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1 TOPICS magazine La revue destinée aux assureurs Faits, marchés, positions Numéro 1/2014 Un arrêt d exploitation coûteux Les catastrophes naturelles peuvent avoir des répercussions sur la production à l échelle mondiale. Cependant les chaînes d approvisionnement sont de plus en plus solides. PAGE 26 RC Produits Les prothèses examinées à la loupe Marchés L Italie retourne sur la voie de la croissance Assurance Automobile Assainir le portefeuille pour améliorer la rentabilité

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3 AVANT-PROPOS Chères lectrices, chers lecteurs, La Terre tremble au Japon et, en Europe, les chaînes de production sont à l arrêt. Cela peut induire de lourdes charges financières : de nombreuses entreprises de l industrie automobile et électrotechnique ont en fait l expérience en Depuis, beaucoup d entre elles ont identifié les failles dans leur chaîne d approvisionnement et élaboré des plans d urgence. Dans la souscription, l appréciation de la gestion des risques chez l assuré est l élément crucial permettant d évaluer exactement le risque résiduel contenu dans une couverture Carence des fournisseurs. Vous trouverez plus d informations à ce sujet page 26 et suivantes. L Italie fait partie des pays européens qui ont particulièrement souffert de la crise financière globale. Lentement la reprise s annonce, et on s attend à enregistrer enfin, pour 2014, une tendance positive du produit intérieur brut. Si l économie redémarre, les entreprises et les particuliers vont devoir aussi commencer à combler les lacunes dans leurs garanties. Mais dans d autres domaines également, il est grand temps d agir : ainsi, le sol italien étant régulièrement secoué par des séismes, un bon nombre de joyaux architecturaux sont en péril. Comme les caisses du Trésor publique sont vides et ne peuvent donc fournir les moyens nécessaires pour la remise en état, il faut trouver de nouvelles solutions. Un partenariat public-privé, auquel travaille déjà Munich Re en collaboration avec la fédération italienne des assureurs, pourrait constituer une solution. Lisez à ce sujet notre article sur le marché italien, page 12 et suivantes. Munich, janvier 2014 Torsten Jeworrek : Membre du Directoire de Munich Re et Président du Comité de réassurance NOT IF, BUT HOW Munich Re Topics Magazine 1/2014 1

4 Sites de production sous les eaux Cette usine, située dans la province de Ayyuthaya, a aussi été submergée par les flots lors des inondations survenues en Thaïlande en À la suite de cette catastrophe naturelle, un grand nombre de chaînes de production ont été à l arrêt dans le monde entier. Depuis, entrepreneurs et assureurs ont pris de nombreuses mesures visant à limiter les risques de carence des fournisseurs Munich Re Topics Magazine 1/2014

5 Sommaire Dans l assurance Automobile, le type de voiture joue un rôle important pour la tarification. Mais la rentabilité du portefeuille dépend du profil des conducteurs et leur façon de conduire. 6 L ambiance s améliore. La croissance de l économie italienne va vraisemblablement reprendre en Les entreprises et les particuliers devraient alors combler les lacunes dans leurs garanties. 12 ASSURANCE AUTOMOBILE Le risque lié aux conducteurs en point de mire 6 Les critères de tarification sont décisifs pour une souscription rentable. Montre-moi ta voiture et je te dirai qui tu es 10 Stefan Schulz nous parle des tendances actuelles sur le marché de l assurance Automobile. Italie Une lueur d espoir 12 L Italie retourne sur la voie de la croissance. Et les besoins de rattrapage en matière de prévoyance individuelle privée sont importants. Il est urgent de trouver une solution 16 pour les risques de séismes Massimo Reina (Guy Carpenter) interviewé à propos du marché de l assurance en Italie Petites et moyennes entreprises 20 Performantes mais sous-assurées Les trésors du patrimoine artistique situés 22 en zone sismique Patrimoine historique en danger CARENCE DES FOURNISSEURS Une meilleure vue d ensemble à tous les niveaux 26 Entrepreneurs, assureurs et réassureurs ont beaucoup appris. RC PRODUITS Les prothèses examinées à la loupe 30 L objectif : améliorer la qualité de vie. Le risque : des sinistres sériels se chiffrant à plusieurs milliards. ASSURANCE VIE Demande acceptée 38 Une coopération internationale facilite l assurabilité des maladies rares. PLACEMENTS FINANCIERS À la recherche des rendements perdus 42 Comment trouver le juste équilibre entre rendement et risque? Avant-propos 1 Actualités 4 Recension 37 Chronique 46 Mentions légales Munich Re Topics Magazine 1/2014 3

6 ACTUALITÉS DE L ENTREPRISE social media Rejoignez-nous en ligne! NATHAN RISK SUITE Nouvelles zones d inondation globales SÉMINAIRES CLIENTS Knowledge in dialogue Cela fait déjà bien longtemps que nos lecteurs peuvent, sur notre site Internet, commenter les articles publiés dans Topics Online. Ils ont également la possibilité de contacter Munich Re sur les diverses plateformes des médias sociaux : nous sommes actifs sur Twitter, Facebook, Google+, YouTube, LinkedIn et Xing. Suivez-nous et suivez avec nous les thèmes concernant l assurance : dans des articles intéressants, des vidéos captivantes ou de manière très actuelle via les «live tweets» des évènements d entreprise ou de la branche. >> twitter.com/munichre >> facebook.com/munichre >> youtube.com/user/munichrevideo >> linkedin.com/company/munich-re >> xing.com/companies/munichre >> plus.google.com/ Nous développons constamment le NATHAN Risk Suite afin de le rendre encore plus attrayant pour vous. Un rapport d analyse des valeurs assurées est ainsi disponible depuis la fin de l année Les zones inondables seront prochainement et à ce jour de manière exclusive sur le marché mises à disposition tout d abord pour les États-Unis, le Canada, l Amérique centrale et les Caraïbes. Elles se basent sur un modèle numérique de terrain doté d une résolution de 30 mètres. Jusqu à présent, la norme de référence concernait une précision de 90 mètres pour toutes les choses découlant des observations globales des risques naturels. Nous mettons à disposition des zones inondables modélisées hydrauliquement avec une période de récurrence de 100 ans ou de 500 ans. La haute résolution sera peu à peu également disponible pour d autres régions. En 2014, Munich Re propose de nouveau un éventail très intéressant de séminaires et ateliers adaptés aux besoins de sa clientèle internationale. Celle-ci a le choix parmi 50 séminaires et ateliers portant sur des thèmes d assurance et de réassurance des secteurs Vie et non-vie, mais aussi sur l «Enterprise Risk Management» des sociétés d assurance. Les séminaires ont lieu à Munich et sur différents autres sites de notre organisation internationale. Avec le programme du séminaire, nous souhaitons offrir à nos clients un forum pour le transfert de connaissances et le réseautage. >> Si vous souhaitez participer à l un de nos séminaires, veuillez s il vous plaît contacter votre manager Clients. Brèves Ces derniers temps, l Europe a connu de nombreux scandales alimentaires. Et tandis que la nourriture y est jetée négligemment, des gens meurent de faim dans de nombreuses parties du monde. Mais selon les experts, le problème de la faim dans le monde n est pas une question de quantité, mais un problème de distribution. Dans les forums de dialogue 2014 de la Fondation Munich Re, «Famine en abondance?», des personnalités de renom dans le monde de la science, de la politique et des affaires, se penchent sur cette question au cours de 5 soirées. Plus d informations sur : En automne, le magazine spécialisé Reactions a récompensé Munich Re en tant que meilleur réassureur dans la catégorie «International (Non-US) Casualty/Liability» et a également couronné du titre du meilleur ILS-Deal (Insurance Linked Securities) 2013 le contrat d emprunts pour catastrophes de Munich Re pour les tremblements de terre en Turquie. Il existe enfin un nouvel ouvrage de référence en langue allemande sur le sujet du droit de la réassurance. Le livre est le seul à se pencher sur ce sujet complexe et comprend des articles sur toutes les questions juridiques de la réassurance. Bien entendu, il aborde également des questions internationales. L ouvrage a été publié en novembre 2013 par C. H. Beck à Munich sous la direction de Dieter W. Lüer et d Andreas Schwepcke (ISBN ). Eberhard Witthoff et Tobias Büttner de Munich Re ont contribué à la rédaction. >> Lisez sur ce point, l entretien avec Eberhard Witthoff dans Topics Online : en/homepage/default.aspx 4 Munich Re Topics Magazine 1/2014

7 ACTUALITÉS DE L ENTREPRISE Le Groupe de Recherche Géorisques a 40 ans La connaissance approfondie des risques naturels constitue la base de nombreuses décisions de souscription C est en 1974 que Munich Re a créé le domaine «Risques naturels». Le prédécesseur de Peter Höppe, Gerhard Berz, était à l époque le premier expert en sciences de la Terre à travailler pour une assurance. Topics : Monsieur Höppe, y avait-il à cette époque une raison particulière pour le lancement de la nouvelle unité «Risques naturels», plus tard le Groupe de Recherche Géorisques? Peter Höppe : Il n y avait pas de raison très concrète, mais la direction s étonnait déjà au début des années 1970 de l accumulation frappante de catastrophes naturelles inhabituelles et souhaitait mieux comprendre ces phénomènes. C est en 1974 que le météorologue Gerhard Berz a ainsi été engagé ; il a été suivi quatre ans plus tard par le géophysicien Anselm Smolka. Qu est-ce qui a changé depuis? Au lieu des 2 employés de l époque, il y a maintenant environ 35 personnes qui, au sein de la société, se penchent sur les risques naturels, à savoir des météorologues, géophysiciens, géologues et hydrologues. Les géoinformaticiens ont déjà gagné en importance, car avec les outils qu ils développent, comme Nathan par exemple, nos souscripteurs et clients sont en mesure de pouvoir analyser leur portefeuille en fonction des risques naturels. Cela signifie-t-il que la principale mission est restée la même? Oui. Notre objectif est de pouvoir évaluer au mieux les risques d évènements naturels de chaque région et d analyser les vulnérabilités. Ces informations sont ensuite combinées aux données d exposition dans les modèles de risque qui permettent aux souscripteurs de pouvoir évaluer les attentes de sinistres. La modélisation des risques naturels a donc un impact significatif sur notre activité. Les priorités ont-elles pour autant changé? La nouveauté est que les risques changent de plus en plus fortement du point de vue de la météorologie. Sur ce point, nous souhaitons reconnaître et comprendre le plus tôt possible les tendances, à savoir si des cycles naturels et le changement climatique en sont à l origine. À cette fin, nous faisons de la recherche intensive tout en travaillant en étroite collaboration avec des scientifiques externes et les institutions internationales afin d être toujours en tête. Notre expertise est-elle d autre part demandée à l extérieur? Assurément. Nous sommes par exemple, des experts très demandés au sein du GIEC. Gerhard Berz a contribué aux rapports 3 et 4 et a ainsi obtenu en 2007, avec le GIEC et Al Gore, une part du prix Nobel de la Paix. Le diplôme est accroché dans nos bureaux. Dans le rapport actuel, notre collègue Eber hard Faust est un «Leading Author». Quelles sont à présent les dernières découvertes? Peter Höppe dirige depuis dix ans chez Munich Re le département Geo Risks Research and Corporate Climate Center, qui fêtera son jubilé en Dans la revue «American Meteorological Society», nous avons récemment publié un document novateur concernant les évènements météorologiques de convection aux États-Unis. Nous avons également été pour la première fois en mesure de démontrer l influence d un cycle climatique naturel sur les sinistres résultant de typhon dans notre article «Severe Weather in Eastern Asia» publié en novembre. Cet article permet de conclure que nous devons encore nous attendre à encore plus de sinistres dans les années à venir ; la saison des typhons 2013 en a peut-être été le début avec Haiyan. Munich Re reste donc une sorte d «avertisseur»? Oui, nous voulons créer une sensibilisation face aux risques résultant au changement climatique. Toutefois, nous nous engageons de plus en plus activement pour les solutions visant à la protection climatique et à l adaptation, par exemple avec le projet Desertec de Dii ou la Munich Climate Insurance Initiative (MCII). >> naturgefahren >> Munich Re Topics Magazine 1/2014 5

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9 ASSURANCE AUTOMOBILE Le risque lié aux conducteurs en point de mire Une gestion de portefeuille adéquate est une condition nécessaire pour pouvoir pratiquer une souscription rentable. Pour cela, il faut trouver les critères de tarification adaptés en s inspirant des autres marchés. José Antonio Sobrino Reineke La rentabilité d un portefeuille automobile dépend considérablement du profil des clients et de leur façon de conduire. L âge du conducteur à risque et le type de véhicule ont longtemps joué un rôle décisif dans l assurance Automobile. Sur les marchés de plus en plus libéralisés, le conducteur fait désormais l objet d une attention accrue. Ainsi, les hommes autrefois classés dans la catégorie des «jeunes conducteurs masculins inexpérimentés» cristallisaient toute l attention, car ce sont eux qui occasionnent en général la plupart des dégâts et des coûts : ils sont 3 à 5 fois plus souvent impliqués dans un accident que des adultes plus expérimentés. En raison de la loi sur l égalité de traitement, ce facteur de risque n est cependant plus admissible. Depuis décembre 2012, il est interdit de différencier les tarifs selon le sexe de l assuré(e). Il convient donc de se concentrer sur d autres aspects. Identifier les polices à haut risque constitue la première étape simple dans la gestion du portefeuille ; il s agit déjà, dans une certaine mesure, d une pratique courante chez la plupart des assureurs. Une autre possibilité consiste à modifier le comportement au volant par le biais d une formation ou d un système de surveillance installé dans le véhicule. Mais ce sont là des mesures généralement disproportionnées par rapport à l effet quelles ont. Quand on demande aux clients de s autoévaluer, on obtient inévitablement une réponse de ce type : «En x années de conduite, je n ai eu aucun accident et je conduis mieux que la moyenne.». Mais le fait est que même les bons conducteurs manquent parfois de vigilance. La question est donc de savoir comment quantifier le comportement au volant de façon générale lorsque ne survient que rarement un accident. En ce qui concerne la gestion de leurs portefeuilles, les assureurs peuvent atteindre bien des résultats en faisant preuve de discipline dans le cadre de la souscription et en se posant les bonnes questions telles que : «Quel est le niveau de risque que nous sommes prêts à assurer?» et «Comment pouvons-nous limiter autant que possible le nombre de conducteurs à risque dans notre portefeuille?» Une solution pourrait consister à demander le nom des personnes conduisant le véhicule et de quelle expérience de la conduite elles disposent. Divers critères de tarification sont envisageables Une étude espagnole a récemment mis en lumière une différence significative au sein du groupe à risque des jeunes conducteurs. D une part, on trouve les personnes qui optent pour une voiture petite mais relativement neuve et, d autre part, celles qui préfèrent acheter une voiture d occasion plus ancienne et dotée d un moteur plus puissant ou bien un véhicule plus insolite de type Roadster. D après cette étude, les jeunes conducteurs du deuxième groupe qui choi- Qui conduit le véhicule? Il s agit d une question essentielle pour la souscription en assurance Automobile. Munich Re Topics Magazine 1/2014 7

