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1 Interface périodique de la Clinique Générale-Beaulieu n 6 - été 2012 Dossier: e intervention de chirurgie robotisée Nouvelle directrice des soins 6 e Rencontres du CPMA

2 sommaire le mot du directeur 2 le mot du directeur 3 dossier chirurgie robotisée: e intervention célébrée 8 portrait: Sabrina Cavallero, nouvelle directrice des soins 10 évènement conférence ophtalmologique 11 compte-rendu 6 e Rencontres du CPMA 13 news: M me Da Roxa, nouvelle administratrice impressum Ligne éditoriale: Philippe Cassegrain Nicolas Brunschwig Rédacteur responsable: Philippe Amez-Droz Ont également collaboré à ce numéro: D r Patrick Dumps, D r Eric Mégevand, D r Alain Munier, D r Phillippe Renard, D r Charles-Henry Rochat, D r Claudio Soravia; M mes Sabrina Cavallero, Françoise Dimier, Marie Da Roxa, M. Philippe Cassegrain. Crédits photos: Thierrypier Graindorge Graphisme & production: Agence PM Tirage: exemplaires Contact: Site: Des dérives intolérables Six mois se sont écoulés depuis l introduction de la nouvelle planification hospitalière et des SwissDRG. Il est toutefois encore trop tôt pour en tirer un véritable bilan. Nous pouvons néanmoins malheureusement confirmer la survenance des problèmes que nous avions identifiés et communiqués l année dernière en pleine période de préparation. L Etat a mis en place une planification hospitalière beaucoup trop restrictive en limitant les pôles d activité au nombre de six (cardiologie et vasculaire, digestif, gynécologie, orthopédie et rhumatologie, uro-néphrologie et enfin obstétrique), comme si l ORL, l ophtalmologie ou la neuro-chirurgie, pour ne citer que quelques exemples, n étaient pas pratiquées au sein des cliniques privées. L Etat ne s est pas contenté de cette limitation et a instauré des quotas dans chacun de ces pôles. Les conséquences ont été immédiates. Les assureurs se «battent» pour que tous leurs cas pris en charge dans les cliniques entrent dans les mandats de prestations car ils bénéficient alors du co-financement de l Etat à hauteur de 55% pour l assurance obligatoire des soins. Ces mêmes assureurs se sont également empressés de modifier leurs conditions générales d assurance dans le cadre des complémentaires pour limiter le remboursement de leurs assurés. L Etat ne respecte tout simplement pas l esprit de la réforme votée en 2007 voulue par les Chambres fédérales, qui souhaitaient renforcer la concurrence et l égalité de traitement entre les assurés. Force est de constater que nous assistons à l effet inverse. Pour être très concret, un patient au bénéfice d une assurance complémentaire d hospitalisation qui doit subir une intervention de neurochirurgie dans un établissement privé peut se voir refuser le remboursement par son assurance et va devoir se faire opérer dans la division commune des HUG ou payer de sa poche s il tient absolument à une clinique. Ce même patient n aurait eu aucun problème l année dernière. Cherchez l erreur! Nous pouvons comprendre une certaine limitation des cas pour des raisons budgétaires. Par contre s agit-il seulement de préserver les intérêts de l Etat ou également ceux de l hôpital public? Non seulement, nous assistons à une augmentation de l inégalité de traitement entre les patients - l exemple mentionné n est malheureusement ni théorique ni unique - mais nous avons le sentiment de vivre le renforcement d une concurrence «déloyale» avec le public. Nous appelons de nos vœux qu une table ronde soit organisée au plus vite sous l égide de l Etat en y invitant tous les partenaires que sont l hôpital, les cliniques, les médecins et les assureurs, l idée étant de tirer les leçons de ce premier semestre et d y apporter par concertation les corrections nécessaires pour gommer les inégalités les plus criantes. C est à cette seule condition que la complémentarité indispensable et les collaborations public-privé pourront se maintenir et se développer. PHILIPPE CASSEGRAIN Interface 2

