Rapport mutualiste. Les valeurs de l entreprise Mutuelle des Motards

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1 Rapport mutualiste Les valeurs de l entreprise Mutuelle des Motards

2 Sommaire Les valeurs de la Mutuelle p. 3 Le mot du conseil p. 4 S investir dans la promotion de l économie sociale p. 5 Les outils de gouvernance p. 6 Les délégués bénévoles p. 8 L assemblée générale 2010 p. 11 Formation des administrateurs p. 14 Les contributions, les partenariats et le mécénat P. 16 Le développement durable p. 17 Remerciements p. 20 2

3 Les valeurs de la Mutuelle La Mutuelle des Motards est née d un mouvement revendicatif qui a vu naître la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC). Créée par des motards pour des motards, notre entreprise par son métier incarne la liberté de faire. Liberté de faire sur un registre de : fonctionnement mutualiste ; développement de partenariats bénéficiant à ses sociétaires ; actions d information et de formation pour la sécurité des motards et le partage de la route ; indépendance vis-à-vis de tout pouvoir ; conception de produits d assurance intégrant une dimension fondamentale liée à sa politique de prévention sécurité : la protection du motard ; mutualité des garanties, qui permettent à tous d y avoir accès. La culture de la Mutuelle est empreinte des valeurs de l économie sociale qui se traduisent par : une gestion démocratique du patrimoine collectif des sociétaires, via leurs élus du conseil d administration ; la mise en oeuvre de la démocratie au sein d instances impliquant les sociétaires dans les orientations de l entreprise : assemblées régionales, assemblées générales ; la valorisation par la formation d un capital humain délégués bénévoles ou salariés garant du projet social et de sa dimension éthique. Son métier d assureur Le métier de la Mutuelle des Motards est de défendre la pratique du 2-roues à moteur en proposant à tous les motards ou scootéristes sans discrimination des produits d assurance et des services préservant leur patrimoine physique et matériel. Ses produits d assurance intègrent, dès leur conception, comme les règles de souscription, une dimension inscrite dans son engagement d origine. Tout ce qui touche au développement de la pratique du 2-roues en toute sécurité se conçoit avec les composantes de la FFMC. Parmi elles : la FFMC Loisirs pour la sensibilisation des jeunes à la prévention ; l Association pour la Formation des Motards (AFDM) pour la formation et le perfectionnement à la conduite ; les Éditions de la FFMC, dont Moto Magazine dans lequel se trouve encarté Passion Mutuelle, journal d informations des sociétaires ; la Commission Stop Vol qui a permis la création de la norme AFNOR pour les antivols du marché, la formation auprès des jeunes pour la formation ERJRM, label reconnu par le Ministère jeunesse et sport. Les formations à la conduite 2RM La Mutuelle s appuie sur l Association pour la formation des motards (AFDM), issue comme elle du Mouvement FFMC, pour proposer formations et stages de conduite d un 2-roues. Son objectif : permettre aux motards novices comme aux plus aguerris d acquérir de bons réflexes grâce à l enseignement d experts en formation moto. 3

4 Le mot du Conseil C est la troisième édition du rapport mutualiste que nous vous présentons, notre volonté de partager avec vous la connaissance de l entreprise reste forte et nous espérons que vous prendrez autant de plaisir à consulter ces pages que nous en avons eu à les rédiger. Nous avons essayé de vous montrer que le Conseil d administration est à la hauteur de la confiance que vous lui accordez, qu il travaille de la manière la plus efficace possible, réunissant des administrateurs engagés dans leur fonction qui apportent à la mutuelle une diversité de compétences, d expériences pour mieux servir notre projet commun. Un rapport mutualiste, pourquoi? L objet de ce rapport mutualiste est d évoquer avec les sociétaires les actions inscrites dans les valeurs de la Mutuelle, et qui témoignent de son attachement à la gouvernance citoyenne et mutualiste des entreprises de l économie sociale. Les valeurs de l entreprise transparaissent dans son organisation, se traduisent dans ses relations avec les sociétaires, dans des actions qui se vivent au quotidien. Le rapport mutualiste a pour objet d assurer leur communication et leur transmission. 4

