Secteur informel de la nuptialité en milieu urbain congolais
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- Adélaïde Lévesque
- il y a 10 ans
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1 LE DEUXEMX BUREAU Secteur nformel de la nuptalté en mleu urban congolas Par Bernard LACOMBE!, 1 l l ~ AVERTSSENENT par P.A. GALL La défnton d'untés statstques pertnentes est un des problèmes les plus dffcles à résoudre pour les statstcens ayant à réalser des enquêtes auprès des ménages : que ce soent des enquêtes démographques où le ménage nucléare est très souvent consdéré comme l'unté la plus effcace sur le plan de l'observaton et sur celu de l'analyse, ou que ce soent des enquêtes sur les budgets et la consommaton où l'on se heurte en permanence 2 l'exstence de regroupements multples suvant que l'on étude les aspects producton et ressources, dépenses, ou consommatons almentares. De multples recherches sont en cours pour tenter de résoudre ce problème sot à l'occason de la préparaton d'enquêtes, sot dans les groupes de recherches spécalsées (AMRA, Groupe de Démographe, ORSTOM, etc.), mas elles sont généralement orentées sur les problèmes d'enquêtes en mleu rural, une v- son smplste de ces phénomènes pouvant lasser penser qu'en mleu urban, la socété étant plus "moderne", le modèle "unversel" du ménage nucléare est 2 l'ér vdence l'unté d'observaton et d'analyse la plus effcente. L'artcle c-dessous montre ben qu'l n'en est ren. Rédgé dans le cadre d'une recherche socologque sans objectf statstque ou économque, l. nous apprend que dans une socété urbane, celle de Brazzavlle, exste une forme de "ménage'' dt "deuxème bureau" socalement reconnue et ayant d'évdentes mplcatons tant en démographe que dans l'étude des budgets et des consommatons.... x 1 ' L'auteur remerce Marc-Erc GRUENAXS, allocatare de recherche 2 1 'ORSTOM pour ses observatons sur le phénomène du Deuxème Bureau.
2 Cet artcle est rédgé 1 partr d'ntervews ndvduelles et collec- tves réalsées en. franças. Elles ont été explotées selon un mode cernant la réalté affectve et émotonnelle plus que le contenu logque, lequel relève d'au- tres modaltés d'analyse. L'objet de la présente étude n'est pas tant le deuxème bureau que le dscours tenu sur lu. C'est donc une mage double d'une réalté que l'on rencon- tre auss ben à Brazzavlle et à Ponte-Nore qu'1 Knbala et Loubomo. La réal- té est plus dversfée que l'mage présentée c mas cette représentaton donne 1 elle seule, et en ce qu'elle sgnfe, 1 dre et 1 s'nterroger. Le lecteur ntéressé par la technque mse en oeuvre peut se référer 1 la revue Studes n Famly Plannng, vol. 12, no 12, December 1981, Specal ssue : Focus Group Research. - la premère est relatve à la vanté masculne : "Zes homes veuzent paratre" "entretenr pzuseurs femes, se montrer c et Zà" "montrer qu'on a de l'argent en stuant une feme" (STUER = donner une poston socale) : - la seconde réponse se réfère 1 une forme moderne de la polygame : "en sorte (c'est) %ne femme" "c'est cne forme pour voler Za polygame" "avant-, l n'z avat aucune hgrocrse ; mon grand-père avat 17 Femes, (et nous) on revt cette ve sous d'autres formes". Deux arguments spontanés donc : - l'"orguel des hommes" ; - la contnuaton de la polygame. OÙ trouver un homme quand l n'est n chez lu, n au bureau '? La réponse donnée au Congo est toute smple et spontanée : 1 son deuxème bureau. Habtuel sujet de la gaudrole, le deuxème bureau, qu est une femme entretenue, pose des questons aux scences socales, dont la démographe et la socologe. L'économe, snon poltque du mons domestque, est exclue de notre analyse, ans que la psychologe : les données dsponbles sont de toutes les façons nsuffsantes pour une analyse des dmensons économques et psychologques (), malgré leur pods évdent dans le phénomène. Nous nous lmterons donc, 1 partr d'ntervews nformelles, aux dmensons socales du deuxème bureau. Quand on nterroge les gens sur le deuxème bureau, deux réponses mmédates surgssent : Le premer de ces deux arguments est plus fréquemment cté par les femmes que par les hommes, mas certans hommes l'avancent auss, ce qu repré- sente un certan degré d'autocrtque. L'orguel des-hommes présente un double aspect : - le premer concerne le donjuansme masculn, aspect nternatonnle- ment reconnu sur lequel nous n'nssterons pas ; - le second est relatf à des normes socales gratfant les comportements ostentatores, qu'ls soent vestmentares ou pécunares. Que ces deux aspects se corroborent n'est pas douteux... Le deuxème argument avancé lors des ntervews, le deuxème bureau l () Pour celles-c, vor les études de Claudne VDAL, 1977 et 1979 (bblographe en fn d'artcle). comme forme larvée de la polygame, retent cependant l'attenton en rason du statut socal qu est ans accordé 1 ce phénomzne du deuxème bureau. Celu-c