3 dossier Chirurgie robotisée: la e intervention célébrée Le public au rendez-vous L évènement organisé le 3 mai au Centre International de Conférences Genève (CICG) pour la e intervention avec le robot da Vinci à la clinique a montré l intérêt du public pour la chirurgie robotisée et les progrès des techniques médicales en général. Monsieur Cassegrain, comment expliquez-vous cet engouement du public? PHILIPPE CaSSEGRaIN: «Il y a probablement deux causes qui se conjuguent et qui expliquent l engouement que vous évoquez. Compte-tenu de l évolution de notre société, il y a une réelle fascination pour la technologie et bien entendu le robot chirurgical n y échappe pas. En outre, la population est beaucoup mieux informée d une façon générale, grâce notamment à Internet et tout ce qui touche à la santé au sens large du terme intéresse naturellement le public. Il n y a donc aucune raison pour que le monde de la santé ne bénéficie pas du développement exceptionnel de la technologie et de la généralisation de la connaissance et du savoir.» Aller vers la population La manifestation a permis de se mettre aux commandes du robot et de rencontrer des chirurgiens des disciplines qui y ont recours. Pensez-vous qu il faut encourager une forme de «pédagogie» médicale? PHILIPPE CaSSEGRaIN: «Le public ne souhaite pas aller dans un hôpital ou dans une clinique s il n y est pas obligé. Je considère que les établissements ont une responsabilité et un devoir en matière d information, notamment sur les possibilités offertes pour les soins en général et sur les progrès réalisés par la médecine. Nous devons donc sortir de nos murs et aller vers la population. C est une façon d aborder des sujets graves de façon plus convivia- Interface 3

4 dossier le mais sérieuse et très didactique. C est également une possibilité qui nous est donnée de dédramatiser tout ce qui touche à la santé en levant une part de mystère qui l entoure trop souvent.» Coûts plus élevés: des nuances Parmi les échos des médias, on a pu lire que le robot coûterait cher et que son utilisation majorerait les coûts de la santé. Que répondez-vous? PHILIPPE CaSSEGRaIN: «Tous les spécialistes s accordent à dire que la technologie qui s invite depuis de nombreuses cette technologie et la venue de concurrents vont permettre de faire baisser les prix à terme tant de l équipement que des consommables. Si l on fait une analyse macro-économique qui intègre l assurance-maladie et l assurance perte de gain, il est probable qu il n y a pas de surcoût, voire même un gain économique par la diminution des temps opératoires, le raccourcissement des durées de séjour d hospitalisation et de convalescence, ainsi qu un retour plus rapide à la vie active.» Le robot: vers un équipement standard Il existe aujourd hui cinq robots chirurgicaux à Genève pour un total de seize en Suisse. Faut-il plutôt s en réjouir ou considérez-vous qu une concertation en matière d équipements médicaux est nécessaire? PHILIPPE CaSSEGRaIN: «Dans la mesure où le robot chirurgical deviendra probablement un équipement standard d une salle d opération grâce au plus grand nombre de patients opérés par le biais de cette technique, mais aussi par l extension de son utilisation à d autres spécialités et indications opératoires, on ne peut que se réjouir qu il soit mis à disposition des chirurgiens et des patients de façon généralisée. Par contre la question se pose pour des technologies utilisées pour un petit nombre de patients qui ne justifie pas une acquisition par l ensemble des établissements de soins. Dans ce contexte, la concertation s impose.» Le robot da Vinci a suscité un vif intérêt chez les visiteurs, dont certains ont eu l opportunité de s exercer à la chirurgie robotisée. années dans la santé est un facteur d augmentation des coûts, au même titre, mais dans une proportion moindre, que le vieillissement de la population, le développement des maladies chroniques et de certaines