116 e Bal de l X le 16 mars 2007 à l Opéra Garnier

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1 JANVIER 2007 N o e Bal de l X le 16 mars 2007 à l Opéra Garnier COLLOQUE AGRO-ENA-X LE 25 JANVIER 2007

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4 REVUE MENSUELLE DE LA SOCIÉTÉ AMICALE DES ANCIENS ÉLÈVES DE L ÉCOLE POLYTECHNIQUE Le grand foyer à l Opéra Garnier. REPORTAGE IMAGE La Jaune et la Rouge, revue mensuelle de la Société amicale des anciens élèves de l École polytechnique Directeur de la publication : Daniel DEWAVRIN (58) Rédacteur en chef : Jean DUQUESNE (52) Secrétaire de rédaction : Michèle LACROIX Éditeur : SOCIÉTÉ AMICALE DES ANCIENS ÉLÈVES DE L ÉCOLE POLYTECHNIQUE 5, rue Descartes, Paris Tél. : Mél : Fax : Abonnements, Annuaire, Cotisations : ou Annonces immobilières : Fax : Bureau des Carrières : Fax : Rédaction : 5, rue Descartes, Paris Tél. : Mél : Fax : Tarif 2006 Prix du numéro : 8 Abonnements : 10 numéros par an : 35 Promos 1997 à 2000 : 27 Promos 2001 à 2003 : 18 Publicité : FFE, 18, AVENUE PARMENTIER BP 169, PARIS CEDEX 11 TÉLÉPHONE : Impression : EURO CONSEIL ÉDITION LOIRE OFFSET PLUS Commission paritaire n 0109 G ISSN n Tirage : exemplaires N 621 JANVIER 2007 LE SURSAUT, 2 E 5 Éditorial de Daniel DEWAVRIN (58), président de l AX 6 PARTIE 6 La réforme de l État par Marie-Louise CASADEMONT (74), chargée de mission Environnement-développement durable de GRTgaz, filiale transport de GDF Les pôles de compétitivité 10 Une «nouvelle» politique industrielle... par Guillaume GUIDONI (01), économiste à la Société Générale 11 Rôle du groupe de travail X-Clusters par Jérôme FOUREL (92), partenaire de Sindeo Ventures, président d X-Asie 13 Impact de l innovation technologique sur la croissance potentielle par Édouard SCHAAL (04) 16 Repenser l éducation : regards croisés par Kaori IWAI (Stanford 99, MBA HEC 01) et Lionel KHALIL (95) 22 Rigidité de l offre : une comparaison de l Italie, de la France et de l Allemagne par Patrick ARTUS (70), directeur de la Recherche et des Études de IXIS Corporate and Investment Bank 26 Procrastination à la française par Raoul de SAINT-VENANT (73), président de modeledition SA 30 Revitaliser la hiérarchie et le contrôle de l administration par Vincent TIXIER (61), PhD Stanford University 33 L économiste en débat par Jean-Marc DANIEL (74), administrateur de l Insee, professeur d économie à ESCP-EAP, rédacteur en chef de la revue Sociétal 37 Quelques remarques sur la concurrence par Jean-Daniel LE FRANC (53), membre de la Commission des participations et des transferts 40 Sur la technologie par Claude LAIGLE (53), ancien président du BEPTOM et de Satel Conseil 44 IN MEMORIAM 44 Pierre LUCAS (44) par Jean DUQUESNE (52) 45 LIBRES PROPOS 45 Aligner la gouvernance des systèmes d information sur la stratégie de l entreprise par Tru DÔ-KHAC (79), consultant indépendant

5 FORUM SOCIAL Vivre avec un handicap psychique par Sophie BARRÉ, assistante sociale, Caisse de secours de l AX ARTS, LETTRES ET SCIENCES Les livres 55 Récréations scientifiques par Jean MOREAU DE SAINT-MARTIN (56), Allons au théâtre par Philippe OBLIN (46) 56 Discographie par Jean SALMONA (56) 57 Musique en image par Marc DARMON (83) 58 Solutions des récréations scientifiques 59 COLLÈGE DE POLYTECHNIQUE 59 Nos prochains séminaires de formation VIE DE L ASSOCIATION Cotisation 2007 Groupes X 61 Élection au Conseil d administration de l AX 63 Carnet professionnel, AIRAMA, Colloque «Avenir de l Afghanistan» 64 GPX 65 Rencontres avec des hommes remarquables, La vie comme un tout, entretien avec Edgar Morin 66 Carnet polytechnicien, 3 e colloque des anciens élèves de l Institut national agronomique Paris-Grignon, de l ENA et de l École polytechnique le 25 janvier e Bal de l X le vendredi 16 mars à l Opéra Garnier 68 8 e colloque international des anciens élèves de l ENA, d HEC et de Polytechnique le 29 mars XMP-Entrepreneur 70 Bureau des carrières 72 Autres annonces ANNONCES Comité éditorial de La Jaune et la Rouge : Pierre LASZLO Gérard PILÉ (41) Maurice BERNARD (48) Michel HENRY (53) Michel GÉRARD (55) Alain MATHIEU (57) Jean-Marc CHABANAS (58) Jacques-Charles FLANDIN (59) Jacques PARENT (61) Gérard BLANC (68) Jacques DUQUESNE (69) Nicolas CURIEN (70) Alexandre MOATTI (78) Hélène TONCHIA (83) Jean-Philippe PAPILLON (90) Bruno BENSASSON (92).

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7 ÉDITORIAL de Daniel Dewavrin (58), président de l AX CHÈRES CAMARADES, CHERS CAMARADES, A LORS QUE JE VIENS de prendre depuis quelques mois mes fonctions de Président de notre Association, c est un grand plaisir pour moi de vous souhaiter une très heureuse nouvelle année En 2006 l AX a commémoré le deux centième anniversaire de la Caisse de secours, créée, comme il a été rappelé dans le précédent numéro de La Jaune et la Rouge, en 1806, sous la forme du Bureau de bienfaisance de la Caisse des élèves. Même si le nom et l organisation de notre Association ont changé depuis, la fraternité polytechnicienne pas seulement à l égard de ses membres a pris sa source il y a deux siècles. Je forme le vœu que cette fraternité se perpétue et que notre communauté, qui a beaucoup reçu, se fixe pour objectif de beaucoup rendre. À quoi sert l AX se demandent, paraît-il, certains de nos camarades et à quoi bon cotiser pour n avoir en échange qu un annuaire et une revue? La réflexion est trop courte. La réponse est facile : c est d abord pour aider ceux d entre nous qui peuvent être atteints par les difficultés de la vie et aussi ceux autour de nous quelquefois loin de nous qui ont besoin d aide et d amitié. Mais la vocation de l AX n est pas que de solidarité. Elle doit participer au débat qui entoure l insertion de l École dans le nouveau paradigme né de la mondialisation. Beaucoup d entre nous ont participé à son émergence et sont légitimement concernés par l évolution de l École. C est ce que le groupe X-Sursaut a mis à son ordre du jour dans la revue en novembre dernier et aussi dans le présent numéro, ouvrant un débat auquel tous sont invités à participer. La nécessaire adaptation à la mondialisation implique des refondations profondes pour les entreprises et les institutions. L École polytechnique ne peut être immobile. Elle ne l est pas, évidemment, et nous nous félicitons du chemin déjà accompli à la suite des réflexions initiées par Bernard Esambert, poursuivies par Pierre Faurre et concrétisées par le projet X2000. Un nouveau contrat pluriannuel vient d être lancé par Yannick d Escatha et le général Xavier Michel auquel sera consacré le prochain numéro de cette revue dans un panorama de l École polytechnique. Nous devons, par ailleurs, participer attentivement au développement du projet ParisTech qui, tout en donnant une meilleure visibilité internationale à l École, ne doit pas porter atteinte à son identité. Ce défi international s accompagnera pour l AX d une politique de communication renforcée. La Jaune et la Rouge se prépare en effet à mettre en œuvre une nouvelle présentation, que nous souhaitons plus attrayante. En parallèle, les sites Internet de l AX, notamment ceux qui contiennent la revue sous forme électronique et les «produits dérivés» et complémentaires que la «toile» peut apporter, seront complétés et hiérarchisés en vue d assurer la meilleure liaison avec et entre nos Camarades. Chères et chers Camarades, l AX et moi-même vous souhaitons une très heureuse et féconde année 2007 dans vos activités familiales, professionnelles et associatives. n LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

