Mots clefs : Taux de change réel d équilibre, libéralisation des flux de capitaux, cointégration

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "Mots clefs : Taux de change réel d équilibre, libéralisation des flux de capitaux, cointégration"

Transcription

1 IMPACT DE LA LIBÉRALISATION DES CAPITAUX SUR LE TAUX DE CHANGE RÉEL D EQUILIBRE EN TUNISIE 1 Fatma MARRAKCHI CHARFI 1 Résumé : La Tunisie se prépare à l instauration de la convertibilité totale du dinar en libéralisant progressivement les opérations en capital. D une part, les ressources étrangères lui permettent de financer ses projets d investissement nationaux, étant donné ses ressources limitées d épargne. D autre part, l entrée des capitaux génère une appréciation réelle d équilibre qui peut nuire à la compétitivité externe de l économie. En effet, l expérience de certains pays émergents frappés par des crises de change suite à l entrée des capitaux et leur sortie brutale, incite à la prudence dans le degré et la chronologie de la libéralisation des capitaux. Cet article utilise la cointégration pour démêler l impact les flux de capitaux extérieurs sous forme : d investissement direct étranger (IDE), d investissement en portefeuille (IPF), de capitaux de long et moyen terme (KLT) et de flux de capitaux de court terme sur le taux de change réel d équilibre. Les résultats montrent que les flux de capitaux de court terme n ont pas d impact sur le TCRE, les IPF et les KLT ont un impact d appréciation réelle d équilibre sur le taux de change, avec un plus grand impact des IPF sur le TCRE. Les IDE au contraire profitent de la dépréciation réelle pour s implanter en Tunisie. Ainsi, la prudence manifestée dans la libéralisation des investissements en portefeuille est tout à fait justifiée par le modèle utilisé. Classification : Jel : F31; F37 Mots clefs : Taux de change réel d équilibre, libéralisation des flux de capitaux, cointégration 1 Maître assistante à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de Tunis. Adresse professionnelle : Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de Tunis, Boulverd du 7 novembre Campus universitaire El Manar I, Tunis, TUNISIE

2 IMPACT DE LA LIBÉRALISATION DES CAPITAUX SUR LE TAUX DE CHANGE RÉEL D EQUILIBRE EN TUNISIE 2 INTRODUCTION : Afin de tirer partie de leur intégration dans l économie mondiale, les pays en développement (PED) ont libéralisé leur compte de capital au début du processus d intégration, mais certains (pays d Amérique Latine et sud est asiatique) ont souffert de cette stratégie en voyant leur compétitivité compromise par les fluctuations de taux de change résultant des modifications dans l ampleur et la destination des flux de capitaux privés. L expérience passée a montré que la convertibilité totale est difficilement soutenable pour les pays en voie de développement, parce qu il s agit de concilier entre deux objectifs qui semblent contradictoires. D un côté, la libéralisation du compte capital dans un pays en voie de développement a historiquement suscité une entrée de flux de capitaux, qui non seulement apprécie la valeur réelle de sa monnaie, mais détériore aussi, sa position compétitive. D un autre côté, la préservation de la compétitivité externe qui est indéniablement un objectif de taille pour un petit pays ouvert sur l étranger, exige de cibler un taux de change réel compétitif. Pour concilier ces deux objectifs, certains pays d'amérique Latine ont essayé d'imposer une forme de contrôle de capitaux, tel que l'équivalent d'une taxe Tobin (Bensaïd & Jeanne, 1996) qui tend à diminuer le rythme auquel les fonds étrangers pénètrent dans le pays (le Brésil, le Chili et la Colombie ont extensivement utilisé cette politique), d'autres ont utilisé l'instrument de l'intervention de stérilisation pour contrebalancer les conséquences inflationnistes de l'entrée des capitaux. L expérience passée a montré que la convertibilité totale est difficilement soutenable pour les pays en voie de développement, parce qu il s agit de concilier entre deux objectifs qui semblent contradictoires. D un côté, la libéralisation du compte capital dans un pays en voie de développement a historiquement suscité une entrée de flux de capitaux, qui non seulement apprécie la valeur réelle de sa monnaie, mais détériore aussi, sa position compétitive. D un autre côté, la préservation de la compétitivité externe qui est indéniablement un objectif de taille pour un petit pays ouvert sur l étranger, exige de cibler un taux de change réel compétitif. Pour concilier ces deux objectifs, certains pays d'amérique Latine ont essayé d'imposer une forme de contrôle de capitaux, tel que l'équivalent d'une taxe Tobin (Bensaïd & Jeanne, 1996) qui tend à diminuer le rythme auquel les fonds étrangers pénètrent dans le pays (le Brésil, le Chili et la Colombie ont extensivement utilisé cette politique), d'autres ont utilisé l'instrument de l'intervention de stérilisation pour contrebalancer les conséquences inflationnistes de l'entrée des capitaux, d autres aussi ont opté pour une dévaluation brutale et prononcée, dans le cadre d une crise. Toutefois, l issue pour les pays émergents ne réside pas dans un retour à un régime de restrictions de flux de capitaux ou à un resserrement de la contrainte de change, mais dans une libéralisation progressive adéquate pour chaque pays en suivant un enchainement dans les réformes. Dans le cadre de l instauration progressive de la convertibilité totale 2 de sa monnaie, la Tunisie s oriente à libéraliser progressivement 2 Le compte capital est progressivement ouvert d abord pour les non résidents et ensuite pour les résidents et pour certaines opérations.

3 ses flux de capitaux avec l extérieur. Toutefois, et sachant que la Tunisie est un petit pays très ouvert sur l extérieur (le taux d ouverture, calculé sur la base des échanges commerciaux est de 80% en 2005) et poursuivant une politique de promotion des exportations, verrait sa compétitivité menacée par une appréciation réelle de son taux de change. 3 Dans ce contexte, il s agit d analyser la réaction du taux de change effectif réel du dinar (indicateur de compétitivité) suite à la libéralisation de certains postes du compte capital (IDE : investissement direct étranger, IPF : investissements en portefeuille, capitaux à moyen et long termes, capitaux de court terme) et de déterminer par là, le degré de vulnérabilité de taux de change par rapport à chacun des postes de la balance des capitaux. Ce qui permettra d orienter la politique des autorités monétaires quand au timing et le degré d ouverture du compte capital. Pour ce faire, nous présentons d abord la politique de change suivie par la Tunisie, ensuite le degré de libéralisation des capitaux permis par les autorités jusqu à présent. Dans une deuxième section, nous présenterons brièvement les fondements théoriques du modèle théorique du taux de change réel d équilibre qui nous permet de trouver une relation liant le taux de change réel à ses fondamentaux de long terme dont les flux nets de capitaux qui seront pris dans l analyse empirique sous ses différentes composantes L utilisation de la technique de la cointégration appliquée à des séries de données annuelles relatives à la Tunisie, allant de 1970 à 2005, suivant la méthodologie de S.Edwards, nous permet d estimer une relation d équilibre de long terme entre le taux de change et ses fondamentaux, de déterminer l effet de chaque composante des flux nets de capitaux sur le taux de change réel et par conséquent de trouver les composantes qui ont une influence de long terme sur le taux de change réel et celles qui n en ont pas. I Une politique de change prudente : Aujourd hui, et depuis 2001, le régime de change appliqué en Tunisie et annoncé par la BCT est celui du flottement administré, sans annonce préalable de la trajectoire du taux de change 3. Historiquement, en 1978 la politique de change en Tunisie est caractérisée par l'adoption du régime du panier par les autorités. A partir de cette date, le dinar est lié à un panier de devises composé des principales monnaies de paiement des opérations avec l extérieur (principalement monnaies européennes et dollar américain). Depuis 1981, le poids du dollar dans le panier a été atténué, vu la baisse du prix du pétrole et l'appréciation du dollar au niveau mondial, d une part et la politique de promotion des exportations encouragée par les autorités tunisiennes, d autre part. A partir de 1986 la politique tunisienne en matière de change est caractérisée par la dévaluation du dinar en août 1986, et l'annonce de la banque centrale de Tunisie de maintenir la stabilité du taux de change réel du dinar, pour préserver la compétitivité des biens exportés. Officiellement 4, le régime de change de la Tunisie est classé dans les régimes de parités glissantes, jusqu à fin décembre Entre 1985 et 1988, le dinar s est déprécié de 45% en nominal (graphique n 1) et de 25% en termes réel, et ce pour compenser le différentiel d inflation entre la Tunisie et ses partenaires (graphique n 2). A la fin des années 80, on observe aussi un desserrement graduel au niveau de la contrainte de change concrétisé par la levée de certaines restrictions sur les paiements 3 Se référer au site web de la Banque Centrale de Tunisie «politique de change» 4 «FMI Exchange rate Arrangments and Exchange restrictions»

4 relatifs aux opérations courantes (annonce de la convertibilité courante du dinar tunisien en décembre 1992). 4 Graphique n 1 : Evolution du taux de change effectif nominal entre 1970 et ITCEN Année Graphique n 2 : Evolution du taux de change effectif réel entre 1970 et ITCER Année En mars 1994, la Banque Centrale de Tunisie (BCT) annonce la création d un marché de change interbancaire. La nouveauté de ce marché des changes par rapport à la législation qui prévalait avant mars 1994, tient au fait que les échanges interbancaires de devises sont effectués au cours déterminés par les intermédiaires agréés et non plus par

5 ceux fixés par la BCT 5 sachant qu aucune limite n est fixée pour l écart entre le cours vendeur et le cours acheteur, aujourd hui 6. Ainsi, l'intérêt de la création de ce marché est de permettre aux intermédiaires agréés de procéder à certaines opérations de change (concernant les opérations courantes) qui étaient centralisées par la BCT, mais qui ne le sont plus depuis la déclaration de la convertibilité. Ainsi, théoriquement, toute demande de devises nécessaires pour payer des opérations courantes non restreintes par les autorités doit être satisfaite par le marché. 5 La réglementation est devenue aussi plus flexible au niveau des opérations en capital. En effet, dans ce cadre d importantes mesures ont été prises pour dynamiser le marché des changes et contribuer à l accroissement des flux de capitaux étrangers. En ce qui concerne l investissement étranger direct en Tunisie, il est libre au stade de la création et de l extension. Il est soumis à une autorisation préalable pour les projets réalisés dans certains secteurs d activité 7. En ce qui concerne les investissements en portefeuille, les investisseurs dans ce cadre bénéficient de la liberté de transfert du produit réel net et de la plus-value de la cession ou de la liquidation des capitaux investis au moyen d importation de devises. Pour ce qui est des investisseurs tunisiens à l étranger, les entreprises résidentes exportatrices et non exportatrices peuvent transférer, en fonction de leur chiffre d affaire en devises de l exercice précédent - des sommes pour le financement de bureaux de liaison ou de représentation variant entre à dinars - des sommes pour le financement des succursales, filiales ou prises de participation dans des sociétés établies à l étranger variant entre à dinars. De même les résidents sont autorisés à participer au capital des sociétés non résidentes installées en Tunisie et d effectuer les transferts y afférents. En ce qui concerne les emprunts extérieurs, les entreprises résidentes peuvent pour les besoins de leurs activités, contracter librement des emprunts en devises pour les établissements de crédit jusqu à 10 millions de dinars par an et de 3 millions pour les autres entreprises. Lorsque leur échéance est supérieure à une année ces emprunts de long terme sont libres pour les établissements de crédit et dans la limite de 10 millions de dinars par an, pour les autres entreprises. Il est important de noter que les transferts liés au remboursement du principal et au paiement des intérêts de ces emprunts sont libres. Au-delà, d importantes mesures ont été prises dans le cadre la politique monétaire visant à dynamiser le marché des capitaux, En effet les échanges de liquidités entre les banques se font en totalité dans le cadre du marché interbancaire. Les taux d intérêt sont librement fixés par les banques et le taux du marché monétaire (TMM) constitue la référence pour les banques dans la détermination de leurs taux d intérêt débiteurs et créditeurs. La régulation du marché monétaire se fait par la BCT qui y intervient pour fournir ou éponger la liquidité. En ce qui concerne les objectifs de la politique 5 La BCT adopte une politique de change flexible. 6 En 1994, la seule contrainte qui est imposée par le législateur aux intermédiaires agréés se situe au niveau de l'écart entre le cours acheteur et le cours vendeur appliqué à la clientèle qui ne doit pas dépasser 0,25%. En 1997, cette contrainte a été levée. 7 Loi n du 3 aout 1992 Loi n du 27 décembre 1993 Loi n du 7 mars 1994