5 S investir dans la promotion de l économie sociale L économie sociale sera renforcée par les connexions entre les entreprises qui la composent! (source fascicule CRES LR) Pour la Mutuelle des Motards s investir avec la Chambre Régionale de l Economie Sociale Languedoc Roussillon c est promouvoir avec elle : «l école, un lieu de formation et d échanges au service des acteurs de l économie sociale L Ecole de l Entrepreneuriat en Économie Sociale (EEES) est une Société Coopérative d Intérêt Collectif (SCIC), co-construite par différents acteurs de l ensemble des trois familles de l économie sociale (ES) : associations, coopératives et mutuelles. Dans un contexte économique et social où la visibilité et la solidité du secteur sont déterminantes pour le devenir de l économie sociale, l Ecole se veut un outil au service des acteurs de l ES. Renforcer la double compétence managériale économique et sociale des dirigeants, accompagner le développement des associations, coopératives et mutuelles, favoriser l émergence de nouvelles structures de l économie sociale, telles sont les finalités de l École. L Ecole est un organisme de formation professionnelle continue. Elle est soutenue par la Région Languedoc-Roussillon et par l Europe, dans une volonté de développement et de renforcement du secteur de l économie sociale. produits, l animation sociale en milieu rural, le prix du livre, les prêts bancaires à taux variable» Entreprises, Employeurs et Groupements de l Economie Sociale et Solidaire* «La plupart des personnes sont en relation dans leur vie quotidienne avec des entreprises de l économie sociale. Plus de deux Français sur trois sont protégés par une mutuelle (santé, prévoyance, assurance auto ou habitation ). Trois Français sur quatre sont en relation avec une association ayant une activité économique (sanitaire et sociale, sportive, culturelle, éducative, environnementale ). Un Français sur deux réalise des échanges avec une coopérative (banque, agroalimentaire, commerce de détail, logement social ). Les entreprises de l économie sociale se distinguent par une organisation qui place la personne au cœur de l activité économique. Elles se caractérisent Coventis, pour les entreprises de l économie sociale! (source fascicule CRES LR) En favorisant la rencontre et les flux d affaires entre les acteurs et les filières de l Economie Sociale, Coventis contribue au rayonnement et au dynamisme de ce secteur. Coventis, c est l autre façon de développer des affaires : Une convention d affaires pour mobiliser les acteurs de l Economie Sociale et Solidaire. Un facilitateur d affaires pour développer des flux d échanges. Un portail d affaires pour promouvoir et mettre en réseau les entreprises de l Economie Sociale et Solidaire. Sait-on que de grandes innovations qui font aujourd hui partie de la vie quotidienne sont issues de l économie sociale? Quelques exemples à l initiative : des mutuelles de santé-prévoyance : la promotion des médicaments génériques, le Parcours Santé Mutualiste... des mutuelles d assurances : le constat amiable, les garages agréés, le tiers-payant en assurance automobile, le recours précoce à l informatisation des relations assureurs / experts / réparateurs en automobile,... des associations : l aide à domicile, l alternative à l hospitalisation, la prise en charge des personnes handicapées, le titre emploi service, les villages de vacances... des coopératives : le contrôle qualité des 5

6 notamment par un projet d entreprise à finalité sociale, une gouvernance démocratique et un partage collectif des richesses. Les entreprises de l économie sociale réalisent environ 8 % de l activité économique nationale et emploient près de 2,3 millions de salariés qui viennent compléter l activité des bénévoles. En tant que mouvement des entreprises de l économie sociale, le CEGES (Conseil des entreprises, employeurs et groupements de l économie sociale) rassemble ces entreprises et leurs organisations pour faire entendre leur voix sur les grands sujets de société et dans le dialogue social, en tant que syndicat employeurs.» La Mutuelle des Motards ne peut que s y investir, sa vocation s y retrouve : La redistribution du résultat de l entreprise L entreprise est au service d un projet social et sociétal dans lequel sont