3 est en effet fréquent et reconnu. 1 n'est donc pas nnocent, du pont de vue socal, que la référence à la polygame sot avancée comme explcaton, snon come jus tf caton : "c'est une manère moderne de vvre la polygame, c'est ce pe je pense, ce n'est plus en cachette". Autrement dt, le deuxème bureau n'est-l pas effectvement une résurgence à étuder 5 la lumère de ce que Roger BASTDE () sgnale pour la nuptalté des pays latno-amércans : la permanence du modèle polygamque chez les populatons d'orgne afrcane de ces pays (2). Dans une recherche équvalente à la nôtre, Claudne VDAL (1977 : 140) sgnale le même phénomène : "Ben des homes (...) attrbuent tem goût pour les ma%tresses au &sr de reconsttler offc<eusement la polygame p., après tout, fat parte de Zeztr cutture, même s Ze modernsme te rgprouve '. C'est cet aspect du deuxème bureau comme ré-nterprétaton moderne et urbane de la polygame que nous allons mantenant analyser. Dans ce contexte, un deuxème bureau désgne une femme avec laquelle un homme déjà maré, entretent des relatons reconnues et dont l assure la pr- se en charge morale, socale et pécunare : "La mason, l l'achète ; la nourrture, l la page ; les robes, tout". "Le deuxème Eureau au Congo c'est de 2 'nvestssement ; l (l'home) co:strut, or. l'2 trouve s'l n'est pas chez lu". Mas ce n'est pas une deuxème é$ouse, ne serat-ce que parce qu'elle "ne souffre ras" (SOUFFRR = être dans l a gêne).. "Le Cofgolac le o:on:e r:t" c ra ; de:: femes?:e veulent Das se marlc, -orcc?!'a:cx cl.?^:: savert qzc'ezles t'au2or.t T Z ~ S re:" "Le c"or:goza<c. 'a6m uc :c~:>. wcc sa ;ame Je mason" (d'où la nécessté d'un deuxème bureau qu remplra cette foncton) "L'mnme mal-;.ato sa,'cmc" "Les gem au ;'orzo.e cu.:... qu travalle... ; c: EQ&f;,cars, alor- q> cc-:~~?~. :e r:!arsr avec qz<ezgu'u.. c.?ccx,'r:c Zaraart travalle, 12 l est 17.'?.a.:e, :.?. 2~'; ez-7.ozt;". r- Ces arguments un ren cynques sont donnés par des hommes. Au Congo, le marage est une allance entre deux famlles plus qu'entre deux personnes. Ren que de très classque donc. La coutume est respectée, les vns échangés, le montant de la dot défn. S la dot elle-même n'est pas versée, on se contente de'précser l'échéancer. L'état cvl et/ou relgeux enregstre ou pas ce marage. De toutes les façons, l est valde et reconnu et par les par- tenares et par les famlles, et par l'ensemble des acteurs socaux.... () Roger BASTDE, 1960, Problèmes de l'entrecrosement des cvlsatons et de leurs oeuvres n Georges Gurvtch, éd. Traté de Socologe, PUF, Pars, 1960, pp (2) Suzanne ALLMAN, dans un document nterne 2 l'enquête Mondale sur la Fécondté (WFS-Londres) fournt 1 propos d'haït une bonne llustraton de cette thèse, en analysant les formes d'unons qu y sont en vgueur : femme marée, "plee&", "vt-avec", etc. ("vt-avec" est le nom de ce type d'unon, encrbole haïten;. L'on peut remarquer 1 ce propos la grande dstance que les Congolas savent prendre vs-à-vs de leur propre comportement socal, dstance qu s'exprme essentellement par l'humour qu'ls manfestent dans la ve quotdenne, surtout en mleu urban. On ne peut pas dre que le deuxème bureau sot une Co-épouse et on ne peut parler de polygame sans le marage qu donne un statut socal équvalent aux dfférentes femmes d'un &me omme (même s l'on sat qu'en fat l n'y a pas d'é-.galté entre les épouses alun même gynécge : la sénorté, le rang et les préférences du mar sont d'mportants ndces qu sgnent l'négalté). C'est par un abus '
4 de langage que l'on peut dre que le deuxème bureau c'est -2 l'épouse préférée ; c'est "comme" mas ce n'est pas. Elle n'est pas marée et peut reprendre quand bon lu semble, ou quasment, sa lberté. Car même s la dot est versée, cette dot n'est pas socalement sanctonnée, elle est d'une valxté ncertane. C'est juste "comme" une dot mas ce n'est qu'une somme d'argent. A la dfférence d'une dot qu mplque tout un cérémonal socal et des acteurs de rangs et d'mplcatons d- vers, elle est surtout un nstrument du prestge masculn. Aucun home ne peut se lasser aller 1 se lancer, après rupture, dans une sordde récupératon des som- mes versées, quand l a su flamber avec tant de panache toutes sortes de bens! Le deuxème bureau n'est pas pour autant une dem-mondane entretenue : "On (l'homme) peut être prsent& aux Farents et nul ne peut être rc5.l! C: dcl:oro de vous" "a p!? vwoel- me dot your un deux3mz Sureau". Le deuxème bureau serat-l alors une résurgence d n phénomène culturel ancen? (1). 