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1 UNION ECONOMIQUE ET MONETAIREE OUEST AFRICAINE La Commission Départementt du Développement Humain Symposium "INVESTIR DANS LA CULTURE AU SEIN DE L UEMOA" NOTE CONCEPTUELLE Septembre 2013

2 1 Contexte et justification Le secteur de la culture est aujourd hui devenu une préoccupation pour la majeure partie des Etats et des nations dans le monde. Longtemps traité comme simple appendice du développement, ce secteur montre de jour en jour un certain dynamisme susceptible de contribuer de manière significative au développement des pays. L importance de la culture dans le développement et la lutte contre la pauvreté est de plus en plus mise en relief au niveau de l Organisation des Nations Unies (ONU) qui tend à en faire le quatrième pilier du développement durable (PNUD, 2010 et Déclaration de Hangzhou, 2013). En effet, le secteur a montré qu au-delà de ses enjeux sociaux et politiques, la culture représente aujourd hui l un des secteurs les plus dynamiques de l économie mondiale avec une contribution au produit national brut (PNB) mondial estimée à plus de 7% et à celui des pays en développement de l ordre de 2 à 3%. En outre, des études révèlent que les industries culturelles représentent plus de 3,4 % du PIB mondial, avec un marché global d environ milliards de dollars en Les industries de la culture et de la création comptent parmi les secteurs les plus dynamiques de l économie mondiale, avec des taux de croissance de 17,6 % au Moyen-Orient, 13,9 % en Afrique, 11,9 % en Amérique du Sud, 9,7 % en Asie, 6,9 % en Océanie et 4,3 % en Amérique du Nord et Amérique centrale (Rapport à l Assemblée générale UNESCO, 2011). Par ailleurs, il ressort du 2 e Rapport sur l économie créative, publié en 2010 par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED/UNCTAD) que le secteur créatif continue de progresser malgré la crise. Selon les données concenant l année 2008, les exportations de biens et services créatifs continuaient de croître à un taux annuel moyen de 14%, tandis qu il y avait une réduction de 12% dans le commerce mondial. Si l on considère que la grande majorité des pays les moins avancés se trouve en Afrique, il est évident que l exploitation judicieuse des ressources culturelles constitue une opportunité pour les populations non seulement pour la préservation et la promotion des cultures africaines, mais aussi pour le développement économique et social, notamment la lutte contre la pauvreté. L une des rares études menées dans l espace UEMOA sur la part de la culture dans le PIB, conduite au Mali en 2007, révèle que, l impact direct des filières de la culture représente 2,38% du PIB en 2006, le secteur générant 5,85% de l emploi total de l économie de ce pays. Cette donnée ne constitue toutefois qu une estimation largement en dessous de la réalité. Pourtant, un décalage persiste entre le discours public et la pratique ; le déficit de financements alloués au secteur culturel est considérable dans les pays africains. Il est cependant heureux de constater que certaines entreprises culturelles (l exemple de l ex. Xippi actuel "Prince Art"- au Sénégal) dans la sous-région démontrent par leurs capacités de gestion, que des initiatives méritent d être prises dans ce secteur. 2

3 Dans toute la sous-région, le foisonnement de l activité culturelle, le rayonnement des grandes manifestations et des acteurs culturels, la multiplication des entreprises culturelles et la production exponentielle de biens culturels, laissent entrevoir un secteur très productif. Le nombre de projets culturels soumis pour des subventions devient de plus en plus important (plus de 175 dossiers en 2009) et de qualité remarquable. Dans l ensemble des Etats membres, le secteur culturel apparaît assez informel et les chiffres des enquêtes reflètent mal les apports réels de la culture à l économie et au développement. C est sans doute l une des raisons qui explique l insuffisance notoire des moyens, notamment financiers, alloués à la culture. Aujourd hui, le désengagement progressif des Etats de la gestion et du financement de la culture oblige les organismes et acteurs culturels à se tourner vers d autres sources de financement. Pourtant la rentabilité de la culture dépasse largement la sphère économique ; elle est pluridimensionnelle. En initiant un symposium sur le financement de la culture, la Commission de l UEMOA, s inscrit dans l orientation générale tracée par le document de planification stratégique ( ) mais aussi, dans le sens de son document de politique de développement culturel. A travers cette politique, l UEMOA voudrait inscrire, en harmonie avec les politiques nationales, la question du marché culturel dans une perspective globale par la prise en compte d un environnement assaini, avec des professionnels capables de porter des projets plus ambitieux et mus par la disponibilité de l information appropriée. L ensemble des tendances observées et la volonté de la Commission à s impliquer davantage dans les questions liées au secteur de la culture, l ont amenée à inscrire dans son programme 2013, l organisation d un cadre de réflexion sur la recherche de sources de financement appropriées pour faire du secteur de la culture un pôle d investissement économique durable au sein de l espace UEMOA. 2 Objectifs du symposium L objectif global du symposium est d améliorer les stratégies et les mécanismes de financement de la culture dans le cadre de la politique commune de développement culturel au sein des Etats membres de l UEMOA. Il s agit, d une manière spécifique de : identifier les défis et les contraintes qui entravent l investissement dans le secteur culturel au sein de l espace UEMOA ; susciter la réflexion sur les leviers et les mécanismes d accès aux financements propices pour le développement du secteur culturel ; identifier les opportunités de financement au profit du secteur culturel ; définir un dispositif approprié d investissement dans la culture au sein de l Union. 3 Thème du symposium 3