réinvesties les richesses (économique, culturelle, sociale ) qu elle produit. La finalité de l entreprise n est pas la lucrativité ou le profit individuel. La rémunération des dirigeants Gestion désintéressée : engagement personnel à titre gratuit (bénévolat) ou plafonnement des indemnités des administrateurs. Pour les dirigeants salariés : transparence sur l ensemble des rémunérations allouées aux dirigeants (cumul salaires, indemnités et autres, incluant les filiales de l entreprise) et absence de rémunération proportionnelle aux bénéfices de l activité. La contribution de l entreprise à la cohésion sociale Gestion économique dans une perspective à long terme et d innovation sociale. Non discrimination et promotion de la mixité sociale dans l entreprise. Promotion de la qualité de l emploi et du dialogue social. Le mode d entrepreneuriat Entrepreneuriat non capitaliste, associatif, mutualiste ou coopératif. Projet d entreprise à finalité sociale et sociétale. Inscription dans une démarche de développement durable. La propriété de l entreprise Entreprise de droit privé valorisant la propriété collective et impartageable del entreprise, sous la forme de sociétés assurant la primauté de la personne sur le capital. L ancrage territorial Economie de proximité : ancrage des emplois dans les bassins locaux. Inscription de l activité dans une logique de développement territorial durable. Lieux de décision dans l entreprise au plus près des acteurs locaux. Participation aux instances de concertation avec les pouvoirs locaux. La gouvernance de l entreprise de l économie sociale Chaque sociétaire ou adhérent peut participer aux décisions (élections, AG ) selon le principe d égalité démocratique 1 personne = 1 voix. Gouvernance démocratique participative : les administrateurs sont élus parmi et par tous les adhérents ou sociétaires. Promotion de l égalité entre les hommes et les femmes et de la diversité dans le renouvellement des instances.» *(source CEGES) Les outils de gouvernance 6 Les assemblées régionales constituent l originalité de la Mutuelle, et un rendez-vous citoyen avec ses sociétaires. Salariés, délégués et administrateurs animent ensemble ces rencontres annuelles avec les sociétaires. Les salariés ont en charge d illustrer par leurs compétences techniques le discours politique de l administrateur et du délégué, lesquels sont suffisamment informés des procédures pour apporter leur éclairage sur les orientations stratégiques mises en oeuvre dans l entreprise. Ces contributions réciproques, qui reposent sur la confiance qu ont les uns et les autres dans leur capacité à promouvoir ensemble un modèle, un projet et les valeurs qui lui sont liées, sont propices à instaurer des débats de fond et des échanges avec les sociétaires réunis en assemblée régionale. Ces échanges restent pour le conseil d administration un impératif. Car la solidarité s y exprime autour d une réflexion collective sur : les mesures tarifaires, les produits et services, les attentes à satisfaire, le développement de la Mutuelle, ses orientations, sa gouvernance. C est en assemblée régionale que les sociétaires élisent (ou se portent euxmêmes candidats) leurs représentants à l assemblée générale qui suivra, et leurs représentants aux commissions sinistres. Déterminée à préserver le caractère particulier de ces rencontres qui la maintiennent en prise directe avec son sociétariat, la Mutuelle en a multiplié le nombre jusqu à organiser 66 assemblées régionales sur l ensemble du territoire en Elle y a convoqué nominativement près de sociétaires. Environ 1800 d entre eux sont venus débattre de l actualité moto comme de l actualité de la Mutuelle. Soumis à l élection des sociétaires, 288 postes de représentants étaient à pourvoir, 268 sont pourvus pour se prononcer en assemblée générale prochaine sur les comptes de l année 2010 et les résolutions proposées par le Conseil d administration pour permettre le fonctionnement de l entreprise en Le Conseil d administration Ce que l on peut attendre d un Conseil d administration (source IFA, Institut Français des Administrateurs). Les moteurs de la dynamique du Conseil : Engagement- Indépendance et Compétence- Diversité- Discipline collective, des mots qui expriment une communauté de pensée et à travers eux on retrouve toute la philosophie de la gouvernance.

