116 e Bal de l X le 16 mars 2007 à l Opéra Garnier

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "116 e Bal de l X le 16 mars 2007 à l Opéra Garnier"

Transcription

1 JANVIER 2007 N o e Bal de l X le 16 mars 2007 à l Opéra Garnier COLLOQUE AGRO-ENA-X LE 25 JANVIER 2007

2

3

4 REVUE MENSUELLE DE LA SOCIÉTÉ AMICALE DES ANCIENS ÉLÈVES DE L ÉCOLE POLYTECHNIQUE Le grand foyer à l Opéra Garnier. REPORTAGE IMAGE La Jaune et la Rouge, revue mensuelle de la Société amicale des anciens élèves de l École polytechnique Directeur de la publication : Daniel DEWAVRIN (58) Rédacteur en chef : Jean DUQUESNE (52) Secrétaire de rédaction : Michèle LACROIX Éditeur : SOCIÉTÉ AMICALE DES ANCIENS ÉLÈVES DE L ÉCOLE POLYTECHNIQUE 5, rue Descartes, Paris Tél. : Mél : [email protected] Fax : Abonnements, Annuaire, Cotisations : ou Annonces immobilières : Fax : Bureau des Carrières : Fax : Rédaction : 5, rue Descartes, Paris Tél. : Mél : [email protected] Fax : Tarif 2006 Prix du numéro : 8 Abonnements : 10 numéros par an : 35 Promos 1997 à 2000 : 27 Promos 2001 à 2003 : 18 Publicité : FFE, 18, AVENUE PARMENTIER BP 169, PARIS CEDEX 11 TÉLÉPHONE : Impression : EURO CONSEIL ÉDITION LOIRE OFFSET PLUS Commission paritaire n 0109 G ISSN n Tirage : exemplaires N 621 JANVIER 2007 LE SURSAUT, 2 E 5 Éditorial de Daniel DEWAVRIN (58), président de l AX 6 PARTIE 6 La réforme de l État par Marie-Louise CASADEMONT (74), chargée de mission Environnement-développement durable de GRTgaz, filiale transport de GDF Les pôles de compétitivité 10 Une «nouvelle» politique industrielle... par Guillaume GUIDONI (01), économiste à la Société Générale 11 Rôle du groupe de travail X-Clusters par Jérôme FOUREL (92), partenaire de Sindeo Ventures, président d X-Asie 13 Impact de l innovation technologique sur la croissance potentielle par Édouard SCHAAL (04) 16 Repenser l éducation : regards croisés par Kaori IWAI (Stanford 99, MBA HEC 01) et Lionel KHALIL (95) 22 Rigidité de l offre : une comparaison de l Italie, de la France et de l Allemagne par Patrick ARTUS (70), directeur de la Recherche et des Études de IXIS Corporate and Investment Bank 26 Procrastination à la française par Raoul de SAINT-VENANT (73), président de modeledition SA 30 Revitaliser la hiérarchie et le contrôle de l administration par Vincent TIXIER (61), PhD Stanford University 33 L économiste en débat par Jean-Marc DANIEL (74), administrateur de l Insee, professeur d économie à ESCP-EAP, rédacteur en chef de la revue Sociétal 37 Quelques remarques sur la concurrence par Jean-Daniel LE FRANC (53), membre de la Commission des participations et des transferts 40 Sur la technologie par Claude LAIGLE (53), ancien président du BEPTOM et de Satel Conseil 44 IN MEMORIAM 44 Pierre LUCAS (44) par Jean DUQUESNE (52) 45 LIBRES PROPOS 45 Aligner la gouvernance des systèmes d information sur la stratégie de l entreprise par Tru DÔ-KHAC (79), consultant indépendant

5 FORUM SOCIAL Vivre avec un handicap psychique par Sophie BARRÉ, assistante sociale, Caisse de secours de l AX ARTS, LETTRES ET SCIENCES Les livres 55 Récréations scientifiques par Jean MOREAU DE SAINT-MARTIN (56), Allons au théâtre par Philippe OBLIN (46) 56 Discographie par Jean SALMONA (56) 57 Musique en image par Marc DARMON (83) 58 Solutions des récréations scientifiques 59 COLLÈGE DE POLYTECHNIQUE 59 Nos prochains séminaires de formation VIE DE L ASSOCIATION Cotisation 2007 Groupes X 61 Élection au Conseil d administration de l AX 63 Carnet professionnel, AIRAMA, Colloque «Avenir de l Afghanistan» 64 GPX 65 Rencontres avec des hommes remarquables, La vie comme un tout, entretien avec Edgar Morin 66 Carnet polytechnicien, 3 e colloque des anciens élèves de l Institut national agronomique Paris-Grignon, de l ENA et de l École polytechnique le 25 janvier e Bal de l X le vendredi 16 mars à l Opéra Garnier 68 8 e colloque international des anciens élèves de l ENA, d HEC et de Polytechnique le 29 mars XMP-Entrepreneur 70 Bureau des carrières 72 Autres annonces ANNONCES Comité éditorial de La Jaune et la Rouge : Pierre LASZLO Gérard PILÉ (41) Maurice BERNARD (48) Michel HENRY (53) Michel GÉRARD (55) Alain MATHIEU (57) Jean-Marc CHABANAS (58) Jacques-Charles FLANDIN (59) Jacques PARENT (61) Gérard BLANC (68) Jacques DUQUESNE (69) Nicolas CURIEN (70) Alexandre MOATTI (78) Hélène TONCHIA (83) Jean-Philippe PAPILLON (90) Bruno BENSASSON (92).

6

7 ÉDITORIAL de Daniel Dewavrin (58), président de l AX CHÈRES CAMARADES, CHERS CAMARADES, A LORS QUE JE VIENS de prendre depuis quelques mois mes fonctions de Président de notre Association, c est un grand plaisir pour moi de vous souhaiter une très heureuse nouvelle année En 2006 l AX a commémoré le deux centième anniversaire de la Caisse de secours, créée, comme il a été rappelé dans le précédent numéro de La Jaune et la Rouge, en 1806, sous la forme du Bureau de bienfaisance de la Caisse des élèves. Même si le nom et l organisation de notre Association ont changé depuis, la fraternité polytechnicienne pas seulement à l égard de ses membres a pris sa source il y a deux siècles. Je forme le vœu que cette fraternité se perpétue et que notre communauté, qui a beaucoup reçu, se fixe pour objectif de beaucoup rendre. À quoi sert l AX se demandent, paraît-il, certains de nos camarades et à quoi bon cotiser pour n avoir en échange qu un annuaire et une revue? La réflexion est trop courte. La réponse est facile : c est d abord pour aider ceux d entre nous qui peuvent être atteints par les difficultés de la vie et aussi ceux autour de nous quelquefois loin de nous qui ont besoin d aide et d amitié. Mais la vocation de l AX n est pas que de solidarité. Elle doit participer au débat qui entoure l insertion de l École dans le nouveau paradigme né de la mondialisation. Beaucoup d entre nous ont participé à son émergence et sont légitimement concernés par l évolution de l École. C est ce que le groupe X-Sursaut a mis à son ordre du jour dans la revue en novembre dernier et aussi dans le présent numéro, ouvrant un débat auquel tous sont invités à participer. La nécessaire adaptation à la mondialisation implique des refondations profondes pour les entreprises et les institutions. L École polytechnique ne peut être immobile. Elle ne l est pas, évidemment, et nous nous félicitons du chemin déjà accompli à la suite des réflexions initiées par Bernard Esambert, poursuivies par Pierre Faurre et concrétisées par le projet X2000. Un nouveau contrat pluriannuel vient d être lancé par Yannick d Escatha et le général Xavier Michel auquel sera consacré le prochain numéro de cette revue dans un panorama de l École polytechnique. Nous devons, par ailleurs, participer attentivement au développement du projet ParisTech qui, tout en donnant une meilleure visibilité internationale à l École, ne doit pas porter atteinte à son identité. Ce défi international s accompagnera pour l AX d une politique de communication renforcée. La Jaune et la Rouge se prépare en effet à mettre en œuvre une nouvelle présentation, que nous souhaitons plus attrayante. En parallèle, les sites Internet de l AX, notamment ceux qui contiennent la revue sous forme électronique et les «produits dérivés» et complémentaires que la «toile» peut apporter, seront complétés et hiérarchisés en vue d assurer la meilleure liaison avec et entre nos Camarades. Chères et chers Camarades, l AX et moi-même vous souhaitons une très heureuse et féconde année 2007 dans vos activités familiales, professionnelles et associatives. n LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

8 LE SURSAUT La réforme de l État Marie-Louise Casademont (74), chargée de mission Environnement-développement durable de GRTgaz, filiale transport de GDF DURANT CES DERNIÈRES ANNÉES, plusieurs actions gouvernementales ont été menées au titre de la réforme de l État. Nous citerons ainsi, depuis 2002 : les lois d habilitation du gouvernement à simplifier le droit, depuis juillet 2003 ; la Loi organique relative aux lois de finances, LOLF, mise en œuvre en cette année 2006, qui introduit l exigence de performance et d utilisation optimale des deniers publics pour l action de l État ; la réforme des services territoriaux de l État ; le programme Adele d administration électronique ; la création début 2006, au sein du ministère de l Économie et des Finances, de la DGME, direction générale de la modernisation de l État, par regroupement de structures existantes liées à la réforme de l État ; le lancement d audits de modernisation de l État ; la réforme de la formation professionnelle (DIF) engagée depuis 2004 Ces actions sont autant d efforts pour rénover notre Administration, pour l adapter aux évolutions rapides de la société des vingt dernières années. Mais un consensus se dégage cependant : elles ne constituent que le début d un mouvement qui doit se renforcer pour installer la transparence et l efficacité de l action publique. La réforme de l État est donc devenue un thème récurrent de réflexions pour divers groupements ou revues. Sont régulièrement abordés la simplification des structures administratives, la maîtrise du nombre de fonctionnaires, la modernisation de la gestion des ressources humaines et le développement d une culture d évaluation et de performance au sein de l Administration. X-Sursaut, pour sa part, a choisi de se rapporter à un livre publié en janvier 2002 par l un de nos camarades, Yann Duchesne (77), et qui reste d une étonnante actualité. Ce livre, France S.A., résultait pour l auteur d un profond sentiment de déception face aux politiques conservatrices sans envergure et d une interrogation fondamentale : pourquoi certaines entreprises françaises parviennent à un leadership mondial alors que l État français est décrié de toute part? Nos échanges sur la base de ce livre et de son diagnostic de la situation de la France ont mis en évidence des propositions originales que nous avons rapprochées des recommandations provenant d autres analyses concernant le Pays. Regardons la France comme si c était une très grande société anonyme! En utilisant une équivalence dûment justifiée entre l État-nation et l entreprise, quant à leurs modes respectifs de gouvernance, nous pouvons alors concevoir une approche systémique pour «la réforme de l État» : d une part les méthodes éprouvées dans le monde de l entreprise, et qui permettent aux entreprises de prospérer, apparaissent comme transposables à la France, l État et son administration ; d autre part le mouvement pour «la réforme de l État» apparaît pour la France tel un projet stratégique pour une entreprise. Nous décrivons brièvement ciaprès les quatre fondements de cette approche systémique. De même que le succès d un projet d entreprise repose sur l existence d une vision stratégique, l État est fondé à mener le projet «réforme de l État» à partir d une ambition pour la France. La devise nationale «Liberté, Égalité, Fraternité» n exprime plus actuellement une ambition suffisamment clairement définie pour les Français et de nouvelles expressions pourraient permettre d insuffler une véritable dynamique. Les quatre fonctions de l État De même que chaque entreprise se dote d un état-major de type «holding financière», ou «opérateur», ou «contrôleur», ou encore «architecte», selon les variantes possibles du management d entreprise, l État qui a défini son ambition pour la France peut analyser comment porter le projet «réforme de l État». Car un État de type «holding financière» signifie : gestion financière d un portefeuille d actifs (budgets, trésorerie, profits) ; pas de réflexions particulières sur les savoir-faire, les transferts ou synergies possibles ; pas de 6 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

9 réflexions sur les questions de qualité de certains biens d utilité publique. Un État «opérateur» : intervention directe dans la gestion des activités et projets sur des objectifs définis, pour les allocations de ressources correspondantes ; efficacité sur des objectifs «nouvelles industries-technologies»; pas d objectifs concernant le quotidien des citoyens. Un État «contrôleur» : rôle prépondérant pour les allocations de ressources et les règles de gestion; devient centralisateur et coûteux. Un État «architecte» : rôles d entraîneur et de régulateur ; développement de prospective, règles, contrôle de leur application, examen des résultats ; développement des réflexions coûts-usage. En résultat de cette analyse, un «État architecte» apparaîtrait sans doute aujourd hui comme la voie la plus moderne pour porter le projet de réforme de l État. Les quatre modes de réforme De même que chaque entreprise adopte une méthode pour conduire le changement vers une vision stratégique, l État est fondé à choisir des modalités de réforme. Dans le monde de l entreprise, quatre modes de réforme sont généralement distingués et leurs résultats identifiés : les modalités révolutionnaires s avèrent souvent douloureuses et coûteuses ; les modalités invoquant la «contrainte externe» permettent des réformes en profondeur, mais peuvent engendrer quelques désagréments du fait qu elles sont réalisées par respect forcé ; les modalités technocratiques sont souvent non pérennes car elles dépendent trop du leader du moment ; les modalités cherchant le consentement restent in fine les plus efficaces. C est ainsi qu une réforme de l État selon le «mode consenti» semble la plus appropriée dans la mesure où, par définition : elle serait conduite par un pouvoir politique représentatif sorti des urnes et apportant une nouvelle génération de responsables ; elle articulerait court et moyenlong termes pour gérer au mieux l impatience de l opinion publique face au décalage entre temps politique (échéances électorales) et temps économique (délais nécessaires aux réformes pour porter leurs fruits) ; elle rencontrerait la confiance de l opinion publique parce qu elle lui aurait été soumise par avance, par exemple dans le débat électoral précédant une échéance électorale majeure Trois étapes pour le succès Globalement enfin, et comme pour la conduite du changement en entreprise, la réussite du projet de «la réforme de l État» résiderait dans le respect de trois étapes indispensables au succès : a) le partage de l ambition, de la vision stratégique pour la France auprès de l administration et des fonctionnaires, qui doivent œuvrer pour le changement au lieu de préférer le statu quo, auprès de l opinion publique, qui ne doit plus confondre les notions d intérêt général et de service public, en respectant certains engagements des contrats antérieurs, en affichant la synthèse des améliorations à mettre en œuvre et à suivre en benchmarking ; b) la détermination avec précision et selon un calendrier réaliste des objectifs spécifiques qui concrétisent la vision stratégique même si c est difficile pour un service public, en utilisant des indicateurs qui peuvent être redéfinis et complétés au fur et à mesure de leur suivi ; c) la mise en œuvre d un pilotage du changement adapté pour chaque objectif spécifique c est-à-dire soit instantané, soit à cliquets, soit en progrès continu. Nous soulignons ici l importance de cette troisième étape : combien de «changements» n ont pas abouti du fait de son escamotage? Les cinq objectifs d une réforme Regardons à présent, pour une approche opérationnelle du projet «réforme de l État», quels sont les objectifs spécifiques qui sont susceptibles de dynamiser notre pays! Le «diagnostic des forces et faiblesses» de la France en ce début de XXI e siècle dressé dans France S.A., et assez largement corroboré actuellement par des think tank comme l Institut de l Entreprise, ainsi que l application de démarches éprouvées dans le domaine du management des meilleures entreprises françaises ont conduit à sélectionner cinq objectifs spécifiques pour soutenir ce projet : améliorer les performances de l Administration, libérer les énergies dans les entreprises, motiver et utiliser les talents, développer la gestion de la connaissance, reconsidérer les citoyens. L objectif «améliorer les performances de l Administration» comprend deux propositions pour une évaluation basique de ces performances : A) mettre en regard les dépenses en pourcentage du PIB face aux résultats obtenus, ministère par ministère; B) repréciser le contenu du «service» apporté par chaque ministère ou administration. Suivent trois propositions méthodologiques pour stimuler les performances : C) sélectionner les dépenses publiques (procédure en deux étapes : un projet donné relève-t-il ou non de l État? Si oui, rechercher des cofinancements privés; cette procédure contribue finalement aussi à gérer la R & D) ; D) mettre en regard crédits engagés face à l objectif fixé, suivre les effets des décisions prises ; LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

10 E) introduire des critères de performance opérationnels pour les objectifs fixés. Quatre propositions précisent des évolutions profondes pour la gestion financière de l État, dans le souci de concilier impératifs économiques et démocratiques : F) introduire au sein de l Administration la tenue de comptes (bilan, compte d exploitation, tableau de financement), pour arriver à préciser le capital de l État et à gérer ce capital, c est-à-dire classiquement en créant une dynamique de création de valeur et une contrainte de rentabilité ; G) adopter les règles comptables privées, et notamment pour les dépenses publiques, distinguer les dépenses d investissement et de fonctionnement ; obtenir le coût des services rendus par l État ; H) apporter au citoyen la vision du mode de dépense des impôts et cotisations ; I) évaluer les impacts économiques des dépenses d investissement, a priori et a posteriori. Deux améliorations de la gestion budgétaire sont présentées comme incontournables et, de fait, sont maintenant intégrées dans la LOLF : J) voter l ensemble des crédits et pas seulement les crédits pour des actions nouvelles ; K) supprimer les comportements visant à «tout dépenser» des crédits votés. Trois propositions enfin se rapportent à l organisation managériale de l Administration : L) identifier et supprimer les doublons entre ministères ; M) introduire des pratiques managériales pour la motivation et l intérêt au travail, pour le développement professionnel et la promotion, pour la rémunération ; N) résoudre le problème de la lenteur du processus de décision-action liée aux strates hiérarchiques. Les quatre autres objectifs spécifiques s appliquent aux entreprises et aux citoyens. «Libérer les énergies dans les entreprises» repose sur cinq propositions en faveur de l entreprise : rationaliser le dispositif des aides à la création d entreprises ; simplifier l environnement réglementaire des entreprises (numerus clausus, horaires ) ; développer les fonds de pension pour stimuler le financement des entreprises et pour équilibrer leur financement par endettement par du financement en fonds propres ; réformer la fiscalité des entreprises (la simplifier, l alléger (transmissions), la stabiliser) ; organiser des compétitions de création d entreprises. «Motiver et utiliser les talents» est un objectif pour lequel il s agit de définir une politique de «promotion des talents» pour le pleinemploi et tenant compte des réalités sociologiques des individus au travail. Sur le principe que promotion et rémunération doivent être établies sur la réelle contribution des individus apportée par leur travail, l ensemble des mesures qui rendent les rémunérations flexibles sont à cultiver : mesures de partage des profits entre actionnaires et salariés comme intéressement et participation ; mesures encourageant l actionnariat des salariés, comme le PEE ; mesures pour l actionnariat des cadres dirigeants (options). «Développer la gestion de la connaissance» s applique à la formation individuelle, dans un monde éducatif en liaison avec le monde professionnel, selon des principes comme : favoriser progrès et transmission du savoir ; détecter autant l intelligence académique que l intelligence émotionnelle; intégrer les évolutions des environnements sociaux et professionnels (exemple : outils informatiques des entreprises, méthodes d apprentissage des langues, travail en équipe) ; équilibrer formation initiale et formation continue. «Reconsidérer les citoyens» recouvre des propositions sur la fiscalité individuelle. Il s agirait essentiellement de viser l allégement de la charge fiscale ce qui peut d ailleurs aboutir à l accroissement des recettes fiscales de l État, et de repenser la fiscalité en tant que mode de financement des activités publiques, et non comme un mode d égalisation ou de nivellement des revenus et situations. Concernant l impôt sur le revenu, la retenue à la source et la suppression des régimes particuliers et niches fiscales sont préconisées. Plus largement, il faudrait évoluer vers un système fiscal simplifié qui fasse converger les taux d imposition sur les revenus du capital et du travail. Rapprochons maintenant ces propositions des recommandations provenant d autres analyses! Nous avons retenu d une part le récent rapport Pébereau, Rompre avec la facilité de la dette publique, qui fait l objet d un article de son auteur dans le numéro de novembre 2006, d autre part le rapport public du Conseil d État sur les perspectives pour la fonction publique, publié en Deux autres analyses Le rapport Pébereau développe la nécessité de consacrer les cinq prochaines années à la remise en ordre des finances publiques et pose trois principes essentiels à la maîtrise des dépenses publiques : le partage de l effort de leur réduction entre l État, les régimes sociaux et les collectivités territoriales, le réexamen intégral de leur efficacité, le maintien du niveau global des prélèvements obligatoires, le temps du retour à l équilibre dépensesrecettes publiques. Force est de constater que les 20 mesures préconisées par ce rapport, qui sont le fruit d une commission pluraliste mue par l intérêt de tous les Français, se classent sans difficulté dans l objectif spécifique «Améliorer les performances de l Administration». 8 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

11 On constate ainsi que les mesures 1, 2, 3, 4 pour l État : 1) revenir à l équilibre en cinq ans au maximum en stabilisant les dépenses en euros courants ; 2) ne pas diminuer le niveau global des prélèvements obligatoires pendant cette période ; 3) affecter intégralement les recettes exceptionnelles au désendettement ; 4) utiliser ensuite les finances publiques pour réguler le cycle économique, comme les mesures 5 et 6 pour les collectivités territoriales : 5) stabiliser les dotations de l État en euros courants, tout en assurant la neutralité des transferts ; 6) leur assurer une plus grande maîtrise de leurs ressources et de leurs dépenses ; peuvent être rapprochées des propositions F et G d évolutions pour la tenue des Comptes de l État. Les mesures 7, 8, 9, 10, 13 précisent des cibles pour le suivi des dépenses des régimes sociaux : 7) poursuivre la réforme des retraites en 2008 ; 8) garantir le retour à l équilibre de l assurance maladie en 2009 ; 9) garantir ensuite l absence d endettement ; 10) garantir l équilibre de l assurance chômage ; 13) réorienter dans les trois ans toutes les dépenses de l État et de la Sécurité sociale ; et constituent une application particulière des trois propositions méthodologiques globales C, D et E, énoncées pour stimuler les performances, comme de la proposition H (vision du mode de dépense des impôts et cotisations). Les mesures 11 et 12 sur les dépenses de l État en général : 11) donner la priorité à la réduction des dépenses inefficaces ; 12) gager toute nouvelle dépense sur la suppression de dépenses équivalentes; corroborent les propositions A et B d évaluation basique des performances. La mesure 14 : 14) consacrer plus de temps au Parlement à l analyse des résultats qu au vote du budget ; simplifier l organisation administrative et faire disparaître toutes les structures redondantes ; correspond aux propositions J pour la gestion budgétaire et L pour l organisation de l Administration. Les trois mesures qui concernent la gestion des ressources humaines de la fonction publique : 15) utiliser dès aujourd hui au maximum l opportunité des départs à la retraite pour supprimer les sureffectifs ; 16) lever tous les obstacles à la mobilité des agents ; 17) fixer une part significative de la rémunération des gestionnaires en fonction de la qualité de leur gestion et du respect de leurs objectifs ; explicitent la proposition M relative à l organisation de l Administration. Les mesures 18, 19 et 20 pour le changement de logique des politiques de croissance, d emploi et de cohésion sociale : 18) évaluer l efficacité des réglementations publiques ; 19) ne pas disperser les moyens publics notamment en matière d emploi, enseignement supérieur et recherche ; 20) faire vraiment le choix de la cohésion sociale ; correspondent là encore à des expressions ciblées des trois propositions méthodologiques globales C, D et E, énoncées pour stimuler les performances. Le rapport du Conseil d État sur les perspectives pour la fonction publique, pour sa part, met en avant trois enjeux qui appellent une évolution en profondeur de la fonction publique : la nécessité pour la fonction publique de faire preuve d une efficacité accrue; cet enjeu rejoint la proposition B d évaluation des performances, ou encore les propositions D et E pour stimuler les performances de l Administration; la nécessité pour la fonction publique d adapter ses règles de gestion aux exigences de la gestion des ressources humaines ; la nécessité de concilier le droit de la fonction publique avec d autres branches du droit. Pour contribuer à la définition de cette évolution, ce rapport privilégie une ligne directrice : «Obtenir une plus grande adaptabilité de la fonction publique à ses missions, tant il est vrai qu il appartient à la fonction publique de s adapter à l évolution des besoins de la puissance publique et de l usager et non l inverse. En d autres termes, il faut moins de rigidités et de frontières, plus de souplesse et plus de fluidité, dans le respect bien sûr des valeurs fondatrices de la fonction publique, celles en particulier qui garantissent l impartialité, l intégrité et le professionnalisme.» Cinq éléments fondamentaux sont ensuite détaillés. Trois d entre eux se rattachent directement à la proposition M d organisation managériale de l Administration : quelle structure de gestion de la fonction publique de l État? quel pilotage de la fonction publique? quel dialogue social dans la fonction publique? Les deux autres élargissent aux questions du droit le champ des propositions issues de France S.A. concernant cette organisation managériale : quelle particularité du régime applicable aux agents publics par rapport au droit commun du travail? quelle place pour le contrat dans le droit de la fonction publique? Gageons que ces exercices de rapprochement entre recommandations provenant de diverses analyses en vue de «la réforme de l État» permettront à nos lecteurs de convenir de l ampleur des chantiers utiles à l accomplissement de cette vision stratégique moderne dont la France a besoin! n LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

12 LE SURSAUT Les pôles de compétitivité Une «nouvelle» politique industrielle Guillaume Guidoni (2001), économiste à la Société Générale LA FRANCE s est dotée d un nouvel instrument de politique industrielle : le pôle de compétitivité. Il s agit d associer, sur un secteur géographique délimité, des entreprises, des centres de recherche ou de formation et des autorités publiques autour d une thématique technologique. Cette politique s appuie sur le concept de cluster («concentration géographique d acteurs unis par des chaînes de valeurs économiques, évoluant dans un environnement bénéficiant d infrastructures de soutien, partageant une stratégie commune et visant à attaquer un même marché», Cooke et Huggins, 2002). Les pôles ont été sélectionnés à la suite d un appel à projets, qui a abouti à créer 66 structures qui se répartissent en trois catégories : pôles mondiaux (6), pôles à vocation mondiale (9) et pôles nationaux (51). L objectif de cette politique est de soutenir l innovation et la compétitivité de l industrie française en créant des regroupements autour de projets de R&D. Il s agit ainsi de générer des opportunités industrielles, de créer des emplois mais aussi de renforcer les économies régionales au sein d un pays qui reste excessivement centralisé. Elle mêle donc politique d aménagement du territoire, politique industrielle et politique de soutien à l innovation. L intérêt du clustering est de pouvoir corriger trois types de faiblesses d un système national d innovation : un marché inefficace (financement de l innovation, information asymétrique, externalités ), des politiques publiques inefficaces et des faiblesses systémiques (difficultés à agir en partenariat, coordination public-privé insuffisante ). Cela est cohérent avec les raisons du retard de la France en matière d innovation : faiblesse du tissu d entreprises innovantes (notamment des PME), manque de partenariat entre secteurs privé et public et, enfin, faible productivité de la R&D en matière d innovations exploitables industriellement. Néanmoins, la mise en œuvre de cette politique de clusters «à la française» n est pas exempte de critiques, parmi lesquelles : la volonté de mêler aménagement du territoire et innovation industrielle. Les 15 pôles d envergure mondiale et les pôles nationaux sont d une grande hétérogénéité, à la fois en termes d importance économique ou de secteur technologique, or cela semble en D.R. contradiction avec les enseignements tirés des expériences étrangères ; la lourdeur des processus administratifs et les incertitudes liées à l allocation des crédits publics : complexité et opacité des modes de sélection et financement des projets, multiplicité des décideurs publics, risque de dispersion des crédits sur des projets peu porteurs et risques de focalisation sur les grandes entreprises ; la multiplication des politiques publiques de soutien à l innovation (soutien aux «gazelles», aux JEI (Jeunes entreprises innovantes), aux grands projets industriels ) pose le problème de la cohérence de l ensemble. n 10 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

13 Rôle du groupe de travail X-Clusters LE SURSAUT Les pôles de compétitivité Jérôme Fourel (92), partenaire de Sindeo Ventures, président d X-Asie DES CENTAINES de polytechniciens ont été impliqués dans la genèse des «pôles de compétitivité», et des milliers de polytechniciens (cadres et dirigeants d entreprises, entrepreneurs, chercheurs et professeurs, hauts fonctionnaires, acteurs de la «société civile», etc.) s impliquent aujourd hui jour et nuit dans la mise en place et le développement des 66 pôles, à commencer bien sûr par les 6 pôles mondiaux 1 : en Île-de-France, le pôle SYSTEM@TIC Paris Région ( où évidemment l École joue et jouera un rôle important ; dans la région PACA, le pôle Solutions communicantes sécurisées ( où évidemment Sophia-Antipolis (1 er cluster «à la française» porté à bout de bras par notre camarade Pierre Laffitte il y a trente ans) joue et jouera un rôle moteur ; à Grenoble, le pôle MINALOGIC ( dans le Sud-Ouest, le seul pôle birégional (Midi- Pyrénées/Aquitaine) Aerospace Valley ( à Lyon, le pôle LYONBIOPOLE ( ; en Île-de-France, le pôle MédiTech Santé Paris Région (meditech.paris-region.com). Le chantier des pôles de compétitivité est un chantier immense, stratégique pour remettre à niveau le «territoire France» dans la compétition internationale, non seulement au plan industriel mais aussi au plan culturel, car ces réformes de structure ne réussiront que si l on adapte également la culture de tous : celle des Grandes Écoles (PME ultraréactives, qui ont largement réussi leur «révolution culturelle» depuis dix ans, notamment leur internationalisation ; reste le chantier essentiel de la recherche, industrielle et fondamentale, via notamment ParisTech) et des universités, des entreprises, de la recherche publique et privée ; le monde de la finance, car ils financeront les efforts collectifs et individuels : le chantier «réseau fort de Business Angels» reste un des éléments manquants essentiels pour faire croître nos PME, et où les X ont un rôle à jouer pour faire émerger une classe de BA à la culture plus industrielle ; l univers des médias, qui projettera une image positive des talents et réussites, tout en mettant aussi le doigt sur les points noirs ; les citoyens français et les nombreux émigrants notamment nos camarades internationaux (venus notamment d Asie, d Europe centrale et orientale, d Amérique latine et d Afrique), qui forment aujourd hui plus de 20 % des promotions des grandes écoles d ingénieurs. Il y a un énorme travail pour mettre ces camarades transmigrants 2 à leur juste place dans l écosystème France, notamment du côté recherche et entrepreneuriat. N oublions pas que la Silicon Valley, depuis quinze ans, s est bâtie sur le talent de ces migrants (issus principalement des pays dits émergents), qui forment aujourd hui plus de 50% des PhD en science et ingénierie des USA et cofondent plus de 60 % des entreprises high-tech de la Silicon Valley. Les pleins effets de ces réformes ne se feront sentir que dans une génération, et les polytechniciens ont une grande responsabilité pour permettre la montée en puissance de ces pôles, comme les anciens du MIT l ont eue dans le cluster de la Route 128, et ceux de Stanford dans la Silicon Valley. LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

14 Trois valeurs fondamentales de la communauté polytechnicienne lui donnent une importance particulière : 1) l intégrité et l exigence de la raison, qualités qui avaient fait au XIX e siècle de «l écosystème X» (et de tous ses spin-offs napoléoniens à travers l Europe) le précurseur des clusters d innovation scientifique et industrielle, dont le MIT et d autres se sont ensuite inspirés à la fin du XIX e siècle, et qui l ont ensuite fait énormément monter en puissance dans les années 1950 et 1960 ; 2) «l esprit de corps», qualité (et défaut) qui a notamment permis dans les années 1960 et 1970, via les membres des corps d État et les «grands programmes», de rattraper un lourd retard industriel face à l Angleterre et à l Allemagne, et de créer-consolider les géants industriels qui forment aujourd hui l ossature de la puissance industrielle française ; 3) la confiance et la méritocratie, qui permettent l activation de réseaux transversaux de confiance, intergénérationnels et désormais internationaux, véhicule «marchant à l air frais», essentiel pour faire obstacle à la bureaucratisation-verticalisation inévitable de toute structure formelle, et pour permettre une «économie du presque chaos», où l on puisse fédérer les énergies et transformer en géants internationaux une nouvelle génération de PME. Face à cela, quel sera le rôle du petit groupe de travail X-Clusters? Simplement essayer de faire en sorte que tous les polytechniciens (et «amis») impliqués dans la dynamique des clusters, et que ceux ayant le projet de s y impliquer : se connaissent vous pouvez vous inscrire d ores et déjà sur la liste [email protected] via Sursaut/lists ; échangent entre eux vous pouvez via le site d X-Sursaut accéder à la page «clusters-pôles de compétitivité», et y éditer du texte et exporter des documents. Des volontaires sont les bienvenus pour s occuper (analyse et action) d une problématique donnée et organiser, à Paris ou en région ou à l international, des réunions de travail ; apportent des solutions-propositions concrètes sur certains sujets le chantier «pôles de compétitivité» est encore plein de «problèmes à résoudre» (au niveau micro ou macroéconomique ; technique-organisationnel-financier), les X aiment résoudre des problèmes complexes, et il y en a à foison. Sur ce dernier point, compte tenu du fait que nous sommes tous très occupés et très pris, une vraie plateforme de travail collaboratif en ligne (Xwiki.com, développée par un X 90) est nécessaire, est en cours d adaptation, devrait être prête sous trois mois, et est déjà utilisée pour répondre à un cas concret : comment raccrocher une jeune start-up (Gostai.com, qui a un middleware robotique révolutionnaire, qui est entre autres le cerveau logiciel du robot Aibo de Sony madeby-x94) au pôle SYSTEM@TIC et au Japon, et lui trouver des financements adéquats sous six mois. Toutes les énergies sont les bienvenues pour rejoindre le groupe X-Clusters, la seule chose qui soit bannie du groupe est la langue de bois. Le «squelette» des clusters «à la française» est en cours de mise en place, nous espérons y apporter à un très modeste niveau : un peu de «muscle» polytechnicien, via une classe très diversifiée de polytechniciens, de toutes générations, développant aujourd hui les clusters dans chaque région, un peu de «sang» polytechnicien, venu de France mais aussi de l international, où de nombreux camarades (notamment parmi les jeunes promotions) sont immergés dans d autres clusters, et espèrent jouer un rôle pour tisser des liens de codéveloppement avec les clusters français, car la croissance de ces clusters devra se faire souvent via le développement dans de grands marchés porteurs, en Europe mais aussi aux États-Unis et en Asie, car un vrai corps polytechnicien, plein de vie, est composé de ces trois éléments (et assumant que le cerveau est opérationnel). n 1. De nombreuses informations sont disponibles sur le portail gouvernemental de promotion des pôles : 2. Désignant par ce terme de «transmigrant» nos camarades français ayant migré dans d autres pays et souhaitant revenir, ainsi que nos camarades internationaux venus étudier, travailler et s intégrer à notre pays. 12 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

15 LE SURSAUT Impact de l innovation technologique sur la croissance potentielle Édouard Schaal (04)* D.R. Après une décennie de ralentissement, l économie japonaise a retrouvé les chemins d une croissance solide et stable. Si l ensemble des réformes structurelles poursuivies au cours des années 1990 est souvent évoqué pour justifier cette évolution, l innovation technologique reste l un des facteurs les plus susceptibles d expliquer cette dynamique retrouvée. L essentiel de la croissance actuelle du Japon provient du progrès technique, en particulier de la R&D et de l intensification du commerce technologique, lequel a été en grande partie soutenu par la politique du gouvernement japonais en la matière. L innovation technologique L innovation technologique aurait contribué à hauteur de 80 % à la croissance potentielle en 2004, devenant ainsi le principal moteur de l économie japonaise. Si l investissement dans le savoir et les hautes technologies est aujourd hui l un des principaux objectifs des économies avancées, il demeure d autant plus difficile d évaluer son réel impact sur l économie que le progrès technique est une grandeur non mesurable en tant que telle. Dès 1950, Solow a proposé de résoudre ce problème en isolant la partie de la croissance qui ne peut être expliquée ni par le capital, ni par le travail. Ce résidu de croissance, plus précisément appelé Productivité totale des facteurs (TFP), permet d appréhender le progrès technique, qui en est la composante essentielle. Appliqué au Japon, ce modèle indique qu après avoir connu un niveau très élevé dans les années 1980, la productivité totale des facteurs a subi une forte diminution au cours de la décennie suivante. Depuis 2002, le progrès technique a retrouvé sa dynamique passée, puisqu il a contribué à 80% de la croissance Croissance potentielle du Japon japonaise en 2004, ainsi que le montre le graphique ci-dessous. La Productivité totale des facteurs nous permet d évaluer l ampleur du progrès technique. Caractérisée sur la période récente par une contribution négative du travail vieillissement de la population et une part décroissante du capital, la croissance potentielle japonaise est aujourd hui soutenue par la hausse du «progrès technique». LA JAUNE ET LA ROUGE NOVEMBRE

16 Une comparaison internationale nous montre l importance prise par le progrès technique pour un certain nombre d économies avancées. Les États-Unis et le Japon semblent mener cette marche vers l innovation tandis qu un certain ralentissement est observé dans les pays européens. En 1993 Japon États-Unis France Allemagne Calculs : Mission économique. En ,14 Japon États-Unis France Allemagne Le Japon et les États-Unis sont les principaux pays à avoir connu une hausse sensible de la productivité totale des facteurs. L analyse économétrique de la productivité totale des facteurs met en évidence un impact positif et significatif de facteurs tels que les équipements IT ou les dépôts de brevet, mais moindre que celui de la R &D et du commerce technologique. Les déterminants de la productivité totale des facteurs restent difficilement identifiables. Plusieurs hypothèses peuvent cependant être envisagées pour expliquer cette évolution. Investissement en R &D Le Japon a fourni un effort important depuis 1994 dans la recherche et le développement. Il occupe aujourd hui la troisième place mondiale en termes de R &D, derrière la Suède et la Finlande. Dépense R & D Équipements en technologies de l information et des télécommunications Bien qu ayant connu un léger ralentissement au début de la décennie 1990, les investissements en capital de type technologie de l information ont fortement augmenté ces dernières années. Investissements Commerce technologique Le commerce technologique est en constante augmentation depuis 1993, reflétant la mutation de l économie japonaise en puissance technologique de pointe. L importante part du commerce technologique reflète l essor du secteur technologique, plus innovant et productif, et comprend une composante héritée du positionnement stratégique vis-à-vis du reste du monde et en particulier de la Chine en tant que puissance innovatrice. Commerce technologique En 2003, la dépense R &D aurait contribué de 0,4 point et le commerce technologique de 0,5 point à une productivité totale des facteurs de 1,3 point. Principaux déterminants de la productivité totale des facteurs Le système de l innovation au Japon La politique des autorités japonaises en matière d innovation a montré son efficacité d un point de vue économique. Promulguée à la fin de l année 1995, la loi Science & Technology Basic Law reconnaissait l importance du rôle que devaient prendre les sciences et technologies dans le développement de l économie et de la société japonaises. Les trois plans quinquennaux élaborés à la suite de cette loi ont mis en place de nombreuses réformes. Nous avons évalué l efficacité de certaines d entre elles, dont la hausse du financement R & D, l intensification des échanges entre le privé et les universités, l éducation et la coopération internationale en matière de recherche. Financement de la R & D Le renforcement des dépenses dans le domaine de la recherche et du développement, principalement affectées 14 NOVEMBRE 2006 LA JAUNE ET LA ROUGE