4 Dans le cadre de l atteinte de ces objectifs, il est proposé le thème principal suivant du symposium : «Investir dans la culture au sein de l UEMOA». En effet, l un des défis majeurs auquel l Union doit faire face dans le secteur culturel est la question du financement et de l investissement. Les études montrent que les ressources publiques allouées à ce secteur n atteignent pas 1% des budgets des Etats membres. Cet état de fait traduit dans une large mesure la méconnaissance du potentiel économique de la culture, d où l orientation de l économie de la culture faite dans le cadre de la politique commune de développement culturel. Sur la base de l état des lieux fait par la Commission de l UEMOA et de la thématique majeure du symposium, les domaines de réflexion/débats des différentes plénières concernent les sous-thèmes suivants, objet de présentation : 1. Enjeux et défis du développement culturel au sein de l espace UEMOA ; 2. Dynamiques de gestion des entreprises culturelles ; 3. Conditions de durabilité des entreprises culturelles ; 4. Financements bancaire et de marché des entreprises culturelles ; 5. Sponsoring et mécénat ; 6. Coopération et partenariat public/privé pour le financement de la culture. 4 Approche méthodologique Le symposium se déroule sur trois journées, articulées autour des sous-thèmes retenus. Il comprendra six (06) sessions plénières animées en panels. La première et la deuxième journées seront consacrées à la présentation des communications axées sur : un document de référence sur le financement de la culture dans les Etats membres, produit par la Commission ; une dizaine de communications clés qui aborderont des aspects spécifiques relatifs au financement et à l autofinancement d actions culturelles. Les présentations et discussions de ces sessions se feront sous la houlette d un président de séance. La troisième journée sera consacrée, d une part, à l élaboration du document-cadre sur le dispositif approprié d investissement dans la culture au sein de l espace UEMOA, et d autre part, à la finalisation des conclusions du symposium et à la cérémonie de clôture. 5 Structures d organisation du symposium 4

5 5.1 Comité d organisation Un Comité d organisation composé essentiellement du personnel de la Commission est établi dès le mois d août 2013 pour démarrer la préparation du symposium. Toute personne jugée pertinente par le maître d œuvre pourra être mobilisée. Il est composé de : 1. M. Augustin NIANGO, Directeur de Cabinet DDH (Président) ; 2. M. Komlan AGBO, Directeur du Patrimoine culturel et des Arts (DPCA) ; 3. Mme Aïssa KABO, Directrice du Secrétariat de la Commission (DSC) ; 4. M. Alhassane AG MOHAMED, Directeur de la Communication, de la Documentation et des Archives (DCDA) ; 5. M. Bruno SANOGO, Directeur du Fonds et du Budget ; 6. M. Mouhamed K. ASSANI, Directeur des Affaires générales et du Patrimoine ; 7. Mme Aminata LO PAYE, Chargée des Affaires culturelles, DDH/DPCA ; 8. M. Abdoul Kader OUEDRAOGO, Chef de l Unité des missions et voyages (UMV). Ce Comité a pour rôle, entre autres, de : préparer les documents d informations sur le symposium ; élaborer le projet du budget du symposium ; suivre les échanges avec les partenaires ; établir le projet de programme de travail du symposium ; contribuer à la rédaction des actes du symposium. 5.2 Comité scientifique Un Comité scientifique est constitué pour superviser la préparation et la gestion scientifiques du symposium. Il est composé de : 1. M. Laurent AGOSSA, Economiste, Commission de l UEMOA ; 2. M. Gérard TOGNIMASSOU, Chargé des Affaires Culturelles, Commission de l UEMOA ; 3. M. Toussaint TIENDREBEOGO, Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ; 4. M. Maxime AKPACA, Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) ; 5. M. Martial ZE BELINGA, Enseignant-chercheur en Economie ; 6. M. Souayibou VARISSOU, Fonds pour le Patrimoine mondial africain (FPMA) ; 7. M. Ferdinand RICHARD, Association Aide aux Musiques Innovatrices (AMI) ; 8. Mme Danielle CLICHE, UNESCO ; 9. M. Maté KOVACS, Observatoire des Politiques Culturelles en Afrique (OCPA). Le rôle du Comité scientifique est d émettre des avis et de formuler des recommandations sur : 5

