Fumer ou ne pas fumer...



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Transcription:

Fumer ou ne pas fumer... Un modèle de l ntaton sur données emprques Bertrand PIERRARD

Les opnons et les résultats présentés dans ce traval n engagent que l auteur qu porte l entère responsablté d éventuelles erreurs. «Smokng s a bad thng... Especally bad cgars!» (adapt. W. Churchll) 2

Résumé L addcton est une dépendance qu est à la fos cause et conséquence d une consommaton : le nveau de consommaton actuelle dépend de la consommaton passée et mplque la consommaton future. La théore de l addcton ratonnelle explque cette dépendance par l optmsaton d une foncton d utlté (Becker et Murphy 1988) et recherche les varables de la foncton de demande du ben addctf. Notre objectf est : d une part d étuder les conclusons de cette théore dans le cas de l addcton lée au tabac ; et d autre part de les valder à partr de données emprques françases, avec un ntérêt partculer pour les détermnants de l ntaton. En effet, les premères études menées sur l addcton concernent essentellement la consommaton, et ce n est que plus récemment que certans auteurs ont commencé à s ntéresser aux détermnants de l ntaton tabagque. Les recherches ont prvlégé le rôle du prx sur la consommaton, sans que cela ne permette de conclure de manère tranchée. Par contre, l mpact du prx sur l ntaton, lorsqu l apparaît dans les analyses, semble très fable. Cec explque que certans auteurs, comme Douglas et Harharan (1995), se soent ntéressés à l mpact de caractérstques ndvduelles soco-économques. Notre analyse descrptve des données de l enquête Santé et Protecton Socale 1998 confrme l mportance de varables telles que la catégore socoprofessonnelle, le sexe et l âge ; et l applcaton des modèles économétrques semblent confrmer les conclusons de Douglas et Harharan, à savor une nfluence du prx sur la consommaton mas pas sur l ntaton, renforçant ans le caractère explcatf des varables soco-économques sur l ntaton tabagque. 3

Table des matères Résumé...3 Introducton...5 1. Une revue des modèles théorques de l addcton ratonnelle et des tests emprques sur jeune populaton...7 1.1. Le modèle de Stgler et Becker...7 1.2. Le modèle de Becker et Murphy...9 1.2.1. Présentaton...9 1.2.2. Résoluton...9 1.2.3. Analyse sur cycle de ve...12 1.2.4. Conclusons du modèle...13 1.3. Le modèle de Orphandes et Zervos...13 1.3.1. Le modèle...14 1.3.2. Les conclusons...15 1.4. Le modèle de Douglas et Harharan...16 1.4.1. Pourquo commence-t-on à fumer?...16 1.4.2. Le modèle de théorque...17 1.4.3. Les données...18 1.4.4. Le modèle emprque...18 1.4.5. Les résultats...20 1.5. Les tests emprques sur l ntaton tabagque...20 2. Analyse descrptve des données de consommaton tabagque...22 2.1. Le CREDES...22 2.2. L enquête Santé et Protecton Socale (SPS)...23 2.2.1. Objectfs et thèmes étudés...23 2.2.2. La base de sondage...23 2.2.3. La méthode d enquête...24 2.2.4. Les questonnares et données recuelles...25 2.3. Les données...26 2.3.1. De la populaton enquêtée à la populaton étudée...26 2.3.2. Qu sont les fumeurs?...27 3. Modélsatons et résultats...31 3.1. Les modèles logstques...31 3.2. Le modèle de surve...32 3.3. La vrasemblance...33 Concluson...37 Bblographe...38 4

Introducton Qu est-ce que l addcton 1? L «addcton» vent du latn ad-dctum et état utlsé en franças au Moyen-Age avant de s exporter Outre-Manche. A cette époque, «[...] l addcton état un arrêt de justce qu oblgeat l ndvdu ncapable de remplr autrement ses oblgatons envers un créancer, de payer avec son corps et son comportement, l devenat donc une sorte d esclave. Esclave de son créancer tout comme aujourd hu le toxcomane est esclave de sa drogue» (Loons E. 1997). Au sens large, à l heure actuelle, une addcton est une dépendance qu est à la fos cause et conséquence d une consommaton. L addcton est, de plus, souvent opposée à un comportement ratonnel. Qu est-ce que la ratonalté? Il en exste un grand nombre de défntons. Nous ne consdérerons c que la ratonalté standard en économe, ou ratonalté substantelle, telle que défne par Smon : «Un comportement est substantvement ratonnel lorsqu'l est appropré à l'accomplssement des buts donnés dans les lmtes mposées par des condtons et des contrantes données» (Smon 1976, dans MBR II, 1982, p 425). La noton de ratonalté renvoe donc aux décsons d un ndvdu qu se comporte toujours de façon à ce que les conséquences de ses actons maxmsent ses préférences. La ratonalté dot être entendue comme un postulat méthodologque qu permet de dégager des règles comportementales, en d autres termes elle permet de postuler que les comportements ne sont pas le frut du hasard. En économe, cette règle est la maxmsaton des préférences. Il est alors possble de développer une théore de l addcton ratonnelle qu explque la dépendance par l optmsaton d une foncton d utlté (Becker et Murphy 1988). Nous nous ntéresserons c à l addcton lée au tabac qu a motvé de nombreuses réflexons, au cours des 20 dernères années notamment, sous le couvert d une volonté des pouvors poltques de maîtrser ce problème de santé publque. Les travaux exstants portent prncpalement sur l analyse des détermnants de la consommaton tabagque et des coûts qu elle engendre pour la socété. 5

Ce traval se stue en amont de ces recherches pusqu l vse à précser, s ls exstent, les facteurs détermnants de l ntaton tabagque. En premère parte, nous exposerons les fondements économques et les modèles économétrques de la théore de l addcton ratonnelle. Après avor présenté, dans une deuxème parte, les résultats de l analyse descrptve réalsée à partr de l enquête Santé et Protecton Socale 1998, nous utlserons ces mêmes données dans des modélsatons présentées en trosème parte. Les résultats obtenus semblent confrmer la thèse de Douglas et Harharan : le prx n aurat pas d mpact sur l ntaton tabagque. 1 Le terme «addcton» est aujourd hu un anglcsme et ne fgure pas dans le dctonnare franças. Sa traducton renvoe au terme «assuétude» très peu usté. Nous parlerons donc «d addcton» qu est le terme le plus répandu pour évoquer la dépendance. 6

1. Une revue des modèles théorques de l addcton ratonnelle et des tests emprques sur jeune populaton Notons tout d abord que les modèles que nous analysons c concernent l addcton au sens large et non pas rédute à quelques bens néfastes comme l alcool, les drogues ou encore le tabac, même s ce derner est le sujet qu nous occupe. L addcton concerne tout ben dont la consommaton provoque une dépendance, l peut donc s agr auss ben de la musque et son apprécaton, que de la pratque d une relgon, de l achat d une marque de lessve partculère ou encore ben évdemment de la consommaton de tabac. Nous présenterons dans cette parte quatre modèles que nous avons jugé représentatfs de l évoluton de la pensée dans le domane des comportements lés à des consommatons dépendantes. S le modèle de Stgler et Becker (1977) a été l un des premers à analyser ce phénomène d addcton ratonnelle en étudant plus spécfquement la consommaton de musque, l artcle «A theory of ratonal addcton» de Becker et Murphy (1988) est sans doute le texte fondateur d une nouvelle manère d analyser les comportements de dépendance. Orphandes et Zervos (1995) ont enrch l analyse en ntrodusant notamment le concept de regret dans la consommaton d un ben dont le consommateur peut-être dépendant. Enfn, Douglas et Harharan ont testé la théore de l addcton ratonnelle sur l ntaton tabagque en tentant d en dégager les détermnants. Dans un derner paragraphe, nous ferons une brève revue de la lttérature portant sur l ntaton. Nous verrons que, très souvent, les études n ont analysé qu un effet des prx à travers les élastctés et que seuls Douglas et Harharan ont cherché d autres facteurs explcatfs. 1.1. Le modèle de Stgler et Becker Stgler et Becker (1977) ont assocé à l addcton une hypothèse forte de ratonalté, qu consttuera la base des modèles d addcton ratonnelle, à savor la stablté des préférences des consommateurs 2 et 2 Le ttre de cet artcle : «Degustbus non est dsputandum» est assez évocateur de ce postulat de base sur lequel s appuent les auteurs, à savor que les goûts des ndvdus sont stables et les mêmes pour tout le monde (de la même manère que les montagnes rocheuses qu sont les mêmes pour tout le monde et tout le temps). 7