1 ne semble pas, ne serat-ce que parce que le deuxème bureau est systématquement décrte comme une femme moderne, ayant un traval rémunéré, l'ndépendance relatve certane. N dem-mondane, n maîtresse, le deuxème bureau n'entraîne donc pas l'adultère : "Aurmn trbunaz ne peut le condonmer" "Le deuxème bureau c'est comè offcel" "pour le deuxème bureau même votre feme ne peut pas fare du brut".... L'épouse est d'alleurs oblgée d'accuellr les enfants nés du deuxème bureau. 1 y a donc lon sur le plan moral et socal entre le deuxème bureau congolas, respectée et respectable, et la cocotte de nos comédes de boulevard. Complexes toutes deux, leurs mages sont très dfférentes. Ben sûr l'épouse légtme n'est pas pour autant satsfate de l'exs- tence d'un deuxème bureau ; le temps n'est plus où : "les femes réclamaent des co-+ouses". Ce n'est pas non plus une pette ame. Ce n'est que par un abus de langage que les jeunes l'emploent dans ce sens :. "Les t~op Leuncs dsent deuxzme bureau pour pettes ames, mas les plus veux dsant : deux0me bureau égale deux2me'épouse". Au Congo, c'est la maîtresse qu est dte ame. Son statut n'équvaut pas celu du deuxème bureau, ne serat-ce que parce que sa famlle n'est pas au courant, ou fat semblant de tout gnorer : "Une ame, pour coucher avec.on 1 'emmène chez so, on va chez un copan, (s l'on est maré! à l'l~btel, jamas chez elle". Les épouses en ttre ont parfos des réactons volentes quand elles apprennent l'exstence d'une lason régulère chez leur mar : car elles savent : et que : "ezze casse tout de désespor" "elle maltrate le matérel" "que les ames sont Ze premer étage du deuxème bureau" "le deuxème bureau dans la plupart des cas est prépare' pour Za relève du premer ; s dvorce, successon.automatque" () Analogue celu mentonné dans "BABA DE KARO" (Plon, Pars) par Mary SMTH 1 propos des Haoussa du Nger : les concubnes d'un prnce, tout en restant 'elles-mêmes célbatares, sont attachées ce prnce par un len quasment ndssoluble ; entretenues par lu, elles prennent part aux fastes et aux honneurs de celu-c.
5 ,- Mas après l'nstallaton du deuxème bureau, l n'y a plus qu'à se soumettre ou B se démettre. Tout conspre pour rendre "lldgtme" la colère de l'épouse : l'entourage de l'homme reconnaît la stuaton sans même avor à se forcer et l'nsttue ; et l'ambance générale, largement permssve, tout comme la fréquence de la polygame, rendent: naturelle et allant de so a stuaton. D'alleurs, pour l'épouse, meux vaut ben souvent une autre alleurs et ben localsée que le rsque de vor un jour une rvale nstallée dans ses murs. De ce pont de vue le deuxème bureau peut être le frut d'un comproms entre époux : n dvorce, n polygame. Ce qu est cureux, c'est la quas-absence de l'épouse dans les dscours relatfs au deuxème bureau. Autant le portrat tracé de celle-c est vf, autant la fgure qu'y fat l'épouse est terne : "rester avec une feme (;u< n 'a amas connu que la rousre... '. Pour Les hommes, la recherche plus ou mons conscente d'un deuxème bureau correspond systématquement 1 un dssr, que l'on peut qualfer de "modernste", d'égalté culturelle ; c'est la recherche d'un alter ego : "trouver la Ferme qc< sot cì la :.~u:mr".. D'où, pour le mar, le dlemme suvant : - rester avec une feme velle prématurément, mons évoluée du pont de vue ntellectuel et qu, dans une socété majortarement matrlnéare (cas des classes supéreures congolases), consdère ben souvent que son mar ne fat pas parte de la famlle de ses propres enfants? "A la mason, l'homme reste seul ; 1 y a üa femme et ües enfants qu foment une famlle et lu t a üa famlle alleurs ; mas en fat l est tout seul.,., l n'est pas c mas l est mal 2 l'ase lù". (Xu1 ne peut masquer à l'étranger l'unvers de contrantes et d'oblgatons qu p5se sur la ve du Congolas et le déchre). - vvre une ve dont le modèle lu est présenté par la socété moder- ne, modèle dont l ressent affectvement la nécessté personnelle et dont le pr- ve un envronnement socal pesant et rgde. On vot donc se dessner deux des.aspects détermnants sur le plan personnel de ce qu'l faut ben appeler une quas-nsttuton : - trouver une femme qu sot votre égale dans la ve moderne (compte tenu de ce que ce terme d'égalté entre sexes peut représenter au Congo) ; - trouver