17 Dépense R & D par secteur de réalisation aux sciences de la vie, aux technologies de l information, à l environnement et aux nanotechnologies, a été l une des premières recommandations faites par le Council for Science & Technology Policy. La forte contribution du secteur privé qui en réalise 70 %, principalement orienté vers la recherche appliquée et le développement s avère décisive puisqu elle aurait intensifié à la fois les dépôts de brevets et la productivité totale des facteurs. Les secteurs de l électronique et des télécommunications, ainsi que l ingénierie mécanique et aéronautique se révèlent être les principaux secteurs ayant contribué à cette hausse. Le système japonais s avère notamment efficace dans le monde de l industrie et des produits de haute technologie. Coopération entre le secteur privé et les universités Contrats privé-université Constatant un manque de diffusion des savoirs du milieu universitaire vers le privé, des politiques d intensification des échanges entre les deux secteurs ont été mises en place dans le but d engager des recherches conjointement entre le monde académique et le monde de l entreprise, ainsi que d inciter les jeunes étudiants à commercialiser leurs découvertes. Les échanges entre secteur privé et universités ont connu une sensible accélération au cours des années 1990, impliquant un nombre croissant d entreprises. Cette intensification a notamment consisté en de multiples incitations à créer des start-ups, en la création de pôles de recherche conjoints ou encore en la commercialisation des découvertes effectuées en université. Elle s est révélée essentielle dans l augmentation des dépôts de brevet, et dans une moindre mesure pour la productivité totale des facteurs. Éducation En matière d éducation, les trois plans quinquennaux S & T Basic Plan, après avoir fortement renforcé les infrastructures dans les universités, ont affirmé la nécessité de former de jeunes chercheurs moins spécialisés mais ayant une solide culture R &D, une forte mobilité, ainsi que de bonnes capacités de management. Taux d avancement dans les études supérieures Les programmes de type master ont ainsi connu une forte expansion, au détriment des doctorats qui font l objet d une légère désaffection. Cet essor des programmes masters aurait été déterminant pour les différents domaines de l innovation, tant pour les dépôts de brevet que pour le «progrès technique», en mettant à la disposition des entreprises un personnel qualifié capable d intégrer efficacement les innovations au processus de production. Coopération internationale dans la recherche Constatant une fermeture relative du Japon à la recherche internationale, le gouvernement japonais a poursuivi des politiques encourageant la coopération dans la recherche et la pénétration de l innovation étrangère au Japon. La coopération dans la publication d articles de recherche s est à la fois intensifiée entre institutions et avec l international. Cette politique de soutien aurait été également déterminante dans l évolution du progrès technique au Japon, permettant aux Japonais d intégrer les découvertes faites à l étranger et de rattraper un certain retard pour devenir leader dans de nombreux domaines. Conclusion Coopération dans la publication d articles de recherche Les bonnes performances du Japon en matière de sciences et technologies trouvent leur explication dans un système particulièrement favorable à l innovation, notamment du point de vue industriel. Les bases du système japonais et la poursuite des réformes sont autant d indices qui permettent de miser sur un maintien de son efficacité dans le domaine. L ampleur de l innovation technologique, devenue principal moteur de l économie, constitue un atout du Japon pour assurer une croissance saine et durable. n * Prestation réalisée sous système de management de la qualité certifié AFAQ ISO 9001 dans le cadre de l option de fin d études de l X en économie faite à la Mission économique du Japon, reproduit avec son autorisation. LA JAUNE ET LA ROUGE NOVEMBRE

18 LE SURSAUT Repenser l éducation : regards croisés Kaori Iwai (Stanford 99, MBA HEC 01) et Lionel Khalil (95) Le système éducatif est un des liens privilégiés entre l individu et l État. Tandis que l individu peut développer ses compétences pour acquérir une meilleure qualité de vie par l éducation, la connaissance collective associée à la volonté, la capacité, et la productivité individuelle permet de poser les bases de la société tout en soutenant la croissance économique. À long terme, une telle société répercutera les bénéfices sur les individus. En bref, l éducation contribue à dynamiser ce cycle entre l individu et sa société. D.R. D.R. Kaori Iwai L ÉTAT JOUE UN RÔLE CENTRAL dans la conception du modèle national de l éducation qui est la première brique de l ingénierie sociale d un pays. Parmi les différentes théories qui permettent d expliquer la nature de la relation entre l État et l éducation, nous retiendrons la perspective du fonctionnalisme et la perspective de la reproduction des classes. Selon la conception du fonctionnalisme, l État constitue une solidarité de moyens dont la finalité est de maintenir une société stable. Cette fonction holistique assume la responsabilité «de socialiser l individu pour l adapter aux formes modernes de travail, de relations sociales, et d idéaux moraux 1.» Dans la théorie de la reproduction des classes, les structures institutionnelles jouent un rôle d appareil idéologique pour permettre aux classes dominées d accepter une société de classes 2. En d autres termes, la socialisation scolaire qui est normalement imposée par l État est un outil «pour légitimer un ordre social contestable 3», alors que la perspective du fonctionnalisme la considère comme un outil pour «assurer la nécessaire diffusion d une culture universelle 4». Lionel Khalil Sous l effet de la mondialisation, chaque État valorise son avantage compétitif Selon Mayer et al. 5, les politiques éducatives des pays ouverts au monde vont converger et s harmoniser. D après la théorie institutionnelle, les politiques éducatives de chaque pays évoluent sous l influence de la propre évolution d une conscience globale Les références faisant l objet d une note peuvent être consultées sur le site 16 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

19 et universelle, issue des actions des organisations internationales et non gouvernementales, des doctrines des chercheurs réputés, des politiques des pays les plus influents sur le plan international, etc. 6. Dans ce contexte, l État n est plus un acteur dominant pour développer les politiques nationales, mais se contente d un rôle de coordonnateur dans la formation des politiques éducatives : sous la double contrainte d une part de l influence internationale et d autre part des limites et des besoins spécifiques nationaux et locaux, l État tente de donner une direction à sa politique éducative. En plus, pour que sa politique éducative soit effectivement mise en application sur le terrain dans les meilleures conditions possibles, l État ne peut pas ignorer en amont de communiquer avec les enseignants et de recueillir directement ou par leurs représentants syndicaux l expression des intérêts et des difficultés de leur travail lors de l élaboration de sa politique éducative. Pagano accepte que la mondialisation renforce l intégration économique par une homogénéisation des règles nationales vers des règles de l économie globale. Cependant, cette intégration économique pousse chaque pays à chercher son propre avantage compétitif institutionnel en développant une façon distinctive de distribuer des biens intellectuels en accentuant ses caractéristiques propres 7. Boyer, chercheur de la théorie de la régulation, en conclut à la persistance de la diversité culturelle, politique et économique même sous l effet de la mondialisation 8. Vinokur projette une bipolarisation éducative reflétant la bipolarisation économique en cours entre des firmes mondiales faisant vivre une couche sociale aisée et des populations laissées pour compte. La bipolarisation de l enseignement se fera d une part autour d un réseau éducatif homogène international en compétition produisant des enseignements de pointe, et d autre part autour d un système éducatif national dispensant l enseignement social pour tous 9. D une part, l État «n est plus l expression politique de l intérêt public collectif ; il devient un acteur parmi d autres, chargé de créer les conditions les plus favorables à la compétitivité 10». Les formes nationales de l éducation seront fonction de la nature des investissements effectués dans l éducation de pointe valorisant les avantages compétitifs dans la compétition globale. D autre part, pour neutraliser l écart social qui se produit dans cette «guerre économique 11», une part de la politique éducative doit être sociale et mise en place pour servir également à «réparer un tissu social élimé» en vue de «lutter contre la pauvreté et l exclusion» et de sauvegarder la paix sociale en la préservant d un endoctrinement révolutionnaire des couches pauvres 12. Reprenant Carnoy, les réformes éducatives sous l effet de la mondialisation se classifieront donc en réformes d investissement incitées par la compétitivité, réformes de réorganisation par contrainte budgétaire et réformes de redistribution incitées pour préserver l égalité sociale 13. Regards croisés sur l étranger Pour poser un regard systématique dans le domaine de l éducation, nous proposons une typologie divisée selon deux critères : 1) l objectif de l enseignement qui peut être «l intelligence et la connaissance», «l intérêt et le sentiment», ou «la sociabilité et la vie pratique»; 2) la finalité de l enseignement qui peut être «pour la beauté de l art» ou «instrumentalisée comme un moyen». Le premier critère nécessite quelques explications complémentaires. L objectif centré sur «l intelligence et la connaissance» est basé sur le postulat sociopédagogique suivant : les phénomènes dans le monde sont compris en fonction de l interprétation qu en fait chaque individu. Une bonne théorie est le véhicule non seulement pour comprendre un phénomène maintenant, mais aussi pour s en souvenir demain. JÉRÔME BRUNER (1960) 14. Caricaturer l éducation centrée sur «l intelligence et la connaissance» comme une approche qui poursuit le «bourrage de crâne» amène à l opposer à l éducation centrée sur «l intérêt et le sentiment». L objectif centré sur l intérêt et le sentiment est l apprentissage par le désir d apprendre qui accentue les expériences émotionnelles pour stimuler une capacité d interprétation subjective. Tout dépend de la qualité de l expérience qui a été vécue. JOHN DEWEY (1938) 15. Enfin, l objectif centré sur la sociabilité et la vie pratique est l apprentissage de «ce qu il faut apprendre» pour vivre en société. l éducation doit être un processus, non seulement pour l individu, mais aussi d intégration, qui est la réconciliation d une particularité individuelle avec l unité sociale 16. HERBERT READ (1943) En relation avec l évolution de la tendance dominante en éducation au sein de la communauté internationale, chaque pays met en avant une éducation qui valorise ses propres spécificités en relation avec sa culture, son histoire, sa logique institutionnelle et les événements politiques. Afin de comparer la politique éducative française à la réalité du monde, nous avons choisi dans les quatre autres continents quatre pays qui représentent la diversité des pays du monde : l Afrique du Sud, le Brésil, les États- Unis et le Japon. En Afrique du Sud : l enseignement public se restructure à partir des formes d enseignement traditionnel En Afrique du Sud, en application de l esprit de la nouvelle Constitution promulguée en 1996, le système éducatif a subi de profonds changements durant ces quinze dernières années. La nouvelle Constitution octroie l égalité devant l éducation et explicite- LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

20 ment le droit d établir et de gérer des institutions éducatives indépendantes 17. Le gouvernement de Nelson Mandela a dû faire face sur le terrain au manque criant d enseignants formés, dont l une des causes était la pandémie du sida (20% des ans sont infectés par le virus). Dans ce pays, où le pouvoir colonial avait contrôlé le système, l éducation avait servi notamment à imprégner la population locale de la culture coloniale sans se soucier du savoir indigène 18. À l opposé, la réforme du système éducatif s est appuyée sur l intégration de l enseignement traditionnel développé par chaque communauté en dehors du système éducatif formel, en intégrant dans la réforme de l éducation formelle les ressources et les structures des communautés locales qui existaient traditionnellement. Les pratiques culturelles en Afrique sont interdisciplinaires par nature 19 et l enseignement traditionnel est basé sur la culture et les arts traditionnels transmis dans les rituels et les événements comme les mariages, les initiations, etc. La société africaine associe traditionnellement l art (un facteur émotionnel) et la science (un facteur rationnel) comme étant les deux facteurs qui composent la société. Ces deux facteurs apparaissent intégralement dans les activités africaines : tandis qu une approche expérimentale est souvent utilisée dans les activités artistiques, les éléments esthétiques sont discutés dans les activités scientifiques. Pour illustrer ces deux caractéristiques de l éducation, l approche centrée sur la «sociabilité et la vie pratique» et celle intégrant l art avec un autre apprentissage, Grossert 20 introduit un type d éducation indigène, «l éducation par des pairs (peer education)» dans laquelle les enfants dotés de plus d expérience apprennent aux enfants plus jeunes. Quant aux adultes, ils interviennent à peine dans l éducation par les pairs, même s ils donnent des conseils à certains moments. Ils jouent donc un rôle en retrait encadrant les enfants qui enseignent par leurs expériences et leurs connaissances, mais ils ne prennent pas la responsabilité autoritaire d enseigner. La réforme de l éducation a pour but de contribuer à la paix sociale et au développement économique notamment dans le tourisme par l apprentissage de la diversité culturelle, et de la richesse des valeurs enracinées dans les différentes communautés et par le développement de la fierté dans cette diversité. Cette réforme postérieure à 1994, intégrant l éducation informelle comme moyen de développement des valeurs de la nouvelle société, a constitué à l origine une éducation centrée sur «l intérêt et le sentiment» valorisant l autonomie des enfants comme auparavant dans l enseignement informel. Progressivement, la formalisation de l enseignement a ensuite fait basculer l éducation vers un objectif centré sur «l intellect et la connaissance». Au cours des réformes successives, l éducation s est par la suite centrée sur «la sociabilité et la vie pratique», dans le contexte d une éducation «comme moyen» de socialisation. Depuis 2001, le caractère centré sur la contribution sociale à la culture s appuie sur la philosophie suivante : les cultures ne sont pas statiques, elles se modifient sous l influence d autres cultures, chaque citoyen doit passer de l état «d héritier passif d une culture à celui de participant actif à la culture 21.» L éducation sud-africaine a pour vocation de transmettre une culture humaniste et démocratique, et renforcer l identité nationale dans le respect de la diversité des cultures locales, pour encourager ainsi les élèves à devenir les acteurs de la création de leur propre culture. Au Brésil : l éducation publique s occupe des défavorisés et laisse le champ libre au développement de l enseignement privé Avec de riches ressources naturelles, le Brésil est un des pays qui détient un des PNB les plus élevés dans le monde entier. Cependant, ce pays souffre d une grande disparité entre riches et pauvres. Le Brésil fait tous ses efforts pour distribuer équitablement une éducation pour tous. Comme le slogan «Ordem e Progresso» (l ordre et le progrès) du drapeau national du Brésil, la philosophie du «positivisme» instituée par Auguste Comte a influencé le Brésil. Selon le positivisme de Comte, la pensée de l être humain se développe à travers, d abord, le stade théologique, ensuite le stade métaphysique, et enfin le stade empirique. Au stade empirique, afin de préserver l ordre social et d amener les progrès sociaux, les problèmes politiques doivent être analysés rationnellement par des experts comme des problèmes scientifiques qui suivent des règles plus ou moins empiriques. Cette idée de Comte a influencé le Brésil d une façon plus radicale qu en Europe : les élites et les enfants des familles de la classe moyenne étudiaient le positivisme comme le moyen de devenir de nouvelles élites nationales 22. Dans ce contexte historique, le système républicain au Brésil s est développé autour de deux thèmes : la technocratie et le libéralisme. Les uns plutôt technocrates soulignent le rôle central de l administration et de l État qui éclaire les citoyens «en croyant à la force des idées positives et à un rôle rédempteur d illustres élites 23»; les autres plutôt libéraux ont pour but de moderniser l État à travers la libéralisation du marché économique «en croyant en la force de l argent et de l entreprenariat, en l utilité pratique et la connaissance technique, et en la valeur de la décentralisation politique 24.» Influençant le Brésil, ces philosophies caractérisent son système éducatif comme un compromis entre une administration centralisée par l État et un libéralisme sur le terrain. L éducation au Brésil qui s est équipée de l ensemble des instruments normatifs nécessaires est depuis près de vingt ans en train de s engager dans des réformes de fond afin de fournir une égalité de traitement devant l éducation. En jouant harmonieusement sur des initiatives fortes au niveau fédéral et sur une autonomie locale de mise en œuvre, l éducation brésilienne essaie de dispenser sur tout son territoire une éducation de bonne qualité pour tous respectant la diversité culturelle. Notamment, un des éléments clés de ces réformes est la redis- 18 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

21 tribution des ressources éducatives entre les communautés urbaines et les communautés rurales. Parce que les écoles publiques des zones urbaines ont subi une coupe budgétaire qui s est progressivement répercutée sur la qualité de l enseignement, les parents ont commencé massivement à scolariser leurs enfants dans les écoles privées. Avant les années 1960, l éducation formelle a mis en avant l apprentissage professionnel pour contribuer à la croissance nationale avec une approche centrée sur «l intelligence et la connaissance» et une finalité de l éducation clairement «comme moyen». Cependant, à la même époque, un autre courant de l éducation fleurissait au Brésil dans le milieu de l éducation non formelle. L approche centrée sur «l intérêt et le sentiment» de l enfant prit tellement d ampleur que le programme scolaire public la prit finalement en compte en Après la fin du régime militaire, le programme scolaire démocratique a choisi une pédagogie en rupture : l éducation est instrumentalisée «comme le moyen» de transmettre les nouvelles valeurs nationales et sociales centrée sur «la sociabilité et la vie pratique». Aux États-Unis : le libre marché du savoir reste le fondement du fonctionnement du système éducatif Constitutionnellement, l éducation est du ressort des États et en pratique, elle est déléguée à chaque district par l élection du conseil des écoles et par la participation des acteurs locaux au Conseil d administration de l école. Ce système décentralisé permet à chaque école de mettre en place les programmes scolaires répondant aux besoins de chaque communauté : le rôle historique de l éducation américaine est social. Elle transmet les valeurs spécifiques de chaque communauté composant les États-Unis et inculque comme élément fédérateur le patriotisme américain. Comme toutes les autres institutions, le système éducatif aux États- Unis est contrôlé démocratiquement par la communauté qui élit les membres du conseil des écoles comme elle élit le juge, le shérif et le maire. Comme les écoles dépendent du district, leur budget est directement fonction de la richesse du district. Pour atténuer les disparités entre les districts, le Département fédéral de l éducation a proposé successivement différents programmes pour accentuer la compétition et l émulation entre écoles par le biais de récompenses ou de sanctions budgétaires. Le Département fédéral de l éducation reste une force de proposition et d incitation par l attribution de subventions fédérales. En pratique, Wirt a relevé une évolution du régime de fonctionnement des écoles locales 25 due à la montée en puissance du pouvoir des syndicats des enseignants, la NEA (National Education Association) et l AFT (American Federation of Teachers) qui ont la mainmise sur le fonctionnement des écoles et sont officiellement politiquement engagés du côté des présidents démocrates dont ils financent une partie de la campagne. Si à l origine, les établissements étaient gouvernés par une règle suivant un mécanisme politique, la gouvernance s est transmise à une bureaucratie de professionnels de l éducation puis aux syndicats des enseignants. La vision américaine de l éducation est fondée sur le dogme du libéralisme où l État n intervient que pour réguler les dysfonctionnements structurels qui pénalisent systématiquement certains types d acteurs économiques. Le libéralisme appliqué au marché du savoir est censé donner structurellement de la réactivité aux institutions éducatives et par là même une longueur d avance aux États-Unis dans le domaine de l innovation pédagogique : donner la liberté aux décideurs locaux d être leur propre laboratoire et d expérimenter puis de choisir leur propre méthode pédagogique et de rester en situation de constante amélioration, cette vision dynamique de la structure sociale permet l émergence plus rapide de nouvelles approches en correspondance avec le niveau social et les attentes de l époque. Cette vision de l éducation est fondamentale pour comprendre comment les États-Unis ont réussi à développer de nouveaux programmes pédagogiques innovants à partir d une seule école d un seul district lorsque le pays était animé par cette émulation et comment des années après le niveau de l éducation américaine a baissé dans l indifférence de ses concitoyens dont certains ont cru qu une situation sociale acquise n avait pas besoin d être entretenue. Après la Deuxième Guerre mondiale, l opinion publique commença à critiquer le progressisme de John Dewey des années 1930 en affirmant que le mouvement gâchait les qualités intellectuelles de l enseignement américain. En réaction, Bestor soutint que les «programmes d adaptation à la vie 26» mis en avant par la Division de l enseignement professionnel du ministère de l Éducation, qui se focalisaient sur «l équilibre émotionnel, mental et physique 27» des élèves, empêchaient les écoles de développer les matières et les compétences intellectuelles permettant aux élèves de résoudre les problèmes de manière systématique. Sous l influence de l enseignement progressiste et de l approche centrée sur l enfant, l éducation à cette époque était centrée sur «l intérêt et le sentiment» en développant une forme d expression plus personnelle 28, et en ce qui concerne sa finalité «comme moyen» sous la domination de «l instrumentalisme 29». Depuis «le choc de Spoutnik 30» le premier satellite artificiel lancé par les Soviétiques en 1957, le gouvernement des États-Unis s est inquiété de ce qui fut considéré comme une baisse de niveau de connaissance des élèves par l opinion publique, et il a commencé de plus en plus à prendre l initiative dans le domaine de l éducation. Il poussa l enseignement américain à réformer le programme en le focalisant principalement sur les mathématiques et les sciences et à améliorer la qualité de l enseignement. La caractéristique de l éducation a basculé dans les années de 1960 : entre l époque du progressisme de Dewey qui souligne l édu- LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

22 cation «comme moyen» et l époque du constructivisme de Bruner qui stimule l éducation pour elle-même. Le constructivisme propose une éducation centrée sur «l intelligence et la connaissance» qui vise à un enseignement conceptuel. En même temps, le programme d éducation compensatrice, «Head Start», a débuté en 1965 pour aider les enfants préscolarisés des familles dans la précarité. Le système éducatif américain permet aux élèves talentueux mais de situation modeste d avancer dans leurs études par des bourses d études. Au début des années 1980, la compétition internationale dans l industrie comme l automobile et l aciérie a fortement affecté les États-Unis. Les Américains ont commencé à douter de la prospérité future de leur économie. Le Congrès a autorisé la création en 1979 du Département de l éducation (US Department of Education) qui a permis de structurer, puis d augmenter les activités fédérales. En raison de l affaiblissement de l économie américaine et des difficultés du marché de l emploi, la politique d enseignement se focalisa alors sur la notion de résultat et de qualité. Le mouvement était également stimulé par l augmentation des coûts de l enseignement et le babyboom d après-guerre. Les enseignants reçurent également pour instruction des autorités gouvernementales d inculquer aux élèves des stratégies comportementales pour soutenir une éducation avec un objectif centré sur «l intelligence et la connaissance» qui valorisait les résultats. Dès 1983, le gouvernement a diffusé une série de propositions pour effectuer une réforme éducative sociale, appelée «la Nation en risque (Nation at Risk) 31». Dans le même esprit le gouvernement G. Bush ( ) dans son programme les «États-Unis de l an 2000 (America 2000)» pour proposer une normalisation des niveaux scolaires. Cette réforme a été prolongée par l administration Clinton et changea de nom en «Buts de l an 2000 (Goals 2000)». La nouvelle théorie de l éducation américaine «Pas d enfant laissé derrière (No Child Left Behind)» proposée par la droite américaine sous George W. Bush fonde son dogme sur le paradigme libéral de la responsabilisation individuelle des acteurs (accountability) : chaque établissement est responsable de l offre des programmes éducatifs, et a pour tâche de diversifier au maximum les contenus afin d offrir un maximum de choix aux élèves. Au niveau de la demande, les élèves et leurs parents ont la responsabilité active de s informer et de se responsabiliser pour choisir la formation où ils sont censés s épanouir le plus. Cette réforme s appuie sur trois modifications structurelles : la valorisation de «l école aimant (Magnet School)» permettant aux élèves de choisir des écoles en dehors de leurs districts, la création d écoles privées sous contrat (Charter School), la création de «bons scolaires» (school vouchers) permettant de mettre des enfants dans des écoles privées. Le système éducatif aux États-Unis a ainsi évolué en stimulant le principe de la libre compétition sur le marché du savoir : il responsabilise chaque établissement et augmente la flexibilité du choix de l enseignement par l élève et ses parents. Le gouvernement fédéral cherche à installer progressivement des standards nationaux, en promouvant son programme par l adhésion des États au programme pédagogique et surtout par l octroi de subventions. Constitutionnellement, les contributions fédérales à l éducation nationale restent cantonnées à des propositions et ne s imposent pas à un État, ni au district. Une caractéristique de l éducation des années 1990 à 2000 reste le grand écart entre la politique fédérale et les programmes scolaires sur le terrain : la politique fédérale préconise une éducation centrée sur «l intérêt et le sentiment», le niveau local applique plutôt l éducation avec un objectif centré sur «l intelligence et la connaissance». Cette différence vient du fait que, sur le terrain, les enseignants s occupent prioritairement du développement de chaque enfant. Malgré l unification des cadres éducatifs au niveau fédéral, les politiques et les activités éducatives au niveau local préservent leur diversité. Au Japon : les parents compensent la baisse du niveau de l éducation publique par un matraquage parascolaire Le système éducatif au Japon balance entre la centralisation et la décentralisation selon l époque. Depuis 1872 où le nouveau gouvernement après la Restauration de Meiji a adopté le système éducatif français et jusqu à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l éducation japonaise était centralisée par le ministère de l Éducation 32 dans le but d établir un pays puissant à l image des pays occidentaux. Après la Deuxième Guerre mondiale, les États-Unis ont proposé la décentralisation afin de stimuler la démocratisation du monde éducatif au Japon. Ce système décentralisé a été encore modifié en 1956 pour renforcer le lien avec le ministère de l Éducation en lui permettant d intervenir dans les activités locales et incidemment diminuer l influence du syndicat des enseignants 33. En 1995, la loi stimulant la décentralisation (chiho bunken suisin ho) a été promulguée en adoptant la notion de «subsidiarité» mentionnée dans la Charte européenne de l autonomie locale 34 de Depuis, la décentralisation de l éducation s est accélérée. L éducation japonaise est orientée pour transmettre les valeurs de réussite collective par le travail en équipe alimenté par l excellence individuelle avec une valorisation systématique du résultat par des concours d entrée sélectifs de la maternelle jusqu à l université. Elle est ainsi caractéristique d une éducation centrée sur «l intelligence et la connaissance» comme un moyen d essor du collectif dans un contexte éducatif centré sur «la sociabilité et la vie pratique». Depuis l après-guerre, l éducation japonaise maintient l importance de l expérience du travail coopératif en 20 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

23 milieu scolaire en adoptant la philosophie de l enseignement centré sur l enfant (zido chushin shugi) sous, notamment, l influence de Dewey et du pragmatisme. Dans ce cadre, les activités non académiques qui ont lieu dans la vie scolaire comme le nettoyage ou la préparation du déjeuner collectif sont considérées comme une fonction éducative aussi importante que l enseignement académique. Dans ce sens, l enseignant est appelé à jouer un rôle non seulement de transmission de connaissances intellectuelles mais aussi d éducation sociale en encourageant les attitudes des élèves visant à s insérer dans la vie en collectivité et à baigner dès le plus jeune âge l élève dans le travail en coopération. Le ministère de l Éducation accorde également une grande importance à l éducation morale. Récemment, l opinion publique ayant remarqué que sa jeunesse n apprécie pas sa nationalité et n avait pas la volonté de contribuer au rayonnement de sa propre société, le gouvernement a réintroduit dans l éducation japonaise la culture de l identité nationale et l esprit de dévouement à la nation. En 1992, le gouvernement autorisa les écoles publiques à réduire la semaine scolaire à cinq jours pour faire bénéficier les enfants d expériences de vie et de nature. Les écoles privées ayant maintenu leur quantité d heures d enseignement et leur niveau élevé d examen d entrée, l écart privépublic s est accentué. Finalement, un des effets indirects de la réduction du temps d enseignement fut que les parents préoccupés de compenser la réduction des cours dans le public envoyèrent massivement leurs enfants suivre des cours parascolaires 36. Les cours parascolaires (Jyuku) qui fournissent les apprentissages supplémentaires après la classe scolaire se généralisent : le nombre d élèves de l école élémentaire qui fréquentent des cours parascolaires est passé de 16,5 % en à 23,6 % 38 en L intensification de la compétition scolaire cultive le système parascolaire qui se concentre sur l apprentissage pour passer les examens d entrée. Les enfants stressés par la compétition sociale sont victimes de problèmes scolaires et sociaux. L effet induit a été l augmentation de la violence, des mauvais traitements et la déscolarisation. Face à ces problèmes, dès 1998, l Éducation nationale soulignant la notion de «richesse de l humanité» essaya de diriger l éducation vers «l apprentissage soulignant la relaxation» dans une approche centrée sur «l intérêt et le sentiment». En réaction, l opinion publique la montra du doigt en l accusant d être responsable de la détérioration des résultats scolaires des élèves japonais par rapport au niveau international. Compétition oblige. Synthèse Quelle est la priorité budgétaire : l éducation élément d excellence dans la compétitivité internationale ou lien social pour éviter de créer un fossé social? Chaque pays fait son choix : le Brésil et l Afrique du Sud concentrent les efforts publics sur «la sociabilité et la vie pratique» et laissent le champ libre au développement de l enseignement privé pour assurer la compétitivité internationale. Le Japon qui un instant s est essayé à l éducation tournée vers «l intérêt et le sentiment» individuel est revenu à la méthode qui l a fait réussir par le passé : «l intelligence et la connaissance» dans l intérêt du collectif national. Quant aux États-Unis, le nationalisme et le libéralisme sont omniprésents et font partie du quotidien de l éducation. Le libre marché du savoir privilégie «l intérêt et le sentiment» de l individu en l obligeant à se responsabiliser pour que de luimême, il recherche l efficacité en adéquation avec lui-même. Il est difficile sous contrainte budgétaire de faire face à la compétition internationale et d assurer le rôle social de l enseignement. Une des pistes qui est montrée par les exemples étrangers est que l État concentre son effort sur le rôle social de l éducation publique et qu elle laisse la place aux universités privées d assumer la compétitivité de la nation en abandonnant le quasimonopole d État sur les formations de 3 e cycle, l État conservant la responsabilité d évaluer soit directement les élèves en fin de formation privée, soit les formations privées elles-mêmes. Au-delà de caractériser un courant international, chaque pays conserve ses propres caractéristiques. L éducation y est influencée par sa culture, sa logique institutionnelle et les événements politiques. Les différents acteurs du système éducatif prennent part à leur niveau à la formation d un consensus autour de la politique éducative alimentant les débats entre les nouvelles méthodologies et celles déjà introduites et familières. La forme du système éducatif qui conditionne les poids respectifs de ces acteurs se reflète dans la mise en œuvre des courants : un système décentralisé peut diversifier sa pédagogie, un système centralisé permet de coordonner la politique éducative. Dans tous les cas, le changement de l orientation politique est confronté à des délais techniques de mise en place et aussi à de la résistance au changement. Celle-ci est consécutive à la prégnance des habitudes et à l absence d adhésion aux nouvelles valeurs qui viennent parfois en contradiction avec les valeurs de certains enseignants. Enfin, comme l écoulement d une génération est nécessaire pour évaluer le résultat d une politique éducative, l immobilisme reste une attitude prudente et conservatrice des acquis. n LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

24 LE SURSAUT Rigidité de l offre : une comparaison de l Italie, de la France et de l Allemagne Patrick ARTUS (70), directeur de la Recherche et des Études de IXIS Corporate and Investment Bank Un des problèmes majeurs, on le sait, des économies de la zone euro est la rigidité de l offre, c est-à-dire l incapacité de répondre à un supplément de demande, domestique ou étrangère ; d allouer les ressources rares aux secteurs ou entreprises ayant le plus grand potentiel de croissance ou de création d emplois. Les causes de la rigidité de l offre peuvent être multiples : insuffisance de l effort d innovation, de diversification de produits, qualité insuffisante de la production ; insuffisance de l investissement productif, goulots d étranglement sur le marché du travail pour certaines qualifications, règles du marché du travail ; profitabilité trop faible, distorsions fiscales Nous comparons, sur ces points, l Italie, la France et l Allemagne. Les symptômes de la rigidité de l offre Si les hausses de la demande intérieure provoquent surtout une hausse des importations et non de la production domestique, il y a rigidité de l offre. Qu observe-t-on dans les trois pays? En Italie, depuis 2002 ce sont les importations, surtout depuis les émergents, qui satisfont la demande intérieure (graphique 1) ; la situation est similaire en France et en Allemagne (graphiques 2 et 3), ce qui va bien dans le sens redouté. Une éventuelle incapacité des exportations à suivre les accélérations de la demande mondiale (du commerce mondial) révèle aussi la rigidité de l offre. Les exportations de la France et de l Italie décrochent du commerce mondial en 2001, et ne retrouvent le rythme du commerce mondial qu au début de 2006 ; les exportations de l Allemagne croissent en moyenne plus vite que le commerce mondial (graphique 4). Graphique 1 Italie : importations depuis les émergents et production industrielle (valeur, GA en pourcentage) Graphique 2 France : importations depuis les émergents et production industrielle (valeur, GA en pourcentage) Importations depuis les émergents * Production industrielle * Émergents Asie y compris Chine, Inde, Russie, PECO, émergents Amérique latine; Mexique; Maghreb, Turquie Importations depuis les émergents * Production industrielle Sources : Datastream, IXIS CIB, FMI * Émergents Asie y compris -10 Chine, Inde, Russie, PECO, émergents Amérique latine; Mexique; Maghreb, Turquie Sources : Datastream, IXIS CIB, FMI JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

25 Graphique 3 Allemagne : importations depuis les émergents et production industrielle (valeur, GA en pourcentage) Graphique 4 Commerce mondial et exportations en volume (GA en pourcentage) Importations depuis les émergents * Production industrielle * Émergents Asie y compris Chine, Inde, Russie, PECO, émergents Amérique latine; Mexique; Maghreb, Turquie Commerce mondial Allemagne : exportations France : exportations Italie : exportations Sources : Datastream, IXIS CIB, FMI Sources : Datastream, IXIS CIB. -10 En termes de niveau d exportations, le handicap de la France et de l Italie par rapport à l Allemagne en ce qui concerne les exportations vers les pays émergents est très clair : l Allemagne exporte 5 fois plus que la France ou l Italie vers l Europe centrale ou la Russie, 4 à 5 fois plus vers la Chine. Passons à la capacité à diriger le travail et capital vers les secteurs ou entreprises en croissance ou créateurs d emplois. On sait que c est en France que les entreprises nouvelles croissent le moins vite (tableau 1), mais même en Allemagne et en Italie leur croissance est beaucoup plus faible qu aux États-Unis. On peut regarder aussi, comme indicateurs de la capacité à allouer correctement les ressources rares : les gains de productivité du travail ou de la productivité globale des facteurs (tableau 2), indicateurs de la capacité à bien utiliser le capital et le travail qualifié. Le handicap de l Italie par Tableau 1 Emploi en pourcentage de l emploi au moment de la création (%) Allemagne Italie France États-Unis à 4 ans à 7 ans Source : (2) E. Bartelsman, S. Scarpetta, F. Schivardi (2003) : «Comparative analysis of firm demographics and survival : micro-level evidence for OECD countries». OCDE, Economics Department Working Paper, n 348, janvier. rapport à la France et à l Allemagne apparaît ici clairement ; le «progrès technique» (croissance de la productivité globale des facteurs) est inférieur à 1% par an en France, est négatif en Italie. Les taux de chômage pour les différents niveaux de qualification reflètent la capacité à employer les salariés ayant divers niveaux d éducation (tableau 3). Tableau 2 Croissance de la productivité globale des facteurs (entre 1995 et 2005, en pourcentage par an) Italie -0,5 France 0,9 Allemagne 0,9 États-Unis 1,4 Royaume-Uni 1,2 Suède 1,6 Finlande 2,6 Islande 3,2 Source : calculs IXIS CIB. La hausse du taux de chômage des peu qualifiés est spectaculaire en Allemagne, le niveau de chômage des salariés peu qualifiés très élevé en France. Au total, le bilan est un peu compliqué : l offre industrielle pour le marché intérieur présente une rigidité semblable pour les trois pays ; l offre à l exportation est nettement Tableau 3 Taux de chômage selon le niveau d éducation (en pourcentage) Niveau inférieur au deuxième cycle de l enseignement secondaire Deuxième cycle de l enseignement secondaire Enseignement supérieur Niveau inférieur au deuxième cycle de l enseignement secondaire Deuxième cycle de l enseignement secondaire Enseignement supérieur Niveau inférieur au deuxième cycle de l enseignement secondaire Deuxième cycle de l enseignement secondaire Enseignement supérieur Allemagne France Italie 13,3 14 9,1 7,9 8,9 7,9 4,9 6,5 7,3 13,7 13,9 10 7,8 7,9 7,4 4 5,1 5,9 20,5 12,1 7,8 11,2 7,6 5,3 5,5 6,2 4,8 Source : Perspectives de l emploi de l OCDE LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

26 plus rigide en Italie et en France qu en Allemagne ; mais c est en Allemagne que la capacité à créer des emplois pour les salariés les moins qualifiés est la plus faible. Les causes possibles de la rigidité de l offre Nous identifions trois groupes de causes, liées : à l innovation ; aux ressources en capital et en travail, aux règles du marché du travail ; à la profitabilité. Si un pays fabrique des biens peu innovants, peu différenciés des productions des pays émergents, de faible qualité, il ne pourra pas profiter des hausses de la demande qui se portent sur les produits nouveaux, de qualité; il sera toujours trop cher par rapport aux productions des émergents. Cela peut se voir : à l effort de recherche (tableau 4), où la France et surtout l Italie ont un handicap clair vis-à-vis de l Allemagne ; à la part de marché pour les produits de haute technologie (tableau 5), où la situation de l Italie est bien plus mauvaise que celle de la France et de l Allemagne; à la diversification des exportations de haute technologie ; très insuffisante (concentration sur le matériel de transport) en France ; où le matériel de transport représente 70 % des exportations techniques ; à l évolution de la balance commerciale vis-à-vis des pays émergents (autres qu exportateurs de pétrole) ; un déficit indique une dépendance accrue vis-à-vis des productions des émergents sans la capacité symétrique de vendre à ces pays. C est en Italie que la situation est ici la plus inquiétante ; à la présence d un déficit commercial pour tous les groupes de produits qui indique un problème général de qualité, de gamme et pas un problème de spécialisation par grands groupes de produits. Cela semble bien être le cas pour la France et l Italie qui auraient le même niveau d exportations si leurs exportations avaient la structure par grands produits de celles de l Allemagne. Tableau 4 Dépenses intérieures brutes de R & D en entreprises (en pourcentage du PIB) Suède Allemagne France Italie États-Unis ,42 1,73 1,36 0,55 1,79 Au total, l Allemagne est mieux placée que la France et encore plus que l Italie en ce qui concerne l innovation, la nature des produits, donc l offre industrielle. Un effort insuffisant d investissement productif, ou taux de participation trop faible, des ressources insuffisantes en main-d œuvre qualifiée peuvent évidemment causer l inertie de l offre. Il n y a pas d énormes écarts entre les évolutions des investissements, mais on a vu plus haut que l Italie ne présentait pas de gain de productivité, y compris dans l industrie. Dépenses intérieures brutes de R & D Total (en pourcentage du PIB) Suède Allemagne France Italie États-Unis ,74 2,49 2,16 1,14 2,60 Nombre de chercheurs en entreprises (pour emplois) Suède Allemagne France Italie États-Unis ,12 40,12 38,64 12,96 73,71 Nombre de brevets triadiques (par million d habitants) Suède Allemagne France Italie États-Unis ,20 90,50 40,90 14,91 56,64 Sources : Regards sur l éducation, tableau n 65 - Main Science and Technology Indicators 2005, OCDE. Tableau 5 Position sur le marché haut de gamme de la haute technologie (pourcentage du marché mondial, hors intra Union européenne) France Allemagne Italie Royaume-Uni UE 15 États-Unis Japon Chine Émergents ,7 3,6-0,2 0,3 8 2,4 3, Tableau 6 Structure par qualification de la population active (en pourcentage) Faible Moyenne Élevée France 32,8 57,9 9,3 Allemagne 18,1 70,4 11,5 Italie 66,8 25,7 7,5 Suède 28 60,1 12,3 États-Unis 14,9 60,6 24,5 Source : OCDE, Le taux d activité est très faible en Italie, ce qui est dû à la très faible activité des plus de 55 ans, et, si on croit à la mesure de l OCDE, la qualification de la population active y est très mauvaise (tableau 6). De même, des règles inadaptées du marché du travail (protection excessive de l emploi, contrats de travail inadaptés, mauvais fonctionnement des agences publiques de l emploi) peuvent conduire à ce que la réallocation de l emploi vers les entreprises ou les secteurs les plus efficaces soit difficile à réaliser. 24 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

