Grappe Services Octobre 2004
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- Grégoire Pagé
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1 Grappe Services Octobre 2004
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3 Grappe Services Les services financiers Les services aux entreprises Les services scientifiques et techniques Les services liés au commerce Communauté métropolitaine de Montréal
4 Avec la participation de : Ministère des Affaires municipales et des Régions Ministère du Développement économique, de l Innovation et de l Exportation ISBN Dépôt légal: mars 2005 Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada Tous droits réservés pour tous pays. Reproduction par quelque procédé que ce soit et traduction, même partielles, interdites sans l autorisation de la Communauté métropolitaine de Montréal
5 Note au lecteur La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), dans son Plan de développement économique, a opté pour une stratégie de compétitivité axée sur le dynamisme de grappes innovantes. À l automne 2003, la CMM a lancé un projet d identification des grappes métropolitaines. Il s agit de la première phase d une démarche qui doit conduire à l élaboration, puis à la mise en œuvre d une stratégie intégrée de développement économique et d innovation. La CMM souhaite associer à sa démarche toutes les instances territoriales et tous les intervenants économiques concernés pour chacun des secteurs à l étude. Elle compte se concentrer sur le rôle de planification et de coordination qui est le sien et n entend pas se substituer à l ensemble des acteurs et décideurs déjà sur le terrain. Ce sont eux qui doivent convenir d un plan de développement sous la gouverne d un organisme relais représentatif de leur milieu. Le présent document a été élaboré en deux parties distinctes : une première partie proposant une configuration de la grappe Services ; une seconde partie recensant les perceptions des principaux acteurs de la grappe et leurs hypothèses de développement. La configuration de la grappe a été établie à la suite d une recherche documentaire confirmée par un certain nombre d intervenants de la grappe elle-même. Elle a ensuite été commentée par les directions industrielles des ministères concernés. Cette première partie décrit la chaîne de valeur de la grappe, puis identifie les organismes ou infrastructures qui contribuent à son développement. Enfin, comme le développement économique ne se fait pas en vase clos, on indique les liens potentiels avec les autres régions du Québec. Si la première partie est par nature factuelle, la seconde est plus subjective, relevant davantage des perceptions des principaux acteurs de la grappe. Celles-ci ont été recueillies en toute confidentialité afin que l exercice puisse produire le maximum de données. Elles tournent autour de grands thèmes, soit l état des actifs relationnels et les stratégies de croissance. Les relations entre les acteurs étant comme on le sait source première d innovation, il est essentiel d identifier les flux relationnels entre les différentes composantes de la grappe. De même, pour être en mesure de fixer des priorités, il est essentiel de connaître les voies privilégiées de croissance perçues par les acteurs sur le terrain. Ce document se veut donc un déclencheur d actions prioritaires visant à dynamiser le processus stratégique de la grappe et à orienter sa volonté d innovation. C est dans un esprit d ouverture et de concertation que se poursuit cette démarche qui permettra, au bout du compte, à la région métropolitaine de Montréal de mieux jouer son rôle de locomotive économique du Québec. Michel Lefèvre Conseiller Développement économique Communauté métropolitaine de Montréal Services 2
6 Services La configuration Les perceptions Au cœur des grands changements 4 Les services financiers / Une vive concurrence 17 Chaîne de services Les banques et coopératives 21 La planification financière 24 Les sociétés de fiducie 22 L immobilier 25 Le courtage en valeurs immobilières 22 Les sociétés de financement 25 Les assurances 23 Les services gouvernementaux 26 Facteurs de développement La recherche, la formation 29 La réglementation 32 Le financement, les associations d affaires 31 La présence internationale 33 Les services aux entreprises / La nécessité des alliances 35 Chaîne de services La comptabilité 37 La recherche marketing 46 Le conseil en management 39 Le droit et le notariat 49 Les relations publiques 41 Les services gouvernementaux 52 La publicité et la promotion 43 Facteurs de développement La recherche 54 Les ordres professionnels 61 La formation 57 Les organisations internationales 64 Les associations 60 Les services scientifiques et techniques / Une croissance soutenue 69 Chaîne de services Le génie conseil 71 L architecture, l urbanisme, le design 75 La gestion de l innovation 73 La géomatique et autres services 77 Les services informatiques 74 Facteurs de développement La recherche 79 La réglementation 83 La formation 80 Les associations et les réseaux 84 Le financement 82 Les services liés au commerce / Le défi de l efficacité 87 Chaîne de services Sept maillons essentiels 89 Les services de télécommunication 95 Le transport 90 Les messageries et services postaux 96 La logistique, les agents de douane 94 Les services gouvernementaux 96 L entreposage 95 Facteurs de développement La recherche, la formation 99 Les associations 101 Les organismes de soutien 100 Les éléments de stratégie L enjeu de la productivité 105 Annexes Sources d information 110 Crédits 114 Services 3
7 Au cœur des grands changements Depuis le milieu du XX e siècle, on assiste à la tertiarisation accélérée de l économie canadienne et québécoise. Et dans la foulée de l internationalisation de l économie, les exportations de services ont progressé, mais beaucoup plus lentement que les biens. En revanche, toute croissance des exportations de services crée deux fois plus d emplois par million de dollars que celle des biens. La tertiarisation de l économie Le secteur des services est devenu l activité économique dominante. En 2002, a calculé Statistique Canada, ceux-ci ont contribué pour 68 % du produit intérieur brut canadien (PIB), 53 % des dépenses de consommation et 16 % des exportations totales. Trois emplois sur quatre étaient alors associés à ce secteur. La part des services est encore plus élevée au Québec (70,3 %) dans la Région métropolitaine de recensement de Montréal (73,5 % voir tableau 1). Plusieurs facteurs ont joué un rôle dans cette tertiarisation de l économie. Les progrès de la technologie, en particulier dans le domaine de l information, ont permis l exécution de tâches de plus en plus complexes, forçant les entreprises à recourir à des services conseils et à des services externes spécialisés. La libéralisation des échanges et le développement du commerce extérieur ont ouvert des marchés aux entreprises de services. La hausse du niveau de vie et plus récemment, le vieillissement de la population, ont suscité une demande pour de nouveaux services au sein de la population. Tableau 1 Répartition de l emploi selon les grands secteurs d activités Région métropolitaine de recensement de Montréal, février 2004 * Manufacturier 15,7 % Finances, assurances, immobilier et location 17,9 % Services aux entreprises 6,9 % Services publics et autres 48,7 % * Moyenne mobile trois mois Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, mars 2004 tel que présenté sur le site Internet de Montréal International Le tertiaire inclut des services commerciaux et non commerciaux tels l enseignement, la santé, les services sociaux et l administration publique. Le volet commercial comprend le tertiaire traditionnel et le tertiaire moteur. Le premier regroupe des activités bien implantées comme le commerce, le transport, les services personnels et la restauration alors que le second réunit des activités ayant un effet d entraînement sur une autre activité. La majorité des services dont il est question dans le présent document font partie du tertiaire moteur. Services 4
8 Tableau 2 Pourcentage du PIB et de la population active dans le secteur des services commerciaux, par industrie, en 2000 (prix de base en dollars enchaînés de 1997) PIB EPA Millions $ Part % Milliers de personnes Part % Services de distribution , ,9 20,8 Transport et entreposage ,8 779,8 5,2 Commerce de gros ,7 548,2 3,7 Commerce de détail , ,9 11,9 Services de production , ,2 26,7 Communications ,1 665,5 4,5 Finance assurances et services immobiliers ,4 867,0 5,8 Services aux entreprises , ,7 16,4 Autres services ,3 695,8 4,7 Total services commerciaux , ,9 52,2 Total hors services commerciaux , ,8 47,8 Total , ,7 100,0 Source : Statistique Canada (2002 b), EPA : Enquête sur la population active Le tableau 2 indique la contribution au PIB et à l emploi de ces différents sous-secteurs. La catégorie services aux entreprises est ici très inclusive puisqu elle représente, précise Statistique Canada, les industries suivantes : conseils en gestion ; conseils scientifiques et techniques ; conception de systèmes informatiques et services connexes ; architecture, génie et services connexes. Le tertiaire moteur connaît une croissance soutenue. L industrie des conseils en gestion par exemple a affiché une croissance annuelle supérieure à dix pour cent entre 1990 et La progression des services informatiques est encore plus phénoménale puisqu elle a été six fois plus rapide que celle de l économie dans son ensemble. Les emplois qui sont créés dans le tertiaire moteur sont généralement d une plus grande intensité technologique et exigent un niveau de connaissances et de spécialisation élevé. Ce sont pour la plupart des emplois bien rémunérés et stables. L internationalisation de l économie L économie québécoise ne fait pas que se tertiariser, elle s internationalise aussi. Les exportations ont doublé depuis 1990 passant de 65,4 milliards $ CA à 132,7 milliards $ CA (2001). Parallèlement, le territoire d exportation s est élargi. En 1990, le Québec exportait surtout dans les autres provinces canadiennes. Onze ans plus tard, le commerce interprovincial avait progressé de dix milliards pour se chiffrer à 44,6 milliards pendant que le commerce international explosait : les exportations internationales atteignaient 88,1 milliards contre 31,3 milliards en 1990 ; elles représentaient deux tiers des exportations en Services 5
9 Le Québec exporte encore beaucoup plus de biens que de services. La part des services dépasse à peine les 16 % et progresse lentement puisqu elle était de 14,7 pour cent en En revanche, les exportations de services ont un plus grand impact sur l emploi et la valeur ajoutée. Chaque million de dollars d exportations de services a généré 13,4 emplois en 2001 contre 7,2 pour chaque million de dollars d exportations de biens. Le commerce international crée légèrement plus d emplois que le commerce interprovincial. Ainsi, bien qu elles ne représentent que 16 % de la valeur totale, les exportations de services sont responsables de plus du quart des emplois associés au commerce extérieur (26,3 %). Le bilan est également favorable aux services lorsqu on regarde la valeur ajoutée associée à chaque million de dollars d exportation. Celle-ci est de $ pour les services et de $ pour les biens. La différence tient principalement au fait que le contenu local des exportations est plus important dans le cas des services. Accord général sur le commerce des services À la lumière de cette analyse comparative, on comprend mieux l intérêt des entreprises de services et des gouvernements à vouloir faciliter le commerce international des services. Une ronde de négociations en ce sens est en cours au sein de l Organisation mondiale du commerce (OMC) afin d en arriver à un Accord général sur le commerce des services (AGCS). Le Canada a notamment mis sur la table de discussion les services d ingénierie, d architecture, d aménagement urbain et d architecture de paysage, d arpentage, les services comptables, de conseil fiscal et de conseil sur le droit étranger, d évaluation immobilière ainsi que les services conseils en gestion. L objectif est de lever les barrières et restrictions qui limitent les échanges, de favoriser la reconnaissance mutuelle des titres professionnels quitte à adapter la réglementation intérieure. Ces négociations soulèvent bien des inquiétudes. On craint notamment qu elles ouvrent la porte à la mainmise du privé sur les services publics et qu elles privent les états de la capacité d élaborer les politiques sociales et culturelles qu ils jugent nécessaires dans l intérêt collectif de leurs populations. Ce nouveau traité de libre-échange risque fort de soulever les passions et de donner lieu à une opposition encore plus virulente que ce qu on a connu jusqu ici. Déjà, un fort vent de protestations souffle un peu partout et même sur le territoire de la CMM. Les élus du Plateau-Mont-Royal ont adopté une résolution faisant de leur arrondissement une zone hors AGSC. Du même souffle, ils invitaient la ville de Montréal à se joindre aux autres villes canadiennes (Toronto, Vancouver, Ottawa, Winnipeg), et européennes (Paris, Vienne, Gênes)qui ont fait de même. Services 6
10 Grappe de rayonnement Services Facteurs de développement Services financiers Services aux entreprises Chaîne de services Services scientifiques et techniques Services liés au commerce Recherche Banques et et coopératives Comptabilité Génie conseil Transport Formation Fiducies Conseil en en management Gestion de de l innovation Logistique Financement Assurances et et actuariat Relations publiques Informatique Entreposage Associations d affaires/réseaux Valeurs mobilières Publicité, promotion Design Agents douane, transitaires Ordres/corporations professionnels Services immobiliers Recherche marketing Architecture et et urbanisme Services de de télécom Organisations internationales Sociétés de de financement Droit Droit Géomatique Messagerie Permis Réglementation Planification financière Notariat Autres services scientifiques Services postaux Champs d expertise Conseil Analyses Stratégie Études/diagnostic Implantation de de processus Planification Alliances/fusions Gestion de de projets Gestion de de ressources Certification/vérification Évaluation/mesure Formation Diffusion Mandats mondiaux Articles/sites web web Ouvrages spécialisés Conférences/colloques Séminaires Salons/expositions Échange d experts
11 Emplois 1 par arrondissement et villes Finance et assurances Est de l'île de Montréal Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles/Montréal-Est 550 Anjou Montréal-Nord 350 Saint-Léonard Centre de l'île de Montréal Mercier/Hochelaga-Maisonneuve Ahuntsic/Cartierville Outremont 220 Plateau Mont-Royal 900 Rosemont/Petite-Patrie Ville-Marie Villeray/Saint-Michel/Parc-Extension Sud-Ouest 550 Westmount Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce Centre-Ouest de l'île de Montréal Mont-Royal 540 Côte-Saint-Luc/Hampstead/Montréal-Ouest 340 Saint-Laurent Sud-Ouest de l'île de Montréal Lachine 385 LaSalle 475 Verdun 635 Ouest de l'île de Montréal Dollard-des-Ormeaux/Roxboro 365 Dorval/L'Île-Dorval 585 Pointe-Claire 905 Kirkland 255 Beaconsfield/Baie-d'Urfé 175 L'Île-Bizard/Ste-Geneviève/Ste-Anne-de-Bellevue 70 Pierrefonds/Senneville 240 L'île de Montréal Laval Laurentides Blainville 265 Boisbriand 110 Bois-des-Filion 50 Deux-Montagnes 90 Lorraine 40 Mirabel 170 Oka 25 Rosemère 95 Sainte-Anne-des-Plaines 45 Sainte-Marthe-sur-le-Lac 25 Sainte-Thérèse 255 Saint-Eustache 410 Saint-Joseph-du-Lac 20 Saint-Colomban (hors CMM) 10 Saint-Jérôme (hors CMM) 610 Lanaudière Charlemagne 85 L'Assomption 115 Mascouche 110 Repentigny 525 Saint-Sulpice 10 Terrebonne 595 Lavaltrie (hors CMM) 70 Couronne-Nord Montérégie - Couronne-Sud Beauharnois 140 Beloeil 280 Boucherville 615 Brossard Candiac 95 Chambly 255 Châteauguay 355 Delson 40 Greenfield Park 180 Hudson 70 La Prairie 165 LeMoyne 40 Léry 10 Les Cèdres 20 L'Île-Perrot 65 Longueuil McMasterville 30 Mercier 50 Mont-Saint-Hilaire 100 Notre-Dame-de-l'Île-Perrot 10 Otterburn Park 20 Pincourt 80 Richelieu 95 Saint-Amable 20 Saint-Basile-le-Grand 80 Saint-Bruno-de-Montarville 220 Saint-Constant 105 Sainte-Catherine 35 Sainte-Julie 165 Saint-Hubert 570 Saint-Isidore 10 Saint-Lambert 310 Saint-Lazare 60 Saint-Mathias-sur-Richelieu 10 Saint-Mathieu 10 Saint-Mathieu-de-Beloeil 10 Saint-Philippe 15 Varennes 135 Vaudreuil-Dorion 120 Région métropolitaine de Montréal Québec Canada Personnes de 15 ans et plus qui ont un lieu de travail habituel ou qui travaillent à domicile. Sont exclues les personnes qui n ont pas d adresse de travail fixe. Note : Les chiffres ayant été arrondis de manière aléatoire à un multiple de «5», il se peut que le total ne soit pas égal à la somme des composantes. Source : Statistique Canada, Emplois selon le lieu de travail, Recensement 2001 Les chiffres sur la finance et les assurances représentent le code SCIAN 52. Services 8
12 Emplois 1 par arrondissement et villes Services immobiliers, de location, de location à bail Est de l'île de Montréal Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles/Montréal-Est 285 Anjou 430 Montréal-Nord 310 Saint-Léonard 430 Centre de l'île de Montréal Mercier/Hochelaga-Maisonneuve 995 Ahuntsic/Cartierville 850 Outremont 220 Plateau Mont-Royal 920 Rosemont/Petite-Patrie 770 Ville-Marie Villeray/Saint-Michel/Parc-Extension 660 Sud-Ouest 380 Westmount 700 Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce Centre-Ouest de l'île de Montréal Mont-Royal 700 Côte-Saint-Luc/Hampstead/Montréal-Ouest 355 Saint-Laurent Sud-Ouest de l'île de Montréal Lachine 350 LaSalle 500 Verdun 360 Ouest de l'île de Montréal Dollard-des-Ormeaux/Roxboro 305 Dorval/L'Île-Dorval 960 Pointe-Claire 350 Kirkland 190 Beaconsfield/Baie-d'Urfé 255 L'Île-Bizard/Ste-Geneviève/Ste-Anne-de-Bellevue 85 Pierrefonds/Senneville 165 L'île de Montréal Laval Laurentides Blainville 240 Boisbriand 100 Bois-des-Filion 20 Deux-Montagnes 20 Lorraine 95 Mirabel 75 Oka 10 Pointe-Calumet 10 Rosemère 175 Sainte-Marthe-sur-le-Lac 35 Sainte-Thérèse 170 Saint-Eustache 390 Saint-Colomban (hors CMM) 10 Saint-Jérôme (hors CMM) 280 Lanaudière 960 Charlemagne 35 L'Assomption 60 Mascouche 95 Repentigny 390 Terrebonne 340 Lavaltrie (hors CMM) 25 Couronne-Nord Montérégie - Couronne-Sud Beauharnois 10 Belœil 140 Boucherville 290 Brossard 510 Candiac 60 Carignan 10 Chambly 120 Châteauguay 190 Delson 40 Greenfield Park 55 Hudson 25 La Prairie 55 Léry 10 L'Île-Cadieux 10 L'Île-Perrot 100 Longueuil 725 McMasterville 10 Mercier 20 Mont-Saint-Hilaire 85 Notre-Dame-de-l'Île-Perrot 15 Otterburn Park 15 Pincourt 20 Richelieu 10 Saint-Amable 25 Saint-Basile-le-Grand 40 Saint-Bruno-de-Montarville 140 Saint-Constant 85 Sainte-Catherine 40 Sainte-Julie 105 Saint-Hubert 330 Saint-Lambert 245 Saint-Lazare 55 Saint-Mathias-sur-Richelieu 30 Saint-Mathieu-de-Belœil 10 Varennes 90 Vaudreuil-Dorion 95 Région métropolitaine de Montréal Québec Canada Personnes de 15 ans et plus qui ont un lieu de travail habituel ou qui travaillent à domicile. Sont exclues les personnes qui n ont pas d adresse de travail fixe. Note : Les chiffres ayant été arrondis de manière aléatoire à un multiple de «5», il se peut que le total ne soit pas égal à la somme des composantes. Source : Statistique Canada, Emplois selon le lieu de travail, Recensement 2001 Les chiffres sur les services immobiliers et services de location et de location à bail représentent le code SCIAN 53. Services 9
13 Emplois 1 par arrondissement et villes Services professionnels, scientifiques et techniques Est de l'île de Montréal Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles/Montréal-Est 650 Anjou Montréal-Nord 450 Saint-Léonard Centre de l'île de Montréal Mercier/Hochelaga-Maisonneuve Ahuntsic/Cartierville Outremont 855 Plateau Mont-Royal Rosemont/Petite-Patrie Ville-Marie Villeray/Saint-Michel/Parc-Extension Sud-Ouest Westmount Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce Centre-Ouest de l'île de Montréal Mont-Royal Côte-Saint-Luc/Hampstead/Montréal-Ouest 725 Saint-Laurent Sud-Ouest de l'île de Montréal Lachine LaSalle 600 Verdun Ouest de l'île de Montréal Dollard-des-Ormeaux/Roxboro 730 Dorval/L'Île-Dorval Pointe-Claire Kirkland 565 Beaconsfield/Baie-d'Urfé 605 L'Île-Bizard/Ste-Geneviève/Ste-Anne-de-Bellevue 340 Pierrefonds/Senneville L'île de Montréal Laval Laurentides Blainville 495 Boisbriand 540 Bois-des-Filion 55 Deux-Montagnes 135 Lorraine 185 Mirabel 310 Oka 25 Pointe-Calumet 10 Rosemère 360 Sainte-Anne-des-Plaines 70 Sainte-Marthe-sur-le-Lac 35 Sainte-Thérèse 345 Saint-Eustache 525 Saint-Joseph-du-Lac 15 Gore (hors CMM) 10 Saint-Colomban (hors CMM) 30 Saint-Jérôme (hors CMM) 745 Saint-Placide (hors CMM) 10 Lanaudière Charlemagne 20 L'Assomption 135 Mascouche 180 Repentigny 850 Saint-Sulpice 40 Terrebonne 815 Lavaltrie (hors CMM) 45 Couronne-Nord Montérégie - Couronne-Sud Beauharnois 95 Beloeil 385 Boucherville Brossard Candiac 155 Carignan 35 Chambly 200 Châteauguay 490 Delson 105 Greenfield Park 195 Hudson 195 La Prairie 355 LeMoyne 55 Les Cèdres 20 L'Île-Perrot 95 Longueuil Mercier 90 Mont-Saint-Hilaire 355 Notre-Dame-de-l'Île-Perrot 100 Otterburn Park 70 Pincourt 80 Richelieu 55 Saint-Amable 30 Saint-Basile-le-Grand 120 Saint-Bruno-de-Montarville 595 Saint-Constant 95 Sainte-Catherine 75 Sainte-Julie 335 Saint-Hubert Saint-Lambert 715 Saint-Lazare 245 Saint-Mathias-sur-Richelieu 15 Saint-Mathieu 15 Saint-Mathieu-de-Beloeil 40 Saint-Philippe 35 Terrasse-Vaudreuil 20 Varennes 420 Vaudreuil-Dorion 405 Vaudreuil-sur-le-Lac 40 Région métropolitaine de Montréal Québec Canada Personnes de 15 ans et plus qui ont un lieu de travail habituel ou qui travaillent à domicile. Sont exclues les personnes qui n ont pas d adresse de travail fixe. Note : Les chiffres ayant été arrondis de manière aléatoire à un multiple de «5», il se peut que le total ne soit pas égal à la somme des composantes. Source : Statistique Canada, Emplois selon le lieu de travail, Recensement 2001 Les chiffres sur les services professionnels scientifiques et techniques représentent le code SCIAN 54. Services 10
14 Emplois 1 par arrondissement et villes Services juridiques et comptabilité Est de l'île de Montréal Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles/Montréal-Est 135 Anjou 430 Montréal-Nord 160 Saint-Léonard 455 Centre de l'île de Montréal Mercier/Hochelaga-Maisonneuve 380 Ahuntsic/Cartierville 585 Outremont 140 Plateau Mont-Royal 655 Rosemont/Petite-Patrie 450 Ville-Marie Villeray/Saint-Michel/Parc-Extension 675 Sud-Ouest 235 Westmount 915 Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce Centre-Ouest de l'île de Montréal Mont-Royal 455 Côte-Saint-Luc/Hampstead/Montréal-Ouest 145 Saint-Laurent 735 Sud-Ouest de l'île de Montréal 415 Lachine 150 LaSalle 110 Verdun 155 Ouest de l'île de Montréal 690 Dollard-des-Ormeaux/Roxboro 125 Dorval/L'Île-Dorval 115 Pointe-Claire 115 Kirkland 90 Beaconsfield/Baie-d'Urfé 105 L'Île-Bizard/Ste-Geneviève/Ste-Anne-de-Bellevue 15 Pierrefonds/Senneville 110 L'île de Montréal Laval Laurentides Blainville 145 Boisbriand 60 Bois-des-Filion 20 Deux-Montagnes 45 Lorraine 40 Mirabel 40 Pointe-Calumet 10 Rosemère 60 Sainte-Anne-des-Plaines 55 Sainte-Marthe-sur-le-Lac 25 Sainte-Thérèse 105 Saint-Eustache 170 Gore (hors CMM) 10 Saint-Jérôme (hors CMM) 425 Lanaudière 665 Charlemagne 10 L'Assomption 40 Mascouche 40 Repentigny 295 Saint-Sulpice 10 Terrebonne 270 Lavaltrie (hors CMM) 20 Couronne-Nord Montérégie - Couronne-Sud Beauharnois 50 Belœil 125 Boucherville 295 Brossard 395 Candiac 35 Chambly 25 Châteauguay 140 Delson 30 Greenfield Park 25 Hudson 10 La Prairie 115 Les Cèdres 15 L'Île-Perrot 35 Longueuil 595 Mont-Saint-Hilaire 40 Notre-Dame-de-l'Île-Perrot 20 Otterburn Park 10 Richelieu 25 Saint-Amable 20 Saint-Basile-le-Grand 15 Saint-Bruno-de-Montarville 105 Saint-Constant 25 Sainte-Julie 85 Saint-Hubert 175 Saint-Lambert 240 Saint-Lazare 35 Saint-Mathias-sur-Richelieu 10 Saint-Mathieu 10 Saint-Mathieu-de-Belœil 15 Terrasse-Vaudreuil 10 Varennes 55 Vaudreuil-Dorion 160 Vaudreuil-sur-le-Lac 10 Région métropolitaine de Montréal Québec Canada Personnes de 15 ans et plus qui ont un lieu de travail habituel ou qui travaillent à domicile. Sont exclues les personnes qui n ont pas d adresse de travail fixe. Note : Les chiffres ayant été arrondis de manière aléatoire à un multiple de «5», il se peut que le total ne soit pas égal à la somme des composantes. Source : Statistique Canada, Emplois selon le lieu de travail, Recensement 2001 Les chiffres sur les services juridiques et la comptabilité représentent le total des codes SCIAN et Services 11
15 Emplois 1 par arrondissement et villes Architecture et génie Est de l'île de Montréal 520 Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles/Montréal-Est 160 Anjou 245 Montréal-Nord 20 Saint-Léonard 85 Centre de l'île de Montréal Mercier/Hochelaga-Maisonneuve 390 Ahuntsic/Cartierville 455 Outremont 90 Plateau Mont-Royal 780 Rosemont/Petite-Patrie 415 Ville-Marie Villeray/Saint-Michel/Parc-Extension 205 Sud-Ouest 405 Westmount 300 Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce Centre-Ouest de l'île de Montréal Mont-Royal Côte-Saint-Luc/Hampstead/Montréal-Ouest 90 Saint-Laurent Sud-Ouest de l'île de Montréal 400 Lachine 225 LaSalle 85 Verdun 90 Ouest de l'île de Montréal 815 Dollard-des-Ormeaux/Roxboro 85 Dorval/L'Île-Dorval 175 Pointe-Claire 290 Kirkland 35 Beaconsfield/Baie-d'Urfé 115 L'Île-Bizard/Ste-Geneviève/Ste-Anne-de-Bellevue 55 Pierrefonds/Senneville 50 L'île de Montréal Laval Lanaudière 335 Charlemagne 10 L'Assomption 15 Mascouche 10 Repentigny 205 Terrebonne 100 Laurentides 630 Blainville 110 Boisbriand 165 Bois-des-Filion 10 Deux-Montagnes 20 Lorraine 10 Mirabel 55 Oka 10 Rosemère 60 Sainte-Anne-des-Plaines 10 Sainte-Marthe-sur-le-Lac 10 Sainte-Thérèse 30 Saint-Eustache 90 Saint-Jérôme (hors CMM) 60 Couronne-Nord 965 Montérégie - Couronne-Sud Beauharnois 10 Belœil 55 Boucherville 140 Brossard 255 Candiac 10 Carignan 10 Chambly 20 Châteauguay 180 Greenfield Park 45 Hudson 20 La Prairie 60 L'Île-Perrot 20 Longueuil 850 Mercier 10 Mont-Saint-Hilaire 170 Notre-Dame-de-l'Île-Perrot 30 Pincourt 30 Saint-Bruno-de-Montarville 105 Saint-Constant 30 Sainte-Julie 90 Saint-Hubert 245 Saint-Lambert 115 Saint-Lazare 20 Saint-Mathieu 10 Varennes 75 Vaudreuil-Dorion 45 Région métropolitaine de Montréal Québec Canada Personnes de 15 ans et plus qui ont un lieu de travail habituel ou qui travaillent à domicile. Sont exclues les personnes qui n ont pas d adresse de travail fixe. Note : Les chiffres ayant été arrondis de manière aléatoire à un multiple de «5», il se peut que le total ne soit pas égal à la somme des composantes. Source : Statistique Canada, Emplois selon le lieu de travail, Recensement 2001 Les chiffres sur l architecture et le génie représentent le code SCIAN Services 12
16 Emplois 1 par arrondissement et villes Autres services professionnels Est de l'île de Montréal Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles/Montréal-Est 355 Anjou 990 Montréal-Nord 270 Saint-Léonard 755 Centre de l'île de Montréal Mercier/Hochelaga-Maisonneuve Ahuntsic/Cartierville Outremont 620 Plateau Mont-Royal Rosemont/Petite-Patrie Ville-Marie Villeray/Saint-Michel/Parc-Extension Sud-Ouest Westmount Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce Centre-Ouest de l'île de Montréal Mont-Royal Côte-Saint-Luc/Hampstead/Montréal-Ouest 490 Saint-Laurent Sud-Ouest de l'île de Montréal Lachine 625 LaSalle 405 Verdun Ouest de l'île de Montréal Dollard-des-Ormeaux/Roxboro 515 Dorval/L'Île-Dorval Pointe-Claire Kirkland 440 Beaconsfield/Baie-d'Urfé 385 L'Île-Bizard/Ste-Geneviève/Ste-Anne-de-Bellevue 270 Pierrefonds/Senneville L'île de Montréal Laval Laurentides Blainville 235 Boisbriand 310 Bois-des-Filion 25 Deux-Montagnes 70 Lorraine 140 Mirabel 210 Oka 15 Rosemère 235 Sainte-Anne-des-Plaines 5 Sainte-Thérèse 210 Saint-Eustache 265 Saint-Joseph-du-Lac 20 Saint-Colomban (hors CMM) 30 Saint-Jérôme (hors CMM) 260 Saint-Placide (hors CMM) 10 Lanaudière L'Assomption 75 Mascouche 130 Repentigny 350 Saint-Sulpice 30 Terrebonne 445 Lavaltrie (hors CMM) 25 Couronne-Nord Montérégie - Couronne-Sud Beauharnois 30 Beloeil 205 Boucherville 950 Brossard Candiac 115 Carignan 25 Chambly 160 Châteauguay 165 Delson 70 Greenfield Park 125 Hudson 165 La Prairie 175 LeMoyne 60 Les Cèdres 5 L'Île-Perrot 40 Longueuil Mercier 80 Mont-Saint-Hilaire 140 Notre-Dame-de-l'Île-Perrot 45 Otterburn Park 65 Pincourt 50 Richelieu 30 Saint-Amable 10 Saint-Basile-le-Grand 105 Saint-Bruno-de-Montarville 390 Saint-Constant 40 Sainte-Catherine 70 Sainte-Julie 160 Saint-Hubert 605 Saint-Lambert 365 Saint-Lazare 190 Saint-Mathias-sur-Richelieu 5 Saint-Mathieu-de-Beloeil 20 Saint-Philippe 30 Terrasse-Vaudreuil 10 Varennes 290 Vaudreuil-Dorion 200 Vaudreuil-sur-le-Lac 30 Région métropolitaine de Montréal Québec Canada Personnes de 15 ans et plus qui ont un lieu de travail habituel ou qui travaillent à domicile. Sont exclues les personnes qui n ont pas d adresse de travail fixe. Note : Les chiffres ayant été arrondis de manière aléatoire à un multiple de «5», il se peut que le total ne soit pas égal à la somme des composantes. Source : Statistique Canada, Emplois selon le lieu de travail, Recensement 2001 Les chiffres sur les autres services professionnels représentent le total des codes SCIAN 5414, 5415, 5416, 5417, 5418 et Services 13
17 Emplois 1 par arrondissement et villes Transport et entreposage Est de l'île de Montréal Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles/Montréal-Est Anjou Montréal-Nord 345 Saint-Léonard 620 Centre de l'île de Montréal Mercier/Hochelaga-Maisonneuve Ahuntsic/Cartierville Outremont 140 Plateau Mont-Royal 610 Rosemont/Petite-Patrie 985 Ville-Marie Villeray/Saint-Michel/Parc-Extension Sud-Ouest Westmount 275 Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce Centre-Ouest de l'île de Montréal Mont-Royal 325 Côte-Saint-Luc/Hampstead/Montréal-Ouest 820 Saint-Laurent Sud-Ouest de l'île de Montréal Lachine LaSalle Verdun 135 Ouest de l'île de Montréal Dollard-des-Ormeaux/Roxboro 260 Dorval/L'Île-Dorval Pointe-Claire Kirkland 115 Beaconsfield/Baie-d'Urfé 155 L'Île-Bizard/Ste-Geneviève/Ste-Anne-de-Bellevue 110 Pierrefonds/Senneville 255 L'île de Montréal Laval Laurentides Blainville 435 Boisbriand 525 Bois-des-Filion 165 Deux-Montagnes 35 Lorraine 15 Mirabel Oka 10 Pointe-Calumet 10 Rosemère 145 Sainte-Anne-des-Plaines 45 Sainte-Marthe-sur-le-Lac 20 Sainte-Thérèse 315 Saint-Eustache 515 Saint-Joseph-du-Lac 80 Gore (hors CMM) 25 Saint-Colomban (hors CMM) 15 Saint-Jérôme (hors CMM) 705 Saint-Placide (hors CMM) 25 Lanaudière L'Assomption 175 Mascouche 285 Repentigny 510 Terrebonne 415 Lavaltrie (hors CMM) 65 Couronne-Nord Montérégie - Couronne-Sud Beauharnois 160 Belœil 135 Boucherville Brossard 595 Candiac 185 Carignan 100 Chambly 235 Châteauguay 535 Delson 335 Greenfield Park 85 Hudson 70 La Prairie 190 LeMoyne 20 Les Cèdres 130 L'Île-Perrot 30 Longueuil McMasterville 15 Mercier 25 Mont-Saint-Hilaire 165 Notre-Dame-de-l'Île-Perrot 40 Otterburn Park 10 Pincourt 15 Richelieu 85 Saint-Amable 35 Saint-Basile-le-Grand 75 Saint-Bruno-de-Montarville 350 Saint-Constant 105 Sainte-Catherine 280 Sainte-Julie 210 Saint-Hubert 935 Saint-Isidore 35 Saint-Lambert 150 Saint-Lazare 70 Saint-Mathias-sur-Richelieu 45 Saint-Mathieu 25 Saint-Mathieu-de-Belœil 110 Saint-Philippe 75 Terrasse-Vaudreuil 10 Varennes 110 Vaudreuil-Dorion 355 Région métropolitaine de Montréal Québec Canada Personnes de 15 ans et plus qui ont un lieu de travail habituel ou qui travaillent à domicile. Sont exclues les personnes qui n ont pas d adresse de travail fixe. Note : Les chiffres ayant été arrondis de manière aléatoire à un multiple de «5», il se peut que le total ne soit pas égal à la somme des composantes. Source : Statistique Canada, Emplois selon le lieu de travail, Recensement 2001 Les chiffres sur le transport et l entreposage représentent le total des codes SCIAN 48 et 49. Services 14