affections telles que les maladies cardio-vasculaires ou les cancers, en partie dus à notre mode de vie. Il est vrai qu une intervention chirurgicale effectuée à l aide du robot coûte plus cher qu une intervention traditionnelle (de 10 à 15%) pour différentes raisons. Toutefois, le développement de La Clinique Générale-Beaulieu aura bientôt 10 ans d expérience en matière de chirurgie robotisée. Ce savoir-faire médical pourrait-il être remis en questions par les quotas de la liste hospitalière cantonale, entrée en vigueur début 2012? PHILIPPE CaSSEGRaIN: «En aucun cas. Ce sont deux choses différentes. Nous aurions souhaité que l Etat ait une interprétation moins restrictive de la planification hospitalière, même si nous en comprenons les motifs. Toutefois, je ne vois aucune raison particulière pour que la chirurgie robotisée soit freinée, voire remise en question dans le cadre de la planification. Si tel devait être le cas, ce serait alors une interprétation abusive de la planification, comme le font encore certains assureurs.» Interface 4

5 Remerciements Nous venons de vivre un moment particulièrement fort à l occasion de la e intervention du robot! Cet évènement n aurait pas été possible sans la collaboration d une équipe logistique. Nous tenons à remercier très sincèrement les collaborateurs et proches de la clinique qui ont, par leur accueil, leur gentillesse avec le public et leurs sourires, largement contribué au succès de cette journée (Nathalie Blanc, Céline Buccella, Alexandra Gallin, Ingrid Langenskiold, Julie Rigaud, Léa Tessont, Mireille Reichenbach, Audrey Isabelle Pibouleau). Nos remerciements vont également à M me Catherine Pittet et M. Charles François de la société Intuitive Surgical qui ont aidé le public à manipuler le robot da Vinci sans oublier Thierry Védrenne qui a orchestré de main de maître la technique. Enfin, nous exprimons notre gratitude aux D rs Rochat, de Boccard, Dumps, Mégevand et Soravia, sans qui cette journée n aurait tout simplement pas pu voir le jour. FRANÇOISE DIMIER En haut: Le D r Charles-Henry Rochat explique à des visiteurs le déroulement d une intervention robotisée à l aide d une projection 3D. Ci-dessus et ci-contre: Le robot da Vinci, une merveille de technologie, la vedette incontestée de la journée. Interface 5

6 dossier Impressions très positives des chirurgiens Les trois disciplines qui utilisent régulièrement le robot à la Clinique Générale-Beaulieu (urologie, chirurgie viscérale, gynécologie) étaient représentées le 3 mai par les D rs Charles-Henry Rochat, Claudio Soravia, Patrick Dumps et Eric Mégevand. Ils livrent leurs impressions sur le déroulement de la manifestation et les réactions du public. «Une journée pour les patients et un hommage à toute une équipe» «Le titre de la conférence sur l'urologie Le succès de la prostatectomie robotisée (dvp): une affaire d'équipe, mettait l'accent sur la prostatectomie radicale qui est la principale utilisation du robot da Vinci en Europe, ainsi que sur la notion d'équipe, condition indispensable à la mise sur pied d'un programme robotique performant. Nous avons expliqué l'historique de cette aventure commencée début 1999 à la Clinique Générale- Beaulieu par l'introduction en Suisse de la prostatectomie radicale en laparoscopie conventionnelle, et prolongée logiquement début 2003 par l'assistance robotique à l'aide du système da Vinci. Notre position de clinique pionnière en robotique a été maintenue au fil des ans par une constante évolution du plateau technique, avec en 2007 l'achat d'un robot à 4 bras, upgradé en 2008 en haute définition avec système de projection en 3D pour la salle de conférences et la salle d'opérations. En décembre 2011 nous avons pu faire l'acquisition du dernier système venu sur le marché, le Si HD. L'effort a été consenti par la clinique pour nous donner les moyens d'être toujours à la page du progrès mais également pour soutenir, dès le début, les activités scientifiques