10 ASSURANCE AUTOMOBILE Le comportement du consommateur est également révélateur. Des études montrent que les acheteurs à crédit représentent davantage un risque que les clients qui paient comptant. Les clients pour lesquels le plus important est que l assurance soit peu coûteuse semblent aussi représenter un risque supérieur à la moyenne. En revanche, les clients qui font preuve d un plus grand sens des responsabilités et qui possèdent souvent des véhicules très coûteux recherchent un assureur fiable pouvant leur fournir un service de qualité à un prix raisonnable. Les clients et le portefeuille doivent faire l objet d une analyse minutieuse Le type de voiture et sa motorisation sont également considérés lors de l analyse des risques. sissent une plus grosse cylindrée présentent des risques plus élevés. C est la raison pour laquelle, certaines compagnies d assurance appliquent des majorations notamment pour les voitures d occasion (par exemple pour les véhicules de plus de 6 ans achetés d occasion) ou pour les jeunes conducteurs. Plus les tarifs sont complexes, plus il est difficile d assainir le portefeuille. Les assureurs réagissent à ce problème en apportant diverses solutions : certains exploitent les résultats, alors que d autres essaient d en savoir plus sur les caractéristiques particulières du conducteur en effectuant des analyses détaillées. Le nombre d infractions routières entre également en compte. Sur certains marchés, notamment aux États- Unis et en Allemagne, on recourt à un système de points permettant de répertorier le nombre et le type d infractions routières commises par le titulaire du permis de conduire. Ce système s est avéré être un indice très significatif du comportement d une personne sur la route et de la probabilité qu elle soit impliquée à l avenir dans un accident. Il est également important de considérer le temps nécessaire à la réalisation de cette analyse. Lorsqu un assureur ne pose aucune question, il prend le risque de couvrir tous les conducteurs à haut risque que ses concurrents ne veulent plus assurer. D autres assureurs suivent la stratégie simple du non-renouvellement des polices en cas de sinistre. Pourtant, de telles mesures de contrôle prises a posteriori ne peuvent en aucun cas remplacer une souscription méthodique. Les compagnies qui peuvent adapter leurs tarifs et leurs produits à leur profil de clientèle sont mieux placées pour gérer la conclusion des contrats et sont moins menacées par la concurrence des sociétés à bas prix. Cette approche est toutefois délicate et requiert un partenaire expérimenté. Grâce à sa présence mondiale, Munich Re peut compter ici sur des expériences multiples sur divers marchés. Nous pouvons ainsi développer avec vous des stratégies innovantes et personnalisées pour optimiser votre portefeuille. N hésitez pas à nous en parler! Sur d autres marchés, on ne trouve aucune source d information fiable sur les anciennes infractions routières des conducteurs. Dans ce cas, les statistiques de la police concernant certains quartiers peuvent s avérer utiles. La fiabilité financière constitue un autre aspect lié au comportement au volant : les factures sont-elles payées à l échéance? La personne perçoit-elle un revenu régulier? Sait-elle apprécier à sa juste valeur la protection financière d une assurance? Cet aspect peut être évalué dans une certaine mesure par le biais des cotes de solvabilité dont le contrôle est désormais devenu un standard en matière d assurance de risques personnels aux États-Unis et en Europe. NOTRE EXPERT : José Antonio Sobrino Reineke occupe le poste de Senior Consultant au sein de la division Motor Consulting. [email protected] 8 Munich Re Topics Magazine 1/2014

11 ASSURANCE AUTOMOBILE >> Vous trouverez d autres thèmes sur le marché de l assurance Automobile dans notre publication actuelle intitulée «Préparez-vous à prendre la pole position». N hésitez pas à la demander à votre manager Clients! Vue d ensemble des facteurs de risque Risque lié au conducteur Âge du conducteur Catégorie de bonus Profession Garage, kilométrage Sinistres antérieurs Autres facteurs Risque lié au véhicule Motorisation/cylindrée Âge du véhicule Type de carburant Modèle de voiture Classe de risque du modèle Accessoires (alarme, ABS) Autres facteurs Facteurs régionaux Pays Région Ville Code postal ou similaire Autres facteurs Couverture Somme assurée Franchise Choix du produit Couvertures complémentaires, notamment pour les accessoires, remplacement du matériel ancien par du neuf, couverture de la différence/assurance automobile complémentaire, services d assistance Autres facteurs Assurance liée à l usage Nombre de trajets Types de routes empruntées Durée d utilisation Vitesse relative Autres facteurs Autres Circuit de distribution Bureau régional Utilisation des véhicules Structure de la commission Les critères les plus divers sont pris en compte dans la tarification de l assurance Automobile. Toutefois, sur de nombreux marchés moins développés, les tarifs tiennent surtout compte du risque lié au véhicule, bien que le risque imputable au conducteur soit prépondérant. Source : Munich Re/Unité Motor Consulting Munich Re Topics Magazine 1/2014 9

12 ASSURANCE AUTOMOBILE Montre-moi ta voiture et je te dirai qui tu es Stefan Schulz, directeur de l Unité Motor Consulting, évoque les évolutions actuelles sur le marché de l assurance Automobile et les offres de conseil de Munich Re. Topics : Monsieur Schulz, quelles sont les tendances actuelles du marché de l assurance Automobile? Stefan Schulz : Les différentes compagnies sont depuis longtemps confrontées à une situation difficile. Sur de nombreux marchés développés, le volume des primes se situe actuellement à peu près au même niveau qu il y a 20 ans, bien que le nombre de voitures en circulation ait considérablement augmenté. Sur la centaine d assureurs que compte le marché allemand, seuls quelquesuns gagnent de l argent. Les autres présentent un ratio combiné de plus de 100 %. En Grande-Bretagne, les écarts entre les compagnies rentables et non rentables sont encore plus importants. Les nombreuses fusions de ces dernières années n ont-elles pas amélioré la situation? Depuis des années déjà, les acteurs du marché se font de plus en plus rares. Seuls quelques-uns ont pu profiter pleinement de la vague de fusions. Au fil des années, une compagnie norvégienne, par exemple, avait repris environ 18 concurrents et atteint une part de marché supérieure à 50 %. Mais une dizaine d années plus tard, sa part de marché est descendue sous la barre des 20 %. Et cette tendance va se poursuivre avec l avancée du numérique : selon des estimations réalisées par des instituts indépendants, 50 à 70 % des assureurs Automobile à travers le monde pourraient disparaître dans les 10 à 15 années à venir. En quoi les compagnies rentables sont-elles différentes? Les compagnies d assurance rentables sont très sélectives et gèrent bien mieux leur portefeuille. Elles le surveillent en permanence et adaptent leurs conditions rapidement ; certaines peuvent même modifier quotidiennement leurs tarifs. Pour cela, elles ont surtout besoin d un système informatique performant et flexible. Un trop grande nombre d entreprises n investissent pas dans ce domaine ou travaillent, après une fusion, avec plusieurs systèmes informatiques qui ne peuvent pas communiquer entre eux ou très difficilement. Voilà comment se perdent de nombreuses informations qui permettraient une analyse approfondie des affaires! Constatez-vous aussi ce phénomène dans le cadre de vos prestations de conseil? Oui, la qualité des données est malheureusement souvent insuffisante pour réaliser une analyse détaillée : en l absence de numéros de clients uniques, les données sur le portefeuille ne peuvent souvent pas être rattachées aux données de sinistres correspondantes. Ainsi, lorsqu un client assuré depuis 10 ans déjà auprès d une compagnie achète une voiture neuve, il est à nouveau classé dans la catégorie des nouveaux clients avec un nouveau numéro de La motorisation ou la couleur d une voiture en disent déjà beaucoup sur son propriétaire. 10 Munich Re Topics Magazine 1/2014

13 ASSURANCE AUTOMOBILE Stefan Schulz dirige depuis 2008 l Unité Motor Consulting de Munich Re. police. Les informations du client sont alors perdues et on ne peut plus analyser le déroulement. La qualité de la base de données est ainsi altérée. Comment l Unité Motor Consulting soutient-elle concrètement ses clients? Normalement, la consultation commence par un contrôle rapide de 3 jours chez le client. Sur place, 2 ou 3 personnes discutent avec tous les départements pour se familiariser avec les processus et identifier les points faibles. En outre, nous obtenons toutes les données nécessaires relatives au portefeuille et aux sinistres et nous les analysons ensuite en 6 semaines environ. Puis, nous présentons nos résultats au client et parlons avec lui des solutions possibles. Il peut s agir d une intervention unique ou qui s étale dans le temps puisque nous accompagnons certains clients pendant plusieurs années. Où peut-on mettre l accent pour améliorer la rentabilité? Hormis la qualité des données dont j ai déjà parlé, nous constatons parfois que certains clients n ont aucun profil de client cible ou que leurs tarifs et circuits de distribution ne sont pas adaptés aux clients finaux qu ils aimeraient avoir. Nous faisons ensuite des propositions sur la façon dont l éventail de produits peut être modifié, avec des tarifs adaptés aux groupes cibles et une offre de services adéquate pour chacun. Souvent, dans une perspective d assainissement, on doit affiner sensiblement la sélection des risques, ce qui peut parfois se répercuter sur les nouvelles activités. Peut-on mesurer la réussite d une telle opération de conseil? Oui, chez certains de nos clients, le résultat a pu être amélioré de 25 % en à peine 2 ans, grâce à la prise en compte de nouveaux critères dans la tarification et à l amélioration de la sélection des risques. À propos des critères de tarification, depuis près d un an, les assureurs européens n ont plus le droit d utiliser le sexe de l assuré(e) comme critère. La transition a-t-elle été difficile? Pas en Allemagne car, chez de nombreuses compagnies, le tarif ne prenait plus en compte ce critère depuis longtemps. En Grande-Bretagne, en revanche, ce changement a suscité de vifs débats. Les différences de tarif y étaient bien plus importantes et, de ce fait, les répercussions aussi. À l échelle européenne, de nombreux assureurs ont profité de cette loi pour augmenter les primes de tous les assurés, tandis que dans d autres pays cette loi a continué d attiser la concurrence. Mais au fond, cette particularité homme ou femme ne joue aucun rôle. On peut utiliser de nombreux autres critères. En Allemagne, on en compte actuellement environ 70. Si vous demandez aujourd hui à quelqu un le modèle de voiture qu il conduit, vous pouvez lui dire le genre de personne qu il est. Dans le cadre de la législation antidiscrimination, on discute de l interdiction d utiliser l âge comme critère de tarification. Quelles en seraient les conséquences pour une tarification adaptée aux risques? Les conséquences seraient relativement importantes. Pour avoir une idée de ce à quoi ressemble le tarif d une assurance Automobile en fonction de l âge, imaginez un graphique en forme de baignoire : d un côté se trouvent les très jeunes conducteurs avec des tarifs élevés, ensuite vous avez des taux de sinistres et des tarifs qui restent longtemps à un niveau beaucoup plus bas, et à partir de 70 ans la courbe remonte. L âge est donc un critère déterminant pour une tarification adéquate. Dans la tranche des ans, seuls quelque 25 % des conducteurs causent des dommages d une importance telle que la totalité du segment devient non rentable. Si je parviens à les exclure par filtrage, je peux alors assurer correctement les autres. Munich Re Topics Magazine 1/

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15 Italie Une lueur d espoir Après une longue récession, il y a de bonnes chances que l Italie retourne en 2014 sur la voie de la croissance. Et la nécessité, vu les finances publiques tendues, de renforcer la prévoyance individuelle privée pour la prévoyance vieillesse et santé ainsi que pour les risques de séisme pourrait conférer de nouvelles impulsions au secteur de l assurance. Paolo Ghirri L Italie fait partie des pays d Europe qui ont été particulièrement touchés par les répercussions de la crise financière mondiale. Alors que la conjoncture a déjà montré des signes de reprise dans des parties de l Union européenne, ce n est qu avec hésitation que le pays s est rétabli, mais il a dérapé en automne 2011 vers une nouvelle récession. Contrairement à la crise de 2008 à 2009, marquée par un commerce mondial en recul, l économie a été cette fois-ci paralysée principalement à cause d une chute des dépenses de consommation privées et publiques et d un manque d investissements. Seules les exportations ont donné des signes de croissance encore modestes. À cela s est ajouté le fait que les marchés financiers ont regardé l évolution des finances publiques d un œil de plus en plus critique. Les conséquences de la perte de confiance se sont manifestées par des intérêts en augmentation rapide pour les emprunts d État italiens. Les taux de rendement ont atteint fin 2011 plus de 7 %, ce qui a fait surgir la crainte d une crise de la dette publique. Milan change de visage : un tout nouveau quartier est né entre la gare Garibaldi et la Piazza della Repubblica. Munich Re Topics Magazine 1/

16 Italie Figure 1 : La croissance réelle du produit intérieur brut (PIB) et des primes d assurance L Italie reprend très lentement le chemin de la croissance et les primes d assurance pourraient de nouveau augmenter. PIB réel (variation en % par an) Primes d assurance Vie, croissance réelle (en % par an) Primes P&C, croissance réelle(en % par an) Source : Munich Re, Economic Research Estimation Figure 2 : PIB par habitant en standard de pouvoir d achat* Seul un gouvernement de transition sous la conduite de Mario Monti, professeur d économie et ancien commissaire de l Union européenne, est parvenu à stabiliser les finances publiques et à regagner la confiance des marchés. Durant son mandat, qui a duré environ un an et demi jusqu en avril 2013, Monti n a pas seulement appliqué un programme d épargne, il a également mis en œuvre des réformes d urgence nécessaires dans le secteur de l administration, des retraites, de la justice et sur le marché de l emploi. En outre, il a intensifié la lutte contre la corruption et la fraude fiscale. Les progrès considérables réalisés dans la consolidation du budget ont produit leurs effets : en mai 2013, l UE a suspendu sa procédure de déficit excessif contre le pays. Selon l estimation de la Commission européenne, l Italie est sur la bonne voie, mais doit s en tenir à la politique fiscale restrictive et faire avancer les réformes. Déjà avant les années de crise, depuis l introduction de l euro, l Italie luttait contre un déficit de croissance structurel. Les coûts de main-d œuvre en constante augmentation sans les progrès de productivité correspondants, qui ne peuvent plus être amortis dans l Union monétaire par des dévaluations, ont affaibli la position concurrentielle sur le plan international. À cela s ajoute une infrastructure en partie insuffisante que le développement freine au sud et au centre de l Italie et donc dans les régions qui disposent du plus grand potentiel de croissance. Les autres obstacles sont une bureaucratie peu favorable aux entreprises, un système juridique pesant et la migration du personnel qualifié à l étranger. Une disparité Nord-Sud inchangée Ce qui est frappant c est l écart entre le nord, économiquement très développé avec un niveau de vie élevé et un faible chômage, et le sud (voir la figure 2). Malgré tous les efforts, cette disparité n a pas pu être réduite, ce que Enrico Letta, Premier ministre actuel, a qualifié depuis fin avril 2013 comme la conséquence de la politique défaillante menée par les dirigeants durant plusieurs décennies. Letta a entrepris une lutte implacable contre la corruption et la criminalité et a placé la croissance ainsi que la création d emplois au premier plan. Toutefois, il ne peut pas inverser la politique d austérité de son prédécesseur en un tour de main et doit donc essayer de parvenir à un équilibre difficile entre croissance et discipline budgétaire. * en pourcentage de la moyenne des 27 pays de l UE On reconnaît bien ici l écart Nord-Sud. < < < < 75 < 50 Source : Eurostat, Annuaire régional (2013) Les conditions, pour relancer la croissance, sont en réalité favorables : L Italie fait partie des grandes nations industrialisées occidentales et occupe dans l UE la quatrième place, derrière l Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, en matière de produit intérieur brut (PIB). Elle est la huitième économie du monde. La structure économique avec un secteur des services et de production bien développé est diversifiée ; un grand nombre de petites et moyennes entreprises remportent, avec des produits de grande qualité, de grands succès à l exportation (voir l article «Performantes mais sous-assurées», page 20). Avec 14 Munich Re Topics Magazine 1/2014

