e l audi inerne. La supervision exerne renvoie aux disposiifs insiuionnels de réalisaion d audis indépendans par des insiuions supérieures de conrôle. Elle a rai égalemen au rôle des Parlemens dans le conrôle minuieux des dépenses réelles du gouvernemen. Elle englobe aussi la conribuion de la sociéé civile e des organismes indépendans pour le conrôle de l uilisaion des ressources publiques. Au niveau des variables, la «capacié «reflèe la voloné poliique e la capacié des gouvernemens à concevoir e à mere en œuvre des poliiques publiques pour l inérê général La variables «ransparence» consiue la mesure dans laquelle le processus de gouvernance es ransparen en ce qui concerne le parage de documens e les informaions don le public a besoin pour exercer son rôle e sa responsabilié. Quan à la variable «respec des règles», elle représene la mesure dans laquelle le Gouvernemen e d aures responsables publics se conformen aux règles s appliquan à cerains domaines de la gouvernance financière e la façon don ces règles son appliquées par les organismes publics concernés. La «supervision» consiue l efficacié avec laquelle le Parlemen e les organes spécifiques de supervision son en mesure de remplir leur rôle à des fins d audi exerne. La variable «inégraion» représene la mesure dans laquelle les paries prenanes en dehors du Gouvernemen son capables de pariciper e d influencer les règles qui régissen la gouvernance financière, définissen le programme, les poliiques e orienen la mise en œuvre. Globalemen, les performances de la gouvernance budgéaire ne son pas bonnes. Seule la variable «capacié» enregisre un sau qualiaif. Ces deux variables enregisren une évoluion négaive enre 27 e 211. Des performances n on pas éé noées, non plus, au plan de la variable «supervision» puisque cee variable rese sable enre 27 e 211. Graphique 1 : Evoluion des performances dans la gouvernance budgéaire
Capacié Inégraion 1 8 6 4 2 14 Transparence 27 211 Supervision 43 71Respec des règles Sources : Cabral e al. (212). Gouvernance des recees Le Sénégal affiche de meilleures performances au plan de la gouvernance des recees, comparaivemen à celle du budge. En effe, seule la variable «respec des règles» se déériore enre 27 e 211. A l excepion de cee dernière, les aures variables de cee dimension ne s amélioren pas mais resen sables. Il en es ainsi des variables «inégraion», ransparence» e «supervision». Graphique 2 : Evoluion des performances dans la gouvernance des recees Inégraion 6 4 Capacié 2 Transparence 27 211 Supervision Respec des règles Sources : Cabral e al. (212) Conrôle inerne A l insar de la dimension gouvernance du budge, les performances enregisrées par le Sénégal son relaivemen mauvaises. Aux plans de la «supervision» e du «respec des règles», le
Sénégal perd ainsi respecivemen 24 e 14 poins enre 27 e 211. Des effors son encore à faire du poin de vue de la variable «ransparence» don les performances demeuren faibles e sable dans le emps. Graphique 3 : Evoluion des performances au plan du conrôle inerne Capacié Inégraion 8 6 4 2 Transparence 27 211 Supervision Respec des règles Sources : Cabral e al. (212) Passaion de marchés La passaion des marchés représene l une des dimensions pour lesquelles le Sénégal affiche les meilleures performances. En effe, le Sénégal présene de bonnes performances en 211 aux plans des variables «ransparence», «supervision» e «capacié» puisque qu il obien un score de 1. Le vole «inégraion» présene égalemen un bon profil. Seul le «respec des règles» présene encore de faibles performances. Du rese, ces dernières son sables dans le emps. Il en es égalemen de même pour la variable «ransparence». En revanche, le Sénégal enregisre de bons progrès dans le comporemen des variables «supervision» e «capacié». Graphique 4 : Evoluion des performances au plan de la passaion des marchés Capacié Inégraion 1 8 6 4 2 Transparence 27 211 Supervision Respec des règles Sources : Cabral e al. (212) Supervision
Les voles «respec des règles» e «capacié» affichen de bons profils pour le Sénégal en 27. En revanche, le pays affiche de mauvaises performances aux plans de la ransparence, de la supervision e de l inégraion. De surcroî, aucune amélioraion n es relevée enre 27 e 211 puisque les scores obenus par le Sénégal resen bas e sables. Graphique 5 : Evoluion des performances au niveau de la supervision exerne Inégraion 15 1 Capacié 5 Transparence 27 211 Supervision Respec des règles Sources : Cabral e al. (212) Méhodologie Par manque de données sur le volume d invesissemens publics perdus en raison de comporemens de corrupion, nore démarche consisera à raisonner à la marge afin d évaluer le coû de la corrupion en ermes de croissance, bien-êre e pauvreé 4. Dans beaucoup de pays, les modèles d équilibre général son rès largemen uilisés pour des analyses de poliiques économiques e de chocs exernes. Ils permeen d évaluer les impacs des poliiques économiques en enan compe des imporans effes d ineracions qu elles induisen au sein de l économie. Dans le passé, plusieurs modèles d équilibre général on éé élaborés e appliqués au Sénégal, afin d analyser un large évenail de poliiques 5. Cependan, la plupar de ces modèles son de ype saique, à l excepion de celui développé par Dumon e Mesplé- Somps (21). 