une partenare sur le plan affectf. S le marage ne satsfat pas une telle attente c'est, selon nos n- formateurs, parce qu'l reste très généralement mposé à chacun des conjonts. On est maré trop jeune et on va évoluer, d'autant plus qu'on aura poursuv des étu- des. Or l est beaucoup plus facle pour l'homme que pour la femme d'avor accès 2 la culture dspensée par l'école et l'unversté et aux rémunératons permettant de concevor une ve "moderne" (selon le sens que ce terme a au Congo). Ans le déchrement éventuel vécu entre l'épouse et le deuxème bureau est le reflet de l'autre déchrement, fondamental celu-là, vécu entre tradton et modernsme. Et l'on peut s'nterroger s être deuxème bureau n'est pas pour une congolase un moyen de vvre auss ce conflt entre une famlle omnprésente qu l'enserre dans un réseau strct de rapports socaux et une exstence L _--_ () Rappelons c encore Claudne VDAL, 1977 : 141 : "pouvor que, seule, détent la maîtresse : celu de créer un unvers où se matéralsent des relatons contractuelles de type bourgeos, et jamas des relatons coutumères de arenté".
6 plus personnelle, conclant ans, par un présent ambgu, l'hértère d'une tradton n-renable avec une personnalté future en tran de naître. Sans fare de mauvas esprt, dsons que le deuxème bureau suppose une épouse légtme et un bureau, ce qu réclame un emplo dans une admnstraton ou dans une entreprse. 1 est évdent que ce ne sont pas les seuls bureaucrates, au sens propre du terme, qu possèdent un deuxème bureau, toute personne possédant des revenus élevés et régulers y a accès, mas l est sgnfcatf que ce sot en référence à ce genre d'emplo admnstratf que le terme at été bât. 11 est une remarque systématquement répétée, "un deuxème bureau cocte cher", qu montre que ce phénomène est un phénomène essentellement urbàn. S'l est vra que, dans les socétés où les hommes dovent verser une dot pour obtenr une épouse, la polygame demande ellemsmme certans moyens, l n'en reste pas mons que, de l'avs général, le deuxème bureau est plus coûteux qu'une dot (1). L'on peut fare c une remarque adjacente : l y a une correspondance entre le terme franco-congolas de STUER une femme et celu du créole d'haït de PLACER. 1 n'est pas anodn de noter que la langue françase at fourn,,par deux mots presque synonymes, la descrpton d'une stuaton socale dentque dans deux populatons vvant dans une même conjoncture'hstorque : tradton polygamque, modèle monogamque. Le prestge attaché à la possesson d'un deuxème bureau -et le terme même de "posséder" donne ben la mesure de l'ambguïté de la possesson- nterdt l'homme des économes de bouts de chandelles, ce qu'l lu est parfatement lo- sble d'effectuer dans son propre ménage. Le deuxème bureau, par le fat des dépenses qu'l occasonne, n'est donc pas à la portée de tout un chacun. 1 demande des revenus mportants, ne serat-ce que pour "stuer" la femme : achat ou locaton d'une parcelle, construc- ton d'une mason, entreten de ce deuxème ménage, entreten de la femme elle- même... Des revenus mportants mas auss des revenus régulers, ce qu est en- core plus dffcle à avor au Congo et qu est l'apanage d'une catégore socale ben détermnée, celle des salarés.... () Vor 5 ce sujet pour Abdjan, l'analyse détallée de Claudne VDAL (1977) sur la crculaton des CFA (page 141) : "La prodgalté des grands consttue leurs maîtresses en marchandses de luxe". Dans son étude de 1979 (: 154), on trouve la même notaton : "Toute lason entre amant et maîtresse racontée en détal et sans enjolvures, comporte une crculaton non néglgeable de CFA : la relaton mplque une constante générosté masculne". Bureau, salare, ces condtons montrent assez que le phénomène est typquement urban. En mleu rural, l n'y a guere de rason de ne pas recourr 5 la polygame : elle pose mons de problèmes et peut même être un "nvestssement bénéfcare" pusque les femmes cultvent. Du reste, aucune femme d'un certan nveau ntellectuel n'ra se perdre en brousse (l est dejà assez dffcle d'amener les hommes H s'y rendre!). k Les deuxèmes bureaux résdent donc en vlle et leurs hommes (les termes de concubn, ou d'amant, ou de protecteur n'apparassant pas trè's heureux n pertnents) appartennent aux secteurs urbans et modernes de l'actvté économque natonale. Cependant on peut se demander s les femmes placées en poston de deuxème bureau n'exercent pas dans la socété congolase une foncton émnemment postve? Les réponses à une telle queston sont dverses et ne permettent pas de dégager des conclusons ben nettes.