7 La boite à outils du Conseil d administration Nous avons constitué des commissions qui nous permettent d échanger avec des salariés et de confronter nos contraintes et nos ambitions politiques à la rigueur Technique et à la réglementation. 1/ Les Commissions permanentes Ces commissions traduisent notre implication d administrateurs et la professionnalisation de nos méthodes de travail dans un contexte de forte évolution tant de la réglementation que des pratiques de notre secteur d activité, de la nécessité de confrontation entre l orientation politique et la mise en œuvre technique de celle-ci. Elles sont intégrées dans le processus de décision comme lieu d étude et d analyse des propositions de réflexion ou d aide à la décision qui seront soumises en Conseil. Engagement, des administrateurs engagés sont des gens qui travaillent et sont formés aux enjeux du métier. L engagement des membres du Conseil se manifeste par leur connaissance des dossiers, par le temps consacré aux comités et aux séances plénières. Indépendance et compétence, ce sont des critères déterminants de la force du Conseil. La légitimité vient avec le temps, il faut bien connaître le métier pour devenir compétent, les administrateurs doivent avoir de l expérience. Diversité, diversité des compétences, ne pas avoir que des financiers autour de la table mais des membres issus du Marketing, de la RH, de la production, du juridique des hommes et des femmes sans notion de quota car ce n est pas le sexe qui fait la compétence. Discipline collective, ce mot renvoie à la notion d équipe, au temps passé ensemble. Et de signaler que l initiative de ce jeu collectif ne peut provenir que du Conseil d administration et ne peut être piloté par des consultants extérieurs. Un Conseil d administration c est une équipe de rugby, ça ne peut pas fonctionner en individuel, pour créer du collectif, il faut travailler ensemble et pas en one to one.» (source IFA, Institut Français des Administrateurs) Notre Conseil travaille beaucoup et joue un rôle effectif sur la stratégie, l évaluation des dirigeants, la surveillance des risques. Un Conseil fort est un énorme atout pour la Mutuelle mais peut être aussi perçu comme une entrave pour le management. Nos prochaines étapes de réflexion devront répondre à trois questions dans ce contexte nouveau où nous avons proposé trois postes supplémentaires d administrateur et de ce fait créé une autre nécessité, celle de développer la pédagogie utile à leur intégration : Comment optimiser la coopération entre les acteurs? Comment créer une impulsion positive pour la Mutuelle? Comment développer la collégialité au sein de notre équipe? Cette réflexion sera accompagnée d une évaluation du Conseil d administration qui devra débuter en 2012, un outil nécessaire pour d approfondir l analyse du fonctionnement du Conseil. La commission permanente délégations bénévoles Les sujets abordés sont ceux touchant aux missions du délégué bénévole en coordination avec les méthodes, les procédures de l organisation de la structure. C est une force d inspiration et de proposition pour les évolutions futures du rôle du délégué bénévole de la Mutuelle. La commission permanente technique Les sujets abordés sont ceux touchant aux 2-roues à moteur, leur technologie et leur pratique. C est une force d inspiration et de proposition pour les évolutions futures de services/tarifs/règles de la Mutuelle. La commission permanente communication Les sujets abordés seront ceux touchant aux méthodes de communication, aux thèmes et aux bilans des campagnes antérieures. 2/ Les comités Le Comité d audit Le Comité a en charge de produire des avis et/ou des recommandations au Conseil d administration, concernant : le contrôle des comptes ( la mission consiste à s assurer de la fiabilité des états financiers, de l efficacité du système de contrôles internes liés aux informations financières et de la supervision du contrôle légal des comptes), l efficacité du contrôle interne (le Comité entend les opérationnels, les auditeurs internes et externes sur les risques majeurs de l entreprise, le degré d exposition aux risques et les plans permettant de minimiser ces risques) et la supervision du contrôle légal des comptes (en dehors de l audition régulière des Commissaires aux comptes (CAC), le Comité pilote la procédure de sélection des CAC pour présentation au Conseil d administration). Le Comité financier Le Comité financier aide notre Conseil à exercer un contrôle sur l administration financière de la mutuelle. 7