17 Italie Expo 2015 Toujours plus haut à Milan Après celle de 1906, Milan organisera à nouveau une exposition universelle l année prochaine. L Expo 2015, qui porte le slogan «Nourrir la planète, de l énergie pour la vie», veut apporter des réponses aux défis de l alimentation mondiale. Une série de grands projets dans le cadre de cette manifestation à venir sont en train de modifier le visage de la ville. Ces dernières années, la ville a connu des changements rapides entre la gare Garibaldi et la Piazza della Repubblica située au cœur de Milan. Sur des friches industrielles est en train de naître, sur plus de m 2, un nouveau quartier avec des logements et des bureaux, des hôtels ainsi que des centres culturels intégrés dans un espace vert spacieux. La Unicredit Tower, qui avec ses 231 mètres est le plus haut bâtiment d Italie, occupe une place dominante au milieu des nombreuses nouvelles tours. Mais il convient de préciser que si la Tower occupe la toute première place en hauteur, c est grâce à la pointe haute de 84 mètres située sur son toit. En termes d étages utilisables, avec ses 161 mètres, le centre administratif de la région Lombardie, qui se trouve tout à côté, dépasse la Unicredit Tower et fait de l ombre à la tour Pirelli (127 mètres) construite dans les années 50 près de la Stazione Centrale, la gare centrale. Mais il y a encore plus haut : sur le vieux champ de foire à la périphérie ouest du centre-ville, de spectaculaires constructions s élèvent dans le ciel. Au centre du quartier réaménagé se dressent 3 tours d une hauteur comprise entre 150 et 202 mètres qui ont été conçues par les 3 grands architectes Arata Isozaki, Zaha Hadid et Daniel Libeskind. En raison de leur forme particulière, les bâtiments ont été baptisés populairement «le droit», «le tordu» et «le bossu». La transformation de cet espace d environ m 2 a été rendue possible grâce au déménagement du parc des expositions aux portes de la ville. Un musée, un centre culturel et des complexes d appartement font également partie de l ensemble. Milan gagne de la hauteur : L Unicredit Tower est maintenant avec ses 231 mètres le plus haut bâtiment de la ville et de toute l Italie. Un grand terrain de 1,1 million de m 2 carrés, à côté du nouveau parc des expositions de Milan, situé au nordouest dans les municipalités de Rho et de Pero constituera le cœur de l Expo Conçu comme une île encerclée par un canal, le site de l Expo est traversé par un axe principal portant le nom de World Avenue. Tout le long de cette avenue, qui mesure 1,5 kilomètre de long et 35 mètres de large, sont installés les pavillons des pays participants. Transversalement à cet axe principal s étend le Cardo, une rue de 325 mètres de long et 30 mètres de large, où sont présentées l Italie et ses régions. À l intersection des 2 axes, là où l Italie rencontre le monde, se trouve la Piazza Italia, le centre de l Expo Les investissements en infrastructure, les hôtels et un nouveau parc d expositions doivent faire à nouveau de Milan ce que la ville lombarde s est toujours considérée être : la capitale secrète et économique de l Italie. Munich Re Topics Magazine 1/

18 Italie une performance économique d environ 30 %, les exportations représentent un appui essentiel à l économie italienne, l Allemagne étant le partenaire commercial le plus important. En dépit des réformes engagées, l OCDE juge encore le marché de l emploi trop rigide. Le ministère du travail italien lui-même voit dans la perte de productivité, surtout par rapport à l Allemagne, l obstacle principal pour améliorer la compétitivité. Les propositions présentées à plusieurs reprises par la fédération des entrepreneurs Confindustria visant l introduction de conventions collectives de portée régionale, au lieu de la validité nationale obligatoire jusqu ici, se heurtent toutefois à une résistance de la part des syndicats. À moyen terme, le développement démographique est un sujet de préoccupation. Une espérance de vie élevée, un faible taux de natalité et une pyramide des âges de la population défavorable seront un frein à la croissance au cours des prochaines décennies. Il est d autant plus important pour le pays d améliorer la compétitivité et de remettre de l ordre dans le budget. De même, en ce qui concerne les systèmes sociaux, l évolution démographique s avère être un problème. Pour pallier ce problème, l augmentation des pensions de retraite a été limitée et l âge de la retraite a été relevé. En outre, à l avenir, les personnes en activité devront de plus en plus recourir à des outils de protection privés. Il est urgent de trouver une solution pour les risques de séismes Massimo Reina est Président et CEO de Guy Carpenter en Italie. Il a parlé avec Topics des perspectives pour le marché de l assurance en Italie. Massimo Reina, président et PDG de Guy Carpenter à Milan et dirigeant de Guy Carpenter Fac. International à Londres Topics : Du point de vue d un observateur international, comment estimez-vous le potentiel du marché italien? Massimo Reina : L Italie vit actuellement une des phases les plus difficiles de son histoire : L économie se contracte depuis 2 ans, le niveau de vie diminue et le chômage est élevé, surtout chez les plus jeunes. D autre part, les Italiens ont toujours eu la capacité extraordinaire de ne pas se laisser démoraliser. C est pourquoi, personnellement, je continue à considérer l avenir avec optimisme. En matière d assurances, la situation est différente : les entreprises italiennes sont fortes et solides, et le marché recèle encore un potentiel de croissance considérable. Par rapport au produit intérieur brut, les dépenses en matière d assurances sont plus faibles que presque partout ailleurs en Europe. Entre-temps, l activité de l assurance Vie a manifestement repris son cours. Il existe une réelle chance que la tendance de croissance négative change maintenant de direction aussi bien pour l assurance non-vie que pour l assurance Vie. Le marché italien de l assurance se concentre aujourd hui plus que jamais sur un petit nombre de multinationales avec une rétention propre potentiellement plus élevée. Par conséquent, il y a moins d activité de réassurance. Quelles modifications ou quels développements jugez-vous nécessaires sur le marché de la réassurance? La réassurance est un outil de gestion de capital et offre des solutions innovantes et approfondies qui vont bien au-delà de la gestion des risques individuels ou des portefeuilles de risques. Les entreprises italiennes sont des clients exigeants et, à ce titre, elles ont déjà changé 16 Munich Re Topics Magazine 1/2014

19 Italie Figure 3 : Pénétration de l assurance en 2012 (en pourcentage du PIB) Royaume-Uni France Suisse Espagne Allemagne Italie Vie Property et Casualty 0,0 2,0 4,0 6,0 8,0 10,0 Nécessité d une plus grande initiative personnelle en matière de prévoyance De même, dans d autres secteurs du système social, les Italiens doivent se préparer à des modifications d une portée considérable. Aldo Minucci, président de l ANIA, la fédération italienne des assureurs, ne laisse planer aucun doute : une initiative personnelle plus forte est nécessaire pour garantir une prévoyancesanté appropriée. Il demande plus de souplesse dans le cadre de l exercice des droits des co-assurés et des incitations fiscales plus fortes. En outre, la protection contre le risque de dépendance devrait être encouragée et intégrée automatiquement dans l offre des fonds de pension. Source : Munich Re, Economic Research d attitude. Les fractions des risques gardées pour propre compte étant plus élevées, il s est produit un recul des dépenses totales, surtout parce que la part de la réassurance proportionnelle a reculé. D autre part, on développe constamment de nouvelles solutions et de nouveaux produits. Cela offre de la même manière aux réassureurs et aux courtiers toute une série de nouvelles possibilités. En ce qui concerne les pleins de conservation dans le cas des traités en excédent de sinistres, je voudrais faire remarquer que certains des plus grands clients européens sont justement en train de repenser leur stratégie. Ils ont pu constater qu une rétention propre plus élevée n est pas toujours efficace en termes de capital. Comment les réassureurs peuvent-ils soutenir le marché italien qui doit affronter des problèmes non seulement du côté de la demande mais également du côté de l offre? Le manque d offre en Italie n est sûrement pas un problème de quantité, car les capacités y sont plus que suffisantes. Cependant, il se peut que cela soit un problème de qualité, dans la mesure où les réassureurs et les courtiers devraient se concentrer de la même manière sur l élaboration de produits nouveaux et innovants à la hauteur des défis d aujourd hui. Beaucoup de choses ont déjà été faites de ce point de vue, mais comme cela est souvent le cas, ce n est pas encore suffisant. L introduction de Solvency II traîne en longueur. Comment les entreprises italiennes sont-elles préparées aux nouvelles lignes directrices? Le défi réel consiste de nos jours à se procurer du capital. Chaque PDG réfléchit à la façon d y parvenir, que Solvency II soit sur le point d entrer en vigueur ou non. La réassurance est de ce fait un outil souple qui peut être utilisé aussi bien pour constituer du capital supplémentaire que pour réduire les besoins en capitaux. Par conséquent, je suis convaincu qu elle continuera à jouer un rôle important. En ce qui concerne l application de Solvency II, je crois que les retards posent des difficultés surtout aux acteurs de plus petite taille. Les plus grandes entreprises s y préparent au moins en partie depuis un certain temps. Elles sont parvenues grosso modo à mettre en place une gouvernance solide y compris une fonction de gestion des risques dans tous les secteurs d activité. Même si la plupart des assureurs italiens ont l intention de définir leur position en matière de capital sous Solvency II selon la formule standard, au moins 4 groupes d assurances ont déjà formulé une demande d autorisation préalable pour des modèles internes. Les séismes les plus récents, qui ont causé beaucoup de dommages, ont mis en lumière une série de problèmes liés à la prévention et à la gestion des risques. Que peut-on faire ici pour améliorer la situation? Le fait qu il y a des risques de séismes en Italie n est en rien nouveau. Les terribles catastrophes des années passées ont toutefois encore montré combien il est urgent de trouver ici une solution pour traiter ce genre d événements. Bien que le secteur de l assurance travaille déjà depuis un temps considérable à différentes options, l Italie reste l un des rares pays industrialisés ne disposant pas d un programme prévu par l État ou d un programme combiné public-privé. Mais les initiatives les plus récentes du gouvernement semblent indiquer une sensibilisation croissante à ce problème. Par conséquent, je suis optimiste quant à une solution prochaine. L ANIA, la fédération italienne des assureurs, a déjà formé un groupe de travail qui se compose de représentants de toutes les grandes entreprises italiennes ainsi que de Munich Re et Guy Carpenter. Munich Re Topics Magazine 1/

20 Italie Toutefois, même dans le secteur des catastrophes naturelles, il faut s attendre à de grandes modifications si le gouvernement ne peut plus jouer suffisamment son rôle «d assureur de dernière instance» parce que les caisses de l État sont vides. D autres solutions doivent combler le vide qui en résulte (lire également à ce sujet l entretien avec Massimo Reina, page 16). Les séismes des années passées en Émilie- Romagne (2012) ou à L Aquila (2009) ont encore confirmé à quel point l Italie est fortement exposée aux risques de catastrophes naturelles. Il ya quelques temps, le secteur de l assurance a déjà signalé qu il était disposé à coopérer à la constitution d un système combiné public-privé pour couvrir de tels risques. Selon Tom Van den Brulle, directeur de l antenne de Munich Re à Milan, une participation plus directe aurait toute une série d avantages : allègement du budget public, responsabilisation des propriétaires d appartements et de maisons, une plus grande transparence et plus de sécurité dans le règlement des sinistres dans le temps. L assurance non-vie : un segment qui manque de tonus La nécessité de faire plus de prévoyance individuelle privée dans les secteurs des catastrophes naturelles et de la protection sociale pourrait conférer un nouvel élan au secteur de l assurance en Italie. Avec des rentrées de cotisations brutes de 108 milliards d en 2012, la branche se place certes dans le peloton de tête européen derrière la Grande-Bretagne, la France et l Allemagne. La grande partie des cotisations se concentre toutefois sur le secteur de l assurance Vie. À l exception de la RC Automobile, le segment de l assurance non-vie est toutefois peu développé lorsque l on opère une comparaison au plan européen (voir aussi figure 4). Après 2 années de rentrées de cotisations en recul, l année 2013 a marqué un changement de tendance. Le total des primes encaissées (assurance Dommages et Vie) pourrait s élever selon les estimations à 114 milliards d. Les augmentations viennent essentiellement de la branche assurance Vie qui se trouve maintenant en hausse après l effondrement de 18 % en 2011 et un nouveau recul en 2012 ( 5,5 %). Au total, le volume des primes encaissées pourrait connaître une hausse de 15 % et dépasser ainsi 80 milliards d. L augmentation repose sur un portefeuille plus grand et plus spécifique de produits de la branche I qui sont vendus aux guichets des banques, ainsi que sur la vente, de nouveau croissante, de polices de la branche III qui devraient profiter de la situation améliorée des marchés boursiers et financiers. Dans le segment des sinistres, l encaissement de primes pourrait en revanche se réduire encore légèrement, ce qui est surtout dû à la conjoncture languissante. Alors que le recul dans les branches autres que l automobile pourrait encore être dans une certaine mesure modéré, les cotisations dans la branche de l assurance Automobile sont de manière particulièrement évidente sous pression, surtout en raison de la diminution persistante des nouvelles demandes d immatriculation. Au total, les primes réalisées en 2013 pourraient s élever à environ 34 milliards d, après 35,4 milliards d en Changement de tendance pour l encaissement de primes Compte tenu de la hausse des primes réalisées, particulièrement dans la branche Vie comme déjà mentionné, la rentabilité des assureurs pourrait aussi augmenter. En 2012 déjà, la tendance négative des 2 années précédentes a été rompue. Au total, les assureurs ont réalisé en 2012 un profit de 5,8 milliards d après déduction d impôts et ont pu ainsi plus que compenser la perte de 4,4 milliards des 2 années précédentes. La branche Dommages, avec un profit de 0,6 milliard d, clopinait toutefois très loin derrière la branche Vie avec un excédent de 5,1 milliards d. Figure 4 : Répartition des primes en assurance non-vie, 2012 L assurance RC Automobile représente presque 50 % du marché de l assurance non-vie et prédomine donc nettement. Il y a donc encore de la marge. RC Automobile : 49,6 % Accidents et Santé : 14,4 % Dommages aux biens : 13,9 % Transport : 9,0 % RC générale : 8,3 % Crédit et caution : 1,3 % Autres branches : 3,4 % Source : ANIA, juillet Munich Re Topics Magazine 1/2014