7 faut d'abord dstnguer deux cas : celu o3 le deuxème bureau tra- valle auss dans les secteurs modernes et celu o3 l est sans traval. Dans le premer cas, l'homme trouve chez la femme une équvalence dans les relatons so- j 1 Ans se pose une queston que cette brève étude ne peut résoudre : le deuxème bureau, pour un "apparatchk" ou un bourgeos congolas actuel, n'est- l pas une condton nécessare 1 son accesson aux groupes drgeants? L'argent et la poston socale ne sont peut-être pas z eux seuls suffsants? cales, c'est chez elle qu'l recevra préférentellement ses ams et ses relatons. Le rang de la femme est celu d'une épouse-collaboratrce. L'épouse en ttre prend alors un aspect "bobonne" au foyer. Le second cas, celu où la feme ne tra- valle pas, est plus proche d'une deuxème épouse : "Le deuxème bureau va vous laver Za chemse, recevor Za famzze avec qu l'+-ouse s'est chamazzée" "Le fut qu''l ~..7-:.-í~. bureau" Zeazcogp de cous~x r!zge à un second "S,Judame est, matade, ezze (Ze dezmème bureau) s'occupe des enfants. ' Quoqu'l en sot, on peut noter d'autres motvatons que celle de la réusste socale. Ne s'agt-l pas auss pour le congolas moderne mprégné de la culture et des modèles occdentaux, malgré l'déologe marxste-lénnste offcel- le, de construre d'autres rapports entre hommes et femmes? Effectvement, tous sont fomels, le deuxème bureau est auss une affare de sentments tendres : Cependant, c'est toujours chez elle que l'home reçot ses collègues. "Certanes Femmes Ke vom satsfont pas compzztement" dsent ces messeurs de leurs épouses ; alors le deuxème bureau est 11 qu prend en charge toute la parte moderne et publque de la ve masculne. "Beson de partagez. tout ce qu'on a aoec un Zttre cher" "On s'enntce dans son bozheur quand on n'est pas asssté ; quconque a beson d'ltre assst6 dans son bonheur comme dans son Kff Zhzur '1. On peut donc émettre l'hypothèse que, compte tenu des normes matrmo- nales en vgueur, le deuxème bureau présente pour l'homme urbansé, ayant une professon stable et ben rémunérée, une nécessté socale. Chacun ayant sa cha- cune, une ve parallèle moderne est socalement possble, où l'on sort entre so sans être encombré des négaltés culturelles n des dffcultés nhérentes au système tradtonnel, dont par alleurs on ne néglge pas les avantages. "Ce qu fat Ze deuxème bureau, c'est Za ì?&essté... socaze de' ZU part du garçon". Dans cette hypothèse, le deuxème bureau est un élément consttutf essentel de la socété congolase moderne qu trouve en elle-même de quo fare du neuf avec du veux. La dmenson sentmentale est ans reconnue au deuxème bureau dont l est attendu plus de fdélts que de l'épouse (ne.serat-ce qu'elle, cette fdé- lté moralse, s cela état nécessare, la poston du deuxème bureau) (). La complcté amoureuse encre les deux partenares double et renforce leurs autres lens : partcpaton aux contradctons au sen de la socété congolase entre tradton et modernsme, partcpaton aux mêmes valeurs culturelles, au même modèle de consommaton et de genre de ve ; en somme, recherche pour chacun d'un partenare 1 part entère. C'est ben, en somme, ce que voulat sgnfer ce jeune homme qu nous confat qu'l exste des ames de coeur et que lu-mhe en avat deux qu "con- nassent mes petts secrets". En TEE, on les appelle des BANGALUKU (au masculn : NTLUMU), avec lesquelles on ne couche n se mare. Et l ajoutat après un vbrant pladoyer pour la monogame : (1) Marjke VANDERSYPEN (1977 : 101) sgnale que les "femes lbres" de Kgal sont xéputéas p hs fdèles que Xee euere3?égea;ee.,
8 "S j'a de moyens fnancers, o.ura un deuxème burem qu pourra me secourr dans mes petts besons, me soulager". La dmenson affectve est nhérente au deuxème bureau et, pour en parler, le jeune homme trouvera les mêmes termes qu'l applquat précédemment à la relaton BANGALUKU/PULW. La tradton fournrat ans une base culturelle 1 une greffe moderne le deuxème bureau serat 1 a fos l'ame de coeur de la tradton et l'ame de corps de la ve actuelle. S la relaton du deuxème bureau est vértablement une relaton nterndvduelle prvlëgée qu mplque par nécessté socale la famlle de la femme (laquelle a tout ntérêt 1 cette mplcaton), l n'est pas étonnant de constater que la famlle de l'home n'ntervent jámas en tant que telle. Elle a d'alleurs tout 2 y perdre, le deuxsme bureau étant un gouffre qu engloutt mants revenus : r& va m&e jusqu'à dre que VOUS êtes ensorcezd et ça fat des pobzèmes". Cette constataton confrme a dffgrence=radcale entre un deuxème bureau et une seconde épouse, même préférée. Une deuxème épouse, quel que sot son rang, est une concrétsaton d'allance entre famlle donatrce et famlle réceptrce. 