4 Les économises doiven, en effe, à la héorie marginalise le raisonnemen à la marge. Cee approche n es pas nouvelle.cee héorie remone à la héorie de l uilié marginale élaborée dans les années 1871-1874 par rois économises : l Anglais W. S. Jevons (1835-1882), l Aurichien K. Menger (184-1921) e le français L. Walras (1834-191). 5 Voir : Dissou, 2; Dumon e Mesplé-Somps, 21; Decaluwé, Dissou and Pary, 21; Diagne, Cabral, Dansokho, Ba, 23; Boccanfuso, Cabral e Savard. 25; Cabral, 25.
Le modèle dynamique a éé consrui en s appuyan sur le modèle Exer-DS développé par Annabi, Cockburn e Decaluwé (24). Un ensemble de caracérisiques y on éé ajouées, à savoir : la prise en compe du capial public, la spécificaion de la foncion de demande de ravail, l inroducion d un lien enre la pluviomérie e la valeur ajouée du seceur agricole via la producivié globale des faceurs e l inégraion d une foncion de demande à l exporaion. Le modèle es dynamique récursif, ce qui signifie qu il es résolu comme une séquence d équilibres saiques reliés dans le emps, à ravers l accumulaion du capial e l accroissemen de la main d œuvre, e les équaions de comporemen pour les variables endogènes. Sa dynamique es basée sur des hypohèses de aux de croissance exogène pour différenes variables elles que l offre de ravail, les dépenses publiques, les ransfers, mais égalemen de comporemens endogènes d épargne e d invesissemen des agens économiques. Un des avanages d une spécificaion du modèle dynamique es la possibilié de générer un senier à moyen e long ermes. De plus, les changemens srucurels peuven êre analysés dans le emps. Le modèle s applique à une peie économie pour laquelle les prix mondiaux son donnés. Dans l exposé qui sui, mous meons l accen sur les spécificiés du modèle. 2.1Spécificiés du modèle Le modèle 6 inègre cinq faceurs de producion : le ravail, le capial privé agricole, le capial privé non-agricole, le capial public e la erre. L invesissemen public qui vien accroîre le sock de capial public ous les ans es désagrégé en plusieurs composanes : le capial humain, la recherche-développemen e l invesissemen physique. La producion du seceur es exprimée comme une foncion de ype Leonief combinan des pars fixes de la valeur ajouée e des consommaions inermédiaires. Touefois, la valeur ajouée es exprimée de façon différene selon les seceurs. Dans le seceur agricole, la valeur ajouée es une foncion CES qui combine la erre e un faceur composie e incorpore un faceur de producivié globale des faceurs déerminé de façon endogène. Le faceur composie es une combinaison, obenue à l aide d une CES, du ravail composie consiué du ravail qualifié e du ravail non qualifié e du capial composie consiué du capial privé agricole e du capial public. Le capial composie es combiné au ravail composie l aide d une foncion CES. Le capial composie es spécifié à l aide d une foncion Leonief qui combine des pars fixes du capial public e privé, en veru de la complémenarié qui exise enre ces deux ypes de faceurs 7. Nous disinguons le capial privé agricole du capial privé non agricole, le rendemen associé à chaque ype de capial privé éan différen. Le ravail composie es représené par une foncion CES combinan du ravail qualifié e non qualifié. L offre de erres culivables es égale à la demande de erres à laquelle s ajoue la par sous employée du faceur erre. Cee dernière es égale à la par non exploiée des disponibiliés oales en erres ajusée des flucuaions dans les quaniés uilisées de erres liées au niveau de la pluviomérie. Dans les seceurs marchands non-agricoles, la valeur ajouée es une foncion CES combinan le ravail composie e un capial composie. Le capial composie es représené par une foncion de ype Leonief combinan des pars fixes du capial privé non agricole e du capial public. Dans les seceurs non marchands, la valeur ajouée es supposée êre une foncion à élasicié consane de subsiuion combinan le ravail e le capial public. 6 Pour plus d informaions sur le modèle, conacer l aueur. 7 Tel que mise en exergue par les ravaux de Hirschman (1958) effecués sur les pays en développemen.