qui ont été développées autour de ce projet: organisation de symposiums et de master classes, conférences spécialisées et grand public. De notre côté nous avons contribué à la rédaction d'articles, de chapitres de livres et participé à des groupes d'études dans le souci de valider et d'améliorer nos résultats. Ceci nous a permis également de nous comparer avec sérénité aux équipes sur le plan international. La Clinique Générale-Beaulieu et la Société Coopérative Médicale de Beaulieu soutiennent la Faculté du Congrès de la Société Européenne d'urologie Robotisée qui aura lieu à Londres au mois de septembre, société dont je suis secrétaire et membre du comité scientifique (www.erus2012.com). Le partenariat CGB-SMB est un gage de succès. Pour revenir à la journée grand public du 3 mai, j'ai été très touché de la participation et du témoignage des nombreux patients qui avaient fait le déplacement de la Suisse romande. Ils ont pu s'assoir à la console et ont été émerveillés de la technologie qu'on leur présentait et dont ils ont pu bénéficier. Les patients ont été reconnaissants d'avoir été entourés du début à la fin de leur hospitalisation par des équipes compétentes et bienveillantes. Mes remerciements vont donc à l'ensemble des collaborateurs de la Clinique Générale-Beaulieu. Aujourd'hui fêter interventions dont 500 prostatectomies radicales cela semble beaucoup, mais c'est bien peu par rapport aux développements futurs de la chirurgie robotisée. En attendant le temps nous a déjà donné raison.» D R CHARLES-HENRY ROCHAT Interface 6

7 «Les participants ont montré leur curiosité» «La chirurgie sera robotisée au 21 e siècle! Ce motus résume tout à fait ce besoin de sécurité et de précision chirurgicales: les nouvelles technologies, à savoir le robot da Vinci. Les nombreux participants ont montré leur curiosité en posant des questions aux différents spécialistes pour mieux appréhender cet appareil fantastique qu est le robot chirurgical. Certains ont pu faire leurs premiers pas de chirurgien en manipulant le robot mis à disposition. Les conférences ont présenté de manière exhaustive les excellents résultats obtenus en chirurgie urologique, digestive et gynécologique. Enfin, le cocktail de fin de journée a permis des contacts plus directs entre les orateurs et le public. Le succès de cette manifestation souligne la position prépondérante de la Clinique Générale-Beaulieu dans le milieu médical genevois ainsi que sa politique d innovation pour promouvoir une prise en charge thérapeutique des patients toujours plus efficace et sophistiquée.» D R CLAUDIO SORAVIA «La vedette le robot da Vinci» «Ce jour-là, la vedette était bien le robot da Vinci. Etrange sensation car pour la première fois ce n'était pas le chirurgien qui était plébiscité aux premières loges mais bel et bien son instrument de travail le robot da Vinci. Vision surréaliste cet après-midi du 3 mai 2012 que de voir sortis de leur monde froid et aseptique ces deux robots trônant au beau milieu d'un salon cossu du CICG, manipulés par un public intéressé et déjà conquis. Un après-midi également très enrichissant de partage d'expériences, avec en clôture le professeur Luc Soler qui nous a projeté de façon impressionnante dans le monde fascinant de la robotique d'aujourd'hui et de demain. Nous vivons une nouvelle ère chirurgicale, qui sera résolument robotisée.» D R PATRICK DUMPS «Le robot excite les foules» «Le robot excite les foules... titrait un journal romand en évoquant l'exposition sur la robotique en général qui s'est récemment tenue à l'epfl. C'est très exactement le sentiment que j'ai eu lors de la journée organisée par la Clinique Générale-Beaulieu pour fêter la millième intervention chirurgicale robotassistée le jeudi 3 mai Une journée rendue animée et vivante grâce à un public venu nombreux, regroupant tous les groupes d'âges, des retraités aux étudiants, hommes comme femmes, anciens patients opérés accompagnés de leur famille, certains