1 L 1 1 que du sexe fémnn : l naît plus de garçons que de flles (de 103 à 105 contre 100) et surtout la mortalté des femes au premer accouchement est sévère. Bernard GULLOT, fn observateur de la démographe congolase, note un défct en femes dans les groupes des jeunes adultes (1). Toujours avec la même bonne conscence, ces Messeurs arguent que, sans l'nsttuton du deuxème bureau, beaucoup de flles se margnalseraent : "Z faut ntervenr pour empêcher ces fzzes de glsser vers l'asocal" ' "l faut protéger ces jeunes fzzes d'aller avec un chômeur, un délnquant" (un DELNQUANT est un jeune désoeuvré, jean serré aux chevlles, jambes 16gèrement bombées, chemse à col fermé au derner bouton, coffure rase 2 talle partculère, passée au crage ; ceux de Ponte-Nore, dts auss les "Parsens", raffolent des vélo-solex ; ce sont plutôt de jeunes snobs ben sympathques que des garçons louches vvant de rapnes). ls urz home ne se rabat que sur une (feme), Zes autres vont SouffTr". En fasant une bonne acton que réclame leur sens cvque, les h&"s ont le sentment de répartr une rchesse, ce que tout le comportement cultur.1 congolas, pour ne pas dre afrcan, nclne à fare. K En possédant un deuxème bureau, les hommes ont le sentment de rendrcs un grand servce au pays : "Au.Congo, dsent-ls, Z : a TZUS de femes que d'homes". Le démographe sat comben cette croyance, générale en Afrque (), est erronée. 1 y a tout autant, snon davantage, de jeunes adultes du sexe masculn _ () Le ttre d'une des partes de l'étude de Claudne VDAL, 1977, est : "1 y a trop de femmes B Abdjan". Cette rason est auss reconnue par les femes ntervewées, c.e-,)s ~la!l mons sensbles à l'aspect altruste du comportement de leurs compatrote5 n5lc.s. Le deuxème bureau est, pour elles, une manère de surmonter un chsmage qz. 5 Sgalt6 de dplômes, les frappe au mons autant que les hommes. 1 pemec suss d'ader les parents dans le beson. Fnalement dra n? de nos nterlocuteurs : "on peut,net-tr:e ces jeunes femes à Z'ase...; grâce à ça n7.:~ peuvent se payer des choses, fare leur bonheur, mantenr teu? honneur" _----- () B. GULLOT, 1968, 27 et 31. L
9 , Et pour conclure, un autre explctera parfatement la dvergence d'n- térêt entre les deux sexes, partes prenantes dans l'exstence du deuxème bureau : "ce qu?at Z'exstence du deuxème bureau, c'est la nécessté matérelle de la part de Za flle, socale de la part du gargon". Ce qu permet de comprendre des expressons comme "le demème bureau, moeurs d'une naton... acte que quetqu'un pose, c'est des moeurs". x ; ce n'est pas un "Des femes ne veulent pas se marer, elles ont trop souffert.. du comportement des homes" (les hommes comme les femmes font référence aux déceptons sentmentales qu émalk lent la ve de ces dernères ; de nombre- exemples sont fourns,... ). Fnalement la lberté récproque, qu est en quelque sorte l'nverse de l'ntérêt, est avancée comme une des rasons qu fondent l'exstence du deuxè- me bureau : "des femes veuzent la lberté" "lberté récproque contre les marages '. On retrouve les mêmes conclusons que précédement. Beson de refuge ntellectuel, matérel, affectf pour les deux parte- nares (être un deuxème bureau n'étant en ren nfamant -en posséder un étant prestgeux, et?a femme partcpe en quelque sorte 1 ce prestge-), qu'est-ce qu peut pousser une femme jeune, dotée d'une formaton et d'une professon B préférer être deuxème bureau qu'épouse? La queston n'est pas nnocente et nos nterlocuteurs et nos nterlo- cutrces ont ben vu le pège qu'elle. recèle. Les réponses renvoent aux deux thè- mes repérés dans l'analyse : l'ntérêt pécunare, l'ntérêt de prestge. Mas el- les ne sont pas toujours convancantes : l'ntérêt pécunare n'est pas évdent pour une femme économquement lbre de ses chox, 'ntérêt de prestge se rédut s l'homme n'a pas une poston socale émnente. Ctons les autres rasons avancées : - "Une feme.qu travalle trouve toujours à redre à un home, alors elle préfère