8 LE SURSAUT La réforme de l État Marie-Louise Casademont (74), chargée de mission Environnement-développement durable de GRTgaz, filiale transport de GDF DURANT CES DERNIÈRES ANNÉES, plusieurs actions gouvernementales ont été menées au titre de la réforme de l État. Nous citerons ainsi, depuis 2002 : les lois d habilitation du gouvernement à simplifier le droit, depuis juillet 2003 ; la Loi organique relative aux lois de finances, LOLF, mise en œuvre en cette année 2006, qui introduit l exigence de performance et d utilisation optimale des deniers publics pour l action de l État ; la réforme des services territoriaux de l État ; le programme Adele d administration électronique ; la création début 2006, au sein du ministère de l Économie et des Finances, de la DGME, direction générale de la modernisation de l État, par regroupement de structures existantes liées à la réforme de l État ; le lancement d audits de modernisation de l État ; la réforme de la formation professionnelle (DIF) engagée depuis 2004 Ces actions sont autant d efforts pour rénover notre Administration, pour l adapter aux évolutions rapides de la société des vingt dernières années. Mais un consensus se dégage cependant : elles ne constituent que le début d un mouvement qui doit se renforcer pour installer la transparence et l efficacité de l action publique. La réforme de l État est donc devenue un thème récurrent de réflexions pour divers groupements ou revues. Sont régulièrement abordés la simplification des structures administratives, la maîtrise du nombre de fonctionnaires, la modernisation de la gestion des ressources humaines et le développement d une culture d évaluation et de performance au sein de l Administration. X-Sursaut, pour sa part, a choisi de se rapporter à un livre publié en janvier 2002 par l un de nos camarades, Yann Duchesne (77), et qui reste d une étonnante actualité. Ce livre, France S.A., résultait pour l auteur d un profond sentiment de déception face aux politiques conservatrices sans envergure et d une interrogation fondamentale : pourquoi certaines entreprises françaises parviennent à un leadership mondial alors que l État français est décrié de toute part? Nos échanges sur la base de ce livre et de son diagnostic de la situation de la France ont mis en évidence des propositions originales que nous avons rapprochées des recommandations provenant d autres analyses concernant le Pays. Regardons la France comme si c était une très grande société anonyme! En utilisant une équivalence dûment justifiée entre l État-nation et l entreprise, quant à leurs modes respectifs de gouvernance, nous pouvons alors concevoir une approche systémique pour «la réforme de l État» : d une part les méthodes éprouvées dans le monde de l entreprise, et qui permettent aux entreprises de prospérer, apparaissent comme transposables à la France, l État et son administration ; d autre part le mouvement pour «la réforme de l État» apparaît pour la France tel un projet stratégique pour une entreprise. Nous décrivons brièvement ciaprès les quatre fondements de cette approche systémique. De même que le succès d un projet d entreprise repose sur l existence d une vision stratégique, l État est fondé à mener le projet «réforme de l État» à partir d une ambition pour la France. La devise nationale «Liberté, Égalité, Fraternité» n exprime plus actuellement une ambition suffisamment clairement définie pour les Français et de nouvelles expressions pourraient permettre d insuffler une véritable dynamique. Les quatre fonctions de l État De même que chaque entreprise se dote d un état-major de type «holding financière», ou «opérateur», ou «contrôleur», ou encore «architecte», selon les variantes possibles du management d entreprise, l État qui a défini son ambition pour la France peut analyser comment porter le projet «réforme de l État». Car un État de type «holding financière» signifie : gestion financière d un portefeuille d actifs (budgets, trésorerie, profits) ; pas de réflexions particulières sur les savoir-faire, les transferts ou synergies possibles ; pas de 6 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