8 Délégués bénévoles 8 Ces sociétaires qui ont choisi de militer pour la Mutuelle Ils sont au nombre de 103, issus des quatre coins de France et même d Outremer. De tous milieux et de tous âges, ou presque : leur doyen a l âge de la retraite, quant au plus jeune d entre eux, il vient d entrer dans la vie active. Sociétaires, passionnés de moto, chacun d eux a un jour décidé de s investir dans sa mutuelle, à titre bénévole. «Ça peut paraître étonnant que quelqu un donne de son temps à un truc apparemment aussi rébarbatif que l assurance», sourit Christophe Coudon, administrateur réseaux actuellement en poste à Cayenne, qu il sillonne en 850 TDM, et où il a créé la toute première délégation bénévole de Guyane. «Consolider l ancrage motard de la Mutuelle, faire remonter les infos pour que l amélioration du service profite à la communauté des sociétaires... Pour moi, c est passionnant. Et pour le sociétaire, c est tout bénéfice : il est au contact d un autre sociétaire qui, par son engagement, a une vision beaucoup plus précise de la Mutuelle, qui peut le guider en matière d assurance, de formation, de prévention etc. En plus, je représente le conseil d administration, qui m a mandaté. Je suis en prise directe sur les infos.» Un rôle d interface qui se cristallise notamment au cours des Rencontres Nouveaux Sociétaires. Organisées et animées par les délégués bénévoles et les salariés des bureaux régionaux de la Mutuelle, celles-ci sont destinées aux sociétaires ayant souscrit leur contrat dans l année afin de mieux leur faire connaître leur Mutuelle, mais aussi la place qu ils y tiennent en leur double qualité d assuré, à titre individuel, et d assureur, à titre collectif. Postier à la retraite, Jean-Michel Claptien n a pas hésité à relancer les nouveaux sociétaires lillois sur Facebook en vue de la première rencontre nordiste. Celle-ci a réuni plus de cinquante participants. Pour organiser cette première, «J ai puisé les infos un peu partout auprès de mes collègues délégués, notamment à Limoges», explique le jeune retraité, qui roule en Yamaha 900 XJS Diversion. «C était l occasion de réunir et de présenter une partie de l équipe de Lille aux sociétaires, mais aussi des partenaires : experts, motocistes, moto-école, membres fondateurs. Nous avons projeté un film de présentation de la Mutuelle auquel j ai ajouté un diaporama dans lequel j ai compilé les images de plusueurs actions sur le terrain, d événements comme le Bol d Or. C est le moyen le plus convivial de faire connaître la mutuelle, nos valeurs, nos actions, notre projet, mais aussi la FFMC et ses différentes structures. Les sociétaires sont souvent très surpris, nous disent qu ils ne voyaient pas du tout la Mutuelle comme ça.»

9 Pour Patrick Cazaux, formateur en PAO et délégué bénévole à Valence, ces rencontres sont «un moment à part. On fait autre chose que d évoquer avec les sociétaires leur dossier sinistre ou leur cotisation. Souvent, les sociétaires n ont pas idée de ce qu est la Mutuelle. Ça les incite à réfléchir, car ça remet en cause le schéma habituel de la simple consommation, du rapport dominant-dominé. Beaucoup de gens ont envie que les choses bougent, que les entreprises bougent, sur la base de valeurs humaines. L envie d être solidaire, de prendre nos destins en main, c est ça le mutualisme.» Et si nombre de sociétaires ou de motards ont une vision très «praticopratique» des délégués bénévoles, «il faut faire avec» pour Gauthier Chapat, professeur de danse et délégué bénévole à Clermont-Ferrand. «Notre rôle est méconnu, et souvent il n est pas compris d emblée. Lorsque je participe à une action sur le terrain, par exemple une journée portes ouvertes chez un concessionnaire, les gens ne font pas tellement la différence entre un salarié et un bénévole. Ils posent une question, veulent avoir une réponse, tout simplement.» Pour Gauthier, qui roule en BMW K 75 S, «même si ce n est pas facile, ça n est pas un problème sur le fond : à un moment donné, la Mutuelle mettait beaucoup en avant le rôle du délégué, de la même façon que l on voulait présenter toute l histoire de la Mutuelle dès la