27 Tableau 7 Fréquence du chômage de longue durée (un an ou plus) en pourcentage du chômage total Danemark 32,1 19,7 19,9 22,6 25,9 France 38,5 33,8 42,9 41,6 42,5 Allemagne 44,3 47, ,8 54 Italie 61,5 59,2 58,2 49,7 52,2 Suède 25, ,8 18,9 Royaume-Uni 45,4 22,9 22,8 21,4 22,4 États-Unis 12,2 8,5 11,8 12,7 11,8 Des réformes importantes du marché du travail ont été menées en Italie à partir de 1998 (loi Treu) et poursuivies en 2003 par la loi Biaggi ; en Allemagne à partir de 2004 (réformes Hartz). Elles ont conduit à la création d emplois moins protégés, de types nouveaux de contrats de travail, mais, en même temps, elles ont conduit à une compression importante des salaires qu on n a pas observée en France. Le prix à payer de la flexibilité accrue de l offre est donc sans doute la dépression de la demande, même si dans le cas de l Italie, la réduction du taux de chômage a été un élément positif, pour les revenus des ménages. On voit aussi dans ces trois pays un chômage de longue durée très important (tableau 7). Nous revenons ici à la théorie macroéconomique habituelle. L insuffisance de l offre (c est-à-dire la présence de chômage «classique», de rentabilité) vient de l insuffisance de la profitabilité : salaires trop élevés par rapport à la productivité, fiscalité Source : Perspectives de l emploi 2006, tableau G. accroissant les coûts de production. À la différence de l Allemagne, la France et l Italie montrent une dégradation nette de la profitabilité (graphique 5), due surtout à l absence de gains de productivité en Italie, à «l excès» des hausses de salaire réel en France. On peut s intéresser à la taille du tax wedge (coin fiscal), écart entre le coût du travail pour l entreprise et le salaire net perçu par le salarié. Le tax wedge est la source des cotisations sociales et de la fiscalité directe sur les salaires, et il est très important dans les trois pays, même s il est en réduction constante en Italie (graphique 6). Dans ce pays, le nouveau gouvernement a fait de la nouvelle réduction du coin fiscal un des éléments les plus importants de son programme électoral. À présent, il n est pas encore clair si la réduction annoncée de cinq points du coin fiscal en janvier 2007 sera mise en œuvre, si elle concernera la totalité de l économie, comment elle sera financée. Bien que certains économistes restent sceptiques sur l efficacité de cette mesure, elle serait importante, à notre avis, pour réduire la distance entre salaire brut et net, et stériliser les pressions haussières sur les salaires bruts qui s annoncent plus importantes en Italie (proche du plein-emploi) si la reprise de l économie se prolonge. On ne peut donc pas exclure l hypothèse de chômage classique, surtout en France. Que faire? Concentrons-nous ici sur le cas de la France. Il y a clairement rigidité de l offre, ce que montrent les pertes de parts de marché à l exportation et sur le marché intérieur, le chômage élevé des salariés peu qualifiés, la croissance très faible des nouvelles entreprises, la présence réduite dans les pays émergents. L analyse des causes suggère les remèdes : l effort de recherche est insuffisant (il est deux fois moindre que celui de la Suède) ; le succès de l aéronautique a caché les déficiences des autres secteurs de haute technologie (électronique, biens d équipement, biotechnologies ) ; le système éducatif secondaire et universitaire ne conduit vers des diplômes supérieurs scientifiques que 4 % des jeunes Français ; surtout dans la perspective du vieillissement, la durée du travail sur la vie est faible ainsi que les gains de productivité, liée à l insuffisance de l effort d innovation. n Graphique 5 Graphique 6 Profits en pourcentage du PIB Tax wedge* en pourcentage du PIB Allemagne France Italie Allemagne 6 France Italie Sources : Datastream, IXIS CIB * Cotisations sociales (contributions) + impôts directs ménages Sources : Datastream, IXIS CIB, OCDE LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

28 LE SURSAUT Procrastination à la française Raoul de Saint-Venant (73), président de modeledition SA Supposons nos maux identifiés : défiance à l Europe, chômage, importance des engagements financiers de l État, avenir des régimes sociaux, fracture et inéquité sociales, accès à la justice, marché de l immobilier, etc. Supposons aussi les solutions, dans leur généralité, connues des hommes de bonne volonté : discrimination positive, rétablissement de l équité, meilleur accès à la justice, moins de lois et plus lisibles, moins et mieux d État, plus d investissements sur l avenir, augmentation du taux d activité des Français, plus d esprit d entreprise, plus de dynamisme démographique, intégration européenne accentuée. Ressort, alors, une incapacité à prendre et à conduire les décisions! De fait, la France, qui ne cesse de débattre intensément, patauge dans la procrastination 1. Raoul de Saint-Venant D.R. SAVOIR DÉCIDER ENSEMBLE caractérise les pays démocratiques. Pour eux, comme pour les entreprises, décider ensemble c est choisir avec le plus grand nombre avant que de s engager le moment venu dans les voies retenues et cela jusqu à réaliser les objectifs. Ce savoir-faire, qui est autant savoir être, constitue nécessairement l une des conditions du sursaut français. Or, le temps presse. D autres tournants vont succéder à ceux en cours qui nous attendent encore et menacent notre position : politique fiscale (dumping fiscal, mondialisation de la suppression de l impôt sur les successions), éthique de la recherche en biologie, intégration dans le jeu politique et économique mondial, régulation des marchés financiers, etc. Une et indivisible! Tout ce qui est répétitif est structurel. Si l indécision ne peut plus s imputer au manque d analyse ni à l absence de solution, c est que le processus décisionnel politique doit être questionné. D ailleurs, l hypothèse de son inadéquation explique les récents orages sociaux : CPE, Constitution européenne, utilisation de la cagnotte budgétaire, palinodies de l électorat français, organisation de la justice, réforme des régimes sociaux, explosion des banlieues. En effet, comment aurait-on pu accepter, de surcroît en tant que citoyen français, des décisions auxquelles on n aura pas été raisonnablement associé, posées sur une problématique dont on n a pas garantie de l équité et dont les acteurs ne nous en seront jamais redevables? 26 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

29 Face à de telles exigences, d aucuns seraient tentés de passer outre l incoercible attachement des Français à la vie publique de leur pays, par la mise en place d un modèle américain prônant le «votez et nous ferons le reste», et de réduire la difficulté décisionnelle par un cloisonnement du territoire faisant de notre pays le résultat de la juxtaposition de ses régions. Serait-ce parler de tout autre chose? La France qui s est voulue Une et indivisible n y perdrait-elle pas son identité? Pour se retrouver encore faut-il qu elle entre dans son époque. Cela suppose une démocratie authentiquement représentative, un périmètre et des règles d engagement de la collectivité publique cohérentes, un fonctionnement politique abouti ainsi qu une souplesse de l architecture décisionnelle sans arrièrepensée. Loi de la variété requise Le mode décisionnel politique français remonte au XIX e siècle, période d économie rurale pendant laquelle l information circulait difficilement cependant que les notables constituaient les catalyseurs efficaces de la vie publique locale. De là provient la dimension intrinsèquement géographique de notre système de représentation nationale, la Chambre des députés et le Sénat, élu sur la base d un découpage du territoire en mailles fines 2. Or, aujourd hui, les agriculteurs ne forment plus que 2,7 % des actifs occupés alors que les forces les plus dynamiques de notre pays sont maintenant installées en ville. Celles-ci se trouvent être les artisans, les commerçants, les professions dites intermédiaires, les professions libérales, les cadres et professions intellectuelles supérieures ainsi que les entrepreneurs et elles regroupent 44 % des actifs occupés. La question de la pertinence d un tel système de représentation se pose donc qui, structurellement absorbé par la composante géographique du pays, ne peut pas saisir une réalité économique et sociale contemporaine faite d initiatives traversant le pays plus que d activités initiées dans l intimité de son territoire. Marseille n est plus qu à trois heures de Paris par un transport de masse, somme toute! Ne serait-il pas alors plus pertinent de limiter l expression géographique à la maille régionale? De surcroît, la réalité locale ne puise-t-elle pas déjà sa force dans la dynamique propre au tissu associatif? Un tel ajustement n aurait rien que de très rationnel : c est appliquer la «loi de la variété requise» postulant que la complexité du système de contrôle (et de représentation) doit être au moins égale à celle du système contrôlé (et représenté). En effet, l exercice de la démocratie requiert une représentation adéquate sinon elle n est que dictature des uns sur les autres. Ce souci d exactitude dans la représentativité n est pas nouveau. En 1969, il poussa le général de Gaulle à consulter les Français par référendum sur la fusion du Sénat avec le Conseil économique et social ainsi que sur la création des régions. Consistance de l engagement de l État Qu est-ce que la France de plus que le peuple français? Depuis plusieurs siècles les Français se reconnaissent dans la France et la France procède de leur intérêt collectif. Donner un avenir à la France c est donc pourvoir à sa vie collective économique et culturelle. D ailleurs, la Constitution actuelle, notamment dans ses reprises de la Déclaration des droits de 1789 et du préambule de 1946, fixe les principes de l action commune. Celle-ci, cependant, doit être régulièrement interprétée, selon le contexte général du moment, en une doctrine d engagement basée sur un nombre réduit de principes et vouée à donner une cohérence à l ensemble des décisions issues de son processus décisionnel qu elles soient prises à gauche ou à droite, par un parti modéré, voire extrême. En la matière, certains de ses thèmes essentiels appellent aujourd hui à réévaluation. Qu est-ce qu un processus décisionnel? Les processus décisionnels formalisent la manière dont, dans la durée, une entité collective complexe décide par elle-même de son évolution. Ils s appliquent aussi bien aux grandes entreprises qu aux collectivités publiques. Un processus décisionnel se caractérise par : les règles de sa mobilisation par le mécanisme de saisine, la doctrine concernant la sélection de ses acteurs et leurs attributions, le contenu des étapes de production des décisions (décision, mise en œuvre et suivi), les objectifs assignés aux fonctions qu il remplit au sein de l entité (formulation, évaluation et adhésion). Son efficacité dépend notamment de sa légitimité, de sa lisibilité et de la qualité de l infrastructure de services qui le sous-tend. On la mesure à travers la réactivité et la pertinence stratégique de l entité animée. Un processus décisionnel est susceptible d évoluer pour s ajuster à la complexité de l entité à laquelle il appartient ainsi qu à celle de son environnement. Les principes de protection de la liberté d entreprendre mais aussi ceux, duaux, de droit à l emploi sonnent comme un défi dans le cadre du renforcement constant de la compétition économique internationale. Le relever nécessite aujourd hui d attirer, puis de retenir, des masses toujours croissantes de capitaux par les meilleures conditions d investissement lesquels, en retour, valoriseront et renouvelleront les avantages comparatifs des Français. Pour cela le territoire économique et géographique doit être irrigué par un déploiement d infrastructures variées et novatrices : système monétaire efficace, diversité du tissu économique, écoles et universités de rang international, centres de recherche de premier plan, adminis- LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

30 trations efficaces sans oublier l ardente obligation d ajuster constamment la législation sociale, la fiscalité et la qualité des prestations des services d intérêt public. Le principe de protection et de soutien des faibles dans leur précarité et contre leurs prédateurs : aléas individuels, employeurs abusifs, commerçants indélicats, entreprises dominantes, personnes violentes, autrement dit le concept de protection sociale, est lui aussi candidat à réinterprétation à la lumière des évolutions récentes. En la matière, tout effort monétaire excessif est destructeur de valeur pour la collectivité : ce qui y est dépensé à ce titre est ponctionné dans l économie alors que le bénéficiaire ne créera pas, en retour, de valeur destinée au commerce. Dans notre contexte, il convient de contrôler l aléa moral du comportement des ayants droit du système de protection sociale. Un tel devoir dérive du principe d égalité devant la loi et l impôt. Dans ce même ordre d idées, la formidable complexification technologique du monde économique met chaque consommateur en situation de faiblesse croissante, tant sa compréhension s écarte des capacités du commun. L action publique doit donc amplifier le report sur les entreprises des risques pris par les consommateurs dans ses rapports avec elles. Tout autant en cause sont les principes relatifs à la sécurité des biens et des personnes : comment espérer en l avenir si le fruit des efforts individuels ne peut être conservé? Or le respect de ceux-ci recule à la faveur du développement des techniques numériques de communication et est défié de manière accrue par l internationalisation du crime organisé, du terrorisme et des malversations financières. En conséquence, il est nécessaire de revisiter l organisation des institutions qui ont la charge de maintenir l ordre en conservant, toutefois, sa place à la vie contractuelle et privée. Le monde politique, ni même toute autre instance, ne semble plus savoir animer ce qu on appelait jadis la tradition républicaine, c est-à-dire l entretien d un consensus sur la doctrine de traduction de nos principes constitutionnels en actions concrètes qui soit adapté aux contours évolutifs de notre monde. Il semble, au contraire, que les décisions politiques, lorsqu elles ne sont pas imposées par l Europe, ne soient souvent prises qu au fil de l eau, inspirées par des préoccupations démagogiques d électoralisme et d opportunisme. Or, «il n est de bon vent que pour celui qui sait où il va» disait Sénèque. Déshérence décisionnelle Qui, plus que le monde politique, lui dont c est l origine, devrait savoir maîtriser son processus décisionnel? Alors qu il devrait pouvoir fonctionner de manière souveraine donc sans a priori, ce processus souffre d inconvénients majeurs qui l empêchent de voir ce qui est et de décider ce qu il faut avec le consentement de qui il faut 3. La décrédibilisation pour logique Les étapes constituant classiquement un processus décisionnel sont, pour les plus importantes, celle de la décision proprement dite, celle de sa mise en œuvre et celle du suivi de son exécution. Pour les unes et les autres, des déficiences apparaissent dans le système décisionnel français dont chacune pourrait contribuer à le décrédibiliser, lui et par conséquent ses acteurs. L étape dite de décision met essentiellement en prise Parlement et gouvernement pour la production des lois. On peut y déplorer l explosion du nombre de lois votées, le nombre de décisions d intérêt privé, le manque de continuité de leur logique et leur fréquente sortie du strict domaine de légitimité de l appareil d État : loi sur le rôle positif de la colonisation, loi sur les 35 heures, etc. Quand le Conseil constitutionnel considérerat-il cela de son ressort? Est-il, en particulier, possible de légiférer de manière illisible alors que nul n est censé ignorer la loi? L étape de mise en œuvre est celle des décrets d application mais aussi celle de la fixation des objectifs des décisions. Les décrets d application sortent, semble-t-il, de manière imprévisible, et sont rarement associés à des objectifs. On peut évoquer, à ce propos, l effet ravageur et non anticipé du RMI sur les finances locales. L étape du suivi de l exécution, malgré l effort constant et méritoire de la Cour des comptes et quelques initiatives sporadiques du Parlement, semble peu travaillée. La comptabilité publique du Trésor, se contentant d une vérification à «l euro l euro» de l utilisation des deniers publics, ne procède que d un strict minimum. Concédons toutefois que la LOLF apportera une novation dans ce domaine, en ce qui concerne des fonctions routinières de l État. Dialogue ou suffisance? Un autre angle d analyse d un processus décisionnel est celui fonctionnel qui retient, au principal, la fonction de formulation, celle d évaluation et celle d adhésion, chacune contribuant à la bonne gestion des décisions tout au long de leur cycle de vie. La fonction de formulation, dans le domaine de l action publique, procède par éclatements successifs : loisdécrets d application-décisions administratives. Elle manifeste l essence de la souveraineté populaire et, à ce titre, se doit d établir la permanence de son autorité par une synthèse permanente entre besoins du peuple et nécessités de l avenir du pays. À cet égard, la dialectique de subversion permanente imprégnant une partie importante du corps politique qui fait, il faut le reconnaître, pendant à la tendance d une autre partie à s approprier la chose publique, l illisibilité des intentions de nombre des mesures prises, le manque de cohérence de la conduite de l État sont autant de déviations regrettables. La fonction d évaluation semble, elle, fragile, sans que les ressources qui lui sont attribuées puissent être données pour insuffisantes (administrations centrales, INSEE, multiples organismes d étude et de pros- 28 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

31 pective). Il n est qu à regarder le secteur médical : le manque d anticipation des conséquences des 35 heures dans les hôpitaux, les effets des quotas concernant les professions médicales ainsi que les dépenses occasionnées par les autorisations de mise sur le marché des médicaments. Rêvons à un travail plus approfondi et plus régulier sur les impacts prévisibles des mesures envisagées. La fonction d adhésion consiste à entretenir, dans les deux sens, un dialogue constructif entre Français et leur monde politique visant à l appropriation collective des dispositions en discussion ou en cours de mise en œuvre. À ce propos se manifestent les conséquences de l excessif tropisme rural du Parlement mentionné plus haut : trop souvent, ce qui est formulé n est pas ce qui est acceptable. On pensera ici à l épisode du plan Juppé sur la réforme des retraites. Ce plan, laborieusement négocié avec les syndicats dits représentatifs, c està-dire ceux dont la liste a été établie par un arrêté du 31 mars 1966 tenant compte, en particulier, de leur attitude patriotique pendant la Seconde Guerre mondiale, a été soudainement et massivement rejeté dans la rue, à l instigation des couches de la population qui n avaient évidemment pas été consultées. Il est regrettable, de ce point de vue, que le Sénat, dont ce pourrait être un rôle majeur, soit structurellement hors jeu à cause du même tropisme rural cité plus haut et aussi en raison du fait qu il n existe que pour et qu en fonction du relais local que sont censés jouer les notables territoriaux 4. Or, avec la hausse du niveau de formation générale des Français, ces derniers ne font plus relais d opinion. Cette fonction a été passée, pour partie, aux médias, en particulier la radio et la télévision. Dans ce rôle, ces acteurs manquent encore d efficacité à cause de leur offre, beaucoup trop concentrée en France, et de l infernale logique de pensée unique qui les aliène. Les conséquences de l émergence des nouvelles techniques numériques (TNT, IPTV, RSS, Blog, etc.) donnent à espérer des améliorations. Crispés par tradition? Les Français sont encore dans une attitude obsidionale remontant, si l on en croit Tocqueville, à l Ancien Régime et les amenant à se crisper sur leurs privilèges sans pour autant prendre conscience de l intérêt général. Or, entre autres, la mondialisation ainsi que la nécessité de donner un cadre local aux impulsions des forces vives ont poussé et poussent encore et toujours à réaménager les attributions décisionnelles. L environnement, la monnaie, la régulation des échanges commerciaux, la lutte antiterroriste, l aménagement du territoire et bien d autres domaines amènent l État à partager ou déléguer certaines prérogatives. Par exemple ont été facilement acceptées les décisions consistant à céder aux mécanismes de marché la fixation des prix étant garanti que nul opérateur ne pourra abuser d une éventuelle position dominante, à la BCE la gestion monétaire étant bien établi l objectif de contrôle de l inflation, à l OMC un rôle arbitral étant convenu que les arbitrages seront exécutés en toute équité et avec les garanties procédurales habituelles, ou enfin au niveau régional tout ou partie de la responsabilité de l enseignement, des voiries et des prestations sociales. Il s agit donc de subsidiarité et de la plasticité de l architecture décisionnelle : chaque niveau du processus décisionnel doit savoir, si nécessaire, remettre ses pouvoirs aux échelons les plus compétents. L invraisemblable cascade de niveaux de responsabilité s échelonnant de l État français à la commune n estelle pas, par elle-même, un appel à la réingénierie? Certainement, dans une telle perspective et pour chaque niveau, il faudra articuler capacité technique à traiter de l intérêt public avec légitimité des instances à saisir. N est-ce pas dans cette optique que devrait être évalué le Non au référendum sur la Constitution européenne? La France n y cédait-elle pas de manière irréversible une trop grande part de sa souveraineté dans des domaines où le dialogue n était pas encore abouti? Dans ce traité, l Europe ne devenait-elle pas trop souveraine et insuffisamment mandatée? Décider la décision La France est faite de résignation devant l archaïsme de son système décisionnel mélangée à l orgueil de l évocation de son excellence. Cette structure bipolaire est-elle à l origine du battement lui faisant alterner périodes de sursaut et déchéances? Quelle nuit du 4 Août lui fera-t-elle quitter les adhérences de son passé pour lui donner enfin accès à son rang dans le concert des nations? Est-ce si difficile? Montesquieu, à ce propos, écrivit «Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être un si grand génie, il ne faut pas être au-dessus des hommes, il faut être avec eux.» Cela reste vrai pour les pays comme pour les entreprises privées. Donnonsen pour preuve la capacité des grandes sociétés, dont certaines dépassent aujourd hui un demi-million de salariés, à relever ce défi par l intégration croissante des responsables opérationnels à leurs décisions au sein de leur processus décisionnel. Elles y parviennent grâce à un progrès continu dans les domaines culturels, éthiques ainsi qu organisationnels, notamment dans l infrastructure de services sous-tendant leurs processus décisionnels. n 1. Action de reporter, de remettre à plus tard ce qui pourrait être fait le moment même. 2. Lire aussi sur le même sujet : Michel Balinski, Le suffrage universel inachevé, Eyrolles éditeur. 3. On pourra, à ce sujet, se référer au rapport Chertier sur la modernisation du dialogue social publié en avril 2006 à la Documentation française. 4. Le Sénat, en vertu de l article 24 de la Constitution de la V e République, est le représentant des collectivités territoriales et des Français établis hors de France. LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

32 LE SURSAUT Revitaliser la hiérarchie et le contrôle de l administration Vincent Tixier (61), PhD Stanford University Deux nœuds gordiens Un pays étatique, comme la France, doit plus que d autres avoir une administration efficace. Les comparaisons internationales montrent que ce n est pas le cas. La bureaucratie à la française s étouffe et étouffe le pays, son éducation nationale, ses hôpitaux, son système judiciaire, ses institutions culturelles, sa recherche, son système politique, ses entreprises publiques bref, tout ce qu elle touche, à commencer par les fonctionnaires eux-mêmes, qui en sont les premières victimes. Enfin le déficit des finances publiques crée du chômage et le chômage du déficit. Dans les affaires humaines, la difficulté n est pas de dire ce qui ne va pas ; c est de trouver comment débloquer un système. La tentation du simplisme se voit partout. Il y a un fantasme de la révolution imposée par un homme providentiel. Mais les violences créent le chaos, avec effets imprévisibles et dommages collatéraux. Au fond, chacun le sait ; ainsi réclamer une révolution est un moyen de ne rien faire. C est dommage, parce que nos fonctionnaires, malheureux du système, très largement bien formés, compétents, dévoués, sont le premier moyen de toute réforme. Je propose deux hypothèses de déblocages essentiels, tout en étant conscient que la diversité des administrations est immense et qu il est risqué de généraliser. Dans une entreprise, un effort se propage et s amplifie par la hiérarchie. Mais aujourd hui on ne peut pas demander à la hiérarchie des administrations de conduire une réforme. Trop souvent elle a perdu pratiquement tous ses pouvoirs, à tous les niveaux, au profit des services centraux, des syndicats, des cabinets ministériels. Comment manœuvrer ce gigantesque corps sans armature? Avant tout, il faut rendre ses pouvoirs normaux à la hiérarchie. Cela dit on ne peut pas compter seulement sur le bon vouloir, le sens de l honneur des fonctionnaires. Le tableau n est pas complet sans examen du contrôle de l administration par les élus, dont c est en principe une fonction majeure. Deuxième nœud gordien : ce contrôle a été neutralisé. Rendre le pouvoir à la hiérarchie Lui donner des objectifs et des outils comptables ; informer, sanctionner; enfin respecter les quelques règles saines de conduite des affaires humaines. Tout groupe humain, qui non seulement existe et se perpétue mais a un but, toute équipe de sport, tout commerce, toute industrie, est organisé avec une hiérarchie qui le conduit, qui est responsable et est dotée des pouvoirs qui vont avec la responsabilité. Vincent Tixier Bien sûr, il y a une hiérarchie dans l administration; mais on sait que ses pouvoirs normaux, indispensables, son autorité, ont été rognés, brisés, réduits à rien, par un maquis de règlements et par les empiétements des syndicats. Sauf en partie chez les militaires et la police, où l autorité de la hiérarchie est imposée par les dangers, et qui précisément ont montré leur capacité à se réformer. Donner les pouvoirs nécessaires. Ces pouvoirs sont les premiers outils du travail en équipe : d abord bien sûr celui de commander et sanctionner, de décider de la rémunération pour une part significative, de pouvoir choisir son personnel et de pouvoir s en séparer, de relayer l information entre la direction et son personnel, de décider et contrôler dans tous les cas de gestion courante du personnel, de traiter D.R. 30 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

33 avec les fournisseurs, même aux niveaux les plus modestes. Bien entendu, cela veut dire des recours hiérarchiques dans les cas, rares en pratique, où un supérieur se conduit mal avec ses subordonnés. Toute décision est prise par un individu. Une commission étudie, débat, propose; elle ne décide jamais. Faire la chasse aux courts-circuits par les syndicats, les services centraux, les cabinets ministériels; ils déstabilisent et démoralisent la hiérarchie pour augmenter leur pouvoir. Cette suppression doit être institutionnalisée, il faut en faire un droit, avec recours, pour qu au fil des années la discipline de ne pas court-circuiter les vrais responsables prenne partout. Les syndicats existent pour défendre les intérêts des employés. Les justiciables ont des avocats ; les acteurs et les sportifs, des agents; les employés, des syndicats. Les syndicats n ont à l évidence pas à exercer des tâches de direction, sous aucune forme, ni en droit ni en fait, même à travers des commissions; y compris et surtout la nomination aux emplois, la gestion des carrières, l information des employés, la définition des objectifs et des pratiques, le choix de l organisation, la représentation auprès des médias. Cela démoralise et détruit la direction, cela pervertit le syndicalisme. Ces ingérences absurdes doivent être dénoncées et arrêtées, à tous les niveaux, dans les administrations atteintes, même si des dirigeants ou des politiques égarés y ont consenti. Placer les services centraux, achat, gestion du personnel, juridique en situation de fournisseur, et toutes les fois que c est possible, préserver la liberté pour un responsable de se débrouiller pour acheter ses fournitures, faire marcher son informatique, organiser ses déplacements, recruter son personnel contractuel, choisir ses locaux Les gouvernants politiques et les cabinets, aussi, doivent s interdire les courts-circuits et les désaveux. Par exemple, il n est pas convenable de nommer les adjoints d un responsable, à fin de le neutraliser. Il doit, bien entendu, les choisir lui-même. Le «parachutage» à des postes de direction, de membres de cabinets ministériels, en général sans expérience managériale, est nuisible. Il donne à haut niveau l exemple du mépris de l efficacité, de la compétence, de l expérience, bref du mépris des hommes et du bien public. C est au fond un acte de forfaiture, à réprimer comme tel. Déléguer, faire confiance sont les modes normaux de fonctionnement dans le travail en équipe. Des règles minutieuses sont utiles pour les processus de production, pour le pilotage des choses ; elles sont nuisibles pour la direction des gens. Pour ceux-ci la confiance, la considération, l initiative, de grandes règles simples quasi morales (par exemple l interdiction des courts-circuits, l adéquation entre pouvoirs et responsabilité, le devoir d informer, le droit et le devoir de corriger soi-même ses erreurs, le devoir d être disponible et à l écoute pour son personnel, de déléguer ) conviennent mieux dans un monde où l on respecte les hommes. Toutes les fois que possible, transformer des règlements internes détaillés en règles indicatives et s en remettre au jugement des responsables. La contrepartie de la délégation est, bien entendu, la concertation. Avant toute décision, le responsable doit avoir entendu les gens compétents, responsables, intéressés ; mais eux seuls. C est une règle importante et difficile à accepter, en particulier quand on veut être le premier à dire la solution miracle, en général factice, alors que la consultation souvent pose puis résout le problème de façon inattendue et qui ne paraît évidente qu a posteriori. Les règles de base du succès dans l action avec délégation ont été étudiées ; ainsi Thomas F. Gilbert détermine empiriquement six facteurs de succès. Par ordre d importance décroissante : l information sur les objectifs (le facteur le plus important et le plus souvent oublié), la disposition des outils, la sanction du succès et de l insuccès, puis la capacité, la formation, et enfin la motivation (beaucoup de gens mettent la motivation en tête alors que c est le facteur le moins important ; beaucoup aussi s égarent sur la formation). Informer : donner des objectifs aux membres de la hiérarchie, il faut qu ils sachent ce qu on attend d eux. Il faut que ce qu on attend d eux contienne des objectifs d efficacité, simples et clairs. Quelques administrations techniques le savent. Vérifier que les outils de travail sont disponibles. Bien entendu les pouvoirs de direction discutés ci-dessus sont les premiers outils et les plus importants. Une bonne comptabilité, des contrôleurs de gestion traités avec respect et dont l opinion est indépendante font merveille. Les solutions techniques sont rarement nécessaires; l attirance pour les gadgets est un bon signe d indifférence aux hommes. Sanctionner : récompenser la réussite, avec des remerciements, des compliments, des honneurs, des récompenses et même de l argent. L argent toutefois vient au dernier rang, non au premier, contrairement à ce que croient les cyniques, qui s imaginent que la rémunération au mérite tient lieu de direction des hommes. Il y a un plaisir du travail bien fait, des objectifs atteints, des défis relevés. En affaires, il y a un proverbe : «Avec des carottes et un bâton, on fait des ânes.» Ce n est pas l argent qui fait gagner les sportifs. Quelques mesures d accompagnement, souvent citées, ne sont certes pas inutiles En général l administration sait bien acheter des biens et des services. Elle sait serrer la vis à ses fournisseurs, parfois même à l excès. Cela lui est infiniment plus difficile avec ses fonctionnaires. Il faut simplifier et élaguer les missions en confiant systématiquement à des fournisseurs les tâches secondaires, pour mieux tenir l essentiel, et mieux traiter le secondaire. Les entreprises savent bien que l on contrôle plus facilement ses fournisseurs que ses employés. C est là l intérêt profond de l externalisation, de la sous-traitance. La suppression de services ou organes devenus inutiles, mal appropriés ou mal conduits, va de soi et LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

34 sert d exemple, mais elle doit être conduite sans brutaliser ni offenser, par la hiérarchie responsable. Il y a des méthodes, bien connues dans l industrie, pour l amélioration continue de la qualité de service. Inutile de s en priver. Mais attention à se concentrer sur l amélioration continue par le travail en équipes, en «cercles de qualité», avec une analyse empirique soignée des problèmes; non sur la certification formelle des processus. La manie des règlements pourrait se réincarner derrière le masque de la méthode. Enfin, faut-il le dire? Une administration ne devrait pas subventionner une association, une agence, à qui elle a délégué une part de ses missions, quand cette entité est dirigée par des fonctionnaires. Redonner vie à la régulation de l administration par le politique Dans l esprit des lois, les élus contrôlent l administration, votent le budget, en suivent l exécution. Tout en France s y oppose. Un député peut examiner les comptes d une administration, mais il doit le faire seul. La publication du rapport annuel de la Cour des comptes est un grand moment d affliction impuissante. La LOLF constitue un progrès de présentation budgétaire plus que de contrôle. L Institut français pour la recherche sur les Administrations publiques (ifrap), fondé et présidé par Bernard Zimmern (49), propose de renforcer largement les pouvoirs de contrôle de gestion de l Assemblée nationale. Résumons, en renvoyant le lecteur aux études de l ifrap : cela veut dire créer un corps d audit des administrations, répondant aux députés, indépendant de la fonction publique, comme dans plusieurs grands pays. Puis organiser un cycle permanent de revues de détail, en audience publique. Et pourquoi ne pas aller jusqu à donner aux députés le droit de supprimer un service ou un programme, sans avoir à se justifier et sans appel? Une institution qui se sait mortelle se surveille mieux. En outre, quand une entité humaine marche trop mal, depuis trop longtemps, mieux vaut la supprimer et construire à neuf. Environ la moitié des députés et presque tous les ministres sont fonctionnaires. La haute administration s est emparée du contre-pouvoir censé la contrôler. Il n y a pas là de conspiration; mais n est-on pas plus tranquille entre soi? Dans certains pays, un fonctionnaire ne peut être un élu. Ne convient-il pas que tout fonctionnaire, élu à une assemblée qui contrôle des fonctionnaires ou des budgets de fonctionnaires ou qui traite avec eux, soit démissionnaire d office à l instant de son élection? Entre contrôlé et contrôleur, il faut choisir. C est aussi cela la séparation des pouvoirs. N y a-t-il pas enfin des traits de notre système électoral qui, malgré des mérites qu il faudrait évaluer, écartent les députés de leur tâche de contrôle des administrations et du gouvernement? Le cumul des mandats, dont on parle tant, n est-il pas aussi un cumul de conflits d intérêts? Ces conflits doivent certes être arbitrés quelque part; est-ce le meilleur lieu? Quand il y a toujours une élection en vue, il faut de l abnégation pour défendre l intérêt général. L administration fait voter, chaque année, ses budgets avec moins de 1 % de changement. Cette intangibilité en dit beaucoup sur le contrôle par les élus. Le «débat budgétaire» serait-il un trompe-l œil? Il semble qu en France on soit surpris quand un élu vote contre les consignes que le gouvernement donne à son parti. On soupçonne que cela lui coûtera sa réélection. L exécutif et l administration ont-ils besoin de travailler à obtenir l approbation de nos représentants élus, s il leur suffit d ordonner? Pourquoi les élus auraientils à cœur de contrôler des dépenses sur lesquelles ils ne peuvent pas grandchose? Admirons ceux qui s y essaient quand même. Il me semble que cette dérive a un lien avec un mode de scrutin, qui fait que les dirigeants de partis, et à travers eux l exécutif, ont un pouvoir trop fort sur les élus. L élection au mode proportionnel, on l a vu en Italie et sous la IV e République, dépersonnalise la relation entre élus et électeurs, se traduit par plusieurs dizaines de partis, un chatoiement de combinaisons, un gouvernement central peu consistant. À l opposé, dans un système uninominal à un tour, les multiples préférences politiques se matérialisent en courants, dans deux, parfois trois grands partis. Les électeurs votent pour une personne précise, non un parti. Le pouvoir des dirigeants politiques sur les élus est faible. Entre les deux, notre scrutin à deux tours concentre le jeu sur quatre ou cinq grands partis, plus six à dix petits partis. Ceux-ci sont naturellement portés à la surenchère pour survivre, et négocient leur soutien en tirant les grands partis vers les extrêmes. Le jeu politique est crispé, les élus disciplinés, quoiqu ils en aient. Les votes non partisans sont rares. Les électeurs votent autant pour un parti que pour un homme. Que faire en France? Quelques idées, à titre d amorce de réflexion ; chacune a bien sûr des inconvénients : les esprits ne sont pas prêts pour des élections législatives au suffrage uninominal à un tour. Un petit pas ne serait-il pas de réserver le second tour aux deux candidats arrivés en tête au premier, comme pour la présidentielle? si les députés n étaient pas rééligibles, ou une seule fois, ne seraient-ils pas moins prisonniers des partis et de l exécutif? n QUELQUES SOURCES Les réflexions sur le rôle clef de la hiérarchie pour le changement, sur les bonnes pratiques du travail en équipe, sur leur destruction dans la bureaucratie, proviennent de séminaires, animés par M. Yves TILLARD, du CPE. Ils ont eu lieu à la Générale de services informatiques, à l initiative de son président et fondateur, Jacques RAIMAN (54), dans les années quatrevingt. Voir aussi L entreprise à l écoute de Michel CROZIER. Thomas F. GILBERT. Human Competence : Engineering Worthy Performance. Mcgraw- Hill. L ifrap publie une revue Société Civile et des études sur l administration française. Voir Pour une discussion du mode de scrutin, voir Jean SÉRISÉ, dans le numéro 90 de Commentaire. 32 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

35 LE SURSAUT L économiste en débat Jean-Marc Daniel (74), administrateur de l Insee, professeur d économie à ESCP-EAP, rédacteur en chef de la revue Sociétal Lorsqu on participe aux travaux de X-Sursaut, la référence immédiate qui vient à l esprit est celle de X-Crise, ce groupe de polytechniciens qui dans les années trente se réunit pour proposer des réformes. Le but était d aider le pays à sortir de la récession et du chômage. On peut néanmoins s interroger en remarquant que si les gens d X-Crise avaient été à même de fournir aux dirigeants des solutions pérennes aux problèmes de l époque, comment se fait-il qu il faille encore soixante-dix ans après réunir des experts pour de nouveau réfléchir à la langueur économique française? En d autres termes, la réflexion économique a-t-elle fait si peu de progrès qu il faille encore débattre, supputer, conjecturer pour répondre aux attentes de la société? On trouve là une question ancienne qui est celle de la pertinence du savoir économique d une part et de l usage qui en est fait d autre part. Ce dernier aspect, celui de l usage fait de la science économique, se résume souvent dans la question : qui est économiste? Jean-Marc Daniel D.R. Qui est économiste? Notre camarade Jean Peyrelevade (58) écrit dans son remarquable petit livre sur le capitalisme 1 que les Français ont une propension naturelle en économie à prendre pour des économistes des gens qui non seulement ne le sont pas mais encore développent des idées manifestement contraires aux notions les plus élémentaires que permet de maîtriser la science économique. Il s interroge ainsi sur le succès de Viviane Forrester et de son livre à bien des égards peu pertinent sur l horreur économique, ou encore sur le respect quasi religieux apporté aux assertions de Pierre Bourdieu, sociologue de talent en tout point estimable mais développant des raisonnements sur le capitalisme fondés sur une grande méconnaissance de la réalité et une certaine difficulté à manier les concepts mathématiques. On ne peut que partager le point de vue de Jean Peyrelevade et se demander en effet pourquoi les Français en général et certains vecteurs d opinion en particulier attachent tant d importance à des livres, à des personnages, à des opinions que dans des domaines autres que l économie on n hésiterait pas à assimiler à du charlatanisme. Il faut dire que la définition de ce qu est un économiste n est pas claire. En France, par exemple, on confie les plus hauts postes des administrations financières à des inspecteurs des finances en général issus de l Ena, qui sont considérés par les Français comme des économistes mais qui passent aux yeux des Anglo-saxons pour des gestionnaires sérieux mais dépourvus de véritable culture économique. Que l on compare le curriculum vitae du gouverneur de la Réserve fédérale des États-Unis avec celui de Jean-Claude Trichet, et on mesurera à quel point la France se distingue du reste du monde dans ce qu elle considère comme un économiste. Lors d une émission de télévision Jean Peyrelevade se trouva en compagnie de Jacques Marseille et de Raymond Barre. Le journaliste animateur gratifia Jean Peyrelevade qui est un ancien ingé- LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

