ETUDE DE FAISABILITE POUR LA MISE EN PLACE
|
|
|
- Ève Rochette
- il y a 10 ans
- Total affichages :
Transcription
1 ETUDE DE FAISABILITE POUR LA MISE EN PLACE D'UN PROGRAMME DE RECHERCHES APPLIQUEES AU DEVELOPPEMENT DES ZONES PERIPHERIQUES DU PARC NATIONAL DE MASOALA Sébastien WOHLHAUSER Pierre KISTLER Juillet 2002
2
3 REMERCIEMENTS Cette étude n'aurait pu être menée à bien sans la contribution de nombreuses personnes et institutions par la mise à disposition de leur documentation, de leurs connaissances de la région, de la mise en relation et la facilitation avec les entités principales: ESAPP (Eastern and Southern African Partnership Program) représenté par le CDE (Centre pour le Développement et l'environnement) de l'université de Berne qui a répondu favorablement à la demande de ce travail par le financement de cette étude de faisabilité. Monsieur Dominik LANGENBACHER, Chargé d'affaires de l'ambassade de Suisse à Madagascar, qui nous a mis en relation avec les différents intervenants et qui a appuyé la demande de cette étude. Monsieur Matthew HATCHWELL (responsable national) et Monsieur James MAC KINNON (conseiller technique principal du Parc National de Masoala) de l'organisme WCS (Wildlife Conservation Society) qui nous ont apporté de nombreux renseignements en nous consacrant une partie de leur temps précieux, ainsi que le personnel de WCS qui nous a ouvert son centre de documentation (notamment les rapports de WCS, CARE et ANGAP) et apporté ses précieux conseils. L'ANGAP (Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées) pour nous avoir mis à disposition les informations générales sur le Complexe d'aires Protégées de Masoala (CAPM) Que toutes ces institutions, leur direction, leur personnel, les responsables des centres de documentation soient ici remerciés pour leur aide dans ce travail. I
4
5 Table des matières TABLE DES MATIÈRES REMERCIEMENTS... I TABLE DES MATIERES... III TABLE DES CARTES...VI TABLE DES TABLEAUX...VII TABLE DES FIGURES...VIII TABLE DES PHOTOGRAPHIES...IX ABREVIATIONS & ACRONYMES...X GLOSSAIRE...XV I. AVANT-PROPOS II. APPROCHE II.1. OBJECTIFS DE L'ETUDE DE FAISABILITE II.2. CADRE DE REFLEXION II.2.1. Lignes directrices de l'esapp-cde II.2.2. Demandes d'appui des gestionnaires du Parc II.2.3. Valorisation des expériences de partenariats helvético-malgaches II.2.4. La pression internationale de conservation et le développement rural: Des moyens, des approches et des outils à intégrer II.3. DEMARCHE III. PRESENTATION DE LA REGION III.1. LA PENINSULE DE MASOALA III.1.1. Une région enclavée III.1.2. Une région divisée administrativement III.2. CONTEXTE ENVIRONNEMENTAL III.2.1. Climat III.2.2. Géomorphologie III.2.3. Biodiversité III.3. CONTEXTE HUMAIN III.3.1. Une région qui possède un riche héritage historique III.3.2. Culture et traditions III.3.3. Démographie et structure sociale III.3.4. Contexte institutionnel III.4. SYSTEME DE PRODUCTION & EXPLOITATION DES RESSOURCES NATURELLES III.4.1. Riziculture III.4.2. Cultures de rente III.4.3. Cultures vivrières III.4.4. Pêche III.4.5. Elevage III.4.6. Chasse III.4.7. Ressources forestières III.4.8. Ressources du sous-sol III.5. PRINCIPAUX PROBLEMES DE LA REGION III.5.1. Les problèmes socio-économiques d une population rurale abandonnée III.5.2. Ressources naturelles III.5.3. Conflits sur l exploitation des ressources naturelles III.5.4. Dégradation de la productivité des sols & péjoration climatique III
6 Table des matières IV. LE PARC...51 IV.1. HISTORIQUE DU PARC ET DE LA CONSERVATION A MADAGASCAR...51 IV.1.1. Les premières heures de la conservation à Masoala...51 IV.1.2. Place de Masoala dans la biodiversité malgache...51 IV.1.3. Une pression internationale...52 IV.1.4. Cadre national: le PNAE...53 IV.2. LA GESTION DU PARC...54 IV.2.1. Le rôle de l ANGAP...54 IV.2.2. Le "Projet Masoala"...54 IV.2.3. L organisation du PCDI Masoala...56 IV.2.4. Le transfert de gestion du PCDI Masoala au CAP Masoala...57 IV.2.5. L avenir du CAP Masoala...58 IV.3. L ORGANISATION SPATIALE DU CAP MASOALA...58 IV.3.1. Le zonage formel...59 IV.3.2. Les zonages stratégiques opérationnels...63 V. DEVELOPPEMENT DE L'ECOTOURISME...64 V.1. DEFINITIONS...64 V.2. LES ATOUTS ET FREINS DE L'ECOTOURISME DE MASOALA...65 V.3. L'ETAT ACTUEL DE L'ECOTOURISME A MASOALA...68 VI. LES PRINCIPAUX ACTEURS DU DEVELOPPEMENT REGIONAL: UNE FORTE AFFINITE ET UNE FINALITE DE CONSERVATION...69 VI.1. LE TRIO ANGAP/WCS/CARE...69 VI.2. AUTRES OPERATEURS...70 VI.2.1. Programmes nationaux & régionaux...70 VI.2.2. Coopération multilatérale de l'union Européenne FED...71 VI.2.3. ONG...72 VI.3. BILAN ET EVALUATION...73 VII. LES PISTES DE DEVELOPPEMENT EN COURS OU A DEVELOPPER...74 VII.1. L'APPUI A L'ECOTOURISME...74 VII.1.1. Les interventions de développement écotouristique...74 VII.1.2. Promotion de l'écotourisme...75 VII.1.3. Impacts du tourisme...78 VII.2. LES APPUIS AUX COMMUNAUTES ET AU SYSTEME DE PRODUCTION AGRICOLE...79 VII.2.1. Infrastructures et renforcement socio-organisationel...79 VII.2.2. Appui technique à la production agricole...79 VII.3. APPUI A LA GESTION DURABLE DES RESSOURCES NATURELLES...81 VII.3.1. Ressources forestières...81 VII.3.2. Ressources marines...85 VII.4. BILAN & EVALUATION: DES APPROCHES CLASSIQUES DE DEVELOPPEMENT ALLOUEES A UNE FINALITE DE CONSERVATION...86 VIII. JUSTIFICATION D UN PROGRAMME DE RECHERCHES APPLIQUEES AU DEVELOPPEMENT DURABLE DES ZONES PERIPHERIQUES DU PNM...88 VIII.1. INTRODUCTION...88 VIII.2. AXES DE RECHERCHE...90 VIII.3. UN CENTRE D'INFORMATION-DIFFUSION POUR ACCOMPAGNER LE DEVELOPPEMENT REGIONAL ET PARTICIPER A LA CONSERVATION DE LA PENINSULE...92 VIII.3.1. Phase 1: Centre Masoala...92 VIII.3.2. Phase 2: Délocalisation et concentration thématique...93 VIII.4. EVALUATION DES OPPORTUNITES DE PARTICIPATION...94 VIII.4.1. Institutions suisses...94 VIII.4.2. Autres axes de participation...95 IV
7 Table des matières IX. CONCLUSIONS I. ANNEXE 1. SYNTHESE CHIFFREE DE DONNEES SOCIO-ECONOMIQUES (ANTALAHA)) II. ANNEXE 2. L'ESPACE MASOALA DU ZOO DE ZURICH III. ANNEXE 3. PROPOSITIONS POUR LE PROGRAMME DE RECHERCHES APPLIQUEES AU DEVELOPPEMENT DES ZONES PERIPHERIQUES (DEC) III.1. CONSTATS SUITE A L'ETUDE DE FAISABILITE III.1.1. Étapes proposées III.1.2. Résumé des constats III.2. ORIENTATION DU PROGRAMME DE RECHERCHES APPLIQUES III.3. STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT RURAL DANS LES ZONES PERIPHERIQUES DU PN MASOALA III.3.1. Axe 1. Études de base et stratégiques III.3.2. Axe 2. Information et Communication III.3.3. Axe 3. Diagnostics et Planification locaux III.3.4. Axe 4. Renforcement Socio-organisationnel III.3.5. Axe 5. Génération de revenus et Sécurité alimentaire III.3.6. Axe 6. Gestion Durable des Ressources Naturelles III.3.7. Axe 7. Services Sociaux de Base III.4. ROLE ET INVENTAIRE DES THEMES POTENTIELLEMENT IMPORTANTS POUR LA RECHERCHE APPLIQUEE III.4.1. Recherches appliquées au Développement des zones périphériques III.4.2. Recherches appliquées à la Conservation et à la Gestion du Parc III.5. CONCEPTION D'UN PROGRAMME DE RECHERCHES APPLIQUEES LOCAL OU REGIONAL III.5.1. Liens institutionnels III.5.2. Orientation opérationnelle III.5.3. Organisation III.5.4. Organigramme proposé: III.6. PLAN D'ACTIONS PRELIMINAIRES (PROPOSITION DE FINANCEMENT ESAPP) III.6.1. Mise en place de la Cellule de Recherches Appliquées CRA III.6.2. Conduite des études préliminaires et régionales III.6.3. Concertation de la stratégie de développement rural III.6.4. Élaboration d une proposition détaille pour la CADR III.6.5. Recherche de partenaires et de fonds pour la CADR III.6.6. Rapport et information BIBLIOGRAPHIE V
8 Table des cartes TABLE DES CARTES Carte 1. Situation de la Péninsule de Masoala dans le Nord-Est de Madagascar Carte 4. Carte de la Province d'antsiranana ou Diego, surfaces forestières et aires protégées ( 23 Carte 5. Carte de la Province de Toamasina ou Tamatave, surfaces forestières et aires protégées ( 23 Carte 6. Carte bioclimatique de Madagascar d'après Cornet (à partir de 26 Carte 7. Géologie de la Péninsule de Masoala (Besairie, 1971) Carte 8. Carte de végétation dynamique (Bastian, 1967) Carte 9. Priorités de la conservation à Madagascar définies lors de l'atelier scientifique de 1995 (Rakotosamimanana & Ganzhorn, 1995) Carte 10. Carte historique de Madagascar (Le Bourdiec, 1974) Carte 11. Carte du territoire occupé par les Tsimihety (Tongasolo, Marent et al., 1985) Carte 12. Le réseau de forêts classées des environs de Masoala joue un rôle de corridor biologique important; ainsi, divers projets d'aires protégées et un projet pilote de séquestration de carbone s'attachent à leur conservation (Faramalala, 1995) Carte 13. Distribution de l'habitat et de la population dans le Nord-Est de la Péninsule (CARE Madagascar, 1999) Carte 14. La déforestation dans la Péninsule de Masoala à partir de (Laizoma, 1997) Carte 13. Les 3 sites d'étude de la déforestation dans le PNM Masoala (Swanson, 1996) Carte 15. Le Parc National de Masoala et son importance dans le réseau d'aires protégées de région Nord-Est de Madagascar (Laizoma, 1997) Carte 16. Situation de la Réserve Naturelle Intégrale N 2 déclassée en 1964 (Anonym, 1999) Carte 17. Importance biologique à Madagascar (Hannah & Hough, 1995) Carte 18. Priorités de recherche biologique à Madagascar (idem) Carte 19. Pressions anthropiques sur la Péninsule de Masoala et le réseau de forêts avoisinantes (Coll, 1998) Carte 20. Zones prioritaires d'intervention du PE Carte 21. Limites proposées pour le PNM sur la base des études exploratoires (CCB) Carte 22. Délimitation du Parc National de Masoala (Laizoma, 1997) Carte 23. Les Zones Tampons du Parc National de Masoala (Raymond, 2000) Carte 23. Les Parcs marins de Masoala et leur zonage (CARE Madagascar, 1999) Carte 24. Les zones et secteurs d'action des Agents de Conservation de l'environnement (ACE) Carte 25. Les zones prioritaires d'intervention en matière de développement menées par CARE (PCDI Masoala & CARE International, 1998); elles ont été définies selon l'accessibilité (p.ex. cas de la zone 3), selon les projets de recherche ou de suivi écologique en cours ou selon les pressions anthropiques Carte 26. Les principaux tracés et sites écotouristiques de la Péninsule de Masoala (Laizoma, 1997) Carte 27. Localisation des principales interventions d'appui au développement et les appuis sanitaires (PCDI Masoala & CARE International, 1998) Carte 28. Les interventions principales dans la zone prioritaire 1 au Nord-Ouest (à gauche) et dans la zone prioritaire 2 au Nord-Est (à droite) (CARE Madagascar, 1999) Carte 29. Les forêts communautaires pilotes et zonation de la forêt communautaire de Sahafary Carte 30. Zone de GELOSE marine et délimitation des zones de droits d'usage (CARE Madagascar, 1999) VI
9 Table des tableaux TABLE DES TABLEAUX Tableau 1. Tableau récapitulatif des principaux indicateurs des sous-préfectures et provinces de Maroantsetra- Toamasina et Antalaha-Antsiranana avec les valeurs nationales pour comparaison. Source: Instat & (PSLT-Nord & CARE International, 1998)...24 Tableau 2. Précipitations moyennes pour quelques stations météorologiques de Masoala. Source: Service météorologique & pour Andranobe (Thorstrom & Watson, 1994) Tableau 3. Types d'habitats forestiers et leur représentativité en termes de surface. Source: (Projet Masoala, 1995b)...30 Tableau 4. Données démographiques de la Péninsule de Masoala (centres urbains y compris) en Source: (UNICEF-BDE, 1992) Tableau 5. Potentiel sylvicole de 175 espèces ligneuses de Sahafary. Source: (Abraham, Andrianisa et al., 1997) Tableau 6. Exploitation traditionnelle des ressources forestières dans quelques terroirs villageois. Source: (WCS, 1999) Tableau 7. Surface défrichée et taux relatif de déforestation dans 3 zones d'étude et pour l'ensemble du PNM. Source: (Swanson, 1996)...46 Tableau 8. Les diverses formes d'exploitation forestière possible dans la Péninsule de Masoala et les textes y relatifs les régulant. Source: (Andriambahoaka & Randrianarivelo, 2001)...46 Tableau 9. Problèmes et recommandations relatives aux textes législatifs et à leur application recueillis dans les provinces de Toamasina et d'antsiranana.. Source: (Andriambahoaka & Randrianarivelo, 2001) Tableau 10. Problèmes et recommandations relatives aux illégalités observées recueillis dans les provinces de Toamasina et Antsiranana.. Source: (Andriambahoaka & Randrianarivelo, 2001) Tableau 11. Organisation de la gestion du Parc National de Masoala et des aires protégées périphériques Tableau 12. Sites écotouristiques de la zone côtière de Masoala. Source: (Ratsifandrihamanana, 1999)...66 Tableau 13. Moyenne annuelle de fréquentation touristique entre 1994 et 1998 (Rakotondrabary, 1999)...68 Tableau 14. Actions et partenariats menées dans le cadre du PNVA à Maroantsetra et Antalaha. Source: Tableau 15. Nombre de guides par localités. Source: (Laizoma, 1997)...74 Tableau 16. Interventions agricoles initiées et nombres de producteurs concernés dans la zone d'intervention 1. Source: (CARE Madagascar, 1999) Tableau 17. Les interventions de développement dans la région de Masoala...81 Tableau 18. Propositions d étude des filières par produits existants ou potentiels. Source: (Andriambahoaka & Randrianarivelo, 2001) Tableau 19. Contraintes principales des sites potentiels pour une infrastructure "d'antenne délocalisée" VII
10 Table des figures TABLE DES FIGURES Figure 1. Cyclone dans l'océan Indien (à partir de atelliteworld/indianoceansatellite_large.html) Figure 2. Tracés des cyclones pour les années 1995 à 2002 (à partir de 26 Figure 3. L'aigle serpentaire (Eutriorchis astur) une des espèces d'oiseaux les plus rares au monde, dont la répartition est restreinte à quelques forêts humides de Madagascar Figure 4. Portrait du Comte Matúš Móric Beňovský, explorateur slovaque et citoyen du monde, dont le tombeau se trouve sur l'île Nosy Behentona à la pointe Sud de la Péninsule de Masoala (gravure de la page de titre de la première traduction anglaise de ses célèbres mémoires, Library of Congress, Washington, à partir de 34 Figure 5. Le commerce international d'espèces convoitées par des collectionneurs est très juteux; un caméléon de Masoala est ici proposé à 350 $ (à partir d'internet) Figure 6. Priorités de conservation du PE2 (Hannah & Hough, 1995) Figure 7. Organigramme fonctionnel et opérationnel du CAP Masoala (ANGAP, 2001) Figure 8. Schéma illustrant le zonage formel des aires protégées de l'angap à Madagascar (d'après le COAP) Figure 9. Répartitions des dépenses engendrées par un "package" écotouristique Figure 10. Potentialités et contraintes de l'écotourisme Figure 11. Une action de valorisation de la biodiversité découlant de la recherche consiste à "vendre" d'une nouvelle espèce, selon les règles de la nomenclature scientifique, en échange d'une contribution pour la recherche sur la biodiversité et l'appui au développement durable des zones d'origine des espèces (à partir de 84 VIII
11 Table des photographies TABLE DES PHOTOGRAPHIES Photographie 1. Plaine de Maroantsetra. Culture de paddy dans la plaine fluviale autour de Maroantsetra (juillet-août 2001, P. O. Berner in (Berner, 2001) à partir de Photographie 2. Masoala est la dernière région de Madagascar où la forêt dense humide est en contact avec les côtes rocheuses (à partir de Photographie 3. Le Nepenthes de Masoala (Nepenthes masoaliensis) une plante carnivore endémique de Masoala (à partir de Photographie 4. La forêt dense humide de Masoala recèle une flore riche et méconnue (à gauche en haut: Orchidée des bords des ruisseaux; à droite en haut: Vitex cauliflora (Verbenaceae) à inflorescences sur le tronc; à droite au milieu: Eugenia jambos (Myrtaceae), une plante aux fruits comestibles; en bas: Canarium sp. (Burseraceae), le plus grand arbre de la forêt malgache.(masoala, sept 1996, S. Wohlhauser)...31 Photographie 5. Le vanga casqué (Euryceros prevostii) espèce endémique de Madagascar, localisée dans les forêts humides du Nord-Est de Madagascar (à partir de Nick Garbutt)...31 Photographie 6. Le Aïe-Aïe (Daubentonia madagascariensis) lémurien nocturne maudit par les populations dans la plupart des régions de Madagascar et adulé des programmes de conservation internationaux; à Masoala l'attrait touristique qu'il représente tend à diminuer les croyances maléfiques qui pèsent sur lui (Sambirano, avril 1999, S. Wohlhauser) Photographie 7. Le dugong (Dugon dugon) reste très cryptique à Madagascar, mais les herbiers marins convoités par cette espèce sont présents sur la côte Est, la pointe Sud et dans la Baie d Antongil (D. Perrine, seapics.com à partir de Photographie 8. Phasme de Masoala (Ambohitsitondroina, Masoala, septembre 96, S. Wohlhauser)...32 Photographie 9. Le marché de Maroantsetra où s'écoulent divers produits (septembre 1996, M. Callmander)...36 Photographie 10. Le riz pluvial est la composante principale du tavy, système itinérant de culture sur brûlis pratiqué sur la côte Est de Madagascar (Beforona, mars 1995, S. Wohlhauser)...37 Photographie 11. Repiquage du riz irrigué dans la vallée de l'ianobe (Antanandavahely, sept 1996, S. Wohlhauser)...37 Photographie 12. Le conditionnement de la vanille emploie une masse salariale importante (Antalaha, 2001, P. Gaubert)...38 Photographie 13. Le litchi est un arbre fruitier planté dans la plupart de la région orientale de Madagascar (novembre 1995, Manantenina, S. Wohlhauser) Photographie 14. Les plantes vivrières des populations enclavées font partie intégrante du "jardin de case" (à partir de Photographie 15. La transformation des produits de la pêche est principalement réalisée par les femmes (à partir de z.html) Photographie 16. Piège traditionnel à lémuriens (appelé lahy dans la région de Masoala): situé dans une tranchée forestière, il offre un passage facilité (non-terrestre) muni d'un appât placé entre deux collets (Manongarivo, juillet 1998, S. Wohlhauser) Photographie 17. Une liane fruitière indigène appréciée dans de nombreuses régions de Madagascar: Salacia madagascariensis (Celastraceae) (Manongarivo, novembre 1998, S. Wohlhauser)...43 Photographie 18. Le sakondry, commun dans les tavy et les friches, qui frit fait un excellent repas au goût de cacahuètes (Lohantsahabefiana, Masoala, septembre 1996, S. Wohlhauser)...43 Photographie 19. La nature de Masoala exprime toutes les facettes de la diversité animale et végétale; ici une orchidée (Angraecum sesquipedale) de taille considérable (Farankaraina, Masoala, septembre 1996, S. Wohlhauser)...64 Photographie 20. Les baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) remontent de l'antarctique pour mettre bas dans les eaux chaudes et peu profondes entre la Baie d'antongil et le chenal de Sainte Marie (Ste Marie, M. Callmander)...65 Photographie 21. L'écotourisme à Masoala dans ses formes les plus balnéaires (à partir de Photographie 22. La construction de sentiers écotouristiques dans des écosystèmes fragiles nécessite une formation appropriée (à partir de Andranoala-Ambodirafia, Linda Torgerson)...75 Photographie 23. Les populations locales ont un regard critique sur la présence d'étrangers; les missions de recherche sont parfois assimilées à du tourisme scientifique du fait d'un manque certain de sensibilisation (Départ de mission, Maroantsetra, septembre 1996, M. Callmander)...76 Photographie 24. Uroplatus sp., un reptile convoité par le marché international de collectionneurs (Lohantsahabefiana, Masoala, septembre 1996, S. Wohlhauser) Photographie 25. Rizières en terrasses à Sahasoa (région de Manana-Nord): une alternative développée en association avec la culture de giroflier pour diminuer le tavy (Photo P. Messerli, nov 1999) Photographie 26. Quelques nouvelles espèces d'impatiens (Balsaminaceae) découvertes à Masoala (Masoala, septembre 1996, S. Wohlhauser)...83 Photographie 27. Le "Radeau des cimes", un outil de recherche propre à participer à la sensibilisation par son originalité (à partir de Photographie 28. Dégâts cycloniques sur les villages côtiers après le passage de Hudah (à partir de Photographie 29. Dégâts cycloniques sur les forêts littorales après le passage de Hudah (à partir de IX
12 Abréviations & acronymes ABRÉVIATIONS & ACRONYMES Les acronymes et abréviations listés ci-dessous correspondent, d'une part, aux institutions et programmes cités dans le texte et, d'autre part, à ceux rencontrés lors de la lecture des documents relatifs à Masoala dans les centres de documentation visités. ACE Agent de Conservation de l'environnement ACEDL Appui à la Création d'emploi et au Développement Local ACRA Association de Coopération Rurale en Afrique et Amérique ADFORMAR Association pour le Développement de la Formation Maritime AEE Agent d'education Environnementale AEHRM Association Ecotouristique des Hôteliers et Restaurateurs de Maroantsetra AGEA Association des Guides Ecotouristiques d'antalaha AGEM Association des Guides Ecotouristiques de Maroantsetra AGEPMF Programme d'appui à la Micro Finance AGERAS Appui à la Gestion Régionalisée et à l'approche Spatiale AGIR Appui à la Gestion Régionalisée AGR Activités Génératrices de Revenus ANAE Association Nationale pour les Actions Environnementales ANGAP Association Nationale Gestion Aires Protégées ANGAP DIR Diego Direction Interrégionale Diego ANGAP DIR Tamatave Direction Interrégionale Tamatave AP Aire Protégée APAM Association Projet d'analalava APLAVA Association des Planteurs de Vanille ARPL Amélioration des Revenus des Populations Littorales ASEF Agent du Service des Eaux & Forêts AVB Agent Vulgarisateur de Base BEMA Bilan Ecologique à Madagascar BIOPAT PATrons for BIOdiversity CADR Cellule d'appui au Développement Rural CANFOR-Maroantsetra Cantonnement Forestier des Eaux & Forêts de Maroantsetra CAPE Composante Aires Protégées et Ecotourisme CAPM Complexe d'aires Protégées de Masoala CARE Cooperative for Assistance and Relief Everywhere CDB Convention sur la Diversité Biologique CDE Centre pour le Développement & l'environnement CEM Cercle Ecotouristique de Masoala CEM-Antalaha Cercle Ecotouristique d'antalaha CEM-Maroantsetra Cercle Ecotouristique de Maroantsetra CFE Comité de Fonds pour l'environnement CFPF Centre de Formation Professionnelle en Foresterie CGFDHA Comité de Gestion du FDHA (Fonds de Développement Halieutique et Aquicole) CI Conservation International CIME Comité Interministériel de l'environnement CIP Comité Interministériel des Pêches CIRAGRI Circonscription du Service de l'agriculture CIREF Antalaha Circonscription Forestière d'antalaha CIREF Fénérive-Est Circonscription Forestière de Fénérive Est CIREL Circonscription de l'elevage CISCO Circonscription scolaire CITES Convention on International Trade in Endangered Species of wild fauna and flora CMN Compagnie Malgache de Navigation CNE Comité National pour l'environnement CNRO Centre National de Recherche Océanographique COAP Code des Aires Protégées COBA Comités de Base COGES Comité de Gestion des 50% des DEAP COMEX-EMC COMité EXécutif du programme EMC (Ecosystèmes Marin et Côtier) COUT Cellule des Océanographes de l'université de Tuléar CRA Cellule de Recherche Appliquée CRD Comité Régional de Développement CRESAN Projet d'amélioration du Secteur Santé X
13 Abréviations & acronymes CRESED Projet de Renforcement du Secteur Education CRV/KMM-Sahafary Comité de Réflexion Villageois de Sahafary, Komity Mpandrindra sy Mpamolavola CSB Centre de Santé de Base CSM Comité Scientifique de Masoala CTA-EMC-ONE Tamatave Cellule Technique Antenne Ecosystèmes Marins & Côtiers de Tamatave CYPREP Projet de préparation et de planification des urgences cycloniques au niveau communautaire DDC Direction du Développement et de la Coopération suisse DEAP Droit d Entrée aux Aires Protégées DEC Développement Environnement Conseil DEF Direction des Eaux et Forêts DERAD Diagnostic Environnemental & Recherches Appliquées pour le Développement en milieu Rural DGEF Direction Générale des Eaux & Forêts DID Development International DesJardins DIREF-Diego Direction Interrégionale des Eaux & Forêts de Diego DIREF-Tamatave Direction Interrégionale des Eaux & Forêts de Tamatave DPR Division de la Planification Régionale ECOMAR-EMC Comité consultatif des projets sur le milieu marin du programme EMC (sous-comission du CNE) EE Education Environnementale EF Education & Formation EMC-ONE Ecosystèmes Marins & Côtiers ENEM Ecole Nationale d'enseignement Maritime EPB Ecologie Politique & Biodiversité EPFL Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne EPFZ Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich EPP Ecole Primaire Publique ERP Evaluation Rurale Participative ESAPP Eastern & Southern African Partnership Program ESFUM Ecosystèmes Forestiers à Usages Multiples ESSA-Forêt Ecole Supérieure des Sciences Agronomiques, Département Eaux & Forêts ETN Association EcoTourisme Nord FAPAM Förderverein Projet d'analalava Madagascar FAO Food and Agriculture Organization of the United Nations FDHA Fonds de Développement Halieutique et Aquicole FED Fonds Européen de Développement FID Fonds d'intervention pour le Développement FID2 Fonds d'intervention pour le Développement (micro-crédits) FIFAMANOR Fiompiana Fambolena Malagasy Norveziana FIMPAHAZO Fikambanan'ny Mpamaky Hazo, Association des bûcherons de Sahafary Fir. Firaisana, Commune Fiv. Fivondronana, Sous-Préfecture Fkt. Fokontany, la plus petite entité administrative FM93.4 Radio "Akon'i Maroa" FM 93.4 FMMS-Sahafary Fikambanan'ny Mponina Mivoatra eto Sahafary FNRS Fonds National Suisse pour la Recherche Scientifique FORAGE Fonds Régional d'appui à la Gestion de l'environnement FORMFED Programme de Formation du Fonds Européen de Développement FSC Forest Stewardship Council FTMLA Fikambanan'ny Tantsaha Mpiompy Laoka Ampokafo, Assoication des pisciculteurs d'ampokafo GAMA Groupements des Armateurs de Maroantsetra GAPCM Groupement des Armateurs de la Pêche Crevettière de Madagascar (16 armateurs) GAT Gestion et Aménagement du Terroir GCES Gestion Conservatoire des Eaux & des Sols GCF Gestion Contractualisée des Forêts GCV Grenier Communautaire Villageois GDRN Gestion Durable des Ressources Naturelles GEF Global Environment Facility GELOSE GEstion LOcale et SEcurisée des ressources naturelles GEM Groupement Ecotouristique de Masoala GEOTOURS Groupement des opérateurs touristiques de la SAVA GIL Gestion Intégrée du Littoral GIZC Antongil Gestion Intégrée des Zones Côtières de la Baie d'antongil GMU Grant Manangement Unit GREEN Groupement des Efforts Environnementaux Nationaux GRENE GRENE Université de Tamatave XI
14 Abréviations & acronymes GTDR Groupe de Travail pour le Développement Rural GTR Groupe de Travail et Réflexion sur les Aires Protégées Marines GTR-EMC Groupe de Travail et Réflexion du programme EMC (Ecosystèmes Marin & Côtier) ICAM Intoxication par Consommation d'animaux Marins ICZM Groupe de Travail & de réflexion sur la Gestion Intégrée des Zones Côtières IHSM Institut Halieutique & des Sciences Marines INSTAT Institut National des Statistiques INTH Institut National du Tourisme et de l'hôtellerie IRD Institut de Recherche pour le Développement ITCF International Tropical Conservation Foundation IUED Institut Universitaire d'etudes du Développement KAYAK Kayak Masoala, Opérateur touristique KSM Coopérative d'exploitation forestière LAND Land Resources, Bureau d'étude LDI Landscape Development Interventions LEVP Laboratoire d'ecologie Végétale & de Phytosociologie de l'université de Neuchâtel LUA Limites d'utilisation Acceptable LV Le Voyageur MAEDR Ministère de l Agriculture, de l Elevage et du Développement Rural MARP Méthode Accélérée pour la Recherche Participative MBG Missouri Botanical Garden MDM Médecins du Monde MEC Mutuelle d'epargne et de Crédit MECIE Mise En Compatibilité des Investissements avec l'environnement MEF Ministère Eaux & Forêts METFP Ministère de l'enseignement Technique & de la Formation Professionnelle MinEnv Ministère de l'environnement MinTour Ministère du Tourisme MPRH Ministère Pêche & Ressources Halieutiques MYEC Maroantsetra Youth Environmentalist Club, Club des Elèves Environnementalistes du Lycée de Maroantsetra ND Noyau Dur NYZS New-York Zoological Society ODOC Opération Domaniale Concertée ONE Office National de l'environnement ONG Organisation Non Gouvernementale ONET Organisation Nationale des Exploitants du Trépang OP Organisation Paysanne OTIV Ombona Tahiry Ifampisamborana Vola. Institutions Financières Mutualistes PADANE Projet d'appui au Développement Agricole du Nord-Est PAGE Programme d'appui à la Gestion de l'environnement PAPAT Projet d'amélioration des Plantes A Tubercules PATESP Renforcement du Secteur Privé PBZT Parc Botanique & Zoologique de Tsimbazaza PC Corps de la Paix, Peace Corps PCD Plan Communal de Développement PCDI Programme de Conservation & de Développement Intégré PCGDPA Programme Cadre Global de Développement de la Pêche et de l'aquaculture PD Parc Détaché PDE Plan de Développement de l'ecotourisme (Masoala) PE Programme Environnemental PE1 Programme Environnemental 1 ( ) PE2 Programme Environnemental 2 ( ) PE3 Programme Environnemental 3 ( ) PFDT Projet de Formation Décentralisée en faveur des Opérateurs Touristiques PFSH Projet Structuration Filière Horticole PH(AGE)COM PHArmacie (à Gestion) COMmunautaire PLA Plantes Légumineuses Alimentaires PLANGRAP Plan de Gestion du Réseau National des Aires Protégées PNAE Plan National d'action Environnementale articulée en 3 PE de 5 ans PNATE Plan National d'action sur le Travail des Enfants PNE Politique Nationale Environnementale PNEOA Programme National d'entretien des Ouvrages d'art PNM Parc National de Masoala PNRA Programme National de Recherche Agricole XII
15 Abréviations & acronymes PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement PNVA Programme National de Vulgarisation Agricole PPN Produit de Première Nécessité PRA Participatory Rural Appraisal PRE/COI Programme Régional Environnement de la Commission de l'océan Indien PREFTEC Projet de Renforcement de la Formation Technique & Professionnelle PRGD Politique Régionale de Gestion Durable PSDR Plan Stratégique de Développement Rural PSE Programme Sectoriel Elevage PSFH Projet de Structuration de la Filière Horticole PSLT Nord Plan Stratégique à Long Terme pour la région Nord de Madagascar PSP Programme Sectoriel Pêche PTD Participatory Technology Development RAAKS Range Actor Social REF Recherche Environnementale Finalisée RGP-1993 Recensement Général de la Population et de l'habitat 1993 RN Route Nationale RSNM Réserve Spéciale de Nosy Mangabe SAF-FJKM Service de vulgarisation pour le développement au sein de l'église de Jésus-Christ SAFAFI Branche de développement de l'eglise Luthérienne Malgache SAVA Région Nord-Est de Madagascar (Sambava, Andapa, Vohémar, Antalaha) SAVAIVO Bureau d'études qui a fait suite à la fermeture du projet Terre-Tany (Coopération Suisse) SDC Swiss agency for Development and Cooperation SEACAM Secrétariat de la Gestion des Zones Côtières en Afrique Orientale SECO Suivi Ecologique SEFA Société d'exploitation Forestière d'antongil SIAD Système d'information et d'aide à la Décision SIE Système d'information Environnementale SIG Système d'informations Géographiques SIH Système d'information Halieutique SMB Secrétariat Multi-Bailleurs SNGDB Stratégie Nationale pour la Gestion Durable de la Biodiversité SNGF Silo National des Graines Forestières SOP Spécialiste en Organisation Paysanne SRA Système de Riziculture Amélioré SRI Système de Riziculture Intensif SSA Service de la Statistique Agricole STABEX Stabilization Fund for Export Products SZ Superviseur de Zone TAVARATRA Techniques d'animation Visant à l'amélioration des Ressources Animales et du Terroir (Antsiranana) TDR Termes De Références TF Technicien Formateur TO Tour Opérateur TM Tany Meva TMP Tests en Milieux Paysans TPF The Peregrine Fund TS Technicien Spécialisé UE Union Européenne UE-SAVA Programme Développement SAVA de l'union Européenne UNESCO Mananara Réserve de Biosphère Mananara-Nord UNICEF Fonds des Nations Unies pour l'enfance UNINE Université de Neuchâtel UPDR Unité de Politique de Développement Rural VAHIMIFEHY Réseau d'échange interne de la Direction interrégional de Toamasina Valy-AGRI Entreprise de vente de produits phytosanitaires VSF Vétérinaires Sans Frontières WCS Wildlife Conservation Society WDCS Whale and Dolphin Conservation Society Woodmark Ecocertification des bois VTT Vélo Tout-Terrain WWF-CAF WWF-Dette Nature WWF-Mada World Wildlife Fund Madagascar ZAC Zone d'aménagement Concertée ZC Zone de Conservation XIII
16 Abréviations & acronymes ZDS Zone de Service ZEE Zone Economique Exclusive ZICOMA Projet sur les Zones d'importance pour la Conservation des Oiseaux à Madagascar ZOC Zone d'occupation Contrôlée ZP Zone périphérique ZPR Zone de Protection ZSE Zone de Suivi Ecologique ZT Zone Tampon ZUC Zone d'utilisation Contrôlée ZUR Zone d'utilisation Réglementée ZZ Zoo de Zurich XIV
17 Glossaire GLOSSAIRE Barisa: breuvage sacré lors d'un rituel de possession. Betsa, betsa-betsa: boisson fermentée traditionnelle à base d'écorces. Betsimisaraka: ethnie malgache couvrant une grande partie de l'est de Madagascar. Bilahy: arbre dont l'écorce sert à la fabrication de betsa betsa. Bokaboka: gale. Dina: règle traditionnelle régissant les loies villageoises. Dintarana: douve. Famadihana: retournement des morts effectus essentiellement par les ethnies des Hautes Terres. Fanjakana: l'etat. Faritany: entité administrative correspondant à la province. Fidoboka: bâton pour frapper l'eau. Filaña: divination par l'intermédiaire d'un oracle ou d'un devin. Firaisana: entité administrative correspondant à la commune. Fivondronana: entité administrative correspondant à une sous-préfecture.. Fokonolona: regroupement clanique comprenant dans la majorité des cas un seul village ou plusieurs hameaux. Fokontany: plus petite entité administrative regroupant un ou plusieurs villages; son président est l'intermédiaire entre la mairie et la population. Haratobe: filet de pêche de minimum 50 mètres de longueur. Haratomandry: filet dormant restant en place plusieurs jours Hotely (gasy): petit restaurant malgache. Jòro: invocation sacrée. Lahy: piège à lémuriens. Manongehy: synonyme de tromba. Merina: ethnie des Hautes Terres aux allentours d'antananarivo. Oviala: tubercule de la famille de l'igname. Ravinala: arbre du voyageur. Sakalava: ethnie couvrant le terrtoire de l'ouest malgache. Savoka: jachère. Tavy: culture sur brûlis. Tevy ala: désigne le tavy au Nord de Madagascar Tromba: rituel traditionnel de possession. Tsimihety: ethnie malgache localisée au centre-nord avec un bras de territoire qui rejoint l'océan Indien vers Maroantsetra. Vako-drazana: chants traditionnels. Vazaha: étranger et par extension blanc. Vovo: nasse XV
18 Avant-propos I. AVANT-PROPOS La mise en œuvre de cette étude de faisabilité résulte d une demande de l Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées (ANGAP) adressée à l Ambassade de Suisse pour appuyer la recherche appliquée pour le développement des zones périphériques du Parc National de Masoala (PNM), de la volonté de développer la collaboration existante entre le Wildlife Conservation Society (WCS, cogestionnaire du PNM) et le Zoo de Zurich, et de soutenir l'effort de CARE, seul organisme œuvrant dans le développement rural en périphérie du PNM 1. C est dans cette optique qu une demande a été adressée et acceptée par l ESAPP (Eastern and Southern African Partnership Program), programme financé par la DDC (Direction du Développement et de la Coopération suisse) et géré en partenariat avec le CDE (Centre pour le Développement et l'environnement) de l'université de Berne. A l'orée de la phase 3 du Programme Environnemental (PE3) (cf. p.53), l'angap doit assurer la pérennisation de son financement pour la gestion des aires protégées (AP). Les volets assurant l'intégrité et la santé des AP (conservation et suivi écologique) seront probablement prioritaires par rapport au volet développement, comme ce fût déjà sensiblement le cas auparavant. Ainsi, un risque de déficit d'action de développement n'est pas à écarter. La gestion d une AP telle que le PNM, implique des problématiques très diversifiées et constitue des cas d étude concrets pour de nombreuses disciplines. Cependant, les demandes formulées mettent en évidence la nécessité de recherches appliquées au développement des zones périphériques indispensable à la conservation du PNM. Au niveau local, ceci se traduit par des recherches en vue de l amélioration de la gestion des ressources naturelles et la participation active des communautés villageoises des zones périphériques. 1 D'autres organismes, ONG ou associations ont fait des actions limitées géographiquement ou temporellement (interventions post-cycloniques notamment). 16
19 Approche II. APPROCHE II.1. Objectifs de l'étude de faisabilité Répertorier et évaluer les informations existantes (rapports écrits des différents institutions et organismes, publications scientifiques, entretiens avec diverses personnes-ressources) sur la Péninsule de Masoala et sur les zones périphériques en particulier. Evaluer les institutions et les organismes présents dans la Péninsule en dressant un bilan des différentes activités menées. Evaluer les potentialités socio-économiques, agronomiques et écotouristiques de la Péninsule. Identifier et évaluer les principaux besoins et stratégies en recherches appliquées en vue de l'élaboration future d'un plan de développement durable dans les zones périphériques. Explorer la justification d'un Centre de Recherches Appliquées à partir des besoins endogènes (si disponibles), de recherche, de développement et de conservation. Identifier des partenaires potentiels pour la mise en œuvre d activités de recherches appliquées, de développement et de conservation. II.2. Cadre de réflexion En préambule à cette étude de faisabilité nous présentons ci-dessous les concepts de base, idées préliminaires et philosophie générale qui ont guidé ce travail. Nous avons, d une part, suivi les lignes directrices de l ESAPP-CDE, et d autre part, intégré et évalué la pertinence des approches existantes ou suggérées, sur la base de nos expériences communes à Madagascar et des récents développements des mécanismes de conservation et de développement au niveau local, national et international. II.2.1. Lignes directrices de l'esapp-cde Les concepts majeurs développés par le CDE dans le cadre du programme ESAPP sont résumés par les approches SLM et SRD définies ci-dessous. SLM (Sustainable Land Management): système de techniques et/ou de planifications qui visent à intégrer l'environnement écologique avec les principes sociaux, économiques et politiques dans l'aménagement des terres (sols, eau, flore et faune) à des fins agricoles et pour répondre à des besoins humains changeants, garantissant à long terme le potentiel productif des ressources et la préservation des fonctions environnementales et culturelles. SRD (Sustainable Regional Development): développement durable focalisé sur une zone géographique spécifique qui intègre les problématiques régionales (développement socio-économique, planification et gestion durable des terres). Trois perspectives sont prédominantes dans cette démarche: Approche intégrée: L'approche systémique choisie (transversale et transdisciplinaire) permet de préciser les interactions entre les sphères écologiques et les sphères humaines, ainsi qu entre les individus (paysans) et les diverses institutions, avec un accent particulier sur celles impliquées dans la conservation et le développement. Extension géographique: La présence du PNM impose une problématique zonale, où les potentialités locales de développement sont sous l influence étroite des objectifs de conservation; l intégration régionale est également très importante du fait de la division administrative de la Péninsule et de la création de nouvelles aires protégées dans la région. Utilisateurs: Les principaux bénéficiaires et utilisateurs futurs d un programme de recherche appliquée, sont, dans notre cas, d une part les paysans des zones périphériques et d autre part, les institutions impliquées dans la recherche, le développement et la conservation. 17
20 Approche II.2.2. Demandes d'appui des gestionnaires du Parc L'ANGAP et WCS, gestionnaires actuels du parc, reconnaissent qu'ils ne peuvent aborder seuls tous les besoins qui existent en matière de gestion durable des ressources naturelles dans la Péninsule de Masoala. De plus ces deux organismes ciblent leur travail de gestion et de conservation à l'intérieur du PNM et sont conscients que la survie à long terme du parc dépend essentiellement des populations installées dans les zones périphériques. C'est ainsi que précédant notre étude de faisabilité, la direction du PNM a formulé la liste suivante d'études qu'ils considèrent comme prioritaires: Elaboration d un plan de développement durable des Zones Périphériques qui appui la conservation du PNM. Elaboration d un plan pour améliorer le niveau d éducation dans les villages situés dans les Zones Périphériques du PNM. Développer un plan pour améliorer l utilisation des sols par les communautés riveraines du PNM. Mesurer les taux d érosion de sol et l hydrologie générale de la Péninsule de Masoala, identifier les relations entre ceux-ci et la déforestation, et mesurer les impacts de l érosion sur les écosystèmes récifaux et marins. Cartographier à haute résolution la végétation du parc national en utilisation les techniques de télédétection et de vérification sur terrain. Mieux comprendre les relations spatiales et temporelles entre l utilisation des ressources marines et terrestres dans la région de Masoala. Suivi de la régénération des forêts et des écosystèmes suite aux perturbations naturelles et anthropogènes. Suivre l utilisation des ressources forestières à l intérieur et à l extérieur du PNM. Suivre l utilisation des ressources marines à l intérieur et à l extérieur du PNM. Etudier la production potentielle de produits artisanaux à Masoala pour l'exportation et la vente dans le cadre du nouvel Espace Masoala à Zurich. Développer une stratégie pour la gestion durable du corridor forestier qui relie Masoala au plateau Makira. Etudes culturelles, historiques et anthropologiques dans la région Masoala. Inventaires floristiques, faunistiques, etc., des écosystèmes terrestres et marins du PN Masoala. II.2.3. Valorisation des expériences de partenariats helvético-malgaches Les partenariats helvético-malgaches existants ou passés (associations, institutions, personnels) ont fourni des expériences, connaissances et compétences qui méritent d être valorisées dans le cadre élargi et concret défini par cette étude de faisabilité. En matière de recherche, deux projets de recherches appliquées suisses ont œuvré pendant plus de 8 ans à Madagascar en partenariat avec des institutions malgaches 2 sur le thème de la gestion des ressources naturelles (GRN) dans une problématique de développement durable 3 en milieu rural et en périphérie d'ap; le renforcement institutionnel et la formation d'étudiants, notamment à l'étranger, ont constitué les axes principaux de partenariat Nord-Sud. L'atelier de restitution tenu en mars 2001 (Projet EPB - ESSA-Forêt & Projet BEMA - FoFiFa, 2001) a certes permis une diffusion des principaux résultats de recherche, mais a également mis en évidence la nécessité de poursuivre certaines voies de recherches appliquées pour leur mise en œuvre concrète. En dehors de projets ad hoc, les bourses de la Confédération suisse ont appuyé la formation d'étudiants malgaches en Suisse dans diverses disciplines, en particulier en foresterie (EPFZ 4 ), écologie (LEVP 5 ), éco-hydrologie (EPFL 6 ), SIG 7 et en études du développement (IUED 8 ). 2 Le projet BEMA (Bilan écologique à Madagascar, en co-direction CDE-EPFZ) en partenariat avec le FoFiFa (Centre de recherches appliquées au développement rural) et le projet EPB (Ecologie politique & biodiversité en co-direction IUED-CJBG) avec l'essa-forêt (Ecole Supérieure des Sciences Agronomiques de l'université d'antananarivo-ankatso). 3 Ces 2 projets ont évolué dans le cadre du Module 7 "Environnement & Développement" du Programme Prioritaire pour l'environnement (PPE) du Fonds National Suisse pour la Recherche Scientifique (FNRS). 4 Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich. 5 LEVP, Laboratoire d'ecologie Végétale & de Phytosociologie de l'université de Neuchâtel 6 EPFZ, Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. 7 SIG, Système d'informations Géographiques. 8 IUED, Institut Universitaire d'etudes du Développement. 18
21 Approche La richesse naturelle de Madagascar suscite également une forte activité de recherche fondamentale sur la faune et la flore, quelquefois accompagnée par des initiatives de formation (p.ex. UNINE-PBZT 9, CJBG 10 ) ou, le plus souvent, limitée à l'exportation de matériel d'étude et à la publication d'articles scientifiques spécialisés. En matière de développement rural, Intercoopération 11 étend actuellement son rayon d'action (limités jusqu'alors au Betsileo, Imerina et Menabe) par la mise en œuvre d'un programme de développement rural dans les zones périphériques de la Réserve de Biosphère de l'unesco à Mananara-Nord dans un cadre biophysique et une problématique de conservation-développement très similaire au cas de Masoala. En matière de renforcement de compétences, divers bureaux d'études (DERAD, DEC, SAVAIVO, GAT 12 ) développent une expérience en matière de diagnostic environnemental et de développement. Cette "privatisation" des savoir-faires participe finalement à la pérennisation des compétences dans un cadre concurrentiel; ainsi, le bureau d'études DERAD est appuyé par l'esapp dans cet objectif. Dans le domaine associatif, de nombreuses associations contribuent localement à un appui important et à un échange d'idées, dont les acquis sont loin d'être négligeables, car souvent initiés par des contacts personnels; l'association APAM 13, par exemple, joue un rôle dans la promotion de la région de Masoala. Ces quelques exemples, les plus actuels, ne doivent pas dissimuler les partenariats échoués du fait de causes contextuelles, de personnalités ou de malentendus. Les modalités de renforcement des conditions-cadres et d'appui à la communication ont ainsi été considérées particulièrement. D'autre part, la mise en réseau des activités des institutions de recherche helvétiques à Madagascar est apparue opportune du fait de la réalisation de l Espace Masoala (Zoo de Zurich), qui pourra ultérieurement servir de plate-forme de diffusion tant au bénéfice du PNM et de Madagascar en général qu à celui des activités des institutions et organismes suisses. II.2.4. La pression internationale de conservation et le développement rural: Des moyens, des approches et des outils à intégrer. La conservation de l'environnement a pris une ampleur considérable ces dernières décennies à partir des pays occidentaux, catalysée par la convention sur la diversité biologique de Rio (CDB) globalisant du coup l'enjeu environnemental. Deux perspectives matérialisent l'enjeu mondial de l'environnement: La biodiversité, au-delà d'une dimension "esthétique", représente une ressource infinie de gènes et de produits susceptibles d'apporter des solutions nouvelles garantissant la santé et l'alimentation de l'humanité. La CDB régit l'usage et le partage équitable desdits bénéfices dans une perspective de développement durable. Les processus écologiques de certains écosystèmes (forêts et océans) qui assurent l'équilibre climatique global sont actuellement reconnus pour contrôler le réchauffement climatique et garantir la survie des sociétés actuelles. La convention de Kyoto ouvre de nouvelles voies de financements en matière d'action environnementale. Ainsi, les services assurés par la biodiversité et l'environnement sont actuellement un enjeu politicoéconomique mondial important; la pollution et l'utilisation de ressources de la biodiversité sont devenus des produits échangeables dans un cadre de commerce mondial. Cette valorisation économique des fonctions de l'environnement a contribué à la création de mécanismes de financements internationaux de la conservation pour le développement durable (CDB et Kyoto). L'effectivité des cadres définis dans ces conventions semble cependant être très relative au niveau des pays du Sud, du fait de soucis conjoncturels, apparemment prioritaires, de compétences encore insuffisantes et de processus de régulation déficients. La concrétisation des incitatifs économiques à la conservation issus de Rio reste majoritairement le fait d'agences de coopération bilatérales, moins que de sociétés privées, alors que les modalités de financements privés dans le cadre d'achat de "droits de pollution" du protocole de Kyoto restent encore floues 14. La valorisation économique de produits "écologiques" s'est également développée dans les sociétés occidentales, sans pour autant être la règle. Les produits labellisés restent cependant très dissuasifs en raison de leur coût et de la difficulté de leur mise en œuvre. Ils témoignent cependant d'une prise de conscience des consommateurs occidentaux de l'impact de nos économies mondiales sur l'environnement planétaire. Face à cet attirail politico-économique international, la gestion durable de la nature devrait se concrétiser d'ici peu dans nos sociétés instruites ouvertes aux changements, mais leur applicabilité dans des 9 Le partenariat de l'université de Neuchâtel (UNINE) avec le Parc Botanique & Zoologique de Tsimbazaza (PBZT) a permis la formation de 2 étudiants malgaches. 10 CJBG, Conservatoire & Jardin Botaniques de la Ville de Genève 11 Intercoopération est une fondation suisse oeuvrant essentiellement sous mandat de la DDC (Direction du Développement et de la Coopération suisse) 12 DERAD (ex- BEMA), Diagnostic Environnemental & Recherches Appliquées pour le Développement en milieu Rural; DEC, Développement Environnement Conseil; SAVAIVO (ex-terre/tany); GAT, Gestion et Aménagement du Terroir. 13 APAM, Association Projet d'analalava Madagascar 14 A Madagascar, le projet du Plateau de Makira dans le cadre du protocole de Kyoto révèle cette dimension internationale du partage coûts-bénéfices des services environnementaux (Berner, 2001). 19
22 Approche situations culturelles, politiques et économiques différentes reste très relative et dépendante des expériences de coopération et de développement internationales. Au vu des difficultés rencontrées par la conservation dans l ensemble des régions tropicales, il semble que l exploitation traditionnelle de la forêt et du patrimoine foncier qu'elle représente soit pour les populations rurales la solution optimale de survivre et de prospérer en accord avec leurs valeurs culturelles. Sans autre point de comparaison que leurs pratiques ancestrales et les alternatives introduites ou imposées, les paysans utilisent les ressources naturelles dans l'objectif d'assurer une prospérité basée sur l'autosuffisance alimentaire, la santé (relative s'il en est) et le respect des traditions. La valeur de la nature, comme pour tout homme, est partagée entre les services et fonctions qu'elle offre et une valeur intrinsèque sacrée, souvent bien éloignée du concept occidental de biodiversité; la forêt est un bien mis à la disposition des sociétés humaines en échange de rites et pratiques déterminées. Le développement fait ainsi face à des problématiques d'ordre psychosocial renforcées par un niveau d'instruction généralement faible; les perceptions jouent donc bien plus que les compréhensions des faits (sociaux, physiques ou surnaturels). Les "exigences" du développement en général se sont trouvées régulièrement en porte-à-faux par rapport aux situations locales du fait de démarches techniques avant tout; les approches participatives ou socio-organisationnelles, développées il y a plus de 20 ans, ont offert un compromis à cet état de fait et générées des actions qui, bien que souvent interventionnistes, correspondent à des réalités paysannes. Mais l'apparition de la conservation de la biodiversité a sensiblement modifié les critères de durabilité et engendré une situation d'urgence; la réorganisation des actions de coopérations internationales selon cet objectif a ajouté une difficulté supplémentaire à la recherche de solutions adaptées à des situations locales, qui elles n'ont guère changé. L'échec constaté des programmes de conservation et de développement intégrés (PCDI) témoigne de ce décalage de vues, d'outils et de moyens (l'approche participative était quasi-inexistante dans les PCDI généralement pilotés par des gestionnaires d'ap). Ces interventions aussi rapides qu'inappropriées sont qualifiées d'"ingérence écologique" (Rossi, 2000) ou de "gouvernance de la biodiversité" (Hufty, 2000). Récemment, le calcul coûts-bénéfices de la conservation opéré au niveau international a fourni l'argumentaire nécessaire à une sensibilisation globale sur les questions environnementales, d'une manière plus évidente que la biodiversité, concept trop complexe pour être perçu de manière uniforme (Brown, 1998). Une réflexion similaire, imposée localement par la présence d'ap, peut se faire au niveau d'un terroir villageois et contribué à une meilleure compréhension de la limitation des ressources et engendrer une responsabilisation propre à la mise en place de gestion locale sécurisée (GELOSE). Les mécanismes de financements internationaux sont susceptibles d'apporter une manne financière considérable dont la redistribution effective mérite un cadre adapté nécessitant des outils de régulation économique (incitatifs et dissuasifs) à tous les échelons (Kremen, Niles et al., 2002). L'élaboration de mesures d'accompagnements appropriées est urgente afin de faciliter l'octroi des "rémunérations spontanées" pour les services environnementaux, qui ont souvent contribué à renforcer des entités peu scrupuleuses. Il convient également d'évaluer l'impact potentiel de telles subventions, car l'augmentation des revenus non-forestiers n'incite pas toujours les populations locales à abandonner leurs activités traditionnelles. De plus, les cadres en préparation sont relativement flous au niveau des pénalités éventuelles et des procédures en cas de litiges (Durbin, Andrianarimisa et al., 2001). Ainsi, certains auteurs (Ferrero, 2000) ont évoqué l idée de paiements directs des populations locales (taxes) pour les services environnementaux des forêts. Cette idée provocatrice mérite une évaluation par une démarche de recherche participative, car l'estimation des bénéfices concrets de la forêt reste difficile à quantifier économiquement; une étude pilote dans la région de Maroantsetra pour exemple n'a pas montré d'amélioration significative des rendements rizicoles en comparant des bassins-versants boisés et non-boisés (ILO - FOFIFA, in prep). Ainsi, nous avons évalué les informations nécessaires à une mise en œuvre concrète des outils de régulation au niveau local (écotourisme, pépinières, ecolabels), régional (gestion forestière) et national (Kyoto et CDB). La prise de conscience des communautés locales de la valeur des services environnementaux exige parallèlement une recherche participative à même de proposer des mesures d'accompagnement appropriées (incitatifs et dissuasifs économiques). II.3. Démarche Cette étude de faisabilité repose avant tout sur une monographie poussée d une manière aussi large et accessible que possible (bien que probablement insuffisante aux yeux des opérateurs établis) de la Péninsule de Masoala qui couvre une grande partie de cette étude. Cet exercice s'est avéré nécessaire pour pallier, d'une part, à l'absence d'ouvrages synthétiques multidisciplinaires et, d'autre part, pour comprendre de manière la plus complète possible les problématiques locales dans le but de révéler la variété et la complexité des sujets possibles et de proposer des pistes de recherches diversifiées en conformité avec les réalités endogènes. Ces données permettront aussi aux futures institutions et 20