6 monétaire, l objectif tracé dans le cadre de l article 33 de la loi n du 15 mai 2006, vise à préserver la stabilité des prix. La BCT utilisera le taux d intérêt comme instrument de base pour agir sur les prix. En pratique la BCT, privilégie en premier une approche quantitative en agissant sur la base monétaire (objectif opérationnel), en utilisant les opérations d open market, en matière de régulation de liquidités bancaires. Dans une deuxième étape, la BCT adoptera une politique de ciblage d inflation. 6 Par ailleurs, pour respecter le principe du triangle d incompatibilité, issu des travaux de Mundell, pour garder une autonomie de sa politique monétaire quand la libéralisation touche les flux de capitaux, le taux de change doit gagner en flexibilité. En effet, en se plaçant dans un cadre de régime de change fixe, avec des capitaux qui sont mobiles, les taux d intérêt portés sur les actifs comparables (substituables) sont égaux. Par conséquent, les banques centrales ne peuvent manipuler individuellement leur taux d intérêts et perdent tout contrôle monétaire effectif. Si la Banque centrale d un pays décidait d augmenter individuellement son offre de monnaie en faisant baisser ses taux d intérêt, il en résulterait un transfert des capitaux vers les pays voisins. Cette fuite ne serait compatible avec le maintien d un taux de change fixe que si la Banque centrale concernée intervenait sur le marché des changes pour racheter sa monnaie en voie de dépréciation. Ainsi, elle cèdera des devises, chose qu elle ne pourra faire indéfiniment, puisque ses réserves de change sont nécessairement limitées. De ce fait, elle doit nécessairement revenir sur sa politique monétaire expansionniste. Ainsi, taux de change fixe et politique monétaire expansionniste ne sont pas compatibles avec la mobilité des capitaux. Il est évident que le degré d assouplissement des contrôles de change est étroitement lié à l évolution du taux de change et de la compétitivité extérieure de l économie. Les indices de taux de change effectif nominal et réel permettent de mieux cerner la gestion du taux de change en Tunisie. Tableau n 1 : Moyenne, écart type et coefficient de variation des indices de taux de change effectif nominal et réel ( ) Période ITCEN 8 ITCER Moyenne Moyenne Globalement, sur la période , la variabilité réelle est supérieure à la variabilité nominale. Cependant, quand on étudie deux sous périodes en tenant compte de la dévaluation du dinar en août 1986, on remarque qu avant 1986, la variabilité du taux de change réel est deux fois plus importante que celle du taux de change nominal. Alors qu après la dévaluation de 1986, la variabilité nominale est plus que deux fois plus importante que la variabilité réelle. Ainsi, la seconde période (post dévaluation) est caractérisée par une grande variabilité du taux de change nominal et d une certaine stabilité du taux de change réel, surtout entre 1986 et 1988 où l écart type de l indice du taux de change réel n est que de 3.9 et sa variabilité est de 3.8%. Ce qui dénote de 8 L année de base retenue pour le calcul des indices est est l'écart type 10 est le coefficient de variation qui est l écart type rapporté à la moyenne

7 l effort fait par les autorités monétaires pour stabiliser l indice réel à travers les ajustements de l indice nominal. L écart type de l indice du taux de change nominal a été presque multiplié par 4 si on le compare sur la période et , alors que celui de l indice de taux de change réel réduit du tiers à peu près (tableau n 1). 7 Il paraît évident qu à partir de 1986 la variabilité du taux de change nominal est au service de la stabilité réelle du taux de change et de la compétitivité. Qu advient l objectif de compétitivité avec la libéralisation de plus en plus poussée des capitaux extérieurs. Avant d aborder les mouvements des capitaux et leur influence sur le taux de change réel d équilibre, il convient d analyser la structure des flux de capitaux en Tunisie. II Evolution de la structure des capitaux étrangers en Tunisie : En analysant le graphique 3, on remarque que : Graphique n 3 Composition des flux de capitaux en Tunisie IDE/PIB IPF/PIB KLT/PIB Années - les investissements en portefeuille ne dépassent pas 1% du PIB sur la période , puisqu ils sont contrôlés par la loi. Le niveau le plus élevé des IPF est enregistré autour des années 80 et ce suite à la fuite des capitaux des pays d Amérique Latine, touchés par la crise de la dette. - Pour ce qui est des investissements directs étrangers, ils étaient de l ordre de 1 à 2% du PIB de 1970 à 1979, passant à plus que 4% en Les investisseurs, profitant de l augmentation du prix du pétrole (2 nd choc pétrolier), augmentent leur investissement dans ce secteur. La Tunisie a aussi profité des déplacements des flux de capitaux des pays d Amérique latine et des pays touchés par la crise de la dette d une manière générale.

8 - Les capitaux à long et moyen termes avaient la part la plus importante (de 2 à 8 % du PIB) entre (dette à moyen et long termes 11 et les flux d aide au développement 12 ). A partir du début des années 90, la part des capitaux à long terme a diminué et les IDE sont devenus aussi importants (de 2 à 4% du PIB) que les capitaux à long terme. 8 Graphique n 4 : La structure de la balance des capitaux en 1985, 1995, et en Dons publics IDE IPF KLT adm KLT entrep KCT % 3% 8% 24% 3% 5% 3% 31% 1% 11% 6% 34% 20% 7% 55% 3% 47% 1% Le graphique n 4 nous permet d évaluer la part de chaque composante dans le flux des capitaux étrangers. En effet, on remarque l augmentation de la part des IDE au détriment des KLMT et des IPF. Etant donné que les IDE sont générateurs de transfert technologique et sont moins sensibles aux revirements soudains en cas de panique financière que les KCT ou les IPF, ils bénéficient d encouragements de la part de l Etat et du plus grand degré d ouverture par rapport aux autres sortes de flux de capitaux. En effet, les IPF et les capitaux à court terme demeurent très contrôlés par les autorités et ne présentent pas une grande source de financement de l économie. Pour ce qui est de la relation entre les différentes sortes de capitaux et le taux de change réel, elle est retracée par le graphique n 5 qui nous montre les corrélations positives ou négatives entre les différentes sortes de capitaux sur le taux de change réel. En effet, nous observons une relation positive entre le TCR et les IDE, par contre la relation est négative entre le TCR d un coté et les IPF et les KMLT d un autre coté. Ainsi, une dépréciation réelle accompagne l entrée des IDE et une appréciation réelle accompagne l entrée des IPF et des KLMT. Pour savoir si ces relations sont confirmées par la théorie économique, nous présentons le lien existant entre les capitaux et le taux de change réel dans le cadre d un modèle macroéconomique liant le TCR à ses fondamentaux dont les flux de capitaux extérieurs (avec leurs différentes composantes). 11 L entrée des capitaux de moyen et long termes sont essentiellement de sources officielles. Ce n est qu à partir du milieu des années 90 que le flux de la dette privée était significatif 12 Les flux d aide au développement ont été importants jusqu en 1980 où ils représentaient 5% du PIB. Au-delà de cette date la part de l aide varie entre 1 et 3% du PIB)

9 TCR TCR TCR 9 Graphique n 5 : Flux de capitaux et TCR 140 TCR vs. KLT KLT 140 TCR vs. IPF 140 TCR vs. IDE IPF III Rappel du modèle de référence : Dans ce travail nous utilisons, la méthodologie d Edwards (1989,1994) qui utilise une version des modèles d équilibre macroéconomique qui définit le taux de change réel soutenable comme le sentier de valeurs consistantes avec l équilibre macroéconomique interne et externe. Le modèles théoriques se situant dans la lignée de MONTIEL P.J. et HINKLE L.E. (1999) et EDWARDS (1989, 1994), estiment le TCRE en fonction de ses fondamentaux et en déduisent l ampleur du mésalignement qui est l écart du taux observé par rapport à sa valeur d équilibre. Dans notre cas, nous estimons une version des modèles d équilibre macroéconomique pour quantifier l impact de la variation des différentes composantes des flux de capitaux sur le taux de change réel d équilibre. IDE

10 Le taux de change réel d équilibre est défini comme le prix relatif des échangeables par rapport aux non échangeables 13 qui pour des valeurs soutenables (d équilibre) de certains fondamentaux, a pour résultat un équilibre simultané interne et externe. TCR = P T / P N (1) P T représente le prix des échangeables et P N celui des non échangeables 10 i) L équilibre interne est atteint quand le marché des non échangeables s équilibre dans le présent et est anticipé de s équilibrer dans le futur ii) L équilibre externe est atteint quand le solde du compte courant est compatible avec les flux des capitaux soutenables de long terme. Le TCRE change en réponse aux variations dans les fondamentaux. Cependant, le taux de change réel observé est influencé par les politiques macroéconomiques de court et de moyen terme et les politiques de change qui ne font pas partie des fondamentaux. Un mésalignement peut avoir lieu quand ces politiques macroéconomiques sont incompatibles avec les fondamentaux. Le cadre théorique retenu pour l analyse de ces deux aspects du processus d ajustement est fourni par un modèle réel d équilibre général d optimisation inter-temporelle (Edwards 1994). L économie considérée est petite et ouverte. Elle produit des biens exportables Q X et des biens non échangeables Q N qui sont fonction du taux de change réel et du progrès technologique et consomme des biens importables C M et des biens non échangeables C N qui sont fonction du taux de change réel et du revenu. Le gouvernement consomme des biens échangeables G T et des biens non échangeables G N. Tous les prix des biens échangeables sont fixés en termes de devises étrangères. Le prix des exportables en termes de devises étrangères est supposé égal à l unité (P* X = 1). Ainsi, le prix domestique des biens échangeables P X = S. P* X = S. S est le nombre d unités de monnaie nationale à céder pour une unité de monnaie étrangère (cotation à l incertain) P M est le prix domestique des importables. P N est le prix des non échangeables. P* M est le prix mondial des importables. Côté demande : P M = S P* M + e M = P M / P N donc, e M = (S P* M + / P N (2) e* M = (S P* M )/ P N (3) e X = P X / P N donc e X = S / P N (4) C M = C M (e M, Y) avec ( C M / e M ) < 0 et ( C M / Y) > 0 (5) C N = C N (e M, Y) avec ( C N / e M ) > 0 et ( C M / Y) > 0 ( 6) Côté offre : Q X = Q X (e X ) avec ( Q X / e X ) > 0 et ( Q X / ) > 0 (7) Q N = Q N (e X, ) avec ( Q N / e X ) < 0 et ( Q N / ) < 0 (8) 13 Une augmentaion du TCR représente une dépréciation alors qu une diminution représente une appréciation réelle du taux de change. 14 est le tarif à l'import