21 Italie Ces derniers temps, l Italie a dû affronter des difficultés sur le marché des capitaux. Elle est malgré tout la 8 e économie dans le monde et donc un facteur important. De même, la capitalisation des entreprises s est améliorée. Les assureurs italiens disposaient fin 2012 d une marge de solvabilité d un montant de 50,4 milliards d, ce qui représentait environ 11 % de plus que l année précédente. Ils ont atteint avec ce résultat 2,2 fois le minimum légal requis. Dans la branche Vie, la marge de solvabilité était de 31,8 milliards d, autrement dit le double du minimum requis, et dans la branche Dommages elle était de 18,6 milliards d, ce qui correspond à 2,76 fois le minimum. Après des années de crise, l Italie a créé les bases pour mettre le cap sur la croissance. Les changement économiques et sociaux auxquels doit s attendre le pays dans les années à venir offrent un nouveau potentiel au secteur de l assurance. Car, comparés à d autres pays européens, les Italiens sont sous-assurés dans de nombreuses domaines. Alors que la branche Vie montre déjà des signes manifestes de saturation, il y a un gros retard à combler dans la branche non-vie. Dans ce secteur, les fournisseurs ont de bonnes chances de s imposer avec des produits innovants et conçus en fonction des besoins spéciaux des ménages privés et des entreprises. NOTRE EXPERT : Paolo Ghirri est Executive Client Manager chez Munich Re à Milan. [email protected] Munich Re Topics Magazine 1/

22 Italie Petites et moyennes entreprises Performantes mais sous-assurées Qu elles fabriquent des produits en maille ou des meubles design, les petites et moyennes entreprises sont la colonne vertébrale de l économie et génèrent la majeure partie de la valeur ajoutée en Italie. Mais beaucoup d entreprises n ont pas de couverture d assurance adéquate. Il est un chiffre qui à lui seul suffit à montrer combien il règne un grand esprit d entreprise en Italie : le nombre de sociétés enregistrées s élève actuellement à 3,9 millions, soit environ un cinquième de plus qu en Allemagne. La majeure partie d entre elles (3,8 millions) sont des petites et moyennes entreprises (PME) ayant jusqu à 250 employés, et 95 % de celles-ci ne comptent même pas 10 employés. C est le pourcentage le plus élevé de micro-entreprises dans l Union européenne. Presque 94 % des PME italiennes génèrent un chiffre d affaires annuel de moins d un million d. Au total, les PME représentent bien 80 % des emplois et sont ainsi responsables en grande partie de la vitalité et du dynamisme de l économie italienne. La très grande majorité de la classe moyenne, aussi bien celle qui est attachée à ses racines que celle qui se montre plus flexible, s est implantée en Italie du Nord. Que ce soit les pull-overs ou les pièces mécaniques, les bijoux ou les meubles design, les bracelets de montres ou les climatiseurs, il n y a quasiment pas de produits artisanaux qui ne sont pas produits ici. L énorme poids économique de la région se voit aussi au produit intérieur brut par habitant qui, avec dans la région du Frioul-Vénétie julienne la principale région dans laquelle est établie la classe moyenne italienne, se situe nettement au-dessus de la moyenne de des 27 pays de l UE. Les entreprises bien assurées obtiennent plus facilement des crédits Cependant, la fédération des entrepreneurs Confindustria a dernièrement tiré le signal d alarme. La crise de la dette avec ses économies et ses augmentations d impôts a des conséquences radicales pour la classe moyenne et menacerait l existence des entreprises. C est notamment l énorme réduction de l attribution de crédits, avec les conséquences que cela entraîne et contre lesquelles la banque centrale italienne met également en garde, qui a sévèrement malmené les entreprises. Car l accès à l emprunt est justement décisif pour la croissance et le succès des PME. Pour faire plus facilement appel à l emprunt auprès des banques, il est absolument indispensable d avoir une gestion des risques qui fonctionne. Les assurances sont une possibilité pour y parvenir, comme l a montré une étude de l ANIA-IRSA. Selon cette étude, les entreprises bien assurées ont plus facilement accès au crédit. Part d emplois en fonction de la taille de l entreprise Italie Pologne UE-27 France Allemagne L Italie aime ce qui est tout petit : la grande majorité des employés italiens travaillent dans des petites et moyennes entreprises. Un record par rapport au reste de l Europe. Plus de 250 collaborateurs Jusqu à 250 collaborateurs Source : Deutsche Bank Research États-Unis 0 % 25 % 50 % 75 % 100 % 20 Munich Re Topics Magazine 1/2014

23 Italie Cependant, les PME sont loin d être toutes suffisamment assurées, et ce, même si l on effectue une comparaison au plan international. Une protection suffisante serait donc souhaitable pour la simple raison que les PME sont plus vulnérables face aux événements extérieurs en raison de leur dotation en capital la plupart du temps trop juste et de l accès limité aux marchés financiers. Il apparaît que 14 % des entreprises n ont pas de protection contre l incendie et autres dégâts matériels, le risque le plus fréquemment assuré. La volonté de souscrire à ce type d assurances croît avec la taille de l entreprise. 31 % ne sont pas assurées contre le vol, 33 % n ont pas de protection contre les risques de responsabilité civile, et presque 90 % n ont pas de protection contre les dommages environnementaux. La grande majorité des entreprises ont justifié leur manque de couverture d assurance par le fait qu elles estimaient le risque insuffisamment élevé. Par ailleurs, certaines assurances n ont encore jamais été proposées à pratiquement 1 entreprise sur 10 et ces sociétés n en connaissaient même pas l existence. La majorité des entreprises qui avaient contracté des assurances ont exprimé leur satisfaction. Sur une échelle de 0 à 10, 80 % ont attribué à leurs polices la note 7 ou plus, 2 % seulement ont donné une note inférieure à 5. L étude réalisée par l ANIA-IRSA a en outre mis au jour un lien entre assurance et prévention des risques. Les entreprises qui ont contracté des couvertures adaptées s engagent davantage dans la prévention de sinistres, par exemple en installant des détecteurs d incendie et en prenant les dispositions nécessaires vis-à-vis d éventuels sinistres. En outre, il apparaît que les chefs d entreprise sont encore plus disposés à contracter des assurances lorsqu ils ont pris aussi, dans leur vie privée, les dispositions nécessaires pour eux-mêmes et leur famille. La mode italienne est demandée dans le monde entier. Ici, les vestes qui viennent d être réalisées sont repassées, avant de quitter la fabrique. Les assurances peuvent jouer un rôle important dans la croissance des PME, en aidant les entreprises à acquérir plus de stabilité, à améliorer leur compétitivité et à les encourager à prendre des risques sur de nouveaux marchés. Avec l introduction de Bâle III, l accès aux crédits et leurs coûts va dépendre davantage du profil de risque de l emprunteur. Plus la couverture d assurance est étendue, plus il sera facile pour les PME de faire appel au crédit et plus les intérêts qu elles devront payer seront bas. Munich Re Topics Magazine 1/

24 Italie Les trésors du patrimoine artistique situés en zone sismique Un marché à fort potentiel En ce qui concerne la variété des trésors culturels et artistiques, l Italie ne peut être comparée à aucun autre pays. Mais beaucoup de monuments sont mis en danger par les séismes. La longue liste des biens inscrits au patrimoine mondial par l UNESCO témoigne de la richesse de l héritage culturel. Avec 49 biens déjà inscrits (2013), l Italie est le pays le plus fortement représenté ; 41 autres monuments culturels sont en cours d examen. Pour être admis sur cette liste, les biens considérés doivent avoir une valeur universelle et un caractère exceptionnel pour le patrimoine mondial. Les gravures rupestres de Valcamonica, l une des plus grandes découvertes de pétroglyphes préhistoriques dans le monde entier, tombent dans cette catégorie. Elles sont le premier bien culturel en Italie à avoir été reconnu par l UNESCO en Parmi les tous nouveaux biens reconnus, les villes de Mantua et de Sabbioneta sont des exemples exceptionnels de l urbanisme de la Renaissance. Sur la liste de l UNESCO figurent aussi des curiosités beaucoup plus connues comme les Cinque Terre, l église Santa Maria delle Grazie avec le tableau de la Cène de Léonard Vinci ou la vieille ville de Florence avec la Galerie des Offices. Il y a quelques années, le Ministère italien de la Culture a entrepris de tenter de dresser l inventaire de l héritage culturel de l Italie. L Istituto Centrale Restauro et l Ufficio Centrale per i Beni Archeologici Artistici et Architettonici ont donc établi une carte des risques. Il y figure biens culturels, parmi lesquels biens archéologiques et biens architectoniques. 800 d entre eux, qui se trouvent dans les seules villes de Rome, Naples, Turin et Ravenne, ont été étudiés à titre d exemple sous l angle des risques auxquels ils sont exposés. Il s est avéré que 3 facteurs jouent là un rôle décisif : la pollution, la menace représentée par l homme (pression démographique, vandalisme ou vol) et le risque statique et structurel dû à des phénomènes naturels comme les séismes ou les inondations. plus du tout accessibles ou bien ne l étaient plus qu en partie. Beaucoup n ont pas résisté aux secousses telluriques et ont été détruits irrémédiablement. Les trésors architecturaux les plus fortement touchés ont été l église de Santa Maria di Collemaggio datant du 13 e siècle ainsi que la monumentale basilique de Saint- Bernardin de Sienne datant du 16 e siècle. Les séismes les plus récents dans la plaine du Po, en mai et juin 2012, nous ont de nouveau montré à quel point ces monuments sont vulnérables : les dommages causés aux bâtiments historiques se sont élevés à environ 1,1 milliard d et les dommages économiques ont globalement représenté 13 milliards d. Un encaissement de primes potentiel se chiffrant en millions D un point de vue actuariel, cela vaut la peine de jeter un coup d œil au marché des assurances pour les Après le séisme de 1996, la coupole de la cathédrale de Noto s est effondrée à l intérieur de l édifice parce que les fissures n ont pas été réparées à temps. Les séismes menacent 60 % de la substance historique 60 % de tous les monuments et bâtiments ayant une importance historique sont menacés par les séismes en Italie ; c est également le constat qu a pu faire le Ministère de la Culture à Rome. Plus de bâtiments historiques se trouvent dans des régions à haut risque, avec des conséquences dévastatrices comme l a montré le séisme survenu dans la région de L Aquila en 2009, dans le centre de l Italie. Environ bâtiments y ont été endommagés. Sur les trésors d architecture que compte au total la région, 713 n étaient Noto : la reconstruction de l église a coûté très cher. Ici une photo de Munich Re Topics Magazine 1/2014

25 Italie À la frontière de 2 plaques Le danger dû aux séismes est plus élevé en Italie que dans tout autre État du continent : pratiquement tout le pays est situé à la frontière entre 2 plaques, la plaque africaine au sud appuyant ici sur le continent européen. La liste des graves séismes est donc longue. En voici un extrait. Février 62 : un grave séisme a fortement endommagé la ville de Pompéi au pied du Vésuve. En 79 la ville a été dévastée par une explosion volcanique. Décembre 1456 : un séisme a détruit Naples en Italie. On a déploré entre et morts. Janvier 1693 : un grave séisme en Sicile et en Calabre (Italie) a causé le décès d environ personnes. Décembre 1908 : séisme à Messine. Ce tremblement de terre a déclenché un Tsunami. Selon les sources, il y a eu entre et victimes. L intensité était de 7,5. Janvier 1915 : un grave séisme dans la province de L Aquila, d une intensité de 7,5, a fait environ victimes. Mai 1976 : un séisme dans le Frioul, de magnitude 6,5 sur l échelle de Richter, a coûté la vie à environ 970 personnes ; personnes se sont retrouvées sans toit. Septembre 1997 : un séisme d intensité 5,7 a endommagé environ bâtiments dans 77 localités situées dans les régions apennines de l Ombrie et des Marches. Au total, 12 personnes sont mortes. La basilique Saint-François d Assise, où se trouve les fresques mondialement connues de Giotto et Cimabue, a également été gravement endommagée. Le préjudice total du séisme se chiffre à au moins 2,56 milliards d. Aléa sismique en Italie (jaune = faible, orange = moyen, rouge = élevé) Source : Dipartimento della Protezione Civile, Octobre 2002 : lors d un séisme d intensité de 5,3, 30 personnes sont mortes à San Giuliano di Puglia (région de Molise), dont 26 enfants, qui ont été ensevelis sous les décombres de leur école délabrée. Avril 2009 : dans la région des Abruzzes, la terre a tremblé autour de la ville de L Aquila. Le séisme avait une magnitude de 5,8 à 6,3 sur l échelle de Richter selon différentes mesures. Plus de 290 personnes ont perdu la vie et environ personnes se sont retrouvées sans toit. Mai 2012 : un séisme de magnitude 6,0 a ébranlé l Emilie- Romagne ; l épicentre se trouvait près de Camposanto. Plusieurs personnes sont mortes ; quelques milliers de gens se sont retrouvés sans toit. Cela a été le séisme le plus grave depuis 500 ans dans la région, qui ne compte pas parmi les plus menacées d Italie au plan tectonique. Munich Re Topics Magazine 1/

26 Italie L Aquila en avril 2009 : un pompier s efforce de sauver des tableaux de la basilique de Collemaggio après le séisme. œuvres d art. En considérant la notion d objet d art au sens large, l encaissement de primes potentiel (sur la base de la tarification actuellement pratiquée sur le marché) est estimé à environ 40 à 45 millions d par an. Outre les tableaux, les sculptures, les meubles historiques, les fresques, les objets archéologiques et les bijoux, la notion d objet d art au sens large englobe également les vieux livres, les collections de timbres et de pièces de monnaie ainsi que les installations contemporaines. De plus, les collections diverses (bandes dessinées, maquettes, etc.), les photographies, les instruments de musique, les objets design, les voitures de collection et les grands vins sont à considérer comme des objets d art. Sur la totalité de l encaissement de primes estimé, 60 % concernent des polices à court terme (expositions, événements, assurances de transport, contrats individuels, contrats généraux) et les 40 % restants proviennent des polices de polongation (collections d entreprises et privées, musées, institutions, restaurateurs, fabricants d instruments, orchestres). pagnie d assurances des données aussi sensibles. De plus, il ne faut pas oublier que les coûts d une assurance d œuvres d art sont souvent mal estimés. Les taux de primes de la branche Incendie et Vol sont pris à titre de comparaison, alors que les taux sont en réalité bien en deçà. Si, dans l évaluation du potentiel du marché de l assurance des œuvres d art, l on prenait en compte les collectionneurs susmentionnés, les tierces personnes privées ainsi que les institutions publiques et privées qui, quelles qu en soient les raisons, ne sont pas assurés, l encaissement de primes potentiel s élèverait à environ 55 millions d. >> Un article détaillé sur l aléa sismique en Italie est déjà paru dans notre publication Topics Geo Seuls 5 collectionneurs sur 10 sont assurés Une attention particulière doit être accordée au pourcentage des assurés. Celui-ci s élève à 100 % pour les expositions, mais tombe toutefois à la moitié pour les collections privées. Cinq collectionneurs sur dix ne sont pas assurés, peut-être parce que bon nombre d entre eux ne sont pas du tout conscients du fait qu ils ont en leur possession des œuvres d art précieuses. Par ailleurs, ils font preuve d une grande méfiance, car il n est pas facile de confier à une com- 24 Munich Re Topics Magazine 1/2014