23 Approche organismes de se faire une idée du panorama régional écologique, humain et institutionnel ainsi que des différents acteurs et actions entreprises. Nous ne prétendons pas à une connaissance exhaustive mais plutôt une synthèse des différents documents existants ou accessibles en évoquant notamment la plupart des pistes potentielles d actions concrètes de développement participant à la conservation d une région d une extrême richesse biologique, humaine (historique, sociale et culturelle) méritant d être conservée et valorisée. Reposant essentiellement sur des recherches bibliographiques, cette étude comprend évidemment les limites imputables à une telle démarche, des travaux supplémentaires sur le terrain paraissent essentiels pour alimenter des données encore insuffisantes surtout en ce qui concerne les zones périphériques. Nous avons aussi eu recours à des informations, parfois très distantes du cas d'étude notamment par le biais de l'internet pour mettre en évidence les points forts et points faibles de la région en regard des problématiques nationales et internationales de développement et de conservation. Même si nous nous concentrons sur les zones périphériques, il est apparu essentiel de comprendre les problématiques du PNM qui sont étroitement liées aux différentes pressions et potentiels en présence. Il est à souligner dans ce contexte que les recherches existantes à l'intérieur du PNM sont nombreuses, si nous les passons tout de même en revue, nous n'allons pas nous focaliser là-dessus. Il apparaîtra clairement au cours de la lecture que si certaines parties sont très fournies d'autres manquent d'informations de base. Ceci contribuera à fournir des indications concernant entre autre les besoins de recherches. Afin de préciser dans quelles mesures le développement d activités de recherches appliquées dans les zones périphériques pourrait contribuer à améliorer le développement durable de la région (conservation et développement), nous avons procédé comme suit: Panorama des différentes activités mises en œuvre, de leur efficacité, de leur cohérence, de leur coût social et écologique. Panorama des opérateurs régionaux, de leur historique, de leur synergie, de leur activité actuelle, de leur offre thématique et de leur approche. Panorama des besoins manifestés par les populations rurales des zones périphériques. Panorama des institutions de recherches appliquées, de leurs compétences, de leur offre thématique, de leurs expériences et synergies à Madagascar et dans la Péninsule de Masoala en particulier. Panorama des potentialités agronomiques, halieutiques, économiques et écotouristiques dans une perspective de développement durable assurant la conservation du PNM et le développement des zones périphériques. Une analyse bibliographique thématique a permis de préciser les zones d ombre en matière de recherches appliquées en regard des potentialités identifiées. Dans une première étape, les documents synthétiques (rapports annuels, consultations, évaluations) et scientifiques des institutions principales engagées dans le processus de conservation-développement de Masoala ont été analysés quantitativement et qualitativement (examen relationnel-organisationnel, blocages, cohérences-incohérences ). Dans une deuxième étape, des entretiens avec divers opérateurs ont permis de répondre aux éventuelles incohérences observées et de préciser le cadre général futur d une mise en synergie des opérateurs présents et de la possibilité d'un programme de recherches appliquées. La perspective des populations locales, souvent effacée dans les rapports, méritera une attention particulière et un travail d enquêtes sur le terrain, que nous proposons d effectuer dans une étude ultérieure. Etant donné la démarche utilisée et les données en notre possession, l'étude n'aboutit pas sur une proposition concrète de programme de recherches appliquées, mais plus sur des propositions qui mériteront d'être développées à l'avenir. Il faut finalement souligner le contexte économique et politique malgache dans lequel s est faite cette étude. La conjoncture ne nous a d une part pas permis de nous rendre dans la Péninsule de Masoala et d autre part nous a rendu difficile les mises en relation avec différents interlocuteurs, notamment les personnes ressources des organismes. 21
24 Présentation de la région III. PRÉSENTATION DE LA RÉGION III.1. La Péninsule de Masoala Située au Nord-Est de Madagascar, la Péninsule de Masoala (5'200 km 2 ) est limitée à l'ouest par la Baie d'antongil, à l'est par l'océan Indien et au Nord, grossièrement, par le col de Radama (547 m) (Besairie, 1965). Arrosée abondamment presque toute l'année (précipitations moyennes annuelles entre 2'800 et 3'200 mm), cette région très accidentée (max. 1'224 m à Ambohitsitondroina) est recouverte en majeure partie de forêts naturelles humides et sub-humides comprenant une faune et une flore unique. Mis à part cette richesse forestière, le paysage naturel de Masoala est parsemé de chutes et de rivières et ses côtes sont ponctuées de récifs marins, de mangroves et de plages. A cheval sur deux provinces au niveau administratif (Toamasina et Antsiranana), la Péninsule de Masoala est encadrée par deux centres urbains: Maroantsetra à l Ouest et Antalaha, "la capitale de la vanille" au Nord-Est. Sa population, estimée à plus de 80'000 habitants, est composée majoritairement de Betsimisaraka qui cultivent le riz pluvial ou tavy et des cultures de rente (vanille, girofle). Carte 1. Situation de la Péninsule de Masoala dans le Nord-Est de Madagascar. III.1.1. Une région enclavée En terme d'accessibilité aérienne, outre les deux aéroports de Maroantsetra et d'antalaha, il existe une piste pour avions légers et hélicoptères à Ampanavoana mais qui n'est plus desservie régulièrement depuis les années 50 et dont la réhabilitation est suggérée (Laizoma, 1997). L'accessibilité par voie terrestre est soumise aux aléas climatiques (cyclones, pluies) durant les mois de janvier-février principalement qui endommagent notamment les ponts et l'état de la piste, en particulier pour la route (RN 5A) non goudronnée qui relie Antalaha à Sambava. La route Tamatave-Maroantsetra (RN 5) est accessible en voiture 4x4 mais représente souvent un parcours incertain en raisons des nombreux bacs, ponts et ponts flottants que l'on rencontre. Du côté Nord, même si l'on pouvait encore atteindre Fizono il y a vingt ans, la route de Maroantsetra à Antalaha est actuellement un tracé essentiellement pédestre connu comme un trek écotouristique de 4-5 jours, mais la piste reste cyclable jusqu'à Mahalevona (Laizoma, 1997). Du côté Est, s'il était possible de se rendre jusqu'à Vinanivao en voiture jusqu'en 1969, et jusqu'à Ambohitralanana jusqu'en 1994, la route est actuellement coupée et ne permet le passage d'aucun véhicule motorisé. A noter que le prolongement de la piste au Sud d'ambohitralanana avait été initié par les autorités des villages situées au Sud et réalisé essentiellement par les villageois (Hottin & Liandrat, 1963). Depuis le départ de l'industrie de palmier à huile d'ambodirafia, plus personne ne s'occupe de l'entretien de cette piste (Laizoma, 1997). Le chemin de fer de Tampolo (forêt de cannelle) fut utilisé pour l'extraction de bois (Ratsifandrihamanana, 1999). D une manière générale, le transport maritime reste ainsi le seul moyen pour relier les villages côtiers; la pénétration à l'intérieur se fait généralement à pied et la navigation fluviale est limitée aux portions basses des cours d eau. La mer reste pourtant très agitée de mai à septembre; de plus, les bateaux sont peu nombreux et ne respectent généralement pas les normes de sécurité (de nombreux naufrages ont été enregistrés) malgré le prix élevé demandés aux passagers (Laizoma, 1997). La Compagnie Malgache de Navigation (CMN) relie Diego à Tamatave en passant par Antalaha et Maroantsetra. La communication téléphonique avec Maroantsetra s'avère difficile. L'installation du système téléphonique cellulaire à Antalaha a favorisé les communications inter-urbaines. Le BLU, en dehors des centres urbains notamment, a été adopté par certains opérateurs (Laizoma, 1997). Ces premières informations peuvent notamment expliquer le nombre limité de programmes en cours dans la Péninsule, ainsi que sa fréquentation humaine relativement peu élevée. 22
25 Présentation de la région III.1.2. Une région divisée administrativement Un quart de la superficie de la Péninsule de Masoala est localisé dans le faritany (province) de Toamasina (Tamatave) représentée par le fivondronana (sous-préfecture) de Maroantsetra, alors que les trois-quarts restants sont situés dans le faritany d Antsiranana (Diego) représentée par le fivondronana d'antalaha. Dans le contexte de la décentralisation et de l'instauration des provinces autonomes, la situation de la Péninsule n'est pas optimale: elle se trouve à cheval sur deux provinces, et les centres administratifs de Tamatave et de Diego sont très éloignés (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). La mise en place effective des provinces avec la nomination de gouverneurs en 2001 et la définition de décrets touchant notamment les ressources forestières, les aires protégées et l'installation d'organismes, risque d'être remise en cause avec les événements politiques actuels. L'installation des centres régionaux des différents organismes de recherche, conservation et développement à Maroantsetra ou Antalaha devient une question politico-administrative qui sera prise en compte en plus de la question d'enclavement. III ANTSIRANANA-ANTALAHA En raison de sa richesse relative (province la moins pauvre de Madagascar), la province d Antsiranana n est pas une priorité d intervention pour la plupart des bailleurs de fonds (pour exemple 6% du financement de la Banque Mondiale (BM) à Madagascar est attribué à cette province). Afin de nuancer cette remarque, il faut noter que cette faible intervention est également due à un manque d ONG dans la province susceptibles de participer aux projets sectoriels de la BM (PSLT-Nord & CARE International, 1998). Carte 2. Carte de la Province d'antsiranana ou Diego, surfaces forestières et aires protégées ( Les priorités sectorielles de lutte contre la pauvreté, par exemple, restent cependant valables dans la province, même si le nombre de projets à y entreprendre est sans doute moins élevé ou de nature différente qu ailleurs (appui à des secteurs industriels, vanille, pêche, café) (PSLT-Nord & CARE International, 1998). La rareté des ONG dans la province Nord (concentrées autour de Diego) est encore plus accentuée dans la région d Antalaha et les dégâts cycloniques sont la principale cause d interventions humanitaires des bailleurs (l'ue -Union Européenne- intervient sur la réhabilitation de voies de communication, ouvrages d art, appui agricole). Les interventions des organes de l'etat (ANAE, FID, OTIV, MEC) sont concentrées dans les zones les plus accessibles ou sur la demande de projets externes de conservation ou de développement (ANGAP/WWF Marojejy- Anjanaharibe). III TAMATAVE-MAROANTSETRA En l absence de données comparatives pour le fivondronana de Maroantsetra, nous pouvons cependant extrapoler les données d Antalaha, mais à la baisse. Carte 3. Carte de la Province de Toamasina ou Tamatave, surfaces forestières et aires protégées ( 23
26 Présentation de la région La Péninsule de Masoala se situe donc dans un contexte de pauvreté important prétéritant l avenir de sa population et de sa richesse naturelle (PSLT-Nord & CARE International, 1998). Les interventions des organes de l'etat (ANAE, FID, OTIV, MEC, ONE-SAGE) sont concentrées dans les zones les plus accessibles ou sous la demande de projets externes de conservation ou de développement (ANGAP/WCS Masoala, ANGAP/Intercoopération Mananara-Nord, GILZC Baie d'antongil). Tableau 1. Tableau récapitulatif des principaux indicateurs des sous-préfectures et provinces de Maroantsetra-Toamasina et Antalaha- Antsiranana avec les valeurs nationales pour comparaison. Source: Instat & (PSLT-Nord & CARE International, 1998). Classe Indicateur Ambanja Antalaha Antsiranana Madagascar < 15 ans 47.90% 45.90% 52.30% 52.50% > 15 ans 44.16% 49.00% 44.20% 44.80% > 60 ans 7.94% 5.10% Densité 21.1 hab/km hab/km hab/km hab/km2 Femmes 51.80% 50.72% 51.10% 50.40% Santé Education Economie Démographie Hommes 48.20% 49.28% 48.90% 49.60% Indice synthétique de fécondité 5.30% 5.90% Population totale 121'149 hab 141'938 hab 942'410 hab 12'200'000 hab Superficie 5'733 km2 6'127 km2 43'046 km2 592'000 km2 Taille moyenne du ménage Taux brut de mortalité 1.30% 3.18% 1.38% 1.44% Taux brut de natalité % 15.94% 4.14% 4.43% Taux de croissance 2.50% 2.71% 2.63% 2.68% Taux d'immigration 54.00% 8.00% Population active 44.60% 93.60% 46.03% 43.30% Population féminine active 31.12% 31.24% Population rurale 69.00% 84.00% 81.20% 78.00% Population urbaine 31.00% 16.00% 18.80% 22.00% Secteur primaire 70.00% 86.00% 81.50% Secteur secondaire 5.00% 3.50% 5.10% Secteur tertiaire 25.00% 8.90% 11.40% Femmes analphabètes 56.10% 56.10% Hommes analphabètes 47.40% 49.30% Nombre d'élèves par classe ou par enseignant Nombre d'élèves par classe ou par enseignant CEG Nombre d'élèves par classe ou par enseignant Lycée Nombre d'élèves par classe ou par enseignant primaire Taux d'alphabétisation 33.00% 46.90% 48.20% 47.20% Taux de redoublement primaire 81.00% 67.32% 36.90% 32.40% Taux de redoublement secondaire 75.00% 72.31% 26.50% 24.70% Taux de scolarisation 77.20% Taux de scolarisation primaire % 99.00% Taux de scolarisation secondaire 26.40% 14.56% Taux de scolarisation supérieure 1.01% 2.41% Apport calorifique (2'100 cal/hab/j) Apport calorifique moyen Espérance de vie 52.0 ans 54.6 ans 52.1 ans Nombre d'habitants pour 1 médecin 12'500 hab 10'737 hab 13'939 hab 12'200 hab Population ayant accès à l'eau potable 60.50% 71.80% Population féminine ayant accès au centre maternel et infantile 44.10% 41.70% Populations ayant accès à l'assainissement 24.40% 34.20% Taux de mortalité infantile < 5 ans 1.72% 16.55% 16.25% Taux de mortalité infantile <1 an 9.70% 9.01% Taux de vaccination enfants 1 an 22.60% 29.70% 24
27 Présentation de la région - Contexte environnemental III.2. Contexte environnemental La Péninsule de Masoala, de par sa diversité géomorphologique, représente un milieu naturel varié; sa richesse écologique se partage entre des écosystèmes forestiers terrestres, des écosystèmes récifaux marins, des écosystèmes lagunaires et des mangroves. III.2.1. Climat Par sa localisation, la région de Masoala est fortement exposée aux alizés humides du sud et sud-est (avriloctobre) et aux moussons de l'est et nord-est (novembre-février) qui déchargent des précipitations importantes en raison du relief accentué de la Péninsule (Louvel, 1910). D après les données des stations météorologiques, la région de Masoala est l une des régions les plus arrosées de Madagascar, en particulier la station d Andranobe qui présente des valeurs records pour Madagascar (Laizoma, 1997). Les précipitations sont plus importantes sur le versant Ouest et dans la Baie d Antongil en saison cyclonique, mais comparables le reste de l année. Graphique 1. Précipitations moyennes mensuelles en mm (Service Météorologique). Graphique 2. Nombre moyen de jours de pluie par mois (Service Météorologique). Les températures sont comparables pour l ensemble des stations; le mois le plus froid est août avec 21 C en moyenne, alors que le mois le plus chaud est janvier avec 26 C en moyenne (Abraham, Andrianisa et al., 1997). Cette période chaude et pluvieuse apporte régulièrement des cyclones formés dans le Sud de l Océan Indien, parfois dévastateurs; le cyclone le plus fort de mémoire d'homme (Hudah) est passé le 2 avril 2000 sur la Péninsule (WCS, 2000a). La régularité des cyclones peut probablement justifier la perpétuation du tavy, car il constitue le système de production le moins risqué face au risque cyclonique. Ainsi, on peut reconnaître trois "saisons" climatiques: période cyclonique (janvier-mars), période à crachin (mai-septembre), période "sèche" (septembre-décembre). D un point de vue bioclimatique (précipitations, températures, hygrométrie, durée de la saison sèche), la région de Masoala est sans conteste la région la plus humide de Madagascar (Cornet, 1973). Graphique 3. Températures minimales et maximales moyennes par mois (Service Météorologique). Les milieux naturels, ainsi que les sociétés paysannes, se sont adaptés à ces conditions climatiques particulières. C est durant la saison sèche que les agriculteurs défrichent par brûlis les futures parcelles de riz pluvial et que la fréquentation touristique est la plus élevée (la plupart des brochures touristiques préconisent cette période considérée comme idéale). La plupart des activités de développement (réhabilitation des voies de desserte, infrastructures) et de conservation (marquage du PNM, ACE, patrouilles, entretien des sentiers) sont également planifiées durant cette période. 25
28 Présentation de la région - Contexte environnemental Tableau 2. Précipitations moyennes pour quelques stations météorologiques de Masoala. Source: Service météorologique & pour Andranobe (Thorstrom & Watson, 1994). Station Précipitations moyennes annuelles (jours de pluie) Précipitations moyennes annuelles (mm) Période Temp minimale ( C) Temp maximale ( C) Temp moyenne ( C) Période Antalaha (côte Est) jour(s) 2'212.3 mm C 27.9 C 24.2 C Cap Est (côte Est) jour(s) 2'750.0 mm Cap Masoala (pointe Sud) jour(s) 3'054.5 mm C 27.5 C 24.1 C Andranobe (côte Ouest) 5'807.8 mm Maroantsetra (côte Ouest) jour(s) 3'751.1 mm C 27.8 C 23.6 C Moyenne jour(s) 2'942.0 mm 20.2 C 27.7 C 24.0 C Carte 4. Carte bioclimatique de Madagascar d'après Cornet (à partir de Figure 1. Cyclone dans l'océan Indien (à partir de atelliteworld/indianoceansatellite_large.html). Figure 2. Tracés des cyclones pour les années 1995 à 2002 (à partir de 26
29 Présentation de la région - Contexte environnemental III.2.2. Géomorphologie III GEOLOGIE & TOPOGRAPHIE La Péninsule de Masoala est constituée au niveau géologique d un horst granitique (système du Vohibory précambrien), démarqué à l Ouest par l effondrement de la Baie d Antongil (Besairie, 1965). La roche-mère est donc principalement granitique, excepté quelques portions d alluvions ou de basaltes (Hottin & Liandrat, 1963). La topographie est très accidentée et compartimentée du fait de plusieurs systèmes de fractures (Besairie, 1965); les altitudes les plus hautes sont concentrées dans l Ouest (l altitude maximale est de 1224 m à Ambohitsitondroina de Mahalevona), alors que la portion Est se situe généralement en dessous de 600 m. La zone côtière est marquée par des basses collines séparées par des zones alluviales ou marécageuses importantes, d où émergent ça et là des crêtes discontinues (filons de quartz -Ambato 398 m,- ou dykes de dolérites et des coulées volcaniques). L'île de Nosy Mangabe situé dans la Baie d'antongil culmine à 332 m. Carte 5. Géologie de la Péninsule de Masoala (Besairie, 1971) III HYDROGRAPHIE De part sa nature géologique, la Péninsule de Masoala présente un réseau hydrographique dense et torrentiel dès les altitudes moyennes, découlant sur quelques rivières, présentant toujours des portions torrentueuses rendant ainsi la navigation fluviale difficile. Du fait de la nature variable des roches (dykes basiques ou bancs éruptifs), les cours d eau ont régulièrement des séries de chutes, de rapides et quelques cascades (cascade de Fotondraina à Ampanavoana). La chute de Bevontsira dans le centre de la Péninsule s'écoule sur 80 m dans un cirque impressionnant. 27
30 Présentation de la région - Contexte environnemental Les 11 bassins-versants principaux qui compartimentent la Péninsule ont été utilisés comme base du zonage de la Péninsule de Masoala. Seules l Ambanizana & la Mahalevona coulent d est en ouest et débouchent sur la Baie d Antongil; ainsi, la ligne de partage des eaux Baie d Antongil / Océan Indien est très décentrée à l ouest et passe approximativement par une ligne Cap Masoala - Col de Radama. Certaines rivières se terminent par des plaines alluviales voire des deltas (Ratsianarana) (Besairie, 1965); la région de Maroantsetra offre une plaine alluviale importante. Photographie 1. Plaine de Maroantsetra. Culture de paddy dans la plaine fluviale autour de Maroantsetra (juillet-août 2001, P. O. Berner in (Berner, 2001) à partir de III SOL ET FERTILITE Cette topographie fortement accidentée explique notamment la disparité de la population à l'intérieur de la Péninsule; les sols riches des bas-fonds ont au contraire participé à l'implantation humaine pour l'installation de rizières irriguées. Les petites poches alluviales cultivées en rizières sont les principaux points d'implantation des populations en particulier dans la partie Nord-Ouest et Nord-Est (Hottin & Liandrat, 1963). D un point de vue pédologique, les informations sont rares et localisées, mais au vu de l uniformité climatique et géologique, les extrapolations sont permises. Dans la région de Sahafary, le sol des collines est de nature ferrallitique (rouge et jaune) et les sols forestiers présentent une couche humifère épaisse; les bas-fonds et les bas de versant présentent un sol noir, plutôt riche sur alluvions argileuses et des sols sableux se rencontrent notamment le long de la rivière Ianobe (Abraham, Andrianisa et al., 1997). La zone côtière basaltique du Sud- Est est favorable aux plantations réduites de girofle, café, vanille (Besairie, 1965). III LITTORAL L environnement marin et côtier de la Péninsule de Masoala est subdivisé en deux littoraux distincts: d une part la côte Est donnant sur l Océan Indien avec de beaux lagons ourlés de récifs coralliens discontinus (absent au Centre-Est) et d autre part la côte Ouest ouvrant sur la Baie d Antongil qui est dépourvue d édifice récifal (excepté le platier corallien à 5-10 m dans le Sud-Ouest, Tampolo), mais qui présente un intérêt du point de vue de la pêche traditionnelle et industrielle (Cooke, 1998) et des plages de galets, de sable corallien blanc voire rocheuses. Le plateau continental ne s étend guère au-delà de la côte Est, à moins de 25 km, et l on atteint très rapidement les profondeurs océaniques. La Baie d Antongil se distingue par une profondeur moyenne de 20 à 50 m (ce qui ne prévient aucunement de mers très fortes) (Rechenmann, 1982). Photographie 2. Masoala est la dernière région de Madagascar où la forêt dense humide est en contact avec les côtes rocheuses (à partir de III SOUS-SOL Masoala renferme des richesses minières telles que le quartz (parfois avec rutile et tourmaline) et l'or mais négligeables par rapport à d autres régions (Laizoma, 1997). Des sources d eau chaude (à faible débit, C) sont mentionnées dans la région d Antalaha: Marolakana ("beaucoup de pirogues"), Antsasaka et Doanibe (Besairie, 1965). 28
31 Présentation de la région - Contexte environnemental III.2.3. Biodiversité La Péninsule de Masoala est reconnue mondialement pour sa diversité biologique représentée par des espèces-phares (lémurien à col rouge, hibou rouge, aigle serpentaire, le célèbre Thaktajania, etc.) qui témoignent d un taux élevé d endémisme (ANGAP, 2001). La Baie d Antongil et les zones littorales de la Péninsule représentent des écosystèmes riches et un sanctuaire pour les mammifères marins (Odendaal, Kroese et al., 1994). Figure 3. L'aigle serpentaire (Eutriorchis astur) une des espèces d'oiseaux les plus rares au monde, dont la répartition est restreinte à quelques forêts humides de Madagascar. III TYPES D ECOSYSTEMES La classification des habitats forestiers varie sensiblement selon les problématiques considérées (Laizoma, 1997) et selon les indicateurs utilisés (faune, flore, altitude, bioclimats). Les différents types d habitats forestiers reconnus dans le PCDI (Programme de Développement et de Conservation Intégrés) permettent d évaluer leur importance en superficie (cf. tableau ci-après). Les milieux secondaires, successifs à la culture sur brûlis, sont peu connus, bien que leur rôle écologique ne soit pas à négliger en terme de conservation (restauration écologique) et de développement (jachères améliorées). La transformation (secondarisation) du paysage est généralement réduite à une dynamique de dégradation: après plusieurs défrichements successifs des savoka (jachères composées d Harungana madagascariensis, harongana, d Aframommum angustifolium, lingoza et de Trema orientalis, angezoka), des formations herbeuses très dégradées apparaissent (savane, à Clidemia hirta trotroka et à Sida rhombifolia) (Abraham, Andrianisa et al., 1997). Cependant, Perrier mentionne que les savoka de Masoala ont un potentiel de régénération plus important que dans d autres régions de Madagascar (Perrier de la Bâthie, 1921). Mais, à l exception de Solanum torvum qui envahit les zones défrichées, les informations relatives aux espèces potentiellement envahissantes (pestes végétales) restent peu documentées (Rubus mollucanus, Clidemia hirta, Lantana camara, Rubus roseifolius, Solanum auriculatum, bambou, ); ces espèces colonisent généralement une région par les formations secondaires, friches et jachères et envahissent alors les forêts primaires à la faveur d une perturbation importante (cyclone par exemple) de la couverture forestière (Binggeli, in press). Carte 6. Carte de végétation dynamique (Bastian, 1967). Les écosystèmes marins et côtiers restent peu connus, mais vu leur importance, un inventaire des organismes marins dans la Baie d'antongil a été lancé en septembre 2000 afin de contribuer au futur programme de gestion de la zone côtière intégrée de la baie (WCS, 2000b; WCS, 2000a). 29
32 Présentation de la région - Contexte environnemental Tableau 3. Types d'habitats forestiers et leur représentativité en termes de surface. Source: (Projet Masoala, 1995b). Superficie dans la Péninsule Superficie dans le parc Type d'habitat Surface totale (ha) % par rapport à la surface totale de la Péninsule Surface totale (ha) % par rapport à la surface totale de la Péninsule Forêt littorale mélangée avec mangrove, forêt inondée et marécages 12'300 ha 2.88% 2'300 ha 19.30% Forêt pluviale de haute altitude (>700 m) 51'600 ha 12.02% 40'300 ha 78.30% Forêt pluviale de moyenne altitude ( m) 82'900 ha 19.40% 67'700 ha 81.70% Forêt pluviale de basse altitude (<400 m) 162'000 ha 37.90% 95'100 ha 58.70% Zones agricoles avec forêts secondaires 119'000 ha 27.80% 4'800 ha 4.10% Total 427'800 ha % 210'200 ha 49.20% III BIODIVERSITE FAUNISTIQUE ET FLORISTIQUE La biodiversité de la Péninsule de Masoala est exceptionnelle à plusieurs titres, pour la faune et pour la flore: C est le dernier grand refuge forestier pour bon nombre d espèces endémiques de la région tropicale humide de l'est malgache (forêts humides de basse altitude et forêts littorales); Le taux d espèces endémiques propres à Masoala est très élevé et de nombreuses espèces nouvelles pour la science (plantes, reptiles, insectes, ) sont découvertes chaque année (p.ex. 15 nouvelles espèces d Impatiens ont été découvertes en 2 semaines de travail (Fischer, Rahelivololona et al., in press)); Les écosystèmes marins très diversifiés (mangroves, récifs coralliens, lagons, herbiers) abritent une diversité encore mal connue; Présence de nombreuses espèces emblématiques (aigle serpentaire, lémurien à col rouge, aïe-aïe, hibou rouge, baleine à bosse, dugong, Thaktajania), concentrant les activités de recherches scientifiques, de conservation et de sensibilisation. Carte 7. Priorités de la conservation à Madagascar définies lors de l'atelier scientifique de 1995 (Rakotosamimanana & Ganzhorn, 1995). Le catalogue des documents de recherche (disponible à la Bibliothèque du Projet à Maroantsetra) témoigne de 44 rapports de recherche sur 32 sites de recherche (18 dans l écosystème terrestre, 9 dans l écosystème marin, 5 dans les mangroves). Le statut de la faune et de la flore introduite (potentiellement envahissante) est peu documenté, excepté une étude d'impact du sanglier (Potamochoerus porcus) responsables de dégâts aux cultures et de modifications sensibles des écosystèmes forestiers (Andrianjakarivelo, 1999). 30
33 Présentation de la région - Contexte environnemental a... Diversité de la flore 2'435 espèces de plantes ont été inventoriées à Masoala dans 7 types de formations végétales (forêt de mangroves, forêt littorale, marécage vierge, forêt galerie de basse altitude, forêt dense humide de basse altitude, forêt dense humide de montagne, végétation éricoïde de haute altitude) (CARE Madagascar, 1999). Photographie 3. Le Nepenthes de Masoala (Nepenthes masoaliensis) une plante carnivore endémique de Masoala (à partir de Les forêts littorales sur basalte (Parc Détaché de Beankora(ka)-Masoala) possèdent une biodiversité exceptionnelle, bien que peu documentées pour Masoala (Dumetz, 1999). Les cryptogames (ptéridophytes, mousses, lichens) comptent environ 350 espèces (dont 174 espèces de fougères). L'inventaire floristique de Masoala par le MBG (en cours) apporte régulièrement son lot de nouvelles espèces dans de nombreux groupes. La position phytogéographique de la Péninsule de Masoala est très favorable à la redécouverte d'espèces oubliées (pas d'informations depuis plus de 100 ans). Les espèces les plus emblématiques sont des palmiers (nombreux genres dont un s'appelle Masoala), quelques arbres monumentaux, de nombreuses espèces d'orchidées, une plante carnivore (Nepenthes masoaliensis), etc. La découverte d'une population de Thaktajania, l'arbre symbole de Madagascar lors de l'exposition d'hannover, pourrait se révéler encore plus intéressante s'il s'agit d'une nouvelle espèce. Photographie 4. La forêt dense humide de Masoala recèle une flore riche et méconnue (à gauche en haut: Orchidée des bords des ruisseaux; à droite en haut: Vitex cauliflora (Verbenaceae) à inflorescences sur le tronc; à droite au milieu: Eugenia jambos (Myrtaceae), une plante aux fruits comestibles; en bas: Canarium sp. (Burseraceae), le plus grand arbre de la forêt malgache.(masoala, sept 1996, S. Wohlhauser) b... Diversité de la faune A une biodiversité végétale phénoménale est évidemment associée une faune unique méconnue. Les groupes étudiés ont tous révélé la diversité exceptionnelle de Masoala (Swanson, 1996; WCS, PCDI Masoala et al., 1999). Oiseaux: 90 espèces, dont certaines espèces forestières endémiques rares p.ex. le vanga casqué (Euryceros prevostii); deux espèces suspectées disparues ont été retrouvées à Masoala et représente un effort de recherche et de conservation important: l'aigle serpentaire (Eutriorchis astur) et le hibou rouge (Tyto soumagnei). Photographie 5. Le vanga casqué (Euryceros prevostii) espèce endémique de Madagascar, localisée dans les forêts humides du Nord-Est de Madagascar (à partir de Nick Garbutt). 31
34 Présentation de la région - Contexte environnemental Reptiles (lézards, geckos, caméléons, ): 60 espèces dont 4 espèces de tortues marines (2 sites de ponte Fampotakely) et le crocodile (mamba, voay) Amphibiens: 44 espèces Poissons: 23 espèces d'eau douce et 112 espèces marines. Mammifères: 10 espèces de lémuriens, dont Varecia variegata rubra (une sous espèce endémique de la Péninsule) ainsi que l'aïe-aïe introduit à Nosy Mangabe (qui contribue à en faire une attraction touristique) 7 espèces de carnivores (fossa, Viverridae) 10 espèces d'insectivores 9 espèces de rongeurs 18 espèces de Tenrecs (hérissons malgaches) 14 espèces de chauves-souris (Chiroptères), dont Myzopoda aurita (Masoala est le site le plus riche de Madagascar) plusieurs espèces de mammifères marins (cétacés & siréniens), dont la baleine à bosse (Megaptera novaeangliae) qui vient mettre bas dans la Baie d'antongil et le dugong (Dugon dugon), hôte cryptique des zones côtières. Photographie 6. Le Aïe-Aïe (Daubentonia madagascariensis) lémurien nocturne maudit par les populations dans la plupart des régions de Madagascar et adulé des programmes de conservation internationaux; à Masoala l'attrait touristique qu'il représente tend à diminuer les croyances maléfiques qui pèsent sur lui (Sambirano, avril 1999, S. Wohlhauser). Photographie 7. Le dugong (Dugon dugon) reste très cryptique à Madagascar, mais les herbiers marins convoités par cette espèce sont présents sur la côte Est, la pointe Sud et dans la Baie d Antongil (D. Perrine, seapics.com à partir de Insectes: Plus de 500 espèces inventoriées, chiffre très éloigné de la réalité. Les données issues des études de groupes-cibles pour la délimitation du PNM. Cicindèles (Cicindelidae, Coléoptères): 22 espèces Scarabées (Scarabeidae, Coléoptères): 97 espèces Papillons (Lépidoptères): 135 espèces de papillons diurnes, existence d une base de données sur les espèces de Masoala potentiellement commercialisables (Kremen, Lees et al., 1995). Autres Invertébrés: les invertébrés marins et terrestres ont été inventoriés superficiellement; 41 genres de Corail, 77 espèces de Gastéropodes, 49 espèces de Mollusques marins, 11 espèces d'oursins, 6 espèces de Crustacés marins. Photographie 8. Phasme de Masoala (Ambohitsitondroina, Masoala, septembre 96, S. Wohlhauser) 32
35 Présentation de la région - Contexte humain III.3. Contexte humain III.3.1. Une région qui possède un riche héritage historique Les côtes de la Baie d Antongil ont une histoire humaine très ancienne et seraient le deuxième site de colonisation à Madagascar, après les grottes de Lakaton i Anja (estimé à env. 400 ans après JC., Montagne des Français à côté de Diego) (Dewar, 1997). Les études archéologiques, concentrées dans la région de Mananara et dans une moindre mesure à Nosy Mangabe, ont révélé des traces d occupation humaine qui remontent au XIII e siècle. Selon ces études, les nouveaux-venus ne pratiquaient pas de riziculture, mais devaient se nourrir de culture noncéréalière ne laissant pas de traces archéologiques (igname, taro); la riziculture pluviale ne serait apparue que durant la phase Serenambe entre le XIII e et XVI e siècle. La région aurait ensuite été le théâtre du développement de multiples communautés à hiérarchie sociale peu développée et au "conservatisme" marqué, encore affirmé de nos jours (Wright & Rakotoarisoa, 1997). Après la soi-disant "découverte" de Madagascar en mai 1500 par Diego Diaz, les Portugais installèrent l'un de leurs premiers comptoirs sur les côtes malgaches en 1503 à Nosy Mangabe. En 1595 l'amiral Cornelis de Houtman arriva à Maroantsetra et découvrit un centre de commerce important. Les Hollandais remplacent les Portugais qui signèrent un traité de protectorat avec un chef de Maroantsetra, les Français, arrivés par le sud, vinrent s'approvisionner en esclaves et vivres dans la baie d'antongil (Lahady,??). Carte 8. Carte historique de Madagascar (Le Bourdiec, 1974). La Baie d Antongil a été un site important d escale et d approvisionnement des compagnies de navigation comme en témoigne les premiers plans de la Baie d Antongil datant de 1733 et 1776 (d'hermitte, 1766a; d'hermitte, 1766b). Les premiers colons européens ont donc été confrontés à un "pays" divisé comme en témoignent les récits historiques des explorateurs hollandais (Cornelis de Houtman en 1596; Van Neck en 1958), anglais (Compagnie anglaise des Indes orientales en 1601), français et portugais du XVII e siècle; un traité a été signé avec Van der Stel le 8 mars D ailleurs quelques colons intrépides ont pris un rôle historique considérable; les pirates et encore plus leurs descendants ont fortement influencé les coutumes dans cette région (piraterie jusqu aux Comores). Dans les années 1650 les Hollandais ont abandonné ce site en raison des diverses maladies ayant tué plus de 200 hommes; certains hommes d équipage sont même restés pour combattre avec le roi du pays (Grandidier & Decary, 1958). Le colon le plus célèbre dans la Baie d Antongil est certainement le Baron ou Comte Matúš Móric Beňovský (Maurice Benyowsky, voir encadré) qui a, entre autre, joué un rôle capital dans le règlement de certains conflits internes et externes (Grandidier & Decary, 1958). On lui a même dédié le titre de Roi de Madagascar (Anonym, 2000). Entre le milieu du XVII e et le début du XVIII e, ce fut l'apogée de la piraterie dans l'océan Indien à laquelle succédera l'esclavagisme international. A la fin du XVIII e siècle les pirates betsimisaraka, montés sur des pirogues sans balancier, avec des voiles en nattes plus que rudimentaires, allèrent chaque année piller les îles des Comores et la côte Est de l Afrique (Deschamps, 1961). C'est à cette époque que naquit Ratsimilaho, le futur roi des Betsimisaraka, fils d'un pirate anglais et d'une princesse de Fénérive. Après ses études en Angleterre, il s'installa dans la Baie d'antongil; il réunit alors tous les chefs Antavaratra "nordistes" pour chasser les envahisseurs; ils firent le serment de guerre et s'engagèrent à rester unis en adoptant le nom de Betsimisaraka ("nombreux-qui-ne-se-séparent-pas"). De là, ils partirent à la conquête de Fénérive, Foulpointe et Tamatave. Sa descendance continua son règne. Ainsi Foulpointe, depuis 1773, la Baie d'antongil, depuis 1778 et Tamatave, depuis 1790, devinrent de véritables centres de trafic international. A la fin du XVIII e le royaume betsimisaraka, qui périclitait déjà, finit avec des disputes, luttes de trône et assassinats (Lahady,??). Vers 1825 la France reconnaît aux souverains merina le titre de roi de Madagascar ce qui fût une confirmation de leurs droits sur l'ensemble de l'île. Aidé par la France et l'angleterre, le royaume merina, doté d'une armée à l'européenne, parvint à la fin du XIX e à contrôler plus ou moins les 2/3 de l'île. Malgré quelques résistances, le pays betsimisaraka passait entièrement sous hégémonie merina. Cette œuvre d'unification n'aura été que l'instrument efficace de la colonisation française. En 1895 le royaume merina capitule et Madagascar devint colonie française l'année suivante (Lahady,??). 33
36 Présentation de la région - Contexte humain Au début du XX e, des immigrants accoururent de Mananara en raison de la persécution faite au tavy par un gouverneur zélé (Fanony, 1975). Ce bref descriptif explique notamment les vestiges historiques qui participent à l'attrait touristique de l'île de Nosy Mangabe, à l'intérieur de la Baie d'antongil. Encadré 1. Le Comte Matúš Móric Beňovský Officier durant la Guerre des Sept Jours; en 1768 il combattit pour l indépendance de la Pologne face aux Russes; capturé en 1770, il fût exilé dans le Kamtchaka; évadé il partit avec un bataillon russe explorer le Pacifique Nord; il fût nommé gouverneur de Madagascar en 1773 par Louis XV, Général de la Confédération de Pologne, Ampanjakabe par les malgaches en 1776, Général de l Ordre de Saint-Louis en 1776, et Comte par la reine autrichienne de Hongrie Maria Theresa qui le chargea de la prise de contrôle de Madagascar au nom de l Autriche. Il convoita l Amérique, combattit pour la Révolution où il organisa une Légion étrangère aux Etats-Unis pour défendre la Révolution. Il rejoignit ensuite Madagascar depuis Baltimore sur l Intrepid affreté par les célèbres businessmen Messonier & Zollikofen et, muni de son titre malgache, il défia les puissances européennes. Il fût tué lors d une bataille contre les Français en 1786; son tombeau est à Ambodirafia-Amboangisay (Nosy Behentona) et une rue d Antananarivo porte encore son nom. Louisbourg (l actuel Maroantsetra) a été fondé à son arrivée le 14 février 1774 (l hôpital et la quarantaine se trouvaient alors à Nosy Mangabe). L île de Maurice porterait son nom et sa biographie existe en plusieurs langues (Musil, 1997). Figure 4. Portrait du Comte Matúš Móric Beňovský, explorateur slovaque et citoyen du monde, dont le tombeau se trouve sur l'île Nosy Behentona à la pointe Sud de la Péninsule de Masoala (gravure de la page de titre de la première traduction anglaise de ses célèbres mémoires, Library of Congress, Washington, à partir de III.3.2. Culture et traditions La population de Masoala appartient au groupe ethnique des Betsimisaraka, un des plus grands groupes historiques malgaches. Leur territoire s'étend de Nosy Varika au sud-est à Vohémar au Nord-Est. Cette longue bande est entrecoupée entre Mananara et Maroantsetra par une enclave Tsimihety qui rejoint la Baie d'antongil (cf. ci-dessous). Malgré une certaine diversité, ils constituent un groupe spécifique doté d'une certaine unité géographique, historique, linguistique et culturelle, avec le sentiment d'appartenir à un même groupe. Ils possèdent un modèle, resté embryonnaire, d'organisation étatique et un nom historique qu'ils se sont donnés: la confédération betsimisaraka du XVIII e siècle (Lahady,??). Comme dans chaque région malgache et groupe ethnique y afférent, les aspects de la vie quotidienne sont marqués par des rites particuliers rejoignant toujours cette relation sacrée aux ancêtres, combinée dans les grandes occasions avec le sacrifice de zébus (Laizoma, 1997). Nous allons tenter de souligner les faits marquants de ces croyances d'où ressortent les tabous (fady) et autres rituels magico-religieux qui interagissent étroitement avec le système de production et dont la compréhension est à prendre en compte dans toute action de recherche, de développement et de conservation touchant de près ou de loin les populations locales. Nous nous basons essentiellement sur les recherches de Lahady en pays betsimisaraka (Lahady,??). Carte 9. Carte du territoire occupé par les Tsimihety (Tongasolo, Marent et al., 1985). Le culte betsimisaraka dans son fond remonte au XVIII e siècle et repose sur trois ensemble de rituels: la divination (filaña) est un rite qui cherche à obtenir des oracles ou devins éclairant une situation humaine en vue d'une action adéquate dans la vie. Elle a pour but "de dévoiler les secrets du présent ou de pénétrer les mystères de l'avenir" (Colin, 1959) au moyen d'une manipulation de grains; l'invocation sacrée (Jôro) désigne toute invocation sacrée (prière, rite magico-religieux, culte des esprits, des ancêtres et de l'etre Suprême) betsimisaraka. Le jôro épouse tous les aspects de la vie betsimisaraka, spécialement les niveaux biologique et social; il sacralise ainsi presque toutes les activités vitales du Betsimisaraka. On trouve les rites de la vie humaine (dont le plus important est la circoncision), les rites de l'activité humaine (début des cultures, construction du tombeau, moisson, etc.), et finalement les rites de l'au-delà (exhumation, retournement des morts, libération de tabous ancestraux, etc.); 34
37 Présentation de la région - Contexte humain la possession (tromba ou manongehy) est une pratique religieuse, de caractère charismatique, visant à provoquer, par l'intermédiaire d'un médium en transe, le contact et la communication avec les êtres immatériels ou esprits (essentiellement dans la forêt et l'eau), en vue d'obtenir des oracles une conduite de vie ou une thérapeutique religieuse. Les trois principales cérémonies sont: le traitement, le breuvage sacré (Barisa) et le bain de jugement. Ces trois éléments remplissaient des fonctions sociales officielles et différenciées dans les cours royales, princières ou militaires. L'avènement de la confédération betsimisaraka apportera cette nouvelle dimension au culte betsimisaraka (Lahady,??). Les Betsimisaraka du Nord, donc de la région de Masoala, voient le monde divin (les dieux et les ancêtres) comme un ensemble, une personnalité corporative alors que ceux du Sud y voient une entité personnelle plus ou moins autonome. Lahady fait le rapprochement de ces visions avec le fonctionnement de la structure globale de la société. Ainsi il y a une corrélation entre la tendance plus monothéiste et la société plus patriarcale du Sud d'une part, et entre la conception plus collégiale de l'autorité divine et la structure sociale plus démocratique d'autre part (Lahady,??). Aucune instance ne règle, pour cette économie de subsistance, la production ou la distribution, si ce n'est le jeu social qui, lui, repose sur le droit d'aînesse et la distinction des sexes. Peut-être le nomadisme tavien y est-il pour quelque chose. Du moins a-t-il certainement donné les cycles de cérémonies cultuelles du riz (et des autres cultures) et renforcé l'importance cultuelle des génies forestiers en divination comme en possession (Lahady,??). Il paraît évident que les coutumes diffèrent d'un territoire à l'autre, mais un même territoire, une même histoire, une même organisation sociale, unissent ce vaste complexe en une entité repérable, avec une perception religieuse commune correspondante (Lahady,??). Pourtant les migrations ont tout de même entraîner un métissage ethnique qui a eu pour conséquence l'adoption d'autres coutumes, ainsi le retournement des morts ou famadihana peut être observé dans certains endroits (Laizoma, 1997). Ces aspects, bien qu'ayant évolué, se retrouvent souvent dans des rituels magico-religieux mais influencent le mode de vie au niveau du calendrier des tâches (interdiction de travailler les champs de tavy le mardi et le jeudi) les habitudes alimentaires (les enfants de moins de deux ans n'osent manger autre chose que du riz), le déplacement dans certains lieux (Nosy Nepato et Ratsianarana par exemple). (Laizoma, 1997) ainsi que des montagnes considérées comme sacrées. Ces éléments doivent évidemment être pris en compte et respectés lors de toute intervention que ce soit au niveau de la recherche, du développement et de la conservation. III.3.3. Démographie et structure sociale La Péninsule de Masoala comptait environ 80'000 habitants dans les années 90 selon les données de l'unicef (fonds des nations unies pour l'enfant); pourtant si l'on ne considère pas les centres urbains de Maroantsetra (16'000 hab) et Antalaha (27'000 hab) (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993), l'instat (Institut National des Statistiques) estime la population de la Péninsule à '000 habitants répartis dans 8'500 ménages (Laizoma, 1997; Kremen, Razafimahatratra et al., 1999). 259 villages permanents (en moyenne 208 habitants, le plus important en compte 6'500) sont localisés à proximité des côtes ou le long des cours d'eau; 190 villages temporaires et hameaux sont installés au niveau des zones forestières (Kremen, Razafimahatratra et al., 1999). La croissance démographique de 2,8% correspond environ à la moyenne annuelle nationale qui s'élève à 3% entre 1993 et 1999 (Banque Mondiale, 2001). La population est constituée essentiellement de Betsimisaraka et d'immigrants d'origines diverses, en particulier les Tsimihety; Ratsifandrihamanana mentionne la présence importante d'antakarana (groupe ethnique de la région de Diego) ce qui est assez étonnant (Ratsifandrihamanana, 1999). La densité de population dans les zones périphériques varie sensiblement de 6 à 11 hab/km2 (Swanson, 1996). Tableau 4. Données démographiques de la Péninsule de Masoala (centres urbains y compris) en Source: (UNICEF-BDE, 1992). Fivondronana Firaisana Localisation Population % Antalaha Ampohibe Nord-Est 20'213 24,64 Antalaha Ambalabe Nord-Est 10'493 12,78 Antalaha Ambohitralanana Nord-Est 7'519 9,18 Antalaha Vinanivao Sud 12' Antalaha Marofinaritra Nord-Ouest 9'994 12,2 Maroantsetra Anjahana Ouest 21'481 26,2 Total 82' Il y a peu de migration vers les centres urbains de la part des jeunes ménages en général; il devient plus important dans les zones écologiquement dégradées; par contre on assiste à une venue de population provenant de la région de Diego particulièrement à Antalaha (taux d immigration de 8 %, (PSLT-Nord & CARE International, 1998)). 35
38 Présentation de la région - Contexte humain Durant la saison de pêche de septembre à décembre des pêcheurs venant de Mananara, Maroantsetra et Antalaha s'installent temporairement dans les villages côtiers, et certains de manière permanente pour la culture sur brûlis (tavy) (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993; Morgan, in prep?). Comme dans la plupart des régions où le tavy domine le système de production, la croissance démographique s accompagne d une colonisation le long des réseaux hydrographiques à partir des villages côtiers très éparpillés et ultérieurement d une valorisation des bas-fonds en rizière irriguée (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). Le moyen le plus utilisé, le plus économique et accepté par la société pour s'enrichir de manière relative est de s'approprier un terrain en défrichant la forêt primaire (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). Photographie 9. Le marché de Maroantsetra où s'écoulent divers produits (septembre 1996, M. Callmander) Au niveau de la structure sociale de la population un PRA (participatory rapid appraisal) effectué par CARE en 1993 a permis de décrire quatre classes sociales (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993): Les "riches": commerçants, propriétaires de terrain et de bétail, originaires de la zone. Vente des produits de rente et du riz. Les "aisés": production vivrière suffisante; culture de rente pour satisfaire d'autres besoins. Les "relativement pauvres": production vivrière insuffisante, combler par la vente des produits de rente. Les "pauvres" sans terres: souvent salariés, ils doivent acheter leur nourriture (jeunes, nouveaux mariés, pêcheurs). La répartition des pouvoirs dans le "fokontany 15 " place les pauvres, les femmes et les populations immigrées dans une position sociale inférieure par rapport aux élites existantes. Le lignage est une structure sociale importante ayant parfois des liens entre plusieurs villages et un fort degré de cohésion (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). La répartition des tâches entre hommes et femmes est clairement définie: les hommes s'occupent du tavy et des cultures de rente, du bétail, du bûcheronnage, de la chasse et de la collecte de bilahy (arbre dont les écorces servent à la fabrication de betsa betsa, une boisson traditionnelle fermentée); les femmes s'occupent des travaux domestiques, de l'éducation des enfants, des autres travaux des champs, récolte des produits secondaires (plantes médicinales, matériaux pour artisanat, miel, fruits et racines) et de la préparation des produits de la pêche (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). III.3.4. Contexte institutionnel Comme dans l ensemble de Madagascar, les institutions étatiques sont peu efficaces et les populations tendent à limiter leurs interactions avec celles-ci à l essentiel. Les structures administratives sont affaiblies par un manque de moyens financiers et matériels qui induisent toutes sortes de pratique de négociations (souvent de nature économique) de leurs services; ces pratiques généralisées ont induit une réaction de distanciation de la plupart des administrés (l état-civil, par exemple, a un retard considérable sur la réalité). Le régime foncier et la législation forestière sont particulièrement concernés. L'administration et le régime foncier existants encouragent le défrichement de la forêt. Les procédures de régulation et de contrôle sont défaillantes et souvent associées à l appareil politique. Les structures politiques souffrent également d une mauvaise presse parmi la population, affaiblissant encore la participation aux affaires publiques (excepté en échange de "bons" procédés) (PSLT-Nord & CARE International, 1998). 15 Plus petite entité administrative composée d'un ou plusieurs villages. Plusieurs fokontany forment une commune. 36
39 Présentation de la région - Système de production & exploitation des ressources naturelles III.4. Système de production & exploitation des ressources naturelles III.4.1. Riziculture Le riz, base de l'alimentation, est produit selon deux modes de culture: l'un extensif (tavy), l'autre semiintensif en terrain irrigué. La disponibilité apparente du riz est estimée, pour la sous-préfecture d'antalaha à 99 kg/habitant/an et la période de soudure d'une durée de 3 mois est centrée sur les mois de mars et avril (PSLT- Nord & CARE International, 1998). Les classes sociales riches (estimée à 15 %) pratiquent aussi le tavy en employant de la main-d'œuvre afin d'exporter du riz dans les régions avoisinantes qui ne sont pas autosuffisantes (Mananara, SAVA) (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). La riziculture irriguée a un meilleur rendement (870 kg/ha contre 530 kg/ha pour le tavy), mais nécessite un investissement de travail plus important, une disponibilité en terres inondables et un contrôle de l'irrigation (Swanson, 1996). III LE TAVY OU TEVY ALA La principale source d'autoconsommation est assurée par le riz pluvial ou sur brûlis (tavy ou tevy ala dans la région Nord de Madagascar) dont la productivité varie entre (au min. 300) 500 et 1'500 (au max. 3'000) kg à l'hectare (Vicariot, 1970; Rabevohitra & Randriambavoavonjy, 1997). Le chiffre moyen de 600 kg/ha était utilisé par les Services forestiers comme base pour le calcul des surfaces autorisées à défrichement par ménage ou par communauté; il est largement diffusé par les "adversaires" du tavy (Kiener, 1963). Cette technique de culture n implique un travail important du sol qu'à la s le. Un ménage de 5 personnes nécessite environ 1 à 2 ha/an pour assurer son autosuffisance qui reste évidemment le premier souci de toute famille; la réduction du temps de jachères a provoqué une diminution des rendements; auparavant, une surface moyenne de 0,2 ha suffisait pour une personne. Avec un cycle de rotation de 3 à 10 ans, un ménage doit cumuler des parcelles de 6 à 20 ha. Les rendements effectifs (en considérant la totalité des surfaces occupées) du système tavy sont beaucoup plus faibles, de l'ordre de 100 à 240 kg/ha (Chabrolin, 1965). Photographie 10. Le riz pluvial est la composante principale du tavy, système itinérant de culture sur brûlis pratiqué sur la côte Est de Madagascar (Beforona, mars 1995, S. Wohlhauser) La pratique du tavy a pris de l'ampleur surtout à cause du mode de distribution et d'occupation des terres. Selon le droit coutumier, les villageois deviennent propriétaires de terrain en défrichant des terrains forestiers ou des savoka abandonnés. Selon la Direction des Domaines à Antananarivo, aucune parcelle de la Péninsule n'est titrée, mais une trentaine de demandes de défrichement sont adressées chaque année aux services forestiers (Kremen, Razafimahatratra et al., 1999). Les flancs des collines sont les plus attaqués, leur défrichement demandant moins d'effort et de temps que celui des plaines (Laizoma, 1997). Si le tavy est considéré comme destructeur par rapport à la forêt et par extrapolation au Parc, il représente néanmoins la meilleure solution que ce soit au niveau économique, social et culturel, pour les agriculteurs; "Il est d'une évidence notoire que la population ne dispose d'aucune autre alternative que le tavy pour assurer sa survie et sa prospérité future et qu'il n'existe aucune mesure culturelle et/ou sociale à réprimer cette pratique" (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993), sans compter que cette culture résiste plus facilement aux dégâts cycloniques que les rizières irriguées. Cette considération est à prendre en compte dans toute action de développement menée. Il faudra aussi considérer le coût (c'est-à-dire le manque à gagner) que la conservation entraîne pour le ménage paysan et proposer une équivalence au minimum égale si l'on veut que la population riveraine du parc respecte ce souci de conservation. III RIZICULTURE IRRIGUEE La terre la plus prisée est constituée d'alluvions de bas-fonds qui permettent la riziculture irriguée de manière permanente. Ces terres ont été occupées et contrôlées par les premiers immigrants. Les autres font du tavy ou acceptent le métayage sur ces terres. Cette culture est plus sensible aux cyclones et demande plus de travail, par contre sa productivité est plus élevée que celle du tavy (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). Maroantsetra, entourée de larges plaines alluviales rizicoles, était autrefois appelé le grenier de la côte Est en raison de sa récolte excédentaire jusqu en 1970; ensuite, les surfaces aménagées en rizière n ont pas suivi l accroissement de la population (Fanony, 1975). Photographie 11. Repiquage du riz irrigué dans la vallée de l'ianobe (Antanandavahely, sept 1996, S. Wohlhauser) 37