11 Le secteur externe : CA = Q X (e X ) - P* M C M (e M, Y) - i* NFA - G T (9) R = CA + NFA( ) (10) = i - i* (11) e = P T / P N, en remplaçant P T par sa valeur, on obtient : e = S [ P* M + (1- P X ] / P N e = S [ P* M + (1- ] / P N ou bien e = e* M + (1- e X (12) 11 Les équations (2) à (8) résument les conditions d équilibre entre l offre et la demande. Les variables e M et e X sont les prix relatifs domestiques des importables et des exportables. Il faut souligner que e M inclut les tarifs sur les importations. Naturellement, e M est le prix adéquat pour les décisions de consommation et de production. Les demandes des biens M et N sont fonctions du prix relatif des importables et du revenu (Y). Les fonctions d offre dépendent du prix des exportables par rapport aux non échangeables et du progrès technologique ( ). Les équations (9), (10) et (11) sont relatives au secteur externe. L équation (9) définit le compte courant en terme de devises étrangères, comme la différence entre les recettes des exportables d une part et les dépenses des importables (du secteur privé et public) et le remboursement des intérêts de la dette d autre part, étant donné que le pays dont il s agit (la Tunisie) est un pays débiteur et non créditeur sur le plan international. L équation (10) établit que les réserves internationales (R) sont égales au compte courant (CA) plus les flux nets de capitaux (NFA). Finalement, le modèle est bouclé avec l équation (12) qui définit le taux de change réel comme le prix des échangeables par rapport aux non échangeables. L équilibre soutenable de long terme du système est atteint quand l équilibre interne et l équilibre externe sont réalisés, c est à dire quand les conditions suivantes sont satisfaites simultanément : 1 - le marché des non échangeables est en équilibre quand : C N (e M, Y) + G N = Q N (e X, ) (13) 2 - le secteur externe est en équilibre, quand R= CA + NFA ( ) = 0 (14) Dans le court et le moyen terme, il pourrait y avoir des déviations de R= 0, c est à dire qu il peut y avoir des gains ou des pertes de devises. Cependant, dans le long terme, le compte courant sera soutenable si la somme du déficit du compte courant et des flux nets de capitaux est nulle. Autrement dit, quand les ajustements sont faits, le mouvement dans les réserves de change, est nul. Le taux de change réel prévalant sous ces conditions de «steady state» est le taux de change réel d équilibre de long terme (TCRE). Des équations (12), (13) et (14), il est possible d exprimer le taux de change réel d équilibre : e = P* M,, NFA, G T,G N, Y, 15)

12 III LES TARIFS À L IMPORTATION, LES TERMES DE L ÉCHANGE ET LE TAUX DE CHANGE RÉEL D ÉQUILIBRE Une diminution des tarifs à l importation est équivalente à une amélioration des termes de l échange et peut générer une appréciation ou une dépréciation réelle d équilibre selon la supériorité de l effet de substitution par rapport à l effet revenu. 12 Un effet revenu : dans ce cas, si le tarif à l importation décroît, le prix domestique à l importation (P M ) diminue et crée un effet revenu positif. Une hausse des revenus réels signifie une augmentation de la demande des biens importables et celle de biens non échangeables. La demande excédentaire de biens non échangeables qui en résulte sera corrigée par une hausse de P N. Dans ce cas, il y aura une appréciation du taux de change réel d équilibre. Un effet de substitution : dans ce cas, si le tarif à l importation décroît, la diminution du prix domestique à l importation (P M ) qui en résulte rend les importations relativement moins chères que les non échangeables. La consommation des non échangeables décroît et l offre excédentaire de N ne peut être corrigée que par une baisse de P N, qui induira une dépréciation du taux de change réel d équilibre (De Gregorio et al. 1994) En résumé, une diminution dans les tarifs à l importation ou une amélioration des termes de l échange externes peut se traduire par une appréciation réelle d équilibre si l effet revenu l emporte sur l effet de substitution et par une dépréciation réelle si l effet de substitution l emporte sur l effet revenu. S il y a détérioration des termes de l échange externes ou accroissement dans les tarifs à l importation, il y aura appréciation du TCRE si les effets de substitution sont non seulement positifs mais supérieurs aux effets revenus et une dépréciation réelle d équilibre, dans le cas contraire. III CONTROLE DE CHANGE, FLUX DE CAPITAUX ET TCRE : Les restrictions sur la circulation de capitaux entre le pays domestique et l étranger et le contrôle de change ont toujours figuré parmi les instruments macroéconomiques majeurs utilisés par les pays développés et en développement. Dans le modèle développé par Edwards 1994, les restrictions à la liberté des mouvements internationaux des capitaux sont formalisées par une taxe sur les emprunts extérieurs de sorte que le taux d intérêt réel domestique soit supérieur au taux d intérêt réel international. La libéralisation du compte capital moyennant la réduction des taxes sur les emprunts, permet l alignement du taux d intérêt réel domestique au taux mondial 15. Edwards (1989,1994) démontre qu une libéralisation du compte capital produit une appréciation du TCRE. L ajustement se fait selon deux voies possibles: La substitution intertemporelle agit sur la consommation par le biais du taux d intérêt. En effet, une réduction des taxes rend la consommation future plus chère. Les agents substituent leur consommation future à la consommation présente. Ce 15 Il n est pas inhabituel de trouver parmi les PVD des mouvements de capitaux exogènes qui ne sont pas nécessairement liés aux différentiels des taux d intérêt. Ce type de transfert correspond tout particulièrement à l aide étrangère dont les pays les moins développés peuvent bénéficier et grâce à laquelle ils peuvent accroître leurs dépenses au-delà de leurs revenus propres, en générant ainsi un excès de demande pour les non échangeables. Pour revenir à l équilibre, une appréciation réelle aura lieu.

13 qui se traduit par une pression sur le prix des non échangeables et mène par conséquent à une appréciation du TCRE. 13 La réduction des taxes sur les emprunts réduit les distorsions au sein d une économie induisant un effet positif sur le bien être : c est l effet revenu. Ce dernier augmente la consommation et exerce par conséquent une pression tendant à diminuer P T /P N, reflet d une appréciation réelle d équilibre. Une relaxation du contrôle sur le compte capital mène à un afflux net de capitaux, l impact sur le taux de change réel d équilibre est le résultat de deux effets: celui de la substitution et celui du revenu qui génèrent une appréciation du TCRE et une détérioration du compte courant pendant cette période Edwards, 1989 (b), 1998 ; El Badawi et al ; Montiel et al III DÉPENSES GOUVERNEMENTALES ET TCRE : Les dépenses gouvernementales peuvent être des dépenses en biens échangeables et/ ou en biens non échangeables. L effet de la variation des dépenses gouvernementales sur le taux de change réel d équilibre dépend justement de la composante des dépenses gouvernementales qui va voir sa part augmenter : Une augmentation des dépenses gouvernementales en biens échangeables par rapport aux non échangeables entraîne une dépréciation réelle du taux de change d équilibre, soit une amélioration, de la position compétitive du pays domestique. Une augmentation des dépenses gouvernementales en biens non échangeables par rapport aux échangeables entraîne une appréciation réelle du taux de change d équilibre, soit une détérioration, de la position compétitive du pays domestique. III PROGRÈS TECHNOLOGIQUE ET TCRE : Le progrès technologique peut se présenter sous deux formes: un progrès technologique qui augmente le produit product augmenting ou un progrès technologique qui augmente les facteurs de production factor augmenting (Balassa, 1964). Le progrès technologique product augmenting ou income augmenting permet un accroissement des revenus réels distribués qui se traduit à son tour par une demande excédentaire des biens consommables. Comme le progrès technologique est généralement plus important dans le secteur de biens échangeables que dans le secteur de biens non échangeables, P T aura tendance à augmenter moins vite que P N. On peut dire que le rapport de prix (P T /P N ) tend à diminuer dans le temps, ce qui entraine une appréciation du TCRE. Le progrès technologique factor augmenting permet d avoir une plus grande production avec la même quantité de facteurs de production. Ce sont davantage les effets d offre qui dominent agissant dans un sens contraire à celui présenté plus haut. En effet, l offre excédentaire qui apparaîtra sur le marché sera résorbée par une baisse des prix des biens non échangeables provoquant ainsi une dépréciation du TCRE (De Gregorio et wolf 1994). Empiriquement le différentiel de productivité est souvent considéré comme un facteur de demande et représenté par le différentiel du taux de croissance du PIB/habitant domestique par rapport à l étranger. IV Les résultats empiriques : Avant de procéder à l estimation économétrique, il faut d abord étudier les propriétés statistiques des séries chronologiques étudiées.

14 14 IV Tests de la stationnarité des variables fondamentales : Les variables fondamentales retenues sont : Les termes de l échange (TOT), L ouverture commerciale (M+X)/PIB comme proxy des tarifs à l importation, Les dépenses gouvernementales rapportées au PIB, Les flux nets de capitaux par rapport au PIB courant, sont divisés en IDE/PIB, IPF/PIB et KMLT/PIB, et Le différentiel de productivité (PROD) qui capte l effet Balassa-Samuelson. Le spread : qui est le différentiel d intérêt ajusté par les taux de variation du taux de change nominal. La conjugaison des perturbations au niveau de ces variables, établit une nouvelle valeur d équilibre du taux de change réel. Les données utilisées sont annuelles allant de 1970 à La construction du taux de change réel est présentée en annexe. Le test la stationnarité des fondamentaux nous est fourni par les résultats du tableau n A1. D'après les résultats obtenus, on peut conclure que toutes les séries admettent une racine unitaire en niveau et sont stationnaires en première différence sauf pour la variable «capitaux à court terme» qui est stationnaire en niveau. Ainsi, on ne peut intégrer cette variable dans une relation de cointégration. Etant donné la propriété des séries statistiques d admettre une racine unitaire et d être stationnaire en première différence, la cointégration nous permet de générer la relation cointégrante de long terme et un modèle de court terme à correction d erreur. Cette stratégie de modélisation permet l estimation empirique du TCRE, d une manière compatible avec la théorie. IV LA RELATION DE LONG TERME: Les tests relatifs au nombre de relations de cointégration issus des données sont donnés par la trace et la relation de cointégration retenue est celle de la valeur propre la plus élevée. La trace teste pour l existence d au plus r vecteurs cointégrants contre l hypothèse alternative de l existence d au moins r+1 vecteurs. La valeur de la trace indique l existence de 2 vecteurs cointégrants à 95% Annexe2). Le vecteur cointégrant qui correspond à la valeur propre la plus élevée prend la forme suivante: LTCR LTOT(-1) OUV(-1) GPIB(-1) DPROD(-1) IDEPIB(-1) IPFPIB(- KLTPIB(-1) SPREAD 1) ( ) (-14.8) (-11.)6 (-29.9) (-24.2) (36.1) (93.3) (-73.3) dltcr dltot douv dcgpib ddprod didepi B dipfpi B dkltpib dspread 16 les valeurs entre parenthèses représentent les tests de student des coefficients estimés.

