LA SURVIE DES ENTREPRISES DÉPEND-ELLE DU TERRITOIRE D'IMPLANTATION?

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1 LA SURVIE DES ENTREPRISES DÉPEND-ELLE DU TERRITOIRE D'IMPLANTATION? Anne PERRAUD (CRÉDOC) Phlppe MOATI (CRÉDOC Unversté Pars) Nadège COUVERT (ENSAE) INTRODUCTION Au cours des dernères années, de nombreux travaux, à la fos théorques et emprques, sont venus amélorer notre connassance de la démographe des entreprses. L élaboraton de bases de données ndvduelles sur des cohortes de créateurs d entreprses (à l mage de SINE en France 1 ) a perms de précser le profl des créateurs, mas auss de repérer les varables personnelles assocées à la surve des jeunes entreprses 2. Ces données permettent également de précser les détermnants sectorels de la vablté et de la crossance des entreprses nouvellement créées 3. Cette recherche vse à précser l mpact des terrtores d mplantaton sur la surve. Au cours d une recherche précédente 4, nous avons ms en évdence l nfluence des caractérstques terrtorales sur l ntensté des créatons d entreprses. Il nous état notamment apparu que la densté économque des terrtores exerce une certane nfluence sur le dynamsme entrepreneural, en partculer pour ce qu 1 SINE, Système d Informaton sur les Nouvelles Entreprses, est un dspostf d enquête élaboré par l INSEE qu permet de suvre, sur une pérode de cnq ans, une cohorte d entreprses nouvellement créées. Pour plus d'nformatons, se reporter aux annexes. 2 Vor, par exemple, Francoz et Bonneau [1995], Presendörfer et Voss [1990], cté par Brüderl et al. [1992], Cressy [1996], Brüderl et al. [1992] 3 Vor, entre autres, Audretsch [1995], Mata et Portugal [1994], Wagner [1994], Tveteras et Ede [2000]. 4 Moat, Perraud et Pouquet [2000]. 41

2 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? concerne les entreprses de plus de 10 salarés à la nassance, l ntensté des créatons de très pettes entreprses sur les terrtores parassant davantage lée à un ensemble de varables d nctaton et de fren à l ntatve ndvduelle. Le démarrage d une actvté ne garantssant en aucune manère sa pérennté, l est mportant de prolonger ce premer traval par une recherche sur la nature des caractérstques terrtorales qu sont susceptbles de rendre compte de l hétérogénété des taux de surve des jeunes entreprses parm les 348 zones d emplo qu composent le terrtore natonal. En partculer, l convent de tester dans quelle mesure la densté économque des terrtores est de nature à consttuer un facteur favorable, ou au contrare nusble, à la surve des jeunes entreprses. A cet égard, deux hypothèses contradctores peuvent être défendues. La compéttvté des entreprses (et en partculer des plus jeunes, qu sont souvent également les plus pettes) dépend pour parte des ressources qu leur sont accessbles à partr de leur terrtore d mplantaton : marché local, mas auss et surtout offre d nputs (qualfcatons du traval), dsponblté d nfrastructures (en partculer de transport), exstence d externaltés (notamment externaltés de connassances) et facltaton de la mse en réseau, en rason de l mportance de la proxmté pour la reconnassance des présomptons de complémentartés à l orgne d accords de coopératon, et pour la coordnaton des acteurs dans le cadre de ces accords. Les terrtores bénéfcant d une forte densté économque par une offre de ressources rche et dversfée devraent de ce pont de vue favorser la vablté des jeunes entreprses qu y sont mplantées. Mas, smultanément, une forte densté économque est susceptble d être à l orgne d une forte concurrence pour le partage du marché local et pour l explotaton des ressources terrtorales. Les terrtores les plus denses rsquent de se révéler comme des envronnements partculèrement sélectfs, d autant que comme nous l avons relevé lors de notre précédente recherche plus attractfs, ls tendent à se caractérser par une plus forte actvté de créaton d entreprses. La stratége de recherche retenue dans cette étude, afn de tenter de trancher entre ces deux hypothèses contradctores, est bâte en deux temps. Dans un premer temps, on cherchera à rendre compte de l hétérogénété des taux de surve à 3 ans parm les zones d emplo, par la prse en compte d un certan nombre de varables caractérsant la nature de l envronnement économque offert par chaque zone aux entreprses qu y sont mplantées. Dans un deuxème temps, en utlsant des données ndvduelles, nous nous ntéresserons aux détermnants de la surve des entreprses, en ntégrant des varables caractérsant les zones d emplo dans lesquelles elles sont mplantées. 42