Les doaions iniiales en faceurs des ménages jouen un rôle imporan dans la ransmission des effes du choc sur les ménages. Chaque ménage reçoi, en effe, une par fixe des revenus des faceurs du ravail qualifié, du ravail non qualifié, du capial agricole, du capial non agricole, de la erre don les rémunéraions flucuen en foncion de la demande de faceurs des seceurs. Les revenus de la erre e du capial agricole son alloués en oalié aux ménages ruraux. Une proporion fixe des ransfers versés par l Ea, le rese du monde e les aures ménages ainsi que les dividendes versés par les firmes von égalemen aux ménages. La srucure de la consommaion qui es affecée par les variaions de prix es égalemen déerminane dans la ransmission des effes du choc aux ménages. La consommaion de chaque produi es valorisée au prix du bien composie. Elle es une foncion de ype LES connue sous le nom de sysème linéaire des dépenses de ype Sone Geary. Elle disingue la consommaion incompressible de celle discréionnaire. La spécificié de cee foncion de demande es qu elle compore un panier minimal de consommaion. C es le volume du produi don doi disposer le consommaeur s il veu mainenir un niveau de vie minimal. Ce volume es fixe à cour erme mais évolue en foncion du aux d accroissemen de la populaion. La consommaion discréionnaire es, en revanche, déerminée de façon endogène par les variaions des prix e du revenu disponible du consommaeur (Decaluwé, Marens e Savard, 21). Le modèle s applique à une peie économie ouvere, pour laquelle les prix mondiaux son donnés. De plus, une foncion de demande à l exporaion à élasicié finie es inroduie de façon à prendre en compe les conraines auxquelles fon face les produceurs sénégalais sur le marché mondial. 2.2 Dynamique du modèle Le sock de capial privé 8 des seceurs marchands (r) de fin de période (KD +1 r) es égal au sock de débu de période (KD r) ne de la consommaion en capial fixe (ou dépréciaion) de la période à un aux dep auquel s ajoue un flux d invesissemens (IND r) : 1 KDr KDr (1 dep) INDr La règle d accumulaion du capial privé es déerminée comme sui : le aux d accumulaion secorielle du capial privé soi le raio du flux d invesissemens (IND) par rappor au sock de capial (KD) es supposé êre une foncion croissane du raio bénéfice-coû du capial, ce dernier évoluan à un aux décroissan : IND r rr f KDr cr Cee équaion déermine la manière don les nouveaux invesissemens son réparis enre les différens seceurs de desinaion. Cee foncion d invesissemen par desinaion es inspirée des formes foncionnelles proposées par Bourguignon, Branson e de Melo (1989) e Jung e Thorbecke (23). Quan au sock de capial public de chaque seceur en fin de période (KDpub +1 j), il es égal au sock de débu de période (KDpub j) ne de la consommaion en capial fixe (ou dépréciaion) de la période à un aux dep auquel s ajoue le flux d invesissemens publics affecé au seceur au cours de la période (ING j) : 8 Ce capial privé peu êre consiué soi d un capial de ype agricole, soi d un capial de ype non agricole.