souscription du premier contrat. Mais l essentiel est de répondre à un besoin, et aux questions des sociétaires lorsqu ils se les posent. Certains iront au-delà et diront, devant notre démarche : " C est génial. " Ce qui compte, c est que «l institution» délégués bénévoles soit un plus pour la Mutuelle, que le soc puisse accéder à l info et à l écoute au moment ou il en a besoin. Le délégué bénévole a un déficit d image, et les bénévoles eux-mêmes ne cherchent pas spécialement à travailler leur image, ils essayent avant tout d être efficaces dans leurs actions. Notre priorité n est pas d être connus en tant que tels, mais d aider les gens. Je suis très admiratif de la communauté des délégués de la Mutuelle, beaucoup se remettent en cause, essayent d améliorer leur action, d aider les gens, de s emparer des outils qu on leur donne. C est un collectif de gens qui sont de purs idéalistes de la chose publique et de la moto, qui partagent une sorte d idéal social.» Sylvie Cordier-Pihet fait partie de celles qui, après avoir longtemps goûté aux joies d être passagère, ont décidé de prendre le guidon. Plus qu une passion exclusive, la moto est pour elle une renaissance. Voilà plus de dix ans qu elle roule, en hypersportives de préférence, sur des bolides qui suscitent la curiosité «Une nana sur ces engins, ça épate toujours!», mais rend surtout crédible l expérience qui alimente ses conseils et ses échanges avec les motards qu elle accueille à la motothèque du circuit Carole. Déléguée bénévole à la Mutuelle, militante à la FFMC, Sylvie s investit aussi au sein de la FFMC Loisirs, assure la sécurité pour l opération «Tasses pour un Bol», et participe es qualités à un projet d action humanitaire en Afrique de l Ouest. «Parler de moto avec des motards, c est chouette. Mais se préoccuper de leur vie et de leurs problèmes, c est encore mieux. C est ce que fait la Mutuelle. Pour moi, elle a un rôle social, avec plein de choses à l intérieur qu on ne voit pas ailleurs, comme les commissions sinistres, les commissions à 3 et d autres... Mais elle est pudique. C est par le biais des délégués bénévoles que les arguments peuvent sortir des poches. Il est rare que je n en aie pas quand on me dit que la Mutuelle est trop chère, ou qu il est difficile d y rentrer. Certains viennent, preuve à l appui, avec des tarifs. Ils ne savent pas ce qu il y a derrière, ils veulent le moins cher pour rouler, c est toute leur préoccupation. Mon argumentation, c est la mutualisation des risques, la prévention, la sécurité. Mon expérience aussi. Le bénévolat, c est de l enrichissement personnel par les autres, pour les autres. Mais en aucun cas un loisir. C est un investissement fort qui a un coût en termes de déplacements, de réunions, de formations. Les délégués bénévoles de la Mutuelle n ont pas de cahier des charges à proprement parler. Mais personnellement, même si je ne suis pas parfaite tout le temps, je me sens responsable d une image à tenir. Je représente le conseil d administration sur le terrain, je suis son relais au cœur des motards.» Interface encore, les délégués bénévoles le sont dans le cadre de deux instances sans équivalence dans le monde l assurance : les commissions à trois et les commissions sinistres. «En commissions sinistres, où les sociétaires et les techniciens de la Mutuelle siègent à parité, le délégué bénévole 103 mandataires mutualistes Qui sont-ils? Les délégués bénévoles sont des sociétaires qui se portent candidats pour se mettre au service du projet de la Mutuelle. Leurs candidatures sont évaluées par un comité de recrutement avant d être soumises à l approbation de notre conseil d administration. Leurs missions. Le rôle des délégués bénévoles est défini par notre conseil d administration et leurs missions sont placées sous notre responsabilité du fait du mandat que nous leur déléguons pour représenter la Mutuelle auprès des sociétaires en particulier et du monde motard en général. Issus pour la plupart du mouvement motard FFMC, ils sont à la fois des garants de l ancrage motard de la Mutuelle, des ambassadeurs de ses valeurs et les porte-parole de notre conseil d administration. Les délégués bénévoles relaient les décisions politiques qui concernent le fonctionnement et le développement de la Mutuelle à court, moyen et long termes ; ils participent à faire évoluer