27 Où en est votre gestion des sinistres? L évolution des risques météorologiques a un impact considérable sur les compagnies d assurance qui doivent trouver des réponses permettant de faire face aux sinistres majeurs et de s en remettre rapidement. Deux nouvelles publications de notre série «Knowledege Series» ont pour but de les y aider. Dans la publication «Claims management following natural catastrophes», nous étudions les grandes catastrophes naturelles et climatiques de ces dernières années et en tirons des enseignements utiles aux assureurs dans le cadre de leur politique de prévoyance et de gestion des sinistres. La publication «Severe weather in Eastern Asia» s intéresse tout particulièrement à l évolution des risques en Asie orientale. Pour obtenir ces 2 publications en anglais, vous pouvez les télécharger sur notre portail Clients connect.munichre.com ou vous adresser à votre manager Clients. Pour de plus amples informations, contactez votre manager Clients. not if, but how Munich Re Topics Magazine 1/

28 CARENCE DES FOURNISSEURS Une meilleure vue d ensemble à tous les niveaux Le séisme au Japon et les inondations en Thaïlande en 2011 ont montré le fort potentiel de cumuls découlant de l interruption des chaînes d approvisionnement. Depuis lors, les entreprises passent systématiquement au crible leurs processus de production à la recherche de composants critiques. Les stocks arriveront-ils à temps? Les produits finaux comprennent aujourd hui des composants livrés dans le monde entier. 26 Munich Re Topics Magazine 1/2014

29 CARENCE DES FOURNISSEURS Christian Wegner Les événements de 2011 ont affecté l économie à tel point que de nombreuses entreprises considèrent désormais l interruption des chaînes d approvisionnement comme l un de leurs plus gros risques. Dans une économie mondialisée, le risque d un arrêt involontaire de la production augmente avec l accroissement des spécialisations et la diminution du volume de production. Au lieu de produire elles-mêmes, les entreprises ont recours, par souci d efficacité, à des produits sur mesure fabriqués par des sociétés en amont. Depuis longtemps, celles-ci ne livrent plus uniquement dans les délais fixés («just-in-time»), elles veillent aussi au respect de l ordre («just-insequence») des pièces fournies. De plus, comme les frais de transport avaient tendance à peser de moins en moins lourd dans le budget, les chaînes d approvisionnement n ont cessé de se tendre. Mais, on a souvent oublié que, dans une chaîne d approvisionnement, chaque maillon est important pour le système, dès lors qu il ne peut pas être remplacé assez rapidement. Les compagnies d assurance sont alors confrontées au problème lorsqu un fournisseur clé de tout un secteur industriel disparaît et que cela met en difficulté d autres entreprises. Dans le pire des cas, il existe un risque d effet domino généralisé qui, pour une multitude d entreprises dans les régions les plus diverses, entraîne des dommages dus à l interruption des chaînes d approvisionnement. Ces pertes d exploitation indirectes sont souvent couvertes par une assurance de la carence des fournisseurs. Compte tenu de leurs structures, les industries Automobile et Électronique sont particulièrement exposées aux dommages Carence des fournisseurs. C est ce que démontre une évaluation réalisée en 2011 sur 45 sinistres Carence des fournisseurs dans lesquels Munich Re a participé en sa qualité de réassureur (voir figure 1). La situation s aggrave en raison de la concentration géographique des producteurs Le problème s accentue lorsqu un ou quelques fournisseurs hautement spécialisés approvisionnent divers secteurs ou lorsque ces fournisseurs se concentrent dans un espace restreint et sont touchés de la même façon par un sinistre. Ainsi, les 45 sinistres Carence des fournisseurs analysés par Munich Re ont causé en 2011 presque exclusivement des dommages matériels suite au séisme qui s est produit au Japon et aux inondations en Thaïlande. Les fournisseurs concernés sont surtout des fabricants d ordinateurs, d appareils électriques et électroniques ainsi que des constructeurs de semi-conducteurs. À la page suivante, on peut voir sur la carte combien de constructeurs de semi-conducteurs critiques pour l industrie mondiale se sont notamment installés au Japon et à Taïwan, 2 pays fortement exposés aux risques naturels. Figure 1 : Répartition des sinistres Carence des fournisseurs par type d activité 45 sinistres par carence des fournisseurs dans lesquels Munich Re a été impliqué ont été analysés en 2011 : avec plus de 50 %, le secteur informatique détient la plus grande part du préjudice total assuré par carence des fournisseurs. Source : Munich Re fabrication d ordinateurs, d appareils électriques et électroniques : 51 % (14 cas) construction automobile : 36 % (17 cas) autres : 8 % (11 cas) usines de semi-conducteurs : 5 % (3 cas) En cas d arrêt forcé de la production, les entreprises concernées doivent s attendre à des conséquences dépassant les pertes financières directes. La fuite des clients et une réputation écornée peuvent nuire à la marque, ce qui risque d entamer la confiance sur le marché financier. Afin de renforcer les chaînes d approvisionnement, il est donc recommandé d adopter une approche qui comprend l exposition globale aux risques et la chaîne de valeur et qui va au-delà de la simple couverture des sinistres Carence des fournisseurs. Cela amène en fin de compte à examiner, dans la mesure du possible, les points faibles de tous les fournisseurs et de leurs sites de production. En outre, il faudrait contrôler les plans d urgence des fournisseurs et, si possible, ceux de leurs sous-traitants. Lorsque des composants critiques et d éventuels rapports de dépendance entre les fournisseurs sont identifiés dans la chaîne de production, il conviendra, dans une prochaine étape, de définir des alternatives. Une possibilité consiste à diversifier les relations d approvisionnement plutôt que de se fier à un ou quelques fabricants, même si cela induit des frais supplémentaires. Il est également possible de renforcer la chaîne d approvisionnement en tenant à disposition un certain nombre de composants critiques dans des entrepôts spécifiques. En cas d arrêt d exploitation, les plans de continuité des activités ont fait leurs preuves dans le cadre de la gestion des risques à l échelle de l entreprise. Une étroite collaboration entre les dirigeants d entreprise et les gestionnaires de risque est requise. Munich Re Topics Magazine 1/

30 CARENCE DES FOURNISSEURS Sites de production zone 0 : MM* V et moins zone 1 : MM VI zone 2 : MM VII zone 3 : MM VIII zone 4 : MM IX et plus Typhon * selon l échelle de Mercalli modifiée Source : Munich Re Au Japon, les constructeurs de semi-conducteurs se concentrent sur un espace restreint. Sur la carte, on peut voir leur exposition aux risques naturels (séisme et typhon). De grosses entreprises ont déjà pris leurs précautions, PM. par le passé, en élaborant des plans d urgence :53:37 pour faire face à d éventuelles difficultés de livraison. Toutefois, les événements de 2011 ont mis en lumière les défaillances du système. Les entreprises industrielles, notamment dans le secteur automobile, en ont profité pour vérifier leurs plans d urgence et les adapter en conséquence. Munich Re salue cette initiative, le renforcement des chaînes d approvisionnement était bien l une des exigences majeures après les événements en Asie. Des défis pour le secteur de l assurance Dans la mesure où une défaillance de la chaîne d approvisionnement peut rapidement aboutir à des charges financières considérables, les compagnies d assurance ont elles aussi revu leur façon de penser. Les responsables ont été affectés en particulier par les cumuls inconnus souvent liés à l interruption des chaînes d approvisionnement et, par conséquent, incontrôlés. En effet, seul un contrôle effectif des cumuls garantit le respect des engagements contractés en matière de prestations. Avec une large connaissance des risques et une gestion scrupuleuse des risques, il est en principe possible de prendre en charge des risques complexes et systémiques. C est pourquoi, ces 2 dernières années, Munich Re et divers assureurs ont étudié de façon approfondie les risques dus aux interruptions d exploitation et de chaînes d approvisionnement et les ont réévalués. Aujourd hui, nous savons de manière bien plus précise où se situent les risques originaux et à quel point nous y sommes exposés. Afin de mieux gérer notre propre portefeuille, de nombreuses assurances Carence des fournisseurs sont désormais subordonnées à la condition que l assuré prouve une évaluation détaillée et qualifiée des risques de la chaîne d approvisionnement et quantifie le montant maximal du préjudice financier. Néanmoins, la complexité et la modification constante des chaînes d approvisionnement placent encore le souscripteur devant de grands défis. Certains facteurs de risque restent difficiles à appréhender, notamment lorsqu il est question de la flexibilité des processus de production ou de la qualité de la gestion des risques pour l assuré. Dans ce cas, le souscripteur est tributaire des informations qui sont généralement peu standardisées et considérées comme «sensibles» par les clients. De plus, l apparition de nouveaux parcs industriels dans les pays émergents comme en Chine sur le delta de la rivière des Perles ou dans les environs de Shanghai constitue un facteur susceptible d engendrer de nouveaux risques de cumul. Tant que toutes les informations essentielles concernant l évaluation du risque ne seront pas disponibles, que ce soit par manque de bonne volonté ou en cas d impossibilité de fournir les données, le secteur de l assurance continuera à revendiquer une plus grande transparence. C est en effet la seule façon de réaliser l objectif visant à offrir des solutions d assurance en cas de carence des fournisseurs à des conditions adéquates et avec des limites de responsabilité appropriées. Munich Re doit définir des conditions et des limites de façon restrictive lorsque le risque et l exposition des cumuls en résultant ne peuvent pas être estimés de manière suffisante. Lorsqu il y a suffisamment de transparence et que les primes sont justifiées, nous offrons à nos clients des garanties adaptées en cas de carence des fournisseurs. Le défi particulier auquel un réassureur mondial est confronté consiste à maîtriser le cumul de carences des fournisseurs ressortant des affaires contractuelles car, suite à des catastrophes naturelles, une grande partie des dommages d interruption survenus dans le monde entier sont susceptibles d être pris en charge par seulement quelques réassureurs. 28 Munich Re Topics Magazine 1/2014

31 CARENCE DES FOURNISSEURS Figure 2 : Les divers profils de risque des différentes branches industrielles Industrie automobile Industrie des semi-conducteurs 15 à 30 constructeurs 500 à clients directs à fournisseurs de pièces quelconques Plus de producteurs 500 à fournisseurs clés 80 à 120 producteurs de plaquettes 80 à 120 producteurs de plaquettes Le nombre d assurés critiques est appréciable, mais les montants de garantie respectifs sont élevés. Le nombre d assurés critiques est difficilement contrôlable, mais les montants de garantie respectifs sont moins élevés. Même si on est obligé d accepter que des risques liés à la carence des fournisseurs ne peuvent pas être totalement pris en compte dans les affaires garanties sur base contractuelle, nous aspirons à contrôler au moins les scénarios de carence particulièrement critiques. Ces scénarios sont caractérisés par 3 facteurs : sans carence des fournisseurs, il faut s attendre à d importants dégâts causés par une catastrophe naturelle dans une région. En raison de dépendances critiques avec des montants de garantie élevés, l entreprise assurée est particulièrement exposée à des pertes Carence des fournisseurs. De plus, il existe un fort risque de cumul puisque les sites de production critiques des fournisseurs sont menacés. Dans cette perspective, il en résulte des scénarios critiques, notamment pour Taïwan ou certaines régions des États-Unis où nous devons rechercher quelle est la responsabilité assumée par les assureurs par rapport aux fournisseurs. Gestion des risques : point de départ central Afin de pouvoir proposer à l avenir des couvertures plus ciblées aux clients issus de l industrie tout en réduisant les incertitudes des assureurs, il faudrait songer à une approche différente pour l assurance des sinistres dus à l interruption des chaînes d approvisionnement. La gestion des risques de l assuré s impose comme un critère de rattachement dans le but d identifier d éventuels points faibles dans les processus de production ainsi que les dépendances critiques des fournisseurs. Dans le cadre de la gestion des risques, une 1re étape permet de réduire considérablement les risques en organisant les processus de production et leurs liaisons en conséquence. Le risque résiduel est alors assuré de manière ciblée uniquement en cas de défaillance de pièces reconnues comme étant particulièrement critiques et ce, avec de bonnes informations sur les risques et à un prix adéquat. Cette approche présenterait l avantage d établir une plus grande transparence pour les risques de cumul en réduisant la complexité, ce qui permettrait de mieux coordonner la gestion des risques et le produit d assurance. Conclusion Dans l ensemble, des améliorations peuvent être apportées à tous les niveaux en cas d interruption des chaînes d approvisionnement. Les entreprises industrielles peuvent compter sur l expertise de spécialistes externes qui identifient les sources de risque individuelles et peuvent proposer des solutions. Avec leur grande connaissance des risques, les assureurs constituent assurément des interlocuteurs de premier choix. Au cours de ces 2 dernières années, Munich Re a multiplié les discussions avec les assureurs, les courtiers et les entreprises de l industrie automobile et du secteur des semi-conducteurs. Nous voulons poursuivre ce dialogue pour apprendre les uns des autres et trouver des solutions adaptées. Les mesures prises jusqu ici pour une meilleure vue d ensemble vont dans la bonne direction et laissent augurer de nouvelles avancées dans le domaine de l assurance Carence des fournisseurs. NOTRE EXPERT : Christian Wegner occupe le poste de Senior Corporate Underwriter à Munich Re. [email protected] Munich Re Topics Magazine 1/

32 RC PRODUITS Les prothèses examinées à la loupe Elles sont censées soulager la douleur et améliorer la qualité de vie des patients. Mais quand une prothèse s avère défectueuse, les conséquences sont lourdes, et ce, pas seulement pour le patient. Les sinistres sériels peuvent se chiffrer à plusieurs milliards. Il convient donc de faire preuve de la plus grande prudence dans le cadre de la souscription. Le chirurgien montre la tige d une prothèse de hanche dont la partie longue pénètre profondément dans le fémur du patient. Le tissu osseux repousse à la surface rugueuse de l implant en l espace de 6 à 8 semaines. 30 Munich Re Topics Magazine 1/2014

