ANALYSE SWOT ET PISTES DE REFLEXIONS

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1 Filière Avicole et Cunicole Wallonne (FACW) asbl Siège social : Chaussée de Namur, GEMBLOUX ANALYSE DE LA FILIERE AVICOLE ACTIVE EN WALLONIE Etude menée à la demande de la Filière Avicole et Cunicole Wallonne (FACW) ANALYSE SWOT ET PISTES DE REFLEXIONS Octobre 2013 Ir Pierre MAQUET Chargé de mission Economie, Marketing et Communication pour les Conseils de Filières de productions animales AVEC L AIDE DE LA WALLONIE DIRECTION GENERALE DE L AGRICULTURE, DES RESSOURCES NATURELLES ET DE L ENVIRONNEMENT 1

2 AVERTISSEMENT : La présente étude est propriété de la Wallonie. Toute utilisation de son contenu à des fins d étude ou de communication est conditionnée à l obtention de l accord du propriétaire de ladite étude. 2

3 3.1 CONTEXTE Si initialement chaque ferme pratiquait un peu de chaque spéculation animale (volailles, porcs et bovins laitiers), plusieurs facteurs ont fortement influencé la configuration des exploitations pour en arriver à la situation actuelle. Ainsi, la mise en œuvre des plans de soutien à l Europe consécutifs à la seconde guerre mondiale (Plan Marshall) et la mise en œuvre du plan (Plan Manshold) restructurant la Politique Agricole Commune (PAC) européenne ont incité progressivement les exploitations à s agrandir et à se spécialiser chacune vers des productions particulières. Les progrès en sélection génétique des animaux, en alimentation animale, en pratiques vétérinaires et en mécanisation/automatisation de certaines pratiques d élevage ont amené l avènement d élevages dits «hors sol» ou «en batterie» dans lesquels les animaux restent confinés en bâtiment et n ont plus de contacts réels avec la «terre agricole». Les opérations de productions telles l abreuvement, l alimentation, la régulation de l ambiance thermique, le renouvellement de l air, l éclairage sont par ailleurs gérées automatiquement par l informatique de sorte à optimiser la productivité des installations et des animaux. Du fait de ces progrès, depuis les années 1950, dans les secteurs avicoles européens (volailles de chair et poules pondeuses), les petites fermes familiales ont progressivement cédé le pas à des structures toujours familiales mais hébergeant plusieurs milliers ou dizaines de milliers de volailles de production, dont les performances (durées et performances d engraissement, nombre et poids des œufs produits) ont été considérablement améliorées. Si la dimension des exploitations avicoles a cru en Belgique, les avicultures régionales ont évolué de manière fort différente, comme illustré par le cheptel moyen hébergé dans les élevages des 2 régions : animaux en Flandre et animaux en Wallonie (moyenne nationale : animaux). Après avoir toutes deux évolué vers la production conventionnelle d œufs et de poulets de chair, la Wallonie tente désormais de différencier son agriculture de la production standardisée, par la reconnaissance de filières de qualité et l attribution d aides financières aux investissements aux agriculteurs qui s engagent dans cette voie. En cela la Wallonie tente de faire que la production avicole qui y est active réponde aux nouvelles demandes de l opinion publique et des consommateurs (Bio, productions alternatives, meilleure intégration dans l environnement, meilleure prise en compte du bien-être animal, ), mais vise également à ce que les productions avicoles wallonnes se différencient qualitativement de la production conventionnelle/standardisée issue d autres régions ou pays. En Wallonie, bien que la spéculation avicole soit souvent considérée comme une diversification agricole, le secteur reste cependant bien représenté avec unités de production (toutes orientations confondues) détenant animaux (chiffres S ou rces : D GS IE (IN S) - Recensements etenqu êtes agricoles ;D GA RN E-D 41 ). Ces agriculteurs collaborent avec des fournisseurs de matières premières (animaux, aliments), des abattoirs, des centres de récoltes d œufs, des transformateurs et des gestionnaires de filières de production basés eux aussi en Wallonie ; générant ainsi une valeur ajoutée et des emplois régionaux, ou collaborent avec des opérateurs non régionaux. Les produits étant valorisés sur les marchés belge et international vers des opérateurs de transformation agroalimentaire, vers la distribution au consommateur ou vers des professionnels de l Horeca. Sur base de ce constat, la Filière Avicole et Cunicole Wallonne a décidé d explorer le secteur en profondeur. Cette volonté passe par l établissement d un constat de la filière avicole active en Wallonie ; par une identification des forces et des faiblesses que les opérateurs possèdent et une mise en évidence des menaces et des opportunités auxquelles ils sont confrontés. 3

4 A charge ensuite aux membres de la FACW d en retirer des pistes d action et d établir des propositions stratégiques et/ou opérationnelles visant à développer le secteur dans sa globalité sur des points tels les marchés, les orientations de la production à encourager, la qualité des produits, 3.2 METHODOLOGIE Afin de disposer d un état des lieux de la filière avicole active en Wallonie, la Filière Avicole et Cunicole Wallonne (FACW) a décidé en mai 2012 de faire réaliser cette étude sur le secteur. La mission a été confiée au Chargé de mission Economie, Marketing et Communication en fonction auprès de la Filière Porcine Wallonne (FPW) et mandaté par le Service Public de Wallonie auprès des Conseils de Filières de productions animales ; avec les accords du Conseil d administration de la FPW et du bailleur de fonds de la FPW en tant que Conseil de Filière (Service Public de Wallonie- DGARNE-Direction de la Qualité des Produits). La durée de réalisation de l étude a été fixée initialement de septembre 2012 à juin Cependant des contretemps divers étant survenus durant la réalisation, il a été convenu entre la FACW et le maître d œuvre de réviser l échéance de réalisation à octobre Les résultats de cette étude seront diffusés par les canaux d informations spécifiques de la FACW et suivant les opportunités présentés publiquement lors d un évènement à définir. Sur base des informations disponibles auprès des organismes de récolte de données ou directement disponibles auprès des opérateurs identifiés, un canevas général a été établi et discuté quant à sa faisabilité. L étude finale dont le présent rapport constitue l aboutissement est constituée de 4 approches réparties en 3 blocs faisant l objet d un recueil distinct. Bloc 1 : Éléments contextuels de la filière avicole - Une synthèse et analyse d éléments contextuels du secteur avicole. Y sont abordés les contextes mondiaux, européen et belge des productions de volailles de chair et d œufs, des éléments relatifs à la consommation complétés d éléments économiques, marketing et qualitatifs particuliers au secteur avicole. Bloc 2 : Enquête auprès des opérateurs de la filière avicole - Une enquête de terrain auprès d opérateurs de la filière avicole actifs en Wallonie. Des rencontres et discussions, des éléments contextuels, statistiques de production et stratégiques ont été obtenus auprès des opérateurs ayant accepté de participer à l étude. Ceux-ci sont synthétisés et analysés selon le type d opérateur répondant et/ou selon le thème particulier abordé dans le questionnaire. Bloc 3 : Analyse SWOT et Pistes de réflexion - Une analyse des forces, faiblesses, opportunités et menaces des différents types d opérateurs rencontrés. - Une synthèse de pistes de réflexion à développer par le secteur au sein des organismes qui l animent en collaboration avec les partenaires politiques et institutionnels présents en Wallonie. 4

5 3.3 DESCRIPTION DE LA MÉTHODE L analyse SWOT (Strengths, Weaknesses, Opportunities, Threats) ou FFOM (Forces, Faiblesses, Opportunités, Menaces) est un outil de diagnostic et d'analyse stratégique. L objectif est d identifier les points d action potentiels à inclure dans la stratégie de développement de l élément (opérateur, étape de la filière de production) à laquelle elle sera appliquée. L analyse SWOT identifie les forces et les faiblesses internes d un secteur, d une entité économique, d un projet et les opportunités et les menaces externes dues à son environnement. Une matrice à 2x2 champs de perception illustre habituellement l analyse SWOT. Eléments positifs Eléments négatifs Eléments internes (organisationnels) Eléments externes (environnementaux) FORCES STRENGTHS (facteurs positifs et d'origine interne) OPPORTUNITES OPPORTUNITIES (facteurs positifs et d'origine externe) FAIBLESSES WEAKNESSES (facteurs négatifs et d'origine interne) MENACES THREATS (facteurs négatifs et d'origine externe) 3.4 APPLICATION DE LA MÉTHODOLOGIE À L ÉTUDE Dans le cadre de la présente étude, il a été nécessaire de prendre en considération les spécificités des différents maillons de la filière «travaillant» les volailles et produits de volailles (viande et œufs). Si des fabricants d aliments ont été rencontrés lors de l étude de terrain, il a été choisi de ne pas réaliser d analyse SWOT sur ce maillon du fait que le canal de production et de commercialisation d aliments destinés aux volailles ne représente qu une partie de leurs activités. Les éléments qu ils ont mentionnés et identifiés comme Forces, Faiblesses, Opportunités ou Menaces ont cependant été pris en considération en tant qu argument de confirmation des propos tenus par les autres maillons de le filière avicole interrogés ainsi que dans l établissement du contexte de la production avicole et dans les propositions inclues dans cette étude. Les maillons envisagés sont : - Couvoirs - Agriculteurs - Volailles reproductrices chair/pondeuse - Agriculteurs - Volailles démarrées - Agriculteurs - Poulets de chair - Abattoirs - Ateliers de découpe/transformation à la ferme (Remarque : Bien que ces 3 abattoirs/ateliers de transformation à la ferme pratiquent également l élevage de poulets de chair, seuls les éléments spécifiques aux activités d abattage et de transformation ont été ici repris) - Abattoirs - Gestionnaires de filière(s) de production de volailles de chair - Agriculteurs - Poules pondeuses - Centres d emballage et ovoproduits - Grossistes d ovoproduits à destination de l Horeca - Agriculteurs - Producteurs de canards à foie gras 5

6 Les éléments repris dans les tableaux de synthèse sont issus des entrevues obtenues auprès des opérateurs du secteur entre septembre 2012 et mars 2013, complétés d éléments d analyse issus de la bibliographie consultée. De sorte à les préciser, les éléments identifiés dans chaque matrice SWOT individuelle font l objet d une courte description de leur approche ou de la voie d influence qu ils représentent VOLAILLES REPRODUCTRICES (3) Positif FORCES Négatif FAIBLESSES Interne Externe Maîtrise technique Automatisation de la récolte des œufs Pas de concurrence entre agriculteurs Spéculation hors sol OPPORTUNITES Place existante pour développer la filière verticale Faible risque sanitaire externe en Wallonie Pas d opérateurs (sélection, couvoir) en Wallonie Sécurité de revenu Maillon intermédiaire Charge de travail élevée Produit à faible valeur ajoutée Produit fragile MENACES Législation permis d environnement Coût énergétique Personnel difficile à trouver Tributaire de la demande des couvoirs Contractualisés aux couvoirs Fournisseurs et clients extrarégionaux Risque sanitaire interne Accès limité aux aides à l investissement NIMBY Difficulté d accès au prêt bancaire FORCES Maîtrise technique Les agriculteurs wallons collaborant avec des couvoirs bénéficient d une bonne reconnaissance de la part de ceux-ci, comme confirmé par la reconduction des contrats de production. Automatisation de la récolte des œufs L alimentation et l abreuvement des animaux, la gestion de l ambiance thermique et de la ventilation, et la récolte des œufs est réalisée de manière automatique et gérée par des systèmes informatiques. Pas de concurrence entre agriculteurs Les agriculteurs ne sont pas concurrents entre eux. Spéculation hors sol La spéculation étant réalisée en bâtiment confiné, la surface au sol nécessaire à l implantation d une unité de production est relativement faible et peut constituer une voie d installation intéressante pour un jeune agriculteur. 6

7 FAIBLESSES Maillon intermédiaire La spéculation constitue un maillon intermédiaire dans la production de poussins destinés aux filières volailles de chair et poules pondeuses. Le fait de produire un «bien intermédiaire» ne permet pas d influencer les prix de vente des animaux. Ceci d autant que les producteurs agissent comme prestataires de services, contractualisés avec les couvoirs. Charge de travail élevée La pesée régulière des volailles reproductrices, la gestion quotidienne de l élevage, la surveillance des animaux et des installations, la récolte des œufs (dont ceux pondus hors des nids) et le contrôle sont chroniques et demandent beaucoup de temps comparé à d autres spéculations avicoles. A cette charge récurrente s ajoute la période de fin-début de cycle de production, du départ des poules de réforme à la réception des nouvelles poules pondeuses qui demande encore plus de temps de travail et mobilise du personnel temporaire externe à l exploitation. Produit à faible valeur ajoutée Le producteur ne dispose d aucune prise sur la valeur ajoutée du produit pour la raison précitée. Produit fragile Les œufs produits sont fragiles et contiennent une matière vivante en développement, ce qui implique que la récolte, le stockage et le transport des œufs potentiellement fécondés soient réalisés avec de nombreuses précautions pour éviter la casse OPPORTUNITES Place existante pour développer la filière verticale L inexistence d une filière organisée en Wallonie laisse la place libre pour qu une initiative privée soit développée à l échelle régionale pour la production de volailles de chair destinées préférentiellement aux filières de qualité actives en Wallonie. Faible risque sanitaire externe en Wallonie La faible densité d élevages avicoles en Wallonie fait que le risque sanitaire de contamination par des pathogènes est particulièrement réduit. Ajouté au fait que la spéculation est réalisée en bâtiments fermés, la Wallonie dispose d un avantage. Pas d opérateurs (sélection, couvoir) en Wallonie L absence d opérateur de sélection et de couvoir en Wallonie orienté qualité différenciée ou filières alternatives crée l opportunité de développer une filière de production spécifique aux demandes des producteurs wallons, tant en chair qu en poules pondeuses. 7

8 Sécurité de revenu Les agriculteurs sont contractualisés avec des couvoirs qui leur garantissent non seulement un débouché pour les œufs produits, mais également un revenu à la prestation stable dans le temps MENACES Législation permis d environnement La législation relative au permis d environnement, les durées de remise d avis imparties, et les éventuels recours rendent les procédures compliquées lentes et coûteuses pour les producteurs, ce qui en décourage certains à envisager la spéculation. Coût énergétique L énergie nécessaire à l éclairage, à la ventilation, au chauffage, à l automatisation de l alimentation et à la récolte des œufs ainsi qu à leur stockage à température contrôlée amène des coûts d autant plus importants que les cours de l énergie ont fortement augmenté ces dernières années. Personnel difficile à trouver Le personnel temporaire indispensable à la réception des poulettes et à manutention des animaux de réformes avant transport est difficile à trouver, ce y compris auprès d organisme de placement de personnes sans emploi ou sous statut favorisant l engagement préférentiel. Tributaire de la demande des couvoirs L activité d un producteur est conditionnée à l activité du couvoir avec lequel il collabore. Un ralentissement de celle-ci fait peser le risque d un moindre remplissage des installations de l agriculteur et par conséquent d une diminution de son chiffre d affaire et de son revenu. Contractualisés aux couvoirs Les producteurs sont contractualisés avec les couvoirs dont ils hébergent les poules reproductrices. Ils ne disposent d aucune liberté dans le choix des débouchés de valorisation des œufs fécondés produits. Fournisseurs et clients extrarégionaux Le fait qu aucun couvoir n ait de siège installé en Wallonie, fait peser le risque qu en cas de détérioration des activités de la société-mère ou de crise économique ou sanitaire majeure dans le secteur, la décision de privilégier un repli sur la zone historique ou d origine des activités de la société. Risque sanitaire interne Hormis une contamination accidentelle provoquée par un agent extérieur, le principal risque sanitaire pour les animaux et la production réside dans un problème de condition sanitaire interne qui serait consécutif à de mauvaises conditions d hébergement. 8