1 KDpubj KDpubj (1 dep) INGj Dans les seceurs marchands, les flux d invesissemens publics de desinaion(ing j) représenen une par fixe (b) des flux d invesissemens privés de desinaion(ind j). Cee spécificaion radui la complémenarié qui exise enre ces deux ypes d invesissemens dans les seceurs marchands. En conséquence, la relaion qui lie le capial public e le capial privé dans le seceur marchand es définie par l équaion suivane : ING r b * INDr Dans le seceur non-marchand, nous supposons que les flux d invesissemens publics dépenden du revenu disponible de l Ea ( YD GOV ) e consiuen donc une par fixe (mu_e nr ) de ce dernier : ING nr mu _ enr * YDGOV La valeur oale des invesissemens par desinaion correspond à l invesissemen global, e par conséquen, à la valeur oale des invesissemens par origine ( IT ) : IT pk ( IND ING ) Le prix moyen du capial es une somme pondérée des prix à la j j j j consommaion, le coefficien de pondéraion éan la par relaive de la demande du bien ou service i dans la demande globale d invesissemen (par origine) : pk * pc i i Le coû d usage du capial dans le seceur marchand es égal au prix moyen du capial pk que muliplie la somme du aux d inérê (ir), du aux de dépréciaion (dep) e du coû d ajusemen du capial ( ac ) : uc pk *( ir dep ac) L offre de ravail non-qualifié progresse au même aux que la populaion. En revanche, l offre de ravail qualifié es supposée s accroîre à un ryhme plus len que celle du ravail non-qualifié 9. 2.3 Pauvreé Les changemens dans l allocaion secorielle des ressources e les variaions de prix on des impacs différenciés sur les ménages selon les srucures de consommaion e de revenu. L analyse de l incidence de la pauvreé es faie à l aide des indices P de Foser, Greer e Thorbecke (1984) : P 1 n p i 1 z yi z où z es le seuil de pauvreé, yi la dépense réelle moyenne du ménage de rang i ; le coefficien refléan le degré d aversion pour la pauvreé, n le nombre oal d individus, p le nombre de pauvres dans la populaion. La variable d inérê à parir de laquelle es mesurée l incidence de la pauvreé es la dépense par équivalen-adule. À l année de référence, le seuil de pauvreé nominal éabli par l Agence naionale de la saisique e de la démographie (ANSD) à parir des données de ESPS (25) es esimé à 923,71, 661,76 e 561,22 FCFA/jour/équivalen-adule, soi 337 154,3, 241 543,5 e i 9 Nous supposons qu elle évolue au même ryhme que les effecifs scolarisés ayan au moins six années d éudes don le aux de croissance es esimé à 2,6%.
24 844,5 FCFA/an/ménage/équivalen adule respecivemen pour les ménages de Dakar, des aures villes e des zones rurales. Dans le calcul des effes du choc sur la pauvreé, une procédure inermédiaire de micro simulaion es uilisée 1. Un lien es éabli enre le modèle e l'enquêe ménages grâce aux changemens des prix à la consommaion e des revenus calculés par le modèle. Un nouveau veceur de revenus des ménages es obenu à parir des variaions observées du revenu nominal. De même, un nouveau seuil de pauvreé es calculé en foncion des variaions des prix à la consommaion. Le veceur de revenus e le seuil obenus après la simulaion permeen de calculer les nouveaux indices de pauvreé à parir desquels son déduies les variaions du niveau de pauvreé pour les différens groupes de ménages. 2.4 Données e clôure du modèle Une Marice de Compabilié Sociale (MCS) a éé consruie pour le Sénégal en 25 à parir d un ableau enrée-sorie (TES) e d une enquêe ménage daan de la même année. Cee dernière inègre hui caégories de ménages (Dakar, Aures cenres urbains, les ruraux du Bassin arachidier, de la Casamance, du Sénégal orienal, du Fleuve, des Niayes, de la zone sulvopasorale). Les aciviés de producion décries par la marice de compabilié sociale de 25 engloben 15 seceurs de producion : le maïs, le mil/sorgho, le riz, l arachide, le coon, les légumes, les fruis, l élevage, la pêche, les aures ypes d agriculure, l huilerie, les indusries alimenaires, les aures indusries, les services marchands e les services non-marchands. La fermeure du modèle repose sur plusieurs hypohèses. L offre du produi composie (Q) es la somme des demandes inermédiaires (DIT), des consommaions finales des ménages (C), des invesissemens privés (INV) e de la variaion des socks : Q r DIT r Cr, h h INV r STK L offre e la demande de produis d exporaion s égalisen. EX EXD r r r La somme des invesissemens secoriels, à laquelle s ajoue la variaion des socks, es égale à la somme de l épargne des ménages (SH), des firmes (SF), du gouvernemen (SG), e du rese du monde ( CAB ), évaluée en monnaie locale : IT STK r * PC r S INSL CAB r INSL Le raio enre la balance courane e le PIB es supposé fixe. Ce bouclage es conforme aux engagemens du Sénégal pris dans le cadre de l Union économique e monéaire oues africain (UEMOA) qui l obligen à ne pas s écarer de cerains crières de convergence don celui du raio enre le solde exérieur e le PIB. Par cee procédure, nous resreignons égalemen la siuaion où un rop plein d afflux de capiaux pourraien financer des poliiques domesiques. Le aux de change, la variaion des socks e le aux d épargne des insiuions son égalemen fixes. Les dépenses publiques son supposées fixes, en erme réel, à la première période. Elles augmenen ensuie au même ryhme que la populaion. Il en es de même de l épargne publique, des ransfers, de l offre de ravail qui progressen au même aux que la populaion. 1 Le recours à cee approche se jusifie par le fai que l enquêe ménages sénégalaise ne compore pas de module revenu renseignan sur les doaions en faceurs.