9 réflexions sur les questions de qualité de certains biens d utilité publique. Un État «opérateur» : intervention directe dans la gestion des activités et projets sur des objectifs définis, pour les allocations de ressources correspondantes ; efficacité sur des objectifs «nouvelles industries-technologies»; pas d objectifs concernant le quotidien des citoyens. Un État «contrôleur» : rôle prépondérant pour les allocations de ressources et les règles de gestion; devient centralisateur et coûteux. Un État «architecte» : rôles d entraîneur et de régulateur ; développement de prospective, règles, contrôle de leur application, examen des résultats ; développement des réflexions coûts-usage. En résultat de cette analyse, un «État architecte» apparaîtrait sans doute aujourd hui comme la voie la plus moderne pour porter le projet de réforme de l État. Les quatre modes de réforme De même que chaque entreprise adopte une méthode pour conduire le changement vers une vision stratégique, l État est fondé à choisir des modalités de réforme. Dans le monde de l entreprise, quatre modes de réforme sont généralement distingués et leurs résultats identifiés : les modalités révolutionnaires s avèrent souvent douloureuses et coûteuses ; les modalités invoquant la «contrainte externe» permettent des réformes en profondeur, mais peuvent engendrer quelques désagréments du fait qu elles sont réalisées par respect forcé ; les modalités technocratiques sont souvent non pérennes car elles dépendent trop du leader du moment ; les modalités cherchant le consentement restent in fine les plus efficaces. C est ainsi qu une réforme de l État selon le «mode consenti» semble la plus appropriée dans la mesure où, par définition : elle serait conduite par un pouvoir politique représentatif sorti des urnes et apportant une nouvelle génération de responsables ; elle articulerait court et moyenlong termes pour gérer au mieux l impatience de l opinion publique face au décalage entre temps politique (échéances électorales) et temps économique (délais nécessaires aux réformes pour porter leurs fruits) ; elle rencontrerait la confiance de l opinion publique parce qu elle lui aurait été soumise par avance, par exemple dans le débat électoral précédant une échéance électorale majeure Trois étapes pour le succès Globalement enfin, et comme pour la conduite du changement en entreprise, la réussite du projet de «la réforme de l État» résiderait dans le respect de trois étapes indispensables au succès : a) le partage de l ambition, de la vision stratégique pour la France auprès de l administration et des fonctionnaires, qui doivent œuvrer pour le changement au lieu de préférer le statu quo, auprès de l opinion publique, qui ne doit plus confondre les notions d intérêt général et de service public, en respectant certains engagements des contrats antérieurs, en affichant la synthèse des améliorations à mettre en œuvre et à suivre en benchmarking ; b) la détermination avec précision et selon un calendrier réaliste des objectifs spécifiques qui concrétisent la vision stratégique même si c est difficile pour un service public, en utilisant des indicateurs qui peuvent être redéfinis et complétés au fur et à mesure de leur suivi ; c) la mise en œuvre d un pilotage du changement adapté pour chaque objectif spécifique c est-à-dire soit instantané, soit à cliquets, soit en progrès continu. Nous soulignons ici l importance de cette troisième étape : combien de «changements» n ont pas abouti du fait de son escamotage? Les cinq objectifs d une réforme Regardons à présent, pour une approche opérationnelle du projet «réforme de l État», quels sont les objectifs spécifiques qui sont susceptibles de dynamiser notre pays! Le «diagnostic des forces et faiblesses» de la France en ce début de XXI e siècle dressé dans France S.A., et assez largement corroboré actuellement par des think tank comme l Institut de l Entreprise, ainsi que l application de démarches éprouvées dans le domaine du management des meilleures entreprises françaises ont conduit à sélectionner cinq objectifs spécifiques pour soutenir ce projet : améliorer les performances de l Administration, libérer les énergies dans les entreprises, motiver et utiliser les talents, développer la gestion de la connaissance, reconsidérer les citoyens. L objectif «améliorer les performances de l Administration» comprend deux propositions pour une évaluation basique de ces performances : A) mettre en regard les dépenses en pourcentage du PIB face aux résultats obtenus, ministère par ministère; B) repréciser le contenu du «service» apporté par chaque ministère ou administration. Suivent trois propositions méthodologiques pour stimuler les performances : C) sélectionner les dépenses publiques (procédure en deux étapes : un projet donné relève-t-il ou non de l État? Si oui, rechercher des cofinancements privés; cette procédure contribue finalement aussi à gérer la R & D) ; D) mettre en regard crédits engagés face à l objectif fixé, suivre les effets des décisions prises ; LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

10 E) introduire des critères de performance opérationnels pour les objectifs fixés. Quatre propositions précisent des évolutions profondes pour la gestion financière de l État, dans le souci de concilier impératifs économiques et démocratiques : F) introduire au sein de l Administration la tenue de comptes (bilan, compte d exploitation, tableau de financement), pour arriver à préciser le capital de l État et à gérer ce capital, c est-à-dire classiquement en créant une dynamique de création de valeur et une contrainte de rentabilité ; G) adopter les règles comptables privées, et notamment pour les dépenses publiques, distinguer les dépenses d investissement et de fonctionnement ; obtenir le coût des services rendus par l État ; H) apporter au citoyen la vision du mode de dépense des impôts et cotisations ; I) évaluer les impacts économiques des dépenses d investissement, a priori et a posteriori. Deux améliorations de la gestion budgétaire sont présentées comme incontournables et, de fait, sont maintenant intégrées dans la LOLF : J) voter l ensemble des crédits et pas seulement les crédits pour des actions nouvelles ; K) supprimer les comportements visant à «tout dépenser» des crédits votés. Trois propositions enfin se rapportent à l organisation managériale de l Administration : L) identifier et supprimer les doublons entre ministères ; M) introduire des pratiques managériales pour la motivation et l intérêt au travail, pour le développement professionnel et la promotion, pour la rémunération ; N) résoudre le problème de la lenteur du processus de décision-action liée aux strates hiérarchiques. Les quatre autres objectifs spécifiques s appliquent aux entreprises et aux citoyens. «Libérer les énergies dans les entreprises» repose sur cinq propositions en faveur de l entreprise : rationaliser le dispositif des aides à la création d entreprises ; simplifier l environnement réglementaire des entreprises (numerus clausus, horaires ) ; développer les fonds de pension pour stimuler le financement des entreprises et pour équilibrer leur financement par endettement par du financement en fonds propres ; réformer la fiscalité des entreprises (la simplifier, l alléger (transmissions), la stabiliser) ; organiser des compétitions de création d entreprises. «Motiver et utiliser les talents» est un objectif pour lequel il s agit de définir une politique de «promotion des talents» pour le pleinemploi et tenant compte des réalités sociologiques des individus au travail. Sur le principe que promotion et rémunération doivent être établies sur la réelle contribution des individus apportée par leur travail, l ensemble des mesures qui rendent les rémunérations flexibles sont à cultiver : mesures de partage des profits entre actionnaires et salariés comme intéressement et participation ; mesures encourageant l actionnariat des salariés, comme le PEE ; mesures pour l actionnariat des cadres dirigeants (options). «Développer la gestion de la connaissance» s applique à la formation individuelle, dans un monde éducatif en liaison avec le monde professionnel, selon des principes comme : favoriser progrès et transmission du savoir ; détecter autant l intelligence académique que l intelligence émotionnelle; intégrer les évolutions des environnements sociaux et professionnels (exemple : outils informatiques des entreprises, méthodes d apprentissage des langues, travail en équipe) ; équilibrer formation initiale et formation continue. «Reconsidérer les citoyens» recouvre des propositions sur la fiscalité individuelle. Il s agirait essentiellement de viser l allégement de la charge fiscale ce qui peut d ailleurs aboutir à l accroissement des recettes fiscales de l État, et de repenser la fiscalité en tant que mode de financement des activités publiques, et non comme un mode d égalisation ou de nivellement des revenus et situations. Concernant l impôt sur le revenu, la retenue à la source et la suppression des régimes particuliers et niches fiscales sont préconisées. Plus largement, il faudrait évoluer vers un système fiscal simplifié qui fasse converger les taux d imposition sur les revenus du capital et du travail. Rapprochons maintenant ces propositions des recommandations provenant d autres analyses! Nous avons retenu d une part le récent rapport Pébereau, Rompre avec la facilité de la dette publique, qui fait l objet d un article de son auteur dans le numéro de novembre 2006, d autre part le rapport public du Conseil d État sur les perspectives pour la fonction publique, publié en Deux autres analyses Le rapport Pébereau développe la nécessité de consacrer les cinq prochaines années à la remise en ordre des finances publiques et pose trois principes essentiels à la maîtrise des dépenses publiques : le partage de l effort de leur réduction entre l État, les régimes sociaux et les collectivités territoriales, le réexamen intégral de leur efficacité, le maintien du niveau global des prélèvements obligatoires, le temps du retour à l équilibre dépensesrecettes publiques. Force est de constater que les 20 mesures préconisées par ce rapport, qui sont le fruit d une commission pluraliste mue par l intérêt de tous les Français, se classent sans difficulté dans l objectif spécifique «Améliorer les performances de l Administration». 8 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