18 La configuration Services 15
19 Sous-grappe Les services financiers Services 16
20 Une vive concurrence Les services financiers ont littéralement explosé depuis 15 ans. Cette forte croissance s est produite dans un contexte de mondialisation et de décloisonnement des différents champs d activités. À la suite de changements législatifs, les banques étrangères ont pris d assaut plusieurs créneaux et de nouveaux joueurs ont accédé au système de paiement canadien. Grâce à l évolution des technologies de l information, les institutions financières ont multiplié leur offre de produits et de services. Résultat : la concurrence s est considérablement accrue. Le système financier canadien est considéré comme l un des plus solides du monde par le Fonds monétaire international (évaluation publiée en 2000). C est aussi l un des plus informatisé. Les Canadiens ont massivement adopté la carte de débit et les guichets automatiques de sorte que le Canada occupe le premier rang mondial au chapitre des services bancaires électroniques. Il y avait à la fin de 2003 plus de guichets automatiques bancaires et plus de terminaux de paiement direct au Canada. L utilisation d Internet est aussi en progression accélérée. Selon l Association des banquiers canadiens (ABC), le nombre de Canadiens ayant effectué des transactions bancaires en ligne a doublé au cours des deux dernières années. Cette utilisation massive des technologies de l information est source de productivité et d expertise. De multiples joueurs en vive concurrence Le secteur des services financiers (finance, assurances et services immobiliers) compte pour près du cinquième (19,4 %) du PIB généré par les services (68 % du PIB total). Sa contribution à l emploi est beaucoup moindre puisqu il ne regroupe que 5,8 % de toutes les personnes travaillant dans les services. En 2000, selon Statistique Canada, personnes détenaient un emploi en finance, assurances et affaires immobilières au Québec (Canada : ) alors que autres agissaient comme intermédiaires financiers et en assurances (Canada : ). La liste de leurs employeurs est fort longue. Quelque 175 institutions de dépôt (banques, fiducies, sociétés de prêts, associations coopératives de crédit) et plus de 300 compagnies d assurances détiennent une charte fédérale. Le Mouvement Desjardins se déploie en un vaste réseau de 671 caisses affiliées. Les maisons de courtage en valeurs mobilières et les sociétés de gestion de fonds d investissement ajoutent 275 noms à la liste. Enfin, les courtiers indépendants en finances, dépôts, hypothèques ou immobilier et les sociétés de financement se comptent par milliers. Ces institutions se livrent à une vive concurrence comme en font foi les faibles marges d intérêt que relève le Forum économique mondial dans son rapport sur la compétitivité mondiale Celles du Canada sont parmi les plus faibles des pays de l OCDE. Elles sont inférieures de 1 % à celles des États-Unis et du Royaume-Uni et de 4,5 % à celles de l Allemagne. Autre indice de forte concurrence, l actif financier des ménages canadiens est largement réparti entre les banques (22 %), les compagnies d assurance-vie (13 %) et une foule d autres fournisseurs de services financiers (65 %). Services 17
21 La naissance de grands groupes financiers Cette diversité cache néanmoins une consolidation des services financiers. En 1987, l abolition des frontières sectorielles permettait à une compagnie d assurance-vie d acquérir une banque et à une banque de posséder un courtier en valeurs mobilières. S ensuivirent une série d acquisitions et de fusions et la naissance de grands groupes financiers qui offrent tous les services par l intermédiaire d un éventail de filiales. Il y a neuf de ces groupes au Canada, classés ici selon leur actif total exprimé en milliards de dollars : Les grands fournisseurs Actif total Emplois Emplois de services financiers Québec Monde Groupe financier RBC (banque Royale) 416,0 (1) Groupe financier Banque TD 315,8 (1) Banque CIBC 284,9 (1) Banque Scotia 281,5 (1) Groupe financier BMO (Banque de Montréal) 265,4 (1) Financière Sun Life 159,8 (2) Corporation Financière Power 106,0 (2) Desjardins 99,4 (2) Groupe financier Banque Nationale 80,8 (1) (1) au 31 janvier 2004 (2) au 31 décembre 2003 Ces empires financiers sont dirigés à partir de Toronto à l exception des trois derniers, dont les racines sont francophones. Cette situation reflète le déplacement progressif depuis le milieu du siècle dernier du centre financier du Canada de Montréal vers la métropole ontarienne. Au point que la vénérable Bourse de Montréal s est retirée du marché des actions en échange d une exclusivité sur les produits dérivés. Les actions de catégorie supérieure se transigent désormais sur la Bourse de Toronto et celles de petite capitalisation sur une nouvelle bourse, la Canadian Venture Exchange (CDNX). L internationalisation, vecteur de croissance Le marché intérieur étant petit, la croissance des groupes financiers canadiens et québécois établis à Montréal est de plus en plus tributaire de leurs activités internationales. Cela va beaucoup plus loin que la seule nécessité d offrir des services aux compagnies exportatrices et importatrices qui font partie de leur clientèle. L objectif est de s implanter sur des marchés cibles ou de faire sa marque dans des niches où ils croient disposer d un avantage concurrentiel. Les États-Unis sont un marché fort convoité. L expansion du groupe BMO s appuie en grande partie sur celle de sa filiale américaine, la Banque Harris, dont l actif est de 30 milliards de dollars US. Depuis 1999, BMO a conclu treize acquisitions aux États-Unis. Nos voisins du Sud sont également au cœur de la stratégie du groupe RBC, qui tire déjà 27 % de ses revenus de ses opérations américaines. Encore dernièrement, on annonçait le déploiement sur tout le territoire des États-Unis d un réseau spécialisé en assurance voyage. Services 18
22 Le marché américain n est pas l unique destination. Le Groupe RBC réalise 11 % de ses revenus sur d autres marchés grâce à certaines niches où il excelle, comme les opérations de change, les obligations mondiales ou la garde de titres. Un sondage réalisé par le Global Investor de Londres auprès de gestionnaires de fonds communs et institutionnels dont les résultats ont été publiés au début de mai classe les Services internationaux RBC comme le meilleur prestataire de services de garde de titres à l échelle internationale. Le Mouvement Desjardins, par l intermédiaire de sa filiale Développement international Desjardins qui emploie 300 personnes, exporte son expertise en finance communautaire en Afrique, en Amérique centrale et du Sud, dans les Caraïbes et, depuis la chute du bloc communiste, dans plusieurs pays de l Europe de l Est. Chaque année, de nombreux stagiaires étrangers viennent à Montréal et au Québec découvrir le secret de la réussite de ce grand réseau coopératif. Il n y a pas que les groupes bancaires qui ont des visées internationales. Bâtie autour d une compagnie d assurance, la Financière Manuvie la plus grosse entreprise canadienne sur la base de la capitalisation boursière est particulièrement active sur le marché asiatique, étant établie à Hong Kong, en Indonésie, en Malaisie, aux Philippines, à Singapour, à Taiwan, au Vietnam de même qu au Japon et en Chine. Fin avril 2004, Manuvie annonçait la plus importante transaction transfrontalière de l histoire canadienne, soit l acquisition de John Hancock Financial Services et de sa filiale La Maritime. Ainsi est né le deuxième plus gros assureur des États-Unis et le 5 e au monde pour la capitalisation boursière. De son siège social de Montréal, la Corporation financière Power, dont la rentabilité suscite l envie (rendement annuel composé de 22,4 % sur 15 ans), s impose en Europe. Sa filiale, la Canada-Vie, est un chef de file de l assurance-vie et de l assurance maladie collective, notamment au Royaume-Uni. À titre d actionnaire à 50 % du holding Pargesa, Power détient des intérêts diversifiés dans de grandes sociétés européennes. Par ailleurs, la présence du groupe aux États-Unis est assurée par une filiale de la Great West, une compagnie d assurance-vie détenue à 75 % par la Corporation financière Power. Le cœur financier du Québec À défaut d être encore le centre financier du Canada, Montréal est le cœur financier du Québec et, de plus en plus, une place financière internationale. Tous les grands groupes financiers des secteurs bancaires et de l assurance y ont leur principal bureau d affaires au Québec et le gros de leurs succursales québécoises. C est le cas également des principales maisons de courtage en valeurs mobilières. C est aussi à Montréal que l on trouve la plus forte proportion de planificateurs financiers et de professionnels de l immobilier au Québec. Enfin, mises à part les institutions à vocation régionale, la très grande majorité des sociétés de financement et de crédit-bail opèrent à partir de Montréal. Services 19
23 Chaîne de services Services 20
24 Les services financiers / Chaîne de services Les banques et coopératives Le patrimoine accumulé par la génération des baby boomers maintenant au seuil de la retraite représente une mine d or pour le secteur des services financiers. Au 30 septembre 2003, Statistique Canada estimait à près de 2,5 billions de dollars les avoirs financiers détenus par les personnes et les entreprises non constituées en société du Canada. C est une augmentation d un billion de dollars sur 10 ans. Les banques et caisses, les sociétés de fiducie, les compagnies d assurances, les firmes de planification financière vont au cours de la prochaine décennie se livrer une chaude lutte en vue d offrir des services financiers, notamment de gestion privée et de planification financière et successorale, aux détenteurs de cet important bassin de capitaux. Le Canada compte 70 banques, selon le Bureau du surintendant des institutions financières. Dix-neuf sont canadiennes, les autres sont des banques étrangères (29) ou des filiales de banques étrangères offrant des services complets (18) ou seulement de prêts (4). Les six grandes banques canadiennes les banques CIBC, de Montréal, Nationale, Royale, Scotia et TD se démarquent puisque chacune est à la tête d un groupe financier diversifié. L actif conjugué de ces six gros joueurs au 31 janvier 2004 s élevait à 1,6 billion de dollars, celui de l ensemble des banques à 1,8 billion. Au Québec, l activité de ces grands groupes bancaires se heurte au mouvement coopératif. En termes d effectif, Desjardins est la première institution financière de la province avec, en date du 31 décembre 2003 quelque employés, un réseau de 678 succursales et un actif total de près de 99,4 milliards de dollars. La Banque Nationale suit avec employés, 477 succursales et un actif de 80,8 milliards de dollars. Plus petite, la Banque Laurentienne dont l actif n est que de 16,7 milliards, tire néanmoins son épingle du jeu devançant la TD et la Scotia pour le nombre d employés (2 839) et de succursales (153) au Québec. Les grands groupes financiers bancaires du Canada font partie de la liste des 150 plus grandes banques au monde (voir tableau). Depuis, ils ont sans doute gagné quelques rangs en raison de plusieurs fusions, dont celle de la banque JP Morgan (8 e, en 2002) et Bank One (46 e ) qui a créé la deuxième banque en importance aux États-Unis. Les grandes banques canadiennes sont parmi les mieux capitalisées avec des niveaux qui dépassent les normes minimales fixées par les règlements internationaux. Elles sont aussi très rentables. De trimestre en trimestre, elles déclarent des profits en constante hausse. Sur dix ans, la Banque Royale a été la plus rentable des grandes banques canadiennes, avec un rendement de 20,3 %, c est-à-dire meilleur que celui de la plupart des banques dans le monde. Classement mondial selon l actif (en millions de $ CA) Rang Actif* Banque Royale ,0 Scotia ,2 TD ,3 CIBC ,4 Montréal ,7 Desjardins ,2 Banque Nationale ,4 * Au 31 décembre 2002 Source : Association des banquiers canadiens, The Banker, juillet 2003 Services 21
25 Les services financiers / Chaîne de services Les sociétés de fiducie Vingt-cinq sociétés de fiducie sont inscrites auprès de l Autorité des marchés financiers (AMF) sur les quarantequatre qui sont actives au Canada. Seulement deux ont leur siège social à Montréal. Par contre, elles y ont toutes des bureaux importants. La liste de l AMF comprend aussi cinq fiducies purement québécoises et une fiducie enregistrée au Manitoba, ce qui donne un total de 31. Au 31 décembre 2002, leurs actifs totalisaient 54,4 milliards $. Les institutions de dépôts comptent une autre famille, celle des sociétés de prêts ou d épargne présentes principalement sur le marché des hypothèques. Il y en a une vingtaine au Canada. Huit opèrent au Québec. Elles cumulent un actif de 127,3 milliards, dont 103,8 milliards uniquement en prêts hypothécaires. La majorité des fiducies canadiennes appartiennent à de grands groupes financiers dirigés par une banque, une compagnie d assurance ou encore le mouvement Desjardins. Des fiducies milliardaires (en milliards de dollars) Actif Trust CIBC 12,0 Canada Trust 10,2 Trust National 5,8 Trust Royal 4,8 Montreal Trust 3,4 Trust Banque Nationale 2,7 B2B2 2,7 Fiducie Natcan 2,0 Maple Trust 1,4 Fiducie Desjardins 1,2 Fiducie coop. du Canada 1,1 Au 31 décembre 2002 Source : IGIF Le courtage en valeurs mobilières Les grands groupes financiers sont également omniprésents dans le courtage des valeurs mobilières. Par l entremise de leurs filiales, ils contrôlent près des deux tiers de cette activité. Au Québec, sur les 14 plus gros courtiers actifs, neuf leur appartenaient. La Financière Banque nationale et ses filiales dominent le classement dans cette catégorie. Au 30 septembre 2002, ce groupe employait personnes au Québec et générait des revenus bruts totaux de 351,2 millions de dollars. En deuxième place, Valeurs mobilières Desjardins (incluant Disnat) employait à la même date 770 personnes et déclarait des revenus bruts totaux de 116,4 millions. Dans son rapport annuel 2002, l Association canadienne des courtiers en valeurs mobilières (ACCOVAM) recense 206 sociétés de courtage, un sommet, et emplois. L augmentation de 171 à 206 en deux ans du nombre de maisons de courtage contribue à aviver la concurrence. Leurs bénéfices nets conjugués excèdent légèrement le milliard de dollars sur des recettes totales avoisinant les dix milliards, en baisse toutefois de 2 milliards sur l année record N eût été de l engouement pour les fiducies de revenus, dont l encours est passé de 37 à 44 milliards durant la seule année 2002, la diminution des revenus aurait été encore plus marquée. Services 22
26 Les services financiers / Chaîne de services Les dernières années ont également été difficiles pour les promoteurs de fonds communs d investissement. Pour la première fois en 13 ans, leur actif a baissé en 2002 pour se situer aux environs de 400 milliards à la fin de l année. Au 30 avril dernier, il avait repris du terrain et atteignait 470,7 milliards de dollars alors que 71 sociétés de gestion étaient actives, selon l Institut des fonds d investissement du Canada. Plusieurs de ces sociétés font partie des grands groupes financiers déjà identifiés. L industrie des valeurs mobilières profitera de l afflux de capitaux des baby boomers à la condition de regagner la confiance des investisseurs mise à mal par les récents scandales financiers, de diminuer ses frais, notamment ceux des fonds communs d investissement, d améliorer ses services conseils et de mettre au point des produits susceptibles de répondre à la fois aux désirs de rendement et aux besoins de sécurité de cette importante cohorte d investisseurs. Les assurances Au 30 avril 2004, le Québec comptait 107 compagnies d assurances de personnes, 137 compagnies d assurances multirisques ou IARD et cinq compagnies mixtes pour un total de 249. Si on ajoute, en assurances de personnes, les sociétés de secours mutuels associées à un groupe ethnique ou professionnel et, en assurances multirisques, les mutuelles et les assureurs liés à un ordre professionnel, il y a au total 311 détenteurs de permis. L avenir s annonce profitable pour les compagnies d assurances de personnes. Les contrats d assurance-vie entière à rendement garanti sont en demande, de même que ceux qui prévoient le paiement de l assurance à la suite d un diagnostic de maladie critique. L assurance maladie complémentaire couvrant les soins prolongés et les soins à domicile est le créneau qui enregistre la croissance la plus rapide de l industrie. Les assurances de personnes Les compagnies d assurances de personnes actives au Québec employaient en 2002 près de personnes. Les primes souscrites s élevaient alors à 10,9 milliards de dollars et se répartissaient ainsi : assurance-vie, 3,3 milliards ; assurance maladie, 3,3 milliards ; contrats de rente, 4,3 milliards. Leur avoir sous gestion s élevait à 278,7 milliards de dollars, leurs revenus à 11,8 milliards en assurance-vie et à 11,2 milliards en assurance maladie. Malgré le nombre relativement élevé de compagnies, l assurance de personnes est une industrie passablement concentrée compte tenu de la fusion de plusieurs grandes compagnies, les dernières en date étant celle de la Financière Sun Life et de Clarica et celle de la Great West et de la London Life. Les six principaux assureurs du Québec en 2002 contrôlaient près des deux tiers du marché, avec 5,2 milliards de primes souscrites. En comparaison, les 14 autres compagnies du top 20 ont encaissé 2,2 milliards. Ces assureurs dominants, ce sont dans l ordre : Desjardins Sécurité financière, Financière Sun Life du Canada, L Industrielle-Alliance, SSQ, la Great West, compagnie d assurance-vie et la Compagnie d assurances Standard Life. Services 23
27 Les services financiers / Chaîne de services Les assurances de dommages L assurance de dommages multirisques a comptabilisé pour l ensemble du Canada des ventes de plus de 27,5 milliards en 2002 et des éléments d actif de 77,6 milliards. Elle fournit de l emploi à plus de personnes, dont quelque au Québec. De ce nombre, environ sont employées par les compagnies d assurances et par les courtiers. L année 2002 affiche les pires résultats de l histoire de cette industrie, les revenus ayant chuté de moitié à 312 millions $. Il faut donc s attendre à une consolidation qui entraînera la disparition de plusieurs petits joueurs. L assurance auto représente 53 % du marché. C est un segment de marché peu ou pas rentable partout au Canada sauf au Québec. Cette situation favorable est attribuée au fait que les dommages corporels sont à la charge de la SAAQ, dont les mécanismes de dédommagement jouent un rôle régulateur. Trois assureurs et leurs filiales dominent le marché québécois des assurances générales. Grâce à leurs employés et agents, ils occupaient plus du tiers du terrain en 2002 (36,3 %) avec près de 2,3 milliards de primes souscrites au Québec seulement. Ce sont ING Canada, Groupe Desjardins, assurances générales et AXA Canada. L actuaire, spécialiste de l assurance Deux actuaires sur cinq travaillent dans le secteur de l assurance, sans compter tous les expertsconseils qui réalisent des mandats pour les assureurs et composent 40 % de l effectif. Il y avait au Canada en 2002, Fellows de l Institut canadien des actuaires (FICA), l organisme qui accrédite ces spécialistes des assurances, des rentes, des régimes de retraite, de la rémunération et des avantages sociaux. Près de mille autres étaient en processus de qualification. Le quart des actuaires travaillent au Québec (Ontario : 45,4 %). Trois firmes d experts-conseils dominent le marché québécois : Aon et Mercer, deux firmes qui appartiennent à un réseau mondial, et Morneau Sobeco, la seule canadienne des trois. La plus grosse firme québécoise, Optimum, occupe le sixième rang, devancée aussi par deux autres compagnies étrangères : Towers Perrin et Watson Wyatt. La planification financière À peu près inconnu il y a 20 ans, le planificateur financier est aujourd hui un conseiller de plus en plus recherché. Les Québécois et les Montréalais disposent d un patrimoine de plus en plus considérable et diversifié (propriétés, régimes de retraite, placements garantis, portefeuilles boursiers, etc.). Ils sentent le besoin de consulter afin de tirer le meilleur parti de cet actif lorsqu ils prendront leur retraite. Ils veulent aussi être conseillés sur la meilleure façon de transmettre cet héritage à leurs héritiers. Tous les planificateurs financiers exerçant au Québec doivent être diplômés de l Institut québécois de planification financière (IQPF). Depuis sa fondation en 1989, l IQPF a formé quelque diplômés, qui doivent, avant de s afficher comme planificateur, obtenir un permis de l Autorité des marchés financiers. L encadrement de leur pratique professionnelle est ensuite assuré par la Chambre de la sécurité financière. Services 24
28 Les services financiers / Chaîne de services L immobilier L industrie immobilière traverse une période faste. Le marché est très actif compte tenu du taux hypothécaires historiquement bas. Sont en forte hausse, non seulement le volume des ventes, mais aussi le prix des immeubles. Selon, la Chambre immobilière du Grand Montréal (CIGM), la valeur moyenne des propriétés unifamiliales vendues en avril 2004 était de $, comparativement à $ en avril 2003, une appréciation de 19 %. Cette croissance fait bien sûr le bonheur des vendeurs, mais aussi des quelque courtiers et agents immobiliers membres de la Chambre immobilière du Grand Montréal. Environ personnes au Québec détiennent un permis pour agir comme intermédiaire dans le domaine de l immobilier. La grande majorité, soit 88 %, sont membres de l une ou l autre des 12 chambres immobilières du Québec. Celle du Grand Montréal est de loin la plus importante. L industrie immobilière québécoise est structurée en de nombreux réseaux largement déployés tels Remax, Century 21, Royal LePage, La Capitale, Sutton, Trans-Action. À l échelle du Québec, l industrie immobilière a un poids économique non négligeable. En 2002, les ventes résidentielles pour l ensemble du Québec ont atteint un sommet de 9,2 milliards de dollars. On estimait alors que chaque transaction entraînait des retombées en achats de biens et services de $, ce qui représente une injection annuelle dans l économie de 1,1 milliard $. Enfin, emplois directs et indirects étaient liés à ce secteur. Le marché immobilier devrait poursuivre sur sa lancée encore un temps si les taux d intérêt ne s emballent pas et que la hausse anticipée demeure progressive, d autant plus que le rythme d augmentation du prix des maisons semble vouloir diminuer. Un sondage récent indique que québécois ont l intention d acheter une maison d ici à cinq ans. Le marché sera aussi soutenu par le désir de nombreux baby boomers de remplacer la résidence où ils ont élevé leurs enfants par une résidence plus petite, nécessitant peu d entretien et située soit au cœur de la ville, soit en milieu plus champêtre. Les sociétés de financement Les sociétés de financement réunissent des capitaux qu elles investissent ensuite dans différents secteurs d activités économiques. Certaines financent des projets dans tous les secteurs pourvu qu ils soient solides et potentiellement rentables. D autres ciblent des secteurs particuliers ou ont une vocation régionale. Les entreprises de la région métropolitaine de Montréal, par exemple, ont accès au Fonds de développement Emploi Montréal, aux fonds régionaux de solidarité FTQ pour l île de Montréal, Laval, la Montérégie, Lanaudière et les Laurentides ainsi qu aux fonds des CLD et des SOLIDES œuvrant sur son territoire. Services 25
29 Les services financiers / Chaîne de services En mars 2003, le Journal les Affaires a répertorié une vingtaine de sociétés de crédit-bail, dont celles associées aux banques et à Desjardins, et 68 sociétés de financement actives au Québec. Trente de ces sociétés de financement avaient une vocation régionale et seize une vocation sectorielle, ce qui laisse 22 sociétés nationales et multisectorielles, dont la Caisse de dépôt et placement du Québec qui investit grosso modo le quart de son actif de 90 milliards à l extérieur des marchés boursiers. Son portefeuille de capital de risque est présentement de 277 millions $, auxquels on compte ajouter sous peu 200 millions $. La nature et le montant de l investissement qu une entreprise peut obtenir auprès d une société de financement sont très variables. Il peut s agir d un placement à terme ou d une prise de participation dans le capital-actions, parfois d un jumelage des deux. Les bailleurs de fonds à vocation régionale investissent rarement plus de $. La majorité des sociétés de financement sectorielles et multisectorielles ne vont pas au-delà de 7 millions de dollars. Seule une dizaine de sociétés s engagent pour plus. La mise dépasse toutefois rarement 30 millions $. Enfin, au premier trimestre 2004, le Québec a une fois de plus dominé l industrie canadienne du capital de risque en s appropriant 37 % des dollars investis (147 millions $). Il s agit néanmoins d une légère baisse par rapport au trimestre précédent. Comparés à l année record 2000, pendant laquelle on a injecté près de 1,5 milliard de dollars dans l économie québécoise, ces niveaux d investissement apparaissent cependant bien faibles. Le pourcentage des sommes allouées aux entreprises des sciences de la vie a continué d augmenter pour atteindre 40 %. Les grands bailleurs de fonds ont été les fonds de travailleurs (Fonds de solidarité FTQ et FondAction CSN) ainsi que Capital régional et coopératif Desjardins, qui ont investi globalement 70 des 147 millions (47 %). L argent a servi à des réinvestissements plutôt qu à de nouveaux investissements. La région de Montréal a été la principale bénéficiaire avec 57 % des investissements, suivie par celle de Québec avec 18 %. Les services gouvernementaux Dans la sous-grappe des services financiers, le gouvernement joue un rôle particulièrement important. Il détient une grande part des fonds d investissement disponibles sur le marché. Ces fonds viennent renforcer l offre de capitaux dans les secteurs moins exploités par les capitaux privés, particulièrement auprès des petites entreprises. Ils servent également à orienter certaines politiques gouvernementales de développement régional ou industriel, notamment pour susciter l innovation et stimuler les exportations. Ils se veulent complémentaires aux sociétés de financement privées, mais se retrouvent souvent en concurrence directement. Au niveau provincial, les sociétés publiques de financement les plus importantes sont la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDP), la Société générale de Financement (SGF) et Investissement Québec. Les deux premières sont des sociétés d investissements directs, qui achètent et vendent des parts dans des entreprises, alors que la dernière est une société de prêts. Les actifs nets de la CDP s élevaient à près de 90 milliards de dollars en Services 26
30 Les services financiers / Chaîne de services De son côté, la SGF avait des actifs nets de 1,8 milliard de dollars en 2003, dont près de 70 % étaient investis dans les régions administratives chevauchant le territoire de la CMM. La société employait près de 100 personnes avant sa restructuration. Ce qui distingue la SGF de la CDP est sa vocation. La mission de la CDP est d obtenir un rendement maximal sur ses placements, sans contrainte sur le lieu ou l industrie où elle investit. Quant à la SGF, elle offre du capital de développement. Elle cible ses investissements selon le lieu ou l industrie afin d y stimuler le développement. Il arrive toutefois que le gouvernement du Québec utilise ces sociétés d état à des fins politiques, changeant parfois la mission même de l organisme. Pour sa part, Investissement Québec est une société de financement dont la mission est de stimuler les investissements privés en accordant des prêts, des garanties de prêts ou, plus rarement, des subventions directes à des projets d entreprises privées. En , Investissement Québec a autorisé jusqu à 1,3 milliard de dollars de financement, soutenant des projets dont la valeur totale s élevait à 4,5 milliards de dollars. Au niveau fédéral, l une des plus importantes sociétés d état œuvrant dans le secteur financier est la Banque de développement du Canada (BDC). Elle fonctionne sensiblement comme une banque commerciale. Elle offre une gamme de produits financiers, principalement des prêts, à l'appui de la croissance à long terme des entreprises canadiennes de tous les secteurs de l'économie. Elle accorde une attention particulière aux PME, aux entreprises fondées sur le savoir et aux entreprises exportatrices. Elle compte près de 80 succursales à travers le Canada, dont une dizaine dans la région métropolitaine de Montréal. Au niveau local, les Centres locaux de développement (CLD) et autres organismes de même nature (CDEC, SODEC, etc.), répartis sur le territoire de la CMM, administrent eux aussi des fonds de développement. Il faut préciser que Développement économique Canada et Industrie Canada gèrent aussi plusieurs fonds fédéraux investis au Québec et que le Ministère du développement économique régional et de la recherche (MDERR) a la responsabilité de plusieurs fonds provinciaux. On peut également mentionner l existence du fonds Innovatech Montréal, anciennement public, mais qui a été privatisé récemment. De plus, il existe d autres fonds publics rattachés à des secteurs d activité particuliers, comme ceux de la culture ou de l agriculture, et qui sont gérés par leurs ministères respectifs.
