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Chapitre 7 Les nombres complexes Objectifs du chapitre : item références auto évaluation forme algébrique d un nombre complexe résolution d équation du second degré dans C forme exponentielle d un nombre complexe interprétation géométrique d un nombre complexe 65

1) L ensemble C 1-1) Définition et vocabulaire Théorème et définitions : Il existe un ensemble de nombres, noté C et appelé ensemble des nombres complexes, possédant les propriétés suivantes : 1. C contient R ;. on définit dans C une addition et une multiplication qui suivent les mêmes règles de calcul que l addition et la multiplication des réels ; 3. il existe dans C un nombre i tel que i = 1 ; 4. tout élément z de C s écrit de manière unique z = x + iy, avec x et y réels. Définition : L écriture z = x + iy, avec x et y réels est la forme algébrique (on dit aussi l écriture algébrique) du nombre complexe z. x est la partie réelle de z : elle est noté Re(z). y est la partie imaginaire de z : elle est noté Im(z). * z = 4 + 5i : Re(z) = 4 et Im(z) = 5 * z = 3 : Re(z) = 3 et Im(z) = 0 * z = 3 i : Re(z) = 0 et Im(z) = 3 Remarques : * Lorsque y = 0, z est réel. * Lorsque x = 0, z = iy (avec y réel), z est imaginaire pur. * 0 est le seul complexe à la fois réel et imaginaire pur. 66

1 - ) Opérations dans C Pour effectuer des calculs dans C, il suffit d utiliser i = 1 et les mêmes règles de calculs que dans R. Soit deux nombres complexes écrits sous la forme algébrique : z = x + iy et z = x + iy, avec x, y, x et y réels. Somme de deux nombres complexes : z + z = (x + iy) + (x + iy ) = (x + x ) + i(y + y ) Produit de deux nombres complexes : zz = (x + iy) (x + iy ) = (xx yy ) + i(xy + x y) Inverse d un nombre complexe non nul : 1 z = 1 x + iy = x iy x + y 1 Ce dernier résultat se retrouve en multipliant le numérateur et le dénominateur de x + iy par x ib. Ensuite, on utilise l identité remarquable (A + B)(A B) = A B et i = 1. Quotient de deux nombres complexes : z = x + iy 1 = (x + iy) z x + iy x + iy 1-3) Égalité de deux nombres complexes Propriété : Deux nombres complexes sont égaux si, et seulement si, ils ont la même partie réelle et la même partie imaginaire. Remarques : * Un cas particulier important : z = 0 si, et seulement si, Re(z) = 0 et Im(z) = 0. * Cette propriété est une conséquence de l unicité de l écriture d un nombre complexe sous forme algébrique. En effet, si z = x + i y est égal à z = x + i y, alors : z z = x x + i (y y ) = 0 ; le nombre z z a donc pour partie réelle 0, ce qui donne : x x = 0 soit x = x. 67

De même, ce nombre z z a pour partie imaginaire 0, ce qui donne y y = 0, soit y = y. Au final, on a bien montré que si z = z, alors ils ont même partie réelle et même partie imaginaire. Réciproquement, il est évident que si deux nombres complexes ont la même partie réelle et la même partie imaginaire, ils sont égaux. ) Conjugué et équations du second degré - 1) Conjugué d un nombre complexe Défintion : Soit z = x + iy Le nombre complexe x iy est appelé conjugué de z et noté z ; ainsi, z = x iy. 3 i = 3 + i ; 5 = 5 ; 5i = 5i Propriétés : Soit z et z deux nombres complexes. 1. z + z = z + z. z z = z z 3. pour n entier naturel, z n = z n 4. si z est non nul, alors ( 1 z ) = 1z et ( z 5. zz = (x + iy)(x + iy ) = x + y Le nombre zz est un réel positif ou nul. z ) = z z 6. z est réel si, et seulement si, il est égal à son conjugué. z est réel z = z 7. z est imaginaire pur si, et seulement si, il est égal à l opposé de son conjugué. z est imaginaire pur z = z 68