3 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? 1. L HÉTÉROGÉNÉITÉ DES TAUX DE SURVIE AU NIVEAU DES ZONES D EMPLOI Les bases de traval utlsées ont été consttuées à partr du fcher SINE et de l atlas des zones d emplo édté par l INSEE. Le premer répertore les entreprses créées au cours du premer semestre 1994 et sgnale celles qu sont encore actves en Il fournt par alleurs les caractérstques ndvduelles des entrepreneurs et des entreprses, ans que la zone d emplo dans laquelle la nouvelle unté est mplantée. L atlas des zones d emplo répertore quant à lu un certan nombre de varables relatves aux caractérstques terrtorales des zones d emplo. Le traval mené sur les zones d'emplo utlse les données contenues dans l'atlas des zones d'emplo, auxquelles sont adjonts les taux de surve par zone d'emplo et les caractérstques de la populaton entrepreneurale de la zone. Ces varables supplémentares ont été obtenues par agrégaton des données présentes dans le fcher SINE. Enfn, les détermnants de la surve varant fortement selon l'orgne de la créaton (créatons pures ou créatons par reprse), nous avons chos de lmter notre analyse aux entreprses créées ex nhlo, celles-c consttuant l'essentel des créatons d'entreprses (79,1% des créatons du premer semestre 1994). Comme dans la plupart des travaux relatfs à la surve des entreprses, le taux de surve à j an(s) des entreprses de la génératon n mplantées dans le terrtore e est défn comme le rapport entre le nombre d'entreprses de la génératon n créées dans le terrtore e et actves lors de la j-ème année et le nombre d'entreprses créées au cours de l'année n dans le terrtore e. Ans, en notant S e nj le taux de surve à j an(s) des entreprses de la génératon n mplantées dans le terrtore e, e A nj le nombre d'entreprses de la génératon n mplantées dans le terrtore e et actves au cours de la j-ème année, et e C n le nombre d'entreprses de la génératon n (.e. créées au cours de l'année n) mplantées dans le terrtore e, on obtent la formule suvante : e S nj = e Anj e Cn Nous nous concentrerons dans cette étude sur l analyse du taux de surve à tros ans. 43

4 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? Taux de surve régonaux Taux de surve à tros ans 0,617 à 0,642 (2) 0,59 à 0,617 (7) 0,563 à 0,59 (6) 0,536 à 0,563 (3) 0,509 à 0,536 (3) Nombre de régons concernées ndqué entre parenthèses Régon Taux de surve régonaux Nombre de créatons pures d'établssements Taux de surve régonal * Bretagne ,2% Alsace ,5% Lmousn ,6% Potou-Charentes ,8% Basse-Normande ,1% Auvergne ,0% Franche-Comté ,5% Bourgogne ,3% Pays de la Lore ,2% Nord Pas-de-Calas ,6% Champagne-Ardenne ,3% Aqutane ,1% Centre ,7% Rhône-Alpes ,6% Lorrane ,1% Md-Pyrénées ,1% Pcarde ,5% Haute-Normande ,2% Languedoc-Roussllon ,5% Ile-de-France ,3% PACA ,9% * Le taux de surve régonal est calculé comme le rapport du nombre d'entreprses créées en 1994 dans la régon et encore actves en 1997 au nombre d'entreprses créées en 1994 dans la régon. (Source : CRÉDOC sur données INSEE) 44

5 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? On observe une forte hétérogénété des taux de surve entre les dfférentes régons françases. S, en moyenne, 58,0% des entreprses de la génératon 1994 sont toujours actves tros ans après leur créaton, le taux de surve présente un écart-type de 3,5. Tros régons affchent un taux nféreur à 54,0% tands que cnq présentent un taux de surve supéreur à 60,0%. L'hétérogénété observée au nveau des régons se retrouve au nveau des départements. Elle y est d'alleurs encore plus marquée. La moyenne (58,6%) est proche de celle calculée au nveau des régons. Cependant, l'écart-type (7,0) est deux fos supéreur à celu obtenu au nveau régonal et l'écart entre les extrêmes est encore plus marqué (76,9% pour le département des Landes contre 39,7% pour la Sene-Sant-Dens). Ans, sept départements affchent des taux supéreurs à 70,0% tands que treze présentent des taux nféreurs à 50,0%. Les taux de surve des départements composant une même régon sont par alleurs très négaux, et l est fréquent qu'un département se dstngue nettement au sen d'une régon par sa capacté à mantenr en ve les entreprses qu'l accuelle. Ans, dans la régon Rhône-Alpes, la Haute-Savoe affche un taux de surve de 70,1% tands que celu de la Drôme s'élève à 49,4%. Dstrbuton des taux de surve par zone d'emplo 50 Nombre de zones d'emplo % 26% 32% 38% 44% 50% 56% 62% 68% 74% 80% 86% 92% (Source : CRÉDOC sur données INSEE) Enfn, on retrouve une forte hétérogénété des taux de surve calculés au nveau des zones d'emplo. En moyenne, 59,5% des entreprses créées au cours du premer semestre 1994 ont attent leur trosème 45

6 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? annversare. Cette proporton vare de 23,1% (Maurenne) à 91,9% (Mont-de-Marsan Est-des-Landes), ce qu témogne, tout comme l'écart-type obtenu (11,7), d'une dsperson encore plus accentuée qu'aux nveaux régonal et départemental. La varablté des taux de surve dans les zones d'emplo à l'ntéreur des régons Pour les 21 classes Varablté En % Test-F Varablté nter-classes 0, ,0% Varablté ntra-classes 4, ,0% Varablté totale 4, ,0% 1,78 (0,0220) (Source : CRÉDOC sur données INSEE) La varablté des taux de surve dans les zones d'emplo à l'ntéreur des départements Pour les 94 classes Varablté En % Test-F Varablté nter-classes 1, ,0% Varablté ntra-classes 3, ,0% Varablté totale 4, ,0% 1,37 (0,0292) (Source : CRÉDOC sur données INSEE) L'analyse de la varance effectuée révèle par alleurs que seulement 34,0% de la varablté des taux de surve des zones d'emplo s'explque par l'appartenance départementale et 10,0% par l'appartenance régonale. Autrement dt, l'hétérogénété des taux de surve des zones d'emplo relèverat davantage des caractérstques ntrnsèques des zones d'emplo que de l'appartenance à une régon ou à un département en partculer. Ce résultat renforce l'observaton d'une grande varablté des taux de surve des zones d'emplo appartenant à un même département. 46