leur détermnaton par des crconstances exogènes de prx et de revenus 3. Le plan du consommateur consste alors en une maxmsaton de sa foncton d utlté. On peut dès à présent présenter la foncton d utlté dans sa forme générale qu servra de cadre d analyse pour l ensemble des modèles d addcton ratonnelle U(C ; Y), où Y représente la consommaton d un ben composte et C est la consommaton d un ben addctf. Le ben C sera défn comme addctf s sa consommaton présente est dépendante de sa consommaton antéreure par le bas d un stock de captal addctf. Ce stock de captal addctf, créé par les consommatons antéreures, correspond en quelque sorte à un apprentssage de la consommaton du ben en queston. Cet apprentssage nflue donc névtablement sur les consommatons présentes et futures. En termes d utlté, cec mplque donc que l utlté margnale de la consommaton présente par rapport à la consommaton antéreure est postve. L exemple prvlégé développé par les auteurs est l écoute de la musque, ce qu correspond à une addcton «bénéfque». Selon eux, le temps passé à écouter de la musque amélore l apprécaton que l on en retre, l entraînement permet de l apprécer et augmente la productvté du temps consacré à sa consommaton, ce qu mplque une lason crossante entre l utlté margnale du ben «écoute de la musque» et son stock d écoute antéreure. A contraro, on peut observer une utlté margnale décrossante pour le ben «euphore» lé à la consommaton de drogues dures (type héroïne). Plus la consommaton d héroïne a été élevée dans le passé, plus l est dffcle de produre la même quantté d euphore dans le présent, sauf à augmenter la quantté consommée. L addcton peut alors être qualfée de néfaste. L analyse est donc duale : d une part, l est nécessare de constater une addcton par un rasonnement en termes de quantté (ou consommaton) ; d autre part, l étude de la ratonalté s effectuera à l ade du concept d utlté des ndvdus. 3 Sensblement à la même époque (1970), Pollak avat prs une voe d analyse rgoureusement dfférente en ntrodusant dans son modèle la possblté de modfcaton des préférences d un consommateur d une pérode à l autre. 8

1.2. Le modèle de Becker et Murphy Becker et Murphy ont reprs drectement le modèle de Stgler et Becker, en ncorporant, entre autres, les développements de Iannaccone (1984 et 1986). Ils rejognent également des résultats de Pollak (1970, 1976), Ryder et Heal (1973), Boyer (1978, 1983) et Spynnewyn (1981) sur les habtudes. 1.2.1. Présentaton Tout ndvdu possède une foncton d utlté qu dépend de la consommaton d un ben addctf (c) et d un ben composte (y) représentant l ensemble des consommatons «normales» de la ve courante. U(t) = U(c(t),S(t),y(t)) (1) S et c sont lés par la relaton : S (t) = c(t) - δs(t) avec S (t) = ds/dt (2) où δ est le taux de déprécaton du stock de consommaton. La foncton d utlté (1) sera consdérée dans un premer temps comme quadratque en c, y et S ; nous verrons plus tard que les auteurs modferont cette hypothèse. L équaton (2) est une équaton classque d nvestssement, c(t) joue donc à la fos sur l utlté drecte qu elle procure et sur l mpact qu elle aura sur le stock de consommaton futur. En chosssant c(t), le consommateur ratonnel ntègre donc à la fos ces deux effets (satsfacton mmédate et nvestssement en captal de consommaton, donc en satsfacton future) ; c est ce que les auteurs appellent le «learnng by dong». En d autres termes, on peut assmler la consommaton du ben addctf à celle d un ben durable. 1.2.2. Résoluton Le consommateur maxmse donc c la somme actualsée de son utlté décrte c-dessus dans l équaton (1) : U = 0 T e -σt.u(t)dt avec σ le taux de préférence pour le présent. Cela revent à un problème d optmsaton dynamque que les auteurs résolvent par l équaton d Euler en rason de la dffculté de calcul des dérvées dans ce modèle. 9

.e. on maxmse une foncton de la forme : F[t, x(t), x (t)]dt (x (t) = dx/dt) Selon l équaton d Euler : s x(t) est une courbe extrémale, elle dot vérfer : F/ x = d[ F/ x ]/dt De ce programme de maxmsaton sous contrante de budget, les auteurs dédusent une soluton dynamque unque : S(t) = (S 0 - S*)e λt + S* (3) S* représente le nveau d équlbre stable obtenu en partant de la stuaton ntale S 0 et en suvant le chemn optmal. λ est la racne négatve soluton de l équaton dfférentelle. L ensemble des ponts d équlbre est donné par la drote c = δs (hypothèse de stablté temporelle) sur laquelle la consommaton présente est égale au stock de consommatons antéreures pondéré par un coeffcent de déprécaton fxe. A l ade de cette relaton, nous pouvons écrre l équaton donnant la consommaton courante en foncton du stock de consommatons passées : c(t) = (δ + λ)s(t) - λs* (4) La dépendance, qu se tradut par une utlté margnale postve de la consommaton présente par rapport à la consommaton passée, peut également se décrre comme une complémentarté ntertemporelle des consommatons d un ben 4 (adjacent complementarty). Pour un ben classque, une préférence pour le présent mportante condut à prvléger une consommaton mmédate des bens au détrment d une consommaton future ; alors que lorsqu l s agt d un ben à dépendance, la préférence pour le présent augmente la consommaton future par un effet d entraînement du S dans la foncton d utlté. Le graphque c-dessous (Becker et Murphy, 1988, p 681) présente les équlbres du modèle et analyse leur stablté. 4 Ans lors d une étude dynamque du modèle, le chox du taux de préférence pour le présent des ndvdus dot être effectué avec beaucoup de précautons sous pene de baser l analyse des comportements qu sera fate par la sute. 10

Graphque n 1 : Les équlbres dans le modèle d addcton ratonnelle c S 0 c=δs p 1 C* 1 E* 1 s 1 s 1 C* 0 E* 0 p 1 S 0 S S* 0 S* 1 Le graphque tente d explcter la relaton exstante entre S (stock de consommaton d un ben addctf) et c (sa consommaton présente). L étude s effectue en observant l effet d une légère varaton de S sur chacune des stuatons d équlbre décrtes par les ponts E *0 et E *1 postonnés sur la drote d équlbre c=δs. E *0 est un équlbre nstable : s la complémentarté adjacente est trop forte nous nous stuons dans ce cas de fgure sur la drote S 0 dont la pente est supéreure à celle de la drote d équlbre, une varaton à la basse de S fat alors tendre la consommaton présente (c) vers zéro et une varaton à la hausse fat tendre la consommaton vers l nfn. Cette concluson est nacceptable car elle met en lumère une possblté d état de la nature (la consommaton nfne) en dehors de toute réalté. Les auteurs supposent donc une foncton quadratque qu serat une approxmaton d une vrae foncton d utlté cubque en S (avec un terme en S 3 ) ; l peut donc apparaître un terme négatf qu permet de fare dmnuer la complémentarté adjacente quand S augmente. Par conséquent, la courbe c(s) qu passe au-dessus du pont d équlbre se trouve modfée et passe donc par dessous l équlbre en E *1 pour lequel c *1 et S *1 sont supéreurs, offrant donc un équlbre stable. 11