33 RC PRODUITS Ulrike Kienzle, Wolfgang Lanzner et Alfred Sattler Les montants élevés des demandes d indemnisation pour cause de prothèses défectueuses font régulièrement les gros titres : dans les années 1990, un certain nombre d entreprises ont dû payer des dommages et intérêts s élevant au total à plusieurs milliards de $US car leurs prothèses mammaires en silicone fuyaient. En 2010, Medtronic a été contrainte de verser 268 millions de $US d indemnités à patients ayant porté plainte contre l entreprise en raison du caractère défectueux de leur défibrillateur implantable, un stimulateur cardiaque produisant des chocs électriques ciblés pouvant empêcher un arrêt cardiaque. Il y a quelques mois seulement, un tribunal de Los Angeles a rendu son jugement sur le premier cas d actions en dommages et intérêts intentées contre le fabricant de prothèses de hanche DePuy (au total, plaintes ont été déposées) : l ancien gardien de prison Loran Kransky, originaire du Montana, s est vu attribuer 8,3 millions de $US car il a été établi que les maux dont il souffrait étaient causés par une prothèse de hanche DePuy. En 2010, cette entreprise appartenant au groupe Johnson & Johnson a dû rappeler implants de ce type. Les coûts entraînés par ce retrait du marché s élèvent maintenant à plusieurs centaines de millions de $US. D après les analystes, la vague de plaintes pourrait coûter plusieurs milliards au fabricant. Les prothèses : un marché en pleine croissance Rien qu en Allemagne, hanches et genoux prothétiques sont implantés chaque année. Et patients se font poser un pacemaker ou un défibrillateur. Le développement des matériaux et des techniques opératoires, la courbe démographique et la progression des maladies de civilisation comme l obésité conduiront à une augmentation de ce type d interventions. La pose de prothèses constitue un grand progrès contribuant à l amélioration de la qualité de vie, en particulier chez les personnes âgées. Mais les interventions chirurgicales à caractère purement esthétique sont, elles aussi, en plein boom. Plus de implants mammaires (remplacement d implants compris) sont posés aux États-Unis tous les ans. Seuls 20 % de ces opérations ont pour objectif une reconstruction mammaire faisant suite à une maladie ou à un traumatisme. Certaines interventions entraînent des complications et, à long terme, la survenue de troubles et de douleurs. Au-delà des risques inhérents à toute opération chirurgicale, de plus en plus de produits défectueux sont synonymes de douleurs, de mesures de traitement supplémentaires et contraignantes, voire de remplacement prématuré de la prothèse. En cas de défaillance prématurée du produit, les frais entraînés par les actions en dommages et intérêts et les retraits du marché peuvent aisément dépasser le seuil des 100 millions de $US. Les prothèses font partie de la catégorie de risques maximum Conformément à la législation, les prothèses ne sont pas classées parmi les médicaments, mais parmi les produits médicaux, et sont donc soumises à d autres conditions d autorisation. Généralement, pour ce groupe de produits, les examens cliniques ne sont pas obligatoires. Les produits médicaux sont habituellement classés dans les 3 catégories de risques I, II et III. La catégorie I regroupe les produits représentant un potentiel de risques minimal, tels que les pansements, les béquilles ou les fauteuils roulants. Les produits de catégorie II présentent quant à eux un risque moyen. Et dans la catégorie III, on trouve les produits comportant le risque le plus élevé tels que les hanches et les genoux prothétiques, les pacemakers et les implants mammaires. Une prothèse médicale est un produit fabriqué qui remplace une partie du corps humain ou qui répare une structure ou une fonction endommagée. Elle est implantée dans le corps humain où elle remplit ses fonctions jusqu à la fin du cycle de vie du produit. Définition Casualty Risk Consulting (CRC), Munich Re Les autorisations et certifications sont-elles un gage de qualité suffisant? La récente affaire retentissante des implants mammaires frauduleux a de nouveau attisé les débats portant sur les procédures de certification des produits médicaux en Europe. Pendant des années, le fabricant français Poly Implant Prothèse (PIP) a fabriqué des implants mammaires en silicone industriel bon marché. En 2009, la multiplication des cas de rupture de prothèse a éveillé les soupçons, ce qui a permis de découvrir l escroquerie. En mars 2010, les autorités françaises ont décidé d interdire la commercialisation des prothèses mammaires PIP, provoquant ainsi la faillite de l entreprise. Munich Re Topics Magazine 1/

34 RC PRODUITS Figure 1 : Poses de prothèses de hanche en 2009 Figure 2 : Poses de prothèses de genou en 2009 Allemagne Suisse Belgique Autriche Danemark Norvège France Luxembourg Suède Pays-Bas Slovénie Royaume-Uni Finlande États-Unis Islande Rép. tchèque Australie OCDE Italie Nouvelle-Zélande Grèce Canada Irlande Hongrie Espagne Portugal Estonie Rép. de Slovénie Israël Pologne Chili Corée Mexique pour personnes Allemagne États-Unis Suisse Autriche Finlande Danemark Belgique Luxembourg Australie Canada Royaume-Uni Islande Suède Pays-Bas France OCDE Rép. tchèque Espagne Nouvelle-Zélande Italie Corée Slovénie Norvège Portugal Israël Hongrie Irlande Chili Mexique pour personnes C est en Allemagne que l on pose proportionnellement chaque année le plus grand nombre de prothèses de hanche, soit environ Aux États-Unis, tous les ans, près de patients bénéficient d une prothèse de genou. Les interventions chez les patients de moins de 60 ans sont en augmentation. Source : OECD Health Data 2011 Le certificat européen permettant la commercialisation de produits médicaux a été délivré par le centre de contrôle technique allemand TÜV Rheinland, lequel a manifestement été abusé par les faux documents utilisés. Autre cible des critiques : les contrôles annoncés, permettant à l entreprise de «préparer» à temps les documents encadrant la vérification. Selon la presse, TÜV Rheinland contrôlait uniquement ces documents, jamais le produit lui-même. Le centre technique affirme, quant à lui, que cette procédure est conforme aux réglementations. D après des estimations, près de femmes sont concernées par ce scandale. La certification en Europe Les organismes responsables du système de certification européen sont privés et décentralisés. Un fabricant peut faire son choix parmi près de 80 centres de vérification répartis dans toute l Europe pour faire certifier ses produits en y faisant apposer le sigle CE. Les organismes de contrôle voyant un grand intérêt économique dans la fidélisation de leurs clients à long terme, ils sont soupçonnés de faire preuve de trop d indulgence. Il est rare que des études cliniques incluant des tests sur les produits implantés chez des patients soient prévus. Comme le montre le cas PIP, c est la documentation du produit qui constitue le point de mire. Le produit lui-même ne fait l objet d aucun contrôle obligatoire sur place. Figure 3 : Développement des premières opérations du genou pour personnes En Europe et aux États-Unis, entre 2000 et 2009, le nombre de premières opérations du genou pour personnes a presque doublé. Les coûts par intervention se situent entre et $US. États-Unis Suisse Danemark Israël OCDE (21) Source : OECD Health Data Munich Re Topics Magazine 1/2014

35 RC PRODUITS Prothèses et risques Vue d ensemble Les prothèses destinées à rester le plus longtemps possible dans le corps du patient sont les plus exposées. Voici une vue d ensemble des produits les plus importants et des risques de RC Produits qu ils impliquent : Produit Indication Risques principaux Risque Lentille intra-oculaire (LI) Dégradation de la lentille Risque faible d infection et d hémorragie, dans l œil, cécité de dégradation postérieure ou de décollement de la rétine Implant dentaire Alternative aux bridges ou aux Déchaussement prématuré dû à l intégration prothèses incomplète de l implant dans l os. Inflammation pouvant mener à une ostéoporose et à la perte de l implant Prothèse d épaule Usure articulaire Remplacement prématuré. Articulation à capacité de charge réduite Pacemaker Troubles du rythme cardiaque, Fonctionnement restreint des appareils dû bradycardie au déchargement prématuré de la batterie. Électrodes défectueuses Défibrillateur implanté Troubles du rythme cardiaque, Déclenchement défectueux ou panne du choc fibrillation ventriculaire électrique. Électrodes défectueuses Stent Rétrécissement des artères Formation de caillots de sang, intervention coronaires supplémentaire en cas de nouveau rétrécissement. Incertitude portant sur l utilisation à long terme des nouveaux modèles de stents Implant mammaire Augmentation mammaire Durcissement du sein, cicatrices, fuites à des fins esthétiques, amputation mammaire Implant sur la Modifications dégénératives Risque d inflammation et de blessure colonne vertébrale de la colonne vertébrale ou des de la moelle épinière avec paralysie durable disques intervertébraux Prothèse de la hanche Usure articulaire Fracture et nécessité de procéder à un remplacement prématuré. Érosion du métal dans le sang. Articulation à grande capacité de charge Prothèse du genou Usure articulaire Remplacement prématuré. Articulation à grande capacité de charge = faible = moyen = élevé >> Pour de plus amples informations sur différents types de prothèses durables et les risques qu elles recèlent, vous pouvez consulter notre portail Clients : > Information Centre > Documents & Policies > Casualty Documents Munich Re Topics Magazine 1/

36 RC PRODUITS L homologation aux États-Unis Aux États-Unis, la procédure de certification des produits médicaux est réglementée à l échelle fédérale et de manière centralisée par l Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (Food and Drug Administration, FDA). On y opère la distinction entre 2 procédures : la «premarket approval», PMA en abrégé, et la «premarket notification», également appelée procédure 510(k). Les produits appartenant à la classe de risques III, dont font aussi partie les prothèses de genou et de hanche, requièrent une autorisation PMA pour pouvoir être commercialisés. Comme pour les médicaments, la preuve de l innocuité et de l efficacité des prothèses, établie grâce à des contrôles cliniques, est indispensable à la délivrance de l autorisation. Du point de vue de la loi, une autorisation PMA est considérée comme un label de qualité, et pour le fabricant, elle réduit le risque de devenir la cible de plaintes relevant de la responsabilité du fait des produits. Échappatoire permettant d éviter les études cliniques Par contre, pour la procédure 510(k), beaucoup plus souple et prévue pour les produits médicaux présentant moins de risques, la seule preuve généralement exigée concerne la conformité d un nouveau produit à sa version antérieure. Aucune étude clinique n est requise. Du fait de l existence de dispositions légales transitoires, cette procédure simplifiée est également utilisée pour certains produits de classe III. Cela a incité des fabricants à se référer à un produit très ancien antérieur à 1976 pour lequel il n avait jamais été nécessaire de fournir un certificat de sécurité et d efficacité. Tout particulièrement pour les produits de classe III s est ainsi mise en place une échappatoire permettant d éviter les études cliniques complexes et de commercialiser des produits potentiellement dangereux sans attestation de sécurité suffisante. Les fabricants de «prothèses 510(k)» risquent plus que les autres de susciter des plaintes relevant de la responsabilité du fait des produits car ils ne bénéficient pas du label de qualité PMA délivré par la FDA. Les prothèses de hanche de l entreprise DePuy avaient fait l objet d une autorisation 510(k). Pour garantir aux patients une transparence et une sécurité maximales, il faudrait soumettre les prothèses à des procédures d approbation centralisées et indépendantes incluant des tests cliniques, comme c est le cas pour les médicaments. Aspects généraux et individuels de l analyse des risques Aspects généraux Aspects individuels Couverture RC Produits Retrait de produit Inhérent Type de prothèse Matériau Temps Assurance Historique du sinistre Montant garanti, structure Analyse des risques Risque Identification Évaluation Général Classification Autorisation Analyse des risques Utilisateur Client Patient Objectif de l analyse des risques Produit Production Analyse Preneur d assurance Dommages Probabilité d occurrence Montant du sinistre Production Analyse des dangers Données Produit Traçabilité Qualité Prothèse Défectuosité potentielle Interaction avec autres matériaux Lors de l examen des aspects généraux, il faut également prendre en compte le fait que l analyse des risques a été effectuée par le fabricant lui-même. L analyse individuelle des risques se concentre sur tout ce qui relève du produit, des processus de production, de l opérateur et du patient. 34 Munich Re Topics Magazine 1/2014

37 RC PRODUITS Gestion des risques et de la qualité Dans le domaine des prothèses, pour réduire efficacement le risque relevant de la RC Produits, les fabricants doivent procéder à une gestion professionnelle des risques et de la qualité. Ces 2 mesures peuvent être exigées par la loi. La gestion de la qualité ne doit pas seulement se résumer à la prise en compte des exigences de sécurité auxquelles est tenu de répondre le produit. En effet, la vérification de la sécurité du produit ne s arrête pas au contrôle de la qualité de celui-ci. La défectuosité potentielle, les répercussions sur le patient et l innocuité du produit doivent également être contrôlées. Ces aspects de la gestion des risques sont très importants en assurance RC Produits et ils doivent absolument être pris en compte lors de la souscription. Une évaluation erronée des risques que présente un produit peut s avérer très coûteuse pour l assureur, et elle peut même se solder par une faillite pour le fabricant. La norme internationale ISO constitue une ligne directrice pour les fabricants de produits médicaux. Elle fournit une description des exigences de sécurité fondamentales et met en lumière les aspects importants de la gestion des risques, que sont par exemple l analyse, l évaluation et le contrôle des risques, ainsi que l acceptation des risques résiduels et le reporting. Une documentation de ce type devrait être à la disposition de tout souscripteur désireux d effectuer un examen approfondi. En cas de doute, celui-ci ne doit cependant pas se fier uniquement à cette documentation, mais envisager par ailleurs une analyse du risque sur place. En ce qui concerne l analyse des risques, on peut distinguer 2 approches : l analyse des aspects généraux, qui prend en compte les conditions cadre, et l analyse individuelle, davantage ciblée sur le produit, sa fabrication et son utilisation. Aspects généraux de l analyse des risques Dans un premier temps, le souscripteur doit déterminer la nature de l assurance sollicitée : une assurance RC Produits couvrant les dommages corporels et matériels, une assurance couvrant les frais de rappel, ou les 2 à la fois. Il est impératif que les documents du fabricant identifient et évaluent les risques, et qu ils fassent état des mesures à prendre pour éliminer ou minimiser ces risques. Les autres éléments à identifier sont les procédés de fabrication, la probabilité la plus grande de survenue de dommages, l ampleur maximale des dommages et le risque le plus élevé (après multiplication de la probabilité et de l ampleur). La source à laquelle on s est référé pour l analyse des risques, autrement dit le fabricant lui-même ou un tiers, l historique des sinistres, le montant de la couverture mise à disposition et l existence d une solution éventuelle de réassurance constituent des facteurs de décision important pour l évaluation du souscripteur. Aspects individuels de l analyse des risques Pour ce qui est de l analyse individuelle des risques, les éléments décisifs sont le produit, le processus de production, le patient et les instructions de l opérateur. Dans ce cadre, il convient de se poser les questions suivantes : Quels risques inhérents au produit peut engendrer le matériau? La prothèse est-elle constituée d os, de peau ou d un autre matériau organique? Ou bien est-elle en métal, en plastique, en céramique ou fabriquée à partir d un mélange de différentes matières? La prothèse est-elle utilisée en permanence ou uniquement pour une période délimitée? Du point de vue des clients du fabricant, c est-à-dire des hôpitaux et des chirurgiens, quels sont les risques à envisager? Des descriptions de produits erronées peuvent entraîner des indications incorrectes ou des erreurs opératoires. Quelles sont les complications pouvant survenir du côté du patient, par exemple en raison de sa constitution physique? Quels sont les défauts susceptibles de survenir au niveau du produit? La prothèse peut-elle se déplacer dans le corps ou se casser? Est-il possible que certains des composants se détachent ou fuient? L implant peut-il durcir ou ramollir? La traçabilité du produit et le suivi des processus de production sont-ils irréprochables? Est-il possible de reconstituer intégralement le parcours du produit jusqu à chaque patient, en partant du fournisseur des matières premières ou composants et en passant par la production? Cela permet, en cas de rappel, d identifier plus facilement les produits concernés et d informer rapidement les patients. Les processus de production présentant un risque pour la sécurité sont-ils suffisamment analysés et contrôlés en vue d éviter les vices cachés ou de limiter leurs conséquences? Quelle est généralement la taille des lots achetés, fabriqués et livrés? Combien de composants sont fabriqués dans des conditions de production identiques? Autre question centrale : après une interruption, les conditions de production d origine ont-elles été restaurées et revalidées afin de continuer à garantir la production de prothèses sûres et conformes aux autorisations? Munich Re Topics Magazine 1/