7 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? Régon Moyennes régonales* des taux de surve par zone d'emplo Nombre de zones d'emplo Moyenne Ecart-type Mnmum Maxmum Ile-de-France 26 53,9% 12,8 29,6% 78,6% Champagne-Ardenne 8 58,6% 8,5 42,2% 67,4% Pcarde 14 57,4% 15,1 26,7% 84,6% Haute-Normande 13 59,5% 12,2 37,5% 84,6% Centre 23 60,2% 12,6 37,5% 90,0% Basse-Normande 10 62,7% 7,8 44,4% 72,0% Bourgogne 18 58,8% 8,6 33,3% 75,6% Nord Pas-de-Calas 15 60,1% 10,3 47,6% 89,7% Lorrane 17 58,4% 7,3 46,3% 73,3% Alsace 12 69,0% 8,4 58,5% 81,8% Franche-Comté 13 54,5% 15,1 33,3% 82,1% Pays de la Lore 16 59,8% 8,7 50,0% 85,6% Bretagne 18 65,8% 9,8 50,2% 87,8% Potou-Charentes 13 61,4% 5,9 55,6% 73,7% Aqutane 23 60,3% 12,6 36,4% 91,9% Md-Pyrénées 18 63,3% 11,2 46,9% 91,7% Lmousn 8 59,8% 15,3 33,3% 80,6% Rhône-Alpes 27 57,9% 12,0 23,1% 83,3% Auvergne 16 63,8% 14,5 35,3% 87,5% Languedoc-Roussllon 11 52,8% 10,8 36,7% 72,7% PACA 22 55,6% 12,0 37,6% 82,4% * La moyenne régonale des taux de surve est calculée à partr des taux des zones d'emplo (Source : CRÉDOC sur données INSEE) 47

8 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? Département Taux de surve départementaux Nombre de zones d'emplo Nombre de créatons pures d'établssements Moyenne départementale des taux de surve (1) Taux de surve départemental (2) 40 LANDES ,7% 76,9% 53 MAYENNE ,9% 75,9% 15 CANTAL ,7% 75,0% 09 ARIEGE ,0% 74,2% 48 LOZERE ,7% 72,7% 56 MORBIHAN ,7% 70,1% 74 HAUTE SAVOIE ,2% 70,1% 35 ILLE ET VILAINE ,9% 69,5% 23 CREUSE ,7% 69,5% 52 HAUTE MARNE ,4% 66,7% 61 ORNE ,7% 66,1% 36 INDRE ,3% 66,0% 05 HAUTES ALPES ,5% 65,9% 50 MANCHE ,0% 65,7% 67 BAS RHIN ,5% 64,2% 90 TERRITOIRE DE BELFORT ,2% 64,2% 03 ALLIER ,9% 63,6% 46 LOT ,4% 63,4% 25 DOUBS ,0% 63,4% 01 AIN ,6% 63,4% 81 TARN ,9% 63,1% 19 CORREZE ,5% 62,9% 18 CHER ,5% 62,4% 68 HAUT RHIN ,4% 62,3% 58 NIEVRE ,8% 62,2% 55 MEUSE ,9% 62,0% 79 DEUX SEVRES ,5% 61,5% 65 HAUTES PYRENEES ,6% 61,1% 17 CHARENTE MARITIME ,0% 61,0% 95 VAL D'OISE ,5% 60,9% 22 COTES D'ARMOR ,4% 60,9% 86 VIENNE ,0% 60,5% 45 LOIRET ,2% 60,1% 16 CHARENTE ,7% 60,0% 24 DORDOGNE ,5% 59,9% 71 SAONE ET LOIRE ,7% 59,8% 89 YONNE ,7% 59,8% 85 VENDEE ,6% 59,6% 48

9 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? Département Taux de surve départementaux (sute) Nombre de zones d'emplo Nombre de créatons pures d'établssements Moyenne départementale des taux de surve (1) Taux de surve départemental (2) 80 SOMME ,7% 59,2% 72 SARTHE ,9% 59,2% 37 INDRE ET LOIRE ,1% 59,1% 77 SEINE ET MARNE ,1% 59,0% 69 RHONE ,6% 58,8% 08 ARDENNES ,4% 58,7% 62 PAS DE CALAIS ,4% 58,7% 92 HAUTS DE SEINE ,0% 58,6% 59 NORD ,1% 58,5% 11 AUDE ,0% 58,4% 49 MAINE ET LOIRE ,7% 58,2% 87 HAUTE VIENNE ,1% 57,9% 04 ALPES DE HAUTES PROVENCE ,0% 57,8% 70 HAUTE SAONE ,9% 57,7% 64 PYRENEES ATLANTIQUES ,1% 57,6% 63 PUY DE DOME ,2% 57,6% 21 COTE D'OR ,9% 57,4% 51 MARNE ,4% 57,3% 66 PYRENEES ORIENTALES ,2% 57,2% 44 LOIRE ATLANTIQUE ,1% 57,1% 78 YVELINES ,4% 56,8% 54 MEURTHE ET MOSELLE ,4% 56,8% 57 MOSELLE ,9% 56,8% 88 VOSGES ,1% 56,7% 10 AUBE ,6% 56,6% 12 AVEYRON ,7% 56,3% 29 FINISTERE ,1% 56,0% 33 GIRONDE ,4% 55,5% 27 EURE ,6% 55,3% 76 SEINE MARITIME ,5% 55,1% 38 ISERE ,4% 55,0% 14 CALVADOS ,8% 54,7% 60 OISE ,9% 54,6% 43 HAUTE LOIRE ,2% 54,4% 31 HAUTE GARONNE ,6% 53,4% 13 BOUCHES DU RHONE ,8% 53,4% 02 AISNE ,9% 53,4% 41 LOIR ET CHER ,7% 53,3% 49