9 Accès limité aux aides à l investissement Les conditions actuelles d accès aux aides à l investissement ne permettent à cette orientation avicole d accéder aux aides que si les volailles détenues produisent des œufs dont les poussins (ou poulettes) sont destiné(e)s à une filière de production de qualité différenciée. NIMBY Comme d autres spéculations réalisées en milieu confiné, la détention de volailles reproductrices est régulièrement perçue comme industrielle ce qui provoque son rejet par une partie de la population et induit des procédures de recours contre les projets lors de leur demande d obtention de permis d environnement. Difficulté d accès au prêt bancaire La méconnaissance de la spéculation en volailles reproductrices par le secteur bancaire fait que ce dernier est moins favorable à attribuer un prêt financier aux éventuels meneurs de projets COUVOIRS (8) Positif FORCES Négatif FAIBLESSES Interne Externe Maîtrise technique Dimension économique des opérateurs Secteur belge restructuré (groupe) OPPORTUNITES Développement des maillons aval (élevages) Développement de la consommation finale (œufs, viande) Diversité des races proposées Durée de couvaison incompressible (rendement maximum) Départ à la retraite/pas de succession Pertes et non fécondation Produit à faible valeur ajoutée MENACES Monopole des fournisseurs de génétique Marché wallon déjà satisfait Personnel = aspect problématique Coût de l énergie Dépendance des maillons aval (élevages de poules pondeuses et volailles de chair) Réglementation et contrôle sanitaires Coût des aliments Marchés de valorisation saturés Concurrence FORCES Maîtrise technique Les couvoirs sont actifs depuis de nombreuses années dans le secteur et ont développé une spécialisation de leurs activités reconnue par leurs clients et fournisseurs. 9

10 Dimension économique des opérateurs Certains opérateurs ont mis leurs compétences en commun par la constitution d un groupe dominant le marché belge, dont les sociétés sont chacune spécialisées dans une branche de production ou dans une clientèle spécifique. Secteur belge restructuré (groupe) Par la constitution d un groupe rassemblant les opérateurs les plus expérimentés, le secteur des couvoirs devrait se trouver stabilisé pour une longue période, ce qui devrait éviter des restructurations portant à conséquence pour les clients des couvoirs et leurs partenaires FAIBLESSES Durée de couvaison incompressible (rendement maximum) Les couvoirs sont limités dans leurs performances par le rendement biologique des animaux de pontes (2 œufs produits par poule tous les 3 jours) et par le fait qu il soit impossible de diminuer la durée d incubation des œufs à moins de 21 jours. Départ à la retraite/pas de succession Plusieurs propriétaires de couvoirs indépendants arrivent en fin de carrière et s interrogent sur la transmission ou la reprise de leur activité. Pertes et non fécondation Les œufs fécondés sont une matière première fragile devant être manipulée, conservée et transportée avec précaution et dans des conditions de températures très contrôlées. Une erreur peut porter à conséquence sur le nombre d œufs qui arriveront à maturité. De plus le rendement de fécondation n est pas de 100% ce qui diminue la performance de la production. Produit à faible valeur ajoutée Les œufs fécondés sont un facteur de production intermédiaire nécessaire aux couvoirs commercialisant les poussins autant qu aux agriculteurs et sur lequel peu d élasticité de prix est possible. Du fait de ce prix relativement stable, la valeur ajoutée est relativement faible et le prix de vente ne parvient pas à répercuter suffisamment les surcoûts (alimentation, énergie) de production OPPORTUNITES Développement des maillons aval (élevages) Le développement des ateliers de production de volailles de chair ou d hébergement de poules pondeuses pourrait permettre de développer les activités des couvoirs. 10

11 Développement de la consommation finale (œufs, viande) L augmentation du pouvoir d achat des consommateurs dans les pays émergents pourrait entraîner une augmentation de la consommation de volailles et induire indirectement l augmentation des activités des couvoirs par l intermédiaire du développement de la demande produits (poussins et poulettes) des activités de ponte d œufs et de production de volailles de chair. Diversité des races proposées Les couvoirs produisent un grand nombre de types de volailles ainsi qu une grande diversité de souches adaptées aux différentes spéculations au sein d une même espèce de sorte à répondre aux attentes spécifiques des différentes orientations de production des professionnels (et des amateurs) MENACES Monopoles des fournisseurs de génétique Les sociétés de sélection des souches génétiques de volailles se sont regroupées en entités ou groupes d envergure internationale qui disposent de quasi monopoles dans la production et la commercialisation des animaux vers les professionnels. De ce fait, ils sont devenus incontournables et maîtrisent totalement les prix de vente auprès des agriculteurs. Marché wallon déjà satisfait Le marché constitué des agriculteurs wallons détenant des poules pondeuses ou des poulets de chair est actuellement satisfait par des opérateurs situés hors du territoire wallon. Ces derniers ont mis leurs compétences en commun et sont parvenus à réaliser des économies d échelle qui les rendent particulièrement concurrentiels sur les marchés de commercialisation de poussins de chair et de poulettes démarrées. A moins de la cessation des activités d un opérateur (couvoir), un opérateur wallon qui voudrait démarrer cette activité se trouverait confronté à une tâche particulièrement ardue du fait que la clientèle est déjà prise et stabilisée par d autres fournisseurs. Personnel = aspect problématique Les techniciens compétents, voire motivés, à travailler dans les couvoirs sont problématiques à trouver et à stabiliser dans les fonctions nécessaires aux activités des couvoirs. Coût de l énergie Les coûts et surcoûts énergétiques dus aux crises financières font augmenter les coûts d incubation des œufs et de stockage des poussins (électricité), mais également les coûts de transports des œufs depuis les sites de production externes au couvoir et les coûts de transport des poussins vers les clients agriculteurs. Dépendance des maillons aval (élevages de poules pondeuses et volailles de chair) Le développement des activités des couvoirs est intrinsèquement lié au développement des activités de production des maillons aval en poules pondeuses ou en production de poulets et autres volailles de chair. 11

12 Réglementation et contrôle sanitaires Les règlementations et contrôles sanitaires des installations impliquent un énorme travail administratif documentaire et occasionnellement des investissements en équipement pouvant se révéler couteux. Coût des aliments Les aliments des volailles de multiplications ont augmenté ces dernières années et leur surcoût n a pu être totalement répercuté sur le prix de vente des animaux. Marchés de valorisation saturés Faute d un contexte légal et sociétal qui permettrait le développement des débouchés agricoles professionnels (ateliers de production d œufs et de poulets de chair), les marchés sont actuellement considérés comme saturés. Concurrence Le développement d une agriculture moderne dans les pays européens à moindre coût de production (salaires) pourrait faire apparaître de nouveaux concurrents qui fourniraient des poussins à prix plus attractifs que ceux produisant actuellement les animaux approvisionnant les agriculteurs belges VOLAILLES DÉMARRÉES (6) Positif FORCES Négatif FAIBLESSES Interne Externe Clientèle de proximité (amateurs) Clientèle régionale (professionnels) Spéculation hors sol Nombreuses races proposées OPPORTUNITES Tendance BoBo & «manger ce qu on produit» Peu d opérateurs en Wallonie Voie de diversification agricole Image positive Fonds de roulement importants (animaux, aliments) Produits à faible valeur ajoutée Outils vieillissants Marchés/activités saisonnières MENACES Législation bien-être animal Législation permis d environnement Réglementations et contrôles sanitaires Coût des aliments Coût des animaux Coût de l énergie Concurrence des animaleries Diminution de la clientèle (particuliers) Marchés de niches Pas d accès aux aides à l investissement FORCES Clientèle de proximité (amateurs) Une partie ou la totalité de la clientèle des producteurs de volailles démarrées est constituée de particuliers résidants à proximité du siège de production/commercialisation. Cette clientèle reste particulièrement fidèle à son fournisseur et réalise une publicité gratuite à celui-ci par le bouche à oreille. 12

13 Clientèle régionale (professionnels) Du fait du faible nombre de producteurs de volailles démarrées actifs en Wallonie, les agriculteurs qui réalisent une production avicole à petite échelle en œufs ou en volailles de chair s orientent vers ces opérateurs. Spéculation hors sol Les opérateurs produisant des volailles démarrées réalisent cette spéculation en bâtiment pour des raisons sanitaires mais également pour sécuriser leur investissement contre les prédateurs. Les terres agricoles dont l éleveur peut éventuellement disposer restent dès lors disponibles pour des cultures ou des pâturages. Nombreuses races proposées De sorte à pouvoir répondre aux demandes spécifiques de leurs clients, les producteurs détiennent et commercialisent de nombreuses espèces et races de volailles FAIBLESSES Fonds de roulement importants (animaux, aliments) Contrairement à des volailles de chair qui sont toutes commercialisées à échéance précise (atteinte d un poids moyen fixé ou d une durée d engraissement définie), les volailles démarrées sont conservées et nourries par le producteur jusqu à ce qu elles trouvent preneur. Fonction de la demande de la clientèle et de facteurs externes comme les conditions climatiques, les animaux peuvent séjourner une période plus longue chez le producteur qui voit ses coûts augmenter. Produits à faible valeur ajoutée Les clients qui se fournissent en volailles démarrées cherchent un avantage financier autant qu un loisir dans la «production maison» d œufs ou de poulets de chair. Les animaux doivent être commercialisés à un prix attractif comparativement au produit fini équivalent commercialisé dans la GMD. Outils vieillissants Les producteurs actifs en Wallonie disposent d installations relativement anciennes, voire résultat de la conversion d anciens bâtiments agricoles. L efficacité de la production peut s en trouver diminuée. Marchés/activités saisonnières Le commerce de volailles démarrées auprès des particuliers est un marché saisonnier qui couvre une période de 7 à 8 mois allant de mars à octobre. Le producteur doit réaliser sur cette durée un chiffre d affaire lui procurant un revenu couvrant l entièreté de l année (civile). 13

14 OPPORTUNITES Tendance BoBo & «manger ce qu on produit» La tendance sociétale définie comme «BoBo», soit «Bourgeois-Bohème» inclus une certaine philosophie de retour à la consommation de produits locaux et notamment la volonté de produire une partie de sa propre alimentation. La production de volailles démarrées trouve dans le comportement «BoBo» une clientèle potentielle pour développer ses activités. Il est à noter que la crise économique pourrait amplifier cette tendance de retour à une autoproduction/consommation auprès des ménages à faibles ou moyens revenus. Peu d opérateurs en Wallonie La rareté des opérateurs wallons et la tendance «Bobo» précitée font qu il n existe pas de réelle concurrence entre les producteurs. Voie de diversification agricole La production de volailles démarrées peut être envisagée comme diversification des activités de l exploitation agricole générant un revenu complémentaire dans le cas où une activité avicole existe déjà sur la ferme. Image positive La production de volailles démarrées est pratiquée à une échelle relativement réduite et la commercialisation des animaux est réalisée au niveau local, voire régional ce qui lui permet de bénéficier de la perception de filière courte ou de filière locale et donc d une image positive, au contraire d orientations avicoles perçues comme industrielles MENACES Législation bien-être animal La détention d animaux est soumise à des contraintes légales voire à une certaine subjectivité humaine lors des contrôles des opérateurs, qui dans le cadre de productions à petite échelle peuvent se révéler handicapante car elles diminuent le potentiel d occupation des bâtiments et influencent le revenu de la spéculation à la baisse. Législation permis d environnement Comme les autres spéculations agricoles, les producteurs de volailles démarrées sont soumis à l obtention d un permis d environnement. Même s ils produisent à petite échelle et sont implantés dans des zones rurales, les procédures restent fastidieuses, lentes et incertaines dans leur résultat avant de pouvoir réaliser concrètement le projet. 14

15 Réglementations et contrôles sanitaires Les réglementations sanitaires sont parfois compliquées à respecter et les aménagements difficiles à réaliser dans des installations anciennes ou des bâtiments reconvertis. Par ailleurs, les contrôles sanitaires ne prennent pas systématiquement en considération la réalité ou le quotidien de la production de volailles démarrées. Coût des aliments Le coût des aliments est élevé et relativement chaotique depuis plusieurs années, ce qui rend la fixation d un prix de revient et de vente lié particulièrement compliquée. D autre part, tant qu un animal détenu sur l exploitation n a pas trouvé acquéreur, il doit continuer à être nourri ce qui en augmente le coût de production avant commercialisation. Coût des animaux La diversité des races et variétés détenues par les producteurs implique qu ils se procurent les animaux auprès de plusieurs fournisseurs spécialisés. Les quantités d animaux achetés étant relativement faibles, le coût du transport ne bénéficie pas d économie d échelle et rend le prix d achat des animaux relativement élevé. Coût de l énergie Le coût de l énergie se répercute non seulement dans le coût de transport des animaux livrés sur l exploitation, mais également dans l énergie consommée dans les installations hébergeant les animaux : éclairage, chauffage, ventilation et les coûts de déplacement de la structure de commercialisation mobile sur les marchés hebdomadaires. Concurrence des animaleries Les animaleries et jardineries organisées en groupes de distribution multisites et franchisés constituent une concurrence sérieuse pour les petits producteurs de volailles démarrées, car ils passent des commandes en plus grande quantité à leurs fournisseurs et bénéficient d économies d échelle qui diminue le prix d acquisition et de vente à la clientèle des animaux. Ils proposent également à la vente d autres animaux et produits tels les aliments, les hébergements, des produits de jardinage et de bricolage qui stabilisent leur chiffre d affaire et leur permet de réaliser périodiquement des promotions sur les animaux qu ils commercialisent. Diminution de la clientèle (particuliers) Une partie importante de la clientèle constituée par les particuliers est âgée et tend de ce fait à disparaître progressivement. Le renouvellement de la clientèle par rajeunissement de celle-ci ne parvient à l heure actuelle pas à compenser cette mortalité de clientèle. Marchés de niches La clientèle de particuliers qui fréquentent les producteurs de volailles démarrées est essentiellement constituée par une population rurale ou péri-citadine disposant d un terrain apte à accueillir des animaux de basse-cour, mais aussi de temps disponible pour s occuper des animaux et de leur installation d hébergement. 15

16 Pas d accès aux aides à l investissement La production de volailles démarrées ne dispose actuellement pas de possibilité de reconnaissance en tant que filière de production avicole de qualité différenciée, ce qui lui interdit l accès aux aides à l investissement POULETS DE CHAIR (17 +3) Positif FORCES Négatif FAIBLESSES Interne Externe Possibilité d installation pour les jeunes agriculteurs Cahiers des charges plein air, Bio, de filière de qualité Viande blanche/maigre Pas de concurrence entre agriculteurs Spéculation hors sol Haut taux de conversion alimentaire OPPORTUNITES Compétences et encadrement des fournisseurs Espace pour les élevages Bio et Plein Air disponibles en Wallonie Moindre pression environnementale (Bio, plein air) Image positive des productions Bio et plein air Faible densité d élevages en Wallonie Ré-autorisation des farines animales /Protéines animales transformées Absence de fournisseurs de poussins au niveau wallon Coût des investissements MENACES Concurrences intra européenne & extraeuropéenne Pression de la GMD sur les prix Consommateur incohérent Législations de production discriminantes Frontières économiques poreuses Politiques réfractaires aux élevages de volailles NIMBY Lobbying bien-être animal et végétarisme Accès aux aides à l investissement limité Critères de reconnaissance en tant que qualité différenciée Réglementations et contrôles sanitaires Peu d abattoirs en Wallonie Législation permis d environnement Coût des aliments Coût de l énergie Fragilité-sensibilité des génétiques disponibles Restructuration du secteur de l abattage FORCES Possibilité d installation pour les jeunes agriculteurs Dans le cadre d une première installation réalisée en reprise progressive de la ferme familiale, la production de poulets de chair peut permettre à un jeune agriculteur de développer son propre projet indépendamment des autres activités agricoles. 16