vvre dans le célbat" (le célbat fémnn au Congo n'a ren de très monacal et ne ralentt guère la fécondté) ; Le deuxème bureau mplque un désr de rapports nterpersonnels affectfs et ntellectuels rches. Le couple maré congolas ne présente pas aux dres de nos nterlocuteurs de garantes de ce pont de vue. Les époux apparassent plutôt déchrés entre un ménage de type moderne (famlle nucléare) et une famlle élarge omnprésente, pesante et ntervenant sans vergogne dans les affares du couple. Déchrés auss entre un mleu rural qu déverse des cousns B pene connus n'mporte quand pour une durée ndétermnée, et un mleu urban modernste snon moderne avec ses contrantes rgoureuses... Le ménage congolas paraît 2 ltobservateur étranger plus composé de conjonts rvaux que d'allés, rvaux sur le plan économque de la geston du budget, rvaux sur le plan de la parenté (reconnassance des enfants, ceux-c B la charge du père et revendqués par leur oncle utérn) et n'ayant pas en com" la ve affectve que nos nterlocuteurs attrbuent B leurs parents et grands-parents. x x. - "Peux-tu fare de mo une feme évoluée?" répond la femme qu est demandée en marage (être deuxème bureau est une garante d'ndépendance et permet de ne pas être blo- quée dans son développement cu1tu;el et personnel) ; Avant de conclure, nous voudrons rsquer une ultme nterprétaton, r+squée, fragle, mas ncontournable.
10 , Les systèmes de parenté des socétés congolases les plus nombreuses sont matrlnéares ou 1 forte connotaton matrlnéare (la parenté se détermne par les femmes des lgnées). L'homme, nous en avons déjà fat la remarque, est fréquemment "dépossédé" de ses enfants, qu'l a pourtant eus à charge. 1 peut même estmer que ceux-c.ne sont pas de sa famlle ans qu'une pette recherche menée dans le MAYOMBE nous l'a montré (la majorté des sujets masculns nterrogés ayant conclu que leurs propres enfants ne fasaent pas parte de leur famlle). Dans ce contexte, le deuxème bureau ne serat-l pas une reconnassance mplcte du pods nouveau que l'homme, en tant que père, acquert dans la parenté au Congo, même chez les Kongo? "C'est qu rassemble les femes pour avor des enfants, et c'est ce mouvement 2à qu est le plus mportant et détermne la parenté". Ans se décèle parfos au cuurs des dscussons sur le deuxème bureau une connotaton patrlnéare : tenr pour essentel le rapport paternel, refondre la parenté ou du mons l'nclner du père au fls au détrment de l'orentaton oncle utérn/neveu... Le deuxème bureau comme essa d'une tentatve 1 long terme et pas seulement stuaton vécue d'une monogame plurelle et contradctore. Qu'est au bout du compte ce deuxème bureau? C'est, et ce n'est pas, une concubne, une deuxème épouse, une maîtresse, une compagne..., c'est tout cec sans l'être. Mas ce que l'on peut dre c'est qu'l est nécessare. S la preuve du puddng est qu'on le mange, celle du deuxème bureau c'est d'éxster, même s cette exstence se stue plus sur le plan de l'magnare de la socété congolase que sur celu de son fonctonnement réel. Autrement dt, même s le deuxème bureau "à l'état pur'' n'exste pas, les deuxèmes bureaux, eux, exstent, ' multples et vares, éphémères ou permanents. Le phénomène n'est pas lmté au Congo, l a des formes alleurs, dans d'autres pays afrcans. 1 serat nëcessare de meux observer son fonctonnement, ses varatons, son rôle dans les socétés qu tendent 2. plus de modernté, selon les perspectves qu vennent d'être préskntées. 11-faudrat auss analyser sa foncton de redstrbuton des rchesses, son nfluence en matère démographque (nfluence masquée au Congo par la faclté avec laquelle les enfants s'y font). Le "statut" des enfants nés d'un deuxème bureau (ne seraent-ls pas plus "légtmes" que les autres nés hors marage, "enfants de brousse" ou "enfants dans la rue", 3 tout le mons meux entourés affectvement), etc. En tout cas concluat un nterlocuteur : "le deuxìème bureau est soldement asss... ; moeurs d'une natm". En tant que moeurs d'une naton, est-l un épphénomène dans la constructon de la naton congolase, ou au contrare un élément consttutf de cette naton en devenr? C'est en tout état de cause un sgne, et nous avons tente' de ~- le déchffrer X La statstque de la nuptalté reste très entachée d'européocentrsme dans les études afrcanes. En Europe se déroulat en 24 heures le