10 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? Département Taux de surve départementaux (sute) Nombre de zones d'emplo Nombre de créatons pures d'établssements Moyenne départementale des taux de surve (1) Taux de surve départemental (2) 47 LOT ET GARONNE ,2% 53,2% 73 SAVOIE ,3% 52,7% 34 HERAULT ,0% 52,5% 42 LOIRE ,9% 52,0% 39 JURA ,3% 51,2% 06 ALPES MARITIMES ,8% 49,9% 30 GARD ,2% 49,8% 07 ARDECHE ,1% 49,7% 26 DROME ,0% 49,4% 75 PARIS ,0% 49,0% 28 EURE ET LOIRE ,5% 48,5% 84 VAUCLUSE ,3% 48,3% 82 TARN ET GARONNE ,2% 48,2% 91 ESSONNE ,3% 47,6% 83 VAR ,3% 46,9% 32 GERS ,9% 46,4% 94 VAL DE MARNE ,6% 45,9% 93 SEINE SAINT DENIS ,6% 39,7% (1) La moyenne départementale des taux de surve est calculée à partr des taux des zones d'emplo. (2) Le taux de surve départemental est calculé comme le rapport du nombre d'entreprses créées en 1994 dans le département et encore actves en 1997 au nombre d'entreprses créées en 1994 dans le département. (Source : CRÉDOC sur données INSEE) Toutes les zones d emplo ne sont donc pas "égales" en termes de taux de surve. La queston est de savor d où vent cette hétérogénété. Une premère explcaton possble renvoe à la spécfcté de la composton sectorelle de l ensemble des créatons d entreprses au sen de chaque zone d emplo. On sat, en effet, que la surve dépend fortement du secteur d actvté auquel appartent l entreprse : certanes actvtés (commerce, hôtellere restauraton ) exposent davantage les jeunes entreprses au rsque de cessaton que d autres. Or, chaque zone d emplo présente une composton sectorelle propre. Ans, toutes choses égales par alleurs, une zone d emplo marquée par une structure des créatons d entreprses basée en faveur de secteurs caractérsés par une forte snstralté tendra à affcher un taux de surve plus fable que la moyenne natonale, sans que les caractérstques ntrnsèques du terrtore ne soent drectement en cause. Cela pourra être le cas, par exemple, d une zone lttorale et tourstque, où de nombreuses entreprses sont créées chaque année dans les actvtés 50

11 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? sasonnères lées au toursme. L hétérogénété des taux de surve parm les zones d emplo est ans, pour parte, mputable à un effet de structure. Il est possble d évaluer l mportance de cet effet afn de pouvor mettre en évdence les effets des caractérstques propres aux zones d emplo sur la surve des entreprses. Pour cela, on a recours à une analyse structurelle-résduelle, dont le prncpe est présenté dans l encadré méthodologque. On calcule ans pour chaque zone d emplo l écart entre le taux de surve qu la caractérse et le taux de surve natonal. Cet écart est ensute décomposé en un écart structurel (écart lé à la structure sectorelle des créatons d entreprses dans chaque zone d emplo) et un écart résduel (écart censé être mputable aux caractérstques des zones d emplo). Ans, en solant l écart résduel, on se met en poston d étuder les détermnants proprement terrtoraux de la surve des entreprses. Encadré méthodologque : Analyse structurelle-résduelle Les taux de surve (à un, deux ou tros ans) calculés au nveau des zones d emplo sont sensbles à un "effet de structure" ntrodut par la composton sectorelle des actvtés. Afn de meux comprendre ce qu, dans les performances des zones d emplo, est attrbuable à un smple effet structurel ou ce qu dot être plutôt rattaché à un "effet zone d emplo" lé au dynamsme et aux caractérstques locales, l paraît donc essentel de pouvor corrger les taux observés des déformatons ndutes par la composton du tssu économque. La premère étape consste naturellement à s ntéresser à l écart global surve de la zone d emplo et le taux natonal moyen : E p = T p T FR E p observé entre le taux de T p : taux de surve de la zone d emplo p T FR : taux de surve natonal La méthode usuelle pour soler l effet structurel de l effet résduel "zone d emplo" passe alors par le calcul th T p d un taux de surve théorque, taux calculé lorsqu on applque à chaque secteur de la zone d emplo le taux de surve moyen observé au nveau natonal dans ce même secteur, sot : th 0 T = P, T, p FR j p FR T, : taux de surve du secteur j au nveau natonal 0 P p, j : part du nombre d entreprses de la zone d emplo p présentes ntalement dans le secteur j Ans, l écart global E = S + R où : p p p E p se décompose lu-même entre un effet structurel S p et un effet résduel R p : 51