36 nieur de l aviation civile et un ancien dirigeant d entreprise et Jacques Marseille qui est professeur d histoire du titre d économistes. Le seul qui dans l assistance détenait un diplôme d économiste était Raymond Barre. Et il ne fut présenté et sollicité que comme homme politique. On voit bien combien ambigu est le statut social de l économie. Elle est considérée par certains épistémologues comme la science de référence car elle a été créée pour répondre à des besoins très concrets de la population tout en se développant dans son expression la plus aboutie selon des enchaînements logiques complexes proches de ceux des mathématiques. William Stanley Jevons, l économiste anglais du XIX e siècle qui le premier considéra que l économie ne pouvait se contenter d une expression littéraire, avait coutume de dire : «Pour Galilée, la nature est un livre écrit en langage mathématique; pour moi, la société est aussi un livre écrit en langage mathématique. Simplement, l œuvre de Galilée avait besoin des mathématiques de Newton, la mienne de celles de Lagrange et de Laplace.» Pour Jevons, il s agissait simplement d indiquer que comprendre les mécanismes sociaux qu analysent les théories économiques suppose pour éviter de se noyer dans les détails et de surestimer des aspects secondaires de la réalité de quantifier ladite réalité et de définir avant d engager toute réflexion quelques concepts précis permettant de rendre compte des relations sociales. Concrètement, il ne sert à rien de prétendre qu en augmentant les salaires, on augmente la demande, si bien qu on réduit le chômage. Une telle assertion heurte le bon sens, si c était si simple, on ne comprend pas pourquoi les gouvernements n imposent pas des augmentations de salaires ; en effet, selon une telle vision de l économie, celles-ci donneraient satisfaction à tout le monde : aux salariés voyant leur pourvoir d achat augmenter, aux chômeurs retrouvant un emploi, aux entreprises multipliant les débouchés, à l État bénéficiant dans ses rentrées fiscales de cette dynamique économique accrue. Elle heurte aussi les travaux des économistes. Ceux-ci ne doivent pas pourtant se contenter de réagir en criant au sophisme. Ils doivent accomplir un authentique travail scientifique en procédant d abord à l identification dans l économie de la consommation, de ses liens avec les autres paramètres, notamment avec la croissance, de la nature de ses liens en termes de causes et d effets. Ils doivent ensuite procéder à des examens statistiques et économétriques pour vérifier la pertinence des affirmations avancées. L économie serait donc la reine des sciences parce qu elle procéderait d une part comme les mathématiques en s appuyant sur un ensemble d axiomes et en élaborant des déductions logiques; d autre part comme les sciences de la nature en cherchant une vérification empirique reposant sur la statistique et l économétrie, même si cette vérification ne peut pas être parfaitement assimilée à une expérience. Cette perception de la méthode de l économiste est apparue dès les premières théories organisées. Le premier professeur d économie de l histoire, l Anglais William Nassau Senior, un disciple de David Ricardo, commença son cours en 1826 en affirmant deux choses. La première est que, s il avait accepté d enseigner l économie dans une université, c est-à-dire dans une structure vivant d argent public, c était parce qu il avait acquis la conviction que l économie était une science et que son message n était pas de la propagande au profit de tel ou tel groupe politique mais bel et bien un moyen de diffuser un savoir à même d améliorer le bien-être social. Il soutenait son point de vue en déclarant : «Nul n est économiste s il est protectionniste.» Cette phrase est fondamentale pour qui veut comprendre ce qu est un économiste et ce qu on doit en attendre. En effet, Senior comme la plupart de ses contemporains vivaient dans un monde profondément protectionniste et dont les responsables n hésitaient pas à se déclarer protectionnistes. Il ne les accusait pas pour autant d incompétence ou de stupidité. Il disait simplement que ce qu établit l économiste, c est que le libre-échange en faisant baisser les prix améliore le pouvoir d achat de tous alors que le protectionnisme, en empêchant la concurrence, avantage certains secteurs. L économiste considère que son rôle est de concevoir les politiques qui améliorent la situation globale de la population. Le protectionniste est celui qui choisit de favoriser une partie de la population au détriment de l autre, choix, qui n étant pas justifiable économiquement, a d autres justifications politiques, éthiques ou religieuses. Les protectionnistes anglais de l époque de Senior connaissaient les théories des économistes, mais ils choisissaient de défendre la production nationale de blé pour garantir le pouvoir, la richesse et le statut social des propriétaires terriens en général nobles et pour avoir la certitude qu en cas de nouveau blocus continental, du type de celui mis en place par Napoléon I er, l Angleterre aurait été en mesure de nourrir sa population. L économiste rend un verdict en termes de coût de production et de pouvoir d achat, le décideur choisit en prenant en compte d autres paramètres. La rigueur scientifique impose à l économiste de ne pas chercher à justifier l action du décideur par des théories fausses, mais à lui fournir les moyens d apprécier les conséquences de ses actes. La seconde affirmation de Senior est qu en tant que science, l économie est axiomatique. Il posa donc quatre axiomes autour desquels il construisit son cours. Ces axiomes se voulaient intemporels et dépourvus de toute référence nationale. Il n est pas inutile de les rappeler ici. Le premier est ce que l on appelle le principe d hédonisme, c est-à-dire l idée que chacun agit selon son intérêt, c est-à-dire encore que chacun cherche dans ses actes à augmenter sa satisfaction et à réduire sa peine. Le deuxième, qui se voulait à l époque 34 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

37 une réfutation des thèses de Malthus, est que la population n est jamais trop nombreuse, car les mécanismes de marché par l augmentation des prix des denrées devenues rares conduisent les hommes à réagir, soit en augmentant la production, soit en ayant recours à une production de substitution, soit en engageant un autocontrôle de la démographie. Le troisième est que l économie est soumise au principe des rendements décroissants. Le quatrième est que la productivité est croissante. Ces axiomes sont toujours au centre de la science économique, même si leur formulation littéraire ou mathématique a fluctué dans le temps. Les rendements décroissants s expriment souvent dans les manuels d aujourd hui par l affirmation que le coût marginal est croissant en fonction de la production. Même si Senior ne parlait pas de coût marginal, il ne disait pour autant pas autre chose. Cette identité entre la méthode du mathématicien et celle de l économiste a fait le succès de notre École dans le développement de la science économique et beaucoup d économistes de référence sont ou ont été des polytechniciens. De là à dire que pour être économiste, il faut être polytechnicien, il y a un pas que je ne franchirai pas. L École s est d ailleurs illustrée dans le passé pour avoir ignoré un des plus grands économistes de l histoire. Walras, le fondateur de l économie néoclassique, fut collé au concours d entrée à l X et il a vécu si douloureusement cet échec qu il sombra dans une dépression sévère qui l empêcha de terminer sa formation d ingénieur civil des Mines. Pourtant, malgré cette affirmation de la nécessité de se conformer à une méthode rigoureuse et de ne soutenir une théorie qu après l avoir construite selon cette méthode d axiomatisation et de vérification statistique, le tri parmi les gens qui s expriment en économie reste difficile à faire. Notre camarade Bernard Salanié (81) dans un article de la revue Sociétal 2 sur le statut de l économie et des économistes défend l idée que, in fine, les économistes tirent leur reconnaissance de l adoubement de leurs pairs. Est économiste celui qui a été accepté par les autres économistes comme économiste, soit par les procédures de sélection universitaire, soit par l acceptation de la publication de ses œuvres dans des revues ou par des maisons d édition spécialisées en économie. En fait, le problème de savoir qui est économiste serait second si le contenu de ce savoir était reconnu par tous et comme tel pouvait être utilisé sans état d âme. Or un des problèmes de l économie est qu à côté de la théorie économique de référence se développent des hétérodoxies qui sont vécues par une partie non négligeable de la population comme tout aussi pertinentes que les idées défendues par la majorité des économistes. Pertinence du savoir économique Le foisonnement du nombre de gens qui se considèrent en droit d affirmer en économie sans se demander si ce qu ils racontent est exact est entretenu par le fait que les économistes, même ceux qui ont reçu la sanctification de leurs pairs, affichent des opinions très diverses. Dans son livre Capitalisme, socialisme et démocratie, Schumpeter s interrogeait sur l émergence d idées reçues, sur la dictature des schémas intellectuels tout faits, d autant plus dominants qu ils s éloignent de la dure vérité pour se nourrir de réconfortantes illusions. Il s inquiétait de ce paradoxe qui fait que le capitalisme, qui est le système qui a le plus amélioré la vie quotidienne des populations, est le système qui a suscité la plus abondante littérature critique. Il se disait en outre frappé de devoir constater que toute critique du libéralisme, aussi extravagante soit-elle, trouve toujours parmi les économistes reconnus un groupe capable de la défendre. À lire Schumpeter, c est comme si l économiste appliquait la grille de lecture de la théorie néoclassique fondée sur l intérêt individuel à la gestion de sa propre production intellectuelle. L économiste universitaire convaincu par l étude des textes d Adam Smith, de Léon Walras ou d Alfred Marshall que tout individu réagit selon son intérêt et que ce faisant il conduit la société à un équilibre qui fournit un maximum de bien-être serait amené naturellement à regarder où va son intérêt dans la conduite de sa carrière académique et dans les prises de position autour desquelles il la construit. Or, il est facile d acquérir la notoriété et une réputation de générosité en dénonçant le capitalisme et l économie de marché, il est facile de convaincre ses pairs aux conditions de vie souvent modestes de la nocivité du marchand enrichi. Bref, pour Schumpeter, l économiste réfléchi peut raisonnablement considérer qu il est de son intérêt de dénoncer à l envi les mécanismes économiques libéraux. Schumpeter avait de quoi être affligé par les prises de position de certains de ses collègues et s il revenait parmi nous, il aurait matière à l être encore. Son raisonnement est séduisant et on pourrait comme lui s interroger sur cet étrange destin de la théorie libérale qui au travers de la mise en avant de l intérêt individuel conduit ceux qui la comprennent à devoir la dénigrer. Pourtant, au fur et à mesure que l économie se précise, il est rassurant de constater que se dégage un consensus plus large et plus marqué que ce que l on pourrait croire. Déjà, à l époque classique, les premiers économistes mettaient en garde les hommes politiques contre la facilité de tout accepter en matière économique, de ne pas chercher à voir ce qui ressort d une véritable réflexion de ce qui est le fruit d une posture sociale 3. Et lorsque Keynes déclara solennellement que le drame de la politique économique était que les hommes politiques n avaient à leur disposition que les théories d économistes morts, assimilant dans la fou- LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

38 lée Ricardo à Torquemada, c est-àdire à un dictateur intellectuel régnant sur des esprits envoûtés, il s est heurté à la volonté de beaucoup d économistes de considérer que les travaux des anciens n étaient pas à rejeter d un revers de la main. John Hicks, l auteur du célèbre modèle IS-LM que tous les étudiants en économie ont croisé au moins une fois dans leur vie, a conçu ce modèle comme un moyen de concilier les thèses classiques et néoclassiques avec celles nouvelles de Keynes. Et dans ce que les économistes connaissent sous le nom de «Querelle des deux Cambridge», Paul Samuelson reprocha aux keynésiens anglais de stricte obédience regroupés autour de Joan Robinson d ignorer tout le travail accompli par leurs prédécesseurs. Cette idée que l on ne construit pas la science économique sur le paradoxe et la controverse, sur la ruine des idées du passé ou de celles des autres économistes, cette idée que résumait bien Tony Blair lorsqu il a fait un discours au Parlement français en déclarant «Il faut désormais comprendre et admettre qu il n y a pas une politique économique de gauche et une politique économique de droite, mais qu il y a une politique économique qui marche et des politiques économiques qui échouent», cette idée donc est plus partagée qu on ne pourrait le croire parmi les économistes. Pour citer pour une dernière fois un grand économiste au risque de paraître pédant, je me référerai à John Stuart Mill. À l instar de Senior, il considérait son savoir économique comme un savoir scientifique. Appelé à se prononcer sur la politique économique du Parti libéral en matière d emploi, il affirma qu il n y a pas une façon conservatrice et une façon libérale de réduire le chômage. Mais il y a la façon identifiée par les économistes : il faut baisser les salaires, soit directement pour inciter les entreprises à embaucher, soit indirectement en prélevant un impôt qui permet à l État d embaucher. En revanche, chaque parti politique peut doser plus ou moins ces deux mesures, peut accepter un niveau plus ou moins élevé de chômage. Cette séparation entre ce qui relève de la science incontestable et ce qui revient de la décision politique est de plus en plus admise. La science économique moderne est grosso modo assez bien décrite dans la théorie néoclassique qui prit son développement à partir des travaux de l Anglais Jevons, de l Autrichien Menger et du Français Walras. Elle repose sur les axiomes modernisés mais toujours actuels de Senior. Pour compléter le tout, la science économique moderne a prolongé les thèses de Ricardo sur le libre-échange et sur l impact des rendements décroissants et celles d Adam Smith sur le partage des rôles entre le marché et l État. Malgré les sarcasmes qu inspirent régulièrement les prévisions des conjoncturistes démenties par la réalité, malgré les diatribes idéologiques contre l économie de marché qui garantissent à ceux qui les prononcent la sympathie d une partie du corps social, la science économique a ainsi acquis sinon des certitudes du moins de fortes assurances sur ce qu il faut faire et sur ce qu il ne faut pas faire pour atteindre certains résultats. La passivité assassine des autorités monétaires américaines des années trente face à la déflation, passivité qui a conduit au chômage de masse dans le monde industriel, n est plus de mise et plus aucune banque centrale ne commettrait de telles erreurs. Le problème de la vérité économique est moins son absence d absolu que le fait qu elle est souvent difficile à admettre. Comme le disait Jacques Rueff, un de nos grands anciens : «Soyez libéral, soyez socialiste, mais ne soyez pas menteur.» Ce dont souffre l économie, c est la méconnaissance qui l entoure et la pollution de son message par des prises de position qui fascinent le public alors qu elles sont fallacieuses. Il est facile de susciter l enthousiasme contre l égoïsme du marché mais il est plus austère et plus ingrat de raconter les thèses de Coase sur la taille optimale de la firme, de s interroger sur le traitement des externalités chez Pigou, de démonter le théorème de Debreu-Arrow ou plus simplement de définir les missions de l État. Notre ministre des Finances a créé un organisme chargé de superviser la diffusion de la connaissance économique. Cette démarche montre qu il est à peu près admis dans notre société qu il y a quelque chose à diffuser. Et donc que Senior avait raison : en enseignant l économie, il apportait à ses étudiants un savoir et non de la propagande. Mais cette diffusion ne sera efficace que si elle revient là encore à John Stuart Mill, c est-à-dire à la double nécessité de faire comprendre ce qui relève du choix politique et ce qui est le fruit inexorable de la physique sociale ; et d écouter toutes les opinions, même les plus farfelues, pour selon le cas en souligner la pertinence ou en démonter les incohérences et les falsifications. X-Sursaut ne saurait être ni un laboratoire en économie, ni une sorte d officine où les cadres dirigeants de l économie française chercheraient, en combinant récits de leur expérience et références scientifiques, à légitimer leur rôle social. X-Sursaut doit être un des groupes qui permettront aux citoyens de faire leur choix en toute liberté mais aussi, autant que faire se peut, en toute connaissance de cause. n 1. Le capitalisme total, éditions du Seuil, collection la République des idées. 2. Sociétal n 50 : dossier sur le rôle social de l économiste ; voir également Bernard Salanié : L économie sans tabou, éditions Le Pommier. 3. Voir à ce sujet la lettre de Frédéric Bastiat à Lamartine, reproduite dans Sociétal n JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

39 LE SURSAUT Quelques remarques sur la concurrence Jean-Daniel Le Franc (53), membre de la Commission des participations et des transferts LE SURSAUT de notre pays dépend autant du moral et aussi de la morale que du dynamisme de chacun d entre nous. Or accroître l esprit d entreprise avoir envie de faire, d agir, de créer et pas seulement d en parler c est en même temps accepter et même cultiver la concurrence. La concurrence est en effet l un des moteurs les plus puissants de nos économies et plus largement de nos sociétés. Pour l essentiel, elle est à l origine de la croissance et de la création d emplois. C est elle qui contribue à élever le pouvoir d achat et le bien-être matériel de nos contemporains. En quelque sorte, la concurrence est la source même des mouvements de nos sociétés. Elle en est pour ainsi dire le ressort. C est elle qui maintient sous tension les hommes et les organisations collectives, c est elle qui provoque les évolutions, les changements et finalement les progrès. «L industriel qui se plaint de la concurrence est un enfant qui se plaint de son maître. Il lui reproche de le punir ; il ne mesure pas les progrès qu il lui doit.» AUGUSTE DETOEUF (37) Propos de O. L. BARENTON confiseur C est aussi cette compétition qui oblige à l effort pas celui des autres, pas celui des athlètes qu on regarde à la télévision, le nôtre effort qui, il est vrai, engendre le stress. La concurrence contraint les organisations à s adapter et impose le changement. Or changer, c est souvent souffrir. D où parfois les drames vécus par ceux qui en subissent les effets. Difficultés d autant plus difficiles à accepter que leur origine se situe au bout du monde! Dès lors on comprend bien que chacun cherche les moyens de s affranchir du joug de cette concurrence ou au moins d en atténuer les effets. Les salariés défendent dans toute la mesure du possible la sécurité de l emploi et les avantages acquis comme autant de boucliers contre les changements. Les entrepreneurs naguère n étaient pas tous hostiles au contrôle des prix qui protégeait les moins bons et garantissait une rente aux meilleurs. Aujourd hui encore, dès lors que déferle une concurrence lointaine, cependant annoncée de longue date par des traités connus, il ne manque pas de voix pour réclamer, qui l aide de l État, qui le report de ces échéances. Les Pouvoirs publics eux-mêmes ne donnent guère le bon exemple, ni dans la gestion des personnels où la compétition entre les agents n est introduite souvent qu à dose homéopathique, ni dans le maintien désuet de certains modes de fonctionnement, ni dans des politiques de subventions aux entreprises ou (pire encore) aux «secteurs», justement mis en difficulté par la concurrence. Autant prétendre regonfler un pneu crevé! Alors pourquoi? Comment ne pas voir que le refus de la compétition nous conduit au dépérissement? C est peutêtre parce que dans notre pays plus encore qu ailleurs, l analyse rationnelle, souveraine et autocentrée explique que la concurrence, c est d abord le gâchis En effet, que d efforts dispersés entre trop d acteurs, que de dépenses inutiles puisqu elles doublonnent! N est-il pas déraisonnable de financer deux centres de recherches qui travaillent sur les mêmes sujets? Et que penser alors des dépenses de communication, de ces frais de publicité qui vantent des produits très voisins, fabriqués dans des usines dispersées forcément moins efficaces qu une seule unité plus importante traitant des séries bien plus longues? LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

40 Lorsque deux entreprises décident de fusionner, leurs banques conseils s ingénient à calculer les synergies dégagées par ce rapprochement et les économies qui en résulteront. Celles-ci multipliées par des coefficients appropriés et actualisées sur un avenir prévisible offrent aux actionnaires des deux sociétés de bonnes raisons d espérer la montée du cours de l action, ce qui les incite alors à exprimer un vote favorable lors de l Assemblée générale qui décide la fusion. Pour utiliser un langage contemporain, n est-ce pas la preuve que la concurrence détruit de la valeur? Il convient donc de l éliminer, cette concurrence d où nous viennent tant de maux ou pour les moins radicaux, d en limiter au moins ses effets les plus nocifs et donc de l encadrer étroitement. Et pour le faire certains expliquent que la solution est à portée de main ; car pour autant que le choix politique soit fait, il s agirait d une simple question d organisation sociale. Ce qui précède pourra sembler caricatural. Cependant, même si leur expression en est plus nuancée, même si la forme en est plus subtile avec des arguments parfois insidieux, nombre de prises de position, de discours des autorités constituées, de réflexes, d attitudes, et, ce qui est plus grave, de décisions sont en réalité sous-tendus par des convictions anticoncurrentielles. Alors! Comment apporter la conviction inverse? Ce sera peut-être en sortant de nous-même. En observant le monde et en regardant comment agissent nos voisins. Or que nous disent ces observations? Que les nations (ou les empires) qui ont voulu tuer la concurrence se sont, en fait, tiré dans le pied. Aujourd hui presque toutes ont abandonné leurs règles anciennes : centralisation des décisions économiques, économie planifiée, entreprises appartenant à l État, etc., pour les remplacer par le règne parfois anarchique de la concurrence. Les rares pays qui n ont pas opéré cette révision condamnent leur population au sous-développement voire à la misère. Certains gouvernements qui ont opté pour un libéralisme économique plus ou moins tempéré n ont pas pour autant accordé à leurs citoyens les libertés démocratiques, politiques, religieuses, syndicales, qui caractérisent les démocraties les plus avancées. L exemple de la Chine qui semble concilier, au moins dans certaines de ses provinces, un capitalisme ostentatoire avec un régime politique autoritaire, est, de ce point de vue, singulier. L avenir dira si la liberté peut être découpée, si on peut atteindre un niveau de vie élevé des habitants tout en étouffant la contestation et en étranglant toute opposition, et enfin qui tuera l autre : les dissidents ou la croissance? À l échelle du continent chinois la question est d importance. Jusqu alors la dictature des idées entraînait la rivalité de factions s appropriant un pouvoir politique qui devenait rapidement policier en même temps que diminuait le niveau de vie du plus grand nombre. En sera-t-il de même demain? En sens inverse, le pays qui crée le plus d emplois, celui dont le niveau de vie comme la croissance de son économie sont supérieurs aux nôtres est aussi celui qui est encore pour beaucoup la terre de la liberté. Liberté pour les minorités opprimées et pour les dissidents qui s échappent de leurs pays mais aussi pour les artistes et les entrepreneurs qui y respirent un air de liberté propice à la création. Beaucoup fuient les «démocraties populaires» qui ne sont ni l une ni l autre; les États-Unis d Amérique restent encore pour beaucoup un rêve et une espérance. Et d ailleurs, pour ce qui est de l économie, l Europe suit l Amérique comme l Eurostoxx 50 attend le Dow Jones. Notre continent, social-démocrate, subit des taux de chômage encore trop élevés en dépit d une croissance réelle qui est cependant derrière celles de l Amérique et de l Asie. La France a évidemment élaboré le modèle le plus intelligent! Saluons cette socialdémocratie des Lumières. Cependant, loin de reconnaître les vertus particulières de ce système social dont nous sommes fiers, le classement européen nous assigne des places assez médiocres. C est peut-être parce que chez nous la concurrence est trop encadrée, souvent au nom de l égalité. Bref, il apparaît que les performances économiques sont meilleures là où la concurrence est plus active. On est alors tenté de conclure qu une des urgences pour notre pays est bien d augmenter le niveau de la concurrence partout où cela est possible et bien sûr d en convaincre l opinion. Comment? Suggérons deux pistes, parmi bien d autres Il faut encourager l action des institutions antitrusts et concentrations qui œuvrent à Bruxelles et dans chacun de nos pays. Il faut les soutenir et les aider à prendre les décisions qu imposent l état des marchés aujourd hui et demain, l évolution plus ou moins rapide des technologies suivant les métiers et la géographie de la concurrence. Beaucoup pensent que la rigueur et l efficacité de l organisation américaine dans ce domaine les lois antitrusts sont pour beaucoup dans les réussites industrielles de ce pays. Dans ce cadre, il est important de lutter autant que possible, contre les monopoles injustifiés car on a souvent observé qu ils engendrent des coûts excessifs et une faible productivité. En l absence de concurrence en effet, des corps sociaux, sûrs de leurs inébranlables statuts, dérivent vers la maximisation du bienêtre de leurs membres au détriment de la qualité et du prix des services rendus à leurs clients. D autre part les économistes nous disent qu aujourd hui les politiques de la demande destinées à stimuler la consomma- 38 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

41 tion, donc la croissance, donc l emploi, ne fonctionnent plus. C est l offre qu il faut améliorer et cela passe par une agilité accrue des entreprises qui sont obligées de «répondre» plus vite. Or cette nécessaire réactivité, on sait combien elle est difficile à obtenir dans les grands organismes, notamment publics, bénéficiant d un monopole. La deuxième piste part de l observation suivante. Les interventions de l État dans le domaine économique ont parfois pour effet de limiter la concurrence, par exemple en «l organisant» ou d en limiter les effets, par exemple en retardant les ajustements qu imposent ses évolutions. Le plus souvent ces interventions sont réclamées avec force par les corps constitués : les élus, les syndicats, les personnels, les entrepreneurs Et l État, embarrassé dans des contraintes contradictoires, a bien du mal à refuser de répondre à ces demandes. Lorsque l État enfin se résout à cesser de subventionner des activités constamment déficitaires, c est bien souvent parce que Bruxelles l exige. C est alors en invoquant cet alibi, que les autorités s excusent de le faire. L État doit concentrer son action et jouer pleinement le rôle irremplaçable qui est le sien : l organisation, le pilotage et le contrôle d un environnement concurrentiel sain et dynamique. Il n est pas souhaitable qu il s engage lui-même ponctuellement dans le jeu des entreprises, car lorsqu il le fait, il n est pas rare qu il fausse l exercice de la concurrence. En ce sens, la vente au secteur privé des actions détenues par l État doit être poursuivie et, dans ce domaine, la Commission des participations et des transferts ex-commission de la privatisation joue un rôle qu il faut souligner. Autorité administrative indépendante, créée il y a vingt ans par la loi du 6 août 1986 elle intervient lors des cessions partielle ou totale des participations publiques. Elle veille à ce que les prix soient conformes à la valeur de l entreprise et elle s assure que les procédures suivies pour ces opérations le sont de manière transparente et que le choix des acheteurs par l État ne résulte d aucun privilège. Si les privatisations ont suscité jadis beaucoup d émotions et de polémiques, il en va tout autrement aujourd hui. Désormais les décisions politiques, sauf cas particuliers, suscitent moins de débats passionnés dans la mesure où elles apparaissent dictées par l intérêt même des entreprises en cause qui ne peuvent plus compter sur les finances publiques pour assurer leur développement et leurs investissements. Ajoutons que les investisseurs institutionnels, les salariés de l entreprise comme le public ont été nombreux à acheter ces actions mises en vente. On peut penser que la Commission a contribué, par le sérieux de ses analyses et de ses avis qui sont publiés et par l indépendance qu elle a su montrer, à déminer le sujet. On pourrait citer d autres exemples illustrant le même propos : en premier lieu le Conseil de la concurrence, mais aussi l Autorité des marchés financiers, l Autorité de régulation des communications et des postes, la Commission de l électricité et bien d autres auxquels de nombreux camarades sont également associés. Ainsi s établissent progressivement de nouveaux modes de gouvernance là où se rejoignent et parfois s interpénètrent les zones d influence des secteurs publics et privés. C est une chance pour que les règles de la concurrence soient mieux discutées, mieux comprises et plus largement appliquées, et c est une chance pour notre pays. n LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

42 LE SURSAUT Sur la technologie Claude Laigle (53), ancien président du BEPTOM et de Satel Conseil Le monde a radicalement changé depuis trente ans. Mais je pense qu il y a une faille dans l analyse qu en présentent Michel Camdessus et les coéquipiers qu il s est choisis. Compte tenu de leurs responsabilités exercées durant la période, leur rapport ne peut pas être neutre et a quelques allures de plaidoyer pro domo. Il n est pas vrai que la mondialisation, c est-à-dire aussi «l intensité croissante de la concurrence sur les marchés mondiaux», soit une fatalité, comme l a remarquablement montré notre camarade Jean-Pierre Gérard (60) dans un article «La mondialisation, un choix dangereux?» paru dans un certain numéro de La Jaune et la Rouge que j ai oublié, mais qui est consultable sur JE NE SAURAIS TROP féliciter et remercier mon cher camarade de casert Hubert Lévy-Lambert d avoir pris l initiative de faire se pencher la communauté polytechnicienne sur une question ô combien capitale (Quel sursaut pour notre pays?) et de me permettre ainsi de m exprimer sur ce sujet dans le numéro spécial de La Jaune et la Rouge. Ma contribution consistera à introduire le texte ci-après. Mon parcours initial sur le tas à la Sereb, à la Sagem, à deux reprises au CNES, m a fait connaître sur le fond le processus de R&D et m interroger : comment mettre pleinement ce formidable outil au service de tous les hommes alors que le marché n y suffit pas? Nous vivons un bouleversement sans précédent historique. Le risque serait de nous enfoncer davantage dans l impasse sociale et écologique où l évolution nous précipite, au lieu d en sortir vers l ère nouvelle, scientifique, qui n est pas loin devant nous mais à côté de nous. La question que se pose X-Sursaut réhabilite de fait le volontarisme politique. Il me semble que dans ce sens le groupe ne doit pas hésiter à aller plus avant. La technologie : une ressource inépuisable et sous-exploitée La ressource technologique est exploitée spontanément dans la sphère de l initiative privée par la machine économique mondialisée de plus en plus en mesure de le faire, partout où existent des marchés suffisants à court ou moyen terme. Par contre cette ressource dans le temps inépuisable est laissée en jachère face aux gigantesques besoins non satisfaits considérés comme essentiels, alors que, pour rendre ces besoins solvables dans la durée, on peut penser qu elle pourrait être exploitée pleinement dans tous ses avantages à l initiative de la volonté collective et dans des cas de plus en plus fréquents. À condition évidemment de les chercher pour les trouver. L humanité a accumulé des connaissances qui lui donnent un pouvoir absolument considérable sur la matière. 40 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

43 Après avoir pu se doter des moyens surabondants d un suicide collectif, elle a même su et pu conquérir la Lune. Il y a longtemps déjà. Pourtant les besoins essentiels du plus grand nombre sont encore loin d être satisfaits. Bien pis : les disparités s accroissent, les tensions, la misère, la faim, la violence s étendent dans le monde! Comment sortir d une situation aussi absurde et désespérante? En réalité le problème posé est d organisation : le progrès technique n est pas ce qu il pourrait être. Les éléments de réflexion esquissés ciaprès insisteront ainsi non pas sur les entreprises en soi, mais sur ce qu elles créent artificiellement, produisent et échangent, à savoir des produits, procédés et services, et principalement sur «l art et la manière» dont ceux-ci sont conçus. En effet face aux besoins et contraintes (le «cahier des charges») à satisfaire des utilisateurs, des consommateurs, comment les produits, les procédés, les services sont-ils conçus? Il s agit là d une question fondamentale, qui touche au cœur même de l économie et de la société, mais qui paradoxalement dans nos régions est peu étudiée et mal connue. Elle concerne avant tout en tant qu entités responsables, d une part les entreprises productives (à travers des services d étude et de recherche), et d autre part, un milieu professionnel très étroit, celui des ingénieurs, des ingénieurs d étude et de conception. De la science à la technologie : un potentiel naturellement illimité La science, c est l accroissement de la connaissance. La technologie, c est-à-dire les produits, procédés et services disponibles, c est aujourd hui de plus en plus l application de la science. De plus en plus les produits, procédés et services sont conçus à partir de l acquis scientifique des techniques de base en tant que systèmes complexes, à l issue d un processus d étude, de développement et éventuellement de recherche, que l on peut considérer de manière simplifiée avec, en phase finale, la réalisation et la mise au point (la qualification) de prototypes, et à l origine, des études de faisabilité technique. Ces méthodes permettant à la technologie d intégrer systématiquement les acquis de la connaissance ont commencé à apparaître à la fin du XIX e siècle (cf. le laboratoire de Thomas Alva Edison). Elles furent définitivement mises au point durant la guerre «froide» avec les grands programmes d armement américains des années cinquante (Minuteman, Polaris...). Aujourd hui à travers cette activité de «recherche-développement» l application technologique des acquis de la science est devenue non seulement l équivalent d une «ressource», exploitable en tant que telle, mais la ressource disponible la plus grande. Et dans la guerre «civile et économique», qui s est développée depuis trente ans et ravage par sa violence sournoisement le monde en faisant «voler en éclats la société du travail et l État social» (J. Habermas), la capacité à exploiter cette ressource est devenue peu à peu le facteur essentiel de la compétitivité des entreprises. Ne serait-ce que pour survivre, celles-ci ont dû, doivent ou devront s organiser en conséquence (le reengineering). La science, la connaissance sont neutres. Leurs applications, la technologie ne le sont pas. Toute innovation apporte avec elle des avantages, des effets bénéfiques et positifs (sinon, quelle raison d être aurait-elle?). On peut citer : la satisfaction de besoins, l ouverture de nouveaux espaces de liberté, l augmentation de la productivité, la création d emplois, etc. Elle produit également à des degrés divers des effets négatifs et pervers, des inconvénients : accroissement des disparités, effets de domination, consommation d énergie et de matières premières, pollution et atteinte à l environnement, ruptures culturelles, dégradation des conditions de travail, diminution de l emploi, etc. C est bien la nature de l ensemble des produits, procédés et services disponibles dans une société, en d autres termes les effets multiples de sa technologie, qui conditionnent et façonnent en premier lieu, non seulement sa richesse, mais aussi son type de consommation, son mode de vie, sa culture, le «contenu» de sa croissance, son modèle de développement. Alors qu autrefois la technologie était une donnée du hasard et de la nécessité, aujourd hui et contrairement à la pensée commune il n en est plus de même. La technologie, faible partie d un champ de «faisable» maintenant immense et croissant sans cesse, naît avec certaines caractéristiques et avec un certain rythme et un certain cheminement dans le temps, qui sont déterminés par les systèmes productifs et économiques qui l engendrent. Le principal est celui de l économie de marché, l économie libérale, efficace dans le court terme et possédant une dynamique propre très élevée, mais incapable par nature de prendre convenablement en compte des considérations de long terme ou relatives aux catégories non marchandes. L État et les collectivités publiques ont été amenés de ce fait à intervenir. Le second système est ainsi celui au sens large de la volonté collective, qui a fait la preuve de son efficacité entre autres en matière de défense ou dans la conquête de la Lune, déjà citées. La technologie déterminée par le marché En économie de marché les entreprises ne peuvent consacrer sur leurs fonds propres qu une part évidemment limitée de leurs activités à la recherche-développement. Les taux «d intensité de R & D» sont typiquement de l ordre du pour cent (compris entre quelques dixièmes de pour cent et quelques pour cent). LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

44 Or innover coûte cher, particulièrement en ce qui concerne la réalisation et la mise au point des prototypes. Des laboratoires, des équipements d essais doivent être installés, des équipes pluridisciplinaires doivent être entretenues. On rappellera ici la boutade : «Le meilleur moyen de se ruiner, ce sont les ingénieurs!» Les entreprises exploitent ainsi la «ressource technologique», non pas pleinement mais juste suffisamment pour être au moins aussi compétitives que leurs concurrentes. De ce fait l acquis de la science et de la technique, aujourd hui déjà considérable, est dans l ensemble sous-exploité. La conscience de cette sous-exploitation est générale pour certains domaines, comme l informatisation et l automation ou les biotechnologies, où le sentiment des possibilités immenses d application non encore mises en œuvre est largement répandu. Mais la sous-utilisation du gisement accumulé du savoir et du savoir-faire, existant ou potentiellement à venir, est pratiquement une réalité pour presque tous les secteurs, à des exceptions près sur lesquelles nous reviendrons parce qu elles sont primordiales. Cette constatation a inspiré l idée qu une «révolution de l intelligence» est à portée de nous. Mais une telle révolution n émergera pas spontanément. Elle devrait être organisée. En stricte économie de marché, c est-à-dire dans la sphère de l initiative privée, l innovation apparaît le plus souvent quand «l écrémage du marché» permet une rentabilité à court terme. Elle s accompagne ainsi quasi automatiquement de la création d un nouveau besoin non satisfait pour le plus grand nombre, c est-à-dire en particulier d un effet d accroissement des disparités. Comme de toutes autres sortes d effets négatifs, qui n ont pas de raison de ne pas être, sauf existence de réglementations, interdictions et normes diverses, instaurées par la collectivité. La technologie et l action publique (ou la démocratie) : une liaison tumultueuse En ce début du troisième millénaire l action publique est à la fois idéologiquement discréditée et financièrement de moins en moins possible (cf. le chapitre suivant). Pourtant la technologie ne serait pas ce qu elle est aujourd hui sans l action publique. Un retour sur le passé s impose, sur lequel l âge de l auteur de ces lignes lui permet de porter témoignage. Le premier rappel concernera les grands programmes technologiques engagés en France du fait de la volonté publique dans les années soixante et peu après : la force de frappe, le nucléaire civil, Concorde puis Airbus, le plan calcul, le spatial et Ariane, le TGV, le plan Théry de «rattrapage» du téléphone, etc. Ces grands projets ont presque tous été des réussites. Ils ont façonné dans la durée la capacité technologique de notre pays. Il est bien vrai que les choix sectoriels auraient pu être autres, mais il n est nié par personne que c est en grande partie grâce à ces programmes publics que notre pays tient encore sa place dans la compétition internationale. Dans les secteurs en question ils ont permis d exploiter pleinement et non pas partiellement ce que j appelle la «ressource technologique», c est-àdire d atteindre des taux d intensité de R & D dépassant les 10 voire les 20 %. Des taux aussi élevés ne peuvent être obtenus que grâce à la volonté publique : «La technologie, c est l argent public», disait-on justement. Avec au passage une remarque : les secteurs d activité ne se trouvent pas être «avancés», «de pointe» ou «à haute technologie» par nature ou on ne sait par quel miracle, il appartient bien à la volonté publique, si elle en a les moyens, de pouvoir faire de tout secteur civil (sans parler bien sûr de la défense) un secteur technologiquement très avancé. Le second point touche au problème central de la technologie : ses effets négatifs, autrement dit ses défauts. Comment les prévoir, les restreindre, les éviter, les gérer? Un rappel historique est là aussi instructif. Au début des années soixantedix peu avant la fin brutale et inattendue de la dernière période de forte croissance des pays industrialisés les trente glorieuses des Français ou l âge d or des Anglo-Américains trois types de griefs étaient émis à l encontre de la technologie de ces pays, avec laquelle, par la force des choses, par mimétisme ou en ignorant que d autres voies sont possibles, l ensemble du monde se développait ou tentait de le faire. Le premier, sur lequel le Club de Rome sonna l alerte dès 1971, était que l extension de cette technologie au bénéfice de tous les hommes de la planète se heurterait immanquablement aux exigences de préservation des ressources naturelles et de l environnement : la technologie des pays industrialisés n est pas «universalisable», «mondialisable», même à terme. Le second est que cette technologie convient en outre mal à court terme aux pays en développement. Elle est souvent difficilement «transférable». Les procédés industriels des pays industrialisés sont avant tout conçus pour produire de grandes séries, avec beaucoup de capital, avec des matières élaborées et peu de maind œuvre mais très qualifiée. Leurs biens d équipement ont des performances quantitatives très élevées, mais sont d une maintenance difficile et fort consommateurs en énergie. C est tout le contraire qui est le plus souvent nécessaire à ces pays, qui devraient mettre en œuvre, pour se développer mieux et plus rapidement, une autre technologie, «appropriée», «adaptée», «sur mesure», qui n existe pas et serait elle-même à développer. Le troisième enfin est qu au sein même des pays industrialisés la technologie existante commençait à être remise en question pour, outre ses atteintes à l écosphère déjà vues et dénoncées par les écologistes, l ampleur de certains de ses autres effets pervers, qu il s agisse des «aliéna- 42 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