40 Présentation de la région - Système de production & exploitation des ressources naturelles III.4.2. Cultures de rente Le potentiel économique de Masoala est important en ce qui concerne les cultures de rente, pratiquées par la grande majorité de la population. Selon certains auteurs (Laizoma, 1997), les bénéfices restent essentiellement au niveau des opérateurs économiques et de l'etat; des études de filières montrent cependant que cet a priori est rarement vérifié (souvent par manque d'informations) et que les bénéfices sont comparables aux divers niveaux des filières de rente (producteurs, collecteurs, exportateurs) (Ralisoa, 2000). L introduction des cultures de rente à Madagascar (en particulier le café) a joué un rôle considérable dans la déforestation, car leur développement s est essentiellement tenu aux zones les plus fertiles ou les plus accessibles (vol, écoulement) occupées auparavant par la riziculture irriguée ou par des tavy "durables" (sur des pentes faibles, le temps de jachères est beaucoup plus réduit) (Jarosz, 1993). Cette reconversion des vocations agricoles a eu pour effet de délocaliser les zones de tavy sur les versants boisés et surtout de remettre en cause l'indépendance rizicole de certaines régions. L'importation de riz (régionalement ou nationalement) dépend étroitement de l'équilibre entre le riz et les cours internationaux des produits de rente; ainsi, dans les régions dont les productions de rente sont très spécifiques, la chute des cours a eu des effets catastrophiques engendrant le retour aux tavy, parfois même au dépens des cultures de rente abandonnées. L'évacuation des produits reste le problème crucial des cultures de rente en raison de la quasi-inexistence de routes de dessertes; au sud de Cap Est les collecteurs-convoyeurs sont contraints au transport maritime qui lui est limité durant l année en raison des mers fortes. Vers l intérieur de la Péninsule, le transport à dos d hommes est la règle excepté dans le cours inférieur de certaines rivières où les pirogues parviennent à naviguer (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). Ci-dessous une brève description des productions terrestres les plus importantes: Photographie 12. Le conditionnement de la vanille emploie une masse salariale importante (Antalaha, 2001, P. Gaubert) Vanille: la vanille, d'abord cultivée à Vatomandry et Mahanoro vers 1885, fit ses débuts vers 1905 dans la région d'antalaha où elle trouva son royaume d'élection. En 1912, Madagascar en exportait 110 tonnes dont 40 en provenance d'antalaha; vers 1924 ce fut la ruée. Antalaha, Sambava et Andapa, jusque-là presque inconnues, grandirent. On passa de 300 tonnes exportées en 1923 à 1'092 tonnes en 1929, chiffre qui excédait la consommation mondiale. L'irrégularité des cours fit ensuite baisser la production à 600 tonnes en 1933; en 1960 elle n'excède guère 400 tonnes soit 80 % de la production mondiale, victime de la chute des prix, de l apparition de la vanilline (vanille synthétique) et de la défaillance des structures commerciales (Deschamps, 1959). Malgré une libéralisation effective, la filière de la vanille reste relativement fermée en raison de vives concurrences locales; Madagascar reste le premier producteur mondial (Union européenne, 2000). Elle entretient cependant un salariat important qui explique l'importance du secteur secondaire dans quelques régions privilégiées (Antalaha, Sambava). Actuellement, la vanille noire est vendue par les paysans à 1'300'000 FMG/kg. Une station de recherche existe à Ambohitsara (Maroantsetra). Caoutchouc: 6 espèces de lianes et d'arbres caoutchoutifères endémiques avaient été reconnus dans la région au début du siècle passé. Louvel a fourni un résumé des modalités d'exploitation de cette ressource basées sur des exploitations totalisant 1'000 ha (sans préciser si elles étaient situées dans la Péninsule ou sur l'ensemble de la côte Est) (Louvel, 1910). Le développement du caoutchouc d'hevea et du caoutchouc synthétique a complètement supprimé ces perspectives coloniales. Café: initiée durant la colonisation où elle a pris une grande ampleur, cette culture s'est fortement détériorée. La perte du marché est due à sa qualité jugée inférieure aux normes de la demande et à la surproduction mondiale. La chute des cours (500 FMG/kg café marchand, 2'000 FMG/kg international) a entraîné l'abandon de l'entretien des cultures et le produit n'est récolté qu'accessoirement dans certaines régions; les rendements (très variables selon l'entretien et l'âge des pieds) avoisinent en moyenne 1 tonne/ha. L'année 2002 promet une bonne récolte (dans la région de Mananara), mais vu le contexte, il n'est pas sûr que les exploitants délaissent leur production pour se tourner vers les productions d'autosubsistance. Le plan de relance de la STABEX appuie cette production dans la région SAVA. Girofle: le girofle, déjà mentionné en 1506 (Deschamps, 1961) a été installé vers 1820 à Sainte Marie et s'est étendu vers 1900 à l ensemble de la côte Est malgache. On exportait 98 tonnes en 1909, 300 tonnes en 1924, 1'900 tonnes en Puis s'ouvrit le débouché javanais (pour la fabrication de cigarettes locales). En 1938, l'exportation passait à 6'500 tonnes; en 1960 elle varie entre 2'000 et 7'000 tonnes. Il figure aussi parmi les plantes à parfum dont on exporte les essences 38
41 Présentation de la région - Système de production & exploitation des ressources naturelles (Deschamps, 1959). Malgré une détérioration des cours causée par l'autosuffisance de l'indonésie, principal acheteur, le marché est très intéressant (en 2001, 20'000 FMG/kg), bien que la production malgache souffre d'un manque d'appui (entretien, renouvellement). Madagascar est le deuxième producteur mondial (Union européenne, 2000). Cannelle: comme le caoutchouc, la cannelle a connu une période de prospection et d'extension des sites au début du siècle (Delgove, 1915); la forêt de cannelle de Tampolo (et son chemin de fer) en témoigne encore. Huile de palme: 1'200 ha dans la vallée d'ambery au sud d'ambodirafia Litchi: le litchi est un produit saisonnier important (novembre-décembre) dans la région de Maroantsetra, bien que son commerce soit très limité en raison de l'enclavement de la région (comme à Mananara, Andapa et Sambava) et de la nature fragile du produit, au contraire d'autres régions de la côte Est de Madagascar qui exporte une partie de ce produit renommé (Fénérive). Photographie 13. Le litchi est un arbre fruitier planté dans la plupart de la région orientale de Madagascar (novembre 1995, Manantenina, S. Wohlhauser). III.4.3. Cultures vivrières Les cultures telles que manioc, patates douces, taro, bananes, canne à sucre, lentilles, maïs sont utilisées principalement en période de soudure (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). La canne à sucre est la matière première de la betsa, une boisson fermentée traditionnelle de grande importance. Concernant ces différentes cultures, voir les données chiffrées dans l'annexe concernant la synthèse des données socio-économiques du projet MADIO (cf. p.97). Photographie 14. Les plantes vivrières des populations enclavées font partie intégrante du "jardin de case" (à partir de III.4.4. Pêche La pêche traditionnelle (voire dans certains cas la pêche artisanale) est pratiquée par une grande proportion des communautés sédentaires ou nomades des régions côtières. La pêche traditionnelle 16, qui diffère de la pêche artisanale 17 et industrielle 18, est une activité masculine qui a souvent lieu de nuit ou de bonne heure. La préparation du produit de la pêche et la commercialisation sont comme dans la plupart des villages de pêcheurs malgaches, des activités féminines (Ratsifandrihamanana, 1995). La pêche à pied sur les platiers coralliens (calmars, holothuries) ou la pêche à senne de plage est généralement pratiquée par les femmes et les enfants. La pêche traditionnelle et artisanale est pratiquée au moyen de pirogues monoxyles fabriquées à partir de bois locaux ou à pied dans les lagons ou à des distances proches de la côte. Le matériel de capture de la pêche traditionnelle se résume à: la ligne de nylon (1-3 hameçons ou palangrotte), au harpon en bois qui comprend jusqu'à trois pointes, le filet senne (haratobe 19 ) et filet maillant (haratomandry 20 ), la nasse (vovo) fabriquée en matériel végétal, le bâton (fidoboka) pour frapper l'eau et le casier à maille (Ratsifandrihamanana, 1995). Les produits de la pêche sont essentiellement destinés à la consommation locale. Photographie 15. La transformation des produits de la pêche est principalement réalisée par les femmes (à partir de z.html). 16 Pêche pratiquée à pied depuis le rivage ou avec des embarcations sans moteur 17 Pêche pratiquée avec des embarcations munies d un moteur n excédant pas 50 CV (chalutier muni de filet, bateau voué à la collecte, ) 18 Pêche pratiquée par des embarcations munies d un moteur excédant 50 CV; la loi interdit cette pêche à moins de 2 miles des côtes (Colmegna, 2000) 19 Min 50 m de longueur à maillage (6,5 cm, 5,5 cm, 3,5 cm) 20 Filet dormant restant en place plusieurs jours 39
42 Présentation de la région - Système de production & exploitation des ressources naturelles La pêche industrielle est aux mains d entrepreneurs français, espagnols ou japonais, pêchant surtout du thon et des crevettes (l'or rose) pour l exportation 21. Leurs zones de pêche se trouvent en général à l extérieur des lagons, au-delà des 2 miles nautiques légaux, mais les contrevenants sont nombreux (Houssay & Ragot, 2000). Les récifs et les lagons près de la côte sont exploités de manière traditionnelle utilisant une technologie simple (Ratsifandrihamanana, 1995). Le poisson frais est essentiellement auto-consommé alors que les poissons transformés (conservation par séchage, salage-séchage ou fumage) sont commercialisés, la quantité dépend de la région, de la demande (restaurants, chercheurs, touristes), de l accessibilité en bois de séchage (en particulier le Ravensara acuminata), de la période (soudure) et des facilités d écoulement des produits (Ratsifandrihamanana, 1995). Durant la saison calme (octobre à janvier), le Cap Masoala est convoité par les pêcheurs artisanaux et les pêcheurs d'ailerons de requins en provenance notamment de Maroantsetra, de Mananara-Imorona et de Sainte-Marie. III.4.5. Elevage Peu développé, l'élevage bovin se limite à quelques têtes d'animaux destinés principalement à la vente lors de fêtes, rarement à l'autoconsommation. Les principaux problèmes de l'élevage mentionnés sont l'insuffisance de pâturage (surtout pour les bovins) et les maladies du cheptel (douve, dintarano et gale, bokaboka); le vol n est pas mentionné (Abraham, Andrianisa et al., 1997). III.4.6. Chasse Le braconnage d'oiseaux et de lémuriens à l'aide de fusils est une activité réalisée par les citadins, les villageois se contentant de pièges ou de frondes traditionnelles (Laizoma, 1997). Photographie 16. Piège traditionnel à lémuriens (appelé lahy dans la région de Masoala): situé dans une tranchée forestière, il offre un passage facilité (non-terrestre) muni d'un appât placé entre deux collets (Manongarivo, juillet 1998, S. Wohlhauser). III.4.7. Ressources forestières Jusqu à la création du PNM, la forêt représentait avant tout un capital foncier, d accès libre (selon le droit coutumier, les premières lois coloniales et celles de la deuxième république), pour la riziculture pluviale et l extension successive de cultures de rente et vivrières (rizière irriguée). L exploitation, à proprement parler, des ressources forestières se partage entre la filière sylvicole sélective pour le marché national-international et l exploitation extensive pratiquée par les populations riveraines des régions forestières (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). La région au nord de Masoala possède encore quelques Forêts Classées, dont la plupart sont actuellement transformées en aires protégées (WWF Ankaraka) ou en forêts à gestion communautaire. Carte 10. Le réseau de forêts classées des environs de Masoala joue un rôle de corridor biologique important; ainsi, divers projets d'aires protégées et un projet pilote de séquestration de carbone s'attachent à leur conservation (Faramalala, 1995). III FILIERE SYLVICOLE Au fil de l histoire, l exploitation de la forêt de Masoala a toujours représenté un enjeu considérable dans l économie régionale et nationale en particulier durant les périodes creuses; les industries forestières appartiennent essentiellement au secteur privé. Déjà en 1895, une concession forestière avait été accordée dans le Nord de la Baie d Antongil à Madagascar Forest Society (Deschamps, 1959). Louvel donne un descriptif détaillé des espèces intéressantes et note déjà que les concessions utilisent les 10 à 20 km de portion navigable des cours d'eau de l'est pour l'exploitation forestière (Louvel, 1910); Kremen donne une valeur moindre de 5 km (Kremen, Razafimahatratra et al., 1999). En 1964, la RNI2 (Cap Est) fut déclassée en forêt domaniale classée 22 pour l attribution de concessions forestières (Les Grands Moulins de Dakar); le bûcheronnage incontrôlé a fortement clairsemé cette région (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). Depuis 1975, aucun bois précieux non travaillé ne peut être exporté et à la fin des années 80 toutes les concessions commerciales ont été suspendues à la suite de coupes importantes et de la pression 21 La pêche constitue une ressource essentielle pour Madagascar, puisque ses produits constituent 10% au moins de la valeur des exportations malgaches. 22 Décret No du 16 septembre
43 Présentation de la région - Système de production & exploitation des ressources naturelles internationale. Pourtant l exploitation illicite s est poursuivie sur l ensemble des côtes de la Péninsule, du fait de l accès maritime; le bassin versant de Ianobe est particulièrement touché en raison de sa proximité de la route Ambohitralanana-Antalaha (Rakotoarisoa, 1997). On peut distinguer cependant les exploitants locaux (opérateurs privés desservant le marché local et régional) et les sociétés d exploitation forestière dont la portée commerciale est nationale et internationale; certaines sociétés (armateurs, menuisiers) se ravitaillent en bois auprès des habitants des villages les plus accessibles (p.ex. Vinanivao). Sociétés d exploitation (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993): SEFA (Société d'exploitation Forestière d'antongil) une scierie possédant un permis d'exploitation de 4 ans sur une superficie de 100 ha; KSM (la coopérative d'exploitation forestière basée à Andry sur la côte Ouest) a reçu le droit d'exploiter 96 ha sur 4 ans, mais malgré son expiration en 1991 elle continue actuellement ses activités; Divers opérateurs privés (une dizaine, dont "Thu Nam" le plus grand exploitant de Masoala, selon (WCS, 2000b)), exerçant souvent en parallèle des activités commerciales (import-export, armateur, ), exploitent des concessions réparties sur toute la Péninsule. Ainsi, l exploitation actuelle est réservée à quelques concessions situées aux abords des côtes. Certains villages sont connus comme place d écoulement des produits licites et illicites (Ambohitralanana, Ankoalahidy, Ambodimadiro, Tanjokalanana, Sahafary). Les espèces exploitées sont de préférence les bois précieux (palissandre, bois de rose, ébène), ainsi que les essences suivantes (Abraham, Andrianisa et al., ; Guillery, 1997): nanto mena (Sideroxylon sp.; Sapotaceae), nanto beravina (Labramia sp.; Sapotaceae), rahiny (Cleistanthus capuronii; Euphorbiaceae), vintanona (Calophyllum parviflorum; Clusiaceae), aramy (Canarium madagascariense; Burseraceae), aramy tsitsiha (Canarium boivinii; Burseraceae), lalono (Weinmanni rutembergii; Cunoniaceae), faho (Chloroxylon faho;), hazinina (Symphonia sp.; Clusiaceae), hazinimbohitra (Ochrocarpus sp.; Clusiaceae), hazinimbalavo (Symphonia macrocarpa; Clusiaceae), rotro (Eugenia sp.; Myrtaceae), longotra (Cryptocarya scintillans; Lauraceae), hazovola (Dalbergia baronii; Fabaceae), nanto fotsy (Mimusops capuronii; Sapotaceae), bois de rose (Dalbergia maritima; Fabaceae). Il faut rappeler que les permis de coupe sont délivrés par les services des Eaux & Forêts représentés par deux circonscriptions forestières dépendant de deux directions interrégionales différentes (Maroantsetra pour Tamatave & Antalaha pour Diego). Les permis de coupes, délivrés annuellement au gré de critères variables, définissent les essences et les lieux de coupe autorisés ; ces permis ne garantissent en rien la légalité des exploitations, puisque ni l'origine, ni la qualité des produits ne sont sujettes à un contrôle. Dans les régions les plus accessibles, il est probable que les exploitants munis de permis de coupe en règle engagent des soustraitants dont les rayons d'action ne sont pas négligeables; une étude réalisée dans la réserve spéciale de Manongarivo met en évidence le fait que les cultivateurs sont annuellement contactés par des bûcherons informels pour exploiter les plus beaux bois des parcelles défrichées contribuant ainsi à valoriser et à légitimer le défrichement (Raherimanantsoa, 2000). Lors du passage du cyclone Hudah (en 2000), qui a provoqué des dégâts considérables sur la côte Est, les concessions des opérateurs locaux ont été étendues. Les informations relatives à l exploitation sylvicole sont donc assez éparses tant au niveau des volumes et des surfaces exploitées, que des modalités des exploitations (Rakotoarisoa, 1997). Ce flou réside probablement dans la valeur commerciale que représente le patrimoine forestier et dans les pratiques connues du secteur forestier pour les régions tropicales suite à une pression importante d'acheteurs et exploitants internationaux (Laurance, 2000). Les quantités de bois précieux observées dans les principaux ports d'embarquement (ébène à Maroantsetra et bois de rose à Antalaha 23 ) sont, en tous les cas, largement supérieures au potentiel des permis de coupe attribués, alors que les quantités saisies sont négligeables (WCS, 1999; WCS, 2000b). III EXPLOITATION EXTENSIVE DES RESSOURCES FORESTIERES Selon des études préalables à la délimitation du Parc et des ZP (Zones Périphériques) (Lance, Kremen et al., 1994), il a été évalué qu un ménage exploite une superficie forestière de 8,3 ha en moyenne pour ses besoin de base (bois de chauffe, de construction, produits non-ligneux); c est sur la base de ces chiffres qu'a été délimitée la forêt communautaire de Sahafary (Abraham, Andrianisa et al., 1997) et les ZUC (Zones d Utilisation Contrôlée). Les ressources forestières utilisées servent la plupart des besoins des ménages ruraux: bois de construction, bois d énergie, cordages, fibres, plantes médicinales et alimentaires et ustensiles de la vie courante (certains assimilés à de l artisanat local: chapeaux, paniers, ) (Laizoma, 1997). En général, les paysans brûlent l'ensemble des bois défrichés sur la parcelle de tavy et n'en exploitent qu'une faible proportion (habitations et pirogues), car les savoka offrent la plupart des produits nécessaires (perches et gaulettes de petits diamètres, bois de chauffe). 23 Le film documentaire de Joseph Areddy met clairement en évidence les intérêts et les problèmes rencontrés par intervenants de ce commerce illicite ("506 Bois de rose"produits par Signe Productions, Grand Angle Productions et Mad Products). 41
44 Présentation de la région - Système de production & exploitation des ressources naturelles L exploitation de la forêt fait partie intégrante du système de production et les seules limitations sont d ordre culturel ou sacré; Laizoma mentionne, étonnamment, qu il n y a aucune histoire surnaturelle susceptible d effrayer les cultivateurs. Le temps alloué à la récolte des produits ligneux est considérable (parfois plusieurs jours dans la forêt) et grève sérieusement le calendrier agricole. Les mangroves représentent une ressource considérable dans les zones côtières déjà sévèrement touchées par la déforestation (Wooldridge, Weeb et al., 1994). Le défrichement de savoka (jachères et forêts secondaires) est soumis à une autorisation préalable du Service des Eaux & Forêts, mais souvent les paysans s abstiennent de la demander; c est un des effets de l affaiblissement des structures étatiques au cours des années 80. De plus, ces permis ne précisent pas la localité et interdisent, implicitement, la vente des produits forestiers issus de la parcelle. Ainsi, la crainte de la sanction sociale pour usage de biens d'autrui (savoka) est beaucoup plus forte que celle d'une pénalisation civile punissant l'utilisation des forêts domaniales (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). a... Produits ligneux: Bois d œuvre & d énergie De nombreuses essences (plus de 170 noms vernaculaires) sont utilisées pour la construction des cases traditionnelles, des pirogues ou pour les usages domestiques (ustensiles ménagers, mortier, pilon), dont les plus importantes sont: ravinala, vontro, mantadia, aramy beravina, nanto mandolava, vahapaka, tavolo, azinina, voasirindrina, vahapaka mena, aramy beravina, hazondronono, vontro, tsiloparimbarika, tavolo beravina, antevaratra, tavolo mena, tavolo mavo, ravinala, tarantana, vintanona, famelona, rotro, karaka, soretry, somotrorana, valotra (pour les noms scientifiques, se référer à (Abraham, Andrianisa et al., 1997)). Catégorie sylvicole Tableau 5. Potentiel sylvicole de 175 espèces ligneuses de Sahafary. Source: (Abraham, Andrianisa et al., 1997). Description Pourcentage d'espèces Catégorie 1 bois spéciaux 0.0% Catégorie 2 bois d'ébénisterie et menuiserie fine ou de grande valeur 4.6% Catégorie 3 bois de charpente, d'embarcation, de menuiserie, de charronnage et de traverses 22.4% Catégorie 4 bois de caisserie et de menus usages ou de valeur moyenne 31.0% Catégorie 5 bois de chauffage et à charbon 42.0% Les pieux de soutènement et la charpente sont constitués de bois résistant et solide (ceux-là même visés par l exploitation sylvicole). La toiture, le plancher et les parois sont généralement constitués des troncs, pétioles et feuilles de ravinala (arbre du voyageur Ravinala madagascariensis) et remplacés indifféremment par le raphia (au nord d Antalaha), le bambou, volo, ou les Pandanus (zones boisées ou péri-forestières) (Acquier & Harijannoa, 1997). Les liens et cordages des éléments sont généralement constitués de diverses fibres végétales (lianes ou écorces de plantes à fibres). L uniformité des habitations sur la côte Est (dimension, nombre d éléments) peut permettre une estimation globale des besoins par ménage. Bien qu aucune donnée détaillée n existe sur le bois d énergie (aucune mention de carbonisation), le bois de chauffe est sans doute à la base de l énergie du ménage dans les zones rurales. Tableau 6. Exploitation traditionnelle des ressources forestières dans quelques terroirs villageois. Source: (WCS, 1999). Région Nombre de ménages Nombre d'espèces exploitées Nombre de tiges exploitées par an Exploitation moyenne par ménage Distance de collecte Terroir forestier Fampotakely 120 ménages 20 espèces 12'878 tiges 107 tiges/ménage/an km Ampanio 130 ménages 16 espèces 8'076 tiges 62 tiges/ménage/an 2-4 km Sahamalaza 144 ménages 20 espèces 9'846 tiges 68 tiges/ménage/an km Sahafary 134 ménages 39 espèces 17'367 tiges 130 tiges/ménage/an 1-2 km Forêt de basse altitude, forêt littorale (300 ha) Forêt de basse altitude, forêt littorale (200 ha) Forêt de basse altitude, forêt littorale (240 ha) Fragments forestiers, forêt d'utilisation traditionnelle (500 ha), forêt communautaire (700 ha) 42
45 Présentation de la région - Système de production & exploitation des ressources naturelles b... Produits forestiers non-ligneux (PFNL): Plantes naturalisées et produits de cueillette PRODUITS ALIMENTAIRES Les plantes alimentaires d origine forestière prennent un rôle notable pour les populations enclavées en saison humide et en période de soudure. Comme dans de nombreuses régions de Madagascar, l oviala, un tubercule de la famille de l igname (Dioscorea sp. Dioscoreaceae), est récolté de manière sélective durant la période de soudure. La récolte des cœurs de palmiers vonitra est également importante, mais vu que l arbre est condamné par cette pratique, cette ressource tend à diminuer. 79 espèces de fruits sauvages (endémiques et exotiques) sont connues dans la région de Masoala; certaines sont récoltées lors des incursions dans la forêt (fruits sauvages), d autres sont naturalisées ou entretenues dans les cultures ou les jachères, d autres encore sont cultivées. Leur contribution à l équilibre nutritionnel n est de loin pas négligeable pour les populations les plus enclavées (Styger & Rakotoarimanana, 1996; Styger, Rakotoarimanana et al., 1999). 90 % des espèces mentionnées sont des espèces ligneuses (arbres et arbustes) et 70% sont endémiques à la région. Les espèces les plus importantes sont (Styger & Rakotoarimanana, 1996; Styger, Rakotoarimanana et al., 1999): Espèces indigènes préférées: Labramia costata (todinga Sapotaceae), Landolphia myrtifolia crassipes (voaheny madindravina Apocynaceae), Sorindeia madagascariensis (voasirindrina Anacardiaceae), Carissa sessiliflora (voatsikopika Apocynaceae), Salacia madagascariensis (voamasoandro Celastraceae), Symphonia urophylla (hazinina Clusiaceae), Rheedia madagascariensis (voavohitra Clusiaceae), Raphia ruffia (rafia Arecaceae), Eugenia & Syzygium sp. (rotra Myrtaceae). Espèces indigènes deuxième choix: Uapaca sp. (voapaka Euphorbiaceae), Faucherea sp. (nanto makaka Sapotaceae), Treculia madagascarica (ampalibeala Moraceae), Vangueria edulis (vavandrika Rubiaceae), Calopyxis sp. (voamatavy tamenaka Combretaceae), Dilobeia thouarsii (vintanona Proteaceae), Ficus tiliifolia (voara Moraceae). Espèces exotiques: Psidium guajava (goavy be Myrtaceae), Passiflora incarnata (garana Passifloraceae), Passiflora quadrangularis (barbajina Passifloraceae), Citrus aurantium (voangidy Rutaceae), Citrus aurantifolia (tsioha Rutaceae), Eugenia jambos (varotra Myrtaceae). Photographie 17. Une liane fruitière indigène appréciée dans de nombreuses régions de Madagascar: Salacia madagascariensis (Celastraceae) (Manongarivo, novembre 1998, S. Wohlhauser) Le miel est récolté de manière extensive dans la forêt lors de l exploitation d autres produits forestiers (bois de construction); lorsque les ruches sauvages sont inaccessibles, les exploitants n'hésitent pas à couper l'arbre qui les porte. La cire et le caoutchouc étaient également récoltés au début du siècle (Louvel, 1910). De nombreux produits forestiers interviennent dans la confection d articles ménagers, parfois assimilés à de l artisanat (p.ex. le magnaragna, palmier, ou le rambo sont utilisés pour la fabrication de chapeaux). Divers insectes sont consommés de manière saisonnière (cigales, courtilière); le sakondry "récolté" dans les tavy contribue significativement à l apport lipidique du régime alimentaire des populations enclavées. Photographie 18. Le sakondry, commun dans les tavy et les friches, qui frit fait un excellent repas au goût de cacahuètes (Lohantsahabefiana, Masoala, septembre 1996, S. Wohlhauser). PLANTES MEDICINALES & AROMATIQUES D après les études ethnobotaniques préliminaires (Raymond, 1993; Rama, 1998), il est indéniable que cette région renferme une richesse ethnobotanique médicinale considérable (Boiteau, 1986; Boiteau, 1999; Boiteau & Allorge- Boiteau, 1999). Selon les enquêtes du Projet Masoala, la cueillette de plantes médicinales, est réalisée, étonnement, surtout par les femmes (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). Le rôle des plantes médicinales dans le maintien d un équilibre sanitaire (précaire il est vrai) reste important dans les régions où l accès à la médecine moderne est limité (Feeley-Harnik, 2000). Bilahy: écorce de diverses essences (dont l'euodia fatraina) utilisée pour la distillation d'une boisson locale fermentée (betsa) très réputée (Boiteau, Sepacer et al., 1968a; Boiteau, Sepacer et al., 1968b). En raison d une surexploitation, les collecteurs de bilahy doivent parcourir parfois plusieurs dizaines de kilomètres (à l intérieur du PNM) pour trouver cette précieuse ressource (Raymond, 2000). Les plantes aromatiques (plantes à parfum et huiles essentielles) se résument aux classiques malgaches (girofle, ravinsara, ), mais la prospection récente d une grande multinationale à Masoala (Givaudan SA, 2002) témoigne de l intérêt porté par ce secteur (Telabotanica, 2002); d autres sociétés hésitent cependant à faire de la prospection en raison de l insécurité de l investissement à Madagascar (comm. pers.). III.4.8. Ressources du sous-sol La région ne possède aucun potentiel excepté le quartz est exploité de manière extensive (Hottin & Liandrat, 1963); L'or fût exploité au début du siècle dans le district d'andrarona (Andrarona, Fatanambo, Antsahivo). 43
46 Présentation de la région - Principaux problèmes de la région III.5. Principaux problèmes de la région III.5.1. Les problèmes socio-économiques d une population rurale abandonnée III SANTE ET EDUCATION L absence de structures de proximité (CSB, centre de santé de base et EPP, écoles primaires publiques) est la cause de la situation sanitaire précaire et d un taux d alphabétisation et de scolarisation inquiétant. De plus, les bureaux administratifs des fokontany et des communes rurales sont souvent dans état de délabrement important du fait des cyclones et du manque ou de la mauvaise gestion des fonds (s'ils existent). Des oppositions d ordre culturel existent également et certaines localités refusent, par exemple, la mise en place de toilettes, car il est interdit, tabou (fady) de conserver les déchets (Laizoma, 1997); on peut également citer le village d Ilampy où les fady contraignent les habitants à faire leurs besoins dans la rivière uniquement. A ces contraintes d ordre infrastructurel, la disponibilité et le niveau de formation du personnel des CSB et EPP sont souvent défaillants. Les bas salaires de la fonction publique (190'000 FMG/mois pour un enseignant du primaire) contraignent également les fonctionnaires à marchander leurs services ou à déléguer leurs responsabilités à d autres personnes moins compétentes (c est le cas en particulier dans les écoles où l aîné de la classe remplace l enseignant parti compléter son salaire). Ces conditions socio-économiques favorisent le recours aux méthodes traditionnelles de cultures sur brûlis et contribuent à l'enclavement des populations rurales. L'habitat est ainsi, d'une part, concentré au niveau des voies d'accès facilité (rivières, quelques sentiers principaux) et, d'autre part, dispersé en retrait du front de déforestation (zones à savoka). Carte 11. Distribution de l'habitat et de la population dans le Nord-Est de la Péninsule (CARE Madagascar, 1999). III DES INSTITUTIONS DEFAILLANTES ET UNE REGULATION QUASI-INEXISTANTE OU NEGOCIEE. Le désengagement de l Etat au cours des années 80 a eu un impact considérable sur l organisation sociale, économique et politique de la région. Les outils de régulation des autorités administratives ont été affaiblis par un manque de moyens flagrants. La réponse à ce désengagement a cristallisé une désorganisation civile engendrant d une part, un retour aux pratiques traditionnelles et d autres part une méfiance vis-à-vis de toute intervention du fanjakana (ce mot malgache implique beaucoup plus que l administration, dans la perception paysanne, il comprend ainsi tous les organismes introduits et les vazaha). Pour la gestion forestière, le résultat est une relation peu confiante entre les populations et les Eaux & Forêts (Weber, 1995). III.5.2. Ressources naturelles La plus grande pression exercée sur la forêt provient de la riziculture sur brûlis (tavy) et de l'appropriation subséquente des terres ainsi libérées; de plus, les pressions sur les ressources naturelles sont de différentes natures selon les régions (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993): Nord: pression humaine agressive: cultures de rente, culture vivrières, tavy. Ouest: faible pression humaine, forêt jusqu'au niveau de la mer, biodiversité relativement riche. Est: influence humaine moyenne, pêche comme subsistance pour les plus pauvres, tavy, abandon des cultures de rente. 44
47 Présentation de la région - Principaux problèmes de la région III DEFORESTATION ET EXPLOITATION DES RESSOURCES FORESTIERES La cause directe de la déforestation est le tavy; l exploitation forestière pratiquée dans la Péninsule reste sélective et ne pose pas (encore) les problèmes des exploitations mécanisées de la plupart des régions tropicales (Laurance, 2000). La raréfaction de certains produits forestiers exploités abondamment (bilahy, bois de construction) a été notée dès 1965 (Raymond, 2000), et Louvel parle même d'une proche disparition de l'ébène dans le Nord-Est de Madagascar en 1910 déjà (Louvel, 1910). De 1957 à 1991, la surface de la Péninsule couverte par des forêts "primaires" est passée de 499'000 ha à 366'000 ha, ce qui correspond à un taux de déforestation de 27 % (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). Les données ciblées sur quelques régions donnent des chiffres comparables (Swanson, 1996): la zone périphérique orientale (environ 71'000 ha) relativement fragmentée sera probablement défrichée d'ici les 9 à 24 prochaines années, d'après les taux de déforestation actuels (Kremen, Razafimahatratra et al., 1999). En 1996 on a pu constater une diminution de 30% par rapport à l année précédente suite aux actions dissuasives et répressives menées par le PCDI Masoala de la pratique de culture sur brûlis (Laizoma, 1997). La déforestation la plus rapide touche le Nord-Ouest et le Nord-Est. Par rapport à l'ensemble des forêts humides de Madagascar les pressions sur la forêt dans la Péninsule de Masoala ne sont cependant pas très élevées. (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). Carte 12. La déforestation dans la Péninsule de Masoala à partir de (Laizoma, 1997). D'autres pressions résultent de l'exploitation illicite du bois, de la chasse, de la capture d'animaux, et de la collecte intensive et systématique de produits forestiers secondaires (plantes médicinales, fibres, résines) (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). Cette exploitation non-contrôlée de ressources forestières pose un problème d extinction pour certains produits très appréciés et non naturalisés ou cultivés (pour des raisons culturelles), comme le bilahy, qui commence à manquer dans la région. Une étude menée sur les procédures d'attribution des permis, de suivi et de contrôle des produits forestiers (Andriambahoaka & Randrianarivelo, 2001) a permis d'identifier les diverses formes d'exploitation possibles des produits forestiers (cf. Tableau 8, p.46), les contraintes relatives à l'application des textes en vigueur et les mesures à engager pour contrer les nombreuses illégalités observées (cf. Tableaux, p.48). Les conclusions générales de ce rapport mettent en exergue une application très libre des textes législatifs par manque de communication, de moyens, de démotivation des services en raison de trafiquants légalisés "en amont" (DIREF). Cette situation d'impunité d'exploitants étrangers à la région incite également les populations rurales à une libre exploitation des ressources forestières; la faiblesse des services forestiers avait été reconnue comme une cause indirecte importante de la déforestation (Projet EPB - ESSA-Forêt & Projet BEMA - FoFiFa, 2001). 45
48 Présentation de la région - Principaux problèmes de la région Tableau 7. Surface défrichée et taux relatif de déforestation dans 3 zones d'étude et pour l'ensemble du PNM. Source: (Swanson, 1996). Région Année Données Autres Forêt dégradée Forêt peu dégradée Total Surface ha 17'462.0 ha 18'058.0 ha 1950 % Surface % 96.7% - PNM Masoala Ianobe Anaovandrano Ambanizana Surface ha 1'492.0 ha 15'666.0 ha 18'058.0 ha 1991 % par rapport à % % - % Surface % 8.3% 86.8% - Surface ha 1'990.0 ha 15'148.0 ha 18'058.0 ha 1994 % par rapport à % 133.4% 96.7% - % Surface % 11.0% 83.9% - Surface 4'084.0 ha 1'060.0 ha 23'027.0 ha 28'171.0 ha 1950 % Surface % 3.8% 81.7% - Surface 11'285.0 ha ha 16'043.0 ha 28'171.0 ha 1991 % par rapport à % 79.5% 69.7% - % Surface % 3.0% 56.9% - Surface 12'463.0 ha ha 15'197.0 ha 28'171.0 ha 1994 % par rapport à % 60.6% 94.7% - % Surface % 1.8% 53.9% - Surface 1'075.0 ha 20'405.0 ha 21'480.0 ha 1950 % Surface % 0.0% 95.0% - Surface 4'117.0 ha ha 16'803.0 ha 21'480.0 ha 1991 % par rapport à % % - % Surface % 2.6% 78.2% - Surface ha 211'625.0 ha 211'876.0 ha 1950 % Surface % 0.0% 99.9% - Surface ha 1'103.0 ha 209'833.0 ha 211'879.0 ha 1991 % par rapport à % % - % Surface % 0.5% 99.0% - Service forestier CIREF CEF Antalaha CEF Maroantsetra Tableau 8. Les diverses formes d'exploitation forestière possible dans la Péninsule de Masoala et les textes y relatifs les régulant. Source: (Andriambahoaka & Randrianarivelo, 2001). Formes d autorisation d exploitation Permis d exploiter Permis de coupe à titre onéreux Droit d usage Permis de ramassage Permis d exploiter Permis de coupe à titre onéreux Droit d usage Transfert de gestion Autorités compétentes pour la délivrance d autorisation Durée de validation des autorisations Textes DIREF,FAR 2 à 5 ans Décret Décret du 08 août 1997 Décret Décret CEF 1 à 3 mois Décret Décret Produits exploités Diospyros sp. Dalbergia normandi et maritima Bois énergie, produit de plantation Bois énergie Services forestiers Forêt domaniale Forêt domaniale CEF 1 à 3 mois Décret Décret Forêt domaniale DIREF 1 an Principaux bois Forêt domaniale DIREF, FAR 3 ans renouvelable Décret Dalbergia sp., Diospyros sp., Dalbergia normandi et maritima CEF 1 à 3 mois Décret bois d œuvre, bois de construction, bois énergie CEF 1 à 3 mois Décret bois d œuvre, bois de construction Initié par CEF/Dette Loi nature Forêt domaniale Forêt domaniale Forêt domaniale Forêt domaniale 46
49 Présentation de la région - Principaux problèmes de la région Carte 133. Les 3 sites d'étude de la déforestation dans le PNM Masoala (Swanson, 1996). 47 Carte 13. Les 3 sites d'étude de la déforestation dans le PNM Masoala (Swanson, 1996). 47
50 Présentation de la région - Principaux problèmes de la région Faritany Toamasina Faritany Antsiranana Tableau 9. Problèmes et recommandations relatives aux textes législatifs et à leur application recueillis dans les provinces de Toamasina et d'antsiranana.. Source: (Andriambahoaka & Randrianarivelo, 2001). Problèmes Manque de communication entre le service forestier et la commune pour la demande de permis d exploiter Manque d information sur la procédure à suivre pour la délivrance des permis de coupe Lourdeur administrative, durée trop longue d obtention de permis (12 mois à Maroantsetra) Les agents de l Administration forestière en général (DIREF, CIREF, CEF, TEF) sont les bénéficiaires de la procédure actuelle Lenteur de l étude de la demande à partir du CEF entraînant la déception du demandeur de permis Activités de terrain (reconnaissance, délimitation, inventaire, etc.) exécutées à la routine, parfois au hasard Inexistence de textes bien définis sur la délivrance de permis de chasse entraînant la prolifération du nombre de délinquants et de la vente de gibiers sans autorisation Prélèvement prématuré des ristournes par les FKT ou communes rurales dès la demande de visa pour le permis de coupe Difficulté d application des clauses techniques stipulées dans le contrat d exploitation : - possession obligatoire d un contremaître - utilisation de matériels appropriés dictée par le CEF - obligation de reboisement la suspension temporaire causée par le non respect des engagements est devenu définitive Suspension d autorisation délivrée au niveau DIREF par la sous préfecture Recommandations Respect des étapes de la procédure existante de toutes formes d attribution de permis Responsabiliser le COBA et CTD Délimitation stricte du lot à exploiter Recherche d une nouvelle procédure pour activer l attribution des permis d exploitation Organisation des communautés afin qu elles puissent délivrer les permis de coupe Inventaire des espèces existantes dans le lot d exploitation avant toute délivrance ou prolongation (constat de fin d exploitation) d autorisation Remplacement de la procédure de gré à gré par la procédure d adjudication Allégement de la procédure au niveau local Faritany Toamasina Faritany Antsiranana Exploitation illicite Tableau 10. Problèmes et recommandations relatives aux illégalités observées recueillis dans les provinces de Toamasina et Antsiranana.. Source: (Andriambahoaka & Randrianarivelo, 2001). Problèmes Manque de personnel pour assurer le contrôle permanent Inexistence de statut pour les produits saisis ; actuellement, les agents sont obligés de garder les produits dans l enceinte du service en attendant les textes sur la gestion des produits saisis d une part et la mise en place d une plate forme avec la justice d autre part Manque de moyens matériels et financiers Transport nocturne des produits Difficulté de mener un contrôle effectif sans implication et responsabilisation officielles des CTD et des COBA Prolifération et vente des laissez-passer pour le transport des produits forestiers même illicites Circulation non maîtrisée des marteaux forestiers (nombre et propriétaire) Menaces des agents du service forestier Démotivation relative à l exploitation: trop de trafiquants, profits au bénéfice des bûcherons Insuffisance de personnel; la mission de contrôle doit être effectuée par au moins deux personnes Trop de laissez-passer qui circulent Manque de matériels pour le transport des produits saisis Insuffisance de contrôle en "amont" Contrôle effectué seulement après embarque-ment des produits impliquant une négociation louche avec le service forestier Décret d application de la GELOSE pour les gens. Incompréhension de certains alinéas du texte Recommandations Application du dina et des textes forestiers en vigueur Mise en place de la brigade verte par commune et par fokontany (cas de Foulpointe) pour contribuer au contrôle Responsabilisation du fokonolona à contribuer au contrôle (délégation de certaines tâches) Contrôle au niveau du lot forestier par les agents et sur la route nationale conjointement avec le ZP Contrôle de toutes les formes d autorisation, de leur validation et des taxes à payer Motivation de la brigade verte (50% de produits saisis Dotation des moyens adéquats aux agents forestiers pour pouvoir faire le contrôle Coordination étroite entre le service forestier et les autres entités existantes (ZP, Mairie, Fokonolona) surtout dans les zones rouges (Vavatenina, Fénérive Est) Réunion mensuelle de la brigade verte qui est composée des services des Eaux et Forêts, ZP, commune Contrôle physique sur chantier avant de signer les laissez-passer Responsabilisation de la communauté dans la gestion des ressources naturelles (accélération de la mise en œuvre de transfert de gestion) Inventaire, récupération et renouvellement des marteaux forestiers Dotation de matériels de sécurité et de transport aux agents de contrôle Inventaire des marteaux utilisés par les exploitants Recrutement des agents Constat physique (comptage et vérification) sur place des produits avant l approbation Dotation d engin ou véhicule car actuellement le service loue chez les opérateurs Contrôle au niveau de l'exploitation et du chantier Révision de structure pour que l implication et la responsabilisation du FKT dans le contrôle 48
51 Présentation de la région - Principaux problèmes de la région III EXPLOITATION DE FAUNE ET DE FLORE L'exploitation de faune et de flore se partage entre les espèces comestibles et les espèces commercialisables. La chasse et la collecte d'animaux touchent des espèces fréquentes et des espèces rares sans distinction (seul le goût fait la différence): toutes les espèces de lémuriens (excepté l'aïe-aïe fady dans toutes les régions de Madagascar) sont piégées, toutes les espèces de Tenrecidae (hérissons malgaches) sont capturées les tortues adultes sont capturées sur les sites de ponte et pêchées en mer de nombreuses espèces d'oiseaux de toutes tailles (des petits insectivores aux gros rapaces) sont chassées à la fronde et capturées au nid. Figure 5. Le commerce international d'espèces convoitées par des collectionneurs est très juteux; un caméléon de Masoala est ici proposé à 350 $ (à partir d'internet). Vu l'existence d'une demande locale, diverses espèces (caméléons, geckos, oiseaux, amphibiens, insectes, ) sont capturées vivantes pour le marché international (pet industry). Cette exploitation sélective de biodiversité a un impact encore mal connu, mais il est évident que la demande n'est pas assouvie par l'élevage; ainsi, la collecte participe à une activité d'appoint pour les populations rurales et entretient une pression régulière sur la faune et la flore. L'inapplication des conventions internationales facilite l'écoulement illégal d'animaux et de plantes protégées.(sven & Razafimahatratra, 1999; Rahagalala & Randrianasolo, 2001; Rakotondrabenja, Rabakonandriana et al., 2001). Du fait d'un suivi "insuffisant" des copies d'autorisations de recherche déposées aux postes de l'angap, des fraudes d'autorisations de recherche ont été constatées; les méfaits opérés par les trafiquants ont été attribués, sans vérification, au titulaire de l'autorisation. Ce cas témoigne de la demande du commerce en espèces commercialisables. III RESSOURCES HALIEUTIQUES Bien qu exploités de manière traditionnelle, les récifs et lagons sont parfois exploités jusqu'à une extermination "quasi-totale" des poissons, des crustacés et des mollusques (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993); la surexploitation des ressources halieutiques aurait déjà causé une inquiétante chute de la production (Laizoma, 1997). Ces conclusions ne sont cependant pas partagées par tous les informateurs et la régénération en milieu marin est plus aisée qu'en milieu terrestre (J. Brand, comm. pers.). De plus, certaines techniques de pêche traditionnelle sont destructives: harpon, poison de pêche, piétinement des coraux. Le corail est menacé par sa collecte pour la construction, par l ancrage des embarcations et par la pêche à pied. Les souvenirs vendus aux touristes, tels que coquillages d ornement, morceaux de corail et carapaces de tortues, contribuent également à la destruction de la faune marine (Houssay & Ragot, 2000). En haute mer (au-delà des récifs frangeants) l'extermination est notamment causée par la pêche industrielle et plus spécifiquement par les bateaux-usines, notamment japonais, opérant depuis le port de Diego qui est équipé d une unité d usinage des thons (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). Le dégazage des pétroliers sur la voie du Moyen-Orient et de l'afrique cause des marées noires dont l ampleur est inconnue. III.5.3. Conflits sur l exploitation des ressources naturelles L'application de la législation forestière relative aux feux de forêts est peu conséquente en raison des moyens limités des services compétents (Eaux et Forêts). La surveillance "communautaire" est restée pendant une période le seul "régulateur" des défrichements, car sans flagrant délit, la responsabilité était attribuée d office au fokontany (Laizoma, 1997). D autre part, les "résidus" de la loi napoléonienne datant de la période coloniale (attribuant à l exploitant toute terre mise en valeur) ont toujours favorisé le défrichement comme seul moyen de sécurisation foncière. La loi actuelle reconnaît, implicitement, tout savoka comme faisant partie du domaine forestier national; cette loi souffre cependant d'une imprécision flagrante, car les savoka englobent une large variété de types post-culturaux. 49
52 Présentation de la région - Principaux problèmes de la région Cette gestion "auto-contrôlée" du patrimoine forestier a suscité des conflits d ordre foncier, de droits d usage et de droits d accès; la création du Parc, en limitant ces pratiques d appropriation de la terre par le tavy, a eu un effet catalyseur de ces conflits, auparavant régulés au sein de la communauté. On assiste à des conflits sur les droits d accès et d usages aux zones forestières tampon cités dans presque tous les entretiens et des initiatives villageoises de mis en défens sont apparues (barrage à Ambanizana et Nandrahanana) (Raoeliarivony, 2001). Cet état de fait témoigne cependant d'une forme d'appropriation des ressources, donc d'une responsabilisation communautaire relative à son maintien et à sa gestion, favorable à la mise en œuvre de démarche de gestion communautaire sécurisée (GELOSE). Les ressources halieutiques sont également le théâtre de conflits engendrés par l inexistence ou l inefficacité d application de la législation. Des conflits, à distance, entre les pêcheurs traditionnels et artisanaux et les bateaux industriels, en particulier dans la Baie d Antongil, ont alimenté le débat national relatif à l application de la loi des 2 miles nautiques (Houssay & Ragot, 2000). Tout comme le secteur sylvicole, le secteur très rentable de la pêche crevettière (l'or rose) est cependant sujet à divers arrangements irréguliers. Le système de positionnement par satellite des bâtiments mis en place actuellement par le MPRH et le GAPCM devrait permettre de contrôler les zones de pêche au-delà des 2 miles nautiques. III.5.4. Dégradation de la productivité des sols & péjoration climatique La disparition du couvert forestier a un impact important sur l équilibre écologique des écosystèmes de la région (invasion d espèces introduites, modification des régimes hydriques, lessivage et érosion des éléments nutritifs, péjoration climatique). L'effet de la déforestation sur le climat est encore mal documenté et les hypothèses catastrophistes restent la règle. En dehors de la diminution des précipitations (donc de la nappe phréatique), la modification des rythmes saisonniers semble raisonnablement possible, tels que le prolongement de la saison sèche ou des modifications des régimes hydrographiques agissant sur la dynamique des écosystèmes, plus que sur les potentialités régionales. 50
53 Le parc IV. LE PARC Le Parc National de Masoala est le plus grand Parc National de Madagascar: il couvre une surface totale de 230'000 ha (=2'300 km 2 ), c est-à-dire environ les 2/3 de la Péninsule de Masoala. Le bloc principal couvre une surface de 210'000 ha (dont 10'000 ha de Zones Tampons répartis dans 15 sites satellites), auquel s ajoute 10'000 ha répartis dans les 3 Parcs Terrestres Détachés, et 10'000 ha dans les 3 Parcs Marins. Avec la Réserve Spéciale de Nosy Mangabe (RSNM), une île de 520 ha dans la Baie d'antongil, cet ensemble forme le CAP Masoala (Complexe d Aires Protégées de Masoala). Carte 14. Le Parc National de Masoala et son importance dans le réseau d'aires protégées de région Nord-Est de Madagascar (Laizoma, 1997). IV.1. Historique du Parc et de la conservation à Madagascar IV.1.1. Les premières heures de la conservation à Masoala Les premières mentions sur la déforestation à Masoala sont données par Louvel (Louvel, 1910). En 1927, lors de l instauration du réseau de réserves naturelles à Madagascar, une portion de 27'682 ha a été officiellement décrétée Réserve Naturelle Intégrale N 2 (RNI2) dans la partie Nord-Est de la Péninsule (Jenkins, 1990). Cependant en 1964, ce décret fut abrogé 24 et la RNI2 fut déclassée en forêt domaniale classée pour l attribution de concessions forestières (Les Grands Moulins de Dakar). Suite à la suspension des concessions forestières à la fin des années 80, cette région, déjà sévèrement touchée par un bûcheronnage incontrôlé, a été défrichée pour la culture sur brûlis (tavy) (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). Carte 15. Situation de la Réserve Naturelle Intégrale N 2 déclassée en 1964 (Anonym, 1999). Peu de données historiques sont disponibles sur l état de l environnement dans la Péninsule de Masoala excepté les rapports des services forestiers; un rapport de 1970 rappelait que la région de Masoala était le bloc de forêt de plus grande amplitude (140 km de large) et recommandait un statut de protection intégrale, ainsi que pour les "forêts de Maroantsetra" (Ambohitsitondroina, Beanana, Ambohivoangy) (Jenkins, 1990). De 1989 à 1991, le Missouri Botanical Garden (MBG), la Direction des Eaux et Forêts (DEF) et la branche de développement de l'eglise Luthérienne Malgache (SAFAFI) commencèrent un projet dans la Péninsule de Masoala; cette opération a été suspendue en 1991 (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). IV.1.2. Place de Masoala dans la biodiversité malgache La Péninsule de Masoala, rapidement reconnue comme le plus grand bloc de forêts tropicales humides de Madagascar (Green & Sussman, 1990) a suscité une pression importante de recherches afin d en évaluer la diversité, puis secondairement les menaces. Le catalogue des documents de recherche (disponible à la Bibliothèque du Projet Masoala témoigne de 44 rapports de recherche sur 32 sites de recherche (18 dans l écosystème terrestre, 9 dans l écosystème marin, 5 dans les mangroves). Selon les conclusions de l atelier sur la définition des priorités en matière de conservation de la diversité biologique (Rakotosamimanana & Ganzhorn, 1995), la Péninsule de Masoala et les régions environnantes à l ouest et au nord sont détentrices d une biodiversité exceptionnelle. 24 Décret No du 16 septembre