6 le programme de travail du symposium ; les termes de référence des présentations et communications ; le contenu et le format des communications à présenter au symposium ; la rédaction des actes du symposium. 6 Profil des participants Le symposium réunira pendant trois jours une centaine de participants provenant de l espace UEMOA, d organismes de coopération gouvernementaux et intergouvernementaux, d entreprises, d associations culturelles et d organes de presse : autorités gouvernementales et d institutions internationales ; experts, représentants d institutions et d organisations d Afrique et du monde spécialisés dans les questions de financement de la culture ; chercheurs en économie et en gestion culturelle ; représentants des administrations des finances et de la culture de l Union ; opérateurs et entrepreneurs culturels ; institutions bancaires et de garantie de la sous-région ; mécènes et représentants de fondations d entreprises intervenant dans la culture ; journalistes des réseaux des journalistes économiques et culturels. 7 Résultats attendus des solutions claires de levée des entraves au financement privé de la culture sont proposées ; des propositions d amélioration des ressources allouées par les Etats et de leurs modes de gestion sont faites ; les sources de financement alternatives aux ressources publiques des Etats sont identifiées ; les partenaires et mécènes de la culture intervenant dans l espace UEMOA sont identifiés ; une proposition de dispositif de suivi des recommandations du symposium pour accompagner la Commission est adoptée ; un document-cadre sur les grandes lignes du financement de la culture dans l espace UEMOA est élaboré. 8 Documentation Les échanges durant le symposium seront soutenus par la disponibilité de rapports et documents suivants : 6

7 "Politiques, stratégies et expériences de financement de la culture en Afrique", Actes du symposium convoqué par l Organisation de l Unité Africaine (OUA) avec le soutien de la Fondation Ford ; Côte d Ivoire, Abidjan, 5-9 juin 2000, OCPA, 2010, 404p. ; Document de Politique commune de développement culturel au sein de l UEMOA ; Ouagadougou, UEMOA, 2013 ; Aperçu du financement de la culture au sein de l UEMOA (Burkina Faso, Guinée Bissau, Mali, Sénégal, Togo) rapport préparé par la Commission de l UEMOA, juin 2013 ; "La gestion des risques dans le financement de la culture", Actes du symposium de l UNESCO, Paris, 16 et 17 avril 2010; Série "Culture et développement" ; Paris, Unesco, 72p. La perception et les modes de gestion des risques liés au financement des secteurs d activités culturelles, Contribution au Symposium «La gestion des risques dans le financement de la culture» (UNESCO, Paris, 16 et 17 Avril 2010) tenu avec le soutien du Gouvernement d Espagne ; Paris, Unesco, 2010, 23p. 9 Livrables du symposium A la fin du troisième jour du symposium, les documents suivants sont produits : - les principales conclusions et recommandations pour contribuer à l investissement dans la culture au sein de l espace UEMOA ; - des recommandations pour encourager le partenariat public/privé en termes d appropriation des conclusions du symposium en vue de sa mise en œuvre ; - projet de rapport du symposium ; - le communiqué final issu des discussions du symposium ; - un communiqué de presse ; 10 Dates et lieu du symposium Le symposium se tiendra les 12, 13 et 14 décembre 2013, à Ouagadougou au Burkina Faso. 11 Contacts du symposium La confirmation des participations et autres communications seront adressées à la Commission de l UEMOA aux points focaux suivants : Monsieur Komlan AGBO, Directeur du Patrimoine culturel et des Arts 7

8 Tél. : ; Monsieur Gérard TOGNIMASSOU, Chargé des Affaires culturelles Tél. : ; Madame Aminata LO PAYE, Chargée des Affaires culturelles Tél. : ; Pour toutes autres informations complémentaires, contactez : 8