45 tions de la société de consommation» (plus de besoins artificiels créés que de besoins existants satisfaits), des conditions de travail, etc., imposant de nouvelles technologies «alternatives», «douces», «soutenables». À l époque les réactions et prises en compte politiques furent immédiates. Dès 1972 le Congrès américain promulguait le «Technology Assessment Act» et créait auprès de lui-même l Office of Technology Assessment (OTA) comme premier outil démocratique d information, de concertation et d approche de l évaluation globale des effets de la technologie en vue d une certaine maîtrise collective de cette dernière. La même année une Conférence des Nations unies adopta à Stockholm une Charte de l Environnement en 26 points. La France s associa au mouvement. On peut citer par exemple : en 1975 la sortie de l ouvrage La Technologie incontrôlée de Jean-Claude Derian et André Staropoli; en 1978 la création de l ONG «Innovation Tiers-monde»; en 1983 la création de l Office parlementaire d évaluation des choix scientifiques et technologiques sur le modèle de l OTA, etc. Mais il était déjà trop tard. Entretemps les chocs pétroliers (c est-àdire en fait la «première crise mondiale de l énergie et de la technologie») et l engagement dans un libre-échangisme intégral, qui s ensuivit, avaient radicalement changé la face du monde et relégué au second plan, c est-àdire aux oubliettes, ces bonnes dispositions pourtant capitales pour l avenir du genre humain. L OTA a disparu en 1995 dans l indifférence générale. Le concept de «développement durable» a été vidé de sens. Le protocole de Kyoto, pourtant stipulant des «mesurettes» à la marge, est moribond, etc., trente ans après Stockholm! L humanité s est vraiment acculée d elle-même au catastrophisme, mais, comme l a fait observer le philosophe Jean-Pierre Dupuy, à un «catastrophisme éclairé»! Et maintenant? Jamais le fossé n a été aussi grand entre le monde réel, tel qu il est et tel qu il va on ne sait où, mené par la «main invisible», et le monde potentiel que permettrait la pleine exploitation de la ressource technologique par un volontarisme démocratique. Jamais non plus n ont paru mieux remplies, à l exception d une seule, les conditions pour que se réalise justement cette révolution de l intelligence, ce passage après l ère industrielle à une fantastique ère nouvelle, celle de la connaissance, l ère scientifique, capable, entre autres dans la durée et avec des structures adaptées, de rendre solvables d immenses besoins aujourd hui non satisfaits et, pourquoi pas, d éradiquer la pauvreté. En effet d une part l acquis de la science et de la technique, du savoir et du savoir-faire, d ores et déjà considérable s accroît sans cesse, tout au moins tant que la recherche fondamentale continue à être financée par la collectivité. D autre part grâce à la cure permanente de concurrence violente qu elles subissent, les entreprises sont de plus en plus en capacité d exploiter cet acquis. La seule question en suspens est de savoir comment le volontarisme peut retrouver les moyens financiers de s exercer. Un pays en particulier comme la France, seul face aux effets nocifs de ce qu on appelle «la mondialisation libérale», ne peut rien. Mais au sein de l Europe dotée d un minimum de protection douanière négociée, assurément oui. Les initiatives qui ont été dernièrement lancées, les États généraux de la recherche, l appel de Jean-Louis Beffa, le PDG du groupe Saint-Gobain, pour «un retour à une politique de grands programmes technologiques», etc., ont abouti à un premier résultat. Elles doivent être poursuivies. n Mis en ligne sur org/article.php3?id_article=393 LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

46 IN MEMORIAM Pierre Lucas (44) PIERRE LUCAS nous a quittés le 29 septembre dernier. Né à Givry-en-Argonne le 13 juillet 1924, il fait ses études secondaires au lycée de Rennes et y prépare l X. Il est reçu à l École en 1944, mais pour des raisons de santé, il fait ses deux ans d études avec la promo 45. Il en sort dans le corps des télécommunications et après deux ans à l ENST débute à la direction régionale de Rennes, où il est chargé de remettre en route le réseau perturbé par la guerre, notamment dans des villes sinistrées comme Saint-Malo et Brest. Au bout d un an il est affecté au CNET 1 au département commutation dirigé par Gaston Letellier (23), où il devient très rapidement le spécialise des systèmes à barres croisées (ou crossbar) qui représentaient à l époque le nec plus ultra en matière de centraux téléphoniques. Il participe avec brio à la mise au point des premiers centraux crossbar, en système Pentaconta à Melun (1955) et en système CP400 à Beauvais (1956). Pierre Marzin (25), directeur du CNET, crée alors au printemps 1957 le département Recherches sur les machines électroniques (RME) qu il confie à Louis-Joseph Libois (41), futur directeur général des télécommunications. Pierre Lucas le rejoint alors pour faire profiter le nouveau département de son expérience des commutateurs et des réseaux. Le programme était ambitieux : il s agissait ni plus ni moins de hisser la France au niveau qu avaient atteint les États- Unis, à une époque où notre pays était obligé d importer les technologies nécessaires aux télécommunications. Cinquante ans après, l existence de France Télécom et d Alcatel atteste que ce pari fut gagné. D.R. Pierre Lucas en fut un des acteurs éminents, discret mais inspiré, grâce à une imagination technique foisonnante et à une vision prospective particulièrement aiguë. Grâce à lui diverses solutions techniques ont pu être explorées, avant le choix des systèmes de commutation temporelle d aujourd hui : en particulier système semiélectronique à commutateurs crossbar (projet SOCRATE), systèmes à relais à tiges (projet PÉRICLÈS). Même si ces solutions n ont pas été retenues par la suite, grâce aux travaux du Centre de recherches du CNET à Lannion sur la commutation temporelle, animé par Louis-Joseph Libois et André Pinet, elles ont permis de résoudre les problèmes de la commande des commutateurs par ordinateur, notamment ceux de la permanence du service et de l écoulement du trafic. Pierre Lucas n a pas limité aux commutateurs téléphoniques son activité technique; il a joué un rôle important dans la commutation de paquets (réseau TRANSPAC) et a créé les premières bases de ce qui allait devenir par la suite le réseau Internet. Sa fécondité s est concrétisée par le dépôt de cinquante-quatre brevets et la rédaction de très nombreux articles, faisant mentir l idée reçue selon laquelle les polytechniciens ne seraient pas créatifs. Il reçut d ailleurs en 1985 le prix Christophe Colomb de la ville de Gênes pour l ensemble de son œuvre, distinction prestigieuse attribuée avant et après lui à des acteurs majeurs de la science et de la technique. Il fut l un des trois Français avec Louis Armand et Maurice Ponte à le recevoir depuis Parmi les étrangers on relèvera David Sarnof, George H. Gallup, Lojola de Palacio, commissaire européenne, la NASA ou l Académie des sciences de l URSS, excusez du peu! Ses travaux s accompagnèrent d une intense collaboration avec les organismes internationaux, notamment l UIT (Union internationale des télécommunications). Retraité en 1989, il s installe dans la maison familiale de Lézat-sur-Lèze (Ariège) avec son épouse Simone où il se met aussitôt au travail dans un domaine nouveau et rédige une Histoire de Lézat, qui est, pouvait-on en douter, un monument d érudition. Il nous a quittés le 29 septembre et, dans un synchronisme émouvant, sa femme le suivit deux jours après laissant deux fils et une fille, huit petitsenfants et deux arrière-petits-enfants. Ingénieur général des télécommunications, il était chevalier de la Légion d honneur et commandeur de l ordre national du Mérite. Nous garderons fidèlement le souvenir de ce grand chrétien, riche de remarquables qualités humaines et de ce maître à penser des télécommunications. n Jean DUQUESNE (52) 1. Centre national d études des télécommunications, aujourd hui France Télécom Recherche et Développement. 44 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

47 LIBRES PROPOS Aligner la gouvernance des systèmes d information sur la stratégie de l entreprise Tru Dô-Khac (79), consultant indépendant Pour les entreprises qui attendent de leurs systèmes d information une contribution déterminante pour tirer parti de la redistribution globale des ressources, répondre aux besoins versatiles et volatils de leurs clients et innover face à une concurrence agressive, une bonne gouvernance des systèmes d information est impérative. Parallèlement aux meilleures pratiques d origine anglo-saxonne, nous avançons une approche inédite de gouvernance différenciée fondée sur des régimes transactionnels entre la DSI et les directions métiers. UNE BONNE GOUVERNANCE est un gage pour une contribution optimale des systèmes d information (SI) aux performances globales de l entreprise. Pour les utilisateurs des systèmes d information et leurs représentants les directions des métiers de l entreprise, la gouvernance des SI est ce qu est la gouvernance d entreprise pour les actionnaires et le conseil d administration d une entreprise : elle est un dispositif de direction et de contrôle des SI qui concilie au mieux l efficacité de la gestion d une part et les intérêts, besoins et sécurité des utilisateurs d autre part. Une synthèse de la gouvernance de SI actuelle En 2005, le sujet était suffisamment d actualité pour que l Association française de l audit et du conseil 1 et le Club informatique des grandes entreprises françaises 2 publient un document jetant les bases d une bonne gouvernance de SI [1]. Depuis, principes d organisation pour les uns, normes ou bonnes pratiques soutenues par des outils logiciels ad hoc pour certains ou dispositifs relationnels pour d autres, la gouvernance a été mise en œuvre sous de nombreuses variantes. En premier lieu, les effets de la gouvernance sont visibles par l organigramme 3 de son bras exécutif, la direction des systèmes d information (DSI). Ainsi, une DSI d une grande ville 4 sera composée de deux sousdirections : la sous-direction du développement et des projets responsable du patrimoine applicatif et de la réalisation des projets qui compte cinq «bureaux» : ressources humaines, achat et finances, projet de l habitant, projets patrimoniaux et géographiques, projets de l informatique communicante et des nouveaux médias et la sousdirection de la production et des réseaux, responsable pour sa part de l équipement des services, de l ingénierie des réseaux et de l exploitation informatique (figure 1). Cette forme organisationnelle est couramment décidée par les directeurs informatiques car elle reflète en effet un double impératif : assurer une LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

48 Figure 1 Systèmes métier DSI Organigramme Infrastructure technologique bonne écoute des directions métiers afin de leur fournir les projets qui les aideront à remplir leur mission, et prendre en compte le cycle de vie imposé par les technologies de l information afin d optimiser l emploi des ressources opérationnelles informatiques. En faisant coller au plus près son organisation avec celle de l entreprise, le directeur informatique prépare la mise en œuvre des dispositifs de pilotage avec les directions métiers des différents projets inscrits au schéma directeur informatique. Dans notre exemple 5, il aura affaire avec la direction des finances, la direction du patrimoine et de l architecture, la direction des affaires scolaires et la direction de la voirie et des départements, et les projets seront les applications d élaboration et de passation des marchés publics, de gestion des opérations d investissement, de recensement des besoins et des achats, des commandes et des stocks et de la gestion des interventions de maintenance de la ville, les directions métiers. Redevable vis-à-vis de l entreprise des performances de sa direction, le directeur informatique déploie les bons processus, compétences et outils informatiques dans l ensemble de son organisation. Si une politique de certification qualité est poursuivie par son entreprise, il pourra rechercher une certification ISO 9000 pour sa propre direction. Il peut également s inspirer de recueils de pratiques de gestion informatique publiés par différents organismes et que l on a vu apparaître depuis quelques années sous l appellation de «best practices». Certes, le terme autoproclamé «best Cahier des charges Développement applicatif practices» peut faire sourire. Néanmoins certaines peuvent être le fruit d une expérience cumulée depuis de longues années ou d une recherche approfondie. Publié par l IT Governance Institute, le Control Objectives for Information and Related Technology (COBIT 6 ) adresse les moyens pour assurer et contrôler l alignement des systèmes d information sur la stratégie et l organisation de l entreprise. En matière de développement logiciel, on peut citer le Capability Maturity Model Integration (CMMI 7 ) conçu au sein de la prestigieuse Carnegie Mellon University ; l architecture de systèmes d information sera traitée par The Open Group Architecture Framework (TOGAF 8 ) développé initialement par le US Department of Defense (DoD) en Pour la production informatique, ce sera l Information Technology Infrastructure Library (ITIL 9 ) née dans l administration anglaise dans les années 1990 ; pour gérer le cycle de Figure 2 Alignement business/si COBIT Recette Cycle de vie Exploitation Développement applicatif CMMI vie des fournitures externes, on pourra s appuyer sur une pratique émergente, l esourcing Capability Model for Client (escm-cl) développé également par Carnegie Mellon University; enfin pour la sécurité, on consultera la norme ISO Par exemple, grâce à ITIL, les équipes de la sousdirection de la production et des réseaux disposent d une base de modèles de processus éprouvés, gestion des incidents, gestion des changements (informatiques), gestion des mises en production, gestion de la disponibilité, gestion de la capacité, etc., qu il leur appartiendra d adapter à leur contexte particulier. Ces pratiques sont loin d être figées et poursuivent un développement analogue à un logiciel 10. Certaines ont même débordé de leur domaine initial pour envahir celui de leurs consœurs jusqu à pouvoir prétendre couvrir tous les domaines de mise en œuvre de gouvernance de SI. Dès lors, il a été nécessaire de réaliser des rapprochements pour orienter les entreprises utilisatrices et prestataires [9]. Néanmoins, en considérant les domaines historiques respectifs des six pratiques, nous pouvons tenter de les positionner dans une chaîne de valeur unique 11 (figure 2). Structurée et munie de bonnes pratiques, la DSI est prête à assurer la conformité fonctionnelle des applications aux besoins des directions métiers ainsi que leur disponibilité et leur sécurité. Fourniture de service et production informatique ISO /ITIL Architecture et infrastructure de SI TOGAF Sécurité ISO Gestion des fournitures externes escm-cl 46 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

49 Régimes transactionnels de gouvernance de SI Si l on en croit une étude du Cigref réalisée avec McKinsey en 2004 [2], le directeur informatique (DI) et les directeurs métiers (DM) ont pris conscience de leur nécessaire complémentarité qui permet à l entreprise d être plus productive, réactive ou innovante. Aussi, une mesure de bonne gouvernance est de prévoir différents lieux de concertation où le directeur informatique pourra échanger avec les directeurs métiers sur des points essentiels du cycle de vie des systèmes : comité de portefeuille de projets et du patrimoine applicatif, comité sur la sécurité, comité sur la qualité de service, comité technologique. Or une bonne communication n emporte pas un bon partage des responsabilités, ce qui est une opération tout autrement délicate : la relation DI/DM n est pas un long fleuve tranquille et «leur couple ne tient qu à la présence d un chaperon de luxe : la direction générale qui, maniant carotte et bâton, surveille ( ) la bonne avancée de certains systèmes d information jugés stratégiques» [4]. Par exemple, si l on se penche sur les spécifications d une application métier, on peut se poser deux questions, l une sur le moment de leur acceptation avant ou après la décision d investissement, et l autre sur leur porteur, le directeur informatique ou le directeur métier. Régime transactionnel Phase de spécification Porteur de la spécification Dispositifs transactionnels Avantages stratégiques recherchés par l entreprise Régimes transactionnels (BLA) et avantages business recherchés Lorsque l entreprise souhaite augmenter sa réactivité face aux variations de la demande, elles sont également réalisées avant la décision d investissement, mais sont portées par la direction métier la plus directement touchée par les variations qui dès lors définit un système laissant une large part à ses besoins spécifiques. Enfin, si l on poursuit des opportunités d innovation, les spécifications seront réalisées postérieurement à la décision d investissement et seront portées conjointement par l ensemble des parties afin d assurer une bonne mobilisation des connaissances de part et d autre. Il reste à mettre en place des dispositifs pour maintenir une solidarité entre les différentes parties en dépit des responsabilités ainsi tranchées. On Figure 3 Souscription de services partagés Ante décision d investissement Direction des systèmes d information Conditions d utilisation des services (ULA) Productivité (effets d échelle) Maîtrise d ouvrage d un système privé virtuel de services Ante décision d investissement Direction métier prioritaire Consensus de prévision des besoins (TLA) Réactivité aux variations de la demande (time to delivery) Alliance dans un opérateur privé virtuel de services Post décision d investissement Portage conjoint entre DSI et direction(s) métier(s) Entente de partage de connaissance (KLA) Innovation prévoira ainsi des conditions d utilisation des services partagés, on assurera un consensus sur la prévision des besoins lors de l ingénierie d un système spécifique et on s entendra sur un partage de connaissance dans le dernier cas. Nous désignons respectivement ces différents dispositifs par User Level Agreement (ULA), Traffic Level Agreement (TLA) et Knowledge Level Agreement 12 (KLA). Ainsi nous sommes amenés à établir différents régimes transactionnels 13 (Balanced Level Agreement 12 ): la souscription de services partagés spécifiés par la DSI, la maîtrise d ouvrage d un système privé virtuel spécifiée par la direction métier prioritaire, l alliance au sein d une entité ad hoc où les enjeux et les risques sont parta- Deux mises en œuvre de gouvernance de système d information Notre expérience dans une branche particulière des systèmes d information, les télécoms d entreprise [6] [7], nous a amenés à identifier plusieurs cas de figures qui depuis semblent se révéler également pertinents pour l ensemble du système d information. Gouvernance de SI actuelle Alignement stratégique Architecture d entreprise Urbanisme de système d information Spécification/ conception du système métier Gouvernance de SI avec l approche transactionnelle Contrat de service Lorsque l entreprise recherche une productivité accrue, les spécifications sont réalisées avant la décision d investissement et sont portées par le directeur informatique, celui-ci livrant des services qui, partagés entre différentes directions métiers, sont à même de générer des effets d échelle. Alignement stratégique Architecture d entreprise Urbanisme de système d information Architecture et urbanisme transactionnel Spécification/ conception du système métier Contrat de service LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

50 gés entre la DSI et le(s) direction(s) métier(s) que nous désignons par Opérateur privé virtuel (Virtual Private Operator 12 ) de services. Architecture et urbanisme transactionnel Les Balanced Level Agreement remettent au centre de la gouvernance l essence de la relation entre la DSI et les directions métiers (voir tableau). De nature contractuelle, leur logique renouvelle les mises en œuvre de la gouvernance. Jusqu à présent, la relation entre la DSI et une direction métier porteuse d un projet était actualisée en fin de cycle lors de la phase d élaboration du contrat de service qui intervient après la phase de spécification-conception du système d information. Les BLA permettent d aborder dès la phase de l architecture d entreprise 14 la problématique des modalités de coopération entre les différentes parties selon les différents projets. Parallèlement à l architecture d entreprise et à l urbanisme d entreprise, on élabore dans le champ relationnel une opération équivalente, que l on peut appeler architecture et urbanisme transactionnel, que nous désignons par Balanced Level Sourcing 12 (BLS) (figure 3). Une gouvernance des systèmes d information renouvelée En établissant un lien entre les objectifs stratégiques de l entreprise et les modalités de coopération entre les directions métiers et la DSI, l architecture et l urbanisme transactionnel (Balanced Level Sourcing) constituent une nouvelle 15 approche de gouvernance de systèmes d information. Leur mise en scène dans des modèles d organisation des systèmes d information pour les adapter à la nature des objectifs recherchés (effets d échelle, time to delivery, innovation) peut aider à une meilleure collaboration et mobilisation des différentes directions, et finalement, une meilleure performance économique globale. n RÉFÉRENCES [1] Place de la gouvernance du système d information dans la gouvernance générale de l entreprise, par l Afai et le Cigref, Institut de la gouvernance des systèmes d information, [2] Dynamique des relations autour des systèmes d information dans les équipes de direction des grandes entreprises françaises, étude Cigref McKinsey, Cigref, [3] New IT leadership roles, par Jamie CATTELL et Paul WILLMOTT, McKinsey on IT, fall 2006, McKinsey & Company, [4] Réconcilier l information et les métiers, par Derek PERROTTE, Les Échos du 30 septembre [5] De la stratégie business aux systèmes d information par René MANDEL (61), Hermes Lavoisier 2006; analysé par Tru DÔ-KHAC, La Jaune et la Rouge, juin-juillet [6] L externalisation des télécoms d entreprise L Opérateur privé virtuel, par Tru DÔ-KHAC, Hermes Lavoisier, 2005 ; analysé par Quoc-Anh TRAN (62), La Jaune et la Rouge, octobre [7] La fonction télécom de l entreprise reengineering et métiers, par Tru DÔ- KHAC, préface de Michel TRELLUYER (55), Masson, [8] Stratégie de sourcing l approche contractuelle, par Tru DÔ-KHAC, La Jaune et la Rouge, octobre [9] Aligning COBIT, ITIL, ISO for business benefit. A management briefing from ITGI and OGC, published by Office Government of Commerce and IT Governance Institute. [10] L avantage concurrentiel, par Michael PORTER, intereditions, Le Cigref regroupe 120 des plus grandes entreprises utilisatrices des technologies de l information. 3. Ainsi que par les titulaires des principaux postes. 4. Ville de Paris, source : Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris, 7 novembre Source : Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris, 10 novembre COBIT est une marque déposée par l IT Governance Institute (ITGI). 7. CMMI est une marque déposée par Carnegie Mellon University. 8. TOGAF est une marque déposée par The Open Group. 9. ITIL est une marque déposée par l Office Government of Commerce, UK (OGC). ITIL a donné naissance à la norme BS puis ISO Ainsi COBIT en est à la version On aura reconnu la chaîne de valeur de M. PORTER [10]. Néanmoins, la nôtre en diffère notamment par deux points : aux activités primaires et support du modèle initial, on a ajouté en amont de la chaîne des activités au cœur de la gouvernance; les activités de support deviennent des activités transverses autant génératrices de valeur que les activités primaires que sont le développement applicatif et la fourniture-production de services. 12. Marque déposée, également protégée par les droits d auteur. 13. Dans un article précédent portant sur la stratégie de sourcing externe [8], nous avons utilisé le terme «régime contractuel». 14. L architecture d entreprise a pour objet la projection des différentes ressources qui composent le corps de l entreprise sur un modèle de processus (process model). L urbanisme a pour objet de préparer la disponibilité des différentes composantes du SI (modules applicatifs, serveurs, réseaux ) qui constitueront les différents systèmes soutenant ce modèle de processus. Un alignement des SI avec les affaires de l entreprise se concrétise en un alignement de l urbanisme de SI avec l architecture d entreprise [5]. 15. On voit apparaître depuis peu une approche complémentaire qui s attache à différencier les rôles tenus par les directeurs informatiques audelà de la typologie classique «directeur informatique», «directeur des systèmes d information», «Chief Information Officer» [3]. 48 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

51 FORUM SOCIAL L envers du décor Vivre avec un handicap psychique Sophie Barré, assistante sociale, Caisse de secours de l AX Apparu dans le langage usuel au milieu des années 1950, le terme handicap vient de l anglais hand in cap (la main dans le chapeau). Il fait référence à un jeu britannique d échange d objets personnels entre deux joueurs qui acceptaient de se soumettre à l arbitrage d un handicaper, chargé de fixer l équivalent monétaire de la différence de valeur entre les deux objets. CETTE NOTION est complexe et fait appel à plusieurs critères, ainsi deux individus présentant le même problème de santé peuvent-ils connaître des types ou des degrés de handicaps différents selon le milieu dans lequel ils vivent et leurs caractéristiques personnelles en termes d âge, de sexe, d origine sociale, d expérience de vie? Ma pratique professionnelle m a montré que parmi toutes les personnes en difficulté, celles atteintes de troubles psychiatriques étaient les plus exclues de notre système de vie social, professionnel et même familial, ce handicap étant extrêmement difficile à vivre et à gérer au quotidien pour chacun. Le handicap psychique a pour origine une maladie psychique qui s est développée généralement en cours de vie, chez une personne qui n avait pas eu jusqu alors de difficultés particulières. Ces maladies psychiques affectent partiellement le fonctionnement cérébral. De types psychoses (perceptions fausses de la réalité) ou névroses (réalité bien perçue mais source d anxiété), les plus connues sont : les schizophrénies, les maladies bipolaires ou PMD (psychose maniacodépressive), les névroses invalidantes, les dépressions graves, l anorexie, la boulimie, la paranoïa, globalement les troubles de la personnalité Les capacités mentales, cognitives et intellectuelles de la personne restent intactes, mais se trouvent perturbées par les symptômes de ces maladies. À la différence d une personne atteinte d un handicap mental qui est, elle, porteuse de manière permanente d une déficience intellectuelle. L OMS considère que cinq des dix pathologies les plus préoccupantes au niveau mondial pour le XXI e siècle sont des pathologies psychiatriques : schizophrénie, trouble bipolaire, addiction, dépression et trouble obsessionnel compulsif (TOC). Selon une étude du ministère de la Santé : «Plus d un million de patients ont été suivis en 2000 par les 830 secteurs de psychiatrie générale. Ce nombre est en augmentation régulière de 5 % par an.» Les troubles psychiatriques sont non seulement associés à une très forte mortalité, mais également à l origine de handicaps et d incapacité lourds ainsi que d une qualité de vie détériorée pour le sujet atteint comme pour ses proches. Bien sûr les progrès de la pharmacopée ont considérablement amélioré la vie de nombreuses personnes atteintes de troubles psychiques, les traitements leur ont permis de se stabiliser et de mener une vie sociale et professionnelle sans être particulièrement en situation de handicap. Pour d autres, au contraire, la maladie est mal connue, mal stabilisée, voire pas soignée et même déniée. Les conséquences se traduisent alors par des comportements déroutants, inadaptés et souvent inattendus. L incompréhension s installe dans l environnement familial, social et professionnel. «Il fait des choses bizarres, son sourire est inquiétant Il tient des propos incompréhensibles Il se montre violent et agressif» LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

52 Les représentations négatives liées à l imaginaire de la folie entretiennent les mécanismes de l appréhension et de la peur face à ce type de handicap non visible. Malgré les efforts de compréhension, de tolérance et de solidarité de l entourage, un sentiment d impuissance s instaure et s ensuit, faute de solution, l engagement dans la spirale du rejet. La maladie mentale est alors synonyme de grande souffrance et d exclusion. Qu est-ce que vivre avec des troubles psychiques? Le Docteur Denis Leguay, chef de service au Centre de santé mentale angevin, CESAME, nous permet de mieux comprendre le quotidien de ces personnes handicapées psychiques : c est d abord une expérience subjective qui «absorbe» l énergie du sujet, marquée par l angoisse, le sentiment de ne pas appartenir à la société, de ne pas comprendre ses codes, la lutte contre la maladie, l interrogation sur le sens de l existence ; c est aussi une situation objective marquée par les difficultés d autonomie sociale, la pauvreté relationnelle, la marginalisation, la précarité sociale, la surmortalité. «Mon visage se déforme», «On me suit partout où je vais», «Ça parle dans ma tête», «On devine mes pensées», «J entends une voix que les autres n entendent pas» L expérience délirante présente un caractère irrécusable et désorganisateur de la pensée, elle génère une angoisse par l incompréhension du réel. Le caractère impérieux du délire, son envahissement de la conscience par une thématique qu il impose, son imprévisibilité et le cortège des phénomènes élémentaires qui s ensuit (hallucinations, intuitions, interprétations, écho de la pensée ) déstabilisent profondément la personne qui oscille constamment entre adhésion et perplexité. Le délire entraîne un «centrement» du sujet sur lui-même, qui l empêche de considérer le monde et les autres. «Mon fils passe son temps couché dans son lit dans le noir même en plein jour. Il ne se lève que la nuit. Il passe des heures à se regarder dans la glace en se palpant le visage.» Quelle vie quotidienne? Le temps qui passe Le vide des journées, le refuge du repli sur soi, «naviguer» dans le monde est si difficile. La question du travail Il y a si peu de personnes psychotiques au travail, alors que le monde du travail est le premier lieu de socialisation et il y a une carence inacceptable en structures de travail adapté. Le lien avec le soin Quelle dépendance à l égard des structures de soins? Le passage au CMP (centre médico-psychologique) est souvent la seule démarche sociale des patients. Il n y a pas suffisamment de lieux de convivialité. Quel sens à l existence? Quand on a ni famille (8/10 psychotiques sont célibataires, 40% vivent seuls, les trois quarts n ont pas d enfants), ni travail? Comment gérer les problèmes de logement, de ressources «Ma fille dit que la maison est hantée, que des scorpions l envahissent, que c est Satan qui les attire, elle fume de plus en plus de haschich, je ne sais plus quoi faire.» La personne handicapée psychique doit se battre quotidiennement pour résister à la paranoïa : ne pas sombrer face à l inexplicable, accepter le hasard, faire confiance à l autre. Elle doit sans cesse contourner ses déficits : trouble de l attention, lenteur, troubles de la pensée et de la flexibilité mentale, difficultés à la résolution de problèmes. Handicap psychique et grandes écoles? Dans leur livre : Classes préparatoires, Éditions Bayard, 1998, C. M. François Poncet et Alain Braconnier expliquent : «Les formations de haut niveau ne sont pas incompatibles avec un niveau tout aussi élevé d aliénation et les accidents psychiques graves sont un des écueils toujours possibles au long du trajet comme à l arrivée de ce parcours du combattant. Partis pour franchir la porte d une grande école certains étudiants se retrouvent dans un cabinet de consultation suite à une rupture de développement qui peut prendre la forme d un accès maniaque, d une bouffée délirante, d un raptus suicidaire, d une apathie soudaine ou de tout autre trouble grave du comportement Des aliénations graves du fonctionnement mental peuvent côtoyer chez certains étudiants des capacités et un fonctionnement intellectuel très supérieurs à la normale.» «Faites-moi des Régents» disait Napoléon à propos de l École normale, mais sortis du «cocon» maternel que peuvent représenter les grandes écoles, certains s écroulent ou ont du mal à s intégrer à un milieu professionnel. Ne restez pas seul avec vos questions, il y a des solutions! Que faire, à qui s adresser? * Consulter votre médecin généraliste (ou votre médecin du travail), dans un premier temps, il vous connaît, parfois il a vu grandir votre famille. * Dans un second temps, l avis le plus sûr est celui du spécialiste, vous pouvez consulter un psychiatre libéral, conseillé par votre médecin, ou un psychiatre hospitalier. Le secteur public propose des lieux de consultation de proximité : le centre médico-psychologique (CMP) où des psychiatres consultent 50 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

53 gratuitement, on y trouve aussi des psychologues qui ne prescrivent pas de médicaments mais sont formés à l écoute et font des psychothérapies ; dans certains départements, il existe des centres d accueil et de crise (CAC) dont la fonction est d écouter les familles, les personnes en souffrance psychique et de mettre en place des traitements adéquats sans recourir forcément à l hospitalisation. Les adresses de ces structures sont disponibles auprès de la Caisse de secours. * Pour les élèves en cours d études mais aussi pour ceux qui ont quitté l X, l École met à leur disposition un service psychologique : M me Anne Delaigue, psychologue clinicienne, en est la responsable, vous pouvez la joindre au tél. : , [email protected] * «Informer pour mieux soigner» tel est l objectif de Psycom75, consulter son site * L Union nationale des amis et familles des malades psychiques UNA- FAM : * La Caisse de secours de l AX peut vous aider à évaluer votre problème et vous accompagner vers des partenaires spécialisés. N hésitez pas à nous solliciter : courriel : caisse-de-secours@amicale. polytechnique.org délégué général adjoint : Yves Stierlé, tél. : assistante sociale : n IRIS-PARIS Pierre JEANJEAN (54) m a fait découvrir l Association qu il préside «IRIS-PARIS», Initiative réalisation insertion sociale, dont l objectif est la réinsertion sociale de personnes handicapées pour des raisons psychiques. Elle a créé en 1997 un Service d accompagnement à la vie sociale (SAVS) qui suit actuellement 50 personnes ayant leur logement personnel. Recréer du lien social, lutter contre l isolement, proposer une aide concrète aux personnes qui souhaitent acquérir ou conserver un maximum d autonomie dans leur vie quotidienne tel est l objectif du SAVS. Éducateur, psychologue, assistant social accompagnent les personnes dans leur vie quotidienne et les aident à gérer leurs difficultés. L association gère aussi des «studios relais» qui permettent de tester l aptitude à l autonomie. Après quinze ans d existence, IRIS-PARIS lance un nouveau projet : un service d hébergement accompagné, destiné à 30 adultes souffrant de handicap psychique, il vise à leur procurer un cadre stable, sécurisant, structurant dans des logements adaptés. L accompagnement impliquera une prise en charge globale de la personne. Ce service se situera dans les XV e et XIV e arrondissements de Paris. Un local de vie sociale sera situé à proximité des logements et un service d accompagnement médical et social assurera le suivi des locataires. La réalisation d une telle structure originale présente un intérêt tout particulier du fait de la pénurie d établissements de ce type. Le projet a le soutien de l État (DASS), du Conseil général (DASES), de la Ville de Paris et de l hôpital Sainte-Anne. Pour soutenir ce projet adresser vos dons à : IRIS-PARIS, 3-5, rue des Messageries, Paris. Tél. : Ces dons ouvriront droit à une réduction d impôt sur le revenu égale à 75 % du montant des versements dans la limite de 479 (en 2006), et à 66 % au-delà. LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

54 ARTS, LETTRES ET SCIENCES Les livres La publication d une recension n implique en aucune façon que La Jaune et la Rouge soit d accord avec les idées développées dans l ouvrage en cause ni avec celles de l auteur de la recension. En ce temps-là, les saint-simoniens en marche vers la terre d Utopie, arrivèrent dans une ville appelée Lyon Michel Démarcq (41) Éditions des Traboules Lyon, sous la monarchie de Juillet : l auteur fait revivre à sa manière, dans une fresque bigarrée et pleine d humour, la confrontation entre ces idéalistes visionnaires qu étaient les saint-simoniens et la population locale, qu ils tentent d évangéliser, mais chez laquelle ils se heurtent souvent au gros bon sens et à la malice des petites gens, et, chez d autres, à la méfiance ou à l hostilité. La forme dialoguée, originale et très vivante, entre théâtre et feuilleton, convient à merveille à cette habile reconstitution historique, qui, sans y paraître, est aussi une discussion philosophique sur les méandres et les rêves de l action sociale dans la société industrielle. Ce mouvement était né sous la Restauration, des rêves du comte de Saint-Simon (un éloigné cousin du duc du même nom), qui annonçaient la montée de l humanité vers son accomplissement moral et physique, par la liberté, le travail, la science, l industrie, le développement des communications. Ses disciples, dont beaucoup issus de la classe aisée (parmi eux, de nombreux polytechniciens), sous la conduite du «Père» Enfantin (X 1813), demandaient l instruction gratuite et obligatoire, l abolition de la peine de mort et de la prison pour dettes, le crédit bon marché, la suppression de l héritage, l impôt progressif, la libération de la femme, l association universelle des peuples En 1832, tracassés par la Police et la Justice, privés de leur chef, interné à Sainte-Pélagie, nombre de saint-simoniens parisiens vinrent en groupe chercher refuge à Lyon, cette ville industrieuse qui s était signalée, un an plus tôt, par la célèbre Révolte des canuts. Ils y trouvèrent appui auprès d un ami de Prosper Enfantin, Arlès-Dufour, un riche commissionnaire en soieries. Plus tard, rangés mais toujours actifs, les saint-simoniens furent à Lyon comme ailleurs, dans toute la France les initiateurs de réalisations fécondes, notamment dans les domaines de l enseignement professionnel, de la banque et des transports. Outre Enfantin, plusieurs X saint-simoniens sont mis en scène ; d autres sont cités ou évoqués. Revivent également des personnages ayant marqué l histoire de Lyon : le maire Prunelle, le député Fulchiron (X 1795), le préfet Gasparin, Ozanam, l ingénieur Dumont (X 1836) L intérêt de Michel Démarcq pour ce sujet remonte à la célébration à Lyon du bicentenaire de notre École. Il eut une contribution déterminante à la rédaction de l ouvrage anniversaire L École polytechnique et Lyon puis eut l idée d organiser en 1996 (bicentenaire de la naissance d Enfantin), à la Bibliothèque municipale de Lyon, une table ronde publique sur le thème «Les saint-simoniens à Lyon», rencontre qui connut un beau succès. De la même façon, le présent ouvrage plaira aux amateurs d Histoire ou de Philosophie, et à ceux curieux de Lyon ou de nos grands Anciens. Gilles OLIVON (68), président d honneur des polytechniciens lyonnais 1. B. P. 14, Brignais. Les universités françaises et la formation continue Jacques Denantes (49) Paris L Harmattan 2006 Un professeur de Paris X Nanterre estimait, en 2003, que le service de formation continue de l Université n était pas fréquentable car il ne faisait pas de recherche. Au même moment, certains universitaires affirmaient que la formation continue devait devenir partie intégrante de l Université, en étroite symbiose avec la formation initiale tandis que d autres critiquaient le fait que la formation continue soit guidée par une logique de changement et de professionnalisation. C est, à titre d exemples, quelques-unes de ces opinions que rapporte Jacques Denantes dans sa remarquable étude sur l histoire et l analyse de la formation continue dans les universités en France, étude qui a permis à cet ingénieur général honoraire des Ponts de devenir docteur en science de l éducation en JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