17 Cahiers des charges plein air, Bio, de filière de qualité Les cahiers des charges de production de poulets de chair en filière de qualité permettent l accès aux aides à l investissement et bénéficient également d un meilleur accueil de la part des autorités compétentes en matière de délivrance de permis d environnement. Viande blanche/maigre La composition de la viande de poulet est reconnue pour ses caractéristiques nutritionnelles en tant que viande maigre ce qui représente un avantage dans le cadre d une alimentation équilibrée et pauvre en graisse. Pas de concurrence entre agriculteurs Du fait du nombre de cahiers des charges et du faible nombre de producteurs de poulets de chair actifs en Wallonie, les agriculteurs ne se concurrencent pas pour la commercialisation de leurs productions auprès des gestionnaires de filières ou des opérateurs d abattage. Spéculation hors sol La production de poulets de chair en bâtiment implique l utilisation d une faible surface au sol pour l établissement. A ce titre, elle constitue un élément positif à l installation d un jeune agriculteur dont l accès au foncier serait limité. Haut taux de conversion alimentaire Les volailles de chair montrent le meilleur taux de conversion de l alimentation reçue par kg de viande produit, juste après la pisciculture, ce qui en fait une viande produite à faible coût FAIBLESSES Absence de fournisseurs de poussins au niveau wallon L absence de fournisseurs wallons de poussins adaptés aux modes de production alternatifs (Bio, plein air, ) fait que le secteur peut éprouver des difficultés à se procurer des animaux pour peupler ses bâtiments. Coût des investissements Les investissements en bâtiments sont considérables et doivent être amortis en 15 ans. A ces montants initiaux élevés peuvent encore s ajouter des investissements imposés par la législation dans le cadre d aménagements à vocation de préservation environnementale ou de protection du bien-être animal OPPORTUNITES Compétences et encadrement des fournisseurs L expérience des fournisseurs d aliments leur a permis de développer des compétences avérées qui bénéficient aux producteurs lors du suivi que leurs commerciaux apportent à cette clientèle. Espace pour les élevages Bio et plein air disponibles en Wallonie La Wallonie dispose de terres agricoles moins opportune à l établissement de grandes culture (relief, fertilité) et actuellement utilisées comme prairie de pâturage. Ces terres peuvent être utilisées pour l installation d élevages en plein air ou Bio et les bâtiments qui y sont liés. 17

18 Moindre pression environnementale (Bio, plein air) Par la plus faible densité d animaux à l hectare qu elle impose, la production de poulets Bio et plein air est perçue comme exerçant une pression (azote organique) plus faible sur l environnement, ce qui peut aider à l obtention d un permis d environnement. Image positive des productions Bio et plein air Les productions Bio et de plein air bénéficient d une meilleure appréciation de la part des citoyens (environnement, bien-être animal, filières courtes, animaux visibles sur les parcours extérieurs). Faible densité d élevages en Wallonie La faible densité d élevage de volailles de chair en Wallonie fait que les risques sanitaires de transmission de pathologies entre élevages sont particulièrement faibles et que selon la zone géographique considéré, la population peut faire montre de plus d acceptation que dans d autres zones vues comme «saturées» en volailles. Ré-autorisation des farines animales /Protéines animales transformées Du fait de la volatilité des cours des céréales et protéagineux, les coûts en alimentation des poulets de chair ont été soumis à de grande variation ces dernières années. Une modification de législation qui permettrait la réintroduction des farines animales (en consommation croisée) dans l alimentation des poulets permettrait de ramener les coûts de production à un niveau plus acceptable pour les agriculteurs MENACES Concurrences intra européenne & extra-européenne Il existe une concurrence entre les producteurs européens et extra-européens de poulets de chair conventionnels mais également entre éleveurs européens impliqués dans des filières de production de qualité. Selon les situations, celle-ci trouve son origine dans des différences de coûts de production (main d œuvre, alimentation animale), de législation (bien-être animal, mesures environnementales) ou dans des économies d échelles dues à la dimension des élevages et à l amortissement des coûts des équipements techniques qui y sont installés. Pression de la GMD sur les prix Le secteur de la GMD recherche avant tout des produits attractifs pour sa clientèle. Cette attractivité se base essentiellement sur un prix de vente au consommateur qui soit le plus faible possible. Jumelé à la volonté d être plus attractive que les enseignes concurrentes, l ensemble du secteur de la GMD exerce indirectement via les abattoirs et les transformateurs une énorme pression sur les agriculteurs et contractent les marges dont ils pourraient bénéficier. Consommateur incohérent Le consommateur prétend vouloir se procurer des produits issus de filières de qualité officielles ou privées, ou issus de filières courtes, plus durables, respectant mieux l environnement ou le bien-être animal mais persiste dans son comportement d achat à se fournir en produits conventionnels à moindre coût d acquisition. 18

19 Législations de production discriminantes Les législations environnementales, de protection animale ou relatives aux soins et traitements médicamenteux apportés aux animaux diffèrent entre Etats européens et extra-européens, ce qui crée une discrimination de prix de production entre éleveurs qui handicape la capacité compétitivité des volailles de chair produites sur le territoire européen sur les marchés internationaux mais également sur le marché européen. Frontières économiques poreuses L Union européenne est tenue par les accords de l Organisation Mondiale du Commerce de laisser ses frontières commerciales ouvertes à l entrée de produits de volailles issus du marché mondial. Ces frontières européennes poreuses permettent l entrée de produits de volailles concurrençant la production réalisée sur le territoire de l UE. Politiques réfractaires aux élevages de volailles Les responsables politiques wallons se montrent selon leur niveau de pouvoir (régional, communal), selon leurs compétences (agriculture, environnement, urbanisme,) et selon la situation (stratégie de développement et de priorisation de l agriculture wallonne, protection de l environnement, délivrance de permis d environnement) particulièrement critiques, voire totalement réfractaires à l installation d unités de production de volailles de chair en mode conventionnel. NIMBY Si la viande de volaille est la seconde viande la plus consommée par an et par habitant en Belgique, une frange de la population rurale wallonne, soutenue par des associations lobbyistes refusent l implantation d élevage dans leur voisinage propre (Not in My BackYard). Lobbying bien-être animal et végétarisme Les groupes de pression pour la protection du bien-être animal et pour le végétarisme mènent à très grande échelle régulièrement des campagnes de sensibilisation/dénonciation des conditions d élevage des volailles (de chair et pondeuses) ou des campagnes de culpabilisation de la consommation «carnivore» sous prétexte du respect de la vie des animaux. Usant d images cruelles et de messages chocs, ces campagnes bénéficient également d une certaine attention de la part des médias généralistes qui renforcent la portée de leur communication et menace les activités des éleveurs, désignés comme tortionnaires d animaux innocents. Ces éléments contribuent activement à la création et à l entretien d une image négative de la production (essentiellement conventionnelle) de poulets de chair auprès des citoyens. Accès aux aides à l investissement limité Actuellement seules les installations produisant des volailles de chair en mode Bio ou selon des filières officiellement reconnues comme productions de qualité différenciée peuvent accéder aux aides à l investissement, ce qui limite l intérêt des producteurs potentiels envers la production de volailles standards. Critères de reconnaissance en tant que qualité différenciée Les critères de reconnaissance en tant que filière de production de volaille de qualité différenciée sont selon certains avis trop stricts que pour permettre à certains cahiers des charges candidats d être admis et de pouvoir consécutivement bénéficier d aides à l investissement ; ce qui ralenti ou hypothèque le développement de ces filières. 19

20 Réglementations et contrôles sanitaires Les règlementations sanitaires européennes et belges sont vues comme particulièrement contraignantes, et les contrôles sanitaires de terrain réalisés par l organisme fédéral mandaté semblent saborder la motivation des producteurs de volailles de chair consécutivement aux normes et aménagements à respecter, aux investissements à réaliser, aux documents administratifs à remplir et à un certain manque de diplomatie constaté lors de ceux-ci. Peu d abattoirs en Wallonie Le faible nombre d abattoirs (hors abattoirs de proximité) en Wallonie ne stimule pas les agriculteurs à poser le choix de la production de volailles de chair car ce manque de proximité géographique crée une distance dans la communication, dans le suivi et le conseil technique et dans le schéma de motivation mutuelle qui pourrait s instaurer entre partenaires géographiquement plus proches. Législation permis d environnement La législation en matière d obtention de permis d environnement, les procédures nécessaires à son obtention, les lenteurs des procédures, les recours potentiels ainsi qu une liberté de décision basée sur la subjectivité laissée à l appréciation de l autorité compétente font que des projets néanmoins bien conçus et bien défendus par des agriculteurs peuvent se voir ralentis, refusés ou découragés dans leur réalisation. Coût des aliments Le coût des aliments et plus particulièrement leur variation de cours consécutivement aux aléas de récoltes dus aux conditions climatiques, à la spéculation sur les matières premières alimentaires refuges en cas de crise économique, et à la concurrence des marchés de destination de consommation humaine, de consommation animale et de production d énergie renouvelable font que les coûts de production des volailles et la rentabilité des élevages sont devenus imprévisibles et dangereux pour le secteur. Coût de l énergie La hausse du coût de l énergie (électricité) se répercute dans le prix de production des poussins et de leur vente aux producteurs de poulets de chair. En outre le transport (carburant fossile) des poussins depuis les couvoirs vers les élevages influence également le coût de production des poulets de chair sans que celui-ci puisse être répercuté totalement ou partiellement dans le prix de vente en sortie d élevage. Fragilité-sensibilité des génétiques disponibles La génétique actuellement utilisée en production conventionnelle de poulets de chair est particulièrement poussée sur les rendements de croissance ; le revers de la médaille étant une fragilité des animaux aux conditions d élevage (température, ) ainsi qu une plus grande sensibilité aux infections et pathologies. Restructuration du secteur de l abattage Le secteur de l abattage actif en Belgique est actuellement dans une phase de réorganisation/restructuration qui pourrait priver les agriculteurs de leur possibilité de choix de canal de valorisation des animaux ; Ceci en plus de la perte de pouvoir de négociation. 20

21 3.4.5 ABATTOIRS/TRANSFORMATEURS À LA FERME (3) Positif FORCES Négatif FAIBLESSES Interne Externe Typicité des produits Production de terroir et filière courte Indépendance du coût des matières premières Produits innovants & traditionnels Capacité de production sous utilisée Création d emploi Réappropriation de la valeur ajoutée Pas de concurrence entre boucheries à la ferme OPPORTUNITES Clientèle à haut pouvoir d achat Voie de diversification agricole Encadrement et accompagnement des projets Aides aux investissements disponibles Consommateur demandeur de produits issus de filières courtes Capacité de production limitée Mobilité des clients nécessaire Temps de travail important pour la transformation et le commerce Clientèle de proximité Formation indispensable (boucherie) MENACES Diminution du pouvoir d achat (crise économique) Réglementations et contrôles sanitaires Marchés de niche Lobbying environnemental/végétarisme/de protection animale Coût de l énergie Concurrence de la GMD FORCES Typicité des produits Du fait que la totalité du process soit entièrement réalisée au niveau local et sur l exploitation, les produits commercialisés sont perçus comme artisanaux et possédant une réelle typicité, issue du savoir-faire de l agriculteur et de la gastronomie locale ; se différenciant ainsi des produits de consommation de masse proposés dans la GMD. Production de terroir et filière courte Les ateliers installés dans les exploitations agricoles bénéficient d une image positive auprès des consommateurs consécutivement à leur perception de production de terroir (non gérée par des opérateurs «industriels») et de filière courte de production-transformation-commercialisation (dont l agriculteur reste le maître d œuvre). Indépendance du coût des matières premières Contrairement à des abattoirs, ateliers de découpe-transformation et à des commerces de viande dont le coût d achat de la matière première fluctue dans le temps et peu se répercuter sur le coût du produit fini, les ateliers de la catégorie ici analysée sont moins dépendants du coût d approvisionnement de l animal vivant. D autre part, du fait que leur clientèle dispose d un pouvoir d achat plus élevé et est en recherche de produits différents de ceux proposés dans la distribution traditionnelle, une variation de prix de revient apparaît comme plus aisée à répercuter vers le consommateur. Produits innovants & traditionnels Si la volaille entière ou les pièces de viande en frais restent des produits d alimentation traditionnels, les souches utilisées peuvent apparaître comme innovantes comparées à celles utilisées en production de volailles standards. Il en va de même pour les produits de viande transformés qui se différencieront des produits habituellement proposés dans la GMD ou dans les boucheries traditionnelles. 21

22 Capacité de production sous utilisée Dès l étape de réflexion sur le projet, les installations techniques des ateliers d abattage-découpetransformation à la ferme sont volontairement surdimensionnées de sorte à pouvoir accueillir une éventuelle augmentation des volumes de produits nécessaires à la satisfaction de la clientèle. Actuellement les ateliers n utilisent pas la totalité de cette capacité ce qui laisse une marge de progrès disponible avant de devoir envisager des possibles investissements d augmentation de capacité des installations. Création d emploi La création d une unité regroupant abattage, découpe, transformation et commercialisation à la ferme peut créer des emplois annexes à l élevage proprement dit. Réappropriation de la valeur ajoutée Le fait que l agriculteur gère la totalité des opérations de production des animaux jusqu à la commercialisation des produits de viande lui permet de se réapproprier la totalité de la valeur ajoutée de sa production qui, si les animaux étaient directement commercialisés à des intermédiaires extérieurs, serait répartie entre différents maillons de la filière de production-valorisation des animaux. Pas de concurrence entre boucheries à la ferme Du fait de la faible présence d ateliers d abattage-découpe-transformation-commercialisation de viande à la ferme et du localisme de leur clientèle, ces ateliers ne se concurrencent pas entre eux et disposent chacun de marchés distincts composés d une clientèle relativement fidèle FAIBLESSES Capacité de production limitée La création et le fonctionnement d un atelier d abattage, de découpe et de transformation à la ferme demande de disposer d espaces spécifiquement aménagés et totalement dédiés à ces opérations. Ces espaces (dont le stockage réfrigéré) conditionneront la disponibilité en produits proposés aux clients Mobilité des clients nécessaire Le succès d un atelier de commercialisation de viande à la ferme dépend de la proximité et de la mobilité de la clientèle, mais également de son envie à se déplacer dans un commerce où il ne pourra se fournir qu en produits de viande fraîche et en quelques produits transformés, selon les spéculations viandeuses entreprises par l agriculteur et sa maîtrise de la transformation en produits élaborés. Temps de travail important pour la transformation et le commerce L abattage des animaux et la transformation-commercialisation de la viande et des produits de viande implique de disposer de temps de main d œuvre disponible sur l exploitation à y consacrer. Ceci peut se révéler difficile dans une exploitation à charge de travail variable dans l année. Clientèle de proximité La majorité de la clientèle qui fréquente les commerces joints aux ateliers à la ferme est composée de consommateurs provenant généralement des alentours proches de l exploitation. Il est difficile de développer la notoriété de ce type de commerce au-delà d une quinzaine de km. La clientèle potentielle peut parfois être relativement limitée. 22

