LA VEILLE TECHNOLOGIQUE ADAPTEE A L ENTREPRISE ALGERIENNE DE L INDUSTRIE DE L ELECTRICITE, ELECTRONIQUE ET DE L ELECTROMENAGER(EEEM)

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1 LA VEILLE TECHNOLOGIQUE ADAPTEE A L ENTREPRISE ALGERIENNE DE L INDUSTRIE DE L ELECTRICITE, ELECTRONIQUE ET DE L ELECTROMENAGER(EEEM) MATMAR Dalila (*), NANECHE Fariza (**) (*) Université de Mouloud MAMMERI, Tizi-Ouzou, Algérie (**) Université de Mouloud MAMMERI, Tizi-Ouzou, Algérie Mots clefs : Information, besoins informationnels, veille technologique, industrie d EEEM, technologie de l information et de la communication, entreprise algérienne, innovation Key words : Information, informational needs, technological monitoring, EEEM industry, information and communication technologies, Algerian company, innovation Palabras clave : Información, necesidades de información, vigilancia tecnológica, en la industria EEEM, información tecnologie y comunicación, empresa argelina, innovación Résumé Il y quelque années l exploitation de l information dans le fonctionnement quotidien des entreprises a connu un intérêt croissant. Pour l entreprise contemporaine évoluant au sein d une économie de plus en plus ouverte, où la concurrence ne cesse de s intensifier, les mutations des bases technologiques sont devenues fréquentes et le rythme des innovations se dynamise davantage, il devient nécessaire de s approprier les outils permettant d atténuer les conséquences indésirables de ces évolutions tout en maintenant un niveau de compétitivité indispensable pour garder ses parts de marchés. Parmi, ces outils, la veille technologique est à coup sûr l outil permettant à l entreprise de collecter et d exploiter les informations scientifique et technologique dont elle a besoin, ce qui l amènera à consolider naturellement ses capacités d innovation à moyens et à long terme. Par ailleurs, si les entreprises étrangères ont d emblé intégré cette veille, celles algériennes, en particulier, les entreprises de l industrie de l électricité, électronique et électroménager (EEEM) tardent à mettre en place un processus de veille adéquat, malgré qu elles opèrent dans un secteur d activité fortement dynamique et innovateur, c est ainsi que notre objectif consiste à proposer un modèle de veille technologique adapté aux caractéristiques de nos entreprises nationales de cette filière.

2 1 Introduction Il y a quelques années les entreprises se sont progressivement engagées dans l ère de l information. De nos jours l information est disponible, d accès aisé, mondialement diffusée, multidimensionnelle, circulant promptement d un pays à un autre voire d un continent à un autre et s adressant à un nombre sans cesse grandissant d individus. En outre, le rôle incontournable de l information conjugué aux divers effets du processus de la mondialisation, ont profondément modifié les règles de jeu concurrentiel des entreprises intervenant dans un espace devenu mondial. C est ainsi, que les entreprises doivent plus que jamais s interroger sur leur compétitivité, d où l exigence de la mise en place des systèmes destinés à l appropriation de l information et ce, à travers la surveillance des divers environnements concurrentiel, technologique, et commercial de l entreprise. Toutefois, l essor fulgurant des technologies de l information et de la communication (TIC) a, pour sa part, conduit à l instauration des plateformes requises pour le développement ainsi que l adoption d un ensemble de veille dites technologique, juridique, sociale, commerciale et concurrentielle. L information demeure l objet commun à ces différents types de veille. Dès lors, l accès ou même la production et l exploitation de l information sont perçus comme des facteurs prépondérants et indispensables pour la consolidation de la compétitivité des entreprises contemporaines. D ailleurs, diverses veilles sont développées et exploitées au sein des entreprises, et ce, en fonction de leurs besoins en information. Néanmoins, la veille technologique tend à s imposer davantage comme un outil indispensable dans le cadre d une économie mondialisée dont les bases technologiques sont en mutation permanente. Nombreuses sont les entreprises ayant investies dans l intégration de veilles technologiques, cependant, les entreprises algériennes, en particulier, celles appartenant à la branche de l Electricité, Electronique et de l Electroménager (EEEM), demeurent loin d avoir développé et mise en place la veille technologique adéquate, alors que ce secteur est parmi ceux qui sont fortement innovateur. Partant de ce constat, notre contribution consistera à proposer un modèle de veille technologique appropriée aux des entreprises algériennes du secteur des (EEEM) en fonction de leurs contextes d évolution. Pour ce faire, nous avons structuré notre travail de recherche autour de deux axes principaux relatifs dans un premier temps à la présentation de la veille technologique, et les diverses étapes du processus du veille et ses outils, puis dans un second et dernier temps, l accent sera mise sur la proposition d un modèle de veille technologique répondant aux spécificités de l entreprise algérienne de l industrie des (EEEM), en effet, il ne s agit point d importer des modèles de veille et d adopter le plus performant, mais de déterminer au préalable, le modèle le plus approprié à l entreprise nationale et de le mettre en œuvre, compte tenu des ressources dont elle dispose, de ses besoins informationnels et du contexte culturel, social et économique dont elle évolue. 2 L entreprise et la veille technologique Si aux Etats Unis d Amérique, la recherche de l information et son exploitation pour des finalités stratégiques se faisait sous la qualification de Competitive Intelligence, l utilisation de l information au sein de l entreprise Française, trouve son pleine identité dans l innovation et donc dans la mise en place des processus de veille technologique.