31 Facteurs de développement Services 28
32 Les services financiers / Facteurs de développement La recherche Bien que son poids dans le PIB dépasse largement celui des autres catégories de services, le trio finance, assurances et services immobiliers a consacré seulement 150 millions $ à la R-D en 2000, d après Statistique Canada. C est un bien mince bilan compte tenu de la très grande profitabilité de l industrie des services financiers. Il s agit néanmoins d une augmentation de 15 % depuis 1998, de sorte que davantage d employés étaient affectés à la R-D en 2000 qu en L effort de R-D du secteur financier passe aussi par le soutien qu il apporte à la recherche qui se fait dans les écoles et facultés universitaires. La contribution de certaines institutions financières est importante au point d associer leur nom à des chaires ou à des groupes de recherche. C est le cas de RBC Groupe financier, de Desjardins, de Jarislowski, de l Industrielle-Alliance, pour n en nommer que quelques-unes. La formation Les quatre universités montréalaises ont des écoles ou des facultés de gestion : la John Molson School of Business de Concordia, l École des hautes études commerciales (HÉC) affiliée à l Université de Montréal, la Faculty of Management de McGill et l École de gestion de l Université du Québec à Montréal. Chacune compte un imposant corps de professeurs-chercheurs. Ceux-ci publient régulièrement dans les revues savantes de haut niveau. Deux de ces revues, la Revue internationale de Gestion et la revue Assurances et gestion des risques, sont dirigées par des équipes des HÉC. La renommée des programmes de formation de ces quatre institutions universitaires a depuis longtemps franchi les frontières du Québec. On les retrouve d ailleurs en bonne position dans les classements internationaux publiés par les plus prestigieuses publications d affaires. Ainsi, selon Business Week, le programme de MBA de la faculté de gestion de McGill fait partie des quinze meilleures à l extérieur des États-Unis. Celui de l École des Hautes Études commerciales figure de son côté dans le Top 15 de la revue britannique Money Markets et le Top 20 du magazine Forbes. Les écoles de gestion de l UQÀM et de Concordia jouissent également d une excellente réputation. De tels classements attirent les étudiants étrangers qui sont nombreux à poursuivre des études commerciales à Montréal. Les étudiants qui se destinent à l industrie des services financiers trouvent dans les universités montréalaises la gamme complète des champs de spécialisation, au niveau du bac comme des cycles supérieurs. Les HÉC offrent aux futurs bacheliers des certificats en gestion financière et en planification financière personnelle. Ceux qui poursuivent à la maîtrise en sciences de la gestion peuvent choisir de mettre l accent sur l économie financière appliquée ou l ingénierie financière. Services 29
33 Les services financiers / Facteurs de développement À l UQÀM, les étudiants du bac ont accès à des certificats en finance, en assurances et produits financiers et en planification financière. La finance est également une option au niveau de la maîtrise. L UQÀM se distingue aussi par son programme axé sur l immobilier au bac, comme à la maîtrise (MBA pour cadres en immobilier). Une formation avancée en investissement et financement immobiliers est également offerte dans le cadre d une collaboration avec l Université McGill. La faculté de gestion de McGill décerne un bac en commerce avec majeure en finance. Les candidats au MBA peuvent opter pour des concentrations en finance ou en commerce international. L École de gestion John-Molson de Concordia offre, outre ces mêmes majeures et concentrations, un programme spécialisé en gestion de portefeuille. Cette maîtrise en gestion de l investissement de trois ans conduit à l accréditation d analyste financier (Chartered Financial Analyst). Les universités montréalaises ont aussi des programmes de doctorat en continuité avec les axes qu elles privilégient au niveau de la maîtrise. Elles offrent également des programmes de MBA pour les cadres qui se spécialisent dans les différents domaines de l industrie des services financiers. Enfin, toutes initient leurs étudiants à la gestion internationale et leur proposent une expérience concrète par des stages, des échanges, la participation à des projets internationaux. En outre, les quatre universités se sont regroupées pour fonder l Institut d études internationales de Montréal. Le campus de Longueuil de l Université de Sherbrooke ajoute à l offre de cours dans la grande région métropolitaine avec une maîtrise en fiscalité mettant l accent soit sur la planification fiscale, soit sur la planification financière intégrée. Un microprogramme en gestion des coopératives est aussi disponible. Un seul collège de la région métropolitaine, le Cégep du Vieux Montréal, décerne un diplôme collégial (DEC) en assurances et services financiers. En revanche, ils sont plusieurs à offrir un programme menant à une Attestation d études collégiales (AEC) dans des spécialités liées à l immobilier (Montmorency, Lasalle, Maisonneuve), aux assurances (Vieux Montréal, Édouard-Montpetit, LaSalle, O Sullivan,Vanier), au milieu bancaire (Collège technique de Montréal) et aux services financiers (Édouard-Montpetit). La formation continue occupe une place majeure dans l industrie des services financiers. Les banques se distinguent en matière de perfectionnement de leur personnel. En 2000, les six grandes banques ont dépensé 322 millions $ à ce chapitre, soit $ par employé, une augmentation de 55 % depuis La moyenne canadienne est de 859 $ par employé. Pour leur part, les associations professionnelles proposent des cursus complets permettant d obtenir le droit d exercer et de s afficher comme un intermédiaire financier dans un domaine donné. Dans certaines spécialités, des institutions ont été créées à des fins purement pédagogiques. Pensons à l Institut québécois de planification financière, à l Institut canadien des valeurs mobilières, à l Institut des dérivés de la Bourse de Montréal, à l Institut d assurances de dommages du Québec ou au Collège de l immobilier du Québec. La formation à distance ouvre d autres avenues. Il est possible d obtenir une Attestation d études collégiales en Finance ou en Assurances de dommages en s inscrivant au Cégep à distance que gère le collège de Rosemont. Quant à la Télé-Université du réseau de l Université du Québec, elle propose plusieurs cours, entre autres en analyse des investissements, assurances et ventes, planification financière personnelle. Services 30
34 Les services financiers / Facteurs de développement Le financement La plupart des institutions financières se financent sur le marché des valeurs mobilières (actions et obligations). Les institutions financières et plus particulièrement les banques dominent la liste des plus importantes compagnies canadiennes pour la capitalisation boursière (voir tableau). Font exception les mutuelles d assurances, qui appartiennent aux détenteurs de contrats, et le Mouvement coopératif Desjardins, qui est financé par ses 5,2 millions de membres. Avec des actifs oscillant entre 80 et 420 millions de dollars canadiens, les grands groupes financiers canadiens sont des nains à l échelle continentale et mondiale. Bien que la Banque Royale soit la neuvième en importance en Amérique du Nord, sa capitalisation boursière de 28,2 milliards $ US représente moins de 12 % de celle de la Banque Citigroup, la première banque non seulement sur ce continent, mais aussi dans le monde (capitalisation boursière : 241 milliards $ US ; actif : 1,7 billion $ US). Les associations d affaires Les différents professionnels œuvrant dans l industrie des services financiers sont regroupés dans diverses associations sectorielles. Aucune n a le statut d ordre professionnel au sens du Code des professions. Certaines réunissent les professionnels de tout le Québec, telles l Association de planification financière et fiscale, l Association des courtiers et agents immobiliers du Québec (ACAIQ), l Association des gestionnaires de risques du Québec ou l Association des actuaires IARD. D autres ciblent plutôt ceux de la région montréalaise comme la Chambre immobilière du Grand Montréal ou l Association des analystes financiers de Montréal. Quelques regroupements ont une portée pancanadienne. C est le cas par exemple de l Association canadienne des courtiers en valeurs mobilières (ACCOVAM), de l Association canadienne des courtiers de fonds mutuels et de l Institut canadien des actuaires. Les institutions financières sont aussi regroupées sur une base sectorielle, généralement pancanadienne. Il y a l Association des banquiers canadiens, l Association canadienne des compagnies d assurances de personnes (ACCAP), l Association canadienne de l immeuble, le Bureau d assurance du Canada (assurances IARD), l Institut des fonds d investissement du Canada, etc. Bon nombre de ces associations sectorielles québécoises ou canadiennes sont affiliées, ou du moins entretiennent des liens, avec les organisations mondiales qui chapeautent les différents champs d activités du secteur des services financiers comme l International Banking Federation ou le CFA Institute (Chartered Financial Analyst). Il semble en revanche que toutes ces associations sectorielles aient peu de relations intersectorielles. On peut présumer toutefois que les grands groupes financiers s activent dans plusieurs réseaux sectoriels par l intermédiaire de leurs différentes filiales. Services 31
35 Les services financiers / Facteurs de développement La réglementation La protection du public exige un encadrement serré des services financiers. Toutes les institutions financières sont sous haute surveillance. À Ottawa, le Bureau du surintendant des institutions financières surveille la santé financière des institutions et s assure qu elles ont les réserves requises pour respecter leurs obligations. De plus, depuis 2001, une Agence de la consommation en matière financière du Canada garde aussi l œil ouvert et aide les consommateurs à mieux comprendre le secteur financier. Au Québec, l Autorité des marchés financiers est le nouveau chien de garde. Créée le 1 er février dernier, cette agence intègre la Commission des valeurs mobilières, le Bureau des services financiers, l Inspecteur général des institutions financières (secteur des institutions financières seulement), la Régie de l assurance-dépôts du Québec et le Fonds d indemnisation des services financiers. L objectif de ce regroupement est de simplifier la structure de l encadrement du secteur financier et d offrir un guichet unique d assistance aux consommateurs. L AMF a la responsabilité non seulement de veiller à la solvabilité des institutions financières, mais aussi de s assurer de la compétence des professionnels sur le terrain. Peu importe où ils ont complété leur formation, les intermédiaires en services financiers qui veulent exercer au Québec doivent détenir une autorisation endossée par cette nouvelle autorité. L AMF délègue en partie son pouvoir de réglementation et de surveillance à des organismes d autoréglementation sectoriels (OAR). Ainsi la Chambre de la sécurité financière voit à l encadrement déontologique des professionnels en assurance de personne, en assurance collective de personnes, en planification financière, en courtage en épargne collective, contrats d investissement et plans de bourses d études. La Chambre de l assurance de dommages joue un rôle similaire à l égard des agents et courtiers en assurances dommages ainsi que les experts en sinistre. L Association des courtiers en valeurs mobilières du Canada (ACCOVAM) a déposé une demande pour être désignée comme OAR dans son champ d activité. Les gouvernements ont mis en place des institutions qui garantissent, en partie du moins, les sommes confiées aux institutions financières. Il y a le Fonds d indemnisation des services financiers, la Société d indemnisation en matière d assurances IARD (SIMA) et la Société d indemnisation en assurances de personnes (SIAP). L AMF assume ce rôle pour l assurance-dépôts. En cas de litige, il existe des mécanismes de règlements au cas où la médiation des associations sectorielles échouerait. Pensons à l Ombudsman des services bancaires et d investissement et au Centre du réseau de conciliation du secteur financier. Au total, une cinquantaine d organismes réglementent les services financiers au Canada, dont 13 autorités en valeurs mobilières. Sans nier que la réglementation soit essentielle au maintien de la sécurité et de la stabilité du système, les banques qualifient la réglementation canadienne de plus coûteuse et de moins efficace que celle d autres pays. Son coût serait de 5,35 $ par tranche de $ du PIB dans le secteur du financement et de l'assurance, contre 5,12 $ en Australie et 4,19 $ au Royaume-Uni. Services 32
36 Les services financiers / Facteurs de développement Un débat est en cours sur le bien-fondé de conserver autant d organismes. Peu importe l issue de ce débat, on semble s entendre sur la nécessité d alléger le processus réglementaire c est une des raisons invoquées pour la mise en place de l Autorité des marchés financiers, d éliminer les chevauchements et d harmoniser les règles. C est dire qu une réforme comme le Modèle de courtage équitable soumis à la consultation par la Commission des valeurs mobilières de l Ontario devra trouver preneur à l échelle du Canada avant de recevoir l aval de l industrie. La présence internationale Pour compenser le déplacement du cœur financier du Canada vers Toronto, la ville de Montréal et la Bourse de Montréal ont créé en 1986 le Centre financier international (CFI) en vue d attirer des entreprises spécialisées dans le domaine des transactions financières internationales. Le gouvernement du Québec a par la suite donné un coup de pouce à l aide de mesures incitatives et, plus récemment, en aménageant autour du Centre de commerce mondial et de la Caisse de dépôt et placement un quartier international. L organisme a rempli sa mission puisque quelque 135 sociétés ont depuis été accréditées comme centre financier international. Elles viennent du Canada, des États-Unis, de la France, du Royaume- Uni, de la Suisse, de la Grèce, de l Allemagne, de la Grèce, de la Tunisie, du Liban et confèrent à la métropole du Québec le statut fort convoité de place financière internationale. Au total, près de personnes travaillent pour ces centres financiers, ce qui procure à Montréal une masse critique sur laquelle capitaliser. Le pouvoir d attraction de Montréal s est aussi traduit de plusieurs autres façons : l implantation de Nasdaq-Canada, l ouverture d un premier bureau international de la Financial Women Association et d un bureau de soutien de l Association internationale des fonds d investissements ; la tenue du Sommet international des banques arabes. En octobre, aura lieu la troisième Conférence financière internationale de Montréal. Par le passé, l événement a attiré des conférenciers aussi prestigieux que Vicente Fox, le président du Mexique, et Michel Camdessus, l ex-patron du Fonds monétaire international. Cette concentration favorise le développement d une expertise financière internationale dans la métropole québécoise. D autres initiatives vont dans le même sens, comme la création par l ensemble des écoles et facultés universitaires de gestion du Québec de l Institut de finance mathématique de Montréal et d un programme de formation en gestion des services financiers. Services 33
37 Sous-grappe Les services aux entreprises Services 34
38 La nécessité des alliances Les cabinets conseils de services aux entreprises épaulent leurs clients à toutes les étapes clés de leur développement. Regroupés dans la catégorie services de conseil en gestion par le Système de classification des industries de l Amérique du Nord (SCIAN), ils leur fournissent de l information et de l aide sur des questions comme la planification stratégique et organisationnelle, la planification et la budgétisation financières, les politiques, les pratiques et la planification en matière de ressources humaines ainsi que les services de recherche de cadres, de marketing et de recherche marketing. Font aussi partie de ce groupe, à notre avis, les services juridiques (droit et notariat) qui prennent de l importance dans un contexte d ouverture des marchés où les contrats mondiaux se multiplient et où les stratégies de développement commercial passent de plus en plus souvent par des fusions/ acquisitions ou des alliances. Une consolidation semble s être faite dans l ensemble de cette sous-grappe, sauf en recherche marketing, un domaine encore très fragmenté. Parallèlement, les cabinets spécialisés dans un seul type de services ont fait place à des firmes ou à des groupes diversifiés et multidisciplinaires. Les grands cabinets de comptabilité ont ouvert la voie et ils emploient aujourd hui, en plus des comptables, aussi bien des avocats fiscalistes que des experts en gestion des ressources humaines ou en marketing, voire même des ingénieurs. L héritage francophone de la langue et du droit civil, ont longtemps constitué une protection pour les firmes locales. Ce n est plus le cas. Elles cèdent progressivement une partie du terrain à des firmes étrangères et à leurs succursales. Cette implantation se fait parfois par le biais d une alliance avec un joueur local, mais c est loin d être toujours le cas. Le déploiement des sociétés québécoises sur les marchés extérieurs ne se fait pas au même rythme. Il se limite bien souvent à l accompagnement de firmes clientes qui ont des mandats à réaliser à l étranger. Il relève rarement d une stratégie arrêtée d expansion mondiale. Confrontées à un environnement d affaires planétaire, défavorisées par la concentration des centres de décision à Toronto, les firmes montréalaises n ont souvent d autres choix que de s allier à des grands réseaux aux ramifications internationales qui prennent à leur charge les affaires internationales et leur laissent uniquement le marché local. Les services aux entreprises changent et font l objet d une vive concurrence à l intérieur de chaque champ d activités et entre les grands groupes intégrés qui occupent plus d un champ. Il est toutefois difficile d en bien mesurer le niveau et les impacts faute de données fiables et d indicateurs comparatifs. Services 35
39 Chaîne de services Services 36
40 Les services aux entreprises / Chaîne de services La comptabilité Depuis quelques années déjà, les cabinets comptables font appel à des expertises de plus en plus variées touchant tous les aspects des services aux entreprises., ce qui en fait des conseillers stratégiques de premier plan auprès des entreprises qui œuvrent sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal et ailleurs dans le monde. La frontière est d ailleurs de moins en moins hermétique entre ces cabinets et les cabinets de conseil en gestion et en ressources humaines. Actuellement, les comptables sont regroupés au sein de trois ordres professionnels qui ont des champs de pratique réservés : les comptables agréés (CA), les comptables en management accrédités (CMA) et les comptables généraux accrédités (CGA). De ces trois catégories professionnelles, les comptables agréés sont les seuls à pouvoir agir à titre de vérificateur pour les entreprises. Il fut un temps où la démarcation était très claire entre ces trois profils professionnels. On retenait les services des CA d abord et avant tout pour avoir des états financiers vérifiés. Les CMA étaient reconnus pour leur approche de gestion stratégique au sein des entreprises et occupaient souvent les postes de cadres et de vice-présidents finances. Les CGA se retrouvaient également dans les entreprises à titre de contrôleur, mais on les associait beaucoup plus aux municipalités, où, exceptionnellement, la loi régissant les professions leur permettait de faire de la vérification, un champ réservé au CA dans tous les autres domaines. Actuellement 40 % des comptables agréés (CA) fournissent de l'expertise comptable au sein de cabinets. On retrouve les 60 % restants dans les entreprises ou dans l enseignement. L unification des expertises comptables Conscients de leur complémentarité et de la duplication dans certains champs d intervention, les trois ordres professionnels ont entrepris depuis le début de l année 2004 des démarches visant à se fusionner. Le nouveau regroupement offrirait une expertise combinée en régie d entreprise, en gestion financière, en comptabilité de gestion, en fiscalité ainsi qu en vérification et certification. Les membres des trois ordres professionnels se prononceront sur cette décision à l automne 2004 et, si les résultats du scrutin démontrent qu ils sont favorables au projet, le gouvernement procédera aux changements législatifs requis dans les mois qui suivront. Le nouvel organisme, en regroupant plus de membres, deviendrait ainsi l un des organismes comptables les plus importants au monde. Cette fusion aurait avant tout l avantage d éliminer une grande part de la confusion entraînée par la multiplicité des organismes comptables professionnels. En outre, le renforcement de la profession comptable et de son influence constituerait certainement un atout non négligeable dans un contexte de mondialisation. Les entreprises seront gagnantes, car cette intégration des expertises comptables leur permettrait de miser sur une brochette de compétences des plus complètes dans trois domaines d exercice principaux, la gestion, la vérification-certification et la fiscalité. Ceci améliorerait également les services offerts grâce à des économies d échelle et à une meilleure coordination des efforts. Sans compter les Services 37
41 Les services aux entreprises / Chaîne de services effets que peut avoir une vision unifiée sur les défis de la profession, notamment pour l enseignement et la recherche. Ces changements se feront tout en assurant aux clients un référentiel commun de normes rigoureuses et transparentes en matière d agrément, de discipline, de déontologie et de formation continue. Des conseillers associés à toutes les décisions stratégiques Concrètement, les entreprises peuvent faire appel à leur cabinet comptable pour obtenir du soutien tout au long du cycle de vie de l entreprise, de la phase de démarrage, à l acquisition ou à la cession d'entreprise. En plus de faire de la certification (examens et vérifications), les comptables œuvrent notamment dans les domaines suivants : affaires, fiscalité, gestion des risques, technologies de l'information, évaluation d'entreprises, mise sous séquestre, insolvabilité et juricomptabilité. Les dirigeants d entreprises ne se contentent plus de faire appel à leur comptable une fois par année pour préparer leurs états financiers. Ils le considèrent comme un conseiller financier devant être consulté avant la prise de décisions stratégiques. Par exemple, les experts-comptables participent à l évaluation des entreprises et à l élaboration des plans d'affaires ou des stratégies visant l'obtention de financement. Les comptables peuvent également proposer des politiques financières et administratives et des outils d analyse de l'information financière. Ils peuvent fournir un éclairage essentiel aux entreprises en matière de planification fiscale et d analyse des besoins en technologies de l'information. Enfin, ils peuvent apporter leur expertise en matière de litiges. Des cabinets prestigieux sur le territoire de la CMM Il y a cabinets comptables au Québec, dont 35 % à Montréal, 16 % en Montérégie et 18 % dans les régions de Laval, Laurentides, Lanaudière. Sur comptables agréés, 40 % occupent un emploi à Montréal, 16 % en Montérégie et 15 % dans les régions de Laval, Laurentides, Lanaudière. Samson Bélair Deloitte et Touche est un chef de file au Québec. Il s est classé cette année au 80 e rang des 500 plus grandes entreprises au Canada. C est l exemple type d un cabinet intégré. Au Québec, le cabinet emploie professionnels répartis dans 26 bureaux régionaux, dont la plupart sur le territoire de la CMM. Raymond Chabot Grant Thornton est le deuxième plus grand cabinet québécois, avec employés au Québec et un nombre tout aussi important travaillant en Ontario, au Nouveau-Brunswick et à l étranger. Ces deux cabinets se sont bâtis de solides racines québécoises avant de s allier à de grands groupes internationaux. D autres cabinets faisant partie de groupes mondiaux sont venus s installer dans la métropole en plus d avoir des bureaux en région. C est le cas de Price Waterhouse Coopers, qui a 655 emplois au Québec et dans le monde. Ernst & Young se définit aussi comme un réseau mondial et, sur ces employés, plus de 600 travaillent dans la métropole. Quant à KPMG/S.E.M.C.R.L, il a 35 bureaux au Canada et 540 de ses employés travaillent au Québec, surtout sur le territoire de la CMM. Services 38
42 Les services aux entreprises / Chaîne de services Mallette Comptables agréés est un cabinet québécois qui possède une vingtaine de bureaux répartis dans toutes les régions du Québec (417 employés). Idem pour Verrier Paquin Hébert, qui emploie 331 personnes dans huit bureaux au Québec, et Richler, Usher et Vanberg, qui concentre la moitié de ses activités dans la métropole (336 employés) et le reste ailleurs au Canada. BDO Dunwoody emploie 120 personnes à Westmount sur 904 travaillant au sein de cabinets situés dans 96 autres villes canadiennes. À ces neufs cabinets qui ont 100 employés et plus s ajoutent une vingtaine de cabinets de taille plus petite (entre 35 et 90 employés). Les trois quarts sont situés sur le territoire de la CMM. De grands réseaux mondiaux intégrés De plus en plus, les cabinets comptables font partie de grands réseaux canadiens ou internationaux, ce qui leur permet de donner aux entreprises de classe mondiale des services globaux qui débordent d ailleurs dans certains cas leur champ de compétence propre pour s étendre à l ensemble du domaine de la gestion d entreprise, voire à la gestion des technologies, à la gestion environnementale ainsi qu à l analyse économique et industrielle. C est le cas tel que mentionné précédemment de Price Waterhouse Coopers, Ernst & Young et KPMG qui grâce à leur grand réseau mondial peuvent offrir à des clients internationaux toute la panoplie de services aux entreprises nécessaires sur les différents continents où elles font affaires grâce à des équipes d experts américains, européens et canadiens qui ont la capacité de partager des mandats. Les notions de réseau et de multidisciplinarité deviennent de plus en plus réalité et on assiste dans les cabinets à la mise en place d équipes mixtes réunissant autour d un même projet des comptables, des économistes, des conseillers en gestion, des informaticiens, des actuaires, des spécialistes du marketing, ceci afin de répondre aux besoins complexes des entreprises. Seule limite à respecter à la suite des récents grands scandales financiers : séparer avec soin les mandats de vérification et de consultation, ainsi que nombre des actionnaires des sociétés cotées en Bourse l exigent depuis plusieurs années. Le conseil en management Gestion du changement, voilà sans doute l expression qui englobe le mieux le champ d intervention dans lequel œuvrent les sociétés de management. Ensuite, toutes les nuances sont possibles pour offrir des services ciblés ou globaux, de la planification stratégique à l optimisation des processus de travail, de l implantation de la qualité jusqu à la transformation des organisations et la formation. Certaines sociétés répertoriées sous la rubrique ressources humaines ou recrutement de cadres s affichent clairement comme des spécialistes en ressources humaines. Quelques-unes offrent exclusivement des services de recrutement, notamment la recherche de cadres. C est le cas d Adecco Canada, la filiale d un réseau qui se spécialise dans le recrutement de cadres sur tous les continents, de Drakkar & Associés, Hunt Personnel/Intergestion RH, du Groupe Télé-Ressources, Dotemtex ou encore du Groupe Ranger, qui ont 20 professionnels ou plus à leur service sur le territoire de la CMM. Services 39
43 Les services aux entreprises / Chaîne de services Ressources humaines et formation D autres sociétés en ressources humaines s ajoutent au recrutement des services de soutien aux entreprises en ce qui concerne la réaffectation et la planification de carrière. Elles offrent également les services de psychologues industriels, de formateurs ou d experts du développement organisationnel. C est le cas par exemple du Groupe Conseil CFC, qui a des bureaux à Montréal, Québec, Paris, au Maghreb et aux États-Unis ; André Fillion & associés, qui répartit ses effectifs entre Montréal, Québec, Ottawa et Trois-Rivières ; la Société Pierre Boucher, présente au Canada, en Europe et aux États-Unis, ainsi que Marc Gauthier & associés. Il s agit de petites entreprises misant dans bien des cas sur l expertise de l associé-fondateur. Parmi ces sociétés, certaines font de l impartition, notamment pour les pme qui souhaitent déléguer les services de ressources humaines à des spécialistes externes. D autres qu on retrouve également dans la sous-grappe services financiers assurances se spécialisent en rémunération, gestion de l actif, conception et administration de régimes de retraites et avantages sociaux. On peut mentionner Morneau Sobeco, le Groupe Conseil Aon et Mercer consultation en RH, qui ont toutes plus de 300 employés à leur service au Québec, dont la majorité à Montréal. Planification stratégique et analyse économique Puis, il y a les spécialistes de la planification stratégique et de l analyse économique, parmi lesquels figure Secor Conseil, qui compte sur une trentaine d équipes déployées à Montréal, Toronto, Ottawa et Paris. La firme mène également des études sur le développement économique, industriel, urbain et régional pour le compte d organismes gouvernementaux ou d associations d affaires. Une caractéristique importante à noter dans cette sous-grappe est le fait que plusieurs sociétés se retrouvent inscrites à la fois dans le répertoire des sociétés en management et dans celui des firmes de comptables, de génie conseil ou encore de services informatiques. Il s agit surtout de celles qui offrent l éventail des services suivants : gestion de la qualité, implantation de processus d affaires, gestion de la production et des opérations, stratégies technologiques, gestion de la chaîne d approvisionnement ou amélioration de la productivité. L appartenance à de grands réseaux La stratégie des entreprises de services qui est de se lier à de grands réseaux et d offrir des services intégrés un atout indéniable pour faire des affaires sur les marchés mondiaux. On observe d ailleurs que cette stratégie s affine quand il s agit d accompagner ses entreprises clientes sur d autres continents ou encore pour offrir des services aux pays en développement. Dans ces cas, les firmes de génie conseil compétitionnent d ailleurs avec les cabinets comptables et les sociétés spécialisées en planification stratégique à cause de leur expertise en gestion de projet, montage financier ou plus globalement en développement international. Dans le cas de mandats liés à des alliances stratégiques, ou encore à des fusions/acquisitions entre des entreprises d ici et d ailleurs, c est au tour des cabinets de comptables de se mesurer aux sociétés de management grâce à la pluridisciplinarité de plus en plus grande de leurs équipes. Services 40
44 Les services aux entreprises / Chaîne de services Ce brouillage des frontières est si important qu il devient quasi impossible de dresser la liste des sociétés de management sans faire de duplication puisqu elles apparaissent sous plus d une rubrique. C est le cas par exemple des CGI et EDS Canada (sociétés informatiques), Raymond Chabot Grant Thornton (cabinet de comptables), Towers Perrin (services financiers et actuariat), Tecsult Éduplus (génie), et la liste pourrait encore se recouper. Sur le plan du rayonnement, il faut ajouter à l éventail de services très larges des entreprises de la sous-grappe, la diffusion proprement dite de leur expertise à l extérieur qui rejaillit d ailleurs sur la réputation de la métropole. Par exemple, plusieurs experts en management participent à des conférences internationales, publient des ouvrages de référence, écrivent des articles dans des revues de prestige ou encore acceptent de transférer leur savoir en procédant au sein de leurs grands réseaux à des échanges de ressources professionnelles dans le cadre de mandats hautement spécialisés. Gouvernance et éthique À l instar des cabinets de comptables, d avocats et de services financiers, les sociétés de management ont resserré leurs règles professionnelles pour rassurer une clientèle ébranlée par les scandales et fraudes qui ont secoué le milieu des affaires au cours des dernières années. Elles ont fait des règles de régie et de l éthique leurs valeurs de base et offrent même à leurs entreprises clientes d instaurer chez elle un modèle rigoureux et transparent. Ceci permettra sans doute de redorer le blason de ces professionnels qui ont dû faire face à des préjugés négatifs et composer avec les craintes de leurs clients, avec tout ce que cela entraîne d incertitudes et de nouvelles exigences en matière de transparence et de contrôle. Les relations publiques Il n est pas aisé de présenter un tableau fidèle du secteur des relations publiques au Québec, et a fortiori dans la Communauté métropolitaine de Montréal, du fait d un manque de données qualifié de dramatique sur l ensemble du secteur et de ses professionnels. Il s agit pourtant d un secteur dynamique et en croissance constante. Ce n est que depuis peu que l on sent parmi les principaux acteurs la volonté de corriger cette situation et de se doter de structures d information, d échange et de recherche. Une réelle spécialisation dans les relations publiques La grande majorité des cabinets du secteur se consacrent exclusivement aux activités de relations publiques : conseil et planification stratégiques, relations avec les médias, les gouvernements, les investisseurs, communication-marketing, formation à la parole publique, gestion de commandites, d enjeux, de réputation, d événements, de crise, etc. Certains ont aussi des activités significatives de recherche (repère communication recherche), design graphique et organisation d événements. Les agences de taille comparable entretiennent entre elles des relations caractérisées par une vive concur- Services 41
45 Les services aux entreprises / Chaîne de services rence, se retrouvant souvent en compétition pour décrocher les comptes des entreprises qui ont besoin d une même gamme de services, plus ou moins multisectoriels selon leur taille. Il s agit d un secteur plus jeune que dans les pays anglo-saxons et il apparaît souhaitable qu il tende vers plus de rigueur, d où la création de la cote A+ par l Alliance des cabinets en relations publiques du Québec, distinction destinée à reconnaître le niveau de qualité dans le service, l éthique et l administration des agences. Cependant, c est un secteur qui projette une image dynamique et attirante, même si toute la profession a été affectée par l affaire du lobbyisme à Québec et, plus récemment, par le scandale des commandites à Ottawa. Une forte concentration montréalaise Le secteur québécois des relations publiques est très fortement concentré sur le territoire de la CMM. D ailleurs, les 13 entreprises qui ont pu être classées par les Éditions Infopresse selon leur chiffre d affaires (sur 39 répertoriées) sont établies à Montréal même. Dix d entre elles constituent le membership actuel de l Alliance des cabinets de relations publiques du Québec, groupement qui représente plus de 70 % de la facturation de tout le secteur au Québec, le reste se répartissant entre les quelques autres acteurs relativement importants mentionnés plus haut, une vingtaine de cabinets d une demidouzaine à une dizaine d employés et un grand nombre de travailleurs autonomes. Une étude toute récente de la Chaire en relations publiques de l UQÀM révèle en effet que 11 % des relationnistes québécois sont des travailleurs autonomes (sans compter tous les professionnels qui ne sont membres d aucune association). Le secteur des relations publiques est incontestablement dominé par Le Cabinet de relations publiques National, avec des revenus bruts certifiés de 13 millions $ et 90 employés à Montréal (38 millions $ et 275 employés au Canada), le second, Optimum - Relations Publiques, affichant 6,2 millions $ et 41 employés (64 au Canada).Viennent ensuite Weber Shandwick avec 4,3 millions $ et 25 employés ; Hill & Knowlton/Ducharme Perron avec près de 4 millions $ et 30 employés (180 au Canada) et Torchia Communications avec 3,4 millions $ et 26 employés (4,3 millions $ et 34 employés au Canada). Ce sont pratiquement les seules entreprises qui disposent aussi d un ou de plusieurs bureaux à l extérieur de la Communauté métropolitaine de Montréal. National est présent dans les principales villes canadiennes ainsi qu à New York et Londres. Aucun des autres leaders n est établi à l étranger. Les seules entreprises relativement importantes hors classement disposant de bureaux à l extérieur de la CMM sont GGA Communications (28 employés à Montréal et 75 au Canada), Edelman Relations Publiques (15 et 65), Porter Novelli (8 et 68) et Fleishman-Hillard Communications internationales (5 et 55). Derrière Torchia Communications, on trouve un groupe d entreprises aux résultats plus modestes : Communication et Stratégie (1,8 millions $ et 12 employés); repère communication recherche (anciennement Groupe Gignac communication marketing (1,8 M$ et 10 employés); Massy-Forget relations publiques (1,2 millions $ et 11 employés); et Cohn & Wolfe Montréal (anciennement Pyramide Relations Publiques (1,1 millions $ et 15 employés). Les 4 dernières de ce groupe de 13 ont des revenus de moins de $. Une autre firme, Enigma Communications, hors classement, compte 25 employés à Montréal, mais les relations publiques ne représentent que 50 % de ses activités. Services 42