23 Formation indispensable (boucherie) La pratique des activités de prédécoupe avant commercialisation et de transformation sous soumises à un accès à la profession et impliquent le suivi d une formation en boucherie ou en restauration. Un agriculteur qui désire s ouvrir à cette diversification devra donc au préalable dégager du temps pour se former avant de pouvoir envisager l activité concrète de son atelier OPPORTUNITES Clientèle à haut pouvoir d achat La clientèle qui s approvisionne en viande auprès de points de vente à la ferme le fait sur base volontaire et dans l optique de se fournir en produits issus de filières courtes, ou plus typiques. Elle accepte par son comportement de consommation d allouer une plus grande fraction de son revenu à l achat de produits d alimentation et dispose régulièrement d un plus haut pouvoir d achat. Voie de diversification agricole Dans la logique où un agriculteur voudrait se réapproprier la totalité de la valeur ajoutée de la production de volailles réalisée sur son exploitation, la mise en œuvre d un atelier d abattage-découpe, de transformation et de commercialisation à la ferme apparaît comme une voie de diversification opportune. Encadrement et accompagnement des projets Les organismes tels Accueil Champêtre en Wallonie (ACW) ou DiversiFerm (anciennement CQPF) diffusent auprès des agriculteurs une information spécifique à la création d ateliers d abattagedécoupe, de transformation et de commercialisation à la ferme et les accompagnent dans leur réflexion et leurs démarches administratives. Ils dispensent également des formations et conseils techniques auprès de ces meneurs de projets et les met en relation avec les administrations compétentes ou avec des éventuels fournisseurs de matériels nécessaires à leur projet. Aides aux investissements disponibles Les projets de diversification à la ferme bénéficient d aides financières wallonnes au développement économique et peuvent bénéficier également d aides à l investissement dans le cadre de la diversification en agriculture de qualité différenciée. Consommateur demandeur de produits issus de filières courtes Selon certains échos, les consommateurs sont demandeurs de produits alimentaires issus de la production régionale/locale et qui seraient commercialisés par des filières courtes, voire directement par les agriculteurs. La clientèle potentiellement disposée à fréquenter ces points de vente semble donc élevée. Ceci avec le bémol que de la parole aux actes il y a ici plus d un pas MENACES Diminution du pouvoir d achat (crise économique) La crise économique malmène le pouvoir d achat des ménages, dont une partie de la classe moyenne se voit contrainte de revoir ses habitudes de consommation et de se replier sur des produits à moindre coût d acquisition et à se détourner des ateliers à la ferme pour repartir se fournir en viande auprès de la GMD. 23

24 Réglementations et contrôles sanitaires Les règlementations sanitaires apparaissent comme démesurées pour des ateliers à faible capacité de production. Les contrôles menés sur le terrain par les représentants de l organisme mandaté semblent également disproportionnés dans leur niveau d exigence et ne semblent tenir compte ni de la réalité de terrain ni de la faisabilité technique de certains aménagements, ni des montants financiers à investir et à amortir par l activité économique qui sera ou qui est générée. Marchés de niche Passé l attrait de la nouveauté au moment de l ouverture du point de vente, du fait du faible rayon de provenance de la clientèle, du pouvoir d achat nécessaire, de l obligation à pouvoir se déplacer jusqu au point de vente, et malgré les déclarations d intérêt des citoyens à pouvoir s approvisionner auprès de producteurs locaux, la clientèle potentielle pourrait se révéler beaucoup plus réduite qu escomptée. Lobbying environnemental/végétarisme/de protection animale Les organisations lobbyistes prônant la réduction de la consommation de viande pour des motivations environnementales, prônant le végétarisme ou la protection animale communiquent régulièrement à grande échelle contre la production et la consommation de viande. Si habituellement ces associations visent plutôt dans leurs griefs les secteurs de la GMD et de l IAA, les conséquences d une diminution de la consommation globale de viande pourraient également se faire sentir au niveau de ces petits ateliers intégrés dans les exploitations agricoles. Coût de l énergie La création d un atelier d abattage-découpe-transformation-commercialisation à la ferme implique de disposer d espaces de travail et de stockage réfrigérés en permanence. Ces installations consomment de l énergie électrique, dont les coûts ont augmenté depuis 2008 et qui pourraient encore progresser dans les années à venir, risquant d augmenter les prix de revient et de vente de la viande produite et de détourner le consommateur des produits. Concurrence de la GMD Le mode de vie actuel a engendré un comportement d achat qui privilégie l approvisionnement alimentaire dans les surfaces commerciales multiproduits (GMD généraliste) ; le consommateur délaisse donc fréquemment les commerces spécialisés indépendants qui tendent à disparaître progressivement. Les structures d abattage-découpe-transformation-commercialisation à la ferme se trouvent donc confrontées à une concurrence très forte de la part d enseignes de distribution qui représentent la majorité des parts de marchés en alimentation (dont la viande) et disposent d une très large gamme de produits de viande (dont la volaille) mis en rayon. 24

25 3.4.6 ABATTOIRS (NON LIÉS À UNE EXPLOITATION AGRICOLE) (5) Positif FORCES Négatif FAIBLESSES Interne Externe Valeur ajoutée élevée en pièces de découpes et préparations Travail à façon pour les particuliers, petits producteurs et autres filières (moyens et petits abattoirs) Création d emplois locaux Un nouvel abattoir en Wallonie Maîtrise technique OPPORTUNITES Diversification des produits transformés GMD demandeuse de gros volumes Valorisation des déchets vers le Petfood Ré-autorisation des farines animales /Protéines animales transformées Capitaux importants Produit de grande consommation Difficulté à trouver du personnel disposé à travailler dans le froid Viande = produit «no brand» Peu de petits abattoirs pour les particuliers et petits producteurs MENACES Suspicion sur les volailles Réglementations et contrôles sanitaires Lobbyisme anti-viande Coûts énergétiques Marchés de niche du travail à façon Pression de la GMD Risque de la délocalisation de la production Concurrence UE et mondiale Dépendance des clients GMD & IAA Production wallonne de poulets de chair insuffisante FORCES Valeur ajoutée élevée en pièces de découpes et préparations La production de pièces de découpe, mais surtout la transformation en produits élaborés (plats cuisinés) permet de générer une valeur ajoutée plus élevée, comparativement à la commercialisation de poulets entiers. Travail à façon pour les particuliers, petits producteurs et autres filières (moyens et petits abattoirs) Les abattoirs de petites et moyennes capacités réalisent l abattage des animaux, la découpe et la transformation de la viande en sous-traitance pour des filières de production externes. Les plus petits de ces abattoirs réalisent également ces opérations pour des agriculteurs produisant des volailles à petite échelle ainsi que pour les particuliers. Création d emplois locaux Les opérateurs d abattage créent de l emploi direct local et en fonction du développement de leurs marchés augmentent leur activité et peuvent démarcher des agriculteurs pour les stimuler à augmenter leurs volumes de production de volailles ou à les inciter à se diversifier en produisant des poulets de chair. 25

26 Un nouvel abattoir en Wallonie Depuis 2010, un nouvel abattoir de volailles et un atelier jumelé de transformation de la viande est entré en activité dans la province de Luxembourg. Cet outil moderne traite les animaux issus de sa propre filière de production d un opérateur mais preste également pour la production d autres filières externes. La présence de cet abattoir situé en Wallonie et géré par des producteurs actifs dans le secteur de la volaille depuis près de 25 ans pourrait avoir un effet émulateur pour les agriculteurs désireux de diversifier leurs activités par la production de poulets de chair. Maîtrise technique Les acteurs actifs dans le secteur disposent tous d une grande expérience dans l abattage, la découpe et la transformation de la viande qui assure leur crédibilité. Ceci leur permet d avoir une bonne notoriété auprès des autres opérateurs de l agroalimentaire, de la distribution et des producteurs de volailles FAIBLESSES Capitaux importants Les infrastructures (bâtiments) et installations techniques (lignes d abattage, de découpe et de transformation, stockage réfrigéré, ) demandent des capitaux particulièrement importants, qui dans la situation où l opérateur n est pas partie d un groupe «agroalimentaire», peuvent être particulièrement difficiles à lever (emprunts bancaires). Produit de grande consommation A moins d être produits selon des cahiers des charges de qualité, la volaille entière et les pièces de viande de volaille issues de la production conventionnelle restent des produits de grande consommation sur lesquels il est difficile de se démarquer et d augmenter la valeur ajoutée. Difficulté à trouver du personnel disposé à travailler dans le froid Actuellement les opérateurs sont confrontés à des difficultés pour trouver du personnel compétent (bouchers), mais également à trouver ce personnel disposé à travailler dans une atmosphère réfrigérée en permanence. Viande = produit «No brand» A moins d être issue d une filière de qualité ou d être commercialisée sous une marque privée, la viande de volaille reste de manière générale un produit non associé à une marque (No brand). Le client GMD ou le consommateur n est donc pas fidélisé à un produit particulier ou à un fournisseur particulier et peut substituer un produit par un autre meilleur marché au gré des offres promotionnelles de la GMD. Peu de petits abattoirs pour les particuliers et petits producteurs Les producteurs de volailles disposant d outils de faibles capacités ainsi que les éleveurs particuliers ont besoin de faire abattre leurs animaux dans des structures prestant sur demande. La faible présence de ce type d abattoir fait que les clients potentiels tendent à arrêter leurs petits élevages, ce qui induit une diminution l activité des abattoirs. 26

27 OPPORTUNITES Diversification des produits transformés Les modes de consommation alimentaire ont particulièrement évolué ces dernières années ; passant de repas préparés à partir d ingrédients bruts à des repas achetés prêts à consommer. Une diversification de la gamme de produits de viande par la commercialisation de produits élaborés pourrait permettre de séduire une nouvelle clientèle en demande. GMD demandeuse de gros volumes Par les quantités de viandes de volailles qu elle commercialise, le secteur de la grande et moyenne distribution représente un canal de valorisation particulièrement important dans la clientèle des abattoirs. Dès lors elle constitue un marché essentiel à pénétrer pour écouler les volumes produits. Valorisation des déchets vers le Petfood L alimentation des animaux de compagnie représente pour les déchets de viande un canal de valorisation avec retour financier, contrairement à la filière d évacuation vers une société de destruction des déchets par incinération. Ré-autorisation des farines animales /Protéines animales transformées Suite à la crise de la vache folle et au risque de transmission entre espèces animales et vers l être humain par le prion responsable de l ESB, les farines animales ont été interdites depuis 2001 dans l alimentation animale. La récente (juin 2013) ré-autorisation des farines animales dans l alimentation des poissons d élevage laisse entrevoir la perspective de leur ré-autorisation dans l alimentation des animaux d élevage en consommation croisée (non cannibalisme) ce qui permettrait de créer de la valeur sur les déchets d abattage qui sont actuellement destinés à la destruction par incinération systématique MENACES Suspicion sur les volailles La crise de la dioxine de 1999 et la contamination des volailles a eu pour effet de jeter la suspicion sur l entièreté du secteur. Bien que les opérateurs soient désormais soumis à des mesures de prévention et à des contrôles exigeants (AFSCA), il subsiste néanmoins une méfiance de la part de certains marchés envers les volailles originaires de Belgique. Une nouvelle crise sanitaire ou épidémique pourrait avoir des conséquences graves sur la confiance du consommateur pour la totalité des opérateurs du secteur. Réglementations et contrôles sanitaires Les normes sanitaires en vigueur impliquent des aménagements parfois coûteux et moins facilement amortissables dans les petits abattoirs que dans les abattoirs de grande capacité. Lobbyisme anti-viande Les forces de lobbying prônant la diminution de la consommation de viande pour des motivations de bien-être animal, de préservation de l environnement ou de philosophie alimentaire mènent des campagnes particulièrement agressives contre la production et la consommation de viande. La conviction massive des consommateurs pourrait marquer son effet par une diminution des volumes commercialisés. 27

28 Coûts énergétiques Les abattoirs sont de gros consommateurs d électricité et bien qu ils négocient des tarifs préférentiels auprès des fournisseurs d énergie, les prix montent lors de chaque nouveau contrat d approvisionnement ce qui augmente le coût de production de la viande. Marchés de niche du travail à façon Les petits abattoirs qui réalisent du travail à façon pour les particuliers et les petites structures d élevage sont particulièrement dépendants de cette clientèle. Une diminution de cette dernière fait peser le risque d une réduction de leur activité et de leur chiffre d affaire, voire de l arrêt de leur activité faute de rentabilité suffisante. Pression de la GMD De sorte à garantir l attractivité de la viande qu elles commercialisent par rapport à la concurrence, les enseignes de la GMD cherchent à se fournir en viande de volaille au prix le plus bas. La GMD se montre dès lors particulièrement dure dans les négociations de prix avec ses fournisseurs, ce qui réduit les marges des abattoirs et ateliers de découpe. Risque de la délocalisation de la production La réduction du tissu agricole belge et la possibilité d importation de produits de viande de volaille conventionnelle meilleur marché rend possible pour la GMD de se fournir en viandes étrangères, stimulant ainsi une production hors frontière et détruisant la production de volailles locales. Les abattoirs se fournissent en poulets produits dans un rayon maximum de quelques centaines de km et une diminution massive du nombre de volailles à abattre pourrait hypothéquer la viabilité économique du secteur. Le risque de délocalisation des élevages semble cependant moindre pour la production de volailles inscrites dans une filière de qualité, surtout lorsqu un opérateur «régional» en est le gestionnaire ou lorsqu il existe un lien historique ou géographique au territoire. Concurrence UE et mondiale Les règles régissant le commerce mondial et les transports de marchandises ont rendu la viande de volaille issue de la production conventionnelle particulièrement mobile. Ceci fait que des pièces de viande réfrigérées ou congelées produites à l étranger à moindre prix de revient pénètrent le marché national et concurrencent les volailles conventionnelles belges et wallonnes. Dépendance des clients GMD & IAA Si les débouchés de la GMD et de l IAA représentent des canaux permettant d écouler de grosses quantités de viande, une trop grande dépendance envers ces clients fait peser le risque qu en cas de perte de l un de ces marchés, il faille retrouver rapidement de nouveaux débouchés pour ces volumes. Production wallonne de poulets de chair insuffisante La production wallonne de poulets de chair actuellement dénombrée est insuffisante à approvisionner des abattoirs de grande capacité, ce qui implique que les abattoirs élargissent leurs filières de fourniture en animaux au-delà des frontières régionales ou belges et les mets en concurrence avec des opérateurs étrangers dans ces filières d achat. L apparition d un nouvel abattoir dans un secteur ou l approvisionnement est déjà clairsemé pourrait rendre le maintien ou l atteinte du seuil de rentabilité des abattoirs existants encore plus difficile. 28

29 3.4.7 GESTIONNAIRES DE FILIÈRES (7) Positif FORCES Négatif FAIBLESSES Interne Externe Filières dynamiques Collaborations potentielles entre filières organisées Cahiers des charges Bio, plein air, de filières de qualité, qualité standard Diversité des produits (poulets entiers, découpes, préparations) Opérateurs expérimentés Présence sur le marché belge Marques privées OPPORTUNITES Consommateurs demandeurs de produits de qualité Filières régionales GMD réceptive aux produits de qualité Marchés d exportation Image positive Marchés d exportation Volumes mis sur le marché faibles Inexistence d une filière wallonne structurée Actifs immobilisés importants (bâtiments, produits) Multiplicité des cahiers des charges MENACES Pas d accès aux aides ISA Critères de reconnaissance en tant que filière de qualité différenciée «trop stricts» Concurrence des labels de qualité étrangers (Label Rouge) Frein politique aux installations de nouveaux producteurs de volailles Consommateur girouette Coûts énergétiques Réglementations et contrôles sanitaires Coût des aliments Marchés de niche Crise économique FORCES Filières dynamiques Toutes les filières ont établis des plans de développement à moyen terme et se sont fixées des objectifs à atteindre. Fonction de leur choix, elles mettent en avant un ensemble d arguments relatifs à l uniformité de leurs volailles de chair, à la qualité de la viande, au savoir-faire de l opérateur ou à la typicité de la recette des produits élaborés qu elles proposent. Collaborations potentielles entre filières organisées Des filières organisées dans une même orientation, tel le Bio, peuvent organiser entre elles des collaborations ou partenariats en vue d assurer leurs capacités mutuelles d approvisionnement de clientèle. Cela permet de créer un système flexible de régulation des débouchés de commercialisation des volailles selon la demande de leurs marchés respectifs (circuits courts, filières d exportation) en organisant des échanges sur base d une stratégie Win-Win. Cahiers des charges Bio, plein air, de filières de qualité, qualité standard Les filières organisées concernent tant des cahiers des charges de qualité officiels que des cahiers des charges privés et que des filières de production standards/conventionnelles. Ceci permet fonction du choix initial d orientation du gestionnaire de pénétrer le marché généraliste que des marchés de niche distincts. 29