3 2.1 Surveillance de l environnement et veille technologique Sans aucun doute, les Français ont été les pionniers de la veille technologique, en effet, dans la même période de temps, deux concepts, relatifs à la collecte de l information et de son exploitation au sein de l entreprise se sont progressivement imposés grâce notamment aux travaux de Jakobiak (1991) qui considère que la notion de veille technologique porte essentiellement sur l observation, l analyse de l évolution scientifique, technologique et sur les impacts économique réels ou potentiels correspondants, pour identifier les menaces et les opportunités du développement de la société. Par ailleurs, et suite à la parution de l ouvrage «La stratégie d entreprise» dans lequel, Thietart (1996) a consacré un chapitre à la surveillance de l environnement de l entreprise. Pour l auteur l un des points clés d une formulation efficace de la stratégie est, d une part, le développement et l utilisation d un système de surveillance de l environnement concurrentiel, et d autre part, l établissement d une vision prospective d ensemble des défis auxquels l entreprise va être confrontée dans le futur 1. Par conséquent, le concept de surveillance est jugé trop passif, mais il a connu une certaine notoriété et acceptation des Français, toutefois, c est le concept de la veille technologique qui a triomphé suite aux contributions de Marti &Martinet (1995), qui considèrent la veille comme un dispositif destiné à innover, à devenir plus performant ou comme un processus informationnel, collectant, analysant et diffusant l information stratégique, destinée à renseigner les dirigeants sur le changement intervenant dans leur environnement. Lesca (1995) quant à lui définit la veille technologique comme un système d observation voire de surveillance systématique, afin d avoir une bonne connaissance de la techno sphère de l entreprise. Ribault (1996) définit la veille technologique comme la surveillance globale et intelligente de l environnement de l entreprise à l affût d informations factuelles porteuses d avenir. Cependant, la veille quelque soit sa nature consiste en un processus informationnel volontariste à travers lequel les organisations se mettent à la recherche des informations, suite à un besoin exprimé par ses acteurs économiques, en effet, ces informations sont tournées vers le futur, ce qui leur confère leur caractère prospectif. La veille a pour finalité principale, d épauler les managers de l entreprise dans la prise de décision, en fournissant les éléments d informations qui leur manquent, de ce fait, celle-ci contribue à atténuer l incertitude engendrée de la complexité et du dynamisme de l environnement d une part, et de pallier à la rationalité et l attention limitée des décideurs d autre part. Néanmoins, il importe de reconnaitre que la veille technologique s intéresse prioritairement à la recherche d information scientifique, technique et technologique, de ce fait, elle constitue un élément de prise de décision et d innovation. 2.2 Le cycle de veille technologique La mise en place de la veille technologique et son exploitation, nécessite un certain nombre de phases cycliques, que nous allons parcourir dans ce qui suit: identifier et exprimer des besoins en information, collecter l information, exploiter les informations collectées et enfin diffuser les informations traitées. 1 THIETART R. A., La stratégie d entreprise, 2 e édition, EDISCIENCE international, 1996, p 95.

4 2.2.1 Identifier et exprimer des besoins en information Toute entreprise aura peu ou prou d interrogation à solutionner selon son domaine d activité, les compétences de ses cadres dirigeants et la complexité de l environnement dans lequel elle s inscrit. L expression des besoins consiste à traduire les orientations stratégiques en axes de développement. Des décisions à prendre peuvent être alors identifiées sur chaque axe de développement. Enfin, ces axes sont traduits en zones prioritaires de recherche en recensant les questions opérationnelles sur lesquelles il serait utile d avoir de l information 2. Etape cruciale, est pourtant loin d être perçue comme indispensable par la majorité des entreprises. Toutefois, ce besoin émane d une insuffisance de données lors de la prise de décision, de l avènement d un problème de type opérationnel, à l occasion d une comparaison de l entreprise avec ses concurrentes, bref, les causes de sensation d un besoin informationnel sont multiples, ce qui est d autant plus crucial est d être apte à formuler et exprimer clairement ce besoin, car si certains besoins sont facilement identifiables comme le choix d une technologie, d autres le sont beaucoup moins. Conséquemment, cette formulation précise des besoins en informations, servira de fil conducteur de recherche, épargnera les efforts, les moyens et le temps requis, inversement, dans le cas où le besoin est mal exprimé la veille sera en tous azimuts, ainsi l attention des veilleurs sera dispersée, ce qui réduira considérablement son efficacité Rechercher et collecter l information Cette seconde phase, dont la réussite dépend nettement de l efficacité de la phase précédente, est dédiée à délimiter outre l environnement à scruter, les sources d informations susceptibles de satisfaire la requête que doit mener l entreprise. Souvent l information dont a besoin l entreprise est disponible quelque part, en effet, nous distinguons principalement deux type de sources : formelles et informelles, et ce, sans aucune prétention à l exhaustivité, en particulier, que plusieurs classifications coexistent. Les sources formelles : réunissent les sources qui susceptible d être enregistrée sur un support quelconque (supports magnétiques, papier, films, ). Ce type de source englobe l ensemble des informations provenant de la presse spécialisée et la presse de vulgarisation, les livres, les banques de données, les diverses études réalisées, films, brevets qui présente une source privilégie d accès aux informations techniques, etc. Les sources informelles : regroupent toutes les sources n appartenant pas à celles déjà citées, il s agit, généralement de sources non publiques, en outre, la source non formalisée peut être les clients et les fournisseurs de l entreprise, les salons professionnels, les concurrents, les clubs, les congrès, etc. La majeure partie des informations dites informelles sont considérées les plus utiles pour les entreprises, toutefois, il importe de noter que ce type d informations est, par excellence, le résultat de la création des réseaux relationnels, dont l aptitude à irriguer les organisations par des informations pertinentes est jugée incontournable. 2 HASSID L., JAQUE-GUSTAVE P., et MOINET N., Les PME face au défi de l intelligence économique, le renseignement sans complexe, DUNOD, 1997, p 61.