11 On constate ainsi que les mesures 1, 2, 3, 4 pour l État : 1) revenir à l équilibre en cinq ans au maximum en stabilisant les dépenses en euros courants ; 2) ne pas diminuer le niveau global des prélèvements obligatoires pendant cette période ; 3) affecter intégralement les recettes exceptionnelles au désendettement ; 4) utiliser ensuite les finances publiques pour réguler le cycle économique, comme les mesures 5 et 6 pour les collectivités territoriales : 5) stabiliser les dotations de l État en euros courants, tout en assurant la neutralité des transferts ; 6) leur assurer une plus grande maîtrise de leurs ressources et de leurs dépenses ; peuvent être rapprochées des propositions F et G d évolutions pour la tenue des Comptes de l État. Les mesures 7, 8, 9, 10, 13 précisent des cibles pour le suivi des dépenses des régimes sociaux : 7) poursuivre la réforme des retraites en 2008 ; 8) garantir le retour à l équilibre de l assurance maladie en 2009 ; 9) garantir ensuite l absence d endettement ; 10) garantir l équilibre de l assurance chômage ; 13) réorienter dans les trois ans toutes les dépenses de l État et de la Sécurité sociale ; et constituent une application particulière des trois propositions méthodologiques globales C, D et E, énoncées pour stimuler les performances, comme de la proposition H (vision du mode de dépense des impôts et cotisations). Les mesures 11 et 12 sur les dépenses de l État en général : 11) donner la priorité à la réduction des dépenses inefficaces ; 12) gager toute nouvelle dépense sur la suppression de dépenses équivalentes; corroborent les propositions A et B d évaluation basique des performances. La mesure 14 : 14) consacrer plus de temps au Parlement à l analyse des résultats qu au vote du budget ; simplifier l organisation administrative et faire disparaître toutes les structures redondantes ; correspond aux propositions J pour la gestion budgétaire et L pour l organisation de l Administration. Les trois mesures qui concernent la gestion des ressources humaines de la fonction publique : 15) utiliser dès aujourd hui au maximum l opportunité des départs à la retraite pour supprimer les sureffectifs ; 16) lever tous les obstacles à la mobilité des agents ; 17) fixer une part significative de la rémunération des gestionnaires en fonction de la qualité de leur gestion et du respect de leurs objectifs ; explicitent la proposition M relative à l organisation de l Administration. Les mesures 18, 19 et 20 pour le changement de logique des politiques de croissance, d emploi et de cohésion sociale : 18) évaluer l efficacité des réglementations publiques ; 19) ne pas disperser les moyens publics notamment en matière d emploi, enseignement supérieur et recherche ; 20) faire vraiment le choix de la cohésion sociale ; correspondent là encore à des expressions ciblées des trois propositions méthodologiques globales C, D et E, énoncées pour stimuler les performances. Le rapport du Conseil d État sur les perspectives pour la fonction publique, pour sa part, met en avant trois enjeux qui appellent une évolution en profondeur de la fonction publique : la nécessité pour la fonction publique de faire preuve d une efficacité accrue; cet enjeu rejoint la proposition B d évaluation des performances, ou encore les propositions D et E pour stimuler les performances de l Administration; la nécessité pour la fonction publique d adapter ses règles de gestion aux exigences de la gestion des ressources humaines ; la nécessité de concilier le droit de la fonction publique avec d autres branches du droit. Pour contribuer à la définition de cette évolution, ce rapport privilégie une ligne directrice : «Obtenir une plus grande adaptabilité de la fonction publique à ses missions, tant il est vrai qu il appartient à la fonction publique de s adapter à l évolution des besoins de la puissance publique et de l usager et non l inverse. En d autres termes, il faut moins de rigidités et de frontières, plus de souplesse et plus de fluidité, dans le respect bien sûr des valeurs fondatrices de la fonction publique, celles en particulier qui garantissent l impartialité, l intégrité et le professionnalisme.» Cinq éléments fondamentaux sont ensuite détaillés. Trois d entre eux se rattachent directement à la proposition M d organisation managériale de l Administration : quelle structure de gestion de la fonction publique de l État? quel pilotage de la fonction publique? quel dialogue social dans la fonction publique? Les deux autres élargissent aux questions du droit le champ des propositions issues de France S.A. concernant cette organisation managériale : quelle particularité du régime applicable aux agents publics par rapport au droit commun du travail? quelle place pour le contrat dans le droit de la fonction publique? Gageons que ces exercices de rapprochement entre recommandations provenant de diverses analyses en vue de «la réforme de l État» permettront à nos lecteurs de convenir de l ampleur des chantiers utiles à l accomplissement de cette vision stratégique moderne dont la France a besoin! n LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

12 LE SURSAUT Les pôles de compétitivité Une «nouvelle» politique industrielle Guillaume Guidoni (2001), économiste à la Société Générale LA FRANCE s est dotée d un nouvel instrument de politique industrielle : le pôle de compétitivité. Il s agit d associer, sur un secteur géographique délimité, des entreprises, des centres de recherche ou de formation et des autorités publiques autour d une thématique technologique. Cette politique s appuie sur le concept de cluster («concentration géographique d acteurs unis par des chaînes de valeurs économiques, évoluant dans un environnement bénéficiant d infrastructures de soutien, partageant une stratégie commune et visant à attaquer un même marché», Cooke et Huggins, 2002). Les pôles ont été sélectionnés à la suite d un appel à projets, qui a abouti à créer 66 structures qui se répartissent en trois catégories : pôles mondiaux (6), pôles à vocation mondiale (9) et pôles nationaux (51). L objectif de cette politique est de soutenir l innovation et la compétitivité de l industrie française en créant des regroupements autour de projets de R&D. Il s agit ainsi de générer des opportunités industrielles, de créer des emplois mais aussi de renforcer les économies régionales au sein d un pays qui reste excessivement centralisé. Elle mêle donc politique d aménagement du territoire, politique industrielle et politique de soutien à l innovation. L intérêt du clustering est de pouvoir corriger trois types de faiblesses d un système national d innovation : un marché inefficace (financement de l innovation, information asymétrique, externalités ), des politiques publiques inefficaces et des faiblesses systémiques (difficultés à agir en partenariat, coordination public-privé insuffisante ). Cela est cohérent avec les raisons du retard de la France en matière d innovation : faiblesse du tissu d entreprises innovantes (notamment des PME), manque de partenariat entre secteurs privé et public et, enfin, faible productivité de la R&D en matière d innovations exploitables industriellement. Néanmoins, la mise en œuvre de cette politique de clusters «à la française» n est pas exempte de critiques, parmi lesquelles : la volonté de mêler aménagement du territoire et innovation industrielle. Les 15 pôles d envergure mondiale et les pôles nationaux sont d une grande hétérogénéité, à la fois en termes d importance économique ou de secteur technologique, or cela semble en D.R. contradiction avec les enseignements tirés des expériences étrangères ; la lourdeur des processus administratifs et les incertitudes liées à l allocation des crédits publics : complexité et opacité des modes de sélection et financement des projets, multiplicité des décideurs publics, risque de dispersion des crédits sur des projets peu porteurs et risques de focalisation sur les grandes entreprises ; la multiplication des politiques publiques de soutien à l innovation (soutien aux «gazelles», aux JEI (Jeunes entreprises innovantes), aux grands projets industriels ) pose le problème de la cohérence de l ensemble. n 10 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