30 Diversité des produits (poulets entiers, découpes, préparations) De sorte à pouvoir répondre à l ensemble des demandes de leurs clientèles, les gestionnaires de filières proposent une gamme de produit particulièrement large, allant des volailles entières et pièces de découpes fraîches jusqu aux plats cuisinés en bocaux. Opérateurs expérimentés Tous les gestionnaires de filières ont à leur direction/gestion des responsables actifs dans le secteur depuis de nombreuses années. Ils possèdent une connaissance du secteur et une expérience professionnelle qui leur permettent d établir des stratégies de développement cohérentes et adaptées au(x) type(s) de production(s) qu ils réalisent. Présence sur le marché belge L ensemble des produits de viandes issus des filières organisées sont majoritairement commercialisés sur le marché belge via la GMD auprès de laquelle ils disposent d une bonne reconnaissance. Marques privées Les filières privées orientées «qualité» ont développé des marques propres de produits dont la qualité est reconnue et dont la notoriété est déjà bien établie auprès de la GMD et des consommateurs. Hormis pour la filière de volailles standards, les produits sont donc clairement rattachés à leur filière de production et/ou à l opérateur qui les produit et ne sont pas éteints sous une marque d enseigne ou inclus dans une gamme de produits premiers prix FAIBLESSES Volumes mis sur le marché faibles A l exception de la filière de production conventionnelle, les volumes commercialisés par les opérateurs restent faibles comparés aux produits issus de filières de volailles de qualité actives à l étranger et qui pénètrent le marché de la GMD belge. Inexistence d une filière wallonne structurée Il n y a actuellement pas de filière organisée qui revendique clairement l origine wallonne de la viande. Ceci pourrait constituer une faiblesse dans le cadre de la mise en œuvre et du développement d un signe d identification de l origine wallonne des produits alimentaires, dont la viande et des produits de viande de volaille seraient commercialisés dans des créneaux réceptifs/demandeurs d une telle mention d origine régionale. Actifs immobilisés importants (bâtiments, produits) En posant le choix d organiser une filière de production et de commercialisation, les opérateurs doivent mobiliser des fonds nécessaires à la construction des installations de productiontransformation-stockage et/ou avancer les montants d achat des volailles auprès de leurs producteurs avant de les commercialiser auprès des opérateurs d abattage et de transformation. Multiplicité des cahiers des charges Le nombre de cahiers des charges de qualité officiels et privés actuellement présents dans la GMD belge peut faire que le consommateur se sente «noyé» dans le panel de produits et de marques proposés en plus de ne pas parvenir à identifier clairement les produits qui sont issus de filières de production actives en Wallonie. 30

31 OPPORTUNITES Consommateurs demandeurs de produits de qualité Etant donné que les consommateurs revendiquent régulièrement de pouvoir trouver des produits de qualité dans la distribution, les gestionnaires de filières qui ont posé le choix de s orienter vers des cahiers des charges officiels ou privés de production de viande de volaille de qualité disposent d un argument de vente adapté à convaincre la clientèle. Filières régionales La volonté du consommateur à vouloir s approvisionner en produits issus de filières courtes ou tout le moins d origine régionale devrait être utilisée dans le marketing des filières qui s approvisionnent en animaux produits sur le territoire wallon et dont la destinée est définie par un gestionnaire de filière wallon. GMD réceptive aux produits de qualité Les enseignes de la GMD cherchent régulièrement à se démarquer les unes des autres et à communiquer à leur clientèle qu elles proposent des produits locaux/régionaux de qualité, parfois avec des exclusivités de distribution. Cette réceptivité constitue un élément de plus que les gestionnaires de filières devraient exploiter dans les négociations qu ils entreprennent avec les acheteurs de la GMD. Marchés d exportation Actuellement la majorité des volumes de viande et de produits de volailles commercialisés par les gestionnaires de filières sont destinés au marché belge. A terme et afin de développer la production réalisées par les éleveurs, les marchés d exportation dans les pays voisins devraient être envisagés pour diversifier les canaux de valorisation. Image positive La structuration en filière organisée verticalement dans laquelle les producteurs prennent des engagements par rapport à un cahier des charges précis apporte de la crédibilité par rapport au caractère «non-industriel» des produits qui en sont issus. L origine wallonne des produits pourrait affirmer le caractère «local» de ces produits qui ajouterait encore à l image positive perçue de ces produits ; ceci à la condition que la GMD adhère à la démarche MENACES Pas d accès aux aides ISA Les éleveurs qui produisent pour certaines filières organisées ne disposent actuellement pas d un accès aux aides à l investissement car non reconnues en tant que filière de qualité différenciée. Ceci pourrait diminuer l attrait pour les agriculteurs que représente l adhésion à ces filières et éventuellement ralentir le développement global de la filière concernée. Critères de reconnaissance en tant que filière de qualité différenciée «trop stricts» Les critères actuels de reconnaissance d un cahier des charges de production de volaille en tant que filière de qualité différenciée doivent faire s interroger sur l impact que cette reconnaissance ou nonreconnaissance liée à l accès aux aides à l investissement pourrait avoir sur le développement des volumes produits et commercialisés par cette filière organisée. 31

32 Concurrence des labels de qualité étrangers (Label Rouge) Malgré le fait que les filières et les produits qui en sont issus soient en lien direct avec la Wallonie, ils sont cependant soumis à une concurrence dans la GMD. Cette concurrence est le résultat notamment de l écoulement de produits labellisés produits à l étranger dont les opérateurs cherchent à valoriser la surproduction dans des réseaux de distribution situés hors de leur territoire national. Frein politique aux installations de nouveaux producteurs de volailles Depuis plus d une dizaine d années tant les responsables politiques wallons régionaux que locaux se montrent réticents à l implantation de nouveaux ateliers de production avicoles orientés en filières (poulets de chair, poules pondeuses) conventionnelles. Cette attitude ainsi que les contraintes réglementaires en vigueur en matière de délivrance de permis d environnement ne permettent pas à des agriculteurs de faire aboutir leurs projets et de participer activement au développement des volumes de production des filières conventionnelles organisées. Consommateur girouette Le consommateur exprime régulièrement des avis très tranchés en matière d attentes par rapport aux produits alimentaires ; ceci sans pour autant passer à l acte dans son comportement d achat. Cette dualité avis/comportement pourrait avoir des conséquences néfastes si les gestionnaires de filières posaient le choix d adapter systématiquement leurs productions aux désidératas non fondés des citoyens/consommateurs. Coûts énergétiques Les hausses récentes et régulières des tarifs énergétiques (carburants et électricité) augmentent les coûts de transformation et de stockage de la viande et des produits de viande. Il en va de même pour le transport des animaux depuis le lieu de production vers les abattoirs, ainsi que la livraison des produits à la clientèle. Réglementations et contrôles sanitaires Les règlementations sanitaires sont parfois l objet d interprétation de la part des inspecteurs réalisant les contrôles sanitaires dans les installations des filières de production. Ceci peut amener des complications dans la pratique des activités de l opérateur qui gère le process, de même que cela peut impliquer des investissements coûteux. Coût des aliments L organisation en filière inclus dans son fonctionnement une bonne collaboration qui fidélise les éleveurs qui produisent les volailles à la filière de destination. Ceci passe par des prix d achats des animaux qui prennent en considération les difficultés auxquelles sont soumis les producteurs, comme l augmentation du coût de l alimentation des animaux. Ce prix d achat se marquant sur le prix de vente consommateur, cette répercussion pourrait rendre le produit moins accessible pour les responsables d achat des ménages. Marchés de niche Certaines filières tels les labels de qualité officiels ou la filière de production Bio proposent des produits destinés à des clientèles particulières qui constituent des marchés de niche. Ces marchés peuvent voir leur développement ralentir, stagner voire régresser et donc hypothéquer le développement escompté des filières concernées. 32

33 Crise économique La crise économique actuelle marque, sinon ses effets sur le pouvoir d achat, sur la tendance à la contraction des dépenses des ménages dont l alimentation. Les consommateurs modifient leur comportement d achat et de consommation en passant de produits de marques ou issus de filières de qualité à prix plus élevé à des marques d enseigne ou à des produits premiers prix POULES PONDEUSES (4) Positif FORCES Négatif FAIBLESSES Interne Produit de grande consommation Ingrédient pour professionnels Composition nutritionnelle Faible valeur ajoutée OPPORTUNITES MENACES Externe Co-produits : poules de réformes Image positive de la production en plein air et Bio Faible densité en Wallonie Ré-autorisation des farines animales /Protéines animales transformées Législation permis d environnement Législation bien-être animal Réglementations et contrôles sanitaires Concurrence des producteurs étrangers Mauvaise image de la production d œufs en bâtiments Coût d alimentation Débouchés limités pour les œufs de poules en cage : casseries et IAA uniquement Personnel Méconnaissance & mésinformation de la qualité nutritionnelle des œufs FORCES Produit de grande consommation Les œufs sont des produits de grande consommation dont les déclinaisons dans les repas quotidiens sont particulièrement nombreuses ce qui les fait apprécier des consommateurs. Le prix d achat des œufs est également particulièrement abordable ce qui en augmente également l attrait. Ingrédient pour professionnels Du fait de son entrée dans la composition de nombreux produits alimentaires transformés de boulangerie, de pâtisserie et de boucherie et des propriétés techniques que ses constituants et extraits possèdent, les professionnels ne peuvent se priver de cet ingrédient. Ceci a pour effet de garantir les débouchés aval de transformation et par conséquent de garantir les flux d œufs sortant des exploitations de poules pondeuses. Composition nutritionnelle La composition nutritionnelle des œufs en fait un aliment particulièrement complet et adapté dans le cadre d une alimentation humaine équilibrée. 33

34 FAIBLESSES Faible valeur ajoutée L œuf est un produit simple et qui est généré de manière «automatique» par les poules pondeuses. Du fait qu il soit directement commercialisable et rapidement consommable et de la régularité de sa production et les volumes qu il représente, il constitue un produit générant une faible valeur ajoutée à l unité produite OPPORTUNITES Co-produits : poules de réformes Au moment de leur fin de cycle de production les poules productrices d œufs sont commercialisées vers des canaux spécifiques de l alimentation humaine et/ou d alimentation animale. Cependant il pourrait s avérer intéressant que les volailles qui produisent des œufs selon des filières de qualité particulières soient également valorisées dans des filières de produits de viande transformés qui bénéficieraient de cette même appellation. Image positive de la production en plein air et Bio Les élevages de poules pondeuses en plein air ou en Bio bénéficient d une image plus «acceptable» auprès de la population et des riverains. Les raisons de cette meilleure perception résident dans une meilleure prise en considération du bien-être animal et de l environnement, mais également dans une visibilité externe des animaux d élevage et la qualité des produits qui sortent de ces exploitations. Faible densité en Wallonie La faible densité des élevages de poules pondeuses en Wallonie fait que d un point de vue sanitaire, les risques de transfert de pathogènes entre exploitations sont limités et que le paysage agricole ne semble pas «saturé» en élevages de volailles. Ré-autorisation des farines animales /Protéines animales transformées Les fluctuations incessantes des cours des matières premières destinées à l alimentation des volailles font percevoir dans l éventuelle ré-autorisation de l introduction des farines animales dans l alimentation des animaux d élevage, une voie d approvisionnement en protéines de bonne qualité permettant de réduire les coûts de production MENACES Législation permis d environnement La législation relative au permis d environnement, ses conditions d obtention, la lenteur et les recours de procédures ainsi que la subjectivité dont font preuve les autorités compétentes transforment le traitement des dossiers de demande de permis pour les ateliers de production d œufs en mode conventionnel en véritable parcours du combattant ce qui peut décourager des meneurs de projets potentiels à poursuivre la démarche. Législation bien-être animal La législation spécifique à la protection du bien-être animal et son évolution au cours du temps contraignent les producteurs à réaliser périodiquement des investissements d adaptation de leurs installations qui se révèlent coûteux, qui diminuent la productivité des exploitations (diminution de la densité d animaux) et sont non répercutables sur le prix de vente des œufs produits. D autre part, ces 34

35 modifications successives interviennent alors que des investissements de mise aux normes antérieurs ne sont pas encore totalement amortis, voire remboursés. Réglementations et contrôles sanitaires Les règlementations sanitaires sont contraignantes et peuvent entrainer des investissements pour l exploitant. De plus, un certain manque de diplomatie et une subjectivité voire une méconnaissance des aspects techniques de la production de la part des contrôleurs de terrains peut jouer en défaveur du développement des ateliers de production d œufs. Concurrence des producteurs étrangers Selon la situation, des producteurs d œufs situés hors Europe ou hors Belgique ne sont pas soumis aux mêmes contraintes légales de production (environnement, bien-être animal, traitements aux animaux) et peuvent bénéficier de coûts de production inférieurs (matières premières, coûts salariaux) qui rendent les œufs qu ils mettent sur le marché plus concurrentiels que les œufs produits en Europe ou en Belgique. Cette concurrence sur les prix peut indirectement menacer les débouchés des détenteurs de poules pondeuses car leurs acheteurs pourraient perdre des marchés de l IAA au profit d œufs produits à moindre coût. Mauvaise image de la production d œufs en bâtiments La production d œufs en bâtiments et plus particulièrement selon le mode conventionnel ne sont pas perçus positivement par la population ; et ce qu elle se positionne en tant que citoyen ou que consommateur. Les raisons invoquées sont à mettre en relation avec le bien-être animal, l environnement et la perception «industrielle» de la spéculation réalisée en bâtiment. Coût d alimentation Si les volumes d aliments consommés par les poules pondeuses ne varient pas dans le temps, le prix des aliments est directement lié au coût des matières premières (céréales) et à leur fluctuation. Ces variations de coût de production ne sont pas totalement ou partiellement répercutables sur le prix de commercialisation des œufs à la sortie des élevages. Débouchés limités pour les œufs de poules en cage : casseries et IAA uniquement Si la législation a forcé une évolution des modalités de production d œufs produits en cage, certaines forces de lobbying n en sont pas encore totalement satisfaites et ont fait pression sur la distribution pour que celle-ci retire de ses rayons les œufs de poules hébergées dans des cages aménagées. La perte de ce débouché a forcé les agriculteurs produisant des œufs de poules encagées et leurs acheteurs à rechercher des voies de valorisation dans les casseries et dans l industrie agroalimentaire qui constitue désormais le seul canal d utilisation «autorisé». Personnel Le coût de la rémunération globale et des taxes du personnel travaillant dans les exploitations de poules pondeuses se révèle problématique pour les entités de petites dimensions. Méconnaissance & mésinformation de la qualité nutritionnelle des œufs Les consommateurs ne connaissent pas les qualités nutritionnelles des aliments ou interprètent les informations qu ils reçoivent/récoltent de manière erronée ; lorsque ce n est pas l information qui est orientée dès le départ dans son argumentaire. La présence de cholestérol dans l œuf peut ainsi éclipser ses réelles qualités nutritionnelles et l apport en protéines et en vitamines qu il constitue, aux yeux des consommateurs. 35