5 Néanmoins, les informations auxquelles l entreprise a besoin d accéder ne sont pas toutes du même nature, et l expérience prouve que plus leur intérêt stratégique est élevé, plus elles sont cachées, et plus leur acquisition est difficile. 3 D où le scénario de l information blanche, grise et noire, illustrées dans la prochaine figure : 05% Informations noires IC 15% Informations grises Veille concurrentielle 80% Informations blanches Veille technologique Figure 1 : Les trois grands types de l information L information blanche ; est disponible à hauteur de 80%, et dont la rentabilité est élevée. La plupart du temps, cette information est disponible au sein même de l entreprise. L information grise ; est disponible à hauteur de 15%, bénéficie d une rentabilité plus élevée, en effet, cette information est légalement obtenues, mais elle est plus difficile à obtenir que la précédente, ce qui accentue sa valeur. L information noire ; est quasiment pas disponible (5%), elle est donc illégale, elle relève de l espionnage et n est donc pas rentable, puisque son obtention comporte un risque particulièrement élevé. Cependant, le type d information recherché détermine le type de source à consulter, par exemple, si le décideur a besoin d une information commerciale, le veilleur ne doit pas perdre son temps à rechercher auprès des banquiers, ou encore des consultants. Par conséquent, identifier dès le départ le type d information recherchée, facilite la phase de recherche et collecte des informations dans le cycle de veille, et ce, par la distinction des sources susceptibles d abritées l information requise. 3 BLOCH A., L intelligence économique, 2 e édition, ECONOMICA, 1999, p 29.

6 2.2.3 Exploiter les informations collectées Les informations éparses appropriées par l entreprise, doivent faire préalablement, l objet d une exploitation consistant à valider, traiter, analyser et synthétiser les informations recueillies, en effet, c est ce processus qui conditionne la valeur de cette dernière pour ses utilisateurs finaux. Exploiter les informations collectées par l entreprise, consiste dans un premier temps à valider cellesci en fonction de la fiabilité des sources, dans un second temps, rassembler les données appropriées par les différents canaux, les traiter, et les analyser, dans le but d en faire une synthèse cohérente à travers l exploitation minutieuse des diverses données, de les combiner, pour conférer un sens et une valeur ajoutée pour l acteur économique qui est susceptible de s en servir. A ce niveau, l interprétation des informations apparait cruciale, dans la mesure où, elle permet de dégager une image riche et synthétique de la panoplie d informations traquées. Toutefois, ce qui mérite d être évoquer, est que la veille technologique se caractérise par ses objectifs extrêmement précis, par conséquent ce n est pas toutes les informations détenues par l entreprise qui vont être traité, mais celles qui renvoient exclusivement aux objectifs fixés. Par conséquent, cette étape de veille est indispensable, puisque elle confère le caractère stratégique pour la donnée brute collectée à partir de l environnement extérieur de l entreprise, reste que celle-ci soit mise à la disposition des utilisateurs au bon moment, sous la meilleure forme, et, cela relève de l étape suivante : diffusion des informations Diffuser les informations Comme le rappelle le Général Guyaux : une information n a de valeur que si elle parvient au bon moment et sous la forme voulue à la personne qui en a l emploi 4., cette citation résume parfaitement, les fonctions que doit remplir cette phase de veille, idéalement l information traitée doit circuler au sein e l entreprise de manière à la rendre disponible chez tous ceux qui ont besoin, dans les conditions optimales de délais et de qualité. Les freins pouvant contraindre la communication et la circulation des informations, sont nombreux, parmi : l ignorance de sa valeur, traditionnellement, les acteurs ne sont pas toujours en mesure de distinguer l intérêt de l information, et d évaluer précisément son impact sur la décision et l action 5 de surcroit, la structure organisationnelle peut être à l origine de cette défaillance, en particulier, avec la multiplicité des niveaux hiérarchiques au sein de l entreprise ce qui alourdi cette étape de diffusion, accentué par le phénomène de cloisonnement, cette diffusion n aura même pas lieu. Le domaine de la diffusion des informations, se fait, par excellence, en interne, cependant, l entreprise pourra procéder à une diffusion externe d information, c'est-à-dire la communiquer à son environnement constitué de fournisseurs, clients, concurrents dans le but d agir et de les influencer. Conséquemment, cette phase peut constituer à la fois le centre de force et de vulnérabilité de l entreprise, dans ce sens il importe de la mener avec vigilance et prudence, afin d épargner l exposition inutile de l entreprise aux actions de veille des concurrents ayant un regard aiguisé sur l environnement et voulant irriguer leurs entreprises par des informations dont elles ont besoin. La figure présente retrace et visualise les étapes de veille déjà parcourues: 4 BLOCH A., Op. Cit, p MARCON C., et Moinet N., L intelligence économique, DUNOD, 2006, p 13.