9 UNION ECONOMIQUE ET MONETAIREE OUEST AFRICAINE La Commission Départementt du Développement Humain TDR DES SOUS-THEMES Symposiumm "INVESTIR DANS LA CULTURE AU SEIN DE L UEMOA" Septembre

10 Sous-thème 1 : Enjeux et défis du développement culturel au sein de l'espace UEMOA Le secteur de la culture est aujourd hui devenu une préoccupation pour la majeure partie des Etats et des nations dans le monde. Longtemps traité comme simple appendice du développement, ce secteur montre de jour en jour un certain dynamisme susceptible de contribuer de manière significative au développement des pays. Il est le lieu de nombreux enjeux sociaux, politiques et économiques face à la mondialisation. Enjeux culturels liés à la préservation de la diversité mais aussi enjeux économiques car contribuant à la création d emplois et à l'équilibre commercial. La Charte culturelle de la Renaissance africaine confirme que «la diversité culturelle africaine est un facteur d'équilibre et de développement au service de l'intégration nationale». A ce titre, il devient donc impérieux de mettre à contribution les éléments de la culture afin d assurer un développement efficient dans les domaines de l éducation, de la formation et de l épanouissement des citoyens de l espace communautaire. Dans ce contexte, le défi pour les Etats membres de l'uemoa est double. D abord, l extraordinaire richesse artistique et culturelle de ces Etats pourra constituer à la fois un des piliers du développement global. Elle peut ensuite donner des impulsions importantes au développement économique, social et politique de toute la région, en devenant un moteur du changement social et politique et en confortant la gouvernance démocratique. C est en effet la culture, en enrichissant le capital social et humain, qui permet de valoriser les autres ressources pour le développement. Le développement économique ne peut progresser sans un certain niveau de stabilité, qui ne peut exister sans tolérance mutuelle. Un bon développement culturel et artistique nécessite un tissu fourni et vaillant d'entreprises culturelles locales. Trop souvent dans les Etats membres, les décideurs publics réduisent la culture à un simple divertissement, alors que de nombreuses études montrent qu elle est créatrice de richesses concrètes, et constitue un préalable à tout développement durable comme le démontrent aujourd hui les Nations Unies à travers les OMD. Il faut donc inverser la tendance. La communication devra dresser la situation du développement culturel des Etats membres de l UEMOA, en mettant en exergue les enjeux et défis auxquels ils font face ainsi que les opportunités qui s offrent à eux. Elle abordera les questions et formulera des propositions liées à l intervention publique des Etats dans le secteur, la circulation des biens et services culturels, la compétitivité des entreprises culturelles locales par rapport aux industries culturelles globales, la propriété intellectuelle, littéraire et artistique, l organisation du marché régional des biens et services culturels. 10

11 Sous-thème 2 : Dynamiques de gestion des entreprises culturelles Le manque de professionnalisme des opérateurs culturels est l un des principaux freins à leur accès aux financements bancaires. En effet, les opérateurs culturels de l espace UEMOA sont quotidiennement confrontés aux exigences économiques. Ce sous-thème vise à mener la réflexion autour des idées et expériences susceptibles d accompagner les entrepreneurs et opérateurs culturels dans leur indispensable processus de structuration pour un accès plus facile aux financements. Il s agira ici d aborder les aspects liés à la professionnalisation et aux ruptures à opérer dans les modes de gestion souvent observés notamment par le découplage «artiste / producteur». Les présentations seront orientées entre autres sur les modèles tels que la mutualisation des moyens et des compétences par le recours aux «agences d artistes», ou encore au système des incubateurs. Des propositions pourraient être faites sur diverses actions, programmes de formation et renforcement de capacités managériales et techniques. 11