36 3.4.9 CENTRE D EMBALLAGE ET OVOPRODUITS (4) Positif FORCES Négatif FAIBLESSES Interne Externe Propriétés techniques des œufs Qualité et prix Flexibilité dans les recettes Marques en propriété et travail à façon (marques de distributeurs externes) OPPORTUNITES IAA demandeuse d œufs Confiance de la clientèle AFSCA encourage l usage d œuf liquide chez les professionnels Volumes d achat de la GMD Marchés d exportation Création d un œuf «nutritionnel» Mobilité physique de l œuf en poudre Filière courte potentielle Développement d applications techniques L œuf : ingrédient substituable Faible valeur ajoutée Difficulté d innovation en ovoproduits Contenant et contenu sont indissociables pour la vente au particulier MENACES Marché mondial à forte concurrence (œuf en poudre) AFSCA décourage l œuf coquille chez les professionnels Volumes d achat de la GMD Pression sur les prix de la GMD Concurrence Réglementation et contrôle sanitaires Coût des œufs (matière première) FORCES Propriétés techniques des œufs L œuf est un ingrédient dont les propriétés techniques (ou de composition nutritionnelle) sont indispensables aux industriels de l agroalimentaire et aux artisans de boulangerie-pâtisseries et de boucherie pour la fabrication de leurs produits transformés. De ce fait les marchés de valorisation des œufs et de leurs extraits devraient au minimum se maintenir dans les quantités demandées par la clientèle. Qualité et prix Les produits commercialisés disposent des qualités attendues par la clientèle professionnelle. Les œufs et ovoproduits constituant un parmi les ingrédients utilisés dans la fabrication des produits élaborés, ils sont commercialisés à des prix attractifs pour la clientèle. Flexibilité dans les recettes Selon la demande spécifique de la clientèle, les ovoproduits peuvent être adaptés en fonction des demandes particulières de composition et de conditionnement (transport, logistique de production) de la clientèle. Marques en propriété et travail à façon (marques de distributeurs externes) Selon les possibilités de marchés, les centres d emballage produisent sous marques propres ou réalisent du travail à façon pour conditionner des œufs dans des emballages neutres ou identifiés des enseignes de la GMD. Ceci permet de diversifier les marchés de commercialisation et de générer selon les cas des valeurs ajoutées plus ou moins élevées. 36

37 FAIBLESSES L œuf : ingrédient substituable Si techniquement l œuf est indispensable par ses propriétés intrinsèques à des préparations alimentaires, il reste un ingrédient fondu dans le produit élaboré dont l origine importe peu. La clientèle joue sur la concurrence entre fournisseurs pour s approvisionner au prix le bas et peut se montrer assez mobile d un fournisseur à un autre. Faible valeur ajoutée L œuf reste un ingrédient dont les industriels et les artisans cherchent en permanence à se fournir au moindre coût d acquisition. Il est dès lors particulièrement difficile aux centres d emballages et aux fabricants d ovoproduits de revendiquer une haute valeur ajoutée si les produits qu ils commercialisent ne possèdent que les propriétés «habituelles» des œufs. Difficulté d innovation en ovoproduits Si l œuf contient de très nombreuses molécules d intérêt, il est particulièrement difficile d en modifier la composition par l alimentation des animaux. Le fabricant d ovoproduits est donc limité dans son potentiel d innovation par les ressources de l œuf et des dérivés qu il peut en extraire. Contenant et contenu sont indissociables pour la vente au particulier Les œufs commercialisés vers la distribution sont destinés à la consommation des ménages. Et bien que le packaging externe par 6, 12, varie d aspect et de logotypage selon l enseigne de commercialisation, le conditionnement de l œuf est indissociable de sa coquille pour la commercialisation vers les ménages. Les innovations marketing seraient plus simples si l œuf était cubique, OPPORTUNITES IAA demandeuse d œufs L industrie agroalimentaire est actuellement grande consommatrice d œufs et d ovoproduits. Les modifications des modes de consommation depuis la préparation quotidienne de repas à base d ingrédients bruts vers la consommation de plats préparés fait que la demande de l IAA tend à augmenter régulièrement. Confiance de la clientèle La clientèle de professionnels marque de la confiance dans les œufs et les ovoproduits car ils restent des produits non ou peu transformés et sont par conséquent moins sujets à être frelatés ou contaminés par des agents extérieurs. AFSCA encourage l usage d œuf liquide chez les professionnels Lors des contrôles que certains représentants de l AFSCA opèrent chez les professionnels (artisans, PME, IAA) il semble que ceux-ci encouragent indirectement, par leurs remarques et demandes de prise de mesures de prévention des risques sanitaires, à l utilisation d œufs sous forme liquide reconditionnés en bidons plutôt que de poursuivre à se fournir et à utiliser des œufs coquilles. Ceci pourrait représenter une opportunité dans la gamme de produits que les grossistes et fabricants d ovoproduits proposent à leurs clientèles. 37

38 Volumes d achat de la GMD Les volumes d achats en œufs coquilles effectués par la GMD sont très élevés et représentent une opportunité pour l écoulement massif de ceux-ci. Marchés d exportation L augmentation du pouvoir d achat dans certaines zones géographiques émule l achat et la consommation de produits élaborés que les artisans locaux et l IAA locale doivent couvrir. Cette augmentation de la demande représente dès lors une opportunité de développement de nouveaux marchés ou d augmentation des volumes qu ils représentent déjà. Création d un œuf «nutritionnel» La tendance à vouloir consommer des aliments équilibrés a incité des producteurs d œufs et d ovoproduits à développer des filières de production d œufs à ratio oméga 3/oméga 6 adapté. Ces œufs «adaptés» sont le résultat du processus naturel de production de la poule. Cependant des extraits liquides ou solides d œufs pourraient, moyennant création ou utilisation de procédés techniques particuliers, être produits afin de répondre à des demandes d alimentation spécialisée pour raison de santé. Mobilité physique de l œuf en poudre L œuf et les extraits d œufs sous forme de poudre sont totalement déshydratés et ne représentent plus que la fraction utile dont la forme initiale peut être restituée par réhydratation. De plus la poudre est aisément conditionnable, présente moins de risque de perte en cas de fuite et présente moins de risque de contamination et de développement de flore microbiologique destructrice/pathogène que ces mêmes produits sous forme liquide. De ce fait l œuf en poudre est physiquement très mobile et peut être valorisé sur les marchés de grande exportation. Filière courte potentielle Certains artisans (boulangers, bouchers, ) pourraient être tentés d ancrer leurs produits encore plus dans le terroir wallon en sollicitant et utilisant des ingrédients d origine wallonne adaptés à leurs besoins. La production d œufs liquides (reconditionnés) et issus de la production régionale pourrait permettre de valoriser les œufs dans ces nouveaux circuits. Développement d applications techniques L industrie agroalimentaire développe régulièrement de nouveaux produits alimentaires transformés, nutritionnels, fonctionnels ou à caractéristiques d aspect, de conditionnement, particuliers. Pour y parvenir la formulation de ces produits ainsi que la recette de préparation font appel à de nombreux ingrédients techniques dont les œufs et extraits d œufs font et peuvent faire partie. A titre d exemple l efficacité de l utilisation du blanc d œuf pour ses aptitudes à la prise en masse ou au collage des préparations à base de viande pourrait être exploitée dans d autres préparations alimentaires comme la gélification MENACES Marché mondial à forte concurrence (œuf en poudre) Si les poudres d œufs et d extraits d œufs présentent des propriétés qui les rendent aisément mobiles sur les marchés internationaux d exportation, cette mobilité leur permet également d arriver facilement sur le marché européen. Les prix de revient de ces produits peuvent être très concurrentiels s ils sont issus de zones à moindre coûts de production. D autre part, certains opérateurs majeurs disposent de 38

39 capacités de production et de négociation qui pourraient étouffer des initiatives ou innovations développées par des opérateurs de tailles plus modestes. AFSCA décourage l œuf coquille chez les professionnels La recommandation éventuelle par l AFSCA de l utilisation préférentielle par les artisans d œufs reconditionnés en bidon fait peser le risque pour les petits centres d emballage et fournisseurs d ovoproduits de devoir réaliser des investissements en matériel de casserie et de conditionnement spécifiques relativement coûteux. Ceux-ci ne pouvant par ailleurs être amortis que si la clientèle se positionne massivement pour un approvisionnement de ce type. Volumes d achat de la GMD Les volumes d achat en œufs coquilles réalisés par la GMD sont particulièrement importants et créent une forte dépendance de débouché et de chiffre d affaire pouvant se révéler particulièrement problématique pour les opérateurs en cas de perte de ces marchés. Pression sur les prix de la GMD La GMD propose régulièrement des œufs sous marque d enseigne ou en premier prix pour lesquels elle exerce une très forte pression sur ces fournisseurs qui doivent contracter leurs marges. Concurrence Une concurrence existe entre les œufs coquilles issus de l agriculture régionale et transitant par des centres d emballage régionaux et les œufs produits dans d autres contrées à moindre coût de production qui pénètrent le marché belge. Réglementation et contrôle sanitaires Les réglementations sanitaires peuvent se révéler particulièrement compliquées à mettre en œuvre dans un process de fabrication d ovoproduits à grande échelle. Du fait des volumes de matières premières nécessaires et des volumes qui sont produits dans les installations industrielles, la gestion documentaire et administrative ainsi que la préparation et l accompagnement des contrôles monopolisent du personnel. Coût des œufs (matière première) Si les opérateurs de l IAA tendent à vouloir réduire le prix de leur approvisionnement en œufs, ceci fait peser le risque d étouffement financier des centres d emballage d œufs. 39

40 GROSSISTES EN OVOPRODUITS À DESTINATION DE L HORECA (2) Positif FORCES Négatif FAIBLESSES Interne Œuf incontournable en IAA et artisans Expérience des opérateurs Panel de produits proposés Produit à faible valeur ajoutée Œuf = ingrédient brut pour IAA et Artisans => doit être bon marché OPPORTUNITES MENACES Externe Clientèle de proximité (privée) Clientèle régionale (professionnels) Concurrence étrangère Diminution du nombre de clients professionnels FORCES Œuf incontournable en IAA et artisans Par sa composition et ses propriétés techniques l œuf est un ingrédient incontournable pour les professionnels du secteur de l alimentation, qu ils soient artisans boulangers-pâtissiers, bouchers, PME ou encore opérateurs de taille industrielle de l agroalimentaire. Expérience des opérateurs Bien que peu nombreux en Wallonie, les opérateurs actifs existent depuis de nombreuses années et sont appréciés pour la qualité des produits et des services qu ils proposent. Panel de produits proposés Les produits proposés par les grossistes s adressent à toutes les orientations des professionnels de l alimentation (artisans, PME, Horeca, IAA). Les œufs, extraits d œufs et mélanges prêts à l emploi sont donc nombreux et adaptés dans leur forme, composition et conditionnement afin de répondre au mieux à la demande de cette clientèle variée FAIBLESSES Produit à faible valeur ajoutée Du fait que les œufs soient majoritairement commercialisés en coquille ou simplement reconditionnés sous forme liquide ou solide en container sans autre transformation, il n est pas possible de revendiquer une haute valeur ajoutée au moment de leur commercialisation auprès de la clientèle. Œuf = ingrédient brut pour IAA et Artisans => doit être bon marché Les œufs et ovoproduits proposés à la clientèle représentent des ingrédients bruts qui seront mélangés et «noyés» dans un produit fini plus ou moins complexe. De ce fait l œuf et ses dérivés doivent représenter la plus petite fraction possible du prix de revient du produit fini et sont donc commercialisés à un prix faible. 40

41 OPPORTUNITES Clientèle de proximité (privée) Bien que le chiffre d affaire des grossistes soit essentiellement généré par les professionnels du secteur de l alimentation, les particuliers représentent une diversification de la clientèle non négligeable. Ces derniers viennent ainsi s approvisionner chez les grossistes afin de se fournir en produits techniques non disponibles dans la GMD généraliste mais également afin de diminuer les coûts de réalisation d évènements festifs qu ils auto-organisent. Clientèle régionale (professionnels) Les professionnels régionaux de l alimentation ont besoin de s approvisionner en matières premières très régulièrement. Ils constituent donc une clientèle particulièrement fidèle aux quelques opérateurs spécialisés présents en Wallonie MENACES Concurrence étrangère Du fait de la petitesse du secteur de destination des produits et de la faible dimension économique au niveau international, les opérateurs pourraient se retrouver, à terme, confrontés à une concurrence étrangère qui voudrait développer ses marchés et n hésiterait pas à casser les prix pour se faire connaître et attirer des clients. Diminution du nombre de clients professionnels Pour des raisons de départ à la retraite ou des motifs économiques et de rentabilité, le nombre de clients professionnels (bouchers, boulangers, ) tend à diminuer, ce qui représente un réel danger pour le maintien des activités des opérateurs CANARDS À FOIE GRAS (5) Positif FORCES Négatif FAIBLESSES Interne Produits traditionnels et innovants Produits à hautes valeurs ajoutées Produits de «luxe» : foie gras et produits de canard Produits attractifs Savoir-faire en transformation Image positive de «filière courte» Volumes produits et commercialisés faibles Marché et consommation saisonnière et/ou festive Cuisson du maïs et gavage prennent du temps Capitaux immobilisés (terrains-parcs) Faible représentativité du secteur OPPORTUNITES MENACES Externe Formation au gavage et encadrement par la FACW Producteurs peu nombreux en Wallonie Voie de diversification Création de revenu complémentaire Intérêt de l Horeca Disponibilité de terrains Difficulté à se fournir en canetons Lobbyisme contre le gavage Législation européenne Prédateurs dans les parcs Concurrence étrangère Réglementation et contrôle sanitaires Disparition des abattoirs de proximité Manque de promotion ciblée 41

42 FORCES Produits traditionnels et innovants Les produits à base de viande de canard et de foie gras revêtent à la fois des caractéristiques de mets ancrés dans la gastronomie traditionnelle mais sont également déclinés dans des préparations moins fréquentes et plus innovantes tels des saucissons ou des produits de saisons. Cette double caractéristique attise la curiosité et suscite l intérêt des consommateurs potentiels envers ces produits. Produits à hautes valeurs ajoutées Par leur rareté dans les circuits de distribution conventionnelle, les produits à base de canard bénéficient d une haute valeur subjective chez les consommateurs ce qui permet aux éleveurs de valoriser au mieux le produit en générant un maximum de valeur ajoutée sur la totalité du canard. Le fait que le gavage des canards soit une opération totalement manuelle est connu des consommateurs des produits de canard ce qui renforce encore l acceptabilité du prix des produits et incite à rémunérer justement le travail de l éleveur-transformateur. Produits de «luxe» : foie gras et produits de canard Le canard et ses produits bénéficient de l image de produit de luxe auprès des consommateurs. Le fait que les produits issus du canard soient commercialisés à des prix supérieurs aux autres produits de volailles assoit encore cette réputation mais ne semble pas constituer un frein à l achat pour les amateurs de gastronomie qui acceptent les prix proposés. Produits attractifs Les produits de canards sont attractifs car sortant des produits de volailles ordinaires habituellement présents dans la distribution. Leur saisonnalité de présence renforce par ailleurs l idée de leur rareté et augmente d autant l envie ponctuelle de les consommer. Savoir-faire en transformation &Image positive de «filière courte» Hormis pour l abattage et tout ou partie de la découpe, les éleveurs de canards réalisent l ensemble du processus de production-transformation-commercialisation du canard. Le savoir-faire de l agriculteur (aux compétences élargies) s exprime donc tout le long du cycle de production dans une filière dont il apparaît encore comme le maillon essentiel. D autre part chaque éleveur de canards apporte dans ses produits finis des particularités de recettes qui rendent le produit typique et uniquement disponible dans le comptoir de vente à la ferme ou dans la filière courte qu il approvisionne. La commercialisation directe par le producteur lui permet également de bénéficier d un maximum de la valeur ajoutée de son travail car les intermédiaires de transformation-commercialisation n existent pas FAIBLESSES Volumes produits et commercialisés faibles Du fait du temps nécessaire à la préparation de l alimentation des animaux, au gavage, au transfert des animaux vers et à la reprise des pièces de découpe depuis les sites d abattage, au temps nécessaire à la préparation des produits transformés et au temps à dédier à la commercialisation et à la gestion de la clientèle, les volumes produits et commercialisés sont limités. Marché et consommation saisonnière et/ou festive Les produits de canard ne font pas partie du panel de produits alimentaires dont la consommation est régulière durant l année. Le pic de consommation se situe en automne jusqu à la fin de la période des fêtes de fin d année. Les producteurs doivent donc anticiper cet afflux de demande et disposer de 42