15 Ω (-2.9) (-1.04) (0.99) (-0.06) -5.6 (-1.59) 0.4 (0.33) (-0.31) (-2.55) (6.18) dltcr(-1) (1.58) dltot(-1) (-0.6) douv(-1) (-0.06) dcgpib(-1) (0.25) ddprod (-1.79) didepib(-1) (-1.13) dipfpib(-1) (0.55) dkltpib( ) (-0.87) Dspread(-1) (-0.4) 4 NOMDEV (5.13) DEXCR (-2.96) R Ṝ Selon le coefficient de détermination ajusté, 58% de la variance du taux de change réel sont expliqués par les variables introduites. La relation de long terme issue de la relation de cointégration est la suivante : LTCR = 0.15 LTOT OUV CGPIB DPROD IDEPIB (4.9) (14.8) (11.68) (29.89) (24.2) 0.26 IPFPIB 0.07 KLTPIB SPREAD (36.1) (-73.3) Toutes les variables relatives à la détermination du taux de change réel d équilibre sont significatives dans la relation de cointégration. - Pour la variable terme de l échange, le modèle théorique nous enseigne qu une variation des termes de l échange peut se transmettre au taux de change réel d équilibre par un effet revenu ou un effet de substitution. Le résultat qui peut être soit une appréciation ou une dépréciation réelle d équilibre, dépend de la supériorité d un des deux effets par rapport à l autre. En effet, une détérioration des termes de l échange externes (une diminution de TOT), provoquée par une hausse des prix mondiaux des biens importables par rapport aux prix mondiaux des biens exportables, entraînera un accroissement de la demande de biens non échangeables, relativement moins chers que les importables, sous réserve d une substitution positive entre les deux types de biens. La demande excédentaire de non échangeable ne peut être corrigée que par une hausse de P N donc par une appréciation du TCRE. Dans notre cas le coefficient relatif aux termes de l échange est positif et statistiquement significatif. En effet, une détérioration des termes de l échange de 10% se traduit par une appréciation du TCRE de 1.5% ou une amélioration des termes de l échange de 10% provoque une dépréciation du 17 Ω est le coefficient d ajustement ou le coefficient du terme à correction d erreur qui doit être négatif.

16 taux de change réel. C est donc, l effet substitution qui l emporte sur l effet revenu En ce qui concerne le coefficient associé au taux d ouverture (dont l augmentation reflète une libéralisation accrue du commerce extérieur), a un coefficient positif. Le signe positif signifie qu une libéralisation plus poussée nécessite une dépréciation réelle du taux de change pour rétablir les équilibres internes et externes. Le coefficient associé à cette variable est de 0.35, ce qui signifie qu une augmentation du taux d ouverture de 10% résulte en une dépréciation réelle d équilibre de 3.5%. - En ce qui concerne la variable dépenses gouvernementales, elle est positive et statistiquement significative, signifie que toute augmentation de dépenses gouvernementales en biens échangeables par rapport aux non échangeables génère une dépréciation réelle d équilibre et une amélioration, de la position compétitive du pays domestique. - En ce qui concerne le coefficient de la variable différentiel de productivité (l effet Balassa-Samuelson), montre que plus la productivité s accroît en Tunisie par rapport à ses partenaires plus DPROD diminue et plus le taux de change réel s apprécie. C est l effet product augmenting qui domine. Autrement dit, tout choc technologique produisant un effet revenu positif développe une demande excédentaire de biens non échangeables et donc une appréciation réelle du TCRE. - Une augmentation des IDE exerce un effet de dépréciation réelle d équilibre du taux de change. Les IDE sont encouragés à s installer en Tunisie puisque le gain de compétitivité stimule les exportations, ce qui justifie en partie l attrait pour la Tunisie. - Pour la variable IPF, le coefficient associé est négatif, ce qui est conforme à la théorie, mais de grande ampleur. En effet, une augmentation de 10% des entrées nettes des capitaux entraîne une appréciation du TCRE de 26%. - Une entrée des flux de capitaux à moyen et long terme entraîne aussi une appréciation du TCRE, qui nuirait à la compétitivité de l économie. Une entrée de capitaux stimulée par des conditions favorables d emprunt extérieurs par le biais d une réduction de taxe sur les emprunts extérieurs réduit le taux d intérêt domestique et par là augmente le taux d escompte domestique. Ainsi, la consommation future devient plus chère que la consommation présente, la demande des biens non échangeables s accroît d où l accroissement du prix des non échangeables qui signifie une appréciation du TCRE 18.Toutefois, le coefficient associé à cette variable est très faible par rapport au coefficient des IPF. Outre, la volatilité de ces capitaux qui peuvent très vite sortir du pays en cas de crise, l ampleur de son coefficient peut aussi expliquer, la réticence des autorités à relâcher la contrainte de change pesant sur les IPF. 18 Ce raisonnement s applique quand il y a un transfert exogène de capitaux non lié aux différentiels de taux d intérêt réels domestiques et étrangers. Ces aides permettent aux consommateurs d accroître leurs dépenses au-delà de leurs revenus propres. Il en résulte une demande excédentaire des biens non échangeables et donc une appréciation du TCRE

17 - Le coefficient associé à la variable spread est positif. Autrement dit, si le taux d intérêt en Tunisie augmente par rapport à celui prévalant à l étranger ( augmente), générant ainsi une augmentation de la consommation future devenant moins chère au détriment de la consommation présente. La consommation des non échangeables diminue dans le présent et l excès d offre par rapport à la consommation présente est résorbé par une diminution des prix des non échangeables et donc une dépréciation réelle d équilibre. Il est à remarquer que l étude de la fonction de réponse impulsionnelle des flux de capitaux par rapport à une augmentation du spread de 1%, montre que les IPF auront tendance à augmenter (de 0.3% l année d après) de même que les flux de capitaux de long terme qu ils soient d origine privée ou publique (KLT). Toutefois, l ampleur de la réponse des IPF est moins importante que celle des KLT (augmentent de 4% l année d après), puisque comme souligné plus haut, les IPF sont contrôlés par l Etat, et que l endettement étranger deviendra plus intéressant que l endettement local. De ce fait, une libéralisation des flux de capitaux qui aura tendance à égaliser les rendements des différents placements et de ce fait diminuera le spread aura tendance à diminuer les flux d IPF et les flux de KLT. 17 IV LE MECANISME DE COURT TERME Dans le mécanisme de court terme, nous avons intégré les variables agissant sur le taux de change effectif réel uniquement à court terme, à savoir, les variations nominales du taux de change ainsi qu une variable de politique monétaire qui est l excès d offre de crédit. Les deux variables ont les effets escomptés et sont statistiquement significatives. Une dépréciation nominale de 10% conduit à une variation du taux de change réel dans le même sens de 6.3%. Ainsi, les dépréciations nominales sont très efficaces à court terme pour générer une dépréciation réelle. Toutefois, l adoption de politiques macroéconomiques laxistes (un taux de croissance du crédit domestique supérieur au taux de croissance du revenu réel) engendre une appréciation réelle du taux de change si elle n est pas accompagnée par une dépréciation nominale systématique. Ainsi, s il existe un écart entre le taux de change réel observé et son niveau d équilibre, les autorités monétaires peuvent accélérer l ajustement vers l équilibre à travers les dévaluations nominales, accompagnées de politiques macroéconomiques (en particulier de crédit). Le concept de taux de change réel d équilibre se réfère aux valeurs soutenables des fondamentaux 19. A l instar d Edwards nous avons aussi utilisé une moyenne mobile sur 5 ans pour lisser les séries de fondamentaux et obtenir des valeurs soutenables. La comparaison du taux de change réel observé à la valeur du TCRE à partir du graphique n 6, montre que le dinar tunisien était surévalué avant la dévaluation de Depuis cette date la valeur observée s enroule autour de la valeur d équilibre jusqu en Sur cette période, étant donné que l économie tunisienne n a pas connu de chocs significatifs, l engagement des autorités monétaires dans la règle de ciblage d un taux de change réel stable a été tenu. A partir de 1999, le dinar est de nouveau surévalué par rapport à sa valeur d équilibre malgré sa tendance à la dépréciation réelle et nominale depuis cette date (graphiques n 1 et 2). Toutefois la dépréciation était insuffisante pour atteindre le niveau nécessaire à l équilibre interne et externe de l économie. 19 En pratique, une deuxième méthode le lissage des fondamentaux consiste à approximer la valeur soutenable de ces variables par celles des composantes principales (permanentes) issues de la décomposition des séries selon la méthode de Beveridge-Nelson.

18 Graphique n 6 : 18 Evolution du taux de change réel d'équilibre en comparaison au taux de change réel observé 5,1 4,9 4,7 4,5 4,3 LTCRE LTCR 4,1 3,9 3,7 3,5 Années Il faut toutefois, souligner que l amplitude des mouvements dans le TCRE ne permet pas à elle seule d expliquer le comportement du TCR observable. En effet, en examinant le graphique n 6, nous remarquons un écart important entre le taux de change réel observé et le taux de change réel de long terme. Cet écart est dit mésalignement dû aux frictions entre politiques monétaires et budgétaires d une part et politique de change d autre part. Le mésalignement n est par conséquent pas attribué aux changements structurels dans le pays, mais plutôt à un choix de politique économique (instabilité macro-économique: monétaire et fiscale). Dans le calcul du TCRE, nous avons intégré les différents flux de capitaux sauf les capitaux à court terme qui n ont pas pu être inclus dans la relation de cointégration, car ils n ont pas le même ordre d intégration que les autres variables retenues. Les coefficients associés aux différents flux de capitaux, montrent que les IPF et les KLT ont un effet d appréciation réelle d équilibre sur le taux de change alors que les IDE ont un effet de dépréciation sur le TCRE. D où la vigilance des autorités dans la libéralisation des flux de capitaux externes en libéralisant d abord les IDE, générateurs de transfert technologique, et dont l affluence ne nuira pas à la compétitivité externe de l économie tunisienne. CONCLUSIONS : Le taux de change réel constitue le cœur des politiques économiques des pays très ouverts sur l extérieur. Indicateur de compétitivité, le taux de change réel en s appréciant, constitue une crainte pour les pays émergents. Or, la libéralisation des capitaux étrangers a historiquement stimulé l entrée de capitaux vers les pays émergents, attirés par des taux de croissance importants. Dès lors, concilier l objectif de maintien de compétitivité avec la libéralisation des capitaux devient une tache difficile. L objectif de ce papier est de contribuer à ce débat en estimant une relation de cointégration de long terme entre le taux de change réel et ses fondamentaux et de trouver les composantes des flux de capitaux qui auraient une relation de long terme avec le taux de change réel.