46 Les services aux entreprises / Chaîne de services Un marché de moins en moins dominé par les Québécois National est contrôlé par ses principaux dirigeants à 82 %, le reste appartenant au groupe mondial WPP Group (Londres). Optimum Relations Publiques est une filiale du québécois Groupe Cossette Communication. Weber Shandwick appartient à Weber Shandwick Worldwide, membre d Interpublic (New York). HKDP/Ducharme Perron est une filiale à 100 % de Hill & Knowlton, membre de WPP Group (Londres). Parmi les neuf suivantes sur la liste, presque toutes sont détenues par des intérêts québécois. En revanche, Fleishman-Hillard Communications internationales, GPC International et Porter Novelli, tous trois hors classement, sont des filiales à 100 % d agences mondiales liées à DAS (Diversified Agency Services), membre de Omnicom Group (New York). Cela dit, l intrusion de firmes étrangères apparaît comme une tendance lourde au gré de l avancée de la mondialisation, alors que les grands groupes internationaux n avaient pas mis les pieds au Québec il y a encore cinq ans. Certains se préoccupent du phénomène dans la mesure où il s agit d un secteur capital pour le rayonnement de Montréal, puisqu il met en valeur les entreprises d ici et les divers organismes qui contribuent eux-mêmes à la notoriété de la métropole. Les principaux avantages des firmes montréalaises sont naturellement le bilinguisme et le multiculturalisme de la main-d œuvre ainsi que leur position stratégique leur permettant de faire le lien entre Europe et Amérique. Le plus grand potentiel de développement consiste probablement à accueillir ici les étrangers qui se lancent à l assaut de l Amérique du Nord, d autant que la grande majorité des relationnistes offrent leurs services exclusivement au Québec. Pour accompagner une entreprise québécoise à l étranger, tous les cabinets font appel à des partenaires locaux. Ainsi, s associer à un réseau international ou à des partenaires qui en font partie devient de plus en plus important pour rester dans le coup. La publicité et la promotion Comme le secteur des relations publiques, celui de la publicité et de la promotion souffre d un sérieux manque de données industrielles standardisées et vérifiées. On sait cependant que les agences de la métropole continuent de perdre du terrain par rapport à leurs concurrentes torontoises. En effet, bien qu elle leur offre la chance de briller sur la scène internationale, la mondialisation a plutôt relégué les agences montréalaises dans un rôle d agent régional. Seule la reconnaissance internationale de la créativité québécoise pourrait inverser la tendance, mais celle-ci reste à conquérir. Une vaste gamme d activités Les dépenses en communications-marketing au Québec sont estimées à 4 milliards, mais les agences québécoises n accaparent que 80 % des investissements publicitaires dans les médias, car certains placements sont faits par des agences de Toronto ou sans intermédiaire. D autre part, elles n accaparent que 15 % des investissements en marketing direct, promotion, relations publiques, commandites d événement, etc. Services 43
47 Les services aux entreprises / Chaîne de services Les agences de publicité offrent essentiellement des services de création, auxquels s ajoutent selon les cas des services de conseil stratégique, production, placement média, gestion de commandites, promotion. Certaines font aussi du marketing direct (publipostage, télémarketing, télé-achat, marketing interactif par Internet et autres activités basées sur l usage de banques de données), plus rarement des relations publiques et de l organisation d événements. Le Groupe Cossette Communication, leader incontesté, se singularise aussi en offrant des services de communication-marketing complets par l entremise de ses composantes : l agence Cossette Communication-Marketing (création), Blitz Direct Data & Promotion (marketing direct), Optimum Relations publiques, Impact Recherche, Cossette Média (placement) et Graphème (design graphique). Les domaines de la promotion et du marketing direct sont largement dominés par Blitz Direct Data & Promotion (13,1 millions $ au Québec et 100 employés), filiale de Groupe Cossette Communication. Dans le premier, les autres acteurs d importance sont Cri Communications (3,2 millions $ et 28 employés), Le Clan (3 millions $ et 34 employés) et Cartier Communication Marketing (2,6 M$ et 22 employés), tous de propriété québécoise. Dans le second, les plus proches concurrents sont LXB Communication Marketing (3,1 millions $ et 34 employés), 100 % québécois, de nouveau Cartier Communication Marketing et FCB Direct Montréal (60 employés). Le domaine du placement média est clairement le royaume de Cossette Média (12,1 M$ et 111 employés), filiale de Groupe Cossette Communication, et de Carat (40 employés), contrôlé par des intérêts québécois, bien que 49 % des parts appartiennent à l agence Carat, membre de Aegis Group PLC (Londres). Le secteur alimente une quarantaine de maisons de production et de postproduction. Il comprend aussi de nombreux studios de design graphique. Les plus importants sont Graphème (60 employés), filiale de Groupe Cossette Communication, Cesart (57 employés), l agence de publicité OSL Martin (50 employés), Nolin Branding & Design (43 employés) et TM design communications (30 employés). Une créativité à exporter Les grandes tendances observées dans le secteur sont la hausse des fusions-acquisitions, le déplacement des centres décisionnels hors du Québec (au profit de Toronto), la globalisation des marchés et des besoins en communications-marketing, ainsi que la migration des grands comptes vers les firmes détenues par des intérêts étrangers, Cossette faisant figure d exception à cet égard. Malgré ces tendances, les agences québécoises demeurent relativement protégées par la langue et la culture, mais pour combien de temps? Créativité québécoise, diversité culturelle montréalaise, bilinguisme dans le milieu de travail, approche nord-américaine et latine à la fois, capacité de faire beaucoup avec peu sont autant d atouts incontestés, mais ils se traduisent souvent par des concepts peu exportables ou peu reconnus à l étranger. Dans le contexte de la mondialisation, le plus grand défi des agences montréalaises est justement de prouver qu elles ont la créativité nécessaire pour proposer des concepts mondiaux aux grands annonceurs internationaux. Ce défi est d autant plus difficile à relever que la métropole est pénalisée par la rareté des sièges sociaux qu elle abrite. Autre tendance à signaler, les grands groupes de communication ont eux aussi multiplié les acquisitions et les prises de position ces dernières années, si bien qu ils contrôlent maintenant de vastes réseaux Services 44
48 Les services aux entreprises / Chaîne de services diversifiés de diffusion (chaînes de télévision, radios, journaux, magazines, portails Internet, etc.) qui les incitent progressivement à proposer aux annonceurs des offres incluant la création elle-même, au détriment des agences de publicité. Montréal mène le bal Le secteur de la publicité et de la promotion québécois présente une double concentration : 90 % des agences sont implantées dans la CMM, à Montréal même, et moins d une trentaine d agences représentent approximativement 75 % des revenus. Il existe bien quelques petites agences à Québec, Trois-Rivières et Sherbrooke, lesquelles servent surtout des clients locaux, mais c est clairement à Montréal que se fait la publicité québécoise. On ne connaît les résultats que de 63 entreprises sur quelque 113 firmes de publicité-marketing : leur revenu brut global est de l ordre de 300 millions $. On estime que les 50 autres ont un revenu moyen de 1 millions $. En 2004, plusieurs agences québécoises appartenant à de grands groupes mondiaux n ont pas communiqué leurs revenus bruts certifiés afin de ne pas risquer de contrevenir aux nouvelles règles comptables imposées par la loi américaine Sarbanes-Oxley. C est pourquoi le classement le plus récent établi par les Éditions Infopresse a dû être réalisé en se basant dans certains cas sur les chiffres de l exercice précédent (astérisque), ainsi que sur les projections financières fournies et le nombre d employés. Cossette Communication-Marketing donne le ton Première observation, Cossette Communication-Marketing (68,7 millions $ et 657 employés), considéré à juste titre comme le vaisseau amiral du secteur, a des revenus trois fois supérieurs à ceux du plus proche concurrent, Publicis Montréal (23,4 millions $* et 135 employés), suivi par Marketel (19,9 millions $ et 140 employés). Après ce trio de tête, on trouve BBDO Montréal (14,7 millions $* et 104 employés), Allard Johnson Communications (12,2 millions $ et 85 employés), PALM Publicité Marketing (11,4 millions $ et 80 employés), Bos (11,2 millions $ et 62 employés), BCP (10,4 M$ et 50 employés), Draft Montréal (67 employés), FCB Direct Montréal (8,7millions $* et 60 employés) et Saint-Jacques Vallée Young & Rubicam (9,1 millions $* et 78 employés).viennent ensuite LG2, Diesel, Académie Ogilvy, Tonik et OSL Martin, aux revenus se situant entre 6,3millions $ et 4,5 millions $ avec de 90 à 49 employés. De la 17 e place à la 25 e, on trouve des agences dont les revenus bruts vont de 4,4 millions $ à 2,3 millions $ et le nombre d employés, de 38 à 22. Parmi ces 25 premiers, 20 font partie de la liste des 28 membres de l Association des agences de publicité du Québec qui, on l a dit, accaparent les trois quarts du marché. Deuxième observation, parmi les cinq premières agences, Cossette se distingue encore en étant la seule qui soit 100 % québécoise et qui constitue la tête de réseau de son propre groupe international, Groupe Cossette Communication, présent à New York (Cossette Post) et Londres (Identica), les autres étant à l inverse l agence locale d un acteur étranger aux ramifications internationales. Publicis Montréal est contrôlé par le groupe français Publicis (70 %), le reste des parts étant détenu par Yves Gougoux. Marketel est québécois à 51 % et canadien à 49 % (MacLaren McCann, rattachée à l agence mondiale McCann-Erickson Worldgroup, du groupe Interpublic (New York). BBDO Montréal appartient à 97 % à BBDO Worldwide, d Omnicom Group (New York). Allard Johnson Communications est contrôlé par le groupe Maxxcom et ses cadres (respectivement 50 et 25 %), de Toronto. Services 45
49 Les services aux entreprises / Chaîne de services S il est vrai que PALM, Bos et BCP sont entièrement détenus par des intérêts québécois, Draft Montréal et FCB Direct Montréal sont toutes deux des filiales à 100 % du groupe Interpublic (New York) et 49 % des parts de Saint-Jacques Vallée Young & Rubicam, contrôlée par ses dirigeants québécois, appartiennent à Young & Rubicam, membre du groupe WPP (Londres). En revanche, LG2 (en 12 e position) et toutes les suivantes dans le classement des 25 premiers sont contrôlés à 100 % par des intérêts québécois sauf le 14 e, Académie Ogilvy (51 % seulement). Les principales agences entretenant des relations très compétitives, bien que cordiales, elles ne se sont pas distinguées par un grand souci de concertation industrielle, du moins jusqu à présent. La recherche marketing Le secteur de la recherche marketing fait figure de parent pauvre parmi ceux que l on associe à la communication et par rapport aux autres activités de marketing. À titre indicatif, on estime que la recherche représente environ 2 % du budget marketing des entreprises, comparativement à 40 % consacrés à la publicité dans les médias, le reste allant aux activités promotionnelles. Au Québec, cela représenterait 60 millions $ (dans un marché canadien évalué à quelque 500 millions $), en excluant les budgets drainés par l achat de données secondaires (c.-à-d. générales) aux grands groupes mondiaux tels AC Nielsen ou IMS. Cependant, il faut savoir que les chiffres qui circulent sur ce secteur fragile et fragmenté semblent encore plus flous que les rares données dont on dispose sur les secteurs des relations publiques et de la publicité. Des généralistes et quelques spécialistes Dans ce secteur, tout le monde est généraliste ou presque, mais seuls les leaders offrent une gamme vraiment complète de services couvrant l ensemble des recherches qui ont trait aux décisions commerciales liées à un produit (lancement, emballage, branding et toutes les variables de la fonction marketing). Affaires publiques, communication dans les médias, commerce de détail et secteur pharmaceutique sont les quatre domaines qui engendrent le plus d activités de recherche marketing. Celles-ci consistent pour l essentiel en sondages d opinion, groupes de discussion, études de marché, recherches qualitatives, études de positionnement, études de satisfaction de la clientèle, pré-tests et post-tests publicitaires, tests de produits, enquêtes d attitudes et de comportements, suivis des perceptions dans le temps. Certaines firmes ont tendance à se spécialiser. C est le cas de Carat (plutôt considérée comme une firme de placement média), d Impact Recherche et Descarie complices (mesure de l efficacité des publicités), de Cogem Recherche (secteur de l alimentation). D autres se tournent vers des niches, comme Geocom Recherche et Optima (géomarketing). Même Léger Marketing a des secteurs de prédilection : affaires publiques, commerce de détail, transport et santé. Services 46
50 Les services aux entreprises / Chaîne de services De sérieux défis à relever Le secteur se heurte à la difficulté croissante d obtenir la collaboration gratuite des consommateurs. En effet, le taux de réponse est aujourd hui de 15 à 20 % aux États-Unis, ce qui est catastrophique, d environ 40 % au Canada et 50 % au Québec. Cette baisse inexorable des taux de réponse nuit à la qualité de la recherche, donc à la crédibilité de l activité elle-même. La solution consistant à dédommager les répondants ferait augmenter les coûts de la recherche sans pour autant garantir une qualité équivalente. On assiste donc à l arrivée des sondages-concours par Internet, exercice dont seuls quelques participants sont rémunérés par tirage au sort. Si personne n ose affirmer que la généralisation de l accès à l Internet permettra une révolution sectorielle semblable à celle attribuable à l avènement du téléphone en son temps, chacun sait que la mise au point de nouvelles méthodes de collecte par l Internet est capitale. Le marché québécois de la recherche est en croissance, mais les prix n ont pas vraiment augmenté depuis 15 ans et demeurent plus bas qu à Toronto, par exemple. On assiste d ailleurs à une érosion de la part de marché des firmes québécoises dans le marché canadien, baisse attribuable aux regroupements observés dans la plupart des industries, lesquels ont pour conséquence une diminution du nombre de centres de décision et de clients établis à Montréal. Dans ce contexte, outre la mise à profit de l Internet, les axes possibles de développement des entreprises du secteur sont la mise sur pied d un réseau international permettant de servir les industriels québécois, puis internationaux, sur les marchés extérieurs, que ce soit par affiliation ou par acquisition, ou bien, pour les plus modestes d entre elles, la spécialisation dans une niche. La force du regroupement Les entreprises généralistes de taille moyenne auraient intérêt à se regrouper pour lutter contre leurs concurrents canadiens et étrangers si elles ne veulent pas disparaître faute de clients. En revanche, elles n ont pas vraiment à craindre d être absorbées, car elles ne présentent aujourd hui que peu d intérêt aux yeux des plus grosses et des groupes internationaux. Ailleurs pourtant, le secteur est en mutation : on a compté pas moins d une trentaine d acquisitions dans le monde au cours du dernier trimestre (transactions d une valeur moyenne de 50 millions $). Les leaders du secteur sont déjà en mesure d accompagner les entreprises québécoises à l extérieur du Québec, mais il leur reste à le faire savoir à tous les clients potentiels. Ils peuvent en outre, grâce à la baisse du coût des télécommunications, faire de la recherche sur des marchés étrangers à partir d ici, bien que la collecte de données elle-même ne soit pas une activité à valeur ajoutée élevée ni une source d emplois de grande qualité pour le secteur. Un secteur fragmenté et concentré à Montréal Au premier rang au chapitre du nombre d employés, on trouve Léger Marketing (75 employés au Québec et 97 au Canada), implantée à Montréal même, comme 95 % des firmes du secteur. Suivent CROP (54 employés), Saine marketing (10 millions $ de revenus et 50 employés), Ad hoc recherche (5 millions $ et 44 employés), SOM (37 employés) et Impact Recherche (5,3 millions $ et 36 employés (44 employés au Canada). Services 47
51 Les services aux entreprises / Chaîne de services Léger Marketing est la plus grande entreprise indépendante au Canada, avec des bureaux à Québec, Toronto, Winnipeg et New York, ainsi que des représentations à Shanghai et Casablanca. Représentant canadien du réseau international de recherche marketing Gallup International Association (60 membres dans autant de pays), elle bénéficie également d un partenariat avec Taylor-Nelson-Sofres, l'un des leaders mondiaux en recherche marketing avec des bureaux dans 110 pays, et Carma International, le pionnier et le leader de l industrie de l analyse média. D après le magazine Canadian Business, Léger a un chiffre d affaires de 20 millions $. C est la seule entreprise qui ait des ententes de coopération avec des firmes extérieures, exception faite de quelques autres, notamment CROP, Ad hoc recherche et Som, qui ont respectivement des ententes avec Environics et Environics West (Canada), Insights (Ontario) et The Gallup Organization. CROP, Saine marketing et Ad Hoc recherche n ont pas de bureaux à l extérieur de Montréal. SOM, originaire de Sainte-Foy, est aussi présente à Montréal et Ottawa. Impact Recherche, (filiale de Groupe Cossette Communication) a des bureaux à Montréal, Québec, Toronto et Halifax. Ces six firmes sont entièrement détenues par des intérêts québécois, sauf CROP (56 % québécoise et 44 % canadienne). Certains affirment qu elles accaparent l essentiel du marché québécois, d autres soulignent que même les joueurs les plus importants n ont qu une part relativement modeste de ce marché très fragmenté. Derrière ces leaders, on trouve trois firmes québécoises : Cogem Recherche (34 employés), Zins Beauchesne et associés (3 millions $ et 30 employés), membre du groupe Secor, et Guilbault & associés Conseil Recherche et Stratégie marketing (25 employés). On trouve aussi quelques filiales de firmes étrangères comme IPSOS-ASI (France), avec 24 employés à Montréal (138 au Canada), NFO Cfgroup (Royaume-Uni), avec 21 employés (162 au Canada), Centre de Recherches Contemporaines (États-Unis), avec 20 employés (24 au Canada) et Synovate (Royaume- Uni), avec 11 employés (100 au Canada). Centre de recherche Décima (9 employés ; 85 au Canada) et ComQUEST Recherche (8 employés ; 22 au Canada) sont détenues par des intérêts canadiens. Le reste du marché est occupé par de petites et très petites firmes entièrement québécoises, auxquelles il faut ajouter quantité de consultants individuels, dont bon nombre de professeurs. Des relations concurrentielles Les firmes de recherche marketing ont des résultats souvent modestes et plutôt inférieurs à ceux des concurrents extérieurs de taille comparable. De plus, de nombreuses petites firmes dépendent souvent d une poignée de clients et ne survivent que grâce à une structure très restreinte. Toutes ces entreprises entretiennent entre elles des relations très concurrentielles, bien qu elles aient l habitude de se rendre mutuellement service ou de se diviser des mandats (partage de ressources logistiques, location de salles, sous-traitance de collecte de données, etc.). Il leur arrive aussi de conclure des partenariats ponctuels pour soumissionner sur de gros projets. Toutefois, en règle générale, les professionnels montréalais de la recherche marketing communiquent assez peu entre eux. Services 48
52 Les services aux entreprises / Chaîne de services Le droit et le notariat La métropole est bien pourvue sur le plan des services juridiques. Plusieurs cabinets de renommée internationale ont des bureaux à Montréal, Toronto et ailleurs au Canada, et même dans certains cas à l étranger. Ils offrent aux entreprises québécoises et canadiennes une expertise juridique des plus complètes aussi bien adaptée aux pme qu aux grandes entreprises. Ce large éventail de compétences comprend le droit constitutionnel, le droit fiscal, le droit commercial et immobilier, les domaines du droit reliés aux valeurs mobilières, à la propriété intellectuelle, aux transports et assurances, aux licences et technologies, aux fusions-acquisitions, ainsi que le droit international. Certains cabinets ont également acquis une compétence particulière dans les questions liées à l énergie et à l environnement. Les atouts distinctifs des avocats Alors que les négociations entourant les barrières commerciales se complexifient, on constate que de plus en plus de juristes et de jeunes avocats s intéressent à l arbitrage, au commerce international et au droit international public. Pour accompagner leurs entreprises clientes sur d autres continents, les avocats de la métropole détiennent deux avantages : la connaissance de deux systèmes, le Common Law et le droit civil, ainsi qu une réputation qui n est pas entachée de colonialisme ou d impérialisme contrairement à celle des juristes européens ou américains. Au premier rang des plus grands cabinets montréalais, qui figurent d ailleurs au palmarès des 20 plus importants cabinets juridiques au Canada, on compte Ogilvy Renault (179 avocats), Fasken Martineau Du Moulin (155 avocats), Stikeman Elliott (140 avocats), Heenan Blaikie (130 avocats) et Borden, Ladner Gervais (105). Suivent, avec plus de cinquante juristes, les cabinets Fraser Milner Casgrain (92), Davies Ward Philipps & Vineberg (84), Gowling Lafleur Henderson (61) et Osler, Hoskin & Harcourt (51). Dans tous ces cas, les effectifs torontois sont plus importants que ceux de Montréal sauf pour les deux cabinets montréalais Heenan Blaikie et Ogilvy Renault. L expertise notariale en matière de contrats Reconnus pour leur rigueur dans la préparation des contrats, notamment ceux qui sont reliés aux ventes et aux baux commerciaux, les études de notaires donnent des services juridiques aux entreprises, aux institutions financières, aux comptables ainsi qu aux propriétaires immobiliers et aux prêteurs. Ils interviennent particulièrement en droit des affaires, en droit fiscal, corporatif et immobilier. Ils jouent aussi un rôle de premier plan dans la préparation d ententes entre actionnaires et associés ou de procurations et de testaments ainsi que lors du règlement des successions. L État leur délègue le pouvoir d authentifier plusieurs documents. La Chambre des notaires du Québec répertorie notaires répartis dans études, dont 37 % dans la région métropolitaine. Les études les plus importantes sur le territoire de la CMM sont celles Services 49
53 Les services aux entreprises / Chaîne de services de PME-INTER Notaires, avec des bureaux dans 40 villes au Québec ; JurisConseil International, avec 21 villes au Québec ; Watson Poitevin Turcot Prévost ; Leroux Côté Burogano ; Desjardins, Lapointe, Mousseau, Bélanger ; Viglione Mazzanti Spano Decobellis ; et Sheiner, Litwack Alain. La profession connaît actuellement un essor partout dans le monde. Les États-Unis travaillent d ailleurs à la mise sur pied d une catégorie de juristes semblables aux notaires québécois. La plus grande part du gâteau à Toronto Les avocats montréalais font face actuellement à une forte compétition de la part de leurs collègues des grands cabinets torontois, auxquels les entreprises québécoises confient une bonne part de leurs mandats juridiques. On observe en effet selon l ABF Journal qu au Canada près d un tiers des contrats de financement de plus de 20 millions de dollars proviennent de sociétés québécoises. La présence à Toronto des sièges sociaux des grandes banques et des courtiers et la proximité des grands centres de décision expliquent en partie cette situation. La force des réseaux pancanadiens est également un autre facteur important. Au Canada, on assiste en effet à une concentration des avocats d affaires au sein de quelques grandes firmes. En 2003, par exemple, 7 cabinets se sont partagé 88 % des 25 plus importantes transactions. En fonctionnant en réseau, ces grands bureaux pancanadiens peuvent offrir à leurs clients des ressources professionnelles, peu importe où elles se trouvent sur la scène canadienne ou mondiale. C est ainsi que les avocats de Toronto se partagent la plus grande part du gâteau. Ils ont d ailleurs le bassin d avocats le plus important : juristes, contre à Montréal. Malheureusement, ce phénomène risque de s amplifier : plus les avocats torontois développent une expertise en profitant du flux important de transactions, plus les entrepreneurs montréalais ont tendance à se tourner vers eux. Sans compter qu à l heure actuelle les tribunaux ontariens sont davantage structurés que ceux du Québec en matière de faillite, restructuration et insolvabilité d entreprise. Il y a même un tribunal commercial avec des juges spécialisés dans le domaine, ce qui accroît l efficacité et la rapidité dans le règlement des litiges. Il faut noter cependant que la création de la Chambre commerciale par la Cour supérieure du Québec tend à renverser la vapeur. Depuis deux ans y siège une douzaine de juges spécialisés dans le droit des affaires. Poster des antennes à l étranger Les clients sont de plus en plus mondiaux et les avocats de la métropole risquent de perdre des mandats importants s'ils ne sont pas en mesure de les suivre. Les marchés étrangers sont devenus des cibles importantes pour les cabinets spécialisés en droit commercial et en propriété intellectuelle. Depuis une vingtaine d'années, on remarque d ailleurs que le nombre de cabinets canadiens exploitant des bureaux à l'étranger a augmenté considérablement. Aujourd'hui, même des bureaux de taille moyenne se dotent de vitrines aux États-Unis, en Europe ou en Asie. On assiste même à des fusions entre de grands bureaux canadiens et américains. Services 50
54 Les services aux entreprises / Chaîne de services Les accords commerciaux mondiaux et la croissance rapide de la Chine créent également des occasions en Amérique latine et en Asie, mais, à court terme, les coûts d accès à ces marchés s avèrent exorbitants par rapport aux gains que pourraient y faire la plupart des cabinets canadiens. Malgré ces freins importants, quelques avocats montréalais ont décidé de poster des antennes dans des zones stratégiques. C est le cas des fondateurs de Davis Ward Phillips & Vineberg (DWPV), qui ont ouvert le premier bureau d'avocats canadiens à Hong Kong dès Cet établissement a toutefois été remplacé par un bureau plus modeste à Pékin. DWPV possède en outre une succursale à New York ainsi qu'un cabinet à Paris depuis Ces établissements ne font pas toujours leurs frais, mais les avantages intangibles comme la notoriété et l enrichissement de l expertise poussent tout de même les cabinets à faire ces investissements. Sans compter que grâce à leur présence à l'étranger, ils peuvent obtenir des mandats d'importance qu ils n auraient jamais eus autrement. Internet ne remplacera pas la présence sur le terrain, insistent certains. C est ce qui a incité Fasken Martineau à s implanter à Londres et New York afin d avoir accès à des réseaux de décideurs et de se placer en lice pour les transactions transfrontalières. Cette stratégie lui permet d élargir son marché potentiel et de détenir une position stratégique pour attirer des mandats de qualité qui pourront par la suite être réalisés en grande partie à Montréal. Tisser des liens avec des cabinets étrangers De plus, pour servir efficacement un client canadien qui fait affaire à l étranger, il peut s avérer important de tisser des liens avec des cabinets sur d autres continents. La revue Droit et Affaires du printemps 2004 rapporte l exemple de Fasken Martineau, qui a ouvert un bureau à Johannesburg, capitale minière de l'afrique et source légendaire d or, de cuivre et de diamant. Elle l a fait afin d accompagner sur place ses nombreuses entreprises clientes liées à cette industrie. Elle en profite pour se faire une clientèle là-bas et aussi obtenir des mandats liés à des projets majeurs financés par les organisations internationales telles que la Banque Mondiale. On donne également l exemple de Gowling Lafleur Hendersen, qui se spécialise en propriété intellectuelle et qui a fait la même chose à Moscou en 1991, au lendemain du démantèlement de l'urss. En défendant par exemple les intérêts de multinationales pharmaceutiques dont les marques de commerce et brevets doivent être déposés dans plusieurs États, le cabinet est bien placé pour réaliser des transactions en Pologne ou en Azerbaïdjan tout en se positionnant sur le marché de l'europe de l'est et de l'asie centrale. En d autres termes, quand on est présent dans un créneau, il devient pertinent d ouvrir un bureau à l étranger, puis de prendre appui sur son expertise pour tenter d élargir son marché à des territoires voisins. Services 51
55 Les services aux entreprises / Chaîne de services Les services gouvernementaux Dans une proportion beaucoup moins grande que pour les services financiers, le gouvernement est également un fournisseur de services aux entreprises. Il offre des services d accompagnement, de gestion et de commercialisation pour certaines entreprises, principalement les petites entreprises, les entreprises innovantes ou celles qui souhaitent exporter. Il offre également plusieurs programmes de formation auprès des dirigeants d entreprises. Il faut supposer que ces services existent pour pallier le manque de services similaires offerts par les entreprises privées dans la sous-grappe. On remarque toutefois que certains services gouvernementaux entrent en concurrence directe avec les services privés, principalement au niveau de la gestion et du management. Les acteurs gouvernementaux qui offrent des services aux entreprises sont essentiellement les mêmes que ceux qui offrent des services financiers. Plusieurs sociétés publiques qui œuvrent dans le développement économique ont la mission de financer et d accompagner les entreprises dans leur développement. Le volet «accompagnement» est celui qui s inscrit dans la sous-grappe des services aux entreprises. Au niveau fédéral, la Banque de développement du Canada (BDC), Développement économique Canada (DEC) et Industrie Canada sont les sociétés qui offrent le plus de services aux entreprises. Au niveau provincial, Investissement Québec et le MDERR sont les principaux fournisseurs de services aux entreprises. Quant au niveau local, ce sont les Centres locaux de développement (CLD) et autres organismes de même nature (CDEC, SODEC, etc.), répartis sur le territoire de la CMM, qui ont la mission d offrir de l accompagnement aux entreprises. Services 52
56 Facteurs de développement Services 53
57 Les services aux entreprises / Facteurs de développement La recherche La comptabilité À l Université Concordia, la Chaire Lawrence Bloomberg exerce une vigie sur les grands enjeux de la profession tout en faisant des recherches sur les pratiques performantes, le mentorat, les outils de mesure et analyse, le management, le contrôle et la gouvernance. La Chaire Gouvernance et juricomptabilité des HÉC axe son programme de formation et de recherche sur une meilleure compréhension des mécanismes internes et institutionnels de régie d entreprise afin de les améliorer. Elle vise ainsi à contribuer à réaliser l objectif de la gouvernance qui est «d aligner autant que possible les intérêts des individus, des entreprises et de la Société», selon Sir Cadbury dans sa préface au rapport de la Banque Mondiale de La Chaire Internationale CMA d'étude des processus d'affaires a pour mission d'étudier et d'analyser les pratiques de gestion des processus d'affaires ainsi que de développer et de communiquer les connaissances et le savoir-faire qui en découlent. Le conseil en management Le Centre de recherche sur les innovations sociales dans l'économie sociale, les entreprises et les syndicats (CRISES) est un centre de recherche interuniversitaire qui regroupe une trentaine de chercheurs membres provenant principalement de huit universités : UQÀM, UQAH, UQAR, Université Laval, École des HÉC, Université de Montréal, Université Concordia et l INRS Urbanisation, Culture et Société. Le Groupe d'études et de recherche en analyse des décisions (GERAD) réunit des chercheurs des HÉC, de Polytechnique, de l UQÀM et de McGill afin de développer des techniques d'analyse mathématique pour la solution de problèmes complexes de recherche opérationnelle et de gestion. Le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) est un centre de transfert qui mène des activités de recherche, principalement pour les grandes entreprises. Le Centre interuniversitaire sur le risque, les politiques économiques et l'emploi (CIRPÉE) est né de la fusion des centres de recherche sur l'emploi et les fluctuations économiques de l'uqàm et celui en économie et finance appliquées de l'université Laval. D'autres chercheurs de HÉC Montréal, de McGill et de Concordia se sont également joints au groupe. Les chercheurs du CIRPÉE conduisent des recherches dans lesquelles ils analysent les avantages et les coûts associés aux politiques publiques par l'étude des multiples facettes du fonctionnement du marché du travail et des stratégies de financement des entreprises. Le CIRPÉE bénéficie depuis 2002 d'une subvention annuelle importante du Fonds québécois de recherche sur la société et la culture (FQRSC). Cette subvention s'ajoute à l'appui institutionnel et financier de l'uqàm, de l'université Laval et de HÉC Montréal. Université du Québec à Montréal Le Département de Management et Technologie soutient divers projets de recherche, notamment en management de l innovation, modélisation, logistique, stratégie technologique, management par processus, système d information en gestion, e-business, gestion de la connaissance et intelligence d affaires. Le Département d organisation et de ressources humaines mène aussi des activités de formation et de recherches. Services 54
58 Les services aux entreprises / Facteurs de développement La Chaire de coopération Guy Bernier étudie les problématiques de développement des entreprises coopératives. Elle organise des stages et des conférences à l intention des ressortissants des pays en voie de développement. Créée en l'an 2000, la Chaire Économie et Humanisme est un lieu d'échanges et de réflexion sur les questions d'éthique et de responsabilité sociale. Elle s'intéresse aux nouvelles régulations sociales dans le contexte de la mondialisation et aux innovations socio-économiques portées par les acteurs. Les thèmes de prédilection de la Chaire en gestion des compétences sont les innovations organisationnelles, la mutation du travail et des emplois, les nouvelles formes d organisation du travail et la gestion de la diversité de la main-d œuvre. La Chaire de recherche du Canada en gestion de la technologie analyse les pratiques et stratégies de gestion conçues pour stimuler l'innovation technologique, et ce, à l'échelle internationale. Quant à la Chaire de recherche du Canada en économie sociale, elle analyse le rôle de l'innovation sociale dans les coopératives d'habitation, les cuisines collectives ou les centres de la petite enfance. La Chaire de recherche du Canada en marché du travail s'intéresse aux implications microéconomiques et macroéconomiques des imperfections du marché du travail et du crédit. Enfin, la Chaire Bombardier en gestion des entreprises transnationales a pour objectif de rassembler les dirigeants d'entreprises qui œuvrent sur la scène internationale autour d'un lieu de recherche et de réflexion sur les enjeux nouveaux et fondamentaux que suscite leur fonctionnement transnational. École des HÉC La Chaire d économie et de gouvernance est un centre de références et d'expertise sur la gouvernance corporative et institutionnelle internationale, à l'usage des entreprises et des organismes publics. La Chaire d entrepreneuriat Rogers et J.A. Bombardier développe deux grands axes : la recherche en entrepreneuriat et développement de l'entrepreneuriat. La Chaire de développement et de relève de la PME s intéresse à la pérennité des PME, alors que la Chaire de gestion stratégique des technologies de l information contribue à la formation de gestionnaires et de chercheurs dans ce domaine. Il faut également noter la fondation récente de la Chaire de management éthique. Trois domaines de recherche et de formation sont privilégiés par la Chaire du Canada en gestion des risques : entreprises, particuliers et la gestion des risques d'assurance. La Chaire de recherche du Canada en implantation et gestion des technologies de l'information se penche sur l implantation des TI et cherche à mieux gérer ce phénomène. La Chaire de leadership Pierre-Péladeau documente le phénomène par des histoires de cas et des biographies de leaders qui ont marqué leur époque et qui ont contribué au développement du leadership. Trois autres Chaires s ajoutent également à cette liste : la Chaire de management stratégique international Walter-J.-Somers, la Chaire des technologies pour l'enseignement et l'apprentissage de la gestion et la Chaire Paul-Hogue en management, valeurs et stress. À cela s ajoutent de nombreux centres de recherche en administration, analyse de marché et nouvelles technologies. Qu il suffise de mentionner le Centre d'études en administration internationale (CETAI); le Centre d'études sur les nouvelles technologies et les organisations (CENTOR); le Groupe d'analyse des marchés internationaux (GRAMI); le Centre d'études en transformation des organisations (CETO); le Centre de recherche et d'intervention pour le travail, l'efficacité organisationnelle et la santé (CRITEOS); et le Centre de recherche interuniversitaire sur la mondialisation et le travail (CRIMT), un centre conjoint Université Laval, Université de Montréal, HEC Montréal. Services 55