Éléments de démonstration : 1. Soit z = x + iy et z = x + iy : z + z = (x + iy) + (x + iy ) = (x + x ) + i(y + y ) = x + x i(y + y ) Or, z + z = (x iy) + (x iy ) = x + x ) i(y + y ), donc z + z = z + z On procède de même pour démontrer les propriétés. et 4. 3. La preuve peut se faire grâce à un raisonnement par récurrence. 6. Soit z = x + iy ; z réel équivaut à y = 0. z = z équivaut à x + iy = x iy, c est-à-dire y = 0, ce qui montre l équivalence. - ) Équations du second degré à coefficient réel Théorème : On considère l équation az + bz + c = 0, dont l inconnue z est un nombre complexe, et les coefficients a, b et c sont des réels, avec a 0. On note le réel b 4ac, appelé discriminant. 1. Si > 0, alors l équation admet deux solutions réelles : b et b +. Si = 0, alors l équation admet une solution réelle : b 3. Si < 0, alors l équation admet deux solutions complexes conjuguées : b i et b + i Démonstration : Pour le cas 0 : On retrouve les résultats prouvés en classe de 1 ère. Comme R C, les solutions restent les mêmes dans C. Pour le cas < 0 : [ ( az + bz + c = a z + b ) ] [ ( b 4a + c = a z + b ) ] a 4a Si < 0, > 0 et donc = ( ) [ ( On a alors : az + bz + c = a z + b ) ( ) ] i ( On peut alors factoriser cette expression : az +bz+c = a z + b + i ) ( z + b i ) 69

Cette forme factorisée permet d en déduire les solutions de l équation az + bz + c = 0. Exemple : Soit dans C l équation z 6z + 5 = 0 = 64, soit (8i) ; l équation admet donc deux solutions complexes conjuguées : z 1 = 6 8i 3) Représentation géométrique 3-1) Affixe d un nombre complexe = 3 4i et z = z 1 = 3 + 4i Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct (O, u, v). Il est ainsi appelé plan complexe. Définition : A tout nombre complexe z = x+iy avec x et y réels, on associe dans le plan complexe un point M, et un seul, de coordonnées (x; y). Réciproquement, à tout point M de coordonnées (x; y) du plan complexe, on associe le nombre complexe unique z = x + iy. z est appelé affixe du point M ou du vecteur OM. Le point M est appelé le point image de z. Le point A d affixe i a pour coordonnées (0; ). Le point B d affixe i a pour coordonnées (0; 1). Le point C d affixe 3 + i a pour coordonnées (3; ). Le point D d affixe, 5 a pour coordonnées (, 5; 0). Propriétés : (1) z AB = z B z A () z w + w = z w + z w (3) z k w = k z w, avec k réel (4) Soit I le milieu de [AB], z I = z A + z B 70

Démonstrations : (1) AB a pour coordonnées (x B x A ; y B y A ), donc : z AB = x B x A + i(y B y A ) = (x B + iy B ) (x A + iy A ) = z B z A. On a bien z AB = z B z A. Les propriétés (), (3) et (4) se démontrent de la même manière avec les coordonnées des vecteurs ou des points. 3 - ) Module et argument d un nombre complexe Définitions : Soit z = x + iy un nombre complexe et M le point d affixe z. Le module de z, noté z est la distance OM, c est-àdire le nombre réel x + y. Un argument de z (avec z non nul), noté arg(z) est une mesure de l angle orienté ( u ; OM) * 3 i = 9 + 4 = 13 * 1 + i est sur la première bissectrice : il a pour argument π 4. Remarques : * z = 0 équivaut à z = 0. * Le réel 0 n a pas d argument, car l angle n est pas défini si M est en O. Propriétés : (1) z = z z () Tout réel strictement positif a un argument égal à 0. (3) Tout réel strictement négatif a un argument égal à π. (4) Tout nombre imaginaire pur, de partie imaginaire strictement positive a un argument égal à π, et tout nombre imaginaire pur, de partie imaginaire strictement négative a un argument égal à π. Éleménts de démonstrations : ( ) (1) avec z = x + iy, z = x + y = x + y d autre part, z z = (x + iy)(x iy) = x (i )y = x + y (), (3) et (4) se «contrôlent» à l aide d un schéma sur un repère. 71