19 19 Parmi les composantes du compte capital, nos résultats suggèrent que seuls les IDE, les IPF et KLT sont cointégrés avec le taux de change réel d équilibre. D un coté, la libéralisation des IPF et des KLT ont pour effet d apprécier réellement le dinar, alors que l entrée d IDE est influencée positivement par une dépréciation réelle d équilibre. Ce résultat est compréhensible dans la mesure où les IDE se font surtout dans les secteurs exportateurs qui sont stimulés par un gain de compétitivité. Les IDE doivent être libéralisés en premier, suivis par les KLT dont le coefficient est plus faible que celui des IPF qui doivent être libéralisés en dernier étant donné le poids de leur influence sur le taux de change réel d une part et l importance de leur volatilité d autre pat, dans le sens qu ils peuvent très vite sortir en cas de panique boursière. Ces résultats confirment le fait que si les flux de capitaux sont considérés être des déterminants de long terme, leur effet sur le TCR est un phénomène d équilibre et dans ce cas aucune mesure de politique économique ne sera nécessaire pour les contrecarrer. En outre, la stratégie de modélisation permet l estimation empirique du TCRE, d une manière compatible avec la théorie. En effet, la relation de cointégration utilisée nous permet non seulement d estimer l impact des autres variables qui sont dans notre cas, les termes de l échange, le taux d ouverture, les dépenses gouvernementales et le différentiel de productivité sur le taux de change réel, mais aussi de calculer le TCRE de long terme. Son calcul nous permet de montrer que le TCR était surévalué avant la dévaluation de 1986, et que cette dévaluation est tout à fait justifiée par les fondamentaux. Cette dévaluation a permis à l économie de rejoindre sa valeur d équilibre et d y rester entre 1987 et Sur cette période le TCRE était presque constant étant donné l absence de chocs significatifs. De même, le TCR observé était aussi stable puisque la BCT a déclaré vouloir stabiliser la valeur du dinar pour un objectif de maintien de compétitivité. Après cette date de légères surévaluations réapparaissent pour disparaître en Nous remarquons aussi une lenteur dans le processus d ajustement reflété par la faiblesse du coefficient d ajustement associé au mécanisme de court terme. Pour cela nous avons intégré une variable reflétant la dépréciation nominale du dinar d une période à l autre ainsi qu une variable de politique économique reflétant l excès de crédit octroyé par rapport au PIB réel. Il s en suit qu une politique macroéconomique laxiste (un taux de croissance du crédit domestique supérieur au taux de croissance du revenu réel) engendre une appréciation réelle du taux de change si elle n est pas accompagnée par une dépréciation nominale systématique.

20 20 Annexe 1 : Pour calculer le TCR, nous avons adopté une moyenne géométrique du taux de change réel bilatéral basée sur l indice de prix à la consommation. TCR t/0 = [( S 9 i 1 it / S i i0 )*( Pit / Pi 0)/( Pt / P0 )] S it = le nombre de dinars pour une unité de devise étrangère i à l instant t S i0 = le nombre de dinars pour une unité de devise étrangère i à l instant 0 P it = l indice de prix à la consommation du pays i à l instant t P i0 = l indice de prix à la consommation du pays i à l instant 0 P t = l indice de prix à la consommation de la Tunisie à l instant t P 0 = l indice de prix à la consommation de la Tunisie à l instant 0 Où les i représente la part de chaque monnaie dans le panier constituant le dinar tunisien. LTOT : représente le logarithme des termes de l échange externes. Cette variable est calculée sous forme d indice, base OUV = (X+M)/PIB LG : représente le logarithme des dépenses gouvernementales rapportées au PIB IDE/PIB : l investissement direct étranger rapporté au PIB IPF/PIB : l investissement en portefeuille rapporté au PIB KMLT/PIB : capitaux à long et à moyen terme de l administration et du secteur privé rapportés au PIB DPROD représente le différentiel de productivité. Cette variable est mesurée par la différence entre (le logarithme de) la productivité moyenne du travail en Tunisie et une moyenne géométrique pondérée par les mêmes i (des logarithmes des) productivités moyennes des pays partenaires.

1. Une petite économie ouverte dans un monde de capitaux parfaitement mobiles

1. Une petite économie ouverte dans un monde de capitaux parfaitement mobiles Le modèle Mundell-Flemming avec parfaite mobilité des capitaux Le modèle Mundell-Flemming (Robert Mundell, Marcus Flemming, début années 1960) est l extension du modèle IS-LM en économie ouverte. Il partage

Plus en détail

Taux de change réel d équilibre et mésalignements: Enseignements d un modèle VAR-ECM pour le cas de la Tunisie

Taux de change réel d équilibre et mésalignements: Enseignements d un modèle VAR-ECM pour le cas de la Tunisie PANOECONOMICUS, 2008, 4, str. 439-4 64 UDC 336.748.3 ORIGINAL SCIENTIFIC PAPER Taux de change réel d équilibre et mésalignements: Enseignements d un modèle VAR-ECM pour le cas de la Tunisie Fatma Marrakchi

Plus en détail

1 L équilibre sur le marché des biens et services

1 L équilibre sur le marché des biens et services Modèle IS LM BP IMPORTANT : en aucun cas ce cours ne remplace le cours magistral de M. Gilles Dufrénot, notamment le cours sur les chapitres 4 et 5. Il est destiné à faciliter la comprehension du cours

Plus en détail

PARTI PRIS Notes d analyse

PARTI PRIS Notes d analyse PARTI PRIS Notes d analyse (i) «Parti pris» est une note d analyse sur une question importante ayant trait aux enjeux actuels de l économie nationale, aux problèmes liés aux politiques économiques, aux

Plus en détail

Les mécanismes de transmission de la politique monétaire

Les mécanismes de transmission de la politique monétaire Chapitre 5 Les mécanismes de transmission de la politique monétaire Introduction (1/3) Dans le chapitre 4, on a étudié les aspects tactiques de la politique monétaire Comment la BC utilise les instruments

Plus en détail

Introduction : I. Notions générales sur le régime de change : II. Le régime de change au Maroc :

Introduction : I. Notions générales sur le régime de change : II. Le régime de change au Maroc : Introduction : Il faut savoir que le choix du régime de change revêt une grande importance. Il doit s engager sur des règles de politique économique et être cohérent avec les politiques monétaire et budgétaire.

Plus en détail

Evolution de la Conjoncture Economique Au cours du premier trimestre 2015

Evolution de la Conjoncture Economique Au cours du premier trimestre 2015 Evolution de la Conjoncture Economique Au cours du premier trimestre 215 Banque Centrale de Tunisie Mars 215 1- ENVIRONMENT INTERNATIONAL - L environnement économique international a été marquée, ces derniers

Plus en détail

La politique monétaire. Lionel Artige HEC Université de Liège

La politique monétaire. Lionel Artige HEC Université de Liège La politique monétaire Lionel Artige HEC Université de Liège La politique monétaire d hier et d aujourd hui Hier Autrefois, les Etats battaient monnaie et les banques centrales dépendaient directement

Plus en détail

TENDANCES MONETAIRES ET FINANCIERES AU COURS DU QUATRIEME TRIMESTRE 2014

TENDANCES MONETAIRES ET FINANCIERES AU COURS DU QUATRIEME TRIMESTRE 2014 TENDANCES MONETAIRES ET FINANCIERES AU COURS DU QUATRIEME TRIMESTRE 2014 Mars 2015 1/12 D ANS une conjoncture internationale marquée par une reprise globale fragile, une divergence accrue de croissance

Plus en détail

TD n 1 : la Balance des Paiements

TD n 1 : la Balance des Paiements TD n 1 : la Balance des Paiements 1 - Principes d enregistrement L objet de la Balance des Paiements est de comptabiliser les différentes transactions entre résidents et non-résidents au cours d une année.

Plus en détail

Economie Politique Générale Interrogation récapitulative du mardi 12 mai 2014 Corrigé

Economie Politique Générale Interrogation récapitulative du mardi 12 mai 2014 Corrigé Economie Politique Générale Interrogation récapitulative du mardi 12 mai 2014 Corrigé Question 1 : Soit une économie ouverte avec Etat. La propension marginale à épargner est égale à 1/3, le taux de taxation

Plus en détail

LE DOLLAR CANADIEN : DÉTERMINANTS DU TAUX DE CHANGE

LE DOLLAR CANADIEN : DÉTERMINANTS DU TAUX DE CHANGE LE DOLLAR CANADIEN : DÉTERMINANTS DU TAUX DE CHANGE Bibliothèque du Parlement Capsule d information pour les parlementaires TIPS-117F Le 20 décembre 2004 Le dollar canadien Le dollar canadien évolue selon

Plus en détail

Evolution de la Conjoncture Economique (Huit premiers mois de 2015)

Evolution de la Conjoncture Economique (Huit premiers mois de 2015) Evolution de la Conjoncture Economique (Huit premiers mois de 2015) Banque Centrale de Tunisie Août 2015 1- ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL - Les statistiques préliminaires de la croissance dans les principaux

Plus en détail

La productivité du travail et le salaire moyen par tête à l horizon 2050

La productivité du travail et le salaire moyen par tête à l horizon 2050 CONSEIL D ORIENTATION DES RETRAITES Séance plénière du mercredi 26 septembre 2007 à 9 h 30 «Actualisation des projections à long terme : les hypothèses» Document N 04 Document de travail, n engage pas

Plus en détail

Politiques monétaire et budgétaire en économie ouverte

Politiques monétaire et budgétaire en économie ouverte Chapitre 4 Politiques monétaire et budgétaire en économie ouverte Introduction modèle keynésien : on suppose que les prix sont fixes quand la production augmente, tant que l on ne dépasse pas le revenu

Plus en détail

Développement du marché financier

Développement du marché financier Royaume du Maroc Direction des Etudes et des Prévisions financières Développement du marché financier Juillet 1997 Document de travail n 21 Développement du marché financier Juillet 1997 Le développement

Plus en détail

LE COURS DU DOLLAR CANADIEN :

LE COURS DU DOLLAR CANADIEN : LE COURS DU DOLLAR CANADIEN : DÉTERMINANTS ET ÉVOLUTION RÉCENTE Bibliothèque du Parlement Capsule d information pour les parlementaires TIPS-51F Le 11 décembre 2000 Qu est-ce qui détermine la valeur Externe