13 Rôle du groupe de travail X-Clusters LE SURSAUT Les pôles de compétitivité Jérôme Fourel (92), partenaire de Sindeo Ventures, président d X-Asie DES CENTAINES de polytechniciens ont été impliqués dans la genèse des «pôles de compétitivité», et des milliers de polytechniciens (cadres et dirigeants d entreprises, entrepreneurs, chercheurs et professeurs, hauts fonctionnaires, acteurs de la «société civile», etc.) s impliquent aujourd hui jour et nuit dans la mise en place et le développement des 66 pôles, à commencer bien sûr par les 6 pôles mondiaux 1 : en Île-de-France, le pôle Paris Région (www.systematic-paris-region.org), où évidemment l École joue et jouera un rôle important ; dans la région PACA, le pôle Solutions communicantes sécurisées (www.pole-scs.org), où évidemment Sophia-Antipolis (1 er cluster «à la française» porté à bout de bras par notre camarade Pierre Laffitte il y a trente ans) joue et jouera un rôle moteur ; à Grenoble, le pôle MINALOGIC (www.minalogic.org); dans le Sud-Ouest, le seul pôle birégional (Midi- Pyrénées/Aquitaine) Aerospace Valley (www.aerospace-valley.com) à Lyon, le pôle LYONBIOPOLE (www.lyonbiopole.org) ; en Île-de-France, le pôle MédiTech Santé Paris Région (meditech.paris-region.com). Le chantier des pôles de compétitivité est un chantier immense, stratégique pour remettre à niveau le «territoire France» dans la compétition internationale, non seulement au plan industriel mais aussi au plan culturel, car ces réformes de structure ne réussiront que si l on adapte également la culture de tous : celle des Grandes Écoles (PME ultraréactives, qui ont largement réussi leur «révolution culturelle» depuis dix ans, notamment leur internationalisation ; reste le chantier essentiel de la recherche, industrielle et fondamentale, via notamment ParisTech) et des universités, des entreprises, de la recherche publique et privée ; le monde de la finance, car ils financeront les efforts collectifs et individuels : le chantier «réseau fort de Business Angels» reste un des éléments manquants essentiels pour faire croître nos PME, et où les X ont un rôle à jouer pour faire émerger une classe de BA à la culture plus industrielle ; l univers des médias, qui projettera une image positive des talents et réussites, tout en mettant aussi le doigt sur les points noirs ; les citoyens français et les nombreux émigrants notamment nos camarades internationaux (venus notamment d Asie, d Europe centrale et orientale, d Amérique latine et d Afrique), qui forment aujourd hui plus de 20 % des promotions des grandes écoles d ingénieurs. Il y a un énorme travail pour mettre ces camarades transmigrants 2 à leur juste place dans l écosystème France, notamment du côté recherche et entrepreneuriat. N oublions pas que la Silicon Valley, depuis quinze ans, s est bâtie sur le talent de ces migrants (issus principalement des pays dits émergents), qui forment aujourd hui plus de 50% des PhD en science et ingénierie des USA et cofondent plus de 60 % des entreprises high-tech de la Silicon Valley. Les pleins effets de ces réformes ne se feront sentir que dans une génération, et les polytechniciens ont une grande responsabilité pour permettre la montée en puissance de ces pôles, comme les anciens du MIT l ont eue dans le cluster de la Route 128, et ceux de Stanford dans la Silicon Valley. LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

14 Trois valeurs fondamentales de la communauté polytechnicienne lui donnent une importance particulière : 1) l intégrité et l exigence de la raison, qualités qui avaient fait au XIX e siècle de «l écosystème X» (et de tous ses spin-offs napoléoniens à travers l Europe) le précurseur des clusters d innovation scientifique et industrielle, dont le MIT et d autres se sont ensuite inspirés à la fin du XIX e siècle, et qui l ont ensuite fait énormément monter en puissance dans les années 1950 et 1960 ; 2) «l esprit de corps», qualité (et défaut) qui a notamment permis dans les années 1960 et 1970, via les membres des corps d État et les «grands programmes», de rattraper un lourd retard industriel face à l Angleterre et à l Allemagne, et de créer-consolider les géants industriels qui forment aujourd hui l ossature de la puissance industrielle française ; 3) la confiance et la méritocratie, qui permettent l activation de réseaux transversaux de confiance, intergénérationnels et désormais internationaux, véhicule «marchant à l air frais», essentiel pour faire obstacle à la bureaucratisation-verticalisation inévitable de toute structure formelle, et pour permettre une «économie du presque chaos», où l on puisse fédérer les énergies et transformer en géants internationaux une nouvelle génération de PME. Face à cela, quel sera le rôle du petit groupe de travail X-Clusters? Simplement essayer de faire en sorte que tous les polytechniciens (et «amis») impliqués dans la dynamique des clusters, et que ceux ayant le projet de s y impliquer : se connaissent vous pouvez vous inscrire d ores et déjà sur la liste via Sursaut/lists ; échangent entre eux vous pouvez via le site d X-Sursaut accéder à la page «clusters-pôles de compétitivité», et y éditer du texte et exporter des documents. Des volontaires sont les bienvenus pour s occuper (analyse et action) d une problématique donnée et organiser, à Paris ou en région ou à l international, des réunions de travail ; apportent des solutions-propositions concrètes sur certains sujets le chantier «pôles de compétitivité» est encore plein de «problèmes à résoudre» (au niveau micro ou macroéconomique ; technique-organisationnel-financier), les X aiment résoudre des problèmes complexes, et il y en a à foison. Sur ce dernier point, compte tenu du fait que nous sommes tous très occupés et très pris, une vraie plateforme de travail collaboratif en ligne (Xwiki.com, développée par un X 90) est nécessaire, est en cours d adaptation, devrait être prête sous trois mois, et est déjà utilisée pour répondre à un cas concret : comment raccrocher une jeune start-up (Gostai.com, qui a un middleware robotique révolutionnaire, qui est entre autres le cerveau logiciel du robot Aibo de Sony madeby-x94) au pôle et au Japon, et lui trouver des financements adéquats sous six mois. Toutes les énergies sont les bienvenues pour rejoindre le groupe X-Clusters, la seule chose qui soit bannie du groupe est la langue de bois. Le «squelette» des clusters «à la française» est en cours de mise en place, nous espérons y apporter à un très modeste niveau : un peu de «muscle» polytechnicien, via une classe très diversifiée de polytechniciens, de toutes générations, développant aujourd hui les clusters dans chaque région, un peu de «sang» polytechnicien, venu de France mais aussi de l international, où de nombreux camarades (notamment parmi les jeunes promotions) sont immergés dans d autres clusters, et espèrent jouer un rôle pour tisser des liens de codéveloppement avec les clusters français, car la croissance de ces clusters devra se faire souvent via le développement dans de grands marchés porteurs, en Europe mais aussi aux États-Unis et en Asie, car un vrai corps polytechnicien, plein de vie, est composé de ces trois éléments (et assumant que le cerveau est opérationnel). n 1. De nombreuses informations sont disponibles sur le portail gouvernemental de promotion des pôles : 2. Désignant par ce terme de «transmigrant» nos camarades français ayant migré dans d autres pays et souhaitant revenir, ainsi que nos camarades internationaux venus étudier, travailler et s intégrer à notre pays. 12 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