7 Besoin 1 Besoin 2 La collecte d informations Info 1 Info 2 Info 3 Info 4 Info 5 Exploitation de l information Besoin 1 Info traitée 1 Besoin 2 Info traitée 2 Diffusion des informations traitées Sensibiliser Info traitée 2 Vente Production Info traitée 1 et 2 Figure 2 : Le fonctionnement de la veille au sein de l entreprise 2.3 Les outils de la veille technologique Plusieurs outils sont exploités par la veille technologique dans l objectif de collecter, de traiter et d exploiter l information en provenance de l environnement extérieur pour une meilleure prise de décision et pour l instauration d une dynamique d innovation, parmi ces outils nous avons : Les bases de données L information est mémorisée dans des bases de données qui consistent en des fichiers informatisés, contenant des éléments bibliographiques regroupés dans un système informatique central de grande capacité, qu est le serveur. L accès à ces informations exige de passer par un réseau télématique de transmission d information par paquet nationaux et internationaux, tout en utilisant des logiciels d interrogation et un outillage informatique. La méthode d interrogation repose sur le principe de l équation logique qui est très largement utilisée dans les différents logiciels, cette équation peut comporter des mots clés, des noms d auteurs, d inventeurs des noms d organismes, des éléments de code tels que C.I.B (Classification Internationale de Brevets), liés entre eux par des opérateurs booléens (Et, Ou, Sauf en français).

8 2.3.2 Les systèmes de recherche assistée par ordinateur Ce sont des systèmes adaptés pour la gestion de l information textuelle (note de synthèse, articles de revues, coupures de presse, ) et permettent des applications intéressantes dans le domaine des systèmes d informations. En effet, ils réalisent trois fonctions et parfois quatre, entre autre, la mémorisation des informations textuelles sur des microfiches et sur des disques optiques numériques lorsqu il s agit de système plus élaboré. Ce type de système permet de réaliser directement sur les textes le traitement informatique, et ce, grâce aux logiciels de recherche. Il est à noter que les TIC permettent à ce niveau une recherche rapide et efficace Les technologies de l information et de la communication (TIC) : Internet Les TIC désignent des technologies électroniques qui contribuent à l amélioration des circuits de communication ayant pour objectif de faciliter les diverses étapes du traitement de l information. Elles sont utilisées comme des outils pour améliorer les processus de travail en matière du gain de temps, d efficacité de gestion. Elles permettent ainsi de modifier la façon dont les entreprises coordonnent leurs activités de la chaîne de valeur. Parmi ces technologies l Internet est à coup sûr l une des plus importantes au niveau mondial, elle est devenue de nos jours le phénomène responsable du développement des sociétés humaines, il a modifié en si peu du temps, les règles économiques, sociales, politiques et culturelles traditionnelles. Les quantités d information à laquelle cet outil nous permet d accéder est aussi importante et perpétue d augmenter exponentiellement, ce qui est qualifié de «la jungle de l information». Vivre et survivre dans cette jungle, nécessite non seulement la mise en place de nouveaux instruments d aide à la décision, mais aussi et surtout, un état d esprit complètement nouveau 6. De ce fait, il est souvent question, pour les collaborateurs des entreprises, à recourir en premier à l internet, pour s informer sur un tel ou tel concurrent, tel ou tel produit nouveau, en conséquence, dans la majorité des cas, l internet est la première source sollicitée suite à une expression d un besoin en information. Cependant, afin de mener à bien leurs recherches d information, les membres de l entreprise, doivent clarifier dés le départ les thématiques de la recherche, pour ne pas dévier des besoins initiaux, notamment, qu internet, avec la multiplication des moteurs aux fonctionnalités diverses et aux spectres de recherche varié, offre des flots d informations 7, avec l intervention de la veille technologique, ce réseau sera interrogé d une façon efficace, et ce dans le but d obtenir l information fiable au bon moment, à cet effet, les moteurs de recherche, le google avancé, le web invisible, les flux RSS et sont primordiaux pour informer d une manière fiable, en temps réel Le réseau personnel Il est patent que les réseaux personnels, sont devenus le cœur de la veille technologique, en tout type d entreprise, dans la mesure où ces derniers constituent par excellence le centre de recueil des informations stratégiques 8. 6 REVELLI C., Intelligence stratégique sur internet, 2 e édition, DUNOD, 2000, p MOINET N., et DESCHAMPS C., La boite à outils de l intelligence économique, DUNOD, 2011, p MOINET N., et DESCHAMPS C., Op, Cit., p 46.