12 Sous-thème 3 : Conditions de durabilité des entreprises culturelles Ce thème vise à explorer les conditions de durabilité des entreprises culturelles dans l espace UEMOA. La question de durabilité des entreprises ou activités culturelles est un vrai problème structurel. D abord, les financements habituels s inscrivent dans un temps court et «one shoot». Il n est donc presque pas possible de développer une approche de planification entrepreneuriale, ce qui renforce le caractère précaire et la perspective incertaine de l action culturelle. La pérennité et la vitalité de la production culturelle dépendent aussi des critères de sélection qui doivent être stricts mais aussi simples, transparents et adaptés au secteur culturel. Les critères pertinents participeront à l assainissement du secteur et à l amélioration de sa gouvernance. Il est tout aussi utile de mettre l accent sur la maîtrise de l environnement de travail comme préalable à la durabilité de l entreprise culturelle. En l occurrence, le diagnostic territorial permettant d analyser entre autres le cadre institutionnel, les équipements et le marché pourrait être un outil indispensable. En abordant ces aspects, l intervenant pourrait s interroger sur : 1. Quelles sont les conditions de durabilité de l entreprise culturelle? 2. Quel mécanisme de financement durable faudra-t-il mettre en place pour le secteur culturel plus particulièrement dans la zone couverte par l UEMOA? 3. Quels critères d éligibilité et quels indicateurs de performance sont applicables? 4. Dans quelle mesure le diagnostic territorial pourrait-il favoriser la durabilité des entreprises culturelles? 5. Quel est l impact des capacités d anticipation sur les dynamiques structurantes des entreprises culturelles? Il est à espérer que l examen de ce thème permettra de définir des actions comme : 1. l établissement d une grille de diagnostic territorial à l usage des acteurs culturels ; 2. la conception d un cadre opérationnel pour l évaluation de la durabilité de l entreprise culturelle ; 3. la conception de mécanismes transversaux pour le renforcement durable des entreprises culturelles au triple plan local, national et régional. 12

13 Sous-thème 4 : Financements bancaire et de marché des entreprises culturelles L'accès au financement bancaire se pose comme l'un des défis majeurs auquel reste confronté le secteur de la culture. Et pourtant, l'offre de financement s'est accrue ces dernières années au sein de la zone UEMOA, avec l'installation de grands groupes bancaires régionaux et internationaux qui, pour accroître leurs parts de marchés, rivalisent de produits et services aussi innovants qu'alléchants. Ces banques sont ainsi à la recherche de projets éligibles à leurs financements. Paradoxalement, en face, le secteur culturel dans une large mesure reste en marge de ce mouvement et continue d'éprouver d'énormes difficultés à trouver des réponses adéquates à leurs besoins de financements. Aussi, est-il noté une absence des entreprises culturelles sur le marché financier de l'union, afin de lever des ressources essentielles à ses investissements. Il se pose ainsi et en premier lieu, la question de savoir s'il existe des offres de financements adaptées aux besoins des opérateurs de la culture. Quelles sont-elles et comment y accéder? Et comment accéder aux ressources du marché financier de l'union? L objectif de ce sous-thème est de dégager la problématique du financement culturel et de déterminer les sources et les mécanismes bancaires de financement des projets culturels afin de faciliter l'accès du secteur aux financements existants. De façon spécifique, il s'agira de : - faire ressortir clairement la problématique du financement bancaire de la culture examinée à la fois sous l angle de l'emprunteur et du bailleur ; - faire un état des lieux des sources et modes de financements du secteur de la culture au niveau régional et international, notamment les banques d'affaires, d'investissements, les banques spécialisées dans le domaine culturel, les fonds et établissements de microcrédits et leurs mécanismes d'intervention ; - donner un aperçu de la chaîne de financement bancaire en identifiant les acteurs institutionnels impliqués ainsi que leurs rôles et exigences spécifiques ; - présenter les conditions d intervention des banques dans la culture et formuler clairement leurs attentes vis-à-vis du secteur de la culture ; - aborder la question des financements dits innovants et de celle de la mobilisation de ressources sur le marché financier par les entreprises culturelles. Les communications pourront déboucher sur : - la mise en évidence des blocages, entraves réelles ou non qui empêchent l'accès au financement des banques dans la zone UEMOA ; - la proposition d'actions concrètes pour améliorer l'accès du secteur de la culture aux financements ; - des recommandations fortes en termes de stratégie de mise en œuvre des pistes d'actions recensées. Questions à débats: - Quel est le vrai problème du financement de la culture par les banques? - Quelles offres de financements ou de micro-financements bancaires et pour quels projets? - Quelles garanties pour les prêts? - Comment repenser une fiscalité adaptée au secteur? - Comment lever des ressources sur le marché financier? 13