12 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? l effet structurel mesure la dfférence entre le taux théorque de la zone d emplo et la moyenne th natonale : S = T T. Il représente l mpact de la composton sectorelle de la zone d emplo sur le p taux de surve ; p FR l effet résduel géographque mesure l écart entre le taux observé au nveau de la zone d emplo et son th taux théorque : R = T T. Il représente l mpact du dynamsme local et des caractérstques p p p propres de la zone d emplo sur la détermnaton du taux de surve. Dés lors, on peut dstnguer sx cas dans l analyse structurelle-résduelle à partr de l égalté : E = S + R. Le tableau suvant permet de récaptuler l ensemble des confguratons possbles pour p le cas p p E p >0, le cas E p <0 se tratant de façon symétrque : Cas où Ep>0 : Taux de surve plus élevé que la moyenne natonale Sp>0 Rp>0 Cet effet postf résulte à la fos de la composton sectorelle de la zone d emplo et de ses atouts propres Sp>0 Rp<0 Sp > Rp La zone d emplo pâtt d un manque de dynamsme local, mas cet effet négatf est contrebalancé par une répartton des secteurs d actvté favorable Sp<0 Rp>0 Sp < Rp La zone d emplo souffre d une composton sectorelle désavantageuse, mas cet effet est contrebalancé par un fort dynamsme local Décomposton des éléments consttutfs des écarts des taux de surve à la moyenne natonale Moyenne Ecart-type Mnmum Maxmum Ecart structurel 0, , , ,06605 Ecart global 0, , , , Ecart résduel 0, , , , (Source : CRÉDOC sur données INSEE) L analyse descrptve de l écart résduel fat tout d'abord apparaître que celu-c est, la plupart du temps, très proche de l écart global (entre le taux de surve de la zone d emplo et celu de la France entère). L écart global provendrat ans essentellement des caractérstques propres à chacune des zones d emplo. On constate par alleurs une mportante varablté, entre les zones d emplo, de cet écart résduel. Ces résultats vennent conforter les observatons précédentes : la capacté d'un terrtore à permettre aux entreprses mplantées sur son sol de subsster tent avant tout à ses caractérstques ntrnsèques. Ce résultat est cependant à relatvser compte tenu du fat que l évaluaton de la composante structurelle a été effectuée sur la base d un découpage sectorel en 8 macro-secteurs, sot le nveau le plus fn autorsé par les données en notre possesson. Il est clar, dans ces condtons, 52

13 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? qu une parte de l écart résduel est en réalté mputable à un effet de structure sectorel non prs en compte dans le calcul. La prochane secton est consacrée à l analyse des détermnants terrtoraux des écarts résduels des taux de surve observés au nveau des zones d emplo. 2. ANALYSE DES ÉCARTS DE TAUX DE SURVIE ENTRE LES ZONES D'EMPLOI Notre hypothèse prncpale concernant l nfluence du terrtore d mplantaton sur la surve des jeunes entreprses porte sur le rôle de la densté économque. La densté économque d un terrtore s appréce en rapportant un ndcateur d actvté économque à sa superfce. Les données dsponbles nous condusent à retenr le nombre d emplos par km 2, DENSEMP, comme ndcateur de densté économque des zones d emplo. Rappelons que, théorquement, la densté peut exercer deux nfluences de sens contrare sur la surve : une nfluence favorable par un effet d offre de ressources, une nfluence défavorable par un effet de concurrence. Afn d explorer la nature de la relaton entre le taux de surve à 3 ans et la densté économque de la zone d emplo d mplantaton, nous avons procédé au calcul du coeffcent de corrélaton smple entre l écart résduel des taux de surve et l ndcateur de densté économque pour chacune des 341 zones d emplo retenues pour l analyse. Le coeffcent est négatf mas très fable (-0,07, sgnfcatvté au seul de 15%). Ce résultat peut découler de l adopton d une mesure mparfate de la densté économque, car crconscrte à la seule zone d emplo. La zone d emplo n est pas une île déserte ; l entreprse qu y est mplantée peut, dans une certane mesure, bénéfcer des ressources (et souffrr des handcaps) des zones d emplo qu se trouvent à proxmté. Dans cette perspectve, une deuxème mesure de la densté de la zone d emplo a été construte. L ndcateur de "densté étendue", DENSEL, prend en compte non seulement la densté de la zone concernée (DENSEMP), mas également celle de chacune des 340 autres zones d emplo, pondérée par l nverse du carré du temps de transport nécessare pour jondre par route la vlle centre à celle de la zone d emplo étudée (DENSEMPT) (vor encadré méthodologque). 53