54 Le parc Carte 16. Importance biologique à Madagascar (Hannah & Hough, 1995) Carte 17. Priorités de recherche biologique à Madagascar (idem). L atelier scientifique pour l élaboration du plan stratégique de l ANGAP (ANGAP, 1999), malgré des conclusions "diluées", a réaffirmé l importance capitale de Masoala pour la biodiversité malgache ainsi que son rôle central dans la conservation de l écorégion Nord par la mise en réseau d autres aires protégées existantes ou en cours de création (Plateau de Makira, Ankaraka). Actuellement, le PNM est le plus grand Parc National de Madagascar et englobe plus de forêts denses ombrophiles de basse altitude (<400 m) que la surface combinée du reste du réseau national des aires protégées; il représente un élément important de la conservation globale (Kremen, Razafimahatratra et al., 1999). Carte 18. Pressions anthropiques sur la Péninsule de Masoala et le réseau de forêts avoisinantes (Coll, 1998). IV.1.3. Une pression internationale La prise de conscience de l enjeu environnemental dans les années 1980 a suscité une intervention de la communauté internationale pour la conservation des ressources naturelles à Madagascar (en particulier en matière de recherche fondamentale et appliquée). L avènement de la Convention sur la Diversité Biologique de Rio (1992) a ensuite fourni un cadre international pour des actions environnementales en faveur du développement durable. Madagascar a suscité un intérêt considérable dans ce cadre en raison de la richesse de sa biodiversité représentée par de nombreuses espèces endémiques; ainsi, Madagascar appartient au G7 de la biodiversité mondiale (biodiversity hotspot). La gravité et l intensité des pressions qui touche 52
55 Le parc l environnement malgache en font ainsi une des priorités mondiales pour des actions de conservation dont l urgence est rappelée régulièrement au niveau international (Cincotta, Wisnewski et al., 2000). L Etat malgache a ainsi progressivement élaboré une politique environnementale 25, qui à l aide des bailleurs de fonds internationaux a débouché sur la mise en œuvre en 1991 du Plan National d Action Environnemental (PNAE), le premier dans le genre sur le continent africain. IV.1.4. Cadre national: le PNAE Finalisés en 1989, les objectifs du PNAE ont été jugés très ambitieux et les évaluations successives tendent à démontrer qu il n a pas été conçu dans une optique de développement adapté (certains le compare d'ailleures à un néo-colonialisme "vert" (Razakamanantsoa, 1995)). Durant les programmes environnementaux (PE) successifs du PNAE, les conditions cadres de la mise en place et de la gestion des aires protégées ont été définies, mises en œuvre et évaluées sur la base des exigences des bailleurs de fonds et de négociations avec le gouvernement malgache. L histoire du PNM et de sa gestion sont donc intimement liées aux objectifs des différents PE (Houssay & Ragot, 2000). Figure 6. Priorités de conservation du PE2 (Hannah & Hough, 1995). Le PE 1 ( ) a procédé à la définition d un cadre législatif ad hoc, à la mise en place des procédures y afférentes et surtout à la création de diverses structures opérationnelles (institutions introduites) pour la mise en œuvre des objectifs du PNAE: l'one (office national de l'environnement), l'angap (association nationale pour la gestion des aires protégées, l'anae (association nationale pour les actions environnementales), etc. Les diverses composantes du PE2 ( ) s organisent principalement autour de priorités d actions (aires protégées, écotourisme, protection des sols, gestion durable des forêts), du développement d approche de gestion (spatiale, technique, participative) et de stratégies de régulation (accompagnement législatif); la démocratisation et la décentralisation des responsabilités et du contrôle de la gestion des ressources naturelles vers les niveaux régionaux et locaux ont été reconsidérés sur la base des leçons tirées du PE1. L'écotourisme est important dans le PE2 à travers la composante "aires protégées et écotourisme" (CAPE), alors que la gestion locale sécurisée (GELOSE) apparaît être la solution idéale pour la gestion communautaire des patrimoines en dehors des aires protégées. L objectif final du PNAE, à travers le PE3 ( ), est de pouvoir s appuyer davantage sur la gestion des ressources par les communautés, le gouvernement et les ONG (automatisation de la gestion de l'environnement par les collectivités locales qui acquièrent un comportement environnementaliste); à l orée du PE3, il semble que cet objectif n est (de loin) pas atteint. Carte 19. Zones prioritaires d'intervention du PE3 25 Entre autres, la Charte de l Environnement par la loi du 21 décembre 1990, la ratification de la Convention sur la Diversité Biologique par la loi du 08 août 1995 et la Mise En Compatibilité des Investissements avec l'environnement par la loi (Gouvernement malgache, 2001). 53
56 Le parc IV.2. La gestion du Parc IV.2.1. Le rôle de l ANGAP L ANGAP (créée en 1990) fut l une des premières institutions introduites à être opérationnelle; oeuvrant tout d abord avec le statut d une ONG régie par le droit privé, elle fût reconnue d'utilité publique en L ANGAP a évolué sous les tutelles successives du Ministère de l Agriculture, de l Elevage et du Développement Rural (MAEDR), puis de celle du Ministère de l Environnement (MINENV) (ANGAP, 2001). Elle devint une agence d'exécution de la composante "Biodiversité" du PNAE responsable de la gestion des AP (aires protégées), de la mise en œuvre d'activités de développement dans les zones périphériques, de la collecte et la gestion des données relatives aux AP, de la valorisation de l'écotourisme à travers la formation de guides qualifiés et la création du DEAP (droits d entrée aux aires protégées). L'ANGAP appuie la DEF (Direction des Eaux et Forêts) à améliorer la politique nationale de la gestion de la biodiversité par l'appui aux études faunistiques et floristiques. Le code des aires protégées (COAP) régit la gestion des AP et les pouvoirs de l ANGAP (également en dehors des aires protégées). Ainsi, le rôle de l ANGAP est prioritaire dans le PNAE notamment par son rôle de décideur dans la sélection des différents opérateurs assurant la mise en place des structures de base et la gestion, temporaire, des aires protégées. La création du PNM et sa gestion ont donc été élaborées sous la responsabilité directe de l ANGAP; la gestion du PNM a subi de nombreuses réorganisations induites par la conformation institutionnelle héritée (domaine de l Etat géré par la DEF) et de la position centrale du PNM dans la stratégie nationale du réseau d aires protégées. IV.2.2. Le "Projet Masoala" Les recherches botaniques effectuées par le MBG (Missouri Botanical Garden) depuis 1989 dans la Péninsule de Masoala ont rapidement mis en évidence la nécessité de conservation de la région. CARE International (Cooperative for Assistance and Relief Everywhere, ONG internationale œuvrant dans le développement humanitaire) fut sollicité par le GMU (Grant Management Unit), l'usaid et le MBG afin de prendre en main la conception d'un projet de conservation. C est dans le contexte du PE1 que le Projet Masoala fut créé en 1992; la mise en place des structures de gestion et la direction du Projet Masoala ont été confiées à CARE sous la direction de l ANGAP et de la DEF (la Péninsule étant encore classée domaine de l Etat). De septembre 1992 à mars 1993, CARE étudia avec MBG et SAFAFI la conception du projet dont les objectifs étaient d'identifier les types de pression humaine (origine, intensité et répartition) et de "développer une approche pour conserver la biodiversité de la Péninsule en offrant des alternatives de développement à la population locale pour alléger leur pression sur les ressources naturelles". En 1993, CARE sollicita la participation de New York Zoological Society (fondateur de l'ong américaine Wildlife Conservation Society, WCS) et The Peregrine Fund (TPF) pour élaborer l avant-projet du volet conservation, alors que CARE était responsable du volet développement (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). Une mission importante du Projet Masoala fût d élaborer une proposition de délimitation du PNM basée sur les études précédentes incluant déjà les zones périphériques dans la problématique (Odendaal & al, 1993; Odendaal, Kroese et al., 1994; Odendaal & al, ; Lance, Kremen et al., 1995; Projet Masoala, 1995b; Projet Masoala, 1995a). Le projet Masoala a favorisé la participation de toutes les parties susceptibles et intéressées à la réussite de ce projet (Laizoma, 1997): population locale: le projet a incité la création de différents groupements villageois en diffusant simultanément des innovations agricoles; l'administration publique: en-dehors de l ANGAP, les services des eaux et forêts (Antalaha et Maroantsetra) et les services des Domaines ont participé à la délimitation du PNM; opérateurs économiques: transporteurs, restaurateurs, hôteliers, guide. 54
57 Le parc Suite à cette étude, le Parc National N 8 de Masoala (PNM) a été créé suivant le décret No en date du 02 mars Le statut de Parc National est le plus flexible dans le système des aires protégées malgaches; il favorise l écotourisme et permet une utilisation contrôlée des ressources par les populations locales, tout en maintenant des zones de conservation intégrale, de recherche ou de restauration. Depuis la préparation du décret de classement, le PNM a été géré conjointement avec la Réserve Spéciale de Nosy Mangabe (RSNM) sous la forme d un Programme de Développement et de Conservation Intégré de la Péninsule de Masoala (PCDI Masoala) pour composer ultérieurement le complexe d aires protégées de Masoala (CAP Masoala). Carte 20. Limites proposées pour le PNM sur la base des études exploratoires (CCB). 55
58 Le parc IV.2.3. L organisation du PCDI Masoala L'objectif du PCDI consiste à établir des pratiques de gestion durable, c'est-à-dire d'inciter l'adoption de techniques d'exploitation des ressources compatibles avec la protection de l'environnement dans le PNM et les ZP. D'une manière générale, les PCDI ont un discours de naturalistes et le développement qu'ils réalisent est voué à la conservation; leur appui aux Eaux & Forêts pour le contrôle et la répression en témoigne (Weber, 1995). La gestion opérationnelle sur le terrain du PCDI Masoala a été confiée à CARE International, alors que WCS a été chargé de l assistance technique en matière de recherche, de suivi écologique et de gestion des aires protégées (ANGAP, 2001). Le PCDI Masoala a été divisé en deux programmes (conservation et développement) avec 3 sous-volets techniques: conservation, écotourisme et suivi écologique. Volet Conservation: le suivi écologique du PNM est concentré sur divers groupes pour lesquels il y a parallèlement des programmes de recherche existants (lémuriens, oiseaux, papillons, etc.). Le suivi propre au CAPM s organise autour de régions spécifiques (ZT) ou de ressources particulières par des enquêtes auprès des populations locales (bois d œuvre, bilahy, ). Le suivi des tavy par patrouille aérienne participe également fortement à la sensibilisation (dissuasive) (WCS, 1999) par le volet gestion du parc dès 1998 (Hatchwell, Ramboasalama et al., 1998; Hatchwell, Regis et al., 1998). Le suivi écologique occupe de nombreux agents à plein temps. Volet Développement: l'objectif du volet développement est d'inciter les occupants illicites des AP à se retirer d'euxmêmes des AP en les attirant à l'extérieur par des actions de développement local (agriculture, élevage) et par la création d'infrastructures de base (dispensaire, école, marché). Volet Ecotourisme: du fait des perspectives envisagées pour l'écotourisme afin de valoriser le PNM pour les populations locales, un volet spécifique organise et procède au suivi de la fréquentation touristique. Tableau 11. Organisation de la gestion du Parc National de Masoala et des aires protégées périphériques. Dénomination Année Programme Sous-volets Respon-sabilité Remarque Réserve Naturelle Intégrale RNI N Protection intégrale MEF Forêt domaniale 's Exploitation forestière MEF Projet de recherche botanique Inventaire floristique et élaboration d'un projet de conservation Projet Masoala Conception du projet PCDI Masoala: Programme de conservation et de développement intégré PCDI Masoala: Programme de conservation et de développement intégré, phase 2 CAP Masoala: Complexe d'aires Protégées de Masoala (USAID) (Gouvernem ent néerlandais) Volet développement: Développement d'une approche pour conserver la biodiversité de la Péninsule en offrant des alternatives de développement à la population locale pour alléger leur pression sur les ressources naturelles Volet conservation Gestion de l'ap: Conservation Ecotourisme Suivi-écologique Conservation Volet Appui au Développement Volet Administration & Finances Volet Conservation & Recherches finalisées Volet Education Environnementale Volet Ecotourisme & Services aux visiteurs Volet Suivi & Evaluation Volet Gestion Parcs Marins MBG MEF SAFAFI CARE MBG SAFAFI CARE, USAID WCS + TPF ANGAP, USAID ANGAP-CARE et WCS ANGAP-WCS et CARE Partie Nord-Est de la Péninsule Concession forestière: les Grands Moulins de Dakar Sous la direction de l'angap et de la DEF 56
59 Le parc IV.2.4. Le transfert de gestion du PCDI Masoala au CAP Masoala. Après une phase de PCDI, la gestion des AP à Madagascar a été redirigée vers un objectif plus classique de conservation et le PCDI a été décomposé en différents volets (Swanson, 1996). Depuis janvier 1999, WCS a pris l engagement technique dans la gestion-conservation du CAP Masoala, alors que CARE a poursuivi la gestion et l administration des activités de développement dans les zones périphériques de CAP Masoala tout en assurant ses engagements financiers (ainsi le volet "Gestion du PNM" était toujours sous la tutelle de CARE). Dès janvier 2000, le retrait opérationnel de CARE a incité l ANGAP à mandater WCS comme seul partenaire et ainsi constituer l entité de gestion ANGAP / Direction CAP Masoala, dont le siège a été transféré d Antalaha vers Maroantsetra (ANGAP, 2001). Le CAP Masoala relève dans son ensemble de la province de Toamasina (donc de la Direction Interrégionale de Toamasina), bien que près des 2/3 de la Péninsule de Masoala soient situés dans la province d Antsiranana. Ce transfert de gestion (personnel, activités, équipements) de la Direction du CAP Masoala de CARE International / PCDI Masoala vers une structure de gestion mixte du CAP Masoala ANGAP/WCS a été engagé par le Comité du Fonds pour l Environnement (CFE) en 1999 et a abouti en avril 2000; il est à noter qu'en tout cas jusqu à fin 2002, CARE reste le bailleur de fonds privilégié du CAP Masoala. Le retrait de CARE du CAP Masoala prévu pour juin 2003 sera progressif. Une fois le transfert réalisé, ANGAP/WCS ont structuré leurs activités pour les rendre cohérentes avec les directives du réseau national des aires protégées et défini leur stratégie de conservation/développement de la Péninsule de Masoala. Conformément aux directives de l ANGAP, l élaboration d un plan de gestion a débuté en 1999; puis après concertation entre les opérateurs (WCS, CARE), les gestionnaires (ANGAP), puis les services concernés (MinEnv, MEF), il a été formellement accepté en Le Plan de Recherche, auparavant intégré au Plan de Gestion, est actuellement un élément indépendant (ANGAP, 2001). Ce plan a favorisé l'adoption d'un nouveau cadre logique du PCDI Masoala et une approche par programme (conservation & développement) axé autour de différents volets. L'approche zonale des activités a également été renforcée par un système de suivi-évaluation par l'unité SIG (ANGAP, 2001). Volet Appui au Développement Volet Administration & Finances Volet Conservation & Recherches finalisées Volet Education Environnementale Volet Ecotourisme & Services aux visiteurs Volet Suivi & Evaluation Volet Gestion Parcs Marins Figure 7. Organigramme fonctionnel et opérationnel du CAP Masoala (ANGAP, 2001). 57
60 Le parc IV.2.5. L avenir du CAP Masoala L'avenir du PNM repose principalement sur deux objectifs: Assurer le financement des structures existantes pour consolider les expériences accumulées en matière de gestion du CAP Masoala (suivi écologique, gestion, administration, éducation) Renforcer les compétences de certains volets-clés, nécessaires à la conservation effective du CAP Masoala. Suite au financement de l'usaid de 1993 à 1997, le gouvernement néerlandais a assuré le financement de 1997 à Le financement des 3 parcs marins est lui assuré jusqu'en 2003 par le WWF Finlande (ANGAP, 2001). La recherche de partenaires pour la mise en œuvre d un programme de développement régional des zones périphériques est apparue comme un point crucial pour assurer la conservation effective et durable du CAP Masoala. IV.3. L organisation spatiale du CAP Masoala D après Faramalala (ANGAP, 1999), le CAPM est classé dans la catégorie A, qui stipule l application d es actions suivantes: conservation, développement alternatif aux pressions, recherche, écotourisme et éducation environnementale. Le PNM a été conçu selon un plan de zonage délimitant des régions d actions assurant une utilisation multiple du PNM (Limites d'utilisation Acceptable, LUA) tout en protégeant les habitats fragiles et les sites culturels ou sacrés (Projet Masoala, 1995a). Le reste de la Péninsule était destiné à un usage basé sur une gestion communautaire. Les objectifs du zonage sont de contrôler les activités humaines, de séparer les usages conflictuels, de planifier les mesures de gestion et de concilier les aspects formels et opérationnels. Alors que les critères de durabilité écologique et sociale ont été évalués ultérieurement sur les bases des informations disponibles, les critères de base pour l'étude du zonage furent définis comme suit (Kremen, Razafimahatratra et al., 1999): distribution et qualité des habitats naturels distribution des espèces en danger (groupes-cibles) relation entre les gradients environnementaux et la distribution des espèces occupation humaine actuelle et prévue et utilisation des ressources potentiel économique de la gestion communautaire des ressources forestières Figure 8. Schéma illustrant le zonage formel des aires protégées de l'angap à Madagascar (d'après le COAP) 58
61 Le parc IV.3.1. Le zonage formel Les zones définies dans les plans de gestion des AP sont régies dans le cadre du COAP (Code des Aires Protégées), dont la ratification est attendue. Le bornage du PNM implique directement le Services des Domaines dont les moyens sont limités; les démarches ont été entreprises, mais le coût de sa réalisation compromet sa réalisation effective. Le marquage (layon de 3-4 m, panneaux de signalisation, marquages par peinture) réalisés par les ACE (Agent de Conservation de l'environnement) du PNM est en cours depuis 1997, mais n'est pas terminé. Carte 21. Délimitation du Parc National de Masoala (Laizoma, 1997). 59
62 Le parc IV ZONES PERIPHERIQUES (ZP): Les zones périphériques peuvent être définies comme comprenant l ensemble des villages ou hameaux dont les populations ont retiré des avantages des ressources naturelles au sein de l aire protégée. Les ZP servent aux communautés locales, selon un droit d usage, pour satisfaire les besoins en produits forestiers, pour servir des fins commerciales tout en respectant les règles de l exploitation rationnelle et durable et assurant la pérennité du Parc National de Masoala (Abraham, Andrianisa et al., 1997). Les ZP de Masoala ne sont pas définies clairement, mais sur la base des chiffres publiés elles représentent une surface de 220'000 ha (dont 100'000 ha de forêts "exploitables"), soit environ l'ensemble de la Péninsule de Masoala en dehors du PNM, ce qui correspond approximativement à une distance de 10 km à partir des limites du PNM. Les conventions de droits d usages des ZP ont été initiées en mai 1998 et finalisées en mai En 1995, on comptait 320 villages ou hameaux dans les ZP totalisant plus de 40'000 personnes représentant 8'000 ménages (Swanson, 1996). Les interventions au niveau des zones périphériques sont limitées avant tout aux abords des régions où la pression humaine est importante, où l accès est facile ou aux abords de ZT ou de sites pilotes de gestion concertée (GELOSE marine, forêt à gestion communautaire de Sahafary; cf. Appui à la gestion durable des ressources naturelles, p.82 & 85), ainsi qu aux abords des sites de recherche principaux. Les zones périphériques sont aussi sujettes à des études de suivi écologique (5 sites dans le bassin-versant d'anaovandrano). C'est dans les ZP que divers projets pilotes de gestion communautaire locale (sécurisée ou non) ont été mis en œuvre. Le site de Sahafary semble avoir reçu un intérêt considérable depuis son lancement. Le site d'anaovandrano plus au sud est quant à lui resté à l'état de projet. La GELOSE marine, développée en 1999 s'étend sur près de 50 km de côtes et inclut 11 villages (cf. 85). IV ZONES DE PROTECTION (ZPR): La ZPR n'est pas définie clairement pour le PNM; elle peut être assimilée plus ou moins à la ZP en raison de la conformation particulière du PNM par rapport à la Péninsule. Carte 22. Les Zones Tampons du Parc National de Masoala (Raymond, 2000). IV ZONES TAMPONS (ZT): Les ZT font partie intégrante du PNM; "la délimitation, la réalisation, la gestion et l'exploitation des zones tampons est l'unique moyen d'assurer la conservation de la biodiversité de Masoala" (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993). Les activités dans les zones tampons cumulent les intérêts en matière de conservation et de développement et se dotent d'une composante suivi-biologique qui leur assure toute justification en tant qu'outil de conservation. La gestion concertée des ZT repose sur la Convention de Maroantsetra, signée en mai 1999, entre les populations riveraines, le Projet Masoala, la CIREF d'antalaha et la CANFOR de Maroantsetra (CIREF Fénérive-Est). Des périmètres d'usage et des règles d'exploitation sélective et quantitative ont été définis pour 6 villages (Ampokafo, Ankovana, Fizono, Ambodibaro, Tanambao- Mahasoa, Ambodihazovola) et les espèces ligneuses les plus utilisées seront multipliées dans les pépinières villageoises; le suivi de ladite convention est assuré par des interviews et le suivi écologique (Raymond, 2000). 60
63 Le parc Les ZT peuvent ainsi prendre différentes formes pratiques, dont les dénominations ne sont pas toujours homogènes: 15 zones tampons: ZT Ambanizana (985 ha), ZT Ambavony (240 ha), ZT Ambodiforaha (519 ha), ZT Ambohimirahavavy-Ampokafo (454 ha), ZT Amparafara (359 ha), ZT Analambolo (316 ha), ZT Ankarabo (377 ha), ZT Ankavia (725 ha), ZT Bizono I-Marivorano (551 ha), ZT Ilampy (125 ha), ZT Mahalevona (2'063 ha), ZT Maniry (1'193 ha), ZT Maroangady-Ampokafo (522 ha), ZT Marovato (792 ha), ZT Tanjona (124 ha) dépendant du Parc Détaché de Andranomainty-Tanjona). zone d'utilisation contrôlée ou réglementée (ZUC, ZUR): une est à l'intérieur du parc marin de Tanjona 3 zones d'occupation contrôlée ou réglementée (ZOC) zone de suivi écologique (ZSE) zone de restauration: la délimitation du PNM ayant été prévue de manière à exclure toutes zones habitées ou "dénaturées", il n'y a aucune zone de restauration 5 zones de recherche ont été délimitées dans diverses régions du PNM pour des études ciblées (impact des sangliers, Bignoniaceae, ) ou de suivi écologique. zones de service (ZDS): servitude de passage, écotourisme; l'une est située dans le parc marin de Tanjona (Sahasivory- Tanjona), l'autre dans le parc marin de Masoala (Nosy Behentona) (Rakotoarinivo & Rasoatiana, 2000). Les zones de service destinées à l'écotourisme peuvent prendre les formes suivantes (Ratsifandrihamanana, 1999): Résidence de tourisme: unité d'hébergement de type appartement louée à la journée ou au mois qui n'offre pas de service hôtelier classique, mais munie d'équipements permettant aux clients d'effectuer leurs services Village de vacances: centre d'hébergement destiné à assurer des séjours de vacances selon un prix forfaitaire (pension, usages d'équipements communs, installations sportives, distraction collective) Gîtes: maisons meublées louées pour une durée brève Chambres d'hôtes: local meublé faisant partie intégrante d'une maison d'habitation Terrain de camping: terrain public ou privé aménagé et mis à la disposition des campeurs Restaurant: service de repas réguliers à des heures bien définies Table d'hôte: service sur commande dans des établissements locaux IV ZONES DE CONSERVATION (ZC) Elles sont constituées de 5 sites, sur lesquels l'écotourisme est autorisé, mais réglementé: La Réserve Spéciale de Nosy Mangabe (RSNM) sur l'île du même nom dans la Baie d'antongil de 520 ha. Le Parc National de Masoala (PNM) comprend le parc terrestre (220'000 ha) et le parc marin (10'000 ha) Le parc terrestre est composé de: un bloc forestier principal d'une surface de 210'000 ha de forêts tropicales fragmentées en quelques endroits définissant 3 ponts forestiers (corridors) 3 Parcs Détachés de forêts littorales distribués sur la côte Est de la Péninsule (PD1 Andranoala-Ambodirafia (8'000 ha), PD2 Beankora (ka)-masoala (620 ha), PD3 Andranomainty-Tanjona (1'060 ha)). Le parc marin est composé des entités suivantes, dont le marquage était prévu en 2000: Ambodilaitra-Masoala (2'500 ha) Tampolo (3'500 ha) Tanjona (2'100 ha). Lors d un atelier en novembre 1999 (Antalaha), les participants (MinEnv, ANGAP, CARE WCS) ont évalué les différentes propositions de zonage du PNM Marin et la préparation d' un cadre pour la gestion des PNM marins et les infrastructures nécessaires. Le zonage en ND (Noyau Dur) et en ZUR (Zone d'utilisation Réglementée) a finalement été choisi; 2 ZDS ont également été identifiées pour l accueil écotouristique. Pour les ZUR, les réglementations régulent l accès (communautés locales), les restrictions (espèces, méthodes et pratiques de pêche), les ressources (poissons, calmars, pieuvres, crabes, langoustes à l exception des poissons d aquarium), les matériels prohibés, les jours de pêche (aucune pour l instant), le tourisme (achat et vente de coquillages d ornement interdit). Le mode de gestion des ZUR envisagé repose sur le modèle des dina suivi par un comité de gestion, basé sur les CRV (Comité de Réflexion Villageois) préexistants (paysans, autorités locales (PCLS, Mairie), personnel de gestion du PNM, EMC-ONE, ANGAP, MinEnv). La gestion repose donc temporairement sur ce comité en attendant l approbation des diverses institutions concernées (Rakotoarinivo & Rasoatiana, 2000). 61
64 Le parc Carte 233. Les Parcs marins de Masoala et leur zonage (CARE Madagascar, 1999) 62 Carte 23. Les Parcs marins de Masoala et leur zonage (CARE Madagascar, 1999) 62
65 Le parc IV.3.2. Les zonages stratégiques opérationnels IV ZONAGE POUR LES ACE (AGENT DE CONSERVATION DE L'ENVIRONNEMENT) 6 Zones (Ambanizana, Ambohitralanana, Ampanavoana, Ampokafo, Mahalevona, Vinanivao) et 7 secteurs (Ambanizana, Ambohitralanana, Ampanavoana, Ampokafo, Mahalevona, Ratsianarana, Vinanivao) définissent les zones d'actions des ACE, en moyenne 2 par secteurs ce qui représente 1 ACE / 10'000 ha excepté dans les 3 Parcs Marins (2 ACE par parc marin). Carte 24. Les zones et secteurs d'action des Agents de Conservation de l'environnement (ACE). IV ZONAGE "ECOLOGIQUES": 11 BASSIN-VERSANT (RAYMOND, 2000) Le zonage écologique se base sur les limites des bassins-versants (WCS, PCDI Masoala et al., 1999): BV01 (Ankavanana); BV02 (Onive & Ankavia); BV03 (Ratsianarana); BV04 (Fampotakely); BV05 (Ampanio); BV06 (Ampanavoana-Ankarabato); BV07 (Anaovandrano); BV08 (Fampotabe); BV09 (Ambanizana); BV10 (Mahalevona); BV11 (Sahafihitra). Actuellement, 15 sites ont été étudiés dans 4 bassins-versants (Sahafary, Fampotakely, Ampanio, Sahamalaza) en 1995, 1996 et 1998 (Raymond, 2000). IV ZONAGE PRIORITAIRE POUR LE DEVELOPPEMENT Zone 1 Zone Périphérique du Nord-Ouest (BV10 & 11; Vallées de Mahalevona et de Sahafihitra); 203 membres pour le GCV Zone 2 Zone Périphérique du Nord-Est inclus ZT Ambavony, ZT Amparafara, ZT Bizono- Marivorano et ZT (BV01 & 02; Vallées d'ankavia et d'onive). Zone 3a Zone côtière d'ambohitralanana à Ratsianarana inclus Parc Détaché de Andranoala-Ambodirafia Zone 3b Zone côtière aux alentours du Parc marin de Tanjona et du Parc Détaché de Andranomainty-Tanjona, inclus ZT Tanjona Zone 3c Zone côtière aux alentours du Parc marin de Ambodilaitra-Masoala et du Parc Détaché de Beankora (ka)-masoala Zone 4 Zone Périphérique du Sud-Est inclus ZT Ankarabo et ZT Maniry (BV05, 06 & 07; Vallées de Fampotakely, d'ampanavoana- Ankarabato et d'anaovandrano). Zone 5 Zone côtière et périphérique d'ambanizana à Ampomatobe, inclus Parc Marin de Tampolo et ZT Ambodiforaha et ZT Ambanizana (BV 09 en partie). Carte 25. Les zones prioritaires d'intervention en matière de développement menées par CARE (PCDI Masoala & CARE International, 1998); elles ont été définies selon l'accessibilité (p.ex. cas de la zone 3), selon les projets de recherche ou de suivi écologique en cours ou selon les pressions anthropiques. 63
66 Développement de l'écotourisme V. DÉVELOPPEMENT DE L'ÉCOTOURISME V.1. Définitions Afin de clarifier la notion d'écotourisme, il nous a paru nécessaire de passer en revue les différentes visions pour affiner ce concept "à la mode". On an island endowed with some of the richest plant and animal life on the planet, conservationists say Madagascar has huge potential to expand "eco-tourism" in its national parks that will also help preserve the unique natural habitat (Green, 2002). Madagascar is often considered the highest biodiversity conservation priority on earth. Its unique evolutionary history has resulted in exceptional species numbers and endemism (species that exist only in a specific ecosystem.). Because of this fascinating natural history, Madagascar could rival the Galapagos Islands as a natural tourism attraction. Unfortunately, the island has yet to live up to its promise as an ecotourism destination. As threats of further deforestation increase, the CI Ecotourism Program is working to develop ecotourism in Madagascar as a means of protecting this natural heritage (Conservation International, 2002). "L'écotourisme est une forme de tourisme qui consiste à visiter des zones naturelles relativement intactes ou peu perturbées, dans le but précis d'étudier et d'admirer le paysage, et les plantes et les animaux sauvages qu'elles abritent, de même que toute manifestation culturelle (passée et présente) observable dans ces zones" (Rakotondrabary, 1999). Définition ANGAP: "L'écotourisme est une forme de tourisme qui s'inspire d'abord de l'histoire naturelle d'une région, y compris ses cultures indigènes. L'écotouriste visite des régions relativement peu développées dans l'espoir d'apprécier, de participer et de prendre conscience. L'écotouriste jouit de la nature et des ressources naturelles sans les consommer et contribue au développement de la région visitée en apportant la main-d'œuvre et des moyens financiers dont bénéficieront directement la conservation du site et le bien-être des résidents locaux. La visite devrait renforcer l'appréciation et la consécration de l'écotouriste aux problèmes de conservation en général et aux besoins du site en particulier. L'écotourisme implique également une approche de gestion par le pays ou la région hôte qui s'engage à œuvrer à la création et au maintien des sites avec la participation de la population locale par un marketing parfait, par la mise en application des lois, par l'utilisation des procédés d'entreprise dans le financement de l'aménagement de ces zones aussi bien que le développement de la communauté" (Ziffer, 1989). Photographie 19. La nature de Masoala exprime toutes les facettes de la diversité animale et végétale; ici une orchidée (Angraecum sesquipedale) de taille considérable (Farankaraina, Masoala, septembre 1996, S. Wohlhauser). "Voyager dans des régions naturelles relativement peu perturbées dans le but d'étudier, d'admirer et d'apprécier le paysage et les plantes et animaux sauvages qu'il abrite, de même que les manifestations culturelles propres à ces zones" (Ceballos-Lascurain,??). "L'écotourisme est un voyage dans des régions naturelles avec des objectifs multiples; une compréhension accrue de l'histoire culturelle et naturelle de l'environnement en ayant soin de ne pas altérer ce dernier, tout en apportant des avantages économiques visant à rendre la conservation des ressources naturelles profitables aux populations locales" (Ecotourism Society, 2001). "L'écotourisme est la pratique du tourisme de loisir, sportif ou pédagogique, dans des régions naturelles qui soutiennent les patrimoines naturels et culturels; incite à leur conservation, encourage la formation de conscience ambientale et garantie le bien-être des populations impliquées." (Barros & De La Penha, 1994). 64
67 Développement de l'écotourisme "Le but de l'écotourisme est d'atteindre un niveau et une qualité d'activité écotouristique dans la zone de la Péninsule qui contribuera à la protection à long terme du parc national Masoala et de son environnement ainsi que de l'amélioration de la qualité de vie des populations locales" (Laizoma, 1997). En ce qui concerne plus particulièrement notre région, la remarque de Joe Peters (Peters, 1992) s'adapte particulièrement bien à Masoala: "si vous possédez un esprit d'aventure semblable à celui des premiers explorateurs, et si vous êtes prêts à subir des problèmes pour le prix d'une flore extraordinaire et d'une vie naturelle unique au monde, et si vous considérez l'imprévu comme étant la raison d'être d'un tourisme d'aventure, alors Madagascar sera pour vous la meilleure destination" Quelle que soit la définition choisie, la palette ci-dessus tend à montrer que l'écotourisme va plus loin et qu'il diffère du tourisme dit classique: "Le fait de voyager, de parcourir pour son plaisir un lieu autre que celui où l'on vit habituellement" (Dictionnaire Robert). L'écotourisme implique des aspects tels que: espaces naturels par opposition à l'espace urbanisé ou artificiel, une prise de conscience de la conservation des ressources naturelles et un rapprochement des modes de vie des populations locales en contribuant théoriquement à leur développement. L'écotourisme ne se cantonne donc pas uniquement à la visite d'un parc ou d'une réserve naturelle. Nous parlerons d'écotourisme dans cette étude même si dans certains cas ce concept peut prêter à confusion par rapport à d'autres concepts comme le tourisme, le tourisme vert, le tourisme bleu, le tourisme d'aventure, etc. V.2. Les atouts et freins de l'écotourisme de Masoala La Péninsule renferme une diversité biologique inestimable susceptible d'attirer les touristes, car c'est le dernier grand bloc de forêt de basse altitude du domaine de l'est de Madagascar: 50 espèces de palmiers dont 10 uniques, orchidées, plantes carnivores, lémuriens, plusieurs oiseaux rares (hibou rouge, aigle serpentaire) ainsi que toute la faune marine notamment (Laizoma, 1997). Beaucoup de sites pittoresques à potentiel écotouristique existent à l'intérieur du Parc tels que chutes d'eau et piscines naturelles; points de vue des sommets, plages sur 200 km (Laizoma, 1997). Depuis les années 1990 le tourisme vert se développe dans la Péninsule. Ainsi les guides touristiques vendus notamment en Europe et aux Etats-Unis (Greenway, 1998; Coll, 2001; Vérat, 2001) vantent la destination Masoala essentiellement pour les treks à l'intérieur de la forêt avec observation de la faune et de la flore; la randonnée de Maroantsetra à Antalaha (110 km) est présentée comme l'une des plus belles et aventureuses de Madagascar. Dans les zones périphériques, le marché artisanal de Maroantsetra (vannerie) et les sites sacrés d'ambatomasina et d'anjanaharibe sont mentionnés. Nosy Mangabe figure dans tous les index de ces guides (contrairement au PNM) et est présenté comme le plus facile d'accès. Ses atouts se caractérisent par: visite historique sur les traces des pirates (écrits hollandais), tombeau betsimisaraka, chute d'eau ainsi que l'observation de la faune, entre autre les caméléons (Brookesia sp.) et les lémuriens dont le fameux aïe-aïe (introduit), lémurien nocturne qui lui vaut son statut de réserve spéciale (Laizoma, 1997). En ce qui concerne le littoral, 55 sites écotouristiques ont été identifiés le long du littoral (Ratsifandrihamanana, 1999): 22 sites sous-marins, 13 plages, 20 sites post-plages (cf. page suivante). En dehors du parc, différentes activités sont possibles: les activités balnéaires (notamment la plongée en apnée), l'observation des baleines à bosse, des dauphins et des siréniens (dugong) dans la Baie d'antongil, excursions en pirogue le long de certains fleuves, la visite des industries de transformation de la vanille à Antalaha, etc. Photographie 20. Les baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) remontent de l'antarctique pour mettre bas dans les eaux chaudes et peu profondes entre la Baie d'antongil et le chenal de Sainte Marie (Ste Marie, M. Callmander). 65
68 Développement de l'écotourisme Localité Ambodilaitry Tableau 12. Sites écotouristiques de la zone côtière de Masoala. Source: (Ratsifandrihamanana, 1999). Ambohimahery Ampanavoana Ankarandava Antsahambavy Antsopatsopa Cap Est Ifaho Masoala Ratsianarana Tampolo Tanjona Vinanivao Sites écotouristiques côtiers Ampotatra (Plage) Ambodilaitry (Phare) Anjanaharibe (Site sacré, photographie interdite) Ankarinazenina (Plongée) Ankarambiavy (Plongée) Ambohimahery Paradis Nord (Plongée) Ambohimahery Paradis Sud (Plongée) Andromanaritra (Plage) Ampanavoana (Rivière) Ampanavoana (Rivière, Cascade de Fotondriana) Ampanavoana (Rivière, Plage d'analambe) Ampanavoana (Aérodrome à réhabiliter pour avions légers ou hélicoptères) Ampanavoana (Rivière, Plage de Makòho, reposoir à crocodiles) Ampanavoana (Rivière, Îlot d'ambatoleny, reposoir à crocodiles) Ankarandava (Post-plage) Antanjokatafana (Site campement) Antsopatsopa (Plage) Andranomainty (Parc Détaché Andranomainty) Ankazofotsy-Analandravina (Parc Détaché Beankora) Antsirapilao (Plage) Nosy Ngotsy (Plage) Ambodirafia-Amboangisay (Phare) Ambodirafia-Amboangisay (Tombeau de Benyowsky) Ambodirafia-Andrakadilana (Parc Détaché Andranoala) Ambodirafia (Village touristique) Antsirapilao Est Aquarium (Plongée) Ampasinambia (Plongée) Antsirapilao Nord (Plongée) Nosy Voavy (Plongée) Antsirapilao Est (Plongée) Antsirapilao Sud (Plongée) Ifaho (Plage) Antalaviana I (Plage) Nosy Behentona (Plage) Masoala (Plage) Nosindravimbe (Plongée) Nosy Ratsy (Plongée) Nosy Tsomanga (Plongée) Nosy Behentona (Plongée) Nosy Fanala (Plage) Andafore (Site campement) Antsiramianana (Plongée) Ampotaka (Plongée, Piscine Naturelle) Tampolo (Plage) Ambodiforaha (Plage) Ambodiforaha (Pelouse) Namorona (Village touristique) Tampolo (Chemin de fer, transport de boiserie de la forêt de cannelle) Tampolo (Plongée, Parc Marin) Oalamisampana (Plongée) Oalanitanjona (Plongée) Ankarinalaotra Nord (Plongée) Ankarinalaotra Anivo (Plongée) Ambatofohatra (Plongée) Vinanivao-Ilôts (Plage) Vinanivao (Village d'accueil) En ce qui concerne les freins, mentionnons en préambule que la destination "Madagascar" depuis l'europe notamment est coûteuse par rapport à d'autres destinations de même distance, mais certains touristes sont prêts à dépenser des sommes assez élevées. Selon Meffe, ils sont prêts à payer entre 275 et 360 US$ uniquement pour voir des lémuriens (Meffe & Carroll, 1994). Les principaux blocages qui empêchent les touristes de venir visiter la Péninsule peuvent être résumés de la manière suivante: l'accessibilité hasardeuse, les aléas climatiques (la région la plus pluvieuse de Madagascar), une infrastructure d'accueil essentiellement limitée aux centres urbains. De plus la somme de tous les frais (avion, hôtel, bateau, droits d'entrée, guide, taxes diverses, etc.) que le touriste devra débourser, risque d'engendrer certains blocages. A cela peut s'ajouter la crainte du paludisme, fort développé dans la région, et la défaillance des services médicaux dans une région enclavée (difficile rapatriement en cas d'urgence) ainsi que les conditions cadres malgaches en général. 66
69 Développement de l'écotourisme Un manque de concertation entre les parties prenantes augmente le blocage d arrivée de touristes. Citons par exemple le manque de concertation entre Air Madagascar et les tours opérateurs (TO). Ainsi les 3 vols hebdomadaires en provenance d Antananarivo étaient programmés le dimanche uniquement ce qui limite les séjours de 3-4 jours qui représentent la durée moyenne. Photographie 21. L'écotourisme à Masoala dans ses formes les plus balnéaires (à partir de Carte 26. Les principaux tracés et sites écotouristiques de la Péninsule de Masoala (Laizoma, 1997). 67
70 Développement de l'écotourisme V.3. L'état actuel de l'écotourisme à Masoala Actuellement, l'endroit le plus visité de la Péninsule à cause de son accès facilité, reste la Réserve Spéciale de Nosy Mangabe (RSNM); pour exemple parmi les 927 touristes enregistrés en 1996 dans la Péninsule, 819 se sont rendus à la RSNM (Laizoma, 1997) majoritairement entre juin et décembre. Les autres endroits visités et chiffrés sont: Cap Est (200 visiteurs entre 1992 et 1999), le village de Masoala (100 visiteurs entre 1992 et 1999) et celui de Vinanivao (85 visiteurs entre 1992 et 1999) (Ratsifandrihamanana, 1999). Ces chiffres restent pourtant minimes si l'on se réfère au nombre total de touristes internationaux qui débarquent à Madagascar qui s'élevaient à 75'000 en 1995 (peu important si l'on compare aux autres pays possédant un potentiel touristique 26 ) (Gössling, 1999) parmi eux moins de 1% ont visité Nosy Mangabe. Graphique 4. Nombre de visiteurs à Nosy Mangabe de 1994 à Source: (Laizoma, 1997; WCS, 2000a) L'augmentation du nombre de touristes à Nosy Mangabe n'est pas un phénomène isolé, en effet tout le pays enregistre depuis une dizaine d'années une fréquentation plus importante. Par contre on peut s'attendre à un revirement de la situation voire une chute vertigineuse au cours de l'année 2002 étant donné les problèmes politiques qui secouent Madagascar. Pourtant Madagascar aurait pu tirer parti de l année internationale de l écotourisme pour une promotion de la destination. La venue de touristes étrangers risque d'être encore latente peut-être durant quelques années encore. Quoi qu'il en soit la capacité de charge 27 n'est de loin pas atteinte. En comparaison avec d'autres sites écotouristiques malgaches, les chiffres de fréquentation de Nosy Mangabe sont faibles (moyenne de 886 visiteurs/année) si on se réfère aux chiffres enregistrés dans les autres aires protégées. Tableau 13. Moyenne annuelle de fréquentation touristique entre 1994 et 1998 (Rakotondrabary, 1999). Aire Protégée Nombre de visiteurs Andasibe: 15'075 Isalo: 11'643 Montagne d'ambre: 7'239 Ranomafana: 6'881 Ankarana: 2'220 Bemaraha: 1'566 (1998 seulement) La capacité d'accueil se trouve essentiellement dans les deux centres urbains; ainsi les 7 hôtels d'antalaha comptabilisent au total 153 lits alors que Maroantsetra avec ses 5 hôtels compte 92 lits en Le nombre de visiteurs qui occupent ces chambres est en moyenne de 14 par jour (Laizoma, 1997). A l'intérieur de la Péninsule on compte 63 lits éparpillés dans toute la Péninsule. La qualité et l'entretien des plus anciens hôtels laissent à désirer, la qualité de service offerte aux visiteurs est loin d'être satisfaisante, pourtant depuis 1995 certains efforts sont réalisés (Laizoma, 1997). 26 Pour exemples: 785'000 au Costa Rica, 563'000 au Guatemala, 691'000 au Kenya, 285'000 en Tanzanie, 280'000 au Sénégal, etc. 27 le niveau d'exploitation touristique qu'une zone peut supporter tout en assurant un maximum de satisfaction aux visiteurs avec peu de répercussions sur les ressources (Rakotondrabary, 1999). 68
71 Les principaux acteurs du développement régional: Une forte affinité et une finalité de conservation VI. LES PRINCIPAUX ACTEURS DU DEVELOPPEMENT REGIONAL: UNE FORTE AFFINITE ET UNE FINALITE DE CONSERVATION Les activités de développement menées dans les ZP sont essentiellement le fait de CARE, mais vu le rattachement institutionnel avec le Projet Masoala (ANGAP-WCS), il est probable que les communautés locales tendent à confondre ces divers acteurs. La dynamique de développement dans la région de Masoala est donc essentiellement induite par le "trio" ANGAP-WCS-CARE, donc empreinte d'une finalité de conservation. Les activités menées par les divers acteurs sont présentées et discutées dans le chapitre suivant (cf. Les pistes de développement en cours ou à développer, p.74). VI.1. Le trio ANGAP/WCS/CARE 28 Les activités de développement du PCDI Masoala ont été tournées essentiellement vers des interventions sectorielles par la formation (technique, organisationnelle), la construction d'infrastructures (CSB, puits), la promotion associative, la gestion communautaire, l'éducation environnementale, Le trio a eu un effet important dans la mise en œuvre au niveau régional de divers programmes nationaux ou internationaux présentés séparément plus loin. Certaines actions sont développées spécifiquement autour de zones pilotes pour divers projets (foresterie communautaire, pépinière, élevage de papillons, écotourisme), alors que d'autres rentrent dans un cadre stratégique général (appui agricole, sanitaire, socio-organisationnel) de développement des zones périphériques. L'objectif initial de CARE dans le cadre du Projet Masoala est d'établir un consensus pour la conservation et la protection de la forêt et de tout l'écosystème du parc avec les communautés rurales. Elle compte notamment sur le potentiel économique des revenus écotouristiques (directs et indirects) pour générer des alternatives rémunératrices pour les communautés rurales et pour aider à supporter les programmes de développement. Le personnel du trio ANGAP-WCS-CARE bénéficie de formations régulières dans de nombreux domaines (communication, suivi écologique, pépinières, équipements) grâce au plan de formation annuel des agents de conservation; cet acquis contribue en partie à la mise en œuvre de diverses actions. L'appui à la recherche a été renforcé par la constitution d'un fonds de recherches scientifiques géré par le CSM (Comité Scientifique de Masoala), dont le président est le directeur du CAP Masoala; un document relatif aux procédures de recherche est disponible (Raymond, 2001). CARE, responsables du volet développement est l'acteur principal de ces activités, mais le PCDI dans son ensemble a largement contribué à l'appui à divers services administratifs favorisant le développement de certains secteurs. La surveillance du PNM a nécessité le renforcement des services administratifs compétents (Services des Eaux & Forêts). Suite à la mise en place des provinces autonomes, les autorités régionales et locales ne considèrent pas toujours la gestion du PNM de manière uniforme; par exemple, le rattachement administratif du PNM à la Direction interrégionale de Tamatave est remis en question du fait que le PNM est situé à 70 % sur la province de Diego (ANGAP, 2001). Le trio ANGAP-WCS-CARE cristallise également divers partenariat avec des institutions étrangères (Zoo de Zurich) ou nationales. 28 Ses activités ont débuté en 1992 avec un financement de USAID jusqu'en 1997, le gouvernement hollandais finança ensuite jusqu'en Initialement ses projets comprenaient la gestion des ressources naturelles, l'agriculture durable, la conservation intégrée au développement (petites activités féminines de développement économique, aide aux problèmes de santé de base, réhabilitation post-cyclonique et développement urbain). 69
72 Les principaux acteurs du développement régional: Une forte affinité et une finalité de conservation VI.2. Autres opérateurs VI.2.1. Programmes nationaux & régionaux De nombreux programmes nationaux (souvent appuyés par la Banque Mondiale, l'ue ou des organismes internationaux) sont menés dans de nombreux secteurs; leur action en zone rurale ou enclavée est limitée et dépendante de facteurs connus. La préexistance d'ong locales ou de projets internationaux stimulent en général le développement de leurs interventions. Ainsi, dans le cadre du PCDI Masoala, CARE a développé divers partenariats: ANGAP, PNVA, Service des Eaux & Forêts, HOECHST, Circonscription Santé, CISCO, FID, Génie Rurale, SAF, CASE, WCS, Université Tana, STABEX, TPF, ONE, MEF, FOFIFA, Corps de la Paix (PSLT-Nord & CARE International, 1998). Le programme National de Recherche Agricole (PNRA, FOFIFA) et le Projet de Renforcement de la Formation Technique & Professionnelle (PREFTEC) sont opérants dans les sous-préfectures voisines de Sambava et Andapa (PSLT-Nord & CARE International, 1998) ou dans la région de Vohémar pour le Programme Sectoriel Elevage (PSE). Le BIT (Bureau Internation du Travail) finance l'éducation dans le cadre du Plan National d'action sur le Travail des Enfants (PNATE) et les Mutuelles d'epargne et de Micro-crédits (MEC). Le Programme Sectoriel Elevage (PSE) est également actif dans la région, par sa participation au réseau OTIV, mais son intervention dans la Péninsule n'est pas mesurable. Le FID a engagé le développement de Plan Communal de Développement (PCD) dans la région d'antalaha. La composante Ecosystèmes marins et côtiers (EMC) de l'one possède une antenne à Tamatave dont le rayon d'action inclut la Baie d'antongil. A ce titre un plan de gestion intégrée des zones côtières et du littoral est à l'étude pour l'ensemble de la Baie d'antongil (Cooke, 1998). Cette composante a été reformulée et placée dans le programme SAGE. Le Programme National de Vulgarisation Agricole (PNVA) considère la région de Maroantsetra comme une région à haute potentialité agricole; le problème de la mise en œuvre et de l'extension du programme réside dans la difficulté de recruter des agents pour assurer la vulgarisation agricole (PNVA, 2001). Des tests en milieux paysans (TMP) pour 2 variétés améliorées de vanille ont eu lieu dans la région de Sambava, mais pas encore dans la Péninsule. Tableau 14. Actions et partenariats menées dans le cadre du PNVA à Maroantsetra et Antalaha. AVB : Agent Vulgarisateur de Base; CIRAGRI: Circonscription de l'agriculture; CIREL: Circonscription de l'elevage; OP: Organisation Paysanne; PR: Appui Production; SOP : Spécialiste en Organisation Paysanne; SZ: Superviseur de Zone; TF: Technicien Formateur; TS: Technicien Spécialisé. Source: CIRAGRI Organismes Statut Domaines de compétence Types de collaboration TANY TSARA ONG Environnement PR CARE ONG Développement Intégré PR CDD ONG Agriculture 1 AVB + 1 SZ + 1 TS CIREL Service public Elevage 1 TS Antalaha Maroantsetra Commune Rurale Collectivité Développement rural 4 AVB FOFIFA EPIC Recherches agricoles 2 AVB GIPA ONG Agriculture 1 AVB Rizi-pisciculture Projet Production et vente alevins 2 AVB WWF Projet Vente d intrants et appro 1 AVB Valisoa Sté Privée Développement intégré 7 AVB CIREL Service public Elevage 1 TS Commune Collectivité Développement rural Jeunesse et sport Service public Animation OP 1 SOP SAF/FJKM ONG Développement rural, OP 10 AVB Volontariat Développement rural 4 SZ 70
73 Les principaux acteurs du développement régional: Une forte affinité et une finalité de conservation Le Projet d'appui au Développement Agricole du Nord-Est (PADANE-FIDA), qui sera terminé en 2002 a pour principaux objectifs l'entretien autogéré d'infrastructures communes et communautaires et le renforcement du pouvoir économique des producteurs vis-à-vis des intermédiaires commerciaux (appui aux groupements ruraux, appui à la production agricole, infrastructures routières, caisses mutuelles d'épargne et de crédit, gestion du projet). Une des 5 "unités de promotion" du Programme d'appui à la MicroFinance (AGEPMF, Gouvernement malgache-banque Mondiale) est localisé dans la région SAVA. Le réseau OTIV (DID, Development International Desjardins) et les MEC sont donc en développement au niveau régional (OTIV, 2002). Au niveau de la Péninsule, une Mutuelle d'epargne et de Crédit (MEC) a été créée à Ambohitralanana (CARE Madagascar, 1999). Le programme "Assistance d'urgence pour l'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires et la fourniture d'intrants agricoles" de la FAO a démarré en 2000 dans la région SAVA et dans la province de Tamatave et s'est achevé en mars VI.2.2. Coopération multilatérale de l'union Européenne FED L'appui aux infrastructures routières est dominant dans le Fonds Européen de Développement (FED). En matière de formation, le programme de formation FORMFED favorise les compétences décentralisées dans les secteurs du tourisme, de la santé, de la pêche (artisanale), des travaux publics et de l'administration. La formation des paysans et techniciens agricoles rentre dans le cadre du programme FORMAGRI. Dans le cadre du développement rural, l'ue appuie l'organisation professionnelle du monde rural, les crédits décentralisés, les infrastructures villageoises, les filières de production, l'environnement et la relance du tourisme (Union européenne, 2000). Leurs interventions ne sont pas documentées à Masoala. L'une des 3 régions prioritaires du FED se situe dans la région de SAVA (Sambava, Andapa, Vohémar, Antalaha). Le fonds de transfert STABEX (Stabilization Fund for Export Products, géré par la Mission française de Coopération) est particulièrement important dans cette région; il vise à aider les cultures d'exportation (vanille, café, cacao, litchi), ainsi que la pêche et l'élevage. La filière des huiles essentielles devrait s'engager sur la même voie que celle de la vanille (Union européenne, 2000), alors que l'appui à la filière litchis est concentré dans la région de Fénérive au nord de Tamatave. La relance de la filière café, prévue, a subi les effets d'un marché mondial très défavorable. Pour la vanilliculture, une cellule d'appui a spécifiquement été mise en place en 1997, ainsi qu'un "fonds d'action de relance", financé par le FED et le groupement professionnel de la vanille; ce fonds regroupe 11'600 planteurs représentant plus d'une centaine de groupements en Le développement de la filière est appuyé par la formation, l'organisation des exploitants et commerçants, l'assainissement et la facilitation des procédures d'exportation avec les services douaniers. Le développement des exploitations de vanille est assuré par le désenclavement des bassins de production; ainsi, un quart des ressources du programme est alloué à l'amélioration et la réhabilitation des pistes rurales de desserte et d'écoulement des produits (dans le cadre du projet national d'appui aux infrastructures routières). Les programmes "Amélioration des revenus des populations littorales" (ARPL) et "Sécurité foncière et Environnement" démarrés en 1997 dans la région SAVA se sont achevés en Ainsi, les interventions concrètes semblent visiblement se rapprocher de la zone d'étude du fait de l'extension des voies de communication. Une antenne de STABEX a été installée à Antalaha. 71