marage comme cérémone socale (la noce et son repas), relgeuse (la messe de bénédcton), cvle (le passage devant le mare) et prvée (la nut de noces censée naugurer les rapports sexuels entre les conjonts, ce qu n'état pas statstquement nexact jusqu'à une pérode récente). L'analyse de la nuptalté come passage de l'état de célbatare 1 celu de maré soulève de nombreuses dffcult6s. Dsons que dans beaucoup de populatons, le "marage" n'a pucm caractère d'nstantanété ; c'est un état transtonnel plus ou mons long, un processus contnu qu, d'étape en étape, mplque tous les acteurs socaux sur une pérode de temps fluctuante, même 1 l'ntéreur d'une même socété. Au Congo actuel, les futurs époux se connassent -au sens bblque du term-, pus les vns sont échangés, ensute la dot pour être versée va demander du temps : l'on attendra la nassance d'enfants, l'assurance que les époux s'accozdent... telle famlle attend cec, l'autre cela....dans certanes
11 l'affare traîne malgré la bonne entente -ou 1 cause?- des famlles, des conjonts et quoque le marage donne une nombreuse progénture... La queston de défnr l'état de maré est souvent tournée en décdant que sont marées les personnes qu vvent ensemble, ce qu se comprend mas reste nexact, et surtout ont des enfants ensemble, car c'est ans que l'on sast le plus faclement le "concubnage". C'est cette soluton qu avat été adoptée pour l'enquête Sénégalase sur la Fécondté. Mas cette poston gonfle l'effectf des marés aux dépens de celu des célbatares et masque la polygame plus ou mons offcelle qu règne. Sont marquées comme vvant en état de marage des femmes qu vvent occasonnellement dans cet état avec un homme qu vt d'une manère contnue avec une femme, mas ce n'est jamas la même. Par alleurs, cette prse de poston ne permet pas de fare l'analyse d'un phénomène socal total complexe comme la nuptalté. Celle-c requert en effet une certane fnesse, tant sur le plan qualtatf que quanttatf, et en ce qu concerne les pays afrcans, une ferme volonté de sortr des clchés, et donc de l'magnaton créatrce pour les enquêtes emprques. S'l faut ben smplfer le phénomène pour le sasr sur le plan statstque, le carcaturer et le baser est nadmssble. En effet, repérer les marages par la fécondté, c'est se lvrer à une opératon statstque d'un goût douteux que Lous HENRY dénonce, dans ses manuels de démographe hstorque, avec vgueur et pertnence. Le présent artcle décrt un phenomène parfatement repérable dans la socété congolase pusqu'l est nommé. Poser la queston : "Etes-vous/Avez-vous un dewème bureatl" n'est pas auss asé qu'l l'état en Hat pour la détermnaton des dfférents types d'unons. Surtout qu'l est quasment mpossble d'soler un sujet lors d'une ntervew en Afrque. 1 faut donc prendre la queston par un autre bout et vor une sére de questons tendant 1 précser la nature du len entre deux personnes se déclarant ensemble d'une manère ou d'une autre et quel que sot le terme qu'elles utlsent : maré ou fancé... Au Congo, demander la dot et son versement (les vns, en cours, versée) semble une queston pertnente. Comment appréhender ce que nous avons appelé la monogame plurelle de la socété moderne? La queston est posée, la réponse peu évdente ; en tout cas nous ne l'avons pas. Nous sommes par contre persuadés que c'est 1 cela qu'l faut tendre 7 l'on veut resttuer 1 la nuptalté son sens et sa subtle coloraton et cesser de parler gaulos sur la Lberté sexuelle et autres poncfs. Cec ne se pose pas seulement pour l'afrque ; en Europe, nous avons auss lberté sexuelle, marage B l'essa et monogame plurelle. Aurons-nous, pour les appréhender, la volonté de trouver des solutons adaptées? ANDRE Jacques Tuer sa feme ou de l'ultme'façon de devenr père n L'Home, Avrl-jun-1982, XX (2) : BASTDE Roger GULLOT Bernard cté page 4, en note. La Terre Enkou. Recherches sur les structures agrares du plateau Koukouya 2 T. multgr., ORSTOP, Pars : 188. (publé chez Mouton and Co, Pars, 126 p. + fg. + phot., cartes). VANDERSYPEN Marjke Femmes lbres de Kgal n Cah. d'et. Afr., 1977, no 65, XV (1) : VDAL Claudne Guerre des sexes à Abdjan. Masculn, fémnn, CFA. n Cah. d'et. Afr., 1977, no 65, XV (1) : VDAL Claudne L'argent fn, l'amour est envolé n L'Honrme, XX (3-4), 1979 : 'N O 93
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