55 L histoire de la lente percolation de la formation continue dans les universités commence en Elle est racontée de façon précise jusqu en 2002, avec ses grandes étapes, loi de 1968, loi de 1984, loi de 1971, etc., jusqu à la loi de modernisation sociale de 2002 qui lui donne de nouvelles bases en généralisant la validation des acquis de l expérience, dite VAE. Sont aussi décrits avec précision les grands événements, prises de position, congrès, déclarations ministérielles et, last but not least, des réalisations du vaste projet qui ferait des universités des partenaires de la formation tout au long de la vie. Cette histoire est précédée par des analyses fines et argumentées du «monde de la formation continue» et par l exposé de positions officielles contrastées de quelquesuns de ses acteurs principaux. En troisième partie, Jacques Denantes tente de comprendre les comportements des partenaires en cause, notamment à partir d un modèle de «configuration universitaire» qu il applique aux deux universités dans lesquelles il a particulièrement enquêté : Paris X Nanterre et Lille I. L auteur n aborde pas les expériences ou les réussites s il en existe, ce n est pas certain que l on pourrait trouver à l étranger, mais quiconque voudrait faire une telle enquête devrait commencer par lire son traité pour s inspirer de ses méthodes et de sa rigueur. Ce qui rend l étude si intéressante, c est que l on partage avec l auteur, le sentiment que, certes, les universités participent pas si mal que cela à la formation continue, cet «échange contraire à leur nature, de savoir contre de l argent». Mais dans le vaste monde de la formation professionnelle continue, celui des adultes en mal de compétences, celui des professions gourmandes de ressources humaines, celui des ministres soucieux de marquer le paysage, celui des enseignants avec leurs codes et leurs rites, celui des syndicats souvent peu tentés par les aventures, dans ce vaste monde, des bricolages ont été réalisés, qui ont quelquefois réussi, mais personne n a encore osé ou voulu ouvrir vraiment la boîte de Pandore où se confrontent des notions aussi impérieuses que la formation tout au long de la vie, le savoir pour le savoir, la recherche souveraine, la détestation du mercantilisme et du provisoire, etc. Et, c est passionnant, on aimerait en discuter avec l auteur car cela donne à penser. On se prend à avoir envie de proposer une politique de formation continue pour la France qui serait un modèle pour l Europe, bien sûr. Blues en si bémol 2 François Mayer (45) François Mayer 2006 Dominique MOYEN (57) Tout roman est autobiographique. On connaît le mot de Flaubert : «Madame Bovary, c est moi.» François Mayer n échappe évidemment pas à la règle, et si son premier ouvrage La Digue de sable était ouvertement un récit, Alain Berthier, le personnage central et narrateur de son nouveau roman Blues en si bémol, quoi qu il s en défende, c est lui! Le roman se situe dans l immédiat après-guerre. Comme Mayer, Alain Berthier, issu d une famille bourgeoise, entre dans l industrie à sa sortie de l X et, parallèlement, joue du cornet dans des ensembles de jazz. Et il va découvrir en même temps les arcanes, les chausse-trappes et les joies de la vie en entreprise, et ceux, plus complexes encore, du commerce des femmes. Mais cette description lapidaire ne saurait rendre compte d un livre beaucoup plus ambitieux. Blues en si bémol est le récit d une initiation, d un passage de la vie simple et claire au monde réel, qui entremêle en un contrepoint exigeant et subtil les manipulations dont un jeune X est l objet dans un groupe industriel, l insertion d un musicien amateur parmi des musiciens professionnels et le cheminement amoureux d un garçon qui ne peut se résoudre à aliéner sa liberté. Écrit dans un style vif, concis et qui pétille d intelligence, Blues en si bémol, dont le sous-titre Paris-Lyon- Méditerranée résume par ailleurs le déroulement géographique du récit, se lit d une traite et avec un plaisir sans mélange. À recommander sans réserve à ceux qui attendent d un roman, au-delà du petit bonheur d une histoire bien écrite et bien conduite avec des personnages complexes, la découverte d un milieu, ici celui de l industrie de la fin des années 40, qui ne le cède en rien, par sa dureté et ses faux-semblants, à celui des polars américains de la même époque. Jean SALMONA (56) 2. S adresser à l auteur, 34, rue Charles Laffitte, Neuilly-sur-Seine. Livre en vente également à la Librairie Le Divan, 205, rue de la Convention, Paris. Sur le chemin de l âme Les constellations selon Bert Hellinger et leurs applications Michel Diviné (74) Éditions du phénomène Expliquer, démonter ce qu est le travail des constellations familiales et celui des constellations professionnelles n est pas aisé. En donner toute sa dimension spirituelle en s appuyant sur des théories, des techniques et des exemples n est pas aisé. C est un pari gagné : par sa propre appropriation, Michel nous aide à comprendre et il «vulgarise» ainsi ce qui est si difficile à expliquer. Et en même temps, il nous amène même vers des compréhensions différentes de la Bible, des contes, de la mythologie LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

56 Le style est coulant, facile à lire, vivant. On a plaisir à lire ce livre soit en suivant le cheminement que Michel a décidé pour nous, soit en le «picorant» de-ci de-là. Les données sont précises et denses. Il va à l essentiel et en même temps il nous laisse faire notre chemin à notre rythme en nous donnant envie d approfondir ce vaste travail par toutes les connaissances qu il met à notre disposition : plusieurs lectures peuvent s avérer nécessaires. La vision du rôle du thérapeute peut éclairer bon nombre d individus À lire absolument autant en tant que client qu en tant que thérapeute. Le lien fait avec les autres thérapies est très intéressant et inédit. Il permet de mieux cerner toutes les applications possibles et de pouvoir choisir en fonction de son besoin et de sa demande. Formée moi-même aux constellations familiales, je peux témoigner que Michel est dans la même dynamique que Bert Hellinger : il laisse la phénoménologie se présenter et agir sans intention. Son livre en est la preuve 3. 17, allée du parc de la Bièvre, L Haÿ-les-Roses. Dunkerque L aventure urbaine Philippe Nouveau (57) Éditions de l Aube Isabelle SEGUIN-ROBBES «Aujourd hui, nous pouvons nous réjouir que Dunkerque tienne sa place parmi les principaux sites industriels et énergétiques français et européens en encourageant, grâce à l impulsion collective, le développement d autres secteurs économiques, commerces, services aux personnes et aux entreprises, tourisme, ou encore productions agricoles et plus récemment de biocarburants. Nous tenons, également, tout en favorisant ce développement économique générateur d emplois, à maîtriser réellement les problèmes liés à l environnement dans une démarche de développement durable où, là aussi, responsables politiques et économiques font converger leurs actions vers un mieux-vivre. [ ] Dunkerque a une superbe carte à jouer en Europe et dans le monde. Nous osons l ouverture vers nos voisins belges, britanniques et plus généralement vers nos autres partenaires qui coopèrent déjà avec le port, l université, les entreprises ou les associations dunkerquoises.» 4. Le Moulin du Château, La Tour d Aigues. Michel DELEBARRE Contrôle de gestion et pilotage de l entreprise 3 e édition René Demeestère (63), Philippe Lorino (69) et Nicolas Mottis Paris Dunod 2006 Cet ouvrage a pour objectif d analyser les approches traditionnelles du contrôle de gestion (budget, centres de profit, choix d investissements), mais aussi les méthodes les plus novatrices du pilotage de l entreprise (ABC, ABM, contrôle stratégique, création de valeur, coût-cible). Cette nouvelle édition, entièrement mise à jour, présente pour chaque thème : les concepts et les références correspondant aux recherches les plus récentes ; les techniques applicables, en montrant leur apport et leur intégration dans une démarche de management ; des illustrations concrètes, issues des expériences professionnelles et activités de conseil des auteurs. J.R. Que cache l électron? Jean-Louis Bobin (54) Paris Éditions Le Pommier, coll. Les Petites Pommes du Savoir 2006 Que cache l électron? Qu est-ce donc que ce mystérieux objet, aussi minuscule qu incontournable, jusque dans notre propre corps? En quoi la découverte progressive de ses propriétés est-elle liée aux grands moments de la physique moderne? Cette étonnante particule nous réserve-t-elle encore des surprises? J.R. Autres livres reçus L art des Ponts Michel Serres Paris Éditions Le Pommier 2006 «Je n ai jamais rêvé que de ponts, écrit que d eux, pensé que sur ou sous eux ; je n ai jamais aimé qu eux. Ce livre sur les ponts finit comme le livre de tous mes livres.» MICHEL SERRES Ce livre est un hommage très personnel aux ponts de toutes natures, aussi bien matériels qu immatériels, qui relient les hommes les uns aux autres. J.R. 54 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

57 Récréations scientifiques Jean Moreau de Saint-Martin (56) 1) Soit ABC un triangle quelconque. Sur ses côtés et vers l extérieur on construit trois autres triangles : PBC d angles π/4 en B et π/6 en C; AQC d angles π/4 en A et π/6 en C; ABR d angles π/12 en A et en B. Montrez que le triangle PQR est isocèle rectangle en R. 2) Pour donner plus de poids aux régions françaises en Europe, on veut les faire plus grandes, mais pour préserver la cohésion nationale, on veut qu elles aient beaucoup de contacts entre elles. Comment découper le territoire français métropolitain (hors Corse et autres îles) de façon que chaque région ait une limite terrestre commune a) avec au moins cinq des autres? b) avec au moins six des autres? c) avec toutes les autres? Allons au théâtre Philippe Oblin (46) Solutions page 58 SI UNE PIÈCE MÉRITE le qualificatif de «charmante», c est bien Le Jardin de Brigitte Buc, que nous avons vue l autre jour aux Mathurins. Elle aurait d ailleurs pu s appeler «Le Square» si le titre n eût été déjà pris par une œuvre de jeunesse de Marguerite Duras : l action se déroule en effet dans un square parisien. Et, pour commencer, quoi de plus charmeur qu un jardin? À lui seul, le mot évoque la magie d un espace irréel et clos, protégé des vicissitudes, d un écrin réservé aux bonheurs de l enfance insouciante et heureuse. Mais parler d action à propos de ce Jardin est peut-être un trop grand mot pour évoquer de simples et attachantes conversations sur un banc, entre Suzanne, une dame plus bien jeune qu on dit se sentir mal dès qu elle passe le périf, et elle proteste que, dans le temps, elle aimait pourtant bien aller voir sa cousine à Courbevoie, Jeanne la mère célibataire toujours malcontente de soi, des autres et de la vie en général, Antoine l informaticien qui vient de laisser tomber son job bien rémunéré simplement parce qu il commençait à s ennuyer devant un écran d ordinateur, Philippe le jeune père de famille à épouse modèle et responsabilités de cadre supérieur, du genre golden boy ou s en donnant du moins l allure, la petite Violette enfin, étudiante un peu paumée de se sentir si loin de sa famille et de sa ville natale. Et voilà que tout ce petit monde se rencontre dans le square, au cours du temps qui passe noue et dénoue des amitiés, ou même un peu plus, à propos de tout et de rien, une pendaison de crémaillère, un coup de main pour ajuster un ourlet de jupe, un pique-nique que l on organise au seuil de l hiver afin de saluer le départ de la petite Violette qui, en définitive, rejoint sa famille et sa province, où elle va tenir une crêperie avec un ami. Un petit défaut peut-être dans la construction de la pièce : mise à part la scène finale, celle du pique-nique où ils se retrouvent tous, elle est faite de dialogues à deux. Violette et Suzanne et, après la sortie de scène de la première, survient aussitôt Jeanne, puis après la sortie de Suzanne apparaît fort opportunément Antoine, et ainsi de suite. À la longue, cela sent un peu trop le procédé. Par la magie du texte cependant, écrit dans la langue de tous les jours mais sans la moindre vulgarité, par la simplicité de la mise en scène de J. Bouchard, le dépouillement du décor un banc et une branche d arbre on se laisse attendrir à contempler la vie sans histoire, sans grandes histoires en tout cas, de ces cinq Parisiens, définitifs ou provisoires, dont trois ont la trentaine, l âge où l on connaît déjà la vie mais garde encore, au fond de soi, comme un reste d adolescence, un sentiment de disponibilité, l espoir que les jeux ne sont pas encore faits. Il est d ailleurs singulier de noter combien ce temps de «prématurité», serait-on tenté de dire, intéresse les dramaturges contemporains : songez, pour ne citer qu un exemple, à ce Petit Jeu sans conséquence de J. Dell et G. Sibleyras, qui nous enchanta voici trois ans, où un couple bien uni s amuse à annoncer qu il va se séparer et, de fil en aiguille, finit bel et bien par la dislocation, en une soirée. Or il est peut-être un peu effrayant que tous ces personnages gentils et attachants, même s ils sont parfois un peu râleurs, soient, à y bien réfléchir, de dangereux destructeurs de la vie en société, traînant après eux, sans s en apercevoir et, qui pis est, sans que le spectateur s en aperçoive, comme une aura de nihilisme. Parce qu enfin, peuton donner foi, et confier l avenir d une part, si minime soitelle, de la vie collective à un garçon comme Antoine qui, pour un caprice, arrête de faire ce qu il sait faire, et partage avec une étudiante une amusette dont il n ignore pas qu elle ne peut déboucher sur rien? Et que dire de Philippe le bien marié qui tripote la baby-sitter de ses enfants, couche à l impromptu avec Jeanne, tout bêtement parce qu ils avaient un peu trop bu un soir de pendaison de crémaillère, et pour finir, annonce à ses amis qu il va changer de boulot : «Oui, j en avais un peu marre, et eux aussi, alors ça tombait bien»? Il n empêche que, pour le moment, il n a encore rien trouvé, et ne semble pas s en être vraiment préoccupé. Et, de la part de la petite Violette, est-ce bien raisonnable d abandonner ses études pour aller faire cuire des crêpes, simplement parce qu elle s ennuyait à Paris? LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

58 S ils sont, les uns et les autres, désarmants d insouciante gentillesse, si vrais dans leur irresponsabilité rigolote, on ne peut malgré tout que s inquiéter en songeant au temps où de tels trentagénaires détiendront, peu ou prou, des leviers de commande, la cinquantaine venue. M me Buc en tout cas pose bien la question, sans avoir l air d y toucher. n Le Jardin, de B. Buc, avec Annik Alane, Isabelle Gélinas, Marc Fayet, Philippe de Tonquédec et Cécile Rebboah, au Théâtre des Mathurins, 36, rue des Mathurins, Paris. Tél. : Discographie Jean Salmona (56) Cultures QUE NOUS LE VOULIONS ou non, nous sommes totalement conditionnés, en musique comme dans tous les domaines, par l environnement culturel dans lequel nous avons baigné depuis l enfance. En Occident, notre oreille a été formée à la gamme tempérée à sept tons et douze demi-tons, et c est dans le seul univers musical qui en est issu que nous sommes vraiment à l aise, «chez nous» pourrait-on dire. C est dans cette gamme que nous fredonnons, et, si nous sommes musiciens, que nous jouons, sur des instruments conçus pour elle et dont presque tous, comme le piano, la guitare, la plupart des instruments à vent, ne peuvent jouer que dans cette structure, plus exactement dans cette grammaire. Mieux encore, nous avons été, dès l enfance, habitués à entendre de la musique, classique ou populaire, écrite dans le système très circonscrit et codifié de la musique tonale, système dans lequel se situe aujourd hui encore la quasi-totalité de la musique qui nous environne. Aussi cette musique est-elle la seule qui puisse générer une émotion chez l homme occidental. Bien sûr, notre oreille peut s ouvrir à d autres structures. Ainsi, la musique sérielle conserve la gamme tempérée mais s affranchit du carcan de la musique tonale, et, du coup, requiert un apprentissage pour que l on prenne intérêt à son écoute ; mais qui, même après une formation adéquate, peut prétendre avoir été ému aux larmes par une composition sérielle au même titre que par telle pièce de Brahms ou de Ravel? C est que, aussi longtemps que l auditeur n aura pas été immergé depuis l enfance dans une telle musique, y compris dans la sphère de la musique populaire à la radio, à la télévision et dans les supermarchés, et, surtout, dans les airs fredonnés par sa mère mais pourra-t-on jamais fredonner de la musique dodécaphonique? il lui manquera la référence du subconscient. Et même dans l univers restreint de la musique tonale, pouvons-nous affirmer recevoir un tango argentin comme un habitant de Buenos Aires, des czardas comme un Tzigane de Budapest? Et que dire alors de notre capacité à comprendre un gamelan de Bali, où nous ne trouvons en réalité que le plaisir de l exotisme? Allons, apôtres du multiculturalisme et du métissage, résignez-vous : nous sommes prisonniers de notre culture, et nous ne pouvons contempler les autres cultures qu avec la curiosité et la sympathie mêlées d envie de celui qui sait qu il restera, devant elles, un touriste. Quatuors Chostakovitch aura été le Beethoven du XX e siècle, plus encore, peut-être, par ses 15 quatuors que par ses symphonies. Ces quatuors, peu connus en France il y a vingt ans, nous sont aujourd hui aussi familiers que ceux de Beethoven et nous parlent même d une autre manière : ils ont, eux, pour référence, une époque de massacres et deux totalitarismes dont Chostakovitch aura été le témoin. Quinze petits joyaux dont la composition s étale sur quarante années ; du n 1, assez allègre, le seul qui ait été écrit avant la Deuxième Guerre mondiale, dans un style qui évoque parfois Ravel, au lumineux n 15 avec ses six adagios composé quelques mois avant la mort de Chostakovitch, en passant par le n 8, à l intensité dramatique presque insoutenable et dont nous avons maintes fois pu observer, au concert, l effet sur un auditoire ému aux larmes en fin de parcours, ce sont là les confessions intimes d un homme de notre temps, prisonnier d un système dont il se trouve, de facto, à la fois la victime et le complice, et qui, au-delà d une situation en principe intenable mais pourtant acceptée, historiquement datée, devient notre porte-parole à tous, avec nos petites compromissions et nos grands espoirs. Le Quatuor Borodine, l un des trois ou quatre très grands de notre époque, et dont Chostakovitch fut un familier et le mentor, a enregistré l intégrale des Quatuors entre 1978 et , à l époque de l Union soviétique. C est évidemment la version de référence, exceptionnelle, au-delà de toute critique. Des Russes qui interprètent les œuvres d un compositeur russe, une symbiose dans une culture qui n est pas la nôtre; et pourtant nous sentons que rien ne nous échappe des intentions du compositeur, preuve inespérée de son universalité. Dans le même coffret, le Quintette avec piano, avec Sviatoslav Richter, œuvre majeure de plénitude et d optimisme, écrite peu avant la grande apocalypse de la Deuxième Guerre mondiale, et deux Pièces pour octuor à cordes, belles et complexes, jouées avec le Quatuor Prokofiev. Le Quatuor de Sibelius, écrit en 1889, œuvre de jeunesse, est cependant d une écriture complexe et subtile, une des pièces les plus belles du compositeur finnois. Il est interprété dans un enregistrement récent par le Quatuor Tempera, jeune quatuor féminin également finnois 2. Rien de spécifiquement nordique, tout d européen dans cette musique très élaborée, dans la filiation de Mendelssohn mais très personnelle. Le même disque réunit six autres pièces de Sibelius pour quatuor, toutes bien écrites, enlevées ou lyriques, le meilleur, pour nous, de ce compositeur relativement peu joué en France. 56 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

59 Duos et trios Vous ne connaissez vraisemblablement pas Lucien Durosoir ( ), compositeur français dont l œuvre n a été éditée qu après sa mort en 1950, et dont on publie aujourd hui la Sonate en la mineur et d autres pièces pour violon et piano, jouées par Geneviève Laurenceau, violon, et Lorène de Ratuld 3. Marqué par la boucherie de la Guerre de 1914 où il avait été mobilisé, Durosoir, à l origine violoniste, se retira du monde de la musique pour se consacrer à la composition : à l opposé de celle de Chostakovitch, qui reflète la souffrance et les angoisses de son temps, la musique de Durosoir est empreinte de sérénité et de mélancolie et se situe, par son style, dans la lignée de Fauré, s il faut lui trouver une filiation. Ce sont deux contemporains de Durosoir, les compositeurs belges Guillaume Lekeu ( ) et Arthur de Greef ( ), dont le Trio Narcisse et Goldmund a enregistré les Trios respectivement en ut mineur et en fa mineur 4. On connaît assez bien la courte œuvre de Lekeu, très inspirée par celle de Franck et en même temps très personnelle, lyrique et aux harmonies raffinées. On connaît moins celle de De Greef, élève de Liszt et ami de Grieg. On découvrira ainsi une musique très mélodique, dans la tradition romantique et assez fauréenne, un peu étrange pour une œuvre écrite en 1935 ; mais Brahms lui-même n écrivait-il pas, à la fin du XIX e siècle, comme Beethoven? n 1. 6 CD MELODYA CD BIS CD CD ALPHA CD PHAEDRA DDD Musique en image Marc Darmon (83) Ludwig van Beethoven Les cinq concertos pour piano 1 François-René Duchâble, Ensemble Orchestral de Paris, John Nelson Le pianiste François-René Duchâble ne se produit plus en concert. Cet ensemble de DVD où on le voit interpréter les Cinq concertos pour piano de Beethoven est largement de nature à nous le faire regretter. En effet cette production est parfaitement emblématique des possibilités offertes par ce nouveau médium de diffusion de la musique classique qu est le DVD musical. On a rarement vu une parution discographique autant réfléchie et construite, avec un tel impact et un tel niveau de réussite. Des œuvres elles-mêmes, on parlera peu ici. Les Cinq concertos de Beethoven sont le pont entre les chefs-d œuvre de Mozart et les grandes pièces du répertoire romantique, la transition entre le XVIII e et le XIX e siècle. Le quatrième et le cinquième, le célèbre Concerto de l Empereur, symbolisent tout ce que Beethoven a pu apporter comme rupture et nouveautés au style classique, pour amener la musique à un niveau d expression inouï jusque-là. Après cela, les transitions vers Berlioz, Brahms et même Wagner ne seront qu évolutions en douceur. L interprétation mérite tous les éloges, qu elles ont d ailleurs reçus lors de leur parution en disque en John Nelson dirige sans baguette un Ensemble Orchestral de Paris, dynamique, précis, léger et efficace. François- René Duchâble, l initiateur de cette parution, livre une interprétation pianistique parfaite, toujours lisible et claire. Les atmosphères distinctes de ces concertos sont parfaitement rendues. Mais comme nous le disions en introduction, c est l ensemble qui fait le prix de cette production : les œuvres, l interprétation, mais aussi la réalisation. Et sur ce dernier point, ce que l on voit est exceptionnel. En effet, ces enregistrements ont été pensés et réalisés spécialement pour le DVD. Tout est fait pour permettre une parfaite «compréhension» de ce que l on voit et entend : les prises de vue, les décors, les commentaires (facultatifs naturellement), la prise de son, la qualité des images et les compléments de programme. La réalisation vidéo est remarquable, mettant l accent chaque fois sur ce que l on aurait souhaité regarder durant le concert. La part belle est faite au pianiste, mais l on voit parfaitement le chef, les solistes et les groupes instrumentaux lorsque c est pertinent. De plus, tout ceci est filmé dans le magnifique et extrêmement télégénique site de l opéra royal du Château de Versailles. Cela donne, également grâce aux tenues sobres et adaptées des instrumentistes, des images d une très grande beauté, avec une superbe définition, même sur un très grand écran. La qualité du son est elle aussi à mentionner. En particulier, le son multicanal en codage DTS est d une remarquable finesse pour un DVD de musique classique. Tous ces éléments font que, sur un écran suffisamment large, on a rarement été aussi près chez soi de l impression et de la sensation d un concert réel, à une très bonne place. Bien entendu, c est le plus beau compliment que l on pouvait faire à ces disques. Mais, au-delà du réel plaisir du concert que procurent ces DVD, F.-R. Duchâble nous offre un grand moment de pédagogie. Pendant les concertos, le spectateur peut lire en sous-titre l architecture du mouvement qu il regarde, ou bien écouter en superposition les commentaires de Duchâble lui-même sur les passages en question. De plus, les suppléments de programme offrent des entretiens passionnants avec le chef et le pianiste, concernant les œuvres, leur interprétation et la production. Vous l avez compris, ces DVD sont une étape indispensable pour pénétrer l univers des concertos de Beethoven et celui de la musique filmée. LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

60 Hector Berlioz Les Troyens, opéra en cinq actes 2 A. C. Antonacci, S. Graham, L. Naouri, Orchestre Révolutionnaire et Romantique, Sir John Eliott Gardiner Les Troyens de Berlioz est un chef-d œuvre. Mais très difficile à monter, cet opéra fut très rarement produit, jamais intégralement du vivant du compositeur, jusqu à une époque récente. Révélé à nouveau au public par Sir Colin Davis, il fait désormais parfaitement partie du répertoire, comme le prouvent la reprise récente à l Opéra Bastille et la production fixée sur ces DVD en 2003 au Théâtre du Châtelet. L opéra de plus de quatre heures, adapté par Berlioz lui-même de L Énéide de Virgile en 1858, raconte la chute de Troie, la fuite d Énée et de ses proches jusqu à Carthage où règne Didon, puis le départ déchirant des Troyens de Carthage pour l Italie où doit se poursuivre leur destin, la fondation de Rome. On comprend bien que le nombre de personnages concernés, toute la cour de Troie, puis toute la cour de Carthage, nécessite une distribution digne des grandes productions hollywoodiennes. Réunir cette distribution a été parfaitement réussi lors de la production du Châtelet. Dominée par la Cassandre terrifiante d Anna Caterina Antonacci et la Didon écorchée vive de Susan Graham, elle intègre aussi les grandes réussites de Laurent Naouri en Narbal et Gregory Kunde en Énée. Bien entendu, rien ne peut remplacer de voir un tel opéra grandiose sur scène. Mais ce coffret DVD permet une rare expérience. En effet, les superbes décors troyens sont rendus en vidéo avec plus de détail qu au théâtre, les gros plans sur les artistes permettent de parfaitement percevoir leurs sentiments. Mais surtout, la vidéo permet de voyager dans la fosse d orchestre lors des nombreux interludes orchestraux et de profiter de la direction idéale de Sir John Eliott Gardiner à la tête de son Orchestre Révolutionnaire et Romantique, sur instruments d époque, ce que l on ne voit naturellement jamais au théâtre. La qualité du son, de l image, et la réalisation font de ce coffret un véritable événement. n 1. 3 coffrets DVD Ambroisie Interactive DVD OpusArte 0900D. Solutions des récréations scientifiques Comme QAR = CAB + π/4 + π/12, la formule d Al-Kashi QR 2 = AQ 2 + AR 2 2AQ. AR cos QAR conduit à (en notant S l aire du triangle ABC) QR 2 = (1 3/2)(a 2 + b 2 + c 2 +4S 3). La longueur PR s obtient de la même façon en échangeant les rôles de a et b, mais l expression étant en fait symétrique en a et b, on a PR = QR. La longueur PQ s obtient par un calcul analogue qui donne PR = QR = PQ/ 2, d où la conclusion. 2) Je dessine la carte des n régions sur de la baudruche, à laquelle je donne une forme de boule en contractant en un point la limite extérieure de notre hexagone national. Ainsi je ne tiendrai compte que des m limites entre régions. Si ces limites se rencontrent en s points, la relation de Descartes donne n + s m = 2, comme pour un polyèdre convexe. En de tels points, on trouve au moins 3 régions (sinon il ne s agirait pas de limites différentes), et donc au moins 3 limites. Si on totalise les nombres de limites touchant chacun de ces points, chaque limite est comptée deux fois et 2m 3s. Soit d i le nombre de régions voisines de la région i. En comptant les limites région par région, chacune est comptée deux fois et i d i = 2m. On a ensuite i (6 d i ) = 6n 2m =6 (n + s m) + 2 (2m 3s) 12. Ainsi la configuration b), qui implique d i 6 pour tout i, ne peut pas exister. La configuration a), avec d i 5, donne 6 d i 1 d où n 12. Une configuration à 12 régions satisfaisant l énoncé est indiquée ci-dessous. Elle est topologiquement équivalente à un dodécaèdre privé d un de ses sommets. Quant à la configuration c), qui implique d i = n 1, elle conduit à n(7 n) 12 ou (n 3) (n 4) 0. Le nombre maximum de régions est n = 4, selon la configuration ci-dessous, topologiquement équivalente à un tétraèdre privé d un de ses sommets. Remarque. La configuration b) ne pourrait être tracée que sur une planète dont la surface ait une «caractéristique» n + s m = χ 0. Effectivement, sur un tore (χ = 0) on peut dessiner une carte avec sept régions dont chacune touche les six autres. 1) Proposé par Claude Cardot (37) Je note, selon l usage, BC = a, CA = b, AB = c. Les triangles ajoutés ont pour angles 7π/12 en P et en Q, et 5π/6 en R. On obtient les longueurs des divers segments par la loi des sinus, par exemple dans le triangle AQC AQ = b sin (π/6)/sin (7π/12) = b ( 6 2)/2, et de même dans le triangle ARB AR = c sin (π/12)/sin (5π/6) = c ( 6 2)/2. Cas a Cas c 58 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

61 NOS PROCHAINS SÉMINAIRES DE FORMATION Sciences et Techniques Février mars avril 2007 Interactions fluide-structure 6, 7 et 8 février 2007 Dimensionnement des structures élastomères 13, 14 et 15 février 2007 Modélisation et mesure du bruit 6 et 7 mars 2007 Effets radiatifs : menaces et parades 27 et 28 mars 2007 Plan d expérience Initiation 3, 4 et 5 avril 2007 Matériaux fonctionnels nanostructurés : élaboration, propriétés et applications 24 et 25 avril 2007 Management de projet Innovation Systèmes complexes Les qualités humaines du chef de projet 22 et 23 mars 2007 Construction et conduite de projet 4, 5 et 6 avril 2007 Ingénierie des systèmes industriels complexes 27 et 28 mars 2007 La créativité au service de l innovation 27 et 28 mars 2007 Audit et nouveaux outils de veille 13 et 14 mars 2007 Management et efficacité personnelle Les fondamentaux du management 7, 8 et 9 février 2007 Pilotez le développement professionnel de votre équipe 29 et 30 mars + 24 mai 2007 Animer et conduire une équipe technique 5 et 6 avril + 22 mai 2007 Améliorez votre communication et votre image 12 et 13 mars + 2 et 3 avril 2007 Prendre la parole pour convaincre 21, 22 et 23 mars 2007 Du temps pour l important 3 avril + 10 mai + 7 juin + 5 juillet 2007 Expert et pédagogue : communiquez et partagez vos savoirs 15 et mars 2007 Profession consultant interne ou externe 3 et 4 avril + 10 mai + 12 juin 2007 Management de l activité Marketing opérationnel pour le non-marketeur 21 et 22 mars 2007 Fidéliser et dynamiser les grands comptes 4 et 5 avril + 24 mai 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

62 VIE DE L ASSOCIATION X-AVIATION GROUPES X Le mercredi 7 février 2007, Patrick CHARRIER, président de l AOPA France (Aircraft Owners & Pilots Association), animera le prochain dîner-débat du groupe X-Aviation, sur le thème de l Aviation générale à 19 h 30, à la Maison des Polytechniciens. Une participation aux frais de 45 par personne sera demandée pour confirmer l inscription. X-MER Pour en savoir plus : ou contactez CHOQUEL (68). ASSEMBLÉE GÉNÉRALE LE 25 JANVIER 2007 L Assemblée générale du groupe aura lieu le jeudi 25 janvier prochain à la Maison des X, 12, rue de Poitiers, Paris à 18 heures. COTISATION 2007 Pensez à la régler avant le 31 janvier. Chèques à l ordre de Amicale AX. Merci d inscrire votre promotion au dos du chèque. CCP 2139 F - Paris. Promos 1996 et antérieures 2 e membre d un couple d X Promos 1997 à e membre d un couple d X Promos 2001 à e membre d un couple d X Montant de la cotisation et de l abonnement 2007 Cotisation Abonnement Total Le prélèvement automatique, fait chaque année fin février, simplifie votre vie et celle de l AX. Merci de demander le formulaire correspondant à l AX avant le 31 janvier et qui pourra être utilisé pour la cotisation et l abonnement Elle sera suivie à 18h30 d une conférence sur les actualités opérationnelles de la Marine par le contre-amiral Olivier LAJOUS, commandant le Centre d enseignement supérieur de la Marine puis, à 20heures d un dîner (avec conjoints bienvenus). Les frais d inscription pour le dîner sont de 45 euros par personne. Les chèques sont à envoyer avant le 18 janvier au Secrétaire François MASSOT, 53, avenue de Ségur, Paris. X-EXPERTISE Le groupe X-Expertise se réunira le mercredi 24 janvier 2007 à la Maison des Polytechniciens, 12, rue de Poitiers, Paris. Le camarade Daniel TARDY (53), président du groupe des entreprises privées au Conseil économique et social, président de la Fédération des industries européennes de la construction, fera un exposé sur : Les attentes d un entrepreneur de travaux publics face à l expert judiciaire. Ensuite nous dînerons sur place. Pour tous renseignements, s adresser à : Jacques LUTFALLA (55), X-ENVIRONNEMENT Le groupe X-Environnement vous convie à la conférence-débat Quoi de neuf dans le rapport du GIEC? mercredi 7 février 2007, de 18 h à 20 h à la Maison des X, 12, rue de Poitiers, Paris. Métro Solférino, RER Musée d Orsay. Entrée libre. Fondé en 1988 sous l égide du Programme sur l environnement des Nations unies et de l Organisation météorologique mondiale, le Groupe intergouvernemental sur l évolution du climat ou GIEC en anglais International Panel on Climate Change, ou IPCC a pour fonction d évaluer l information scientifique, technique et socioéconomique concernant l influence de l homme sur le climat. Il publie tous les quatre à cinq ans un rapport en trois tomes qui a pour vocation de faire référence sur la question, pour préparer et structurer le débat public à suivre. Le tome 1 de ce rapport, élaboré à partir d une analyse exhaustive des travaux publiés dans les revues scientifiques des années et décennies précédentes, expose notamment les résultats scientifiques qui sont considérés comme acquis à la date de rédaction, et les débats qui sont toujours ouverts. L élaboration de chaque tome du rapport mobilise des centaines de scientifiques (pour le tome 1, physiciens de multiples disciplines, chimistes, géochimistes ) et des centaines de relecteurs, et la coordination de ce travail est assurée par un sous-ensemble du bureau du GIEC. Plus précisément, l élaboration de chaque tome est sous la supervision directe du bureau de l un des trois groupes de travail du GIEC, le rapport sur le fonctionnement du climat étant ainsi coordonné par le bureau du groupe 1. Trois rapports d évaluation ont été réalisés depuis la création du GIEC, en 1990, 1995 et Chacun de ces rapports est ensuite suivi de résumés plus ou moins longs, portant les noms de «résumé technique» (un résumé de quelques dizaines de pages par tome) et «résumé pour décideurs» (environ 20 pages résumant l ensemble du rapport). Ce sont en pratique les seuls documents qui sont largement consultés par les médias. Le tome 1 du quatrième rapport d évaluation sera rendu public dans les premiers jours de février 2007, et X-Environnement 60 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

63 aura le privilège d accueillir, quelques jours seulement après cette publication, deux orateurs qui ont occupé une place de choix parmi les participants français à l exercice : Jean JOUZEL, directeur de recherches au CEA, directeur de l Institut Pierre-Simon Laplace, médaille d Or du CNRS, et coprésident en exercice du groupe 1 du GIEC, nous exposera le fonctionnement de cet organisme, les acteurs impliqués dans l élaboration d un rapport d évaluation et de ses divers résumés, et les relations du GIEC avec les «parties prenantes» de la question climatique (gouvernements, ONG, médias, etc.), qu elles soient formalisées ou non ; Hervé LE TREUT, directeur de recherches au CNRS, directeur du Laboratoire de météorologie dynamique, professeur à l École polytechnique et membre de l Académie des sciences, nous exposera les principales conclusions du rapport tout juste publié, les avancées significatives par rapport aux éditions précédentes, et nous donnera son sentiment sur les novations ou confirmations qui sont susceptibles de significativement changer la nature du débat public à la suite de cette publication. Le débat sera ensuite animé par Jean-Marc JANCOVICI (81). En savoir plus sur les activités du groupe X-Environnement : X-DAUPHINÉ-SAVOIE Les adhérents du groupe se sont réunis en Assemblée générale le 24 novembre dernier. À cette occasion, une très intéressante visite, précédée d une conférence technique, a été organisée à la Compagnie de chauffage urbain de l agglomération de Grenoble. Le but était de prendre connaissance des atouts, économiques et éologiques, de l usage du bois-énergie comme combustible dans les grands établissements de chauffage, et non seulement dans les chauffages individuels installés en zone rurale. Sans valoriser l avantage écologique (CO 2 ), le coût du bois-énergie (utilisant du bois de mauvaise qualité) s élève à moins de 12 par MWh, au lieu de 15 pour le charbon et 26 pour le fuel... Pour adhérer, courriel à : [email protected] X-HÉRAULT-GARD Notre groupe n est pas resté inactif en cette année Pour clore 2005, nous avons fêté la Sainte- Barbe dans un agréable restaurant du vieux Montpellier, où nous avons suivi avec beaucoup d intérêt, malgré les défauts d une mise en son et images improvisée, un bel exposé du professeur VANUCCI, physicien et homme de plume, venu à Montpellier pour nous parler des neutrinos. À dire vrai, après notre visite ÉLECTION AU CONSEIL D ADMINISTRATION DE L AX Renouvellement par quart du Conseil L Assemblée générale annuelle de l AX se tiendra en juin Elle aura à élire 10 administrateurs, 9 mandats arrivant à terme et 1 administrateur ayant démissionné (M.-K. WOO, 90). 3 sortants non rééligibles sont à remplacer : É. CRESPEL (56), C. CASTAIGNET (57), A. MOATTI (78). 6 sortants sont rééligibles pour quatre ans : J.-M. LEVAUX (64), M. BERRY (63), J.-M. YOLIN (65), R. MIZRAHI (70), E. BONNEVIE (73), P. DEMIGNÉ (82). Le Conseil souhaite que des camarades de jeunes promotions s intéressent à la vie de l AX et fassent acte de candidature au Conseil. Il adresse la même requête à nos camarades femmes de toutes promotions : quatre seulement siègent au Conseil. Les candidatures doivent parvenir au Secrétariat de l AX, 5, rue Descartes, Paris, avant le 31 janvier de l automne 2005 à notre doyen centenaire François TEISSIER DU CROS (24), nous souhaitions tous en savoir un peu plus sur son sujet de prédilection, aux frontières de la recherche physique. Le 8 avril 2006, Yvon BASTIDE (53), Cévenol d adoption, nous a fait présenter les Cévennes au musée des Vallées cévenoles (Saint-Jean-du-Gard), par son fondateur Daniel Travier, grand connaisseur en géographie humaine, et au musée du Désert (Mialet), par ses excellentes animatrices, férues de l histoire des Camisards. Le 10 juin, Francis AMANS (62) nous a emmenés découvrir le spectaculaire chantier du TGV dans la traversée des Pyrénées. Ce chantier est mené par TP Ferro (filiale d Eiffage et du groupe espagnol ACS), concessionnaire sur 44 kilomètres à cheval sur la frontière, y compris le tunnel de 8 kilomètres sous le Perthus. La concession comprend la construction (cinq ans) et l exploitation (quarante-cinq ans). Le jeune président de TP Ferro, Marc LEGRAND (74), nous a expliqué les arcanes de ce projet complexe, qui fera de son entreprise, en toute responsabilité, un exploitant de ligne ferroviaire au même titre que Réseau Ferré de France et que son homologue espagnol. Les visites ont été suivies d un pantagruélique déjeuner catalan dans une auberge de montagne. Rendezvous a été pris pour l inauguration, en Le 14 octobre, Claude ALLET (74), président du directoire de la Compagnie nationale d aménagement de la région du Bas-Rhône et du Languedoc, (BRL), nous a emmenés visiter les principaux ouvrages du réseau de distribution de l eau du Rhône, qui approvisionne l agriculture, les stations balnéaires et les villes de la région Languedoc- Roussillon. Créés dans les années cinquante, ces ouvrages n ont pas pris une ride et prémunissent la région de tout risque de pénurie pour de nombreuses décennies. Ainsi, en période estivale, le modeste Lez, cours d eau emblématique de Montpellier, maintient-il un niveau d étiage convenable grâce à un transfert du flux rhodanien! Le cycle a été bouclé avec la Sainte-Barbe 2006, à l occasion de laquelle, sur une idée de Jacques CHARPENTIER (46), nous nous sommes retrouvés à la Maison des Compagnons du Devoir de Nîmes, reçus par le jeune prévôt, Maxime Fages Bonnery, petit-fils de polytechnicien et Compagnon charpentier de son état. Véritable parcours initiatique, cette soirée nous a permis de découvrir le cadre matériel, intellectuel et moral de la formation des apprentis, avant qu ils n entament leur Tour de France et ne deviennent, après bien des années, Compagnons à leur tour. En prenant notre repas au réfectoire des apprentis, nous nous sommes souvenus «qu il fallait manger pour vivre, et non pas» Nous avons ainsi terminé l année en expiant les excès pantagruéliques du déjeuner catalan de juin. X-PROVENCE VISITE DE SOUVENIRS À ALGER En association avec les anciens de la Taupe d Alger, le groupe X-Provence organise autour du 20 mai 2007 un voyage de cinq jours à Alger, comportant la visite de la ville, de la casbah, des environs, et deux journées d excursions, l une vers l ouest (la Mitidja, les ruines romaines de Tipaza, la presqu île de Sidi Ferruch), l autre vers l est : Fort de l Eau, Rocher-Noir, Dellys et Tizi Ouzou, capitale de la Kabylie. Une journée sera laissée libre afin de permettre à chacun de s intéresser à des souvenirs personnels ou à la visite des musées. Prix total, visa inclus, de euros par personne en chambre double ; supplément de 160 euros pour chambre individuelle. Les camarades intéressés voudront bien s inscrire auprès de Bernard DUCONGÉ, 775 chemin de la Blaque, LUYNES (tél. : ) avec un chèque de réservation de 200 euros à son ordre. LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