74 Les principaux acteurs du développement régional: Une forte affinité et une finalité de conservation VI.2.3. ONG VI APAM (ASSOCIATION PROJET D'ANALALAVA MADAGASCAR) Projet suisse de développement créé en 1994 et financé par des donateurs. En 2001, suite à la destruction par le cyclone Hudah, APAM a organisé l'envoi d'un container depuis la Suisse comprenant: médicaments, matériel scolaire, habits, moyens de communication studio filmographique,.etc.). Ses principaux objectifs sont les suivants: Expansion et augmentation de la production d'épices. Volonté d'un marché équitable par la recherche de partenaires commerciaux (des producteurs, d'artisans, etc.). Reconstruction des installations. Vente de produits (épices) en Suisse Orientale qui peuvent être commandés par Internet. Projets en cours: Projet vélo: formation pour 10 personnes des rudiments mécaniques du vélo; durant cette formation tous les cyclistes pouvaient faire réparer leur vélo gratuitement à condition de payer les pièces de rechange; chaque apprenti a reçu les outils nécessaires pour son travail. Ce projet sera suivi sur une période trois ans. Construction de bungalows pour les écotouristes; 3 endroits sont prévus entre Cap Est et Cap Masoala. En accord avec les autorités locales et la population (main-d'œuvre), la construction d'un bac régulier sur la rivière Lalogno a été décidée. Mise en place d'un petit studio de montage filmographique, il est prévu qu'un film soit tourné cette année sur la région de Cap Est ainsi que des courts-métrages dont les thèmes sont choisis par la population: hygiène, santé, protection de l'environnement, comportement en cas de maladie, etc. (un film a déjà été réalisé sur le cyclone Hudah). VI PEACE CORPS Le "Corps de la Paix" est une organisation para-étatique américaine basée sur le volontariat, dont l'action est très large. La force de cette ONG réside dans la participation effective des Peace Corps à la vie sociale des communautés favorisés par une connaissance de la langue malgache. Leur activité est actuellement suspendue suite au rapattriement de la plupart des bénévoles. Les Peace Corps de Maroantsetra ont appuyé la création du MYEC (Maroantsetra Youth Environmentalist Club, Club des Elèves Environnementalistes du Lycée de Maroantsetra) engagé dans diverses actions environnementales. Ils ont également participé à la formation en langue anglaise et à la diffusion de réchauds améliorés dans 3 villages. VI CROIX ROUGE ANTALAHA Les activités de la Croix Rouge à Antalaha se résument essentiellement à des interventions d'urgence à caractère humanitaire (réhabilitation d'écoles, d'infirmeries, d'hôpitaux, etc.) suite à des dégâts cycloniques importants. VI SAF-FJKM Cette ONG malgache travaille dans la région de Maroantsetra, mais essentiellement sur la côte Ouest de la Baie d'antongil. Elle a participé principalement à des activités de vulgarisation agricole auprès des groupements paysans. Son implication pour l'approvisionnement en intrants agricoles est en discussion. A noter que dans la région de Betampona (Tamatave), cette ONG participe à la gestion de cases villageoises à vocation écotouristique. VI MEDECINS DU MONDE En raison de la "richesse" de la région, cet organisme s'est retiré en 1998, mais avait envisagé une intervention durant la crise au cas où la situation sanitaire empirait. VI INITIATIVES PERSONNELLES ET PONCTUELLES Des éco-volontaires participent de manière ponctuelle à des actions de l'angap et du PNM; leur impact dans la motivation et la dynamisation du personnel est indéniable, mais leurs initiatives sont souvent entravées ou récupérées. La réhabilitation des établissements scolaires et hospitaliers représente une porte d'entrée pour différentes activités. Par exemple, les biologistes sud africains de Cape Town ont mis en place une école pour gagner la confiance de la population et participer à l'instruction des enfants. Cortez Travel a participé à la construction d'une école à côté de leur Relais à Maroantsetra. 72
75 Les principaux acteurs du développement régional: Une forte affinité et une finalité de conservation VI.3. Bilan et évaluation La gestion du temps et des moyens des divers opérateurs de la région est materialisée par de nombreux rapports de planification: Plan de gestion, plan de développement écotouristique, plan d éducation environnementale, plan de contrôle et de surveillance, plan de gestion des zones littorales, plan d action divers, Cependant, la planification des diverses activités (conservation, développement) n'a pas été respectée du fait de situations d'urgence apparues suite aux passages de cyclones dévastateurs. Cette planification "à outrance" peut s'expliquer par deux raisons: l'apparition d'institutions "introduites" (ANGAP, WCS, CARE), accompagnées de règles "imposées" (conservation), engendre une réorganisation socio-institutionnelle complexe et imprévisible, la nécessité de justifier des activités et des résultats dans une problématique où les résultats probants nécessitent une vision à moyen voire à long terme. L expérience acquise durant la préparation de ces divers plans de gestion offre les préalables nécessaires à la préparation d un plan de développement durable régional intégrant les diverses facettes (économique, politique, stratégique), les dimensions géographiques (AP, littoral, forêt communautaire, terroirs villageois, division administrative) et les demandes des populations concernées. Une plate-forme de discussion "mobile" mérite d être constituée rapidement afin de tirer parti de ces expériences. Le turn-over rapide dans les niveaux décisionnels des acteurs dominants (trio ANGAP-CARE-WCS) est un frein majeur à la concrétisation de nombreuses initiatives; cette instabilité est cependant aisément expliquée par les exigences professionnelles des multinationales du développement et de la conservation ou le manque d'impregnation durable de leur personnel. Cette organisation très changeante limite la confiance des populations locales et remet en question la vision à long terme, si souvent reprochée aux modes de gestion traditionnels. Cette contrainte, déjà identifiée lors de l'évaluation des PCDI (Gezon, 1995), reste très actuelle, mais il semble difficile d'y répondre vu les ambitions "obligées" des concernés. Un document synthétique des actions menées et un aperçu "socio-économique" des zones périphériques seraient méritoires pour capitaliser les expériences accumulées durant près de 10 ans et les rendre accessibles aux futurs partenaires. Le manque de compétences des utilisateurs des infrastructures réalisées ou la faiblesse de l'organisation pour leur gestion mériterait un suivi afin d'en évaluer l'impact et la pérennisation. Les zones périphériques et les zones prioritaires pour le développement ont été définies selon les pressions identifiées par une approche de biologie de conservation (pour la délimitation du PNM), moins que selon les besoins exprimés des populations périphériques. Il serait souhaitable à partir de ce schéma d'appuyer quelques peu les dimensions humaines de la conservation par une sensibilisation adaptée et la facilitation de mise en œuvre de gestion communautaire étendue sur la base des expériences des projets pilotes existants. Les zones où la pression est moins importante peuvent fournir des résultats plus probants ou plus rapides propres à faciliter l'adoption généralisée des diverses alternatives. La position centrale occupée par le PCDI Masoala dans la région dissimule les activités de plus petites entités; la coordination des actions entreprises pourrait être laissée au projet ou à des structures un peu plus pérennes (ANAE, PSDR, PADANE, OTIV) pour pérenniser leurs actions et appuyer l'émergence de partenaires locaux autonomes. Cette remarque devient une nécessité pour faciliter la mise en œuvre du GTDR (Groupe de Travail pour le Développement Rural) dans la région, programme qui s'adresse en priorité à des unions paysannes ou des CRD (Comité Régional de Développement). Implicitement, les activités de conservation prédominent et laissent l impression qu elles organisent les autres activités (par exemple, le suivi des tavy est une activité annexes des patrouilles aériennes dissuasives). Des activités indépendantes à la conservation devraient ainsi être également menées pour justifier le bien-fondé du développement régional. Les résultats les plus concluants sont ceux qui assurent directement la conservation: diminution des défrichements et des pratiques de lahy (piège à lémuriens) à l'intérieur et à l'extérieur de la réserve (ANGAP, 2001), contrôle des produits forestiers, Les difficultés d'accès et la superficie de la zone d'action limitent les actions et ne favorisent pas l'implantation de programmes de développement en dehors de lieux accessibles, ce qui limite une approche rigoureusement "terrain" au niveau des villages, du fokontany et des communes rurales; cette remarque peut être considérée comme générale et ne concerne pas uniquement la Péninsule. Cette contrainte est aussi liée à une planification abondante, qui cache le manque de réalisations concrètes. Des solutions à ce dilemme méritent d'être développées. Les actions de développement (objectifs de durabilité dans le sens de l'empowerment) se confondent souvent avec les aides d'urgences (limitées dans le temps) aux sinistrés cycloniques. Une séparation de ces différentes activités peut contribuer à des résultats plus probants au niveau du développement des populations localisées dans les zones périphériques. 73
76 Les pistes de développement en cours ou à développer VII. LES PISTES DE DEVELOPPEMENT EN COURS OU A DEVELOPPER Les activités de développement et de recherches appliquées réalisées sont énumérées selon les priorités actuelles de développement. Les interventions de développement agricole menées ont été basées sur l'intensification des productions (système de culture intensive, SRI, techniques de pêche), la diversification des productions (cultures maraîchères, (rizi-)pisciculture), l'appui aux filières (cultures maraîchères), l'organisation des terroirs. Parallèlement à ces actions, le renforcement des communautés rurales se fait par un appui au renforcement socio-organisationnel, à l'amélioration de l'accès au micro-financement et à l'appui à diverses initiatives communautaires. "Using Masoala National Park as a model, researchers showed that 8,000 local residents reap more than $1 million per year from rain forest products such as plants and animals used for food, medicine and construction materials" (Roach, 2000). VII.1. L'appui à l'écotourisme VII.1.1. Les interventions de développement écotouristique Plusieurs réalisations, que nous présentons ici de manière cataloguée, ont été entreprises en vue d'améliorer l'attrait touristique régional: Deux tables rondes ont été menées sur l'écotourisme à Masoala (Laizoma, 1997; Projet Masoala, 1997; Rakotoarinivo & Rasoatiana, 2000). Table Ronde en 1995 à Maroantsetra ayant initiée la constitution du GEM (Groupement Ecotouristique de Masoala) Table Ronde en 1999 à Antalaha ayant initiée la constitution du CEM (Comité Ecotouristique de Masoala) où il faut noter la non-participation des représentants des populations riveraines du Parc (Raoeliarivony, 2001). La mission du Comité Ecotouristique de Masoala (CEM), qui possède des antennes à Antalaha et Maroantsetra, peut être résumée de la manière suivante: promotion des intérêts des membres du CEM dans le double objectif de contribuer à la protection de l environnement et d augmenter le bien-être des populations locales à travers un développement écotouristique planifié rationnel (Raoeliarivony, 2001). Malgré ces vocations cruciales et primordiales, que devrait jouer ce comité, le CEM constitué en février 1999 n a pas pu tenir correctement ses attributions et responsabilités, ceci peut-être à cause de la non-disponibilité du PDE (Plan de Développement de l'ecotourisme), mais aussi et surtout à cause du nondynamisme des membres du bureau élus (Raoeliarivony, 2001). Naissance du Plan de Développement Ecotouristique de Masoala (PDE) (CARE Madagascar, 1999) dont les activités préconisées sont les suivantes: Activités de renforcement de capacités et de tests de produits écotouristiques Formation en faveur des structures hôtelières et de restauration locales (hotely gasy) Educ Tours sur la destination Masoala en faveur des tours-opérateurs de la Réunion Film promotionnel "circuits touristiques Masoala" GEOTOURS (Groupement des opérateurs touristiques de la SAVA) Sambava, Antalaha, Vohémar et Andapa a été créé à Sambava en Pour Masoala le GEOTOURS fait partie du Groupement Ecotouristique de Masoala créé en Pour les hôteliers, la décentralisation de l'institut National du Tourisme et de l'hôtellerie (INTH) depuis 1997, a facilité la formation des employés de ce secteur. Mise au point d un plan d évacuation sanitaire pour le personnel du Projet et les touristes en cas de problèmes cycloniques (CARE Madagascar, 1999) L'amélioration des communications (mise en place de BLU et Radio VHF) entre les différents postes du PNM favorise également le suivi des écotouristes (et des chercheurs) (ANGAP, 2001). L'Association des Guides Ecotouristes de Maroantsetra (AGEM), la mieux organisée de la Péninsule, est composée de 9 membres dont une femme (connaissance de plusieurs langues, de la botanique, de l'ornithologique, des mammifères, etc.) formés conjointement par l'angap et le projet Masoala. Perfectionnement des services de guidage par des formations (ANGAP, 2001) Tableau 15. Nombre de guides par localités. Source: (Laizoma, 1997). Localités Guides Maroantsetra 9 Antalaha 6 Marofinaritra 3 Ambodirafia 1 Ampanavoana 1 Vinanivao 1 74
77 Les pistes de développement en cours ou à développer Deux centres d interprétation ont été prévus à Antalaha et à Maroantsetra ainsi qu'un centre d information à Nosy Mangabe. Une réhabilitation des infrastructures s'est faite à Cap Est. L'utilisation des DEAP pour l'amélioration des conditions locales est gérée par des comités de gestion sous le "contrôle" de l'angap; ainsi, diverses micro-infrastructures (puits, pont d'embarquement) ont été réalisées par le COGES Mandasoa pour divers fokontany de la commune de Maroantsetra rattaché à Nosy Mangabe (Anjahamarina I, Ankiakandrefana, Ankiakabe, Ambodivoafaho, Amboditsoha, Ankiakalava, Antaimby) (ANGAP, 2001). Aménagement de sentiers écotouristiques dans la Réserve Spéciale de Nosy Mangabe et dans le Parc Détaché de Andranoala-Ambodirafia réalisé selon les standards de l US Forest Service (ANGAP, 2001; Torgerson, 2002); des volontaires de Peace Photographie 22. La construction de sentiers écotouristiques dans des écosystèmes fragiles nécessite une formation appropriée (à partir de htm, Andranoala-Ambodirafia, Linda Torgerson) Formation en communication des ACE (WCS, 1999) Corps sont intervenus à cette occasion pour la formation des guides et la réalisation des sentiers (WCS, 1999). En 1999 un draft est rédigé concernant le code éthique de l écotouriste à Masoala (WCS, 1999) Un dossier, initié par le Chargé d'affaires de l'ambassade suisse à Madagascar, que l'angap a confié à WCS, concernant l'écotourisme dans le PNM est en cours de réalisation (2002). Son objectif est de permettre au Parc et au Zoo de Zurich (Suisse), ainsi qu'à leurs partenaires malgaches, publics et privés, de se préparer à l'afflux additionnel espéré de touristes qui est à attendre lors de l'ouverture, au courant de l'année prochaine, de l'espace Masoala à Zurich. Certaines infrastructures écotouristiques (villages vacances de Tampolo-Anaravanambe) provoquent des contentieux vus leur localisation à l'intérieur du PNM; la situation reste toujours irrésolue en raison de litiges fonciers hérités et de la position qu occupent certains propriétaires. L'élaboration du plan de zonage rural et foncier est en discussions et pourra contribuer à mettre en confiance les investisseurs potentiels. VII.1.2. Promotion de l'écotourisme Etant donné la faible fréquentation touristique et les opportunités que la Péninsule offre, une promotion de cette destination que ce soit au niveau régional, national et international paraît souhaitable et inévitable pour un développement écotouristique. Nous allons présenter ci-dessous différentes propositions qui pourraient être mises en œuvre ou qui sont sur le point de se réaliser. VII AU NIVEAU LOCAL ET REGIONAL Au niveau des infrastructures d'accueil, plusieurs points peuvent être soulignés. La qualité d'accueil notamment au niveau de l'offre hôtelière mérite une amélioration (Laizoma, 1997). Une extension géographique (en dehors des centres urbains) pourrait aussi être envisageable; pourtant il ne faut pas négliger la loi sur les infrastructures touristiques dictées par le Ministère du tourisme selon laquelle des endroits dits "zone de service", situées à l'extérieur du parc seront prévues. A ce propos, des sites de campement munis de petites infrastructures simples (bloc toilette, douche, eau, bac ordure, banc et table) pourraient voir le jour. De plus, une accessibilité plus commode serait appréciée avec un réaménagement de l'infrastructure routière (rénovations de pistes) et maritimes (des embarcations offrants plus de sécurité) ainsi qu'une réhabilitation des aéroports, élément maintes fois cité dans différents rapports. Dans l'objectif d'attirer le touriste à Masoala, et de concurrencer les autres aires protégées malgaches une diversification des activités paraît envisageable telles que la location de bicyclettes tout-terrain (VTT) dont l'activité existe déjà par manque d'alternative de transport, la descente de rivières en Canoë-Kayak, si aucun test n'a été réalisé à l'heure actuelle, le fleuve Ianobe notamment semble être adapté à cette activité (Laizoma, 1997); la présence de crocodiles dans la plupart des rivières de Masoala devrait être évaluée afin d'éviter à l'avenir des accidents qui auraient un effet néfaste sur le développement écotouristique. D'autres activités en dehors du Parc (il ne faut pas focaliser l'offre écotouristique à l'intérieur du Parc) qui n'existent pas encore pourraient être développées telles que: le rafting, le canyoning, l'escalade, etc. Des compétences existent déjà 75
78 Les pistes de développement en cours ou à développer à Madagascar dans ces domaines, citons comme exemples l'association ETN (Ecotourisme Nord) basée à Diego (campagne contre le tourisme informel) et Les Lézards de Tana. Il paraît évident qu'une étude de faisabilité pour diagnostiquer la faisabilité de ces activités devrait être réalisée. Cette diversification pourrait entraîner un rallongement du séjour qui est actuellement de 1-4 jours en moyenne; cependant il convient de cibler les produits touristiques à partir des visiteurs actuels qui ne sont peut-être pas ouverts à ce genre d'activités. Une mise en place de différents services dans les centres urbains (dont la population locale pourrait aussi bénéficier) paraissent opportuns tels que: centres sanitaires, centre de télécommunication (BLU) et éco-shop voire musées avec boutique de souvenirs (Laizoma, 1997). La suggestion de création de musées régionaux voués à l environnement pourrait être exploitée à Masoala du fait des perspectives écotouristiques (Hannah & Hough, 1995). Si l'on parle des centres urbains il ne faut pas négliger la visite des petites industries de transformation: les quartz blanc et rose (actuellement surtout exportés à l'état brut) sont travaillés dans des petites unités de taillerie à Antalaha et Maroantsetra; la construction artisanale de bateaux, la visite de la station de recherche d'ambohitsara (13 km à l'ouest d'antalaha) notamment sur la vanille (dans un état défectueux), la visite des entrepôts de préparation et transformation de la vanille à Antalaha. Figure 9. Répartitions des dépenses engendrées par un "package" écotouristique (Gössling, 1999). A l'intérieur du Parc, un aménagement-restauration de sites écotouristiques paraît nécessaire: circuits à thème (historique: sur la trace des anciens voyageurs et autres personnages historiques 29, scientifique, etc.), sentier diurne et nocturne, panneaux de signalisation pédagogiques (un centre d information a été conçu à Nosy Mangabe en 1999 (WCS, 1999)), petit aire de repos et de pic-nic (petit toit avec banc et table) pour la contemplation de paysages (forêt, cascade, etc.) à partir de point de vue. Photographie 23. Les populations locales ont un regard critique sur la présence d'étrangers; les missions de recherche sont parfois assimilées à du tourisme scientifique du fait d'un manque certain de sensibilisation (Départ de mission, Maroantsetra, septembre 1996, M. Callmander). 29 Un manque d études est constaté à ce niveau. 76
79 Les pistes de développement en cours ou à développer Des formations continues pour les guides afin de pouvoir offrir un service professionnel (bonnes connaissances de la faune et de la flore mais aussi des coutumes et des épisodes historiques). L évaluation des connaissances et capacités acquises mériterait un diagnostic. Au niveau de la Baie d'antongil, plusieurs activités sont envisageables: développement des techniques d'observation de la baleine à bosse en formant les transporteurs maritimes (en assurant une sécurité maximale) et les guides. De plus, la pêche sportive et la pêche au gros pourraient dans une certaine mesure attirer les touristes sportifs. Un des objectifs de l'écotourisme est la participation et l'amélioration de la qualité de vie des populations locales. Actuellement la participation des villageois se trouve dans un état embryonnaire même si en 1997, plus d'une vingtaine de famille pratiquaient l'hébergement, le guide jouant le rôle de traducteur) (Laizoma, 1997). Cet hébergement peut se faire de deux manières: 1) à un niveau communautaire villageois par la construction d'un petit campement villageois (2-3 cases, cuisine, douche, WC) construit par la communauté; 2) à un niveau familial: accueil chez l'habitant. Mis à part l'hébergement et la restauration, d'autres opportunités de profit pour la population peuvent être mentionnées: mise en valeur de la culture traditionnelle en développant des activités récréatives pour les touristes (danse, chants, etc.), vente de produits artisanaux (vanneries, etc.), vente de produits agricoles (fruits) étant donné l'inexistence de marchés à l'intérieur de la Péninsule, travaux temporaires tels que guide ou porteur qui pourront faire de la sensibilisation directe en jouant le rôle d'interface entre les touristes et la population locale afin d'élargir les visions des uns et des autres. Etant donné l'étalement de la saison touristique, il n'est pas toujours facile de motiver les différentes parties prenantes sachant qu'elles seront au chômage la moitié de l'année ou que l'investissement sera peu rentable. Pourtant il paraît difficile de rallonger cette saison pour des questions essentiellement climatiques. En plus des informations ci-dessus, le développement de l'offre touristique nécessitera un diagnostic sérieux et exhaustif comprenant notamment les points suivants: potentialité, rendement, besoins, contraintes, hébergement, sécurité, santé, compétences, accessibilité, accueil, réseau pédestre, transport, sites actuels et potentiels, évaluation et évolution de la demande, promotion au niveau national et international, étude de faisabilité/impact, mise en réseau des différents opérateurs écotouristiques, formation de la filière, implication des investisseurs privés, impacts et retombées sur les populations locales et l'environnement, etc. VII AU NIVEAU NATIONAL ET INTERNATIONAL Etant donné que la majorité des visiteurs de la Péninsule sont des touristes internationaux (il ne faut pas non plus négliger les résidents et ne pas sous-estimer les visiteurs nationaux), une amélioration de l'offre à l'extérieur paraît souhaitable. L'image de marque tout d'abord mérite une amélioration par le biais des outils de communication principalement que ce soit des brochures (l'angap en a déjà réalisé), des prospectus et des posters pour les agences de voyage d'antananarivo (parfois incapables de décrire les différentes offres possibles), des sites web attrayants et explicatifs (n'oublions pas qu'une grande partie du tourisme international s'informe, réserve et organise son voyage par Internet). Il faut évidemment miser sur le tourisme d'aventure (trekking par exemple) mais aussi sur le tourisme scientifique. L'aspect financier reste important, la destination reste chère et des ventes de paquets touristiques (vol international, déplacement national, logement et activités sur place) pourraient rendre la destination plus attrayante. L'ouverture de l'espace Masoala à Zurich (Suisse) présente aussi une grande opportunité pour faire connaître les richesses de la Péninsule et toucher la fibre écologique du voyageur suisse.. Un document de référence écotouristique destiné aux opérateurs est en cours de préparation, ce document devrait permettre une meilleure connaissance et mise en relation entre les différents intervenants de la filière touristique. Les conditions cadres malgaches sont importantes que ce soit au niveau de la législation 30 ou des impondérables tels que crise politique, épidémie de choléra, par exemple qui freinent la venue de voyageurs étrangers. Photographie 24. Uroplatus sp., un reptile convoité par le marché international de collectionneurs (Lohantsahabefiana, Masoala, septembre 1996, S. Wohlhauser). 30 Le renforcement de la réglementation en matière écotouristique: le décret du préconise: la hausse du nombre de touristes, la normalisation des activités relatives au tourisme, internationaliser le secteur touristique. Le code doit tout réglementer en ce qui concerne le nombre de constructions. (Laizoma, 1997) 77
80 Les pistes de développement en cours ou à développer VII.1.3. Impacts du tourisme Les impacts du tourisme dans la Péninsule sont de différentes natures: Socio-économiques: Les retombées économiques touchent, au niveau régional voire national 31, essentiellement les infrastructures hôtelières, les tours opérateurs qui louent leurs embarcations, les restaurateurs, les compagnies d'aviation, le gestionnaire du parc (droits d'entrée), et dans une moindre mesure les guides ainsi que les porteurs lors de longs treks. Les retombées monétaires sur la population locale sont quasi nulles voire inexistantes: vente d'artisanat insignifiante (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1993) pourtant dans le bassin versant pilote situé au Nord-Est, une association d'exploitants forestiers vend des tableaux à Antalaha et Ambohitralanana (Laizoma, 1997)). Ceci a notamment contribué à détériorer la confiance de la part de la population urbaine de Maroantsetra avec le personnel du projet car elle aimerait contrôler l'accès, gérer et exploiter Nosy Mangabe (Laizoma, 1997). Depuis 1992 l'angap a adopté une politique qui consiste à partager les revenus obtenus par l'intermédiaire des droits d'entrée (DEAP: Droit d'entrée dans les Aires Protégées). La moitié est allouée à la communauté riveraine représentée par des comités locaux de gestion (COGES- Mandasoa), l'autre permettra à l'angap de gérer les AP en plus de son budget. La population devrait pouvoir par ce biais, améliorer les infrastructures: hôpitaux, écoles, moyens de communication, appontements, sentiers RSNM. Culturels: la valorisation de la culture betsimisaraka tels que les chants traditionnels peut trouver un exemple dans le groupe de "vako-drazana" qui s'est créé à Cap Est, où des spectacles distraient les visiteurs. A ce niveau WCS (Laizoma, 1997) propose l'installation de centres culturels dans les deux centres urbains. La présence des touristes engendrera toujours des changements au niveau de la société qu'ils soient positifs ou négatifs. Pourtant même si elle pouvait devenir possible, une perte des valeurs traditionnelles ou une acculturation ne sont pas d'actualité pour l'instant. Ecologiques: actuellement l'impact touristique négatif sur les ressources naturelles est moindre, par contre si l'afflux de touristes devient trop important (le CAP Masoala prévoyait 20'000 touristes en 2001 ce qui fût utopique, 2000 visiteurs ayant été enregistrés), une perturbation des différents habitats naturels est possible. Pourtant il faut noter que certains visiteurs ne peuvent s'empêcher de prélever certaines espèces faunistiques et floristiques, ainsi les Uroplates deviennent de plus en plus rares à Nosy Mangabe. Il est de toute façon impossible d'assurer une surveillance efficace étant donné la superficie et le nombre de "contrôleurs". Malgré des formations dispensées aux agents, le respect des réglementations pour le whale-watching (observation des baleines) n'est pas toujours effectif et l'impact de cette activité sera grandissant si la fréquentation touristique augmente (Carlson, 2001). Une analyse plus poussée mériterait d'être faite pour comprendre dans quelle mesure les contributions financières de l'écotourisme contribuent à la conservation des ressources naturelles. Des effets négatifs tels que le déplacement de populations vers les zones touristiques, la destruction des espaces ruraux par la construction d'infrastructures touristiques, l'augmentation de production de déchets, une augmentation massive des prix, etc. ne sont pour l'instant pas observés à Masoala. Un autre risque lié directement à l'arrivée de touristes, et constaté aussi dans les autres régions malgaches, est la prolifération du tourisme sexuel dans les zones de concentration touristiques. Figure 10. Potentialités et contraintes de l'écotourisme (Gössling, 1999). 31 Il ne faut pas négliger qu'actuellement une grande partie des voyageurs pour les pays du Sud achètent un "paquet touristique" dans les pays du Nord; ceci entraîne que 50 % environ des dépenses reviennent aux pays du Nord. Voir à ce propos l'analyse de Gössling. 78
81 Les pistes de développement en cours ou à développer VII.2. Les appuis aux communautés et au système de production agricole VII.2.1. Infrastructures et renforcement socio-organisationel CARE a participé à l'appui et/ou au financement d'infrastructures de base agricoles (barrages) ou sanitaires (puits, CSB). La contribution de ces infrastructures au potentiel de développement local et communal est importante; cependant, l'appui limité à la gestion et au maintien durable des réalisations matérielles est à regretter. L'organisation des communautés autour des infrastructures construites mérite d'être considérée dès la conception du projet, car au-delà des contraintes matérielles et logistiques de la construction, c'est la gestion de celles-ci qui est le processus le plus exigeant en temps et en compétences. Comme le soulève déjà CARE (CARE Madagascar, 1999), la capacité de gestion et de fonctionnement des groupements d'utilisateurs des diverses infrastructures nécessitera des formations afin d'optimiser l'utilisation et la pérennisation des infrastructures. Les infrastructures réalisées dans le cadre du partage des DEAP appuient particulièrement l'amélioration de l'offre écotouristique (accueil, accès, sécurité) donc contribue à l'amélioration des conditions de vie de quelques privilégiés. La situation socio-organisationnelle des entités administratives est assez inégale; par exemple, tous les fokontany de la commune rurale d'anjahana (Maroantsetra) possèdent un comité de base (COBA). L'aspect organisationnel pour la gestion d'infrastructures notamment, que ce soit au niveau d'une petite association ou d'une organisation faîtière, reste un préalable à un développement se basant sur l'empowerment. Nous citons ci-dessous trois exemples tendant à une telle démarche: Concernant l'allocation de crédits aux agriculteurs, les MEC (mutuelles d'épargne et de micro-crédits) installées à Mahalevona (1999) et à Ambohitralanana (1998) apportent une base solide pour le transfert des crédits de financement destinés à la création de GCV (grenier communautaire villageois) ou à l'achat d'intrants agricoles (CARE Madagascar, 1999). La pérennisation de l'organisation reste le point crucial pour la durabilité de ces actions. Les diverses associations développées récemment dans la région sont souvent en attente d'une légalisation auprès du Ministère de l'intérieur. Les PHAGECOM (pharmacies à gestion communautaires) ont été développées dans quelques grands villages du Nord-Est (CARE Madagascar, 1999). Les démarches participatives (DPT) appliquées dans le cadre de l'amélioration des rotations culturales constituent des expériences de travail en groupe susceptibles de favoriser la prise de conscience communautaire. Carte 27. Localisation des principales interventions d'appui au développement et les appuis sanitaires (PCDI Masoala & CARE International, 1998). VII.2.2. Appui technique à la production agricole Les activités réalisées ont porté essentiellement sur le remaniement du calendrier agricole et des appuis aux cultures de contre-saison. Ces activités ont contribué, souvent localement, à l'amélioration des techniques de cultures, à l'organisation et au renforcement de certaines filières (vanille, plantes légumineuses, maraîchage, miel) ou à l'émergence de nouvelles productions (pisciculture) (cf. 79). Les techniques améliorées de riziculture irriguée (SRA, SRI) ont rencontré des problèmes de contrôle de l'irrigation (rendements 4 à 8,2 t/ha). 79
82 Les pistes de développement en cours ou à développer Carte 28. Les interventions principales dans la zone prioritaire 1 au Nord-Ouest (à gauche) et dans la zone prioritaire 2 au Nord-Est (à droite) (CARE Madagascar, 1999). Le développement et la diversification du maraîchage (petsai, laitue, oignon vert, oignon Texas, haricot vert, tomate, haricot mètre, angivy, cresson, carotte, aubergine) a permis d'équilibrer les budgets des ménages afin de conserver l'épargne que constitue la vanille; cependant la qualité des semences et le contrôle des pestes (insectes) et maladies sont mal maîtrisés. La mise au point d'un système d'amélioration en intrants agricoles (semences, engrais et matériel) et en produits vétérinaires a été réalisée dans la zone 2 de CARE (cf. Carte 28). La réhabilitation ou la construction de réseaux hydroagricoles, voire même le drainage de plaines marécageuses sont à l'étude (CARE Madagascar, 1999). Tableau 16. Interventions agricoles initiées et nombres de producteurs concernés dans la zone d'intervention 1. Source: (CARE Madagascar, 1999). Activités initiées Nombre de producteurs concernés Système de riziculture intensif (SRI) 63 Système de riziculture amélioré (SRA) 4 Cultures maraîchères 24 (Rizi-) Pisciculture 65 Vanilliculture 31 Grenier communautaire villageois (GCV) 219 La mise en valeur des tanety (collines), l'agroforesterie et l'amélioration des rotations culturales par des cultures associées sont les axes principaux d'appui pour une meilleure protection et restauration des sols (CARE Madagascar, 1999). La vanille est appuyée particulièrement tant dans la commercialisation que dans l'amélioration des techniques culturales (basket-composting); l'influence de certaines techniques diffusées sur la qualité du produit reste cependant inconnue. L'organisation des producteurs par filière a permis d'optimiser la diffusion d'informations et l'échange des expériences paysannes. A noter qu'aucune alternative au tavy (tavy amélioré, tavy sans brûlis) n'a été exploitée; la diffusion de la riziculture en terrasses mériterait d'être promue, comme en périphérie de la Réserve de Mananara-Nord. Photographie 25. Rizières en terrasses à Sahasoa (Manana- Nord): une alternative développée en association avec le giroflier pour réduire le tavy (Photo P. Messerli, nov 1999). 80
83 Les pistes de développement en cours ou à développer Tableau 17. Les interventions de développement dans la région de Masoala. Localité GELOSE marine MARP GCV, Grenier Communautaire Villageois SRA, Riziculture amélioré SRI, Riziculture intensive Pisciculture MEC, Mutuelle Epargne & Micro crédit Education environnementale Pépinière PLA, Plantes Lègumineuses Alimentaires Maraîchage Vanillicultlure CSB, Centre de Santé de Base Agriculture Gestion du terroir basée sur les Dina Sécurisation foncière EPP Réhabilitation Ecole Primaire Publique Etude barrage Puits Bazar Réhabilitation Marché FKT, Réhabilitation bureau Fokontany Elevage Papillons GCF, Gestion Contractualisée des Forêts PAT, Plantes A Tubercules CLB, Comité Locale de Base Total Androhofotsy X X X X X X X X 8 Tanandava II X X X X X X X X 8 Sahafary X X X X X X X X 8 Antanandavahely X X X X X X X 7 Ambatobe X X X X X X 6 Ambohitralanana X X X X X 5 Ambatobe-Tanambao X X X X X 5 Ambanizana X X X X X 5 Ambodirafia X X X X 4 Ampokafo X X X X 4 Sahamalaza X X X 3 Manakambahiny X X X 3 Tsaratanana X X X 3 Antanambao X X 2 Ifaho X X 2 Mahatsinjo- X X 2 Tanambao Manarimbola X X 2 Rantabe X X 2 Ankovana X X 2 Andrakadila- X X 2 Tanambao Mahalevona X X 2 Nandrahanana X X 2 Lafona? X 1 Sahasely X 1 Cap Est X 1 Ratsianarana X 1 Sahanjahana X 1 Andranampaha X 1 Maharavo X 1 Analalava X 1 Sahanjahana- X 1 Tanambao Antsahambolo X 1 Anjahamarina X 1 Ambohimahery X 1 Marivorano X 1 Anjahamarina I X 1 Antaimby X 1 Ankiakandrefana X 1 Ankiakabe X 1 VII.3. Appui à la gestion durable des ressources naturelles VII.3.1. Ressources forestières Compte tenu de la nécessité de conservation, les alternatives d'exploitation des forêts sont concentrées sur la valorisation des ressources forestières plutôt que sur des exploitations sylvicoles importantes. L'application de la législation forestière a été renforcée par la mise à disposition de moyens opérationnels et financiers (mise en place de chef de triage à Vinanivao, Antalaha, Mahalevona). Les 2 protocoles d accord entre le CAP Masoala et la CIREF-Antalaha et le CANFOR-Maroantsetra (CIREF Fénérive-Est) portent également sur des actions spécifiques: missions communes de contrôle, de suivi et de répression totalisant 45 jours de mission de brigade par année (WCS, 1999); ces activités ont permis de chiffrer plus précisément les nombreuses illégalités observées au niveau de l'exploitaiton des ressources forestières. L'amélioration et l'extension de cet appui aux services forestiers peut être mené sur la base des récentes études du secteur (cf. p.40). En-dehors des appuis à l'administration, les actions tendent à organiser la gestion des ressources forestières par les communautés locales (cf. ci-dessous); la question des mangroves est discutée dans l'encadré 2, p
84 Les pistes de développement en cours ou à développer VII FORESTERIE COMMUNAUTAIRE ET ECO-CERTIFIEE D'après les estimations obtenues durant la délimitation du PNM, il a été démontré que l'exploitation durable des ressources forestières pourrait générer une valeur annuelle de 647'000 $ (pour une zone de 50'100 ha en zones périphériques) à la région et 413'600 $ à l'état grâce aux taxes. Deux sites pilotes ont été établis: Sahafary et Anaovandrano dans le Sud- Est. Le site de Sahafary a fait l'objet de nombreuses études et des actions ont été menées pour développer une gestion forestière durable (Abraham, Andrianisa et al., 1997; Helene, 1998; Rabevohitra, 1998); peu d'informations sont disponibles sur le site d'anaovandrano. La concentration dans la région de Sahafary provient de l intérêt des villageois, de sa proximité de forêts intactes (une zone de 1'200 ha a été délimitée) et de sa localisation favorisant l écoulement de produits vers les marchés nationaux et internationaux. Carte 29. Les forêts communautaires pilotes et zonation de la forêt communautaire de Sahafary. Actions menées à Sahafary: Appui à la création d'associations locales (FMMS-Sahafary, Fikambanan'ny mponina mivoatra eto Sahafary et CRV/KMM-Sahafary, Comité de Réflexion Villageois de Sahafary, Komity Mpandrindra sy Mpamolavola). Formation par le CFPF pour l'association FIMPAHAZO (Fikambanan'ny Mpamaky Hazo, Association des bûcherons de Sahafary, 31 membres à sa création en 1995) en matière de techniques de bûcheronnage respectant les critères de qualité, de durabilité, de rentabilité et de cubage internationaux. Développement d'un plan de gestion de la forêt (diagnostics techniques de la forêt, modèle d'intervention, commercialisation, organisation socio-économique, suivi-évaluation, eco-certification de l'exploitation) (Abraham, Andrianisa et al., 1997). L'écocertification de la production sylvicole et de la communauté de Sahafary a été engagée auprès du Forestry Stewardship Council (FSC) & Wooodmark, mais le label n'a pas été attribué en raison de non-respect du cahier des charges (critères de durabilité). Une étude détaillée du projet de Sahafary a fourni les remarques et suggestions suivantes (Guillery, 1997) Non-respect de cahier des charges des exigences de durabilité (monitorage des produits impossible sans le marquage ad hoc, exploitations parallèles incompatibles (miel p.ex.), choix des individus exploités non-conformes (concentrés afin de diminuer les efforts pour le travail ultérieur et limitant le nombre de pieds nécessaires à la construction des chevalets)) Axes d amélioration: amélioration de la qualité des produits, amélioration de la mise en œuvre du plan de gestion, implication de la communauté et des individus dans la démarche. Proposition de catégorisation de la qualité des produits en 3 catégories: propre au marché international, propre au marché national, impropre à la commercialisation. Les restrictions imposées par les critères de l'exploitation commerciale certifiée limitent l'émergence et la réussite des projets de gestion contractualisée forestière (GCF) ou des contrats GELOSE (Gestion Locale Sécurisée) et favorisent encore le marché "libre". Des formules de gestion simplifiée de forêts communautaires ont été développées en 1999 (Fizono, Ampokafo, Manakambahiny et Mahalevona) suite à une visite-échange dans les zones périphériques du Parc National de Marojejy (au Nord de Masoala), mais leur efficacité mérite un suivi (CARE Madagascar, 1999). Les protocoles d'accord qui en découlent restent cependant trop longtemps en attente dans les ministères compétents (MEF) et remettent en question la confiance des communautés rurales dans ces démarches administratives d'accès contrôlé aux ressources villageoises. 82
85 Les pistes de développement en cours ou à développer Dans le domaine de contractualisation (de la gestion/valorisation) des ressources naturelles, la démarche des "contrats de conservation" a été appliquée dans un objectif utilitariste par les chercheurs: les "récompenses de nids" sont des primes payées par The Peregrine Fund (TPF) pour toutes informations permettant la localisation de 2 espèces forestières "disparues" (individu, nid, ): le hibou rouge Tyto soumagnei et l aigle serpentaire Eutriorchis astur. Les récompenses varient selon la situation, le nombre d'individus, etc. entre 100 et 150 $ (Durbin, Andrianarimisa et al., 2001). Ainsi, seulement 850 $ ( ) ont permis aux chercheurs de préciser l'état et la viabilité des populations de ces 2 espèces. VII PRODUCTION DE FAUNE ET DE FLORE A CARACTERE COMMERCIAL La valorisation économique ciblée de la biodiversité a été lancée très rapidement au sein du PCDI. Quelques structures (pépinières, élevage de papillons) ont été mises en place et des formations ont été dispensées sous la direction de spécialistes à l'étranger. Parallèlement, WCS a développé des compétences importantes en matière de faune et flore commercialisées (Sven & Razafimahatratra, 1999; Rahagalala & Randrianasolo, 2001) par la création de base de données relatives aux espèces sujettes à des réglementations internationales (CITES, Convention on International Trade in Endangered Species) et à d'autres espèces potentiellement exploitables (papillons et palmiers en particulier). Les bénéfices sont cependant restés très inférieurs aux attentes. En dehors des causes locales (accès), le manque d'informations des services administratifs concernés et le cadre législatif imprécis ne facilitent pas le démarrage de ces filières. Le manque de partenaires commerciaux est flagrant et s'explique toujours par le flou du cadre juridique et la dimension patrimoniale de ce type d'exploitation des ressources. L'amélioration du cadre juridique est actuellement en phase de finalisation et le démarrage du projet PSFH (Projet de Structuration de la Filière Horticole) offre une structure de reproduction certifiée à Nanisana (Antananarivo); une centaine d'espèces d'orchidées sont testées par micro-propagation. Le développement d'autres filières, moins sensibles et plus faciles, peut être initié par les scientifiques et ainsi stimuler le processus de renforcement institutionnel des services administratifs compétents. La valorisation économique de la biodiversité concerne avant tout les acheteurs potentiels des pays du Nord. La création et l'inauguration de l'espace Masoala à Zurich constituent une opportunité considérable pour offrir au public des produits, aussi nouveaux qu'originaux, certifiés pour assurer la participation à la conservation de la Péninsule de Masoala. Les bénéfices engendrés devraient être redistribués équitablement entre les populations locales (directement) et les gestionnaires du PNM (conformément à la CDB, Convention sur la Diversité Biologique). Cette opportunité considérable nécessite des compétences de marketing associées à des connaissances biologiques et humaines. L'interdiction récente d'exportation de toutes espèces malgaches est un signe favorable à une réorganisation du commerce de biodiversité conformément aux réglementations internationales et aux bénéfices des populations malgaches, pour lutter contre le marché noir; en tant que signataire de la CDB, le Gouvernement malgache s'engage à favoriser ces aspects commerciaux de la biodiversité. Les deux structures existantes (pépinières et ferme à papillons) doivent également participer à la sensibilisation des populations locales (écoliers); elles peuvent également offrir aux paysans un point d'écoute et de conseil à toutes initiatives locales. Photographie 26. Quelques nouvelles espèces d'impatiens (Balsaminaceae) découvertes à Masoala (Masoala, septembre 1996, S. Wohlhauser). a... Pépinières Diverses pépinières villageoise (Ampokafo-Ambatoledama, Tanambao-Sahafary, Androhonfotsy, Tananadava II) ont été mises en place pour la reproduction des espèces ligneuses utilisées par les populations locales (ravinala, vontro, mantadia, aramy beravina, nanto mandolava, vahapaka, tavolo, azinina, voasirindrina, vahapaka mena, aramy beravina, hazondronono, vontro, tsiloparimbarika, tavolo beravina, antevaratra, tavolo mena, tavolo mavo, ravinala, tarantana, vintanona, famelona, rotro, karaka, soretry, somotrorana, valotra); 4'000 semis et 3'000 plants ont été produits (ANGAP, 2001). La pépinière d'ambatoledama est appuyée par le Zoo de Zurich (prise en charge des salaires des pépiniéristes) dans l'objectif de fournir les plants pour constituer le fonds végétal de l'espace Masoala. L'une des pépinières deviendra probablement une antenne décentralisée du Silo National des Graines Forestières (SNGF), vu que certains tests effectués au SNGF d'antananarivo n'ont pas été concluants (probablement en raison de différences climatiques trop prononcées). Un spécialiste a participé à la détermination des plantes de la pépinière de Tanambao-Sahafary (Rabevohitra, 1998). 83
86 Les pistes de développement en cours ou à développer b... Fermes à papillons Les expériences de la ferme d'élevage de papillons d'ambatobe (Toone & Raharitsimba, 1995; Toone, 1996; Toone & Raharitsimba, 1996) méritent d'être poursuivies vers une diversification ciblée de la production. La recherche de marchés et la consolidation des voies d'écoulement restent le problème crucial. La préparation de produits finis (papillons morts encadrés) destinés au marché de l'artisanat devrait être appuyée pour évaluer les opportunités commerciales lors de l'inauguration de l'espace Masoala (phase d'essai). Une quinzaine d'espèces (Papilio dardanus, Papilio epiphorbas, Papilio delalandei, Papilio oribazus, Euxanthe madagascariensis, Danaus chrysipus, Belonois helcida, Mylothris phileris, Graphium cyrnus, Graphium evombar, Salamis anteva, Salamis anacardiiduprei, Chrysiridia ripheus, Argema mittrei, Strabena sp.), sont reproduites pour fournir des chrysalides ou des papillons morts dont la valeur s'étale de 1 à 5 $/pièce; les espèces endémiques ont une valeur plus importante. VII PISTES COMPLEMENTAIRES: PRODUCTIONS CIBLEES ET MARKETING La valorisation économique de la biodiversité ne se limite pas à des produits concrets. Une démarche intéressante, initiée par un groupe de scientifiques appuyés par la coopération allemande, concrétise le partage des bénéfices entre les détenteurs et les connaisseurs de la biodiversité (conformément à la CDB). L'association BIOPAT offre ainsi au public la possibilité d'attribuer un nom à des espèces de faune et de flore récemment découvertes, conformément aux règles strictes de nomenclature scientifique. Cet engagement de la communauté scientifique pour contribuer à la conservation mérite d'être valorisé lors de l'inauguration de l'espace Masoala, d'autant plus que 8 espèces d'impatiens de Masoala sont déjà proposées sur le site Internet suivant: et suivantes). Dans le cas d'espèces horticoles (potentiellement commercialisables), les dons devraient être alloués à l'étude de faisabilité de filière dans le cadre du projet PSFH. Figure 11. Une action de valorisation de la biodiversité découlant de la recherche consiste à "vendre" d'une nouvelle espèce, selon les règles de la nomenclature scientifique, en échange d'une contribution pour la recherche sur la biodiversité et l'appui au développement durable des zones d'origine des espèces (à partir de Les initiatives d'appui à certaines filières locales, peuvent être sérieusement renforcées par une perspective commerciale, en intégration avec le développement de l'écotourisme (artisanat) ou de filières spécialisées. L'inauguration de l'espace Masoala constitue une opportunité de marketing considérable pour présenter un éventail aussi large que possible des produits de Masoala. La filière apicole, déjà renforcée par des formations techniques dans 3 régions pilotes et des visites inter-paysannes (hors Masoala) (PCDI Masoala & CARE Madagascar, 1996), mérite un appui dirigé vers des perspectives commerciales. Le défaut principal de la mise en œuvre des potentialités commerciales de la biodiversité est l'absence totale d'opérateurs économiques confirmés; les projets de valorisation économique sont le plus souvent mis en oeuvre par les gestionnaires des AP ou des initiatives ponctuelles, souvent individuelles. D'une manière générale, les pistes de valorisation économique sont nombreuses (Plotkin & Famolare, 1992), mais leur réussite est très aléatoire sans une gestion compétitive et une structure de diffusion-marketing à l'extérieur (Europe, Etats-Unis, Asie). L'apport des chercheurs dans ce domaine n'est pas négligeable et contribue à les impliquer plus sérieusement dans la conservation. Le volet "recherche finalisée" du plan de gestion pourrait suggérer aux chercheurs d'ajouter à leurs rapports de recherche une partie relative aux potentialités des groupes étudiés détaillant en particulier les risques; ce volet devrait participer à la diffusion d'information pour une sensibilisation des chercheurs et des habitants. Des missions telles que celle du "Radeau des cimes" sont à même d'appuyer la sensibilisation par leur caractère médiatique. L'implication des entreprises partenaires du Radeau des Cimes (Givaudan) mérite d'être suivie sérieusement sur la base de la CDB, mais ce contrôle est difficile et coûteux à mettre en œuvre sans compter les considérations commerciales en jeu. Le contrôle des filières déjà existantes (caméléons, plantes) est également indispensable, car elles exercent une concurrence considérable sans participer à la conservation. Certaines filières potentielles mériteraient d'être évaluées par des professionnels (poissons d'eau douce (Cichlidés), orchidées (marché asiatique), ). Il convient cependant d'être extrêmement prudent, car toute exportation peut mener à un piratage biologique en détournant la CDB (Gunawardana, 2001). Photographie 27. Le "Radeau des cimes", un outil de recherche propre à participer à la sensibilisation par son originalité (à partir de 84
87 Les pistes de développement en cours ou à développer VII.3.2. Ressources marines VII ECOSYSTEMES MARINS, COTIERS CARE a mis en œuvre une "GELOSE marine" pour une meilleure gestion des ressources marines dans l'est de la Péninsule (contrôle des filets, techniques de pêches, espèces capturées, etc.). Les pêcheurs ont reçu des formations (avec l'aide de la GTZ, coopération technique allemande) pour accroître leurs prises et éviter la pêche dans les zones de reproduction; le suivi des espèces exploitées, en particulier les plus sensibles (requins) est à considérer. Les appuis menés portent également sur les autres activités des populations côtières. Il y a une nécessité de caractériser les zones littorales (et humides) pour la mise en œuvre d une GIZC, par exemple sur la base des classifications proposées par l ONE (GIZC Gestion Intégrée des Zones Côtières et littorales) et reprise dans la stratégie nationale de l'angap (ANGAP, 1999): mer, récifs et lagons, dunes et plages, côtes rocheuses, mangroves, lacs lacustres, lacs saumâtres, marais-marécages, rivières-fleuves, baies et estuaires, îlots, écosystèmes karstiques. Les mangroves représentent une nécessité de conservation prioritaire, mais vu l existence de nombreuses réserves dans la région, il serait préférable d envisager la préparation de contrats GELOSE sur les mangroves, plutôt que d établir encore des zones d interdiction. De plus, la surexploitation des mangroves nécessiterait l élaboration d une législation et des sanctions appropriées impliquant à la fois le MEF, le MPRH et le MinEnv (Houssay & Ragot, 2000). Intégration régionale: afin de participer plus activement à la conservation des zones marines et littorales, en particulier pour assurer les sites de mise bas des baleines à bosse, il a été suggéré d étendre le PNM à une portion de la baie d Antongil (ANGAP, 1999); cependant cette perspective semble inappropriée pour ne pas remettre en cause la participation des populations locales aux nombreux projets de conservation déjà existants dans la région. Les remarques relatives à la conservation des dugongs dans la région d Afrique orientale (inclus Madagascar) vont dans ce sens: "the establishment of "paper sanctuaries" will be counterproductive" (Marsh, Penrose et al., 2001); malgré l'absence de données sur les populations de dugong dans la région, cette conclusion mérite d'être considérer sérieusement. La réévaluation d autres sites littoraux ou marins desservant les mêmes objectifs semble plus adaptée dans une perspective régionale (p.ex. Pointe à Larée "abandonné" dans l atelier scientifique pour l élaboration du plan stratégique de l ANGAP). Carte 30. Zone de GELOSE marine et délimitation des zones de droits d'usage (CARE Madagascar, 1999). 85