9 Ces réseaux permettent d acquérir les informations blanches et grises à haute valeur ajoutée, les informations informelles, celles en passent d être publiées ou encore celles publiées mais dont le chemin d accès est difficile, c est ainsi que les experts affirment que l information stratégique emprunte souvent des chemins de traverse ou des passages secrets 9. Il importe de noter que ce type de moyen d investigation complémentaire, se construit dans le temps débutant par une identification des sources humaines pertinentes susceptibles de détenir des informations désirées, puis de connaitre profondément ces sources, de les gratifiées et d en assurer un feed-back informant ainsi sur la pertinence de l information transmise et de son efficacité. Par conséquent, la logique primant est d être à la fois le solliciteur et le sollicité, et pour inscrire ces dernier dans l efficacité et la durée, chacun des rôles doit être rempli avec professionnalisme de la part des responsables de la veille technologique en entreprise Le benchmarking, l art de se mesurer aux meilleurs Le benchmarking est une méthode d étalonnage concurrentiel, reposant sur la comparaison, et d éventuel copiage des meilleures pratiques des meilleurs, qui ne sont pas toujours prêts à se laisser copier, sous peine de voir leur survie menacée, une fois leurs mystérieuses actions sont banalisées. Il est défini par David T. Keans ex- président et ex- chef de la direction de XEROX Corporation comme Un processus continu d évaluation de nos produits, services et méthodes par rapport à ceux de nos concurrents les plus sérieux ou des entreprises reconnues comme leaders 10. En effet, «to benchmark» ne consiste pas uniquement a se comparé aux firmes concurrentes, celles œuvrant dans le même secteur d activité, puisqu il est question de perfectionner un produit, un service, un processus, assurément, les pratiques les plus performantes ne peuvent se trouver exclusivement dans ces dernières, de même que cette analogie devra dépasser les frontières entre pays, à titre d anecdote le géant américain MOTOROLA a pris pour benchmark PIZZA HUT dans la contraction des délais de production et de livraison. De part cette définition, nous constatons que le benchmarking est par excellence un outil au service de La veille technologique, dans la mesure où il permet d analyser ce que font les concurrents, pourquoi et avec quel résultat 11, ce qui constitue une source d informations privilégiée pour l entreprise, qui s en sert. Il importe de préciser que les outils évoqués ci-dessus ne sont plus les seuls, mais nous avons tenté de s attarder sur le plus pertinents. Toutefois, nous arguons que les revues de presse, les brevets, les réseaux sociaux d entreprise, la war-room et sont tous des outils qu emploie la veille technologique en entreprise, dans le but d accéder aux informations, de les traiter et diffuser et enfin de les exploiter et les protéger. 9 MOINET N., et DESCHAMPS C., Op, Cit., p COSTA N., Veille et Benchmarking, ELLIPSES, 2008, p LEVET J-L., L intelligence économique, mode de pensée, mode d action, Paris, ECONOMICA, 2001, p 25.

10 3 Le modèle de veille technologique adéquat pour l entreprise algérienne du secteur EEEM Avant que le modèle de veille technologique retenu soit proposé, nous tenterons de caractériser la filière d EEEM en Algérie. 3.1 La présentation de l industrie des EEEM Issues pour la plupart de restructuration de la société SONELEC, créée en 1969, les entreprises de la filière des industries des EEEM sont regroupées en fonction de leurs métiers d origine. La filière compte sept métiers de base à savoir : - L électricité ; - L électronique ; - L électromécanique ; - L électroménager ; - L électrochimie ; - Câbles et fils ; - Les TIC. Les entreprises de cette filière sont regroupées selon les métiers de base comme le montre le tableau suivant, mettant ainsi en exergue les diverses entreprises publiques et celles privées : Tableau 1 : Les principales entreprises de la filière EEEM 12 Publique Privée Electricité Rouiba éclairage ; ENACT, LACQ CLAMOD, ELS, INGELEC, KADRI lumière, Remlec, VAM Electronique AMC, ENACT, LACQ CMI Electromécanique EI, ENACT, LACQ AMIMEUR, EIS Electroménager ENAPAT, ENIEM, ENIE, ENACT, LACQ BYA Electronic, CENTEL, Continental, GEMED Electrochimie EMPEC, ENACT, LACQ AMIMEUR, SAC Câble et fils CABEL, SOFAFE, ENACT, LACQ TIC CATEL, ENTC, CITEL, ENACT, LACQ Les forces et les faiblesses de la filière EEEM Le diagnostic de la filière EEEM fait apparaitre deux points forts communs à la majorité des entreprises nationales opérant dans les métiers de base, il s agit : - du faible coût de la main d œuvre et de l énergie ; - des liens technologiques forts avec des opérateurs de renommée mondiale. 12 Ministère de l industrie et de la promotion de l investissement.

11 Par ailleurs, cette filière présente plusieurs faiblesses parmi : - l absence quasi-totale de capacité d étude marketing en matière de connaissance de marché algérien ; - l absence de capacité d étude en matière de recherche & développement, d innovation et des méthodes d industrialisation de nouveaux produits adaptés au marché algérien ; Ces faiblesses se matérialisent amplement dans : - La médiocrité de la qualité et de la fiabilité des produits générés par la filière, fabriqués le plus souvent en l absence de normes algérienne et des standards de référence ; - Une forte dépendance aux inputs importés pour la plupart des entreprises; - Une productivité assez faible comparativement aux standards internationaux. Par conséquent, il importe de constater que la plupart de ces faiblesses de la filière EEEM, ne sont que le résultat de l absence de la veille tant marketing que technologique, que ce soit au sein des entreprises elles mêmes, ou à travers les institutions créées à ces fins Les besoins en informations des entreprises de la filière EEEM Il est incontournable de réfléchir sur la nature des besoins informationnels de cette filière dans la fin de déterminer les sources à consulter. En effet, les objectifs fixés par ces entreprises sont en mesure de désigner les domaines d activités ainsi que les secteurs à surveiller. Dans cette perspective, les objectifs prioritaires des entreprises nationales tant publiques que privées de cette filière sont : - L amélioration et le développement de la capacité de la conception de nouveaux produits ; - L instauration de la capacité à répondre à des demandes variées efficacement et promptement. Les entreprises de cette filière tant publiques que prives disposent des conditions indispensables pour améliorer son savoir-faire dans la conception et l innovation, comme elle répond aussi à un certain niveau de satisfaction des normes requises. Par conséquent, les entreprises de cette filière ont besoins de deux grands types d information : - Information scientifique émanant des divers colloques, des thèses, des revues scientifiques ; - Information technique et technologique relatives au savoir-faire, aux brevets et aux différents rapports technico-économique. Chacune de ces informations interviennent à un stade précis du processus productif de l entreprises, et ce, comme le montre la figure ci-après : Recherche Innovation Production Information scientifique Information technique Information technologique Figure 3 : Les diverses informations requise pour l entreprise de la filière EEEM Figure adaptée par nos soins, de JAKOBIAK F., 1991, p 36.