64 X-GOLF Notre groupe a contribué cette année à promouvoir une image flatteuse du sport polytechnicien grâce à l un de ses membres auteur d un véritable exploit loin de nos bases. VOYAGE À CHYPRE L événement s est en effet produit le 21 octobre au beau milieu de notre séjour, sur le trou n 13 du parcours de Secret Valley, un par 3 en descente plutôt court, dont le green est bien protégé par 3 amples bunkers. C est Claude TEMPÉ, joueur ô combien chaleureux et sympathique, qui y réalisa l exploit du trou en 1. Rappelons que cette performance, que nombre de champions renommés n ont jamais réalisée dans leur vie, s inscrit pour la deuxième fois dans nos annales, deux ans seulement après que Francis MAUREL a inauguré la rubrique à El-Jadida. SÉJOUR À CORRENÇON Ce séjour qui associe golf et bridge connaît un succès grandissant. Cette année 20 participants y ont vécu début septembre une semaine exceptionnellement ensoleillée qui obligea les golfeurs à faire l impasse sur l habituelle journée de repos due à la pluie. Claude MOREL pour sa part mit toute l assemblée de notre restaurant en hilarité avec ses problèmes de défaut d attention dus à l âge. VOYAGE DE PRINTEMPS À MAJORQUE Découverte par la plupart des 23 participants à ce voyage, l île de Majorque, plus particulièrement le secteur nord-est où nous séjournions, en cette ultime semaine d avril, révéla tous ses charmes : températures estivales, paysages superbes et 4 parcours somptueux. Sur le plan sportif, les résultats 2006 concrétisent un net redressement, mais qui demande confirmation sur la saison à venir. RENCONTRE AVEC LES ÉLÈVES : COUP DE FROID POUR LES ANCIENS! Le 18 mars, par un froid à ne pas mettre un golfeur dehors, 16 anciens et autant d élèves se sont retrouvés, pour la septième édition de leur rencontre dont les match-plays sont répartis entre les parcours de l albatros et de l aigle au golf national. Il n y eut pas de suspense cette année. La promo 2003, emmenée par Bastien MARTINI, remporte sept des huit premiers match-plays sur l albatros. Et sur l aigle la 2004 de Baudouin LESCUYER, bien qu un peu plus inexpérimentée, résiste fort bien aux assauts des anciens. Au final, les élèves l emportent sur le score sans appel de 10,5 à 5,5. Les anciens remportent néanmoins deux lots de consolation avec un drive monumental de Lionel CARON, consacré comme le plus long et la victoire la plus nette œuvre de Francis MAUREL. En fin de journée, c est à Palaiseau dans le salon d honneur de l École que se retrouvent tous les participants autour d un buffet organisé par les élèves et une remise des prix, intronisant la Société Générale, nouveau sponsor de cette manifestation. COUPE DE PRINTEMPS, À OZOIR Cette rencontre annoncée par une campagne de communication sans précédent s est déroulée le 26 mars et nous a permis de faire la connaissance de 5 nouveaux membres répartis dans les 10 équipes qui se sont affrontées en scramble à 3 selon la formule traditionnelle. Cinq dames dont une ancienne élève ont participé à cet affrontement remporté par Xavier CHASTEL, Francis MAUREL et Philippe CHASLES, devant Lionel CARON, Gérard GASTAUT et Marie-Louise TRONC et Étienne FALISE, Philippe SAMAMA et Thomas de BELLAIGUE. Trois nouveaux joueurs se sont classés aux places d honneur, ce qui laisse bien augurer du renouveau escompté pour le groupe cette année. X-HEC 2006 : L X REPREND LE TROPHÉE! 17 joueurs et 5 joueuses étaient à Limère les 3 et 4 juin pour affronter 21 HEC, dont 3 dames et 4 conjointes. Notre tâche s annonçait rude car la formation HEC s est révélée ces dernières années comme l une des plus compétitives qu il nous soit donné d affronter. Nous avions pour notre part bâti une équipe conquérante, préparée à une joute sévère. CHERS CAMARADES, Nous sommes à la recherche d une photographie du lieutenant de vaisseau Jean Léopold PICARD (1861), en vue d une étude sur la mission au Japon en 1874 de Jules JANSSEN, fondateur de l Observatoire de Meudon. Adresser tout élément en votre possession à la revue qui transmettra. La Rédaction L affrontement tint ses promesses : pratiquement tous les match-plays furent disputés au couteau, donnant lieu à des renversements de situation incessants. Mais au final la victoire choisit notre camp sur le score flatteur de 7 à 4, pour les messieurs et 4 à 0 pour les dames! Il y avait quatre ans que nous n avions pas gagné le trophée. TRIANGULAIRE 2006 : ÉNORME SURPRISE À REBETZ! En ce 16 juin, la première surprise vint d une participation réduite, chaque équipe se présentant avec un nombre de joueurs à peine suffisant pour aligner les 10 cartes de scores nécessaires pour l établissement du classement. Les Internes présentent en particulier une équipe réduite au strict minimum nécessaire pour garder le trophée pour la huitième année consécutive. Et l inimaginable se produit : avec un total de 287 points, ils échouent à la dernière place. Leur inamovible et remuant capitaine repart donc avec la collection des trophées attribués à son rang : la pioche et la légendaire «pelle du 18 juin». Le Verse Archestra, formation musicale constituée d anciens toubibs, donnera en revanche une éclatante démonstration de son savoirfaire en accompagnant la fin de soirée d un superbe concert New Orléans. La victoire, elle, se joue à 3 points, et c est Centrale qui l emporte devant l X, 318 contre 315. La rencontre de septembre promet d être acharnée! D.R. D.R. X-Golf à Chypre entourant son champion. Le trou n 18 sur le golf de Canyamel. 62 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

65 X-CENTRALE À DIEPPE : LE TROU NORMAND Ambiance chaleureuse à Dieppe, en ce week-end des 23 et 24 septembre, agréablement ensoleillé, pour la 53 e confrontation entre les deux Écoles. Les équipes présentent à peu près le même nombre de joueurs : 18 messieurs et 9 dames. Les Centraliens alignent cependant 4 élèves contre seulement 2 pour notre équipe. La rencontre tint ses promesses et resta indécise, dans chaque catégorie jusqu à la dernière partie. Malgré les recommandations de Lionel CARON, nos joueurs négocient mal le fameux trou n 5, et voient leur balle disparaître dans le gouffre sans fond qui barre l entrée du green. Et au final nous devons nous incliner : 5 à 6, chez les messieurs et 2 à 3 chez les dames. Les jeunes centraliens prennent une part prépondérante dans ce résultat en remportant les 4 points de leurs match-plays! TOURNOI DES GRANDES ÉCOLES : LA BONNE TRAJECTOIRE Nous disputons ce challenge pour la première fois cette année en deuxième division, opposés à l ETP, Sciences-po, aux Arts et Métiers et Ponts et Chaussées. Classés laborieusement 3 e à Nantilly, puis 4 e après L Isle-Adam, les nôtres grimpent à la 2 e place après La Chouette, puis s emparent de la première place à Étiolles et conservent une avance de 10 points sur les Arts et Métiers lors de la dernière journée. Après un an de purgatoire nous retrouverons la division 1, l année prochaine. CHALLENGE ANNUEL Conclu à Ormesson lors d une compétition remportée par Marc ARNAUD, devant Claude SKENDEROOFF et Jacques NAPOLY pour les messieurs, Françoise MATHOUILLET devant Marie-Louise TRONC en dames, ce challenge donne lieu à un affrontement sévère entre les 3 postulants à la victoire finale. C est Étienne FALISE qui remporte finalement le trophée, devant Jean-François JACQUIN et Xavier CHASTEL. Chez les dames Monique MARCHAND l emporte sans suspense devant Marie-Louise TRONC. ASSEMBLÉE GÉNÉRALE Comme l an passé, nous nous réunirons en Assemblée générale pour tirer les enseignements de l année écoulée à travers nos bilans sportifs et financiers, et dégager les lignes directrices de notre action future. Cette Assemblée se tiendra le jeudi 25 janvier prochain à Paris, au restaurant «Au Bistrot de la Montagne», 38, rue de la Montagne Sainte- Geneviève à 19 heures et sera suivie d un dîner. Chaque membre du groupe recevra une convocation individuelle mais tous ceux que le golf intéresse sont également invités à participer au dîner. Il leur suffit pour cela de se manifester auprès de Guy MARCHAND, 48, rue des Beaumonts, FONTENAY-SOUS-BOIS. Tél. : , courriel : [email protected] Colloque organisé conjointement par les Associations «Darah-Afghanistan» et «Renouveau-Afghanistan» lundi 5 février 2007 Palais du Luxembourg, 15, rue de Vaugirard,75006 Paris Avenir de l Afghanistan Le colloque se propose de montrer qu en dépit d une situation troublée et affectée d une fragilité préoccupante, l'avenir de l'afghanistan revêt une dimension potentiellement prometteuse tant pour le pays lui-même que pour la stabilité de la région. Quatre tables rondes traiteront de : n La place de l'afghanistan dans la communauté internationale n Les relations euro-afghanes et franco-afghanes n La reconstruction et la montée en puissance de l'économie afghane n Les enjeux de la stabilisation intérieure et la dimension stratégique de l Afghanistan Avec la participation de hautes personnalités afghanes, françaises et européennes. Renseignements : «Renouveau-Afghanistan» Président : Daniel COULMY (48) Courriel : [email protected] Inscription obligatoire auprès du Secrétariat du Colloque Société ASEPT Tél. : Fax : CARNET PROFESSIONNEL En partenariat avec Daniel TARDY (53) est nommé président de la Fédération de l industrie européenne de la construction (FIEC). Jean-François SAGLIO (55) est nommé président d Airparif. Patrick PEUGEOT (57) est réélu président de l Association internationale des sociétés d assurance mutuelles (AISAM). Francis MER (59) est nommé président du conseil de surveillance de Safran. Jean-Paul HERTEMAN (70) est nommé président-directeur général de Sagem Défense Sécurité. Jean-François MINSTER (70) est nommé membre du Comité directeur de Total. Bruno RAMBAUD (70) est nommé président du Groupement des industries concernées par les matériels de défense terrestre (GICAT). Marc CARLOS (78) est nommé directeur des banques de détail à l international du Crédit Agricole SA (CASA). Jean-Marc CHAROUD (79) est nommé directeur des projets de développement de Réseau ferré de France (RFF). Thierry PUERTO (82) est nommé directeur général délégué et coresponsable du pôle Direct Investments de CooperNeff Alternative Managers. Marc DARMON (83) est nommé directeur général de Thales Communications. Bertrand GUIGON (84) est nommé Associé de Dirigeants & Investisseurs (D&I). Philippe KNOCHE (89) est nommé directeur général du projet Olkiluoto 3 au sein d Areva. Vincent DANJOUX (90) est nommé associé-gérant de Rothschild et Cie Banque. Pauline GIVORD (93) est nommée chef de la division Marchés et Stratégies d entreprise au département des études économiques d ensemble de l INSEE. AIRAMA Le 22 mai 2006 l AIRAMA (Alliance internationale pour la reconnaissance des apports de Maurice ALLAIS en physique et en économie) a tenu à l amphithéâtre Poincaré du ministère de la Recherche un colloque de physique. Le professeur ALLAIS (31), qui présentait deux documents («Mémorandum» et «Libres débats sur la théorie de la relativité»), a pu répondre aux questions écrites que lui ont posées les participants. Puis Michel GENDROT a fait une conférence sur l historique des mesures interférométriques sur la vitesse de la lumière depuis Michelson. Enfin Philippe BOURCIER DE CARBON (61) a conclu par une intervention consacrée aux «Principes épistémologiques de la démarche scientifique et conditions du progrès dans les sciences». Les actes de ce colloque enregistré vont être prochainement publiés. LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

66 " GROUPE PARISIEN DES X 12, rue de Poitiers, Paris. Téléphone : Télécopie : Courriel : [email protected] Site Internet : gpx.polytechnique.org Pour plus de détails sur toutes les activités du GPX, consultez notre site. Au programme des activités du GPX CONFÉRENCES-DÎNERS Lundi 22 janvier à 18h30 : «L aventure de la vie, ou trois milliards et demi d années d Évolution» par Jean FOURTAUX (59). Lundi 12 février à 18 h 30 : «Existe-t-il une loi électorale sans défaut?» par le recteur Jean-Louis BOURSIN, agrégé de mathématiques, docteur ès sciences, professeur à l Institut d études politiques. VISITES CULTURELLES Afghanistan, les trésors retrouvés au musée Guimet. L Opéra Garnier. La Conciergerie. Trésors engloutis d Égypte au Grand Palais. VISITE TECHNIQUE Visite du Port de Rouen et du futur plus grand pont levant d Europe, le mercredi 25 avril. BULLETIN D ADHÉSION AU GPX Saison Nom :... Prénom :... Promotion :... Adresse : Courriel :... Tél. :... Désire adhérer comme : o membre sociétaire (avec droit de priorité) 64 euros* o membre associé 30 euros et adresse ci-joint un chèque de... euros au GPX, 12, rue de Poitiers, Paris. * 32 euros pour les promos 93 et postérieures et pour les veuves. THÉÂTRE L Avare au Théâtre de la Porte Saint-Martin. L idée fixe au Théâtre Édouard VII. Confidences trop intimes au Théâtre de l Atelier. BRIDGE Tournois officiels, homologués par la FFB, tous les lundis à 14h30 à la Maison des X sous l égide du GBX. Parties libres (ou tournois officieux) tous les mercredis à 14 h 30 à la Maison des X. VOYAGES LA CATALOGNE du 24 au 30 mars Au pays de Gaudi et de Dali : Barcelone la 2 e ville d Espagne, Vich, Gérone, Cadaques et Port Lligat. Vue sur la Costa Brava : Llafranc et le cap Roig. L OUZBÉKISTAN du 22 septembre au 2 octobre Sur la route de la soie, la plus fascinante république d Asie centrale, où se trouvent quelques-unes des plus anciennes villes du monde, resplendissantes de céramiques turquoises. Tachkent, Samarcande, Boukhara. Leurs inoubliables mosquées et medersas. ŒNOLOGIE La session comporte un module de perfectionnement. Les cours ont lieu à la Maison des X (12, rue de Poitiers, Paris 7 e ) de 20 heures à 22 heures. Les cours sont donnés par une œnologue professionnelle. Ce programme de 10 séances (le jeudi soir) vise à approfondir quelques aspects techniques, la dégustation, et aborde quelques vins étrangers. Lors de chaque séance, dégustation commentée de deux ou trois vins. INFORMATIQUE Nous envisageons d organiser deux stages d informatique au premier trimestre 2007 : un stage de perfectionnement (Windows et Sécurité) pour les utilisateurs souhaitant approfondir leurs connaissances. Séance d une demi-journée un mercredi de 14 heures à 17 heures. un stage d initiation au traitement d images numériques, pour les amateurs de photo numérique. Trois séances d une demi-journée, les mercredis après-midi. PROMENADE À PIED Dimanche 21 janvier avec Jean-Paul BOUQUIN (61), tél. : De Chantilly à Chantilly par Saint-Firmin, le bois du Lieutenant et le bois de la Basse Pommeraie. 20 km. Parcours essentiellement forestier, sans difficulté. Aller : TER à 9 h 07 Gare du Nord, arrivant à 9 h 35 à Chantilly. Retour : TER à 17 h51 à Chantilly, arrivant à 18 h17 à la Gare du Nord (ou 16h41 à Chantilly, 17h08 à la Gare du Nord, si l on marche vite). Dimanche 11 février avec Philippe GRANDJEAN (70), tél. : Des rives de la Seine au Vexin français par la vallée de l Aubette. Parcours vallonné de 20 km. Départ de Paris Saint-Lazare à 9 h 12 (banlieue), arrivée à Triel-sur- Seine à 9 h 57. Retour d Us à 16 h 28, arrivée à Paris Saint-Lazare à 17 h 25. RALLYE TOURISTIQUE Le traditionnel Rallye touristique automobile à base de découverte d énigmes, faisant appel à l imagination et à la perspicacité des participants, aura lieu le mardi 8 mai. 64 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

67 CAROLINE CUELLO Notre invité Edgar Morin Complexus : ce qui est tissé ensemble. L'unité de la recherche d'edgar Morin est dans le souci d'une connaissance ni mutilée ni cloisonnée, qui puisse respecter l'individuel et le singulier tout en l'insérant dans son contexte et son ensemble. Dans ce sens : il a effectué des recherches en sociologie contemporaine (L'Esprit du Temps, La Métamorphose de Plozevet, La Rumeur d'orléans); il s'est efforcé de concevoir la complexité anthropo-sociale en y incluant la dimension biologique et la dimension imaginaire (L'Homme et la mort, Le Cinéma ou l'homme imaginaire, Le Paradigme perdu); il énonce un diagnostic et une éthique pour les problèmes fondamentaux de notre temps (Pour sortir du XX e siècle, Penser l'europe, Terre Patrie); enfin il se consacre depuis vingt ans à la recherche d'une Méthode apte à relever le défi de la complexité ce qui s'impose désormais, non seulement à la connaissance scientifique, mais aussi à nos problèmes humains, sociaux, politiques; (La Méthode, 1. La Nature de la nature, 2. La Vie de la vie, 3. La Connaissance de la connaissance, 4. Les Idées). Cette recherche débouche sur la proposition d'une réforme de pensée. Rencontres avec des hommes remarquables présente La vie comme un tout Complexités et Légèretés Entretien avec Edgar MORIN Cet événement est conçu et organisé par l Association «Rencontres avec des hommes remarquables». Les bénéfices de cette conférence servent à financer des projets humanitaires ou de recherche, à caractère non lucratif. En partenariat avec : jeudi 18 janvier 2007 à 19 heures Salle ASIEM, 6, rue Albert de Lapparent, Paris Relier les différents savoirs pour affronter la complexité : «Il est devenu impossible et artificiel, d'isoler au niveau national un problème important. Cette réforme de pensée n'est en marche nulle part alors qu'elle est partout nécessaire.» Edgar Morin a consacré sa vie à comprendre et décrypter la complexité des systèmes : celui de la vie, des êtres, des sociétés. La synthèse de son travail l amène à identifier des «invariants». En observateur de la réalité sociale, il nous rappellera les lois qui participent à l explication des nécessaires liens entre des phénomènes, des processus, des disciplines, le local et le global, la partie et le tout Il nous fera partager des conclusions paradoxales dans lesquelles nous découvrirons qu un système très complexe donne beaucoup de liberté à ses constituants. Mais sans force de cohésion, voire de coercition, le système risque la désintégration. Quels sont les mystères des lois de l équilibre? En quoi éclairent-elles nos perspectives actuelles? Conférence «Edgar Morin» 18 janvier 2007 à 19 heures Coupon-réponse à retourner au plus tard le 18 janvier 2007, accompagné d un règlement de 20 à l Association RADHR, 27, bd du Château, Neuilly-sur-Seine NOM :... PRÉNOM :... PROMOTION :... TÉL. :... COURRIEL :... Assistera à la conférence d Edgar Morin, accompagné de... personnes. Ci-joint un chèque de participation de 20 euros x... =... euros. LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

68 Carnet polytechnicien n 1921 Décès de Madame Michel Bouveret, née Simone Duménil, le , belle-sœur de Jean Bouveret (29, décédé), belle-mère de François Deniau (58), grand-mère de Bruno Dejoux (83), cousine de Franck Morisseau (70, décédé), de Stéphane Jaffard (81) et de Jean-Christophe Paris (86). n 1931 Décès de Jean Deroo le Décès de Pierre Dupont le n 1934 Jean Sevestre fait part du décès de son épouse Jacqueline, mère de Bernard Sevestre (70), le n 1935 Décès de Jean Freschard le n 1936 Décès d Henri Marmoz le n 1937 Décès de Jean-Baptiste Gauthier le n 1942 Décès d André Cauvin le Paulette et François Parfait font part de la naissance de leur arrière-petit-fils, Basile Marquer, petit-fils de Jean-Claude Marquer (65, décédé) et de Christine Parfait, fils de Yann et Adélaïde Marquer. n 1943 Décès de Raoul Martin le Michel Poupard fait part du décès, le , de son épouse née Madeleine Jacquin, fille de Paul Jacquin (20, décédé). n 1945 Henri de Montety fait part de la naissance de son vingt-deuxième petit-enfant, Gaspard, chez Djamel et Godeleine Ben Smaïl. n 1949 Décès de Gérald Nelken le n 1951 Bernard Pillan fait part du mariage, le , de sa fille Claire avec Pierre Berson. n 1953 Charles Michel Marle fait part de la naissance de son arrière-petite-fille, Morgane Patou, petite-fille de Christine Marle-Mariaud et d Éric Mariaud, fille d Agathe Mariaud et de François Patou, le n 1954 Décès de Didier Brüe le Emmanuel Bouis fait part de la naissance de son troisième petit-enfant : Ylann, le , chez Laurent et Maria. n 1955 Décès de Jean-Pierre Lepreux le Jean-Michel Guittard fait part de la naissance de sa petite-fille, Pauline, le , chez Marine et Grégory Gruslin. Philippe Champel fait part de la naissance de ses septième et huitième petits-enfants, Léonor, le , chez Anne et Patrick Lacroix, et Gautier, le , chez Bertrand et Christine. n 1958 Pierre Maurin fait part du mariage de son fils Thomas Maurin (90), le avec Hélène Ballard, sœur de Patrick Ballard (84). Jacques Guellec fait part du mariage de sa fille Lénaïg avec Étienne Chaponnière, le n 1960 Gérard Croset fait part de la naissance, le , de son troisième petit-enfant, Lovisa, fille d Ingrid et de Guillaume. n 1963 François Branche fait part de la naissance le de son troisième petit-enfant, Joachim, chez Raphaëlle Branche et Michel Letté. Henri Marescaux fait part de la naissance le de son quinzième petit-enfant, Aymeric, chez sa fille Cécile. n 1966 Bernard Zeller fait part de la naissance de sa fille Marie, le Xavier de Thieulloy fait part de la naissance de son seizième petit-enfant : Maélys, chez Patrick et Marie-Liesse Molin, le n 1967 Décès de Patrick Maugein le n 1970 Décès de Jean-Marie Thomas le Bernard Sevestre fait part du décès de sa mère, épouse de Jean Sevestre (34), le n 1987 Bruno-Mikaël Nicolas fait part de la naissance de Juliette, le et d Adrien le n 1988 Claire et Bertrand Labilloy-Lemaitre font part de la naissance de leur troisième enfant, Baptiste, le n 1989 Hervé-Matthieu Ricour et Axelle font part de la naissance de leur fille, Jeanne, le n 1990 Thomas Maurin, fils de Pierre Maurin (58), fait part de son mariage, le , avec Hélène Ballard, sœur de Patrick Ballard (84). Catherine et Cyrille Breux font part de la naissance de leur fille Louise, le n 1992 Astrid et Guillaume Berne font part de la naissance de leurs enfants, Julien en 2003 et Aurélien en n 1995 Annick et Patrick Fondeviole font part de la naissance de leur fils Adrien, le n 1999 Grégoire Ferré fait part de son mariage avec Aude Flourens, le e colloque des anciens élèves de l Institut national agronomique Paris-Grignon, de l ENA et de l École polytechnique jeudi 25 janvier 2007 Eurosites, 28, avenue Georges V, Paris L agriculture a-t-elle encore un avenir? Renseignements et inscriptions : Secrétariat général du colloque REGARDS International, Olga JOHNSON 8, rue Fallempin, Paris Tél. : Fax : Courriel : [email protected] 66 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

69 AU PROGRAMME DE LA SOIRÉE DE GALA : Spectacle de ballet néoclassique Proust ou les intermittences du cœur, mis en scène par Roland Petit Ballet en deux actes et treize tableaux (1974) inspiré du roman de Marcel Proust À la recherche du temps perdu Musiques : Ludwig van Beethoven, Claude Debussy, Gabriel Fauré, César Franck, Reynaldo Hahn, Camille Saint-Saëns, Richard Wagner Chorégraphie et mise en scène : Roland Petit Décors : Bernard Michel 116 e Bal de l X à l Opéra Garnier spectacle dîner de gala grand bal vendredi 16 mars 2007 Costumes : Luisa Spinatelli Lumières : Jean-Michel Désiré Ce spectacle de ballet néoclassique est présenté par Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet Orchestre de l Opéra national de Paris Direction musicale : Koen Kessels Pour plus de renseignements, veuillez consulter le site Internet du Bal de l X : Vous avez la possibilité de réserver vos places jusqu au 20 février 2007 : n par courrier accompagné de votre paiement par chèque libellé à l ordre de l AX, envoyer le courrier à AX, 5, rue Descartes, Paris, n ou d effectuer votre réservation en ligne avec règlement par carte bancaire, pour cela, cliquer sur le site Internet Contact individuels : Contact entreprises : Courriel : [email protected] LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

70 8 e colloque international des anciens élèves de l ENA, d HEC et de Polytechnique jeudi 29 mars 2007 Acteurs publics et entreprises face à la dictature du court terme» avec le parrainage et en présence du ministre de l Économie, des Finances et de l Industrie Comment les acteurs publics et les entreprises peuvent-ils, malgré les contraintes du court terme, mieux faire prévaloir les enjeux du long terme? Tel sera le thème de la 8 e édition du colloque international organisé chaque année, avec le concours du ministère de l Économie, des Finances et de l Industrie, autour de sujets tels que : n Horizon et décision dans la conduite des entreprises : quelle cohérence? n Y a-t-il une vraie stratégie dans la gestion publique? n Quelles priorités dans le temps pour les grands programmes de recherche? n À l heure du développement durable, quelle réelle préférence pour le long terme? n Les politiques, adversaires ou complices de la dictature du court terme? Thèmes abordés 2000 : L Europe des responsables : quelles formations pour quelles décisions? 2001 : Acteurs publics et entreprises dans la concurrence mondiale 2002 : Acteurs publics et entreprises dans la compétition Europe États-Unis 2003 : Acteurs publics et entreprises face aux risques économiques 2004 : Acteurs publics et entreprises : où est le pouvoir économique? 2005 : Acteurs publics et entreprises contre l économie hors la loi 2006 : Acteurs publics et entreprises : le capitalisme a-t-il un avenir? Renseignements et inscriptions : Secrétariat général du colloque REGARDS International, Olga JOHNSON 8, rue Fallempin, Paris Tél. : Fax : Courriel : [email protected] 68 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

71 ANNONCES Toi qui souhaites INVESTIR Au moment que tu choisiras dans des ENTREPRISES en création ou en développement que tu SÉLECTIONNERAS et SUIVRAS PERSONNELLEMENT Viens rejoindre XMP Business Angels Site Internet : xmp-ba.m4x.org Tél. : XMP-Business Angels est une association regroupant les anciens élèves de l X, des Mines (Paris, Saint-Étienne, Nancy), des Ponts et Chaussées et des Télécoms. n Quel est l objet de l Association XMP-Business Angels? Elle s adresse aux ingénieurs diplômés de l École polytechnique, de l une des trois Écoles nationales des Mines (Paris, Nancy, Saint-Étienne), de l École nationale des Ponts et Chaussées et des autres Écoles d application traditionnellement associées (ENST, ENSTA, ENSAE, ENGREF, SUP AÉRO ). Qui disposent d argent qu ils sont prêts à faire fructifier en investissant dans l économie. Qui souhaitent que cet investissement ne soit pas passif et dilué dans une masse anonyme mais que, grâce à leurs compétences, ils puissent le bonifier au sein d une entreprise qu ils connaîtront, qui est ouverte à leur apport et qui peut bénéficier de leur expérience et de leurs contacts. Qui souhaitent faire cet investissement personnel directement, éventuellement en compagnie de co-investisseurs qui partagent leurs valeurs, et non via un établissement financier qui ne leur donnera pas les mêmes informations sur l usage de leurs capitaux. n Quelles sont ses réalisations à ce jour? Créée en décembre 2004 elle est déjà devenue, avec plus de 60 adhérents, une des plus importantes associations françaises d investisseurs individuels. Elle a reçu, fin 2006, plus de 150 projets d entrepreneurs dont une soixantaine a été retenue par le comité de sélection, chacun ayant fait l objet d une fiche d information auprès des adhérents. Plus de 20 adhérents ont investi directement et personnellement dans 12 d entre eux. Le projet d un fonds commun d investissement est en cours d étude. Le site de l Association est opérationnel : xmp-ba.m4x.org À la Maison des X, 12, rue de Poitiers, Paris Salle V115 Le mercredi 17 janvier 2007 à 16 heures Réunion générale d information de nos adhérents et de tous les camarades qui envisagent de les rejoindre. Pour s inscrire, nous contacter à l adresse : [email protected] Cette réunion sera suivie à 18 heures d une réunion de présentation de projets. XMP-ENTREPRENEUR (Association loi 1901) recherche ANIMATEURS BÉNÉVOLES Les anciens élèves ont besoin de vos conseils et relations pour créer ou reprendre une société. Vous avez un esprit curieux et du temps libre. Vous souhaitez transmettre une partie de votre expérience de cadre dirigeant, d industriel ou d entrepreneur. Vous habitez Paris ou y venez régulièrement (nos bureaux sont situés à la Maison des X, 12, rue de Poitiers, Paris). Votre expérience est précieuse. Une équipe dynamique, où chacun peut s exprimer selon ses goûts, sa personnalité et ses disponibilités (accompagnement d entrepreneurs, organisation de réunions, relation avec les Écoles, des personnalités et organismes ayant le même objectif, gestion du groupe, etc.), est prête à vous faire partager son enthousiasme dans un cadre stimulant de relations fortes, franches et désintéressées. Venez en parler avec nous sans engagement et découvrir notre approche de l entraide intergénérationnelle pour le développement de l esprit d entreprise chez nos camarades. Contactez-nous, les animateurs, au bureau ( ) ou directement : André BARRE (Ponts 59), tél. personnel : , Marcel BOBY (X 59), tél. personnel : , Bruno GRISON (Mines de Paris 58), tél. personnel : , Jaques LASSARTESSE (X 57), tél. personnel : , ou F. CHAUSSAT (X 66), notre président, au ou RÉUNIONS DE XMP-ENTREPRENEUR Ces réunions sont en principe réservées aux adhérents, mais tout élève ou ancien élève peut se faire inviter à une réunion, en vue d une éventuelle adhésion ultérieure, en téléphonant au préalable au bureau. n LIEU DES RÉUNIONS Maison des X, 12, rue de Poitiers, Paris. n PROCHAINE RÉUNION Lundi 29 janvier 2007 à 18 heures Exposés de : Philippe MILLET (70) : la reprise en LBO de Bonna Sabla : suite ; Éric ZGLINICKI : ce que OSEO peut apporter aux entrepreneurs. n RÉUNION SUIVANTE Lundi 19 mars LA JAUNE ET LA ROUGE JANVIER

72 ANNONCES BUREAU DES CARRIÈRES AX 5, rue Descartes, Paris Téléphone : Télécopie : Courriel : [email protected] Site Web : Nicolas ZARPAS (58) du BUREAU DES CARRIÈRES est à la disposition des camarades en recherche d emploi ou souhaitant réfléchir sur l orientation de leur carrière, pour les recevoir et les conseiller. En effet, un entretien est toujours souhaitable et peut aider efficacement avant un changement de situation. Compte tenu de son expérience professionnelle, le Bureau des Carrières peut aussi répondre aux questions que se posent les jeunes camarades avant leur premier emploi, ou, plus généralement, au moment où ils réfléchissent à leur orientation et cherchent à définir leur projet professionnel. Pour aider les camarades en recherche d emploi, et leur permettre de se rencontrer pour débattre de leurs démarches, l AX met à leur disposition, gratuitement, un bureau situé à l AX, 5, rue Descartes, Paris. Les camarades intéressés par les Offres d emploi adressées par des sociétés ou des chasseurs de têtes peuvent les consulter sur site à vocation internationale de mise en contact entre recruteurs et anciens ou élèves. OFFRES DE SITUATION Elles sont sur le site Web : Annonces permanentes n 0286 Webnet conçoit, réalise et exploite des applications internet, intranet, clientserveur pour les plus grandes entreprises françaises, en modes régie et forfait. Nous recherchons des ingénieurs de développement dans les environnements. Net et Java J2EE. Contacter Thierry SCHWAB (PDG, X 66), [email protected] , rue de Bellevue Boulogne Cedex. n 3523 Bertin Technologies, Groupe leader en expertises et en réalisations technologiques pluridisciplinaires (430 personnes dont 350 ingénieurs en mécanique, électronique, optique, logiciel, biologie ), recherche pour soutenir sa croissance des ingénieurs experts, des chefs de projets et des responsables d activités à haut potentiel (management d équipes, conduite d études et de développement d équipements à forte valeur ajoutée). Esprit d entreprise, innovation technologique, professionnalisme dans la satisfaction des clients et la conduite de projets sont nos valeurs. Venez les partager avec nous et nos partenaires. Contact : Philippe Demigné X82, président. Tél. : [email protected] - n ModelEdition SA, spécialiste amélioration processus budgétaire et business plan intervenant auprès directions grandes entreprises. Pour accompagner notre développement recherchons futurs partenaires seniors avec expérience confirmée conseil en management et/ou direction générale dans un ou plusieurs secteurs industriels. Contacter Raoul de Saint-Venant (X 73), [email protected] DEMANDES DE SITUATION Elles sont sur le site Web : Seules les annonces reçues par courrier, fax ou courriel seront traitées (aucune annonce par téléphone). Tarifs 2007 annonce permanente : 9 la ligne par mois Le règlement s effectue en fin d année. Les annonces à publier dans le numéro de février 2007 devront nous parvenir au plus tard mercredi 20 janvier n Formation : École polytechnique (79), ENSTA - Expérience managériale et technique réussie (direction usine, production, achats) acquise au sein d entreprises internationales productrices de biens de consommation dans des milieux très concurrentiels. Recherche un poste de Direction générale de business unit au sein d entreprise à composante industrielle. Anglais, allemand courants. n ans d expérience en management de recherche technologique et de développement produits, dans secteurs industriels variés. Maîtrise des processus de R&D, y compris des transferts entre recherche et application. Compétences en management d équipes et coopération pluridisciplinaire. Participation à de nombreux projets en coopération européenne. Recherche poste de direction d un centre de recherches ou de programmes de recherche technologique, en environnement international. n X 84, Armement, Sup-Aéro, IAE, 16 ans d expérience dans l aéronautique essais, conduite d un grand projet, management d une unité de production, soutien logistique intégré, maintien en conditions opérationnelles et rétrofits d aéronefs. Cherche poste dans l industrie de haute technologie ou l ingénierie (conduite de programme, service à la clientèle, ou commercial État français). n X72, 21 ans de DG de sociétés opérant dans les biens d équipement, recherche dans ce secteur : acquisition ou partenariat avec PME concepteur et fabricant de ce secteur, de préférence machines automatiques d assemblage, ou postes de DG ou missions de conseil (stratégie, fusions-acquisitions, restructurations, maîtrise d œuvre projets complexes). n X 77, expérience dans toutes les phases du développement logiciel, propose d effectuer des missions de spécification, architecture de système, suivi de développement et intégration. Contacter François FOREST : ou [email protected] CV disponible sur 70 JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

73

74 ANNONCES AUTRES ANNONCES 5, rue Descartes, Paris Téléphone : Télécopie : Courriel : [email protected] DEMANDE DE LOCATION n La Caisse de secours de l AX recherche pour camarades en difficulté studios à louer. Contacter Yves Stierlé (65), délégué général adjoint, au ou Sophie Barré, assistante sociale, au [email protected] ou [email protected] OFFRES DE LOCATIONS Province n LB796 - MÉRIBEL-MOTTARET - 2 p. 4 pers., sud, tt cft, ttes pér. Tél. : n LB797 - NICE-CIMIEZ - Résidence services médicalisés haut standing «Les Jardins d Arcadie» à louer 2 p., calme, panorama, refait neuf, vide. Tél. : Étranger n LC48 - X52 - Riad 8 personnes, cœur médina MARRAKECH. Cuisine et piscine, trois serviteurs, brumisation externe et climatisation interne VENTES D APPARTEMENTS ET PROPRIÉTÉS Province DIVERS n D457 - Benoît RICHARD, Sciences Po, (fils Richard 42), conseil immobilier, RECHERCHE APPARTEMENTS et PROPRIÉTÉS, (vente, location). Conditions spéciales X. Agence Internationale ÎLE SAINT-LOUIS, Paris. Tél. : (et ), [email protected] n D458 - Épouse BOLLIER (64) cherche belles maisons ou beaux appts VIDES ou MEUBLÉS pour étrangers en séjour Paris ou environs - 6 mois à 2 ans - garanties financières - loyers intéressants - conditions préférentielles. Quality Homes Internat. Tél. : Fax : [email protected] n D459 - Fils TUGAYE (48), ébéniste d art, effectue restauration et travaux tous styles sur plans. Conditions spéciales aux X et familles. Tél. : Les annonces sont publiées à titre de service rendu aux camarades et n engagent pas la responsabilité de l AX. Elles sont publiées sur le site Internet dès le tout début du mois de parution dans la revue. Tarifs 2007 : la ligne Demandes de situation : 7 Offres d emploi : 9 Immobilier : 13 Divers : 15 Les annonces à publier dans le numéro de mars 2007 devront nous parvenir au plus tard jeudi 15 février n VB511 - SOLOGNE - La Ferté-Saint-Aubin. Camarade vend maison de maître 550 m 2 sur 3 ha avec tennis. Boiseries d époque, cheminées en marbre. 650 K. Descriptif sur - Tél. : ou courriel : [email protected] n VB512 - TOULON Cap Brun - Bel appt. État neuf, 93 m 2, terrasse, cuisine équipée, garage, vue mer. 450 K. Tél. : JANVIER 2007 LA JAUNE ET LA ROUGE

75

76

77

78

79

80

81

82

83

84

Les mesures en faveur de

Les mesures en faveur de Les mesures en faveur de l attractivité Invest in France La France est une destination de premier ordre pour les investissements directs étrangers. Elle accueille sur son sol plus de 0 000 entreprises

Plus en détail

Conseil d administration Genève, mars 2000 ESP. Relations de l OIT avec les institutions de Bretton Woods BUREAU INTERNATIONAL DU TRAVAIL

Conseil d administration Genève, mars 2000 ESP. Relations de l OIT avec les institutions de Bretton Woods BUREAU INTERNATIONAL DU TRAVAIL BUREAU INTERNATIONAL DU TRAVAIL GB.277/ESP/4 (Add.1) 277 e session Conseil d administration Genève, mars 2000 Commission de l'emploi et de la politique sociale ESP QUATRIÈME QUESTION À L ORDRE DU JOUR

Plus en détail

Éditorial. des ministres

Éditorial. des ministres PROJET STRATÉGIQUE Éditorial des ministres Nous avons souhaité fin 2012 que la douane établisse un projet stratégique à horizon 2018 afin qu elle poursuive son processus d évolution... Les principaux secteurs

Plus en détail

Les réformes se poursuivent en faveur d une économie française plus compétitive et d un appui renforcé aux entreprises à l export

Les réformes se poursuivent en faveur d une économie française plus compétitive et d un appui renforcé aux entreprises à l export Les réformes se poursuivent en faveur d une économie française plus compétitive et d un appui renforcé aux entreprises à l export Depuis 2012, un ensemble d actions est engagé au service du renforcement

Plus en détail

FORMATION PROFESSIONNELLE GUIDE PRATIQUE DE LA RÉFORME

FORMATION PROFESSIONNELLE GUIDE PRATIQUE DE LA RÉFORME FORMATION PROFESSIONNELLE GUIDE PRATIQUE DE LA RÉFORME ENTREPRISES, INVESTISSEZ DANS VOTRE AVENIR AVEC LA FORMATION PROFESSIONNELLE. FORMATION PROFESSIONNELLE GUIDE PRATIQUE DE LA RÉFORME 1 SOMMAIRE INTRODUCTION

Plus en détail

UN PROJET SCIENTIFIQUE ET CULTUREL POUR LA SOCIÉTÉ DE LA CONNAISSANCE

UN PROJET SCIENTIFIQUE ET CULTUREL POUR LA SOCIÉTÉ DE LA CONNAISSANCE UN PROJET SCIENTIFIQUE ET CULTUREL POUR LA SOCIÉTÉ DE LA CONNAISSANCE Le regroupement du Palais de la découverte et de la Cité des sciences et de l industrie en un seul établissement apporte les atouts

Plus en détail

Observatoire des Fonctions Publiques Africaines (OFPA)

Observatoire des Fonctions Publiques Africaines (OFPA) Observatoire des Fonctions Publiques Africaines (OFPA) PLACE ET RÔLE DE L ADMINISTRATION - DE LA FONCTION PUBLIQUE - DANS LA MISE EN ŒUVRE DES MISSIONS DE L ETAT ET DE LA VISION NATIONALE DE DEVELOPPEMENT

Plus en détail

Faire de l infrastructure informatique une source de valeur ajoutée pour l entreprise.