88 Les pistes de développement en cours ou à développer VII.4. Bilan & évaluation: Des approches classiques de développement allouées à une finalité de conservation Au regard des différents appuis constatés dans la Péninsule de Masoala, il apparaît assez clairement que les interventions de développement réalisées ont été principalement apportées de l'extérieur selon une approche de développement-conservation intégrée. Elles sont ainsi concentrées au niveau des zones périphériques où la pression potentielle sur le PNM est la plus forte (en particulier aux abords des 3 ponts-corridors forestiers: Ambatoledama, Analambolo, Ilampy). Les actions de développement qui découlent des approches de conservation sont généralement relativement interventionnistes et inspirées par l'offre régionale ou plus souvent nationale de compétences; elles ne répondent pas nécessairement à des besoins locaux, ni à l'autonomisation des structures villageoises quant à la gestion et au développement concertés de leur patrimoine, de leur terroir ou de leur culture. Cette constatation est récurrente dans les zones périphériques des AP et une remise en question pertinente et régulière des actions prévues est indispensable. Il n'est pas sûr que ces actions assurent durablement la diminution des pressions sur le PNM, ni la responsabilisation des populations locales, comme en témoigne le non-respect des accords d'utilisation réglementée (Raoeliarivony, 2001). Les appuis matériels (infrastructures) représente soit une porte d'entrée d'actions, soit une aide à tendance humanitaire dans une région détruite périodiquement par les cyclones; pourtant la durabilité des interventions matérielles est aléatoire par manque de structure organisationnelle forte et de mesures d'accompagnement appropriées. Au niveau du système de production on peut déplorer, malgré certaines actions au niveau des techniques, de diversification et de rotation culturale, la palette limitée d'alternatives concrètes et expérimentées. La promotion de l'écotourisme, "solution-miracle" pour la valorisation économique des zones périphériques des AP, n'a atteint ses objectifs qu'auprès de quelques représentants des populations locales. Les bénéfices de la conservation ne sont pas évidents pour les populations locales, bien qu elles soient témoins de l apparente richesse associée aux opérateurs de conservation. Un effort de communication sérieux est à entreprendre; les voies de communication actuelles (trio ANGAP-WCS-CARE) restent relativement canalisées et limitées en raison de la forte tendance conservationniste. De plus, les interventions mentionnées dans les nombreux rapports restent difficiles à évaluer du point de vue des bénéficiaires, car la démarche participative n'était pas clairement décrite et suivie, pour autant qu'elle ait été utilisée pour définir les activités. Une vérification sur le terrain s'imposerait pour évaluer la pertinence des actions. Comme nous l'avons déjà maintes fois soulignés, la proximité du Parc influence directement les actions de développement dans les zones périphériques en tenant compte de soucis conservationnistes. Ce dernier point entraîne un certain nombre de constats et réflexions: La création du PNM a une influence considérable sur les populations et les institutions environnantes, modifiant les relations sociales, culturelles et économiques et les modalités d accès aux ressources ("tragédie des communaux"); l apparition conjointe d entités introduites orientées vers la conservation (gestionnaires, agents de conservation, opérateurs, touristes) a instauré une nouvelle donne dans la répartition des pouvoirs, des richesses, des libertés et des habitudes locales. Comme pour d autres aires protégées malgaches, il est indéniable que la création a eu un coût pour les populations locales, dont on estime mal la valeur, mais que parallèlement il a apporté des bénéfices, que les populations locales ont du mal à percevoir (Shyamsundar & Kramer, 1997). Certains hameaux sont en quasi-autarcie et seuls quelques colporteurs les approvisionnent en PPN (Produits de Première Nécessité). Cet enclavement des populations est le corollaire de la dégradation des conditions sociales, économiques et administratives; la création du PNM contraint dès lors les paysans à se rapprocher de structures administratives, qui n'ont guère évoluées depuis. L'amélioration des conditions socio-institutionnelles et des services de base est donc un préalable souhaitable. La stratégie nationale pour la gestion durable de la biodiversité (SNGDB) constitue un cadre approprié pour le développement de la région de Masoala, en raison de la présence d'une AP, d'une grande variété de milieux et d'une biodiversité importante tant par sa composition que par ses potentialités (Minsitère de l'environnement, 2001). Une recommandation importante appelle à l'adaptation de la législation existante à la SNGDB; l'élaboration et la mise en œuvre d'une législation adaptée constitue probablement une application cruciale des résulats de recherche de tout programme. L'adaptabilité des textes aux demandes et contraintes des populations rurales dépend de recherches de terrain poussées, durables et impliquées, quel que soit la discipline ou la thématique considérée. 86
89 Les pistes de développement en cours ou à développer Les approches des domaines de la conservation et du développement tendent actuellement à se rapprocher autour d'une vision utilitaire de l'écosystème (ecosystem approach et ecosystem benefits). Ces perspectives offrent un champ de recherche relativement large; l'évaluation de la valeur fonctionnelle (services) des écosystèmes et leur interprétation en "équivalent économique" mérite des études détaillées permettant ensuite une analyse coût-bénéfices de la conservation. Cette démarche doit permettre d'appuyer, sur des bases concrètes, les approches participatives visant à la responsabilisation des communautés sur la valeur, l'avenir, donc la gestion de leur terroir. La valeur patrimoniale mérite parallèlement une approche de recherche sur la perception du paysage, la valeur culturelle ou symbolique des divers éléments paysagers, des actes de mise en valeur et des rôles décisifs des acteurs. Les démarches engagées de conservation dans les régions environnantes (corridor Makira-Masoala ou Andapa- Masoala) sont susceptibles d'influencer les actions de développement et de conservation à Masoala; les opportunités (partage d'expérience, financements) et les risques encourus (migrations, compétitions) méritent d'être évalués dans un cadre de développement régional élargi. En opposition à la vision conservationniste, les corridors forestiers se présentent plutôt comme des barrières socio-économiques pour les habitants des régions intéressées; la région de Masoala risque un enclavement encore plus important. Il convient de concevoir ces corridors dans une perspective réelle d'écologie humaine moderne, incluant l'homme comme élément du milieu; cette visibilité étendue garantira probablement une meilleure réussite de la conservation des écosystèmes naturels à Masoala et dans la région. Les stratégies régionales du PADR (Minsitère de l'environnement, 2001) s'orientent autour de nombreux objectifs louables de conservation des espaces naturels, de restauration écologique des milieux dégradés, de valorisation des produits de la biodiversité (y compris de l'agrobiodiversité), d'élaboration d'outils législatifs, de mise en œuvre de programmes régionaux sectoriels, etc. Au-delà des aspects financiers de la mise en œuvre d'une telle stratégie, la concrétisation des alternatives proposées auprès des populations rurales restent un problème crucial. De nombreux programmes nationaux ont peiné à trouver des exécutants de terrain à l'écoute des communautés de base et ouverts à une adaptation des stratégies prédéfinies. Ainsi, les recommandations présentées au travers de ce document doivent être envisagées dans une perspective d'"efficacité-terrain". La nécessité d'engager des recherches inspirées par les besoins endogènes exprimés dans un cadre multi- voire trans-disciplinaire paraît donc inéluctable et justifie la mise en place d'un programme de recherche dans la Péninsule de Masoala, à condition évidemment que les conditions cadres le permettent. 87
90 Justification d un programme de recherches appliquées au développement durable des zones périphériques du PNM VIII. JUSTIFICATION D UN PROGRAMME DE RECHERCHES APPLIQUEES AU DEVELOPPEMENT DURABLE DES ZONES PERIPHERIQUES DU PNM VIII.1. Introduction La conservation en régions tropicales est très souvent appuyée par une recherche fondamentale concentrée sur la biodiversité à l intérieur des aires protégées; les zones périphériques sont sous la surveillance des gestionnaires qui manquent souvent d expériences, d outils et de "sensibilité" pour les problématiques humaines rencontrées et les actions de développement (économique, sociale et agricole) à engager. D autre part, les chercheurs impliqués dans les programmes de conservation présentent une image assez étroite des interventions étrangères. Il convient donc d une part de développer des recherches appliquées concrètement au développement et d impliquer sérieusement les chercheurs de tous horizons (économistes, naturalistes, politologues) dans la recherche de solution pour la valorisation de l'environnement (biodiversité, services environnementaux); certaines initiatives dans ce sens méritent d être valorisées, évaluées et éventuellement exigées de la part des futurs chercheurs (Jacobson & Mc Duff, 1998). L'apparition subite de zones interdites (PNM) et régulées (ZP) induit une situation socio-économique nouvelle qui mérite un appui fort de développement et de recherche d'alternatives (Coll, 1991). La conservation implique des réorganisations socio-institutionnelles très rapides (renforcement inégal des services administratifs-clés); ainsi la problématique de développement des ZP est d'autant plus complexe que la pression de conservation est forte. Il convient également de fournir une réponse à la fois moins interventionniste et plus responsable que d attribuer les problèmes environnementaux et de conservation à la seule pression démographique et l'archaïsme des coutumes. Certains considèrent que l approche participative a eu un effet significativement négatif sur la conservation (Attwell & Cotterill, 2000); même si c est le cas, cela participe à un long processus d échanges pour tenter de sensibiliser les populations des zones périphériques aux valeurs introduites que véhiculent la conservation et l économie libérale. De plus, l'approche participative reste actuellement la seule démarche dans le contexte national d'un Etat faible. L'application des lois doit être renforcée (répression, appui aux services, mais aussi monitorage de ceux-ci), la plupart de la population est d'accord avec cela (PSLT-Nord & CARE International, 1998). Les potentiels doivent être mieux valorisés (renforcer plus les capacités locales que la participation). Malgré les occupations importantes des gestionnaires de CAPM (suivis écologiques, actions de développement, diverses recherches, ), l ensemble des activités menées sont concentrées, pour des raisons pratiques et de finalité dans quelques régions périphériques du PNM. Ces activités sont le plus souvent sous la tutelle de la trilogie ANGAP-WCS-CARE, donc associées, de fait, à un objectif de conservation. L extension géographique et thématique des activités de développement est donc justifiée afin de dynamiser la région en dehors du cadre de conservation "pure". L implication d une ou plusieurs structures nouvelles, prioritairement locales, en matière de développement au niveau régional, ne pourra qu atténuer la pression existante de la conservation (répression, prohibition) associées aux activités menées et diversifier les chances de participation des populations locales en identifiant leurs priorités. Le manque d informations de base actuelles relatives aux populations, à leur système de production et à leur perception de l environnement naturel justifie pleinement l intervention de recherches ciblées, mais intégrées à un programme de développement rural appuyé par des recherches appliquées. La mise en œuvre d un programme de recherches appliquées nécessite, pour être concrètement utile, une stratégie d intervention plus générale de développement. La question pourrait se poser d'une autre manière: quelle recherche doit être effectuée au service de quel développement? Selon le rapport d évaluation par la section "Politique et recherche" de la SDC (Swiss agency for Development and Cooperation) des projets de recherche du module 7 "Recherche et Développement" (SPPE-SNSF), les recherches menées en partenariat entre des institutions malgaches et étrangères (Pays du Sud) ont produit une importante connaissance destinée à la résolution de problèmes réels (SDC, 1999); cependant, la diffusion de ces informations ou des solutions proposées, voire le passage à l action concrète, sont restés souvent hors des sujets de recherche principaux ou même conditionnés par des compétitions d'acteurs. Selon ce même rapport, la qualité du partenariat (selon l objectif de renforcement institutionnel et de mise à l épreuve concrète des résultats de recherche) est largement dépendant du partage effectif des rôles et des bénéfices (et des coûts) et d un certain leadership ou d un solide esprit d équipe. Le faible renforcement institutionnel résultant a été expliqué par l absence de mécanisme voué à cet objectif. Il y a donc un champ de recherche à développer; le cas concret du développement en zones périphériques implique un renforcement institutionnel intégré par des recherches à la fois disciplinaires (agronomie, éducation, 88
91 Justification d un programme de recherches appliquées au développement durable des zones périphériques du PNM foresterie, sociologie, économie) et transdisciplinaires (géographie politique, communication, législation). La région d étude, divisée administrativement, pose également un problème de répartition des compétences. L impact du "Module 7" sur la recherche en général est encore mal mesuré, mais les études menées dans ce cadre sont riches d une multidisciplinarité, nécessaire aux problématiques actuelles. L impact sur les populations locales est lui aussi difficile à mesurer; il est cependant probable que la présence même de chercheurs dans une région, soulève des questions importantes parmi les communautés et stimulent probablement une réflexion. Recommandations du SNSF: Poursuite de "joint-venture" entre le SNSF et la SDC (le concept constitue une base pour la recherche collaborative) Améliorer le développement des partenariats (partage des rôles, des responsabilités et des bénéfices, partenariat Sud-Sud) Supporter le renforcement institutionnel (avec une implication de la SDC, élément-clé des politiques de développement) Assurer la qualité scientifique (par rapport à des standards propres à la recherche appliquée au développement, recherche-action transdisciplinaire) Se concentrer sur le renforcement de la capacité de recherche (suivi-évaluation, méthodologie, relation, créativité) Améliorer la direction des projets (compétences de gestion, communication, médiation) Ainsi, les expériences et connexions établies lors du Module 7 peuvent favoriser la recherche de partenaires au Nord et au Sud; vu la rapide réorganisation de la recherche et des institutions suisses, il convient de tirer parti de ce "carnet d adresses", selon les champs de recherche. Selon une optique de recherche, la mise en œuvre d'un programme de recherche appliquée dans les zones périphériques se justifie par: la modernité des problématiques en jeu (Environnement-Société, Mondialisation-Pauvreté, Economie-Droit- Environnement) représentée par la thématique des services environnementaux et leur prise en charge. la complexité des interactions nécessitant des approches multiples et transdisciplinaires (systémiques). l'échange Nord-Sud au niveau local, national, international (perspective individuelle, sociétale et institutionnelle). les modes d'appropriation (matérielle, juridique, économique, affective) de biens, de savoirs naturels locaux jugés de vocation mondiale. la diversité biologique et humaine de la région les potentialités (écotouristiques, agricoles) de la région Les potentialités de développement induites par de telles problématiques vont au-delà des approches "classiques" (durabilité écologique et sociales des systèmes de production, p. ex. SLM) et nécessitent une réelle intégration dans la dynamique de développement régionale des opportunités offertes par la biodiversité et la conservation. Les deux approches modernes de conservation de l'environnement (biodiversité et services environnementaux) se retrouvent dans la région et suggèrent une richesse potentielle pour les populations des zones périphériques (Balvanera, Daily et al., 2001). Les modalités juridiques, institutionnelles, économiques et sociales pour concrétiser cet a priori des entités environnementalistes constituent un défi important de la recherche appliquée à l'amélioration des (et non de toutes) sociétés humaines. Cependant, ces deux approches (biodiversité et services environnementaux) manquent systématiquement de perspectives humaines, alors que les principaux facteurs de dégradation sont d ordre humain: croissance démographique, pauvreté, défaut de perception, anthropocentrisme, transition culturelle, économie et mise en œuvre politique (Soulé, 1991). Le financement de la conservation semble poser de moins en moins de problèmes comme en témoigne la création d'institutions "financières" de l'environnement et les levées de fonds importantes des ONG de conservation. L'utilisation des fonds disponibles est quant à elle beaucoup plus hasardeuse et les résultats très aléatoires. D'un autre point de vue, le développement d un programme de recherche appliquée au niveau régional ne peut qu appuyer la nécessaire réorganisation géographique des institutions de recherche malgaches; de plus, l installation de structures d accueil, de documentation, d information et de diffusion dans les régions détentrices de cette biodiversité si convoitée, ne peut qu'améliorer la sensibilisation des communautés locales (au service d'action de développement telles que l'éducation environnementale). La concertation entre les différentes parties prenantes au niveau régional apparaît être le point crucial préalable à la mise en œuvre de toutes actions. 89
92 Justification d un programme de recherches appliquées au développement durable des zones périphériques du PNM VIII.2. Axes de recherche La survie du CAPM dépend avant tout de l acquisition d informations de base qui méritent une planification ainsi que des exécutants bien informés (WCS, 1999). Dans ce but, des thèmes de recherche pouvant rétablir un équilibre entre les thèmes appliqués à la conservation et au développement ont été listés dans les rapports de WCS (WCS, 1999) et rappelés dans les pistes de recherches proposées comme de base de discussion à cette étude (cf. p.18). Il est à noter cependant que ces études ont rarement été mises en œuvre; l'enjeu de conservation des gestionnaires expliquent peut-être la concentration vers des thèmes de recherche où les compétences d'encadrement existent (biologie de la conservation) et dont l'applicabilité des résultats (conservation) est plus perceptible. L'implication d'autres institutions de recherche pourraient apporter des compétences élargies et également participer au renforcement et à la décentralisation des institutions de recherche malgaches. Les études de base menées durant l'élaboration du PNM (Lance, Kremen et al., 1994) ont fourni des données considérables et chiffrées pour la gestion ultérieure de l'ap, mais aussi pour le développement. L'impact de la mise en place du PNM et l'évaluation de la gestion du PNM a été suivie sur la base de ces études; cependant, le monitorage a nécessité une évaluation supplémentaire pour optimiser l'exploitation des données pour la conservation (Kremen, 1998). La valorisation des données en matière de développement serait méritoire pour cibler les données manquantes, en particulier dans les domaines socio-économiques et culturels. L'accès à ces données mérite donc d'être facilité pour élaborer un plan d'études de bases susceptibles de permettre la comparaison des divers lots d'informations. Il paraît nécessaire à l'heure actuelle, même si ce processus existe déjà, de rapprocher encore plus le monde de la recherche de celui du développement. Dans la vision classique de la recherche appliquée, les développeurs interviennent dans un deuxième temps et utilisent les résultats qui leur semble les plus adéquats; dans la vision des organismes de développement, la recherche leur permet d'obtenir certaines informations pour l'élaboration de leurs activités afin qu'elles soient en accord avec la réalité endogène. Sans vouloir mettre en exergue les différents points de vue, il nous paraît essentiel de mettre en relation (collaboration, échange, etc.) dès le départ ces différentes entités afin de pouvoir coordonner au mieux autant les thèmes de recherche que les actions de développement. Les axes considérés doivent prendre clairement en compte cette donne afin que la recherche soit plus intégrée à la réalité pratique et que ces résultats soient applicables à l'action "de terrain" de suite, en d'autres termes transdisciplinaires. Ainsi les différentes études à mener doivent correspondre à des besoins "ressentis" par la population locale, par les organismes de développement (dispositif de suivi notamment) et par les chercheurs (intérêt, manque de données, etc.). Des thèmes transversaux méritent un effort de diagnostic durant la conception des recherches appliquées et des activités de développement:(économie, géographie, législation etc.).: la communication (échange, diffusion, partage entre et avec toutes les parties prenantes), les aspects économiques (en particulier les filières, l'économie des ménages et les enjeux économiques de la conservation), dont l'importance est souvent négligée. l'évaluation économique-écologique des milieux naturels et terroirs paysans en terme de fonctions/services. Ainsi, les services, les fonctions et les informations portés par l'écosystème (ou le terroir) "mangroves" offrent des pistes pour la recherche appliquée multidisciplinaire au développement apparaissent clairement: Encadré 2. Les mangroves: fonctions, services, informations Bien que moins importante que sur la côte occidentale de Madagascar, les mangroves de Masoala ont une importance capitale en termes de fonctions écologiques, plus qu en terme de biodiversité. Elles sont en effet le lieu de reproduction, de ponte et de développement de la plupart des formes jeunes des poissons (alevins), crustacés et coquillages des récifs ou des lagons, parfois distants. Elles abritent également quelques espèces rares d oiseaux et de mammifères marins (Wooldridge, Weeb et al., 1994). De plus, leur forte productivité (basée sur une chaîne trophique avant tout détritivore) et leur situation fréquente au niveau des estuaires des rivières, joue un rôle capital dans le contrôle de la charge sédimentaire renforcée récemment par la déforestation et le lessivage en amont et joue donc un rôle important sur la turbidité des eaux côtières, donc sur l avenir des récifs et lagons (Houssay & Ragot, 2000). Des études sur l évolution des populations (structure et composition) du phyto/zoo-plancton des estuaires et mangroves, sur le comblement des mangroves et sur la pollution chimique des eaux marines et douces manquent sérieusement pour évaluer les impacts de la déforestation sur les zones littorales. A l interface des écosystèmes terrestres et marins (écotone), les mangroves dissimulent derrière leur simplicité apparente, un potentiel bio-indicateur important sur l état de santé des régions à l intérieur de la Péninsule et sur le littoral de Masoala (Lugo, 1980). D'autre part, les mangroves représentent une source de bois de chauffe considérable pour les populations environnantes et un lieu de pêche important; une mangrove a une valeur annuelle estimée à US$/an/ha (Gilbert & Janssen, 1998). Ainsi, des études détaillées et un travail en parallèle avec les populations locales (élaboration de contrats GELOSE) seraient donc souhaitables. 90
93 Justification d un programme de recherches appliquées au développement durable des zones périphériques du PNM Les études de base déjà réalisées dans les zones périphériques (monographies villageoises, systèmes de production, utilisation des terroirs, milieux écologiques, etc.) ne doivent pas être négligées et peuvent contribuer à l'élaboration des thèmes à développer. Notamment en ce qui concerne la nécessité d'un suivi dynamique et évolutif d'une base de données multidisciplinaires. Un plan d'action possible en matière d'études de base, reposant sur ce rapport, est présenté en annexe (cf. Annexe 3. Propositions pour le programme de recherches appliquées au développement des zones périphériques (DEC)., p.101). Pourtant des études plus ciblées (thèmes particuliers) pour répondre à des questions urgentes ou à des demandes peuvent déjà être menées comme en témoigne divers rapports d'étude et certaines suggestions de développement proposées; citons pour exemples: Foresterie: sylviculture des espèces rares ou à potentiel économique (artisanat, ornementale), utilitaire (construction, pirogue, bois de chauffe), fertilisantes (jachère améliorée). Elevage: la justification du développement de l élevage bovin mérite une étude détaillée vu les contraintes d'ordre fourrager (patûrages restreints), vétérinaire et de considérer le système paysan dans son ensemble (importance du zébu principalement dans les rites magico-religieux). De plus, l'appui à cette production animale coûteuse en intrants n'est peut-être pas prioritaire dans le contexte local; le développement de l'élevage porcin est sujet aux mêmes contraintes sans compter les fady liés au porc. Contrairement à l'élevage bovin, le petit élevage (basse-cour) est largement pratiqué dans le système de production traditionnel, justifiant des études sur leur apport économique et écologique potentiel. Risques cycloniques: recherche technique concernant des moyens de se prémunir contre les dégâts cycloniques (risques, information, secours). Etude des réseaux de communication traditionnels afin d'améliorer le système d'alertes cycloniques, de diffusion de savoir, d'échanges d'informations, etc. Tous les aspects concernant les différentes étapes des filières (producteurs, transporteurs, collecteurs, exportateurs, consommateurs) essentiellement en ce qui concerne les cultures de rente, ainsi que les produits considérés comme illicites (bois précieux) Tableau 18. Propositions d étude des filières par produits existants ou potentiels. Source: (Andriambahoaka & Randrianarivelo, 2001). Produits Sites potentiels d études Observations Penjy Maroantsetra, Foulpointe, Brickaville produit à grande valeur économique mais inexistence de texte qui règle son exploitation Dalbergia normandi et D. maritima (bois de rose, palissandres) Antalaha, Sambava, région de SAVA produits à grande valeur économique (exportation) Diospyros sp. (ébène) non-précisé pour la région produits à grande valeur économique (exportation) Ravenala madagascariensis Maroantsetra fortement utilisé pour la construction des cases après le passage de cyclone Huiles essentielles non-précisé pour la région Raphia farinifera non-précisé pour la région Bois d'énergie non-précisé pour la région Champignons non-précisé pour la région Des thèmes de recherche "novateurs" méritent des études prospectives, bien que les perspectives d'application ne soient pas évidentes, justement du fait d'un manque d'expériences; on peut citer: Socio-économie de l'exploitation des ressources naturelles: la nature de l'exploitation extensive (qualité, quantité, saisonnalité, mode, risque) des ressources naturelles est déjà bien documentée, alors que le contexte endogène sous-jacent est souvent présentée de manière synthétique, voire subjective. Toutes études permettant d'estimer la valeur économique des produits forestiers. Une étude sur la valeur économique des plantes herbacées à Masoala et les modalités de dégradation est en cours (Linda Hirst, Mallinckrodt Tropical Research Scholarship; Etude ethnobotanique focalisée sur espèces soumises à une exploitation destructrice (outil de suivi et de sensibilisation), sur des espèces culturelles importantes (bilahy, ), sur des espèces à potentiel économique (artisanat, ornement notamment ), ainsi que sur les espèces utilisées dans la médecine traditionnelle dans un perspective pratique et économique "US biotechnology industry increased 38 % over 1990 to approximately 4 billions $ in 1991 while sales of plant-derived drugs in the US alone estimated at 15,5 $ billions in 1990 (Hannah & Hough, 1995)". Les enquêtes ethnobotaniques servent aussi de mécanisme de sensibilisation en valorisant un savoir local (Lance, Kremen et al., 1994; Raymond, 2000). Elles contribuent également à fournir des informations (anecdotes, originalités) susceptibles de renforcer le visage humain de l'écotourisme à Masoala. Services environnementaux: manque de données et d'expériences en la matière à tous les niveaux (bassin-versant, CO2). Etude sur l accumulation sédimentaire et la turbidité des eaux dans les embouchures et étude de leur impact sur la santé des récifs et les alevins de mangroves. Etude économique comparative entre d'une part les coûts et bénéfices de la forêt pour la population locale et les pertes causées par le sacrifice qu'ils font au bénéfice de la conservation. Que gagnent les paysans? Comment les satisfaire? 91
94 Justification d un programme de recherches appliquées au développement durable des zones périphériques du PNM VIII.3. Un centre d'information-diffusion pour accompagner le développement régional et participer à la conservation de la Péninsule Nous avons exposé dans le paragraphe précédent les dimensions requises pour la mise en œuvre d'un programme de recherches appliquées adapté. Le souhait (émanant notamment de l ANGAP) de développer un centre de recherche et/ou d'interprétation contribue à la nécessité de renforcer la communication au sens large. Cependant, les centres d'interprétation de l'angap qui participent à la sensibilisation environnementale, à l'accueil écotouristique et à la centralisation des données des AP, restent très focalisés sur l'environnement et la conservation, sans intégrer les questions sociales ou humaines (excepté les sites culturels à potentiel écotouristique). Sur la base des axes principaux définis précédemment (planification des données de base pour un suivi appliqué des actions, renforcement de la communication à tous les niveaux, valorisation des potentialités régionales), il apparaît qu'une certaine distanciation par rapport à la conservation assurerait une meilleure accroche au niveau du public, donc une meilleure insertion locale des activités de recherche, de développement et de conservation. Ainsi, le centre devrait avoir pour objectif prioritaire de partager des informations incitant à la connaissance et à l'action au niveau régional. Dans cet objectif, une vocation très générale (indiquant de considérer le PNM comme un des éléments du paysage naturel et humain de la Péninsule) semble souhaitable en raison de la diversité culturelle, historique et économique de la région. Des thèmes-clés peuvent constituer des portes d'entrée considérables tels que la muséographie de la riche histoire régionale ou l'hébergement d'une centrale de surveillance cyclonique. En parallèle à la mise en oeuvre d'un programme de recherches appliquées, il nous semble préférable d'avoir une vision prospective élargie et d'envisager un concept d'information-diffusion à moyen terme voire à long terme desservant l'ensemble des thématiques et des publics-cibles (paysans, gestionnaires, autorités, touristes, chercheurs, développeurs, conservationnistes ). Vu les diverses contraintes propres à la réalisation de telles infrastructures (financement bailleurs-, gestion organisation-, participation implication-, etc.) et à l'élaboration d'une stratégie d'information-diffusion, nous avons envisagé un développement en 2 étapes: 1) conception et construction d'une infrastructure centrale, 2) délocalisation progressive sous forme d'antennes spécialisées. VIII.3.1. Phase 1: Centre Masoala Dans un premier temps, l'accessibilité et la diffusion des informations de base est, à notre avis, le critère prédominant. Malgré la proposition de WCS d'installer des centres "culturels" (information, éducation) à Maroantsetra et à Antalaha (Laizoma, 1997), nous estimons qu'en raison des contraintes financières (coût d'investissement) et organisationnelles, la création d'une seule infrastructure centrale est justifiée. Nous proposons d'appeler cette entité d'information-diffusion de base "Centre Masoala"; les questions principales à considérer sont la localisation, les vocations et la gestion du Centre Masoala (à noter que certains éléments sont discutés dans l'annexe 3, p.101). L'objectif initial du "Centre Masoala" sera de centraliser (documentation, bibliothèque, base de données, herbier) et de documenter toutes informations sur la région de Masoala afin de faciliter la diffusion aux bénéficiaires-clés (enseignants, chercheurs, habitants, développeurs, conservationnistes, etc.). Cette phase initiale permettra d'accumuler autant d'expériences nécessaires à la conception ultérieure d'antennes délocalisées. Le devoir des différentes parties prenantes sera d'approvisionner en informations et documentation ce centre. Il permettra autant aux touristes de se renseigner (écomusée, centre d'information), qu'au chercheur, développeur, conservationniste de se documenter (bibliothèque) et de travailler (bureau équipé), qu'au paysan 32 de s'informer (formation, fiches techniques, personnes ressources). Maroantsetra semble la localisation la plus appropriée pour le Centre Masoala en raison des contraintes logistiques (accessibilité, fréquentation touristique 33 ), stratégiques (drainage de population), institutionnelles (bureau central du CAP Masoala) et climatiques (risque cyclonique). La vocation appliquée au développement implique une ouverture large sur les problématiques des populations riveraines du PNM et des centres urbains satellites servant parallèlement les objectifs de conservation du CAP Masoala: éducation environnementale (sensibilisation), diffusion d'informations (bibliothèque), formation (techniques améliorées, alternatives, innovations), etc. Le centre devra également servir d'interface pour répondre aux questions des populations (compétences agronomiques, économiques, etc.) qui permettront de concevoir les antennes délocalisées selon les besoins exprimés ou grâce à des intervenants privilégiés. La vocation de recherche du Centre Masoala devra être principalement tournée vers les problématiques des zones périphériques (qu'elles soient environnementales ou sociales) tout en offrant aux chercheurs de la 32 La participation d'une organisation paysanne dès le départ n'est pas à exclure. 33 Nosy Mangabe est le site le plus visité par les touristes dans la région. 92
95 Justification d un programme de recherches appliquées au développement durable des zones périphériques du PNM conservation des avantages incitatifs (facilités, laboratoire, stockage, bibliothèque, hébergement) stimulant leur participation à la diffusion in situ de leurs travaux et à la sensibilisation. Le centre devra ainsi offrir aux chercheurs des facilités complémentaires de la station de recherche d'andranobe-bedinta vouée aux recherches botaniques et zoologiques à l'intérieur du PNM. La conjonction d'activités de recherche et, par exemple, d'éducation environnementale (écoliers) en un même lieu n'est évidemment pas classique et certains chercheurs "obtus" y trouveront probablement beaucoup d'inconvénients. Nous estimons cependant que la recherche, même spécialisée, ne peut s'affranchir d'un devoir de communication, d'autant plus dans les pays du Sud et dans un contexte de recherche environnementale. De plus, une telle organisation rappelle les lignes directrices de l'unesco (MAB) et pourrait laisser entrevoir une participation financière ou un apport en termes de compétences. L'établissement d'un tel centre rencontrera évidemment des problèmes d'ordre logistique et organisationnel: (foncier, investissement initial) et à terme les frais de fonctionnement, gestion (organigramme), effectivités de la participation des intervenants, etc. VIII.3.2. Phase 2: Délocalisation et concentration thématique La création d'antennes délocalisées est indispensable pour offrir un accès facilité aux populations des zones périphériques et répondre au besoin de diffusion des acquis pratiques ou des informations régionales. Ces antennes serviront de plates-formes d'information-échange pour des problématiques ciblées selon la zone d'implantation (filières, pêche, tourisme, foresterie, biodiversité, santé, ) tout en diffusant une information de base sur la région de Masoala. Les antennes délocalisées pourront prendre des formes aussi diverses que: centre de recherche, centre d'interprétation, centre d'information, point d'écoute, centre de diffusion, écomusée, musée régional, Photographie 28. Dégâts cycloniques sur les villages côtiers après le passage de Hudah (à partir de Photographie 29. Dégâts cycloniques sur les forêts littorales après le passage de Hudah (à partir de L'évaluation de la fréquentation des populations cibles (paysans) dans les principaux lieux d'échanges actuels (marchés essentiellement) permettra de mieux définir la localisation idéale des antennes délocalisées; nous proposons dans le tableau ci-dessous quelques localités pouvant servir d'antennes délocalisées par rapport aux problématiques locales. La réhabilitation d'une infrastructure existante, disposant d'une surface suffisante, pourrait être envisagée; les sites suivants sont potentiellement envisageables: station de recherche d'andranobe (Bedinta), station forestière de Farankaraina, centre d'interprétation d'antalaha / Maroantsetra, centre d'information-interprétation de Nosy Mangabe, station de recherche à Ambohitsara (Antalaha). Tableau 19. Contraintes principales des sites potentiels pour une infrastructure "d'antenne délocalisée". Sites potentiels Accessibilité écoliers paysans touristeschercheurs Risque cyclonique Infrastructures développeurs, conservationnistes Station de recherche d'andranobe (Bedinta) Station forestière de Farankaraina arboretum Centre d'interprétation Antalaha Centre d'interprétation Maroantsetra Centre d'information-interprétation de Nosy Mangabe ? Station de recherche à Ambohitsara (Antalaha).??? -? 93
96 Justification d un programme de recherches appliquées au développement durable des zones périphériques du PNM VIII.4. Evaluation des opportunités de participation VIII.4.1. Institutions suisses VIII ZOO DE ZURICH La création de l'espace Masoala au Zoo de Zurich (Suisse) est une opportunité de mettre en application l'appui des institutions de conservation ex situ du Nord pour appuyer la conservation in situ dans les pays du Sud. Les recommandations des organes internationaux dans ce sens (UICN, 1985) sont régulièrement rappelées dans les discours, mais les faits témoignent trop souvent d'une autre réalité. Les jardins botaniques (en particulier) et zoologiques sont souvent approvisionnés en matériel par des réseaux de commerce, souvent obscurs, qui ne contribuent que faiblement à la conservation, certains favorisant également des pratiques frauduleuses. Les difficultés rencontrées dans les pays sources de biodiversité expliquent à elles-seules ce recours à des filières plus pratiques et moins exigeantes en temps, donc en moyens financiers. L'Espace Masoala du Zoo de Zurich (cf. Annexe 2. L'Espace Masoala du Zoo de Zurich, p.100) se doit d'être exemplaire à ce niveau, quelque en soit les coûts. La Suisse, bien que très avancée sur le plan de l'écologie, n'a pas encore mis en œuvre certains points de la CDB; l'appui à des démarches telles que celles-ci serait également méritoire. D'autre part, l'échange de savoir-faire entre Zurich et Madagascar en matière muséologique est inexistant, mais pourrait être renforcé pour la conception d'un centre d'interprétation "élargi" (écomusée). La grande opportunité de l installation de l Espace Masoala doit se concrétiser par des mises en relation transversales entre les différentes activités (recherches, développement, conservation) menées au niveau de la Péninsule, et le Zoo de Zurich et les institutions impliquées ou intéressées. Hormis toutes les données touchant à la faune et la flore, essentielles pour un tel espace, d autres études seraient à même d une part d égayer les visiteurs et d autre part de participer concrètement au développement local de la Péninsule: données historiques, sociales, culturelles et économiques qui peuvent être présentées sous différentes formes à l intérieur de l espace; plus concrètement: vente d'épices et d artisanat malgaches dans la boutique du centre d'informations de l Espace Masoala acheté directement à une association de producteurs villageois de la Péninsule, etc. VIII PAPILIORAMA-NOCTURAMA TROPIGARDEN & INTERNATIONAL TROPICAL CONSERVATION FOUNDATION (ITCF) Les serres tropicales participent à la sensibilisation du public (150' '000 visiteurs/année) sur la conservation des forêts tropicales. La conservation effective est le travail d'itcf qui a créé la réserve de Shipstern au Belize (Amérique Centrale) dans un contexte proche à celui de Masoala (culture sur brûlis, risque cyclonique important, forêts littorales, zones côtières, mangroves, contraintes institutionnelles) et participé à la création de la réserve marine de Baccalar Chico (lagunes, récifs). Les activités du centre d'information de Sartaneja incluent la promotion de l'écotourisme avec les populations locales, la sensibilisation, l'élevage de papillons, la création de sentiers écotouristiques, de tours d'observation, etc. ITCF prévoit d'étendre ses activités à d'autres régions tropicales, en particulier à Madagascar, symbole mondial de biodiversité (hotspots 7); cependant en raison des contraintes relatives aux sites proposés, de l'incertitude de l'investissement à Madagascar et au retrait de la coopération suisse, aucune initiative concrète n'a vu le jour. Les serres tropicales de Papiliorama-Nocturama cherchent également à diversifier les espèces présentées et pourraient ainsi devenir un acheteur régulier de la ferme d'élevage de papillons de Masoala et fournir leurs expériences dans ce domaine. VIII UNIVERSITE DE NEUCHATEL Le nouveau programme d'ethnobiologie de l'université de Neuchâtel entend intégrer au mieux les disciplines des sciences sociales et naturelles dans une perspective de développement durable. Une mission de reconnaissance et de stages d'étude à Masoala est actuellement discutée impliquant des étudiants de biologie, d'ethnologie et de géographie. La convention de collaboration entre ITCF et l'université de Neuchâtel pourra également cristalliser une vocation malgache à Neuchâtel, bien que la relocalisation de Papiliorama-Nocturama dans le Seeland devienne inévitable du fait de contraintes structurelles. Le jardin botanique de la Ville et de l'université de Neuchâtel possède une collection tropicale uniquement malgache et participe à la formation de deux étudiants malgaches dans le cadre d'un protocole de collaboration avec le Parc Botanique et Zoologique de Tsimbazaza. Ce partenariat est essentiellement soutenu par des dons privés en raison du budget limité du Jardin; les actions à l'extérieur sont rarement soutenues par les élus locaux qui préfèrent des résultats concrets au niveau régional. 94
97 Justification d un programme de recherches appliquées au développement durable des zones périphériques du PNM VIII ECOLE POLYTECHNIQUE FEDERALE DE ZURICH (EPFZ) Le groupe de foresterie pour le développement de l'ecole Polytechnique de Zurich est intéressée par l'idée de constituer un pool de recherche scientifique consacrée à Masoala. Les expériences de ce groupe et plus particulièrement celles de Jean-Pierre SORG à Madagascar ne sont pas moindres, ainsi des partenariats existent déjà entre ce dernier et l'essa forêt de l'université d'antananarivo et le DPZ (Deutsches Primatenzentrum, Goettingen) dans la région de Morondava ainsi que la co-gestion du projet BEMA. Il contribuerait volontiers à ce pool dans la mesure de ses possibilités et disponibilités, sans toutefois jouer un rôle pilote pour l'instant. VIII CENTRE POUR LE DEVELOPPEMENT ET L ENVIRONNEMENT DE L UNIVERSITE DE BERNE (CDE) Le CDE a depuis de nombreuses années montré son intérêt pour Madagscar et pour les régions montagneuses de l Est en particulier; notamment en co-gérant avec l EPFZ, le projet de recherches BEMA en lui apportant un outillage méthodologique et en participant activement à la formation d étudiants malgaches. En tant que responsable du programme ESAPP, le CDE soutient le bureau d études DERAD 34 (post-bema) à Madagascar et a financé cette étude de faisabilité. Il apparaît donc assez clairement que cette institution, en cas de concrétisation, sera un partenaire privilégié. VIII INTERCOOPERATION La fondation suisse Intercoopération oeuvrant dans le développement rural débute actuellement un programme dans la région de Mananara dont la problématique est semblable à Masoala et de surcroit limitrophe au niveau géographique. Même si la recherche appliquée ne fait pas partie des objectifs premiers de cette institution, des résultats concernant le milieu rural pourraient fortement les intéresser s ils sont applicables à la zone de Mananara. VIII.4.2. Autres axes de participation Cette étude s est faite durant les grands mois de la crise politico-économique malgache c est-à-dire de mars à juin Cette information est importante dans le sens qu il nous a été difficile de joindre les personnes resources des différents programmes existant à Madagascar : certaines ont été rapatriées à l étranger, d autres ne pouvaient que difficilement rejoindre la capitale depuis leurs zones d intervention où ils sont localisés et finalement, étant donné l avenir incertain de la situation à Madagascar, les bailleurs et autres institutions ne sont pas prêtes aujourd hui à s engager sans garantie de lendemain. Ce dernier point participe aux limites de cette étude. Que ce soit au niveau des institutions suisses et locales, il n y a à l heure actuelle que des intentions supposées de participation mais pas de participation concrète envisagée. Nous espérons toutefois que cette étude de faisabilité pourra participer à la mise en œuvre d un tel programme de recherches dans la Péninsule de Masoala. D'autre part, une opportunité pourrait se dessinner avec des partenariats décentralisés (commune, canton) sous forme de soutien ou de jumellage à l'image de la coopération décentralisée francomalgache: un intérêt et/ou une participation des entités administratives suisses n'est pas exclure dans une telle démarche. Cette possibilité requiert encore une demande de manifestation d'intérêts. 34 Comme DERAD, d autres bureaux d études suisses ou faisant suite à des projets suisses, tels que DEC et SAVAIVO peuvent évidemment représenter des exécutants de mandats au niveau d études appliquées pour le développement rural. 95
98 Justification d un programme de recherches appliquées au développement durable des zones périphériques du PNM IX. CONCLUSIONS Etant donné les différentes problématiques décrites, il apparaît qu'un programme de recherches appliquées au développement doit être envisagé à partir des problèmes identifiés par les chercheurs conjointement avec les organismes de développement et de conservation, mais avant tout par les besoins exprimés par les populations locales. La planification d'un tel programme de recherche et de développement nécessite une étude de diagnostic-planification plus détaillée et plus "proche du terrain". L'origine et la nature des intentions de participation (fonds, matériel, savoir-faire, attachement thématique des bailleurs) seront également à prendre en compte pour définir un champ d'action (recherche, développement & conservation) afin de garantir des acquis durables aux communautés visées; une première ébauche de propositions se trouve dans l'annexe 3. Pourtant il ne faut pas négliger certaines conditions cadres, voire certains risques pour la mise en œuvre d'un tel programme: Le partage du PNM sur deux entités administratives nécessitera une négociation d ordre administratif entre les opérateurs (WCS-CARE), les gestionnaires (ANGAP) et les entités du centre de recherche, entre les 2 provinces concernées et les ministères afin de statuer clairement sur les attributions et représentations des divers acteurs et d'éviter des situations conflictuelles lourdes à gérer. La crise économique qui frappe encore Madagascar peut s'avérer être un frein actuellement pour lancer une telle démarche, pourtant elle peut s'avérer, à court terme, comme une opportunité de relance. Les conditions climatiques qui influencent largement l effectivité des actions entreprises ou prévues, sur les moyens de communication, sur les activités à l extérieur (agriculture, tourisme, ). Le risque cyclonique doit être sérieusement considéré dans la planification régionale (économique, développement, conservation) et des mesures diminuant l impact de cyclone sur la poursuite des activités doivent être sérieusement envisagées. La pression de conservation constitue une situation d urgence "introduite", qui remet en cause un fonctionnement sociopolitico-économique bien établi. L'importance de la communication dans la compréhension des réalités régionales. 96
99 Annexe 1. Synthèse chiffrée de données socio-économiques dans la région d'antalaha I. ANNEXE 1. SYNTHÈSE CHIFFRÉE DE DONNÉES SOCIO-ÉCONOMIQUES DANS LA RÉGION D'ANTALAHA Les données suivantes résultent des enquêtes des observatoires ruraux (Projet MADIO II, 2000). Ces données ne proviennent pas de villages qui se trouvent directement dans la zone périphérique mais peuvent donner une idée et un ordre de grandeur. Les résultats des enquêtes (559 ménages = 2'878 personnes) sont regroupés mais ils concernent des villages qui ont chacun leurs particularités: Maromandia : zone marginale de production de vanille. Ampohibe: plaine rizicole, importantes plantations de vanille. Masiaposa: groupement de producteurs de vanille créé en Lohanantsahabe: groupements de producteurs de vanille créé en Ces villages se situent, au niveau agro-climatique, dans une zone chaude et humide (période sèche d'octobre à novembre) où une double culture de riz est possible sur la moitié environ des surfaces irriguées ou inondées (vary ririnina en décembre-janvier et vary taona en juillet, la plus importante). Etonnamment le rendement de paddy de riz pluvial (environ 1,4 tonne à l'hectare) est supérieur au riz irrigué (entre 1 et 1,2 tonne à l'hectare). La production annuelle par ménage est en moyenne de 1050 kg de paddy. Au niveau morpho-pédologique les basfonds sont humides et marécageux et les pentes des collines sont fortes ce qui entraîne des problèmes de drainage des bas-fonds pour la riziculture. Principales cultures vivrières Cultures % de ménages producteurs Moyenne/ ménage (kg) % vendus Prix (Fmg/kg) Céréales (maïs) 37,3 78 5, Tubercules 82, dont manioc 73, ,1 460 dont patates douces 7, ,4 625 dont pomme de terre Légumes secs , Légumes 33, , dont brèdes 27, , Fruits 85, ,4 310 dont banane 71, ,2 210 dont litchis 54, ,4 400 Oléagineux (arachide) 2, Divers 38, ,
100 Annexe 1. Synthèse chiffrée de données socio-économiques dans la région d'antalaha La production et les revenus de la vanille en 1999 Production de vanille verte % producteurs % production en kg Revenus des ventes de vanille % producteurs % revenu N'a rien produit 14,8 0 Pas de revenu 11,9 0 Inférieur à 20 kg 19,2 3,1 < 1000'000 fmg 4,9 0,3 De 21 à 30 kg 8,4 2,8 100' '000 fmg 14,4 2,4 De 31 à 50 kg 13,8 7,3 300'001-1'000'000 fmg 35,6 17,7 De 51 à 100 kg 25 23,4 1'000'001-3'000'000 fmg 24,3 32 Plus de 100 kg 18,8 63,4 > 3'000'000 fmg 8,9 47,6 Total Total L'élevage extensif Nature % ménages Nombre moyen têtes/ménage Bovins 28,7 2,3 dont bœufs de trait 20,1 2,2 dont vaches laitières 15,8 2,5 dont autres bovins 9,6 2,1 Porcins 9,8 2,4 Caprins 0,2 Données non significatives Volailles 83,1 16,8 Structure des revenus monétaires annuels moyens (ensemble des ménages) Nature 1000 Fmg % revenu Riz 73 3,1 Vanille ,7 Café 122 5,1 Cultures vivrières (hors riz) 199 8,4 Bétail 30 1,3 Produits de l'élevage 9 0,4 dont lait 1 0 Salaire 47 2 Activités secondaires 1' dont salaires agricoles ,4 dont artisanat ,2 dont commerce ,1 dont élevage 0 0 dont pêche 16 1,6 autres salaires professions libérales 7 0,7 Total 2' Niveau et structure de l'autoconsommation par ménage Autoconsommation moyenne par ménage concerné 1000 fmg % ménage Riz 1'923 91,1 Cult. Vivrières hors riz ,7 Bétail ,3 Produits d'élevage ,6 dont lait 8 3,3 Total par ménage autoconsommant 2'552 99,6 Structure de l'autoconsommation moyenne (ensemble des ménages) 1000 fmg % ménage Riz 1'752 68,9 Cult. Vivrières hors riz ,3 Bétail 75 3 Produits d'élevage 97 3,8 dont lait 8 0,3 Total (ensemble des ménages) 2' Revenu et consommation annuels par individus (1000 fmg) Revenu par individu Consommation par individu Moyen 1' Médian 1' Maximum 4'302 3'641 Minimum Coefficient de variation en % 55,
101 Annexe 1. Synthèse chiffrée de données socio-économiques dans la région d'antalaha Structure des dépenses monétaires Nature Dépenses consommation de % des dépenses 87,7 dont PPN 50,3 Dépenses d'investissement 3,3 dont achat de bétail 1,5 Dépenses d'exploitation dont foncières totales dépenses 9 3,2 dépenses d'élevage 0,7 dépenses de maind'œuvre 4,6 dépenses de culture 0,5 Dépenses globales monétaires 100 Evolution des dépenses annuelles de consommation en francs courants (1000 fmg) Maison Santé Education Habillement Transport Administratif Sociales tombeau cérémonies Total hors PPN Total PPN Raisons de non-fréquentation de l'école chez les enfants de 6 à 14 ans Raison Garçon Fille Trop jeune, d'après la famille 72,6 65 Sans intérêt d'après la famille 7,9 7,5 Frais scolaire trop élevé 9,8 7,5 Ecole trop éloignée 1,9 2,5 Besoin de main-d'œuvre 0 2,5 Autres raisons 7,8 15 Total Niveau des revenus monétaires annuels moyens par ménage concerné Source 1000 fmg % ménage Riz ,8 Cultures (hors riz) vivrières ,1 Bétail 324 9,3 Produits d'élevage 233 3,9 dont lait 345 0,4 Salaire 2'557 1,6 Activités secondaires 1'285 79,6 Vanille 1'072 81,3 café ,7 Revenu monétaire total des ménages concernés 2'392 99,2 Pourcentage de la population n'ayant jamais fréquenté l'école Tranche d'âge Garçons Filles Dynamique du prix moyen du paddy Année Prix moyen fmg/kg De 6 10 ans De ans 4,8 3 De ans 3,7 10,2 99