12 Il est clair que la veille technologique est indispensable aux entreprises de la filière d EEEM pour asseoir durablement leurs développements basé sur de fortes capacités d innovation, et ce, à travers la fourniture des informations scientifique, technique et technologique nécessaire. De ce fait, quel est le modèle de veille à développer et quels peuvent être les sources d informations à cibler et les outils à perfectionner. 3.2 Le cluster virtuel comme modèle de veille technologique adaptée aux entreprises algérienne Les entreprises nationales de l industrie d EEEM sont regroupées selon une logique de filière, qui met en évidence leurs liens technologiques. Par ailleurs, le diagnostic de cette filière fait apparaitre l absence quasi-totale de l activité de conception, ajoutons à cela l inexistence de relations entre les entreprises, les organismes et les laboratoires de recherche. Par la proposition d un modèle de veille technologique pour les entreprises de ce secteur, nous ambitionnons de créer une synergie effective entre le volet de la recherche et celui de l industrie, et ce, sur la base d une surveillance perpétuelle des tendances d évolution de la science ainsi que la technologie relatives à la dynamique d innovation au sein de la filière considérée. Cependant, notre choix du cluster virtuel est justifié par les raisons suivantes : - Les entreprises de cette filière sont dispersées géographiquement ; - Les entreprise de la filière ne disposent pas pour la plupart de compétences requises pour la recherche et développement ; - Les laboratoires et les centres de recherche nationaux sont dispersés à travers le territoire algérien ; Compte tenu de ces facteurs, le modèle proposé, trouve ses fondements dans le modèle de la «Triple Hélice», où le rôle des pouvoirs publics est crucial dans l intégration de ce modèle, et ce, à travers l instauration d une plateforme dotée des conditions politiques, institutionnelles nécessaires à la réussite du processus de mise en place. Le processus de la mise en place du modèle de veille proposé repose sur les trois étapes indispensables suivantes : - Identifier et délimiter les différents axes de recherche des informations pour chaque métier de base, en fonction de ses besoins informationnels ; - Identifier et localiser les divers acteurs clés ; - Identifier les sources d informations pertinentes ainsi que les outils à utiliser ; Définition des axes de recherche Les axes sont définis en fonction des besoins de chaque métier de base en information. Le diagnostic d analyse est l outil approprié pour cette tâche, puisqu il fait ressortir pour les entreprises appartenant au même métier de base, les axes de recherche appropriés, tout en s appuyant sur leurs besoins respectifs. Pour les entreprises nationales de l industrie EEEM, leurs besoins informationnels sont relatifs à la recherche des moyens permettant d améliorer leurs capacités de conception et d innovation à long terme.

13 3.2.2 Les acteurs de la veille Ce type de veille met en relations plusieurs acteurs qui peuvent être à la fois internes et externes, ceuxci, sont répartis selon leurs compétences et leurs domaines de prédilection. Toutefois, les acteurs clés de la veille sont : Les observateurs : ils peuvent être des personnes physiques telles que les ingénieurs, ou morales à l instar des prestataires public ou privé en informations scientifique et technologique. Cependant, les veilleurs doivent disposer de compétences avérées dans le domaine de la recherche de l information, ces derniers doivent connaitre parfaitement, les outils utiles à la collecte, les sources d informations et les règles et méthodes de recoupement de l information. Dans cette perspective, le gouvernement algérien a initié un partenariat avec l école européenne de l intelligence économique, afin de former les groupes de veilleurs désignés par cette filière. En effet, ces groupes auront pour mission de collecter l information sur toutes les innovations potentielles dans leurs domaines respectifs. Pour les veilleurs externes, les prestataires d information, qui constituent en Algérie une catégorie assez étroite de professionnels présents sur un éventail large de service d information fourni pour les entreprises, il s agit notamment de : - Des collectivités locales (chambres de commerce et de l industrie) ; - Les centres d information scientifique et technique (CERIST) ; - L INAPI pour la propriété industrielle ; - Les organismes privés tel que le groupe Hasnaoui qui offre le service d information aux entreprises, et ce, en collaboration avec un groupe français. Par ailleurs, elles sont rares les entreprises qui font appel à ces organismes. Il en résulte qu un énorme effort est à entreprendre en leurs direction, pour les sensibiliser et leurs expliquer l intérêt de ceux-ci et leurs rôles dans le développement technologique. Les experts ce sont des spécialistes opérationnels souvent internes à l entreprise, ces derniers peuvent se scinder en quatre familles de groupe en fonction de leurs centres d intérêt : - Un groupe chargé d analyser les informations relatives au produit ; - Un groupe chargé d analyser les informations relatives aux procédés de fabrication ; - Un groupe chargé d analyser les conditions d application des deux groupes précédents ; - Un groupe chargé des prospectives. Dans la filière EEEM, nous avons constaté que les compétences internes sont variables et leurs potentiel de développement est élevé, à condition de mettre à leurs disposition les formations adaptées à leurs besoins. Les groupes d experts peuvent se constitué autour de compétences internes et celles externes, en faisant appel aux chercheurs universitaires à travers les différents laboratoires de recherche. Et pour mobiliser ces compétences externes les pouvoirs publics ont un rôle à jouer sur un double niveau : - Mettre au point une base de données des compétences scientifiques et techniques par spécialité à l échelle nationale ; - Procéder à une réorientation de la recherche universitaire en fonction des besoins de l industrie à travers des plans nationaux de recherche, pour créer des passerelles entre le monde de la recherche et l industrie.