Simulaion e résulas La simulaion, effecuée de façon rérospecive, couvre une période de hui ans (25-212). Elle consise à supposer qu à la marge 1% des ressources dévolues aux invesissemens publics son perdues en raison de comporemens de corrupion 11. Quels en son les effes sur la croissance, le bien-êre e la pauvreé? Les résulas de la simulaion menée monren d une par, qu une fuie de 1% d invesissemens publics aurai pour effe d engendrer une baisse de l invesissemen privé. En effe, ce dernier éan un complémen de l invesissemen public, oue réducion de ce dernier aura endance à diminuer le volume de l invesissemen privé. Les seceurs qui enregisren une plus fore baisse d invesissemens privés son l huilerie, les aures indusries alimenaires, la pêche, le mil/sorgho e le riz. En revanche, les services marchands e l élevage, en fin de période, profien de la réallocaion de ressources puisque le volume de leurs invesissemens privés s accroî. Graphique 6 : Variaion du volume des invesissemens privés (en % par rappor au scénario bau) 3 2 1 1 2 3 4 5 6 Sources : simulaions 27 212 11 On peu supposer qu un déournemen de ressources publiques se raduise par la conversion d une épargne publique en une épargne privée augmenan ainsi l invesissemen oal; ce qui aurai un impac posiif sur l acivié économique. Touefois, dans la vraie vie, la raionalié de l agen qui procède à une capure de ressources publiques pour un usage privaif consise à se prémunir conre la déecion de l illégalié de son ace. Une de ces sraégies consise à procéder à des dépôs auprès de paradis fiscaux. Ce comporemen conribue alors à accroîre la capacié de financemen du rese du monde au dérimen de l économie naionale. L agen peu aussi recourir à des valeurs refuge (or, maières premières, ec.). Cee siuaion conribue à augmener les imporaions e donc à déériorer le solde du compe couran ; ce qui accenue les besoins de financemen de l économie. Un aure comporemen de l agen consise en l allocaion de ces ressources à des fins de dépenses en biens de consommaion osenaoires ; ce qui égalemen déériore le solde de la balance courane. Tous ces comporemens enraven la conversion de l épargne publique en épargne privée.
En raison du reflux de l invesissemen public, l invesissemen oal diminue, en dépi d une légère inflexion en fin de période. Graphique 7 : Variaion du volume de l invesissemen oal (en % par rappor au scénario bau),5 1 2 3 4 5 6 7 8 1 1,5 2 2,5 Sources : simulaions. En conséquence, la valeur ajouée diminue dans ous les seceurs. Les seceurs du riz, de la pêche e des aures indusries voien leur acivié se conracer foremen. Graphique 8 : Variaion de la valeur ajouée (en % par rappor au scénario bau) 1 2 3 4 5 6 7 Source : simulaions 27 212 Le PIB se conrace e enregisre une baisse comprise enre 1,3 e 4,2 poins de croissance enre 26 e 212, soi une pere de 2.6 poins de pourcenage de aux de croissance par an, en moyenne.