Plus en détail

TAUX DE CHANGE REELS FONDES SUR LA PARITE DES POUVOIRS D ACHAT : APPLICATION AU CAS DE L ECONOMIE TUNISIENNE

TAUX DE CHANGE REELS FONDES SUR LA PARITE DES POUVOIRS D ACHAT : APPLICATION AU CAS DE L ECONOMIE TUNISIENNE TAUX DE CHANGE REELS FONDES SUR LA PARITE DES POUVOIRS D ACHAT : APPLICATION AU CAS DE L ECONOMIE TUNISIENNE Auteur : Sana GUERMAZI-BOUASSIDA Assistante Permanente à l Ecole Supérieure de Commerce de la

Plus en détail

Perspectives économiques régionales Afrique subsaharienne. FMI Département Afrique Mai 2010

Perspectives économiques régionales Afrique subsaharienne. FMI Département Afrique Mai 2010 Perspectives économiques régionales Afrique subsaharienne FMI Département Afrique Mai 21 Introduction Avant la crise financière mondiale Vint la grande récession La riposte politique pendant le ralentissement

Plus en détail

15. Une théorie macroéconomique de l économie

15. Une théorie macroéconomique de l économie 15. Une théorie macroéconomique de l économie S = I + INE Epargne nationale, investissement et investissement net à l étranger en % du PIB aux Etats-Unis Année S I INE 1960 19,4 18,7 0,7 1970 18,4 18,1

Plus en détail

Introduction à la Macroéconomie

Introduction à la Macroéconomie Introduction à la Macroéconomie Cours donné par Federica Sbergami 2011-2012 Travail Pratique No 4 Correction: Vendredi 26 avril 2013 12h15-14h A. Inflation Exercice 1 En se basant sur l hypothèse des prix

Plus en détail

La dette publique japonaise : quelles perspectives?

La dette publique japonaise : quelles perspectives? La dette publique japonaise : quelles perspectives? Le Japon est le pays le plus endetté du monde avec une dette publique représentant 213% de son PIB en 2012 (contre 176% pour la Grèce). Dans ces conditions,

Plus en détail

Y-a-t-il vraiment un lien entre le prix du pétrole et le taux de change du dollar?

Y-a-t-il vraiment un lien entre le prix du pétrole et le taux de change du dollar? 7 mars 8- N 98 Y-a-t-il vraiment un lien entre le prix du pétrole et le taux de change du dollar? Beaucoup d observateurs avancent l idée suivante : la hausse du prix du pétrole est une conséquence du

Plus en détail

L Equilibre Macroéconomique en Economie Ouverte

L Equilibre Macroéconomique en Economie Ouverte L Equilibre Macroéconomique en Economie Ouverte Partie 3: L Equilibre Macroéconomique en Economie Ouverte On abandonne l hypothèse d économie fermée Les échanges économiques entre pays: importants, en

Plus en détail

Les origines et les manifestations de la crise économique et financière. par Professeur Nadédjo BIGOU-LARE Université de Lomé

Les origines et les manifestations de la crise économique et financière. par Professeur Nadédjo BIGOU-LARE Université de Lomé Les origines et les manifestations de la crise économique et financière par Professeur Nadédjo BIGOU-LARE Université de Lomé Plan Introduction 1. Origines de la crise financière: les «subprimes» 2. Les

Plus en détail

Gouvernance du taux de change en Tunisie. 19 Avril 2013 Table Ronde -IACE Tunis.

Gouvernance du taux de change en Tunisie. 19 Avril 2013 Table Ronde -IACE Tunis. Gouvernance du taux de change en Tunisie 19 Avril 2013 Table Ronde -IACE Tunis. 1 Définition La gouvernance du taux de change consiste à : 1) Choisir le régime de change adéquat - Régime de changes fixes

Plus en détail

L économie ouverte. Un modèle de petite économie ouverte. V2.0 Adaptépar JFB des notes de Germain Belzile. Quelques définitions

L économie ouverte. Un modèle de petite économie ouverte. V2.0 Adaptépar JFB des notes de Germain Belzile. Quelques définitions L économie ouverte Un modèle de petite économie ouverte V2.0 Adaptépar JFB des notes de Germain Belzile Quelques définitions Économie fermée Économie ouverte Exportations et importations Exportations nettes

Plus en détail

Tendances financières et monétaires au premier semestre 2015

Tendances financières et monétaires au premier semestre 2015 Septembre 2015 Tendances financières et monétaires au premier semestre 2015 L objet de cette revue est de présenter les principaux éléments qui caractérisent l évolution de la situation de la position

Plus en détail

Amérique Latine : bilan et perspectives

Amérique Latine : bilan et perspectives Amérique Latine : bilan et perspectives Conférence de M. Jacques de Larosière pour le colloque organisé par le CFCE et l Institut des Hautes Etudes de l Amérique Latine (Paris, le 21 mars 2001) L économie

Plus en détail

Exercice 1 : Balance des Paiements (4 points)

Exercice 1 : Balance des Paiements (4 points) Université Paris Ouest-Nanterre La Défense Master Economie U.F.R. SEGMI Premier Semestre 2009-2010 Macroéconomie Ouverte Chargé de T.D. : Romain Restout Cours de Olivier Musy Contrôle Continu (14/12/2009)

Plus en détail

NOTE SUR LA POLITIQUE MONETAIRE

NOTE SUR LA POLITIQUE MONETAIRE NOTE SUR LA POLITIQUE MONETAIRE Septembre 2014 Note sur la Politique Monétaire Quatrième trimestre 2014 0 www.brh.net Avant-propos La Note sur la Politique Monétaire analyse les développements récents

Plus en détail

Le FMI conclut les consultations de 2009 au titre de l article IV avec le Maroc

Le FMI conclut les consultations de 2009 au titre de l article IV avec le Maroc Le FMI conclut les consultations de 2009 au titre de l article IV avec le Maroc Note d information au public (NIP) n 10/19 (F) 16 février 2010 Les notes d'information au public (NIP) s inscrivent dans

Plus en détail

Stabilité macroéconomique et financement bancaire de la

Stabilité macroéconomique et financement bancaire de la Alger, le 11 Juin 2015 Stabilité macroéconomique et financement bancaire de la croissance 1. Stabilité macroéconomique et financière Contrairement aux années 1990 marquées par l ajustement structurel (1991

Plus en détail

TD de Macroéconomie 2011-2012 Université d Aix-Marseille 2 Licence 2 EM Enseignant: Benjamin KEDDAD

TD de Macroéconomie 2011-2012 Université d Aix-Marseille 2 Licence 2 EM Enseignant: Benjamin KEDDAD TD de Macroéconomie 2011-2012 Université d Aix-Marseille 2 Licence 2 EM Enseignant: Benjamin KEDDAD 1. Balance des paiements 1.1. Bases comptable ˆ Transactions internationales entre résident et non-résident

Plus en détail

Les effets des regroupements dans le secteur bancaire sur l allocation du capital de risque et la liquidité des marchés*

Les effets des regroupements dans le secteur bancaire sur l allocation du capital de risque et la liquidité des marchés* Les effets des regroupements dans le secteur bancaire sur l allocation du capital de risque et la liquidité des marchés* Chris D Souza et Alexandra Lai Jusqu à récemment, la réglementation en vigueur au

Plus en détail

14. Les concepts de base d une économie ouverte

14. Les concepts de base d une économie ouverte 14. Les concepts de base d une économie ouverte Jusqu ici, hypothèse simplificatrice d une économie fermée. Economie fermée : économie sans rapport économique avec les autres pays pas d exportations, pas

Plus en détail

Solde Courant et Choix Intertemporel

Solde Courant et Choix Intertemporel Solde Courant et Choix Intertemporel Grégory Corcos et Isabelle Méjean ECO 434: Economie Internationale Ecole Polytechnique, 2ème Année http://isabellemejean.com/eco434 InternationalEconomics.html Plan

Plus en détail

Les politiques d appui à la croissance complètent l assainissement des comptes publics

Les politiques d appui à la croissance complètent l assainissement des comptes publics Bulletin du FMI PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES MONDIALES Quelques leçons de l histoire pour maîtriser la dette publique Bulletin du FMI en ligne 27 septembre 2012 Le fronton du Trésor américain : la dette publique

Plus en détail

Royaume du Maroc. L'impact de la baisse des taux d'intérêt : les mécanismes de transmission et les enseignements d'une simulation

Royaume du Maroc. L'impact de la baisse des taux d'intérêt : les mécanismes de transmission et les enseignements d'une simulation Royaume du Maroc L'impact de la baisse des taux d'intérêt : les mécanismes de transmission et les enseignements d'une simulation Constituant une sélection mensuelle des travaux menés par les cadres de

Plus en détail

Annexe - Balance des paiements et équilibre macro-économique

Annexe - Balance des paiements et équilibre macro-économique Annexe - Balance des paiements et équilibre macro-économique Les échanges de marchandises (biens et services), de titres et de monnaie d un pays avec l étranger sont enregistrés dans un document comptable

Plus en détail

Simulation d impact de l augmentation des salaires du personnel de l administration publique et du SMIG et du SMAG dans le secteur privé

Simulation d impact de l augmentation des salaires du personnel de l administration publique et du SMIG et du SMAG dans le secteur privé Simulation d impact de l augmentation des salaires du personnel de l administration publique et du SMIG et du SMAG dans le secteur privé L augmentation des salaires du personnel de l administration publique

Plus en détail

BSI Economics La dynamique de l hyperinflation : explications à la lumière de l apport fondateur de Cagan

BSI Economics La dynamique de l hyperinflation : explications à la lumière de l apport fondateur de Cagan La dynamique de l hyperinflation : explications à la lumière de l apport fondateur de Cagan Partie 2: La source de l hyperinflation : un comportement rationnel d un Etat laxiste Résumé : - Il existe un

Plus en détail

LA PREVISION DU TAUX DE CHANGE. Finance internationale, 9 ème éd. Y. Simon & D. Lautier

LA PREVISION DU TAUX DE CHANGE. Finance internationale, 9 ème éd. Y. Simon & D. Lautier LA PREVISION DU TAUX DE CHANGE 1 Qui cherche à prévoir? Les entreprises Les banques Les fonds d investissement Les investisseurs institutionnels Pourquoi chercher à prévoir? Créances et dettes en devises

Plus en détail

Simulations de l impact de politiques. économiques sur la pauvreté et les inégalités

Simulations de l impact de politiques. économiques sur la pauvreté et les inégalités Simulations de l impact de politiques économiques sur la pauvreté et les inégalités L analyse de l évolution des conditions de vie et des comportements des classes moyennes, à la lumière de l observation

Plus en détail

Chapitre IX : Le taux de change : marché et politique

Chapitre IX : Le taux de change : marché et politique Chapitre IX : Le taux de change : marché et politique I. Marché des changes et balance des paiements = marché où s'échangent les monnaies nationales. Grand A : impact du taux de change E sur les exportations

Plus en détail

Exposé sous le thème: L instabilité des taux de change

Exposé sous le thème: L instabilité des taux de change Exposé sous le thème: L instabilité des taux de change I- Introduction générale: 1 -La montée de l instabilité des taux de change. 2- L'instabilité du SMI au cours du 20 ème siècle. 1 - Illustration sur

Plus en détail

Chapitre 4 Comment s opère le financement de l économie mondiale?