38 RC PRODUITS Un produit recelant un fort potentiel de gros sinistres Dans la RC Produits, les prothèses ont un statut particulier. Comme elles recèlent un fort potentiel de gros sinistres, elles doivent remplir des exigences de qualité très strictes. Au-delà des grands fabricants internationaux, il existe de très nombreuses PME qui opèrent dans ce secteur et se voient confrontées aux risques évoqués plus haut. L optimisation continue du produit, le recours à de nouveaux matériaux, la volonté de proposer aux patients des solutions aussi individuelles que possible présentent un très gros risque de développement. En cas de dommage, il est parfois difficile d établir une délimitation nette entre la RC Produits et la RC professionnelle de l opérateur : le produit était-il vraiment défectueux ou l opérateur a-t-il fait preuve de négligence lors de son maniement? L opérateur a-t-il été suffisamment informé par le fabricant de la prothèse? Le retrait d une prothèse causé par un rappel est synonyme de séjours à l hôpital supplémentaires et contraignants pour le patient, et il engendre généralement des frais bien supérieurs à ceux provoqués par le rappel et le retrait de pièces techniques, par exemple dans l industrie automobile. Les demandes d indemnités élevées peuvent être une charge difficile à calculer pour le fabricant. NOS EXPERTS : Ulrike Kienzle est médecin et travaille comme consultante chez Munich Re, dans le service Casualty Risk Consulting. [email protected] Wolfgang Lanzner est pharmacien et travaille comme consultant chez Munich Re, dans le service Casualty Risk Consulting. [email protected] Alfred Sattler est ingénieur et, en tant que consultant chez Munich Re dans le service Casualty Risk Consulting, il est chargé de l évaluation des risques RC. [email protected] Observation des risques chez Munich Re Nos experts observent avec attention l évolution des risques présentés par les prothèses et mettent leur expérience et leurs compétences au service de la clientèle via les managers Clients. Par ailleurs, Munich Re organise des rencontres portant sur les développements les plus récents et fournit de précieuses indications permettant d élaborer une souscription adaptée aux risques, ce qui est indispensable ici. Le secteur de l assurance continuera de se pencher sur le sujet des prothèses, car il est fort probable qu elles provoquent encore de graves dommages dans le futur. 36 Munich Re Topics Magazine 1/2014

39 RECENSION «Where good ideas come from» (d où viennent les bonnes idées)? Zoran Andrić Les bonnes idées sont rares, du moins beaucoup plus rares que les réunions dans les bureaux, et elles sont bien plus que des traits d esprit solitaires ou des moments de «eurêka!». Le journaliste économiste américain Steven Johnson montre dans son histoire de l innovation que la plupart des inventions n ont pas été développées en cachette, mais qu elles sont plutôt basées sur l échange et la mise en réseau avec les autres. Pour Johnson, les habitants d une ville sont plus novateurs que ceux d un village, car la diversité sociale crée plus de possibilités de connexion et ouvre plus d opportunités. Johnson présente également en 7 chapitres de nombreux modèles éprouvés pour des idées novatrices. Une autre tendance réside aussi dans la volonté de prendre le temps de suivre des questions similaires dans divers domaines. Les idées ne proviennent pas de l espace vide, mais de leur collection. Les pensées sont souvent trop fortement triées ou isolées les unes des autres, mais leur association en fait souvent de l innovation. Les bonnes idées ne surgissent cependant souvent pas dans le contexte du marché, du commerce ou de la concurrence, mais dans un environnement non-commercial dans lequel beaucoup de gens ont échangé des informations. Bien qu il ne s agisse pas d un livre d auto-assistance, Steven Johnson nous fournit dans son ouvrage «Where good ideas come from» (d où viennent les bonnes idées), des références divertissantes et intelligentes concernant les environnements dans lesquels les idées innovantes sont susceptibles de pouvoir émerger. Steven Johnson : «Where good ideas come from The Natural History of Innovation» Penguin pages Munich Re Topics Magazine 1/

40 ASSURANCE VIE Demande acceptée Les demandeurs atteints d une maladie rare reçoivent de plus en plus souvent cette bonne nouvelle. En effet, grâce à la mise en réseau internationale des connaissances, les clients bénéficient sur place d une expertise médicale globale. Souvent, cela permet l évaluation des risques inhérents à de telles maladies et étend l assurabilité. Alban Senn Afrique du Sud, automne 2013 : un homme de 31 ans dépose une demande d assurance Vie. En cas de décès, la somme d assurance souhaitée doit s élever à 2 millions de rands, soit environ Il a besoin de cette assurance pour garantir un prêt et construire une maison pour lui et sa famille. Un cas tout à fait banal qui, pour des personnes de cet âge et ayant des revenus fixes, se solde généralement rapidement par l acceptation de la demande d assurance souhaitée et ce, même en cas de problèmes de santé (des majorations étant toutefois appliquées selon le type de maladie et sa gravité). Pourtant, dans le cas décrit, la demande a d abord été refusée. Rendre l inconnu calculable «Demande momentanément suspendue, examen médical individuel requis» tel était le verdict de MIRA, le manuel d évaluation des risques de Munich Re. Cet outil en ligne aide les tarificateurs de risques à traiter les demandes d assurance Vie en leur fournissant des estimations conformes aux risques sur la base de règles de décision médicalement fondées. Au final, la majeure partie des demandes avec des informations sur la santé importantes pour les risques peuvent donc être traitées rapidement. La demande de cet homme âgé de 31 ans n entrait pas dans cette catégorie, car il vit, comme quelques milliers de personnes dans le monde, avec un cœur greffé. Quels sont ses antécédents? Le demandeur est né avec une malformation cardiaque rare et irréversible. La greffe d organe était sa seule chance de rester en vie. En 1995, il a subi une opération risquée qui s est parfaitement déroulée. Depuis près de 18 ans, il mène donc une vie relativement normale. Toutefois, il doit suivre un traitement immunosuppresseur à vie pour 38 Munich Re Topics Magazine 1/2014

41 Aujourd hui, de nombreux organes humains peuvent être transplantés avec succès. Grâce à la coopération internationale, l assurabilité a augmenté. 12mm Abstand Munich Re Topics Magazine 1/

42 ASSURANCE VIE Figure 1 : Transplantations cardiaques recensées dans le monde entre 1982 et Dès les premières années, le nombre d opérations s est rapidement multiplié. Désormais, environ transplantations cardiaques par an sont réalisées dans le monde. Source : International Society for Heart and Lung Transplantation (ISHLT), Société internationale de transplantation cardiaque et pulmonaire éviter tout risque de rejet. Celui-ci paralyse considérablement le système immunitaire et rend l organisme vulnérable à toutes sortes de maladies. Au début de la médecine de transplantation, un grand nombre des quelque personnes ayant reçu une greffe de cœur à ce jour sont d ailleurs décédées peu de temps après l intervention. Aujourd hui, grâce aux progrès de la médecine, les chances de survie sont bien plus élevées et l espérance de vie statistique moyenne après une transplantation cardiaque ne cesse de croître. Évaluer ceci au cas par cas le plus exactement possible et de manière scientifiquement fondée constitue non seulement la base d une offre d assurance équitable et adaptée aux risques, mais aussi un défi avec beaucoup d inconnues. En effet, contrairement aux pathologies courantes comme l hypertension, on ne dispose que de très peu de connaissances et de données fiables concernant des maladies rares, très graves ou complexes. Exemple de transplantations cardiaques : en 1982, soit 15 ans après la première transplantation, moins de 200 interventions de ce type avaient été réalisées dans le monde. Par la suite, ce nombre a considérablement augmenté et s est désormais stabilisé à environ transplantations par an. Cependant, en comparaison avec d autres opérations ou maladies, il s agit encore d un très petit nombre à l échelle mondiale (voir figure 1). Le regroupement des cas facilite l évaluation des risques Vu le petit nombre de cas, les tarificateurs de risques et les médecins des compagnies d assurance Vie locales ne rencontrent que très rarement des opérations ou des pathologies de ce type dans le cadre de l évaluation des risques. Pourtant, ce sont précisément ces cas qui exigent un savoir-faire médical bien spécifique et l accès aux informations médicales les plus récentes. L équipe de Munich Re dispose des connaissances nécessaires et a élaboré ces dernières années des méthodes de modélisation mathématiques qui, malgré le peu de données disponibles, permettent d établir des prévisions de risques compréhensibles et scientifiquement fondées pour des cas particuliers concrets. En fin de compte, les maladies rares sont un phénomène de masse L exemple de ce demandeur sud-africain de 31 ans montre l importance de cet investissement pour les personnes concernées : comme l avait recommandé MIRA, le tarificateur de l assureur a transmis la demande aux consultants médicaux de Munich Re à des fins d examen médical individuel. Ces derniers ont réalisé une analyse détaillée de la mortalité en s appuyant sur les données médicales les plus récentes. Résultat : au regard du profil de risque personnel de ce client, l assureur Vie peut lui proposer la couverture souhaitée et ce, malgré sa transplantation cardiaque, pour une durée limitée à 15 ans et avec une prime de risque appropriée. Le client a accepté l offre et obtenu de la banque le prêt à l investissement désiré. 40 Munich Re Topics Magazine 1/2014

43 ASSURANCE VIE Figure 2 : Équipe d experts mondiale base de données Cédantes Paris Londres Toronto/ Atlanta Munich Plateforme de connaissances «The Gate» Tokyo Pékin Singapour Cédantes Les tarificateurs médicaux de Munich Re à travers le monde se connectent en réseau via la plate - forme «The Gate». Ainsi, des maladies rares et complexes peuvent être évaluées en adéquation avec les risques. Source : Munich Re Cédantes Madrid Bombay Sydney Johannesburg Cédantes Cédantes Munich Re contribue donc, au cas par cas, à l extension de l assurabilité et permet aux assureurs de conclure de nouvelles affaires. Les aspects sociaux et socio-économiques de cet engagement sont toutefois encore plus importants, dans la mesure où «les maladies rares sont rares, mais les malades nombreux.» Par cette phrase, Orphanet, association leader en Europe ayant pour but d informer sur les maladies rares, met l accent sur la dimension réelle de ces maladies. Pour mieux comprendre la portée de cette phrase, il faut savoir que, selon la définition de l UE, les maladies touchant moins de 5 personnes sur sont qualifiées de «rares». À ce jour, les spécialistes connaissent à de ces maladies rares, sans compter qu ils en découvrent de nouvelles presque tous les mois. Au total, ces maladies touchent beaucoup de personnes dans le monde. Selon les estimations, rien qu au sein de l Union européenne, 6 à 8 % de la population, soit 27 à 36 millions de personnes, souffriraient d une maladie rare. Bon nombre de ces maladies rares n ont été que très peu étudiées. En plusieurs endroits, la classe politique a entre-temps reconnu le besoin d agir et encourage un renforcement de la mise en réseau ainsi qu une concentration des connaissances médicales concernant les maladies rares dans des centres appropriés. «The Gate» une plateforme de connaissances mondiale pour l examen médical des risques Avec son centre de compétences, Munich Re œuvre depuis plusieurs années déjà pour la mise en réseau et le transfert des connaissances. L équipe d experts est présente dans le monde entier (voir figure 2) et spécialisée dans l examen médical individuel en cas de maladies rares et complexes. Tous les ans, rien qu à Munich, les consultants médicaux traitent quelque demandes formulées par des clients d assurance directe dans le monde entier. Chaque demande reçoit une réponse, sous la forme d une décision conforme au droit et clairement justifiée, sur la base des connaissances actuelles. Afin d étendre systématiquement ces dernières et d améliorer encore l efficacité de l évaluation médicale des risques, le centre de compétences pour l évaluation médicale des risques à Munich a mis en place une plateforme de connaissances interne dénommée «The GATE» (Get Access To Medical Expertise). Cette plateforme documente de manière exhaustive et anonyme tous les cas particuliers traités comme celui de ce Sud-Africain de 31 ans et tient compte des antécédents médicaux individuels, des résultats d analyses médicales, de la décision prise au cas par cas, ainsi que des connaissances statistiques médicales invoquées à cet effet. L avantage avec cette plateforme, c est que lorsqu un autre client potentiel souffrant de problèmes de santé similaires fait une demande d assurance n importe où dans le monde, tous les experts médicaux de Munich Re peuvent dorénavant accéder avec encore plus d efficacité à la précieuse base de données de toute la communauté médicale. «The Gate» incite donc au partage des connaissances à l échelle mondiale et facilite l examen médical individuel sans le standardiser, car une évaluation des risques équitable et basée sur des preuves scientifiques nécessite, en cas de maladies rares et complexes, la prise en compte des connaissances les plus récentes ainsi que du risque individuel et des conditions cadre spécifiques au marché. NOTRE EXPERT : Alban Senn est Docteur en médecine et conseiller médical au Center of compétence for Medical Underwriting & Claims Consulting. [email protected] Munich Re Topics Magazine 1/

44 PLACEMENTS FINANCIERS À la recherche des rendements perdus Face à des taux d intérêt durablement bas, les assureurs ont à résoudre un problème difficile : ils doivent trouver le juste équilibre entre des rendements suffisamment élevés et des placements suffisamment sûrs. Recherche rendements désespérément! Les taux d intérêt actuels ne peuvent souvent même pas compenser l inflation. 42 Munich Re Topics Magazine 1/2014