15 LE SURSAUT Impact de l innovation technologique sur la croissance potentielle Édouard Schaal (04)* D.R. Après une décennie de ralentissement, l économie japonaise a retrouvé les chemins d une croissance solide et stable. Si l ensemble des réformes structurelles poursuivies au cours des années 1990 est souvent évoqué pour justifier cette évolution, l innovation technologique reste l un des facteurs les plus susceptibles d expliquer cette dynamique retrouvée. L essentiel de la croissance actuelle du Japon provient du progrès technique, en particulier de la R&D et de l intensification du commerce technologique, lequel a été en grande partie soutenu par la politique du gouvernement japonais en la matière. L innovation technologique L innovation technologique aurait contribué à hauteur de 80 % à la croissance potentielle en 2004, devenant ainsi le principal moteur de l économie japonaise. Si l investissement dans le savoir et les hautes technologies est aujourd hui l un des principaux objectifs des économies avancées, il demeure d autant plus difficile d évaluer son réel impact sur l économie que le progrès technique est une grandeur non mesurable en tant que telle. Dès 1950, Solow a proposé de résoudre ce problème en isolant la partie de la croissance qui ne peut être expliquée ni par le capital, ni par le travail. Ce résidu de croissance, plus précisément appelé Productivité totale des facteurs (TFP), permet d appréhender le progrès technique, qui en est la composante essentielle. Appliqué au Japon, ce modèle indique qu après avoir connu un niveau très élevé dans les années 1980, la productivité totale des facteurs a subi une forte diminution au cours de la décennie suivante. Depuis 2002, le progrès technique a retrouvé sa dynamique passée, puisqu il a contribué à 80% de la croissance Croissance potentielle du Japon japonaise en 2004, ainsi que le montre le graphique ci-dessous. La Productivité totale des facteurs nous permet d évaluer l ampleur du progrès technique. Caractérisée sur la période récente par une contribution négative du travail vieillissement de la population et une part décroissante du capital, la croissance potentielle japonaise est aujourd hui soutenue par la hausse du «progrès technique». LA JAUNE ET LA ROUGE NOVEMBRE

16 Une comparaison internationale nous montre l importance prise par le progrès technique pour un certain nombre d économies avancées. Les États-Unis et le Japon semblent mener cette marche vers l innovation tandis qu un certain ralentissement est observé dans les pays européens. En 1993 Japon États-Unis France Allemagne Calculs : Mission économique. En ,14 Japon États-Unis France Allemagne Le Japon et les États-Unis sont les principaux pays à avoir connu une hausse sensible de la productivité totale des facteurs. L analyse économétrique de la productivité totale des facteurs met en évidence un impact positif et significatif de facteurs tels que les équipements IT ou les dépôts de brevet, mais moindre que celui de la R &D et du commerce technologique. Les déterminants de la productivité totale des facteurs restent difficilement identifiables. Plusieurs hypothèses peuvent cependant être envisagées pour expliquer cette évolution. Investissement en R &D Le Japon a fourni un effort important depuis 1994 dans la recherche et le développement. Il occupe aujourd hui la troisième place mondiale en termes de R &D, derrière la Suède et la Finlande. Dépense R & D Équipements en technologies de l information et des télécommunications Bien qu ayant connu un léger ralentissement au début de la décennie 1990, les investissements en capital de type technologie de l information ont fortement augmenté ces dernières années. Investissements Commerce technologique Le commerce technologique est en constante augmentation depuis 1993, reflétant la mutation de l économie japonaise en puissance technologique de pointe. L importante part du commerce technologique reflète l essor du secteur technologique, plus innovant et productif, et comprend une composante héritée du positionnement stratégique vis-à-vis du reste du monde et en particulier de la Chine en tant que puissance innovatrice. Commerce technologique En 2003, la dépense R &D aurait contribué de 0,4 point et le commerce technologique de 0,5 point à une productivité totale des facteurs de 1,3 point. Principaux déterminants de la productivité totale des facteurs Le système de l innovation au Japon La politique des autorités japonaises en matière d innovation a montré son efficacité d un point de vue économique. Promulguée à la fin de l année 1995, la loi Science & Technology Basic Law reconnaissait l importance du rôle que devaient prendre les sciences et technologies dans le développement de l économie et de la société japonaises. Les trois plans quinquennaux élaborés à la suite de cette loi ont mis en place de nombreuses réformes. Nous avons évalué l efficacité de certaines d entre elles, dont la hausse du financement R & D, l intensification des échanges entre le privé et les universités, l éducation et la coopération internationale en matière de recherche. Financement de la R & D Le renforcement des dépenses dans le domaine de la recherche et du développement, principalement affectées 14 NOVEMBRE 2006 LA JAUNE ET LA ROUGE

17 Dépense R & D par secteur de réalisation aux sciences de la vie, aux technologies de l information, à l environnement et aux nanotechnologies, a été l une des premières recommandations faites par le Council for Science & Technology Policy. La forte contribution du secteur privé qui en réalise 70 %, principalement orienté vers la recherche appliquée et le développement s avère décisive puisqu elle aurait intensifié à la fois les dépôts de brevets et la productivité totale des facteurs. Les secteurs de l électronique et des télécommunications, ainsi que l ingénierie mécanique et aéronautique se révèlent être les principaux secteurs ayant contribué à cette hausse. Le système japonais s avère notamment efficace dans le monde de l industrie et des produits de haute technologie. Coopération entre le secteur privé et les universités Contrats privé-université Constatant un manque de diffusion des savoirs du milieu universitaire vers le privé, des politiques d intensification des échanges entre les deux secteurs ont été mises en place dans le but d engager des recherches conjointement entre le monde académique et le monde de l entreprise, ainsi que d inciter les jeunes étudiants à commercialiser leurs découvertes. Les échanges entre secteur privé et universités ont connu une sensible accélération au cours des années 1990, impliquant un nombre croissant d entreprises. Cette intensification a notamment consisté en de multiples incitations à créer des start-ups, en la création de pôles de recherche conjoints ou encore en la commercialisation des découvertes effectuées en université. Elle s est révélée essentielle dans l augmentation des dépôts de brevet, et dans une moindre mesure pour la productivité totale des facteurs. Éducation En matière d éducation, les trois plans quinquennaux S & T Basic Plan, après avoir fortement renforcé les infrastructures dans les universités, ont affirmé la nécessité de former de jeunes chercheurs moins spécialisés mais ayant une solide culture R &D, une forte mobilité, ainsi que de bonnes capacités de management. Taux d avancement dans les études supérieures Les programmes de type master ont ainsi connu une forte expansion, au détriment des doctorats qui font l objet d une légère désaffection. Cet essor des programmes masters aurait été déterminant pour les différents domaines de l innovation, tant pour les dépôts de brevet que pour le «progrès technique», en mettant à la disposition des entreprises un personnel qualifié capable d intégrer efficacement les innovations au processus de production. Coopération internationale dans la recherche Constatant une fermeture relative du Japon à la recherche internationale, le gouvernement japonais a poursuivi des politiques encourageant la coopération dans la recherche et la pénétration de l innovation étrangère au Japon. La coopération dans la publication d articles de recherche s est à la fois intensifiée entre institutions et avec l international. Cette politique de soutien aurait été également déterminante dans l évolution du progrès technique au Japon, permettant aux Japonais d intégrer les découvertes faites à l étranger et de rattraper un certain retard pour devenir leader dans de nombreux domaines. Conclusion Coopération dans la publication d articles de recherche Les bonnes performances du Japon en matière de sciences et technologies trouvent leur explication dans un système particulièrement favorable à l innovation, notamment du point de vue industriel. Les bases du système japonais et la poursuite des réformes sont autant d indices qui permettent de miser sur un maintien de son efficacité dans le domaine. L ampleur de l innovation technologique, devenue principal moteur de l économie, constitue un atout du Japon pour assurer une croissance saine et durable. n * Prestation réalisée sous système de management de la qualité certifié AFAQ ISO 9001 dans le cadre de l option de fin d études de l X en économie faite à la Mission économique du Japon, reproduit avec son autorisation. LA JAUNE ET LA ROUGE NOVEMBRE