Graphique 9 : Variaion du PIB (en % par rappor au scénario bau), 1, 2, 3, 4, 5, 25 26 27 28 29 21 211 212 Sources : simulaions. Les seceurs ournés vers le marché exérieur ayan subi une baisse d acivié, les exporaions diminuen. Il en es de même des venes domesiques. Ces baisses son plus que proporionnelles à celles enregisrées par les imporaions oales. Graphique 1 : Variaion des exporaions, imporaion e venes domesiques (en % par rappor au scénario bau) 2 25 26 27 28 29 21 211 212 4 6 8 Imporaions oales Exporaions oales Venes domesiques 1 12 Sources : simulaions Le profil du rendemen du capial es le refle de celui des invesissemens privés. En effe, le rendemen du capial agricole baisse en débu de période mais enregisre, ou de même, par la suie une hausse. Quan au rendemen du capial non agricole, il augmene légèremen au cours de la période.
Graphique 1 : Variaion du rendemen du capial agricole e non agricole (en % par rappor au scénario bau) 1,5 1,,5, rla,5 25 26 27 28 29 21 211 212 rlna 1, 1,5 2, 2,5 Sources : simulaions. Quan au aux de salaire, il enregisre sur oue la période une hausse. Graphique 11 : Variaion du aux de salaire (en % par rappor au scénario bau) 3,5 3 2,5 2 1,5 1,5 25 26 27 28 29 21 211 212 Sources : simulaions. Tous les ménages son affecés. Ils enregisren une hausse de leur revenu nominal. Touefois, cee augmenaion s accompagne égalemen d un accroissemen plus que proporionnel du prix à la consommaion. En conséquence, le bien-êre des ménages baisse en moyenne, de,64 poin de pourcenage par an.
Graphique 12 : Variaion du revenu nominal, des prix à la consommaion e du bien-êre (en % par rappor au scénario bau) 2,5 2 1,5 1,5,5 1 25 26 27 28 29 21 211 212 1,5 Revenu nominal Prix à la consommaion Bien êre Sources : simulaions. Ce déournemen de ressources desinées à l invesissemen public a égalemen pour effe d accroîre l incidence de la pauvreé. La hausse de l incidence de la pauvreé oscille enre e 1% enre 25 e 212, soi un accroissemen moyen de,51 poin de pourcenage en moyenne par an (Graphique 13). Par conséquen, le nombre d individus pauvres augmenen sensiblemen e ce comporemen de prédaion de ressources allouées aux invesissemens publics génère près de 12 en 212 (Graphique 14). En moyenne, ce son 61136 individus qui omben sous le seuil de pauvreé ous les ans. Graphique 13 : Variaion de l incidence de la pauvreé (en % par rappor au scénario bau) 1,2 1,8,6,4,2 25 26 27 28 29 21 211 212 Graphique 14 : Variaion du nombre d individus pauvres par rappor au scénario bau (en milliers)
14 12 1 8 6 4 2 25 26 27 28 29 21 211 212 Conclusion Dans ce aricle, nous avons consrui un modèle d équilibre général calculable dynamique qui inègre dans le module de l accumulaion de capial un paramère qui cape la fuie d invesissemens publics e privés aribuée au comporemen de corrupion. Ce insrumen es uilisé afin de simuler les effes d un foyer de corrupion sur la croissance, le bien-êre e la pauvreé au Sénégal. La simulaion a consisé à supposer une fuie des invesissemens publics en raison de la corrupion. Les résulas obenus monren que, dans l ensemble, une fuie de 1% d invesissemens publics 12 a pour effe d engendrer une imporane conracion de l acivié économique. A l échelle naionale, le bien-êre des individus se déériore. Cee déperdiion de ressources desinées à l invesissemen a égalemen pour effe d accroîre significaivemen l incidence de la pauvreé. En conséquence, la corrupion a pour effe d accroîre subsaniellemen le nombre de pauvres. En définiive, si les effes les plus visibles de la corrupion son radiionnellemen ceux qui caracérisen les ineracions enre le corrupeur e le corrompu e les gains associés à l arbirage coû-bénéfice de ces deux agens, il es, ou de même, possible de mere en évidence des effes indirecs e bien plus pernicieux du phénomène. En effe, la corrupion enrichi, ceres, des individus ou des groupes d individus mais elle fai supporer à l ensemble de la sociéé un coû exorbian en ermes de croissance, de bien-êre e de pauvreé. 12 Ce monan es esimé à 2 milliards fcfa environ si l on s appuie sur la marice de compabilié sociale de 25.
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