venus de loin pour assister avec famille et amis à cette journée exceptionnelle. Questions pertinentes, commentaires intéressants, réflexions philosophiques, éthiques, économiques ont fusé autour du robot manipulé de manière très intuitive par les visiteurs trop fiers d'avoir pu déplacer et assembler avec précision les petits modulestest mis à disposition. C'est finalement pas si difficile d'opérer... fanfaronnait un participant. C'était le but de cet évènement: dédramatiser l'acte chirurgical et faire comprendre au public que la chirurgie minimalement invasive n'est plus la chirurgie du futur, mais bien celle d'aujourd'hui et que grâce à elle, dans la plupart des cas, plus question d'ouvrir un ventre autrement que par trois petits trous, même pour une grosse opération. Mission accomplie!» D R ERIC MÉGEVAND Les docteurs Patrick Dumps (2 e depuis la gauche) et Eric Mégevand (à droite), ici en compagnie du professeur Luc Soler (à gauche) et Philippe Cassegrain (2 e depuis la droite). Interface 7

8 portrait Sabrina Cavallero, nouvelle directrice des soins Pour un service de proximité au patient M me Sabrina Cavallero intègre la direction de la Clinique Générale- Beaulieu le 2 juillet en qualité de directrice des soins. Forte d une longue expérience à responsabilités aux HUG, dont elle a été la directrice des opérations, M me Cavallero se réjouit d intégrer une structure privée qui privilégie la qualité des relations avec le patient à travers un service de proximité. Originaire de Genève, diplômée de l Ecole d infirmières de La Source en 1990, M me Sabrina Cavallero évoque sa trajectoire à travers un récit que ponctuent des éclats de rire. De La Source au MBa de HEC à Genève en 2012, M me Cavallero a conjugué carrière professionnelle et formation continue. Interview: Vous intégrez la direction d un établissement privé après un parcours dans le secteur public, que cela représente-t-il? SaBRINa CavaLLERO: «Le service au patient constitue le moteur et la finalité de toutes les activités de soins, qu il s agisse d un établissement public ou privé. Je pense qu une structure privée, de la taille et de la réputation de la Clinique Générale-Beaulieu, développe un service de proximité différent, qui permet véritablement de s attacher à la notion de qualité qui me tient à cœur. Etre soignant, ce n est pas n importe quel métier. Cela implique une dimension d écoute, une disponibilité dans la relation qui tient précisément à la proximité.» Comment concevez-vous votre mission de directrice des soins? SaBRINa CavaLLERO: «a mon sens la fonction de direction Interface 8

9 des soins se définit à la fois comme une coordination opérationnelle transversale des activités de soins, un relais de la direction générale auprès des équipes et un garant de la qualité. Je souhaite épauler le personnel soignant dans l accomplissement de ses missions. Un directeur des soins doit d abord être un facilitateur. Toute la difficulté d un tel poste réside dans la conjugaison d une bonne vision d ensemble et d une connaissance appuyée du terrain.» Passer d une très grande structure hospitalière à un établissement beaucoup plus petit, cela représente-til un changement de «modèle»? SaBRINa CavaLLERO: «Comme je l ai souligné pour les relations secteur privé secteur public, je ne conçois pas les soins aux patients à travers un concept de modèle. Dès lors que l on place le patient au centre de nos préoccupations, la taille de l établissement n est pas déterminante et je pense même qu une structure très importante court davantage le risque de figer les statuts qui y prévalent. Ce sont la compétitivité, la formation et la remise en question qui favorisent l excellence.» Comment définiriez-vous la qualité des soins? SaBRINa CavaLLERO: «Outre l élément relationnel prépondérant déjà évoqué, la qualité des soins peut être considérée comme un ensemble de mesures qui, à petite échelle, participe à atteindre de grands objectifs, lesquels ne se