Propriétés : (1) Pour tous points A et B d affixe z A et z B, AB = z B z A () Pour tous points A et B distincts d affixe z A et z B : ( u ; AB) = arg(z B z A ) + kπ (k Z) Démonstrations : (1) Soit M le point du plan tel que OM = AB ; alors M a pour affixe z B z A ; or, OM = AB donc AB = z B z A () ( u ; AB) = ( u ; OM) = arg(z B z A ) + kπ (k Z) 4) Forme trigonométrique et propriétés sur module et argument 4-1) Forme trigonométrique d un nombre complexe non nul Définition : Pour tout nombre complexe z non nul, z = r(cosθ + i sinθ) avec r = z et θ = arg(z). Cette écriture est appelée forme trigonométrique d un nombre complexe. * i = cos π + i sinπ car i = 1 et arg i = ( u ; v) = π * 3 = 3(cosπ + i sinπ) car 3 = 3 et arg( 3) = ( u ; u) = π Comme l écriture d un nombre complexe sous forme algébrique est unique, il existe un lien entre les formes trigonométriques et algébriques. 7

Propriété : Soit z un nombre complexe non nul, de forme algébrique z = x + iy, avec z = r et arg(z) = θ. Alors ; r = x + y cos θ = x r et sin θ = y r équivaut à { x = r cosθ y = r sinθ * Soit z 1 le nombre complexe de module et d argument π ; il s écrit : 4 z 1 = ( ( ) ( )) π π cos + i sin = ( ) 4 4 i = 1 i * Soit le complexe z = 1 + i 3 ; son module est égal à 1 + 3 =. Si l on note θ un argument de z, on aurait : cosθ = 1 et sinθ = 3, donc θ = π 3. 4 - ) Propriétés sur les modules et les arguments Propriétés : Pour tout nombre complexe z non nul : (1) z = z () arg( z) = arg(z) + kπ (k Z) (3) z = z (4) arg( z) = arg(z) + π + kπ (k Z) 73

Propriétés : (1) Somme : pour tous nombres complexes z et z : z + z z + z (inégalité triangulaire) () Produit : pour tous nombres complexes z et z non nuls : zz = z z et arg(zz ) = arg(z) + arg(z ) + kπ (k Z) (3) Puissance : pour tous nombres complexes z et z non nuls, et pour tout n non nul de N : z n = z n et arg(z n ) = n arg(z) + kπ (k Z) (4) Quotient : pour tous nombres complexes z et z non nuls : ( ) z z = z z et arg = arg(z ) arg(z) + kπ (k Z) z z Démonstrations : (1) L inégalité sur les modules traduit l inégalité triangulaire sur les distances vue au collège. En notant M et M les points d affixe z et z, on a : OM = z, OM = z et M M = z z L inégalité triangulaire donne : MM OM + OM, soit : z z z + z En remplaçant z par z, on obtient : z + z z + z ; or, z = z Soit au final, z + z z + z () On écrit z et z sous forme trigonométrique : z = r(cosθ + i sinθ) et z = r (cosθ + i sinθ ) avec r > 0 et r > 0 Alors : zz = r(cosθ + i sinθ) r (cosθ + i sinθ ) ; après calculs, on obtient : zz = rr [(cosθ cosθ sinθ sinθ ) + i(sinθ cosθ + sinθ cosθ)] En utilisant les formules d additions sur les cosinus et les sinus, cela donne : zz = rr [cos(θ +θ )+i sin(θ +θ )] : cela montre que zz a pour module rr et pour argument θ + θ, ce qui prouve le résultat proposé. (3) La preuve peut se faire par un raisonnement par récurrence. (4) On pose Z = z z ; Ainsi, z = zz et on applique les résultats donnés en (). 74