Chapitre 4 Comment s opère le financement de l économie mondiale? CONCEPTION ET MISE EN PAGE : PAUL MILAN 18 décembre 2014 à 14:22 Chapitre 4 Comment s opère le financement de l économie mondiale? Ce chapitre ne fait plus partie du programme, mais il est conseillé de

Plus en détail

PROJECTIONS MACROÉCONOMIQUES POUR LA ZONE EURO ÉTABLIES PAR LES SERVICES DE LA BCE

PROJECTIONS MACROÉCONOMIQUES POUR LA ZONE EURO ÉTABLIES PAR LES SERVICES DE LA BCE Encadré PROJECTIONS MACROÉCONOMIQUES POUR LA ZONE EURO ÉTABLIES PAR LES SERVICES DE LA Sur la base des informations disponibles au 23 août 2013, les services de la ont réalisé des projections concernant

Plus en détail

ANNEXE IX EFFETS MACROECONOMIQUES DE LA REFORME

ANNEXE IX EFFETS MACROECONOMIQUES DE LA REFORME ANNEXE VII, PJ n IX, page 1 ANNEXE IX EFFETS MACROECONOMIQUES DE LA REFORME PIECE JOINTE N 9 EFFETS D UNE DIMINUTION DES COTISATIONS SOCIALES EMPLOYEURS FINANCEE PAR LA CREATION D UN IMPOT SUR LE CHIFFRE

Plus en détail

LES DOMAINES DE LA POLITIQUE ECONOMIQUE

LES DOMAINES DE LA POLITIQUE ECONOMIQUE LES DOMAINES DE LA POLITIQUE ECONOMIQUE I. Quelques définitions Politique conjoncturelle : C est l ensemble des décisions prisent à court terme par les pouvoirs publics dans le but de maintenir ou de rétablir

Plus en détail

ETATS-UNIS : FINANCEMENT DE LA BALANCE COURANTE

ETATS-UNIS : FINANCEMENT DE LA BALANCE COURANTE Licence AES, Relations monétaires internationales 2000-2001 Feuille de Td N 1 : La balance des paiements. ETATS-UNIS : FINANCEMENT DE LA BALANCE COURANTE Sources : Extraits d'articles publiés par : Recherche

Plus en détail

Chapitre 4 : Les grands déséquilibres économiques

Chapitre 4 : Les grands déséquilibres économiques Chapitre 4 : Les grands déséquilibres économiques Introduction (1) 3 grands déséquilibres : inflation, chômage et croissance et fluctuations économiques Grands déséquilibres?! Écart entre l offre et la

Plus en détail

2014-2015 DS n 3 Chap 1-2h. Épreuve composée

2014-2015 DS n 3 Chap 1-2h. Épreuve composée Épreuve composée Pour la partie 3 (Raisonnement s appuyant sur un dossier documentaire), il est demandé au candidat de traiter le sujet : en développant un raisonnement ; en exploitant les documents du

Plus en détail

IDRI 2220: Relations Economiques internationales

IDRI 2220: Relations Economiques internationales Livre de référence IDRI 2220: Relations Economiques internationales Le cours est basé sur le livre de P. R. Krugman et M. Obstfeld "Economie internationale", ed. Pearson Education, édition française (2006).

Plus en détail

Chap 6 : L ouverture des économies. I. La mesure des échanges de biens et de services

Chap 6 : L ouverture des économies. I. La mesure des échanges de biens et de services Chap 6 : L ouverture des économies L ouverture des économies a permis une forte progression des échanges internationaux, notamment depuis la Seconde Guerre mondiale, même si tous les pays et les secteurs

Plus en détail

ECO434, Ecole polytechnique, 2e année PC 4 Approche Intertemporelle du Compte Courant

ECO434, Ecole polytechnique, 2e année PC 4 Approche Intertemporelle du Compte Courant ECO434, Ecole polytechnique, e année PC 4 Approche Intertemporelle du Compte Courant Exercice : Choix intertemporel et Taux de Change Réel (TCR) On considère une petite économie ouverte dans laquelle deux

Plus en détail

Economie et finance Internationale, Taux de change d équilibre, Macroéconomie internationale.

Economie et finance Internationale, Taux de change d équilibre, Macroéconomie internationale. Yousra ZARKA DIT FEHRI Statut : Doctorante Yousra93400@yahoo.fr zarka@univ-paris13.fr CEPN- CNRS UMR N 7115 Bureau J 110 Tél. : 01.49.40.35.30 Domaine de recherche Economie et finance Internationale, Taux

Plus en détail

Reformes, dette publique et croissance economique : quelle dynamique?

Reformes, dette publique et croissance economique : quelle dynamique? Reformes, dette publique et croissance economique : quelle dynamique? La détermination d un niveau optimal de dette publique est un sujet complexe, autant lié aux exigences temporelles (soutenabilité de

Plus en détail

Evolution de la Conjoncture Economique (Premier Trimestre 2015)

Evolution de la Conjoncture Economique (Premier Trimestre 2015) Evolution de la Conjoncture Economique (Premier Trimestre 215) Banque Centrale de Tunisie Avril 215 1- Environnement International 1-1. Croissance Economique - Selon les prévisions du Fonds monétaire international

Plus en détail

Au 31 décembre 2010, le total du bilan de la Banque s est accru de 30.093,6 MBIF, soit 3,7 p.c., passant de 805.508,9 à 835.602,5 MBIF.

Au 31 décembre 2010, le total du bilan de la Banque s est accru de 30.093,6 MBIF, soit 3,7 p.c., passant de 805.508,9 à 835.602,5 MBIF. II. COMPTES La Banque présente, ses états financiers selon les Normes Internationales d Information Financière (IFRS) conformément aux exigences de la loi n 1/34 du 2 décembre 2008 portant statuts de la

Plus en détail

I. ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE INTERNATIONAL

I. ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE INTERNATIONAL I. ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE INTERNATIONAL En dépit d un léger ralentissement de l activité en rapport principalement avec le renchérissement du pétrole et la survenue de catastrophes naturelles, la croissance

Plus en détail

BANQUE NATIONALE DE ROUMANIE 1

BANQUE NATIONALE DE ROUMANIE 1 1 Particularités s de la politique monétaire 2 Les particularités s du ciblage de l inflation l en Roumanie! Cible d inflation fondée sur l indice des prix à la consommation! Cible établie comme valeur

Plus en détail

[ les éco_fiches ] Guerre des changes. Octobre. Mécanismes de la politique monétaire

[ les éco_fiches ] Guerre des changes. Octobre. Mécanismes de la politique monétaire Des fiches pour mieux comprendre l'actualité économique Guerre des changes A l heure actuelle, les Banques Centrales dessinent leurs stratégies de sortie de crise. Deux grands groupes émergent : La Banque

Plus en détail

MacSim. Un logiciel pour l évaluation des politiques macro-économiques

MacSim. Un logiciel pour l évaluation des politiques macro-économiques Octobre 2012 MacSim Un logiciel pour l évaluation des politiques macro-économiques JEAN-LOUIS BRILLET, GILBERT CETTE ET IAN GAMBINI 1 LE LOGICIEL MACSIM Sommaire général Octobre 2012 Sommaire général I.

Plus en détail

DEBT SUSTAINABILITY AND DEBT MANAGEMENT STRATEGY IN

DEBT SUSTAINABILITY AND DEBT MANAGEMENT STRATEGY IN 4 th Forum (4 ème Forum) of Debt Management Facility Stakeholder s 2-3 May, 2013 Berlin (Germany) DEBT SUSTAINABILITY AND DEBT MANAGEMENT STRATEGY IN DEVELOPING COUNTRIES THAT ARE SEEKING NON CONCESSIONAL

Plus en détail

Evolution de la Conjoncture Economique (Premier semestre 2015)

Evolution de la Conjoncture Economique (Premier semestre 2015) Evolution de la Conjoncture Economique (Premier semestre 215) Banque Centrale de Tunisie Juillet 215 1- ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL 1-1. Croissance Economique - La Banque Mondiale a révisé, au mois de

Plus en détail

Les effets économiques de la guerre en Syrie et de la progression de l État islamique sur les pays du Levant. Elena Ianchovichina et Maros Ivanic

Les effets économiques de la guerre en Syrie et de la progression de l État islamique sur les pays du Levant. Elena Ianchovichina et Maros Ivanic Les effets économiques de la guerre en Syrie et de la progression de l État islamique sur les pays du Levant Elena Ianchovichina et Maros Ivanic Résumé détaillé Cet article propose une estimation quantitative

Plus en détail

La planification financière

La planification financière La planification financière La planification financière est une phase fondamentale dans le processus de gestion de l entreprise qui lui permet de limiter l incertitude et d anticiper l évolution de l environnement.

Plus en détail

Pétrole, euro, BCE : de bonnes nouvelles pour relancer la croissance (suite)

Pétrole, euro, BCE : de bonnes nouvelles pour relancer la croissance (suite) Pétrole, euro, BCE : de bonnes nouvelles pour relancer la croissance (suite) 2 ème partie : La baisse de l euro Nous avons fréquemment souligné sur ce blog (encore dernièrement le 29 septembre 2014) l

Plus en détail

3 ) Les limites de la création monétaire

3 ) Les limites de la création monétaire 3 ) Les limites de la création monétaire Si un banquier n a besoin que de son stylo pour créer de la monnaie, on peut se demander ce qui empêche une création infinie de monnaie. En fait, la création monétaire

Plus en détail

Cadre budgétaire et fiscal

Cadre budgétaire et fiscal Cadre budgétaire et fiscal Séminaire sur la gestion du risque social Paris, 30 juin 2003 Brian Ngo Politique fiscale : une vue d ensemble Utilise la puissance des impôts (T), des dépenses (G) et des emprunts

Plus en détail

2- LA MONNAIE DANS L ECHANGE 2-1 FONCTIONS ET QUALITES DE LA MONNAIE Analyser les effets de la quantité et de la qualité de la monnaie sur les

2- LA MONNAIE DANS L ECHANGE 2-1 FONCTIONS ET QUALITES DE LA MONNAIE Analyser les effets de la quantité et de la qualité de la monnaie sur les 2- LA MONNAIE DANS L ECHANGE 2-1 FONCTIONS ET QUALITES DE LA MONNAIE Analyser les effets de la quantité et de la qualité de la monnaie sur les décisions des agents économiques. La monnaie joue un rôle

Plus en détail

Le FMI conclut les consultations de 2008 au titre de l article IV avec le Maroc

Le FMI conclut les consultations de 2008 au titre de l article IV avec le Maroc Note d information au public (NIP) n 08/91 POUR DIFFUSION IMMÉDIATE Le 23 juillet 2008 Fonds monétaire international 700 19 e rue, NW Washington, D. C. 20431 USA Le FMI conclut les consultations de 2008