cantonnent pas aux soins. Ces mesures vont de l hygiène au traitement proprement dit, en passant par l accueil, la prise en charge, la vérification des médicaments, le traitement de la douleur, entre autres mesures. La mission du personnel soignant est très étendue et la qualité tient donc autant au savoir-faire, qu à l expérience et à l engagement.» Vous avez souligné l évolution constante des métiers de soins, comment cela se traduit-il en termes de formation continue? SaBRINa CavaLLERO: «Les progrès technologiques de la médecine s imposent au personnel soignant qui peut compléter sa formation, selon les besoins mais aussi selon les envies et les attentes. Le fait de pouvoir personnaliser la formation contribue au succès de toute l équipe car la motivation individuelle est un gage de succès. Le meilleur moyen de lutter contre la routine est encore de susciter la curiosité et l envie d apprendre. Le personnel soignant est aujourd hui très bien formé, en Suisse comme en France. Cela tient aux filières de formation qui suivent l évolution de la médecine et doivent aussi s adapter aux attentes des grandes structures de soins, en proposant notamment des formations continues de qualité en plus des programmes initiaux.» Pour conclure, quel message adressez-vous à votre équipe? SaBRINa CavaLLERO: «Je souhaite établir une relation de confiance avec l ensemble des unités de soins, basée sur le professionnalisme et l écoute. Je vais me donner le temps nécessaire pour aller à la rencontre des soignants, comprendre le fonctionnement des services, en découvrir les attentes et les besoins. La clé d une bonne intégration passe par les échanges avec les cadres soignants, qui seront en quelque sorte mes guides puisque j arrive en terrain neuf! Il ne faut pas oublier que nous exerçons des métiers complexes qui présentent des risques. Mettre en valeur ces métiers fait partie de mes ambitions.» Portrait-express Née le 21 février 1966 à Genève, M me Cavallero vit maritalement et est mère de trois fils, âgés de 23, 12 et 10 ans. Elle a également un petitfils de 4 ans. Après une maturité à Florimont, elle démarre des études de Sciences politiques à l Université de Genève qu elle interrompt pour effectuer un séjour de 18 mois à l Institut Dante Alighieri, à Rome, en Elle obtient son diplôme d infirmière à La Source en Elle complétera sa formation par un diplôme de Santé Publique (Bon Secours), en 1994, et un diplôme de Management, à Lausanne, en 1999, puis un MBA de l HEC, à l Université de Genève en Engagée en 1996 aux HUG en qualité de responsable de soins du Département de médecin communautaire et premiers recours, elle devient Directrice adjointe des Soins en charge de la qualité, des pratiques professionnelles et de la recherche en 2008, puis, toujours aux HUG, Directrice des Opérations, de 2010 à Elle intègre la Direction de la Clinique Générale-Beaulieu, en qualité de Directrice des Soins, en juillet Interface 9

10 évènement Conférence ophtalmologique L œil dans tous ses états Sous l égide du Mémorial adolphe de Rothschild, la Clinique Générale-Beaulieu a accueilli le 18 juin une conférence réunissant des ophtalmologues de réputation internationale sur le thème: Passé, présent, futur des techniques en ophtalmologie. De gauche à droite: Prof. Frank Larkin, D r Francesca Panarello, trésorière du groupement des médecins du Mémorial A. de Rothschild, D r Alain Munier, président du groupement, D r Felgenhauer, de Neuchâtel. Président du groupement des médecins réunis au sein du Mémorial a. de Rothschild et organisateur de l évènement, le D r alain Munier a remercié sponsors et Clinique Générale-Beaulieu pour leur soutien. La conférence, d un très haut niveau, fut l occasion d entendre des spécialistes de la cornée, comme le Prof. Frank Larkin, directeur du service cornée et co-directeur du département de recherche du Moorfield Hospital, à Londres, dont l exposé a permis de prendre la mesure de l état de la recherche