18 LE SURSAUT Repenser l éducation : regards croisés Kaori Iwai (Stanford 99, MBA HEC 01) et Lionel Khalil (95) Le système éducatif est un des liens privilégiés entre l individu et l État. Tandis que l individu peut développer ses compétences pour acquérir une meilleure qualité de vie par l éducation, la connaissance collective associée à la volonté, la capacité, et la productivité individuelle permet de poser les bases de la société tout en soutenant la croissance économique. À long terme, une telle société répercutera les bénéfices sur les individus. En bref, l éducation contribue à dynamiser ce cycle entre l individu et sa société. D.R. D.R. Kaori Iwai L ÉTAT JOUE UN RÔLE CENTRAL dans la conception du modèle national de l éducation qui est la première brique de l ingénierie sociale d un pays. Parmi les différentes théories qui permettent d expliquer la nature de la relation entre l État et l éducation, nous retiendrons la perspective du fonctionnalisme et la perspective de la reproduction des classes. Selon la conception du fonctionnalisme, l État constitue une solidarité de moyens dont la finalité est de maintenir une société stable. Cette fonction holistique assume la responsabilité «de socialiser l individu pour l adapter aux formes modernes de travail, de relations sociales, et d idéaux moraux 1.» Dans la théorie de la reproduction des classes, les structures institutionnelles jouent un rôle d appareil idéologique pour permettre aux classes dominées d accepter une société de classes 2. En d autres termes, la socialisation scolaire qui est normalement imposée par l État est un outil «pour légitimer un ordre social contestable 3», alors que la perspective du fonctionnalisme la considère comme un outil pour «assurer la nécessaire diffusion d une culture universelle 4». Lionel Khalil Sous l effet de la mondialisation, chaque État valorise son avantage compétitif Selon Mayer et al. 5, les politiques éducatives des pays ouverts au monde vont converger et s harmoniser. D après la théorie institutionnelle, les politiques éducatives de chaque pays évoluent sous l influence de la propre évolution d une conscience globale Les références faisant l objet d une note peuvent être consultées sur le site 16 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

19 et universelle, issue des actions des organisations internationales et non gouvernementales, des doctrines des chercheurs réputés, des politiques des pays les plus influents sur le plan international, etc. 6. Dans ce contexte, l État n est plus un acteur dominant pour développer les politiques nationales, mais se contente d un rôle de coordonnateur dans la formation des politiques éducatives : sous la double contrainte d une part de l influence internationale et d autre part des limites et des besoins spécifiques nationaux et locaux, l État tente de donner une direction à sa politique éducative. En plus, pour que sa politique éducative soit effectivement mise en application sur le terrain dans les meilleures conditions possibles, l État ne peut pas ignorer en amont de communiquer avec les enseignants et de recueillir directement ou par leurs représentants syndicaux l expression des intérêts et des difficultés de leur travail lors de l élaboration de sa politique éducative. Pagano accepte que la mondialisation renforce l intégration économique par une homogénéisation des règles nationales vers des règles de l économie globale. Cependant, cette intégration économique pousse chaque pays à chercher son propre avantage compétitif institutionnel en développant une façon distinctive de distribuer des biens intellectuels en accentuant ses caractéristiques propres 7. Boyer, chercheur de la théorie de la régulation, en conclut à la persistance de la diversité culturelle, politique et économique même sous l effet de la mondialisation 8. Vinokur projette une bipolarisation éducative reflétant la bipolarisation économique en cours entre des firmes mondiales faisant vivre une couche sociale aisée et des populations laissées pour compte. La bipolarisation de l enseignement se fera d une part autour d un réseau éducatif homogène international en compétition produisant des enseignements de pointe, et d autre part autour d un système éducatif national dispensant l enseignement social pour tous 9. D une part, l État «n est plus l expression politique de l intérêt public collectif ; il devient un acteur parmi d autres, chargé de créer les conditions les plus favorables à la compétitivité 10». Les formes nationales de l éducation seront fonction de la nature des investissements effectués dans l éducation de pointe valorisant les avantages compétitifs dans la compétition globale. D autre part, pour neutraliser l écart social qui se produit dans cette «guerre économique 11», une part de la politique éducative doit être sociale et mise en place pour servir également à «réparer un tissu social élimé» en vue de «lutter contre la pauvreté et l exclusion» et de sauvegarder la paix sociale en la préservant d un endoctrinement révolutionnaire des couches pauvres 12. Reprenant Carnoy, les réformes éducatives sous l effet de la mondialisation se classifieront donc en réformes d investissement incitées par la compétitivité, réformes de réorganisation par contrainte budgétaire et réformes de redistribution incitées pour préserver l égalité sociale 13. Regards croisés sur l étranger Pour poser un regard systématique dans le domaine de l éducation, nous proposons une typologie divisée selon deux critères : 1) l objectif de l enseignement qui peut être «l intelligence et la connaissance», «l intérêt et le sentiment», ou «la sociabilité et la vie pratique»; 2) la finalité de l enseignement qui peut être «pour la beauté de l art» ou «instrumentalisée comme un moyen». Le premier critère nécessite quelques explications complémentaires. L objectif centré sur «l intelligence et la connaissance» est basé sur le postulat sociopédagogique suivant : les phénomènes dans le monde sont compris en fonction de l interprétation qu en fait chaque individu. Une bonne théorie est le véhicule non seulement pour comprendre un phénomène maintenant, mais aussi pour s en souvenir demain. JÉRÔME BRUNER (1960) 14. Caricaturer l éducation centrée sur «l intelligence et la connaissance» comme une approche qui poursuit le «bourrage de crâne» amène à l opposer à l éducation centrée sur «l intérêt et le sentiment». L objectif centré sur l intérêt et le sentiment est l apprentissage par le désir d apprendre qui accentue les expériences émotionnelles pour stimuler une capacité d interprétation subjective. Tout dépend de la qualité de l expérience qui a été vécue. JOHN DEWEY (1938) 15. Enfin, l objectif centré sur la sociabilité et la vie pratique est l apprentissage de «ce qu il faut apprendre» pour vivre en société. l éducation doit être un processus, non seulement pour l individu, mais aussi d intégration, qui est la réconciliation d une particularité individuelle avec l unité sociale 16. HERBERT READ (1943) En relation avec l évolution de la tendance dominante en éducation au sein de la communauté internationale, chaque pays met en avant une éducation qui valorise ses propres spécificités en relation avec sa culture, son histoire, sa logique institutionnelle et les événements politiques. Afin de comparer la politique éducative française à la réalité du monde, nous avons choisi dans les quatre autres continents quatre pays qui représentent la diversité des pays du monde : l Afrique du Sud, le Brésil, les États- Unis et le Japon. En Afrique du Sud : l enseignement public se restructure à partir des formes d enseignement traditionnel En Afrique du Sud, en application de l esprit de la nouvelle Constitution promulguée en 1996, le système éducatif a subi de profonds changements durant ces quinze dernières années. La nouvelle Constitution octroie l égalité devant l éducation et explicite- LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