14 Idéalement les liens entre les experts internes et ceux externes sont établis de manière virtuelle grâce aux TIC. Les décideurs ce sont les chefs d entreprises et les managers. Concernant l industrie EEEM, les décideurs ne sont pas toujours les chefs d entreprises, à l exception des entreprises privées, les entreprises publiques sont rattachées à un centre de décision qui est la tutelle, ainsi les dirigeants de ces entreprises sont confrontés à plusieurs pôles de décision : - Le chef de gouvernement ; - Le ministre des finances qui influe le fonctionnement des entreprises à travers les banques, la douane et l administration fiscale ; - Le ministre de l industrie et de la promotion de l investissement anime et contrôle le secteur ; - Le ministre de l enseignement supérieur est responsable de la formation et de la politique de la recherche. Par conséquent, les entreprises ont un rôle de contrôle dans tout le processus de la mise en place de ce modèle de veille, elles ont à jouer un rôle moteur au stade initial du projet de cluster mais aussi dans la définition de leurs principaux besoins informationnels. Les décideurs politiques ont d emblé un rôle du catalyseur à remplir, par ailleurs ils confèrent au projet la légitimité requise. La communauté de l enseignement supérieur appuie la dynamique d innovation, pour peu que les projets de recherche effectués correspondent aux objectifs scientifiques fixés par les plans nationaux de la recherche, et donnent lieu à une production scientifique effective Les sources d information et les outils de la veille Le développement des TIC constitue une relance révolutionnaire que les acteurs nationaux doivent pleinement exploiter. La veille est centrée sur l accumulation, la recherche, le traitement et la communication de l information sous diverses formes, qui réduisent considérablement les contraintes naturelles (espace, temps, volume), de ce fait, internet est devenu un outil incontournable de la veille technologique. Il existe de nombreux outils spécifiques à internet, parmi certains sont très utiles aux veilleurs, ces outils qualifiés d agents intelligents sont à référencer en fonction de leur importance pour les veilleurs : Les moteurs de recherche et les méta-moteurs, un moteur de recherche est un logiciel puissant qui sert à identifier, rapatrier et exploiter des informations définies par thèmes ou mots clés dans des bases de données ou sur des sites internet, ils sont utiliser afin de recueillir une information à haute valeur ajoutée. Tableau 2 : les moteurs de recherche les plus utilisés Met-moteurs Moteurs de recherche Moteurs spécialisés Copernic Hotbol Liszt recherché Nothernlight Degamens Digimind Altavista ftp search Digout uu Deganews Matahari Excite News monger Webcrouler

15 En matière de recherche, une fois les besoins informationnels sont identifiés, une recherche par mots clés peut être effectuée grâce à ces outils. L ou le courrier électronique le courrier électronique tend à remplacer le courrier conventionnel. Le mail connecte tous les sites, tous les employés, tous les services. Il lui transite toutes les informations nécessaires au fonctionnement de l entreprise. L utilisateur peut envoyer des messages à un ou plusieurs destinataires simultanément en si peu de temps, avec un coût relativement bas. Les avantages du mail sont sa rapidité, sa fiabilité, sa permanence, son interactivité et son caractère anonyme. Cet outil est utilisé en Algérie notamment par la communauté universitaire, ainsi que certaines entreprises. Les forums électroniques l internet permet d accéder à près d une centaine de milliers de forums de discussions qui couvrent des sujets scientifiques, culturels et sociaux. Le forum est un moyen d échange d informations, en effet, on distingue deux types de forum : - Des forums ouverts à tous ; - Des forums où les participants sont choisis par l administrateur. L intranet est considéré comme l internet propre à l entreprise, il permet le partage en réseau de l information et favorise le déploiement des applications de travail coopératif, il répond également à certains types de besoins considérés indispensables au bon fonctionnement de l entreprise : - Le partage de l information ; - La gestion des connaissances ; - La communication entre les individus d environnements différents des filiales de réseau d entreprises, les acteurs externes comme les fournisseurs et les clients ; Toutefois, il est à noter que l intranet est personnalisé, il répond à des attentes distinctes, en corrélation avec la culture propre et les spécificités de chaque entreprise, d ailleurs, l intranet mis en place au sein de l entreprise électro-industrie de la filière EEEM, constitue un exemple concret de spécificité de cet outil. Par conséquent, l instrumentalisation de l outil informatique ne peut en aucun cas constituer une fin en soi. Mais des outils servant à la collecte, traitement, exploiter et diffuser l information scientifique et technologique en vue de consolider les capacités d innovation des entreprises concernées. La figure suivante met en avant les intervenants principaux dans la mise en place de ce modèle de veille adaptée pour les entreprises de l industrie EEEM :