43 produits en suffisance mais également d une capacité de stockage apte à y répondre ; ceci tout en assurant la fourniture de produits frais durant le reste de l année. Cuisson du maïs et gavage prennent du temps Contrairement à la production d autres volailles de chair et hormis le gavage des oies, l alimentation des canards est un gavage, soit une alimentation forcée qui ne peut être réalisée que par intervention humaine. La cuisson du maïs implique également une surveillance humaine. Ces opérations spécifiques à la production de canards font que par la quantité de main d œuvre disponible sur l exploitation et sauf engagement de personnel permettant d augmenter la capacité de production, les volumes restent relativement faibles. Ce constat de temps nécessaire peut également être étendu à la phase de transformation des produits (pâtés, préparations en bocaux, ) pour les producteurs qui s y sont diversifiés. Capitaux immobilisés (terrains-parcs) L élevage de canards est réalisé en parcs, ce qui implique de disposer de terrains en suffisance pour accueillir les animaux. L acquisition de terrain peut selon la zone considérée, se révéler particulièrement coûteuse et immobiliser une partie significative de l investissement global nécessaire à débuter la production de canards. Faible représentativité du secteur De par le faible nombre de producteurs de canards à foie gras actifs en Wallonie, la spéculation est perçue comme une pratique agricole mineure et les législations mise en œuvre ne prennent pas systématiquement en considération les spécificités du secteur de production canardière. Par ailleurs dans la situation où, suite à l éventuelle disparition des abattoirs prestataires de service, un abattoir coopératif verrait le jour, l éparpillement des producteurs en Wallonie rend difficilement concevable la mise en commun de capitaux autant que le choix d une localisation «centrale» OPPORTUNITES Formation au gavage et encadrement par la FACW La Filière Avicole et Cunicole Wallonne (FACW) organise annuellement une session de formation à la production et au gavage de canards qui permet aux personnes intéressées de disposer de bases théoriques nécessaires à la mise en route de la production, mais également de se familiariser avec la pratique du gavage. Une formation à la transformation des produits de canard est également organisée en commun par le CEFOR, Accueil champêtre en Wallonie et la FACW afin que les producteurs puissent diversifier le panel de produits qu ils proposent à la clientèle de leur point de vente à la ferme. Producteurs peu nombreux en Wallonie Le faible nombre de producteurs de canards à foie gras présents en Wallonie permet de maintenir une forme de rareté du produit qui en crée la valeur et contribue à l acceptabilité de la production de canards par les populations rurales. Voie de diversification Pour une exploitation qui disposerait de bâtiments à reconvertir et de terrains aménageables en parcours extérieurs, la production de canards et la création d une unité de transformationcommercialisation à la ferme peut constituer une voie de diversification intéressante pour peu que de la main d œuvre soit disponible au sein de l exploitation. 43

44 Création de revenu complémentaire La production de canards et la valorisation des produits qui en sont issus permettent de générer un revenu complémentaire potentiellement intéressant dans le cadre de la valorisation de la totalité de la main d œuvre disponible sur l exploitation Intérêt de l Horeca De sorte à se montrer attractive, le secteur de la restauration rurale dont la clientèle est fréquemment composée de touristes, cherche à se démarquer en proposant des produits issus de la production locale et dont le rayon de distribution est limité ; dont le canard. Disponibilité de terrains La Wallonie dispose de terres agricoles actuellement valorisées en pâtures parce que moins fertiles ou à relief accidenté. Moyennant des aménagements de protection des animaux contre les prédateurs, ces terres sont potentiellement affectables à la production de canards MENACES Difficulté à se fournir en canetons Le faible nombre de producteurs de canards gavés en Belgique et en Wallonie fait que ces derniers éprouvent régulièrement des difficultés à se fournir en canetons. La faible demande en canetons par producteur, la distance par rapport aux fournisseurs de canetons (basés en France) et le coût de transport de ces faibles volumes d animaux confrontent la pratique de la spéculation à des difficultés particulières. Qui plus est les fournisseurs de canetons ne considèrent pas la clientèle des producteurs belges et/ou wallons comme prioritaire comparativement à leur clientèle majoritaire, historique, locale ou nationale. Lobbyisme contre le gavage & Législation européenne Les groupes de pression dont la défense du bien-être animal ou la promotion de la doctrine végétarienne constitue l activité luttent activement contre la production de denrées alimentaires impliquant la mort d un animal, ainsi que contre la pratique du gavage qui est assimilée à une maltraitance à l égard des animaux. L écho que reçoivent les arguments de ces organisation auprès des législateurs nationaux et/ou européens pourrait, dans un avenir plus ou moins proche, faire que le secteur soit confronté à une interdiction de la pratique du gavage et donc à l arrêt de cette spéculation agricole. Prédateurs dans les parcs La pratique d une spéculation avicole où les animaux disposent d un parcours extérieur expose ces derniers aux prédateurs domestiques (chats) et sauvages (renards, rapaces, fouines) ce qui implique de prendre des mesures de prévention (parcours clôturé, clôture enfouie, filet contre les rapaces) afin de protéger l investissement que représentent les animaux. Concurrence étrangère Les produits issus des élevages de canards actifs en Wallonie sont confrontés à une concurrence de substitution de leurs produits par des produits de canards labellisés (filières de qualité, labels d origine officiels) issus de France dont l image de terroir est plus ancrée chez les consommateurs. Une concurrence existe également face à des produits standardisés (production de masse) issus de pays d Europe centrale dont le coût d acquisition est plus faible parce que bénéficiant d économie de coût de production. 44

45 Réglementation et contrôle sanitaires Les règlementations et contrôles sanitaires concernent la totalité de la production, depuis l élevage, en passant par le gavage et les aliments utilisés, l abattage des animaux, la découpe et la transformation de la viande et des foies, jusqu au stockage et à la commercialisation des produits finaux vers le consommateurs. Hors l opération d abattage, l agriculteur se trouve donc responsable de la totalité des étapes de production et doit disposer d un outil «global» respectant la totalité des règles en vigueur. Ces règlementations semblent par ailleurs être encore relativement interprétées par les contrôleurs en plus de se révéler particulièrement coûteuses dans leur mise en œuvre dans de petites unités de production. Disparition des abattoirs de proximité Le faible nombre d abattoirs de proximité actifs en Wallonie et leur éventuelle disparition (cessation d activité, perte de rentabilité économique) font peser le risque pour les petits producteurs de canards de devoir arrêter leur activité faute d endroit ou faire réaliser l abattage et la découpe de leurs animaux. Manque de promotion ciblée Bien que la production de canards à foie gras soit assez récente en Wallonie, elle constitue une voie de diversification génératrice d emploi et de valeur ajoutée. Dans la communication officielle actuellement réalisée sur l agriculture wallonne et les produits agricoles régionaux, l accent n est que rarement mis sur cette orientation avicole. 45

46 4 PISTES DE REFLEXION 46

47 4.1 INTRODUCTION Les recherches bibliographiques et les contacts avec les opérateurs de la filière avicole actifs en Wallonie ou collaborant avec celle-ci ont permis de réaliser l analyse SWOT reprise dans les pages qui précèdent. Outre cette analyse, et de sorte à tenir compte au mieux de la réalité de terrain exposée par les intervenants, des pistes de réflexion et d action ont été envisagées dans la présente étude. Les pistes ici proposées visent prioritairement dans leurs effets à créer de la valeur ajoutée pour la production avicole wallonne et à générer de l emploi dans le secteur, tout en prenant en considération les orientations de qualité voulues pour le secteur. Ceci passera notamment par une différenciation de la production avicole wallonne de la production conventionnelle. Ces pistes doivent être envisagées comme des propositions à adapter aux différentes spéculations avicoles (poules pondeuses, volailles de chair, volailles démarrées), aux différents maillons de la filière (couvoirs, multiplicateurs, agriculteurs, abattoirs, ) et aux différentes orientations (standard, filières de qualité, filières «alternatives», Bio) présentes en Wallonie. Ceci devra passer par une réflexion au sein des organismes fédérant les opérateurs de la filière avicole et être mis en adéquation avec les situations particulières de chaque opérateur ou type d opérateurs afin de prendre en considération les spécificités de dimension, de production ou de marché des opérateurs en présence et mener à des stratégies, mesures et actions qui devront être actualisées fonction de l évolution du contexte avicole et de la situation économique générale. Moyennant cette précaution, les pistes suivantes sont proposées : - Créer un contexte favorable à l aviculture - Elaborer une politique propice à l aviculture - Encourager et soutenir les initiatives - Elargir l accès aux aides à l investissement - Renforcer l encadrement et la structuration du secteur - Rechercher la valeur ajoutée - Réfléchir la communication 4.2 CRÉER UN CONTEXTE FAVORABLE A L AVICULTURE Les opérateurs rencontrés relèvent que le contexte actuel dans lequel l aviculture wallonne tente de se développer est loin d être favorable. Des éléments de législation (contraintes) et de procédures définis par le politique, des campagnes de promotion mono-orientées ralentissent ou hypothèquent le développement de leurs projets. Une vision politique plus claire et pérenne Le rythme des élections et les changements de visions politiques au niveau de la Wallonie, font que les lignes directrices de développement de l agriculture régionale peuvent varier d une législature à l autre. De ce fait et fonction des sensibilités des responsables en charge, l aviculture à l instar d autres spéculations n est pas soutenue mais plutôt rendue moins attractive pour les agriculteurs. Il serait nécessaire qu un réel projet de développement d une agriculture wallonne diversifiée dans ses spéculations et dans ses approches de qualité soit défini, mis en œuvre et rendu pérenne pour que les secteurs avicoles régionaux puissent se développer. La vision à développer pour l aviculture devra en outre l inscrire dans une perspective d intensification durable ou d agriculture écologiquement intensive. 47

48 Simplifier et stabiliser les législations Il existe en Wallonie des éléments de législation (permis d environnement, aspects sanitaires, préservation du bien-être animal) et des procédures dont la complexité et la lenteur ralentissent le développement de projets avicoles. Les éleveurs et certains opérateurs qui collaborent commercialement avec eux voudraient que les législations environnementales, sanitaires et relatives au bien-être animal soient moins complexes et pour certaines moins contradictoires entre elles. Ces mêmes législations devraient, en outre, mieux envisager les conséquences sur le terrain des mesures qu elles imposent, tant dans les remises en question fonctionnelles des activités qu elles concernent que sur les impacts financiers qu elles peuvent avoir. Améliorer les procédures du permis d environnement Les principaux défauts relevés sur le permis d environnement concernent la lenteur des procédures d attribution et des recours/appels constatés, l interprétation des conditions d attribution ainsi que la subjectivité et l opacité de décisions administratives. Ceux-ci grevant la motivation des opérateurs à développer des projets d élevages voire à poursuivre leurs activités, il est demandé que les législations et procédures soient mieux cadenassées et plus rapides, qu elles soient rendues plus objectives dans les décisions prises et soient plus transparentes dans leur motivations. Une promotion de toute l aviculture et de tous les produits avicoles wallons Il est reproché par les opérateurs que la promotion officielle vers le grand public réalisée par l organisme officiel en charge ne concerne que les filières de qualité et omette de communiquer sur les productions avicoles wallonnes conventionnelles. Les opérateurs souhaiteraient que la promotion ne soit plus mono-orientée et qu elle communique également sur ces productions qui sont soumises aux mêmes contraintes de base que les produits issus de filières de qualité. Omettre de recadrer les qualités génériques des produits issus de l aviculture et valant pour tous les œufs ou tous les poulets de chair revient à déforcer la production conventionnelle et à laisser croire au consommateur que seules les productions issues de filières de qualité sont saines, de qualité, 4.3 ELABORER UNE POLITIQUE PROPICE A L AVICULTURE Il est dénoncé que l aviculture comme la production porcine soit automatiquement considéré comme une spéculation non-acceptable et non désirable dans le paysage agricole wallon ; et ce tant par le politique que par la population. Les motivations de dérives et autres erreurs constatées dans d autres régions/pays en d autres temps, sont censées avoir nourri l expérience des opérateurs et agriculteurs actifs dans l aviculture wallonne et prévenir les problèmes dans un secteur dont la maîtrise et la technicité ont continué de progresser. Accepter l aviculture Le politique doit envisager l aviculture comme une voie de diversification utile au développement de l agriculture wallonne ; et ce bien qu elle ne fasse pas partie des spéculations jugées plus acceptables politiquement et socialement comme les grandes cultures, l élevage de bovins viandeux ou de vaches laitières. L aviculture constitue une voie de maintien de l agriculture wallonne, une voie de création d emploi et de valeur ajoutée en Wallonie et permet le développement d exploitations tantôt spécialisées et tantôt diversifiées. Accepter plusieurs modèles d aviculture Les demandes des consommateurs sont multiples. A l agriculture et à l aviculture wallonne de répondre à celles-ci. Les projets, la maîtrise technique et les capacités financières des éleveurs wallons sont également très variés. De ce fait, il n existe pas un seul et unique modèle de production avicole reproductible dans toutes les exploitations agricoles wallonnes. Cette liberté d entreprise doit être 48