E *1 est un équlbre stable : nous nous stuons dans ce cas de fgure sur la drote s 1 dont la pente est nféreure à δs, une varaton postve ou négatve de S fat alors tendre la consommaton présente vers le pont d équlbre E *1. En concluson, la consommaton peut dverger d un équlbre nstable, sot vers zéro, sot vers un équlbre stable. Ces courbes sont notées p sur le graphque car la soluton S * dépend du nveau du prx p c (prx actuel du ben addctf). Nous verrons plus lon que certans auteurs ont rems en cause l hypothèse de cohérence ntertemporelle des préférences en consdérant des préférences ndvduelles hyperbolques, et que cela permet d explquer plus naturellement l mpossblté de consommatons nfnes. 1.2.3. Analyse sur cycle de ve Le modèle sous cette forme explque le comportement des fumeurs mas ne permet pas d en explquer l orgne,.e. pourquo certans ndvdus ont un stock ntal non nul. L dée des auteurs a donc conssté à ntrodure une varable événement Z(t) représentant le début d une carrère tabagque, cette varable s ajoute à la formule de consttuton du stock : S (t) = c(t) - δs(t) + Z(t) (2bs) Becker et Murphy font jouer à ce paramètre un rôle de prx et seulement de prx. Il nflue donc drectement sur les courbes du graphque n 1 en fasant passer un ndvdu d une courbe à l autre. Or, l semblerat plus légtme d attrbuer à Z un rôle dans la détermnaton des préférences et leur modfcaton d une pérode à l autre. Nous revendrons sur ce concept d ntaton tabagque avec la présentaton du modèle de Douglas et Harharan. S les auteurs n ont pas explqué l ntaton, ls ont poursuvt leur rasonnement pour explquer l arrêt de la consommaton et partculèrement l arrêt brutal. Selon eux, s la complémentarté adjacente est suffsamment forte, l utlté devent alors convexe en (c ; S). Dans ce cas, les solutons de l équaton dfférentelle sont complexes et le pont d équlbre nstable E *0 dans le graphque devent un pont de dscontnuté qu se tradut par un «décrochement» de la courbe p. Ans une légère varaton de la consommaton passée ou présente peut entraîner le passage à un pont de la courbe stué en dessous du pont d équlbre et donc provoquer un arrêt de la consommaton. 12

1.2.4. Conclusons du modèle Les auteurs ont montré que l équlbre de consommaton d un ben addctf est nstable quand le degré d addcton est élevé et la probablté de devenr dépendant est d autant plus forte que la préférence pour le présent est mportante. De plus, certans facteurs, comme par exemple le nveau de revenu, les événements ponctuellement stressants de la ve courante et le nveau de l évoluton des prx, sont des détermnants sgnfcatfs de la vrasemblance de devenr dépendant. Sur le prx, les auteurs ont montré qu une modfcaton permanente des prx a un mpact relatvement fable sur la consommaton à court terme alors que son effet est plus mportant sur la consommaton à long terme. Selon Becker et Murphy on peut également supposer que l antcpaton d une augmentaton des prx futurs dmnue la consommaton courante en rason de la complémentarté, ce qu mplque un effet supéreur d une augmentaton permanente à celu d un accrossement ponctuel. Enfn, le modèle démontre que l on ne se sépare d une telle habtude de consommaton que par un comportement d arrêt brutal (cold turkey). S l addcton ratonnelle pose les bases d une analyse permettant des conclusons ntéressantes, deux crtques fondamentales ont été développées : l une tent au programme de maxmsaton par la formule d Euler, et l autre à la forme et à l nterprétaton de la courbe p dans le graphque (Ferguson 2000). En effet, cette courbe n est pas clarement légtmée dans l artcle et sa présence pose de séreux doutes dans l analyse et les conclusons des auteurs. 1.3. Le modèle de Orphandes et Zervos Partant des analyses de Stgler et Becker (1977) et de Becker et Murphy (1988), Orphandes et Zervos (1995) modèrent l analyse de l addcton ratonnelle en avançant des doutes sur la compatblté de ce concept avec l'dée de regret chez les ndvdus. Ils mettent en avant la crtque de Wnston (1980) selon lequel Stgler et Becker développent une théore de " l'addcton-heureuse " d'un consommateur qu a sogneusement chos son addcton après observaton et évaluaton de toutes les autres. Cette dée est d'alleurs reprse par Akerlof (1991) pour qu les ndvdus devennent addctfs " en toute connassance de cause ". Les auteurs présentent un modèle dans lequel les ndvdus maxmsent des préférences stables pour des bens au pouvor addctf pouvor qu'ls ne connassent pas à l'avance. Malgré cette ncerttude, 13

les comportements des ndvdus sont optmaux dans le temps, les personnes dépendantes peuvent regretter leur décson passée d'ntaton aux substances addctves et leur évaluaton ntale de la potentalté nusble du ben. L'apport d'orphandes et Zervos résde dans les tros postulats suvants : la consommaton d'un ben addctf n'est pas nusble à tous les ndvdus de manère équvalente ; les ndvdus ont des croyances subjectves concernant ces nusances ; ces croyances sont constamment mses à jour au cours des pérodes de consommaton des bens en queston. Prenant l'exemple de l'alcool, on peut observer qu'une même quantté donnée consommée provoquera un smple effet euphorque chez les uns et une séreuse dépendance chez les autres. La prédsposton plus ou mons forte d'une addcton à l'alcool ne peut donc être connue qu'après essa de chacun des ndvdus. A l nverse, certans bens, comme l'héroïne ou la cocaïne, ont un potentel de pouvor addctf suffsamment fort pour décourager tout essa à ces substances 5. Ans les ndvdus ne sont pas égaux devant les dfférentes addctons tant dans les consommatons que devant leur appréhenson, et de plus, leur stuaton personnelle leur est nconnue ex ante. L analyse des auteurs met donc en avant le rôle mportant des croyances et convctons des ndvdus en face de produts addctfs et de leurs effets, et accorde par conséquent une place prépondérante à l'nformaton et l'éducaton de la populaton. 1.3.1. Le modèle Il consste en l analyse de la consommaton de deux bens : un ben ordnare et un ben potentellement addctf. Le ben addctf est, comme dans les modèles béckerens, à la fos cause et conséquence du stock de captal dépendance. Dans le modèle, tous les ndvdus maxmsent la même foncton d'utlté mas l exste deux souspopulatons : l'une ayant une tendance à devenr dépendante (les "potentellement dépendants"), et 5 Il s'agt là d'une smple hypothèse des auteurs : en fat, les résultats clnques montrent que la dépendance à doses fables est mondre pour la cocaïne ou l'héroïne que pour la cgarette; s'l y a mons d'essas à ces deux substances, cela serat dû à leur prx et à leur caractère prohbé. 14

l'autre non (les "non dépendants"). Les ndvdus sont supposés adopter un comportement bayésen, c'est-à-dre qu'ls ntègrent l'nformaton ssue de leur expérence dans leur tratement de l ncerttude. Des hypothèses de contnuté et de dérvablté des fonctons d'utlté et de complémentarté des consommatons du ben addctf entre les dfférentes pérodes sont nécessares à la détermnaton d'un optmum. Pour les auteurs, les regrets concernant leur consommaton passée et la sous-estmaton ntale de leur capacté à devenr dépendant, sont motvés par une nformaton présente plus mportante que celle de la pérode dans laquelle les ndvdus ont prs la décson de consommer le ben addctf. L'analyser des comportements selon des crtères de chox permet à Orphandes et Zervos de conclure leur artcle en étudant le problème sous l'angle de la valeur de l'nformaton, de l'éducaton et des poltques publques. Une melleure éducaton et nformaton mnmsent la probablté de regrets ex post pusque le chox d'ntaton de la consommaton est supposé être effectué à l'ade d'une melleure connassance du marché et de ses produts, donc du rsque de dépendance. 1.3.2. Les conclusons En résumé, les auteurs mettent en évdence les rôles mportants de l'expérmentaton de la consommaton et des croyances subjectves a pror. Théorquement, en se plaçant dans le cadre de la ratonalté lmtée, ls explquent la contradcton entre la volonté de consommer un ben provoquant une addcton et les regrets postéreurs à celle-c. Concrètement, ls défendent le rôle fondamental des poltques publques dans leur capacté de réglementaton de la publcté et dans leur foncton de réhabltaton des ndvdus dépendants (héroïnomanes...). Enfn, ls mettent également en lumère la rason des nusances supéreures provoquées par des bens dont l'addcton est mondre (ex : alcool...) par rapport aux drogues llctes par exemple, les croyances subjectves a pror condusant à une mondre appréhenson des conséquences de l'ntaton. Ces appréhensons semblent être dfférentes selon les caractérstques des ndvdus, comme le montrent Douglas et Harharan dans leur modèle présenté c-après. 15