16 les entreprises de la filière EEEM Le cluster virtuel de veille technologique le gouvernement algérien à travers les décideurs politiques Laboratoires et centrss de la recherche scientifique Figure 4 : Les pôles du cluster virtuel de la veille technologique Le cluster est un modèle fondé sur une interaction intense de trois acteurs qui sont l Etat, l industrie et la recherche scientifique. L Etat à travers ses centres de décisions, joue un rôle capital dans la mise en œuvre de la veille en Algérie, et ce à travers les différents textes de loi ainsi que la création des infrastructures informationnelles servant à la communication, quant à la recherche scientifique, elle constitue le réservoir des compétences et des diverses informations technique et technologique dans lequel les entreprises nationales puisent les informations dont elles ont besoins. 4 Conclusion Le processus de veille nécessite une adaptation aux entreprises et ce, selon leur environnement, leurs objectifs, leurs besoins en matière de veille. C est ainsi qu il n existe pas de modèle unique de veille technologique adaptable pour toutes les entreprises. L idée selon laquelle les modèles de veille peuvent être adaptés aux caractéristiques des entreprises algériennes et de leur environnement montre que la veille n est point l apanage des seules entreprises pays développés. Toutefois, le modèle de veille technologique que nous avons retenu, qui est celui de cluster virtuel exige la participation de tous, de l industrie même, de la recherche scientifique et de l Etat qui a un rôle moteur dans la mise en place de ce processus, comme le témoignent les modèles développés par le Japon, l Allemagne et même la France. D ailleurs, les tentatives de mise en place des processus de veille sont fréquentes au sein des entreprises algériennes, cependant, elles n ont pas pu se concrétiser pour plusieurs raisons, dont l absence d une volonté globale réunissant à la fois les pouvoirs publics, la sphère de la recherche ainsi que les industriels est la plus imposante.

17 Et justement à travers la mise en place de ce cluster virtuel des synergies relatives à l appropriation et l exploitation de l information à la fois scientifique et technologique peuvent se matérialisées, et ce tout en mettant en relation diverses acteurs susceptibles d influer l efficacité de ce modèle qui sont les entreprises de l industrie EEEM, la sphère de la recherche scientifique à travers les organismes en information scientifique et technique à l instar du CERIST, des organismes de recherche comme l ANDRU et l ANVREDET, et l Etat qui est le seul acteur susceptible de conférer à ce modèle la légitimité nécessaire pour son développement. Par ailleurs, les outils nécessaires à la veille technologique sont pour la plupart disponible au sein des entreprises et ou potentiellement mobilisable à l extérieur, ainsi l efficacité de ce modèle de veille est conditionnée non pas par la disponibilité de ses outils, mais davantage de l usage qu ont fait les acteurs de ces outils, c est ainsi, que certaines formation dans l objectif de mettre à niveau les compétences des ces acteurs par l exploitation de ce type de veille demeurent indispensables. Par conséquent, le modèle de veille technologique adapté aux entreprises algériennes de la filière EEEM est tout à fait concevable et son potentiel de réussite est important, à condition que les actions des acteurs clés de ce cluster virtuel convergent à une finalité de base consistant à produire de l informations scientifique et technologique de qualité (recherche scientifique), qui seront appropriées et exploitées par les entreprises nationales dans le but de consolider leurs performances en matière d innovation technologique, tout en ayant le soutien des pouvoirs publics algériens dans l instauration d un véritable réseau interactif et dynamique accompagné d un véritable seau de légitimité national. En outre, l apport des TIC est incontournable à ce niveau, puisqu elles constituent le centre du réseau d acteurs crée, d ailleurs nous avons qualifié ce cluster de virtuel, dans le sens où il est basé sur l usage des TIC pour relier entre l industrie des EEEM, la recherche scientifique et les pouvoirs publics algériens, de ce fait, la distance physique entre ces derniers tend à s estomper progressivement, tout en profitant des divers avantages que procure ces technologies à l instar de réduction de temps, et la progression des capacités de production et de mémorisation des informations. 5 Bibliographie [1] BAUMARD P., Stratégie et surveillance des environnements concurrentiels, MASSON, 1991 [2] BLOCH A., L intelligence économique, 2 e édition, ECONOMICA, [3] COSTA N., Veille et Benchmarking, ELLIPSES, [4] HASSID L., JAQUE-GUSTAVE P., et MOINET N., Les PME face au défi de l intelligence économique, le renseignement sans complexe, DUNOD, [5] HERMEL Laurent., Maitriser et pratiquer veille stratégique et intelligence économique, 2 e édition, AFNOR, [6] JAKOBIAK F., Pratique de la veille technologique, les éditions d ORGANISATION, [7] JAKOBIAK F., De l idée au produit : veille- R&D- Marché, éditions d ORGANISATION, [8] LESCA H., Structure et système d information, facteurs de compétitivité de l entreprise, 2 ed, MASSON, [9] LEVET J-L., L intelligence économique, mode de pensée, mode d action, Paris, ECONOMICA, [10] MARCON C., et MOINET N., L intelligence économique, DUNOD, [11] MARTINET B., et MARTI Y-M., L intelligence économique : comment donner de la valeur concurrentielle à l information, Les éditions d ORGANISATION, 1995.

18 [12] MARTINET N., et RIBAULT J-M., la veille technologique concurrentielle et commerciale, éditions d ORGANISATION, [13] MOINET N., et DESCHAMPS C., La boite à outils de l intelligence économique, DUNOD, [14] REVELLI C., Intelligence stratégique sur internet, 2 e édition, DUNOD, [15] THIETART R A., La stratégie d entreprise, 2 e édition, EDISCIENCE international, 1996.

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