5) Notation exponentielle et applications 5-1) Notation exponentielle Posons f(θ) = cos θ + i sin θ, avec θ R. Alors, f(θ) f(θ ) = f(θ + θ ) (d après une propriété vue précédemment) Ainsi, la fonction f vérifie la relation fonctionnelle des fonctions exponentielles. Si on admet que les règles de dérivation sont applicables aux fonctions à valeurs complexes, la fonction f est dérivable sur R et alors, pour tout réel θ, on peut écrire : f (θ) = sin θ + i cos θ D où f (θ) = i(i sin θ + cos θ) = i f(θ) ; par ailleurs, f(0) = 1. Pour ces raisons, on adopte la définition suivante : Définition : Pour tout réel θ, on pose e i θ = cos θ + i sin θ e i π = 1 ; e i π = i. Remarques : * e i θ = 1 * arg ( e i θ) = θ * cos(θ) = Re(e iθ ) et sin(θ) = Im(e iθ ) Propriétés : Pour tous réels θ et θ : (1) e i θ e i θ = e i (θ+θ ) () 1 e i θ = e i θ = e i θ (3) ei θ e i θ = e i (θ θ ) (4) ( e i θ) n = e i nθ, avec n N 75

5 - ) Applications Trigonométrie Les formules (1) et (3) permettent de retrouver les formules d addition et de duplication en réécrivant les égalités à l aide des formes algébriques. On obtient alors : On obtient également : cos(θ + θ ) = cos θ cos θ sin θ sin θ sin(θ + θ ) = sin θ cos θ + cos θsin θ cos(θ θ ) = cos θ cos θ + sin θ sin θ sin(θ θ ) = sin θ cos θ cos θ sin θ cos(θ) = cos θ sin θ sin(θ) = sin θ cos θ Propriété : Pour tout réel θ, cosθ = ei θ + e i θ et sinθ = ei θ e i θ i Démonstration : Il suffit de remarquer que e i θ = cosθ i sinθ et d effectuer les calculs dans les écritures fractionnaires proposées. Les nombres complexes permettent de résoudre des problèmes de géométrie Exemple : Dans le plan muni d un repère orthonormé direct, on considère les points A, B et C d affixes respectives : z A = 3 + i, z B = i et z C = 1 + i On va montrer que le triangle ABC est un triangle rectangle isocèle en A. 76

Un travail sur les modules donnera des renseignements sur les longueurs ; un travail sur les arguments donnera des renseignements sur les angles. On veut prouver que AB = AC ; en terme de module, cela revient à z B z A = z C z A ; c est pourquoi on est amené à calculer les expressions des nombres complexes z B z A et z C z A ; pour se faciliter la tâche, on calculera le rapport des deux, c est-à-dire z B z A z C z A Ainsi, z B z A z C z A = i 3 i 1 + i 3 i = 1 i + i = ( 1 i)( i) + i)( i) = + i + 4i + i 5 Module : z B z A z C z A = i = 1 ; comme z B z A z C z A = z B z A z C z A = AB, on obtient : AB = AC AC = i Argument : ( ) zb z A arg z C z A ( ) zb z A Ainsi, arg z C z A ( ) zb z A Or, arg z C z A Conclusion : = arg(z B z A ) arg(z C z A ) = ( u ; AB) ( u ; AC) = ( u ; AB) + ( AC ; u ) = ( AC ; AB) = ( AC ; AB) à π près. = arg(i) = π, d où ( AC ; AB) = π Le triangle ABC est tel que AB = AC et ( AC ; AB) = π ; c est bien un triangle rectangle isocèle en A. Remarque : On aurait très bien pu résoudre le problème proposé par des méthodes «classiques» de géométrie, mais l utilisation des nombres complexes est particulièrement efficace. 77