1.4. Le modèle de Douglas et Harharan 1.4.1. Pourquo commence-t-on à fumer? Dans un artcle de 1994, Douglas et Harharan ont présenté un modèle par lequel ls explquent le phénomène d ntaton à la consommaton de tabac. La lttérature sur l addcton étude prncpalement les comportements des fumeurs, leur consommaton, leur coût pour la socété, leur dsposton à payer afn d évter une morbdté vore une mortalté lée à la consommaton de tabac, etc. Or, l semblerat plus logque de s ntéresser d abord aux causes de ce comportement pus à leurs conséquences. En effet, l paraît plus logque d empêcher les gens de commencer à fumer plutôt que de tenter de les persuader d arrêter une fos que la dépendance s est nstallée. La lttérature sur ce thème de l ntaton au tabac est paradoxalement relatvement pauvre. On pourra toutefos cter Lewtt et Coate (1982) et Wasserman et col. (1981) dont nous exposerons les résultats dans un paragraphe à la fn de cette parte. Le modèle de Douglas et Harharan (1994) est un modèle de durée en deux sous-populatons (Schmdt et Wtte 1989) qu prend ses bases dans la théore de l addcton ratonnelle (Becker et Murphy, 1988). Ils étudent, la probablté de ne jamas fumer tout en observant la date à laquelle la dépendance est apparue s la personne enquêtée fume 6. Alors que Lewtt et Coate (1982) et Wasserman et col. (1981) n avaent observé le début de consommaton qu à travers des élastctés prx et revenus de la décson d être fumeur, le modèle de Douglas et Harharan est novateur pusqu l recherche d autres aux détermnants de cette décson. 6 En fat, les auteurs ont tout d abord testé l effet prx décrt dans le modèle de Becker et Murphy sur l ntaton tabagque, mas n ont pas trouvé de résultat satsfasant. Ils se sont alors tournés vers des varables explcatves de type «culturel». 16

1.4.2. Le modèle de théorque On consdère tout d abord une foncton d utlté concave : U = U ( C t avec : C Y S L t t t t t, Y, S t, L ) la consommat on du ben addctf la consommat on numérare le stock de captal addctf les autres t t varables non addctf accumulé, dont le prx est P du cycle de ve qu affectent dont le prx t, l' utlté. est l' unté, (1) Le stock de captal addctf (nul à la pérode ntale) de la pérode suvante se dépréce au taux γ mas s accroît par l ntermédare de la consommaton courante du ben dont on est dépendant. S + = ( γ ) S + C (2) t 1 1 t t Fasant l hypothèse d une durée de ve nfne, l utlté actualsée sur cycle de ve s écrt : 1 V t = U t (1 + ρ ) = t avec : ρ le taux de préférence pour le présent. (3) La contrante de budget actualsée sur cycle de ve est détermnée par la rchesse à la date t et se défn comme sut : 1 I ( Y ) + PC = t = t (1 + r) = t (1 + r) où : r est le taux d' ntéret, I est le revenu à la date, A est la rchesse à la date t. t t A t (4) L équaton (4) égalse la somme actualsée des dépenses en ben addctf et en ben non addctf avec la somme actualsée des revenus qu est équvalente à la rchesse actuelle des ndvdus. S ntéressant à la décson de début de consommaton de tabac, un ndvdu commence à fumer s et seulement s le bénéfce margnal de la premère cgarette est supéreur à son coût margnal. Cec se tradut mathématquement par la relaton : MB ( C, Y, L S C où : MB t MC C C t t t = 0) MCC ( Ct, Yt, Lt St = 0) est le bénéfce margnal décompté restant sur cycle de ve de la consommaton de cgarette est le coût margnal décompté restant sur cycle de ve de la consommaton de cgarette (5) 17

1.4.3. Les données Les données utlsées par les auteurs sont ssues de la NHIS (Natonal Health Intervew Survey) de 1978 et 1979. Le modèle a pour but de détermner une lason entre la présence d une dépendance au tabac, l âge d occurrence de cette dépendance et quelques varables démographques comme l âge, le sexe, le nveau de ve de la famlle, etc. La NHIS comporte des nformatons sur les aspects socaux, démographques et économques de la santé de la populaton des Etats-Uns. Un questonnare supplémentare a été ajouté en 1978 et 79 comportant des questons sur le tabagsme (fumeur ou non, quantté de cgarette/tabac consommée, âge d ntaton, etc.). Les données de prx provennent du Tobacco Insttute qu a calculé une moyenne pondérée du prx des paquets de cgarettes par Etat et par an pour la pérode 1954-1991 (les auteurs ont ensute pondéré les prx par l ndce de prx à la consommaton). 1.4.4. Le modèle emprque Le modèle de durée en deux sous-populatons pondère la vrasemblance de chaque observaton en utlsant la probablté estmée que l ndvdu va commencer à fumer ou non (une premère analyse des données avat perms d observer que 49 % de l échantllon enquêté n avat jamas fumé). Sot : z et x les vecteurs des caractérstques soco-démographques de l ndvdu, θ et β des vecteurs de paramètres. θ : détermne la probablté qu un ndvdu commencera à fumer un jour ; β : détermne l âge auquel l ndvdu commencera (s jamas l commence). Ces paramètres sont détermnés par le modèle de sous-populatons, G(z,θ) la probablté que l ndvdu fume un jour, T l âge auquel l ndvdu a prs l habtude de fumer, f(t ; x,β) la valeur de la foncton de densté de l âge d ntaton évaluée à la date T, Stx ( ;, β) f( Tx ;, β) dt la foncton de surve lée à l ntervew à la date t. La surve est c t un terme générque économque, elle représente en fat le complémentare de la foncton de densté 18

et s nterprète comme la représentaton des ndvdus qu n ont pas encore commencé à fumer mas qu vont le fare, δ un ndcateur égal à 1 s l ndvdu a été fumeur avant ou à la date t et 0 snon. La contrbuton de l ndvdu à la foncton de vrasemblance est alors : L ( θ, β;t,z,x )=δ.g(z,θ).f(t ;x,β) + (1-δ ).[(1-G(z,θ)) + G(z,θ).S(t;x,β)] (6) ÖS δ = 1 (.e. s déclare avor commencé à fumer en T t) : la vrasemblance de l ndvdu est alors égale au produt de la probablté d être fumeur un jour et de la valeur de la foncton de densté ; ÖS δ = 0 (.e. s déclare ne jamas avor fumé en t) : la vrasemblance de l ndvdu est alors égale à la somme de la probablté que l ndvdu ne sera jamas fumeur et de la probablté qu l sera dépendant au tabac un jour. En rason de la forme de la dstrbuton de la varable endogène de partcpaton tabagque (f(t ;x,β)), le modèle de vrasemblance sera évalué sous une forme logstque. Les varables exogènes sont composées de données relatves au revenu, aux prx présents et futurs antcpés, à la démographe (statut martal, race, sexe, âge et âge² pour contrôler la non autocorrélaton du modèle), à la connassance des coûts et méfats du tabac. Dans le modèle, entre également en lgne de compte le prx du tabac. Les prx passés et actuels nfluencent le fumeur et le non-fumeur. Pour le fumeur sa consommaton présente dépend des prx passés à travers leurs effets sur le stock de captal addctf. Un non fumeur, quant à lu s l n est pas un consommateur myope 7, antcpe un prx futur en foncton des prx passés et présents assocés à des actons gouvernementales éventuelles sur les taxes ; ce qu consttue un détermnant mportant de son ntaton tabagque potentelle pusqu l est un facteur drect jouant sur les coûts et bénéfces margnaux. 7 Un consommateur myope se défnt comme un consommateur qu ne se souc pas des conséquences futures de ses consommatons présentes. 19