59 Les services aux entreprises / Facteurs de développement Des centres publics et parapublics sont étroitement associés à ces différentes unités de recherche. C est le cas de l Association internationale de recherche en entrepreneuriat et PME (AIREPME) et du Centre francophone d'informatisation des organisations (CEFRIO). Université McGill Sept centres et trois consortiums de recherche permettent d enrichir les programmes académiques de l université. Les centres abordent des thèmes comme les affaires et le management, l entrepreneuriat, le marketing et les stratégies organisationnelles. Les consortiums se concentrent sur la gestion de la santé, l innovation et la globalisation. Les relations publiques Unique au Canada, la Chaire en relations publiques de l UQÀM est la seule organisation qui fait de la recherche dans le secteur. Elle vient d ailleurs de publier une étude très riche sur le métier de relationniste au Québec la dernière étude du genre datait d une douzaine d années. Cette étude révèle notamment que 70 % des relationnistes sont des femmes, que les jeunes sont nombreux à se diriger vers ce secteur, puisque 30 % des répondants ont moins de cinq ans d expérience, et que la majorité des relationnistes sont optimistes, confiants en la croissance continue de l importance des relations publiques. La recherche marketing Deux chaires de recherche logées à l École des HÉC méritent d être mentionnées dans le domaine du marketing et de la commercialisation. L une, la Chaire de commerce Omer DeSerres, a pour objectif d'augmenter la qualité de la recherche et du rayonnement universitaire et de promouvoir un échange avec le milieu des affaires dans les secteurs d'intérêt suivants : le commerce de détail et de gros, le commerce international, la distribution physique et le transport ainsi que les réseaux de distribution. L autre, la Chaire de commerce électronique RBC Groupe Financier s'intéresse à la consommation et aux nouvelles technologies de l'information. Elle diffuse des connaissances et une expertise de pointe en ce qui concerne l'adoption et l'utilisation des nouvelles technologies par les consommateurs canadiens. La chaire concentre ses activités sur les thèmes suivants : la perception et la compréhension qu'ont les consommateurs de l'utilisation que font les entreprises des données privées de consommation, la structure d'un site Internet et la propension des consommateurs à l'utiliser, la perception des consommateurs en matière de sécurité sur Internet, les principaux modèles de commercialisation B2C et le marché de la publicité sur le Net. Le droit et le notariat Il existe à l UQÀM plusieurs groupes dynamiques en recherche qui favorisent la création de réseaux interdisciplinaires de spécialistes, souvent d envergure internationale. Par exemple, le Centre Études internationales et mondialisation (CEIM) est le résultat du regroupement de cinq groupes de recherche : le Centre d études des politiques étrangères et de sécurité (CEPES), le Centre d études sur le droit international et la mondialisation (CEDIM), le Groupe de recherche sur l intégration continentale (GRIC), le Groupe de recherche sur l industrie militaire (GRIM) et le Groupe de recherche sur les activités minières en Afrique (GRAMA). Services 56
60 Les services aux entreprises / Facteurs de développement À l Université de Montréal, il faut souligner la présence de deux grands centres de recherche en droit : le Centre de recherche en droit public (CRDP) et le Centre de droit des affaires et du commerce international (CDACI). Il y a aussi quatre chaires de recherche : la Chaire Jean Monnet en intégration européenne, la Chaire du Notariat de l Université de Montréal, la Chaire L. R. Wilson en technologies de l information et la Chaire de recherche du Canada en droit et en médecine. L'attribution à l'université de Montréal par la Commission européenne de cette première Chaire en dehors du périmètre européen (en novembre 1993) présente un geste stratégique de taille puisqu elle fait la première plate-forme en Amérique du Nord du programme «Action Jean Monnet», mandatée pour promouvoir l'information, la formation professionnelle, les études universitaires, la réflexion et la recherche scientifique dans le domaine de l'intégration européenne. Ce vaste éventail d'objectifs tient, notamment, compte de l'absence au Canada d'autres structures du genre (à l'intérieur ou à l'extérieur des universités) œuvrant exclusivement dans le domaine de l'intégration européenne. À McGill, trois instituts font partie de la Faculté : l Institut de droit aérien et spatial (IDAS), l Institut de droit comparé (IDC) et l Institut d études européennes (IEE). Fruit d une initiative conjointe de l Université de Montréal et de l Université McGill, l Institut d études européennes (IEE) est soutenu par la Commission des Communautés européennes. La Faculté de droit de McGill subventionne également cinq centres de recherche semi-indépendants : le Centre de recherche en droit aérien et spatial ; le Centre de recherche en droit privé et comparé du Québec ; le Centre de médecine, de droit et d éthique de l Université McGill ; le Centre d études sur les industries réglementées et le Centre des politiques en propriété intellectuelle. La formation La comptabilité Plusieurs cégeps de la région métropolitaine offrent un programme en Technique de comptabilité et de gestion. Il s agit des Cégeps Ahuntsic, Bois-de-Boulogne, Maisonneuve, Rosemont, Saint-laurent, du Cégep du Vieux Montréal ainsi que John Abbott. À cette liste, il faut ajouter les collèges Dawson, Gérald-Godin, Vanier, LaSalle, l Institut Descartes et le Cégep André Laurendeau qui offrent également des programmes en comptabilité permettant l obtention d une Attestation d études collégiales (AEC). Au niveau de la formation universitaire, l École des sciences de la gestion de l UQÀM offre un bac en sciences comptables ainsi que des certificats en sciences comptables. L Université de Montréal, par l intermédiaire de son école affiliée, les HÉC, offre des certificats et des diplômes d études supérieures en comptabilité professionnelle, gestion comptable des organisations, juricomptabilité, comptabilité publique, ainsi qu une maîtrise en sciences de la gestion. L École de gestion John Molson de l Université Concordia offre un programme de formation en comptabilité menant à l obtention d un bac, ainsi qu un certificat en comptabilité de gestion. L Université McGill propose également un programme en comptabilité qui permet l obtention d un bac. Services 57
61 Les services aux entreprises / Facteurs de développement Le conseil en management L École des sciences de la gestion de l UQÀM offre des programmes (certificat, baccalauréat et maîtrise) en gestion des ressources humaines, administration et économie. Elle décerne également des diplômes d'études supérieures spécialisées (DESS) en management, finance, gestion de projet et des programmes de doctorat en administration et économie. L École des HÉC de l UdM offre des programmes de premier, deuxième et troisième cycles en administration des affaires, en gestion, commerce et fiscalité. Elle a aussi des certificats et programmes en gestion de la chaîne logistique, gestion d organismes culturels, analyse des processus organisationnels, commerce de détail et distribution. Elle cerne en outre les dimensions importantes de la gestion, telles que la gestion des opérations et de la production, la gestion des ressources humaines, la gestion du marketing, la gestion financière et le leadership organisationnel. Au niveau du doctorat en administration, il faut souligner le programme conjoint HÉC Montréal-Concordia-McGill-UQÀM. L école de gestion de McGill McGill's Faculty of Management offre aussi des programmes variés en management. Il faut mentionner le programme de Maîtrise en Gestion de la Production (MGP), ou Master in Manufacturing Management (MMM), un programme intensif unique du fait de sa collaboration avec l industrie, ainsi que par la composition et la perspective internationales de ses participants. L objectif est de former des experts possédant des compétences intégrées en gestion, en ingénierie et en leadership. Ce programme englobe non seulement la fabrication, mais aussi toutes les facettes de la chaîne d approvisionnement, de la logistique et de la gestion de la production. À Concordia, la John Molson School of Business de l Université Concordia propose aussi des programmes de 1 er,2 e et 3 e cycles dans les champs de l administration, du commerce et des affaires. Plusieurs cégeps offrent un programme collégial lié aux secteurs de la gestion et de l administration. C est le cas des cégeps André-Laurendeau, Ahuntsic, Maisonneuve et du Vieux-Montréal, des collèges André-Grasset, Dawson, Lasalle et O Sullivan ainsi que de l Institut Grasset. La publicité et la promotion La plus grande force que l on reconnaît au secteur est le sens des affaires et de l entrepreneurship, ainsi qu une créativité réelle qu il faut cependant s employer à mieux faire connaître. Une étude réalisée pour l AAPQ indique que les agences québécoises ont pour elles un savoir intuitif, beaucoup de créativité, des compétences suffisantes pour servir les clients, mais peu de spécialistes. Plusieurs cégeps de la CMM offrent des AEC en gestion des médias et publicité et en conception et production multimédia pour le web, ou encore des DEC en graphisme, et toutes les universités montréalaises proposent des formations en communications, y compris un doctorat offert conjointement par Concordia, l Université de Montréal et l UQÀM. Les HÉC offrent aussi un DESS en communication-marketing depuis trois ans. Bien que l on ne manque pas de talent créatif, il n existe pas de programme universitaire de création. C est d ailleurs ce qui a incité Cossette Communication-Marketing à créer une sorte d école interne baptisée «le carré de sable». Elle y accueille des jeunes créatifs qui travaillent aussi bien sur des mandats fictifs que réels dans le cadre de stages rémunérés d un an. Services 58
62 Les services aux entreprises / Facteurs de développement Cela dit, on n'embauche pas que des créateurs : il faut aussi des chargés de compte. Or, aucune université n offre de bac en communication-marketing. Ce sera chose faite à compter de septembre 2005 à l UQÀM. Cela permettra de former une relève aux compétences spécialisées plus poussées et capable de faire du conseil de haut niveau en matière de marketing et gestion, stratégies d affaires, analyse des comportements de consommation et communications intégrées. Les relations publiques Si les autres universités montréalaises proposent des certificats, attestations et cours de relations publiques, l UQÀM est la seule à offrir un programme de baccalauréat en relations publiques ainsi que l encadrement de recherches à la maîtrise et au doctorat. Le secteur ne déplore pas de problème particulier en matière de formation, d autant que les personnes embauchées ne viennent pas nécessairement du domaine des communications, les employeurs faisant au moins aussi souvent appel à des avocats, des diplômés en sciences politiques, des économistes ou encore des sociologues. La recherche marketing La formation actuelle ne prépare pas adéquatement les futurs chercheurs en marketing, car les programmes des universités montréalaises ne comptent qu un ou deux cours consacrés à la recherche marketing proprement dite. Du reste, les liens entre ses professionnels et le milieu de l enseignement seraient totalement inexistants, si ce n était du travail de quelques associations. Comme les entreprises de recherche marketing ne recrutent qu une infime partie des effectifs d étudiants en marketing, elles ne sont pas en mesure d influencer le contenu de la formation. C est donc à elles que revient la tâche de former les jeunes diplômés à la pratique de leur métier. Les individus recrutés dans le secteur sont généralement détenteurs d un diplôme en marketing, sociologie, psychologie, administration des affaires ou sciences de la gestion, offert dans la plupart des universités québécoises. Toutes les universités montréalaises offrent un bac en marketing, sinon une maîtrise. Il existe un programme de MBA en recherche à l UQÀM. L École des sciences de la gestion de l UQÀM offre aussi des certificats en recherche marketing. Le droit et le notariat À Montréal, trois universités offrent une formation en droit. Il s agit de l Université du Québec à Montréal (UQÀM), de l Université de Montréal (UdM), et de l Université McGill. L obtention du baccalauréat en droit permet de s inscrire à l École du Barreau du Québec afin de devenir avocat. La Faculté de science politique et de droit de l UQÀM a établi plusieurs partenariats avec divers organismes publics, parapublics et privés tels que le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, le ministère de la Défense nationale, le Centre canadien international Lester B. Pearson pour la formation en maintien de la paix, le Barreau du Québec et le Barreau de Montréal. À cela s ajoutent les collaborations avec les universités et les centres de recherche de tous les continents et les ententes de coopération d enseignement et de recherche avec une cinquantaine de pays. Services 59
63 Les services aux entreprises / Facteurs de développement Dans le cadre de programmes de coopération internationale, l expertise des professeurs de la Faculté de droit de l Université de Montréal est souvent sollicitée sur la scène internationale. Notons trois projets majeurs : le projet Démocratie et Média, le projet de l équipe LexUM et surtout le programme de formation des juges chinois. Ce dernier projet a été proposé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à un consortium formé de l Université de Montréal, l Université McGill et l Institut canadien d administration de la justice. Le but du projet visait le renforcement de la qualité du système judiciaire en Chine et l amélioration de la compréhension de la règle de droit. En 1999, la Faculté de droit de l Université McGill a adopté une approche distincte permettant aux étudiants d acquérir la connaissance de plus d'un système juridique, c est-à-dire le droit civil et la common law de manière concomitante. La Faculté a également une tradition d'enseignement et d'avancement du droit public. McGill est considérée comme un chef de file en droit constitutionnel et administratif canadien, de même qu'en droit international. Un programme conjoint M.B.A./droit est offert par les facultés de droit et de gestion. La Faculté de droit et l'école de travail social ont aussi un programme conjoint permettant aux étudiants d'obtenir un diplôme en droit et une maîtrise en travail social (M.S.W.). Deux instituts ont acquis une réputation internationale. Le premier, l'institut de droit (IDC), encourage la recherche en droit privé, en droit des affaires, en droit international et en droit public, sous l'angle de différentes traditions juridiques et de plusieurs systèmes de droit vernaculaires. Le second est l'institut en droit aérien et spatial (IDAS), qui explore les multiples enjeux juridiques soulevés par la navigation aérienne internationale et les nouvelles technologies de l'espace. Les associations La comptabilité Les trois professions comptables peuvent également miser sur des réseaux canadiens, qu il s agisse de la Société des comptables généraux accrédités du Canada (SCGAC), de l'association des comptables généraux accrédités du Canada (CGA-Canada), de la Société des comptables en management accrédités du Canada (SCMAC), de l Association canadienne des professeurs de comptabilité (ACPC). Le conseil en management L Association canadienne des conseillers en management assure le perfectionnement de ses membres et publie un guide sur la déontologie professionnelle ainsi qu un manuel de pratiques en technologie de l information. Services 60
64 Les services aux entreprises / Facteurs de développement Les relations publiques Cinq associations sont actives dans le secteur des relations publiques : la Société des relationnistes du Québec, l Association internationale des professionnels de la communication, le Forum des responsables des communications du gouvernement du Québec, l Association des communicateurs municipaux du Québec et l Alliance des cabinets de relations publiques du Québec. Avec plus de 600 membres, la Société des relationnistes du Québec (SRQ) est le plus important chapitre de la Société canadienne de relations publiques (SCRP). Elle organise une vingtaine d'activités de perfectionnement et de réseautage et intervient dans des dossiers d'intérêt pour la profession. Elle tient le plus important concours d'excellence de la profession au Québec, le Concours Les Prix Équinoxes. Quant à l Alliance des cabinets en relations publiques du Québec (ACRPQ), elle a mis sur pied le premier programme québécois de normes de qualité spécifiquement établies pour les cabinets de relations publiques. Les entreprises qui réussissent cette démarche d auto-évaluation assistée de type ISO évaluée en collaboration avec la Chaire en relations publiques de l UQÀM se voient décerner la cote A+. On envisage maintenant d établir des procédures de réévaluation périodique et on espère réussir à se doter d une politique commune en matière de conflits d intérêts. Constatant l absence de données sur l industrie, la SRQ et l ACRPQ se sont récemment jointes au tout nouveau Conseil de l industrie des communications du Québec, organisme fédérateur qui vise à combler les lacunes de cette nature et à promouvoir l ensemble de l industrie des communications. Plusieurs relationnistes portent le titre a.r.p. (agréé en relations publiques) délivré par la Société canadienne des relations publiques, mais il n existe pas d ordre professionnel réglementant les activités de ce secteur. Les ordres professionnels La comptabilité Au Québec, il existe trois ordres professionnels comptables régis par le Code des professions du Québec : l Ordre des comptables agréés (CA), l Ordre des comptables en management accrédité (CMA) et l Ordre des comptables généraux licenciés (CGA). Ils ont tous des bureaux régionaux et sont affiliés à des organismes canadiens. Le processus de consultation en cours pour regrouper les trois ordres professionnels permettrait d unifier les titres des comptables et d harmoniser les formations. De plus, des démarches ont également été menées en collaboration avec l Institut canadien des comptables agréés et CMA Canada afin de regrouper les organisations CA et CMA dans les autres provinces canadiennes. Les ordres, associations et instituts de chaque province doivent approuver cette fusion. Services 61
65 Les services aux entreprises / Facteurs de développement À l instar des 45 autres ordres professionnels québécois, les trois ordres comptables doivent exercer des fonctions précises en matière de délivrance des permis d exercice aux candidats à la profession, de tenue du tableau des membres, de surveillance d exercice de la profession et de dépistage de la pratique illégale. Ils doivent également suivre un ensemble de règles de fonctionnement imposées par le Code des professions. L Ordre des comptables agréés du Québec (l OCAQ) compte membres, dont 60 % sont actifs dans les entreprises. Il faut noter le rôle important de l Institut canadien des comptables agréés (ICCA) dans l établissement de normes de comptabilité et de certification, la formulation de recommandations sur le contrôle et la gouvernance, de même que l élaboration de cours de perfectionnement et de publications. L'Ordre des comptables généraux licenciés du Québec compte membres et l Ordre des comptables en management accrédités du Québec, près de Le conseil en management L'Ordre des administrateurs agréés du Québec assure la protection du public en garantissant le respect des normes et standards professionnels en administration, en conformité avec son code de déontologie et au moyen des mécanismes prévus au code des professions. Il regroupe des gestionnaires de tous les horizons, tels que des gestionnaires en ressources humaines ou en systèmes d'information, des conseillers en management, des planificateurs financiers, des gestionnaires immobiliers, des experts accrédités en franchisage et des gestionnaires dans le domaine de la santé. Les lettres Adm.A. accolées à une signature indiquent au consommateur qu'il s'adresse à un professionnel compétent dans le domaine de la gestion et soumis aux mécanismes de contrôle du système professionnel québécois. Les gestionnaires adhèrent à l'ordre de façon volontaire. Leur geste est justifié par la seule volonté d'accéder à un titre professionnel qui se distingue par sa garantie de compétence. L'Ordre applique un processus de sélection rigoureux. L'Ordre a élaboré le Guide de l'administrateur agréé, qui recense et codifie les normes et standards qu'il cautionne, fixant ainsi pour la première fois les principes d'administration et de saine gestion. Six principes sous-tendent la saine gestion : la transparence, la continuité, l'efficience, l'équilibre, l'équité et l'abnégation. Ils rejoignent la notion juridique de gestion «en personne raisonnable» et visent, d'abord et avant tout, l'intégrité dans la pratique professionnelle de l'administration. Plus du tiers des administrateurs agréés ont une pratique professionnelle plus spécialisée. C est le cas des conseillers en management, des planificateurs financiers, des spécialistes de l'immobilier et des experts accrédités en franchisage. Les conseillers en management (Adm.A., CMC) L'Ordre reconnaît le rôle primordial joué par les spécialistes de la consultation en management. Depuis 1993, à la suite d'un amendement au Code des professions et grâce à une entente avec l'institut des conseillers en management du Canada, l'ordre détient le droit exclusif de décerner et de gérer le titre de conseiller en management (Adm.A., CMC). Son obtention est liée à un processus d'accréditation des plus rigoureux. Le titre de conseiller en management est reconnu partout grâce à des ententes de réciprocité avec une vingtaine de pays membres du Conseil international des instituts de conseil en management. Services 62
66 Les services aux entreprises / Facteurs de développement Les conseillers en management peuvent bénéficier de l expertise de l'institut des conseillers en management du Canada (ICMC), qui a notamment pour mission d assurer l'excellence dans la pratique du conseil en management professionnel. L Ordre des professionnels en ressources humaines et relations industrielles agréés du Québec est habilité à décerner les titres de conseiller en ressources humaines agréé (CRHA) et conseiller en relations industrielles agréé (CRIA). Il regroupe professionnels œuvrant dans les cabinets conseil, dans la fonction publique et les entreprises. Le droit et le notariat Le Barreau du Québec est l Ordre professionnel qui régit la profession d avocat. Il regroupe membres en règle. Il a comme mandat d assurer la discipline de la profession et le respect de la déontologie, la mise en place de moyens pour régler les différends internes et vérifier la compétence de ses membres ainsi que de ceux qui veulent joindre ses rangs. Dirigé par le Bâtonnier, le Barreau est régi par le Code des professions et la Loi sur le Barreau. Grâce à la collaboration de praticiens du droit, de formateurs de l'école et de maîtres de stage, l École du Barreau dispense un programme de formation centré sur le droit appliqué, les habiletés professionnelles et l'intégration de ces connaissances et habiletés dans le cadre d un stage de six mois. On retrouve différentes sections régionales du Barreau réparties sur le territoire de la CMM : Montréal, Laval, Longueuil et dans la région de Laurentides-Lanaudière. De plus, l'association du Jeune Barreau de Montréal regroupe les avocats de moins de dix ans de pratique, à qui elle offre du soutien professionnel, en plus de proposer des services aux entreprises et à la population. À l instar des autres ordres professionnels, la Chambre des notaires du Québec a pour mission principale d'assurer la protection du public qui recourt aux services de ses membres. À cette fin, la Chambre supervise la formation et l'admission des candidats au notariat, contrôle l'exercice de la profession et assure une gamme de services à l'intention des personnes qui pourraient être insatisfaites des services reçus, des honoraires ou encore de la conduite d'un notaire. La Chambre assure également la formation préadmission et continue de ses membres en plus de diffuser de l information sur l évolution de la profession. Il faut souligner les projets de collaboration internationale auxquels est associée la Chambre des notaires du Québec. Elle pilote en effet des programmes de coopération d envergure avec l Ukraine, la Roumanie et maintenant la Chine. Ces programmes sont financés par l Agence canadienne de développement international. Globalement, les objectifs sont de partager des informations et de la documentation sur les structures organisationnelles de la Chambre des notaires du Québec et les structures équivalentes dans ces pays. On vise aussi à partager des informations et de la documentation afin d augmenter le rendement, l efficacité et le service à la clientèle des notaires étrangers qui doivent s adapter aux exigences d une nouvelle économie de marché et d un nouveau contexte social. Services 63
67 Les services aux entreprises / Facteurs de développement Les organisations internationales La comptabilité Créée en 1980, l Association française de comptabilité (AFC) regroupe des enseignants et des chercheurs dans les disciplines de la comptabilité, du contrôle de gestion et de l'audit. En 2002, l'afc est devenue l'association francophone de comptabilité. Cette association favorise les échanges entre chercheurs et praticiens sur toutes questions concernant la comptabilité et les disciplines associées. Elle contribue également au développement et à la diffusion des connaissances dans le domaine comptable et, en particulier, à la promotion des travaux en langue française. Enfin, elle favorise et développe les contacts avec les organismes nationaux et internationaux ayant des objets comparables. Son antenne québécoise est située aux HÉC Montréal, à la Chaire de gouvernance et juricomptabilité. Il faut aussi mentionner les regroupements anglophones dont plusieurs comptables montréalais font partie : Information Systems Audit and Control Association (ISACA); MIS Training Institute (MisTI); Association of Certified Fraud Examiners (ACFE) (US) ACFE (Montreal); American Accounting Association (AAA) (US); American Institute of Certified Accountants (AICPA) (US); Institute of Internal Auditors (IIA) (US); Auditing Practices Board (APB) (UK). Le droit et le notariat Le Centre Pearson pour le maintien de la paix mérite d être souligné. Sa principale activité consiste à offrir des connaissances et des compétences pratiques à des personnes et à des organismes qui prennent part aux opérations de paix provenant du Canada et de nombreux autres pays. Des milliers de personnes ont participé aux exercices de formation aux opérations de paix du Centre Pearson qui font appel au système Orion. Le Centre Pearson a un campus à Cornwallis en Nouvelle-Écosse et à Montréal pour le maintien de la paix. Il a donné des cours dans une trentaine de pays, à la demande du ministère de la Défense nationale, du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international et d'autres organismes. La publicité et la promotion Le secteur de la publicité souffre de l absence d une politique industrielle et d indicateurs économiques, lacunes que vise à combler le Conseil de l industrie des communications du Québec (CICQ). Ce nouvel organisme milite pour faire reconnaître le poids et l impact de l industrie des communications au sens large dans l économie du Québec et entend démontrer qu elle a un impact positif supérieur à de nombreuses autres sur la vitalité économique générale. Le secteur a les moyens de se développer, et il peut aussi être un outil de développement pour les PME du Québec, car il a tout ce qui est nécessaire pour accompagner leur expansion, mais il a besoin que l on soutienne son démarchage international pour l aider à présenter des offres de service complètes Services 64
68 Les services aux entreprises / Facteurs de développement à des clients étrangers. Il serait d ailleurs intéressant de mettre sur pied des missions commerciales faisant valoir l expertise montréalaise en communication dans certaines industries particulières. Dans le même esprit, il serait bon d imaginer des événements internationaux pouvant servir de vitrine à la créativité montréalaise. Les professionnels de la publicité et de la promotion sont souvent membres d une ou de plusieurs associations comme le Publicité Club de Montréal, l Association de marketing relationnel, l Association Marketing Montréal ou l'aipc Montréal (200 membres), la plus importante section bilingue de l'association internationale des professionnels de la communication ( membres dans plus de 50 pays). Les professionnels de la publicité et de la promotion se côtoient et se mesurent dans le cadre de plusieurs concours, à l instar du Concours de création publicitaire du PCM, créé il y a 45 ans, le plus prestigieux et le seul à honorer simultanément toutes les disciplines de la pub. De plus, il récompense le travail des artisans (réalisateurs, photographes, monteurs, producteurs, etc.). Chaque année, plusieurs centaines de créations sont soumises dans les catégories «publicité», «publicité interactive» et «marketing promotionnel». Véritable carrefour d information sur le secteur des communications, les Éditions Infopresse s efforcent de contribuer au rayonnement de l ensemble de l industrie avec la publication de son mensuel et de ses guides annuels, la diffusion d un bulletin électronique quotidien, la tenue d une trentaine de conférences et l organisation de plusieurs concours (graphisme, photographie, illustration, affichage, stratégie média).l entreprise vise aussi la mise sur pied d ateliers de formation à partir de l an prochain. En outre, elle caresse le projet de mettre sur pied un centre des communications, à la fois lieu de conférences, d exposition et de documentation. Il existe aussi un bulletin fax hebdomadaire très prisé, Le Grenier aux nouvelles, qui contribue à la circulation de l information dans le secteur. Constitué à l automne 2003 pour promouvoir l industrie des communications au Québec et faire valoir l importance de sa contribution à la vie socio-économique du Québec, le Conseil de l industrie des communications du Québec se veut le porte-parole d une vision industrielle commune. Il caresse aussi l idée de créer un événement international pour faire valoir la créativité québécoise. Créé à l initiative du Publicité Club de Montréal (1 000 membres individuels) et de l Association des agences de publicités du Québec (28 agences), le CICQ regroupe aussi l Alliance des cabinets de relations publiques du Québec (10 firmes), l Association de marketing relationnel (250 membres individuels et 150 membres institutionnels), l Association des producteurs de films et de télévision du Québec (100 membres institutionnels), l Association Marketing Montréal (500 membres individuels), le Conseil des directeurs média du Québec (15 membres individuels) et la Société des relationnistes du Québec (600 membres individuels). Plusieurs professionnels des communications portent le titre c.p.a. (communicateur professionnel agréé), programme d'agrément de l'aipc, mais il n existe pas d ordre professionnel réglementant les activités de ce secteur. Services 65
69 Les services aux entreprises / Facteurs de développement La recherche marketing Les professionnels de la recherche marketing sont souvent membres de l'association des professionnels en recherche marketing (APRM). Établie dans plusieurs villes canadiennes, c est une association qui regroupe quelque professionnels du marketing, de la publicité et des études sociales et politiques. Très dynamique, elle met sur pied des activités de réseautage, colloques, rencontres et programmes de formation. Elle organise aussi un «Concours de la relève» ouvert aux étudiants de toutes les universités du Québec. L Association du marketing relationnel (AMR) compte plus de professionnels de toutes les facettes du marketing. Affiliée à l'association canadienne du marketing (ACM), elle constitue un carrefour d'échanges dynamiques entre utilisateurs, créateurs, gestionnaires et fournisseurs de marketing direct, de contacts clientèle et de marketing interactif. Elle offre un programme de formation en marketing direct en collaboration avec le CRIM. L'Association marketing de Montréal (AMM) regroupe quant à elle 500 membres, dont près de 70 % occupent des postes décisionnels. Elle est affiliée à l'american Marketing Association (AMA), l une des plus importantes dans ce domaine, avec quelque membres. En général, les individus qui œuvrent dans le secteur de la recherche marketing sont membres de l une ou plus de ces associations, ainsi que du Publicité Club de Montréal et parfois d ESOMAR (European Society for Opinion and Marketing Research), qui réunit plus de membres, fournisseurs et utilisateurs de résultats de recherche dans une centaine de pays, et QRCA (Qualitative Research Consultants Association), de New York, qui compte 750 membres dans une vingtaine de pays. Du côté des entreprises, l'association de l'industrie de la recherche marketing et sociale (AIRMS) regroupe la plupart des quelques firmes québécoises de recherche qui offrent la gamme complète des opérations liées aux sondages et aux groupes de discussion (conception des questionnaires et guides d'entrevues, choix de l'échantillon, réalisation des entrevues individuelles ou de groupes, traitement des données, analyse des résultats et rédaction du rapport final).vouée à l'amélioration des normes, des techniques et de la qualité des recherches, tant quantitatives que qualitatives, elle fait aussi, auprès des diverses administrations, la promotion de l'utilisation et de l'application des sondages comme outils-clés dans les prises de décision. L'AIRMS est affiliée à CAMRO (Association canadienne des organisations de recherche en marketing). L Association de la recherche en communication du Québec (ARCQ), qui vise notamment l essor, la promotion et la diffusion de la recherche en communication, regroupe pour sa part un petit nombre de membres institutionnels et individuels. Le droit et le notariat L Institut canadien d administration de la justice est une organisation bénévole à but non lucratif vouée à l amélioration de la qualité de la justice pour tous les Canadiens et Canadiennes. Depuis sa création en 1974, l ICAJ porte un œil critique sur le système de justice et explore les questions d actualité susceptibles d améliorer l administration de la justice et de préserver un système judiciaire fort et indépendant. L ICAJ est un lieu de rencontre et de discussion sur des questions d intérêt pour Services 66