14 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? La prse en compte des effets de vosnage L'dentfcaton des dfférents détermnants de la surve des entreprses dans une are géographque donnée ne saurat se lmter aux caractérstques de la seule zone d'emplo concernée. A l'nverse, la prse en compte de l'envronnement géographque d'une zone d'emplo ne peut être appréhendée par l'ntroducton de la totalté des zones d'emplo vosnes, pour des rasons évdentes de sur-dentfcaton du modèle. La soluton adoptée consste à résumer l'nformaton portant sur un facteur explcatf en créant un ndcateur synthétque de sa valeur dans les zones d'emplo vosnes. Afn de tenr compte de l'atténuaton de son mpact avec son élognement, la constructon de l'ndcateur utlse un système de pondératon, foncton de la dstance à la zone étudée. Le modèle ntégrera la somme de l'effet de la varable dans la zone d'emplo consdérée effet moyen dans les zones d'emplo vosnes ~ X = j 1 X 2 d, j 1 d j 2, j j X ~. Le mode de calcul de ce derner est le suvant : X et de son L'effet des zones d'emplo vosnes est donc nversement proportonnel au carré de la dstance qu les sépare de la zone étudée. La présence du dénomnateur se justfe par la volonté de dsposer d'une varable rendant compte des effets de vosnage, exprmée dans la même unté que celle qu tradut les effets de la zone d'emplo. La constructon de ces ndcateurs pour la quas totalté des varables explcatves de la créaton d'établssements nécesste le recours à une matrce des dstances entre les vlles prncpales des 341 zones d'emplo métropoltanes. Ce dstancer exprmant la dstance klométrque pour les couples possbles a été obtenu auprès de CVN, socété spécalsée dans la fournture de servces aux entreprses de transport et de logstque. Le dstancer propose tros mesures alternatves de la dstance entre deux zones d'emplo : - la dstance à vol d'oseau, qu n'a pas été utlsée dans ce traval de recherche ; - la dstance routère, construte à partr d'un logcel spécfque fasant appel à une base de données du réseau router natonal, qu permet de tradure les trajets en dstance routère klométrque ; - la durée du trajet, calculée en foncton du parcours router retenu en applquant des vtesses moyennes des véhcules sur les dfférents types de voe routère (autoroute, route natonale ). Enfn, un ndcateur du coût logstque entre les vlles prncpales de deux zones d'emplo a été évalué, à partr de coeffcents proposés par le Comté Natonal Router, pour estmer les coûts du transport effectué par un véhcule utltare d'un PTAC de 12 tonnes. Ce calcul combne les effets du klométrage et ceux du temps de transport. Le coût du klomètre est évalué à 2,60 francs et correspond globalement aux fras de carburant et d'usure des pneumatques. D'autre part, l faut également ajouter un coût journaler d'utlsaton du véhcule de francs ntégrant les fras de personnel et le coût d'amortssement du véhcule. L'ndcateur de temps de trajet a été prvlégé dans les estmatons des modèles économétrques. 54

15 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? Le coeffcent de corrélaton de l écart résduel du taux de surve moyen sur les zones d emplo avec DENSEL progresse mas demeure modeste (-0,10, sgnfcatvté au seul de 6%). S l effet de concurrence semble domner l effet de ressources, force est de constater que, au total, la relaton entre la surve des entreprses et la densté économque de leur envronnement terrtoral apparaît comme assez ténue. L observaton du nuage de ponts semble cependant ndquer une relaton non lnéare entre densté et composante résduelle des écarts de taux de surve. Les zones d emplo caractérsées par une densté économque fable ou moyenne affchent une très forte hétérogénété de surve ; cette hétérogénété est beaucoup mons marquée concernant les zones d emplo à forte densté économque. Afn d explcter ce pont, nous avons décomposé l ensemble des zones d emplo entre zones à fable densté (279) et zones à forte densté (62), en retenant le seul de 60 emplos au km 2. L écart résduel du taux de surve est en moyenne sensblement plus fable dans les zones très denses (0,7 pont en moyenne, contre 4,6 ponts dans les zones à fable densté), et l écart de moyenne est très sgnfcatf. En outre, la dsperson est plus marquée parm les zones à fable densté. Caractérstques des écarts résduels des zones à fable et à forte densté Densté fable Densté forte Statstque Prob[x1=x2] Talle échantllons Moyenne 4,60 0,74 2,44 (0,015) Ecart-type 11,77 8,82 (Source : CRÉDOC sur données INSEE) Il découle de ces résultats que l effet de concurrence semble domner dans les zones à forte densté économque ; toutefos, la densté n est que peu prédctve de la surve des entreprses dans les zones d emplo à densté fable et moyenne, où la grande hétérogénété des stuatons locales semble appeler une prse en compte plus fne des caractérstques des terrtores. Nous avons donc construt un modèle économétrque explctant certanes des varables généralement assocées à la densté économque. Chacune de ces varables exogènes correspond à la somme de la varable assocée à la zone d'emplo et de l'ndcateur synthétque de sa valeur dans les 340 zones d'emplo vosnes. L'état des nfrastructures de transport accessbles à partr de chaque zone d'emplo dont la densté et la qualté apportent un souten décsf à la surve des entreprses a été appréhendé par quatre varables : 55