Les données emprques nous montrent que l ntaton tabagque est la plus mportante entre 15 et 25 ans (surtout entre 17 et 20). Cela condut à ntrodure des varables de prx adaptées aux besons de l analyse et conformes aux ntutons que l on veut valder emprquement. Les adolescents étant très sensbles aux varatons de prx autour de 17 et 20 ans, les auteurs ont consdéré une varable PRICE18 qu représente le log du prx des cgarettes affecté à l ndvdu l année de ses 18 ans. Une augmentaton de ce prx retarde ou empêche donc en théore l ntaton tabagque. De plus, pour contrôler la percepton de l augmentaton du prx par l ndvdu, les auteurs ont calculé une varable PRICE18-15 qu devrat avor le même effet que la varable PRICE18. 1.4.5. Les résultats Le modèle fat apparaître que les varables : race, âge, sexe et nveau d éducaton ont un effet sgnfcatf sur l ntaton et sur la date d ntaton tabagque. Les ndvdus ayant le nveau d éducaton le plus élevé sont les mons susceptbles de commencer à fumer. De la même manère, la varable «dvorcé» a un effet très sgnfcatf en rason du stress qu elle engendre chez les ndvdus. Le revenu a également un effet mas cette varable contenant des «bruts», l faut l nterpréter avec prudence. Par contre, le prx n a pas d effet sgnfcatf. En fat, on observe un coeffcent à la lmte de la sgnfcatvté mas une élastcté assocée fable, ce qu contredt Wasserman et al. (1991). 1.5. Les tests emprques sur l ntaton tabagque L ntaton tabagque est un des ponts d achoppement de la théore de l addcton ratonnelle. En effet, s la consommaton présente d un ben addctf est lée à sa consommaton passée, comment explquer la premère consommaton pour laquelle l n exste pas d antécédent? Becker et Murphy ont «résolu» cette lacune de leur modèle en consdérant qu un stock ntal d addcton se forme lors du passage d un ndvdu dans une stuaton stressante de sa ve ce qu attre celu-c vers une consommaton addctve : le bénéfce margnal devent supéreur au coût margnal. Douglas et Harharan ont, quant à eux, développé un modèle spécfque permettant de tester l ntaton tabagque. D autres auteurs ont réalsé des tests emprques portant notamment sur l effet des prx (et leurs varatons) sur la consommaton des jeunes à travers le calcul d élastctés. 20

En premer leu, notons qu l n exste pas de consensus sur les résultats de ces tests : d une part, certanes études ont montré aux Etats-Uns un rôle mportant de l augmentaton des taxes fédérales et natonales sur la consommaton tabagque des adolescents (Lewt et al., 1981 ; Natonal Cancer Insttute, 1993 ; Chaloupka et Grossman, 1996 ; Evans et Huang, 1998 ; Gruber, 2000) ; mas d autre part, de nombreux autres artcles ont nfrmé cette relaton (Chaloupka, 1991 ; Wasserman et al., 1991 ; Douglas et Harharan, 1994 ; DeCcca et al., 1998). Le premer artcle tratant de l ntaton (Lewtt et coll. 1981) décompose l élastcté-prx en deux partes : l élastcté de la partcpaton (fumer ou non) et l élastcté de la consommaton (condtonnelle à une consommaton déjà présente). Leurs résultats montrent que l élastcté de la partcpaton représenterat 60 % de l élastcté totale et qu elle concerne en majorté les 20-25 ans ; c est-à-dre qu une augmentaton du prx du tabac dmnuerat plus la probablté que les jeunes commencent à fumer qu elle ne dmnuerat la consommaton des fumeurs. Ces conclusons sont toutefos nfrmées notamment par Wasserman et al. et par Douglas et Harharan. Les résultats de ces derners apparassent comme ayant un attrat partculer pusqu ls montrent que ce n est pas le prx qu nfluence la consommaton tabagque mas des varables d ordre soco-économque. L étude que nous avons réalsée à partr des données de l enquête Santé et Protecton Socale et que nous présentons dans la parte suvante décrt les lens entre la consommaton tabagque et certanes de ces varables. Elle permet d apporter certans éléments de réponse sur la valdté de cette hypothèse sur la populaton françase. 21

2. Analyse descrptve des données de consommaton tabagque Les données que nous décrrons dans cette parte nous permettront de tester le modèle de Douglas et Harharan dans une trosème parte. Il s agt des données de l enquête Santé et Protecton Socale (SPS) de 1998. Cette enquête a été réalsée par le CREDES (Centre de Recherche d Etude et de Documentaton en Econome de la Santé) auprès des ménages ssus des tros prncpales casses d assurance malade : CNAMTS (Casse Natonale d Assurance Malade des Tavalleurs Salarés), CANAM (Casse Natonale des Professons Indépendantes) et MSA (Mutualté Socale Agrcole). Elle permet de recuellr des données soco-économques et soco-démographques ans que la morbdté et le nveau de protecton socale pour chaque personne composant le ménage. 2.1. Le CREDES Le Centre de Recherche d Etudes et de Documentaton en Econome de la Santé a été créé le 30 janver 1985 ; l est ssu de l ancenne dvson d'économe médcale du CREDOC. Producteur de données et d'analyses en économe de la santé, le CREDES observe et analyse l'évoluton des comportements des consommateurs et des producteurs de sons à la fos sous l'angle médcal, économque et géographque. Le CREDES conçot et réalse des enquêtes pérodques ou ponctuelles sur des échantllons de populaton, d'nsttutons et de professonnels de santé, pour collecter des données sur la consommaton et la producton de sons. Des accords de partenarat lu permettent également d'exploter des enquêtes sur des panels ou des échantllons réalsés par d'autres organsmes (INSEE et IMS France par exemple). Les deux prncpaux axes de recherche du CREDES sont l'offre et la demande de sons, au nveau macro et/ou mcro-économque. Parm les thèmes abordés on trouvera par exemple : l analyse de l'évoluton de la morbdté, l'accès aux sons, l étude des pratques de prescrpton des médecns, la recherche et l analyse des détermnants de la consommaton médcale, etc. Dfférents moyens et supports ont été développés par le CREDES pour faclter l'accès à l'nformaton. Il s'agt notamment du servce de documentaton et du logcel Eco-Santé. 22

2.2. L enquête Santé et Protecton Socale (SPS) 2.2.1. Objectfs et thèmes étudés Le CREDES réalse depus 1988 l enquête SPS. La fnalté de l enquête est de meux connaître l état de santé, le nveau de protecton socale et les consommatons médcales des personnes résdant en France. Les dfférentes données recuelles auprès de chaque personnes sont à la fos : des rensegnements soco-démographques et soco-économques : âge, sexe, professon, occupaton prncpale, département de résdence, revenu, nveau d étude, natonalté... ; des rensegnements sur la protecton socale : régme de sécurté socale, exonératon éventuelle du tcket modérateur et ses motfs, possesson d une couverture complémentare malade... ; des données de morbdté : morbdté prévalente, facteurs de rsque (dont le tabac)... ; des données de consommaton médcale : pharmace, séances de médecn... L ensemble de ces rensegnements permettent d analyser, entre autres, les thèmes suvants : les modes de protecton socale (oblgatores et facultatves), les malades et les troubles de santé déclarés, les recours au médecn, la consommaton de bens médcaux, l'hosptalsaton, le renoncement aux sons et les opnons sur la santé... 2.2.2. La base de sondage Depus une vngtane d années, la CNAMTS a consttué un dspostf de suv des dépenses de santé du Régme Général. Il s agt d un échantllon aléatore de bénéfcares du régme appelé : l EPAS (Echantllon Permanent d Assurés Socaux). Cet échantllon, dont la composton a évolué en 1990 pour couvrr l ensemble du terrtore, permet d obtenr des nformatons sur un échantllon au 1/1200 ème des assurés du régme général et de leurs ayants drot. 23

C est en 1994 et en 1996 que deux échantllons du même type ont été créé respectvement pour les assurés socaux du régme des professons ndépendantes (la CANAM), et du régme des professons agrcoles (la MSA). Nous dsposons, depus lors, d un échantllon global représentatf de 95 % de la populaton françase. Font parte de l EPAS, les assurés pour lesquels le numéro natonal d dentté vérfe smultanément les tros condtons suvantes : l année de nassance est pare, le mos de nassance est octobre, les deux derners chffres du numéro de commune de nassance sont dentques aux deux derners chffres du numéro d ordre, dans le même ordre ou dans l ordre nverse. Le trage du sous-échantllon à enquêter est effectué par le Centre Natonal de Tratement Informatque (CENTI) de la CNAMTS, et par les servces nformatques de la CNAM, de la CANAM et de la MSA. Il convent c de noter un bas de sélecton car nous travallons sur des ménages ordnares, c est-àdre les ménages ayant un logement. Les personnes sans domcle fxe ou vvant en nsttuton ne sont pas nterrogées. Notons également que s la plupart des assurés consttuant l EPAS sont les mêmes depus 1988, la composton de l échantllon évolue. Par exemple, les étudants correspondant aux crtères entrent dans l EPAS dès qu ls passent du statut d ayant drot à celu d assuré. 2.2.3. La méthode d enquête On consdère la populaton enquêtée sous deux untés dfférentes : Öl assuré prncpal : personne répondant aux crtères de chox énoncés plus haut, Öle ménage : comprend l assuré prncpal, les ayants drot cohabtants et les autres personnes vvant sous le même tot mas ne dépendant pas de l assuré prncpal pour l assurance malade. 24