45 PLACEMENTS FINANCIERS Philipp Waldstein Du fait des faibles taux d intérêt, les placements financiers des assurances ont à affronter d énormes défis. Surtout pour les assurances Vie et Maladie avec obligations d intérêts minimums fixes, les rendements des emprunts d État sûrs ne sont plus suffisants. À la recherche de rendements plus élevés, certains investisseurs acceptent de réduire leurs attentes en matière de sécurité. Il est difficile de trouver ici le juste équilibre entre un taux de rendement assez élevé et une sécurité suffisante. Le présent guide fournit une orientation aux investisseurs du secteur de l assurance. La sécurité n est pratiquement plus rémunérée Outre le rendement, la sécurité constitue également une des priorités des assurances. Mais les emprunts fédéraux allemands et les emprunts d État américains génèrent maintenant également des rendements à 10 ans qui ne peuvent satisfaire les attentes des assurances de personnes. Les 2 pays n offrent également plus la sécurité incontestée d antan. En Allemagne, le risque de la survenance d une responsabilité conjointe et solidaire dans le cadre de l Union monétaire européenne est très probable. Les États-Unis n ont à ce jour pas de consolidation convaincante eu égard à la situation de la dette publique. Le monde se lasse d avoir à supporter toute cette comédie autour du «fiscal cliff» ou du «shutdown». La hausse apparemment sans fin de la dette publique est une entreprise risquée pour les investisseurs. Concentration sur la diversification Dans la gestion des placements, la vision traditionnelle est basée sur un portefeuille sûr permettant de couvrir largement les obligations de paiement et d y ajouter des placements risqués en fonction de la propension au risque et des excès. S il n y a plus d investissements absolument sûrs, le meilleur point d ancrage en termes de sécurité réside alors dans un portefeuille largement diversifié. L équilibre, et donc l effet de sécurité de la diversification, peut être étonnamment élevé, à condition, bien sûr, que les règles de diversification soient toujours respectées et ce, même au fil du temps. Un contrôle efficace des risques doit accompagner étroitement les investissements. Il convient de réagir rapidement et de façon décisive en l absence de développements. Investir en fonction des engagements Le développement du marché des capitaux a montré, au cours des dernières années, que les compagnies d assurance ne se comportent pas comme des gestionnaires de fonds classiques en ce qui concerne les placements financiers. Les investisseurs confient leurs actifs à des gestionnaires de fonds afin d obtenir un meilleur rendement plutôt qu un indice de référence prédéfini. En revanche, les compagnies d assurance doivent toujours investir leurs actifs de telle sorte que le profil corresponde autant que possible à leurs obligations de paiement découlant de leur activité principale. Les investissements doivent être choisis de telle sorte qu ils réagissent à l unisson avec les engagements. L accent est habituellement mis sur les risques liés aux taux d intérêt, au change et à l inflation. Cette approche de la gestion actif/passif doit, par exemple, permettre de réduire au minimum le risque d incapacité à tenir le taux d intérêt promis lors d une longue phase marquée par des taux d intérêts bas. Connais les risques Pour ne pas se limiter à des rendements (qui ne sont plus que relativement) sûrs et obtenir davantage, le seul moyen est de prendre davantage de risques. Le point central de la discussion est en particulier la prise de risques de crédit au sens large. La question qui se pose est alors la suivante : le rendement supplémentaire vaut-il la peine de prendre un risque plus important? Les risques qui ne sont pas totalement transparents, et il y en a beaucoup, n en valent pas la peine! Ils sont à éviter à tout prix. Pour les assurances, il est important de noter que, contrairement au risque de taux d intérêt ou de change, ces risques de crédit supplémentaires n ont pas d équivalent au niveau du passif. Les placements et les risques doivent donc être compréhensibles, analysables et classifiés en fonction du profil de risque, afin que, du point de vue de la gestion actif/passif à long terme, la résistance au risque soit maintenue. Faire un placement seulement au motif que le taux d intérêt proposé en vitrine correspond aux propres besoins et est suffisamment attractif n est pas judicieux. Il est toujours nécessaire d examiner si la promesse peut être tenue pendant toute la période du placement et à quelle volatilité l investissement est exposé sur tout l horizon de placement. Les liquidités sont essentielles Avant la crise financière, nombreux étaient les titres pour lesquels une disponibilité constante était supposée, et cette dernière n était jamais vraiment remise en question de manière critique. Déjà dans la phase de l éclatement de la bulle Dot-Com, peu après le tournant du millénaire, il a pu être constaté que l abondance des liquidités disponibles dans les phases de hausse des cours n était souvent qu illusoire. Les véritables liquidités sont devenues encore plus importantes eu égard à la réactivité de l investisseur aux perturbations extérieures. Les décisions politiques sont devenues essentielles pour les activités des marchés de capitaux et les déterminent parfois de manière difficilement prévisible. Lorsqu une part raisonnable des placements est très liquide, cela favorise la mobilité, c est-à-dire la capacité à éviter et à atténuer les risques, et simultanément à tirer parti des opportunités. Munich Re Topics Magazine 1/

46 PLACEMENTS FINANCIERS Figure 1 : Développement des emprunts de 2008 à aujourd hui (valeurs nominales) 5,5 % 5,0 % 4,5 % 4,0 % 3,5 % 3,0 % 2,5 % 2,0 % 1,5 % 1,0 % 0,5 % 0,0 % Malgré une légère augmentation ces derniers temps, les taux d intérêt durablement bas devraient perdurer. emprunts américains à 10 ans emprunts fédéraux à 10 ans Source : Thomson Datastream 22/10/ /10/ /10/ /10/ /10/ /10/2013 L extrême importance de la gestion des risques Au niveau de l ensemble du portefeuille, une gestion rigoureuse du risque est importante. Il s agit de détecter suffisamment tôt les dépassements des limites fixées, par exemple en ce qui concerne les intérêts minimums, afin de pouvoir réagir en temps opportun. Si les marchés financiers vont à l encontre du positionnement choisi, une correction doit être apportée à temps afin de pouvoir toujours garantir la capacité d action. Au fil du temps, il doit aussi être constamment vérifié si, du point de vue des développements internes ou des influences extérieures, les placements existants sont toujours conformes aux critères de qualité stricts des investisseurs axés sur la sécurité. C est pourquoi la pratique du «buy-and-hold» est dépassée. La connaissance, l observation, l examen des risques que peuvent comporter les titres individuels en dépôt sont aussi essentiels, et ce, surtout après l achat au vu des délais d expiration de plus en plus courts. Avoir sa propre boussole Les propres objectifs jouent toujours un rôle décisif dans les placements financiers. Ces derniers doivent être formulés en termes clairs et sans équivoque. Bien que mentionnés ici en dernier, les objectifs de placements individuels forment toujours le point de départ de toutes les considérations lors des placements financiers. C est en fonction de ces objectifs que sont élaborées les stratégies de placement et que sont évaluées les possibilités d investissement selon leur compatibilité. Celui qui, par exemple, souhaite préserver son capital, doit gérer le budget soumis au risque très soigneusement, et ce, sans jamais trop s exposer. L absence d objectifs peut facilement amener à com- mettre l erreur de courir après le marché. Le comportement grégaire pro-cyclique est généralement la raison principale de l insuffisance des résultats de placement. Indépendamment des modes ou des tendances, il est indispensable d avoir des principes de placement définis. Faire des placements sûrs et rentables à long terme n est pas une tâche facile. L investisseur doit être conscient que la prévention d un risque peut en faire surgir un autre. Il s agit de faire le choix «le moins pire», ce qui n est pas une décision facile. Même dans la phase actuelle du marché, le triangle magique «liquidité rendement risque/solvabilité» n a rien perdu de sa validité. Celui qui, dans cet environnement, souhaite générer une performance régulière et positive, doit considérer les opportunités des marchés de capitaux et s adresser aux gestionnaires d actifs professionnels en appliquant la devise suivante : connais tes risques et essaie de maximiser les rendements respectifs en définissant des objectifs de placement clairs. NOTRE EXPERT : Philipp Waldstein est, en tant que gérant de la MEAG, responsable de la gestion de portefeuille titres, argent et devises. [email protected] 44 Munich Re Topics Magazine 1/2014

47 Qu y a-t-il au juste de si captivant dans la réassurance? Les réponses sont dans TOPICS ONLINE. Notre magazine numérique dédié aux assureurs leur permet de jeter un coup d œil derrière les coulisses de Munich Re et de leur montrer ce qui nous motive et nous mobilise. Nous présentons des personnalités intéressantes et abordons des sujets d actualité dans les domaines de l assurance et de la finance ; nous décryptons les tendances et proposons les solutions et les services les plus modernes. Et vous êtes au cœur de notre démarche : une fonction commentaire vous permet d amorcer facilement et rapidement un dialogue enrichissant avec nous. Vous avez également l opportunité de répondre aux enquêtes interactives et ainsi de nous donner votre avis. not if, but how Munich Re Topics Magazine 1/

48 CHRONIQUE L économie vue sous l angle des risques potentiels Les tigres de la Baltique en route vers l euro Michael Menhart, économiste en chef chez Munich Re [email protected] Depuis le début de la crise de la dette souveraine en 2010, de nombreux économistes étaient convaincus que la zone euro ne serait plus longtemps constituée de 16 États membres. Les problèmes économiques pousseraient les différents pays à sortir volontairement ou involontairement de la zone. Il était peu imaginable que l Union monétaire serait même élargie en plein milieu de la crise de l Euro. L Estonie a rejoint l Europe en 2011 ; l euro devient la devise de la Lettonie le 1 er janvier 2014 ; la Lituanie suivra un an plus tard. Est-ce maintenant la preuve que la zone euro a surmonté le pic de la crise? Ou est-ce que les erreurs du passé se répètent à nouveau? Pourquoi ces 2 États Baltes, qui étaient encore récemment dans une profonde récession, souhaitent-ils rejoindre une Union monétaire chancelante? Et pourquoi les pays de la zone euro acceptent-ils justement maintenant l adhésion de la Lettonie un pays qui en 2008, était en prise à une bulle immobilière, à un lourd déficit du bilan des paiements courants et à de fortes hausses des prix, qui ont forcé le Gouvernement à recourir à un plan de sauvetage de l UE, du FMI et d autres bailleurs de fonds? Il y a pourtant de bonnes raisons à cela. La Lettonie espère profiter des mêmes effets positifs que l Estonie a connus lors de l introduction de l euro. On escompte des taux d intérêt plus bas et de meilleures notations, de forts investissements en provenance de l étranger et une poussée de croissance supplémen- taire. Le rattachement à l Union européenne a également une importance pour les 2 parties du point de vue de la politique de sécurité. En raison de la situation géopolitique des pays Baltes, l euro signifie pour la Lettonie, selon le Ministre letton de la Défense, «davantage d intégration européenne et donc moins d isolation». La zone euro, quant à elle, profite également d un lien plus étroit des États Baltes avec la «famille européenne». Toutefois, les Lettons considèrent l introduction de la nouvelle monnaie de manière sceptique : moins de 40 % d entre eux sont en faveur de l euro - les conséquences négatives des réformes qui étaient nécessaires pour répondre aux critères de Maastricht se font encore ressentir. Du point de vue de l Union monétaire, il y a des arguments pour et contre l extension : Un des arguments contre l entrée de la Lettonie dans l UE est le fait que le développement économique de la Lettonie est encore relativement loin des autres pays de la zone euro : le revenu letton par habitant d environ correspond à environ un tiers de la moyenne dans l Euroland. La Lettonie est ainsi vulnérable aux hausses de prix résultant de l ajustement économique. La part élevée du commerce extérieur rend le pays dépendant de l évolution des prix à l échelle internationale. Bien que la Lettonie ait des prix stables depuis 2012, les fluctuations des années précédentes, étaient significatives. Un autre désavantage : comme à Chypre, les dépôts bancaires de la Lettonie proviennent à environ 50 % de clients étrangers, principalement de la Russie. Leur volatilité peut donc à court terme faire augmenter la dette extérieure. Par ailleurs, la Lettonie remplit les critères de convergence : l inflation est d environ 2 %, la dette d environ 40 % et le déficit budgétaire annuel de 1,3 %. Tout comme la Lituanie, la Lettonie a maîtrisé avec succès la crise économique au cours des 5 dernières années au moyen de réformes structurelles et de mesures de consolidation strictes. La Lettonie a introduit, de manière extrêmement rapide et efficace, un nouveau système de contrôle pour optimiser les recettes et a entrepris de réduire les dépenses publiques ; en outre, elle a mis en route des réformes du marché du travail. Ces mesures ont certes entraîné des baisses de salaires, mais elles ont également conduit à une hausse de la productivité et de la compétitivité grâce à plus d ouverture et de flexibilité. La Lettonie a atteint un processus de reprise économique rapide et radical sans dévaluation de la monnaie, le lats étant rattaché à l euro depuis Ainsi, et c est sans doute l argument le plus important pour l adhésion à la zone euro, la Lettonie sert de modèle pour une gestion de crise réussie et renforce donc peut-être le groupe des pays orientés vers la consolidation. Nous souhaitons la bienvenue aux tigres de la Baltique! 46 Munich Re Topics Magazine 1/2014

49 2014 Münchener Rückversicherungs-Gesellschaft Königinstrasse München Allemagne Téléphone : Téléfax : Responsable du contenu Communication Groupe Rédaction Beate Brix Communication Groupe (Adresse comme ci-dessus) Téléphone : Téléfax : [email protected] Date de clôture de la rédaction 4 décembre 2013 Impression Eberl Print GmbH Kirchplatz Immenstadt Allemagne Illustrations Page de la couverture, p. 3 à droite, 24 : Getty Images P. 1 : Robert Brembeck P. 2 : picture alliance/dpa P. 3 à gauche : Getty Images/Caiaimage P. 5 : Munich Re P. 6 : plainpicture/maskot P. 8 en haut, 12/13 : Getty Images/Flickr RF P. 8 en bas, 11, 29, 36, 41 : Foto Meinen P. 10, 42 : plainpicture/cultura P. 15 : picture alliance/bildagentur-o P. 16 : Guy Carpenter P. 19 en haut : Stringer/Italy/Reuters/Corbis P. 19 en bas : Munich Re, Milan P. 21 : Floris Leeuwenberg/Corbis P. 22 en haut : commune de Noto P. 22 en bas : Karl Ruppert P. 26 : Getty Images/Vetta P. 30 : picture alliance/landov P. 38/39 : Image Source/Corbis P. 44 : MEAG P. 45 : Shutterstock P. 46 : Kevin Sprouls >> Pour lire Topics Magazine où que vous soyez : Inscrivez-vous sur notre site pour recevoir notre newsletter gratuite et obtenir rapidement le numéro actuel de notre magazine (en allemand ou en anglais) sous forme électronique. Vous pouvez aussi nous retrouver en cliquant sur : twitter.com/munichre facebook.com/munichre plus.google.com/ youtube.com/user/munichrevideo linkedin.com/company/munich-re xing.com/companies/munichre

50 2014 Münchener Rückversicherungs-Gesellschaft Königinstrasse 107, München, Allemagne Numéro de commande Not if, but how

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