16 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? - PORTEL, TGVEL et AEROPEL prennent des valeurs d'autant plus élevées que la zone d'emplo se stue à proxmté d'un port martme de marchandses 5, d'une gare TGV ou d'un aéroport nternatonal 6. - TRANSEL mesure les effectfs employés dans les secteurs des transports routers de marchandses et des servces auxlares de transport. On s'attend à trouver une corrélaton postve entre l'écart résduel du taux de surve et les varables d'nfrastructures de transport. L'accès à la man-d'œuvre consttue un autre facteur permettant d'assurer la pérennté des entreprses. Nous l'avons appréhendé par les ndcateurs suvants permettant d approcher la structure du marché du traval local par qualfcaton : - PCAPEL : part des détenteurs d'un CAP ou d'un BEP dans la populaton actve. - PBACEL : proporton des dplômés à Bac + 2 ou plus dans la populaton actve. - PENCAEL : part des emplos d'encadrement dans l'emplo total. Les terrtores peuvent être producteurs d externaltés technologques dont proftent partculèrement les pettes entreprses 7. Ce phénomène sera prs en compte par le nombre d'établssements de recherche et développement pour mlle actfs (RDEL). Par alleurs, l'étendue du marché de consommaton dont on pense qu'elle devrat exercer une nfluence postve sur la surve pusqu'elle détermne l'mportance des débouchés de jeunes entreprses dont le rayonnement commercal est souvent local sera prse en compte par les ndcateurs suvants : - RIMPTEL : revenu mposable total de la zone d'emplo et de ses vosnes. - RIMPMEL : revenu mposable moyen de la zone d'emplo et de ses vosnes. - ACTOUREL : capacté d'accuel des hôtels et des campngs rapportée à la superfce des zones d'emplo. - TSECEL : rapport du nombre de résdences secondares sur celu des résdences prncpales. 5 Au total, 22 ports recensés. 6 Orly, Rossy, Lyon, Marselle, Toulouse, Bordeaux, Nce, Strasbourg. 7 Fadaro et Massard [2000]. 56

17 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? La pérennté des jeunes entreprses est dépendante de l ntensté de la concurrence qu elles se lvrent mutuellement. Celle-c est appréhendée par l ntensté des créatons d entreprses par créatons pures (TPUREL) et par reprses (TREPEL). L ntensté de la concurrence que dovent affronter les jeunes entreprses dépend également du degré "d encombrement" du tssu économque local. Celu-c est appréhendé par le nombre d'établssements au km² (DENSETEL). Une corrélaton négatve avec l'écart résduel du taux de surve est donc attendue. Dans un premer temps, nous avons régressé par la méthode des mondres carrés ordnares l'écart résduel du taux de surve 8 sur l'ensemble de ces varables. Régresson de l'écart ndvduel sur l'ensemble des varables terrtorales Varables exogènes Coeffcent T-stat Prob(β=0) Constante -0, ,252 (0,211) Proxmté d'un port -0, ,017 (0,310) Proxmté d'une gare TGV 0, ,463 (0,644) Proxmté d'un aéroport 0, ,092 (0,276) Effectfs du secteur des transport -1,5548E-05-1,273 (0,204) Proporton des CAP / BEP 0, ,931 (0,054) Proporton des Bac+2 ou plus -0, ,827 (0,409) Part des emplos d'encadrement 0, ,814 (0,417) Capacté d'accuel hôtels & campngs 0, ,513 (0,608) Nb de résdences secondares / Nb de résdences prncpales -0, ,116 (0,907) Revenu mposable total 1,50E-12 0,571 (0,569) Revenu mposable moyen 0, ,571 (0,569) Nombre d'éts de R&D pour 1000 actfs 4, ,426 (0,671) Densté des établssements -0, ,551 (0,582) Taux de créatons par reprse 0, ,329 (0,185) Taux de créatons pures -0, ,679 (0,094) n 341 R² 0,0818 F 1,929 (0,0199) (Source : CRÉDOC sur données INSEE) Le modèle obtenu, très nsatsfasant (R² ajusté = 0,0394, très peu de varables sgnfcatves), a été améloré en deux étapes. La premère a conssté à enlever les varables exogènes trop fortement 8 Plus précsément, l'écart résduel étant borné, la varable endogène correspond à une transformaton logarthmque bjectve et symétrque de l'écart résduel. 57

18 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? corrélées à d'autres exogènes (PBACEL, PENCAEL, ACTOUREL, RIMPTEL, RDEL). Pus nous avons successvement ôté les varables non sgnfcatves. A l'ssue de ce traval, nous obtenons le modèle suvant, robuste à l'hétéroscédastcté 9. Les résultats fourns par ce modèle sont de nouveau décevants. Seules tros varables sont sgnfcatves. Une forte proporton de man-d œuvre non qualfée est favorable à la surve. Ce résultat peut s nterpréter comme la conséquence d un effet de ressources (la majeure parte des jeunes entreprses exerce un actvté ntensve en man-d œuvre non qualfée). L ntensté des créatons pures d entreprses dans le terrtore d mplantaton exerce un effet négatf sur la surve, ce qu confrme l hypothèse d un effet de concurrence. Par contre, le taux de créatons par reprses ressort comme étant postvement lé à la surve, ce qu consttue un résultat contre-ntutf. Résultat des estmatons pour le modèle ncluant unquement les varables terrtorales Varables exogènes Coeffcent T-stat Prob(β=0) Constante -0, ,888 (0,375) Proporton des CAP / BEP 0, ,329 (0,020) Taux de créatons par reprses 0, ,52 (0,129) Taux de créatons pures -0, ,598 (0,010) n 341 R² 0,0685 F 8,262 (0,000) (Source : CRÉDOC sur données INSEE) La médocrté des résultats du modèle peut résulter de l mparfate prse en compte des caractérstques pertnentes du terrtore (le chox des varables ayant été fortement contrant par les sources dsponbles). Elle peut auss s nterpréter comme la manfestaton de la fable nfluence des caractérstques des terrtores d mplantaton sur les chances de surve des jeunes entreprses. Pluseurs études ont, par contre, réuss à mettre en évdence des lens forts entre la pérennté des jeunes entreprses et le profl de leur créateur 10. L hétérogénété des taux de surve au nveau des zones d emplo pourrat donc mons résulter des caractérstques économques des terrtores que de la spécfcté locale du profl des créateurs. De fat, on note des dfférences sgnfcatves quant à la structure de la populaton des créateurs d entreprses des dfférentes zones d emplo sur un certan 9 Le test de Whte ms en œuvre condut à l'acceptaton de l'hypothèse d'homoscédastcté au seul de 5%. 10 Pour une analyse à partr des données de SINE, vor Francoz et Bonneau [1995] et Moat, Lore, Mancent et Pouquet [2000]. 58