appliquée en matière de techniques chirurgicales de pointe. Le D r alain Munier a quant à lui souligné l apport des nouveaux produits pharmaceutiques - tout en rappelant l indépendance des médecins à l égard des groupes pharmaceutiques. L exposé du D r Istvan Molnar, à propos des effets d un implant à usage unique dénommé «Ozurdex», reflète aussi l état de la recherche (étude GENEva sur 1'200 patients de 27 pays) portant sur les effets de produits anti-inflammatoires, tel que la dexaméthasone, qui est une hormone glucocorticoïde de synthèse. Les interventions, notamment sur l évolution des techniques en matière de traitement de la cataracte, se sont succédées durant la journée. Les personnalités invitées étaient, outre le Prof. Larkin et les D rs Bijan Farpour, Istvan Molnar, Francis Weber ainsi que les Profs. Dominique Monnet, Cyrus Tabatabay et Peter Leuenberger. La conférence s est terminée autour d un cocktail dînatoire, à l invitation de M. Philippe Cassegrain, directeur de la clinique, en l honneur du 30 e anniversaire de collaboration avec le groupement des médecins du Mémorial a. de Rothschild. La clinique et le Mémorial A. de Rothschild Dès son ouverture en 1983 la Clinique Générale-Beaulieu fut à la pointe de la technologie chirurgicale ophtalmologique grâce aux équipements acquis avec les fonds du Mémorial a. de Rothschild. Ce soutien continue depuis 30 ans. Il s'oriente maintenant sur la création d'un centre de recherche clinique qui démarrera cet automne dans les nouveaux locaux de l'ophtalmologie. Interface 10

11 compte-rendu 6 e Rencontres du CPMA Génétique et infertilité, quoi de neuf? De gauche à droite: D resse Nicole Fournet-Irion, D r Mike Morris, professeur Samia Hurst, D resse Ariane Giacobino, Prof. Samir Hamamah, D resse Anna-Maria Stalberg, D r Philippe Renard. (Ldd) Les 6 e Rencontres du Centre de Procréation Médicalement Assistée (CPMA) se sont déroulées le 19 avril, Salle Beaulieu. Sur le thème Génétique et infertilité, quoi de neuf?, quatre conférenciers ont animé une journée consacrée notamment aux enjeux éthiques du diagnostic préimplantatoire (DPI), interdit en Suisse. Interface 11

12 Saluant les nombreux médecins, le directeur de la Clinique Générale-Beaulieu, M. Philippe Cassegrain, s est dit fier que la clinique compte dans son offre un Centre de Procréation Médicalement assistée, depuis mai 2005, en partenariat avec Unilabs et les médecins. Organisateurs de ces 6 e Rencontres, les D resses anna-maria Stalberg et Nicole Fournet-Irion, gynécologues, ainsi que le D r Philippe Renard, biologiste responsable du CPMa, ont été salués et remerciés pour leurs activités. Parmi les conférenciers, la professeure Samia Hurst, de l Institut d éthique biomédicale de l Université de Genève, par ailleurs présidente de la Société bio-médicale, a particulièrement marqué l attention avec son exposé: Enjeux éthiques du DPI, un diagnostic différentiel. Le DPI est une procédure médicale qui consiste, dans le cadre d une fécondation in vitro (FIv), à examiner les embryons sur le plan génétique avant de les transplanter dans l utérus afin d induire une grossesse. Le but principal du DPI consiste à assurer que l enfant à naître ne souffrira pas d une quelconque maladie génétique dont la prédisposition est attestée chez les parents. En Suisse, le DPI est interdit depuis l entrée en vigueur, le 1 er janvier 2001, de la loi sur la procréation médicalement assistée. Cette situation devrait changer, la phase de consultation parlementaire s est achevée en automne Le recours au DPI, «qui est une technique lourde sur le plan physiologique», est d abord «un choix de vie». Si l on relève, parmi les controverses éthiques soulevées par cet objet, la protection de l embryon, la professeur Hurst observe aussi une forte érosion de la tolérance sociale par rapport à la «différence», à l handicap. Le contexte n est donc pas simple et la professeur Hurst, souligne le fait que «évoquer une question