102 Annexe 1. Synthèse chiffrée de données socio-économiques dans la région d'antalaha II. ANNEXE 2. L'ESPACE MASOALA DU ZOO DE ZURICH 35 Considérant son espace comme un centre de protection de la nature, le zoo de Zurich (Suisse) s'est lancé dans la construction d'une serre afin de reproduire de façon miniature le biotope (faune et flore pour la plupart endémique) de Masoala. La serre comprend une surface de 10'000 m 2 environ et une hauteur de 30 m, elle devrait être ouverte au public à partir de mi La construction de la halle a nécessité un investissement de 60 millions de CHF. Logo de l'espace Masoala Le Zoo collabore avec le Ministère des Eaux et Forêts, l'angap, le WCS et CARE. Le zoo est conscient que la protection de la faune et de la flore ne peut se faire sans participation de la population locale. Ainsi il s'engage à contribuer aux actions à Madagascar; il propose le savoir-faire, il a construit des pépinières (en partie détruites par les cyclones) en collaboration avec CARE/WCS qui sont sensées alimenter en plantes l'espace Masoala, il appuie finalement l'éducation environnementale. Le visiteur pénétrera dans la serre par un couloir (mise en ambiance, proverbes malgaches) qui mène à la "forêt" (faune, flore, station météorologique) avec une représentation de la présence humaine (habitat traditionnel avec tanimboly, champs de riz pluvial et irrigué, etc.) suivi par centre d'information (exposition thématique, film, vivarium, aquarium, etc.) et finalement un foyer et un magasin contenant différents articles (artisanat, épices, livres, etc.) et des renseignements concernant les voyages à Madagascar. Les animaux présents dans la serre proviendront en grande partie d'autres zoos européens et comprendront des lémuriens, des oiseaux, des reptiles, des amphibiens et des poissons. "L'objectif est de favoriser les relations entre l'homme et l'animal et de contribuer à la conservation de la faune dans la nature". De plus il s'agit de sensibiliser le visiteur à la forêt tropicale et de le motiver à apporter une contribution à la protection de la forêt de Masoala. Maquette de l'espace Masoala Présentation virtuelle de l'intérieur Les buts de l'espace sont les suivants: L'espace doit être aussi authentique et proche de la nature que possible. Le visiteur doit se sentir le plus possible dans un environnement naturel. L'espace doit devenir la plus grande attraction touristique régionale. La construction et l'entretien de l'espace doivent répondre à de grandes exigences écologiques. Pépinière du zoo à Tanambao 35 Les informations proviennent en grande partie du prospectus sur Masoala du zoo de Zurich (Zoo Zürich, 2002); le site: donne des informations complémentaires. 100
103 Annexe 3. Propositions pour le programme de recherches appliquées au développement des zones périphériques (DEC). III. ANNEXE 3. PROPOSITIONS POUR LE PROGRAMME DE RECHERCHES APPLIQUÉES AU DÉVELOPPEMENT DES ZONES PÉRIPHÉRIQUES (DEC). Cette contribution a été demandée à Jürg Brand (DEC) dans le soucis d'insérer les problématiques de développement actuelles aux visions des chercheurs et des conservationnistes. Cet apport a été réalisée à partir de ses expériences et de la lecture de cette étude de faisabilité. III.1. Constats suite à l'étude de faisabilité Le document élaboré est très complet concernant la présentation de la région, la description du Parc National Masoala et des acteurs de développement rural. Ainsi, le document a des allures d'une véritable monographie régionale, qui constituera une référence de travail importante. Au niveau des activités de développement rural, le document est fortement orienté sur les activités de valorisation de la biodiversité. Exploitation forestière eco-certifiée, pépinière d'espèces de plantes locales, fermes à papillons, appui à la commercialisation de la biodiversité et la promotion de l'écotourisme sont présentés en détail. D'autres activités comme différentes formations techniques, les mini-projets financés par les DEAP, les contrats de conservation, les besoins d'une gestion durable des Mangroves sont également cités. L'analyse des besoins en recherches appliquées se base principalement sur un constat de besoin évident de rapprocher les recherches et activités à la population locale et des recommandations du module 7 du FNRS. Il en suit une liste de thèmes de recherches appliquées, qui sont toutes pertinentes en soi. Il manque cependant encore deux choses: d'abord la présentation des thèmes de recherches comme une suite logique des analyses et constats faits par l'étude et deuxièmement, un cadre logique ou une stratégie générale, dans laquelle les différents thèmes et recherches se situent. III.1.1. Étapes proposées Afin d'appuyer le développement rural, le futur programme de recherches appliquées doit s'inscrire dans une logique d'intervention cohérente. Les étapes suivantes proposent une approche dans ce sens: D'abord cette contribution essaie de développer, à partir d'un résumé des constats, la philosophie d'un futur programme de recherches appliquées. Cette étape est importante pour clarifier ce qu'on (promoteurs, bailleurs, bénéficiaires) souhaite appuyer avec le programme de recherches, puisqu'il est appelé 'appliqué'. Il y a naturellement de très grandes différences entre des programmes de recherches fondamentales, écologiques et environnementales ou des recherches pour le développement rural. Il est ainsi proposé de cibler le programme de recherches appliquées sur le développement rural de la Péninsule de Masoala. Ensuite, il faut développer la stratégie générale de développement rural dans les zones périphériques de Masoala, dans laquelle le futur programme de recherches appliquées pourra s'inscrire. Les expériences sur terrain montrent que contrairement aux avis de certains chercheurs, ce n'est pas la recherche appliquée qui pourra indiquer l'orientation du développement rural, mais c'est après avoir une stratégie de développement rural concertée qu'on peut identifier les thèmes de recherches utiles et nécessaires pour sa réalisation. Les acteurs présents, surtout ANGAP et WCS, ont déjà élaboré une liste de thèmes de recherches souhaitées. Les justification pour les thèmes peuvent être différentes (manque de temps, de moyens, de chercheurs) et ils peuvent s'appliquer sur la Conservation et sur le Développement. Dans l'objectif de développer un programme de recherches appliquées à la précédente stratégie de développement rural, on doit prioriser les thèmes de cette liste selon leur utilité pour le développement Monographie régionale Panorama et Evaluation des Acteurs et des Activités Conclusions et Constats de la situation et des besoins actuels Philosophie et orientation d'un programme de recherches appliquées Stratégie et orientation d'un programme de développement rural Priorisation des thèmes de recherches Conception d'un programme de recherches appliquées Proposition d'un plan d'actions pour la préparation d'un programme de recherches appliquées 101
104 Annexe 3. Propositions pour le programme de recherches appliquées au développement des zones périphériques (DEC). local. De plus d'autres thèmes urgents et indispensables peuvent s'ajouter à cette liste des recherches prioritaires. Ayant ainsi une vue, forcément encore provisoire, des recherches nécessaires et appliquées, il faut élaborer un concept d'un programme de recherches pour les réaliser. Ce programme doit proposer les délimitations géographiques, les infrastructures, les bases d'organisation et les partenaires potentiels, qui participeront dans ce programme. Afin de pouvoir intégrer les différents partenaires, le programme doit être modulaire. Le concept doit assurer que les acquis sont pérennes et ne disparaissent pas avec le départ d'un organisme ou avec la fin des financements d'un bailleur. Il doit mettre au centre les bénéficiaires. Un tel programme dans son ensemble est trop grand et évolutif pour pouvoir faire l'objet d'une proposition ESAPP. Ainsi un plan d'actions est proposé pour financement ESAPP, qui mènera les travaux préparatifs et les recherches préliminaires nécessaires pour mettre en rail le futur programme de recherches appliquées. III.1.2. Résumé des constats La présente monographie et présentation de la Péninsule de Masoala démontre clairement l énorme potentiel et la grande diversité de la région. Aussi bien au niveau biophysique (climat, végétation, relief, sols), qu au niveau socioculturel (histoire, culture, mode de vie des communautés locales lié à l environnement) et agroéconomique (cultures itinérantes, exploitation des forêts, plantations d épices), la région représente une richesse et une diversité spectaculaire. La région est économiquement très enclavée, ce qui a pourtant contribué à conserver une biodiversité spectaculaire: Des forêts naturelles encore largement intactes (forêts littorales, forêts humides de basse altitude, forêts humides d altitude, mangroves); une grande richesse et diversité d espèces floristiques et faunistiques, dont beaucoup sont encore inconnues pour la science; un taux d endémisme spectaculaire pour les écosystèmes terrestres et finalement tout un écosystème marin encore largement intact, englobant des mangroves, des récifs coralliens frangeants, des lagons intérieurs et la baie d Antongil avec sa population saisonnière de baleines à bosse. III CONSERVATION C est surtout cette diversité et richesse écologique, qui est à l origine des grands efforts de Conservation dans la zone. Contrairement à beaucoup d autres "grands" Parcs Nationaux, Masoala fut créé assez tard au cours du PNAE. Étant le plus grand PN de Madagascar et étant fortement enclavé, les efforts financiers et humains pour la Conservation étaient et sont très conséquents. Le résultat des cet investissement sont des acquis concrets comme: une installation solide des PN et de ses infrastructures et structures de gestion; une large sensibilisation de la population riveraine concernant les bénéfices du PN; une réduction sensible des pressions (feu, braconnage, chasse) à l intérieur des aires protégées; une évolution prometteuse en écotourisme (saboté par la crise politique actuelle); des activités de valorisation locale de la biodiversité comme l'élevage de papillons et les pépinières de bois précieux. Les efforts de gestion durable des ressources marines, partiellement par une approche de transfert de gestion GELOSE aux communautés locale, sont également des acquis importants pour l avenir. Malgré (et partiellement à cause) des moyens considérables pour la conservation, l étude de faisabilité constate un certain nombre de difficultés. Les activités de conservation sont principalement menées par les trois organisations ANGAP, WCS et CARE. Dans le souci d améliorer leurs impacts et parfois sous l impulsion des bailleurs de fonds et des experts extérieurs, les approches de conservation et de collaboration avec la population ont changé trop souvent pour être comprises par la population locale. Ceci se manifeste par une "planification à outrance" et par une multitude d approches, concepts et plans de zonage, également peut compris par la population locale. Le turn-over rapide des cadres de terrain des organisations ne peut que renforcer cette situation difficile. Le partage des tâches et des responsabilités entre ANGAP, WCS et CARE est également difficile à comprendre pour la population bénéficiaire, pour qui les trois institutions forment un ensemble. Un dernier point problématique est lié à la grande surface des PN et au fait que face à cela, les interventions de conservation et de développement sont relativement concentrées dans des zones de pressions prioritaires. 102
105 Annexe 3. Propositions pour le programme de recherches appliquées au développement des zones périphériques (DEC). Deux grands revers à la conservation peuvent être cités: Une série de cyclones, dont notamment le cyclone Hudah en avril 2000, a causé des dégâts écologiques sérieux même à l intérieur du parc et bien entendu aussi de grands dégâts économiques, agronomiques et sociaux dans les zones périphériques. Depuis longtemps et encore actuellement, la Péninsule de Masoala est secouée de scandales de trafic illicite de bois précieux. Le fait qu il y a encore du bois d ébène, du bois de rose et du palissandres dans les forêts,le prix très élevé de ces bois attire toutes les convoitises. Des affaires d exploitation illicite de bois d ébène à partir de Maroantsetra et de bois de rose à partir d'antalaha sont réalisées au vu et su de tout le monde, mais protégées par une lobby d élus régionaux, de hauts responsables des Eaux et Forêts et auparavant même des ministres de l Environnement. Il semble évident qu un partie de la population locale est associée à ces exploitations juteuses. III DEVELOPPEMENT La plupart des activités de développement sur la Péninsule de Masoala sont liées à la Conservation. L approche PCDI (Conservation et Développement Intégré) adopté par les trois organismes prône un appui au développement de la population locale dans les zones périphériques, afin de pérenniser la conservation. L approche se base sur l hypothèse que toute conservation est impossible aussi longtemps que la population riveraine ne peut pas satisfaire durablement ses besoins. Cette approche est certainement justifiée, mais c est sa mise en œuvre, qui a posé un certain nombre de difficultés. Les organismes actifs (ANGAP, WCS, CARE) ont définit le lien entre conservation et développement d une manière très étroite. Ainsi la plupart des appuis ont été donnés dans des zones limitées, considérées comme prioritaires à cause d un niveau élevé de pressions sur les aires protégées et des corridors écologiques. Au niveau des types d appui, priorité fut donné aux appuis qui visent directement la substitution des pressions constatées. Ainsi, l approche de développement s est plus orientée aux besoins de conservation qu aux besoins de la population locale. A cela s ajoute que CARE, l organisme principalement chargé du développement rural dans les zones périphériques, avait un profil institutionnel plutôt spécialisé dans l aide humanitaire. Le fait que les approches de développement rural durable sont très différents de ceux de l aide humanitaire explique partiellement les difficultés de déclencher une dynamique durable de développement dans les zones périphériques. Contrairement au contexte de l aide humanitaire, il faut minimiser les cadeaux et subventions, éviter l appui aux bénéficiaires non-organisés et surtout appuyer des initiatives venant des bénéficiaires eux-mêmes. Ainsi le constat concernant le développement rural en zone périphérique est qu il y a une multitude d activités et d appuis, qui sont souvent justifiés en tant que tels, mais qui sont thématiquement éparpillés et spatialement trop concentrés sur quelques zones. Il y a un manque de stratégie claire et cohérente de développement rural, dans laquelle les différents appuis pourraient s inscrire logiquement. Ces difficultés étaient évidemment d abord constatées par les organisations du PCDI eux-mêmes. Ayant fait les mêmes constats dans la plupart des autres PCDI à Madagascar et étant sous contrainte financière, l ANGAP et le Programme Environnemental ont décidé d abandonner par fin de phase l approche PCDI et de faire de la Conservation leur mission principale. L appui au développement rural dans les zones périphériques est désormais limité aux activités financées à travers les droits d entrée au parc (DEAP) et à un poste de mise en relation, qui à la tâche de coordonner et faciliter les activités des programmes de développement dans les zones périphériques. Parallèlement et après le passage du cyclone Hudah, CARE a estimé que c'est l'aide humanitaire et alimentaire, ainsi que l appui à la reconstruction des infrastructures (écoles, Centres de santé de base) qui sont prioritaires et que les activités de développement rural et durable sont devenus secondaires. Ainsi le suivi des activités de développement s est réduit au minimum nécessaire. La monographie résume également les autres programmes de développement dans la région. La SAVA, étant une des régions agricoles les plus riches du pays, et Maroantsetra, autrefois le troisième producteur de riz à Madagascar, sont effectivement dotés d un certain nombre de programmes et projets de développement. Pour la plupart des cas, l appui s arrête géographiquement à Antalaha ou Maroantsetra et ne pénètre pas loin vers l intérieur de la Péninsule. Les difficultés d accès, le faible rattachement à l économie de marché et le manque de partenaires (organisations paysannes) fiables et performants y sont les raisons principales de cette absence. En plus une bonne partie de ces programmes est en train ou va bientôt clôturer et ne pourra donc pas appuyer de futurs activités de développement rural. 103
106 Annexe 3. Propositions pour le programme de recherches appliquées au développement des zones périphériques (DEC). III.2. Orientation du programme de recherches appliqués Les constats ci-dessus permettent de mieux orienter et cibler le programme de recherches appliquées proposé. Comme le constate également ANGAP et WCS dans la lettre du , les priorités sont: un appui de recherches en matière de gestion durable des ressources naturelles; un appui en recherches orientées vers la population locale en zone périphérique, car c est d eux que dépend la survie à long terme du parc. On peut constater que grâce aux efforts considérables de conservation et grâce à l intérêt exceptionnel en biodiversité de la Péninsule de Masoala, nombreux sont les études et recherches qui visent la biodiversité, l état de santé des cibles de conservation et les pressions principales, qui s exercent sur ces cibles. Déjà pris en charge et intégré dans un système bien conçu (plan de suivi-écologique, plan de recherches), ce type de recherches ne sera donc pas l objectif principal du futur programme de recherches appliquées (Priorité 3). La valorisation de la biodiversité et le transfert de gestion des ressources naturelles sont des domaines à cheval entre conservation et développement. Il est vrai que les approches actuellement proposées (élevage ou culture d espèces d exportation, transfert de gestion des ressources renouvelables (GELOSE/GCF), pactes sociaux contre les feux de brousse (dina) sont conçus de façon à procurer des avantages et bénéfices tangibles pour la population locale. Les retombées financières sont cependant souvent encore relativement faibles par rapport aux efforts de gestion et de coordination nécessaires. Ce sont d ailleurs souvent des projets et activités proposés par des animateurs des organismes de conservation. Les bénéfices de conservation sont au moins aussi grands que les bénéfices pour la population locale. Ce type d activités, souvent appelé win-win solutions, est prioritairement appuyé par des ONGs de conservation. Avec une campagne d information et de promotion, il est probable de pouvoir susciter l intérêt et des fonds de futurs partenaires pour ces activités. Dans ce domaine d activités, le programme de recherches appliquées aura un rôle important à jouer dans la recherche de partenaires, l identification des capacités de charge de la biodiversité et des ressources naturelles et dans l appui au développement des filières commerciales. (Priorité 2). En première priorité, le programme de recherches appliquées sera orienté d une manière conséquente vers les zones périphériques, vers le développement économique, agricole et social de la population riveraine et vers une gestion durable et rentable des ressources naturelles. Avec cette orientation, le programme élargira l interprétation des liens entre l environnement et la société. La substitution des pressions sur le parc sera remplacé en tant que fil rouge des interventions du programme par les besoins des communautés locales. Ainsi le programme s attaquera d avantage aux causes profondes des pressions (pauvreté, enclavement, manque de technicité, mange d organisation et de gestion), qu aux symptômes (brûlis, défrichement). Dans la même logique, le programme de recherches appliquées se propose d intervenir dans toute les zones périphériques des PN et pas seulement dans des zones de pressions prioritaires, car la stratégie de développement rural proposée vise le développement d un bouclier humain responsable et dynamique (social fencing) autour des parcs. Le programme de recherches appliquées s inscrit dans une approche de développement guidée par la demande et les besoins des paysans. Ainsi, ce ne sont pas des recherches (même appliquées), qui identifieront les thèmes et techniques d appui nécessaires, mais ce seront les bénéficiaires, qui exprimeront leurs besoins d appui prioritaires. Les recherches s appliqueront par la suite à ces besoins et contribueront à identifier les éléments, techniques ou informations nécessaires pour améliorer l appui. Ainsi, même si on peut à l avance identifier les grands domaines de recherches, les thèmes précis dépendront des besoins exprimés et ne peuvent pas être définis à l avance. Toutefois, un certain nombre d études de base sera nécessaire, afin de promouvoir efficacement les appuis de développement rural et de gestion durable des ressources naturelles. Ces études de base comprennent la cartographie des ressources naturelles et des terroirs villageois, l inventaire des villages, acteurs et organisations paysannes, des diagnostics locaux des besoins, ainsi que des études de suivi du niveau socio-économique de la population (observatoires ruraux). Ces études de base n identifieront cependant pas des thèmes concret d appui au développement rural. Ainsi, les recherches appliquées aux appuis demandés par la population locale et les études de base pour mieux concerter les interventions seront la priorité 1 du programme de recherches proposé. 104
107 Annexe 3. Propositions pour le programme de recherches appliquées au développement des zones périphériques (DEC). III.3. Stratégie de développement rural dans les zones périphériques du PN Masoala Ainsi il est proposé que le programme de recherches appliquées se mette prioritairement au service du développement rural. Pour cette raison nous avons maintenant besoin d une vision générale ou d une stratégie de développement rural dans les zones périphériques de Masoala, car c est sur cette base que le programme de recherches pourra être décrit plus en détail. La stratégie de développement proposée se base sur le constat qu à Madagascar les projets de développement qui sont basés sur une approche thématique prédéfinit (ex. projet de reboisement) ou sur une structure de projet prédominante, n atteignent rarement des impacts pérennes. Pour éviter cette situation, la stratégie vise les organisations locales comme les vrais acteurs, qui seront à terme capables d'identifier leurs besoins réels et de soumettre des demandes d appui aux programmes et projets correspondants et changeants. Il est important de noter que de mon point de vue, la population riveraine à un certain "droit" d appui en développement. La délimitation et mise en défens récente du Parc constitue pour les riverains un manque à gagner potentiel. Tandis qu en Europe les communautés sont indemnisées par l État dans des cas pareils, on peut supposer que les communautés locales n ont pas encore reçu grand chose. Ainsi ce ne sont pas les paysans locaux, qui sont moralement tenus d appuyer le Parc parce qu il est aussi dans leur intérêt, mais ce sont les communautés nationale et internationale qui sont moralement tenues d'appuyer le développement local en échange de terres mises en défens. Compte tenu du contexte de développement spécifique de la Péninsule de Masoala, caractérisé par des ressources naturelles abondantes, par une absence d organisations paysannes, de services sociaux et de manque de communication dû à l enclavement, ainsi que par un faible rattachement à l économie de marché, la présente stratégie contient sept axes. Les deux premiers axes contiennent les études de base et les études stratégiques nécessaires pour gérer efficacement les appuis de développement, ainsi que les activités d information et de communication. Ces deux axes sont mis en œuvre initialement par le programme. Dans les terroirs et les communautés, où la campagne d information a suscité des réactions favorables et des demandes d appui, les axes 3 et 4 sont mis en œuvre. Il s agit d abord de mener un diagnostic local des besoins et potentiels et d élaborer une planification des activités de développement dans le terroir. Les organisations paysannes qui se chargent des activités auront besoin d un appui conséquent pour s organiser, pour élaborer une demande d appui cohérente, pour planifier, exécuter et évaluer les activités entreprises et pour gérer les fonds et appuis matériaux reçus. Les appui demandés se groupent dans les trois axes stratégiques 5, 6 et 7. Après avoir facilité la planification des activités et l émergence de structures paysannes autonomes, il s agit pour le programme de développement rural de mettre en contact les dossiers de demandes d appui avec les bailleurs, ONGs et projets-programmes appropriés, pour que ceux-ci puissent fournir leur appui technique et financier. L avantage de la stratégie présenté est que dès le départ, les organisations paysannes seront responsables de leurs projets. Ils doivent eux-mêmes les identifier, élaborer les dossiers de projets nécessaires et recevoir les appuis. En général, les appuis se limiteront sur ce qui n est pas disponible localement et la mise en œuvre du projet avec l aide des appuis demandés relève de l entière responsabilité des organisations locales. 105
108 Annexe 3. Propositions pour le programme de recherches appliquées au développement des zones périphériques (DEC). III.3.1. Axe 1. Études de base et stratégiques L axe "études de base et stratégiques" est une étape de préparation du programme de développement rural. Elle est pour cela mise en œuvre principalement par le cellule de recherches appliquées. La population intervient dans les études en tant qu informateurs. Les organismes sur place (PCDI Masoala et autres) pourront appuyer et faciliter les études préliminaires. Études de base Cartographie des ressources naturelles Cartographie des terroirs villageois Inventaire des communautés villageoises et des organisations locales Étude des coûts et bénéfices de la conservation Étude et suivi annuel du contexte socioéconomique dans les zones périphériques du parc Évaluation et cartographie des risques cycloniques Justification La cartographie détaillée des ressources naturelles dans les zones périphériques sur base d images satellites récentes et à haute résolution facilitera la planification locale des activités de développement. Interprétation et ground-truthing des ressources naturelles Élaboration d un MNT (modèle numérique de terrain) détaillé et d une carte des pentes et formes de terrain Élaboration des cartes des ressources naturelles par terroir villageois La communauté villageoise ou le Fokontany est l unité sociale de base dans la région de Masoala. Elle sera également l unité de planification de développement rural, afin de s adapter à un niveau bien compris par la population locale. Les limites sont connues par la population locale, mais normalement pas transcrits sur cartes. Enquête sur terrain et visite des limites des terroirs avec des représentants locaux et enregistrement GPS Cartographie sur cartes 1 : 100'000 et élaboration d une carte SIG des terroirs villageois. Élaboration des profils de développement locaux des terroirs (surface, ressources, pentes, population, résultats des diagnostics et enquêtes Tandis que les communautés des zones prioritaires du PCDI sont bien connues, beaucoup d autres communautés sont pas assez connues. Une campagne d inventaires visitera tous les villages et relèvera les données de base pour chaque village (population, ménages, organisations locales, techniques et production agricoles, problèmes et besoins) Campagne d inventaires Le financement pérenne des aires protégées est un défi considérable pour Madagascar. Peu d'informations existent sur la répartition des coûts et des bénéfices réels des aires protégées entre la communauté locale, nationale et internationale. Une meilleure connaissance pourrait orienter considérablement la collaboration avec la population locale et fournir un argumentaire pour la recherche de fonds et partenaires. Étude des bénéfices locales de la conservation (produits forestiers, revenus DEAP, revenus touristiques, ressources en eau) Étude sur les coûts locaux de la conservation (manque à gagner de l agriculture, la chasse et la foresterie) Études des coûts et bénéfices au niveau national et international L idée que l appui au développement rural augmente réellement le niveau de vie des bénéficiaires et que ceci contribue à la pérennisation des aires protégées est jusqu à présent une hypothèse. Un suivi annuel d un échantillon de 300 ménages selon une méthodologie confirmée, proche des Observatoires ruraux (INSTAT/MADIO) pourra vérifier cette hypothèse centrale de toute intervention. En même temps ceci fournira des données indispensables pour orienter l appui au développement. Étude socio-économique initiale par enquête dans tous les terroirs de les zones périphériques Suivi annuel d environ 300 ménages par un questionnaire standard (Observatoire rural) État des lieux des pratiques agricoles, revenus paysans et services sociaux disponibles Analyse de l évolution socio-économique et sa corrélation avec les appuis en développement rural et les pressions sur le parc. La région a connu ces dernières années une série dévastatrice de cyclones tropicaux. Les activités de développement risquent d'être compromis régulièrement par ces phénomènes. Il est ainsi important de mieux savoir, quelles techniques agricoles, quels investissements et quelles zones sont particulièrement sensibles aux cyclones et quels sont les risques de pertes des investissements dans le développement rural. Analyse des fréquences de répétition des cyclones Cartographie des zones à risque (exposés aux vents, éboulements, inondations par rivières, raz de marées) Analyse des dégâts dans différents techniques agricoles pendant les cyclones Élaboration d une grille de recommandations d investissement (Technique Agricole Investissements - Type de Terrain Risque de pertes économiques) Élaboration des recommandations de mesures d urgence en cas d alerte cyclonique 106
109 Annexe 3. Propositions pour le programme de recherches appliquées au développement des zones périphériques (DEC). III.3.2. Axe 2. Information et Communication L information et la communication est un élément crucial pour le développement, aussi bien pour la gestion d un programme de développement qu'en tant qu objectif de développement lui-même. Au niveau d un programme de développement il est d abord important que tous les bénéficiaires potentiels sont informés des opportunités d appui. Très souvent les contacts privilégiés (villages pilotes ou paysans pilotes) suscitent le refus des activités par les exclus. De l autre côte il est fréquent dans des programmes de développement que la communication est unidirectionnelle et que les bénéficiaires sont condamnés à attendre à chaque étape jusqu ils soient contactés par les agents. Ainsi, la recherche et la mise en place d un système de communication permanent entre programme et bénéficiaires et entre bénéficiaires eux-mêmes est une condition pour la réussite. Dans certains domaines, la communication et la diffusion d informations peut avoir une importance particulière. Ainsi, un système d alerte précoce en cas de risque cyclonique, un système d échanges de techniques entre des associations paysannes et un système d information sur les prix de vente des principales produits de rente (vanille, girofle, café) contribue à réduire les pertes et à augmenter les revenus et les connaissances des paysans. Ainsi les activités à promouvoir par un programme de développement rural seront les suivantes : Campagne d information et communication initiale Système de communication permanent entre bénéficiaires Système d alerte cyclonique précoce Système d information sur les prix de vente des produits Échanges techniques entre paysans III.3.3. Axe 3. Diagnostics et Planification locaux Après l information large des communautés locales dans les zones périphériques, des diagnostics locaux peuvent être appuyés afin d arriver à l identification et la planification des thèmes prioritaires d appui. L appui aux diagnostics locaux (SDA: Sustainable Development Apraisal) sera d abord donné aux communautés ayant exprimé leur souhait d organiser une telle étape dans leur terroir. Lors du diagnostic, les dynamiques locales, les potentiels encore inexploités, les blocages actuels et les besoins en appui seront discutés. Sur cette base, les communautés procèdent à une priorisation des activités de développement et identifieront les responsables, le calendrier, les moyens locaux et les besoins en appui externe. La priorisation tiendra compte des capacités de gestion de la communauté et du nombre des bénéficiaires de l appui. Pendant cette étape le programme d appui explique sa stratégie de subvention (important pour GDRN, moyen pour les appuis sociaux, peu pour appuis économiques). La mise en œuvre des activités priorisées est sous la responsabilité de la communauté, le programme d appui assure uniquement un suivi et des appuis techniques ponctuels (matériaux, formations, conseils). Les études de base et stratégiques permettront aux agents de projet de conseiller les communautés dans leur choix. Pour arriver à des plans de développement locaux simples, les activités priorisées seront détaillées dans un tableau de bord qui identifie les objectifs, l organisation paysanne en charge, les responsables et participants, les étapes de travail et le calendrier, le budget et les appuis nécessaires. Les activités sont localisées sur une carte de terroir, qui permettra ainsi de prévoir et retracer sur plusieurs années les activités de développement d un terroir. En cas de besoin, ces plans pourront contenir un inventaire foncier simplifié sur photo aérienne. Sur la base des tableaux et cartes de développement par terroir, des Plans Communaux de Développement PCD peuvent être synthétisés. Ces plans permettront d avoir plus de poids dans la recherche d appuis techniques extérieurs, notamment de la part du PSDR (Plan Stratégique de Développement Rural), dont les demandes d appui doivent passer par le GTDR et être en cohérence avec les PCD. Les activités et étapes de diagnostic et planification sont donc les suivantes: Demande d appui en diagnostic et planification des activités de développement Diagnostic local des dynamiques, potentiels, blocages et besoins Priorisation des activités des développement Élaboration d un plan de développement du terroir Élaboration des plans de développement communaux PCD 107
110 Annexe 3. Propositions pour le programme de recherches appliquées au développement des zones périphériques (DEC). III.3.4. Axe 4. Renforcement Socio-organisationnel. En général, les capacités de gestion des organisations paysannes dans la région sont assez faibles. Il a été constaté que la plupart des projets et activités d organisations paysannes avortent non pour des raisons techniques, mais pour des raisons d organisation ou financières. Le renforcement des organisations paysannes s inscrit ainsi aussi bien dans l objectif d appuyer exclusivement des activités et projets menés d une manière autonome par les organisations locales, que dans l objectif de former des organisations locales responsables, qui pourront continuer leur travail après le départ d un programme de développement rural qui les encadre. En général, on doit distinguer les organisations communautaires (COBA, FRAM,) et les associations socioprofessionnelles (pêcheurs, bûcherons, etc.). C est au niveau des structures communautaires, auxquelles appartiennent généralement tous les habitants, que se discute la gestion des ressources communautaires et les règles de gestion valable pour tout le monde (dina). Les associations socioprofessionnelles sont les partenaires principaux pour les activités génératrices de revenus. Une organisation paysanne renforcée aura la capacité d identifier, de planifier et de mettre en œuvre une activité dans ses attributions. De plus, elle doit savoir constituer un dossier de demande d appui et elle doit connaître les organismes susceptibles à fournir l appui demandé. A moyen terme, les organisations paysannes seront plus fortes encore, si elles se regroupent et si elles concertent leurs activités et demandes d appui. Il serait ainsi imaginable que dans quelques années les zones périphériques du Parc Masoala comprennent une union des FRAM, une union des COGE, une union des groupements paysans et que toutes les unions soient réunis dans une Conférence, Fédération ou Maison des paysans de Masoala. Une telle structure régionale, à l instar d un syndicat, aura beaucoup plus de poids de faire valoir ses demandes d appui. L appui aux organisations paysannes suit les étapes suivantes: Diagnostic socio-organisationnel Appui à la formalisation des organisations (statuts, fonctions, élections, règlements internes) Appui au fonctionnement interne (réunions, planification, auto-évaluation, fonctions) Appui à l élaboration de dossiers de demande d appui Appui à la gestion financière Appui à l émergence d unions et fédérations d organisation paysannes III.3.5. Axe 5. Génération de revenus et Sécurité alimentaire Le développement rural est avant tout économique. Il s installe avec la spécialisation des paysans et avec l émergence d activités rentables, qui augmentent les revenus des paysans. Cependant, dans une région aussi enclavée et aussi sujette aux risques cycloniques, les paysans adoptent une stratégie pour minimiser les risques plutôt que de maximiser les bénéfices. Il s agit de ne pas renverser cette stratégie prudente et dans certains cas même vitale. Ce sont ainsi les bénéficiaires eux-mêmes qui identifieront leurs priorités. Les appuis sont possibles aussi bien concernant l amélioration de la sécurité alimentaire que concernant les activités génératrices de revenus. Des projets souvent demandés sont entre autres: Infrastructures micro-hydrauliques Système de riziculture améliorée Rizipisciculture Diversification agricole (maïs, manioc) Appui aux techniques agricoles (compost, courbes de niveau, agroforesterie) Appui en intrants agricoles (semences, engrais, produits phytosanitaires) Petit élevage Installation des cultures de rente Greniers communautaires villageois Apiculture Pépinières commerciales Pour toutes les activités génératrices de revenus, ce sont les mutuelles d épargne et de crédit en place (OTIV, institutions financières mutualistes), qui devraient fournir les crédits de courte durée nécessaires. 108
111 Annexe 3. Propositions pour le programme de recherches appliquées au développement des zones périphériques (DEC). Le programme de développement rural appuiera surtout la planification des activités, l élaboration des demandes d appui aux organismes compétents et les suivi de la mise en œuvre. Des organismes partenaires susceptibles d'appuyer techniquement et financièrement les demandes sont d abord le PSDR (Banque Mondiale), l ANAE du Programme Environnemental, le PADANE et d autres petites ONGs actives dans la région. III.3.6. Axe 6. Gestion Durable des Ressources Naturelles La GDRN offre un vaste champs d opportunités à Masoala, dont la plupart des paysans ne se rendent pas encore compte. Afin de leur permettre de prioriser des activités, il faudra d abord mener une campagne de communication et d information concernant les différentes types de GDRN, dont on peut déjà citer: Transfert de gestion des forêts naturelles et communautaires (GELOSE, GCF) Transfert de gestion des mangroves Transfert de gestion des ressources halieutiques (zones récifales ou ressources comme langoustes, holothuries) Adoption de règles communautaires (dina) concernant la gestion de certaines ressources communautaires Conservation intégrale des forêts naturelles communautaires contre payement d indemnités Régénération de forêts secondaires ou reboisements sur terrains dégradés Exploitation eco-certifiée et commercialisation de certains produits naturels Élevage et commercialisation de plantes et animaux locaux A l instar des activités génératrices de revenus, le programme de développement rural appui surtout la planification des activités, l élaboration des demandes d appui technique et financier aux organismes compétents et le suivi des activités. Pour certains dossiers, le PCDI et les ONGs de conservation seront les partenaires prioritaires, pour d autres des partenaires du PE (ONE, MEF) devraient être sollicités. III.3.7. Axe 7. Services Sociaux de Base La Péninsule Masoala est largement dépourvue en infrastructures sociales comme des écoles ou des centres de santé de base (CSB). On peut ainsi s imaginer que les communautés locales prioriseront des demandes d appui en construction d écoles et de CSB. A l instar des autres axes techniques, le programme d appui au développement appuie la constitution et le renforcement des organisations locales, qui prendront en charge les infrastructures demandées. Pour l appui aux écoles, ce sont généralement les FRAM qui se mobilisent. Compte tenu qu il est souvent difficile pour eux de trouver et payer un instituteur et qu il manque en même temps en matériel éducatif, le programme de développement appuiera les FRAM concernant des activités génératrices de revenus, ce qui lui permettra de payer le salaire d un instituteur. Les demandes d appui en formation professionnelle et de matériel pédagogique pour les instituteurs seront transmises aux programmes spécialisés. Au niveau santé, l appui à des pharmacies communautaires est imaginable, tout comme un renforcement dans l utilisation des plantes médicinales locales ou bien la prise en charge et l organisation des tournées de médecins par les communautés bénéficiaires. 109
112 Annexe 3. Propositions pour le programme de recherches appliquées au développement des zones périphériques (DEC). III.4. Rôle et inventaire des thèmes potentiellement importants pour la recherche appliquée La stratégie précédente préconise une structure d appui au développement rural dans les zones périphériques du Parc Masoala. Cette structure est nécessaire car il est prévisible que le PCDI se retirera de plus en plus des activités de développement dans les zones périphériques. Sa composition et organisation est cependant encore inconnue. Le programme de recherches appliquées pourra fortement épauler cette structure, mais il ne pourra pas prendre en charge lui-même les activités d appui au développement. Compte tenu de l orientation et de la stratégie de développement présentée, les études suivantes seront réellement appliquées aux activités à mener et donc primordiales pour le développement de la région. III.4.1. Recherches appliquées au Développement des zones périphériques III ETUDES A MENER PENDANT LA PHASE DE PREPARATION a... Études de base Cartographie des ressources naturelles Cartographie des terroirs villageois Inventaire des communautés villageoises et des organisations locales Etude des coûts et bénéfices de la conservation Etude et suivi annuel du contexte socio-économique dans les zones périphériques du parc Evaluation et cartographie des risques cycloniques Etude du potentiel productif et commercial des activités de valorisation de la biodiversité Analyse du cadre juridique malgache concernant la valorisation de la biodiversité et l exportation des produits naturels b... Communication et information Recherche-Action d un système de communication permanent dans les régions enclavées III ETUDES A MENER EN ACCOMPAGNEMENT DU PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT PROPOSE a... Communication et information Élaboration de concepts de systèmes d informations sur les prix et les cyclones b... Diagnostic et planification Diagnostics (SDA: Sustainable Development Appraisal) Appui aux Plans Communaux de Développement (PCD) c... Renforcement socio-organisationnel Conduite de diagnostics socio-organisationnels auprès des organisations paysannes d... Axes techniques (AGR, GDRN, Social) Etudes de faisabilités technique Etudes de rentabilité économique Evaluations d impact Inventaires et capacité de charge des ressources naturelles à transférer Appui aux plans de gestions simples (zonage) III.4.2. Recherches appliquées à la Conservation et à la Gestion du Parc Cartographie des unités de végétation détaillées dans le PN Étude des relations entre l utilisation des ressources terrestres et marines (Bassins Versants, Récifs) Étude de la régénération des écosystèmes après perturbations cycloniques et anthropiques Étude de l exploitation et des filières de bois et des produits marins Élaboration d une stratégie de gestion durables des corridors forestiers Évaluation des potentialités écotouristiques 110
113 Annexe 3. Propositions pour le programme de recherches appliquées au développement des zones périphériques (DEC). III.5. Conception d'un programme de recherches appliquées local ou régional III.5.1. Liens institutionnels Les chapitres précédents stipulent que le programme de recherches appliquées devra être en relation étroite avec d autres entités, afin que ses recherches puissent être réellement appliquées. Le lien avec le PCDI Masoala est naturellement très étroit et permettra de mener des études utiles pour le PN et de valoriser les résultats dans la gestion du Parc de Masoala. Le programme sera appuyé financièrement et techniquement (backstopping) par le CDE de l Université de Berne à travers son programme de partenariat de recherche ESAPP. Le développement rural dans les zones périphériques étant l orientation prioritaire, le programme sera en collaboration directe avec une entité de développement rural (Cellule d Appui au Développement Rural CADR), qui restera encore à créer. Cette Cellule légère appuiera le renforcement socio-organisationnel et la communication entre les organisations paysannes et facilitera la planification des projets paysans et leur mise en relation avec des programmes, bailleurs et opérateurs. III.5.2. Orientation opérationnelle L organigramme suivant montre les liens et l orientation de travail. Il est ainsi prévu qu il y aura trois entités principales: le PCDI Masoala, appuyé par ANGAP, WCS, CARE, la Cellule de Recherches Appliquées (CRA), appuyé par CDE-ESAPP, et la Cellule d Appui au Développement Rural (CADR), appuyé par un Consortium de bailleurs. Dans le cas où CARE continuera ses activités de développement et d aide humanitaire dans la région, une concertation avec la Cellule d Appui au Développement Rural sera nécessaire. La Cellule de recherches appliquées (CRA), mène des études utiles aussi bien pour le PCDI que pour la CADR. Elle veille à ce que les résultats de ses recherches soient directement applicables et utilisables pour ces deux entités. La Cellule d Appui au Développement Rural (CADR) de son côté mène un programme d appui aux projets de développement villageois. Elle facilite les diagnostics, la planification, l élaboration de dossiers techniques et financiers et les demandes d appui aux programmes régionaux et elle œuvre pour l émergence d organisations paysannes fortes et dynamiques dans les zones périphériques du parc. En général, les organisations paysannes ont le libre choix concernant leurs projets et activités prioritaires, et leurs activités seront appuyés en cas d approbation par des programmes régionales en place. La CADR facilitera la mise en œuvre et la promotion des demandes et garantira un certain suivi des activités dans la région. En tant qu intervenants externes et face aux richesses biologiques extraordinaires de la région, aussi bien le consortium de bailleurs, ESAPP et ANGAP, WCS, CARE, que le PCDI, le CRA et la CADR pourraient être tentés de prioriser les appuis à la valorisation de la biodiversité (huiles essentielles, parfumerie, épices, bois écocertifiés, exploitation certifié d animaux et plantes, écotourisme). Il s agit alors de trouver un juste équilibre entre les souhaits des intervenants externes et les aspirations de la population locale. Les intervenants externes souhaitent adapter leurs appuis à la richesse biologique extraordinaire de la zone et de bénéficier du "boom" des produits naturels et certifiés (bio, éco, durable), tandis que la population locale souhaite très probablement se développer d abord selon ses besoins quotidiens (production agricole, écoles, pistes, barrages, commerce). Tandis que la première est une vue assez euro-centriste, la deuxième vue s explique par un manque d information sur les potentiels de la valorisation de la biodiversité. Toutefois, il faut être prudent concernant les perspectives économiques des nouvelles opportunités, car déjà les promesses initiales sur les retombées locales de l écotourisme n ont pu être tenues quasi nulle part à Madagascar. Nous proposons ainsi une démarche à deux voies. D un côté une démarche classique, dans laquelle les organisations paysannes décident librement de leurs priorités et un appui est fourni par la CADR pour trouver des programmes techniques et fonds pour les réaliser. La deuxième démarche prévoit une certaine promotion des projets de valorisation durables de la biodiversité. D abord, le PCDI, la CRA et la CADR informent d une manière ciblée les communautés locales concernant les opportunités économiques et environnementales de ces projets. Pour les communautés, qui ont librement décidé de se lancer dans une telle activité, un fonds de démarrage devrait être mis à disposition, car il y aura peu de programmes classiques qui appuient de telles activités. Ce fonds pourrait être alimenté directement par le Consortium de bailleurs et ensuite de plus en plus par des opérateurs économiques. La 111
114 Annexe 3. Propositions pour le programme de recherches appliquées au développement des zones périphériques (DEC). CADR gère le fonds et octroie les moyens nécessaires pour lancer les activité des communautés locales. Comme le dit son nom, le fonds devrait servir seulement au démarrage des activités. Très rapidement, une relation commerciale avec des opérateurs économiques dans les domaines spécialisés (parfum, épices, pharmacopée, bois certifié, artisanat, aquarium, terrarium) devrait se mettre en place et remplacer le fonds de démarrage. Le consortium des bailleurs en Suisse ou ailleurs aura un rôle primordial à jouer pour contacter et informer les partenaires commerciaux potentiel à l étranger. III.5.3. Organisation Le "Programmes de Recherches appliquées" n aura pas réellement la forme d un projet conventionnel. La nature très diversifiée des thèmes de recherches et une intensité de travail très variable sont défavorable à une équipe permanente. Ainsi, on propose l installation d une Cellule de recherches appliquées à Maroantsetra (la proximité du PCDI est importante). Les activités de la Cellule pourront être gérées par un Coordinateur à plein temps. Les chercheurs intervenant dans l exécution des recherches appliquées se recrutent selon les compétences parmi des bureau d études (DERAD, Sébastien+Pierre, DEC, autres), des consultants nationaux et internationaux ou des étudiants malgaches avec ou sans stagiaires suisses. Le Cellule de recherches appliquées aura besoin d une présence physique permanente sur place. Les besoins seront à préciser lors de la prochaine phase, mais on peut déjà partir d un équipement minimal suivant: Bureaux 3 salles (bureau coordinateur cellule, bureau chercheurs temporaires, salle de réunion et documentation) 2 postes informatiques avec capacités SIG (ordinateurs, UPS, imprimantes A4/A3, scanneur) Matériel de bureau: 3 bureaux, 1 table de réunion, 4 étagères, 3 pinboards, 2 flipcharts, diaprojecteur Matériel de terrain: tentes, sacs de couchage, sacs à dos, matériel de cuisine Matériel de recherche: GPS, appareil photo numérique, Documentation L installation de la cellule de recherches appliquées devrait se faire en concertation avec la cellule d appui au développement rural. Le mieux sera si les différentes structures d information des bénéficiaires et des touristes (centre d interprétation, centre culturel, écomusée, centre d information) pourraient être réunis sous un seul toit. Concernant les aspects d information et d exposition des richesses et résultats des recherches, conservation et développement au public, un appui technique du Zoo de Zurich sera capital. 112
115 Annexe 3. Propositions pour le programme de recherches appliquées au développement des zones périphériques (DEC). III.5.4. Organigramme proposé: III.6. Plan d'actions préliminaires (Proposition de financement ESAPP) En conclusion de l évaluation précédente, la proposition de financement ESAPP devrait comprendre un plan d actions, qui permettra de mettre en place la CRA, de mener les études préliminaires, de concevoir en détail le mode d appui au développement rural et à la valorisation de la biodiversité (CADR) et de préparer la recherche de fonds et de partenaires nécessaires. Le plan d actions préliminaires prévoit ainsi les étapes suivantes: 113
116 Annexe 3. Propositions pour le programme de recherches appliquées au développement des zones périphériques (DEC). III.6.1. Mise en place de la Cellule de Recherches Appliquées CRA Concertation avec ANGAP et WCS concernant hébergement et fonctionnement CRA Élaboration des conventions de collaboration avec PCDI (ANGAP, WCS) Recrutement coordinateur CRA Location et aménagement immobilier et achat du matériel de travail Appui et formation en gestion de la CRA (manuel de procédures, gestion financière) Élaboration d un plan de travail annuel Information des partenaires régionaux III.6.2. Conduite des études préliminaires et régionales Élaboration des TDR (Termes de référence) techniques et financiers des études à mener Recrutement des chercheurs et consultants Suivi technique et financier des travaux III ETUDES À MENER: a... Développement rural / Zone périphérique: Cartographie des ressources naturelles Cartographie des terroirs villageois Inventaire des communautés villageoises et des organisations locales Etude des coûts et bénéfices de la conservation Etude et suivi annuel du contexte socio-économique dans les zones périphériques du parc Evaluation et cartographie des risques cycloniques Etude du potentiel productif et commercial des activités de valorisation de la biodiversité Analyse du cadre juridique malgache concernant la valorisation de la biodiversité et l exportation des produits naturels Recherche-Action d un système de communication permanent en région enclavée b... Conservation / Parc National: Cartographie des unités de végétation détaillées dans le PN Etude des relations entre l utilisation des ressources terrestres et marines (bassins versants, Récifs) Etude de la régénération des écosystèmes après perturbations cycloniques et anthropiques Etude de l exploitation et des filières de bois et des produits marins Elaboration d une stratégie de gestion durables des corridors forestiers Evaluation des potentialités écotouristiques III.6.3. Concertation de la stratégie de développement rural Concertation avec les partenaires proposés à Madagascar (accords de principe) Prise de contact avec des institutions et opérateurs suisses (mini-atelier d information et de promotion) Constitution du consortium des bailleurs suisses Recueil des intentions et engagements préliminaires des partenaires III.6.4. Élaboration d une proposition détaille pour la CADR Concertation entre partenaires concernant le mode d opération et d intervention de la CADR Consultations des communautés locales et des autorités et services régionales Élaboration d un organigramme détaillé et d un plan directeur Élaboration d un budget prévisionnel III.6.5. Recherche de partenaires et de fonds pour la CADR Consolidation des fonds propres de la CADR (consortium de bailleurs) Recherche de partenaires et fonds complémentaires (fondations, coopérations) Contact avec des programmes régionaux (PSDR, ANAE,..) et évaluation des fonds d appui disponibles Élaboration d une planification opérationnelle et financière annuelle III.6.6. Rapport et information Restitution des études au PCDI-ANGAP-WCS Rapport d activités et d avancement des travaux à ESAPP Rapport d avancement au consortium de bailleurs 114