19 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? nombre de varables ndvduelles que l on sat être assocées à la surve. Par exemple, la proporton de créateurs ayant eu le statut d actf avant la créaton s élève en moyenne à 36,6% dans les 341 zones d emplo, mas dans 25% des zones d emplo cette proporton est nféreure à 28,6%, alors qu elle excède 43,9% dans le derner quartle. De même, dans 25% des zones d emplo, la proporton de créateurs pouvant se prévalor d une expérence de plus de tros ans au sen d'une entreprse de mons de 10 salarés, dans un secteur proche ou dans le même secteur, dépasse les 29%, alors que cette même proporton est nféreure à 17,6% dans le premer quartle. Afn d évaluer dans quelle mesure l hétérogénété des taux de surve au nveau des zones d emplo est mputable à la dfférencaton des populatons de créateurs, nous avons procédé à la constructon, pour chaque zone d'emplo, de varables décrvant les caractérstques agrégées des créateurs d'entreprses : - PAGE : proporton des créateurs de plus de 30 ans dans la populaton des entrepreneurs. Une corrélaton postve est attendue entre cet ndcateur et l'écart résduel du taux de surve. - PDIPLO : proporton des créateurs de nveau Bac et plus dans la populaton des entrepreneurs. Une corrélaton postve est attendue. - PREEXP : proporton des créateurs ayant eu une expérence de plus de tros ans au sen d'une entreprse de mons de 10 salarés dans un secteur proche ou dans le même secteur que celu de la créaton. Une corrélaton postve est attendue. - PACTIF : proporton des créateurs actfs occupés avant la créaton. Une corrélaton postve est attendue. - PCULT : part des entrepreneurs ayant des créateurs d'entreprses au sen de leur entourage amcal ou famlal. Une corrélaton postve est attendue. - PCREA : proporton des créateurs ayant donné jour à plus de deux entreprses. Une corrélaton négatve est attendue. - PMONT : part des créateurs ayant nvest plus de 99 kf dans leur projet. Une corrélaton postve est attendue. - PFIL : part des créateurs ayant créé une flale. Une corrélaton postve est attendue. - PAID : part des créateurs ayant perçu des ades publques. Une corrélaton postve est attendue. - PPRETBQ : proporton d'entrepreneurs ayant obtenu un prêt bancare. Une corrélaton postve est attendue. 59

20 La surve des entreprses dépend-elle du terrtore d'mplantaton? - PLOCA : proporton de créateurs s'mplantant dans une zone pour des rasons personnelles. Un coeffcent négatf est attendu. - La qualté de la préparaton du projet est prse en compte par la part des créateurs ayant eu recours à des consellers (PCONS), par celle des créateurs ayant réalsé une étude fnancère, technque ou concurrentelle (PETUD) et par celle des créateurs ayant suv une formaton préalable (PFORM). Une corrélaton postve est attendue. Enfn, la dversté des débouchés est appréhendée par la proporton de créateurs ayant plus de 10 clents. Une corrélaton postve est attendue. Le modèle reprend en outre l ensemble des varables terrtorales précédemment testées. La procédure d'estmaton a fat appel à l'estmateur de Whte, de manère à obtenr des résultats robustes à l'hétéroscédasctcté. Résultats des estmatons pour le modèle ncluant les varables terrtorales et les caractérstques agrégées des créateurs Varables exogènes Coeffcent T-stat Prob(β=0) Constante -0,9907-4,97 (0,000) Proporton des CAP / BEP 0, ,96 (0,050) Taux de créatons par reprses 0,0363 2,26 (0,024) Proporton des créateurs de plus de 30 ans 0,1775 1,69 (0,092) Proporton des créateurs ayant une expérence dans le secteur 0,1767 1,53 (0,126) Proporton de créateurs actfs occupés 0,345 3,55 (0,000) Part des créateurs ayant créé plus de 2 entreprses -0,2431-1,45 (0,148) Part des créateurs ayant nvest plus de 99 kf 0,3023 3,41 (0,001) Proporton des créateurs de flale 0,9138 4,27 (0,000) Proporton des créateurs ayant reçu des ades publques 0,3051 3,55 (0,000) Proporton des créateurs ayant obtenu un prêt bancare 0,1406 1,5 (0,133) n 341 R² 0,1785 (Source : CRÉDOC sur données INSEE) Les résultats sont globalement conformes à nos attentes pour la plupart des varables caractérsant la populaton des créateurs d entreprses. Les varables appréhendant les caractérstques économques des terrtores sont toujours auss peu performantes, pusque seuls la proporton de man-d œuvre peu qualfée et le taux de reprse ressortent comme sgnfcatfs. Ans, l hétérogénété terrtorale des taux de surve semble être davantage lée à la dfférencaton du profl des créateurs qu aux caractérstques économques du terrtore d mplantaton. Il reste ben sûr à évaluer le rôle des terrtores (et notamment 60

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