éthique ne signifie pas nécessairement l existence d un problème éthique.» Les autres intervenants de ces 6 e Rencontres du CPMa étaient la D resse ariane Giacobino et le D r Mike Morris, tous deux du département de génétique des HUG, ainsi que le professeur Samir Hamamah, chef du département PMa de l Hôpital aranud de villeneuve, à Montpellier. DPI: une interdiction alibi Selon la professeur Hurst, «l interdiction du DPI, par crainte d une forme d eugénisme, donnait bonne conscience mais représentait un alibi». Selon elle, il n existe pas de bonnes raisons d interdire le DPI, ce qui n exclut pas de devoir protéger les choix des couples. Le projet de loi légalisant le DPI soulève de nombreux problèmes. Il devrait instituer un Conseil génétique non directif, un maintien des situations de grossesse à l essai ainsi qu un amalgame «handicap-génétique» et un «âgisme» qui revient à limiter à 50 ans la possibilité pour une femme de recourir à la FIv. Interface 12

13 news Nouvelle administratrice M me Marie Da Roxa Née à Genève le 24 mai 1963, de nationalité suisse, mariée et mère de deux enfants, M me Marie Da Roxa a effectué une formation d économiste, complétée d un diplôme universitaire en management des institutions de soins. Directrice générale de la Fondation des services d aide et de soins à domicile de Genève (FSaSD) depuis le 1 er janvier 2011, M me Da Roxa a été élue au sein du conseil d administration de la Clinique Générale-Beaulieu lors de l assemblée générale du 20 juin Dirigeante généraliste, M me Da Roxa a développé une compréhension systémique des enjeux et des stratégies d entreprise. Son expérience professionnelle dans la direction de la haute administration publique genevoise lui a permis d être aussi à l aise dans la définition de politiques publiques et l analyse stratégique que dans la direction et la réorganisation de services ou la mise en place de méthodes de management adaptées aux exigences d efficience et de qualité. La FSaSD a pour mission d assurer des prestations de soins, d aide et d accompagnement favorisant le maintien à domicile des personnes et préservant leur autonomie. valeurs-clés 2011: clients, collaborateurs, budget annuel de 200 millions. Membres du conseil d administration: M e andreas von PLaNTa - Président M me Marie Da ROXa M. Norbert albin D r Jesus-F. arroyo M. Nicolas BRUNSCHWIG D r Raphaël GUMENER - Secrétaire D r Francis MaRCHaL M. Paul MULLER D r Charles-Henry ROCHaT D r Ian SCHWIEGER Participent aux séances: D r Jean-Philippe DUFOUR, Médecin répondant M. Philippe CaSSEGRaIN, Directeur Classement de L Hebdo La clinique bien notée (PAD) Le newsmagazine romand L Hebdo a publié dans son édition du 10 mai le palmarès 2012 des meilleurs établissements hospitaliers suisses, sur la base des données de l Office fédéral de la santé publique. Si les établissements universitaires se classent tout naturellement en tête pour les cas relevant de la médecine d urgence (les HUG sont ainsi en 4 e position pour les infarctus, sur 27 établissements publics considérés), les cliniques spécialisées sont considérées comme «meilleures» dans d autres cas de figure, comme par exemple la pose de prothèses de hanche (Clinique Générale-Beaulieu en 15 e position sur 36 établissements considérés) ou l herniotomie (Clinique Générale-Beaulieu en 3 e position sur 36). Parmi les multiples observations que l on peut tirer de cette enquête, nous citerons un extrait, qui illustre le souci de qualité à la Clinique Générale-Beaulieu en matière de sécurité des patients et sa réussite concrète: «Le taux d infections nosocomiales pour les opérations du côlon a atteint 21,3% aux HUG en 2010, 0% à la Clinique Générale-Beaulieu et 2,8% à l Hôpital de Nyon. La valeur moyenne concernant cet acte chirurgical pour l ensemble de la Suisse est de 10,4%. A titre de comparaison, il s élève à 8% en Allemagne.» (L Hebdo du 10 mai, p.49). Interface 13

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