On nterroge donc l ensemble des personnes ctées c-dessus selon deux modaltés dfférentes : les assurés dont on a trouvé les coordonnées téléphonques sont enquêtée par téléphone, les assurés pour lesquels les coordonnées téléphonques n ont pu être trouvées sont enquêté en face-à-face (l s agt c des personnes sur lste rouge, habtant en concubnage avec une personne portant un nom dfférent ou sans lgne téléphonque). Afn de tenr compte des varatons sasonnères de la morbdté et des consommatons de sons, chaque enquête se décompose en deux vagues successves d effectf égal. La premère vague a leu au prntemps entre mars et jun, et la seconde à l automne entre octobre et décembre ; la répartton des adresses étant ben entendu effectuée de manère à mantenr la représentatvté géographque des deux sous-échantllons. 2.2.4. Les questonnares et données recuelles Deux types de questonnares forment l ensemble de l enquête : le questonnare prncpal et les questonnares auto-admnstrés. Ö Le questonnare prncpal. Il porte sur les caractérstques de l ensemble du ménage auquel l'assuré prncpal tré au sort appartent. On y trouve notamment : ª des questons d opnon (posées à une seule personne dans le ménage) relatves au système de santé et de protecton socale, ª les caractérstques soco-démographques et soco-économques des membres du ménage, ª le nveau de revenu. Ö Les questonnares auto-admnstrés. ª Le questonnare «santé». Chacune des personnes du ménage remplt son propre questonnare. On y recuelle la morbdté déclarée, la consommaton de médcaments dans les dernères 24 heures, et une note de 0 à 10 que l ndvdu se donne concernant son état de santé et d autres questons par exemple portant sur la consommaton tabagque. 25

ª Le questonnare «couverture complémentare». On remplt autant de questonnares qu l y a de contrats de couvertures complémentares sgnés auprès d organsmes dans le foyer. Sont recuells c le nom des organsmes mutualstes, les prestatons offertes par chaque contrat ans que les cotsatons versées. ª Le carnet de sons. Il permet de relever pendant 30 jours les consommatons médcales de tout le ménage, c est-à-dre tous les sons ou examens médcaux reçus, tous les bens acqus et les hosptalsatons. ª Le questonnare «hosptalsaton». On recherche c les hosptalsatons survenues lors des tros derners mos : dans quel établssement, quel servce et pour quel motf. ª Le questonnare «établssement spécalsé». On recuelle également c l établssement, le motf et le nombre de fréquentaton dans des structures pour handcapés ou nvaldes. ª Le questonnare «accdent de la ve courante». Il s agt c de répertorer les accdents de la ve courante survenus au cours des tros derners mos et ayant fat l objet d une nterventon par un professonnel de santé. ª Le questonnare «contrat de suv médcal». Pour les personnes de 16 ans et plus ayant sgné un contrat de ce type, on souhate obtenr leur opnon sur le système d abonnement à un généralste. 2.3. Les données La base de l enquête SPS 1998 comporte 23036 ndvdus, mas seulement 12753 ont des caractérstques explotables pour l étude qu nous ntéresse. Il s agt des personnes ayant accepté de partcper à l ntégralté de l enquête, cec se tradut par le fat que le questonnare santé et le carnet de sons sont rempls correctement et donc explotables. 2.3.1. De la populaton enquêtée à la populaton étudée Les condtons que nous avons ntrodutes afn de permettre une analyse fable des résultats sont les suvantes : comme nous l avons dt, le questonnare santé et le carnet de sons dovent être rempls et explotables (ce fltre élmne 7853 ndvdus), 26

la réponse à la queston «Fumez-vous de façon habtuelle?» ne dot pas être nconnue (ce fltre élmne 1093 ndvdus), les personnes enquêtées dovent être âgées de 12 ans et plus, âge en-dessous duquel les réponses ne sont certanement pas explotables (ce fltre élmne 3360 ndvdus). Ans l étude sera réalsée sur 12753 personnes de 12 ans et plus. La populaton de l étude est celle du panel 1998 de l enquête SPS telle qu elle a été décrte plus haut. La représentatvté de cet échantllon est llustrée dans le graphque suvant. Le dagramme représente le nombre d ndvdus contenu dans chaque tranche d âge, pus les deux courbes qu représentent le pourcentage d ndvdus de chaque tranche d âge dans la populaton enquêtée et dans la populaton générale de la France. On observe une certane cohérence entre les deux populatons ce qu prouve la représentatvté de notre échantllon, du mons concernant la répartton de la populaton. La sousreprésentaton des 10-14 ans s explque par le fat que nous n ayons consdéré que des ndvdus de 12 ans et plus dans notre échantllon. Graphque n 2 : La représentatvté de l échantllon 1400 1200 Populaton de l'étude Part de la populaton étudée Part de la populaton françase 12% 10% Populaton étudée (nombre) 1000 800 600 400 8% 6% 4% Part dans les populatons (%) 200 2% 0 10-14 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60-64 65-69 70-74 75-79 80-84 85-89 90-94 95 et + 0% Age (en années) 2.3.2. Qu sont les fumeurs? On observe dans notre échantllon qu un quart de la populaton fume et que 44 % fume ou a fumé de façon habtuelle. Le graphque 3 donnera une répartton des fumeurs en foncton de leur âge. 27

La proporton de fumeurs par sexe et par âge n est pas toujours sgnfcatvement dfférente En effet, même s l exste une dfférence sgnfcatve de la proporton de fumeurs hommes et femmes sur la populaton globale, une observaton plus mnuteuse par classe d âge montre que l écart sgnfcatf apparaît à partr de 35 ans seulement. En fat, les données nous montrent que les jeunes femmes commencent à fumer plus tôt que leurs camarades masculns mas également qu elles «décrochent» plus volonters peut être à l occason d une grossesse ou ben parce que la gent fémnne possède une plus grande sensblté pour sa santé. Enfn, on peut sgnaler que la probablté maxmale d être fumeur, quelque sot le sexe se stue entre 30 et 35 ans. Le meux on se sent... le plus on se détrut Comme nous l avons déjà présenté, l exste dans l enquête une queston sur l état de santé ressent par les ndvdus (une note de 0 à 10). Il semble que l on fume d autant plus que cet état ressent est bon, du mons au nveau de l ensemble de la populaton pusque les résultats par sexe ne sont pas sgnfcatvement dfférents. Afn de compléter l analyse sur cette queston, l serat nécessare de croser ces résultats avec les varables recuelles dans le questonnare santé à l ade duquel nous pourrons étuder la morbdté de la populaton, mas ce pont consttue à lu seul le sujet d un autre mémore! Tabac, revenu et PCS 8... Les «plus gros» fumeurs sont les chefs d entreprse, les professons lbérales et les ouvrers alors que les commerçants et les agrculteurs fument en mondre proporton. De plus, ces «gros» fumeurs sont plus concentrés dans le deuxème quartle des tranches de revenu par unté de consommaton, sans doute en rason de la classe des ouvrers dont la représentaton est mportante. 8 Professon et Catégore Socale 28