70 Les services aux entreprises / Facteurs de développement les personnes et les organisations concernées par l administration de la justice. L'Association Henri Capitant des amis de la culture juridique française a été fondée en 1935 à Montebello (Québec) par un groupe de juristes québécois, français et belges. Elle regroupe une série de sections nationales. Leur direction est chapeautée par le bureau international de l'association, qui a son siège à Paris. À l'heure actuelle, près de 40 groupes nationaux sont représentés au sein de l'association. Chaque section est formée à la fois de chercheurs, de professeurs d'université, de juges, de magistrats, d'avocats, de notaires et de fonctionnaires. L'Association Henri Capitant (section québécoise) a été incorporée le 12 mars Avant cette époque, elle n'existait que comme association bona fide. La section québécoise regroupe quelque 200 membres actifs (professeurs de droit, juges, avocats, notaires, fonctionnaires). Elle est dirigée par un conseil d'administration formé d'un président et d'un représentant des universités de Montréal, Sherbrooke, Ottawa, McGill, Laval et UQÀM, d'un représentant de la magistrature, d'un représentant du Barreau de la Province de Québec, d'un représentant de la Chambre des notaires et d'un représentant du ministère de la Justice du Québec. La Société québécoise de droit international s'est donnée comme objectif la promotion du droit international, et en particulier des objectifs de la Charte des Nations Unies. Universitaires, praticiens, fonctionnaires et étudiants peuvent profiter de conférences, de publications ainsi que d un réseau de relations avec les sociétés de droit international et un regroupement de membres. La Société québécoise d'information juridique (SOQIJ) veille à la promotion de la recherche, du traitement et du développement de la documentation juridique en vue d'en améliorer la qualité et l'accessibilité. Son mandat lui a été confié par l'assemblée nationale du Québec et elle relève du ministre de la Justice du Québec. Elle assure son autofinancement par la vente de ses produits et services. La Société traite les jugements des tribunaux judiciaires et administratifs québécois. Ses produits sont diffusés et commercialisés sur support papier (recueils, annuaires, bulletins express, etc.) et électronique (Internet et Cédérom) auprès de la communauté juridique et du monde des affaires. Services 67
71 Sous-grappe Les services scientifiques et techniques Services 68
72 Une croissance soutenue En 2002, les services professionnels, scientifiques et techniques, qui incluent notamment le génie-conseil, les services informatiques et l architecture, représentaient 8,7 milliards $ CA dans le PIB du Québec (4,1 % du PIB total). De 1997 à 2002, la croissance a été de 8,7 % par année, un rythme plus rapide que celui de l ensemble de l économie (+ 3,87 %/an). L emploi a suivi une courbe de croissance similaire et a augmenté de 9 % par année dans la région métropolitaine de recensement de Montréal (RMR), passant de à en cinq ans. La RMR couvre sensiblement le même territoire que la CMM. Un total de entreprises de ce secteur ont été recensées dans la RMR en Elles comptent en général moins de 100 employés. Les trois quarts en comptent moins de quatre. Selon les prévisions, l emploi va continuer de croître au rythme de 3,5 % par année pendant encore au moins trois ans sur le territoire de la RMR. Près de deux emplois sur trois ( sur ) dans les services professionnels, scientifiques et techniques se retrouvent dans la région métropolitaine. Dans la RMR ( ), ils se répartissent comme suit : île de Montréal (59,6 %), Montérégie (21,5 %), Laval (9,0 %) Laurentides (6,0 %), Lanaudière (4,0 %). La répartition par grands groupes professionnels est la suivante : conception de systèmes informatiques (34 390), architecture et génie (19 910), conseils en gestion et conseils scientifiques et techniques (13 595) et services de R-D scientifiques (9 360). Cette main-d œuvre est fortement scolarisée, près de la moitié détenant un diplôme universitaire. C est d ailleurs le secteur qui occupe le sommet du classement des industries à forte concentration de savoir selon Statistique Canada (en 2004). Le premier rang appartient aux services informatiques, dont 83,7 % de l effectif pratique une profession du savoir ; le deuxième, aux architectes et aux ingénieurs (78,3 %). L écart avec les deux catégories suivantes (bureaux de conseil en gestion et autres industries d intermédiaires financiers) est de près de 10 %. Dans une économie à haute technicité reposant sur le savoir, ce type de services devrait poursuivre sa croissance et être un facteur déterminant d innovation et de productivité. Les entreprises canadiennes ont vendu sur les marchés d exportation pour 213 milliards $ CA de services en 2001 : 57 milliards par la voie transfrontalière directe et 156 milliards par l intermédiaire de sociétés affiliées. La proximité et l implantation locale grâce à une filiale ou une co-entreprise facilitent la vente de services et l accès à certaines subventions et avantages fiscaux. Les ventes canadiennes de services professionnels, scientifiques et techniques par l intermédiaire de sociétés affiliées sont passées de 5,3 milliards $ CA à 8,9 milliards entre 1999 et Ces chiffres excluent les services informatiques qui sont comptabilisés dans la catégorie Information et industrie culturelle, où les exportations atteignaient 32,5 milliards $. Deux entreprises montréalaises, SNC-Lavalin en génie-conseil et CGI en informatique, sont les entreprises phares du Canada sur les marchés internationaux. Leur chiffre d affaires respectif de 3,4 milliards et de 2,7 milliards provient à plus de 50 % de leurs ventes à l étranger. Services 69
73 Chaîne de services Services 70
74 Les services scientifiques et techniques / Chaîne de services Le génie conseil L industrie du génie-conseil est génératrice de milliers d emplois. Les ingénieurs eux-mêmes composent 42 % de la main-d œuvre. Le reste de l effectif regroupe, en plus du personnel administratif, des techniciens et technologues (29 %) et des professionnels d autres spécialités (5 %). C est une industrie qui n a rien de monolithique : on ne dénombre pas moins de 16 secteurs d activités et de 248 domaines de spécialisation et les revenus des firmes québécoises proviennent d une grande variété de mandats. Toutefois, comparées à celles des autres provinces canadiennes, elles réalisent une part plus importante de leurs revenus dans trois secteurs : les infrastructures municipales, l évacuation des eaux usées et des déchets, les pâtes et papiers. L Ontario, l Alberta et le Québec se partagent 80 % des revenus des services de génie encaissés au Canada. Il y a aussi concentration des revenus dans les mains de la grande entreprise. Les 20 plus importantes sociétés de génie-conseil ont perçu 35 % des recettes en 2002, une augmentation de 5 % par rapport à SNC-Lavalin International domine largement le paysage canadien du génie-conseil. L entreprise montréalaise a déclaré des revenus totaux de près de 3,3 milliards $ CA en Un marché mondial énorme La Fédération internationale des ingénieurs-conseils estimait en 2001 le marché mondial du génieconseil à 270 milliards $ US. La même année, le chiffre d affaires des firmes canadiennes dépassait à peine les 10,5 milliards $ CA. Le Québec étant riche en ressources naturelles, les ingénieurs-conseils québécois ont acquis une expertise reconnue dans les domaines des mines, des pâtes et papiers, de l aluminium et de l énergie, plus particulièrement de l hydroélectricité. Récemment, dans le cadre d un programme gouvernemental d assainissement des eaux, elles ont développé un savoir-faire en matière de traitement des eaux. La demande de services de génie-conseil varie en fonction des cycles économiques et des investissements des grands donneurs d ordre, dont les différents paliers de gouvernement et les organismes publics et parapublics. Toute l industrie québécoise a ressenti les effets de la fin des grands travaux hydroélectriques, du ralentissement de l industrie des pâtes et papiers et de la lutte au déficit de la dernière décennie. L avenir s annonce meilleur, avec la reprise des travaux d infrastructures, la construction de nouvelles centrales énergétiques et l intensification de la lutte aux gaz à effet de serre. L industrie du génie-conseil est fortement diversifiée. Une douzaine de champs de spécialisation différents sont à l origine d au moins 5 % des revenus. Cette diversité est un atout face aux variations de la demande. Certaines firmes, relativement petites en général, ont néanmoins choisi de s imposer en se spécialisant dans un créneau particulier. Services 71
75 Les services scientifiques et techniques / Chaîne de services Les ingénieurs et le génie-conseil Sur les ingénieurs inscrits au tableau de l Ordre des ingénieurs du Québec au 31 mars 2004, faisaient de la consultation. D autre part, l Association des ingénieurs conseils du Québec (AICQ) regroupait 274 membres en , dont 74 avaient une adresse dans le territoire de la CMM. Les plus gros employeurs identifiés par le Journal Les Affaires y avaient tous une place d affaires. Dans six cas *, il s agit de leur siège social. À côté de ces gros joueurs, s activent une majorité Firme Emplois/Québec Emplois totaux de petites entreprises confinées au marché local ou SNC-Lavalin* (Montréal) exploitant des niches très spécialisées. D ailleurs, le Dessau-Soprin* (Laval) nombre de firmes de génie-conseil grimpe en flèche lorsqu on répertorie toutes celles de deux employés Tecsult* (Montréal) et plus comme l a fait le ministère de l Industrie et du BPR (Québec) Commerce québécois (MIC) en Cette liste gouvernementale Roche (Québec) comprend 511 firmes, dont plus du tiers Genivar* (Montréal) (36 %) sur les îles de Montréal et de Laval et un peu plus du cinquième (21,5 %) dans les régions limitrophes Cima +* (Laval) de la Montérégie, des Laurentides et de Lanaudière, S.M. International (Sherb.) qui chevauchent en partie le territoire de la CMM. Hatch (Mississauga) Une certaine consolidation du secteur est en cours. Groupe RSW* (Montréal) Dessau et Soprin ont fusionné, Genivar a acheté Gesco, Groupe Teknika (Sherb.) Tecsult s est porté acquéreur de trois divisions de Amec au Québec, BBA et Teknika ont fondé une co-entreprise, Source : Hors série, Les 500 plus importantes entreprises au Québec, Les Affaires Édition (1) Édition 2003 BPR a fait l acquisition de EME et SNC-Lavalin a absorbé Pellemon. Une excellente performance à l exportation La petitesse du marché local a poussé nombre de firmes montréalaises sur les marchés d exportation. Elles ont été le moteur qui a permis au Canada de se hisser dans le peloton de tête des pays exportateurs de services de génie-conseil. En effet, bien que le génie-conseil canadien ne représente que 3,9 % du marché mondial en 2001, le Canada se situe au 5 e rang des pays exportateurs, avec des exportations d une valeur de 987,4 millions $ US, derrière les États-Unis (8,4 milliards), le Royaume-Uni (2,6 milliards), les Pays-Bas (1,5 milliard) et la France (1,2 milliard). Cette performance exceptionnelle est en grande partie due à SNC-Lavalin, qui occupait le premier rang au palmarès des 200 plus importantes firmes au monde du point de vue des ventes internationales établi par l Engineering News-Record. La multinationale montréalaise, qui a enregistré une augmentation de ses revenus de 48 % en 2002, devrait encore faire bonne figure lorsque le prochain palmarès sera publié. Tecsult fait également partie du cercle des 100 plus importantes firmes au monde du point de vue des ventes internationales. Elle s est classée au 88 e rang, devant Delcan de Toronto (90 e ) et Acres d Oakville (100 e ). Pour un SNC-Lavalin ou un Tecsult, il y a de nombreuses firmes qui se confinent au marché local puisque, globalement, les firmes d ingénierie québécoises ont tiré seulement 8,6 % de leurs revenus de 2001 de sources étrangères. La quasi-totalité de ces exportations est due à une trentaine d entreprises, les firmes montréalaises en tête. Services 72
76 Les services scientifiques et techniques / Chaîne de services Contrairement à ce qui se passe dans d autres secteurs, le gros des exportations des firmes de génieconseil n est pas dirigé vers les États-Unis, qui ne représentent que le tiers de leur marché. L Asie (25,85 %), l Afrique (11,64 %) et l Amérique latine (11,74 %) sont aussi des destinations importantes. Tout récemment par exemple, Dessau-Soprin décrochait un contrat de 42 millions $ au Venezuela pour la conception et la construction de trois usines de traitement d eaux usées. Les prévisions sont bonnes pour les prochaines années, selon une étude du MDERR. On explique cet optimisme par plusieurs raisons : la signature de nouveaux accords sur le commerce international, des changements politiques (particulièrement en Europe de l Est), la tendance à la privatisation (surtout dans les pays moins développés) et de meilleures perspectives de croissance en Amérique latine, en Afrique et dans les pays de la région du Pacifique. La gestion de l innovation La place de la technologie dans l économie et l importance de l innovation pour assurer sa croissance ont donné naissance à un nouveau champ de spécialisation : la gestion de la technologie et de l innovation. Des sociétés conseils sont nées qui recherchent la clientèle des entreprises technologiques. La liste de celles qui sont actives sur le territoire de la CMM est encore courte : Adviso, AGTI, le Centre d entreprises et d innovation de Montréal (CEIM) situé au cœur de la Cité du multimédia, le Centre d incubation d entreprises de la Montérégie (CIDEM), E.M. Optimisation, Inno-Centre, Innovitech, la Société de développement Angus, Sygertech, VSA. L objectif de leurs interventions est d offrir aux entreprises technologiques et innovatrices de réduire le temps de développement d un produit ou d une technologie par des services d accompagnement et d encadrement : création de consortiums et de réseaux de recherche, activités de veille, protection de la propriété intellectuelle, stratégies de commercialisation, réalisation de montages financiers, conclusion d alliances stratégiques, recrutement et formation de la main-d œuvre, structuration des opérations. Les entreprises peuvent aussi faire appel au Réseau canadien des technologies, qui regroupe 800 organisations mettant à la disposition des PME des ressources compétentes en matière de développement technologique. Les grands groupes de gestion conseil qui ont pignon sur rue dans la région métropolitaine, tels Samson Bélair Deloitte Touche, KPMG ou Raymond Chabot Grant Thornton, s intéressent aussi à cet aspect stratégique de la gestion. Ils ont l immense avantage de donner accès à des réseaux planétaires de ressources de toutes sortes. Services 73
77 Les services scientifiques et techniques / Chaîne de services Les services informatiques En 2001, dans la région métropolitaine de recensement de Montréal, plus de personnes participaient à la conception de systèmes informatiques, soit près des trois quarts (73 %) des emplois québécois de ce secteur technologique névralgique. Ici aussi, de gros joueurs sont à l œuvre. En tête de liste, CGI poursuit une dynamique politique d acquisitions. En février 2003, elle absorbait Cognicase, la troisième société informatique en importance au Québec (4 300 emplois en 2001, dont au Québec). Le 10 mars dernier, c était au tour de l Américaine AMS (4 800 employés) d être achetée. CGI compte aujourd hui près de employés dans le monde, dont au Québec. Ses revenus annuels se chiffrent à 2,7 milliards $ CA, en raison notamment des nombreux contrats d impartition qu elle réussit à signer. Du trio d entreprises montréalaises qui a lancé l industrie informatique québécoise grâce à une politique favorable d octrois gouvernementaux, CGI est la seule survivante. LGS (610 emplois) a été achetée par IBM (6 000 emplois au Québec en 2002) et DMR (900 emplois) a été intégrée au groupe japonais Fujitsu. Ces deux géants mondiaux livrent maintenant une vive concurrence à CGI sur les marchés locaux, canadien et mondial. On retrouve aussi dans le peloton de tête CSC Canada (780 emplois au Québec), Nexxlink (655), EDS Canada et Hewlett-Packard (600 emplois chacun). En dehors de ces leaders, l industrie québécoise de l informatique regroupe de nombreuses PME employant moins de 500 personnes quand ce n est pas quelques personnes seulement. La crainte du bogue de l an 2000 et la progression d Internet ont soutenu la croissance de l industrie des services conseils en informatique, qui s est maintenue au-dessus de celle du PIB avec une progression annuelle moyenne de 11,3 % entre 1997 et Par la suite, l industrie a connu une baisse de régime qui s est traduite par une hausse du chômage. À 4,9 % en 2001 et 6 % en 2002, celui-ci demeure toutefois bien en deçà du taux général. Une reprise est anticipée. IDC Canada prévoit que les entreprises canadiennes consacreront en 2004 quelque 12,7 milliards $ CA aux technologies de l information. La moitié de cette somme (51 %), soit 6,5 milliards, servira à l achat de services informatiques. La demande mondiale de services informatiques a franchi le cap du billion de dollars américains en Le marché est segmenté en de nombreux créneaux : gestion intégrée des ressources (Entreprise Resource Planning ERP), affaires électroniques (e-business), gestion de la relation clientèle (Customer Relationship Management CRM), sécurité informatique, gestion du savoir (Knowledge Management) et gestion de la chaîne logistique (Supply Chain Management - SCM). Certaines entreprises choisissent d attaquer les marchés sur plusieurs fronts à la fois ; d autres optent pour la voie de la spécialisation. L industrie des services informatiques est peu sensible aux fluctuations de l économie en raison de la signature de contrats à long terme et parce que, récession ou pas, les organisations ont des besoins. D ailleurs, la solution pour retrouver le chemin de la rentabilité passe de plus en plus par l intégration de nouvelles technologies qui amélioreront la productivité ou par l impartition des services qui ne sont pas au cœur de la mission de l entreprise. Services 74
78 Les services scientifiques et techniques / Chaîne de services L impact des technologies de l information sur la productivité et la compétitivité a pour effet de soutenir la demande pour les services et les solutions d affaires. Le Groupe Gartner prévoit une augmentation de 10 % des dépenses des entreprises à ce chapitre en La tendance à l impartition des services devrait s accentuer. Des PME se regrouperont afin de faire effectuer par un tiers leurs activités de soutien technique. La dynamique clients-fournisseurs s en trouvera profondément modifiée. La croissance, plus particulièrement en ce qui a trait à l Internet, au commerce électronique, aux communications sans fil et au multimédia dépend dans une large mesure d innovations logicielles. C est tout à l avantage de l industrie informatique montréalaise, dont l expertise en matière de logiciels est solide et de plus en plus recherchée. À preuve la renommée du CRIM Montréal, lequel, dans le cadre de travaux de recherche menés avec l industrie, a fait de la métropole québécoise l une des villes phares en matière notamment de reconnaissance vocale, de technologies reliées à l image, d analyse automatique de logiciels, de technologies Web. Toutefois, pour profiter de cette croissance, les entreprises montréalaises devront adopter rapidement de nouveaux modèles d affaires et offrir des services par abonnements ou encore une facturation à l utilisation, laquelle pourra même être modulée en fonction des économies réalisées. En somme, leurs clients n achèteront plus les logiciels, ils les loueront avec une garantie de mises à jour. Elles doivent aussi se préparer à affronter la concurrence des opérateurs de services de télécommunications. Ces derniers ne se contentent plus de déployer et d opérer les infrastructures. Ils offrent maintenant des forfaits comprenant des solutions d affaires. La mondialisation de l économie s accompagne de l élimination des barrières commerciales. Ce mouvement a emporté des joyaux de l industrie québécoise des services informatiques, absorbés par des entreprises étrangères. En revanche, des firmes d ici ont réussi à s imposer sur les marchés extérieurs. Le cas le plus éloquent est celui de CGI qui, au cours des derniers mois, a fait des acquisitions importantes à l étranger et conclu plusieurs gros contrats, dont un de 338 millions $ avec la Cox Insurance (Royaume-Uni). Ces contrats ont gonflé le carnet de commandes de CGI qui atteignait les 12,5 milliards en mai dernier (sans compter AMS), en plus de consolider sa position de chef de file de l industrie, ici et sur tout le continent : l entreprise montréalaise est la cinquième société indépendante de services conseils en technologie de l information en Amérique du Nord. L architecture, l urbanisme, le design Architecture, urbanisme et design, ces trois groupes professionnels modèlent notre environnement dans un souci commun d efficacité et d esthétisme. Le recensement de 2001 indique que personnes au Québec œuvraient dans ces domaines, près des deux tiers (62 %) dans la région métropolitaine de Montréal. Les urbanistes sont moins présents, la moitié travaillant pour des municipalités. Il en va de même pour les technologues et techniciens en architecture, sans doute parce que leur présence en région supplée à l absence de bureaux d architectes. Services 75
79 Les services scientifiques et techniques / Chaîne de services La profession d architecte est relativement stable. Elle est dominée par de petits bureaux comptant moins de cinq employés. À l échelle canadienne, ces bureaux ont généré 1,8 milliard $ CA de recettes d exploitation en 2002, une augmentation de 18,5 % par rapport à 2001 (Statistique Canada). En revanche, la majorité des autres professions du design sont en hausse marquée depuis À une époque où l innovation est un facteur déterminant de la prospérité, il est réjouissant de voir que le nombre de designers industriels a triplé. L augmentation du nombre des techniciens en graphisme reflète la place grandissante qu occupent l information et les technologies de l information dans notre monde. Il est cependant étonnant de retrouver deux fois moins d architectes paysagistes en 2001 qu en Parions que la demande a fait un bond, vu la vogue grandissante des jardins et des aménagements extérieurs. Quel est l apport économique de ces professions? Les statistiques manquent pour répondre à cette question. Répartition de l effectif des professions du design selon la région de résidence, Québec, 2001 (en %) Québec Montréal Québec Ailleurs en entier métropole métropole au Québec nombre % % % Architectes ,8 15,9 18,2 Technologues et techniciens en architecture ,6 19,2 31,2 Architectes paysagistes ,8 15,3 28,0 Designers d intérieur ,5 9,4 26,1 Designers industriels ,1 9,4 27,5 Concepteurs graphistes et artistes illustrateurs ,1 10,8 23,1 Techniciens en graphisme ,6 9,5 27,9 Urbanistes et planificateurs de l utilisation des sols ,0 17,0 37,1 Tous Source : Statistique Canada, Recensement de Compilation : Institut de la statistique du Québec, Observatoire de la culture et des communications du Québec. Les firmes d architecture montréalaises, même les plus connues, réalisent en général tous leurs mandats au Québec et au Canada. Quelques architectes seulement signent des réalisations à l étranger, dont : Dan Hanganu en Roumanie, son pays d origine ; Cardinal et Hardy au Chili ; ARCOP, la plus internationale, avec des projets en Jordanie, à la Barbade, aux États-Unis, en Arabie Saoudite et en Inde. Montréal fait néanmoins partie du circuit mondial de l architecture grâce au Centre Canadien d Architecture (CCA), une réalisation privée de Phyllis Lambert. Logé dans un édifice qui allie modernisme et patrimoine, le CCA a gagné de nombreux prix d architecture. Ses collections, colloques et séminaires attirent en permanence des architectes et des chercheurs de partout, dont certains profitent du programme de résidence de l institution. Dans le domaine du design, l initiative est venue du milieu et a conduit à la création, avec l appui des gouvernements, de l Institut de design de Montréal (IDM). Sa mission : favoriser le recours à des Services 76
80 Les services scientifiques et techniques / Chaîne de services designers professionnels et faire de Montréal un centre de design de calibre international. L IDM entretient des liens avec le milieu international du design et sert de tremplin aux designers montréalais pour accroître leur visibilité. La géomatique et autres services La géomatique regroupe les disciplines qui permettent de produire et de traiter l information reliée à des coordonnées géoréférencées comme l arpentage, la cartographie, la géodésie, la télédétection. Les deux premières constituent le gros des activités (75 %). Toutefois, leur croissance est tributaire de l utilisation d outils sophistiqués, tels les systèmes d information géographiques (SIG) et les systèmes de positionnement par satellite (GPS) mis au point grâce aux progrès des télécommunications et de l informatique. Le Québec compte quelque 140 intervenants en géomatique selon le Centre de développement de la géomatique, un organisme de concertation sectorielle qui réunit les entreprises, les institutions d enseignement et de recherche, de même que les gouvernements. La majorité de ces intervenants se partagent à peu près également entre la région métropolitaine de Québec (49) et le territoire de la CMM (52). Le domaine de la géomatique connaît une croissance impressionnante qui pourrait atteindre 20 % par année. Le marché canadien de la géomatique est évalué à 2 milliards $ CA si l on inclut les logiciels SIG et les applications en navigation et en positionnement et le nombre d emplois est estimé à La géomatique et le génie forestier sont des activités complémentaires. Les ingénieurs forestiers font partie d une corporation professionnelle distincte de celle des ingénieurs-conseils. Ils ont d ailleurs plus en commun avec les urbanistes et les architectes paysagistes, puisqu ils sont nombreux à s occuper d aménagement et d environnement forestiers. Il y en a au Québec, dont 225 à Montréal. Le milieu de la géomatique a aussi sa vitrine, le Centre de développement de la géomatique, à Québec. Il a pour mandat de contribuer à la promotion et à la compétitivité de la géomatique au Québec et dans le monde. Le marché est estimé à 24 milliards $ US, dont 6,5 milliards aux États-Unis seulement. Le fait que le Canada soit un chef de file en matière de télédétection et d utilisation de la géomatique à des fins environnementales et détienne entre 20 et 25 % du marché mondial de l interprétation des données constitue un atout. Il reste que, pour percer les marchés fort bien structurés du Canada et des États-Unis, les entreprises québécoises et montréalaises devront s associer à des partenaires stratégiques. Les autres services scientifiques et techniques présents sur le territoire de la CMM sont associés à d autres grappes industrielles et ils sont présentés dans les documents correspondants. Services 77
81 Facteurs de développement Services 78
82 Les services scientifiques et techniques / Facteurs de développement La recherche Les entreprises de services scientifiques et techniques sont soumises à la dure loi de l innovation constante. Et elles le savent. Entre 1998 et 2002, le taux de croissance moyen des investissements en R-D au Canada a surpassé celui des autres secteurs. La croissance a été de 8,4 % dans les services informatiques et de 9,2 % en génie et en architecture. En 2000, les entreprises de services scientifiques et techniques employaient près de personnes et dépensaient plus de 2 milliards $ pour leurs activités de R-D. Les services informatiques, ou connexes, représentaient près de la moitié des efforts de R-D de ce secteur, soit environ emplois et un milliard de dépenses. Les bureaux d architectes, d ingénieurs et autres services ont fait l autre moitié des efforts de R-D du secteur, avec un peu moins de emplois et un milliard de dépenses. De 1994 à 2000, les efforts de R-D ont augmenté de près de 50 % dans l ensemble du secteur, principalement du fait de la croissance de la R-D des services informatiques et services connexes. Les activités de R-D sont aussi concentrées dans les grandes entreprises regroupées dans la région métropolitaine. Certaines entreprises, IBM, SNC-Lavalin, Softimage ou UbiSoft, disposent de véritables centres de recherche. De leur côté, les PME s allient à une équipe de chercheurs déjà en place dans une université, un laboratoire, un centre de recherche à but non lucratif ou un collège. Des organismes issus du milieu, tels que le CRIM Montréal et l Institut de design de Montréal, leur servent de catalyseurs en suscitant des partenariats et en mettant à leur disposition des ressources techniques et financières. Les points d ancrage des chercheurs universitaires sont les écoles, facultés, instituts ou départements où se donnent la formation. Les regroupements de chercheurs ont donné lieu à la création de plusieurs unités de recherche dans les disciplines associées aux services scientifiques et techniques. La formule des consortiums de recherche réunissant des entreprises et des chercheurs est de plus en plus répandue et fortement encouragée par les organismes subventionnaires, notamment à travers des programmes comme ceux des chaires de recherche, des centres d excellence et des réseaux thématiques. Architecture, design et urbanisme En plus des groupes de recherche cités en annexe, les universités montréalaises accueillent des chaires de recherche dignes de mention. Par exemple, en février 2004, l Université de Montréal innovait avec la création de la Chaire UNESCO en paysage et environnement, affirmant ainsi son leadership dans le domaine de la recherche et de l'enseignement en architecture de paysage. Il faut souligner que cette nouvelle chaire est, sur la scène internationale, la première structure universitaire vouée spécifiquement à la connaissance et à la valorisation des paysages. L Université du Québec à Montréal (UQÀM) abrite la Chaire de recherche du Canada en étude des dynamiques territoriales. Celle-ci s'intéresse à la gouvernance urbaine et aux dynamiques métropolitaines dans un contexte de mondialisation. Des chercheurs de réputation internationale y observent les phénomènes liés à la métropolisation de l Amérique du Nord et de l Europe. Les principaux enjeux entraînés par la fusion de municipalités et la création de niveaux de gouvernement métropolitain sont des thèmes majeurs de recherche. Services 79
83 Les services scientifiques et techniques / Facteurs de développement La Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain et la Chaire de recherche sur les écosystèmes urbains sont également établies à l UQÀM. La première vise à redéployer, dans le contexte de la mondialisation, les connaissances sur le patrimoine construit à Montréal et à donner à l'expertise montréalaise un rayonnement international ; la seconde a vu le jour en 2000 grâce au soutien financier du ministère des Affaires municipales et de la Métropole, de la Ville de Montréal et de l UQÀM et elle est membre de l Institut des sciences de l environnement de l UQÀM depuis mars Gestion de la technologie et de l innovation À l École Polytechnique, la Chaire Jarislowski en technologie et concurrence est considérée comme un centre universitaire de référence dans le domaine de la conservation et de la réhabilitation des sites. Elle cherche à accroître l efficacité environnementale des grandes entreprises et organismes publics. La Chaire JVR Cyr-Bell en entrepreneurship technologique est le résultat d une alliance entre le Centre d entrepreneurship Poly/HEC/UdeM et l École Polytechnique. Il a pour mandat de sensibiliser les jeunes finissants à l entrepreneuriat. On retrouve à l Université de Montréal la Chaire de recherche interdisciplinaire Bell Canada en technologies émergentes. À l Université du Québec à Montréal, la Chaire de recherche du Canada en gestion de la technologie mène des activités de recherche et de diffusion en s inspirant du concept du système national d innovation (SNI) pour expliquer la concentration des activités d innovation et les divergences des modèles institutionnels en place dans les nations industrialisées. Il faut aussi noter à l UQÀM la Chaire de recherche en gestion des bio-industries et le Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST). Il n y a que deux centres collégiaux de transfert en design : l Institut des communications graphiques du Québec (Cégep Ahuntsic) et le Centre de transfert technologique de la mode (Collège LaSalle). La formation Qu on rêve de devenir ingénieur-conseil, informaticien, architecte ou urbaniste, on trouvera à Montréal les formations de base collégiale et universitaire permettant d exercer ces professions en toute compétence. Les candidats ont le choix entre plusieurs universités (voir encadré). Dans toutes les disciplines, il est aussi possible de compléter des études de maîtrise et de doctorat. Les futurs géomaticiens sont moins gâtés. Les seuls programmes entièrement dédiés à cette discipline se donnent à Québec, à la Faculté de foresterie et de géomatique de l Université Laval. Ils conduisent au baccalauréat en sciences géomatiques permettant d être admis au sein de l Ordre des arpenteursgéomètres. L institution décerne aussi des maîtrises et des doctorats en sciences géomatiques. Le nombre de diplômés ne suffit pas à la demande et les entreprises éprouvent des difficultés de recrutement qui freinent leur développement. Services 80
84 Les services scientifiques et techniques / Facteurs de développement Génie Informatique et conception de logiciels Architecture Design Montréal Géomatique L offre de formation dans la région métropolitaine Niveau universitaire : École de technologie supérieure, École Polytechnique, Universités Concordia et McGill. Niveau universitaire : École de technologie supérieure, École Polytechnique, Universités Concordia et McGill. Niveau universitaire : Universités Concordia (Geography, Planning and Environnement Faculty) et urbanisme, McGill (School of Architecture, School of Urban Planning), Université de Montréal (École d architecture, École d architecture de paysage et Institut d urbanisme), Université du Québec à Montréal (Département d études urbaines et touristiques). Niveau universitaire : Université Concordia (Design Art Department), Université de (École de design industriel, École de design d intérieur), Université du Québec à Montréal (École de design, École supérieure de mode de Montréal). Niveau universitaire : facultés et écoles de génie, départements de géographie et de géologie. Le bassin de main-d œuvre en revanche est bien pourvu en techniciens et technologues. Plusieurs collèges de la région de Montréal offrent des cours qui ouvrent la porte à une carrière dans le secteur des services scientifiques ou techniques. La formation en informatique est de loin la plus répandue, ce qui témoigne de la place des technologies de l information dans l économie (voir encadré). Les défis à relever en matière de formation de base sont principalement de deux ordres : un meilleur arrimage avec les besoins de l industrie grâce à une concertation accrue entre les institutions d enseignement et les entreprises, en misant notamment sur la formule coopérative (alternance études-travail); et une ouverture plus grande de la formation sur les aspects multidisciplinaires et les dimensions internationales de la pratique ainsi que sur les marchés émergents. L offre de formation continue est abondante et la demande bien alimentée par les associations professionnelles. Les institutions d enseignement et les firmes privées se font la concurrence sur ce riche marché. L évolution de la pratique et des marchés commande ici aussi de mettre l accent sur les nouvelles technologies, l innovation, les changements dans les façons de faire et la mondialisation des marchés. Services 81
85 Les services scientifiques et techniques / Facteurs de développement Le financement À l exception des services informatiques, la plupart des services scientifiques et techniques sont offerts par des entreprises financées par des actionnaires qui travaillent dans l entreprise. SNC-Lavalin est non seulement la plus importante société d ingénierie au Canada, mais aussi l une des rares compagnies publiques. Sa capitalisation boursière atteint 2,5 milliards $. CGI, qui domine dans les services informatiques, est aussi cotée en Bourse. Sa capitalisation boursière s élève à 3,4 milliards $. Ses plus proches concurrentes sont des filiales à part entière de sociétés publiques fort bien capitalisées mais dirigées de l extérieur du Québec, depuis New York ou Tokyo. SNC-Lavalin et CGI sont les seules entreprises des secteurs du génie-conseil et des services informatiques à faire partie du Top 50 québécois pour ce qui est de la capitalisation boursière. Les autres entreprises québécoises du secteur n ont pas accès à autant de capitaux externes, ce qui hypothèque leur capacité de s associer à des projets de grande envergure et de se lancer à l assaut des marchés extérieurs. À moins d être fortement positionnée dans une niche bien particulière, une entreprise doit disposer de plus en plus d argent pour s imposer sur la scène internationale. D autant plus que de nouveaux modes de gestion et de réalisation de projets sont en voie de s imposer, tels les PPP (partenariats privé-public) et, dans le domaine de l ingénierie, les projets intégrés comme les CPET (constructionpropriété-exploitation-transfert, connu sous l acronyme BOOT en anglais). Ce type de projet exige des entreprises qu elles participent au financement et qu elles assument une part des risques. Ces formules requièrent également des montages financiers complexes. SNC-Lavalin a mis sur pied trois sociétés distinctes pour faire face à ce contexte : SNC-Lavalin Capital, qui structure des montages financiers, SNC-Investissement, qui gère les participations en capital de l entreprise dans différents projets, et SNC-Lavalin Risque et Assurance. Seules les très grandes entreprises peuvent se doter de tels outils. Et encore, il leur faut souvent recourir à des alliances stratégiques. Les plus petites n ont d autre choix que de s allier ou de se regrouper si elles veulent avoir accès aux marchés extérieurs. Certains projets sur ces marchés bénéficient du soutien des gouvernements canadien et québécois, par l intermédiaire de l ACDI, d Exportation et Développement Canada (EDC) ou de programmes pour la Francophonie. Plusieurs sont financés par des institutions financières internationales (IFI) comme les banques de développement continentales ou régionales. À elle seule par exemple, la Banque africaine de développement a appuyé projets d une valeur globale de 4,4 milliards $ CA dans toute l Afrique. Bien qu ils aient aussi leurs contraintes, ces financements publics peuvent faciliter les choses. Le Canada est actionnaire de plusieurs de ces banques et a par conséquent voix au chapitre. Services 82