ce fonctionnement en relayant non seulement auprès des administrateurs mais aussi à la structure technique les informations qu ils recueillent auprès des sociétaires ; ils agissent aux côtés des salariés et des militants de la FFMC dans le cadre strict des valeurs qui orientent nos décisions de conseil d administration. Sur le terrain. Assemblées régionales, assemblées générales, Assises de la FFMC, conseils de régions, réunions locales entre antennes FFMC, délégations et bureau de la Mutuelle... Sur le terrain, qu il s agisse de réunions locales ou des grands rendezvous annuels de la Mutuelle et de son mouvement, les délégués bénévoles sont des relais contribuant à renforcer les liens et les synergies entre la Mutuelle, ses sociétaires, ses salariés et son mouvement. Au sein de la Mutuelle. Outre leur présence aux rencontres organisées avec les administrateurs et leur participation aux commissions permanentes, qui leur permettent d échanger directement avec nous, membres du conseil d administration, et les salariés, les délégués bénévoles contribuent en séance du conseil aux réflexions suscitées par les sujets mis à l ordre du jour en apportant leur vision et leur sensibilité propres. Le séminaire des délégués. Tous les ans, les délégués bénévoles sont réunis en séminaire ; cet espace d échanges avec nous, les administrateurs, étant organisé afin de recueillir les informations utiles à l exercice de leur mandat, de confronter leurs points de vue, de contribuer au moment voulu aux évolutions des produits et services pour les sociétaires et de convenir avec le conseil d administration des moyens à mettre en œuvre pour remplir leurs missions. Un séminaire qui permet de définir en commun les actions prioritaires à mener par les délégués pour être en phase avec les objectifs stratégiques. 9

10 amène du liant entre une position technique et une réalité humaine», estime Gauthier Chapat. «Parce que nous sommes sociétaires, comme ceux qui ont été élus pour siéger, mais aussi parce que nous comprenons l analyse technique, nous pouvons aider chacun à bien comprendre son rôle, et faire rebondir le débat. L enjeu, c est de comprendre une réalité humaine, pour ne pas s en tenir à un dossier d assurance purement technique. Cela peut avoir des prolongement inédits à l initiative du délégué, comme ce fut le cas récemment avec un sociétaire confronté au vol à répétition de ses motos devant son lieu de travail. Le délégué est entré en contact avec le patron de l entreprise, qui du coup a aménagé un emplacement 2-roues dans le parking de l entreprise.» En commissions à trois, il ne s agit plus cette fois d examiner la situation de sociétaires confrontés à une sinistralité particulièrement élevée, mais de recevoir des motards refoulés par les autres assureurs en raison d un «mauvais risque». «La com a trois a été créée à l origine pour donner une réponse à l exclusion dont étaient victimes les motards», analyse Patrick Cazaux. «C est, comme en commission Sinistres, mettre en phase nos valeurs et nos pratiques. On ne se contente pas d appliquer une grille en disant au motard "tu rentres ou pas dans le clous". Ces commissions sont la traduction de la volonté de la Mutuelle de garder sa dimension humaine, et de ne pas devenir une grosse machine administrative ne fonctionnant que par des barèmes, sans chercher à comprendre la personne qu il y a derrière un dossier. À mes yeux, il faut impliquer les sociétaires, car au final, ce sont eux qui assument le risque. Ça ne veut pas dire qu on répond toujours positivement. Il faut comprendre pourquoi le motard est dans telle ou telle situation, et chercher des solutions pour qu il en sorte. Idéalement, il faudrait mettre en place un accompagnement spécifique sur cette population, pour moi la com à trois ne doit pas s arrêter au contrat : c est l occasion de construire une relation spécifique, de prolonger la démarche.» La boite à outils du Conseil d administration suite 1/ Comité de recrutement Constitué d administrateur et de délégués bénévoles, il valide les canditatures au mandat de délégué. 1/ Comité des délégués Composé de délégués volontaires pour exprimer leurs sensibilités lors des séances du Conseil d administration à propos des décisions ou orientations qui sont prises. 10

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