Mas qu est-ce qu un «gros fumeur»?... Les fumeurs sont-ls gros? Nous avons évalué un ndce de masse corporelle (IMC = Pods / Talle 2 ). A partr de cet ndce, l est possble d affrmer que les fumeurs de cgarettes sont des gens présentant un IMC «normal» pour plus de 60 % d entre eux (au sens des dfférentes classfcatons d IMC de la lttérature : 19 kg/m 2 < IMC «normal» < 25 kg/m 2 ). Les fumeurs de cgares quant à eux présentent plus volonters une surcharge pondérale vore une obésté dans envron 55 % des cas. Cette noton est confrmée sur les fumeurs de cgarettes par la relaton crossante qu exste entre IMC et nombre de cgarettes consommées quotdennement. En fat, on défnra un «gros fumeur» comme un ndvdu fumant plus d un paquet par jour. A partr des déclaratons de consommatons quotdennes, on observe que plus de 80 % des fumeurs consomment mons d un paquet de cgarettes par jour. Il est également extrêmement ntéressant d étuder l âge des fumeurs selon leur consommaton. Les ndvdus déclarant fumer mons de 10 cgarettes par jour ont entre 15 et 35 ans (56,3 %), les ndvdus fumant entre la moté et un paquet par jour ont entre 25 et 45 ans (56,8 %) et les «gros» fumeurs ont entre 30 et 50 ans (64,6 %). Les jeunes commencent à fumer de plus en plus jeune Les réponses aux questons étudées c sont de type déclaratf, ans, l est nécessare d en appréhender l analyse avec certanes précautons. En effet, lorsque l on demande à un ndvdu depus comben d années l fume, la réponse peut être approxmatve et le sera d autant plus que la personne est âgée. Toutefos, l analyse de ces réponses permet d observer les fréquences suvantes : 80 % des fumeurs de mons de 26 ans ont commencé avant 18 ans, 50 % des fumeurs âgés de 26 à 35 ans ont commencé avant 18 ans, 29 % des fumeurs âgés de 36 à 45 ans ont commencé avant 18 ans, 23 % des fumeurs âgés de 46 à 60 ans ont commencé avant 18 ans, Le graphque c-dessous permet de vsualser la répartton des fumeurs en foncton de leur âge d ntaton. 29

Graphque n 3 : Fréquence d ntaton tabagque par classe d âge 50% 45% 40% Pourcentage de fumeurs (%) 35% 30% 25% 20% 15% 10% 5% 0% 5-9 10-14 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60-64 65-69 Age d'ntaton La foncton de répartton est très explcte : 80 % des fumeurs nterrogés avaent déjà effectué leur ntaton à 25 ans. Cette proporton s élève même à plus de 90 % à 30 ans. Malheureusement, ce calcul d âge d ntaton n est pas possble avec les personnes ayant fumé mas s étant arrêtées, l aurat pourtant été ntéressant de savor comben, parm ces 80 ou 90 % s étaent arrêtées avant 35 ans par exemple, nous revendrons sur ce problème de censure dans la parte suvante. 30

3. Modélsatons et résultats Outre les varables qu vennent d être présentées, la modélsaton de Douglas et Harharan ntrodut le prx du tabac (prx du paquet de cgarettes lorsque l ndvdu état âgé de 18 ans et varaton de ce prx sur les deux années avant ses 18 ans). Or, l INSEE ne nous a fourn la sére de prx que pour la pérode 1968-2000, ce qu rédut donc notre échantllon des deux côtés de la dstrbuton : d une part, en enlevant les ndvdus de mons de 16 ans ; et d autre part, les ndvdus de plus de 46 ans en 1998. Nous présenterons dans cette parte tout d abord des modèles logstques explquant dfférentes parte de notre échantllon (les fumeurs, les ex-fumeurs, et l ensemble des gens ayant fumé ou fumant actuellement) ; pus un modèle dt «de surve» explquant l âge d ntaton tabagque ; et enfn un modèle de vrasemblance ntégrant les deux modèles sus-ctés. 3.1. Les modèles logstques Nous prendrons c comme référence un homme maré. Les résultats de modélsatons logstques (proc logstc dans SAS) explquant : premèrement le fat de fumer ; deuxèmement d avor fumé et trosèmement, le fat de fumer ou d avor fumé sont donnés dans le tableau c-après. Tableau n 1 : Les modèles logstques. Fumeurs Ancens Fumeurs Fumeurs et ancens Varables explcatves: Coeffcents Pr > ChSq Coeffcents Pr > ChSq Coeffcents Pr > ChSq Constante 3.7737 <.0001 2.2147 0.0197 3.2924 <.0001 Dvorcé, séparé ou veuf 0.7012 0.0002-0.3012 0.2589 0.4088 0.0234 Célbatare -0.2824 0.0041-0.7283 <.0001-0.4004 <.0001 Femme -0.5631 <.0001-0.2412 0.0081-0.4469 <.0001 Revenu -0.00003 0.0009-6.16E-6 0.4549-0.00002 0.0049 Age -0.0329 0.0089-0.0376 0.0398-0.0228 0.0459 Prx du tabac -0.0860 <.0001-0.1908 <.0001-0.0905 <.0001 Indce Masse Corporelle -0.0301 0.0019 0.0239 0.0493-0.0116 0.1769 Note (état de santé) -0.0986 <.0001-0.0727 0.0219-0.0910 <.0001 Nb de pers. dans le ménage -0.0961 0.0003-0.0942 0.0136-0.0902 0.0002 Natonalté étrangère -0.5517 0.0008-0.9595 0.0004-0.6571 <.0001 Il peut être étonnant de ne pas vor apparaître certans crtères explcatfs dans ces modélsatons mas cec est dû à leur non sgnfcatvté dans tous les modèles (ex. : le nveau d étude) ou ben au fat 31

qu ls apparassent comme une combnason lnéare des autres paramètres des modèles (ex : la catégore soco-professonnelle). Les cases grsées mettent en évdence les paramètres non-sgnfcatfs au seul de 5 %. La plupart des coeffcents des modèles montrent un effet négatf des paramètres sur la varable endogène. Ans, le fat d être une femme, d être âgé, de ben gagner sa ve, de se sentr en bonne santé, de fare parte d une famlle nombreuse ou encore d être de natonalté étrangère sont des facteurs dmnuant la probablté de fumer. De plus, nous observons un effet négatf du prx sur la consommaton tabagque (ce qu est tout à fat logque), mas l est plus mportant de noter le coeffcent plus élevé chez les ancens fumeurs, ce qu sgnfe que leur plus grande sensblté au prx est peut-être un facteur détermnant de l arrêt de la consommaton. Enfn, s être célbatare ne favorse pas la consommaton tabagque, le fat d avor sub un événement stressant et donc être séparé, dvorcé ou veuf sont des éléments fortement explcatfs de la consommaton tabagque. C est, à peu de dfférences près (en dehors des deux varables de statut matrmonal), le premer modèle présenté dans le tableau 1 qu sera réutlsé dans la foncton de vrasemblance que nous présenterons plus bas. 3.2. Le modèle de surve Le modèle dt «de surve» est estmé dans le logcel SAS à l ade d une «proc lfereg». Il teste l âge d ntaton tabagque en foncton de pluseurs crtères explcatfs. Ce modèle est donc estmé sur une populaton plus restrente car elle ne comprend que les fumeurs actuels pour lesquels nous dsposons de l nformaton : «depus comben d année fumez-vous?». Le résultat de cette procédure est donné dans le tableau 2. Tableau n 2 : Le modèle de surve. Age d'ntaton Varables explcatves: Coeffcents Pr > ChSq Constante 2.92755 <.0001 Dvorcé, séparé ou veuf 0.09662 0.0004 Célbatare 0.08400 <.0001 Revenu 2.98501E-6 0.0027 Prx du tabac -0.02563 <.0001 Note (état de santé) 0.01109 0.0033 Nb de pers. dans le ménage 0.01462 0.0001 32

La quas totalté des varables explcatves ont un effet sgnfcatvement postf sur l âge d ntaton tabagque. Deux éléments sont cependant partculèrement ntéressants à noter dans ces résultats. Tout d abord, l effet du nveau de revenu : même s le coeffcent est sgnfcatf, l est extrêmement fable (2.98E-6) ; l nfluence de cette varable est donc très lmté. Et deuxèmement l effet négatf du prx sur l ntaton conforte les résultats de l étude de Emery (Emery 2000) par exemple en montrant une nsensblté au prx des ndvdus commençant à fumer ; en effet, les jeunes qu commencent à fumer n achètent pas leurs cgarettes eux-mêmes, ls sont donc nsensbles au prx. Ce n est qu une fos la dépendance acquse qu ls s ntéressent à l achat de tabac et devennent donc sensbles au prx comme nous l avons montré dans les modèles logstques. 3.3. La vrasemblance Afn de compléter l analyse sur les fumeurs et partculèrement sur l ntaton tabagque, nous avons adapté le modèle de vrasemblance de Douglas et Harharan décrt en premère parte. En effet, c est à l ade d un modèle de ce type qu l est possble de prendre en compte la censure à gauche 9 de notre exemple. La modélsaton, telle que les auteurs la présentent dans leur artcle, ne peut être transposée drectement. En effet, ls ont utlsé une foncton de vrasemblance maxmsée à l ade du logcel LIMDEP dont nous ne dsposons que d une verson d évaluaton, lmtée à des échantllons de 1000 ndvdus. Il a donc fallu adapter leurs équatons afn d effectuer une résoluton sous SAS qu n est pas programmé pour la maxmsaton de vrasemblance. Cec sgnfe que la réalsaton de certanes étapes de cette maxmsaton s est effectué à la man et à l ade d une programmaton spécfquement adaptée dans le logcel SAS. La foncton de vrasemblance pour un ndvdu, dans notre cas, s écrt comme sut : δ (1 δ ) [ G( z ; θ ). f ( T ; x, β )] [ 1 G( z ; θ ) + G( z ; θ ). S( T ; x, β )] L ( θ, β; T, z, x ) = 9 La censure à gauche est présente en rason des ancens fumeurs pour lesquels l nous est mpossble de détermner l âge d ntaton n l âge d arrêt de la consommaton addctve. 33