86 Les services scientifiques et techniques / Facteurs de développement La réglementation Depuis une vingtaine d années, les marchés n ont cessé de se libéraliser. De nombreuses entraves au commerce international sont tombées à la faveur des négociations de l Organisation mondiale du commerce (OMC) ou au sein des grands blocs continentaux. Il en reste encore. Ainsi, l Accord de libreéchange nord-américain (ALENA) n a pas mis fin aux politiques protectionnistes, aux politiques d achat local, aux politiques de soutien et de discrimination positive envers des groupes cibles (les PME ou une minorité particulière, par exemple). Depuis le 11 septembre 2001, la sécurité nationale sert de prétexte pour exclure les compagnies étrangères des appels d offres. Toutes ces mesures limitent l accès aux marchés. Des négociations sont en cours depuis 2000 au sein de l Organisation mondiale du commerce (OMC) pour en arriver à un Accord général sur le commerce des services (AGCS). Cet accord touchera la majorité des services et presque tous les grands marchés mondiaux. Il déterminera les différents moyens par lesquels un service peut être fourni à un client étranger et fixera les règles d'établissement d activités commerciales sur les marchés étrangers. Le gouvernement canadien a mené de vastes consultations sectorielles avant de faire connaître la plateforme qui lui sert de base de discussion. L objectif du Canada est l abolition, sinon l assouplissement, des restrictions à l implantation des entreprises canadiennes et l amélioration des conditions d accès des professionnels canadiens aux marchés étrangers. En somme, on recherche une libéralisation des échanges de services dans un le plus grand nombre de pays possible, libéralisation qui aurait pour effet, espère-t-on, un accroissement des exportations des firmes canadiennes offrant des services informatiques, géomatiques et d ingénierie. Entre-temps, la mobilité professionnelle est encore loin d être assurée, malgré des ententes nationales de reconnaissance mutuelle. C est le cas en ingénierie par exemple. Alors qu au Canada toutes les provinces et tous les territoires ont entériné une entente intervenue en 1995 entre les associations qui les représentent dans les trois pays signataires de l ALENA, un seul État américain s est commis, le Texas. Les tentatives pour en arriver à un accord semblable pour les architectes ont échoué. Néanmoins, plusieurs États américains et provinces canadiennes sont convenus d un cadre commun pour l émission de licences et d accréditations, ce qui n empêche pas d exiger un certificat de pratique dans certains champs de compétences. Quoi qu il en soit, les services d architecture ne sont habituellement pas réglementés par une loi ou réservés à certains professionnels dans les pays de l OCDE. Ce n est pas le cas au Québec, où le titre d architecte et la pratique de l architecture sont réservés aux seuls membres de l Ordre des architectes. Même situation pour les ingénieurs, les ingénieurs forestiers et les arpenteurs géomètres (sciences géomatiques) : ils doivent être membres de l ordre qui régit leur profession pour avoir le droit de pratiquer. Pour s afficher comme urbanistes ou technologues, il faut aussi être membre d un ordre professionnel reconnu par l Office des professions. Toutefois, dans ces deux cas, le titre est réservé, mais la pratique n est pas exclusive, de sorte qu il n est pas nécessaire d être membre pour effectuer les tâches généralement exécutées par ces professionnels. En optant Services 83
87 Les services scientifiques et techniques / Facteurs de développement pour ce système qui encadre étroitement la pratique et la compétence des personnes qui offrent des services professionnels, le gouvernement du Québec a voulu protéger les consommateurs. L industrie des services est soumise à beaucoup d autres règles commerciales et administratives. L allègement de cette réglementation a fait l objet de promesses répétées qui tardent à se matérialiser. Une règle donne actuellement lieu à une vigoureuse contestation, notamment de la part des ingénieurs-conseils. Il s agit de l obligation faite aux municipalités de retenir les services du plus bas soumissionnaire. On craint que cela se fasse au détriment de la compétence et de la qualité du travail. Les associations et réseaux Même lorsque les meilleures conditions sont réunies, percer sur les marchés internationaux est plus aisé avec l appui de réseaux branchés sur le monde. Les professionnels des services scientifiques et techniques se sont regroupés selon les particularités de leur pratique. Les ingénieurs-conseils, les architectes en pratique privée, les architectes paysagistes, les urbanistes et les aménagistes municipaux, les informaticiens, les géomaticiens, les designers industriels, les designers graphiques, tous ont leur association professionnelle, distincte de l ordre professionnel qui les régit, le cas échéant. Il existe aussi une multitude d associations d affaires pour chacun des secteurs regroupés à l enseigne des services scientifiques et techniques. La plupart de ces regroupements sont membres d une association pancanadienne qui est elle-même affiliée à une union internationale. Prenons l exemple du design. L Institut du design de Montréal a participé activement à la création de l Alliance canadienne du design pour ensuite tisser des liens avec plusieurs associations internationales, dont l International Council of Societies of Industrial Design. Cette structuration planétaire des différentes composantes de l industrie constitue une riche source d information et de contacts pour les professionnels et les entreprises qui souhaitent exporter leur savoir-faire et identifier des partenaires potentiels à l étranger. Les gouvernements nationaux disposent de nombreuses mesures pour soutenir le déploiement international de l expertise locale. Leurs investissements dans l aide internationale jouent ici un rôle. L Agence canadienne de développement international (ACDI) a été et est encore pour plusieurs entreprises et bureaux professionnels la porte d entrée des marchés étrangers. En 1998 et 1999, les principales institutions financières internationales ont octroyé des contrats d une valeur de plus de 125 milliards de $ CA partout dans le monde. Les deux tiers de ces fonds provenaient de la Banque mondiale. La Banque interaméricaine de développement (30 milliards), la Banque asiatique (16 milliards), la Banque africaine de développement et la Banque de développement des Caraïbes (5 milliards chacune) se sont partagé le reste. Services 84
88 Les services scientifiques et techniques / Facteurs de développement Les trois quarts des entreprises canadiennes bénéficiaires de contrats offraient des services aux entreprises, notamment des services informatiques et des services d architecture et de génie. Les entreprises comptant 100 employés et plus ont décroché plus de la moitié des contrats. Certaines initiatives jouent un rôle moteur important. C est le cas par exemple de l Initiative des villes durables (IVD) qui est menée par Industrie Canada et qui s appuie sur des partenariats entre plus de représentants canadiens du secteur privé, d ONG, de gouvernements (municipaux, régionaux et provinciaux) et des villes sélectionnées. Il y en a actuellement quinze dans le monde en Amérique centrale et du Sud, en Europe de l Est et en Afrique. Les secteurs d intervention privilégiés sont : eaux propres, gestion des déchets, énergie propre, transport, logement, urbanisme, télécommunications, infrastructures urbaines et aménagement portuaire. Selon Montréal International, soixante organisations internationales ont pignon sur rue dans la métropole. Une seule est associée au secteur des services scientifiques et techniques, soit la Fédération internationale des associations de multimédia. Une deuxième association pourrait bientôt s établir à Montréal. La métropole est en effet l une des six villes finalistes pour accueillir le secrétariat fusionné du Conseil international des associations de design graphique (ICOGRADA) et du Conseil international des sociétés de design industriel (ICSID). D ailleurs, un important colloque international réunira à Montréal en octobre des experts de partout dans le monde venus analyser les paramètres associés aux nouvelles villes de design, dont Montréal. Cet automne également, l Alliance numeriqc, le réseau de l industrie du multimédia, invite à Montréal 400 spécialistes de l industrie du jeu. L objectif est d échanger de l expertise, d établir des contacts et d accroître la visibilité de l industrie locale. La tenue de conférences et de congrès internationaux est une vitrine pour la métropole. Le Palais des congrès rénové et agrandi et l aménagement du Quartier international voisin sont des outils qui décuplent le pouvoir d attraction de Montréal pour les organisateurs d événements comme pour les organismes à vocation internationale. Services 85
89 Sous-grappe Les services liés au commerce Services 86
90 Le défi de l efficacité Depuis la signature de l Accord de libre-échange nord-américain en 1992, le paysage industriel québécois, y compris celui de la région métropolitaine de Montréal, a complètement changé. Entre 1990 et 2001, les exportations de biens du Québec ont doublé, passant de 56 à 111 milliards de dollars. Durant cette période, les exportations internationales ont presque triplé, passant de 28 à 77 milliards de dollars en Plus de pièces, de matériaux et de produits traversent nos frontières en direction des États-Unis dans 90 % des cas. En même temps, les exportations inter-provinciales sont passées de 28 à 34 milliards en 2001, une progression de 22 %. La région métropolitaine est un catalyseur de l exportation. On y retrouve 58 % des entreprises exportatrices québécoises, dont plus de manufacturiers exportateurs installés dans la ville de Montréal. Depuis 2000, les exportations internationales ont ralenti pour atteindre 64 milliards en 2003, une baisse de 17 %. On attribue ce recul à la remontée du dollar canadien et aux événements du 11 septembre 2001, lesquels ont eu pour effet de renforcer les contrôles à la frontière américaine. Pour contrer la menace terroriste, le gouvernement canadien a mis sur pied l Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA). Du coup, la responsabilité des transporteurs d identifier des voyageurs suspects revient à l ACSTA. Elle établit des normes nationales et attribue des contrats aux agences de sécurité du pays, comme GARDA, affectée en 2004 à la région montréalaise. Le besoin de services spécialisés et rapides L intégration des marchés a aussi pour conséquence l augmentation des importations des entreprises québécoises (63 milliards en 2003). Cela complexifie la chaîne d approvisionnement. Les entreprises qui transigent avec l étranger nécessitent des services spécialisés permettant d acheminer rapidement les produits à destination. La concurrence internationale est féroce et, pour survivre, les entreprises doivent miser sur l efficacité de la chaîne de production et minimiser leurs frais de transport. L avènement des nouvelles technologies de l information, qui permet de communiquer avec la planète, favorise aussi une gestion plus serrée des inventaires. La géographie est donc très importante et la rapidité de livraison, primordiale. Cela suppose que l on dispose d un emplacement à proximité des marchés et que la gestion de la chaîne d approvisionnement est efficace. Cette exigence accrue de la part des entreprises exportatrices a eu un impact certain sur l accroissement des dépenses en recherche. En 2002, 88 entreprises canadiennes de logistique ont dépensé 52 millions de dollars en R-D, une augmentation de 68 % depuis 1997 (31 millions $). Services 87
91 Chaîne de services Services 88
92 Les services liés au commerce / Chaîne de services Sept maillons essentiels L offre des services liés au commerce international englobe sept secteurs d activité : le transport, la logistique, l entreposage, les agents de douane et transitaires, les services de télécommunications, les messageries et les services postaux. Chacun de ces secteurs constitue un maillon essentiel de la chaîne de services permettant le rayonnement du commerce international à partir de la métropole. Les principaux acteurs l ont compris, c est pourquoi on observe de nombreux investissements visant à la fois à améliorer les infrastructures de transport que la qualité des services de livraison. Le transport Montréal est toujours une plaque tournante continentale pour le transport maritime et ferroviaire de conteneurs. La position internationale de l aéroport Montréal-Trudeau constitue maintenant un atout, car le transport de passagers est tout aussi important pour le commerce international que le fret, les commandes d exportations étant souvent le fruit d étroites relations humaines. La logistique Maîtriser l art de la gestion de la chaîne d approvisionnement devient un atout majeur pour toute entreprise qui veut jouir des économies qu entraînent les techniques de gestion «juste-à-temps». L entreposage Les entreposeurs, en majorité des PME, jouent un rôle important pour les entreprises qui veulent garder des réserves d inventaire afin de pallier les variations brusques de la demande. Plusieurs messageries offrent maintenant ce service. Les agents de douane et transitaires À la suite de l augmentation du commerce international, les fabricants se tournent vers ces professionnels des transactions internationales, et surtout des livraisons transfrontalières. Ils offrent l expérience et la compétence pour dédouaner rapidement les livraisons. Les services de télécommunications Les technologies de l information et l Internet permettent de vendre directement sur le Web. On peut aussi y présenter une foule de renseignements sur l offre de l entreprise et rendre disponibles des espaces clients permettant de personnaliser les achats. Les TI permettent aussi d optimiser la chaîne d approvisionnement et les lignes de production. La région de Montréal regorge de spécialistes des TI appliquées à la logistique et au service à la clientèle. Les messageries et les services postaux On retrouve dans la métropole les multinationales de la messagerie qui se sont récemment lancées dans la gestion logistique et la livraison «juste-à-temps». L informatique permet de suivre ses colis, ses inventaires et sa flotte de camions. Services 89
93 Les services liés au commerce / Chaîne de services Le transport En 2004, travailleurs des industries du transport et de l entreposage œuvraient dans la région métropolitaine de Montréal, soit plus de la moitié (51,7 %) des travailleurs de l industrie au Québec. Ces travailleurs représentent 5,1 % de l emploi au sein de la métropole. Compte tenu de leur rôle dans les échanges, le transport de personnes ainsi que le transport de marchandises méritent une attention particulière. Le transport aérien La région métropolitaine compte deux aéroports importants qui ont permis à des dizaines de transporteurs d assurer les déplacements de 9,7 millions de passagers et de tonnes de fret en 2000, soit plus de 95 % de tous les déplacements aériens du Québec. La société Aéroports de Montréal International (ADM) emploie près de 700 personnes à trois endroits, soit dans ses bureaux du centre-ville, à l aéroport international de Montréal-Trudeau et à l aéroport de Mirabel, dans les Laurentides. En juin 2004, l Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) annonçait que la firme GARDA avait été mandatée pour assurer des services de fouille et d identification des voyageurs suspects dans les aéroports de Mirabel et Montréal-Trudeau. La sécurité générale est toujours assurée par la Sûreté aéroportuaire des Aéroports de Montréal. Ce service a mérité en 2003 la certification CALEO (Commission on Accreditation for Law Enforcement Agencies). ADM et la bataille de Toronto Depuis les années 1960, Montréal a perdu son titre de métropole canadienne et donc de plaque tournante du transport aérien international. C est Toronto qui a remporté la faveur du pays et son aéroport principal, Pearson International Airport, est devenu un joueur incontournable dans les années Aujourd hui, Pearson offre des destinations sans escale pour 25 villes canadiennes, 43 villes américaines et 42 villes internationales. En 2003, Pearson a reçu 24,7 millions de passagers et tonnes métriques de fret. À Montréal, le transport de passagers a toujours été divisé entre un aéroport vieillissant, celui de Dorval, et l aéroport de Mirabel, qui devait ensuite assurer la pérennité du service, selon un scénario de croissance exponentielle du transport aérien à Montréal. En 2000, après des décennies de transport de passagers à Mirabel, ADM décide de prendre un virage majeur : la vocation des aéroports sera spécialisée, dans le fret à Mirabel et dans le transport de passagers à Montréal-Trudeau. Aujourd hui, l offre de ce dernier est nettement moindre que celle de Pearson : Trudeau n assure une liaison sans escale que vers 25 villes canadiennes, 30 villes américaines et 26 villes internationales. En 2003, Trudeau a vu passer 8,9 millions de passagers et Mirabel, tonnes métriques de fret. Notons par ailleurs que Mirabel, au mois de juin 2004, offrait aussi 32 destinations soleil ou européennes. Ces vols nolisés d Air Transat seront transférés à Montréal-Trudeau d ici à la fin de Ce trafic n est pas assez gros pour faire contrepoids à la région de Toronto puisque cette dernière compte Services 90
94 Les services liés au commerce / Chaîne de services d autres aéroports, dont celui de Hamilton, qui dessert autant l industrie lourde du sud de l Ontario que le transport à rabais de passagers. Les vols ADM permet aux transporteurs québécois (Air Creebec, Air Inuit, Air Labrador et Quebecair Express), canadiens (Air Canada, Alberta Citylink, Jetsgo et Westjet) et internationaux (Air Wisconsin, American Airlines, American Eagle, Austrian Airlines, British Airways, Canjet, Continental Airlines, Delta, Air France, First Air, KLM, Mexicana, Northwest Airlines, Royal Air Maroc, Swiss, Trans States et US Airways) d offrir des vols partout dans le monde. Dans la perspective du développement économique de la CMM, il est important que des liaisons quotidiennes soient offertes vers les villes dont le profil d innovation est le plus intéressant. Au départ de Montréal, on peut se rendre chaque jour dans les grandes villes américaines d Atlanta, Boston, Charlotte, Chicago, Cincinnati, Cleveland, Dallas, Detroit, Los Angeles, Miami, Minneapolis, New York, Philadelphie, Pittsburgh, San Francisco et Washington. On rejoint Seattle par Vancouver. À l international, on se rend sans escale à Athènes, Casablanca, Francfort, Le Caire, Londres, Mexico, Moscou, Paris, Prague, Vienne, Zurich et Amsterdam. Il serait intéressant d ajouter à cette liste les villes dynamiques que sont Dublin, Berlin, Milan, Istanbul, Tel Aviv, Stockholm et Oslo. Notons aussi l importance d un trajet rapide vers les villes asiatiques de New Delhi, Hong Kong, Tokyo, Pékin, Singapour et Séoul. L avenir ADM lançait en avril 2004 un appel d offres pour rénover tout le complexe aéroportuaire de Mirabel. D emblée, les soumissionnaires ont été prévenus que toute proposition axée sur les vols passagers serait refusée. ADM veut revoir toutes ses installations (hôtel, restaurants et commerces, jetées, etc.) et arrimer ses infrastructures à une vocation industrielle. Une décision devrait être prise avant la fin de Pour sa part, Montréal-Trudeau vit des transformations majeures afin de mieux remplir sa vocation de transport de passagers. Les travaux sont déjà complétés en ce qui a trait à deux projets de construction : une jetée de 17 portes pour les vols à destination ou en provenance des États-Unis et l agrandissement nord du bâtiment central (salle de tri des bagages, salle d attente, aire commerciale et 36 postes d enregistrement), ce qui permettra d accueillir deux gros porteurs de vols internationaux. Parmi les travaux en cours, notons l ouverture attendue en novembre d un nouveau bâtiment d accueil des arrivées internationales doté de six carrousels de récupération des bagages, un hall public et 26 postes d inspection des douanes canadiennes. On devrait aussi inaugurer en novembre le réaménagement du secteur des départs domestiques, qui permettra de dégager l avant de l aérogare. Notons aussi l ouverture d une jetée internationale, attendue en juin 2005, à l emplacement de l ancienne jetée transfrontalière. La nouvelle jetée pourra accueillir dix gros porteurs à la fois. La troisième phase de développement de l aéroport Montréal-Trudeau est encore à l étape de la planche à dessin. On espère construire un nouveau centre de pré-dédouanement américain et une nouvelle jetée domestique pour petits porteurs. On voudrait aussi apporter des améliorations à l échangeur Dorval de l autoroute 20 (13). Services 91
95 Les services liés au commerce / Chaîne de services Le projet le plus ambitieux reste cependant l implantation d une liaison ferroviaire entre le centre-ville de Montréal et une gare intégrée à l aéroport. La société négocie présentement avec Via Rail, l Agence métropolitaine de transport et les trois paliers de gouvernement. Saint-Hubert en négociation Le petit aéroport de Saint-Hubert pourrait avoir un avenir intéressant d ici quelques années. La niche de l aéroport serait dans le transport, à bord de petits avions régionaux, d une clientèle de gens d affaires, d artistes et de sportifs, ou encore de transporteurs du Grand Nord. Depuis la fermeture de la base militaire de Saint-Hubert, la gestion a été confiée à la Corporation de développement de l aéroport de Saint-Hubert Longueuil (DASH-L). Cette dernière négocie depuis 2002 avec Transports Canada le rachat des infrastructures et voudrait confier la gestion de l aéroport à ADM. Aucune annonce officielle n a encore été faite à ce sujet. Actuellement, l aéroport emploie six employés pour gérer et entretenir l une des plus vieilles pistes d atterrissage du Canada. Saint-Hubert a célébré en 2003 les 75 ans de son aéroport, reconnu dans les années trente comme une plaque tournante internationale des dirigeables. Le transport maritime Au Québec, la voie maritime a permis d acheminer plus de 104 millions de tonnes métriques de fret. Ce chiffre inclut toutes les activités maritimes internes des grandes alumineries et autres usines qui nécessitent d immenses quantités de ressources naturelles. Près de 60 % du fret est d origine ou à destination de l outre-mer. Les échanges internes au Canada comptent pour 12 % de l ensemble des activités. Les chargements originaires du Saint-Laurent et à provenance interne sont dirigés vers d autres ports du Saint-Laurent ou vers l Atlantique canadien. Situé au cœur de la CMM, le port de Montréal est l un des plus grands ports d Amérique du Nord. On y reçoit plus de conteneurs qu à New York. Il s agit en plus du lien maritime majeur le plus court entre l Europe et l Amérique du Nord. On y gère 14 quais sur l île de Montréal et un autre à Contre-cœur, en Montérégie. Du lot, certains ont une vocation particulière. Par exemple, quatre quais sont réservés au transport de conteneurs, trois sont voués au transport du pétrole et un, à celui des céréales. On a reçu au port de Montréal plus de 20 millions de tonnes métriques de fret en 2003, soit un peu moins du cinquième du transport maritime au Québec. Le port de Montréal s enorgueillit du fait que les voies ferroviaires et routières sont parfaitement intégrées avec les installations portuaires. Ainsi, un conteneur arrivé par le Saint-Laurent déposé sans délai sur un wagon ou une remorque de camion peut aussitôt partir pour les États-Unis. Rappelons aussi la présence d infrastructures portuaires tout juste à l extérieur de la CMM, à Sorel, où résident deux grandes entreprises métallurgiques (QIT-Fer et Titane et Les Poudres Métalliques du Québec). Services 92
96 Les services liés au commerce / Chaîne de services Le transport ferroviaire Au Québec, le transport ferroviaire a déplacé 42 millions de tonnes métriques de fret en Acheminés par le Canadien Pacifique et le Canadien National, les wagons étaient remplis de produits automobiles et de machines, de charbon, d engrais et de potasse, de produits alimentaires, de produits forestiers, de céréales, de produits industriels, d éthanol et de soufre. Montréal a perdu le siège social du CP en 1996, au profit de Calgary, mais on y trouve encore ceux du CN et de Via Rail. À partir de Montréal, Amtrak offre le transport de passagers vers New York et Boston. Fait intéressant, le CN a fait l acquisition en 1999 de wagons RoadRailer du fabricant américain Wabash pour offrir un service totalement bimodal entre Toronto et Montréal. En effet, les wagons sont des conteneurs qui peuvent être montés directement sur un semi-remorque standard. Les roues de chemin de fer sont amovibles et laissées en gare, tandis que le wagon parvient par la route à sa destination finale. Ainsi, le CN assure un service de porte à porte. La liaison Montréal-Chicago a été équipée en wagons RoadRailer en L informatique prend aussi de plus en plus d importance dans les affaires et le CN et le CP ont tous deux réformé leurs systèmes de gestion pour permettre à leurs clients de mieux suivre leurs wagons sur leurs réseaux ferroviaires respectifs. De son côté, la société d État Via Rail, qui assure le transport de passagers par train au Canada, offre aux clients de sa classe affaires l Internet à haute vitesse sans fil. Ainsi, les passagers équipés d un ordinateur portatif muni d une carte Wi-fi peuvent naviguer sur l Internet gratuitement au cours de leur voyage. Rappelons que Via Rail emploie 350 personnes à Montréal, qui se trouve au cœur de ses parcours les plus fréquents et les plus rapides, soit le corridor Québec-Windsor. Le transport routier Le transport par camion est devenu le mode de transport le plus important pour le commerce intraurbain, interurbain et transfrontalier, grâce notamment aux investissements massifs dans nos réseaux routiers. Il faut rappeler que plus de 100 millions de consommateurs habitent à moins d une journée de route de Montréal. Le Québec compte 14,8 % des camions de poids moyen et 11,5 % des poids lourds du Canada. La région métropolitaine regroupe plus de la moitié des 500 entreprises de camionnage et d entreposage du Québec, sans compter les succursales d entreprises originaires d autres régions. Parmi les transporteurs les plus importants, il faut mentionner Transport Cabano-Kingsway (1 000 employés), Transportaide (350 employés) et Transport Hervé Lemieux (325), à Saint-Laurent. Transport V.A., de Boucherville, occupe 381 employés. Challenger Motor Freight, de Dorval, emploie 200 personnes et, tout juste à l extérieur de la CMM, à Coteau-du-Lac, on trouve Transport Américain Canadien C.A.T. (400 employés). Lors du Sommet de Montréal en 2002, les participants d un sommet sectoriel portant sur le transport ont réitéré le besoin le plus pressant de l industrie du transport de marchandises : l achèvement de l autoroute 30 sur la Rive-Sud afin de désengorger le pont Champlain, lequel se détériore plus rapidement que prévu à cause des nombreux poids lourds qui l empruntent. Services 93
97 Les services liés au commerce / Chaîne de services La logistique Les entreprises de transport terrestre ont développé des expertises en logistique et en gestion continue des inventaires, et c est avec les trains et les camions que s exerce l art de la logistique et de la livraison «juste-à-temps». Les entreprises ont compris qu elles pouvaient diminuer la taille de leurs entrepôts en passant des commandes plus petites et plus fréquentes, à condition de pouvoir compter dessus au moment requis. Pour cela, elles peuvent aussi se tourner vers des firmes spécialisées en logistique. Au Québec, presque toutes ces firmes sont dans la région métropolitaine. Dans un premier temps, la logistique signifie la gestion serrée des transports. Ainsi, MetroCan Logistics de Laval (60 employés) se démarque du fait qu elle est propriétaire d une flotte de camions ainsi que d entrepôts dans chaque région du continent nord-américain. Elle gère donc elle-même les déplacements et les entreposages de ses clients. Dans un deuxième temps, la logistique signifie l optimisation de la chaîne d approvisionnement, la réingénierie des processus et l implantation de progiciels de gestion intégrés. Dans ce groupe, notons Le Groupe Créatech, de Montréal (100 employés), le Groupe GCL, de Saint-Laurent (40 employés), KOM International, de Montréal (30 employés), la filiale montréalaise de l américaine Bearing Point (30 employés), la Société d'experts-conseils ProMainTech, de Boucherville (30 employés), LCM Informatique, de Laval (25 employés) et Novaxa Conseil, de Verdun (20 employés). Les agents de douane et transitaires On compte plus de 200 entreprises de courtage et de services conseil en douane au Québec. Plus des deux tiers de ces firmes sont dans la région métropolitaine. Parmi les plus grands : United Parcel Service (800 employés à Lachine), qui offre le service de messagerie comme celui de transit transfrontalier, et Affiliated agents en douane, de Montréal (290 employés). Milgram et Compagnie, de Montréal (240 employés), se spécialise dans le transport maritime. Les courtiers en douane fournissent des renseignements à leurs clients sur les restrictions relatives aux exportations et aux importations, les lettres de crédit, les formalités d assurance, les systèmes tarifaires, les nouvelles politiques de classification, d évaluation et de tarification douanières, ainsi que les lois, règles et règlements en matière commerciale. Ils fournissent aussi des renseignements sur tous les aspects de l expédition de marchandises dans le monde, tels que l emballage et l étiquetage, de même que sur les services de transport nationaux et étrangers. Ils préparent les documents indispensables aux formalités douanières et présentent les déclarations de douane nécessaires au dédouanement rapide des marchandises. Services 94
98 Les services liés au commerce / Chaîne de services L entreposage Du côté des spécialistes de l entreposage, Versacold Group (125 employés), de Lachine, et Panalpina (100 employés), de Montréal, sont les plus grands de la région métropolitaine. Même si les opérations n ont pas lieu à Montréal, certaines entreprises d entreposage y ont des activités d administration. Par exemple, Silos Port-Cartier a un bureau administratif dans le Vieux-Montréal depuis 1967 (7 employés), bien que l entreposage se fasse à Port-Cartier, sur la Côte-Nord. Étant donné la nature du service, le secteur est composé surtout de PME. Les grandes entreprises se sont quant à elles lancées dans la gestion logistique, en plus d offrir le service de transport par camion ou l entreposage. Par exemple, la filiale de Saint-Laurent de la transnationale Exel (Logistique Mondiale Exel, 130 employés), se targue d offrir presque tous les services de distribution, soit le transport par camion, avion ou bateau, la distribution commerciale, le passage des douanes et l entreposage. Exel utilise un système informatique qui lui a permis d éliminer presque toute utilisation de papier. Les services de télécommunication Les technologies de l information sont pour plusieurs entreprises l occasion de mieux gérer les inventaires et donc de mieux gérer les importations. Elles permettent aussi de vendre sur l Internet et de partager des données avec des clients. Tous les services informatiques de télécommunication sont disponibles à Montréal. Certaines firmes conseil ont développé le concept au-delà de la gestion des inventaires. Par exemple, Accompagnement en gestion des technologies de l information (AGTI), qui emploie 300 personnes à Montréal, se spécialise dans la gestion de la chaîne d approvisionnement et y intègre la gestion des flux d'information de l'entreprise. Ceci permet notamment de comptabiliser des données pertinentes sur les clients, d optimiser les ressources disponibles et de réduire les frais d exploitation du capital physique. Plusieurs autres entreprises ont développé le créneau des affaires électroniques. On fait appel à leurs services pour vendre ses produits par l Internet. Services 95
99 Les services liés au commerce / Chaîne de services Les messageries et services postaux Plus d une vingtaine de messageries ont pignon sur rue à Montréal. Leurs services permettent de cueillir des lettres et colis dans la plupart des villes du Québec et de les acheminer vers les plus grands marchés du Canada et des États-Unis. Parmi ces entreprises, on retrouve des réussites québécoises comme Dicom Express (1 200 employés à Dorval) et Goudreau Cargo International (à Laval), dont le chiffre d affaires dépasse les 10 millions $. Parmi les multinationales du courrier, on trouve dans la région métropolitaine Dynamex (150 employés), Purolator (3 000 employés), Federal Express (800 employés) et UPS (800 employés). Rappelons que Postes Canada a des bureaux au centre-ville de Montréal et embauche personnes dans la région métropolitaine. Comme la plupart des multinationales, la société a développé des outils Internet qui permettent aux clients de suivre leurs paquets virtuellement, peu importe la destination. Les services gouvernementaux On retrouve, dans les services liés au commerce, la présence de plusieurs services gouvernementaux. Ceux-ci se concentrent principalement dans l aide aux exportations, sous forme de financement ou d accompagnement, et s orientent davantage vers les entreprises qui n ont aucune expérience dans le commerce international. Selon la firme de consultants Dun & Bradstreet, seulement 40 % des acheteurs étrangers qui accusent un retard de paiement de six mois ou plus remboursent leurs dettes. Cette statistique a de quoi mettre du plomb dans l aile de quiconque souhaite exporter ses marchandises à l étranger. Le gouvernement fédéral a donc mis sur pied Exportation et développement Canada (EDC), un organisme qui offre des outils financiers aux entreprises qui souhaitent protéger leurs activités d exportation. EDC dispose de bureaux à Québec et à Montréal qui ont su attirer une clientèle impressionnante : près de 45 % des entreprises participantes sont québécoises. EDC offre trois gammes de produits, soit les assurances, le financement et le cautionnement. Ces produits sont disponibles via Internet ou encore par l entremise des représentants locaux. Services 96
100 Les services liés au commerce / Chaîne de services Commerce international Canada (CiCan) est un autre organisme fédéral qui appuie le développement du commerce en offrant des services aux exportateurs, en élaborant des politiques et en attirant des investissements au Canada. CiCan est l organisme fédéral qui est chargé d organiser des missions économiques et de faire la promotion de certaines industries locales à l étranger. La plupart des organismes gouvernementaux, qui offrent du support et du financement aux entreprises et qui ont été mentionnés dans les sous-grappes des services financiers et services aux entreprises, offrent également des services commerciaux liés à l exportation. Développement économique Canada et la Banque de développement du Canada ont des programmes spécifiques pour aider les exportateurs. Investissement Québec et le MDERR ont également des programmes qui s adressent spécifiquement aux entreprises qui veulent exporter. Développement économique Canada appuie également plusieurs associations qui œuvrent au sein de la région métropolitaine de Montréal, telles que Laval Technopole, Laurentides International et Lanaudière International, trois organismes qui offrent des services aux PME qui souhaitent exporter (missions commerciales à l'étranger, événements de maillage, études de marché, informations, conseils, repérage d'occasions d'affaires, rédaction de plans d'affaires à l'international). Laval Technopole est partenaire du World Trade Centre Montréal. La Société d expansion des exportations du Suroît et la Société de développement économique de Longueuil (SDEL) encadrent les entreprises de la Rive-sud de Montréal qui désirent exporter. La société collabore dans la recherche de partenaires étrangers, fournit un service de documentation et de référence sur les différents aspects de l'exportation et aide les entreprises dans la recherche de financement pour l'exportation. Services 97