49 respectée par les autorités politiques et la population et ne pas favoriser exclusivement une orientation de qualité au détriment d une production conventionnelle/standard ou d une production indépendante «autofinancée» ou d une aviculture pratiquée par un agriculteur dont le projet dépend pour sa réalisation ou sa pratique de l adossement ou de la collaboration avec un autre maillon de la production (intégration). Stopper le populisme, l électoralisme et pérenniser les lignes politiques Le politique est vu comme particulièrement enclin à écouter les avis et demandes émanant de la population, et ce plus particulièrement lorsque les urnes se profilent à l horizon. Ces demandes sont parfois guidées par des forces de lobbyisme à objectifs destructifs de l élevage ou par des groupements dont l objectif est le refus systématique de toute implantation d activité qui pourrait troubler la quiétude de leur cadre de vie. Ces demandes ne doivent pas mener à des législations et mesures qui pourraient être techniquement ou économiquement néfastes à la pratique de l aviculture ou à la concrétisation de projets d élevages. Le politique doit par ailleurs stabiliser la vision de l aviculture qu il veut encourager et voir se développer en Wallonie et refuser de tomber dans l électoralisme. Arrêter la surenchère règlementaire Les opérateurs et plus particulièrement les agriculteurs se sentent contraints par la multiplicité de législations auxquelles ils sont soumis. Ils déplorent une forme de surenchère règlementaire de la part du législateur belge qui tendrait à vouloir se poser en exemple dans la prise de mesures de précaution et de contrôle dans le concert des Etats de l UE. 4.4 ENCOURAGER ET SOUTENIR LES INITIATIVES De nombreux opérateurs réfléchissent ou mènent actuellement des projets dans le secteur avicole. Certains d entre eux déplorent un manque d écoute de la part du politique un manque de soutien financier de celui-ci. Selon eux, les décideurs en charge de l agriculture et de l économie en Wallonie devraient se montrer plus attentifs aux initiatives émanant des opérateurs ; et ce d autant plus que la Wallonie mène une politique de redéveloppement durable et de soutien de ses activités économiques définies dans sa déclaration Plan Marshall 2. Vert. Plusieurs voies seraient à explorer. Les initiatives privées novatrices et «alternatives» Les opérateurs wallons de la filière de production avicole qui voudraient innover ne se sentent pas compris et revendiquent que les autorités politiques, en plus de soutenir les filières actuelles de qualité reconnues, s ouvrent à des innovations émanant du secteur privé et vues comme porteuses dont les marchés sont actuellement satisfaits par des produits issu d opérateurs basés hors Wallonie. Ces projets et autres innovations ne devraient pas systématiquement s inscrire dans les lignes prédéfinies par le politique mais bien justifier d une opportunité économique et sociale pour la Wallonie. Les associations Au vu de la concurrence d opérateurs de dimensions plus importantes et de l atomicité du secteur agricole avicole wallon, des mesures d encouragement ou d aide au regroupement des outils de production, ou d encadrement d associations plus ou moins formelles d éleveurs (ou d opérateurs) devraient être élaborées et mises en œuvre. Il ne s agirait pas ici de contraindre les opérateurs à se rassembler, mais bien de favoriser les rapprochements qui pourraient mener à des économies d échelle ou à disposer de plus de poids dans les négociations que les agriculteurs mènent avec leurs fournisseurs ou leurs clients professionnels (fabricants d aliments, fournisseurs de génétique, abattoirs, grossistes, centrales d achat). 49

50 Les projets coopératifs et les ateliers collectifs Ces projets coopératifs et ateliers collectifs peuvent tant concerner la constitution d un hall relais (atelier de découpe) qu une unité de production commune d un intrant nécessaire à la production de plusieurs agriculteurs (couvoir, production de volailles démarrées, casserie). La condition sine qua non du second cas serait la prise de participation financière de tous les producteurs demandeurs dans le projet par la constitution d une coopérative. La diversification et l installation par l aviculture L aviculture représente une voie de diversification des exploitations agricoles wallonnes, autant qu une possibilité de développement de projet dans le cadre de l installation de jeunes agriculteurs qui ne disposeraient pas d un accès privilégié à de grandes étendues de terres agricoles. Diversification des activités non agricoles Moyennant le fait de disposer d une gestion saine, de capitaux suffisant et d une main d œuvre qualifiée et disponible, les exploitations déjà actives en aviculture pourraient envisager de diversifier leurs activités par une activité annexe à la production, telles la création d un centre d emballage ou un atelier de transformation/commercialisation à la ferme. 4.5 ELARGIR L ACCES AUX AIDES A L INVESTISSEMENT L accès aux aides à l investissement pour la production avicole est un vaste débat ; d autant plus que cet accès est actuellement exclusif et conditionné à la production dans le cadre de filières de qualité différenciée officiellement reconnues. Les informations, réflexions et propositions récoltées auprès des opérateurs issues des rencontres de terrain nécessaires à cette étude amènent aux considérations suivantes. Qualité standard, Qualité «alternative», Qualité différenciée et Bio Le lien créé par le politique régional entre l attribution des aides à l investissement et la pratique d un élevage de qualité différenciée est fortement discutable selon certains producteurs et opérateurs de filières. Ceci d autant plus que les conditions de reconnaissance en tant que qualité différenciée définies dans les critères minimaux spécifiques au secteur sont jugées par certains comme trop restrictives. Sans vouloir remettre en question ces critères minimaux récemment établis, il apparaît nécessaire de réorganiser l accessibilité aux aides pour les productions avicoles et de l élargir aux productions «alternatives» ou intermédiaires, mais également à la filière de production conventionnelle/standard. Cette redéfinition permettrait que les éleveurs et les opérateurs engagés dans ces modes d élevages ne sentent pas floués ou laissés pour compte alors qu ils représentent la majorité de l orientation des élevages avicoles actifs en Wallonie. Uniformiser l accès aux aides Il ressort qu il existe entre Etats européens et entre régions belges des différences notables tant dans les conditions d accès aux aides que dans les niveaux d intervention de celles-ci. Il est opportun d aboutir à une rationalisation de cette accessibilité et de ces niveaux d aide entre régions et pays de sorte à ne pas créer de distorsion financière entre les agriculteurs désirants s engager dans la production avicole. Viande, œufs et produits transformés L élargissement de l accès aux aides à l investissement doit non seulement envisager la production de poulets et des autres volailles de chair mais également la production d œufs, voire d autres activités de production/telles la production et la transformation de foie gras. 50

51 Les projets annexes Si la création d un élevage avicole implique des capitaux financiers importants, il en va de même pour certains projets de diversification individuels (atelier de transformation à la ferme, ) ou collectifs (hall relais utilisés collectivement). Certains opérateurs voudraient que les conditions d accès soient simplifiées/clarifiées et que la libération des fonds approuvés soit réalisée avec plus de promptitude. Eviter l écueil du prêt bancaire Du fait des moyens financiers à mobiliser pour un projet avicole, les agriculteurs se trouvent pratiquement tous contraints de recourir à un emprunt bancaire. L accès et l attribution des aides à l investissement pour un projet d élevage avicole peuvent parfois conditionner l allocation d un prêt par un organisme bancaire et hypothéquer la concrétisation même d un projet d élevage en cas de refus ou de non accessibilité aux aides. Le politique devrait par conséquent être particulièrement attentif aux effets induits par les conditions restrictives d accès aux aides pour la production avicole. 4.6 RENFORCER L ENCADREMENT ET LA STRUCTURATION DU SECTEUR Les éleveurs de volailles sont demandeurs d encore plus d encadrement technique, scientifique et administratif d accompagnement, de formation et d information. Ils l estiment particulièrement nécessaire lors de la phase de réflexion et de montage technique et financier d un projet d atelier d élevage ou d un projet de diversification à la ferme, mais également durant les procédures administratives relatives au permis d environnement. Cet encadrement devra par ailleurs encore plus informer les meneurs de projets sur les opportunités (types de spéculations avicoles, filières, opérateurs/partenaires, ) qui peuvent guider leurs choix. L aide à la structuration du secteur ainsi que la mise en relation de partenaires potentiels devra également faire partie des missions de l encadrement proposées. Donner de l ambition Certains éleveurs et opérateurs dénotent un manque de maîtrise et/ou de confiance de certains agriculteurs qui voudraient se lancer dans la production avicole ; ceci se traduisant par un manque d ambition et parfois par l arrêt du projet. Rassurer les meneurs de projets et les producteurs récemment installés sur leurs compétences ; les informer sur les solutions qui peuvent être apportées face à certaines difficultés et leur donner de l ambition face à des producteurs disposant de plus d expérience est considéré comme indispensable afin d avoir un effet d émulation du secteur par l exemple. Informer et former L information à diffuser est particulièrement large et concerne les éléments légaux, réglementaires et procéduriers relatifs au bien-être animal, à l environnement, à la traçabilité et aux conditions sanitaires dans les élevages souvent complexes et évolutifs dans le temps. L information devra également permettre d aider à la mise en relation avec des fournisseurs potentiels de matériel ou d intrants nécessaires à l élevage ou à l atelier de diversification (matériel de boucherie, conditionnement en bocaux, ). La formation, quant à elle, si elle peut apporter des éléments utiles à la réalisation de procédures (permis d environnement), devra plutôt viser les aspects relatifs à la gestion et aux techniques de l élevage ainsi qu à la transformation des produits à la ferme. Des formations en marketing et en communication sur les produits sont également opportunes selon les échos des producteurs réalisant la transformation et la commercialisation à la ferme. 51

52 Accompagner dans les procédures Les meneurs de projets d élevage s estiment parfois perdus dans le dédale de procédures auxquelles ils doivent faire face lors de la demande de permis d environnement ; un accompagnement s avère selon eux essentiel non seulement pour les aspects administratifs mais également communicationnels lors des discussions publiques de projet ; en plus d aider moralement face aux oppositions, attaques et recours contre ce même projet. Garder la neutralité Face aux représentants commerciaux et aux techniciens mandatés par les fournisseurs ou partenaires des élevages qui battent la campagne, les producteurs estiment essentiel de pouvoir disposer et faire appel à un encadrement neutre pour l information et le conseil technique, tel ceux dispensés par la FACW, ACW, 4.7 RECHERCHER LA VALEUR AJOUTEE La valeur ajoutée du produit sortant de chaque maillon de la filière de production avicole conditionne directement le chiffre d affaire de l opérateur concernée et crée le revenu des personnes impliquées dans l activité réalisée. Si la production dite conventionnelle ou standard reste actuellement la plus pratiquée, des opérateurs de tous les niveaux ont engagés d initiative leurs moyens financiers et leurs compétences dans des voies différentes ou alternatives créant des produits à plus haute valeur ajoutée ; et pour certains ont diversifié leurs activités par des unités de transformation et de commercialisation à la ferme. Les filières de qualité Le choix d orientation vers des filières de qualité ou assimilées telles la qualité différenciée, le Bio, le plein air ou certaines filières «alternatives» peut représenter une opportunité de développement des activités autant que du chiffre d affaire des agriculteurs et opérateurs. Les produits typés/alternatifs Il en va de même pour des productions plus particulières non labellisées mais qui font appel à des souches ou à des zootechnies particulières (alimentation et poulet «maïs») envers lesquelles les consommateurs semblent montrer une bonne réceptivité. Ces produits plus «typés» se différenciant par rapport aux productions conventionnelles habituellement disponibles dans les circuits de distribution. Les marchés de niche Dans l approche que les opérateurs envisageront et qui devra se baser sur les attentes réelles des consommateurs, les décideurs ne devront jamais perdre de vue que la visée ou la création d un marché de niche par la production et la commercialisation d un produit spécifique générateur de valeur ajouté devra répondre simultanément à 3 conditions. Il faudra proposer le bon produit (typicité et qualités du produit), au bon moment (attentes manifestées per les consommateurs et/ou la société) et au bon endroit (pouvoir d achat des consommateurs visés). Les produits transformés Une grande partie des consommateurs encouragés par le mode de vie actuel tend à s approvisionner en produits prêts à consommer et non plus en produits «bruts» nécessitant une préparation subjectivement plus longue ou complexe. La proposition au consommateur de produits transformées et/ou préparés permet de répondre à ses attentes et également de mieux valoriser financièrement la matière première issue des élevages. 52

53 Les produits de standing (haut pouvoir d achat) Que ce soit envers la production de poulets de chair issue de filières de qualité ou assimilée ou envers des spéculations moins pratiquées (canards à foie gras, ), certaines franges des consommateurs disposant d un certain pouvoir d achat ou ayant priorisé une certaine philosophie de consommation alimentaire montrent moins de réticence à acheter des produits plus couteux et plus rémunérateurs pour les maillons de la filière qui y contribuent. La commercialisation de ces produits, si elle est réalisée hors site d élevage, devra cependant être attentive à cibler les lieux de résidence et de distribution fréquentés par ces types de consommateurs. 4.8 REFLECHIR LA COMMUNICATION En plus d être non-soutenus par le politique, l élevage avicole ainsi que la consommation de viande sont régulièrement attaqués par une certaine opinion publique (riverains-opposants) et des forces de lobbying (environnementaliste, animalwellfariste, végétarien, «santé»). Ceci construit et entretient une mauvaise image de la production avicole et tend à culpabiliser le citoyen de consommer de la viande ou des œufs issus d élevages souvent considérés comme «industriels». Communiquer sur la réalité de l élevage avicole wallon et sur les qualités et la qualité de la viande qui en résulte est nécessaire de sorte à apaiser le climat délétère dans lequel l aviculture régionale tente de se développer. Les préjugés à casser - L élevage avicole est critiqué pour des de motifs dimensions d exploitations jugées «industrielles», pour la claustration des animaux, pour les densités dans les élevages, pour des suspicions d utilisation de substances interdites, pour des considérations d irrespect du bien-être animal, pour des raisons environnementales, - La consommation de viande est critiquée pour des raisons éthiques, de préservation de la vie des animaux, pour des raisons de santé humaine (composition en graisse, «agent» carcinofavorisant, résidus et résistance aux antibiotiques, germes, ), pour des raisons environnementales, - La consommation d œufs est majoritairement critiquée pour des raisons de santé (cholestérol). La frontière est cependant parfois ténue entre les arguments développés contre l élevage et la consommation des produits qui en sont issus. L ensemble de ces arguments doit trouver dans les communications développées des contre-arguments et messages corrigeant ces préjugés. Les messages à construire Selon que la communication concerne l élevage ou les produits avicoles et selon les cibles visées, le contenu devra être adapté et faire appel à des notions légales (législations imposées aux élevages et aux produits alimentaires), scientifiques (environnementales), de santé (composition réelle des aliments), économiques (maintien du secteur agricole et pourvoi d emplois directs et indirects), éthiques (production et consommation durable et de proximité). Ces éléments devant avant toute chose rester objectifs, vérifiables et compréhensibles pour les cibles et refléter la réalité de l élevage avicole actuel et des qualités des produits proposés par les agriculteurs et opérateurs actifs en Wallonie. 53

54 Les cibles à viser Hormis les opérateurs impliqués activement dans la production avicole, tous les pans de la société doivent disposer d une information objective par une communication et des arguments qui lui sont dédiés et dans lesquels ils trouveront des réponses adaptées ou des arguments qui peuvent être utiles à leurs propres activités. Les politiques auront besoin d arguments légaux et économiques pour justifier de la pratique de l élevage ; les citoyens auront besoin d éléments légaux et de facteurs de rassurance lors de l avènement d un projet dans leur environnement direct ; les consommateurs auront besoin de législations relatives au bien-être des animaux, à l innocuité et aux contrôles des produits, aux modes de production et à la composition des produits ; et la distribution aura besoin pour le développement de ses propres activités d arguments marketing utilisables par elle, tels les labels et certifications de qualité, l origine locale, la typicité du produit,. Les vecteurs à utiliser Fonction des cibles visées et selon que la communication concerne la phase d élevage ou les produits, les vecteurs devront être choisis, adaptés et combinés parmi : médias télévisés, médias radios, médias web (site web, groupe de réseau social), presse écrite généraliste (tout public ou PRA) ou spécialisée (Horeca, professionnels de l agro-alimentaire, professionnels de la santé et nutritionniste, ), distribution de leaflets/folders, évènementiel (séance d information, visite, foires, dégustations), La durée et les budgets à prévoir Faute à la ténacité des préjugés dans l opinion publique (qu on l envisage selon l angle du citoyen ou du consommateur), le travail de communication corrigeant ces éléments et la diffusion d un message réel sur l élevage et la viande demandera du temps. Les campagnes, quelles qu en soient la forme, la cible et le contenu devront donc être pérennes dans le temps et faire appel à des budgets récurrents pour pouvoir réaliser des actions de promotion efficaces. L obtention de budgets plus conséquents pour le secteur avicole pourrait être soumise à des négociations intersectorielles (sans viser un «juste retour sectoriel» des cotisations), ou à des priorisations des campagnes à réaliser fonction du développent du secteur, voire à réfléchir le montant des cotisations actuelles, Des collaborations inter-régionales pour la réalisation de campagnes communes spécifiques pourraient également être envisagées. 54

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