Sot, sous sa forme logarthmque : [ logg( z ; θ ) + log f ( T ; x, β )] + (1 δ ).[ log(1 + G( z ; θ ).( S( T ; x, ) 1)) ] LogL = δ. β avec : z et x les vecteurs des caractérstques de l ndvdu, θ et β des vecteurs de paramètres. θ : détermne la probablté qu un ndvdu commencera à fumer un jour ; β : détermne l âge auquel l ndvdu commencera (s jamas l commence). Ces paramètres sont détermnés par le modèle de sous populatons, G(z,θ) la probablté que l ndvdu fume un jour : Gz (, θ) T l âge auquel l ndvdu a prs l habtude de fumer, 1 = + 1 exp ( z θ ) f(t ; x,β) la valeur de la foncton de densté de l âge d ntaton évaluée à la date T consdérée c à l ade d un modèle log-logstque : sot ( Xβ + σε ) T = exp ε exp ε ε (1 + exp ) 2 donc : f ( T ; x, β ) = exp 1.(logT x β ) expσ ( x β ). 1.(logT x β ) 2 (1+ expσ ) S ( t; x, β ) f ( T; x, β ) dt la foncton de surve lée à l ntervew à la date t. La surve est c un t terme générque économque, elle représente en fat c, en quelque sorte, le complémentare de la foncton de densté et s nterprête donc comme la représentaton des ndvdus qu n ont pas encore commencé à fumer mas qu vont le fare. Dans notre exemple, celle-c s écrt : S( T ; x, 1+ 1 β) = 1 x β [ t.exp ] σ δ un ndcateur égal à 1 s l ndvdu a été fumeur avant ou à la date t et 0 snon. 34

Au fnal, la log-vrasemblance à maxmser s écrt comme sut : logt xβ σ 1 e 1 1 log L + = δ. log( ) + x β. (1 δ ). log 1 +.( z θ logt x β z θ 1 1+ e 1+ xβ σ 2 e + (1 + e ) 1 ( t. e ) σ 1) Les vecteurs paramètres (β et θ) lés aux caractérstques des ndvdus (x et z ) ans que le paramètre σ (qu détermne la forme ntale de la dstrbuton de l ntaton tabagque) ont été estmés respectvement par le modèle de surve et le modèle logstque présentés dans les deux paragraphes précédents. Le fable nombre de paramètres provent de crtères de sélecton sévères en rason du fat qu l sera nécessare de calculer chacune des dérvées partelles de la log vrasemblance à la man ; mas également, et surtout, car un trop grand nombre de paramètres consttue un crtère favorsant la non-convergence du modèle de vrasemblance. La méthode de résoluton de cette log-vrasemblance s est effectuée à l ade d une «proc nln» dans le logcel SAS qu mnmse l nverse de la foncton de vrasemblance et des dérvées partelles de premer ordre par rapport à chacun des coeffcents des vecteurs β et θ. Les coeffcents de départ ans que les résultats sont présentés dans le tableau 3 c-dessous. Tableau n 3 : Les résultats de la foncton de vrasemblance. Valeurs ntales Coeffcents de la vrasemblance Coeffcents de θ Coeffcents Pr > ChSq Coeffcents Intervalles de confance (95%) Constante 3,6106 <,0001 3,6159 1,9068 5,325 Femme -0,5205 <,0001-0,4373-0,6003-0,2744 Revenu -0,00003 0,0004-0,00003-0,00006-1,17E-07 Age -0,0273 0,0274-0,0273-0,0609 0,00624 Prx du tabac -0,0986 <,0001-0,0947-0,1609-0,0284 Indce Masse Corporelle -0,0287 0,0029-0,0285-0,0506-0,00629 Note (état de santé) -0,0967 <,0001-0,0952-0,1348-0,0556 Nb de pers. dans le ménage -0,1072 <,0001-0,1024-0,1646-0,0403 Natonalté étrangère -0,5445 0,0009-0,3936-0,8706 0,0833 Coeffcents de β Coeffcents Pr > ChSq Coeffcents Intervalles de confance (95%) Constante 2,92755 <,0001 2,9275 2,9271 2,9279 Dvorcé, séparé ou veuf 0,09662 0,0004 0,0965 0,0962 0,0969 Célbatare 0,084 <,0001 0,0837 0,0832 0,0842 Revenu 2,99E-06 0,0027 0,00003 0,00003 0,00003 Prx du tabac -0,02563 <,0001-0,0257-0,0258-0,0256 Note (état de santé) 0,01109 0,0033 0,0111 0,0111 0,0111 Nb de pers. dans le ménage 0,01462 0,0001 0,0146 0,0146 0,0147 σ 0,11466-0,1087 0,1019 0,1155

Ces coeffcents sont obtenus au terme de 46 tératons de la procédure nln dans SAS. Pour le logcel, la convergence n est pas attente ce qu sgnfe que ces résultats ne sont pas les optma que l on désrat obtenr. Toutefos, les valeurs fnales ne sont pas très élognées des valeurs ntales, donc pluseurs hypothèses sont possbles : sot nous étons déjà proche de l optmum avec les valeurs ntales et donc le modèle reste «bloqué» autour de celu-c ; sot l exste pluseurs optma et les valeurs présentées c n en détermnent qu un seul. Or, des tests de robustesse ont montré que le modèle état extrêmement sensble aux modfcatons d une ou pluseurs valeurs ntales, ce qu appue la deuxème hypothèse. Mas, aucune certtude ne peut être avancée. Il serat donc nécessare de poursuvre et d approfondr encore ce traval et surtout d utlser un logcel adéquat afn de parfare cette modélsaton. 36

Concluson Les premères études menées sur l addcton, et plus partculèrement sur le tabac, ont porté leur ntérêt sur l analyse de l mpact des prx sur la consommaton. Le calcul d élastcté-prx est alors un moyen de nourrr les réflexons sur les poltques de taxatons présentes ou à venr. Cependant, on ne consdère alors le «problème» que lorsqu l est trop tard! Ce n est que plus récemment que certans auteurs ont commencé à s ntéresser aux détermnants de l ntaton tabagque. Concernant l mpact du prx sur la consommaton, l analyse de la lttérature ne permet pas conclure de manère tranchée. S on admet l mpact postf du prx sur la consommaton, l semble qu l serat plus mportant en cas de modfcatons permanentes (thèse de Becker, Grossman et Murphy 1994). Il reste que d autres auteurs ont nfrmé l exstence d un effet prx (thèse de DeCcca, 1998). Concernant l mpact du prx sur l ntaton, l a été analysé en dstnguant dans l élastcté-prx un effet sur la consommaton et un effet sur la partcpaton. L nfluence du prx sur l ntaton, lorsqu elle apparaît dans les analyses, semble très fable. Dès lors, certans auteurs, comme Douglas et Harharan (1995) ou Emery (2000), ont étudé l mpact de caractérstques ndvduelles socoéconomques sur la consommaton et/ou l ntaton tabagque. L analyse descrptve des données de l enquête Santé et Protecton Socale confrme l mportance de varables telles que la catégore socoprofessonnelle, le sexe et l âge. En partculer, nous avons ms en évdence que l on consomme sa premère cgarette de plus en plus tôt. L applcaton des modèles économétrques aux données de l enquête SPS semblent confrmer les conclusons de Douglas et Harharan, à savor une nfluence du prx sur la consommaton mas pas sur l ntaton. Toutefos, ce traval devra fare l objet d approfondssements tant théorques que méthodologques. 37

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