101 Facteurs de développement Services 98
102 Les services liés au commerce / Facteurs de développement La recherche Le Groupe d'étude international sur le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent a été mandaté par la Commission mixte internationale (CMI) pour étudier les critères actuellement appliqués pour régulariser les niveaux d'eau dans le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent. Le Groupe d'étude est composé d'experts issus du secteur gouvernemental, du milieu universitaire, de communautés autochtones ainsi que de groupes d'intérêt ayant des préoccupations d'ordre géographique, scientifique et social relativement au réseau hydrographique que représentent le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent. Le Centre de recherche sur les transports, un centre interuniversitaire basé sur le campus de l Université de Montréal, regroupe autant des ingénieurs qui développent de nouvelles technologies que des économistes qui évaluent les politiques gouvernementales en ce qui a trait aux transports. Certains programmes de recherche ont débouché sur la création de logiciels de transport par des firmes québécoises. Par exemple, les Conseillers INRO ont développé le logiciel Emme/2, un instrument de planification des réseaux multi-modaux de transport urbain et régional. De même, les Entreprises GIRO ont créé le logiciel Hastus, un système conçu pour l établissement des horaires des véhicules et des chauffeurs dans une compagnie de transport en commun. CONCAVE, le Centre de recherche sur la conception assistée par ordinateur de véhicules de l Université Concordia, planche sur plusieurs projets d intérêt pour l industrie des transports. L un d eux vise la diminution des vibrations mécaniques dans le métro de Montréal (en collaboration avec l Institut de recherche sur la santé et la sécurité au travail). Un autre étudie l utilisation de cartes digitales dans les véhicules pour évaluer les habitudes de conduite. L Institut du transport avancé du Québec (ITAQ), à Saint-Jérôme, offre des services aux entreprises (R-D, formation technique, essais sur piste, analyse de données, certification internationale, soutien aux institutions financières en calcul de risque des technologies du transport avancé, recherche de main-d œuvre spécialisée). Son laboratoire permet à l Université McGill, l Université de Sherbrooke et l ÉTS d effectuer des recherches plus poussées. La formation On peut suivre une formation collégiale technique en logistique du transport aux cégeps André- Laurendeau, à LaSalle, et Lionel-Groulx, à Sainte-Thérèse. L Institut du transport avancé du Québec (ITAQ) offre, en collaboration avec le Cégep de Saint-Jérôme, des formations sur mesure et une AEC en technologies des véhicules hybrides et électriques. Pour ce qui est de la formation professionnelle, le chapitre montréalais de APICS The Educational Society for Resource Management offre à ses membres des formations en gestion et un catalogue de livres spécialisés. Services 99
103 Les services liés au commerce / Facteurs de développement Au niveau universitaire, HÉC Montréal offre des séminaires et ateliers pour cadres et cadres supérieurs sur la gestion de la chaîne d approvisionnement et la logistique. De plus, on offre des certificats en commerce électronique, en gestion des opérations, en commerce de détail et distribution et en commerce international, ouverts tant aux professionnels qu aux étudiants du bac en administration. L École des sciences de la gestion de l Université du Québec à Montréal offre des certificats en commerce électronique et en commerce international, ouverts tant aux professionnels qu aux étudiants du bac en administration. On y offre aussi un MBA avec cheminement spécialisé en logistique et transport. L Université McGill offre une maîtrise en gestion de la fabrication (Master of Manufacturing Management). Le programme est parrainé par les facultés de génie et de gestion de McGill et vise à former des gestionnaires avec des connaissances précises en génie et en logistique. La John Molson School of Business de l Université Concordia offre un MBA en Avionique qui forme aux nouvelles technologies ainsi qu aux techniques de gestion des ressources humaines et du leadership stratégique nécessaires à la direction d un transporteur aérien. Les organismes de soutien Seuls les projets en construction avant le 13 juin 2004, ou qui détenaient une attestation d admissibilité avant le discours du budget, sont admissibles aux congés fiscaux qui touchaient l impôt sur le revenu, la taxe sur le capital, la cotisation des employeurs au Fonds des services de santé, l acquisition ou la location d équipements, la construction, les salaires et les honoraires de courtiers en douanes. Le comité sectoriel de main-d œuvre de l industrie du transport routier au Québec a ses bureaux à Montréal. La Commission des transports du Québec a des bureaux à Montréal, ce qui permet aux transporteurs de la CMM de remplir facilement leurs engagements réglementaires. Le projet de Chaîne d approvisionnement et logistique Canada (CAL), qui a un chapitre québécois à Montréal, a mis sur pied avec Industrie Canada une trousse pour aider les entreprises canadiennes à préparer leur certification. En effet, les gouvernements américain et canadien ont adopté un système de certification des entreprises qui accélère les vérifications de cargaisons à la frontière. Ceci s est fait à la suite des événements du 11 septembre 2001: la frontière américaine, plus difficile à franchir, a entraîné des coûts supplémentaires pour la majorité des exportateurs et importateurs canadiens. L Administration de pilotage des Laurentides, dont le siège social est à Montréal, a pour mandat fédéral d assurer un service de pilotage des navires étrangers qui empruntent la voie maritime du Saint-Laurent. L Agence des services frontaliers du Canada a été créée en réponse aux événements du 11 septembre L agence tente d identifier et d intercepter les individus et les marchandises à risque élevé, ainsi que d empêcher le dumping commercial et les importations non conformes au libre-échange. Elle œuvre dans environ points de service au Canada et près de 40 à l'étranger. Services 100
104 Les services liés au commerce / Facteurs de développement Le Conseil international de contrôle du fleuve Saint-Laurent communique chaque semaine les niveaux d eau du lac Ontario, et donc du fleuve Saint-Laurent. Ses dirigeants canadiens relèvent de la Garde côtière canadienne à Ottawa. Les enquêteurs de l Office des transports du Canada sont chargés d'appliquer la Loi sur les transports au Canada ainsi que la réglementation connexe. Ils vérifient sporadiquement les activités des transporteurs aériens qui détiennent la licence de l'office. Pêches et Océans Canada émet des Avis aux navigateurs (NOTMAR), des bulletins électroniques détaillant les dangers à la navigation nouvellement découverts et les changements apportés aux aides à la navigation telles que les feux et les bouées. Ils sont publiés mensuellement en collaboration avec les bureaux de la Garde côtière canadienne. Les associations La division WTC Montréal de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain a mis au point un programme de solutions à l'exportation comprenant ateliers de formation, développement de stratégies à l'exportation et missions commerciales. Les Manufacturiers et exportateurs du Canada Section Québec ont un bureau à Montréal pour répondre aux besoins de leurs membres. On y offre notamment des formations techniques en logistique, en informatique et autres domaines qui touchent la majorité des industries. La Fédération maritime du Canada, dont les bureaux sont à Montréal, est le porte-parole de 85 armateurs et agents maritimes liés à l exploitation de plus de 300 lignes maritimes partout dans le monde. On retrouve à Montréal l Association du camionnage du Québec, l Association québécoise du transport et des routes, le Club des professionnels en transport du Québec et le Comité technique de camionnage du Québec. Le Club de trafic de Montréal regroupe tous les acteurs de la logistique. Son but premier est de faciliter la transmission d information entre les acteurs à l occasion de rencontres sociales. L Association des maisons de commerce extérieur du Québec, formée en 2002, s affaire à rapprocher les maisons de commerce et les PME de fabrication, et à former des traders capables de répondre aux besoins de l'industrie. L Association canadienne de gestion de la chaîne d'approvisionnement et de la logistique (CAL) a un chapitre au Québec qui organise des formations pratiques et des rencontres sociales près de Montréal. L Association des transitaires internationaux canadiens (Canadian International Freight Forwarders Association), fondée à Montréal en 1948, est maintenant organisée en trois chapitres (Québec, Ontario, Ouest). Elle avait à l origine pour objet d autoréglementer l industrie et d arbitrer les différends entre les transporteurs canadiens. Aujourd hui, la CIFFA offre aussi des formations et impose des règlements de conduite professionnelle à ses membres. Services 101
105 Grappe de rayonnement Services Facteurs de développement Recherche Services financiers Banques et et coopératives Services aux entreprises Comptabilité Chaîne de services Services scientifiques et techniques Génie conseil Services liés au commerce Transport Formation Fiducies Conseil en en management Gestion de de l innovation Logistique Financement Assurances et et actuariat Relations publiques Informatique Entreposage Associations d affaires/réseaux Valeurs Valeurs mobilières mobilières Publicité, promotion Design Agents douane, transitaires Ordres/corporations professionnels Services immobiliers Recherche marketing Architecture et et urbanisme Services de de télécom Organisations internationales Sociétés de de financement Droit Géomatique Messagerie Permis Réglementation Planification financière Notariat Autres services scientifiques Services Services postaux postaux Champs d expertise Conseil Analyses Stratégie Études/diagnostic Implantation de de processus Planification Alliances/fusions Gestion de de projets Gestion de de ressources Certification/vérification Évaluation/mesure Formation Diffusion Mandats mondiaux Articles/sites web web Ouvrages spécialisés Conférences/colloques Séminaires Salons/expositions Échange d experts Leader Compétitif Déficient Absent Indéterminé Services 102
106 Les perceptions Services 103
107 Les éléments de stratégie Services 104
108 Les éléments de stratégie L enjeu de la productivité Le secteur des services est traditionnellement considéré comme improductif et peu innovateur. Depuis l origine, il est défini négativement, comme tout ce qui n est pas agriculture ou industrie manufacturière. Son caractère immatériel et intangible s oppose à celui des biens manufacturés, matériels et tangibles. Malgré un intérêt grandissant pour l analyse et les politiques de développement industriels, les services ne suscitent que peu d intérêt auprès des spécialistes. Ainsi, leur impact sur la croissance économique n est encore aujourd hui que très peu connu. Dans leur définition la plus pure, les services représentent un produit qu il est impossible de stocker et qui ne peut circuler sur le marché indépendamment de son fournisseur. Leur production requiert la participation directe du consommateur qui doit consommer sur place, souvent de façon instantanée. Cette définition est toutefois sujette à débats. Plusieurs services peuvent être enregistrés sur un média (papier, disque, pellicule ou autres) et circuler de façon indépendante sur le marché. Ils prennent ainsi une forme qui se rapproche de celle des biens manufacturés. Avec l amélioration des technologies, la distinction entre les biens et les services devient donc encore plus floue. On remarque aussi qu un nombre croissant de manufacturiers produisent des services attachés à leur production manufacturière, et que plusieurs fournisseurs de services emploient des méthodes issues du secteur manufacturier, comme l offre de produits standardisés ou conçus pour la consommation de masse. Certaines compagnies manufacturières, comme IBM, se sont même graduellement transformées en producteurs de services, alors que plus de 50 % de leur chiffre d affaires provient maintenant de la vente de services. Comme il a déjà été mentionné, les services représentent maintenant le secteur dominant de l économie. Ils représentent près de 75 % de toute l activité économique du territoire de la CMM. Ils ont également tendance à se concentrer davantage dans les grands centres urbains, ce qui en fait un enjeu encore plus important pour les métropoles comme la CMM. Ce qui inquiète les analystes à propos des services sont les gains de productivité qui y sont observés, qui sont traditionnellement plus faibles que ceux du secteur manufacturier. Ainsi, la tertiarisation de l économie métropolitaine entraînerait à long terme une diminution relative de sa croissance économique. En poussant plus loin l analyse, on s aperçoit que les faibles gains de productivité qui sont observés dans le secteur des services ne s appliquent pas uniformément à tous ses sous-secteurs. On observe même, pour certains sous-secteurs, des gains de productivité qui rivalisent avec ceux des industries manufacturières les plus performantes. Il faut ajouter que les méthodes d analyse de l économie industrielle, qui permettent de mesurer la productivité des industries manufacturières, ne peuvent pas s appliquer directement à l industrie des services. De sérieux problèmes de mesures ont été soulevés et expliqueraient, en partie, la faiblesse estimée des gains de productivité du secteur des services. Dans ce cas, il y a de bonnes raisons de croire que la tertiarisation de l économie montréalaise n occasionnera pas le ralentissement progressif de sa croissance économique. Bien au contraire, la compétitivité et l innovation dans les services peuvent améliorer sa productivité et stimuler d autant la croissance économique. Services 105
109 Les éléments de stratégie Miser sur des services productifs Selon une récente étude de l OCDE, bien que la croissance de la productivité dans le secteur manufacturier soit supérieure à celle du secteur des services, plusieurs services démontrent une croissance de leur productivité qui rivalise avec celle des industries manufacturières les plus productives. Les transports, l entreposage, les services de communication et certains services financiers figurent parmi les industries qui ont enregistré les plus fortes croissances de leur productivité au cours des dernières années dans les économies des pays de l OCDE. Certains services aux entreprises seraient également responsables d une bonne partie de l amélioration de la productivité dans les secteurs qu ils desservent (en particulier les industries manufacturières), sans que cela ne se reflète dans leur propre productivité. Une étude antérieure de la Banque du Canada arrive sensiblement aux mêmes conclusions. Dans un grand nombre de branches du secteur des services canadien, l amélioration de la productivité est supérieure à celle de l industrie manufacturière, principalement dans les secteurs des services de communication, du transport et de l entreposage. Ces services ne représentent actuellement qu une faible partie de l ensemble du secteur. Toutefois, à mesure qu elles accroîtront leur part de la production, elles contribueront davantage à l amélioration de la productivité. Si les industries de services affichent des gains de productivité semblables aux industries manufacturières, c est qu elles utilisent de plus en plus des canaux d innovation similaires. Elles investissent massivement en machines et équipements. Elles sont d ailleurs devenues les principaux clients des équipements de technologie de l information et de la communication. Elles dépensent aussi de plus en plus en recherche et développement et en innovation. Les emplois à capital humain élevé y sont plus abondants. La capacité de stocker de l information a été améliorée. Plusieurs produits des services peuvent maintenant circuler sur les marchés au même titre que les biens, grâce aux médias qui les supportent. Puis, les formes de réglementation entourant les services tendent à s effriter, facilitant davantage les échanges dans ce secteur. Il s avère donc faux de prétendre que les gains de productivité sont limités pour toutes les industries de services. Il est également erroné de croire que seul le secteur manufacturier bénéficie de l innovation ou du progrès technologique. Les services qui font partie de cette grappe figurent parmi les plus prometteurs du secteur. Bien qu ils ne représentent qu une fraction de l économie des services, ils affichent les gains de productivité les plus élevés et leur part relative de l activité économique devrait s accroître considérablement dans l avenir. Il ne faut donc plus bouder les services sous prétexte qu ils sont improductifs et peu innovateurs. Il faut plutôt savoir miser sur les services les plus productifs et les aider à améliorer leurs avantages compétitifs. Améliorer les méthodes d analyse de la productivité des services Miser sur les services les plus productifs implique de pouvoir mesurer adéquatement leur productivité. Or, il n est pas évident que les méthodes d analyse statistiques actuelles puissent mesurer adéquatement la productivité du secteur. Le problème de la mesure de productivité dans les services découle du fait que les inputs y sont beaucoup plus facilement mesurables que les outputs. On peut avoir une idée précise des coûts engendrés par les producteurs de services, mais on évalue difficilement la valeur de leur production. Le produit Services 106
110 Les éléments de stratégie des services est souvent intangible et ne peut être défini par des unités quantifiables. La qualité du service est également difficile à évaluer. Elle est fonction d un très grand nombre de facteurs (comme la satisfaction du client) qui n entrent pas dans les mesures standards de la production. La production d un planificateur financier, par exemple, n est pas tant le nombre de placements qu il effectue ou la taille du portefeuille qu il gère, mais plutôt la qualité des placements qu il effectue ou le rendement du portefeuille qu il gère. On ne peut non plus simplement mesurer la production du planificateur financier par le rendement positif de son portefeuille. Un rendement négatif peut tout aussi bien refléter une bonne gestion si l ensemble du marché dans lequel il est investi a connu une décroissance encore plus marquée. Limiter des pertes peut être aussi rentable financièrement que d améliorer des surplus. Dans ce cas, il devient plutôt ardu d essayer de chiffrer la production d un planificateur financier et il en va de même pour une bonne partie du secteur des services. Le problème de la qualité se pose également par l ajustement des prix. On prétend qu une hausse de la productivité du secteur manufacturier fait augmenter la demande pour les services, causant ainsi une hausse injustifiée du prix des services (de l inflation). Or, il se pourrait que la hausse des prix dans le secteur des services ne soit pas totalement due à l inflation. Une amélioration de qualité du service pourrait résulter de l augmentation de la demande, sans pour autant affecter la quantité de services rendus. Une partie de la hausse des prix des services s expliquerait alors par l amélioration de la qualité du service et non par l inflation. Par exemple, une firme de marketing qui produit, par enquêtes, des profils de consommation peut décider, suite à une augmentation de la demande, d augmenter la fiabilité de ses enquêtes en haussant le nombre d individus interrogés. Cette augmentation de la qualité des enquêtes n affectera pas nécessairement le nombre de profils de consommation vendus, mais justifiera certainement la hausse de leur prix. Il est donc non seulement difficile d évaluer la quantité produite par certains fournisseurs de services, mais également de mesurer le juste prix de cette production. Ainsi, la valeur de la production, le prix multiplié par la quantité, devient un outil très peu fiable pour évaluer la productivité dans les services. Pour pallier ce problème, les méthodes statistiques utilisent souvent les coûts d exploitation pour estimer la valeur de la production des services. Cette méthode est particulièrement utilisée dans le cas des services financiers. Toutefois, puisqu elle définit la production comme étant égale à ses coûts, elle rend impossible toute mesure de la variation de la productivité. Les problèmes méthodologiques de quantification de la production de services se reflètent aussi dans les données statistiques. Puisqu il est difficile de mesurer adéquatement la production des services, les données disponibles sur ce sujet sont souvent trompeuses ou erronées. Elles ne permettent pas d effectuer une analyse adéquate de la productivité. Les méthodes d analyse basée sur l économie industrielle sont d ailleurs difficilement transférables à l analyse des services. Ces méthodes d analyse doivent se raffiner, non seulement pour mieux comprendre la performance économique des services, mais également celle de l économie dans son ensemble. Services 107
111 Les éléments de stratégie Reconnaître l importance de l innovation Le caractère de l innovation dans le secteur des services diffère grandement de celui dans le secteur manufacturier. L innovation dans les services n est pas technologique. Elle apporte des transformations constantes, souvent mineures, au niveau des procédés ou processus d exploitation. Elle ne requiert que peu de R-D et se mesure très mal par les outils traditionnels, comme les brevets. Bien qu elle ne soit pas technologique, cette innovation est tout de même grandement stimulée par une utilisation croissante de nouvelles technologies. Comme il a été mentionné plus haut, le secteur des services est le plus gros consommateur d appareils de technologie d information et de communication. L utilisation de nouvelles technologies permet aux services d améliorer leur productivité, mais aussi de créer une synergie, entre eux et le secteur manufacturier, qui stimule la conception de nouvelles technologies. Les produits technologiques sont donc améliorés par l usage qu en font les services. On peut alors qualifier la relation entre les producteurs d appareils technologiques et ceux de services de mutuellement innovante. Dans les services, comme dans tout autre secteur économique, l innovation représente la meilleure façon d améliorer la productivité. Certaines études prétendent toutefois que les gains de productivité liés à l innovation dans les services seraient marginaux. L usage des guichets automatiques ou des ordinateurs, par exemple, procure un avantage évident pour leurs usagers, mais aucune étude ne conclut qu ils améliorent la productivité des entreprises qui les utilisent. Cela peut s expliquer par le fait que l intégration des nouvelles technologies amène de nouveaux standards dans la production des services, affectant ainsi la qualité du service plus que la quantité produite. Il faut ajouter que le caractère différent de l innovation et le problème de mesure des services y rendent difficile toute évaluation des bienfaits de l innovation. L importance de l innovation dans les services est donc tout autant méprisée que l apport du secteur à la croissance économique. Les méthodes traditionnelles pour stimuler l innovation basées sur les technologies de pointe et la R-D s appliquent mal au secteur. Il faut donc chercher de nouvelles formes d entraide et de coopération qui accroîtront la capacité d innovation des entreprises. Il faut stimuler l innovation en diffusant l idée que son impact est considérable sur le développement de la grappe. Favoriser la compétitivité La compétition est beaucoup moins vive dans le secteur des services que dans le secteur manufacturier. Les entreprises y sont non seulement plus réglementées, mais elles sont également moins exposées au commerce extérieur. Bien que la réglementation dans les services touche davantage le secteur des services non marchands, il existe tout de même plusieurs formes de réglementation entourant les services marchands. Au niveau des services financiers, la réglementation entourant les banques en est un bon exemple. Cette réglementation vise principalement à protéger le marché financier canadien contre la volatilité des capitaux internationaux. La Banque du Canada s en sert également pour atteindre ses objectifs de politique monétaire ou de taux de change. Elle constitue toutefois une sorte de barrière à l entrée sur le marché des banques, ce qui protège les firmes actuelles contre de nouveaux concurrents. Services 108
112 Les éléments de stratégie Au niveau des services aux entreprises et des services scientifiques et techniques, il faut mentionner le rôle central de l Office des professions du Québec. Cet organisme a pour mission de veiller à ce que les professions s exercent et se développent en offrant au public une garantie de compétence et d intégrité. Elle s assure que les ordres détiennent les moyens appropriés pour remplir leur mandat et fournit un encadrement juridique au système professionnel. Bien que sa mission première soit de garantir la protection des consommateurs, ses normes constituent une réelle barrière à l entrée pour les firmes extérieures qui désirent s établir sur le marché local. De par leur nature, les services sont moins exposés au commerce extérieur puisqu ils requièrent souvent la présence en un même lieu du producteur et du consommateur. C est pourquoi ils ne représentent que 16 % du commerce extérieur canadien. Les normes locales des ordres professionnels, la langue, la culture et les barrières commerciales sont tous des facteurs qui limitent les échanges internationaux dans le domaine des services et qui protègent, en quelque sorte, les entreprises locales. Il faut toutefois s attendre à ce que ces barrières s effritent dans l avenir. Une ronde de négociations est en cours au sein de l Organisation mondiale du commerce (OMC) pour en arriver à un Accord général sur le commerce des services (AGCS). L objectif de cet accord est de lever les barrières et les restrictions qui limitent les échanges, de favoriser la reconnaissance mutuelle des titres professionnels et l harmonisation de la réglementation. Les firmes montréalaises devront donc s adapter à cette nouvelle concurrence et améliorer leur compétitivité. Il faut souhaiter que le relâchement des barrières commerciales se fasse de façon graduelle, mais il ne faut pas attendre l arrivée des concurrents étrangers avant d adopter les stratégies nécessaires pour les concurrencer. Les entreprises de la région métropolitaine ne doivent pas voir la concurrence comme une menace, mais plutôt comme un défi. On n améliore notre productivité que lorsqu on est confronté aux meilleures pratiques. En emboîtant le pas des autres métropoles qui veulent protéger leurs services (Toronto, Vancouver, Ottawa, Winnipeg, Paris, Vienne, Gênes, etc.), Montréal inciterait ses producteurs à miser sur leur rente de localisation plutôt que sur leur productivité. Tôt ou tard, les entreprises les plus performantes vont trouver le moyen de percer le marché local. Si aucune culture d innovation et de compétitivité ne s est alors développée, les entreprises locales se retrouveront bien vite dépassées. Le défi de Montréal est donc de savoir ouvrir son marché aux services étrangers, tout en préservant la qualité de ses produits et le respect des consommateurs. Services 109
113 Annexes Services 110
114 Annexes Les sources d information Études et analyses L industrie des services professionnels, scientifiques et techniques (RMR de Montréal) Table métropolitaine de Montréal Emploi-Québec Enquête annuelle sur le secteur des services de génie 2002, Statistique Canada Enquête annuelle sur le secteur des services d architecture 2002, Statistique Canada Enquête sur les industries de services : Services de conseils en gestion et de conseils scientifiques et techniques 2001, Rapport, Statistique Canada, mars 2003 Faits nouveaux dans les marchés des capitaux et l industrie des valeurs mobilières, Graphiques, Association canadienne des courtiers en valeurs mobilières, juin 2003 Les 150 plus grandes banques au monde, Le banquier, Association des banquiers canadiens, juillet 2003 La concurrence dans les services financiers, Association des banquiers canadiens, janvier 2003 Les travailleurs du savoir sont-ils employés uniquement dans les industries des technologies de pointe? Desmond Beckstead, Guy Gellatly, Économie canadienne en transition, Statistique Canada, mai 2004 Assurances de dommages au Canada 2003, Bureau d assurance du Canada Document de réflexion au Groupe de travail sur l encadrement du secteur financier, Conseil des fonds d investissement du Québec, juillet 2001 Technologies des communications et marchés financiers, Enjeux, Commission des valeurs mobilières du Québec, Carmen Crépin, déjeuner-causerie, Cercle Finance internationale Montréal, mars 2000 L industrie des services professionnels, scientifiques et techniques (RMR de Montréal), Table métropolitaine de Montréal, Emploi-Québec, 2003 Innovation Services d ingénierie, D. Hamdani, Études analytiques 30, Statistique Canada, mai 2000 Regroupement dans le secteur de l assurance de biens et de risques divers durant les années 1990, Christine Hinchley, Études analytiques 38, Statistique Canada, mars 2002 Industrie canadienne des services d'ingénierie, document de consultation, Accord général sur le commerce des services (AGCS), Organisation mondiale du Commerce (OMC), Industrie Canada, avril 1999 Industrie canadienne des services d'architecture, document de consultation, Accord général sur le commerce des services (AGCS), Organisation mondiale du Commerce (OMC), Industrie Canada, avril 1999 Profil de l'industrie canadienne des valeurs mobilières, Industrie Canada, 2003 Rapport annuel 2002 sur les sociétés de fiducie et les sociétés d épargne, Inspecteur général des institutions financières, juin 2003 Plan d action stratégique, Horizon 2005, Rapport sommaire, Institut de design de Montréal, mars 2001 Impact économique des exportations québécoises années 1990, 1997 et 2001, Institut de la statistique du Québec/MDERR, 4 e trimestre 2003 Les services bancaires en ligne au Canada, Michel Leblanc, Jacques Nantel, Marie-Claude Pratte, Jean- François Renaud, Chaire de commerce électronique RBC Groupe financier, HÉC Montréal, février 2004 Super 500, Bâtir pour durer, les grandes entreprises du Québec et du Canada, Revue Commerce, Les Affaires. juin 2004 Services 111
115 Annexes Vue d ensemble du capital de risque au Canada, 1 er trimestre 2004, Macdonald & Associates Limited Bilan de l industrie québécoise du capital-risque pour le premier trimestre 2004, Macdonald & Associates Statistiques sur le commerce des sociétés affiliées à l'étranger Opérations canadiennes à l'étranger 1999 à 2001, Document de recherche, Michael Marth, Statistique Canada, mai 2003 Filière du génie-conseil, portrait industriel, ministère du Développement économique et régional et de la Recherche, avril 2003 Filière des technologies de l information et des communications, Portrait industriel, ministère du Développement économique et régional et de la Recherche, octobre 2003 Les travailleurs du design au Québec, Statistiques en bref, Observatoire de la culture et des communications du Québec, février 2004 Portrait de la pratique en urbanisme et en aménagement du territoire, Perspectives et actions pour la soutenir, Rapport final, Ordre des urbanistes du Québec, mai 2003 Statistiques des structures de l industrie et des services, données de base , OCDE, 2002 Leadership, innovation et qualité : répondre aux attentes des consommateurs de services financiers, Raymond Protti, Conférence, Cercle de la finance internationale de Montréal, octobre 2003 Disparités régionales de la recherche et développement dans le secteur des services aux entreprises, Julio Miguel Rosa, Document de travail, Statistique Canada, avril 2004 La recherche et le développement dans le secteur des services au Canada, Julio Miguel Rosa et F. D. Gault, Études analytiques 46, Statistique Canada, décembre 2003 Répertoire d entreprises en ingénierie, Johanne Tremblay, Centre local d emploi Plateau Mont-Royal, mai 2002 Répertoire d entreprises multimédia, Johanne Tremblay, Martine Gasse, Alexandra Schilte, Centre local d emploi Plateau Mont-Royal, Édition Répertoire d entreprises en télécommunications et informatique, Johanne Tremblay, Martine Gasse, Marie-Hélène Bergeron-Fortin, Centre local d emploi Plateau Mont-Royal, Édition Profil de l emploi dans les industries de l informatique et des télécommunications, C. Vaillancourt, Document de recherche, Statistique Canada, mars 2003 L industrie des assurances de personnes dans un contexte de services financiers en évolution, Mario A. Vella, Rosario Faubert, Études analytiques 39, Statistique Canada, juin 2002 Tendances du secteur des services financiers, Serge Vincent, HÉC, Montréal 2003 Guide annuel des entreprises de services en communication du Québec 2004, Les Éditions Infopresse Guide annuel des studios de design graphique du Québec 2004, Les Éditions Infopresse Résultats de la recherche sur l état des relations publiques au Québec, Danielle Maisonneuve, Solange Tremblay, André Lafrance, Chaire en relations publiques de l UQÀM, 2004 Guide des normes en recherche marketing et sociale, Association de l industrie de la recherche marketing et sociale Sites Internet consultés Les sites des associations et ordres professionnels mentionnés dans le texte ont été consultés. Services 112
116 Annexes Soutien technique des ministères concernés Anis Ouanès, ministère du Développement économique et régional et de la Recherche (MDERR) Personnes consultées En plus des personnes énumérées dans cette rubrique, les responsables des ordres professionnels cités dans ce document ont été consultés et ont fourni le cas échéant des données permettant de compléter le portrait de leur secteur. Yves St-Amand, directeur général de l Association des agences de publicité du Québec (AAPQ) et vice-président exécutif du Conseil de l industrie des communications du Québec (CICQ) Bruno Gauthier, président, Les Éditions Infopresse François Forget, directeur de création, Cossette Communication-Marketing Jacques Hébert, directeur des Affaires publiques, Association des banquiers canadiens Francine Lahaye, Associée, Le Cabinet de relations publiques National Daniel Matte, vice-président et directeur général Montréal, HKDP Solange Tremblay, chercheure, Chaire en relations publiques de l UQÀM Josette Massy-Forget, Massy-Forget Relations publiques Mylène Forget, présidente, Massy-Forget Relations publiques Christine Melançon, directrice générale Montréal, Impact Recherche Serge Lafrance, vice-président, Léger Marketing Sylvain Gauthier, vice-président développement, CROP Robert Desormeaux, directeur et professeur, HÉC Pierre Trudel, président, Pierre Trudel solutions marketing Services 113
117 Annexes Direction éditoriale Recherche et rédaction Aide à la recherche Crédits Michel Lefèvre Frédéric Simmonot Jean-Philippe Meloche Charles-Albert Ramsay Julie Ranger Révision linguistique Graphisme Frédéric Simmonot Dominique Chichera Dominic Duffaud Bruno Tessier Comité technique du projet des grappes métropolitaines Michel-Marie Bellemare Économiste Direction des politiques de développement régional Ministère du Développement économique et régional et de la Recherche Daniel-Joseph Chapdelaine Conseiller Direction de l aménagement métropolitain et des relations institutionnelles Ministère des Affaires municipales, du Sport et du Loisir Yves Charette Coordonnateur Développement économique métropolitain Communauté métropolitaine de Montréal André Gagnon Conseiller Direction du Développement des filières industrielles Ministère du Développement économique et régional et de la Recherche Michel Lefèvre Conseiller Développement économique Communauté métropolitaine de Montréal Christine Phaneuf Conseillère Direction du développement local et régional Ministère des Affaires municipales, du Sport et du Loisir Ramata Sanogo Économiste Direction de l aménagement métropolitain et des relations institutionnelles Ministère des Affaires municipales, du Sport et du Loisir Francine Rivard Directrice Coordination du développement en région Société générale de financement du Québec Services 114
BILAN ROUTIER AU QUÉBEC
ABITIBI-TÉMISCAMINGUE CAPITALE-NATIONALE Amos 6.27 0.07 25.89 La Sarre 7.06 0.04 25.14 Rouyn-Noranda 7.77 0.17 23.35 Val-d Or 6.21 0.09 25.16 Baie-Saint-Paul 8.68 0.2 25.1 Boischatel 2.05 0.02 9.76 Donnaconna
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