14 Sous-thème 5 : Sponsoring et Mécénat culturel En matière de sponsoring et de mécénat, des législations et pratiques ont été éprouvées dans différents contextes. Malgré des acquis, les outils sont en constante évolution. Les cas de la France, de l Amérique du Nord ou du Brésil sont à cet égard instructifs. Appliquées au secteur artistique ou culturel, les règles de fonctionnement du sponsoring peuvent nuire plus qu'elles ne servent, notamment en ce qui concerne la qualité de la communication. Il conviendrait d'établir un "protocole de bonne conduite" entre sponsors potentiels et producteurs artistiques, de manière à ce que les actions soutenues ne soient pas dévalorisées, mais au contraire bonifiées. Le mécénat est souvent perçu en Afrique de l Ouest comme une invention récente pour appuyer les initiatives culturelles alors que des pratiques ont été encouragées et entretenues dans les Etats précoloniaux tels que les royaumes d Ifè, d Oyo, de Danxomè, d Ashanti, etc. Vu les évolutions récentes, il conviendrait de susciter des formes innovantes d intervention des entreprises mécènes au-delà de leur apport financier. Leurs apports en nature ou en expertise peuvent rendre des services inestimables et créer un autre type de relations entre mécène et artiste. De manière précise, ce sous-thème vise à identifier des stratégies novatrices susceptibles d inscrire le sponsoring et le mécénat dans une démarche formelle au sein de l espace UEMOA. En partant d études de cas connues, il sera utile, au regard du contexte socio-économique et politique des Etats de l UEMOA, d analyser les défis et les conditions de mise en pratique du sponsoring et du mécénat, le rôle des différents partenaires (entreprises, acteurs culturels, Etat), les formes et les mécanismes d appui. Quelques actions (2 ou 3) pourront être ciblées pour asseoir les bases d une politique de sponsoring et de mécénat au profit du secteur culturel. 14

15 Sous-thème 6 : Coopération et partenariat public/privé pour le financement culturel Le secteur culturel est régulièrement financé par des formes public-privé, et développe ses coopérations au-delà de ses territoires traditionnels. Il a significativement augmenté le nombre de ses alliances en dehors du champ culturel. De même, la question de la coopération entre les Etats de l UEMOA et les partenaires occidentaux en matière culturelle mérite d être revisitée. Pour la plupart des Etats de l espace UEMOA, l action culturelle habituelle menée dans le cadre de la coopération bilatérale et multilatérale, quand elle est fortement orientée par ses partenaires, peut influencer la création, ou même certains choix stratégiques. Pour éviter ces effets indésirés, une réévaluation de la coopération culturelle bilatérale pourrait permettre d aborder de nouvelles formes d intervention, notamment dans le cadre d une ouverture au multilatéralisme dont l UEMOA serait le cadre. A l'inverse de ce qui est fréquent dans les secteurs économiques, sociaux, agricoles etc., il est à noter que les projets non lucratifs du secteur culturel soutenus par l'action publique ne bénéficient pas des concours des banques de développement sous-régionales et internationales telles que la BOAD, la BAD, la Banque Mondiale etc. Les projets culturels des Etats et de leurs autorités locales ne sont pas considérés éligibles par ces banques qui disposent de ressources à taux concessionnel pour les investissements. Cette situation est un handicap certain pour le secteur de la culture et il convient d'en comprendre les fondements. Il s'agira donc au cours de cette communication de : Pistes d actions : décrire la réalité des financements des projets non marchands publics par les banques ci-dessus citées ; expliciter les raisons pour lesquelles, à ce jour, les banques de développement régionales et internationales refusent le concours à taux concessionnel au secteur de la culture. Cette situation est-elle liée à une politique d'intervention de ces banques, ou bien est-elle liée à la priorisation des besoins exprimés par les États? proposer des pistes d'actions pour amener les banques régionales d'une part et internationales d'autre part, à intervenir dans le secteur culturel, surtout avec des ressources concessionnelles. le secteur culturel est représenté dans tous les réseaux transversaux institutionnels ou sectoriels susceptibles de partenariats dans l'espace UEMOA le secteur culturel présente des bilans chiffrés en ce qui concerne sa contribution dans tous les autres secteurs non-culturels ; le secteur culturel mène des campagnes de plaidoyer auprès des autorités locales, prouvant son utilité dans les mécanismes de coopération générale et de coopération décentralisée ; les services d'exportation de l'uemoa traitent la production culturelle et artistique sur un pied d'égalité avec toutes les autres productions ;

16 16 les rôles et missions des banques de développement régionales et internationales (BOAD, BAD, BIDC, Banque mondiale...) vis-à-vis du secteur culturel sont réévalués, et ré-activés, y inclus dans le cadre des ressources concessionnelles ; la coopération internationale intègre une dimension multilatérale à travers l'uemoa. 16

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