Faire de l infrastructure informatique une source de valeur ajoutée pour l entreprise. IBM Global Services Faire de l infrastructure informatique une source de valeur ajoutée pour l entreprise. Les services d infrastructure et d intégration IBM Pour une infrastructure informatique qui participe

Plus en détail

Le projet Chorus a été conçu pour doter. Chorus : résultats et perspectives

Le projet Chorus a été conçu pour doter. Chorus : résultats et perspectives Danièle LAJOUMARD Inspecteur Général des Finances Chorus : résultats et perspectives Le projet Chorus destiné à permettre la mise en œuvre intégrale de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF)

Plus en détail

Programme de stabilité 2015-2017 Quel impact sur l investissement local?

Programme de stabilité 2015-2017 Quel impact sur l investissement local? Le 3 juillet 2014 Programme de stabilité 2015-2017 Quel impact sur l investissement local? Guy Gilbert * et Alain Guengant ** Les résultats qui suivent sont obtenus sous l hypothèse que les comportements

Plus en détail

Annexe - Balance des paiements et équilibre macro-économique

Annexe - Balance des paiements et équilibre macro-économique Annexe - Balance des paiements et équilibre macro-économique Les échanges de marchandises (biens et services), de titres et de monnaie d un pays avec l étranger sont enregistrés dans un document comptable

Plus en détail

Augmenter l impact économique de la recherche :

Augmenter l impact économique de la recherche : Augmenter l impact économique de la recherche : 15 mesures pour une nouvelle dynamique de transfert de la recherche publique, levier de croissance et de compétitivité Partout dans le monde, la recherche

Plus en détail

Plateforme électorale Ecolo Elections fédérales du 13 juin 2010. Axe Emploi et Solidarité. PME - Indépendants

Plateforme électorale Ecolo Elections fédérales du 13 juin 2010. Axe Emploi et Solidarité. PME - Indépendants Plateforme électorale Ecolo Elections fédérales du 13 juin 2010 Axe Emploi et Solidarité PME - Indépendants Plateforme électorale Ecolo Elections fédérales du 13 juin 2010 PME - Indépendants Etat des lieux

Plus en détail

Conférence mondiale sur les déterminants sociaux de la santé. Déclaration politique de Rio sur les déterminants sociaux de la santé

Conférence mondiale sur les déterminants sociaux de la santé. Déclaration politique de Rio sur les déterminants sociaux de la santé Déclaration politique de Rio sur les déterminants sociaux de la santé Rio de Janeiro (Brésil), 21 octobre 2011 1. À l invitation de l Organisation mondiale de la Santé, nous, Chefs de Gouvernement, Ministres

Plus en détail

P résentation. L ensemble des concepts et des outils de la Gestion des Ressources Humaines. La Gestion des Ressources Humaines (collection Les Zoom s)

P résentation. L ensemble des concepts et des outils de la Gestion des Ressources Humaines. La Gestion des Ressources Humaines (collection Les Zoom s) P résentation L ensemble des concepts et des outils de la Gestion des Ressources Humaines est développé dans le livre rédigé par Chloé Guillot-Soulez et publié dans la même collection : La Gestion des

Plus en détail

Présenté par Michel Sapin, Ministre des finances et des comptes publics. Christian Eckert, Secrétaire d État chargé du budget

Présenté par Michel Sapin, Ministre des finances et des comptes publics. Christian Eckert, Secrétaire d État chargé du budget Présenté par Michel Sapin, Ministre des finances et des comptes publics Christian Eckert, Secrétaire d État chargé du budget 1 Une reprise de l activité qu il faut conforter La reprise est en cours : +1,0%

Plus en détail

Le point de vue de l UNSA

Le point de vue de l UNSA Le point de vue de l UNSA La GPEC, une opportunité pour le dialogue social dans l entreprise La gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) est devenue objet de négociation dans l entreprise

Plus en détail

Introduction Frédéric PETITBON Un contexte difficile Nicolas PERNOT

Introduction Frédéric PETITBON Un contexte difficile Nicolas PERNOT Introduction Frédéric PETITBON Directeur général délégué, IDRH Les collectivités doivent à la fois respecter des engagements vis-à-vis des citoyens, poursuivre des démarches managériales et tenir compte

Plus en détail

Pourquoi et comment les collectivités locales associent d autres acteurs à la définition et à la mise en œuvre d actions publiques?

Pourquoi et comment les collectivités locales associent d autres acteurs à la définition et à la mise en œuvre d actions publiques? Pourquoi et comment les collectivités locales associent d autres acteurs à la définition et à la mise en œuvre d actions publiques? Rencontre professionnelle 4 Ont participé à cet atelier : David ALCAUD,

Plus en détail

Participation des habitants et contrats de ville Quels enjeux? Quelle mise en oeuvre?

Participation des habitants et contrats de ville Quels enjeux? Quelle mise en oeuvre? Participation des habitants et contrats de ville Quels enjeux? Quelle mise en oeuvre? Note réalisée par l Observatoire Régional de l Intégration et de la Ville (ORIV) septembre 2014 Eléments de contexte

Plus en détail

Nécessité d un «électrochoc» fiscal

Nécessité d un «électrochoc» fiscal Les Analyses du Centre Jean Gol Nécessité d un «électrochoc» fiscal Janvier 2014 Administrateur délégué : Richard Miller Directrice : Laurence Glautier Directeur scientifique : Corentin de Salle Les analyses

Plus en détail

POUVOIR D ACHAT : la condition de vie des travailleurs

POUVOIR D ACHAT : la condition de vie des travailleurs POUVOIR D ACHAT : la condition de vie des travailleurs Séminaire CGTM Mercredi 19 mars 2008 Danielle LAPORT Sociologue Ingénieur Social Equipe de Recherche REV Université Paris XII Val-de-Marne Il me revient

Plus en détail

...... en quelques mots 1

...... en quelques mots 1 ... en quelques mots 1 Un nouveau Projet d'entreprise pourquoi faire? Le Projet d'entreprise 2006-2009 a porté l ambition de faire de l Assurance Maladie un assureur solidaire en santé reconnu en tant

Plus en détail

CYCLE DIRIGEANT FEDESAP/HEC

CYCLE DIRIGEANT FEDESAP/HEC CYCLE DIRIGEANT FEDESAP/HEC «POUR UNE ENTREPRISE DES SERVICES A LA PERSONNE PROFESSIONNELLE ET PERENNE» FEDESAP : TOUR CIT, 3 rue de l Arrivée 75749 PARIS CEDEX 15 Tél : 01 45 38 44 11 [email protected]

Plus en détail

Mobiliser l épargne pour l investissement productif. Pistes de réflexion stratégique en matière de fiscalité de l épargne individuelle

Mobiliser l épargne pour l investissement productif. Pistes de réflexion stratégique en matière de fiscalité de l épargne individuelle Mobiliser l épargne pour l investissement productif Pistes de réflexion stratégique en matière de fiscalité de l épargne individuelle 18 Juin 2014 1. Introduction La frilosité de l épargnant belge suite

Plus en détail

I. PRINCIPALES MISSIONS DES SERVICES DU TRÉSOR TRÉSORERIE GÉNÉRALE DE LA RÉGION BOURGOGNE. Trésorier-Payeur Général : Mme Jacqueline ESCARD

I. PRINCIPALES MISSIONS DES SERVICES DU TRÉSOR TRÉSORERIE GÉNÉRALE DE LA RÉGION BOURGOGNE. Trésorier-Payeur Général : Mme Jacqueline ESCARD TRÉSORERIE GÉNÉRALE DE LA RÉGION BOURGOGNE Trésorier-Payeur Général : Mme Jacqueline ESCARD Adresse : 1 bis place de la Banque 21042 DIJON CEDEX Tél : 03 80 59 26 00 Fax : 03 80 50 14 75 Mail : [email protected]

Plus en détail

CHARTE DES UNIVERSITÉS EUROPÉENNES POUR L APPRENTISSAGE TOUT AU LONG DE LA VIE

CHARTE DES UNIVERSITÉS EUROPÉENNES POUR L APPRENTISSAGE TOUT AU LONG DE LA VIE CHARTE DES UNIVERSITÉS EUROPÉENNES POUR L APPRENTISSAGE TOUT AU LONG DE LA VIE European University Association Association Européenne de l'université Copyright 2008 par l Association Européenne de l Université

Plus en détail

L association française des docteurs

L association française des docteurs L association française des docteurs Promouvoir le doctorat Les docteurs constituent des ressources rares et précieuses pour les économies et les sociétés du XXIème siècle, de sorte que les pays pleinement

Plus en détail

LES PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ : FAIRE CONVERGER PERFORMANCE ET DYNAMIQUE TERRITORIALE

LES PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ : FAIRE CONVERGER PERFORMANCE ET DYNAMIQUE TERRITORIALE 310 N U M É R O Vendredi 4 juillet 2008 LES PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ : FAIRE CONVERGER PERFORMANCE ET DYNAMIQUE TERRITORIALE RAPPORTEUR : ANDRÉ MARCON AU NOM DE LA SECTION DES ÉCONOMIES RÉGIONALES ET DE

Plus en détail

ENSEIGNEMENTS ET SÉMINAIRES

ENSEIGNEMENTS ET SÉMINAIRES CHAIRE ESSEC-AVENTIS ÉTHIQUE & BIOTECHNOLOGIES Dans un marché comme celui du médicament où les clients sont d abord des patients, les biotechnologies sont appelées à répondre à un double défi, à la fois

Plus en détail

www.pwc.lu/secteur-public Economie & Territoires 3.0

www.pwc.lu/secteur-public Economie & Territoires 3.0 www.pwc.lu/secteur-public Economie & Territoires 3.0 Votre levier générateur de développement Contexte Depuis quelques années, notre environnement économique et financier traverse une grande période d

Plus en détail

BOURBON. Intervention de Jacques de Chateauvieux Président du conseil d administration Assemblée Générale mixte - 21 mai 2015 BOURBONOFFSHORE.

BOURBON. Intervention de Jacques de Chateauvieux Président du conseil d administration Assemblée Générale mixte - 21 mai 2015 BOURBONOFFSHORE. BOURBON Intervention de Jacques de Chateauvieux Président du conseil d administration Assemblée Générale mixte - 2 mai 205 BOURBONOFFSHORE.COM _ BOURBON DEMAIN Mesdames, Messieurs, chers Actionnaires Ceux

Plus en détail

Au profit des apprentis du bâtiment et des travaux publics

Au profit des apprentis du bâtiment et des travaux publics DOSSIER DE PRESSE PARTENARIAT CCCA-BTP et PRO BTP Au profit des apprentis du bâtiment et des travaux publics Bernard Charpenel / CCCA-BTP Signature de la convention et point presse 10 mars 2010 0 SOMMAIRE

Plus en détail

SPECIALISATIONS DU MASTER GRANDE ECOLE

SPECIALISATIONS DU MASTER GRANDE ECOLE SPECIALISATIONS DU MASTER GRANDE ECOLE Finance, Contrôle des Organisations Cette spécialisation se fonde sur la nécessité de prendre des décisions et/ou d organiser les différents processus au cœur de

Plus en détail

Études. Des effets de la réglementation des produits d épargne sur le comportement de placement des ménages

Études. Des effets de la réglementation des produits d épargne sur le comportement de placement des ménages Des effets de la réglementation des produits d épargne sur le comportement de placement des ménages Depuis 25 ans, la structure de l épargne financière des ménages a été singulièrement modifiée par l essor

Plus en détail

La Chaire Accenture Strategic Business Analytics de l ESSEC

La Chaire Accenture Strategic Business Analytics de l ESSEC La Chaire Accenture Strategic Business Analytics de l ESSEC La création de nouvelles opportunités par l analyse des données Dans le monde numérique actuel, l analyse des données est au cœur des réseaux

Plus en détail

UNE MEILLEURE CROISSANCE, UN MEILLEUR CLIMAT

UNE MEILLEURE CROISSANCE, UN MEILLEUR CLIMAT UNE MEILLEURE CROISSANCE, UN MEILLEUR CLIMAT The New Climate Economy Report EXECUTIVE SUMMARY La Commission Mondiale sur l Économie et le Climat a été établie pour déterminer s il est possible de parvenir

Plus en détail

L action du gouvernement espagnol et de l Institut de la jeunesse concernant le Pacte européen pour la jeunesse

L action du gouvernement espagnol et de l Institut de la jeunesse concernant le Pacte européen pour la jeunesse L action du gouvernement espagnol et de l Institut de la jeunesse concernant le Pacte européen pour la jeunesse Institut de la jeunesse Madrid Les débuts de toute chose sont toujours petits. Cicéron La

Plus en détail

La publication, au second

La publication, au second Les entreprises industrielles françaises de plus en plus impliquées dans les NTIC Malgré l adoption accélérée des différents outils des nouvelles technologies de l information et de la communication (NTIC)

Plus en détail

Clément ALBRIEUX (69)

Clément ALBRIEUX (69) Pratique 20 : Une nouvelle identité entrepreneuriale 287 Le témoin : Clément ALBRIEUX (69) 30 collaborateurs Comment est définie et gérée l innovation dans votre cabinet? Les collaborateurs du cabinet

Plus en détail

La gestion des performances en Europe. Panel d expériences européennes et possibles synergies

La gestion des performances en Europe. Panel d expériences européennes et possibles synergies La gestion des performances en Europe. Panel d expériences européennes et possibles synergies Atelier n 15 Organisateurs : Conseil de l Europe (Centre d expertise sur la réforme de l administration locale

Plus en détail

Investissements et R & D

Investissements et R & D Investissements et R & D Faits marquants en 2008-2009 - L investissement de l industrie manufacturière marque le pas en 2008 et se contracte fortement en 2009 - Très fort recul de l utilisation des capacités

Plus en détail

Dexia, le partenaire du développement

Dexia, le partenaire du développement Dexia, le partenaire du développement ensemble, à essentiel Dexia joue un rôle majeur dans le financement des équipements collectifs et des infrastructures, Dexia des secteurs de la santé et logement social,

Plus en détail

Plan stratégique 2012-2017

Plan stratégique 2012-2017 Plan stratégique 2012-2017 Présentation Le Plan stratégique 2012-2017 présente ce que Polytechnique Montréal s'engage à accomplir durant les cinq prochaines années dans le but de poursuivre sa mission,

Plus en détail

Mesures évaluées 46 68 % 35 324 %

Mesures évaluées 46 68 % 35 324 % Niches fiscales et sociales Un inventaire à la Prévert Il a fallu un an au comité d évaluation (une douzaine de hauts fonctionnaires), au ministère du budget, pour sortir un très gros rapport qui inventorie

Plus en détail

10 ENGAGEMENTS, 30 PROPOSITIONS DE LA MAJORITÉ DÉPARTEMENTALE «Avec vous, une Saône et Loire innovante et attractive»

10 ENGAGEMENTS, 30 PROPOSITIONS DE LA MAJORITÉ DÉPARTEMENTALE «Avec vous, une Saône et Loire innovante et attractive» 10 ENGAGEMENTS, 30 PROPOSITIONS DE LA MAJORITÉ DÉPARTEMENTALE «Avec vous, une Saône et Loire innovante et attractive» Préambule Si l actuelle majorité peut indéniablement se prévaloir d un très bon bilan,

Plus en détail

Énergie et Mondialisation

Énergie et Mondialisation Énergie et Mondialisation Il est fréquent d affirmer que de nombreuses questions énergétiques ou environnementales ne peuvent être posées correctement qu au niveau mondial. Résolument ancré dans le réseau

Plus en détail

«La Mutualité Française ouvre de nouveaux chantiers innovants.»

«La Mutualité Française ouvre de nouveaux chantiers innovants.» 39 e Congrès de la Mutualité Française Résolution générale «La Mutualité Française ouvre de nouveaux chantiers innovants.» La crise financière, économique, sociale et écologique frappe durement notre pays,

Plus en détail

Dossier de presse. Umalis Group : l innovation au service de l emploi

Dossier de presse. Umalis Group : l innovation au service de l emploi Dossier de presse Umalis Group : l innovation au service de l emploi Sommaire Table des matières Historique 3 Fondateur 3 Notre métier : le portage salarial, pour tous, partout 3 Christian Person, président

Plus en détail

Rapport 2012 de l Observatoire de la téléphonie mobile en Afrique subsaharienne. Résumé

Rapport 2012 de l Observatoire de la téléphonie mobile en Afrique subsaharienne. Résumé Rapport 2012 de l Observatoire de la téléphonie mobile en Afrique subsaharienne Résumé 1 Rapport 2012 de l Observatoire de la téléphonie mobile en Afrique subsaharienne Au cours de la dernière décennie,

Plus en détail

Stages de recherche dans les formations d'ingénieur. Víctor Gómez Frías. École des Ponts ParisTech, Champs-sur-Marne, France

Stages de recherche dans les formations d'ingénieur. Víctor Gómez Frías. École des Ponts ParisTech, Champs-sur-Marne, France Stages de recherche dans les formations d'ingénieur Víctor Gómez Frías École des Ponts ParisTech, Champs-sur-Marne, France [email protected] Résumé Les méthodes de l ingénierie ont été généralement

Plus en détail

CHARLES DAN Candidat du Bénin pour le poste de Directeur général du Bureau international du Travail (BIT)

CHARLES DAN Candidat du Bénin pour le poste de Directeur général du Bureau international du Travail (BIT) CHARLES DAN Candidat du Bénin pour le poste de Directeur général du Bureau international du Travail (BIT) FACONNER ENSEMBLE L OIT DU FUTUR «Pour tout ce qui a été, merci. Pour tout ce qui sera, oui.» (Dag

Plus en détail

L évolution (révolution) du métier d enseignant-chercheur est-elle favorable à une plus grande employabilité?

L évolution (révolution) du métier d enseignant-chercheur est-elle favorable à une plus grande employabilité? 1 L évolution (révolution) du métier d enseignant-chercheur est-elle favorable à une plus grande employabilité? Prof. Gérard CLIQUET Président de la CIDEGEF IGR-IAE, Université de Rennes 1, FRANCE L année

Plus en détail

Position du secteur électrique français

Position du secteur électrique français 16 novembre 2010 ENERGIE 2020 Position du secteur électrique français L UFE, Union Française de l Electricité, est l association professionnelle du secteur de l électricité. Elle représente les employeurs

Plus en détail

Nouvelle stratégie européenne d action pour la jeunesse «Investir en faveur de la jeunesse et la mobiliser»

Nouvelle stratégie européenne d action pour la jeunesse «Investir en faveur de la jeunesse et la mobiliser» Nouvelle stratégie européenne d action pour la jeunesse «Investir en faveur de la jeunesse et la mobiliser» Odile Quintin Directrice générale de la DG Education et Culture Commission européenne Bruxelles,

Plus en détail

DEMANDE DE SOUTIEN - RAVIV. Fonds de Soutien à l Initiative et à la Recherche

DEMANDE DE SOUTIEN - RAVIV. Fonds de Soutien à l Initiative et à la Recherche DEMANDE DE SOUTIEN - RAVIV Fonds de Soutien à l Initiative et à la Recherche 2015 1 PRESENTATION DE LA STRUCTURE RAViV est un réseau solidaire de compagnies et structures franciliennes de spectacle vivant

Plus en détail

August 2014. ASSOCIATION CANADIENNE DE LA CONSTRUCTION MÉMOIRE PRÉBUDGÉTAIRE 2015 Comité permanent des finances

August 2014. ASSOCIATION CANADIENNE DE LA CONSTRUCTION MÉMOIRE PRÉBUDGÉTAIRE 2015 Comité permanent des finances August 2014 ASSOCIATION CANADIENNE DE LA CONSTRUCTION MÉMOIRE PRÉBUDGÉTAIRE 2015 Comité permanent des finances Résumé L Association canadienne de la construction (ACC) représente 20 000 entreprises membres

Plus en détail

Fonds de placement Le modèle adapté à chaque type d investisseur.

Fonds de placement Le modèle adapté à chaque type d investisseur. Fonds de placement Le modèle adapté à chaque type d investisseur. Bienvenue. Des arguments qui comptent Les points forts des fonds de placement du Credit Suisse. De nets avantages Les fonds de placement:

Plus en détail

L ENTREPRISE FACE A SA RESPONSABILITE FORMATIVE APRES LA REFORME DE LA FORMATION :

L ENTREPRISE FACE A SA RESPONSABILITE FORMATIVE APRES LA REFORME DE LA FORMATION : CHRONIQUE 88. L ENTREPRISE FACE A SA RESPONSABILITE FORMATIVE APRES LA REFORME DE LA FORMATION : Bonne foi contractuelle, Co-investissement, fin de la logique fiscale «d imputabilité», pilotage stratégique,

Plus en détail

Groupe de travail 3 : Emploi, formation, compétences

Groupe de travail 3 : Emploi, formation, compétences Groupe de travail 3 : Emploi, formation, compétences Réunion 3 11 décembre 2013 Ivry-sur-Seine Fiche synthèse Réunion 3 Emploi, formation, compétences Groupe animé par Patrick Loire, directeur des relations

Plus en détail

«La réforme des retraites en France» Présentation de Gérard Rivière Rencontres de l AFERP1, 18 février 2014, GIE AGIRC-ARRCO

«La réforme des retraites en France» Présentation de Gérard Rivière Rencontres de l AFERP1, 18 février 2014, GIE AGIRC-ARRCO «La réforme des retraites en France» Présentation de Gérard Rivière Rencontres de l AFERP, 8 février 204, GIE AGIRC-ARRCO Ref : 204-7 Le 8 février 204, Gérard Rivière, Directeur de la Caisse Nationale

Plus en détail

CANDIDAT JAPONAIS AU POSTE DE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL

CANDIDAT JAPONAIS AU POSTE DE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL CANDIDAT JAPONAIS AU POSTE DE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL Dr. Sawako TAKEUCHI Docteur es Ingénierie, l Université de Tokyo et Docteur es Sciences économiques Ancien conseiller du Premier Ministre du Japon sur la

Plus en détail

Le financement de l entreprise

Le financement de l entreprise Le financement de l entreprise Lors de sa création, puis au cours de son développement, l entreprise au moment opportun, doit détenir les ressources financières nécessaires pour faire face à ses échéances,

Plus en détail

Rapport d évaluation du master

Rapport d évaluation du master Section des Formations et des diplômes Rapport d évaluation du master Management et organisation de l Université Paris-Dauphine Vague D 2014-2018 Campagne d évaluation 2012-2013 Section des Formations

Plus en détail

SITUATION FINANCIÈRE DE L ASSURANCE CHÔMAGE

SITUATION FINANCIÈRE DE L ASSURANCE CHÔMAGE SITUATION FINANCIÈRE DE L ASSURANCE CHÔMAGE pour l année 2014 Janvier 2014 1/12 Situation financière de l Assurance chômage pour l année 2014 14 janvier 2014 Cette note présente la prévision de la situation

Plus en détail

Démarche Prospective Métier Pub/Com : Enquête en extension

Démarche Prospective Métier Pub/Com : Enquête en extension Université ParisDauphine Démarche Prospective Métier Pub/Com : Enquête en extension L Observatoire des Métiers de la Publicité a confié à Luc Boyer et Aline Scouarnec, dans le cadre d une étude prospective,

Plus en détail

LES SIIC. Pierre Schoeffler Président S&Partners Senior Advisor IEIF. Étude réalisée par. Les SIIC et la retraite 1

LES SIIC. Pierre Schoeffler Président S&Partners Senior Advisor IEIF. Étude réalisée par. Les SIIC et la retraite 1 LES SIIC et la retraite Étude réalisée par Pierre Schoeffler Président S&Partners Senior Advisor IEIF Les SIIC et la retraite 1 23 juin 2014 2 Les SIIC et la retraite La retraite est, avec l emploi et

Plus en détail

Master Audit Contrôle Finance d Entreprise en apprentissage. Organisation de la formation

Master Audit Contrôle Finance d Entreprise en apprentissage. Organisation de la formation Master Audit Contrôle Finance d Entreprise en apprentissage Organisation de la formation Ce document a pour objet de présenter le contenu des cours des deux années du Master Audit Contrôle Finance d entreprise

Plus en détail

La France est-elle compétitive?

La France est-elle compétitive? La France est-elle compétitive? Cafés Géographiques de Montpellier Gilles Ardinat, professeur agrégé et docteur en Géographie, enseignant à l Université Paul Valéry, Montpellier III C est à l occasion

Plus en détail

Les obstacles : Solutions envisageables :

Les obstacles : Solutions envisageables : 1. Quels sont les obstacles auxquels les citoyens européens doivent faire face dans l exercice de leurs droits? Que pourrait-on faire pour alléger ces obstacles? Les obstacles : Tout d abord, il y a un

Plus en détail

Migration SAP HANA de PASàPAS : SAP BI, la suite logique

Migration SAP HANA de PASàPAS : SAP BI, la suite logique SAP Customer Success Story Services & IT PASàPAS 2014 SAP AG or an SAP affiliate company. All rights reserved. Migration SAP HANA de PASàPAS : SAP BI, la suite logique Crédit photos : Rédaction OnChannel

Plus en détail

Rapport d évaluation du master

Rapport d évaluation du master Section des Formations et des diplômes Rapport d évaluation du master Management public de l Université de Lorraine Vague C 2013-2017 Campagne d évaluation 2011-2012 Section des Formations et des diplômes

Plus en détail

Cela a notamment conduit à l accroissement de la rentabilité du capital au détriment du travail dans toutes les économies occidentales.

Cela a notamment conduit à l accroissement de la rentabilité du capital au détriment du travail dans toutes les économies occidentales. 1 Contribution de Jean Pierre BRARD, député apparenté communiste de Seine Saint Denis, et de Bernard VERA, sénateur communiste de l Essonne, membres du groupe de travail Assemblée nationale Sénat sur la

Plus en détail

Rapport d évaluation du master

Rapport d évaluation du master Section des Formations et des diplômes Rapport d évaluation du master Philosophie, psychanalyse de l Université Paul-Valéry Montpellier 3 Vague E 2015-2019 Campagne d évaluation 2013-2014 Section des Formations

Plus en détail

Royaume du Maroc. La masse salariale et ses impacts sur les équilibres économiques et financiers

Royaume du Maroc. La masse salariale et ses impacts sur les équilibres économiques et financiers Royaume du Maroc La masse salariale et ses impacts sur les équilibres économiques et financiers Table des Matières 1. Données sur la masse salariale...2 1.1. Importance de la masse salariale...2 1.2. Aggravation

Plus en détail

Le Pacte de responsabilité et de solidarité

Le Pacte de responsabilité et de solidarité Le Pacte de responsabilité et de solidarité La France est à un moment décisif. Depuis plus de dix ans, l appareil de production s est affaibli, la compétitivité s est détériorée et le niveau de chômage

Plus en détail

Etude sur les Maisons des Services Publics en Europe (hors la France)

Etude sur les Maisons des Services Publics en Europe (hors la France) Etude sur les Maisons des Services Publics en Europe (hors la France) Résumé du rapport réalisé par EUROPA pour la DATAR DATAR EUROPA Etude sur les maisons des services publics en Europe Résumé du rapport

Plus en détail

lancent la Chaire SIRIUS :

lancent la Chaire SIRIUS : COMMUNIQUE DE PRESSE Toulouse, le 21 octobre 2013 Le CNES, Astrium, Thales Alenia Space, Toulouse Business School, & l Université Toulouse I Capitole, lancent la Chaire SIRIUS : La première Chaire internationale

Plus en détail

Migration: un plus pour la Suisse Relations entre État social et migration: la position de Caritas

Migration: un plus pour la Suisse Relations entre État social et migration: la position de Caritas Migration: un plus pour la Suisse Relations entre État social et migration: la position de Caritas Prise de position de Caritas_mars 2011 Migration: un plus pour la Suisse En bref: Quel est l effet de

Plus en détail

Devenez fondateur. fondationdefrance.org

Devenez fondateur. fondationdefrance.org Devenez fondateur fondationdefrance.org Vous envisagez de créer une fondation Comment vous y prendre? Quelles questions vous poser avant de vous lancer? De quelles ressources devez-vous disposer? Quelle

Plus en détail

Compte rendu de l intervention de Jean-Louis LACOMBE. Rencontre européenne de la technologie du 23 mars 2005. La Fondation d entreprise EADS

Compte rendu de l intervention de Jean-Louis LACOMBE. Rencontre européenne de la technologie du 23 mars 2005. La Fondation d entreprise EADS Compte rendu de l intervention de Jean-Louis LACOMBE Rencontre européenne de la technologie du 23 mars 2005 La Fondation d entreprise EADS La fondation d entreprise créée par EADS est conçue comme une

Plus en détail

Considérations sur la crise et le marché intérieur 1

Considérations sur la crise et le marché intérieur 1 Considérations sur la crise et le marché intérieur 1 Auteurs : Jacques Potdevin : Président de la Fédération des Experts comptables Européens (FEE - Federation of European Accountants 2 ) de 2007 à 2008.

Plus en détail

«Donnons envie aux entreprises de faire de la Formation continue à l Université!» (Stand D07) La formation continue à l Université Fiche expérience

«Donnons envie aux entreprises de faire de la Formation continue à l Université!» (Stand D07) La formation continue à l Université Fiche expérience «Donnons envie aux entreprises de faire de la Formation continue à l Université!» (Stand D07) La formation continue à l Université Fiche expérience UNIVERSITE PARIS 8 ENTREPRISE FNAIM Monter les salariés

Plus en détail

Intervention de M. de Lamotte, président de la section sur l école et son interdépendance avec le marché

Intervention de M. de Lamotte, président de la section sur l école et son interdépendance avec le marché XXIII ème Assemblée régionale Europe Erevan, Arménie 3 au 7 mai 2010 Intervention de M. de Lamotte, président de la section sur l école et son interdépendance avec le marché Section Belgique/Communauté

Plus en détail

S engager à agir pour le développement durable dans une période de changement

S engager à agir pour le développement durable dans une période de changement Nations Unies Conseil économique et social Distr. générale 13 avril 2015 Français Original: anglais E/ECE/1471/Rev.1 Commission économique pour l Europe Soixante-sixième session Genève, 14-16 avril 2015

Plus en détail

Master international de Management des Médias à distance. Organisation pédagogique de la formation

Master international de Management des Médias à distance. Organisation pédagogique de la formation Master international de Management des Médias à distance Organisation pédagogique de la formation Session 2014/2015 Table des matières Organisation pédagogique... 1 UE 1 : Histoire, économie et mondialisation

Plus en détail

LE GROUPE MACIF ET LA RSE

LE GROUPE MACIF ET LA RSE LE GROUPE MACIF ET LA RSE SOMMAIRE Présentation du Groupe MACIF, ses engagements RSE Quelle organisation, quelle prise en compte dans les pratiques internes Quelles réponses aux enjeux RSE dans le cœur

Plus en détail

La meilleure main-d œuvre d Europe pour les métiers de la production en salles blanches (pharma, chimie, agro-alimentaire )

La meilleure main-d œuvre d Europe pour les métiers de la production en salles blanches (pharma, chimie, agro-alimentaire ) Bientôt en Alsace : La meilleure main-d œuvre d Europe pour les métiers de la production en salles blanches (pharma, chimie, agro-alimentaire ) Création d une usine-école unique en Europe L Etat, dans

Plus en détail

TROISIEME REUNION DU FORUM SUR L ADMINISTRATION FISCALE DE L OCDE

TROISIEME REUNION DU FORUM SUR L ADMINISTRATION FISCALE DE L OCDE ORGANISATION FOR ECONOMIC CO-OPERATION AND DEVELOPMENT TROISIEME REUNION DU FORUM SUR L ADMINISTRATION FISCALE DE L OCDE 14-15 septembre 2006 Séoul, Corée Déclaration de Séoul (version définitive) CENTRE

Plus en détail

LA GESTION DES RESSOURCES HUMAINES Anne DIETRICH Frédérique PIGEYRE 2005, repères, La découverte

LA GESTION DES RESSOURCES HUMAINES Anne DIETRICH Frédérique PIGEYRE 2005, repères, La découverte LA GESTION DES RESSOURCES HUMAINES Anne DIETRICH Frédérique PIGEYRE 2005, repères, La découverte La GRH constitue une préoccupation permanente de toute entreprise, de tout dirigeant, qu il s agisse de

Plus en détail

Modernisation et gestion de portefeuilles d applications bancaires

Modernisation et gestion de portefeuilles d applications bancaires Modernisation et gestion de portefeuilles d applications bancaires Principaux défis et facteurs de réussite Dans le cadre de leurs plans stratégiques à long terme, les banques cherchent à tirer profit

Plus en détail

APPEL A COMMUNICATIONS

APPEL A COMMUNICATIONS APPEL A COMMUNICATIONS Colloque régional UEMOA-CRDI sur Intégration régionale et stratégies régionales de réduction de la pauvreté 8-10 décembre 2009, Ouagadougou, Burkina Faso Délai de soumission de résumé

Plus en détail

Sylvie Guessab Professeur à Supélec et responsable pédagogique du Mastère Spécialisé en Soutien Logistique Intégré des Systèmes Complexes

Sylvie Guessab Professeur à Supélec et responsable pédagogique du Mastère Spécialisé en Soutien Logistique Intégré des Systèmes Complexes Préface Toute personne est un jour confrontée à devoir prendre une décision, qu il s agisse de l étudiant qui réfléchit à son orientation académique, du chercheur qui doit privilégier une option scientifique

Plus en détail

Les questions relatives aux finances publiques, longtemps réservées aux spécialistes, sont

Les questions relatives aux finances publiques, longtemps réservées aux spécialistes, sont CHAPITRE 1 LES FACTEURS STRUCTURELS DE LA HAUSSE DE L ENDETTEMENT PUBLIC DANS LES PAYS AVANCÉS Les questions relatives aux finances publiques, longtemps réservées aux spécialistes, sont revenues au cœur

Plus en détail

LES ENJEUX ÉCONOMIQUES DU DROIT DES ENTREPRISES EN DIFFICULTÉ

LES ENJEUX ÉCONOMIQUES DU DROIT DES ENTREPRISES EN DIFFICULTÉ LES ENJEUX ÉCONOMIQUES DU DROIT DES ENTREPRISES EN DIFFICULTÉ [Basé sur la note CAE écrite en collaboration avec Guillaume Plantin et David Thesmar] CDA - IAST - UT1C, 23 octobre 2013 Jean Tirole I. INTRODUCTION

Plus en détail

Croissance et emploi en France, le gouvernement place les PME au centre de son dispositif :

Croissance et emploi en France, le gouvernement place les PME au centre de son dispositif : Croissance et emploi en France, le gouvernement place les PME au centre de son dispositif : Un dispositif d une telle ampleur et avec tant d innovations, de simplications et de sécurisation, du jamais

Plus en détail

TAKE THE LEAD! * MANAGEMENT - GESTION - FINANCE - ENTREPRENEURIAT

TAKE THE LEAD! * MANAGEMENT - GESTION - FINANCE - ENTREPRENEURIAT MANAGEMENT - GESTION - FINANCE - ENTREPRENEURIAT CYCLE BACHELOR PROFESSIONNEL Accès à Bac, Bac+1, Bac+2/Prépa CYCLE MASTÈRE PROFESSIONNEL ** Accès à Bac+3, Bac+4 Titre certifié par l État niveau II Bac+3

Plus en détail