20 ment le droit d établir et de gérer des institutions éducatives indépendantes 17. Le gouvernement de Nelson Mandela a dû faire face sur le terrain au manque criant d enseignants formés, dont l une des causes était la pandémie du sida (20% des ans sont infectés par le virus). Dans ce pays, où le pouvoir colonial avait contrôlé le système, l éducation avait servi notamment à imprégner la population locale de la culture coloniale sans se soucier du savoir indigène 18. À l opposé, la réforme du système éducatif s est appuyée sur l intégration de l enseignement traditionnel développé par chaque communauté en dehors du système éducatif formel, en intégrant dans la réforme de l éducation formelle les ressources et les structures des communautés locales qui existaient traditionnellement. Les pratiques culturelles en Afrique sont interdisciplinaires par nature 19 et l enseignement traditionnel est basé sur la culture et les arts traditionnels transmis dans les rituels et les événements comme les mariages, les initiations, etc. La société africaine associe traditionnellement l art (un facteur émotionnel) et la science (un facteur rationnel) comme étant les deux facteurs qui composent la société. Ces deux facteurs apparaissent intégralement dans les activités africaines : tandis qu une approche expérimentale est souvent utilisée dans les activités artistiques, les éléments esthétiques sont discutés dans les activités scientifiques. Pour illustrer ces deux caractéristiques de l éducation, l approche centrée sur la «sociabilité et la vie pratique» et celle intégrant l art avec un autre apprentissage, Grossert 20 introduit un type d éducation indigène, «l éducation par des pairs (peer education)» dans laquelle les enfants dotés de plus d expérience apprennent aux enfants plus jeunes. Quant aux adultes, ils interviennent à peine dans l éducation par les pairs, même s ils donnent des conseils à certains moments. Ils jouent donc un rôle en retrait encadrant les enfants qui enseignent par leurs expériences et leurs connaissances, mais ils ne prennent pas la responsabilité autoritaire d enseigner. La réforme de l éducation a pour but de contribuer à la paix sociale et au développement économique notamment dans le tourisme par l apprentissage de la diversité culturelle, et de la richesse des valeurs enracinées dans les différentes communautés et par le développement de la fierté dans cette diversité. Cette réforme postérieure à 1994, intégrant l éducation informelle comme moyen de développement des valeurs de la nouvelle société, a constitué à l origine une éducation centrée sur «l intérêt et le sentiment» valorisant l autonomie des enfants comme auparavant dans l enseignement informel. Progressivement, la formalisation de l enseignement a ensuite fait basculer l éducation vers un objectif centré sur «l intellect et la connaissance». Au cours des réformes successives, l éducation s est par la suite centrée sur «la sociabilité et la vie pratique», dans le contexte d une éducation «comme moyen» de socialisation. Depuis 2001, le caractère centré sur la contribution sociale à la culture s appuie sur la philosophie suivante : les cultures ne sont pas statiques, elles se modifient sous l influence d autres cultures, chaque citoyen doit passer de l état «d héritier passif d une culture à celui de participant actif à la culture 21.» L éducation sud-africaine a pour vocation de transmettre une culture humaniste et démocratique, et renforcer l identité nationale dans le respect de la diversité des cultures locales, pour encourager ainsi les élèves à devenir les acteurs de la création de leur propre culture. Au Brésil : l éducation publique s occupe des défavorisés et laisse le champ libre au développement de l enseignement privé Avec de riches ressources naturelles, le Brésil est un des pays qui détient un des PNB les plus élevés dans le monde entier. Cependant, ce pays souffre d une grande disparité entre riches et pauvres. Le Brésil fait tous ses efforts pour distribuer équitablement une éducation pour tous. Comme le slogan «Ordem e Progresso» (l ordre et le progrès) du drapeau national du Brésil, la philosophie du «positivisme» instituée par Auguste Comte a influencé le Brésil. Selon le positivisme de Comte, la pensée de l être humain se développe à travers, d abord, le stade théologique, ensuite le stade métaphysique, et enfin le stade empirique. Au stade empirique, afin de préserver l ordre social et d amener les progrès sociaux, les problèmes politiques doivent être analysés rationnellement par des experts comme des problèmes scientifiques qui suivent des règles plus ou moins empiriques. Cette idée de Comte a influencé le Brésil d une façon plus radicale qu en Europe : les élites et les enfants des familles de la classe moyenne étudiaient le positivisme comme le moyen de devenir de nouvelles élites nationales 22. Dans ce contexte historique, le système républicain au Brésil s est développé autour de deux thèmes : la technocratie et le libéralisme. Les uns plutôt technocrates soulignent le rôle central de l administration et de l État qui éclaire les citoyens «en croyant à la force des idées positives et à un rôle rédempteur d illustres élites 23»; les autres plutôt libéraux ont pour but de moderniser l État à travers la libéralisation du marché économique «en croyant en la force de l argent et de l entreprenariat, en l utilité pratique et la connaissance technique, et en la valeur de la décentralisation politique 24.» Influençant le Brésil, ces philosophies caractérisent son système éducatif comme un compromis entre une administration centralisée par l État et un libéralisme sur le terrain. L éducation au Brésil qui s est équipée de l ensemble des instruments normatifs nécessaires est depuis près de vingt ans en train de s engager dans des réformes de fond afin de fournir une égalité de traitement devant l éducation. En jouant harmonieusement sur des initiatives fortes au niveau fédéral et sur une autonomie locale de mise en œuvre, l éducation brésilienne essaie de dispenser sur tout son territoire une éducation de bonne qualité pour tous respectant la diversité culturelle. Notamment, un des éléments clés de ces réformes est la redis- 18 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

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