Plus en détail

Cotation à l incertain (direct). Qté variable monnaie nationale pour une unité de monnaie étrangère 1 GBP = 1,8438 USD pour la cotation du $

Cotation à l incertain (direct). Qté variable monnaie nationale pour une unité de monnaie étrangère 1 GBP = 1,8438 USD pour la cotation du $ 004 005 - Economie Internationale Echanges commerciaux = 1% opérations de change Création monnaie qd accord crédit Devise clef = monnaie nationale reconnue comme monnaie internationale Contrainte pour

Plus en détail

FinAfrique Research. Performances bancaires dans les zones CEMAC & UEMOA

FinAfrique Research. Performances bancaires dans les zones CEMAC & UEMOA FinAfrique Research Performances bancaires dans les zones CEMAC & UEMOA Octobre 2015 Dans ce document nous comparons la performance du secteur bancaire des zones CEMAC et UEMOA depuis 2006. Si la pénétration

Plus en détail

Microéconomie vs Macroéconomie

Microéconomie vs Macroéconomie CONCLUSION Microéconomie vs Macroéconomie Concept commun de base des ressources limitées pour satisfaire des besoins illimités Microéconomie Macroéconomie But : comprendre le processus de décision des

Plus en détail

2.1.2. La fixation du taux de change sur le marché

2.1.2. La fixation du taux de change sur le marché 2.1.2. La fixation du taux de change sur le marché La loi de l'offre et de la demande Comme tout marché concurrentiel, le marché des changes est régi par la loi de l'offre et de la demande. Les offres

Plus en détail

Les effets d une contrainte de crédit sur la convergence économique : Le cas des pays de l UEMOA

Les effets d une contrainte de crédit sur la convergence économique : Le cas des pays de l UEMOA Les effets d une contrainte de crédit sur la convergence économique : Le cas des pays de l UEMOA Auteurs : Abdoulaye DIAGNE et Abdou-Aziz NIANG Introduction Ceci devrait contribuer à réduire l écart entre

Plus en détail

l assureur-vie un risque non négligeable de réinvestissement.

l assureur-vie un risque non négligeable de réinvestissement. Taux d intérêt technique pour la détermination du taux de conversion en rentes concernant la prévoyance professionnelle surobligatoire 03.11.2003 / OFAP section Vie I. Résumé Le taux de conversion en rentes

Plus en détail

I N D I C A T E U R S D A C T I V I T E D E L A S O C I E T E T U N I S I E N N E D E B A N Q U E A U 3 0 J U I N 2014

I N D I C A T E U R S D A C T I V I T E D E L A S O C I E T E T U N I S I E N N E D E B A N Q U E A U 3 0 J U I N 2014 I N D I C A T E U R S D A C T I V I T E D E L A S O C I E T E T U N I S I E N N E D E B A N Q U E A U 3 0 J U I N 2014 DU 1/04/2014 AU 30/06/2014 DU 1/04/2013 AU 30/06/2013 AU 30/06/2014 AU 30/06/2013

Plus en détail

Politique de placements

Politique de placements Politique de placements Le 7 octobre 2010 Politique de placements Table des matières 1. La mission de la Fondation pour le développement des coopératives en Outaouais 2. Les principes de la gouvernance

Plus en détail

1. PROFIL DES DÉPENSES TOTALES DU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC EN 2011-2012

1. PROFIL DES DÉPENSES TOTALES DU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC EN 2011-2012 L ÉTAT QUÉBÉCOIS EN PERSPECTIVE Les dépenses totales L Observatoire de l administration publique, hiver 2013 1. PROFIL DES DÉPENSES TOTALES DU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC EN 2011-2012 Les dépenses totales,

Plus en détail

Billets de banque échangeables pour l or -Prixdéterminé par le gouvernement - Billets pourraient être émis par des banques privées

Billets de banque échangeables pour l or -Prixdéterminé par le gouvernement - Billets pourraient être émis par des banques privées 3 Bretton Woods et le système monétaire 3.1 L étalon-or Billets de banque échangeables pour l or -Prixdéterminé par le gouvernement - Billets pourraient être émis par des banques privées 1 Le prix d or

Plus en détail

QUESTIONS SUR LA POLITIQUE MONÉTAIRE CANADIENNE (PREMIÈRE PARTIE)

QUESTIONS SUR LA POLITIQUE MONÉTAIRE CANADIENNE (PREMIÈRE PARTIE) QUESTIONS SUR LA POLITIQUE MONÉTAIRE CANADIENNE (PREMIÈRE PARTIE) 1. En temps normal, lorsque le taux d intérêt à un jour s approche du taux d escompte, la Banque du Canada: a) retire des fonds déposés

Plus en détail

Le secteur des assurances en Tunisie : Des lacunes à combler dans un secteur en pleine mutation

Le secteur des assurances en Tunisie : Des lacunes à combler dans un secteur en pleine mutation Le secteur des assurances en Tunisie : Des lacunes à combler dans un secteur en pleine mutation Plusieurs tentatives visant la mise à niveau et la refonte du secteur des assurances en Tunisie ont déjà

Plus en détail

Après la reprise de 2010 et le ralentissement de 2011 et 2012,

Après la reprise de 2010 et le ralentissement de 2011 et 2012, FICHE PAYS AMÉRIQUE LATINE : EN QUÊTE D UN NOUVEAU SOUFFLE Département analyse et prévision Après la reprise de 2010 et le ralentissement de 2011 et 2012, la croissance repart depuis quelques trimestres,

Plus en détail

Remarques d Ouverture par M. Mohammed Laksaci, Gouverneur de la Banque d Algérie, Président de l Association des Banques Centrales Africaines

Remarques d Ouverture par M. Mohammed Laksaci, Gouverneur de la Banque d Algérie, Président de l Association des Banques Centrales Africaines Remarques d Ouverture par M. Mohammed Laksaci, Gouverneur de la Banque d Algérie, Président de l Association des Banques Centrales Africaines Symposium des Gouverneurs sur le thème «Inclusion financière

Plus en détail

Les Crises de Balance des

Les Crises de Balance des Les Crises de Balance des Paiements Cédric Tille Institut t des Hautes Etudes Internationales ti et du Développement, et Center for Economic Policy Research (CEPR) Journée Iconomix, 14 Novembre 2012 Structure

Plus en détail

FAIRE FACE AUX CHOCS DES COURS DES MATIÈRES PREMIÈRES À L EXPORTATION : L EXPÉRIENCE DU ZIMBABWE. Présenté par. W. L. Manungo

FAIRE FACE AUX CHOCS DES COURS DES MATIÈRES PREMIÈRES À L EXPORTATION : L EXPÉRIENCE DU ZIMBABWE. Présenté par. W. L. Manungo FAIRE FACE AUX CHOCS DES COURS DES MATIÈRES PREMIÈRES À L EXPORTATION : L EXPÉRIENCE DU ZIMBABWE Présenté par W. L. Manungo Secrétaire pour les finances, Zimbabwe Plan de la présentation Introduction Structure

Plus en détail

14. Demande Agrégée Extérieure

14. Demande Agrégée Extérieure 14. Demande Agrégée Extérieure Remarque : Afin de simplifier les calculs et de se focaliser sur les concepts propres à cette séance, nous supposerons tout au long de celle-ci que PNB = Y (c est-à-dire

Plus en détail

Généralités. La crise financière qui a éclaté en Asie il y a près de deux ans a rendu

Généralités. La crise financière qui a éclaté en Asie il y a près de deux ans a rendu Généralités La crise financière qui a éclaté en Asie il y a près de deux ans a rendu l environnement dans lequel opèrent les pays en développement plus difficile et incertain. Depuis quelques mois, la

Plus en détail

2.2.4. La courbe en J et la condition de Marshall-Lerner

2.2.4. La courbe en J et la condition de Marshall-Lerner 224 file:///fichiers/enseignement/site%20web/impression/rmi/fiches/rmi224... 2.2.4. La courbe en J et la condition de Marshall-Lerner Introduction Paragraphe au format pdf L'exemple de l'italie comme les

Plus en détail

CHAPITRE IV : BALANCE DES PAIEMENTS ET TAUX DE CHANGE

CHAPITRE IV : BALANCE DES PAIEMENTS ET TAUX DE CHANGE CHAPITRE IV : BALANCE DES PAIEMENTS ET TAUX DE CHANGE La forte réduction de la dette extérieure durant la seconde moitié des années 2000, en contexte d envolée des importations des biens et services, a

Plus en détail

La dette de consommation au Québec et au Canada

La dette de consommation au Québec et au Canada La dette de consommation au Québec et au Canada par : James O Connor Direction des statistiques sur les industries INTRODUCTION La croissance de l endettement à la consommation au Québec et au Canada entre

Plus en détail

Études. Les résultats des établissements de crédit en 2000 et au premier semestre 2001

Études. Les résultats des établissements de crédit en 2000 et au premier semestre 2001 Les résultats des établissements de crédit en 2000 et au premier semestre 2001 La rentabilité des établissements de crédit français a continué de progresser en 2000 et, malgré un infléchissement, s est

Plus en détail

17. Conséquences des politiques monétaire et budgétaire sur la demande globale

17. Conséquences des politiques monétaire et budgétaire sur la demande globale 17. Conséquences des politiques monétaire et budgétaire sur la demande globale Beaucoup de facteurs influencent la demande globale. Par exemple, quand les agents économiques changent leurs projets de dépenses,

Plus en détail

Point de marché. Taux européens : Plus raide sera la pente?

Point de marché. Taux européens : Plus raide sera la pente? Point de marché Taux européens : Plus raide sera la pente? Depuis l atteinte, le 25 avril dernier, d un rendement de 0,06% pour l obligation allemande de maturité 10 ans, les taux d intérêt à long terme

Plus en détail

Consommation et investissement : une étude économétrique

Consommation et investissement : une étude économétrique Royaume du Maroc Direction des Etudes et des Prévisions financières Consommation et investissement : une étude économétrique Décembre 1996 Document de travail n 14 Consommation et Investissement : Une

Plus en détail

Bulletin du FMI. France : de bons progrès mais il reste à consolider la crédibilité

Bulletin du FMI. France : de bons progrès mais il reste à consolider la crédibilité Bulletin du FMI BILAN DE SANTÉ ÉCONOMIQUE France : de bons progrès mais il reste à consolider la crédibilité Kevin C. Cheng et Erik de Vrijer Département Europe du FMI 27 juillet 2011 Vendanges dans le

Plus en détail

Dessous d une balance commerciale. Econosphères X Dupret (Gresea) 25 mai 2012

Dessous d une balance commerciale. Econosphères X Dupret (Gresea) 25 mai 2012 Dessous d une balance commerciale Econosphères X Dupret (Gresea) 25 mai 2012 Objectifs 1. Revenir sur les concepts 2. Données pour la Belgique 3. Lecture descriptive et critique Concept (1) Balance commerciale

Plus en détail