117 Annexe 3. Propositions pour le programme de recherches appliquées au développement des zones périphériques (DEC). Tableau synoptique des recherches de la Cellule de Recherches appliquées Objectifs des recherches appliquées Bases de planification et d intervention Développement économique, social et agricole en zone périphérique Transferts de Gestion des ressources naturelles Valorisation locale de la biodiversité Conservation et gestion des aires protégées Recherches fondamentales Organismes / Intervenants CRA (Etudes) PCDI Masoala (information, appui) Communautés locales (information) CADR (information) Services techniques et étatiques (information) Communautés locales CADR et projets, programmes et ONGs de développement (appui technique et financier CRA (études) Services techniques et étatiques (information) PCDI Masoala (appui et mise en relation) Comités locaux de Gestion COGE PCDI Masoala (appui et mise en relation) CADR, ONGs de Conservation (appui technique et financier) CRA (études) Services techniques et étatiques (contrats, suivi) Associations paysannes locales PCDI Masoala (appui et mise en relation) CADR, ONGs de conservation (appui technique et financier CRA (études) Services techniques et étatiques (information, autorisations) PCDI Masoala (ANGAP, WCS): Volets conservation, suiviécologique, recherche, suiviévaluation Chercheurs et universités Coordination: volet recherches PN Masoala Domaines d interventions Bases cartographiques Planification participative Impact de Conservation Plans de développement locaux et communaux Suivi du contexte économique et social de la population riveraine Prévention cyclonique Renforcement socio-organisationnel Épargne crédit Activités génératrices de revenus (cultures de rente, exploitations commerciales, GCV) Infrastructures (barrages, écoles, CSB, ponts) Éducation et santé Sécurité alimentaire (SRA, techniques culturales, Agroforesterie) Formations et échanges techniques Communication et Information Transfert de gestion de ressources renouvelables (Gelose, GCF) Pactes sociaux (dina) et règles de gestion des ressources communautaires Payement pour des services environnementaux (conservation forêts et bassins-versants) Reboisements et régénérations Eco-certification des produits forestiers durables Elevage de papillons et amphibiens / reptiles Pépinière de plantes forestières (arbres, orchidées) Ecotourisme Evolution des pressions Etat de santé des cibles de conservation Impact de la conservation Habitats - écosystèmes Biodiversité - espèces Thèmes de recherches appliquées prioritaires Interprétation images satellites et Cartographie sur terrain Campagne de consultation et de diagnostics locaux (SDA: Sustainable Development Appraisal) Bilan écologique et économique de conservation (produits, tourisme, sédimentation-pêche,..) Observatoire rural: questionnaires annuels en zone périphérique Carte des zones à risque et évaluation du risque de pertes des différentes techniques agricoles Recherche-Action d un système de communication permanent et d alerte Diagnostics socio-organisationnels Diagnostics et états des lieux techniques Études de faisabilité (organisation, rentabilité, technique) Élaboration (MARP) des plans de développement locaux et communaux Études d impact Délimitation et cartographie des ressources transférables Inventaires et identification de la capacité de charge Etudes de zonage de gestion Etudes d impact et de suivi Evaluation du potentiel commercial des produits naturels existants Etude du cadre juridique de la valorisation de la biodiversité Inventaires et études de capacités de charge Etudes de faisabilité technique Appui aux plans de zonages simple Etudes de marché et des filières Etudes des potentialités écotouristiques Etudes d impact et de suivi Etude filières bois et produits marins Suivi des indicateurs de santé Etude d interaction forêt BV récifs Etude de régénération (défrichements, cyclone) Stratégie de gestion des corridors forestiers Inventaires Cartographie détaillée des unités végétales Populations 115
118 Annexe 3. Propositions pour le programme de recherches appliquées au développement des zones périphériques (DEC). 116
119 Bibliographie BIBLIOGRAPHIE ABRAHAM, A., J. ANDRIANISA, R. DARETRY & P. GUILLERY Plan de gestion de la forêt pilote de Sahafary. pp. 66. Antananarivo: PCDI Masoala-CARE Madagascar. ACQUIER, J.-L. & R. HARIJANNOA Architectures de Madagascar. pp. 181: Berger-Levrault. ANDRIAMBAHOAKA, H. & G.B. RANDRIANARIVELO Etude sur les procédures d'attribution des permis, de suivi et de contrôle des produits forestiers. rapport final. Antananarivo. ANDRIANJAKARIVELO, V Etude préliminaire sur la population des sangliers dans la réserve spéciale de Nosy Mangabe et le Parc National Masoala. pp. 19. Antananarivo: WCS. ANGAP Actes. Atelier scientifique pour l'élaboration du plan stratégique du réseau des aires protégées de Madagascar (28-29 juillet 1999), Antananarivo. pp. 61. ANGAP Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées. ANGAP Rapport annuel de travail pp. 82. Antananarivo: ANGAP. ANONYM Ecotourism Society, North Bennington, VT, USA. ANONYM Madagascar. GEO. ANONYM Count Moric Benovsky: Slovak Adventurer and King of Madagascar. Word of Wordland ATTWELL, C.A.M. & F.P.D. COTTERILL Postmodernism and African conservation science. Biodiversity & Conservation, 9: BALVANERA, P., G.C. DAILY, P.R. EHRLICH, T.H. RICKETTS, S.A. BAILEY, S. KARK, C. KREMEN & H. PEREIRA Conserving Biodiversity and Ecosystem Services. Science, 291 (5511): BANQUE MONDIALE Le partenariat à Madagascar Banque Mondiale pp. 80. Antananarivo: Banque Mondiale. BARROS, S.M. & D.H. DE LA PENHA Ecoturismo: Diretrizes para uma Política Nacional de Ecoturismo. pp. 19. Brasília: EMBRATUR. BASTIAN, M Madagascar: Etude géographique et économique. pp Paris: Fernand-Nathan. BERNER, D.M.A.P.O Carbon Sequestration. Maroantsetra Carbon project progress. Rapport sur l'état d'avancement du projet de captage de Carbone de Maroantsetra. pp. 55. Antananarivo: Ministère des Eaux & Forêts. BESAIRIE, H La géologie de la province de Diego-Suarez. Documentation du Bureau Géologique. Service Géologique. Antananarivo: Assistance Technique Française Madagascar. BESAIRIE, H Carte Géologique Feuille 2. Antalaha, Service Géologique, Antananarivo. BINGGELI, P. IN PRESS. Invasive plants in Madagascar. In The Natural History of Madagascar, S.M. Goodman & J.P. Benstead. Chicago: Chicago University Press. BOITEAU, P Précis de matière médicale malgache: Agence de Coopération Culturelle & Technique. BOITEAU, P Dictionnaire des noms malgaches de végétaux. Grenoble: Alzieu. BOITEAU, P. & L. ALLORGE-BOITEAU Fiches de plantes médicinales de Madagascar. BOITEAU, P., K. SEPACER & A.R. RATSIMAMANGA 1968A. Ecorces amères de Madagascar: Les Evodia (Rutacées). Journal d'agriculture Tropicale & de Botanique Appliquée, XV ( ): BOITEAU, P., K. SEPACER, R. RATSIMAMANGA & A.R. RATSIMAMANGA 1968B. Belahy & Fatraina: Ecorces amères de Madagascar (Généralités). Journal d'agriculture Tropicale & de Botanique Appliquée, XV (1-2-3): BROWN, K The political ecology of biodiversity, conservation and development in Nepal's Terai: Confused meanings, means and ends. Ecological Economics, 24: CARE MADAGASCAR Rapport annuel de travail (Programme de Développement Masoala). pp. 60. Antananarivo: CARE Madagascar. CARLSON, C A review of whale watching guidelines and regulations around the world. pp Yarmouth Port: International Fund for Animal Welfare
120 Bibliographie CEBALLOS-LASCURAIN, H.??. CHABROLIN, R La riziculture de Tavy à Madagscar. L'Agronomie Tropicale. Série Riz & Riziculture, 1: CINCOTTA, R.P., J. WISNEWSKI & R. ENGELEMAN Human population in the biodiversity hotspots. Nature, 404: COLIN, P Aspects de l'âme malgache. Paris. COLL Etude socio-économique des zones périphériques des aires protégées d'andasibe, Fivondronana de Moramanga. pp Antananarivo: Ministère des Eaux et Forêts, DIREF. COLL Les priorités de conservation de la diverstié biologique à Madagascar. Projet PRIF-FEM/GEF, ONE Office National de l'environnement, DEF Direction des Eaux & Forêts, et al, CI Conservation International, Antananarivo Hotel Panorama. COLL, ED Le Guide du Routard Madagascar ( ). Le Guide du Routard,. pp Paris: Hachette. COLMEGNA, M Etude de la filière pêche traditionnelle dans le Menabe central (Madagascar). Interaction entre communication & développement. In GEO Regards Eds. pp ann. 55. CONSERVATION INTERNATIONAL National Ecotourism Strategy for Madagascar COOKE, A Review, Strategy, workplans and human & technical resource requirements (Marine ressources component of the Masoala Peninsula Integrated Conservation and Development Project). pp Antananarivo: PCDI Masoala- CARE Madagascar. CORNET, A Essai de cartographie bioclimatique à Madagascar. Terre Malgache-Tany Malagasy, 15 (juillet): DELGOVE, E.L Rapport sur la colonisation par l'agriculture de la province de Diego-Suarez. Bulletin Economique de Madagascar, 15 (2). DESCHAMPS, H., ED Les migrations intérieures passées et présentes à Madagascar. L'Homme d'outre-mer, Nouvelle Série: Berger-Levrault. DESCHAMPS, H., ED Histoire de Madagascar. Mondes d'outre-mer: Editions Berger-Levrault. DEWAR, R., E Were people responsible for the extinction of Madagascar's subfossils, and how will we ever know? In Natural change and human impact in Madagascar, S.M. Goodman & B.D. Patterson Eds. pp Washington: Smithsonian Institution Press. D'HERMITTE 1766A. Mémoires sur l'île d'anjou du 3 mars In Archives des fortifications de la Marine Eds. pp. fol Carton II de Madagascar. Pièces D'HERMITTE 1766B. Mémoires sur l'île d'anjou du 27 fév In Archives des fortifications de la Marine Eds. pp. fol Carton II de Madagascar. Pièces DUMETZ, N High plant diversity of lowland rainforest vestiges in eastern Madagascar. Biodiversity & Conservation, 8: DURBIN, J., A. ANDRIANARIMISA & P.J. DE COSSE Le potentiel des contrats de conservation pour contribuer à la conservation de la biodiversité à Madagascar. Version française abrégée. pp. 10. Antananarivo. FANONY, F La riziculture sur brûlis (Tavy) et les rituels agraires dans la région de Mananara Nord: FARAMALALA, M.H Formations végétales et domaines forestiers de Madgascar, CI Conservation International, Antananarivo. FEELEY-HARNIK, G Plants and people, children or wealth?: Shifting grounds of "choice" in Madagascar. pp. 31: Johns Hopkins University. FERRERO FISCHER, E., M.E. RAHELIVOLOLONA & S. WOHLHAUSER IN PRESS. New taxa of ImpatiensL. (Balsaminaceae) from Madagascar. Adansonia. GEZON, L.L Rapport sur les leçons tirées des projets de conservation de la biodiversité à Madagascar. Antananarivo: UNDP, GEF. GILBERT, A.J. & R. JANSSEN Use of environemental functions to comminicate the values of a mangrove ecosystem under different management regimes. Ecological Economics, 25: GIVAUDAN SA Annual Report pp. 84. Vernier Geneva: Givaudan SA,
121 Bibliographie GÖSSLING, S Ecotourism: A means to safeguard biodiversity and ecosystem functions? Ecological Economics, 29: GOUVERNEMENT MALGACHE Assemblée Nationale de la République de Madagascar and GRANDIDIER, G. & R. DECARY Histoire des populations autres que les Merina. Fasicule 1. In Volume V Histoire politique & coloniale, G. Grandider Eds. pp Tananarive: Imprimerie officielle. Tome III. GREEN, G. & R.W. SUSSMAN Deforestation history of the Eastern rain forest of Madagascar from satellite images. Science, 248: GREEN, M FEATURE - Madagascar seeks eco-tourists to help fight poverty. Planet ARk GREENWAY, P., ED Madagascar & Comores. Guide touristique. pp Paris: Lonely Planet Publications. GUILLERY, P Final report of the forestry technical advisor for Projet Masoala. pp. 61. Antananarivo: PCDI Masoala, WCS. GUNAWARDANA, J Sri Lanka: A victim of bio-piracy. Binara: Symbol of beauty and purity pirated, propagated and patented HANNAH, L. & J. HOUGH GEF Design Assistance to PE2: Summary of Findings. pp. 12. Antananarivo: Conservation International. HATCHWELL, M., F. RAMBOASALAMA, J.R. BE & T.O. ANDRIANARIVELO Rapport des survols du Parc National Masoala, Octobre pp. 14. Antananarivo: Projet Masoala. HATCHWELL, M., B.J. REGIS, I. RAYMOND & T.O. ANDRIANARIVELO Rapport des survols du Parc National Masoala 6-8 Avril pp. 11. Antananarivo: PCDI Masoala. HELENE, R Rapport des inventaires dans les plaquettes de regénération de la forêt de Sahafary (BV2), Parc National Masoala (01 Sept au 28 Nov 1998). pp. 12. Antananarivo: PCDI Masoala. HOTTIN, G. & E. LIANDRAT Géologie de la Presqu'île de Masoala. Feuilles Mahalevona, Antanandavahely, Ambohitralanana, Ampanavoana, Ambanizana. Antananarivo: Service Géologique. HOUSSAY, I. & P. RAGOT Le dispositif de Gestion Intégrée du Littoral (GIL) à Madagascar: Intervenants, programmes et projets, analyse critique. pp. 33. Antananarivo: SMB Secrétariat Multi-Bailleurs. HUFTY, M La gouvernance internationale de la biodiversité. ILO - FOFIFA IN PREP. Etude d'impact économique de la couverture forestière des bassins versants sur la production rizicole dans la région de Maroantsetra (Titre provisoire). Antananarivo: Cornell University, Projet PAGE, ONE. JACOBSON, S.K. & M.D. MC DUFF Training idiot savants: The lack of human dimensions in conservation biology. Conservation Biology, 12 (2): JAROSZ, L Defining and explaining tropical deforestation: Shifting cultivation and population growth in colonial Madagascar ( ). Economic Geography, 69: JENKINS, M.D Madagascar Profil de l'environnement. pp. 439: UICN. KIENER, A Le "tavy" à Madagascar. Ses différentes formes et dénominations. Bilan du tavy et problèmes humains. Moyen de lutte. Bois et Forêts des Tropiques, 90 (juillet-août): 9-. KREMEN, C Evaluation of the Masoala ICDP monitoring program. pp. 96. Antananarivo: PCDI Masoala-CARE Madagascar, WCS. KREMEN, C., D. LEES & T. RAHARITSIMBA The butterfly fauna of the Masoala Peninsula (Preliminary Report). In Proposition des Limites du Parc National Masoala: Annexe V.7, Projet Masoala Eds. pp. 7: PCDI Masoala-CARE Madagascar, WCS, The Peregrine Fund. KREMEN, C., J.O. NILES, M.G. DALRON, G.C. DAILY, P.R. EHRLICH, J.P. FAY, D. GREWAL & R.P. GUILLERY Economic incentives for rain forest conservation across scales. Science, 288 ( ). KREMEN, C., J.O. NILES, M.G. DALTON, G.C. DAILY, P.R. EHRLICH, J.P. FAY, D. GREWAL & R.P. GUILLERY Economic incentives for rain forest conservation across scales. Supplementary Material. Science Magazine
122 Bibliographie KREMEN, C., V. RAZAFIMAHATRATRA, R.P. GUILLERY, J. RAKOTOMALALA, A. WEISS & J.-S. RATSISOMPATRARIVO Designing the Masoala National Parc in Madagascar based on biological and socioeconomic data. Conservation Biology, 13 (5): LAHADY, P.??. Le culte betsimisaraka. pp Fianarantsoa: Librairie Ambozontany. LAIZOMA, T.J Le développement de l'écotourisme à Masoala. pp LANCE, K., C. KREMEN & I. RAYMOND Prélèvement des produits forestiers: Quantification pour la délimitation et le suivi à long-terme du Parc et de la Zone Tampon. pp. 19. Antananarivo: PCDI Masoala. LANCE, K., C. KREMEN & I. RAYMOND Annexe I. Reconnaissance préliminaire de la Péninsule de Masoala: Utilisation de la terre et des ressources. In Proposition des limites du Parc National Masoala, Projet Masoala Eds. pp Antananarivo: Projet Masoala, CARE Madagascar, WCS, The Peregrine Fund. LAURANCE, W.F Cut and run: The dramatic rise of transnational logging in the tropics. Trends in Ecology & Evolution, 15 (11): LE BOURDIEC, F Hommes et paysages du riz à Madagascar. LOUVEL La forêt de la Presqu'île de Masoala. Bulletin Economique de Madagascar, I: 30. LUGO, A.E Mangrove ecosystems: successional or steady state? Biotropica (Special Issue. Tropical Succession): MARSH, H., H. PENROSE, C. EROS & J. HUGUES, EDS Dugong. Status report and action plans for countries and territories. Early Warning and Assessment Report Series. pp. 172: UNEP, IUCN, James Cook University, CRC Reef Research Center, WCMC, Species Survival Comission. MEFFE, G.K. & C.R. CARROLL Principles in conservation biology. pp Sunderland: Sinauer Associates. MINSITERE DE L'ENVIRONNEMENT Stratégie nationale pour la gestion durable de la biodiversité (SNGDB). pp Antananarivo: PNUD, ONE. Royal Belgian Institute of Natural Science: & MORGAN, A.H. IN PREP? Impact des pêcheurs migrants sur l'exploitation des ressources marines. MUSIL, M The Madagascar Diary. ODENDAAL, F. & AL An evaluation of marine resources and artisanal fisheries on the Masoala Peninsula, Madagascar: CARE International. ODENDAAL, F. & AL Ecotourism development, Masoala Peninsula, Madagascar. Design community-based ecotourism practices, guide training and ecotourism trial runs: CARE International, Projet Masoala. ODENDAAL, F., M. KROESE & JAOMANANA The delimitation of marine reserve on the Masoala Peninsula Madagascar. South Africa: Eco African Consultants. OTIV Microfinance Institutions Financières Mutualistes Ombona Tahiry Ifampisamborana Vola (OTIV) PCDI MASOALA & CARE INTERNATIONAL Masoala integrated conservation and development Project: Six-month workplan 1 July-31 December Workplan. pp. 22. Antananarivo: CARE Madagascar, PCDI Masoala. PCDI MASOALA & CARE MADAGASCAR Masoala Projet de Conservation et de Développement Intégré. pp. 86. Antananarivo: CARE Madagascar, The New York Zoological Society, WCS. PCDI MASOALA & CARE MADAGASCAR Premier Rapport Semestriel pp. 42. Antananarivo: PCDI Masoala, CARE Madagascar. PERRIER DE LA BATHIE, H La végétation malgache. Annales du Musée Colonial de Marseille, 3ème Série, 9: 268. PETERS Etude sur l'écotourisme. Antananarivo: ANGAP Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées. PLOTKIN, M. & L. FAMOLARE Sustainable harvest and marketing of rain forest products. pp. 322: Island Press. PNVA Projet National de Vulgarisation Agricole. Direction de l'agriculture PROJET EPB - ESSA-FORET & PROJET BEMA - FOFIFA, EDS Cultures sur brûlis: Vers l'application des résultats de recherche. pp. VIII+132. FoFiFa, Min Recherche appliquée au développement rural, Ampandriaomby, Antananarivo. PROJET MADIO II Aperçu de l'état des campagnes malgaches en POremiers résultats des observatoires ruraux. pp. 64. Antananarivo: DIAL, ORSTOM, INSTAT, Ministère des Finances et de l'economie. 120
123 Bibliographie PROJET MASOALA 1995A. Proposition des limites du Parc National Masoala. pp. 79. Antananarivo: Projet Masoala, CARE Madagascar, WCS, The Peregrine Fund. PROJET MASOALA 1995B. Proposition des limites du Parc National Masoala. Annexes V.1 à V.7. Antananarivo: Projet Masoala, CARE Madagascar, WCS, The Peregrine Fund. PROJET MASOALA Procès-verbal de la table ronde sur le plan de développement écotouristique de la région de Masoala (tenue à Maroantsetra du 28 au 30 Mai 1997). pp. 18. Antananarivo. PSLT-NORD & CARE INTERNATIONAL Données sur la Région Nord de Madagascar (Faritany d'antsiranana). Programme stratégique à long terme. pp. 52. Antananarivo: CARE Madagascar, Equipe PSLT Nord. RABEVOHITRA, H. & J.-B. RANDRIAMBAVOAVONJY La production agricole et la commercialisation. In Un système agroécologique dominé par le tavy: La région de Beforona, Falaise-Est de Madagascar. Eds. pp Antananarivo. 6. RABEVOHITRA, R Identification des plantes de Masoala; Pépinière de Tanambao Forêts de Sahafary et environs. pp. 12. Antananarivo: WCS. RAHAGALALA, T. & H. RANDRIANASOLO Le statut des espèces de flore et de faune malagasy sujettes au commerce international et la mise en place d'une base de donnnées permanente. Rapport final. pp. 74. Antananarivo: Comité de pilotage CITES. RAHERIMANANTSOA, J.M.S Etude comparative de provenance des utilisations de bois dans la région Nord-Est de la Réserve Spéciale de Manongarivo. Mémoire de DEA. pp. 87. Antananarivo: Université Antananarivo. RAKOTOARINIVO, W. & J. RASOATIANA Rapport de l'atelier aational pour le Parc Marin à Masoala du 18 au 26 novembre 1999 à Antalaha. pp. 24. Antananarivo: Projet Masoala. RAKOTOARISOA, J.-N Etude de la structure de la filière bois dans la forêt de Masoala. Investigations sur le bassinversant Ianobe et la ville d'antalaha dans une perspective de mise en place d'une gestion communautaire. Antananarivo: Université d'antananarivo-ankatso. RAKOTONDRABARY, E Cours de DEA, Module 8 Ecotourisme. pp. 35. Antananarivo: ESSA-Forêts. RAKOTONDRABENJA, V., RABAKONANDRIANA, L. RAHARIMANIRAKA & O. RAMILIJAONA Etude sur la collecte et analyse des statistiques sur les produits forestiers non-ligneux à Madagascar. Rapport final. pp. 91. Antananarivo: FAO, Ministère des Eaux & Forêts, Direction générale des Eaux & Forêts. RAKOTOSAMIMANANA, B. & J. GANZHORN Rapport final. Atelier scientifique sur la définition des priorités de conservation de la diversité biologique à Madagascar, Antananarivo Hotel Panorama. RALISOA, N Etude socio-économique des filières café et cacao dans la zone périphérique Nord-Est de la Réserve Spéciale de Manongarivo. Mémoire de DEA. pp. 72. Antananarivo: Université Antananarivo. RAMA, M Inventaire des plantes médicinales utilisées par la population dans les BV4 et BV5 de la Presqu'Ile Masoala. pp Antananarivo: PCDI Masoala-CARE Madagascar. RAOELIARIVONY, A Les pressions exercées par les habitants sur le Parc National Masoala. RATSIFANDRIHAMANANA, F Identification des sites sous-marins d'intérêt écotouristique et sites écotouristiques de la zone côtière de la Presqu'île de Masoala. DEA. pp. 76. Antananarivo: Université d'antananarivo. RATSIFANDRIHAMANANA, F.N Contribution à l'étude des ressources piscicoles marines du littoral Est de la Presqu'Ile de Masoala en pp. 76. RAYMOND, I Inventaire des plantes utilisées par la population riveraine de la forêt d'ambanizana. pp. 8. Antananarivo. RAYMOND, I Suivi de l'utilisation villageoise des ressources naturelles forestières dans la Presqu'Ile Masoala. pp. 15. Antananarivo. RAYMOND, I Manuel de procédure de recherche ANGAP/CAP Masoala. pp. 9. Antananarivo: CAP Masoala. RAZAKAMANANTSOA, A La politique et les enjeux de la conservation de la biodiversité à Madagascar: Collaboration Nord-Sud ou néocolonialisme? RECHENMANN, J., ED Gravimétrie de Madagascar. Interprétation et relations avec la géologie. Géophysique. pp Paris: ORSTOM. ROACH, J Kyoto provision: Spare the forests, boost the economy. Environnemental News Network ROSSI, G L'ingérence écologique. Environnement et développement rural du Nord au Sud. pp Paris: CNRS Editions. 121
124 Bibliographie SDC Evaluation of the Swiss Priority Programme "Environment". "Environment and Development (Module 7). Draft report 5. Bern: Swiss agency for Development and Co-operation (section Politique & Recherche). SHYAMSUNDAR, P. & R. KRAMER Biodiversity conservation- At what cost? A study of households in the vicinity of Madagascar's Mantadia national parc. AMBIO, 26 (3). SOULE, M.E Conservation: Tactics for a constant crisis. Science, 253 ( ). STYGER, E. & J.E.M. RAKOTOARIMANANA A la découverte des espèces fruitières indigènes de Madagascar. Antananarivo: PASN-SNGF Silo National des Graines Forestières. STYGER, E., J.E.M. RAKOTOARIMANANA, R. RABEVOHITRA & E.C.M. FERNANDES Indigenous fruit trees of Madagascar: potential components of agroforestry systems to improuve human nutrition and restore biological diversity. Agroforestry Systems, 46: SVEN & RAZAFIMAHATRATRA Bilan et analyse du commerce international des espèces malgaches de faune et flore. pp. 87. Antananarivo: WWF. SWANSON, R Données de base du programme aires protegées PCDI ( ). pp Antananarivo: Tropical Research and Development, ANGAP, USAID. TELABOTANICA Découvrez l'expédition du Radeau des Cimes sur la canopée tropicale de Madagascar THORSTROM, R. & R. WATSON Avian inventory of Masoala Peninsula, Madagascar. pp Antananarivo: The Peregrine Fund. TONGASOLO, P., M.M. MARENT & G. RANDEL Fomban-dRazana Tsimihety. Fianarantsoa: Ambozontany. TOONE, W.D Feasibility of butterfly farming on the Masoala Peninsula. San Diego: The Zoological Society of San Diego. TOONE, W.D. & N.H. RAHARITSIMBA Initiation au programme d'élevage de papillons à Antanambao, Ambatobe, Ambohitralanana. pp. 11. Antananarivo: CARE Madagascar. TOONE, W.D. & N.H. RAHARITSIMBA Initiation of a butterfly ranching program in Antanambao, Ambatobe, Ambohitralanana, Masoala Peninsula Madagascar. pp. 32. Antananarivo: WCS. TORGERSON, L International programs news. Trail Construction Training in Madagascar. US Forestry Service UNICEF-BDE Populations cibles des interventions socio-sanitaires à Madagascar. Antananarivo. UNION EUROPEENNE Panorama de Madagascar VÉRAT, V., ED Madagascar, le Guide (3ème édition ). pp Port-Louis (Maurice): Préci-ex Ltée. VICARIOT, F Le problème du tavy en pays betsimisaraka (Madagascar). Analyse préliminaire. Cahiers de l'orstom, série Biologie, 14 (décembre): WCS Programme de WCS Madagascar, Rapport Annuel Antananarivo: WCS. WCS 2000A. Programme de WCS Madagascar. pp. 57. Antananarivo: WCS. WCS 2000B. Rapport Premier Semestre pp. 41. Antananarivo: CAP Masoala, WCS. WCS, PCDI MASOALA & CARE MADAGASCAR Rapport annuel de travail 1999 (Volet Gestion du Parc). pp. 47. Antananarivo: PCDI Masoala, CARE Madagascar, WCS. WEBER, J L'occupation humaine des aires protégées à Madagascar: Diagnostic et éléments pour une gestion viable. Natures, Sciences, Société, 3 (2): WOOLDRIDGE, T., P. WEEB & H. ANDRIAMPARANY Mangroves in Masoala. Preliminary report. pp. 6. Antananarivo: PCDI Masoala-CARE Madagascar, University of Port Elizabeth, Université d'antananarivo. WRIGHT, H.T. & J.-A. RAKOTOARISOA Cultural transformations and their impacts on the environments of Madagascar. In Natural change and human impact in Madagascar, S.M. Goodman & B.D. Patterson Eds. pp Washington: Smithsonian Institution Press. ZOO ZÜRICH Masoala Regenwald. Ein Naturschutz-Projekt des Zoo Zürich. pp. 22. Zürich. 122
Résumé du rapport final du Projet ECDD
Résumé du rapport final du Projet ECDD Janvier 2010 avril 2013 A propos du projet ECDD Le projet ECDD a été mis en œuvre par la Bristol Conservation & Science Foundation (une unité opérationnelle de Bristol,
PRESENTATION DU PROGRAMME D ACTION NATIONAL DE LUTTE CONTRE LA DEGRADATION DES TERRES ET DES FORETS EN RDC
PRESENTATION DU PROGRAMME D ACTION NATIONAL DE LUTTE CONTRE LA DEGRADATION DES TERRES ET DES FORETS EN RDC 1. INTRODUCTION 2. ETAT DES LIEUX PLAN 3. PROBLEMATIQUE DE LA DEGRADATION DES TERRES ET DE LA
RAPPORT DE MISSION DU CONSULTANT INTERNATIONAL SPECIALISTE EN APPROCHE PARTICIPATIVE ET DEVELOPPEMENT LOCAL
1 REPOBLIKAN I MADAGASCARA ---------- TANINDRAZANA-FAHAFAHANA-FANDROSOANA ---------- MINISTERE DE L AGRICULTURE, DE L ELEVAGE ET DE LA PECHE ----------- SECRETARIAT GENERAL ---------- Projet d Amélioration
EVALUATION FINALE BKF/012
EVALUATION FINALE BKF/012 Projet d Appui à la Gestion participative des Ressources naturelles dans la Région des Hauts-Bassins FICHE SYNTHETIQUE Pays Titre du projet Code LuxDev Burkina Faso Projet d Appui
FORMATION D EXPERTS REGIONAUX POUR UNE GESTION DURABLE DES FORETS DU BASSIN DU CONGO
ANNEE UNIVERSITAIRE 2005-2006 FORMATION D EXPERTS REGIONAUX POUR UNE GESTION DURABLE DES FORETS DU BASSIN DU CONGO Informations générales, conditions d admission, frais de participation et dossier de candidature.
Ministère des Mines, de l Industrie et des PME PROGRAMME NATIONAL «PLATE-FORME MULTIFONCTIONNELLE POUR LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETE (PN-PTFM)
Ministère des Mines, de l Industrie et des PME PROGRAMME NATIONAL «PLATE-FORME MULTIFONCTIONNELLE POUR LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETE (PN-PTFM) FICHE SYNOPTIQUE DE PRESENTATION DU PN-PTFM I. INFORMATIONS
TERMES DE REFERENCE Pour le recrutement d'un cabinet chargé de la. Collecte des informations pour alimenter une base de données sur les
TERMES DE REFERENCE Pour le recrutement d'un cabinet chargé de la collecte des informations pour alimenter une base de données sur les investissements fonciers à grande échelle (situation année 2013) Composante
2. Bailleurs de fonds internationaux majeurs, coordination et possibilité de division du travail, exercices d évaluation conjointe (harmonization)
DIREZIONE GENERALE PER LA COOPERAZIONE ALLO SVILUPPO Ufficio IV Cadre Pays Stream 2013-2015 BURKINA FASO 1. Contexte et finalités de la présence de la coopération italienne Le Burkina Faso est l'un des
RÉUNION DES MINISTRES DE L'ALIMENTATION, DE L'AGRICULTURE ET DE LA PÊCHE DES PAYS MEMBRES DU CIHEAM 9ÈME DECLARATION FINALE
9ÈME RÉUNION DES MINISTRES DE L'ALIMENTATION, DE L'AGRICULTURE ET DE LA PÊCHE DES PAYS MEMBRES DU CIHEAM La Valette 27 septembre 2012 DECLARATION FINALE page 1 A l invitation de S.E. George Pullicino,
L Initiative pour la Réduction de la Pauvreté et la Gestion de l Environnement (PREMI)
L Initiative pour la Réduction de la Pauvreté et la Gestion de l Environnement (PREMI) Un partenariat en appui aux politiques environnementales en Afrique de l Ouest PROGRAMME AFRIQUE CENTRALE ET OCCIDENTALE
Enjeux environnementaux prioritaires des forêts de Poitou-Charentes
Annexe 3 Enjeux environnementaux prioritaires des forêts de Poitou-Charentes Cette annexe présente les enjeux environnementaux ayant été définis comme prioritaires en Poitou-Charentes. Une série de cartes
au concept de «développement durable» Pour une éducation ouverte sur le monde
Fiche prolongement 6 Du lien entre environnement et développement au concept de «développement durable» Pour une éducation ouverte sur le monde 20% de la population mondiale consomme 87 % des ressources
Enjeux et Perspectives de la composante «Environnement Santé» du Plan d Action de l Initiative Environnement du NEPAD
PRÉSENTATION POWER POINT Enjeux et Perspectives de la composante «Environnement Santé» du Plan d Action de l Initiative Environnement du NEPAD Cheikh FOFANA, Assistant au Secrétaire Exécutif, Secrétariat
FILIERE VANILLE. Sommaire
Filières de l Agriculture, de l Elevage et de la Pêche, et Actions du Ministère de l Agriculture, de l Elevage et de la Pêche PAGE 1 DE 8 FILIERE VANILLE Sommaire FILIERE VANILLE 1 FILIERE VANILLE 2 1.
ANNEXE 1-A UNOPS BUREAU DES SERVICES D APPUI AUX PROJETS DES NATIONS UNIES INDICATEURS DES PERFORMANCES DU PROJET
ANNEXE 1-A UNOPS A. ETAT D EXECUTION DES RECOMMANDATIONS DE LA MISSION DE SUPERVISION DU MOIS DE SECTION II : RECOMMA NDATIONS DE LA MISSION N. ET ACTIONS ENTREPRISES PAR LE PROJET RECOMMANDATIONS SITUATION
MAQUETTE GENERALE MASTER DIDL.
MAQUETTE GENERALE MASTER DIDL. PROGRAMME DE FORMATION AU MASTER EN «DECENTRALISATION ET INGENIERIE DU DEVELOPPEMENT LOCAL» DE BAMAKO 2009-2010 Ministère de l Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Oeuvrer pour que les populations rurales pauvres se libèrent de la pauvreté aux Comores
Oeuvrer pour que les populations rurales pauvres se libèrent de la pauvreté aux Comores La pauvreté rurale aux Comores Depuis leur indépendance en 1975, les Comoriens ont souffert de l instabilité politique
Afin d intégrer aux mieux les enjeux auxquels le territoire est confronté, les contributions suivantes peuvent également être apportées :
D A MIXTE D AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT DU PAYS DE BRAY Contribution à l élaboration de la stratégie régionale du futur programme opérationnel et du futur programme de développement rural de la Haute-Normandie.
On the spot. Ecocertification et images satellites. Exploitation forestière tropicale au Cameroun
On the spot Ecocertification et images satellites Exploitation forestière tropicale au Cameroun Exploitation forestière tropicale au Cameroun Un nombre croissant d opérateurs forestiers s engagent dans
Quadro Paese Stream 2013-2015 TUNISIA
DIREZIONE GENERALE PER LA COOPERAZIONE ALLO SVILUPPO Ufficio III Quadro Paese Stream 2013-2015 TUNISIA 1. Encadrement et raisons de la présence de la coopération italienne Les raisons qui font de la Tunisie
MASTER 2 URBANISME ET AMENAGEMENT SPÉCIALITÉ PAYSAGE ET AMENAGEMENT Année universitaire 2012-2013
MASTER 2 URBANISME ET AMENAGEMENT SPÉCIALITÉ PAYSAGE ET AMENAGEMENT Année universitaire 2012-2013 Le Master 2 Paysage et Aménagement est une spécialité du Master Urbanisme et Aménagement. Celui-ci est
Les nouvelles orientations de la politique de coopération internationale de la Ville sont :
La Ville de la Possession est engagée depuis plus de 30 ans dans des actions de coopération décentralisée. Elle est la ville pionnière de La Réunion à développer des actions de coopération avec des villes
Recrutement d un consultant. Appui à la mutuelle Harena et à la plateforme Zina. PlaNet Finance Madagascar
Termes de références Recrutement d un consultant Appui à la mutuelle Harena et à la plateforme Zina Version finale 15 janvier 2015 1 / 8 Sommaire I. Contexte 3 I.1. Au niveau international 3 I.2. Au niveau
SOMMAIRE 1 RESUME ANALYTIQUE 2 LE RAPPORT NATIONAL SUR LA CONVENTION SUR LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE 3. ANALYSE DE LA SITUATION INITIALE
1 SOMMAIRE 1 RESUME ANALYTIQUE 2 LE RAPPORT NATIONAL SUR LA CONVENTION SUR LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE 2.1- Rappel des buts et objectifs 2.2 Organismes et Institutions impliqués 2.3. Relation avec les autres
éducation et formation à l'environnement dans l'enseignement technique agricole
Courrier de la Cellule Environnement de l'inra n' 15 25 éducation et formation à l'environnement dans l'enseignement technique agricole par R. Mabit Commissariat général au Plan (service des Affaires sociales)
1ER CONGRÈS DES FORÊTS COMMUNALES D'AFRIQUE CENTRALE DU 03 AU 06 MAI 2011
1ER CONGRÈS DES FORÊTS COMMUNALES D'AFRIQUE CENTRALE DU 03 AU 06 MAI 2011 Jean Claude Stone Njomkap Département Recherche/ Développement des projets Secrétariat du RAFM [email protected]
CONGRES REGIONAL CTA/ ATPS DE LA JEUNESSE EN AFRIQUE
CONGRES REGIONAL CTA/ ATPS DE LA JEUNESSE EN AFRIQUE Exploiter le Potentiel de la Science, de la Technologie et de l Innovation dans les chaînes Agro-alimentaires en Afrique : Créer emplois et richesse
Pays Rhin-Vignoble -Grand Ballon
Pays Rhin-Vignoble -Grand Ballon Schéma Régional de Cohérence Écologique (SRCE) Réunion commission EauBiodiversité-Déchets 22 janvier 2015 DGALN - Direction de l'eau et de la Biodiversité 1 Ordre du jour
Charte du tourisme durable
Annexes Charte du tourisme durable Annexe 1 Les participants de la Conférence mondiale du Tourisme durable, réunis à Lanzarote, îles Canaries, Espagne, les 27 et 28 avril 1995, Conscients que le tourisme
Initiation d une base de donnée documentaire et réglementaire
Initiation d une base de donnée documentaire et réglementaire Rapport Septembre 2007 Sommaire Chapitre 1 : Présentation de l outil «Base de donnée» du Pays Marennes Oléron.. p.5 1. Définition et principe...
La Charte. forestière. du Pilat. Un engagement collectif pour une gestion durable de la forêt
La Charte forestière du Pilat Un engagement collectif pour une gestion durable de la forêt Réalisation Jecom - RCS 493 898 043 - Avril 2011 - Imprimé sur papier issues de forêts françaises et belges gérées
Les compensations écologiques sur la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique
Les compensations écologiques sur la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique Conception, rédaction, réalisation : Parménion/RFF - Crédit photos : Biotope, CREN Poitou-Charentes, Ecosphère, RFF Impression
ACTIONS ET POLITIQUES SUR L'INVESTISSEMENT DANS L'AGRICULTURE
ACTIONS ET POLITIQUES SUR L'INVESTISSEMENT DANS L'AGRICULTURE 1. Les investissements doivent contribuer à et être compatibles avec la réalisation progressive du droit à une alimentation suffisante et nutritive
pour un pacte écologique local : questions aux futurs élus locaux
pour un pacte écologique local : questions aux futurs élus locaux Préserver la biodiversité dans la commune La commune dispose-t-elle d'un inventaire du patrimoine écologique local? Quelle part de budget
Conclusions du Conseil sur la dimension stratégique du patrimoine culturel pour une Europe durable
COSEIL DE L'UIO EUROPÉEE Conclusions du Conseil sur la dimension stratégique du patrimoine culturel pour une Europe durable Conseil ÉDUCATIO, JEUESSE, CULTURE ET SPORT Bruxelles, 21 mai 2014 Le Conseil
PJ 28/12. 7 février 2012 Original : anglais. Comité des projets/ Conseil international du Café 5 8 mars 2012 Londres, Royaume Uni
PJ 28/12 7 février 2012 Original : anglais F Comité des projets/ Conseil international du Café 5 8 mars 2012 Londres, Royaume Uni Encourager l intensification de la production caféière et vivrière au moyen
Titre du projet : Contribution à la réhabilitation et à la sauvegarde de
Termes de référence pour l évaluation et la capitalisation du projet PMF-FEM Titre du projet : Contribution à la réhabilitation et à la sauvegarde de l'abeille jaune par l'introduction de ruches peuplées
Michel Fortin 1 er Vice-président FTPF 26 janvier 2011
Présentation par Michel Fortin 1 er Vice-président FTPF 26 janvier 2011 STANDARD DE GESTION FORESTIÈRE FSC FOREST STANDARD SHIP COUNCIL Historique du FSC Créé en 1993 suite au Sommet de la terre de Rio
COOPERATION BELGIQUE - BURUNDI Programme 2012 de bourses d études et de stage hors-projet
COOPERATION BELGIQUE - BURUNDI Programme 2012 de bourses d études et de stage hors-projet Les bourses d études ou de stages sont financées par la coopération belge dans le cadre d un accord de coopération
LES FONDS EUROPÉENS EN PAYS DE LA LOIRE 2014-2020
LES FONDS EUROPÉENS EN PAYS DE LA LOIRE 2014-2020 CONNAÎTRE les programmes européens Pour faire face à la crise et aux grands défis de l Union européenne, ses Etats membres ont adopté en 2010 la Stratégie
République de Côte d Ivoire NOTE D INFORMATION UN INSTRUMENT PROFESSIONNEL AU CŒUR DU DEVELOPPEMENT AGRICOLE ET DES FILIERES DE PRODUCTION
République de Côte d Ivoire NOTE D INFORMATION UN INSTRUMENT PROFESSIONNEL AU CŒUR DU DEVELOPPEMENT AGRICOLE ET DES FILIERES DE PRODUCTION Investir pour le futur Anticiper - Innover 01 BP 3726 ABIDJAN
========================
RESEAU DES FEMMES AFRICAINES POUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE EN REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE (REFADD/RCA) BP : 242/BANGUI Tel :(00236)75 03 77 26 Email : [email protected] ======================== Projet
AVANT-PROPOS. Directeur de la Division de la statistique de la FAO
AVANT-PROPOS L Annuaire statistique de la FAO fournit une sélection d indicateurs par pays sur l alimentation et l agriculture. Les données proviennent de FAOSTAT, la base de données statistique de l Organisation
RESERVES DE BIODIVERSITE POUR SEPT TERRITOIRES ET DE RESERVE AQUATIQUE POUR UN TERRITOIRE DANS LA REGION ADMINISTRATIVE DE L ABITIBI-TEMISCAMINGUE
MÉMOIRE DEPOSE AU BUREAU D AUDIENCES PUBLIQUES SUR L ENVIRONNEMENT (BAPE) DANS LE CADRE DES AUDIENCES PUBLIQUES POUR LES PROJETS DE RESERVES DE BIODIVERSITE POUR SEPT TERRITOIRES ET DE RESERVE AQUATIQUE
Quelles sont les conditions sociales favorisant les stratégies d'intensification écologique? Petit tour d'horizon international...
Quelles sont les conditions sociales favorisant les stratégies d'intensification écologique? Petit tour d'horizon international... Véronique LUCAS Angers Entretiens de l'aei 29/10/2010 Mon regard particulier
Cadre stratégique pour l agriculture du Canada Programmes d intendance environnementale
Agriculture and Agri-Food Canada Agriculture et Agroalimentaire Canada Cadre stratégique pour l agriculture du Canada Programmes d intendance environnementale Les initiatives environnementales Eau Nutriments,
Agriculture paysanne durable: innovations et meilleures pratiques aux fins de transposition et de reproduction à plus grande échelle
Méthodes innovantes d amélioration sylvo-pastorale: Le cas du projet de lutte participative contre la désertification et de réduction de la pauvreté dans les écosystèmes arides et semi-arides des hauts
LA FINANCIÈRE AGRICOLE DU QUÉBEC PLAN D ACTION DE DÉVELOPPEMENT DURABLE 2013-2015
LA FINANCIÈRE AGRICOLE DU QUÉBEC PLAN D ACTION DE DÉVELOPPEMENT DURABLE 2013-2015 Table des matières Message du président-directeur général 3 Orientation gouvernementale 1 : Informer, sensibiliser, éduquer,
Burundi. Rapport national intermédiaire du suivi de la mise en oeuvre du Cadre d'action de Hyogo. Nom du point focal : Mr SERVILIEN Nitunga
Burundi Rapport national intermédiaire du suivi de la mise en oeuvre du Cadre d'action de Hyogo Nom du point focal : Mr SERVILIEN Nitunga Organisation : Ministère de l'intérieur et de la Sécurite Publique
Développement rural 2007-2013. Document d orientation
Développement rural 2007-2013 MANUEL RELATIF AU CADRE COMMUN DE SUIVI ET D EVALUATION Document d orientation Septembre 2006 Direction générale de l agriculture et du développement rural TABLE DES MATIÈRES
FONDS D INVESTISSEMENT CLIMATIQUES
FONDS D INVESTISSEMENT CLIMATIQUES CRITÈRES DE SÉLECTION DES PROGRAMMES PILOTES NATIONAUX ET RÉGIONAUX AU TITRE DU PROGRAMME D INVESTISSEMENT FORESTIER I. CADRE GÉNÉRAL 1. On s accorde de plus en plus
AVIS DU BUREAU POLITIQUE DE LA CRPM (Approuvé par le Bureau Politique de la CRPM 3 juin 2011 Angra do Heroísmo, Açores-PT)
CRPMPPP110017 B0 CONFERENCE DES REGIONS PERIPHERIQUES MARITIMES D EUROPE CONFERENCE OF PERIPHERAL MARITIME REGIONS OF EUROPE 6, rue Saint-Martin 35700 RENNES - F Tel. : + 33 (0)2 99 35 40 50 - Fax : +
LE CONGÉ SOLIDAIRE DEUX SEMAINES POUR AGIR AU SERVICE DE LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE
LE CONGÉ SOLIDAIRE DEUX SEMAINES POUR AGIR AU SERVICE DE LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE Renforcer l'autonomie des populations et la protection de leur environnement le partenariat continu pour apporter un
Bien vivre, dans les limites de notre planète
isstock Bien vivre, dans les limites de notre planète 7e PAE le programme d action général de l Union pour l environnement à l horizon 2020 Depuis le milieu des années 70, la politique environnementale
FILIERE MAÏS. Sommaire
Filières de l'agriculture, de l'elevage et de la Pêche, et Actions du Ministère de l'agriculture, de l'elevage et de la Pêche Page 1 DE 10 FILIERE MAÏS Sommaire FILIERE MAÏS 1 SOMMAIRE 1 FILIERE MAÏS 2
Programme de l UICN en Afrique du Nord 2013-2016
Programme de l UICN en Afrique du Nord 2013-2016 VERSION FINALE Centre de Coopération pour la Méditerranée de l UICN Septembre 2012 2 Sommaire Liste d acronymes... 3 Avant-propos... 4 Introduction... 5
Synthèse du questionnaire en ligne
èmes Rencontres Régionales pour la Biodiversité VENDREDI SEPTEMBRE 0 Université de Caen Basse-Normandie Amphithéâtre Oresme Vers un observatoire régional de la biodiversité en Basse-Normandie Synthèse
EUROPE-INTERNATIONAL. Isabelle Compagnie Chef du Service International Union des Villes et Communes de Wallonie
Les communes sur la scène européenne Après vous avoir présenté le programme citoyen "L Europe pour les citoyens" dans le Mouvement communal de mai 2007, nous vous présentons, ci-dessous, l ensemble des
MASTER (LMD) GESTION DE DONNEES ET SPATIALISATION EN ENVIRONNEMENT (GSE)
MASTER (LMD) GESTION DE DONNEES ET SPATIALISATION EN ENVIRONNEMENT (GSE) RÉSUMÉ DE LA FORMATION Type de diplôme : Master (LMD) Domaine ministériel : Sciences, Technologies, Santé Mention : STIC POUR L'ECOLOGIE
INTEGREE DES RESSOURCES EN EAU
Forum de l eau de Kyoto Contribution à la session du RIOB «Les progrès réalisés dans le monde dans la gestion intégrée des ressources en eau par bassin» GESTION INTEGREE DES RESSOURCES EN EAU Par M. Jean-Michel
LA FONDATION: MISSION ET VISION
Premier symposium régional sur la pêche artisanale en Méditerranée et en mer Noire Gestion durable de la pêche artisanale: Actions menées par la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l'environnement
AVIS. Objet : Demande de permis de lotir à Franc- Waret (FERNELMONT) Réf. : CWEDD/05/AV.276. Liège, le 14 mars 2005
AVIS Réf. : CWEDD/05/AV.276 Liège, le 14 mars 2005 Objet : Demande de permis de lotir à Franc- Waret (FERNELMONT) Avis du CWEDD portant sur une demande de permis de lotir à Franc-Waret (FERNELMONT) L avis
COOPERATION DECENTRALISEE. CESR 5 octobre 2007
COOPERATION DECENTRALISEE CESR 5 octobre 2007 La coopération internationale et décentralisée S insère dans le cadre plus large de l action extérieure des collectivités Regroupe les actions de coopération
Association CARRE GEO & ENVIRONNEMENT
Association CARRE GEO & ENVIRONNEMENT GUIDE PRATIQUE D INTEGRATION DES ASPECTS LIES AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES DANS LA CONCEPTION, L ELABORATION, LA MISE EN ŒUVRE ET LE SUIVI DES PLANS DE DEVELOPPEMENT
REFERENTIEL PROFESSIONNEL DES ASSISTANTS DE SERVICE SOCIAL
1 REFERENTIEL PROFESSIONNEL DES ASSISTANTS DE SERVICE SOCIAL DEFINITION DE LA PROFESSION ET DU CONTEXTE DE L INTERVENTION L assistant de service social exerce de façon qualifiée, dans le cadre d un mandat
ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L ÉDUCATION, LA SCIENCE ET LA CULTURE
Distribution limitée IFAP-2008/COUNCIL.V/3 4 février 2008 Original anglais ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L ÉDUCATION, LA SCIENCE ET LA CULTURE Conseil intergouvernemental du Programme Information
Investir dans l action pour le climat, investir dans LIFE
Investir dans l action pour le climat, investir dans LIFE Un aperçu du nouveau sous-programme LIFE Action pour le climat 2014-2020 istock Action pour le climat Qu est-ce que le nouveau sous-programme LIFE
La gestion des données en écologie des communautés végétales : l exemple de Phytobase
Journée Bases de Données Besançon 21 mars 2013 La gestion des données en écologie des communautés végétales : l exemple de Phytobase François Gillet Université de Franche-Comté CNRS UMR 6249 Chrono-environnement
7 ème Edition des Assises de la Coopération Belge au Développement
7 ème Edition des Assises de la Coopération Belge au Développement Session 3 Thème : Mettre le contexte au centre de l action : opérationaliser une approche sensible à la fragilité Sous-thème : «Prise
Dernière chance de participer au concours de photo du Comité ZIP Les Deux Rives
Dernière chance de participer au concours de photo du Comité ZIP Les... 1 sur 2 2008-09-18 13:54 Sujet : Dernière chance de participer au concours de photo du Comité ZIP Les Deux Rives De : Guy Guilbert
Conférence technique internationale de la FAO
Décembre 2009 ABDC-10/7.2 F Conférence technique internationale de la FAO Biotechnologies agricoles dans les pays en développement: choix et perspectives pour les cultures, les forêts, l élevage, les pêches
8 e rencontre du comité Ad Hoc Genre de la COMIFAC
8 e rencontre du comité Ad Hoc Genre de la COMIFAC Compte rendu Par Julie GAGOE Date : Jeudi 05-04-12 Lieu : Bureau du SE COMIFAC Agenda 1. Evaluation de la feuille de route 2011 2. Défis et priorités
PLAN D'ACTION POUR UNE GESTION APAISEE DE LA TRANSHUMANCE TRANSFRONTALIERE ENTRE LE SAHEL ET LA COTE
1 PLAN D'ACTION POUR UNE GESTION APAISEE DE LA TRANSHUMANCE TRANSFRONTALIERE ENTRE LE SAHEL ET LA COTE 1. LE RENFORCEMENT DE LA COMPLEMENTARITE DES ACTIVITES AGRICOLES ET D'ELEVAGE, UN LEVIER VITAL POUR
Master - Mention histoire et territoires - Dynamique et géographie des territoires (DYGITER)
Impression à partir du site https://offredeformation.picardie.fr le 04/09/2015. Fiche formation Master - Mention histoire et territoires - Spécialité dynamique et géographie des territoires (DYGITER) -
Investissements d avenir. Initiative PME - Biodiversité
Investissements d avenir Initiative PME - Biodiversité Calendrier de l Initiative L Initiative est ouverte le 9 juillet 2015. Les relevés des projets sont effectués : 1 re clôture 2 nde clôture 5 octobre
Conception d un CD interactif : simulation d une sortie en écologie végétale
Conception d un CD interactif : simulation d une sortie en écologie végétale A. El Ghorfi *, M. Boulanouar *, M. Cheggour*, N. Zahid ** * Département de biologie, ENS Marrakech ** Département d informatique,
Comment développer les métiers agroalimentaires en Afrique subsaharienne? Extraits d étude
Note d information / Politiques agricoles n 13 Comment développer les métiers agroalimentaires en Afrique subsaharienne? Extraits d étude 27 mai 2013 / Sélection par l équipe technique RECA RECA Réseau
REDD-plus. Champ d application et des options pour le rôle des forêts dans les stratégies d atténuation des changements climatiques.
REDD-plus Champ d application et des options pour le rôle des forêts dans les stratégies d atténuation des changements climatiques novembre 2009 Programme de Conservation des Forêts Le mécanisme REDD-plus
LES FONDS EUROPÉENS EN NORD-PAS DE CALAIS 2014-2020
LES FONDS EUROPÉENS EN NORD-PAS DE CALAIS 2014-2020 CONNAÎTRE les programmes européens Pour faire face à la crise et aux grands défis de l Union européenne, ses Etats membres ont adopté en 2010 la Stratégie
Micro-irrigation à Madagascar
P R AVSF - J. Mas A X IS LES EXPÉRIENCES I N N O VA N T E S D AV S F PAYS Madagascar TITRE DU PROJET SCAMPIS Développement des Systèmes de Micro-irrigation BÉNÉFICIAIRES DIRECTS Plus de 10 000 familles
SYNTHESE DE PRESENTATION DU PPILDA
SYNTHESE DE PRESENTATION DU PPILDA INTITULE DU PROJET : PROJET DE PROMOTION DE L INITIATIVE LOCALE POUR LE DEVELOPPEMENT D AGUIE 1 Intitulé du Projet : Projet de Promotion de l Initiative Locale pour le
DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION RÉSUMÉ DE L ANALYSE D IMPACT. accompagnant la
COMMISSION EUROPÉENNE Bruxelles, le 4.10.2012 SWD(2012) 291 final DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION RÉSUMÉ DE L ANALYSE D IMPACT accompagnant la proposition de règlement du Parlement européen
Charte. pour. de la coopération décentralisée. le développement durable
Charte de la coopération décentralisée pour le développement durable Mise en œuvre des principes de l Agenda 21 dans les coopérations transfrontalières, européennes et internationales des collectivités
Déplacement en corse de. Olivier buquen. délégué interministériel à l intelligence économique
Déplacement en corse de Olivier buquen délégué interministériel à l intelligence économique Mardi 28 mai 2013 12 h 00 Salle Claude Erignac Dossier de Presse 1/9 Depuis 2008, les entreprises ainsi que les
CONGRES INTERNATIONAL SUR L ASSURANCE ET LA RÉASSURANCE DES RISQUES AGRICOLES. Partenariat Public Privé dans l Assurance Agricole
CONGRES INTERNATIONAL SUR L ASSURANCE ET LA RÉASSURANCE DES RISQUES AGRICOLES 1 Marrakech -29, 30 et 31janvier 2014 Session 2 Partenariat Public Privé dans l Assurance Agricole L expérience de la Compagnie
Thème 2 : Le rôle du «secteur informel» dans l intégration régionale
Thème 2 : Le rôle du «secteur informel» dans l intégration régionale 1. Le secteur informel en Afrique : définition et caractéristiques générales Le secteur informel est défini comme l'ensemble des unités
Plan d action de développement durable 2009-2015. Le développement durable, une question de culture
Plan d action de développement durable 2009-2015 Le développement durable, une question de culture Révisé en mars 2013 Note importante Le gouvernement du Québec a autorisé le 29 février 2013 par décret
Title: OED Précis no. 134 - Gestion de la production animale au Botswana: les précieuses leçons des expériences précédentes Job number: 98F0708
Title: OED Précis no. 134 - Gestion de la production animale au Botswana: les précieuses leçons des expériences précédentes Job number: 98F0708 Language: English Translations: French Country: Botswana
COLLÈGE D'ENSEIGNEMENT GÉNÉRAL ET PROFESSIONNEL BEAUCE-APPALACHES POLITIQUE
COLLÈGE D'ENSEIGNEMENT GÉNÉRAL ET PROFESSIONNEL BEAUCE-APPALACHES POLITIQUE RELATIVE À L'INTERNATIONALISATION ET À L'ÉDUCATION INTERCULTURELLE ET CITOYENNE 1055, 116 e rue Ville Saint-Georges (Québec)
Rapport d activités 2012
République de Guinée-Bissau MINISTÈRE DE L AGRICULTURE ET DE LA PECHE Projet d Appui à la Sécurité Alimentaire (PASA) Composant II : Aménagements hydroagricoles (CAHA) Rapport d activités 2012 Élaboré
PLAN DEVELOPPEMENT EXPLOITATION - DESCRIPTION DE L EXPLOITATION REPRISE - 1 Caractéristiques globales LES FACTEURS DE PRODUCTION Productions SAU FONCIER Mécanisé (en %) Irrigué (O/N) Autres Observations
REGLEMENT ET CRITERES DU CONCOURS DE PROJETS 4.2 PROGRAMME DE PETITES INITIATIVES (PPI)
REGLEMENT ET CRITERES DU CONCOURS DE PROJETS 4.2 PROGRAMME DE PETITES INITIATIVES (PPI) 1. PRESENTATION DU PROGRAMME Le Fonds Français pour l Environnement Mondial (FFEM) lance une quatrième phase du Programme
RENFORCER LE CAPITAL NATUREL:
RENFORCER LE CAPITAL NATUREL: Comment REDD+ peut soutenir une Economie Verte Ce texte est une traduction provisoire de la synthèse à l intention des décideurs politiques. La version finale de cette synthèse
Cadre légal des CLD. Au Canada le développement socioéconomique relève de la juridiction des provinces
Banque de terres Simon Ouellet Agent de développement rural Un outil pour le développement territorial CLD des Collines-de-l Outaouais Emmanuel Roy Agent de développement écologique Cadre légal des CLD
Planification d urgence et gestion de crise en Belgique
Planification d urgence et gestion de crise en Belgique Planification d urgence La sécurité s'exprime par plusieurs aspects : maintien de la tranquillité et de l'ordre public, sauvegarde de la sécurité
Utilisation des médicaments au niveau des soins primaires dans les pays en développement et en transition
09-0749 1 WHO/EMP/MAR/2009.3 Utilisation des médicaments au niveau des soins primaires dans les pays en développement et en transition Synthèse des résultats des études publiées entre 1990 et 2006 Organisation
Prepared by: Brand Jurg and Randrianarisoa Jean Claude Consultants,
EPIQ IQC, PCE-I-00-96-00002-00, Task Order No.839 Evaluation économique des services écologiques dans un contexte de bassins versants forestiers et de rizières irriguée dans la région de Maroantsetra,
DEVENIR UNE ONG PARTENAIRE OFFICIEL DE L UNESCO
DEVENIR UNE ONG PARTENAIRE OFFICIEL DE L UNESCO L'UNESCO s'appuie sur un éventail aussi large que diversifié de relations de collaboration et de partenariats dans toutes les régions du monde pour s acquitter
